Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 22 February 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CAPERN 2022-02-22
Quebec — Committees
(Neuf
heures cinquante minutes)
Le Président
(M. Lemay) : Je déclare la séance de la Commission de
l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
ouverte. Je demande à toutes les personnes présentes dans la salle de bien
vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
Alors, aujourd'hui,
nous sommes réunis afin de procéder aux consultations particulières et aux
auditions publiques sur le projet de loi n° 21, la Loi visant principalement à mettre fin à la recherche et à la
production d'hydrocarbures ainsi qu'au financement public de ces
activités.
Alors, M. le
secrétaire, est-ce qu'il y a des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président, un seul remplacement.
M. Tanguay (LaFontaine) est remplacé par M. Arcand (Mont-Royal—Outremont).
Le Président (M. Lemay) :
Merci. Ce matin, nous débuterons par les remarques préliminaires, puis nous
nous entendrons, par la suite, les témoins suivants : la Fédération
québécoise des municipalités, le Front commun pour la transition énergétique
ainsi qu'Environnement Vert-Plus.
Alors, nous débutons
de ce pas avec les remarques préliminaires, et j'invite d'abord le ministre de
l'Énergie et des Ressources naturelles à faire ses remarques préliminaires,
pour une durée maximale de six minutes.
M. Julien :
Oui, merci. Merci infiniment, M. le Président.
D'entrée de jeu, je
tiens à saluer mes collègues qui sont présents ici aujourd'hui pour nos
discussions sur le projet de loi n° 21. Je tiens également à remercier toutes les
personnes, tous les organismes qui vont s'adresser à nous à l'occasion des
consultations particulières sur le projet de loi n° 21. Honnêtement, la
participation de tous à cet exercice démocratique est hyperimportante.
Comme vous le savez,
ce projet de loi vise principalement à mettre fin à la recherche et à la
production d'hydrocarbures ainsi qu'au financement public de ces activités sur
l'ensemble du territoire québécois. Je suis confiant, M. le Président, que nous
réussirons, tous ensemble, avec les collègues, à faire cheminer rondement ce
projet de loi en vue de l'adopter le plus rapidement possible.
Je crois sincèrement
qu'on a un objectif commun, soit celui de mettre fin à l'exploration, à
l'exploitation des hydrocarbures au Québec. Je conviens également, M. le
Président, que certains éléments nécessiteront des discussions entre nous
puisque, sur certains aspects, sur certains enjeux, notre vision peut différer.
Je pense entre autres au volet indemnisation, je pense entre autres au volet
pipeline au Québec, je pense également à la notion de projet pilote. Mais, bien
que ces éléments puissent nous amener, certainement, à des échanges un peu plus
corsés, avec des échanges un peu plus fondamentaux, je crois qu'on ne doit pas
laisser ceux-ci nous distraire et nous dévier de l'objectif commun qu'on a. Il
y aura des discussions, certes, mais je reste convaincu que le projet de loi
qui est déposé actuellement est raisonnable, qu'il est responsable, et ce, à
tous les points de vue.
On l'a dit à
plusieurs reprises, M. le Président, pour nous, l'avenir, au Québec, est aux
énergies vertes, pas aux énergies fossiles. On s'est donné des objectifs
ambitieux à atteindre pour réduire, justement, l'empreinte carbone au Québec.
Le gouvernement veut être cohérent et respecter ses engagements. C'est une
étape majeure qui démontre clairement que le Québec est résolument sur le
chemin de la transition énergétique.
Le projet de loi n°
21 repose sur quatre grands volets, M. le Président. Dans un premier temps, le
projet de loi met fin à la recherche d'hydrocarbures, ou des réservoirs
souterrains, ou à la production d'hydrocarbures, à l'exploitation de saumure.
S'il est adopté, le projet de loi révoquera les licences d'exploitation et de
production d'hydrocarbures ainsi que les autorisations d'exploiter de la
saumure en vigueur sur tout le territoire du Québec et il prévoit que les
titulaires de licences révoquées devront procéder à la fermeture définitive des
puits ayant été forés en vertu de ces dernières. Il prévoit également une
restauration des sites.
Le deuxième volet,
c'est... le projet de loi prévoit un programme d'indemnisation qui vise à
offrir des compensations justes et équitables pour les titulaires voyant leurs
licences révoquées. Ce programme serait administré par le ministère de
l'Énergie et des Ressources naturelles pour assurer un traitement conforme aux
critères établis. Il est également prévu, M. le Président, qu'un vérificateur
externe soit responsable du calcul des indemnités. L'indemnité couvrirait les principaux
frais depuis le 19 octobre 2015.
Dans
un troisième temps, le projet de loi prévoit de maintenir en vigueur certaines
licences de stockage de gaz naturel et la possibilité de construire et
d'utiliser des conduites intraprovinciales de gaz naturel et de pétrole. À cet
égard, il est prévu que la
Loi sur les hydrocarbures soit modifiée pour
s'appeler
Loi sur le stockage de gaz naturel et sur les conduites de gaz
naturel et de pétrole.
Finalement, quatrième
point, le dernier volet, c'est le volet projet pilote qui prévoit que le
ministre peut autoriser la mise en place de projets pilotes. Mais, M. le
Président, il faut bien le spécifier, la loi permettrait au ministre
d'autoriser la réalisation de projets pilotes avant la fermeture définitive des
puits et leur restauration, mais uniquement pour favoriser l'acquisition de
connaissances. En aucun temps ces projets pilotes ne pourraient permettre
l'exploitation d'hydrocarbures au Québec.
Alors, en terminant,
M. le Président, c'est le temps de fermer ensemble, ensemble, tous ensemble, ce
chapitre une bonne fois pour toutes. L'avenir économique du Québec n'est pas
dans les hydrocarbures. Au point de vue économique et pour le développement
durable, on doit miser sur notre hydroélectricité, l'hydrogène vert, la
bioénergie. On a un grand potentiel de développement avec des énergies vertes
parce qu'on a les connaissances, on a l'expertise et surtout parce que c'est
l'avenir du Québec.
En 2022, il apparaît
clairement qu'il n'y a pas d'acceptabilité sociale pour l'exploitation de gaz
et de pétrole au Québec. On est fiers de notre territoire, et c'est une
richesse qu'on doit protéger. Il faut dès maintenant se donner les moyens de
nos ambitions afin de construire une économie verte et prospère. C'est dans cet
esprit que j'ai déposé le projet de loi n° 21, et je
pense que, tous ensemble ici, dans cette salle, il est temps qu'on prenne
position, et aujourd'hui je sens qu'on se met à la bonne place ensemble,
justement, pour marquer l'avenir du Québec. Alors, je vous remercie, tous et
toutes.
Le Président
(M. Lemay) : Merci, M. le ministre, pour ces remarques
préliminaires.
J'invite maintenant
le député de Mont-Royal—Outremont
à faire ses remarques préliminaires, pour une durée maximale de quatre minutes.
M. Arcand :
Merci, M. le Président. Évidemment, à
titre de député de Mont-Royal—Outremont et ayant déjà exercé les fonctions de ministre de
l'Énergie, je n'ai pas besoin de vous dire jusqu'à quel point ce projet de loi
nous semble important.
D'entrée de jeu,
cependant, je dirais que le projet de loi, comme tel... il y a un petit côté
marketing de ce projet de loi, parce qu'on annonce, évidemment, qu'il faut
mettre fin à la recherche d'hydrocarbures au Québec. La réalité, M. le Président,
c'est que, dans les faits, il y a eu, pendant les 30 dernières années
minimum, d'énormes possibilités, semble-t-il, mais qui n'ont jamais rien donné.
Quand on regarde, M. le Président, la situation au Québec, aujourd'hui le
Québec n'est même pas sur la liste de Ressources naturelles Canada comme
producteur de pétrole. Alors, c'est pour ça que, quand on est intervenus, on a
dit, bon : Ce qu'on annonce, c'est véritablement quelque chose qui n'est
pas véritablement... qui n'existe pas, actuellement, au Québec, parce qu'on ne
produit pas de pétrole.
qui me semble important à ce stade-ci, dans le projet de loi, c'est beaucoup
plus les vraies réalités, c'est-à-dire les
puits, entre autres, la question des puits, et cette question-là nous semble
particulièrement importante, et éventuellement, également, d'avoir les opinions des gens sur un certain nombre d'enjeux.
Et, parmi ces enjeux, également, bien, évidemment, c'est quoi, les intentions du ministre... que ce
qu'on a bien vu, c'est que le gouvernement, comme tel, dit qu'il veut
interdire toute activité, entre autres, d'exploration ou d'exploitation, mais
ce qu'on a compris également, c'est la possibilité, peut-être, qu'il y ait des échappatoires. Alors, il est clair, M. le
Président, qu'on va poser certainement des questions là-dessus.
On va poser des
questions sur la valeur des estimations, éventuellement, et des estimations à
100 millions de dollars. Nous comprenons très bien, notre formation
politique, qu'il y a peut-être des coûts qui peuvent être remboursés, parce
que, premièrement, quand on donne un permis et qu'on le retire, il y a quand
même une licence qui existe, d'une part, et, d'autre part, il y avait des
obligations, également, à avoir ce permis, mais il y aura certainement une
discussion extrêmement serrée sur cette question-là, parce qu'évidemment le
rôle de l'État, dans ce cas-ci, c'est d'être juste, mais en même temps de ne
pas exagérer.
Et on a vu... moi,
j'ai vu par le passé, entre autres parce que j'ai vécu toute l'époque de l'île
d'Anticosti, entre autres, où certaines pétrolières ont véritablement exagéré,
et on avait le choix d'essayer de régler, d'aller en cour. C'était toujours le
débat qui était devant nous. Souvent, aller en cour coûte plus cher que de
régler à l'extérieur. Alors, c'était une situation que l'on devait faire, à ce
stade-ci, et évidemment on va espérer que, dans l'esprit du ministre, on
puisse, évidemment, aller chercher le minimum de remboursement de la part du
gouvernement dans ces dossiers.
Alors, je vous dirais
que ce sont les éléments qui, à ce stade-ci, a priori, là, nous semblent les
éléments les plus importants. Il va falloir juste s'assurer, encore une fois,
est-ce qu'on en a fini pour de bon avec l'exploitation des hydrocarbures.
Est-ce qu'il y a encore des trous, encore, dans cette loi-là? Je pense que
c'est les questions qu'on va se poser. Et
est-ce qu'on va régler, finalement, la question des puits, évidemment, une fois
pour toutes? Alors, voilà, M. le Président.
Le Président (M. Lemay) :
Merci beaucoup, M. le député de Mont-Royal—Outremont.
Je cède maintenant la
parole au deuxième groupe d'opposition et la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques
à faire ses remarques préliminaires pour une durée d'une minute.
Mme Massé : Merci, M. le
Président. Bonjour, tout le monde. En une minute, j'ai le temps de vous dire
qu'il est clair que notre vision peut différer, il est clair que notre vision
diffère. Notre vision diffère parce que, quand on parle de responsabilité, je n'ai pas de responsabilité face à une
industrie qui, depuis des décennies, crée la crise climatique dans
laquelle nous sommes. Elle a des responsabilités, cette industrie, face au
peuple québécois, face à la planète.
Alors, oui, qu'on mette fin — enfin,
j'ai envie de dire — à
l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures, peu importe sa forme, ici,
au Québec, j'en suis. On va être là. On peut le bonifier, l'améliorer, j'en
suis certaine. Mais là où on va batailler fort : les Québécois et Québécoises
paient régulièrement, on le voit encore ce matin, dans les puits orphelins,
paient encore et pour toujours ce que l'industrie, elle, n'a pas payé. Alors,
on va être au rendez-vous pour faire les débats et donner justice au peuple
québécois.
Le Président (M. Lemay) : Merci,
Mme la députée. Est-ce que vous avez une demande à faire?
Mme Massé : Oui,
M. le Président, je vais vous demander d'être remplacée par ma collè