Culture and Education — 24 September 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CCE 2019-09-24
Quebec — Committees
La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 5, Loi modifiant la
Loi sur l'instruction publique et d'autres
dispositions à l'égard des services de l'éducation préscolaire destinés aux
élèves âgés de 4 ans.
M. le
secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Grondin
(Argenteuil) est remplacée par M. Bussière (Gatineau); M. Poulin (Beauce-Sud) est remplacé par
M. Lévesque (Chapleau); M. Skeete (Sainte-Rose) est remplacé par
M. Lamothe (Ungava); et Mme Melançon (Verdun) est remplacée par
Mme Charbonneau (Mille-Îles).
La Présidente (Mme Thériault) : Merci.
Donc, je vous rappelle que la commission a convenu de procéder à cette étude détaillée par sujets, que nous sommes actuellement au
quatrième sujet, qui est intitulé Le régime pédagogique , et à
l'article 5.
Lors de l'ajournement de la dernière séance, M. le député de
Sainte-Rose avait mis en cause la recevabilité d'un sous-amendement présenté par la députée de
Saint-Laurent à un amendement présenté par M. le ministre. Évidemment,
je n'étais pas présente à cette séance-là.
Je sais que je contourne les règles, je ne dois pas souligner l'absence de
quelqu'un. Il y avait une autre présidente
qui était assise ici. Donc, on a... Vous allez me permettre de vous lire la
décision qui était relative au sous-amendement qui a été déposé par la
députée de Saint-Laurent.
Donc, je vais maintenant rendre la décision sur la question
de règlement soulevée par M. le député de Sainte-Rose concernant la recevabilité d'un sous-amendement
présenté par Mme la députée de Saint-Laurent à un amendement présenté
par M. le ministre.
M. le député de Sainte-Rose affirme que le sous-amendement
est irrecevable puisqu'il introduit un nouveau principe, ce qui contrevient à l'article 197 du
règlement. Mme la députée de Saint-Laurent affirme plutôt que le sous-amendement
est recevable puisqu'il introduit des modalités et non un nouveau principe.
D'abord, je vous indique qu'en vertu de l'article 200
du règlement les critères de recevabilité d'un sous-amendement
sont les mêmes que ceux d'un amendement. Or,
en vertu de l'article 197 du règlement, les amendements doivent
concerner le même sujet que la motion et ne peuvent aller à l'encontre de son
principe. Ils ne visent qu'à retrancher, à ajouter ou à remplacer des mots.
L'amendement proposé par le ministre vise à modifier
l'article 447 de la
Loi sur l'instruction publique. Il concerne l'admission à l'éducation préscolaire des enfants à un âge
moindre que celui autrement prévu par la loi. Quant au sous-amendement, il vise à insérer un alinéa au début
de l'article 447 afin d'établir un nombre maximal d'élèves par
enseignement pour les services d'éducation
préscolaire destinés aux élèves de quatre ans. Ce sous-amendement ne se
rapporte donc pas à la motion d'amendement puisqu'il y a introduit un
sujet qui lui est étranger.
Il y a de la jurisprudence qui a été faite le 22 mars
2006 par la Commission des affaires sociales. Alors, le
président Russell Copeman avait rendu une décision similaire à celle que je
suis en train de vous rendre.
Donc,
pour cette raison, la présidence juge le sous-amendement irrecevable.
J'ajoute
que cette décision n'exclut pas la possibilité, comme il en avait été question,
de présenter la proposition ultérieurement sous forme d'amendement.
Voilà
pour la décision. Ça vous va? Est-ce qu'il y a des commentaires? Mme la députée
de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. J'aimerais juste, pour les règles... Moi-même, j'apprends mon métier, ça fait à peine un an
que je suis élue, mais je crois sincèrement que les règles d'audi alteram
partem s'appliquent quand même ici.
J'aimerais ça que la prochaine fois, lorsque la commission termine de siéger à
18 heures, qu'il n'y ait pas d'autres... comment dire, des gens qui aillent plaider leur cause à micro fermé. Au
Québec, nos débats sont publics et ouverts, et, par souci de transparence, j'apprécierais que cette
règle soit communiquée à tous les personnels qui travaillent avec nous
dans nos commissions. Et la règle de ratio, elle est assez primordiale. Et
j'aurais aimé, bien évidemment, avoir eu l'occasion de plaider notre cause.
Merci.
La Présidente (Mme Thériault) : Merci, Mme
la députée de Saint-Laurent. Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Merci. Donc, si je comprends bien, la proposition de ma collègue de
Saint-Laurent n'est pas recevable comme
sous-amendement, mais elle pourra être déposée comme amendement tout de suite
après qu'on ait traité celui du ministre.
Présidente (Mme Thériault) : Absolument. Le sous-amendement doit
se rapporter, comme je l'ai indiqué, à biffer,
ajouter, remplacer des mots à l'amendement déjà proposé par le ministre. Donc,
oui, ça pourrait faire l'objet d'un amendement.
Mme Labrie :
Parfait.erci.
Présidente (Mme Thériault) : Ça vous va? D'autres commentaires?
Mme Rizqy : ...Mme
la Présidente, que nous avons préparé
un amendement. Nous allons d'abord, j'imagine, évacuer
l'amendement du ministre et, par la suite, nous déposerons un amendement dans
le sens des ratios.
Présidente (Mme Thériault) : Ça vous va? C'est votre droit le plus strict, Mme la députée. D'autres interventions du
côté ministériel? Non. Donc, nous allons reprendre. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement de M.
le ministre à l'article 5? Pas d'autre...
Mme Rizqy : J'aurais une
question pour le ministre.
Présidente (Mme Thériault) : Oui. Mme la députée de Saint-Laurent. Seulement, pour les députés qui ne sont pas habitués de travailler avec moi à la
présidence, juste de me regarder, indiquez-moi que vous voulez prendre la
parole. Lorsque je vous reconnais, on ouvrira votre micro. Je ne veux pas
échapper les paroles que vous allez prononcer. Évidemment, je pense que, pour
le bien... le confort des gens qui suivent nos travaux, des fois, qui regardent
en différé, c'est important de comprendre toutes les phrases. Donc, Mme
la députée de Saint-Laurent, la parole est à vous.
Mme Rizqy : J'aimerais savoir, dans l'article 447,
admission, inscription et la fréquentation scolaire, est-ce que vous allez envoyer des directives pour l'inscription?
Parce que tous les intervenants qui sont venus nous parler ont parlé de
ratios et à quel point c'était hyper
important que le milieu soit adapté pour les petits élèves qui vont fréquenter
notre réseau scolaire, au fond, la grande école, que le ratio soit très,
très petit, donc dans les modalités.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : J'essaie de
suivre. Vous êtes où dans notre
article 5 en ce moment?
Mme Rizqy : À l'article 447 : «Déterminer des
règles sur l'admission, l'inscription et la fréquentation scolaire.»
J'aimerais avoir votre éclairage là-dessus. C'est quoi, vos orientations?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : O.K. Donc là, vous n'êtes pas à l'article 5 de la
loi, vous êtes à l'article 447 de la
Loi sur l'instruction publique
en ce moment.
Mme Rizqy :
L'article 5 du
projet de
loi sur les maternelles quatre ans parle de l'article 447.
Mme Rizqy : Donc, on est au même article, 5 dans le projet de loi, 447 dans la
Loi sur l'instruction publique. Dans
l'article 447, qui est modifié par votre amendement, vous voyez bien que
dans, l'article 447, qu'on parle d'admission, inscription, donc des
modalités. Avez-vous des intentions par rapport aux inscriptions?
M. Roberge : Bien, à partir du moment où il y aurait le
décret, il y aurait l'accès universel, donc tout parent pourrait inscrire son enfant... pourra inscrire son enfant
de quatre ans ou de cinq ans... en fait, de quatre ans, comme on peut le
faire en ce moment à cinq ans. Voilà.
Mme Rizqy : À partir de quand
vous allez fermer une inscription pour une classe?
M. Roberge : Je ne comprends
pas ce que vous voulez dire, fermer une inscription.
Mme Rizqy : Est-ce que c'est à partir de 10 élèves,
11 élèves, 12 élèves, 17 élèves, que vous allez dire : Non,
on va respecter un nouveau ratio?
M. Roberge :
Les normes et modalités actuelles parlent d'un maximum absolu, dans une classe,
de 17 et d'un maximum moyen, sur une commission scolaire, de 14.
Mme Rizqy : Et vous, vos intentions après avoir entendu les
experts qui sont venus ici, en commission, nous parler, est-ce que vous
avez des intentions de réduire ce maximum de 17?
M. Roberge :
Ces choses-là font
partie de la ronde de négociations qui s'entamera
prochainement.
Mme Rizqy : Mais vous, personnellement, vous avez entendu les
experts, vous savez à quel point que le ratio est hyperimportant, on parle d'enfants de quatre ans
qui vont fréquenter quand même la grande école. pensez-vous que ce serait
souhaitable, suite aux experts qu'on a entendus, de réduire ce ratio puis de
faire un pour 10?
M. Roberge : Je pense que les ratios, tels que définis en ce moment, sont très intéressants, surtout qu'en ce moment quand on regarde ce qui se passe, là, concrètement
dans nos classes la moyenne, en ce
moment, est quelque part entre
11 et 12 enfants, puis il y a une
enseignante bien souvent, je dis un, mais ça peut être... la plupart du temps,
c'est une enseignante, et une
éducatrice à demi temps, ce qui donne un ratio moyen en bas de 10 dans le
concret, là, de ce qui se passe en ce
moment. Si on va dans une classe qui est à
son ratio ultime, le maximal, en ce
moment, de 17, bien, il y a quand même
un ratio moyen proche de 10 en ce moment, quand on compte qu'il y a une
partie de la journée où l'enseignante
pourrait être seule avec les élèves puis une
partie où c'est garantit
qu'elle sera avec un éducateur ou une éducatrice.
Mme Rizqy : Le ratio qui a été souvent véhiculé, c'était un
pour 10. Vous parlez d'une moyenne de 11. Donc, déjà en partant, la moyenne est déjà en haut des recommandations de plusieurs experts, mais, d'autre part, c'est que, quand
on parle de moyenne, c'est qu'évidemment il
y a un plancher puis il y a un plafond, puis le plafond, en ce moment, est de
17. Vous comprendrez que les experts, ce n'est
pas du tout là-dessus qu'ils sont... qu'ils n'ont pas été favorables
d'avoir des classes à 17 élèves
à quatre ans, là. Est-ce que, vous, personnellement, après avoir entendu les différents experts qui sont venus témoigner... êtes-vous favorable, justement, à
donner une directive ou d'inscrire dans la loi carrément pour réduire les
ratios?
M. Roberge :
Pas favorable à inscrire dans la loi les ratios. En ce moment, c'est dans les
normes est modalités dans le respect des conventions. Et il y aura de
nouvelles négociations pour les conventions. Je pense que, déjà, on offre un
service d'excellente qualité.
Mme Rizqy :
Le service va être élargi aux quatre ans de façon universelle. On ouvre la loi,
et c'est comme une occasion aussi de
parfaire tout ce qui peut être fait. Et habituellement, lorsqu'on reçoit des
experts, mais ce n'est pas juste pour les
entendre, mais, souvent, c'est pour les écouter. Sinon, à quoi bon avoir des
consultations? On dit : Venez parler, on vous donne des micros,
mais, dans le fond, on vous a entendus, mais on ne vous écoutera pas.
me semble que, maintenant qu'on veut déployer un service... Puis l'objectif,
là, que tout le monde recherche, et que
c'est le vôtre, c'est agir tôt. Et, dès lors qu'il y a plus d'élèves dans une
classe, ça devient difficile à agir tôt pour déceler les problèmes d'apprentissage, de troubles de
comportement. Et ça, je sais que c'est un objectif que vous partagez. Ça,
j'en suis convaincue, et c'est pour ça que je vous invite sincèrement à revoir
ce ratio.
Lorsque
vous me parlez des conventions collectives, les conventions collectives ne
peuvent pas aller contre la loi. Les conventions
collectives, bien, c'est sûr qu'on va devoir les ajuster, mais elles vont
respecter la loi. Et d'ailleurs on l'a fait dans d'autres réseaux. C'est fait dans, par exemple, le service de garde.
Dans le service de garde, c'est inscrit dans la loi. Et, par conséquent,
bien, les conventions collectives, bien, respectent la loi.
à moins que la juriste peut contredire ça, mais, quand je regarde dans la
loi... Je vais vous la lire, si vous permettez, puis je pourrais même
vous en faire copie, M. le ministre : Règlement sur les services de garde
éducatifs à l'enfance, l'article 21,
paragraphe 3° : «Un
membre pour 10 enfants ou moins, âgés de 4 ans à moins de 5 ans
au 30 septembre, présents.» Donc, il
y a un ratio d'un pour 10 dans la
loi. Les conventions collectives se sont adaptées. Puis je pense que, si on demande au syndicat des
enseignants, eux autres mêmes en ont parlé. Lorsqu'ils sont venus, ils ont
parlé des ratios, à quel point c'était important.
Puis on a les ressources monétaires. Alors, je ne vois par pourquoi qu'aujourd'hui vous refusez de vouloir aller inscrire dans la loi, alors que
c'est déjà fait ailleurs pour les services de garde.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Bien, j'ai déjà dit que je croyais que le ratio était excellent dans sa forme
actuelle, et, bien sûr, ça va faire l'objet de négociations, comme tout
le reste, mais là, chère... Mme la Présidente, il faut que je m'adresse à la
présidente, ma collègue est en train de débattre sur l'article qui a été jugé
irrecevable en réalité.
Donc,
moi, je pense qu'il faudrait revenir sur l'article, qui, essentiellement, parle
de l'admissibilité à cinq ans ou à quatre
ans, et c'est un
article qui vise à ne pas admettre de manière exceptionnelle,
supposons, des enfants de trois ans dans des maternelles quatre ans. C'est le sens de l'article. Ça fait que je
pense qu'il faudrait revenir au sujet de l'article et ne pas débattre,
par la porte d'en arrière, d'un
article qui a été jugé irrecevable.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci. Donc, Mme la députée, évidemment, je
pense que, tant que les discussions sont
cordiales, que ça va bien, il n'y a pas de problème. Je vous ai déjà signifié
que votre sous-amendement, vous pourrez
l'apporter ultérieurement en fait d'amendement. Je vais vous demander de
revenir sur la proposition d'amendement du ministre.
Mme Rizqy :
Oui, mais, Mme la Présidente, je suis parfaitement en droite ligne avec
l'amendement :
L'article 447 de
cette loi est modifié par le remplacement du paragraphe 6° du troisième alinéa,
de «cinq ans» par «4 ans». On change de façon importante la
Loi sur l'instruction publique, on la réouvre pour
donner l'accès universel, mur à mur, des maternelles quatre ans au
Québec à des enfants de quatre ans.
Et tout ça,
là, on parle de cinq ans à quatre ans. Les experts l'ont dit, chaque année du
développement pour un enfant dans les
sept premières années, c'est des pas de géant. Un enfant de quatre ans, c'est
encore un tout petit bout de chou, alors qu'à cinq ans il y a d'autres... évidemment, il a appris davantage, puis
son niveau de maturité est une petite affaire au-dessus.
Alors là,
maintenant qu'on parle de cinq ans à quatre ans, je parle exactement de son
amendement : les enfants de quatre ans. Mais, je me permets, étant
donné qu'on est à l'article 447 de la
Loi sur l'instruction publique... on
parle de modalités et on parle de règles sur l'admission, inscription et
fréquentation scolaire.
Mais,
sincèrement, si on est à court d'arguments puis qu'on veut juste me dire que...
de la procédurite, je ne pense pas qu'aujourd'hui
la préoccupation des parents est vraiment rencontrée. La préoccupation des
parents, c'est de savoir comment qu'on
va agir tôt puis comment on va s'assurer que les enfants vont être bien
encadrés et qu'ils auront tous les services à leur disposition. Mais, oui, on peut faire un débat de
procédurite ou on peut vraiment s'intéresser à... le nerf de la guerre,
qui est le ratio maître, enseignant, avec un
élève. Et là on parle de petits enfants de quatre ans. Alors, moi, je trouve ça
très pertinent.
Mais je
comprends, on va revenir sur l'article 6,
permettre l'admission des élèves de catégories d'élèves âgés de moins de
cinq ans et préciser les services qui leur sont dispensés. Je parle
d'admission. À partir de quand un enfant de quatre ans... Est-ce que c'est à
10 élèves qu'on va arrêter les admissions par une classe?
Et, quand le ministre
dit que lui ne juge pas ça à propos puis qu'il pense que 17, c'est bon, est-ce qu'il y a un expert qui peut témoigner,
dans tous ceux qu'on a entendus, pour venir nous dire pourquoi
que c'est bon, des ratios de 17 dans dans une classe de maternelle
quatre ans? Moi, je n'en ai pas entendu aucun, là. Il n'y a personne, personne
qui est venu en commission nous dire que les ratios de 17, c'était bon.
Alors, à
moins que j'aie échappé une journée, là, que je n'étais pas là, mais,
habituellement, je n'en ai pas manqué une,
je n'ai pas manqué une seule seconde dans cette commission. Ça fait que,
lorsqu'on a entendu les témoins, je n'en ai pas entendu un seul. Alors, est-ce
que, M. le ministre, est-ce que
vous avez un seul expert qui dit qu'effectivement les ratios de 17, pour les enfants de
quatre ans, c'est une bonne chose?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Mme la
Présidente, la qualité des services,
là, il n'y a pas personne qui va dire ici : Bon, je suis
contre la qualité des services. On est tous
là pour la qualité des services, c'est
sûr. Il faut dire que le chiffre qui
avait été au départ, c'est un chiffre
qui a été cautionné à la fois par le parti qui était au pouvoir en 2013‑2014.
Après ça, ça a été ça alors que son
parti a été au pouvoir pendant ces dernières années. Ils n'ont ni changé le régime
pédagogique pour ce ratio-là dans les dernières
années ni profité pour le changer lors de la négociation. Donc, ni dans la loi,
ni dans la négociation. Donc, il faut se réconcilier avec nos propres positions. Et l'article
ici ne dit pas à partir de combien on refuse les inscriptions, il n'est
pas question d'admettre un nombre x d'élèves ou de refuser un nombre x
d'élèves, mais plutôt de dire à partir de quel âge.
Donc, je
reviens, Mme la Présidente, il ne s'agit pas de débattre d'un nombre d'élèves
par classe mais d'à quelle heure... à quel âge, pardon, on les admet ou
pas. Donc, je pense qu'il faut revenir sur le sujet de l'article.
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Moi, ça me fait toujours un peu sourire quand que vous parlez du passé pour
refuser de parler du présent puis du
futur. Ça me fait vraiment tout le temps sourire. Mais, avant, c'était en
milieu défavorisé. Ça vous a pris trois semaines à nous accorder, finalement, un déploiement qui va continuer à prioriser
les milieux défavorisés, puis ça, je vous en remercie. Vous avez entendu
notre message. Ça a pris du temps, mais ce n'est pas grave, on va continuer à
le marteler, puis, si, maintenant, il faut
marteler pendant trois semaines des ratios plus petits, on va le faire pendant
trois semaines. Mais pourquoi on pourrait le faire de façon plus
accélérée, c'est que c'est les experts qui le disent.
Là, on a la chance, là. Vous réouvrez la
Loi sur
l'instruction publique, vous voulez déployer des maternelles quatre ans mur à mur, bien, parfait, donnons-nous
les outils pour réaliser de façon correcte votre grand déploiement
partout au Québec. C'est votre loi, c'est
votre projet de loi. Nous, on essaie de le bonifier avec vous. Et on a entendu
des experts. C'est...
Puis je
m'excuse, là, mais, M. le ministre, c'est probablement l'élément le plus
important de votre projet de loi, les ratios.
Puis vous pourrez parler de plein d'affaires, mais vous le savez aussi bien que
moi, puis je vois que ça vous fait sourire, tant mieux si ça vous fait rire, mais c'est ce que... quand qu'on va
avoir les maternelles quatre ans partout au Québec, bien, aussi bien le faire correctement puis de
dire : O.K., on va prévoir aussi des ratios plus bas. Pourquoi? Parce que,
oui, on a vraiment à coeur l'agir tôt
puis qu'on veut faire la prévention le plus tôt possible. Mais, si vous voulez
faire ça, donnez-vous les moyens de votre ambition, puis c'est pour ça
que j'insiste là-dessus.
La Présidente (Mme Thériault) :
Commentaire? Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Je trouve ça quand même assez impressionnant d'entendre le ministre répondre à
ma collègue qu'il veut maintenir le
ratio tel quel et que ce ratio est bon simplement parce que les précédents
gouvernements ont laissé le ratio tel
quel. Je pensais qu'on était face à un gouvernement qui se présentait comme le
changement. Donc là, on nous dit : On n'en fera pas, de changement. L'ancien gouvernement a fait ça comme ça, donc
ça doit être bon, on va le laisser comme ça. Je trouve que c'est un
argument de très mauvaise qualité.
Peut-être
que l'ancien gouvernement était dans l'erreur, peut-être que les anciens
gouvernements étaient tous dans l'erreur
de maintenir le ratio à un pour 17, puis là on a l'occasion de le corriger ici
en ce moment. Donc, le prétexte de dire : Bien, eux ont fait ça comme ça, aussi bien ne pas le changer, ça
pourrait aussi s'appliquer à maintenir seulement les maternelles quatre ans en milieu défavorisé, ça pourrait aussi
s'appliquer à maintenir les commissions scolaires, on pourrait
l'appliquer à... À ce moment-là, il ne
faudrait rien faire? Il ne faudrait rien faire sur aucun sujet, comme nouveau
gouvernement, sous prétexte que les anciens gouvernements avaient laissé
ça tel quel?
J'aimerais ça
que le ministre réfléchisse aux arguments qu'il nous expose ici pour justifier
son inaction face aux changements de
ratio. Ce n'est pas un argument de nous dire : Les anciens gouvernements
l'ont laissé comme ça, donc on va le
laisser comme ça, ça devait être correct. Il y a plein de choses que le nouveau
gouvernement veut changer, peut-être parce
qu'il y avait des choses qui n'étaient pas correctes avant dans les lois, dans
les conventions collectives. Bien, ça vaut la peine de se pencher là-dessus puis de ne pas juste
prendre pour acquis que, si c'était comme ça sous les anciens gouvernements, ça vaut la peine de
le laisser tel quel.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Je rejoins tout à fait ma collègue dans
son argument, puis peut-être que je me suis mal exprimé. Si tel est le cas, je me reprends. Je ne pense pas que
l'argument du statu quo soit un argument très, très fort. Il y a
des choses qui vont bien, qu'on ne
changera pas pour le plaisir de changer, parce que c'est un nouveau gouvernement puis il faut balayer sous le
tapis tout ce qui a été fait avant. Je ne suis pas là. Je ne pense pas non plus
qu'il faut tout changer ni qu'il faut tout garder, c'est simplement juste de voir... Ma
collègue, mais, des fois, on a l'impression qu'elle ne sait pas trop, là. C'est
complètement un nouveau parti qui s'est fondé le 1er octobre 2018, là, puis
tout ce qui s'est fait jusqu'au 29 septembre 2018, là, c'est oublié. C'était juste pour essayer de
trouver un minimum de cohérence entre ce qui s'est fait il n'y a même pas, quoi, 11 mois puis
ce qui se dit aujourd'hui. Donc, c'est simplement ça.
Je n'ai pas
dit que, d'aucune façon, il était... Je n'ai pas exclu des améliorations pour
des ratios ni au préscolaire, ni au
secondaire, ni au primaire, ni en classe difficultés graves d'apprentissage.
Simplement, ce n'est pas dans le projet de loi puis c'est encore moins dans cet article-là. C'est un
article qui dit à
quel âge on admet des enfants. Ce n'est pas un
article qui dit il y a combien d'enfants par classe, ce n'est
juste pas ici. Puis je lui ai dit : Bien, c'est quelque chose qui fera
l'objet de négociation. Bien, il est
possible qu'après les négociations il y ait moins d'enfants par classe. Ça se
peut, là. Donc, je ne suis pas le grand défenseur du statu quo, je sais
juste qu'il faut se réconcilier avec soi-même de temps en temps.
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Merci, Mme la Présidente. Écoutez, il n'y a personne ici qui est là pour
débattre de la cohérence des anciens gouvernements par rapport à là où
ils sont aujourd'hui. Je pense qu'on n'est pas là pour ça du tout. On est en
train d'étudier un projet de loi ici. La préoccupation pour les ratios, elle a
été exprimée par tous les groupes qu'on a entendus
en commission parlementaire. Elle a été exprimée par tous les partis
d'opposition aussi, c'est une inquiétude qu'on a. Si le ministre pense que l'article 447, ce n'est pas l'endroit
où discuter du ratio, j'aimerais ça qu'il consulte ses collègues du
ministère, ses juristes, pour nous dire à quel endroit précisément il faut
aller faire une proposition pour modifier les ratios. Si ce n'est pas ici, j'aimerais
ça savoir c'est où.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge :
Mais, écoutez, moi, comme je l'ai dit, on veut toujours améliorer les services
qu'on offre aux enfants, sinon on
n'aurait pas mis des centaines de millions dans le réseau, on n'aurait pas
embauché des centaines de professionnels puis on ne serait pas en train de déployer une offre de service pour des
jeunes si on ne croyait pas à la qualité des services. C'est évident qu'on y croit. C'est simplement,
puis je le répète, Mme la Présidente, ce n'est pas l'objet de l'article, ce
n'est pas l'objet de l'article de loi qu'on étudie. Alors, c'est comme si... on
peut bien parler de, je ne sais pas, la qualité du mobilier dans les classes de maternelle quatre ans, on peut parler de
l'accessibilité pour le transport actif pour se rendre à l'école. Écoutez, rendu là, on peut élargir, là,
on peut parler de n'importe quoi, mais là c'est parce que ce n'est pas en
lien du tout avec l'article en ce moment. Ce n'est pas pertinent à ce moment-ci
dans cet article-là.
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Écoutez, c'était précisément l'objet de ma question, si le ministre nous dit
que ce n'est pas pertinent ici, que
ce n'est pas l'objet de l'article dont on traite en ce moment, O.K., on pourra
arrêter d'en parler au moment où le ministre
nous aura dit à quel endroit ce sera le temps d'en parler dans le projet de loi
actuel. Dites-nous simplement à quel endroit
on pourra discuter des ratios, puis moi, je vais être tout à fait prête à ce
qu'on arrête d'en parler ici puis qu'on attende au bon moment dans la loi. Sauf qu'en ce moment je n'ai pas eu de
réponse. À quel endroit est-ce qu'on va pouvoir parler des ratios dans
le projet de loi?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge :
Ce n'est pas dans le cadre de ce projet de loi là, ce n'est pas dans le cadre
du projet de loi que la question des ratios sera traitée, comme ce n'est
pas dans la
Loi sur l'instruction publique qu'il a le ratio en maternelle cinq ans, ni au premier
cycle du primaire, ni au deuxième cycle du primaire. Si vous fouillez dans la
Loi sur l'instruction publique, vous
ne trouverez pas non plus de ratio en secondaire IV ni en secondaire V. Et
quand on a établi la maternelle quatre ans, en 2013, je n'étais pas au
Parlement, ce n'était pas là, au Québec, la façon qu'on fonctionne, ce n'est
pas dans la loi.
Donc, ce
n'est pas parce que toutes les autres lois établissaient les ratios, puis là
nous, on arrive en disant : Non, nous, on ne veut pas en parler, ce n'est juste pas de cette façon-là. Ça va
faire l'objet des négociations, puis les syndicats vont déposer leurs demandes, là, incessamment. Peut-être y
aura-t-il des demandes en rapport avec le ratio et peut-être justement
qu'on tiendra compte de tout ce qui s'est dit lors des auditions des experts.
Ce n'est pas
parce qu'on n'inclut pas, dans la loi, quelque chose sur le ratio qu'on n'a pas
écouté puis porté une grande attention à ce que les experts nous ont dit
lors des auditions, mais ce n'est pas dans la loi. Voilà.
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Le fait que ce ne soit pas dans la loi actuellement n'est en aucun cas une justification pour ne pas l'ajouter dans
la loi. Quand on ouvre une loi, on est là pour améliorer cette loi-là.
Moi,
personnellement, je pense que c'est un problème que ce ne soit pas écrit dans
la loi. Puis l'idée, ce n'est pas d'enlever
de la marge de manoeuvre aux syndicats quand ils négocient leur convention
collective, mais il y a moyen de mettre
un seuil à ne pas dépasser pour les ratios, puis après ça les syndicats feront
leur travail de négociation de convention collective pour aller
jouer... pour essayer d'obtenir des engagements du gouvernement qui améliorent
ce seuil-là.
Mais je pense
qu'on... Je pense que c'est tout à
fait légitime de vouloir inscrire
dans la loi des seuils maximaux, puis c'est légitime pour la maternelle
quatre ans, puis ça serait légitime pour n'importe quel autre âge, pour les
maternelles cinq ans, pour les élèves du
primaire, pour les élèves du secondaire. Je pense que c'est une question qui se
pose. On devrait se demander en ce
moment comment faire pour améliorer les services offerts aux élèves, puis une
des façons d'améliorer les services
offerts aux élèves, c'est de s'assurer qu'il y a un seuil à ne pas
dépasser pour les ratios. Après ça, ce sera toujours possible, dans les négociations, de faire diminuer
le seuil. On le voit pour les services de garde éducatifs, il y en a, des
seuils inscrits dans la loi. C'est quelque chose qui est tout à fait possible. Ça n'empêche pas que ces personnes-là
sont syndiquées puis peuvent négocier leurs conditions de travail.
Donc, ce
n'est pas une perte de droit pour les personnes syndiquées d'aller l'inscrire
dans la loi. Moi, je n'y vois aucun
problème, puis on est ici pour l'améliorer, cette loi-là, là. Donc, si on
constate qu'il y a des problèmes dedans, on ne va pas
s'empêcher de les régler simplement parce que la loi n'a jamais parlé de cette
question-là.
La Présidente (Mme Thériault) :
Commentaires?
M. Roberge : Pas de
commentaire.
Présidente (Mme Thériault) : Il n'y en a pas. J'ai la députée de Mille-Îles qui a une question.
Mme la députée, vous demandez
la parole.
Mme Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente. Ce n'est pas nécessairement une question, mais je
veux participer à la discussion puis je veux
donner un aperçu peut-être différent. C'est-à-dire que le ministre
nous dit, puis avec raison, que les
autres ratios sont en convention collective. On se souvient, hein, que la commission scolaire, le syndicat des enseignants
et toute la machine qui se met en branle pour donner des services à l'élève
négocient à tant de fois, après tant d'années,
une convention collective. Puis la bonification du ministère
ou bien du ministre est de pouvoir mettre en place un ratio
différent.
Je vous le dis parce que, dans les années
passées, j'ai fait
partie des gens qui ont vu le changement des ratios de 27 à 25, à 24, à 20. Puis, maintenant
au préscolaire cinq ans, on a des ratios en bas de 20, ce qui est extraordinaire parce que ça permet à
l'enseignante d'avoir une relation avec les jeunes différemment que s'il y en
avait plus.
Ce qu'on
oublie de dire aussi, c'est que, quelquefois,
un élève qui a une difficulté supplémentaire est considéré pour plus qu'une personne. Donc, ça lui donne... ça
donne l'avantage à l'enseignante, si elle a un élève à défi particulier, de
dire : Bien, cette personne-là
équivaut, et c'est un peu mal dit, mais les gens sont habitués maintenant en
commission avec moi, ça équivaut à une personne et demie, donc ça me
donne l'opportunité d'avoir soit du soutien supplémentaire ou un élève de
moins, ce qui me donne du temps en classe.
particularité avec les quatre ans, c'est que, de un, maintenant, ça va être un
choix parental. Puis mon parent qui va faire
son choix, puis, j'aime le rappeler au ministre, mon parent a toujours trois
choix : il garde son enfant avec lui, il l'envoie en service de garde ou en CPE ou il l'envoie à
l'école, bien, son plus grand défi, c'est de choisir entre son ratio puis le
ratio des deux autres services. C'est-à-dire
que, si je le garde à la maison, bien, il est peut-être un parmi trois, un tout
seul ou un, deux, puisque le parent a
des enfants avec lui, mais, si je choisis le CPE ou l'école, je devrais, Mme la
Présidente, puis je le dis
sincèrement, je devrais avoir la même qualité de service dans un et dans
l'autre, tellement que le ministre nous a dit : Moi, je vais mettre en place un team de feu. Je
vais mettre en place une équipe qui fait en sorte qu'à l'école ils sont
pris en charge de façon équitable que dans
un CPE. Et, de ce fait, son idée n'est pas mauvaise du tout, sauf qu'il l'a dit
un petit peu plus tôt : l'enseignante n'est pas constamment avec
quelqu'un d'autre.
Donc, le
ratio 1-10 que j'ai en CPE, qui... Je vous le rappelle, là, en CPE, je
reste avec la même éducatrice toute la journée.
Je dîne avec elle, je fais mes siestes, je me réveille avec elle, je passe à
autre chose avec elle, puis, quand mon parent vient me récupérer, il
vient me récupérer dans son groupe à elle.
Quand
je suis à l'école, c'est différent. Quand je suis à l'école, bien, je commence
par aller au service de garde. Après ça, je vais dans ma classe avec mon
enseignante puis peut-être une éducatrice, peut-être pas. Après ça, je retourne
à la récréation, je ne suis plus avec mon
enseignante puis je ne suis plus avec l'éducatrice, je suis avec d'autres.
Après ça, je reviens... Vous comprenez que le lien émotif est
complètement différent.
Donc, si je suis capable d'avoir le même ratio
préscolaire et CPE, je viens de créer du moins une certaine stabilité dans mes ratios, d'autant plus que, si j'arrive à
quatre ans, puis le ministre a raison de nous rappeler que ça se faisait
avant là, mais, si j'arrive à quatre ans
puis que j'arrive d'un CPE ou d'un service
de garde, j'arrive déjà
d'un ratio réduit. Alors, mon adaptation
au monde scolaire doit se faire de façon douce, avec quiétude pour le parent
puis douce pour le jeune. De ce fait, bien, si j'arrive en milieu
scolaire puis j'ai un groupe qui ressemble à celui que j'aurais eu en CPE, j'ai
déjà une relation équitable entre le service que j'aurais pu recevoir en CPE ou
le service que je vais recevoir à l'école.
Donc, si le ministre
dit : Bien, je ne peux pas faire de ratio au préscolaire parce que
je ne le fais pas pour les autres, je vous
dirais : Les autres n'ont pas les mêmes conditions. Quand je suis au
secondaire, j'ai deux choix, Mme la
Présidente : le privé ou le public.
J'ai rarement d'autres choix que celui-là. Puis, habituellement, le ministre
a raison, ce qui a été négocié en convention a été négocié pour le
public, parce qu'au privé je n'ai pas la même convention collective.
Donc, si on
inscrit dans la loi un ratio qui fait concordance avec les règles qu'on a en CPE
ou dans les services de garde, parce
que le ministre de la Famille a établi des règles pour les quatre ans en
service de garde, que je sois au privé ou en CPE, bien, je devrais avoir la même règle à l'école puisque mon parent,
quand il va arriver face à sa décision, il va avoir une décision à prendre entre un service ou l'autre.
Puis, si j'ai bien compris le principe du ministre, c'est qu'il ne veut pas
que le parent porte un jugement sur un ou
sur l'autre. Il veut juste dire : Moi, ma préférence, c'est l'école. Je
n'ai rien contre le CPE ou le service
de garde, mais, moi, c'est l'école. Et, parce que je vais aller à l'école, je
vais avoir la même relation, sauf que peut
être que, comme parent, je considère que l'école, ce n'est pas une garderie.
Puis je le mets entre parenthèses volontairement,
Mme la Présidente, parce que le CPE, ce n'est pas une garderie. Mais il y a des
parents qui peuvent avoir cette philosophie-là puis choisir l'école
plutôt que le CPE parce qu'ils veulent aller à l'école.
Et je crois sincèrement qu'avec une volonté du
ministre de dire on va être équitable au Québec puis on va maintenir un ratio autant en service de garde avec
le ministère de la Famille, en concordance avec une décision qu'on prend
au ministère de l'Éducation, bien, on a
quelque chose qui est relativement intéressant pour le choix parental puis pour
la volonté de garder une concordance entre le parcours d'un jeune qui passe par
le service de garde ou par l'école.
Puis ça
revient un peu au même débat qu'on a eu sur le principe de la clientèle
vulnérable. Au départ, on s'est dit : On ne peut pas le faire, on va le garder autrement. Puis finalement, avec
le temps, on s'est convaincus de trouver une bonne place pour dire : On va l'inscrire ici parce
que c'est la meilleure place pour dire que, si jamais il y a un choix à faire,
la clientèle vulnérable sera choisie.
Donc, on ne
veut pas tout changer et chambarder les conventions collectives, on veut juste
dire que, vu qu'on est au
moment — puis je
reprends les propos de ma collègue de Sherbrooke — où une brèche est faite dans la
Loi sur
l'instruction publique, bien, c'est dans ce
moment-là qu'il faut optimiser nos paroles et nos gestes et c'est le meilleur
moment pour le faire.
Présidente (Mme Thériault) : Merci. J'ai la députée de Roberval
qui m'a demandé la parole. Mme la députée.
Mme Guillemette :
Merci, Mme la Présidente. Une petite tranche de vie. J'ai eu le bonheur hier
d'aller visiter l'école Sainte-Thérèse
à Dolbeau, dans mon comté, et j'allais rendre visite à une classe d'enfants
différents pour la conception d'une salle
multisensorielle. Et j'ai posé la question : Est-ce qu'il y a une
maternelle quatre ans ici? Puis on m'a dit : Oui, est-ce que tu veux visiter? Donc, je suis allée visiter la maternelle
quatre ans. Ils étaient 14, dans la classe, avec une enseignante, et c'était la période de photo à l'école. Donc,
l'éducatrice était avec deux, trois étudiants, des tout-petits, pour aller
prendre les photos. Et ça se passait très
bien. Puis je lui ai demandé... Bon, je n'étais pas sur le ratio, mais je lui
ai demandé comment ça se passait, l'adaptation. Elle dit : Ça se
passe très bien. Pour eux, il n'y en avait pas, de problème, et ils étaient à
Donc,
peut-être pour vous rassurer, là, à ce niveau-là, du ratio. En tout cas, dans
celle que j'ai visitée hier, tout se passait bien avec 14.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. M. le ministre.
La Présidente (Mme Thériault) :
Oui, allez-y.
M. Roberge :
Oui, très brièvement, c'est ça, il faut se rappeler qu'en ce moment le ratio maximal absolu, c'est 17. La moyenne, au Québec, pour les 640 quelques
classes est entre 11 et 12, la même que dans les années précédentes,
d'ailleurs, mais que la moyenne par commission scolaire, on ne peut pas dépasser,
justement, les 14. Donc, au-delà de 14, c'est un peu exceptionnel, il
faut se le dire. Et c'était différent avant, parce que jusqu'en... pardon,
c'est ça, jusqu'en 2015‑2016, le maximum
était 18 et le maximum moyen était 15. Il a été réduit, avec un maximum absolu
de 17 et un maximum moyen de 14, de
manière à ce qu'il y ait un ratio inférieur, là, pour les quatre ans que pour
les cinq ans, et puis là, en plus, on a la garantie d'éducatrices qui
viennent prêter main-forte.
Mais
l'essentiel de l'amendement, il faut se le rappeler, l'amendement qu'on étudie,
l'article 5, vient dire, d'une certaine
façon, vient garantir que les 0-3 ans sont sous la protection, sous
l'égide uniquement du ministère de la Famille. C'est ce que ça dit, essentiellement. C'est de ça, l'objet de l'article,
parce que ce que ça dit, c'est qu'on peut entrer à cinq ans, on peut rentrer à quatre
ans dans le réseau scolaire, à quatre ans, on peut aussi être dans le réseau de
la famille, mais, en bas de quatre
ans, on ne peut pas entrer dans le réseau scolaire. En bas de quatre, à trois,
même dans les procédures d'exception, on
ne peut pas aller dans le réseau scolaire. Et c'est ça, l'objet de cet article.
Est-ce qu'on est d'accord pour dire qu'on peut entrer à quatre ans, à cinq ans, mais on ne peut pas entrer à trois ans?
Trois ans, là, on peut être à la maison, on peut être dans le réseau des services de garde éducatifs à
l'enfance, mais on n'entre pas à trois ans en maternelle quatre ans,
même sous exception. C'est ça, l'objet de l'article. Voilà.
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée de Mille-Îles... oui, Mille-Îles.
Mme Charbonneau :
Mme la Présidente, je veux faire un clin d'oeil à ma collègue de Roberval. Je
n'ai pas visité une classe hier, mais
mes enfants sont de l'âge où ils étaient loin d'être 12, 14. Ils étaient plutôt
22, 27, puis, je vais vous faire part,
je n'ai pas fait de maternelle. Donc, chaque condition, chaque tranche de vie,
chaque milieu de vie peut être différent, mais les classes multisensorielles sont extraordinaires. Je suis sûre
que vous avez été un peu jetée à terre pour savoir qu'une école peut se transformer presque en hôpital, à un
moment donné, pour desservir la clientèle qu'ils sont obligés de
desservir. C'est extraordinaire, j'en suis certaine.
Quand le
ministre dit que l'article 5, c'est juste pour dire que les enfants de
trois ans ne rentrent pas à l'école, c'est faux. Peut-être que je n'ai pas le droit de l'utiliser, ce mot-là; ce
n'est pas juste. Je vais le dire comme ça, puisque, un coup qu'on a passé «ce régime pédagogique porte sur»,
bien, tout de suite après, c'est : «[Le] régime pédagogique peut en
outre», et là on détermine plus que le principe de trois ans. On détermine
plusieurs choses par rapport au régime pédagogique.
Donc, quand
on nous envoie un sens ou dans l'autre, je comprends puis j'aime qu'on me
rassure que les trois ans ne rentreront
pas, le ministre sait, la dernière fois, on a eu une longue discussion
là-dessus, mais on a l'opportunité de faire une concordance entre la loi qui existe sur les services de garde puis le
prochain projet de
loi sur l'instruction publique pour les quatre ans. Puis ce qu'on fait, c'est un peu
historique, puisqu'on va dire que, maintenant partout au Québec, tous les
parents auront ce choix-là à faire.
Nous, on ne
l'avait pas fait comme ça, puis le ministre nous le rappelle souvent. C'est
vrai, le Parti libéral n'avait pas choisi comme ça, puis les partis
d'avant non plus. Les autres années, c'était exceptionnel, quatre ans, pour
l'école, en premier pour un enfant
handicapé, puis après ça on est tombés dans la clientèle défavorisée, puis là
on l'ouvre à tout le monde, mais en
disant qu'on ne veut pas fragiliser l'autre milieu. Puis, en ce moment, je vous
le dis, Mme la Présidente, un jour,
je vais pouvoir sortir les chiffres, mais l'autre milieu est fragilisé, parce
que les parents qui choisissent le quatre ans à l'école, ils sortent des
CPE. Ils ne sortent pas de la maison, pas pour l'instant. Le souhait, c'est de
faire une valorisation suffisamment grande
pour ce choix-là, pour que tous les parents du Québec aient, à quatre ans, un
enfant qui va à quelque part, qui peut être stimulé, dégourdi puis
arriver à chances égales en première année avec les autres enfants.
Mais, pour
l'instant, ce n'est pas le cas. Puis ce qu'on cherche à faire, avec le
ministre, c'est prendre le bon moment, dans le texte actuel de 447, pour
dire que les ratios, de un, vont être comme le ratio de l'autre, parce que la
convention collective, quand il va arriver à la négociation, c'est ce que les
enseignants vont dire. Puis je le sais qu'il y a des gens extraordinaires, comme à Dolbeau, qui prennent
plus que 10 élèves, qui prennent plus que le nombre qui est dans un
CPE puis qui donnent un service
extraordinaire. Je n'ai aucun doute sur le service. Mais ce qu'on cherche à
faire, c'est une loi qui est miroir
aux conditions que j'ai en CPE, à
part pour la taille de l'établissement, le nombre d'intervenants puis peut-être même le service que je peux
avoir.
Mais ce qu'on
cherche vraiment à faire, c'est un miroir pour le choix du parent,
pour s'assurer que mon parent ne choisira
pas un système plutôt que l'autre à cause d'un chiffre ou à
cause d'un dénombrement quelconque. On veut qu'il le choisisse parce que, dans ses valeurs,
ça ressemble à ce qu'il voulait pour son jeune, pas parce qu'à une place il y en a 12 ou il y en a 14 puis, à l'autre place, il y en a
huit, parce que ça va arriver puis ce n'est pas comme ça que... en tout cas,
ma certitude, c'est que ce n'est pas comme
ça que le ministre veut établir un choix parental par rapport à un nombre
plutôt que par rapport à un choix de valeurs du parent.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. J'ai la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : En tout respect
pour ma collègue de Roberval, je suis certaine qu'elle a effectivement eu une
expérience positive, parce que ce qu'elle nous décrit, c'est la visite d'une
classe où il y avait deux adultes pour 14 enfants. Donc, ce qu'elle a vu,
c'est un ratio d'un pour sept. Donc, certainement que c'est adéquat et qu'elle
a reçu positivement les services qui étaient
offerts aux enfants, parce qu'avec un ratio d'un pour sept c'est excellent.
Sauf que ce qu'elle n'a pas vu, c'est
l'autre moitié de la semaine où il y a seulement un adulte pour ces
14 enfants-là, et là le ratio tombe à un pour 14. Donc, ce qu'on essaie de sécuriser, c'est que ce soit
toujours, dans la classe, un pour 10, le maximum. En ce moment, c'est
juste la moitié du temps que le ratio est intéressant pour les enfants.
Donc, moi ce
que... Puis j'entends quand le ministre nous dit : Bien là, en ce moment,
ce qu'on veut faire, c'est que les
enfants de trois ans et moins ne puissent pas être admis, même en situation
exceptionnelle, puis j'appuie ça. Je suis contente que le ministre veuille l'inscrire dans la loi,
mais, jusqu'à maintenant, on ne nous a toujours pas dit à quel endroit on
pourrait parler des ratios. Donc, je vais
continuer d'en parler tant et aussi longtemps qu'on n'aura pas répondu à cette
question-là. Ce qu'on voudrait, c'est
que la ministre inscrive quelque part dans la loi qu'en tout temps il doit toujours
y avoir au moins un adulte pour 10 enfants.
Donc
peut-être que ça veut dire de laisser quand même 17 enfants par classe,
mais qu'il y ait toujours deux adultes,
dont toujours son équipe de feu dont
il parle, avec une éducatrice et une enseignante. Peut-être que c'est ça, la
façon d'atteindre le ratio. On n'est pas en train de dire qu'il ne faut pas qu'il y ait
plus que 10 enfants dans la classe. Il y a plusieurs façons
d'atteindre ce ratio-là, dont celle de mettre un enseignant ou une éducatrice de
plus avec ces enfants-là.
Mais il y a
quand même pas mal de souplesse possible pour faire en sorte que le ratio soit
intéressant toute la journée et toute
la semaine pour les enfants, pas seulement la moitié du temps, parce que, le
moment où, même dans une classe de 17, il y a une éducatrice et une
enseignante, on a un ratio intéressant. On a un ratio qui est en bas d'un pour
10. Mais, l'autre moitié du temps, c'est là que c'est problématique.
Je ne sais pas si vous avez des enfants, là,
mais je ne sais pas si vous êtes capable de vous imaginer avoir la responsabilité de 17 enfants de quatre ans en
même temps comme seul adulte responsable. C'est quand même assez intense
comme responsabilité. J'utilise le mot
«intense». Moi, personnellement, là, je ne le ferais pas. Je ne me sentirais
pas outillée pour le faire. Il y a
des personnes qui sont formées pour faire ça, mais, même quand on est bien
formé, je pense que c'est trop. Je
pense que c'est trop, 17 enfants pour une personne, même formée, même très
compétente, même avec de l'expérience, parce
que les enfants de quatre ans, ils ne sont pas tous propres. Pour toutes sortes
de circonstances, c'est mieux que le ratio soit d'un pour dix.
Donc, on
demande à l'inscrire dans la loi, simplement pour que ce que vous avez vu,
comme bonne expérience, que ce soit ça tout le temps, pas juste la
moitié du temps.
La Présidente (Mme Thériault) :
Commentaires? Non. J'ai la députée de Saint-Laurent, je crois.
Mme Rizqy :
Est-ce qu'on pourrait avoir une réponse? Si le ministre n'est pas d'accord avec
l'opposition pour dire qu'on va en
discuter à l'article 447, on en discute à quel article? Dans la
Loi sur
l'instruction publique avec votre amendement ou avec le projet de loi
sur les maternelles quatre ans? À quel endroit vous voulez qu'on en discute?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge :
Oui, même question, même réponse. Ce n'est pas dans la loi. Donc, ce n'est pas
dans un article. Ce n'était pas dans
la
Loi sur l'instruction publique il y a un certain temps. Ce n'est pas prévu
dans le cadre de ce projet de loi là.
Là, vous voulez qu'on en discute, ça fait déjà un certain temps qu'on en
discute, probablement même hors d'ordre, hors sujet. Donc, on en discute, bon, soit, mais ce n'est pas prévu de
l'inclure dans la loi. Ça fait
partie du cadre de ce qui sera négocié
dans les prochains mois.
Mme Rizqy : M. le ministre...
Mme la Présidente...
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée de Saint-Laurent, oui, adressez-vous à moi.
Mme Rizqy :
M. le ministre... Là, je vais faire appel à un ministre que j'ai déjà vu il y a
quelques mois, là, le ministre idéaliste.
C'est à lui que je parle, là. Vous en avez parlé abondamment, des ratios,
vous-même. Vous avez parlé de duos de feu
vous-même. Vous avez fait venir des gens de l'Ontario, rappelez-vous, pour
parler de quoi? De leur maternelle à eux, là. Et eux, ils avaient quoi?
Des duos de feu que vous parliez, donc des ratios. Vous en avez parlé.
Aujourd'hui, là, je vous le demande, nous vous le demandons, ministre
idéaliste, faisons des plus belles classes de maternelles quatre ans. On
peut le faire. Mais, pour ce faire, vous savez aussi bien que moi que, si on
n'en parle pas dans votre projet de loi de maternelles
quatre ans maintenant,
là, on n'en parlera pas. Puis là, après ça, il va y avoir un bras de fer
avec les conventions collectives puis le Conseil du trésor.
Vous, à
titre
de ministre, vous êtes pratiquement, là, vous le dites vous-même, l'idéaliste,
là, mais l'idéaliste, là, celui que
nous, on aimerait revoir, celui qui était là en janvier, février, là, qui nous
parlait des plus belles écoles, qui nous parlait des meilleurs ratios, qui parlait des meilleurs services pour
dépister le plus rapidement possible, bien, vous savez aussi bien que moi qu'aujourd'hui vous avez le pouvoir de
prendre votre crayon puis de l'inscrire n'importe où dans votre loi,
puis, une fois que c'est fait, la convention
collective suivra. Elle va respecter les ratios que vous aurez dictés. Et ça,
M. le ministre, c'est historique.
Alors, je
vous le demande, faisons-le. Pourquoi? Parce que c'est la chose à faire pour
les enfants, c'est la bonne chose. Si
c'était mauvais, vous ne le feriez pas, puis on ne serait même pas en train de
plaider notre cause, là. On ne la plaiderait pas, on dirait : Bien non, il a raison. Mais là on
le sait que c'est important, parce qu'on fait un déploiement universel.
Pourquoi? Parce qu'avec votre ministre
délégué à la Santé il y a un projet d'Agir tôt, mais agir tôt, là, on peut
difficilement le faire avec un ratio
de 17, alors que, si, aujourd'hui, vous allez dans le sens des oppositions,
mais aussi des experts... puis je vais juste me permettre de rafraîchir
un peu la mémoire.
Bien qu'on
n'ait pas entendu Dre Drouin, elle nous a quand même envoyé quelques directives
d'agrément de la directrice régionale
de la santé publique de Montréal sur le projet de loi des maternelles cinq ans.
Si on va, là, à l'encadré en gris,
là, ombragé, qu'est-ce qui est marqué? Recommandation 9: «Diminuer le
ratio [enseignant-enfants] dans les maternelles quatre ans pour
plein la présence de l'éducatrice
spécialisée qui soutient l'enseignante.» Donc, on aurait, soit du un pour 10
ou, par exemple, un pour 17, mais avec deux
intervenants dans une classe, soit le duo de feu auquel vous faites toujours
vous-même référence. Ça, on pourrait faire ça.
Je vais me
permettre de continuer. La Commission de la culture et de l'éducation à
l'Assemblée nationale du Québec, mémoire qui porte sur le projet de loi n° 5, écrit par plusieurs experts, Nathalie Bigras,
Andréanne Gagné, Lise Lemay, Caroline
Bouchard, Annie Charron, et j'en passe parce que la liste est longue. Mais,
moi, ce que j'ai envie de vous amener, c'est
le ratio. Recommandation 2 : «Nous sommes d'avis qu'à l'âge de quatre
ans la taille des groupes devrait être d'un adulte pour 10 enfants. Dans les cas où la taille
des groupes nécessite une accompagnatrice, l'accompagnatrice devrait être
présente à temps complet dans la classe afin d'assurer un lien stable avec les
enfants.»
Là, je peux
continuer, j'en ai plein d'autres, parce qu'en fait la quasi-totalité des
mémoires disent ça. Alors là, au fond, là, ce n'est pas seulement les
partis d'opposition, ce sont les experts.
Alors là, je
m'adresse vraiment au ministre idéaliste. Je vous demande de devenir le
superhéros auquel le réseau d'éducation
s'attend d'avoir puis je vous demande formellement, là, qu'on l'ajoute.
Faisons-le. Vous avez les capacités de le faire, vous avez les ressources financières pour le faire et surtout,
c'est que, si on veut atteindre l'objectif d'Agir tôt, ça prend des
ratios adéquats.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente, nous sommes tous très sensibles à la qualité des services.
D'ailleurs, je me souviens qu'on n'a
pas hésité, de notre côté puis partout, je pense, d'accepter l'amendement de ma
collègue de Sherbrooke à l'article 3 sur la qualité des services. Ça s'insérait bien dans cet article-là, ça
s'y prêtait, tu sais, c'était correct, ça y allait. Là, écoutez, on a parlé beaucoup, là, d'un sujet qui était hors
d'ordre. Je vous demanderais, s'il vous plaît, Mme la Présidente, de
nous aider à rester dans le sujet de l'article pour qu'on puisse faire avancer
nos travaux.
Présidente (Mme Thériault) : J'entends bien ce que vous me dites,
M. le ministre, mais vous savez comme moi que la règle de la pertinence doit être interprétée de manière très
large aussi. Donc, moi, je ne peux pas faire autrement que d'être assise
ici et d'écouter avec beaucoup d'attention ce que les collègues ont à
mentionner.
Donc, est-ce
que j'ai une autre collègue qui veut prendre la parole? La députée de Joliette
veut prendre la parole. On reviendra après à la députée de
Saint-Laurent.
Mme Hivon :
Très rapidement, bien, je pense qu'on respecte parfaitement la règle de la
pertinence, parce que je pense qu'on
est au coeur du débat. On invite le ministre, depuis un petit moment, à nous
dire s'il préfère que ce débat-là se fasse à un autre article, de nous
indiquer où, et donc on va écouter puis on va faire le débat, s'il préfère,
ailleurs, mais on n'a toujours pas eu d'indication. Donc, je pense que c'est
très pertinent.
Moi, je me rappelle dans un autre projet de loi où on a débattu de la pertinence de mettre dans la loi les deux
sorties scolaires par année, et le ministre,
maintenant, il est très heureux, il le dit, c'est l'opposition qui s'est battue pour ça, un amendement que j'ai déposé, puis les collègues en parlaient
aussi abondamment. Et maintenant il le dit, comment c'est une avancée puis qu'on l'a inscrit dans la loi. Donc,
je ne vois pas pourquoi il y aurait une fin de non-recevoir quand il y a quelque
chose qui apparaît normal, essentiel,
qui est au coeur même de la réforme, de savoir ça va être quoi, les ratios,
de pouvoir l'indiquer dans la loi. C'est
notre rôle, c'est notre prérogative de décider ce qu'on peut mettre dans la
loi. Et puis, comme ma collègue le soulignait, c'est déjà le cas pour ce
qui est des services de garde éducatifs.
Alors,
j'aimerais juste comprendre pourquoi le ministre s'objecte à l'idée même. On peut
faire le débat sur le cadre puis le ratio qu'on va mettre, mais pourquoi
le ministre s'objecte à l'idée même de mettre ça dans la loi? Alors qu'il nous
dit depuis des mois qu'il va y avoir un ratio, qu'il va y avoir son duo de feu,
qu'on va respecter tout ça, c'est quoi, le problème d'inscrire ça dans la loi?
M. Roberge : Bien, comme je
l'ai mentionné, c'est quelque chose qui fait
partie du cadre des négociations,
ça commence très bientôt. Puis c'est sûr
qu'on a l'intention d'améliorer les services aux élèves, c'est notre intention
et ça transparaît dans nos politiques,
dans nos projets de loi, dans nos orientations budgétaires.
Simplement, ce n'est pas la place de l'inscrire, dans la
Loi sur
l'instruction publique.
Présidente (Mme Thériault) : J'ai la collègue la députée
de Saint-Laurent qui a demandé la
parole. Après ça, j'aurais la députée de Sherbrooke.
Mme Rizqy : Est-ce que
l'échange avec la députée de Joliette est terminé? Parce que je peux les... À
moins que ce soit terminé.
Présidente (Mme Thériault) : Oui, à moins que vous... Oui. Est-ce
que vous voulez poursuivre l'échange?
Non. Mme la députée de Saint-Laurent. Il y aura la députée de Sherbrooke aussi,
je pense, qui vient de se signifier.
Mme Rizqy : Bien, vous comprendrez, Mme la Présidente, que je pense que... La
dernière fois, on a passé plusieurs
heures à débattre d'un amendement
pour favoriser le milieu défavorisé dans le déploiement des maternelles quatre
ans puis on y tenait. Ça a
pris du temps, mais on a eu, après ça, là, un amendement qui a été capable
d'être inséré dans cette loi. Là, vous
comprenez, M. le ministre, que cet amendement-là, auquel... que même si le... a été jugé
irrecevable, on parle quand même d'admission, mais vous comprendrez que le coeur,
le coeur même de ce projet de loi, pour qu'il soit, là... que l'objectif
soit atteint, le ratio, là, est excessivement important pour nous tous. Et, sincèrement,
là, jamais que vous, là, à
titre de ministre idéaliste, vous allez me faire croire à moi qu'il
n'est pas important pour vous, le ratio. Ça, je le sais, je vous
regarde puis je le sais qu'il est important au fond de vous, le ratio. Ça, j'en
suis convaincue.
Alors, maintenant,
ce que je vous demande puis ce que nous vous demandons, c'est de l'ajouter dans
la loi, parce que vous savez très bien que ce n'est pas parce qu'il est important pour vous que c'est
ça qui va arriver dans les conventions collectives
par la suite, alors que, si vous donnez le ton puis que vous l'inscrivez dans
la loi, là, vous venez dire, là, au Québec, chez nous, comment ça se passe dans les
maternelles quatre ans. Bien, c'est des ratios, là, qui vont permettre aux
enseignantes de travailler en étroite
proximité avec les petits bouts de chou de quatre ans pour pouvoir être en
mesure de déceler plus rapidement
soit un trouble d'apprentissage ou un trouble de comportement. Et c'est pour
ça, là, qu'on vous demande votre intervention
à
titre de ministre. Si le ministre de la Famille a déjà été capable de le
faire, des ratios réduits, de façon législative, vous aussi, vous avez
cette capacité. En tout cas, moi, je ne doute pas de vos capacités. J'espère
que vous non plus.
La Présidente (Mme Thériault) :
Je vois la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Le ministre ne
veut pas répondre? Non? Dommage.
Moi, j'ai un
certain problème avec le fait qu'on laisse les négociations de conventions collectives
décider du ratio, parce que c'est
démontré assez clairement par les chercheurs qu'on a rencontrés en commission
parlementaire quel ratio est
intéressant pour les enfants ou pas. Puis j'entends quand le ministre nous dit
qu'il est en faveur de la qualité puis que la qualité, c'est très important pour lui, mais le ratio, ça fait
partie de
la qualité. Donc, on ne peut pas laisser les négociations de conventions
collectives affecter la qualité des services en aucun temps.
Puis
j'inviterais le ministre à considérer aussi qu'on est devant une pénurie de
main-d'oeuvre importante dans le secteur
de l'éducation puis de la petite enfance. En ce moment, il nous a dit qu'il
avait lancé un appel au retour dans le réseau
de l'éducation pour aller recruter des enseignants et des enseignantes qui ont
quitté le réseau, mais il y a quand même très peu de choses qui ont été mises de l'avant pour inciter les
personnes à retourner dans le réseau de l'éducation. Puis je pense qu'en attendant les négociations de conventions
collectives pour mettre en place des choses qui vont améliorer les
conditions de travail des enseignants et des
enseignantes, ça va être très long, ça. Donc, pendant ce temps-là, la pénurie,
elle continue. Puis on n'a pas tant
que ça de personnes qui ont répondu à l'appel pour retourner dans le réseau de
l'enseignement. En tout cas, moi,
j'ai échangé beaucoup, dans les derniers mois, avec des enseignants et des
enseignantes qui avaient quitté le réseau depuis plusieurs années, qui
ne se sentent pas intéressés du tout, en ce moment, d'y retourner.
Moi, je vois
l'occasion, ici, en fixant dans le projet
de loi des ratios, je vois l'occasion
d'envoyer un message très, très clair
de la part du ministre aux enseignants, aux enseignantes qu'on veut
améliorer leurs conditions de travail et qu'on le fait même en l'inscrivant dans la loi, que le ratio, il
ne dépassera pas celui qu'on aura déterminé ici. Et ça, c'est un message
qui peut seulement être reçu positivement
par les enseignants et les enseignantes. C'est une préoccupation qu'ils et
elles ont, le nombre d'enfants dans
leurs classes. Ils se sentent débordés. On a des enfants, dans les classes, qui
sont de plus en plus complexes, qui demandent des interactions
individualisées pour chacun d'entre eux. De plus en plus d'élèves ont des plans d'intervention spécifiques. C'est très complexe pour les enseignants et
les enseignantes en ce moment. Et c'est d'autant plus complexe qu'ils ont trop d'élèves dans leurs
classes. Ça a été nommé tellement souvent par des enseignants et
enseignantes épuisés qui ont quitté le réseau.
Donc, en
envoyant le message que, oui, on comprend ça, on est prêts à inscrire dans la
loi les ratios pour s'assurer d'améliorer
les conditions de travail, je pense qu'on vient vraiment envoyer un message
fort, là, pour dire aux gens : Vous pouvez revenir. On a compris. On a compris que c'était difficile pour
vous de travailler dans le réseau en ce moment à cause qu'il y avait trop d'élèves dans la classe puis on
veut réduire ce nombre-là. Donc, j'aimerais ça que le ministre le voit
comme un outil aussi pour lui pour contrer la pénurie de main-d'oeuvre dans le
réseau de l'enseignement, d'aller indiquer les ratios dans la loi.
La Présidente (Mme Thériault) :
D'autres interventions? Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Oui. M. le ministre, vous n'allez quand même pas laisser des négociations
syndicales dicter les ratios dans les
écoles. Ça relève de votre responsabilité. Vous ne pouvez pas vous dégager de
votre propre responsabilité là-dessus.
Puis, d'autre
part, comment ça se fait que les experts parlent partout d'un ratio d'un pour
10, mais que vous, vous refusez d'en
parler? Dans un des... un autre rapport que j'avais juste ici, devant moi, qui
disait que c'était important que le ratio
soit adéquatement examiné. Ça, c'est... ça a été déposé en mai dernier. Est-ce
qu'il y a quelqu'un, à votre ministère, qui a examiné les ratios pour les enfants de quatre ans? Parce que, là, on
s'apprête à déployer quelque chose d'immensément grand, maternelle
quatre ans mur à mur. Est-ce qu'il y a qui que ce soit qui a réfléchi aux
ratios?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : On est toujours en
train de réfléchir aux façons d'améliorer les services aux élèves avec les contraintes qu'on a, là. On sait qu'il y a une
pénurie de personnel qui frappe particulièrement Montréal mais qui peut
toucher aussi d'autres régions, mais c'est
particulier à Montréal. Mais on est toujours en train de savoir qu'est-ce qu'on
peut faire pour améliorer les
services aux élèves. Puis ce n'est pas un chantier qu'on ouvre et qu'on ferme à
aucun moment. C'est juste qu'il y a
des choses qui se décident, qui se décident en commission, puis c'est des
choses très importantes, extrêmement importantes,
ce qui se décide en commission et qui s'inscrivent en articles de loi. Il y a
des choses qui se décident en normes et modalités puis il y a des choses
qui se décident lors de négociations.
Des facteurs
qui peuvent influencer la qualité des services, bien oui, le ratio
adulte-enfants, ça influence la qualité des services. C'est certain, hein? Si on a huit, 12 ou 42 enfants dans
notre classe, on peut imaginer que l'interaction n'est pas la même. Mais la formation du personnel, bon, ce
n'est pas dans la loi ici. Les caractéristiques du physique, bon, ce n'est
pas précisément dans la loi ici. Ça ne nous
a pas empêchés d'améliorer puis de rénover nos écoles. Parce que ce n'était pas
écrit, il n'y avait pas un
article dans la
loi : Vous allez investir 2,3 milliards pour rénover les
écoles : Ah! on ne le fera pas. Bien non! On l'a fait, même si ce n'était pas dans la loi. Les interactions
entre les adultes et les enfants, la collaboration école-famille.
Donc,
il ne s'agit pas de savoir, là, si c'est important d'avoir des milieux de vie
de qualité ou si c'est important de savoir
dans quelle mesure il y a combien d'enfants par enseignant, c'est juste de
savoir à quel endroit on veut le faire, puis tout ne se décide pas en commission parlementaire, à l'étude
article par
article d'un projet de loi qui vise à lever des barrières sur le
déploiement d'une offre de service. Essentiellement, là, l'objectif du projet
de loi ici, c'est de lever des obstacles législatifs
qui nous empêchent d'offrir le service de maternelle quatre ans à l'extérieur
des milieux défavorisés. Il peut y avoir d'autres articles, là, mais, généralement, là, c'est ça, l'objet du
projet de loi. Et je pense qu'il faut lever ces obstacles législatifs là
pour pouvoir offrir la maternelle quatre ans, oui, en milieu défavorisé, mais
ailleurs aussi. C'est ça qu'on fait ici aujourd'hui.
On n'est pas en train de dire combien d'heures de formation les enseignants
doivent suivre par années, est-ce qu'on
doit hausser le salaire des enseignants, où est-ce qu'on va écrire ça dans la
Loi sur l'instruction publique, est-ce qu'on investir pour rénover des écoles, où est-ce qu'on va mettre ça dans Loi
sur l'instruction publique? Ce n'est pas l'objet ici.
Présidente (Mme Thériault) : Mme la députée de Saint-Laurent, en
vous indiquant qu'il vous reste approximativement 2 minutes à votre
temps.
Mme Rizqy :
Premièrement, ici, il n'est pas question de salaire, il est question de
qualité. D'autre part, vous n'avez pas
répondu à ma question à savoir si, oui ou non, vous avez réfléchi au ratio,
parce que vous n'êtes pas en mesure de nous dire c'est quoi, le ratio, pour vous. Ça veut dire que, lorsqu'il y aura
les négociations avec les syndicats, vous n'irez pas plaider la cause auprès du Conseil du trésor pour qu'il
réduise les ratios, tel que recommandé par tout le monde, incluant André
Lebon, qui est quand même... est venu nous dire ici que c'était un pour 10.
D'autre part,
vous avez envoyé un règlement cet été pour la maîtrise qualifiante. Donc, on va
avoir des gens qui n'auront pas
nécessairement leur bac, mais qui sont inscrits au bac en enseignement, qui
auront complété trois cours et que, sur
une période de neuf ans, pourront compléter leur maîtrise qualifiante. Mais,
ces personnes-là, ces nouvelles enseignantes, ne croyez-vous pas que ça serait pertinent, justement, d'avoir des
ratios réduits, puis qu'un pour 10... c'est pas mal plus intéressant
d'apprendre dans des classes réduites que dans des grandes classes d'un pour
Mme Rizqy : Vous refusez de
répondre?
Présidente (Mme Thériault) : C'est le choix du ministre. Vous
avez la collègue, la députée des Mille-Îles, qui aurait une intervention
à faire.
Mme Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente. Je reviens sur le Règlement sur les services de garde
éducatifs à l'enfance où on donne les ratios
pour les cinq ans... pas les cinq ans. Les 18 mois, 18 mois à quatre
ans, quatre ans à cinq ans, puis,
après ça, on vise un peu les cinq ans. Mais il faut se rappeler, Mme la
Présidente, que les cinq ans en CPE sont souvent juste l'été, si les CPE
en acceptent, parce qu'autrement à cinq ans je rentre au préscolaire, là, à
l'école.
Le ministre
nous a fait un plaidoyer intéressant par rapport aux investissements qu'on se
doit de faire puis qu'on ne doit pas
prendre les excuses des autres années pour le faire, mais je veux nous appeler
à la prudence. On ne parle pas de briques ici, là. On ne parle pas de
cannes de soupe. On parle d'enfants de quatre ans qui vont rentrer dans un
milieu scolaire.
Je reprends les propos de mes collègues pour
dire : On a une difficulté, un défi extraordinaire de pénurie de main-d'oeuvre. Et le ministre a ouvert une
possibilité qui est fort intéressante, c'est-à-dire que les éducatrices en
milieu... en CPE, parce qu'elles sont
qualifiées... La qualification, là, c'est : «Est qualifié, le membre [de] personnel [des
services] de garde qui
possède un diplôme d'études collégiales en techniques d'éducation à l'enfance
ou toute autre équivalence reconnue par le ministre.» Donc, cette personne-là, qui est dans un CPE en ce moment
puis qui a le goût d'un défi supplémentaire après quelques années en
CPE, se dit : Bien, voici une opportunité pour moi d'aller dans le monde
scolaire puis de pouvoir apprendre tout en pratiquant le métier d'enseignant.
Alors,
je me retrouve dans une nouvelle classe quatre ans, dans un milieu, je vais
dire urbain, parce que peut-être que, dans le milieu rural, la difficulté est moins
présente, mais, dans un milieu urbain, deux éducatrices qui sont ensemble
dans une classe quatre ans, en milieu
scolaire. Pourquoi deux éducatrices, Mme la Présidente? Bien, une qui est là
partiellement parce que c'est les... elle fait
partie de l'équipe de
feu, et l'autre qui est aussi là comme éducatrice, mais comme enseignante, donc
temps plein.
Pour
faire un lien juste et équitable auprès des jeunes qui sont dans sa classe, on
se doit de regarder comment je peux faire pour améliorer le service puis m'assurer du
service. Pas de la classe. Je ne vous parle pas de briques, de chaises,
de hauteur de toilette pour les quatre ans.
Je ne vous parle même pas des autobus que, quand l'enfant embarque en voiture
avec son parent, il a un siège d'auto, mais,
quand il embarque dans l'autobus, il n'y a pas de siège d'auto. Puis on parle
toujours du même quatre ans, là. Il
n'est pas moins en sécurité ou plus en sécurité. On parle vraiment de deux
adultes qui vont prendre en charge un groupe. Puis ce qu'on dit, c'est
qu'il faudrait que le ratio par adulte ne soit pas plus que 10 personnes.
ministre a raison de nous dire : Quand il va y avoir deux personnes dans
la classe, s'ils sont 14, le ratio va être sept, là. C'est clair. Mais à quelle
partie de la
journée? Pendant la sieste? À la récréation? Au dîner? À quel moment de la
journée on va s'assurer qu'il y a un ratio 1-10 avec l'enseignante? On n'a
pas de garantie là-dessus.
Parce
que, dans la convention ou dans les façons de faire, il va avoir un programme
pédagogique, mais il n'y aura pas nécessairement une détermination, parce que ça va dépendre du temps
disponible de chacune des éducatrices qui va faire
partie de l'équipe de feu. Et, en moment où on
manque de personnel, peut-être qu'elle va faire le matin dans une classe
puis, après ça, elle va changer d'équipe,
elle va dans l'autre classe l'après-midi parce qu'elle va avoir une tâche
pleine. Parce que ça aussi, il faut en parler, de la tâche complète de quelqu'un plutôt
qu'un horaire atypique qui fait que je travaille juste des moitiés de journée toute la semaine parce que
c'est tout ce qu'on pouvait m'offrir à la commission scolaire. Puis, dans
le CPE, on ne peut pas me récupérer mon temps qui me manque parce que, là, tout
d'un coup, je ne suis pas dans le même système
ni de paie ni de fonction. De ce fait, je dois protéger autant mon jeune que
mon équipe de feu, que la volonté de donner aux parents un choix logique
et intéressant.
Alors,
revenons au principe de base qui dit : Le ministre ne veut pas l'inscrire
à 447? Soit. Où? Dites-nous où. Et, je vous
le dis, Mme la Présidente, de mon côté, puis je suis assise à côté de la
tigresse de Saint-Laurent, de mon côté, de...
La Présidente (Mme Thériault) :
...s'il vous plaît.
Mme Charbonneau :
De la députée de Saint-Laurent.
La Présidente (Mme Thériault) :
Le décorum, oui.
Mme Charbonneau : Alors, de ce fait, à partir du moment où on va
savoir ça va être où, on va pouvoir dire... On va faire l'argumentation à cet article-là.
Mais là, pour l'instant, non
seulement on nous refuse l'ouverture
dans 447, mais on nous refuse ou on
ne nous dit pas encore où on va placer cet
article qui va nous rassurer,
nous, sur le ratio des enfants qui vont être accueillis à l'école. Parce
qu'en CPE on le sait c'est quoi, le ratio. Il est écrit. Il est légiféré. Il
est dans une loi qui régit les règles
de groupe en CPE. Puis, habituellement, ça découle jusqu'aux services de garde
privés parce qu'ils sont en compétition puis ils veulent aller chercher
de la clientèle. Donc, ils offrent la même chose.
Puis je vais
vous faire même une petite confidence, Mme la Présidente, parce que j'ai déjà
occupé le siège du ministre de la
Famille, et, quelquefois, le ratio de quatre ans, il n'est pas 1-10, il est
1-8. Et ça, c'est fort intéressant de le savoir, parce que le 1-8 a toujours été un peu négocié avec le
ministre de la Famille puis le financement... on finance... Alors, si
même le CPE se questionne sur son
ratio 1-10, pourquoi nous, on ne pourrait pas questionner puis légiférer
le ratio 1-10 pour s'assurer qu'il est respecté et maintenu dans le
service scolaire comme dans le CPE?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge :
Je vais répéter à mes collègues qu'on a tous l'intérêt puis on a tous à coeur
la qualité des services. Puis je ne
nie pas que les ratios, ça fait
partie de l'ensemble. D'ailleurs, ils ont été
réduits, hein? Il faut se le dire, là. C'était plus élevé jusqu'à il y a deux ans. Ça a été réduit.
Maintenant, il faut laisser la négociation avoir lieu. Rien ne dit que ça
n'arrivera pas encore dans le cadre des
négociations, mais on ne peut pas s'avancer ici. On ne peut pas amorcer les
négociations en commission
parlementaire culture, éducation. Je pense qu'il faut constater qu'en ce moment
les parents ont confiance dans le service
tel qu'il est, hein? Il y a plus de... Je ne sais plus si c'est 6 500,
7 000 parents, 7 000 familles, là, qui ont fait le
choix de la maternelle quatre ans cette
année, qui constatent que c'est un programme qui fonctionne bien, qui offre des
services d'une grande qualité. La question du ratio n'était pas dans la loi.
Elle n'y sera pas dans la loi. Elle fera
partie de la prochaine négociation.
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée des Mille-Îles.
Mme Charbonneau :
Mme la Présidente, ça ne fera pas
partie des négociations. Savez-vous pourquoi?
Puis je comprends, là, qu'il y a un
système dans le système scolaire qui fait qu'on met ça dans la négociation. Ça
ne sera pas dans la négociation parce
qu'ils vont coller exactement ce qui est écrit dans l'autre loi. Les
enseignants, le syndicat, ce n'est pas des
gens qui se réveillent juste au moment de la négociation. À partir du moment où
on ouvre les classes quatre ans partout au Québec, le syndicat va regarder le ratio qui se passe en CPE puis en
service de garde puis il va exiger du ministre plus bas ou, le minimum, la même chose qu'il y a
dans... Tout ce qu'on cherche à faire en ce moment, c'est de dire au
ministre : Cette partie-là des quatre
ans, là, vous ne jouerez plus dans ce film-là. Ça sera réglé. Ça sera clair et
précis. À l'école, comme en CPE,
comme en service de garde, ce sera le même ratio. Et savez-vous quoi, Mme la
Présidente? Ça va non seulement sauver
du temps dans une négociation, mais ça va empêcher que les enfants de quatre
ans soient pris en ballottage par un ou par l'autre. Ça sera réglé.
À partir du
moment où on tombe dans les années régulières, de première année à cinquième
année, de secondaire I à
secondaire V, éducation des adultes, formation professionnelle, ça fera
partie de la convention collective parce que ça appartient aux commissions scolaires de gérer la convention locale puis au
gouvernement de gérer la convention nationale. Mais, à partir du moment où
j'ai bien cerné, établi puis dit quels seront les ratios quatre ans parce qu'ils se retrouvent dans une loi,
CPE, garderies, et que je veux les enchâsser dans celle de la
Loi sur l'instruction publique parce
que je veux un effet miroir et
une corrélation entre un et l'autre, bien, je pense que ça ne fait que sens.
Je comprends que le ministre maintient le principe de la convention collective. C'est le discours qu'on se doit de maintenir quand qu'on est ministre.
Mais il nous a aussi convaincus, depuis le 1er octobre de l'année passée,
qu'ils veulent faire différent, qu'ils veulent faire plus fort puis ils
veulent aller plus loin. Alors là, le ministre me dit : La convention collective,
c'est quelque chose à laquelle je ne peux pas toucher parce que
moi, les enseignants, je ne veux pas toucher à leur ratio. Nous, ce qu'on dit, c'est qu'il y a
un endroit où on peut faire les choses correctement, puis c'est dans le principe de garder les
ratios pareils pour un système comme pour l'autre.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. J'ai la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Oui. Écoutez, moi, je ne peux pas comprendre, ni comme députée
ni comme parent, pourquoi la qualité de ce qui est offert dans nos écoles
dépend des conventions collectives. Je ne peux pas comprendre ça. Pourquoi ça ne dépend pas plutôt du gouvernement qui l'inscrit dans la loi, c'est quoi les seuils
minimaux de qualité? Qu'est-ce
qu'il va arriver le jour où, au moment des
négociations de conventions collectives, il n'y aura pas les ressources
suffisantes au niveau du gouvernement
pour maintenir un bon niveau de qualité? La qualité va baisser dans nos
services d'éducation? Pourquoi ça dépend des négociations de conventions
collectives?
Les enfants,
la qualité des services qu'on leur offre, jamais elle ne devrait dépendre de
négociations. On devrait se concentrer à écouter ce que les spécialistes
de la petite enfance, de l'éducation nous disent sur ce que ça prend comme modalités pour offrir la qualité et on devrait
baliser dans la loi que ces services-là vont être offerts en fonction des
modalités qui ont été identifiées comme
étant les meilleures pour les enfants. Ça ne devrait pas pouvoir être négocié à
toutes les quelques années. Je ne comprends pas pourquoi c'est comme ça
en ce moment.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge :
Je comprends que ma collègue voudrait inscrire davantage de choses dans le
cadre législatif en disant que ça
serait protégé. Cependant, même si on passe année après... pas année après
année, mais par blocs de quatre à cinq ans en renouvellement de conventions collectives, ce n'est pas la
catastrophe à chaque fois non plus, là. Il ne faut pas penser que, parce qu'on y va par conventions collectives, les
droits des élèves sont bafoués, puis la qualité est toujours de pire en
pire. La preuve, c'est que, ces dernières
années, il y a eu une baisse de ratios assez marquée. Puis, s'il y a quelque chose
que je peux souligner des 15 dernières
années, c'est quand même... c'est ça qui s'est passé, là, notamment... plus en
milieu défavorisé qu'ailleurs, mais,
à la grandeur du réseau, il y a eu une baisse des ratios. Quand j'ai commencé à
enseigner au troisième cycle, c'était 29 élèves par classe. Quand
j'ai fini, c'était 26, le maximum. Et ça s'est fait dans le cadre de
négociations.
Donc, il ne
faut pas penser que, parce que c'est dans la négo, tout est figé, rien ne
bouge, puis, parce que c'est dans la négo,
obligatoirement, il va y avoir un choc, puis les élèves vont être perdants. Je
veux dire, l'histoire nous prouve que, ces dernières années, il est
arrivé le contraire.
Et ce n'est
pas, a contrario, parce que ce serait dans la loi que tout serait parfait et
protégé. La loi, là, elle peut être ouverte,
elle peut être refermée, elle peut être ouverte, elle peut être refermée. Je
pense que c'est, quoi, la quatrième fois ou la troisième fois qu'on
l'ouvre dans les quatre dernières années. En fait, on a plus souvent ouvert la
Loi sur l'instruction publique que les conventions collectives. Elle a été
modifiée plus souvent que les conventions collectives.
Donc, il faut
faire attention ici de présumer que parce que c'est dans la loi, c'est correct
puis, parce que ça fait l'objet de négociations, ce n'est pas correct.
L'histoire des dernières années nous a enseigné le contraire.
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée de Joliette.
Mme Hivon :
Il y a deux choses que les propos du ministre m'inspirent. Premièrement, c'est
que je ne suis pas rassurée. Bien
honnêtement, je ne pensais pas qu'on aurait un si gros débat sur le principe
d'inscrire le ratio dans la loi. Je pensais
qu'on aurait un débat sur le ratio en lui-même mais pas sur le principe de
mettre ça dans la loi. Puis je trouve qu'il y a quelque chose de contradictoire, parce que ça fait des mois que le
ministre dit partout, dans toutes ses entrevues, à chaque fois qu'il parle des maternelles quatre ans :
Voici le ratio maximum, 17. En moyenne, on vise 14. Dans les milieux
défavorisés, ça peut être moins. On va avoir
le duo éducatrice et enseignante. Donc, sur quelle base il proclame ça partout
si lui-même est en train de nous dire
aujourd'hui qu'on ne peut pas l'inscrire, qu'on ne peut pas mettre ça dans la
loi? Il ne dit pas... Je n'ai jamais
vu un astérisque après qu'il fait ses déclarations en disant : Sous
réserve de la négociation des conventions collectives. Dans toutes ses entrevues, je ne l'ai jamais
entendu dire ça. Puis là, aujourd'hui, quand on dit : Il me semble que c'est notre responsabilité, comme législateurs, parce qu'on est au coeur des principes de qualité, de le mettre dans la loi, là,
soudainement, le ministre nous dit : Non, non, non, on ne peut pas mettre
ça dans la loi, parce que c'est assujetti à la négociation des conventions
collectives.
Le ministre
sait très bien qu'il pourrait dire : On vient mettre un
encadrement minimum, on vient le mettre dans la loi. Si, par la suite dans des négociations de convention, on veut réduire encore davantage
les ratios, bien, on pourra le faire, mais au moins, dans la loi, on va savoir qu'il y a un encadrement. Son
fameux duo de feu, là, c'est la même chose. Il en parle partout, on n'a
aucune garantie de ça. On n'a aucune garantie.
Donc, je me
dis : Pourquoi on ne saisit pas l'opportunité qu'on a, qui va juste
confirmer les intentions que le ministre dit partout, parce
qu'il ne dit pas que c'est assujetti
aux négociations à venir, puis on va
s'assurer qu'un élément qui est au coeur, au coeur de l'enjeu de la
qualité va être écrit noir sur blanc dans la loi?
Puis là, si
le ministre dit : Oui, mais là on ne le fait pas pour les élèves du
secondaire ou de cinquième année, oui, mais est-ce qu'on peut le faire,
là, pour les élèves de quatre ans? Parce que c'est une réforme majeure que son
gouvernement propose, qui vient complètement
chambouler les choses pour les services éducatifs à la petite enfance. On fait
le parallèle constamment avec les
services de garde éducatifs où les ratios sont bien établis. Donc, faisons-le,
rassurons tout le monde.
Parce qu'en
ce moment, M. le ministre, vous n'êtes pas en train de nous rassurer, c'est
l'inverse. En refusant de manière
aussi claire et répétée d'inscrire le principe dans la loi, c'est comme si vous
nous dites : Bien, finalement, ça va peut-être être plus, puis, finalement, bien, peut-être que, dans
quelques années, on va se dire : Bien, dans le fond, 20, 22 enfants
avec une accompagnatrice, une éducatrice, ça va aller.
Ce n'est pas
rassurant en ce moment ce qu'on entend, alors que le discours semblait clair
dans toutes vos entrevues, vos prises de parole, vos prises de position.
Donc, je ne m'explique pas pourquoi on ne peut pas mettre le minimum dans la
loi.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente, à part, là, mes collègues en face, je n'ai entendu personne,
personne demander à ce que ce soit
inscrit dans la loi. Il y a des gens qui ont dit : Ah oui! Les ratios,
c'est important. On veut de la qualité, etc. Oui, mais ça n'a jamais été
leur...
Je sais qu'il
y en a qui n'aiment pas ça qu'on parle de ce qui se passait avant l'élection du
1er octobre 2018, mais, quand
même, le Québec n'a pas commencé le 1er octobre 2018. Ça n'a jamais été
dans l'air, ça n'a jamais été un engagement électoral de dire : Nous, là, si on gagne, 1er octobre 2018,
notre formation politique, on va inscrire les ratios dans la loi. Moi, j'aimerais ça sortir les plateformes
électorales de mes collègues en face. Je ne pense pas qu'il n'y a personne qui
s'était présenté devant l'électorat, qui
avait dit : Nous, ça va être dans la
Loi sur l'instruction publique
maintenant. On sort ça du cadre des négociations, et c'est dans la loi
qu'il va y avoir les ratios.
Ce n'est pas
comme ça qu'on a fonctionné, ce n'est pas comme ça qu'on s'est présenté devant
l'électorat. C'est vrai que j'ai
mentionné la qualité du service qu'il y aura dans les maternelles quatre ans à plusieurs
reprises. Je continue de le faire puis
je ne suis nullement inquiet, aucunement inquiet, que, dans le cadre de la
prochaine négociation, il pourrait y avoir des hausses de ratios.
Vraiment, ce n'est pas vers là qu'on se dirige du tout, du tout, du tout. Il ne
faut pas faire peur aux gens, là, hein?
On s'est fait
dire qu'il allait y avoir des coupures dans l'aide alimentaire, il n'y en a pas
eu. On s'est fait dire qu'il allait y
avoir des coupures dans les collations, il n'y en a pas eu. Là, en tout cas,
est-ce qu'on va faire croire aux gens que, là, il va y avoir des
augmentations de ratios dans la négociation? Il n'y en aura pas non plus.
Donc,
revenons à l'étude du projet de loi puis disons qu'ici on a un article,
l'article 5, qui nous dit qu'avant l'adoption de ce projet de loi là, avant le dépôt de ce
projet de loi là, un enfant de quatre ans pouvait être admis en maternelle
cinq ans. Là, on change l'âge d'admission.
On parle plutôt qu'un enfant de trois ans ne serait pas admis en maternelle quatre
ans. Ça ne paraît pas dans l'essence des
débats, mais c'est de ça qu'on est censé parler aujourd'hui. Ça fait que je
pense qu'il faut revenir à l'essentiel.
Présidente (Mme Thériault) : Est-ce que vous voulez compléter
votre intervention, Mme la députée de Joliette? C'est beau pour vous? Ça
va? La députée de Saint-Laurent, vous avez une...
Mme Rizqy : Si jamais...
La Présidente (Mme Thériault) :
Il vous reste une 1 min 10 s.
Mme Rizqy :
Je vais être brève, si jamais la collègue de... veut parler. C'est juste que le
ministre m'a fait un petit peu réagir
en disant qu'il n'y a personne qui en a parlé lors de la campagne électorale.
Vous êtes un petit peu mal placé, parce
qu'en campagne électorale vous, vous en avez parlé. À 122 800 $ les
classes de maternelle quatre ans, maintenant une explosion de coûts de 1,3 million, ça, c'est factuel, puis votre
premier ministre a dit 2 millions la semaine passée. Alors, on
n'ira pas jouer dans la campagne électorale, vous êtes mal placé pour parler.
Toutefois,
Eric Blackburn, je pense que vous le connaissez, c'est maintenant votre
sous-ministre. Eric Blackburn
est venu en commission nous parler. Et
lui, il a parlé de quoi? D'un ratio d'un pour 10. Maintenant
qu'il est rendu dans votre ministère, est-ce que vous allez l'écouter?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Bien, on écoute
tous les experts dans le souci d'améliorer les services aux élèves.
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Votre sous-ministre, maintenant, le dit : un pour 10. Allez-vous l'écouter et
l'inscrire dans la loi?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Nous n'avons nullement l'intention
d'inscrire dans la loi le ratio tel que mentionné à plusieurs reprises. On peut se référer au
verbatim, si nécessaire.
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Donc, au fond, vous
l'avez embauché pour le museler?
M. Roberge : Là, je ne
répondrai pas à ce genre de bêtise.
Présidente (Mme Thériault) : Je vais vous demander d'être prudent dans vos propos, par contre,
de ne pas qualifier les...
M. Roberge : On m'a prêté des
intentions, que j'allais museler mon sous-ministre, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Thériault) : M. le ministre...
M. Roberge :
C'est inacceptable. C'est inacceptable.
Présidente (Mme Thériault) : M. le ministre, ce que je vous demande, c'est de ne pas
qualifier les propos. Vous pouvez
apprécier, ne pas apprécier, aimer, pas aimer, c'est à votre discrétion, mais
je vous demande de ne pas qualifier les propos. Ça n'aidera pas à maintenir un débat harmonieux. Et, ce matin,
malgré le fait qu'il y a des divergences d'opinions, ça se fait dans le respect. Les gens, je pense
qu'on a eu l'occasion d'entendre tous les points de vue, y compris ceux de votre formation politique.
M. Roberge :
Je vous l'accorde, Mme la Présidente. Je vais retirer le mot «bêtise», ce
n'était pas le bon terme à utiliser. Cependant, j'aimerais qu'elle retire aussi
les intentions qu'elle m'a prêtées à l'effet que j'allais museler mon sous-ministre.
Je pense que ce n'est pas davantage acceptable.
Présidente (Mme Thériault) : Je remercie, et je reconnais votre gentilhommerie en retirant le mot
bêtise, et je vais demander à ma collègue
la députée de Saint-Laurent de faire de même et de garder un ton cordial dans
les échanges.
Mme Rizqy : C'était simplement une question.
Mais je vois que vous êtes outré, puis moi, je suis outrée qu'aujourd'hui vous ne respectez pas votre propre parole, parce que,
le 4 février dernier, vous avez dit, en entrevue avec Marco Fortier
que... vous lancez une mise en garde : Aucun groupe de pression ne
m'empêchera de donner la priorité aux élèves. Puis maintenant vous allez confier
les ratios aux syndicats, alors que, le 4 février dernier, pour
vous, c'était un groupe de pression.
Présidente (Mme Thériault) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires? Mme la députée de Mille-Îles, il vous reste 50 secondes.
Mme Charbonneau : Mme la
Présidente, il est vrai qu'on ouvre
un projet de loi assez souvent, et, à chaque fois qu'on l'ouvre, ça nous fait arrêter sur des sujets
et ça nous oblige à une certaine discipline. Mon deuxième propos
sera : Je n'ai jamais
dit que les élèves seraient perdants, mais c'est souvent les élèves qui sont
pris un peu en otage quand il y
a une convention qui est ouverte et qu'il y a une négociation qui se fait.
Donc, c'est l'appel à la prudence pour les enfants de quatre ans que je fais pour avoir un ratio. Et je nous rappelle que, si
on nous donne l'endroit où on peut en discuter puis venir modifier les choses, ça va nous faire plaisir
d'arrêter d'en parler maintenant pour arriver à faire autre chose au bon
endroit au bon moment.
La Présidente
(Mme Thériault) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires?
Mme Rizqy :
Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Thériault) : 10 secondes.
Mme Rizqy :
J'aimerais suspendre pour déposer un amendement.
Présidente (Mme Thériault) : Vous allez déposer un amendement? Non, à
ce moment-ci, vous ne pouvez
que déposer un sous-amendement.
Mme Rizqy :
Un sous-amendement, oui.
La Présidente
(Mme Thériault) : On est encore sur l'amendement du ministre.
Mme Rizqy :
Ah! bien, je vais déposer un sous-amendement.
La Présidente
(Mme Thériault) : Un sous-amendement? D'accord. Est-ce que...
On va suspendre quelques
instants. Merci.
(Suspension de la séance à
11 h 33)
La Présidente
(Mme Thériault) : À l'ordre, s'il vous plaît! Donc, on reprend
les travaux. Je vais vous inviter, Mme la députée de Saint-Laurent, à lire
votre sous-amendement.
Mme Rizqy : Merci. Alors, cet
article est également
modifié par l'ajout, à la fin de l'article, du paragraphe suivant, le paragraphe 11° :
«11° Déterminer
que le ratio des services d'éducation préscolaire destinés aux élèves âgés de
4 ans soit identique à celui
prescrit dans le Règlement sur les services
de garde éducatifs à l'enfance pour
les enfants âgés de 4 ans à moins de 5 ans au
30 septembre.»
Mme la Présidente, ça, c'est par souci de cohérence,
cohérence entre les deux régimes et évidemment aussi de cohérence par rapport à tous les propos tenus par le ministre de l'Éducation lorsqu'il parlait des ratios réduits ainsi que
des duos de feu. Maintenant, on va s'assurer qu'évidemment cette cohérence soit
évidemment reflétée dans la loi.
La Présidente (Mme Thériault) :
Je vous entends. M. le ministre.
M. Roberge : Mme la
Présidente, d'abord,
je pense que ce n'est pas un amendement, c'est un sous-amendement, parce que, dans le fond, on travaille déjà l'amendement déposé par moi-même, ce serait un sous-amendement. Mais je vous soumets, Mme la Présidente, que ce sous-amendement est tout aussi irrecevable que le précédent parce
qu'il fait exactement la même chose dans des mots différents, c'est-à-dire introduire un nouveau principe, le principe du ratio, alors que ce
n'est pas du tout l'objet de l'amendement.
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : On n'introduit aucun principe, on introduit des
modalités, et l'article 447, qui est modifié par l'article 5
du projet
de loi, inclut aussi des modalités.
Parce que, lorsqu'on parle de cinq ans à quatre ans, c'est une modalité, et
l'entièreté de cet
article 447 parle de
prescription, d'inscription, de modalités, d'évaluation ainsi de conditions déterminées par le ministre. Hein, ça ne s'invente pas : «...aux
conditions déterminées par le ministre...» Bien, je l'aide avec, évidemment,
une cohérence parfaite entre son ministère et celui du ministère de la Famille.
C'est sûr
que, si on avait eu des gens du ministère de la Famille qui auraient été
présents depuis le début, lors de ces consultations
jusqu'à l'étude détaillée
article par article, ça irait probablement plus vite,
parce qu'on aurait pu avoir quelqu'un du
ministère de la Famille, il peut venir nous venir expliquer pourquoi c'est si
pertinent d'avoir des ratios réduits pour des enfants de quatre ans.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre, avez-vous d'autres arguments?
M. Roberge :
Bien, écoutez, l'amendement touche les alinéas 6° et 7° sur l'admission. Là, on
est rendu à l'alinéa 11° sur le
ratio. Moi, c'est évident qu'on amène un nouveau principe, mais je vais vous
laisser peut-être suspendre ou réfléchir, prendre votre décision. Pour
moi, c'est irrecevable.
Mme Rizqy :
...de lire l'article 5 du projet de loi :
L'article 447 de
cette loi est modifié par le remplacement du paragraphe 6° du troisième
alinéa de «cinq ans» par «4 ans». Donc, il est question ici de
l'article 447, nous sommes à l'article 447,
et, pendant de longues minutes, tous les membres de l'opposition, nous avons
demandé à plusieurs reprises au ministre :
Si ce n'est pas l'article 447 qu'il veut en parler, à quel endroit
aimerait-il en parler? Nous n'avons pas eu de réponse.
Alors, s'il n'a pas trouvé la réponse, nous lui
soumettons humblement que nous sommes au bon endroit. Il est question ici de
modalités d'inscription des enfants de quatre ans à l'école.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge :
Un dernier petit mot brièvement avant de vous laisser trancher sur la
question... pardon, oui. Donc, l'article 5
touche l'article 447, donc le régime pédagogique. Ici, j'ai la table des
matières du régime pédagogique au complet, et nulle part, non seulement ici, mais nulle part dans le régime
pédagogique on parle des ratios. Donc, on vient clairement introduire
carrément un nouveau sujet, un nouveau principe. Donc, c'est pour ça que je
pense qu'il faut le rejeter.
Mme Rizqy : Mme la Présidente,
peut-il déposer le document qu'il a dans ses mains, s'il vous plaît?
Mme Rizqy : Merci. Par
contre...
Présidente (Mme Thériault) : Il y a consentement pour le dépôt de document? Consentement. Merci. On va prendre le dépôt de document.
Mme Rizqy : Bien que vous avez une table des matières, moi,
j'ai l'article 447 devant moi, celui dont il est question
depuis maintenant 10 heures ce matin. Et, depuis ce matin, il est question
de règles sur l'admission, d'inscription et de fréquentation scolaire dans cet article. Nous sommes en plein coeur du
débat qui porte sur l'article 447. Et, Mme la Présidente, dans le doute, habituellement, les règles parlementaires
favorisent le débat.
Ici,
clairement, nous sommes au coeur du débat. Je vous invite à
laisser les partis d'opposition débattre de ce que nous, on juge essentiel pour tous les élèves. Et j'ajouterais que le
comité de parents, c'était parmi leur recommandation, les ratios.
Alors, il est question de quelque chose ici de très important.
Je pense que, oui, on peut s'enfarger sur la procédure
ou vraiment, vraiment parler de qualité et de services aux élèves.
La Présidente (Mme Thériault) :
D'accord. Donc, puisque j'ai eu votre représentation des deux côtés, est-ce qu'il y
a quelqu'un d'autre, du côté des oppositions, qui a quelque chose à ajouter sur le sous-amendement déposé par la députée de Saint-Laurent? Mme
la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Bien, simplement
dire au ministre que je l'invite à ce qu'on discute de ce sujet dès maintenant,
parce que, sinon, on va devoir le faire à un autre moment, de toute façon.
Donc, aussi bien régler la question en en discutant maintenant.
Présidente (Mme Thériault) : D'accord. Donc, je vais suspendre, le temps d'analyser les
argumentaires qui ont été présentés de part et d'autre avant de rendre
une décision.
Nous suspendons donc les travaux.
(Suspension de la séance à 11 h 46)
Présidente (Mme Thériault) : Oui. À l'ordre, s'il vous
plaît! Nous reprenons maintenant
les travaux, et je suis prête à rendre ma décision concernant le
sous-amendement qui a été déposé par la députée de Saint-Laurent suite aux
différents argumentaires qui m'ont été présentés de part et d'autre.
Évidemment, pour que le sous-amendement soit
recevable, il doit obligatoirement se rapporter directement à l'amendement qui a été déposé par le ministre.
Dans ce cas-ci, l'amendement du ministre à l'article 5 traite directement
de la suppression des paragraphes 6° et 7° du troisième alinéa. Vous devez donc
obligatoirement, si vous voulez faire un sous-amendement, être en lien direct
avec la suppression des paragraphes 6° et 7° du troisième alinéa pour que votre
sous-amendement soit recevable, ce qui n'est pas le cas.
Je réitère
donc la décision que j'ai rendue en début de séance en vous mentionnant que
lorsque nous aurons disposé de
l'amendement du ministre, qu'il aura été porté aux voix, à ce moment-là, vous
allez pouvoir, si vous le désirez, déposer votre sous-amendement en
amendement formel à l'entièreté de l'article 5 puisque vous désirez, à ce
stade-ci, ajouter un alinéa supplémentaire.
Donc, je déclare le sous-amendement de la
collègue, la députée de Saint-Laurent, irrecevable.
Mme Rizqy : Question de
directive.
La Présidente (Mme Thériault) :
Oui.
Mme Rizqy :
À la lumière de votre décision, est-ce que... parce que, depuis tantôt, nous,
on cherche à savoir où est-ce qu'on
peut l'introduire. Évidemment, on n'a pas tous les juristes de l'État avec nous
pour nous éclairer et on n'a pas nécessairement
aussi la participation active et l'enthousiasme du ministre pour nous appuyer
dans cette démarche. Est-ce qu'il serait
pertinent, à ce moment-ci, de déplacer ce sous-amendement au paragraphe 6°,
permettre l'admission des élèves ou de catégorie
d'élèves âgés de moins de quatre ans, de préciser les services éducatifs qui
leur sont dispensés, et là introduire le sous-amendement au paragraphe
6°? Est-ce que ça, ça serait recevable?
Présidente (Mme Thériault) : Honnêtement, Mme la députée
Saint-Laurent, je pense que je vous ai indiqué la marche à suivre pour la suite des choses. Je pense que ce que vous
voulez faire, c'est de déposer, et ça va être mieux si vous le faites en
amendement quand on aura disposé de l'amendement qui a été proposé par le
ministre.
Mme Rizqy :
D'accord, parfait. Alors, de notre côté, on est prêts, à ce moment-ci,
d'évacuer l'amendement du ministre, de voter, et, par la suite, nous
irons au coeur même de ce que, pour nous, est hyperimportant, la qualité des
services aux élèves.
Présidente (Mme Thériault) : D'accord. Est-ce qu'il y a d'autres
commentaires du côté des autres collègues ou ça va? Est-ce qu'on est prêts à mettre aux voix l'amendement qui a
été déposé par le ministre? Donc, l'amendement du ministre à
l'article 5 est-il adopté?
Des voix : Sur division.
La Présidente
(Mme Thériault) : Adopté, sur division. Donc, je comprends, à ce
stade-ci, puisque vous nous l'avez signifié,
que l'amendement est adopté, mais qu'on revient à l'essence de l'article 5
et que vous avez un amendement à nous déposer, Mme la députée de
Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Oui, je demanderais une suspension pour être en mesure de déposer un amendement.
Présidente (Mme Thériault) : Et nous allons suspendre quelques
instants, le temps que la députée refasse la préparation de son
amendement.
(Suspension de la séance à
11 h 53)
Présidente (Mme Thériault) : Oui, merci. Donc, puisque l'heure est avancée et qu'on a encore besoin
d'un peu de temps pour la rédaction de l'amendement, nous allons suspendre les travaux et nous reprendrons à une prochaine
séance avec le dépôt formel de l'amendement de la députée de Saint-Laurent sur l'article 5 du projet de loi du ministre de l'Éducation.
Donc, je suspends
donc les travaux. Merci.
(Suspension de la séance à
11 h 58)
La Présidente (Mme Guillemette) : Donc, à
l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de la culture et de l'éducation reprend ses travaux. Je demande à toutes les
personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs
appareils électroniques.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 5, Loi modifiant la
Loi sur l'instruction publique et
d'autres dispositions à l'égard des services de l'éducation préscolaire
destinés aux élèves âgés de 4 ans.
Lors de la suspension de nos
travaux, cet avant-midi, nous avions suspendu la séance pour permettre à Mme la députée de Saint-Laurent de préparer un amendement à l'article 5
modifié du projet de loi. Donc, Mme la députée de Saint-Laurent, la parole est
à vous.
Mme Rizqy :
Bonsoir, Mme la députée de Roberval. Permettez-moi de vous souhaiter la
bienvenue à
titre de présidente. Je crois
que c'est la première fois que vous présidez, et nous avons eu la chance, lors
de ces études détaillées
article par article, d'avoir plusieurs femmes
présidentes. Et je vous souhaite un bon début de présidence avec nous ce soir.
Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Mme Rizqy : Alors, avant de reprendre, initialement, la
présidente qui était juste avant vous, la députée d'Anjou—Louis-Riel, avait dit au micro, deux fois plutôt qu'une, que je pouvais redéposer, mais à
titre d'amendement et non pas de sous-amendement. Alors, je redépose, au fond, mon sous-amendement, qui est maintenant un amendement. Je vais le lire pour ceux qui se joignent
aux travaux.
L'amendement
proposé à l'article 5 du projet de loi est modifié par l'ajout de la
phrase suivante :
article est également modifié par l'ajout, à la fin de l'article, du paragraphe
suivant :
«11° déterminer que le ratio des
services d'éducation préscolaire destinés aux élèves âgés de 4 ans soit
identique à celui prescrit dans le Règlement
sur les services de garde éducatifs à l'enfance pour les enfants âgés de
4 ans à moins de 5 ans au 30 septembre.»
Présidente (Mme Guillemette) : Merci. Donc, M. le ministre,
avez-vous...
M. Roberge : Bien,
écoutez, on a déjà commencé ce débat-là ce matin, parfois sur un
article de loi
qui ne s'y prêtait pas. Là, je pense qu'on est sur un
article de loi qui
s'y prête.
pense quand même, Mme la Présidente, que, si on partage l'objectif d'avoir des
services de grande qualité, évidemment, je
pense qu'on en a fait la démonstration, on ne s'entend pas sur les moyens pour
y arriver. Ma collègue pense que la meilleure façon de faire, manifestement,
c'est d'inscrire le ratio dans la loi.
Les ratios, comme ils le sont, nous
permettent déjà d'offrir de la qualité, mais, bon, on peut toujours améliorer
la qualité partout, dans tout le réseau, en
éducation, en santé, à la grandeur. Il y a des éléments, cependant, qui,
traditionnellement et de manière efficace,
se passent dans le cadre de la négociation collective, et je pense que ça va
continuer de cette façon-là puis qu'on ne pourra pas inscrire de ratio
dans la loi. Voilà.
Présidente (Mme Guillemette) : Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Merci, Mme la Présidente. Effectivement, le ministre a raison de souligner que,
ce matin, nous avons échangé
ardemment sur ce sujet, car il est excessivement important pour nous
tous : les ratios. Et le ministre a raison de dire que notre souhait soit soit de le légiférer, et
c'est aussi par souci de cohérence, parce que, je le rappelle pour ceux qui
se joignent à nous ce soir, ce matin, on en
a parlé. On l'a dit que, par exemple, dans le réseau de garde, c'est-à-dire au
ministère de la Famille, oui, eux autres
aussi, ils ont cru bon de légiférer. Et c'est pour ça que, dans le Règlement
sur les services de garde éducatifs, on a mis un ratio d'un pour 10.
Alors, on demande, par souci de
cohérence, d'avoir exactement le même ratio. Comme ça, on va s'assurer que
le service est de qualité, autant au service
de garde que dans les maternelles quatre ans. Et là-dessus on est flexibles sur
le moyen.
Je vous donne plein de choix, M. le
ministre. Ça peut être un pour 10, un enseignant pour 10 élèves, ou même,
si vous l'avez gardé pour le un pour 17,
assurons-nous de suivre les recommandations des experts : un pour 17 avec
une enseignante et aussi l'aide supplémentaire,
mais à temps complet. Et ça, ce sont tous les experts que nous avons entendus
qui se sont exprimés ainsi. Et
j'ajouterai que même les mémoires qui ont été déposés, mais que nous n'avons
pas eu l'occasion d'entendre, abondaient
dans le même sens, c'est-à-dire d'avoir des ratios un pour 10 ou un pour... un
pour 17, pardon, dis-je bien, mais avec deux intervenants à temps
complet.
Présidente (Mme Guillemette) : M. le ministre.
M. Roberge : Oui.
Bien, je pense qu'il faut faire attention quand on dit : Tous les experts
m'appuient, tous les experts disent
comme moi. D'abord, ce n'est pas vrai que tous les experts disent la même
chose. Ce n'est pas tout le monde qui s'entend sur tous les moyens. On
s'entend, tout le monde, comme les gens ici, pour avoir quelque chose de
qualité.
S'il y a plusieurs personnes qui ont
parlé du ratio ou des ratios, parler du ratio, c'est une chose, dire que les
ratios jouent dans la qualité, c'est une
chose, dire qu'il faut réduire les ratios, c'est une autre, ce n'est pas tout le monde qui a dit, et, encore une
fois, dire que ça doit être dans la loi, là, c'est une autre chose. Il faut
faire attention de ne pas dire... de faire dire aux gens ce qu'ils n'ont
pas dit. Ce matin, ma collègue parlait de l'ADIGECS, qui est venue présenter,
puis ici on dit : «Mentionnons, entre autres — dans leur mémoire, dans les
choses qui seraient possibles pour garantir la qualité :
possibilité de formations de groupes avec un ratio réduit pour une période
donnée afin de permettre aux milieux de développer une offre de
service[...];
«la possibilité de
formations de groupes jumelés...»
Bon,
on nous mentionnait, dans le mémoire de l'ADIGECS, la possibilité d'avoir des
ratios peut-être plus petits ou des groupes jumelés. Ça ne voulait pas
dire que ça devait nécessairement être dans un
article de loi.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Mme la députée de Saint-Laurent, la parole
est à vous.
Mme Rizqy : M. le
ministre, je vous mets au défi de me
trouver un intervenant qui n'est pas venu nous dire ça au micro, le ratio, ou dans son mémoire. Ils ont tous
parlé des ratios, parce que ça a été des questions qui ont été posées
par l'ensemble des partis d'opposition, les ratios. Pourquoi? Parce
qu'on a toujours comparé les deux services : service de garde et
les maternelles quatre ans.
D'autre part, vous
faites référence à l'ADIGECS. J'aurais bien aimé, ce soir, entendre
M. Blackburn, votre sous-ministre, parce
que, lorsqu'il était président de
l'ADIGECS, c'est quand même lui dans son rapport, à la page 11,
lorsqu'il est venu s'asseoir ici pour nous
parler des ratios, il a dit la chose suivante : «Que l'écart entre les
ratios intervenant-enfants de quatre ans et celui des services
de garde éducatifs soit harmonisé afin d'assurer un service approprié aux
enfants visés par cette mesure.»
Nous,
ce qu'on vous offre aujourd'hui, c'est d'harmoniser. C'est exactement
ce que M. Blackburn nous disait à l'époque.
On va harmoniser avec quoi? Bien, les mesures législatives en matière de service de garde, en matière familiale. Je veux bien, là, mais c'est ce que...
Non seulement ils l'ont dit, mais ils l'ont écrit.
La Présidente
(Mme Guillemette) : M. le ministre, la parole est à vous.
M. Roberge : À l'époque, plusieurs groupes avaient parlé de
ratios. Ça ne veut pas dire qu'ils ont dit de le mettre dans la loi. Toute la question
est là. Il y a des choses qui se décident dans la loi, il y a
des choses qui se décident par la négociation.
En ce moment, là, le maximum moyen par commission scolaire est de
14 enfants par classe en maternelle
quatre ans pour un adulte à temps plein, un
adulte à demi-temps, pour un ratio moyen de 9,33 enfants par adulte. En
garderie, on est à un adulte pour 10 enfants. Alors, maternelle
quatre ans, ratio moyen maximum, parce qu'il y en a bien qui sont en bas du
maximum, là, pour le moyen, un adulte pour 9,33 enfants, ça, c'est pas mal
neuf, en CPE, un pour 10. Ce sont des moyennes.
Je sais que la personne qui est à demi-temps n'est pas toujours là, mais, quand
on fait des statistiques, c'est comme ça. Je pense que c'est tout à fait
comparable. Hein, on dit qu'il faut comparer, bien on a quelque chose de
comparable, pas identique.
c'était identique, Mme la Présidente, on n'a plus de liberté de choix. On n'a
pas d'opportunité pour les parents de faire
un choix entre deux services qui sont différents, qui sont complémentaires,
pour utiliser un mot que ma collègue aime bien, parce que c'est partout pareil. Quand tu vas chez McDonald's, tu
ne magasines pas ton Big Mac longtemps. Partout, c'est toujours un Big Mac, c'est toujours la même chose. Mais, si on
veut offrir aux parents un choix qui est différent, avec des gens qui ont une formation différente dans un
réseau ou dans l'autre, avec, parfois, des garderies en milieu
familial... Des fois, ça ressemble à une
maison, parfois non, c'est un CPE, parfois non, c'est une garderie privée.
Parfois dans certains réseaux, ce sont des gens qui ont une formation de
technique d'éducation à l'enfance, parfois ce sont des duos enseignants et
éducatrices. C'est ça, le principe de la liberté de choix. Ce n'est pas partout
pareil.
contre, ça peut être comparable. En maternelle quatre ans, on a du matériel
adapté. On a un projet éducatif, qu'on a
aussi dans des CPE. Pas le même, mais on a un programme, on a du matériel, on a
des gens qui sont formés, pas exactement de la même façon. On a un ratio qui s'approche en ce moment, là, de
9,33 enfants par adulte puis, en CPE, on a à peu près 10 enfants par adulte. Ce n'est pas pareil.
On va dire : Ah! oui, mais des fois, le matin, l'adulte n'est pas là, le
deuxième adulte n'est pas là. Ce
n'est pas pareil, c'est semblable, et c'est de la qualité, et ça, ça permet aux
gens de faire un choix, parce que, pour
faire un choix, il faut qu'il y ait une différence. Et, manifestement, c'est un
choix qui plaît aux gens. Il y a plus de... presque 3 000 familles de plus qui ont fait ce choix-là cette
année que l'an passé. On n'a forcé personne. Les gens sont allés vers
les maternelles quatre ans.
Alors, il me
semble qu'on a une solution gagnante, puis c'est ce qu'on veut : quelque
chose de comparable, de qualité, pour
offrir le choix aux parents. Et, ceci dit, on est arrivés à ça. Nous avons
continué, mais ça a été instauré par les précédents gouvernements sans
avoir un ratio obligatoire dans la loi pour les maternelles quatre ans, puis on
n'a pas l'intention de le mettre dans la loi. Voilà.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci, M. le ministre. Je donnerais la parole à la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci. Écoutez, je ne veux pas prêter des mauvaises intentions
au ministre, mais je trouve que ça frôle vraiment
la malhonnêteté intellectuelle, ce qu'il vient de faire là, de confondre le
ratio quand il y a deux personnes dans la classe de quand il y en a juste une, puis de faire
une moyenne de ça, puis dire : Ça fait 9,33. S'il veut commencer à
faire ça, le ministre, il va falloir considérer aussi le ratio du service de
garde, il va falloir considérer le ratio un pour 60 sur l'heure du dîner.
S'il veut
calculer une moyenne du ratio auquel l'enfant est confronté dans une maternelle quatre ans, là, j'aimerais ça qu'il prenne en considération tous les ratios différents des moments
différents de la journée, parce que ça, ça ne fonctionne pas, de confondre des moments où il y en a deux,
enseignantes, des moments où il y en a juste une. On ne peut pas faire
En CPE, c'est
un pour 10 en tout temps. Peu importe l'heure de la journée, le ratio ne doit jamais
dépasser un pour 10. Il y aura toujours
au moins un adulte pour 10 enfants dans un CPE, peu importe le moment de
la journée, et ce n'est pas le cas en ce moment dans ce qui est proposé
dans le réseau des maternelles quatre ans.
Donc, s'il vous plaît, est-ce qu'on peut parler
ici, là, honnêtement puis se le dire que ça n'existe pas, 9,33 de ratio
en ce moment? Des fois c'est un pour 14, ou
11, ou 17, selon la classe, puis, des fois, bien, c'est plus, des fois, c'est
moins. Mais le 9,33, là, il sort de l'imagination du ministre en ce moment. On
ne peut pas utiliser ce chiffre-là.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Bon, écoutez, on ne s'entendra pas là-dessus,
mais ce n'est pas grave. Moi, je pense que le service de maternelle quatre ans est offert au moment de la classe. Oui, il peut y
avoir le service de garde le matin ou pas. Ça dépend si les parents vont les conduire à ce moment-là. Oui,
les enfants peuvent dîner à l'école ou pas. Souvent, ils dînent à
l'école, mais pas nécessairement. Puis je pense que mon chiffre tient. Ma collègue arrive avec d'autres
variables dans la journée qui peuvent
arriver ou pas en fonction du fait que l'enfant peut aller au service de garde, peut aller au service de dîneur. Je ne le nie pas, que les ratios peuvent être différents.
C'est vrai. C'est vrai, mais je ne pense pas qu'il y ait quelconque
malhonnêteté intellectuelle. Je n'ai pas
masqué le fait que ça existait, les services de dîneur ou les services de garde. Je ne le compte pas de cette
façon-là parce que je pense que ça ne s'applique pas à tout le monde. Ceci dit, on peut être d'accord pour dire qu'on est en désaccord sans se
prêter d'intention.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, M. le ministre.
Mme Labrie : Bien, écoutez,
c'est...
La Présidente (Mme Guillemette) :
Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Ce qui est important, c'est qu'on ait un ratio
qui soit respecté, qui soit intéressant au niveau de la qualité et que
ce ratio-là soit le même en tout temps, parce que l'enfant, lui, là,
ce qu'il a besoin, c'est d'un service de qualité, peu importe c'est quelle heure de la journée. Qu'il
soit 12 h 15, qu'il soit 2 heures de l'après-midi, qu'il soit 9 h 28 le matin, il faut que le ratio soit intéressant pour l'enfant. Donc,
on ne peut pas commencer à dire : Je compte le ratio quand ils sont
deux, je compte les ratios quand ils sont
un, je ne compte pas les... mais par
contre je ne veux pas compter les
ratios sur l'heure du dîner, quand c'est un pour 60, par exemple. On ne
peut pas commencer à faire ça, là.
On doit
identifier dans la loi le moment d'inscrire quel sera le ratio. Et ce ratio-là,
il doit être intéressant sur le plan de la qualité tout au long de la journée de l'enfant. Puis c'est vrai que
certains enfants ne dînent pas à l'école puis c'est vrai que certains enfants n'iront pas au service de garde, mais certains d'entre eux vont y aller, par exemple. Il y en a
qui vont passer 10 heures par jour là. Puis, à chacune de ces
heures-là, il faudrait qu'il y ait un ratio intéressant pour la qualité pour
ces enfants-là.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci,
Mme la Présidente, et bienvenue. Je
comprends les discours. Moi, je veux amener l'angle des enfants handicapés. Quand on parle de ratio,
je pense que c'est très important de prendre en considération ces
élèves-là. On sait
que, par exemple, un enfant qui est un code 50, un
code 53, qui est autiste, qui est oppositionnel, etc., il a un
poids dans le milieu scolaire, dans la classe, Mme la Présidente, de trois. Alors,
ça veut dire que, si on parle d'une classe de maternelle
où on peut monter jusqu'à 20 enfants, il y aura 17 élèves dans la
classe parce qu'on a un enfant qui a
quand même des défis importants, et
on veut alléger la tâche du professeur dans le milieu, dans le local. On veut
donner une chance aux autres enfants
d'avoir des soins et surtout on veut s'occuper de ce petit qui a des
difficultés, qui vient de rentrer dans l'école.
Souvent,
la rentrée à la maternelle ou même en première année, parce qu'on n'a pas
défini c'est quoi, les difficultés que
cet enfant a eues, il n'y a toujours pas de psychologue ou de professionnel qui
a vu cet enfant-là, on sait qu'ils reçoivent un code de 99, 99 qui est quand même non défini. Alors, on attend
toujours à savoir c'est quoi, mais ça reste que ça enlève quand même un
poids dans le milieu scolaire. Puis, si on pense sur les régimes pédagogiques
de l'éducation préscolaire, primaire et
l'enseignement secondaire, on sait que c'est quand même... le but, c'est d'offrir la meilleure intégration, le meilleur parcours
scolaire pour ces enfants-là. J'ai une crainte, si on ne pense pas à qu'est-ce qu'on va faire vis-à-vis le ratio, puis qu'on ne le rentre pas dans la loi, puis que ce n'est
pas clair — on
veut agir tôt, c'est une