CRC — 28 April 2017 (41st Legislature, 1st Session)

CRC 2017-04-28

Quebec — Committees

CRC — 28 April 2017 (41st Legislature, 1st Session)

CRC 2017-04-28

Quebec — Committees

(Neuf heures vingt-neuf minutes)

Le Président (M. Picard) : À

l'ordre, s'il vous plaît!

Le Président (M. Picard) : À

l'ordre, s'il vous plaît!

Le Président (M. Picard) : Il

n'y a pas de problème, on va travailler là-dessus.

Ayant constaté le quorum, je déclare la séance

de la Commission des relations avec les citoyens ouverte. Je demande à toutes

les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs

téléphones cellulaires.

La commission est réunie afin de procéder à

l'étude du volet Aînés et Lutte contre l'intimidation des crédits budgétaires

du portefeuille Famille pour l'exercice financier 2017‑2018.

Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?

Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Melançon (Verdun) est remplacée par M. Bernier (Montmorency);

Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger) est remplacée par M. Habel (Sainte-Rose); Mme Vallières (Richmond) est remplacée par M. Ouellette

(Chomedey); et Mme D'Amours est... (Mirabel), pardon, est remplacée par M. Paradis

(Lévis).

Président (M. Picard) : Merci. Je tiens à informer les parlementaires que, suite à l'adoption d'une motion

hier, tout à l'heure, à

10 heures, nous allons tenir une minute de silence, parce qu'aujourd'hui, le 28 avril, c'est la

Journée internationale des

travailleuses et des travailleurs. Donc, nous allons pour les personnes

décédées tenir une minute de silence.

Donc, nous

allons débuter par les remarques préliminaires, puis nous allons procéder à une

discussion d'ordre général par blocs

d'environ 19 minutes, incluant les questions et les réponses. La mise aux

voix des crédits sera effectuée à la

fin du temps qui est alloué à l'étude de ce volet. Donc, pour les remarques

préliminaires, Mme la ministre, la parole est à vous.

Mme Charbonneau :

M. le Président, pouvez-vous me rappeler juste combien de minutes sont

accordées aux remarques préliminaires?

Le Président (M. Picard) :

12 minutes.

Mme Charbonneau :

Merci, M. le Président. Alors, chers collègues, M. le Président,

permettez-moi de vous présenter les gens qui

m'accompagnent aujourd'hui et qui feront en sorte que nous serons non seulement

complémentaires, mais justes dans les

réponses qu'on pourra donner à l'ensemble des questions posées : à ma

gauche, ma chef de cabinet, Mme Florence

Thivierge; à ma droite, la dame en rose et la sous-ministre en titre, donc,

Mme Bérubé, sous-ministre de la Famille,

puisque, vous le savez, M. le Président, on est rattachés à ce ministère; et,

juste à côté d'elle, le jeune homme, M. Barrette,

qui quelquefois chez nous provoque quelques sursauts — puisque, vous le savez, j'ai un collègue qui

s'appelle M. Barrette, ça peut

être mélangeant — mais

Christian Barrette, sous-ministre adjoint, qui travaille auprès du Secrétariat

des aînés.

Je salue au passage mon collègue de Rimouski et

son compagnon, mon collègue de Lévis, et ma collègue de Repentigny, et

nécessairement l'ensemble de mes collègues de ma faction. Donc, j'ai vu le

collègue de Chomedey et différents collègues

dont je n'ai pas le nom... j'ai le prénom, mais je n'ai pas le nom de la

circonscription. Alors, je vais continuer.

L'étude des

crédits est une occasion importante pour le ministère de la Famille,

puisqu'elle nous permet de mettre en

lumière tout ce que nous avons accompli au cours de la dernière année

financière pour assurer le mieux-être des aînés du Québec et lutter contre l'intimidation. Les gens

qui ont bâti notre société sont riches d'une expérience qui profite à toutes les générations. Leur action bénévole, leur savoir-faire et

surtout leur savoir-être contribuent à rendre un Québec meilleur. Nous

sommes donc fiers d'oeuvrer pour eux au quotidien.

Avant

de vous présenter plus en détail les différentes actions réalisées par le

ministère avec les crédits qui lui sont confiés, j'aimerais vous rappeler les responsabilités que j'assume à

titre de ministre responsable des Aînés et de la Lutte contre l'intimidation en vertu de la

Loi sur le

ministère de la Famille. J'ai comme responsabilités à l'égard des aînés de

promouvoir les aspects positifs du

vieillissement et de susciter la participation de la population afin de

combattre les préjugés et les

stéréotypes associés à l'âge, de promouvoir le développement des liens

intergénérationnels, de sensibiliser les instances nationales, régionales et locales aux besoins liés

au vieillissement des individus et de la population et soutenir leur action

à cet égard, d'encourager la mise en place des services répondant aux besoins

et aux intérêts des personnes aînées. Ces responsabilités font en sorte que les

gestes posés par le ministère de la Famille en faveur des personnes aînées ont une portée horizontale qui influence la majorité

des ministères, en particulier le ministère de la Justice, le ministère de la

Santé et des Services sociaux, le ministère

des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire ainsi que le

ministère de la Sécurité publique.

Nous travaillons ensemble à faire évoluer nos pratiques et surtout à améliorer

les services dont bénéficieront nos

aînés. Nous nous réjouissons donc, M. le Président, qu'une attention

particulière ait été portée à leur égard dans le budget 2017‑2018.

Avec

les sommes annoncées, le Québec pourra soutenir les aînés en situation de

vulnérabilité tout en permettant aux aînés actifs de s'épanouir dans

notre collectivité. Pour que les personnes aînées du Québec puissent vivre dans

la dignité et pour accentuer la lutte contre

la maltraitance envers les aînés, des investissements additionnels de

25,8 millions de dollars ont été

annoncés relativement au prochain Plan d'action gouvernemental pour contrer la

maltraitance envers les personnes aînées. Nous utiliserons ces investissements pour développer les connaissances en

matière de maltraitance, accroître l'information, les

services et les recours, bien outiller les intervenants et intensifier la

concertation entre les acteurs concernés

afin de mieux prévenir, repérer et intervenir. Aucune personne aînée ne devrait

être victime d'abus, alors nous agirons afin de leur offrir des

environnements sécurisants et exempts de toute forme de malveillance.

le Président, avec le budget 2017‑2018, le gouvernement pourra également

bonifier différentes initiatives qui sont

menées actuellement auprès des personnes aînées. Au cours des cinq prochaines

années, une somme de 13,5 millions y sera consacrée. Ceci nous

permettra, notamment, de renforcer le rôle des coordonnateurs régionaux

spécialisés en maltraitance, dans le but de faciliter, entre autres,

l'implantation des ententes sociojudiciaires à travers le Québec.

Plan d'action gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les personnes

aînées, qui a été lancé en 2010, a été prolongé jusqu'en mars 2017. Les

12 ministères et organismes gouvernementaux engagés dans la lutte contre

la maltraitance se sont donné trois grands

objectifs avec ce plan, soit de faire connaître et reconnaître le phénomène de

la maltraitance, de renforcer la

cohérence et la complémentarité des actions menées par les partenaires ainsi

que d'améliorer les connaissances du

phénomène de la maltraitance. 39 mesures inscrites dans ce plan nous ont

permis d'atteindre plusieurs de ces

objectifs, notamment, par une meilleure connaissance des différentes formes de

maltraitance et des facteurs de risque qui peuvent y mener. Afin de

poursuivre les actions, nous avons travaillé, au cours des derniers mois, à

l'élaboration d'un plan d'action pour les

années 2017-2022. Dans ce contexte, différentes consultations ont été réalisées

auprès de nos partenaires gouvernementaux et non gouvernementaux. Ce

deuxième plan d'action sera rendu public au cours des prochains mois.

le Président, vous le savez, vous avez présidé, on a déposé, le 19 octobre

dernier, le projet de loi n° 115, projet de loi visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés et toute

autre personne majeure en situation de vulnérabilité. Ce projet de loi

propose cinq mesures. Nous aurons sûrement le plaisir d'en reparler ici, dans

cette salle. Avec ces mesures, nous souhaitons intensifier la prévention des

situations de maltraitance au Québec et permettre aux acteurs concernés d'agir lorsqu'elles sont dénoncées. Des

consultations particulières ont été tenues en janvier et en février derniers

sur ce projet de loi. Cet exercice démocratique

a permis d'enrichir notre réflexion sur le sujet. D'ailleurs, nous avons eu le

privilège de déposer des amendements pour

faire en sorte de bonifier et de rendre encore meilleur le projet de loi

n° 115, qui, je l'espère, fera

son chemin avant la fin de la session et, qui sait, d'ici quelques semaines,

pourrait être adopté et mis en place

partout au Québec. Le projet de loi illustre donc notre volonté d'agir de

manière concrète afin d'assurer la sécurité des aînés et des personnes

en situation de vulnérabilité.

des programmes qui nous tient particulièrement à coeur, le programme

Initiatives de travail de milieu auprès des aînés en situation de vulnérabilité. M. le Président, on les appelle

communément les ITMAV. Malheureusement, dans notre société, certains aînés de notre société sont souvent seuls et

souvent méconnaissent les services qui pourraient leur venir en aide. Donc, M. le Président, le programme

ITMAV, auquel je pourrai adresser plusieurs mots, avec le temps, fait en sorte que 122 personnes à travers le

Québec travaillent pour accompagner nos aînés et les sortir de l'isolement.

10,8 millions ont été octroyés pour le programme de ceux-ci et font en

sorte qu'on peut le bonifier. Je vous rappelle, M. le Président, puisque ça fait quatre ans qu'on le fait ensemble, nous

avons des programmes que nous connaissons bien et auxquels nous pourrons adresser quelques questions de part et d'autre

de cette table. Je vous en nomme quelques-uns : Québec ami des aînés, affectueusement appelé QADA;

Municipalité amie des aînés — les municipalités, qui sont nos

premiers partenaires pour le vieillissement de la population — qu'on

appelle communément MADA.

Nous

avons aussi plusieurs programmes qui sont en place, mais nous avons surtout

annoncé plusieurs mesures. Je reviens

quelques secondes sur MADA pour vous dire : M. le Président, on avait un

objectif de 860 municipalités ou MRC,

nous sommes rendus à 862. Nous avons dépassé

l'objectif 2017 et nous ne sommes qu'au mois d'avril.

Donc, nous espérons qu'à la fin de cette année nous pourrons annoncer

que le Québec est couvert à plus de 90 %, puisqu'en ce moment nous sommes

à 90 %.

Plusieurs

investissements ont été annoncés par mes collègues, mes partenaires,

donc : 69 millions pour accroître le soutien à domicile ont

été annoncés par mon collègue de la Santé; ainsi que, pour optimiser et pour

les standards d'hébergement

et les soins dans les centres de longue durée, 65 millions; dans les

services sociaux, 80 millions sur cinq qui vont renforcer le Programme de soutien aux organismes

communautaires; en transport, M. le Président, parce que c'est un partenaire important, 15 millions. À cet

égard, des crédits additionnels de 15 millions, soit 3 millions par

année, seront accordés au ministère des Transports. Vous voyez, M. le

Président, que plusieurs sommes ont été investies.

Je ne vous

cache pas que je suis très, très fière de la lutte contre l'intimidation. Vous

avez vu les campagnes qui ont été

mises à la télévision. Vous connaissez bien le plan et vous savez qu'une de nos

grandes fiertés, c'est que le plan de

lutte contre l'intimidation n'a aucun regard politique. Il est transpolitique,

puisqu'il fait

partie de l'ensemble de mes collègues. C'est une volonté

qu'on a eue dès le départ et qui s'applique bien depuis trois ans.

M. le

Président, je vous assure de ma collaboration, et sachez que nous allons tout

faire pour donner les réponses les plus complètes à l'ensemble des

intervenants qui poseront des questions.

Président (M. Picard) : Merci, Mme la ministre. Je

cède maintenant la parole à M. le député de Rimouski pour une durée

maximale de sept minutes.

LeBel : Merci, M. le Président. Salutations à la ministre et à toute

l'équipe qui est derrière, à mon collègue de Lévis. C'est toujours impressionnant, comme je disais l'autre

jour — j'ai

fait les crédits de la Solidarité sociale — de voir toute l'équipe derrière la

ministre. On va essayer de poser plusieurs questions.

Mais, moi, dans

le fond, ce que je veux dire en partant, c'est l'importance du mandat vis-à-vis

les aînés. Il y a des problématiques,

il y a des situations que les aînés vivent et qu'on voit de plus en plus à

chaque jour. À un moment donné, la

ministre parlait de la journée de la marmotte. Il y a de plus en plus de

pression sur les municipalités, sur l'État en général à s'adapter au vieillissement de la population, qui

n'est pas une mauvaise nouvelle. Le vieillissement de la population, ça peut... et il y a plein de gens qui sont des

ressources importantes pour leurs municipalités, leurs communautés, pour le

Québec, mais il y a aussi des enjeux qui sont indéniables, par rapport, entre

autres, à la santé, par rapport aux milieux de

vie, et une ministre responsable des Aînés doit être capable de défendre... ou

être la porte-parole de ces situations-là, et c'est là-dessus que je vais questionner, voir, dans le gouvernement,

comment on prend compte des réalités des aînés et comment, dans l'État québécois, ces réalités-là sont défendues à

partir de différentes causes ou différentes situations.

Rapidement,

par exemple, moi, je ne peux pas passer à côté... puis, quand on parle des

aînés au Québec, quand on en discute,

on revient rapidement aux conditions de vie dans nos CHSLD. On ne peut pas

passer à côté de ça. C'est des situations

qui touchent tout le monde. Et récemment quelqu'un écrivait... un préposé se

mettait à la place d'une personne qui

vit en CHSLD et il expliquait un peu sa journée. C'était un texte qui a touché

beaucoup de monde, là, qui a été écrit par

M. Bottari, qui est un préposé aux bénéficiaires. Tu sais, je ne le lirai

pas, le texte, là, vous l'avez probablement lu, tout le monde, mais ça

vient nous toucher, là, sur la façon que les aînés en CHSLD peuvent être traités.

Quand on dit qu'il y a des préposés qui sont

dans des agences de placement qui changent à toutes les semaines, qui arrivent,

qui sont amenés à nettoyer les

personnes, les personnes ne les reconnaissent jamais à chaque fois, à donner la

serviette ou, de temps en temps, un

bain quand ils sont chanceux, ce n'est pas... Ce n'est pas de la bientraitance

envers nos aînés et c'est une situation qu'on ne peut pas mettre de

côté.

Et je pense

que la ministre des Aînés a un rôle à jouer, même si on sait que c'est surtout

le ministère de la Santé qui

travaille auprès de ces personnes-là, mais la ministre des Aînés a un rôle à

jouer pour défendre nos aînés qui vivent des drôles de situation, des

tristes situations en CHSLD. Ça fait que je vais revenir là-dessus. Je pense

qu'on ne peut pas passer à côté de

ça. On a des questions à se poser, comme État, et c'est sûr que je vais

revenir là-dessus tout en disant, par

exemple, qu'entre autres sur le projet de loi n° 115 vous pouvez avoir notre collaboration, on l'a

dit depuis le début, puis j'espère qu'il va être adopté, parce qu'à mon

avis c'est une avancée puis il faut qu'on le voie comme ça.

Mais, ceci

étant dit, il y a des réalités, il y a des situations qu'il faut qu'on

soit capables de nommer, capables de dire

et qu'on soit capables d'amener des solutions assez rapidement, et je vous poserai des questions là-dessus. Encore là, aussi, je répète, cela ne veut pas dire que, quand

on parle d'aînés, on ne parle que de CHSLD, que de vie en CHSLD. Ce n'est pas ce que je dis, mais ce que je dis,

c'est : Il ne faut pas éviter ce débat-là. Les gens se posent beaucoup

de questions et les gens sont très inquiets sur comment on traite les

aînés au Québec dans nos CHSLD. Merci, M. le Président.

Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Je

cède maintenant la parole à M. le député de Lévis pour un maximum de cinq minutes.

M. Paradis

(Lévis) : Merci, M. le Président. Bien, je prendrai peu de temps, sinon que pour

saluer, effectivement, la ministre

et toute son équipe.

Content de

vous voir là, parce que, et il faut le dire, on a un bel échange quand on tente de

faire avancer les choses, je pense

qu'il y a une oreille attentive de la part de la ministre, ça fait des

discussions qui sont constructives, puis l'avantage de cet exercice-là, c'est justement

de pouvoir échanger sur des préoccupations et, j'ajoute et je répète toujours,

dans l'esprit d'aller chercher des

réponses qui nous permettront d'aller plus loin et de faire davantage.

Je salue mon collègue de Rimouski, son

équipe également, les collègues du gouvernement. Et, j'irai un petit peu dans le même sens, vous savez, on va poser des questions aujourd'hui, et, l'exercice que l'on fait, bien, je vous le

disais, il y a un échange qui doit être porteur. On pourrait faire davantage. On l'a déjà dit, hein? Dans notre dernière rencontre, on

s'est dit : Un jour, il faudra

aussi s'asseoir tous ensemble comme ça pour tracer un portrait plus complet puis aller plus

profondément dans les besoins, parce qu'ils sont nombreux puis on les

connaît, mais on ne peut pas tous les régler d'un coup de baguette magique,

malheureusement.

Ceci

dit, bien, on aura aussi des questionnements pour tenter de faire avancer des

dossiers, pour tenter d'avoir des

réponses au profit des aînés. Je sais et je sens que la préoccupation de la

ministre est de faire aussi, avec son équipe, des éclaircissements et qu'on comprenne mieux et qu'on pousse davantage,

mais j'ai cette même préoccupation-là que le collègue, c'est-à-dire de

nous permettre ensemble d'aller plus loin.

Alors,

j'ose espérer que ce sera, et j'en suis convaincu, un exercice profitable pour

tous et, dans un axe de collaboration, M.

le Président, je m'arrête là pour garder le temps pour les questions qui nous

permettront d'avancer et d'aller plus loin.

Le Président (M.

Picard) : Merci, M. le député de Lévis.

Je cède maintenant la

parole à M. le député de Rimouski pour une période de

23 min 56 s. Allez-y.

LeBel : Merci, M. le Président. Je me posais la question. Je reviens aux

relations entre la ministre responsable des Aînés avec la grosse machine du ministère de la Santé. Souvent, si je regarde sur le projet de loi

n° 115 sur la maltraitance, la

moitié du suivi des cas de maltraitance sont sous la responsabilité du

ministère de la Santé, entre autres, puis

c'est les cas où les gens voient plus, là, tout ce qui se passe en

établissement, et, bon, c'est le ministère de la Santé qui est

responsable de ça.

il y a eu un forum. Le ministre de la Santé a mis en place un forum sur les

CHSLD, sur les bonnes pratiques. Avec

mon collègue de Lévis, on y était. Et vous étiez là aussi, vous avez pris la

parole. Je me demandais, dans la préparation du forum, est-ce que vous avez participé à l'élaboration des thèmes, à

l'ordre du jour, à l'organisation du forum. Est-ce que vous avez été mis

dans le coup au préalable à l'organisation du forum?

Le Président (M.

Picard) : Mme la ministre.

Charbonneau : Merci, M. le Président. Je connais votre

rigueur, c'est pour ça que je vais toujours attendre votre signe, parce que, habituellement, si je

commence sans vous, vous allez m'aviser. Ça fait que je vais attendre votre

signe avant de commencer à parler.

La question de mon

collègue est fort pertinente. Ça revenait un peu à la réponse que je vous

donnais sur mon mandat, parce que j'aime le rappeler, mon mandat. On a chacun

nos façons de voir, des fois, les façons de faire, mais souvent, quand les questions sont posées, ce n'est pas moi qui se lève

pour y répondre, puisque le mandat de mon collègue en Santé prend beaucoup de place à l'intérieur de

la fonction de la Santé, avec raison. Pour le colloque qui a été organisé,

je vous dirais, ma meilleure réponse

pourrait être celle-ci : habituellement, quand le ministère de la Santé

organise quelque chose qui touche les aînés, c'est de ministère à

ministère, de cabinet à cabinet et de ministre à ministre.

Donc,

nécessairement, mon collègue, par le biais de son ministère,

consulte mon ministère, on a une collaboration

étroite. D'ailleurs, s'il y a

autant de gens alentour de moi, ce n'est pas parce que j'ai le plus gros ministère,

mais c'est parce que j'ai quelqu'un de chacun de mes partenaires. Donc, vous avez, en

arrière de moi, des gens de la Santé, vous avez aussi des gens de tous les autres ministères qui nous

accompagnent, parce que, plus souvent qu'autrement, vous le savez,

les responsabilités sont partagées. Donc, oui, mon collègue m'a consultée, on a

parlé de son colloque.

Pour

l'organisation, vous avez compris, parce que

vous connaissez bien la machine, c'est-à-dire que l'organisation

se fait par les ministères,

hein? On s'assure que la vision des ministres est maintenue, mais le ministre de la Santé et des Services sociaux et la ministre des Aînés ont été consultés pour l'élaboration de ce colloque, et c'est pour ça qu'on était présents et actifs

au sein de ce colloque-là.

Le Président (M.

Picard) : M. le député.

LeBel : Oui, M. le Président. O.K., je comprends, il n'y avait pas de... Sur l'organisation du forum, vous avez été consultés, mais, dans l'organisation du

forum, vous n'étiez pas

partie prenante, vous avez été comme consultés.

Au lunch du ministre,

ici à côté, pour goûter les repas en CHSLD, est-ce que vous étiez présente

aussi?

Charbonneau : J'y

étais avec fierté. Puis, juste avant de compléter votre question, je vais vous

dire ce que je pense, je vais vous le

dire. Vous savez, j'ai trouvé ça intéressant surtout parce que

vous avez compris que... puis c'est malheureux que vous n'avez pas pris

place, parce que je sais que vous étiez là, mais que vous n'y avez pas goûté. Mais, dans l'assiette, il y avait les deux condiments, il y avait

l'aspect solide et l'aspect moins solide, pour s'assurer qu'on puisse du

moins faire la comparaison.

Mais

sachez, M. le député de Rimouski, qu'il aurait été déplorable de faire une

activité comme celle-là pour bien faire

connaître les services dans un CHSLD. Si on l'avait fait, ça aurait rendu un

CHSLD, le temps de l'événement, un cirque

et ça n'aurait pas été respectueux des gens qui habitent dans les CHSLD. Donc,

on a choisi de le faire à l'extérieur pour

pouvoir faire connaître le service puis faire connaître comment on voulait

bonifier, améliorer la condition de vie des aînés par un des aspects qui vous touchent beaucoup, puisque vous avez

déjà fait un reportage là-dessus, sur l'alimentation, parce que

quelquefois ça nous fait plaisir de bien manger.

Le Président (M. Picard) : M.

le député de Rimouski.

M. LeBel : Oui,

effectivement, effectivement. Mais, si on parle de respect envers les aînés, je pense qu'il ne faut pas tourner ça

autour du lunch du ministre, parce que les patates en poudre partout, les repas

servis rapidement — en

dedans de six minutes, si tu n'as pas le

temps de manger, on tire ton repas dans la poubelle — ça,

ce n'est pas très respectueux, à mon avis, c'est beaucoup pire que mon

absence au lunch du ministre.

a posé des questions sur l'amélioration de la qualité de l'alimentation des

aînés hébergeant en CHSLD. Au ministère

de la Santé, on nous refile à vous quand on ne réussit pas, jamais, à savoir

exactement c'est quoi, les mesures exactes

qui ont été mises en place pour améliorer la piètre qualité des repas dans les

CHSLD. Et, entre autres, là-dedans, vous, quel rôle vous avez pu jouer

là-dedans, dans ce projet d'amélioration éventuelle?

Charbonneau : L'offre alimentaire, c'est une responsabilité

qui décline de la Santé, puis — je sais que je vous fais sourire, parce que c'est souvent la réponse qui arrive,

hein? — dans la

gestion d'un CHSLD, dans la gestion des services, ça s'attache souvent

au ministre de la Santé.

contre, je vous le dis parce que c'est important de le comprendre, à chaque

fois qu'une mesure arrive par un ministre

et que ça passe par le Conseil des ministres, le ministère de la Famille, un,

est consulté. Donc, vous avez compris, parce

qu'il faut le nommer, hein, le ministère de la Famille, on est rattachés à ce

ministère-là.

Malgré qu'on ait une entité complètement autonome, on est

quand même rattachés à une sous-ministre de la Famille et, de ce fait, on est consultés, on est dans le coup, mais les décisions

et les investissements sont faits par le biais de la Santé. J'aimerais ça

avoir son budget, mais ce n'est pas le cas. Donc, tout le fonctionnement passe

par ce côté-là.

ministre de la Santé, en ce moment, avec ma collègue des Services sociaux,

moi-même, travaille à trouver des solutions pour améliorer... Puis, vous le

dites bien, hein, on a eu des témoignages de gens qui travaillent au quotidien qui nous ont dit : On se sent pressés. On pose des gestes que

nous-mêmes, on trouve... manquent de respect auprès de nos gens qu'on sert, parce qu'il y a des

problématiques. Et, à la fin du forum qu'on a eu, le ministre

a d'emblée annoncé des investissements qui ne mettaient pas des appareils... mais qui

mettaient plus de monde sur le terrain pour s'assurer qu'on puisse

respecter les aînés dans les services dont ils ont besoin.

quotidien, on essaie d'aller plus loin, d'aller avec plus de monde, mais ce

qu'on a surtout réalisé, c'est que les gens

nous ont dit : Il nous manque du monde sur le terrain, et c'est là-dessus

qu'on travaille. Puis mon collègue a déjà

annoncé plusieurs millions de dollars, 65, entre autres, pour dire : On va améliorer le sort des

aînés en mettant des gens au service

des aînés, mais sur le plancher, pas nécessairement en rajoutant des gens en haut de la pyramide,

mais des gens qui, dans le quotidien, sont au service...

Le Président (M.

Picard) : M. le député de Rimouski.

M. LeBel :

On a parlé des repas en CHSLD. Maintenant, si je parle de normes quant au

nombre de bains, des bains partiels ou

complets qu'une personne hébergée en CHSLD devrait recevoir, est-ce que vous,

comme responsable des Aînés, vous

avez un point de vue là-dessus? Et comment votre point de vue a été transmis,

d'une façon ou d'une autre, au ministre de la Santé?

Charbonneau : Vous me faites sourire ce matin, parce que je

m'attendais à ce que ce soit mon collègue de Lévis qui me parle de

bains, mais, ceci dit, il va sûrement y revenir aussi.

Alors,

voici le constat que je vous ferais, puisqu'on a souvent parlé des tournées qui

sont faites par des collègues et qui

se promènent, mais, dans le quotidien d'une ministre responsable de la

Condition de vie des aînés, j'ai fait le tour de plusieurs CHSLD. D'ailleurs, dans chacune des régions que je vais, je

m'assure de faire les trois services, un CHSLD, une résidence pour semi-autonomes puis une résidence autonome, pour voir

vraiment comment on peut amener à améliorer chacune des conditions de vie des gens. Vous savez, au moment où on a

fait le forum, les P.D.G. étaient présents... de chacun des CISSS et des CIUSSS et ont pris des engagements pour

l'amélioration de la condition de vie des aînés. Mais, quand vous me demandez, moi, ministre des Aînés,

de par toute mon équipe, comment on regarde la problématique... bien, on est beaucoup en conversation avec le

ministre de la Santé, parce que, les aînés, ce qu'ils nous disent — et les messages sont importants — c'est : On n'est pas tous pareils, Mme

la ministre, on ne veut pas tous la même chose. J'ai rencontré des aînés qui m'ont dit : Je ne

veux pas avoir un bain avec un inconnu, je ne veux pas que ce soit un inconnu

qui me traite, je veux que ce soit quelqu'un

que je connais, donc j'aimerais ça que ce soit ma fille, j'aimerais ça que ça

soit... Pour certains hommes :

J'aimerais mieux que ça soit mon garçon. Pour d'autres, c'est : Moi,

prendre un bain, ça désorganise, ça m'enlève... puis il faut que je sois

levé par une machine, donc j'aimerais mieux avoir une toilette différente. Parce qu'on parle des bains, mais il

ne faut pas oublier que la toilette des aînés est faite à tous les jours,

l'hygiène des aînés est faite à tous les jours.

Donc,

il faut être capables d'adapter le système au goût de chacune des personnes,

dans la capacité de ce qu'on est

capables de faire. Et, de ce fait, quand vous me demandez mon opinion, je pense

qu'il est important de pouvoir héberger nos aînés dans un lieu sain et sécuritaire et de pouvoir répondre à l'ensemble

des besoins qu'ils ont. Et, si pour eux un bain par semaine, c'est suffisant, ça leur revient. S'ils en veulent

deux, ils devraient y avoir accès. Et, s'ils veulent... puis là, je vous le dis, la, c'est un défi, ça, s'ils

veulent que ce soit quelqu'un de la famille... on a quelquefois de la

difficulté à cause des assureurs,

mais on devrait avoir accès à une hygiène dans l'environnement qui nous

rendrait plus confortables.

Le Président (M.

Picard) : M. le député de Rimouski.

M. LeBel : En tout respect, Mme la

ministre, si on comptait les tours des ministres ou des députés dans nos CHSLD

pour aller voir des bonnes pratiques puis si on disait : Au nombre de

tours, ça devrait s'améliorer, ça devrait s'améliorer,

parce qu'il y a beaucoup de ministres puis de députés qui tournent... mais ça

tourne, puis ça tourne, mais il n'y a pas de résultat.

Je vous le

rappelle, il y a eu une commission parlementaire là-dessus dont mon collègue de

Lévis faisait partie, peut-être vous

aussi, qui a fait une tournée des CHSLD. Le ministre a fait des forums dans les

CHSLD. Le ministre a fait des lunchs

sur les CHSLD. La députée de Crémazie fait des tournées, a été mandatée pour

tourner sur les CHSLD. La ministre

dit qu'elle tourne sur les CHSLD. Bien, on visite les CHSLD, mais moi, je pense

qu'il n'y a pas de résultat dans l'amélioration de la qualité de vie des

CHSLD.

Ce que je

voudrais savoir, c'est, comme ministre des Aînés... puis votre équipe derrière

vous, on peut bien jaser entre

ministères, là, se donner des coups de téléphone, mais est-ce que vous avez

fait des enquêtes, des recherches, est-ce que vous avez déposé des documents sur la situation des aînés en CHSLD?

Est-ce que vous avez documenté vos réflexions? Est-ce qu'il y a des gens dans votre ministère qui sont là-dessus,

responsables d'analyser, de se faire une tête sur la situation des aînés pour mieux les défendre, puis déposer

des mémoires au Conseil des ministres, déposer des documents à vos

collègues? On peut bien se parler dans les corridors, on peut se parler au

conseil des...

Le Président (M. Picard) :

Le Président (M. Picard) :

Nous allons tenir une minute de silence. Je dois vous interrompre quelques...

Le Président (M. Picard) :

Donc, hier, à l'Assemblée, il a été décidé que l'Assemblée nationale observe

une minute de silence afin d'honorer la

mémoire des personnes décédées ou blessées au travail, en ce 28 avril. Donc, je

vais demander à tout le monde de se lever pour une minute de silence, s'il

vous plaît.

• (10 heures

10 h 1)

Le Président (M. Picard) : Je

vous remercie. M. le député de Rimouski.

LeBel : Si je continue,

c'est... j'ai vu dans le livre des crédits que vous avez tenu des «focus

groups», là, pilotés par Léger Marketing, je pense, j'ai vu ça à quelque part, avec les municipalités, avec... Bon, j'ai l'impression que, quand

on fait des «focus groups», c'est se faire une tête, essayer de voir des... Si

vous l'avez fait dans ce cas-là, je me demande :

Est-ce que vous avez — je répète ma question — dans votre ministère, fait des recherches ou

fait des enquêtes, documenté la situation de nos aînés et la vie de nos

aînés en CHSLD, dans le réseau?

Est-ce qu'il y a des enquêtes qui existent, des

recherches que vous avez déposées au ministre de la Santé?

Le Président (M. Picard) :

Mme la ministre.

Charbonneau :

M. le Président, je vais m'adresser à vous, puis, quand je fais ça, c'est parce

que je réponds quelque chose qui ne

me plaît pas, et je vais m'adresser à vous pour vous dire que c'est un peu

réducteur que de dire que des conversations entre ministres se font dans

le corridor.

C'est un peu

réducteur de dire qu'un coup de téléphone, c'est suffisant pour parler d'un

dossier. Il faut vraiment bien

comprendre, puis je suis sûre que mon collègue le comprend, parce qu'avant

d'être député il se promenait avec du monde

qui se jasait dans les corridors puis qui se donnait des coups de téléphone.

Mais parler entre ministres, c'est aussi s'asseoir au Conseil des

ministres puis lever le ton pour parler des aînés puis les défendre, c'est

aussi demander des rencontres avec les

ministres pour pouvoir faire en sorte qu'on peut aller plus loin dans la

conversation. Donc, je comprends que

mon collègue comprend dans ma futilité de réponse que, quand je dis que

j'interpelle mes collègues, ça peut sembler un peu léger, mais c'est toujours avec une volonté de pouvoir faire

avancer les dossiers. Puis, quand je m'assois avec un collègue, qu'il soit à la Justice, à la Sécurité

publique ou à la Santé, il sait fort bien que le sujet sera ardu et que je vais

enfoncer le clou pour parler des aînés de plus en plus. D'ailleurs, on le voit

dans le budget, plusieurs sommes ont été déclinées dans différents ministères,

parce qu'on fait valoir l'apport des aînés.

Maintenant,

pour le fait d'avoir des documents qui sollicitent, hein... ou qui viennent

parler de la condition de vie des

aînés dans les CHSLD, personnellement, dans mon cabinet, il n'y a pas un

document qui se précipite vers ça. Je vous

le dis comme ça, parce que, quand on fait le tour, quand on va plus loin, ce ne

sont pas nécessairement des recherches que

je fais ou des grandes études approfondies. Par contre, je vous rappelle, parce

que vous l'avez rencontrée, Marie Beaulieu, de la Chaire de recherche sur la maltraitance. Il y a aussi la Chaire de

recherche... j'oublie le nom, Antoine-Turmel, de l'Université Laval, à qui on demande des avis. On a des partenaires

complémentaires, hein? Vous avez vu que, dans les caméras, on a fait affaire avec Me Ménard

pour être capables d'aller plus loin puis de chercher plus loin. Puis, s'il y a

un grand défenseur de différents aspects de la qualité de vie des aînés,

c'est bien M. Ménard.

Mais je

n'oublie pas non plus les gens qui travaillent avec nous puis, je vous le dis

parce que vous les connaissez bien,

vous en avez par chez vous, la FADOQ, l'AQDR, les tables de concertation. Ce

sont tous des gens qui, au quotidien, nous interpellent puis font en

sorte qu'on peut améliorer la condition de vie des aînés.

En ce qui a

trait à un sondage très précis par rapport à la condition de vie des aînés, on

travaille, en ce moment, à une

réflexion pour aller voir comment on peut aller voir, mais souvenez-vous, M. le

député, qu'à l'intérieur des CHSLD souvent

c'est des gens qui ont des ententes par le curateur. Il y a des gens qui

répondent pour eux. C'est un petit peu plus difficile d'aller chercher les ententes de

principe, parce qu'ils sont chez eux en CHSLD. Donc, on peut faire une

recherche par rapport à l'emploi, par

rapport aux employés, mais, par rapport à l'intervention auprès du résident

lui-même, c'est un petit peu plus

complexe. Mais on est en train de regarder comment on peut faire pour aller

chercher plus d'informations et faire en sorte qu'on peut guider notre

collègue en Santé sur la condition de vie encore plus loin.

Le Président (M.

Picard) : M. le député de Rimouski.

LeBel : Merci, M. le Président. Je ne doute pas de l'énergie que la

ministre peut avoir à monter le ton devant ses collègues ou à expliquer, à défendre les aînés. Ce que dis, pour

avoir déjà vécu dans la machine : Je sais ce que c'est. Quand tu as des comités interministériels, quand

tu analyses des projets de collègue, bien, habituellement, ta machine,

tes gens avec toi, bien, analysent tout ça, déposent des documents,

influencent, disent : Nous autres, on pense que ça devrait être corrigé comme ça, parce que là-dedans il y a une clientèle.

Pour l'avoir fait sur la lutte à la pauvreté, tu sais, je sais ce que

c'est.

Et c'est ce que je

posais comme question, je disais : Est-ce que, dans une situation, là, qui

est jasée partout au Québec, là, la vie de

nos aînés en CHSLD... je me demandais si la ministre des Aînés, via son équipe,

avait documenté ou avait déposé des

mémoires ou des documents à ses collègues, entre autres au collègue de la

Santé, pour dire : Bien, dans

les CHSLD, nous autres, dans le monde des aînés, dans mon mandat de défendre

les aînés, bien, j'ai analysé ça avec mes

fonctionnaires et avec mes partenaires et je vous dépose le document qui me

dit... Bon, là, je comprends que ça ne s'est pas fait comme ça, ça s'est

fait autrement, j'aurais aimé mieux que ça se fasse comme ça. Mais, un peu dans

la même situation, mais sortons du milieu de

la santé, récemment s'est tenu un rendez-vous sur la main-d'oeuvre à Québec

et piloté par le premier ministre, piloté

par le ministre de l'Emploi, la Solidarité sociale. Je ne me souviens pas de

vous avoir vue là, à ce

rendez-vous-là. Dans la situation des travailleurs aînés, il y a des

préoccupations. Et, dans le rendez-vous, je le dis, là, on a touché plein de thématiques, mais la thématique des travailleurs

plus âgés n'a pas été discutée. Ça n'a pas fait

partie de la discussion de ce rendez-vous sur la main-d'oeuvre.

Dans ce cas-là aussi, est-ce que la ministre des Aînés, et son équipe,

est consultée avant qu'un rendez-vous se fasse... du genre?

Est-ce

que vous participez à des tables interministérielles pour donner votre point de

vue sur l'organisation du rendez-vous, entre autres, dans ce cas-là, de la

main-d'oeuvre et sur l'importance de prendre compte de la situation des

travailleurs aînés? Est-ce que vous avez participé à l'élaboration de ce

rendez-vous?

Charbonneau : Je vous dirais que c'est mon collègue qui l'a

en majorité élaboré, hein, parce que c'était une responsabilité qui découlait de lui. Par contre, la sous-ministre a

été présente toute la journée pour parler de travailleurs d'expérience.

On les appelle comme ça dans le monde de mon collègue parce que ça les

identifie mieux. Puisqu'un travailleur aîné, ça ne concorde pas avec l'ensemble

des politiques qui sont déjà là, donc on appelle ça un travailleur d'expérience. D'ailleurs, a découlé, par la suite,

une volonté de mettre en place un guide des bonnes pratiques et un outil

de sensibilisation pour les travailleurs

d'expérience qui va sortir en automne 2017, suite au colloque que mon collègue

a fait, et qui fait en sorte que,

accompagnés de nos partenaires, hein, parce que la FADOQ est dans le coup avec

nous pour être sûre qu'on peut le

distribuer encore plus loin, on fait un document qui va venir non seulement

donner de l'information aux

travailleurs d'expérience, mais surtout à l'employeur pour l'inciter à pouvoir

garder son monde le plus longtemps possible.

Là-dessus,

je vous fais une parenthèse — on va sûrement se le rappeler une couple de

fois en se parlant : la société, en

ce moment, est en train de prendre un virage exceptionnel. Le Québec de demain,

de 2023, la colonne sera inversée, il

y aura plus d'aînés que de jeunes. Nous serons, chers collègues, plus

populaires que les jeunes d'aujourd'hui. Je vous le dis avec un petit sourire, parce que je considère que les aînés se

calculent à partir d'un certain âge et nous en sommes et nous en faisons

partie, nous, les collègues qui travaillons ensemble.

ce fait, la société devra s'ajuster à cet aspect, et les travailleurs d'expérience

seront sollicités, et les employeurs devront garder ces gens-là dans

leurs milieux de travail le plus longtemps possible, si c'est le goût qui leur

est confié.

Le Président

(M. Picard) : Merci. M. le député.

LeBel : Quand vous parlez

que c'est la sous-ministre qui était là, c'est la sous-ministre à la Famille, qui y participait?

Charbonneau : Je

dois vous dire que la... pas la sous-ministre

adjointe, le

titre de Mme Lucie,

c'est : la sous-ministre adjointe aussi qui... Son

titre exact, à

Mme Lucie, c'est?

Charbonneau : Aux

Politiques. Elle était là aussi, donc, pour s'assurer que

notre opinion... parce que, oui, on l'appelle la sous-ministre de la

Famille, mais sous sa juridiction il y a la Famille et les Aînés.

LeBel : O.K.

Mais, je comprends, si on a nommé une ministre

responsable des Aînés, c'est qu'on

voulait aussi donner un signal qu'on

voulait s'occuper aussi des aînés. Je posais la question par rapport à la main-d'oeuvre pour voir un peu où est

défendu, dans l'organisation d'un forum ou d'un rendez-vous du genre

importants, où est défendu... qui prend la parole pour les aînés. Ce que

vous me dites : C'est un peu intégré à travers le mandat du ministère de

la Famille.

Dans l'étude des crédits sur la Solidarité

sociale, le ministre, l'autre jour, nous a déposé une série de comités ministériels où il fait partie. Je voulais juste

vérifier, les Aînés, est-ce qu'ils sont membres de... Il y a un comité interministériel sur l'action communautaire. Ce

que je regarde, c'est... je pense que la Famille est là, mais je ne vois pas le

Secrétariat à la condition féminine. Je n'ai

pas vu : Le Secrétariat aux aînés est membre de ce comité-là. Il y a un

comité sur le transport bénévole.

C'est un comité qui se réunit quatre fois par année. Encore là, je ne vois pas

ni la Famille ni... mais, quand on

parle de transport bénévole, pour les aînés, c'est hyperimportant, les centres

d'action bénévole, puis on sait ce

qu'ils font. J'ai un comité sur l'accès aux services pour les personnes

handicapées. Encore là, je vois «MF». Il y a un comité sur l'homophobie. Ça, je ne vois pas personne. Il y en a

plein, de comités ministériels. Il y a un comité en matière de violence conjugale, familiale et sexuelle

aussi. Je me demande, dans ces comités-là... Il y en a un autre sur le plan de

lutte à la pauvreté puis à l'exclusion, puis

on sait, tout le monde, qu'au niveau des aînés la pauvreté par rapport aux

aînés, c'est une situation qui existe. Je peux en nommer plein.

Je me demande

si les Aînés, pas la Famille au complet... mais, les Aînés, où ils sont dans

ces comités ministériels là. Est-ce

que vous faites

partie directement de ces comités ministériels là, qui ont un

impact sur la vie des aînés? Vous me voyez

venir. Dans le fond, ce que je veux savoir, c'est... Quand vous prenez la

parole, vous avez une opinion sur les aînés, vous la passez. Mais je

connais la machine gouvernementale, je connais les comités ministériels, je

sais quand ils se réunissent. Il faut les

défendre aussi dans ces... de comité là. Et je veux savoir c'est où, votre

place, là-dedans, comme organisation, pas organisation fondue dans la

Famille, mais comme organisation qui parle des aînés.

Elle est où, votre place, dans ces comités

ministériels là?

Le Président (M. Picard) : Il

reste 20 secondes, Mme la ministre.

Charbonneau :

On est partout, M. le Président, on est partout, puis ça passe par différentes

personnes de mon organisation. Vous

avez vu l'équipe qui est en arrière de moi, elle bourdonne à tous les jours.

Est-ce que la ministre des Aînés est

dans tous les comités? Pas la personne. Mais son équipe, qui connaît très bien

sa vision, elle est là, elle participe par ses trois sous-ministres

adjoints ou par l'ensemble de ses fonctionnaires qui peuvent y être aussi.

Président (M. Picard) : Merci. Maintenant, nous allons du côté

de la

partie gouvernementale. M. le député de Montmorency, 19 minutes.

Bernier : Bon matin, M. le Président. Je veux vous remercier du geste

qu'on a posé tout à l'heure à 10 heures. Je vais prendre 30 secondes sur

Dans ma vie

passée, j'ai travaillé dans la fonction publique du Québec et j'ai été

responsable de santé et sécurité du

travail à Saint-Romuald, justement dans votre circonscription, et j'ai eu à

vivre des événements où des travailleurs sont morts. Je me souviens une mise en eau, à Saint-Romuald, dans une usine

d'épuration, où deux travailleurs sont morts, sont décédés. Et, la traversée sous-fluviale également, une locomotive

s'était emballée, et deux travailleurs sont décédés également. Et, quand ces

moments-là arrivent, les familles, les conjoints, ces gens-là vivent ces

événements-là et ils sont marqués

pour la vie. Donc, d'avoir une pensée aujourd'hui pour tous les travailleurs du

Québec qui, malheureusement, ont un

accident de travail. Bien sûr, on peut ne pas en périr, mais on peut demeurer

avec des séquelles importantes, et ça, ça change complètement la vie des gens.

Donc, qu'on puisse y réfléchir aujourd'hui par rapport aux actes que nous

posons dans notre travail. Nous, bien

sûr, à l'Assemblée nationale, c'est différent, on n'est pas nécessairement

exposés à des dangers à chaque heure,

à chaque minute, c'est différent, mais, dans des travaux au niveau de la

construction ou dans différents domaines,

c'est difficile. Donc, je voulais souligner cet événement-là ce matin, et c'est important d'y penser. Merci.

Je ferme la parenthèse sur ça.

Donc, je suis

très heureux d'avoir l'occasion, ce matin, de participer à cette étude de

crédits. Pourquoi? Parce que c'est, et certainement pour chacun d'entre nous,

dans nos circonscriptions électorales, une des grandes responsabilités que nous avons, de travailler et de collaborer avec l'ensemble

des organisations qui sont près des aînés.

Je veux saluer Mme la ministre. Mme la ministre,

je suis témoin du travail que vous accomplissez, de votre présence également dans différentes organisations, des colloques,

sur le terrain, également auprès des organismes. Je veux

vous féliciter pour ce que vous faites. Je veux féliciter vos gens qui sont

avec vous ce matin, qui sont nombreux. Et l'initiative

de créer une ministre responsable des Aînés vient d'un gouvernement libéral, et je veux le souligner, je pense que c'est important de le faire, de façon à conscientiser l'ensemble

des gens et notre société à nos responsabilités, nos responsabilités

que nous avons envers les aînés.

Qu'est-ce qui

a changé dans notre société au cours de ces années qui fait qu'aujourd'hui on

se doit d'être davantage préoccupés et on se doit d'avoir des organismes?

Si on regarde dans le passé, les familles étaient composées de nombreuses personnes : les couples avaient plusieurs

enfants, cinq, 10 enfants. Donc, il y

avait, ce qu'on peut dire, de la

relève pour s'occuper des gens, il y avait

beaucoup de personnes autour de la famille, autour des aînés. Aujourd'hui, les couples ont un, deux,

trois enfants; quatre, assez exceptionnel. Donc, la société

a un rôle à jouer maintenant pour suppléer à ces situations-là. Combien

d'entre nous, dans nos comtés, avons eu à visiter des CHSLD, des foyers, des

logements où on retrouve des aînés

dans des situations difficiles? Et notre rôle, à ce moment-là, comme députés,

c'est, bien sûr, d'essayer d'apporter

le soutien et l'aide nécessaires et surtout d'aider et de supporter les

organismes qui sont présents dans nos milieux.

J'ai eu, la

semaine dernière, vendredi passé, à participer à un événement avec le Centre

d'action bénévole Aide 23, de

Beauport, où on soulignait justement l'ensemble des organismes qui aident à la

communauté, pas seulement au niveau des aînés. On le fait également en ce qui regarde

les jeunes, en ce qui regarde les gens malades, en ce qui regarde les gens en difficulté dans la vie, mais l'aide aux aînés

est certainement l'une de leurs priorités, O.K.? Dans des situations où la

personne aînée a besoin de soins de santé, a

besoin de se rendre dans un centre hospitalier, parce qu'elle vit chez soi, et

ça, tant mieux, tout le monde le

souhaite — moi, ma mère

a vécu chez elle jusqu'à son décès, mais on s'était assurés qu'il y avait un proche qui la suivait — mais, à ce moment-là, il y a du transport.

Dans plusieurs cas, c'est du transport qui est nécessaire pour aller rencontrer les médecins, aller rencontrer les gens

qui vont donner les services. Dans d'autres cas, c'est l'aide à la popote. Pourquoi? Parce que, dans des cas, la personne

est malade et est incapable de se faire à manger, et là ce n'est pas seulement que de la patate en

poudre, mais c'est pas du tout. Si on n'a pas quelqu'un qui vient les aider

puis qui vient les accompagner dans ces

circonstances-là, les gens, ils passent tout droit. Dans d'autres cas, c'est de

l'écoute, simplement, de l'écoute,

c'est également de l'aide à l'hygiène. C'est important, l'aide à l'hygiène, et

également les collègues l'ont

souligné puis ils vont continuer également à le souligner. Et soyez certains

qu'on est tous — on est

tous — sensibles,

chacun d'entre nous, et, si, comme députés,

on ne l'est pas, sensibles, on n'est pas à la bonne place, on n'est pas à la

bonne place.

On se doit

d'être sensibles et d'aider et de supporter ces gens-là. Moi, c'est une de mes

premières préoccupations. Vous savez,

les fins de semaine puis la semaine, quand on a des activités avec les clubs

d'âge d'or, ou les clubs d'aînés, ou

les clubs de marche dans, peu importe, toutes les organisations, moi, c'est

toujours dans mon agenda une des premières activités que je vais faire,

O.K., parce que c'est important d'être là.

C'est

important pas nécessairement de se faire voir, mais d'aller les rencontrer, de

parler avec eux, de les écouter, parce

que, dans la majorité des cas, quand

on fait ces activités-là, ces gens-là nous parlent, ces gens-là nous

racontent leurs difficultés, nous racontent des moments qu'ils ont à vivre

ou des besoins qu'ils ont dans la communauté et dans notre société.

Et, bien sûr, tous ces gens-là, ce qu'ils

souhaitent le plus, c'est d'être capables de continuer à vivre dans leurs milieux, dans leurs chez-soi avant toute chose.

Et, quand vient le moment où la famille ou le conjoint ou la conjointe doit

prendre la décision, où la personne, sur le

plan physique, doit se rendre dans un établissement privé ou public, ça devient déchirant, ça devient déchirant pour l'un et pour

l'autre d'avoir à le faire. Donc, qu'on puisse s'assurer, comme gouvernement, comme membres de l'Assemblée

nationale, d'avoir comme priorité

d'avoir les meilleurs soins possible dans ces organismes-là, on se doit

de le faire.

Notre gouvernement, Mme la ministre, au cours des derniers mois, des dernières

années, a mis en place divers programmes pour aider justement ces organismes, je vous en ai mentionné tout

à l'heure, les clubs d'âge d'or,

Aide 23, l'aide au bénévolat,

bon, etc. Ce sont tous des gens voués à l'aide aux personnes âgées. Mais, dans bien des cas, ils ont besoin d'aide et de soutien financier, hein? Veux veux pas, nous, on a

ce qu'on appelle notre fonds d'aide, qui est quand même assez limité. Chez moi, exemple, c'est environ 90 000 $ pour Beauport,

Sainte-Brigitte-de-Laval, au global, pour tous les organismes, que ce soit l'aide aux personnes âgées, aux jeunes,

aux gens en difficulté, en tout cas. Ça fait que vous imaginez le nombre d'organismes qu'on a. Seulement que dans

Beauport, j'en ai environ 150 et, du côté de Sainte-Brigitte, j'en ai peut-être une quarantaine, donc pas loin

de 200 organismes à essayer d'aider. Ça fait que ça ne fait pas des

grandes disponibilités.

Mais il y a ce qu'on appelle ces programmes,

O.K., que vous avez travaillé à mettre en place. Et ça, je veux le souligner, là, quand on parle de responsabilité

transversale, ça, c'est un programme que vous avez réussi à obtenir, et c'est important de le faire, ce programme-là. Et

le gouvernement avait mis... ça fait suite à ce que le gouvernement avait

mis en place, la politique Vieillir et vivre

ensemble — Chez

soi, dans sa communauté, au Québec, et le programme s'appelle Québec ami des aînés. Deux volets : un volet

où des projets qui sont davantage de nature nationale, donc des projets qui

touchent l'ensemble du Québec... et des

volets plus régionaux ou plus communautaires, dans nos comtés, sur lesquels

on pourra s'assurer de donner un financement

adéquat pour qu'ils puissent réaliser l'objectif, parce que ce qui est un peu

anormal, c'est que, dans bien des cas, ces

organisations-là, en plus de donner le service et en plus d'aider, sont

obligées de, ce qu'on peut dire,

prendre leurs bâtons de pèlerin puis essayer de trouver du financement, tu

sais, dans certaines activités sans certains endroits. Comme chez moi,

dans Montmorency, j'ai un bingo qui s'appelle le Bingo du coeur, O.K., où il y a des fonds qui sont attribués à ces

organismes-là. Mais, dans bien des cas, ce n'est pas suffisant, parce que ça

couvre également la Côte-de-Beaupré, L'Île-d'Orléans, tous ces gens-là

qui sont en aide aux personnes en difficulté.

Donc, Mme la

ministre, j'aimerais que vous puissiez... j'espère, en tout cas, qu'on va

pouvoir faire des annonces bientôt

dans le cadre de ces programmes-là, que vous puissiez nous informer de la

teneur de ces programmes-là et quels sont les organismes visés et quels genres de programme pour qu'on puisse

répandre la bonne nouvelle et, comme députés, être capables d'orienter

et d'aider nos organismes dans le financement de leurs activités.

Le Président (M. Picard) :

Merci. Mme la ministre.

Charbonneau :

M. le Président, merci à mon collègue de m'interpeller sur QADA, mais

permettez-moi une petite parenthèse,

puisque mon collègue a ouvert la porte à ça. Un peu plus tôt, on a fait la

minute de silence, mais, vous savez,

aujourd'hui, il y a une autre journée qui se rajoute à celle qu'on a qui

souligne... Il y en a une qui souligne les

travailleurs et les gens qui ont perdu leur vie, mais il y a aussi la Journée

nationale des préposés aux bénéficiaires du Québec, qui est le 28 avril, aujourd'hui. Donc, prenons le temps

aussi de se rappeler qu'on a des gens qui se lèvent à tous les matins, dévoués, qui vont travailler pour et

plusieurs fois avec nos aînés et qui donnent des services exceptionnels.

Je voulais le souligner, parce que mon

collègue m'a rappelé que c'est important de prendre le temps de souligner les

gens. Donc, merci.

Et, oui, au

Québec, on a un programme qui découle de ce que nous, on appelle

affectueusement VVE, hein, vivre et

vieillir, chez soi, dans sa communauté, au Québec, une politique qui existe

depuis plusieurs années et qu'on va prolonger. Elle arrivait un peu à sa fin cette année, mais on

la prolonge jusqu'en mars de l'année prochaine... le 31 mars 2018, pour

être capables de faire en sorte que notre consultation va aller encore plus

loin. Mon collègue de Rimouski me disait : Est-ce que vous consultez,

est-ce que vous allez voir? On consulte encore plus pour être capables de la

bonifier puis peut-être d'amener des sujets

qu'on n'a pas encore adressés à propos des aînés. Mais de cette politique découle QADA, Québec ami des aînés.

a deux programmes amis des aînés, hein, on a MADA puis on a QADA.

QADA vient, puis vous l'avez bien dit,

M. le député, bonifier, vient financer, vient encourager

chacun des milieux du Québec pour

financer des projets, toujours au

même principe : deux volets, vous l'avez bien dit, le volet aux projets

nationaux et à l'expérimentation; et le deuxième volet, le volet Soutien aux actions communautaires. Chacun d'eux a un

financement qui peut être quelque peu différent, mais le même objectif dans QADA est toujours atteint, et pour ça il faut

bien le comprendre. QADA, c'est un programme qui fait en sorte que les organismes peuvent postuler pour un projet,

recevoir un financement sur un, deux ou trois ans, mais l'objectif de la fin est toujours le

même : à la fin du projet QADA, il faut que l'organisme soit capable de

s'autofinancer sur ce qu'il a mis sur

pied. Donc, ça lui permet d'établir une relation avec la communauté, partir un

projet que les gens vont, dans la

communauté, affectionner, s'approprier et voir avec l'ensemble de leurs

partenaires dans le milieu comment on peut prolonger ce projet sans

dépendre du gouvernement.

Donc, vous avez

compris qu'à chaque année, à chaque fois qu'on fait un appel de projets, ce qui

émerge dans chacune de nos communautés, ce

sont des projets qui viennent bonifier la vie des aînés mais qui ne se répètent

pas année après année. Ce n'est pas

juste un financement qu'on reçoit comme ça puis que ça se répète puis que ça

continue de la même façon. Non, non,

pendant trois ans, ils ont l'obligation de trouver les pistes de solution pour

pouvoir faire en sorte qu'à la fin du

trois ans quelqu'un d'autre va recevoir du financement, puis eux vont compléter

puis ils vont avancer avec le financement

qu'ils ont déjà reçu avec des partenaires du milieu pour s'assurer qu'ils sont

capables de continuer à faire

ce qu'ils font.

Donc,

QADA, ce n'est pas juste une volonté de financer, c'est aussi une volonté de

donner un principe d'entrepreneuriat

à chacune de nos communautés pour pouvoir

les faire avancer dans différents projets, ce qui rend la chose très

intéressante, puisqu'on a vu, dans certains milieux de vie, hein, des

popotes roulantes arriver parce qu'ils ont eu un QADA pour commencer, puis après ça ils se sont autofinancés,

on a vu des friperies arriver, on a eu des visites, mais on a eu aussi des

projets qu'on pouvait quelquefois aller un

petit peu plus loin puis faire en sorte que la Santé le voyait comme quelque

chose d'intéressant. Et là probablement que

plus tard on va parler des ITMAV, mais vous avez compris, parce que ça vient

de la grande région de Québec, le principe des ITMAV.

Est-ce qu'on met là

quelques centaines de milliers de dollars? Non, on va un peu plus loin. Le

6 février, on a annoncé pour 13 projets 1,9 million de dollars

dans le principe des projets nationaux et expérimentaux. Après ça, le 6 février, encore une fois, dans le volet

Soutien aux actions communautaires, bien, ça a été 9,3 millions de dollars

qui ont été annoncés pour faire en

sorte qu'on réalise 94 projets

dans 16 régions. Je vous en nomme une — ça va le

faire sourire : dans le comté de

Lévis, la

section de Lévis-Rive-Sud, l'AQDR a reçu des sommes, ils ont reçu

109 784 $. Je suis sûre que mon collègue le sait très bien. Mais je disais : Je vais le faire

sourire, parce que, tant qu'à nommer des projets, on va parler des gens

qui sont proches d'ici.

collègue disait que son temps était comblé, hein, avec l'importance de visiter

les différentes organisations, des

scouts, du support à des organisations un petit peu plus expérimentées, comme

la FADOQ, l'AQDR, mais des clubs d'âge

d'or. Vous avez parlé d'un bingo. On veut souvent ridiculiser l'apport du

bingo. Souvent, c'est une façon de sortir nos aînés de l'isolement. C'est une façon de les faire participer. C'est

très ludique. Ça fait en sorte qu'on garde en mémoire les chiffres, les

lettres, ils sont actifs, mais ça fait en sorte qu'ils se parlent, qu'ils

sortent de l'isolement, qu'ils sont ensemble.

Et, M. le député, quand vous avez dit : Vous savez, je les visite puis je

leur parle, je suis obligée de vous dire que, plus souvent qu'autrement, vous êtes une des seules personnes

qu'ils vont peut-être avoir soit en visite soit en longue discussion,

qui les amènent sur des sujets qui les interpellent.

Parler

de politique, là, nos aînés, ils aiment ça. D'ailleurs, aujourd'hui, on

pourrait leur faire un clin d'oeil, parce que c'est souvent notre auditoire le plus fréquent. Ils ont le temps de

nous écouter et ils s'intéressent à la politique. Mais avoir des discussions politiques entre eux... on

le dit, hein, il y a des sujets qu'on n'adresse pas entre nous pour ne pas qu'il y ait trop de chicane, mais de rencontrer leur député puis de

pouvoir échanger avec lui fait en sorte qu'ils ont tout d'un coup, l'espace de votre conversation avec

eux, le savoir qu'ils sont importants, que leur opinion contribue à celle

que vous allez avoir puis que vous allez amener dans votre caucus ou dans vos

décisions que vous allez prendre.

Donc, à chaque fois

qu'on interpelle puis à chaque fois qu'on fait en sorte qu'on peut avoir des

conversations avec eux, c'est très précieux.

Je vais en mettre une couche de plus, comme j'aime dire, je vais vous dire aussi que

souvent la visite que vous faites

dans les résidences, la volonté que vous avez de vous promener, à parler avec

eux, c'est la seule visite qu'ils

ont. La vie va vite, les enfants sont occupés, et ça fait en sorte que nos

aînés sont souvent seuls et dans la solitude. Donc, de faire en sorte qu'on peut, nous, comme gouvernement, contribuer, par QADA, à donner des sommes

à différentes organisations qui veulent

apporter non seulement un soutien au quotidien, mais une présence

physique pour pouvoir échanger avec eux puis faire en sorte qu'ils

sortent de cette solitude, c'est très, très précieux.

Depuis

2012, on m'informe que c'est 37,8 millions

de dollars qui ont été mis sur la

table pour les organismes de différentes

façons. Ce n'est pas des sommes mur à mur, là. On se souviendra qu'un organisme

qui demande un montant peut le

demander pour un, deux ou trois ans, et quelquefois ça peut être quelques

milliers de dollars puis, des fois, ça peut être quelques centaines de milliers de dollars. La volonté,

c'est de faire en sorte que ce programme-là, pendant les années qu'il sera en place, apporte un soutien, apporte quelque chose aux aînés et, à la fin, peut continuer à exister, parce que l'organisme

aura fait l'exercice de trouver des partenaires et s'assurer de son financement tout au long du parcours et tant qu'il veut rester dans la

communauté.

Vous

avez parlé de votre subvention à l'action bénévole, puisque

chacun des députés, vous, moi, mes collègues de l'opposition,

tout le monde reçoit la même subvention à l'action bénévole, et chacun de nous

fait des choix déchirants entre

donner des sommes ou pas — y en a-tu assez, on est-u rendu au fond de la caisse? — pour assurer que nos organismes

reçoivent de l'argent pour les encourager à mettre en place une relation entre

eux et les citoyens qu'ils desservent.

Donc, merci

pour les investissements que vous faites, à partir de votre subvention

bénévole, auprès de l'ensemble des

regroupements aînés, parce que, des fois, un petit 500 $, un petit

250 $, ça fait toute la différence pour pouvoir les encourager à

mettre en place quelque chose. Donc, merci pour votre question, M. le député.

Président (M. Picard) : Merci, Mme la ministre. Je cède

maintenant la parole à M. le député de Lévis pour une période de

16 minutes.

M. Paradis (Lévis) : Merci, M. le

Président. On se rappelait des choses, puis vous avez bien fait, Mme la ministre — je l'avais fait plus tôt ce matin

également — de

saluer tous les préposés aux bénéficiaires, hein, qui veulent tellement

faire davantage. Puis, on le sait, c'est une problématique, la ressource,

l'épuisement puis la volonté de faire plus.

Alors, considérez-vous comme salués, valorisés et reconnus, préposés, hommes,

femmes, qui souhaitez que tout aille mieux également. D'ailleurs, ce

sont aussi des gens qui souvent nous indiquent leur vision, à moi comme à mon collègue, comme à vous également, de ce qui

pourrait être amélioré, et tant mieux qu'ils le fassent, il faut que ça

continue. Alors, on se rappelle ça puis on s'est rappelé certaines

choses également.

Je vais vous

rappeler un triste souvenir, cependant, et ce sera mon premier dossier. C'était

le 23 janvier 2014. Vous vous

rappellerez de cet incendie tragique à L'Isle-Verte. Je pense que le Québec, à

ce moment-ci, a été ébranlé et l'est encore,

parce que manifestement ces images-là sont restées et on espère que pareille

tragédie ne se reproduise pas. Puis, à

chaque fois que j'entends une nouvelle faisant en sorte qu'on sache qu'une

résidence pour aînés moins autonomes que d'autres a dû être évacuée,

j'ai toujours une espèce de crainte, parce qu'aujourd'hui le portrait dans nos

résidences privées pour aînés est le

suivant : c'est qu'alors qu'on souhaite que tous soient maintenant munis,

et ce sera une obligation, munis de système de gicleurs, bien, tous ne

le sont pas maintenant.

Alors, je rappelle les faits. En décembre 2015,

évidemment, après cette tragédie, qui nous a tous secoués, en décembre 2015, le gouvernement annonce qu'il va

rendre obligatoire l'installation de gicleurs; cinq ans pour l'installer.

On va jusqu'en 2020. Je vous dirai déjà, M.

le Président, la ministre ne sera pas surprise, que, pour moi, cinq ans, c'est

long, parce qu'évidemment il en va de la sécurité des aînés et il faut, dans ma

tête à moi, atteindre l'objectif le plus rapidement possible. Il y a un peu

moins de 40 000 aînés qui vivent en résidence privée actuellement, qui

sont, pour plusieurs d'entre eux, pour la

grande majorité, encore non protégés. En 2016, donc, on annonce des mesures. En

2015, on l'avait fait. En 2016, on bonifie : 116 millions de

dollars disponibles. C'est le budget que l'on se donne.

Or, dans le

budget de mars 2016, on avait prévu 1,8 million pour la première année du

programme de cinq ans. J'ai aussi,

dans les crédits passés, questionné sur cette somme, qui me semblait assez

timide, alors je m'attendais à une deuxième année avec des montants

beaucoup plus substantiels. Bien, aujourd'hui, en 2017-2018, on se retrouve

avec 6,4 millions de plus, vous l'avez

dans le livre des crédits, ce qui nous

mène à un total de 8,2 millions d'argent indiqué, déposé, prêt sur deux ans. Le total est 116. Alors, faisons un petit chiffre,

là, on comprend qu'on a débloqué 7 % des sommes annoncées en

février 2016, 108 millions devront être débloqués pour les prochaines

années.

Or, où je

vais?, c'est que je continue à vous dire que c'est un souvenir qu'on a tous

présent à la mémoire et que je

souhaiterais... puis il n'y a pas de

mal à atteindre les objectifs plus rapidement que prévu, hein? Je veux dire, il

n'y a aucun mal à ça, bien au

contraire. On se rend compte que seulement 236 demandes d'aide financière

ont été acceptées depuis décembre

2015. Il reste 1 306 résidences qui devront installer un système de

gicleurs. Pour moi, là, c'est fondamental, puis pour les propriétaires de

résidence aussi c'est fondamental, parce qu'eux aussi craignent une tragédie

qui arrive puis qu'on ne souhaite pas.

18 % des résidences sont maintenant giclées, on a déjà deux ans du

programme de passés, et il y a des

gens qui nous disent : Le formulaire, hein, ce qui peut être un empêcheur

également, là, le formulaire semble

complexe, selon ce que nous rapporte l'association québécoise de défense des

droits des personnes préretraitées, parce

qu'évidemment qu'on s'informe. Il y a des dossiers également qui ont été

produits sur l'événement aussi où on nous dit particulièrement que, du côté de certaines résidences, on est dans

l'attente, il y a une demande d'aide financière qui n'a pas toujours

reçu le feu vert pour procéder aux travaux. Alors, on nous dit... et c'est une

propriétaire de résidence à Shawinigan qui

dit : On ne peut pas commencer les travaux tant qu'on n'a pas obtenu le

O.K. des différents ordres gouvernementaux.

Puis, à

travers ça, on apprend aussi par le biais du ministère que la façon de procéder

pour débourser les sommes requises pour faire en sorte que les

résidences privées puissent mener à bien les travaux, ça se fait : on

débourse donc deux fois par année, pendant

cinq ans. Là, imaginons un propriétaire de résidence, et j'en ai des échos, qui

dise : Nous, on est obligés,

puis on le veut, de mettre en branle un vaste chantier. On fait affaire avec un

spécialiste qui nous demande, évidemment,

un montant x. Le gouvernement va accepter la demande, ce qui semble déjà

être long et un peu complexe, et c'est

là-dessus que je reviendrai avec la ministre, M. le Président. Le problème,

c'est qu'on débourse et le gouvernement décaisse six mois après, deux fois par année. Pendant ce temps-là, là,

le propriétaire de résidence doit assumer les coûts, parce que le déboursé pour l'aider va venir après

que les travaux soient complétés, puis les entrepreneurs, bien, ils n'attendent

pas tous en disant : Bon, O.K., on va tout faire, là, puis on va attendre

de voir quand est-ce que l'argent viendra.

Alors, question relative à ce dossier-là à la

ministre : D'abord, est-elle consciente du fait que ça puisse être compliqué pour des résidences? Est-elle non pas

inquiète, mais, comme moi, surprise qu'il y ait aussi peu de résidences encore et aussi peu d'argent déjà déboursé au

profit de l'installation de systèmes comme ceux-ci? Et, ce système financier

là, là, de débourser deux fois par

année, pendant cinq ans, qui semble être un obstacle majeur pour plusieurs

résidences, est-ce qu'il n'y a pas lieu de l'analyser? Avez-vous fait cette analyse-là?

Vous êtes-vous intéressés à ce programme-là? Puis est-ce qu'il n'y

aurait pas moyen d'améliorer les choses pour des propriétaires de résidence qui

aujourd'hui n'ont pas commencé et s'inquiètent pour la réalisation de ces

travaux-là?

Le Président (M.

Picard) : Merci. Mme la ministre.

Charbonneau : M. le Président, j'annonce d'emblée qu'à

toutes les questions de : Êtes-vous consciente?, la réponse, c'est oui. C'est facile d'être

consciente, puisqu'à toutes les semaines je suis sur le terrain. On fait du

terrain parce que c'est important de

parler à nos partenaires, puis les gens des résidences sont nos partenaires.

Donc, quand vous me dites : Êtes-vous consciente du problème?, je

vais vous dire oui.

vais vous en rajouter un, problème, parce que moi, j'ai été interpellée aussi

de cet aspect-là, c'est-à-dire des petites

résidences qui nous ont dit : Si vous nous obligez à gicler nos

résidences, on ferme. Je vous le dis, parce que c'est dans les régions qu'on m'a plus dit... dans les

petites résidences : Si vous nous obligez à mettre en place une structure

tellement lourde dans nos petites

résidences, qui sont faites dans des anciens presbytères, qui sont faites en

pierre, qui sont faites depuis plus

de 100 ans, nous allons être obligés de fermer, pas parce que la subvention

n'est pas intéressante, mais parce

que le travail que vous nous demandez de faire puis de mettre en place, il est

pour nous trop lourd, puis nous, petites

familles qui s'occupent d'une résidence, on n'a pas le goût de jouer dans ce

film-là, donc nous allons fermer. Donc, la première responsabilité qu'on a eue avant même de mettre un programme

puis des trucs à remplir pour pouvoir avoir accès à l'argent, ça a été d'étudier, pour s'assurer que ceux qu'on

obligeait à mettre des gicleurs... mettaient nos aînés en danger.

reviens sur le principe, parce qu'il y a certaines résidences qui sont des maisons familiales où les

chambres sont toutes sur le même étage, où l'aîné a une porte pour aller

à l'intérieur de la résidence mais aussi une porte qu'on appellera une porte-patio, hein, parce qu'on va se

dire les affaires comme nous, les Québécois, on les appelle, une porte-patio pour aller à l'extérieur. Bien, à ce moment-là, les propriétaires nous ont dit : À tout moment, mon aîné peut

sortir. C'est un semi-autonome. Pourquoi

faut-il que je mette des gicleurs, s'il a accès à un terrain juste en ouvrant

la porte puis qu'il peut sortir?

ne s'est pas fiés juste aux gicleurs non plus, on a investi dans tout ce qu'on

appelle les premiers répondants, parce

que, vous le savez, dans les régions, on a des gens qui sont des répondants,

des pompiers volontaires. Des investissements

ont été mis là pour s'assurer que la réponse se faisait rapidement puis qu'ils

avaient accès à des équipements sûrs et sécuritaires pour pouvoir aider les résidences,

parce que le problème de L'Isle-Verte n'était pas que les gicleurs. Les gicleurs en faisaient partie. Mais vous avez

raison de dire qu'à partir du moment où je suis une personne qui s'occupe

d'une résidence est-ce que ma formation, est-ce que toutes mes habilités sont

faites pour remplir des documents puis répondre

à un questionnement où, là, j'ai accès à du financement? Parce que le financement qu'on offre à l'ensemble de nos

résidences, c'est — je

le dis tout le temps un peu avec un sourire, là — c'est votre argent, c'est notre argent, c'est

l'argent des Québécois. Est-ce qu'on le

donne avec facilité? Bien non, hein, on veut s'assurer que les demandes qui

sont faites sont suivies puis répondent aux conditions qu'on met sur la table

pour pouvoir améliorer la condition de vie des aînés mais aussi

distribuer les sommes correctement.

Donc,

oui, il y a une page à remplir, puis il y a quatre annexes après pour voir si

tout rentre dans le contexte, parce que

quelques-uns ont reçu la réponse qu'ils n'étaient pas obligés de gicler parce

qu'ils étaient dans une situation sécuritaire qui faisait en sorte qu'on pouvait avoir accès rapidement et sortir les aînés rapidement de la résidence. Donc, la complexité, c'est beaucoup dans les questions. Et on m'informe

qu'actuellement on est en grande complicité avec le milieu pour voir comment on peut simplifier. Le gouvernement du Québec travaille fort pour simplifier l'ensemble

de ces documents mais en

même temps, je vous le dis, là, toujours

en s'assurant que ce qu'on met en ressources répond à ce qu'on est capables

de faire avec les gens du milieu.

Maintenant,

quand vous dites : La subvention, elle arrive en deux coups, une

partie

arrive à la fin complètement des

travaux, eh bien, oui, c'est souvent comme ça. C'est souvent comme ça dans

d'autres programmes aussi. On ne donne pas l'argent d'avance, on le

donne par après. Et, de ce fait, la complémentarité avec le propriétaire, avec

les gens qui s'occupent de la résidence se fait avec l'institution bancaire,

mais celle-ci est assurée, de par la certification, que le gouvernement, avec sa lettre, vient compléter le financement à la fin. Donc,

les institutions ne sont pas à côté de la plaque quand on

parle de pouvoir financer un programme sur cinq ans, oui. Parce que, vous

savez, quand on a soulevé la problématique,

les spécialistes pour poser des gicleurs, il n'y en avait pas partout. Donc, il faut

aussi donner le temps aux installations

de se faire. Et la proposition qui se fait, elle se fait à l'intérieur des

bâtiments qui sont déjà en place. Donc, ce n'est pas juste passer un tuyau au-dessus de la tête des gens, là,

c'est de s'assurer que l'ensemble de l'installation va sécuriser les

lieux.

Donc,

quand vous nous dites : Pensez-vous que c'est suffisant?, je pense que, si

on avait eu l'opportunité, avec une

baguette magique, de dire : Un, deux, trois, go! tout le monde est giclé,

on l'aurait fait. Mais ce n'est pas comme ça que ça fonctionne quand on travaille avec des partenaires du milieu puis

qu'on essaie de mettre en place, dans une structure physique et une

construction, de nouveaux aménagements dans l'ensemble des résidences.

Le Président (M.

Picard) : Merci. M. le député de Lévis.

M. Paradis (Lévis) : Merci, M. le Président. Je comprends tout ça, puis c'est important.

C'est bien sûr qu'on est tous

conscients que la sécurité, c'est crucial. Puis les propriétaires de résidence

aussi, des RPA, des petites, notamment...

c'est aussi ceux-là qui constatent une lourdeur dans l'application de tout ça.

Ce que je veux savoir de la ministre

de façon très claire, puis je crois l'avoir compris, là... Oui, elle est

consciente, c'est bien évident. On

analyse. J'imagine que oui, parce qu'il faut toujours bonifier des

programmes et les rendre plus souples,

parce qu'il reste deux chiffres : 7 % des sommes débloqués, 18 %

des résidences qui ont réussi à faire ça. Puis, cette problématique-là, hein,

la ministre dit souvent... Puis je sais qu'il y a des

propriétaires de petite résidence qui écoutent.

Je veux dire, c'est bien le fun d'aller voir l'institution financière pour

dire : Bien, écoutez, oui, prêtez-nous, parce qu'on est limite... mais, en même temps, je veux dire, l'institution financière n'est pas nécessairement prêteuse facile, parce qu'il

y a des considérations économiques quand bien même il y aurait un programme, puis il y a un paquet de choses

qui peuvent bouger. Et le fait qu'on décaisse, si vous me permettez

l'expression, et très clairement, là... et ça vient du ministère, et vous le savez comme moi, donc, qu'on décaisse deux fois

par année, sur cinq ans, les travaux et les coûts doivent être assumés...

Je m'attends... et je comprends que la ministre des Aînés va assouplir ce

programme-là, est en train de l'analyser et

pourrait revoir la procédure faisant en sorte que ceux qui nous disent qu'ils

risquent de fermer, ne serait-ce que

pour assumer eux-mêmes, pendant le temps où l'argent est versé, ce dont on aura

besoin... vous êtes en train... et vous vous engagez à retravailler

là-dessus au bénéfice de la sécurité des aînés mais des propriétaires aussi qui

se questionnent et qui veulent continuer à faire fonctionner leurs entreprises.

Charbonneau : Je peux vous affirmer que le ministère de la

Santé et le ministère qui s'occupe de la Régie du bâtiment sont en train

de regarder des pistes de solution pour faciliter, pour rendre l'accès plus

simple. Mais ça, ça demande une étude, hein?

Parce que, quand on part un programme, on le

part comme on pense que c'est la

meilleure façon. Vous aurez

probablement l'occasion, le 2 et le 3 mai, de poser des questions plus pointues

au ministre de la Santé parce que

vous allez être sûrement présent au ministère de la Santé quand mon collègue va

faire ses crédits. Donc, vous allez avoir des réponses encore plus

pointues.

Moi,

je peux vous assurer, de par l'écho que j'en ai... Je dis : L'écho que

j'en ai. Là, M. le Président, je vous assure, là, ce n'est pas juste parce que j'ai parlé à quelqu'un dans un

corridor, c'est parce que tous les gens qui sont derrière moi sont là pour nous aider à donner la meilleure

réponse. Ce n'est pas parce que c'est juste un semblant de quelque chose.

Donc, je vous assure que l'écho que j'ai ce

matin, c'est que le ministère de la Santé est en plein travail pour trouver des

pistes de solution pour simplifier puis

agrémenter d'une meilleure façon... pour les gens sur le terrain pour avoir

accès au programme.

Le Président (M.

Picard) : Deux minutes.

M. Paradis (Lévis) : Merci, M. le Président. C'est important, Mme la ministre. M. le

Président, la ministre le sait, elle

le dit, il reste trois ans. On dit : Il reste trois ans, on a du temps.

Non, trois ans, c'est rapide, c'est très, très rapide. Et, entre-temps, le problème dans un dossier comme

celui-là, c'est que, pendant ces trois ans-là, on parle de notions de sécurité. Il y aura des gens qui, pendant ce

temps-là, jusqu'à ce qu'on finalise l'installation... Bien, il y a un outil, il

y a un élément de moins qui nous fait

craindre aussi une tragédie potentielle que l'on ne souhaite pas. Il y en a

rien que 236, pour l'instant, sur les 1 306. Il risque de manquer

de temps.

au surplus, la ministre doit aussi, M. le Président, le savoir, hein, au fil du

temps, là, il n'y a rien de moins cher. Ça fait que plus on attend, plus ça coûte cher. C'est comme ça, la vie,

là, tu sais. C'est bien rare qu'on voie les prix chuter. Et, dans ce contexte-là, l'obligation ou

l'importance d'agir rapidement et de revoir ce système-là, de l'assouplir, de

revoir toute la notion financière

aussi pour aider ceux et celles qui travaillent aussi pour les aînés prend tout

son sens, parce que, si on attend

18 %, à la dernière année, pour faire l'ensemble des travaux...

trompez-vous pas, M. le Président, les prix ne chuteront pas parce qu'il

va y avoir plus de demandes. Bien au contraire.

Alors,

je comprends de la ministre par le biais de ce qu'elle me dit et de sa

collaboration avec le ministre de la Santé qu'actuellement les

propriétaires doivent savoir qu'on est en train de travailler pour assouplir et...

M. Paradis (Lévis) : Puis la Régie du bâtiment, parce qu'il y a des gens qui m'ont déjà

dit — et je

vois une dame qui doit nous écouter — avoir investi, pour préparer

le dossier, au-delà de 5 000 $ dans une inspection de base pour savoir ce qui doit être fait... et qui a dû

débourser ça de sa poche. Puis elle a dit : Moi, si je l'ai déboursé, je

ne l'ai plus pour faire rouler mon entreprise au profit de ceux qui y

résident.

Alors, je comprends

donc l'engagement de la ministre.

Le Président (M.

Picard) : Merci.

Charbonneau : ...M. le Président, puis je suis sûre que mon

collègue va apprécier. En ce moment, on m'indique qu'il y a des travaux

qui sont en cours. Il y a 11 propositions qui sont déposées et qui sont à

l'étude, et c'est fait en complémentarité

avec la Régie du bâtiment. Donc, vous avez compris qu'on travaille fort pour

trouver des pistes de solution puis

assouplir puis rendre encore plus accessible l'ensemble des services, parce

que, vous avez raison, trois ans, c'est vite passé.

Le Président (M.

Picard) : Merci. Je cède maintenant la parole à Mme la députée

de Chauveau.

Tremblay : Merci beaucoup,

M. le Président. Alors, je tiens à saluer Mme la ministre, toute son équipe,

mes collègues du gouvernement et de l'opposition. Merci beaucoup de votre

participation.

Je dois vous dire que je suis très

fière de participer à cette étude des crédits du ministère de la Famille volet

Aînés. J'apprécie énormément

discuter, jaser, danser, même, avec nos aînés, participer à leurs activités

notamment dans mon comté, que ce soit

lors d'un souper ou d'une soirée de l'âge d'or, lors des déjeuners également,

des soirées avec les Chevaliers de

Colomb, aller voir mes Cercles des fermières, parce que j'en ai plusieurs

aussi, jouer à la pétanque avec les différents clubs de pétanque dans

mon comté, aller visiter les CHSLD, les résidences pour aînés, aller célébrer

des centenaires également dans mon comté. C'est toujours agréable de jaser,

avec leurs bagages, leur expérience, leur sagesse aussi.

Évidemment, tous les gens qui participent à ces activités

de regroupement, c'est des gens qui vivent peut-être un peu moins la solitude quand on participe à des

soirées d'âge d'or, des Chevaliers de Colomb, mais il y en a

qui vivent cette solitude-là vraiment.

je vais vous raconter un cas de comté que j'ai eu l'année dernière : un

octogénaire qui avait pris rendez-vous à mon

bureau de comté pour venir me rencontrer. Alors, je suis avec ma conseillère politique, il est assis à mon bureau

avec nous, et on jase de tout et tout

pendant tout près d'une heure. Je dirais que ça a été très émotif. L'homme en

question venait de perdre son épouse,

il n'avait pas d'enfant et il se sentait vraiment seul. Il avait travaillé

toute sa vie. Donc, il ne s'était pas

nécessairement impliqué dans des organismes, parce que tout allait bien. Et il

était bien avec sa conjointe, donc, les deux ensemble, tout était parfait. Mais là il se sentait vraiment seul.

Et, pendant certainement une dizaine de minutes... et c'était émouvant de le voir, parce qu'il

pleurait, il pleurait à chaudes larmes. Je ne vous cacherai que moi et Caroline

pleurions aussi avec lui. Et je lui ai

demandé : Comment vous souhaitez, en tant que députée, que je puisse vous

aider? Et, à ce moment-là, ce qu'il

m'avait dit : Juste le fait que vous ayez pris le temps de m'écouter, ça

m'a tellement fait du bien. Et ça

démontre à quel point il y a des gens qui vivent cette solitude-là. Et

évidemment, là, on lui a référé quelques organismes communautaires, on

lui a donné quelques outils pour l'accompagner dans tout ça.

Mais j'étais d'autant

plus fière quand j'ai appris au mois de mars que le gouvernement du Québec

accordait 10,8 millions de dollars à

120 organismes communautaires pour soutenir les personnes aînées dans le

cadre du programme Initiatives de

travail de milieu auprès des aînés en situation de vulnérabilité, parce que

justement ce sont des personnes vulnérables

et c'est à ça que sert ce beau programme là. Et, dans le fond, pour les gens

qui ne le connaissent pas, souvent, on

appelle ça les ITMAV, hein? Alors, entre autres, ce sont des travailleurs de

milieu qui soutiennent nos aînés qui vivent justement dans une situation difficile, qui connaissent un problème

d'itinérance, d'isolement, de maltraitance, de déconnexion avec les ressources du milieu, et, dans ces cas, le rôle du

travailleur de milieu, c'est de rejoindre la personne aînée dans son

milieu de vie, dans les milieux publics qu'elle fréquente, de tisser des liens

de confiance avec elle, de détecter ses

besoins aussi pour la référer, justement, et l'accompagner vers les ressources

appropriées, de faire un suivi, aussi, vigilant tout au long de la

démarche.

ce qui me rend encore plus fière, c'est que les ITMAV ont pris naissance, sont

nées chez nous, dans mon comté. Et,

le 1er octobre prochain, le programme ITMAV va avoir 10 ans, donc on va célébrer

le 10e anniversaire. Et c'est une initiative

du curé de Notre-Dame-des-Laurentides, dans le comté de Chauveau, M. Gilles

Poulin, qui, suite à un événement malheureux,

a décidé : Bien, il faudrait faire quelque chose. Et c'était en hiver. Je

vous raconte un peu d'où c'est né, les ITMAV.

C'est une dame âgée qui est sortie à l'extérieur pour aller chercher son

courrier, et elle est tombée sur la glace. Elle était seule, sans aide; personne pour l'aider, et, malheureusement,

elle est décédée. C'était il y a 10 ans. Et c'est à la suite de cet incident que le curé, avec quelques

citoyens, a décidé de contacter l'organisme Centre d'action bénévole du Contrefort, qui portait à l'époque le nom de

Centre d'aide et d'action bénévole de Charlesbourg mais qui a changé de nom

depuis, et qui ont décidé de créer un groupe de discussion, et de là est née

l'ITMAV, Ainés-nous à vous aider!

Et aujourd'hui, donc,

il y a des bénévoles vigiles, des travailleurs de milieu qui sont à l'oeuvre,

visitent des citoyens là où ils se trouvent,

discutent avec eux pour déceler d'éventuelles problématiques. Donc, ça peut

être, sans vouloir faire de

publicité, mais dans les McDonald, les Tim Hortons, les centres commerciaux,

chez les aînés directement, les plus

démunis ou isolés, à la suite de contacts avec certaines personnes. Donc, ils

les orientent vers les organismes, les réfèrent aux bons endroits pour

les aider et pour qu'ils obtiennent les ressources nécessaires.

Alors,

je suis très fière de cet investissement-là. Et évidemment,

depuis près de 10 ans, il y a de nouvelles initiatives qui ont vu le

jour également, et les ITMAV se sont étendues un peu. En 2016‑2017, pour la

région de Québec, il y a quatre projets

ITMAV de 12 mois qui ont été acceptés pour les secteurs Saint-Sauveur,

Saint-Malo, Beauport, Montmorency, Charlesbourg,

Stoneham-et-Tewkesbury, Lac-Beauport, Lac-Delage, à raison de

45 000 $ chacun, pour un total de 180 000 $; en 2015‑2016, également, trois projets ITMAV qui

avaient été acceptés pour les secteurs Limoilou, Saint-Roch,

Saint-Sauveur, Saint-Malo, Beauport, Montmorency, à raison de

18 700 $ chacun, pour un total de 56 100 $. Et ça se poursuit. Mme la ministre, vous avez annoncé, en

décembre dernier, le déploiement de 29 nouveaux projets à travers le

Québec. Et, dans la Capitale-Nationale, il y

a l'Association bénévole de Charlevoix, à La Malbaie, pour un montant de

15 000 $, et également service

Accès Travail Portneuf. D'ailleurs, mon collègue de Portneuf va vous en parler

un peu plus en détail tout à l'heure.

Donc,

on est fiers de voir ce déploiement d'ITMAV. Et là ça se poursuit, parce qu'il

y a 10,8 millions de dollars à 120 organismes communautaires pour

soutenir les personnes aînées.

Alors,

Mme la ministre, ce que j'aimerais savoir : Est-ce que maintenant on peut

dire que les ITMAV sont présentes dans toutes les régions du Québec?

Le Président (M.

Picard) : Mme la ministre.

Charbonneau : Merci, M. le Président. Vous avez compris

l'enthousiasme de ma collègue, puisque... Moi, je les appelle un peu mes

extraterrestres préférés, parce qu'ITMAV, c'est vraiment un nom qu'il va

falloir changer, hein? Mais,

«travailleurs de milieu», on ne peut pas l'utiliser, parce que ça donne une

image contraire à ce que nos gens font. Mais les gens sur le terrain

sont des gens d'exception.

Quand

on est arrivés en 2014 et que j'ai eu le privilège d'avoir la responsabilité

d'être ministre responsable des Aînés,

avec les gens que vous voyez alentour de moi, on a fait : C'était quoi, le

ministère des Aînés, c'est quoi, les programmes?

Les politiques, je les connaissais, parce qu'on avait, nous, une collègue qui

en faisait la promotion, mais je ne

connaissais pas l'ensemble des programmes. Et, quand j'ai découvert

l'initiative de travail de milieu, je suis restée un peu... le terme est anglophone, on dit «flabbergasted».

Je suis restée étonnée de ces 39 personnes là qu'on avait sur le terrain.

Alors, ils ont fait un exercice

extraordinaire : ils m'ont sorti la carte du Québec puis ils m'ont montré

où il y avait les 39 personnes. Et je

dois vous avouer qu'il y avait des lacunes, hein, parce qu'à un endroit comme

les Îles-de-la-Madeleine, qui est un endroit

dont on est très fiers, il n'y avait personne; des endroits en Gaspésie, il n'y

avait personne. Le Centre-du-Québec avait certaines lacunes dans

certaines parties de sa région.

Alors, on a

fait un exercice extraordinaire, on a regardé nos budgets, on a regardé comment

faire mieux, et je suis fière de vous

dire qu'aujourd'hui, à ce jour, là, 122 personnes sur le terrain rattachées à

des organismes, parce que mon collègue

de Rimouski aime ça l'entendre... ils sont quand même rattachés à des

organismes communautaires, ces gens-là, et ils travaillent en

complémentarité avec eux, mais 122 personnes sur le terrain, à travers plusieurs

projets, pour aller trouver, en bout de rang, dans des maisons... On ne

pourrait pas penser qu'à Montréal il y a des gens seuls, là, mais, à Montréal, il y a des gens seuls. Il y a des

visites d'amitié qui se font. Il y a des visites qui se font aussi dans le

principe culturel, parce que, dans

les communautés, il y a des gens aînés qui sont seuls et isolés, isolés pour

toutes sortes de raisons, la langue,

la culture. Donc, ces gens-là vont sur le terrain, ils les trouvent. Ils ne

font pas ça par une carte qui dit : Ici habite un aîné isolé, hein? Ils ont toute une relation

avec la communauté, donc la FADOQ, l'AQDR, les organismes pour aînés,

les activités.

Je vous

dirais qu'il y a certains milieux... puis ça peut vous sembler drôle que ce

soit la fille de Laval qui le dit, puis

vous pourrez me taquiner, mais, dans certains milieux, ils vont même au niveau

des centres d'achats, ils vont où les aînés vont prendre un café

ensemble, hein, parce qu'ils se retrouvent là puis ils se jasent. Puis là, tout

d'un coup, ils réalisent que M. Tremblay...

ou Mme Tremblay, elle n'est pas venue depuis une couple de semaines, là, elle

s'est isolée par elle-même, parce

qu'elle trouve qu'elle ne sert pas à grand-chose. Puis elle a un petit peu de

misère avec son ouïe ou avec son

élocution, elle se déplace un petit peu plus avec difficulté, elle s'isole, et

tout à coup on ne la voit plus. Alors, cette

personne-là, son travail, c'est de la dénicher, d'aller la retrouver, lui faire

des propositions de service, de la ramener vers les outils.

Dans le fond,

cette personne-là, elle fait, au quotidien, ce que votre bureau de comté a fait

avec l'homme qui est venu vous

rencontrer. Un, ça prend du courage pour cet homme de dire : Je m'en viens

vous voir parce que je me sens seul,

j'ai besoin d'être encouragé, j'ai besoin d'être accompagné, mais d'autant plus que ces personnes-là les retrouvent,

les accompagnent et quelquefois les amènent vers des services qui sont essentiels. On a vu des visites

chez le médecin apparaître. On a vu

des visites chez le dentiste apparaître. On a vu des gens savoir que Services Québec, que le CLSC, que le CISSS ou

le CIUSSS offrent des services plus. On a vu des gens commencer à tricoter, parce que

tricoter, des fois, ça fait en sorte

que : Je peux faire des foulards et des tuques aux enfants de l'école et, tout à coup, je sers à quelque chose, je contribue à ma communauté et je suis

en lien aussi avec des plus jeunes.

Donc, le principe de l'intergénération. Ces

gens-là, au quotidien, font des miracles. Si on s'assoyait avec un ITMAV et

qu'on prenait un café avec lui, il nous raconterait des histoires extraordinaires.

Est-ce que ça a un coût? Évidemment. Et vous avez raison de nous rappeler que, dans

chacun des milieux, hein, il y a des coûts rattachés à ça. Cette année, on

a fait un exploit extraordinaire, on leur a annoncé un renouvellement de

mandat. Parce que, vous savez, au ministère que je représente, on n'a pas de service... on

appelle ça un financement à la mission, le PSOC, comme vous le

connaissez. Il y a le PSOC, puis il y en a un autre...

Charbonneau :

...le SACAIS, auquel on donne des sous, puis on n'a plus besoin de penser à

l'année d'ensuite.

Dans notre

cas, ce n'est pas comme ça. Alors, il faut annuellement renouveler le contrat

des ITMAV, ce qui fait en sorte que quelquefois ça crée une précarité puis on les perd. Mais ils

ont quand même un lien avec la communauté puis ils ont établi des liens de confiance. Donc, cette année, on a annoncé

un deux ans de mandat pour chacun d'eux, ce qui fait en sorte que ça nous donne deux ans pour trouver

une meilleure façon de faire, pour s'assurer qu'on peut faire le suivi

auprès d'eux, et eux, auprès de nos aînés.

Donc, quand

vous dites : Est-ce qu'on en a partout?, on en partout au Québec.

On en a minimalement un partout, sinon

on en a entre un et cinq. Donc, dans chacune des régions, dépendamment de la

grandeur de la région, il y a des gens sur

le terrain. Est-ce qu'on a fini? Non. On est en train de regarder comment on

peut faire mieux puis comment on peut faire

plus en mettant plus de gens sur le terrain, parce que, oui, c'est bien,

encourager des organisations, mais c'est encore mieux quand les participants sont au rendez-vous.

Et, de ce fait, nos ITMAV s'assurent que les participants puis les gens

sortent de l'isolement. C'est la

partie très importante.

Pour l'aide

financière qu'on a octroyée à un organisme qui s'appelle l'AQCCA, qui s'occupe aussi de donner

non seulement de la formation, mais d'accompagner nos ITMAV partout au Québec,

on a une réalisation de projet de 184 000 $ qui a été faite pour 2016‑2017,

et on a annoncé un montant de 178 732 $ pour 2017‑2018, et, d'avance,

on a annoncé 193 498 $ pour 2018‑2019. Ça veut dire que, partout dans

les régions, il y a des gens. Ça ressemble à quoi?

Je vous en donne une idée. Puis, tant qu'à vous en donner une idée — Mme la députée, vous avez parlé de votre

région — permettez-moi de parler d'ailleurs. À Rimouski,

avec le Cercle culturel de l'amitié, on a renouvelé... des ITMAV, on en a quatre à Rimouski, mais il y en a un qui

est rattaché au Cercle culturel de l'amitié de Rimouski. En même temps, M. le Président, vous

avez compris qu'en le disant comme ça je mets en lien mes collègues avec leurs

organismes. Ils les connaissent, les

organismes, mais, des fois, on ne connaît pas l'ITMAV, on ne connaît pas cette

personne-là, qui est si précieuse,

parce que, quand on rencontre l'organisme, eux autres sont sur le terrain.

Donc, en sollicitant l'attention de mes

collègues là-dessus, vous avez compris que je suis capable de les guider un

peu. Mon collègue de Portneuf en a, mais l'ai vu lever la main, ça fait que je vais arrêter de parler bientôt

pour le laisser poser sa question sur son ITMAV à lui.

Dans

Chaudière-Appalaches, donc dans Lévis, une maison que je crois que mon collègue

connaît très, très bien, parce que je

crois que vous m'en avez déjà parlé, La Maison des aînés de Lévis, des gens que

vous connaissez bien puis que vous

fréquentez, ils ont deux personnes qui sont nommées des ITMAV, qui relèvent de

la maison puis qui sont sur le terrain.

Pour Laval, parce que chez nous aussi, hein... je ne peux pas passer à côté de

mon orgueil personnel, comme députée et

ministre responsable de Laval, il y a Dira-Laval puis le Centre communautaire

Le Rendez-vous des Aînés qui ont des gens

à leur service aussi. Il y a le Centre communautaire Petit espoir, qui est dans

la merveilleuse région de Mille-Îles — je dis

ça comme ça — l'association

pour aînés résidents, l'APARL; le Comité d'animation du troisième âge de Laval,

le CATAL, où il y a deux personnes qui découlent de là.

pourrais vous faire toutes les

régions, M. le Président, mais chacune d'elles a reçu une lettre qui

confirme que, pour les deux

prochaines années, il y a quelqu'un qui est au service des aînés, en complémentarité

avec les organismes communautaires, pour les sortir de l'isolement, leur

offrir un principe de service.

laisse la parole à mes collègues, M. le Président. Vous avez compris par contre

que ça m'anime, hein? Je suis désolée.

Le Président (M.

Picard) : Il n'y a aucun problème, Mme la ministre. M. le

député de Portneuf.

Matte : Je préférerais reporter les quelques minutes qui restent, là,

parce que je vais allumer la chandelle puis je ne pourrai pas la laisser

brûler.

Charbonneau :

O.K. Bien, permettez-moi de reprendre les minutes.

Le Président (M.

Picard) : ...

Charbonneau : Merci, M. le Président. Alors, dans le

principe des ITMAV, il faut surtout se rappeler... puis c'est quelque chose que nous avons regardé

ensemble, c'est-à-dire que, si on dit qu'à Lévis il y en a deux, bien, ce

sont quand même juste deux personnes qui

travaillent ensemble. Ils sont conscients qu'ailleurs il y en a, mais il va

falloir éventuellement... puis je

vous le dis à vous, M. le Président, à mes collègues, mais je le dis aussi aux

gens qui nous écoutent, parce que je

pense que les gens qui relèvent du ministère des Aînés écoutent avec beaucoup

d'attention. Oui, je viens de le nommer

ministère, mais c'est le Secrétariat des aînés. Mon sous-ministre adjoint, j'ai

senti son regard, là, il s'est inquiété, ma sous-ministre de la Famille

aussi.

Mais on veut faire en

sorte qu'on pourrait créer une rencontre annuelle où ces gens-là vont pouvoir

échanger, échanger de leurs pratiques,

échanger de leurs façons de faire, échanger sur comment ils sont en lien avec

les différents organismes pour faire

en sorte que la communication entre eux va faire des meilleures pratiques au

Québec. Éventuellement, on voit là un

apport important des ITMAV du Québec, qui se parlent, qui échangent, mais qui,

au quotidien, fait en sorte qu'un

aîné peut dire à un autre aîné : Connais-tu Isabelle? Isabelle, c'est

celle qui a fait que Mme Tremblay a participé au quillothon, aux cartes, au bridge, à toutes les activités qu'il peut

y avoir dans le milieu puis qui fait en sorte qu'elle n'est plus seule, elle a maintenant un cercle

d'amis qui fait qu'elle vieillit bien, elle vieillit mieux et elle vieillit

avec les informations qu'elle se doit

d'avoir pour avoir un environnement sain, sécuritaire qui répond à ses besoins,

parce que, un peu comme votre

citoyen, Mme la députée de Chauveau, tous les aînés n'ont pas un cercle très,

très grand alentour d'eux, et,

quelquefois, le cercle a beau être comblé de gens, on n'est jamais plus seul

que quand il n'y a personne qui nous parle.

Président (M. Picard) : Merci, Mme la ministre. Il reste

30 secondes, donc je vais aller du côté de l'opposition officielle.

23 min 40 s.

LeBel : Merci, M. le Président. Je vais commencer par saluer la

députée de Chauveau. Quand elle a commencé à parler de son monsieur, j'ai senti beaucoup de sensibilité, beaucoup

d'émotion, et ici on a le droit de laisser passer ces émotions-là. Puis

je sais qu'on est sensibles, des deux côtés de la table, à des situations qui

viennent en nos comtés, puis je le salue. On

n'est pas des gens insensibles aux situations qu'on voit, qu'on vienne du côté

du gouvernement que de l'opposition.

Je voulais juste le saluer. Et j'ai senti l'émotion. Ça m'a touché. Je le dis.

Maintenant, je vais me ressaisir.

rencontre aussi des groupes dans mon coin de pays souvent et récemment je me

disais : Bon, les crédits s'en viennent,

je vais réunir tout le monde. Ça fait que j'ai réuni autour d'une table une

vingtaine d'organismes qui travaillent auprès

des aînés, et mon adjointe au bureau, de mon équipe, m'a fait un genre de

résumé. Ça fait que je vais demander à la

ministre... Il y a plusieurs questionnements là-dedans. Je vais lui demander de

me laisser le lire au complet, puis après ça elle pourra intervenir. Mais c'est juste, dans le fond, pour démontrer

que, quand on parle d'aînés, on parle de plusieurs, plusieurs, plusieurs

facettes de nos réalités quotidiennes.

Transport collectif.

En région, le transport collectif n'est pas adapté aux aînés, car le transport

est actif principalement aux heures de pointe.

Les aînés ont un autre agenda, et c'est difficile d'avoir accès au transport

collectif. Gros problème de transport.

Permis de conduire. Sur la lettre de la

SAAQ, on demande aux aînés qui repassent leurs permis de venir accompagnés, en cas d'échec. Ça bouscule tout le

monde. Ils arrivent, ils sont nerveux. Perdre son permis, c'est perdre

de l'autonomie, c'est beaucoup pour les personnes aînées.

Vieillissement

de la population. Beaucoup d'aînés souhaitent travailler encore, mais ils sont

souvent tassés. Il faut faire de la valorisation du travail des aînés.

C'est ce que je vous parlais tantôt.

L'organisation

communautaire en CLSC. En raison de l'abolition de postes d'organisateur

communautaire qui agit principalement

comme personne-ressource auprès des groupes cibles, les organismes pour

personnes aînées sont un peu laissés

à eux-mêmes. Actuellement, les groupes ont de la difficulté à se rassembler

pour tenir compte des besoins afin d'améliorer

la condition de vie des aînés.

Souvent, on dit : Les groupes veulent travailler. Vous avez parlé d'un

groupe chez nous. Et ils ont de la difficulté

à se réunir. Et, les CLSC, les animateurs, comme les organisateurs communautaires, servaient à

ça dans nos régions, et, avec les coupes dans les CLSC, ça donne ce que ça

donne.

Les entreprises

d'économie sociale pour offrir de l'aide à la maison. Dans mon coin, il y a un

coup de main à domicile. Il y en a partout

au Québec. Puis l'économie sociale, c'est vraiment important pour le maintien à

domicile des aînés. On dit que le

service d'aide domestique, préparer les repas, entretien ménager,

approvisionnement, etc., est subventionné

par le Programme d'exonération financière, alors que les soins d'assistance

personnelle, soins d'hygiène, manger, s'habiller, etc., sont non

subventionnés, alors que c'est un besoin criant pour le maintien à domicile. Le

Programme d'exonération pourrait-il être

plus ouvert à d'autres services? C'est des questionnements que les gens se

posent. Bref, s'il était possible d'avoir plus de latitude afin d'offrir

des services personnalisés, ce serait bien pour nos aînés.

ruralité et les aînés. Les aînés qui habitent dans les milieux ruraux sont

extrêmement difficiles à atteindre. Ils sont isolés, loin des services. La dévitalisation oblige les personnes à

changer de milieu... et qui tombent dans la détresse. Un exemple, dans un village dans mon comté

voisin... dans le village, à Saint-Cyprien, il y a un CHSLD, mais le manque

de ressources fait qu'on ne peut pas

placer... Il y a une personne qui est là, aînée, qui devrait aller en CHSLD, ne

peut pas aller dans son village et

doit aller dans un CHSLD à Rivière-du-Loup, beaucoup plus loin, ce qui

l'éloigne de sa famille, la rend dans

des situations de vulnérabilité et de détresse. Pourtant, il y avait un lit

dans le CHSLD à Saint-Cyprien, mais le

manque de ressources fait qu'il ne peut pas être dans sa communauté. Et c'est

le même cas quand on parle de en banlieue. On dit que les aînés qui vivent en banlieue, les problèmes de transport,

d'isolement... il y a des problématiques qui y sont touchées, au

territoire.

proches aidants. Beaucoup, beaucoup de pression sur les proches aidants,

d'épuisement. Reconnaître les proches aidants.

pauvreté des aînés. Dans le Bas-Saint-Laurent et la Côte-Nord, récemment, on

nous a déposé que les aînés ont de la

difficulté à se trouver des résidences, parce que presque tout leur argent

devrait y passer. Ça fait que, là-dessus, j'interpelle la ministre. Le ministre de la Solidarité sociale vient de

repousser encore une fois son plan de lutte à la pauvreté pour l'automne prochain. J'espère que la ministre

des Aînés et son équipe pourront influencer le ministre pour que, dans

le prochain plan de lutte, il y ait quelque chose pour la pauvreté des aînés.

Besoin

d'information. Les aînés manquent d'info. Les services gouvernementaux et

municipalités ne réussissent pas

toujours à donner des infos. On a besoin d'accompagnement. Dans le

Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, il y avait des carrefours d'information aux aînés. Il y en a dans d'autres régions du

Québec. La ministre est au courant. Je l'ai rencontrée récemment. Les carrefours, on a arrêté de les

subventionner pour faire l'information aux aînés. On nous dit que Services

Québec va prendre le relais. Les gens à

Services Québec disent qu'ils ne sont pas capables de faire ce que les

carrefours faisaient. J'aimerais ça avoir un peu l'heure juste

là-dessus.

politique de maltraitance, on dit que c'est une belle politique mais qu'elle

provient de deux ministères : Santé et Famille. On leur reproche de ne pas travailler assez ensemble et on

pose la question : Les commissaires aux plaintes, est-ce qu'ils

vont avoir des moyens pour atteindre les objectifs de la ministre? Parce que,

la situation, tout le monde la voit :

il n'y a pas les moyens, ils ne sont pas équipés, ils n'ont pas les ressources

financières, ils n'ont pas ce qu'il faut pour répondre aux enjeux que le

projet de loi leur donne.

Réseau

de la santé. La réorganisation du réseau de la santé a mis de côté les aînés.

On a beaucoup de difficultés à avoir

de l'information dans le réseau. Toute la réorganisation fait que les aînés ou

les groupes qui travaillent avec les aînés

ont beaucoup de difficultés à rejoindre la bonne personne dans le réseau, parce

que même les gens dans le réseau ne savent pas trop exactement qu'est-ce

qu'ils ont à répondre.

financement, c'est le nerf de la guerre. Beaucoup d'organismes passent

davantage de temps à combler leur financement

en organisant des campagnes de financement. Ça, on le sait. De plus en plus, on

demande au milieu d'investir. Le milieu est hyperinterpelé pour le

financement des groupes communautaires.

Dans

les CHSLD, on dit que — ça, je n'étais pas au courant — le montant que les aînés ont le droit de

garder dans leurs comptes, c'est

autour de 2 500 $. Ce n'est

même pas assez pour couvrir les frais de funérailles. Puis on sait que, dans

les CHSLD, maintenant c'est à peu près deux ans. Il y a un groupe chez nous qui

a envoyé une lettre au Dr Barrette... excusez-moi, au ministre de la

Santé. Je voudrais la déposer aussi.

M. LeBel :

Oui, je vais la déposer.

LeBel : Non, non, le document aussi, je le déposerai.

fin du compte, bon, en gros, c'est à

peu près les enjeux que les gens ont

déposés à notre rencontre, et ça fait juste démontrer, quand on parle

des aînés, les multiples facettes que ça peut toucher.

Charbonneau :

M. le Président.

Le Président (M.

Picard) : Allez-y, Mme la ministre.

Charbonneau : De

un, je remercie mon collègue d'avoir fait cet exercice-là, parce que souvent,

au bureau de comté, on reçoit les gens à la pièce.

D'avoir

choisi d'asseoir les gens, les partenaires à l'alentour d'une table puis

dire : Parlez-nous, ça nous donne un

regard différent sur la complémentarité qu'on se doit d'avoir pour le sujet des

aînés et ça m'interpelle beaucoup, parce

qu'au départ je vous disais, hein :

Vous savez, quand je suis assise à une table, mes premiers partenaires, c'est

la Santé et les Services sociaux,

mais c'est la Justice, la Sécurité publique, le ministère qui s'occupe de

l'Occupation du territoire. Et, dans l'ensemble de vos questions, parce

que j'ai l'impression que vous m'avez lancé un cahier de questions, dans

l'ensemble de vos questions, vous touchez pratiquement l'ensemble des

ministères avec qui je fais affaire, donc de là l'importance de pouvoir parler aux partenaires. Puis vous l'avez fait,

et je vous avoue que, comme la plupart des choses que vous faites, M. le député, parce qu'on n'a pas

souvent l'occasion de... on a plus souvent l'occasion de se grafigner publiquement, mais, je vous le dis, vous avez fait

un beau travail, parce qu'aller chercher le pouls des gens puis de savoir

ce à quoi ils ne comprennent pas ou ils ne

s'entendent pas par rapport au gouvernement, c'est superimportant. Un, ça vous

donne des arguments, mais, deux, ça fait en

sorte que vous nous obligez à améliorer le service qu'on donne aux organismes,

et ça, c'est peu dire dans le travail qu'on

fait comme députés, parce que, comme députés, notre obligation, c'est de

s'assurer que nos organisations

reçoivent l'information et l'utilisent de la bonne façon, sinon le gouvernement

doit être au rendez-vous.

transport collectif, je vous disais dans les annonces que j'ai faites au début,

début, là, on a déjà demandé au ministre

des Transports de le regarder avec une attention particulière. Vous avez

plusieurs défis, puisque, dans certaines régions, le transport collectif n'est pas existant, dans d'autres il est

peu existant. Donc, comme vous le dites, il est juste à l'heure des grands travailleurs, il n'est pas dans

le quotidien, donc pour les déplacements, pour aller chez le médecin, ou

des choses comme ça, c'est plus difficile.

qui rend votre autre sujet encore plus important, c'est-à-dire le permis de

conduire. Si ma collègue vous a fait un témoignage plus tôt, moi, je peux vous dire... puis vous avez sûrement

ça aussi à votre bureau de comté, des hommes qui viennent nous voir et qui tombent

en larmes rapidement parce que le médecin n'a pas accepté de signer le papier

qui leur donne leurs permis de

conduire. Pourquoi sont-ils en larmes? Bien, parce qu'ils viennent de perdre

une grande

partie de ce qui les

représente depuis longtemps, c'est-à-dire leur autonomie. Par contre, et c'est

malheureux de le dire comme ça, quelquefois, pour leur protection et

celle des autres, il ne faut pas remettre le permis de conduire, parce que la

route est ainsi faite que maintenant ça va

très vite et pour certains le danger est au rendez-vous et la précarité de

l'aîné est aussi au rendez-vous. Je

vous le dis parce qu'il fut un temps où mon beau-père, qui maintenant

m'accompagne partout, tandis que,

dans ce temps-là, il restait toujours à Laval... Maintenant, il est décédé. Il

a dû prendre cette décision-là parce que son médecin lui avait dit...

puis il s'appelle Marcel, donc il a dit : Marcel, je pense que c'est fini,

la conduite. Ça l'avait beaucoup heurté,

mais finalement il avait compris avec une longue discussion avec sa bru que

c'était une décision à prendre. Le

danger éminent de la route, vous le connaissez. Par contre, moi, il habitait à

Laval, donc le principe du transport collectif était moins complexe. Les gens de votre région... l'accessibilité au

transport, c'est superimportant. Puis souvent les aînés isolés sont des gens qui sont seuls, qui n'ont

plus de voiture puis qui se retrouvent à ne pas pouvoir être mobiles. Donc,

on se doit, par soit le biais de MADA soit

la complicité qu'on a avec ce qu'on appelle les élus de proximité, les villes,

avec les systèmes de transport, de regarder

comment on peut faire mieux pour la mobilité des gens, parce que se déplacer,

c'est avoir accès à des services. Puis ça,

c'est notre obligation de le mettre en place, donc on le regarde avec beaucoup

d'attention.

Vous

avez parlé de la concertation des milieux. Je vous le rappelle puis, en même

temps, je le rappelle à tout le monde parce que c'est une table

superimportante, dans les 18 régions du Québec, M. le Président, la vôtre comme

dans toutes les autres régions, il y

a une table de concertation des aînés. Dans chacune de ces tables, qui s'assoit

alentour de cette table? Les gens de la communauté, les organismes — je

les nomme depuis le début parce que c'est les premiers partenaires, hein — la FADOQ, l'AQDR. Mais, dans chacune des régions, différents

organismes locaux y sont, on les appelle

les... chez nous, c'est la TRCAL, là, mais c'est la TRCA, la table régionale de

concertation des aînés, et son mandat est

très clair, elle se doit de faire de la concertation. Elle doit représenter la

diversité des aînés de la région, contribuer à la prise de décision, sur

le plan régional, concernant les aînés.

Puis,

je vous le dis, M. le député de Rimouski, sensibilisez vos maires. Les maires,

les villes ne font pas assez appel à

eux et ne les interpellent pas assez pour leur demander leurs opinions. Puis,

alentour de cette table-là, là, c'est

tous des gens qui s'occupent et qui représentent les aînés. Et on se doit de

demander leurs opinions. Ils se doivent de contribuer

à la société dans laquelle on est. Puis on les a mises en place pour qu'on puisse les utiliser.

Puis, contrairement à toutes les

autres régions ou à tous les autres aspects, il y a de la concertation

importante qui se fait à travers cette table-là. Ils agissent dans les régions comme relayeurs d'information puis ils

transmettent au ministère les informations. Je leur dis souvent avec un clin d'oeil qu'ils sont mes

yeux puis mes oreilles dans chacun des milieux, parce que souvent ils vont

me parler de vos maires, ils vont me parler

des organismes qui ne veulent pas faire affaire avec eux, mais ils vont aussi

me dire ce qu'ils ont besoin dans le milieu puis comment ça devrait refléter

leurs propres possibilités.

M. le député, je sais que ça vous

inquiète, mais vous m'avez lancé pour 20 minutes de questions, donc je veux

juste être sûre que je suis capable...

Charbonneau : O.K. Mais, M. le Président, faites-moi signe,

faites-moi signe, parce que j'essaie d'en prendre le plus possible dans

l'ensemble des choses qu'il nous a données.

L'aide

domestique, M. le député, vous en avez abordé une partie. Je dois vous dire

que, dans le budget, vous en avez

sûrement vu qu'on investit un montant de 8,1 millions de plus pour l'aide

domestique mais aussi pour la formation des gens qui vont donner cette aide domestique là. On en avait fait

l'annonce à Lévis avec ma collègue Dominique Anglade, François

Blais... ah! c'est vrai, les ministères...

Charbonneau : ...avec les différents ministres — merci, M. le Président — pour pouvoir dire jusqu'à combien de gens ça touche et combien de ministères sont

touchés par l'économie sociale, ces gens que vous aimez bien nous souligner, M. le

député, qui font un travail au quotidien, mais comment on peut faire mieux puis

comment on peut donner plus aux aînés, parce

que, oui, il y a le ménage, mais on se dira qu'il y a le pelletage puis on se

dira aussi qu'il y a le tondage de gazon puis il y a l'aménagement puis il

y a les façons de faire qui font que nos aînés ont droit à des services puis

ont accès à des services à travers les différents organismes. Donc, la

volonté qu'on a de mettre un peu plus sur le terrain à travers les différents

ministères.

proches aidants. Si on

part ce sujet-là, je vous le dis, vous perdez vos cinq

minutes. Je vais juste vous dire que je

suis très proche de l'appui que vous connaissez, qui est un programme que nous

avons au niveau du gouvernement, qui est

une complémentarité de services qu'on a, mais on est aussi en ce moment très à

l'écoute, puis je vous fais une fleur... ou je vous fais une invitation que vous devez avoir déjà eue, mais il va

y avoir un forum à la fin mai auquel vous êtes invités, vous et mon collègue de Lévis, où on va parler de

VVE, et on va parler de comment faire mieux avec la politique qu'on a puis comment aller plus loin. Donc, vous allez

être les gens... comme je vous dis, si vous ne l'êtes pas, vous allez l'être,

là, ça va rentrer aujourd'hui ou demain, là, parce que je veux vous

avoir avec nous. La date qu'on me dit...

Charbonneau :

Le 1er et le 2 juin. On me glisse la date ici. Hier, on a finalisé

l'invitation.

Seront participants

l'ensemble des organismes avec qui on fait affaire pour VVE, donc, on se dit, à

peu près 300 personnes qui représentent des

organismes, donc 300 personnes qui représentent peut-être elles-mêmes 300

personnes, et vous serez au

rendez-vous avec nous, parce que je pense qu'il faut qu'on se mette en mode

écoute de comment faire mieux. Ça ne

dépend pas juste moi, ça dépend aussi de l'ensemble de mes collègues de

l'Assemblée nationale. Et je suis à peu

près certaine qu'ils vont nous revenir sur les sujets que vous avez abordés,

c'est-à-dire les proches aidants, la pauvreté, l'accès à l'information, hein? On a des partenaires, là. Si

M. Prud'homme était là et si les gens de l'AQDR étaient là, ils diraient comment ils sont, au quotidien, en train

de distribuer de l'information, mais il faut faire plus. D'ailleurs, on a mis

en place puis on a financé Juripop, l'accès juridique pour les aînés, là. C'est

une caravane qui se promène puis qui donne de l'information sur les aspects de la justice et de façons de faire

pour les aînés avec leurs organismes. Ils donnent des réponses. Et c'est

financé par le programme QADA.

Le réseau de la

santé. Je vous rappelle, M. le député, avec un petit clin d'oeil que mon

collègue va être au rendez-vous pour ses

crédits. Alors, je suis sûre que vous allez y être puis vous allez pouvoir le

sensibiliser au principe du réseau de

la santé, mais on n'a jamais été autant partenaires du réseau de la santé. Je

vous le dis parce que dans mes comités

il y a des gens de la santé, puis dans les comités de la santé on est là parce

qu'on veut vraiment de la complémentarité par rapport aux services qu'on donne.

D'ailleurs, le projet de loi n° 115 vous le dit. Dans ce projet de loi, on

est trois signataires parce qu'on est trois personnes responsables de le

mettre en application partout, et la reddition de comptes va se faire par la

ministre responsable des Aînés et va faire en sorte qu'on est capables d'aller

plus loin dans la volonté de la protection des aînés qu'on a partout au

Québec : un aîné autonome à un aîné qui est en perte d'autonomie.

Je m'arrête parce que

je veux vous laisser vos cinq minutes.

Le Président (M.

Picard) : M. le député de Rimouski, il vous reste

six minutes.

Charbonneau :

Hein?

LeBel : Mais je vous donne quand même un 30 secondes pour me

parler des commissaires aux plaintes puis me dire... par rapport au

service d'information aux aînés puis Services Québec.

Mme Charbonneau :

M. le Président, une question technique : Est-ce que mon collègue a un

autre bloc?

Le Président

(M. Picard) : Non.

Mme Charbonneau :

Ah! c'est le dernier. O.K. Je vais aller pour les CIA, parce que je sais que

c'est important pour vous. Alors, le

commissaire aux plaintes, il va faire la job, puis, s'il manque de financement,

il va avoir le financement. Le ministre de la Santé s'en est engagé

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCRC 2017-04-28
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions crc-41-1 journal-debats CRC-170428
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier92e0435361c38bf1d5dab02885763b32b5c09e51

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