Culture and Education — 24 March 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CCE 2022-03-24
Quebec — Committees
(Quatorze heures trois minutes)
La Présidente (Mme Guillemette) : Donc,
votre attention, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission de la culture et de l'éducation ouverte.
La commission est réunie aujourd'hui afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 9,
Loi sur le protecteur
national de l'élève.
Peut-être un petit rappel des consignes
sanitaires. Lorsqu'on est assis à notre place, on peut enlever nos masques,
jusque... Lorsque le page s'approche de nous ou qu'on est très près d'une autre
personne, s'il vous plaît... ou de circuler, de remettre votre masque, s'il
vous plaît.
Donc, aujourd'hui, Mme la secrétaire, est-ce
qu'il y a des remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Poulin (Beauce-Sud) sera remplacé par M. Thouin
(Rousseau); Mme David (Marguerite-Bourgeoys), par Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis);
Mme St-Pierre (Acadie), par Mme Charbonneau (Mille-Îles); et Mme Dorion
(Taschereau), par Mme Labrie (Sherbrooke).
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci,
Mme la secrétaire. Donc, on a un amendement. Est-ce qu'on peut le mettre à
l'écran, s'il vous plaît, pour qu'il soit accessible à tout le monde? Merci.
Donc, aujourd'hui, nous poursuivons avec un amendement proposé par la députée
de Sherbrooke à l'article 1 du projet de loi. Donc, est-ce qu'il y a des
interventions sur l'amendement de Mme la députée de Sherbrooke? Oui, madame.
Rizqy : ...point de vue technique, est-ce que c'est juste
possible d'avoir de l'information, si la députée...
La Présidente (Mme Guillemette) :
Elle va arriver...
Mme Rizqy : O.K., d'accord. Est-ce
qu'il y avait consentement, pour le ministre... Est-ce que vous voulez qu'en
attendant on suspende l'amendement, pour qu'elle puisse continuer son
intervention? Si ça fait... si c'est correct pour le ministre.
La Présidente (Mme Guillemette) : Est-ce
qu'il y a consentement de tout le monde pour suspendre l'amendement le temps
que la députée...
La Présidente (Mme Guillemette) : Oui?
Donc, nous allons suspendre l'amendement de Mme la députée de Sherbrooke. Donc,
sur l'article 1 en tant que tel, est-ce qu'il y a des commentaires? Oui.
Mme Rizqy : ...plusieurs questions
sur la personne... le système d'éducation puis le mécanisme de règlement de
différends, alors je vais céder la parole à ma chère collègue.
La Présidente (Mme Guillemette) : Parfait.
Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Charbonneau : Alors, vous avez,
officiellement, Mme la Présidente, une adjointe qui répartit les droits de
parole. Je ne m'attendais pas à avoir un rebond si rapidement. Je voulais avoir
un échange sur le principe de «la personne ainsi nommée possède une
connaissance du système d'éducation et des mécanismes de règlement des
différends». «La personne ainsi nommée possède une connaissance du système
d'éducation et des mécanismes de règlement des différends.» C'est comme ça que
c'est écrit dans le cahier. Peut-être qu'il manque un mot ou je ne sais pas
trop, mais, avant de proposer quoi que ce soit au ministre, je voulais mieux
comprendre ce qu'on visait dans ce paragraphe-là.
La Présidente (Mme Guillemette) : M.
le ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente,
bien, je pense, c'est assez simple, mais discutons de ces termes. Bien,
«connaissance du système d'éducation», on parle de quelqu'un qui est...
manifestement, y a travaillé, ou s'y est intéressé,
ou l'a étudié, bref, quelqu'un qui peut démontrer, en réalité, sa connaissance
de l'éducation. Les mécanismes de règlement des
différends, en réalité, c'est quelqu'un qui a déjà eu à traiter des plaintes ou
qui a déjà eu à faire face à, je vous dirais, des arbitrages entre différentes
personnes, différents groupes. Je pense que c'est assez fréquent, là, dans des
postes de direction.
Mme Charbonneau : Je vais préciser
peut-être un petit peu plus. Connaissance du système de l'éducation, d'après ce
qu'on lit dans le préambule de la loi, on vise le public, le privé et celui à
la maison. Est-ce que vous favorisez une des connaissances? Est-ce que vous
voulez qu'il connaisse la Loi de l'instruction publique mais pas nécessairement
un système? Est-ce qu'il doit connaître le système scolaire en ville ou en
région? C'est pour ça que je vous dis :
Pour moi, il y a comme une spécificité qui est très large. Parce que je peux
être un enseignant qui a le goût de changer
de branche puis me donner une autre vocation. Je peux être un avocat, qui
connaît la loi. Je peux être un parent qui
a un enfant dans une école, puis vous en avez fréquenté, des parents qui
allaient... qui s'occupaient des enfants ou qui avaient des enfants dans votre classe, puis chacun ont leur perception
de leur connaissance du système de l'éducation.
Donc, c'est large, puis en même temps, bien, ce
n'est pas assez clair pour qu'on puisse dire : Bien, tiens, ça va nous
aider à nommer quelqu'un, même si, pour l'instant, on ne sait toujours pas, tu
sais, si c'est vous, si c'est l'Assemblée...
Tu sais, on veut se donner une méthode claire, mais, quand on dit : On
veut qu'il ait une connaissance, bien, je trouve que ça rouvre et ça
referme une parenthèse de façon très rapide.
M. Roberge : Mme la Présidente, je
vais répondre à la question, parce que, question et réponse, je pense que c'est
plus fluide, mais après ça je pense qu'on pourra retourner à l'amendement,
puisqu'on s'était dit...
Mme Charbonneau : Oui, oui, tout à
fait.
M. Roberge : ...à cause des
circonstances particulières, qu'on allait... pour ne pas perdre du temps de
commission, puis chaque débat nous fait avancer, dans le fond, dans la
compréhension.
Connaissance du système d'éducation, on
pense : de connaître le cadre normatif, le fonctionnement, les lois, les
règlements, les politiques. Ça peut être d'avoir eu une expérience en milieu
scolaire, évidemment. Ça peut avoir... d'avoir une formation en éducation. Tout
ça, ce sont des manières. Tout ça n'est pas cumulatif, et on ne peut pas nécessairement avoir toutes les expériences, à un
moment donné, sinon on va restreindre le bassin de candidats, ça
n'aurait plus de bon sens. Mais il faut avoir... Il y a différentes manières
d'obtenir ces connaissances-là, comme je l'ai dit.
Puis connaissance des mécanismes de règlement
des différends, je l'ai dit, dans le fond, c'est souvent des gens qui ont eu
des postes de direction ou qui ont étudié là-dedans, mais il faut connaître,
pour l'avoir étudié, ou l'avoir utilisé, l'avoir vécu, de la conciliation, de
la médiation, de l'arbitrage, je vous dirais, d'avoir traité des plaintes,
d'avoir reçu des signalements, puis de les avoir traités. Ça, grosso modo, ce
sont des compétences qu'on recherche, ou, en fait, des connaissances. Ici, on
dit «des connaissances». Donc, voilà, j'ai répondu au meilleur de ma
connaissance. Mais, si vous permettez, tel qu'on se l'est dit, on retournerait
à l'amendement. Voilà.
La Présidente (Mme Guillemette) : Oui.
Mme Rizqy : Juste une petite... Ce
n'est pas une question. En fait, juste pour tantôt, si jamais, dans l'équipe,
il y a déjà, peut-être, une grille de critères de sélection que vous avez déjà
réfléchie, quand on va revenir, on pourra voir... repartir des discussions
là-dessus. Juste pour tantôt.
La Présidente (Mme Guillemette) : Parfait,
merci. Donc, est-ce qu'il y a consentement pour revenir à l'amendement de Mme
la députée de Sherbrooke?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Guillemette) : D'accord.
Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente. Puis d'ailleurs je remercie mes collègues d'avoir suspendu. Puis je
m'excuse pour mon retard, j'étais à une rencontre du comité harcèlement. Donc,
je...
Oui, on revient à cet amendement qui visait à
faire en sorte que le Protecteur du citoyen nomme un protecteur national de
l'élève. J'avais plaidé... On avait été plusieurs à plaider en faveur de ça, la
semaine dernière, comme une position de
compromis entre la position de départ, qui était de demander que le protecteur
national lui-même soit nommé aux deux tiers des votes de l'Assemblée
nationale... C'est un compromis, ici, parce qu'on ne demande plus ça. On
demande simplement que ce soit une instance qui est déjà nommée de cette
manière qui le fasse.
Donc, j'espère qu'on va pouvoir avancer avec ça,
parce que j'entends qu'il y a une volonté de collaboration pour qu'on soit efficaces dans le travail du
projet de loi. Donc, je pense qu'on a fait notre bout, de notre côté, ici,
pour trouver une position de compromis.
J'espère qu'il y aura de l'ouverture à ça de l'autre côté, puis d'autant plus
que c'est un engagement historique de
la CAQ de privilégier les votes aux deux tiers, puis de reconnaître que ça a un
impact sur l'indépendance, et encore plus les perceptions d'indépendance
d'une instance, là, pour les citoyens, puis la confiance des citoyens envers
ces instances-la. Donc, j'espère vraiment qu'on va trouver un consensus avec
cet amendement.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci,
Mme la députée. M. le ministre.
Roberge : Merci. Bien, moi, j'apprécie la proposition de la collègue, qui
cherche à atteindre un objectif, qu'on partage tous, là, d'avoir confiance dans
cette nouvelle institution là. Je refais une petite mise en contexte. Si on
étudie, en ce moment, ce... (Interruption) Excusez-moi, je ferme le son de mon
ordinateur. Si on étudie, en ce moment, ce projet de loi là, c'est parce que le
mécanisme actuel est imparfait puis c'est parce qu'aux dires de la Protectrice
du citoyen il y a beaucoup de parents qui sont insatisfaits, les délais sont
trop longs, puis il n'y a pas de distance entre les organisations scolaires,
les centres de services scolaires et les protecteurs des élèves actuels. C'est
cette proximité-là, locale ou régionale, qui est malsaine, qui n'est pas
correcte.
Quand on arrive avec
un protecteur qui est national et des protecteurs régionaux, lesquels n'ont
aucun lien de dépendance avec les centres de services scolaires, bien, on règle
le problème. Ce n'est pas... Il n'y a pas une crise de confiance envers les
gouvernements du Québec — parce
que je ne veux pas parler de notre gouvernement, que ce soit moi, que ce soit quelqu'un d'autre, mais les gouvernements — avec
l'État québécois, en disant : Quand l'État québécois nomme
quelqu'un, on n'a pas confiance. Ça n'arrive pas, je ne pense pas, là, que l'on
puisse dire ça. Le problème, c'est qu'en ce moment c'est la commission scolaire
ou le centre de services scolaire qui nomme son protecteur. Il est là, le
problème, et on le règle avec le projet de loi.
Ma collègue arrive
avec un amendement sur un problème que nous nommons ensemble mais, je pense,
qui est réglé dans la version initiale du projet de loi. Puis la Protectrice du
citoyen ne nomme même pas elle-même ses vice-protecteurs. C'est le gouvernement
qui les nomme. Il n'y a personne qui dit que les vice-protecteurs du citoyen
n'ont pas l'indépendance parce qu'ils sont nommés par le gouvernement. Ce n'est
pas un problème qui est nommé. Donc, on essaie... Enfin, je ne pense pas que ce
soit nécessaire d'aller là, du tout.
La Présidente (Mme
Guillemette) : ...Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Bien,
moi, je pense que c'est nécessaire, puis je le pense parce qu'il y a une
réponse... il y a une question à laquelle je n'ai pas eu de réponse, une
question que j'avais posée mardi dernier, avant qu'on suspende nos travaux,
c'est : Est-ce qu'en ce moment, avec ce que le ministre propose dans son
projet de loi, le protecteur de l'élève va pouvoir se pencher sur ce qui relève
du ministère? Moi, ça, c'est une question que j'ai posée, puis c'est important,
pour moi, que le protecteur national de l'élève puisse se pencher sur tout ce
qui a un impact sur les droits des élèves. Évidemment que je comprends très
bien que, dans le projet de loi, ils vont pouvoir se pencher sur ce qui se passe
dans les