Labour and the Economy — 1 May 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CET 2019-05-01
Quebec — Committees
(Onze heures vingt-six minutes)
Présidente (Mme IsaBelle) :
Bonjour, tout le monde. Alors, ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte. Je demande à toutes les personnes
dans la salle de bien vouloir éteindre leurs appareils électroniques.
La commission
est réunie afin de poursuivre l'étude du volet Emploi et Solidarité sociale des crédits budgétaires du portefeuille Travail, Emploi et Solidarité
sociale pour l'exercice financier 2019‑2020. Nous allons terminer l'enveloppe
de quatre heures qui a été allouée à l'étude
de ces crédits et nous procéderons à leur mise aux voix quelques minutes avant la fin de la séance.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements aujourd'hui?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Hébert (Saint-François) remplace M. Allaire (Maskinongé); Mme Dansereau (Verchères) remplace M. Bélanger
(Orford); M. Thouin (Rousseau) remplace Mme Foster
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré); et M. LeBel (Rimouski)
remplace Mme Richard (Duplessis).
Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Merci. Puisque nous avons débuté nos travaux à 11 h 25 et
qu'une période de deux heures doit être consacrée à l'étude des crédits, est-ce que
nous avons le consentement pour diminuer le temps de 25 minutes sur le temps de parole du gouvernement? Avons-nous le consentement?
M. le ministre? Les autres partis aussi, nous avons le consentement?
Parfait.
Alors,
lorsque nous avons ajourné nos travaux, hier, sur ce volet, nous avions
commencé un bloc d'échange du côté du groupe parlementaire formant le
gouvernement. Nous allons donc poursuivre ce bloc d'échange, et je donne
maintenant la parole au troisième groupe d'opposition, avec le député de
Rimouski. C'est bien ça? Vous avez 19 min 40 s.
LeBel : C'est bon. C'est le 40 que j'aime. Bonjour, tout le monde.
Content d'être ici. Merci, Mme la Présidente. C'est toujours impressionnant, les crédits, de voir toute l'équipe
autour du ministre. Ça fait que je vais essayer de faire ça comme du
monde.
Tantôt, j'ai
posé une question à la ministre responsable des Aînés, je lui ai posé une
question sur les droits des aînés puis
le droit à l'information des aînés. Il y a quelques années, les centres
d'action bénévole, un peu partout dans les régions, avaient des subventions pour faire des lignes
Info-Aînés, pour donner de l'information aux aînés. Il y a deux ans, le gouvernement de l'époque avait décidé de couper ce
financement-là aux centres d'action bénévole pour préférer donner le mandat à Services Québec de donner de
l'information aux aînés.
Dans les
crédits de la ministre des Aînés, je le vois, là, Services Québec a réalisé et
publié des documents, Services Québec a mis à jour son guide, mais... un
portail, etc., un site Internet. Moi, j'aimerais savoir, concrètement, un aîné qui
est en Abitibi, qui veut avoir de
l'information, comment ça fonctionne avec Services Québec? Il appelle où?
Comment ça marche? Puis est-ce qu'il y a des gens chez eux, en région,
pour répondre à ces informations-là?
M. Boulet : Merci à mon collègue de
Rimouski, encore une fois, d'exprimer sa préoccupation puis son intérêt pour le bien-être des aînés. J'ai bien apprécié,
d'ailleurs, votre intervention au salon bleu. Il faut être sensible à ce que
les aînés vivent au Québec, être aussi préoccupé par la maltraitance,
leur confort, leur sécurité.
Et cette
réalité-là... les personnes qui sont à Services Québec, je rappellerai à mon
collègue qu'elles sont réparties dans
17 régions administratives au Québec. Il y a 165 bureaux administratifs. On est
extrêmement accessibles. On fait la promotion
de tous nos services. On est disponibles. Il y a des conseillers,
conseillères, il y a des préposés qui s'assurent d'un lien de communication
avec les personnes aînées pour bien comprendre leurs besoins, répondre à leurs
attentes et leur proposer l'inventaire des services dont ils ont besoin.
Si vous aviez des cas où vous sentiez que l'accessibilité
n'est pas totale, faites-moi signe, parce que c'est une préoccupation que je partage. Oui, faites-moi signe. C'est une
préoccupation que je partage. Et s'il
y a des moyens actuels qui peuvent être améliorés pour les rejoindre et
répondre à leurs besoins, moi, ma porte sera toujours ouverte et mon collègue le sait très bien. Merci, Mme la
Présidente.
M. LeBel : Merci. Mais est-ce que je
peux savoir, dans votre... l'organisation de Services Québec, dans un... Ce que je comprends, à travers les CLE, c'est beaucoup
plus l'emploi, la main-d'oeuvre. Mais on va dans un CLE... Tu vas dans un CLE à Rouyn. Est-ce qu'il y a quelqu'un, là, qui a un mandat de donner de l'information aux aînés ou si c'est par téléphone ou je
ne sais pas trop comment? Mais est-ce qu'il y a quelqu'un dans chaque CLE ou
dans... qui a ce mandat-là, qui connaît les
services aux aînés, qui est capable de les accompagner, qui est capable de les
accueillir pour leur parler? Est-ce que ça existe dans les CLE du Québec?
M. Boulet :
Tout à fait, Mme la Présidente. C'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle
on a créé Services Québec. Comme vous savez, les centres d'emploi
deviennent des bureaux Services
Québec parce qu'on a centralisé. Et on a
maintenant un guichet unique qui permet d'avoir l'information sur l'ensemble
des services gouvernementaux. Et ça, c'est vraiment une accessibilité à toutes les informations générales, que ce
soit sur les programmes, les services du gouvernement, les ententes entre les ministères pour répondre à
des besoins spécifiques, comment on peut donner la prestation de services,
accompagnement de clientèle. Parce que
souvent, les personnes aînées, vous le savez, ils ont besoin d'être accompagnés
pour naviguer, pour comprendre les méthodes
électroniques leur permettant d'être bien informés sur la nature des services
gouvernementaux.
Et la clientèle, peu
importe qu'elle soit aînée ou autre, peut nous joindre partout au Québec en
tout temps par téléphone. J'ai les numéros
des lignes de Services Québec, Entreprises Québec, par courriel. Tous les
moyens permettant d'accéder à nos
services sont à la disposition des personnes aînées. Et il y a des
interconnexions, hein? Juste pour compléter, il y a des interconnexions téléphoniques pour tous les ministères et les
organismes partenaires. Merci, Mme la Présidente.
LeBel : Dans le fond, ce que j'essaie de voir, c'est... À une certaine
époque, avec les centres d'action bénévole, avec les subventions aux
organismes, il y avait le côté humain qui était là, qui était très présent. La
personne pouvait aller au centre
d'action bénévole, ou les gens du centre d'action bénévole pouvaient se
déplacer. Ça a été une perte, là, dans beaucoup de régions, d'avoir
arrêté ça.
ce que je voulais juste savoir, c'est que, dans le transfert à Services Québec,
est-ce qu'on a perdu ce côté humain? Est-ce
qu'on est beaucoup sur le portail, les lignes téléphoniques, les... Puis je me
demandais... Ce que je voulais voir un peu, dans le fond, c'est... quand une personne aînée appelle dans un CLE ou
se déplace dans un CLE, est-ce qu'il peut rencontrer quelqu'un qui connaît la problématique des aînés
et connaît ça? Et ça, je vous avoue, puis ce n'est pas de votre faute, là,
j'avoue qu'à mon avis on a perdu beaucoup en faisant ce transfert-là. Ce n'est
pas contre les gens de Services Québec que
je dis ça, mais, pour les aînés, là, le portail puis toutes ces affaires-là,
là, ce n'est pas toujours évident, aller sur la ligne, par Internet. D'ailleurs, il y a plein de régions qui
n'ont pas encore Internet. Ça, il faudrait juste le rappeler. Ça fait qu'il y a, c'est ça, cette perte-là que je veux
essayer de voir, là. Est-ce que, depuis deux ans, Services Québec s'est un peu
adapté à cette clientèle-là qui est un peu différente des autres? C'est un peu
ça, ma question.
Boulet : C'est intéressant, ce que vous soulevez, Mme la
Présidente, et je le dis avec tout le respect que j'ai envers mon collègue. Depuis notre élection, je
pense qu'on travaille en collaboration, de façon transparente. Et ce que ça
met en relief, votre propos, c'est :
est-ce qu'on se dépersonnalise avec le temps? Et ça, moi, je veux m'assurer
qu'on évite d'entrer dans ce corridor-là, qu'on assure un service
d'accompagnement qui est humain. Puis ce n'est pas simplement les aînés, c'est dans toutes les tranches d'âge. Il y
a des personnes qui ont des besoins spécifiques,
et, je le dis pour les gens de mon ministère, il faut s'assurer que dans
nos bureaux il y a des personnes qui soient dévouées à l'approche humaine à
laquelle vous faites référence.
Vous
connaissez mes sensibilités. Puis je
ne voudrais pas être confronté à des témoignages de personnes aînées, par
exemple, qui me diraient : Jean, on est
allés là puis on n'a pas été capables d'obtenir les informations qu'on avait
besoin, puis il faut tout faire en ligne, puis je ne suis pas équipé, je
ne sais pas comment. Vous avez beau me parler d'un portail ou de ligne électronique, je ne sais pas comment
ça marche. Moi, je respecte ça beaucoup et je veux m'assurer qu'à Services
Québec, indépendamment de la nature du
service, il faut être en mesure... Puis ce n'est pas suffisant non plus de
dire : Ça relève du Curateur public ou du ministère des Transports.
Il faut dire à la personne comment se rendre au bon endroit, à destination pour avoir les informations et qu'on
puisse répondre à leurs besoins et les accompagner. Et je pense que c'est
extrêmement important, ce que vous soulevez.
LeBel : Pour finir avec ce dossier-là, ça fait peut-être deux ans, là,
qu'il y a cette entente avec... deux ans ou trois ans qu'il y a cette entente-là avec le Secrétariat aux aînés.
Est-ce qu'il y a eu une évaluation de faite depuis trois ans, évaluation
du service, évaluation de la réponse des aînés? Est-ce qu'il y a une évaluation
qui a été faite de l'entente?
M. Boulet :
Bien, Mme la Présidente, on fait des évaluations des services que nous rendons.
On le fait de façon épisodique. Je vais
m'assurer qu'il y a eu une vérification ou qu'on fait un processus de diligence
raisonnable pour s'assurer que non
seulement nos services sont rendus, mais qu'ils soient rendus avec une qualité
et en quantité suffisante. Je vais demander l'information et je pourrai
faire le suivi avec mon collègue de Rimouski. Merci, Mme la Présidente.
M. LeBel :
O.K. Il me reste 10 minutes, ça fait que je vais essayer d'aller plus vite.
Dans
les... Il faut que je mette mes lunettes. C'est ça, le vieillissement de la
population, ça prend des lunettes. Je lis que, par rapport à l'aide
sociale, les statistiques sur les adultes prestataires des programmes
d'assistance sociale, je regarde sur l'île de Montréal, il y aurait
11 500 que c'est des demandeurs d'asile. Ma question, dans le fond,
c'est... Je voudrais savoir c'en est
où, les négociations avec le fédéral sur le remboursement de l'aide sociale par
rapport aux demandeurs d'asile. On est rendus où? Ça avance-tu? On est-u
content, on n'est-u pas content? On est-u...
Boulet : Mme la Présidente, il y a des pourparlers avec nos homologues
fédéraux. On a eu, il y a quelques semaines,
à mon bureau... On a convoqué une rencontre avec le ministre fédéral, qui
malheureusement est atteint d'un cancer, Dominic LeBlanc, qui est responsable des relations
fédérales-provinciales, et il y avait la ministre Patricia Hajdu, qui est
mon homologue à Ottawa. J'étais accompagné
de Sonia LeBel, ma collègue à la Justice, et mon collègue à l'Immigration,
Diversité et Inclusion, et il y avait bien
sûr nos équipes respectives, sous-ministres et membres de nos cabinets et
ministères, et on a eu des discussions qui ont notamment porté sur ce
sujet-là.
pourparlers demeurent confidentiels. Je vous dirais que le climat de
communication est bon. Et j'en parle de façon régulière, quasi quotidienne avec mon collègue à l'Immigration,
et, quand il y aura conclusion de nos pourparlers, on vous transmettra
bien sûr l'information pertinente.
M. LeBel : On parle de combien
d'argent? On parle d'autour de 75 millions, c'est ça?
Boulet : Oui, c'est un montant qui a circulé. Je ne veux pas
m'avancer. Je sais que mon collègue à l'Immigration est en discussion sérieuse sur les montants et je
ne veux pas préjuger de quelque montant que ce soit, Mme la Présidente.
LeBel : En tout cas, ce que j'ai ici, au niveau de l'aide sociale,
c'est ça, 73 millions, puis au total, avec les autres, c'est autour
de 150 millions. Ça fait combien de temps que ça négocie avec Ottawa?
M. Boulet : Ça ne peut pas faire
deux ans, on est au pouvoir depuis...
M. LeBel : Mais ça négociait avant
vous, là.
Boulet : ...le 18 octobre dernier, où on a été assermentés. Donc, on a pris connaissance de nos dossiers.
Moi, j'ai été sensibilisé, comme vous
le savez, à nos ententes de transfert pour le développement de la main-d'oeuvre et une autre entente de
transfert pour le marché du travail, et on travaille en équipe. Mon collègue
de l'Immigration est préoccupé par les travailleurs étrangers
temporaires, les seuils d'immigration, les demandeurs d'asile, les prestataires aussi
dont on fait référence, et on a eu
des discussions communes, et ça a dû débuter, je vous dirais, au mois de
décembre, et ça s'intensifie avec le temps. Et je pense qu'à l'égard de
certaines ententes on n'est pas loin du but. Voilà.
M. LeBel : Mais, avant vous, ça
avait négocié, ça... avant vous, ça négociait aussi, là. L'ancien gouvernement
négociait aussi. Ça devait... une bonne année, deux ans, peut-être trois ans
que ça négocie avec Ottawa.
M. Boulet : Bien, moi, Mme la
Présidente, je peux parler de nos ententes de transfert.
M. LeBel : Je ne veux pas parler
des...
M. Boulet : Ça ne négociait pas
au même rythme que nous tentons de le faire et que nous le faisons depuis notre
élection. Je pense que c'est la réponse la plus claire, précise et respectueuse
que je peux vous donner.
LeBel : Vous me voyez venir?
Je veux dire que ça prend du temps, c'est... puis je sais bien que vous
travaillez fort, mais ça fait au
moins deux, trois ans que ça négocie avec Ottawa pour quelque chose qui devrait être plutôt clair, et c'est les Québécois qui paient
la facture.
Une autre question par rapport aux... Je
reviens, là, au programme Objectif emploi. Je me souviens d'avoir participé au projet de loi, là, de l'ancien
gouvernement là-dessus. Je disais : Est-ce que... parce que
je regarde... et j'ai écouté les
réponses que vous avez données à mes collègues, là, c'est... bon, ça a pris du
temps à partir, le programme Objectif emploi. Les primodemandeurs, est-ce que...
on est rendus à combien, là, qui participent, au Québec?
M. Boulet : Excellente question, Mme la Présidente. Actuellement, pour la période du 1er avril 2018 au 15 février 2019, on a recensé
7 846 participants au programme Objectif emploi. Est-ce
que vous souhaiteriez que je réfère
aux sanctions?
M. LeBel : Non, non, je ne suis pas
rendu là encore.
M. Boulet : Mais c'est le
nombre de participants. C'est la réponse précise à votre question, Mme la
Présidente.
M. LeBel : Sur les 7 000, il y
en a combien sur l'île de Montréal?
M. Boulet : Mme la Présidente,
je ne suis pas en mesure de vous donner la réponse... Mais je l'ai ici.
M. LeBel : Cette dame-là a toujours
les réponses, en arrière.
M. Boulet : Vous la connaissez,
hein?
M. LeBel : Oh oui! Je l'ai déjà vue
aller.
M. Boulet : Elle est tellement
fiable — j'apprécie
votre commentaire — Chantal.
2 835, sur l'île de
Montréal, participent au programme Objectif emploi, comme vous savez, qui
concerne les primodemandeurs à l'aide sociale.
LeBel : À l'époque, j'avais posé beaucoup de questions sur la façon
qu'on accueillait ces primodemandeurs-là, qu'on évaluait leurs besoins, et on m'avait dit que...parce que je
doutais ou ce que je trouvais plate, c'est qu'on accueille des gens qui sont déjà en difficulté, là, qui ont des
problèmes avec ça... d'arriver à l'aide sociale comme ça, ce n'est pas évident,
là, tu es... et là on les accueillait dans
un bureau plutôt froid, dans des cubicules, pour leur dire : Tu as-tu
un... quelle sorte de parcours du voudrais prendre? Je trouvais ça un peu...
pas très respectueux, là, des personnes qui arrivent, qui ont beaucoup
de pression sur eux autres. Et là on m'avait
dit qu'il y a des ententes avec des organismes communautaires et des gens qui
sont plus prêts à écouter puis à mieux saisir les besoins de la
personne.
Est-ce qu'il
y a eu beaucoup d'ententes comme ça avec des organismes communautaires, avec
des réseaux qui... puis la députée de
Fabre se rappelle. Est-ce qu'il y a beaucoup d'ententes comme ça qui ont été
faites avec des réseaux de groupes communautaires pour introduire les
gens à Objectif emploi?
M. Boulet : Mme la Présidente,
oui, tout à fait, il y en a eu. Il y a eu beaucoup d'ententes avec des groupes communautaires. Je rappellerai à toutes les
personnes présentes ici ce matin que ce programme-là, essentiellement, il vise
à aider les personnes à cheminer vers un
potentiel retour au marché du travail. Et il y a trois volets qui sont prévus
pour tenir compte de la particularité de chaque participant.
M. LeBel : Il me reste trois
minutes, ça fait que les trois volets...
LeBel : Il me reste juste trois minutes, puis j'aurais peut-être une
dernière question, mais allez-y. Je vous mets de la pression aussi.
M. Boulet :
Ah! pas du tout. Moi, ça me fait plaisir de répondre à... et d'informer, et de
profiter de ce forum, mon collègue le
sait très bien, pour donner des informations sur la nature de ce programme-là,
Objectif emploi. Je vais y aller très succinctement. Le premier volet,
c'est pour les aider à rechercher un emploi; le deuxième, pour développer leurs
compétences; et, enfin, pour développer
leurs habiletés sociales, parce que c'est souvent des personnes qui ont des
besoins vraiment spécifiques d'accompagnement pour leur permettre
de réintégrer le marché du travail dans des délais intéressants puis surtout dans le contexte de rareté de main-d'oeuvre que
vous connaissez. Merci, Mme la Présidente...
M. LeBel : Merci. Je connais un peu
le programme...
M. Boulet : Vous me mettez de la
pression, là.
M. LeBel : J'y vais rapidement.
Bien, c'est parce que je connais le programme, là. C'est bien correct, mais...
M. Boulet : Je vois ça, oui.
LeBel : Dans le fond, ce que
je veux savoir, c'est : Est-ce
qu'il y a eu vraiment
des ententes, des collaborations avec des groupes communautaires dans
les régions du Québec?
M. Boulet : Oui, tout à fait.
M. LeBel : L'autre affaire, puis là
je n'ai pas beaucoup de temps, il me reste...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
1 min 40 s.
M. Boulet : Profitez de votre temps.
LeBel : Dans toutes les
analyses par rapport à la lutte à la pauvreté... parce qu'à l'époque
j'étais, là, avec la ministre qui a
adopté le projet de loi de la lutte à
la pauvreté, j'étais le chef de cabinet de la ministre à l'époque, Mme Goupil. Ça fait déjà 20 ans, ça va vite. Depuis les études que... Là-dessus,
on nous démontre que c'est les personnes seules. On a gagné... on a beaucoup
lutté contre la pauvreté, au Québec, mais, les personnes seules, on n'a pas
réussi beaucoup.
voudrais savoir, une personne seule à l'aide sociale, elle gagne peut-être...
gagne, quoi... reçoit peut-être 600 $ par mois, autour de ça, est-ce qu'il y a du
travail chez vous qui se fait pour analyser qu'est-ce qu'on pourrait faire de
mieux pour s'assurer que ces personnes-là puissent vivre décemment?
M. Boulet : Mme la
Présidente, je ne suis pas certain d'avoir bien compris la nature de votre
question.
LeBel : Dans tous les programmes d'aide, de lutte à la pauvreté qu'on
a faits, les anciens plans d'action, on a aidé beaucoup
les familles à sortir de la pauvreté. Ça, on a fait des gains, pas
complètement, mais on a fait des gains. Où on n'a pas fait de gain, c'est par rapport aux
personnes seules qui vivent à l'aide sociale, et là-dessus c'était un peu un
échec. Je voudrais savoir, de votre côté... Parce
que quelqu'un qui vit avec 600 $ par mois n'est pas capable de se sortir
de la pauvreté. Je voulais voir si,
de votre côté, vous étiez prêt à regarder... Est-ce qu'on pourrait, par
d'autres interventions, réussir à aller répondre à cette
problématique-là qui est identifiée partout?
M. Boulet : Oui, absolument, puis je
suis totalement conscient de cette problématique-là, Mme
la Présidente. L'espèce de notion de vie
maritale, là... Souvent, on considère l'admissibilité aux prestations d'aide
sociale en tenant compte d'une
réalité qui s'appuie sur trois critères : la cohabitation, le secours
mutuel et la commune renommée. Et parfois, surtout avec le développement du
profil des proches aidants, par individu... Oui, on est en analyse, et ça, je
suis totalement concerné par cette réalité-là. Merci.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Vous avez dépassé de quelques secondes, mais, comme
c'était sur le bloc du gouvernement, on va
poursuivre immédiatement avec la députée de Labelle. Il vous reste
11 min 45 s. Merci pour l'échange précédent. Merci,
monsieur.
Jeannotte : Merci, Mme la Présidente. Bonjour, chers collègues de
l'opposition, et du gouvernement, ainsi que tous les
membres de l'équipe de la fonction publique. C'est avec beaucoup d'enthousiasme
que je prends la parole dans cette
commission afin de porter, en quelque sorte, le message, là, des acteurs
économiques de ma région. Je suis dans les
Laurentides, les
Hautes-Laurentides plus particulièrement, et j'ai été moi-même au coeur du
développement économique régional
pendant plus de 17 ans dans ma vie, Mme la Présidente. J'ai oeuvré dans
plusieurs MRC, donc, en développement économique, Joliette, D'Autray,
Laval, Laurentides. J'ai même oeuvré sur la Côte-Nord.
Donc, j'ai
pris connaissance de La Grande Corvée, là, l'initiative du ministre, et puis je
suis vraiment... je salue son initiative
et puis vraiment toutes les mesures qui ont été en place. Je trouve que c'est
vraiment quelque chose qui démarre bien.
M. le ministre, il y a, en fait, une première campagne électorale l'été
dernier... vous me permettrez de vous parler de ce que j'ai entendu sur
le terrain dans ma circonscription.
Vous savez, je crois qu'on est dans un contexte
qu'on... c'est vraiment extraordinaire. On ne connaissait pas ça, nous, hein?
Moi, je suis dans la cinquantaine, alors vraiment c'est quelque chose, la
pénurie de la... la rareté de la main-d'oeuvre,
quelque chose qu'on fait toujours un saut. Moi, mes jeunes sont à 26 ans,
24 ans, puis je me dis : Comment ça se fait qu'ils ont tant de possibilités? Nous, on se cherchait des
emplois. Moi, mon premier emploi était en Alberta. Bref, on fait face à une concurrence mondiale, puis je
pense qu'il faut vraiment... il va falloir faire état... être encore plus
créatifs et faire preuve d'audace, comme le disait notre premier
ministre.
Puis, vous savez, je trouve qu'il y a tellement
d'enjeux qui se recoupent. Prenons l'exemple des professeurs, où on a des jeunes qui ont de la difficulté avec
leur français. Et j'entendais sur le terrain, par exemple, dans le domaine de
la santé, que ça prend un secondaire
V. Donc, est-ce qu'on va être capable, donc, de peut-être faciliter de ce
côté-là pour que ces jeunes-là qui
ont de la... par exemple, une personne qui est dyslexique, qui a de la misère à
avoir son secondaire V puis qui pourtant ferait tellement un bon
bénéficiaire... préposé aux bénéficiaires. Bon, je vous donne cet exemple-là,
M. le ministre.
Un autre exemple dans le tourisme. Moi, je suis
à Mont-Tremblant, il y a 3 000 emplois à la montagne. Alors, le premier
dirigeant de la montagne me disait dans le cadre de ma campagne : Vous
savez, Mme Jeannotte, si on avait deux
semaines de plus pour les étudiants... Bien, moi, ces deux semaines-là, là,
elles me causent un immense problème avec mes chambres d'hôtel, là. Je n'ai plus personne ou en tout cas... Ça
fait que c'est toutes des petites affaires comme ça que j'ai entendues
sur le terrain.
Un dernier exemple, peut-être, c'est, dans le
fond, les professeurs aussi. Il y a une pénurie aussi au niveau des
professeurs, puis j'entendais que le test de français n'avait pas de bon sens.
Tout ça m'amène à dire que... Est-ce que, M.
le ministre, vous travaillez en collégialité avec vos collègues qui
recoupent — bon,
c'est l'immigration que je cherchais tout
à l'heure, là — qui
recoupent les enjeux de l'immigration, les enjeux du français, les enjeux de
l'éducation. Après ça, tantôt,
j'étais dans le tourisme, là. Comment travaillez-vous pour que... Parce que
tout le monde est pour l'objectif de combler la rareté de la
main-d'oeuvre, mais vous comprenez que les détails, hein, c'est dans les
moyens.
Qu'est-ce que
vous faites pour qu'on sorte des sentiers battus, puis qu'on aille peut-être
au-delà des programmes aussi, puis
qu'on pense à autre chose? Est-ce qu'il y a quelque chose, là, que vous
pourriez me dire, que je peux dire à mes concitoyens?
Mme Jeannotte : J'en ai dit des
affaires.
Boulet : Mme la Présidente, bon, excellente question d'abord, qui
démontre l'intérêt profond de ma collègue de Labelle pour le marché de l'emploi, pour le développement économique
de son comté et de sa région. Une personne que je côtoie depuis
plusieurs mois et qui, à chaque fois, l'exprime de façon vivante, de façon
concrète.
La rareté de
main-d'oeuvre, profitons-en pour revenir, un, sur le phénomène de rareté de
main-d'oeuvre, deux, sur La Grande Corvée, puis, trois, sur la tournée
et les mesures concrètes.
Rareté de
main-d'oeuvre, on sait tous que la population vieillit rapidement au Québec,
même à l'échelle internationale. On
est une population qui vieillit à un rythme effarant. Ça, combiné à la
croissance économique, ça fait en sorte que la tranche des personnes en âge de travailler, entre 15 et 64 ans,
diminue. C'est ce qui provoque le phénomène de rareté de main-d'oeuvre. Et quand on est arrivé au pouvoir,
à Services Québec, il n'y avait pas... pas une culture, mais on était habitué
à recevoir des personnes qui cherchaient des
emplois et on essaie tranquillement, tout le monde, en équipe, de changer la
façon de faire,
changer le paradigme et aller voir les entreprises, cogner à leur porte, les
rencontrer, établir un diagnostic et, après ça, élaborer un plan
d'action avec eux autres pour recruter la main-d'oeuvre qui est vraiment
nécessaire.
profite de l'occasion, Mme la Présidente, pour dire qu'à ce jour on a déjà
communiqué avec 5 994 entreprises au Québec. 3 087 de ces
entreprises-là nous ont dit : On a des besoins en main-d'oeuvre et on veut
vous rencontrer. On a 220 conseillers,
conseillères en entreprise qui ont toutes les qualifications pour aider les
entreprises québécoises à relever le défi
de la main-d'oeuvre et ces personnes-là sentent que leur travail est valorisé
et ils trouvent ça parfaitement bénéfique.
Enfin,
tournée... On fait une tournée. Actuellement, on a visité huit régions et on
rencontre l'ensemble des acteurs et
partenaires du marché du travail et il y a des spécificités dans chaque région.
On essaie de coller aux particularités de chaque région et on a des mesures concrètes, qu'on annonce, qui
répondent aux besoins de chaque région. Mais ça peut être... On assume
85 % des frais de formation, on assume... tu sais, il y a beaucoup de
programmes d'aide financière, de l'accompagnement,
et on le fait en collégialité avec nos collègues à l'éducation, à
l'immigration, à l'économie. On travaille tout le monde ensemble et on
met en place des mesures qui répondent vraiment aux besoins des entreprises
dans chaque région. Et quand on ira vous
rencontrer, vous allez voir, vos partenaires et vos acteurs du marché du
travail vont nous dire : Jean,
ça, on en aurait besoin, ça, ça répondrait à nos particularités, et on va
rapidement y donner suite avec nos conseillers, conseillères, qui sont
chez vous. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Il vous reste 4 min 21 s.
Jeannotte : Je remercie le
ministre pour ces renseignements. En effet, c'est encourageant. Je conviens que
les chiffres sont impressionnants, avec la
quantité des personnes impliquées, là, dans... cette opération est vraiment
impressionnante.
Considérons-nous
que nous pourrions rencontrer davantage d'entreprises et peut-être d'autres types d'entreprise? Par exemple, est-ce que les petits commerçants... Moi, je me
souviendrai toujours, à Mont-Laurier, là, j'ai été étonnée par
le nombre, je donne un exemple, de concessionnaires automobiles. Est-ce que les
petits commerçants sont également rencontrés ou est-ce que... quand vous dites
les entreprises, de quel type d'entreprise vous parlez plus précisément?
M. Boulet :
Bien, toutes les entreprises qui bénéficient, Mme la Présidente, des services
du gouvernement et notamment de mon ministère, indépendamment du nombre d'employés. Évidemment,
il y a les entreprises de juridiction fédérale qui ne bénéficient pas nécessairement des mêmes services, mais les petites entreprises,
encore une fois, indépendamment du nombre de travailleurs,
peuvent bénéficier de nos services.
ce qui est intéressant, c'est que ça met en relief le fait et la réalité
que beaucoup de ces petites entreprises là n'ont
pas de département de ressources humaines, n'ont pas les ressources pour
répondre à leurs besoins. Si vous saviez le nombre de très petites organisations
qu'on a accompagnées et qui, aujourd'hui, ont les moyens. Parce qu'il ne faut
pas simplement dire quoi faire et comment faire, il faut apprendre à ces
petites organisations là à devenir autonomes et à avoir accès aux ressources qui leur permettent de répondre à leurs besoins,
de faire du recrutement, de savoir comment passer des entrevues, comment tracer le profil des
personnes dont on a besoin, les exigences, les qualifications, les plans de formation.
n'est pas parce qu'on a huit travailleurs qu'on n'a pas besoin de formation.
Il y a des changements technologiques,
le marché du travail évolue de façon
constante. Il faut s'adapter. On est là pour aider ces petites organisations là
à s'adapter, à former leurs employés et à améliorer leur productivité.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : 1 min 50 s.
Jeannotte : Très intéressant. Donc là, je comprends mieux, dans
le fond, l'intégration puis
l'adaptation, là, les quatre volets,
là. J'aimerais vous réentendre dans le contexte de l'intégration. On a donc,
comme je le disais en introduction, des
enjeux d'immigration, particulièrement dans les régions éloignées. Donc, en intégration,
le plus grand nombre possible, sur le marché du travail, est-ce qu'il va
y avoir, là, à travers les programmes que vous avez développés, des liens avec l'immigration?
Boulet : Absolument.
Mme la Présidente, encore
une fois, je loue la qualité, la
pertinence de cette question. Notre plan
de match, il se déploie sur quatre fronts d'intervention. On a parlé
d'adaptation, de formation, d'augmentation de la productivité, et le premier front,
c'est l'intégration. Et vous en avez fait référence dans vos trois questions,
intégration, ça réfère aux bassins de
main-d'oeuvre sous-représentés dans le marché du travail, les travailleurs
expérimentés, les jeunes. Les jeunes,
c'est 54 % des besoins que nous aurons dans les 10 prochaines années.
Ils vont être en mesure de combler 54 % des postes à pourvoir.
On est attentif, on a
identifié les métiers et professions d'avenir. On a mis en place une campagne
de promotion et de diffusion avec notre
collègue à l'éducation et les membres de la Commission des partenaires du
marché du travail, dont la présidente est ici avec nous ce matin. Il y a aussi
des femmes, des travailleurs autochtones. Dans certaines régions, il y a un
pourcentage impressionnant de travailleurs autochtones, mais l'intégration,
c'est vraiment un front extrêmement important.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci, M. le ministre.
M. Boulet :
Merci, Mme la Présidente.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. La parole est maintenant à
l'opposition officielle avec la députée de Fabre. Vous avez
18 min 30 s.
Sauvé : Bonjour, Mme la
Présidente, M. le ministre, les collègues, mon cher collègue lavallois, de
Vimont. Alors, je nous souhaite une bonne deuxième journée de crédits
pour, bien sûr, l'Emploi et la Solidarité sociale.
En intro, deux petits points sur lesquels je veux
revenir. Hier, j'ai nommé que je pouvais, et je m'assume, que
je pouvais être
agaçante dans mes suivis. Alors, je commence un peu avec ça. Hier, on a
adressé, dans le grand volet de la solidarité
sociale, toute la question de la prestation de solidarité sociale pour les
personnes handicapées en hébergement ressource
intermédiaire. Je ne reviendrai pas là-dessus, mais, dans le fond, ce que je
veux dire, c'est que, quand on parle de ça, on se rattache au grand,
grand, grand volet qui est le revenu de base, qui a été adopté, et la loi n° 173, par l'ancien gouvernement,
qui était historique. Et, sur cinq ans, il avait été prévu
1 250 000 000 $, donc beaucoup de sous pour vraiment
améliorer la qualité de vie des personnes handicapées ayant des contraintes
sévères à l'emploi.
Alors, ma
question de petit suivi agaçant, pour commencer, c'est celle-ci... Il me semble
que c'est un gros dossier, il me
semble que c'est quelque chose de très porteur. C'était attendu. Or, quand on a
posé la question n° 34, fournir copie de tout document, notes, rapports, états de situation concernant le
revenu minimum garanti depuis le 18 octobre 2018, la réponse est : Aucun document n'a été produit
depuis le 18 octobre. Ça m'inquiète un peu. Alors, j'aimerais que le
ministre me rassure, s'il vous plaît, Mme la Présidente.
Boulet : J'aimerais ça, Mme la Présidente, profiter de l'occasion pour
exprimer l'importance de ce programme-là, qui permet d'accéder au revenu de base, qui s'échelonne d'ailleurs
jusqu'en 2023, qui permet d'excéder ce qu'on appelle le MPC, la mesure du panier de consommation en
2023. Et j'ai souligné à maintes reprises, quand j'ai annoncé, le 12 décembre dernier, l'injection de près de
1,5 milliard pour augmenter les prestations de solidarité sociale pour les
personnes, donc, qui ont des contraintes sévères à l'emploi...
Et ça,
j'étais aussi fier d'annoncer que nos prédécesseurs, et je le souligne... Celui
qui m'a précédé à l'Emploi et la Solidarité
sociale, je l'avais invité à la conférence de presse à Montréal le
12 décembre dernier, et il était touché de cette invitation-là. Puis, quand on est capable de
travailler de façon transversale, ma collègue de Fabre le sait très bien... Puis
on va travailler main dans la main, il faut
combattre la marginalité, la pauvreté, l'exclusion sociale. Et c'est un volet
du programme de revenu de base, et on
est toujours en action, puis j'ai demandé qu'on continue de faire des
réflexions et de me proposer des mesures concrètes.
Et, comme vous savez, il y a un comité conjoint
sur l'accès au programme de revenu de base, et il est composé de l'Alliance québécoise des regroupements
régionaux pour l'intégration des personnes handicapées, la Confédération des
organismes des personnes handicapées du
Québec, Réseau communautaire en santé mentale, Société québécoise de déficience
intellectuelle, l'Office des personnes
handicapées et mon ministère. Et ce comité conjoint là travaille toujours et va
me proposer des mesures concrètes pour continuer à aller de l'avant avec
ce que vous aviez déjà très bien entamé, ma collègue de Fabre, puis vous pouvez faire le message à celui qui m'a précédé et à
toute l'équipe qui l'appuyait. Merci, Mme la Présidente.
Mme Sauvé : Merci, Mme la
Présidente. Je poursuis. Merci au ministre pour ces bons mots, message que je transmettrai bien sûr. Je pense qu'encore une fois
on est à la même place dans l'importance qu'on doit donner à ce grand
dossier du revenu de base.
Mais alors
que le ministre parle d'un comité conjoint, d'autant plus je m'attendrais à y
trouver de la documentation. Est-ce
qu'il s'est réuni? Parce qu'on aura beau dire que la volonté et la
reconnaissance sont là, mais, dans l'action, il y a quand même plusieurs
mois qui se sont écoulés. Et je répète la réponse que nous avons eue : il
n'y a aucun document. Il y a un comité
conjoint qui est effectivement composé d'expertises indéniables, mais, en même temps, est-ce qu'il a eu des rencontres? Et, s'il y en a eu, pourquoi on ne retrouve aucune documentation? Je trouve que ça mériterait qu'on puisse suivre attentivement ce dossier. J'ai le goût de
suivre ce dossier-là attentivement parce qu'on a ça très à coeur, M. le
ministre.
Boulet : Mme la Présidente, très bonne question. Ma collègue de Fabre
connaît ce dossier. Et, oui, il y a eu des rencontres du comité
conjoint, il y a des délibérations qui demeurent, à ce stade, confidentielles.
Il est prévu qu'un rapport me sera remis au
mois de décembre 2019. Il est destiné au ministre. Il devrait circuler de façon
limitée entre les membres du comité conjoint et de façon restreinte au
sein de mon ministère.
Mais, je vous
assure, on demeure en contact, on ne se voit pas seulement au salon bleu.
Recommençons nos rencontres qu'on
avait entreprises l'automne passé, après mon assermentation. Moi, je vais vous
inviter, qu'on se rencontre de nouveau de
façon épisodique, et l'information que je pourrai partager avec ma collègue de
Fabre, ça me fera plaisir de collaborer et de la partager. Je le répète,
nous n'avons que des intérêts communs dans ce dossier. Merci, Mme la
Présidente.
Sauvé : Alors, Mme la
Présidente, je suis très contente. J'attendrai l'invitation avec grand plaisir.
On avait eu effectivement de bons échanges, et je pense que ça fera
partie d'un
des dossiers dont on parlera. Néanmoins, je trouve que c'est un peu tardif, le rapport en décembre.
Mais néanmoins, si on a l'occasion et si j'ai le privilège de pouvoir être
informée, le ministre aura compris que j'ai
grand intérêt à pouvoir suivre ce dossier. Alors donc, voilà pour ma première
question.
Deuxième question, aussi toujours un retour sur
des choses qui ont été dites, et là c'est vraiment une notion de clarification, le ministre a annoncé... a envoyé
une lettre, il l'a dit hier, et puis ça fait
partie aussi des demandes
d'information qu'on a eues, il a
envoyé une lettre au RQ-ACA, le Réseau québécois de l'action communautaire
autonome, pour dire qu'il entamait
avec eux, bien sûr, qui est l'interlocuteur privilégié du gouvernement, des
démarches pour renouveler le plan d'action gouvernemental.
Alors là, j'ai besoin vraiment d'une
clarification. Et, si mon collègue de Rimouski était là, je sais qu'il serait
sensible à ma question puisqu'il a été très présent lors de la politique
québécoise de l'action communautaire autonome de
2001. Il y a eu cette grande politique qui a été mise en place et il y a eu un
plan d'action qui a été mis en place par la suite comme cadre de référence pour l'application
de la politique. Dans le fond, c'est un cadre qui permet d'élaborer des
paramètres, comment les valeurs qui sont dans la politique peuvent se déployer
et dans le financement et dans l'action communautaire terrain.
Alors,
je trouve ça très bien que le ministre ait la volonté d'amorcer des travaux
dans ce sens-là, mais parle-t-il véritablement du plan d'action ou de la
politique québécoise? Parce que le plan d'action découle, il est un peu plus administratif... La politique québécoise, elle
est... à vrai dire, c'est l'ADN de l'action communautaire autonome. Et, quand
je rencontre, et je l'ai fait à plusieurs
reprises, le Réseau québécois d'action communautaire autonome, ce dont il me
parle, c'est davantage de la politique québécoise. Alors, j'ai besoin de
clarifications, M. le ministre, là-dessus.
Boulet : Alors, je vais le faire avec plaisir, Mme la Présidente.
C'est un sujet à l'égard duquel je suis un peu moins fier de mes prédécesseurs, parce que le plan d'action relatif à
l'action communautaire autonome, le dernier remonte à 2004. Il est attendu de façon insistante par le
milieu communautaire québécois. Et j'ai effectivement transmis une lettre, le
18 février 2019, à l'attention du président
du Réseau québécois de l'action communautaire autonome, et on amorce les
travaux.
Et moi, je n'ai pas
l'intention de confondre le plan d'action ou la politique gouvernementale,
c'est l'ensemble de l'oeuvre. C'est tout ce
qui concerne l'action communautaire. Et j'ai l'intention de le faire de façon
transversale, de parler de
financement, de parler de déploiement sur le territoire québécois, sur les
missions des organismes communautaires. Moi, je veux qu'on ait une vision d'ensemble du monde communautaire autonome,
et c'est vraiment dans cette direction-là que je veux que nous nous
orientions.
encore une fois, j'offrirai ma collaboration aux partis d'opposition, dont ma
collègue de Fabre, pour que vous puissiez
contribuer, parce qu'on va entreprendre... évidemment, il y a toujours une
phase de consultation, et on est en train d'établir, avec le groupe de ma sous-ministre associée, un échéancier de
consultations pour s'assurer qu'on entende d'abord, qu'on soit à l'écoute des organismes
communautaires, qu'on comprenne bien leurs besoins et que ce plan-là soit la
meilleure façon de répondre à leurs intérêts et à leurs besoins.
J'ai
d'ailleurs un calendrier qui m'avait déjà été soumis, un calendrier des travaux
d'élaboration du Plan d'action gouvernemental en action communautaire,
et on pourra le partager à une de nos prochaines rencontres. On se fera un ordre du jour puis on partagera. Ce type
d'information là, je n'ai aucun problème à le partager. Merci, Mme la
Présidente.
Mme Sauvé : Alors, je poursuis. Merci au ministre. Je poursuis avec une autre
question, et là on entre dans les chiffres,
toujours liés au plan de lutte aussi évidemment, parce qu'on a eu, bien sûr, le
dépôt du troisième plan de lutte d'un gouvernement libéral et avec
toutes ses mesures et, entre autres, le revenu de base.
Mais il y a un plus
petit volet, qui peut passer inaperçu, mais qui est très important pour
plusieurs groupes communautaires, et c'est
le FQIS le Fonds québécois des initiatives sociales. Alors, moi, j'ai une
disparité de chiffres, là, alors...
puis c'est quand même 12 millions, ça fait que j'aimerais comprendre.
Donc, quand je regarde, dans le fond, au plan budgétaire et qu'on fait
état des crédits pour le FQIS, 2018‑2019, donc l'exercice qui s'est terminé, on
parle de 29 649 000 $. Et,
quand je regarde aux réponses aux questions, la question 13, je me rends
compte qu'à la fin du mois de février, donc on est juste un mois avant
la fin de l'exercice, on est à 17 millions.
Ça fait que c'est
quand même une différence de 12 millions, puis je sais que ça compte
beaucoup dans les communautés, ces projets
qui s'ajoutent au financement des organismes communautaires. Je pense à, par
exemple, chez nous, là, je vais être un petit peu... ça m'arrive parfois d'être
un peu chauviniste et lavalloise, hein, tu me donnes la... vous me donnez
la permission, mon cher collègue de Vimont?
Alors, Le Centre communautaire Val-Martin, qui a un projet, Ça cliq, pour
les jeunes adolescents, c'en est un projet,
entre autres, un très beau projet, qui est financé FQIS. Mais il y en a bien
d'autres dans toutes les régions du Québec.
Alors,
j'ai deux questions autour du FQIS. Tout d'abord, je ne vois pas, entre 2018,
2019, une indexation. On passe... même,
il y a une légère diminution, de 29 649 000 $ à
29 624 000 $. Déjà, ça, ça me préoccupe. Et la disparité entre
l'état des résultats au mois de février et l'information au plan
budgétaire, une disparité de 12 millions...
M. Boulet :
Alors, Mme la Présidente, les questions sont très précises. Il y a quand même
un élément que vous avez soulevé, le
17,4 millions, ça, c'est des montants d'argent qui sont dus, qui doivent
être payés et qui découlent de plans de travail déjà soumis. Et ça, je vous
assure que les montants d'argent découlant de ce qu'on appelle, là, les
Alliances pour la solidarité, là, du FQIS, ça, ça va être payé, on me
l'assure, dans les prochains mois.
Quant
aux deux questions plus spécifiques, moi, ce que je vais faire, je vais obtenir
les réponses et je pourrai les partager,
vous donner des chiffres, parce que c'est des chiffres précis, là, puis je ne
veux pas m'aventurer dans un territoire où je ne suis pas capable de donner des réponses très précises. Et on
pourra le faire dans des délais, là, raisonnables.
M. Boulet : O.K. Bien, je vais vous donner... On me fournit les
réponses. Avec votre permission, Mme
la Présidente... Il n'y a
pas d'indexation. Pour l'année 2018‑2019, le total pour les alliances, c'était
29 539 200 $, et c'est
exactement le même montant pour 2019‑2020. Donc, il n'y a pas
d'indexation.
Mme Sauvé : Alors, je pense que le ministre peut deviner ma prochaine question,
très simple. Pourquoi? Pourquoi il
n'y a pas d'indexation? Pourquoi il n'y a pas de valorisation de ces
initiatives qui peuvent faire une grande différence dans l'action
communautaire terrain dans toutes les communautés?
M. Boulet :
Alors, avec votre permission, Mme la Présidente, je demanderais à ma
sous-ministre de donner un élément de réponse à la question de ma
collègue de Fabre.
Présidente (Mme IsaBelle) : Je vais demander à madame de se
présenter, c'est-à-dire de donner votre prénom, votre nom et votre
titre.
Mme Pelletier (Brigitte) : Oui,
bonjour. Alors, Brigitte Pelletier. Je suis sous-ministre au Travail, Emploi et
Solidarité sociale.
Alors, Mme la
Présidente, les ajustements qu'il y a, au fil des années, au fonds, c'est des
montants qui peuvent varier, mais il
n'y a pas d'indexation. Donc, c'est en lien plutôt avec les projets. Il y en a
eu, des ajustements, avec le PAGIEPS. Et
cette année, par rapport à l'année passée, c'est à peu près le même montant,
mais les variations sont dues à des projets, et il n'y a pas
d'indexation.
Mme Sauvé : Mme la Présidente,
est-ce que je m'adresse directement à madame, à la sous-ministre?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui, vous pouvez vous adresser directement à la sous-ministre.
Mme Sauvé : Oui. Je veux être
dans le respect de...
Mme Pelletier
(Brigitte) : Puis, un
complément d'information, Mme la Présidente, dans le cadre du PAGIEPS,
il y a eu justement un réinvestissement de 115 millions à
160 millions dans le fonds.
Mme Sauvé : O.K. D'accord.
Merci pour l'information.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Il reste 1 min 20 s.
Mme Sauvé : Une minute? Parfait. Alors, je vais sauter à
un autre sujet. J'aime ça, parce que c'est un grand dossier, l'emploi et
la solidarité sociale. Alors donc, on y va.
Je veux
parler du premier trimestre, les chiffres de l'emploi. J'entends beaucoup le
premier ministre parler des emplois payants.
D'ailleurs, dans ses propres crédits, il a nommé qu'il avait demandé au
ministre de l'Emploi de sortir les chiffres des emplois payants dans chaque
région du Québec. Alors, quand on regarde les chiffres de janvier à mars et
qu'on compare à janvier et mars 2018, on se rend compte que les
emplois à temps partiel ont augmenté de 6,3 %, alors que le temps plein a
chuté.
Quand le
premier ministre parle d'emplois plus payants, est-ce que ça veut dire que
c'est plus d'emplois à temps partiel? Là, je ne comprends plus. Alors,
j'aimerais que le ministre m'explique.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Il vous reste 30 secondes.
M. Boulet :
Mme la Présidente, ce que le premier ministre met souvent en perspective, c'est
qu'il y a un écart de 6 000 $ entre le salaire moyen québécois et le
salaire moyen ontarien. Il faut combler cet écart-là. On veut, avec notre
plan de match, contribuer à la création
d'emplois mieux rémunérés au Québec, et ça passe notamment par l'augmentation
de la productivité.
Il y a des
emplois à temps partiel dans certains secteurs qui sont nécessaires. Nous, ce
qu'on vise, c'est le plus possible le plein emploi. Évidemment, on
essaie d'accompagner les entreprises, soit par des plans de formation ou des
plans de développement des compétences, pour leur permettre de mieux rémunérer
leurs salariés. Merci, Mme la Présidente.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci, M. le ministre. Merci de
l'échange. Vous aurez compris que nous avons empiété sur le temps de la députée. C'est maintenant au tour du
gouvernement. Alors, on revient à la députée de Labelle. Il vous reste
11 min 25 s.
Mme Jeannotte :
D'accord. Merci, Mme la Présidente. Donc, je vais reprendre à la... en ce qui a
trait... Nous avons parlé
d'intégration, je vais donc maintenant vous parler d'adaptation de la
main-d'oeuvre. Au fond, M. le ministre, j'aimerais vous entendre... Qu'est-ce qu'on pourrait proposer
afin de venir en aide aux régions qui peinent à trouver de la main-d'oeuvre,
là, non disponible, mais... Voyons! de la main-d'oeuvre non pas disponible,
mais simplement existante.
M. Boulet :
De la main-d'oeuvre disponible, il y en a, Mme la Présidente, effectivement
dans toutes les régions, et ça, ça
nous ramène au front d'intervention intégration, comment nos conseillers,
conseillères peuvent aider les entreprises à recruter une main-d'oeuvre
qui est présente et disponible. On a une initiative ciblée qu'on a l'intention
de mettre en application, où nos
conseillers, conseillères pourront entrer en communication, par exemple, avec
les travailleurs expérimentés, identifier les personnes de 50 ans
et plus qui, dans une région donnée, ne travaillent pas ou ont pris leur
retraite, cogner à leur porte, vérifier leur profil, vérifier leur intention ou
leur volonté de réintégrer éventuellement le marché du travail, mettre à niveau
leurs compétences ou leurs qualifications. Et, comme ces conseillers,
conseillères là savent déjà les entreprises
qui ont des besoins, ils ont établi des diagnostics, élaboré un plan d'action.
Ils vont être en mesure de les mettre en communication. Et ça, cette
initiative ciblée là, j'ai l'intention de l'annoncer bientôt et que ça concerne
toutes les personnes âgées de 50 ans et plus.
Les jeunes, on essaie de les
rejoindre, avec mon collègue à l'Éducation, leur faire comprendre les métiers
puis les professions qui sont en
déficit, là où la demande est plus importante que l'offre, et les inciter à
aller vers ces métiers-là puis ces
professions-là d'avenir. Il y a des métiers actuellement qui existent, qui
n'existeront plus dans deux ans, d'autres qui vont apparaître dans six mois ou dans quatre ans. On essaie de se
donner une vision d'avenir puis de promotionner le plus possible ce qui sera en demande pour éviter
que nos jeunes aient des problèmes d'orientation et puissent bien connecter
avec le marché du travail. On a des
programmes de formation, des stages rémunérés en emploi dans le secteur de la
santé. Je travaille avec ma collègue
de la Santé pour mettre en contact des écoles secondaires avec des CISSS et des
CIUSSS pour combler les besoins pour les infirmiers, infirmières,
préposés aux bénéficiaires. Avec ma collègue aux Aînés, on a des services, dans mon ministère, de formation pour
aider les personnes qui viennent aussi de l'étranger à bien s'adapter. Ici,
particulièrement, on manque de préposés aux
bénéficiaires dans les résidences privées. Ça a été fortement documenté, ça a
fait l'actualité, des résidences privées qui ferment dans à peu près toutes les
régions.
Il faut éviter le
plus d'être confronté à cette réalité-là, et on va s'assurer, au sein de mon
ministère, d'aller les rencontrer, d'établir leurs besoins puis de s'assurer de
leur pérennité dans notre marché du travail. On en a beaucoup, Mme la
Présidente. Je pourrais parler... combien de temps on peut utiliser, madame...
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Vous avez 7 min 23 s.
M. Boulet :
Non, je vais laisser le temps à ma collègue de Labelle. Merci, Mme la
Présidente.
Jeannotte : Bien, merci, M. le ministre. C'est vraiment rassurant de
vous entendre parler, surtout pour les régions éloignées. Par exemple,
moi aussi, je vais me permettre d'être un peu chauvine, là, de revenir à ma
région.
Donc,
dans Antoine-Labelle, contrairement à d'autres régions, le taux de chômage est
un peu plus élevé. Et donc je voudrais vous entendre sur l'enjeu de la
productivité, parce que, justement, la semaine dernière... non, c'est il y a deux semaines, j'ai eu la chance d'avoir votre
collègue... notre collègue respectif, le ministre des Forêts, qui est venu
faire un bel investissement dans le
secteur de la forêt à Mont-Laurier, une usine, pour ne pas la nommer, Uniboard,
et l'objectif était justement d'augmenter la productivité... donc, par
exemple, une centaine d'employés, là, dans nos usines.
Donc,
si je comprends bien, du côté de la main-d'oeuvre, vos objectifs, vos mesures pour augmenter la productivité
sont, dans le fond, complémentaires
au ministre de l'Économie qui, lui, travaille sur le front de l'augmentation des capacités de production
au niveau de la machinerie, de ces usines-là. Mais vous, donc, vous travaillez
donc pour que cette usine puisse avoir des employés qui sont capables de
répondre, là, aux besoins de cette usine-là.
Boulet : Merci, Mme la Présidente. Encore
une fois, une question qui démontre
une fine connaissance de ma collègue de Labelle du marché du travail. L'augmentation de la productivité, c'est un des éléments
cruciaux qui vont aider le Québec à
relever le défi de la main-d'oeuvre. L'augmentation de la productivité, comment on fait ça? Ça peut
être par la robotisation. Je suis
allé dans le Parc technologique de Québec récemment, où j'ai constaté de visu comment les
robots travaillaient et le bonheur
des salariés qui étaient... qui travaillaient en collaboration, bien sûr,
avec les robots et qui me disaient à
quel point ils avaient amélioré leur qualité
de vie au travail, ils avaient
augmenté leur rémunération, ils participaient aux bénéfices de l'entreprise.
La robotisation, c'est une des voies privilégiées.
Il y a
la numérisation. Quand on parle de l'usine 4.0, la numérisation, on est en
train au Québec, dans les entreprises manufacturières, d'emprunter cette voie-là de façon
significative. Ça peut être par l'intelligence artificielle. On
contribue... et mon collègue de
l'Économie, on a un centre où Montréal et le Québec se distingueront en matière d'intelligence artificielle. On est des partenaires pour accroître et permettre aux entreprises, peu
importe leur grosseur, de se donner cette intelligence-là pour améliorer
leur productivité.
peut être aussi par l'acquisition de machines et d'équipements. Ça peut aussi
être par la recherche, le développement,
l'innovation. Mais on est là concrètement, parce que j'ai annoncé à
Trois-Rivières qu'on assumait 85 %
des frais de formation des salariés
pour toute mesure qui vise à accroître la productivité. Puis, si accroître la
productivité a un impact sur l'organisation du travail et que ça aussi, ça
implique des coûts, on est là aussi, on assume 85 % des coûts. Ça,
c'est des mesures concrètes qui sont au coeur de la priorité de notre
gouvernement : formation, éducation. On est des compagnons privilégiés de
l'augmentation de la productivité et on le fait de façon hypercollégiale avec
nos collègues à l'Économie, Innovation, ma
collègue au Développement économique régional, mon collègue à... puis tout le
monde, puis tous nos collègues au
caucus font part de leurs préoccupations par rapport à ce défi-là de la rareté
de main-d'oeuvre. Il y a eu des mesures, il y en a d'autres.
Comme
je vous le disais un peu plus tôt, dans chaque région, il y a des mesures
adaptées spécifiques, et, contrairement à nos prédécesseurs, on a un plan de
match qui est évolutif, qui s'adapte en temps réel à l'évolution des besoins du
marché du travail. On ne veut pas de plan
statique, linéaire, qui n'évolue pas, avec des mesures, avec... Bon, je ne veux
pas faire trop référence à nos
prédécesseurs, mais on veut vraiment que ça s'adapte, et ce qui est requis par
le marché demain n'est pas nécessairement ce qui est exigé aujourd'hui.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. Il vous reste deux minutes.
Jeannotte : J'ai eu la chance, parlant de collègues, de faire une
annonce pour notre collègue Mme McCann, encore là, dans mon comté, à Rivière-Rouge, où on a fait une annonce de
7,3 millions pour une buanderie, et — encore une fois, je reviens à la
productivité — des
emplois de qualité grâce à cette annonce-là, et puis c'est le secteur... En
région, on a beaucoup le secteur du service. Donc, c'était majeur, là, de...
Donc, voyez-vous, c'est un autre exemple, là, où la collègue McCann, par cette
mesure-là, donc, venait donc...
Présidente (Mme IsaBelle) : Je veux juste soulever qu'il faut faire
attention, hein? On ne peut pas nommer les ministres par leur nom, mais
bien par le nom de circonscription ou par leur titre.
Jeannotte : D'accord. Je m'excuse, Mme la Présidente. Donc,
effectivement, j'entends par la voix du ministre que c'est énorme, le travail qui se fait en collégialité, que ce soit
avec notre collègue de la Santé, Forêt, donc Travail, c'est impressionnant, et je salue vraiment, là, à quel
point j'ai l'impression de faire
partie d'un gouvernement qui est efficace.
Donc, c'est très encourageant.
Donc,
finalement, M. le ministre, peut-être un dernier aspect, là, que j'avais
soulevé dans mon introduction, au niveau
de l'éducation, peut-être revenir là-dessus... Avec votre collègue de
l'Éducation, qu'est-ce... vous avez, tout à l'heure, mentionné, là, qu'il y avait des mesures. Puis, si
vous pourriez peut-être m'éclairer encore plus, qu'est-ce qu'on fait, là,
en lien avec votre ministère et celui de l'Éducation.
La Présidente (Mme IsaBelle) : M. le
ministre, il vous reste 13 secondes.
M. Boulet : Deux choses, Mme la
Présidente. Un, la bonification du programme de formations de courte durée privilégiant les stages dans les formations
priorisées par la Commission des
partenaires du marché du travail, on
fait ça en collaboration avec
l'Éducation, et 45 millions supplémentaires dans le budget de notre
collègue Eric Girard, sur cinq ans,
ont été octroyés au Fonds de développement
et reconnaissance des compétences de la main-d'oeuvre pour renforcer... pour
permettre l'adaptation de la main-d'oeuvre
de plus d'entreprises à travers le Québec. C'est deux des mesures, et ça, c'est
fait vraiment de façon collégiale. Merci, Mme la Présidente. Désolé, hein?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci, M. le ministre. Vous avez quand même empiété de 29 secondes qu'on prendra sur le temps du prochain tour. Merci, M.
le ministre. Nous y allons maintenant, avec l'opposition officielle avec
la députée de Fabre. C'est bien ça toujours?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
D'accord, avec 18 min 30 s.
Sauvé : Quel plaisir. Merci,
Mme la Présidente. Je vais revenir avec un commentaire sur ma dernière question,
alors que je questionnais le ministre sur la
notion très importante, je dirais même presque l'obsession du premier
ministre d'aller vers les emplois
payants. Puis je le nomme, là, sans aucun commentaire négatif, mais c'est un
élément qu'il nomme beaucoup, et j'ai
ramené le portrait des chiffres de l'emploi du premier trimestre. Alors, je
vais juste faire un commentaire avec une image.
Moi, la fin
de semaine, quand je suis chez moi puis je veux faire une recette... en
passant, je ne suis pas très bonne, mais
je fais quand même des efforts. Mais je prends une recette, et je regarde ma
recette, et ça aide beaucoup s'il y a des ingrédients pour faire la recette. Alors, le ministre a beau dire :
Oui, effectivement, l'objectif, on se compare à l'Ontario... et je
comprends très bien ça, mais la réalité, l'ingrédient d'avoir un état de
situation... En passant, on est déjà dans le plein-emploi.
Le ministre mentionnait : L'objectif, c'est le plein-emploi. On y est déjà.
Mais, quand l'ingrédient, c'est une majorité...
pas une majorité mais une croissance importante de l'emploi à temps partiel,
nous ne sommes pas dans l'ingrédient qui
nous lie à des emplois plus payants dans une réalité, une recette qui doit
marcher. Alors donc, vous avez compris mon image puis vous avez retenu
que je ne fais pas des bons ragoûts. Mais ça, c'est une autre histoire.
Alors,
j'irais maintenant, sur un bloc, parler de Services Québec, évidemment. Il faut
en parler parce que le ministre en a
parlé à travers sa Grande Corvée, changement de paradigme, et là je vais faire
plein de liens avec ça, là, le changement de paradigme pour faire face à la pénurie de main-d'oeuvre, parce que
c'est un paradigme qui m'apparaît très, très partiel. Puis, pour moi, quand le ministre a dit hier, puis
il l'a dit dans plusieurs communiqués, devant les médias, que la
transformation, c'était d'abord et
avant tout de dire aux conseillers en entreprise de Services Québec d'appeler
les entreprises avant qu'on les appelle, je n'y vois pas là une grande
révolution, mais j'y reviendrai.
Services
Québec, évidemment, il y a un modèle qui est très important, puis qu'il faut
nommer, puis le ministre connaît très bien ce modèle, et c'est la Commission
des partenaires du marché du travail, qui se décline dans chaque région du Québec avec ses conseils régionaux. Alors, je
vais vouloir entendre un peu le ministre sur sa vision qu'il a de la commission
pour plusieurs raisons. C'est un modèle qui
date de plusieurs années. Je me souviens, à l'époque de l'implantation... ça ne
me rajeunit pas, Mme la Présidente, mais
c'est ça, la vie. C'était à l'époque des ministres... donc, c'était Mme Louise Harel, à l'époque, suivie de Mme Diane Lemieux du Parti
québécois, qui ont mis en place ce modèle unique de cogestion avec le ministère pour s'assurer que, quand on regarde
les stratégies de main-d'oeuvre, bien, on regarde : Est-ce qu'on a les
bonnes mesures? Est-ce qu'on a le bon plan d'action de façon très
annualisée?
Alors donc, c'est un modèle qui
est regardé par le fédéral dans la négociation pour les ententes Canada-Québec par rapport à la formation de la main-d'oeuvre, le
ministre en a parlé avant. Mais la Commission des partenaires, c'est fort
important comme modèle au fil des ans parce
qu'il y a autour de la table tous les acteurs du marché du travail : les
syndicats, les patrons, l'éducation, le communautaire, les différents
ministères qui sont présents aussi, évidemment les gens de Services Québec. Alors donc, il y a là une
représentativité des acteurs du marché du travail qui est toujours très, très
éloquente, en soi.
Quand
il y a eu la loi n° 70, on a parlé d'Objectif emploi, mais il y a
un volet aussi dans cette loi-là, et c'est la modification,
je dirais, ou... la modification du rôle et du mandat de la Commission
des partenaires du marché du travail avec un rôle beaucoup plus stratégique
par rapport aux enjeux.
Alors,
moi, ma première question sur Services Québec et en lien avec la Commission des
partenaires au ministre, c'est :
Est-ce qu'il a assisté à plusieurs rencontres depuis son élection? Est-ce qu'il y a des documents
qu'il peut nous déposer, des comptes rendus ou, à tout le moins, nous dire un peu, toujours dans la notion de son
nouveau paradigme, est-ce qu'il
a donné des directives précises en lien avec
les nouveaux enjeux du marché du travail à la Commission des partenaires du
marché du travail?
M. Boulet :
Merci, Mme la Présidente. Merci à ma collègue de Fabre. Question très complète
qui démontre sa connaissance du volet emploi, solidarité sociale.
Après
mon assermentation, rapidement, j'ai rencontré, pour le volet emploi, solidarité
sociale, les membres du conseil de la
Commission des partenaires du marché
du travail. J'ai fait une rencontre là-bas,
à Montréal, à mon bureau de Montréal. On a échangé sur l'importance du paritarisme, et j'étais extrêmement ravi de constater,
comme vous l'avez mentionné, la présence
des personnes impliquées dans le monde syndical, le monde patronal, le monde
communautaire et le monde de l'éducation.
je vous dirais que, pour moi, la Commission des partenaires, c'est précieux.
D'ailleurs, sa présidente est avec nous,
que vous connaissez vraisemblablement, Mme Audrey Murray, avec qui j'ai des
échanges et des contacts. Et, dans le
cadre de ma grande tournée... parce que vous me dites : Comment vous
l'impliquez dans ce changement de paradigme là? Audrey, dans les huit régions
que j'ai faites, je l'ai souvent vue. Elle était présente. Elle était une
porte-parole éloquente de la Commission
des partenaires du marché du travail. Elle contribuait à alimenter mes
réflexions et à écouter les partenaires, à participer aux conférences de
presse où on faisait des annonces concrètes.
vous dirais, pour moi, la Commission des partenaires et mon ministère, c'est
main dans la main. Et pour moi, tout
ce qui concerne l'emploi et la solidarité sociale, je considère cette
commission-là comme un guide. Sur La Grande Corvée, tous et toutes, unanimement, à la commission, que
je les aie rencontrés collectivement ou individuellement, sont extrêmement
heureux et heureuses de cette initiative-là
qu'est La Grande Corvée, et on continue à échanger sur une base régulière. Je
les ai rencontrés hier, il y avait un
gala où on remettait des prix pour souligner les mesures de prévention en santé
et sécurité. Il y avait des gens du
monde syndical, du monde patronal. C'est une collaboration de tous les
instants, et ma collègue de Fabre le sait très bien. Merci, Mme la
Présidente.
Mme Sauvé :
Merci. Merci au ministre pour cette réponse. En même temps, vous avez compris
que je suis une fan des conseils
régionaux et de la commission parce que je trouve que c'est un modèle unique.
Alors donc, vous n'avez pas à me
convaincre. Mais j'aurais quand même apprécié, de la part du ministre, une
réponse au-delà du dialogue et de la proximité
qui est absolument nécessaire, sa vision de directive claire en lien avec la
veille stratégique d'action pour répondre à la pénurie de main-d'oeuvre.
Mais on pourra y revenir, j'ai beaucoup d'autres questions.
Évidemment,
on en a parlé de l'entente qui se négocie présentement, et je voyais qu'avec...
par rapport à la formation de la main-d'oeuvre, bon, le ministre a tantôt émis
un commentaire par rapport, bon, aux prédécesseurs que nous étions. Alors, je rappelle qu'il y a eu une signature de
l'ancien... de son prédécesseur, de M. Jean-Marc Fournier, du ministre Duclos.
Alors, il faut se rappeler que cette entente-là,
qui a eu 20 ans en 2017, en
fait, il n'y a pas eu tant de modifications et de négociations au cours des 20 ans. Il
y a eu des définitions qui se sont
ajoutées. Il y a eu des négociations de mon temps. J'ai refait un
peu le fil de l'histoire, mais de
renégocier l'entente comme telle, ça ne s'est pas fait dans une première
mouture, ça s'est fait au bout de
10 ans. Donc, de dire, là, encore là, d'amener un jugement là-dessus, il y a beaucoup
plus de nuances que cela.
Mais là, présentement,
il y a une négociation, et c'est beaucoup d'argent. Et c'est vraiment beaucoup,
beaucoup d'argent qui est envoyé au Québec
et qui est envoyé... Et je me souviens des dernières négociations des ministres précédents, que ce soit de notre gouvernement ou du gouvernement du Parti
québécois, il y avait
tout ce travail-là, encore une fois, de la Commission des partenaires à faire de la représentation, le ministère également. Puis à
chaque fois que c'était modifié ou
resigné, il y avait une reconnaissance, justement, du modèle unique au Québec,
à chaque fois. Mais il y avait un travail immense derrière ça.
Alors,
au-delà de se dire que la négociation va bon train... Parce qu'il faut bien
comprendre, là, que cette entente-là, là,
elle a beaucoup d'objectifs. Elle permet, dans le fond, d'offrir à la
population du Québec les services de qualité touchant le marché du travail, les mesures et les services
d'emploi intégrés, le fonctionnement du marché du travail, associer les partenaires du marché du travail à l'emploi et la
gestion des mesures. Il y a plein d'objectifs, et il y a les responsabilités du
Québec, et, attaché à ça, il y a le fonds du
marché du travail qui vient financer des services de Services Québec, qui vient
financer beaucoup d'organismes en
employabilité. On a parlé des carrefours jeunesse-emploi, mais tous les
services d'aide à l'emploi aussi qui sont financés par le fédéral.
Alors,
moi, j'ai le goût d'entendre plus que : On est en train de négocier, puis
le gouvernement précédent n'a pas nécessairement
fait grand-chose. À chaque fois qu'il y avait à négocier, on a signé l'entente,
que ce soit notre gouvernement, celui du Parti québécois avant. Alors, j'ai le
goût de savoir qu'est-ce qui est sur la table, quel était le montant
précédent qui a été octroyé au Québec, où on
en est dans la volonté présente, et si le marché du travail a évolué. Est-ce
qu'on va avoir le même rapport de force cette fois-ci alors qu'on est
dans un plein emploi?
Boulet : Merci, Mme la Présidente. Merci pour la question. Je vais
aller le plus loin possible dans le détail tout
en respectant, bien sûr, la confidentialité des échanges. Je veux revenir sur
votre question précédente. Le plan de match dont j'ai parlé tout à l'heure, qui s'appuie sur quatre fronts
d'intervention pour lutter contre la rareté de main-d'oeuvre, il a été
présenté et assimilé par les membres de la Commission des partenaires du marché
du travail et accepté.
paritarisme, oui, je l'avais dit aux médias, le modèle de partenariat québécois
a été un argument de négociation extrêmement
important. Quand on a eu la rencontre de négociation dont j'ai fait référence
un peu plus tôt, les partenaires étaient
là, Mme Murray était là, le monde syndical, patronal, l'éducation et le
communautaire étaient représentés. Et c'est ça qui distingue le Québec du reste du Canada. Donc, on a plaidé notre
modèle de partenariat, on a plaidé aussi la flexibilité et l'asymétrie. Ce n'est pas parce que c'est de
même dans le reste du Canada que ça doit nécessairement être comme ça au
Québec.
ça, je pense que ça a été compris. Est-ce qu'on va atteindre tous nos
objectifs? On est bien avancés. Je me déplace à Ottawa ce vendredi pour
rencontrer Mme Hajdu et j'espère qu'on pourra confirmer une entente de principe.
sujets sur lesquels nos discussions portent, c'est le transfert de la juste
part du Québec des sommes fédérales destinées...
Vous le connaissez, le Fonds d'intégration pour les personnes handicapées ainsi
que les fonds relatifs à la Stratégie emploi jeunesse. Deuxièmement, il
y a le financement des personnes handicapées dans le cadre des ententes de
transfert du marché du travail. Il y a aussi nos revendications, troisièmement,
à l'égard des programmes de travailleurs étrangers temporaires. Et, bon, il y a des éléments plus secondaires, mais les
frais administratifs puis l'admissibilité des travailleurs... des TET, ça, je vous en ai parlé. Mais c'est
essentiellement les sujets sur lesquels nos discussions portent, et on le fait
toujours dans l'intérêt du Québec et
dans le respect des défis que le marché du travail québécois a à relever.
Merci, Mme la Présidente.
Mme Sauvé :
Il me reste quatre minutes. J'ai deux
questions fort importantes, alors vous me pardonnerez, M. le ministre, je vais y aller un peu en
rafale parce que je veux vous entendre. Mais, en même temps, je reviendrai
aussi, Mme la Présidente, parce
que par rapport à l'entente
j'aurais posé la question... je la pose, là, mais le temps est
limité : Combien il y a d'argent sur la table? Pour moi, c'est important d'avoir
cette réponse-là. Combien d'argent il y a sur la table? Combien d'argent on avait
avec l'entente et qu'est-ce qui est demandé?
J'y vais avec mes
deux questions. Hier, il y a eu beaucoup... le député de Chauveau a parlé des
organismes communautaires, les carrefours
jeunesses emploi, mais les ressources externes, tous les organismes en
employabilité. Je sais que le
dialogue est au rendez-vous entre le ministre et les organismes, je sais que la
conversation est conviviale. Mais, en même temps, là, pour faire face
aux défis du marché du travail avec la pénurie, là, c'est des acteurs tellement
importants parce qu'ils ont accès à tous ces
bassins de main-d'oeuvre, des bassins de main-d'oeuvre de personnes sous-représentées
sur le marché du travail. Alors, c'est
excessivement précieux pour les entreprises qui cherchent du monde, et cet
accès-là, qui passe par
l'accompagnement qu'offrent les ressources externes, c'est majeur. Autrement
dit, Mme la Présidente, ce sont des partenaires de premier plan.
quand je fais le calcul de ce qui a été donné dans les différentes réponses des
renseignements qu'on a demandés, quand je regarde le financement au
niveau des Services d'aide à l'emploi, ce qu'on appelle les SAE, et que je
regarde la participation, donc les gens qui ont participé à toutes les ententes
des organismes, ressources externes et carrefours jeunesse-emploi, finalement,
un participant qui est actif dans une démarche, c'est à peu près 100 $. On
s'entend que ce n'est pas beaucoup de sous
pour avoir une différence sociale et une différence essentielle pour
l'intégration en emploi. Le financement ne suit pas, Mme la Présidente.
Quand je regarde les mesures d'aide à l'emploi, les crédits, le plan budgétaire, on augmente de 2 %. 2 %, là,
c'est l'IPC du mois de mars. Donc, c'est une indexation tellement timide qu'on
aura beau me dire que la conversation est conviviale, ces acteurs-là, ils sont
précieux.
Moi, je demande au
ministre : S'il vous plaît, pour ces partenaires qui sont un enjeu de
solution pour la pénurie, est-ce qu'on ne
peut pas envisager un 4 % d'indexation? Et je sais que ça se fait parce
qu'on peut amender des protocoles d'entente.
M. Boulet :
Merci, Mme la Présidente. Les ententes de transfert, marché du travail et
développement de la main-d'oeuvre, c'est une
enveloppe d'à peu près 850 millions. Comme vous savez, le Fonds de
développement du marché du travail, on est à près de 1 milliard. Vous
connaissez bien ces chiffres-là. C'est dans ces environs-là, les chiffres
que nous discutons avec nos homologues
fédéraux. Donc, comme vous vous en doutez bien, c'est des chiffres quand même
assez importants.
ressources externes, que ce soient les carrefours jeunesse-emploi, parce que
vous connaissez bien ce secteur-là qui...
les carrefours qui permettent une intégration socioprofessionnelle des jeunes,
vous savez qu'on a eu des rencontres avec
le regroupement puis le collectif, on leur a demandé de travailler ensemble
dans un but commun pour respecter leur mission,
et on est en discussion. J'ai des collègues de mon caucus et du conseil qui
sont en discussion avec moi puis avec les carrefours jeunesse-emploi
pour améliorer la méthode de financement.
L'indexation
de 2 %, on pourrait en discuter. Est-ce que ça aurait pu être moins?
Est-ce que ça aurait pu être plus? Si
vous voulez, par un pourcentage, que nous reconnaissions l'important des
ressources externes, on est exactement sur la même longueur d'onde.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci, M. le ministre. Elle désire poser une
autre question.
M. Boulet :
Mais là est-ce qu'il faut que je réponde plus rapidement pour permettre plus de
questions à ma collègue de Fabre?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Bien, il reste 22... en fait, il lui reste 22 secondes, là.
M. Boulet :
D'accord. Je vous écoute.
Mme Sauvé : Bien, je tends la main, M. le ministre. Vous avez
démontré de l'ouverture. Moi, je pense que ça mérite une discussion, parce que franchement, un
4 %, c'est la reconnaissance de tout le travail qu'ils font, eux qui
majoritairement contribuent aux résultats de Services Québec.
Un dernier commentaire, question. Je veux juste
vous dire, l'intégration...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Le temps est terminé. Le temps est vraiment terminé.
Mme Sauvé : C'est vraiment
terminé. Alors, on aura l'occasion de se reparler. Merci.
Présidente (Mme IsaBelle) : C'est bien. Merci. Merci pour
l'échange. Nous y allons avec notre dernier bloc de discussion ou
d'échange avec le gouvernement et la députée d'Abitibi-Ouest. Vous avez
11 min 30 s.
Mme Blais
(Abitibi-Ouest) : Merci, Mme la Présidente. M. le
ministre, chers collègues, représentants du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, il me
fait plaisir d'être ici aujourd'hui. Selon les prévisions, plus de
1,4 million d'emplois seront à
pourvoir au Québec au cours de la période de 2017 à 2026. Cette demande de
main-d'oeuvre repose sur deux facteurs principaux :
la demande de remplacement générée par les travailleurs et travailleuses qui
quitteront le marché du travail, soit
majoritairement les départs à la retraite et les demandes d'expansion, soit la
création nette d'emplois durant cette période, causée par la bonne
performance économique du Québec au cours des dernières années.
Effectivement,
si on revient sur le départ des retraites, ma région, l'Abitibi-Témiscamingue,
subit très durement le vieillissement
de la population. À
titre d'exemple, dans la période 2017‑2021, pour
l'Abitibi-Témiscamingue, les perspectives d'emploi font état de 14 200 emplois à pourvoir dans ma région. De
ce nombre, 12 100 seront remplacement des retraites, qui quittent le marché du travail. Ainsi, Mme la
Présidente, c'est 85 % des emplois qui seront à pourvoir en Abitibi et qui
le seront uniquement en raison du vieillissement de la population et des
départs à la retraite. Cette situation, accentuée par l'exode de nos
jeunes, particulièrement de ceux qui vont faire leurs études dans les grands
centres urbains et les jeunes professionnels,
rassemblait toutes les conditions pour créer un déséquilibre entre la demande
et l'offre de main-d'oeuvre chez nous, comme partout au Québec.
La réalité
régionale... j'ai l'occasion de constater différents mouvements de
main-d'oeuvre et j'ai bien peur d'une dévitalisation dans ma région. Je fais
allusion surtout aux municipalités. On sait qu'il y a 20 ans il y avait
beaucoup de fermes, ces choses-là,
les municipalités étaient beaucoup... très actives. Et maintenant, avec l'exode
des jeunes... et on sait aussi, chez
nous, on a aussi l'exode des boomers qui prennent leur retraite et qui quittent
aussi. Alors, c'est une dévitalisation pour la municipalité. De plus,
l'Abitibi-Témiscamingue subit un des plus hauts taux de postes vacants de la
province, soit 3,7 %. Ce sont donc 2 705 postes qui demeurent non
comblés par nos employeurs et qui ont des effets néfastes sur l'économie de
notre région.
Avec de
telles données, on ne se surprendra pas que plusieurs groupes de professions se
retrouvent en déficit de main-d'oeuvre.
Ma réflexion, dans tous ces échos, me porte à me demander si une stabilité de
ressources peut être envisagée, M. le ministre.
M. Boulet : Merci, Mme la Présidente.
Je veux saluer, bien sûr, ma collègue d'Abitibi-Ouest. On a toujours énormément
de plaisir à se côtoyer et à travailler ensemble. J'ai eu le grand bonheur, Mme la Présidente, d'aller dans son comté, il y a deux semaines, trois semaines...
Mme Blais (Abitibi-Ouest) : Un mois.
Boulet : Un mois déjà, le
temps va vite, hein? Mais on a eu une rencontre qui était extrêmement bénéfique avec les acteurs et
les partenaires du marché du travail. Notre invitation avait été accueillie de façon
très positive, et on a eu des échanges particulièrement intéressants. Et
je trouve que ma collègue identifie bien les enjeux, quand vous référez au taux
de vacance, qui est des plus élevés au Québec, votre taux de chômage est le
deuxième plus bas au Québec et votre nombre
de postes vacants, il est important. Et un des défis de la région d'Abitibi-Témiscamingue, c'est, comme vous l'avez mentionné,
l'exode des jeunes. C'est un bassin de main-d'oeuvre dont on ne parlera pas
assez souvent.
Et les
personnes jeunes quittent pour aller, souvent... bon, il y a
une constituante du réseau de l'Université
du Québec dans la région, mais parfois, pour des raisons de programme ou
pour des raisons personnelles ou autres, les jeunes de l'Abitibi-Témiscamingue vont à
Montréal, à Québec ou ailleurs et ne reviennent pas. Ça fait qu'il
faut mettre énormément d'énergie à faire valoir les facteurs attractifs
de l'Abitibi-Témiscamingue. Et, quand j'ai rencontré les élus, notamment préfets, j'étais impressionné par leur volonté de
se démarquer et d'attirer non seulement les jeunes qui ont quitté pour des
études, mais des jeunes à venir s'établir.
Puis il y a des histoires à succès en Abitibi-Témiscamingue, non seulement de jeunes, mais de travailleurs étrangers temporaires puis d'immigrants. Le
niveau d'acceptabilité sociale là-bas vis-à-vis des immigrants est extrêmement
élevé.
Et j'en ai
profité, rappelez-vous, pour annoncer des mesures qui étaient spécifiques à
votre région. Premièrement, qu'on
assumait ou qu'on remboursait 50 % des frais pour une activité de
recrutement à plus de 50 kilomètres de l'entreprise. Donc, une entreprise qui organise une activité
pour recruter, par exemple, à Montréal, on assume 50 % de leurs frais et on va jusqu'à un maximum de 500 $ par employé
qui sont délégués, qui sont impliqués dans l'activité de recrutement. Et le
complément à cette mesure-là, c'était le
remboursement des frais de déménagement des employés. Si on recrute des
personnes à Montréal,
qui viennent travailler en Abitibi-Témiscamingue,
notre ministère assume jusqu'à un maximum de 1 000 $ par
employé pour leurs frais de déplacement et de déménagement.
Donc, c'est
vraiment des mesures qui sont compatibles avec un des défis que vous avez,
c'est-à-dire d'aller à l'extérieur,
d'adresser le problème d'exode des jeunes et d'attirer des personnes. Et moi,
je comprends aisément les personnes qui
vont là. Moi, l'Abitibi-Témiscamingue, c'est une région que je connaissais peu,
et je comprends qu'on peut facilement et aisément tomber en amour avec
l'environnement de votre région. Merci à ma collègue d'Abitibi-Ouest.
Mme Blais (Abitibi-Ouest) : Merci,
M. le ministre.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Il
vous reste 2 min 30 s.
Mme Blais
(Abitibi-Ouest) : On parle de fierté, M. le ministre, Mme la
Présidente, mais on parle aussi de grandes souffrances.
Je voudrais
partager avec vous une réalité chez nous, à La Sarre. La semaine passée,
j'étais dans ma circonscription de La Sarre et j'ai rencontré un
regroupement qui s'appelle les femmes Érige. On m'a fait part qu'encore à
La Sarre, et ça, j'avais pris
connaissance de ça lors de ma campagne électorale, qu'il n'y a pas
d'établissement pour les femmes qui souffrent de violence conjugale. C'est triste, parce que ces femmes-là,
lorsqu'elles sont emmenées soit par un policier... il n'y a pas de ressource, il n'y a rien, L'Érige ne peut pas les
recevoir. Alors, on les emmène au centre hospitalier, et il y a des lits de
libres en psychiatrie, et ces femmes-là dorment là.
C'est
inacceptable de faire vivre ça à ces femmes-là, surtout qu'elles ont une
souffrance physique et psychologique souvent.
Et que font ces femmes-là? Elles ne veulent pas revivre ça, alors elles
retournent dans le même milieu. M. le ministre, pouvons-nous
compter sur votre aide pour ce beau dossier?
Boulet : Mme la Présidente, dans un premier temps, j'aimerais exprimer
ma sensibilité à l'épreuve que vivent les femmes victimes de violence
conjugale ou parfois les hommes victimes de violence conjugale dans la mesure
où il n'y a pas de ressource à ville de
La Sarre. Je déplore cette situation-là et j'invite ma collègue
d'Abitibi-Ouest à en rediscuter avec moi.
Moi, je vais demander de voir comment on peut
être interpelé, quelle est la nature des services qu'on pourrait dispenser à ville de La Sarre, qui pourraient
répondre aux besoins des personnes victimes de violence conjugale, frais de
transport, ou accompagnement, ou renseignements. Puis enfin, il faut en
discuter avec ma collègue de la Santé, parce que
je sais que soit à Val-d'Or ou à Rouyn-Noranda il y a ce type de ressource là,
mais ça prend 1 h 15 min, 1 h 30 min, puis je sais que c'est certainement un obstacle pour
une femme victime de violence. Elle a besoin d'une ressource proche. Donc,
on va essayer de trouver une solution. Merci.
Présidente (Mme IsaBelle) : Alors, je vous remercie. Écoutez, ça met
fin à l'étude, si vous voulez, ou le temps
alloué pour l'étude du volet Emploi
et Solidarité sociale des crédits budgétaires du portefeuille Travail, Emploi
et Solidarité sociale, étant
maintenant presque terminé... Je vous remercie, d'ailleurs, pour les échanges
enrichissants de chacun des côtés. On doit maintenant procéder à la mise
aux voix des crédits.
Le programme 2, intitulé Mesures d'aide
financière, est-il adopté?
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Le programme 3, intitulé Mesures d'aide à l'emploi, est-il adopté?
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Sur
division. Parfait.
Alors,
écoutez, compte tenu de l'heure, je le répète, je vous remercie beaucoup pour
les échanges, puisque ça met un terme à cette étude budgétaire.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 15 heures afin de procéder, cette fois, à
l'étude du volet PME et Innovation. Je vous souhaite donc une bonne fin de
journée. Et merci encore.
(Suspension de la séance à 13 h 1)
La Présidente (Mme IsaBelle) :
l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons reprendre. Il est...
La Présidente (Mme
IsaBelle) : M. le ministre, s'il vous plaît!
Présidente (Mme IsaBelle) : C'est
quand même plus efficace ici qu'à l'université.
Excusez-moi. Alors, il est 19 h 30... Ah! Elle ne fait
plus de clip. O.K.
Alors,
s'il vous plaît, nous allons reprendre nos travaux. Je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie
de leurs appareils électroniques.
commission est réunie afin de procéder à l'étude du volet
Travail des crédits budgétaires du portefeuille Travail, Emploi
et Solidarité sociale pour l'exercice financier 2019‑2020.
Une enveloppe de trois heures a été allouée pour l'étude
de ces crédits.
Alors, Mme la
secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Hébert
(Saint-François) remplace M. Allaire (Maskinongé); M. Lemay
(Masson) remplace M. Bélanger
(Orford); M. Thouin (Rousseau) remplace Mme Foster
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré); et M. Ouellet (René-Lévesque)
remplace Mme Richard (Duplessis).
Présidente (Mme IsaBelle) : Je vous remercie. Je demande le consentement pour prendre un
10 minutes de pause vers
8 h 30, 8 h 45, quelque
chose du genre. Est-ce qu'on a le consentement? Qui sera pris sur le temps du gouvernement.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Un 10 minutes de pause, je pense que ça
s'impose.
Une voix :
...pris sur le temps du gouvernement.
Présidente (Mme IsaBelle) : Sur le temps du gouvernement, effectivement. Vous êtes d'accord? Parfait. Je
sens que la soirée va être longue. Excusez.
Alors,
nous allons débuter par les remarques préliminaires, puis nous allons procéder
à une discussion d'ordre général par blocs de 20 minutes, incluant les questions et les réponses, et
nous aurons la mise aux voix des crédits à la toute fin. Nous débutons donc avec les remarques
préliminaires. M. le ministre du
Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, vous disposez de 12 minutes.
M. Boulet :
Merci, Mme la Présidente. Chers collègues du parti ministériel, députés de l'opposition,
Mmes et MM. du ministère,
il me fait plaisir de prendre part à l'étude
des crédits pour la portion Travail
du ministère du Travail, de
l'Emploi et de la Solidarité sociale.
Pour
l'occasion, je suis accompagné par mon directeur de cabinet, Pierre Schetagne,
qui n'est pas loin derrière moi, et par la sous-ministre du Travail, de
l'Emploi et de la Solidarité sociale, Mme Brigitte Pelletier, qui est à ma
gauche. Puisque mon ministère a sous sa responsabilité différents organismes et
comités, nous comptons aujourd'hui sur la présence
de la présidente de la CNESST, Mme Manuelle Oudar; de la présidente de la Commission de la construction du Québec,
Mme Diane Lemieux; de la présidente du Tribunal administratif du travail, Mme Lucie Nadeau; du président du Conseil consultatif du travail et de la main-d'oeuvre, qui,
en passant, le conseil souligne son 50e anniversaire cette année. Je souligne
la présence de M. François Lamoureux; du président du CCLP,
M. Richard Gravel; et de la présidente du CEPE, Mme Céline
Bellot. Des membres de mon ministère sont également avec nous aujourd'hui.
Avec
mon passé d'avocat en droit du travail, j'ai accueilli avec beaucoup
de contentement les responsabilités de mon
ministère. Je crois également que mon expérience
me permet d'avoir un regard encore plus pointu à l'égard des dossiers qui relèvent du volet Travail. Nous sommes ici aujourd'hui pour nous attarder sur ce volet. Mon ministère est responsabilité de la législation et de la réglementation
en matière de conditions et de relations de travail.
Ainsi,
j'ai annoncé en janvier dernier qu'à compter du 1er mai 2019 le taux
général du salaire minimum passera de 12 $ à 12,50 $ l'heure, soit une
augmentation de 0,50 $ du taux horaire. Cette hausse représente
4,17 % d'augmentation. Le salaire minimum payable aux salariés rémunérés
au pourboire sera à 10,05 $, une augmentation de 0,25 $, et celui des
cueilleurs de framboises ou de fraises
passera respectivement à 3,71 $, plus 0,15 $, et à 0,99 $ plus
0,04 $ du kilogramme. Cette
hausse s'inscrit dans l'engagement du gouvernement de rehausser le ratio entre
le salaire minimum et le salaire horaire moyen afin d'atteindre
50 % en 2019‑2020, une première dans l'histoire des relations du travail
au Québec.
Aussi, au
niveau des questions salariales, le projet de loi modifiant la
Loi sur l'équité
salariale afin principalement d'améliorer
l'évaluation du maintien de l'équité salariale a été adopté le 9 avril
dernier. Il s'agissait de ma toute première commission
parlementaire. J'ai beaucoup apprécié me prêter à cet exercice de travail et de
réflexion avec mes collègues, dont
plusieurs sont présents aujourd'hui. Nous avons entendu des points de vue provenant de différents organismes, et nos
échanges se sont passés dans la considération et le respect. Je les en
remercie.
Le projet de loi modifiant la
Loi sur l'équité salariale permet de soutenir encore davantage
les employeurs et les personnes
salariées dans l'évaluation du maintien de l'équité salariale, et ce, dans le
but de favoriser l'atteinte de conditions de travail équitables pour
l'ensemble des travailleuses et des travailleurs.
Les modifications apportées à la loi concernent
principalement l'évaluation du maintien de l'équité salariale. Elles visent à rendre le processus d'évaluation de
l'équité conforme à la décision de la Cour
suprême du Canada, favoriser la participation des personnes salariées lors d'une
évaluation du maintien de l'équité, encadrer le traitement d'une plainte,
améliorer des éléments de mise en oeuvre de
la
Loi sur l'équité salariale. Les modifications adoptées permettront de
poursuivre la lutte contre la discrimination systémique à l'égard des
emplois traditionnellement ou majoritairement féminins.
Maintenant,
dans les dossiers touchant la construction, le comité d'experts indépendants
sur les grutiers m'a remis ses
recommandations le 28 février dernier. Je rappelle que ce comité a été
formé le 28 septembre 2018 afin de se pencher sur l'aspect
sécuritaire des modifications réglementaires concernant l'encadrement du métier
de grutier dans l'industrie de la
construction. Je souhaite réitérer que notre gouvernement a à coeur la
santé et la sécurité de tous les travailleurs sur les chantiers de construction ainsi que celle du
public. Pour aller de l'avant dans ce dossier, j'ai demandé d'organiser une
grande rencontre le 2 mai. Elle
sera chapeautée par les experts et regroupera les représentants syndicaux et
patronaux, la CNESST, la CCQ ainsi que des représentants du ministère.
Par ailleurs,
j'ai l'intention de moderniser les lois qui constituent le régime de santé et
de sécurité du travail afin qu'il
réponde davantage aux besoins actuels. Je crois que tout le monde sortira gagnant de cet exercice. Les travaux sont en cours, et les recommandations contenues dans
l'avis du comité... du Conseil
consultatif du travail et de la main-d'oeuvre permettront d'enrichir
notre réflexion.
Le gouvernement
a également fait connaître son intention d'éliminer les disparités de
traitement existantes fondées — il est quelle heure,
Alexa? — sur
la date d'embauche dans les régimes de retraite et les régimes d'avantages sociaux. L'élimination des disparités de
traitement existantes est un processus complexe qui pourrait avoir des impacts
sur les conditions de retraite des salariés et sur la flexibilité des
entreprises. Un comité formé du MTESS, des Finances et de Retraite
Québec est actuellement à l'oeuvre pour évaluer cette question. Il s'agit d'un
travail d'envergure, qui demande temps et
rigueur. Les libéraux ont refusé de s'y attarder. Nous allons, pour notre part,
nous en occuper de façon diligente.
J'ai
également présenté un règlement sur les agences de placement de personnel et
les agences de recrutement de travailleurs
étrangers temporaires afin notamment d'établir les modalités des permis
obligatoires pour ces agences délivrés par
la CNESST. Un projet de règlement en ce sens a d'ailleurs été publié à la Gazette
officielle du Québec le 10 avril pour une période de
consultation publique de 45 jours.
Mme la
Présidente, permettez-moi de revenir rapidement sur les interventions réalisées
par le ministère au cours de la dernière année en matière de conflits de
travail. Grâce à leur expertise, les médiateurs-conciliateurs du ministère ont aidé plusieurs parties à conclure des ententes
lors du renouvellement de leur convention collective. Mentionnons, par exemple,
la Société des alcools du Québec, la Société des transports de Montréal et
Loto-Québec. Nos médiateurs-conciliateurs interviennent dans environ
700 dossiers annuellement.
Mon gouvernement est intervenu à plusieurs
reprises afin d'aider le Syndicat des métallos et la direction de l'Aluminerie
de Bécancour dans le cadre du renouvellement de leur convention collective.
J'ai rencontré la direction locale d'ABI, le
Syndicat des métallos et, à
Pittsburgh, les dirigeants d'Alcoa. Un conseil de médiation a été mis sur pied
le 7 novembre 2018 dans le but de
relancer les négociations. Nous avons prolongé son mandat jusqu'au 21
décembre afin que les parties en viennent à un accord avant cette date.
J'ai formé,
le 11 janvier dernier, un groupe de travail composé de spécialistes de mon
ministère, en vue d'accompagner les parties dans
l'atteinte de leurs objectifs de négociation. J'ai également rencontré les
parties séparément le 21 février. Le
1er avril, le premier ministre et moi-même avons rencontré séparément les
parties. Le 17 avril, j'ai présenté une hypothèse de règlement accompagnée par un protocole de retour au travail
aux parties. Le 24 avril, la
partie patronale a fait savoir qu'elle
accueillait favorablement l'hypothèse de règlement
proposée, et le syndicat a, à ce jour, refusé de la présenter en assemblée
générale.
Vendredi
dernier, j'ai rencontré le syndicat pour discuter de la suite des choses.
Lundi, j'ai discuté avec la
partie patronale
pour m'assurer de la relance des négociations. Je suis convaincu que la résolution du conflit
passe par une entente négociée entre les parties. Je vais continuer à
les soutenir en jouant un rôle de facilitateur.
Pour
conclure, je souhaite réitérer, Mme
la Présidente, que le ministère
du Travail, de l'Emploi et de la
Solidarité sociale met la paix industrielle au coeur de ses
actions pour un monde du travail juste et équitable pour toutes et tous. Merci,
je suis disponible pour répondre aux questions.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci, M. le ministre. Nous allons maintenant avec... nous
invitons le porte-parole de l'opposition
officielle en matière de travail à
faire ses remarques préliminaires pour un maximum de huit minutes. Alors,
M. le député de Vimont.
Rousselle : Merci, Mme la Présidente. Premièrement, je voudrais saluer le ministre,
avec sous-ministre, et les présidentes
et présidents, donc tout le personnel qui vous accompagne. Donc, merci d'être
ici, surtout à des heures comme ça, dans une journée que je voudrais souligner, la
Journée internationale des travailleurs et travailleuses.
Donc, on vous en demande beaucoup aujourd'hui.
Donc, écoutez, on le
sait qu'on fait des crédits, justement, dans une journée qui tombe en plein la
journée des travailleurs et travailleuses,
et je pense que le travail qu'on va faire aujourd'hui, c'est dans l'objectif,
justement, d'améliorer le cas de tous
ces travailleurs et travailleuses-là qu'on a salués aujourd'hui au salon
bleu, même si on se retrouve ici, là, mais on se retrouve dans un autre contexte, et justement parce
qu'on le sait que ces travailleurs et travailleuses là, c'est sur eux
qu'on peut se fier, justement, pour faire avancer, justement, notre Québec.
m'en voudrais d'oublier ma collègue de Fabre, qui est une collègue qui m'appuie
à tout moment. Donc, merci d'être
ici. Isabelle Paquet, qui est attachée politique, et, bien souvent... nous, on
a moins d'employés que vous, sur votre côté,
mais je peux vous dire que Mme Paquet, elle a beaucoup de talent, puis on
réussit à s'en sortir vraiment bien. Je voudrais saluer mon collègue d'Hochelaga-Maisonneuve aussi, qui est ici, et tous
les gens qui nous accompagnent, que ça soit au niveau de la table ou
ceux qui sont au niveau du son et tout.
ne prendrai pas tout mon temps, parce que je vais garder mon temps pour les
questions, c'est certain, parce que c'est
bien beau qu'on a trois blocs sur notre côté, mais les trois blocs, ça passe
assez vite et puis... Donc, juste vous dire qu'on va travailler ensemble
pour éclaircir des dossiers. On va faire ça ce soir. Donc, merci à vous.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Comme il n'y a pas de remarques
préliminaires du deuxième et du troisième groupe d'opposition, nous allons donc commencer immédiatement à une première
intervention et nous commençons par l'opposition
officielle pour un premier bloc d'échange. Alors, M. le député de Vimont, à
vous la parole. Vous avez 20 minutes. Nous avons réparti les
minutes non utilisées dans le...
Rousselle : Oui, c'est ça. Bien,
merci, Mme la Présidente. D'ailleurs, c'est pour ça que je n'ai pas pris
tout mon temps, je savais que mon temps était pour s'allonger un petit
peu plus.
Comme
je disais tantôt, effectivement, c'est la journée internationale des travailleurs, travailleuses, et, comme le ministre en a mentionné tantôt,
j'en ai beaucoup pour les travailleurs de Bécancour, dont vous êtes d'ailleurs
député, Trois-Rivières, et aussi ministre
régional de ce coin-là. Donc, je vais parler des gens de chez vous, des gens
que vous représentez.
1 030
travailleurs de l'aluminerie qui sont en lock-out actuellement, environ, ça fait quoi, 16 mois,
donc ça fait déjà un bout. Ce conflit
de travail là a des répercussions, justement, pas seulement sur eux, mais sur
toute la famille, mais aussi également
sur l'économie de toute la région. Quand on sait que l'aluminerie aussi, ABI, a
des compagnies qui les fournissent, donc ils ont des fournisseurs dans
la région et dans tout le Québec, et tous ces fournisseurs-là en subissent
aussi les conséquences... parce que quand
une compagnie ne fonctionne pas à plein, donc ils n'ont pas besoin de pièces,
ils n'ont pas besoin de renouveler leur matériel, donc ça a une
répercussion vraiment d'une manière régionale.
Le premier ministre
avait donné sa parole aux syndiqués pendant la campagne électorale. J'ai
rencontré les travailleurs, d'ailleurs
aujourd'hui même, sûrement qu'ils vous ont rencontré aussi. Moi, ils m'ont
rencontré aussi, ils ont fait le tour de tous les députés, je pense, de
l'Assemblée nationale, en tout cas, les députés qui voulaient les rencontrer.
Et justement, ça adonnait bien, j'avais un des représentants là-dedans qui
était de la compagnie... il y avait un travailleur d'ABI, et justement, qu'est-ce qu'il me parlait, justement, que pendant
la campagne électorale, là, il y avait eu une promesse formelle, qu'on me dit, du premier ministre d'en
faire, justement, une priorité de régler ça le plus rapidement possible, et
avait laissé vraiment un vent d'espoir, justement, à tous ces
travailleurs-là qui étaient en lock-out.
justement, ces gens-là, actuellement, sont déçus, parce que là, en plus de voir
briser cette promesse-là qu'ils ont eue du premier ministre, voient le
premier ministre, justement, s'immiscer à l'intérieur de la négociation. Je
pense que quand on est au gouvernement,
quand on est représentant du monde, de toute la population québécoise, et quand
c'est un contrat qui est tout de même
un problème privé, on s'entend que c'est un conflit privé, je pense qu'il faut
y aller d'une manière comme un grand
frère ou comme un père. C'est comme deux frères qui s'obstinent sur un
règlement, puis je pense que c'est plus d'agir comme une personne qui
est au-dessus du problème, puis tu essaies d'essayer de régler le problème.
Dans
ce cas-ci, ce n'est pas ça qui est arrivé. On prend parti, donc c'est comme si
on dirait : Bien, écoute, je vais prendre
pour Paul, je vais préférer Paul qu'à Jacques... je sors des noms, là, comme
ça, là, faites-vous-en pas, je ne vise pas
personne. C'est pour ça, j'ai pris Paul et Jacques, puis y a-tu un Paul et
Jacques ici? Non, je ne pense pas. Bon. Donc, c'est comme si on prendrait parti pour quelqu'un et puis on dit à
l'autre : Écoute, tu n'es pas raisonnable, puis... donc, on demande juste à un côté de faire des... de laisser
tomber un petit peu des choses qu'ils ont négociées avec le temps, avec
les conditions de travail. Surtout que ces
gens-là vivent vraiment l'enfer, là, parce que, là, il faut se mettre à leur
place, ces gens-là, juste... le
syndicat m'informait que, pour maintenir la couverture d'assurances... parce
que temps et aussi longtemps que le
conflit n'est pas réglé, la compagnie ne fournit pas les assurances. Donc, pour
maintenir les assurances aux familles, aux gens, aux familles, à leurs
enfants, ça coûte 80 000 $ par semaine, au syndicat, pour maintenir
Donc,
je peux vous dire, c'est comme... je ne pense pas que... je pense que ces
gens-là veulent en venir à un règlement mais pas à tout prix non plus, comprenez-vous. C'est surtout quand on
voit que la personne qui est au-dessus de lui, qui est supposé fonctionner
comme plus... comme un père ou un grand frère, les laisse de côté, en tout cas,
c'est qu'est-ce qu'ils sentent, là, ils se sont même laissé... on me dit
qu'ils se sont même sentis trahis.
Donc,
c'est difficile après ça d'arriver pour dire : Écoute, j'ai un règlement,
je m'en viens, puis je vous ai entendu, les deux côtés. C'est difficile de leur faire avaler ça, comprenez-vous.
C'est qu'eux, déjà, là, ils disent : Écoute, tu n'as même pas pris... le règlement que tu nous donnes est
encore pire de qu'est-ce que l'employeur nous donnait ou... bien, 90 %,
comme on me dit, c'est du copier-coller, et on me dit : Jean, ça
n'a pas d'allure.
Donc, j'aimerais ça vous entendre là-dessus,
voir c'est quoi, les suites. Parce
que, là, il y a
aussi une question de sous-traitance, là-dedans. Puis, l'hypothèse de règlement, il semblerait que ça fait longtemps
qu'il était supposément écrit. Et on m'informe comme quoi, bizarrement... qu'il y avait des mots exacts qui étaient sortis par l'employeur qui se
retrouvaient dans le règlement. Donc, je voudrais vous entendre là-dessus.
Boulet : Absolument.
Ça me fait plaisir, Mme la Présidente. Il y a évidemment plusieurs questions dans votre intervention. Ça illustre, en même temps, votre intérêt puis votre préoccupation pour le sort des familles et des travailleurs affectés.
À certains
égards, vos propos sont contradictoires, parce que vous dites : Le
gouvernement devrait jouer le rôle de grand frère, et votre
chef, ce matin, proposait une loi spéciale pour régler ce conflit-là. Donc,
vous êtes aux antipodes des propos
tenus par votre chef ici même, ce matin, au salon bleu. Ça fait que c'est quand même
assez étonnant. Que ce soit un
conflit privé, j'en conviens, mais un conflit privé peut devenir d'intérêt
public. Et, de façon constante, pendant la campagne électorale et après, les parties, mais plus spécifiquement le syndicat, requéraient l'intervention du gouvernement pour aider à résoudre ce conflit-là. Ils demandaient l'intervention du gouvernement basée sur un contrat dont nous avons hérité,
quand, en campagne électorale, nous
n'avions pas le libellé complet. Mais c'est vous, comme gouvernement, qui avez négocié une clause de force majeure, qui incluait la
notion de lock-out et de grève.
Et, jusqu'à il y a peu de temps, le syndicat ne
faisait qu'anticiper une intervention gouvernementale pour mettre un terme ou pour briser le contrat et mettre fin à
l'application de cette clause-là de force majeure, bien sûr
qui permet à la compagnie de ne pas payer le bloc d'électricité qui lui a été
réservé depuis le début du lock-out, ce qui représente des sommes importantes.
Et effectivement les Québécois et les Québécoises en font les frais. Mais, je
le redis, on ne peut pas arriver, comme
nouveau gouvernement, puis dire à une entreprise privée :
Final, le contrat, on le brise. On ne peut rupturer un contrat comme
celui-là, en droit. Ce ne serait ni fondé en fait ni en droit.
Et c'est sur
cette base-là que le Syndicat des métallos réitérait constamment que le rapport de force était déséquilibré en faveur
d'ABI, qui n'avait pas à payer ce bloc d'électricité. Et, encore une fois, ce que le premier ministre est venu dire, suite à la rencontre, c'est
qu'on ne pouvait pas... Puis moi, j'étais là, en campagne électorale, puis ce
dont le premier ministre a toujours été préoccupé, c'est la résolution de ce
conflit-là, le sort des familles des travailleurs, l'impact sur l'économie,
sur le produit intérieur brut du Québec dans son ensemble. Les activités générées par ABI représentent à peu près 500 millions de dollars.
C'est une incidence qui est majeure.
D'ailleurs,
quand j'ai été assermenté, peu de temps après, on s'est déplacés à Pittsburgh.
J'étais accompagné de ma sous-ministre associée en relations de travail. On avait parlé
des retombées pour convaincre la maison mère de Pittsburgh de reprendre les discussions. Je rappellerais à
mon collègue de Vimont que, quand on a été élus, il n'y avait plus de discussion. Le lock-out avait été déclaré le 11 janvier,
puis le 1er octobre, il ne se passait plus rien, on était dans une
impasse. Alors, le défi qu'on avait,
c'était de rencontrer les parties, les écouter et relancer le processus de négociation. Et on a permis ça par nos rencontres, notre écoute. Et je pense
que ma sous-ministre et moi, on a réussi à les convaincre que les retombées
humaines, sociales et économiques justifiaient une reprise des discussions.
Un autre
élément que vous soulevez... C'est sûr que, que ce soit... un lock-out,
évidemment, c'est un moyen de pression
que le Code du travail donne légalement, légitimement à un employeur pour
mettre de la pression sur un syndicat pour accepter des conditions de
travail. C'est l'équivalent d'une grève pour un syndicat. Ça aurait pu être une
grève, le syndicat aurait déclaré une grève
pour mettre de la pression sur l'employeur, pour le forcer à accepter des
conditions de travail. Moi, là, M. le député de Vimont, je vous le redis, la volonté des parties, elle
m'a été exprimée à maintes reprises, mais
il faut que l'action soit en ligne avec la volonté. Et la raison pour laquelle
l'hypothèse n'a pas été déposée plus rapidement, c'est que je me fiais constamment aux
souhaits des parties. Par périodes, on souhaitait négocier seul à seul. Les
parties voulaient en venir à une entente. On
les laisse faire quand elles veulent travailler d'elles-mêmes, mais ça ne donne
aucun résultat. Le conseil de médiation, composé de personnes
chevronnées, ça ne donnait aucun résultat.
L'hypothèse
de règlement, au moins, c'est une proposition faite par le ministre pour
reprendre, pour contribuer à une
reprise des discussions entre les parties. Si ce n'est pas entériné par les
deux parties, comme ça semble être éventuellement le cas, au moins que
ça serve de base à une reprise des discussions. Et toute personne qui connaît
les relations de travail sait que les termes
se retrouvent dans les offres. On n'est pas partis... on n'a pas fait table
rase. On a étudié les offres
respectives des parties, et il y a des concessions qui sont demandées aux deux
parties. Et je le dis à mon collègue, puis
par respect pour la confidentialité du contenu de l'hypothèse, je vais taire
les concessions demandées, mais c'est loin d'être un copier-coller.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci.
M. Rousselle : Je trouve ça
incroyable, mais vraiment, et là je viens de l'entendre. Effectivement, ce
matin, la question de mon chef... pour moi,
vous avez... il y a quelqu'un qui n'a pas... parce que le premier ministre l'a
tournée à son avantage, mais la
question était... On n'espère pas que vous allez aller dans une loi spéciale.
C'était ça, la question. Parce que
vous avez tellement mis le bras à l'intérieur, vous êtes tellement impliqué
directement dans ce conflit-là, vous êtes vraiment mis dans un état dangereux, parce que, là, vous
êtes impliqué, vous avez pris parti. Et c'était dans ce sens-là que mon chef a
mentionné la loi spéciale.
Je trouve
ça malheureux de vous en parler, parce qu'on essaie justement de trouver des
solutions pour ces travailleurs-là qui
subissent, justement, ces problèmes-là. Et ce matin, le premier ministre a mis
ça... même, il a ridiculisé, justement... Je vous dirais, je vais jusque-là et je trouve ça malheureux que vous, le
ministre, que vous le sortez encore ce soir. Ça, je trouve ça incroyable. Vous avez juste à sortir le
verbatim, si vous voulez vraiment... si vous avez manqué un bout, là, sortez le
verbatim, là, puis
vous allez le voir vraiment. La question était : J'espère que vous ne
sortirez pas une loi spéciale, parce que
vous êtes tellement impliqué, vous êtes tellement... vous avez pris tellement
parti, on s'est dit : Un coup parti, vous allez demander
une loi spéciale. C'était ça, la question. J'espère que vous l'avez compris
comme ça. J'espère que c'est... En tout cas, je trouve ça incroyable.
Force
majeure, c'est justement... le premier ministre l'avait mentionné quand il a
rencontré les travailleurs, tout se
déchire, tous les contrats se déchirent, puis on va vous régler ça, et puis
c'est ça qui a été dit. Puis on a des découpures de journaux quelque part,
c'est... Je l'ai lu, donc c'est sûr qu'on l'a. Donc, ça, là, par la suite, on
change un petit peu l'histoire. À un
moment donné, comme, non, non, non, ce n'est pas ça qu'on a dit. Là, on ne peut
pas la corriger, on ne peut pas changer ça. Mais ce n'est pas ça qui a été dit puis ce n'est pas ça... puis les
travailleurs, justement, d'ABI, là, eux autres, ils s'attendaient
justement à un règlement, dire : Enfin, eux autres, ils vont régler ça.
Mais ce n'est pas ça qui arrive pantoute.
En plus, vous
prenez parti. Là, eux autres, c'est du jamais-vu, mais du jamais-vu, en tout
cas, à mémoire d'homme, je n'ai
jamais vu ça, un premier ministre puis un ministre qui prend parti. Voyons!
Comme je vous dis tantôt, vous êtes supposé
fonctionner comme un grand frère ou un père pour, justement, toutes les parties
puis d'essayer, justement, de les ramener à une solution. Bien oui, des fois
c'est plus long que d'autres, c'est vrai. Il y a des conflits plus compliqués
que d'autres. Vous le savez, vous
avez été justement comme moi dans le milieu du travail, vous en avez connu un,
justement, qui a été très long. Donc,
vous savez, des fois, ça s'étire. On n'a pas nécessairement le contrôle, sauf
que là, je vous dirais, c'est des
gens qui attendent juste que peut-être qu'on mette un autre médiateur, qu'on
trouve une autre solution. Mais ça, c'est...
les parties, il faut qu'elles
s'entendent, il faut qu'elles se sentent... d'une manière égale. Ce n'est pas
ça qui arrive actuellement. Là, tout
le monde prétend... puis tout le monde prétend comme quoi vous avez pris... on l'a entendu, vous prenez
parti et là vous écoutez juste un côté d'une médaille. Je pense que ce serait important
de ramener, justement, la confiance, que ces
gens-là, ils aient un peu d'espoir, dire : Bien, le ministre
va nous écouter un peu plus puis le ministre va voir,
justement... il va essayer de trouver une solution à ce
conflit-là, il va arrêter peut-être d'écouter seulement un côté.
Donc, moi, je
ne sais pas, mais... en tout cas, je n'en reviens pas encore, vous avez parlé
de... comme mon chef l'a demandé, de la loi spéciale, là... je capote,
là. Ce n'est pas ça pantoute. Comme je vous dis, je vous suggère fortement
d'écouter... de lire le verbatim.
Boulet : Merci, Mme la Présidente. Donc, je comprends que... Je donnerai certains commentaires. Je n'ai pas dit qu'il avait
demandé, mais il proposait la loi spéciale, puis je pense que ce n'est pas
opportun... Je pense qu'on a un intérêt commun, tout le monde, dans ce salon, de voir de conflit-là se régler le plus rapidement possible. Il faut effectivement faire confiance
aux parties, respecter leur volonté de négocier. Ça fait cependant
15 mois qu'on entend ce message, ce discours qui ne donne aucun
résultat.
Aujourd'hui,
j'ai envoyé deux clarifications par voie de communiqué au président du syndicat
local et à la directrice générale
de ABI confirmant que, dans l'hypothèse de règlement pour le volet
protocole de retour au travail, il y
avait une renonciation de la part de la compagnie à
poursuivre le grief patronal pour une valeur de 19 millions de dollars, ce qui n'était pas dans l'offre patronale dernière, et ça représentait à peu près
21 000 $ par salarié et ça
faisait référence à des ralentissements de travail illégaux et des actes de vandalisme précédant le
déclenchement du lock-out, grief qui a été soumis par l'employeur trois mois après le début du lock-out. Ça, c'est
une clarification que j'ai faite aujourd'hui, et le texte du protocole était
clair à cet effet-là.
Deuxièmement,
la compagnie, dans les textes qu'on a soumis, devait produire un échéancier,
et, pour l'étalement du rappel au
travail, il y a un engagement à ce que la compagnie rappelle les salariés au
travail, 85 % des salariés à l'expiration de six mois de la signature du protocole et 100 % des salariés sept
mois et demi après la signature du protocole. Et pendant la période
intermédiaire, sept mois et demi, 100 % des salariés seraient rappelés.
Et, en plus, je demandais que la compagnie paie une allocation
équivalente à l'indemnité de grève reçue par les salariés.
Essayons de
travailler ensemble. Ne demeurons pas passifs quand un conflit de travail, même
s'il est privé, a une connotation
aussi publique que celle-là. On est élus tous ensemble pour représenter la
population du Québec et aider les parties...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Veuillez conclure, M. le ministre. Merci.
M. Boulet : ...à régler. Merci, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci.
M. Rousselle : La suggestion de loi
spéciale que vous dites, 9 %, je vous suggère vraiment de lire le
verbatim. Il n'y a jamais eu de suggestion
de la sorte. Ça, là, vous êtes... excusez le terme, mais il est dans le champ
complètement. Donc, j'aimerais ça que
vous lisiez... Avant de dire des choses, ça serait le fun de s'informer un
petit peu avant. Aussi, le côté syndical me dit que ça serait le fun,
peut-être...
Lévesque (Chauveau) : ...je vais demander à mon collègue, qui,
habituellement, a un bon commentaire, de faire attention aux propos. De
dire au ministre qu'il est dans le champ... On va lui demander d'être prudent,
simplement. Habituellement, ça se passe très
bien avec le collègue de Vimont. Donc, je vais lui demander, s'il vous plaît,
de faire attention à ses commentaires.
Rousselle : Madame, il n'est pas au lexique, de un. Donc, il faudrait
qu'il regarde le lexique. Écoutez, merci...
Présidente (Mme IsaBelle) : Écoutez, on va poursuivre... On va faire
attention à son vocabulaire, mais on va poursuivre.
Rousselle : Oui, mais il n'est pas dans le lexique, donc je vous
informe. Donc, juste pour vous dire aussi, c'est
que le syndicat, il aimerait bien ça, tu sais, qu'à un moment donné, qu'on
s'adresse à eux, parce que je ne pense pas que vous pouvez vous considérer comme le médiateur ou le conciliateur.
Il y a des gens qui sont attitrés à ça. Donc, je pense que, là, vous
agissez... Oui?
La Présidente (Mme
IsaBelle) : C'est terminé, M. le député.
Rousselle : Terminé?
Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, nous y allons avec le premier bloc du côté de gouvernement, avec le député de Rousseau. Vous avez 13 minutes.
Thouin : Merci, Mme la Présidente. D'abord, je tiens à saluer, bien sûr,
mes collègues présents ce soir, M. le
ministre, ainsi que l'imposante équipe qui vous accompagne, et vous dire que je
suis très heureux de participer à ce segment des crédits en votre
compagnie.
M. le ministre, on parle beaucoup au Québec de la rareté de main-d'oeuvre, et ce, depuis
un bon moment. Plusieurs employeurs
ont du mal à trouver des gens dont ils ont besoin pour opérer leur entreprise.
Chez moi, dans Rousseau, un comté,
comme vous le savez, avec une bonne présence agricole, de nombreuses fermes
font appel à des travailleurs étrangers temporaires. Les cultivateurs de carottes de Saint-Roch-de-l'Achigan,
des cultivateurs de légumes à Saint-Alexis... Et je vous donne des exemples
dans mon comté, mais c'est une réalité partout au Québec.
Je lisais dans un
article
dernièrement que e Québec accueille environ 13 000 travailleurs
temporaires à chaque année. Vous avez, M. le
ministre, dernièrement déposé un projet pour mieux encadrer les agences de
placement et aussi pour mieux protéger ces travailleurs. C'est un
dossier qui était en travail depuis déjà plusieurs mois.
En juin 2018, la loi
sur la réforme de la
Loi sur les normes du travail, la LNT, a été adoptée à
l'unanimité. Les parlementaires se sont
entendus pour introduire, dans les normes minimales du travail, des obligations
et responsabilités additionnelles
pour les agences de placement de personnel et de recrutement de travailleurs
étrangers temporaires. À noter que
ces amendements ne devaient toutefois entrer en vigueur qu'au jour de
l'adoption par le gouvernement d'un règlement précisant les normes et
procédures destinées à donner effet à c