Institutions — 28 May 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CI 2019-05-28
Quebec — Committees
Présentement, aucune prescription particulière
n'est prévue à la loi actuelle sur le lobbyisme. C'est plutôt le Code de
procédure pénale qui vient suppléer à cette... je ne dirais pas à ce manque, parce
que le Code de procédure pénale est là pour ça. Donc...
LeBel : C'est un an. Donc,
nous allons, donc, introduire à la
loi sur le lobbyisme une prescription
particulière, mais pour les sanctions
pénales. Donc, elle sera clairement établie dans la
section Sanctions pénales. Il n'y aura pas de... On ne pourra pas
porter confusion entre le fait qu'une est trois ans et l'autre est sept ans. De
toute façon, présentement, les mesures disciplinaires étaient à trois ans, qui est un délai de
prescription qui était adéquat pour ce type d'infraction là, si on veut,
pour faire l'enquête appropriée.
Et il n'est
jamais adéquat d'augmenter un délai de prescription pour des raisons qui ne
sont pas sérieuses. C'est pour ça
qu'on ne touche pas, d'ailleurs, à la prescription de l'entrave, qui va
demeurer la sanction pénale ou... l'infraction pénale d'entrave, qui va demeurer à la loi, va demeurer
d'un an, comme elle est actuellement, parce que nous considérons qu'il serait abusif d'augmenter plus longtemps que ça,
parce qu'habituellement une période d'entrave, bien, on connaît
l'entrave au moment où elle se produit.
Donc, les difficultés qui ont été identifiées
par les différents acteurs par le Commissaire au lobbyisme et par la commission Charbonneau, entre autres, de preuve et
d'établir une preuve en matière de l'infraction, l'article 64, ne
sont pas les mêmes pour l'article d'entrave
et pour la mesure disciplinaire à 53. Donc, il n'y avait pas de raison de
toucher à celle de 53, qui est à
trois ans, déjà établie, qui a fait ses preuves, autant pour permettre au
commissaire de faire les enquêtes appropriées et aussi permettre aux gens, au bout d'un certain temps, de savoir qu'on
ne peut plus... c'est le propre d'une prescription, hein, c'est une certaine protection aussi du temps qui
passe, protéger la preuve et les défenses qui pourraient être faites dans
ces différentes disciplines là, matières là. Donc, je ne sais pas si ça répond
à votre question. C'est comme ça que je l'avais cernée, là.
M. Tanguay :
L'entrave est à 62. En quoi l'entrave resterait à un an... Ah! elle est
spécifiquement... spécifiquement...
Mme LeBel : Oui, parce qu'à
l'article 14...
M. Tanguay : 65.1
spécifiquement...
M. Tanguay :
...l'exclut. Deuxième alinéa...
Mme LeBel : Donc, elle va
demeurer avec le Code de procédure pénale, comme c'était le cas aujourd'hui.
M. Tanguay :
Et dites-moi, un an... Le Code de procédure pénale, c'est un an de l'infraction
ou un an de la connaissance?
Mme LeBel : Un an de la
connaissance, je crois.
Mme LeBel : De l'infraction?
Bon, vous voyez, regardez, je...
M. Tanguay :
O.K. Un an...
Mme LeBel : C'est pour ça que
je suis entourée.
Une voix : M. le député de
Chomedey.
M. Ouellette : Mme la ministre... parce qu'on l'entend très bien
ce matin... Nous, on a l'opportunité de l'avoir, mais, pour nos
auditeurs, et, compte tenu de la salle où nous sommes, on s'entend aujourd'hui.
D'où vient le
trois-sept? Parce que Mme la ministre vient de mentionner à nos auditeurs que
ça va être particulier pour le
Commissaire au lobbyisme, la prescription de sept ans. Est-ce qu'il y a des
précédents ou est-ce qu'il y a d'autres... Est-ce qu'on a changé? Est-ce qu'on a amené d'autres lois à sept ans par
rapport à la prescription ou est-ce qu'on fait une exception pour M. le commissaire parce qu'il est beau,
puis qu'il est fin, là, puis qu'il va nous pondre une super de bonne
loi, puis il s'en vient avec un énoncé
extraordinaire, là, parce qu'il ne lui reste que deux semaines avant de nous
produire, à l'Assemblée... on finit
le 14 juin, je lui rappelle. Et Mme la ministre pourrait sûrement éclairer
auditivement nos auditeurs ce matin puis nous donner les parallèles du
sept ans ou si ça va être juste pour le Commissaire au lobbyisme.
Mme LeBel :
O.K. Ça va me faire plaisir, M. le Président, de répondre à la question.
Effectivement, bon, ça faisait quand
même... La commission Charbonneau n'est pas la seule entité qui a... ou décrié
le fait que, dans certaines lois, des délais de prescription étaient
trop courts pour permettre de faire des enquêtes appropriées. Donc, la
commission a, à l'époque, proposé d'amender
ou de modifier les délais de prescription dans plusieurs lois. La
Loi sur les
contrats des organismes publics, entre
autres, et certaines sections des lois municipales qui traitent des contrats
exactement. Il y a des modifications dans certaines de ces lois-là qui ont été faites en 2017 suivant le rapport
de la recommandation. D'autres lois aussi sont visées. La Loi électorale
a été visée et la
Loi sur les élections et les référendums dans les
municipalités.
Donc,
ce n'est pas une liste exhaustive,
mais c'est simplement pour illustrer que la
loi sur le... la LTEML, la loi
sur le lobbyisme, pour faire plus court,
n'était pas la seule visée, mais faisait
partie de la recommandation. La
recommandation était à l'effet que, compte
tenu des circonstances de ce type d'infraction là, celui qui est visé à
l'article 64, si je ne me trompe pas... oui, 60 à 64, effectivement, la preuve était souvent difficile à faire,
et même la connaissance de l'infraction était un enjeu. Donc, on ne peut pas
commencer à enquêter sur une infraction avant d'avoir eu connaissance qu'elle
existe, et recommandait donc
d'augmenter ce délai-là à trois ans, qui vient un peu s'arrimer aussi au délai
de l'article 59 pour les mesures disciplinaires. Donc, c'est dans une
logique aussi de cohérence envers diverses infractions pénales qui sont dans
diverses lois.
commission, par contre, recommandait que tout délai ne devrait jamais dépasser
sept ans, tout délai de prescription pénale ne devrait jamais dépasser
sept ans. Donc, c'est pour être conforme en entièreté à la recommandation de la
commission qu'il est dit que, donc, on a
trois ans, du délai de la connaissance... Mais, si la connaissance arrive,
exemple, la cinquième année de l'infraction,
bien, nous n'avons que deux ans. Si elle arrive la sixième année de
l'infraction, il ne nous reste qu'un
an, parce que le délai de prescription ne devra jamais dépasser sept ans de
l'infraction. Donc, ça donne, je pense, une marge de manoeuvre suffisante pour le commissaire, pour enquêter
pour ce type d'infraction, tout en préservant le droit des futurs
potentiels visés.
Président (M. Bachand) : M. le député de Chomedey.
M. Ouellette : Oui, M. le Président. Mme la ministre, vous ne voyez pas la pertinence
d'étendre, au lieu de sept ans, ou
d'avoir une disposition particulière qui vous permettrait de retourner plus
tard que sept ans, là. Pour vous, le fait
de... trois ans à partir de la date de la
connaissance puis sept ans à partir de la date de la perpétration, ça remplit
fort bien les recommandations de
Charbonneau, mais, à la lumière de — parce que les recommandations de
Charbonneau, on parle déjà de... ça
fait déjà trois ans — à la lumière
des études ou à la lumière de tout le travail qui a été fait par le Commissaire
au lobbyisme, des rencontres que vous avez
eues avec depuis ce temps-là, de son énoncé — je le répète, parce qu'on a bien hâte de l'avoir — de son énoncé de la deuxième phase qui s'en
vient, de refaire la loi ou de... pas de refaire, mais de la réactualiser, 2019‑2020, le trois ans et le sept
ans, pour vous, M. le Président, et Mme la ministre, ça répond amplement,
et on est vraiment dans les bonnes eaux, et on n'a pas besoin d'accrocher au
trois et au sept une clause exceptionnelle ou extraordinaire
qui nous blinderait si jamais il arrivait une situation qui est inconnue
aujourd'hui mais qui, dans le futur, pourrait survenir. On n'a pas besoin
d'ajouter rien, là, selon vous, à la lumière de tout ce que c'est qui a été
fait, ça répond amplement, pas juste à Charbonneau, mais aux besoins
actuels de la situation actuelle par rapport au commissaire.
LeBel : Bien, je vais vous répondre de cette façon-là, c'est difficile
de prévoir si ça répond à une situation qui est inconnue de tous aujourd'hui, mais je pense que, dans les
circonstances de l'étude sérieuse qui a été faite par le passé, les circonstances de ce type d'infraction là... On a
quand même une certaine expérience de ce type d'infraction là, et le
fait que le délai de trois ans part du
moment de la connaissance de l'infraction, et non pas de la perpétration, ce
qui pourrait nous permettre,
théoriquement, de retourner en arrière de sept ans, je pense que, dans les
circonstances, c'est une modification qui est adéquate pour répondre aux
besoins de la loi.
Ouellette : Vous comprenez, M. le Président, que, pour nous qui
siégeons à la Commission des institutions, il
y a peut-être des choses... et je fais référence à la Loi d'interprétation que
Mme la ministre nous mentionnait dans une séance ultérieure, mais, pour
les gens qui nous écoutent et pour les gens qui consulteront les travaux de la
commission, je pense qu'il était important qu'on s'y attarde ou qu'au moins on
se questionne sur le besoin, aujourd'hui, de faire ces changements-là et de... qui répondent, et je pense que... La réponse que
Mme la ministre m'a donnée, M. le Président, me satisfait et doit
satisfaire ceux qui nous écoutent aussi.
Président (M. Bachand) : Merci. Intervention? M. le député de
LaFontaine.
M. Tanguay : Très rapidement,
je regardais juste — parce
qu'évidemment on aime ça faire un peu de légistique — la
manière dont c'était rédigé, c'était un
petit peu différent, là, la manière dont c'était rédigé, entre autres sur la
Loi sur les contrats des organismes
publics, l'objectif est atteint dans les deux cas, mais c'est juste qu'on a
préféré une autre rédaction juste
pour la gouverne, puis c'est toujours
intéressant, je veux dire, quand on légifère puis quand on est avocat, on
aime ça comparer les textes de loi. À
l'article 27, ça se peut-u, ça, 27.14.1 — on dirait quasiment la
loi sur le
revenu — de la
Loi sur les contrats des organismes publics,
il est libellé de cette façon-là, toujours intéressant : «Une poursuite pénale doit être intentée dans un délai de
trois ans après que l'infraction a été portée à la connaissance du poursuivant.
Toutefois, aucune poursuite ne peut
être intentée s'il s'est écoulé plus de sept ans depuis la date de la
perpétration de l'infraction.» C'est rédigé de façon différente, mais ça
atteint le même objectif.
Président (M. Bachand) : M. le député de Chomedey.
M. Ouellette : Là, je me permettrais juste un commentaire,
M. le Président. La rigueur avec laquelle les légistes de l'État travaillent et d'avoir, dans les
différentes lois, le même libellé, ça m'arrache un petit sourire, ce matin, là,
de voir que ce n'est pas tout à fait
la même chose, ça veut dire la même chose, mais ce n'est pas tout à fait la
même chose, alors qu'il y a une
rigueur extraordinaire des légistes d'une loi à l'autre pour que ça soit
exactement la même affaire, pour ne pas réinventer le cursus législatif. Ça fait que c'est juste un
petit clin d'oeil que je fais, M. le Président, là, ce n'est pas une... on ne
fera pas d'amendement là-dessus, là, mais
c'est juste un petit clin d'oeil que je fais qu'on pourra rappeler lors d'une
prochaine étude de projet de loi, que ce qui est écrit peut être
modifié.
Président (M. Bachand) : Mme la ministre.
Mme LeBel : Bien, je vais rassurer mon collègue,
le libellé qui vous est présenté dans ce projet de loi là
apparaît dans d'autres lois également, donc
on n'a pas réinventé la roue, les légistes se sont fiés à une façon d'écrire
qui existait déjà. Maintenant, est-ce
qu'effectivement on relève qu'il y a une seconde façon d'écrire la même chose?
Peut-être, mais je veux vous rassurer, on n'a rien inventé pour le cadre
de ce proj