House Proceedings — 11 May 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
2022-05-11
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf heures quarante et une minutes)
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) :
Bon mercredi à tous. Vous pouvez vous
asseoir.
Nous
sommes aux affaires courantes, à la rubrique des déclarations de députés, et je
cède la parole à M. le député de Chauveau.
M. Lévesque
(Chauveau) :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Aujourd'hui,
c'est avec joie que je souligne le 30e anniversaire d'Amélie et Frédérick,
Service d'entraide.
Mis sur pied le
3 avril 1992, cet organisme a pour mission d'offrir aux personnes à
faibles revenus un soutien en sécurité alimentaire dans le cadre d'un milieu de
vie propice à leur épanouissement. Amélie et Frédérick, Service d'entraide couvre le secteur de Neufchâtel-Est et
Saint-Émile. Les services de l'organisme visent les personnes de tous âges,
à qui sont offerts des colis alimentaires trois fois par mois, ce qui permet,
mensuellement, d'aider 154 foyers.
Je salue les
présidentes et présidents qui se sont succédé au cours des 30 dernières
années, dont la présidente actuelle,
Mme Diane Dion, avec qui je collabore depuis 10 ans. Merci aussi à
tous les employés bénévoles qui ont oeuvré au sein de cet organisme essentiel à
notre communauté de proximité ainsi qu'à ceux qui sont toujours impliqués, dont
M. André Larose, l'actuel directeur.
Longue vie à Amélie
et Frédérick! Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) :
Merci. Mme la députée de Hull, je vous cède
la parole.
Mme Gaudreault :
Merci, Mme la Présidente. Alors, je souligne aujourd'hui le
20e anniversaire de La Plume étudiante de l'Outaouais .
Tribune
exceptionnelle pour les étudiants journalistes des écoles secondaires de notre
région, elle a permis à plus de 3 000 étudiants
et étudiantes de rédiger plus de 5 000 reportages qui ont été publiés
dans nos journaux locaux. À chaque
année, un gala est organisé en l'honneur des jeunes qui se sont distingués par
la qualité de leurs textes, et ils se voient remettre une plume d'or,
d'argent ou de bronze.
Félicitations à
MM. Sylvain Dupras et Martin Godcher, qui ont grandement contribué au
succès de ce singulier projet. Et je salue
aussi la grande contribution des membres des conseils d'administration qui s'y
sont succédé ainsi qu'aux nombreux
enseignants et enseignantes et journalistes professionnels qui, depuis
20 ans, encouragent nos jeunes à développer leur talent pour
l'écriture et leur amour pour notre chère langue française.
20e anniversaire, et longue vie à La Plume étudiante de l'Outaouais !
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée.
Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de Berthier.
Mme Proulx
(Berthier) :
Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, c'est le
30e anniversaire de la Société du réseau Économusée du Québec, fondée par M. Simard, société qui fait briller
le talent de nos artisans de métiers d'art, de l'agroalimentation en
faisant découvrir aux visiteurs d'ici et d'ailleurs nos savoir-faire, nos
cultures locales.
Aujourd'hui,
il y a 50 membres dans 15 régions du Québec, des économusées mais
aussi des espaces de patrimoine, des
espaces culinaires, des ateliers, des boutiques ou encore même des
destinations. Voir nos artisans au travail, accéder à leurs connaissances et
pouvoir se procurer leurs produits sans intermédiaire, bien, ça enrichit
l'expérience touristique en plus d'offrir une vitrine incroyable pour le
Québec.
Depuis 30 ans, la Société du
réseau Économusée contribue à la conservation, à la mise en valeur de la
tradition tout en développant l'esprit d'entrepreneuriat chez nos
artisans, dans une approche responsable et durable.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie, Mme la
députée. M. le député de Marquette, la parole est à vous.
M. Ciccone :
Merci, Mme la Présidente. Je me permets aujourd'hui de
rendre hommage à un homme dévoué et méticuleux qui a été mon préposé à
l'équipement dans ma carrière de hockey professionnel.
Passionné du sport
depuis son plus jeune âge, Pierre Gervais a commencé sa carrière au sein des
Draveurs de Trois-Rivières en 1978. C'est en
1984 qu'il assiste à son premier camp d'entraînement des Canadiens de Montréal.
À son arrivée dans le vestiaire, il
côtoie des légendes et des grands noms tels que Guy Lafleur et Patrick Roy. Il
se joint officiellement au Canadien de Montréal, à la gestion de
l'équipement, en 1987.
Toujours
à l'écoute, M. Gervais était adoré par les joueurs. Bien plus qu'un expert
de l'affûtage de lames, il était aussi conseiller des directeurs généraux à ses
heures. Trois médailles d'or olympiques, un championnat du monde et une
coupe Stanley plus tard, il n'y a plus de doute, Pierre Gervais a laissé sa
marque chez le Canadien.
Pierre,
je te remercie d'avoir été mon préposé, d'avoir rendu meilleurs tous ceux qui
te sont passés sous la main. Je te souhaite une bonne retraite, du bon vin et,
surtout, du temps en famille. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Maintenant,
je cède la parole à M. le député de Vachon.
M. Lafrenière :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je tiens à souligner la
Semaine de la police, qui se tient du 15 au 21 mai prochains sous le thème
Mieux se comprendre : la police et le citoyen .
Mme la
Présidente, le métier de policier est peu ou mal connu. Profitons de cette
occasion pour connaître davantage cette fonction qui est si importante dans nos
communautés.
Vous
savez, au Québec, ce sont 15 000 policiers qui assurent notre
sécurité et notre bien-être au quotidien, au sein de 53 services de
police, dont 22 corps de police autochtones.
vendredi, des organismes communautaires de mon comté et moi allons à la
rencontre des policiers de Longueuil afin
d'échanger, de se connaître, faire ça sur le bord d'un bon café. Pourquoi ne
pas en profiter, pendant la Semaine de la police, pour connaître
davantage cette fonction?
Merci
à ces hommes et ces femmes qui ont choisi un métier qui est très complexe mais
merveilleux. Tout comme trois de mes
collègues de cette Assemblée, j'ai eu le plaisir d'exercer cette fonction, et,
croyez-moi, Mme la Présidente, c'est extrêmement valorisant de servir
les citoyens.
proches de policiers qui ont donné leur vie pour sauver celle des autres, au
nom de tous les Québécois, des membres de cette Assemblée, je dis :
Ils sont tombés mais ne seront jamais oubliés. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Je
cède maintenant la parole à Mme la députée de Lotbinière-Frontenac.
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) :
Merci, Mme la Présidente. J'ai le très grand
plaisir d'accueillir aujourd'hui à l'Assemblée nationale les élus
municipaux de la circonscription de Lotbinière-Frontenac.
suis particulièrement heureuse de leur présence et de l'occasion qui m'est
donnée de les remercier pour le travail qu'elles et qu'ils effectuent auprès
des citoyens de leurs municipalités. Leur implication et leur dévouement
méritent d'être soulignés.
tiens aussi à mentionner le plaisir que j'ai à discuter avec eux afin de mieux
connaître leurs bons coups, leurs enjeux
et, surtout, leur vision de développement pour leur municipalité. C'est un
privilège pour moi de collaborer avec eux afin de faire la différence
pour les citoyens de Lotbinière-Frontenac.
À toutes et à tous,
merci pour votre service public.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Maintenant, je cède
la parole à Mme la députée de l'Acadie.
Mme St-Pierre : Merci,
Mme la Présidente. Je tiens à saluer les représentants de la Coalition Santé
des Laurentides qui sont présents parmi nous aujourd'hui.
La région des Laurentides vit un boom
démographique important, et les investissements en santé ne suivent pas. La
région est représentée par 10 députés caquistes, dont cinq ministres, et
absolument rien de concret n'a été réalisé au cours des quatre dernières
années. Pire, les annonces budgétées par notre gouvernement, dont, par exemple, l'agrandissement
de l'hôpital de Saint-Jérôme, la construction d'un nouveau centre jeunesse,
n'ont eu aucun suivi de la part de la CAQ, et la ministre responsable
est aux abonnés absents.
À ce jour,
91 451 personnes n'avaient pas de médecin de famille, pire ratio au
Québec. 30 % des patients doivent aller se faire soigner à l'extérieur de
la région. Le manque d'équipement est flagrant. Cette situation est déplorable.
Nous joignons notre voix à la Coalition Santé,
qui réclame des investissements de 2,1 milliards de dollars. Les beaux discours de la CAQ ne sont que du vent, et
les Laurentiens et les Laurentiennes en font un cri du coeur, ils lancent
un cri du coeur. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Maintenant, je cède la parole à M. le député de
Johnson.
M. Lamontagne :
Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je tiens aujourd'hui à souligner l'implication
remarquable de Mme Joanne
Joannette, de la Chambre de commerce de la région d'Acton. Après 22 ans comme
directrice générale, elle tire sa révérence cette année pour se
consacrer à d'autres projets.
Avec son
dynamisme et sa passion, Mme Joannette a su insuffler, au fil des années,
toute une énergie à la chambre de
commerce d'Acton. Elle s'est investie à la positionner comme un acteur
économique incontournable dans sa région. Sous la gouverne de cette femme brillante et enjouée, le nombre de ses
membres a augmenté de façon considérable, ses activités se sont
diversifiées, et son influence dans le milieu s'est accrue.
Son départ de
la Chambre de commerce ne signifie toutefois pas la fin de l'engagement de
Mme Joannette dans sa
communauté. Celle-ci agit depuis l'automne comme conseillère municipale à Acton
Vale. Elle continuera donc d'aider et accompagner nos concitoyens à
faire prospérer notre belle région d'Acton.
Mme Joannette,
félicitations pour toutes ces années à la Chambre de commerce de la région
d'Acton. Je vous remercie et vous souhaite le meilleur pour la suite.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Et maintenant je cède la parole à M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette :
Merci,
Mme la Présidente. C'est avec une très grande tristesse que j'ai appris, le
mois dernier, le décès de M. Pierre Verret, conseiller municipal à
la Ville de Beloeil depuis maintenant 17 ans.
Cet homme
engagé a grandement contribué à la communauté locale en participant activement
à l'élaboration et à l'adoption de plusieurs politiques pour la ville de
Beloeil. D'ailleurs, une de ses grandes fiertés était sans contredit le projet Dans
ma rue, on joue!. Avec sa coopération, j'avais d'ailleurs eu le privilège de
déposer, en 2016, le projet loi n° 696 qui visait à inciter les municipalités à adopter une réglementation
qui encadre le jeu libre dans les rues. Et ce projet de loi a d'ailleurs
été intégré plus tard dans le projet loi n° 122 de la
Loi sur la gouvernance sur les municipalités. M. Verret
a fait rayonner ce programme auprès de nombreuses municipalités du Québec, et
même au-delà de ses frontières, et même en Colombie-Britannique, Mme la
Présidente.
Ainsi, bien
que M. Verret nous ait quittés trop tôt, il laisse derrière lui un
héritage important. Permettez-moi, Mme la Présidente, donc, de transmettre mes sincères condoléances à son épouse
Nicole, ses enfants ainsi qu'aux membres de sa famille et ses amis.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie, M. le
député. Alors, nous terminons avec Mme la députée de Gaspé. La parole
est à vous.
Mme Perry Mélançon :
la Présidente, nos aînés sont les fiers bâtisseurs du Québec. Malheureusement, nombre d'entre eux vivent aujourd'hui dans une
situation financière précaire, exacerbée par l'inflation et le manque de
services de proximité. Ils peinent à garder leur maison et ils ne se sentent
pas considérés par le gouvernement.
En mars dernier, je suis allée à la rencontre
d'aînés de ma région afin de leur donner la parole et d'illustrer leur réalité par le biais d'une vidéo. Les intervenants
qui travaillent auprès d'eux ont également accepté de témoigner. Nos aînés
méritent mieux que de belles paroles, ils méritent d'être entendus et que le
gouvernement les aide à vieillir dignement.
Je tiens à remercier sincèrement
Mmes Mirella Brousseau, Rosèle Roy, Monia Denis, Marylin Arsenault et Nadia Mimeault, ainsi que MM. Samuel Parisé,
André Richard, Marcel Bélanger et Daniel Sergerie. Votre participation à cette démarche était précieuse pour bien
illustrer les différentes facettes de la réalité des personnes aînées du comté
de Gaspé. Vous vous êtes exprimés
avec franchise et générosité. Soyez assurés que je porterai votre voix auprès
du gouvernement. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie, Mme la
députée. Cela met fin à la rubrique de déclarations de députés.
Je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 53)
Président : Mmes, MM. les députés, je vous souhaite un bon mercredi
à toutes et à tous. Prenons quelques instants pour nous recueillir.
Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.
Mmes, MM. les députés, j'ai le plaisir de
souligner la présence dans les tribunes du président du Parlement du Royaume de
Suède, Son Excellence M. Andreas Norlén.
Et j'ajoute
que le président est accompagné de l'ambassadeur du Royaume de Suède, Son
Excellence M. Urban Ahlin, et des membres de sa délégation.
Je souligne également la présence dans les
tribunes de M. Sylvain Pagé, ancien député de Labelle.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, Mme la
ministre des Affaires municipales et de l'Habitation.
Mme Laforest : Oui, merci, M. le Président. Je dépose l'Entente
concernant la mise en oeuvre de la Convention de la Baie James et du
Nord québécois en matière de logement au Nunavik 2022‑2023. Merci, M. le
Président.
Le Président : Merci. Ce document
est déposé. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui,
M. le Président, je dépose les réponses du gouvernement aux questions inscrites
au feuilleton le 5 avril 2022 par le député de Pontiac et le
26 avril 2022 par le député de Rimouski. Merci.
Le Président : Merci.
Ces documents sont déposés.
Pour ma part, je dépose le rapport du
Vérificateur général du Québec à l'Assemblée pour l'année 2021‑2022, tome
de mai 2022.
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission des finances
publiques et député de Montmorency.
M. Simard : Oui, M. le Président. C'est avec grand plaisir
que je dépose le rapport de la Commission des finances publiques qui, les 29 et 30 mars, les 6 et
7 avril et 10 mai 2022, a procédé à l'étude détaillée du projet de
loi n° 12, Loi visant
principalement à promouvoir l'achat
québécois et responsable par les organismes publics, à renforcer le régime
d'intégrité des entreprises et à
accroître les pouvoirs de l'Autorité des marchés publics. La Commission a adopté le texte du projet de
loi avec des amendements. Et je remercie tous les membres pour leur précieuse
collaboration.
Le Président : Merci. Ce rapport est
déposé.
Il n'y a pas de dépôt de pétitions.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni
d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
Je vous avise
qu'après la période des questions et réponses orales seront tenus les votes
reportés suivants : le premier, sur
l'adoption du principe du projet de loi n° 28; le second, sur le rapport
de la Commission de la santé et des services sociaux qui a procédé à
l'étude détaillée du projet de loi n° 11.
Nous en sommes maintenant à la période de
questions et de réponses orales, et je cède la parole au député de
Robert-Baldwin.
M. Leitão : Merci, M. le Président. Alors, comme nous l'avons
dit hier et avant aussi, nous allons frapper un mur, au Québec, en ce qui concerne la croissance
économique. Le coût de la vie augmente rapidement et à des niveaux qu'on
n'avait pas soupçonnés, qu'on n'avait pas
vus depuis 30 ou 40 ans. Ça affecte tout le monde, mais pas tout le monde
de la même façon. Les personnes au bas de l'échelle, les personnes à revenu
fixe, les personnes à emploi précaire sont celles qui sont affectées le
plus par cette hausse rapide du coût de la vie.
Et ce n'est
pas tout, M. le Président. Étant donné que l'inflation a maintenant un
caractère structurel, les banques centrales
s'apprêtent à hausser les taux
d'intérêt plus haut et plus rapidement que ce qui était prévu, encore une fois,
il y a à peine trois mois.
Tout ça pour
dire, M. le Président, que l'économie du Québec va ralentir, et va ralentir
massivement dans les mois à venir, ce qui complique davantage la vie aux
Québécois déjà affectés par cette inflation fulgurante.
Donc, M. le Président, qu'est-ce qu'on va faire?
Le Président : M. le ministre des
Finances.
M. Girard (Groulx) : Bien,
merci beaucoup, M. le Président, pour cette question. D'abord, c'est important,
les Québécois, le revenu disponible, la
situation de l'inflation qui, effectivement, est plus élevée que prévu... Puis
je rappelle à tout le monde qu'est-ce
qui se passe, c'est qu'on avait déjà une situation de hausse de l'inflation
plus élevée que prévu suite au rebond
de l'économie synchronisée, et puis là on a eu deux événements, on a eu
Omicron, qui affecte toujours les chaînes
de production, notamment en Chine, et on a eu l'invasion de l'Ukraine par la
Russie. Alors là, on a poussé l'inflation à des niveaux auxquels nous ne
sommes pas habitués.
Alors, le
gouvernement a posé des gestes, d'abord à la mise à jour de novembre, pour une
personne seule, 275 $, pour
toutes les personnes qui gagnent moins de 53 000 $, et puis, au budget,
500 $ pour toutes les personnes qui gagnent moins de 100 000 $. Et ça, ça vient s'ajouter, M. le Président, à tous les efforts qui ont été faits par le gouvernement depuis
que nous sommes au pouvoir, c'est-à-dire près de 3 milliards par année qui
a été remis aux contribuables.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão : M.
le Président, hier, juste hier, aux États-Unis, le président Biden a annoncé
toute une série de mesures pour
combattre la hausse du coût de la vie en disant que cet enjeu-là était l'enjeu
le plus important de sa politique intérieure, la hausse du coût de la vie. Ils le font aux États-Unis. Nous, ici, M.
le Président, on semble dire : On agira plus tard, s'il le faut. Mais il le faut. Et le moment, c'est
maintenant. Ce n'est pas plus tard, c'est maintenant qu'il faut agir, M. le
Président.
Le Président : M. le ministre des
Finances.
M. Girard
(Groulx) : Bien, au risque de me répéter, M. le Président,
puisque, là, vous dites : Il faut agir, mais nous avons déjà agi. Nous
sommes là au niveau du logement, qui est une composante extrêmement importante.
On construit deux fois plus de logements sociaux que le gouvernement précédent.
On a amené un nouveau programme de logement abordable
parce qu'il faut aller plus vite, et c'est ça qu'on veut faire. Donc,
clairement, pour cette composante-là, on est au travail.
Au niveau du
revenu disponible, eh bien, comme le marché de l'emploi est extrêmement serré,
au Québec, bien, les hausses salariales sont plus élevées que
l'inflation, donc le revenu...
Le Président : En terminant.
M. Girard (Groulx) : ...disponible
net continue de croître au Québec.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão : Comme
je l'ai dit au début, M. le Président, la hausse du coût de la vie n'affecte
pas tout le monde de la même façon.
Oui, il y a eu des hausses salariales, en moyenne, mais, pour les personnes les
plus vulnérables, pour les personnes
au bas de l'échelle, pour les personnes à revenu fixe, ces hausses
salariales... il n'y a pas eu de hausse salariale. Pour ces personnes-là, là, il n'y a pas eu de
hausse salariale, M. le Président. Le salaire minimum vient d'augmenter un peu,
mais c'est nettement insuffisant.
Nous avons
besoin d'agir, il faut agir maintenant, et ce n'est pas à coups de 500 $
pour tout le monde qu'on va régler la situation.
Le Président : M. le ministre des
Finances.
M. Girard
(Groulx) : Bien, vous avez raison, M. le Président,
c'est-à-dire qu'en moyenne le revenu disponible croît plus vite, depuis le
début de la pandémie, que l'inflation, mais c'est vrai que les personnes qui
ont un revenu moins élevé sont plus affectées, parce que la proportion, dans
leur panier de consommation, de l'alimentation, de l'essence, des transports, des vêtements, c'est plus élevé.
Alors, c'est précisément pour ça qu'au mois de novembre, le 25 novembre — pas
la semaine prochaine, le
25 novembre dernier — on
est passés par le crédit d'impôt solidarité pour donner 400 $ de plus par
couple ou 275 $ pour une personne seule et on a choisi cette clientèle qui
gagne moins de 53 000 $ pour les aider.
Le Président : Question principale,
Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : M.
le Président, sans contredit, la crise du logement, la surchauffe immobilière,
l'augmentation du coût des matériaux
et la pénurie de main-d'oeuvre sont quelques-uns des facteurs qui contribuent à
faire augmenter le prix des maisons. 24 %, c'est, en moyenne,
l'augmentation du coût des maisons. M. le Président, c'est très préoccupant
pour la nouvelle génération, qui voient leur rêve brisé, d'acquérir une
maison, de devenir propriétaires. Et le principal frein, c'est la mise de fonds. La mise de fonds, sur une
maison de 415 000 $, c'est 83 000 $. C'est de l'argent, ça,
M. le Président.
Pourquoi le
gouvernement de la CAQ reste passif, réplique et répète que le marché va s'autoréguler?
M. le Président, on ne veut pas ressembler au marché de Toronto ou au
marché de Vancouver.
Il y a des
mesures que le gouvernement peut mettre rapidement en place, que ce soient des
mesures temporaires, pour faciliter puis refroidir le marché.
Qu'est-ce que le gouvernement attend?
Le Président : M. le ministre des
Finances.
M. Girard (Groulx) : Bon, merci pour cette
question. Encore une fois, c'est une question extrêmement importante.
L'accès
à la propriété, c'est probablement le principal véhicule d'épargne des
familles. Et, oui, les hausses du prix des maisons, ça a été extrêmement
important durant la pandémie. Il y a deux facteurs : d'abord, le fait que
les banques centrales ont amené les taux
d'intérêt à 0 %, ça a stimulé la demande d'actifs, et il y a le fait qu'on
ne pouvait pas voyager, donc les gens
voulaient des maisons plus grandes pour travailler à la maison. Alors, la
demande a été extrêmement forte, et c'est pour ça qu'on travaille sur
l'offre avec les logements sociaux, les logements abordables.
Et, au niveau du
marché privé résidentiel, on s'assure que les premiers acheteurs sont protégés,
on a limité l'endettement, on a resserré les
règles au niveau du courtage immobilier. Et là le gouvernement fédéral a
annoncé une mesure d'accès à la
propriété, et on étudie en détail, pour faire les bons choix, voir si on va
s'harmoniser au niveau de la fiscalité. Mais, comme le soulignait la chaire en fiscalité et finances publiques hier,
les détails, au niveau de la mesure fédérale, ne sont pas complets.
Alors, on poursuit nos analyses.
Président : Première complémentaire, Mme la députée Vaudreuil.
Mme Nichols :
Pendant que le gouvernement analyse, là, il y a des solutions puis il y a
des propositions qu'on fait au gouvernement
de la CAQ. Puis, je le réitère, pourquoi ne pas mettre en place rapidement des
mesures temporaires pour refroidir le marché?
entend le ministre, on comprend que le gouvernement de la CAQ ne se qualifie
même pas dans le débat, parce qu'il n'en a pas, de proposition. Le message de
la CAQ aux Québécois, là, ce qu'on comprend, c'est que la situation actuelle, là, bien, c'est bien normal, ça va bien,
votre gouvernement va rester les bras croisés, tout va se régulariser tout
seul. M. le Président, ce n'est pas sérieux.
Président : M. le ministre des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Bien, parlons-en, des propositions, M. le Président. On m'a
proposé de mettre une taxe sur les acheteurs
étrangers. Alors, c'est une proposition. Comme toutes les propositions qui sont
faites, elles sont analysées. Et qu'est-ce qu'on constate, M. le
Président? 95 % des acheteurs, 95 % de la demande, c'est des acheteurs
domestiques, puis le 5 % qui reste,
lorsqu'on enlève les acheteurs du reste du Canada, bien, on est autour de
3 % d'acheteurs étrangers, et ce
n'est pas du tout les niveaux qui sont observés à Toronto et en
Colombie-Britannique. Donc, la suggestion qui a été faite a été
analysée, mais ce n'est pas une bonne suggestion, je suis désolé.
Alors,
je rappelle ce qu'on fait : logements sociaux construits deux fois plus
rapidement, programme de logement abordable...
Président : Deuxième complémentaire, Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Bien, c'est dommage parce
que, pendant que le gouvernement analyse, là, bien, les citoyens, eux autres,
paient le prix. M. le Président, c'est troublant. C'est troublant parce qu'il y
a un sondage qui nous disait que 62 % des jeunes âgés de 18 à 34 ans ont mis sur la glace leur projet
d'acheter une propriété en espérant que les prix du marché descendent. Qui va
leur dire que le prix des maisons, il ne va jamais revenir à ce qu'il était
avant? Qui va leur dire que le gouvernement espère que le marché va
s'autoréguler? Qui va leur dire que leur gouvernement n'a rien à leur proposer?
Président : M. le ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) : Bien, M. le Président,
c'est une première en quatre ans, là, on se fait blâmer d'analyser puis de prendre des décisions éclairées, basées sur des
faits. Je veux dire, je suis désolé, là, mais... Je veux bien mettre une taxe
sur les acheteurs étrangers, mais il faudrait que les acheteurs étrangers
soient la source de la hausse du prix des maisons, puis ce n'est pas le
cas.
Alors,
je rappelle ce qu'on fait : logements sociaux, logements abordables,
protection des premiers acheteurs avec... On limite l'endettement, on s'assure
que les courtiers travaillent dans l'intérêt des acheteurs, on étudie la mesure
du fédéral.
oui, le marché a déjà commencé à ralentir, parce que les hausses de taux sont
amorcées, M. le Président. Et, je l'ai mentionné, c'est le fait que les
taux étaient à zéro qui avait stimulé le marché.
Président : Question principale, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Merci, M. le Président. Alors,
cette semaine, lundi et mardi, j'ai poursuivi ma tournée du Québec, aller sur le terrain rencontrer des femmes et des
hommes d'affaires qui sont propriétaires de PME et qui font la lutte à la
pénurie de main-d'oeuvre. Hier soir, en
revenant de Rivière-du-Loup, La Pocatière et Montmagny, j'écoutais la
période des questions, sur le chemin du retour, et ce qui m'a frappé, c'est le
niveau de déconnexion du gouvernement quant à la réalité terrain des
propriétaires de PME qui font face à cette pénurie de main-d'oeuvre et qui,
dans bien des cas, sont réduits à fermer.
Je vais vous donner
des exemples très tangibles. Radio-Canada, 1er février 2022 :
«Drainés par les difficultés causées par la
pénurie de main-d'oeuvre, les artisans derrière l'entreprise Kombucha du
Mont-Ferréol ont dû prendre la décision
de cesser leurs activités.» Radio-Canada, toujours, 30 mars dernier, en
raison d'un problème chronique de recrutement de main-d'oeuvre, Nutrinor
fermera l'usine Boucherie Charcuterie Perron de Saint-Prime.
Pendant ce temps-là,
le premier ministre dit : C'est une bonne nouvelle, la pénurie de
main-d'oeuvre. Pourquoi abandonne-t-il les PME?
Président : M. le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité
sociale.
M. Boulet : Merci, M. le Président.
Je rappellerai à mon collègue que le parti qui nous a précédés au pouvoir a déposé
une stratégie nationale de main-d'oeuvre au mois de mai 2018. Nous avons
présenté un plan d'action sur la main-d'oeuvre
en septembre 2019, après avoir réuni tous les partenaires du marché de
l'emploi, notamment la Fédération canadienne
de l'entreprise indépendante, et on a lancé, le 30 novembre dernier, la plus
vaste offensive, l'Opération main-d'oeuvre,
avec 3,9 milliards de dollars. Il y a des bourses incitatives pour
étudier dans des services publics essentiels, dans des domaines névralgiques de l'économie privée québécoise. Il y a
des programmes de formation, de requalification. Il y a énormément d'accompagnement de PME qui s'effectue sur le terrain
pour les aider à améliorer leur productivité par l'automatisation, la
robotisation, l'intelligence artificielle.
Les PME doivent aussi
améliorer leurs conditions de travail. Ce n'est pas que le salaire, c'est les
mesures de conciliation famille-travail, c'est les avantages sociaux.
Il y a plein de beaux
modèles, au Québec, d'entreprises qui réussissent à se développer malgré la
pénurie de main-d'oeuvre. Merci, M. le Président.
Président : Première complémentaire...
Président : S'il vous plaît! M. le député de LaFontaine, vous êtes le
seul à avoir la parole.
M. Tanguay : M. le Président, vous
savez, en avril dernier, il y a une institution qui a fermé à Plessisville, ça
s'appelait le Café Rétro Pop. Le ministre vient de le dire, les PME, les
propriétaires doivent revoir leurs façons de faire. Bien, le propriétaire, Martin Gosselin, 54 ans, lui,
il travaillait 12 heures par jour : «...et nous avions de la
difficulté à prendre congé. On peut
dire qu'on a vécu de l'épuisement professionnel.» Au moment de sa fermeture, le
restaurant n'avait que huit travailleurs, alors qu'à l'époque il en
avait 70. Ils ont fermé leurs portes. C'est notamment leur fonds de pension, M. le Président.
C'est ça qu'il leur
répond, M. le Président, c'est une bonne chose, ça va bien, puis on en fait en
masse?
Président : M. le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité
sociale.
M. Boulet : Merci, M. le Président.
Le témoignage le plus éloquent de l'efficacité de nos mesures, c'est le taux
d'emploi, au Québec, des 15 à 64 ans.
Il est à 76,2 %, le plus élevé au Canada, 2 % de plus que le Canada,
3 % de plus que l'Ontario.
Depuis les trois dernières années, on a accompagné vers un retour en emploi
300 000 personnes éloignées du marché de l'emploi. C'est des personnes en situation de handicap, issues
des Premières Nations et des bénéficiaires d'aide sociale, des femmes, dans certains secteurs, les
jeunes, les travailleurs expérimentés. On est actifs sur tous les fronts. C'est
un défi de société. Merci, M. le Président.
Président : Deuxième complémentaire...
Le Président :
La parole n'appartient qu'au député de LaFontaine. À vous.
M. Tanguay : Le ministre n'écoute pas.
Je viens de lui parler du témoignage de Martin Gosselin, 54 ans, et de
son épouse, Nancy Fréchette. Il me parle d'un témoignage le plus éloquent,
c'est ce qu'il dit. Non.
vais vous parler du témoignage de Ghislain Porlier. Après 23 ans de mise
en oeuvre, la plomberie va fermer ses portes,
Port-Cartier et Sept-Îles, à cause de la pénurie de main-d'oeuvre. Ça, là, je
vous en ai donné, des témoignages, M. le Président, qui sont les plus
éloquents.
PME du Québec sont abandonnées par le gouvernement caquiste, qui ferme les
yeux. Le premier ministre dit que
c'est une bonne chose. Il y a beaucoup de fonds de pension, des gens qui
cessent leurs activités. Ils doivent répondre aux PME.
Président : M. le ministre de l'Innovation et de l'Économie.
M. Fitzgibbon : M.
le Président, d'entendre le collègue parler de déconnexion sur le terrain,
j'aimerais comparer son agenda avec le mien et celui de ma collègue ministre
déléguée à l'Économie. Sa connexion, c'est comme le gruyère, il va y avoir bien
des trous.
Maintenant,
on a une connexion avec des PME parce que, la création de richesse qui va se
faire, on l'a mentionné hier à la période de questions, il y a 25 % qui va
venir de la main-d'oeuvre. Mon collègue au Travail, Emploi supérieur...
Emploi, je m'excuse, fait un travail extraordinaire avec des programmes qui
n'ont jamais été égalés dans le passé.
deuxièmement, le côté de la productivité, qui est l'élément essentiel aussi
pour permettre aux PME de ne pas dépendre à trop grand escient de la
main-d'oeuvre, on a un programme, l'Offensive de transformation numérique...
Le Président :
En terminant.
M. Fitzgibbon :
...productivité et innovation, qui fonctionne très bien, au Québec,
présentement.
Président : Question principale, M. le chef du troisième groupe
d'opposition.
M. Arseneau : Merci, M. le Président.
Ce matin, la Vérificatrice générale a déposé un rapport dévastateur sur la
gestion gouvernementale à plusieurs égards. Pour ce qui est du début de la
pandémie, elle confirme que le ministère de
la Santé n'a commencé à se constituer un inventaire d'équipement de protection
individuelle qu'en mars 2020, alors que, par exemple, l'Alberta avait commencé ses achats massifs dès le mois de
décembre 2019. Le gouvernement du Québec a dormi au gaz pendant que les autres s'organisaient, avec pour résultat
qu'on a payé des équipements à des prix complètement déraisonnables, ce
qui a entraîné une perte de près de 1 milliard de dollars pour le Trésor
québécois.
Comment le premier
ministre peut-il expliquer la réaction si tardive du gouvernement du Québec?
Et, pour un gouvernement qui disait vouloir
remettre de l'argent dans le portefeuille des Québécois, comment peut-il
expliquer aux Québécois, aujourd'hui,
que c'est plutôt 1 milliard de dollars qu'on va piger dans leurs poches
pour compenser la réaction tardive et l'inaction du gouvernement à cet
égard?
Président : M. le premier ministre.
M. Legault :
Bien, M. le Président, on peut bien essayer de refaire l'histoire, la
réalité, c'est qu'en mars 2020 il y avait
une course mondiale pour des équipements de protection, que ce soient des
masques, des blouses, etc. Vous ne pouvez pas vous imaginer, avec
Chrystia Freeland, au fédéral, comment on a travaillé fort. Entre autres, pour
avoir des masques de Chine, il y avait des modes de paiement qui étaient assez
particuliers.
le Président, depuis ce temps-là, on s'est ajustés, comme à peu près partout.
On a commencé à passer des commandes. On est maintenant beaucoup moins
dépendants de l'étranger, il y a des équipements de protection qui se fabriquent ici. La semaine dernière, on a même
annoncé que Moderna va fabriquer des vaccins ici pour tout le Canada.
On a donc conclu des ententes avec des fournisseurs québécois. Mais, M. le
Président, de vouloir refaire l'histoire puis de dire qu'on aurait dû
avant acheter des masques, c'est un peu facile.
Président : Première complémentaire, M. le chef du troisième groupe
d'opposition.
M. Arseneau : En fait, l'histoire, elle
est appuyée par les faits et elle est démontrée par la Vérificatric générale.
Le résultat, c'est qu'on a perdu
1 milliard de dollars, 1 milliard de dollars qu'on aurait pu investir
notamment dans les soins à domicile
pour les personnes âgées, parce qu'un autre volet du rapport de la VG, c'est
essentiellement que 60 % des aînés reçoivent moins de 5 % des
services auxquels ils sont en droit de s'attendre.
Est-ce que le gouvernement peut
admettre son échec et enfin prendre le virage nécessaire en soins à domicile
pour les aînés? Puis où va-t-il trouver le milliard qu'il a perdu, là,
avec sa réaction tardive?
Président : M. le premier ministre.
M. Legault : Bien, M. le Président, on
l'a déjà dit, puis je prends ma part de responsabilité, quand est arrivée la
pandémie, au mois de mars 2020, on manquait
déjà, depuis plusieurs années, d'employés. Il y avait eu, malheureusement,
par le gouvernement précédent des mises à
pied, entre autres, des personnes qui étaient responsables, justement, de
s'assurer d'avoir des équipements de protection dans chaque CHSLD. Mais, M. le
Président, je pense que, depuis ce temps-là, on s'est ajustés. La preuve, quand on regarde la surmortalité, depuis deux
ans, bien, on a mieux fait que l'Ontario, mieux fait qu'à peu près tous les pays dans le monde. Donc,
je pense qu'on s'est rattrapés. Puis, au total, bien, avec les informations
qu'on avait, on a fait le mieux qu'on pouvait.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry Mélançon : Autre
constat accablant dans le rapport de la Vérificatrice générale quant aux
pratiques de gouvernance du CISSS de la Gaspésie, on y évoque des processus
d'embauche qui manquent de rigueur, des enjeux de climat de travail, des
gestions de contrat de service aussi qui manquent de rigueur et la gestion
inadéquate des renseignements confidentiels.
Aujourd'hui,
M. le Président, je demande au ministre de la Santé de mettre le CISSS de la
Gaspésie sous tutelle. Va-t-il le faire?
Président : M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Oui, je suis très content, M. le
Président, d'avoir cette question-là ce matin, parce qu'effectivement, là,
j'ai pris connaissance rapidement du rapport
de la VG, là, qui a été publié ce matin. Particulièrement sur la question de la
Gaspésie, je pense qu'on va être très, très
transparents. Pour rassurer la députée, je pense qu'elle est peut-être déjà au
courant, on espère que le nouveau
P.D.G. va tenir compte de nos recommandations, parce qu'il y avait
effectivement des choses qui n'étaient
pas à notre goût, puis on a pris des décisions importantes, comme il le fallait.
Je pense que les éléments qui ont été
soulevés par la VG méritent une attention particulière dans les prochaines
semaines, mais il y a déjà un changement de P.D.G. qui a été opéré.
Alors, on est là, M. le Président.
Président : Question principale, M. le chef du deuxième groupe
d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Je vais vous faire une
confidence ce matin, M. le Président : je m'ennuie un peu de l'époque
où la CAQ et Québec solidaire, on faisait
front commun contre le gaspillage dans les sociétés d'État. Bien sûr, on
n'était pas d'accord sur tout à l'époque, on n'est pas d'accord sur tout
aujourd'hui, mais là-dessus, à l'époque, on s'entendait.
2015, le premier ministre se scandalisait, je le cite, là, «des bonis sur le
dos des contribuables qui ont eu des augmentations
de tarifs». Le ministre actuel des Transports a même déposé une motion
conjointement avec qui? Amir Khadir, oui,
oui, pour dénoncer les bonis versés aux dirigeants d'Hydro-Québec. À l'époque,
le P.D.G. d'Hydro avait touché un boni
de 90 000 $, la CAQ déchirait sa chemise. L'actuel P.D.G. d'Hydro
vient de recevoir un boni de 270 000 $, et tout d'un coup,
maintenant, ils sont au pouvoir, alors c'est bien correct comme ça.
M. le Président, moi,
je pense que les Québécois et les Québécoises en ont assez. Puis nous, on les a
entendus. Donc, cet après-midi, Québec
solidaire va déposer des amendements au projet de loi n° 4,
sur lequel travaille le ministre des
Finances, pour mettre fin, enfin, au party des bonis, à la surenchère des bonis
dans les sociétés d'État. C'est un gaspillage indécent de fonds publics.
Moi,
je veux savoir ça va être quoi, la position de la CAQ. Je veux savoir c'est
quoi, la vraie position du premier ministre.
Est-ce qu'il veut,
oui ou non, casser le party des bonis dans les sociétés d'État au Québec?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : M. le Président,
c'est facile de dire que, dans certaines sociétés d'État, la rémunération est
trop élevée. Je l'ai déjà dit, je
suis certain qu'il y a des membres de Québec solidaire qui trouvent que
129 000 $ par année, que gagne le chef de Québec solidaire...
comment peut-il représenter les pauvres?
Maintenant,
la rémunération, M. le Président, au total, doit être compétitive avec
l'entreprise privée. C'est vrai que, quand
on regarde la rémunération qui se donne aux hauts dirigeants dans les
entreprises privées, en particulier dans les grandes entreprises
américaines, c'est, selon moi, exagéré.
Maintenant,
doit-il y avoir, dans la rémunération, une part de bonis? Dans certains cas,
c'est une bonne chose, d'avoir des
bonis, quand on met au défi, là, de mesurer la performance d'un haut dirigeant
puis qu'il y a une
partie de la rémunération où on peut être payé en
fonction de la performance.
Par contre,
comme je l'ai déjà dit, je souhaite qu'on réduise le nombre de personnes, dans
les sociétés d'État, qui reçoivent des bonis. On ne peut pas faire ça du jour
au lendemain, parce que, quand ces personnes-là ont été embauchées, on a signé des contrats de travail, puis il faut
respecter... Je sais que Québec solidaire nous dit : Bien, les contrats,
on peut les déchirer, ce n'est pas
bien grave, ça. Écoutez, on n'est pas une république de bananes, là. Quand on
signe un contrat avec un dirigeant, il faut attendre qu'il vienne à
échéance pour pouvoir le renouveler.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Ça
fait trois fois que le premier ministre fait ça. Il ne sait pas quoi dire, il
est coincé dans ses contradictions, dans ses contradictions, et donc il
m'attaque sur mon salaire. Je pourrais contre-attaquer, je pourrais lui parler de ses actifs, mais ça ne m'intéresse
pas. Moi, ce qui m'intéresse, c'est le fait que, pendant que les gens subissent
la pire inflation en 30 ans, il y a des grands patrons de sociétés d'État
qui s'en mettent plein les poches.
La réponse
que vient de faire le premier ministre, là, c'était confus, personne n'a rien
compris. Il peut-u nous dire dans quelles sociétés d'État c'est correct,
les bonis, puis dans quelles ce n'est pas correct?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : Bien, M. le
Président, tantôt le chef de Québec solidaire parlait de la présidente
d'Hydro-Québec. Écoutez, là, on est chanceux,
au Québec, d'avoir Sophie Brochu comme présidente d'Hydro-Québec. Ça m'a pris
des années avant de la convaincre
d'accepter ce nouveau défi. Puis, vous savez, Sophie Brochu pourrait gagner
beaucoup plus dans des entreprises
privées. On est chanceux d'avoir une femme compétente comme Sophie Brochu à la
tête d'Hydro-Québec. Puis je ne
comprends pas que Québec solidaire puis les gens qui sont supposément, là,
d'accord pour avoir de la compétence, bien, critiquent le salaire puis
la rémunération de Sophie Brochu.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : M.
le Président, des primes de rendement, là, des bonis, là, il n'y en a pas à la
SQDC. Puis savez-vous quoi? Cette société d'État là fait de très bons
résultats. Ça fait que ça, c'est la preuve qu'il n'y a pas juste l'argent qui achète le talent. Il y a des gens, au
Québec, qui ont envie de se mettre au service de l'État québécois puis qui
n'ont pas envie de se remplir les poches.
Je demande au
premier ministre : Est-ce qu'il va demander à son ministre des Finances
d'étudier les amendements que Québec solidaire va déposer cet après-midi
sur son projet de
loi sur les sociétés d'État?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : Bien,
M. le Président, Québec solidaire dit : Il n'y a pas juste l'argent, dans
la vie. Et, on se rappelle, quand on
a commencé à négocier avec les enseignantes, avec les préposées, avec les
éducatrices en garderie, Québec solidaire n'était pas d'accord pour qu'on leur
donne 18 % d'augmentation, alors qu'on offrait 6 % aux autres. Ils
voulaient qu'on offre la même chose à
tout le monde. M. le Président, je m'excuse de dire à Québec solidaire, là,
qu'on est encore dans un système capitaliste, puis, dans les incitatifs,
l'argent, oui, ça fait
partie de la valorisation.
Le Président : Question principale,
M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo : M. le Président, hier
après-midi, après la période des questions, j'ai appelé Sonia et Josée,
résidentes des habitations Place
Saint-Martin, chez nous, à Laval-des-Rapides, pour partager avec eux un moment pour
leur exprimer ma solidarité face à l'angoisse, face à l'anxiété qu'elles
vivent depuis lundi après-midi.
Place
Saint-Martin, là, ce n'est pas un quartier sud de Chicago, c'est à
Laval-des-Rapides, c'est à distance de marche du métro Montmorency. C'est juste de l'autre côté du parc Chopin où, au
centre communautaire, les clubs d'âge d'or se réunissent à chaque semaine. C'est juste de l'autre côté de l'école
Simon-Vanier, où des jeunes terminent l'école à 3 heures de
l'après-midi pour marcher pour retourner chez eux.
Place
Saint-Martin, c'est où il y a eu une fusillade qui visait un jeune de
15 ans, où 10 coups de feu ont été tirés en plein milieu de
l'après-midi.
Les gens de
Laval, Laval-des-Rapides, les gens de la Place Saint-Martin sont inquiets. Qu'est-ce
que compte faire la ministre pour les sécuriser dans les moments qu'on
vit actuellement à Laval?
Le Président : Mme la ministre de la
Sécurité publique.
Mme Guilbault : Oui, merci, M. le Président. Puis merci au collègue de Laval-des-Rapides
d'amener le sujet, parce qu'effectivement c'est inquiétant, ce qui se
passe à Laval, à Montréal.
On le sait, depuis à peu près un an il y a une
flambée des événements liés à la violence par arme à feu dans le Grand Montréal et un petit peu plus ardemment,
dernièrement, dans la région de Laval. M. le Président, l'an dernier, j'ai
annoncé, le 24 septembre, l'opération
CENTAURE. L'opération CENTAURE, c'est une stratégie nationale de prévention
de la criminalité, de répression de la
criminalité, de répression de la violence armée qui se déroule à la grandeur du
Québec et plus précisément, bien sûr,
dans le Grand Montréal et dans les régions environnantes, notamment à Laval et
à Longueuil. C'est une stratégie de
répression policière qui regroupe tous les corps de police du Québec, avec
comme coordonnateur la Sûreté du Québec, de près avec le Service de
police de la ville de Montréal. Le Service de police de Laval, et le Service de police de Longueuil, fait aussi
partie intégrante,
avec un rôle important dans cette stratégie, de même que tous nos corps
de police autochtones. C'est une première, au Québec, d'avoir inclus les corps
de police autochtones, les 22, dans cette stratégie nationale.
La stratégie
CENTAURE porte ses fruits. Il y a deux semaines, j'avais un briefing de suivi
avec tous les corps de police, notamment le directeur de Laval, qui me
dit qu'ils sont très, très actifs sur le terrain.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo : M.
le Président, la bibliothèque Philippe-Panneton, c'est à Laval-Ouest, dans la
circonscription de Fabre, c'est à
distance, à peu près, de cinq minutes de mon domicile. Mon garçon de
13 ans pourrait prendre la bicyclette puis aller à la bibliothèque Philippe-Panneton. C'est là où
un jeune, à la fin de l'année dernière, a dû se réfugier d'attaque à arme à feu
pour se protéger. C'est des bibliothèques comme on en a tous dans nos
quartiers.
Qu'est-ce que fait la ministre pour annoncer
encore plus de ressources en prévention à la criminalité?
Le Président : Mme la ministre de la
Sécurité publique.
Mme Guilbault : Toujours sur CENTAURE, près de 100 millions qui ont été annoncés
comme enveloppe assortie à cette
stratégie nationale de répression de la criminalité. Et là-dedans on finançait
notamment cinq ressources pour le service de police de la ville de Laval. Et, dans la rencontre que j'ai eue
dernièrement avec M. Brochet, le directeur, qui est aussi président de l'Association des directeurs de
police du Québec, il me confirmait que les embauches sont en train de se faire,
il y a des questions de dotation.
Donc, cinq
ressources qu'on finance, au gouvernement, au Service de police de Laval, cinq
ressources à Longueuil et plusieurs ressources à Montréal. Au dernier
budget, on avait plus de 4 millions pour le Service de police de la ville de Montréal, pour encore ajouter de l'argent, des
investissements, des ressources. Et on a annoncé, le 3 décembre dernier...
le 5 décembre, c'est-à-dire,
52 millions d'argent neuf en prévention de la criminalité. J'élaborerai
là-dessus dans ma troisième réponse.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo : Thomas Trudel, Meriem
Boundaoui, Hani Ouahdi, Jannai Dopwell, est-ce qu'on les a déjà oubliés, M. le Président? La ministre parle d'argent. Son
ministre responsable de la région de Laval vient d'annoncer 50 000 $ pour
un organisme pour faire de la prévention, pour une population de 500 000, à
Laval. 500 000, alors qu'il vient d'annoncer 50 000 $. C'est nettement insuffisant. La prévention, c'est la clé.
Les organismes communautaires autonomes, c'est des partenaires...
Le Président : Mme la ministre de la
Sécurité publique.
Mme Guilbault : Oui. Donc, M. le Président, 52 millions d'argent neuf que j'ai
annoncé, le 5 décembre dernier, avec
ma collègue ministre responsable de la Métropole. Et là-dedans il y a un 20
millions pour un tout nouveau programme de financement à la mission des organismes. Je me suis rendue
régulièrement, avec ma collègue ministre de la Métropole, à Montréal, à Laval, à Longueuil pour rencontrer les
intervenants, les gens qui font le travail dans les rues, les gens qui président les tables de quartier, les gens qui
s'occupent de nos jeunes, et je leur ai demandé : Qu'est-ce qu'on peut
faire pour plus et mieux vous aider? La réponse, c'est du financement à
la mission. Les organismes sont tannés d'avoir du financement par projets, qui amène de la discontinuité potentielle dans
les services, des problèmes d'embauche, et tout ça.
Alors,
20 millions pour du financement à la mission. Les appels de projets sont
en train de se faire. Alors, on va enfin pouvoir financer les organismes
correctement, notamment ceux de Laval. On peut penser à SAJ, qui fait un
travail extraordinaire dans la région de Laval.
Président : Question principale, M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Merci, M. le Président. Juste ce matin dans les journaux, on apprend que
l'itinérance apparaît à Mont-Laurier, à cause de la crise du logement. Des
personnes aînées se font mettre à la rue dans l'arrondissement Saint-Laurent. Des locataires de Sherbrooke vivent
dans des conditions de vie inhumaines. Des propriétaires vident des immeubles, à Rosemont—La Petite-Patrie, pour faire fonctionner des
Airbnb illégaux. Il y a une forte détérioration de l'accès à la
propriété dans le Grand Montréal.
semaine dernière, le premier ministre du Québec a reconnu le droit au logement.
Il a même dit qu'il n'y a rien de
plus important que d'avoir un logement. Or, depuis quatre ans, là, rien n'est
moins important, à la CAQ, que la crise du logement historique qui sévit
partout au Québec.
Est-ce
que la ministre de l'Habitation va-t-elle reconnaître que le droit au logement
n'est pas respecté et que les mesures que le gouvernement de la CAQ a
mises en place n'ont aucune incidence sur la crise du logement?
Président : Mme la ministre des Affaires municipales et de
l'Habitation.
Mme Laforest : Oui. Merci, M. le
Président. Ça va me permettre de démontrer tout ce qu'on a fait depuis trois
ans et demi en habitation. Alors, merci pour la question. Je suis quand
même très, très fière.
On a rehaussé le
programme AccèsLogis à la hauteur de 977 millions. On a fait lever tous
les projets qui étaient bloqués depuis 10 ans. On a revu complètement le
ministère de l'Habitation.
Qu'est-ce qu'on a
fait également, on a lancé le Programme d'habitation abordable. Je tiens à
mentionner à mon collègue le Programme
d'habitation abordable, qui a été terminé vendredi passé. Les oppositions ne
croyaient pas en ce programme-là, M. le Président. On a eu
102 projets déposés en un mois et demi, M. le Président.
Donc,
on met tous les moyens, on prend tous les moyens. L'allocation au logement, on
l'a rehaussée. Le Programme de
supplément au loyer, on l'a rehaussé également. On a même travaillé des mesures
avec mon collègue du Travail pour les
familles monoparentales, pour payer moins cher le logement. On donne toute la
possibilité aux offices d'habitation de monter leurs projets
elles-mêmes.
Alors,
moi, je travaille avec les municipalités. Les municipalités peuvent même,
maintenant, déployer des projets grâce au projet de loi
n° 49, qu'on a adopté ensemble, d'ailleurs.
Alors,
l'habitation sera toujours une priorité. Puis, également, je suis à tous les
endroits que vous avez mentionnés.
Président : Première complémentaire, Mme la leader du deuxième groupe
d'opposition.
Mme Labrie : Bien, ce n'est pas assez.
Non seulement la CAQ n'est pas capable de se déniaiser pour protéger nos
OBNL des ventes au privé, mais, en plus, ils ne financent pas les OMH pour...
Président : Je comprends. Je vais vous demander d'être prudents,
cependant, dans les termes à utiliser. Vous
les savez. Non, mais c'est des... On décline des termes... Vous le savez fort
bien. Je n'ai pas besoin d'aller plus loin que ça. Soyez prudents dans les termes à être utilisés pour continuer
cette période de questions de bonne façon. Je vous permets de continuer.
Mme Labrie : Ils ne financent pas
assez les OMH pour l'entretien des logements sociaux, en pleine crise du
logement. Avec 1 300 ménages sur la liste d'attente pour un
logement social à Sherbrooke, savez-vous combien il y a de logements sociaux vacants? Une
centaine, une centaine de logements sociaux vides, parce que l'OMH de
Sherbrooke ne fournit pas, avec six employés seulement, pour les rénover.
On a besoin d'aide
d'urgence. Est-ce que la ministre va nous aider?
Président : Mme la ministre des Affaires municipales et de
l'Habitation.
Mme Laforest : Oui. Moi, je vais y aller
calmement pour ma réponse, parce que, Sherbrooke, on travaille bien avec
l'office d'habitation. On a, depuis le
1er octobre, 191 logements livrés. En chantier, on en a 62. Alors,
financé par l'ICRL-1, ICRL-2, on a tout pris les projets qui étaient
déposés à Sherbrooke.
Maintenant, quand vous dites : Les offices
d'habitation n'ont pas les moyens, M. le Président, ça me fait plaisir de vous
le dire, on vient d'investir 150 millions pour ajuster les coûts des
matériaux de construction dans tous les projets des offices d'habitation. D'ailleurs, les offices d'habitation, ils n'ont
jamais eu la possibilité de signer des baux à l'avance pour réserver des
logements. C'est fait depuis des mois,
on leur permet de réserver des logements. Et, oui, les locataires seront bien
logés, le 1er juillet.
Président : Deuxième complémentaire, Mme la leader du deuxième groupe
d'opposition.
Mme Labrie : Ce que la ministre fait,
ça ne suffit pas. À Sherbrooke, il y a déjà une trentaine de ménages à risque
d'être à la rue au 1er juillet, et ça,
c'était avant l'annonce de l'éviction de l'hôtel Albert. Des logements, il en
manque, et, pendant ce temps-là, on a
une centaine de logements sociaux vacants, à Sherbrooke, parce qu'on n'est pas
capables de les entretenir, ils ne
financent pas assez l'entretien. Moi, je refuse d'accepter ça. Six personnes
pour entretenir 1 700 logements,
pensez-vous que c'est raisonnable? Ils ne
sont même pas capables d'avoir un électricien ou un plombier dans leur équipe
avec le montant qu'ils reçoivent en financement. Ça ne se peut pas. Ça ne peut
pas marcher.
a besoin d'aide d'urgence puis on a besoin de rehausser le financement de la
masse salariale aussi pour l'entretien.
Président : Mme la ministre des Affaires municipales et de
l'Habitation.
Mme Laforest : M. le Président, c'est
incroyable, d'entendre ça, parce qu'on a une situation particulière que je
donne, par exemple, avec un OBNL à
Sherbrooke. Qu'est-ce qu'on a fait, comme gouvernement? On prend des mesures.
Puis, oui, j'ai des intentions législatives
pour régler cette situation-là, parce que, des ventes d'OBNL, comme vous m'avez
parlé, à Sherbrooke, il faut agir, puis on agit très, très rapidement.
Quand
on parle de Sherbrooke, M. le Président, tous les projets qui ont été déposés
dans le Programme d'habitation abordable
Québec, de Sherbrooke, sont en analyse présentement, et, d'ici une semaine, on
va pouvoir dire combien vous avez de projets, à Sherbrooke.
Alors,
au niveau de l'habitation, il y a un équilibre entre les locataires, les
propriétaires, entre le privé, le public. On travaille tous ensemble, M. le Président. Et, honnêtement, on va avoir
financé 15 000 logements qu'on a dit... également.
Le Président :
Question principale, M. le député de Marquette.
M. Ciccone : Merci, M. le Président. Le comité mis en place par le premier ministre
pour le développement du hockey a finalement déposé son rapport. Lors de sa
création, j'ai été un des premiers à reconnaître qu'il était formé de gens
très compétents, des gens de qualité qui
connaissent leur hockey, dont plusieurs d'entre eux étant des experts. Ils ont
accouché d'un rapport étoffé de 190 pistes de solution, dont
plusieurs audacieuses.
la suite de la présentation du rapport, la ministre déléguée à l'Éducation a
affirmé, et je la cite, l'accueillir avec beaucoup d'enthousiasme en plus de
s'engager à y donner suite rapidement. Fin de la citation. Le premier ministre,
lui, a pris l'engagement de réaliser toutes les recommandations du comité et de
ne pas le laisser sur une tablette.
des recommandations-phares du rapport est d'installer des patinoires couvertes
et réfrigérées, si nécessaire, dans tous les villages et villes du
Québec.
Si c'est ça, sa
promesse, est-ce qu'il peut nous donner un échéancier? Et quand est-ce que ça
va arriver? Merci.
Président : Mme la ministre déléguée à l'Éducation.
Mme Charest : Oui,
merci, M. le Président. Bien, merci au député de Marquette pour la question. Ça
me permet, à mon tour, de remercier
le travail colossal que le comité d'experts a produit dans un très court laps
de temps. Mais évidemment ils ont mis à contribution toute leur expérience, toute leur expertise,
tout leur savoir. Alors, merci particulièrement au président, Marc
Denis, qui a fait un travail hors pair, avec une rigueur qu'on lui connaît.
Maintenant,
effectivement, il y a plein de choses intéressantes, dans ce rapport, plein de
choses concernant aussi le changement de culture au hockey, je pense, un
chantier sur lequel je travaille depuis que je suis en place pour tous
les sports, mais particulièrement au hockey.
Maintenant, nous analysons les recommandations. Puis une chose qu'il est
important de dire aussi, parce qu'on a entendu certains arguments qui
disaient : Il y a du hockey, mais il n'y a pas juste le hockey, je pense que l'outil que le comité nous a donné,
avec le rapport, va servir aussi à tous les sports. Et, je peux rassurer tous
les fervents amateurs des autres sports, on
travaille pour faire en sorte que le sport se développe, qu'on ait des moyens,
et évidemment ça passe par des infrastructures aussi. Alors, on est au
travail d'analyse et on va continuer le travail.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Marquette.
M. Ciccone : Pour moi, par déformation professionnelle, j'en conviens, M. le
Président, le hockey, c'est le plus beau
sport au monde. Cependant, la ministre vient d'en parler, on ne peut pas penser
seulement qu'au hockey. Le but, c'est de
faire bouger les jeunes et de les faire découvrir un maximum de sports. Nos
jeunes ne bougent pas assez, ils ne font pas assez... ils ne sont pas
assez initiés... il ne faut pas seulement les initier au hockey.
Est-ce que la
ministre peut s'engager à faire le même exercice qu'elle a fait pour le hockey
pour les autres sports, comme le soccer, la natation, le baseball, et
tout le reste?
Le Président : Mme la ministre
déléguée à l'Éducation.
Mme Charest : Oui. Bien,
comment argumenter la question? C'est exactement ce que j'ai dit dans la
première réponse. Effectivement, depuis que je suis en poste... Puis on peut
argumenter sur quel est le plus beau sport.
Bon, donc,
depuis que je suis en place, pour moi, la notion la plus importante, c'est de
donner des opportunités, donner de l'accessibilité. Un programme dont je
suis particulièrement fière, c'est le programme de parascolaire, donc donner l'occasion à tous les jeunes du secondaire de
pouvoir faire des activités sportives, de pouvoir faire aussi des activités
culturelles.
Donc, je suis
tout à fait dans la même lignée de pensée que le député de Marquette, il faut
donner des opportunités, et je vais continuer le travail dans ce
sens-là.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Marquette.
M. Ciccone : Soccer Québec a dit : «Notre ennemi principal commun à tous, c'est
la sédentarité de nos jeunes, ce n'est pas le manque de Québécois ou
Québécoises dans les ligues professionnelles.»
«...certains questionnements nous amènent à
inviter la communauté sportive de Québec à éviter le piège de la division.» Fin
de la citation.
Une chose qui
est claire, le développement du hockey ne devrait pas se faire au détriment des
autres sports. Est-ce que la ministre
peut s'engager à mettre autant d'ardeur dans le développement des infrastructures
des autres sports? Nous voulons un engagement fort. Merci.
Le Président : Mme la ministre
déléguée à l'Éducation.
Mme Charest : Oui.
Bien, merci, M. le Président. Évidemment, je vais répéter ce que je dis, là, je
comprends que les questions sont écrites d'avance, mais on a investi...
Mme Charest : ...on a investi
plus de 800 millions de dollars...
Le Président : S'il vous plaît! Vous
attendez la réponse. Mme la ministre déléguée à l'Éducation.
Le Président : Je vous
demande... M. le député de LaFontaine, je suis très attentif à tout.
Mme la ministre déléguée à l'Éducation,
poursuivez sur votre réponse.
Mme Charest :
Alors, je continue ma réponse. On a investi plus de 800 millions en
infrastructures parce qu'on sait à quel
point c'est important pour donner accès, justement, aux jeunes à des
infrastructures sécuritaires de qualité pour pouvoir se développer, faire des sports, des infrastructures multiples.
On a investi dans des sentiers de plein air parce qu'on sait que le
plein air aussi, c'est une bonne façon de faire bouger les jeunes.
Alors,
je pense que le travail se fait de façon rigoureuse. On continue de le faire
parce que c'est mon objectif, de faire bouger toute la population.
Président : Question principale, M. le leader de l'opposition
officielle.
M. Fortin : M. le Président, ce matin, dans un revirement totalement
inattendu, le ministre des Transports fait exactement ce qu'il reprochait aux
ingénieurs la semaine dernière. Jeudi dernier, les ingénieurs du gouvernement
ont publiquement évoqué des enjeux de sécurité
avec le pont de Québec et le pont Pierre-Laporte, ils ont indiqué que des
travaux étaient nécessaires
rapidement, travaux qui ne pourraient pas se faire si la grève des ingénieurs
se poursuivait. Le ministre a pratiquement déchiré sa chemise, il a dit que
c'était complètement faux, il les a traités d'irresponsables.
matin, il utilise exactement la même tactique. Son ministère dit qu'il ne peut
pas garantir la sécurité de 56 infrastructures au Québec si les
ingénieurs ne reviennent pas au travail. Il parle du pont Laviolette, du pont
Mercier, du tunnel Ville-Marie, du pont
Pie-IX, de l'échangeur Saint-Pierre et, tenez-vous bien, M. le Président, du
pont Pierre-Laporte.
Franchement,
est-ce qu'il peut s'asseoir de bonne foi avec les ingénieurs, trouver une
solution à l'impasse, plutôt que de les invectiver puis de dire
exactement la même chose quelques jours plus tard?
Président : M. le ministre des Transports.
M. Bonnardel :
Bien, M. le Président, il n'y a rien de neuf vis-à-vis de la semaine
passée, là. Il y a une entente pour les services essentiels. Et ce que j'ai dit,
la semaine passée, c'est que c'était irresponsable de la part des ingénieurs de soulever le fait que les structures n'étaient
pas sécuritaires. Ce qu'on a demandé aux services essentiels, au tribunal,
c'est que les ingénieurs puissent s'assurer de l'intégrité et de
l'inspection des principales structures au Québec.
pense que l'ancien ministre des Transports, qui a été là à peu près un an, ne
peut pas nier le fait qu'il y a des structures vieillissantes : le pont de l'Île-d'Orléans, le pont
Pierre-Laporte, le pont de Québec, le pont de l'Île-aux-Tourtes, qu'on a dû fermer. Et j'ai même mentionné l'exemple et donné
l'exemple qu'on a dû fermer, suite à un avis, à 24 heures d'avis, le
pont des Piles, à Shawinigan.
Donc,
il va de soi, il va de soi, et l'entente a été signée par ma collègue du
Trésor, que de s'entendre avec les ingénieurs pour qu'ils puissent
assurer l'intégrité des principales structures, se fasse en bonne et due forme.
Président : Première complémentaire, M. le leader de l'opposition
officielle.
M. Fortin : Aïe! l'art de dire une chose et son contraire, M. le Président. La
semaine dernière, le ministre nous disait que c'était irresponsable d'inquiéter la population sur la sécurité de
deux ponts. Aujourd'hui, il fait exactement la même chose sur 56 infrastructures, M. le
Président. Si les ingénieurs étaient irresponsables, lui, il l'est 28 fois
plus aujourd'hui.
Est-ce
qu'il peut, s'il vous plaît, arrêter de jouer à qui va inquiéter le plus la
population, simplement faire le travail et s'entendre avec les
ingénieurs?
Président : M. le ministre des Transports.
M. Bonnardel :
Bien, M. le Président, je ne vais pas négocier sur la place publique. C'est
ma collègue qui va signer cette entente. Je souhaite que les ingénieurs
puissent revenir à la table des négos pour être capable de signer une entente
avec eux.
Maintenant, je le
répète, ce que j'ai dit la semaine passée est vrai, il ne fallait pas, du côté
des ingénieurs, dire que les structures
étaient en danger. Il est important, avec les structures vieillissantes que
nous avons au Québec, de s'assurer de l'inspection et de l'intégrité de
ces structures. C'est pour ça qu'on a demandé au tribunal de statuer sur le
fait qu'il y ait un minimum de services essentiels sur les différentes
structures, et surtout les plus importantes, et surtout les plus
vieillissantes.
Président : Deuxième complémentaire, M. le leader de l'opposition
officielle.
M. Fortin : O.K., je vais mettre le paradoxe sur les enjeux de sécurité de côté deux
secondes, là. Ce que le ministre nous a annoncé ce matin, c'est qu'il y a au
moins 56 projets importants de travaux qui vont être reportés parce qu'il
n'est pas capable de s'entendre avec les
ingénieurs. Partout au Québec, M. le Président, il y a des projets attendus,
des projets importants, des projets indispensables, des projets
souhaités par le milieu qui n'avanceront pas.
Qu'est-ce qu'il attend? Sa job, c'est de régler
avec les ingénieurs puis de faire les travaux.
Le Président : Mme la présidente du
Conseil du trésor.
Mme LeBel : Oui,
merci, M. le Président. Depuis le début de toute cette grande ronde de
négociation, qui implique 550 000 travailleurs
de l'État, le gouvernement a réussi à s'entendre. Donc, on va réussir à
s'entendre avec les ingénieurs.
Maintenant, depuis le début des négociations
avec les ingénieurs, ce qui est mis de l'avant sur la table, c'est la
valorisation de l'expertise, l'attraction et la rétention des ingénieurs
d'expertise de haut niveau, la sécurisation de leur autonomie professionnelle. Il
existe le rapport Gendreau, sept recommandations. Les six premières sont
justement sur l'expertise, l'autonomie. On a
trouvé des solutions. La septième, c'est sur la rémunération. On est aux tables
de négociation. Depuis le dernier mois, j'ai fait trois avancées majeures
dans la direction des ingénieurs. C'est leur tour de parler.
Le Président : Et cela...
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! La période de
questions n'est pas complétée. La période de questions n'est pas complétée, elle
le sera dans un instant. Cela met donc fin à la période de questions et de
réponses orales.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Alors, nous allons passer à la
rubrique de motions sans préavis. En fonction...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Ah!
les votes reportés. Ah! Excusez-moi.
Donc, à la
rubrique des votes reportés, comme annoncé précédemment, le vote reporté sur la
motion de M. le ministre de la Santé
et des Services sociaux proposant que
le principe du projet de loi n° 28, Loi visant à mettre fin à l'état d'urgence sanitaire, soit
adopté.
Que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
La Secrétaire adjointe : M. Legault
(L'Assomption), M. Jolin-Barrette (Borduas), Mme Guilbault
(Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville),
Mme Rouleau (Pointe-aux-Trembles), Mme D'Amours (Mirabel),
M. Girard (Groulx), Mme McCann (Sanguinet), M. Fitzgibbon
(Terrebonne), Mme Roy (Montarville), M. Lemay (Masson), M. Simard
(Montmorency), Mme Lavallée (Repentigny), M. Martel
(Nicolet-Bécancour), M. Roberge (Chambly), Mme LeBel (Champlain), M. Bonnardel (Granby),
M. Lévesque (Chauveau), Mme Lachance (Bellechasse), M. Charette
(Deux-Montagnes), M. Lamontagne (Johnson), M. Carmant
(Taillon), Mme Blais (Prévost), M. Caire (La Peltrie),
M. Lefebvre (Arthabaska), M. Dubé (La Prairie),
Mme Laforest (Chicoutimi), M. Dufour (Abitibi-Est), M. Skeete
(Sainte-Rose), Mme Hébert (Saint-François), Mme Lecours
(Les Plaines), M. Lacombe (Papineau), Mme Proulx (Berthier),
Mme Charest (Brome-Missisquoi), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme Girault (Bertrand), M. Julien
(Charlesbourg), M. Boulet (Trois-Rivières), M. Lafrenière (Vachon),
Mme Proulx (Côte-du-Sud), M. Poulin (Beauce-Sud),
M. Émond (Richelieu), M. Bachand (Richmond), Mme IsaBelle
(Huntingdon), M. Chassin (Saint-Jérôme), Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. Bélanger
(Orford), Mme Picard (Soulanges), Mme Grondin (Argenteuil), M. Caron (Portneuf),
M. Asselin (Vanier-Les Rivières), M. Reid (Beauharnois),
Mme Dansereau (Verchères), M. Lévesque (Chapleau),
Mme Jeannotte (Labelle), M. Tremblay (Dubuc), Mme Blais
(Abitibi-Ouest), M. Campeau (Bourget), Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice), M. Jacques (Mégantic),
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), Mme Boutin (Jean-Talon), M. Girard (Lac-Saint-Jean),
M. Allaire (Maskinongé), Mme Guillemette (Roberval), M. Lemieux
(Saint-Jean), M. Bussière (Gatineau), M. Provençal (Beauce-Nord),
Mme Dorismond (Marie-Victorin).
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Que
les députés contre cette motion veuillent bien se lever.
La Secrétaire adjointe : M. Fortin
(Pontiac), M. Leitão (Robert-Baldwin), Mme Nichols (Vaudreuil),
M. Birnbaum (D'Arcy-McGee),
M. Tanguay (LaFontaine), Mme St-Pierre (Acadie), Mme Weil
(Notre-Dame-de-Grâce), M. Derraji (Nelligan), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Melançon (Verdun),
Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis), Mme Ménard (Laporte), Mme Charbonneau
(Mille-Îles), Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé), M. Kelley
(Jacques-Cartier), M. Benjamin
(Viau), Mme Sauvé
(Fabre), M. Polo
(Laval-des-Rapides), M. Arcand (Mont-Royal—Outremont), M. Ciccone (Marquette), Mme Rizqy (Saint-Laurent).
M. Nadeau-Dubois
(Gouin), Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), Mme Ghazal (Mercier),
M. Zanetti (Jean-Lesage),
M. Fontecilla (Laurier-Dorion), Mme Dorion (Taschereau),
M. Marissal (Rosemont), M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve).
M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine), M. Ouellet (René-Lévesque), Mme Perry
Mélançon (Gaspé), Mme Hivon (Joliette), M. Gaudreault (Jonquière),
M. Bérubé (Matane-Matapédia).
Mme Montpetit (Maurice-Richard),
M. Ouellette (Chomedey), M. LeBel (Rimouski), M. Roy
(Bonaventure), Mme Samson (Iberville).
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Y
a-t-il des abstentions? M. le secrétaire général.
Le Secrétaire : Pour :
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
La motion est adoptée. En
conséquence, le principe du projet de loi n° 28, Loi visant à mettre fin à l'état d'urgence
sanitaire, est adopté. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Schneeberger : Oui,
Mme la Présidente. Alors, conformément à l'article 243 de notre règlement,
je fais motion afin que le projet de
loi n° 28, Loi visant à mettre
fin à l'état d'urgence sanitaire,
soit déféré à la Commission de la
santé et des services sociaux pour son étude détaillée et que le ministre de la Santé et des Services sociaux soit membre de ladite commission pour la
durée de son mandat.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
Est-ce que cette motion est adoptée?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Adopté.
Alors, nous
allons maintenant procéder au vote reporté sur le rapport de la Commission de la santé et des services sociaux qui a procédé à l'étude détaillée du projet de
loi n° 11, Loi
visant à augmenter l'offre de services de première ligne par les
médecins omnipraticiens et à améliorer la gestion de cette offre.
Que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
Secrétaire adjointe :
M. Jolin-Barrette
(Borduas), Mme Guilbault (Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville), Mme Rouleau (Pointe-aux-Trembles), Mme D'Amours (Mirabel),
M. Girard (Groulx), Mme McCann (Sanguinet), M. Fitzgibbon (Terrebonne), Mme Roy (Montarville),
M. Lemay (Masson), M. Simard (Montmorency), Mme Lavallée (Repentigny), M. Martel (Nicolet-Bécancour),
M. Roberge (Chambly), Mme LeBel (Champlain), M. Bonnardel
(Granby), M. Lévesque (Chauveau), Mme Lachance (Bellechasse),
M. Charette (Deux-Montagnes), M. Lamontagne (Johnson),
M. Carmant (Taillon), Mme Blais (Prévost), M. Caire (La Peltrie),
M. Lefebvre (Arthabaska), M. Dubé (La Prairie), Mme Laforest (Chicoutimi), M. Dufour
(Abitibi-Est), M. Skeete (Sainte-Rose), Mme Hébert (Saint-François),
Mme Lecours (Les Plaines), M. Lacombe (Papineau),
Mme Proulx (Berthier), Mme Charest (Brome-Missisquoi),
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme Girault (Bertrand),
M. Julien (Charlesbourg), M. Boulet (Trois-Rivières),
M. Lafrenière (Vachon), Mme Proulx (Côte-du-Sud),
M. Poulin (Beauce-Sud), M. Émond (Richelieu), M. Bachand
(Richmond), Mme IsaBelle (Huntingdon),
M. Chassin (Saint-Jérôme), Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. Bélanger (Orford),
Mme Picard (Soulanges), Mme Grondin (Argenteuil), M. Caron
(Portneuf), M. Asselin (Vanier-Les Rivières), M. Reid (Beauharnois), Mme Dansereau
(Verchères), M. Lévesque (Chapleau), Mme Jeannotte (Labelle),
M. Tremblay (Dubuc), Mme Blais (Abitibi-Ouest), M. Campeau
(Bourget), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice), M. Jacques
(Mégantic), Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), Mme Boutin
(Jean-Talon), M. Girard (Lac-Saint-Jean), M. Allaire (Maskinongé), Mme Guillemette
(Roberval), M. Lemieux (Saint-Jean), M. Bussière (Gatineau),
M. Provençal (Beauce-Nord), Mme Dorismond (Marie-Victorin).
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Que les députés contre cette
motion veuillent bien se lever... Oui, M. le leader. Pouvez-vous enlever
votre masque? Oui?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Parfait. Alors, vous pouvez continuer. Il faut se
lever.
La Secrétaire adjointe : M. Nadeau-Dubois (Gouin), Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques),
Mme Ghazal (Mercier),
M. Zanetti (Jean-Lesage), M. Fontecilla (Laurier-Dorion),
Mme Dorion (Taschereau), M. Marissal (Rosemont), M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve).
M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine),
M. Ouellet (René-Lévesque), Mme Perry Mélançon (Gaspé),
Mme Hivon (Joliette), M. Gaudreault (Jonquière),
M. Bérubé (Matane-Matapédia).
Mme Montpetit
(Maurice-Richard), M. Ouellette (Chomedey), M. LeBel (Rimouski),
M. Roy (Bonaventure), Mme Samson (Iberville).
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Que les députés contre cette motion veuillent bien
se lever.
La Secrétaire adjointe : M. Fortin (Pontiac), M. Leitão
(Robert-Baldwin), Mme Nichols (Vaudreuil), M. Birnbaum
(D'Arcy-McGee), M. Tanguay (LaFontaine), Mme St-Pierre (Acadie),
Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), M. Derraji (Nelligan), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Melançon (Verdun),
Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis), Mme Ménard (Laporte), Mme Charbonneau
(Mille-Îles), Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé), M. Kelley
(Jacques-Cartier), M. Benjamin
(Viau), Mme Sauvé
(Fabre), M. Polo
(Laval-des-Rapides), M. Arcand (Mont-Royal—Outremont), M. Ciccone (Marquette), Mme Rizqy (Saint-Laurent).
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Y a-t-il des abstentions? M. le
secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 87
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Donc, la motion est adoptée. En conséquence, le
projet de loi de la Commission de la santé et des services sociaux sur le
projet n° 11 est adopté.
Donc, nous allons
passer à la rubrique des motions sans préavis. En fonction de nos règles et de
l'ordre de présentation des motions sans
préavis, je reconnais maintenant un membre du deuxième groupe d'opposition. Mme
la députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques, la parole est à vous.
Mme Massé : Merci, Mme la Présidente.
Je tiens à souligner la présence dans les tribunes des représentants et
représentantes de différents groupes qui interviennent pour les droits des
communautés LGBTQI+, qui sont avec nous.
je demande donc le consentement de cette Assemblée pour débattre de la motion
suivante conjointement avec le ministre de la Justice, la députée de Westmount—Saint-Louis, la députée de Joliette, le député de Chomedey,
la députée de Maurice-Richard, le député de Bonaventure et le député de
Rimouski :
«Que
l'Assemblée nationale souligne la 20e édition de la Journée internationale
contre l'homophobie et la transphobie qui se tiendra le
17 mai 2022, sous le thème Chaque seconde, l'intolérance écourte
des vies ;
«Qu'elle prenne acte
que la campagne vise à sensibiliser le grand public aux impacts de l'homophobie
et de la transphobie sur l'espérance de vie des personnes LGBTQI+;
«Qu'elle
reconnaisse que les personnes LGBTQI+ vivent des violences physiques, psychologiques,
économiques, sexuelles, médicales ou institutionnelles, au Québec comme
ailleurs dans le monde, et que ces violences portent atteinte à leur droit à la
dignité et à la sécurité, en plus de réduire leur espérance de vie;
«Qu'elle rappelle que
la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie est une initiative
de la Fondation Émergence, un organisme du
Québec, et que cette journée est un vecteur de changement dans de nombreux
pays; et
«Que
l'Assemblée nationale demande à l'Organisation des Nations unies ainsi qu'aux
États membres d'instaurer officiellement par résolution le 17 mai comme
Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie.»
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a consentement pour
débattre de cette motion? M. le leader du gouvernement.
M. Schneeberger :
Oui,
alors, il y a consentement pour un débat de deux minutes par intervenant, et
ce, dans l'ordre suivant : la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, le ministre de la Justice, la députée de Westmount—Saint-Louis et la députée de Joliette.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci. Donc, je comprends qu'il y a consentement
pour qu'il y ait quatre intervenants et
que la durée des interventions soit de deux minutes. Et je cède immédiatement
la parole à Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Merci, Mme la Présidente.
Alors, 17 mai, ce n'est pas aujourd'hui, vous allez me dire, vous avez
raison, mais, puisque nous serons en
circonscription, c'était fondamental pour nous de souligner cette journée
internationale. Et aujourd'hui il y a
quelque chose de particulier, c'est que je porte à mon poignet une montre, une
des 12 montres qui existent sur
cette planète qui est une montre qui fonctionne à 54 secondes,
54 secondes, en fait, pour illustrer comment la vie est écourtée chez les
personnes LGBTQI+ en raison des violences qu'elles subissent, une seconde en
moins pour chacune des couleurs du
drapeau de la fierté. Se faire voler une seconde par minute, il me semble que
c'est une image très forte. C'est le symbole qu'a décidé de prendre, pour la
20e édition de la journée, les regroupements... en fait, la Fondation
Émergence.
Depuis
20 ans, cette journée, initiée par la fondation, a permis de sensibiliser
le public, toujours plus grand, ici, au Québec, comme ailleurs à travers le monde, aux violences et aux
discriminations vécues par les personnes des communautés LGBTQI+. Cette journée a évolué à travers le temps
pour inclure les différentes réalités vécues par les personnes de la diversité sexuelle et de genre. On dit :
Homophobie et transphobie. Ça, ça a évolué avec le temps. Mais c'est aussi
l'occasion de parler de lesbophobie, de biphobie, des violences
spécifiques vécues par les personnes racisées de nos communautés LGBTQI+. Si, au Québec, les droits des personnes
LGBTQI+ sont protégés, ce n'est pas encore le cas dans de nombreux pays,
où être gai, lesbienne, trans, bi, queer est fortement réprimé, voire
criminalisé.
Mais,
même ici, la vie des personnes LGBTQI+ reste marquée par des violences
physiques, psychologiques, sexuelles, médicales et institutionnelles qui
réduisent leur espérance de vie. Protéger nos vies et nos droits, ça prend du
courage. Les groupes le font, je les
apprécie, je les remercie. Et, en lançant cette campagne de la montre à
54 secondes, d'ailleurs qu'ils m'ont
offerte ce matin, une des 12 montres, je les remercie, mais c'est, entre
autres, pour que vous, mes collègues de travail, vous vous ruiez pour venir prendre votre photo avec la montre de
54 secondes, d'ailleurs geste qu'a posé le premier ministre il n'y a pas plus tard que 45 minutes, pour
que le 17 mai — et
d'ailleurs la campagne va durer toute l'année — soit le moment où les gens ici, au Québec,
les élus, au Québec, disent au monde entier que six secondes par minute de
volées, à travers la planète, c'est six secondes où on écourte des vies qui ne
devraient pas être écourtées.
Alors,
ensemble, relevons nos manches, venez prendre votre photo avec la montre de
54 secondes. Et je remercie les groupes d'avoir lancé cette idée
géniale de rappeler que nos vies méritent d'être vécues à 100 %. Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Nous poursuivons maintenant avec M. le ministre
de la Justice.
M. Jolin-Barrette : Merci, Mme la Présidente. Je souhaite souligner
la présence dans nos tribunes de membres de la Fondation Émergence, de
l'organisme Diversité 02, d'Alliance Arc-en-ciel de Québec, également, et
de GRIS‑Québec, Mme la Présidente, que j'ai rencontrés tout à l'heure.
Mme la Présidente, le Québec est un chef de file
en matière de lutte contre l'homophobie et la transphobie. En effet, c'est ici même que la journée internationale
dédiée à cette lutte, qui se tiendra le 17 mai prochain, a été célébrée
pour la toute première fois, il y a 20 ans, une initiative de la Fondation
Émergence que nous tenons à souligner. Depuis 2003, le gouvernement du
Québec participe activement à sa promotion.
Nous
réitérons aujourd'hui notre soutien aux communautés LGBTQ qui unissent leurs
forces pour le respect des droits des personnes de minorités sexuelles et de
genre. Nous travaillons sans relâche pour établir des assises juridiques
solides et offrir les ressources nécessaires aux organismes des communautés
LGBTQ. La Journée internationale contre l'homophobie
et la transphobie est l'occasion de mettre en évidence la qualité et
l'efficacité de leur travail afin que l'on puisse vaincre l'homophobie
et la transphobie.
Nous
croyons fermement en un Québec plus inclusif, ouvert, empreint de solidarité et
de bienveillance. C'est en ce sens que nous avons agi dans la dernière année.
Rappelons l'adoption à l'unanimité par l'Assemblée nationale de la Loi visant à protéger
les personnes contre les thérapies de conversion dispensées pour changer leur
orientation sexuelle, leur identité de genre
ou leur expression de genre.
Il était important pour moi que mon premier geste législatif en tant que
ministre de la Justice soit posé en ce sens-là, comme premier projet de loi.
cela nous avons ajouté un plan d'action gouvernemental 2021-2023 qui contient
des mesures pour informer la population,
mieux former les intervenants et les intervenantes du milieu, mais aussi
documenter la situation du Québec et octroyer aux personnes exposées à
ces pratiques la possibilité de faire valoir leurs droits.
Également,
Mme la Présidente, nous sommes présentement à l'étude de certains articles,
dans le cadre du projet de loi n° 2, qui visent justement à mettre en place la
mesure 17 du Plan d'action gouvernemental de lutte contre l'homophobie
et la transphobie pour assurer l'égalité des parents des minorités sexuelles et
de genre dans la loi. Donc, on parle d'une modification
de près de 200 articles dans les différentes lois du Québec. Et ça n'avait
jamais été fait, Mme la Présidente. Et
on vient assurer une assise législative en ce sens-là pour faire en sorte que
les parents issus de minorités sexuelles et de genre retrouvent leur place dans
le corpus, dans nos lois. Et je pense qu'il s'agit d'une initiative qui va
permettre, justement, de faire en sorte que les personnes issues de ces
communautés puissent se retrouver dans un corpus qui est inclusif.
Alors,
Mme la Présidente, aujourd'hui c'est tout le Québec qui est uni derrière les
communautés LGBTQ, et je tiens à
souligner leur travail sans relâche relativement à cette cause, Mme la
Présidente. Alors, un grand merci pour votre dévouement et votre
implication. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Je vous remercie, M. le ministre. Maintenant, nous
poursuivons avec Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, Mme la
Présidente. Imaginez que vous ne puissiez pas être vous-même en toute sécurité, d'aimer qui vous voulez, d'exprimer ce
qui vous rend heureux. Imaginez que vous ayez peur d'aller au travail, d'aller
à l'école ou qu'on vous refuse un logement. Imaginez qu'on vous dit que vous
valez moins que les autres, que vous êtes
dégoûtant, que vous êtes une aberration et que vous devez vous suicider.
Imaginez que tout cela arrive à cause de la personne que vous aimez. Imaginez que cela arrive à vos enfants, à vos
parents, à vos proches, à vos amis, à vos citoyens. Maintenant, imaginez
ce que vous feriez pour changer tout ça.
Aujourd'hui, on prend le temps de parler de
cette journée du 17 mai, la journée internationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie, une journée qui
est synonyme de sensibilisation, de solidarité et de l'espoir, d'espoir pour
ces centaines de Québécois que, par année...
victimes d'horribles actes haineux seulement parce qu'ils sont gais,
lesbiennes, bisexuels, non binaires
ou trans, de solidarité pour les familles et les amis des 4 042 personnes trans assassinées dans le monde
dans les dernières années, et pour les jeunes lesbiennes, gais et bisexuels,
qui sont quatre fois plus susceptibles de faire une tentative de suicide que les jeunes hétérosexuels, de
sensibilisation pour toutes ces personnes qui évitent de s'adresser aux services de santé parce qu'ils ont peur d'être
humiliés et de recevoir des traitements inadéquats, et pour les femmes trans,
qui sont trois fois plus à risque de mourir.
C'est une
réalité qui nous rappelle l'urgence que le gouvernement a d'agir pour rendre
nos institutions plus inclusives pour
l'ensemble de la communauté LGBTQ2 du Québec. Comme députés,
nous avons un devoir de faire mieux, de faire plus, nous avons la
responsabilité d'aller au-delà de la réflexion et de mettre en place des
actions, des lois et des mesures en consultant
avec la communauté, avec la communauté, pour la communauté, des mesures
concrètes pour protéger la communauté LGBTQ2 et de combattre
l'homophobie et la transphobie.
Cette année,
la journée internationale de la lutte contre l'homophobie et la transphobie a
pour thème Chaque seconde, l'intolérance écourte des vies . À travers le
monde, la violence physique, psychologique, sexuelle, médicale et institutionnelle réduit l'espérance de vie des
personnes LGBTQ2. Pour représenter ce temps volé, la Fondation Émergence,
présente avec nous dans les tribunes, a créé une montre de 54 secondes,
une seconde en moins pour chacune des six couleurs du drapeau de la fierté. Lorsque les minutes ont
54 secondes, le temps va plus vite, les années raccourcissent, et les vies
se terminent trop tôt. La campagne attire
l'attention sur les blessures morales et physiques qui résultent de
l'homophobie et de la transphobie,
elle nous porte à réfléchir aux moyens qui s'offrent à nous pour devenir de
meilleurs alliés. C'est pourquoi cette initiative du Québec, jeune de
20 éditions, se voit de plus en plus reconnue mondialement. Bien qu'au
Québec nous faisons et avons fait de
grands pas notamment pour les personnes homosexuelles, trans et non binaires,
il reste du chemin à parcourir.
En mon nom
personnel et au nom de ma formation politique, je veux que les membres de la
communauté LGBTQ2 le sachent, on vous voit, que nous sommes là pour vous et que
nous luttons pour vous afin que nous puissions tous avoir un avenir meilleur, un monde sans l'homophobie et la
transphobie, parce que c'est temps de mettre fin au temps volé. Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée.
Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de Joliette.
Mme Hivon : Merci,
Mme la Présidente. Alors, ce thème est particulièrement percutant : Chaque
seconde, l'intolérance écourte des vies .
Je pense
qu'on a tous été bouleversés, en mars, d'apprendre qu'une petite fille,
AnnSofy, de 10 ans, qui était en
pleine crise d'identité, et qui s'identifiait comme trans, et qui voulait,
d'ailleurs, qu'on l'appelle Alex, parce qu'Alex, c'était neutre, qui, elle, voulait s'assumer, mais que la
société n'aidait pas à s'assumer, a été victime d'intimidation et, à
10 ans, a commis l'irréparable.
Je veux aussi
vous confier l'histoire de Patrick, un jeune homme plein d'énergie, drôle,
aimable, sensible, généreux, particulièrement doué pour les sciences,
désireux de semer le bien autour de lui. Il voulait devenir médecin, il en
parlait beaucoup, toujours avec
enthousiasme. Son avenir était rempli de promesses, mais, à l'intérieur,
Patrick était brisé.
Malgré toute la lumière qu'il essayait de faire
émaner de sa personne, à l'intérieur c'est la noirceur qui dominait. Ses pairs
le considéraient différent et ils le
traitaient cruellement, injustement. Usé et fatigué par le harcèlement, malgré
tout son courage et ses rêves, il
s'est enlevé la vie alors qu'il n'était encore qu'un adolescent. On peut se
demander, à juste titre, combien de vies il aurait pu sauver, lui, s'il
était allé au bout de son rêve, si, surtout, la société l'avait aidé à sauver
sa propre vie.
Patrick,
c'est l'illustration même des ravages profonds que causent l'homophobie et la
transphobie, de ces vies trop souvent
écourtées et violentées, de ce que causent l'ignorance, la méconnaissance, les
préjugés et l'intolérance. Donc, on doit
tous ensemble travailler sans relâche pour mettre fin à ces fléaux qui briment
les libertés, brisent les rêves, qui créent des souffrances intolérables dans le quotidien. Il faut multiplier les
actions et les audaces, et ce, dès le plus jeune âge, pour que les gens
comprennent que d'être soi-même, c'est la plus belle chose qu'on peut être dans
la vie.
Le Québec,
heureusement, fait
partie des nations pionnières de cette lutte pour
l'ouverture et l'égalité des chances. Nous
sommes, soulignons-le, des leaders dans le domaine des avancées pour la
communauté. Et nous avons agi. Dès 1977, le gouvernement de René Lévesque a ajouté l'orientation sexuelle à la
liste des motifs prohibés de discrimination dans la Charte des droits. Et depuis on n'a pas cessé le
combat contre les obstacles visibles mais trop souvent invisibles et tellement
réels auxquels sont confrontées trop de personnes encore aujourd'hui.
Alors, je suis fière de faire
partie
de ce peuple qui porte le flambeau du respect et de la dignité des personnes,
de toutes les personnes. Et je veux souligner aussi à quel point le Québec a
été précurseur dans l'instauration, à l'initiative de la Fondation Émergence, de cette journée
internationale, et qui, on le souhaite maintenant avec cette motion, soit véritablement
reconnue par l'ONU internationalement, parce
que la situation du Québec, malgré qu'il reste encore beaucoup de travail à
faire, est loin d'être la même partout sur la planète, et c'est notre rôle,
comme précurseurs, de mener le combat ailleurs.
Alors,
je veux vraiment remercier, en terminant, sincèrement toutes les personnes,
tous les intervenants, tous les organismes,
dont ceux qui nous font l'honneur de leur présence aujourd'hui, qui se
consacrent au quotidien à faire échec aux
tabous et qui aident à vivre tous ceux et celles qui sont victimes de violence
et de discrimination, et surtout à s'épanouir. Alors, merci à vous tous.
Et on continue le travail.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée.
Est-ce que cette
motion est adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Donc, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Mme la Présidente, j'aimerais qu'une copie de cette motion soit envoyée au
premier ministre du Canada ainsi qu'à l'Organisation des Nations unies. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Parfait. Ce sera fait. Donc, la motion est adoptée.
Maintenant, je suis
prête à reconnaître un membre formant le gouvernement. Oui, Mme la ministre
de...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Ah
non! Excusez-moi, je vous ai oublié, M. le... Je suis prête à reconnaître un membre
du groupe de... Alors, M. le député de Matane-Matapédia, la parole est à vous
pour lire votre motion.
M. Bérubé : Mme la Présidente, je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter, conjointement
avec le ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration, le
député de Bonaventure, le député de Chomedey et le député de Rimouski,
la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale exige la fermeture du chemin Roxham;
«Qu'elle
réclame le passage des migrants par les voies régulières, c'est-à-dire les
postes frontaliers, et ce, partout au Canada;
«Qu'elle
demande au gouvernement fédéral de suspendre l'Entente entre le Canada et les
États-Unis sur les tiers pays sûrs.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion?
M. le leader du gouvernement.
M. Schneeberger :
Consentement, sans débat.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Il
n'y a pas de consentement. Donc, nous allons poursuivre avec la prochaine
motion. Donc, je suis prête à reconnaître un
membre du groupe formant le gouvernement. Alors, Mme la ministre de la
Sécurité publique, la parole est à vous.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : S'il
vous plaît! La parole est à la ministre de la Sécurité publique. On va garder
le silence.
Mme Guilbault : Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette
Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le
député de Vimont, le député de Laurier-Dorion, le leader du troisième groupe d'opposition, le député de Chomedey, le député de
Bonaventure, le député de Rimouski et la députée de Maurice-Richard :
«Que
l'Assemblée nationale du Québec souligne la tenue de la Semaine de la police,
qui se déroulera cette année du 15 au 21 mai, sous le thème Mieux
se comprendre : la police et le citoyen ;
«Qu'elle
rappelle que cette semaine vise à sensibiliser les citoyens au rôle essentiel
des policiers dans notre société et à leur contribution au maintien de
la paix;
«Qu'elle
rende hommage à ces femmes et à ces hommes qui assurent, au jour le jour, la
sécurité de la population sur le vaste territoire du Québec;
«Qu'elle profite de cette occasion pour
reconnaître que la nature du travail policier, de plus en plus diversifié et
variable selon les communautés, nécessite des adaptations à de nombreux enjeux
de société et de sécurité;
«Qu'elle
souligne les efforts déployés par les corps policiers pour contrer le phénomène
du profilage racial et social;
«Qu'enfin, elle profite de cette occasion pour
inviter les citoyens à participer aux différentes activités qui seront
organisées afin de consolider les liens de confiance entre la population
québécoise et les policiers.» Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Est-ce qu'il y a consentement
pour débattre de cette motion? M. le leader du gouvernement.
M. Schneeberger : Consentement,
sans débat.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Est-ce
que cette motion est adoptée?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Adopté.
Donc, nous allons poursuivre avec un membre du groupe formant l'opposition
officielle. Ah! M. le député de Laval-des-Rapides, la parole est à vous.
M. Polo : Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante,
conjointement avec le député de Chomedey :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte que la pénurie de main-d'oeuvre est un frein
pour l'économie du Québec et à la dispensation des services publics
auxquels tous les Québécois ont droit;
«Qu'elle
prenne acte que, selon les projections du gouvernement, il manquera, au Québec,
1,4 million de travailleurs d'ici 2030;
«Qu'elle
affirme que l'immigration constitue l'un des moyens pour pallier cette pénurie
de main-d'oeuvre et qu'en visant l'arrivée de 70 000 immigrants en
2022, le gouvernement caquiste a reconnu que le Québec avait la capacité
d'accueil à l'intégration sociale, linguistique et économique de ces
personnes;
«Qu'enfin,
elle réaffirme que le Québec a toujours bénéficié de la contribution des
personnes immigrantes à son développement culturel, économique et
social.»
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors, merci, M. le député. Est-ce qu'il y a un consentement pour
débattre de cette motion.
M. Schneeberger : Pas de
consentement.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Comme il n'y a pas de consentement, je reconnais maintenant...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
S'il vous plaît! Je reconnais maintenant M. le député de Chomedey.
M. Ouellette : Merci, Mme la Présidente. D'entrée de jeu, vous
me permettrez de souligner la présence dans nos tribunes de membres de
la Coalition Santé Laurentides ce matin.
Je sollicite
maintenant le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter la
motion suivante conjointement avec le ministre de la Santé et des Services
sociaux, le député de Nelligan, le député de Rosemont, le chef du troisième groupe d'opposition, la députée
d'Iberville, le député de Bonaventure, le député de Rimouski et la députée de
Maurice-Richard :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse que la région des Laurentides est une région
administrative qui a connue une
croissance exponentielle dans les trois dernières décennies, couplée à un
vieillissement accéléré de ses résidants, en plus de connaître un essor fulgurant de sa villégiature et un afflux
constant d'excursionnistes à la recherche de l'accès à la nature,
surtout depuis la pandémie;
«Qu'elle
reconnaisse également l'urgence de l'application des principes du plan en santé
dans la région des Laurentides, considérant que cette région se classe
parmi les dernières au Québec en ce qui a trait à l'accessibilité aux soins dans leur ensemble, qu'elle n'a [...] pu
bénéficier d'une mise à niveau importante de ses infrastructures depuis plus
de 30 ans et que la région souffre
d'une sous-budgétisation historique, bien que les investissements aient repris
ces dernières années;
«Qu'elle réitère la pertinence de la résolution
du 6 mai 2021 adoptée unanimement par [les] membres [de cette Assemblée] et adressée au gouvernement du Québec
afin d'opérer un rattrapage financier pour la région des Laurentides, et pour cela qu'elle
propose au gouvernement du Québec de s'appuyer sur l'application de son plan en
santé, qui mise sur l'accessibilité et
l'évaluation des soins, l'efficacité, l'innovation, la décentralisation ainsi
que l'application des mesures de performance et d'appréciation des
patients.»
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je vous remercie, M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour
débattre de cette motion? M. le leader du gouvernement.
M. Schneeberger : Consentement,
sans débat.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Est-ce que cette motion est adoptée? Adopté. Donc, nous allons
poursuivre.
À la rubrique Avis touchant les travaux des
commissions, M. le leader du gouvernement.
M. Schneeberger : Oui, Mme la Présidente. J'avise cette Assemblée
que la Commission des relations avec les citoyens poursuivra les
consultations particulières sur le projet de loi n° 32,
Loi sur la liberté
académique dans le milieu universitaire, aujourd'hui, après les affaires
courantes pour une durée de 45 minutes, à la salle Pauline-Marois;
La Commission
des institutions poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 2, Loi portant sur la réforme du droit de la famille en matière de filiation et
modifiant le Code civil en matière de droits de la personnalité et d'état civil, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la salle
Marie-Claire-Kirkland;
La Commission
de la santé et des services sociaux entreprendra l'étude détaillée du projet de
loi n° 28, Loi visant à mettre fin à l'état d'urgence sanitaire, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
La Commission des finances publiques
entreprendra l'étude détaillée du projet de loi n° 4, Loi renforçant la
gouvernance des sociétés d'État et modifiant d'autres dispositions législatives,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de
15 heures à 18 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine; et
enfin
La Commission
de la culture et de l'éducation poursuivra l'étude détaillée du projet de loi
n° 9,
Loi sur le protecteur
national de l'élève, aujourd'hui, de 15 heures à 18 h 30, à la
salle Pauline-Marois. Voilà.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le leader. Aujourd'hui, il n'y a pas d'avis de la présidence.
Donc, à la rubrique des renseignements sur les
travaux de l'Assemblée.
La période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour.
Donc, aux
affaires du jour, aux affaires prioritaires, à l'article 1 du feuilleton,
l'Assemblée entreprend le débat restreint sur les rapports des commissions qui ont étudié les crédits budgétaires
pour l'exercice financier se terminant le 31 mars 2023.
Je vous
informe que la répartition du temps de parole pour ce débat restreint
s'effectuera comme suit : 56 min 15 s sont allouées au groupe parlementaire formant le
gouvernement, 34 min 31 s sont allouées au groupe parlementaire
formant l'opposition officielle,
12 min 47 s sont allouées au deuxième groupe d'opposition,
8 min 57 s sont allouées au troisième groupe d'opposition,
7 min 30 s sont allouées à l'ensemble des députés indépendants,
sous réserve d'un maximum de deux minutes par député.
Dans le cadre
de ce débat, le temps non utilisé par les députés indépendants ou par l'un des
groupes parlementaires sera
redistribué entre les groupes parlementaires selon la proportion précédemment
établie. Mis à
part ces consignes, les interventions
ne sont soumises à aucune limite de temps. Enfin, je rappelle aux députés
indépendants que, s'ils souhaitent intervenir au cours de ces débats,
ils ont 10 minutes à partir de ce moment pour en aviser la présidence.
Je cède maintenant la parole à Mme la ministre
de la Sécurité publique.
Mme Guilbault : Oui, Mme la Présidente, désolée, je ne me rappelais
pas cette importante intervention ou je ne
savais pas que c'était maintenant, mais je suis bien contente de la faire. En
attendant que mon leader m'indique combien de temps je dois parler, ça va me permettre d'amorcer ce sujet-là. Puis
c'est très intéressant, Mme la Présidente. À chaque année, on fait des interventions, évidemment, dans
le cadre des débats qui suivent les crédits, le dépôt du budget, et tout ça,
et ça nous donne l'occasion de revenir sur,
évidemment, l'exercice budgétaire, qui est très important pour un gouvernement,
quel qu'il soit, chaque année, mais aussi sur les faits
saillants de ce budget-là ou, du moins, les priorités qu'il se propose d'opérationnaliser et de contenir dans l'exercice
budgétaire, donc le budget 2022‑2023 qui a été déposé par le ministre des Finances et l'étude des crédits qui s'est
déroulée, je pense... qui est terminée ou, en tout cas, qui achève. Alors,
c'est très intéressant, Mme la Présidente.
J'ai envie de
commencer... Parce que, vous savez, ce soir, il y a le sommet d'Écotech, il y a
le Sommet sur la colline, où je serai
présente avec certains de mes collègues. Donc, j'ai envie de m'inspirer du fait
que ça se déroule, ça, ce soir, pour y aller avec tout ce qui touche la
lutte contre les changements climatiques, le Plan pour une économie verte, l'électrification de notre économie, de nos
transports, nos industries, nos bâtiments, etc. Et dernièrement, mon collègue
de l'Environnement, avec le collègue
des Transports et, je pense, aussi le collègue de l'Énergie ont annoncé la mise
à jour du plan de mise en oeuvre du plan d'économie verte. Oui, mon collègue me
confirme qu'il était présent, et c'est normal parce qu'une
part
importante est dans son ministère. Donc, le plan... la mise à jour annuelle
qu'on a promise, d'ailleurs, de cinq ans en cinq ans, donc,cette mise à jour du
plan de mise en oeuvre 2022‑2027.
Et, dans le cadre du
budget, c'est-à-dire dans le budget comme tel, que j'ai ici, on a ajouté 1
milliard au PEV, Mme la Présidente,
1 milliard, ce qui porte son enveloppe totale à 7,6 milliards pour
être capable d'aller de l'avant avec ce Plan pour une économie verte,
qui a plusieurs mesures très, très importantes, j'en ai déjà un peu parlé, qui
tourne autour de cinq axes, mais allons-y
avec des créneaux importants : électrifier notre économie, j'en ai parlé,
donc électrifier nos transports,
électrifier aussi... aider nos industries dans cette transition énergétique
vers une économie plus sobre en carbone,
vers le recours à des énergies renouvelables, à des énergies plus vertes, et
donc même chose pour les bâtiments.
L'électrification
des transports, je vais commencer par ça, parce que c'est l'élément qui est
responsable de la plus grande part de nos émissions de gaz à effet de serre.
Vous savez, Mme la Présidente... Parce que les transports, les
industries, les bâtiments, à eux seuls, sont responsables de 82,7 % des
émissions de gaz à effet de serre et, là-dedans, il y a un 43 % pour les transports seulement. Raison pour laquelle
on a, au PQE, actuellement 55 milliards de projets en transport
collectif.
vais commencer avec ça. Souvent, on nous dit : Bon, la CAQ,
l'environnement, et tout ça... C'est sûr qu'au-delà des conférences de presse... Puis ça, je le dis
souvent. Chaque fois que je fais des interventions ici pour des motions du
mercredi, toutes sortes d'affaires, je le
dis, on peut avoir des gouvernements qui font des conférences de presse, qui
font des annonces, qui font des
discours, qui font plein de choses, je dirais, superficielles, mais qui ne
posent pas d'actions concrètes.
Nous,
Mme la Présidente, la façon dont on a choisi de gouverner, depuis quatre ans,
c'est une façon pragmatique et c'est
de faire les deux, donc faire des actions, faire des plans, faire des mesures
hyperconcrètes avec de l'argent, des sommes conséquentes pour être capables de les accomplir, plus, évidemment, bon,
des annonces, et tout ça, parce qu'encore faut-il expliquer ce qu'on
fait. Alors, c'est comme ça qu'on fonctionne, Mme la Présidente.
une de ces façons-là d'agir très concrètement pour l'électrification de nos
transports, c'est les 55 milliards de projets au PQI, de projets en transport collectif. On peut penser,
évidemment, au tramway de Québec, au réseau de transport structurant de
la capitale, ici, à Québec, qui fait
partie de notre réseau express de la
capitale, un grand projet de mobilité durable à portée régionale pour la
mobilité durable dans la Capitale-Nationale et dans Chaudière-Appalaches. On
pense évidemment à tout ce qui se fait à
Montréal, dans l'est de Montréal, le REM, la ligne bleue. On pense aussi à ce
qui est en train de se développer
dans d'autres régions et, d'ailleurs, dans la mise à jour du REM de la semaine
dernière ou de la semaine précédente,
il y a eu aussi tout ce qu'on va faire dans la couronne nord de Montréal, donc
des projets très intéressants. Il y a
des choses en Montérégie, il y aura des choses en Outaouais, alors des projets
de transport collectif, notamment dans nos grandes villes. Alors, ça,
c'est très intéressant, Mme la Présidente.
y a aussi de la réglementation qui a été... des gestes, tu sais, législatifs,
réglementaires qui ont été posés, encore une fois, pour montrer qu'on agit
concrètement avec cette volonté d'avoir une économie de plus en plus verte, de
plus en plus électrifiée, donc l'électrification de nos autobus
scolaires notamment, l'abandon graduel du mazout dans le secteur résidentiel, mais là j'ai changé un peu de
créneau, j'étais sur l'importance d'électrifier nos transports. Mais donc, en
gros, Mme la Présidente, de plus en plus de voitures électriques,
d'autobus électriques, de véhicules électriques. On vise 1,6 million de
véhicules électriques sur nos routes d'ici 2030, et donc... Alors, tout ce
qu'on fait, que ce soit en transport collectif
ou routier, d'ailleurs, dans la mesure où on s'assure d'avoir de plus en plus
de véhicules électriques qui vont circuler sur nos routes, bien, c'est globalement un geste pour l'électrification
de nos transports et donc la réduction de nos gaz à effet de serre,
toujours dans l'optique d'avoir le 37,5 % d'ici 2030, par rapport à 1990.
Il y a aussi tout le
volet de nos industries. J'en ai parlé, les industries, c'est presque 30 %
des émissions de gaz à effet de serre. Donc,
c'est important aussi d'être capables d'accompagner nos entreprises dans des
énergies de transition ou des énergies de rechange renouvelables plutôt
que des énergies qui sont polluantes. Il y a des secteurs qui sont
difficilement électrifiables, mais on va électrifier tout ce qu'on peut
électrifier, mais il y a des secteurs qui sont plus difficilement électrifiables. Donc, c'est là qu'on peut penser à des
alternatives, par exemple le gaz naturel renouvelable. Tout ce qu'on développe aussi... Et mon collègue de
l'Énergie est là-dessus, est à veille, je pense, aussi, d'ailleurs, de déposer sa stratégie sur les bioénergies et l'hydrogène
vert. Ce sera grosso modo le nom, là, mais, enfin, je vais le laisser
l'annoncer en temps et lieu.
Donc,
évidemment, l'hydrogène vert, c'est sur toutes les lèvres. Toutes les nations
sont intéressées par le développement
de la filière de l'hydrogène vert, alors il faut le faire correctement. Ce
n'est pas une panacée, ce n'est pas un miracle du jour au lendemain, mais on
est en train de le faire. On a tout ce qu'il faut au Québec pour être un leader
en matière de lutte contre les changements climatiques, donc, avec un plan de
match clair, efficace, avec une espèce de politique-cadre, c'est comme ça qu'on
l'a appelé, le Plan pour une économie verte, notre politique-cadre, notre grand
chantier pour la prochaine décennie, pour orienter nos actions en matière
d'électrification et en matière de lutte contre les changements climatiques.
Alors, cet accompagnement qu'on fait avec nos
industries, j'en ai parlé tout à l'heure aussi. Tu sais, les gestes législatifs, réglementaires qu'on est en train de
poser d'année en année, d'avoir une proportion toujours plus importante de
gaz naturel
renouvelable par opposition à du gaz naturel seulement. Tout ce qu'on fait
aussi pour les bioénergies, tout ce qu'on
fait pour avoir du diésel aussi renouvelable, de l'éthanol de deuxième
génération, ce qu'on fait aussi pour valoriser nos résidus forestiers. Donc, on fait plein de choses, Mme la
Présidente, pour être capables de vraiment être ce leader en matière de transition énergétique, d'avoir des
énergies renouvelables ici, disponibles au Québec, en plus de notre
hydroélectricité.
J'aurais dû commencer
par ça. Bien sûr, on a, à la base, de l'hydroélectricité, qui est une énergie
propre, renouvelable à 99 %. Le contrat qu'on a signé avec l'État de New
York, très, très important, parce que la lutte contre les changements climatiques, ce n'est pas une affaire de ville, là,
c'est déterritorialisé, là. Donc, ce n'est pas juste au Québec, c'est partout dans le monde, alors ce qu'on peut
faire pour aider nos voisins et les autres nations à réduire eux aussi leurs
émissions de gaz à effet de serre... Je
voyais la gouverneure de New York dernièrement qui a fait un gazouillis, qui
était au volant d'un camion et qui
était bien heureuse d'être à veille de pouvoir utiliser une énergie
renouvelable, notre hydroélectricité en
l'occurrence, pour réduire elle aussi, chez elle, et l'État de New York, et les
États-Unis, leurs émissions de gaz à effet de serre.
Donc, c'est très
intéressant. Je pourrais parler aussi des bâtiments, même affaire, puis la
carboneutralité qu'on vise pour 2050, donc tout ce qu'on fait en matière de
lutte contre les changements climatiques. Notre Plan pour une économie verte, dont on est extrêmement fiers,
auquel on a ajouté 1 milliard dans le dernier budget, c'est la preuve,
avec 6,7... 7,6 milliards,
c'est-à-dire, comme enveloppe, pour aller de l'avant avec ce plan-là, qu'on a
une volonté réelle et on ne peut plus concrète de lutter contre les
changements climatiques et de faire notre part en électrifiant notre économie.
me reste un petit peu de temps, Mme la Présidente, et comme je suis ministre de
la Sécurité publique, je vais faire quelques minutes là-dessus, parce
que c'est important aussi ce qu'on a au budget en sécurité publique. On a déjà
fait énormément de choses en quatre ans, il
faut dire. J'ai fait adopter sept projets de loi comme ministre de la Sécurité
publique. C'est un record pour un
ministre de la Sécurité publique depuis 15 ans. Et, quand je parle au
«je», c'est parce que c'est moi, la
ministre, mais ce n'est pas moi seule qui l'ai fait, bien sûr. C'est grâce à
mes équipes, c'est grâce à toute notre équipe du gouvernement qui est derrière ces projets de loi et qui fait de la
sécurité publique aussi quelque chose d'important, parce que, bien sûr,
comme son nom l'indique, il s'agit de la sécurité de nos citoyens, donc c'est
très important.
Et on a plein de
belles choses, dans le budget, mais je vais y aller avec peut-être les éléments
les plus importants parce que mon temps
n'est pas infini. Donc, il y a un 6,2 millions qu'on a ajouté pour la
stratégie de lutte contre la violence liée
aux armes à feu. On en a parlé tout à l'heure, à la période des questions, un
collègue m'a posé une question là-dessus. Et c'est très important, ce qu'on fait comme stratégie de lutte contre
la violence armée, à la fois en répression et en prévention. C'est important d'avoir toujours les deux volets.
D'ailleurs, en sécurité publique en général, on ne peut pas faire que de la
répression et pitcher tous nos problèmes à
nos policiers en pensant que ça va faire des miracles. Il faut agir en
prévention, puis idéalement éviter que ça devienne un problème de
sécurité publique, puis éviter que ça arrive dans les mains de nos policiers. Mais malheureusement on ne peut pas
tout éviter, donc, bien sûr, il nous faut des policiers. Et d'ailleurs j'en
profite pour remercier nos
15 000 policiers et policières au Québec, Mme la Présidente, qui font
un travail remarquable tous les jours. On a fait une motion, d'ailleurs,
tout à l'heure, pour les remercier.
Et je veux attirer
aussi l'attention sur un 10,1 millions, et ça, c'est très intéressant,
parce que, ça, je travaille là-dessus depuis
longtemps. Peu de temps après mon arrivée comme ministre de la Sécurité
publique, je me suis intéressée aux disparitions. Ça a refait les
manchettes dernièrement pour des raisons tristes qu'on connaît, les deux
petites soeurs Carpentier, leur père, qui
sont décédés en juillet 2020. Mais ça faisait longtemps que je
travaillais, moi, sur les disparitions, sur une manière d'un peu renforcer la coordination, en cas de
disparition, au Québec, de nos forces de police. On a des policiers très
compétents, très capables de retrouver les gens quand ils disparaissent, mais
je voulais qu'on puisse en faire plus.
par la suite, le rapport de mon comité consultatif sur la réalité policière a
été déposé en mai l'année dernière, et il y avait même des recommandations
là-dessus. Je ne m'y attendais pas nécessairement, il y avait des
recommandations qui allaient exactement dans le sens de ce sur quoi
j'étais en train de travailler. Donc, encore une fois, très concret, on arrive avec, dans le dernier budget,
10,1 millions pour être capable d'aller de l'avant avec ça. Et j'ai
déposé, en décembre dernier, mon
projet de loi n° 18, qui regroupe une foule de choses, qui donne suite à
une foule de recommandations du comité consultatif
sur la réalité policière — excusez
le bruit — dont
justement des éléments sur la communication, l'importance de pouvoir
communiquer des éléments sensibles en temps utile dans des cas de disparition.
Alors
donc, je pense que j'achève, mais il y a d'autres choses aussi en sécurité
publique. Il y a évidemment tout ce qu'on
fait pour la lutte contre la violence qui est faite aux femmes. On est à près
de 1 milliard d'investissement pour la lutte contre la violence qui est faite aux femmes. Ça mérite d'être
souligné à nouveau, parce que jamais un gouvernement n'aura fait autant pour la
lutte contre la violence qui est faite aux femmes. On avait déjà de l'argent
aussi pour l'exploitation sexuelle de nos enfants. Alors, toujours plus de
moyens pour nos équipes spécialisées, nos escouades pour la pornographie
juvénile, la cyberprédation, etc.
Donc,
j'achève là-dessus, en soulignant à nouveau à quel point c'est un excellent
budget, en remerciant notre collègue le
ministre des Finances. Je le dis souvent à la blague, mais, en fait, ce n'est
pas une blague, le ministre des Finances, c'est le genre d'ami qu'on veut garder, alors c'est toujours important de le
féliciter et de le remercier. Et féliciter notre premier ministre, qui est le leader de toutes ces belles
choses qu'on fait pour notre Québec, Mme la Présidente, une vision ambitieuse,
réaliste, pragmatique et chiffrée de tout ce
qu'on veut faire pour faire avancer notre nation du Québec. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, Mme la vice-première ministre. Maintenant, je cède la parole
à M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui. Je dispose de
combien de temps, Mme la Présidente, considérant les députés indépendants?
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Vous disposez, comme député,
écoutez, c'est... Qu'on me le rappelle... C'est
8 min 57 s.
M. Gaudreault : O.K.
C'est bon. Merci, Mme la Présidente. Alors, ça me fait plaisir de prend