Public Finance — 18 April 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
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31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
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31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
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(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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jeudi 18 avril 2024
Vol. 47 N° 40
Étude des crédits budgétaires du Conseil du trésor et de l'Administration gouvernementale, volet Conseil du trésor
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
12 h 30
13 h
13 h 30
14 h
14 h 30
15 h
15 h 30
Journal des débats
12 h 30 (version non révisée)
(Douze heures quarante-quatre minutes)
Le Président (M. Simard) : Très
chers collègues, je constate que nous avons quorum. Je vous souhaite la
bienvenue.
Heureux de vous recevoir à la Commission
des finances publiques qui, aujourd'hui, est réunie afin de procéder à l'étude
du volet Conseil du trésor des crédits budgétaires du portefeuille Conseil du
trésor et administration gouvernementale pour l'exercice financier 2024-2025.
Une enveloppe de trois heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, bonjour. Y aurait-il
des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Rizqy (Saint-Laurent) est remplacée par M. Morin
(Acadie) et M. Bouazzi (Maurice-Richard) par Mme Labrie (Sherbrooke).
Le Président (M. Simard) : Merci.
Alors, vous êtes habitués à ces études de crédits. Nous fonctionnons par
échanges par blocs de 12 à 18 minutes, selon le groupe parlementaire en
question. Et sans plus attendre, je cède la parole à...
Le Président (M. Simard) : ...notre
collègue le député de l'Acadie, qui dispose de 18 minutes 23 secondes.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Alors, bonjour, tout le monde, collègues de la banquette
gouvernementale, collègues des oppositions et Mme la Présidente du Conseil du
trésor avec son équipe. Donc, commençons... commençons tout de suite. Déficit
record du gouvernement, La Presse nous apprenait que l'État est plus gros sous
le gouvernement Legault. On a entendu dans des crédits, notamment en Justice,
des craintes. L'Association des procureurs du DPCP craignent des coupures. On a
déjà apporté des modifications en ce qui a trait aux présences à l'école des
poursuivants. Les tarifs de l'aide juridique ne sont pas encore résolus. C'est
un enjeu pour l'accès à la justice. Mais le gouvernement de la CAQ a versé
7 millions de dollars aux Kings de Los Angeles.
Alors, Mme la ministre, est-ce que vous
avez vu passer ce dossier-là? Avez-vous fait une recommandation? Étiez-vous
d'accord? Qu'en pensez-vous?
Le Président (M. Simard) : Merci.
Mme la Présidente du Conseil du trésor.
Mme LeBel : Oui. Bien, merci,
M. le Président. Vous allez me permettre de prendre quelques secondes pour
remercier les équipes qui m'accompagnent, parce que c'est un exercice toujours
extrêmement rigoureux, fait par toutes les équipes pour préparer et bien
préparer les crédits, être en mesure de vous répondre de façon la plus adéquate
possible. On a eu l'occasion de faire une heure de crédits provisoires avec les
gens des diverses... des divers départements du Secrétariat du Conseil du
trésor, donc... l'occasion de... de présenter. Mais vous allez me permettre de
souligner plus particulièrement, à part mes collègues de la banquette
parlementaire naturellement et gouvernementale, les gens du CAG avec
M. Julien, qui sont présents, et les gens de l'AMP avec M. Trudel,
qui sont effectivement présents pour répondre à vos questions.
M. le Président, il y a beaucoup
d'éléments dans la question de mon collègue, entre autres toute la question du
déficit auquel nous allons devoir nous attaquer par plusieurs mesures. J'ai
l'impression qu'on aura probablement l'occasion d'en parler, puis ça va être
avec joie que je pourrai discuter avec mes collègues sur nos intentions et
comment on pense pouvoir remédier ou à tout le moins s'attaquer à cette
situation, qui provient de choix, de choix qui quant à moi, s'expliquent,
c'est-à-dire les choix de bien offrir des services à la population,
particulièrement en santé et en éducation.
Mon collègue m'interroge sur une décision
qui a été prise par le Conseil des ministres. Alors oui, je fais
partie du
Conseil des ministres et je supporte cette décision-là. Maintenant, il
comprendra que mon rôle au Trésor est de faire des recommandations sur les
différents dossiers qui passent au Conseil du trésor, Conseil du trésor qui est
un des comités permanents du... avec le Conseil exécutif du gouvernement et
dont le rôle est le suivant. Le rôle du Conseil du trésor, et moi comme
présidente du Conseil du trésor, accompagnée des autres ministres, parce qu'il
y a cinq ministres, si je ne me trompe pas, on est cinq, hein, qui siégeons sur
le Conseil du trésor, c'est de bien s'assurer que les sommes qui sont dépensées
sont, dans... font
partie des budgets gouvernementaux tels que votés par les
crédits, donc crédits qu'on fait... L'exercice qu'on fait aujourd'hui, c'est
justement pour donner des autorisations de dépenses.
Donc, oui, une décision du Conseil du
trésor a été faite. Mais pour ce qui est de la conversation ou de mon
opinion...
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
Mme LeBel : ...sur l'opportunité
d'une mesure ou d'une autre, bien, j'ai eu le bonheur de le partager avec le
Conseil des ministres...
Le Président (M. Simard) : Merci.
Mme LeBel : ...et je suis
maintenant solidaire de la décision.
Le Président (M. Simard) : M.
le député de l'Acadie.
M. Morin : Quelle a été votre
recommandation au Conseil des ministres?
Mme LeBel : Bien, cette
recommandation-là demeurera au Conseil des ministres, tel que j'en ai fait le
serment.
M. Morin : Parfait. Je vous
remercie. Prochaine question : On apprenait dans le Journal de Montréal,
le Journal de Québec, entre autres le 18 avril 2024, qu'il y a des bureaux
de fonctionnaires qui vont être refaits malgré un déficit record. On pense,
entre autres, aux bureaux de fonctionnaires qui sont dans votre ministère. Il
s'agit du bureau de votre sous-ministre, Mme la Présidente du Conseil du
trésor. Donc, 60 000 $. Est-ce qu'il y a d'autres bureaux qui vont
être rénovés? Est-ce que vous allez, compte tenu du déficit, implanter et... en
place une directive pour diminuer les dépenses de l'État? Alors, voilà.
• (12 h 50) •
Mme LeBel : Bien, écoutez, la
rénovation ou le réaménagement des bureaux du Secrétariat du Conseil du trésor
font
partie d'une politique beaucoup plus large de réaménagement du bureau. Je
dirais, en passant, que, de mémoire actuelle, on peut dire que les bureaux
concernés, ça faisait plus de 20 ans, là, qu'ils n'avaient pas été
réaménagés ou rénovés. Donc, il y a une politique de réaménagement des bureaux
qui a été mise en place et qui découle...
Mme LeBel : ...aussi de la
politique d'aménagement des lieux de travail et d'une politique beaucoup plus
grande qui est d'être un employeur attractif. Vous savez, la fonction publique
compétitionne de façon réelle avec tous les milieux pour... pour s'assurer
d'attirer des gens qui veulent venir travailler à la fonction publique. J'ai
déjà eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises, pour moi, l'attraction de
la fonction publique va maintenant au-delà des salaires et au-delà de
l'attraction classique qui étai : Bien, venez travailler pour la fonction
publique, vous aurez un emploi permanent, vous aurez un fonds de pension
attrayant. Ça demeure toujours une réalité, mais ces enjeux-là ne sont plus les
enjeux présentement qui attirent les gens. Ce qu'on aime, c'est d'avoir des
milieux de travail qui sont stimulants, d'avoir des défis intéressants, des
choses que la fonction publique peut offrir. Mais avec l'avènement également du
télétravail, il était primordial — et cette politique-là a été mise
en place depuis 2019, précisée dernièrement, je pense, en avril 2024 — il
était primordial d'aussi faire en sorte que les milieux de travail étaient
mieux adaptés aux activités, et on a de l'optimal... de l'optimisation. Vous
devez comprendre que particulièrement, ces bureaux-là, si je les mentionne,
puis ce n'est pas les seuls, ils font
partie d'une ronde de rénovations qui est
entamée depuis 2019. Entre autres, ces bureaux-là étaient conçus au départ pour
accueillir quatre personnes. Maintenant, ils vont en accueillir 14. Ils ont le
potentiel de quatorze personnes. Donc, on... aussi on maximise les espaces, on
réduit l'espace qui est alloué par bureau, on refait les espaces plus
ergonomiques et plus adaptés. C'est quoi? C'est MTAH, je pense, milieu de
travail, en tout cas...
Une voix : C'est sur les
activités.
Mme LeBel : ...axé sur les
activités, et c'est dans ce cadre-là qu'on le fait.
Une voix : Merci.
M. Morin : Je vous remercie. Maintenant,
vous avez tous entendu comme moi, il y avait une entente de principe avec la
FIQ. L'entente a été rejetée. J'aimerais savoir, parce que, si j'écoutais dans
les médias, il y a des infirmières qui sont inquiètes, il y a des citoyens qui
sont aussi inquiets. Quelles vont être les prochaines étapes et qui est en
charge de la négociation? Est-ce que c'est vous?
Mme LeBel : Je m'excuse, je
n'ai pas compris la dernière partie. Quand vous avez dit qui est en charge,
j'ai manqué le dernier bout.
M. Morin : Qui est en charge
de la négociation? Est-ce que c'est vous?
Mme LeBel : Est-ce que vous
doutez que je sois en charge de la négociation? Est-ce qu'il y a quelque chose
qui vous a fait douter? Depuis le début, c'est moi qui mène ce dossier-là.
Donc...
M. Morin : Très bien.
Mme LeBel : Et je pense
m'être... en tout respect, cher collègue, je pense m'être exprimée abondamment
sur le sujet pour que personne ne doute que la personne qui négocie
présentement, c'est moi. Mais je vous le... je vous le réitère, je suis en
charge de la négociation.
M. Morin : Parfait. Je
vous...
Mme LeBel : Ceci étant dit,
voulez-vous le...
M. Morin : Oui, pour les
prochaines étapes.
Mme LeBel : Oui, les
prochaines étapes, oui. Très rapidement, on a eu une rencontre. Les équipes ont
eu une rencontre, je pense que c'est dimanche dans la foulée, naturellement, de
la... j'allais dire la venue des résultats. Dans la foulée des résultats, il y
a eu une rencontre avec l'exécutif de la FIQ qui est en charge de la
négociation, et on a convenu avec la FIQ, qu'elle avait besoin de temps pour
être capable de bien faire, je dirais, une analyse exhaustive de la raison pour
laquelle elle a eu ce vote-là. On peut constater, depuis quelques jours
d'ailleurs, que certains résultats qui circulent qui semblent extrêmement
différenciés par région. Hein, il y a des régions qui sont ex... je vais le
dire dans mes termes, très vertes et il y en a qui sont dans un rouge assez prononcé.
Donc, l'écart entre les votes pour la même entente de principe semble être
assez différencié, donc c'est important pour la FIQ de comprendre, dans les
régions où ça semble problématique, qu'est-ce... quels... quels sont les
enjeux. Nous avons convenu, à la demande de la FIQ, de leur laisser un certain
temps, le temps nécessaire de faire une analyse complète pour être capable, par
la suite, de se rasseoir avec nous pour commencer à négocier.
Ceci étant dit, on est quand même en
contact constant avec eux. On est très conscients qu'il est... qu'il est... je
dirais qu'il faut le faire le plus rapidement possible, que ce soit pour le
réseau, le patient, pour être capable de mettre en place les gains, parce qu'il
y a des gains et des avantages pour tout le monde dans cette convention
collective là, tant pour les patients que pour les infirmières, les mettre en
place le plus rapidement possible pour que tout le monde puisse en bénéficier.
Et au final, notre objectif, c'est les soins à la population, donc.
Mais par contre, on doit quand même donner
le temps à la FIQ de faire son analyse et par la suite, bien, on va s'asseoir
avec eux, on va... on va tenter de trouver les solutions. Mais je vais prendre
l'occasion de réitérer que le contexte ne changera pas, c'est-à-dire que les
objectifs d'avoir plus de mobilité, parce que dans le cas des infirmières, la
souplesse se décline principalement par couverture des quarts qui sont les
quarts les plus défavorables, s'assurer d'avoir, dans les secteurs qui sont
24/7, des infirmières pour rendre des services à la population, bien, ces
objectifs-là vont demeurer.
M. Morin : Je vous remercie.
Nous avons tous entendu parler également de la situation difficile que vivent
les répartiteurs d'urgences...
M. Morin : ...la Sûreté du
Québec. Il y a quelques mois déjà, il y a un exercice de reclassification qui a
été commencé et on espère que ça arrêtera les départs en masse dans les centres
de gestion d'appels. Vous en êtes rendus où avec l'exercice de reclassification
et quel est votre échéancier?
Mme LeBel : Bien, je suis
contente que vous fassiez la différenciation, puis je vais me permettre de la
refaire quand même, entre un exercice de classification, qui est prescrit par
la loi, des règles encadrées, et l'exercice de négociation, parce que, des
fois, on fait un amalgame quelques fois qui n'est pas toujours le même. Donc,
il y a deux choses qui se passent présentement concernant les répartiteurs, il
y a la négociation en cours. Donc, les négociations vont se faire aux tables de
négociation avec le syndicat de la SFPQ qui les représente, et ça fait
partie
des discussions, naturellement, les enjeux d'attraction et de répartition pour
les répartiteurs médicaux et d'urgence.
Je veux juste prendre la peine de rassurer
les gens, par contre, là. Il n'y a pas de découverture de services, parce que
j'ai vu circuler dans les médias des craintes sur la découverture. Il n'y a pas
de découverture de services. Les appels sont basculés quand c'est nécessaire de
le faire. Donc, la population est en sécurité. Ceci étant dit, il y a des
enjeux de rétention d'attraction et, effectivement, parallèlement à la
négociation, on a débuté des travaux de classification pour ce type d'emploi
là. On est dans les dernières étapes du processus, puis on travaille...
naturellement, le syndicat est impliqué à certaines étapes dans ces travaux-là,
et on est à la... on arrive, là, dans les dernières étapes du processus. Mais
je ne me m'engagerai pas dans un délai particulier, mais je peux vous dire
qu'on est dans les dernières étapes.
M. Morin : Donc, je comprends
que les deux parties... Parce qu'effectivement ma question touchait
véritablement spécifiquement la classification des postes, pas la négociation
aux tables. Donc, dans ce processus là, évidemment, il y a toujours un dialogue
avec, bon, les syndicats, on consulte des employés, il y a des classifications
de postes, en fait, des ébauches qui sont faites, c'est validé par la suite.
Est-ce que tout ça a été fait et que vous arrivez vraiment vers la fin ou si
vous êtes encore en train de travailler des... en fait, des descriptions de
postes?
Mme LeBel : Bien, je pourrais
dire que toute l'étape des consultations, les gens qu'on doit consulter, vous
les avez mentionnés, les gens qui sont concernés par le sujet, y incluant le
syndicat, ont été consultés. On est réellement dans les dernières étapes de la
classification. Mais il faut comprendre que cette classification-là, elle est
encadrée également par des critères. Parce que quand on reclassifie un poste,
il peut y avoir un impact sur l'ensemble des postes du gouvernement, et je
n'aurais pas assez des trois heures qui nous sont imparties pour vous expliquer
toutes les questions de relativité salariale verticale, horizontale, impacts,
etc. Donc, il faut, quand on reclassifie un poste, s'assurer qu'elle est
justifiée par les tâches qui sont effectuées ou le changement de tâches
effectuées. Donc, cette analyse-là doit être faite de façon rigoureuse. Donc,
ce n'est pas juste parce qu'on prétend qu'on a plus de tâches qu'il faut le
faire. Il y a des choses qui sont de l'objet de la négo, il y a des choses sans
objet de la classification, puis on est dans les dernières étapes.
M. Morin : Parfait, merci. Si
on revient à la situation avec la FIQ, est-ce que vous envisagez que, pour
régler le dossier, il pourrait y avoir un impact sur le budget de l'État?
Mme LeBel : On va entrer dans
la négociation, on verra où on est, mais le contexte actuel ne change pas et
nos objectifs demeurent les mêmes. Et je suis convaincue que, pour l'instant,
on a tout ce qu'il faut sur la table pour trouver une voie de passage.
M. Morin : Parfait.
Maintenant, si on revient à l'État québécois qui grossit, La Presse, entre
autres, nous apprenait, en mars 2024, que le nombre de travailleurs sur le
terrain n'augmente pas, mais que le nombre de cadres augmente plus rapidement.
Comment vous justifiez ça?
• (13 heures) •
Mme LeBel : Bien, je suis
contente que vous souligniez la taille de l'État, ça va me permettre de
nettoyer un peu ce qui circule parce que c'est fort important. Vous savez, il y
a dans ce qu'on appelle les ETC... pour parler un langage peut-être un peu trop
administratif, mais un ETC, c'est un équivalent à temps complet. Donc, c'est
basé, je vais dire, probablement sur la base de 35 heures semaine,
35 heures semaine. Donc, dans le grossissement apparent de la taille de
l'État qu'on invoque constamment, là-dedans, il y a plusieurs choses. Ce n'est
pas juste des gens qu'on embauche, c'est des gens qui ont des horaires de
travail majorés parce que les besoins le demandent, c'est aussi des heures
supplémentaires, comme vous le comprenez. Donc, ce n'est pas nécessairement
plus de cadres, plus de personnes ou plus de...
Haut de la page
13 h (version non révisé
e) Mme LeBel : ...fonctionnaires
ou plus de gens dans le réseau de la santé ou de l'éducation. Ça peut être
aussi... je vous donne un exemple des 4 000 ETC qu'on a accordés à l'éducation.
Ce n'est pas 4 000 nouvelles personnes qui vont entrer le réseau, ce
sont des personnes qui existent déjà, mais elles vont avoir des heures de
travail augmentées. Donc, dans ces heures de travail là, divisées par 35, ça va
nous donner... ça donne 4 000 ETC pour être capable de faire travailler
plus... environ 15 000 personnes. Je donne des chiffres. Donc, il
faut comprendre là-dedans, là, que ce n'est pas juste du monde, mais c'est des
heures de travaillées... c'est des heures de travail faites par des gens. C'est
vrai.
Donc, 87 % des ETC, depuis 2019, sont
dans le réseau de la santé et de l'éducation, 87 %. Ce sont pour des
services aux citoyens. Dans les services de la fonction publique, l'autre
13 %, c'est également... il y a beaucoup de choses qui sont en justice,
pour l'accompagnement des victimes d'actes criminels, plus de gens dans le
système de réseau de la justice. Il y avait d'autres... J'avais une liste
complète que je pourrai vous mentionner, mais là-dedans, là, il faut comprendre
que c'est des services à la population. Quand on met un programme en place, ça
prend des services à la population.
D'ailleurs, on avait cette belle
discussion là avec vous dans le cadre du projet de loi n° 54... 57...
Une voix : ...
Mme LeBel : ...53, des fois,
j'ai l'impression de jouer au bingo, 53, quand on parlait du rôle accru du
Protecteur du citoyen. Vous-même demandiez au Protecteur du citoyen :
Allez-vous avoir les ETC nécessaires? Donc, c'est quelque chose qu'on va
regarder, nécessairement, avec le Protecteur du citoyen, puis c'est important
parce qu'il a un rôle primordial pour la protection des lanceurs d'alerte.
M. Morin : Parfait. Je vous
remercie.
Mme LeBel : Donc, ce sont...
Chaque ETC...
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
Mme LeBel : ...on s'assure
que c'est pour le bien-être de la population.
Le Président (M. Simard) : Merci,
Mme la ministre.
M. Morin : On a...
Le Président (M. Simard) : M.
le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Alors, on a un... En fait, je pense que la transformation numérique
de la SAAQ, la SAAQclic continue. Vous avez embauché combien d'employés ou
encore vous avez augmenté de combien le nombre d'ETC pour continuer et,
évidemment, un jour finir cette transformation numérique?
Mme LeBel : Dans lequel
domaine?
M. Morin : À la SAAQ.
Mme LeBel : La SAAQ, O.K.
M. Morin : Pour mettre en
place la SAAQclic.
Mme LeBel : Oui. Bien, on va
vous trouver la... le nombre d'ETC particuliers pour cette transformation-là.
Puis ça va me permettre de compléter la première... la première réponse que
vous m'avez demandée sur les cadres, pour être plus précise.
Votre prémisse de départ est inexacte,
avec beaucoup de respect, cher collègue, parce que, depuis 2014, la progression
cadre, elle est stable depuis 2014. Donc, même sous votre parti, on était à
5 % pour les cadres. Donc, c'est stable depuis 2014. Puis il faut
comprendre qu'on ne favorise pas l'embauche de cadres de façon spécifique,
mais, quand les équipes augmentent... Bien, on a ajouté... À
titre d'exemple,
on a, pendant la pandémie, remis des cadres dans les hôpitaux, qui avaient
été... sur les lieux de travail, dans les hôpitaux, pour être capable de mieux
répondre aux besoins des employés, qui, à leur tour, vont être capables de
mieux répondre aux besoins de la population. Donc, c'est fait avec parcimonie,
mais c'est stable depuis... à tout le moins, aussi loin qu'on peut remonter,
depuis 2014. Donc, il n'y a pas de progression aiguë des cadres dans la
fonction publique depuis 2018.
Pour la SAAQ, c'est plus ou moins 1 000
ETC.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
Mme LeBel : Mais comprenez
que ce n'est pas nécessairement plus ou moins 1 000 personnes. C'est
des heures qui ont été mises pour ces travaux-là.
Le Président (M. Simard) : Il
reste 10 secondes. Souhaitez-vous poursuivre?
M. Morin : Je comprends.
Mme LeBel : Ce n'est pas
récurrent, ce n'est pas récurrent dans le cas de la SAAQ.
Le Président (M. Simard) : M.
le député de l'Acadie.
M. Morin : Pour... Par
contre, quand on regarde certaines des statistiques, on voit que, dans la
fonction publique, les cadres ont augmenté de 14 %, alors que c'est
7,6 % pour le personnel infirmier. On continuera, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Très
volontiers. Merci pour votre précieuse collaboration. Et je cède la parole à
notre amie et collègue députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci beaucoup,
M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Qui
dispose de 12 minutes, chère amie.
Mme Labrie : Merci. Bon,
bien, bonjour, tout le monde, la ministre et son équipe. Merci d'avoir
effectivement contribué à la préparation de l'étude des crédits.
Ma première question va porter là-dessus
parce que, comme vous le savez, des centaines, voire des milliers d'heures sont
consacrées par toutes les équipes des différents ministères à préparer,
notamment, les cahiers de crédits. C'est de la documentation qui est
extrêmement volumineuse. Et puis, malheureusement, ces documents-là sont
souvent transmis aux partis d'opposition 24, 48 heures avant le début de l'étude
des crédits, et, avec les moyens dont on dispose, vous comprendrez que c'est
souvent très difficile d'avoir le temps de lire ces documents-là avant de se
présenter ici, alors que c'est pourtant un travail colossal qui a été accompli
par les équipes des ministères pour les préparer. Donc, il me semble que ce
serait judicieux d'utiliser ce temps à meilleur escient et de s'assurer qu'on a
le temps de parcourir cette documentation. J'aimerais savoir ce que la
présidente du Conseil du trésor en pense.
Mme LeBel : Bien, je ne veux
pas renvoyer la balle à quelqu'un d'autre, mais, pour moi, le temps d'accès que
vous avez eu, je veux dire, je... ce n'est pas de mon ressort. C'est une
question pour le leader, là.
Mme Labrie : Bien, la
question...
Mme Labrie : ...justement par
mon collègue de Saint-Henri-Sainte-Anne au ministre de la Justice, qui est
aussi leader, hier. Il lui a... Il lui a proposé de jurer sous serment qu'il
était impossible de déposer les documents plus tôt que ce qui a été fait cette
année, et le leader a refusé de le faire. Et puis, à travers sa réponse, on comprenait
que ça l'amusait quand même de remettre ces documents-là à la dernière minute.
Donc, moi, je pose la question à la
présidente du Conseil du trésor, parce qu'elle a quand même comme rôle de
s'assurer de la bonne utilisation des fonds publics puis d'éviter le
gaspillage, quand on a des milliers de fonctionnaires qui consacrent des
milliers d'heures à rédiger ces documents-là pour répondre à des questions, je
pense qu'ils aimeraient savoir qu'on a le temps de les lire avant d'arriver
ici, donc je lui pose la question à elle : Est-ce qu'elle... Est-ce
qu'elle peut s'engager à ce que ce soit remis le plus tôt possible, dès que ces
documents-là sont prêts, à l'avenir?
Mme LeBel : Bien, moi, je
peux vous assurer qu'on met tous les efforts nécessaires pour qu'ils soient
prêts le plus rapidement possible. Ce sont... Particulièrement les questions
qui proviennent de l'opposition, ce sont des... puis ce n'est pas un reproche,
mais c'est un volume de recherche et de réponses qui est... qui est phénoménal.
Maintenant, je ne commenterai pas la
réponse du leader. Et je vais vous dire que, pour le délai pour lequel ça vous
est remis à vous, c'est une question pour le leader.
Mme Labrie : D'accord. Mais
est-ce que, par exemple, vous êtes en mesure de me dire à quelle date les
cahiers étaient prêts, par exemple, pour votre ministère?
Mme LeBel : Je n'ai pas cette
connaissance-là au moment où on se parle.
Mme Labrie : Est-ce que
quelqu'un peut vérifier pendant nos échanges à quelle date c'était prêt, les
cahiers pour les crédits?
Mme LeBel : Moi, bien, je
peux vous dire que moi, je n'ai pas eu accès de ça depuis des semaines et des
semaines, là. Mais je n'ai pas... je n'ai pas cette réponse-là.
Mme Labrie : Est-ce que
quelqu'un va la chercher pendant nos échanges, la réponse?
Mme LeBel : C'est une...
Chacun des départements fait son travail de façon... de façon autonome et
indépendante. Donc, je ne peux pas vous répondre à ça pour l'instant, là.
Mme Labrie : J'ai compris que
vous ne pouvez pas répondre pour l'instant. Je vous demande si vous allez me
répondre dans les prochaines minutes, parce que c'est quand même quelque chose
qui se trouve, la date à laquelle les documents ont été prêts. C'est un
document qui a été transféré à quelqu'un quand il a été prêt, c'est possible de
trouver cette date, j'imagine?
Des voix : ...
Mme LeBel : Bien, nous, on...
Des voix : ...
Mme LeBel : O.K. Parfait.
Excusez-moi. Bien, de notre côté, on les a transférés quand ils étaient prêts.
Ils ont été prêts vendredi passé. Puis je peux vous assurer que je n'ai pas eu
accès à ça... bien, à part... à
part la portion qu'on a faite ensemble sur les
crédits préliminaires, naturellement, là. Vous avez eu accès à une portion là
aussi, là. Mais...
Mme Labrie : O.K. Parfait. Je
vous remercie. Je vais poursuivre la discussion qui avait été commencée tout à
l'heure avec mon collègue sur les centres d'appels de la SQ, la question de la
classification. Moi, j'ai eu l'occasion d'aller visiter un centre d'appels de
la SQ, de voir la nature du travail qui est effectué là. Je dois dire que ça
m'a beaucoup sensibilisée au fait que la nature de leur travail n'a vraisemblablement
rien à voir avec le travail qui est fait par quelqu'un qui porte le même
titre
dans un autre ministère. Donc, j'aimerais vraiment revenir là-dessus avec la
ministre.
Elle nous a dit qu'elle ne voulait pas
donner d'échéancier sur le processus, tout à l'heure, mais elle, sur le... sur
le principe, là, de considérer que ça mérite une classification différente pour
ces personnes-là, est-ce qu'elle est en accord avec ça?
Mme LeBel : Bien, je
considère que, sur le principe, que ça mérite de refaire le processus pour
décider si oui ou non ça change la classification est légitime. À preuve, on
est en train de refaire cet exercice-là. Mais je ne présumerai pas de la
conclusion de l'exercice, qui est, soit dit en passant, très bien encadré.
Mme Labrie : Est-ce que la
présidente du Conseil du trésor pourrait aller visiter, voir comment ça se
passe dans un...
Mme LeBel : Ah! je l'ai déjà
fait dans mon ancienne vie, comme procureure de la couronne.
Mme Labrie : Ça a été fait?
Mme LeBel : Absolument. Je
connais... Je connais les enjeux, je connais les... je connais... je connais
les tenants et aboutissants, je connais ce qu'ils ont à faire. Je connais
l'utilité qu'ils ont, comme beaucoup d'autres concitoyens québécois qui ont
des... qui ont des postes importants au Québec. Mais ceci étant dit, tout ça,
ce sont des... là, je ne veux pas avoir l'air calculatrice, mais ce sont des
données, des informations qui font
partie de l'analyse de la classification.
Donc, on tient tout ça en compte. Donc, je connais très bien.
Mme Labrie : Donc, vous
estimez avoir une bonne connaissance de la nature différente de leur travail
par rapport à...
Mme LeBel : Bien, je connais
leur travail.
Mme Labrie : Vous connaissez
leur travail. Parfait. Bon, bien, je vous remercie. Je vais passer à ma
prochaine question sur les taux de départ dans les ministères. Donc, bon, tout
le monde ici est bien au courant que la pénurie de main-d'œuvre est un défi
important pour le gouvernement du Québec dans plusieurs secteurs, donc c'est
important de bien comprendre ce qui arrive avec notre personnel. Mais, dans les
rapports annuels des ministères et organismes, les informations sur les taux de
départs volontaires, ça manque beaucoup de précision. Le chiffre qui est là
amalgame les retraites, limitations, les démissions, alors ça nous éclaire
très, très peu.
Tout à l'heure, j'ai entendu la présidente
du Conseil du trésor dire que justement, il fallait éviter d'amalgamer des
choses qui n'ont pas rapport. Donc, c'est... c'est le cas par rapport aux
départs volontaires. Pourquoi est-ce qu'on ne demande pas une ventilation plus
détaillée des départs volontaires dans les rapports annuels des organismes et
ministères?
• (13 h 10) •
Mme LeBel : Oui. Écoutez,
vous...
Mme LeBel : ...vous avez tout
à fait raison, puis merci de le préciser, parce que le taux de départ effectif,
je vais le dire comme ça, là, de gens qui quittent la fonction publique est
autour de 3, 4 %, O.K., je vais faire un chiffre rond. Donc, quand on voit
le taux de départs volontaires, vous avez raison qu'un ministère x, d'ailleurs,
c'est un des avantages de la fonction publique que je veux tenter de mettre de
l'avant pour rendre la fonction publique très attractive, c'est la possibilité
de travailler à travers beaucoup d'organisations ou de ministères, de faire des
emplois différents, de relever des défis différents. Mais c'est une excellente
question. Honnêtement, je n'ai pas la réponse, mais c'est une excellente
question, parce qu'effectivement, quand on regarde, à
titre d'exemple, un
ministère x qui semble avoir un taux de départ de 18 %, bien, ce qu'on ne
capte pas à première vue, c'est que ces gens-là sont restés potentiellement au
sein de la fonction publique, compte tenu qu'en moyenne le taux de départ est
autour de 3, 4 %. Donc, c'est une excellente question. Je vais la poser
dans un autre moment pour voir comment on peut... voir si on peut ventiler un
petit peu plus, là. Peut-être que cette donnée-là existe, puis c'est moi qui ne
l'a pas vu de cette façon-là, mais...
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
Mme Labrie : Est-ce que ce
serait possible, en tant que présidente du Conseil du trésor, que vous émettiez
une directive pour que les données soient présentées avec la ventilation
détaillée dans les rapports annuels?
Mme LeBel : Bien, c'est
possible que j'examine la situation. Avant de se rendre à la directive, vous
allez me laisser analyser les choses.
Mme Labrie : Donc, quand vous
dites c'est possible que vous analysiez la situation, vous allez analyser
l'idée d'émettre une directive?
Mme LeBel : Bien, j'ai...
bien, ce que... Non. Analyser l'idée d'émettre une directive... Je vais
analyser la potentialité de faire quelque chose, mais ce que je vous dis, c'est
que c'est une excellente question. Je ne le sais pas, si ça existe déjà ou non,
honnêtement, je ne sais pas pourquoi on ne le ventile pas de cette façon-là.
Donc, je vais examiner la situation. Maintenant, est-ce que ça aboutira à une
directive ou non? Bien, je vais me laisser le temps de regarder la situation
avant de me commettre dans une direction ou non.
Mme Labrie : Bien, écoutez,
moi, je fais le postulat que les chiffres existent, là, quelque part, quelqu'un
sait combien sont des démissions, combien sont des mutations.
Mme LeBel : J'aimerais avoir
votre foi.
Mme Labrie : Vous aimeriez
avoir ma foi? Bien, écoutez, il semble que, quand on fait des demandes d'accès
à l'information, on peut avoir ces données-là, donc, elles existent.
Mme LeBel : Bien, je vais
faire les vérifications. Je ne dis pas oui ni non à votre postulat, là, du
tout, tout.
Mme Labrie : O.K. Bien, moi,
j'aimerais quand même avoir un engagement que ça va être étudié de modifier la
façon dont c'est présenté dans les rapports annuels. Puis je le dis parce que,
comme employeur, je pense que, pour vous-même, c'est important. Je le dis pour
siéger aussi à la CAP. Nous, quand on étudie les rapports annuels des
ministères et organismes, on n'est pas en mesure, là, d'évaluer la situation
s'il y a un taux de départ volontaire qui est très important. On n'est pas en
mesure de savoir si c'est des gens qui ont juste changé de ministère ou si c'est
des gens qui ont démissionné. Donc, je pense que ça vaudrait la peine d'être
changé. Puis, comme employeur, on devrait vouloir savoir où vont les gens qui
partent et pourquoi ils partent, quelle est la nature de leurs départs. Tous
les ministères devraient avoir à cœur de connaître ces détails-là, puis de les
présenter dans leurs rapports. Est-ce qu'on...
Mme LeBel : Bien, je répète
ce que je viens de dire, je vais regarder la situation, parce que, je reprends
c'est une excellente question. Pourquoi ces données-là, de façon... au premier
niveau, si on veut, ne semblent pas être publiées, là, mais... je vais regarder
la situation, mais je ne m'engage pas à la conclusion de mon analyse.
Mme Labrie : Combien de temps
pensez-vous que ça va prendre, faire cette analyse?
Mme LeBel : Le temps
nécessaire.
Mme Labrie : O.K. Parce que
c'est toujours le fun de se faire dire qu'on pose des bonnes questions, mais
c'est encore mieux d'avoir des bonnes réponses.
Mme LeBel : Absolument. Je
vais prendre le temps nécessaire, comme je vais prendre le temps nécessaire
pour négocier à la FIQ, comme je vais prendre le temps nécessaire pour assumer
toutes mes autres responsabilités.
Mme Labrie : O.K. Bien, on
peut... on peut passer au sujet des négociations, puisque vous m'y invitez
quasiment.
Mme LeBel : Je le sentais.
Mme Labrie : Vous m'y
invitez.
Mme LeBel : J'ai eu une
intuition.
Mme Labrie : En ce moment,
bon, il y a plusieurs négociations qui ont cheminé, des ententes qui ont été
signées. Félicitations! Ça a dû prendre beaucoup de votre temps, mais ce n'est
pas terminé. Est-ce que la présidente du Conseil du trésor peut nous dire ce
qui bloque dans les négociations qui restent en cours, là? La FIQ a été nommée,
mais il y en a plusieurs autres aussi qui ne sont pas terminées. Qu'est-ce qui
achoppe actuellement?
Mme LeBel : Bien, je n'aime
pas le terme «achoppe». Pour la FIQ, c'est sûr que, comme on... entente de
principe qui a été rejetée, l'analyse n'est pas la même, on se comprend, mais
une négociation, c'est un processus, hein, où les deux parties doivent exposer
leurs objectifs de part et d'autre. Et, au moment où on se parle, dans les
autres processus, bien, ça suit son cours, et on en discute, et les discussions
sont actives.
Et je n'irai pas, moi... je ne veux pas y
donner un angle péjoratif, là, il n'y a rien qui bloque, il n'y a rien qui
achoppe, mais nous allons devoir trouver, comme dans toute négociation, un
terrain d'entente qui satisfait les deux parties, parce qu'ultimement on veut
que l'entente soit appréciée des membres et votée positivement, naturellement,
c'est l'objectif. Et je suis convaincue que c'est l'objectif du syndicat aussi,
que l'entente qu'ils... à laquelle ils adhèrent et qu'ils présentent à leurs
membres soit... soit acceptée.
Mme Labrie : Il y a en ce
moment certains syndicats qui se font encore offrir 12,5 % sur cinq ans,
alors que c'est quand même une offre plus élevée qui a été faite et signée par
d'autres. Donc, comment se fait-il que c'est...
Mme Labrie : ...encore
12,5 % sur cinq ans qui sont offerts à certains.
Mme LeBel : 12,7 %.
Mme Labrie : 12,7 %,
pardon.
Mme LeBel : Vous rassurer,
c'est 12,7 %, mais c'est normal, parce que c'est... Le 17,4 %, j'ai
été claire... je ne veux pas faire... me tromper dans les... parce que moi, si
je me trompe d'un point de pourcentage, je vais me le faire dire aux tables de
négociation, surtout si je me trompe à la hausse... 17,4 %, c'est la fin
de l'histoire, 17,4 %, c'est la fin de l'histoire avec les syndicats qui
ont accepté de régler, c'est la fin de l'histoire avec le syndicat, qui a
accepté de répondre aux objectifs gouvernementaux, c'est la fin de l'histoire
avec les syndicats qui ont accepté de nous donner les contreparties de
souplesse qui s'appliquaient dans leurs départements respectifs. Et, pour
l'instant, l'offre gouvernementale est à 12,7 %. Ça couvre l'inflation,
mais... et c'est du cas par cas, donc on verra ce que les autres syndicats nous
offriront et on verra quelle sera la fin de l'histoire pour eux.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Mme la députée de Sherbrooke, souhaitez-vous poursuivre?
Mme Labrie : Je poursuivrai
dans mon prochain bloc.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. M. le député de l'Acadie.
M. Morin : ...M. le
Président. Donc, on va continuer avec la taille de l'État. On a un déficit qui
est très important. Est-ce que vous, au Conseil du trésor, vous allez effectuer
un suivi plus serré sur la planification des effectifs dans les ministères?
Est-ce que c'est quelque chose que vous avez commencé à regarder? Qu'est-ce que
vous planifiez à ce niveau-là?
Mme LeBel : Bien, écoutez, le
poste budgétaire de la rémunération au gouvernement, c'est environ, je dirais,
autour de 50 %... 48 %... 52 %... autour de 50 %, le poste
budgétaire de la rémunération. Pour ce qui est de la révision des dépenses
gouvernementales, il y a deux aspects. Présentement, au Trésor, depuis 2018,
dans le précédent cadre financier et le cadre financier actuel, il y a de la
récupération. On parlait de la révision des programmes, ce qui est fort... qui
est incluse, mais différente de la révision des dépenses. Donc, on avait inclus,
dans la révision des programmes, des objectifs, à terme, d'économies
récurrentes. Dans le premier mandat, je pense que c'est 2 milliards... je
me tourne vers mon budgétaire... 2 milliards, à terme, et ici, dans le
cadre financier pour 2026, en termes d'optimisation... ça faisait partie, les
5 000 postes, de l'attrition qu'on a faite, etc... en termes d'objectif,
c'est 1,5 milliard, à terme, 4 milliards sur le cadre financier.
À cela... d'ailleurs, je vous donne une
page magnifique de la stratégie des dépenses, qui est la page B-4... on a
l'univers des dépenses gouvernementales sur lesquelles vont se... on va se
pencher pour la révision des dépenses. Donc, à B-4, vous voyez le premier
encadré, qui est à 130 milliards, dépenses de programmes. C'est là-dessus
que... La révision des programmes, on y travaille déjà et on va continuer d'y
travailler. Maintenant, on va ajouter toutes les dépenses des fonds spéciaux,
des organismes autres que budgétaires, des organismes réseau, des organismes
comptables à fins déterminées, etc., jusqu'au régime fiscal, qui va être révisé
par mon collègue aux Finances. Là-dedans, il y a des postes que j'appelle
transversaux. La rémunération en est, et les dépenses de transfert. À
titre
d'exemple, le ministre de la Santé a un budget de transfert vers les réseaux.
On va regarder ça. Le ministre de l'Éducation a un budget de transfert vers les
réseaux. On va regarder ça. Donc, nécessairement, on va regarder la
rémunération. Ça va faire
partie de nos analyses, qui seront déposées lors du
prochain budget.
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. Morin : Alors, je
comprends, vous parlez de postes, vous parlez d'attrition, mais comment...
Mme LeBel : Bien, je n'ai pas
dit ça, je m'excuse.
M. Morin : Bien, en fait,
moi, je vous ai entendu parler d'attrition, non?
Mme LeBel : Non.
M. Morin : Non?
Mme LeBel : J'ai parlé de
révision d'un poste budgétaire important, qui est la rémunération. Je n'ai pas
parlé d'attrition. En tout cas, là, je n'ai pas mentionné «attrition».
M. Morin : Ah? D'accord.
Donc, à ce moment-là, est-ce que... Parlant d'attrition, est-ce que vous
avez... Puisque vous m'invitez à le faire.
Mme LeBel : Bien, je ne vous
invite à rien, mais... on va y aller.
M. Morin : Est-ce que...on va
y arriver... est-ce que le gouvernement a l'intention de réduire la taille de
la fonction publique? Parce que vous avez un déficit gigantesque.
Mme LeBel : Bien, je trouve
ça très, très intéressant que vous m'appeliez à réduire la taille de l'état,
alors que vous demandez de m'assurer que toutes les sphères de l'État, dont le
Protecteur du citoyen, aient les effectifs nécessaires. Mais je suis d'accord
avec vous, ça peut se concilier, ces deux choses là, c'est-à-dire que je dois
m'assurer que les gens ont les effectifs nécessaires... «les gens» étant les
organisations, on s'entend... les effectifs nécessaires pour bien rendre leur
mission, et m'assurer également qu'on utilise adéquatement ces effectifs là. Et
maintenant, on va faire une gestion rigoureuse des ETC, tout en s'assurant que
les grandes missions de l'État, particulièrement la santé et l'éducation, aient
ce... les outils, dont les effectifs nécessaires, pour rendre les services à la
population. Mais ça va faire
partie d'une gestion rigoureuse.
• (13 h 20) •
D'ailleurs, dans la stratégie 2024-2025,
qu'on a déposée avec le budget, on indique qu'on a... je pense que c'est
1,2 % de cible pour les effectifs... je... pas me tromper dans les
chiffres... et c'est une cible qui est en adéquation avec l'augmentation de la
population active, là. Donc, il faut être en...
Mme LeBel : ...avec ça, mais,
naturellement, on va faire une gestion extrêmement serrée et rigoureuse des
effectifs. Mais en même temps, il faut s'assurer que les missions de l'État
puissent être accomplies. Et je rappellerai que 87 % des effectifs ont été
donnés dans les dernières années à la santé et à l'éducation. 87 %.
M. Morin : D'accord.
Maintenant, je vous parlais un peu plus tôt de l'exercice de transformation
numérique qui a été faite à la SAAQ. Quand on regarde dans les cahiers qu'on a
reçus, et je regarde particulièrement... c'était dans le volume 1, sous
les demandes générales, une
section qui traite numéro 13-C des jours de
maladie pour les différents ministères et organismes. On voit, par exemple, le
Conseil du trésor, 1889. Quand on regarde les ministères, ça varie, 1 800,
2 000, 3 000. Cependant, quand on arrive à la SAAQ, on est à
17 662. Je vous pose la question parce que, l'an passé, alors qu'on a fait
l'exercice des crédits, le président de la SAAQ était là et j'ai posé des
questions sur l'état et la santé des employés et on me disait qu'on s'en occupait.
Alors, une année plus tard, est-ce que vous vous en occupez? Parce qu'il me
semble que ce chiffre est particulièrement haut quand vous le conjuguez avec
les nombres d'heures supplémentaires qui, pour la SAAQ, sont de 38 724.
Alors, ils vont... Comment ils vont, les employés à la SAAQ? Parce que je
trouve ça alarmant comme chiffre.
Mme LeBel : Bon, bien, ce que
je vais mettre au jeu d'entrée de jeu, là, c'est qu'on ne peut pas comparer le
nombre d'absences au Conseil du trésor, qui est à peu près 500 employés,
au nombre d'absences dans une organisation comme la SAAQ, qui a un nombre
beaucoup plus élevé d'employés, là. Je pense que c'est autour de 5 000, si
je ne me trompe...
Une voix : ...
Mme LeBel : 4 000, bon,
4 000. Ceci étant dit, c'est sûr qu'on va... qu'on s'occupe de la santé de
nos employés, mais il faudrait voir avec qu'est ce qui s'est passé au sein de
la SAAQ. Je n'ai pas les raisons pour lesquelles chacun de ces employés-là ont
quitté, là. Je veux dire, vous comprenez que je n'ai pas cette connaissance
fine de la raison. Mais je peux voir ce qui s'est passé dans la dernière année
et demie, je peux comprendre qu'ils ont subi beaucoup de stress, là.
M. Morin : C'est parce qu'on
nous a dit l'an passé qu'ils s'en occupaient beaucoup. Alors, j'imagine qu'au
Conseil du trésor, vous avez des politiques qui s'appliquent à l'ensemble de la
fonction publique pour la santé, le bien être, la sécurité des employés.
Mme LeBel : Absoument, oui.
M. Morin : Est-ce que c'est
quelque chose... Est-ce qu'il y a des équipes chez vous qui monitorent ça?
Parce que moi, quand j'ai regardé ces chiffres-là, puis j'imagine que vous les
avez eus avant moi, c'est quelque chose qui m'a frappé aux yeux.
J'attire aussi l'attention sur le
ministère de la Justice, parce que, là, ils sont assez nombreux, puis eux
aussi, en termes de journées de maladie, c'est 15 166. Donc, ils sont...
si on les compare à d'autres ministères, c'est beaucoup plus élevé. Puis après
ça, quand on regarde les heures supplémentaires, c'est 28 687.
Mme LeBel : Écoutez, la
réponse la plus simple que je peux vous donner, c'est qu'effectivement, au
Conseil di Trésor, on a des pratiques, on encourage les bonnes pratiques, on
a... les gestionnaires sont formés, il y a de l'accompagnement qui est fait
pour ça, mais c'est de la responsabilité, au final, du gestionnaire de la SAAQ,
entre autres, parce que vous avez nommé cet organisme-là, de s'assurer de tout
ça. Mais, oui, il y a des bonnes pratiques qui sont mises en place, des
politiques qui sont mises en place et c'est de notre rôle de les accompagner
dans tout ça. Il y a le Programme d'aide aux employés qui est accessible pour
ces employés là, mais c'est difficile pour moi, à ce stade-ci, d'expliquer
pourquoi, dans cette situation X, on a ce chiffre-là. Puis encore là, il faut
comparer la taille, la taille de chacun avec les taux. On ne peut pas prendre
des chiffres bruts et dire : Il y en a plus d'un côté ou de l'autre, là.
M. Morin : Quels sont les mécanismes
que vous avez en place pour regarder puis, après ça, peut-être alerter un
organisme de l'État à l'effet qu'il y a un problème au sein de l'organisme?
Mme LeBel : Mais en... Je
m'en excuse, j'ai tenté de vous trouver une réponse et je n'ai pas capté la fin
de l'autre. Désolée.
M. Morin : Alors, je
disais : Quels sont les mécanismes que vous avez en place, parce que vous
êtes l'employeur de l'État, donc pour être capable de dire, à un moment donné,
à vos collègues : Écoutez, tel ou tel endroit, on pense qu'on a un
problème? Puis je comprends que, dans chaque ministère, il y a un
sous-ministre, là, mais vous avez une... en fait, vous, vous avez une
responsabilité globale. Donc, quels sont les mécanismes que vous avez en place
pour vous assurer que l'ensemble des employés de l'État vont être capables de
bien faire leur travail dans un état de... en fait, dans un état de... dans une
situation de travail qui est sécuritaire?
Mme LeBel : Bien, écoutez, je
vais probablement vous répondre la même réponse. Au niveau...
Mme LeBel : ...puis si vous
voulez peut-être avoir des détails plus particuliers, j'ai à ma gauche le
secrétaire du Conseil du trésor qui pourra peut-être vous donner un peu plus de
détails sur la mécanique elle-même, mais, à très haut niveau, le Conseil du
trésor met en place des directives, met en place des politiques. Naturellement,
on encourage, comme je vous disais, les bonnes pratiques. On a un plan... on a
un programme d'aide aux employés. On regarde les résultats tels que vous les
mentionnez. Naturellement, si on... j'imagine, puis c'est la... c'est la bonne
chose à faire, quand on constate des écarts marqués, disons-le, avec... en
relativisant naturellement puis en comparant des tailles... des tailles
appropriées, là, des écarts marqués dans certains milieux, on va... on va
questionner et on va accompagner le gestionnaire, mais au final le... le
gestionnaire est responsable et est responsabilisé, parce que c'est lui qui
connaît le mieux son milieu de travail et les... les problématiques qui
pourraient survenir. Et on est là, nous, pour l'accompagner puis lui fournir
les outils nécessaires, mais s'il y a des, je dirais, le terme n'est pas bon,
là, mais des... des anomalies ou des écarts plus marqués, c'est certain
qu'on... qu'on est là pour accompagner puis pour suivre la situation.
M. Morin : Très bien. Alors,
moi, je faisais un suivi des questions que j'avais posées l'an passé, donc
je... je porte ça à votre attention, ça me semble, et je comprends très bien
qu'il y a des organismes qui sont plus gros que d'autres, là, mais quand on
regarde les chiffres, ça me semble être vraiment... ils sortent de l'écart
totalement. Puis avec ce qu'ils ont vécu, bien, je pense qu'il y a une
attention particulière qui devrait leur être accordée.
J'attire aussi votre attention en ce qui a
trait au taux d'absentéisme au ministère de la Justice, parce que quand on
regarde l'ensemble des organisations, on est à quatre, cinq, trois, deux.
Ministère de la Justice, Fonds d'aide aux victimes d'actes criminels, ils sont
à 12,76 % et ils ressortent totalement de... en fait, des autres
organismes. Donc, je... je porte ça à votre attention également.
Donc, vous avez... vous nous avez, en
fait, suggéré de faire entendre votre... est-ce que c'est un sous-ministre ou
le sous-secrétaire du Conseil du trésor sur certains aspects particuliers.
Mme LeBel : Le secrétaire.
M. Morin : Le secrétaire.
Parfait. Alors, bien, est ce qu'il est avec vous?
Mme LeBel : Il est à ma
gauche. M. Dubé.
M. Morin : Très bien.
Excellent. Merci. Bonjour.
Mme LeBel : Avec la
permission, naturellement.
M. Morin : Alors, visiblement,
vous avez mon consentement.
Le Président (M. Simard) : Oui,
mais je voulais également l'avoir de notre collègue de Sherbrooke. Alors,
monsieur, pour les fins de nos travaux, auriez-vous l'amabilité, s'il vous
plaît, de vous présenter?
M. Dubé (Patrick) : Absolument.
Patrick Dubé, je suis le secrétaire du Conseil du trésor.
Le Président (M. Simard) : Nous
vous écoutons.
M. Dubé (Patrick) : Merci
beaucoup. Donc, je dirais que la présidente a déjà étalé beaucoup
d'informations, là, pertinentes sur la question, c'est-à-dire qu'en première
ligne chacun des ministères et organismes est tenu de mettre en place les
bonnes conditions pour avoir des employés qui exercent leurs fonctions dans un
contexte qui est sain et sécuritaire, là, à différents niveaux, dépendamment de
la nature des tâches. Puis l'intervention du Conseil du trésor vient en second
niveau, d'offrir différents services complémentaires, programmes d'aide aux
employés est un bel exemple. Et puis ça nous amène aussi dans la stratégie de
gestion des ressources humaines, qui est la feuille de route gouvernementale en
matière de ressources humaines, à mettre au jeu un certain nombre d'initiatives
en formation ou en accompagnement de différentes natures auprès des ministères
et organismes pour améliorer les pratiques qui sont en place.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Cher collègue.
M. Morin : Oui. Alors,
effectivement, dans la stratégie gestion des dépenses, budget des dépenses
qu'on a... qu'on a reçu, on a la gestion des ressources humaines, et vous avez
une stratégie de gestion des ressources humaines de la fonction publique, quels
sont les éléments que vous avez en place pour vous assurer que cette
stratégie-là fonctionne, qu'elle est utilisée?
Et j'imagine que les différents ministères
doivent vous soumettre des rapports sur la façon dont ils, évidemment, vont
s'assurer que cette politique-là et cette stratégie-là est en place dans leur
ministère.
Alors, comment ça fonctionne exactement et
quelle est l'analyse que vous faites par la suite? Puis s'il y a des ministères
où vous voyez qu'il y a un écart, quels sont les actes que vous posez pour que
vous puissiez intervenir, pour vous assurer que les employés de l'État,
évidemment, travaillent dans un environnement qui est sain?
Mme LeBel : Est-ce que je
comprends que M. Dubé... qu'on... peut continuer à répondre. C'est à
travers les rapports annuels de gestion, entre autres, mais pour avoir des
détails un peu plus précis sur la mécanique, avec la permission de tout le
monde.
M. Morin : Tout à fait. M. le
Président.
Le Président (M. Simard) : Nous
sommes à votre écoute, monsieur.
M. Dubé (Patrick) : Merci
beaucoup. Donc, la stratégie de gestion des ressources humaines s'attarde sur
quatre volets de façon plus particulière. Donc, le premier volet, c'est
l'expérience employé, on veut que les employés de l'État ou de la fonction
publique aient une expérience employé qui soit enrichissante.
• (13 h 30) •
L'autre volet, c'est la dynamique d'une
organisation apprenante, donc s'assurer que les employés, au-delà d'avoir
des...
Haut de la page
13 h 30 (version non révisé
e) M. Dubé (Patrick) : ...défis
stimulants, d'avoir des défis qui sont variés sur les fonctions ou les tâches
qu'ils peuvent assumer. Mais c'est aussi qu'ils soient dans une dynamique où,
de façon continue, ils peuvent apprendre davantage et développer les
compétences ou les comportements qui sont attendus pour leur rôle à l'intérieur
de leur organisation respective.
Et le dernier volet, c'est comment on s'assure
avec chacune des organisations de développer, je vais appeler ça l'analytique
RH, donc toute l'intelligence sur le volet de la gestion des ressources
humaines puis le mettre à profit au bénéfice de la productivité, de la
performance, mais aussi dans un contexte de travail qui est agréable.
Et de ça découle un certain nombre d'initiatives
qui sont faites, puis la stratégie en soi a été élaborée et conçue avec l'ensemble
des ministères et organismes. Donc, ça a été co-construit avec l'ensemble de l'appareil
gouvernemental pour identifier les bonnes priorités, les bons gestes puis
mettre le niveau de responsabilité au bon niveau.
Le Président (M. Simard) : ...cher
collègue.
M. Morin : Merci. Maintenant,
toujours dans le... dans le même cahier, à la question... et je change de... de
registre, là. À la question Voyages en avion, Conseil des ministres et
cabinets. Et là on fait référence aux voyages faits en avion, en hélicoptère
pour chaque membre du Conseil des ministres et membre du cabinet. La réponse, c'est
aucun voyage fait en avion ou en hélicoptère au Québec. Donc, il n'y a aucun
ministre qui a voyagé en avion au Québec cette année?
Mme LeBel : À la question...
Bien, pouvez-vous la nommer parce que vous faites référence à une question dans
un cartable, mais il y a un numéro à la question, j'imagine, un chapitre, une
page.
M. Morin : Numéro... En fait,
c'est dans...
Mme LeBel : Ça... Ça nous
aiderait beaucoup à la repérer, parce que...
M. Morin : Oui.
Mme LeBel : Comme on l'a
mentionné à la question précédente de ma collègue, il y a beaucoup, beaucoup de
questions...
M. Morin : D'accord.
Mme LeBel : ...beaucoup,
beaucoup de travail, donc juste pour être capable de la récupérer correctement,
M. Morin : Volume 1, Étude
des crédits... dans les demandes générales. Étude des crédits - Secrétariat du Conseil
du trésor, numéro 2, Voyages en avion, Conseil des ministres et du
cabinet.
Mme LeBel : Oui, mais moi...
M. Morin : Je n'ai pas de...
Moi, je n'ai pas de numéro de... de page.
Mme LeBel : Non, mais je...
je l'ai retrouvée. Je l'ai retrouvée.
M. Morin : Vous l'avez
retrouvée?
Mme LeBel : ...nous, on
répond à la question pour nous, nous concernant. Je peux vous dire que je n'ai
pas fait de voyage en hélicoptère.
M. Morin : En avion non plus?
Mme LeBel : En avion, dans la
dernière année? Non. Bien, pas pour le travail.
M. Morin : Oui. Non, mais on
parle... on parle du...
Mme LeBel : Bien, je ne vous
parlerai pas de ma vie personnelle.
M. Morin : ...on parle du
travail ici, là. On va se concentrer là-dessus.
Mme LeBel : Non, pas pour le
travail. Non, mais chaque... chaque... cette section-là est répondue pour
chacun. Le Conseil... Le Conseil du trésor ne répond pas pour l'ensemble du
Conseil des ministres, là, donc...
M. Morin : Mais vous, votre
cabinet...
Mme LeBel : Aucun...
M. Morin : ...parce que ça
dit membre du cabinet...
Mme LeBel : Aucun voyage fait
en avion ou en hélicoptère...
M. Morin : O.K. Parfait.
Mme LeBel : ...au Québec,
dans l'année, oui.
M. Morin : Je vous remercie.
Toujours dans le même cahier.
Mme LeBel : ...quand j'étais
responsable des Relations canadiennes, je vous dirais, là, mais là, non.
M. Morin : Bien là, on va se
concentrer sur le Conseil du trésor.
Mme LeBel : Mon périmètre se
fait en voiture présentement.
M. Morin : D'accord. Donc,
demande de renseignements généraux. Je suis dans le même cahier. Fournir les
dépenses allouées à la conciliation avec les autochtones, fournir la liste des
projets du ministère... une consultation des représentants autochtones, aucune.
Donc, pendant toute l'année, vous n'avez consulté aucune nation autochtone sur
vos différents programmes, ce que vous mettez en place.
Mme LeBel : Écoutez, la
seule... le seul endroit où... Je n'ai pas la question, là, mais je pourrais
vous dire que le seul endroit où il y a des travaux qui sont faits avec les
autochtones... mais là, est-ce qu'il y a une consultation particulière dans la
dernière année, c'est au... sur les marchés publics, où on n'a jamais caché l'option
d'être capable de voir comment on peut mieux intégrer les entreprises
autochtones dans nos marchés publics. On travaille avec le ministère de l'Économie.
On travaille avec le Secrétariat aux Affaires autochtones. Mais souvent je vous
dirais que les consultations sur ces sujets-là sont aussi faites à travers le
Secrétariat... aux affaires autochtones. Mais à ma connaissance, je... non, je
n'ai pas... je n'ai pas consulté, à
titre d'exemple, les autochtones sur la
politique RH du gouvernement, ni sur la gestion budgétaire du gouvernement, ni
sur les négociations avec la FIQ, là, donc... Mais le seul... le seul aspect où
je pourrais vous dire qu'il y a... mais là, je ne sais pas pourquoi on a
répondu à cette question-là comme ça, c'est potentiellement sur les marchés
publics. Il y a un aspect, effectivement, où on a une réflexion, mais cette
réflexion-là, elle n'est pas d'hier. Donc, dans la dernière année, est-ce qu'on
a eu à leur reparler sur cette question-là? Peut-être, non, mais je vous dis
que, moi, depuis, je suis au Trésor, depuis 2020, ils ont été consultés à
plusieurs reprises sur cette question-là et ont fait
partie des travaux. Mais là
on est dans une année donnée, là.
M. Morin : D'accord. Je vous
remercie. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous, cher collègue. Alors, nous poursuivons...
Mme LeBel : Ah! bien, ce qu'on...
ce qu'on nous dit, c'est que la question concerne les dépenses...
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
Mme LeBel : ...donc pas par
rapport à ça.
Le Président (M. Simard) : On
pourra y revenir sur un autre bloc, chers collègues, parce que là, on prend le
temps du Parti libéral. Je cède maintenant la parole au député de Maskinongé...
M. Allaire : ...Merci, M. le
Président. Mais je peux vous laisser poursuivre, si vous n'aviez pas fini de
répondre au collègue. Ça va?
Mme LeBel : ...parce que, des
fois, il faut voir la question pour comprendre la réponse. Mais la question
était précise sur la question des dépenses. Non, on n'a pas consulté sur la
question des dépenses.
M. Allaire : Excellent.
Merci.
Le Président (M. Simard) : Vous
avez environ neuf minutes.
M. Allaire : Parfait. Merci,
M. le Président. Salutations, Mme la ministre. Salutations à l'ensemble des
collègues aussi. Salutations à l'ensemble des équipes qui sont présentes,
souvent qu'on voit de façon un peu séparée, selon les différents projets de loi
qu'on travaille. Mais là on voit tout le monde ensemble, ça rajoute au côté
exceptionnel de l'exercice de l'étude des crédits. Salutations aussi à Mme la
ministre, à votre équipe, au cabinet, qui, je sais aussi, ont travaillé très
fort dans les dernières semaines.
On va parler, Mme la ministre, d'une
stratégie qui a été mise en place, la stratégie des marchés publics, une
stratégie qui, je sais, vous est chère, une stratégie qui a été annoncée en février
2022, qui a été annoncée avec le premier ministre, avec une portée certaine,
une portée qu'on souhaite... qu'on souhaite voir croître dans les prochaines
années, avec un impact réel sur la création de richesse, sur notre... sur notre
belle nation québécoise.
Mme la ministre, j'ai envie de discuter
avec vous sur les résultats de cette stratégie-là. On souhaitait naturellement
faire davantage de place à nos belles entreprises québécoises. Est-ce qu'à ce
stade-ci vous êtes en mesure, avec l'évaluation des résultats qu'on a jusqu'à
maintenant, les résultats qu'on a colligés pour la première année, 22-23, puis
peut-être quand même, vous avez des résultats pour 23-24, mais d'être en
mesure, là, de nous démontrer que cette stratégie-là a eu un réel impact, un
réel impact notamment sur la santé de nos finances publiques? Parce que
lorsqu'on fait une stratégie comme celle-là, c'est... c'est... c'est notre
souhait, ultimement, puis c'était le souhait que vous aviez avec votre
leadership, d'être en mesure de créer de la richesse. Alors, après maintenant
un an, est-ce qu'on a atteint ce résultat-là et est-ce qu'il y a des éléments
qu'on... qu'on... qu'on voit, qu'on doit s'ajuster, par exemple, pour les
années restantes, là, du déploiement jusqu'en 2026?
Mme LeBel : Bien, merci
beaucoup, M. le député de Maskinongé, incidemment, partenaire de la Mauricie
avec moi. Écoutez, bien, je suis très contente. Puis, dans le fond, je
pourrais, M. le Président, laisser mon collègue répondre à cette question-là,
dans le sens où il a participé de façon pas juste, je dirais, accessoire, mais
de façon extrêmement soutenue, à l'élaboration de cette stratégie-là, qui a
donné lieu aussi à un projet de loi en 2022 pour modifier la
loi sur les
contrats publics et permettre d'entrer dans plus d'innovation, plus de
développement durable. Parce que cette stratégie-là avait plusieurs axes, dont
l'achat québécois. Donc, augmenter l'achat québécois, augmenter la part des
contrats publics de nos entreprises en région. On avait aussi, dans cette
stratégie-là, la volonté d'avoir une préoccupation qui se... qui se traduit
dans les marchés publics du développement durable, à
titre d'exemple, donc, et
de l'innovation, donc de l'innovation dans nos façons de faire, de l'innovation
dans les matériaux, les méthodes, les produits que l'on emploie ou que l'on
acquiert, et aussi d'augmenter la part d'achats québécois. Parce que, vous vous
souvenez, on l'a travaillé ensemble, il y a trois... je dis toujours il y a
trois grands secteurs. Non, trois. Il y a trois grands secteurs : il y a
les achats de biens... de biens, il y a les contrats de construction et il y a
les contrats de service.
Donc, dans le domaine des contrats de
construction et des contrats de service, si ma mémoire est bonne, il n'y a pas
vraiment d'enjeu parce qu'on est au... dans les 90 %, 95 %, je pense,
des retombées de nos marchés publics qui, incidemment, sont de l'ordre
d'environ 16 milliards de dollars, je pense.
Des voix : ...
Mme LeBel : 26. Bien, vous
voyez, c'est plus que je pensais. Donc, 26 milliards de dollars.
90 %, plus de 90 % dans le domaine de la construction ou dans le
domaine des biens... des services vont sur le marché québécois. Et c'est
important pour nos accords internationaux, c'est important qu'il y ait quand
même une certaine peur qui puisse aller à d'autres entreprises pour que nos
entreprises bénéficient également des marchés internationaux. C'est ce qu'on
veut.
• (13 h 40) •
En achats québécois, c'est là qu'on avait
peut-être un petit déficit d'acquisition, je dirais. Et la stratégie
fonctionne. Je vous dirais qu'elle fonctionne de façon exceptionnelle. On a
augmenté, en 2022-2023, c'est les chiffres qu'on a présentement après analyse,
une hausse de 330 millions d'acquisitions en biens québécois a été... a
été augmentée. Donc...
Mme LeBel : ...on a une
stratégie à terme de rehausser l'acquisition des biens québécois de
530 $... 530 millions de dollars par année. Et on a eu, en
2022-2023, 330 millions d'augmentation. Donc, je pense qu'on est sur une
excellente lancée. La balle est en jeu, et moi, je suis convaincue que c'est
une balle qui va faire boule de neige. Plus on en fait, plus on a le goût
d'acheter québécois.
Et d'ailleurs, on a eu des résultats
exceptionnels quand on parle de la politique d'achat d'aliments québécois.
Parce que, vous vous souvenez, on avait jumelé, entre autres en santé, en
éducation, qui étaient des priorités... on avait dit, en alimentation
québécoise, qu'il fallait avoir... être capable de... d'augmenter la part des
achats québécois. C'est plus complexe, hein, dans nos établissements carcéraux,
dans nos établissements de santé. On peut bien dire : On va manger des
pommes québécoises à l'année, mais on n'en a pas, au Québec, à l'année. Donc,
il faut que les recettes soient adaptées, les plans de... les plans de
nutrition soient adaptés. Mais, grâce à l'aide de nos collègues, là, du MAPAQ,
il y a maintenant 85 % des établissements qui sont dotés d'une cible
d'achats alimentaires québécois, alors qu'il y en avait juste à peine 46 %
avant qui avaient cet intérêt-là en jeu.
Donc, on est en action, et les résultats
sont extrêmement prometteurs. Je dirais qu'on est sur une excellente lancée.
M. Allaire : Ça pouvait
paraître être une question un peu complaisante, parce qu'effectivement j'ai
travaillé la stratégie, mais, en fait, je pense que c'est important qu'on
puisse mesurer l'impact de ce qu'on a mis en place. Et je pense qu'on ne le
dira jamais assez, parce qu'au final, c'est nos entreprises québécoises qui en
bénéficient. Et je l'ai dit un peu tantôt, ça a un impact quand même positif
sur nos finances publiques parce qu'on crée la richesse.
Un des enjeux qu'on voyait à l'époque,
c'était notre capacité à former l'ensemble des organismes, là, qui bâtissent
les appels d'offres, avec les critères qu'on souhaitait mettre en place dans
les différents appels d'offres, qui ont fait l'objet souvent d'inclusion
directement dans le projet de loi, notamment en lien avec le développement
durable. Est-ce qu'on a réussi à contrer cet enjeu-là, finalement, ou à
outrepasser cet enjeu-là puis on peut dire aujourd'hui que l'ensemble des
organisations qui font
partie de la fonction publique ont engrangé cette
gestion de changement là, qui, ultimement, est extrêmement importante pour
lancée, mais, puisqu'on l'avait identifié comme étant un enjeu, je veux
m'assurer avec vous, là, que tout le monde enclenche cette gestion de
changement avec optimisme.
Mme LeBel : Oui. Bien, à
terme, la stratégie qui prend sa cible en 2025-2026, à terme, c'est d'obtenir
15 % des acquisitions jugées avec un critère d'acquisition responsable
seront réalisées par les organismes publics. Ça peut sembler peut-être pas une
cible très ambitieuse, mais c'est extrêmement ambitieux parce qu'il faut
changer les façons de faire, il faut être capable d'intégrer dans les appels d'offres
ce souci-là d'avoir un critère ou un objectif d'acquisition responsable.
Après un an, présentement, on peut dire
qu'on a eu une hausse de 2 % des acquisitions. Donc, on est passés de
8 % à... on est passés de 6 % à 8 %, donc une hausse de
2 %. Et le mécanisme est en jeu. Qu'est-ce qu'on a fait? On a fait... On a
mis des mesures en place parce qu'il faut accompagner les organismes, mais on
comprend que ce n'est pas... Les gens font des achats, font des contrats, bon,
ils sont dans leur quotidien, il faut les... il faut que ça devienne un réflexe
et il faut les... je dirais, les forcer, mais gentiment, là, les forcer à
intégrer dans ça. Donc, ce qu'on a fait, c'est qu'on a mis... on a intégré au
SEAO des indicateurs d'acquisition responsable, parce que, pour des gens qui
n'en ont jamais fait, ça peut être... on peut se demander : Bien, c'est
quoi, un indicateur d'acquisition responsable, puis qu'est-ce que ça veut dire?
On en a eu l'occasion d'ailleurs, dans le projet de loi, d'en discuter beaucoup.
Ce n'est pas toujours clair pour tout le monde, qu'est-ce que c'est.
Donc, il y a 21 indicateurs
d'acquisitions responsables qui ont été intégrés au SEAO pour permettre
justement aux organismes publics d'être capables de s'en aller vers du
développement durable. Bon, développement durable, c'est une grande chaîne. Il
y a l'environnement là-dedans, il y a des impacts sociaux aussi économiques,
etc., qu'il faut prendre en compte. Et il y a plusieurs outils de formation qui
ont été mis en place, de l'accompagnement au secrétariat des marchés publics,
particulièrement au Trésor, pour être capable de les soutenir dans cette
gestion du changement là. Donc, on est en mouvement, on les accompagne et on
voit que l'aiguille commence à bouger positivement, puis je pense que c'est un
excellent signe. Mais on va continuer, on n'arrêtera pas là.
Le Président (M. Simard) : En
conclusion.
M. Allaire : Ça va.
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous. Je cède la parole au député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Alors, on va continuer avec les ressources humaines. Est-ce que
vous... Pour être bien clair, parce que je ne suis pas sûr de bien avoir
entendu votre réponse, les ressources humaines et les minorités visibles...
M. Morin : ...les Premières
Nations. Vous les consultez, les Premières Nations, ou pas, quand vient le
temps de développer vos politiques?
Mme LeBel : Bien là.... là,
la question, tantôt, que vous avez posée, c'était est-ce que les
consultations... oui, les dépenses engendrées par les consultations. Donc ce
n'est pas qu'il n'y a pas eu... Puis là, c'est pour ça que j'étais étonnée
qu'on ait dit qu'il n'y avait eu aucune consultation, alors que je sais qu'on
consulte, là, mais il n'y a pas eu de dépenses engendrées par les
consultations, juste qu'on recadre, parce que la réponse n'a pas été :
aucune consultation.
Maintenant, sur des politiques qui les
concernent, à travers, certainement, le Secrétariat aux affaires autochtones, à
travers le secrétariat... le sous-secrétariat, pardon, qui est concerné, oui,
il y a des échanges qui sont faits avec les gens qui sont concernés par ça. On
parle aussi à la Commission des droits de la personne pour les objectifs qu'on
doit se fixer. D'ailleurs, dans la politique... de l'accès à l'égalité, moi,
c'est toujours les acronymes que j'essaie d'avoir, la politique d'accès à
l'égalité. Bien, la politique qui a été mise en place est en adéquation avec
les recommandations de la Commission des droits de la personne, la CDPJ, la
CDPJ. Donc, oui, il y a des consultations, mais votre... la question
précédente, parce que... vous avez vu mon... en tout cas, je pense qu'on a vu
mon visage étonné qu'on n'ait pas... qu'on ait répondu qu'il n'y avait eu
aucune consultation, là, mais il n'y a eu aucune dépense engendrée par les
consultations, pour juste être plus...
M. Morin : D'accord. Avec
vos... les politiques, quand on regarde, par exemple, le nombre des effectifs
dans chacun des ministères et organismes pour les minorités visibles, 35 ans et
plus, demandes de renseignements généraux numéro 13.a, et qu'on regarde, par
exemple, le nombre d'autochtones au ministère du Travail, il n'y en a aucun, à
l'Enseignement supérieur, il y en a un, Famille, deux, le Conseil du trésor,
vous en avez neuf. Mais, quand on regarde la liste, il y a un nombre important
d'organismes ou de ministères où il n'y en a aucun. Commissaire à la lutte
contre la corruption, zéro, Commissaire à la santé et au bien-être, zéro,
Vommissaire d'évaluation de l'enseignement collégial, zéro, Commission
municipale du Québec, zéro, Office de la protection du consommateur, zéro,
comité de déontologie policière, zéro, Commission d'accès à l'information,
zéro.
Est-ce que vous avez des programmes
d'embauche particuliers? Ça ne semble pas fonctionner, là, très bien quand vous
regardez les résultats. Quelles sont les mesures que vous avez en place pour
vous assurer que les ministères vont, évidemment, tenir compte de la réalité et
du fait que, sur le territoire, on a quand même plusieurs membres des Premières
Nations. Et est-ce que vous... est-ce que vous avez des objectifs? Est-ce que
vous avez des cibles? Comment vous fonctionnez?
Mme LeBel : Oui, bien,
effectivement, vous savez, les cibles qui sont données à chacun des
ministères... Je vais répondre par la fin pour pouvoir... Il y a des cibles de
données à chacun des mystères. D'ailleurs, on vient de mettre en place,
récemment, dans les dernières semaines, je dirais, derniers mois, des fois, le
temps est relatif et passe vite, là, mais en 2024, un nouveau programme d'accès
à l'égalité. Ce programme-là, ce PAAE, comprend quatre types de mesure, je vous
disais, qui avaient été recommandé par la CDPJ. Et on a quatre groupes, on a
séparé quatre groupes de cibles, sur recommandation de la CDPDJ, donc, les
minorités visibles, les minorités ethniques, les personnes handicapées, les
personnes autochtones. Et nos cibles sont basées sur la population active. Vous
savez, on a 1,9 %, je pense, de personnes déclarées autochtones, là, dans
la population active présentement. Donc, les cibles qui sont données à
l'ensemble de la fonction publique et aux ministères sont en adéquation avec la
population active, il faut le mentionner, donc, la cible de représentativité.
Dans la population en général, personnel régulier, occasionnel, on a donné une
cible de 1 %, et, pour ce qui est du personnel d'encadrement, c'est
1,2 %.
C'est important de faire une nuance
particulière. La façon dont on est capable de déterminer s'il y a des personnes
autochtones ou des minorités visibles dans la... dans la fonction publique, ce
n'est pas par un décompte, là, qu'on fait ça, c'est par de l'autodéclaration.
Donc, il faut que les personnes se déclarent ou souhaitent se déclarer
autochtones sur les formulaires de fiches... je vais dire les fiches de
personnel. Donc, c'est par l'autodéclaration. Maintenant, vous avez raison, les
chiffres que vous avez, c'est en fonction de l'autodéclaration. Donc, zéro
personnes se sont déclarées autochtones.
• (13 h 50) •
On accompagne les ministères, vous
savez...
Mme LeBel : ...c'est la
responsabilité ultimement des ministères et organismes, qui, pour atteindre ces
objectifs-là, de poursuivre. Donc, un peu à l'instar de la politique en
ressources humaines, le Programme d'accès à l'égalité à l'emploi a été mis sur
place, et on accompagne les ministères et organismes. On leur donne des cibles
à atteindre et on leur donne des outils pour les aider à l'atteindre. Il y a
souvent un bilan de mi-parcours qui est fait et il y a un bilan à échéance qui
est fait dans ce programme d'accès là. Et naturellement, si, à mi-parcours, on
voit des enjeux, bien, on va aider le ministère ou l'organisme en question pour
l'aider.
On a mis en place le nouveau système de
dotation, en 2022, je pense, qui permet d'aller de façon plus chirurgicale
procéder à l'embauche et d'être capable, de façon positive, d'être... de mieux
cibler les gens qu'on embauche... et même de mieux répondre à nos objectifs
d'intégration de ces minorités-là, qui ont été détaillés, là, comme je vous
l'ai mentionné, en collaboration avec la Commission des droits de la personne.
Donc, il y a des cibles qui sont mises, il y a de l'accompagnement, il y a un
suivi régulier. Et on va... on leur donne les outils nécessaires pour y
arriver.
Le Président (M. Simard) : Très
bien, très bien.
Mme LeBel : Mais il ne faut
pas lâcher, mais il faut... il faut rendre la fonction publique attractive
aussi pour ces gens-là.
Le Président (M. Simard) : Cher
collègue.
M. Morin : Quel genre de
consultations faites-vous, notamment, au niveau de vos développements de
politiques avec les communautés autochtones?
Mme LeBel : Encore une fois,
c'est moi qui... Je m'excuse, j'essaie tellement de trouver une réponse à votre
question. Quelles sont les cibles?
M. Morin : Quelles sont les
consultations, les types de consultations que vous faites pour le développement
de vos politiques, notamment en matière de ressources humaines avec les
communautés autochtones?
Mme LeBel : Bien, je vais
vérifier, mais il y a...
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui. C'est le
Secrétariat aux affaires autochtones qui est chargé de nous fournir
l'information nécessaire. D'ailleurs, c'est pour ça qu'on a un secrétariat aux
affaires autochtones, particulièrement à cette politique-là. Les ministères et
organismes sont également consultés et la Commission des droits de la personne,
qui a beaucoup d'informations et qui est très sensible, hautement sensible,
avec raison, c'est dans sa fonction, dans sa mission, à la... au bien-être et à
la conservation des droits de ces gens-là, est également... fait
partie
également de la conversation. Je vous ai dit qu'on avait mis ça en adéquation
avec les recommandations de la CDPJ, mais je vous dirais que, particulièrement
dans ça, je pense que c'est à... c'est à travers le secrétariat aux Affaires
autochtones.
M. Morin : Merci.
Mme LeBel : Qui a d'ailleurs
cette fonction-là au sein de l'appareil gouvernemental.
M. Morin : Merci. Dans la
reddition de comptes de septembre 2023, vous aviez comme objectif 5 000 postes,
et là je parle ici de la régionalisation, pour l'ensemble de l'appareil
gouvernemental. Il y a des postes qui ont été créés, notamment en Outaouais,
vous avez 487 postes régionalisés, il y en a beaucoup moins dans d'autres
régions. Comment est-ce que vous procédez et est-ce que votre politique de
régionalisation a eu les effets escomptés?
Mme LeBel : Bien, je vais
répondre par la fin. Oui, oui, non seulement elle a eu les effets escomptés,
mais on va... si ce n'est pas déjà fait, on va dépasser la cible. La cible qui
était de 5 000 postes régionalisés pour 2026, si je ne me trompe pas. Donc, on
est en voie, si ce n'est pas déjà fait, de dépasser la cible. Je pense qu'on
est à peu près à 4 800. Et le compteur continue probablement à tourner pendant
qu'on se parle. Donc, oui.
Comment on a fait, c'est que, bon, au
Conseil du trésor, naturellement, ce n'est pas nous qui procédons aux embauches
dans les différents organismes et ministères concernés. Il y a, je pense, c'est
54 organismes ministères et concernés par la politique, mais beaucoup, je vais
dire, beaucoup d'organismes et de ministères concernés, mais c'est le chiffre
exact qui m'échappe, parce que là-dedans, il n'y a pas juste des ministères, il
y a des organismes gouvernementaux. Je vais vous nommer Hydro-Québec, à
titre
d'exemple, en fait partie, de la politique. Donc, on a... on a... ce qu'on a
fait, c'est qu'on a établi une cible de... C'est 55. Je n'étais pas très loin
de la cible, là, donc 55. On a établi des cibles pour chacun des ministères et
organismes, mais les cibles ont été aussi établies en fonction de plusieurs
groupes, dont la présence en région et la capacité de régionaliser.
Je ne vous cacherai pas que des organismes
gouvernementaux centraux comme le ministère des Finances et du Conseil du
trésor ont eu des objectifs de régionalisation, même je me suis portée
volontaire, des objectifs de régionalisation moins élevés qu'un ministère de
l'Agriculture à
titre d'exemple, ou un ministère de l'Environnement qui a des
activités et une vocation beaucoup plus régionalisables, si je peux prendre ce
terme-là, qui... Bon. Des cibles ont été établies pour avoir naturellement à
de 2 000 postes, qui a été... qui a été atteinte, et une autre cible qui était
l'engagement, 5 000 postes régionalisée en...
Mme LeBel : ...en 2026...
2028, bon. Comme on est à 4 800, je ne suis pas trop inquiète pour 2026,
mais c'est 2028, la cible. Et on a établi des cibles avec des échéanciers, des
indicateurs de temps pour chacun des ministères, et ces cibles-là font
partie
de la stratégie et sont... ont été publiées.
Les ministères, qui sont encore une fois
chargés de la régionalisation... doit se faire, la... ont des outils pour le
faire. Donc, ça se fait comment? Par des emplois devenus vacants qui sont
transférés en région, à
titre d'exemple, la création de nouveaux emplois en
région. Donc, on ne peut pas prendre, dans la fonction publique... dire :
Mme Unetelle, vous travaillez maintenant à Québec? Bien, va... vous, vous allez
travailler à Matane ou à Gatineau. Ce n'est pas comme ça qu'on peut faire ça,
là, il y a de la ressource humaine derrière ça. On peut le faire de façon
volontaire, là, ça fait partie... ça fait
partie de la façon de régionaliser,
mais on ne peut pas tout miser sur le déplacement volontaire. Donc, c'est comme
ça, ils ont eu des cibles et des critères de régionalisation, dont un des
critères était aussi de favoriser, quand c'est possible, parce qu'il faut qu'il
y ait... que ça soit possible de le faire, les MRC les plus dévitalisées.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Morin : Et un des
objectifs de ce projet du gouvernement, c'était de générer des retombées
économiques en région, entre autres par les activités du personnel de
l'administration publique. Comment vous chiffrez et quels sont les indicateurs
que vous avez pour être capable de déterminer que ça va générer des retombées
en région? Combien ça fait? Et quelle est l'aide, en fait... ou l'aide
bénéfique dans les différentes régions où vous déplacez ces postes-là?
Mme LeBel : Bien, on ne s'est
pas donné comme objectif pour... de mesurer les retombées économiques, parce
que c'est... parce que l'objectif, quand on dit... c'est... on va avoir des
emplois qui sont des emplois stables, des emplois qui, dans la moyenne des
emplois, sont des emplois relativement très bien payés, qu'ils vont avoir des
gens qui vont avoir des emplois stables, donc, on est... pour moi, c'est une
question de bon sens que ces gens-là vont vivre en région, dépenser en région.
Mais non, et au départ de la stratégie, de toute façon, on ne s'était pas
engagés à mesurer ces retombées économiques là, et ça n'a pas été fait.
M. Morin : Bon. Cependant,
c'était un... quand je regarde votre politique, un des éléments de la
régionalisation, un des objectifs, c'est un objectif socioéconomique, ça vise à
redynamiser les régions du Québec. Vous indiquez que ça va générer des
retombées économiques en région, mais je comprends que vous n'avez pas de
mécanismes ou d'indicateurs pour déterminer si ça en fait ou pas.
Mme LeBel : Bien, ce qu'on a
voulu faire puis ce qu'on a mis comme critère dans la politique de
régionalisation, c'est qu'on devait prioriser, «on» étant les organismes, les
55 organismes et ministères donc que je vous ai mentionnés, qui étaient sous la
politique, qui devaient appliquer la politique... c'était de viser la
régionalisation dans les régions dévitalisées. Dévitalisées, c'est aussi des
gens... bien, on a besoin de sang neuf, on a besoin de dynamiser, on a besoin
d'avoir des emplois stables, on a besoin d'avoir des emplois réguliers, on a
besoin d'avoir des gens qui sont capables d'investir, qui vont avoir le goût de
s'installer. Donc, je peux vous dire que 78 % des emplois qui ont été...
des 4 800, donc, qui ont été régionalisés le sont dans des MRC
dévitalisées. C'est quoi, c'est 4 et 5? 3, 4, 5?
Une voix : 3, 4, 5.
Mme LeBel : 3, 4, 5. Donc,
78 %, moi, je considère qu'on a rempli l'objectif. Mais il n'y a pas
d'indicateur pour mesurer si M. Untel, qui a été régionalisé, dépense quoi par
année, là. Je veux dire, ça leur appartient, ce sont des employés de l'État. Je
ne vais pas aller voir quelles dépenses vous faites si vous êtes régionalisé,
là, quels investissements vous faites. Mais mon objectif est que j'ai installé
quelqu'un qui a un poste... qui a un bon poste, quant à moi, parce que je suis
pro-fonction publique, dans une région dévitalisée, qui va y vivre et qui va
travailler.
M. Morin : Il y a des
régions, comme je le mentionnais précédemment, où ça semble très bien
fonctionner, notamment dans l'Outaouais, 487 postes. Mais, sur la
Côte-Nord, vous avez seulement 14 postes, mais Hydro-Québec en a
dérégionalisé 20, puis le ministère de la santé publique, 19. Ça semble aller
à... en fait, à l'inverse de votre projet. Est-ce que vous savez où ces
postes-là sont allés puis pourquoi?
Mme LeBel : Vous parlez de
ceux d'Hydro-Québec? Non.
M. Morin : Et de la Sécurité
publique.
Mme LeBel : Non, je ne
connais pas les postes pour lesquels Hydro-Québec aurait prétendument
dérégionalisé. Est-ce qu'ils ont eu des fins de projet sur la... Je ne le sais
pas. Je ne m'avancerai même pas là-dedans, je ne répondrai pas pour
Hydro-Québec. Maintenant, la Sécurité publique non plus, je n'ai pas cette
information-là très pointue, et ce sont les ministères qui sont responsables de
leurs employés. Alors, je vous invite à diriger la question à la Sécurité
publique.
• (14 heures) •
M. Morin : Sauf que, dans
votre plan gouvernemental...
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14 h (version non révisé
e) Morin : ...de régionalisation du Secrétariat du Conseil du
trésor. C'est là qu'on trouve ces chiffres-là.
Mme LeBel : ...
Morin : Oui. En fait, on parle... Bien, c'est parce qu'on a des
postes qui sont entre parenthèses, donc ça laisse entendre qu'il y en a moins
dans certaines régions administratives, alors qu'il y en a d'autres qui ne sont
entre parenthèses, et donc on croit qu'il y en a plus dans les régions
administratives. Et ça vient de votre secrétariat, alors c'est pour ça que je
vous posais la question.
Mme LeBel : Bien, écoutez, il
y a des... il y a des... il y a des postes, il y a des régions ou des endroits
où l'administration publique est en... est en fluctuation. On parlait tantôt
des mouvements. Est-ce que c'est quelqu'un qui a quitté son emploi, quelqu'un
qui a été transféré ailleurs? Je veux dire, c'est difficile de vous donner...
Puis Hydro-Québec, je ne pourrais pas vous répondre. Ce sont les chiffres qu'Hydro-Québec
nous a donnés, et, au total, nous donnent 529 postes, là, au net, au net,
régionalisés. Donc, c'est important pour nous de dire que c'est la
régionalisation au net, là, qui est dans la cible, là. Mais je ne peux pas vous
répondre pour Hydro-Québec, dans la région administrative numéro neuf, pourquoi
il y a 20 postes en moins. Vous savez, la fonction publique, c'est en
mouvance, puis on ne peut pas attacher les gens sur leur chaise, là. Donc, à un
moment donné, il peut y avoir une baisse, puis à l'autre moment, il va y
avoir... la personne va être réembauchée, et dans l'autre année, il va y avoir
cette hausse-là, mais sur le total de la région, il y a un net positif de 529.
Mais il y a des fluctuations, là. Et, par transparence, tout est marqué,
naturellement.
Morin : Dans le Nord-du-Québec, c'est 12 postes
régionalisés. Il y en a uniquement trois pour le ministère de la Justice. Tout
à l'heure, je vous parlais des consultations que vous pouvez faire avec les
Premières Nations et les Inuits. Est-ce que vous avez un programme spécial? Je
suis conscient que, dans le Nord-du-Québec, évidemment, il y a... il y a... il
y a des enjeux, là, enjeux de logement notamment, mais est-ce que vous avez des
programmes spéciaux qui va tenir compte de la réalité des Premières Nations et
des Inuits? Parce que, si vous voulez régionaliser des postes, ces
populations-là et puis pour le Grand Nord du Québec, c'est surtout des Inuits,
ils sont déjà là. Si vous voulez atteindre vos objectifs, quels sont les
mécanismes que vous avez mis en place pour vous assurer que vous allez
rencontrer ces objectifs-là?
Le Président (M. Simard) : Alors,
en conclusion.
Mme LeBel : ...de
régionalisation dans la... dans le Grand Nord?
Morin : Dans le Grand Nord du Québec, au Nunavik, vous avez 12 postes.
Mme LeBel : Bien, encore une
fois... encore une fois, c'est... on va accompagner les ministères et
organismes qui ont des activités dans le Grand Nord et qui veulent régionaliser
des postes, mais ça demeure la responsabilité des ministères et organismes de
le faire. Nous, on va les accompagner pour le faire et leur donner des outils.
Et on leur a donné des objectifs de régionalisation, donc il faut les
accompagner.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
Mme LeBel : On a...
Morin : Merci.
Le Président (M. Simard) : Vous
souhaitez poursuivre, cher collègue, succinctement?
Morin : Bien, en fait, j'aimerais ça si vous aviez des
renseignements plus... plus précis, parce que je comprends que vous dites, il y
a des différents ministères, mais vous avez quand même une responsabilité pour
l'ensemble de la fonction publique. Donc, est-ce que vous allez établir des
critères particuliers que vous allez imposer aux ministères ou si vous allez
les laisser faire, parce que ça semble être compliqué?
Mme LeBel : Oui. Bien, dans
les... Écoutez, là, j'ai... j'ai une responsabilité, mais j'ai aussi 29 autres
collègues qui ont la responsabilité chacun de leur ministère, et on travaille
ensemble. Moi, ma responsabilité, au plan gouvernemental, c'est de m'assurer de
leur donner des objectifs, et que ces objectifs-là sont remplis et de les
accompagner, s'ils ont besoin d'outils, et je suis disponible pour le faire.
Morin : Merci.
Le Président (M. Simard) : Merci,
Mme la ministre. Je cède la parole à la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, M. le
Président. Je vais poursuivre sur la question de la régionalisation. Tout à l'heure,
on discutait de la ventilation, là, des postes dans les rapports annuels, là,
la ventilation des... des départs volontaires. Certains rapports annuels... en
fait, la plupart d'entre eux semblent mentionner la question de la
régionalisation, mais certains organismes ne le font pas, notamment Élections
Québec, dans son dernier rapport annuel, ne parlait pas de régionalisation.
Donc, je vous soumets qu'en plus, dans votre réflexion sur la ventilation des
départs volontaires, peut-être que dans votre directive, si vous la modifier,
vous pourriez aussi exiger que ce soit mentionné la régionalisation dans les
rapports annuels des ministères et organismes.
Mme LeBel : Bien, vous avez
raison, ce n'est pas uniforme dans certains rapports annuels. Bien, il y a
peut-être des endroits où on peut le faire, où on ne peut pas le faire, mais on
va regarder la question sur la ventilation, surtout que certains le font, là.
Excusez-moi, là, tranquillement, là, je suis en train de perdre...
Mme Labrie : Bien, en tout
cas, je vous invite à inclure ça à votre réflexion, en souhaitant que cette
réflexion puisse être terminée avant le dépôt des prochains rapports annuels.
Vous avez parlé de 4 800 postes régionalisés tout à l'heure. J'aimerais
ça comprendre si c'est des postes qui sont officiellement rattachés maintenant
à des régions, des MRC ou si ça tient compte de postes qui sont, par exemple
100 % en télétravail et pour lesquels ça s'adonne que l'employé habite en
région, c'est considéré qu'il a été régionalisé...
Mme Labrie : ...et si lui
finalement quitte son poste, la prochaine personne qui fait le même travail
pourrait habiter à Québec, par exemple.
Mme LeBel : C'est fait en
fonction des ports d'attache, O.K.? Vous comprendrez que... et sous la
politique, sauf certaines exceptions, c'est sous la politique de télétravail,
trois jours, deux jours. Donc, ces gens-là doivent se présenter dans leur port
d'attache au moins deux jours par semaine. Et je dis toujours sous réserve des
exceptions, parce qu'il y en a toujours, mais c'est ça, la politique globale.
Quand on considère qu'un poste est régionalisé, c'est en fonction du port
d'attache. Donc, l'employé a un port d'attache à Gatineau, il est considéré
régionalisé à Gatineau. Il peut peut-être habiter un peu plus loin, là, de
Gatineau, mais il a la responsabilité de se présenter dans son port d'attache
deux jours par semaine. Donc, c'est dans les ports d'attache.
Et je ne prends pas... ce n'est pas par
les adresses personnelles, parce que l'adresse personnelle d'un employé lui
appartient, l'endroit où il habite lui appartient, mais ma façon, moi, d'être
capable de régionaliser, c'est par le port d'attache, naturellement. Donc, oui,
ce sont des emplois dont le port d'attache est dans la région pour laquelle
nous avons comptabilisé la régionalisation. Ça, c'est là où je peux répondre
clairement à cette question, et non pas l'inverse, là. Ce n'est pas parce que
quelqu'un, ça s'adonne qu'il habite en Mauricie, mais qui travaille à Québec,
que je le... Non, non, c'est le port d'attache.
Mme Labrie : Parfait. Bien,
c'est une réponse très claire. Je l'apprécie puis ça correspond, je pense...
Mme LeBel : Quand je le sais,
je le sais bien.
Mme Labrie : Oui. Donc, tout
ce qui est en dehors de Québec et Montréal est considéré régionalisé, c'est les
deux seuls...
Mme LeBel : C'est
75 kilomètres autour de Québec et de Montréal. Le point central est
l'Assemblée nationale. Donc, il faut que, pour considérer régionalisé, le port
d'attache soit à l'extérieur de 75 kilomètres de l'Assemblée nationale. À
un moment donné, il faut se mettre des balises, là. Puis je pense que c'est le
centre de commerce mondial, en tout cas, ce n'est pas loin du Palais de justice
de Montréal, dans le centre de Montréal, c'est dans ce coin-là qu'il y a
75 kilomètres autour de Montréal. Il me semble que c'est le centre des
congrès, si je ne me trompe pas.
Mme Labrie : C'est
suffisamment clair pour moi, c'est correct.
Mme LeBel : Mais on parle de
500 mètres, là, plus ou moins.
Mme Labrie : C'est
suffisamment clair pour moi.
Mme LeBel : Plus ou moins un
kilomètre.
Mme Labrie : Oui. Je veux
justement vous parler de télétravail. Ça fait deux ans que la politique-cadre
sur le télétravail est en vigueur. C'est quoi, le bilan qui est fait de ça
jusqu'à maintenant? Il y a tu des analyses qui ont été faites sur l'efficacité
du télétravail, du travail hybride?
Mme LeBel : Bien, on s'était
mis comme objectif de réévaluer à 2024, donc l'évaluation est justement en
cours, j'allais dire en cours d'analyse, et, effectivement, il y a plusieurs
axes qui vont être évalués. Bon, l'expérience, naturellement. Est-ce que les
employés apprécient être en télétravail? Ça peut varier pour certaines
fonctions, mais l'expérience, je vais l'appeler l'expérience-employé, c'est
fort important. Est-ce que les gens aiment, n'aiment pas, préfèrent ne pas être
ou veulent continuer avec la politique? C'est important de le savoir. La... je
vais dire la performance au sens large va être évaluée également. Et il y a
plusieurs choses, donc, qui sont évaluées, là. Donc, on devrait être
capable... Encore une fois, non, je ne connais pas le moment exact, mais je
peux vous dire qu'on s'est engagé à le faire. Donc, d'après moi, ça va être d'ici
la fin de la session ou au retour, ou au retour, mais on s'est engagé à le
faire en 2024, donc j'ai encore un petit peu de temps.
Mme Labrie : Donc, avant la
fin de l'année 2024. Est-ce que c'est votre...
Mme LeBel : Dès que c'est
prêt, mais avant la fin de l'année.
Mme Labrie : Donc, ça, ce
n'est pas une analyse qui est faite au sein de chaque ministère et organisme,
c'est vous qui le chapeautez?
Mme LeBel : Non. Oui, c'est
le Trésor, c'est la politique. Naturellement, tout ça a été mis en place et en
collaboration et avec les analyses qui vont être faites avec les différents
ministères qui ont eu à l'appliquer, là. Naturellement, ils font partie... Je
ne dirais pas qu'on coconstruction, mais pas loin, ils font
partie de la
conversation, c'est essentiel, là, mais c'est évalué par le Conseil du
trésor... par le Trésor, pardon.
Mme Labrie : Puis c'est quoi,
la proportion des travailleurs qui font plus que trois jours par semaine de
télétravail?
Mme LeBel : Bien, la très,
très, très grande majorité de la politique, c'est trois-deux, O.K.? Il y a des
endroits où ça ne se peut pas, hein, c'est du présentiel et ça doit être cinq
jours semaine. Et il y a des endroits qui ont... où on a mis... bon, c'est 70 %.
Tu vois, j'aurais dit 80 %, mais c'est 70 % des employés de la
fonction publique qui sont en télétravail en mode hybride, trois-deux. Dans le
30 % restant, il y en a qui sont cinq jours semaine parce que leur emploi
demande d'être cinq jours semaine. Quand on parle de service à la clientèle en
présentiel, à
titre d'exemple, nouveau mot depuis la pandémie d'ailleurs, en
présence, c'est cinq jours semaine, et il y a des gens qui vont être à cinq
jours en télétravail.
Je vais vous donner un exemple, les centres
d'appels. Ils sont équipés maintenant pour faire de façon... avec leur poste
d'appel, pour être capable d'enregistrer, monitorer les appels, mais qu'ils
soient assis dans un centre d'appels ou qu'ils prennent les appels de chez...
de leur domicile, ça ne change rien pour le service. Alors, il y a des
exceptions. Ces exceptions-là doivent être autorisées et de concert avec le
Conseil du trésor, mais je vous dirais que c'est 70 %, la proportion qui
est en mode hybride.
• (14 h 10) •
Mme Labrie : Puis il est
toujours volontaire, le télétravail?
Mme LeBel : Oh, oui,
absolument.
Mme Labrie : Puis, est-ce que
le fait d'avoir...
Mme LeBel : Mais on n'a pas
beaucoup de volontaires à l'inverse, qui ont dit : Oh non! Je refuse.
Mme Labrie : Est-ce que le
fait d'avoir toujours deux jours en présentiel, c'est quelque chose qui est
analysé pour la suite des choses, là...
Mme Labrie : ...suite des
choses, là, dans le...
Mme LeBel : Absolument.
Absolument.
Mme Labrie : ...l'étude que
vous faites actuellement, vous le remettez en question peut-être ou...
Mme LeBel : Oui, oui.
L'entièreté de la politique est analysée, c'est-à-dire le choix du mode
hybride, qui moi... pour moi, personnellement... et ce n'est pas... Ceci n'est
pas une opinion du Conseil du trésor, mais pour moi, personnellement, je pense
que c'est le mode idéal, parce qu'on l'a vu pendant la pandémie, ça a été dur
d'être à la maison. Il y a des questions d'isolement qui peuvent avoir des
répercussions sur soit la santé mentale, sur d'autres aspects, puis je ne veux
pas rentrer dans tous les aspects plus... plus sombres de ce qui peut se passer
dans les domiciles des gens, mais c'est important d'avoir un contact avec le
milieu de travail. Le fait de se dynamiser auprès de ses collègues, c'est
important d'avoir des liens, des rencontres, mais les avantages aussi du
télétravail quand on est à la maison pour l'organisation travail-famille, la
conciliation vie personnelle, être capable de mieux organiser la façon dont on
travaille, c'est aussi important.
Donc, si je vous parle de moi,
personnellement, je pense que le mode hybride est un mode... un excellent mode,
mais ça ne sera pas mon analyse, je vous le... rassure et non pas mon impression
personnelle, mais ça fait
partie très nécessairement des enjeux qui sont
regardés. Il y a peut-être des postes où on pense que... où on va... on va
comprendre que c'est mieux d'être... qu'on pensait que cinq jours en
télétravail, puis que c'est mieux de revenir autrement ou... et vice-versa.
Mais tout est sur... Je vais le dire de cette façon-là : Tout est sur la
table pour l'analyse.
Mme Labrie : O.K. Est-ce que
c'est aussi donc sur la table que ce soit plutôt déterminé dans les conventions
collectives plutôt que par la politique?
Mme LeBel : Je vous aime
bien. Je ne vous répondrai pas, ça va... discuté aux tables.
Mme Labrie : Bien, quand vous
avez dit : Tout est sur la table par rapport...
Mme LeBel : Tout est... Non.
Mme Labrie : ...à l'analyse
de la politique-cadre...
Mme LeBel : Par rapport...
Par rapport à l'engagement du Trésor, lorsqu'il a mis en place la politique
d'analyser les effets et les bienfaits de la politique et non pas qui va être
dans la conversation pour la déterminer, mais les effets, les bienfaits de la
politique, donc l'analyse de notre politique : performance, expérience,
bienfaits sur la santé mentale, oui, non, tous les critères que je vous ai
mentionnés à haut niveau. Pour ce qui est de l'implication des syndicats,
j'aurai ces discussions-là, comme maintenant, aux tables de négociation.
Mme Labrie : O.K. Quand on a
fait l'étude des crédits provisoires la dernière fois, vous avez expliqué la
différence dans votre rôle avec le ministre des Finances. Vous avez expliqué
que vous, votre mandat, c'était de vous assurer que les dépenses qui avaient
été prévues dans le budget étaient bien faites de cette manière-là par les
différents ministères. J'aimerais ça que vous nous disiez, pour la dernière
année financière, là, qui a été complétée... Parce que là on étudie les
crédits, techniquement, mais il n'y a pas de moment au Québec, contrairement à
d'autres provinces, où on étudie les états financiers de l'année précédente, ça
fait que je vous pose la question à vous ici, là : C'est quoi le
pourcentage de dépenses qui ont été effectivement réalisées dans le budget de
l'année dernière versus ce qui avait été prévu dans le budget?
Mme LeBel : Oh! j'aime
beaucoup votre question, parce que ça va me permettre d'élaborer sur... sur
quelque chose qu'on a mis en place au niveau budgétaire, dont je suis très
fière, et je vous dirais qu'on l'a mis en place depuis... Ça avait commencé un
petit peu, mais depuis 2020, de façon encore plus active, c'est-à-dire une
gestion beaucoup plus agile des... des dépenses de programmes, des... je vais
dire des portefeuilles de chacun des ministères. Et on est capable de
dégager... C'est-tu environ 1 %? Oui. Avant... Avant qu'on arrive, nous,
la CAQ, au pouvoir, dans une meilleure gestion, il y avait ce qu'on appelait
les crédits périmés, O.K.? Année après année, il est normal que les ministères
n'arrivent pas à tout dépenser. Ce qu'on vote comme crédits, là, les
autorisations de dépenses, il y a des objectifs de dépenses, naturellement...
Mme Labrie : ...vous demande
c'est quoi, le pourcentage de crédits périmés, disons...
Mme LeBel : Bien...
Mme Labrie : ...de la
dernière année.
Mme LeBel : Bien là, c'est
parce qu'on ne les a pas périmés. On les a utilisés à des nouvelles initiatives
parce qu'on a une méthode de... de... d'agilité qui est... qui est... qui nous
permet de ne pas périmer, donc de remettre cet argent-là au bénéfice des
citoyens dans les missions de nos ministères. Mais je vous dirais... Je ne veux
pas faire... mais c'est environ 1 %, environ 1 %. Mais ce qui était
dommage... puis c'est normal parce que des fois, mettons... Je vais parler des
embauches. Un ministère peut avoir les crédits pour embaucher quelqu'un en
mars, il affiche le poste. S'il embauche en septembre, il y a comme un trois
mois dans son année financière qui est périmé, à
titre d'exemple.
Donc, on a trouvé... On n'a pas trouvé, on
a mis en place des méthodes beaucoup plus agiles à travers le Fonds de
suppléance, puis ça m'excite un peu parce que j'ai l'impression de répondre aux
crédits, aux crédits, ça fait que c'est le fun. De mettre en place une méthode
plus agile qui nous permet de remettre ça sur des nouvelles initiatives ou de
récupérer des sommes quand on... quand on doit mieux gérer les dépenses, au
lieu de périmer, d'envoyer ça au Fonds consolidé du Trésor, pas du Trésor,
du...
Mme Labrie : J'ai le goût de
vous demander... Là, vous me dites : Bon, s'ils ne sont plus périmés, on les
réutilise avec agilité. Et c'est tant mieux, mais quand même, j'aimerais
savoir : Est-ce qu'il y a un écart entre les différents ministères? Est-ce
qu'il y a des ministères qui... pour lesquels il y a un écart plus grand entre
ce qui était prévu puis ce qu'il a été effectivement dépensé que d'autres?
Mme LeBel : Dans la dernière
année... Oui, nous, on a une gestion globale du budget. Je suis capable de vous
dire de façon globale que c'est environ 1 %. Je n'ai pas... Je n'ai pas
l'analyse détaillée de savoir : Est-ce que Justice a x %? Et je vous
dirais qu'année sur année ça fluctue dépendamment des programmes qui sont mis
en place, dépendamment à quel moment...
Mme LeBel : ...dans l'année
un programme se termine pour un ministère, dépendamment, comme... Est-ce qu'il
y a un programme particulier qui a justifié plus d'embauches, et que, bon, il y
a des problèmes d'embauche? Est-ce que... Est-ce qu'il y a une... une... une...
un enjeu particulier? Donc, je vous dirais qu'une année ne serait pas
nécessairement... Moi, pour le moment où je suis là, une année ne refléterait
pas une mauvaise gestion de ces crédits d'un ministère...
Mme Labrie : Ce n'est pas
nécessairement ce que j'entendais.
Mme LeBel : Non, je le sais,
mais je vous dis que ça fluctue année sur année.
Mme Labrie : Oui.
Mme LeBel : Mais nous...
Mme Labrie : Puis, disons,
pour la dernière année, est-ce que vous avez constaté, par exemple, qu'il y a
des ministères pour lesquels, bien, finalement ça s'est passé assez
différemment de ce qui avait été prévu, puis vous avez dû réorienter plus de...
de choses avec votre nouvelle méthode?
Mme LeBel : Bien, c'est sûr
qu'on questionne la non-utilisation des fonds, mais le moment où je le
questionne, c'est quand que les ministères... ça fait
partie des tâches du
Conseil du trésor, du secrétariat entre autres et du département budgétaire,
là, du secrétariat. C'est quand on nous demande des fonds supplémentaires,
bien, ma première tâche, c'est de dire : As-tu... As-tu tout dépensé, ce
que tu as déjà? Naturellement. Donc, ça fait
partie des questions qu'on pose,
mais...
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
Mme LeBel : ...on a la vision
globale, nous.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Sur ce, je cède la parole au député de l'Acadie.
Morin : Merci, M. le Président. Alors, continuons avec la
régionalisation. Donc, est-ce que vous avez des objectifs régionaux
particuliers? Parce que je comprends qu'il y a des phases dans votre
régionalisation dans les différentes régions administratives. Donc, est-ce que
vous avez des objectifs que vous fixez dans les régions pour chacune des phases
de votre programme?
Mme LeBel : Il n'y a jamais
eu d'objectifs régionaux. D'ailleurs, au dépôt de la politique de
régionalisation, on a bien précisé qu'il n'y avait pas d'objectifs régionaux,
c'est-à-dire région par région. Il y avait l'objectif ou le critère de
favoriser les MRC les plus dévitalisées du Québec qui ont la cote trois, quatre
et cinq, naturellement. Moi, ce que je veux vous dire, puis ce que j'ai envie
de vous dire, c'est que ça va bien, là. C'est 2028, et, aujourd'hui, au mois
d'avril 2024, on est à 4 800 sur 5 000, donc on est en voie de
dépasser la cible pour 2028. Et 78 % de la régionalisation qui a été fait
par les ministères et organismes concernés s'est fait dans les... dans les MRC
trois, quatre et cinq. Mais nous, ce qu'on a choisi de faire, de concert avec
des organismes et ministères concernés, c'est de donner à ces ministères et
organismes là des cibles. Alors, on a des cibles par... je vais dire MO,
ministère et organisme, mais pas par région, mais avec une consigne de
favoriser quand c'est possible... parce que ça dépend du type d'emplois, ça
dépend qu'est-ce qu'ils recherchent, ça dépend du bassin de population pour le
type d'emploi. Donc, il y a tellement de critères particuliers, dépendamment du
ministère ou de l'organisme, qu'on ne pouvait pas leur donner un critère par
région. Il fallait leur donner un critère à eux, une cible à eux, et on a
demandé de cibler vers les... les MRC dévitalisées, et on a atteint la cible à
78 %.
Morin : Ma compréhension de votre politique, c'est que vous
voulez également ouvrir des bureaux dans certaines régions et dans votre...
dans le plan gouvernemental de régionalisation des 5 000 emplois,
publié par le Secrétariat du Conseil du trésor à la page 9, vous avez dans
la phase 1, début 2024, New Richmond, Lac-Mégantic, Shawinigan, Alma et
Victoriaville. Vous êtes rendus où dans l'ouverture de ces différents bureaux?
• (14 h 20) •
Mme LeBel : Oui. Je vais
juste quand même prendre le temps de dire que l'objectif de la... de la
politique, c'est de régionaliser du monde puis pas d'ouvrir des bureaux puis de
régionaliser des... de l'immobilier, là, ce n'est pas l'objectif. Les
bureaux... Les bureaux gouvernementaux partagés, c'est une mesure de soutien à
la politique. Donc, on ne régionalise pas des bureaux mais des postes. Ça ne
veut pas dire que les employés actuels qui sont régionalisés, où il n'y a pas
de bureaux gouvernementaux partagés d'implantés, n'ont pas de bureau parce
qu'on partage des bureaux gouvernementaux déjà existants, à
titre d'exemple. Si
c'est quelqu'un du ministère de la Famille, c'est... le MAMH a régionalisé
un... des employés. Le MAMH a déjà des bureaux dans beaucoup de régions, donc
peut utiliser ses propres bureaux, n'a pas besoin d'un bureau gouvernemental
partagé. On a avec... avec... Je cherche... Emploi Solidarité Québec, c'est ça,
on a des ententes p