CRC — 15 November 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CRC 2017-11-15
Quebec — Committees
(Quinze heures cinq minutes)
Président (M. Picard) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission des relations
avec les citoyens ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de
bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La Commission
est réunie afin de procéder à l'étude
détaillée du projet de loi n° 143, Loi visant à améliorer la
qualité éducative et à favoriser le développement harmonieux des services de
garde éducatifs à l'enfance.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme de Santis
(Bourassa-Sauvé) est remplacée par Mme Nichols (Vaudreuil).
Le Président (M. Picard) :
Merci. Avant de débuter les remarques préliminaires, je dépose les documents suivants, qui ont été reçus après la fin des
consultations particulières le 26 octobre dernier, soit le mémoire de
l'Ordre des orthophonistes et
audiologistes du Québec et une lettre présentant les commentaires de la
Fédération canadienne de l'entreprise indépendante.
Nous allons débuter les remarques préliminaires.
M. le ministre, vous disposez de 20 minutes.
M. Fortin
(Sherbrooke) : Très bien, merci beaucoup, M. le Président. Merci de
nous accueillir encore pour les travaux
sur le projet de loi n° 143. Salutations au personnel de la commission,
également, qui nous a très bien encadrés lors des consultations particulières. Je voudrais saluer les collègues,
le parti gouvernemental, des oppositions, également, le personnel dévoué
du ministère de la Famille, qui m'accompagne aujourd'hui, de même que mon
attaché politique, Jonathan Picard. Je
voudrais également remercier, une fois de plus, très sincèrement, les
13 organismes que nous avons rencontrés, les 24, 25 et
26 octobre dernier. Je pense qu'on a eu droit à des commentaires très
pertinents qui nous ont éclairés pour la
suite des choses. Alors, oui, il y a les gens qui sont venus témoigner ici, qui
nous ont fait des commentaires. Mais,
comme vous le savez, nous avons reçu aussi beaucoup de correspondance, je
pense, tous les députés membres de la commission
en ont reçu de la part de parents et de citoyens du Québec. Et également vous
allez voir au fil de nos travaux que ces commentaires-là ont été pris en
considération.
Alors,
aujourd'hui, M. le Président, nous franchissons une autre étape importante du
processus législatif avec l'étude détaillée
du projet de loi n° 143, Loi visant à améliorer la qualité éducative et à
favoriser le développement harmonieux des
services de garde éducatifs à l'enfance. M. le Président, avant de revenir sur
les principales composantes de ce projet de loi, j'aimerais rappeler le contexte qui a mené à son dépôt à
l'Assemblée nationale par mon prédécesseur, l'actuel ministre de l'Éducation, le 16 juin dernier. Le rôle
du gouvernement est de veiller à ce que la santé, la sécurité, le bien-être et
le développement global des enfants
qui fréquentent des services de garde éducatifs régis par le gouvernement
soient assurés. Le gouvernement voit
également au développement harmonieux de l'offre des services de garde, à la
diversité de cette offre et à sa
qualité. Pour accomplir ce mandat, mon ministère doit disposer des meilleurs
leviers d'intervention possible et de bien connaître les besoins des
familles.
La
Loi sur
les services de garde éducatifs à l'enfance a été adoptée il y a plus de
10 ans et, au cours des années, certaines
modifications ont été apportées. Maintenant, d'autres modifications sont
requises pour tenir compte des nouvelles réalités du réseau, car, depuis la création des services de garde
éducatifs à l'enfance il y a 20 ans maintenant, le portrait a bien changé. Des milliers de places ont été créés
chaque année et le réseau arrive à maturité. Actuellement, nous constatons
que certains territoires sont soit en
déficit de places, soit en équilibre ou soit en surplus. D'ailleurs, mon
ministère procède présentement à un
exercice de révision de l'offre de services pour atteindre, à terme, un
équilibre dans chaque région du Québec.
Un équilibre qui sera favorable pour tous les prestataires de services régis,
pour les familles et pour les enfants.
Je rappelle,
M. le Président, que les objectifs du projet de loi ont suscité une adhésion
presque unanime de tous les
intervenants entendus en commission parlementaire ainsi que de mes collègues de
l'opposition. En fait, nous avons voté
à l'unanimité le principe du projet de loi. Nous verrons à ce que les nouvelles
places qui seront créées répondent à un réel besoin des parents dans chaque milieu. Notre gouvernement souhaite
rehausser les exigences en matière de sécurité dans les différents
services de garde.
Enfin,
notre gouvernement accorde une grande importance au développement global des
enfants dès leur naissance, car les
enfants sont particulièrement sensibles à leur environnement et aux
interventions qui les touchent. Les mesures prévues et les ressources investies pour favoriser la qualité des
services et le développement global
de l'enfant pendant cette période
charnière ont des effets positifs tout au long du parcours de l'enfant à
l'école et dans la vie. Voilà, M. le Président, un autre exemple de
l'approche globale et cohérente préconisée par notre gouvernement.
Dans le
développement de l'enfant, le réseau des services de garde éducatifs à
l'enfance joue un rôle essentiel. Notre
gouvernement cherche donc, par ce projet de loi, à atteindre trois grands
objectifs, le premier : favoriser la réussite éducative et la qualité des services. Les services
de garde et le noyau familial sont le point de départ du cheminement des
enfants avant même leur entrée à l'école. C'est pourquoi notre gouvernement a
notamment mis en place des mesures favorisant la transition scolaire. Dans ce
contexte, il est essentiel de mettre davantage l'accent sur l'importance de la
contribution du réseau des services de garde régis à la réussite éducative des
enfants.
Nous désirons
également renforcer la sécurité des enfants dans le réseau de garde éducatif du
Québec ainsi que dans les autres lieux
où peuvent être fournis des services de garde. Nous souhaitons notamment
élargir le champ d'intervention du
ministère pour assurer la santé, la sécurité et le bien-être d'un plus grand
nombre d'enfants et interdire de
façon explicite les gestes ou toute autre pratique ou attitude inappropriée
susceptible d'humilier l'enfant ou de porter atteinte à sa dignité.
Enfin, M. le Président, nous souhaitons assurer
un déploiement harmonieux du réseau des services de garde éducatifs à l'enfance. Nous proposons donc que les
mêmes règles s'appliquent à tous les demandeurs de permis. Nous voulons que la délivrance de tous les permis
visant la création de places en services de garde soit basée sur une
planification territoriale qui
tiendrait compte des besoins des familles. Par ailleurs, nous souhaitons donner
au ministère les meilleurs outils
pour avoir une connaissance fine et uniforme de sa clientèle afin notamment de
favoriser l'équilibre entre l'offre et la demande.
M. le Président,
j'aimerais souligner que les consultations particulières ont permis de
constater que nous partageons une
même préoccupation, soit de garantir la qualité des services qui sont offerts
aux enfants du Québec. Bien qu'il y ait certaines différences de points
de vue quant aux moyens mis de l'avant par ce projet de loi, nous sommes
d'accord sur le fond et sur les objectifs
poursuivis. Les échanges constructifs que j'ai eus au cours des dernières
semaines m'amènent à proposer d'entrée de jeu certains amendements.
Ceux-ci, j'ose espérer, nous permettront donc de poursuivre notre réflexion à
ce sujet.
Premièrement, je vais proposer des amendements
afin de prévoir un pouvoir habilitant le gouvernement à prescrire aux prestataires de services de garde éducatifs de tenir et de
conserver un dossier éducatif sur chaque enfant, visant notamment à faciliter sa transition vers l'école. Ce dossier sera
remis aux parents lorsque les services de garde ne sont plus requis.
Deuxièmement, je vais proposer un amendement afin
que le gouvernement dispose d'un pouvoir habilitant lui permettant de prescrire par règlement, en tout ou en partie, un programme
éducatif aux prestataires de services
de garde qu'il détermine. Cela
permettra d'assurer une plus grande uniformité et une meilleure qualité des programmes
éducatifs appliqués tout en offrant une certaine flexibilité aux
prestataires régis.
La nouvelle
formulation de l'article 5.2 de la loi prévue dans le projet de loi n° 143 interdit à tout prestataire de services
d'appliquer des mesures dégradantes ou abusives envers un enfant. Un amendement
est donc proposé pour préciser que
les prestataires régis ne doivent pas non plus tolérer qu'une personne employée
ou autre applique de telles mesures.
Lors des consultations particulières, les représentants des milieux autochtones ont fait valoir que le guichet unique d'accès aux services de garde ne présentait pas d'avantage particulier pour les
parents des enfants de ces communautés, vu le
caractère spécifique de ces services, l'exclusivité de leur offre et le faible
nombre de services de garde qui s'y trouve. Je proposerai donc
d'exempter ces derniers de l'obligation d'adhérer à ce guichet unique.
Je proposerai
également d'ajouter deux membres au comité consultatif : une personne désignée par un organisme de développement économique régional et une autre désignée par les
ministères ou organismes à vocation économique présents sur le territoire donné. De plus, afin de favoriser le
renouvellement et la diversité des membres, je proposerai que chaque
membre ait un mandat unique d'une durée de cinq ans.
Plusieurs citoyens, incluant des prestataires de
services de garde non régis, donc hors réseau, et des parents utilisateurs ont
exprimé leurs craintes quant aux impacts des changements initialement
envisagés, soit de diminuer le nombre
d'enfants de six à quatre pouvant être reçus dans un milieu de garde non régi.
Certains intervenants se sont toutefois montrés ouverts à l'idée que certaines exigences soient resserrées pour
les prestataires non régis aux fins d'équité avec les services régis. Je
proposerai donc un amendement afin de prévoir qu'un prestataire de services non
régis doit minimalement détenir une
attestation d'absence d'empêchement pour elle et pour les personnes majeures
qui demeurent avec elle, une attestation de réussite d'un cours de
secourisme adapté à la petite enfance, une police d'assurance responsabilité
civile dont la garantie s'étend à ses activités de garde. De plus, cette
personne ne peut recevoir plus de six enfants,
tel que c'est le cas en garde régie, incluant les siens, toujours
comme c'est le cas en garde régie, parmi lesquels au plus deux sont âgés de moins de 18 mois,
comme c'est le cas en garde régie. L'amendement présenté resserre les activités
de garde qui s'effectuent hors réseau, ce qui est demandé depuis plusieurs
années. Il est entendu que tout prestataire non régi peut demander sa reconnaissance
à un bureau coordonnateur s'il le souhaite.
En terminant, M. le Président, je tiens à
réitérer qu'avec ce projet de loi notre gouvernement souhaite, tout en respectant la liberté de choix des parents, mettre
en valeur et renforcer la contribution importante du réseau des services de garde éducatifs
à l'enfance à la réussite éducative des enfants du Québec. Les améliorations
proposées visent aussi à maintenir l'accessibilité au réseau dans l'ensemble du territoire du Québec, sa vitalité et sa
diversité, afin que tous les parents qui le souhaitent puissent en profiter et
en faire profiter leurs enfants. Nous souhaitons, pour le Québec,
des services de garde toujours
plus sécuritaires et de qualité, où les parents peuvent laisser leurs enfants
en toute quiétud