House Proceedings — 4 December 2013 (40th Legislature, 1st Session)
2013-12-04
Quebec — Debates (Hansard)
J'invite
mes collègues de cette Assemblée à se joindre à moi pour rendre hommage à ces
bénévoles qui, dans un élan de
générosité, consacrent leur temps et leur énergie à rendre les autres heureux.
Merci à ces organismes d'entraide et à ces personnes de coeur et
d'action qui ne laissent personne de côté. Joyeux Noël!
La Vice-Présidente
(Mme Poirier) : Merci. Mme la députée d'Iberville.
Bouillé :
Mme la Présidente, chaque année, le magazine anglais The Spirits Business
organise un des plus prestigieux concours
consacrés à la vodka, le Vodka Masters. Pur Vodka, distillée dans la
circonscription d'Iberville, a
remporté l'argent dans la catégorie Super Premium et la plus haute mention
master dans la catégorie Micro Distillery. Ce dernier prix fait la
fierté de ses producteurs, car il est remis lorsque tous les juges ont attribué
à l'aveugle une note supérieure à 90 points.
Je suis très fière de
souligner que des entrepreneurs de chez nous, qui sont dans nos tribunes en ce
matin, Nicolas Duvernois et sa conjointe Karolyne Auger, produisent la
meilleure vodka au monde avec du maïs et de l'eau de source du Québec. Pur
Vodka est exportée et reconnue partout dans le monde comme un produit de la
plus haute qualité. Je tiens à les féliciter
et à les remercier d'avoir fait rayonner le Québec dans un concours mondial
aussi prestigieux. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Poirier) : Merci. M. le député de
Marguerite-Bourgeoys.
Poëti : Merci, Mme la Présidente. l'Association Messinese de
Montréal fut créée en 1981. Son but premier était la préservation de la culture sicilienne et d'aider l'intégration
de ses membres au mode de vie québécois. Depuis les 30 dernières
années, l'association a pris de l'expansion en aidant différents organismes. À
ce jour, ils ont amassé 90 000 $
pour la Fondation de la recherche sur les maladies infantiles. 18 tournois
de golf ont été organisés pour amasser des dons pour L'Hôpital de
Montréal pour enfants. En tout, 290 000 $ ont été remis.
L'Association
Messinese de Montréal est aussi très active dans sa propre communauté en
organisant des campagnes de financement pour
la Fondation de l'hôpital LaSalle. Grâce à leurs efforts depuis plusieurs
années, de belles causes ont pu
profiter de cet engagement. En terminant, Mme la Présidente, j'aimerais
féliciter la présidente, Mme Maria
Donato, dans nos estrades, ici, aujourd'hui, et toute son équipe pour leur
dévouement à cette organisation. (S'exprime en italien).
La Vice-Présidente
(Mme Poirier) : Merci. M. le député de Beauce-Nord.
Spénard : Merci, Mme la Présidente. Dimanche dernier, comme
bien des Québécois, j'ai parcouru quelques rues de mon comté dans le cadre de la guignolée. Accompagné du maire
Gaétan Vachon, ce sont quelque 40 000 $ qui ont été récoltés à
Sainte-Marie, au profit du service d'entraide de l'endroit. De nombreuses
autres municipalités de Beauce-Nord tenaient
des guignolées ce jour même, notamment à Saint-Isidore et Scott. Demain, les
Beaucerons, tout comme bien des Québécois, seront conviés à participer à
la Grande Guignolée des médias. Je salue l'initiative des médias radios,
imprimés et Web de Beauce-Nord qui s'unissent au profit de Moisson Beauce.
D'autres
guignolées se sont tenues ou se tiendront dans mon comté prochainement ainsi
qu'aux quatre coins du Québec. J'invite les Beaucerons et les Québécois
à participer généreusement à cet élan de générosité à l'approche des fêtes. Que ce soit en offrant de l'argent, des
denrées, des produits de toutes sortes, vos contributions sont les
bienvenues. Et que dire de ces milliers de bénévoles qui prépareront des
activités ou paniers de Noël pour les plus démunis de notre société? Je vous
lève mon chapeau et vous remercie de votre implication dans votre communauté. À
vous tous et toutes je souhaite de joyeuses fêtes.
La Vice-Présidente
(Mme Poirier) : Merci. Mme la députée de Sainte-Rose.
Mme Proulx :
Merci, Mme la Présidente. Laval compte plusieurs entreprises d'économie sociale
dont les acteurs partagent des valeurs
communes de gouvernance égalitaire et démocratique, de rentabilité sociale et
de recherche du bien commun. Ces
entreprises collectives tentent aussi à développer des emplois durables qui tiennent compte du respect
des personnes tout autant que de la réussite financière de leurs organisations.
Récemment,
13 personnes se sont distinguées lors d'une soirée reconnaissance organisée par
le Comité régional en économie sociale de Laval, dont notamment
Anne-Marie Vézeau du Café Le Signet, Koceila Syphax Sedoud de l'atelier de tri
des matières plastiques recyclées du Québec, Denise Filiatrault d'Éco-Nature et
Brigitte L'Ecuyer de Mieux-Naître à Laval. L'importance de leur contribution à
la collectivité est à l'image de la force et du dynamisme de l'économie sociale
à Laval.
veux les féliciter et les encourager à poursuivre dans cette voie. Elles
contribuent ainsi à diversifier le portrait économique de Laval tout en
améliorant la qualité de vie de nos concitoyens. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Poirier) : Merci beaucoup. M. le député de Vimont.
M. Rousselle :
Merci, Mme la Présidente. C'est avec un immense plaisir que je prends la parole
aujourd'hui pour féliciter l'Association régionale de soccer de Laval.
Le 2 décembre dernier avait lieu le
Gala de la mi-temps, organisé par la Fédération de soccer du Québec. À
cette occasion, l'Association régionale de soccer de Laval a été nommée
l'Association régionale de soccer de l'année.
Dynamique et présente
au sein de la communauté, l'association regroupe les six clubs de Laval. Je tiens
à féliciter et à remercier pour leur
excellent travail le président régional de l'association régionale, M. Bernard
David, les membres du comité exécutif, les représentants des clubs de Laval,
les bénévoles et surtout les joueurs.
fais le souhait que 2014 soit une année gagnante pour l'Association régionale
de soccer de Laval et que ses joueurs
connaissent encore le succès et les honneurs qui ont fait la fierté des
Lavallois et des Lavalloises. Merci, madame.
La Vice-Présidente
(Mme Poirier) : Merci, M. le député. M. le député de
Matane-Matapédia.
Bérubé :
Mme la présidente, en novembre dernier, la Maison des naissances Colette-Julien
de Mont-Joli s'est vue décerner le prix Approche multidisciplinaire en
prévention des risques obstétricaux, AMPRO. Ce prix est remis aux organisations
qui font preuve de pratiques hautement sécuritaires.
C'est
le deuxième établissement à recevoir cette distinction au Québec, qui exige à
l'ensemble du personnel une formation
accrue et la réussite d'examens de compétences supplémentaires. Ainsi,
l'ensemble des intervenants participent à des ateliers cliniques afin
d'harmoniser leurs pratiques en obstétrique. Cette façon de faire favorise
grandement la communication avec les différents corps professionnels, et ce,
pour un meilleur encadrement des femmes enceintes de notre région.
Maison des naissances Colette-Julien est un modèle de réussite au Québec. Je
tiens à féliciter sa directrice, Mme
Chantal Lavallée, son équipe ainsi que l'ensemble de leurs partenaires qui,
chaque jour, contribuent au mieux-être des femmes et de leurs
nouveau-nés. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Poirier) : Merci. M. le député Berthier.
M. Villeneuve :
Bonjour, Mme la Présidente et chers collègues, bien sûr. Entre le 12 et 17
octobre dernier, deux Berthelais ont réussi l'ascension du Kilimandjaro, cette
montagne mythique de près de 6 000 mètres située en Tanzanie. Il s'agit d'Isabelle Fontaine, chef
d'équipe des services d'emploi à Emploi-Québec, et d'Hugues Fafard,
employé de la compagnie Bridgestone et pompier à la Régie intermunicipale de
Berthier.
aura fallu plus de deux ans et demi
de préparation méticuleuse à nos deux héros avant de réaliser leur
projet. L'exploit, en tant que tel, mérite d'être salué, bien sûr, mais c'est
avant tout son objectif qu'il convient de souligner. En effet, ces deux Berthelais
ont vécu cette aventure dans le cadre du programme d'expédition et de collecte
de fonds intitulé Challenge SRC, qui
soutient la recherche sur le cancer. Ils ont ainsi pu remettre la somme de 11 000 $ chacun à ladite société.
Voilà une belle façon de contribuer à combattre une terrible maladie, tout en
réalisant un vieux rêve et un exploit sportif.
J'adresse
donc toutes mes félicitations à Isabelle Fontaine et à Hugues Fafard et les
remercie d'avoir fait preuve de tant de courage et de générosité. Merci,
Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Poirier) : Merci. Alors, est-ce qu'il y a consentement
pour permettre à la députée de Richmond de faire sa déclaration ce matin? Il y
a consentement?
La Vice-Présidente
(Mme Poirier) : Alors, excellent. Alors, Mme la députée de Richmond.
Vallières : Merci, Mme la Présidente. J'aimerais, particulièrement aujourd'hui, souligner le 40e anniversaire de la FADOQ, région Estrie. Avec
ses 18 000 membres répartis dans 50 clubs où oeuvrent plus de 400 bénévoles,
la FADOQ Estrie constitue un maillon essentiel pour la défense du droit des
aînés mais également pour les inciter à demeurer actifs. Que ce soit par la
mise sur pied d'activités ou de programmes répondant aux besoins spécifiques
des aînés, la FADOQ travaille tous les jours à maintenir et à favoriser
l'inclusion sociale des personnes de 50 ans et plus à la vie des communautés.
Aujourd'hui,
j'invite tous mes collègues à l'Assemblée nationale à saluer le travail des
administrateurs, des travailleurs et des
bénévoles qui, par leur dévouement, font du troisième âge une étape de vie sous
le signe de la santé et de l'épanouissement. Un bon anniversaire à la
FADOQ Estrie.
La Vice-Présidente
(Mme Poirier) : Ceci met fin à la rubrique Déclarations de députés.
Alors, je suspends
nos travaux pour un court moment.
(Suspension de la séance à
9 h 58)
Le Président :
Alors, mesdames messieurs, nous allons nous recueillir quelques instants.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
Bédard :
Bonjour, M. le Président.En cette semaine importante, j'aimerais que vous
appeliez l'article b de notre feuilleton.
Président :
Alors, à l'article b du
feuilleton, M. le ministre des Transports présente le projet de loi n° 68,
Loi sur
l'Agence des infrastructures de transport du Québec. M. le ministre.
M. Gaudreault : Oui, merci, M. le Président. Alors, ce projet de loi
propose d'instituer l'Agence des infrastructures de transport du Québec.
Le projet
de loi prévoit que l'agence aura pour mission de gérer et d'exploiter les
infrastructures routières dont la responsabilité relève du ministre des
Transports de même que tout autre bien qu'il détermine. Elle privilégiera le développement
d'une expertise en matière d'études, de planification, de conception et de
réalisation de projets d'infrastructure routière. Elle protégera l'intégrité des
investissements routiers par une gestion rigoureuse et transparente et par une
optimisation de ses façons de faire.
Aussi,
le projet de loi prévoit que l'agence sera appelée à réaliser les projets d'infrastructure publique de transport majeurs ou à accompagner les organismes publics dans la
réalisation de tels projets. Le projet de loi
spécifie que l'agence collaborera
étroitement avec le ministre des Transports dans l'établissement d'une vision
intégrée de la mobilité au Québec.
projet de loi confère à l'agence des pouvoirs et des responsabilités en matière
immobilière lui permettant notamment d'acquérir des immeubles pour les
organismes publics et d'en disposer.
projet de loi prévoit que l'agence sera sous la responsabilité du ministre des
Transports. Elle sera dotée d'un conseil
d'administration qui en supervisera l'administration et d'un président-directeur
général qui en aura la direction et la
gestion. Le projet prévoit aussi que la
Loi sur la gouvernance des sociétés
d'État s'applique à l'agence. Elle possédera tous les pouvoirs propres à
l'accomplissement de sa mission.
projet de loi prévoit aussi que les employés de l'agence seront nommés selon un
plan d'effectifs qu'elle établira. L'agence
déterminera les normes et barèmes de rémunération, les avantages sociaux et les
autres conditions de travail de ses employés, conformément aux règles définies par le gouvernement.
projet de loi prévoit également les dispositions financières qui encadrent les
activités de l'agence.
Enfin,
le projet de loi comporte des dispositions modificatives diverses et
transitoires nécessaires à la création de l'agence et concernant notamment le transfert à l'agence d'une
partie
des employés du ministère des Transports. En outre, il accorde aux fonctionnaires certains droits leur
permettant un retour dans la fonction publique. Merci,
M. le Président.
Le Président :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? M. le leader
de l'opposition.
Moreau : Alors, M. le Président, on aura sans doute l'occasion de donner toute l'impression que nous
avons de l'idée de créer une agence semblable.
Mais, avant de ce faire, nous souhaitons avoir des consultations particulières avant que le
principe ne soit appelé. Et, notamment, dans ces consultations particulières,
M. le Président, nous souhaiterions entendre
le Syndicat de la fonction publique du Québec, l'Association des constructeurs
de routes et grands travaux du Québec, le Syndicat de professionnelles
et professionnels du gouvernement du Québec, et notamment l'Ordre des
ingénieurs, et nous aurons sans doute une liste plus complète. J'aimerais
savoir si le leader du gouvernement est prêt à tenir des consultations avant le
principe du projet de loi.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Bédard : M. le Président, si ça peut aider le Parti libéral
à prendre position enfin, nous le ferons avec grand plaisir.
Le Président :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Le Président :
Adopté. M. le leader du gouvernement.
Bédard : On ne pourra pas me dire que je ne suis pas
collaborateur, M. le Président, je suis
partie même à leur réflexion de
groupe.
Alors, j'aimerais
aussi appeler l'article c, M. le Président, de notre feuilleton.
Président : Alors, à l'article c du feuilleton, M. le ministre
de la Culture et des Communications présente le projet de loi
n° 66, Loi modifiant la
Loi sur le patrimoine culturel. M. le ministre.
Kotto : M. le Président, ce projet de loi a pour objet
d'habiliter le ministre de la Culture et des Communications à prendre des règlements, pour l'ensemble ou une
partie d'un site patrimonial déclaré ou classé, afin de moduler
l'exercice des pouvoirs que lui confère la
Loi sur le patrimoine culturel. Il
permet au ministre d'édicter certaines prohibitions.
Il prévoit également
des dispositions de concordance, notamment en lien avec les dispositions de
cette loi relatives au transfert de responsabilité, aux pouvoirs d'autorisation
du ministre, aux recours et aux sanctions.
Le Président :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? M. le leader
de l'opposition.
Moreau : Là aussi, M. le Président, nous désirons avoir des consultations
particulières sur ce projet de loi. Et j'espère que, sans
arrogance cette fois, mon collègue le leader du gouvernement, qui est dans une
forme splendide, et qui applaudit, et qui
trouve drôle ses propres interventions — c'est bon, ça, déjà, ça fait une
personne — acceptera
de tenir les consultations que nous demandons.
Le Président :
Bon! Alors, M. le leader du gouvernement.
Bédard : Je pense que le leader mélange bonne humeur et
arrogance, mais, si ça peut faire son affaire que je sois et de bonne
humeur et arrogant, bien, tant mieux, mais je l'apprécie par ailleurs tout
autant, puis leur dire que je comprends… Il intervient souvent de ces temps-ci.
Je me demande si ce n'est pas la venue de son nouveau chef... Il profite de
chacune des occasions pour parler parce que peut-être il a peur de perdre…
Le Président :
M. le leader, sur le…
Le Président :
S'il vous plaît. M. le leader, sur le point qui a été mentionné.
Bédard :
Ceci dit, M. le Président, je serai toujours un allié du leader de
l'opposition, peu importe ce qui lui arrive.
Des voix :
Ha, ha, ha!
Bédard :
Et nous allons collaborer, effectivement, à avoir des consultations.
Le Président :
Si ça peut continuer de même encore pendant trois jours, ça va être correct. M.
le leader de l'opposition.
M. Moreau :
Non, non, non, je veux que le leader du gouvernement sache que, malgré toute
son attitude, il conserve mon estime et qu'il y a des matins que c'est beaucoup
plus difficile que d'autres.
Des voix : Ha, ha, ha!
Président : Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie du
projet de loi? Alors, adopté. M. le député de Mercier.
M. Khadir : Merci… Président. M. le Président,
pour permettre un intermède dans les échanges entre le leader du
gouvernement et le leader de l'opposition officielle, veuillez, s'il vous
plaît, appeler l'article f du feuilleton.
Le Président : Alors, à
l'article f du feuilleton, M. le député de Mercier présente le projet de loi
n° 499, Loi modifiant la
Loi sur les
normes du travail afin d'interdire les clauses de disparité de traitement en
fonction de la date d'embauche
relatives aux régimes complémentaires de retraite et aux régimes d'assurance
collective. M. le
député de Mercier.
M. Khadir : Merci, M. le Président. Ce
projet de loi a pour objet d'interdire les clauses de disparité de
traitement relatives aux régimes complémentaires de retraite et aux régimes
d'assurance collective. Il vient renforcer la
Loi sur les normes du travail en précisant que les disparités de traitement sont
interdites pour tous les avantages sociaux accordés aux salariés qui
effectuent les mêmes tâches dans le même établissement.
Le Président : Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Le Président : Adopté. Mme la
députée de Gouin.
Mme David : M. le Président,
veuillez, s'il vous plaît, appeler l'article g du feuilleton.
Le Président : Alors, à
l'article g du feuilleton, Mme la députée de Gouin présente le projet de loi n° 498, Loi modernisant les dispositions
relatives aux briseurs de grève et modifiant le Code du travail. Mme la députée
de Gouin.
Mme David : Merci, M. le
Président. Ce projet de loi modifie le Code du travail afin d'interdire le recours à des briseurs de grève dans des
cas qui ne sont pas actuellement couverts par ce code. Le projet de loi prévoit qu'il est interdit pour un employeur d'utiliser,
à l'extérieur de l'établissement où une grève ou un lock-out a été déclaré, les
services ou le produit du travail d'un salarié, d'un entrepreneur, d'une
personne morale ou d'une personne
employée par un autre employeur pour remplir les fonctions d'un salarié
faisant
partie de l'unité de négociation en
grève ou en lock-out.
Le Président : Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Le Président : Adopté. Alors,
à la rubrique Dépôt de documents, M. le leader du gouvernement.
Bédard :
Alors, M. le Président, permettez-moi de déposer la réponse du ministre des
Transports, des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du
territoire aux pétitions déposées les 23 et 30 octobre 2013 par les députés de
Portneuf et de LaFontaine.
Le Président : Alors, ces
documents sont déposés.
Pour ma part, je dépose la lettre que m'a adressée
Mme la députée de Gouin, dans laquelle elle m'a fait part de son souhait
de changer de commission afin de devenir membre de la Commission des
institutions.
Et je dépose également la lettre que j'ai reçue de
M. le leader de l'opposition officielle en réponse à la demande formulée par Mme la députée de Gouin.
Évidemment,
je tiens à souligner qu'à la lecture des dispositions de notre règlement
relativement à la composition des commissions et, au surplus, constatant
que l'unanimité nécessaire aux décisions prises par la commission de
l'Assemblée en semblable matière n'existe pas, vous comprendrez donc que je ne
peux donner suite à cette demande.
Alors,
nous sommes rendus maintenant au dépôt de rapports de commissions. M. le
président de la Commission des finances publiques et député de Rimouski.
Pelletier
(Rimouski) : M. le Président, je dépose le
rapport de la Commission des finances publiques qui a siégé le 20
novembre 2013 afin de procéder à l'étude trimestrielle de la politique
budgétaire du gouvernement et de l'évolution des finances publiques.
La commission s'est
également réunie en séance de travail concernant ce mandat les 1er, 29, 30
octobre et le 3 décembre 2013, et ce rapport contient deux recommandations.
Président : Alors, ce rapport est déposé. M. le président de la
Commission des institutions et député d'Ungava.
M. Ferland :
M. le Président, je dépose le rapport de la Commission des institutions, qui,
le 28 novembre 2013, a procédé à l'audition du ministre de la Justice
concernant les commentaires de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, rendus
publics le 17 octobre 2013, sur les orientations gouvernementales au
sujet du projet de charte des valeurs québécoises ainsi que sur le caractère
inconstitutionnel du projet gouvernemental.
La commission s'est
également réunie en séance de travail le 3 décembre 2013 relativement à ce
mandat. Ce rapport contient deux recommandations.
je dépose également le rapport de mandat des consultations particulières et
auditions publiques sur le projet de loi n° 65, Loi concernant le
remplacement et la reconstitution des actes notariés en minute détruits lors du
sinistre ferroviaire le 6 juillet 2013 dans la Ville de Lac-Mégantic.
Finalement, je dépose
le rapport de mandat de l'étude détaillée du projet de loi n° 65, Loi
concernant le remplacement et la reconstitution des actes notariés en minute
détruits lors du sinistre ferroviaire du 6 juillet 2013 dans la Ville de
Lac-Mégantic. La commission a adopté le texte du projet de loi avec des amendements.
Le Président :
Alors, ces documents sont déposés.
Nous
en sommes maintenant rendus à la rubrique Dépôt des pétitions. J'inviterais Mme la députée de La Pinière, s'il vous plaît.
Mme Houda-Pepin :
M. le Président, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 115 pétitionnaires. Désignation : citoyennes et
citoyens du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
l'ampleur du sinistre qui a touché 23 municipalités du Québec en 2012
suite à la sécheresse causant des affaissements de sol et des maisons lézardées
pour plusieurs centaines de résidents;
«Considérant que le gouvernement
du Québec soit sensible aux difficultés vécues par les propriétaires des
résidences lézardées et ait accepté déjà de rétablir un programme de subvention
par le biais de la Société d'habitation du Québec;
«Considérant que les 4,5 millions de dollars
annoncés par ce programme s'avèrent insuffisants pour répondre aux
besoins des sinistrés du Québec, dont la ville de Brossard particulièrement
touchée;
«Considérant que le programme précédent de 2003 fixait à 20 000 $ l'aide financière maximale par
projet, pour l'agglomération de Longueuil, alors qu'en 2013 l'offre
budgétaire s'avère de beaucoup inférieure;
«Considérant qu'un
certain nombre de sinistrés ont réalisé en urgence les travaux en empruntant
des sommes énormes, de 50 000 $ à 70 000 $, plus les
intérêts;
«Considérant
que bon nombre d'autres sinistrés se trouvent dans l'incapacité de trouver les
fonds nécessaires pour réparer et préserver leur immeuble de
conséquences de ce sinistre;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, réclamons que le gouvernement du Québec bonifie le programme de la
Société d'habitation du Québec lié aux maisons lézardées afin de
permettre aux victimes en cause d'effectuer les réparations nécessaires et
obligatoires au maintien de leur immeuble, et ce, à un montant équivalent des
subventions offertes aux sinistrés de 2003, en toute équité.»
Je certifie que cet
extrait est conforme au règlement et à l'original de la pétition. Merci, M. le
Président.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. M. le député de Mercier.
M. Khadir :
Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 4 914 pétitionnaires, et
j'en profite pour souligner que l'initiatrice de la pétition ainsi qu'une de
ses collègues, Mme Paradis et Mme Dubé, sont parmi nous dans les tribunes.
Alors, désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que les
ergothérapeutes et physiothérapeutes ont toujours fait
partie du même groupe
quant aux échelles de salaires — niveaux équivalents de scolarité et
responsabilité professionnelle;
«Considérant que les
curriculums des deux professions ont été rehaussés au niveau de la maîtrise
dans toutes les universités du Québec à la même date et que l'Ordre
professionnel de la physiothérapie a présenté sa demande de modification
réglementaire à l'Office des professions le 2 décembre 2008;
«Considérant que la
demande de modification réglementaire pour les physiothérapeutes a été soumise en février 2010
à une nouvelle directive du ministère du Conseil exécutif qui a entraîné un délai, au-delà du 20 décembre 2010, retardant ainsi l'adoption
de la modification réglementaire au 12 mai
2011;
«Considérant
que les ergothérapeutes bénéficient d'une hausse
salariale de 5,9 % depuis décembre 2010, contre seulement 0,9 % pour les physiothérapeutes;
qu'en mars 2013 le Conseil du trésor a admis l'injustice en consentant une
hausse additionnelle rétroactive au 18 janvier
2013 plutôt qu'au 20 décembre 2010;
«Considérant
que plus de 1 000 physiothérapeutes ont porté plainte à la
Commission de l'équité salariale en mai 2011 et sont toujours en attente
d'un règlement;
«L'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, citoyennes et
citoyens du Québec, exigeons que le gouvernement du Québec
corrige la situation d'iniquité salariale des physiothérapeutes,
incluant la rétroactivité au 20 décembre
2010.»
M. le Président, je certifie
que l'extrait que je viens de lire est conforme au règlement et à
l'original de la pétition
Le Président :
Merci. Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
J'ai
reçu de la part de M. le député de La Peltrie une demande de dépôt de pétition qui est non
conforme. Est-ce que j'ai un consentement?
Consentement. M. le député de La Peltrie, c'est
à vous, la parole.
Caire : Merci, M. le Président. Vous me permettrez de saluer la présence, dans
nos tribunes, des représentants du collectif
pour un parcours scolaire complet à Val-Bélair. Je
les salue.
M. le Président, je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 2 186
pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que nous, adultes concernés par le bien-être des enfants du secteur
Val-Bélair, désirons porter à l'attention de la commission scolaire de la Capitale le fait que
nous considérons le projet de transfert des cinquième et sixième années du primaire vers l'école secondaire l'Odyssée inacceptable dans les conditions
présentes;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés, demandons à la commission scolaire
de la Capitale de soumettre aux citoyens de Val-Bélair un projet
conforme au mandat qui lui est confié, c'est-à-dire un projet où le bien-être
des enfants prime et une offre de service scolaire cohérente avec le
développement du secteur.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
J'ai
reçu de la part de M. le député d'Argenteuil
une demande de dépôt d'une pétition non conforme. Est-ce que j'ai un
consentement? Consentement. M. le député
d'Argenteuil.
Richer : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée
par 1 202 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes
de la circonscription d'Argenteuil.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
qu'Hydro-Québec projette de construire, au coeur
des Laurentides, une ligne de transport 120 kV, comprenant des
pylônes d'une hauteur de [20] mètres,
soit la hauteur d'un immeuble de vingt étages;
«Considérant
que le tracé de la variante nord A proposé par Hydro-Québec viendra augmenter
de 15 mètres le déboisement de l'emprise actuelle et par le fait
même augmentera la pollution visuelle qui affectera considérablement la
beauté des paysages naturels de Sainte-Adèle;
«Considérant qu'Hydro-Québec projette de déboiser
l'emprise actuelle, ceci éliminerait par le fait même l'écran naturel qui nous protège de la vision de la servitude.
Elle affectera la qualité de vie, la quiétude d'un paysage et le bien-être des
gens;
«Considérant
qu'Hydro-Québec veut construire une nouvelle ligne 120 kV, ceci aura un
impact économique qui sera désastreux sur la valeur des propriétés
limitrophes de Sainte-Adèle;
«Considérant
que le conseil municipal de Sainte-Adèle, par
une résolution, appuie les citoyens et adressera une demande à
Hydro-Québec afin de maintenir les pylônes existants ou de les remplacer par
des pylônes d'une même hauteur afin de conserver les emprises actuelles;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, citoyens de Sainte-Adèle,
des Pays-d'en-Haut, demandons à l'Assemblée nationale :
s'assurer qu'Hydro-Québec respecte la
Loi sur le développement durable et la
Charte des paysages naturels et [du] patrimoine bâtis des Laurentides;
«Une intervention de
votre part avant que l'irréparable ne soit accompli par la société d'État du Québec
sur le projet Grand-Brûlé—Saint-Sauveur
s'ils vont de l'avant avec ce qu'ils nous ont présenté le 20 mars 2013.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci, M. le Président.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
Il n'y a
pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une question
de droit ou de privilège.
Nous en sommes donc
rendus à la période de questions et de réponses orales. Je cède la parole à M.
le chef de l'opposition officielle.
M. Fournier :
Dans son discours du budget, le ministre des Finances déclarait, et je
cite : «J'annonce que le budget sera
équilibré en 2013‑2014 et les années suivantes.» Il l'a réaffirmé à New York en
avril, il l'a répété encore en septembre.
La vérité, c'est que le déficit zéro, c'est un trou de 2,5 milliards de
dollars. Le PQ a raté la cible des revenus, la cible des dépenses, la
cible du déficit.
Dimanche, le ministre
des Finances a déclaré : On n'a pas été bons. On s'est trompé beaucoup.
La première ministre
est au courant depuis le mois d'avril qu'elle s'est trompée au budget, mais,
comme elle voulait aller en élection avant
la mise à jour, elle refusait de l'admettre. Maintenant, la même tactique
recommence : une nouvelle échéance électorale l'amène à prétendre
que toutes ses promesses non budgétées pour l'an prochain seront respectées.
Mais ça ne marche pas, M. le Président.
Dans
le budget, le PQ prévoit une hausse des dépenses de 1,5 milliard en santé
pour 2014‑2015. Dans sa mise à jour,
il prévoit une hausse du budget pour tout le gouvernement, tous les ministères,
de 1,3 milliard. Il n'y a pas assez d'argent
pour les engagements budgétés, il n'y en aura pas pour les promesses non
budgétées. Pourquoi nier la réalité de vos chiffres?
Le Président :
Mme la première ministre.
Marois :
Alors, merci, M. le Président. La réalité des chiffres que nous avons déposés,
c'est que nous avons décidé… nous avons décidé de continuer à être
responsables, de contrôler la croissance de nos dépenses. Nous l'avons fait
cette année, nous avons même atteint une cible plus basse que celle qui avait
été prévue, M. le Président, contrairement à tout ce qui s'est passé sous
l'ancien gouvernement, qui, à chaque fois, systématiquement, a raté sa cible de contrôle des dépenses, d'ailleurs
tellement que ça a été difficile pour nous d'atteindre cet objectif-là parce
qu'il y avait une habitude de prise dans
l'ensemble du gouvernement, qui faisait que, bon an, mal an, on augmentait les
dépenses parce qu'en contrepartie on augmentait les tarifs, les impôts, les
taxes. Ça, c'était la recette du gouvernement libéral.
D'ailleurs,
le chef du Parti libéral du Québec a, lui, proposé qu'on atteigne l'équilibre
budgétaire seulement en 2017‑2018, M.
le Président. Or, le gouvernement, plus responsable que ne l'est le nouveau
chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, a décidé que la
cible 2015 était raisonnable et était atteignable.
Nous allons agir sur
tous les fronts, comme nous l'avons toujours fait. Nous avons fixé une cible
quant à la croissance de nos dépenses, nous
avons établi des priorités sur les dépenses que nous voulons faire pour aider
les gens. Je pense, entre autres, à la question de l'assurance
autonomie, aux politiques de solidarité sociale, aux politiques en matière de garde, aux politiques en matière
d'investissement pour rehausser l'emploi, pour soutenir nos
entrepreneurs, pour augmenter et améliorer
notre productivité, soutenir nos agriculteurs. Ce sont des choix, des priorités
qu'on a établis...
Le Président :
En terminant.
Marois :
…et c'est en fonction de cela que nous allons agir, M. le e Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Fournier : Dans le budget de l'an passé, le ministre des
Finances prévoit, à la page A.50, des dépenses en santé de 1,5 milliard en 2014‑2015. Dans sa
mise à jour d'il y a une dizaine de jours, à la page A.62, il dit que, pour
tout le gouvernement, la hausse des dépenses va être de 1,3 milliard. Il
n'y a pas suffisamment d'argent en 2014‑2015 pour les engagements du budget. Elle veut nous faire croire que les
promesses, depuis ce temps-là, qui ne sont pas budgétées, elle va les
réaliser. Je lui demande de dire la vérité.
Le Président :
Mme la première ministre.
Le Président :
M. le chef de l'opposition, je vous recommande de faire attention dans vos
propos. Mme la première ministre.
Marois :
Alors, M. le Président, le budget, quand nous avons préparé le budget, nous
l'avons établi sur la base des prévisions du ministère des Finances et
sur la base des prévisions des économistes de l'ensemble des institutions financières du Québec et même des institutions
financières pancanadiennes, M. le Président. Alors, ces prévisions-là nous
amenaient à pouvoir atteindre, de fait, l'équilibre budgétaire, compte tenu de
la hausse prévisible des revenus. Il s'est avéréque la conjoncture n'a pas été celle qui avait été prévue, et les taux
de progression des revenus ont été plus bas que prévu.
y a un autre phénomène qui a joué, M. le Président, et j'en rends en
partie
responsable le gouvernement libéral qui nous a précédés. Nous avons eu
un… Je vais revenir, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
M. Fournier :
Malheureusement, elle ne répond pas à la question. Il n'y a pas d'argent pour
les engagements budgétés, puis elle ne veut
pas avouer qu'il n'y en aura évidemment pas pour les promesses qui ne sont pas
budgétées. Les 200 millions des
universités, c'est du vent. Le 80 millions du plan de solidarité,
200 millions de la forêt, 165 millions de la politique
industrielle, c'est du vent. C'est un paravent électoraliste, M. le Président.
On ne peut pas mettre un gallon dans une pinte. On ne peut pas la croire.
Le Président :
Mme la première ministre.
Marois :
Alors, M. le Président, je sais que le Parti libéral a une grande expérience
dans l'annonce de projets d'investissements jamais budgétés; ce n'est pas notre
cas, M. le Président. Alors…
Marois :
Je m'excuse, là, ce n'est pas notre cas. Alors, je vais terminer la réponse de
tout à l'heure. Il y a eu un manque à gagner, du côté des rendements de la taxe
de vente, de 1 milliard de dollars parce que le Parti libéral du Québec, alors qu'il formait le
gouvernement, avait poussé le bouchon trop loin et avait augmenté la taxe de
vente de telle sorte que maintenant on ait un rendement décroissant,
décroissant. C'est ça que ça veut dire, M. le Président. Alors, on repassera
pour les leçons quant à la bonne gestion de la chose…
Le Président :
En terminant.
Marois : …publique, M. le Président. Alors, ce que je veux
signifier à l'opposition officielle, c'est que…
Le Président :
Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Fournier :
La première ministre refuse de voir la vérité de ses propres documents. Son
budget prétend qu'à la santé seulement il va y avoir 1,5 milliard de plus
en 2014‑2015. Elle vient de nous dire que, non, pour tout le gouvernement, ça va être 1,3 milliard. Puis
elle veut nous faire croire qu'il va y en avoir plein d'autres pour toutes
les autres promesses? Elle nous a trompés depuis un an. C'est assez, M. le
Président!
Le Président :
M. le chef de l'opposition, vous savez fort bien que ces propos-là ne peuvent
pas être dits en Chambre. Je vous demande de les retirer. Il les retire. Mme la
première ministre.
Marois :
Alors, M. le Président, je crois que l'opposition officielle devrait être un
peu prudente à cet égard. Je regardais des données tirées du budget de
2009, M. le Président, alors que le gouvernement libéral… alors
que le gouvernement libéral était au pouvoir. Un mois à peine avant de déposer
le budget, la ministre annonçait qu'on allait maintenir
l'équilibre budgétaire, alors que c'est 4 milliards de dollars
qu'on a annoncés comme déficit, M. le
Président. Après ne pas avoir dit tout ce
qu'ils auraient dû dire sur Gentilly et sur sa fermeture, M. le Président, je crois que nous n'avons
aucune leçon à recevoir. Lorsque nous présenterons le budget des
crédits, c'est-à-dire les dépenses dugouvernement, il pourra
constater que nous allons respecter les engagements que nous avons
pris à l'égard de la population québécoise.
Le Président :
Principale, M. le député de Brome-Missisquoi.
Paradis :
M. le Président, la première ministre répète à qui veut bien l'entendre que l'économie
du Québec se porte bien, du moins, du moins aussi bien que celle du reste du Canada
ou des États-Unis. Le ministre des Finances, quant
à lui, est passé aux aveux en fin de
semaine, et vous me permettrez de le citer : Je n'étais pas en
mesure de porter un jugement intelligent. C'est vrai qu'on s'est trompé beaucoup.
C'est vrai qu'on n'a pas été bons.
Qui dit la vérité,
celle qui se prétend bonne ou celui qui admet qu'il n'a été pas bon?
Le Président :
M. le ministre des Finances.
M. Marceau :
M. le Président, on va revenir sur la situation économique. La question de ce
matin est équivalente à celle d'hier et possiblement à celle de demain. Une
dose de répétitions chez l'adversaire.
M. le Président, la situation économique du Québec est une situation
de croissance économique modérée, je l'ai dit à plusieurs reprises. Nous
avons par ailleurs des indicateurs très, très positifs du marché du travail, je
vous rappelle la création d'emplois de 53 000,
53 000 emplois quand on prend les 10 premiers mois de l'année 2013 et
qu'on les compare aux 10 premiers mois de l'année 2012, dont 57 000
du secteur privé, un taux de chômage qui est en baisse, un taux d'activité qui
est en hausse. M. le Président, le marché du travail québécois se porte bien.
Par ailleurs, d'autres
indicateurs sont également des indicateurs qui sont bons, j'en prends pour
preuve celui des exportations. Je vous rappelle que les exportations
québécoises ont augmenté, janvier à septembre 2013 sur janvier à septembre
2012, de 4,5 %, ce qui est pas mal, pas mal, pas mal meilleur que ce qui
s'est passé dans le reste du Canada, où c'est 1,2 %. Alors, M. le
Président, d'autres indicateurs montrent la même tendance.
Alors, évidemment, j'aimerais que ce soit plus…
Le Président : En terminant.
M. Marceau :
…j'aimerais qu'on ait plus de croissance économique. C'est pour ça qu'on a mis
en place notre politique économique, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Brome-Missisquoi.
Paradis : M. le
Président, à la page A.7 de sa mise à
jour économique de la semaine dernière, le ministre des Finances écrit que la croissance économique du Québec,
pour 2013, est inférieure de 50 % à celle du reste du Canada et des
États-Unis. 50 % de moins, ce n'est pas bon.
Le ministre des Finances peut-il risquer un
jugement intelligent et nous dire pourquoi il n'a pas été bon?
Le Président : M. le ministre
des Finances.
M. Marceau : M. le Président,
je vais revenir à la question de l'équité budgétaire, c'est important. Le Parti
libéral, à ce jour, n'a pas de position
claire. D'ailleurs, j'aimerais bien que le député de Brome-Missisquoi, le
caucus libéral, le Parti libéral et
que Philippe Couillard arrivent un jour à une position qui est claire,
compréhensible pour les Québécois.
M. le
Président, une chose est certaine, de notre côté, on n'ira pas dans le sens de
ce qu'on a pu observer du Parti libéral ces dernières années,
c'est-à-dire des hausses de taxe de 6 milliards pour les Québécois, des
dépenses qui n'ont jamais été contrôlées,
hein? On parle de neuf ans, 10 ans de cibles dépassées. M. le Président, de
notre côté, la gestion va être serrée sur les dépenses, on n'augmentera
pas les taxes, on n'augmentera pas les impôts…
Le Président : En terminant.
M. Marceau : …et on va
continuer de stimuler l'économie québécoise, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Brome-Missisquoi.
Paradis :
Mais, M. le Président, le
titre de ministre des Finances comporte une
responsabilité ministérielle à valeur ajoutée, une respectabilité
ministérielle à valeur ajoutée.
Comment le ministre des Finances a-t-il pu, en
si peu de temps, décrédibiliser sa fonction au point de se faire affubler par
les médias du
titre de «sinistre des finances»?
Le Président : M. le ministre
des Finances, en rappelant à nos collègues ici qu'on doit appeler les gens ici
par leur titre.
M. Marceau : M. le Président,
M. le Président, je vais passer sur ce genre de remarque du député de Brome-Missisquoi, qui ne l'honore pas, et je vais
revenir simplement sur son chef, parce qu'il y a un chef en principe dans
ce parti-là, dans le libéral. Je rappelle que le chef a parlé de 2017-2018. Est-ce qu'il va y avoir un nouveau Philippe-flop, M. le Président? La question
se pose. Parce qu'effectivement
2017-2018, ça n'est pas responsable. Ce qui ne serait pas plus responsable, ça serait d'augmenter les taxes et
les impôts à la manière de l'ancien gouvernement, M. le Président. Et ce
qui ne serait pas responsable non plus, ça serait d'augmenter les dépenses à
des rythmes de 4 % aux dépenses de programmes et de 5 % aux dépenses
consolidées. Ça, c'était…
Le Président : En terminant.
M. Marceau : …irresponsable!
Nous sommes responsables, nous allons stimuler l'économie québécoise, nous
allons contrôler les dépenses, M. le Président.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Trois-Rivières.
St-Amand : M. le Président, en plus des coupures de
56 millions imposées au réseau des services de garde au printemps
dernier, on apprend, ce matin, que la ministre de la Famille pourrait imposer
de nouvelles coupures de 40 millions aux CPE.
plus, depuis la mise à jour économique, on sait que le gouvernement péquiste
n'a pas l'argent pour remplir ses engagements,
notamment celui de développer de nouvelles places, et qu'il sera incapable,
encore une fois, de tenir sa promesse.
le Président, la ministre peut-elle avouer aux jeunes parents du Québec que,
lorsqu'elle a fait son annonce, elle n'en avait pas, d'argent, elle le
savait, et elle n'en a pas plus aujourd'hui?
Le Président :
Mme la ministre de la Famille.
Léger : Alors, M. le Président, je veux dire clairement qu'il
n'y a pas de coupure dans les CPE. Je le dis, je le confirme et je le
répète.
Maintenant,
j'en profite pour dire que j'ai tenu ma promesse avec les associations de CPE
du Québec de tenir un chantier de travail, dans le fond. Pour ce
chantier de travail là, qui est fait avec eux, la question qui est sur la table, c'est de voir, en fin de compte,
avec la même subvention, comment se fait-il qu'il y a des CPE qui sont
en déficit et d'autres pas, que certains ont
des surplus et d'autres pas. C'est ça, la question sur le chantier de travail,
donc comment on peut mieux optimiser et s'assurer de la pérennité de
notre réseau, dont nous sommes très fiers, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Trois-Rivières.
St-Amand : M. le Président, c'est ça, le problème. Des fois,
c'est des comités, des fois, c'est des chantiers, mais ils n'en ont pas, d'argent, l'argent n'est
jamais au rendez-vous. Elle a beau dire qu'il n'y a pas de coupure — c'est
ce qu'elle vient de nous dire — une note interne de son propre ministère
indique qu'à court terme on doit combler un manque à gagner récurrent de
l'ordre de 40 millions.
ministre peut-elle admettre qu'elle fera payer l'incompétence de son
gouvernement aux familles du Québec et que, là aussi, comme le disait le
ministre des Finances, ils n'ont franchement pas été bons?
Le Président :
…de la Famille.
Léger : Si la députée, M. le Président, voit bien, dans le
dernier budget que nous avons mis sur la table, ce budget-là a été clair, il y a une augmentation de
3,2 % du ministère de la Famille expressément pour créer des
nouvelles places en service de garde.
Nous avons annoncé
28 000 nouvelles places en service de garde. Et, je tiens à le dire, hier,
nous avons commencé le déploiement de toutes
les 15 000 places additionnelles. Alors, je pense qu'on est heureux, tous
les députés ici, de l'Assemblée
nationale, de ce déploiement, dans chacune des circonscriptions, des
15 000 places. Hier, j'ai annoncé celles de la Côte-Nord et du
Nord-du-Québec, c'est 363 places à tous les enfants et parents de
Nord-du-Québec et de la Côte-Nord.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Trois-Rivières.
St-Amand : C'est bien beau, des annonces, M. le Président, il
n'y en a pas, d'argent. De l'aveu même de son collègue des Finances, il
n'y a pas d'argent nécessaire pour le développement des nouvelles places, les
familles du Québec le savent maintenant, M. le Président.
Aujourd'hui,
la ministre peut-elle avoir la décence d'avouer que son gouvernement s'est
aussi trompé à ce sujet, que maintenant, au lieu d'avoir un enfant, une
place, c'est pas d'argent, pas de place?
Le Président :
Mme la ministre de la Famille.
Mme Léger : Je comprends, M.
le Président, qu'on est encore dans le même parfum chez les libéraux, M. le
Président, où, les libéraux, c'était un don et un permis. Alors, les
libéraux ont retardé le développement des places. Il y a beaucoup de pression pour développer les
places. Nous, c'est un enfant, une place. On n'est pas au Parti libéral
ici, on n'a pas à politiser les places, M. le Président. Je ne m'appelle pas
Tony Tomassi, je m'appelle Nicole Léger.
Le Président : Je ne sais pas
si notre règlement permet de s'autonommer en Chambre.
Le Président : Principale,
madame… M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
Oui. M. le Président, le gouvernement a complètement perdu le contrôle des
dépenses. Je ne sais pas si la première ministre a lu la mise à jour
économique. Si elle ne l'a pas fait, elle pourrait l'emprunter au ministre et
lire seulement une page, la page C-24.
À la page
C-24, M. le Président, on le voit clairement, les dépenses, cette année, augmentent de 3,3 % si on exclut
le service de la dette, de 4,1 % si on inclut le service de la dette. Et, M.
le Président, le ministre des Finances nous dit : Il n'y a pas d'inflation
au Québec. Une chance! Ça serait quoi, l'augmentation des dépenses s'il y avait
de l'inflation, M. le Président?
M. le Président, un bon exemple de perte de
contrôle des dépenses, c'est la gestion du CHUM, le plus gros hôpital au Québec.
Selon les derniers chiffres disponibles, au CHUM, il y a
3 687 employés non soignants, dont 344 gestionnaires. Juste dans
un hôpital, M. le Président. Ça n'a pas empêché le gouvernement, le
22 août dernier, de renouveller le
contrat du D.G. Le ministre de la
Santé a même
dit, je le cite : C'est une sage décision, je fais complètement confiance au conseil d'administration du
CHUM. Évidemment, on n'a pas entendu le Parti libéral, parce que c'est tout leur beau monde qu'ils avaient
nommé là.
Mais, M. le Président, ce que je veux savoir ce matin, c'est : Est-ce que
la première ministre trouve que le CHUM est bien géré? Est-ce
qu'elle trouve que c'est raisonnable, 3 600 non…
Le Président : Mme la
première ministre.
Marois :
Alors, M. le Président, je crois que le chef de la deuxième opposition aurait
besoin de l'aide du Vérificateur
général du Québec — d''ailleurs,
j'ai l'intention de présenter une motion, on va regarder ça avec le
leader du gouvernement — parce
qu'à chaque fois que le chef du deuxième groupe d'opposition présente des
chiffres et que nous les revisons on se rend
compte que c'est truffé d'erreurs. Et la meilleure preuve de cela, c'est le
document qu'il a déposé la semaine
dernière, affirmant qu'on avait pris des engagements pour 10 milliards de
dollars, laissant croire que ce 10 milliards
s'appliquait dans les mois qui viennent, dans l'année qui vient, alors qu'il a
comptabilisé des immobilisations avec
des dépenses de programme, alors qu'il a comptabilisé deux fois les mêmes
dépenses, M. le Président, alors qu'il a mis dans ce document un
investissement qui s'étale sur 10 ans, la Politique nationale de la
ruralité. Son document est un véritable torchon, M. le Président. Et…
Marois : Absolument!
Alors, quand il m'amène des chiffres ce matin…
Le Président : S'il vous
plaît!
Marois :
…peut-être sont-ils justes, peut-être ne le sont-ils pas. Mais la première
fois, l'année… il y a quelques mois, il s'était trompé de 3 000 %
dans les projets d'investissement. On repassera…
Président : S'il vous plaît! Mme la première ministre,
j'espère… On va essayer tous ici, là, d'éviter le langage qui est
blessant. M. le chef du deuxième groupe d'opposition, en complémentaire.
M. Legault : …document, page
C.24, les dépenses augmentent de 3,3 %. Mais, M. le Président, la première
ministre n'a pas répondu à ma question. En
juin dernier, la députée de Groulx a fait venir le D.G. du CHUM ici. Le
D.G. du CHUM a avoué qu'il avait engagé des cadres sans autorisation, qu'il
avait donné des contrats sans appel d'offres.
Comment la première ministre a-t-elle
pu garder en poste le D.G. et même être d'accord pour renouveler son
contrat?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Hébert :
M. le Président, la situation du CHUM est sérieuse. Le Vérificateur général a
complété son évaluation. On souligne des
problèmes de gestion, au CHUM, qui sont sérieux, avec des nominations et une
rémunération des cadres qui ne respecte pas
les règles, des contrats qui ont été attribués de gré à gré, alors qu'ils
auraient dû faire preuve… faire face
à des appels d'offres, des dépenses de déplacement qui ne respectent pas les
normes également et une absence de transparence envers le conseil
d'administration. Nous avons attendu le rapport du VG pour avoir faits et
causes dans ce fait plutôt que de lancer…
Le Président :
En terminant.
Hébert :
…des accusations à tort et à travers, comme le député de Saint-Jérôme a fait,
M. le Président. Nous avons…
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, tout le monde est au courant des
problèmes depuis le mois de juin. Personne n'est responsable. Le ministre n'est pas responsable, le conseil
d'administration, pas responsable, le D.G., pas responsable. C'est ça,
le problème au Québec, c'est qu'il n'y a jamais personne de responsable.
Est-ce
que la première ministre peut prendre ses responsabilités? Qu'est-ce qu'elle va
faire pour faire le ménage dans le CHUM, M. le Président? C'est le plus gros
hôpital du Québec.
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Hébert :
M. le Président, nous prenons nos responsabilités. Nous ne lançons pas des
accusations à tort et à travers, comme le député
de Saint-Jérôme puis le chef du deuxième groupe d'opposition, M. le Président, nous attendons d'avoir des faits. Nous avons attendu que ce soit
documenté par le Vérificateur général. Nous avons attendu que les accompagnateurs qui ont été mis en place au CHUM
pour faire l'observation de ce qui se passait au niveau de la gestion
et de la gouvernance puissent nous faire des
recommandations préliminaires. Et, dans les prochaines heures, M. le Président, nous prendrons les
décisions qui s'imposent.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Montarville.
(Montarville) : Bonjour, M. le Président! On va changer de ton, si vous le voulez bien. Le
ministre de la Culture veut…
Le Président :
C'est à vous, la parole, Mme la députée de Montarville.
(Montarville) : Le ministre de la Culture veut limiter à 10 % les rabais sur le prix des nouveaux livres, alors qu'actuellement certains détaillants offrent
des rabais de 20 % à 40 %. Nous, c'est clair, nous sommes contre ce
projet. Le PQ est pour, c'est clair
également. Mais là on cherche la position du Parti libéral. On sait que la
députée de l'Acadie est favorable, mais qu'en pense le chef du Parti
libéral? Est-ce que ce sera le prochain Philippe-flop du PLQ?
tous les cas, M. le Président, je vais vous démontrer comment les consommateurs
seront pénalisés. Ce livre, qui a été
acheté dans une grande surface il y a quelques jours à 24 $... a été payé
24 $ plutôt que 35 $ en librairie. C'est une économie de 11 $ pour le consommateur. Si le
PQ et le PLQ s'associent, eh bien, ce même livre sera vendu 31,50 $,
une…
Le Président :
J'imagine que la question va au ministre de la Culture. Alors, M. le ministre
de la Culture.
M. Kotto :
M. le Président, ma collègue n'a pas eu le temps de terminer sa question, elle
avait probablement une interrogation à la fin de son laïus.
Je dirais tout simplement que je connais la
position de la CAQ depuis le jour un de la commission parlementaire qui s'est tenue autour de cet enjeu touchant un prix
plancher sur les livres neufs… sur le prix des livres neufs imprimés et numériques. Ils ont été clairs. Ce qui m'inquiète
par contre, c'est la position du Parti libéral, exprimée par la voix de
la porte-parole, la députée d'Acadie, à
l'effet qu'il fallait aller de l'avant, y aller très vite, nous reprochant même
de traîner des pieds. Elle avait mis cinq ans avant de s'intéresser au
dossier de façon tangible.
Et je m'interroge
également de savoir où loge exactement M. Couillard dans ce dossier et aussi
quelle est la position de l'ensemble du caucus relativement à ce dossier. Ça,
personne ne le sait, c'est un grand mystère.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) :
M. le Président, comment le fait d'augmenter les prix du livre va augmenter les
ventes? Le prix unique du livre va priver aussi les auteurs de revenus en
raison de la diminution des ventes.
ailleurs, Blaise Renaud, le président de Renaud-Bray, a demandé : Comment
le gouvernement pourra empêcher les
gros joueurs de l'extérieur, comme Amazon , d'offrir des livres à rabais?
Cette loi ajoutera encore un nouveau fardeau aux Québécois qui sont déjà
les plus taxés en Amérique du Nord.
Alors, M. le
Président, pourquoi priver les lecteurs de grosses économies sur les nouveaux
livres?
Le Président :
M. le ministre de la Culture.
M. Kotto :
M. le Président, la CAQ nous a habitués à défendre les PME, et je veux informer
ma collègue à l'effet que notre réseau de
librairies indépendantes est constitué de PME, c'est 12 000 emplois, c'est
800 millions de ventes de livres neufs par année.
Alors,
ma question est de savoir : Demain, quand ce réseau va s'effondrer, que
direz-vous aux familles des gens qui y
travaillent? Que répondrez-vous à ces gens qui vont se retrouver au chômage?
Partout où il n'y a pas eu réglementation, on l'a constaté, il y a eu
oligopole en puissance et effondrement de la lecture…
Le Président :
En terminant.
M. Kotto :
…et augmentation de prix des livres. Ce qui va, demain, disons, se limiter à
10 % va...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) : Bon, M. le Président, ce n'est pas fini, on n'a eu aucune preuve de ce
qui a été dit là, là.
la veille de Noël, il y a une
nouvelle taxe qui pourrait frapper
les citoyens. Le rapport sur l'avenir du cinéma québécois
propose au gouvernement la création d'une nouvelle taxe sur les produits
électroniques comme les téléviseurs, les portables, les téléphones
intelligents et les tablettes comme celle-ci, par exemple. Alors, avec la TPS,
et la TVQ, et aussi l'écotaxe, ces produits sont déjà taxés trois fois.
Le ministre peut-il
fermer la porte à cette quatrième taxe sur les...
Le Président :
M. le ministre de la Culture.
M. Kotto :
M. le Président, les taxes, ce n'est pas nous, ce sont les libéraux.
Président : M. le député de Jean-Lesage, je vous ai entendu
encore. Ça me surprend, je vous ai entendu encore.
Le Président :
S'il vous plaît! M. le ministre, veuillez compléter.
M. Kotto : M. le Président,
ma collègue met en relief des scénarios catastrophe relativement à ce qui va arriver. Il n'y a aucune étude qui peut soutenir
ce qu'elle avance ici comme assertion. J'ai proposé avant-hier
l'élaboration d'un
projet de loi qui s'étendrait sur trois années. Attendons de voir. Nous, nous
sommes convaincus que la mesure va être constructive et va profiter aux
consommateurs québécois parce qu'on va maintenir la diversité de l'offre de
titres de livres nouveaux au Québec, contrairement à ce qui arriverait...
Le Président : En terminant.
M. Kotto : ...en défendant
votre position.
Le Président : Principale,
Mme la députée de Laviolette.
Mme Boulet :
M. le Président, le 10 octobre dernier, je faisais une demande d'accès à
l'information à Hydro-Québec pour obtenir la liste des projets
hydroélectriques en cours et la liste des tous les contrats où il y avait des
dépassements de coûts, et incluant le nom des entrepreneurs, les échéanciers et
les coûts estimés.
Hydro-Québec a refusé de nous transmettre les
documents. Pourtant...
Mme Boulet : Pourtant, M. le
Président...
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! Il n'y a qu'une
personne qui a le droit de parole ici, c'est Mme la députée de
Laviolette.
Mme Boulet :
Pourtant, M. le Président, on sait qu'au ministère des Transports on rend
publique l'information lors
d'attribution de contrats, notamment la description des travaux, le montant des
soumissions, les soumissionnaires, l'entreprise
qui obtient le contrat et les dépassements de coûts s'il y a lieu. Alors, ce
que je comprends, c'est deux poids, deux
mesures : des règles pour le ministère des Transports et des règles... Ce
n'est pas même des règles, c'est des passe-droits pour Hydro-Québec.
Alors, comment la ministre peut expliquer ce
manque flagrant de transparence de la part de la société d'État? Et peut-elle
s'engager ici aujourd'hui à déposer dans les plus brefs délais les documents
demandés?
Le Président : Mme la
ministre des Ressources naturelles.
Ouellet :
M. le Président, c'est assez particulier, la question de la députée de
Laviolette, la députée même de la
région de la centrale Gentilly. Alors qu'en ayant les informations pour
s'assurer de faire semblant de ne pas le savoir ils ne demandaient pas
de rapport à Hydro-Québec tellement qu'ils ne voulaient pas le savoir… Mais ils
savaient, mais ils faisaient semblant de ne
pas le savoir, M. le Président. Ça fait que de l'entendre aujourd'hui faire ces
remarques-là, alors qu'à l'époque où
nous étions à l'opposition nous avons été obligés de demander et de redemander
l'information, jusqu'à un outrage au Parlement pour avoir les informations, je
trouve ça assez particulier ce matin, M. le Président.
Le Président : Juste pour le…
Le Président : Juste pour le
bon fonctionnement de notre séance, nous allons éviter d'imputer des motifs à
l'un et à l'autre et…
Le Président : S'il vous
plaît! S'il vous plaît! S'il vous plaît! Ça va. Mme la députée de Laviolette,
en complémentaire.
Mme Boulet : Alors, je vais
vous lire quelques citations : «…pourquoi la ministre n'exige-t-elle pas
d'Hydro-Québec [qu'ils communiquent] immédiatement les documents demandés?»
«…qu'est-ce qu'elle attend, la ministre, pour mettre son poing sur la table
puis dire à Thierry Vandal de donner les documents tout de suite?» «…pourquoi ce traitement
de faveur d'Hydro-Québec?» Alors, M. le Président, ça, ces paroles-là viennent
du député de Jonquière alors qu'il
était assis juste ici. Mais j'avoue qu'il était plus jasant, qu'il avait plus
de convictions à l'époque.
Alors,
qu'est-ce que la ministre… C'est elle qui est au gouvernement, qu'est-ce
qu'elle répond à son collègue?
Le Président : Mme la
ministre des Ressources naturelles.
Ouellet :
Oui. Merci, M. le Président. Toujours aussi surprise des déclarations de la
députée de Laviolette, de, tout d'un
coup, s'intéresser à ce que fait Hydro-Québec, alors que, lorsqu'elle était au
sein du gouvernement, au sein du Conseil des ministres, elle ne s'y
intéressait pas du tout concernant Gentilly. Il faut se rappeler, M. le
Président. Donc, un petit peu surprise de voir ça aujourd'hui.
Et, par rapport à sa question, la députée ne m'a
jamais contactée pour me demander qu'est-ce qu'il en était concernant ces
demandes d'information là. Hydro-Québec ne réfère pas à la ministre pour
chacune des demandes d'information, M. le Président, donc je suis un peu
surprise de sa demande ce matin.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Laviolette.
Le Président : Un instant. Un
peu trop…
Mme Boulet : La ministre a refusé de nous transmettre les rapports d'Hydro-Québec sur les feux de forêt, elle est incapable de défendre les travailleurs
pylôniers, il n'y a toujours pas de règlement sur les tarifs d'électricité avec
les alumineries, et, aujourd'hui, elle cautionne Hydro-Québec dans son mépris
envers les citoyens du Québec.
Alors, M. le Président, pour Hydro-Québec, la ministre n'existe même pas. Alors, il faudrait peut-être transférer le dossier d'Hydro-Québec
au député de Jonquière, peut-être qu'il pourrait répondre à ses propres questions.
Mais ce qui est clair, c'est qu'elle, elle
n'existe pas. Peut-être qu'elle a juste existé quand elle était leur
employée, tout simplement.
Le Président : Mme la
ministre des Ressources naturelles.
Ouellet :
Merci, M. le Président. Quand les propos d'une députée sont rendus à des
insultes, c'est parce que la députée n'a plus grand-chose à dire, M. le
Président. Je suis très déçue de…
Ouellet :
Je vais vous dire ce que le gouvernement a fait depuis qu'on est au
pouvoir : réparer le gâchis libéral dans le dossier de la centrale nucléaire Gentilly, alors que le Parti
libéral n'a rien fait. Ça fait que c'est assez désolant de l'entendre ce
matin, M. le Président.
Le Président : En terminant.
Ouellet : Nous
avons fait l'éolien. Nous avons géré les minicentrales parce qu'elles étaient
en période de surplus. La planification…
Le Président : Principale, M.
le député de Nicolet-Bécancour.
Martel :
M. le Président, le gouvernement a ordonné en février 2013 une enquête sur la
vente de l'abattoir Levinoff-Colbex. En 2006, la Régie des marchés
agricoles a autorisé cette transaction malgré un avis contraire des fonctionnaires du MAPAQ. En 2011, on a appris que
l'ex-ministre libérale de l'Agriculture Françoise Gauthier aurait
avantagé la famille Cola. Rappelons que la famille Cola a contribué pour
192 000 $ au Parti libéral. La transaction de 62,5 millions implique une part de 19 millions
d'Investissement Québec, en plus d'une marge de crédit de
10 millions garantie par le gouvernement. Résultat : ce sont les
contribuables qui ont payé pour ce fiasco.
Il y a neuf
mois que nous attendons les résultats de cette enquête, aucun suivi n'a été
fait par le ministre. Par respect pour les contribuables et les
producteurs bovins, le ministre doit publier le rapport d'enquête sur
l'abattoir Colbex.
Quand va-t-il le faire? Quand saurons-nous la
vérité dans ce dossier?
Président : M. le ministre de l'Agriculture.
Gendron :
Oui. Je remercie énormément le collègue du deuxième groupe parlementaire parce
que, ce qu'il a énoncé, il y a beaucoup de
choses qui, effectivement, ont été entendues dans l'opinion publique, il y a
beaucoup de choses qui sont douteuses. Ce
n'est pas pour rien qu'on a pris nos responsabilités et qu'on a voulu faire
toute la lumière sur ce dossier-là, parce qu'il y avait besoin de pas
mal de clarté, et ce n'est pas le cas qu'on a eu avec les gens d'en face.
Alors,
on a nommé un juriscomptable qui poursuit actuellement… et je reconnais que
j'ai hâte — vous
connaissez mon expression — en étoile de mettre la main sur le rapport
parce qu'effectivement je voudrais informer l'ensemble de la population de passablement d'éléments
douteux — pour
l'instant, je n'emploierai pas d'autre expression — immensément
douteux, toutes sortes d'allégations. Mais ce n'est pas la première fois, on a
vécu ça pendant neuf ans, là. Il y en a eu pas
mal, toutes sortes de choses douteuses. Et, dans ce cas-là, bien c'est comme le
reste, et c'est pour ça que nous, dès qu'on a été au pouvoir, on a
ordonné à un juriscomptable, qui a des pouvoirs plus particuliers, de fouiller
cette question-là, parce qu'elle mérite d'être fouillée. C'est loin d'être un
exemple…
Le Président :
En terminant.
Gendron :
…de bon usage de fonds publics.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Nicolet-Bécancour.
Martel : M. le Président, ça fait quand même neuf mois.
L'histoire récente de l'Abattoir Colbex, c'est un fiasco financier pour
les contribuables du Québec. L'abattoir devrait réouvrir ses portes le
15 janvier prochain grâce à la mise sur pied de la Coopérative d'abattage
du Québec.
À la veille de sa
réouverture, le ministre peut-il nous garantir que le rapport d'enquête sera
rendu public?
Le Président :
M. le ministre de l'Agriculture.
Gendron :
Bien, le collègue a la gentillesse d'appeler ça un fiasco financier, mais c'est
également un fiasco libéral. Et ça, c'est clair. On n'a pas besoin de
jurisconsulte pour confirmer ça, que c'est clair parce que, par les noms qui
circulent là-dedans, les collecteurs de fonds des gens qui, effectivement, ont
obtenu des permis de garderie, bien, c'est les mêmes noms, puis ils étaient
propriétaires de l'abattoir Levinoff, là. Il faut que vous soyez conscients de
ça, là, c'est des gens qui ont obtenu des permis de garderie. Il faut le faire!
Donc, c'est clair que ça méritait de faire tout un nettoyage. Ça méritait de
faire tout un nettoyage, et je répète devant les membres de cette Assemblée,
j'affirme que le ministre concerné…
Le Président :
En terminant.
Gendron :
…pour les aspects que j'ai traités, je n'ai pas pu encore mettre la main sur le
rapport.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Nicolet-Bécancour.
Martel : M. le Président, quand ça va être déposé? Et est-ce que ça va être
public? Je tiens à rappeler que la Fédération des producteurs bovins
doit toujours 9 millions à Investissement Québec. Par respect pour les
producteurs bovins, qui paient toujours pour rembourser cette transaction qui
crée toujours énormément de tension dans le milieu agricole, le ministre doit
rendre le rapport d'enquête public.
Est-ce que le ministre
a discuté des conclusions du dossier d'enquête avec les représentants de l'UPA?
Le Président :
M. le ministre de l'Agriculture.
Gendron : Bien,
une chose qui est sûre, lorsqu'il y a mauvais usage de fonds publics, ce n'est pas
inadéquat d'être très transparent, et on va l'être.
Le Président :
S'il vous plaît! M. le leader de l'opposition.
M. Moreau : Le ministre de
l'Agriculture rappelle avec éloquence que, pendant neuf ans, on a fait de la culpabilité par association. Ici, il répond à une question… d'une question qui est sous
enquête, ce qui va à l'encontre de l'article 35.3° de notre règlement.
Il a lui-même dit qu'on était sous enquête. Et une question sous enquête, c'est
visé par l'article 35, paragraphe 3°. Il
devrait se garder une petite gêne et, surtout, ne pas faire de la culpabilité
par association.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Bédard : À moins
que le leader ait des informations qu'on ne sait pas, actuellement on est en
enquête du juriscomptable. S'il sait qu'il y
a des enquêtes de police, qu'il nous le dise. Quant aux garderies, je tiens,
effectivement, à affirmer à cette Chambre
qu'il y a enquête de police, qu'il y a des accusations, que l'UPAC a même passé
au ministère de la Famille. C'est ça, le résultat de l'ère libérale, M.
le Président, et nous ferons attention dans nos réponses.
Le Président : En terminant,
M. le leader de l'opposition.
M. Moreau : Moi, là, les
informations que j'ai, elles viennent de la bouche de la personne qui répond,
et il a lui-même dit que c'était sous
enquête. Le député qui a la parole ne peut parler — paragraphe 3° — d'une chose qui fait l'objet d'une
enquête…
Président : Alors, j'aimerais préciser ici, là, lorsqu'on parle
d'une enquête, on parle d'une enquête de police. Je ne sais pas si c'est
à ça que faisait référence le ministre, là. M. le leader.
Bédard :
On a dit, effectivement, que c'était une enquête du juriscomptable. S'il y a d'autres
enquêtes, on n'est pas au courant.
Mais je tiens à vous dire qu'il n'est nullement question pour nous de se taire
sur ce fiasco libéral, M. le Président.
Le Président : M. le
ministre, veuillez conclure. M. le ministre, concluez-vous?
Gendron : Bien, je
répète ce que j'ai dit sans aucun problème, j'ai toujours parlé d'un
juriscomptable.
Gendron : Non. Un
juriscomptable, il a un travail à faire.
Président : Juste une seconde, là, on va… Une des choses les
plus importantes ici, c'est d'éviter de s'interpeller. Alors, M. le
ministre, d'abord, adressez-vous à la présidence, premièrement. Puis,
deuxièmement…
Gendron : M. le
Président, je répète ce que j'ai dit. J'ai toujours parlé de juriscomptable
parce qu'il y a un paquet d'affaires louches qui confirment les affirmations
qui ont été mentionnées par le collègue. On en a entendu parler longtemps, il y
avait lieu de faire la lumière. C'est ce qu'on est en train de faire, et on
sera transparents pour les suites des choses.
Le Président : Principale, M.
le député de Huntingdon.
Billette :
Merci, M. le Président. «Des jeunes en agriculture, il y en a. Il ne manque pas
de relève, il manque des moyens pour prendre la relève. C'est pourquoi
le non-renouvellement de la politique jeunesse agricole agace la Fédération de la relève agricole, et, dans la
politique de souveraineté du ministère, elle n'y était pas.» Fin de la
citation.
Ces propos,
M. le Président, ce sont ceux de la Fédération de la relève agricole du Québec.
Depuis la fin de la politique
jeunesse, il y a maintenant huit mois, aucun signe de vie du gouvernement, plus
de plans pour nos jeunes et, du même coup, perte nette de
10 millions pour ces derniers. Pourtant, il y a huit mois, le ministre
s'époumonait à dire : La politique jeunesse sera incluse dans la Politique
de souveraineté alimentaire. Six mois plus tard, rien. Rien du tout, M. le
Président.
Est-ce que le ministre, dans quelques minutes,
va aller confirmer au congrès de l'UPA qu'il a complètement largué la relève agricole et qu'il s'est, lui
aussi, beaucoup trompé? Son bilan en relève, zéro. Zéro puis une
barre, M. le Président. Merci.
Président : M. le ministre de l'Agriculture.
Gendron : Oui, M. le Président. Je remercie le collègue de sa question. J'ai très hâte d'aller de l'autre bord, effectivement,
parce que je sais que l'accueil va être chaleureux, parce qu'on a eu une année extraordinaire
dans le domaine de l'agroalimentaire, y
incluant la relève. Je donne un exemple. Dès la publication de la Politique
de souveraineté alimentaire, premier
geste de bonification de l'aide à la relève de 150 %. Les jeunes me l'ont rappelé. Je les ai
rencontrés à trois, quatre reprises, je suis allé les voir la semaine dernière.
Quand
il me parle de la politique jeunesse, on a dit : Nous, on va l'intégrer
dans la politique jeunesse nationale du Québec. Et on a un adjoint parlementaire à la première ministre qui est
responsable là-dessus, il a rencontré les jeunes de la relève, et, dans la réflexion que le gouvernement
conduit pour une politique jeunesse du Québec, il y aura également un volet pour la relève agricole. J'aurai l'occasion
d'en parler tantôt au congrès de l'UPA et je suis à peu près certain que
les jeunes vont être agréablement surpris du rapport que je vais faire de
l'ensemble des mesures d'accompagnement. Lorsque je fais une politique de souveraineté
alimentaire, c'est aussi pour la relève. Lorsque je fais une politique…
Le Président :
En terminant.
Gendron :
…pour contrer l'achat des terres à l'étranger, c'est pour la relève agricole.
Le Président :
Complémentaire, M. le député de Papineau.
Iracà : En
additionnelle, M. le Président. Je rappelle qu'en campagne électorale la première ministre avait pris l'engagement de bonifier les programmes de relève agricole
en investissant 20 millions de
plus par année pour donner le coup de pouce nécessaire à nos jeunes
agriculteurs. Près d'un an et demi plus tard, toujours rien, et rien non plus
dans sa mise à jour panique où tout le monde a constaté qu'il n'y avait rien
pour les jeunes.
Est-ce que la
première ministre, responsable des dossiers jeunesse, va nous confirmer, elle
aussi, qu'elle abandonne cet engagement envers nos jeunes de la relève
agricole?
Le Président :
M. le ministre de l'Agriculture.
Gendron : Bien, la première ministre aura l'occasion de
s'exprimer dans d'autres occasions là-dessus, mais je suis sûr qu'elle dirait exactement la même chose
que je viens de vous dire. Elle était présente avec moi lorsqu'on a
rendu publique la première Politique de souveraineté alimentaire du Québec et
elle était à côté de moi où j'ai annoncé, le même jour, deux mesures de correction de tout ce que
vous n'avez pas fait puis de vos négligences, que je ne qualifierai pas
pour le moment, dans le domaine de l'agroalimentaire.
Alors,
je n'ai pas de trouble avec la relève. Je
pense que c'est une responsabilité collective. Il faut être responsable, il faut tous être
responsables pour améliorer…
Le Président :
S'il vous plaît! Alors, ceci met fin à la période de questions et de réponses
orales.
La Vice-Présidente
(Mme Poirier) : Alors, nous en sommes à la rubrique des motions
sans préavis. Alors, je reconnaîtrais maintenant un membre du deuxième groupe
d'opposition. M. le député de Chauveau.
Deltell :
Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Poirier) : S'il vous plaît! J'aimerais entendre le député
de Chauveau, s'il vous plaît. Merci.
Deltell :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, je demande le consentement pour
déposer la motion suivante conjointement avec la députée de Laporte et la députée
de Gouin :
«Que l'Assemblée
nationale exige du gouvernement qu'il rende public immédiatement le rapport du
comité sur les conditions d'emploi des titulaires en provenance de l'extérieur
de la fonction publique.»
La Vice-Présidente (Mme Poirier) :
Merci. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion?
M. Traversy :
Mme la Présidente, il n'y a pas de consentement pour cette motion.
La Vice-Présidente (Mme Poirier) :
Il n'y a pas de consentement. Alors, je reconnaîtrais maintenant le ministre
des Finances et de l'Économie.
M. Marceau : Oui. Mme la
Présidente, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de
présenter, conjointement avec le député de
Brome-Missisquoi, le député de La Prairie, le député de Mercier et le
député de Blainville, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale salue les initiatives de la communauté d'affaires du
Québec afin de s'opposer au projet du gouvernement fédéral de créer une
commission canadienne des valeurs mobilières;
«Qu'elle réitère son opposition à ce projet qui
aurait pour conséquences d'affaiblir l'économie du Québec, en particulier le
secteur de la finance;
«Qu'elle
réitère son appui au système de passeport en valeurs mobilières dont
l'efficacité est reconnue mondialement;
«Que le gouvernement du Québec consacre des
efforts pour créer des alliances avec les autres provinces canadiennes, afin de
contrer le projet fédéral de créer une commission nationale des valeurs
mobilières.» Voilà.
La Vice-Présidente (Mme Poirier) :
Merci. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? M. le
leader adjoint.
M. Traversy : Mme la
Présidente, il y a consentement sans débat pour la motion.
La Vice-Présidente (Mme Poirier) :
Est-ce que la motion est adoptée?
La Vice-Présidente (Mme Poirier) :
Adopté. Je reconnaîtrais maintenant la députée de Gatineau.
Mme Vallée :
Alors, Mme la Présidente, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin
de présenter la motion suivante conjointement avec la ministre déléguée
aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse, la députée
d'Arthabaska, le député de Blainville et la députée de Gouin :
«Que
l'Assemblée nationale souligne la Journée internationale des personnes
handicapées qui s'est tenue le 3 décembre et qui cette année se
déroulait sous le thème Ensemble, réduisons les obstacles et ouvrons la
porte à une société plus inclusive! ;
«Qu'elle
réitère toute l'importance qui doit être accordée à l'intégration des personnes
handicapées sur le marché du travail, et dans tous les volets de notre
société;
«Qu'elle
réaffirme son engagement à travailler pour éliminer les obstacles à la
participation sociale des personnes [en situation de handicap].»
La Vice-Présidente (Mme Poirier) :
Merci. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion?
Traversy : Merci, Mme la
Présidente. Alors, je prendrai la parole pour vous dire qu'il y a consentement
pour débattre de cette motion pour un temps de parole d'approximativement une
minute par intervenant, en commençant, bien sûr, par la députée de Gatineau,
suivie par la députée d'Arthabaska et en terminant, bien sûr, par la ministre
responsable et déléguée aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse.
La Vice-Présidente (Mme Poirier) :
Merci. Alors, Mme la députée de Gatineau.
Mme Vallée : Alors, Mme la
Présidente, il me fait extrêmement plaisir de souligner aujourd'hui devant
cette Assemblée nationale la Journée
internationale des personnes handicapées et, en fait, les personnes en
situation de handicap parce que,
comme l'a si bien souligné ma collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne ce matin, les personnes sont en
situation de handicap. Il suffit, pour notre société, d'adapter notre
environnement afin de réduire cette situation et de rendre notre société plus
inclusive.
Il me fait aussi extrêmement
plaisir de souligner l'implication de tous ceux et celles qui, au quotidien, travaillent d'arrache-pied, justement… ils
s'investissent, justement, pour rendre cette société plus inclusive. Alors,
un peu partout à travers le Québec, il y a des gens qui, à travers leur
quotidien, travaillent auprès des personnes en situation de handicap. Ou elles-mêmes sont des personnes en
situation de handicap qui, par leur action, par leur implication, par
leurs interventions, deviennent des modèles et font de sorte que nous sommes
une société qui, au quotidien, est plus inclusive.
Alors, Mme la Présidente, il me fait plaisir de souligner ici cette journée
très spéciale et de rendre hommage à tous ces intervenants et à ceux et
celles qui, au quotidien, vivent avec des situations de handicap. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Poirier) :
Merci, Mme la députée de Gatineau. Je cède maintenant la parole à la députée
d'Arthabaska.
Mme Roy
(Arthabaska) : Mme la Présidente, on parle ici de la Journée internationale
des personnes handicapées. On en parle une fois par année, mais ces
gens-là vivent, 365 jours par année, cette condition-là. Donc, je félicite leur
courage, je félicite l'implication de ceux
qui les aident. Et je me permets de nous sensibiliser. Avec la population qui
vieillit, il y aura certainement de plus en plus de personnes dont l'autonomie
sera restreinte. Il va falloir être d'autant plus vigilants, dans les années et les mois qui vont suivre, pour faciliter
la vie de nos concitoyens. Parce que les enjeux liés, je dirais, à la
longévité — parce
que je ne veux pas appeler ça le vieillissement de la population, on vieillit
tous chaque 24 heures, une journée — donc, les enjeux liés à la longévité sont un
grand défi que nous aurons à vivre tous ensemble, et je pense que c'est
bien au-delà des partis politiques. Je convie donc mes collègues à travailler
sur ce sujet. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Poirier) :
Merci beaucoup. Alors, je cède maintenant la parole à la ministre déléguée aux
Services sociaux.
Hivon :
Merci, Mme la Présidente. Alors, je suis heureuse, à mon tour, d'avoir
l'occasion de souligner cette très importante journée qu'est la Journée
internationale des personnes handicapées parce que c'est une occasion de faire de la sensibilisation sur l'importance
d'avoir une société qui adapte toujours plus sa réalité aux personnes qui
ont un handicap, une incapacité et qui doivent, à tous les jours, Mme la
Présidente, vivre avec ce défi, ce défi souvent plus grand que nature d'évoluer
dans un monde qui n'est pas parfaitement adapté pour eux, loin de là, et aussi
avec le défi plus général de la différence.
Donc, hier, à l'occasion de la journée des
personnes handicapées, j'ai eu la chance de reconnaître une de ces personnes,
Martin Deschamps, le chanteur célèbre au Québec, qui, bien sûr, a ce handicap,
mais surtout fait de ce handicap une force en allant auprès des jeunes dans les
écoles pour passer ce message très important d'inclusion, d'acceptation de la
différence, et je peux vous dire que c'est une valeur qui nous est chère, au gouvernement,
et nous travaillons à chaque jour pour toujours plus d'inclusion. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Poirier) :
Merci. La motion est adoptée?
Vice-Présidente (Mme Poirier) : Adopté. Alors, je demanderais le consentement pour déroger à l'article 84.1
pour permettre au député de Bonaventure de présenter une motion. Alors, Mme la
leader de l'opposition?
Mme Thériault : Il n'y a pas
de consentement, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Poirier) :
Il n'y a pas de consentement.
La Vice-Présidente (Mme Poirier) :
M. le leader adjoint.
Traversy : ...juste
bien m'assurer, pour que la députée d'Anjou soit consciente, on parle vraiment
de la motion qui traite, là, du décès de
M. Bertrand Berger, c'est bien ça.
La Vice-Présidente (Mme Poirier) :
Mme la leader adjointe de l'opposition.
Thériault : Oui. Mme la Présidente, vous savez très bien qu'à ce
moment-ci ça prend un consentement,
et il n'y a pas de consentement. On a donné notre consentement pour que le
député puisse faire une déclaration de député, et ils
n'ont pas accepté. Donc, je n'ai pas donné de consentement.
La Vice-Présidente (Mme Poirier) :
Alors, nous passons à la rubrique suivante, aux avis
touchant les travaux des commissions. M. le leader du gouvernement.
M. Traversy : Bertrand, je vais lire celle-là. Bonjour, Mme la
Présidente. Alors, pour les avis touchant les commissions, j'avise cette Assemblée que la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles poursuivra aujourd'hui les consultations particulières et les auditions publiques en vue d'étudier
l'acceptabilité,pour le Québec, du
projet proposé par Enbridge Pipelines Inc. sur le renversement vers l'est du
flux de l'oléoduc 9B situé entre North Westover et Montréal, décrit notamment dans le document que vous
connaissez bien, Inversion du flux de
l'oléoduc 9B d'Enbridge , aujourd'hui, après les affaires courantes pour une durée d'une heure et demie ainsi que de
15 heures à 17 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Prenez note, Mme la Présidente, que la Commission
de l'aménagement du territoire entendra les intéressés et procédera à l'étude
détaillée du projet de loi d'intérêt privé n° 211, Loi concernant la Ville
de Sherbrooke, suivi d'un projet de loi
privé, n° 207, intitulé Loi concernant la
Ville de Windsor, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures,
à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de la santé et des services
sociaux poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 52, Loi
concernant les soins de fin de vie, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, à la
salle du Conseil législatif, ainsi que de
15 heures à 18 heures, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine;
finalement, Mme la Présidente, la Commission des institutions ne procédera pas,
aujourd'hui, à l'audition des intéressés
à l'étude détaillée du projet de loi d'intérêt privé n° 210, Loi modifiant
la Loi fusionnant le Centre de réadaptation Mackay et L'Association montréalaise pour les aveugles sous le nom de
Centre de réadaptation MAB-Mackay / MAB-Mackay Rehabilitation Centre, tel qu'il avait été initialement prévu dans l'avis donné à ce sujet le 26 novembre
dernier.
Vice-Présidente (Mme Poirier) : M. le leader de l'opposition.
M. Moreau :
Oui, Mme la Présidente. Vous me permettrez, sur cet avis de révocation, très
brièvement, de rappeler que l'avis fait suite à des échanges qui ont eu lieu
entre la ministre de l'Éducation, du Sport et du
Loisir et la députée de Notre-Dame-de-Grâce, qui est la marraine de ce
projet de loi privé, et que nos discussions se poursuivent, Mme la Présidente,
quant au rappel possible de ce projet de loi en commission parlementaire.
Vice-Présidente (Mme Poirier) : Alors, j'en suis maintenant à la rubrique des renseignements sur
les travaux de l'Assemblée. M. le leader de l'opposition officielle.
M. Moreau : Oui, Mme la présidente. Hier,
j'ai eu l'occasion de poser, à tout le moins, une question concernant
cet item, le projet de loi n° 55, Loi
modifiant la
Loi sur les impôts miniers, qui a
été présenté le 12 novembre 2013 et pour lequel nous avons envoyé des propositions de consultations particulières le 13 novembre 2013. Mon
collègue le leader adjoint du
gouvernement a répondu ou a laissé entendre dans sa réponse qu'il y
avait des négociations entre les cabinets de leaders. Je souhaite mentionner au leader adjoint du gouvernement que nous
n'avons aucun retour du gouvernementdepuis le 13 novembre et je réitère donc ma question : À quel moment
procéderons-nous aux consultations sur ce projet de loi, compte tenu
qu'il n'y a pas de discussions entre les cabinets de leader à ce sujet?
Vice-Présidente (Mme Poirier) : Alors, M. le leader adjoint du
gouvernement.
M. Traversy : Mme la Présidente, les
informations que je détiens sont à l'effet qu'on est en train d'analyser
la liste qui nous a été fournie. Nous allons revenir le plus rapidement
possible au leader de l'opposition pour répondre à sa question.
Vice-Présidente (Mme Poirier) : Merci. M. le leader de la
deuxième opposition.
Deltell : Merci, Mme la
Présidente. Alors, selon l'horaire de notre règlement, il nous reste encore
deux jours parlementaires, soit, donc, jeudi et
vendredi, et pourtant il y a des questions qui
sont inscrites au feuilleton, des questions écrites, donc, qui dorment
actuellement, et on voulait s'enquérir auprès du gouvernement de quoi il en
retournait.
exemple, à l'article 23 de la
partie 5 de notre feuilleton, la question
posée le 7 novembre dernier par le député de Lévis au ministre des Finances, qui demande de fournir le
portrait de la croissance des dépenses de programmes et des dépenses
consolidées. Également, le 12 novembre, le député de Granby a posé
une question au ministre des Affaires municipales concernant la réglementation
qui touche les piscines. Également, toujours le député de Granby, le
19 novembre, a posé une question à la ministre de l'Emploi et de la
Solidarité concernant les saisies qui peuvent être
faites lorsqu'un jugement est rendu. Et finalement j'ai posé moi-même une
question écrite, le 27 novembre dernier, au ministre des Transports
concernant le manque à gagner du financement pour la MRC de
La Jacques-Cartier en ce qui concerne
le transport collectif, ce qui, à notre point de vue, est en complète contradiction
avec les propos du ministre et la réalité qui se vit sur le terrain.
Donc, Mme la Présidente,
nous avons quatre questions écrites en suspens. La session achève, il nous
reste encore deux jours devant nous. On aimerait savoir de la part du gouvernement :
Quand aurons-nous les réponses à ces quatre questions?
La Vice-Présidente (Mme Poirier) :
Alors, M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Traversy : Merci, Mme la
Présidente. Il devrait y avoir des réponses sous peu aux questions du député de
Chauveau.
Vice-Présidente (Mme Poirier) : Je vous remercie. Alors, je
vous informe qu'il y aura sanction du projet de loi n° 39,
Loi sur
les régimes volontaires d'épargne-retraite, aujourd'hui, à 15 h 30,
au bureau de Son Honneur le lieutenant-gouverneur.
La période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour. M. le leader
adjoint du gouvernement.
Traversy : Merci, Mme la Présidente. Nous nous approchons d'une
adoption finale. Alors, sans plus tarder, je voudrais donc que vous
puissiez appeler, pour poursuivre nos travaux, l'article 25 de notre
feuilleton.
Vice-Présidente (Mme Poirier) : Alors, l'Assemblée prend en
considération le rapport de la Commission de la culture et de l'éducation sur le projet de loi n° 45,
Loi sur le
ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et
de la Technologie.
Alors, je vous cède la parole, M. le ministre de
l'Enseignement supérieur, des Sciences, de la Recherche et de la Technologie.
Duchesne : Merci, Mme la Présidente. Alors, effectivement, nous
voilà maintenant à une étape… une autre étape, en fait, du cheminement du projet de loi n° 45, soit celle
de la prise en considération du rapport de la commission. Alors, après
avoir passé l'étude du projet de loi
article par article, nous en sommes
maintenant à une étape charnière.
Le projet de loi n° 45, il faut le
rappeler, revêt un caractère très important pour le développement du Québec. Essentiellement, ce projet de loi va créer le
ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et
de la Technologie. Il faut expliquer aux
citoyens qu'il existe déjà par décret mais qu'il doit y avoir un projet de loi
et qu'il doit être consacré par l'existence d'une loi.
Ce projet de loi n° 45 va, entre autres…
détermine, entre autres, la mission du ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la
Technologie. Il établit aussi les pouvoirs et fonctions de ce ministre.
Il précise également les modalités
d'organisation interne, qui sont similaires, il faut le dire, à l'ensemble des
ministères.
Pendant cette
étude détaillée, plusieurs amendements ont été apportés afin de répondre aux
préoccupations des députés de l'opposition, et, parmi eux, certains
concernent les missions et les fonctions du ministre. Notamment, un amendement a été proposé par le parti ministériel
et retenu par la commission pour l'une des fonctions du ministre, et ça se lit comme suit : «Favoriser la probité, la
valorisation et la qualité des activités de recherche.» C'est une
amélioration qui précise, Mme la Présidente, davantage le rôle du ministre en
matière de recherche.
Deux
amendements ont aussi été apportés avec la collaboration des partis
d'opposition afin d'accroître la parité entre les hommes et les femmes
au sein du conseil d'administration de l'Institut national des mines et de
l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec. Certains amendements ont
introduit dans la législation aussi des consultations interministérielles qui
vont rendre plus formels les liens entre les différents ministères.
C'est un
projet de loi, Mme la Présidente, qui vient clarifier les rôles et
responsabilités de chacun des ministères. Il va permettre la signature
d'ententes visant au partage des ressources et de services qui faciliteront le
travail au quotidien de mon ministère. Et, avec l'adoption du projet de loi, le
cadre juridique va être clarifié et simplifié.
L'institution
du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de
la Technologie va faciliter la réflexion sur l'avenir de l'enseignement
supérieur, sur les perspectives qui s'offrent au Québec en matière de recherche, de science, d'innovation et de
technologie. C'est aussi un moyen privilégié d'intensifier la synergie
entre les différents acteurs de l'enseignement supérieur, et de la recherche,
et de l'innovation. Et, en créant ce ministère, nous voulons valoriser plus que
jamais le savoir, lui donner la place qui lui revient au sein de notre société.
Alors,
c'est une étape importante. Et il faut rappeler que, pour ce gouvernement,
l'éducation est une... je dirais, d'une importance stratégique, parce
qu'il y aura… et, en fait, depuis la venue du nouveau gouvernement, il y a donc
deux ministres qui ont pour responsabilité, au Conseil des ministres, de parler
de l'éducation : la ministre, bien sûr, qui est
assise normalement à côté de moi, la ministre de l'Éducation, et moi-même.
Alors, ces deux ministres sont présents au Conseil des ministres, sont présents au sein de leurs ministères.
Et, en ce qui me
concerne, l'apparition de ce nouveau ministère donne aussi toute la place aux
collèges, à nos cégeps, une belle invention québécoise,
Mme la Présidente. D'ailleurs, on célèbre cette année
le 50e anniversaire du dépôt du rapport Parent,
qui a initié, dans les années suivantes, la création des cégeps, les cégeps, qui sont présents sur toute notre région… tout notre grand territoire plutôt. Les cégeps et l'innovation, là — puisque
c'est un ministère aussi qui doit parler d'innovation — l'innovation
des cégeps, c'est qu'à l'intérieur de la même boîte, qui est ce collège, il y a, en parallèle,
une formation préuniversitaire qui nous amène à l'université et une formation technique qui est
valorisée, et tout ça avec une formation générale. Il y a un noyau de
formation générale qu'on garde et qu'on préserve.
création, et l'apparition, et le développement de cégeps font que le nombre de diplômés
postsecondaires au Québec est supérieur à celui du Canada
et supérieur à celui qu'il y a aux États-Unis. Donc, pour nous, la pertinence des cégeps et la création de ce ministère
confirment la pertinence et la valorisation que nous
accordons à cet ordre d'enseignement.
C'est aussi un endroit où il se fait de la
recherche appliquée, les CCTT, les centres collégiaux de transfert de technologie,
qui sont des succès et qui suscitent même l'envie du reste du Canada.
Ce ministère, bien
sûr, aussi, aura et a comme responsabilité de suivre, d'encourager le développement
des universités, de notre système universitaire, 18 universités, Mme
la Présidente, des universités
qui sont situées dans des grands
centres, des universités aussi dans les régions du Québec — parce que nous avons un grand territoire — et
qui favorisent,
de par leur présence sur l'ensemble du territoire, des
diplômés de première génération. Et ça, les diplômés de première
génération, Mme la première ministre… Mme la Présidente, pardon, nous allons
tout faire pour continuer à valoriser cette situation.
Un diplômé de première génération, c'est ce jeune homme ou cette jeune fille
qui revient à
la maison avec son diplôme et c'est le premier de sa
famille à avoir un diplôme, ses parents n'en
avaient pas; ça inspire, ça donne de la fierté à la
famille, c'est bon pour l'estime de soi de l'individu. Il peut se développer, il va s'enrichir, bien sûr, en ayant un emploi avec un bon
salaire, mais en ayant beaucoup plus de place à jouer dans la société, en étant
présent dans les débats sociaux, en étant un citoyen, une citoyenne très
active.
Alors, les universités
ont maintenant un ministère qui leur est consacré. Nous allons rappeler que ce
sont des institutions publiques qui visent au développement du bien commun, et nous avons déjà installé un rapport de dialogue avec eux. On l'a vu, il y a
eu un sommet sur l'enseignement supérieur où il y avait de grands défis, et
nous sommes arrivés à un succès suite à ce sommet. Donc, nous allons
tout faire pour, bien sûr, valoriser les institutions universitaires, parce que — on pourrait même
dire l'université au singulier — l'université est une institution essentielle
dans une démocratie. C'est même, à la limite, à l'occasion, un contre-pouvoir. Ça
permet d'amener un équilibre. C'est une des sentinelles qui permet à un système de demeurer une démocratie. Et
il faut préserver, pour ça, bien sûr,
l'autonomie universitaire, la libre pensée, la capacité de faire de la
recherche, mais aussi de transmettre le savoir, d'avoir des professeurs qui
sont, je dirais, des maîtres, hein — c'est le nom, d'ailleurs, qui leur est
donné — des
maîtres pour former une nouvelle génération qui est toujours plus… qui a
un sens critique toujours plus développé.
L'autre
responsabilité de ce futur ministère, Mme la
Présidente, c'est la recherche et l'innovation. Donc, j'ai déposé d'ailleurs
une politique nationale de la recherche et de
l'innovation, et le but, ici, parce que la recherche et l'innovation est maintenant sous l'autorité de ce
ministère de l'Enseignement supérieur, c'est donc de favoriser
l'harmonie. Pas d'opposition au Québec entre
la recherche fondamentale et la recherche appliquée. Ces gens-là travaillent
ensemble. Nos PME ont besoin de nos
laboratoires, de nos centres de recherche dans nos universités, de nos CCTT. Il
faut favoriser la collaboration. Ce ministère va viser à donner
beaucoup, je dirais, d'élan à cet objectif-là. Collaboration aussi entre les
universités et entre les cégeps. Il faut cesser de se concurrencer, là. La
concurrence, elle est à l'international. Mais ensemble il faut définir des
mandats communs, collaborer ensemble.
Et cette Politique nationale de la recherche et de
l'innovation, Mme la Présidente, elle est ancrée dans des valeurs, je
viens de vous en parler, collaboration, bien commun,
mais aussi des valeurs importantes : le
développement durable. On le sait, la planète
est menacée. Il faut que nos chercheurs des universités, il faut que nos
entrepreneurs pensent au développement de technologies et de moyens d'action
qui nous permettent de préserver et de donner de la pérennité, bien sûr, à
notre planète.
L'autre axe à
favoriser, c'est toute la question de comment traverser ce… affronter ce défi des changements démographiques. Le Québec est une des sociétés qui
vieillit le plus rapidement au monde,
à l'exception du Japon. Il faut donc
favoriser... trouver des solutions face à une société vieillissante et aussi… et ça, c'est des défis liés à la santé,
bien sûr, toute la technologie, tout le
domaine de la santé, mais aussi donner de la place à nos jeunes. Quand vous
avez une part qui est moins grande donnée aux jeunes, parce qu'il y a moins de jeunes dans notre société, il faut leur donner de l'oxygène, Mme la Présidente, il faut leur permettre d'avoir
un avenir malgré une société vieillissante, d'établir des liens
intergénérationnels. Il ne faut pas opposer une génération à l'autre, il faut
surtout éviter ce genre de choses. Ça veut dire, par exemple, des politiques
familiales pour les plus jeunes, Mme la Présidente.
bon, enfin, les PME. Les PME, j'en ai parlé un peu tout à l'heure, mais, notre
structure économique, là, le filet de notre structure économique est
basé, est structuré à partir de PME, les petites et moyennes entreprises, qui
créent beaucoup d'emplois. Et nous avons au
Québec une tradition : beaucoup d'inventeurs, mais souvent la
commercialisation, la capacité d'en faire
une petite entreprise, c'est difficile. Alors, notre ministère va assister, va
aider, va appuyer ces jeunes entrepreneurs ou ces entrepreneurs d'une
certaine génération qui ont travaillé des années pour développer un produit ou
un service, parce qu'il y a l'innovation technologique et il y a l'innovation
sociale, Mme la Présidente.
Alors, la pérennité. Nous avons déposé une
politique nationale de recherche sur cinq ans; pas sur trois ans, sur cinq ans. Pour les milieux économiques, on
demandait de la stabilité. Cinq ans, c'est aussi un engagement
important. Et, vous le savez, ce ministère,
à la suite du sommet, a annoncé un réinvestissement dans l'enseignement
supérieur sur une période de sept ans, jusqu'en
2019, 1,8 milliard, Mme la Présidente, et c'est un engagement ferme de notre
gouvernement, et c'est appuyé en plus sur l'existence d'un nouveau ministère.
En terminant, Mme la Présidente, je vous dirais
que, dans les prochains mois, il y aura beaucoup de travail, parce que,
suite à ce Sommet sur l'enseignement supérieur, ce ministère va devoir donner des
suites aux différents chantiers qui ont été mis en place. Celui sur l'aide
financière est terminé. Résultat : pour la première fois depuis des
années, le régime d'aide financière donne plus de bourses que de prêts. C'est important. C'est une réforme
structurante, Mme la Présidente.
On ne veut pas endetter les étudiants inutilement. Il y a
donc un signal, là, un choix qui est de dire : Quand on le peut, quand les dossiers sont évalués et que
les besoins sont là, d'aider — et
d'aider, là, pas les fils de riches, pas les filles de riches, ils ont les moyens — d'aider la classe moyenne, d'aider même ceux qui
sont peut-être moins choyés en termes de revenus pour… lorsqu'ils
ont la capacité et la volonté, de monter aux plus hauts échelons, et d'être
même des étudiants, et même des finissants, et, qui sait, des maîtres ou des
docteurs dans le domaine universitaire, pour ceux qui le veulent.
L'autre chantier, c'est la création du Conseil
national des universités qui va superviser le développement des universités. On
doit développer... On va déposer un projet de loi dès le début de l'année
prochaine là-dessus.
Troisième
chantier, une loi-cadre sur les universités. Qu'est-ce
que c'est, les universités?
Étonnamment, dans nos lois, on n'en
parle pas, on ne parle que de la façon dont on finance les universités.
Et il faudra aussi amener un nouveau regard
sur la gouvernance. On le sait, il y
a beaucoup de questions, dans
les derniers jours, on le voit, la façon dont les conseils d'administration
des différentes organisations sont composés. Nous avons de bons conseils
d'administration dans les universités, mais la population demande encore plus
de transparence, d'en faire des piliers d'intégrité. Nous allons travailler là-dessus.
Autre
chantier, sur l'offre de formation collégiale, comment mieux protéger nos
cégeps en région. Parce que, face à… j'en parlais tout à l'heure, les changements
démographiques, il y a des régions qui… où il y a des défis face à un
peu moins d'étudiants, je dirais, dans les cégeps. Il faut voir comment on peut
préserver ces institutions, entre autres. Mais il y a d'autres domaines, il y a
d'autres défis, bien sûr, à l'intérieur de ce chantier.
Le cinquième
chantier, le plus important, la formule de financement. Ça fait au moins 12 ans
qu'on n'a pas révisé cette formule de financement. Il y a, semble-t-il,
des effets contestés, contestables de cette formule de financement qui amènerait les universités, devant tout, à une
course à la clientèle, aux cohortes étudiantes, parce que cette formule
de financement est basée essentiellement sur
le nombre d'étudiants. Une université a plus d'étudiants, on finance par
tête de pipe, elle a plus d'argent. On est
en train de voir s'il n'y a pas moyen de bonifier, de diversifier, d'enrichir
la formule de financement. C'est
fondamental, Mme la Présidente. La façon dont on donne l'argent, bien sûr,
assure un développement à l'université. Donc, c'est un chantier
important, et il y aura un rapport qui sera déposé au printemps prochain.
Alors, vous
voyez, ce ministère a du pain sur la planche mais dans un domaine d'avenir, qui
est celui de notre jeunesse, qui est celui du savoir, qui est celui de
la recherche, dans une société qui bouge vite, Mme la Présidente, bombardée
d'information, où le divertissement occupe beaucoup de place, où la démocratie
demeure fragile. C'est toujours un combat constant. Il faut qu'il y ait une
place pour la réflexion, il faut qu'il y ait une place pour le savoir. Il faut
qu'il y ait des professeurs qui prennent le temps de dire à des jeunes comment
réfléchir, comment… et eux, ils doivent transmettre leur savoir, c'est
essentiel. Nos universités, nos cégeps sont plus que des bâtiments, c'est une
institution du Québec qu'il faut protéger et en assurer le développement. La
même chose pour tout le domaine de la recherche, ça assure un dynamisme, ça
donne à notre société, au Québec, une place sur la scène internationale, ça en
fait une société qui est concurrentielle.
La libre
pensée — je
termine là-dessus — l'indépendance
d'esprit, c'est fondamental. Il faut… Et ça, c'est lié… c'est une valeur stratégique : quand on veut
une démocratie, il faut qu'on ait, de génération en génération, des gens
qui se questionnent, qui sont capables
d'argumenter et d'engager des débats, pas se lancer dans la calomnie, Mme la
Présidente, des débats argumentaires, et nos maisons d'enseignement, tous les
ordres d'enseignement confondus, ont un rôle fondamental là-dessus.
Alors, je
suis heureux, donc, de voir que nous traversons… nous passons une étape
importante en vue d'adopter ce projet de loi qui, donc, pourrait
confirmer, donc, le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de
la Science et de la Technologie. Ça a été
fait, donc, à la suite d'une commission où il y a eu des discussions
enrichissantes, et je suis très satisfait et très encouragé pour la suite, Mme
la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Poirier) :
Merci. Merci, M. le ministre. Je cède maintenant la parole au député de Mont-Royal.
Arcand : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Vous savez, aujourd'hui, nous consacrons, en fait,
en cette prise de considération, la loi qui crée évidemment le ministère de l'Enseignement
supérieur, de la Recherche et de l'Innovation.
J'aimerais peut-être profiter de l'occasion pour
rappeler un peu les étapes de la création de ce ministère. Ce ministère avait été créé en septembre 2012.
Le gouvernement avait décidé, le 15 mai 2013, donc de déposer, huit
mois après, le projet de loi du
ministère. Nous avons adopté le principe le 4 juin 2013 et donc nous
en sommes aujourd'hui, en ce 4 décembre, pour la prise en
considération et l'adoption finale.
Il y avait évidemment, pour nous… Nous avions
accepté le principe, nous avions accepté le principe malgré un malaise évident
non pas sur la question de principe de la création du ministère, mais compte
tenu que, dès le début du mandat, le gouvernement avait
fait des coupures extrêmement importantes au niveau des universités, au niveau
de plusieurs maisons d'enseignement; ça avait été vraiment très mal reçu au
départ.
Et, aujourd'hui, on ne sait pas dans quelle
direction on s'en va, parce que — ceux qui ont pu écouter avec nous la période de questions, Mme la
Présidente — on est
toujours actuellement dans une atmosphère de déni. Au niveau, par
exemple, des CPE, par exemple, on a posé des questions aujourd'hui, c'étaient
les en-têtes des journaux, partout qu'il y
avait des coupures, et le ministre nous dit : Non, ça n'existe pas. Ça a
été la même chose au niveau des CHSLD. Et, au niveau des universités, ça
fait déjà une semaine où j'ai un nombre important d'universités, Mme la
Présidente, qui sont venues nous parler de leurs inquiétudes, du fait que, leur
budget, pour l'année en cours, on ne sait pas dans quelle direction on s'en va.
Et d'ailleurs une des choses qui m'a fait rire
un peu lors de cette séance avec les universités, c'est que, là, le gouvernement était un peu mal à l'aise, les
députés du gouvernement étaient un peu mal à l'aise parce qu'ils
entendaient évidemment les universités faire part de leurs préoccupations,
préoccupations majeures à ce niveau-là, et il y avait le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques…
et je reprends un peu, vous savez, la chanson de Mme Bolduc, là, lorsqu'il
arrivait et qu'il disait : «Bien, ça va venir, ça va venir,
découragez-vous pas.» Je ne sais pas si vous vous rappelez de cette chanson-là,
mais c'est un peu ce que le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques disait aux
universités : Ça va venir, découragez-vous pas, ça s'en vient.
Alors, c'est
donc dans ce contexte-là et de cette atmosphère un peu particulière qu'on a
discuté, Mme la Présidente, du projet
de loi n° 45
article par article. Et donc nous avons, bien sûr, adopté le principe de ce projet de loi, et nous
nous sommes assurés de bien faire le travail,
parce que c'est ce que la population attend des élus, entre autres, et des parlementaires. Et nous, comme nous avons déjà été au gouvernement,
peu importent les structures, nous pensons que
c'est tout à fait le droit du gouvernement
d'organiser son Conseil exécutif comme bon lui semble, et je pense que
ça, à notre avis, c'est quelque chose qu'il faut
respecter. Et la création de ce ministère, pour nous, était un principe qui se défendait à ce moment-là. Cependant, comme on le dit toujours, le diable est
dans les détails, et, tout au cours de ces discussions, évidemment nous avons
fait un travail rigoureux, un travail constructif pour avoir, bien sûr, le
meilleur projet de loi.
Je dois dire que ce projet de loi, Mme la Présidente, ce n'était pas simple.On
parlait de quoi? On parlait de 208 articles,
Mme la Présidente, et ces 208 articles modifiaient 51 lois et 36 règlements.
Ce n'est donc pas une tâche
qui était simple, évidemment. Et, à partir du moment où les travaux ont
commencé — les
travaux ont véritablement commencé plus tôt,
à l'automne, puisque le principe avait été adopté le
4 juin, donc on a commencé à l'automne — il
y a eu, pendant un certain temps, une certaine impatience de la part du cabinet du
ministre — je
ne dis pas du ministre, nécessairement,
lui-même, mais certainement de son
cabinet — qui, évidemment, avait
multiplié les tactiques pour faire adopter
encore plus rapidement ce projet de loi.À un point tel d'ailleurs
que nous sommes allés nous plaindre à vous, Mme la Présidente, et
vous avez confirmé ce que tout le monde pense, c'est que l'opposition doit
prendre le temps nécessaire qu'il faut pour
adopter les projets de loi et faire de ces projets de loi des projets de loi
responsables. Évidemment, il y avait
des syndicats, il y avait, entre autres, récemment, une organisation qui
s'appelle l'ACFAS, et, à notre très grande surprise, c'était l'ancienne chef de cabinet du ministre actuel qui
menait la campagne pour faire adopter ce projet de loi là.
Alors, évidemment, je dois vous dire qu'il y a
eu, à certains moments, je dirais, une atmosphère un peu difficile dans l'élaboration de ce projet de loi
et les discussions qui ont suivi, parce que,
d'une part, on est, nous, convaincus qu'il
y a beaucoup de difficultés au niveau financier,
actuellement, dans ce gouvernement — la mise à jour l'a montré la semaine
dernière — et,
malgré les bonnes intentions du ministre, il est clair que le gouvernement n'a
pas l'argent suffisant pour parler
véritablement, avec respectabilité, du sous-financement des universités, parce
qu'actuellement les choses ne vont pas dans
cette direction-là.
Qu'est-ce que nous avions, sur le plan du
principe, comme problèmes avec ce projet de loi? Qu'est-ce que nous avions
comme arguments pour dire que ce projet de loi
là méritait d'être bonifié? Mme la Présidente, le premierpoint, je pense… et
là-dessus je dirais que la
deuxième opposition était d'accord avec nous sur cette question-là. Vous
savez, ce ministère-là a changé de vocation
à plusieurs reprises. À un moment donné, on a créé un ministère de la Recherche et du
Développement, auparavant il y avait un seul ministère de l'Éducation.
Je pense qu'on a changé à peu près 10 fois,
au cours des 15 ou 20 dernières années, on
a changé à peu près 10 fois tout ce qui touchait la recherche. À un moment
donné, même, en 2003, à l'époque où l'actuelle première ministre était ministre des Finances, la recherche, l'innovation,
c'était sous la responsabilité du ministère des Finances. Sous notre gouvernement, la recherche et
l'innovation a été la responsabilité
du ministère du Développement économique. Le gouvernement a décidé d'abolir le
ministère du Développement économique, de confier tout l'aspect de la
recherche et de l'innovation au ministre.
donc on avait quand même certaines questions. Parce que, comme vous le savez,
c'est toujours, lorsqu'on parle de recherche et
d'innovation, un peu la même chose : il y a des gens qui font de la
recherche pure, il y a des gens qui font de la recherche appliquée, et,
ceux qui font de la recherche pure, je dois vous dire qu'évidemment… Si je
prends, par exemple, la génomique, ça a été extrêmement bénéfique de faire de
la recherche pure, parce qu'on a développé, au fil des années, dans ce
domaine-là, une expertise très importante. Mais la recherche appliquée, celle
avec laquelle on travaille avec des
entreprises sur des projets particuliers, des façons de faire particulières, je
dois vous dire que là-dessus il y a aussi un besoin. Et j'étais un peu
inquiet, moi-même, sur ces questions-là, non pas de la part du ministre, mais, encore une fois, lorsque j'entendais le député de
Sainte-Marie—Saint-Jacques
qui n'arrêtait pas de parler des abus, des abus des compagnies, qu'il ne fallait pas fonctionner de cette façon-là. Et
donc il m'apparaissait qu'il était particulièrement contre la recherche
appliquée, dans une certaine mesure. Alors, pour nous, il était très important,
Mme la Présidente, dans ce projet de loi, de vraiment avoir des notions à
caractère économique pour ne pas que ce soit uniquement un projet de loi dans lequel, évidemment, les seuls
gagnants sont les cégeps et les universités, que c'est seulement la
recherche pure. Il fallait aussi qu'il y ait un équilibre, un équilibre qui, à
mon avis, était nécessaire.
d'ailleurs je dois vous dire qu'on a eu de très longues discussions. Le député
de Laurier-Dorion et également le député de La Prairie ont fait
ensemble, au départ, beaucoup de pression sur le ministre, qui a décidé, à la
fin, bien sûr d'adopter certains aspects du
projet de loi dans lesquels il y avait des considérations économiques. Nous
tenions donc à apporter, Mme la Présidente, ces amendements
constructifs, car, à première vue, dans la lecture de ce projet de loi, le Parti québécois semblait avoir évacué, en fait,
tout rapport entre le ministère de l'Enseignement supérieur, de la
Recherche, de la Science et de la
Technologie, et nous avons donc tenu à ce que les termes économiques… que la
relation qui doit exister entre le
ministre de l'Économie et des Finances et le ministre de l'Enseignement
supérieur soit présente, et, même, pas
seulement le ministre de l'Économie et des Finances, mais les autres
ministères, que ce soit inscrit comme tel dans la mission du ministère
et dans le rôle du ministre.
Vous savez, Mme la
Présidente, la situation des universités, au moment où on se parle... Je vous
donnerai simplement quelques citations que
j'ai entendues depuis une semaine. Lorsque je parle, par exemple, de l'UQAM,
l'UQAM dit : Je ne vous dirai pas qu'on
est riches, je ne vous dirai pas qu'on nage dans l'argent et on réussit à faire
nos frais. On respecte notre plan budgétaire, mais c'est très difficile.
Quant
à l'INRS, qui est venu témoigner devant nous, ce qu'ils nous ont dit, c'est
que... L'Institut national de la recherche
scientifique mentionne que, si elle n'a pas de signal clair d'un gouvernement
d'ici février prochain, elle aurait beaucoup de difficultés à mettre des
chiffres dans son budget au cours de l'année. Donc, son budget est en péril.
Dans
le cas du HEC, des Hautes Études commerciales, ils ont dit : Bien, au
sujet du plan de réinvestissement des universités de la part du
ministre, les messages sont un peu ambigus. On ne sait pas trop, véritablement.
On entend la première ministre qui dit qu'il va y avoir des réinvestissements,
mais on n'a pas de nouvelle, on ne sait pas. On veut y croire, mais ce qu'on
veut, c'est des actions probantes. On veut voir vraiment.
aujourd'hui, le chef de l'opposition a vraiment fait une démonstration, je
pense, lors de la période de questions, particulièrement éloquente
lorsqu'il a démontré que, dans le premier budget du ministre des Finances, on
parlait évidemment d'investissement au
niveau du ministère de la Santé et des Services sociaux, on parlait d'un
investissement de 1,3 milliard dans le budget, et là on était rendus à 1,2
pour tout le gouvernement.
Alors, dans les
circonstances, comment le gouvernement va-t-il pouvoir investir dans les
universités, comme il semble le promettre, après avoir coupé? Et, après ça, il
dit qu'il va investir? On a beaucoup de doute, surtout qu'il n'y a pas
actuellement de cadre budgétaire.
Puis je peux
continuer comme ça. Concordia a dit, en parlant du réinvestissement : On
l'attend. On travaille seulement avec le
réel. Nous sommes à la limite financière, on ne peut pas couper indéfiniment.
Hier, c'était l'Université McGill. L'Université McGill est une
université, disaient-ils... disaient-ils... Mme la rectrice, Mme Fortier, disait :
C'est une université fragilisée. L'élastique
est étiré à son extrême limite. Les murs de McGill craquent. Il faut
redonner de l'oxygène aux universités. Et, quant à l'Université de Montréal
hier, c'est une université qui déclare : Bien sûr, nous n'avons plus de
marge de manoeuvre. Chaque dollar coupé, c'est autant de revenus aux étudiants
qui sont coupés.
Alors,
Mme la Présidente, lorsqu'on regarde cette situation-là, il n'y a rien de très,
très réjouissant, c'est le moins que
l'on puisse dire. Et une des choses également que toutes les universités
montréalaises, parce que celles qui ont comparu devant nous, à la Commission de la culture et de l'éducation, ce sont