Institutions — 19 September 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CI 2023-09-19
Quebec — Committees
(Neuf
heures quarante-sept minutes)
Président (M. Bachand) : Bonjour, tout le
monde. Content de vous retrouver. Ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission des institutions ouverte.
La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 14, Loi
modifiant diverses dispositions relatives à la sécurité publique et édictant la
Loi visant à aider à retrouver des personnes disparues.
Avant de débuter, Mme
la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Zanetti (Jean-Lesage) est
remplacé par Mme Ghazal (Mercier).
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Alors, je vous rappelle que nous étudions le projet de
loi n° 14 par sujets. Lors de l'ajournement de nos travaux, le
jeudi 1er juin 2023, nous en étions à l'étude du sujet n° 3
intitulé Mission, compétence et
indépendance, et il avait été convenu, par ailleurs, de suspendre l'étude de
l'article 17, sujet n° 2 du projet de
loi. De façon plus particulière, nous avions amorcé l'étude de
l'article 95 du projet de loi, et Mme la députée de Westmount—Saint-Louis
souhaitait déposer un amendement.
Donc,
Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, bienvenue, content de vous retrouver, et puis on vous écoute.
Maccarone : Merci. Et moi également, je suis contente de retrouver
tous les collègues et, évidemment, toutes
les équipes qui nous accompagnent aujourd'hui. Contente de vous retrouver, M. le
Président. Ça fait que, oui, on était situés... on était à
l'article 95, et j'avais un amendement. Ça fait que l'amendement se
lit :
L'article 95 du projet de loi est remplacé par le
suivant :
L'article 304 de cette loi est modifié par l'ajout :
après les mots «a la responsabilité de déterminer», des mots «, après
consultation du Conseil sur les services policiers du Québec,»;
2° à la fin du
premier alinéa, de la phrase suivante :
«Elles sont portées à
l'attention des corps de police concernés par écrit et sont rendues publiques.»
Alors, pour situer
les gens qui nous suivent en ce qui concerne cet
article puis le sens de
l'amendement en question, M. le Président,
c'était suite à ce que nous avons déterminé qui a été écrit dans le rapport
Chamberland, que ça aurait été
souhaité, à l'intérieur de cet article, de s'assurer qu'on a l'avis des
recommandations du Conseil sur les services policiers du Québec. Et, pour nous, ce n'était pas clairement écrit dans
l'article 304 de la loi. Ça fait que ce qu'on souhaite ici, c'est d'amener de la clarté, de s'assurer que
ce sera fait, suite au rapport Chamberland puis suite aussi aux recommandations
de tous les groupes concernés qui ont dit que ce serait une bonne affaire.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Bon, comme vous savez, tout le monde, on a des problèmes informatiques, alors donc, ce n'est pas la demande
d'aucun député, homme ou femme, c'est moi qui vais demander une
suspension pour qu'on puisse, que vous puissiez avoir copie de l'amendement.
Mais on risque d'avoir des problèmes une
partie de la journée, malheureusement.
Alors, je suspends
quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à
9 h 50)
Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il
vous plaît! La commission reprend ses travaux. Puis j'aimerais remercier l'ensemble des techniciens et
techniciennes qui travaillent fort, aujourd'hui, pour régler tous ces
problèmes.
Alors donc, Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis,
je ne sais pas si vous vouliez compléter.
Mme Maccarone :
Bien, M. le Président, je dirais
que c'est complet, à moins que le ministre a quelque chose qu'il souhaite contribuer. Comme j'ai dit, ce que
je souhaite, c'est d'avoir la clarté de s'assurer que... puis même, si
ça peut situer les gens qui nous suivent, on
peut trouver la recommandation sur le rapport Chamberland, c'est sur la
page 167, cette recommandation pour bonifier l'article 304 pour
rejoindre la recommandation de consulter, comme j'ai dit, le Conseil sur les
services policiers du Québec.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. M. le ministre,
s'il vous plaît.
Bonnardel : ...commentaire, M. le Président.
L'article 304 de la
loi indique clairement qu'il revient au ministre de la Sécurité publique de
«déterminer les grandes orientations en matière d'organisation policière et de
la prévention de la criminalité», et, à cet
égard, il peut — ce
n'est pas "il doit", il peut — bénéficier
des avis et recommandations du Conseil sur les services policiers du
Québec.
Donc,
il peut, alors on peut faire... ou faire une demande d'information, s'il y a
lieu, sur différentes politiques, ou autres,
au conseil de... du Conseil sur les services policiers du Québec, pardon.
Alors, on ne veut pas avoir les mains liées, dans une certaine mesure, avec un «doit», comme l'amendement le
mentionne, là, donc, «après consultation du Conseil». Alors, on peut déjà, comme c'est mentionné, là,
qu'il y ait... avoir bénéficié de ces avis et recommandations, mais on
ne va pas se lier les mains avec ça.
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Oui. Et, comme le ministre a dit
avec justesse, ce qu'on souhaite, c'est de s'assurer que ce sera un fait, que ce ne sera pas un «peut» mais un
«doit». Ça fait qu'au lieu de seulement changer le mot, on souhaitait
avoir plus de clarté pour s'assurer que le
conseil, à chaque fois qu'il y aura un changement à émettre, ce sera une
consultation, un fait qui sera. Ça fait que c'est pour ça que nous avons écrit
l'amendement en question.
Je comprends que le
ministre ne veut pas que ça soit quelque chose qui est écrit en béton, veut
avoir la flexibilité. Nous, on pense que ce serait juste de suivre la
recommandation du rapport Chamberland pour s'assurer qu'il y aura quand même une consultation chaque fois qu'il y a lieu, et
pas un choix, mais un «doit», par cette consultation. Parce que c'est quand même eux qui sont sur le
terrain, c'est eux qui comprennent, c'est eux qui sont... ils ont ce
contact. C'est une neutralité aussi, hein, ça fait qu'on pense que ce serait
avec beaucoup de justesse que leur point de vue serait pris en considération.
Ça donne quand même
la liberté au gouvernement puis au ministre d'émettre leurs propres avis. On
parle de consultation, ce n'est pas... Ça
aussi, les recommandations qu'eux ils vont émettre, le gouvernement pourrait
choisir d'en prendre ou d'en laisser,
mais la consultation, ça fait
partie de la preuve de transparence puis le
travail d'équipe qu'on pense est nécessaire, surtout rendus où nous
sommes aujourd'hui dans toute notre actualité.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup,
Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement de la
députée de Westmount—Saint-Louis?
S'il n'y a pas d'autre intervention... Mme la députée de Westmount—Saint-Louis?
Maccarone : ...s'il vous plaît, M. le Président.
Président (M. Bachand) : Alors donc, on va
mettre l'amendement à la mise aux voix. Donc, un vote par appel nominal. Mme la
secrétaire, s'il vous plaît.
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
Secrétaire : M. Bonnardel (Granby)?
La Secrétaire :
M. Asselin (Vanier-Les Rivières)?
La Secrétaire :
Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
La Secrétaire :
Mme Schmaltz (Vimont)?
La Secrétaire :
M. Lemieux (Saint-Jean)?
La Secrétaire :
Mme Ghazal (Mercier)?
Mme Ghazal :
Abstention.
La Secrétaire : M. Bachand
(Richmond)?
Le Président (M. Bachand) : Abstention.
Donc, l'amendement est rejeté. Donc, on revient à l'article 95.
Interventions? Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 95?
S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 95 est adopté?
Président (M. Bachand) : Adopté. Merci
beaucoup. M. le ministre.
M. Bonnardel :
Donc, M. le Président, si je ne
me trompe pas, on change de bloc, on s'en va à Main-d'oeuvre policière
spécialisée et formation,
article 13.
Président (M. Bachand) : ...l'article 13
était suspendu. C'est...
Bonnardel : Non, c'était le 17 qui était suspendu.
Président (M. Bachand) : C'est le 17 qui
est suspendu?
Bonnardel :
Oui.
Président (M. Bachand) : Parfait. Alors donc, Main-d'oeuvre
policière. Allez-y, M. le ministre.
M. Bonnardel :
Alors, l'article 13, donc,
se lit comme suit :
L'article 115 de cette loi est modifié par
l'insertion, après le quatrième alinéa, du suivant :
«Le gouvernement
peut, par règlement, déterminer les domaines dans lesquels une personne qui ne
remplit pas la condition prévue au
paragraphe 4° du premier alinéa peut être embauchée comme policier pour exercer
des fonctions d'enquête, dans un corps de police autre qu'un corps de
police spécialisé, ainsi que les critères de sélection et les qualités
minimales requises, dont la formation, pour être embauché à ce titre.»
Commentaires :
L'article 13 du projet de loi propose de modifier l'article 115 de la
loi afin de permettre au gouvernement de déterminer par règlement les domaines
dans lesquels une personne qui n'est pas diplômée de l'École nationale de police du Québec peut être embauchée comme policier
pour exercer des fonctions d'enquête dans un corps de police autre qu'un corps de police spécialisé ainsi que les
critères de sélection de même que les qualités minimales requises pour
être embauchée à ce titre. Il précise par ailleurs que la formation peut
constituer une qualité minimale.
Donc,
juste à
titre d'exemple, là, j'en avais déjà parlé, là, le gouvernement
pourrait déterminer que les fonctions d'enquête
dans différents domaines, exemple, de cybercriminalité ou de crime
économique... pourrait être important ou être utile, pour ces corps de
police, d'avoir, donc, des personnes qui ont un bagage, un bagage d'expérience
dans un domaine spécialisé, après un certain
nombre d'années, et de répondre, donc, à une certaine demande pour résoudre,
là, des crimes plus complexes. Voilà.
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : Oui. J'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup de questions pour
cet
article puis je ne veux pas que ça donne l'impression qu'on est contre.
C'est plus pour mieux comprendre, hein, parce qu'on a beaucoup de questionnements. On a parlé avec beaucoup de
parties prenantes, on a parlé avec beaucoup de policiers. Ça fait que ce
qu'on veut mieux comprendre, c'est peut-être la mise en oeuvre, je dirais, de
ce nouveau policier qui va travailler avec les autres policiers qui vont être
enquêteurs, mais qui vont suivre une autre formation. On voit ça un peu comme
un «fast-track» pour les policiers.
fait que ce qu'on veut savoir... parce que, maintenant, ça nous donne, en tout
cas, l'impression qu'il va y avoir deux
catégories de policiers. Ça fait que nous, on voulait mieux comprendre comment
ça fonctionne, parce que malgré que,
ces deux catégories de policiers, ils vont être assujettis aux mêmes règles de
déontologie, aux mêmes règles de Code civil, par exemple, ils vont
fonctionner de la même façon, je présume. Ça fait que ça, c'est quelque chose à
clarifier. Est-ce qu'ils vont être armés comme les autres policiers? Parce
qu'on comprend, dans autres articles qui vont suivre, tout ce qui est gendarmerie, ça ne fait plus
partie de la formation
requise. Ça fait que, comme je dis, ça soulève beaucoup de
questionnements.
Alors, je dirais,
peut-être, la première question, ce serait de... Est-ce que les policiers
auront les mêmes droits et les mêmes obligations que les autres policiers qui
auront suivi toute la formation, tout le cheminement, que ce soit à Nicolet ou
au technique?
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Bonnardel :
Oui, bien, premièrement, c'est
une recommandation du CCRP, je pense que la députée est bien au fait, là, d'introduire, dans la
Loi sur la police,
pour tous les services de police, un processus d'entrée, on va appeler
ça en fonction parallèle pour des experts civils, là, je l'ai mentionné tantôt,
pour des crimes hyperspécialisés, que ce soit la cybercriminalité ou autres.
Puis juste la
parenthèse, avant d'aller plus loin, oui, ça va devenir un policier en bonne et
due forme, là, policier, policière en bonne et due forme, tout comme on l'a
fait aussi pour... depuis 2020, pour le Commissaire à la lutte contre la corruption. Le commissaire peut
lui aussi, là, donc, avec l'entrée parallèle, aller chercher des
expertises très nichées pour être capable d'épauler.
Puis
je ne dis pas que nos enquêteurs, nos hommes et nos femmes, nos policiers ne
peuvent pas faire le travail, mais tu arrives, des fois, dans des
secteurs, là, très spécialisés où tu as une expertise que... la personne qu'on
va aller chercher, qui peut décider, là... À
40 ans, après 15 ans d'expérience, 20 ans d'expérience dans un
domaine x, bien, cette personne pourrait déjà être enquêteure dans le
privé, dans le privé, a développé une spécialité x puis là, bien, un jour ou
l'autre, décide soit d'aller au Commissaire à la lutte contre la corruption, ou
au SPVM, ou à la Sûreté du Québec.
Donc,
je pense que c'est un outil additionnel qu'on va donner aux corps de police
d'être capable d'aller chercher... Puis
combien... si vous me posez la question, combien on va en embaucher, je n'ai
aucune idée, aucune idée combien on va être capables d'aller en
embaucher. Mais on va donner au moins cet outil, cet outil aux corps de police,
en se disant : Bien, c'est une
expertise x sur laquelle le SPVM pourrait ne pas répondre. Je ne pense pas que
les petits corps de police vont aller, tu sais, chercher une expertise,
bon, parce que ce sont des petits corps, mais là on va peut-être plus parler
des niveaux Québec, Laval, Montréal, peut-être Gatineau, peut-être Sherbrooke.
Je pense qu'on parle surtout... puis Sûreté du Québec. On parle surtout aux
gros corps qui sont impliqués à temps plein dans différents corps d'enquêtes,
là, qui sont d'une importance capitale.
Donc, c'est un outil
additionnel qui, pour nous, est important, puis surtout aussi que, la recommandation,
on la trouvait utile pour le travail des policiers dans le futur.
Maccarone : C'était une recommandation de la SQ. Puis, dans le fond,
je n'avais pas la question de combien est-ce
qu'on souhaite engager, parce que je pouvais imaginer que ça va être établi par
région, mais les questions, en ce qui
concerne combien, c'est plus comment. Parce qu'on peut imaginer comment est-ce
que les policiers municipaux, SQ, par exemple, comment est-ce qu'ils
vont être compétitifs. Quand on sait, vous l'avez évoqué, dans le secteur privé, par exemple, ces spécialistes, entre autres...
mais ils peuvent être engagés. On voit la même chose dans le réseau
scolaire. On voit la même chose dans le réseau de santé, hein, nos
psychologues, au lieu d'oeuvrer dans les réseaux scolaires, pour... ce n'est
pas compétitif pour eux, bien, ils restent dans le privé parce qu'ils gagnent
plus cher.
Ça fait que... est-ce
qu'il y a une vision pour ça aussi, pour aider les policiers à faire le
recrutement de ces spécialistes, parce que,
dans le fond, il faut être compétitif, ou bien est-ce que nous sommes en train
d'adopter quelque chose qui va être
très difficile de mettre à l'oeuvre, parce que dans... ça va être difficile de
faire du recrutement, parce qu'on ne
peut pas être compétitif avec le privé? Mais je comprends le besoin,
100 %, ça fait que ça, c'est peut-être question n° 1.
Puis la deuxième
question que je dirais, c'est qu'ils ont déjà ce pouvoir, n'est-ce pas? Ils
peuvent engager un spécialiste, s'ils ont
besoin d'avoir un spécialiste pour leur... accompagner, pour la
cybercriminalité ou crime fiscal, par exemple.
Ils ont déjà le pouvoir de faire cet engagement. Ça fait qu'entre-temps, s'ils
ne sont pas en mesure de combler ces postes, ils ont toujours un
recours, «right»?
Bonnardel : Bien, c'est ça, le but, dans tout ça, ce n'est pas
nécessairement, avec la présence ou l'arrivée de
cette nouvelle personne, qu'on crée une équipe. Souvent, c'est un ajout, c'est
un ajout d'expertise nichée, spécialisée, dans une équipe x. Il y a une échelle salariale qui est respectée, si on
est, exemple, au SPVM. Est-ce qu'on peut signer un contrat spécifique?
Peut-être, je ne connais pas tous les paramètres, là, du SPVM, pour ce processus
d'embauche comme tel, mais il ne faut pas oublier que cette personne, la seule
chose qu'elle n'a pas fait, là, c'est son parcours académique au cégep. Exemple, son... elle a fait l'école nationale... il
a fait ou elle a fait l'École
nationale de police au complet et vient épauler ses collègues par son
expertise du privé qu'elle est allée chercher.
Donc, est-ce que...
Encore une fois, est-ce que tous les corps d'importance vont l'utiliser?
Peut-être, peut-être pas, tout dépend de leur capacité à vouloir aller
chercher, là, la... peut-être celle ou celui qui manque, là, pour donner le
dernier petit coup, là, pour avoir l'équipe la plus forte possible.
Mme Maccarone :
...quelque chose qui est prévu
pour les policiers qui sont patrouilleurs, qui ont souhaité être enquêteurs? Parce que je peux imaginer, dans leur
place, ils voient ça un peu comme un passe-droit, parce que, là, on a des gens qui vont venir, qui ne vont pas suivre le
même cheminement, la même formation qu'eux. Ils vont être des policiers
à part entière, mais eux, ils ne sont pas enquêteurs, mais eux, oui. Ça fait
que... est-ce qu'il y a quelque chose qui est prévu pour accompagner nos
patrouilleurs qui aspirent aussi de devenir enquêteurs?
M. Bonnardel :
C'est normal que les policiers...
je le savais qu'en allant de l'avant avec cette recommandation, il allait y avoir certaines inquiétudes. Puis je
veux dire aux hommes et aux femmes, aux membres des différents corps de police, du jour au lendemain, en tout cas, je ne
crois pas que, parce qu'on fait cet... qu'on ajoute cet
article que, du
jour au lendemain, il va rentrer
150 enquêteurs spécialisés dans les différents corps de police. Il reste
que, pour un gendarme, un homme ou
une femme qui sort de l'école nationale, qui est gendarme puis qui aspire à
devenir, peut-être, un jour, enquêteur ou... bien, se dit : J'ai
encore ma place, parce que j'ai gagné, moi aussi, mon expérience dans... sur le
crime organisé, gangs de rue, ou autres, ou
autres, ou autres, drogues, ou peu importe, là, proxénétisme. Donc, il reste
que ces hommes et ces femmes qui vont... qui auront acquéri cette
expérience vont pouvoir continuer.
Mais c'est pour ça
que je fais bien attention à mes mots, là, c'est très niché, là, très ciblé sur
quelque chose que le policier ou la
policière, dans son parcours de 10 ans, 12 ans, avant de dire :
Moi, là, je suis rendu là, là, dans mon parcours où je veux devenir enquêteur, bien, il y a peut-être ce petit
quelque chose, là, dans l'équipe mixte qu'exemple la SQ, le SPVM aurait formée, qu'il manque ce
petit... cette petite qualité additionnelle ou cette petite touche
additionnelle que je n'ai peut-être pas
acquise ou qu'on n'a peut-être pas acquise puis qui fait que, bien, on va aller
voir à l'extérieur, comme on le fait pour le Commissaire à la lutte
contre la corruption.
Maccarone : Puis, comme j'ai dit, ce n'est pas une question d'être
contre, c'est juste une question de comprendre,
parce qu'avec justesse je pense qu'on devrait s'inquiéter de comment que ça va
être aperçu sur le terrain. On devrait peut-être avoir la crainte de ne
pas dévaloriser ceux qui viennent de terminer toute la formation, parce que, veux veux pas, c'est un «fast track» pour ces
personnes, parce qu'ils n'auront pas fait la même formation. Ils vont
sortir peut-être de l'université, ou je ne
sais pas quelle autre formation qu'eux, ils auront besoin pour amener cette
spécificité, cette formation. Puis ils
seront tout de suite enquêteurs, qui n'est pas le cas d'un patrouilleur, c'est
ça, mais je comprends, avec du temps
sur le terrain, avec une expertise qu'ils auront accomplie après plusieurs
années, ils vont pouvoir toujours devenir enquêteurs. Il n'y a rien qui
leur empêche de le faire, mais c'est juste... On parle d'une comparaison d'un
qui vient de terminer ses études puis
l'autre... mais il ne pourra pas devenir enquêteur, bref, mais l'autre oui.
C'est juste ça. Je voulais savoir si ça, c'était pris en considération
puis si on a quelque chose qui est prévu pour accompagner ces patrouilleurs qui
ont quand même ces aspirations.
Président (M. Bachand) : ...M. le
ministre, puis, après ça, j'aurais la députée de Mercier. M. le ministre.
Bonnardel : On a eu des discussions avec les différents corps. Puis,
comme je vous le mentionne, je suis assez transparent pour vous dire que je le
savais que ce point allait titiller certains. Mais il faut bien comprendre que,
quand... je le répète, quand on est très
niché, exemple, dans un crime économique... bien, crime économique, quand
tu as passé ta vie comme gendarme ou que tu
as grandi sur... peu importent les épisodes sur lesquels tu as eu à travailler,
drogues, ou autres, proxénétisme, trafic d'armes, des fois, crime économique,
je vous donne cet exemple, là, mais c'est moins quelque chose sur lequel tu as
approfondi tes connaissances ou tu as travaillé, plus souvent qu'autrement.
Donc,
c'est peut-être plus là-dessus, tu sais, que je dirais aux... à ces hommes et
ces femmes : Ils auront... Il y aura toujours, toujours, toujours
de la place pour eux pour grandir dans une organisation. Puis là-dessus, comme
je le mentionnais, on pourrait s'en reparler dans un an, deux ans, trois ans.
On va le voir, ces trois prochaines années. Je ne crois pas que, du jour au lendemain, ça va exploser, partout au
Québec, en se disant : Mon Dieu! On manque d'expertise à la SQ, on manque d'expertise dans tel... au
SPVM. Je pense que, quand... les services combinés, les escouades
organisées qui sont mis en place, on voit qu'il y a peut-être une demande ou une
spécificité qui ne répond pas à... avec l'équipe qu'on a. Je pense que c'est...
Tout vient en termes de leadership de la part des commandants, des hommes et
femmes qui disent : Bien, regardez, la
gang, là, voici l'équipe que le gouvernement ou nous, on a décidé de former, on
a peut-être un petit bémol sur ça, qu'est-ce que vous en pensez? On va
aller voir à l'extérieur.
Président (M. Bachand) : Merci.
Président (M. Bachand) : Rapidement, oui,
parce que...
Mme Maccarone :
...la parole, s'il te plaît?
C'est juste, est-ce que ces policiers vont être en mesure de devenir directeurs, par exemple, de monter l'échelon?
Est-ce qu'eux ils auront les mêmes droits, malgré qu'ils n'ont pas suivi
la même formation?
Bonnardel : Il se pourrait, il se pourrait.
Maccarone : ...peut devenir directeur... Est-ce qu'il peut devenir
patrouilleur?
Bonnardel : Mme Beausoleil, de la SQ, n'a pas un parcours comme
gendarme, là, ou comme policière, initialement, là, Mme Beausoleil.
Mme Maccarone :
Est-ce que Mme Beausoleil
travaille comme patrouilleur de temps en temps ou... Non, voilà, parce
que ça prend une formation.
Bonnardel : C'est ça, mais ils ne sont pas patrouilleurs aussi, ceux
qui vont entrer, là. Ils vont être nécessairement nichés dans un domaine
d'enquête x, là.
Maccarone : Mais ils ne vont pas devenir patrouilleurs. Juste pour que
ce soit clair, ça prend une formation pour ça, mais ils pourront monter
l'échelon pour devenir directeur.
Bonnardel : Si cela arrivait, oui.
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la
députée de Mercier, s'il vous plaît.
Mme Ghazal : Oui,
très bien. Merci beaucoup, M. le Président. Bonjour, tout le monde. Je suis
vraiment très contente d'être ici puis de remplacer mon collègue le député de Laurier-Dorion,
qui est en train de travailler sur un autre projet de loi très, très important,
sur le logement, le projet de loi n° 31.
Donc,
juste avant d'oublier, moi, j'ai une lettre... je ne sais pas si c'est le bon
moment de le faire, là, parce que je veux déposer un amendement, mais, avant,
une lettre de la Ligue des droits et libertés. Je pense qu'elle avait été reçue
par la commission, mais je veux la déposer de façon officielle ici, dans cette
commission.
Mme Ghazal : Très bien, merci. Oui. Donc, moi, j'ai... En fait,
c'est une intervention en lien avec l'alinéa n° 1 de
l'article 13, là, l'article qui modifie l'article 115 de la loi. Je
vais commencer par le lire tout de suite. Ça a déjà été envoyé, ça fait qu'il
est sur Greffier, je pense, ou je vais demander une suspension, juste pour être
sûre.
Président (M. Bachand) : Bien, de toute
façon, la lettre est sur Greffier maintenant. Ça fait que lisez votre
amendement, puis on va aller... problème technique, on va aller vérifier, si
c'est bien sur Greffier.
Mme Ghazal : Mais je vais demander quand même une suspension
pour l'amendement, pas pour la lettre, pour l'amendement. La lettre, c'est bon, c'est déposé, mais je vais demander
une courte suspension, si ça ne vous dérange pas.
Président (M. Bachand) : Est-ce qu'on est
prêts maintenant? Oui? Voulez-vous une suspension immédiatement?
Mme Ghazal : Oui,
s'il vous plaît.
Président (M. Bachand) : Oui. Alors, on va
suspendre quelques instants. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à
10 h 10)
Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il
vous plaît! La commission reprend ses travaux. O.K., Mme la députée de Mercier,
pour la lecture. Oui, Mme la députée de Mercier, s'il vous plaît.
Mme Ghazal : Oui,
très bien. Donc, voici l'amendement, qui est disponible sur Greffier, si vous y
avez accès. Donc,
article 115 :
Ajouter au premier paragraphe de l'article 115 de la loi, proposé par
l'article 13 du projet de loi, «ou résident permanent».
Donc,
le premier paragraphe va se lire comme ça, de l'article 115, se lit
ainsi : «Être citoyen canadien ou résident permanent».
donc je peux commencer avec les explications. Je pense que le ministre ne
serait pas... Oui, je peux y aller?
Président (M. Bachand) : Oui, allez-y,
parce qu'on a des petits problèmes techniques aussi à régler entre-temps, là.
Allez-y, Mme la députée.
Mme Ghazal : Mais
c'est très simple, c'est juste ajouter «ou résident permanent» après «être
citoyen canadien». Puis le ministre, donc,
de la Sécurité publique n'est pas surpris de cet amendement-là. En fait, il y a
beaucoup, beaucoup, beaucoup d'arguments
pour soutenir le fait... En fait, je vais commencer par... bien, il faut que je
l'explique, hein? Je ne commencerai pas par
une question. Je voulais demander au ministre pourquoi est-ce que «résident
permanent» n'est pas inclus. Je vais commencer par ça pour commencer, tiens.
Bonnardel : Bien, réponse courte, on a décidé, on a fait le choix de
garder le fait d'être citoyen canadien. De
l'autre côté, on a fait le choix aussi d'augmenter le nombre d'attestations
d'études collégiales qui répond en grande majorité aux minorités visibles. On a passé... on va passer de 90 à 230
sur les 1 000 formés à l'École nationale de police. Donc,
c'est un signal important qu'on envoie principalement aux minorités pour être
capable d'avoir aujourd'hui un pourcentage de 23 % de ses cohortes qui
viennent des minorités visibles.
Mme Ghazal : Pour
les minorités visibles, c'est-à-dire, c'est quoi, là, les chiffres que vous
avez... que le ministre a mentionnés? 90 à 200...
Bonnardel : Avant, il y avait 90... pas permis, ce n'est pas le bon
mot, là, mais il y avait 90 attestations d'études collégiales pour les
minorités visibles. On a augmenté, donc, ces attestations de 90 à 230. Donc,
c'est une augmentation assez substantielle qui répond principalement, donc, à
une augmentation... pas juste un souhait... ou une volonté d'augmenter le
nombre de minorités visibles dans les différents corps de police.
Mme Ghazal : C'est-à-dire que je
comprends que le ministre dit : Bien, moi, peut-être que l'amendement que je fais, l'objectif, c'est d'augmenter la
représentativité des personnes des minorités visibles. Ça peut être aussi,
de façon générale, là, la représentativité générale de la
population. Il y a des gens qui viennent ici, qui veulent devenir citoyen canadien, qui ne le sont pas encore, mais
qui peuvent travailler, peuvent exercer plein de métiers au Québec sans être citoyens canadiens, sauf policier. Et un
des moyens que... par lequel le ministre veut y arriver, ce n'est pas en
accordant le droit de travailler comme policier, en étant... en ayant comme
exigence minimale le fait d'être résident permanent, mais c'est plutôt en y
allant par augmenter des attestations d'études, en disant : Bien, comme
ça, on va augmenter ça.
Mais le problème reste entier, parce qu'il y a
des gens, au Québec, qui sont résidents permanents, qui veulent travailler comme policier, surtout en cette
période de pénurie de main-d'oeuvre. Ça, c'est un des arguments. Il y a
une pénurie, ça pourrait faciliter. Puis
aussi, tu sais, si on se compare, par exemple, au reste du Canada, c'est le...
de ce que je sais, c'est... le seul
endroit, c'est au Québec, le seul unique endroit, partout au Canada, où on
décide de fermer la profession d'être policier aux résidents permanents.
Pourquoi est-ce que, dans les autres provinces, ils n'ont pas des... ils ont
pris cette décision-là alors qu'ici on décide d'être une exception?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Bonnardel : Bien, je ne veux
pas parler pour les autres provinces canadiennes, c'est leur propre choix législatif. Nous, on a fait le choix de demander
la citoyenneté canadienne, mais d'augmenter les cohortes d'attestations d'études collégiales qui sont dictées
précisément... principalement, je devrais dire, principalement aux minorités
visibles. Donc, cette augmentation, pour
nous, est importante pour être capable d'avoir une représentativité encore plus
importante de ces minorités dans les différents corps de police.
Mme Ghazal : Puis la
représentativité dont vous parlez, est-ce qu'elle va avoir un impact en
fonction des régions, c'est-à-dire est-ce
que tout le monde... les attestations qui sont données, 100 % de ces
attestations-là pourraient être à Montréal, comme ça, à Sherbrooke, où
il y a une unité...
M. Bonnardel : Bien, je ne peux
pas décider pour un citoyen ou une minorité. Une personne d'une minorité visible, qu'elle soit à Sherbrooke, soit à
Montréal, au Saguenay—Lac-Saint-Jean ou en Abitibi, si elle décide de changer de plan de vie... puis qu'à 37 ans, là, je me dis : Je veux
devenir policier ou je veux même... j'ai une spécialité x, moi, comme...
je pourrais avoir un atout additionnel parce que j'ai une spécialité en
cybercriminalité ou en crime économique,
bien, cette personne pourrait faire... pourrait aller passer, donc, son
attestation d'études collégiales puis son école nationale par la suite.
Mme Ghazal : Parce que, sur la
question de la représentativité, je veux dire, tout le monde, tout le monde, tout le monde est pour la tarte aux pommes et tout
le monde veut que le corps policier soit représentatif de la population.
Après ça, c'est les moyens. Je comprends que
le ministre dit : Bien, moi, je fais le pari que, si j'augmente les
attestations pour les personnes issues des
minorités visibles, elles pourraient... on pourra augmenter, on pourra avoir un
résultat, parce que ce n'est pas
comme la première fois. Ce n'est pas juste depuis quelques années qu'on parle
de ça, de la représentativité, surtout dans les corps policiers. Ça fait
extrêmement longtemps, puis les résultats ne sont pas présents.
Je comprends
que le ministre renferme ça aux minorités visibles. C'est vrai que c'est un des
enjeux importants, mais les gens qui n'ont pas la résidence permanente
pourraient venir d'autres pays qui ne sont pas nécessairement uniquement
faisant
partie de la minorité visible. Ça peut être des minorités audibles ou
d'autres sortes de minorités. Je comprends
que les attestations, c'est uniquement pour les minorités visibles, mais il
faut regarder la représentativité de la population de façon beaucoup, beaucoup plus large. Il y a un moyen d'y
arriver, encore plus de... pour s'assurer d'avoir des résultats, pas
juste des bonnes intentions, mais s'assurer d'avoir des résultats. Ça, c'est un
moyen qui est utilisé partout ailleurs. Pourquoi est-ce qu'au Québec on ferait
bande à part?
Puis ça a été
aussi une recommandation du Comité consultatif sur la réalité policière de
2021, que je suis certaine que le ministre connaît. Il connaît les
recommandations. Donc, je comprends que le ministre a décidé de rejeter du
revers de la main une des recommandations du comité consultatif. Est-ce que sa
réponse, c'est juste : Bien, moi, je vais
y passer par l'augmentation des attestations? Peut-être que ça faisait aussi
partie, là, des recommandations du comité.
Ce qui est important aussi, il y a un autre élément...
mais, le ministre, est-ce qu'il est conscient que c'est une recommandation du
comité consultatif?
M. Bonnardel : Oui,
tout à fait. Je vous l'ai mentionné, on a fait le choix de garder la
citoyenneté canadienne, mais
d'augmenter le nombre qui sont... à cause de l'attestation d'études
collégiales. Comme je l'ai mentionné tantôt, le pourcentage sur 1 000, c'est quand même 23 %. C'est une
augmentation substantielle de ce qui existait avant. Donc on est fiers
de ça. On est fiers de tout ça puis on est persuadés qu'avec cette mesure on va
être capables d'augmenter la représentativité de ces minorités.
Mme Ghazal : Mais c'est quoi,
le risque de faire les deux? Tu sais, on peut marcher et mâcher de la gomme en même temps. On peut augmenter les attestations
puis donner aussi la résidence permanente. Comme ça, on se donne tous les moyens. On les met de notre côté pour
s'assurer d'avoir des résultats, pour ne pas que, dans quelques années,
on se repose encore la même question. Pourquoi est-ce qu'on ne fait pas les
deux? C'est quoi, le risque qui a été évalué par le gouvernement de ne pas
octroyer le droit de pratiquer cette...
M. Bonnardel : La réponse est
la même, madame.
Mme Ghazal : ...ce
métier-là pour les résidents permanents?
M. Bonnardel : Ma réponse est
la même. On a fait le choix d'augmenter les attestations d'études collégiales.
Mme Ghazal : Mais c'est quoi,
le risque pour... C'est quoi, le risque, qui a été évalué par le gouvernement,
de ne pas l'accorder aussi aux gens qui ont la résidence permanente, comme pour
d'autres métiers?
M. Bonnardel : C'est un choix.
C'est un choix que nous avons fait de garder la citoyenneté canadienne. C'est
tout.
Mme Ghazal : Mais c'est un
choix basé sur quoi?
M. Bonnardel : C'est un choix
qu'on a fait, parce que nous, on souhaitait augmenter les attestations d'études
collégiales.
Mme Ghazal : Mais c'est la
seule et unique raison pour quoi est-ce qu'on ne l'a pas fait aussi en même temps que... Bien, peut-être qu'il y a un élément,
là, moi, qui m'échappe. Peut-être qu'il y a une raison particulière puis
qui pourrait être tout à fait légitime.
Parce que je comprends que l'objectif qui est... (panne de son) ...de la
population. Le gouvernement a dit : Bien, nous, on va y arriver pour les
minorités visibles uniquement. Puis je répète que la diversité, ce n'est pas juste les minorités visibles. Mais je comprends
que c'est quand même un enjeu particulier pour la police, donc on va y
aller par les attestations.
Mais c'est quoi, la raison d'avoir rejeté le
fait d'aussi l'accorder pour les gens qui ont la résidence permanente, comme ça se fait ailleurs, et surtout,
surtout comme c'est recommandé par le comité consultatif? C'est quoi...
Bonnardel : Je n'ai
pas d'autre...
Mme Ghazal : Je veux juste savoir
c'est quoi, les éléments? C'est quoi, l'aspect négatif qui fait...
Bonnardel : J'ai expliqué ma réponse. J'ai expliqué ma
réponse, M. le Président. La réponse, c'est celle-là : on a
fait le choix de garder la citoyenneté canadienne puis d'augmenter le nombre...
les minorités, pardon, donc, en attestation d'études collégiales de 90 à 230.
Mme Ghazal : Mais, en fait, moi,
j'ai la réponse de : C'est quoi, le moins... J'ai la réponse. La réponse
du ministre répond à la question suivante : Quel est le moyen que le
gouvernement a décidé de prendre pour augmenter la représentativité des minorités visibles d'un corps policier? Donc, la
réponse du ministre, c'est d'augmenter... d'y aller par les attestations
d'études collégiales.
Maintenant, moi, ma question qui n'est toujours
pas répondue, c'est : Pourquoi le gouvernement a décidé de ne pas octroyer
la possibilité de pratiquer le métier puis devenir policier pour les résidents
permanents, comme ça se fait ailleurs et
comme ça a été proposé par le comité consultatif? Ça, je n'ai pas encore
entendu de réponse. Puis il y a peut-être une bonne réponse, c'est juste
que je ne l'entends pas.
M. Bonnardel : Je répète une
dernière fois, M. le Président, on a fait le choix de garder ça et d'augmenter
le nombre d'A.E.C. pour répondre à la représentativité qu'on souhaite avoir
dans les corps de police.
Ghazal : Bien, moi, j'aimerais savoir, sans avoir tous les
détails, là, mais j'imagine que l'ancienne ministre de la Sécurité publique, qui est actuelle ministre
des Transports et vice-présidente... vice-première ministre, plutôt, du gouvernement... quelle discussion ils ont eue
ensemble, puisque l'ancienne ministre, à la dernière législature, en
décembre 2021, a déposé le projet de loi
n° 18, dans lequel on avait ajouté, là, le fait que... le statut de
résident permanent comme une des conditions minimales pour devenir
policier. Ça a été fait dans le projet de loi de l'ancienne ministre, mais ce
projet de loi est mort au feuilleton.
Qu'est-ce qui est arrivé entre ce moment-là, en
décembre 2021, et aujourd'hui pour que le ministre actuel de la Sécurité
publique décide : Bien, finalement, on a changé d'idée? C'est-à-dire que
la décision avait été prise de l'accorder pour le résident permanent, mais le
même gouvernement, puisque c'est ce gouvernement-là qui a été élu, a décidé de
changer d'idée. Quelles sont les raisons de ce changement de cap autre que le
changement de ministre?
Bonnardel : La réponse, je vous l'ai donnée. Je vais vous la
répéter pour une autre fois, là, c'est le choix qu'on a fait, c'est l'augmentation des... d'augmenter les
attestations d'études collégiales. On est passé de 50, en 2020, à 230.
Donc...
Mme Ghazal : Quand est-ce que ce
choix... ce changement-là a été fait?
M. Bonnardel : Dans le dernier
budget.
Ghazal : Donc, après le dépôt du projet de loi. Puis est-ce
qu'il y a eu de la représentation de certains groupes qui disaient que ce n'était pas une bonne idée
puis qui a fait que le gouvernement a décidé d'y aller par un autre
moyen?
M. Bonnardel : Bien,
pas une bonne idée... je vois mal comment certains groupes pourraient dire, du
jour au lendemain, augmenter la représentativité des minorités n'est pas une
bonne nouvelle, personne qui est passé ici en consultation
puis a qui a dit : Mon Dieu! Ça n'a pas de sens qu'on passe de 50 à 90, de
90 à 230. Je pense que la plupart des gens étaient heureux.
Mme Ghazal : Bien, moi, je ne parle
pas de ça. Puis je... Regarde, je vais le dire au ministre, c'est une bonne
chose, c'est une bonne mesure que le gouvernement met en place. Bravo!
Félicitations.
Maintenant, moi, ce que je parlais... des
représentations, pas par rapport aux attestations d'études collégiales, je parlais à des représentations au fait de
dire : Non, non, non. Aïe! Le gouvernement, on a vu le projet de loi de
l'ancienne ministre, puis c'était écrit
qu'elle voulait donner le droit de pratiquer le métier de policier pour les
résidents permanents. Ce n'est pas
une bonne idée. Enlevez donc ça dans le nouveau projet de loi. Moi, c'est cette
question-là... c'est : Est-ce qu'il
y a eu des représentations pour dire que ce n'était pas une bonne idée ou
est-ce qu'il y a eu des nouvelles informations au gouvernement à l'effet que ce n'était pas une bonne idée d'accorder
le droit de pratiquer et de devenir policier pour les résidents
permanents? Ça serait intéressant que les membres de la commission et le public
puissent connaître ces raisons-là qui ont amené ce changement d'idée de la part
du gouvernement.
M. Bonnardel : J'ai expliqué
pourquoi on a pris cette décision, M. le Président. Je n'irai pas plus loin.
Mme Ghazal : Mais je n'ai pas de réponse,
M. le Président.
Bonnardel : Mais
vous en avez une.
Mme Ghazal : Il y a des gens qui
attendent.
M. Bonnardel : Non, non. M. le
Président, ça fait six fois que je lui répète la même chose, là. J'ai expliqué
pourquoi...
Mme Ghazal : Mais c'est une réponse
à une autre question.
Bonnardel : Non,
non. Écoutez, Mme la députée, j'ai expliqué, entre le projet de loi n° 18
et celui-ci, pourquoi on a pris cette décision. On a pris cette décision parce
qu'on a décidé d'augmenter les attestations d'études collégiales de 90 à 230.
C'est tout. Voilà.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée, oui.
Mme Ghazal : Cette réponse-là n'est
pas une réponse à ma question sur le résident permanent.
M. Bonnardel : Ce n'est pas la
réponse que vous souhaitez avoir, mais c'est la réponse que je vous donne parce
que c'est la bonne réponse, Mme la députée.
Le Président (M.
Bachand) : Juste une personne à la fois,
puis évitez qu'on parle un par-dessus l'autre. Mme la députée, oui.
Mme Ghazal : Est-ce que le ministre
est fier qu'au Québec, les services policiers du Québec, qu'ils soient les plus homogènes au Canada? Est-ce qu'il est
fier avec cette comparaison-là? Est-ce qu'il trouve que c'est une bonne
statistique puis que ça nous représente bien dans ce pays étranger qu'est le
Canada?
M. Bonnardel : Bien, la statistique
que je vous donne, Mme la députée, c'est que les attestations d'études
collégiales, en cinq ans, sont passées de 50, à 90, à 230.
Mme Ghazal : Jusqu'à quelle année?
En quelle année on va atteindre ce résultat-là?
M. Bonnardel : 230 pour cette année.
Mme Ghazal : 230. Puis ça, ça fait
combien pour tous les corps policiers?
M. Bonnardel : Sur
1 000 policiers qui sont formés à l'institut national de police,
23 %. 230 sur 1 000.
Mme Ghazal : Mais, en ce moment,
c'est-à-dire que... Mais, en ce moment, par exemple, dans le rapport, là, qui a été fait en 2021 — puis
là vous allez dire, peut-être, que la situation a changé — où
on dit : Les services policiers... Il y a des services policiers
d'envergure, que ce soit la Fédération des policiers et policières municipaux
du Québec, la ville de Sherbrooke, et d'autres, il n'y a aucun représentant des
minorités visibles ou ethniques dans leurs rangs.
Est-ce que la mesure de passer de... jusqu'à 230
cette année permet de régler puis de faire en sorte que ce ne soit pas zéro
policier issu d'une minorité visible dans la Fédération des policiers et
policières municipaux et à la ville de Sherbrooke, un exemple? Est-ce que c'est le
cas? Moi, ma question, c'est : Est-ce que ça donne des résultats dans
ces endroits-là où il n'y a aucun représentant des minorités visibles?
Bonnardel : On va le voir, Mme la députée, peut-être dans deux
ans, trois ans, quatre ans. Il faut se donner quand même du temps. Les
services de police municipaux sont indépendants, sont autonomes. Donc, on leur
donne aujourd'hui des outils en termes de formation pour que cette augmentation
soit plus que visible, perceptible, donc, en termes de minorité dans les
différents corps de police du Québec.
Ghazal : Puis qu'est-ce qu'on va faire si, quelques années
plus tard, on se dit : Ah! bien, finalement, cette mesure-là qui a
été mise en place par le ministre, finalement, elle n'a pas donné de résultats,
on devrait faire une autre mesure? Pourquoi
est-ce qu'on attend après de voir les résultats puis qu'on ne se donne pas
toutes les cordes à notre arc pour
enfin arriver avec des résultats en matière de représentativité et non pas
uniquement avec des voeux pieux comme ça a toujours été le cas? On
voudrait l'augmenter. Ça serait bien que ça soit représentatif. Tout le monde
est pour ça. C'est bon pour la société,
c'est bon pour aussi l'image des corps policiers puis la confiance du public.
Pourquoi est-ce qu'on n'ajoute pas quelque chose qui se pratique
ailleurs?
Puis ce n'est
pas comme si j'étais en train de proposer quelque chose d'incroyable, là, en
disant... même, résident permanent...
en étant résident permanent, on peut pratiquer d'autres métiers. On peut avoir
le... On a même le droit de pratiquer
la médecine en étant résident permanent. On a le droit de pratiquer la médecine
en étant résident permanent. On a le
droit d'enseigner, on a le droit de devenir pompier. On a le droit de faire
beaucoup, beaucoup de choses en étant résident permanent, mais, ah, on
ne peut pas devenir policier. Ça, barrière. Si ça vous tente de devenir
policier puis que vous ne voulez pas attendre de devenir citoyen canadien,
allez ailleurs. Est-ce qu'on peut se permettre ça en pleine pénurie de
main-d'oeuvre même dans le corps policier?
Moi, ce que je suis en train de proposer au
ministre, c'est d'autres solutions, en plus de celle qu'il a répétée maintes et
maintes fois, d'autres solutions pour arriver à des résultats pour qu'on arrête
d'être dans les voeux pieux quand il s'agit de représentativité.
Le Président (M.
Bachand) : Intervention, M. le ministre?
M. Bonnardel : Bien, l'analyse de la
députée de voeux pieux, je lui dirais que c'est plus que des voeux pieux, c'est 23 % du nombre total d'aspirants
policiers, policières formés qu'on souhaite voir arriver en termes de
minorités visibles. Pas juste des voeux pieux, là, c'est concret, là, concret.
On passe de 90 à 230, puis je n'ai personne ici qui est passé en consultation
qui a dit : Ça n'a aucun sens, ce que vous mettez en place.
Mme Ghazal : Bien, moi, je vais
ajouter à tous ces commentaires des gens qui n'ont pas dit que c'était une
mauvaise chose. Moi aussi, je viens de le faire, je félicite le ministre pour
cette mesure. Mais c'est une seule mesure pour un problème qui dure depuis
longtemps puis qui est extrêmement important dans la confiance du public dans
notre corps policier puis sa représentativité. C'est extrêmement important.
Puis je n'arrive pas à comprendre... Puis ce
n'est pas moi seulement qui me pose la question. Je la pose pour les gens qui n'ont pas droit de parole ici puis
qui nous écoutent. C'est quoi, le risque, ou quel est le désavantage, ou
quel est l'élément négatif à l'effet de
permettre aux résidents permanents d'être policiers, et qui est peut-être une
bonne raison qui a permis... qui a
amené le gouvernement à changer d'idée puis à enlever le fait d'être résident
permanent du projet... de son projet de loi, puisque c'était contenu
dans le projet de loi précédent, qui est mort au feuilleton, qui avait été
déposé par l'ancienne ministre de la Sécurité publique. Juste nous dire c'est
quoi, l'effet négatif de permettre aux résidents permanents de pratiquer le
métier de policier.
M. Bonnardel : J'ai déjà assez
répété, à la même question, mon élément de réponse. On a fait le choix de
garder la citoyenneté pour augmenter le nombre d'attestations d'études
collégiales.
Ghazal : Puis, dans l'analyse, pourquoi... Bien, en fait,
la question, c'est... J'imagine qu'il y a eu une analyse qui a été faite et il y a eu un choix qui a été fait. Il
y a même eu un changement d'idées que le gouvernement a fait. Peut-être que ça a été fait pour des bonnes raisons,
mais, en ce moment, les gens qui nous écoutent... et moi, puis les
membres de la commission, je n'arrive pas à comprendre c'est quoi, l'élément
négatif. Je n'ai pas de réponse à ça. C'est quoi... Est-ce que...
Tiens, je vais y aller autrement. Est-ce qu'il y
a un effet négatif au fait de permettre aux résidents permanents de devenir
policiers?
Le Président (M.
Bachand) : Intervention?
M. Bonnardel : Pas de commentaire,
M. le Président. J'ai déjà tout dit.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée.
Ghazal : Bien, je n'ai pas de réponse. Est-ce qu'il y a un
élément négatif à l'effet d'être résident permanent puis devenir
policier? Sans me dire quoi, juste oui ou non.
M. Bonnardel : ...M.
le Président.
Ghazal : Bien, je ne suis tellement pas satisfaite de cette
réponse-là. Je m'attendais vraiment, vraiment, M. le Président, à avoir une réponse, en ce moment, en mettant... en
soumettant cet amendement-là, qui est d'une simplicité extrême. Je m'attendais vraiment à avoir une
réponse et surtout des explications sur... ou une présentation sur les
éléments qui ont amené le gouvernement à changer d'idée. Parce que le
gouvernement, en décembre 2021, était d'accord, était d'accord à l'effet qu'un
résident permanent, que le fait d'être... d'avoir le statut de résident
permanent, que ce soit une des conditions
minimales pour devenir policier. C'était même écrit, là, aux paragraphes 6
et 88... et 85, pardon. Aux paragraphes 6 et 85, c'était écrit dans
le projet de loi n° 18 qui est mort au feuilleton. C'était écrit.
Donc, il y
avait une raison pour laquelle on l'a mis et donc il y a une raison pour
laquelle on a décidé de l'enlever. Et moi, cette raison-là, je n'ai pas
de réponse. Quand je demande au ministre : Quelle est la raison de
l'enlever?, la seule réponse que j'obtiens : On a décidé d'augmenter les
attestations d'études collégiales. Je ne comprends pas. C'est une réponse à une
autre question. Et j'ai félicité le ministre. Bravo pour ça, pour cette
mesure-là. Mais je n'ai pas de réponse à ma question.
Le Président (M.
Bachand) : Interventions? Est-ce qu'il y
aurait... La députée de Westmount—Saint-Louis, s'il vous plaît.
Mme Maccarone : Pas pour mettre de
l'huile sur le feu, mais je suis d'accord qu'on n'a toujours pas de réponse à
la question. Moi, je suis favorable à l'amendement en question et je pense que ça
mérite d'être répété. On est la seule province ou territoire au Canada qui ne
laisse pas les résidents permanents devenir policiers.
Le point aussi est très bon, qu'on peut devenir
médecin, on peut devenir infirmière, on peut devenir enseignant, on peut devenir technicienne, il y a plein de postes que
nous pouvons occuper si nous... résidents permanents, sauf le métier de
policier. Et au-delà du désir de vouloir augmenter la visibilité de nos
minorités visibles puis des communautés
culturelles au sein de nos corps de policiers... mais on est frappés aussi avec
une pénurie de main-d'oeuvre très
importante. On a un manque de ressources sur le terrain. On le voit dans le
temps supplémentaire obligatoire qui est demandé de nos corps policiers. C'est anormal de demander à un policier
de travailler 80 heures par semaine. Les policiers sont favorables
à un tel amendement, alors... Bien, dans le fond, on n'a pas entendu quoi qu'il
soit de quelqu'un qui dit qu'ils sont contre.
Alors, ce que
moi, je voudrais savoir, c'est... parce que je comprends que le gouvernement a
fait un choix. Est-ce qu'on peut
avoir un dialogue pour avoir un revirement de ce choix ou bien est-ce qu'il y
avait un avis à cet effet? Parce que face à vraiment la pénurie de
main-d'oeuvre puis le manque de ressources que nous avons actuellement...
Et aussi, les gens qui viennent ici, ce n'est
pas toutes les minorités visibles. On a des gens qui viennent ici de la France,
par exemple, qui souhaitent être embauchés, puis de travailler, et de devenir
citoyens canadiens, puis évidemment de vivre leur vie ici, au Québec.
Ça fait que est-ce qu'il y a un avis à cet égard
qui nous dit le contraire, que l'offre n'est pas favorable? Puis là je ne parle pas des attestations, je parle
vraiment de juste de compléter le réseau. On a presque plus de départs que
nous avons de policiers qu'on embauche. Alors, c'est un moyen pour nous de
combler des postes, n'est-ce pas? Ça nous donne beaucoup plus de flexibilité.
Alors, est-ce que ça, c'est quelque chose qui a été regardé par le
gouvernement?
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Interventions?
Bonnardel : Bien, un court commentaire pour répondre à la
question de la députée. En termes de pénurie, bien, on a justement augmenté la cohorte d'aspirants policiers
et policières à l'institut national de police de 650 à 1 000 pour y
répondre et, de là, on a décidé d'augmenter à 23 % sur ces 1 000 la
représentativité de ces minorités visibles. Alors, c'est le choix qu'on a fait.
La réponse est la même que j'ai donnée tantôt.
Maccarone : Dans notre arsenal, dans notre coffre à outils, ce
serait un autre outil que nous pouvons utiliser pour s'attaquer à la pénurie de main-d'oeuvre. C'est des mesures qui
sont importantes, puis je pense que tout le monde est d'avis qu'il faut
combler les postes. Il faut aider ceux qui nous protègent, c'est très
important, mais ça nous donne un autre bassin de candidats potentiels que nous
pouvons avoir pour nous aider à combler ces postes. Parce que c'est regrettable, mais le temps supplémentaire
obligatoire est phénoménal. Nous avons des policiers, ça a été médiatisé
cet été, qui gagnent un salaire qui est très important puis pas parce qu'ils
sont trop payés, mais parce qu'ils travaillent 80 heures par semaine,
alors d'où l'importance de mettre tout ce que nous pouvons sur notre côté pour
engager du personnel, de qualifier du monde, avoir plus de gens qui peuvent
aller chercher une attestation.
Encore une fois, oui, c'est vrai, c'est très
important pour avoir une représentativité au sein de nos corps policiers, mais
aussi parce que nous avons beaucoup de postes à combler.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Interventions? Mme la
députée de Mercier.
Mme Ghazal : Bien, pour vrai, là,
moi, je trouve que le silence du ministre sur le changement d'idée du
gouvernement est pire que s'il m'avait donné une réponse. Même si je n'avais
pas été convaincue, ce n'est pas grave. C'est quoi, l'impact qu'un résident
permanent devienne policier? Est-ce qu'on a peur que, tout d'un coup, il y en
ait trop, de policiers? Je ne le sais pas.
J'essaie... Je me fais des hypothèses.
Depuis tantôt, j'essaie de trouver la raison. C'est quoi, l'impact? Peut-être
qu'il pourrait dire : Bien, le fait
d'avoir des résidents permanents, ça pourrait désavantager... Je ne sais pas
trop. Je n'ai aucune idée. J'essaie
de trouver une réponse. C'est comme une façon de dire : Bien, on ne veut
pas faciliter l'entrée de trop de gens dans les corps policiers? On veut
qu'il y ait des barrières un peu plus?
Je veux dire, même en
médecine, où est-ce qu'on sait que c'est très difficile, puis ça a toujours été
l'exemple parfait, là, on va
voir un chauffeur de taxi puis qu'il nous dit : Ah! moi, j'ai été médecin ou
j'ai été... j'avais tel, tel, tel métier dans mon pays, mais je n'arrive
pas à obtenir les équivalences, je n'arrive pas à pratiquer. Mais là, pour
policier, j'essaie de comprendre, surtout que c'est un enjeu criant dans notre
société.
Puis
pourquoi je parlais de voeux pieux? Moi, je m'en rappelle, il y a très, très,
très longtemps... ça fait longtemps, là,
que... Moi, je m'étais présentée aux élections pour Québec solidaire en 2007‑2008. On parlait de la représentativité des minorités de
toutes sortes, là, de façon générale, de la diversité dans la société, dans la
fonction publique puis, encore aujourd'hui, on n'atteint pas les cibles.
fait que je comprends que le ministre me parle de l'entrée. On va travailler
pour que, dans ceux qui vont avoir une
attestation pour devenir policiers, on va augmenter l'entrée, en espérant qu'au
bout il y ait suffisamment de policiers puis que ça soit représentatif.
Ça fait qu'on souhaite que ça le soit à un moment donné, mais ça fait longtemps
qu'on souhaite ce genre de choses là, puis
là on n'a pas le choix, c'est une responsabilité du gouvernement d'avoir des
résultats. Puis avoir des résultats, c'est
de ne pas avoir un autre rapport une autre fois, dans deux, trois ans, qui va
nous dire que, ah, la police n'est pas... est toujours la plus homogène,
elle n'est pas représentative de la population, puis qu'on soit encore pas
fiers du fait que notre police ne soit pas représentative de la population.
Donc, ici, nous, on
arrive avec une solution. En fait, on reprend une solution qui était amenée par
le gouvernement. C'était le gouvernement.
C'était écrit noir sur blanc dans le projet de loi de la CAQ, et, je répète, il
y a peut-être des bonnes raisons de
l'avoir enlevé. C'est juste que je n'ai pas de réponse de la part du ministre,
puis, son silence, je le trouve inquiétant. Je me dis : Il y a
anguille sous roche.
Est-ce que... Je vais
répéter ma question, qui se répond par oui ou non. Est-ce qu'il y a un risque à
l'effet d'ouvrir le métier de policier aux
résidents permanents, comme on le fait pour enseignant, comme on le fait pour
médecin, comme on le fait pour pompier, comme on le fait pour plein d'autres
métiers au Québec?
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Bonnardel :
On est fiers, M. le Président, on
est fiers d'augmenter la représentativité du nombre de policiers,
policières, pour ce qui est des minorités visibles, en augmentant de 90 à 230
sur 1 000, sur 1 000 aspirants policiers, policières à l'École
nationale de police, un pourcentage de 23 % qui n'a jamais, jamais, jamais
été mis de l'avant dans les 10, 15,
25 dernières années au Québec. Donc, on fait un pas important, important
pour augmenter ces minorités dans tous les corps de police du Québec.
Président (M. Bachand) : Je reconnaîtrais... juste une
intervention de Mme députée d'Anjou-Riel... Louis-Riel, pardon. Oui.
Mme Boivin
Roy : Oui. Merci, M. le Président. Bien sûr, je m'en remettrai à votre
décision, mais j'aimerais soulever l'article 209 de nos règles de procédure,
qui indique qu'un «député peut s'exprimer une seule fois sur un même sujet». Je pense que la députée revient à
nouveau. Elle a posé la question au moins six fois, le ministre a
répondu six fois, peut-être pas à sa satisfaction, mais il a répondu à la
question.
Président (M. Bachand) : Mais ça... On
laisse aller le débat. Je pense que le ton est bon, et puis on laisse le
débat... Puis il vous reste moins de deux petites minutes, Mme la députée.
Mme Ghazal : C'est
ça. Je vais prendre mon temps pour poser des questions sur un enjeu important
de société. Est-ce que le ministre... Tiens,
je vais sortir des minorités visibles. Est-ce que le ministre trouve que le
fait, par exemple, d'augmenter, de donner la possibilité à des personnes
qui ont la résidence permanente de devenir policiers, est-ce que ça permet, par
exemple, d'améliorer la... de contrer la pénurie de main-d'oeuvre?
M. Bonnardel :
On a fait le choix d'augmenter de
650 à 1 000 le nombre de policiers et policières formés à l'École
nationale de police pour répondre à la pénurie de main-d'oeuvre et d'augmenter
l'attestation d'études collégiales.
Mme Ghazal : Il
me reste très peu de temps. Je laisse une dernière chance au ministre de
répondre. Pourquoi est-ce qu'ils ont changé d'idée?
Bonnardel : On a fait le choix d'augmenter le nombre d'attestations
d'études collégiales de 90 à 230.
Mme Ghazal : Et qu'est-ce qui fait que c'était bon avant, que les résidents
permanents puissent être policiers, comme
ça se fait partout, sauf au Québec, partout au Canada, où nos chiffres ne sont
pas très bons parce qu'il y a une grande homogénéité du corps policier? Ça, c'est une mauvaise nouvelle.
Qu'est-ce qui fait qu'il y a eu ce choix-là du gouvernement?
M. Bonnardel : On a fait le choix,
comme critère, de garder la citoyenneté canadienne, mais d'augmenter la
représentativité des minorités visibles sur les cohortes d'aspirants policiers,
policières à Nicolet.
Mme Ghazal : J'espère
seulement que, dans deux ans ou trois ans, on ne va pas se dire : Le
gouvernement aurait dû écouter une des
recommandations du Comité consultatif sur la réalité policière 2021, puis
qu'on prenne encore du retard. Moi,
je pense que c'est ça qui va arriver. Et je trouve ça dommage que ça ne soit
pas la décision du gouvernement et je trouve encore plus dommage de ne
pas avoir de réponse à ma question. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui. Moi, je veux
juste dire que je trouve qu'on manque à saisir d'une opportunité non seulement
pour les arguments qui ont déjà été mis vers l'avant pour combler nos cibles
qu'on souhaite avoir en termes de représentativité de nos minorités visibles,
mais, oui, pour aider à combler les postes, parce que nous avons une pénurie de
main-d'oeuvre très importante.
Je veux juste partager les statistiques que nous
avons de la SQ en termes de temps supplémentaire obligatoire pour faire la comparaison, pour qu'on comprenne
d'où ce qu'on y va puis qu'est-ce que nous sommes en train de manquer comme opportunité, si on vote contre cet
amendement. En 2017, le total général... Puis là, juste pour que tout le
monde comprenne de quoi on parle, les chiffres que je partage considèrent
uniquement le temps supplémentaire enregistré et approuvé. Alors, ça se peut que c'est encore plus élevé. Mais la
comparaison de 2017, c'était 209 893 heures, avec 2022,
363 558 heures. L'augmentation de temps supplémentaire obligatoire
est de 73 %. C'est important quand on fait la comparaison de 2017 à 2023... on
n'a pas les chiffres encore pour 2023, évidemment, 2017 avec 2022.
Alors, je
dirais qu'on a vraiment une occasion en or de mettre tous nos outils à l'oeuvre
pour combler les postes qui sont vacants. On a des gens qui souhaitent
travailler, qui souhaitent oeuvrer, qui souhaitent devenir Québécois à part entière, Canadiens. Ce serait une occasion pour
eux de contribuer à notre société, à un métier que nous devons valoriser.
Alors, voilà, je vois vraiment une occasion pour nous de combler des postes
vacants.
Puis je répète encore une fois, M. le Président,
on est en retard avec le reste du Canada. C'est tous les provinces ou
territoires qui ont dit oui à cette possibilité. On peut combler les autres
postes, présentement, des ordres professionnels qui donnent la possibilité à
ces gens de combler les postes. C'est dommage, si on n'accepte pas cet
amendement, parce que ça fait 25 ans depuis qu'on n'a pas eu un débat sur la
Loi de la police. J'espère qu'on ne va pas attendre un autre 25 ans pour donner
toutes les possibilités à nos corps policiers de combler tous les postes. C'est
fort essentiel, ce rôle.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Interventions?
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement de la députée de
Mercier? Il vous reste 35 secondes, Mme la députée de Mercier. Je ne sais
pas si vous voulez les prendre.
Mme Ghazal : Je n'ai pas envie de
reposer une question à laquelle je n'aurai pas de réponse.
Président (M. Bachand) :
Merci. Alors, s'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'amendement est adopté?
Mme Ghazal : ...un vote par appel
nominal...
Le Président (M.
Bachand) : Vote par appel nominal. Merci.
Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Ghazal (Mercier)?
La Secrétaire : M. Bonnardel
(Granby)?
La Secrétaire : Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Contre.
La Secrétaire : M. Asselin (Vanier-Les Rivières)?
La Secrétaire : Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
La Secrétaire : Mme Haytayan (Laval-des-Rapides)?
La Secrétaire : M.
Lemieux (Saint-Jean)?
La Secrétaire : M. Bachand
(Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) : Abstention.
La Secrétaire : Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis?)
Président (M. Bachand) :
Merci. Donc, l'amendement est
rejeté. Donc, on revient à l'article 13. Interventions? Mme la députée
de Westmount—Saint-Louis,
s'il vous plaît.
Mme Maccarone : Oui. Bon, pour
revenir au débat que nous avons eu auparavant en ce qui concerne les nouveaux
policiers spéciaux, je pense que la question qui se pose, pour moi, c'est
vraiment le pourquoi. Pourquoi qu'on a besoin d'avoir le
titre de policier pour
ce rôle, quand les policiers, quand les services policiers ont déjà la
possibilité d'engager des spécialistes quand ils ont ce besoin, que ce soit en
cybercriminalité ou autre? Comme le ministre
avait mentionné, quand on parlait, par exemple, des gangs de rue ou de la
mafia, par exemple, on peut engager des spécialistes, on peut engager
des criminologues pour venir aider les enquêteurs et les corps de police.
Pourquoi qu'on a besoin de leur donner le
titre de «police»?
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. M. le ministre.
M. Bonnardel : Bien, ça devient...
Dans ce changement de vie que certains ou certaines pourraient souhaiter, bien, ils ont une expérience acquise qui est
importante dans un domaine très niché, très spécialisé. On ne leur
demande pas de retourner faire leur... pas leur formation, leur diplôme
d'études collégiales en techniques policières, on leur dit : Grâce à
l'expérience que vous avez acquise pendant 10, 12, 15 ans dans un domaine
niché, bien, on a besoin de vous pour épauler notre équipe spécialisée en x, y,
z. Cette personne dit oui, elle entre à l'École nationale de police, fait son
parcours et est embauchée par le service de police X.
Donc, oui, ça
va devenir un policier ou une policière en bonne et due forme, mais c'est un
outil additionnel, qui était une
recommandation du CCRP. On n'a pas tout pris ce qu'il y a dans le CCRP, on en a
pris aussi parce qu'on trouvait que ça répondait à des besoins, à des
besoins spécifiques. Maintenant, ce sera à définir pour les différents corps de
police, à savoir si besoin est pour utiliser
cet
article qui va leur permettre, tout comme on l'a permis aussi au
Commissaire à la lutte contre la corruption depuis 2020, d'aller chercher de
l'expertise additionnelle à l'extérieur.
Mme Maccarone : Est-ce qu'ils vont
être assujettis à la même échelle salariale? Est-ce que c'est un nouveau poste
avec un nouveau salaire?
M. Bonnardel : Même, même, même
échelle salariale, là. C'est le même...
Mme Maccarone : Comme n'importe quel
autre enquêteur.
Mme Maccarone : Ça fait que...
est-ce qu'on peut voir que c'est peut-être une mesure économique, la raison
qu'on fait ça? Parce qu'on peut imaginer qu'en engageant des spécialistes à part...
on comprend qu'on engage du monde du privé.
Alors, je ne
sais pas qu'est-ce qu'il charge, un criminologue ou quelqu'un qui se spécialise
dans la cybercriminalité, mais, si on se base, par exemple, avec un
psychologue, qui charge 160 $, 180 $ à l'heure, est-ce que c'est une
mesure économique parce que ça nous permet de sauver de l'argent, parce que,
là, on va engager du monde qui vont faire
partie de notre bassin des employés?
M. Bonnardel : Bien, je ne pense pas
qu'on peut dire que c'est une mesure économique. C'est une personne qui rentre
dans le service de police, donc qui a les mêmes outils, les mêmes privilèges
qu'un policier, une policière a, avec les
outils de son expérience dans le passé, là, qui vient épauler le service de
police. Donc, le service de police peut toujours continuer d'embaucher
un consultant, s'il le souhaite, mais maintenant elle a sous la main
l'expertise qu'elle souhaitait avoir, parce que personne, dans le corps de
police, ne pouvait y répondre. Donc, c'est ça qu'on ajoute aussi dans cet
article, qui va nous permettre un peu plus... d'être un peu plus versatiles en
termes de possibilités pour le recrutement.
Maccarone : Mais ça ne va pas leur empêcher d'engager aussi
des spécialistes à part, s'ils le souhaitent. Ils vont toujours avoir
cette possibilité-là.
Bonnardel : C'est leur décision à eux.
Maccarone : Parce que, dans le mémoire de la SQ, et je les cite, c'est
sur leur page 8, ils disent que... elle
estime que «la mesure proposée permettrait non seulement de favoriser un apport
de compétences nécessaires», oui, pour
faire face à une criminalité en constante évolution, mais ça va aussi générer
des économies en matière de formation. Ça fait que... est-ce qu'on prévoit, peut-être, dans le prochain dépôt du
budget, qu'on va avoir des économies prévues puis des coupures parce que
ça leur donne les moyens de sauver de l'argent?
Bonnardel : Écoutez, on va parler de formation un peu plus loin, là,
dans... On en a déjà parlé, on va en parler
encore dans le projet de loi, on en a déjà aussi discuté maintes et maintes
fois, là, pendant les consultations, mais, comme je le mentionne, là, il
y a... Je pense que c'est bien vu, là, c'est un outil additionnel pour aller
chercher une expertise nichée pour les différents corps de police. Puis est-ce
que, dans la prochaine année, ce sera trois, quatre, cinq de ces hommes et
femmes, là, qui pourraient participer, dans ce parcours, à devenir policiers,
policières? On va l'évaluer, mais je pense
que c'est un bon outil à leur donner, puis on verra comment les différents
corps de police vont embarquer ou non là-dedans, si besoin est.
Maccarone : Bien, encore une fois, ce n'est pas une question d'être
contre, c'est plus une question de compréhension de pourquoi qu'on a cette
nécessité, pourquoi qu'ils ont besoin d'avoir le
titre de policier, s'ils ont
déjà les moyens d'engager tous les spécialistes dont ils ont besoin. Ça fait
que, là, on demande à ces spécialistes de devenir
policiers, d'être armés, mais ils n'auront pas tout à fait la même formation.
Je pense que les questions se posent. Je trouve ça un peu particulier.
Ce n'est pas une question d'être contre, puis je fais confiance dans le moyen
que ce sera mis en place. Je souhaiterais voir, évidemment, le règlement, puis
de savoir qu'est-ce qui est prévu pour être mis dans ce règlement pour encadrer
ce nouveau poste, parce que, comme j'ai dit, je peux imaginer qu'on va avoir
des économies prévues.
Puis
l'autre question qui se pose : Pourquoi qu'on se limite... Si on lit
l'article en question, on parle des deux
catégories, le crime économique puis la cybercriminalité. Est-ce qu'on se
limite à ces deux, puis, sinon, pourquoi qu'on n'a pas énuméré autres
domaines?
Bonnardel : On ne se limite pas à rien de particulier, là. C'est des
domaines très nichés, très particuliers, puis que la police veut... définit.
Elle le fera par elle-même.
Maintenant, pour
répondre à une inquiétude que vous aviez, là, un consultant qui est spécialisé,
qui est embauché par le service de police ne
va pas participer à l'opération policière, tandis que le nouveau policier,
policière qui a cette spécialité va être sur
le terrain, là, va être dans les opérations, directement sur le terrain, ce que
l'autre ne pouvait pas faire, donc,
grâce à son expertise. Parce que l'autre ne porte pas l'arme, n'a pas la
possibilité d'arrêter ou, en tout cas, tous les... parce que tu n'es pas policier. Donc là, cet enquêteur
spécialisé, lui, il est là, là, il est sur le terrain, là, puis il
visualise puis il donne, peu importe, là,
les ordres, s'il a à donner des ordres ou non, là. Donc, c'est l'énorme
différence entre un consultant... qui
est très, très haut dans ses opérations puis qui ne peut pas être sur le
terrain pour donner ces informations, pertinentes, oui ou non, là.
Maccarone : Bien, ça m'amène à la question de formation, d'abord,
parce que je comprends puis... j'imagine une
scène où on a ce policier spécialisé, enquêteur spécialisé qui va faire
partie
de l'intervention. Bien, il n'a pas
tout à fait la même formation qu'un autre policier, alors ça amène un
questionnement pour moi, puis je ne suis pas la seule, c'était écrit
dans plusieurs de nos mémoires. Je ne les ai pas tous, mais, exemple, la
fédération des policiers municipaux du
Québec, qui disent... puis là je cite leur mémoire, mais ils disent que «faire
des enquêtes dans l'encadrement très
strict que constitue le droit criminel entraîne des conséquences importantes
pour la poursuite des dossiers judiciaires. Au-delà de s'assurer que
chaque policier reçoive une formation adéquate, il faut que chaque policier
reçoive la même formation de base, puisqu'ils sont assujettis aux mêmes
obligations disciplinaires, déontologiques.» Et même L'APPQ a dit la même chose, il y a plusieurs organisations qui
représentent les policiers qui ont dit la même chose. Je pense que c'est
une inquiétude car ils ne vont pas suivre la même formation, mais ils vont être
assujettis au même règlement, le même Code criminel, le même Code civil.
fait que... est-ce qu'on a des risques de dérives parce qu'il y a quelqu'un qui
n'a peut-être pas suivi la même formation? Rendu sur place, une
interpellation, on dit souvent, les décisions sont prises dans une seconde, ils
ont très peu de temps à agir, on peut
peut-être faire des erreurs. Est-ce que ça risque de peut-être mettre des
freins dans les procès judiciaires, par exemple? On sait déjà qu'on fait
face à beaucoup de difficultés. Est-ce que ça, ça a été analysé, puis, si oui,
quelle est la solution pour ça? Est-ce qu'on envisage peut-être d'autres
formations plus tard? Comment que ça, ça va être attaqué?
Bonnardel : Bien, rapidement, M. le Président, cette personne va faire
l'École nationale de police au complet, là, pas au tiers, à moitié ou aux trois
quarts, là, fait l'École nationale de police au complet. Et depuis 2020, le
Commissaire à la lutte contre la corruption a les mêmes outils.
J'étais là lors de
l'assermentation, à Nicolet, là, de cette première cohorte d'enquêteurs
spécialisés, là. J'étais là. Ils ont passé
tout le processus de l'école nationale au complet. Donc, depuis trois ans, ces
enquêteurs sont assermentés, font le travail avec tous les outils qui
leur sont octroyés, là, pour faire un travail de policier enquêteur.
Mme Maccarone : Sauf
qu'on a des articles que nous allons adopter par la suite de celui-ci, où on va
faire le débat... Je ne sais pas si on va les adopter, c'est précoce de ma
part, je suis désolée, M. le Président, mais on parle d'éliminer la formation de gendarmerie. Ça fait que ce ne serait plus
nécessaire pour poursuivre à un poste, alors... d'un poste d'enquêteur,
par exemple. Ça fait que, là, c'est des personnes qui vont rentrer tout de
suite comme enquêteurs, qui n'auront pas eu l'obligation de suivre cette
formation de gendarmerie, mais on parle de les avoir sur le terrain, armés,
pour agir comme un policier qui a suivi toute cette formation. Ça fait que, il
me semble, c'est une différence assez importante.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le ministre.
M. Bonnardel : ...spécification que
le sous-ministre va vous expliquer par la suite, là. On n'enlève rien, tu sais. On l'enlève dans le cadre de l'article qui
correspond à l'article 13, là, mais ce n'est pas dans l'analyse que vous
croyez, là, d'enlever cette formation-là comme telle.
Mme Maccarone : ...être ramenée à
l'ordre, ça fait qu'avec consentement...
Bonnardel : Non, non, mais l'article, là, si vous avez des
questions, là... mais, non, voilà, je pense que j'ai tout dit sur cet
article, M. le Président, là. On répond à une complexité, à un besoin x.
L'École nationale de police va recevoir ses nouveaux... ses nouvelles recrues,
avec leur expérience acquise dans le privé, avec la même formation que les
policiers, policières ont présentement à l'École nationale de police. Le
Commissaire à la lutte contre la corruption a ses outils depuis 2020. Il n'y a
pas eu de problème, comme tel, depuis trois ans, puis on reste convaincu qu'il
va peut-être y avoir quelques embauches qui vont permettre de greffer puis
d'épauler ces spécialistes-là dans des équipes très nichées pour combattre le
crime.
Mme Maccarone : Si vous me
permettez, je peux faire le parallèle avec le réseau de l'éducation, où on voit
qu'on a plusieurs profs non qualifiés qui
font
partie de notre réseau. On a un besoin d'avoir du monde, on a un
besoin criant de personnel dans le réseau scolaire puis on voit maintenant que
ça pose beaucoup de problèmes. Ça fait que c'est un peu l'alignement du
questionnement.
Ça fait que je souhaite peut-être mieux
comprendre, d'abord, ça va être quoi, la formation pour ces policiers
spécialisés. Parce que, de la façon que c'est écrit, le libellé, ça ne précise
pas que la formation va être exactement de la même façon que tous les policiers
qui vont devenir patrouilleurs, par exemple, tous les policiers qui peuvent,
qui souhaitent, peut-être, devenir
enquêteurs plus tard dans leur carrière, après des années d'expérience. La
façon que c'est rédigé, ça rouvre la porte à l'embauche de policiers qui
ne seraient pas, peut-être, adéquatement formés pour effectuer des tâches
d'enquête normalement accomplies par des policiers.
Puis là, si
on... parce que je comprends qu'on ne parle pas uniquement de, peut-être,
cybercriminalité ou les crimes, mais,
si on parle de quelqu'un qui se spécialise dans les gangs de rue, bien, nos
policiers ont cette expertise puis ont cette formation. Alors, ça
amène... Bien, moi, je suis inquiète. Je suis inquiète. Je pense que ce n'est
pas clair pour moi, ce qu'ils vont recevoir comme formation.
Ça fait que,
si le sous-ministre souhaite peut-être nous expliquer ça va être quoi, la
différence entre la formation pour
ces policiers spécialisés, moi, je serais très à l'aise de l'entendre. Même
que, je dirais, ça va peut-être être rassurant parce que je pense qu'on
a besoin de comprendre ça va être quoi, la formation de base pour devenir un
policier spécialisé, qui amène cette
spécificité. Parce que j'ai vraiment l'impression que c'est très différent de
la formation d'un autre policier,
surtout suite aux amendements qui suivent, mais je veux juste vraiment
comprendre ça va être quoi, la différence.
M. Bonnardel : Bien, pour la
gouverne de la députée, il nous fera plaisir de communiquer la formation, la formation comme telle de l'École nationale de
police pour ces enquêteurs spécialisés. On va lui envoyer... on va
demander à l'école nationale de vous envoyer ça.
Maccarone : Ça fait que... est-ce que ça veut... on va
entendre la réponse à ça va être quoi, la formation, maintenant, ou
est-ce qu'on suspend, ou...
M. Bonnardel : Je vais demander à
l'école nationale de nous envoyer le parcours comme tel. Vous allez le
recevoir, j'imagine, dans les prochains jours, là.
Mme Maccarone : Ça fait que...est-ce
qu'on peut suspendre l'article en question, d'abord, jusqu'à tant qu'on reçoive
cette réponse?
Mme Maccarone : En tout cas, comme
je dis, j'ai un malaise. Je trouve particulier... parce que, vraiment, la façon que c'est écrit, ils n'auront pas la même
formation. Ils n'auront vraiment pas la même formation, puis c'est
vraiment une expérience indispensable, je
pense, la formation. Puis surtout que, vous savez, M. le Président, depuis le
début de cette commission, avec
toutes les personnes qui sont venues en audition, la formation, c'est le nerf
de la guerre. Tout le monde a évoqué
l'importance de suivre une formation importante. On parle de bonifier, même, la
formation, de la façon qu'on forme nos policiers
ainsi que nos enquêteurs. Je ne pense pas que les questions sont banales, c'est
vraiment une inquiétude.
Puis encore
une fois, je répète, je ne suis pas la seule qui a amené le bémol. C'est
peut-être parce que la façon que c'est rédigé, ce n'est pas clair, mais
ça donne vraiment l'impression que ça va être un «fast track» pour un policier
spécialisé, qu'ils ne vont pas suivre la même formation qu'un policier
patrouilleur, par exemple, mais on leur demande d'être sur la scène dans une
interpellation puis d'agir comme un policier, comme tous les autres policiers qui ont reçu une formation très importante pour
agir comme il faut. Ils sont assujettis aux mêmes règles déontologiques,
le même cadre juridique. J'ai une inquiétude
que ça nous amène peut-être et... ça va nous amener à faire fausse route
parce qu'on leur demande à agir comme un policier, mais ils n'auront pas eu la
même formation.
M. Bonnardel : Mme la députée, avec
tout le respect que je vous dois, on le fait déjà, là. On le fait déjà, là. On
le fait déjà au Commissaire à la lutte contre la corruption, on fait déjà ce
qu'on va mettre en place pour permettre aux services de police municipaux
d'embaucher des enquêteurs spécialisés. On le fait déjà depuis trois ans.
Mme Maccarone : D'abord, la question
se pose : Pourquoi qu'on a besoin de l'avoir dans la loi? Pourquoi qu'ils
ont besoin... pourquoi qu'on a ce besoin?
M. Bonnardel : C'est ça, bien, on le
fait pour le commissaire, mais on ne le fait pas pour les autres corps de police
Mme Maccarone : Oui, bien, en tout
cas, peut-être que c'est moi qui ne comprends pas, M. le Président, mais, comme j'ai dit, il y a beaucoup de gens qui
ont posé la question. Le SPVM a posé la question, l'APPQ a posé la
question, la FPMQ a posé la question. Est-ce qu'on le fait pour... D'abord,
est-ce que ça veut dire qu'on le fait pour l'UPAC, mais on ne le fait pas pour
les autres? Parce que c'est ma compréhension de la réponse.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Bonnardel : Bien, on répond à ce
qui se fait déjà puis on répond à la recommandation du CCRP pour permettre un
outil additionnel aux corps de police municipaux.
Mme Maccarone : Je pense que ça va
nous aider, peut-être, juste de connaître l'orientation des groupes qui sont venus témoigner, M. le Président. Quand M.
Francoeur est venu, des fraternités des policiers, et je cite son
intervention, lui, il nous a dit, quand on a
parlé des policiers spéciaux, des enquêteurs spéciaux, il dit... parce que moi,
ça fait un petit bout de temps que je
suis là, mais là, depuis 20 ans, l'objectif... en tout cas, du Service de
la police de la ville de Montréal, quand on nous parlait d'entrées
latérales, c'était d'aller chercher des spécialistes, admettons, en crime
informatique, qui auraient coûté moins cher qu'une police. Et c'était juste ça,
l'objectif. Sauf qu'aujourd'hui, essayez de trouver un spécialiste en informatique au salaire d'une police, je vous souhaite
bonne chance. Ou il ne sera pas bien bon... ça fait ça, mais... Puis les entrées latérales ou les
enquêteurs spécialisés, que ce soit en crime économique ou quoi que ce soit,
bien, il faut aussi qu'ils connaissent la
réalité terrain. Tu sais, faire un dossier de violence conjugale quand tu n'as
jamais arrêté, quand tu n'as jamais répondu à un appel de violence
conjugale, les enfants qui crient, la madame qui est blessée, qui est
hystérique, le conjoint qui est violent... C'est bien beau, de faire des
dossiers sur papier, puis arriver à la cour, puis montrer un dossier de cour,
là, mais quand tu ne l'as pas vécu, tu n'es pas sensible à ça. Puis d'ailleurs
c'est une approche qu'ont pris les tribunaux
depuis plusieurs années, effectivement, pour avoir une approche plus humaine
avec les victimes, donc je pense qu'il ne faut pas oublier ça. Et, si on y va
d'entrées latérales, il faudra prévoir une formation minimale à l'École
nationale de police en matière de patrouille, gendarmerie, formation initiale
et, ensuite, en milieu policier, un stage en auto-patrouille aussi pour savoir
c'est quoi, la réalité, pour être sensible aux réalités.
Ce n'est pas moi qui le dis, je n'ai pas cette
expérience, mais je partage son inquiétude. Comme je disais, je pense que tout le monde autour de la table, les
gens qui nous écoutent, on peut imaginer la scène d'avoir quelqu'un qui n'a pas eu la même formation, qui se présente.
C'est une question aussi de protéger ce nouvel enquêteur spécialisé
aussi, de s'assurer que cette personne aura
une formation accrue pour agir comme il faut pour être en... parce que, là,
c'est une police, c'est un policier,
il va être armé, mais il n'aura pas eu la même formation. Moi, ce que je
souhaite, c'est d'être rassurée que, la formation, ce sera la même
formation que toutes les autres personnes qui doivent agir sur une scène de
crime, de violence, d'attaque, de meurtre. Puis je pense qu'on mérite ça, je
pense que les policiers méritent ça puis je pense que les personnes qui vont
entrer dans ces nouveaux postes, eux aussi, ils méritent d'avoir cette
formation.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Interventions?
Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Il me reste combien
de temps, M. le Président?
Le Président (M.
Bachand) : Je vais vous dire ça, là,
avec... ce ne sera pas très long.
Mme Maccarone : Il n'y a pas de
problème — on
a des problèmes techniques — je
peux continuer, parce que, comme j'ai dit, là, j'ai parlé de M. Francoeur,
qui a lancé son cri du coeur puis nous a peint un portrait vibrant de qu'est-ce
qui peut arriver sur le terrain, mais le SPVM, dans leur mémoire, eux, ils ont
dit : La formation de l'École nationale de police du Québec n'est pas une formation anodine ou
banale. Faire des enquêtes dans l'encadrement très strict que constitue le droit criminel entraîne des conséquences
importantes pour la poursuite des dossiers judiciaires. Il faut
également s'assurer de la formation adéquate pour les policiers eux-mêmes, qui
sont assujettis aux mêmes obligations
disciplinaires, déontologiques et même criminelles que les policiers ayant été
formés à l'École nationale de police
du Québec, parce que le libellé actuel ne cible pas les postes de sergent
détective ultra spécialisés qu'on pourrait imaginer et ouvre la porte à l'embauche de policiers qui ne seraient pas
adéquatement formés à des tâches d'enquête usuelles.
C'est ça, la réalité de ce que nous sommes en
train de dire. Puis moi, je n'ai pas... J'ai un malaise. Ça fait que ce n'est pas une question de dire qu'on est contre
la position ou l'entrée de poste. Je comprends l'argument d'avoir des nécessités. Je sais que c'est la SQ qui souhaitait
l'avoir puis je comprends qu'on va toujours avoir la possibilité
d'engager des spécialistes quand on aura le
besoin, mais moi, ce que je ne comprends pas, c'est vraiment au niveau de...
formation. Je pense sincèrement qu'on fait
fausse route, si on ne peut pas amener de la clarté puis mieux comprendre ça va
être quoi, la formation de base de
ces personnes, surtout si ça ne suit pas la même formation de base des autres
policiers qui doivent agir sur une
scène de crime, une scène de violence, qui doivent agir au sein de la
population, auprès de personnes qui peuvent être très dangereuses... les
états mentaux perturbés. Ils ont besoin d'avoir cette formation. Ils ne savent
toujours pas aujourd'hui qu'est-ce qui attend derrière la porte quand ils vont
sur scène pour faire une interpellation.
Le Président (M.
Bachand) : Il vous reste un peu plus de
20 minutes, parce que c'est... il y avait 40 minutes pour l'étude de
l'article 13, au total.
Mme Maccarone : Ça fait que mon
temps est écoulé?
Le Président (M.
Bachand) : Non, non, il vous reste encore
20 minutes.
Mme Maccarone : Encore 20 minutes?
Le Président (M.
Bachand) : Oui, oui, oui. On est généreux
aujourd'hui, il me semble que c'est...
Mme Maccarone : On est généreux
aujourd'hui.
Le Président (M.
Bachand) : ...avec la température
extérieure.
Mme Maccarone : C'est rare.
Le Président (M.
Bachand) : Non, on suit le règlement.
Mme Maccarone : Bien, j'aime ça,
c'est une nouvelle façon de fonctionner. Ça fait que je ne veux pas avoir un
monologue, mais je pourrais continuer, parce que je pense, encore une fois, que
le point est très important.
Moi, ce que
je souhaite, c'est d'être rassurée. Ce n'est pas une question, même de voter
contre l'article en question, mais je pense que c'est important qu'on
vide la question en ce qui concerne ce nouveau poste qu'on va mettre à
l'oeuvre, surtout quand on parle de la formation, dans le mémoire de l'APPQ,
encore une fois, je cite leur mémoire : C'est
donc avec scepticisme que nous avons pris connaissance que l'intégration de
civils concerne, dans le projet de loi, des postes enquêteurs qui
relèvent d'un domaine, sans autre précision. Il est souhaitable de qualifier ce
domaine de spécialisé ou avec une expertise particulière. Bien que le règlement
puisse pallier cette lacune en déterminant quels sont ces domaines, le terme utilisé dans sa loi habilitante est beaucoup
trop général et peut laisser place à une interprétation qui va bien
au-delà de l'objectif initial du législateur. Ainsi, avec l'utilisation de
l'expression large et générique du «domaine»,
il sera possible que ces civils sans aucune expérience policière puissent faire
n'importe quel type d'enquête criminelle. Ces derniers seraient, en
conséquence, intégrés aux équipes de bureaux d'enquêtes actuels.
Ça fait
qu'encore une fois c'est un autre angle, mais je comprends l'inquiétude qu'ils
abordent. C'est vraiment large. Puis,
comme j'avais dit d'emblée, M. le Président, ils amènent quand même... Nos
policiers ont une expertise, ils ont une formation très spécifique. On
ne devrait pas leur enlever leur possibilité d'agir comme spécialistes dans ces
rôles. Ça fait que je pense que ça, ça va être important à clarifier.
Je continue.
L'APPQ aussi nous dit que l'idée même de l'introduction de civils pour faire
des enquêtes criminelles en lieu et
place de policiers formés et expérimentés nous procure le sentiment qu'un tel
changement pourrait bien provenir d'une idéologie, d'une forme de
condescendance ou de mépris à l'égard des policiers en place. C'est, en tout
cas, la perception qu'auront nos membres
lorsqu'ils seront confrontés. Ça, c'est sur la page 6 de leur mémoire. Et ils
continuent, ils nous disent que nous sommes
conscients des difficultés de recrutement qui... les différents services de
police au Québec. Toutefois, il
appartient au gouvernement de même qu'aux organisations policières de relever
le défi en prenant les moyens nécessaires afin de rendre cette
profession attractive pour les générations montantes. Sur ce point précis, un
véritable plan d'action visant à développer
et mettre en oeuvre une stratégie agressive pour un recrutement proactif serait
davantage la solution. Ce changement de
paradigme que semble suggérer le projet de loi nous semble clairement être une
mesure allant dans le sens inverse.
Ça fait que je pense
que, pour eux, tu sais, c'est un cri du coeur, c'est important. Ce qu'ils
demandent, pour moi, c'est de valoriser la profession. On devrait faire
attention de ne pas banaliser ce que nous sommes en train de parler ici, la
nécessité d'avoir des spécialistes qui accompagnent nos spécialistes, nos
policiers. C'est très important. Ce n'est pas une question d'être contre, mais je pense que nous devons
vraiment vider la question de ça va être quoi, le rôle, comment qu'ils vont être formés. On dit
qu'ils vont être des policiers entiers, ça fait qu'ils vont agir sur le
terrain, sur des interpellations, mais ils n'auront pas la même formation.
Sincèrement, c'est comme... on joue avec le feu, puis ce n'est pas comme ça qu'on va redonner la confiance
à la population. On parle, depuis le début, de la formation, c'est le nerf de la guerre. On a besoin d'équiper ces
personnes, surtout si elles vont oeuvrer comme des enquêteurs, un poste
qui est très important. Honnêtement, moi, je
souhaite avoir de la clarté. On a des experts, on souhaite avoir des experts,
mais, si on a des policiers sur le terrain, ils devront être formés comme des
policiers.
Bonnardel : Il faut faire la part des choses...
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
Bonnardel : 30 secondes, M. le Président, là. Il faut faire la part
des choses, là. On ne demandera pas à un enquêteur spécialisé dans les crimes
économiques, exemple, de répondre à un appel 9-1-1, là, d'aller cogner à une porte, là. C'est un enquêteur spécialisé, là. On
ne demandera pas, comme la députée semble dire... il n'ira pas cogner à
une porte pour un appel de violence conjugale, ou autre, ou autre, là. C'est un
enquêteur spécialisé. Oui, il a été formé à l'école nationale, mais il n'a
pas... on ne lui demandera pas d'aller avec un policier sur une patrouille pour
un cas de 9-1-1, là. Il faut faire la part des choses, là.
Maccarone : ...dans le règlement, ça, ça va être énuméré puis ça va
être clairement indiqué, parce qu'ils vont
avoir le
titre de police, ils vont agir comme police. Le ministre a dit
auparavant qu'ils vont être... ça va être un policier à part entière. Avec la pénurie de main-d'oeuvre dont nous
faisions face, est-ce que ça veut dire qu'il va y avoir un critère qui va être écrit, qu'on ne pourra pas
demander à ces personnes qui n'ont pas eu la même formation de remplir
les postes? Est-ce que ça, ça va être écrit
dans un règlement? Tu sais, je pense que la question se pose. Puis le ministre
a dit, juste avant que je parlais de
ce que les groupes nous ont témoigné ou ce qu'ils ont partagé dans leurs
mémoires, il dit : Bien, on
souhaite qu'ils sont sur les scènes puis de se déplacer sur les scènes. Ils
doivent agir comme des policiers, mais là on vient de comprendre que ce
ne serait pas la demande qu'ils vont avoir. Ça fait qu'encore une fois je suis
confuse, mais je ne comprends pas comment eux, ils vont agir. C'est des
policiers à part entière, mais ils ne feront pas la même chose que les autres
policiers qui ont eu une formation différente.
Président (M. Bachand) : Interventions?
Bonnardel : M. le Président, on n'a pas besoin de mettre ça dans un
règlement, là. Il faut faire la part des choses
et faire confiance aux directeurs des services de police, à savoir que, lorsqu'un
enquêteur spécialisé est demandé sur un crime spécialisé, bien, il sera
sur ce crime spécifique. Ce n'est pas à nous, là, à définir que vous devez...
Je pense que l'expérience qu'ils ont... Plus souvent qu'autrement, un gendarme
patrouilleur qui devient enquêteur au bout
de cinq, six, huit ans, c'est rare qu'on lui demande de retourner sur la
patrouille. Il y a des cas particuliers que ça peut arriver, là, mais c'est très, très rare. Donc, c'est dans le même,
même, même état d'esprit où on dit à ce spécialiste qui est enquêteur du jour au lendemain : Bien, tu
vas répondre aux besoins, sur ce à quoi on est allés te chercher, c'est
les crimes nichés, spécialisés. C'est aussi
simple que ça, là. On ne va pas demander à un spécialiste, un enquêteur X, qui
a été 20 ans sur une spécialisation, d'aller répondre à un cas de violence
conjugale. Je pense que les services de police sont assez... je vais arrêter
ça, là, qu'ils ont assez d'expérience pour comprendre la différence entre les
deux.
Mme Maccarone :
Sauf que tout ça, ce n'est pas écrit nulle part. Dans le document qui a été
partagé par le gouvernement, on dit qu'un
cadre réglementaire est en préparation en vue de l'étude détaillée. Ça fait que
je demanderais... Je demande si le
règlement peut être déposé, qu'on puisse l'étudier ici. Je pense que ça va nous
aider à mieux comprendre les
orientations du gouvernement, parce que ce que le ministre, il dit, ce n'est
pas écrit dans la loi, ça n'apparaît pas du tout dans aucun article.
Alors, je ne nie pas qu'est-ce que le ministre, il dit, puis oui, moi aussi, je
crois dans le beau gros sens, mais, quand on
voit le temps supplémentaire obligatoire augmenter juste pour la SQ, quand on
sait que nous avons une pénurie
d'effectifs, quand nous savons que nous avons des besoins criants sur le
terrain, quand nous savons que la formation, c'est le nerf de la guerre,
pour moi, tout ça, ce n'est pas écrit en noir et blanc.
Alors, si le
règlement est prêt, bien, je souhaite le voir puis le consulter avant que ça
devienne public. Ça peut être uniquement
pour les membres de cette commission. Le diable est dans les détails. Puis je
pense qu'on mérite, comme j'ai dit,
de vider la question puis aller au fond de ces détails parce que c'est un
changement assez majeur pour nos corps policiers,
puis il y a des craintes, pas des... non, pas des gens qui ont dit qu'ils ne
souhaitent pas avoir cette possibilité, mais il y a des inquiétudes. Puis je pense qu'on a la responsabilité de
répondre pour que... pour la population qui nous suit, pour les corps
policiers qui posent ces questions, de répondre pour qu'ils sachent qu'on a
compris que c'est un changement pour les personnes qui vont oeuvrer que ça soit
dans les crimes spécialisés ou autres. Ça fait que, est-ce que ça, c'est une possibilité?
Président (M. Bachand) : Est-ce qu'il y a
intervention?
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée.
Maccarone : Bien, c'est dommage, parce que le règlement, je pense que
ça aurait pu nous aider. Puis les
règlements, comme on le sait tous, sont assujettis à une période de
consultation de 45 jours, mais je pense que tout le monde souhaite
être consulté avant que le règlement soit déposé, parce que les questions que
je pose ne sont pas nécessairement mes questions, mais c'est les questions des
corps de police et des policiers à qui nous avons parlé aussi. Il y a une inquiétude parce qu'il manque de clarté. Puis c'est dommage
qu'on n'a pas de réponse parce que les gens qui nous suivent, les gens
qui nous accompagnent, les gens qui sont présents aujourd'hui, ça fait
partie
des questions qu'eux, ils ont. Ce qu'on fait
ici, M. le Président, c'est très important. Je dis souvent : Au moment
qu'on dépose un projet de loi, ce
n'est plus le projet de loi du gouvernement, mais c'est le projet de loi des
citoyens et citoyennes du Québec. Ça fait
qu'eux, ils méritent avoir une réponse sur la place publique pour mieux
comprendre ce qu'on... où on souhaite aller.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Autres interventions?
Mme Maccarone :
...M. le Président. Ça fait que,
si on peut suspendre temporairement, on va le présenter, à moins que le
collègue souhaite intervenir.
Le Président (M. Bachand) : Temporairement. On est revenus de l'été. On est tous en forme. Donc,
l'efficacité est au rendez-vous pour les amendements, s'il vous plaît.
Alors, on suspend
quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 35)
Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il
vous plaît! La commission reprend ces travaux. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis,
s'il vous plaît.
Maccarone : Oui. Je propose l'amendement pour...
L'article 13 du
projet de loi est modifié dans son deuxième alinéa :
1° par l'insertion,
après les mots «les domaines», du mot «spécialisés»;
2° par l'insertion,
après les mots «des fonctions d'enquête», des mots «dans des domaines
spécialisés».
L'article modifié se
lirait ainsi :
L'article 115 de
cette loi est modifié par l'insertion, après le quatrième alinéa, du
suivant :
«Le gouvernement
peut, par règlement, déterminer [des] domaines spécialisés dans lesquels une
personne qui ne remplit pas la condition prévue au paragraphe 4° du
premier alinéa peut être embauchée comme policier pour exercer des fonctions
d'enquête dans des domaines spécialisés, dans un corps de police autre qu'un
corps de police spécialisé, ainsi que les
critères de sélection et les qualités minimales requises, dont la formation,
pour être embauché à ce titre.»
J'explique, M. le
Président. Je l'ai touché un peu quand j'ai lu un extrait du mémoire de l'APPQ.
Dans le fond, c'est un amendement qui est
proposé par l'association des policiers et policières du Québec, et je la
remercie pour la recommandation. Et pourquoi qu'ils font cette
recommandation, c'est... comme je l'ai mentionné d'emblée, M. le Président, c'est de s'assurer qu'on n'engage pas
n'importe qui pour faire n'importe quoi. Les domaines spécialisés, ça nous amène quand même une spécificité... dont nous
n'allons pas remplacer la formation, qui est très importante, parce qu'on parle beaucoup de la formation ce matin,
mais ça ne pourra pas remplacer la formation du terrain que les
policiers ont reçue et la spécificité de leur formation.
Ça fait que, par
exemple, quand on parle des crimes majeurs, quand on parle de la mafia, quand
on parle des gangs de rue, les corps de
police, les directeurs pourront toujours engager un spécialiste, une aide
supplémentaire, qui ne sera pas une
police, mais un expert-conseil. Mais ici, quand on parle d'avoir des
policiers-enquêteurs spécialisés comme un «fast track», parce qu'ils ne
vont pas suivre la même formation, bien, ceci, ça va encadrer un peu. Ça fait
que ça ne limite pas la possibilité d'engager ce personnel qui... c'est une
recommandation intéressante, mais ça va le baliser un peu. Ça fait que je
trouve que c'est juste puis c'est bien. Ça ne dénature pas ce qui est souhaité,
non plus, par le gouvernement avec l'article en question. C'est une
bonification qui, je pense, nous amène à ne pas faire fausse route, mais
d'encadrer l'article en question. Et, encore une fois, je répète, c'est une
recommandation de l'association des policiers et policières du Québec.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup,
Mme la députée. M. le ministre, s'il vous plaît.
Bonnardel : Non, je comprends la volonté de la députée, là, de cibler
le mot «spécialisés», mais c'est dans le cadre du règlement qu'on va définir
les domaines qui vont être touchés, qui vont être définis. «Spécialisés», c'est
un terme... Les enquêtes spécialisées à l'UPAC, oui, il y a un lien direct,
mais là on est... pour tous les corps de police du Québec. Donc, je comprends.
Je comprends que le mot «spécialisés» pour... mais, après vérification avec les
juristes, c'est dans le règlement qu'on va définir les domaines qui vont être
définis... qui vont être définis comme nichés, si je peux le dire ainsi, là,
pour la possible embauche de ces personnes.
Mme Maccarone : Bien,
comme vous le savez, M. le Président et M. le ministre, nous, nous n'avons pas
vu le règlement. Alors, je comprends l'inquiétude...
M. Bonnardel : Bien, moi, je ne l'ai
pas vu non plus, là.
Maccarone : Bien non, ça ne se peut pas. C'est écrit, dans le
document que vous avez partagé avec nous, que le cadre réglementaire sera prêt pour l'étude détaillée. On est en
étude détaillée. On en parle présentement. Ça fait que ce serait bien,
au moins, même si le règlement n'est pas prêt, si on peut savoir c'est quoi,
les orientations. Puis que ce soit dit au
micro, puis que ce soit clair, bien, ça aussi, ce serait bienvenu parce
qu'aussi, les orientations, on ne les a pas. Ça fait que je comprends
les inquiétudes du terrain que ça donne... Si ce n'est pas balisé, ça se peut
qu'on peut aller au-delà de l'objectif initial du législateur, puis ça, ce ne
serait pas la faute du ministre, c'est parce que l'interprétation sur le
terrain, ça peut vraiment varier.
Alors, oui, c'est important d'avoir un
règlement, mais nous avons aussi une occasion aussi de le baliser, puis de le baliser d'une façon que, je pense,
humblement... que ça va non plus dénaturer ce que le ministre peut mettre
dans son règlement pour consultation avec
les personnes concernées. C'est un encadrement, je pense, qui va dans le sens
de ce qu'on souhaite. Même dans le document que nous avons reçu, on parle
uniquement des besoins en cybercriminalité puis
les crimes fiscaux. Ça fait que c'est ça qui était évoqué comme besoins. Je
pense que le ministre vient d'utiliser le mot «niche». Ça fait que je
pense qu'on est sur la même page... C'est les crimes économiques, excusez-moi.
Ça fait qu'on... cybercriminalité puis crimes
économiques, je pense qu'on est vraiment sur la même page. Le ministre a utilisé le mot «niche». Ici, eux, ce
qu'ils souhaitent, c'est ne pas utiliser «niche», mais «spécialisés»,
«dans les domaines spécialisés», qui peut
être interprété aussi différemment dans chaque territoire, tout dépendamment le
besoin, mais ça ne laisse pas interprétation qu'on peut remplacer une
expérience ou une expertise du terrain d'un policier.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Interventions?
M. Bonnardel : Bien, on répond... La
députée répond un peu au règlement qui, un jour, va être écrit, là, les crimes
économiques, cybercriminalité, puis je peux l'assurer que ces deux enquêtes
nichées seront dans le règlement. S'il y en a d'autres, ça va être à discuter
avec nos différents partenaires.
Mme Maccarone : Sauf qu'encore une
fois moi, je... On n'a toujours pas vu ce règlement. Ça fait que le ministre nous demande d'écrire un chèque en blanc,
puis ça, je trouve ça inquiétant. Moi, mon rôle, c'est de poser des questions. Je trouve que c'est important de
baliser. J'aurais souhaité avoir preuve de souplesse en ce qui concerne
ceci. C'est une demande qui vient du terrain. C'est une demande qui vient des
organismes qui font
partie du ministère de la Sécurité
publique, puis je partage leurs inquiétudes, puis je pense que ce serait
bienvenu par les gens qui nous écoutent, par les gens sur le terrain,
puis ça amène un peu de clarté. Puis, encore une fois, je répète, ça ne
dénature aucunement ce qui peut être émis dans un règlement. C'est un
encadrement, une spécification qui va soulager les gens sur le terrain, qui va
empêcher un peu une interprétation trop large de cet
article en question.
Président (M. Bachand) :
Merci beaucoup. Interventions?
Pas d'autre intervention? Mme la députée, oui.
Mme Maccarone : Bien, je n'aurais
pas d'autre intervention, M. le Président. C'est dommage. Comme j'ai dit, je pense qu'au moins ici on aurait pu faire
quelque chose pour avancer le projet de loi puis le bonifier d'une
manière qui répond aux besoins du terrain, qui répond aux besoins de
l'opposition officielle. Comme je dis, je pense que c'est dommage qu'on ne peut pas faire preuve de
souplesse dans cet enjeu, parce qu'encore une fois, je répète, ça ne
dénature pas du tout l'amendement...
l'article, ça ne dénature pas ou élimine les possibilités du gouvernement
d'émettre un règlement qui peut mettre de la clarté dans ce que le
ministre vient de dire en termes de niche. Ça fait que je vais demander un vote
par appel nominal, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Donc, s'il n'y a pas
d'autre intervention, on va procéder par l'appel aux voix. Mme la secrétaire,
s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention, Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis)?
La Secrétaire : M. Bonnardel
(Granby)?
La Secrétaire : Mme Boivin Roy
(Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Contre.
La Secrétaire : M. Asselin
(Vanier-Les Rivières)?
La Secrétaire : Mme Bourassa
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
La Secrétaire : Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides)?
La Secrétaire : M. Lemieux
(Saint-Jean)?
La Secrétaire : Mme Ghazal
(Mercier)?
La Secrétaire : M. Bachand
(Richmond)?
Président (M. Bachand) : Abstention. Donc, l'amendement est rejeté. Donc, on
revient à l'article 13. Interventions? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis,
s'il vous plaît.
Mme Maccarone : Oui... de votre
patience, M. le Président. Je souhaite déposer un autre amendement.
Le Président (M.
Bachand) : Alors, on va suspendre quelques
instants. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 11 h 48)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend
ses travaux. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, s'il vous plaît.
Mme Maccarone : Oui, merci, M. le
Président. Je propose l'amendement suivant à l'article
L'article 13 du projet de loi est modifié, dans son deuxième alinéa, par
l'insertion, après les mots «embauchée comme policier», des mots «, lorsqu'il
est impossible de combler le poste à l'interne,».
L'article se lirait ainsi :
L'article 115 de cette loi est modifié par
l'insertion, après le quatrième alinéa, du suivant :
«Le gouvernement peut, par règlement, déterminer
les domaines dans lesquels une personne qui ne remplit pas la condition prévue au paragraphe 4° du premier alinéa peut être
embauchée comme policier, lorsqu'il est impossible de combler le poste à l'interne, pour exercer des
fonctions d'enquête, dans un corps de police [...] qu'un corps de police
spécialisé, ainsi que les critères de
sélection et les qualités minimales requises, dont la formation, pour être
embauché à ce titre.»
Le but de cet amendement, M. le Président...
parce que, maintenant, nous sommes en train d'introduire une nouvelle catégorie
de policier, un policier spécialisé qui va rentrer tout de suite comme
enquêteur. On a dit : C'est un «fast track», mais ce qu'on souhaite, quand
même, c'est de prioriser, si nous pouvons, les gens qui ont suivi autres formations, qui ont fait le terrain, qui
souhaitent aussi... eux aussi monter l'échelle dans leur organisation, d'être
priorisés dans la mesure du possible, parce
qu'on comprend qu'on a besoin aussi de souplesse, mais ce qu'on souhaite...
Puis c'est pour ça qu'on n'a pas
changé le règlement. Puis, juste pour clarté, quand on parle du paragraphe 4°,
paragraphe 4°, pour le lire,
c'est : «Être diplômé de l'École nationale de police du Québec ou
satisfaire aux normes d'équivalence établies par le règlement de
l'école.»
Alors, ce qu'on souhaite, c'est vraiment
prioriser les gens à l'interne qui ont suivi cette formation, parce que je pense que c'est important pour la valorisation
de ce rôle et d'éviter des dérives. Alors, voilà notre humble
proposition pour l'accueil, j'espère, favorable du ministre.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Donc, interventions sur l'amendement
de la députée?
M. Bonnardel : Oui, un court
commentaire. Quand je lis ça, j'ai l'impression que la députée s'adresse aux
états-majors des services de police en leur disant : On ne vous fait pas
confiance. Je suis abasourdi par cet amendement.
J'ose croire qu'en 2023, si l'expertise est là, on va chercher le poste avec la
personne qui a cette formation. Ça va
de soi, là, ça va de soi. Quand je lis ça, c'est comme si on leur disait :
Bien, on ne vous fait pas confiance, là, il faut écrire ça dans
l'article de loi. Non.
Mme Maccarone : Bien,
la réponse à ça, ce n'est pas du tout ce que j'ai présenté quand j'ai fait
l'explication de l'amendement en question à
l'article 13. Comme j'ai dit, c'est une question de valorisation du rôle, c'est
une question de s'assurer que, quand
on parle d'augmentation, quand on parle de promotion, quand on parle
d'engagement, c'est la valorisation du poste de police. Ce n'est pas une
question de manque de confiance en personne. Je pense que les gens qui nous écoutent nous comprennent. C'est vraiment
une question de valorisation du rôle, puis je pense que c'est important,
parce qu'un policier qui est en train
actuellement de faire... qui est patrouilleur, par exemple, qui souhaite être
enquêteur, qui nous écoute, je pense que
lui, il a quand même un petit bémol parce que lui, il se dit qu'une personne
peut rentrer par la porte à côté, la porte latérale, pour devenir
enquêteur, même si ça fait
partie de ses souhaits, mais lui, il a dû... suivi
une autre formation complètement différente, mais lui aussi souhaite devenir
enquêteur.
Alors, ce qu'on souhaite, c'est de valoriser
l'expertise des policiers, et c'est pour ça qu'on a dit «lorsqu'il est impossible de combler». On donne quand même une
certaine souplesse parce qu'on comprend la réalité sur le terrain. Ce qu'on souhaite, évidemment, c'est d'avoir la
meilleure personne au meilleur poste possible. Je pense que tout le
monde souhaite ça, mais, de valoriser le
travail des policiers sur le terrain, c'est ça, le souhait en termes de dépôt
de cet amendement, c'est de s'assurer qu'eux, ils comprennent que leur
rôle est important, puis on souhaite vraiment valoriser leur contribution puis
la formation qu'ils ont reçue.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Est-ce qu'il y
a d'autres interventions sur l'amendement? Mme la députée, oui.
Maccarone : Bien, encore une fois, c'est dommage qu'on ne peut
pas avoir un échange là-dessus. Est-ce qu'il
va y avoir des orientations qui vont être écrites dans un règlement, qui vont
prendre ça peut-être en considération, d'abord, si on ne peut pas le
mettre dans la loi, dans l'article en question, mais de s'assurer qu'on
comprend qu'il y a quand même une différence dans la formation dans ces deux
policiers, qui vont être des policiers à parts égales, selon le ministre, mais
qui n'ont pas suivi la même formation?
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Autres
interventions?
Mme Maccarone : Je demanderais un
vote par appel nominal, s'il vous plaît, M. le Président.
Président (M. Bachand) :
Donc, on est prêts à passer à la
mise aux voix. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis)?
La Secrétaire : M. Bonnardel
(Granby)?
La Secrétaire : Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Contre.
La Secrétaire : M. Asselin (Vanier-Les Rivières)?
La Secrétaire : Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
La Secrétaire : Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides)?
La Secrétaire : M. Lemieux
(Saint-Jean)?
La Secrétaire : Mme Ghazal
(Mercier)?
Mme Ghazal : Abstention.
La Secrétaire : M. Bachand
(Richmond)?
Le Président (M. Bachand) : Abstention.
Donc, l'amendement est rejeté. Donc, on revient à l'article 13. Alors,
interventions? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui. M. le
Président, j'aurais un autre amendement à déposer.
Le Président (M.
Bachand) : Alors, on va suspendre quelques
instants. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 59)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis,
s'il vous plaît.
Mme Maccarone : Oui, désolée, M. le
Président, c'est... on a des difficultés techniques. Alors, je propose un amendement à l'article
L'article 13
du projet de loi est modifié par l'insertion, à la fin de l'article, de
l'alinéa suivant :
«Un policier qui exerce les fonctions d'enquête
sans avoir rempli la condition prévue au paragraphe 4° ne peut [pas] être affecté qu'aux escouades
spécialisées, sous la supervision d'enquêteurs ayant complété l'ensemble
des conditions prévues à l'article 115
et ne peut accéder à d'autres fonctions tant que la condition prévue au
paragraphe 4° n'est pas remplit.»
Je répète, M. le Président, le
paragraphe 4°, c'est «être diplômé de l'École nationale de police du
Québec ou satisfaire aux normes d'équivalence établies par règlement de
l'école.» C'est une autre façon de revenir pour parler, encore une fois, de la formation. Puis, encore une fois, ce n'est pas
d'être contre d'avoir des policiers spécialisés, mais c'est de s'assurer, comme le ministre, il dit...
Puis lui aussi, il a peint une scène de : On ne va pas demander à cette
personne qui n'a pas eu la même formation de
se présenter, par exemple, intervenir sur un appel de violence conjugale, par
exemple. Mais nous, ce qu'on souhaite, c'est que ça, ce soit écrit, puis que ce
soit clair, puis que tout le monde a la même compréhension
que, s'ils n'ont pas reçu la même formation, bien, on ne va pas leur demander à
agir comme un policier.
Parce que les
policiers ont quand même eu cette formation, il y a une distinction. Puis, tant
que ce n'est toujours pas clarifié que ça va être quoi, la formation
puis ça va être différent sur le terrain, je pense, encore une fois, qu'on ne fait pas fausse route de faire des demandes,
auprès de ces enquêteurs, d'agir comme des policiers, tant qu'ils n'ont
pas rempli les conditions de formation qui sont requises pour les policiers qui
oeuvrent sur le terrain.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Interventions?
M. le ministre.
M. Bonnardel : Bien, la députée,
indirectement encore, elle essaie de laisser sous-entendre qu'un enquêteur spécialisé, très niché, embauché par un corps de
police, on pourrait lui faire la demande d'aller sur la patrouille ou...
parce que, quand tu es sur la patrouille, tu peux avoir des appels 9-1-1
pour des cas x, y, z. Je pense que le gestionnaire principal, le directeur ou
la directrice est bien au fait que cette personne a été embauchée pour ses qualifications
très précises, très précises, et que ce n'est pas sur la patrouille que cette
personne a été embauchée.
Donc, je fais confiance aux états-majors, aux
gestionnaires des services de police. Je ne pense pas qu'on a besoin d'un
article pour dire : Bien oui, tu
as passé l'École nationale de police, mais tu ne retourneras pas, après 20
ans de spécialisation dans un domaine x, à la patrouille, parce que tu n'es pas
là pour faire de la patrouille.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la députée.
Maccarone : Et je pense que le ministre est en train de
banaliser ce que nous avons entendu des groupes qui sont venus témoigner
puis ce qui est émis dans les mémoires qui étaient partagés avec nous. Je peux
relire tous les témoignages, mais, quand on parle des directeurs, c'est les
directeurs qui nous disent qu'ils sont quand même inquiets. C'est les
directeurs, c'est M. Francoeur lui-même qui nous peint un portrait des
inquiétudes que nous avons actuellement, parce que ce que le ministre, il dit
n'est pas écrit dans sa loi. Ce n'est pas écrit en noir et blanc dans sa loi.
Alors, ça va être important de le clarifier, sinon ça peut... on peut avoir des
dérives.
On est en
train de ne pas valoriser leur rôle, on est en train de banaliser leur rôle,
parce qu'on n'est pas en train d'écouter aussi les gens sur le terrain
qui ont partagé leurs inquiétudes. Que ce soit le SPVM, que ce soit l'APPQ, que ce soit la FPMQ, les gens ont partagé des
inquiétudes en ce qui concerne les postes d'enquêteurs spécialisés. Ce
n'est pas précisé, on ne sait pas ça va être
quoi, leur formation. Ça aussi, ce n'est pas précisé. On va parler de la
formation par la suite, après cet
article, on va aller à l'article 87. J'espère que, quand on parle de la formation
spécifique, on va pouvoir peut-être le mentionner, à l'article 87
qui s'en vient, mais je souhaite prévenir tout ceci. Je pense qu'on a besoin
d'avoir des balises, parce que ce n'est pas moi qui le dis, c'est le terrain,
c'est les acteurs sur le terrain qui sont venus témoigner, qui ont partagé leurs points de vue, qui nous ont dit... ils
ont même déposé des recommandations, en termes d'amendements, parce
qu'il y a des inquiétudes. Il faut avoir des critères, parce que les questions
se posent.
Encore une fois, un policier spécial, ce n'est
pas une question de dire qu'on ne peut pas l'avoir, mais il faut vraiment vider
la question. Parce que le ministre a dit lui-même : Ça va être un policier
à part entière, ils vont être armés. Puis je comprends, c'est du gros bon sens,
ce qu'il dit, qu'ils ne vont pas être appelés d'oeuvrer sur une scène où ils n'ont pas eu une
formation. Mais ça, ce n'est pas écrit nulle part. Ce n'est pas un secret, là.
Ce n'est pas dans la loi. On souhaite que ce soit écrit dans la loi pour
que tout le monde ait la même compréhension de ce que le ministre a dit, si on
parle d'un policier spécialisé qui n'a pas suivi la même formation qu'un
policier pour oeuvrer au sein d'une scène de crime violent. Que ce soit la
violence conjugale, un état mental perturbé, on a besoin d'avoir des gens qui
sont formés, parce que déjà le rôle est assez dangereux, puis il faut faire
plus pour les protéger. Là, on est en train de dire que ça se peut qu'on va
avoir quelqu'un, qui n'est pas formé, qui va peut-être le faire.
Parce que le ministre, il dit aujourd'hui au
micro que ce ne serait pas le cas, on mise sur le gros bon sens des gens. Mais le gros bon sens des gens, là, ils nous