Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 25 April 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CAPERN 2017-04-25
Quebec — Committees
Des voix : Consentement.
Également, il s'agit
d'une excellente nouvelle pour, entre
autres, Mine Arnaud, qui travaille
sur son projet de mine d'apatite à Sept-Îles.
La Société du Plan Nord a mis en place les conditions d'accès propices au
démarrage du projet. Nous avons
annoncé, l'automne dernier, cette acquisition stratégique qui permettrait de
réduire, selon les données, de 82 millions
les coûts de construction de la mine. Un
appel de projets a également été lancé pour donner un nouveau souffle à
l'usine de bouletage de minerai de
fer située sur son site de Sept-Îles. La relance, donc, de cette usine va permettre
d'augmenter de façon significative le volume d'affaires de la société.
J'étais là, au lancement, il y a quelques semaines, et on me disait entre autres qu'il y avait 1 million de tonnes cette année, en fait à la
fin de 2016, et on aurait, à la fin de 2018, environ 14 millions de tonnes de minerai, là, c'est donc très
significatif, et ce, malgré un marché mondial volatil... nous continuons
à voir un contexte favorable au développement. Les signes sont extrêmement
encourageants.
Comme vous le savez,
nous sommes sixièmes au monde en termes d'endroit le plus attrayant en matière d'investissement, et ce, sur 104 régions.
12 mines sont actuellement en exploitation sur le territoire du Plan Nord.
Nous avons inauguré, le
12 octobre dernier, la première mine de diamant au Québec, la mine Renard.
Plusieurs autres projets d'exploration
ont été mis en branle dans les secteurs du fer, du phosphate, du graphite, du
lithium, du nickel. Et, à ce chapitre, nous pouvons également souligner
que la minière Osisko est active au nord de la mine Éléonore à la Baie-James,
et particulièrement, récemment, à l'est de Lebel-sur-Quévillon.
Afin de soutenir la réalisation de tous ces
projets, j'aimerais souligner que le Bureau de commercialisation a été créé. Ce
bureau vise à faire connaître à toutes les entreprises les besoins de nos
donneurs d'ordres. Nous avons bien sûr travaillé
à deux éléments qui, pour nous, sont très importants pour l'avenir du
développement nordique, c'est-à-dire les infrastructures routières et
également les télécommunications.
Plusieurs
infrastructures ont donc été consolidées au cours de l'année dernière : la
route de la Baie-James, entre autres,
et celle de la 389, qui relie évidemment la municipalité de Baie-Comeau à celle
de Fermont. Il ne faudrait pas oublier non plus la route 138, un projet
dont je m'occupe personnellement. La députée de Duplessis a d'ailleurs sans
doute remarqué que ce projet a maintenant
été identifié comme une priorité gouvernementale dans le cadre du dernier
budget qui a été fait.
routes ne sont pas la seule voie d'accès au territoire; nous devons aussi
penser aux moyens de communication. Quatre projets ont été
priorisés : le réseau plus performant au Nunavik; la région d'Eeyou
Istchee—Baie-James;
le raccordement au réseau de fibre optique
pour deux communautés; Schefferville, également, qui doit raccorder la fibre
optique — on parle de 200 kilomètres — et 10 millions de dollars sur deux ans
également pour en améliorer le réseau sur la Basse-Côte-Nord.
Cette
meilleure accessibilité va contribuer certainement à la qualité de vie des
communautés en place. Et, afin que
toutes ces mesures soient optimales, on a parlé récemment de l'engagement de
soutenir la création de l'Institut nordique jusqu'à concurrence de 30 millions de dollars. On sera donc
évidemment avec un institut qui sera en mesure d'aider à atteindre,
entre autres, nos objectifs de protéger à 50 % le territoire du Plan Nord
d'ici 2035.
peux donc, en conclusion, vous dire que la société est sur la bonne voie pour
répondre à ses engagements en gardant
en tête l'horizon 2035. En deux ans, plusieurs actions ont été posées, à la fois
des actions pour le développement économique,
mais aussi pour le bien-être des communautés, pour la protection de
l'environnement et pour la biodiversité. Les conditions de réussite ne sont plus que jamais en place. Nous avons
observé des signes intéressants de reprise dans plusieurs secteurs. Le Québec est en peloton de tête des territoires les
plus propices à attirer les investisseurs. Nous allons donc continuer dans cette voie, qui est
prometteuse pour l'avenir. Et les projets démontrent que nous avons fait les
bons choix au bon moment, et nous
avons mis en place un plan afin de moderniser notre économie, et ce plan
fonctionne. Les milliers d'emplois de
qualité que nous avons créés partout au Québec constituent actuellement une
éclatante illustration de ce que nous
faisons. Je vous remercie donc pour votre attention et il me fera plaisir
maintenant de répondre aux questions des membres de cette commission.
Merci.
Le Président (M. Habel) : Merci, M. le ministre. J'invite maintenant la
porte-parole de l'opposition officielle et députée de Duplessis à faire
ses remarques préliminaires pour un maximum de sept minutes.
Mme Richard : Merci, M. le Président. Je ne prendrai peut-être pas tout mon temps aux
remarques préliminaires. Vous
comprendrez que je vais avoir beaucoup de questions. Mais je tiens à vous
saluer, saluer les collègues également, M. le ministre, M. Robert Sauvé,
P.D.G. de la Société du Plan Nord.
Écoutez,
ce qu'on peut se rendre compte, c'est que, dans certaines régions, le Plan Nord
semble avoir pris un certain envol,
dans d'autres régions, je vous dirais qu'on se demande encore... on le cherche
encore, le fameux Plan Nord. Et on voit
aussi que... c'était titré dans un des médias : Un Plan Nord moins
ambitieux qu'il n'était auparavant. La Société du Plan Nord a été créée dans tout le brouhaha du
fameux Plan Nord où les prix des métaux, entre autres, M. le Président,
le prix du fer était à des sommets qu'on
n'aurait jamais espérés. Ça a créé, c'est sûr, une attraction, et là on vantait
les mérites de ce nouveau plan qui allait nous amener la prospérité, les
emplois, le développement de nos régions.
Forts
de constater qu'après tout ce lancement les résultats tant attendus ne sont pas
nécessairement au rendez-vous. Je
vais avoir énormément de questions, surtout par rapport à la nouvelle Société
ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire, à poser au ministre. J'espère avoir des réponses assez courtes parce que,
vous savez, M. le Président, que nous sommes régis par le temps. Et j'ai énormément de questions
aussi par rapport, bon, aux bureaux satellites qui sont, dans les différentes
régions du Québec qui sont au-delà du 49e parallèle, directement impliqués dans
tout le développement nordique.
Oui, il y a eu certains efforts de faits. Il y a
eu des conjonctures économiques aussi. Si je pense, entre autres, à l'acquisition des installations de Cliffs, c'est
malheureusement la faillite de la minière qui a fait en sorte que, bon,
c'était, je pourrais vous dire, un bon geste du
gouvernement de faire l'acquisition. Parce que c'est vrai que, sinon, c'est
tout le développement de la fosse du
Labrador... On arrivait au quai de Pointe-Noire, et on avait un quai
multiusager juste à côté, puis on n'y avait pas accès.
Je peux
saluer les bons gestes du gouvernement libéral, mais je peux dire également que
les attentes qui ont été créées par
rapport au gouvernement via le Plan Nord face à une population qui voulait à
tout prix de l'emploi, qui voulait développer
leur région, surtout dans ma région, malheureusement, le constat est très
négatif, M. le Président. Et j'espère qu'on pourra, durant l'étude des crédits,
d'avoir des bons échanges, mais ce qui me permettra d'en savoir un peu plus
sur la vision à moyen terme, tout au
moins... je ne demanderai pas, moi, jusqu'en 2035... mais, à moyen terme, de la
part que ce soit du P.D.G. de la
société ou du ministre. Donc, sur ce, je vais conserver mon temps pour les
questions, M. le Président. Merci.
Président (M. Habel) :
Merci, Mme la députée. Soyez sans crainte, je vais veiller à l'application du
règlement. J'invite maintenant le porte-parole du deuxième groupe
d'opposition et député d'Arthabaska à faire ses remarques préliminaires pour un
maximum de cinq minutes.
Lefebvre : Merci, M. le Président. Vous comprendrez que, moi aussi, je
vais faire les salutations d'usage, mais je vais également garder le temps pour les questions, qui sont
nombreuses. Alors, salutations au ministre, aux collègues du gouvernement, ma collègue de l'opposition
officielle, également tous les partenaires qui sont là. Le travail qu'on fait
présentement est un travail qui est très rigoureux
et qui permet justement de répondre aux questions auxquelles l'opposition
et le deuxième groupe d'opposition s'attendent.
Alors, je suis très heureux qu'on soit là
aujourd'hui pour parler du développement du Plan Nord. Et on sait l'importance du développement du Plan Nord. Je
suis un entrepreneur, donc, pour moi, le développement économique est quelque chose d'important. Et, un peu comme ma
collègue de l'opposition l'a dit, les attentes envers le Plan Nord étaient
quand même très élevées. Et il faudrait
peut-être voir, là, pourquoi, dans certaines régions, le Plan Nord n'a pas
répondu aux attentes des citoyens. Alors, là-dessus, je vais garder mon
temps pour la période de questions.
Président (M. Habel) : Merci,
M. le député. Je suis maintenant prêt à reconnaître une intervention de
l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange. Mme la députée
de Duplessis, la parole est à vous.
Richard : Merci, M. le Président. Donc, je vais y aller d'une première question.
On a le budget du ministère qui est
consacré, bon, au Plan Nord. On a un total de revenus de 173 millions, environ, là, 173,8 millions. Mais, quand on va dans les dépenses... Puis je comprends que,
dans les revenus, bon, on calcule la contribution qu'on a eue du Fonds du Plan Nord, 73 millions,
puis on a un 100 millions de contribution exceptionnelle.
Le 100 millions, en tout cas, moi, je ne sais pas si on va me le confirmer,
moi, je pense que c'est l'acquisition de la société qui a racheté... d'Investissement Québec... l'acquisition de Cliffs; on a un 15 millions pour le convoyeur qu'on avait lancé les appels d'offres
récemment; puis on a, je pense, un autre 15 millions, ou tout près, pour
un budget de fonctionnement.
Mais où je
m'interroge, M. le Président, c'est dans les dépenses. Et c'est au niveau
des ministères et organismes. On en a pour 54 millions. Et là on l'impute dans des dépenses. Souvent,
vous savez, quand le ministre vient en région faire une annonce en tourisme, même en santé... l'urgence de Sept-Îles,
je pense qu'ils vont la placer dans le Plan
Nord... et là on nous
disait : Bien, ça provient des ministères, mais c'est chapeauté par le Plan
Nord.
Mais là je
vois 54 millions : ministères et organismes. Moi, j'aimerais savoir où ça a
été... comment on peut me ventiler ou
tout au moins me donner une certaine explication sur ce 54 millions. Et également, dans autres mesures, j'ai trouvé particulier, M. le Président, que, dans le
Fonds d'initiative du Plan
Nord, le 2 millions, il est détaillé. On sait quels sont les projets, quelles sont les sommes qui ont été dévolues, à quel
endroit. Mais 10 millions pour autres mesures, je vous avoue que, dans les cahiers, je n'ai pas
retrouvé... il n'y a aucune donnée, en
tout cas, qui me permettrait d'avoir
des réponses.
Le Président (M. Habel) : M. le
ministre
Arcand : Très
bien. Écoutez, je vais d'abord juste
revenir sur un point que vous avez mentionné au début, qui, pour moi, est un
élément important. C'est que vous avez dit : Le Plan Nord,
il est moins ambitieux, parce qu'on parlait de 80 milliards à une
certaine époque puis là on est rendus à 50 milliards ou quelque chose
comme ça.
Je tiens à vous rappeler que, lorsqu'on a parlé,
en 2010, du Plan Nord, essentiellement, la différence entre le Plan Nord
de 2010 et celui d'aujourd'hui, ce sont, en grande
partie en tout cas, les investissements que doit faire Hydro-Québec. Et donc c'est un ajustement par rapport à la conjoncture du marché. En 2010, on pensait qu'on ferait beaucoup
de barrages d'ici 2035, parce qu'il
n'y avait pas encore l'indication que nous allions avoir véritablement, là, des surplus énergétiques, si
on veut, et que la situation de la consommation d'énergie allait diminuer au
cours des prochaines années. Alors, nous, quand on a refait et ajusté les chiffres, à ce moment-là, essentiellement, la grande différence, ce sont les investissements d'Hydro-Québec
que nous avons mis de façon beaucoup moindre. Et c'est ce qui explique cela.
Mais, pour le reste, le Plan Nord,
il est tout aussi ambitieux qu'il l'était avant. Il n'y a pas de différence
autrement que les investissements dans le domaine des barrages. Et la
députée sait très bien qu'au cours des prochaines années il y a
des projets éoliens qui vont coûter probablement moins cher, il y a du solaire qui s'en vient, il y a
d'autres types de projets. Et donc, comme on le sait, les barrages... Et
d'ailleurs la politique énergétique qui, pourtant... chaque fois qu'on en avait une, on parlait de construction de
barrages; cette fois-ci, on n'en parle pas, on ne dit pas qu'il y aura
des barrages d'ici 2030. Maintenant,
pour les détails techniques, je demanderais peut-être à M. Sauvé, avec la
permission de tous, de répondre à ces questions.
Le Président (M.
Habel) : Il y a consentement pour que M. Sauvé puisse prendre la
parole? Consentement. M. Sauvé.
Sauvé (Robert) : Robert
Sauvé, président-directeur général de la Société du Plan
Nord. Je pense qu'il fallait que je dise mon nom au moins une fois.
Voilà, c'est fait.
Deux
éléments de réponse. D'abord, concernant le 100 250 000 $,
effectivement, c'était pour procéder au rachat, par la Société du Plan Nord, de la SFPPN à Investissement Québec. Ça
comprend aussi la construction du convoyeur qui va permettre de relier le quai multiusager aux installations de
Pointe-Noire, de même que les frais de démarrage, et de relance, et de
remise en opération du site, et d'opération pour la première année. Ça, c'est
pour le 100 250 000 $.
Mme Richard :
Le 54 millions?
Sauvé (Robert) : Le 54 millions, je n'ai pas tout à fait le même
chiffre que vous, mais, de toute façon, c'est... Globalement, tout
l'argent qui est dédié au ministère, ça découle des priorités qu'on retrouve
dans le Plan Nord. Le Plan Nord est composé de 90 priorités
d'intervention, dont plusieurs sont la responsabilité de différents ministères
et organismes du gouvernement. Et, pour la
réalisation de ces priorités-là, il y a des sommes qui viennent des ministères,
des sommes qui viennent du Fonds du Plan
Nord. Toutes les sommes, maintenant, qui proviennent du Fonds du Plan Nord
transitent par la Société du Plan Nord, et
c'est dans le cadre d'une entente. Avec chacun de ces ministères-là, on
convient de ce à quoi va être utilisé
cet argent-là. Donc, pour chacun des ministères, il y a une
partie des fonds
qui vient du Fonds du Plan Nord,
l'autre
partie qui vient de leurs fonds propres. Parfois, c'est 100 %
d'une priorité qui est financée par le ministère, puis, d'autres fois,
c'est 100 % qui est financée par le Fonds du Plan Nord.
Mme Richard : Est-ce que ça serait possible, M. Sauvé, ou... je m'adresse aussi
ministre, de me faire parvenir, parce que je vois que vous ne les avez
pas en ce moment, puis le temps file, de me faire parvenir... Et je comprends, mettons, si c'est un projet en tourisme, que le
ministère du Tourisme peut avoir mis un certain montant, puis après la somme
est transférée à la Société du Plan Nord. Est-ce qu'on peut avoir, par
ministère, les sommes qui ont été investies, le 54 millions, plus détaillé? Je comprends qu'aujourd'hui, là, ça
serait quand même assez difficile de faire la ventilation.
M. Arcand :
...faire parvenir ça.
Mme Richard : Et sur les autres mesures également, j'aimerais ça... Parce qu'on l'a,
détaillé, pour 2 millions. Puis, sur les autres mesures, c'est
quoi, les autres? Pouvez-vous nous dire au moins c'est quoi, les autres
mesures, le 10 millions qui est engagé pour autres mesures?
M. Sauvé
(Robert) : Les autres mesures, c'est des mesures qui ne sont pas
comprises dans les ententes qu'on a avec
les ministères, qui sont des projets qu'on pourrait qualifier d'ad hoc. Il y a,
là-dedans, un investissement pour La Société
ferroviaire du Nord québécois, donc l'étude sur le troisième chemin de fer; il
y a des projets de télécommunications qui
n'étaient pas nécessairement dans le cadre d'une entente où on est directement
responsables, la Société du Plan Nord, parce que c'est un projet
d'infrastructure en télécommunications; et il y a aussi un investissement, par
exemple, dans l'Institut nordique pour la
mise en place de l'Institut nordique du Québec. C'est ce genre de projets là
qui sont des projets qui sont un peu uniques, si on veut, puis qui ne
sont pas liés à des ententes avec les ministères.
Mme Richard :
Vous vous engagez à me la déposer éventuellement, la ventilation détaillée?
Mme Richard : J'apprécierais, parce que c'est avec ces données-là, M. le Président, qu'on est à même de constater quels sont les réels investissements
qu'il y a eus sur le territoire du Plan Nord.
ministre en a parlé d'entrée de jeu, puis je vais
juste y faire référence quand il dit : Bon, le Plan Nord
n'est pas moins ambitieux, c'est à
cause des projets hydroélectriques, bon, etc. Je veux juste lui dire qu'à
certains endroits le Plan Nord... puis il ne l'avouera peut-être
pas aujourd'hui, mais disons qu'on avait prévu autre chose que ce
qui est la réalité, là, concrètement, sur le terrain, là. Je parlerais entre
autres de ce qui se passe dans la région de Sept-Îles, de Havre-Saint-Pierre, où on est tributaires du prix du fer, et on n'a pas une mine de
diamants, on n'a pas diversifié notre économie. Mine Arnaud, on ne l'a pas encore, même si,
après l'acquisition justement des installations de Cliffs... Et c'est là
que je veux aller, sur les installations de Cliffs.
La Société du Plan Nord, l'année passée, était en
discussions avec deux partenaires qu'on ne pouvait pas nommer à ce moment-là. On peut les nommer
maintenant : c'est Tata Steel et c'est Champion. Vous êtes venu il y
a quelque temps à Sept-Îles avec ces partenaires dire
que, bon, on lançait la Société ferroviaire et portuaire puis qu'on avait des
partenaires. Moi, je connais deux
partenaires, puis là vous les avez rendus publics. Et, à un moment donné, soit
dans des revues de presse ou autres, ou de par de vos déclarations, et
même d'entrée de jeu, vous l'avez dit : Il pourrait y avoir d'autres
partenaires qui se joignent à la société. Mais éventuellement, parce que là, ce
n'est comme pas encore signé.
que je comprends, M. le Président, c'est que présentement c'est vous et moi, et
tous les Québécois, via la société, qui
avons payé 100 % des installations de Cliffs. Je dois comprendre aussi que
les 39 employés qui travaillent à la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire sont
payés par la société. L'appel d'offres qui a été lancé, de 15 millions,
pour le convoyeur, c'est la société.
Là, on va aller en partenariat avec Tata, avec Champion. Puis là on me dit que
ce n'est pas encore finalisé. Est-ce que, de un, on va pouvoir, un jour,
avoir cette entente-là?
de deux, je vous avoue que j'ai été extrêmement étonnée, M. le Président, dans les questions que nous avons
demandées au gouvernement. Vous savez, on
demande... comment ça fonctionne, les
crédits, on envoie une demande de questions
puis on attend des réponses. Est-ce que là je vais avoir la réponse du
ministre? Je ne sais pas s'il va démentir ou qu'il va mieux nous guider. Mais, pour rentabiliser les
investissements de tout ce qu'on a injecté comme argent pour justement désengorger — entre
autres pour la voie ferrée, là, pour que, quand ça vient du Nord, là, puis que
ça puisse prendre le bateau — il faut une rentabilité. Là, on fait des partenariats, et la rentabilité, ça va être sur le tonnage qu'on
va transiter.
fait que moi, j'ai demandé : Est-ce qu'on a une idée des tarifs qu'on va
charger aux utilisateurs? Savez-vous ce
qu'on m'a répondu? On m'a répondu que la question n'était pas pertinente. Ça
fait que moi, j'espère que le ministre va
me dire si je suis complètement dans le champ, là. Ce n'est pas pertinent de
savoir comment on va charger la tonne
à tout ce qui va transiter sur le
chemin de fer qui donne l'accès, là, parce
qu'on paie un convoyeur, hein? Pour ça, des fois, je suis très expressive et j'explique beaucoup parce
qu'il y a des gens qui ne comprennent pas. Mais le ministre, il comprend
très bien. On m'a dit que ce n'était pas pertinent. Moi, je pense que c'est
pertinent.
Deuxième
question puis j'ai terminé, M. le ministre, vous allez pouvoir me
répondre : Tata et Champion, ils vont produire du minerai. Peut-être pas Champion tout de suite; Tata, il en
produit déjà, ils ont des ententes avec IOC, mais ils ont fait un premier chargement via, hein, le
nouveau quai multiusager. Puis ils prévoient du tonnage cette année, puis dans
les années qui viennent, parce qu'ils investissent beaucoup, puis c'est normal,
puis on est bien contents.
Mais,
si une nouvelle compagnie arrive dans le décor, là... Vous avez deux
partenaires officiels dans votre société en commandite. On ne sait pas s'il ne
va pas en avoir d'autres puis on ne sait pas combien vous allez leur charger la
tonne. Si je suis partenaire, moi, de
la Société ferroviaire portuaire, je n'ai pas droit à un privilège? Si une
nouvelle compagnie arrive, est-ce
qu'elle va avoir la même tarification? Puis ça ne se peut pas, M. le ministre,
que ça ne soit pas déjà prévu parce que ça fait
partie de vos revenus.
Comment allez-vous rentabiliser les investissements de près de
100 millions?
Le Président (M.
Habel) : M. le ministre.
Arcand :
Écoutez, bon, premièrement, la raison pourquoi on a dit que ce n'était pas
pertinent, en passant, c'est que ce
n'était pas pertinent dans le cadre de l'étude de crédits, d'une part, mais je
veux juste vous rassurer sur une chose. D'abord, la façon dont l'entente a été faite, il y a une entente de base
et on doit terminer avec une entente finale avec les entreprises dans laquelle on se donne la
flexibilité nécessaire pour qu'il puisse y avoir des partenaires, ensemble, qui
vont pouvoir avoir de l'accès.
Maintenant,
sur la question du tarif, écoutez, ça sera une négociation à avoir avec les
différents intervenants. Vous le
savez, ce que les gens qui décident d'être partenaires... ce qu'ils ont
évidemment, c'est d'avoir un accès qui est présent parmi nous. Alors,
ça, c'est extrêmement important.
Maintenant,
sur la rentabilité comme telle de la société, je vais vous donner les trois
chiffres que je mentionne souvent.
Quand, à la fin de l'automne, Tata a décidé d'envoyer le premier bateau, si on
veut, à la fin de l'automne, on parlait
de 250 000 tonnes de minerai de fer. Cette année, on parle d'environ 1
million de tonnes de minerai de fer. Et, en 2018, et ça, ce n'est pas une prévision qui est de moi, mais c'est une
prévision qui est des gens qui dirigent la société, ça va être environ 14 millions de tonnes. Et le
niveau de rentabilité ou enfin le niveau dans lequel cette société-là peut être
rentable, ça va être autour de 15 millions, donc on est quand même
très près, déjà, en partant, là, de ça, dans un premier temps.
deuxième élément que j'aimerais dire, c'est qu'on a, avec les terrains que nous
avons achetés, quand même une valeur
qui est très importante parce qu'on a des terrains qui nous permettent d'avoir
un accès extraordinaire à un port, soit
dit en passant, qui a le potentiel d'ailleurs d'être aussi performant que le
port de Vancouver. Le port de Sept-Îles, là, c'est un port qui a
vraiment des capacités énormes pour être performant et qui sert non seulement
d'ailleurs pour le Québec, mais plusieurs entreprises de Terre-Neuve s'en
servent également, du port de Sept-Îles.
Alors, tout ça pour
vous dire qu'il y a quand même énormément de possibilités. Et moi, je ne suis
pas inquiet comme tel de la rentabilité.
Déjà, on a des appels d'offres pour l'usine de bouletage dont nous sommes les
propriétaires. Et donc, au départ, on
s'est donné une marge de manoeuvre dans l'investissement pour l'opération de
cette société ferroviaire et portuaire.
Et en plus, bien, j'imagine qu'on va recevoir un montant d'argent pour l'usine
de bouletage, on a des appels d'offres. Et ça, bien, c'est des revenus
également pour le gouvernement de ce côté-là.
Donc,
je tiens simplement à vous dire que les prévisions sont prudentes, réalistes,
mais la société ne sera certainement pas un gouffre sans fond, là, je
tiens à vous rassurer là-dessus. Déjà, les chiffres sont très positifs pour
l'avenir.
Le Président (M.
Habel) : Mme la députée.
Mme Richard : Écoutez, je comprends, M. le Président, que le
ministre essaie de me rassurer, mais moi, je veux juste rappeler au ministre que c'est quand même
l'argent de tous les Québécois. Puis, quand on a discuté, l'année passée,
de la société pour ladite Société
ferroviaire et portuaire, on était conscients que, pour l'instant, on payait
100 % des acquis puis que, par
la suite, ça pouvait être un tiers-un tiers. C'est un peu le profil, en tout
cas, qu'on avait de cette... Moi, je vais dire : Une filiale
également.
Vous
nous parlez des revenus de 15 millions. Là, j'essaie de voir : si je
suis une compagnie comme Champion, moi,
j'ai un partenariat avec vous, puis je vais vous poser la question :
Est-ce qu'éventuellement on va être capables de connaître l'entente quand elle va être terminée? Parce que, si j'ai un
partenariat avec vous d'un tiers et, bon, je participe à un tiers des
dépenses, bien là, les installations, le gouvernement les a déjà acquises.
Arcand :
Je comprends, mais, dans la société portuaire, pour eux, ce qui est important,
c'est un investissement stratégique.
Un investissement stratégique. Eux, là, ce qui est important pour eux, c'est
d'avoir des coûts sous contrôle à ce
niveau-là et également de pouvoir, avec la mine, de façon générale, dans la
globalité, être capable d'être rentable. C'est ça qui, pour eux, est
important d'abord et avant tout.
Mme Richard : M. le Président, je comprends très bien ça. Pour une compagnie, c'est
extrêmement avantageux. Puis,
écoutez, c'est le fun quand on a des compagnies qui ont des avantages comme ça.
Mais, comme gouvernement qui a investi
au nom des Québécois, qui a payé 100 % des installations, qui crée une
société en commandite un tiers-un tiers, moi, je vous demande : Vous... On dit qu'on va avoir des revenus.
Présentement, vous avez 15 millions, là, que vous avez mis pour faire fonctionner la société, bon, vous devez
avoir quand même un certain plan de match pour dire : Bien, on
devrait signer prochainement.
la deuxième question que je veux aller, c'est : Quand ça va être signé,
que ça va être officiel, le partenariat, les deux partenaires, est-ce qu'ils vont contribuer à payer, bon, les
employés qui sont là, l'entretien des infrastructures, et tout ça, là?
Arcand :
Oui. Écoutez, juste pour que vous compreniez très bien, là, c'est que les
partenaires, là, ils ne rentrent pas
là gratuitement, là. Je veux dire... Je veux juste comprendre ça. Je comprends
que le gouvernement, dans ce cas-ci, a pris le leadership. Mais il est
clair, et ça, ça va faire
partie de l'entente finale, de la négociation qui va
avoir lieu...
Le Président (M.
Habel) : Merci.
Arcand :
...les partenaires vont devoir rembourser...
Le Président (M. Habel) : Merci beaucoup. Le temps imparti est terminé. À
moins que vous vouliez continuer sur le temps gouvernemental?
Arcand :
Je veux juste terminer, peut-être, là. Les partenaires vont rembourser une
partie de l'investissement de la Société du Plan Nord, là, quand le plan
d'investissement final sera connu.
Le Président (M. Habel) : Merci beaucoup. Le temps imparti à l'opposition
officielle est terminé. Je cède maintenant la parole au député d'Ungava.
Boucher : Alors, bonjour à tous. Bonjour, M. le ministre; bonjour à M.
Sauvé, qui vous accompagne; M. Émond. Bonjour
aux gens en arrière. Je vois des gens de la Société du Plan Nord, de votre
cabinet, d'autres que je n'ai pas l'honneur de connaître. Mais on aura l'occasion de se présenter tout à l'heure.
Bonjour aux collègues de même qu'aux collègues des deux oppositions puis
bonjour à ceux qui nous écoutent cet après-midi.
Écoutez,
le Plan Nord, on en parle beaucoup, on en parle depuis longtemps. Je vais vous
dire que, chez nous, ça suscite
énormément d'engouement. On parlait du port de Sept-Îles tantôt; je peux vous
dire que s'il y avait... proposez-moi une
façon de déménager le port de Sept-Îles à Chibougamau, là, puis on fait ça
lundi matin sans aucun problème. Mais malheureusement je ne pense pas
que ça va être possible à coût raisonnable, ça fait qu'on va laisser tomber le
projet. Tu sais, il ne s'agit pas d'opposer les régions les unes aux autres.
Des bons emplois à Sept-Îles, c'est profitable pour Montréal, pour Québec, pour Chibougamau, pour Ivujivik. Mais, chez nous,
tu sais, on est un petit peu jaloux du port de Sept-Îles malgré tout,
puis je pense que c'est de bonne guerre, là; il n'y a pas de problème avec ça.
territoire est tellement grand, hein? On parle du Plan Nord, c'est
1,2 million de kilomètres carrés, dont plus que 70 % dans le comté d'Ungava, au-dessus de 860 000 — j'aime toujours le dire, ça pourrait presque
s'appeler le plan Ungava — plus que 860 000 kilomètres carrés qui
se passent chez nous, dans ma cour. Donc, pour moi, c'est une fierté. J'étais, la semaine dernière, là, dans une réunion
à Lebel-sur-Quévillon de l'Administration régionale de la Baie-James. Je
peux vous dire qu'auprès des élus chez nous ça suscite beaucoup d'engouement,
beaucoup d'optimisme.
Est-ce
que ça veut dire qu'on marche dans le trèfle à quatre feuilles jusqu'aux genoux
puis qu'on coupe ça à la débroussailleuse?
Non, pas encore. Mais est-ce qu'il y a assez d'argent? Non, il n'y en a jamais
assez, ça en prendrait plus. Est-ce qu'il y a assez de projets? Non, il n'y en
a jamais assez, on en voudrait plus. Mais, en même temps, la Société du Plan Nord... puis le Plan Nord, si on
ne l'avait pas, je pense qu'on le voudrait. Là, on l'a, là, puis l'idée, c'est d'en tirer le meilleur parti possible et puis
comment le rendre le plus bénéfique, là, pour la population puis l'économie du
Nord en général.
Ce territoire-là, bon, on en parlait
tantôt, c'est tellement grand, là, que, je veux dire, la France pourrait
contenir... Mon comté contient la France à lui tout seul. C'est deux
fois la France. Donc, l'accès au territoire, dans tout ça, c'est important, parce qu'on aurait beau avoir des
richesses et puis des projets ici et là, si on ne peut pas s'y rendre, ce n'est
pas d'avance.
Dans
un premier temps, je vais vous parler de la route de la Baie-James. Vous savez,
la route de la Baie-James, ça a été
tout un exploit technique, là, à l'époque de la Baie James, hein? Il y a bien
des gens qui ne sont pas au courant de
ça. Ça a été une route... bon, dans le temps, on disait «des milles», ce
n'étaient pas des kilomètres... On a construit 400 milles de route en pleine toundra, «in the middle of
nowhere», comme on dit à Paris. 400 milles en 400 jours pour 400 millions.
Je pense que techniquement, là, je veux
dire, accoter ça, même encore aujourd'hui avec les moyens qu'on a, on aurait
de la misère.
relie, bon, Chisasibi à Radisson puis à Matagami. C'était emprunté... Bon, à
l'époque, quand les barrages de la Baie James ont été construits, bon, la
majorité du matériel a été transité par cette route-là. Puis, au fil du temps,
bien, c'est sûr que d'autres tronçons
se sont greffés, puis il y a maintenant 11 000 personnes puis des projets
importants, là, comme la mine
Éléonore, de Goldcorp, qui l'utilisent régulièrement. Et puis on reconnaît que,
bon, la route de la Baie-James a
vieilli, comme nous tous d'ailleurs, malheureusement. On aimerait arrêter le
processus de vieillissement, mais...
En tout cas, j'ai essayé; dans mon cas, ça ne marche pas, je vous le dis tout
de suite, là. S'il y en a un qui a la recette, vous viendrez me voir après, on va en parler. Et puis cette route-là a
besoin, là, d'être remise à niveau pour les projets qui s'en viennent.
fait que, dans un premier temps, j'aimerais, là — soit M. le ministre ou M. Sauvé, là, je vous
donne à l'avance mon autorisation et
ma bénédiction pour qu'un ou l'autre puisse me répondre — qu'on parle un petit peu, là, de la route de
la Baie-James.
Le Président (M.
Habel) : Oui, M. le ministre.
Arcand :
Écoutez, d'abord, la route de la Baie-James, c'est quand même un tronçon
majeur. Évidemment, depuis les années 70, en fait, la route de la
Baie-James était là, utilisée évidemment, principalement, au départ, par Hydro-Québec. C'était un accès terrestre aux sites
des projets. Et, au fil du temps, évidemment, il y a eu d'autres tronçons
qui se sont greffés à cette artère
principale, qui dessert maintenant 11 000 personnes, des projets
économiques importants, entre autres les projets de Goldcorp, entre
autres, pour ne mentionner que ceux-là. Goldcorp, c'est quand même des
investissements d'au-delà de 1 milliard de dollars. Et donc c'était
important de pouvoir regarder ça.
Nous
avons pris ça à bout de bras parce que, la route de la Baie-James, il y avait
le ministère des Transports qui considérait
que c'était la route d'Hydro-Québec, puis Hydro-Québec qui disait : Bien,
on en a un peu moins besoin parce qu'évidemment le barrage a été complété
depuis nombre d'années. Les compagnies forestières, les nations autochtones
ne voulaient pas trop s'embarquer non plus
dans des investissements de ce type-là, mais nous croyions sincèrement que
c'était la responsabilité du
gouvernement de pouvoir faire en sorte qu'on puisse travailler sur une
réfection correcte de la route de la Baie-James.
réalité qui est devant nous, c'est que nous avons réalisé un plan de gestion du
projet. Ce projet-là a été approuvé par
le Conseil des ministres en décembre 2016, et l'option qui a été retenue,
c'est un investissement de 265 millions de dollars sur sept ans. Évidemment, un des scénarios qui est retenu, c'est
qu'on aimerait que ce ne soit pas seulement le gouvernement du Québec seul, et Hydro, et d'autres qui soient appelés à
financer ça, on veut que ce soit aussi le gouvernement fédéral. Et donc il y a des discussions
actuellement avec le gouvernement fédéral. Mais clairement, sur le
265 millions, la Société du Plan Nord va investir, à tout le moins,
165 millions.
Alors,
je pense que c'est très important de bien comprendre ça et de voir qu'en 2017
déjà on va commencer à faire les
travaux, parce que je dirais que la route de la Baie-James a besoin de beaucoup
d'amour au cours des prochains mois et
des prochaines années. Alors, je pense que c'est un investissement important,
stratégique pour nous, et surtout que ce que l'on voit maintenant, c'est qu'il y a de la place pour d'autres
développements miniers importants dans l'avenir. Je ne sais pas si, M.
Sauvé, vous aviez autre chose à ajouter par rapport à ça.
M. Sauvé
(Robert) : Non.
Le Président (M.
Habel) : Merci, M. le ministre. M. le député d'Ungava.
Boucher : Merci infiniment. Je peux vous dire que, pour avoir fait une
partie de la route de la Baie-James à
l'été 2014, c'était catastrophique, là.
Ça prenait pratiquement un 4x4, là, pour aller là, puis, encore une fois, il ne fallait pas rouler
trop vite. Je l'ai fait, bon, à chaque année. La dernière fois que je l'ai
fait, c'est l'automne dernier. Je peux vous dire que, bien que les travaux ne soient pas officiellement commencés, elle a reçu beaucoup d'amour parce
que les pires bouts ont été vraiment
aplanis et égalisés.
puis on parle, bon, de mines, etc., mais c'est le tourisme aussi, hein? Je
pense que tout Québécois qui se respecte devrait au moins une fois dans sa vie aller visiter les grands ouvrages
de la Baie James, barrage Robert-Bourassa, et puis... Sauf qu'une petite famille qui part en campeur, si
c'est pour démolir ton campeur en chemin puis revenir avec 5 000 $ de réparations, je ne suis pas sûr que c'est bien intéressant. Donc, la
route de la Baie-James sera une porte d'entrée vraiment intéressante
pour ces gens-là.
Puis
on parle souvent, là, bon, aux États-Unis, l'échange d'argent. J'invite tout le
monde, là, qui nous écoute, qui nous regarde, avant de dépenser
1,30 $ dans le dollar pour aller à Plattsburgh ou Old Orchard, pensez
peut-être aller visiter des endroits comme
ça, où vous aurez un dollar pour votre dollar et puis voir des choses vraiment
exceptionnelles.
Hein, on parlait tantôt, bon, des
mines, etc. Il y a la route des monts Otish, ici, que je veux souligner en
passant. On parlait tout à l'heure de
la mine Renard. Vous savez que les premiers diamants, officiellement, seront
mis en vente dans deux semaines chez
Birks, petite publicité gratuite en passant, si jamais il y a des gens parmi
vous, là, qui est fortuné puis qui
veut porter fièrement un diamant québécois. Je vous y invite. On ne le dira pas
trop fort, ça fait
partie de mes projets,
mais... On ne le dira pas fort, ma femme écoute souvent, donc je ne voudrais
pas me mettre dans le trouble non plus.
route, c'est bien beau, mais il y a beaucoup d'endroits, puis c'est le cas de
mon comté, où, physiquement, c'est impossible de se rendre là autrement
qu'en avion ou, pratiquement... ça y va en auto, mais là est-ce qu'on va se
taper 20 heures de route pour une
réunion de trois heures puis dans un agenda déjà chargé? Ça fait que le
transport aérien, c'est quelque chose au côté duquel, là, c'est
difficile de passer.
Puis,
bon, je vous accompagnais ce matin, M. le ministre, on était de l'autre côté,
là, au centre de congrès... Il y aurait un forum puis une tournée régionale concernant le transport aérien
régional, alors j'aimerais que vous me parliez un peu c'est quoi, cette bibitte-là, là, qui est quand
même relativement nouvelle — parce que l'annonce a été faite ce
matin — et
puis comment tout ça vient s'encadrer dans le Plan Nord, là.
Arcand :
Bien, d'abord, je vous remercie de la question parce que c'est un élément qui,
pour nous, est extrêmement important.
Les gens nous parlent beaucoup de la situation dans le domaine du transport. Ce
que l'on constate au départ, c'est
qu'il y a beaucoup d'entreprises dans le domaine du transport actuellement au
Québec, particulièrement dans le
transport aérien, entre autres. Il y a des entreprises qui sont à la fois
propriété de promoteurs privés, de communautés autochtones. Il y a beaucoup de joueurs, mais il ne semble pas y avoir
énormément de communication dans le but d'activer la situation.
Alors, la
constatation que nous, on a fait, c'est qu'on a dit : Par exemple, si vous
prenez un vol qui vient de Montréal et qui
va jusqu'à Val-d'Or, et vous prenez un vol qui va de Toronto vers Timmins,
c'est à peu près la même distance. Et
ça coûte deux fois moins cher, Toronto-Timmins, que Montréal—Val-d'Or. Alors, la question qu'on s'est posée,
c'est : Pourquoi c'est comme ça? Quelle est la problématique? Comment on
peut corriger la situation? Comment on peut essayer de voir est-ce
que véritablement on peut travailler à améliorer ces éléments-là?
Alors,
l'idée nous est venue, évidemment, de tenir un sommet régional sur le transport
aérien, parce qu'il n'y a pas juste
évidemment la région de Chibougamau, il n'y a pas juste Kuujjuaq, il n'y a pas
juste la Baie-James. On a les mêmes problématiques
aux Îles-de-la-Madeleine, on a les mêmes problématiques à Sept-Îles, on a les
mêmes problématiques dans plusieurs
municipalités du Québec, et donc on a tout intérêt à essayer de travailler à
faire en sorte que les joueurs puissent
mieux se parler, probablement mieux se coordonner. Et, si ça peut mener en bout
de ligne à une intensification des
vols éventuellement — on
l'espère — une plus
grande compétitivité... qui dit plus grande compétitivité va pouvoir
dire, évidemment, réduction des tarifs pour les gens.
Mais
je pense que c'est un des éléments très importants. Combien de fois, moi, pour avoir été souvent
dans toutes les régions du Québec,
on m'a dit et répété encore une fois que c'est un des enjeux très importants? Il y avait deux enjeux qui
reviennent constamment, au-delà de la qualité des services, de l'importance d'avoir
des services : ce dont les gens me
parlent toujours, c'est évidemment toute la question du transport, transport aérien, des routes,
élément très important et, aujourd'hui, ce dont on me parle aussi beaucoup,
c'est évidemment les télécommunications. Le service Internet n'est pas assez performant, il
faut travailler pour que le service soit meilleur, et ainsi de suite.
Alors,
ce sont les éléments sur lesquels on travaille actuellement. Mais une chose est
certaine, le temps est venu au Québec
de travailler à faire en sorte que notre transport régional soit beaucoup plus
efficace. Comme vous le savez aussi
sans doute, il y a des sociétés d'État qui sont des gros utilisateurs, entre
autres, d'avions, de transport aérien. Alors là aussi, il y a peut-être une
contribution qui pourrait être faite, d'une certaine façon, pour qu'on puisse
assurer des vols plus constants, des
vols qui vont éventuellement nous coûter un peu moins cher. Mais
essentiellement je vous dirais que c'est ce que l'on a en arrière de la tête, c'est-à-dire de faire en sorte que ces
joueurs-là puissent se parler, et le gouvernement a un rôle à jouer
d'occupation du territoire. Il veut l'assumer pleinement.
Boucher : Alors, merci beaucoup, M. le ministre. Juste une petite
anecdote. Moi, j'ai un bureau à Chibougamau, un bureau à Kuujjuaq, dans mes
bureaux de comté. Si je veux partir de Kuujjuaq en avion puis aller à
Chibougamau par ce qu'on appelle les
vols réguliers, là, le «sched», c'est un voyage de deux jours avec deux
compagnies d'avion, et l'aller-retour coûte
environ 5 000 $. Donc, l'agence de voyages avec qui je fais affaire,
là, pour faire émettre mes billets, elle me disait : Tu sais que je vends
régulièrement des billets pour aller à Shanghai, pour aller à Tokyo puis ça
coûte pas mal moins cher que ça? Je le sais, je suis au courant.
Écoutez,
il nous reste peut-être une minute. M. le ministre, vous avez dit tantôt...
vous avez parlé que la route 138, bien,
que ce n'est pas dans mon comté, vous en faisiez une affaire personnelle.
Alors, je vous offre cette minute-là, là, pour me parler de ça.
Arcand :
Bien, tout ce que je peux vous dire sur la route 138, c'est que, vous le savez,
quand j'entends parler qu'on fait des
réunions avec les maires et que, entre autres durant l'hiver, ces maires-là
doivent venir avec des skidoos, là, il y a quelque chose qui ne
fonctionne pas. Quand j'ai vu les problématiques, entre autres, du navire
Bella-Desgagnés récemment encore, et, entre
la fin décembre et le début janvier, ça m'a préoccupé, évidemment. Et donc on
est en discussion de façon très
intensive, c'est le mandat qui a été donné également à M. Sauvé, de travailler
avec le ministre des Transports pour
qu'on puisse en arriver le plus rapidement possible à un plan qui va nous
permettre de faire en sorte qu'on puisse compléter un jour la route 138 et que ce jour ne soit pas si lointain
que ça. Alors, pour moi, c'est très important, et majeur, et j'en fais
une affaire personnelle.
Boucher : Merci infiniment, M. le ministre.
Le Président (M. Habel) : Merci beaucoup. Je cède maintenant la parole au
député d'Arthabaska pour un temps de 16 min 30 s.
Lefebvre : Merci, M. le Président. Très intéressant. Je trouve bien
drôle votre petite anecdote, là, que vous nous avez contée. Chaque député a des réalités différentes, hein? On
parle de Montréal, au centre-ville, qui est dans un petit, petit rayon,
puis je pense toujours à vous, à l'extrémité.
parle de Pointe-Noire, à Sept-Îles. Le gouvernement a payé
66 750 000 $, et là on a deux nouveaux partenaires à
2 millions. Comment on a réparti les parts dans l'entreprise? Comment le
deal s'est-il fait?
Arcand :
Je vais peut-être demander à M. Sauvé de répondre à ça.
Une voix :
Oui, pas de problème.
Sauvé (Robert) : Le 2 millions, bien, il est partiel et
temporaire... pas temporaire, il est permanent, mais il est partiel dans le sens où il y a, dans toutes les
sociétés de ce type-là — les sociétés en commandite — un commandité et un commanditaire. Le commandité, qui est en charge
des opérations, si on veut, est constitué d'une structure de partenariat
de 1 million par partenaire. Donc, il y
a : 1 million, Société du Plan Nord; 1 million, Tata Steel;
1 million, Champion. Ça, c'est juste pour créer la société du
commandité.
commanditaire, pour le moment, c'est la Société du Plan Nord, qui est
entièrement propriétaire des actions qui sont liées au commanditaire,
mais elles seront rachetées par les deux partenaires et éventuellement par
d'autres partenaires également,
graduellement. Et ces actions-là, bien, valent au-delà de... sont évaluées à
100 millions, en fonction
de la transaction qui a été faite.
Lefebvre : Donc, ce que vous
me dites, c'est que les terrains, les terres, les équipements, tout ça,
appartiennent à la Société du Plan Nord.
Sauvé (Robert) : Exactement.
Et ce que les sociétés minières vont engager... quand elles vont s'engager,
ça va être pour s'acheter, dans le fond, un droit d'accès garanti.
Lefebvre : Est-ce que le gouvernement veut rester seul propriétaire de ces terres-là ou on va en vendre,
comme vous dites, là, aux différents partenaires qui vont devenir...
Sauvé (Robert) : Il y a
500 kilomètres carrés qui sont directement liés aux
opérations ferroviaires, donc qui vont être
vraiment les infrastructures utilisées pour le transbordement et pour la
manutention du minerai, et il y a 700 kilomètres, en
plus, de terrain qui pourrait être utilisé pour des fins industrielles.
Et, pour ce bloc-là, éventuellement... Là, on est en train de démarrer les infrastructures portuaires, mais, plus tard, ces
700 hectares là vont pouvoir être utilisés pour d'autres fins, et
on verra sur quelle base on pourra développer des partenariats là-dessus.
Lefebvre : Ce que je
comprends, c'est que le 500 kilomètres carrés, au
niveau portuaire, ça, le gouvernement veut le protéger pour que...
Arcand :
Absolument.
M. Lefebvre :
Oui, c'est ça. Ça, c'est...
Arcand : Il est très clair que, pour le gouvernement, on a vécu pendant de nombreuses années des problématiques reliées au fait que ce terrain-là avait été acheté par la
minière Cliffs, à l'époque, et disons qu'il y avait eu un pouvoir de nuisance assez développé. Et donc ce problème
qu'a eu la société Cliffs est devenu, pour nous, une opportunité. Et
cette opportunité nous permet, je pense, de
pouvoir acheter ce terrain-là à un prix qui, dans les circonstances, n'était
pas un mauvais deal, d'après nous, et c'était une bonne entente. Et déjà,
simplement de vendre éventuellement l'usine de bouletage va être extrêmement
bénéfique pour nous.
L'autre
élément, encore une fois, puis je dis, puis je le répète, puis on s'assure
de cela dans toute négociation de contrat, c'est que l'accès multiusager
n'est absolument pas négociable.
Lefebvre : Au niveau
du conseil d'administration, est-ce qu'il y a un conseil d'administration présentement
qui a été déjà nommé? Parce que, si on va sur le site, on ne voit pas de conseil
d'administration qui a été établi.
Sauvé (Robert) : Actuellement, pendant qu'on est dans cette structure qui est encore un peu
transitoire, si on veut, le conseil d'administration est constitué d'un représentant de la Société du Plan Nord, d'un représentant de Tata Steel et d'un représentant de
Champion.
M. Lefebvre : O.K. Puis est-ce qu'il
y a un autre conseil d'administration ferme qui va être formé avec un certain
nombre de membres du gouvernement qui vont être sur ce conseil d'administration
M. Sauvé
(Robert) : Au fil des partenariats...
Arcand : Ça va évoluer. Ça va évoluer, mais disons qu'on
est au départ de cette société-là, bien, il va y avoir sûrement
un conseil d'administration. On va s'assurer dans un premier temps de voir
si seulement ces deux entreprises-là vont
être là ou s'il y aura d'autres entreprises. Il y en a qui ont manifesté de l'intérêt. Alors,
on va essayer de stabiliser cette forme d'intérêt là, et après ça on
pourra procéder de la façon suivante.
Mais une
chose est certaine, c'est que le gouvernement veut s'assurer que les
opérations... parce que, dans le fond, c'est
de ça dont il s'agit : On veut s'assurer que les opérations de
transbordement puis les opérations minières se déroulent normalement,
sans qu'il y ait le genre de chicane qui a existé par le passé.
Lefebvre : On entend déjà parler depuis quelque temps, là, qu'il y a
des nouveaux joueurs qui vont peut-être s'ajouter. Est-ce qu'il y a des
négociations qui sont entamées avec des nouveaux partenaires possibles?
Arcand : Oui, oui, oui. Il y a
des négociations. Un des éléments sur lesquels je tiens à rappeler les
conditions non négociables du
gouvernement, c'est l'accès multiusager aux actifs. Évidemment, le partenariat
doit être ouvert parce qu'on veut
qu'il y ait d'autres utilisateurs, donc il faut que ça soit un partenariat...
donc, il y aura une dilution, si on veut, des actions au fur et à mesure qu'on aura des partenaires qui vont être
ouverts. Les services doivent être offerts au meilleur coût possible,
c'est quand même un élément important, comme vous le savez. Le transport, ça
fait
partie des coûts de production, et, si on n'est pas compétitifs...
Puis, pour
nous, c'est très important, parce que le Québec, contrairement à l'Australie,
par exemple, qui est pas mal plus près de la Chine... alors, le Québec
doit trouver des façons d'être compétitif à ce niveau-là, alors ça, c'est un
des éléments pour nous, aussi, qui est
important; et aussi, bien sûr, d'avoir un objectif, quand même, que ce ne soit
pas déficitaire, que même il y ait un objectif de rentabilité
éventuellement pour le partenariat.
Alors, ce
sont les quatre principes qui sont devant nous lorsqu'on négocie avec les différents intervenants. Et on
devrait commencer les négociations, d'ailleurs, très bientôt.
Lefebvre : Est-ce qu'on
s'est donné une échéance au niveau de la rentabilité? Et sur combien d'années
on voudrait que ça soit...
Arcand : Comme je vous ai dit, nous avions évalué ça à 15 millions de tonnes; l'an prochain, on va être à 14, selon nos estimés.
Donc, on ne sera pas loin de la rentabilité assez rapidement, d'après moi.
Lefebvre : Puis, quand on
parle de l'investissement qui a été fait par le gouvernement, est-ce que le gouvernement
croit qu'au fil des ans on va être en moyen de retrouver l'argent investi dans
ce projet-là?
Arcand : Écoutez, je crois que la question qui est devant
nous, premièrement, au niveau de la rentabilité, on parle de 2019‑2020 à peu près, là, donc, dès qu'on aura atteint le
14 ou 15 millions, on devrait être dans une situation
qui est correcte.
Pour ce qui
est de la rentabilité comme telle... M. Sauvé, peut-être... Est-ce que vous
avez des analyses qui vous démontrent que le gouvernement va retrouver
cet investissement-là à un moment donné?
M. Sauvé (Robert) : Oui. Bien, oui, mais par deux sources. Plus le
tonnage va augmenter, plus les revenus vont augmenter, plus l'entreprise va être viable et même profitable, rendue à un
certain niveau. Au-delà de 15 millions de tonnes, selon les opérations qu'on est en train de mettre en place, normalement,
on devrait être rentable et commencer à faire des profits. Donc, les
profits vont pouvoir nous revenir, évidemment.
Par ailleurs,
la vente des actions aux entreprises qui vont devenir partenaires va nous permettre
d'avoir un retour sur notre investissement très direct, mais on va toujours garder un lien avec des droits de veto sur les
principes que l'on veut préserver dans le cadre de cette structure-là.
Arcand : D'ailleurs,
dans la négociation, déjà, les deux partenaires que sont Tata et Champion vont quand même rembourser, là, vont quand même...
Et, comme disait M. Sauvé, avec les actions, ils vont payer un prix pour
ça, on va s'entendre sur un prix.
Donc, déjà, ce 100 millions d'investissement là, il y
a une
partie qui va être remboursée,
alors je pense que c'est bien important de comprendre ça.
M. Lefebvre : Si on regarde du
côté du projet de la Mine Arnaud, on avait annoncé, là, il y a deux ans, la Mine Arnaud. Hier, j'écoutais la conférence de
presse que vous aviez faite à l'époque. Je voudrais savoir qu'est-ce qu'il en est,
du côté maintenant de la Mine Arnaud, là, après deux ans.
M. Arcand : Écoutez, la question de la Mine Arnaud, évidemment, il y a
eu des délais qui font que les marchés ont changé. Et là on est en
période justement de reprendre cette situation-là. Au moment où on se parle, il
y a de l'intérêt. Moi, j'ai eu l'occasion de
rencontrer des investisseurs, j'ai eu
l'occasion de faire des missions, entre autres avec M. Sauvé, à New York. Il y a déjà une
compagnie qui s'appelle Yara, qui est déjà partenaire avec Investissement
Québec et qui s'est engagée d'ailleurs à acheter une grande
partie de la
production de Mine Arnaud. Et donc ça, ce sont des éléments importants.
Mais, déjà, simplement vous dire que,
cette semaine ou même peut-être la semaine dernière, il y a eu une étude
de faisabilité, et je peux simplement vous
lire ce qu'on disait essentiellement là-dessus : «Les résultats d'une
nouvelle étude de faisabilité
commandée par Mine Arnaud sont jugés grandement intéressants. L'étude qui
évaluait notamment le seuil de rentabilité du projet devra être adoptée
par le conseil d'administration.»
Mais
essentiellement on parle d'être en mesure, entre autres, là, de pouvoir sauver des
dizaines et des dizaines de millions
de dollars uniquement sur les coûts de transport, alors, ça, je pense que c'est
bien important. En fait, on parle de
82 millions de dollars, entre autres grâce au Plan Nord et grâce à
l'investissement qu'on a fait dans le port pour pouvoir faire en sorte
que l'entreprise soit opérationnelle.
Alors,
ça, ça vient de nous donner un bon coup de main. Et déjà les investisseurs
voient ça. Je parlais d'ailleurs à des gens de Sept-Îles aujourd'hui qui
me disaient, entre autres, qu'ils ont déjà eu des nombreuses rencontres avec
les investisseurs et qu'actuellement les
investisseurs sont en train, si vous me permettez l'expression, de challenger,
si vous me permettez l'expression,
les chiffres d'économies de 82 millions. Et, quand on décide de lancer un
défi comme ça sur ces chiffres-là, ça veut dire que les investisseurs sont
intéressés.
Alors,
moi, j'ai bon espoir. Mais je ne veux pas me mettre de date ou de point parce
qu'évidemment je ne veux pas susciter
des attentes, là, qui ne seront pas rencontrées rapidement. Mais il est clair
qu'on veut que cette mine-là ouvre le plus rapidement possible.
M. Lefebvre :
Ça fait que ça, vous y croyez encore, à ce projet-là?
Arcand :
Absolument, absolument.
Lefebvre : Oui. Est-ce que
c'est possible de savoir combien d'argent jusqu'à maintenant
on a investi dans le projet?
Arcand : Dans le projet de Mine Arnaud comme tel, écoutez,
c'est Investissement Québec qui était la personne... Je ne sais pas si M. Sauvé...
Je pourrai...
M. Sauvé
(Robert) : Environ 50 millions.
Arcand : Une cinquantaine de millions, d'après ce que
M. Sauvé semble m'indiquer, mais via Investissement
Québec.
M. Lefebvre :
Je vais reporter mon temps dans le prochain bloc.
Arcand : Alors, pour votre information, juste pour
répondre à votre question, le 50 millions, c'est 30 millions
d'Investissement
Québec et 20 millions de Yara, qui est partenaire. Alors, il y a 50 millions,
mais le gouvernement en a mis 30 pour l'instant.
M. Lefebvre :
30, puis il va... Oui, merci. Il me reste combien?
Le Président (M.
Habel) : Il reste quatre minutes. Ça va?
Le Président (M. Habel) :
Donc, vous vouliez reporter votre...
M. Lefebvre :
Je vais le reporter dans mon prochain bloc.
Le Président (M. Habel) : C'est correct. Est-ce qu'il y a une intervention
ministérielle? M. le député d'Abitibi-Est.
Bourgeois : Merci, M. le Président. Je veux saluer les collègues de la
partie ministérielle et également des oppositions, M. le ministre et
votre équipe.
Comme
vous le savez, le Plan Nord, c'est un projet qui m'anime énormément. Je vais
essayer de me restreindre dans
l'intervention. Parce que ma collègue sait que, si je laisse cours à toutes mes
interventions, je pourrais écourter le temps de réponse du ministre, et
ce qu'on veut, c'est des réponses du ministre. Mais, en même temps, on veut
concrètement parler de ce que c'est, ce
grand projet là du Plan Nord, et je pense qu'on est dans une conjoncture
actuellement qui est, sans dire idéale, qui est appropriée.
L'effervescence dans le monde minier est un peu moins soutenue que qu'est-ce qu'elle était dans le cadre du premier projet, et,
à cette époque-là, ce que ça a créé comme situation, c'est un contexte
difficile pour plusieurs acteurs.
Dans
le secteur forestier, on a un enjeu majeur actuellement qui se dessine, dont on
a eu encore les résultats ce matin,
et ce qui fait en sorte que chacun de nos territoires est touché directement.
Et, étant d'une région limitrophe à ce grand
et vaste projet là, où on a plusieurs acteurs qui agissent dans ce
territoire-là... Mon collègue tout à l'heure en parlait, l'accès au territoire, ça, c'est fondamental.
Fondamental pour être capable non seulement d'y aller, d'en développer son
potentiel, de l'occuper, l'occuper de façon
adéquate, pas seulement pour y travailler, pour y vivre, y vivre adéquatement
avec des services appropriés. Et je pense que c'est la grande distinction de
cette nouvelle version du Plan Nord.
on en voit le déploiement de façon encore plus concrète à chaque année avec les
interventions qui sont faites à la fois par la Société du Plan Nord mais
aussi, tout à l'heure vous le mentionniez, tout l'engagement par rapport à l'ensemble des ministères en lien avec cette
stratégie-là. Cette coordination-là, elle est importante, parce que la capacité
d'agir...
Puis là la
collègue de Duplessis va sûrement me rejoindre, c'est sûr qu'on veut bien
parler des grands projets comme la Romaine, avec 6,6 milliards
d'investissement. Mais un investissement, dans une garderie, de
60 000 $ qui fait une différence
au quotidien pour les petits bouts de chou qui vont là, c'est aussi important,
c'est important pour notre monde. C'est
important parce que ça permet d'offrir des services dans l'ensemble du
territoire en tenant compte aussi de la réalité. Dans certains secteurs, il y a des acteurs qui ont la chance d'avoir
beaucoup de monde, mais, dans d'autres endroits, là, c'est une question
d'assurer la pérennité du service, d'avoir un support approprié de la part du
gouvernement, de la part d'une société comme celle du Plan Nord.
L'autre élément important qui a changé dans la
nouvelle mouture, si je peux l'appeler ainsi, c'est la stratégie d'accompagnement de la part du gouvernement, de la
Société du Plan Nord auprès des entreprises, à la fois ceux qui sont
promoteurs, mais aussi ceux qui, dans le quotidien, veulent réaliser des
projets avec ceux qui ont l'intention de venir s'installer dans le Nord. Et là,
plus concrètement, je parle du Bureau de commercialisation. Il n'y en avait pas
dans la première phase. Tout le monde se
posait la question : comment on fait, où est-ce qu'on va, avec qui on
parle, comment on va le faire? Et cette nouvelle mouture là nous amène avec un outil qui était essentiel pour être capable de
développer ce vaste projet de façon
appropriée, dans le respect des communautés qui habitent le territoire,
qui veulent se positionner avantageusement et travailler avec les
promoteurs qui viennent faire ces projets-là.
Donc, le Bureau de commercialisation, moi, j'y
ai travaillé de façon plus pointue, si je peux appeler ça ainsi, peut-être
parce que, dans mon ancienne vie, c'était quelque chose qui était très, très près de ce qui m'animait, mais pour avoir aussi vu la différence que ça fait auprès de
ceux et celles qui vivent dans le territoire, mais ceux aussi qui doivent aller y réaliser des travaux. Parce que — la
collègue de Duplessis sera sûrement d'accord avec moi — des
fois, des gens pensent qu'ils vont
aller travailler dans le Nord puis qu'ils connaissent comment ça fonctionne. Et
malheureusement ils frappent
des écueils : méconnaissance de la réalité du territoire, de la réalité climatique, de la réalité de complexité de réalisation compte tenu du facteur de
distance, réalité aussi sur des délais ou des enjeux par rapport à la livraison de biens et de services.
Et, pour
faire ça, qui de mieux placé que les gens qui habitent le territoire?
Là-dessus, je
pense que d'avoir un outil pour favoriser, dans le fond, le lien entre les gens qui habitent ce territoire-là dans le
quotidien puis qui veulent le développer et les grands promoteurs, les
gros projets qui veulent s'installer sur ce vaste territoire là... Parce que
mon collègue d'Ungava le disait si bien...
Et, si je prends le comté d'Ungava et celui de Duplessis, c'est un long
pèlerinage : réaliser des
projets dans ces comtés-là, le facteur de distance, l'enjeu de déplacement à la
fois des biens et services — et
des travailleurs — font
en sorte que, même dans la région...
Et là je vais
citer l'exemple du collègue d'Ungava. Les gens qui travaillent à la mine Stornoway mais
qui vivent à Chibougamau doivent quand même
emprunter l'avion pour se rendre sur ce site-là. Même chose pour les gens de Chibougamau qui vont travailler à la mine
Goldcorp, au projet Éléonore; ils peuvent le faire par la route, un long
trajet, et la plupart voyagent en avion. Donc, de ce côté-là, cet
élément-là a été pris en compte.
L'autre
élément, bien, évidemment, c'est comment on fait pour favoriser nos entreprises
qui ont une expertise, la connaissance du territoire, pour aller... Et là ils ne veulent pas faire...
Bien, des fois, sur la Côte-Nord, j'ai l'impression qu'ils veulent faire tout le projet, et là la députée
de Duplessis me corrigera, je suis sûr qu'elle va avoir une
intervention à faire là-dessus, mais un projet comme celui de La Romaine, il faut reconnaître qu'on veut
le plus possible que les gens de la Côte-Nord participent au projet,
mais, en même temps, les 6,6 milliards, les turbines, l'ensemble des
contrats qu'il y a là, il
y a un enjeu de positionnement de la région.
Il faut être capable aussi de voir comment on peut intégrer les gens d'ailleurs
pour venir faire ce projet-là.
Et ça prenait
un outil. Cet outil-là, c'est le Bureau de commercialisation. Pourquoi? Pour
maximiser les retombées économiques
des projets, pour être capable de mettre en lien à la fois les entreprises,
de leur identifier les opportunités d'affaires,
et aussi on s'attend que ces joueurs-là, ils soient présents sur le territoire.
Et, encore là, je suis un peu jaloux de
la Côte-Nord, moi, quand je regarde la situation : deux bureaux qui seront localisés sur le territoire
de Côte-Nord, à Baie-Comeau
et à Sept-Îles. Ungava, qui a également
un bureau actuellement à Chibougamau, et on souhaite l'implantation
d'un bureau à Kuujjuaq pour la nation inuite.
Mais c'est
des outils importants parce
qu'on donne accès privilégié. Il y a des gens qui sont là, là, qui font de
l'échange d'informations stratégiques avec eux. Ils sont là aussi pour aller
chercher l'information des grands donneurs d'ordres vers tous les acteurs du territoire qui veulent travailler avec
eux, à la fois dans comment on fait pour soumissionner, comment on fait pour être fournisseur, comment on
fait pour être travailleur dans ces projets-là. Et c'est ça, le mandat
de la société, c'est ça, le mandat, via son
Bureau de commercialisation. Et là-dessus il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup
de travail qui doit être fait par ces
acteurs-là. On veut... Et là, pour l'ensemble des acteurs qui sont là, encore
là, la députée de Duplessis et son
collègue de René-Lévesque vont être les premiers à dire : Nous, on veut
que ce monde-là, il travaille pour notre monde, hein? Puis moi aussi, je
veux que ce monde-là travaille pour eux autres parce que je sais qu'aussi, éventuellement,
il va y avoir de la place pour d'autres acteurs du Québec aussi dans ces
projets-là.
Et comment on
fait pour donner la place aux autres acteurs? Moi, je suis dans une région
limitrophe. Évidemment, tout
le monde en Abitibi-Témiscamingue a vu le développement de la première phase de la Baie James, tout le monde a voulu y contribuer. Ça fait 50 ans que les entrepreneurs de chez nous et
des travailleurs de chez nous vont sur ce territoire-là.
Mais on a besoin d'avoir un outil qui nous
permet d'échanger cette information-là pour venir positionner notre monde.
Quand
je vois des compagnies venir faire des campagnes de recrutement de personnel et
qu'il y a 1 500, 2 000 personnes qui se présentent parce qu'elles sont intéressées
à aller travailler dans des grands projets, oui, dans le Nord-du-Québec mais ailleurs dans le monde, il faut s'assurer que nous, on a l'outil
pour être capable de développer nos projets dans notre Québec, dans
notre territoire, sur le territoire du Plan Nord. Et, de ce côté-là, les travailleurs,
les agents...
Et là, M. le ministre, je ne sais pas si c'est à vous plus directement ou à votre président-directeur général de la Société
du Plan Nord... mais moi, je dresse
le tableau un peu de ce que c'est, mais évidemment je veux voir vers
où on s'en va, qu'est-ce qui va être
le mandat de ces joueurs-là qu'on a pris la peine d'aller implanter sur le territoire,
en lien avec Québec,
en lien avec ce qui s'en vient comme projets pour faire en sorte que notre
monde, tous les Québécois puissent participer à ce vaste projet là
et dans toutes les sphères.
Parce que c'est l'autre enjeu : trop
souvent, on l'identifie strictement au niveau des grands projets miniers et
forestiers, mais ces régions-là ont besoin de se développer en habitation, ont
besoin de se développer en éducation et d'avoir
des antennes qui sont bien implantées, bien présentes et qui peuvent identifier
les opportunités, c'est fort important.
Donc, M. le ministre, la Société du Plan Nord... le Bureau de commercialisation, comment il va
déployer ses actions dans la prochaine année, s'il vous plaît?
Le Président (M. Habel) : M. le
ministre.
Arcand : Bien, d'abord je voudrais souligner, parce que je
sais que le député d'Abitibi-Est est humble, mais, si le Bureau de commercialisation a pu prendre son envol, c'est parce
qu'il a fortement contribué au succès du Bureau de commercialisation : le
député d'Abitibi-Est avait une
expérience dans le domaine. Et moi, je peux simplement vous dire qu'entre
autres, lorsque nous sommes arrivés,
en 2014, on avait un bureau de commercialisation, là, qui était un peu compliqué. Il y avait déjà quelqu'un
qui avait parlé de ça, c'était compliqué. Mais le député d'Abitibi-Est nous est arrivé, et là-dessus on s'est très bien entendus, sur le
fait que ça prenait quelque chose de simple, quelque chose que les fournisseurs allaient comprendre, que les donneurs
d'ordres allaient comprendre. Et donc je pense qu'on est pas mal près du
but de ce côté-là.
Et je peux
simplement dire deux choses également. D'abord, les gens du Bureau de commercialisation
ont fait, au cours de la dernière
année, une tournée dans les régions du Québec, dans
un premier temps. Ils sont allés dans
toutes les régions du Québec
pour clairement expliquer aux gens de quelle façon ça
fonctionnait, d'une part, et maintenant
je crois que ce bureau de commercialisation là est très important.
Parce qu'un des défis que l'on entend, et à chaque fois ça revient constamment : Est-ce que... Parce que, vous
savez, on est pris toujours avec cette espèce d'équilibre entre ce qu'on
appelle la libre circulation des
biens et des personnes au Québec et, en
même temps, sur la nécessité de
favoriser l'embauche locale, de
favoriser également les sous-contractants locaux. Alors, ça, pour
nous, le Bureau de commercialisation, c'était un outil qui pouvait nous
permettre justement de réaliser ça.
Alors, quand
on regarde la prochaine année, je pense que l'objectif que nous avons, c'est
de renforcer, d'une part, cette
capacité-là des fournisseurs et des équipementiers à répondre aux besoins des
donneurs d'ordres sur le territoire; deuxièmement, de continuer cet accompagnement qui est nécessaire auprès des différents promoteurs de projets.
Parce qu'à chaque fois qu'il y a un nouveau promoteur dans un projet,
bien, c'est à recommencer. Il faut le sensibiliser à chaque fois, que, bon, voici, il
y a un bureau de commercialisation
qui existe. Si vous donnez des contrats, bien, voici les entreprises qui peuvent le faire dans telle, et telle, et
telle spécialité. Donc, je pense qu'il
y a un rôle, là, je dirais, d'accroître
son rôle de chef de file en matière de retombées économiques, je pense que c'est un rôle qui est très
important au niveau du Bureau de commercialisation.
Il faut également
que le bureau travaille avec les agents de développement économique qui
sont dans les différentes régions du Québec.
Il faut aussi élaborer aussi un portefeuille important à l'international pour
des projets à fort potentiel dans les différents secteurs, et d'avoir ce
bureau-là nous permet justement de mieux vendre ce qu'on est capables de
faire.
Ce que le député a mentionné aussi qui était très important,
c'est que, quand on a lancé le Plan Nord, on l'a lancé autour de 2010,
2011, et c'était comme une réaction à un boom minier. Quand on a travaillé
là-dessus au cours des deux dernières
années, ce que l'on a fait, c'est vraiment de donner maintenant une
organisation beaucoup plus structurée et
beaucoup plus efficace pour l'avenir, une organisation qui va nous permettre
justement, via la Société du Plan Nord, d'une part, d'accompagner les différents intervenants et, avec le bureau
de commercialisation également, de travailler, donc, à cette offre, si on veut, de services qui, pour nous, est très
importante et qui d'ailleurs, soit dit en passant, commence à entrer,
là, chez plusieurs des entreprises.
Moi, quand
j'étais à Sept-Îles avec des gens de Tata... entre autres, ils m'ont parlé du
Bureau de commercialisation en me
disant... et moi, à chaque fois, je leur dis : Écoutez, n'oubliez pas, là,
vous devez investir avec des gens, autant que possible, qui sont de la place. S'il y a des contrats à donner,
assurez-vous que vous allez donner ça à des gens qui sont sur place. Et
le bureau, donc, joue ce rôle qui, je pense, est extrêmement important pour
l'avenir.
Alors, on va travailler là-dessus. Je rappelle
que cette plateforme Web rejoint 5 000 fournisseurs québécois actuellement et, si on peut monter ça encore et
continuer à faire ce travail-là, je pense que ça va être très important pour
l'avenir.
Président (M. Habel) : Merci beaucoup. Nous sommes maintenant rendus au bloc d'échange de l'opposition officielle, avec la députée de
Duplessis, pour un temps de 18 min 20 s.
Richard : Merci, M. le Président. Je voudrais terminer... je
vais après aborder un autre chapitre, mais je voudrais terminer avec la Société ferroviaire et
portuaire de Pointe-Noire. M. le ministre, lors des échanges que vous avez
eus avec mon collègue, où on a parlé de Mine
Arnaud, mon collègue a également parlé... mon collègue de la Coalition avenir
Québec, bon, de la Société ferroviaire et
portuaire... ça fait qu'il a devancé quelques questions que j'avais. Mais, pour
terminer ce bloc-là, je voudrais que vous
puissiez me sécuriser davantage par rapport à cette nouvelle société
ferroviaire et portuaire. Là, ce que
je comprends, c'est qu'on va garder... le gouvernement, la société a
l'intention de garder... au niveau de l'accès au port multiusager pour,
justement, ne pas qu'on soit bloqués comme on l'était auparavant...
Donc, dans le
partenariat que vous discutez encore — ce que je comprends, vous discutez encore
avec Tata et Champion, puis il y aura
peut-être d'autres joueurs qui vont s'y joindre — est-ce que la volonté de la Société du Plan
Nord, du gouvernement est de se garder des parts, vraiment un certain contrôle?
Parce que, là, on a parlé de la rentabilité, comment vous allez rentabiliser, on a parlé des profits,
et, bon, vous dites : S'il y a d'autres joueurs, on pourrait céder une
partie des terrains, bon, certains
bâtiments. Écoutez, le nerf de la guerre, c'était vraiment l'accès, là, c'est
stratégique. Est-ce que, comme Québécois, comme Québécoises, comme
gouvernement qui avons investi dans les infrastructures de Pointe-Noire, nous allons conserver un certain
contrôle pour ne pas que... Donc, est-ce que la société a l'intention de garder des parts
significatives?
Le Président (M. Habel) : M. le
ministre.
Arcand : Mme la
députée, vous savez, on a investi là-dedans
pas pour le plaisir d'investir, on l'a fait pour justement s'assurer qu'il y avait
un droit d'accès qui soit facile, compréhensible et que plus personne ne soit
pris en otage. Alors, ça, c'est très
clair. Dans les négociations, ça fait partie, c'est le premier item parmi les
principes que j'ai mentionnés, c'est
un accès, je dirais, le plus égalitaire possible pour tous au quai multiusager.
Alors, c'est l'objectif encore fondamental, et on va négocier avec les entreprises
qui vont être partenaires avec nous des droits de veto pour nous assurer justement que
plus jamais le gouvernement ne soit aux prises avec cette problématique-là. Donc, sur toutes les décisions importantes, la Société du Plan
Nord veut conserver en tout temps des droits de veto sur ces décisions
importantes là.
Richard : La Société du Plan Nord peut garder un droit de veto pour les décisions importantes, mais est-ce que la Société
du Plan Nord va être membre actif? Est-ce qu'éventuellement elle va se retirer au
niveau des parts dans la filiale,
tout en conservant un certain droit de veto? Mais là, si je comprends, on est
comme à un tiers, un tiers, un tiers. Je veux juste une précision, là.
Arcand : Écoutez,
sur le détail technique, je laisserais...
Mme Richard : Je voulais juste
savoir. Est-ce qu'on continue à... c'est un tiers, un tiers parce que là on est
trois partenaires? Est-ce qu'éventuellement
vous ne voulez pas... le but de la société est de se retirer presque
complètement?
Arcand : Je vous
dirais que...
Mme Richard : Je veux juste avoir
un...
Arcand : Écoutez,
le but actuel, c'est d'avoir, à tout le moins, un pourcentage assez
significatif.
Richard : Merci. J'ai
constaté également que l'an passé, sur le conseil d'administration, c'étaient
deux représentants d'Investissement Québec, un représentant de la
Société du Plan Nord. La nouvelle société en commandite, la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire, vous
êtes encore en discussion avec Champion et Tata, mais vous avez fait mention
que c'est comme s'il y avait un nouveau
conseil d'administration et que ceux-ci étaient présents sur le conseil. C'est
ce que je comprends. Tata Steel et
Champion ont déjà un siège. Bon. Ça veut dire que le partenariat est quand même
assez bien avancé, même si on ne l'officialise pas, là.
Arcand : Ce qu'il faut bien
comprendre, pour nous, d'avoir des gens de Tata et de Champion, c'est très bon,
là, c'est très, très bon parce que
ces gens-là ont quand même une expertise. La Société du Plan Nord a une
expertise également, mais les gens
qui sont dans le domaine des opérations minières, ce sont les meilleures
personnes pour nous dire justement comment
l'opérer et comment faire en sorte que les coûts soient le plus possible sous
contrôle pour les prochaines années. Alors, c'est pour ça que le rôle de
ces partenaires-là est très important également.
Richard : Merci. Je ne
sous-estime pas le rôle de ces deux compagnies-là. Il faut savoir que Tata
Steel a déjà investi énormément dans le port...
Arcand : Écoutez,
c'est au-delà de 1 milliard de dollars. Alors, c'est beaucoup d'argent.
Mme Richard : Exactement. Donc,
écoutez, cette compagnie-là, c'est une nouvelle compagnie qui travaille ardemment. Je pense qu'on peut la citer. Champion
sera peut-être un exemple aussi. Ce n'est pas de... Puis je le nomme. Puis, vous savez — M. le Président me connaît peut-être
moins — M. le
ministre, que, la plupart du temps, je dis ce que je pense. Ce n'est pas
IOC et ce n'est pas ArcelorMittal. Et je souhaite que cette culture de nouveaux
entrepreneurs, de nouveaux géants miniers,
je le souhaite, tels que Tata Steel et que Champion deviendront, hein, qu'ils
puissent considérer les travailleurs nord-côtiers d'abord et avant tout, pas comme des
citoyens de seconde zone, seconde classe, parce que c'était souvent le
cas.
va aller directement au Bureau de commercialisation. Mon collègue en a vanté
les mérites. Écoutez, je sais que vous avez oeuvré à ce que le Bureau de
commercialisation fonctionne bien chez vous. Je suis extrêmement contente.
Moi, ce que je peux constater, c'est que je
reçois encore à mon bureau des gens qui ne savent pas trop... ce n'est pas les
géants miniers, là, non, ce n'est pas des
gens, là, qui sont dans des grosses entreprises qui viennent dans nos bureaux,
c'est les petites PME, les
entrepreneurs ou des gens, là, qui ne savent pas trop comment s'y retrouver.
Est-ce qu'ils font affaire avec
l'agent ou la personne qui est au Bureau de commercialisation? Et là on a parlé
d'un nouveau site Web, ça a coûté 100 000 $,
c'est une plateforme. Bien, je vais vous dire, M. le Président, là, pour avoir
regardé ça un petit peu, là... Puis le ministre,
il a dit : Il y a près de 5 000 entreprises. Justement, là, c'est un
peu tout le monde, là. Vous avez juste à cliquer sur un lien, là, puis vous avez le bottin téléphonique, un annuaire de
toutes les personnes au Québec qui sont en affaires, puis dans le monde, puis même au Canada, là, parce
que je pense qu'il y en avait de Vancouver. Ça a coûté 100 000 $.
Moi,
je me souviens, M. le Président, quand on a parlé de la société, de la mettre
sur pied, de faciliter... Puis ça devait
être un outil. Oui, le Bureau de commercialisation, on a quelqu'un sur place
qui fait des liens, mais le site Web, ça
devait être un outil pour permettre aux gens, aux petites PME de savoir... là
tu t'inscris, mais tu sais à peu près le projet qu'il va y avoir chez toi, dans ta région, qui... Est-ce que ce sera
quelqu'un comme Hydro-Québec qui va être un grand donneur d'ordres ou... pas un SNC-Lavalin, là, qui
a eu un contrat pour autre chose, contrat du MTQ, peu importe? Mais là
ce n'est pas ça, c'est comme ils s'inscrivent, il y a un numéro de téléphone,
ils ne sont pas en lien direct.
Moi,
je veux savoir, M. le ministre : Est-ce que vous avez fait une vérification? C'est quand
même 100 000 $, c'est sûr que, sur 4 millions, des fois, ça ne paraît pas, mais,
moi, ce n'est pas le montant comme tel, là, c'est ce à quoi ça devait
servir. Est-ce que vous avez regardé auprès des utilisateurs? Vous êtes-vous
posé la question en disant : On va regarder
si ça fonctionne, ce site-là, est-ce vraiment l'outil qu'on voulait pour notre
monde, pour les mettre en lien avec les grands donneurs d'ordres?
Le Président (M.
Habel) : M. le ministre.
Arcand :
D'abord, premièrement, on va s'entendre sur une chose : la plateforme Web
est vraiment opérationnelle depuis
novembre 2016, donc ça fait déjà cinq, six mois, là, où elle est
opérationnelle. Donc, je veux juste qu'on se donne la chance, là, de se dire qu'elle fonctionne sans
aucun enjeu, sans aucun problème. Et, moi, déjà, le seul fait de pouvoir
rejoindre 5 000 fournisseurs, déjà, au départ, c'est quand même
extrêmement important.
Deuxièmement,
je dois vous dire que la plateforme Web, en tout cas, les commentaires que moi,
j'ai eus sont des commentaires qui,
dans l'ensemble, sont des commentaires qui sont positifs. Est-ce que ça veut
dire que tout est parfait? Probablement
pas. Il y a toujours place à amélioration. Tous ceux qui possèdent des... entre
autres, des iPhone ou iPad reçoivent
constamment des mises à jour des sites qui sont sur place. Donc, je pense que
c'est normal qu'on essaie chaque fois de maximiser ce genre
d'intervention là. Mais peut-être que M. Sauvé pourrait renchérir sur certaines
de vos questions de nature technique.
Mme Richard :
...à ce moment-ci. Moi, je vais être honnête avec vous, là, j'ai beaucoup de
difficultés quand même à comprendre qu'après
un an on n'a beaucoup de... on ne connaît pas les besoins, là. Pour avoir fait
faire l'expérience par quelques
personnes, on ne connaît pas encore les besoins dans certaines régions qu'il
peut y avoir, certains projets par rapport aux grands donneurs d'ordres.
Puis,
moi, je me dis : C'est bien beau qu'il y ait 5 000 personnes,
là, qui fréquentent la plateforme, là, mais quel avantage la plateforme a auprès des entreprises qui habitent le
territoire? C'était ça, notre problème. Le collègue en a fait mention. On a des entreprises sur notre territoire
qui n'avaient pas accès. On disait : Vous avez parlé beaucoup du chantier
de La Romaine. C'est sûr qu'on ne pouvait
pas aller... il n'y avait pas des petits entrepreneurs à Havre-Saint-Pierre qui
pouvaient faire des gros travaux en génie
civil. Mais que l'eau embouteillée soit achetée au Lac-Saint-Jean puis que bien
des petits... des biens qu'on aurait pu
fournir, puis on n'était pas capables... Puis ça, c'est sans parler des
problèmes de la main-d'oeuvre, je ne veux même pas l'aborder ici.
Moi,
je vous dis juste que la plateforme, vous devriez y regarder de plus près,
c'est le message que je vous passe. Et je vous dis que ce n'est pas l'outil...
En tout cas, quand on avait des discussions auparavant, il y avait... c'était
un outil pour aider notre monde d'être en
lien, et ils ne le sont pas. Est-ce que... Si, du côté de mon collègue, le
bureau de commercialisation
fonctionne, je veux bien. Moi, chez moi, en tout cas, dans ma région... Je
constate que, dans d'autres régions,
ce n'est pas le cas. Moi, dans la mienne, je vous avoue que j'ai vérifié, là,
c'était qui puis c'était quoi le nom de la personne qui était au Bureau
de commercialisation à Sept-Îles. Ça fait que c'est juste ce que je voulais
dire
vais y aller, M. le Président, sur les Fonds d'initiatives du Plan Nord. Le
fonds d'initiatives était doté d'une enveloppe
de 2 millions. Auparavant, on avait... Bon, moi, j'appelais ça un peu un
pouvoir discrétionnaire, parce qu'on n'avait
comme pas nécessairement de balise quant à savoir un projet plutôt qu'un autre.
Bon! On a mis certains critères récemment,
puis on a monté l'enveloppe à 3 millions. J'ai quelques questions
là-dessus, ça fait que j'apprécierais si on peut avoir un échange, quand même, questions, réponses assez rapides.
Est-ce que les personnes qui travaillent dans les antennes, dans les bureaux régionaux, si moi, j'ai
un projet, c'est les premières personnes que je vais voir? Est-ce que ce
sont eux qui vont dire : Bon, ils
respectent les critères, ce projet-là, il est bon pour la région, il est
favorable, puis ils font juste l'envoyer à Québec pour entériner? Est-ce
qu'ils ont ce pouvoir-là?
Arcand : C'est-à-dire qu'ils
ont le pouvoir, si on veut... Ce n'est pas un pouvoir, mais leur rôle, c'est de
s'assurer que ces projets-là, d'une
part, sont présentés correctement avec les normes. Et ces projets-là, si ma
mémoire est bonne, sont analysés, d'une part, par la
direction générale et aussi, éventuellement, présentés au conseil
d'administration pour approbation.
Une voix : Globalement.
Arcand : C'est ça.
Globalement, donc, ces projets-là... Mais évidemment le rôle des gens
localement est de s'assurer justement
que les projets qui sont envoyés à la direction régionale sont les mieux
structurés possible. C'est ça, leur
rôle. Maintenant, ça ne les empêche
pas peut-être de faire une recommandation en
disant : Écoutez, celui-là semble plus intéressant qu'un autre. Mais, encore une fois, je tiens à
rappeler que l'on procède de façon... avec des appels de projets par la Société
du Plan Nord. Ça se fait de façon très transparente à ce niveau-là.
Mme Richard : Je n'ai pas de doute
sur la transparence, c'était plus par rapport à la décision comme telle de favoriser un projet plutôt qu'un autre. Ce que je
vois, c'est que le conseil d'administration étudie quand même
les projets. Ils ont leur mot à dire aussi.
Arcand : Mais, encore
une fois, vous savez, ça, c'est un
peu comme lorsqu'on va au niveau du Conseil
des ministres. Très souvent, quand un dossier arrive là, c'est souvent
parce qu'il a été étudié à plusieurs autres comités auparavant pour nous assurer justement qu'on ait la meilleure décision possible dans les
circonstances. Alors, dans le cadre
de ces projets-là, la meilleure façon de s'assurer justement que ces projets-là
soient les meilleurs, c'est justement de minimiser
ce que j'appelle l'arbitraire, c'est-à-dire d'avoir plusieurs étapes. Alors, les gens de la... les antennes
locales, il y a des appels de
projets, les gens les étudient, ils envoient à Québec, ils sont analysés par
différentes personnes, et on essaie
de prendre la meilleure décision dans les circonstances. Mais vous savez, on ne
peut pas accepter tous les projets, alors,
oui, parfois, il y a des gens qui vont trouver que tel autre projet était
meilleur que celui qui a été accepté, mais, ça, on essaie autant que possible
de satisfaire et de voir le meilleur intérêt de tous. Maintenant, je dirais que tout projet de 100 000 $ et moins, c'est la décision du
président-directeur général. Tout projet de 100 000 $ et plus doit
être décidé par le conseil d'administration.
Richard : Ce je comprends bien, M. le ministre, pour 100 000 $ et moins, c'est M.
Robert Sauvé comme P.D.G. qui est très influent comparativement aux gens dans les antennes. Même s'il y avait une certaine recommandation, ultimement, ça revient à M.
Sauvé.
Arcand : Oui,
c'est-à-dire que c'est lui qui est l'autorité finale, mais, comme je vous dis,
il y a plusieurs étapes, hein, il y a une recommandation qui vient de la région, il y a un comité de sélection également
qui est là et ça s'en va à M. Sauvé.
Donc, il y a plusieurs étapes avant qu'un projet soit fait et, un peu
comme au gouvernement, il y a un système de pointage.
Richard : Bien oui, c'est
sûr. Mais vous conviendrez avec moi, vous avez quand même augmenté l'enveloppe, vous l'avez
partie de 2 millions à 3 millions, mais vous vous êtes rendu compte qu'il y avait un
dysfonctionnement, si on peut dire,
dans l'attribution de certains projets, parce que la preuve, c'est que vous
avez mis certains critères ou... en
tout cas, moins qu'énoncés, bon, c'est soit au niveau du tourisme, de l'environnement.
Vous avez mis certains critères parce
que c'était... en tout cas, pour moi, c'était un pouvoir vraiment
discrétionnaire auparavant. Et j'allais vous demander : Est-ce que... Parce que, là, on l'a vu, on avait
les projets avec les endroits et tout ça. On a les projets qui ont été retenus,
mais combien il y a de projets qui n'ont pas
été retenus? Parce que trois millions, ce n'est quand même pas une si grosse
somme que ça, là.
Arcand : Mais écoutez, si je n'avais pas mis de critère, vous m'auriez
dit : Ça n'a pas de bon sens qu'il n'y ait pas de critère.
Mme Richard : Non, je vous l'ai dit,
vous vous en êtes rendu compte, puis c'est bien.
Arcand : Deuxièmement, je vous dirais qu'on est un peu victimes aussi
de notre popularité. C'est que maintenant
les projets sont beaucoup
plus nombreux. Il y a beaucoup plus de... Les gens commencent à entendre parler
de ce qu'on fait, et donc ce n'est
pas pour rien qu'on a mis des enveloppes supplémentaires, c'est parce
qu'on commence à avoir de la demande.
Les gens voient maintenant qu'il y a des possibilités de ce côté-là. Alors,
tu sais, je pense que c'est bien important...
Richard : Combien de projets
vous aviez au total, là? Combien n'auraient pas été retenus? Vous avez eu
sûrement beaucoup de demandes, là.
Arcand : Alors, juste pour vous donner un exemple, là,
j'ai ça ici devant moi. Le premier appel de projets qui s'est terminé... en fait, le dernier, qui
s'est terminé le 9 février dernier, il y a eu 146 demandes qui ont été reçues.
Et, dans les prochains jours, les
prochaines semaines, tous les gens qui ont été les promoteurs vont recevoir un
suivi de leurs demandes. Alors, je
n'ai pas besoin de vous dire qu'il y a... on est là-dessus... Moi, je trouve
que c'est très encourageant, parce
que ça démontre que les Québécois ont quand
même... on a un esprit
entrepreneurial, créatif, intéressant à
ce niveau-là.
Mme Richard : Merci. Vous savez, quand on a créé la Société du Plan Nord quand on était, en tout cas, à l'élaboration,
on était sur projet de loi, on disait beaucoup... hein, on a même parlé... Mais une minute, je vais
être obligée de le reporter pour le
second bloc, mais je vous annonce d'avance où je vais aller. Vous savez que l'intention, en tout cas, on disait : On ne veut pas que les décisions
soient prises à Québec, hein? On avait même parlé, à une certaine époque,
diriger le siège social soit à Sept-Îles ou
à Port-Cartier. Mon collègue dit qu'il envie la Côte-Nord parce qu'on a un
bureau, une antenne satellite à
Baie-Comeau et à Sept-Îles. Je vous dirais qu'on ne sent pas que ces gens-là
ont un certain contrôle ou un certain pouvoir.
Moi,
pour avoir travaillé les projets de loi, les antennes, selon moi, devaient
avoir plus d'autonomie que ce que je constate
sur le terrain. Je vais y revenir, M. le Président, mais j'ai l'impression que
les décisions se prennent à Québec. Et,
si on regarde le nombre d'employés, par rapport à ce que vous nous aviez dit
l'année passée, M. le ministre, d'atteindre un certain objectif, je vais y revenir, mais je ne pense pas que vous ayez
réussi à atteindre cet objectif que vous vous étiez vous-même fixé.
Le Président (M. Habel) : Merci, Mme la députée. Nous allons passer
maintenant du côté ministériel avec le député d'Ungava.
Boucher : Alors, merci beaucoup. Le Plan Nord, on parle souvent...
Auprès de certaines personnes, c'est vu comme un plan minier, hein, c'est un plan de ressources naturelles,
c'est un plan d'exploitation du territoire, et puis, dans l'imaginaire populaire, c'est souvent comme ça. Tu
te fais dire : Bon, bien là, regarde chez vous, là, c'est de valeur, la
nature, je veux dire, une vision des années 50
de l'exploitation minière, où les bulldozers vont arriver, puis peu importe
ce qui se trouve en avant de la pelle, ça
n'a pas d'importance, on va envoyer ça dans la coulée, comme on dit en bon
français, puis on va faire nos affaires, puis, quand il n'y aura plus
rien, plus de jus dans le citron, on va partir, on va laisser les dommages,
puis, pire que ça, ce serait le problème des autres, ce ne sera pas notre
problème.
pense que ce n'est pas le cas. Il y a une vision de développement durable dans
le Plan Nord, et puis on sait que c'est une stratégie qui a été intégrée
pour harmoniser, bon, la dimension économique, sociale puis environnementale. Tout ça, ça vient s'orienter autour de trois pôles
stratégiques qui sont la dimension économique, qui, bien sûr, va mettre en valeur de façon responsable le potentiel
économique diversifié du Plan Nord, hein? Vous savez que... Bon, peut-être
M. Sauvé pourra nous en parler tout à
l'heure, là, des richesses minières potentielles qu'il y a là-bas, la dimension
sociale aussi, soutenir le développement, puis de l'ensemble des
communautés, hein, ce n'est pas juste bâtir des routes pour satisfaire une
minière, investir dans un port pour satisfaire une minière.
y a aussi le côté infrastructure puis aussi le côté environnemental, où on
prévoit consacrer, bon, d'ici 2035, 50 % du territoire du Plan Nord, donc 600 000 kilomètres carrés — 1,2 million divisé par deux, ça fait
bien 600 000, à moins que je me
trompe, là — à des
fins autres qu'industrielles, puis à la protection de l'environnement, puis à
la sauvegarde de la biodiversité. Bon, on réitère cet objectif-là d'ici
2035. Il y aura quand même d'ici 2020, bon, à mettre en place un plan d'affectation prioritaire de 30 % du
territoire à la protection de l'environnement, puis un autre 20 % du Plan
Nord qui soit constitué d'aires protégées, dont au moins 12 % de
forêt boréale au nord du 49e parallèle. Bon, puis une des responsabilités de la Société du Plan Nord est de
continuer, avec ses partenaires gouvernementaux, à faire la mise en oeuvre
de ça.
sait qu'il y a eu quatre parcs nationaux, là, qui ont été créés au Nunavik,
soit le parc Pingualuit, qui est le cratère du Nouveau-Québec, là, pour ceux qui connaissent l'endroit, qui ont déjà
vu ça. Puis, pour ceux qui ne connaissent pas ça, là, je vous invite à prendre votre ordinateur ce
soir, là, puis, après souper, peut-être aller voir les parcs du Nunavik sur
Internet. Vous allez voir qu'il y a vraiment
des choses. On ne penserait pas que ces paysages-là sont au Québec. Il y a le
parc Kuururjuaq, qui est, bon, dans le coin
de Kangiqsualujjuaq, qui est les monts Torngat, qui comprend le mont D'Iberville,
entre autres, qui est le plus haut sommet du nord-est de l'Amérique du Nord; le
parc Tursujuk, situé dans le coin d'Umiujaq et puis le parc
Ulittaniujalik — voyons,
parce que je voulais le dire comme il faut, j'ai trébuché dessus — Ulittaniujalik, où on a eu l'occasion
d'aller au mois de septembre dernier, je pense, pour faire l'inauguration
officielle; puis il y a aussi d'autres parcs qui sont en projet, comme, par
exemple, le parc Assinica puis Nibiischii.
Présentement,
bon, le territoire du Plan Nord compte grosso modo à peu près 11 % d'aires
protégées. La proportion va augmenter
à près de 12 % avec la création prochaine de l'aire protégée de la rivière
Kovik, qui est située, bon, dans le coin,
là, d'Ivujivik, dans ces coins-là, où c'est une rivière, là, qui est
particulièrement poissonneuse et puis que les Inuits ont à coeur puis pratiquent leurs activités
traditionnelles. On sait que, chez les Inuits, c'est la même chose chez les
Cris, mais là, chez les Inuits,
puisqu'on en parle, la chasse et la pêche puis le mode de vie traditionnel sont
encore très présents. Oui, les gens
vont faire l'épicerie au supermarché comme tout le monde, là, ce n'est pas
parce qu'on est à Ivujivik ou à Akulivik qu'il n'y a rien de tout ça, mais la nourriture, ce qu'eux appellent la
«country food», la nourriture traditionnelle, est encore très importante
dans leur régime alimentaire.
y a aussi, bon, l'entente, bon, qui visait à régler le différend forestier
Baril-Moses qui a été signé en juillet 2015 avec la nation crie, qui va amener aussi, bon, des aires protégées dans
le coin de la rivière Broadback. On sait qu'on est présentement à identifier d'autres portions, que
ce soit dans le Nord-du-Québec, Côte-Nord, au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Je voudrais que vous nous brossiez un petit tableau de ce qui s'en vient
côté aires protégées et puis de ce qui se passe ce côté-là avec la
Société du Plan Nord.
Le Président (M.
Morin) : Oui. M. le ministre.
Arcand : Bien, d'abord, premièrement, je pense qu'il faut
bien comprendre que, sur le plan social, dans un premier temps, la
question du logement au Nunavik, on est en train tout régler ça, au moment où
on se parle.
Boucher : On va en reparler dans une deuxième section.
Arcand : C'est ça. C'est ça, mais, vous savez, le développement durable, pour nous, est un élément qui est très important. Je
vous rappelle qu'en 2011, lorsqu'on avait commencé à parler du Plan Nord, on
avait mentionné au départ qu'au niveau du
développement durable on était pour avoir 50 % du territoire à des fins
non industrielles, puis 50 % à des
fins industrielles, et ça, même un peu partout dans le monde. On avait dit,
entre autres, et je me rappelle d'un éditorial dans le New York Times qui disait, entre autres, jusqu'à quel
point c'était un plan qui était progressiste. Alors, quand on parle de 1,2 million de kilomètres carrés, on
s'aperçoit que c'est assez exceptionnel de pouvoir développer ce territoire
de façon importante. Maintenant, nous
voulons évidemment se dire que, d'ici 2035, 50 % de ce territoire va être fait à des fins autres qu'industrielles, dans un premier
temps, et ce qu'on va faire d'ici 2020, entre autres, c'est de mettre ce qu'on
appelle un mécanisme d'affectation
prioritaire du 30 % du territoire à la protection de l'environnement, la
sauvegarde de la biodiversité et à la mise en valeur du territoire, et
un 20 % qui va être constitué, entre autres, d'aires protégées. Actuellement, il y a... on cible, en tout cas, au
moins 12 % dans ça de forêt boréale au nord du 49e parallèle, et c'est ce
vers quoi actuellement on travaille. Je n'ai pas besoin de vous dire également
qu'il y a des comités. M. Sauvé est sur un comité avec la sous-ministre qui est au ministère du Développement
durable et de la Lutte aux changements climatiques.
Comme
vous avez mentionné, on a créé des parcs nationaux, mais il faut évidemment que
la proportion, qui est actuellement à
10,94 %, d'aires protégées augmente. Et vous avez parlé de la rivière
Kovik; entre autres, avec cette rivière-là, ça va augmenter à
11,78 %. Mais le gouvernement, bien sûr, travaille à l'identification de
nouvelles aires protégées, et là il y a tout
un équilibre à faire. On veut s'assurer que les aires protégées, ce sont
évidemment des endroits qui sont absolument nécessaires et qui sont
acceptés aussi par la communauté, qui sont très bien identifiés à ce niveau-là,
et donc je pense que c'est extrêmement
important, en termes de biodiversité. Je pense que la cible en 2020, pour
Nagoya, c'est 17 %, donc il faut que ce 17 % là, on y soit,
là, à toutes fins pratiques, là-dessus.
Alors,
on travaille actuellement à l'amélioration du nombre d'aires protégées, mais
nos objectifs sont clairement définis
et on travaille avec les communautés de toutes les régions à l'intérieur du
Plan Nord pour s'assurer justement qu'il y ait des aires protégées de qualité et qui vont, bien sûr, faire en
sorte qu'on puisse contribuer à avoir une région qui, sur le plan
environnemental, va être un modèle non seulement pour le Québec, le Canada,
mais, je dirais, pour le monde.
Boucher : Écoutez,
vous l'avez abordé un petit peu tout à
l'heure, je vais vous parler du développement social, qui est l'autre
pendant de tout ça. C'est beau de protéger les animaux puis la biodiversité,
mais il faut prendre soin des humains aussi au travers de ça. Le
logement au Nunavik, vous savez que, bon, moi, aller jusqu'en 2014, je
travaillais à l'Office municipal
d'habitation Kativik, l'OMHK, et puis, même si je n'y suis plus depuis avril
2014 pour les raisons que vous savez,
parce que je suis assis ici, devant vous, aujourd'hui, j'ai quand même toujours un sentiment, là, d'appartenance et d'attachement, là, pour ce domaine-là où on
loge... À l'époque on logeait plus de 90 % de la population des Inuits dans les près de 3 000 logements répartis sur le territoire du Nunavik.
C'est un problème là-bas... bien, c'est le surpeuplement dans les maisons, hein? Souvent, on vit à deux,
trois familles dans la même maison, puis ce n'est pas une question de choix,
ce n'est pas parce qu'on manque d'imagination ou qu'on aime être entassés,
c'est parce qu'il n'y en a pas, de choix.
J'ai
été confronté dans le passé à des situations où, exemple, une dame, dont je
vais taire son nom puis aussi le village d'où elle venait, elle venait
d'accoucher d'un petit bébé puis elle dit : Regarde, moi, chez nous, où
est-ce que j'habite, là, c'est
rock-and-roll, ça brasse, il y a de l'alcool, il y a de la drogue, moi, je ne
veux pas que mon enfant soit élevé dans ça, donne-moi une maison. Sauf
que j'ai beau regarder dans mes tiroirs de bureau, là, des maisons, je n'en trouvais pas. Et puis il faut marcher avec un
système de pointage, puis des comités, puis etc., pour ceux qui connaissent
le monde du logement social un peu. Tout ça
pour vous dire qu'après cinq, six appels puis près de deux mois, son dernier
appel, elle m'appelle puis elle dit :
Quoi? Si je te le donnais en adoption, tu le prendrais-tu, toi, mon bébé? Je ne
veux vraiment pas qu'il vive dans ça.
Là, sur le coup, bon, tu dis : Écoutez, là, ce n'est pas une offre qui est
faite à la légère, mais, en même
temps, tu ne dis pas oui à ça à la légère non plus, là. Ce n'est pas un petit
chiot, là, qui t'est offert, là. Et puis, tu sais, c'est des choix vraiment déchirants qu'au Sud, là, vous
diriez : Bien, voyons, là, de quoi tu me parles, là, ça se passe
où, là? Bien, ça se passe au Québec, malheureusement. Il y a un manque de
maisons.
sait que, dans la première mouture du Plan Nord, en 2011, suite à la conférence
Katimajiit, il y avait eu de la construction
de 3 000 logements sociaux en 2003... pardon, j'ai rajouté un zéro, ça
aurait été bien trop le fun, 3000. 300. Merci de me corriger. Entre 2012 et 2016, il y a eu aussi, bon, dans le
cadre de l'entente régulière, là, des logements sociaux qui ont été construits, 60 logements sociaux ont
été construits cet été en 2017 dans le cadre de l'entente. Il y a ce qu'on
appelle... Bon, là-bas, les maisons
vieillissent souvent beaucoup plus vite qu'ici, pas parce qu'elles ne sont pas
de qualité, mais c'est parce que les
conditions sont extrêmes. Là-bas, quand qu'il vente, je peux vous dire qu'il
vente, puis, quand qu'il fait froid,
je peux vous dire qu'il fait froid. Je l'ai vécu personnellement à plusieurs
reprises. Donc, cet été, entre autres,
l'été 2016, 38 millions en rénovations majeures; à l'été 2017,
45 millions qui sont prévus en rénovations majeures.
Puis
là je regarde le temps, je voudrais l'arrêter, mais malheureusement M. le
Président ne sera pas d'accord avec moi.
Donc, je vais essayer de faire vite. Il y a aussi toute la question de
l'échelle de loyers, hein, qui est un peu le nerf de la guerre parce
que, bien qu'on se retrouve un peu dans le côté du ministère des Affaires
municipales, la Société du Plan Nord, c'est
un des chapeaux qui a été pris. Alors, dans les deux minutes qui restent, là,
j'aimerais que vous me fassiez un
petit topo, là, de ce qui s'en vient côté logement social au Nunavik, où est-ce
qu'on en est avec l'échelle de loyers, où
est-ce qu'on en est avec le programme de... pour ceux qui souhaitent construire
leur propre habitation. Donc, je vous cède la parole.
Arcand :
Bien, merci, M. le député. Je dois vous dire que ça a l'air toujours très
simple lorsqu'on parle d'ajouter des
nouveaux logements, mais c'est un défi extrêmement important. C'est beaucoup
plus compliqué que d'ajouter des logements dans
nos régions ici, autour, car... décide d'aller là. D'abord, les coûts sont
infiniment plus élevés dans un premier
temps. Mais le gouvernement du Québec travaille de concert avec les différents
intervenants, et nous avons eu la construction
de 60 logements sociaux en 2016. Ils sont terminés, ils sont occupés par les
familles actuellement, d'une part. Maintenant, on prévoit, suite à de
nombreuses discussions que nous avons eues, à l'été 2017, on prévoit en
avoir 10, logements sociaux
supplémentaires, qui sont adaptés plus spécifiquement entre autres pour les
personnes âgées. Le budget 2017‑2018, lui, prévoit une somme de
près de 4 millions, de 3,7 millions pour compléter le financement de 10 logements sociaux. Et, en parallèle,
60 logements sociaux vont également être construits en 2017 dans le cadre
de l'entente qui concerne la mise en
oeuvre de la Convention de la Baie James et du Nord québécois en matière de
logement.
Alors,
il y a des projets également, au moment où on se parle, de modernisation de
certains logements qui existent, modernisation
de logements qu'on appelle le projet RAM, d'une part. Et, depuis 2016, il y a
environ 38 millions de dollars qui
proviennent de la Société canadienne d'hypothèques et de logement et de la
Société d'habitation du Québec qui ont été
investis, et on prévoit des travaux additionnels de 45 millions en 2017.
Alors, je pense que c'est important de dire que ces éléments-là se passent. Et il y a actuellement des études qui sont
menées par différents intervenants pour, d'une part, arriver à une échelle transitoire sur la question
des loyers, d'une part, et aussi de trouver une façon peut-être un peu plus
simple pour faire en sorte qu'on puisse
faire en sorte que ces projets-là puissent se faire encore plus facilement au
cours des prochaines années. Parce
qu'à chaque fois qu'on discute de ça ce sont toujours des discussions qui sont
longues et qui auraient avantage probablement à se dérouler et à se
faire beaucoup plus rapidement.
Le Président (M. Habel) : Merci. Le temps imparti à la banquette
ministérielle est terminé. Je vais céder la parole au député
d'Arthabaska pour un temps de 20 min 30 s.
M. Lefebvre :
Merci beaucoup, M. le Président. M. le ministre, on va avoir la chance de
poursuivre là-dessus, sur les
logements sociaux, et, d'entrée de jeu, je veux dire que je ne suis pas contre
les logements sociaux. C'est important qu'on fasse des logements sociaux
pour nos plus démunis.
question est beaucoup plus au niveau, vous en avez dit, que les coûts dans le
Nord comme ça sont de façon exponentielle.
Mais là on parle de 23 millions pour la construction de 70 logements
sociaux. On parle de 328 000 $ la porte. J'ai été dans le monde immobilier; quand on a 100 000 $
la porte, on a de quoi d'exceptionnel. Si on double le chiffre, on tombe
à 200 000 $. J'aimerais avoir un peu d'explications par rapport à ça.
M. Arcand :
D'abord, premièrement, moi, je suis toujours aussi très surpris de ça, mais,
qu'est-ce que vous voulez, ça prend
un bateau qui se rend jusque là-bas. Et M. Sauvé, qui est dans ces
chiffres-là sur une base beaucoup plus régulière que moi, à un moment donné, là, pour des logements très ordinaires, là,
on parlait de, je pense, c'était 400 000 $ par unité ou quelque chose comme ça, et il va vous donner
des chiffres qui vont expliquer la problématique que nous avons à ce
niveau-là.
M. Sauvé
(Robert) : C'est effectivement beaucoup plus coûteux que dans le Sud.
Un logement de deux chambres à coucher,
là-bas, a coûté, pour les 60 derniers qu'on a construits au cours de 2017,
350 000 $ par logement. Et les logements à 400 000 $, c'est des logements qui sont
adaptés pour personnes âgées, donc avec une rampe et tout ça, et ça coûte
400 000 $ par unité de
logement de deux chambres à coucher. C'est vraiment le prix que ça coûte là-bas
pour faire ces logements-là. C'est
beaucoup lié au transport, beaucoup lié au fait que la période de construction,
elle est courte. Et, troisièmement, tous
ces logements-là sont construits sur pilotis parce qu'on est dans du
pergélisol, donc ça implique une structure qui est adaptée et une
isolation aussi qui est adaptée au contexte nordique évidemment.
M. Lefebvre : Est-ce
que vous avez regardé du côté du
«prefab», qu'on appelle dans le monde de la construction, pour apporter des unités? Maintenant,
on en parle de plus en plus. Et la problématique,
qu'on soit ici, au Québec, dans cette
partie-ci du Québec, ou dans le Nord, les coûts de main-d'oeuvre aussi, ici,
sont élevés. Les contracteurs essaient de minimiser les coûts, parce qu'on sait ce que ça
coûte, un homme sur un chantier, donc on l'utilise en usine où est-ce qu'on va
avoir de la main-d'oeuvre aux alentours de 15 $, 20 $ de l'heure. À
l'intérieur, à l'usine, au sec, on peut faire les spectres qu'on veut. Est-ce que vous avez regardé cette option-là,
qui pourrait peut-être être intéressante
pour sauver des coûts?
M. Sauvé (Robert) : Oui, ça a été examiné. Ça n'a pas été retenu
jusqu'à présent pour deux raisons. La première, c'est une question de transport des modules une fois construits qui
pourrait, dépendant à quel niveau d'avancement de fabrication ils sont,
devenir beaucoup plus coûteux parce qu'on transporterait de l'air beaucoup, et
la complexité des formes à être
transportées. Le deuxième volet, qui est peut-être le principal, c'est qu'à
travers la construction de logements, quand
on les fait là-bas, ça crée des emplois qui sont occupés en bonne
partie par
des Inuits. Et donc c'est un programme... Ça sert aussi à permettre la création d'emplois et à maximiser les
retombées économiques pour les milieux locaux là-bas plutôt que
d'arriver avec une maison qui est déjà construite puis qu'on installe tout
simplement.
M. Lefebvre :
Mais il y aurait peut-être un mariage à faire entre les murs préfabriqués,
parce que je viens de ce monde-là,
là. Les murs préfabriqués, on n'a pas beaucoup d'air, là, à l'intérieur d'un
van, là. Je pense qu'il y aurait peut-être...
M. Lefebvre :
Oui, mettons juste les murs préfabriqués, on pourrait quand même donner des
emplois aux gens là-bas. Juste mettre... Une couple de petites secondes.
On avait, dans les aides financières... Du côté de la ville de Port-Cartier, il y a eu une aide financière
de — là, dans
ce volet-là, là, je suis un peu plus dans les chiffres, là — 250 000 $ qui avait été donnée à la ville de Port-Cartier
versus les autres, là. Disons que la différence était quand même grande. Est-ce
qu'il y a une raison en particulier pourquoi ça avait été...
M. Arcand :
Pourquoi on a décidé de faire le centre communautaire de Port-Cartier?
M. Lefebvre : Non. C'était une
aide financière qui avait été donnée à la ville de Port-Cartier.
M. Arcand : C'est
ça, c'était pour le centre qui avait besoin d'aide à ce moment-là. J'avais
discuté avec Mme Doyle à l'époque, et
c'était nécessaire. Je rappelle que la ville de Port-Cartier a été frappée de
bien des façons, là. Il y avait un
magnifique projet, qui était FerroAtlantica, qui n'a pas fonctionné à la
dernière minute. Alors ça, ce sont des choses
qui étaient nécessaires. À un moment donné, la ville avait besoin d'aide, et
c'est pour ça qu'on a décidé d'aller dans cette direction-là, n'est-ce
pas?
M. Lefebvre :
Puis il y a également, dans le même volet... on avait Béton préfabriqué du
Québec pour 67 500 $.
M. Arcand :
Robert vous répondra.
M. Sauvé
(Robert) : J'y vais de mémoire. J'y vais de mémoire, mais c'était un
équipement. Ça a permis, pour l'entreprise,
de se procurer un équipement qui permet d'augmenter la productivité puis permet
de diversifier les produits qu'ils
fabriquaient. C'est du béton préfabriqué ou du béton précontraint. Et, si je me
rappelle bien, c'est un équipement qui
était... qui a été installé là-bas pour permettre de faire des modules qu'il
n'était pas possible de faire sans cet équipement-là. Donc, ça
permettait de diversifier l'entreprise et de créer de nouveaux emplois.
M. Lefebvre :
67 000 $, est-ce que c'était le coût total de l'équipement?
M. Sauvé
(Robert) : C'est probablement moins, mais c'était au maximum
50 %, parce que, dans un... Quand on
aide une entreprise, on ne dépasse jamais 50 %. Probablement moins, je
n'ai pas les chiffres devant moi, là. On peut vous les trouver.
M. Lefebvre : Oui, oui, oui.
Mais je comprends le principe.
Si on revient
à un dossier, Strateco, Strateco qui était, à l'époque, on disait, la star du
Plan Nord, le projet de mine d'uranium
avait été, à l'époque, salué par M. Charest. La compagnie a investi
147 millions, avait obtenu tous les permis nécessaires à la réalisation du projet Matoush, qui avait vu le jour à
la Baie-James. En 2013, le gouvernement Marois avait arrêté le projet, qui était rendu à son dernier
stade de développement. Et, après ça, bien là, l'action, naturellement, de la
compagnie, qui a chuté. Là, on voit un
nouveau joueur qui vient d'arriver, qui s'appelle Third Eye Capital, qui est un
fonds torontois spécialisé dans le
financement des causes qui ont des chances d'être gagnées, qui a mis
10 millions sur la table pour
payer les procédures en échange d'un pourcentage au niveau du règlement. On
parle d'une poursuite présentement de
200 millions, qui inclut l'investissement, là, de 147 millions plus
dommages et intérêts. Je voudrais savoir où en est le procès
présentement.
M. Arcand : Écoutez, vous
comprendrez, M. le député, que je ne veux pas trop parler de cet élément-là,
parce qu'on est en cour actuellement.
Alors, il y a eu cette poursuite-là qui est faite par Strateco, qui a été déposée. J'imagine qu'on attend des dates pour la cause comme telle.
Mais vous comprendrez qu'à ce
stade-ci je ne peux pas commenter,
de quelque façon que ce soit, le projet. Je pense qu'on est en attente d'une
décision du juge.
M. Lefebvre : Mais est-ce qu'il y a
eu des dates d'arrêtées présentement ou on n'a aucune date encore?
Arcand : On est en
attente d'une décision, c'est tout ce que je peux vous dire à ce stade-ci.
Ce que je
peux vous rappeler ici, c'est que le projet a débuté le 9 janvier... pas le projet, mais le procès a débuté le 9 janvier, s'est terminé le 24 février 2017, et
on est en attente d'une décision de la Cour supérieure dans ce domaine-là.
Lefebvre : O.K. Merci. J'aimerais savoir la position du ministre face
à l'exploitation de l'uranium. Est-ce que vous êtes toujours en faveur
de l'exploitation de l'uranium?
Arcand : C'est-à-dire que,
nous, vous savez, contrairement à d'autres, nous ne sommes pas en faveur des
moratoires. Cependant, même si on
n'est pas en faveur de moratoires, il est clair qu'il faut aussi qu'il y ait de
l'acceptabilité sociale lorsqu'il y a des projets, alors c'est un
équilibre.
Je dois vous
dire qu'on a travaillé, au cours de la dernière année, pour avoir justement un
plan pour l'acceptabilité sociale. Moi, quand je suis arrivé — je vais simplement vous donner ça comme
exemple — au
ministère, il y avait plus d'une trentaine de projets qui étaient
problématiques, pour toute espèce de raison. Il n'y a pas juste les questions
d'acceptabilité sociale, il pouvait y avoir des chicanes entre investisseurs,
il pouvait y avoir toutes sortes de raisons. Mais il m'est apparu assez clair qu'on n'avait pas
actuellement un processus. Et, pour nous, le processus commençait à être
urgent, il était urgent de commencer à
trouver une amélioration par rapport au processus. Et, comme vous le savez sans
doute, dans ces projets-là, il faut aller en amont, c'est-à-dire qu'il faut
véritablement qu'on puisse avoir, je dirais, des informations aux citoyens, les préparer. Ce que les citoyens détestent
le plus, c'est qu'on les place devant un fait accompli. Ça s'est produit dans plusieurs projets par le
passé dans lesquels les citoyens étaient placés dans une situation extrêmement
difficile.
Alors, nous,
ce qu'on a dit, entre autres, c'est qu'on voulait absolument changer ça. Et,
pendant des années, le ministère, entre autres, donnait des permis sans
trop se préoccuper, évidemment, de la situation. Alors, ce qui est fait
actuellement par rapport aux décisions qui ont été prises, par exemple, sur
l'uranium, c'est qu'il y a un comité interministériel — pour donner cet exemple-là puis répondre à
votre question — il y a
un comité, actuellement, qui s'est réuni
et dans lequel il y a des gens du Développement durable, de l'Économie, de
notre ministère également, pour essayer d'avoir une position plus claire sur cette question-là. Mais c'est clair
que, dans le cas, entre autres, de ce qui s'est passé, il y avait véritablement des déclarations qui
avaient été faites à l'époque, entre autres, je pense, par la nation crie, sur
ces questions-là.
Donc, le
gouvernement, dans ce cas-là, lorsqu'il y a des problèmes d'acceptabilité
sociale, c'est sûr que ça pose... On
le voit avec les gaz de schiste, par exemple, lorsqu'il y a des problèmes à ce
niveau-là. À Bécancour, j'ai jasé avec le
maire de Bécancour sur ces questions-là, et je l'ai assuré, évidemment, qu'il
n'y avait aucun permis actuellement de gaz
de schiste dans la région. Puis je pense que les entreprises savent très bien,
de toute façon, maintenant, que l'acceptabilité sociale n'est pas au rendez-vous pour le gaz de schiste, par exemple.
Alors, on change nos façons de faire et on invite également les
entreprises à changer les façons de faire.
Juste pour terminer là-dessus, on avait demandé
au BAPE, sur l'uranium en particulier, de faire une audience publique, et elle a été faite en 2015. Et, dans
son rapport, il y a eu différents avis de la commission qui ont été faits, et,
entre autres, on disait que, si le
gouvernement souhaitait aller de l'avant avec cette industrie-là, elle est
d'avis, selon le BAPE, qu'il devrait
porter attention à trois éléments
principaux, soit l'acceptabilité
sociale, l'acquisition de connaissances scientifiques et techniques et une harmonisation de nos législations
fédérales et provinciales. Ça a été trois éléments, là, qui étaient dans
le rapport. Alors, c'est pour ça que nous avons formé ce comité-là pour
discuter de cette question-là.
M. Lefebvre : Est-ce que vous pensez
que le résultat de ce qui va sortir peut compromettre une
partie du Plan Nord
au niveau de la vision des entrepreneurs puis des investisseurs miniers?
Arcand : J'aimerais
que vous répétiez votre question juste pour que je comprenne bien, là.
Lefebvre : Si, par exemple, le résultat qui va être donné, là, au niveau de la poursuite, si
vous pensez que ça peut contrevenir au Plan Nord, une
partie du plan.
Arcand : ...pour l'instant, regardez, sur le plan minier, en tout cas, vous avez une réponse avec l'Institut Fraser. L'Institut Fraser dit : Québec
est considéré comme un endroit qui est bon sur le plan de l'investissement. Vous savez, dans toutes les
régions du monde, il y a des gens qui veulent du développement de telle nature, d'autres qui n'en veulent pas, etc. Ce qui est très important actuellement, puis, moi, c'est ce sur quoi j'essaie de travailler, c'est sur la
prévisibilité, il faut qu'il y
ait de la prévisibilité.
Alors,
pendant des années, on n'avait pas refait la
Loi sur les mines. La
Loi sur les
mines a été refaite. Pendant des
années, on a eu des discussions sur les redevances, et là on a eu des
discussions, en 2011, sur les redevances, je pense que le député
de Dubuc s'en souvient, particulièrement sur le plan
minier. Et finalement on s'est entendu sur une formule, en tout cas, qui semble avoir, je dirais même, l'approbation des principaux partis politiques,
c'est la meilleure formule de redevances minières. Donc, là-dessus,
c'est un autre dossier qui est derrière nous.
Par la suite,
on a changé... là on vient de changer la
loi sur l'environnement, on a une politique
énergétique. On a vraiment les outils modernes maintenant
qui nous permettent de dire aux entreprises : Bien, voici, si vous venez ici, au
Québec, ça va se passer de telle,
telle et telle façon. Et les entreprises, et ça, c'est mon expérience, le