Transportation and the Environment — 18 October 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CTE 2023-10-18
Quebec — Committees
(Onze
heures quinze minutes)
Le Président
(M. Jacques) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission des transports et de l'environnement
ouverte.
commission est réunie afin d'entreprendre l'étude détaillée du projet de loi
n° 22, Loi concernant
l'expropriation.
M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Blouin (Bonaventure) est
remplacée par M. Lamothe (Ungava).
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le Président. Avant de débuter, je dépose les mémoires qui ont été reçus
depuis la fin des consultations particulières.
Nous en sommes
maintenant rendus aux remarques préliminaires, pour lesquelles chaque membre
dispose de 20 minutes. J'invite la
ministre des Transports et de la Mobilité durable à faire ses remarques
préliminaires. Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui, merci beaucoup, M. le Président. Bien, j'ai combien de
temps? Je n'utiliserai pas...
Le Président
(M. Jacques) : 20 minutes.
Mme Guilbault : 20 minutes. Mon Dieu! Non, mais c'est ça, je
n'utiliserai pas mon temps au complet, mais je
vais quand même prendre le temps de saluer tout le monde et de remercier les
personnes présentes, vous saluer, M. le Président, votre équipe, l'équipe de la présidence au complet, les gens
de la diffusion, toujours, des gens importants, sans qui on ne pourrait
pas faire nos travaux.
Saluer mes collègues,
mes collègues de la banquette gouvernementale, qui étaient avec moi, pour la
plupart, en fait, qui étaient tous avec moi
pour les consultations particulières, pour la plupart, du moins — le
député d'Ungava aussi, qui est avec nous — et qui vont participer
avec nous pour cette nouvelle étape, l'étude détaillée, qui est une autre
étape... importante, pardon.
Saluer
mes collègues de l'opposition aussi, qui étaient tous présents avec nous aussi
pour les consultations particulières.
saluer les équipes qui nous accompagnent aussi, les miennes, en particulier,
ici, en arrière, mon équipe de la Direction des affaires juridiques du ministère des Transports et de la Mobilité
durable, qui seront évidemment d'une grande aide.
Saluer aussi et
remercier, puis probablement au nom de tout le monde, là, les gens qui sont
venus nous entretenir pendant les consultations particulières, consultations
qui ont donné lieu à certains projets d'amendements, sans doute, ou à certaines discussions qu'on pourra avoir autour de la
table au fil de l'étude des 200 quelques articles...
Mme Guilbault :
244 articles.
Donc,
alors, c'est ça, je ne veux pas prendre beaucoup plus de temps. Vous le savez,
c'est un projet de loi qui est très technique. C'est pour ça que je suis bien
accompagnée par des ressources juridiques, parce qu'il y aura peut-être des
questions, là, très... justement,
techniques, très pointues, très juridiques. Quand on regarde certains articles,
là, on parle de notions et de choix de termes, de terminologies, et tout ça. Et
il y a, d'ailleurs... dans les premiers articles, des fois, on vient préciser des libellés ou on vient placer
un certain nombre de termes qu'on va vouloir utiliser, et tout ça. Alors
donc, les équipes seront là pour nous aider, pour nous aiguiller tout au long
de l'étude détaillée. Donc, je les remercie à l'avance, et, sur ce, je pense
que je vous recéderais la parole, M. le Président.
Le Président (M. Jacques) : Bien,
merci, Mme la ministre. Je cède maintenant la parole à M. le député de l'Acadie
pour ses remarques préliminaires.
M. Morin : Merci.
Merci, M. le Président. Permettez-moi, à mon tour, de saluer Mme la ministre,
les collègues de la banquette gouvernementale, les collègues de
l'opposition.
Je suis toujours heureux,
quand on commence l'étude d'un projet de loi
article par article, de voir qu'on
a des représentants du ministère en question
qui nous accompagnent, ce sont des gens qui travaillent fort et qui sont
toujours de bon conseil quand on a des
questions à poser. Alors, merci, merci d'être là, ainsi que tout le personnel,
bien sûr, de l'Assemblée nationale qui nous aide dans nos travaux.
Mme la
ministre, dans ses remarques préliminaires, disait qu'il y avait un aspect
technique dans le cadre de ce projet de loi de 244 articles, et
c'est exact, il y a des volets qui sont techniques, mais je dirais qu'il y a
plus que ça, il y a aussi des volets qui
touchent les principes mêmes de notre droit civil. Et j'aimerais, pendant les
minutes que j'ai à ma disposition, M. le Président, élaborer un peu plus
là-dessus.
On a eu le
privilège d'entendre un très grand nombre d'associations, de groupes de
différents milieux qui sont venus
nous parler du projet de loi, et plusieurs ont fait référence à la Charte
québécoise des droits et libertés de la personne, parfois pour dire
qu'il y avait un droit qui reconnaissait à une personne la jouissance paisible
et la libre disposition de ses biens, sauf
dans la mesure prévue par la loi, d'autres qui nous disaient : Écoutez, ce
n'est pas un droit constitutionnel, le droit à la propriété. C'est exact
que ce n'est pas, comme tel, un droit constitutionnel qui est bien enchâssé
dans la constitution, mais il n'en demeure pas moins que la charte québécoise y
fait référence.
Et je veux le
souligner, parce que, dans un contexte québécois, la Charte québécoise des
droits et libertés de la personne, c'est notre loi la plus importante,
qui, évidemment, a préséance sur d'autres lois. Le texte législatif prend, bien sûr, la peine de dire «sauf dans la mesure
prévue par la loi», et évidemment il y a, présentement en vigueur, une loi
sur l'expropriation, qui est une mesure qui pourrait faire en sorte qu'une
personne pourrait perdre le droit à la disposition, à la libre disposition de
son bien. Cependant, j'aimerais aussi faire référence et souligner l'article 952
du Code civil. Le Code civil, au Québec,
c'est un cadre législatif qui nous distingue, qui nous distingue de toutes les
autres provinces canadiennes, c'est la base de notre droit, et je pense
qu'il est important de se rappeler que l'article 952 du Code civil traite de l'expropriation et souligne que
le propriétaire ne peut être contraint de céder sa propriété, sauf par voie d'expropriation, bien sûr, suivant la loi
pour une cause d'utilité publique. Donc, il est très important que l'autorité
expropriante agisse en vertu de la loi,
parce qu'il s'agit, évidemment, d'un droit qui est très... en fait, qui est
très sérieux, donc enlever le bien de quelqu'un.
Puis ce qui
est fondamental aussi, dans la disposition du Code civil, c'est qu'on dit
bien : «moyennant une juste et préalable indemnité». Et permettez-moi
d'insister sur le «juste et préalable indemnité», parce que c'est un élément
fondamental de notre droit qui nous permet
de rechercher un équilibre. On reconnaît... le droit civil québécois reconnaît
qu'un propriétaire peut perdre son bien pour une raison d'utilité publique,
mais la contrepartie, c'est qu'on ne veut pas que l'exproprié s'appauvrisse. Et donc la juste et préalable indemnité
prend tout son sens puisque l'expropriation est un mode exceptionnel
d'acquisition du droit de propriété.
Quand on dit
que c'est pour une cause d'utilité publique, et puis on le verra probablement
dans le cadre de l'étude
article par
article, et je vous donne quelques exemples, M. le Président, ça peut être, notamment,
pour l'aménagement d'un parc, ça peut
être pour le drainage de terres, mettre en place ou protéger des boisés,
terrains humides, mais il n'en demeure pas moins que l'expropriation
implique une compensation.
Donc, et je tenais à le rappeler d'entrée de
jeu, oui, il y a des technicalités, oui, il y a une procédure, mais il est clair que l'expropriation, ça va plus loin que
ça. Et donc, à ce titre-là, M. le Président, ce n'est pas un projet de loi qui est banal, parce que c'est une disposition... ce
sont des dispositions qui vont permettre à l'État ou aux autorités
expropriantes, les municipalités notamment, donc, d'acquérir un terrain.
Encore faut-il qu'il y ait une juste et préalable indemnité.
L'expropriation
implique nécessairement une compensation, parce qu'on sait, parce qu'on l'a
vécu au Québec, on sait que
l'expropriation implique aussi des drames humains, puis ça, je pense qu'il faut
le souligner. Donc, ce n'est pas uniquement une technicalité. J'ai en tête
les expropriés de Forillon. Ça remonte à quelques années, mais ça a créé un drame dans la communauté. Et, plus récemment,
on se souvient tous des expropriés de Mirabel. Donc, ce n'est pas vrai que c'est uniquement une analyse ou une
action gouvernementale technique qui fait en sorte que quelqu'un va être
dépossédé de son bien. La seule façon, la
seule façon de faire en sorte que, pour l'exproprié, on va venir amoindrir ou
adoucir l'expropriation, c'est de s'assurer
que la personne aura une juste indemnité. Donc, il faut s'assurer de garder cet
équilibre.
Et donc ça m'apparaît totalement fondamental,
parce que l'expropriation... Et on l'a entendu, en commission parlementaire, M.
le Président, quand on a entendu des groupes, on nous a parlé parfois de promoteurs,
de gens qui gardaient les terrains pour
avoir plus, évidemment, d'argent éventuellement. Il y a des grands promoteurs
qui peuvent avoir des superficies
importantes de terrains qui vont faire face à l'expropriation, mais, dans la
majorité des cas, on parle de gens
comme vous et moi, donc des gens qui ont un petit commerce, des gens qui ont
une maison et qui vont se faire enlever leurs biens. Parfois, c'est la
maison où ils sont nés, ils ont grandi, ils ont vécu. Des fois, c'est des
maisons où plusieurs générations de la même famille ont habité. Puis on
comprend que, pour des raisons d'utilité publique, à un moment donné,
l'autorité expropriante peut demander à ce que ce bien-là soit modifié, soit
exproprié, mais encore faut-il s'assurer
qu'il y aura une juste compensation et une juste indemnité. Et puis, moi, quand
je lis le projet de loi, je pense
beaucoup à ces petits propriétaires. Je pense aussi aux locataires, parce que
ça vise également des locataires, et ça, on y reviendra quand on fera l'étude
article par article, mais il n'en
demeure pas moins que c'est excessivement important. Donc, il faut que l'exproprié soit dédommagé parce
que, comme je le soulignais, l'expropriation a un impact important sur
la vie des gens.
Je pense aussi aux agriculteurs, et ça,
permettez-moi de référer au mémoire qui a été déposé par L'Union des
producteurs agricoles, je pense aux agriculteurs, et comment, finalement, la
protection du territoire agricole est importante
au Québec. On parle souvent des conditions de travail de nos agriculteurs, ce
n'est pas facile, on parle aussi, évidemment, de l'importance de la souveraineté
alimentaire du Québec. Donc, il faut être capable de bien saisir l'importance
des expropriations en zone agricole.
C'est, d'ailleurs, un
des aspects importants que soulignait l'UPA dans son mémoire. Entre autres, on
nous rappelait que les producteurs agricoles rassemblent généralement tous leur
milieu de vie sur leurs terres, et je cite le mémoire, «leurs résidences, leurs
entreprises, leurs lieux de travail, leurs gagne-pain, et c'est généralement le
seul qu'ils ont, leur héritage et leurs souvenirs». Et l'UPA rappelait :
«Un producteur agricole qui se fait exproprier de sa terre peut donc tout perdre. Et une terre agricole constitue une ressource
limitée et non renouvelable.» Donc, c'est pour dire que ce n'est pas banal, et on peut comprendre que, dans certaines
circonstances, l'autorité expropriante va devoir exproprier des terres
agricoles, mais encore faut-il s'assurer que l'agriculteur sera indemnisé
convenablement, ça m'apparaît tout à fait essentiel.
Le projet de loi
repose, quand on parle d'indemnités, et on aura l'occasion d'y revenir, M. le
Président, à plusieurs reprises, le projet de loi parle particulièrement de la
valeur marchande. Et, en soi, c'est un élément qui est reconnu. Cependant, le projet de loi fixe aussi des indemnités, d'une
façon beaucoup plus stricte, précise, qui laissent ou qui laisseront
moins de marge au tribunal, et ça, on en reviendra et on en reparlera dans le cadre
de l'étude
article par article, mais il n'en demeure pas moins qu'il faut
s'assurer de ne pas enfermer dans un carcan trop rigide les modes d'indemnité
pour s'assurer que l'exproprié aura accès à une indemnité et à une juste
indemnité.
Dans le projet de
loi, on rappelle l'UMEPP, donc, qui est l'usage le meilleur et le plus
profitable, pour fixer la valeur sur la base
d'une évaluation optimale, c'est dans le projet de loi, sauf que la valeur au
propriétaire semble être exclue. Et
on aura l'occasion d'en reparler, M. le Président, mais il ne faudrait pas que
cette exclusion fasse en sorte que certains
expropriés ne soient pas indemnisés convenablement. Je le mentionnais un peu
plus tôt... en tout cas, pour moi, ce qui est important comme porte-parole de
l'opposition officielle, c'est de s'assurer qu'il y aura un équilibre entre
l'expropriant et l'exproprié. Et, quand je
lis le projet de loi tel qu'il est présenté, j'ai des doutes sérieux sur cet
équilibre.
L'autre élément que
je tiens à souligner d'entrée de jeu, M. le Président, et ça, c'est très
intéressant, la loi qui va modifier la loi actuelle sur l'expropriation est
présentée par la ministre des Transports et la Mobilité durable, et le
ministère des Transports est un des grands expropriants au Québec. On aurait pu
penser que, compte tenu des enjeux, ça
aurait pu être le ministère de la Justice ou le ministre de la Justice qui
aurait présenté le projet de loi, mais il est présenté par un ministère qui est, en même temps, un
expropriant, ça soulève plusieurs questions. Et, s'il n'y a pas, comme tel,
directement de conflits d'intérêts, ça soulève au moins certaines... certains
doutes quant à une apparence de conflit d'intérêts
entre la volonté du législateur et le ministère qui le dépose et les buts et
les fins recherchés par les différents mécanismes d'indemnité que l'on
retrouve dans le projet de loi.
L'autre
élément que je veux soulever, et, ça, on aura l'occasion d'en reparler pendant
qu'on va regarder et étudier tous les articles, je n'ai pas vu,
évidemment, je peux me tromper, mais je n'ai pas vu, dans ce projet de loi,
aucun mécanisme qui traite de la médiation
ou de la médiation obligatoire. Je soulève que ça pourrait être un élément
intéressant à considérer puisqu'une médiation, avant de se rendre au
tribunal, pourrait faire en sorte que les parties pourraient évidemment être en
mesure de régler leurs différends d'une façon plus efficace, à moindre coût et
plus rapidement, d'autant plus que le
gouvernement, dans ses récents projets de loi et, même, lois qui ont été
adoptées, a inséré ce processus de médiation obligatoire pour rendre
l'accès à la justice plus efficace. Donc, je le soulève d'emblée, c'est un
élément sur lequel nous devrions, à mon avis, nous attarder dans le cadre de
l'étude
article par
article de ce projet de loi.
Donc,
en conclusion, je vous dirais que le véritable enjeu, M. le Président, va être
de trouver un équilibre entre les droits des expropriants et les droits des
expropriés relativement à l'indemnité, et c'est un élément sur lequel moi,
je vais veiller dans le cadre de l'étude
article par
article de ce projet de
loi. Je vous remercie.
Le Président
(M. Jacques) : Merci beaucoup, M. le député de l'Acadie. J'invite
maintenant M. le député...
Le Président
(M. Jacques) : ...M. le député de Taschereau à faire ses
remarques préliminaires.
M. Grandmont : Parfait. Merci beaucoup,
M. le Président. D'abord, salutations à M. le Président, Mme la ministre,
aux collègues du gouvernement, de
l'opposition, à tout le personnel qui est là pour nous accompagner lors de
l'écriture ou... oui, c'est ça, l'écriture de ce projet de loi là.
Salutations également aux gens qui sont à la technique, qui nous accompagnent
et qui sont essentiels, évidemment, à la bonne tenue de nos travaux.
Bien
heureux de prendre la parole sur cet important projet de loi. C'est vrai, ça a
été mentionné, c'est technique, c'est aride. En même temps, c'est un
projet de loi qui a un potentiel extrêmement intéressant et fondamental.
Fondamental parce qu'il pourrait permettre, si, évidemment, la version finale
du projet de loi l'autorise, permettrait de
résoudre plusieurs enjeux qui touchent le développement de projets de
transports collectifs, notamment, et la protection de l'environnement.
Sur...
D'abord, sur le développement de projets de transport en commun, bien, on
pourrait... je pense que ça a été mentionné
à plusieurs reprises, là, ça pourrait permettre d'accélérer la réalisation de
projets de transports collectifs, mais ça permettrait aussi de réduire les
délais qui sont liés à ces projets-là. Les groupes qu'on a entendus, ils ont
été nombreux à venir plaider en ce
sens-là, ont été clairs sur plusieurs aspects que je me permets de rappeler ici
et qui feront... qui nous permettront, là, de bonifier le projet de loi.
Bien, d'abord, la plupart des groupes
sont d'accord avec la notion de valeur marchande. Ça va permettre de mieux encadrer les indemnisations, donc de limiter les
coûts des projets. Je pense que l'exemple de la ligne bleue, notamment,
a quand même bien marqué les esprits. Les expropriations pour ce projet de
6 milliards de dollars là sont évaluées à 800 quelques milliards... millions de dollars, pardon, soit environ
13 % du coût total du projet, ce qui est évidemment énorme.
projet de loi n° 22 a également le potentiel de bien
articuler, je pense que ça a été souligné par quelques acteurs, de bien articuler l'aménagement du territoire et
les transports collectifs pour répondre à plusieurs enjeux qui nous concernent tous, notamment l'étalement urbain. Des cibles de
réduction d'étalement urbain, on en a maintenant à travers la Politique nationale d'architecture et d'aménagement du
territoire et la loi qui l'enchâsse, la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme. Pour ça, bien évidemment,
il faudra donner davantage de pouvoir aux sociétés de transport en commun afin
qu'elles puissent, notamment... comme le
demandait Trajectoire Québec, d'avoir la possibilité d'exproprier pour autre motif
que simplement des infrastructures de transport en commun autour des
stations et aussi autoriser les sociétés de transport à avoir... à conclure des
ententes avec les promoteurs.
De la même manière,
comme le demandait la Société de transport de Montréal, il va falloir pouvoir
donner aux sociétés de transport la possibilité de transformer des
expropriations temporaires en expropriations permanentes. Dans ce dernier cas, ça permettrait non seulement
de bien articuler l'aménagement du territoire et les transports collectifs,
mais ça permettrait également de diminuer les coûts de projets parce que les
expropriations temporaires doivent être remises en état à la suite des travaux
à l'heure actuelle.
la société... La Société de transport
de Montréal y est allée aussi d'une
proposition que je juge très intéressante : que ne soit plus
nécessaire l'obtention d'un décret gouvernemental pour autoriser une
expropriation.
La société de transport est assujettie à une foule de mesures de
surveillance, puis il n'est pas nécessaire d'avoir cette couche supplémentaire
de surveillance qui ne fait que ralentir les projets. Puis, d'ailleurs,
rappelons que les villes, les centres de services scolaires n'ont pas à faire
cette demande systématique de décret gouvernemental.
Sur la protection de
l'environnement, on va évidemment parler du fameux concept d'expropriation de
fait ou expropriation déguisée. Les groupes qu'on a entendus ont été
particulièrement éloquents à ce sujet-là. D'abord, rappelons que le principe d'expropriation déguisée vient des
propriétaires qui se sentent lésés par une action menée par une municipalité, qui, comme le rappelait la Fédération québécoise des municipalités, agissent en conformité avec leurs règles
de fonctionnement et en concordance avec les orientations gouvernementales via
la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, leurs schémas d'aménagement, leurs
plans métropolitains d'aménagement et de développement, etc.
Un exemple qui nous a
été donné par la Communauté métropolitaine de Montréal m'a particulièrement frappé. Ils ont actuellement un règlement de
contrôle intérimaire en vigueur qui touche neuf terrains de golf, dont la
valeur totale au rôle est de
58 millions de dollars. Or, la CMM est sous le coup d'une poursuite
qui totalise 408 millions de dollars, ce qui est énorme, c'est juste démesuré. Les municipalités du Québec
doivent pouvoir protéger leurs milieux humides, leurs milieux naturels
sans craindre une poursuite d'un propriétaire parce qu'il s'estime lésé.
Rappelons-nous que
nous nous sommes engagés à protéger 30 % de notre territoire d'ici 2030,
dans le cadre des accords internationaux que
nous avons négociés et que nous avons signés. Comme le disait la Société pour
la nature et les parcs, sans un p.l. n° 22 solide qui change les règles du jeu, on n'arrivera jamais à atteindre
cet objectif-là de 30 % de territoire protégé.
Plusieurs groupes
nous ont, par ailleurs, demandé de mieux définir ce qu'est l'expropriation
déguisée. Certains nous ont carrément demandé de retirer les articles qui y
font référence et les traiter dans un autre... dans d'autres projets de loi. Il m'est avis qu'on ne peut pas faire
l'économie actuellement de bien définir cette notion-là dans le présent
projet de loi et, au besoin, de modifier le plus rapidement possible d'autres
lois qui mériteraient de l'être, notamment la
Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme.
Finalement,
quelques remarques générales ont attiré mon attention, et je vais vouloir en
discuter éventuellement avec la
ministre. Une première, qu'on a très souvent entendue, bien, je demanderais que
le délai de six mois prévu entre la
sanction de la loi et son entrée en vigueur soit abrogé. Selon plusieurs
intervenants, ce délai n'est pas nécessaire, même d'un point de vue
technique, et il pourrait entraîner des fâcheuses conséquences, telles que
l'accumulation de cas de contestation ainsi
que de nombreux retards dans différents projets en cours ou sur le point de
l'être partout au Québec. Il faut se rappeler que la saison des travaux
est très courte ici, au Québec, et qu'une année de chantier est vite perdue.
l'usage probable, je suis convaincu que celui-ci doit être basé sur le zonage
initial et non pas le zonage espéré. Quand j'ai entendu cette
proposition-là de la Communauté métropolitaine de Québec, j'ai pensé au
documentaire Terre d'asphalte , que j'invite tout le monde à voir, évidemment,
dans lequel on voit bien que la valeur de terres agricoles fertiles est effectivement basée sur l'espoir d'un
changement de zonage, ce qui m'apparaît complètement contradictoire avec
l'importance de protéger notre territoire agricole et de choisir la
souveraineté alimentaire.
Parlant
d'agriculture, je souscris complètement à la proposition de la Communauté métropolitaine de Montréal de pouvoir exproprier des terres agricoles si
celles-ci ne sont pas exploitées pendant une durée de trois ans. Ces terres-là
doivent être remises en culture par des agriculteurs et des agricultrices de
chez nous.
Toujours concernant
l'agriculture, j'ai été convaincu par les propos tenus par l'union... par
l'UPA, L'Union des producteurs agricoles, concernant les indemnisations. Les
indemnisations prévues dans le p.l. n° 22 ne sont pas
suffisantes pour ceux et celles qui gagnent péniblement leur vie à nous nourrir.
Les agriculteurs et les agricultrices, même,
qui sont à la tête d'entreprises qui sont parfois très impressionnantes par
leur taille, bien, ces personnes-là ne sont pas riches, et leur donner des indemnisations suffisantes leur
permettait de poursuivre leurs activités dans un marché où les terres
sont extrêmement chères. Et, faire cela, ce n'est pas encourager la
spéculation. Comme je l'ai dit plus haut, c'est simplement s'assurer de
protéger notre territoire agricole et de maintenir notre souveraineté alimentaire.
Dernière remarque sur le milieu
agricole. Nous devons nous assurer qu'une demande d'expropriation ne puisse
pas se faire sans avoir eu au préalable une autorisation de changement de
zonage par la Commission de protection du territoire agricole du Québec. Comme
le mentionnait, encore une fois, très bien l'UPA dans son mémoire, cela permettrait d'éviter qu'on procède à des
expropriations, alors qu'il n'existe aucune garantie que le projet public puisse
être réalisé. Il s'agit d'une mesure qui doit
être ajoutée dans le présent projet de loi afin d'être conforme à la Politique
nationale d'architecture et d'aménagement du territoire, une politique adoptée
très récemment par la ministre des Affaires municipales.
Enfin,
j'ai reçu, de manière très positive, une suggestion de Me Burelle, qui
souhaitait que les frais d'avocat soient accordés aux expropriés qui en
auraient besoin, tout en s'assurant de les encadrer avec certaines balises afin
d'éviter les excès. Cette
proposition, qui m'apparaît juste pour les petits expropriés, mais, en même
temps, bien nuancée, mérite tout à fait notre attention.
chose certaine, c'est qu'on va aussi, en trame de fond de ce projet de loi,
discuter d'enjeux fondamentaux touchant
le droit de propriété et les droits collectifs, et, d'entrée de jeu, j'aimerais
rappeler quelques éléments qui vont guider
mes interventions tout au cours de l'étude détaillée. D'abord, le droit de
propriété n'est pas enchâssé dans notre charte québécoise et... dans nos
chartes québécoise et canadienne. Ce qui s'en approche le plus se trouve dans
la charte québécoise, comme l'a mentionné mon collègue tout à
l'heure : «Toute personne a droit à la jouissance paisible et [...] la libre [et] disposition de ses biens, sauf
dans la mesure prévue [dans] la loi.» On comprend, donc, que le droit de
propriété n'est pas un droit qu'on devrait
sacraliser et qu'il ne s'éteint que dans le respect des lois en vigueur. Et, en
ce qui concerne la
loi sur les expropriations, nous sommes, justement, en train
de la modifier. Le droit de propriété n'aura donc qu'à s'y conformer.
Sur la crainte que
certains groupes ont dit avoir, que le projet de loi pourrait avoir pour effet
d'effrayer les promoteurs immobiliers, bien,
je les comprends d'avoir certaines craintes. Actuellement, ils font ce qu'ils
veulent, et certains gros promoteurs,
avec l'aide de nombreux avocats, n'attendent que ça, d'être expropriés. Avec
les règles actuelles de la spéculation, c'est devenu une business qui se
fait sur le dos de tous les contribuables québécois. C'est ce système-là qui est digne du Far West, M. le Président, que
certains groupes sont venus défendre pendant les auditions, un système qui
nous appauvrit collectivement, un système qui ralentit la réalisation de
projets dont on a besoin, un système qui nous limite dans notre capacité à
protéger nos milieux humides, nos milieux naturels.
contraire, les municipalités que nous avons questionnées, à savoir si le p.l.
n° 22 pourrait avoir une incidence négative sur l'attractivité du Québec auprès des promoteurs immobiliers,
nous ont toutes répondu de la même manière : il n'y a pas de crainte à avoir. Selon elles,
autant les corps expropriants que les expropriés pourront dorénavant compter
sur une plus grande prévisibilité. Je n'ai
aucune crainte que le marché de l'immobilier va demeurer un secteur d'activité
très lucratif malgré le p.l. n° 22 dans les prochaines années. D'ailleurs,
comme nous l'ont dit les représentants de la ville de Mascouche, le p.l. n° 22 peut aider à lutter contre la crise
du logement en permettant de faciliter la construction de logements sociaux. Pour délivrer des logements
sociaux, ça prend bien entendu des moyens financiers suffisants, mais ça
prend également de la prévisibilité au niveau des coûts et au niveau des délais
de construction.
De manière générale,
rappelons-nous que l'objectif que nous devons poursuivre ici est de s'attaquer
à la spéculation. C'est ça, l'enjeu. C'est
cet élément-là qui doit être au coeur de notre action au cours de l'étude
détaillée du p.l. n° 22.
D'ailleurs, on a beaucoup entendu les différents intervenants parler de
l'importance de rechercher un équilibre entre les expropriés et les corps expropriants. Et, sans surprise, cette
formule a été utilisée à la fois par les organisations qui espèrent des changements qu'on trouve
actuellement dans le p.l. et par des groupes qui, sans le nommer explicitement,
étaient davantage à la recherche du statu quo. Je vais vous dire sans
équivoque de quel côté je me situe. La loi doit moderniser le Québec pour accélérer les projets de transports collectifs
et en réduire les coûts et doit également protéger les municipalités qui
font juste leur boulot de protéger l'environnement en toute concordance avec
les orientations gouvernementales.
En terminant, M. le
Président, je me permets de citer quelques extraits du mémoire du Centre
québécois pour le droit de l'environnement : «L'humanité fait face à un
défi existentiel. La réponse qu'elle opposera à la menace que constitue la
perte de la biodiversité et les changements climatiques dictera non seulement
les chances de survie de notre espèce, mais
aussi les conditions de vie de nos générations actuelles et futures. Le succès
de nos efforts pour contrer cette
menace existentielle dépendra de notre capacité, de notre volonté et de notre
engagement comme nation à protéger notre
territoire commun, les milieux naturels et les habitats des espèces fauniques
et floristiques. L'expropriation est un outil incontournable de
protection du territoire, de conservation et de lutte contre les changements
climatiques.»
Donc,
on a une chance unique, avec le p.l. n° 22,
M. le Président, d'agir en ce sens. L'urgence, elle est bien présente.
L'urgence, elle est là. Nous allons travailler en ce sens-là, en toute
collaboration avec la ministre et le gouvernement. Mais, je le rappelle, le p.l. n° 22
se doit d'être ambitieux et de moderniser le Québec, considérant les enjeux qui
sont les nôtres aujourd'hui. Merci.
Le Président
(M. Jacques) : Merci, M. le député de Taschereau, et j'invite
maintenant Mme la députée de Vaudreuil à faire ses remarques préliminaires.
Mme Nichols : Merci. Merci beaucoup, M.
le Président. Alors, à mon tour de, d'abord, saluer Mme la ministre et son équipe, qui est nombreuse, disons-le. Alors,
salutations. Salutations aux collègues aussi, aux collègues de la banquette ministérielle, mais aussi aux collègues
de l'opposition et aux équipes ministérielles, au personnel de l'Assemblée
nationale. Donc, salutations.
Je me permets aussi de
saluer et de remercier les groupes qui sont passés en commission parlementaire
et qui ont produit des mémoires. Nous, on n'est pas les experts, hein? On est
des élus. On siège à l'Assemblée nationale, on siège sur différents projets de loi, on est les législateurs. Bien sûr,
là, la ministre, elle a une équipe autour d'elle puis elle a les spécialistes,
mais nous, dans l'opposition, on travaille beaucoup avec les groupes qui
viennent faire des présentations, avec les mémoires et avec leur
expertise, les questions qu'on leur pose. Donc, ils nous orientent beaucoup
dans notre cheminement puis ils nous aident
beaucoup quand on arrive, justement, comme ça, dans des...
article par article.
Alors, permettez-moi de les saluer.
Puis souvent, je le dis, souvent, on les
brusque, on ne leur donne pas beaucoup de temps pour produire leurs mémoires ou
pour venir à l'Assemblée nationale, mais, tout de même, je les remercie
énormément de participer à cet exercice, à
cet exercice qui est vraiment un exercice superimportant. Puis, on le voit ici,
le projet de loi n° 22, c'est un projet
de loi qui vient toucher des enjeux sensibles et importants pour l'ensemble du
Québec. Donc, voilà, en gros. Merci.
Mes collègues
en ont parlé précédemment, de l'importance du droit de propriété. On le voit... Je remarque
qu'on le voit peut-être tous de façon un peu différente, au niveau de
l'importance qu'on lui accorde. J'ai une formation juridique,
puis moi... en fait, moi, le droit de propriété, c'est quelque chose qu'on a
étudié, on l'a étudié au bac en droit, on l'a étudié
au Barreau, ça fait que, moi, le droit de propriété, c'est quelque chose en
quoi je crois vraiment beaucoup. Et je suis
aussi les différents jugements et je me rappelle que la Cour suprême a déjà dit
que c'était un droit quasi constitutionnel qu'est le droit de propriété.
Ce n'est quand même pas rien, alors qu'on est dans une société de droit. Donc,
il faut reconnaître que c'est un droit qui est fondamental. Donc, le droit de
propriété, pour moi, c'est important.
Puis, comme
disait mon collègue de l'Acadie, ça affecte aussi le droit des gens, le droit
de la population. Ce n'est pas nécessairement juste des gros promoteurs,
ce n'est pas nécessairement juste des grosses entreprises. Il y a aussi des personnes qui sont affectées directement par
le droit de propriété. Puis je pense... On en a vu, là, des jugements, des
petits ex-propriétés... des petits
expropriés, je veux dire, qui habitent dans une maison depuis plus de 75 ans ou
50 ans puis qui sont départis de
leurs biens et peut-être pas, justement, à la bonne valeur. Donc, je pense que,
le projet de loi n° 22, il va falloir trouver un équilibre. Je
pense que le mot «équilibre», là, c'est le mot qui représente le plus le défi
qu'on a dans le projet de loi n° 22, trouver
l'équilibre entre l'expropriant et l'exproprié.
Puis, ici, je
le dis d'emblée : Avec les modifications qu'on apporte dans le projet de
loi n° 22, on donne beaucoup, beaucoup d'importance à
l'expropriant. On vient donner beaucoup de pouvoirs à l'expropriant, et, selon
moi, c'est un gros déséquilibre pour
l'exproprié, un gros préjudice. Il y a beaucoup de préjudices pour les
expropriés. Donc, je pense qu'il va falloir trouver une façon de les
rétablir. Je suis sûre qu'il y aura une belle ouverture de la part de la
ministre et de son équipe à cet effet-là.
Ça a été
soulevé aussi par les groupes. Ça a été soulevé par les... ça a été soulevé par
le Barreau, donc... Puis, dans le fond, ce qu'on nous dit, c'est qu'on
vient, ici, amender une loi, tu sais, on vient, ici, amender une loi générale,
une loi-cadre pour des difficultés
particulières qu'on rencontre au cours des années au Québec. La CMM en a parlé,
ils ont neuf cas particuliers, puis
là on va venir amender, chambouler une loi de fond en comble pour certains cas
particuliers. Donc, moi, je pense
qu'il faut vraiment faire attention. Il faut se soucier pas juste des
modifications de nature procédurale, comme
disaient les collègues, mais aussi des modifications de droits substantifs.
Puis c'est là où c'est plus préoccupant.
Donc, ce
projet de loi là, évidemment, ça ne doit pas être un recul. Ça doit être un
avancement, ça doit être un avancement pour le Québec et ça doit être un
avancement pour le droit de propriété. Donc, il y aura... Parfois, la ligne
peut être mince, mais il y aura, donc, des défis, particulièrement quand on
sait que la majorité des expropriations sont fait par le ministère des
Transports du Québec. Donc, la ministre va avoir beaucoup de pouvoir. Et c'est
elle qui, je pense... puis je vais donner un
chiffre, là, mais je ne suis pas certaine, mais c'est autour... je pense que
c'est plus de 90 % ou 93 % des expropriations au Québec...
sont faits par le MTQ. Donc, à la limite, s'il n'y a pas de conflit d'intérêts,
il y a peut-être apparence de conflit
d'intérêts, parce qu'on se donne, ici, des pouvoirs immenses d'expropriation.
Moi, ça m'embête un peu puis ça me
rend... je vais le dire comme ça, M. le Président, mais ça me rend, à la
limite, inconfortable dans certains cas, dans certains dossiers. Donc,
je pense qu'il va falloir le regarder.
Puis je me permets même un... bien, c'est un
commentaire, un commentaire peut-être un peu plus personnel parce que j'ai parlé avec différents groupes qui
sont venus à la commission parlementaire, puis, bien sûr, les gens voient le
projet de loi qui arrive puis ils se
disent : Bien, tu sais, oui, on vient produire un mémoire, oui, on vient
présenter notre mémoire en commission parlementaire, mais ça...
peut-être que ça aurait été une bonne idée de faire une table de travail préalablement au projet de loi n° 22, d'asseoir tout ce monde-là ensemble, surtout dans le cas où le MTQ
est le responsable et, en fait, est le
maître d'oeuvre de 95 % des expropriations au Québec, 93 %,
95 %. Bien, il aurait peut-être
fallu asseoir ce monde-là autour de la table puis travailler ensemble,
justement, pour produire un projet de loi qui n'aurait pas été aussi
déséquilibré.
En fait, moi, je le vois, le déséquilibre dans
le projet de loi n° 22, puis, je le dis ouvertement,
ça m'embête. Puis je vais essayer de
travailler du mieux que je peux en déposant des amendements et en apportant des
arguments à la ministre justement pour essayer de rétablir cette... ces
injustices puis ce déséquilibre qui est, pour moi, flagrant.
Les collègues en ont parlé aussi, évidemment,
encadrer les indemnisations, la représentation par avocat. La représentation
par avocat, là, ce n'est pas banal, là. On va donner le pouvoir de... On va
donner la possibilité de faire des
interrogatoires au préalable, mais le petit exproprié, peut-être que c'est un
couple, une madame de 75 ans, peut-être nos parents, là, ma mère de
77 ans qui pourrait se faire exproprier, qui s'en irait dans un
interrogatoire au préalable sans être représentée, alors que l'autre
partie va
être représentée. Puis il n'y aura pas personne pour intervenir, pour s'objecter, pour dire : Bien, ça va peut-être
un peu trop loin ou... Ça fait que moi, moi, j'ai vraiment... j'ai vraiment un
problème avec ça et je pense aussi que la médiation au préalable devrait être
une piste ou un mécanisme à envisager, à introduire dans le projet de loi. Puis je le
dis... je me dis même que la
partie gouvernementale ne peut pas être fermée à
cette notion de médiation puisqu'on a travaillé le projet de loi n° 8
avec le ministre de la Justice, et, maintenant, la médiation, elle est partout, hein? Il y a de la médiation en droit
familial, il y a de la médiation en droit civil, il y a de la médiation
aux petites créances, il y a de la médiation partout, imposée, obligatoire.
Donc, je ne vois pas pourquoi, dans des cas comme ceux qu'on va travailler ici,
on ne viendrait pas, justement, intégrer ce mécanisme-là de façon obligatoire,
surtout qu'on dit souvent que les expropriations, ça se règle souvent de gré à
gré, hein? Ça se règle... la plupart, tu sais, la plupart, oui, il y a des
contestations, mais, à la fin, ça se règle de gré à gré. Bien, peut-être qu'on
pourrait même... la médiation au préalable est peut-être justement le bon mécanisme
pour éviter de... d'engorger les tribunaux.
y a la
partie des délais aussi. Je ne sais pas si on va réussir à s'entendre
sur la
partie des délais. Vraiment, là, on voit, il y avait une grande divergence, là, au niveau des délais.
Moi, je vous donne mon avis. Moi, je... Selon moi, les délais se font quand même assez rapidement pour
devenir propriétaire quand on exproprie. Puis moi, j'ai en tête le dossier
de l'hôpital de Vaudreuil-Soulanges. Une
fois que le gouvernement avait émis... a émis son décret, quatre mois plus
tard, le CISSSMO était propriétaire,
en fait, on était propriétaires, puis l'hôpital était déjà... la construction
commençait, bien que la contestation
des indemnités, des montants est encore en cour. Donc, selon moi, les délais
sont quand même assez rapides, mais, bien sûr, ça sera... on pourra
échanger sur cet aspect-là.
Donc,
voilà, M. le Président, pour moi. Bien, j'ai fait un résumé. Je ne voulais pas
non plus être superredondante. Je
partage certaines positions... certaines positions des collègues. Pour
d'autres, bien, j'aurai mes amendements et j'aurai, évidemment, là, mes
arguments à présenter à la ministre.
Ce que je souhaite,
évidemment, M. le Président, puis je... Moi, je... On n'a... Je ne pense pas
avoir travaillé de projet de loi... Je ne
pense pas qu'on a travaillé de projet de loi ensemble. J'ai fait beaucoup de
projets de loi avec vous, M. le
Président, en municipal. On a, je pense, hein, trois, au moins trois... Bien,
oui, des omnibus, là. On en a fait deux? Bien, des omnibus en droit
municipal où, tu sais, ça va bien, puis les échanges sont bons, puis il y a une
ouverture. On se rappelle, évidemment, qu'on
travaille pour l'ensemble des citoyens, l'ensemble des citoyens du Québec.
Voilà, M. le Président.
Le Président
(M. Jacques) : Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres
membres de la commission qui souhaitent faire des remarques préliminaires? Mme
la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw :
Merci, M. le Président. Je suis très heureuse de pouvoir participer à
l'étude détaillée du projet de loi
n° 22. Et, pour commencer, je tiens à vous saluer, M. le Président, et
aussi le secrétariat qui vous assiste et qui nous assiste dans nos
travaux en commission. Évidemment, je salue la vice-première ministre, la
ministre des Transports et de la Mobilité durable, et ainsi que les équipes qui
l'accompagnent, et aussi, bien évidemment, les députés de la banquette ministérielle, enfin, les collègues de la
deuxième opposition et la députée de Vaudreuil. Je veux aussi saluer mon
collègue le député de l'Acadie, qui effectue un travail formidable comme
porte-parole de l'opposition officielle en matière de transports et de
mobilité durable.
nouveau projet de loi remplacera l'ancienne loi, qui date d'une quarantaine
d'années. Et c'est... il est approprié de
la revoir et d'y effectuer plusieurs mises à niveau afin qu'elles reflètent les
besoins toujours grandissants des projets d'infrastructures collectifs au
Québec et aussi le besoin de se donner les moyens, les moyens efficaces pour
biodiversité et de changements climatiques. Bien préparé, bien étudié, ce
projet de loi, je pense, permettra
aux villes et à l'État de faire des économies importantes lors d'expropriations
liées à des projets d'infrastructure ou des achats de terrains pour les
pouvoirs publics.
Québec est l'une des dernières provinces canadiennes où l'interprétation de la
Loi sur les expropriations aligne les... aux propriétaires en fonction
de leur valeur anticipée de leurs terrains. Considérant l'explosion de la
facture des expropriations dans le cadre du prolongement de la ligne bleue, par
exemple, il y a lieu d'intervenir.
L'étude
de cette loi doit assurer que le nouveau processus d'expropriation soit
équitable, soit juste et équitable. Et nous ne pouvons pas retomber dans des
processus difficiles, tel qu'il a lieu par le passé. Nous nous sommes
assurés, pendant l'entièreté des
consultations, que les commentaires de tous et de toutes ont été entendus et
qu'ils seront considérés pendant l'étude détaillée.
projet de loi devrait permettre aux municipalités d'atteindre plus facilement
les objectifs du gouvernement en matière
de protection du territoire québécois. Et ce n'est pas surprenant, parce qu'à
titre de porte-parole en environnement, en matière d'environnement et changements climatiques ainsi que faune et
parcs, il est important pour moi de souligner l'importance de la
protection de l'environnement, de la faune et la biodiversité. Donc, le volet
environnemental est essentiel à considérer
lorsqu'on fait les débats sur l'expropriation. Et, comme je le disais, la
nouvelle loi devrait permettre aux villes d'atteindre les objectifs
établis par le gouvernement provincial, le gouvernement du Québec, en termes de
protection environnementale.
effet, on se rappelle, il y a à peine un an, lorsque le ministre de
l'Environnement, de la Faune et Parcs, la Lutte contre les changements
climatiques, en marge de la COP15, ici, au Québec, à Montréal, sur la
biodiversité... il a annoncé que le gouvernement du Québec s'engageait à
investir 650 millions de dollars afin d'assurer la protection de
30 % de notre territoire d'ici 2030. Il avait même indiqué que le Plan
nature 2030 va se décliner sur trois axes, en trois axes : le premier, c'est de donner aux
Québécois plus d'accès à la nature, le deuxième est de protéger nos espèces
menacées et vulnérables, et le troisième est
d'appuyer le leadership autochtone dans la conservation de la
biodiversité.
Il faut, donc, se
donner les moyens concrets pour atteindre nos objectifs québécois, tant au sud
du Québec que dans le Grand Nord . Il faut aussi faire le lien avec les changements climatiques. On
comprend très bien que, parmi l'inventaire des solutions pour contrer
les changements climatiques, celles qui sont basées sur la nature sont parmi les plus efficaces. Il faut, donc, veiller à la
conservation, oui, pour sa valeur intrinsèque, absolument, de la biodiversité,
mais aussi pour contrer, pour atténuer les changements climatiques.
consultations particulières ont été tenues pendant quelques jours, les 14, 19,
20 et 21 septembre, et je tiens à remercier, encore une fois, tous
les groupes, les organismes et les experts qui sont venus présenter, en
personne ou en virtuel, leurs remarques,
leurs commentaires et, surtout, leurs recommandations. Ces consultations nous
permettent de mieux comprendre les impacts du projet de loi, et voir
comment on peut l'améliorer et le bonifier. En tant que porte-parole sur
l'environnement et les changements climatiques, je voudrais saluer... souligner
l'apport du Centre québécois du droit de
l'environnement et de la SNAP,
Société pour la nature et les parcs, Québec, et je les remercie pour leur
contribution, parmi d'autres, et je trouve qu'il y a des pistes intéressantes
dans les mémoires dont, par exemple, le besoin d'encadrer l'expropriation déguisée, mais on ne va pas rentrer
dans les détails maintenant, parce que ce sont des remarques
préliminaires.
Alors,
en conclusion, je suis très contente de pouvoir participer à l'étude détaillée
du projet de loi n° 22, vu, surtout, l'aspect environnemental
du sujet étudié, soit les expropriations. Ma formation politique et moi, nous
sommes ici dans un esprit de collaboration
pour bonifier le projet de loi, parce que nous voulons nous assurer que ce sera
le meilleur projet de loi possible pour tous les Québécois et
Québécoises. Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres membres de la commission qui
souhaitent faire des remarques préliminaires?
Donc,
avant de débuter l'article par article, est-ce qu'il y a des motions
préliminaires? Donc, il n'y a pas de motion préliminaire.
Je prends en
considération l'article 1. Mme la ministre... Oh! un instant. Oui?
M. Morin : ...permettez-moi, donc, avant le début de l'étude
détaillée, de souligner... tel que prévu à l'article 245, et conformément
à notre jurisprudence, pour cette étude détaillée, je demande à ce que les
articles de ce projet de loi soient étudiés
alinéa par alinéa et paragraphe par paragraphe, et à ce que chacun des articles
qu'on propose de modifier ou d'ajouter dans les lois existantes soient
étudiés séparément là où c'est applicable.
Le Président
(M. Jacques) : Parfait. Nous prenons en considération votre
demande. Maintenant, l'article 1. Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Merci, M. le Président. Donc,
article 1 :
présente
partie régit les expropriations de droits qui portent sur un immeuble
et qui sont permises par les lois du Québec et a notamment pour
objet :
«1° d'établir la
procédure d'expropriation et l'instance en fixation de l'indemnité
d'expropriation;
«2° de prévoir
les règles relatives à la fixation et au versement de toute indemnité due,
selon la loi, en raison d'une expropriation.»
Alors, on vient
simplement placer la loi ou, en tout cas, énoncer l'objectif de la loi.
Le Président
(M. Jacques) : Merci. M. le député.
M. Morin :
Oui, merci, M. le Président. Alors, effectivement, cet article-là traite de
la procédure, mais, pour ma part, je pense
qu'il y a un élément qui est manquant. D'ailleurs, on va proposer un amendement
à l'article 1 de la loi. J'en ai
parlé dans mes remarques préliminaires, M. le Président, je pense qu'il est
aussi important d'assurer un équilibre entre les droits des expropriants
et de l'exproprié. Puisqu'on est dans des dispositions générales, et qu'on
parle de l'ensemble du projet de loi, rappeler cette mesure, je pense,
permettrait de bien cerner ce qu'on veut faire par une expropriation, donc de s'assurer que des gens, évidemment, ne perdront
pas indûment... et qu'ils pourront, par ailleurs, se replacer ou
relocaliser par la suite, étant entendu qu'on reconnaît que certaines autorités
doivent avoir ce pouvoir d'exproprier.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce que vous voulez déposer votre amendement? Est ce qu'il y a d'autres...
M. Morin :
Il est... M. le Président, il a déjà été envoyé.
Le Président
(M. Jacques) : ...suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
12 h 06)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. Avant la suspension, M. le député de l'Acadie venait...
était pour déposer un amendement. Je vous invite à faire la lecture et donner
vos explications. Merci.
M. Morin :
Parfait. Merci, M. le Président. Donc, la modification qui est... la modification
qui est proposée à l'article 1, en fait, du projet de loi est un ajout, et
qui se lirait comme suit, donc :
L'article 1 du
projet de loi est modifié par l'insertion, à la fin de l'article, du paragraphe
suivant :
«3° d'assurer un
équilibre entre les droits de l'expropriant et ceux de l'exproprié.»
L'article modifié se
lirait comme suit, donc :
présente
partie régit les expropriations de droits qui portent sur un immeuble
et qui sont permises par les lois du Québec et a notamment pour
objet :
«1° d'établir la
procédure d'expropriation et l'instance en fixation de l'indemnité
d'expropriation;
«2° de prévoir
les règles relatives à la fixation et au versement de toute indemnité due,
selon la loi, en raison d'une expropriation; [et]
«3° d'assurer un
équilibre entre les droits de l'expropriant et ceux de l'exproprié.»
Cet amendement est
proposé, M. le Président, et je le disais d'emblée dans mes remarques
préliminaires... ce que je souhaite, avec ce
projet de loi, tout en reconnaissant que l'État ou certaines autorités,
notamment sociétés de transport ou
municipalités, doivent avoir ce pouvoir d'exproprier pour leurs fins, mais
qu'il faut s'assurer que la personne, elle, qui est expropriée et qui,
au fond, peut toujours contester l'expropriation, mais dans des limites, dans
un cadre qui est quand même très limité, et dans la majorité des cas, la
personne sera expropriée à la fin de l'exercice... donc, de s'assurer qu'elle ne perdra pas. Il ne s'agit pas
ici de parler, évidemment, d'un enrichissement qui pourrait être indu, mais,
par la même occasion, je ne voudrais pas que la personne subisse une perte.
Et, puisqu'on parle,
au tout début du projet de loi, des dispositions générales, et donc qu'on fixe
certains principes... c'est, d'ailleurs, la
raison pour laquelle le législateur nous rappelle qu'avec le projet de loi on
veut fixer la procédure d'expropriation et on veut prévoir les règles
relatives à la fixation et au versement de toute indemnité... donc, quand le législateur, dans ces dispositions
générales, nous invite à réfléchir, et à la fixation de toute indemnité, moi,
je pense qu'il est important d'ajouter qu'il
faut assurer un équilibre entre les droits de l'expropriant et ceux de
l'exproprié pour s'assurer que l'exproprié
aura, effectivement, une indemnité qui va lui permettre, évidemment, de se
ramasser dans une situation, si ce n'est pas identique, à tout le moins,
très semblable à celle qu'il vivait avant l'expropriation.
permettez-moi... permettez-moi... puis j'en parlais dans mes remarques
préliminaires, mais permettez-moi de citer quelques cas en lien avec
l'impact d'une expropriation. Dans son mémoire, l'IEDM, donc l'Institut
économique de Montréal, nous donnait
certains exemples de gens qui... des gens ordinaires, là, qui ont vécu une
expropriation. On fait référence, à la page 3 du mémoire, de deux
septuagénaires qui vivaient à Mirabel et on nous rappelle l'impact de
l'expropriation qui peut se produire lorsque les gens sont expropriés. Alors,
on dit, et je cite : «Du jour au lendemain, leur univers a chamboulé. La municipalité voulait acquérir la demeure,
la démolir et modifier l'alignement d'une route.» Et on peut comprendre,
M. le Président, bon, qu'il est important pour des municipalités d'assurer, évidemment,
la sécurité et la sécurité routière sur leur territoire. Mais on souligne ici,
et je cite : «Non seulement le coût émotionnel, physique et moral était difficile à vivre pour les gens qui allaient
être expropriés, mais le montant de dédommagement proposé par la ville était
nettement en deçà du prix permettant à ce couple de se reloger dans une
habitation similaire.» Et vous comprendrez, M. le Président, que ma
préoccupation, elle est là.
Dans un cas comme ça,
ici, on ne parle pas d'un grand promoteur ou d'un spéculateur. On parle de
gens, de gens comme vous et moi, qui avons, à un moment donné, une maison, ou
qui sommes locataires, et qui vont se voir expropriés
par une autorité expropriante, et donc de s'assurer qu'ils pourront être
replacés dans une situation similaire. Or,
dans le cas qui nous est rapporté dans ce mémoire qui a été déposé, bien,
malheureusement, ce couple de septuagénaires
à Mirabel se ramassait dans une situation où le prix qui était donné par la
ville ne leur permettait pas de se reloger.
Et on nous dit, on
nous rappelle que, dans chaque cas d'expropriation, il y a aussi des histoires
humaines, des projets brisés ou des vies qui
sont chamboulées. Je reconnais d'emblée que la nécessité d'exproprier doit
exister, doit être justifiée par les
collectivités locales, mais il ne faut pas oublier les conséquences qui en
découlent, le coût émotionnel, la
perte de sécurité, de stabilité, du sentiment d'appartenance, qui peuvent
laisser des cicatrices profondes sur des personnes, sur des couples.
dit ici : «Heureusement, le couple de retraités a été en mesure de
parvenir à une entente à l'amiable avec la municipalité.» C'est tant mieux.
D'ailleurs, c'est la raison pour laquelle non seulement je parlais d'un
équilibre, mais, en plus, je disais
qu'il va falloir réfléchir également à la médiation. Mais il n'en demeure pas
moins que, dans un premier temps, ces
personnes-là se seraient vues expropriées et auraient reçu un montant inférieur
à ce qu'ils devaient recevoir pour pouvoir se relocaliser.
Donc,
c'est la raison pour laquelle je pense que, puisqu'on parle des dispositions
générales et qu'on veut brosser un tableau général de ce qu'il va
arriver avec une expropriation, bien, de rappeler et de dire... parce que le
Parlement, c'est ce qu'il fait quand il édicte une loi... et de dire clairement
qu'il faut retrouver un équilibre entre les droits de l'expropriant et ceux de
l'exproprié. Je vous remercie.
Le Président
(M. Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires? M.
le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui,
merci beaucoup, M. le Président. Sur l'amendement, donc, bien, de manière
générale, je n'ai pas de... on n'a pas de problème avec la notion
d'équilibre, évidemment. En même temps — on en a beaucoup parlé
pendant les auditions, j'en ai parlé aussi pendant mes remarques préliminaires — je
pense qu'il y a un nouvel équilibre à trouver aussi. Ce qu'il faut éviter,
c'est que la recherche d'un équilibre nous maintienne dans le statu quo. C'est ça qu'on veut améliorer, c'est ça qu'on veut
moderniser ici au Québec. J'entends le collègue de l'Acadie parler de cas. Ça
fait deux fois, là, qu'il cite des cas qui se sont passés dans le passé au
Québec, Forillon, Mirabel, des cas qui se sont passés dans les années 60,
70, quelque chose comme ça. Il ne faudrait pas que ces cas-là, qui se sont
passés il y a fort longtemps, qui sont des cas d'exception, deviennent
les exemples qui guident notre travail, ici, dans l'écriture du projet de loi
n° 22.
On a posé des
questions aux villes, je les ai posées, moi aussi, les questions, aux villes,
sur les questions des locataires, sur les
petits propriétaires, puis, évidemment, il faut s'assurer que les
dédommagements, les indemnisations qui
sont donnés à ces populations plus vulnérables là soient à la hauteur de ce
qu'elles ont besoin d'avoir pour pouvoir se relocaliser, pour pouvoir... c'est ça, pour pouvoir continuer à vivre
décemment puis dans les quartiers qu'elles ont choisi de vivre. Mais les villes nous ont répondu aussi
qu'il y avait des mécanismes d'accompagnement qui existent aussi au sein
des municipalités, pour les accompagner.
Donc, je ne veux
pas... je veux juste qu'on soit précautionneux avec les exemples qu'on va
utiliser et je veux qu'on s'assure, en même
temps, qu'on n'utilise pas indûment des cas d'exception ou des cas qui se sont
passés il y a fort longtemps pour orienter notre travail. Ce qui
m'intéresse aussi, à travers l'écriture du projet de loi n° 22, c'est que
le droit collectif soit bien protégé, parce qu'actuellement là, il y a un
déséquilibre. On le voit, ça coûte cher, réaliser des projets de transport collectif, c'est long, réaliser des projets de
transport collectif. Il y a des municipalités qui ne sont pas capables
de faire leur job de protéger les milieux naturels. Est-ce qu'on va mettre tout
ça de côté parce que certaines personnes...
Puis,
encore une fois, ce sont... Puis on en a entendus, des cas, là, puis des
«bills» non documentés, là. Les coûts... l'augmentation des coûts de réalisation
des projets ou les délais sont causés par des gens qui font de la spéculation
de business. Est-ce qu'on va mettre le droit
collectif de côté parce qu'il s'est passé quelque chose à Forillon, à Mirabel,
voilà plusieurs années, alors que les
choses ont bien changé à ce niveau-là? Moi, je nous inviterais à être très
précautionneux.
Ça fait que, sur
l'amendement, écoutez, je n'ai pas de problème à ce qu'on le laisse si c'est
nécessaire, si ça peut... mais il faut
absolument s'assurer que ce qui guide notre travail, ce soit la recherche d'une
amélioration des conditions dans
lesquelles on est capables de réaliser nos projets, puis de la façon dont on
peut protéger nos municipalités, qui ne font que leur travail de suivre
les orientations gouvernementales. Merci.
Le Président
(M. Jacques) : Merci, M. le député. Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Oui, merci, M. le
Président. Bien, je veux juste apporter peut-être une clarification, là. Le
dossier de Mirabel, dont parlait le collègue
de l'Acadie, là, c'est 2021, 2022. Ça fait que ce n'est quand même pas quelque
chose du... qui remonte à si loin que ça.
donne mon avis... Puis je comprends, tu sais, je comprends que ça va être
difficile à trouver... Puis c'est vrai que
c'est long, là, faire des projets pour du transport en commun ou dès qu'il y a
un côté expropriation. Puis, je le réitère, on l'a vécu, nous, avec l'Hôpital Vaudreuil... l'Hôpital
Vaudreuil-Soulanges, que ça peut être, des fois... tu sais, il y a des possibilités, soit pour les municipalités,
soit pour la CPTAQ, soit pour les citoyens, de mettre les bâtons dans les
roues. C'est là... en tout cas, moi, quand je parle d'équilibre, c'est
là que je fais référence où il faut trouver un équilibre. Puis je pense, honnêtement, que, dans le projet de
loi, dans la forme qu'il est proposé présentement, il y a beaucoup... il
y a vraiment un grand avantage pour l'expropriant plutôt que l'exproprié. Donc,
vous comprendrez que moi, je serais favorable
à ce qu'on ajoute... Puis ce n'est pas préjudiciable ni pour un ni pour
l'autre, parce qu'on les nomme tous les deux là, dans l'amendement, tant
l'expropriant que l'exproprié.
Le Président
(M. Jacques) : Merci. M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, M. le Président.
Alors, juste, brièvement, le cas que je mentionnais de ce couple de septuagénaires
à Mirabel, ma collègue y a fait allusion, ça date de 2022, pour... donc, c'est
très récent. Pour les autres cas, j'ai bien écouté mon collègue, je dirais que
l'avantage que nous avons, au Québec, avec notre devise, qui est Je me
souviens , c'est de connaître notre
histoire, et, si, dans l'histoire, on a eu des drames, bien, il faudrait
s'assurer qu'on ne les répète pas
dans l'avenir. Je n'ai rien contre l'avancement, je n'ai rien contre la
créativité, mais rappelons aussi ce qu'il est arrivé, pour assurer de ne
pas répéter les mêmes erreurs. Je vous remercie.
Le Président
(M. Jacques) : Merci. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : ...M. le Président. Je
veux juste enchaîner sur les remarques de mon collègue député de l'Acadie.
On aimerait savoir comment la ministre reçoit cette recommandation,
effectivement, comment elle prévoit s'assurer, justement, de ce nouvel
équilibre entre les trois. On aimerait l'entendre. Et, si elle n'accepte pas
notre amendement, j'aimerais que la ministre
nous explique comment le droit de propriété... bien, comment, justement,
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui,
bien, écoutez, de prime abord, je pense que personne ne peut être contre
l'esprit qui est derrière le libellé de la phrase derrière l'amendement,
assurer un équilibre entre sur les droits de l'expropriant et ceux de l'exproprié. C'est la philosophie qui
prévaut toujours dans l'administration générale de la
loi sur l'expropriation et
qui, pour une certaine part, en ce moment,
de toute façon, est fixée par les tribunaux, quand on parle des indemnités, et
tout ça. Alors donc, c'est un souci qui est
partagé à la fois par le législateur, par le gouvernement, par les expropriants
qui sont, du moins, au gouvernement puis,
certainement, par l'ensemble des partenaires qui exproprient, qui sont venus
nous rencontrer, la CMM, les municipalités, et compagnie, sociétés de
transport, certainement, par les tribunaux aussi.
Donc, c'est sûr que
la recherche de l'équilibre, comme je l'ai déjà dit dans les consultations, est
en filigrane de l'ensemble de la pièce... de
la pièce législative qu'on propose, et je le réitère au micro, c'est un grand
souci, chez le gouvernement, d'avoir
la recherche d'équilibre permanente. Maintenant, de venir le camper, comme ça,
dans l'article 1, au-delà du fait que ce sera, de toute façon, un
souci permanent... Je pense que ça se fait déjà à travers divers articles, puis on a sorti un certain nombre d'exemples.
L'article, par exemple, 71, qui détermine l'indemnité complémentaire, je pense.
L'article 118, où on prévoit le...
notre cahier est gros, comme vous le savez... donc, c'est ça, alors, pour... le
tribunal ajoute une indemnité, le
tribunal ajoute à l'indemnité de l'exproprié une indemnité pour compenser la
perte d'appréciation. Donc, il y a
déjà un certain nombre d'articles qui permettent au tribunal de venir
compenser, justement, dans le sens d'une manière juste, les expropriés. Donc, je pense qu'il faut laisser cette
latitude-là aussi. Et on ressortait aussi un extrait du mémoire de l'Ordre des urbanistes, qui nous disait
ici, vous voyez, selon eux : «Cela constitue un pas en avant important
pour rééquilibrer les droits et les obligations des expropriants et des
expropriés.»
Donc, je pense que
tous les points de vue se valent, mais je ne serais pas ouverte à ce qu'on
puisse prendre l'amendement qui est proposé actuellement, tout en étant
fortement préoccupée par la recherche de l'équilibre, comme je l'ai déjà dit à
plus d'une reprise.
Le Président
(M. Jacques) : Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a d'autres
commentaires?
M. Morin :
Bien, écoutez...
Le Président
(M. Jacques) : M. le député de l'Acadie.
M. Morin :
...brièvement, M. le Président,
j'écoute attentivement Mme la ministre. Si c'est ce qu'on retrouve en filigrane dans le projet de loi, bien, je me
dis : Pour le législateur, énonçons-le clairement, et donc mettons-le
directement au départ, pour que ce soit bien clair. La référence à
l'article 118 du projet de loi, M. le Président, offre une certaine compensation. On aura le loisir d'en
reparler quand on sera rendu là. Mais il s'agit d'une indemnité à peine pour compenser
une perte, si ça s'opère plus de six mois.
Donc,
écoutez, je pense qu'on parle ici de principes généraux. Et j'écoute très bien
Mme la ministre, je sais qu'elle a sûrement
à coeur d'avoir un équilibre. Donc, disons-le clairement, et mettons-le dans
les dispositions générales du projet de loi. Je vous remercie.
Le Président
(M. Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Merci, M. le Président.
Je veux peut-être juste ajouter que... Tu sais, on est à l'article 1, dans
les dispositions générales, puis dans
les... je relisais les commentaires, on dit que l'article 1 de... cette
partie, en présente... c'est la
portée et l'objet, en fait, du projet de loi. Et la ministre l'a dit, là, à de
nombreuses reprises, même pendant les consultations, qu'en effet elle
recherchait, entre autres, l'équilibre, mais qu'elle recherchait aussi à
réduire... tu sais, réduire les délais. Tu sais, il fallait trouver une façon
de faire plus vite, ce qui a peut-être... tu sais, ce qui a peut-être, justement, créé certaines incompréhensions ou...
certaines inquiétudes, je vais dire plutôt, certaines inquiétudes de personnes
qui ont écouté la commission, puis ils se sont dit : Bien là, tu sais, si
on veut aller vite, peut-être qu'on va perdre une grosse
partie de l'équilibre.
Puis
je l'entends, la ministre, elle l'a réitéré, elle dit que c'est en filigrane,
dans le présent projet de loi, de trouver cet équilibre-là. Bien, à mon avis, il n'y a pas... si ça fait partie,
tu sais, si ça fait
partie de... si c'est la portée puis c'est l'objet visé par
le projet de loi, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas l'écrire. Puis, tu
sais, il n'y a... ça ne cause aucun
préjudice, là, au contraire, là. Ça vient dire que l'intention du législateur
qui a été exprimée verbalement, bien, on la met dans la portée générale
dudit projet de loi.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons mettre aux voix l'amendement à l'article 1.
M. Morin :
...un vote nominal?
Le Président
(M. Jacques) : Un vote par appel nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire :
Oui. Pour, contre, abstention. M. Morin (Acadie)?
Le Secrétaire : Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce)?
Le Secrétaire : Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Le Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Le Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
Le Secrétaire : Mme Gendron (Châteauguay)?
Mme Gendron :
Contre.
Le Secrétaire : M. Lamothe
(Ungava)?
Le Secrétaire : M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Abstention.
Le Secrétaire : M. Jacques
(Mégantic)?
Le Président
(M. Jacques) : Abstention. Nous sommes... nous revenons à
l'article 1. Est-ce qu'il y a des commentaires sur
l'article 1? M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Bien, en fait, j'ai une question à poser, en fait...
bien, deux questions, en fait. La première
est plus d'ordre technique ou procédural. Je n'ai pas entendu la ministre lire
le commentaire au complet, donc je me demandais si ça... les règles avaient
changé ou si c'est moi qui avais une mauvaise... pas une mauvaise expérience,
mais une nouvelle... qui avais compris que ça devait se faire de cette façon-là
lors des précédentes études de projet de loi, première des choses. Je ne sais
pas si vous voulez répondre maintenant.
Le Président (M. Jacques) : C'est
coutume qu'on le fasse. Par contre, ce n'est pas obligatoire de le faire.
M. Grandmont : Ah!
d'accord. Donc, j'inviterais la ministre à bien vouloir le faire pour nous
aider à bien comprendre le projet de loi la prochaine fois.
Sinon, ma question, sur le fond, concerne le
fait qu'on est passé, en fait, d'un article, en fait, là, qui parle de «toutes les expropriations permises par les lois
du Québec» à «la présente
partie régit les expropriations de droit». Puis
il faut faire une distinction importante entre les expropriations de droit, les
expropriations de fait, les expropriations déguisées,
là. Donc, je me demande si on n'est pas en train d'élargir, en fait, par cette
proposition d'article là, ce nouveau libellé là... si on n'est pas en
train d'élargir la portée de la loi.
Le CQDE nous disait que ça pourrait dorénavant
concerner ce qu'ils appellent des modalités et des démembrements du droit de
propriété, alors que, maintenant, il faut exproprier l'essence du bien ou du
droit de propriété pour donner ouverture au recours en expropriation de fait.
J'aimerais savoir, parce que vous l'avez lu, le mémoire du CQDE, vous avez vu cette préoccupation qu'ils avaient
relativement à cet ajout-là, à cette modification... j'aimerais savoir
comment vous avez reçu cette réflexion du CQDE et comment vous l'avez traitée,
dans le fond.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui, bien, j'inviterais peut-être ma collègue juriste pour
les précisions de fond.
Président (M. Jacques) : Est-ce qu'il y a consentement pour laisser la
parole à... Veuillez vous présenter, votre titre, s'il vous plaît.
M. Morin : Alors, il y a
consentement, M. le Président.
Président (M. Jacques) : Consentement.
Mme Massé (Julie) : Bonjour. Julie Massé. Je
suis avocate légiste à la Direction des affaires juridiques, Transports et
Mobilité durable.
ne suis pas certaine d'avoir bien saisi votre question, donc peut-être juste me
répéter exactement pour que je puisse bien vous répondre.
M. Grandmont : Parfait. Donc, je vais
référer directement à leur mémoire. Le CQDE nous dit qu'«actuellement il ne
peut y avoir expropriation de fait d'une
partie du droit de propriété. Dans ce
dernier cas, il n'intervient alors qu'un démembrement du droit de
propriété, une situation qui ne peut fonder de revendication d'expropriation de
fait en vertu de l'article 952 du Code
civil. En termes simples, pour qu'une propriété puisse plaider être expropriée
de fait sur une
partie de sa propriété seulement, elle doit perdre
l'essence de son droit de propriété sur la parcelle en cause.»
Mme Massé
(Julie) : Oui. On s'est posé la question suite au commentaire du
Centre québécois du droit de l'environnement.
On a été faire nos recherches aussi. Je vous dirais, 952 parle de propriété et
parle de propriétaire. Par contre, la jurisprudence, on n'a pas trouvé
de cas où ça a été... où on est venu se... venir dire que c'est vraiment le propriétaire, avec tous ses droits, ou quelqu'un
qui avait un démembrement pouvait être aussi indemnisé en vertu de 952. On a retravaillé les textes en conséquence, là,
donc, quand on sera rendu dans l'expropriation déguisée... bien, dans la section...
à 170, 171, on pourra vous présenter les ajustements qu'on a faits.
Par contre, en
matière de procédure d'expropriation, actuellement, la
Loi sur l'expropriation
couvre autant les propriétaires du droit de
propriété complet que ceux qui ont des démembrements du droit de propriété.
Donc, on va exproprier pour une servitude, ça arrive, là. Donc, ça, ce
n'est pas une nouveauté, c'est déjà comme ça en vertu de l'expropriation de
droit.
Le Président
(M. Jacques) : M. le député.
M. Grandmont :
Merci. Outre les servitudes, est-ce qu'il y a déjà eu, à votre
connaissance, d'autres cas ou d'autres types
de cas où on peut avoir des démembrements, là, pour... expropriation par
démembrement, dans le fond?
Mme Massé
(Julie) : Oui, il y a eu des cas, des fois, des servitudes... pas des
servitudes mais des limitations de charges
qu'on peut mettre sur un immeuble. Ça, on en retrouve. Il y a différents types
de servitudes, là. Peut-être, je ne sais
pas, c'est souvent, tu sais, en fonction... Des fois, pour faire les travaux,
on va chercher aussi des servitudes, pour pouvoir effectuer des travaux pendant une certaine période. Donc, oui,
on en fait. C'est principalement les servitudes, dans les démembrements
du droit de propriété, mais ça peut arriver que ce soit un peu plus large.
M. Grandmont :
D'accord. Donc, vous me dites que vous avez pris connaissance du
commentaire, de la réflexion du CQDE, qu'on va en reparler plus tard dans les
articles 170, 171 et que, selon vous, il n'y a pas de crainte à y avoir
que, par exemple, considérant la façon dont c'est écrit actuellement... qu'on
ait une augmentation de... un élargissement,
en fait, là, de la notion d'expropriation déguisée ou expropriation de fait.
Donc, on n'aura pas plus de cas, finalement, à cause de la façon que
c'est écrit ici, là.
Mme Guilbault : C'est exact.
M. Grandmont :
O.K., parfait. On s'en reparle à 170, 171.
Le Président (M. Jacques) : D'autres
commentaires sur l'article 1? S'il n'y a pas de commentaire, nous allons
mettre aux voix l'article 1. Est-ce que l'article 1 est adopté?
Le Président
(M. Jacques) :
Article 1 adopté. Mme la ministre,
article 2.
Mme Guilbault : Oui.
Article 2 : «Au sens de la présente loi et à moins que le
contexte n'indique un sens différent, on entend par :
«"activités",
lorsque ce mot est utilisé sans qualificatif, l'ensemble des actions réalisées
sur un immeuble, notamment le fait
d'y résider, d'y réaliser la mission d'une institution ou d'y exploiter une
entreprise agricole, commerciale ou industrielle;
«"droit" un
droit de propriété, un démembrement de ce droit ou un autre droit réel
immobilier;
«"immeuble
exproprié" l'immeuble ou la
partie d'un immeuble sur lequel porte le droit
à exproprier;
«"partie
dessaisie" le locataire, l'occupant de bonne foi ou l'exproprié qui est le
titulaire d'un droit portant sur l'immeuble exproprié.»
Et là je crois que
mon collègue avait demandé que je lise le commentaire.
L'article 2 du
projet de loi définit quatre concepts, et ce, dans l'objectif d'alléger le
libellé des différentes dispositions du projet de loi.
y a d'abord la définition du mot «activités», qui vise à inclure dans ce terme,
lorsqu'il est utilisé sans qualificatif, tout aussi bien les activités résidentielles que celles agricoles,
commerciales, industrielles et institutionnelles. Il y a ensuite les
définitions des mots «droit» et «partie dessaisie», qui permettent d'éviter de
répéter une énumération de droits ou de parties selon le cas. Enfin, la définition de
l'expression «immeuble exproprié» permet d'éviter la répétition d'une
expression plus lourde, soit celle
d'«immeuble ou
partie d'un immeuble sur lequel porte le droit de propriété, un
démembrement de celui-ci ou tout autre droit réel immobilier à
exproprier».
Le Président
(M. Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a des commentaires sur
l'article 2?
M. Morin :
Je n'ai pas de commentaire, mais on a un amendement, cependant.
Le Président (M. Jacques) : Parfait.
M. le député de... Nous allons suspendre quelques instants pour déposer
l'amendement.
M. Morin :
...l'amendement.
Le Président (M. Jacques) :
Parfait. Merci.
(Suspension de la séance à
12 h 38)
Le Président (M. Jacques) : À
la suspension de nos travaux, nous étions à recevoir un amendement de M. le
député de l'Acadie. Je vous invite donc à lire votre amendement.
M. Morin :
Merci. Merci, M. le Président. Alors, l'amendement est un ajout à
l'article 2. Donc, l'article 2 :
L'article 2 du
projet de loi est modifié par l'ajout, à la fin de l'article, des définitions
suivantes :
«"Producteur
agricole" : producteur au sens de la
Loi sur les producteurs
agricoles[...];
«"Zone
agricole» : zone agricole décrétée en vertu de la
Loi sur la protection du
territoire et des activités agricoles[...].»
L'article modifié se
lirait comme suit :
«Au sens de la
présente loi et à moins que le contexte n'indique un sens différent, on entend
par :
«"activités",
lorsque ce mot est utilisé sans qualificatif, l'ensemble des actions réalisées
sur un immeuble, notamment le fait d'y
résider, d'y réaliser la mission d'une institution ou d'y exploiter une
entreprise agricole, commerciale ou industrielle;
«"droit" un
droit de propriété, un démembrement de ce droit ou un autre droit réel
immobilier;
«"immeuble
exproprié" l'immeuble ou la
partie d'un immeuble sur lequel porte le droit
à exproprier;
«"partie
dessaisie" le locataire, l'occupant de bonne foi ou l'exproprié qui est le
titulaire d'un droit portant sur l'immeuble exproprié;
«"Producteur
agricole" : producteur au sens de la
loi sur les producteurs
agricoles (RLQR, c. P-28); [et]
«"Zone
agricole" : zone agricole décrétée en vertu de la
Loi sur la
protection du territoire et des activités agricoles (RLRQ,
c. P-41.1).»
Le Président
(M. Jacques) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a des
commentaires sur l'amendement?
M. Morin :
Alors, le commentaire, c'est
qu'on veut s'assurer que, dans les définitions de la loi, dans le contexte,
les producteurs agricoles seront évidemment
bien identifiés, protégés, et que, lorsque des procédures, éventuellement,
d'expropriation auront lieu, qu'on s'assurera effectivement et spécifiquement
de savoir de quoi on parle et de l'impact sur les producteurs ou la zone
agricole.
Le Président
(M. Jacques) : Merci, M. le député. M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, merci. Bien,
évidemment, nous, on est en accord avec cette proposition d'amendement là. C'est clair que ça a été souligné à plusieurs
reprises, là, lors des auditions, il y a plusieurs participants, groupes qui
ont mentionné qu'effectivement, là, le milieu agricole nécessitait une
attention particulière. On n'est pas dans des cas de spéculation, on est en
train de... j'ai parlé, dans mes remarques préliminaires, là, de souveraineté
alimentaire, de protéger notre territoire.
Ça se retrouve, par ailleurs, dans des politiques qui ont été adoptées
récemment, notamment la politique d'architecture et d'aménagement du
territoire. La modification de la LAU aussi portait notamment sur la protection
du territoire agricole, spécifiquement. C'est un enjeu qui est bien important.
avait nous aussi, là, des amendements qui allaient sensiblement dans le même
sens, là, donc on se rallierait, puis
on en aura d'autres, évidemment, qui touchent le milieu agricole, mais je pense
que c'est bien, effectivement, d'assez rapidement souligner, bien
identifier ce milieu-là, parce qu'il y a une attention particulière à y
apporter. Il y a un régime spécial, au
niveau des indemnisations, notamment, qu'il va falloir regarder avec attention
parce qu'on est en train de toucher à
quelque chose de très sensible, au Québec, il faut absolument bien le protéger.
Donc, c'est un amendement avec lequel on est à l'aise.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires? Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Bien, en réponse à mes collègues sur l'amendement, qu'on a examiné
et dont on a déjà discuté, on comprend
très bien le souci qui est derrière ça, là, c'est-à-dire de marquer
l'importance, comme ça a été dit, de protéger les fonds de terre ou, en tout
cas, de protéger les producteurs agricoles, souci qu'on partage aussi. Donc, on
s'est entendu pour prendre le temps de le regarder... considérant l'heure, et
tout ça, pour prendre le temps de le regarder puis ensuite échanger des
propositions sur la meilleure façon d'atteindre le même objectif, mais moi
aussi, je suis en faveur qu'on puisse
peut-être déjà... comment dire, s'assurer comme ça d'une protection, de marquer
l'existence de cette spécificité-là et de s'assurer qu'ils sont pris en
compte adéquatement dans la loi.
Le Président
(M. Jacques) : Merci. Donc, on va suspendre l'article...
l'amendement? Est-ce qu'on suspend l'amendement? Parfait. Donc, on suspend
l'amendement. Est-ce qu'on revient à l'article 2 ou on s'en va à
l'article 3?
Le Président (M. Jacques) : On va revenir à l'article 2. Donc, est-ce
qu'il y a des commentaires sur l'article 2?
M. Morin :
Bien, l'article 2, dans son
ensemble, ce sont différentes définitions. Moi, ce que je vous suggérerais, M.
le Président, ce serait peut-être de suspendre l'article 2 le temps qu'on
revienne et puis qu'on en parle collectivement, et puis peut-être de
passer à l'article suivant.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a consentement pour suspendre
l'article 2 et se rendre à l'article 3?
Mme Guilbault : ...un commentaire général aussi en complément. Je pense que je ne l'ai
pas dit tout à l'heure, mais, dans
les échanges qu'on a eus, c'est sûr que l'idée, à l'article 2, c'est de
venir, justement, installer certaines définitions qui nous permettent d'être plus précis puis qui
évitent de la redondance ou qui évitent de la lourdeur dans la loi, donc des
concepts qui sont appelés à être réutilisés plus tard dans la loi.
C'est
pour ça que je disais que, bien qu'on partage la noble intention derrière
l'amendement qui a été déposé, ce ne sont... les définitions qui ont été
proposées ne seront pas réutilisées dans la loi. Donc, c'est un petit peu
différent de ce que nous, on se
propose de venir définir à l'article 2. C'est pour ça que je dis qu'on va
venir contreproposer une façon d'atteindre le même objectif qui a été
proposé par l'opposition officielle.
Le Président
(M. Jacques) : Parfait. Donc, est-ce qu'il y a consentement pour
suspendre l'article 2?
Des voix :
Consentement.
Le Président
(M. Jacques) : Consentement.
L'article 3, Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui.
L'article 3 : «L'expropriation de droits sur
un immeuble peut inclure l'expropriation de
droits sur des meubles lorsque ces derniers sont des accessoires de celui-ci ou
lorsqu'ils sont utilisés dans le cadre des activités agricoles,
commerciales, industrielles ou institutionnelles de l'exproprié réalisées sur
cet immeuble.»
Donc,
l'article 3 du projet de loi prévoit qu'il est possible d'exproprier des
droits sur des meubles lors d'une expropriation d'un droit sur un immeuble. Il
serait toutefois nécessaire que ces meubles soient accessoires à l'immeuble ou qu'ils soient utilisés dans le cadre
des activités agricoles, commerciales, industrielles ou institutionnelles
de l'exproprié réalisées sur l'immeuble exproprié.
Cette
disposition remplacerait l'article 38 de la
Loi sur l'expropriation tout
en clarifiant sa portée, et l'article 38 énonce que l'expropriation peut porter sur des biens meubles lorsqu'ils
sont des accessoires de l'immeuble à exproprier.
Alors,
en fait, c'est ça, peut-être un petit complément. Donc, on voit que
l'article 38 est repris presque tel quel dans l'article 3 de la
nouvelle loi, mais on vient aussi préciser des usages possibles dans le cadre
d'activités agricoles, commerciales, industrielles ou institutionnelles.
Puis j'en discutais, justement, avec mes collègues ici pour trouver des
exemples. Il existe un exemple où, à un moment donné... Parce que les biens et
meubles qu'on peut exproprier, c'est-à-dire les meubles accessoires, on peut
penser, mettons, à des garages ou à des choses qui tombent sous le sens, mais il peut y arriver, pour ce que j'en
comprends, que, des fois, des équipements liés au bâtiment ne soient pas forcément
considérés comme des meubles accessoires mais sont quand même nécessaires pour
préserver ou pouvoir conserver l'usage qui
en est fait, que ce soit un usage agricole, commercial, industriel ou
institutionnel. Donc, on voudrait que ça puisse être pris en compte.
Le Président
(M. Jacques) : Merci, Mme la ministre.
Et, compte tenu de
l'heure, nous suspendons nos travaux jusqu'à 15 heures. Merci.
(Suspension de la séance à
13 heures)
Le Président (M. Jacques) : La
Commission des transports et de l'environnement reprend ses travaux. Nous
poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 22, Loi concernant
l'expropriation.
Lors de la suspension de nos travaux,
cet avant-midi, nous étions à l'étude de l'article 3. M. le député de
l'Acadie, je crois que c'était à vous d'intervenir sur l'article 3.
M. Morin :
Oui, vous avez raison, M. le
Président, c'était à moi. Alors donc, on continue. Ma question est pour
Mme la ministre.
M. Morin :
C'est parce que... Voilà,
j'avais... non, il n'y a pas de souci. J'ai une question pour vous. Voilà, on y
M. Morin :
Donc, dans la loi... dans le
projet de loi actuel, ça vise l'expropriation de droit sur un immeuble, qui peut
inclure l'expropriation de droits sur des meubles. Et là le législateur rajoute
des catégories, alors que, dans la loi actuelle,
l'article 38 dit : «L'expropriation peut porter sur des biens meubles
lorsqu'ils sont [...] accessoires de l'immeuble à exproprier.» Et donc
c'était beaucoup plus général.
vous prenez la peine d'ajouter des catégories particulières et seulement
certaines catégories, est-ce qu'il y a une raison pour... est-ce que ça
posait un problème? Est-ce qu'il y a une raison particulière?
Le Président
(M. Jacques) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Sur l'article 3, toujours, que j'avais lu, là, in
extremis avant le...
M. Morin :
Oui, bien, juste avant la pause, oui.
Mme Guilbault : Exactement. Ça fait qu'on n'en avait pas encore vraiment
discuté, mais j'avais déjà donné l'exemple...
Puis, c'est ça, moi, j'en avais discuté avec mes collègues parce que je me
posais la même question. Parce qu'en fait c'est tel quel le même
article, mais on vient préciser des usages potentiels, donc, quel genre
d'exemple de situation où on aurait un bien meuble accessoire ou qui ne serait
pas forcément... pas suffisamment ou pas forcément accessoire, si bien qu'on devrait invoquer un usage agricole,
commercial, industriel ou institutionnel, tu sais, dans le fond?
l'exemple qu'on me donnait, quand on a retracé les cas, c'était une
décision de la Régie intermunicipale de
gestion des déchets de la Mauricie, qui avait introduit une procédure pour
exproprier l'immeuble, et les équipements et les biens meubles servant à l'opération et à l'exploitation du site
d'enfouissement sanitaire. Donc, c'est la municipalité qui reprenait les
activités puis qui avait besoin des équipements au sein de ce bâtiment-là pour
pouvoir poursuivre l'usage commercial ou...
oui, commercial, institutionnel, là, en l'occurrence. Donc, simplement pour
simplifier la vie, si jamais ce genre de cas là se représentait, on
vient le préciser.
M. Morin :
O.K. Donc, suite à cette décision-là, cette précision-là, au niveau
d'activités commerciales ou industrielles, était nécessaire. Parce que
l'article actuel est large et peut englober, à mon avis, toutes ces
situations-là.
M. Morin :
En fait, non, bien, je disais
que, c'est ça, l'article actuel semble déjà inclure tous ces scénarios-là,
donc c'est ce que j'essaie de comprendre, pourquoi... puis pourquoi vous
référez seulement à des activités agricoles, commerciales, industrielles. Il y
aurait peut-être d'autres usages. Et je comprends que, dans le cas que vous
nous mentionnez, sur le site d'exploitation
de déchets, il y avait de l'équipement, par exemple, qui était, bon, des biens
meubles et non pas des immeubles, c'est ça?
Mme Guilbault : C'est ça. Bien, l'autre exemple qu'on me donne, c'est un
quai, par exemple, qui ne serait pas nécessairement un bien meuble accessoire,
qui ne serait pas, tu sais, adjacent, qui ne ferait pas
partie du bâtiment comme tel, mais qui pourrait être nécessaire pour
préserver un usage soit d'exploitation d'une flotte ou d'exploitation maritime,
aquatique, ou quelque chose comme ça.
M. Morin :
Très bien. Je vous remercie.
Le Président
(M. Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur
l'article 3? M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, bien, peut-être
juste pour bien comprendre, j'avais des questions qui se rapprochaient un peu
des interrogations que mon collègue de l'Acadie avait aussi. Pourquoi avoir
réécrit l'article, en fait, en prenant la peine d'énumérer les différents types d'activités qui sont visés? Dans
le fond, est-ce que ça ne vient pas créer des exceptions sur lesquelles
la loi ne s'appliquerait pas?
Mme Guilbault :
Oui, c'est ça, bien, c'est vraiment par souci de clarification, parce que,
comme dans les exemples que je donnais, les
biens... les biens meubles... je dis toujours «les biens meubles», c'est biens
meubles? C'est ça.
Des fois, la notion peut ne pas être suffisamment claire puis porter à
interprétation, comme dans les exemples que j'ai donnés, soit la régie des déchets ou le quai, par exemple. Alors, ça
vient, en fait, codifier la jurisprudence, si on veut, ou donner des
orientations plus claires pour d'éventuelles nécessités.
M. Grandmont : Donc, la version...
la nouvelle version vous semble plus claire dans la mesure où elle... En fait, moi, quand je fais une énumération, il me
semble que je deviens plus restrictif, c'est-à-dire que je laisse la place à
tout ce qui n'est pas nommé d'être
interprété comme faisant partie... comme n'étant pas assujetti à la loi. Est-ce
que, dans le fond, on ne vient pas de
donner de la place à un non-assujettissement à la loi, dans le fond, à certains
éléments qui ne sont pas nommés dans l'article tel qu'il est formulé
actuellement?
Mme Guilbault : Bien, pas tout à fait, parce que moi, je le vois plutôt à
l'inverse, dans le sens où on reprend exactement la même liberté
d'interprétation ou le même libellé, en fait, de l'ancien
article 38,
l'article 38 de la précédente loi. Puis, avec l'usage du «ou», c'est qu'on
peut finalement s'attacher à un ou l'autre. On peut s'attacher à l'ancien
article tel quel, qui est repris, mais
au besoin on peut utiliser aussi une des spécifications proposées. Si on tombe
dans un contexte physique, comme par exemple
l'exemple du quai, le quai, il peut être loin de l'immeuble qui est exproprié, mais
il est quand même nécessaire dans l'usage commercial qu'on veut en faire.
M. Grandmont : Juste
pour reposer ma question, pour être sûr de bien entendre, là, la réponse, là,
puis qu'on s'entende bien, là. Dans le fond, est-ce que, selon vous... est-ce
qu'il y a des... est-ce qu'il y a des types d'activités ou des types... des types d'activités, dans le fond,
là, qui ne seraient pas couvertes à travers l'énumération qu'on a actuellement dans
l'article 3?
Mme Guilbault : Le... On me dit le résidentiel, mais les gens partent avec leurs meubles
puis leurs choses, donc.
Mme Guilbault : Dans le sens que c'est la nomenclature des usages communément utilisés,
vous voulez dire?
Mme Guilbault :
Qui sont tous couverts, sauf résidentiel, parce que résidentiel ne se prête pas
à l'article en question.
M. Grandmont : Bien. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur l'article 3? S'il
n'y a pas d'autre commentaire, nous allons mettre l'article 3 aux voix.
Est-ce que l'article est adopté?
Le Président (M. Jacques) :
L'article
est adopté. Est-ce qu'on va à l'article 4 ou on revient à
l'article 2?
Mme Guilbault : Moi, bien, à ce stade-ci, en fait, je proposerais deux options puis je
laisserais mes collègues choisir.
Soit on peut enchaîner... on peut revenir à l'article 2, puis je fais la
lecture de ma contre-proposition à ce qu'on a traité ce matin, ou on
peut suspendre puis s'en parler entre nous d'abord.
Le Président (M. Jacques) : On
va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 15)
Président (M. Jacques) : Nous reprenons nos travaux. Tel qu'entendu lors de
la suspension, nous... Est-ce qu'il y a consentement pour revenir à
l'article 2?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Jacques) : M.
le député de l'Acadie.
M. Morin : Oui.
Alors, j'ai proposé un amendement à l'article 2. Compte tenu du travail et
des pourparlers avec Mme la ministre, je vais retirer mon amendement.
Président (M. Jacques) : Est-ce qu'il y a consentement pour
retirer cet amendement, l'amendement à l'article 2? Consentement.
M. Morin :
Maintenant, je suis prêt à déposer un nouvel amendement à l'article 2.
Le Président
(M. Jacques) : Donc, je vous invite à faire la lecture.
M. Morin :
Oui. Est-ce que... Bon, voilà, merci. Alors,
article 2, le nouvel
amendement : Insérer, après la définition de «droit» de l'article 2
du projet de loi, la définition suivante :
«"entreprise
agricole" : entreprise qui exerce des activités agricoles au sens de
la
Loi sur la protection du territoire et
des activités agricoles (chapitre P-41.1), des activités de production
d'un produit agricole au sens de la
Loi sur les producteurs agricoles
(chapitre P-28) ou de toute autre activité de même nature;».
Commentaires. Il est
proposé d'ajouter à l'article 2 du projet de loi une définition
d'entreprise agricole afin de s'assurer de clarifier
que l'ensemble des activités agricoles et des activités de production d'un
produit agricole soit considéré dans l'expression d'entreprise agricole.
Et, au tableau
comparatif, on voit la différence entre les deux textes. Le texte proposé et
amendé inclut la définition d'entreprise agricole comme étant une «entreprise
qui exerce des activités agricoles au sens de la
Loi sur la protection du
territoire et des activités agricoles (chapitre P-41.1), des activités de
production d'un produit agricole au sens de
la
Loi sur les producteurs agricoles (chapitre P-28) ou toute autre
activité de même nature». Voilà, M. le Président.
Le Président
(M. Jacques) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a des
commentaires sur l'amendement à l'article 2? Pas de commentaire. Est-ce
que... Oui, Mme la ministre.
Mme Guilbault : Peut-être simplement pour dire que j'accueille
favorablement l'amendement, je trouve qu'il est bien fait et qu'il est
pertinent. Alors, je remercie mon collègue.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce que l'amendement à l'article 2... M. le député de Taschereau.
M. Grandmont :
Oui, bien, simplement pour clarification, là. Il y avait une première
proposition qui avait été faite, là, d'inclure également une définition de zone
agricole. J'aimerais comprendre, là, pourquoi cette notion-là a été retirée,
là, simplement pour compréhension.
Le Président
(M. Jacques) : Merci. Madame...
Mme Guilbault : C'est ça. En fait, parce que les activités agricoles ne
sont pas toujours forcément dans une zone agricole, donc, en misant sur
l'entreprise ou l'activité agricole, on n'est pas limité à la zone.
M. Grandmont :
Parfait. C'est une réponse très satisfaisante. Merci.
Le Président
(M. Jacques) : Merci beaucoup. Est-ce que l'amendement à
l'article 2 est adopté?
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Revenons à l'article 2. Est-ce qu'il y a des commentaires sur
l'article 2?
Le Président (M. Jacques) : Tel
qu'amendé, exactement. Est-ce que l'article deux, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président
(M. Jacques) : Adopté. Mme la ministre,
article 4.
Mme Guilbault : Oui : «Toute expropriation doit être décidée ou, suivant le cas,
autorisée préalablement par le gouvernement aux conditions qu'il
détermine.
«Le premier alinéa ne
s'applique pas :
«1° lorsqu'un
ministre publie à la Gazette officielle du Québec un avis annonçant son
intention d'exproprier, aux fins annoncées
dans cet avis, les immeubles qui y sont visés et qu'il réalise cette
expropriation, pour son propre compte ou
pour le compte d'autrui, en vertu d'une loi qui lui permet de réaliser cette
expropriation sans requérir l'autorisation du gouvernement;
«2° lorsque l'expropriation est réalisée par un
ministre, pour son propre compte ou pour le compte d'autrui, en vertu d'une loi
qui lui permet de réaliser cette expropriation avec l'autorisation du
gouvernement;
«3° lorsque l'expropriation est
décidée par une municipalité, par une communauté métropolitaine, par une régie
intermunicipale, par un centre de services scolaire ou par une commission
scolaire.»
Donc,
l'article 4 du projet de loi reprend en grande
partie les premier et
quatrième alinéas de l'article 36 de la Loi
sur l'expropriation. Ainsi, la décision ou l'autorisation préalable du
gouvernement demeurerait requise avant toute expropriation. Ce principe
continuerait toutefois de ne pas s'appliquer pour les municipalités, les
communautés métropolitaines, les régies intermunicipales, les centres de
services scolaires ou les commissions scolaires. De plus, cette décision ne
serait plus requise lorsqu'un ministre publie à la Gazette officielle du
Québec un avis annonçant son intention
d'exproprier aux fins annoncées dans cet avis les immeubles qui y sont visés et
qu'il réalise cette expropriation en
vertu d'une loi qui lui permet de réaliser cette expropriation sans requérir
l'autorisation du gouvernement. Elle ne serait pas non plus requise lorsque le ministre doit obtenir, en vertu de la
loi qui lui permet de réaliser cette expropriation, une autorisation du
gouvernement.
là, bien, on a l'article 36 de la loi actuelle, qui dit : «Toute
expropriation doit être décidée ou, suivant le cas, autorisée
préalablement par le gouvernement aux conditions qu'il détermine.
«Nulle autre
autorisation n'est requise, nonobstant toute loi.
«Il n'est pas non
plus nécessaire de remplir les conditions préalables à l'expropriation qui sont
prévues par d'autres lois.
«Le présent
article
ne s'applique pas à une municipalité, à une communauté métropolitaine, à une
régie intermunicipale, à un centre de services scolaire ou à une commission
scolaire.»
Alors,
l'article, en fait... l'article 4 vient reprendre les alinéas 1° et 4° de
l'article 36. Les alinéas 2° et 3° vont être traités dans un autre article, le 5, probablement,
si ma mémoire est bonne. Donc, c'est ça. Alors, maintenant, si on publie à la Gazette officielle , on est capable
d'exproprier sans avoir besoin de l'autorisation du gouvernement, quand on est
un ministre, par exemple, le ministère des Transports qui exproprie pour
un projet.
Le Président
(M. Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a des commentaires? M. le député
de Taschereau.
M. Grandmont : Nous allons avoir un
amendement, en fait, à proposer. On peut peut-être suspendre pour avoir
le temps de vous l'envoyer?
Le Président
(M. Jacques) : Je n'ai pas vu votre main levée. On le fera après,
on le fera après.
Donc, on va suspendre
quelques instants.
(Suspension de la séance à
15 h 29)
Le Président
(M. Jacques) : Nous reprenons nos travaux. Avant de suspendre nos
travaux, nous étions à regarder le dépôt
d'un amendement du député de Taschereau. Et j'inviterais M. le député de
Taschereau à nous lire son amendement.
M. Grandmont :
Oui. Merci, M. le Président. Bien, j'en avais parlé dans mes remarques
particulières. Un des objectifs qui doit
être poursuivi à travers le projet de loi n° 22,
c'est notamment celui de l'accélération des délais, le raccourcissement des délais en vue de pouvoir
livrer, en fait, plus rapidement les projets de transport collectif notamment.
Je pense que la ministre est très au fait de cet enjeu-là, est très au fait
aussi que... je pense qu'elle est aussi enthousiaste que moi de voir les
projets se réaliser rapidement un peu partout au Québec. C'est important de
développer des projets de transport
collectif. C'est une demande qui avait été nommément faite, là, par la Société
de transport de Montréal, qui avait été reprise également par l'organisme
Trajectoire Québec, celui de ne pas avoir à demander finalement un
décret pour les expropriations, au même
titre que ce qui se fait actuellement, là, pour... puis c'est bien nommé, là,
dans l'article 4, là, à
l'alinéa 3°, là, au niveau des municipalités, communautés métropolitaines,
régies intermunicipales, centres de services scolaires ou commissions scolaires, ces organismes-là, ces organes-là
n'ont pas à demander un décret pour une expropriation.
Autre chose que
d'autres organismes qu'on a entendus, pendant les audiences, étaient venus nous
dire aussi, c'est qu'ils espéraient, à
quelque part, d'avoir sensiblement les mêmes avantages que ce qu'on avait pu
donner dans la loi qui avait été
octroyée, là, pour la réalisation du Réseau express métropolitain. Donc, il y
avait un tout un processus, là, où, finalement, on n'avait pas non plus besoin
de demander des décrets pour des expropriations. Les sociétés de transport
peuvent se passer, selon leurs dires et
selon mon expérience aussi, là, de ces milieux-là, peuvent se passer d'un décret
dans la mesure où il y a, de toute façon, une foule d'autres mécanismes de
surveillance et de suivi qui existent déjà.
Donc, pour ces
raisons-là, on propose d'insérer, là, au paragraphe 3° du second alinéa de
l'article 4 du projet de loi, après les
mots «services scolaires», les mots «, une société de transport, une personne
morale de droit public ayant pour mission de régir les transports
collectifs», donc, dans le but d'accélérer les délais de réalisation des
projets de transport collectif, M. le Président.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui.
Bien, merci. Merci au collègue. Merci, M. le Président. Effectivement, je
partage l'objectif qu'on puisse réduire les délais autant que possible, dans,
entre autres, dans les projets de transport collectif. Puis il y a d'autres
articles, dans le projet de loi, peut-être, pour lesquels on recevra des
amendements ou on aura des discussions. Puis
je vais, moi aussi, utiliser cet argument-là, des fois, pour justifier
certaines décisions ou pour peut-être trancher sur certaines choses.
Mais, en l'occurrence... Puis c'est vrai que la représentation nous avait été
faite. C'est une chose à laquelle on a
réfléchi, qu'on a discutée. Mais, dans le cas des expropriations directement
par les sociétés de transport, si on
prend, par exemple, la STM, elles doivent obtenir l'autorisation à la fois de
la ville et du gouvernement.
derrière ça, il y a une question aussi de... comment je pourrais dire, c'est
des projets d'une telle envergure, avec
des montants tellement importants que je pense que ça demeure important quand
même pour le gouvernement, qui est
systématiquement le principal bailleur de fonds dans ces projets-là, de garder
une certaine vue d'ensemble puis un certain contrôle, non pas au sens de
vouloir se substituer à la maîtrise d'oeuvre qu'on a dévolue à la STM via le RTM si on prend la ligne bleue, mais de garder une
certaine vue d'ensemble. Ça fait je pense que c'est important que le
gouvernement reste partenaire ou continue d'avoir un certain rôle à jouer.
Puis,
évidemment, le gouvernement donne les autorisations quand c'est pertinent,
quand c'est nécessaire, quand c'est à propos, quand c'est bien fait, là,
tu sais, il n'y a pas de raison pour laquelle on ajouterait nous-mêmes des délais en refusant ou en retardant des
expropriations dans un projet, mais pour des questions de garder une certaine
vue d'ensemble puis de contrôle sur des projets qui coûtent des milliards, je
pense que c'est sain que le gouvernement continue d'être avisé, consulté, puis de donner son approbation pour des
questions... pour des décisions qui ont une incidence financière très,
très importante.
Le Président
(M. Jacques) : M. le député.
M. Grandmont :
Merci. Je suis content de voir que la ministre, là, est alignée, là, sur
l'objectif d'accélérer les délais aussi. Il
m'apparaît que cette proposition-là en est une qui permet, justement,
d'accélérer le processus. Vous l'avez
dit vous-même, là, d'abord, la société de transport est obligée de demander,
quand même, une autorisation, là, une validation, là, auprès de la
municipalité.
Je comprends que les
sommes investies peuvent être quand même importantes. En même temps, il reste
que c'est aussi vrai pour des projets qui
sont faits par différentes instances qui, pour l'instant, sont exclues, d'une
part. Puis, d'autre part, bien, c'est quand même des délais de
30 jours. Je comprends qu'on ne veut pas augmenter indûment ou refuser des
demandes, là, d'expropriation, mais c'est quand même des délais qui s'ajoutent
à chaque fois pour la réalisation des
projets. Et je l'ai dit, et je le répète, puis je vais devoir le répéter assez
souvent, la saison des chantiers au Québec, elle est très courte, c'est facile
de perdre une année. Et ce genre de petit... ce n'est pas un irritant, là, mais
c'est ce genre de délai là qui vient s'ajouter peut facilement, à terme, nous
faire perdre complètement une année de chantier. Ça peut faire la
différence entre un projet qui est livré à temps puis un projet qui,
malheureusement, est retardé.
Donc,
considérant qu'il y a déjà beaucoup de mécanismes de suivi, que, par ailleurs,
la municipalité est obligée d'être impliquée là-dedans, je pense que la
proposition qui nous est apportée par la Société de transport de Montréal était
tout à fait raisonnable et permettait d'atteindre l'objectif que la ministre
poursuit.
Le Président
(M. Jacques) : Merci.
Mme Guilbault : Bien, peut-être, je laisserais la parole à mon collègue
puis je répondrai après.
Le Président (M. Jacques) :
Parfait. M. le député de l'Acadie.
M. Morin :
Merci, M. le Président. Écoutez, je trouve l'amendement fort intéressant,
parce que, justement, je m'en allais dans le
même sens avec un amendement que je voulais moi-même déposer. Mon collègue l'a
déposé avant moi, c'est parfait.
Maintenant, Mme la ministre nous a expliqué un peu pourquoi les sociétés de
transport n'étaient pas incluses — maintenant,
moi, j'aurais deux questions — puis
notamment, si j'ai bien compris Mme la ministre... à cause de certains
coûts de certains projets de sociétés de transport.
Maintenant,
je comprends qu'avec le libellé de l'article une communauté métropolitaine ou
une régie intermunicipale n'a pas à
solliciter un décret du gouvernement. J'imagine qu'ils doivent avoir des
projets avec des coûts assez énormes également.
Donc, pourquoi faire une distinction entre les deux? Et est-ce qu'il est
arrivé, dans le passé, qu'une société de transport ait fait une demande
et qu'elle ait été refusée?
Mme Guilbault : Est-ce qu'il est arrivé dans le passé que?
M. Morin :
Qu'une société de transport ait fait une demande et qu'elle ait été
refusée?
Mme Guilbault : Bonne question. Il faudrait... Est-ce qu'on a l'information ou est-ce
que... On va le vérifier.
Mme Guilbault : C'est ça, on va le vérifier.
M. Morin : Parce
qu'évidemment vous comprendrez la suite de mon intervention, si ce n'est jamais
refusé, je comprends que le gouvernement
veut peut-être voir, mais, si vous ne les refusez pas, pourquoi, donc, insérer
un délai additionnel dans la loi?
Mais, maintenant, si c'est refusé 50 % du temps, mais quelle raison? Bien
là, on verra, là, mais d'où ma question à Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui, c'est tout à fait vrai, mais on va le voir. Mais, quel
que soit le projet qui est piloté par une société de transport, si c'est un
projet qui demande de l'expropriation, un projet de transport collectif, donc, d'une certaine envergure, effectivement, une
envergure financière, souvent, de la complexité qui vient avec ça, piloté par une
société de transport, on me demande la différence entre une municipalité ou une
communauté métropolitaine, mais, tu sais, ce
n'est pas du tout la même chose, là. Un projet de transport collectif,
systématiquement, est financé très, très... à très grande part par le
gouvernement du Québec.
Donc, c'est
normal que le gouvernement du Québec recherche à maintenir un certain équilibre
entre le contrôle des coûts puis une certaine contribution ou
participation toujours au suivi du projet.
Mme Guilbault : Oui, la célérité, et c'est ça, la célérité. Donc,
l'équilibre entre le contrôle des coûts et la célérité
qui est souhaitable, alors qu'une municipalité, ou une communauté
métropolitaine, ou un centre de services scolaire va avoir son projet,
va, comme j'ai déjà dit dans d'autres tribunes, gérer sa fougère, et ce n'est
pas systématiquement des projets pour lesquels le gouvernement du Québec va
être le principal partenaire financier. Autrement dit, quand c'est nous qui payons, essentiellement, la
facture, je pense que c'est normal qu'on se garde une certaine emprise sur le déroulement
du projet.
Le Président (M. Jacques) : M.
le député.
M. Morin : Ça va, M. le
Président.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Bien, je
trouvais... je trouve que la question qu'a posée le député de l'Acadie est très
pertinente. Effectivement, si ce n'est jamais arrivé, pourquoi le maintenir? En
tout cas, on aura peut-être les réponses éventuellement, là, mais c'est une
réponse qui m'apparaît tout à fait pertinente à avoir dans le débat qui nous
préoccupe. Puis c'est vrai que, oui, c'est de l'argent public qui... du
gouvernement du Québec qui est en
partie attribué
à ces projets-là. Je comprends l'argument. En même temps, si les délais, aussi
courts soient-ils... puis, même si on respecte les délais qui sont impartis, si
ces délais-là nous provoquent des retards dans la réalisation des projets,
bien, c'est aussi de l'argent, c'est aussi de l'argent public qu'on
perd, là, à ce niveau-là.
Je prends
l'exemple du tramway. La ministre n'est pas sans savoir que chaque année de
retard, bien, c'est au moins 100 millions
de plus qui est perdu, là. En fait, simplement l'inflation, donc, ça a dû
augmenter aussi parce que l'inflation est
plus élevée aujourd'hui. Tout ça pour dire que ça aussi, ça a sa valeur. Alors,
si ça n'a pas été refusé, je ne sais pas si vous êtes en train d'obtenir
la réponse, là, mais c'est quelque chose qui m'apparaît quand même intéressant,
là, essayer de conjuguer à la fois l'idée
d'avoir un contrôle, mais, si le contrôle n'est pas nécessaire, bien, pourquoi
maintenir une mesure qui, peut-être, a un potentiel de ralentir le
projet et de nous coûter cher aussi ailleurs?
Mme Guilbault : Est-ce qu'on a des exemples? Non.
Mme Guilbault : Bien, juste pour... Est-ce qu'on pense avoir ça aujourd'hui
ou on se dit qu'on en reparle?
M. Grandmont : On peut
continuer à jaser.
Mme Guilbault : Bien, c'est juste que je ne veux pas leur mettre la pression puis
stresser mes équipes non plus, là.
Mme Guilbault : O.K. On prend le temps de vérifier convenablement. Donc... Bien, c'est
ça. Oui, effectivement, toute
réduction des délais est souhaitable. Mais, comme je dis, à la quantité
d'argent qu'on met dans ces projets-là, je pense que c'est normal de vouloir garder un certain suivi, un certain contrôle
sur l'avancement du projet. Puis tout est, comme l'a dit mon collègue
ici, tout est un peu inextricablement lié, là. Les expropriations ont une
incidence sur le coût. Alors, tout ça doit
être pris en compte, doit être tenu en compte, puis on doit s'assurer, nous,
d'être au courant des intentions, des actions puis des coûts de ces
actions-là. Ça fait que, ça, je pense que c'est normal, mais je partage la
volonté qu'on aille le plus vite possible.
Puis, vous voyez, à l'article suivant,
l'article 5, justement, est un
article qui va aller dans le sens de
dire : Essayons de réduire des délais à la source en faisant tout ce qu'on
peut pour faire avancer des projets simultanés... pour faire avancer des processus simultanément. On
y reviendra. Mais moi, je partage le souci marqué de mon collègue pour la
célérité, tout en étant, à
titre de membre du gouvernement, dépositaire un peu
de l'imputabilité financière des projets quand c'est nous qui les
finançons pour la plus grande partie.
Le Président
(M. Jacques) : Merci. M. le député de l'Acadie.
M. Morin :
Merci. Vous avez parlé, Mme la
ministre, du financement de certains projets de transport collectif. Donc,
quand une société de transport veut aller de l'avant avec un projet important,
et qu'ils ont besoin de financement ou qu'ils
ont besoin d'un emprunt, est-ce que cet emprunt-là est déjà approuvé par le
gouvernement avant qu'ils puissent agir?
Mme Guilbault : La capacité d'emprunt des sociétés de transport, c'est probablement via
les municipalités, là.
Mme Guilbault : Les approbations sont obtenues auprès du... des Affaires municipales, du
ministère des Affaires municipales.
M. Morin : O.K. Donc, ce n'est pas
le gouvernement comme... C'est les Affaires municipales, donc, le ministère
des Affaires municipales, donc le gouvernement?
M. Morin :
Donc, le gouvernement a déjà un moyen pour contrôler les coûts et être au
courant des projets et du financement des
projets de transport collectif. Donc, si le gouvernement est déjà au courant et
qu'il doit approuver, par exemple, un emprunt ou le financement pour...
donc, le gouvernement sait qu'il va y avoir un projet, pourquoi le gouvernement
veut, à nouveau, approuver les l'expropriation? Si le gouvernement est déjà au
courant, on pourrait laisser aller son cours.
Mme Guilbault : Bien oui, sur les emprunts globaux, il y a une autorisation, mais, après
ça, sur le suivi des projets, sur l'utilisation des fonds, sur la
manière dont chaque facture est acquittée, il n'y a pas de... Tu sais, le
ministère des Affaires municipales, après
ça, ne fait pas les suivis de la même façon dans nos projets de transport
collectif. Il ne joue pas le même rôle que nous, on joue actuellement à chacune
des diverses étapes. Puis, entre autres au PQI, tu sais, on fait
cheminer actuellement, puis ça, ça amène des délais. Mais ça, c'est
complètement peut-être, éventuellement, d'autres
travaux qu'on aura à faire ensemble, mais les diverses étapes qui nous
permettent de chiffrer, puis de donner les approbations, puis de suivre
les projets, parce que c'est des projets qui coûtent tellement cher qu'on n'a
pas le choix de faire ce suivi-là.
M. Morin :
O.K. En fait, mon point était le
suivant : Si l'État, le gouvernement, dans son ensemble, est déjà au
courant d'un projet d'une société de transport qui va engendrer des coûts
importants, dans bien des cas, l'expropriation va être parfois une conséquence logique de
l'avancement du projet. Donc, si le gouvernement est déjà au courant, pourquoi
le gouvernement retient tant à approuver à nouveau l'expropriation?
Mme Guilbault : Non, mais c'est ça, mais c'est... Si une société veut emprunter,
c'est... comment je pourrais dire, après
ça, on n'est pas garant de la façon dont elle va l'utiliser, là. Si la société,
la société, oui, c'est ça, fait un emprunt, après ça, nous, il faut
qu'on garde une façon d'être tenus au courant de ce qu'elle fait avec l'argent
dans le projet de transport collectif qui nous concerne comme principal
partenaire financier.
Mme Guilbault : Les sociétés peuvent emprunter, j'imagine, pour d'autres projets aussi
qui ne concernent pas nécessairement mon ministère. Alors, nous, pour
pouvoir se garder un oeil sur les projets qui nous concernent, pour lesquels nous devons budgéter du PQI, nous devons
faire des suivis au Conseil des ministres, je pense que c'est normal qu'on
puisse avoir ces... conserver un minimum d'emprise sur des éléments contextuels
des projets qui font monter la facture.
M. Morin :
D'accord. Merci.
Le Président
(M. Jacques) : Merci. M. le député de Taschereau.
M. Grandmont :
Oui. Je ne sais pas si on a pu avoir réponse, là, à savoir quand est-ce
qu'on aurait une réponse à la première question qui avait été posée, à
savoir : Est-ce que ça a déjà été... c'est déjà arrivé, finalement, qu'un
décret gouvernemental ait été refusé à une société de transport qui devait
vouloir exploiter... exproprier pour un
projet de transport collectif spécifique? Est-ce qu'on a eu la réponse de quand
on pourrait avoir la réponse? Parce que...
Mme Guilbault : Non,
mais, dans les vérifications qu'on a faites à date, on n'a pas trouvé d'exemple
où ça a été refusé.
Mme Guilbault : Mais ça n'empêche pas que tout ce que je viens de dire
précédemment, on va garder un peu la trace
de ce qu'il se fait puis la nécessité d'obtenir l'approbation. Puis là on le
voit, on la donne, l'approbation, quand on voit que c'est pour des bonnes raisons puis que c'est fait
correctement, puis que l'objectif est le bon. Mais, nous, ça nous permet
de suivre les évolutions des étapes du projet, en parallèle des étapes, comme
je disais, là, qui sont déjà prévues au PQI,
là, l'étude, la planification, le dossier d'affaires, etc., le dossier
d'opportunité, le dossier d'affaires, et tout ça. C'est des manières dont le gouvernement peut s'assurer d'être
consulté ou, en tout cas, d'avoir son mot à dire à diverses étapes
importantes du projet, chacune des étapes faisant augmenter la facture et les
risques.
M. Grandmont : Il y a quand
même, dans les projets majeurs, disons, qui nécessitent des expropriations qui
sont plus importantes, peut-être, là, disons-le comme ça, il y a des gens du
gouvernement qui sont impliqués dans le projet. Pour l'avoir déjà vécu, en
étant sur le comité directeur du tramway de Québec, il y avait des gens de la
SQI, il y avait des gens du ministère des
Transports qui étaient présents, puis qui participaient à l'ensemble du
processus pour, justement, avoir la bonne information de première main,
puis être capable de faire le relais avec les gens dont c'est la charge au
ministère des Transports, finalement.
Donc, on a comme une espèce de méthode de
validation supplémentaire qui, par ailleurs, pourrait permettre au
gouvernement... qui vient doubler, dédoubler, en fait, l'information qui est
déjà disponible au ministère des Transports, qui ajoute des délais, pour
laquelle on n'a jamais eu de refus de décret gouvernemental. Il y a quelque chose que je ne comprends pas. Je m'excuse, mais,
pour moi, ça ne m'apparaît pas si clair que ça qu'on a besoin d'avoir
ça. Ça me semble une demande, somme toute, raisonnable de la part de la Société
de transport de Montréal d'aller... d'avoir un moyen, finalement, très... assez
simple, finalement, qui n'empêche pas d'avoir l'information nécessaire, finalement, de se rendre au ministère puis aux
personnes importantes qui doivent faire le suivi de ces expropriations-là.
J'ai du mal à m'expliquer, là, mais c'est correct.
Mme Guilbault : Mais je peux... Voulez-vous... Je ne sais pas si mon collègue veut que
je réponde, mais je vais redire la même chose, là.
M. Grandmont : Non,
non, c'est ça, je connais déjà la réponse, là, mais je comprends mal la
réticence, je vais l'exprimer comme ça. Je fais juste le mentionner.
Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur l'amendement à l'article 4?
S'il n'y a pas de commentaire, nous allons procéder à la mise aux voix de
l'amendement à l'article 4.
Le Président (M. Jacques) : Par
appel nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
Le Secrétaire : Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?