CAT — 13 April 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CAT 2016-04-13
Quebec — Committees
Alors,
évidemment, ça me fait extrêmement plaisir d'être ici. C'est un exercice qui
est important parce que l'étude des
crédits, c'est toujours l'occasion, notamment, de rendre compte des dépenses du
gouvernement, de rendre compte à la
population et puis, en même temps, de discuter des grands enjeux de ce secteur
d'activité gouvernemental. C'est un exercice de transparence auquel on
se livre aujourd'hui ensemble.
Vous le
savez, le premier ministre m'a confié de nouvelles fonctions le 28 janvier
dernier, nouvelles fonctions que je remplis avec beaucoup de fierté et
avec toute l'énergie que j'y mets.
Avant de
poursuivre, j'aimerais quand même souligner le travail de toute l'équipe qui a
colligé l'information qui nous permet de mener à bien l'exercice qu'on
mène aujourd'hui puis je les en remercie. Et j'aimerais aussi saluer le travail exceptionnel de mon adjoint parlementaire
aux Affaires municipales et à l'Occupation du territoire, le député de Côte-du-Sud, M. Norbert Morin, qui est ici présent
aussi aujourd'hui. J'ai un autre adjoint parlementaire, mais on s'en
reparlera au moment des crédits de la Sécurité publique.
Alors, dès
notre arrivée au gouvernement, en avril 2014, le gouvernement a établi des
priorités importantes, de grandes
priorités afin d'assurer la vitalité économique de toutes les régions du
Québec. Cet engagement et les gestes qui ont été posés depuis deux ans illustrent l'intention du gouvernement,
qui est celle de donner beaucoup plus d'autonomie aux municipalités. Et je
tiens à le réitérer aujourd'hui — fortement, d'ailleurs — je crois à l'autonomie des municipalités.
Le gouvernement travaille en collaboration avec le milieu municipal afin,
justement, de redéfinir la relation entre le gouvernement du Québec et les
municipalités pour que les municipalités soient véritablement reconnues comme
des gouvernements de proximité. La signature
de l'Accord de partenariat avec les municipalités pour la période 2016-2019
est, sans contredit, un exemple très concret
de cette vision d'une nouvelle gouvernance axée sur l'autonomie régionale.
Et, ici, je tiens à souligner le travail
exceptionnel de notre collègue le ministre Pierre Moreau, qui a été, bien
entendu, un acteur clé de ce nouveau partenariat avec les municipalités du
Québec, et j'en profite... Peut-être, tu nous écoutes, Pierre. Mais, si
jamais ce n'est pas le cas, je tiens à la dire, tu nous manques, et on attend
tous avec impatience ton retour.
Ce nouvel
accord prévoit des bonifications de certaines mesures fiscales et financières
pour une somme qui est évaluée à
350 millions de dollars pour la période 2016-2019. Et là je vais vous
donner quelques exemples de ce que ça représente : la reconduction pour
quatre ans de l'enveloppe annuelle de 50 millions pour la réfection de la
voirie locale; la majoration des
compensations tenant lieu de taxes, 16 millions en 2018, mais
26 millions en 2019; la bonification du Fonds de développement des territoires, de 5 millions en 2018 et de
15 millions en 2019; l'augmentation de 14,8 millions de la
mesure de partage des redevances sur les ressources naturelles pour les quatre
années de l'accord; et, de plus, la majoration du montant de la taxe en fonction
de l'inflation pour le service 9-1-1.
Cette
autonomie municipale passe également par une reddition de comptes allégée,
adaptée et, en fin de compte, optimale
pour les citoyens et par une révision des mécanismes de contrôle de l'État,
ainsi que par des processus plus souples et plus efficients. Et là, ici, je
suis en train de parler, bien entendu, d'un rapport très important auquel le
gouvernement va donner suite, le
rapport Perrault, dont le
titre est Faire confiance — Pour une reddition de comptes au service du
citoyen, et le gouvernement
entend donner suite de façon très marquée, de façon très importante à ces
recommandations. D'ailleurs, les travaux qui entourent les suites à donner au
rapport Perrault sont actuellement en mode accéléré. Je demande au milieu
municipal d'être encore un petit peu
patient. Mais je n'aurai pas besoin de demander tant de patience que ça parce
que ça s'en vient bientôt, et je leur
indique que le gouvernement, donc, passera à l'action très bientôt et qu'ils
auront été récompensés pour leur patience.
Par ailleurs,
de nouveaux projets de loi sont ou seront présentés dans la foulée de l'Accord
de partenariat avec les municipalités pour la période 2016-2019. Les
municipalités réclament depuis plusieurs années des modifications au cadre des relations de travail qui leur est
applicable. Par cet accord, le gouvernement s'est engagé à examiner cet enjeu en consultation avec les intervenants du milieu municipal et les syndicats et
à présenter des modifications législatives. À
cet effet, j'aimerais mentionner aujourd'hui que, dès mon entrée en fonction, je me suis clairement
réengagé auprès des municipalités
afin qu'on établisse un cadre qui tienne compte du caractère gouvernemental, gouvernement de proximité des
municipalités. Évidemment, nous ne pouvons tout faire en même temps, il y a
plusieurs projets de loi, mais je vous assure que le gouvernement va aller de l'avant avec cet engagement
qui est important en tenant compte, là, évidemment, des droits de chacun et en s'assurant de l'équilibre
entre les parties.
Par ailleurs, le travail se poursuit aux trois
tables de concertation, soit la Table Québec-Montréal, la Table Québec-Québec
et la table sur la redéfinition des relations Québec-municipalités. Des
modifications législatives sont prévues afin de reconnaître le
statut de métropole à Montréal et de capitale nationale à Québec. À cet effet,
j'ai d'ailleurs eu l'opportunité de discuter
avec les maires de Québec et de Montréal de ces grands chantiers, des chantiers qui sont
en cours. J'en ai discuté également
avec les ministres de notre gouvernement, ceux qui sont directement concernés notamment,
mais d'autres qui sont concernés, je
dirais, indirectement, mais néanmoins qui auront un rôle à jouer, et je peux
vous assurer que les travaux avancent
là aussi. Il y aura, bien entendu, un projet plus général visant l'ensemble des
municipalités du Québec afin de refléter pleinement nos engagements, de
les reconnaître dans toute l'autonomie qui doit être la leur pour
exercer les fonctions importantes qui sont les leurs.
Également,
le projet de loi n° 83, intitulé Loi modifiant diverses dispositions législatives en matière municipale
concernant notamment le financement politique, poursuit son cheminement, et,
bientôt, on aura l'occasion, mes chers collègues, de nous revoir pour l'étude
détaillée.
Le gouvernement du Québec est passé à l'action en modifiant ses façons de
faire afin de favoriser le développement
des territoires et en proposant une nouvelle gouvernance régionale qui donne une plus grande latitude aux MRC. En effet,
ce sont les élus locaux qui sont en mesure de mieux orienter l'organisation du développement
économique local. En transférant aux MRC la
compétence en matière de développement régional, une compétence qui, auparavant,
était confiée aux Conférences
régionales des élus, les CRE, et en mettant fin à l'obligation de faire du mur-à-mur, en quelque sorte, là, où tout le monde devait avoir
son CLD en fonction d'un modèle qui, fondamentalement, en était un qui ne
tenait pas nécessairement toujours compte des particularités locales, bien, en
mettant fin à cette obligation de procéder par ce seul et unique modèle, nous avons placé les MRC au coeur du nouveau
modèle de gouvernance locale et régionale. Et, ce faisant, le gouvernement a choisi de
laisser chaque territoire décider par lui-même d'un modèle de développement adapté à ses spécificités.
Par ailleurs, le gouvernement est également
passé à l'action en matière d'infrastructures sur tout le territoire québécois.
Je tiens à souligner que le Plan québécois des infrastructures 2016-2026, dans
sa
partie infrastructures municipales, sous
la responsabilité du MAMOT, prévoit des investissements provinciaux de l'ordre de 7 milliards
de dollars au cours des 10 prochaines années. En y ajoutant les
contributions du gouvernement fédéral et des municipalités, ce plan permettra des investissements totaux de 15,57 milliards de dollars
dans les infrastructures municipales au cours des 10 prochaines années.
Depuis avril
2014, le gouvernement a injecté pas moins de 1 milliard de dollars supplémentaires dans l'enveloppe de ce plan dédié au MAMOT, ce qui démontre toute
l'importance que nous accordons aux investissements en infrastructures municipales. Et là je me suis
concentré sur les infrastructures qu'on pourrait appeler strictement municipales, mais il y a beaucoup d'autres projets dans le Plan québécois des infrastructures, qui
représentent presque 90 milliards
de dollars au cours des 10 prochaines années, qui se
matérialisent directement dans les municipalités pour améliorer les infrastructures routières, notamment. Et, bien entendu, il y a
des efforts majeurs, de l'ordre de 10 milliards
de dollars, attendus dans le secteur des transports en commun. Alors, il y a énormément
d'investissements qui vont être faits au cours des prochaines années
afin de permettre aux villes de se développer davantage.
Nous sommes
convaincus, donc, que les gestes que nous avons posés, que nous posons et que
nous sommes sur le point de poser seront bénéfiques non seulement pour
les municipalités, mais pour l'ensemble de leurs citoyens, pour l'ensemble, donc, des citoyens
du Québec. Le gouvernement est au rendez-vous afin d'offrir une plus grande autonomie aux municipalités, une autonomie qui favorisera leur développement économique et, donc, une autonomie qui favorisera le développement
économique de l'ensemble des régions
du Québec, y compris, bientôt, la communauté
maritime des Îles-de-la-Madeleine. Je vous remercie.
Président (M. Auger) : Merci, M. le ministre. Nous allons poursuivre avec le porte-parole de l'opposition
officielle, M. le député de Jonquière, pour vos remarques préliminaires.
Gaudreault : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Alors, à mon tour de saluer les collègues
parlementaires qui
sont ici, des deux côtés de la Chambre, autant de la deuxième opposition que du
gouvernement, saluer, évidemment,
les fonctionnaires du ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du
territoire qui sont ici et que je sais à quel
point ils sont dédiés et dévoués à leur travail de service de l'État. Alors,
merci. Merci d'être ici. Évidemment, mon aréopage est
plus limité. Alors, je veux saluer mon ministère, ici, qui tient entre les
mains d'Alex Perreault qui m'accompagne, qui n'a pas de lien de parenté avec le
rapport Perrault, je tiens à le souligner.
évidemment, le ministre l'a dit, on est ici pour un exercice qui est
important, qui est celui de l'étude
des crédits, qui est un exercice de reddition de comptes, donc, fondamental dans notre travail de parlementaires, travail de députés. Un
exercice de reddition de comptes, mais qui combine à la fois aussi notre rôle
d'intermédiaire pour les citoyens qu'on représente
parce que, souvent, les préoccupations des citoyens transitent via les
municipalités à nous comme parlementaires, que ce soit pour des
infrastructures, des investissements, des questions fiscales. Donc, le
ministère des Affaires municipales est,
sans contredit, un des ministères les plus près des services des citoyens parce
que l'échelon de gouvernement le plus proche des citoyens est celui des
municipalités. Et, de ce fait, le ministère des Affaires municipales se trouve
aussi, évidemment, à offrir des services et
à répondre à des questions extrêmement importantes pour les citoyens, donc,
dans ce sens-là, notre exercice d'aujourd'hui, l'étude des crédits,
revêt un caractère tout à fait particulier.
ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire... Et je
dois dir