House Proceedings — 14 February 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
2024-02-14
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf heures quarante minutes)
Vice-Président (M. Benjamin) : Alors, bonjour à toutes, bonjour à tous. Prenez
place, nous allons débuter nos travaux.
Avant même de
commencer à la rubrique Déclarations des députés, j'aimerais avoir le
consentement de cette Chambre afin
que notre collègue la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata puisse prononcer sa déclaration avec son chandail de hockey.
Est-ce que j'ai le consentement de la Chambre?
Des voix : Consentement.
Vice-Président (M. Benjamin) : Consentement. Merci beaucoup. Alors, la parole
revient à Mme la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Mme Dionne : Merci beaucoup, M. le
Président. Aujourd'hui, je tiens à souligner la mobilisation et la solidarité
de ma communauté pour une cause qui me touche droit au coeur, la lutte contre
le cancer du sein.
2 février dernier se tenait le match en rose des 3 L, notre équipe de
hockey louperivoise de la Ligue nord-américaine.
Sous la présidence d'honneur de Marie-France Roussel, l'organisation a remis
une somme record de 30 000 $ à la Fondation du cancer du
sein. Le rose était à l'honneur partout, aux quatre coins de la ville, et
plusieurs initiatives entourant le match furent organisées avec
plusieurs partenaires.
M. le
Président, je tiens à souligner aujourd'hui la présence, dans nos tribunes, de
Cindy Simard, Christian Lévesque, Stéphanie
Landry, de l'organisation des 3 L, Patrick Ouellet, partenaire majeur, et
Marie-France Roussel, présidente d'honneur.
Au nom de
tous les citoyens, je tiens à vous exprimer toute ma gratitude pour avoir réussi
à mobiliser toute une communauté en créant un véritable mouvement de solidarité
empreint d'espoir pour nos femmes et leurs familles qui luttent contre
le cancer du sein. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata. Et je reconnais maintenant Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Cadet : M. le Président, je vous invite à me suivre pour
un voyage dans le temps. Direction : la ville d'Asbestos en 1949.
À cette
époque, le Québec fournit 85 % de l'amiante dans le monde. La ville
d'Asbestos, en Estrie, est le premier producteur mondial de ce minerai.
14 février 1949, 2 000 mineurs d'amiante d'Asbestos, aussitôt
suivis par 3 000 mineurs de la région de Thetford Mines, déclenchent une grève qui allait
durer pendant près de cinq mois et marquer l'imaginaire de tout un peuple.
Parmi les revendications, on compte
notamment la hausse du salaire horaire à 1 $ de l'heure, des journées
fériées payées et des mesures pour limiter la poussière d'amiante qui
cause des maladies.
Aujourd'hui,
l'Association des victimes de l'amiante du Québec tient à souligner le courage
de ces hommes et de ces femmes qui se
sont battus pour obtenir des meilleures conditions de travail, notamment dans
l'espoir de ne plus mourir d'une
maladie causée par leur travail. Plusieurs mesures ont été adoptées depuis
cette grève historique concernant la santé et la sécurité au travail, mais l'AVAQ insiste sur l'importance de ne
pas oublier les leçons du passé concernant les dangers d'une exposition
à la fibre d'amiante...
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci.
La parole revient maintenant à M. le député de Masson.
M. Lemay : M. le Président, en ce jour de la Saint-Valentin,
journée où nous célébrons l'amour partout en province, j'aimerais profiter de cette déclaration pour
souligner les coups de coeur de Masson, car, M. le Président, croyez-moi, dans
Masson, il y a de l'amour partout.
D'ailleurs,
l'organisme TDL Lanaudière, qui travaille avec des gens vivant avec un trouble
développemental du langage, organise
un brunch de la Saint-Valentin le 18 février prochain au Chez-nous du
communautaire. De l'autre côté du comté, la bibliothèque de Lachenaie
profite du mois de février pour proposer des lectures dans le cadre du mois Coup de coeur!. Et, pour ceux qui n'ont pas encore
de plan avec leur valentin, ne passez pas à côté de l'opportunité de déguster
un bon souper en amoureux au restaurant Les
Têtes brûlées, puisque votre souper sera préparé par le chef Thomas Deschamps,
notre fier représentant à la toute dernière édition du Championnat culinaire
canadien.
en terminant, M. le Président, mon coup de coeur personnel, je le dédie à ma
tendre épouse des 24 dernières années, la merveilleuse Nancy.
Bisous, mon amour. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Masson. Au tour, maintenant, de Mme la députée de
Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, M. le Président. On célèbre actuellement le
Mois de l'histoire des Noirs, alors je veux en profiter pour souligner
le travail de tous les organismes de ma région qui contribuent à faire
connaître l'histoire des communautés noires,
à faire rayonner leur apport à notre vie collective, mais aussi à nous faire
réfléchir sur les enjeux vécus par les personnes noires au Québec.
n'est pas tout le monde qui le reconnaît, malheureusement, mais il y a encore
du racisme systémique au Québec. Les
parents qui élèvent un enfant noir actuellement vivent encore des inquiétudes
que d'autres parents ne partagent pas par
rapport à la sécurité de leurs enfants. Les personnes noires qui se font
interpeler par la police vivent des inquiétudes que les personnes
blanches ne vivent pas, et, malheureusement, les données montrent que ces
inquiétudes sont trop souvent fondées. Les
données montrent aussi que la discrimination sur le marché du travail est
encore bien présente, autant pour l'accès à un emploi que pour le
salaire, même avec un taux de diplomation supérieur.
Alors,
j'invite mes collègues députés à prendre le temps d'écouter les personnes qui
vivent du racisme systémique pour
mesurer l'ampleur des conséquences sur la vie quotidienne des personnes
racisées. C'est le premier pas pour reconnaître que ça existe. Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Sherbrooke. Et je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme Bourassa : Merci, M. le Président.
En cette journée de Saint-Valentin, je veux rendre hommage à une femme qui a offert quatre décennies de loyaux services à
veiller sur la santé de notre communauté, la Dre Chantal Simard, qui
prend sa retraite.
Dre Simard est une véritable pionnière. Elle fut la première femme médecin à
s'installer dans notre région. Elle a
fait tomber les barrières et pavé la voie à de nombreuses femmes dans le
domaine médical, dans Charlevoix. En 1982, elle a été au coeur de la
fondation de notre clinique médicale, aujourd'hui transformée en coop santé.
Simard a aussi joué un rôle crucial dans le maintien du statut de traumatologie
de l'Hôpital de Baie-Saint-Paul, garantissant des soins vitaux à portée
de main à nos citoyens.
l'aube de sa retraite, Dre Simard s'engage à continuer de s'impliquer et elle
travaille excessivement fort pour trouver un ou une remplaçante pour le
bien-être de ses patients.
Alors, bonne retraite
et, encore une fois, félicitations pour tout ce que vous avez accompli!
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Et je reconnais maintenant Mme la députée de Robert-Baldwin.
Garceau : Merci beaucoup, M. le Président. C'est avec grand
plaisir que je prends la parole aujourd'hui afin de souligner la Journée
internationale des filles et des femmes en science, qui a été célébrée dans le
monde entier le 11 février dernier.
Cette journée est aussi l'occasion de
promouvoir l'accès et la participation pleine et égale à la science pour les
femmes et les filles. Le thème de
cette année : Inspirons l'inclusion. Lorsque nous incitons les autres à
valoriser l'inclusion des femmes en science, nous forgeons un monde meilleur
et donnons aux femmes les moyens de réaliser leur passion.
cette journée rappelle aux générations futures de femmes et de filles les
réalisations de femmes scientifiques et
innovatrices qui ont surmonté les barrières et les préjugés, qui nous inspirent
et qui nous... qui continuons à faire des progrès significatifs dans
diverses disciplines scientifiques.
Célébrons
les femmes et les filles qui changent le Québec par leur contribution dans les
domaines scientifiques et continuons à les inspirer pour qu'elles
puissent réaliser tout leur potentiel. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Robert-Baldwin. Et la parole
est maintenant à Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Mme Soucy : M.
le Président, les Journées de la persévérance scolaire ont pour objectif de
rappeler que nous pouvons tous jouer un rôle
pour motiver les jeunes et les aider à persévérer. C'est pourquoi je suis fière
d'accueillir dans nos tribunes des
gens dévoués et engagés envers la réussite de nos jeunes : M. le maire de
Saint-Liboire et quatre membres de l'équipe-école Henri-Bachand.
Grâce
à leur implication, M. le Président, les élèves du troisième cycle du primaire
peuvent participer au programme Initiation
sport-réussite éducative pour une 15e édition. Ce programme, unique au
centre de services scolaire de Saint-Hyacinthe,
permet aux élèves de bénéficier, tous les 10 jours, d'une heure
supplémentaire d'anglais et de musique et
de deux heures consécutives d'éducation physique. Année après année, ce
programme a un impact positif sur la motivation, l'apprentissage et le
bien-être de nos jeunes.
Félicitations
et merci à la municipalité de Saint-Liboire, aux enseignants, au personnel qui
rendent ce programme possible! Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Saint-Hyacinthe. Et je cède maintenant la parole à M. le
député de Camille-Laurin.
M. St-Pierre Plamondon : Merci, M. le Président.
J'aimerais souligner les 35 ans de Solidarité Mercier-Est, un organisme-phare dans ma circonscription de Camille-Laurin.
Cet anniversaire, c'est bien plus qu'une simple commémoration, il s'agit d'une reconnaissance et d'une
célébration de l'engagement exceptionnel de cette table de concertation dans
notre quartier.
Ensemble,
nous sommes tous témoins de la manière dont cet organisme réussit à tisser des
liens solides entre les acteurs du
quartier. Et, que ce soit à travers des projets sociaux, des initiatives
éducatives, Solidarité Mercier-Est joue un rôle crucial dans l'amélioration de la qualité de vie de nos citoyens. C'est
en se penchant sur des enjeux réels comme l'itinérance, le logement, la sécurité alimentaire et en se
basant sur l'expertise de ses membres que la table répond aux besoins et
apporte des changements politiques... des changements positifs, pardon.
Donc,
les 35 ans de Solidarité Mercier-Est sont un rappel de l'importance de la
collaboration. Bravo aux employés! Bavo aux bénévoles de cet organisme!
Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Camille-Laurin. Et je reconnais maintenant M. le député
de Joliette.
M. St-Louis :
Merci, M. le Président. Le
12 décembre dernier, j'ai eu le plaisir et l'immense privilège de décerner
la Médaille du député de l'Assemblée
nationale à un homme d'exception, un homme pour qui j'ai non seulement un
immense respect, mais surtout pour
qui j'ai une très, très grande admiration. J'aimerais donc, aujourd'hui en
cette Chambre, saluer le parcours exemplaire de M. Jean-Claude
Chagnon.
Permettez-moi
d'abord, M. le Président, de souligner son implication hors du commun ainsi que
son dévouement légendaire. Le milieu
communautaire et philanthropique du Grand Joliette ne serait pas ce qu'il est
sans lui. Depuis plus de quatre
décennies, il est, pour notre communauté, le visage de l'entraide et du don de
soi, une force tranquille qui a marqué et qui continue encore
aujourd'hui de marquer de bonne et de belle façon la communauté du Grand
Joliette.
Merci, Jean-Claude.
Merci pour tout ce que tu fais chaque jour pour les plus démunis. Merci d'être
l'humain exceptionnel que tu es.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de Joliette. Et la
parole revient maintenant à M. le député de Saint-Jean.
M. Lemieux : M.
le Président, Saint-Jean-sur-Richelieu est toujours aux prises avec un enjeu
social triste mais bien de notre temps et
tellement important, la montée de l'itinérance, qui s'est fait sentir pendant
la pandémie et qui est restée problématique depuis.
s'est débrouillés avec les moyens du bord, mais, depuis, on s'organise. Et,
depuis le sommet national de l'automne dernier,
à Québec, que nous travaillons pour coordonner les efforts de tous les niveaux
de gouvernance pour être plus efficaces et mieux répondre à ces nouveaux besoins chez nous en épaulant le
terrain. Des travailleurs sociaux font maintenant équipe avec les policiers, les travailleurs de rue sont à
pied d'oeuvre, et, en plus d'un centre de jour, ce qui était, il n'y a pas si
longtemps, la halte-fraîcheur l'été et la
halte-chaleur l'hiver est devenu une ressource permanente de nuit. Le Spot,
comme on l'appelle, est maintenant
ouvert sept nuits sur sept depuis que le CISSS de la Montérégie-Centre a
répondu à l'appel pour financer cette installation de dernier recours.
Nous
travaillons ensemble parce que c'est ensemble que nous y arriverons pour des
citoyens qui ont tellement besoin de nous. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Saint-Jean. Au tour, maintenant, de Mme la députée de
Bellechasse.
Mme Lachance : M. le Président, 2024
marque le 275e anniversaire de la municipalité de
Saint-Charles-de-Bellechasse. Permettez-moi de saluer M. Pascal
Rousseau ainsi que M. Yvon Bernier, qui sont présents dans nos tribunes.
Fondée
en 1749 du démembrement de Saint-Étienne-de-Beaumont, cette communauté a
prospéré au fil des siècles. De la concession des terres par son
fondateur Charles Couillard à aujourd'hui, son histoire est riche en événements
marquants.
le Président, les quelque 2 700 citoyens de Saint-Charles peuvent
être fiers. Tout au long de l'année, les festivités animeront
Saint-Charles, seront un clin d'oeil à la richesse de son histoire.
Permettez-moi de féliciter tous les élus, les employés,
les bénévoles, les membres du comité des loisirs, dont Marie-Christine Dallaire
est le maître d'oeuvre, mais aussi tous les partenaires et les commerces
qui permettent de dynamiser cet événement.
Bon 275e,
Saint-Charles!
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Bellechasse. Et au tour,
maintenant, de M. le député de Chauveau.
M. Lévesque
(Chauveau) : Merci beaucoup, M. le Président. Cette semaine se
déroulent les Journées de la persévérance
scolaire 2024 sous le thème Pour leur futur, persévérer se conjugue toujours
au présent . À cette occasion, il me
fait plaisir de souligner les efforts remarquables que font les élèves des écoles
secondaires, de la formation professionnelle et des écoles des adultes
de Chauveau. Et je leur remets cette semaine, M. le Président, une bourse
scolaire à nombreux d'entre eux.
Depuis
quelques années, la façon de vivre à l'école des élèves a été bouleversée.
Malgré tout, ils ont su s'adapter d'une
manière significative et ont fait preuve de résilience. À vous, chers élèves de
la circonscription de Chauveau, sachez que je suis fier de vous. Vous
avez toute mon admiration. Et je veux remercier particulièrement les
enseignantes, les directions d'école ainsi
que les membres du personnel, qui font que les élèves persévèrent au quotidien.
Merci beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Chauveau. Alors voilà qui met
fin à la rubrique Déclarations des députés. Je remercie chacun de vous pour vos
déclarations.
Nous allons suspendre
les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 55)
La Présidente :
Mmes et MM. les députés, chers
invités, en cette journée de l'amour, tiens, nous allons nous recueillir
quelques instants.
Je vous remercie.
Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
la rubrique Dépôt de documents, M. le ministre de la Santé. M. le ministre de
la Santé? M. le ministre de la Santé.
M. Dubé : Avec
plaisir.
La Présidente :
Déposez.
M. Dubé : Avec plaisir. Merci, Mme la Présidente. Ça va être
très simple. Permettez-moi de déposer les comptes de la santé pour 2021‑2022,
2022‑2023 et 2023‑2024. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
Présidente : Ce document est déposé. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Bonjour, Mme la
Présidente. Je dépose la réponse du gouvernement à la question inscrite au
feuilleton le 8 décembre 2023 par le député de l'Acadie. Merci, Mme la
Présidente.
Présidente : Ce document est déposé.
Pour
ma part, je dépose le rapport du Commissaire à la langue française intitulé Immigration
temporaire : choisir le français .
Il n'y a pas de dépôt
de rapports de commissions.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, je reconnais maintenant Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : Merci, Mme la Présidente. Alors, je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
515 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que les usagers de la Rive-Sud pouvaient, jusqu'à l'entrée en fonction du
Réseau express métropolitain — REM — descendre de
l'autobus 90 du RTL à l'angle de Robert-Bourassa et William à Montréal;
«Considérant que cet
arrêt était très utilisé par les travailleurs de la Cité du Multimédia et du
Vieux-Montréal;
«Considérant que cet
arrêt n'est pas desservi par le REM;
«Considérant
que le REM prévoit construire la station Griffintown—Bernard-Landry au niveau de la rue William
à Montréal;
«Considérant que, même
si cette station n'ouvrira pas avant 2027, les promoteurs du secteur versent
déjà une redevance pour financer le REM;
«Considérant
que la navette 874 mise sur pied par la STM depuis l'entrée en fonction du
REM ne répond pas aux besoins des travailleurs de la Rive-Sud, car elle
vient doubler, voire tripler leur temps de parcours;
«Considérant
que l'article 3.4.3 de l'Entente d'intégration entre l'Autorité régionale
de transport métropolitain et Projet REM SEC permet à l'Autorité de
mettre sur pied un service dans l'axe du pont Samuel-De Champlain lorsque
Projet REM SEC n'offre pas un service conforme à l'entente;
«Considérant
que l'ajout d'une navette du RTL faciliterait le plan de relève en cas de panne
du REM, notamment en maintenant une voie réservée sur le pont Samuel-De
Champlain;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec de mettre sur pied, comme
mesure de mitigation, une navette
entre Brossard et l'arrêt Robert-Bourassa à Montréal et de maintenir cette
mesure jusqu'à l'inauguration de la station Griffintown—Bernard-Landry.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Nous
en sommes maintenant rendus à la période de questions et de réponses orales, et
je cède la parole, en question principale, au chef de l'opposition
officielle.
M. Tanguay : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Vous le savez,
pour nous, au Parti libéral du Québec, l'économie, c'est à la base de tout, à la base de notre
capacité à créer la richesse pour payer nos services publics puis avoir des
finances publiques en ordre.
premier ministre veut qu'on parle de Northvolt, on va parler Northvolt. Et j'ai
des questions pour lui. Alors, s'il peut
se rendre à l'onglet Northvolt. Et j'espère qu'il y a plus d'une page, parce
qu'on a plusieurs questions pertinentes, parce qu'on parle d'un projet, oui, qui a un potentiel extraordinaire, mais,
quand c'est mal ficelé, mal présenté et qu'on a l'impression, collectivement, qu'il y a eu des échappatoires,
pas de date, on modifie les règles pour plaire à Northvolt, ça n'aide pas à
l'acceptabilité sociale.
qui faisait dire à Michel C. Auger, samedi dernier, on l'a tous lu, puis je
vais en citer un bref extrait, ce qui suit : «Il y a maintenant un problème d'acceptabilité
sociale, pas parce qu'en soi c'est un mauvais projet, mais parce qu'il y a trop
de questions sans réponse de la part du
gouvernement pour qui la cause était déjà entendue avant même son annonce. Sur
ce point, le gouvernement [caquiste] ne peut s'en prendre qu'à lui-même.»
Donc,
le premier ministre disait aux Québécois, malheureusement, puis ça, c'est une
déclaration malheureuse, où il disait
aux Québécois : Changez d'attitude, sinon, des projets de même, il n'y en
aura pas, puis ça va finir là. Le premier ministre doit, lui, répondre à
nos questions.
J'ai
deux questions simples toutes simples pour lui, j'espère qu'il a les réponses :
Le gouvernement s'est engagé à fournir combien de mégawatts pour
l'ensemble du projet, phases I, II, III, et à quel prix?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la Présidente. Bien, je suis content
parce que les choses sont claires, maintenant. On sait, on se souvient tous du chef libéral Philippe
Couillard qui disait : C'est dépassé, les barrages. Nous, on ne pense pas
que c'est dépassé. Et, Mme la
Présidente, il y a une opportunité extraordinaire actuellement pour le Québec,
pour le prochain siècle, de changer l'économie du Québec en accueillant
des entreprises de l'économie verte.
Donc,
Mme la Présidente, il y a Northvolt, on pourrait dire aussi qu'il y a GM, il y
a Ford, il y a Volta, il y a toute une filière qui est attirée actuellement par
le Québec. Ce qu'on fait, Mme la Présidente, quand vient le temps de faire une
entente avec une entreprise comme Northvolt, c'est qu'on s'assure que les
retombées économiques excèdent ce qui est donné par le gouvernement. Qu'est-ce qui est donné par le gouvernement?
Bien, entre autres, il y a un prix avantageux sur l'électricité. Effectivement, aujourd'hui, quand
on regarde le prix de l'électricité, même au niveau industriel, il est plus bas
que ce qu'on peut appeler le coût marginal.
Donc, il doit y avoir des retombées pour la différence entre le coût marginal
et le coût qui est offert à l'entreprise. Mais, Mme la Présidente, je pense que
le ministre de l'Économie est très rigoureux. À chaque fois qu'on aide
une entreprise, c'est parce qu'on s'assure que les Québécois...
Présidente : En terminant.
M. Legault : ...vont
recevoir plus que ce qui est offert à l'entreprise.
Présidente : Première complémentaire.
M. Tanguay : Mme la Présidente, j'essaie beaucoup, à matin, de
me parler puis d'aider le premier ministre à vendre aux Québécois — plutôt
que de leur dire «changez d'attitude» — le projet Northvolt. J'essaie
beaucoup. Donc, je suis conscient, puis
qu'il me détrompe si j'ai tort, qu'il ne le sait pas. Combien de mégawatts ont
été promis, parce que le deal est déjà fait, si vous me
permettez l'expression, a été promis, phases I, II, III, et à quel
prix? Et je veux entendre ça de la bouche de mon premier ministre.
Présidente : La réponse du ministre de l'Économie, de l'Innovation et
de... l'Énergie, pardon. On l'écoute.
M. Fitzgibbon :
Mme la Présidente, juste un peu
un rappel sur la situation. On se rappelle que le projet de loi n° 2
attribue au ministre de l'Économie
l'attribution des mégawatts en haut de cinq mégawatts. Maintenant, on va dire
que le projet de Northvolt a été approuvé avant, donc c'est Hydro-Québec
qui a accordé les mégawatts au projet Northvolt.
Deuxièmement, la tarification n'est
pas une tarification qui est décidée par le ministre de l'Économie ni par le
premier ministre. La tarification au
tarif L est attribuée à tous les projets industriels. Donc, Northvolt, M.
le chef de l'opposition, a la même tarification que toutes les
entreprises industrielles du Québec. Donc, c'est parfait.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Tanguay : On avance. J'aimerais ça que le premier ministre
s'intéresse au dossier et ait ces réponses-là. Il ne peut pas, comme
premier ministre du Québec, nous vendre Northvolt et ne pas avoir ça dans son
cahier.
Alors,
on vient d'apprendre que le tarif, ça va être le tarif L. Est-ce que ce
sera le tarif L avec une réduction additionnelle, oui ou non?
je repose ma question au premier ministre : Combien de mégawatts? On
court, au Québec, après les mégawatts, on court après. Phases I,
II, III, combien de mégawatts ont été engagés avec Northvolt?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Fitzgibbon :
Mme la Présidente, le chef de
l'opposition ne suit pas ce qui se passe ici, parce qu'on a annoncé
récemment qu'il y a seulement un tarif, c'est le tarif L. Il y avait un
programme qui s'appelait le tarif L moins 20 qui a été éliminé par le ministre des Finances il y a
quelque mois, qui a été annoncé, d'ailleurs. Donc, il faut comprendre ce
qui se passe avant de faire des
affirmations. Northvolt va payer le même prix que toutes les entreprises
industrielles du Québec, et c'est la bonne chose pour le Québec.
Pour
le nombre de mégawatts, c'est une couple de centaines de mégawatts, et c'est
Hydro-Québec qui a alloué les mégawatts, ce n'est pas le gouvernement,
comme ça devait être le cas à l'époque.
Présidente : Troisième complémentaire.
M. Tanguay : Il ne peut pas dire, Mme la Présidente :
C'est Hydro-Québec qui gère ça. C'est le superministre, voyons donc, de l'Énergie, il est au courant de tout,
puis là il s'est arrogé le pouvoir de donner des projets de plus de
5 000 mégawatts et plus.
Alors, tarif L, parfait, cinq mégawatts et plus. Tarif L, parfait. On
ne sait pas ce qui a été promis pour phases I, II, III en termes de
mégawatts.
J'ai
une autre question. Alors que le premier ministre disait, en septembre, que la
rentabilité sera sur 5-9 ans, le fédéral dit 11 ans. Il y a
une grosse marge. Qui dit vrai? La rentabilité...
La Présidente :
La réponse du ministre.
Fitzgibbon : On a le même cahier, ce n'est pas grave. Alors...
Présidente : C'est beau, l'amour.
Alors, il n'y aura
qu'une seule réponse. Et là vous perdez votre propre temps. La réponse du
ministre.
Fitzgibbon : Alors, Mme la Présidente, comme dans tous les projets qui
sont évalués par le gouvernement du Québec,
effectivement, nous avons toujours une période à laquelle nous voulons un
remboursement des subventions ou des
prêts pardonnables. Généralement, c'est entre cinq et sept ans. Dans le cas de
Northvolt, considérant ce qui va arriver pour la filière batterie, hier j'ai mentionné ici, dans cette Chambre,
qu'il y avait 16 milliards d'investissement, qui, en passant, a 11 milliards du 16 d'investissement privé,
c'est transformateur pour l'économie du Québec, dans ce cas-là, la période de
remboursement...
Présidente : En terminant.
Fitzgibbon : ...si on inclut la provision pour le RRE, va être de
10 ans.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Pontiac.
M. Fortin : Mme
la Présidente, chaque jour, quand on se présente ici, à l'Assemblée nationale,
on ne sait pas toujours ce qui nous
attend. Mais, peu importe le jour, peu importe l'actualité, il y a une
constante, et ça, c'est le silence ahurissant du ministre de l'Agriculture par rapport aux grandes difficultés
financières que vit la communauté agricole en ce moment.
Parlant
d'économie, là, les faillites dans le secteur agricole, chez les entreprises
agricoles, ont augmenté de 23 % cette année. Les agriculteurs vivent de plus en plus sur leur marge de crédit.
Et, malgré les demandes répétées de l'UPA, les associations de fraises et framboises, de producteurs de fraises et
framboises, de producteurs de pommes de terre, de producteurs de
légumes, le ministre refuse de leur offrir une aide directe.
Petite
prédiction, Mme la Présidente : dans quelques instants, il va nous
lever... il va nous expliquer l'ensemble des mesures qui sont financées
par son ministère, même si elles seront financées en grande
partie par les
producteurs.
Mais
j'ai une question toute simple pour le ministre : Est-ce qu'il considère
vraiment que ça va bien, aujourd'hui, en agriculture, au Québec? Parce
que c'est la seule affaire qui peut expliquer son inaction.
Présidente : La réponse du ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et
de l'Alimentation.
M. Lamontagne :
Bien, Mme la Présidente, le
secteur agricole a connu, en 2023, une année excessivement difficile, puis ce qui était particulier de cette année-là,
c'est qu'on a eu des enjeux d'eau, de beaucoup d'eau, de sécheresse, des feux
de forêt. Alors, ça a été comme une
conjoncture, si on veut, de plusieurs facteurs, qui fait, ensemble, que ce
n'est pas seulement qu'une région du
Québec, mais c'est plusieurs régions du Québec puis plusieurs filières qui ont
été affectées par cette situation-là, Mme la Présidente.
Puis
ce qu'on a fait, c'est... à partir du mois de juin, fin mai, on a créé un
groupe de travail avec différentes filières, avec l'UPA, on a invité La
Financière agricole à déployer tous les outils qu'elle avait pour accompagner
les producteurs et les productrices
dans cette situation-là, on a mis de l'avant, Mme la Présidente, un fonds
d'urgence. Et tout ça, ça s'inscrit dans une continuité. Au moment où on
se parle, là, on est en contact avec les filières, on est en contact avec
l'UPA...
Présidente : En terminant.
M. Lamontagne :
...on est en contact avec La
Financière agricole, et le travail continue pour accompagner nos
producteurs et nos productrices.
Présidente : Première complémentaire.
M. Fortin : Mme
la Présidente, il nous parle des programmes qu'il a mis en place à la fin mai,
mais, depuis ce temps-là, les producteurs continuent de dire que ça ne
fait pas la job, qu'ils ont besoin de plus que ça.
Hier,
on a présenté une motion, voici ce qu'elle disait : que le secteur
agricole est crucial pour l'économie — ce n'est
pas compliqué, ça — qu'il
faut écouter nos agriculteurs — ça non plus, ce n'est pas compliqué — que le gouvernement mette en place une aide
d'urgence pour les producteurs maraîchers puis qu'il revoie les programmes de
La Financière.
gouvernement de la CAQ, le ministre de l'Agriculture a voté contre ça. Est-ce
qu'il peut nous dire qu'est-ce qu'il y a, dans cette motion-là, qu'il
n'aime pas? Parce que c'est la base de ses actions qu'il devrait prendre.
Présidente : La réponse du ministre.
M. Lamontagne :
Bien, il y a plusieurs choses qui
sont en cours puis qu'on a initiées, puis mon collègue doit le savoir.
Première
des choses, le fonds d'urgence, là, encore aujourd'hui, là, il est à se
déployer. Parce que les gens, aussi, attendent,
à la fin de l'année... Toute la question des paiements par les différents
programmes auxquels ils participent, ça s'inscrit aussi quand l'année est terminée. Alors, les gens reçoivent
différents paiements puis font... En date d'aujourd'hui, le fonds d'urgence, là, il y a plusieurs
entreprises qui font appel, il y a plusieurs réponses positives qui sont
données. Puis on avait bonifié ce fonds là d'une aide de
50 000 $ à 200 000 $.
Parallèlement
à ça, la révision des programmes qui est demandée par La Financière est
amorcée, Mme la Présidente.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Fortin : Si le premier ministre, la semaine dernière, demandait à
tout le monde de changer d'attitude, en agriculture
ce serait bienvenu, parce qu'en ce moment, là, l'attitude du gouvernement,
c'est l'inaction totale. Un changement d'attitude, là, ce serait de démontrer de
l'ouverture, d'écouter les producteurs, d'arrêter de leur mettre des bâtons
dans les roues puis d'améliorer les programmes de La Financière tout de
suite.
Qu'est-ce
qu'il attend? Il est où, l'empressement du ministre? Il y a 23 % plus de
faillites agricoles. On ne peut pas tolérer ça.
Présidente : La réponse du ministre.
M. Lamontagne :
Mme la Présidente, c'est à tous
les jours qu'on est en contact avec les filières, qu'on est en contact avec L'Union
des producteurs agricoles, qu'on est
en contact avec La Financière
agricole pour apporter le meilleur
soutien possible à nos producteurs, nos productrices.
Mais
je ne peux pas m'empêcher, là, de retourner, là, 2014, 2015, quand le
gouvernement libéral, dont mon collègue faisait partie, a coupé les
fonds du ministère de l'Agriculture du Québec, là, de plus de 20 %, Mme la
Présidente. 250 millions de
dollars qui a été coupé par le Parti
libéral. Ça fait que de voir mon
collègue, aujourd'hui, qui se lève puis qui dit qu'il n'y a rien qui se fait...
La première chose qu'on a faite, là, ça a été d'apporter du soutien à tout ce
secteur-là...
Présidente : En terminant.
Lamontagne : ...qui a été mis à mal par le précédent gouvernement
libéral, Mme la Présidente.
Présidente : On va passer à une question principale, mais, juste
avant, je vous demanderais de respecter le règlement sur le silence. On avait
écouté les questions avec beaucoup d'attention, on doit faire la même chose
pour les réponses.
question principale, je reconnais maintenant la députée de Bourassa-Sauvé... Oui. Exactement. Allez-y. Allez-y.
Mme Cadet : Merci, Mme la Présidente. Depuis quelques semaines,
j'interpelle la ministre de l'Emploi au sujet du quotidien de nos entrepreneurs. Dans plusieurs petites entreprises,
le recrutement est difficile depuis plusieurs années, tant et si bien qu'en ce moment les entrepreneurs
s'accrochent à leurs employés, malgré un ralentissement, de crainte de ne
pas pouvoir les retrouver quand l'économie
sera plus favorable. Quand ces PME n'arrivent plus à compétitionner, bien, il
arrive que leurs employés, ils quittent, et tout est à recommencer.
Dans
un contexte de pénurie, les gens, ils sont recrutés pour travailler. Nos
entrepreneurs, ils en ont besoin. Mais comment
veiller à l'intégration durable en emploi, à la rétention de ces employés pour
créer des employés plus productifs qui
contribuent à la création de richesse dans nos régions? Bien, il faut investir
dans le développement des compétences. Ça tombe bien, il y a, au
ministère de l'Emploi, un fonds de développement du marché du travail dont les
sommes sont affectées à la prestation des
services publics d'emploi. Par contre, la ministre de l'Emploi a décidé de
couper dans ce budget.
Est-ce
que la ministre, elle croit que, dans le marché actuel, il y a une baisse du
bassin de clientèle et qu'elle peut se permettre ces coupes?
Présidente : La réponse de la ministre de l'Emploi.
Mme Champagne
Jourdain : Mme la Présidente, vous savez, j'ai eu la chance de dire
plusieurs fois en cette Chambre qu'on ne
lésine pas, on ne ménage aucun effort pour soutenir nos entreprises, nos
entrepreneurs dans leurs besoins de main-d'oeuvre, la même chose pour
les chercheurs d'emploi.
Vous
savez, on fait face aussi, par rapport au fédéral, à des coupures, par exemple,
mais on défend aussi ce qui est de notre compétence. Alors, on va régler cette
question-là. On a certainement eu des choix à faire, mais, vous savez, on
continue et on va être là pour ces
entreprises-là, pour pouvoir les soutenir, pour pouvoir continuer de développer
les compétences. On a annoncé, dans
les dernières semaines, plusieurs initiatives qui nous permettent de former des
gens dans des secteurs spécifiques pour les besoins dont les entreprises font
preuve et nous font part. Et ça, on est capables de faire ça, entre autres par tous les partenaires qui sont là puis
qui nous alimentent dans notre connaissance des milieux, des secteurs et
des régions.
Présidente : En terminant.
Mme Champagne
Jourdain : Alors, on va continuer comme ça, Mme la Présidente.
La Présidente : Première complémentaire.
Cadet : Mme la Présidente, la ministre nous parle du
fédéral, mais, justement, le ministre fédéral de l'Emploi, il a affirmé
publiquement, à l'émission Zone Économie , récemment, que le Québec
laisse 170 millions de dollars à Ottawa sur la table pour former des gens, des sommes qui pourraient servir à
procéder à des achats de services auprès des organismes spécialisés en employabilité. On parle de
145 millions pour le développement de la main-d'oeuvre, 15 millions
pour le développement des habiletés de base, 10 millions pour
former les gens handicapés.
Je vous pose
la question que Gérald Fillion a posée au ministre fédéral : Pourquoi
Québec laisse 170 millions sur la table?
La Présidente : Je vous rappelle qu'on
s'adresse à la présidence. Et la réponse de la ministre.
Mme Champagne Jourdain : Mme la
Présidente, depuis quand le Québec laisse de l'argent sur la table, hein?
Mme la
Présidente, il y a une autre chose que le Québec ne laissera pas sur la table,
c'est sa compétence. Et, au niveau de l'emploi, c'est le cas. Alors, nous, on
ne signera pas des ententes qui vont faire en sorte qu'on ne sera pas capables
d'adresser nos besoins, nos particularités,
les besoins de notre marché du travail, ici, par rapport à nos régions, par
rapport à nos secteurs d'emploi. Alors, ce qu'on se refuse de faire,
c'est justement d'abandonner cette compétence-là.
Maintenant, ces discussions-là ont toujours lieu...
La Présidente : En terminant.
Champagne Jourdain : ...il y a un dénouement positif qui s'en vient. Et
on va garder cette compétence-là chez nous parce que c'est nous qui
savons...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Cadet : Mme la Présidente, la ministre dit : Depuis
quand Québec laisse de l'argent sur la table? Bon, ce n'est pas la première fois qu'on voit ce type
d'exemple là où le gouvernement caquiste essaie de négocier des ententes avec
le fédéral mais n'est pas capable de
déployer l'argent sur le terrain. Les organismes spécialisés en employabilité,
ils ont besoin de ces sommes-là.
Puis, pendant qu'on coupe dans les budgets de services en emploi, on n'utilise
pas cet argent-là du fédéral.
Pourquoi Québec laisse cet argent-là sur la
table? Est-ce que c'est aux organismes aussi à changer leur attitude?
La Présidente : La réponse...
Présidente : Je vous rappelle, pas de commentaire ni de son
après les questions. Et la réponse du ministre des Finances. Allez-y.
M. Girard
(Groulx) : Oui, Mme la Présidente. Bien, le ministre du
Travail fédéral est bien sympathique puis bien intentionné, mais il est aussi
nouveau et il a mélangé ce qu'on appelle la comptabilité d'exercice puis la
comptabilité de caisse. Alors, on attend des fonds du fédéral pour
l'année 2023‑2024, puis on va les avoir, et puis on les a
comptabilisés, ce qui permet à la
ministre d'oeuvrer sur le terrain puis de faire une différence. Et puis, oui,
il faudra signer une entente pour confirmer ces transferts de fonds là.
Mais il n'y a absolument aucun doute que le Québec va assumer sa compétence. Il
n'y aura pas de soumission au fédéral comme c'est suggéré par l'opposition...
La Présidente : En terminant.
M. Girard (Groulx) : ...et ces
fonds-là vont être déployés pour le bénéfice des...
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le chef...
La Présidente : Je vous dérange? On
vous dérange?
En question
principale, je reconnais maintenant le chef du deuxième groupe d'opposition. La
parole est à vous. On vous écoute.
M. Nadeau-Dubois :
Merci, Mme la Présidente. La crise du logement, ce n'est pas des
statistiques, c'est des vies brisées. À Shawinigan, il y a une famille de
quatre enfants qui est présentement menacée d'éviction. Imaginez, quatre petits
gars entre cinq et 11 ans qui vont être forcés de quitter leur milieu de
vie, leur école, leurs amis.
Shawinigan, là, le taux d'inoccupation, c'est 0,7 %. Un logement
disponible, pour une famille de quatre enfants, il n'y en a pas. Alors, leurs
parents, Caroline et Jonathan, font ce que feraient n'importe quels parents, y
compris nous autres, ils se battent corps et âme pour le bien-être de
leurs enfants. Moi, je veux saluer leur courage.
Jonathan, le papa,
est ici ce matin, il a fait la route de Shawinigan ce matin pour écouter les réponses
du premier ministre. J'ai parlé à Jonathan, ce matin, j'ai dit : Qu'est-ce
que tu voudrais que je dise au premier ministre? Il m'a répondu : Dis-lui qu'il faut agir maintenant, il faut penser aux
familles comme moi, il faut agir maintenant. Ça tombe bien, le premier ministre peut agir maintenant pour
éviter cette tragédie-là et d'innombrables autres tragédies au Québec. Le
projet de loi n° 31, il n'est
pas encore adopté. On peut encore le bonifier pour y ajouter ce que demande
Jonathan et Caroline, un moratoire sur les rénovictions.
Est-ce que le premier
ministre accepte de collaborer avec nous pour aider ces gens-là? Ils en ont
besoin.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la Présidente, d'abord, je veux dire aux
membres de la famille qui sont présents avec nous aujourd'hui que je suis de tout coeur avec eux
autres. Ça n'a pas de bon sens qu'on se retrouve dans cette situation-là. Puis
d'ailleurs la députée de Laviolette—Saint-Maurice est en contact avec cette famille. On a un recours actuellement devant
le TAL, donc, le tribunal, parce qu'on pense
qu'effectivement c'est une éviction qui n'est pas acceptable. Donc, Mme la
Présidente, j'ai demandé à la Société
d'habitation du Québec d'entrer en contact avec la famille, de s'assurer qu'on
trouve une solution.
Maintenant,
pour ce qui est du projet de loi n° 31, je rappelle au chef de Québec
solidaire qu'on a changé le fardeau de
la preuve lorsqu'il y a une éviction. Maintenant, c'est le propriétaire qui
doit faire la preuve. Avant, avec les libéraux puis le Parti québécois,
c'était le locataire qui devait faire la preuve.
Donc, Mme la
Présidente, en attendant, on va bien s'occuper de la famille.
Présidente : Première complémentaire.
M. Nadeau-Dubois : Je veux remercier le
premier ministre de s'être occupé de ce dossier-là. Ceci étant dit, comme
premier ministre du Québec, il doit
s'occuper de tous les dossiers comme ceux-là, les milliers de familles qui sont
menacées d'éviction au Québec, puis il ne pourra pas s'en occuper un par
un. La solution, c'est de mettre un moratoire sur les rénovictions dans les secteurs où la crise du logement frappe fort.
C'est ce que Jonathan et Caroline demandent, c'est la proposition que je
lui soumets, bonifions ensemble son projet de loi.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente, on a des règles sévères,
au Québec, pour éviter les évictions qui ne sont pas acceptables. Puis la ministre de l'Habitation,
dans son projet de loi n° 31, bien, s'est assurée de modifier le fardeau
de la preuve.
Bon,
je sais qu'il y a des propositions qui ont été faites par Québec solidaire pour
les cessions de bail. Ce qu'on a dit, dans
le projet de loi, c'est que, lorsqu'il y a une cession de bail qui est refusée,
bien, c'est une annulation du bail, donc les locataires sont protégés.
Maintenant,
concernant les rénovictions...
Présidente : En terminant.
M. Legault : ...bien,
on s'assure que ce soit fait selon les règles qui sont fixées au Québec.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Nadeau-Dubois : Le problème, c'est que les
règles, elles ne sont pas suffisantes. Il y a une épidémie d'évictions comme celle que vivent Jonathan et Caroline, au
Québec. C'est des familles dont les vies sont brisées. On a la responsabilité
d'aider ce monde-là. Le premier ministre dit toujours : Je défends le
Québec. Bien, le Québec, c'est ce monde-là, puis la manière de les aider, c'est de faire un moratoire
pour vrai sur les rénovictions. On est en pleine crise du logement, on n'a pas
les moyens de laisser tomber ces familles-là.
Pourquoi est-ce que
le premier ministre refuse la seule solution qui fonctionne, un vrai moratoire?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente, encore une fois, on a des
règles sévères, on les a rendues encore plus sévères pour que le fardeau
de la preuve soit maintenant du côté des propriétaires.
Québec solidaire, à part de dire : On ne fait plus rien, puis tout est
gelé, au Québec, puis on gèle le prix des loyers, on gèle tout... Bien,
on est ouverts aux suggestions.
La Présidente :
En question principale, je
reconnais maintenant le député de Saint-Henri—Sainte-Anne. La parole est à vous.
M. Cliche-Rivard :
Merci, Mme la Présidente. Le premier ministre rappelle souvent qu'en raison
de la hausse du nombre de demandeurs d'asile les services québécois font face à
des pressions accrues. Il souligne que cette pression est devenue intenable. Sa
ministre de l'Immigration, elle, parle même d'un point de bascule.
problème, c'est qu'elle a le pouvoir de diminuer ces pressions sur l'État, mais
elle ne fait rien. Ce qui force des milliers de demandeurs d'asile à être sur
l'aide sociale pendant des mois, ce sont les délais excessifs du fédéral à
émettre des permis de travail. Le droit du travail, c'est de compétence
québécoise. Pourquoi le Québec ne remettrait-il pas des autorisations rapides
de travail? C'est la proposition que je fais aujourd'hui. Je ne vois aucune
raison qui l'empêche.
L'immense
majorité de ces gens veulent travailler. Le droit du travail, c'est de
compétence provinciale, c'est la solution qui est entre nos mains.
pleine pénurie de main-d'oeuvre, pourquoi la CAQ choisit de maintenir ces gens
sur l'aide sociale? La ministre va-t-elle accepter notre proposition?
Présidente : La réponse de la ministre de l'Immigration, de la
Francisation et de l'Intégration.
Mme Fréchette :
Oui, Mme la Présidente, merci.
Bien, il est intéressant de constater que le collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne
s'intéresse aux champs de juridiction entre le Québec et le fédéral. Il faut
rappeler que leur chef, le chef de la
deuxième opposition, disait ne pas s'intéresser au débat de juridictions. Donc,
je vois que, le collègue, pour lui il en va autrement.
notre côté, en fait, vous savez qu'on est une nation qui accueille, et très
positivement, l'ensemble des demandeurs d'asile, mais que ceux-ci arrivent
en trop grand nombre pour que ce soit tenable pour le Québec.
a fait énormément de représentations auprès du fédéral, et, parmi ces
représentations-là, il y a celle qui avait un lien avec les permis de travail. Ça fait déjà plus d'un an qu'on fait
des demandes auprès du fédéral pour que l'émission des permis de travail
auprès des demandeurs d'asile se fasse de manière beaucoup plus rapide. Or, ça
a donné des résultats, parce qu'en décembre
dernier les informations, les statistiques révélaient que, pour les demandeurs
d'asile arrivés de manière régulière,
donc à l'aéroport, eh bien, 80 % d'entre eux obtenaient un permis de
travail en 77 jours. Alors, c'est une avancée considérable par
rapport à ce qui prévalait.
Présidente : En terminant.
Mme Fréchette : Mais, bien sûr, il y a toute une autre série de services sur lesquels
on a eu trop... une pression...
Présidente : Première complémentaire.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme la Présidente.
Pas de réponse sur la proposition, alors je réitère. Encore une fois, la
CAQ abdique ses pouvoirs et ses compétences au profit du fédéral. Ces personnes
sont ici, elles sont admises sur le territoire,
elles veulent travailler, et la CAQ refuse de prendre les grands moyens afin
d'autoriser le travail de ces gens alors qu'ils le peuvent pleinement.
C'est
ça, un grand parti nationaliste? On laisse Ottawa nous dicter qui peut
travailler chez nous, vraiment, et ensuite on accepte de ne pas être
remboursés? Pourquoi?
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Mme Fréchette :
Oui, Mme la Présidente. Bien,
l'émission des permis de travail, ça relève du fédéral. Donc, on a fait
pression sur le fédéral, et ça a donné des résultats intéressants.
continue à faire des pressions et on continue à être en action, par ailleurs.
On fait, par exemple, en sorte d'avoir mis sur pied des programmes pour
que les demandeurs d'asile travaillent dans le domaine du tourisme, et ça a été
salué de tout le milieu. On travaille
également pour faire en sorte que les demandeurs d'asile travaillent dans le
domaine de la santé. Ces gens-là veulent travailler au Québec. On veut
les aider, on veut les soutenir en ce sens-là. Le fédéral octroie maintenant des permis en 77 jours pour
permettre à ces demandeurs d'asile de travailler. Mais, une chose est
importante à rappeler, heureusement que QS n'était pas au pouvoir cette
dernière année, parce que, sinon...
Présidente : En terminant.
Fréchette : ...le chemin
Roxham n'aurait pas été fermé, et on en aurait des dizaines de milliers de
plus, des demandeurs d'asile.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Cliche-Rivard : Toujours pas de réponse,
Mme la Présidente. Je réessaie une troisième fois. J'ai travaillé avec ces demandeurs d'asile, et, je peux vous le dire,
ce qu'ils veulent, c'est contribuer. Pendant la pandémie, les préposés aux
bénéficiaires issus de l'immigration ont tenu notre réseau de la santé à bout
de bras. Plutôt que de les considérer comme un
fardeau, plutôt que nous répéter que les demandeurs d'asile pèsent lourd sur
notre système, la ministre peut leur donner le droit de travailler, une
autorisation rapide de travail. Le Québec peut le faire, mais, encore une fois,
on préfère rejeter la faute sur les autres.
Est-ce que la
ministre va permettre, oui ou non, une autorisation rapide de travail?
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Fréchette :
Oui, Mme la Présidente. Bien, on
ne veut pas s'engager dans une procédure de dédoublement de ce qui est fait par le fédéral. Nous, on demande le
rapatriement des pouvoirs en immigration. Je vois que QS, maintenant, est de
cet avis, qu'il faudrait rapatrier des pouvoirs au fédéral. Donc, on fait en
sorte d'en parler, d'en discuter avec nos interlocuteurs
au fédéral. Mais, pour ce qui est des permis de travail, bien, ils sont
maintenant émis dans une période de 77 jours, ce qui leur permet de
travailler.
Maintenant,
ils sont sur l'aide sociale quand même un certain temps, trop longtemps, parce
qu'ils doivent prendre le temps de
trouver un travail, par ailleurs. Donc, le temps dévolu par l'aide de dernier
recours est quand même trop important. Il faut réduire le nombre de
demandeurs d'asile qui viennent au Québec.
Présidente : En terminant.
Mme Fréchette :
...il faut que le Québec
soit remboursé en totalité, et il faut que les demandeurs d'asile soient
répartis dans l'ensemble du Canada.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Rosemont.
M. Marissal :
Merci, Mme la Présidente. J'ouvre
les guillemets : «Que l'Assemblée nationale [...] demande au gouvernement du Québec de s'engager à utiliser des
transferts découlant du programme fédéral pour bonifier la couverture des soins dentaires des Québécoises et des
Québécois.» On ferme les guillemets. Ça vous rappellera peut-être quelque
chose. C'est une motion qu'on a votée ici à l'unanimité le 30 mars
dernier.
fait longtemps que les Québécois et les Québécoises attendent une vraie
assurance dentaire. Ça fait longtemps que
les aînés doivent choisir entre la facture du dentiste, qui a augmenté,
d'ailleurs, considérablement, et la facture d'épicerie. Le problème, c'est qu'on n'en a pas, de programme
dentaire complet, au Québec, puis que le programme fédéral qui est proposé, c'est du manger mou, Mme la Présidente.
Le ministre de la Santé a la chance de rapatrier l'argent du fédéral pour
investir dans une meilleure assurance dentaire gérée ici, par et pour le
Québec.
Est-ce
que le ministre peut s'y engager, une vraie assurance dentaire, puis d'aller
chercher notre argent à Québec?
La Présidente : La réponse du
ministre de la Santé. On l'écoute.
Dubé : Bien, premièrement, Mme la Présidente, j'apprécie
beaucoup la question, parce que c'est exactement le même enjeu que ma
collègue ici à l'Immigration parlait, c'est une compétence provinciale. Et, pas
plus tard que la semaine dernière, j'ai
rencontré le ministre Holland, qui m'a fait part de ses ambitions, tant au
niveau du plan dentaire que de l'assurance maladie, et je lui ai dit : Écoutez,
je ne sais pas de quoi vous me parlez, c'est clair que c'est une compétence
provinciale.
Alors, ce
qu'on dit, puis c'est très clair, que, s'ils veulent faire leur programme, en
raison des pressions politiques... Et
là je n'entrerai pas là-dedans. Moi, j'ai dit : C'est très clair, on veut avoir
une compensation monétaire pour qu'on puisse, nous, continuer à faire ce qu'on fait avec les Québécois, parce que
notre programme est pour un certain nombre de personnes, un certain nombre de bénéficiaires, si on peut
prendre cet argent-là du fédéral pour venir bonifier nos programmes dentaires
ce sera une très bonne idée, mais ça reste
une compétence provinciale. Et j'ai été très clair, comme mon collègue qui
s'occupe des relations fédérales, le ministre, on a été très clairs,
c'est une compétence provinciale...
La Présidente : En terminant.
M. Dubé : ...puis on ne changera pas
de discours là-dessus.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Marissal : Vous avez compris, je
me suis gouré, là, j'ai dit : Aller chercher l'argent à Québec. Je voulais évidemment dire : À Ottawa. On s'entend, le
ministre et moi, là-dessus. Sauf qu'on ne l'a pas entendu beaucoup revendiquer
pour aller chercher ce programme-là. Oui,
c'est de juridiction provinciale, là-dessus aussi on s'entend, Mme la
Présidente. On s'entend, c'est
formidable, aujourd'hui, sur une troisième chose. Les dents, ça fait
partie du
corps humain, sauf que ce n'est pas
couvert ou mal couvert. Ça coûte la peau des dents aux Québécois et aux
Québécoises de se soigner, et ça cause des problèmes de toutes sortes.
Est-ce qu'il va aller chercher l'argent pour
faire, sa juridiction, un vrai programme ici?
La Présidente : La réponse du
ministre.
Dubé : Bien, écoutez, on a tellement une belle
collaboration avec Québec solidaire que, s'il veut venir avec moi à
Ottawa, je l'invite à venir le faire.
Écoutez, Mme
la Présidente, on a des lois qui sont très claires. Il y a des enjeux avec le
fédéral. Le fédéral décide de
légiférer pour des raisons politiques qui leur sont propres. Je ne peux pas les
empêcher de légiférer. La seule chose que je peux vous dire aujourd'hui, c'est
qu'on a été très clair. Je pense qu'il y a une ou deux lettres qu'on a
envoyées, récemment, au ministre de
la Santé, avec mon collègue, pour dire : Écoutez, faites ce que vous voulez
faire, mais, nous, ce qu'on veut, c'est une compensation monétaire pour
l'argent qui sera investi par le fédéral.
La Présidente : En terminant.
M. Dubé : Je ne peux pas vous en
dire plus que ça, c'est très clair.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Marissal : Bon, on récapitule. Les dents, ça fait
partie du
corps humain. Notre argent est à Ottawa. Je n'ai pas eu beaucoup de succès avec le ministre de la Santé,
est-ce qu'il va aller vraiment chercher l'argent, faire un vrai programme.
Mais je vais essayer avec le ministre des Finances. Je m'ennuie du ministre des
Finances.
À défaut
d'être allé chercher les 6 milliards en santé, là, on a juste eu le petit
milliard, et encore, là, ça ne lui tenterait pas d'aller chercher tout notre
argent, de le revendiquer? Il pourrait créer un beau programme de santé
dentaire que tout le monde attend, au Québec. Ça ne lui tente pas?
La Présidente : La réponse du
ministre de la Santé.
Dubé : O.K. Je veux juste être sûr, Mme la Présidente,
qu'on se comprend très bien. Si le fédéral décide de légiférer comme il a fait et de mettre des
montants qui vont être disponibles pour un programme de soins dentaires, qui
est de compétence provinciale, on est dans
nos droits d'exiger une compensation monétaire. Cette compensation monétaire,
on pourra décider ce
qu'on veut faire avec. Si on veut bonifier notre système dentaire actuel, on le
fera. Je ne sais pas quoi dire de
plus que ça, Mme la Présidente, mais on va continuer, avec mon collègue aux
Relations fédérales, de faire la bonne chose pour les Québécois, avec
nos ressources. Et c'est notre compétence...
Présidente : En terminant.
M. Dubé : ...et
on va continuer de la défendre. Merci beaucoup.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Jean-Lesage.
M. Zanetti : Merci, Mme la Présidente. Alors, quand on a décidé
de fixer le nombre de députés à 125, il y avait 6,8 millions de
Québécoises et Québécois. On est rendus à 9 millions et on est passés de
représenter une moyenne de 54 000 Québécoises
et Québécois par député à 72 000. Ici, évidemment, je ne parle pas
seulement des électeurs et électrices mais de tout le monde, parce qu'on
représente tout le monde dans les bureaux de comté.
Québécoises et Québécois, de Montréal à Gaspé, sont moins bien représentés en
2024 qu'en 1989. Comment est-ce qu'on
peut accepter ça? La Gaspésie s'est fait couper une circonscription en 2011,
puis là elle risque d'en perdre une autre. On n'est pas obligé de
trouver ça correct et de le faire.
On est en plein
redécoupage de la carte électorale. La commission a un plafond qu'elle ne peut
pas dépasser, 125 députés. On l'a atteint il y a 35 ans. Il faut
réécrire la loi.
Est-ce
que la CAQ accepte de modifier la loi afin que les Québécoises et Québécois
soient mieux représentés dans cette Chambre?
Présidente : La réponse du ministre responsable des Institutions démocratiques.
M. Roberge : Merci, Mme la Présidente. Il faut rappeler qu'on
est, en ce moment, au milieu d'un processus qui est important, avec la CRE, la Commission de la
représentation électorale, la carte électorale, qui fait des auditions. Elle en
faisait hier, elle en fait aujourd'hui, elle
va en faire demain. C'est un processus qui est... on est comme au milieu du
processus, parce qu'il y a eu le
dépôt des premières... des premières ébauches de carte, il y a eu des auditions
en région. Ils ont ajouté, d'ailleurs, des auditions en Gaspésie, suite
aux demandes, pour aller écouter des citoyens.
il y a des gens qui font leurs revendications, qui présentent leur point de
vue. C'est nécessaire. Je sens une bonne écoute de la part des membres de la commission. J'espère qu'il y aura
des modifications à cette carte-là, justement, parce que ce n'est pas figé dans
le béton, il faut être capable de s'adapter en fonction des arguments des uns
et des autres. Puis je pense qu'on a
tous à coeur... on a voté une motion unanime, puis on ne reviendra pas sur
notre parole, pour protéger la réalité régionale gaspésienne. Je pense, c'est
important de le faire. Je suis content de voir que Québec solidaire s'intéresse
aux régions, lors du dépôt de la motion puis
aujourd'hui à la période de questions, mais je pense qu'il faut aller au bout
du processus, en ce moment, le processus qui a lieu...
Présidente : En terminant.
M. Roberge :
...qui est rigoureux. Puis j'espère que mon collègue va y participer.
Présidente : Première complémentaire.
M. Zanetti : Merci, Mme la Présidente. La commission est en
train d'entendre tout le monde, c'est bien, mais la commission a les mains liées, elle ne peut pas
augmenter le nombre de députés. Et ça, on sait qu'est-ce que ça va donner.
Éventuellement, quelqu'un... du monde vont
perdre des circonscriptions, puis ça va être... ça risque d'être la Gaspésie
encore, comme c'est arrivé au niveau fédéral.
question, elle porte sur ce que nous, on peut faire ici, pas sur ce que la
commission peut faire. Nous, on peut changer
la loi pour augmenter le nombre de députés à 129 et que tout le monde garde une
meilleure représentation. Est-ce que le ministre est d'accord?
Présidente : La réponse du ministre.
Roberge : La notion de
représentation est extrêmement importante. Il y a plusieurs critères, hein? Il
y a la question qu'idéalement...
bien, pas «idéalement», ce qu'on veut tendre, c'est que chaque vote soit égal,
peu importent les régions. Il y a des régions d'exception. Puis je pense qu'il y
a un consensus, au Québec, pour dire que la voix des régions doit être entendue, au Québec, ici, à l'Assemblée nationale,
de manière très, très forte, qu'on ne peut pas simplement y aller avec une bête redistribution du nombre d'électeurs par
circonscription, il faut tenir compte des réalités régionales. C'est ce qu'on dit
depuis le début, c'est ce que les députés expriment aussi. Je suis convaincu
que la commission sera sensible à ces arguments-là.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Zanetti : Pour que chaque vote
compte, au Québec, comme c'est le souhait du ministre, il va falloir aussi réformer le mode de scrutin. Il y a un projet de
loi qu'on a déposé qui est tout prêt par rapport à ça. Mais là, aujourd'hui,
c'est que, si on n'agit pas ici, si
on ne fait pas ce qu'on peut faire, nous, augmenter le nombre de députés, la
conséquence, ça va rester à 125, puis la Gaspésie va finir par perdre un
autre comté.
Alors, se
ranger derrière le statu quo, là, c'est condamner la Gaspésie à perdre de la
représentation politique. Moi, je suis contre ça. Est-ce que le ministre
est d'accord avec moi?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente,
j'appelle le collègue à la patience puis au respect du processus actuel. C'est particulier, de changer les règles du jeu au
milieu de la
partie alors qu'il y a un processus qui est rigoureux. Le
processus qu'on suit en ce moment, il
a été établi par qui? Bien, par les parlementaires qui ont voté des lois
précédentes, qui ont créé des institutions. Puis on doit respecter les
institutions, qui sont en train de faire un travail qui est sérieux. Puis je
pense que c'est une solution à considérer
avec beaucoup d'attention, et de ne pas tomber dans le piège qu'à chaque fois
qu'il y a un enjeu qui se pose on
doit nécessairement ajouter une circonscription. C'est une question qu'on a le
droit de se poser, évidemment...
La Présidente : En terminant.
M. Roberge : ...on a le droit de se
poser des questions, mais il ne faut pas tomber dans le piège, à chaque fois
qu'il y a un problème on ajoute un comté.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Matane-Matapédia.
Bérubé : Mme la Présidente, «l'État du Québec est laïque».
C'est par ces mots que s'ouvre la
Loi sur la laïcité. L'actuel ministre de l'Éducation a été un fervent
défenseur de la laïcité. Pourtant, sous son ministère, il reste des lieux qui
résistent à la laïcité de l'État, notamment
les 50 écoles catholiques, musulmanes, juives, orthodoxes, de toutes les
religions qui sont toujours subventionnées à 175 millions par l'État
québécois, un État laïque. On parle ici d'écoles religieuses avec des pratiques explicites, qui ne suivent pas le
programme du ministère de l'Éducation. Il y en avait encore un bel exemple
ce matin dans Le Devoir .
En 2018,
l'actuel ministre de l'Éducation écrivait le plus sérieusement du monde
dans Le Devoir , et là je le cite : «La religion doit être du
domaine privé. [...]Je n'en démordrai pas.» L'occasion lui est donnée de
réagir.
Ma question
est simple : Est-ce que le ministre de l'Éducation s'engage, comme nous le
souhaitons, à mettre fin au financement public des écoles religieuses au
Québec?
La Présidente : La réponse du ministre
de l'Éducation.
M. Drainville : Oui. Mme la
Présidente, le député fait référence à cette histoire, là, concernant l'école
Belz, une école juive, donc. Je veux juste,
Mme la Présidente, être très factuel, là, sur les événements, sur les
informations qui ont été transmises. C'est
vrai que, dans un premier lieu, dans un premier temps, il y a eu un avis
défavorable qui a été émis concernant
le renouvellement du permis, avis défavorable de la Commission consultative de
l'enseignement privé et avis défavorable
également de la Direction de l'enseignement privé du ministère, mais, par la
suite, l'école en question nous a
fourni des informations qui nous ont rassurés sur un certain nombre d'enjeux,
notamment le respect du cadre pédagogique. Alors, la décision, à ce moment-là, qui a été prise, c'est de respecter
la recommandation positive, parce qu'une fois que les informations nous
ont été transmises, le ministère, la Direction de l'enseignement privé du
ministère a émis un avis favorable au
renouvellement du permis. Et la décision qui a été prise, c'est de renouveler
le permis pour deux ans, alors qu'habituellement c'est quatre ou cinq
ans. Là, on renouvelle pour deux ans...
Présidente : En terminant.
M. Drainville :
...et, Mme la Présidente, on va,
bien évidemment, surveiller la situation, accompagner l'école et, dans
deux ans, on va s'assurer que tout est respecté.
Présidente : Première complémentaire.
M. Bérubé : Mme la Présidente, ça, c'est un cas, mais il y en
a 49 autres, qui reçoivent près de 200 millions de dollars pour un enseignement où la religion est au
coeur du projet éducatif, on ne suit pas les matières comme les autres
élèves du Québec. Puis on accepte ça?
C'est évident que le ministre se conforme aux
règles actuelles. Ce qu'on lui dit, c'est : Arrêtez de financer les écoles
religieuses. Comment pouvez-vous être crédible avec la loi n° 21 si, sur
l'enseignement de la religion dans les écoles, vous continuez de les financer pour 200 millions?
Vous allez chercher cet argent, vous le mettez dans le réseau public et vous
êtes cohérents avec votre volonté d'avoir un État...
La Présidente :
Je vous rappelle qu'on s'adresse
à la présidence. Et la réponse nous viendra du ministre responsable de
la Laïcité.
Roberge : Merci, Mme la Présidente. Je
pense que mon collègue a très bien
clarifié la situation d'une école en particulier. Il y a eu une
recommandation d'une commission, il y a eu des interventions du ministère, et
puis il y a une recommandation qui a changé, et donc la décision du ministère
est cohérente avec ça.
collègue y va sur la question de la laïcité de manière plus globale. La loi n°
21 qu'on a votée, je pense que c'est
un acquis social extrêmement important. D'ailleurs, la semaine dernière, j'ai
déposé ici un projet de loi dans le but de renouveler la clause dérogatoire
pour préserver le consensus social. Je comprends qu'il y en a qui trouvent
qu'on est allés beaucoup trop loin,
d'autres qui trouvent qu'on n'est pas allés assez loin. Je pense qu'on est à la
bonne place en ce moment...
Présidente : En terminant.
M. Roberge : ...pour
préserver la neutralité de l'État et la laïcité au Québec.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Bérubé : Mme
la Présidente, c'est une question de cohérence. On a pris beaucoup de temps
pour adopter la loi n° 21, ça a été un enjeu
important, au Québec, mais là il y a d'autres secteurs où on fait fi de la
laïcité, et l'État finance pour près
de 200 millions de dollars des écoles où, au coeur de l'enseignement
éducatif des jeunes — la priorité
du premier ministre — c'est la religion. Ça ne peut pas durer. Il y a
une façon d'y arriver : on retire le financement. La communauté financera.
Alors, notre
position, au Parti québécois, c'est de mettre fin à ce financement, c'est
clair. Je ne comprends pas pourquoi on s'attarde, encore une fois, à maintenir
la religion...
Présidente : La réponse du ministre responsable de la Laïcité.
M. Roberge : Mme la Présidente, mon collègue, après qu'il n'y
ait plus de micro, dit : Beau recul. Il n'y a aucun recul, je m'excuse, là, c'est faux, il n'y a aucun
recul. On a fait une avancée exceptionnelle. Puis le Parti québécois est dans
une position difficile pour nous faire la
leçon, là, parce que, sur la question de la laïcité, il y avait un consensus
québécois, ils auraient pu régler la situation, en 2014, mais ils ont
choisi d'instrumentaliser cette question-là, d'aller en élection, d'essayer de coincer les Québécois. Puis les
Québécois, bien, écoutez, ils ont décidé de les congédier. Puis nous avons
réglé la situation en adoptant la loi
n° 21, la
Loi sur la laïcité. On a amené un consensus social. C'est un acquis,
maintenant, pour lequel les Québécois ne veulent pas reculer. J'espère
qu'ils vont appuyer le projet de loi...
La Présidente :
En terminant.
M. Roberge : ...pour
renouveler la clause dérogatoire, parce que ce sont des droits parlementaires,
c'est aux Québécois à aménager la laïcité au Québec.
Présidente : En question principale...
Présidente : Silence! En question principale, il n'y a qu'une seule
personne qui aura le droit de parole ici, on l'écoute, il s'agit de la
députée...
La Présidente :
Silence! Droit de parole, en
question principale, à la députée des Mille-Îles. On vous écoute, madame.
Mme Dufour : Merci, Mme la Présidente. Le premier ministre a
demandé aux Québécois de changer d'attitude face aux grands projets, mais, moi,
ce que j'aimerais, c'est que le gouvernement change d'attitude en habitation.
Il manque de logements partout,
l'accès à la propriété n'a jamais été aussi difficile pour les jeunes, et les
mises en chantier sont en chute libre.
ministre des Finances nous dit qu'éliminer la TVQ, la taxe de vente du Québec,
sur les matériaux de construction, bien, ce serait une mesure
inefficace. Mais ce qui est inefficace, Mme la Présidente, c'est la politique
du gouvernement. Enlever la TVQ, ça se fait
ailleurs : le fédéral, l'Ontario, la Nouvelle-Écosse, la Colombie-Britannique,
Terre-Neuve. Et ça, c'est même
recommandé par les associations de construction, l'association des
propriétaires, l'Institut de développement urbain du Québec et même le
président de la Banque du Canada.
Est-ce que le
ministre a des études que tous les autres n'ont pas vues? J'aimerais bien les
voir.
Présidente : La réponse du ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) : Oui, Mme la Présidente, bien,
c'est certain que, lorsque le fédéral a proposé ça, sans nous consulter,
bien, on a dû prendre un certain moment pour analyser ça. Et puis on l'a
analysé. Et puis, comme vous savez, il y a
déjà un crédit de TVQ de 36 %. La question qu'on devait se poser, c'est : Quel
serait l'effet marginal d'y aller? Puis on sait que, pour le fédéral,
bien, le coût est de 5 %, puis nous, on aurait eu un coût de 10 %, donc deux
fois plus cher.
Alors,
dans un souci de saine gestion des finances publiques, c'est normal de faire
une analyse complète. Puis ce qu'on a constaté, c'est que c'est une mesure qui
serait diffuse, indirecte et inefficace. On a donc préféré y aller avec de
l'aide directe, des subventions pour 8 000 nouveaux logements, à la
mise à jour. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Comme il n'y a pas de
votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans préavis. Et, pour
ce faire, je cède la place au troisième
vice-président de l'Assemblée nationale du Québec. Bonne journée à toutes et à
tous. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
nous sommes bien à la rubrique des motions sans préavis. Et, en fonction
de nos règles et de l'ordre de présentation
des motions sans préavis, je reconnais maintenant un membre du troisième groupe d'opposition. M. le député
de Matane-Matapédia.
M. Bérubé : «Sak
pase», M. le Président?
Alors, je sollicite
le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec de prendre tous les
moyens nécessaires pour obtenir
l'accès intégral, sans caviardage et dans le respect des privilèges reconnus en
droit, au
chapitre 3 du tome 2 du rapport final de la Commission d'enquête sur l'octroi et
la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction, portant
sur les manoeuvres d'octroi des contrats par l'administration du maire
Vaillancourt à Laval.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
j'ai un consentement, sans débat. Est-ce que cette motion est adoptée?
Ah! M. le député de Matane-Matapédia, allez-y.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Oui.
Cette motion est-elle adoptée? Adopté. M. le député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé : En
conséquence, si une équipe le permet, on aimerait pouvoir s'exprimer par le
vote.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Alors, est-ce que j'ai l'appui de...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Voilà. Parfait.
Alors,
nous poursuivons. Nous sommes maintenant rendus à un membre du groupe formant
le gouvernement, et c'est M. le ministre de la Langue française.
M. Roberge : M. le Président, je
sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec la députée de Mercier :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse les bénéfices pour une personne de connaître
et de parler plus d'une langue;
«Qu'elle reconnaisse
cependant le déclin important de la langue française au Québec et plus
particulièrement à Montréal;
«Qu'elle rappelle que
la survie du français est un combat auquel tous les citoyens et élus doivent
participer;
«Qu'elle
affirme sans nuance que la force de la nation québécoise ne réside pas dans le
bilinguisme, mais dans la défense et la promotion de sa langue commune,
le français.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion?
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Il
n'y a pas de consentement. Et nous poursuivons avec la prochaine motion sans préavis, d'un membre... — s'il vous plaît! — d'un membre du groupe formant l'opposition
officielle, et c'est Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci, M. le Président. Je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante
conjointement avec la députée de Sherbrooke, le député de Jean-Talon et la
députée de Vaudreuil :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte que la hausse du coût de la vie a mené à une
hausse importante du nombre de Québécoises et de Québécois ayant recours
à des banques alimentaires;
«Qu'elle
prenne acte que dans le cadre des consultations prébudgétaires, les banques
alimentaires du Québec ont demandé un
soutien gouvernemental pour l'achat de denrées à la hauteur de
30 millions de dollars pour un an pour répondre à la
hausse de la demande en aide alimentaire;
«Qu'elle
demande au gouvernement caquiste de poursuivre son engagement envers le réseau
des banques alimentaires au Québec en s'engageant dès maintenant à répondre
favorablement à l'entièreté de cette demande dans le cadre du prochain
budget.» Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque
(Chapleau) : ...M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Il
n'y a pas de consentement. Et, pour la prochaine motion sans préavis, un
membre du troisième groupe d'opposition. Mme la députée de Sherbrooke.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Un membre du deuxième groupe d'opposition. Désolé.
Mme Labrie : Merci,
M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée pour présenter
la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte de la mobilisation des citoyens concernant
les impacts du transport ferroviaire croissant;
«Qu'elle
reconnaisse que le bruit du transport ferroviaire, spécifiquement celui des
sifflets aux passages à niveau, a un impact sur la santé des personnes
résidant près des rails;
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement fédéral de revoir la
réglementation quant à l'utilisation des sifflets à l'approche des passages à
niveau, afin d'améliorer la quiétude des citoyens, en particulier la nuit.» Merci.
Vice-Président (M. Benjamin) : Est-ce qu'il y a consentement pour
débattre de cette motion?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il y a consentement, sans débat. M. le leader.
M. Leduc : Un
vote électronique, s'il vous plaît, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Un
vote électronique a été demandé. Qu'on appelle les députés. Alors, la période
de vote est ouverte.
La période de vote
est terminée. Mme la secrétaire générale.
Secrétaire : Pour : 108
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Cette
motion est donc adoptée. M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Leduc : Merci, M. le Président. Est-ce qu'on pourrait envoyer
copie de cette motion au Comité pour la quiétude des Sherbrookois, à la ville de Sherbrooke, à la Coalition pour une
meilleure qualité de vie à Magog, la ville de Magog et Transports
Canada? Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Ce sera fait. M. le leader adjoint du gouvernement,
aux avis touchant les travaux des commissions.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui, merci beaucoup, M. le Président.
Donc,
j'avise cette Assemblée de la Commission
des transports et de l'environnement
va poursuivre l'étude détaillée du
projet de loi n° 41, la Loi
édictant la
Loi sur la performance environnementale des bâtiments et modifiant
diverses dispositions en matière de
transition énergétique, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, et de 15 heures à
18 h 30, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission des
relations avec les citoyens va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi
n° 46, la
Loi sur l'amélioration de la
protection des enfants dans les services de garde éducatifs, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la salle
Pauline-Marois.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le leader adjoint du gouvernement.
Je demanderais aux
collègues qui doivent quitter de le faire pour nous, comme d'habitude, en toute
discrétion.
Alors,
pour ma part, aux avis de la présidence, je vous avise que la Commission de
l'Assemblée nationale se réunira en séance publique aujourd'hui, après
les avis touchant les travaux des commissions, vers 11 h 20, jusqu'à
13 h 05 et de 15 heures à 18 h 20,
à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, afin de procéder à l'étude du rapport
préliminaire de la Commission de la représentation électorale.
plus, je vous avise que la Commission des transports et de l'environnement se
réunira en séance de travail demain, jeudi 15 février
2024, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, de 8 heures à 8 h 30,
afin de statuer sur la possibilité que la commission se saisisse de la
pétition portant sur la création d'un comité-conseil jeunesse permanent sur le
climat à l'Assemblée nationale et, de 8 h 30
à 9 heures, afin de statuer sur la possibilité que la commission se
saisisse de la pétition portant sur la tenue d'une enquête du BAPE avant
l'implantation de l'usine de batteries Northvolt.
a-t-il consentement pour déroger de l'article 143 du règlement concernant
l'horaire des travaux des commissions? Consentement.
Toujours à la
rubrique des renseignements sur les travaux de l'Assemblée, je vous informe
qu'il y aura sanction du projet de loi n°
204, Loi concernant la Ville de Longueuil, aujourd'hui, à 11 h 30, au
bureau de Son Honneur la lieutenante-gouverneure.
période des affaires courantes étant terminée... Ah! j'ai M. le leader du
deuxième groupe d'opposition. M. le leader.
M. Leduc : Sur
les renseignements sur les travaux, M. le Président, toujours sur le projet de
loi n° 495 sur l'accaparement des terres
agricoles, on est toujours en train de se demander, de ce côté-ci de la
Chambre, pourquoi on n'a pas procédé, pourquoi on n'a pas continué à l'étude de son principe et,
éventuellement, à l'adoption ou, en tout cas, un vote sur le principe.
Il y avait de l'intérêt du côté des députés de la
partie gouvernementale, mais
c'est terminé.
Puis
à deux reprises il y a eu des plages horaires qui étaient presque vides ici, au
salon bleu. Et c'est ce qui est arrivé hier.
On a perdu du temps. Bien, perdu au sens où est-ce qu'on était disponibles au
salon bleu aussi pour pouvoir faire d'autres types de débats. Celui-là
était commencé, entamé, mais n'a pas terminé.
là, dans le fond, je fais une suggestion, parce que, là, je comprends
qu'aujourd'hui puis je comprends que demain c'est très occupé, je fais une suggestion à mon collègue d'en face :
il pourrait juste inscrire le p.l. n° 495 comme possibilité de discussion au courant de la semaine prochaine,
ce qui ferait en sorte que, si d'aventure, de nouveau, par exemple, mardi
prochain, il y a une longue plage horaire de
libre, comme il l'aurait inscrit d'avance, on pourrait avoir le loisir de venir
continuer son étude ici. Alors,
suggestion, parce que je comprends qu'après ça, d'une journée à l'autre, ça
peut évoluer : On fait-tu ci, on
fait-tu ça? Mais, si, au moins, il l'inscrivait dans sa planification, qu'il
nous communique avec beaucoup de camaraderie les vendredis, ça nous donnerait et ça lui donnerait la possibilité de
le mettre de manière agile, de manière rapide, si d'aventure on voyait, donc, qu'il y avait un espace qui se
libérait. Donc, c'est une suggestion que je fais à mon collègue, et j'espère
pouvoir voir ça vendredi dans la planification de la semaine prochaine.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le leader du deuxième groupe d'opposition. M. le leader adjoint du
gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Merci beaucoup, M. le Président. Comme vous le savez, on
apprécie toujours les suggestions de
l'opposition, là, qu'on analyse avec grand intérêt. Puis également j'apprécie
énormément, M. le Président, les échanges qu'on a, là, au quotidien avec
le collègue du deuxième groupe d'opposition, là.
Peut-être
faire un petit... un petit rappel. Bon, prenons d'abord la journée
d'aujourd'hui. On a beaucoup de pain sur
la planche, d'ailleurs on va être très occupés, là, dans quelques instants,
notamment avec le projet de loi n° 37, le projet de loi n° 31, le projet de loi n° 48. Et
on a également été énormément occupés, là, ces dernières semaines, depuis le
retour à l'Assemblée nationale,
que... on a étudié, justement, le projet de loi n° 495, celui... n° 595, on a eu un mandat d'initiative sur les dons d'organes. Actuellement, il y a également de nombreux
projets de loi très, très importants, en commission, qui sont à l'étude. Et
évidemment on a également eu la chance d'étudier les projets de loi, là, n os 46
et 41. Et actuellement vous n'êtes
pas sans savoir, M. le Président, que nous avons aussi l'ensemble des études
sur la Commission de la
représentation électorale à la Commission de l'Assemblée nationale. Donc,
ça fait énormément de pain sur la planche. Et donc c'est ce sur quoi on
travaille actuellement. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
je laisserai le soin à vous deux, collègues, de pouvoir poursuivre les
échanges en ce sens.
Donc,
la période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui.
Oui, M. le Président. Je vous demanderais de bien vouloir appeler
l'article 2 du feuilleton, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : À
l'article 2 du feuilleton, M. le ministre responsable des
Services sociaux propose l'adoption du principe du projet de loi n° 37,
Loi sur le commissaire au bien-être et aux droits
des enfants.
Y a-t-il des
interventions? M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Je
vous demanderais, M. le Président, si vous pouviez, juste une courte
suspension, s'il vous plaît, le temps... juste un petit moment, puis
ensuite on va de l'avant avec les interventions. Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Parfait. Donc, nous allons suspendre quelques
instants.
(Suspension de la séance à 11 h 06)
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
nous sommes bien à l'adoption du principe du projet de loi n° 37,
Loi sur
le commissaire au bien-être et aux droits des enfants. Donc, comme première
intervention, je vous reconnais, M. le ministre responsable des Services
sociaux. M. le ministre.
M. Carmant : Merci, M. le Président.
Tout d'abord, j'aimerais remercier les collègues ici présents pour l'adoption
du principe de cet important projet de loi,
même que j'ose qualifier d'historique, le projet de loi n° 37, qui vise à
instaurer le futur commissaire au
bien-être et aux droits des enfants, que j'ai eu la chance de déposer le
26 octobre dernier, ici même. Ce
fut un beau moment rempli d'émotions. Je les remercie également pour leur
collaboration lors des journées de consultations particulières que nous
avons tenues la semaine dernière.
Lors
de ces séances, nous avons eu la chance d'entendre les propos de
16 groupes au total, amenant ainsi une vaste diversité d'opinions, de suggestions et surtout de
pistes de solution et de bonification de ce projet de loi. De plus, près de
30 mémoires ont été reçus au
secrétariat de la commission. J'en profite pour remercier ceux et celles qui
ont pris le temps d'écrire et de soumettre
leurs mémoires. Merci pour votre intérêt envers cette pièce législative des
plus importantes. Et je souligne ici la contribution d'un de mes
citoyens, M. Normand Leclair.
Parmi
ces gens, je tiens à souligner également... vous avez eu la chance d'entendre
Mme Régine Laurent, ancienne présidente
de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la
jeunesse, appelée commission Laurent, ainsi
que l'ensemble des anciens commissaires qui ont su faire part de leurs mémoires
et de leurs commentaires. Il est important pour moi de souligner leur
contribution à ce projet de loi, puisqu'ils en sont avant tout à l'origine.
effet, on se rappellera que la création de ce poste de commissaire au bien-être
et aux droits des enfants était l'une des
recommandations-phares de la commission Laurent, et je suis plus que fier
d'être ici aujourd'hui dans le processus législatif qui va nous permettre, en
tant que société, de se munir d'une telle institution pour le bien de nos
enfants, de tous nos enfants au Québec.
Enfin, une personne
autonome et pleinement indépendante agira à
titre de porte-voix pour plus de
1,6 million d'enfants. C'est une
nouveauté au Québec, et je crois que nous pouvons tous, ici, être fiers de
cette avancée. Le Québec est une société bienveillante de ses enfants. Et,
comme je le disais en consultations particulières, elle doit aussi être
bientraitante de ses enfants. Je l'ai répété à de nombreuses reprises, la
prévention demeure la clé à bien des maux de notre société, et cela s'applique plus particulièrement envers nos jeunes
et nos enfants les plus vulnérables. Prévenir sera toujours mieux que
guérir. Nous l'avons entendu à quelques reprises lors des différents
témoignages.
D'ailleurs,
notre volonté, en tant que gouvernement et avant ce... et avec ce projet de
loi, est de venir placer le ou la future
commissaire en amont de la protection de la jeunesse, car la protection de la
jeunesse doit être considérée comme les soins intensifs pour nos jeunes en difficulté et non pas la porte
d'accès aux services. C'est important, cette distinction, d'où mon
combat à ce que la prévention soit mise de l'avant et privilégiée à tout prix.
Maintenant,
M. le Président, j'aimerais rappeler les principaux objectifs derrière le
projet de loi n° 37. Je l'ai déjà dit, je le répète, lorsqu'il s'agit de
nos enfants, il n'y a pas de place pour la partisanerie, et je sais que mes
collègues sont d'accord avec moi et que j'ai leur entière collaboration
pour cela.
Avec cette pièce
législative, nous souhaitons d'abord et avant tout à prévoir la nomination par
l'Assemblée nationale d'un commissaire au bien-être et aux droits des enfants,
qui aura pour principale fonction de promouvoir le bien-être et le respect des droits des enfants et de veiller à la
protection de l'intérêt de l'enfant. Il agira à
titre de porte-voix des
enfants, une première au Québec, je tiens à le répéter.
D'abord,
il est prévu que ce nouveau commissaire au bien-être et aux droits des enfants
devra notamment mettre en place des
moyens pour recueillir les préoccupations et les opinions des enfants, entre
autres, à ce qui a trait aux enjeux de
société, analyser l'état de bien-être des enfants au Québec et réaliser
annuellement un portrait de cet état, analyser les impacts des politiques gouvernementales sur le
bien-être des enfants, informer le public au sujet du bien-être et des droits
des enfants et le sensibiliser aux questions qui s'y rapportent, notamment par
des programmes d'information et d'éducation, soutenir les enfants dans l'exercice de leurs droits en les dirigeant
vers les ressources appropriées et en les accompagnant, lorsque nécessaire, dans leurs démarches, évaluer
la mise en oeuvre des programmes et la prestation des services qui sont destinés aux enfants et qui relèvent des
organismes publics, effectuer une veille de tous les décès d'enfants pour
lesquels une investigation ou une
enquête a été effectuée en vertu de la
Loi sur les coroners, former un comité
consultatif national composé d'enfants et de jeunes adultes afin d'obtenir
leurs avis sur toute question concernant une matière relevant de ses fonctions.
plus, notre projet de loi prévoit que le commissaire exerce aussi certaines de
ses fonctions à l'égard de jeunes adultes, âgés de 18 à 25 ans, vulnérables.
Cela est en cohérence avec notre réforme de la
Loi sur la protection de la
jeunesse, que nous avons faite lors du précédent mandat et qui avait été
adoptée à l'unanimité.
Il prévoit de plus
que le commissaire produit annuellement un rapport de ses activités qui doit
être transmis au président de l'Assemblée nationale, comme tout autre rapport
qu'il produit dans l'exercice de ses fonctions.
est également prévu dans le projet de loi que le commissaire ait le pouvoir de
faire toute enquête qu'il juge utile à
l'évaluation de la mise en oeuvre des programmes et de la prestation des
services des organismes publics qui sont destinés aux enfants.
Dans
un souci d'efficacité organisationnelle et de cohérence, le projet de loi
prévoit également que le commissaire coopère
notamment avec la Commission des droits de la personne et des droits de la
jeunesse, le Protecteur du citoyen ou, lorsqu'il
l'estime nécessaire, tout autre organisme public afin de prévoir des mécanismes
de concertation visant à assurer l'harmonisation de leurs interventions
à l'égard des enfants et des jeunes adultes.
plus, le projet de loi prévoyait la mise en place d'un commissaire associé au
bien-être et aux droits des enfants issus des Premières Nations et des Inuits.
Or, vendredi dernier, la Cour suprême du Canada a rendu son jugement à
la suite du renvoi du Québec du projet de
loi C-92 du gouvernement fédéral. Je l'ai déjà dit, dans le projet de loi
sur la protection de la jeunesse, les gens des Premières Nations et
Inuits sont les mieux placés pour s'occuper de leurs enfants.
Ainsi,
à la suite de ce jugement, je tiens à dire que nous allons analyser toutes les
pistes de solution possibles afin que
les enfants des Premières Nations et Inuits puissent avoir également, eux
aussi, leur porte-voix via un processus que nous voulons coconstruire avec eux. Nous allons continuer de travailler
en collaboration, comme nous l'avons toujours fait, avec les Premières
Nations et les Inuits. La priorité est et demeurera toujours l'intérêt et le
bien-être de nos enfants.
Finalement, M. le Président, nous aurons la
chance de débattre prochainement en étude détaillée des différents articles de
ce projet de loi. Ce sera l'occasion, j'en suis certain, de venir bonifier le
projet de loi à la suite des différentes interventions
auxquelles nous avons pu assister lors des consultations particulières. Les
commentaires reçus à la suite de questions
à la fois des députés du gouvernement que ceux des oppositions ont permis d'apporter un
éclairage nouveau sur certains détails concernant le rôle, les fonctions
et les responsabilités du futur commissaire.
En terminant,
M. le Président, je suis convaincu que nos travaux permettront de faire
cheminer le meilleur projet de loi
qui soit pour nos enfants. Ils sont notre avenir de demain, et nous devons nous
assurer qu'ils grandissent en toute sécurité afin d'atteindre leur plein
potentiel. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le ministre.
Pour la prochaine intervention, je reconnais Mme la députée de
Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Merci beaucoup,
M. le Président. Tel que mentionné par le ministre responsable des Services sociaux,
c'est un projet de loi historique. C'est un projet de loi bien attendu. Ça fait
longtemps qu'on voulait avoir un chien de garde, la voix pour nos enfants, surtout considérant les lacunes
importantes dans notre système de protection de la jeunesse qui persistent
depuis plusieurs années et qui démontrent un manque de services dédiés à la
protection des droits des enfants et au respect de leurs droits.
L'adoption du
principe de ce projet de loi est importante. La nomination d'un commissaire et
la création de cette nouvelle
institution en matière de la protection de la jeunesse est non seulement
essentielle, mais fondamentale dans notre société québécoise.
En tant que
parlementaires et législateurs, nous avons un devoir de nous assurer que
l'intérêt supérieur de l'enfant, la protection et le respect des droits de tous
les enfants du Québec soient au coeur de nos décisions. Il n'y a rien de plus
important dans notre société démocratique que d'assurer le sain développement
physique, psychologique et social de nos enfants.
Malgré notre
accord à l'adoption de principe du principe de ce projet de loi, il va sans
dire que plusieurs articles devront faire l'objet d'amendements, et nous
devrons le bonifier puisque certaines recommandations importantes et, je dirais
même, qui sont au coeur du premier
chapitre
du rapport de la commission Laurent et de la recommandation-phare, la première
recommandation, ne se retrouvent pas dans le projet de loi.
Dans le cadre de mes représentations aujourd'hui
concernant l'adoption du principe du projet de loi, mais aussi quelques
commentaires concernant l'étude détaillée qui suivra, je ne peux passer sous
silence deux faits importants.
Le premier,
et on ne peut jamais l'oublier, c'est en raison d'une tragédie inimaginable, du
décès d'une jeune fille de... à
Granby, le 30 avril 2019, laquelle avait fait l'objet de signalements à la
DPJ, que la création de la Commission
spéciale sur les droits des enfants
et la protection de la jeunesse a été
créée et mandatée en 2019. La présidente de cette commission, Mme Régine Laurent, mentionne dans le rapport
qui porte son nom que la mort de cette jeune fille, dont elle a nommé, dans
son rapport, Ti-Lilly, a provoqué une
profonde remise en question sur le respect des droits de l'enfant, la
protection de la jeunesse et sur le soutien aux familles en situation de
vulnérabilité.
Dans les mois qui ont suivi, d'autres drames
familiaux sont malheureusement survenus, soulevant tout autant l'indignation
dans notre système de protection de la jeunesse, de nos enfants et
l'incompréhension de la magnitude des problèmes.
De plus, s'ajoutent à ces tragédies humaines une hausse constante de la DPJ, et
les professionnelles du système qui
sont à bout de souffle, elles n'ont ni le temps ni le soutien pour répondre
adéquatement à toutes ces demandes d'aide et de protection, et nous
devons répondre à l'appel.
Cinq ans plus
tard, et ça, on doit le souligner, le réitérer, cinq ans après le mandat confié
à la commission Laurent le 30 mai
2019 et le rapport déposé le 30 avril 2021, il est regrettable de constater
que la situation dans laquelle on se trouvait en 2019 concernant les lacunes importantes dans notre système de
protection de la jeunesse ne s'est pas améliorée. Force est de constater
que la situation s'est empirée à un point tel que dans les deux dernières
années, et la dernière année en particulier, on parle de
136 000 signalements à la DPJ. C'est du jamais-vu.
Les listes
d'attente pour évaluer les enfants ont également atteint des sommets. L'exode
massif d'intervenants du réseau de la protection de la jeunesse dans les
dernières années, tel que mentionné par le Protecteur du citoyen dans son
rapport l'année dernière, a inévitablement
contribué aux délais indus et le manque d'accès de services pour venir en aide
à nos parents et leurs enfants, une pénurie de main-d'oeuvre au sein de la DPJ
qui persiste, et le manque d'un plan d'action pour la rétention et le recrutement de personnel pour répondre aux
besoins criants des enfants et de leurs parents, l'augmentation fulgurante des dossiers en violence conjugale, et, je le
répète et je vais continuer à le répéter dans ce salon, dans cette Chambre, le manque de formation
adéquate offerte aux intervenants de la DPJ et adaptée aux complexités des
diverses composantes de la violence conjugale, incluant le contrôle coercitif
et l'aliénation parentale.
reportages concernant le manque d'interventions ou d'inaction de la Commission des droits de la personne et des droits
de la jeunesse, la CDPDJ, dans les
dossiers de lésions de droits et de défense des droits des enfants... Qu'est-ce
qui est aussi autant préoccupant,
c'est que la voix des enfants n'est pas entendue. Et il y a un manque de
représentation légale adéquate des enfants dans le domaine de la
protection de la jeunesse. Ces situations alarmantes d'un système défaillant de la protection de la
jeunesse ont déclenché des déclarations publiques de parents, d'avocats et de
divers professionnels qui oeuvrent dans le domaine de la protection de
la jeunesse.
Et je ne peux passer
sous silence les cris du coeur et les grandes préoccupations de certaines
personnes, surtout le vice-président de la
commission Laurent, M. André Lebon, en février 2022, que nos
enfants «ont besoin d'un chien de garde,
la preuve est faite. Ça urge!» Le cri du coeur, en septembre 2023, par la
bâtonnière du Barreau du Québec, Me Catherine
Claveau, et je la cite : «Le système de justice en matière de protection
de la jeunesse est pratiquement au "bord du précipice". "[...]la
protection de la jeunesse vit une crise sans précédent. Il est plus que [jamais
le] temps d'agir, afin d'éviter que
les drames vécus dans les dernières années ne se reproduisent." [...]Il y
a [de plus en] plus de requêtes en lésions de droits. "C'est sans
fin."»
données alarmantes qui découlent également, et c'est récent, de l'étude des
chercheurs, le chercheur principal et
professeur à l'École de travail social de l'Université de Montréal,
Tonino Esposito. C'est une étude, 2023, basée sur les dossiers de la DPJ entre les années 2000 et
2017. Les conclusions : Un jeune sur cinq a fait l'objet d'un signalement
de la DPJ, environ 18 %, et
16 % de ces signalements ont été retenus. De tous les bébés nés au Québec
au cours d'une année, un sur 100 sera
pris en charge par la DPJ dès sa première année de vie, et près d'un sur 200
sera placé en milieu substitut dès son année de naissance.
Deuxièmement,
malgré ces constats alarmants d'un système défaillant de la protection de la
jeunesse, ce gouvernement, et le ministre responsable des Services sociaux, a
décidé, dans l'élaboration de son plan de mise en oeuvre des recommandations
du rapport de la commission Laurent, de ne pas prioriser la première
recommandation-phare de ce rapport, qui était la nomination d'un commissaire au bien-être et aux droits des enfants.
D'ailleurs, cette recommandation-phare a été reportée par le gouvernement à la deuxième phase du plan de
la mise en oeuvre des recommandations. Incompréhensible, compte tenu du contexte et du rapport étoffé de la nécessité,
la nécessité non seulement de nommer un commissaire parce que c'était
urgent, mais aussi intimement lié au commissaire, qui a le devoir et les
responsabilités de promouvoir, et de protéger, et de respecter les droits des enfants, les enfants du Québec. Il y
avait aussi la charte des droits qu'on voulait également adopter parce
qu'ils sont intimement liés, donc commissaire et charte en même temps.
Mais ce n'est pas ça que le gouvernement a fait.
On a amendé la
Loi sur la protection
de la jeunesse en premier, qui a été
adoptée au mois de juin 2022, on a reporté le commissaire au bien-être à la
deuxième phase et on a reporté encore plus loin, ce que je ne comprends pas du tout, puis il y en a plusieurs qui
partagent mon avis, également Mme Laurent et les anciens commissaires de la commission Laurent, à
la troisième phase. Où est la logique dans cette prise de décision concernant
la protection de nos enfants?
n'y avait rien, et je fais le point parce que je pense que c'est important de
le mentionner, lorsqu'on parle de veiller sur le meilleur intérêt de nos enfants, la protection de ses droits, on
aurait pu le faire en 2022, amender la Loi
sur la protection de la jeunesse. On
a intégré dans cette loi la nomination d'une directrice, directeur national, on
aurait pu faire la même chose au
niveau du commissaire. On aurait pu également intégrer la charte. Mais non, ça
n'a pas été la décision de ce gouvernement. La décision a été de reporter le tout, des recommandations-phares du
projet, et, quant à moi, a nui au bien-être. Le délai, l'attente, cinq ans plus tard, et même avec ce
projet de loi on va être sept ans plus tard, compte tenu de l'article 30,
qui fait en sorte que le commissaire
va avoir cinq ans pour mettre en oeuvre toutes les dispositions législatives.
C'est une... C'est une... C'est vraiment incompréhensible et non
justifié.
Après
tout ce temps, M. le Président, comment se fait-il, après deux ans... On
regarde, et c'est colossal, le travail. Lorsqu'on révise le rapport, les interventions, on parle d'un travail de
deux ans. Et je vais parler à... quelques instants au niveau des détails liés à cette étude étoffée de
notre système de protection de la jeunesse, mais je ne peux pas comprendre,
après tout le travail qui a été fait, des recommandations, un rapport étoffé,
des recommandations justifiées qui vont en ligne
avec... oui, la prévention, c'est important, nous devons le faire, mais aussi
la protection, et la promotion, et le respect des droits des jeunes et des enfants. Et je suis abasourdie, et je ne
suis pas la seule, parce qu'on va parler de certains groupes, que le ministre
responsable des Services sociaux... que ce gouvernement n'a pas repris — c'était
tout là, détaillé, très bien fait — les recommandations liées à
la nomination du commissaire au bien-être et aux droits des enfants. Et de
reprendre toutes les recommandations, et de les mettre dans un projet de loi,
ce n'est pas difficile, nous avons des légistes...
Mme Garceau : ... — ce
n'est pas moi, ça, je m'excuse — pour
le faire. Mais ce n'est pas le travail qui a été fait, et
malheureusement il y a des manques flagrants concernant l'intégration de
certaines recommandations que nous ne retrouvons pas dans ce projet de loi, et
ça, je dois vous dire, M. le Président, c'est non seulement
préoccupant, mais on doit se poser de sérieuses
questions. Pourquoi, pourquoi se fait-il que certaines recommandations ne fait
pas l'objet de ce projet de loi?
donc j'aimerais revoir, parce que... en raison de l'étude détaillée et en
raison du fait qu'il y a eu un manque de certaines recommandations, et, je vais vous dire, des recommandations
qui sont quand même au coeur des pouvoirs, des fonctions et de l'esprit de la commission Laurent. Et la commission
Laurent, au bout du compte, au bout de l'analyse, la conclusion, c'était
qu'on veut avoir un commissaire au bien-être et aux droits des enfants, un
commissaire qui va être au-dessus de la
mêlée, de tout le monde, de toutes les instances, une commission... commissaire
indépendant qui va pouvoir enquêter
lorsque les droits des enfants sont brimés, lorsqu'il y a les lésions de
droits. Mais ce n'est pas ce qu'on retrouve dans ce projet de loi, et c'est vraiment regrettable. Et donc, oui, on
va continuer à talonner le ministre responsable des Services sociaux
dans l'étude détaillée parce que c'est important de le faire pour que la voix
des enfants soit portée par un commissaire.
Brièvement,
concernant la commission, parce qu'il faut se rappeler qu'on parlait... on
avait 12 commissaires, on avait
cinq experts dans les domaines psychosocial, juridique et pédiatrique, quatre
élus des partis représentés à l'Assemblée nationale ainsi qu'une présidente et deux
vice-présidents. Et le mandat de la commission était très étoffé, et c'est pour
ça que ça a pris deux ans. Elle
devait entreprendre une réflexion sur les services de protection de la
jeunesse, la loi qui les encadre, le rôle des tribunaux, le rôle des
services sociaux et d'autres acteurs concernés.
La commission
a examiné l'évolution, au cours des 40 dernières années, des dispositions
de la
Loi sur la protection de la
jeunesse, des connaissances liées aux meilleures pratiques d'intervention et
des besoins des enfants en difficulté et leurs familles. On a jeté un regard contemporain sur l'ensemble du
système de la protection de la jeunesse et sur les interactions avec les
partenaires oeuvrant auprès des enfants. Prendre en compte la réalité aussi, et
ça, c'est très important, des populations autochtones face à la protection de
la jeunesse en s'appuyant notamment sur les travaux de la Commission d'enquête
sur les relations entre les Autochtones et certains services publics à venir
ainsi que les résultats de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles
autochtones disparues et assassinées.
Et, pour
réaliser son mandat, la commission a examiné également l'organisation et le
financement des services de la protection de la jeunesse au sein du réseau de
la santé et des services sociaux pour assurer une prestation de services de
qualité diligente et adaptée aux besoins des enfants et de leur famille, le
rôle et les responsabilités des réseaux publics et leurs partenaires, incluant les organismes
communautaires, dans la protection des enfants au Québec et leur contribution
au bien-être de l'enfant par
l'identification des enjeux et obstacles à la concertation entre ces réseaux
pour améliorer la prise en charge collective des enfants en besoin de
protection.
L'organisation
et le mode de fonctionnement des tribunaux en matière de protection de la
jeunesse ont également fait l'objet
de cette étude, soit la Cour du
Québec, chambre de la jeunesse, de
même que ses arrimages avec les tribunaux en matière de garde d'enfants, soit la Cour supérieure, pour assurer
de... l'application des principes généraux de la
Loi sur la protection de la jeunesse et des droits des
enfants, dont l'étude de la liaison entre les tribunaux et les services de
protection de la jeunesse, le cadre
législatif actuel et l'application de la
Loi sur la protection de la jeunesse
au regard de l'intervention sociale ainsi que sur le plan juridique et
l'écart entre les objectifs poursuivis et les résultats obtenus.
Et, juste
pour vous démontrer, je pense que c'est important, M. le Président, qu'on se
rappelle de l'envergure de cette commission, du mandat qu'elle a dû exécuter à
l'intérieur de deux ans : 335 témoins reçus en audiences publiques,
des jeunes, des parents, des familles
d'accueil, des intervenantes psychosociales et communautaires, des
professionnels, des chercheurs, des
représentants des ministères et des organismes gouvernementaux et syndicaux
ainsi que des communautés autochtones ont été invités à se faire
entendre en fonction des différents angles du mandat, 42 forums,
488 citoyens et 1 426 professionnels entendus dans les
17 régions du Québec. On parle aussi... 1 590 appels
téléphoniques et courriels ont été reçus
entre le 12 septembre 2019 et le 13 mars 2020. Il y avait également
une ligne téléphonique 1 800, une boîte courriel «Votre histoire», un formulaire sécurisé
pour, évidemment, obtenir les opinions, les préoccupations du public. La
commission a reçu et analysé aussi
233 mémoires. De ce nombre, 40 % proviennent de citoyens, en leur nom
personnel, et ça, c'est très important à retenir.
Il y a aussi, également, eu un volet recherche
au niveau de cette commission, dans l'exécution de son mandat. Il y a eu un plan détaillé de recherche qui a été
établi, celui-ci étant centré sur le parcours de vie d'un enfant et de sa
famille. À partir de ce plan,
l'équipe de recherche, accompagnée par les commissaires, a procédé à
l'identification des enjeux importants et
des questions de recherche permettant de commenter ceux-ci, de mieux les
comprendre et, si possible, de leur apporter des solutions efficaces et
pragmatiques.
Donc, de
cette masse d'information, M. le Président, des résultats ont été tirés d'une
analyse de contenu fondée sur une méta-analyse de plus de
1 000 pages, plus d'une centaine de notes synthèses et une base de
données. C'est à partir de toutes ces
informations que la... que les commissaires ont analysé la preuve durant des
mois en visioconférence, compte tenu de
la pandémie, et par la suite les recommandations qui font
partie d'un rapport
qui représente, je crois, environ 550 pages.
Un instant. (Interruption)
Et je dois
féliciter et rendre hommage à la présidente de cette commission,
Mme Régine Laurent, pour son dévouement et le temps qu'elle a consacré pour s'assurer d'avoir un rapport, de
nous proposer comme société québécoise un commissaire, non seulement un commissaire au bien-être, mais
aussi une modification substantielle des recommandations pour modifier notre
système de protection de la jeunesse, le tout dans l'intérieur supérieur de nos
enfants.
Et j'aimerais
citer quelques passages de Mme Laurent, parce qu'ils sont très pertinents
pour les fins de nos travaux, et elle
dit, et je la cite : «À travers les témoignages entendus, j'ai
malheureusement pu confirmer ce que je craignais : trop souvent nous avons failli à notre devoir de
prévention et de protection. Cette commission a permis à des enfants et à des
jeunes d'exprimer publiquement leur vécu,
leur histoire. Ces témoignages ont dû raviver la douleur de familles qui ont
traversé des difficultés et qui s'attendaient à recevoir du soutien. Autant de
familles dont la situation ne correspondait pas aux critères donnant
accès aux services et qui n'ont pas reçu le coup de main attendu.
«Plusieurs
jeunes adultes — et
ça, c'est très important de le mentionner — passés
par la protection de la jeunesse sont
venus raconter leur vie — leur
histoire, leur vécu — dans
ce système. J'ai dû y mettre toute mon énergie pour garder mon calme! J'imagine à peine ce que [...] leur a
demandé d'exposer leur vécu au grand jour. Je remercie ces jeunes adultes
d'avoir fait entendre leur voix. Je salue leur courage d'avoir partagé leur
expérience. Cela aura sans doute permis à d'autres jeunes d'entrevoir
leur avenir autrement que dans la rue.
«Des
centaines de groupes, d'organismes et d'individus sont venus nous parler pour
faire état des problèmes et suggérer des solutions. Au fil des audiences et des
forums, j'ai été frappée par la somme des problèmes soulevés par les divers
intervenants. Tellement de questions, d'incompréhensions ont surgi au cours des
semaines et des mois : effritement des services de prévention dans les
écoles, les services de garde et les CLSC; interprétation conservatrice du
devoir de confidentialité entre
professionnels; intervenantes laissées à elles-mêmes vis-à-vis des situations
familiales délicates et très complexes;
droits de l'enfant opposés aux liens parentaux; [...]des jeunes [qui se font
ballotter] d'un hébergement à l'autre; [la] lourdeur du
processus judiciaire. De nombreux rapports antérieurs ont pourtant abordé ces
questions et proposé des solutions sans qu'il y ait beaucoup de suites.»
c'est qu'elle... elle conclut à la fin : «Celles et ceux qui liront ce
rapport pourront constater ce qu'il faut réparer pour remettre à l'ordre du jour la société bienveillante. Ils verront
comment des changements, tant législatifs que structurels, mettront
réellement l'intérêt supérieur de l'enfant au coeur des décisions. Mais il
faudra aller au-delà des modifications gouvernementales.
Ce que nous suggérons, c'est un véritable changement de posture sociale. C'est
une invitation à [...] chaque [Québécois] et chaque [Québécoise]
s'imprègne de cette attitude bienveillante afin de créer un cercle protecteur
autour des enfants et [de nos] jeunes.»
Depuis le dépôt, M.
le Président, du projet de loi n° 37, nous avons reçu plusieurs mémoires
de divers groupes, d'organismes et
d'individus qui oeuvrent dans le domaine de la protection de la jeunesse, et
certains d'entre eux ont témoigné devant
la commission... devant la commission Laurent également. Mme Laurent et
les commissaires Jean-Simon Gosselin et
Gilles Fortin ont également déposé leur mémoire et nous ont fait part de leurs
représentations lors des consultations, les auditions publiques. Je tiens à les remercier infiniment pour leur
participation aux auditions publiques menées la semaine dernière. C'est grâce à la lecture de ces mémoires
et les échanges ouverts, francs et sincères de leurs expériences personnelles
et professionnelles lors des auditions
publiques qu'ils vont nous guider et alimenter nos réflexions au cours du
processus lié à l'adoption du principe, mais aussi, évidemment, à
l'étude détaillée du projet de loi.
Certains constats
établis par la commission Laurent suite à l'exécution de leur mandat méritent
d'être réitérés, considérant que certaines dispositions législatives proposées
dans le projet de loi ne correspondent pas à l'esprit et au libellé de ces constats, et ça, c'est vraiment
concernant... Il y a deux points en particulier... qu'au Québec nous n'avons
aucune organisation qui est vouée exclusivement à la promotion et à la défense
des droits de tous les enfants. Nous sommes d'avis que, dans une société bienveillante à l'égard des enfants, il est
primordial qu'une personne soit responsable de veiller au bien-être et
au respect des droits de tous les enfants. Tout au long de la commission,
plusieurs personnes sont venues demander la
mise en place d'une institution, une institution pour promouvoir et défendre
les droits de tous les enfants du Québec,
et plusieurs voix appuient la création d'une institution responsable de veiller
sur le respect des droits des enfants. La
création d'une instance consacrée à la promotion et la défense des droits des
enfants est aussi en accord avec les obligations internationales du Québec. Selon le Comité des droits de l'enfant de
l'ONU, qui surveille la mise en oeuvre de la Convention relative aux droits de
l'enfant, une des obligations créées par la convention est de se doter d'une
institution indépendante de promotion
et de défense des droits des enfants. Ce type d'institution, avec un large...
un mandat large, existe déjà dans plusieurs provinces et territoires
canadiens.
Pour
le Comité des droits de l'enfant, la promotion et la défense des droits des
enfants doivent occuper une place centrale
dans l'institution qui s'occupe de cette défense et de cette promotion. Les
enfants sont vulnérables aux violations de leurs droits parce qu'ils ont un accès généralement limité aux
institutions chargées de les promouvoir et de les défendre. Et au Québec, et j'insiste là-dessus, au Québec,
ni le Protecteur du citoyen ni la Commission des droits de la personne et des
droits de la jeunesse, la CDPDJ, les deux principales organisations de défense
des droits des enfants ne sont pas vouées exclusivement aux enfants.
Compte
tenu de ces constats et la recommandation qui découle de cette étude, qui
découle de ce principe de créer une institution, une voix pour la
protection des droits de nos enfants, nous avons la recommandation de la
commission que l'on ne retrouve pas dans ce
projet de loi. Pour les jeunes en protection de la jeunesse, la commission
devrait avoir les mêmes pouvoirs et les mêmes devoirs auprès de ces
jeunes que ceux actuellement dévolus à la CDPDJ.
Depuis la fusion de
la Commission des droits de la personne et la Commission de protection des
droits de la jeunesse en 1995, la CDPDJ a
souffert d'un sous-financement qui l'a contrainte à réduire ses services en
région et d'autres services comme les rencontres aux milieux scolaires. Ces
contraintes semblent ultimement avoir réduit son rayonnement et son
accessibilité auprès des enfants.
Cette
réalité appuie le besoin d'avoir une institution entièrement consacrée aux
enfants. C'est ça, la conclusion de la
commission Laurent pour la création de cette institution. Et donc, conclusion
liée à la création, nous recommandons que l'ensemble des pouvoirs de la CDPDJ
en matière de protection de la jeunesse soit transféré au commissaire afin de
permettre une promotion et une défense efficaces des droits de ces enfants à
l'intérieur de la structure destinée aux enfants.
Donc,
comment se fait-il, et je suis complètement abasourdie, après on attend, quoi,
quatre, cinq ans, depuis la création de
la commission, avec toutes les études, les mémoires, les témoignages reçus, que
nous n'avons pas... que le gouvernement et le ministre responsable des Services sociaux n'a pas intégré cette
recommandation dans le projet de loi qui est au coeur des pouvoirs et des
fonctions de ce commissaire?
L'article... le libellé de l'article 6 ne
respecte pas du tout le principe fondamental établi par la commission. Et je vais, dans quelques instants, parler
également que ça ne représente pas non plus la proposition concernant le
commissaire dédié aux enfants autochtones... et au bien-être des enfants autochtones.
Et donc, malgré cette
recommandation, M. le Président, claire, ferme, sans équivoque prévue au
rapport de la commission Laurent, elle n'a
pas été reprise, et donc le mandat du commissaire est limité, il est restreint.
Ce n'est pas du tout le chien de
garde envisagé et souhaité par la commission et qu'on attend depuis cinq ans.
Le mandat sera limité, plus encadré...
travaux de prévention, de la sensibilisation, de collaborer avec des organismes
publics, de collecter des données pour
avoir un portrait juste de la réalité. Ses pouvoirs se limiteraient à émettre
des avis, des recommandations et à livrer, une fois par année, un bilan à l'Assemblée nationale. Le pouvoir
d'enquête sera limité, et le commissaire ne pourra rien imposer, ne pourra pas se porter à la défense des
enfants dont les droits sont brimés. On est vraiment loin, M. le Président,
d'un chien de garde. J'aurais espéré au
moins qu'on ait un chien de garde dans ce projet de loi et qu'on l'aurait
bonifié en lui donnant des vraies griffes pour être la voix de ces
enfants et de protéger leurs droits.
Et j'aimerais
citer, M. le Président, parce que je trouve que c'est important à ce stade-ci,
compte tenu du projet de loi, le 25 octobre 2023, dans la chronique de
Mylène Moisan, dans Le Soleil... et l'ancien vice-président de la
commission, M. Lebon,
et je le cite : «Déjà M. Lebon — bien, je cite l'article — voit
des lumières jaunes. Selon l'information qui circule, le commissaire pourra enquêter et émettre des
recommandations, mais il n'aura pas de pouvoirs équival