House Proceedings — 26 May 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
2021-05-26
Quebec — Debates (Hansard)
M. Benjamin : Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je veux
rendre hommage à une femme exceptionnelle de notre circonscription,
Mme Francine Caccia.
C'est
en 1998, Mme la Présidente, qu'elle a commencé son implication alors qu'elle
était aidante naturelle pour sa mère qui était au CHSLD Joseph-François-Perrault,
et, cet engagement, elle le poursuivra en devenant aujourd'hui la présidente du
regroupement des bénévoles de ce CHSLD.
tiens à remercier Mme Francine Caccia et, avec elle aussi, puisqu'elle
n'est pas seule au sein du Regroupement des bénévoles du CHSLD de Joseph-François-Perrault, je veux remercier
aussi Canton, Umberta, Danielle Robert, Francine Potvin, qui l'accompagnent dans ses tâches. Et ces gens-là
agissent aussi comme aidantes naturelles au sein de ce CHSLD. Merci à
vous trois. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, nous poursuivons
avec M. le député de Deux-Montagnes.
M. Charette : Merci, Mme
la Présidente. Je tiens à souligner
la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement, qui avait lieu le
21 mai dernier. Je saisis également cette opportunité pour souligner la
décennie des personnes d'ascendance africaine proclamée par les Nations unies.
En l'honneur de cette
journée, nous souhaitons reconnaître et promouvoir, à juste titre, la
contribution des communautés afro-québécoises
à l'histoire et au développement économique, social et culturel du Québec.
À cet effet, notre gouvernement a mis en place un fonds sur trois ans
pour soutenir des projets originaux permettant de faire vivre et de concrétiser
de manière novatrice les objectifs de la décennie.
Nous avons le devoir de promouvoir une
société québécoise inclusive et plus ouverte à la diversité
ethnoculturelle. Je suis donc fier
d'inviter les organismes qui travaillent auprès des communautés afro-québécoises
à présenter des projets qui leur tiennent à coeur.
décennie des personnes d'ascendance africaine est un symbole fort de la lutte
contre le racisme et de l'évolution vers une société plus juste et plus
égalitaire. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à
Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, Mme
la Présidente. J'ai aujourd'hui le plaisir de souligner le 145e anniversaire du parc du
Mont-Royal.
lieu emblématique de la ville de
Montréal témoigne de la riche
histoire de notre métropole et fait
partie intégrante de son paysage,
devenant ainsi l'un de ses symboles les plus importants.
À
titre de députée de
Westmount—Saint-Louis,
c'est avec beaucoup de fierté que je peux compter le parc du Mont-Royal dans ma circonscription, un parc où il
fait bon vivre. Le mont Royal rassemble les Québécois et les Québécoises
de toutes les régions. Un grand espace vert
à quelques pas du centre-ville, le patrimoine naturel, historique et culturel
du mont Royal est important, et il est de notre devoir à tous et chacun
de veiller à sa préservation.
J'aimerais,
en terminant, remercier Les Amis de la montagne pour leur dévouement au parc du
Mont-Royal et à son rayonnement, et
qu'eux aussi célèbrent leur 35e anniversaire cette année. Joyeux
145e anniversaire au parc du Mont-Royal! Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée d'Abitibi-Ouest.
Mme Blais
(Abitibi-Ouest) : Merci, Mme la Présidente. Je veux rendre hommage à
Mme Rose-Aimée Vallée, une résidente de la ville d'Amos, aujourd'hui âgée
de 78 ans.
Pendant
plusieurs années, et ce, même si elle avait déjà
trois enfants, Mme Vallée a accueilli des dizaines et des dizaines
d'enfants de la direction de la protection de la jeunesse, tant pour le
dépannage que pour le long terme.
Pleine de respect
pour les enfants qu'elle prenait sous son aile, elle leur a apporté la sécurité
et la quiétude. La sagesse de Rose-Aimée les
a aidés. D'ailleurs, elle disait à ses protégés : Tu es
responsable de ta propre vie, tu dois te prendre en main. La sécurité du
foyer leur a permis de se prendre en main. Rose-Aimée a ouvert son coeur à tous
ces enfants.
Mme Rose-Aimée, je veux souligner, grâce à l'initiative de Mme Nancy Audet, une de vos anciennes protégées, votre
dévouement exceptionnel auprès des jeunes qu'on vous a confiés. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, nous poursuivons
avec M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci,
Mme la Présidente. Je veux aujourd'hui remercier les citoyens et citoyennes engagés sur le dossier du REM de l'Est.
Dans
ma circonscription, la rue Notre-Dame a été malmenée, et ce, depuis
les années 70, alors qu'on exproprie près de 1 700 familles, laissant la rue en friche pendant plusieurs
années en vue d'en faire une autoroute. La rue Sainte‑Catherine, autrefois florissante, peine encore à se relever
de ce coup de violence économique. En compensation, une bande verte est créée, où passent aujourd'hui
des centaines de cyclistes, à côté de nombreuses coopératives de logement.
2007, la communauté empêche un projet cauchemardesque de type
autoroute Décarie, qui ne tenait aucunement compte de la vie et du bien-être
des gens d'Hochelaga-Maisonneuve.
communauté fait entendre sa voix de nouveau, cette fois-ci
pour répondre au projet du REM de l'Est, qui menace cette bande verte et
le patrimonial parc Morgan, dans un quartier aux rares espaces verts.
Heureusement, le regroupement des riverains Notre-Dame—Hochelaga-Maisonneuve veille au grain. Le groupe
met de l'avant une vision du REM socialement
acceptable et multiplie les propositions constructives avec tous les acteurs
entourant cet enjeu.
Je les
remercie de leur pertinence et de leur solidarité pour que notre quartier
demeure un lieu de vie paisible et stimulant. Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Je cède
maintenant la parole à M. le député du Lac‑Saint-Jean.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Mme
la Présidente, pour recevoir le
titre de chevalier de l'ordre du Québec, il
faut avoir un parcours exceptionnel. Il faut avoir fait des efforts et des
sacrifices, avoir démontré un talent particulier, être un exemple et dépasser
nos limites.
Guillaume
Côté, danseur étoile et associé chorégraphe au Ballet national du Canada, est tout ça et bien plus encore.
Les sacrifices de Guillaume ont débuté alors
qu'il avait tout juste 11 ans. Dès son plus jeune âge, il a démontré non seulement le talent, mais, encore plus
important, la force de caractère pour avancer, abattre les obstacles et se
tailler une place de choix dans l'univers qui le passionne. Il a rayonné au
Canada, aux États-Unis, à Moscou, en Angleterre, en Italie et en Allemagne, sous les traits de Roméo
ou du prince charmant. Son talent ne connaît pas de frontière, et c'est un
immense bonheur de voir un petit gars du Lac-Saint-Jean s'illustrer sur la
scène mondiale.
Je pense que Guillaume m'en voudrait de ne pas
mentionner ses parents et sa soeur, qui, dès le tout début, ont épaulé leur
fils, ont cru en lui et lui ont donné les outils et la liberté nécessaires pour
qu'il prenne son envol. Mme Tremblay,
M. Côté, vous pouvez être fiers de ce que vous avez accompli comme
parents. Votre fils est maintenant chevalier de l'ordre du Québec.
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, je
cède la parole à M. le député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé :
Mme la Présidente, aujourd'hui, je tiens à souligner l'implication de
M. Mario Rodrigue, président et coordonnateur des Alcyons de
Mont-Joli.
Voilà maintenant 50 ans que Mario défend
les droits des personnes handicapées et oeuvre à l'amélioration des services
qui leur sont offerts.
16 mai 1971, alors âgé de 21 ans, Mario a subi un grave accident
d'automobile qui le rendit paraplégique. Faisant preuve d'une force de caractère hors du commun, il s'est adapté à sa
nouvelle condition. Il est devenu un ardent défenseur des droits des personnes
à mobilité réduite.
C'est en 1974
que Mario a commencé son implication au sein de l'organisme de soutien aux personnes handicapées Les Alcyons. Parmi ses plus importantes
réalisations, notons la mise en place d'un réseau de transport adapté sur le
territoire de la MRC de La Mitis,
service qui est en opération depuis 1986, l'acquisition d'un bâtiment abritant
les activités d'animation et de soutien aux membres et la création de nombreux moyens de financement, dont le bingo-bénéfice, qui
permet d'assurer la mission des Alcyons.
Par sa
détermination, son don de soi et sa
grande générosité, il a permis d'améliorer la condition de vie de nombreuses
personnes. Mario, merci pour votre dévouement et tout le travail accompli.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à M. le
député de Chauveau.
M. Lévesque
(Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je désire souligner l'initiative de
Mme Caroline Paradis pour son Défi Caro à vélo.
Mère monoparentale de quatre enfants, Caroline a
débuté son périple à vélo le 7 mai dernier au Chaînon, situé à Montréal. Elle pédalera 4 400 kilomètres
en 40 jours à travers tout le Québec pour soutenir les femmes victimes de violence
et également aider les organismes indispensables à leur cheminement vers la
guérison.
Ce matin, Caroline est
partie de Pointe-Taillon
et elle pédale vers Saint-Félicien via Dolbeau-Mistassini.
Caroline, je tiens à vous féliciter pour ce que
vous accomplissez afin de susciter de l'engagement citoyen notamment contre la
violence faite aux femmes. Pour avoir travaillé pendant sept ans auprès des
conjoints violents, je suis avec vous et je
vous félicite pour votre détermination exemplaire. D'ailleurs,
j'invite les citoyens à suivre Caroline sur Facebook, via sa
page Défi Caro à vélo. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, je cède la parole à M. le député de Mégantic.
M. Jacques : Merci,
Mme la Présidente. Je veux aujourd'hui saluer l'alliance de quatre municipalités riveraines de ma circonscription pour
la protection du lac Mégantic.
Frontenac, Lac-Mégantic,
Marston et Piopolis investissent 338 000 $ afin de contrer les
espèces envahissantes présentes dans le lac. Cette mobilisation sans précédent
est issue d'un comité intermunicipal qui a développé un projet fonctionnel,
innovant et structurant. Concrètement, ce projet permettra notamment le lavage
des embarcations dans deux stations de
nettoyage mises en fonction à deux endroits stratégiques. Pendant la première
phase d'implantation, le lavage sera gratuit pour tous les plaisanciers. Cette
initiative s'ajoute à la pose de toiles pour contrer la myriophylle à épis et
aux autres actions des municipalités
riveraines, qui travaillent d'arrache-pied depuis deux ans pour contrer les
espèces envahissantes.
suis très fier de voir que les municipalités de ma circonscription de Mégantic
s'unissent pour mettre en valeur et protéger nos ressources naturelles.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Cela met fin à la rubrique de
déclarations de députés.
Et je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 53)
Président : Mmes, MM. les députés, je vous souhaite un bon mercredi. Prenons quelques
secondes pour nous recueillir.
Je vous remercie.
Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique Présentation
de projets de loi, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin :
Oui. Merci, M. le Président. Je vous demanderais d'appeler l'article b du
feuilleton.
Le Président :
Tout à fait. À l'article b du feuilleton, M. le député de Robert-Baldwin
présente le projet de loi n° 797, Loi modifiant la
Loi sur les
sociétés par actions afin d'y intégrer l'entreprise à mission. M. le député.
M. Leitão :
Merci, M. le Président. Alors, il me fait plaisir de présenter le projet de loi
n° 797, Loi modifiant la
Loi sur les sociétés par actions afin d'y
intégrer l'entreprise à mission.
Alors,
ce projet de loi modifie la
Loi sur les sociétés par actions afin d'y intégrer
l'entreprise à mission. Pour être appelée entreprise à mission, les
statuts constitutifs d'une société par actions doivent contenir une déclaration
selon laquelle elle s'engage à exercer ses
activités de façon responsable et durable et à promouvoir un ou plusieurs
intérêts sociaux.
Le projet de loi
définit un intérêt social comme une considération environnementale ou sociale
qui profite à l'environnement ou à un groupe
de personnes autre que les actionnaires en leur qualité de détenteurs
d'actions. Les statuts de l'entreprise à mission doivent d'ailleurs
préciser les intérêts sociaux promus.
Le projet de loi
prévoit également que les administrateurs et dirigeants de l'entreprise à
mission doivent veiller à ce qu'elle exerce
ses activités de façon responsable et durable et qu'elle promeuve les intérêts
sociaux inscrits aux statuts.
plus, le conseil d'administration de l'entreprise à mission doit présenter
annuellement un rapport d'intérêt social qui comprend une évaluation détaillée de la performance de la société à
exercer ses activités de façon responsable et durable et à réaliser ses engagements. L'évaluation de la
performance est réalisée en fonction d'une norme d'intérêt social choisie
par le conseil d'administration. Cette norme
doit être élaborée par un organisme de normalisation qui répond aux conditions
déterminées par règlement.
Enfin, le projet de loi indique que toute personne
peut consulter sans frais une copie du rapport d'intérêt social. Merci, M. le Président.
Président : Et, en application de l'ordre spécial, j'invite les
leaders parlementaires à m'indiquer le vote de leurs groupes sur la présentation de ce projet de loi,
suivi des députés indépendants. D'abord, M. le leader de l'opposition
officielle?
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le député de Chomedey?
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin?
Le Président :
Je vous remercie. En conséquence, cette motion est adoptée.
Toujours à la
présentation de projets de loi, M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire :
Oui, merci, M. le Président. Pourriez-vous appeler l'article c du
feuilleton, s'il vous plaît?
Président : Absolument. À l'article c du feuilleton, Mme
la députée d'Argenteuil présente le projet de loi n° 793, Loi visant
à reconnaître le papillon amiral en tant qu'insecte emblématique du Québec. Mme
la députée.
Mme Grondin :
Merci, M. le Président. Je suis enchantée de pouvoir présenter le projet de loi
n° 793. Ce projet de loi modifie la
Loi sur le drapeau et les
emblèmes du Québec pour reconnaître le papillon amiral en tant qu'insecte
emblématique du Québec.
Président : Et, en application de l'ordre spécial, je vous
invite à m'indiquer le vote de vos groupes respectifs, suivi des députés
indépendants. D'abord, M. le leader adjoint du gouvernement?
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le député de Chomedey?
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin?
Le Président : En
conséquence, cette motion est adoptée.
Nous en sommes à la rubrique Dépôt de documents.
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire :
Merci, M. le Président. Permettez-moi de déposer, au nom de mes collègues, une
entente administrative de gestion
entre la Société du Plan Nord et le ministre de l'Éducation, le rapport
annuel 2020 de l'Organisme d'autoréglementation
du courtage immobilier du Québec ainsi que le rapport annuel 2019‑2020 de
l'Office de la sécurité du revenu des chasseurs et piégeurs cris. Merci,
M. le Président.
Le Président : Ces documents
sont déposés.
Nous en
sommes à la rubrique Dépôt de rapports de commissions. Je comprends qu'il y a
toujours consentement pour que je procède à un dépôt de rapport de
commission.
Je dépose donc le rapport de la Commission des
institutions qui, le 25 mai 2021, a tenu des auditions publiques dans le
cadre de consultations particulières sur le projet de loi n° 86, Loi
concernant la dévolution de la couronne.
À la rubrique Dépôt de pétitions, Mme la députée
de Verdun.
Mme Melançon :
Merci, M. le Président. Alors, je
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 124 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant que l'école primaire des Marguerite
dépasse présentement sa capacité d'accueil et que les projections du centre de
services scolaire Marguerite-Bourgeoys prévoient que ce dépassement
s'accentuera au cours des prochaines années,
atteignant un taux d'occupation de 157 % pour l'année 2023‑2024 et de
157 % pour l'année 2024‑2025;
«Considérant que des classes de cinquième et
sixième année de l'école des Marguerite ont dû être relogées dans un immeuble
de bureaux situé au 14 Place du commerce, faute d'espace à l'école;
«Considérant qu'un tel milieu n'est pas optimal
pour l'apprentissage des élèves et ne peut constituer une solution viable à
long terme;
«Considérant
que la population de l'Île-des-Soeurs est appelée à croître de façon importante
dans les prochaines années, avec la construction de plusieurs grands
projets immobiliers;
«Considérant
que la demande pour la construction d'une troisième école à l'Île-des-Soeurs a
été acceptée par le gouvernement à l'été 2018;
«Considérant que le choix du site de la deuxième
école de l'île avait engendré un tel conflit que sa construction avait été
retardée de plusieurs années;
«Et l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec et au ministre de l'Éducation
de faire connaître le lieu qu'ils
envisagent pour la construction de la troisième école primaire de l'Île-des-Soeurs,
de même que son échéancier pour cette construction.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : Et cet extrait
de pétition est déposé.
J'ai reçu une
demande de Mme la députée de Verdun pour la présentation d'une pétition non
conforme. Y a-t-il consentement pour le dépôt? Mme la députée de Verdun,
à nouveau.
Mme Melançon :
Merci. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale,
signée par 253 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant
qu'en juillet 2018 le gouvernement du Québec a accepté la construction de la
troisième école primaire et secondaire à l'Île-des-Soeurs et que le
ministre nous a confirmé en personne que le projet serait une réalité;
«Considérant que l'école des Marguerite est et
continuera à déborder dans sa capacité d'accueillir des élèves : occupation de 133 % dans la période 2022‑2023,
occupation de 157 % dans la période 2023‑2024, occupation de
157 % dans la période 2024‑2025 — données extraites de
la séance du conseil d'administration du 19 janvier 2021 du centre de
services scolaire Marguerite-Bourgeoys pour la période 2022 à 2025;
«Considérant que les
parents des enfants en âge scolaire habitant [...] l'Île-des-Soeurs ne veulent
pas entendre plus d'excuses, qu'ils sont vraiment inquiets par l'urgence de la
situation et qu'ils veulent le mieux pour leurs enfants;
«Considérant que les parents des élèves de
l'école des Marguerite en ont [...] assez de voir qu'un groupe d'enfants
assistent, dans une tour de bureaux, pour recevoir son éducation scolaire — actuellement
deux étages de l'édifice situé au 14, Place du commerce, reçoivent des
élèves de classes de cinquième et sixième année;
«Et l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au ministre de
l'Éducation du Québec et à tous les paliers gouvernementaux qu'ils se
conforment à travailler ensemble pour concilier la construction de la nouvelle
école si nécessaire dans notre communauté. Nous exigeons de connaître dès
maintenant l'endroit et l'échéancier pour la construction de la troisième école
primaire et secondaire de l'Île-des-Soeurs.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : Et cet extrait
de pétition est également déposé.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni
d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
Nous en sommes maintenant à la période de
questions et de réponses orales, et je cède la parole à la cheffe de
l'opposition officielle.
Mme Anglade :
Merci, M. le Président. Alors, à la mi-avril, après un an de renouvellement
systématique du décret d'urgence, on a soulevé des questions par rapport à
l'esprit de la Loi de la santé publique. La question était de voir si
l'esprit de la loi était respecté, parce
que, techniquement parlant, lorsqu'on le lit, on constate qu'après
30 jours on est supposés venir débattre
de la question de l'urgence sanitaire ici, à l'Assemblée nationale, mais,
jusqu'à présent, nous n'avons toujours pas eu ce débat, et cette
disposition permet au gouvernement d'avoir des pouvoirs qui sont quasi absolus.
Questionné
mardi dernier par rapport à cet enjeu, le ministre de la Santé s'est lancé dans
une explication où il disait qu'il
allait maintenir l'état d'urgence parce que, vous savez, il était en
négociation pour des conventions collectives avec la fonction publique. Mais comment est-ce qu'on peut
faire le lien entre l'état d'urgence et les négociations? C'est extrêmement
préoccupant, M. le Président. Et il a été
d'ailleurs rattrapé par ses propos, qu'il a tenté de justifier, mais avec peu
de résultats.
Hier, on nous
a confirmé la tendance. La situation épidémiologique semble s'améliorer, et le
plan de déconfinement peut être mis
en marche, mais, à la question de l'état d'urgence, le premier ministre a
confirmé qu'il serait renouvelé jusqu'au mois d'août, trois fois
30 jours, M. le Président.
Est-ce que le
premier ministre peut être transparent et nous expliquer les pouvoirs dont il a
besoin pour renouveler ce décret?
Le Président : Mme la
vice-première ministre.
Mme Guilbault : Merci beaucoup, M. le Président. Effectivement,
cette question-là de pour ou contre l'état d'urgence est revenue à quelques reprises dans les dernières
semaines, et chaque fois j'avais été assez claire, je pense, dans ma réponse
sur le fait que je trouvais inusité de
remettre en question l'état d'urgence ici, au parlement, alors qu'on était en
pleine troisième vague, M. le Président. Ça fait deux, trois, quatre
semaines de ça.
Depuis ce
temps, il y a eu des bonnes nouvelles au Québec. Puis ça, je pense qu'on peut
prendre le temps de s'en réjouir et
surtout de remercier les Québécois, parce que c'est grâce à eux si on a été capables d'annoncer
un plan de déconfinement prudent et graduel et d'annoncer hier que, par
exemple, on retournera en orange dans plusieurs régions du Québec dès lundi prochain. Donc, de bonnes
nouvelles, de l'espoir, la chaleur, le soleil, l'été qui est imminent. Du bon
pour le moral des Québécois, M. le Président.
Ceci
dit, la pandémie n'est pas terminée. Elle n'est pas terminée. Et il ne faut pas confondre les rayons de soleil qui se multiplient et la lumière grandissante au bout du tunnel avec la fin
de la pandémie et la possibilité de retrouver une liberté, là, sans aucune forme de contrainte. Il ne faut pas replonger dans un contexte qui serait déplorable et qui aggraverait la
situation épidémiologique.
Le Président :
En terminant.
Mme Guilbault :
Donc, on doit, M. le Président, maintenir des mesures de sécurité de la population.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
M. le Président, la question, ce n'est pas de savoir si on est pour ou contre
l'urgence sanitaire. Ce n'est pas ça, la question.
Ça n'a jamais été la question, en fait, jamais été la question.
Chaque fois, la vice-première
ministre répond ça, mais ce n'est pas la question qui est posée. La question
qui est posée, c'est qu'il y a des justifications pour maintenir l'urgence
sanitaire.
Est-ce que,
oui ou non, le premier ministre peut venir s'expliquer en Chambre, et respecter
l'esprit de la loi, et venir débattre des raisons pour lesquelles on le
maintient jusqu'au mois d'août?
Le Président :
Mme la vice-première ministre.
Mme Guilbault : Oui. Bien, M. le Président, le premier ministre a
justement été assez clair, hier, dans un point de presse qu'on a tous écouté, sans doute, et il
répondait à une question là-dessus, sur la longévité, appelons ça comme ça, là,
la longévité estimée de l'état d'urgence. Et
effectivement, jusqu'à ce qu'on ait terminé la vaccination des deuxièmes doses,
donc jusqu'au mois d'août,
vraisemblablement, pour le moment du moins, on a besoin du décret d'urgence
sanitaire pour des raisons, entre autres, opérationnelles. Il faut qu'on puisse
embaucher tous les vaccinateurs dont on a besoin. Je pense que la cheffe de l'opposition officielle ne
souhaiterait pas qu'on diminue le nombre de personnes qui vaccinent au Québec
en ce moment. Ça n'aurait pas de bon sens,
M. le Président. On a besoin de pouvoir verser des primes aux employés du
réseau de la santé...
Le Président :
En terminant.
Mme Guilbault :
...qui en ont et on a besoin d'un ensemble d'autres mesures pour continuer
de...
Président : Deuxième complémentaire, Mme la cheffe de
l'opposition officielle. Vous êtes la seule à avoir la parole.
Mme Anglade :
Bien, vous voyez, M. le Président, ça, c'est un exemple concret. Il n'y a
jamais eu besoin d'état d'urgence au
Québec pour faire de la vaccination. Le Québec, par le passé, a été capable de
vacciner, il n'y a jamais eu besoin d'un état d'urgence.
est en train de confondre ici «gouverner» et «régner». Et c'est beaucoup plus
facile de régner, parce qu'on n'a pas
besoin de reddition de comptes. Ce qu'on demande, c'est que le gouvernement, le
premier ministre vienne s'expliquer des raisons pour lesquelles on
décide de maintenir l'état d'urgence.
Est-ce que, oui ou
non, ils peuvent accepter de respecter l'esprit de la loi?
Le Président :
Mme la vice-première ministre.
Mme Guilbault : Oui.
Donc, c'est ça, M. le Président, on a besoin de ce décret-là pour diverses
choses. Il y a aussi les
fameuses mesures de distanciation, le premier
ministre, je pense,
l'a rappelé hier aussi, les mesures de distanciation, le port du masque. Tous ces comportements qu'on a dû
adopter depuis 14 mois et qui sont maintenant incontournables
dans la société
jusqu'à ce qu'on se sorte effectivement et officiellement de la pandémie, bien, on doit
les maintenir, et on a besoin de ce décret-là pour des questions de
flexibilité, M. le Président.
Mais
je veux insister là-dessus, là, parce qu'en ce moment on est dans une période
où il peut être glissant de laisser miroiter
qu'on est rendus à la fin de la pandémie et qu'on n'a plus besoin des
contraintes, et des mesures d'urgence, et des mesures de protection de
la population qui sont en place. J'en appelle à tous les collègues ici, là...
Le Président :
En terminant.
Mme Guilbault : ...il faut inciter les Québécois à rester
prudents jusqu'à ce qu'on soit tous vaccinés, deux doses.
Le Président :
Mme la cheffe de l'opposition officielle, troisième complémentaire.
Mme Anglade :
M. le Président, on a eu droit à toutes sortes d'explications. La vaccination
d'un côté. Après, c'est le port du masque. Après, c'est les
négociations, avec les conventions collectives.
question à laquelle on veut avoir une réponse : Est-ce que le gouvernement
peut respecter l'esprit de la loi et venir
débattre ici, en cette Chambre, et de dire clairement pourquoi il maintient
l'urgence sanitaire, et quand est-ce qu'il va la lever, et donner toutes les
explications, pas une à droite, une à gauche, toutes les explications qui le
justifient? Il y en a sans doute, mais qu'il vienne en débattre ici, en
cette Chambre.
Le Président :
Mme la vice-première ministre.
Mme Guilbault : M. le
Président, à ce que je sache, on
répond à cette question-là depuis plus d'un mois, à chaque fois qu'elle nous est posée, le premier ministre et moi. Et d'ailleurs, cet après-midi,
là, on viendra débattre, je pense,
d'une motion qui porte précisément là-dessus.
Donc, on va passer une heure, deux heures, trois heures, je ne sais pas, à
débattre de ça. Donc, nous, M. le Président, on respecte les règles parlementaires
qui sont en vigueur.
Mais l'esprit de la
loi et l'objectif de l'état d'urgence, c'est de pouvoir adopter des mesures
pour protéger la population contre une pandémie mondiale de COVID-19.
Il faut juste, là, retourner à la base simple des choses, là. Il faut protéger
les Québécois jusqu'à la fin de la pandémie. Or, la fin de la
pandémie, on va la connaître quand tout le monde aura eu ses deux doses
de vaccin.
Le Président :
En terminant.
Mme Guilbault : Donc, on doit maintenir les mesures jusqu'à la vaccination des deux doses pour tout le
monde.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Merci,
M. le Président. Depuis des semaines,
le gouvernement de la CAQ nie la crise du logement puis répond aux citoyens inquiets : Ça va
bien aller. M. le Président, le 1er juillet, c'est dans 35 jours,
35 dodos, et la ministre
de l'Habitation n'a toujours pas dit concrètement qu'est-ce qu'elle propose.
Pour les gens dans cette situation, c'est 35 jours
avant de se retrouver sur le trottoir, 35 jours avant d'être obligés de
cogner à la porte d'un proche avec les enfants, 35 jours avant de se retrouver à la rue. Pour des milliers de
personnes, c'est les moments les plus angoissants de leur vie. À chaque jour
qui passe, l'angoisse monte d'un cran.
Est-ce que la ministre
pense que les deux annonces qu'elle a faites au cours des dernières semaines
pour calmer l'opinion publique seront suffisantes pour qu'on oublie les
personnes qui sont incapables de se trouver un logement? La réponse, c'est non. S'il vous plaît, un peu de compassion. On ne veut quand même pas des gens, des
familles à la rue, on ne veut pas les abandonner.
Est-ce que la ministre
peut s'engager à présenter un plan dès cette semaine?
Le Président :
Mme la ministre de l'Habitation.
Mme Laforest : Oui, merci,
M. le Président. On est en action
depuis quand même deux ans et demi, ce que je tiens à
rappeler, parce que, comme je le disais, depuis le début, on est arrivés avec
des logements annoncés non construits. Donc,
on ajoute des montants dans nos budgets. Jusqu'à ce jour, on est rendus
à 730 millions annoncés dans le programme AccèsLogis, M. le Président. On travaille
également... on a mis dans le budget, puis il nous en reste également... on a
200 PSL d'ajoutés pour loger des gens.
trouve des appartements. Les offices d'habitation sont tous en action. Je les
remercie, d'ailleurs, parce que c'est un travail très, très
colossal. Aujourd'hui et même depuis trois semaines, tous les offices
d'habitation peuvent déjà louer des appartements pour les gens qui en
ont besoin. Donc, les offices, ça ne s'est jamais vu, on peut réserver maintenant
des logements pour des locataires qui en ont
besoin. On n'attend pas le 1er juillet, M. le Président, on commence tout de suite.
Maintenant, ce que je veux dire, c'est qu'on ne
fait pas des annonces pour faire des annonces. Évidemment, le 100 millions
qu'on a mis dans les HLM qui étaient barricadés à Montréal depuis des années,
sept, huit ans, on aurait pu les
construire... les rénover avant, M. le Président, mais nous, on le fait parce
qu'on a signé la Stratégie nationale du logement avec le fédéral.
Le Président : En terminant.
Mme Laforest : Alors, on est
toujours au travail.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
La question, M. le Président, c'est : Est-ce que les familles qui ont peur
de se retrouver à la rue peuvent
avoir confiance en la ministre? Les Québécois comptent sur la ministre, mais à
chaque fois elle sème la confusion et l'inquiétude. Au début du mois,
elle a dit que son gouvernement avait créé une nouvelle obligation avec la case G,
divulgation du bail précédent, alors que ça
existe depuis 1994; que, dans le projet de loi n° 16, un loyer vacant
n'échapperait plus à cette obligation, alors que, 17 mois plus
tard, ce n'est toujours pas en vigueur.
Est-ce qu'elle peut nous dire au moins quand ça
va entrer en vigueur?
Le Président : Mme la
ministre de l'Habitation.
Mme Laforest :
Oui. Merci, M. le Président. Pour la
section G, dans un bail, le
propriétaire est obligé de divulguer le
loyer qui a été payé anciennement, par l'ancien locataire. Maintenant, oui,
c'est nouveau, parce que la case G existe depuis 1994, mais vous étiez
avec moi quand on l'a adopté, parce qu'on peut aller maintenant à plus d'un an
antérieurement. Donc, si le loyer n'a
pas eu de locataire pendant un an, deux ans, trois ans, maintenant le
propriétaire est obligé d'indiquer la case G de l'ancien prix payé du locataire, mais avant
c'était juste sur une période d'un an. Nous, on l'a adopté ensemble, vous étiez
présente, et maintenant les propriétaires sont obligés de divulguer le montant
payé...
Le Président : En terminant.
Mme Laforest : ...même à plus
d'un an, deux ans, trois ans. Le propriétaire n'a pas le choix. Merci.
Président : Et je vous demande de vous adresser à la
présidence, s'il vous plaît. Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
Franchement! La clause est adoptée, mais elle n'est pas en vigueur 17 mois
plus tard. «Come on!»
Monique Côté,
responsable du droit du logement de la MRC de La Rivière-du-Nord, rapportait
dans Le Devoir que la
crise du logement, c'est aussi en région puis qu'il y a plusieurs familles qui
vivent un véritable drame. Je la cite : «Ce qui se passe actuellement [...] est tout à fait catastrophique. Tous les jours, je reçois en moyenne cinq
appels de locataires qui [...] n'ont
aucun endroit où se reloger à un prix raisonnable et à la mesure de leurs
moyens...» Il y a une crise dans toutes les régions du Québec. Le
secteur communautaire tout comme les municipalités redoublent d'efforts.
Le Président : ...de
l'Habitation.
Mme Laforest :
Oui, merci, M. le Président. Puis,
d'emblée, j'aime mieux le dire à tous les locataires qui cherchent des logements au Québec pour le 1er juillet,
les offices d'habitation sont prêts. Alors, même, on trouve des loyers qui sont
vacants dès maintenant. Depuis un mois, on
fait ça. On n'a jamais fait ça dans le passé. On a des PSL d'urgence, M. le
Président, à la hauteur de 150 %. Donc, on a même majoré le pourcentage de
nos PSL d'urgence.
Moi, ce que
je veux dire, c'est, aux gens qui ont besoin de logement : Communiquez
avec les offices. Puis en plus, s'il
y a un problème, communiquez avec la Société d'habitation du Québec.
L'important, c'est de voir qu'on est en action, et on va trouver des logements pour tous les locataires du Québec. Et,
en plus, surveillez, dans quelques jours on va débloquer quelque chose
qui est...
Le Président : En terminant.
Mme Laforest : ...encore
bloqué depuis 10 ans, M. le Président. Donc, en habitation, on reprend le
temps passé...
Président : Question principale, M. le député de Marquette.
Vous êtes le seul à avoir la parole. Nous sommes tous attentifs.
M. Ciccone : M. le Président, la ville de Québec a droit à un projet de mobilité
d'envergure, nous sommes tous d'accord là-dessus. Cependant, les projets
doivent répondre aux besoins et aux considérations des Québécois.
En octobre 2019, le
ministre de l'Environnement disait qu'il n'avait pas besoin d'étude
environnementale pour un tunnel sous-fluvial entre Québec et Lévis. En mars
dernier, son ministère n'avait toujours pas l'avis de projet. La semaine
passée, le ministre des Transports se pétait les bretelles avec l'annonce du
plus gros tunnel au monde, le plus gros
tunnel au monde, M. le Président, et il passe en dessous du fleuve. Le ministre
refuse toujours de reconnaître la vérité et de faire la lumière au sujet des conséquences
sur les sols, les écosystèmes et la pollution. Pire, on commence les travaux
avant même qu'un embryon de BAPE prenne forme.
Est-ce
que le ministre de l'Environnement a au moins une condition avant que le projet
débute? Pourquoi prend-il aussi une gageure, comme son premier ministre,
avec l'environnement et les générations futures?
Le Président :
M. le ministre... Mme la vice-première ministre.
Mme Guilbault : Oui. Oui, excusez, M. le Président. Évidemment, je vais saisir l'occasion de
répondre sur ce qui est probablement le projet de plus grande envergure
pour notre Capitale-Nationale et pour Chaudière-Appalaches dans l'histoire contemporaine. Et, ce qu'on a annoncé, le
député de Marquette nous parle du tunnel, oui, effectivement, le tunnel Québec-Lévis, mais ce qu'on a annoncé, c'est une
complète vision, une toile de mobilité durable pour nos deux régions de la
Capitale-Nationale et de
Chaudière-Appalaches. Oui, il y a le tunnel, mais il y a aussi le projet de
tramway, il y a aussi le projet de
voies réservées pour nos banlieues, vous savez, les mêmes banlieues auxquelles
était complètement indifférent le Parti libéral depuis tous ces mois,
mais sur lesquelles nous, on travaillait et qu'on est parvenus à desservir avec
le projet de Réseau express de la Capitale qu'on a présenté lundi dernier. Et
il y a une portion pour la rive sud aussi, parce qu'il y a une chose sur laquelle on a toujours insisté, l'importance
d'inclure la rive sud, Chaudière-Appalaches, le grand Lévis dans ces
projets-là, Lévis, auquel a toujours aussi été tout aussi indifférent le Parti
libéral.
Donc là, on a cette
toile d'envergure à la fois pour le transport collectif et le transport
routier...
Le Président :
En terminant.
Mme Guilbault :
...M. le Président. La Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches ont droit à
leur...
Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Verdun. Je vais vous demander votre collaboration. Attentifs aux questions,
attentifs aux réponses.
Mme Melançon : Quand il est question d'un projet que les
élus de la CAQ n'aiment pas, comme le tramway, la CAQ prend son temps, fait un BAPE complet en temps
opportun, ralentit même l'implantation du projet pour tenir compte des recommandations
du BAPE. Mais, quand il est question du tunnel caquiste à 10 milliards,
les travaux doivent aller rapidement, avant même que le BAPE n'ait été saisi du
dossier.
sait maintenant que le BAPE va se tenir après le début des
travaux. Il y a zéro leadership, actuellement, du ministre
de l'Environnement. Qu'attend-il pour...
Le Président :
Mme la vice-première ministre.
Mme Guilbault : Oui. Donc, M. le Président, le plus grand
projet de transport collectif et de transport routier pour notre Capitale-Nationale et pour Chaudière-Appalaches, un projet auquel manifestement s'oppose le Parti libéral. En fait, l'opinion du Parti libéral sur le troisième lien n'avait jamais été claire. Il a toujours prétendu être pour
tout en ne faisant rien pour que ça avance. Et là, aujourd'hui, au moins le chat est sorti du sac, ils sont officiellement contre un troisième lien
à Québec, ils sont officiellement contre un projet qui peut permettre de corriger
une erreur historique, à savoir d'avoir mis nos deux seuls ponts ensemble à l'ouest, et un projet qui doit être vu
sur un horizon de 100 ans, pour les générations à venir, M. le
Président.
Le Président :
En terminant.
Mme Guilbault : Et le Parti
libéral dit aux gens de Québec : C'est trop gros pour vous autres, vous ne méritez pas ça.
Président : Deuxième
complémentaire. Encore une fois, attentifs à la question. J'apprécierais qu'on
soit attentifs à la réponse, c'est un échange intéressant. Mme la
députée.
Mme Melançon :
Hier, le premier ministre a admis candidement qu'il s'agissait d'un projet
électoraliste. La vice-première ministre vient d'en faire état aussi. Les travaux
préparatoires auront lieu avant les élections de 2022; le BAPE, après les
élections. Quelle coïncidence! On parle de forage dans le Saint-Laurent. Ce dossier doit rapidement être étudié par le BAPE avant le début des
travaux préparatoires, qui vont engager des fonds publics.
Qu'est-ce que le ministre
de l'Environnement fait? Va-t-il se lever enfin pour faire son travail?
Le Président :
Mme la vice-première ministre.
Le Président :
S'il vous plaît! La parole appartient à la vice-première ministre. On est
attentifs.
Mme Guilbault : Je disais, tout à l'heure... j'évoquais
l'indifférence du Parti libéral et l'opposition du Parti libéral
aux grands projets pour Québec, et ça me rappelle... Savez-vous, à l'époque où
ils étaient au gouvernement... Regardez, M.
le Président : Études sur le troisième lien : plusieurs libéraux
ignoraient leur existence . Et là on a trois ministres libéraux de la
Capitale-Nationale...
Le Président :
M. le leader adjoint... M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : Oui. Merci, M. le Président.
Article 79. Trois questions
ont été posées au ministre de
l'Environnement, à savoir s'il a une
considération, une condition, une préoccupation par
rapport au projet du troisième lien, par rapport au projet du tunnel caquiste entre Québec
et Lévis, et aucune des trois fois il n'a daigné se lever, aucune des trois
fois la vice-première ministre n'a répondu à la question sur les
considérations environnementales. Je lui demande de répondre à cette question
précise, M. le Président.
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire :
M. le Président, il y a une jurisprudence abondante qui dit que le gouvernement
décide quel ministre répond aux questions.
Nous, on ne dit pas à l'opposition qui doit poser les questions, ils ne nous
diront pas qui doit y répondre.
sur l'article 79, M. le Président, ce n'est pas parce qu'on n'aime pas la
réponse — et
je comprends pourquoi vous n'aimez pas la réponse — que la réponse
n'est pas bonne.
Le Président :
Et je pense qu'on va continuer la réponse à ce chapitre-là. Mme la
vice-première ministre.
Mme Guilbault : Donc, je disais, trois ministres libéraux de la
Capitale-Nationale successifs qui disent un après l'autre : Je n'étais pas au courant qu'il y
avait des études, je ne savais pas qu'on s'était déjà penchés là-dessus, je
n'étais pas au courant de ce qui s'était dit. Bon, ça, c'était le régime
libéral.
Nous,
M. le Président, on fait le projet, on a présenté une toile complète, on
corrige une erreur historique, on relie les deux centres-villes de Québec et de Lévis. C'est bon pour le
transport collectif, c'est bon pour limiter l'étalement urbain, pas mal
mieux que si c'était à l'est ou à l'ouest. C'est un grand projet pour nos deux
régions...
Président : Question principale, M. le député de Jean-Lesage.
Toujours votre collaboration pour être attentifs.
M. Zanetti :
En 2014, les gens entendaient le chef de la CAQ dénoncer la cimenterie McInnis
du PQ en disant : Ça achète peut-être des votes en Gaspésie, mais c'est
mauvais pour l'ensemble des contribuables. Aujourd'hui, la CAQ fait exactement la même affaire. On a tous entendu
le premier ministre parler des prochaines élections, hier, ce n'était même
pas subtil. Ils achètent quelques votes avec un projet catastrophique et pour
Québec, et pour les contribuables, et pour l'environnement.
Mais à quoi
va ressembler l'autoroute Laurentienne avec leur tunnel à 10 milliards?
Avec le nombre d'autos qui vont s'ajouter, les électeurs caquistes de
Saint-Émile, de Charlesbourg, de Lac-Saint-Charles vont se ramasser dans un bouchon encore plus gros.
Après le plus gros tunnelier du monde, on aura peut-être le plus gros bouchon à
Québec. Décidément, gros tunnel, petite vision.
C'est quoi, le but de
la CAQ? Réduire la congestion ou acheter des votes?
Le Président :
Mme la vice-première ministre. Encore une fois, attentifs aux réponses.
Mme Guilbault : M. le Président, je réponds surtout comme
ministre responsable de la Capitale-Nationale, bien sûr, en l'occurrence. Et c'est quoi, l'objectif de
la CAQ? Bien, je l'ai dit tout à l'heure, c'est d'offrir enfin à notre Capitale-Nationale
et à Chaudière-Appalaches des projets de mobilité durable dignes de ce nom.
Aucun
gouvernement, et là ça ne concerne pas Québec solidaire, mais ça concerne le
Parti libéral, le Parti québécois, aucun précédent gouvernement n'a voulu doter notre Capitale-Nationale d'un
vrai projet qui a de l'allure et qui a une chance de donner lieu à quelque
chose de concret. Ça a été des obscurs bureaux de projet de troisième lien, des
Hyperloop, des affaires futuristes,
des idées venues d'on ne sait où, mais absolument rien de concret qu'on n'ait
jamais vu nulle part. Ça fait que,
quand je les entendais dire : On ne voit pas vos projets, ça n'avance pas,
puis tout ça, M. le Président, là... Bon. Mais ce n'est pas la première
fois qu'on assiste au sans-gêne libéral.
Tout
ça pour dire que le centre-ville de Québec, qui, probablement, préoccupe la
députée de Taschereau et le député de Jean-Lesage, va être extrêmement bien
desservi par cette grande toile de mobilité durable, de même que les banlieues de Québec.
Je sais que ça n'intéressait pas vraiment le député de Jean-Lesage, la desserte des banlieues, mais, que voulez-vous, M. le
Président, il existe d'autre chose que le centre-ville. Donc, ce avec quoi on
est arrivés, lundi dernier...
Le Président :
En terminant.
Mme Guilbault : ...c'est quelque chose qui va desservir la grande communauté
métropolitaine de Québec.
Président : La parole
appartient, encore une fois, à Mme la
députée, cette fois-ci, de Taschereau,
et je demande votre attention à nouveau.
Mme Dorion :
La ministre est-u au courant que, dans les banlieues nord de Québec, le monde
commence à comprendre qu'ils vont se faire couper dans la file pas à peu près
sur Laurentienne par le trafic de la rive sud, que non seulement, pour des électeurs caquistes, ça va être plus long puis plus
compliqué de se rendre au centre-ville, mais qu'en plus ils n'auront
même pas l'opportunité de prendre le tramway parce que la CAQ n'en a pas voulu?
L'histoire
des voies réservées, là, vous êtes bien fiers de présenter ça comme des... ils
sont bien fiers de présenter ça comme des lignes de métro. Il ne faut vraiment
pas connaître les autobus à Québec pour penser que ça va suffire aux banlieues nord. La ministre de la Capitale-Nationale, là, c'est quand la dernière fois qu'elle a pris le transport en commun
à Québec...
Le Président :
Mme la ministre responsable de la Capitale-Nationale.
Le Président :
S'il vous plaît!
Mme Guilbault : Oui, bon, M.
le Président, je vais en profiter pour
rétablir certains faits, parce que je lisais dernièrement
que la députée de Taschereau est peut-être confuse un peu dans certains chiffres. C'est non
pas 6 000 véhicules qui vont passer sur le troisième lien,
mais 50 000 à 55 000, premièrement.
Deuxièmement,
l'achalandage sur les deux ponts actuels, qui sont tous les deux situés au même
endroit à l'ouest, va augmenter,
d'ici 2036, de 8 %, et ce projet-là va permettre de diminuer la congestion
sur les deux ponts de 15 %. Je sais
que Québec solidaire est contre le transport routier, mais le fait est
qu'il y a des véhicules qui doivent traverser d'une rive à l'autre à tous les jours sur les ponts. Or,
quand les ponts sont congestionnés ou doivent fermer, puis il y aura des travaux à faire sur
les ponts dans le futur, dans les 50 prochaines années, ça prend une autre
alternative.
Et on relie les deux
centres-villes, ce qui limite l'étalement urbain, ce qui favorise le transport
collectif. Je ne comprends pas pourquoi la députée de Taschereau n'est pas
contente.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Mme Dorion :
Beau patinage, M. le Président, très beau patinage d'une minute pour ne pas
répondre à la question : C'est
quand la dernière fois qu'elle a pris l'autobus à Québec, la ministre de la
Capitale-Nationale? Elle a évité ma question, je
ne vais pas la reposer, j'ai ma réponse. Elle ne connaît pas ça, le transport
en commun à Québec, la ministre de la Capitale-Nationale. Ça explique peut-être
pourquoi les idées de la CAQ en transport à Québec sont aussi «pouiches».
Je n'ai pas
d'autre question, M. le Président, mais je veux dire aux citoyens des banlieues
qu'il existe une opposition à la CAQ, à Québec, et que ça s'appelle
Québec solidaire. Merci.
Le Président : Mme la
responsable de la Capitale-Nationale.
Mme Guilbault : Oui, bien, je pense que ce que la députée de
Taschereau, elle, connaît moins bien, c'est justement les banlieues. Il faut comprendre qu'il y a des
gens qui utilisent leurs voitures au quotidien et qu'en dehors du centre-ville
puis de Limoilou il existe beaucoup d'autres
endroits où les gens ont besoin de pouvoir circuler d'une manière fluide et,
justement, de pouvoir se connecter au transport en commun confortable, efficace
et à moindre coût.
Et je me
souviens, dans le temps, il y avait toutes sortes d'inquiétudes sur le tramway :
Vous ne voulez pas faire le tramway, vous coupez à l'ouest, je n'ai
jamais vu une députée qui coupe dans sa propre circonscription. À ce que je sache, le tramway se rend à Le Gendre
aujourd'hui, mais je n'entends personne applaudir, on dirait, le projet de
transport en commun depuis qu'on l'a déposé. Ça fait que, M. le
Président, le fait est...
Le Président : S'il vous
plaît!
Mme Guilbault : ...qu'on a accouché d'une vision pour la mobilité durable...
Le Président : En terminant.
Mme Guilbault : ...inclusive, moderne et axée sur le futur.
Le Président : Question
principale...
Président : Je pense
qu'il souhaiterait avoir la parole, il est le seul à l'avoir. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : M. le
Président, le projet de tunnel, là,
plus on creuse le dossier, plus on constate qu'il n'a ni fondement ni
justification. On l'a entendu, là, c'est la folie des grandeurs.
Hier, le premier ministre a eu énormément de difficultés à démontrer son utilité. Sa principale
justification pour son projet de 10 milliards de dollars, c'est son intérêt électoral dans
10 comtés de la région de Québec. La vice‑première ministre, elle, elle parle d'avoir sa part du
gâteau.
Pour
justifier son projet, la CAQ prétend que le troisième lien était une
demande de tout l'Est du Québec, ce qui est faux et plutôt ridicule. On
évoque même les questions de sécurité publique, preuve qu'on n'a plus rien à
inventer.
L'étude
Origine-Destination de 2017 faisait état de 21 000 utilisateurs des ponts d'est en est entre Lévis et
Québec. Pour sa part, le ministre des
Transports a avancé le chiffre de 50 000 personnes pour le prochain
tunnel. Où sont les études pour attester de ce nombre?
Le premier
ministre a dit hier qu'il y avait des problèmes de circulation, qu'il est
difficile de circuler sur des ponts congestionnés, mais aucun expert,
aucune étude n'a attesté de ces affirmations.
Le Président : Mme la
ministre responsable de la Capitale-Nationale.
Mme Guilbault : Oui. Bien, M. le Président, tout à l'heure, je
faisais référence à plusieurs études, qui sont d'ailleurs disponibles
sur le site de Transports Québec, qui ont eu lieu depuis plusieurs années, que
tous les ministres libéraux ignoraient à
l'époque, bien que c'étaient eux, théoriquement, qui devaient prendre des
décisions sur le transport à Québec.
Et une de ces études-là... plus d'une,
d'ailleurs, mais voyez des extraits de cette étude-là, 1999, M. le Président, là : «Les simulations de circulation et
l'analyse financière de cette étude, bien que
sommaires, vont dans le sens d'un
projet rentable. De plus, le lien sous-fluvial doit être regardé sous
l'optique d'un projet structurant, insufflant une nouvelle dynamique à la région de Québec. [...]Il est donc
temps d'agir afin de ne pas se retrouver à la remorque des événements.»
«Vu l'accroissement
toujours grandissant du nombre de véhicules qui circulent sur les ponts de
Québec et Pierre-Laporte[...], il serait préférable de songer à un nouveau lien
[...] avant 1990.»
Ça fait que, M. le Président, des études, il y
en a eu autant comme autant. La pertinence, la nécessité d'avoir un troisième lien ailleurs qu'à l'ouest, où sont
déjà les deux ponts actuels, elle est manifeste pour quiconque, en tout cas,
habite Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches.
Donc, M. le Président, c'est un projet du futur
qu'on a présenté lundi dernier.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Vous avez la parole.
M. Arseneau : M. le
Président, c'est du futur antérieur,
c'est du gros n'importe quoi, la ministre qui va citer des études qui datent de 20 ans, alors que le ministère a travaillé sur le dossier pendant la
dernière année et demie et n'a pas été foutu de déposer une seule étude. On a
retardé même le projet de tramway de plusieurs mois pour, soi‑disant, inclure
le projet de troisième lien dans le tramway, ou vice versa.
Comment se
fait-il qu'aucune étude n'ait été déposée encore, alors que le gouvernement
devrait en avoir réalisé? Si ces
études existent, qu'est-ce qui fait qu'on ne les dépose pas, alors que tous les
experts dénoncent le projet? Personne n'est d'accord.
Le Président : Mme la
ministre responsable de la Capitale-Nationale.
Mme Guilbault : M. le Président, c'est un projet du futur, mais à
ne pas confondre avec futuriste, comme l'Hyperloop du député de Pontiac,
là. On parle de quelque chose qui a de l'allure, qui est faisable et qui est
réaliste.
Et, M. le Président, le député des
Îles-de-la-Madeleine nous dit : Quand ils sont rendus à évoquer la
situation d'urgence puis la sécurité publique, il faut être désespéré. Je ne
sais pas si le député a déjà été sur le boulevard Laurier à l'heure de pointe, pendant que le pont Laporte
est fermé puis que ça refoule plus haut que l'Université Laval, là, mais
je pense que, si c'est sa femme ou sa fille
qui avait besoin de soins de l'autre bord du fleuve, ça le dérangerait de voir
que ça va prendre une heure ou deux
heures à l'ambulance pour traverser. Ça fait que, M. le Président, c'est une réalité, que les secours et les ambulanciers, les
policiers, puis tout ça, sont pris dans le trafic comme tout le monde...
Le Président : En terminant.
Mme Guilbault :
...donc ça prend un troisième lien, M. le Président.
Président : Deuxième complémentaire. Encore
une fois, je vais faire appel à votre
collaboration pour qu'on soit attentifs tant aux questions qu'aux
réponses, pour bien comprendre le débat. M. le député.
M. Arseneau : M. le
Président, si la ministre
avait à coeur la sécurité des gens, particulièrement à Lévis, on aurait ajouté dans la couverture des ambulances un service qui permet d'éviter
ce qu'on a vu dans le rapport du coroner de juillet dernier.
Mais, pour ce
qui est du projet de 10 milliards,
là, il y a 56 % des écoles, au Québec, qui sont vétustes, on a besoin
de 20 000 logements sociaux, on a
besoin de 86 000 places en garderie, plusieurs des hôpitaux et des
cégeps croulent sous le manque d'investissement.
Est-ce que la première ministre juge que
10 milliards, c'est un bon investissement?
Président : Mme la ministre responsable de Chaudière-Appalaches... de la Capitale-Nationale.
Je m'excuse.
Mme Guilbault : M. le Président, je pense que le Parti québécois
tout comme le Parti libéral n'ont aucune leçon à donner en matière
d'investissement dans les infrastructures scolaires, de santé, etc. Bon.
Mais, pour répondre à la question, je vais lui
citer sa précédente collègue, je ne sais pas s'ils ont siégé ensemble, mais la précédente députée péquiste de Taschereau,
qui disait, à propos des libéraux qui ne faisaient rien pour le troisième lien :
«"La gestion de ce dossier-là, c'est une vraie catastrophe pour le Parti
libéral", a commenté de son côté la députée Agnès Maltais, qui a une fois de plus reproché au gouvernement de
manquer de vision en matière de transports pour la Capitale-Nationale.» Donc, je ne sais pas si le
député péquiste est au courant que son parti a déjà été en faveur de grands
projets pour Québec et dénonçait l'inertie libérale...
Le Président : En terminant.
Mme Guilbault : ...mais je l'invite
à se remémorer la sagesse de sa précédente collègue.
Le Président :
Question principale, M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum : M. le
Président, il y a
19 819 personnes sur les listes d'attente en santé mentale. Attendre,
quand on a 19 ans et qu'on
souffre de la dépression majeure, n'est pas facile. Attendre, quand l'anxiété
nous paralyse et nous rend non fonctionnels, ce n'est plus facile non
plus.
fait plus que six mois que le
ministre délégué nous annonce 25 millions de dollars pour réduire les listes
d'attente pour voir un psychologue en faisant appel aux services des
psychologues du privé. Or, combien de personnes ont pu voir un psychologue dans
le privé depuis six mois? 542 personnes, à peine 3 %. En Estrie, zéro.
En Mauricie—Centre-du-Québec,
zéro. À Laval et au Saguenay—Lac-Saint-Jean, quatre. Le ministre délégué se
dit déçu, mais peut-il se dire surpris?
Depuis la rentrée de l'automne dernier, nous
l'implorons de mettre fin au système à deux vitesses pour l'accès à la
psychothérapie, une solution structurante pour réduire les listes d'attente.
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant :
Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Je remercie le député de D'Arcy-McGee de
soulever cette question. Puis
effectivement on s'attendait à une réponse plus rapide et plus diffuse, là, de
cette offre exceptionnelle que les
psychologues et autres psychothérapeutes nous ont permis de mettre sur pied. Je
remercie ceux qui l'ont fait, parce que, d'ailleurs, plusieurs ont dit qu'ils le faisaient en dessous des tarifs
habituels qu'ils avaient l'habitude de donner, mais qu'ils étaient
heureux de le faire pour aider le gouvernement et les Québécois en général.
Mais je pense que ce
que cet
article nous montre le plus, puis c'est ce que je répète depuis
longtemps, c'est qu'ouvrir l'accès aux psychologues par le privé n'est pas la
solution, exactement parce que les psychologues au privé, également, ont une augmentation de leur
sollicitation, au public également. Ce qu'il faut faire, c'est de réorganiser
les soins par le Programme québécois pour les troubles mentaux.
D'ailleurs, la bonne nouvelle, c'est que, dans les deux dernières semaines, on a vu une augmentation, avec
100 patients référés chacune des deux dernières semaines, et on pense que
ça va s'améliorer avec le triage qui
va être mis en place par le Programme québécois pour les troubles mentaux. Le
but, c'est de, oui, donner de la
psychothérapie gratuitement mais à ceux qui en ont besoin, le plus rapidement
possible, en utilisant tous les thérapeutes qui peuvent venir en aide à
ceux qui ont de la détresse et pas besoin de psychothérapie, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
Presque 20 000 personnes sur les listes d'attente en santé mentale,
542 personnes de traitées jusqu'à date en psychothérapie. Oui, comme il
vient de dire, le ministre délégué n'arrête pas de nous dire qu'il y a d'autres
recours que la psychothérapie. Entendu.
Mais 542? Il reste sûrement des milliers de personnes sur la liste qui ont
besoin de la psychothérapie. Il convient lui-même qu'il faut une autre
solution, et vite. Oui, tel que nous continuons de proposer, l'accès
universel...
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant :
Oui, M. le Président. Et le député sera heureux de savoir que je fais le tour
des P.D.G. des CISSS et de CIUSSS
pour comprendre avec eux la réorganisation et accélérer l'implantation du
Programme québécois pour les troubles mentaux. D'ailleurs, c'est
difficile à comprendre, qu'avec des centaines de patients en attente on
n'arrive pas à en référer plus vers nos psychologues et autres
psychothérapeutes qui se sont proposés.
Cependant, M. le
Président, l'important, puis ce qu'on est en train de faire, c'est de permettre
à tout le monde, quelle que soit la porte à
laquelle ils frappent, d'avoir des services. Le guichet d'accès en santé
mentale, auparavant c'était une boîte
postale où on déposait les requêtes puis on attendait d'avoir des services.
Maintenant, on est en train de devenir un service clinique qui sera
donné immédiatement à tous ceux qui en ont besoin...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum : M. le Président, le ministre délégué comprend, il
connaît un bout de la solution. À peine 6 250 000 $ ont été dépensés du
25 millions que le ministre délégué lui-même a désigné afin que les
personnes qui souffrent aient accès à la psychothérapie au privé, l'argent laissé sur la table pendant
que les personnes en détresse soit attendent de l'aide au réseau public,
jusqu'à deux ans, ou trouvent l'argent de peine et de misère s'ils peuvent
consulter en privé.
Comment le ministre délégué peut expliquer que
son programme ne fonctionne pas?
Le Président : M. le ministre
délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant : Bien, M. le Président, le programme, il commence
à rouler là, il commence à rouler. Et il reste encore jusqu'au mois de
mars 2022, donc il nous reste du temps. Comme je vous dis, on est en train
de réorganiser les services. Maintenant,
ceux qui vont en avoir besoin auront accès plus rapidement aux psychologues et
à la psychothérapie. Maintenant, il faut s'occuper de tout le monde,
quelle que soit la porte à laquelle ils frappent. Il faut utiliser tous les
thérapeutes qui peuvent venir nous aider,
que ce soit une infirmière, un psychoéducateur ou toute autre personne, M. le
Président. On est en train de faire
une grande réorganisation des services. C'est un changement de culture qu'il
faut faire, il faut convaincre les gens qu'il n'y a pas que le
psychologue et le psychiatre qui peuvent venir en aide aux gens qui ont des
besoins.
Le Président : En terminant.
M. Carmant : La détresse
psychologique, il y a plusieurs façons de la soigner, M. le Président.
Le Président : Question
principale, M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Merci. Hier, le premier ministre a justifié des
centaines de milliers de dollars d'argent public dans des sondages en
invoquant la crise sanitaire. C'est fou, les effets secondaires de la COVID.
Qu'est-ce
qu'on apprend en plus? Que la CAQ utilise des sondages tendancieux pour
justifier le recours à une loi spéciale dans le secteur public. De mieux
en mieux.
Ça fait un an
qu'on adopte des motions ici, M. le Président, pour souligner le travail de ces
gens-là, ça fait un an que le premier
ministre les applaudit dans ses points de presse. En coulisse, par contre, la
CAQ se paie des sondages avec l'argent des Québécois pour se convaincre
qu'elle a raison.
Ils sont
passés où, les caquistes qui déchiraient leurs chemises sur les dépenses
partisanes payées à même les fonds publics? Ils sont passés où, les
caquistes qui voulaient même adopter des lois contre ça?
Le Président : M. le
leader adjoint du gouvernement.
Caire : Oui, M. le Président. J'ai beaucoup de
difficultés à voir quel lien le député de Rosemont peut faire entre
un gouvernement qui va chercher le pouls de la population pour prendre des
décisions qui sont éclairées puis un parti politique
qui fait de la publicité pour expliquer au monde que d'augmenter leurs taxes,
c'est une bonne chose pour eux, là. Je ne sais pas vraiment quel lien il
peut faire avec ça.
Ceci étant
dit, M. le Président, pour ce qui est des négociations dans le secteur public, puis
j'ai entendu beaucoup de gens se
lever dans l'espace public, dire : Oh mon Dieu! la CAQ, vous retardez ci,
vous retardez ça, vous manquez de respect, aujourd'hui qu'est-ce qu'on
sait? On sait que les professeurs ont signé, on sait que la fédération autonome
des enseignants a parlé d'une entente historique, d'une valorisation sans
précédent de nos professeurs. Et aujourd'hui nos professeurs se retournent vers
leur gouvernement en disant : Vous avez enfin compris.
M. le Président, avec la FIQ, les négociations avancent aussi dans le bon sens, puis
j'ai bon espoir qu'avec tous les
employés de l'État on va réussir à trouver un compromis qui va être acceptable
pour nos employés, mais qui va aussi être acceptable pour la capacité de
payer du contribuable québécois.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Rosemont.
M. Marissal : M. le
Président, il suffit de lire les
questions du sondage en question pour voir à quoi ça sert. Quel mépris envers les fonctionnaires et les employés
de la fonction publique! À tout prendre, M. le Président, je préférais
quand le premier ministre se fiait à sa page Facebook. C'était aussi
biaisé, mais ça coûtait moins cher, au moins.
Alors, voici
une bonne question pour le gouvernement : Est-ce
que la CAQ peut lâcher les sondages
et les pubs partisanes et négocier de bonne foi, pour de bon, pour arriver avec
un règlement avec les gens qui assurent nos services publics?
Le Président : M. le leader
adjoint du gouvernement.
Caire : Bien, M. le Président, je pense que la présidente
du Conseil du trésor est au travail
au quotidien pour... Et nous négocions de bonne foi.
Je rappelle au député
de Rosemont, qui a savamment évité la question, cette entente que nous avons
eue avec les enseignants. Je ne l'ai pas
entendu dire : Aïe! wow, belle job! Nos enseignants rentrent au travail,
ils sont contents, ils sont heureux.
La CAQ a respecté ses engagements, la CAQ a respecté ses priorités, la CAQ a
respecté nos professeurs, et aujourd'hui on a une entente historique.
Puis
on s'entend que le président de la FAE, pour paraphraser certains collègues,
n'est pas un fan fini de la CAQ, là. Donc, pour qu'il sorte en parlant
d'une entente historique...
Le Président :
En terminant.
Caire :
...d'une valorisation sans précédent des professeurs, probablement que c'est
vrai.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Il y a deux de mes quatre enfants qui sont à la
maison aujourd'hui parce
qu'il y a une grève de leurs professeurs
puis du personnel de soutien. Ça fait que, pour les remerciements, je vais vous
demander d'attendre un petit peu, ce
n'est pas encore dans la poste, croyez-moi. Alors, si vous pouviez négocier de
façon plus sérieuse, aussi, peut-être qu'on n'en arriverait pas là.
premier ministre a dit hier : On n'est pas rendus à une loi spéciale. Très
bien, mais il ne faut pas y aller. Il ne faut surtout pas se rendre là, ce serait
le pire message à envoyer dans les services publics. Alors, est-ce que le
gouvernement peut aujourd'hui renoncer à la voie d'une loi spéciale?
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : M. le Président, on offre, et ça a été rendu public,
8 % sur trois ans plus des ajustements en fonction de la croissance
économique du Québec. Dire que ce n'est pas sérieux, j'invite le député de
Rosemont à aller voir les gens qui ont perdu leur emploi, qui ont perdu
leurs entreprises, pendant la pandémie, alors que les gens du secteur public
n'ont jamais eu à s'inquiéter de quoi que ce
soit à ce niveau-là, je l'invite à aller les voir puis leur dire : Aïe! ce
n'est pas sérieux, cette proposition-là, ce n'est pas raisonnable, ce n'est pas
respectueux de nos employés. Je l'invite à faire ça. Puis peut-être
qu'il devrait consulter la population un peu plus puis condamner un peu moins,
parce qu'il se rendrait compte que non seulement c'est sérieux, mais je pense
que c'est très respectueux du travail de nos fonctionnaires dans les
circonstances.
Le Président :
Question principale, M. le député de Marquette.
M. Ciccone : ...consulter
la population, M. le Président. Le REM de l'Est tout comme celui de l'Ouest
sont de grands projets porteurs. Le
problème avec celui-ci, celui de l'Est, est que les citoyens s'inquiètent. Les
résidents s'inquiètent que les trains
aériens passent sur d'affreuses et gigantesques poutres de béton qui vont
défigurer le centre‑ville. Le boulevard René-Lévesque va changer à jamais et pas pour le mieux. La vie de
quartier à Rosemont, à Anjou vont changer à jamais et pas pour le mieux. Imaginez des trains qui passent
sept jours sur sept, aux deux à quatre minutes, à quelques mètres de votre salon et votre bureau. Peu importent les
inquiétudes, avec les projets caquistes les citoyens doivent se la fermer et
accepter.
projet de transport en commun est important, mais pourquoi la ministre déléguée
aux Transports a aussi peu de considération pour la qualité de vie des citoyens
au centre-ville de Montréal?
Le Président :
Mme la ministre déléguée aux Transports.
Mme Rouleau : Merci,
M. le Président. Justement,
nous avons un énorme souci pour la qualité de vie des citoyens
de l'est de Montréal, de la métropole, de la région métropolitaine. C'est
pour ça qu'on investit autant dans le transport
collectif. Et ce projet du REM de l'Est, c'est le plus important
projet d'investissement en transport
collectif dans l'histoire du Québec, M. le
Président. C'est un projet signature.
C'est un projet qui va être, à travers le monde, reconnu comme un projet
bien intégré, bien fait, avec une signature architecturale. On a nommé, M. le
Président, un comité aviseur qui... extrêmement
compétent, tout le monde s'entend sur la compétence de ces gens-là, qui, eux,
font des recommandations pour la meilleure intégration possible dans les
quartiers urbains et la plus belle signature, M. le Président.
Donc, nous avons entièrement confiance dans
notre talent, au Québec, pour réaliser ce projet grandiose...
Le Président : En terminant.
Mme Rouleau : ...qui va
répondre adéquatement aux besoins de la population de l'est de Montréal.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti : Merci,
M. le Président. L'acceptabilité sociale n'est pas la force de la CAQ. L'aménagement urbain, pour la CAQ, c'est des pylônes de béton qui
transformeront le visage du centre-ville de Montréal pour toujours.
M. le Président, c'est vraiment laid. Même la ministre de
la Métropole trouve ça laid. La preuve : le 4 mai dernier, elle a
créé un comité d'experts pour trouver une
solution pour camoufler le tout. Je remercie les membres d'avoir accepté, mais
elle sait que c'est mission impossible.
M. le Président, pourquoi que la ministre impose
un projet caquiste au lieu de vraiment consulter les citoyens?
Le Président : Mme la ministre
déléguée aux Transports.
Mme Rouleau : Merci,
M. le Président. Le projet de l'ouest...
le REM de l'Est a été construit en bordure d'autoroutes, donc toute la notion
architecturale et d'intégration n'a pas été le premier souci de l'ancien gouvernement, qui a lancé le projet. Alors, on accepte ça. Puis, malgré ça,
là, on voit des stations qui sont quand même très belles.
Le projet du
REM de l'Est, c'est un projet bien intégré, M. le Président, dans le
milieu urbain parce qu'il traverse des quartiers pour aller desservir des populations
qui n'ont jamais été desservies adéquatement par le transport collectif.
Alors, c'est un projet signature, et nous savons
que ce sera un projet...
Le Président : Deuxième complémentaire,
Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti : Merci,
M. le Président. On sait que la CAQ
dirige par des sondages, et maintenant elle fait des infopubs. Les consultations de la Caisse de dépôt ne sont pas là
pour écouter les préoccupations des citoyens mais plutôt faire la
publicité du projet caquiste. 25 organisations et experts, déjà, disent
que le projet ne marche pas.
À quand un
peu de transparence de la CAQ? Allons-nous avoir l'ensemble des études et des
scénarios? Sérieusement, pour
une fois, pour un projet, pouvez-vous les déposer?
Le Président : Mme la ministre
déléguée aux Transports.
Mme Rouleau : Ça me faire rire un peu, M. le Président, d'entendre des propos semblables, de transparence, de consultation. Depuis qu'on a annoncé ce projet, il y a des consultations
ponctuelles qui ont été faites avec des organisations. Des consultations citoyennes
démarrent, démarrent, là, dans les prochains jours, pour que les citoyens
puissent poser leurs questions. Des consultations du BAPE vont avoir
lieu aussi, parce que le BAPE aura lieu à la fin de 2021, début 2022.
Donc, les consultations se font auprès de la population.
On entend, on écoute. Je rencontre des organisations...
Le Président : En terminant.
Mme Rouleau : ...je rencontre
des groupes. J'entends. Et la Caisse de dépôt est responsable...
Le Président : Question
principale, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Merci
beaucoup, M. le Président. Aujourd'hui, on a la chance et l'honneur d'avoir avec nous le
ministre responsable de
l'Accès à l'information. Et je le
sais, comme il était dans l'opposition, qu'il en demandait, de la transparence.
Puis à tous les jours on l'a tous vu, c'était le shérif de la transparence,
puis il fallait être plus transparents que quiconque.
Dans le scénario, M. le
Président, des sondages qui se multiplient sous la CAQ, les six années avant la
CAQ, c'était 13 000 $, et aujourd'hui, à ce jour, les
informations que nous avons, c'est plus de 600 000 $. Nous voulons
avoir accès, M. le Président, aux coûts, aux sujets, aux questions et
aux réponses, en toute transparence.
On apprend ce
matin dans Le Journal de Montréal qu'il est même prévu un autre
600 000 $. 1 150 000 $ pour faire d'autres sondages. On sait que ce n'est pas juste
sur la pandémie qu'ils sondent, c'est sur la langue française puis une
éventuelle loi spéciale.
Va-t-il, oui ou non, en toute transparence,
rendre publics les résultats et les sujets des sondages?
Le Président : M. le ministre
responsable de l'Accès à l'information.
Caire :
Ah! M. le Président, c'est fantastique de voir comment le Parti libéral, depuis
qu'il est de l'autre côté, a un
appétit sans fin, féroce, stratosphérique pour la transparence. J'ai eu cette
discussion-là avec mon collègue de LaFontaine. Et, oui, vous avez raison
de le dire... M. le Président, le député de LaFontaine a raison de le dire, quand
on était dans l'opposition, on avait des requêtes qui étaient beaucoup
plus modestes que ça et pour lesquelles le gouvernement libéral nous
disait toujours : Ah! bien non,
mais ça, ces documents qui servent à une décision... qui servent au Conseil des ministres, vous ne pouvez pas y avoir accès.
Aujourd'hui, M. le Président, là, et je l'ai dit au député de
LaFontaine, dans cet exercice de transparence, là, le gouvernement de la CAQ a fait preuve de transparence comme jamais aucun gouvernement n'a
fait preuve de transparence. Vous avez eu accès aux avis publics de la
Santé publique. Jamais vous n'auriez donné ça. On a eu en commission parlementaire le directeur de la santé publique;
ça nous aurait toujours été refusé. M. le Président, on a ouvert notre jeu, on
a ouvert les livres comme aucun gouvernement ne l'a fait avant nous.
Le Président : Question
principale, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : Oui, merci, M. le Président. Dans le triste et
malheureux épisode du Méga Fitness Gym, où plus de 700 infections à la COVID ont été répertoriées
et une dizaine de décès également, M. le Président, ce matin, la vice‑première
ministre a été questionnée sur cet enjeu-là, et je veux la citer lors de sa
conférence de presse : «...c'était connu de longue date que ce gym était
en infraction. [Mon collègue le député de Chauveau] me disait [...] qu'il a
l'air d'y avoir du monde [dans cet
établissement alors qu'il devrait être fermé].» La vice-première ministre du
Québec avoue qu'elle savait que le
gym était en infraction, qu'il contrevenait la Loi de la santé publique. Le
député de la place a agi de façon
responsable, s'est tourné vers elle à
titre de ministre responsable de la
région, à
titre de ministre de la Sécurité publique.
Alors, à
partir du moment où elle savait qu'il y avait une contravention à la
Loi sur la
santé publique, à partir du moment où elle savait que ce gym-là était en
infraction, quelles actions spécifiques a-t-elle posées?
Le Président : Mme la
ministre responsable de la Capitale-Nationale.
Mme Guilbault : Oui, merci, M. le Président. Effectivement, ce
sont mes propos. Et, si le député de Pontiac, le leader voulait... avait
complété, j'ai ajouté que je faisais référence à du ouï-dire, puisque je n'ai
jamais été témoin personnellement des
infractions en question, je ne me rends pas à ce gym-là, et le député de
Chauveau non plus. Mais on entendait des choses. Et ce que j'ai fait,
très, très concrètement, le 20 juillet 2020, j'ai signalé la chose à
un représentant de la Santé publique, tout
simplement, M. le Président, exactement comme c'était ma responsabilité de le
faire, d'ailleurs, parce qu'on sait
très bien que ce n'est pas les politiciens qui encadrent le respect des
mesures, mais les gens qui sont mandatés pour le faire sur le terrain.
Le Président : Cela met donc
fin à la période de questions et de réponses orales.
Nous allons
maintenant passer à la rubrique des motions sans préavis. Je reconnais M. le
député de D'Arcy‑McGee.
Birnbaum : M. le Président, je sollicite le consentement de cette
Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le ministre
responsable de la Lutte contre le racisme, le député de Laurier-Dorion, la
députée de Gaspé, le député de Chomedey, la députée Marie-Victorin et le
député de Rimouski :
«Que
l'Assemblée nationale dénonce fermement les menaces, violences et agressions
envers les Québécois de confessions juives, lesquelles ont augmenté dans les
dernières semaines;
«Qu'elle
réaffirme que dans une société libre et démocratique, tous peuvent manifester
ou exprimer une opinion, dans le respect, la sécurité et de la dignité;
«Qu'elle
réitère la nécessité de maintenir un débat sain et démocratique concernant le
conflit israélo‑palestinien;
«Qu'enfin, elle
rappelle qu'en tout temps, la violence est intolérable envers quiconque.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Caire :
Consentement, sans débat, M. le Président.
Président : Consentement, sans débat. Je vous demande donc vos
votes respectifs. M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le député de Chomedey?
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin?
Le Président :
Cette motion est donc adoptée. La parole appartient à M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Merci. M. le Président, je demande le consentement de cette Assemblée pour
débattre de la motion suivante conjointement avec le ministre de la
Santé et des Services sociaux, la députée de Maurice-Richard,
le député des Îles-de-la-Madeleine, le député de Chomedey, la députée de
Marie-Victorin, et le député de Rimouski :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle que l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont a été
inauguré en 1954, il y a près de 70 ans,
qu'il [a] atteint la fin de sa vie utile et que son état est classé au dernier
degré de vétusté par le ministère de la Santé et des Services sociaux;
«Qu'elle
prenne acte que cet hôpital éprouve de plus en plus de difficulté à répondre
aux besoins de la population de l'est
de Montréal et des régions avoisinantes en raison de son état, notamment parce
que plusieurs secteurs ne sont plus adéquats ou fonctionnels;
«Qu'elle prenne acte
qu'il faudra plusieurs années pour construire un nouvel hôpital et que cela
accentuera la pression sur les services de
santé, augmentera les délais dans les soins offerts à la population et aura un
impact sur l'attraction du personnel;
«Qu'elle
souligne qu'une large coalition de professionnels de la santé, du personnel
soignant, des usagers et des élus de
l'est de la métropole a récemment été formée afin de réclamer un échéancier
précis de construction d'un nouvel hôpital;
«Qu'elle rappelle que
ce projet est à l'étude au Plan québécois des infrastructures, qu'il vise
principalement la modernisation des installations de l'hôpital, et qu'il est
nécessaire d'aller plus loin que la modernisation actuelle des installations de
l'hôpital;
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte que le projet est actuellement à l'étape du
dossier d'opportunités, ce qui permettra
de déterminer la meilleure option durable à long terme pour répondre aux
besoins de la population de l'est de Montréal;
«Qu'enfin, elle [réclame] au gouvernement de
faire connaître, dans les meilleurs délais, les détails entourant le projet de
l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont.»
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
...petit correctif pour indiquer que c'est le député de La Pinière qui est
conjoint sur le dépôt de la motion, et non la députée de Maurice-Richard.
Le Président : C'est bien
noté. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Caire : Il y a
consentement, sans débat, M. le Président.
Président :
Consentement, sans débat. Je vous demande vos votes respectifs. M. le leader du deuxième groupe
d'opposition?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
Le Président : M. le leader
adjoint du gouvernement?
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle?
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition?
Le Président : M. le député
de Chomedey?
Le Président : Mme la députée
de Marie-Victorin?
Président : Cette
motion est donc adoptée. La parole appartient à M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Bérubé : M. le
Président, je sollicite le
consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter, conjointement avec le ministre délégué à
la Transformation numérique gouvernementale, la députée d'Acadie, le député de Chomedey, la députée de Marie-Victorin et le député
de Rimouski, la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale constate la présence
de plusieurs émojis représentant des drapeaux de nations non indépendantes
parmi la banque d'options disponibles;
«Qu'elle
reconnaisse l'importance pour le Québec d'avoir son identité visuelle distincte
dans toutes les facettes du cyberespace;
«Par
conséquent, qu'elle donne le mandat au gouvernement d'effectuer, dans les plus
brefs délais, une demande auprès du
consortium Unicode, responsable de la gestion des émojis sur les grandes
plateformes mondiales, afin de faire ajouter le drapeau québécois à la
banque d'émojis.»
Le Président : Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
Caire : Il y a
consentement, sans débat, M. le Président.
Le Président : Consentement,
sans débat. Vos votes respectifs. M. le leader du troisième groupe
d'opposition?
Le Président : M. le leader
adjoint du gouvernement?
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le député de Chomedey?
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin?
Le Président :
Cette motion est donc adoptée. Mme la ministre de la Culture et des
Communications.
Mme Roy : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de débattre de la motion suivante conjointement avec la députée de l'Acadie, la députée de Taschereau,
le chef du troisième groupe d'opposition, le député de Chomedey, le
député de Rimouski, la députée
de Marie-Victorin et le
député de Rousseau :
«Qu'à
l'occasion de son décès, l'Assemblée nationale du Québec rende hommage à
M. Claude Jasmin, écrivain, scénariste, scénographe,
marionnettiste, dramaturge, animateur, journaliste, critique d'art, peintre et
illustrateur;
«Qu'elle
souligne sa carrière exceptionnelle pendant laquelle il s'est illustré dans
plus d'une dizaine de métiers de la culture et des communications;
«Qu'elle
rappelle que monsieur Jasmin est récipiendaire de nombreux prix littéraires
dont les prix Québec-Paris et France-Canada pour son roman La
sablière et du prix Athanase-David des Prix du Québec;
«Qu'elle
transmette ses condoléances à sa famille, à ses proches, à ses collègues ainsi
qu'à ses nombreux admirateurs partout au Québec;
«Qu'enfin, elle
observe un moment de recueillement en sa mémoire.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Caire : Oui, M. le Président. Il y a consentement pour un
débat de deux minutes par intervenant dans l'ordre suivant : Mme la
ministre de la Culture, Mme la députée de l'Acadie, Mme la députée de
Taschereau et M. le chef du troisième groupe d'opposition.
Président : Alors, je comprends qu'il y a consentement pour
qu'il y ait quatre intervenants et pour que la durée des interventions soit limitée à un maximum de
deux minutes chacune. Mme la ministre
de la Culture et des Communications.
Mme Roy : Merci. Alors, je me joins à mes collègues
pour souligner dignement le départ de M. Claude Jasmin.
C'est surtout en tant
qu'écrivain et scénariste qu'il s'est fait connaître, mais cet homme curieux et
polyvalent était aussi scénographe, marionnettiste, dramaturge, animateur,
journaliste, critique d'art, peintre et illustrateur. Il était par-dessus tout
un grand amoureux de la culture québécoise.
Dès l'adolescence,
Claude Jasmin rêve de devenir auteur, ce qu'il accomplit après un détour par
les arts visuels. On doit au comédien Paul
Buissonneau d'avoir révélé les talents multiples du jeune Claude Jasmin en le
recrutant au sein de La Roulotte,
cette véritable pépinière de talents à Montréal. Il y déploie ses habiletés de régisseur et de
scénographe, avant d'entrer à Radio-Canada, en 1956.
1959, il se lance dans l'écriture. Ses premiers romans, La corde au cou ,
Délivrez-nous du mal , de même que Et puis tout est silence , Éthel
et le terroriste et La sablière , lui valent plusieurs
distinctions. Écrit entièrement en joual, son livre Pleure pas, Germaine fait grand bruit. Il est perçu
comme un hommage à la langue populaire et comme, surtout, un pied de nez au conformisme culturel qui copiait
l'accent français de l'Hexagone. Aujourd'hui, sa bibliographie
dépasse la cinquantaine d'ouvrages.
Parallèlement à son
métier d'écrivain, il se lance dans la scénarisation de dramatiques de séries
pour la radio et la télévision. Des
productions telles que Rue de la
liberté , La petite patrie — je me souviens tellement de La petite
patrie , M. le Président — Dominique , Boogie-woogie 47 , Procès devant juge ou encore Métro-boulot-dodo
nous ont laissé des souvenirs impérissables.
2016, il reçoit la médaille du prix Athanase-David, des Prix du Québec. C'est,
comme nous le savons tous, la plus haute distinction accordée par l'État dans
le domaine de la littérature.
Ayant poursuivi un
patient travail d'écriture par l'entremise de livres, de chroniques, de blogues
ou de récits biographiques pleins de
vivacité, parfois empreints d'une poignante nostalgie, Claude Jasmin laisse le
souvenir d'un homme simple, plein d'humour et de tendresse.
J'invite toute cette
Assemblée à offrir ses plus sincères condoléances à la famille de
M. Claude Jasmin, à ses admirateurs, et à reconnaître son apport
inestimable à la culture québécoise. Merci, M. le Président.
Le Président :
Mme la députée d'Acadie, la parole vous appartient.
Mme St-Pierre :
Merci, M. le Président. Auteur prolifique, raconteur du vrai monde, notamment
de Villeray, d'Outremont et de La
Petite-Patrie, parfois polémiste, Claude Jasmin est décédé en avril dernier, à
l'âge de 90 ans, au terme
d'une vie bien remplie qui aura laissé une
oeuvre impérissable composée autant de romans d'amours de jeunesse, de romans
policiers et que d'oeuvres engagées.
Indépendantiste
de gauche, Claude Jasmin a été toute sa vie près de la politique et près des
gens, ce qui, en fin de compte, fait appel à la même écoute, à la même
humanité, deux qualités essentielles pour un écrivain.
Son premier roman, Et
puis tout est silence , est publié en 1958. Par la suite, il écrit
notamment, en 1965, Pleure pas, Germaine , un livre en joual qui a marqué son époque. Au
milieu des années 70, son roman La petite patrie est adapté
à la télévision et le fait connaître du grand public.
total, l'oeuvre de M. Jasmin comporte près de 50 textes de toutes
sortes qui démontrent bien son grand talent. 90 ans, cela en fait,
des histoires à raconter.
M. Jasmin
était aussi chroniqueur et animateur à la télévision et à la radio et critique
d'art dans les journaux et les magazines.
Il a reçu plusieurs récompenses, dont le prix du Cercle du livre de France, en 1960, le prix Québec‑Paris, en 1978, le prix Ludger-Duvernay de la Société
Saint-Jean-Baptiste, en 1980, et,
plus récemment, le prix Athanase‑David, en 2016.
homme bien de son temps, il fait bon usage, au début des années 2000, de
ce qui est aujourd'hui assez répandu mais qui ne l'était pas à l'époque,
le blogue.
une note plus personnelle, j'ai souvent croisé M. Jasmin dans les
corridors ou à la cafétéria de la grande tour de Radio-Canada, à Montréal. Il me saluait, nous échangions
quelques mots. Il était toujours de bonne humeur. Son regard perçant et
rieur demeure pour moi le plus beau des souvenirs et le plus beau souvenir de
ce grand homme.
transmets donc, au nom de ma formation politique et au nom de mon personnel,
mes plus sincères condoléances à la famille et aux proches de
M. Claude Jasmin. Merci.
Le Président :
Mme la députée de Taschereau.
Mme Dorion : Merci. Claude Jasmin parlait et faisait parler le
petit monde du Québec, le fier monde. Claude Jasmin, comme une revanche des classes populaires sur ceux
qui s'installent au top de la société en pensant qu'ils ne seront jamais
inquiétés. Claude Jasmin qui dit : Le joual, c'est nous, le joual, je ne
suis pas gêné. Claude Jasmin qui écrit Pleure pas, Germaine et qui le dédie à qui? Aux felquistes, dont on a tellement essayé
d'effacer l'histoire et les revendications pour les enfermer dans ce
seul moment malheureux que je ne nommerai pas aujourd'hui.
Claude
Jasmin, comme une tape dans le dos à tous les Québécois en même temps. Être
fiers du peuple dont nous sommes issus, sans essayer de le maquiller, de
lui enlever ses anglicismes étranges et ses tournures de sens bizarres et magnifiques, sans essayer de lui enlever ses
moments plus difficiles, sans essayer non plus de lui mettre une minijupe «and
speak English».
Juste
s'aimer et s'accepter comme nous sommes, c'est aussi ça, la Révolution tranquille. C'est le réveil d'un peuple qui dit : Je ne veux pas être comme les gros
à côté de moi qui veulent m'avaler, je veux être moi, et je vais essayer de me
regarder avec les bons yeux.
Jasmin
l'aimait, ce peuple. Il voulait pour lui, et ardemment, l'indépendance politique, sans compromis, drette comme une barre.
parle souvent de son style bagarreur, un polémiste qui
s'assumait, comme je les aime, puis qui ne faisait pas ça pour avoir de l'attention mais pour diriger tout
aussitôt l'attention sur ce peuple qu'on n'entendait pas assez avec sa voix
à lui sur nos scènes, à la télé, dans nos chansons.
Claude
Jasmin, j'aimerais aujourd'hui pouvoir dire : Un bagarreur de perdu, 10 de
retrouvés, la lutte continue, mais des fois j'ai peur qu'il n'y en ait plus assez, des comme lui, plus assez pour faire d'autres
révolutions, à cette époque où on en
a pourtant tellement besoin. Mais j'espère que c'est juste parce que
je suis triste qu'il soit parti que je dis ça aujourd'hui. J'espère vraiment
que j'ai tort.
nom de ma formation politique, je tiens à offrir mes sincères condoléances à
toute sa famille et à ses proches. Bon voyage, M. Jasmin.
Le Président :
La parole à vous, M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Bérubé : M. le
Président, ce n'est pas sans émotion
que je livre aujourd'hui cet hommage au grand Claude Jasmin.
famille est en deuil, un deuil qu'elle partage avec de nombreux Québécois,
car, pour cet écrivain et scénariste, le Québec était sa famille
élargie. En tout cas, il faisait
partie de la mienne, en tout cas.
a été indépendantiste toute sa vie. C'est une de ses plus grandes convictions.
Il a toujours été présent. Il a toujours demandé aux Québécois
de se projeter vers plus grand, vers plus beau. C'était ça, Claude Jasmin, et
occulter cette dimension, ce n'est pas rendre hommage convenablement à
l'homme qu'il était.
est difficile de décrire l'oeuvre de Claude Jasmin en peu de mots. Il fut, entre autres, céramiste, acteur, marionnettiste, critique d'art, professeur d'histoire de l'art moderne, pamphlétaire,
chroniqueur de radio, notamment avec Paul Arcand, et de télé, aquarelliste,
illustrateur, scénographe, blogueur. En somme, un véritable artiste, un
communicateur né, un conteur de grand talent.
Auteur
prolifique, ses romans et ses récits ne laissaient personne indifférent. On les récompensera
d'ailleurs à de nombreuses reprises.
Son langage est coloré, authentique, atypique à
plus égards. Il n'a jamais caché son côté frondeur. De toute façon, on
le voyait bien. Polémiste, il aimait faire réagir, aller là où on ne
l'attendait pas nécessairement.
Par le biais de ses
séries télé, il est entré dans toutes les maisons. Il a notamment fait
découvrir à ma génération et à d'autres ce
qu'était la vie du Montréal ouvrier des années 40, juste après la deuxième
grande guerre. D'ailleurs, si on utilise
aujourd'hui l'appellation Petite-Patrie,
accolée au terme Rosemont, c'est grâce à Claude Jasmin, une réalité en
toute simplicité, faite d'espoir, de
nostalgie et de liberté, c'est Claude Jasmin, une histoire et une oeuvre
devenue un fondement de la culture
populaire québécoise. Sa famille est d'ailleurs bien fière, et à raison, de cette
Petite-Patrie. Les quatre soeurs de Claude Jasmin habitent toujours ce
quartier, semble-t-il.
la suite de l'annonce de son décès, les témoignages d'amitié et de respect se
sont succédé. Aujourd'hui, c'est au tour des parlementaires de lui
rendre hommage. À toute sa famille, notamment à sa conjointe des
40 dernières années, Mme Raymonde
Boucher, ainsi qu'à ses enfants, Éliane et Daniel, et à ses petits-enfants,
j'adresse, au nom du Parti québécois,
mes plus sincères condoléances.
Québécois n'oublient jamais leurs grands artistes, et c'est tant mieux. Claude
Jasmin fut l'un d'eux assurément. En sa mémoire, nous devrions tous
tâcher de lire davantage. C'est ce qu'il nous aurait certainement prescrit.
Merci, M. le Président.
Président : J'invite maintenant
les leaders parlementaires à m'indiquer le vote de leurs groupes sur
cette motion, suivi des députés indépendants. D'abord, M. le leader
adjoint du gouvernement?
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le député de Chomedey?
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin?
Président : Cette
motion est donc adoptée. Je vais vous demander de vous lever pour observer une
minute de silence à la mémoire de Claude Jasmin.
• (11 h 17 — 11
h 18) •
Le Président :
Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.
Nous en sommes à la rubrique Avis touchant les
travaux des commissions. La parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : Merci, M. le Président. J'avise cette Assemblée que la Commission de l'économie et du travail
poursuivra l'étude détaillée du
projet de loi n° 78, Loi
visant principalement à améliorer la transparence des entreprises, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures et de 14 h 30 à 18 h 30, à la salle
du Conseil législatif;
La Commission des transports et de l'environnement poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 88, Loi
modifiant la
Loi sur la conservation
et la mise en valeur de la faune et d'autres dispositions législatives, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures et de 14 h 30 à 18 h 30, à la salle
Marie-Claire-Kirkland;
La Commission des finances publiques poursuivra, par visioconférence, les
consultations particulières sur le projet
de loi n° 95, Loi
modifiant la
Loi sur la gouvernance et la gestion des ressources
informationnelles des organismes publics et des entreprises du gouvernement et d'autres dispositions législatives, aujourd'hui, après les affaires courantes, pour
une durée de 45 minutes, et de 14 h 30 à
15 h 15;
La Commission des relations avec les citoyens poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 79, Loi autorisant la communication de renseignements
personnels aux familles d'enfants autochtones disparus ou décédés à la suite
d'une admission en établissement, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures, à la salle Pauline‑Marois;
La Commission
de la culture et de l'éducation entreprendra, par visioconférence, les
consultations particulières du projet de loi n° 81, Loi
modifiant la
Loi sur le Musée des beaux-arts de Montréal, aujourd'hui,
de 14 h 30 à 17 h 20.
Le Président : Merci. Nous en
sommes à la rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
La période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour.
Et je suspends les travaux pour quelques
instants. Merci pour votre collaboration.
(Suspension de la séance à 11 h 20)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, nous reprenons nos travaux.
Nous sommes aux affaires du jour. M. le leader
du gouvernement, vous nous informez de la suite des travaux, s'il vous plaît?
M. Schneeberger : Oui, merci,
Mme la Présidente. Alors, je vous
demanderais d'appeler l'article 5 du feuilleton.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci. Donc, à l'article 5 du feuilleton, Mme la ministre de l'Enseignement supérieur
propose l'adoption du principe du projet de loi n° 93, Loi visant à
reconnaître le Collège militaire Royal de Saint-Jean comme établissement
d'enseignement de niveau universitaire. Mme la ministre, je vous cède la
parole.
Mme McCann :
Merci, Mme la Présidente. Alors, j'aimerais remercier l'Assemblée d'avoir
accepté le dépôt de ce projet de loi
visant à reconnaître le Collège militaire royal de Saint-Jean comme
établissement d'enseignement de niveau supérieur... universitaire,
pardon.
Le projet de
loi n° 93 a franchi la première étape du processus législatif. Nous en
sommes donc, aujourd'hui, à l'étape de l'adoption du principe.
Simple en
substance, mais non moins important, ce projet de loi vient clarifier le statut
particulier du collège militaire au
sein du paysage universitaire québécois. Avantageux pour le Québec, ce
changement de statut est aussi fondamental pour les succès futurs du collège, notamment en matière de développement. Il
permettra de diplômer davantage de militaires et d'officiers en français en plus de rendre possible l'établissement de véritables partenariats universitaires en recherche. Le collège pourra aussi optimiser ses investissements
en ressources professorales à travers le développement de nouveaux programmes.
Finalement,
ce changement porte le Collège militaire royal de Saint-Jean sur un pied
d'égalité avec le Collège militaire royal
du Canada à Kingston, en Ontario. Les deux groupes consultés hier, soit le
Collège militaire royal de Saint-Jean et le cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu, se sont tous les deux montrés très
favorables au projet de loi. L'adoption de ce projet de loi est une étape très importante afin de
faciliter les opérations futures du collège, l'amélioration de ses pratiques et
le développement de sa renommée, et pour former plus d'officiers en
français au Québec.
J'invite donc
mes collègues, Mme la Présidente, à adopter le principe du projet de loi
et à le faire cheminer, soit d'en
faire l'étude
article par article, et ce, dans un esprit d'ouverture et de
saine collaboration, comme ce fut d'ailleurs le cas lors de l'étape de
consultation. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je vous remercie, Mme la ministre.
Je suis prête à vous entendre, Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys.
Mme David : Oui, merci beaucoup, Mme la Présidente. Petit projet de loi, gros projet quand même. Je suis contente,
bien entourée du parti au gouvernement, donc, d'intervenir, mais sérieusement, par rapport à ce projet-là, parce
que, bon, il s'adonne que je connais
assez bien l'enseignement supérieur,
que j'avais eu l'occasion de visiter, entre autres, le cégep de Saint-Jean, mais, comme j'ai dit lors des
audiences publiques, je connais ce collège depuis au moins 50 ans, au
moins 50 ans, et pour toutes
sortes de raisons personnelles, des gens qui ont travaillé là, qui y ont fait
toute leur carrière, et ça m'a imprégnée
de la fierté de ces enseignants dans un collège tout à fait différent des
autres collèges au Québec, forcément. C'est un collège de compétence fédérale,
on pourrait dire, mais avec, et j'y reviendrai, beaucoup de compétences
provinciales aussi. Et là ça peut
poser quelques petites complexités d'administration, je dirais, et de
gouvernance, j'y reviendrai. Mais, au fin fond de ce projet, je suis d'accord, je suis d'accord qu'il faut
redonner au Collège militaire royal... — avec un r minuscule, on a bien compris, ce n'est pas un r majuscule, il
y a un petit amendement... il est quand même majuscule dans son importance,
minuscule dans son épellation — le
Collège militaire royal de Saint-Jean, il faut redonner toutes ses lettres de
noblesse et tous les outils pour faire
partie de ce qu'on appelle la grande famille de l'enseignement universitaire et supérieur au Québec.
Pourquoi? Parce que
c'est un collège qui représente l'ensemble du Canada. Il y a des étudiants
anglophones, des étudiants francophones, c'est
un collège bilingue, c'est un collège qui enseigne en anglais et en français.
Pour avoir eu quelqu'un de ma famille qui y enseignait, je sais très
bien qu'il enseignait un matin en anglais, l'autre matin en français. Mais il y avait énormément de collaboration entre
les anglophones et les francophones, qui faisait que le francophone était comme
imbibé, je dirais, de langue anglaise de ses collègues anglophones, et
l'inverse était vrai, on francisait les militaires qu'on dit officiers, là-bas.
Les officiers, on les francisait en fréquentant le collège militaire de
Saint-Jean.
Pourquoi
je dis que c'est important de redonner les lettres de noblesse? D'abord pour
des raisons évidentes, des raisons de statut universitaire. Ça veut dire quelque
chose pouvoir décerner un grade universitaire. Et ça, ça demande quoi? Ça demande, pour qui connaît un peu le
système universitaire au Québec, de passer par une assurance qualité. On ne
peut pas enseigner n'importe quoi, on doit passer par des règles extrêmement
exigeantes pour obtenir de la ministre, d'ailleurs, en bout de ligne, de la
ministre au Québec... C'est ça qui est intéressant dans cette espèce de
jumelage, la ministre doit octroyer la
permission de donner, par exemple, dans ce cas-ci, un baccalauréat en études
internationales. Alors, qu'est-ce que
ça veut dire? Ça veut dire qu'il y a tout un groupe de pairs, p-a-i-r-s, du
Québec qui sont des experts dans les
domaines, évidemment, convoités par l'université. Dans ce cas-ci, c'est
collège, mais comprenons-nous, là, «college» ou qui peut avoir l'équivalent d'un premier cycle universitaire. Alors,
là aussi, on nage un peu, je dirais, dans les mots plus anglo-saxons, dans le vocabulaire anglo-saxon de
ce que c'est, un collège ou une université, mais, pour les fins, évidemment,
du
titre du collège, on va continuer à
l'appeler collège, mais c'est un programme universitaire, ne nous détrompons
pas.
Et, ce programme
universitaire qu'il donne depuis 2019, il voulait le réactiver depuis fort
longtemps. Alors, il voulait le réactiver. Mais,
pour avoir le grade octroyé en bonne et due forme, d'un baccalauréat
universitaire, ça prenait une intervention,
ça prend une intervention ici, dans l'Assemblée nationale, législative, pour
pouvoir dire : Il fait
partie de la courte, assez courte liste au Québec d'établissements dits
universitaires, pour pouvoir donner un diplôme digne d'un vrai
baccalauréat universitaire reconnu au Canada mais mondialement.
Alors,
on rajoute à la liste. Alors, pas besoin de vous faire la longue liste, là, il
y en avait 19, 20, 21. On a mis l'ITHQ, l'Institut de tourisme et hôtellerie, à la fin de 2018 pour pouvoir
donner aussi un baccalauréat de façon plus autonome. Ce serait, dans le cas du collège royal, pour
l'instant, un baccalauréat. Ils ont l'ambition d'en donner plus qu'un, d'en
donner plusieurs, éventuellement,
multidisciplinaires, alors c'est intéressant. Je suis certaine, comme ils vont
passer par toutes les étapes de
qualité, d'assurance qualité, de contenu... On vérifie tout, la qualité du
corps professoral, évidemment, la qualité des installations, la qualité du programme, du contenu, et ça va passer
par des étapes, dont celui, évidemment, plus du ministère de
l'Enseignement supérieur.
Alors, nous sommes
rassurés que ce sera un vrai bon programme qui va former quoi? Des officiers.
On n'en parle pas souvent, évidemment, mais
on a, au Canada, une armée. On doit avoir des officiers, puis on doit avoir des
officiers qui parlent les deux langues officielles du Canada, donc on
forme des officiers à la fois en français, à la fois en anglais. Et c'est tout à fait normal qu'il y ait un pôle
important d'enseignement de certains programmes reconnus au Québec et pas
seulement à Kingston, en Ontario. C'est non seulement normal, mais c'est
obligatoire. Et ce qui était anormal, c'est le geste posé, en 1995, de fermer le Collège militaire royal de Saint-Jean
et d'envoyer les professeurs... Ils avaient le choix : soit qu'ils perdaient leur emploi — j'en ai connus qui l'ont perdu — soit qu'ils s'en allaient à Kingston. Ce
n'est pas normal, ce n'est pas
normal. Au Québec, on a deux langues officielles. Le Québec est une province
extrêmement importante. Si on veut
avoir un tant soit peu de recrutement aussi pour avoir des officiers qui montent
dans la hiérarchie, je ne suis pas une spécialiste
de ça, il y en a qui connaissent mieux ça, mais il faut toujours bien les
intéresser à partir d'un âge où ils peuvent fréquenter soit le niveau
collégial soit le niveau universitaire.
Alors,
on revient à quelque chose d'essentiel, si on est un tant soit peu fédéraliste,
comme la CAQ l'est et ainsi que nous.
On y croit, de former des officiers qui sont formés en français, formés à un
niveau universitaire, au collégial, et formés ici, chez eux, parce qu'un jour
où il y aura des besoins, et Dieu sait qu'on aime avoir recours à l'armée quand
on est mal pris, que ce soient des
feux de forêt, que ce soit une pandémie, que ce soit une guerre, que ce soient
des Casques bleus — on est
champions pour, entre autres, ces
interventions-là — bien, il
faut qu'il y ait des francophones dans cette armée-là et dans ces forces
de réserve. Alors, il y a un collège qui décerne des diplômes collégiaux avec,
la ministre l'a dit, le cégep de Saint-Jean-sur-le-Richelieu, et il y a maintenant des diplômes... un
diplôme, pour l'instant, universitaire, il y en aura certainement plus.
Est-ce que ça va poser des questions de
gouvernance? J'en ai posé hier et aux représentants du collège et aux représentants du cégep de Saint-Jean. Oui, il y a
des drôles d'articulations, d'acrobaties, même, au niveau de la gouvernance parce que... Je donne deux exemples que je connais très, très
bien, l'exemple de la loi n° 151, qui est la loi
pour prévenir et contrer les
violences à caractère sexuel, c'est bien dit dans la loi qu'ils seront soumis
aussi à cette loi-là, au Collège militaire royal de Saint-Jean, et à un
autre règlement que j'avais moi-même fait passer à l'époque, qui était le
règlement sur les conditions et le traitement
des hauts dirigeants, ce qui est un peu bizarre parce que les hauts dirigeants,
de toute façon, sont payés par
Ottawa. Alors, on aura à un peu démêler tout ça dans l'étude détaillée, je
crois, dès demain. Mais on ne peut pas, et heureusement, je dis, complètement se décharger de nos
responsabilités, parce que le ministère et la ministre de l'Enseignement
supérieur a des responsabilités. Et les responsabilités... par exemple, prenons
la loi pour contrer les violences à
caractère sexuel, l'organisation, l'institution, l'établissement doit rendre
des comptes. Et là le lieutenant-brigadier, je pense, qu'il faut... son titre, qui est le responsable, le grand
responsable du collège, dit : Oui, mais on en rend beaucoup au
ministère de la Défense. Mais non, la loi, elle est provinciale, elle n'est pas
fédérale. Donc, il a des comptes à rendre annuellement sur, par exemple, toutes
les mesures de prévention et de sensibilisation mises en place, les activités
de formation suivies par les dirigeants, les
membres du personnel, les représentants des associations étudiantes, les
mesures de sécurité mises en place,
le nombre de plaintes initialement reçues et leur délai de traitement, des
interventions effectuées et de la
nature des sanctions appliquées — ce n'était pas du tout clair, hier, sur
comment ils s'organisaient avec ça et à qui ils allaient en rendre compte, mais c'est dit dans la loi, c'est à la
ministre de l'Enseignement supérieur — du processus de consultation utilisé lors de l'élaboration ou de
la modification de la politique ou de tout autre élément déterminé par le
ministre.
Alors, la
question importante, c'est : S'il y a des manquements à la loi, ce qui
n'est pas rien, là, c'est une loi, ce n'est
pas... déjà qu'il y a des sanctions si on ne suit pas un règlement, s'il y a
une loi, il peut y avoir, donc, conséquemment, des sanctions appliquées, s'il n'y a pas la bonne application de cette
loi-là. Et là ce qui n'est pas clair, c'est le rôle que la ministre va devoir jouer. Parce que, dans cette
loi-là, c'est la ministre qui peut jouer un rôle, qui doit jouer le rôle. Et,
comme j'expliquais hier en audiences
publiques, en consultations publiques, le seul rôle ou habituellement le rôle
qu'une ministre a en fonction d'un
diplôme universitaire... mais il y a aussi le niveau collégial où elle a un peu
plus de prise, je dirais, mais au niveau universitaire, elle a une
prise, c'est de retenir des fonds, de retenir des fonds dédiés aux universités
pour telle ou telle fonction. Mais là, comme
elle n'a pas besoin de donner d'argent au Collège militaire royal... c'est tout à fait à part, ce collège-là, parce qu'on ne paie pas directement, c'est entièrement le fédéral et le ministère de la Défense, avec
des lois à appliquer... peut-être s'il y
avait ici des grands
constitutionnalistes — on
va parler beaucoup de constitution
bientôt — ils
nous expliqueraient comment la ministre peut
occuper et prendre ses responsabilités de ministre en vertu des lois qui sont
sous sa responsabilité dans un collège qui
n'est pas sous sa responsabilité. Mais vous voyez, on parle ici d'un collège
qui est fédéral, qui relève du
ministère de la Défense, mais qui, et heureusement, je le répète, a un siège
important au Québec et veut donner des programmes d'enseignement au Québec.
La chose
est... la question se pose, et elle n'est pas banale, parce qu'on dit toujours :
Tant qu'il n'y a pas de problème, on
ne s'en va pas regarder nos livres, puis nos lois, puis nos règlements. Le jour
où il y a un problème, on fait quoi? Qui a la responsabilité de
sanctionner ou de ne pas être d'accord avec une sanction imposée en vertu de
cette loi n° 151? Est-ce
que ce sera le ministère de la Défense à Ottawa? Non, la loi relève du
ministère ici. Est-ce que la ministre pourra imposer des sanctions? C'est complexe. Moi, j'ai hâte
d'avoir la réponse. Au moins, je suis très transparente. Demain, on en
reparlera, et puis j'espère, j'imagine qu'il y aura des réponses à ça.
Maintenant,
ils ont aussi, et c'est très, très intéressant, des diplômes collégiaux, depuis
au moins 20 ans, je pense, qu'ils
ont dit hier, le cégep de Saint-Jean avec le collège militaire, des diplômes
d'études collégiales, sciences humaines, sciences de la nature, qui sont
donnés au collège de Saint-Jean et non pas au cégep lui-même de Saint-Jean.
Donc, qui enseigne là? Comment ça marche?
Alors, on a compris hier que c'était un contrat entre le ministère de la
Défense et le cégep qui roule depuis très, très longtemps, et ce
contrat-là fait en sorte que c'est le cégep qui donne le D.E.C. en sciences humaines, par exemple, je vais prendre cet
exemple-là, en sciences humaines, et qui, donc, prend le programme régulier du
régime d'études collégiales du Québec, le programme avec toutes les compétences
à acquérir, le nombre de cours en histoire,
la formation générale, les cours d'anglais, de français, même si le collège,
nous a-t-on dit, en rajoute, des cours, par exemple, de français pour les anglophones ou d'anglais pour les
francophones, ce qui est très bien, on est d'accord, et donc applique le
régime d'études collégiales sous contrat.
Et là où ça
pose une question, et je le dis en toute transparence, où ça va poser une
question... je ne dis pas que j'ai les
réponses, je ne les ai pas, mais la question par rapport à la loi que le ministre
responsable de la Langue française — jusqu'à maintenant,
il s'appelle «responsable» encore, un jour ce sera peut-être
le ministre de la Langue française — le
ministre responsable de la Langue française... le projet
de loi n° 96,
qui dit qu'un cégep n'aura qu'un seul statut, point à la ligne, francophone ou anglophone, point à la ligne, tu
n'as plus de statut bilingue. Or, il
y a au moins deux cégeps qui ont un
statut bilingue, le cégep Marie-Victorin et le cégep Gaspésie—Les Îles.
J'en parlerai avec l'autre ministre, mais ça va toucher directement et ça touche directement, évidemment, le ministère
de l'Enseignement supérieur. Je pense
que je sais pourquoi cette dichotomie est arrivée de façon aussi claire
et tranchée, mais là le cégep de Saint-Jean
n'est pas dans la liste des... on ne l'a
pas trouvé, en tout cas, dans la liste des établissements bilingues. Mais ils
ont depuis longtemps... et je pense que c'est ça qui doit continuer. Je crains que ça ne puisse pas continuer avec le
projet de loi n° 96, parce que c'est un contrat pour enseigner
en anglais. Alors là, question... Évidemment
que le diable est dans les détails dans un projet de loi aussi immense que le
projet de loi n° 96.
On va en trouver, toutes sortes de cas de figure comme celui-là, mais je ne
pensais pas, en regardant le projet de
loi sur le Collège militaire
royal de Saint-Jean, que nous allions aller vers ce genre de questionnement là.
Si je n'avais pas reçu
l'autre projet de loi, je ne poserais pas la question, mais ça va être une
question importante à poser, et moi, j'espère qu'on va trouver une
solution.
Je suis
certaine, mais certaine qu'il y a plusieurs députés ici, ainsi que la ministre,
qui vont aller voir le ministre de la Justice, responsable de la Langue
française, pour dire : As-tu pensé à ça? Parce que, là, quand même, c'est
extrêmement là, puisse continuer à le
faire. Il donne ce D.E.C. bilingue, en français ou en anglais, ça doit
continuer ainsi parce qu'on veut former des bons officiers en français puis on
veut que des officiers anglophones de partout au Canada continuent à venir à Saint-Jean, et qu'on les francise, d'une
part, et qu'ils puissent en même temps suivre ce D.E.C. qui est donné en
anglais. Et donc je vais être très, très soucieuse de pouvoir continuer à poser
ces questions-là.
Alors, on est devant un projet tout simple, huit
articles, je crois, qui, essentiellement, a des choses qui ont l'air
techniques, qu'on pourrait régler en 10 minutes. Je ne veux pas qu'on y
passe non plus trois semaines, sur ces huit articles-là, mais je poserai les
questions importantes sur, entre autres, comment appliquer les lois qui, donc,
s'adressent, ces lois-là, à l'ordre
universitaire d'enseignement, que ce soit la loi n° 151, qui est précisé
d'ailleurs dans le projet de loi, ou
le règlement sur les hauts dirigeants. On a jusqu'à demain, il reste 24 heures, on
a le temps de trouver les réponses. Je les ai posées en toute transparence, ce sont des questions qui m'apparaissent,
pour l'instant, les seules questions significatives à se poser, et puis je vais être intéressée à avoir les réponses, parce
que je n'ai pas eu à me les poser quand j'occupais ces fonctions-là,
parce qu'ils n'étaient pas... Je savais qu'ils avaient cette ambition de
pouvoir déposer une demande de se réinscrire dans la liste des universités, ce
n'était pas encore rendu mûr, le fruit n'était pas encore rendu mûr. Il est rendu mûr. Je... Évidemment, que nous ne sommes
pas contre ça, au contraire, mais il va falloir qu'on puisse trouver les
réponses aux quelques questions que nous posons.
Alors, c'est
donc avec intérêt qu'on va regarder ces détails-là demain, Mme la Présidente, et que nous pourrons donc, dans la joie et l'enthousiasme, je
l'espère, avec des réponses à nos questions, pouvoir aller vers l'adoption
de ce projet de loi
le plus vite possible pour permettre à nos officiers de pouvoir bénéficier de
l'extraordinaire formation universitaire qui est offerte au Québec. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie. Alors, y a-t-il d'autres interventions? M. le député de
Saint-Jean, je vous cède la parole.
M. Lemieux : Merci, Mme
la Présidente. Effectivement, Saint-Jean comme dans Saint-Jean-sur-Richelieu, Saint-Jean
comme dans le Collège militaire royal de Saint-Jean. La collègue de Marguerite-Bourgeoys
avait tellement raison en disant que c'est
un tout petit projet de loi, pas seulement en nombre d'articles mais en mots dans les
articles, mais qui va faire une énorme
différence pour le Collège militaire royal de Saint-Jean, qui, effectivement, Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys, va ainsi retrouver ses lettres de noblesse.
C'est une belle expression qui prend tout son sens quand on considère
les 25 dernières années.
Ce n'est pas
l'éléphant dans la pièce, personne n'a oublié ce qui s'est passé il y a
25 ans, vous y avez fait allusion, lorsque les Forces armées canadiennes
ont décidé de suspendre les activités. Ça a changé beaucoup
de choses, ça a bouleversé beaucoup de monde, et il était temps qu'on retrouve, après
les efforts des dernières années, une vitesse de croisi