Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 10 September 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
CAPERN 2024-09-10
Quebec — Committees
Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles - Assemblée nationale du Québec
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
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30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
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28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
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27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
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26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
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Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Version préliminaire
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43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 10 septembre 2024
Vol. 47 N° 22
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 69, Loi assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
18 h 30
19 h
Journal des débats
9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-sept minutes)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté quorum, je déclare la séance de la
Commission de l'agriculture, des pêches... des pêcheries, de l'énergie, des
ressources naturelles ouverte. Je vous souhaite la bienvenue. Et je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de
leurs cellulaires ou appareils électroniques.
La commission est réunie afin d'entendre
les consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 69,
Loi assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques et
modifiant diverses dispositions législatives.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Ciccone, Marquette, est remplacée par Mme Dufour, Mille-Îles; M.
Fortin, Pontiac, est remplacé par M. Tanguay, LaFontaine; et Mme Zaga Mendez,
Verdun, est remplacée par M. Bouazzi, Maurice-Richard.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Alors, nous débuterons ce matin par les remarques préliminaires puis
nous entendrons les organismes suivants. Ce matin, nous entendrons
Hydro-Québec, Énergir et la Chaire de gestion du secteur de l'énergie du HEC
Montréal.
Maintenant... Nous en sommes maintenant à
l'étape des remarques préliminaires. Avant de débuter, je comprends qu'il y a
consentement pour permettre au député de Jean-Talon d'effectuer des remarques
préliminaires. Est-ce qu'il y a consentement? Merci. Il y a consentement. J'invite
maintenant la ministre de l'Économie et de l'Innovation et de l'Énergie à faire
ses remarques préliminaires. Mme la ministre, la parole est à vous.
Mme Fréchette : Merci. Merci
beaucoup. Alors, très heureuse d'être avec vous aujourd'hui et très contente de
me retrouver lors de cette étude de ce projet de loi, qui est vraiment très
important. Je me sens privilégiée d'avoir la possibilité de contribuer
activement à cette réflexion qui est d'importance, d'importance stratégique
pour le Québec. Alors merci à tous d'être là.
J'aimerais commencer tout d'abord par
saluer mes collègues parlementaires, donc le député de
Rouyn-Noranda-Témiscamingue, le député de Gatineau, le député de Gaspé, le
député de Côte-Sud, le député de Dubuc, la députée de Saint-Laurent, également
le député de Maurice-Richard, le député de Jean-Talon et, bien sûr, M. le
Président le député de René-Lévesque. Merci de présider nos travaux. Merci de
participer à ces... à ces consultations, donc, particulières et puis d'accepter
de mettre à profit, en fait, votre expertise.
L'exercice qu'on entame ce matin, bien, il
est essentiel pour l'avenir énergétique du Québec. Notre gouvernement s'est
engagé, en fait, à décarboner notre économie d'ici 2050. On le fait pour les
Québécois maintenant mais surtout aussi pour les générations futures. Et comme
le premier ministre l'a dit régulièrement, on est devant une opportunité
exceptionnelle. On peut transformer les défis de la transition énergétique en
opportunités de développement économique durable.
• (9 h 50) •
La planète entière recherche l'énergie
verte. Rares sont les endroits aussi bien positionnés que le Québec sur le plan
énergétique. On doit maintenant agir pour tirer tout le potentiel de cet
avantage stratégique au profit des Québécois. Le Québec est très bien
positionné en matière d'énergie verte, de ressources naturelles, de main-d'œuvre
qualifiée, d'expertise de pointe. On a tout ce qu'il faut pour faire plus, pour
faire mieux, tout en assurant une transition énergétique efficace et au
bénéfice des Québécois. C'est pourquoi on agit pour doubler la production
énergétique Hydro-Québec d'ici 2050.
En plus, on va faire ça en protégeant les
tarifs d'électricité des Québécois parce que ce sont eux les propriétaires d'Hydro-Québec.
Mais pour atteindre cet objectif, on va devoir revoir notre encadrement du
secteur de l'énergie.
Dans les deux dernières années, on a
consulté les partenaires et les parties prenantes que sont les distributeurs d'énergie,
les experts des citoyens, les communautés autochtones, les groupes d'intérêts,
etc. Et ça, ça nous a permis de préparer un projet de loi qui reflète les...
Mme Fréchette : ...qui reflète
les grands consensus, quoi qu'en disent les oppositions, et qui nous permettra
d'agir à la hauteur des ambitions des Québécois.
Avec le projet 69... projet de loi n° 69, on vise principalement, d'une part, à renforcer la
gouvernance du secteur énergétique. On vise aussi à améliorer la gestion de
l'offre et de la demande en énergie et à optimiser le processus de fixation des
tarifs d'électricité et de gaz naturel. Bref, il va nous permettre de propulser
le Québec, ce projet de loi.
L'élément central du projet de loi, c'est
le plan de gestion intégrée des ressources énergétiques, qu'on appelle aussi le
PGIR. Un plan intégré des ressources énergétiques, c'est un processus
structuré, c'est un processus équilibré qui nous aidera à façonner notre avenir
énergétique. Il va cibler les actions nécessaires pour assurer notre
développement énergétique de façon à soutenir notre économie tout en favorisant
l'acceptabilité sociale.
L'idée, avec ce plan-là, c'est d'évaluer
les diverses options possibles pour répondre aux besoins énergétiques du Québec
de manière ordonnée, prévisible et durable, donc s'inscrivant dans une phase,
une perspective de transition énergétique. C'est un outil stratégique important
pour informer les citoyens et surtout prendre des décisions éclairées.
On a, bien sûr, l'intention de mettre en
place une démarche qui permettra la participation des parties prenantes au développement
de ce plan. C'est notamment le cas de la Régie de l'énergie. Elle a un rôle
important à jouer dans le domaine de l'énergie au Québec, et, avec notre projet
de loi, non seulement conserve-t-elle toute son indépendance et l'ensemble de
ses compétences exclusives, mais sa mission serait même renforcée pour qu'elle
prenne en compte la transition énergétique dans ses décisions. La régie
demeurerait également la seule responsable de fixer les tarifs tous les trois
ans pour refléter l'évolution de la juste valeur de l'énergie. Cet exercice se
fera tout en protégeant les clients résidentiels et en assurant une
prévisibilité pour les entreprises.
Comme vous le savez, notre gouvernement
s'est engagé à plafonner la hausse des tarifs résidentiels à 3 %. Avec ce
projet de loi, on prévoit donc un programme pour assurer une stabilité
tarifaire à la clientèle domestique et éviter des hausses importantes. Les
tarifs commerciaux et industriels seront, pour leur part, établis afin de
refléter un juste prix tout en offrant de la prévisibilité. Les entreprises
d'ici, d'ailleurs, sont à la recherche d'énergies propres. Pour répondre à
cette demande-là, on doit miser sur l'efficacité énergétique et accélérer le
développement de nouveaux projets énergétiques. On doit miser sur des meilleurs
projets puis préserver notre avantage concurrentiel en énergies propres. Ça,
c'est crucial. À cet effet-là, on veut assouplir le processus
d'approvisionnement et rendre Hydro-Québec plus agile et plus efficace.
Hydro-Québec, c'est notre meilleur outil dans la lutte contre les changements
climatiques. C'est un de nos plus grands leviers de développement économique.
Sa mission principale restera toujours de satisfaire les besoins en électricité
des Québécois et des marchés du Québec de manière suffisante, sécuritaire,
fiable et à un coût avantageux.
On souhaite que tout le monde embarque
dans ce grand projet de société qu'est la transition énergétique. Avec ce
projet de loi, on se donne les outils pour y arriver. Et j'ai bien hâte d'entendre
vos avis, vos ambitions, vos préoccupations et surtout vos recommandations afin
d'aider à façonner l'avenir énergétique du Québec. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
merci, Mme la ministre. J'invite maintenant le chef de l'opposition officielle,
député de Lafontaine, à faire ses remarques préliminaires.
M. Tanguay : Merci beaucoup,
M. le Président. Vous allez d'abord me permettre de vous saluer, merci de
présider nos travaux, me permettre de saluer les collègues de la banquette
ministérielle, mes collègues de Saint-Laurent et de Mille-Îles, également, qui
sont ici aujourd'hui pour travailler, les collègues des autres oppositions,
saluer, et féliciter la ministre. Elle n'a pas un mandat facile, aujourd'hui,
elle a été jetée dans le projet de loi no 69 à minuit moins cinq.
Ça aura pris à Pierre Fitzgibbon... ça
aura pris à Pierre Fitzgibbon un an et demi pour concocter un projet de loi,
projet de loi qui avait été promis en 2023 et qui devait être livré en 2023,
mais, finalement, qui aura été déposé à la dernière session parlementaire. La
CAQ est au pouvoir depuis maintenant six ans. En matière énergétique, on a
perdu six ans, au Québec. Six ans d'une arrivée d'un gouvernement qui a vu
d'abord des surplus budgétaires se changer en déficit budgétaire, qui a vu et
qui a fait en sorte de regarder passer un surplus énergétique, et c'est devenu
un déficit énergétique. Réellement le premier ministre, et force est de le
constater, le king des déficits, déficit budgétaire, déficit énergétique.
Pendant ce temps-là, qu'est-ce qui a été
fait? Le premier ministre a décidé de prioriser, au détriment...
M. Tanguay : ...des
Québécoises et des Québécois - on repassera pour le nationalisme économique - a
décidé de prioriser des entreprises étrangères, Northvolt, notamment,
Northvolt, 360 mégawatts, un bloc d'énergie qui est réservé, qui est gelé
pour notre Northvolt. Pendant ce temps-là, en 2023, l'an passé, il y a 35 de
nos PME, 35 de nos entreprises, 35 entreprises dans notre monde, au Québec, qui
ont déposé des projets, seulement 11 ont eu une réponse favorable. Alors,
pendant qu'on dit oui aux entreprises étrangères, on dit non à la majorité des
entreprises québécoises.
C'est important pour le Parti libéral du
Québec, M. le Président, d'avoir un nationalisme économique cohérent. Et c'est
important que l'on ait au Québec un premier ministre qui dise toute la vérité.
C'est l'état des lieux.
En ce sens-là, force est de constater que,
les tarifs à 3 % ad vitam aeternam, quand on dit que les Québécois ne
paieront pas plus que ça, mais qu'en même temps - et le premier ministre
l'ignorait, que c'était dans son propre projet de loi qu'il a passé au Conseil
des ministres - on dit : Bien, on va faire un fonds pour compenser ce qui
accéderait le 3 %.
Pierre Fitzgibbon a dit la vérité quand il
disait : Ça va être plus que 3 %. Il disait tellement la vérité qu'il
l'a mis, lui, dans son projet de loi, un mécanisme où là, par des fonds
publics, on ferait un chèque à Hydro-Québec pour aller compenser la hausse
excédentaire de 3 %. Ça vient tout, M. le Président, de la même poche des
Québécoises et Québécois qui paient les taxes, qui paient les tarifs
d'hydroélectricité.
Alors, 3 % ad vitam aeternam, ça ne
tient pas la route, mais également la vision. Après six ans perdus, d'être
capable de dire aujourd'hui, M. le Président : Finalement, on a trouvé la
solution, faites-vous-en pas, le 185 milliards, on va le trouver, on ne
vous dit pas comment, et l'énergie, on va être capable de la produire, on n'a pas
réellement de plan complet, en ce sens-là, il est là l'échec du premier
ministre, l'échec du gouvernement en place.
Ça doit être les Québécois d'abord. Les
Québécois, s'ils avaient été au centre des préoccupations de ce
gouvernement-là, M. le Président, ce n'est pas vrai qu'on aurait vu passer un
déficit budgétaire, ce n'est pas vrai qu'on aurait vu passer un déficit
énergétique. Ce n'est pas vrai qu'on leur dirait aujourd'hui :
Faites-vous-en pas - pensée magique, monde des licornes - vous n'allez pas
payer, à quelque part, la... l'investissement que ça va nécessiter.
Après avoir donc vu passer six ans, après
avoir priorisé des entreprises étrangères, on vient dire aux Québécoises et
Québécois qui sont en affaires aujourd'hui, qui sont en affaires : On n'en
a plus pour vous autres, de l'énergie. Et on laisse entendre aux Québécoises et
Québécois qu'ils n'auront pas à payer pour ça, ce déficit budgétaire là puis ce
déficit énergétique, ce qui ne tient pas la route.
Alors, pour nous, on aborde ces travaux-là
en constatant l'échec économique du gouvernement caquiste, qui ont perdu Pierre
Fitzgibbon, qui était la dernière caution un tant soit peu crédible en
économie, donc l'échec énergétique et l'échec économique. Et au Parti libéral
du Québec, on aura des solutions à proposer, mais on va défendre les
Québécoises et Québécois d'abord, matin, midi, soir.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
J'invite maintenant le porte-parole du deuxième groupe de l'opposition et
député de Maurice-Richard à faire ses remarques préliminaires. M. le député, la
parole est à vous.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Nous héritons aujourd'hui du projet de loi de M. Fitzgibbon qui,
notamment, accélère la privatisation de la production et du commerce d'électricité
au Québec, sans qu'on le comprenne, ce qui le justifierait.
Combien de litres de pétrole seront
éliminés et à quelle vitesse? Quels usages devrons-nous prioriser? De combien
d'électricité additionnelle aurons-nous besoin pour remplacer les énergies fossiles
abandonnées? Dans quelle proportion elle proviendra des réductions de notre
consommation ou plutôt de la production additionnelle? Qui devra payer pour les
coûts faramineux des nouveaux investissements? Aucun article, M. le Président,
aucun
article de loi ne répond ne serait-ce qu'à une seule de ces questions.
Nous commençons donc les consultations
aujourd'hui malgré la multiplication des appels à mettre de côté ce projet de
loi et démarrer enfin un véritable débat national démocratique sur la transition
énergétique au Québec. J'entends d'ici le gouvernement nous dire : Mais
oui, mais le projet nous permet de planifier, comme si nous avions besoin d'un
projet de loi pour planifier notre utilisation de l'énergie.
Pour finir, nous avons demandé aujourd'hui
même au leader parlementaire d'élargir de seulement trois jours les
consultations pour pouvoir écouter les 15 groupes qui nous ont signifié
leur volonté de participer, dont Équiterre, l'IRIS, la MRC Mékinac et des
groupes des Premières Nations. Merci, M. le Président.
• (10 heures) •
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Merci. J'invite maintenant le député de Jean-Talon à faire ses
remarques préliminaires. M. le député, la parole est à vous.
M. Paradis : Félicitations et
bienvenue à la ministre. Merci à toutes les personnes qui vont témoigner. Mais
cependant, si c'est l'intérêt du Québec qui avait prévalu face aux intérêts
politiques de la CAQ, nous ne serions pas ici aujourd'hui. Le projet de loi
no 69 aurait été retiré....
Haut de la page
10 h (version non révisé
e) M. Paradis : ...retiré.
Pourquoi? D'abord parce que ce projet de loi là, il illustre un problème de
planification. On nous présente une boîte à outils législative sans avoir de
plan, sans savoir ce qu'on veut construire avec cette boîte à outils. Hydro-Québec
a déjà présenté sa vision à l'horizon 2035, pas le gouvernement du Québec.
Ce n'est pas vrai que ça représente un consensus large. Il y a plein de groupes
qui n'ont pas été consultés, qui n'ont pas participé à la préparation de cette
vision-là. C'est ensuite qu'on devrait avoir un projet de loi, une fois que la
vision est établie.
Deuxièmement, la ministre débarque en
catastrophe après la démission fracassante de son prédécesseur. Ce projet de
loi, c'est celui de l'ancien ministre Pierre Fitzgibbon, son nom est sur toutes
les pages, et il contient plusieurs idées qui sont un cheval de Troie,
notamment pour la privatisation d'Hydro-Québec. Est-ce que la ministre s'identifie
à cette volonté de l'ancien ministre? C'est ça, la question.
Le Président (M. Montigny) : En
terminant, merci.
M. Paradis : Alors, on invite
à des véritables consultations.
Le Président (M. Montigny) : En
terminant... Merci. Alors, à ce stade-ci, merci pour la prise de... évidemment,
les caméras, tout ça. Je vous inviterais maintenant, on va commencer les
remarques... les remarques préliminaires étant terminées, nous allons
maintenant débuter les auditions. Alors, j'inviterais les caméras... Merci. Il
y a déjà ici la prise d'images qui se fait déjà par... par le service de l'Assemblée
nationale. Alors, je vous remercie, messieurs les caméramans.
On va procéder maintenant au début des
auditions. Alors, je vous souhaite donc bienvenue, aux représentants d'Hydro-Québec.
Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé, puis
nous procéderons à la période d'échange avec les membres de la commission. Je
vous invite donc à vous présenter et à commencer votre exposé.
M. Sabia (Michael) : Bonjour,
tout le monde, M. le Président, ce matin, parlons des vraies choses. Le
monde... le monde ne va pas réussir à éteindre des cibles de l'accord de Paris,
1,5 degré, c'est derrière nous. La seule question, la seule question qui
reste : Est-ce que ce sera en dessous de 1 degré, deux degrés ou
malheureusement au-dessus de deux degrés? Mais une chose est certaine, ça va
dépendre de la vitesse à laquelle on prend action.
À travers le monde, à travers le monde,
les pays vont se mobiliser pour doubler leur capacité électrique. 3 à 4 milliards
de dollars seront investis dans la transition énergétique chaque année d'ici
2030. Ça va créer une compétition mondiale intense et probablement désordonnée.
Face à une transition de cette ampleur, un monde tellement turbulent, au
Québec, il faut se focaliser à bâtir et rapidement le système énergétique
propre de demain.
Trois objectifs, numéro un, à la base, ce
doit être un système qui fonctionne. Oui, ça peut sembler évident, mais ce n'est
pas si simple. Il faut livrer assez d'énergie au bon moment et dans un réseau
organisé de manière optimale. Pas... pas dans un Far West énergétique.
Autrement dit, un système qui va servir les Québécois de manière robuste et
fiable dans les générations à venir.
Numéro deux, objectif numéro deux, il faut
que le système soit abordable pour tous les Québécois en profitant du legs de
Jean Lesage, Robert Bourassa et René-Lévesque.
Troisième objectif : il faut demeurer
concurrentiel à l'échelle internationale pour assurer la prospérité des
prochaines générations des Québécois et des Québécoises. Évidemment, un défi de
taille. Il y a presque un an, à Hydro-Québec, nous avons publié notre plan d'action 2035.
L'objectif est d'arriver à un service plus fiable, une meilleure consommation
et une augmentation de production dans l'ensemble entre 8 000 et 9000 mégawatts d'ici
2035. À travers les 90 rencontres que nous avons tenues à travers le
Québec sur le plan d'action, le message était clair. Quel est le message?
Allez, allez, allez, et rapidement.
Le projet de loi n° 69 est un des
outils, un des outils importants qui va nous aider à bâtir le système dont le
Québec a besoin pour… pouvoir la décarbonation et la....
M. Sabia (Michael) : ...prospérité.
Il nous permet de passer d'un cadre rigide et dirigiste qui date de plus de 25
ans à un cadre fondé sur le principe de flexibilité mais bien structuré :
flexibilité pour avoir des options et progresser plus rapidement, et bien
structuré pour que les règles soient bien connues et le processus, transparent.
Selon nous, il y a quatre éléments
fondamentaux de ce projet de loi.
Premièrement, il va permettre d'être plus
flexible dans la tarification pour encourager des bonnes habitudes de
consommation. Il va permettre de modifier les tarifs et en créer de nouveaux en
tout temps, plus précisément des tarifs incitatifs qui vont permettre des
économies aux clients qui consomment mieux l'électricité. Ça va contribuer à
l'un de nos objectifs principaux : réduire la facture des clients.
Et maintenant juste un mot sur les tarifs
futurs. Il y a beaucoup de bruit sur ce sujet, et laissez-moi être très clair.
Les tarifs résidentiels seront limités à 3 %, et, pour les clients
commerciaux et industriels, on parle de quelque chose entre 4 % et
5 %. C'est exactement, exactement ce que j'ai dit quand nous avons déposé
le plan d'action il y a un an. Rien de nouveau.
Quand on pense à l'avenir des tarifs, il y
a trois mots qui sont importants : «abordable», «concurrentiel» et
«efficace», «efficace» pour encourager l'efficacité énergétique. Nous ne sommes
pas... À Hydro-Québec, nous ne sommes pas une société privée. Nous ne sommes
pas une société cotée en bourse qui ne maximise que les profits. Nous sommes
une institution publique motivée par notre mission énergétique, économique et,
plus... plus fondamentalement, notre mission sociale.
Deuxième, le projet de loi va mettre en
place plus d'outils, flexibles et bien structurés, pour développer les projets
d'énergie renouvelable. Aujourd'hui, Hydro-Québec a un seul moyen d'approvisionnement :
des appels d'offres rigides. Dans l'avenir, on va choisir parmi plusieurs
options adaptées à chaque projet, incluant des projets à grande échelle dans
les cas... dans lesquels Hydro-Québec va être maître d'oeuvre. Nous aurons les
moyens de développer des projets efficaces, concurrentiels et qui répondent aux
besoins de nos partenaires.
Troisièmement, le projet de loi va
faciliter l'acceptabilité sociale et la réconciliation économique avec les
Premières Nations et les Inuits. L'acceptabilité sociale passe par l'écoute et
le dialogue et en grande
partie par la création des vrais partenariats avec les
communautés autochtones et les municipalités, des partenariats fondés sur la
prise de participation directe qui va leur donner des revenus autonomes. La
nouvelle loi va faciliter cet objectif en permettant la signature de telles
ententes sans obliger l'adoption d'une loi spéciale chaque fois, un processus
qui, dans le cas des Mohawks de Kahnawake, a pris presque un an, un an de temps
gaspillé. Le monde a changé, et il est donc temps que la loi change.
• (10 h 10) •
Et finalement, le PGIRE, à terme un
processus qui pourrait assurer une planification globale et cohérente et une
meilleure utilisation de notre énergie. Le grand avantage du PGIRE sera la collaboration,
la transparence et l'occasion d'avoir une conversation nationale sur l'énergie.
Mais je veux nous mettre en garde contre le piège, le piège des délais
administratifs, bureaucratie. Bureaucratie est l'ennemi de transparence.
Les propositions législatives dont je
viens de parler sont des fondations essentielles si on veut bâtir le système
énergétique dont le Québec a besoin. La loi est nécessaire, mais la loi n'est
pas...
M. Sabia (Michael) : ...Le
nerf de la guerre : accélération dans l'exécution. Quelques points.
Premier. Premièrement, il faut que le gouvernement Québec... du Québec
accélère, de manière importante, le processus de réconciliation avec les
communautés autochtones. C'est fondamental et c'est non négociable. C'est
fondamental. Il faut mettre fin aux approbations paternalistes et franchement,
je dirais, colonialistes du gouvernement pour chaque entente entre Hydro-Québec
et les communautés autochtones. La seule chose que fait ce processus : la
perte du temps.
Deuxièmement, l'accès à la main-d'œuvre. À
Hydro-Québec, nous avons besoin à peu près 35 000 travailleurs de...
de la construction en moyenne par année. À Hydro-Québec, nous allons faire
notre part. Pour la première fois, nous allons lancer une institution nous-mêmes
pour former les travailleurs. Mais le gouvernement et l'écosystème de la
construction ont un rôle primordial sur au moins deux choses. Numéro un, la
segmentation des métiers, et deuxième chose, la reconnaissance des acquis de
travailleurs étrangers. Et maintenant il faut passer à l'action sur ces deux
points.
Une voix : ...
M. Sabia (Michael) : Rapidement.
Troisièmement, il faut accélérer et simplifier les autorisations.
Le Président (M. Montigny) : J'ai
la tâche ingrate de vous dire que votre temps est maintenant écoulé. Je suis
désolé.
Mme Fréchette : ...j'offre le
temps qui m'était réservé pour permettre au P.D.G. de...
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Et, merci, M. Sabia. Vous pouvez continuer.
M. Sabia (Michael) : Merci
bien. Troisièmement, il faut accélérer et simplifier les autorisations. Soyons
clairs, être efficace ne veut pas dire être moins rigoureux. Nous sommes
complètement 100 % engagés envers le processus du BAPE, sans exception,
mais il faut optimiser d'autres processus. Je vais vous donner un exemple
concret : les dédoublements entre le processus des gouvernements du Québec
et du Canada. Mon message est très simple : Entendez-vous pour simplifier.
Notre objectif collectif est plus important que les débats stériles de
juridiction. Il y a beaucoup de défis et d'enjeux complexes à adresser, mais il
faut le faire. Et pourquoi? Parce que ça va nous donner les choix, et surtout
pour les générations à venir, des choix pour, numéro un, décarboner et protéger
notre environnement pour créer de la richesse collective, pas pour une
entreprise, mais pour la prospérité de tous les Québécois et pour renforcer
notre sécurité et autonomie énergétique pour les générations à venir. Merci
bien.
Le Président (M. Montigny) : Je
vous remercie vraiment pour votre exposé. Nous allons maintenant commencer la
période d'échange. Mme la ministre, merci d'avoir partagé un peu de votre
temps. Je vous donne maintenant la parole.
Mme Fréchette : Merci
beaucoup, M. le Président. J'aimerais saluer le chef de l'opposition
officielle. Merci pour votre présence. Et merci également au P.D.G.
d'Hydro-Québec d'avoir pris part à ces consultations. Un partenaire central
pour le gouvernement central au développement qui nous attend. Alors, merci
beaucoup, M. Sabia. J'aimerais vous entendre davantage sur, en fait, en
quoi le projet de loi n° 69 va vous permettre de mieux répondre à la
demande d'électricité de la part des Québécois, de la part des clients qui sont
établis au Québec? En quoi est-ce que ce projet de loi amène une amélioration
de la donne pour vous, pour Hydro-Québec?
M. Sabia (Michael) : Donc,
Mme la ministre, donc, essentiellement, trois choses, comme je disais, la
flexibilité pour mieux utiliser les tarifs, pour réaliser un niveau
d'efficacité énergétique beaucoup plus important, ça fait
partie de notre plan.
Et essentiellement, ça représente essentiellement... équivalent à
3 500 mégawatts, donc beaucoup, beaucoup de puissance. Donc, cette
flexibilité pour encourager, pour utiliser les tarifs de façon plus, plus
créative et, honnêtement, franchement, plus moderne. Ça, c'est une chose
extrêmement importante, parce que l'efficacité...
M. Sabia (Michael) : ...énergétique
est au cœur de la réponse aux défis auxquels nous faisons face. Ça, c'est
numéro un.
Numéro deux, c'est tout le processus
d'approvisionnement. Actuellement, le processus d'approvisionnement, c'est
beaucoup, beaucoup trop rigide. Nous n'avons pas accès aux options dont nous
avons besoin.
Et troisième élément, et, selon moi, c'est
incroyablement important, c'est la question de notre capacité d'utiliser la
valeur de nos installations, soit hydroélectriques, soit en partenariat pour
les parcs éoliens, de partager cette richesse avec les municipalités et, bien
sûr, avec les Premières Nations et les Inuits du Québec. Parce que, selon nous,
ça, c'est la clé à la question d'acceptabilité sociale. Et donc la seule façon
dans laquelle nous allons répondre à ce grand défi de décarbonation et de
prospérité... il faut avoir le niveau d'acceptabilité sociale nécessaire et
donc la capacité, et la loi nous donne cette capacité, de créer des
partenariats. Nous avons déjà, par exemple, annoncé un partenariat extrêmement
important avec deux communautés, deux Premières Nations pour un développement
qui s'appelle... et ça représente 3000 mégawatts par éolienne, avec un haut
niveau d'acceptabilité sociale. Donc, ça, c'est... essentiellement, c'est le
prérequis de notre succès. Donc, cette question de plus grande flexibilité pour
créer, pour structurer des partenariats, c'est fondamentalement important.
Mme Fréchette : Merci.
J'aimerais vous entendre également sur ce que vous voyez comme potentiel pour
le Québec, en termes de positionnement à l'échelle internationale, considérant
les ressources énergétiques que l'on a, l'expertise que l'on a, les leviers
dont on disposera avec le projet de loi no 69. Alors, comment est-ce que vous
voyez que ça puisse évoluer, notre positionnement dans le contexte de la
transition énergétique?
M. Sabia (Michael) : «Well»,
ça, c'est une question. Dans le... Nous avons devant nous une occasion
incroyablement importante et. Selon moi, franchement... Et maintenant, mes idées
n'ont pas changé depuis mes années à la Caisse de dépôt, nous avons devant
nous, maintenant, au Québec, potentiellement la plus grande occasion pour la
création, le développement d'une autre époque de prospérité pour les jeunes
Québécois. Et, oui, il faut... fondamentalement, il faut garder les tarifs bas
pour le résidentiel. Ça, c'est fondamental, absolument fondamental, mais, ceci
dit, nous avons... grâce à Lesage, et Bourrassa, et Lévesque, nous avons et une
capacité installée qui est tellement importante, à un prix qui est extrêmement
bas, que ça nous donne une occasion d'avoir et de retenir un coût moyen qui
est, dans l'échelle internationale, extrêmement bas. Ça représente un avantage
compétitif pour l'avenir du Québec qui est extrêmement précieux.
• (10 h 20) •
Donc, la question devant nous, à
Hydro-Québec, et la question, je pense, devant vous et certainement au sein du
gouvernement, est : Quelle est la meilleure façon de capitaliser sur cet
avantage compétitif? Oui, avec... garder les taux bas pour le résidentiel, mais
également de décarboner le Québec parce que ça, c'est primordial, il faut le
faire, et également pour développer la décarbonation de nos industries
existantes qui sont déjà ici. Et honnêtement, honnêtement, cartes sur table, je
pense que, dans l'allocation des mégawatts jusqu'à date, les industries
existantes ici n'étaient pas, peut-être... la réponse n'était pas suffisamment
importante à leurs demandes, et je pense qu'il faut rebalancer des choses, mais
également avec... avec cette quantité d'énergie propre, nous avons une
ressource qui est tellement précieuse, maintenant, que... et bien gérée, et je
me répète, donc je vais m'arrêter, mais qui pourrait ouvrir...
M. Sabia (Michael) : ...sérieusement
des décennies de prospérité pour les jeunes Québécois. Donc, selon moi, la
question est primordialement importante.
Mme Fréchette : Je partage
pleinement votre... votre vision du grand potentiel qu'offre le...
M. Sabia (Michael) : Mais il
faut que ce soit bien géré.
Mme Fréchette : Oui. Et bien
prévu. Et quel rôle voyez-vous justement dans ce contexte-là au PGIRE, au plan
de gestion intégrée des ressources énergétiques? Est-ce que, pour vous, c'est
un élément clé de cette préparation à ce développement?
M. Sabia (Michael) : Oui,
certainement, c'est un élément. Et je dis ça parce que... Et je reviens à un
principe de base, de mon point de vue, et ça, c'est la question d'acceptabilité
sociale. Et donc pour saisir les occasions qui sont devant nous maintenant, en
termes de décarbonation, en termes de prospérité, il faut travailler, il faut
encourager une conversation nationale sur l'avenir de l'énergie. Et, je pense,
le bienfait de PGIRE pourrait nous donner une occasion de... d'avoir cette
conversation nationale dont nous avons besoin. Dans ce sens, dans ce sens, je
pense que le PGIRE pourrait contribuer à l'acceptabilité sociale de ce grand
processus de la transition énergétique qui est... qui est... qui est devant
nous. Mais comme je disais il y a quelques... quelques minutes, il faut éviter
les risques de bureaucratisation, oui.
Mme Fréchette : Je partage
également cet autre... cet autre constat.
Bon, on l'a vu, Hydro-Québec était d'avis
qu'il y avait des surplus énergétiques il y a quelques années à peine, et
aujourd'hui, bon, on constate qu'il faut développer grandement la production
énergétique pour répondre à l'ensemble de la demande. Qu'est-ce qui a expliqué
pour vous ce changement de donne en un temps relativement rapide? Et est-ce
qu'Hydro-Québec avait prévu adéquatement, dans le fond, l'évolution de la
demande? Donc, j'aimerais vous entendre sur ces dimensions-là.
M. Sabia (Michael) : Oui. Quelques
points. La réponse est simple, la réponse courte, qu'est-ce qui est arrivé, le
changement climatique est arrivé. Ça, c'est ma réponse courte. Mais je pense,
probablement, il faut creuser un peu. Donc, mais c'est la même chose, nous
voyons la même chose à travers le monde. Dans la grande majorité des pays de
l'Occident, tout le monde maintenant sont en train d'essayer de doubler leurs
capacités, de doubler la capacité de leurs systèmes énergétiques d'ici 2050.
Donc c'est quelque chose qui est bien connu maintenant essentiellement à
travers le monde.
Donc, les choses qui ont changé. Je vais
vous donner juste... juste quelques exemples. D'abord, et c'est évident, une
explosion de la demande. Quelques chiffres : ici, au Québec, entre 2018 et
2021-2022, les véhicules électriques, la demande pour la... pour la puissance a
augmenté juste 14 mégawatts, 14 mégawatts, mais entre 2025 et 2035,
la demande va augmenter de 2 800 mégawatts. Et donc c'est un
changement énorme dans une très courte période du temps.
Et soyez clairs. Oui, il y a un
ralentissement ailleurs dans le monde dans la demande... de la demande pour les
véhicules électriques, mais pas ici, mais pas au Québec.
Un autre exemple, acier vert, la
production d'acier vert, qui demande beaucoup, beaucoup de puissance. Il y a
cinq ans en Europe, les usines, zéro, zéro, maintenant, 38, donc une explosion.
Un autre exemple, chose importante, une
catégorie importante, l'évolution des technologies. Prenez intelligence
artificielle. C'est une chose très, très, très intéressante avec beaucoup de
potentiel, également certains dangers, mais quand même. Le... Mais une activité
de recherche sur Google qui demande une application d'intelligence artificielle
demande 10 fois la puissance d'une activité de recherche qui ne... qui ne
demande pas intelligence artificielle. Dans le développement de cette
technologie...
M. Sabia (Michael) : ...cette
technologie extrêmement sophistiquée, intelligente, en fait, a augmenté
10 fois la demande des sociétés comme Google, Microsoft, Microsoft et les
autres. Donc, beaucoup de choses a changé, la demande a changé, les
technologies a changé. Et, pour répondre directement à vos commentaires à la
fin de votre question... et je ne peux pas expliquer pourquoi, parce que je ne
sais pas, mais, dans le passé, Hydro-Québec, nous avons utilisé une estimation
de la croissance économique au Québec qui n'était pas, selon moi, une
estimation raisonnable, parce que l'estimation était à zéro croissance
économique... qui... selon moi, qui n'a pas de sens. Donc, maintenant, nous
avons ajusté nos estimations de la croissance économique, et donc ça contribue
évidemment à la demande... à la demande pour... pour la puissance. Donc, longue
réponse, mais plusieurs choses a changé et plusieurs choses sont en train de
changer à travers le monde.
Mme Fréchette : ... il reste
deux minutes. Merci de la réponse très éclairante. C'est un chantier énorme,
là, qui se dessine devant nous en matière d'énergie. Comment est-ce que vous
voyez cette opportunité-là pour le développement des régions du Québec?
M. Sabia (Michael) : Ah!
selon moi, vous avez juste un autre deux minutes?
Mme Fréchette : Oui,
malheureusement.
M. Sabia (Michael) : Vous ne
pouvez pas poser une question de cette ampleur...
Mme Fréchette : ...revenir
avec les collègues.
M. Sabia (Michael) :
Donnez-moi 30 minutes... 30 secondes pour répondre, j'ai besoin de
30 minutes. Mais ça soulève une autre question qui est extrêmement
importante. Nous avons... nous avons au Québec une des ressources
incroyablement importantes et pleines de potentiel. Et ça, c'est nos ressources
naturelles qui existent à travers le Québec et dans certaines régions du Québec
où il y a des concentrations importantes. Donc, un autre élément de nos
réflexions sur l'utilisation de l'énergie propre. Parce que, quand je rencontre
les P.D.G. des sociétés importantes et des sociétés mondiales, ils cherchent
des occasions de faire des investissements dans les juridictions où il y aura
de l'énergie propre. Donc, ce n'est pas la question du bien-être de
l'entreprise, c'est la question de développement de nos régions et la création
de l'emploi pour les jeunes, pour les Premières Nations à travers le Québec.
Donc, nous avons encore une fois une occasion devant nous d'utiliser l'énergie
propre à un prix intéressant à l'échelle internationale, comme un instrument de
développement et la création de l'emploi et la création de la richesse dans les
régions du Québec. Et donc ça représente un levier, selon moi, extrêmement
important, extrêmement intéressant. Je peux continuer...
Mme Fréchette : Un immense
merci.
M. Sabia (Michael) : ...mais
je ne veux pas prendre trop de temps. Mais il y a toutes sortes d'occasions de
créer des chaînes d'approvisionnement...
Le Président (M. Montigny) : En
terminant.
M. Sabia (Michael) : O.K.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Mme Fréchette : Merci
beaucoup, M. Sabia.
M. Sabia (Michael) : J'ai
reçu le message...
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. Maintenant, il est temps de céder la parole à la députée de
Saint-Laurent. Merci.
Mme Rizqy : Merci beaucoup.
M. le Président.
M. Sabia (Michael) : Et
maintenant je vais céder la parole à mes collègues.
Mme Rizqy : Bonjour, Mme la
ministre, et félicitations pour votre nomination dans vos nouvelles fonctions.
Et évidemment, vous pouvez compter sur notre apport pour la démarche que vous
envisagez de faire, mais nous allons poser énormément de questions, parce qu'il
s'agit ici d'une réforme qui est quand même assez importante et volumineuse.
• (10 h 30) •
Maintenant, je me tourne vers nos invités.
M. Michael Sabia, bonjour et bienvenue à vos... à votre équipe. Vous avez dit
d'entrée de jeu, et je vous cite : «Parlons des vraies choses.» Parfait.
Alors je serai directe. Vous avez dit, et je vous cite : «Les tarifs...
créer des nouveaux tout en étant, et vous dites exactement qu'il n'y aura pas
de hausse de tarifs résidentiels... seront limités à 3 %.» Mais vous ne
dites pas pour combien de temps. Pouvez-vous nous dire jusqu'à quand ils seront
limités jusqu'à 3 %?
M. Sabia (Michael) : Selon
nos estimations et tous les scénarios que nous avons utilisés comme une
supposition, selon nous, le 3 % est... Et maintenant je parle de juste
nos... nos analyses, que nous avons adopté le 3 % comme c'est quelque
chose qui continue dans l'avenir.
Mme Rizqy : Mais pas plus
tard qu'en septembre 2023, dans un enregistrement obtenu par Radio-Canada,
vous...
Haut de la page
10 h 30 (version non révisé
e) Mme Rizqy : ...avez dit devant
vos employés qu'il y aura une hausse du tarif d'électricité résidentiel. Qu'est-ce
qui a changé?
M. Sabia (Michael) : Répétez
Mme Rizqy : Il y avait un
article qui date du 25 octobre 2023. Radio-Canada a obtenu un
enregistrement. Michael Sabia aurait dit à ses employés, en septembre dernier,
qu'il fallait augmenter les tarifs d'électricité
M. Sabia (Michael) : Oui,
oui, mais 3 %. Oui, tout à fait. Et pour le commercial et industriel,
entre 4 % et 5 %. Ce sont des hausses.
Mme Rizqy : O.K. Vous, en
2026, est-ce que vous pensez que c'est soutenable que ce soit encore 3 %
ou non?
M. Sabia (Michael) : Oui.
Mme Rizqy : Ah oui? Et
pourquoi que, déjà, pour cette année, vous dites que votre coût est à
3,9 %? Qui vous compense présentement?
M. Sabia (Michael) : Non,
mais la question c'est comment le système fonctionne.
Mme Rizqy : Non, non, s'il
vous plaît, ne pas reformuler mes questions parce qu'elles sont précises, parce
que je veux vraiment qu'on parle des vraies choses. En ce moment, les Québécois
veulent vraiment savoir. Moi, ma question, c'est votre coût de revient. Si ça
vous coûte 3,9 % à produire, mais que c'est limité à 3 %, le point
0,9 %, c'est qui qui le finance pour vous, Hydro-Québec?
M. Sabia (Michael) : Donc, c'est...
indirectement, vous soulevez la question du principe d'interfinancement.
Mme Rizqy : Non, ma question,
c'est vraiment de savoir qui compense, le 0,9 %.
M. Sabia (Michael) : Non,
non, je suis en train d'essayer de répondre à vos questions, parce que, quand
vous dites ça, la question, ce n'est pas seulement la question du coût de
production au moyen à travers l'ensemble de nos activités, mais il y a un
processus d'interfinancement. Et ça, c'est le pacte social qui existe depuis
longtemps aussi au Québec, et donc il y a, oui, un interfinancement qui existe
entre le commercial, l'industriel et le résidentiel. Et dans le contexte de ce
programme, de cet élément d'interfinancement, nous avons la capacité de garder
les tarifs, les augmentations tarifaires pour les clients résidentiels, à
3 % et également de garder, de façon concurrentielle, les autres à l'échelle
internationale.
Mme Rizqy : Moi, je vous
parle vraiment du résidentiel, vraiment résidentiel. Vous me dites que vous
avez la capacité. Or, le projet de loi fait la création d'un fonds d'aide
financière pour limiter l'impact de la hausse des tarifs de distribution d'électricité
d'Hydro-Québec pour la clientèle domestique. Donc, si je comprends bien, ce
fonds d'aide, c'est pour vous compenser pour le véritable coût de production.
M. Sabia (Michael) : Donc,
cette question... vous soulevez une question intéressante. Il y a plusieurs...
selon nous, il y a... et, en fin de compte, c'est la décision du gouvernement.
Mais sur la question du fonds de compenser Hydro-Québec pour le 3 %, il y
a pas mal de façons d'arriver à la même place. Donc, honnêtement, c'est
peut-être impertinent de ma part, mais je pense une des choses que ce comité devrait
examiner, c'est la question de : Est-ce que ça, c'est le meilleur
mécanisme? Est-ce qu'il y a d'autres options? Chez nous, à Hydro-Québec, nous
avons essentiellement un esprit ouvert à cette question.
Mme Rizqy : Bien, vous, vous
êtes ouverts, mais il y a quelqu'un qu'il fait qu'il paie. Puis moi, j'essaie
de savoir c'est qui qui paie. Et M. Pierre Fitzgibbon a dit en entrevue de
sortie, après se... faire démissionner, il a dit : Ça va être soit moins
de redevances de la part d'Hydro-Québec, donc ça veut dire moins d'argent pour
le ministre des Finances, ou il parlait aussi du fonds d'aide. Donc,
nécessairement, le fonds d'aide, ça vient du gouvernement, ça vient d'une
poche. Puis la dernière fois que j'ai regardé, ceux qui paient des impôts, ce
sont les Québécois.
M. Sabia (Michael) : Oui,
mais... Oui, tout à fait.
Mme Rizqy : Bon, parfait.
Merci. Alors, on a réussi à avoir la réponse.
Maintenant, vous avez dit tantôt, puis
vraiment... ça vous a fait un petit peu sourciller, et je veux juste être
certaine d'avoir bien compris. De votre part, vous avez dit que les entreprises
d'ici n'ont pas obtenu leur juste part dans l'octroi des mégawatts pour les
projets industriels. C'est bien ça que vous avez dit?
M. Sabia (Michael) : Je pense
que oui, si je me souviens bien, il y a cinq minutes.
Mme Rizqy : O.K., donc si je
comprends bien, vous êtes d'accord que, pour vous, les entreprises québécoises
n'ont pas eu leur juste part pour les mégawatts?
M. Sabia (Michael) : C'est
une question, mais selon nous...
Mme Rizqy : Ah! bien, c'est
correct, vous avez répondu.
M. Sabia (Michael) : Oui,
selon nous... Honnêtement, cartes sur table...
Mme Rizqy : Oui, honnêtement,
toujours, oui.
M. Sabia (Michael) : Oui,
cartes sur table, oui, je pense que jusqu'à date le gouvernement a mis
beaucoup, beaucoup d'accent sur les nouvelles entreprises. Et donc ça revient à
la question d'équilibre entre la décarbonation et les nouvelles industries ou
la croissance économique. Et donc est-ce que nous avons...
M. Sabia (Michael) : ...actuellement,
l'équilibre dont nous avons besoin, pour l'avenir, entre décarbonation et
croissance économique. Nous avons dit, dans notre plan d'action, que notre
objectif était 75 %, décarbonation, 25 %, croissance. Est-ce que
cette répartition, cet équilibre est reflété dans l'ensemble des décisions,
jusqu'à date, sur l'allocation des mégawatts? Ce n'est pas tout à fait évident
à moi. Mais, également, nous cherchons... et je pense que nous allons
travailler, dans l'avenir, de façon plus étroite avec la ministre, avec le
premier ministre, sur l'ensemble de ces questions.
Mme Rizqy : Merci beaucoup.
Écoutez, le temps file, alors je vais aller toujours de façon très directe, et
parlons des vraies choses. On soulève que ce...
M. Sabia (Michael) : Vous
aimez la phrase, évidemment.
Mme Rizqy : J'adore ça, oui.
M. Sabia (Michael) : Oui, moi
aussi.
Mme Rizqy : Alors, dites-moi,
on parle que, beaucoup, ce projet de loi est un cheval de Troie pour la
privatisation d'Hydro-Québec. Et ma question, c'est la suivante, parce que moi,
vous comprendrez que je ne suis pas ingénieure, je suis simplement fiscaliste.
On me dit que 100 mégawatts, c'est quand même beaucoup,
100 mégawatts. Et j'ai reçu copie d'un document de McKinsey qui parle
d'options envisagées par Hydro-Québec, Accompagner Hydro-Québec dans
l'optimisation du modèle d'affaires touchant les petits aménagements de 100
mégawatts et moins, et une des options envisagées, c'est la vente. Ce document
date de juin 2021, donc c'est avant votre arrivée. Je veux savoir :
Est-ce que ce document qui a été fait par McKinsey, qui a été soulevé chez
vous, chez Hydro-Québec... Est-ce que vous envisagez sincèrement la vente de
certains petits aménagements d'hydroélectricité, alors que nous sommes en
déficit énergétique?
M. Sabia (Michael) : O.K.
Donc, je vais vous donner au moins deux réponses à cette question. L'idée de
privatiser le système énergétique du Québec est une mauvaise idée.
Mme Rizqy : Merci.
M. Sabia (Michael) : Pas
juste une mauvaise idée, une très mauvaise idée. Et pourquoi? Parce que ce
n'est pas le moment, ce n'est pas du tout le moment de penser à la question de
privatiser, parce que, étant donné... là, je reviens au principe de base,
l'acceptabilité sociale. Donc, je pense... Et un des messages que nous avons
reçus lors de l'ensemble de nos consultations, les 90 rencontres, le message
était une grande ouverture de travailler avec Hydro-Québec comme une
institution publique. Et donc, pour le Québec, de laisser à côté le potentiel
d'une institution publique, en ce moment, étant donné l'ampleur du défi, ce
n'est pas juste une mauvaise idée, c'est presque stupidité. Donc, c'est une
mauvaise idée. Et, honnêtement, dans vos analyses, vous pourriez examiner le
traitement de l'autoproduction, le traitement de Corporate PPA, qui est dans le
projet de loi...
Mme Rizqy : Alors,
rapidement, moi, je veux savoir... Parce que, oui, vous dites que c'est une
mauvaise idée, mais il y a quand même eu 2 millions de dollars qui
ont été donnés, pour ce projet, à McKinsey...
M. Sabia (Michael) : Oui,
mais ma deuxième réponse...
Mme Rizqy : ...et je veux
savoir : Est-ce que, oui ou non, vous allez de l'avant? Parce qu'il y a
même eu une opinion juridique qui a été produite, à l'interne, sur ce sujet.
Le Président (M. Montigny) : ...
Mme Rizqy : Bien, je pose la
question.
Le Président (M. Montigny) : Merci
de laisser répondre.
M. Sabia (Michael) : La
question, c'est... Par exemple, il faut faire une distinction, Mme, entre
privatisation et partenariat. Je vais vous donner un exemple. Nous sommes,
dorénavant, chefs, maîtres d'oeuvre pour les parcs éoliens et le développement
des grands parcs éoliens. Est-ce que nous pourrions travailler en partenariat
avec un fournisseur, un développeur...
Le Président (M. Montigny) : En
conclusion.
M. Sabia (Michael) : ...avec
beaucoup d'expertise? Ça, c'est un partenariat, ce n'est pas privatisation.
Mme Rizqy : Ici, je vous
parle de vente...
Le Président (M. Montigny) : Je
suis désolé, le temps est écoulé.
Mme Rizqy : ...d'aménagements...
Le Président (M. Montigny) : Votre
temps est écoulé.
Mme Rizqy : ...de barrages.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la députée, votre temps est écoulé, je suis désolé. J'ai maintenant le devoir
de céder la parole au député de Maurice-Richard.
• (10 h 40) •
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Bien, rapidement, peut-être : Est-ce qu'Hydro-Québec s'engage à
ne pas vendre les barrages de moins de 100 mégawatts?
M. Sabia (Michael) : Donc,
pour l'instant, en ce moment, la réponse est non. Est-ce que ça pourrait arriver
dans l'avenir? Je ne vais pas vous donner une garantie, mais, pour l'instant,
non.
M. Bouazzi : Merci. Vous avez
parlé de l'augmentation de la consommation d'électricité. Vous avez dit que...
pour les voitures, par exemple, que, d'ici 2035, on passerait de 1 700
mégawatts. C'est à peu près la quantité d'électricité que M. Fitzgibbon a
distribuée, en 18 mois, à des multinationales étrangères... Est-ce que... Et,
sachant que cette électricité-là qui...
M. Bouazzi : ...à une moyenne
du tarif L de 5,3 cents le kilowattheure, et que vous avez déclaré
vous-même que la nouvelle électricité nous coûterait plus que 100 cents...
11 cents le kilowattheure, donc plus que 100 % plus cher. Là on est
loin des 4 %, 5 % d'augmentation. Donc en 11 cent moins
5,3 cents, on s'entend que c'est beaucoup. Comment est-ce qu'on peut
garantir que l'augmentation va rester à 3 %? On parle de 100 % plus
cher pour la nouvelle électricité. Qui paie pour la différence?
Parce que moi, je vous entends. Moi, c'est
l'ingénieur en moi qui parle, là. J'ai du mal à comprendre les chiffres. Si on
a débloqué... Juste pour Northvolt, là, c'est la moitié de la production
d'énergie de La Romaine. Ça a pris 11 ans de faire cette compagnie-là.
Déjà, La Romaine produit à plus que cinq cents le kilowattheure, la nouvelle
électricité, à 11, et les 2 700 mégawatts
qu'on a distribués aux multinationales en 18 mois vont payer 5,3 cents en
moyen le kilowattheure actuellement. Comment on arrive à avoir une équation qui
fait que les Québécois ne vont pas payer pour tout ça?
M. Johnson (Mathieu) : Il
faut garder en tête que la production marginale va s'ajouter à notre bloc
patrimonial puis...
M. Bouazzi : Donc ils vont
avoir accès au bloc patrimonial de par les contrats qui ont été signés sur les
18 derniers mois.
M. Johnson (Mathieu) : Bien,
la façon que les tarifs sont faits au Québec, c'est que, marginalement, oui, la
production coûte plus cher.
M. Bouazzi : Je vous entends.
M. Johnson (Mathieu) : Par
contre, on fait des tarifs basés sur notre coût total d'approvisionnement,
notre coût moyen.
M. Bouazzi : C'est clair.
M. Johnson (Mathieu) : Donc,
c'est ce qui nous permet de garder des hausses de tarifs dans le temps qui sont
raisonnables. Et il faut aussi garder en tête que l'ensemble des ajouts de
production...
M. Bouazzi : Je comprends...
je comprends votre...
Le Président (M. Montigny) : Pour
le bénéfice de tous, voulez-vous vous présenter, et votre nom, votre titre?
M. Johnson (Mathieu) : Mathieu
Johnson, vice-président principal éolien, recherche et... de transaction.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Allez-y, M. le député.
M. Bouazzi : Je comprends.
Donc, on va... Je vais aller très vite sur ma deuxième question. Vous avez dit
en période de... de crédits, que le privé, la production du privé ne comptait
pas dans les 180 térawatts que nous devions... térawattheures que nous
devions produire dans les 26 prochaines années. Ça équivaut à à peu près
20... équivalent 20 fois la production de la Romaine. Et vous avez dit que
vous aviez besoin de 35 000 travailleurs de plus, qui est le risque numéro
un que vous avez mis dans votre dossier. Est-ce que le fait que ce projet de
loi permet la vente du privé au privé, là, à l'extérieur de votre réseau...
vient apporter un risque étant donné que ça va prendre des travailleurs?
M. Sabia (Michael) : Il y a
eu...
Le Président (M. Montigny) : ...30 secondes.
M. Sabia (Michael) : Donc,
le... avec production et potentiellement... il y a toujours un risque de
cannibalisation, parce qu'un travailleur qui travaille sur un projet... n'est
pas disponible pour les projets d'Hydro-Québec. Donc, il y a toujours un
risque. Et même, ceci dit...
Le Président (M. Montigny) :
Merci. En conclusion.
M. Sabia (Michael) : ...la
loi, et je pense que vous devriez examiner ça, il y a un... c'est assez bien
encadré, la loi...
Le Président (M. Montigny) : Merci,
en conclusion... merci. Alors, maintenant, je cède la parole au député de
Jean-Talon.
M. Paradis : Très bien. Sur
les tarifs, vous nous dites : Il n'y aura pas de hausse pour le secteur
résidentiel, mais en réalité, le projet de loi n° 69 institue un fonds par
la loi concernant un programme d'aide financière visant à limiter l'impact de
la hausse des tarifs de distribution d'électricité, qui va être... ce fonds va
être... il va y avoir de l'argent dedans par la voie des contribuables. Donc,
c'est les gens, c'est les Québécois et les Québécoises qui vont payer pour ça.
Vous nous avez dit : Bien, il y a
des... Il y a un programme important d'investissement au Québec à faire pour
produire de l'énergie. Et on a dit : Bien, on est passé d'un surplus en
quelques années à un déficit de production d'énergie. Et là vous nous avez
parlé des changements climatiques, de l'augmentation de la demande, de
l'intelligence artificielle, de Google, de l'acier vert. Mais ça, c'est des
phénomènes à très long terme.
Qu'est-ce qui fait qu'en quelques années
on est passé d'un surplus à un déficit? J'aurais cru que j'allais vous entendre
parler du gouvernement qui est parti... c'est le premier ministre qui nous l'a
dit en Chambre, il est parti avec sa petite valise vendre notre électricité à
l'étranger. Est-ce que la politique du gouvernement du Québec a un impact sur
le fait qu'on est passé de surplus à un déficit? Parce que les autres
phénomènes dont vous nous avez parlé, c'est des phénomènes à long terme. Ça n'explique
pas que les prévisions d'Hydro-Québec aient radicalement changé sur une période
très courte.
Le Président (M. Montigny) : ...
M. Sabia (Michael) : Combien?
Le Président (M. Montigny) : ...
M. Sabia (Michael) : Donc,
vous avez dit : Pas d'augmentation résidentielle, j'ai dit 3 %. Il y
a une différence importante, très importante, parce que c'est trois, trois,
trois. O.K.. Donc, ça, c'est le numéro un. La question... vous avez raison...
M. Sabia (Michael) : ...les
tendances lourdes, les... l'évolution de technologie, c'est quelque chose qui
a... avec des conséquences à très long terme, vous avez raison. Mais également
nos estimations de la demande également sont focalisées à moyen et à très long
terme, et c'est la raison parce que c'est absolument... c'est nécessaire parce
que ça demande beaucoup de temps pour créer, pour bâtir, construire des
installations. Ça, c'est le travail de Claudine. Donc, il faut avoir une
perspective à long terme. Et donc nous parlons maintenant de notre besoin...
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Désolé. Merci beaucoup.
M. Sabia (Michael) : ...d'énergie
à plus long terme pour avoir le temps nécessaire...
Le Président (M. Montigny) : Merci.
M. Sabia (Michael) : ...pour
construire les installations.
Le Président (M. Montigny) : Je
vous remercie vraiment pour votre contribution. Je suis désolé de vous couper
la parole, mais merci pour votre contribution aux travaux de la commission.
Je suspends les travaux quelques instants
pour permettre au prochain groupe de prendre place. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 48)
(Reprise à 10 h 51)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
je souhaite maintenant la bienvenue aux représentants d'Énergir. Je vous
rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé, puis nous
procéderons à la période d'échange avec les membres de la commission. Donc, je
vous invite donc à vous présenter puis à commencer votre exposé. Merci.
Mme Trudeau (Stéphanie) : M.
le Président, Mme la ministre, Mmes et MM. les députés de la commission, je
suis Stéphanie Trudeau, je suis vice-présidente exécutive Québec chez Énergir.
Je suis accompagnée de mon collègue Marc-André Goyette, vice-président
Stratégie, finance et réglementation chez nous. Il nous fait vraiment plaisir
d'être ici aujourd'hui pour parler avec vous de cet important et...
Mme Trudeau (Stéphanie) : ...projet
de loi.
Comme vous le savez certainement, Énergir
est le principal distributeur gazier au Québec. On distribue 97 % du gaz
naturel, on distribue 15 % de l'ensemble de l'énergie qui est consommée au
Québec à travers un réseau de plus de 11 000 kilomètres.
Au cours des dernières années, l'impératif
de la décarbonation et de la lutte au changement climatique s'est imposé, avec
raison, dans la façon dont on gère l'énergie. Elle doit maintenant s'imposer
dans la façon dont on planifie les systèmes énergétiques québécois. La gestion
de l'énergie ne doit plus être envisagée de manière isolée, ni seulement selon
une logique purement économique. Les paramètres ont changé, le contexte a
changé. Ça met du même coup en lumière que le contexte réglementaire est
vraiment limité.
C'est pourquoi, selon nous, le projet de
loi no 69 est une clé de voûte pour bâtir un avenir énergétique prospère pour
le Québec. On considère que la proposition de modernisation va vraiment dans la
bonne direction et permettrait de répondre à plusieurs importants défis qui
nous attendent en matière de transition énergétique. C'est d'ailleurs pour
répondre à ces défis-là qu'Énergir s'est doté, il y a plus de quatre ans déjà,
d'une ambitieuse vision de décarbonation qui vise une croissance... une
décroissance, pardon, extrêmement importante des volumes de gaz naturel fossile
que l'on distribue et aussi qui nous permettra d'offrir des services
énergétiques durables à nos clients.
À notre avis, le p.l. no 69 instaurerait
des conditions favorables à la réalisation de nos ambitions de décarbonation et
à la mise en place d'un système énergétique durable, capable de répondre à la
demande, ce qui est très important. Si vous avez eu la chance de feuilleter
notre mémoire, vous avez vu qu'il comprend deux grandes sections les éléments
essentiels pour la transition énergétique puis certains amendements visant à
clarifier la portée et l'interprétation de certains articles.
Aujourd'hui, Marc-André et moi, ce qu'on
va faire, c'est essentiellement survoler la première section, qui est divisée
en trois piliers : premièrement, améliorer la gouvernance du système
énergétique québécois, dans un deuxième temps, accélérer le déploiement de la
filière du gaz de sources renouvelables--vous nous entendrez dire JSR pour être
plus rapide--assurer la complémentarité, la diversification et la résilience des
réseaux énergétiques. On va donc passer brièvement, rapidement, à travers ces
trois piliers-là et vous exposer les amendements que l'on souhaiterait voir au
projet de loi. Marc-André.
M. Goyette (Marc-André) : Merci,
Stéphanie. Bonjour, M. le Président. Bonjour, Mme la ministre. Selon nous, pour
réussir la transition énergétique, il est impératif de brosser un portrait qui
est clair et à long terme du système énergétique québécois. En ce sens, il
faudra définir et surtout étudier différentes trajectoires de décarbonation de
la société. Le tout en évaluant comment les sources d'énergie, les technologies
peuvent amener de la valeur aux divers usages, aux divers marchés dans
l'écosystème énergétique du Québec. Cet exercice devrait également permettre
une meilleure coordination entre les distributeurs d'énergie, de manière à
maximiser l'utilisation des réseaux énergétiques au Québec, dans le but de
minimiser les coûts sociétaux de décarbonation, de maintenir la compétitivité
de nos entreprises et, bien sûr, d'assurer la résilience de notre système
énergétique dans un contexte où, comme vous le savez, les événements
climatiques extrêmes sont de plus en plus fréquents.
C'est ainsi qu'Énergir salue l'intention
du gouvernement de répondre à cette nécessité avec l'élaboration prévue du plan
de gestion intégrée des ressources énergétiques, le PGIR. En mettant en commun
l'expertise et les informations dont disposent les distributeurs d'énergie et
le gouvernement, un portrait juste et complet de notre système énergétique
pourra être dressé. Le PGIR peut et doit devenir la pierre angulaire de la
gouvernance du système énergétique au Québec.
Nous sommes également d'avis que la
réduction et l'optimisation de la consommation énergétique devraient prendre
une place plus grande dans le projet de loi en étant centrales et priorisées
dans la planification de nos ressources énergétiques. Tel que reconnu dans les
grandes trajectoires mondiales de décarbonation, l'efficacité énergétique est
la première mesure qui devrait être valorisée. Énergir le reconnaît en faisant
de cette... de cette mesure, pardon, un pilier central de notre vision de
décarbonation. Il convient alors de reconnaître et d'affirmer sans équivoque la
place prépondérante que doit jouer l'efficacité énergétique dans une
planification intégrée de nos ressources énergétiques.
Nous recommandons également un amendement
afin que le ou la ministre, s'il modifie ou elle modifie le PGIR au cours de la
période de six ans, soit tenu de consulter les distributeurs, comme c'est le
cas d'ailleurs lors de l'élaboration du plan. Cette consultation est
primordiale à nos yeux pour assurer une vision long terme commune au
gouvernement et aux distributeurs et afin d'assurer la pleine complémentarité
des réseaux énergétiques.
Plus largement, Énergir salue également
l'arrimage entre l'ensemble des politiques qui encadrent maintenant le secteur
énergétique. Cette cohérence s'ajoute d'ailleurs à l'article 5 de la
Loi sur la
Régie de l'énergie prévu au projet de loi no 69, affirmant que la régie devra
respecter les orientations du PGIR dans l'analyse des dossiers et, bien sûr,
dans les décisions qu'elle rendra.
Vous le savez, la vision d'Énergir
s'articule d'abord par une réduction significative des volumes qu'on distribue
en concentrant ces volumes dans des usages à haute valeur...
M. Goyette (Marc-André) : ...rajouter
pour l'écosystème énergétique du Québec, par exemple, pour répondre aux besoins
de pointe, comme outil de stockage saisonnier, et afin de décarboner des usages
qui sont plus difficiles, voire impossibles à électrifier. En parallèle,
Énergir intègre progressivement de plus en plus de gaz de sources renouvelables
pour remplacer le gaz naturel fossile restant.
Bien que le Québec actuellement se
distingue avantageusement bien sur la scène nord-américaine par ses politiques
publiques novatrices et nombre important de projets en développement, des
mesures supplémentaires doivent être prises pour accélérer le déploiement de la
filière du gaz de sources renouvelables au Québec, et ce, autant au niveau de
l'offre que de la demande. Pour réduire les freins empêchant le plein
déploiement de la filière, le projet de loi propose plusieurs avancées,
d'ailleurs que nous saluons.
Tout d'abord, du côté de la demande, le
projet de loi n° 69 ouvre la possibilité de vendre le gaz de sources
renouvelables à un prix qui est distinct du coût d'acquisition pour différents
types de clientèle, ce qui nous donne, à Énergir, davantage de flexibilité
commerciale pour faire pénétrer cette solution de décarbonation dans les
marchés à plus haute valeur ajoutée pour l'écosystème énergétique du Québec.
Ensuite, le projet de loi permet également
d'utiliser les revenus qui sont générés par les ventes d'unités de conformité
créées en vertu du règlement fédéral sur les carburants propres, de manière à
réduire le coût du gaz de sources renouvelables pour la clientèle.
Donc, ces deux mesures, nous en sommes
convaincus, permettront d'accroître significativement l'intérêt pour la
clientèle du gaz de sources renouvelables.
Maintenant, du côté de l'offre, les
mesures prévues au projet de loi devraient favoriser l'émergence d'un plus
grand nombre de projets de production de gaz de sources renouvelables, en
permettant un meilleur partage des coûts de raccordement entre les producteurs
et la clientèle générale d'Énergir. Comme vous le savez, en plus de son rôle
dans la décarbonation de l'économie, le gaz de sources renouvelables produit au
Québec permet d'attirer des investissements importants en région, de créer des
emplois qui sont bien rémunérés, de stimuler une économie circulaire locale, en
plus, bien sûr, de contribuer à réduire la dépendance énergétique du Québec.
Mme Trudeau (Stéphanie) : Plusieurs
articles du projet de loi nous... pourraient nous permettre de diversifier les
solutions énergétiques que l'on offre à notre clientèle. On a autour de 215 000 clients.
Les articles 79.1 et les suivants nous permettraient, en effet, comme
distributeur, de nous soustraire à ce qu'on appelle l'obligation de desservir
en gaz naturel par canalisation, dans la mesure où on pourrait démontrer au
gouvernement et à la régie qu'on peut offrir une autre option de desserte
d'énergie renouvelable qui répond aux besoins du client. Les options de
desserte prévues au projet de loi, je vous les rappelle : boucle
énergétique, GSR livré par camion et aussi par conduite dédiée, comme, par
exemple, ça pourrait être du GSR comme de l'hydrogène. Énergir pourrait donc,
au cas par cas, encore une fois, avec l'accord du gouvernement et de la régie,
proposer des nouvelles solutions énergétiques sobres en carbone à ses clients
et socialiser les coûts de construction liés à ces nouveaux actifs là. Ça
contribuerait à assurer la pertinence à long terme du réseau. Aussi, ça
permettrait de maintenir une masse critique de clients pour absorber les coûts
de gestion du réseau. Bien entendu, ces nouvelles options là, comme la
transition énergétique en soit, ça entraîne des coûts. On considère donc que le
p.l. 69 devrait reconnaître davantage cette réalité-là en l'abordant de façon,
je dirais, plus affirmative. En effet, le libellé actuel prévoit que
l'inclusion de ces nouveaux actifs là dans la base tarifaire ne doit pas pour
avoir effet d'augmenter le tarif de distribution, ce qui est malheureusement
pratiquement impossible. Selon nous, il faut bien évidemment limiter l'impact
pour éviter une augmentation importante des tarifs de nos clients, mais que
l'impact soit nul, ça ne nous paraît pas vraiment réaliste. Donc, on
proposerait donc de modifier l'article pour représenter cette réalité-là, en
indiquant que l'impact attendu sur le tarif de distribution de gaz naturel des
clients d'Énergir devra être raisonnable et non nul.
En conclusion, le projet de loi constitue,
selon nous, une avancée très importante vers un cadre réglementaire beaucoup
plus flexible, qui offrirait aux distributeurs de gaz naturel comme Énergir
beaucoup plus d'options pour réussir la décarbonation de leurs activités et de
la consommation de nos clients. Avec un projet de loi adopté qui considère les
amendements qu'on vous propose aujourd'hui, on croit sincèrement que la régie
et les distributeurs auraient les coudées beaucoup plus franches pour réaliser
une transition énergétique réussie, et on pense que ça sera au bénéfice de
toute la société.
Donc, j'espère qu'on a respecté tout juste
nos 10 minutes. Merci de votre attention. Et on est ouvert aux échanges
avec plaisir.
• (11 heures) •
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup de votre intervention. Alors, je vous remercie pour votre exposé.
Maintenant, nous allons commencer la période d'échange. Mme la ministre, je
vous cède la parole.
Mme Fréchette : Oui, merci
beaucoup à vous deux. Merci de votre présence et d'avoir partagé votre vision à
travers le mémoire. Moi, j'aimerais vous entendre davantage sur la... le rôle
que vous voyez, la place que vous voyez pour le gaz naturel et pour le gaz
naturel de sources renouvelables dans la transition énergétique. Est-ce qu'il y
a un rôle de complémentarité? Et comment voyez-vous, en fait, votre relation
également dans ce contexte de transition énergétique avec Hydro-Québec?
Haut de la page
11 h (version non révisé
e) M. Goyette (Marc-André) : ...c'est
une question qui est tout à fait pertinente dans le contexte du projet de loi, Mme
la ministre. Je voudrais... je vous dirais, pardon, qu'il y a trois grands
vecteurs de valeurs de notre... que notre réseau peut amener à l'écosystème
énergétique, l'énergie gazeuse. Premièrement, répondre à la demande de pointe.
Donc, on a un réseau actuellement qui délivre, je vous dirais,
approximativement, 9000 mégawatts, l'équivalent de 9000 mégawatts seulement
dans les bâtiments, 8000 mégawatts dans l'industriel. Donc, on est autour de
17 000 mégawatts. Ça fait que c'est beaucoup d'énergie. Et on a un réseau qui
est déjà présent, prêt à livrer cette énergie-là en période de pointe. Un autre
très grand avantage du gaz, de l'énergie gazeuse, c'est sa capacité de stocker.
On peut stocker des grandes quantités d'énergie à des prix qui sont très, très
compétitifs par rapport à d'autres solutions. Donc, on peut stocker l'énergie l'été
pour l'utiliser l'hiver lorsque la demande est beaucoup plus importante.
Autre vecteur important, bien sûr, c'est
la décarbonation des usages qui sont difficilement électrifiables, voire non
électrifiables. Plusieurs de nos clients utilisent du gaz, actuellement,
naturel comme intrant de production ou à l'intérieur de procédés à très haute
température qui ne sont pas électrifiables. Donc, si on veut être capable de
décarboner ces usages-là, il faut passer par du gaz de sources renouvelables.
Finalement, on pense également que notre réseau peut jouer un rôle très
important en termes de résilience. Selon nous, ce ne serait pas une bonne chose
de reposer toute l'économie sur un seul réseau énergétique alors qu'on a un
réseau qui est bien, bien entretenu et surtout qui est enfoui, donc, qui est
beaucoup moins sensible aux grands événements climatiques extrêmes qu'on vit de
plus en plus.
Maintenant, comment on va faire ça comme
entreprise? Bien, comme je l'ai expliqué, c'est vraiment... diminuant nos
volumes, beaucoup d'efficacité énergétique, notre initiative de biénergie,
concentrer les volumes vraiment en pointe dans les usages difficilement
électrifiables et, progressivement, intégrer de plus en plus de gaz de sources
renouvelables à nos volumes.
Mme Trudeau (Stéphanie) : Bien,
ce que Marc-André vient dire est, quand même, superimportant. À tort, certaines
personnes peuvent penser que le plan d'énergie essaie de prendre... Aujourd'hui,
nous, on est désolés, on n'est pas en mégawatt, on est en BCF. Donc, on
consomme 220 BCF de gaz au Québec, à terme, nous, on pense qu'en 2050 on va
être la moitié moins de ça. Alors ça, c'est très important. Donc, ce qui va
rester à verdir, ce n'est pas les volumes actuels. On ne cherche pas à
remplir... à remplacer une molécule de gaz fossile par le GNL. C'est d'abord l'efficacité
énergétique, réduction de 1 million de tonnes que l'on vise à l'horizon 2030
ans. Ensuite, presque un autre demi-million de tonnes avec la biénergie où on
passe 70 % des besoins de chauffe de nos clients à nous, à Hydro-Québec.
Et on garde seulement la pointe, ce qui a une belle valeur pour Hydro-Québec,
et ensuite on verdit.
Donc, le but n'est pas de faire du un pour
un. Donc, quand on nous demande : Est-ce qu'il va manquer de gaz naturel
renouvelable au Québec? La réponse, c'est non. Il ne faut pas penser que l'on
va prendre l'ensemble des volumes et les convertir. Dans le fond, c'est notre
troisième solution en importance, efficacité, électrification de ce qui fait du
sens, et ensuite verdissement.
Mme Fréchette : Merci. Quant
au PGIRE, vous avez souligné son importance pour le développement futur. Quel
rôle voyez-vous qu'Énergir puisse assumer dans le cadre de l'élaboration et la
mise à jour du PGIRE?
M. Goyette (Marc-André) : En
fait, on est très content, d'ailleurs, de voir, dans le projet de loi, le rôle
qui est prévu par les distributeurs. C'est notre cœur de métier. Donc, on est
des énergéticiens, on connaît notre réseau, qui est un réseau très important.
Je vous ai donné un peu des valeurs tout à l'heure pour l'exprimer. On a une
très grande expertise également en modélisation énergétique. Bien sûr, on s'est
posé beaucoup de ces questions-là déjà, de notre côté, pour en arriver avec
notre vision de décarbonation. Donc, c'est certain que c'est le genre de rôle
qu'on veut amener.
La façon qu'on voit le PGIRE, c'est
vraiment d'être capable de définir, d'étudier différentes trajectoires de
décarbonation, des trajectoires davantage basées sur l'efficacité énergétique,
la sobriété, d'autres sur la complémentarité des réseaux, comment décarboner au
moindre coût, et de voir comment les usages, les énergies, comme le gaz naturel
ou d'autres solutions peuvent amener de la valeur à l'écosystème énergétique.
Donc, on va s'intéresser aux besoins, on
va s'intéresser aux coûts, on va s'intéresser à la valeur de stockage, à la
valeur pour répondre à la demande de pointe, etc. Et ce que ça va permettre de
faire, essentiellement, de notre point de vue, c'est d'être capable de donner
des orientations beaucoup plus claires ensuite à la régie. Quand on va arriver,
nous, avec un projet d'investissement, un projet qu'on veut développer, mais la
régie va pouvoir apprécier, effectivement, si c'est en lien avec les
orientations du PGIRE.
L'autre chose que je n'ai pas dite, bien
sûr, c'est la complémentarité. Vous l'avez soulevé, Mme la ministre, avec
Hydro-Québec. C'est vraiment une belle opportunité qu'on a de travailler
ensemble avec plus de coordination pour voir comment on peut vraiment maximiser
l'utilisation de nos réseaux énergétiques, un peu comme on l'a fait avec l'initiative
de biénergie où on a étudié, qu'est-ce qui fait le plus de sens, électrifier...
M. Goyette (Marc-André) :
...client résidentiel et commercial complètement ou les électrifier 90 %
du temps garder le 10 % restant lorsqu'il fait très froid, lorsque c'est
une demande de pointe au gaz naturel et ainsi baisser de manière drastique les
coûts de la décarbonation globale de la société. Je suis convaincu qu'on va
être capable de trouver d'autres façons où on peut travailler ensemble pour
décarboner au moindre coût.
Mme Trudeau (Stéphanie) : On
a vraiment vu la valeur depuis trois ans de la façon dont on travaille avec les
équipes d'Hydro-Québec à livre ouvert pour le bien de la société, à voir
comment on peut décarboner ensemble. Excusez l'anglicisme, mais le data que
l'on possède et les connaissances de nos propres réseaux, quand on les met
ensemble, ça a une force de frappe qui est incroyable puis vous me permettrez
de dire une expression un peu surfaite, là : Nul n'est prophète en son
pays. Quand on va à l'extérieur et qu'on parle de biénergie, vous demanderez à
Philippe Dunsky, il donne des conférences sur le modèle Hydro-Québec Énergir.
Partout, on a des appels de l'Australie, de la Californie, de partout pour dire
c'est assez extraordinaire de voir deux distributeurs qui, dans beaucoup
d'endroits, se compétitionneraient, travailler de façon intelligente et
agnostique pour réduire les gestes de façon la plus intelligente pour la
société. On est quand même assez fier de ça et on pense que dans le même ordre
d'idée, le PGIRE de mettre ces joueurs-là ensemble, ça va faire un plan
beaucoup plus fort.
Mme Fréchette : Très juste,
merci. Vous savez, la notion d'acceptabilité sociale, elle est importante aux
yeux du gouvernement. Il faut la prendre en considération. Alors, comment vous
envisagez de générer l'acceptabilité sociale pour le développement futur
d'Énergir et puis du gaz naturel et gaz naturel renouvelable?
Mme Trudeau (Stéphanie) : On
s'y applique, je vous dirais, de façon quotidienne. C'est imparfait. On a fait
notre... nos débuts chez mes collègues du non réglementé, nous on représente le
distributeur, mais dans le début de la production de gaz naturel renouvelable,
et vraiment de parler aux parties prenantes, c'est super important. Pour être
ici aujourd'hui, nous, on a approché près de 60 groupes différents pour
partager sur leur vision du projet et la nôtre. Donc c'est vraiment dans notre
ADN de tendre la main, de discuter, de faire évoluer nos positions. Donc, et
lorsqu'aussi on s'adjoint à des partenaires, on s'assure que ça soit des
partenaires qui soient respectueux des communautés dans lesquelles ils sont.
Donc, c'est quelque chose de primordial pour nous, bien évidemment.
Mme Fréchette : Merci. Et
comment est-ce que vous voyez que le Québec puisse se positionner à l'échelle
internationale dans le cadre de la transition énergétique? On a des atouts
importants, on a des forces, on a l'expertise et, par conséquent, il y a un
tremplin là, pour nous dans le contexte de la lutte aux changements
climatiques. Alors, comment est-ce que vous voyez que le Québec puisse se
positionner à l'échelle internationale et puis quel rôle pour Énergir dans ce
contexte-là?
M. Goyette (Marc-André) :
C'est une excellente question puis c'est quand même intéressant puis ça doit
être quelque chose d'assez rare d'avoir une société d'État comme Hydro-Québec,
mais aussi une entreprise comme Énergir, qui est détenue quand même par un très
grand partenaire québécois, la Caisse de dépôt, le Fonds de la FTQ qui ont la
chance justement de développer un petit peu ensemble des initiatives, encore
une fois, pour décarboner mais aussi s'assurer que l'énergie va être disponible
pour du développement économique et d'autres choses. Nous, on a un plan pour,
bien sûr, pérenniser notre réseau. Je pense qu'on vous l'a assez, on l'a assez
expliqué. Maintenant, on a aussi des visées de croissance, donc, on va essayer
de développer des nouveaux vecteurs de croissance qui sont sobres en carbone.
On regarde notamment des belles opportunités au niveau de la production de gaz
de sources renouvelables. Comme vous le savez, des beaux projets actuellement
qui sont en développement. On étudie beaucoup la géothermie. On pense que la
géothermie pourrait offrir beaucoup de valeur à l'écosystème énergétique du
Québec. C'est une des seules solutions, en fait, qui permet de faire de
l'efficacité énergétique autant en pointe qu'à l'extérieur de la pointe. Donc
c'est très, très intéressant pour effacer des mégawatts. Et on regarde aussi
des solutions de réseau thermique, ce qu'on appelle les fameuses boucles
énergétiques. Il y a une tendance quand même très forte, là, dans certaines
juridictions américaines, d'orienter, je vous dirais, les distributeurs de gaz
naturel à développer ce genre de réseau thermique là. C'est quoi, un réseau
thermique? Essentiellement, c'est des équipements centralisés de production
d'énergies renouvelables, par exemple, comme de la géothermie. On peut utiliser
du gaz de sources renouvelables aussi et on fait passer des tuyaux, des
conduites dans le sol, va passer du chaud et du froid dans des quartiers à
haute densité. Ça permet effectivement souvent des très belles solutions,
beaucoup d'efficacité énergétique, beaucoup d'optimisation. Ça fait
qu'actuellement on a un pipeline assez impressionnant de projets qu'on regarde
à ce niveau-là. On...
• (11 h 10) •
Mme Trudeau (Stéphanie) : On
opère la centrale la plus importante au Québec qui est l'une des plus
importantes au Canada. Donc, humblement, on a beaucoup d'expérience 72 ans
qu'on chauffe et qu'on climatise le tiers du centre-ville de Montréal. Puis,
sur le plan du Québec, quand on va sur des tribunes, on a la chance, on voit
que le Québec en entier, là, on a des atouts puis des outils que les autres
n'ont pas. Alors, c'est de les utiliser, de continuer est un chef de file. Je
pense que le PGIRE va vous aider à venir compléter cette vision-là. La seule
chose qu'il faut tenir en compte, par contre, quand on va à l'international, il
faut se rappeler qu'il faut qu'on...
Mme Trudeau (Stéphanie) : ...comparer
aussi des pommes avec des pommes. On a un climat nordique, hein? Il y a
seulement... je pense que c'est 3 % ou 4 % des endroits où il fait plus
froid qu'au Québec. Ça a été clément l'hiver dernier, mais il y a ça qu'il faut
faire attention quand on arrive dans des congrès internationaux puis qu'on
regarde des solutions. Ce qui est applicable dans un endroit où il n'y a, pour
ainsi dire, pas d'hiver n'est pas la même réalité que la pointe qu'on a ici,
quand ils ont une pointe estivale, puis on a une pointe hivernale. Donc, il y a
juste là où il faut faire attention. Mais on se compare avantageusement sur le
plan mondial.
Mme Fréchette : Et est-ce que
le projet de loi no 69, à votre avis, nous donne des outils pour vraiment se
projeter dans cet avenir et ce potentiel que vous décrivez?
M. Goyette (Marc-André) : Absolument.
On a parlé amplement du PGIRE. Il y a quand même aussi, des très, très belles
mesures, là, comme je le disais, pour, selon nous, accélérer le déploiement de
la filière du gaz de sources renouvelables au Québec. C'est quand même une
filière qui est actuellement en ébullition. Il y a une trentaine de projets qui
sont en développement. Il y a 11 projets, actuellement, qui produisent du gaz
de sources renouvelables, neuf qui injectent dans notre réseau. Mais ça reste
quand même une filière qui est en déploiement actuellement, qui est émergente.
Donc, tout ce qu'on peut faire pour
réduire les barrières de marché, il faut le faire. Et le projet de loi, à ce
niveau-là, comme je le disais, joue autant au niveau de l'offre, de la demande,
nous permet beaucoup plus de flexibilité tarifaire, dans nos approches, pour
rendre le gaz de sources renouvelables attrayant dans les marchés qu'on vise,
notamment les marchés industriels, et permet également de mieux partager les
coûts de raccordement, qui sont, souvent, importants pour les producteurs. Ça,
c'est un irritant important qu'on se fait dire. Et là on va pouvoir partager
davantage ces coûts-là entre la clientèle existante et les producteurs, ce qui
devrait faire émerger encore davantage de projets.
Mme Fréchette : Est-ce que
vous pourriez nous en dire plus sur les barrières à faire tomber pour
favoriser, là, le gaz naturel renouvelable?
M. Goyette (Marc-André) : Oui.
Je vous dirais, là, que, quand on parle vraiment aux producteurs de gaz de
sources renouvelables, c'est le plus gros irritant, c'est celui qui revient le
plus... le plus rapidement, sur lequel on frappe le plus sur le clou, c'est
vraiment le coût de raccordement. Donc ce qu'on... ce qu'on prévoit faire puis
ce qu'on travaille déjà... sur lequel on travaille déjà, c'est justement, il y
a le poste d'injection qui est vraiment un coût important, qui, lui, va
demeurer aux producteurs. Mais tous les coûts de raccordement, la conduite
ainsi que les coûts qui nous permettent, nous, de recevoir dans notre réseau
davantage de gaz de sources renouvelables, ça, comme ça bénéficie à l'ensemble
de la clientèle, on va le partager à l'ensemble de la clientèle.
Sinon, les freins sont plus au niveau de
la demande. C'est sûr qu'actuellement, bien que selon nous... en fait, pas
«selon nous», les données le montrent, le coût d'approvisionnement du gaz de
sources renouvelables est tout à fait compétitif par rapport aux
approvisionnements d'autres sources d'énergie. Souvent, on a des gens qui nous
disent : 20 $, 25 $ le gigajoule, c'est quand même beaucoup plus
cher. Oui mais c'est 6 à 10 cents le kilowattheure, donc c'est très, très
comparable. En plus, on a un réseau existant, on n'a pas à investir dans le
réseau, on a des réseaux de stockage, on n'a pas à investir là-dedans. Donc
globalement c'est un coût qui est quand même tout à fait raisonnable. Mais par
rapport au... à la molécule fossile, qui est à 2,50 le gigajoule, moins de
1 cent le kilowattheure, bien là, c'est sûr que ce n'est pas facile de
faire pénétrer toujours cette solution-là. Donc là, on va avoir beaucoup plus
d'outils commerciaux dans le projet de loi pour être capables de faire
pénétrer.
Le... Bien sûr, le SPEDE, les prix du
SPEDE vont augmenter à travers les prochaines années. Certaines allocations
gratuites vont diminuer au niveau des grands consommateurs industriels. Et tout
ça devrait faire boule de neige puis nous permettre effectivement d'en vendre
de plus en plus.
Mme Trudeau (Stéphanie) : Le
GNR qui est présentement vendu de façon volontaire, en termes de volume, est
déjà largement dans le milieu industriel. Mais on pense que, si on pouvait le
commercialiser avec des prix prévisibles pour les clients industriels, à un
prix moindre, on aurait une adhésion volontaire des clients industriels
beaucoup plus grande, ce qui permettrait à nos clients industriels de se
décarboner de façon avantageuse par rapport aux autres juridictions. Et ça,
c'est vraiment quelque chose qui est clé pour nous dans le projet de loi.
Mme Fréchette : Merci. La
présence du GSR, là, pour l'instant, dans votre réseau, elle est quand même
assez marginale, je dirais. Dans quelle mesure est-ce que vous êtes confiants
qu'on va pouvoir atteindre le 10 % de GSR dans le réseau d'ici 2030?
Mme Trudeau (Stéphanie) : On
est très confiants pour ce qui est du 2 %. Pour cette année, c'est beau.
Pour le 5 %, on a déjà 80 %, en 2025, 80 % des
approvisionnements de conclus, puis plus de 50 % des approvisionnements
pour le 10 %. Donc, on est en bonne voie. Pour nous... Même à l'interne,
c'est un secret de polichinelle que, pour nous, le 10 %, c'est un minimum,
le 5 %, c'est un minimum. Et donc c'est... c'est vraiment quelque chose
qui ne nous inquiète pas du tout. On est très bien positionnés. Le fait qu'on
soit un distributeur gazier qui puisse acheter sur de longues périodes, c'est assez
attrayant, notamment aussi pour les producteurs à l'extérieur qui sont habitués
de vendre sur un an, deux ans, trois ans, quatre ans, cinq ans. Quand nous, on
arrive avec des contrats à long terme, on a quand même une belle attractivité.
Quand on fait des appels d'offres, la réponse est très bonne. Donc autant du
côté québécois, où, Marc-André l'a dit, il y a une trentaine de projets en
déploiement, quand on va en appels d'offres du côté notamment de l'Ontario et
de... des États-Unis, les gens sont...
Mme Trudeau (Stéphanie) : ...des
États-Unis, les gens sont intéressés à avoir Énergir comme acheteur. Alors, on
est très... On est très confiants. On n'est pas inquiets.
Mme Fréchette : Et qu'est-ce
que vous voyez pour la suite? Une fois qu'on aura passé le cap de 2030, est ce
que, pour vous, on continue sur cette même lancée-là puis «sky is the limit»?
Permettez l'anglicisme.
Mme Trudeau (Stéphanie) : Bien,
comme je disais, si je donne des grands chiffres, on pense partir des volumes
actuels et descendre de 50 % en 2050, et ce qu'il reste, le 50 % en
2050, aux deux tiers serait du GNR. Donc, on parle à peu près de 75 BCF.
Aujourd'hui, on en consomme 220. Ça ne nous inquiète pas avec la profondeur du
marché en Amérique du Nord. Puis juste pour vous donner une idée, lorsqu'il y a
une étude du potentiel technico économique qui a été réalisée, on disait qu'il
y avait pour plus 220 ou 230 BCF de potentiel technico économique avec les
matières lorsqu'on inclut la biomasse forestière. Donc, on pense qu'il y aura
pleinement d'approvisionnement disponible pour nous pour nous rendre à ce 75
BCF là à l'horizon de 2050.
Mme Fréchette : Et quelle est
la part de votre approvisionnement qui vient du Québec dans...
Le Président (M. Montigny) : Rapidement,
il ne reste que 10 secondes.
Mme Trudeau (Stéphanie) : Elle est
croissante. Présentement, elle est majoritairement à l'extérieur, mais on a
confiance que ça va aller de façon croissante pour les années à venir.
Mme Fréchette : Merci beaucoup
à vous deux.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Merci beaucoup. Merci, Mme la ministre. Je cède maintenant la parole à la
députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci beaucoup,
M. le Président. Merci beaucoup d'être présents avec nous et de nous avoir
déposé aussi la mémoire. J'aimerais vous entendre parce que le PGIRE, c'est
quand même très important, puis vous, vous êtes à la tête d'une entreprise.
Donc, vous avez comme fonction de tout planifier, vous tentez de tout
planifier.
Mme Trudeau (Stéphanie) : Tentez.
Mme Rizqy : Tentez, hein?
Mais dites-moi, le PGIRE, du propre aveu de M. Pierre Fitzgibbon, ce n'est
peut-être pas tout de suite qu'on allait avoir l'ensemble du portrait de la
situation. Dans le projet de loi, on met l'amorce, on met la table pour le
PGIRE, mais on n'a pas encore vraiment les grandes indications. Et j'ai écouté
attentivement, là, la dernière entrevue de M. Fitzgibbon avec M. Paul Larocque
à La Joute. Puis il disait qu'il y aurait d'autres auditions en 2025‑2026 par
rapport à la planification énergétique du Québec. Moi, je fais en ce moment
l'étude du projet de loi no 69. M. Fitzbibbon a dit que ça mettrait la table à
autre chose. Êtes-vous au parfum de c'est quoi cette autre chose?
M. Goyette (Marc-André) : Non,
malheureusement, j'aimerais...
Mme Trudeau (Stéphanie) : On n'a
pas...
M. Goyette (Marc-André) : J'aimerais
pouvoir vous le dire, mais non.
Mme Trudeau (Stéphanie) : Mais, à
mon humble avis, même si on assoit plein de gens compétents, est-ce que le
premier PGIRE sera absolument parfait? Je ne pense pas, là. Le but c'est de
partir. J'entendais M. Sabia, je vous ai même entendu à l'opposition
dire : On attend après ça depuis longtemps. Les années passent et le mieux
est l'ennemi du bien. Donc, je pense qu'il faut produire un premier plan assez
rapidement, en essayant d'avoir un maximum de consensus puis d'adhésion de la
société, bien évidemment, mais est-ce qu'il sera parfait et captera tout? Je
pense que c'est de capter un maximum, là. Donc, on voit dans d'autres
juridictions que c'est, excusez-moi l'anglicisme, un «work in progress» aussi,
Mme Rizqy : Un développement
continu.
Mme Trudeau (Stéphanie) : Exactement...
Mme Rizqy : Mais dites-moi,
vous, quand vous faites la planification, généralement, vous, vous le faites
déjà à l'avance... Donc, avant de vendre quelque chose, vous allez vérifier
c'est quoi vos réserves. Est-ce que vous faites... Vous, avant de vendre
quelque chose, vous vérifiez vos réserves?
Mme Trudeau (Stéphanie) : On a un
plan d'approvisionnement.
M. Goyette (Marc-André) : On
a un plan. Absolument. Oui, bien sûr, on a un plan d'approvisionnement.
D'ailleurs, le projet de loi prévoit de... Actuellement, le plan
d'approvisionnement est sur quatre ans. Donc, à chaque dossier tarifaire devant
la Régie de l'énergie, on présente nos ventes par marché, puis comment on va
être capable de répondre à cette demande-là par l'offre à travers notre plan
d'approvisionnement, autant au niveau du gaz de sources renouvelables que du
gaz naturel fossile. Maintenant, le projet de loi prévoit allonger cette
période-là de 10 ans. On voit ça d'ailleurs de façon très positive, puisqu'il
faut être capable de se donner un horizon, une vision à plus long terme. Pour
être capable de décarboner un réseau comme Énergir, bien, il faut être capable
de planifier longtemps à l'avance, il faut être capable de faire des
investissements qui vont avoir des impacts sur plusieurs années. Donc, oui, ça
fait partie, bien sûr, des exercices qu'on fait de planification.
• (11 h 20) •
Mme Trudeau (Stéphanie) : Avec une
juridiction comme celle du Québec, c'est en fait pas mal notre mission de base
de s'assurer de ne pas manquer d'énergie à distribuer à nos clients.
Mme Rizqy : Vous souriez.
Puis vous faites bien parce que ce que vous dites, c'est vraiment essentiel,
mais c'est de base, en matière aussi d'économie, de ne pas manquer d'énergie.
Mais moi, je souris moins parce que j'étais en Outaouais il y a deux semaines
avec le caucus libéral, on faisait notre caucus présessionnel, puis en
Outaouais, ce n'est pas des farces, il y a des projets résidentiels qui sont
mis sur pause parce qu'on n'est pas capable de leur assurer des blocs d'énergie
d'Hydro-Québec. Et on a vu dans l'actualité récente que certaines municipalités
ont dit : On veut même plus de gaz. Mais c'est qu'en ce moment on n'est
pas capable de le sortir de terre des logements parce qu'on ne peut pas ni les
raccorder à Hydro-Québec. Et il y en a qui veulent...
Mme Rizqy : ...ne pas avoir
d'énergie de source gazière dans certaines municipalités. Alors, moi, je
regarde ça, puis je dis : Là, on a un gros problème. On a vendu ce qu'on
n'avait pas en matière d'hydroélectricité. Là, vous, vous êtes présents. Moi,
ma compréhension, c'est qu'en ce moment, là, si on ne vous a pas, il y a des
blocs... il y a des bâtisses qui ne peuvent pas être bâties en matière
résidentielle parce qu'on n'a pas nécessairement l'énergie, là,
hydroélectrique.
Mme Trudeau (Stéphanie) : Mais
vous avez, malheureusement, raison, et ce n'est malheureusement pas propre
uniquement - vous avez raison là aussi - à l'Outaouais. Et c'est de là toute la
valeur de travailler avec Hydro-Québec, parce que je pense qu'il faut être
transparent. Je pense que nous, on l'est. Je pense qu'Hydro-Québec l'est aussi.
Même lorsqu'on parle de biénergie dans les grands bâtiments, lorsque les gens
nous disent : C'est simple, il faudrait tout électrifier. En biénergie,
même, des fois, Hydro-Québec nous dit : Dans certains secteurs, certains
codes postaux, même pour la base, on ne parle pas des périodes de grand froid,
ça ne passe pas.
Donc, ce n'est pas toujours une question,
puis là je ne veux pas me prendre pour Hydro-Québec, mais ce n'est pas toujours
une question de de disponibilité de l'énergie, c'est même une capacité physique
dans le réseau de distribution, où est-ce que, sociétalement, et de là toute la
valeur de la biénergie, ça vaut la peine d'aller refaire des quartiers au
complet pour 100 heures par semaine dans un poteau. Nous, on pense que non.
Quand le réseau passe en dessous, on est mieux de mettre du GNR, de consommer
30 % de GNR, 70 % d'électricité. C'est plus intelligent sur le plan
sociétal. Donc, Hydro-Québec a, oui, la disponibilité de l'énergie, mais, des
fois, c'est carrément un problème physique, et on le voit.
Il y a des projets qu'il nous ont dit
qu'ils auraient aimé se passer de nous, mais qu'ils ne peuvent pas se passer de
nous. La bonne nouvelle, c'est que, de façon proactive, on s'est imposé, et je
vous dirais qu'on n'était pas sûr que la régie allait nous suivre, et elle nous
a suivis. Depuis le 1er avril, on ne rajoute plus un iota de gaz fossile dans
les nouveaux bâtiments. Donc, on s'est nous-mêmes dotés d'une politique qui a
fait le plaisir de certains, moins celui de l'autre, donc. Et on a déjà
branché, depuis le mois d'avril, surtout dans du commercial institutionnel,
beaucoup de clients, à 100 % renouvelable, et ça n'a pas rechigné. Donc,
on est rendus là.
Mme Rizqy : Merci beaucoup
pour votre réponse. Je vous amène ailleurs. J'ai entendu dans les entrevues,
encore, de M. Pierre Fitzgibbon, quand il parlait du PGIRE, des discussions
qu'on doit avoir... les discussions qui n'ont pas encore eu lieu, mais qui
doivent avoir lieu. Et il a parlé de nucléaire, et là je me suis dit : Un
instant. Il me semble qu'au Québec, on a de l'énergie propre, on a
Hydro-Québec, donc, on est très fiers, puis on a aussi Énergir. Puis, tantôt,
vous l'avez très bien dit, qui, quand même, il faut le rappeler, détenu par la
Caisse de dépôt, mais aussi FTQ. Donc, on peut vraiment parler d'entreprises...
Mme Trudeau (Stéphanie) : 100 %
québécois.
Mme Rizqy : ...100 %
québécoises. Donc... pour citer une personne, pour reprendre la formule consacrée :
En a-t-on vraiment besoin du nucléaire?
Mme Trudeau (Stéphanie) : On va
laisser le gouvernement et Hydro-Québec juger de ça. On a pleinement...
Mme Rizqy : ...dans ce cas,
je vais reformuler ma question : Êtes-vous capables, avec votre approvisionnement,
de vous assurer qu'on soit capable de répondre aux demandes à venir dans votre
planification?
Mme Trudeau (Stéphanie) : Oui.
M. Goyette (Marc-André) : Oui,
absolument.
1riz Sans nécessiter, par exemple, du
nucléaire, vous, vous avez la capacité de raccorder, parce que c'est, un, il
faut raccorder, puis deux, après ça, une fois que les tuyaux sont passés, il
faut, évidemment, que vous avez la capacité de produire.
Mme Trudeau (Stéphanie) : Il y a
une chose qu'on a abordée dans notre mémoire, que vous avez peut-être vue,
c'est qu'on pense qu'aujourd'hui, puis le projet de loi ouvrirait la porte à
ça, la canalisation n'est pas toujours la façon peut-être la plus économique et
intelligente sur le plan, même, environnemental, d'aller desservir de nouveaux
besoins. Donc, si quelqu'un veut être dans un parc industriel qui est non
desservi, peut-être que la façon, ce serait de camionner du gaz naturel de
source renouvelable. Lorsqu'on le compresse, il prend 300 fois moins d'espace.
Donc, on peut livrer par camion de façon
efficiente. Nous, on a une multitude de solutions novatrices qui sont prêtes à
être présentées à la régie, voir s'ils vont l'accepter. Et ça va être dans le
PGIRE et à la société à avoir le débat, quelle source d'énergie renouvelable
prime sur l'autre. Est-ce que c'est GSR? Est-ce que c'est l'éolien? Est-ce que
c'est le nucléaire? Est-ce que c'est la géothermie? Et de là toute la valeur
d'avoir un plan global qui va venir déterminer la place que devrait prendre
chacune des formes d'énergie.
Mme Rizqy : Oui, mais je vous
entends très bien quand vous dites «à déterminer», mais on conjugue encore ici
au futur. Et, moi, j'ai vraiment besoin d'avoir un peu plus les idées claires
parce que j'étudie actuellement le projet de loi, puis moi j'ai le rôle, à
titre de députée, d'être aussi la gardienne de l'action gouvernementale. Et
cette information par rapport à qu'est-ce qu'on fait avec différentes formes
d'énergie, est cruciale pour bien des Québécois. C'est une discussion qu'on n'a
pas encore eu lieu, par exemple, au niveau du nucléaire et... Mais vous, vous
existez déjà, à Énergir, vous êtes présents et vous fournissez déjà,
évidemment, non seulement du résidentiel, mais aussi du commercial.
Alors, moi, j'aimerais savoir, ma
prochaine question, c'est la suivante : Est-ce qu'on vous a déjà demandé
c'est quoi, vous, vos besoins pour les mégawatts, si jamais vous avez besoin
d'expansion ou... Par exemple, vous venez de nous parler, là, pour distribuer,
vous parlez de camions. Là, j'imagine qu'on va avoir besoin d'hydrogène, mais,
pour faire de l'hydrogène, ça prend des mégawatts...
Mme Rizqy : ...c'est :
Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Est-ce que vous... soit
vous ou vos partenaires pour la livraison ont-ils besoin de mégawatts? Si oui,
ont-ils fait les demandes? S'ils ont fait la demande, quelle a été la réponse à
ces demandes de mégawatts?
Mme Trudeau (Stéphanie) : Bien,
produire du GNR, ça ne demande pas des mégawatts de façon très importante.
Donc, il n'y a pas d'enjeu là. Nous-mêmes, on a demandé des mégawatts, qu'on a
obtenus avant le projet de loi n° 2, pour décarboner le centre-ville de
Montréal. Ce qu'on a obtenu, c'est... c'est un petit 10 mégawatts, mais qui va
changer vraiment le visage du centre-ville, qui va décarboner le centre-ville à
presque 60 %. Donc, nous et nos fournisseurs d'énergie renouvelable n'ont
pas nécessairement besoin de grands mégawatts, là. Alors, on n'a pas besoin à
cet effet-là.
Mme Rizqy : O.K. Et vos...
Et, au niveau du transport dans... au niveau des camions que vous avez parlé,
ça va se faire comment?
Mme Trudeau (Stéphanie) : Bien,
il va falloir d'abord avoir des premiers projets. C'est sûr qu'idéalement, dans
le meilleur des mondes, on serait... on prêcherait par l'exemple, puis ce
serait des camions qui seraient propulsés au gaz naturel renouvelable
compressé. Alors, ça viendrait aider le cycle d'économie circulaire décarboné
d'un projet qu'on pourrait présenter, mais on n'a pas de projet présentement à
présenter à la régie, mais on en a étudié par le passé, des régions qui nous
demandaient par exemple un microréseau dans un parc industriel. Alors, c'est
des choses qu'on est toujours ouverts, quand les communautés nous approchent, à
faire des calculs. Et là ce projet de loi là nous ouvre la porte à aller voir
la régie et le gouvernement, savoir si ça passe la rampe de les desservir
autrement que de façon traditionnelle avec un tuyau.
Mme Rizqy : Dans votre...
parce que, oui, vous êtes dans le gaz, mais aussi dans la diversification, vous
avez... au niveau...
Mme Trudeau (Stéphanie) : De
l'éolien.
Mme Rizqy : ...éoliennes,
est-ce que vous avez réfléchi... Là, vous avez parlé de microréseaux, mais, aux
États-Unis, microréseau fait référence aux «grids». Alors, vous me voyez venir.
Bon. Le député de Jacques-Cartier, qui s'adonne être aussi ma douce moitié,
alors, il avait fait une proposition, que je trouve personnellement fort
intéressante, au niveau des microréseaux. Est-ce que ça, vous avez étudié?
Parce qu'aux États-Unis ils ont... ils sont allés là-dessus pour le résidentiel
à coups de milliards de dollars.
Le Président (M. Montigny) : ...malheureusement,
il ne reste plus de temps. Je suis désolé.
Mme Rizqy : Ah! j'ai une
minute 15.
Le Président (M. Montigny) : Je
dois maintenant céder...
Mme Trudeau (Stéphanie) : On
parlera boucles énergétiques ensemble avec plaisir.
Mme Rizqy : Avec plaisir, Mme
Trudeau.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Alors, merci. Je cède maintenant la parole au député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Merci. D'abord,
vous avez parlé d'une étude qui expliquait qu'il y avait des... une profondeur
dans la génération des... du GNR. Est-ce que vous pourriez la partager avec
nous? Parce que je comprends que c'est à peu près le tiers de l'équivalent de
ce que vous fournissez aujourd'hui.
Mme Trudeau (Stéphanie) : Je
pense qu'elle est déjà sur notre site Internet, mais on va s'assurer de vous de
la faire parvenir.
M. Bouazzi : O.K. Vous...
Effectivement, vous avez un graphique qui explique comment est-ce que vous
allez diviser par deux la quantité de gaz que vous fournissez. Par rapport aux
tuyaux qui existent, est-ce que ça veut dire qu'il y aura moins de tuyaux
utilisés, d'infrastructures, donc, utilisées d'ici 2050?
Mme Trudeau (Stéphanie) : Pas
nécessairement. Ça se pourrait, par exemple, que, si, dans un tronçon qui est
très, très peu densifié, il ne reste plus de volume... est-ce que ça pourrait
être possible qu'éventuellement certains tronçons n'existent plus? Peut-être.
Mais la prémisse de base, c'est vraiment de dire le tuyau... puis Marc-André
l'a dit, le réseau a une valeur, et c'est de maximiser sa valeur. Donc, nous,
ce qu'on veut, ce n'est pas que le tuyau soit plein à 100 %, c'est qu'il
soit utilisé pour stocker et distribuer là où ça a de la valeur dans
l'industriel et en pointe. Donc, on ne voit pas une réduction du nombre de
kilomètres, mais on voit une très grande réduction du volume qui passe dans le
réseau et ensuite un grand verdissement de ce qu'il y a dans le tuyau, mais pas
nécessairement d'enlever du réseau.
M. Bouazzi : Donc, vous
divisez par deux la quantité de gaz qui passe à l'intérieur. Quel pourcentage
du réseau... Parce que c'est... Je veux dire, on s'entend qu'il y a des
endroits il n'y aura pas assez de pression, et il va falloir fermer des tuyaux.
Quel pourcentage... Non?
Mme Trudeau (Stéphanie) : Non,
la pression, il n'y a pas de problème.
M. Bouazzi : Vous gardez...
Vous gardez 100 % du réseau tel quel?
Mme Trudeau (Stéphanie) : La
pression, il n'y a pas de problème. C'est si, à un moment donné, puis on ne l'a
pas cartographié, on se ramasserait dans un réseau résidentiel où on a ce qu'on
appelle une antenne, où il y avait cinq maisons, puis on en perd quatre sur
cinq. Est-ce que, dans 10 ans, on va le fermer? Peut-être. Mais on n'a pas
regardé... on n'a pas regardé ça.
M. Bouazzi : Donc, pas de...
Mme Trudeau (Stéphanie) : La
plupart de notre réseau est mixte. Donc, il y a à la fois du résidentiel, du
commercial, institutionnel. Donc, ce n'est pas une prémisse de base que l'on
regarde à réduire de façon importante l'empreinte physique, là, du tuyau qui
est déjà là.
M. Bouazzi : Pas de
décommissionnement en vue. Mon autre question, c'est qu'on parle du PGIRE. Bon,
nous, on pense que le ministre, la ministre aujourd'hui, n'a pas besoin d'un
projet de loi pour planifier. On pense, c'est une bonne idée de planifier
toujours. Et vous, vous avez une planification. On s'entend que ça vous aurait
aidé d'avoir une planification nationale, auquel vous auriez participé, plutôt
que faire votre plan. Et, si ça se trouve, il ne fitte pas avec ce qui va
ressortir du PGIRE.
Mme Trudeau (Stéphanie) : De
là le plus vite, le mieux.
• (11 h 30) •
M. Bouazzi : O.K. Comment
vous pensez qu'on est capable de changer autant de lois sans avoir une planification
nationale? Je comprends que ça sert votre plan, mais la planification
nationale, est-ce qu'on va... Si ça se trouve, ça ne marche pas, là.
Mme Trudeau (Stéphanie) : Je
pense qu'on verra. Mais, nous, il y a vraiment des amendements qui nous... qui
nous restreignent grandement dans notre plan de décarbonation. Puis, par le
fait même, en nous restreignant, c'est la décarbonation des Québécois qui
est... qui est retardée. On a certains dossiers qui sont ouverts, des fois, là,
dans le gaz naturel renouvelable, depuis sept ans, là. C'est... On a besoin de
flexibilité et on est prêts à être imputables...
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11 h 30 (version non révisé
e) Mme Trudeau (Stéphanie) : ...si on
comprend, mais ça nous prend un peu plus de latitude pour pouvoir décarboner,
M. Bouazzi : Vous avez dit
tout à l'heure que tous les nouveaux branchements se font avec du GNR. On s'entend
qu'ils paient pour le GNR qui va être injecté, mais comme tout le monde, ils
reçoivent 98 % de fossile dans les tuyaux en tant que tel.
Mme Trudeau (Stéphanie) : Oui, la
façon dont on ne s'en est jamais caché, la façon dont ça fonctionne pour le
GNR, c'est comme ça fonctionne depuis des décennies aux États-Unis. On peut
être client d'une entreprise qui nous vend de l'éolien seulement, mais bien
évidemment qu'il n'y a pas 10 poteaux dans la rue, hein! C'est contractuel...
Le Président (M. Montigny) : Je
suis désolé, je suis désolé, je dois maintenant donner la parole au député de
Jean-Talon pour environ 2 min 30 s.
M. Paradis : Un projet de
loi, c'est un encadrement normatif pour faire quelque chose. Moi, j'aimerais
savoir un peu ce qu'Énergir voit dans l'avenir. J'aimerais vous parler plus
précisément d'un projet dont on a beaucoup parlé dans l'actualité au cours de
la dernière année, celui de TES Canada. J'aimerais comprendre comment ça s'inscrit,
ce genre de projet... ce projet-là dans votre stratégie, utiliser de l'électricité
dont on sait actuellement qu'on en a pas beaucoup, qu'il y a une rareté, pour
produire de l'hydrogène qui va ensuite être utilisé dans le réseau d'Énergir.
En quoi ça, ça contribue à la transition énergétique? Est-ce que ça donne vraiment
à la fin des GSR si on a utilisé de l'énergie pour produire de l'énergie?
Mme Trudeau (Stéphanie) : Quand on
regarde ce que l'Agence mondiale de l'énergie dit à l'horizon 2050, ils
semblent faire la même prévision que beaucoup de distributeurs comme nous que
le GSR de troisième génération, donc par méthanation, aura une place.
Maintenant, en toute humilité, ce n'est pas à Énergir de juger si TES est bien
fondé, si c'est une bonne utilisation. Nous, ce qu'on a dit à TES, ils sont
venus à nous, on a dit : Si c'est un projet qui est accepté socialement,
qui passe la rampe que c'est permis et que le prix auquel vous êtes prête à
vendre à nos clients parce que c'est nos clients qui paient, on ne fait pas un
sou sur le gaz, qu'il soit fossile ou renouvelable. Cela étant dit, on sera là.
Donc on a une entente non contraignante qui dit que si le Québec décide que ce
projet-là a lieu, qu'il a les autorisations, que le prix est compétitif avec le
GSR, avec éventuellement la capture de carbone, on sera là. Mais je ne pense
pas que c'est à nous, mais le PGIRE, je pense, va servir à savoir est-ce que l'hydrogène
a une place au