Labour and the Economy — 26 November 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CET 2019-11-26
Quebec — Committees
Moi,
je pense que la manière que j'aimerais voir ça, pour répondre à votre question
le plus précisément possible, c'est que ces délégués-là et leurs collaborateurs
internes, qu'ils soient des employés d'IQ, parce qu'il y en a, ou qu'ils soient
des employés du MRIF, ils vont avoir
des mandats clairs. On veut telle compagnie allemande, on veut qu'ils viennent
s'implanter ici, allez-y, prenez vos balises de Hubert, ou de moi, ou de David.
Ça fait que c'est pour ça que le comité de liaison est important, parce que... Puis ce comité de
liaison, il va se rencontrer aux... je ne sais pas combien de mois, là, mais la
réalité, c'est qu'il va y avoir des interactions qui vont être
continues.
Puis
je pense honnêtement que, ce que je vois à date, les délégués sont contents. Ils
ont fait des réclamations, des choses qu'ils voulaient voir améliorées au
niveau de la relation, puis c'est normal. Mais moi, je pense qu'on va y arriver
puis je pense que ça va être harmonieux.
Anglade : Le premier ministre a mentionné à plusieurs reprises qu'il
souhaitait voir vraiment les délégués extrêmement axés sur le développement
économique, sur les partenariats économiques, puis qu'ils allaient être mesurés
en fonction de ça, qu'ils allaient être évalués en fonction de ça.
Est-ce qu'il y a d'autres... Alors, puisqu'on est en train d'adopter quelque chose pour Investissement Québec
puis le ministère de l'Économie, mais également pour le ministère des Relations internationales, est-ce qu'il y aura
d'autres critères qui vont être mis de l'avant? Est-ce que vous, vous êtes
en mesure de parler des autres critères qui vont être mis de l'avant, puisqu'on
est en train de modifier cette loi-là?
Fitzgibbon : Je pense qu'il y a deux niveaux d'entente bilatérale avec
le MRIF ou d'ententes internationales. Le
premier, c'est les exportations, puis le deuxième, c'est les investissements
directs étrangers. L'autoroute est à deux voies. M. Legault a été
très, très clair dans l'article qu'il a donné récemment à l'effet qu'il voulait
que les délégués du Québec soient
responsables au niveau du quantum d'exportation. L'exportation, on le sait,
c'est probablement la place où c'est plus difficile présentement, pour
des raisons qu'on connaît tous. Donc, M. Legault met beaucoup, beaucoup,
beaucoup de...
La Présidente (Mme
IsaBelle) : M. le premier ministre.
Fitzgibbon : Monsieur quoi?
La Présidente (Mme
IsaBelle) : C'est «M. le premier ministre».
Fitzgibbon : Excusez. M. le premier ministre met beaucoup, beaucoup
d'emphase sur la responsabilisation des délégués du Québec pour monter
les exportations.
Bon, tout ça étant
dit, ça a créé tout un débat interne, mais un bon débat. Alors, il faut que
nous puissions, au MEI et à Investissement
Québec, identifier les compagnies québécoises qui peuvent exporter. Donc, il y
a beaucoup de travail en amont qui doit être fait ici, à Québec. Parce que tu
es assis à Munich, tu as beau dire : On monte les exportations, tu
regardes tes chiffres, là, tu n'as pas les munitions pour le faire. Alors, je
pense que ça met beaucoup de pression sur le MEI, de la bonne pression pour
dire : Bien là, donnons à nos délégués du Québec des cibles, donnons des
listes de compagnies qui sont, selon nous,
capables d'exporter. Il faut, nous, au Québec, trouver qui peut vraiment
exporter puis, deuxièmement, dans quel pays ils peuvent exporter, parce
qu'il faut que les produits qu'on veuille vendre soient acceptés dans le pays
où on va. Alors, il y a beaucoup de travail en amont qu'il y a à faire, mais,
en bout de piste, il va falloir établir des
cibles réalistes. On ne peut pas juste dire à Marie-Ève, à Mme la déléguée du
Québec à Munich : Augmente de
10 % tes exportations. Elle est assise là, elle ne peut pas rien faire,
là. Alors, je pense que moi, je trouve ça bon, parce que ça met de la
pression sur IQ, de dire : Bien, voici le carnet de sociétés, de produits
qu'on peut exporter.
Alors, je pense que
les cibles spécifiques, exportations, il faut les mettre. Moi, je suis
entièrement d'accord avec ça. Pour les
investissements étrangers, ici, c'est plus complexe. On ne peut pas dire à un
délégué à Washington : Bien là, nous, ça nous prend 300 millions
d'investissements l'année prochaine. On ne peut pas faire ça en vacuum. Donc,
je pense que le côté investissement
étranger, ça va être plus stratégique, entre guillemets, puis ça se fait pas
mal naturellement, présentement,
parce que le Québec est très attractif, comme vous savez. Ce matin encore,
j'avais une compagnie américaine en sciences de la vie, ils veulent
venir, là... tu sais, on est là, là, tu sais. Je pense, c'est une question de
cibler puis quel programme qu'on met en place.
Alors, je ne suis pas
sûr qu'on peut mettre beaucoup de pression sur le quantum des investissements
étrangers. Quoique, quand on va avoir des
projets spécifiques, on va dire : Pouf! Tu vas travailler dans l'équipe,
tu vas faire le travail en aval. Mais au niveau des exportations, je
pense que là on va devoir être plus spécifique, mais il faut le moduler par
délégation. On ne peut pas être générique, dire qu'on veut 10 % de plus
partout. Ça ne marchera pas, là.
Anglade : O.K. Lorsque vous parlez de... juste que je comprenne bien
d'un point de vue de loi, là, tu sais, c'est plus technique, ma question.
Lorsqu'on met les orientations ici puis on dit, par exemple, qu'il va y avoir
un grand accent mis sur le volet
économique, ailleurs dans la
Loi sur le MRIF, quels sont les autres éléments
qui viennent compenser pour ça? Comment est-ce que... Comment ça
s'intègre?
Anglade : Bien, dans le sens
où... Quels sont les autres éléments qui vont venir dire : Bon, il y a
ce volet-là, qui est très important,
qui est le volet économique, qui est l'article 78, mais voici les autres éléments qui font
partie du MRIF? C'est
pour ça que, M. le ministre, je
pense effectivement que
Me Paquin va être une bonne ressource pour répondre à la question,
parce que je veux juste comprendre, dans sa globalité, ce
que ça signifie pour le gouvernement, en fait, pour les ministères.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, Me Paquin, à vous la parole. Veuillez vous présenter avant de
répondre.
M. Paquin
(Mathieu) : Oui, Mme la Présidente. Mathieu Paquin de la Direction des affaires juridiques, Finances,
Économie, Innovation, Tourisme.
Alors, la
Loi sur le ministère des Relations
internationales va donner une compétence générale au ministre des Relations internationales et de la Francophonie. Ici, on a un comité de liaison qui est
spécifique au commerce international pour
assurer la coordination entre les activités en matière de commerce
international, qui relèvent spécifiquement du ministre de l'Économie et de
l'Innovation, par rapport à toutes les autres activités et la compétence générale du ministre des Relations internationales en
ce qui regarde les relations internationales.
Donc, la Loi
sur le MRI reste, somme toute, relativement générale à
cet égard-là. Toutefois, on remarquera que l'article 18, qui n'est pas modifié par le projet de loi à l'étude
actuellement, va prévoir que le gouvernement peut constituer un comité
présidé par le ministre des Relations internationales qui a pour rôle,
notamment, de favoriser la collaboration entre
les ministères concernés en vue de l'élaboration, par le ministre, de la
politique en matière de relations internationales.
Donc, ça
illustre un peu ce que je viens d'expliquer, Mme la Présidente. Il y a une
compétence générale en matière de
relations internationales de la ministre des Relations internationales, et
18.1, essentiellement, c'est juste une petite précision au niveau de la
coordination qui doit se faire lorsqu'on est en matière de commerce
international.
Mme Anglade : Quand vous me parlez
de l'autre comité qui peut être mis en place, ça n'a pas l'air d'être un comité qui a beaucoup de dents. C'est quelque
chose de potentiel, on est... On dit : Bon, il pourrait se créer un comité
pour d'autres sujets, pour coordonner, mais ce n'est pas quelque chose qui est
institué de la même manière que ce comité de liaison là dans la loi.
Est-ce que je me trompe en disant ça?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Me Paquin.
M. Paquin
(Mathieu) : Je ne pense pas qu'il faille sous-estimer le pouvoir ou
l'importance d'un comité qui serait constitué
en vertu de l'article 18, Mme la Présidente, puisque le comité est
constitué par le gouvernement. Alors, le gouvernement peut bien décider
de la coordination qui va se faire entre les différents ministres responsables
des ministères impliqués. D'autre part, la
raison d'être du comité prévu par 18.1, c'est... il règle législativement une
question de coordination entre des compétences partagées entre deux
ministres, partage qui lui-même est législatif.
Alors, on a jugé approprié de faire ce comité-là
à 18.1 après des consultations avec le ministère des Relations internationales et de la Francophonie. Pour toute
autre considération, on a un peu plus de souplesse et on peut faire les comités
par voie de décret en vertu de l'article 18, mais ils n'ont pas forcément
moins de dents pour autant.
Anglade : Lorsque l'on parle des autres compétences que l'on met de
l'avant, outre que l'axe économique pour le ministère des Relations
internationales, est-ce qu'on spécifie quelles sont les autres compétences ou
on dit : De manière générale, compétences à l'international pour le
ministère? Est-ce qu'elles sont spécifiées, les autres compétences?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Me Paquin.
M. Paquin
(Mathieu) : De mémoire, il
me semble que non. Est-ce que vous m'accorderiez 30 secondes pour faire
une consultation?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Oui, bien
sûr.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Ça
va, Me Paquin?
M. Paquin (Mathieu) : Alors, oui, Mme
la Présidente. Un peu comme j'expliquais précédemment, de façon générale, la
loi sur le MRI, de la façon où elle
est bâtie, c'est qu'elle donne une compétence transversale au ministre,
donc, dans toutes les matières qui
relèvent des relations internationales. Là où on va peut-être
arriver avec des détails un peu plus
au niveau sectoriel, c'est lorsque, à
l'article 11, on va parler de la politique en matière de relations
internationales, où là on a une énumération illustrative où on va parler
du plan commercial, culturel, économique, politique et social.
Mais, de façon générale, la
Loi sur le MRI va
donner une conférence très large... une «conférence», excusez-moi, une compétence très large au ministre. Et
c'est la raison pour laquelle on ne verra pas de détails où on va dire :
Bien, le domaine de la culture, il
doit faire ceci, dans le domaine de l'agriculture, il doit faire cela. Ça a été
bâti de façon large pour qu'il soit responsable à tous égards des
relations internationales.
Mme Anglade :
Est-ce que, lorsque l'on parle des compétences, quand on regarde, d'analyser...
je regarde juste les articles qui
sont dans la loi présentement, on dit : «Analyser la programmation des
activités à l'étranger du gouvernement, de ses ministères», l'élaboration de la politique
en matière de relations internationales, quand on parle de relations internationales,
est-ce que nécessairement ça implique l'aspect économique, ou pas, ou il est
soustrait des relations internationales et c'est vraiment le ministre de
l'Économie qui s'en occupe?
La Présidente
(Mme IsaBelle) : M. le ministre.
M. Fitzgibbon :
Non, il n'est pas soustrait, parce que les délégués ont quand même un profil
important à jouer dans les régions où ils sont. Alors, non, je ne dirais pas
que... Il faut toujours qu'ils prennent leur «cue» du ministère de l'Économie. Alors, je pense qu'ils ont le
profil pour représenter le Québec largement défini. Bien sûr, quand on va
arriver dans les spécificités, il n'y
a pas un délégué qui va vouloir faire une approche économique sans consulter le