Health and Social Services — 2 December 2014 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2014-12-02
Quebec — Committees
Le deuxième volet de l'article, c'est de contribuer à
l'amélioration de la qualité et de la sécurité des soins, et là, juste pour illustrer mon propos, j'aimerais que le
ministre m'indique quels articles portent sur la qualité et la sécurité des
soins, parce que ce qu'on est venu nous
dire, c'est que, vraiment, comme tout grand changement majeur au niveau de la
gouvernance, il y aurait plutôt une grande
période de déstabilisation, de réorganisation et que cette période-là amènerait
des risques de confusion, d'imbroglio, que
notre système redeviendrait temporairement un système dans lequel ce serait
difficile pour les gens qui sont à la maison de savoir quel parcours ils
doivent faire, où ils doivent aller quand ils ont besoin d'avoir une
information sur leur système de santé et de services sociaux, et donc il y
aurait énormément de modifications à ce niveau-là.
Il y a également des groupes, entre autres, des
groupes de médecins, des conseils de médecins, dentistes et pharmaciens, ce qu'on appelle les CMDP, pour les
gens qui sont à la maison. Ces gens-là sont responsables d'assurer la qualité des actes à l'intérieur d'un
établissement. Or, on comprend que, dans le projet de fusion du gouvernement,
eh bien, on n'a plus seulement un établissement qui est, par exemple, un
hôpital ou un CHSLD, mais l'établissement devient 10 ou 15 établissements
différents, incluant le CLSC, le CHSLD, l'hôpital, un centre de réadaptation.
Il peut y avoir plusieurs éléments à
l'intérieur de ça, et donc il y a un besoin de standardiser la façon de faire,
d'établir des corridors de services, et c'est un des objectifs. Mais
donc cette dimension-là, de contribuer à l'amélioration de la qualité et de la sécurité des soins, à ce moment-ci, on comprend
bien que peut-être que, dans d'autres étapes, ce sera quelque chose que
le ministre pourra aborder, mais les gens
sont venus nous dire en commission parlementaire que ça n'améliorerait pas la
qualité et la sécurité des soins, qu'il y
aurait vraiment une période de grand tumulte, de grande perturbation au niveau
de notre système de santé. Et des gens ont
dit que ça prendrait plusieurs années avant de réussir à retrouver la façon de
traverser ce système-là et finalement d'accroître l'efficience et l'efficacité
de ce réseau.
Écoutez,
quand on parle d'efficience, on parle d'un rapport entre l'efficacité et le
coût. Or, de toute évidence, il y a des
coûts importants qui vont être associés à ce projet de loi, des coûts qui se
définissent de différentes façons, mais qui sont certainement très réels. On ne peut pas penser faire des
changements de cette envergure-là sans avoir avec nous des éléments qui vont être perturbés. Je vous donne un
exemple : les primes de départ. On sait que, dans le projet de loi, il y a
prévu, donc, plusieurs pertes d'emploi.
Évidemment, la réorganisation sur un côté administratif, elle a été vendue, ce
projet de loi là a été vendu sur
l'abolition de postes de cadre et de fonctionnaires. Alors, on estime qu'il y a
165 millions de coûts qui vont
devoir être versés en primes de départ en 2015‑2016 et 55 millions en 2016‑2017,
ce qui fait 220 millions, en fait,
220 millions juste dans les primes de départ. Le ministre a évoqué que les
économies associées à son projet de loi seraient de 220 millions.
Or, on voit tout de suite que, juste avec les primes de départ, il y a un
220 millions de coûts.
Mais il y en a d'autres. Juste, simplement, si
on prend l'exemple de l'établissement fusionné qui comprend une dizaine de... 10, 15 établissements, eh bien,
les logiciels de paie qui vont devoir être uniformisés... On se rend compte
qu'évidemment tout ça devenant un seul
établissement, il y a une cohésion entre les logiciels de paie. C'est même
prévu que des professionnels puissent
avoir à se déplacer d'un établissement à un autre, donc à l'intérieur de ce
grand CISSS dont le ministre nous
parle, de ce grand centre intégré de santé et de services sociaux. Donc, on
estime que, par établissement, c'est
autour de 2 millions de dollars pour uniformiser les logiciels de paie et,
bien, on sait qu'on a plusieurs établissements, on a au moins 28 établissements
maintenant, donc 56 millions. Il est même possible que, dans les
amendements qui sont apportés, il y ait eu une augmentation du nombre d'établissements.
Donc, une augmentation importante et des frais à prévoir pour arrimer les
logiciels de paie.
Un autre élément qui est aussi très évident pour
tout le monde, c'est la gestion du changement. La gestion du changement, ça se traduit bien sûr
par des redéploiements d'équipes qui vont être refaites avec le nouveau
contexte, des équipes d'administration, mais des équipes aussi de
terrain, qui vont devoir travailler ensemble. Mais simplement au niveau,
je vous dirais, de la papeterie, de l'affichage, tous les endroits où vous
voyez écrit CSSS quelque chose, bien, il va falloir que ça soit changé, là, ces enseignes lumineuses là, ces
affiches, la correspondance, toute la signalisation à l'intérieur... Même, dans certains cas, à l'intérieur des villes, il y a des signalisations qui indiquent où sont les
CSSS. Il va falloir que ce soit balisé. Alors là, on parle de 173 millions
de potentiel de frais de gestion de changement.
Alors, c'est
juste pour dire que ce n'est pas banal. Le ministre a la conviction que
ce qu'il propose va nous apporter suffisamment
de bénéfices pour justifier tout ça. Maintenant, je voudrais juste ne pas laisser l'illusion
qu'on va avoir des économies de 220 millions, parce que, de
toute évidence, il y a
des frais majeurs importants, inévitables, auxquels on va être
confrontés.
Une autre
chose à laquelle le ministre a fait référence, c'est que, dans les nouveaux
centres intégrés de santé et de
services sociaux, il y aurait une seule carte, une seule carte d'hôpital,
ce qui est souhaitable, ça fait
partie de la bonification, de l'informatisation, et, au lieu d'avoir trois cartes
différentes pour un endroit ou pour un autre, on en aurait une seule. Mais ça, ça s'appelle un dossier
clinique informatisé. Ça nous donne accès à une centralisation de l'information. Et là on a vraiment des enjeux importants, et je ne sais pas
comment le ministre va pouvoir financer ça, mais on estime à
plus de 1,3 milliard de dollars le fait de pouvoir standardiser.
On sait qu'il
y a eu énormément de reproches et de questionnements qui ont été adressés par rapport aux 1,6 milliard de dollars
qui ont été investis dans notre informatisation de notre système de santé. Personnellement, je trouve terrible que, depuis 1992, on ait mis autant d'argent, autant d'énergie, qu'on
ait confié des choses à des firmes et qu'on n'ait pas été capables de demander de reddition de comptes
pour obtenir une meilleure performance, d'avoir un système
informatique.
Moi, je
travaille dans un milieu où, au moins trois ou quatre fois par semaine, quand
on arrive le matin à la pharmacie à 8
ou 9 heures, on a une feuille qui nous a été faxée par un hôpital
pour un de mes patients auquel je tiens et qui, ce patient-là, a été hospitalisé pendant la nuit, et on nous
demande d'envoyer rapidement la liste de ses médicaments. Alors, quand on dit qu'on n'a pas de système
informatique fonctionnel dans notre système
de santé actuellement, les patients sont pénalisés
pour ça. Alors, mes patients qui sont admis durant la nuit, eh bien, parce qu'on n'a pas un DSQ, parce qu'on
n'a pas un Dossier santé Québec qui fonctionne, parce qu'on n'a pas une façon de
transporter ou de donner accès à des informations
comme les analyses de laboratoire qu'on a passées récemment, comme les
médicaments qu'on prend, comme même
nos conditions... On devrait avoir également les diagnostics, les maladies dont
on souffre de façon chronique ou si on a eu une valve, si on a eu une opération
particulière. Tout ça, dans beaucoup d'autres endroits, c'est disponible, mais,
au Québec, on a fait des mauvais choix, on
n'a pas été capables de demander la reddition de comptes, et ça, c'est
beaucoup, malheureusement, pendant les 10 dernières années, qui ont été
beaucoup marquées par le gouvernement libéral.
Alors, c'est
très inquiétant, parce que, si on n'a pas été capables de le faire malgré
énormément d'investissements, et là
on n'a plus d'argent, alors comment on va réussir à faire en sorte qu'on
rattrape ce temps perdu? Et ce temps perdu, je le répète, il se traduit par des risques pour la population, des
risques au niveau de la santé et de la sécurité des patients.
Alors donc,
là aussi, au niveau de l'efficience, il y a certainement des démonstrations qui
sont loin d'avoir été faites. Et
l'efficacité de ce réseau... écoutez, pour l'instant, ce que les gens nous
disent, c'est qu'au contraire ça va paralyser le réseau. Et, pendant
plusieurs années, on va s'ajuster, et l'énergie qu'on va mettre, on va la
mettre à réorganiser un réseau. Il y avait
des moyens, et on ne dit pas que la gouvernance n'est pas un élément
intéressant et important sur lequel travailler,
mais est-ce que c'est la priorité à laquelle on doit... c'est la priorité,
actuellement, de travailler sur la
gouvernance?
Je pense
qu'actuellement le toit coule parce que les gens ont besoin
d'avoir accès à leur système de santé, et ça, ça passe par une première ligne forte et du soutien à domicile. Ce sont
l'avant et l'après-urgence. Et actuellement on engouffre des centaines de milliers de dollars dans les urgences, et ça ne donne
pas les bons résultats. Donc, cet argent-là, ce n'est pas juste de dire : Il faut faire mieux, même
quand on regarde ça d'un point de vue très rationnel au niveau économique, il faut arrêter de mettre de l'argent dans des frais récurrents de visites
à l'urgence qui ne donnent pas les résultats escomptés. Quand quelqu'un
a un problème de santé mentale et qu'il arrive en situation d'urgence à
l'hôpital, actuellement, très souvent, on a
à lui donner une injection pour l'apaiser, puis, au bout de 24 heures, on le
retourne on ne sait pas où, soit dans la rue ou soit dans un endroit qui
n'est probablement pas très intéressant à vivre, et il n'y a pas d'encadrement,
il n'y a pas le suivi nécessaire pour cette personne-là.
Alors, les
problèmes de santé mentale, ça ne se traite pas à l'urgence. Un patient qui est
bien accompagné en santé mentale ne
devrait pas avoir à aller à l'urgence. En tout cas, il devrait avoir à y aller
de façon exceptionnelle. Mais, pour qu'il puisse continuer à bien
évoluer dans la société, il a besoin d'avoir des gens, des services sociaux, il
a besoin d'avoir un accompagnement, il a
besoin d'avoir des repères, il a besoin d'être entendu, il a besoin de savoir
et il a besoin que l'équipe qui travaille autour de lui, que ce soient
les infirmières, les travailleurs sociaux, les psychologues, le pharmacien, les médecins, que tous ces gens-là
partagent une information et puissent donner des signaux d'alerte s'il y a un
problème de décompensation.
Alors, ça, on
n'a pas ça actuellement, et on prend le problème à l'envers, et on met en
priorité, en tout cas, quelque chose
qui va coûter de l'argent et qui ne nous donnera pas des impacts, alors qu'on
est vraiment en situation... Si on était dans une situation assez neutre, je vais vous dire, si on avait, au
niveau de l'urgence, à peu près quelques... si on avait quelques heures d'attente, comme quatre heures,
comme plusieurs pays se fixent comme objectif, je pense qu'on pourrait être rendus à dire : La gouvernance est
probablement notre priorité. Mais là on est en crise, alors moi, je pense qu'il
faut vraiment revenir et abolir ces sections
qui, peut-être, dans un autre projet de loi, auront davantage d'échos. On
pourra dire : Ah! il y a un lien
beaucoup plus approprié. Mais là, pour l'instant, on n'en est pas là. Donc,
moi, je suis d'accord avec
l'amendement proposé par la députée de Gouin à l'effet qu'on abolisse les deux
dernières lignes et demie de l'article 1.
Le Président (M. Tanguay) : Merci
beaucoup. M. le ministre, droit de réplique.
Barrette : Bien, M. le Président, évidemment, on vient d'assister à un
long éditorial qui a peu de rapport, à mon
avis, avec le libellé du premier alinéa de l'article 1 du
chapitre I de la loi
n° 10. Alors, je répète quel est l'objet... quelle est l'importance du texte que l'on veut enlever. Je répète, je
relis l'alinéa : «La présente loi modifie l'organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des
services sociaux afin de favoriser et de simplifier l'accès aux services pour
la population, de contribuer à
l'amélioration de la qualité et de la sécurité des soins et d'accroître
l'efficience et l'efficacité du réseau.»
le Président, j'ai, à plusieurs reprises, dit que l'accès à la première ligne
se réglerait par autre chose, et c'est le
cas du projet de loi n° 20, mais j'ai, à multiples occasions, insisté sur
le fait qu'on a à avoir un accès facile et simplifié aussi dans le cheminement, dans le parcours de
soins dans le réseau, donc lorsqu'on passe d'une étape à l'autre, d'un service
à l'autre. Donc, l'accès aux services, pour
la population, ce n'est pas simplement l'accès à la première ligne. Si c'était
l'accès à la première ligne, M. le
Président, on aurait écrit «accès à la première ligne». Alors donc, c'est tout
à fait opportun et pertinent de le dire puisque ça fait
partie de
l'objet du projet de loi.
Et, pour ce qui est des autres éléments, M. le
Président, je comprends que la députée de Taillon nous a fait un éditorial sur sa vision du succès du projet de
loi, mais, si on pense que la gouvernance, puisque c'est un projet de loi de
gouvernance, n'a aucun impact sur la
qualité, la sécurité, l'efficience et l'efficacité, bien, c'est bien mal
comprendre le réseau. Alors, c'est
bien évident que, lorsqu'on gouverne, on a un impact majeur sur toutes les
mesures à mettre en place pour favoriser la qualité, la sécurité,
l'efficience et l'efficacité. Conséquemment, M. le Président, je ne crois pas
que l'argumentaire développé par la députée de Taillon est pertinent, et,
encore une fois, l'objet doit déterminer ce qu'est la loi et ce que veut faire la loi, et, à cette fin, on ne peut
évidemment pas enlever... faire terminer cet article-là après «services
sociaux». Merci, M. le Président.
Le Président (M. Tanguay) : Oui.
Maintenant, je reconnais le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : Merci, M. le
Président. Bonjour aux collègues. Ma première prise de parole en commission
parlementaire pour une étude d'un projet
article par article. Je vous dirai qu'avant de parler de cette proposition, de
cet amendement proposé par la députée
de Gouin... Toute ma vie, j'ai eu à travailler avec des chronomètres. Les
chronomètres faisaient en sorte que,
bon, on devait rendre et aller au bout de son idée dans un temps très, très
précis. Alors, vous me verrez...
Hier, honnêtement, je vous le dirai très candidement, après quatre heures,
d'être arrivé à... et d'être encore sur l'article... l'alinéa un du
chapitre I du projet de loi... Ça fait une
longue émission. Je suis sûr, je suis convaincu... Hier, j'y pensais, je
me suis dit : On avait probablement des téléspectateurs qui, en cours de
route, ont dû laisser pour aller jeter un
oeil sur d'autres canaux. Et, au surplus, je vous dirai, avant d'aborder,
qu'hier pendant la nuit, probablement parce que c'était une première en soi, j'en ai rêvé au ralenti. Ça fait que j'étais
rendu à un 6 h 30 min facile, et on était à peu près au
même endroit.
Ceci dit,
revenons donc à la proposition de la députée de Gouin de remplacer le premier
alinéa par... en fait, de retirer la
section qui démarre avec «afin de
favoriser et de simplifier l'accès aux services pour la population, de contribuer à l'amélioration de la qualité et de la
sécurité des soins et d'accroître l'efficience et l'efficacité de ce réseau».
Je considère — et
d'ailleurs mon collègue de La Peltrie en a parlé hier — qu'abandonner cette portion de texte fait en
sorte qu'on lance la serviette sur toute
proposition d'amendement nous permettant justement de travailler pour ceux et
celles qui sont venus ici, en commission
parlementaire, nous expliquer les besoins, les inquiétudes, ce qu'ils
souhaitaient voir apparaître dans le projet de loi et aussi les effets
sur le patient, l'usager, le client, appelons-le comme on voudra, parce qu'il y a ici beaucoup de vocables et
beaucoup de nominatifs qui ont été dits. Je considère cette portion importante,
parce que, de fait, ça donnerait un peu
l'impression de lancer la serviette, et de ne pas s'attarder à ces questions fondamentales,
et de ne pas travailler à des amendements nous permettant de bonifier le projet
proposé à cet égard.
Au surplus,
dans le document, on est en objet, objectif. Cela fixe un objectif, celui de
favoriser et de simplifier l'accès,
de contribuer à l'amélioration de la qualité et de la sécurité des soins,
d'accroître l'efficience. Fixant l'objectif, ça nous permettra, le cas échéant, de pouvoir juger de l'efficacité et de
l'efficience de ce même projet. Si je n'ai pas d'objectif, si je me concentre à dire qu'on ne fait que
modifier la gouvernance du réseau et son organisation, sur quoi puis-je ensuite
juger le projet et son effet sur la
population qui réclame que les choses changent? Parce que, faut-il le rappeler,
le statu quo, à notre avis, n'est même pas envisageable. Les réformes
passées nous prouvent qu'on a encore du chemin à faire, fort malheureusement, et qu'on est en processus, et que ce projet de loi là devrait
permettre, de l'avis du ministre, de modifier les choses.
Alors, pour le moins, donnons-nous un objectif à
atteindre. Et ça nous permettrait également, d'ailleurs, à ce chapitre-là, d'aborder des thèmes et de proposer notamment
des comités de vigilance — on en reparlera — par le biais notamment du travail peut-être mené par le Vérificateur général ou le
Protecteur du citoyen en fonction de cet objectif, donc de favoriser et de simplifier l'accès aux
services pour la population. Donc, pour vous dire qu'à ce titre-là je
n'endosserai pas... Et, bien que la députée de Gouin ait exprimé dans
son amendement une position extrêmement intéressante, je considère que nous devons conserver, dans ce
début-là, cet objectif et ensuite de pouvoir juger de l'efficacité de la loi eu
égard à ce que la loi souhaite changer. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Tanguay) : Merci,
M. le député de Lévis. M. le ministre.
Barrette : Bien, simplement pour dire que je reconnais l'approche
cartésienne de la position caquiste par la voix du député de Lévis et
que j'apprécie le commentaire.
Le Président (M. Tanguay) : Mme la
députée de Gouin.
Mme David (Gouin) : Merci, M. le
Président. Je pense que tout le monde aura compris que, bien entendu, je souscris aux objectifs qui sont écrits là. En
fait, qui n'y souscrit pas, hein? Il faudrait... Je pense qu'on n'en trouverait
pas vraiment, des gens qui n'y
souscriraient pas. Je prétends simplement
que le projet de loi n° 10 ne
constitue pas une réponse pour le fond des choses, pour l'essentiel, aux
objectifs qui sont mentionnés ici.
Évidemment, si, dans des
revirements qu'on dit parfois spectaculaires dans un langage imagé, le ministre
consentait à des amendements qui, vraiment,
modifiaient en profondeur le projet de loi n° 10, permettant, par
exemple — je
donne seulement un exemple — la création de plus que... Le seul ajout
qu'il a fait, c'est un CISSS de plus en Montérégie, puis il y a celui des Îles-de-la-Madeleine. C'est
tout. Si le ministre acceptait d'aller davantage dans la voie d'établissements
comme les CISSS, mais qui deviendraient plus
proches des gens, si, là-dessus, il y avait ouverture à la discussion, ce
serait vraiment intéressant. Et là on
se rapprocherait des objectifs qui sont mentionnés ici. Le problème, c'est que,
du moins dans les amendements que nous avons reçus jusqu'à présent, il
n'en est aucunement question.
Alors, c'est
pour ça que j'ai proposé, que je propose toujours, de retirer cette partie-là
de l'alinéa un. Je vous l'ai dit dès
le départ : Pour moi, c'est un amendement crève-coeur. Je ne souhaite pas
que ces objectifs disparaissent, mais c'est juste que le projet de loi
n° 10 n'y répond pas.
J'arrête ici
parce que je suis assez d'accord avec mon collègue de la Coalition avenir
Québec. Il y a un moment donné où la répétition n'a plus d'effet
pédagogique, quoiqu'on dit souvent, hein, que, pour les professeurs, etc., la répétition a un effet pédagogique, mais il y a
comme un moment où il me semble qu'on franchit une ligne. J'arrête donc ici et, même si, personnellement, je ne voterai
pas, n'étant pas membre de la commission, je suggère que nous votions
sur l'amendement que j'ai déposé.
Le Président
(M. Tanguay) : Alors, est-ce que les députés sont prêts à voter sur
l'amendement? Je vais demander à M. le ministre, voulez-vous répliquer
là-dessus ou...
M. Barrette : Bien, peut-être...
Le Président (M. Tanguay) : Sinon,
je vais y aller avec...
M. Barrette : Non, ça va, ça va.
Président (M. Tanguay) : O.K. Sinon, on continue le débat, et je cède
la parole au collègue député de Verchères.
Bergeron : Merci,
M. le Président. Je vais tâcher d'être bref. En fait, ça ne devrait pas être
très difficile, parce qu'en fait j'ai
surtout une question à la conseillère juridique. Je pense que c'est Me Lavoie,
si je ne m'abuse, Me Lavoie.
Hier, le ministre, pendant quatre heures, nous a
dit qu'il n'était pas possible légalement d'intégrer au texte un amendement qui
vise simplement à reconnaître l'évidence, à savoir que certaines dispositions
auront un caractère temporaire. C'est une
évidence. Bon, je fais tout de suite une parenthèse, M. le Président, pour dire
qu'on nous a enseigné jusqu'à tout
récemment que la seule chose qu'un Parlement ne pouvait pas faire, c'était de
changer un homme en femme, et vice
versa, et même ça, aujourd'hui, je pense que ce serait possible. Alors, quand
le ministre nous dit que c'est impossible, moi, je soulève... je mets
des bémols à cette idée selon laquelle ce ne serait pas possible. Il appartient
au...
Président (M. Tanguay) : ...M. le député de Verchères. Un rappel au
règlement, M. le député de Maskinongé?
Plante : Oui. M. le Président, si je me rappelle bien, on est sur
l'amendement de la députée de Gouin, qui vise d'enlever une
partie de l'alinéa un, pas sur l'amendement de
l'opposition officielle d'hier, qui était de rajouter «transitoires» ou
«non transitoires», là. Donc, j'aimerais savoir ce que le député de Verchères
essaie de nous dire.
Président (M. Tanguay) : Alors, pour vous, la pertinence de
l'article 211, juste pour les... puis le débat va bien. Je veux
dire, chaque parlementaire sait ce qu'il a à faire et le fait. Alors, je vous
remercie pour votre rappel au règlement.
Cependant, en vertu de l'article 211, la jurisprudence constante nous demande
évidemment de l'interpréter de façon
large, le sujet étant la santé et services sociaux, un projet de loi de 165
articles. Alors, je demanderais au député de Verchères, évidemment, de
le considérer, mais de poursuivre son intervention dans ce contexte-là.
Bergeron :
Merci, M. le Président, parce que je me dis que, si le député de Maskinongé
veut savoir ce que je veux dire, encore faudrait-il qu'il me laisse le
dire.
Le Président (M. Tanguay) : ...allez-y,
ne faisons pas de débat.
Bergeron :
Alors, ce que je disais, M. le Président, c'est que je prends avec des
pincettes l'argument selon lequel ce n'est pas possible d'intégrer tel
ou tel libellé dans le projet de loi puisque ça, ça relève de la discrétion du législateur et ça ne relève pas de quelque
convention que ce soit. Il m'est arrivé, dans ma longue carrière de
parlementaire, M. le Président, de
faire des choses, dans des projets de loi, qui n'avaient encore jamais été
faites jusqu'à ce moment. Alors donc,
on peut très bien, s'il y a un peu de bonne volonté de part et d'autre, créer le droit, M. le Président, c'est le rôle du législateur.
Donc, je mets des bémols sur cette idée selon laquelle on ne peut pas énoncer,
dans l'article 1, l'évidence même, à savoir que
certaines dispositions auront un caractère temporaire.
Ceci dit,
j'aimerais avoir l'avis de Me Lavoie quant à ce que j'estime être du
verbiage dans l'article 1, du verbiage quand on dit qu'«afin de favoriser et de
simplifier l'accès aux services pour la population, de contribuer à
l'amélioration de la qualité et de la
sécurité des soins et d'accroître [...] l'efficacité de ce réseau»... Rien,
rien, M. le Président, dans le projet
de loi ne nous permet de dire qu'on
va atteindre ces objectifs, ce qui veut donc dire dans mon esprit, M. le Président, que ce
n'est que du verbiage. C'est un argument politique qui est traduit en termes
juridiques, parce que ce n'est pas ce que va permettre d'atteindre... Quand un centre intégré de santé et des
services sociaux va couvrir plus de 200 kilomètres carrés de territoire et même au-delà, je ne pense pas
qu'on va «favoriser et [...] simplifier l'accès aux services pour la population, de contribuer à l'amélioration de la
qualité et de la sécurité des soins et d'accroître l'efficience et l'efficacité
de ce réseau».
Alors,
j'aimerais savoir de Me Lavoie s'il est usuel que nous intégrions dans des
projets de loi du verbiage qui est, pour ainsi dire, une
intention politique traduite en termes juridiques.
Président (M. Tanguay) :
Alors, M. le ministre, à vous la parole. Après ça, on pourra voir si on
demande le consentement pour entendre Me Lavoie.
Barrette : Je ne demanderai
par le consentement pour laisser la parole à Me Lavoie, parce qu'ici on est dans le parlementarisme, et je rappellerai à
l'opposition officielle qu'une des façons de donner des services, c'est de
garder les hôpitaux ouverts, et c'est
un petit peu contraire à ce qu'évidemment a fait le Parti québécois lorsqu'il
était au pouvoir, dans les années 90, et on en connaît les conséquences.
Pour son information,
oui, il est possible de changer les hommes en femmes et les femmes en hommes.
Maintenant,
M. le Président, encore une fois, ici, là, on fait des commentaires qui sont
des appréciations de texte. Il n'y a
pas de verbiage là-dedans, là. Ce sont des mots qui sont dans une loi et qui
expriment des intentions basées sur le projet
de loi, et il est clair que, dans ce qu'on veut faire avec ce projet de loi là,
on vise spécifiquement, spécifiquement, à intégrer des services, à faciliter l'accès dans le cheminement du
patient et à améliorer l'efficience et l'efficacité du réseau dans un réseau qui est intégré. Ce n'est pas du
verbiage, M. le Président, c'est l'essence du projet de loi, c'est l'objet.
C'est pour ça que ça s'appelle «objet».
Alors, le verbiage
ici, il est dans l'appréciation qu'exprime le député de Verchères. Il a le
droit d'avoir ses opinions sur ce qui va
arriver avec le projet de loi n° 10, mais il n'en reste pas moins que le
législateur doit quand même dire ce qu'il veut faire avec cette loi-là,
il l'a dit clairement, et c'est ça qu'on va faire.
Président (M. Tanguay) : Je
suis prêt à reconnaître maintenant votre collègue de Rimouski ou on poursuit
avec... Oui, M. le député de Verchères.
Bergeron :
Oui. M. le Président, je pense que le refus du ministre de laisser la légiste
s'exprimer est très révélateur quant au
caractère acceptable, sur le plan légal, de ce que j'estime toujours
être du verbiage politique traduit en
termes juridiques, parce que je réitère que ma compréhension... Parce que
le ministre peut bien dire que c'est l'objet du projet
de loi, le problème, justement — et ça, mes collègues l'évoquaient dans le
long quatre heures de discussion que nous
avons eu, notamment le député de La Peltrie — c'est que le véritable objet, les véritables
motivations du ministre n'ont jamais
été clairement exprimées, ce qui laisse place effectivement à toutes sortes
d'interprétations. Et, au nombre des
interprétations, je me refuse, M. le Président, à considérer que ce projet de
loi... Puis je suis d'accord avec ma collègue de Gouin. Il est malheureux de
devoir retirer ce passage, parce que c'est ce que nous souhaiterions tous et
toutes, mais je suis loin d'être
convaincu que c'est ce à quoi nous arriverions avec ce projet de loi là, sur la
base de l'expérience passée. Un
gouvernement libéral précédent nous a engagés dans une réforme en profondeur
qui a bouleversé la structure, qui a bouleversé le système et qui n'a
pas donné les effets escomptés, qui étaient des économies puis une amélioration
des services. Il n'y a pas eu d'économie,
puis il n'y a pas eu d'amélioration des services. Donc, pour moi, ce projet de
loi, qui vise à rebouleverser ce
qu'on avait déjà bouleversé une première fois, ne donnera pas lieu à des
économies, ne donnera pas lieu à une amélioration de services, et,
conséquemment, ce n'est que du verbiage.
suis donc d'accord avec ma collègue de Gouin que, bien que ça nous crève le
coeur, il faille retirer cela. Puis j'aurais aimé savoir si, d'un point
de vue juridique, c'est quelque chose qui se fait, que d'intégrer du verbiage à
un projet de loi, puisque, le ministre le
soulignait à juste titre, le législateur ne parle pas pour ne rien dire. Alors,
si on ne peut même pas dire
l'évidence, à savoir qu'il y aura des articles qui auront un caractère temporaire, je ne vois
pas pourquoi on dirait des
choses qui ne se révéleront pas être vraies une fois que le projet de loi aura
été adopté, M. le Président.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
M. Barrette :
Bien, M. le Président, je pense qu'on vient d'assister ici à une confusion
intellectuelle la plus parfaite. Le député
de Verchères nous dit qu'il est d'accord avec les mots, il est
d'accord avec les mots, il le dit à plusieurs
reprises, ainsi que la députée de Gouin,
mais, parce qu'il pense que ça
n'arrivera pas, il considère que c'est du verbiage. Alors donc, je
conclus que, s'il pense que ça va arriver, ça ne sera pas du verbiage.
il dit que les mots ne sont pas précis. Bien là, je pense que le monde qui nous
écoutent, là, ils comprennent que, là,
il y a un jeu politique simple. Le mot qui est écrit là ne peut pas être à la
fois imprécis, du verbiage, quand ça fait son affaire, puis quelque chose de bon quand ça fait... à l'inverse. Ce
n'est pas possible, là. Alors, il nous dit une chose et son contraire dans la
même phrase, qui n'a aucun sens. On n'a pas besoin de demander à un avocat de
prendre la parole pour faire un commentaire là-dessus; il dit une chose
et son contraire à plusieurs reprises.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le député de Verchères.
Bergeron :
M. le président, on ne va pas prolonger indûment l'échange, parce que,
manifestement, ça tourne en rond,
mais je veux simplement dire, pour le bénéfice du ministre, que, si on avait eu
un projet de loi qui avait véritablement pour objectif de «favoriser et de simplifier
l'accès aux services [à] la population, de contribuer à l'amélioration de la
qualité et de la sécurité des soins
et d'accroître l'efficience et l'efficacité de ce réseau», j'aurais volontiers
accepté que ces termes y apparaissent. Ce n'est pas l'objet de ce projet
de loi là. Je suis désolé. Le ministre aura beau essayer de nous faire accroire puis enrober ça comme il voudra, ce n'est
pas l'objet de ce projet de loi là. Conséquemment, ça n'a pas d'affaire là,
c'est du verbiage.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
M. Barrette :
Alors, le député de Verchères vient de nous confirmer que les mots sont
corrects et que, s'il exprimait ou avait en lui une certaine confiance, ce
serait bien. Bien, ça s'adonne que le législateur, représenté par le
gouvernement actuellement, pense que ça serait...
Une voix :
Non, non, le législateur, ce n'est pas le gouvernement.
M. Barrette :
C'est vrai, vous avez raison. Vous avez raison.
Le Président (M.
Tanguay) : ...un à la fois.
Barrette : Mais il n'en reste pas moins, M. le Président, qu'il
confirme que les mots sont appropriés. Il voudrait les enlever parce qu'il n'a pas confiance à ce que
ça arrive. Bien, moi, je vous dis une chose, M. le Président, très
simple : Pour arriver à cette
destination-là, ces mots, qui sont corrects, avec lesquels le député de
Verchères et la députée de Gouin sont d'accord, exigent qu'il y ait un
changement dans la gouvernance, et c'est ce qui est l'objet du projet de loi, point — j'oserais dire «à la ligne» — et on pourrait passer au prochain alinéa,
mais, manifestement, on ne pourra pas maintenant.
Le Président (M.
Tanguay) : Je cède la parole au député de Rimouski.
LeBel : Bon, M. le Président, chers collègues, moi, je pense
effectivement que le ministre, il est de bonne foi, là, il croit toutes ces phrases-là qu'il a rajoutées,
là : «...afin de favoriser [et d'améliorer] et de simplifier...» C'est
certain, c'est son projet de loi,
c'est lui qui est boss, puis, avec le projet de loi, il est encore plus boss
que jamais. Ça fait que je suis
certain qu'il y croit. Mais l'ensemble des groupes qui sont venus ici, ils n'y
croient pas en majorité. En tout cas, ils ne croient pas que ça va simplifier. Les personnes aînées du milieu rural,
dans mon coin, ne croient pas que ça va simplifier leur accès aux services. Les usagers ne croient
pas que ça va simplifier. Les groupes communautaires sont inquiets; ils
l'ont tous dit, ils ne croient pas que ça va améliorer l'efficience puis
l'efficacité.
Puis,
à chaque fois que les groupes venaient leur dire ça, leur dire qu'ils allaient
être déconnectés de leurs réseaux, de
leurs partenariats qu'ils avaient eus avec le réseau, que les usagers étaient
inquiets, à chaque fois que les gens disaient ça, le ministre répondait : Ce n'est pas ça, là,
qui va... Ce n'est pas là-dedans que vous allez voir ça, vous allez voir ça
dans d'autres projets de loi. Ça va
être d'autres choses. Ça, c'est un squelette. Vous allez voir, dans d'autres
projets de loi, je vais donner plus mes orientations par rapport à
l'accès aux services, par rapport à tout ça. Ce n'est pas là que ça va se trouver. Puis là il disait à chaque :
Croyez-moi, là. Il leur disait : Croyez-moi, ce n'est pas comme ça, vous
allez voir plus tard. Là, ça me donne un squelette qui va me permettre
d'aller plus loin, mais c'est dans autre chose.
fait que moi, je prends la parole du ministre. À mon avis, ça, c'est un
squelette, et, dans d'autres projets de loi, on va voir comment ça peut simplifier. C'est pour ça que je suis plutôt
d'accord avec la députée de Gouin puis je prends aux mots le ministre. À mon avis, ce projet de loi là donne une
structure, donne un squelette, et les orientations du ministre vont se greffer par la loi n° 20, par
d'autres choses, et on verra si ça va simplifier. Mais, ça, «afin de favoriser
[et] simplifier l'accès aux
services[...], de contribuer à [améliorer] la qualité et de la sécurité des
soins [puis] d'accroître l'efficience et l'efficacité [du] réseau», je n'ai pas entendu ça de personne, mais je
concède que c'est le ministre qui est patron, qui est le grand boss, puis je concède que, pour lui, c'est...
contrairement à tout ce qui a été dit, il peut croire à ça, puis c'est lui qui
est patron.
Mais,
comme il nous l'a répété souvent, c'est un squelette, le reste, ça arrivera
autrement. Moi, je pense qu'on... C'est
pour ça que je suis plutôt d'accord avec la ministre, et je voulais le... la
ministre! Je suis plutôt d'accord avec la députée de Gouin et je voulais
vous le dire.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup, M. le ministre.
Barrette : M. le Président, je rappellerai au député de Rimouski que les gens qui sont venus ici, en commission parlementaire, ont tous
souhaité que ça se réalise, mais ils ont exprimé des inquiétudes sur la
réalisation de la promesse, c'est
normal. Mais tous ont exprimé que ça se réalise. Il est donc normal, puisque
le député de Rimouski est d'accord avec ces éléments-là, que ça soit écrit
dans le projet de loi, d'une part. D'autre part, je rappellerai, par
exemple — c'est
un exemple — au député de Rimouski, au
chapitre III, il y a
clairement des éléments qui traitent de la continuité des soins, là, par exemple. Il y en a d'autres. Ce n'est pas vrai de dire qu'il n'y a rien dans le projet de loi, là. Je le répète, c'est un projet de loi de gouvernance. Vous avez
dit, M. le député, un squelette. Bien oui, la gouvernance, c'est un squelette.
Notre gouvernance, c'est un squelette par
définition, et ça s'occupe de a, b, c, d pour arriver à une finalité qui est
exprimée dans le premier paragraphe.
Et, encore une fois, les gens qui sont venus devant nous ont
clairement souhaité que ça, ça se réalise. Et ils ont exprimé des inquiétudes. Ils ont clairement souhaité que ça
se réalise. Tout le monde, en introduction, ils ont émis des inquiétudes. Maintenant, c'est donc normal,
s'ils acquiescent à la finalité, que ces éléments-là se retrouvent dans
l'objet.
Président (M. Tanguay) : Je suis prêt à céder la parole à Mme la
députée de Taillon.
Mme Lamarre :
Vas-y. Moi, je vais laisser mon...
Le Président (M.
Tanguay) : M. le député de Labelle, à vous la parole.
Pagé : Oui, bien sûr.
Merci, M. le Président. Bonne journée aux collègues. Effectivement, M. le ministre, à peu
près
tout le monde est venu dire que les objectifs énoncés, on est
tous d'accord avec ça. Comme la députée de Gouin
l'a dit à satiété également,
elle a fait une présentation éloquente afin de dire que c'est à contrecoeur
qu'elle souhaite enlever... parce que cet objectif-là, on pourrait le mettre dans tous
les projets de loi qui sont en lien
avec la santé, parce qu'à chaque fois
que nous avons un projet de loi c'est éventuellement pour tenter d'améliorer le
système, tenter d'avoir un meilleur accès, de le rendre plus efficient.
Mais, manifestement, ce qu'il y a dans le projet de loi, ce n'est pas cela.
Alors,
c'est la raison pour laquelle 48 sur 63 des gens qui sont venus... et non les
moindres, hein? Parce que, vous le savez, vous les avez entendus, que ça
soit les infirmières, que ça soit les omnipraticiens, que ça soit les médecins spécialistes, ils sont tous venus nous dire :
Bien sûr, l'objectif, on est d'accord, mais la solution, ce n'est pas ce que
vous nous proposez, et 48 sur 63 nous
ont dit : Vous devriez refaire vos devoirs, vous devriez retirer le projet
de loi, vous devriez consulter en amont.
Alors,
quand vous écrivez, dans ce premier alinéa, les trois intentions... Ce sont des
intentions, et vous l'avez dit tantôt,
ce sont des intentions. Un projet de loi n'est pas là pour manifester des
intentions, un projet de loi est là pour dire clairement ce que l'on va faire. Et ce que l'on va faire, dans les 164
autres articles, ce n'est pas en lien direct avec vos intentions. Si vous mettiez ça dans le projet de
loi n° 20 que vous avez mis la semaine dernière, je dirais qu'on serait
pas mal plus en lien avec vos
objectifs qui sont énoncés dans l'article 1. Ces trois intentions sont :
favoriser et simplifier l'accès aux
services, c'est ce qui est écrit; l'intention 2, toujours dans le premier
alinéa, contribuer à l'amélioration de la qualité et de la sécurité des soins; et votre intention 3,
accroître l'efficacité et l'efficience. Ce sont des intentions que vous
manifestez dans le projet de loi.
Dans les gens qui sont venus nous voir, les infirmières — si on veut parler de gens de terrain, là, il
n'y a pas plus terrain que les infirmières — rejettent la réforme du ministre. Le projet
de loi n° 10 : «Rien pour [...] les patients.» Si les infirmières,
qui connaissent mieux que quiconque dans la salle ce qu'il faut pour les
patients, viennent nous dire :
Il n'y a rien, dans le projet de loi n° 10, pour les patients, comment
pouvez-vous énoncer vos trois prétentions?
pourtant, les gens de terrain nous disent clairement : Il n'y a rien pour
les patients dans le projet de loi. C'est 90 % à 95 % des
acteurs du réseau qui sont contre. Si 90 % à 95 % des acteurs du
réseau sont contre le projet de loi, comment vous croyez qu'une fois qu'il sera
adopté, si jamais il est adopté, vous allez avoir l'adhésion du personnel, fondamentale pour la réussite des objectifs que vous énoncez au premier alinéa? C'est une
prémisse de base : dans toutes les
entreprises, il
faut que l'adhésion du personnel...
C'est la garantie, c'est la prémisse pour le succès de toutes les formes
d'un projet. Et pourtant les gens qui sont
au quotidien avec les patients vous disent qu'il n'y a rien dans ce projet de loi pour les patients. Comment
allez-vous avoir l'adhésion du personnel?
L'avocat
des patients sonne l'alarme, j'en ai parlé un peu hier, on va le rappeler.
L'avocat Jean-Pierre Ménard, quand il
nous dit que c'est une approche inefficace, Jean-Pierre Ménard reproche aussi
au projet de loi de ne répondre en rien aux problèmes auxquels il prétend pourtant s'attaquer. Alors,
vos trois prétentions : favoriser, simplifier l'accès, contribuer à l'amélioration de la qualité
des services, des soins et accroître l'efficience et l'efficacité, ce qu'on
nous dit, c'est que le projet de loi ne règle en rien les problèmes
auxquels il prétend pourtant s'attaquer, parce que ce sont des prétentions. La santé publique menacée. Si la
santé publique est menacée, je ne vois pas de quelle façon on pourrait dire
qu'on va améliorer le système quand vous dites : «...contribuer à l'amélioration
de la qualité [...] de la sécurité des soins.»
Il y avait
un
article du Devoir le 23 octobre : «Il n'y a
rien dans le projet de loi qui soit susceptible de transformer la façon dont les soins sont offerts.» Il n'y a
rien dans le projet de loi qui est susceptible de transformer la façon dont
les soins sont offerts. Fruits de
la réforme en santé : pas avant cinq ans Alors, quand on parle
d'efficience et d'efficacité, au moins, enlevez cette partie-là, au moins,
enlevez cette partie-là dans les intentions, parce que clairement,
clairement, à peu près tout le
monde est venu nous dire : On en a pour cinq à 10 ans à être dans — excusez
l'expression — un
bordel. N'attendez pas les bienfaits de la
réforme de la santé du ministre avant cinq à 10 ans, hein? C'est ce qu'on est
venus nous dire.
Nous
sommes inquiets : «Nous, professeurs et chercheurs détenteurs d'une
expertise [en organisation] du système de santé, considérons que la
réforme proposée sera un échec[...].»
«Un échec pour
l'efficacité des soins.
«Les
mesures envisagées par le gouvernement mettent en péril l'efficacité de notre
système sociosanitaire. Les connaissances
scientifiques — ça, c'est
important, là — indiquent
que les fusions à grande échelle ne permettent aucun gain d'efficacité.
Bien au contraire, certaines études relatent une augmentation de la mortalité.»
n'est pas rien, là, ce n'est pas rien, là. Je l'ai dit hier, là, puis je le
répète aujourd'hui : On ne traite pas... ce projet de loi ne traite pas de marchandise, on ne veut pas déplacer du
bétail, on est avec des humains. Et, moi, quand on me dit : «Les connaissances scientifiques
indiquent que les fusions à grande échelle ne permettent aucun gain
d'efficacité. Bien au contraire,
certaines études relatent une augmentation de la mortalité»... C'est grave, ce
qui est avancé là-dedans, là, c'est sérieux ce qui est avancé là-dedans.
Alors, je ne peux croire, moi, qu'une seule
personne ait raison ou quelques-uns autour, contrairement à tous ces spécialistes, à tous les gens de terrain qui sont
venus nous dire que ce projet de loi n'améliorait en rien l'efficacité de notre
système et, même pire, on aurait des
problèmes pour cinq à 10 ans. Et justement, dans cet article, on dit :
«Ces transformations, si le
gouvernement va de l'avant, auront vraisemblablement des impacts négatifs pour
la santé de la population.» Alors, même, on nous dit : Il y aura
des impacts négatifs pour la santé de la population. Alors, ces intentions du
ministre, ces trois intentions, évidemment, vous vous rendez compte, M. le
Président, qu'on risque de ne pas les atteindre.
M. Castonguay, qui pourfend le projet
de loi et qui écrit une lettre au premier ministre, il nous dit, je ne cite
qu'un petit bout, parce que je pense que tout le monde a pris
connaissance de sa lettre : «Ce projet de loi, s'il est adopté, va enfermer de façon définitive notre système de
santé dans une bureaucratie étouffante.» Comment pourrons-nous être plus
efficaces, comment pourrons-nous être plus
efficients si on s'enferme dans un système de santé de bureaucratie étouffante?
Alors,
l'amendement de ma collègue
de Gouin m'apparaît totalement justifié parce que, manifestement, les gens terrain, peu importent les milieux, sont à peu
près tous venus nous dire et venus nous mettre en garde — nous mettre en garde — que, si nous allons de l'avant avec ce
projet de loi, manifestement, les intentions qui sont écrites dans le projet
de loi non seulement n'arriveront pas, mais
c'est l'inverse qui va arriver. Alors, de grâce, à tout le moins, enlevez cette
partie-là, parce que ce sont des intentions,
ce ne sont pas des réalités dans lesquelles on se retrouve dans le projet de
loi.
vais me permettre un mot bien amical à mon nouveau collègue de Lévis. Je ne
veux pas qu'il le prenne mal, mais, oui, sur certains projets de loi, on
prend du temps. Mais les projets de loi, une fois qu'ils sont adoptés, ils sont
là pour longtemps. La dernière réforme... Ça
a pris 10 ans avant qu'on décide d'amener une nouvelle réforme. Et peut-être
que, si on avait pris un peu plus
notre temps la dernière fois, aujourd'hui on ne se retrouverait pas dans ce
scénario. Alors, oui, nous allons
prendre notre temps. Pourquoi? Parce qu'on a à coeur les services à la
population, parce qu'on a entendu les messages qui nous ont été faits.
vous avez été ici, M. le député de Lévis, et vous avez entendu comme nous les
mises en garde qui nous ont été faites de la part de nombreux groupes et
des gens terrain. Alors, par respect pour ces gens qui sont venus ici, en commission parlementaire, nous allons prendre tout
le temps qu'il faut pour s'assurer que les messages soient bien entendus
auprès du ministre. Alors, s'il vous plaît,
je vous demande de retirer cette
partie qui n'a aucun lien direct avec les
164 autres parties.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre de la Santé.
Barrette : Bien, M. le Président, évidemment, les choses ont été dites
à plusieurs reprises, je vais en répéter juste quelques-unes. De reprocher à un texte de loi et de vouloir
enlever l'objectif qui est visé par le projet de
loi sur la base que ce sont des intentions, bien, je ne
connais pas de projet de loi qui n'a pas l'intention de faire quelque chose.
Alors, de vouloir retirer les
intentions parce que ce sont des intentions dans l'alinéa qui traite
de l'objet du projet de loi, c'est évidemment
un non-sens absolu, surtout quand l'argumentaire qui sous-tend la demande n'est
simplement que : Je pense que ça ne marchera pas.
Bien,
je suis d'accord avec le député de Labelle, M. le Président, que, par exemple,
le Parti québécois, dans les années 90, aurait dû prendre beaucoup plus
de temps avant de prendre les décisions qu'il a prises, compte tenu des
conséquences qui ont duré 20 ans et qui existent encore aujourd'hui.
Alors,
aujourd'hui, M. le Président, nous en sommes à la discussion d'une phrase, dans
le premier alinéa du premier
article
du
chapitre I, qui exprime clairement les intentions avec lesquelles tous les
députés, à date, là... Là, là, ils changent leur chapeau de bord, là. Ils nous disent : Oui, c'est des bons
mots, mais on ne croit pas que ça va arriver; alors, comme ça n'arrivera pas, on va les enlever. Bien, voyons
donc! Il y a une intention qui est là, elle doit être là, puis je pense que
c'est clair. Et, encore une fois, je le
répète, M. le Président, les gens qui sont venus ici sont tous d'accord avec
ces intentions-là, ont exprimé des
inquiétudes, ont exigé des aménagements, qui sont ici sous la forme
d'amendements, mais personne ne remet ces éléments-là en cause.
suis content, par contre, M. le Président, qu'à plusieurs reprises les députés
de l'opposition officielle... ainsi que
le député de Labelle, dans son allocution ou dans son commentaire, ait
clairement... ou, du moins, semble clairement exprimer son intention
d'appuyer, là, le projet de loi n° 20, j'en suis très heureux.
Le Président (M.
Tanguay) : D'autres... M. le député de Labelle.
Pagé : Bien, écoutez, on n'est pas à la période de questions,
alors je vous demanderais de ne pas entrer dans ce jeu partisan qui ne nous mène nulle part. Parce que je n'ai pas dit
que nous étions pour le projet de loi n° 20. Je vais rappeler au ministre... Alors, s'il veut qu'on
fasse du temps, il a juste à prendre cette voie, et on va faire du temps,
effectivement.
Quand
j'ai parlé du projet de loi n° 20, c'est que le projet de loi n° 20 qui
est présenté pourrait très bien recevoir le même argument qui est indiqué à l'article 1 de son premier alinéa du
projet de loi n° 10. C'est ce que j'ai dit et ce que j'ai dit, c'est que ce serait plus à-propos dans
le projet de loi n° 20. Je n'ai pas dit que j'étais d'accord, alors je
vous demande de ne pas commencer à jouer ce jeu, bien amicalement, comme de rappeler les années 90 du Parti québécois. On pourrait
rappeler les années 80, 90, du Parti libéral. On pourrait retourner à M.
Castonguay quand il était ministre de la Santé. Ça vous tente? Voulez-vous que
je vous cite Castonguay? Voulez-vous que je vous cite sa lettre, qu'il vous a
écrite publiquement? Parce que
vous savez ce qu'il en pense, de votre réforme. Alors, moi, je pense
qu'on est mieux de s'en tenir à l'objet du projet de loi et garder la
partisanerie pour la période des questions.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
Barrette : M. le Président, si le député de Labelle ne veut pas qu'on
fasse référence à ses commentaires, qu'il ne les fasse pas. Lorsqu'il souscrit aux objectifs du projet de loi
n° 20, hein, lorsqu'il dit : Ça devrait être... On souscrit à
ça puis le projet de loi n° 20 va faire ça, bien, il me semble que c'est
un appui clair, net et précis.
M. Barrette : Ici, M. le Président,
c'est moi qui ai la parole...
Barrette : ...M. le député, alors je pense que les règles
parlementaires font en sorte qu'on puisse s'exprimer selon les règles. Je le fais. Maintenant,
évidemment, si ça ne fait pas l'affaire du député de Labelle, je peux le
comprendre, je pense qu'il n'a pas à
tenter de faire des commentaires de quelque nature que ce soit qui visent à
m'empêcher de m'exprimer comme mon bon droit me le permet en règles
parlementaires.
Le Président (M. Tanguay) : Autre
intervention, M. le député de Labelle?
M. Pagé :
Oui, bien sûr, puis je vais lui laisser tout le temps qu'il faut pour énoncer
ses propos. Mais je n'accepterai pas
qu'il mette, dans sa bouche, des mots que je n'ai pas dits. Je n'ai pas dit que
je souscrivais au projet de loi n° 20. Alors, que ce soit clair. Ce que j'ai dit, c'est que les
intentions du projet de loi n° 10, elles pourraient très bien se retrouver
dans le projet de loi n° 20
parce que ça serait plus à-propos. C'est ce que j'ai dit. Sinon, vous
retournerez voir les verbatim de ce que nous avons dit. Alors, je vous demande,
s'il vous plaît, M. le ministre, par respect pour l'ensemble des collègues,
de ne pas nous faire dire des choses que nous n'avons pas dites, et je pense
que ça va aider à nos discussions.
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre. Sinon, nous avons Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Je vous ramène au fait qu'on est en train de réfléchir sur
un projet de loi, on est en train de décider d'adopter des articles sur un projet de loi, et ce qu'on dit
actuellement, tous, c'est qu'il faut qu'il y ait un lien raisonnable
entre des intentions et les moyens qui sont décrits dans le projet de loi. Or,
on ne le retrouve pas, ce lien raisonnable.
Et où c'est
particulièrement dangereux, c'est que ce qui est dans ces deux lignes et demie,
«favoriser l'accès», c'est un peu des
mots-cadeaux pour la population. C'est ce que la population souhaite le plus.
Or, moi, je veux m'assurer qu'on ne
manipule pas la population en lui faisant miroiter des choses parce que tout le
monde, tout le monde souhaite ça. C'est ce qu'on souhaite.
Alors, s'il
n'y a pas de lien, si on ne retrouve jamais, dans le projet de loi, des
éléments qui visent clairement à démontrer que l'accès va être changé...
Le ministre lui-même l'a dit et l'a répété. Quand il se conteste lui-même et se
contredit lui-même, vraiment, comment on
peut faire ça? Il a dit : Il n'y a rien, dans le projet de loi n° 10 qui est en lien avec l'accès. Il l'a dit,
j'ai plusieurs citations, il l'a dit clairement.
Alors, il y a absolument, ici, un risque de faire miroiter des choses qui ne sont pas celles que
le projet de loi va clairement apporter à la population, et ça, je pense
qu'on doit être honnêtes... Et on est
dans la rédaction d'un projet de loi
qui est quelque chose... Le ministre fait souvent référence à l'émotivité ou à la sensibilité. On est dans du concret, dans du rationnel, dans de
l'objectif. Or, il n'y en a pas, de lien entre ce projet de loi là...
Le ministre pourrait dire : Ça va favoriser
une meilleure gestion du système de santé. Il pourrait évoquer des éléments qui ont un lien avec ce qu'une
gouvernance va faire. Une gouvernance, elle a... Une réforme de gouvernance,
elle a des qualités, mais ce n'est pas ça
qu'il met. Il met les trois éléments qui touchent le plus la sensibilité de la
population : l'accès aux services, l'amélioration de la qualité et
de la sécurité, et efficience et efficacité — donc, les coûts.
Alors, on utilise les arguments que tout le
monde voudrait voir. Je vous dirais, on pourrait même mettre, là :
l'échangeur Turcot va favoriser et simplifier l'accès aux services pour la
population; ça va être plus facile d'aller au nouveau
CUSM, finalement. L'échangeur Turcot va contribuer à l'amélioration de la
qualité... de la sécurité. Écoutez, les
gens vont être plus sécuritaires quand ils vont êtres transportés en ambulance.
Alors, on verrait très bien qu'il n'y a pas de lien entre ce qui est proposé et ce qu'on propose... ce qu'on écrit
comme avantages. Mais c'est cette même analogie là ou non-analogie là,
c'est-à-dire qu'il n'y a pas de lien entre le projet de gouvernance et les
trois bénéfices que le ministre fait valoir
dans l'article 1. On lui demande
juste d'être plus modeste, d'y aller par étapes. Il reconnaît lui-même que
ça ne donne pas cet impact-là dans ce moment-ci, alors qu'il module les vrais
bénéfices qui peuvent être attendus en lien avec un changement de
gouvernance.
Le Président (M. Tanguay) : Merci. M.
le ministre.
M. Barrette : M. le Président, je
n'ai pas le choix que de rectifier encore une fois, et on le fera à chaque
fois. Lorsque j'ai dit, et je le
redis aujourd'hui, que le projet
de loi ne s'attaquait pas parce que
ne pouvait pas le faire à l'accès à
la première ligne, c'était clair. Et les gens qui nous écoutent ont compris.
Mais j'ai aussi dit que l'accès, c'était aussi une question de la fluidité dans le réseau, donc de l'accès à
différents services lorsqu'on chemine dans le réseau. Les gens qui sont venus ici, là, nous l'ont dit clairement : Quand ils vont, par exemple, au CLSC, en venant de l'hôpital, la communication ne se fait pas. Ils l'ont tous dit, là. Cheminer dans le réseau, qui
est une question d'accès à des services, se fait mal.
Et la députée de
Taillon, M. le Président, n'arrête pas de dire qu'il n'y a
pas de lien entre les éléments du projet
de loi et le bout de phrase qu'elle veut retirer. Le bout de phrase qu'elle
veut retirer sont spécifiquement des items de gouvernance
qui visent à... La gouvernance, c'est mettre en application des orientations. Alors, il n'y a rien dans le projet de loi, M. le Président, qui traite de gouvernance, hein?
Puis la gouvernance, là, ça ne réglera pas ces éléments-là. Alors, je vais lui donner les têtes de
chapitre : «Établissements régionaux et suprarégionaux», dans le projet de loi initial; «Conseil d'administration...», section... Là, je vais
vous donner les têtes de chapitres et de sections, M. le Président : «Continuité des services»; «Président-directeur général et président-directeur
général adjoint des établissements régionaux et suprarégionaux»; «Adaptation et application de
certaines dispositions», et ainsi de suite, M. le Président.
Alors,
de dire qu'il n'y a rien, dans le projet de loi, qui s'adresse à
ce qui est écrit dans la phrase en question, alors que chacun de ces éléments-là dépend d'une
gouvernance pertinente, bien là, écoutez, c'est sûr qu'on en perd notre latin, là. Si on me dit que la gouvernance n'a aucune
influence sur l'organisation des soins, donc sur l'accès aux services d'un
palier à l'autre, si on me dit que la
gouvernance n'a aucune influence sur l'amélioration de la qualité et la sécurité... Ce sont des questions pures de gouvernance. C'est la gouvernance qui
met en place les orientations et les façons de faire qui garantissent
la qualité.
L'évaluation de la qualité de l'acte... Elle était présidente d'un ordre,
précédemment, M. le Président, la députée
Taillon. Elle sait très
bien que c'est par la gouvernance
qu'on met en place des obligations qui font en sorte qu'on puisse faire de l'évaluation de la qualité de l'acte. S'il n'y a
pas de gouvernance, on n'a pas ça. Est-ce
que la gouvernance n'a aucun lien avec l'efficience et l'efficacité? M. le Président, je répète ce que j'ai dit à
plusieurs reprises et ce qu'ils
disent eux-mêmes :
Ils sont d'accord avec la finalité de ces mots-là, ils sont d'accord,
ils admettent que les gens qui sont venus ici le voulaient et, sur la base d'interprétations ou de citations
d'articles de journaux, ils veulent l'enlever. Je pense que ça dépasse l'entendement, et les gens qui nous
écoutent comprennent, mais évidemment on peut continuer. Continuons.
Le Président (M. Tanguay) : Mme la
députée de Taillon,
en vous rappelant que — juste
pour le bénéfice de nos travaux, évidemment — sur
chaque amendement, sous-amendement... nous sommes sur l'amendement de la députée de Gouin. Donc, en vertu de l'article 245, chaque collègue a 20 minutes. Juste
pour vous indiquer, Mme la députée de Taillon, qu'il vous reste 1 m 20 s.
Lamarre : Merci. Bien, écoutez,
moi, je vais clôturer, là, cette intervention-là en disant que tous les gens
qui sont venus, M. le ministre — et vous devez quand même le
reconnaître — ont bien
dit que la priorité était l'accès et que cette réorganisation-là n'avait
pas d'impact et, au contraire, avait un effet qui pouvait nuire à l'accès pour
plusieurs années. Et ça, je crois qu'il faut
avoir vraiment bien écouté ce que les gens sont venus nous dire, et c'est ça
qu'ils sont venus nous dire. Donc, que vous fassiez le choix de le
demander, c'est une chose, mais je vous demande de ne pas faire ce lien avec l'accès parce que ça n'est pas
ce que ça va donner ni à court terme ni à moyen terme. Il y aura d'autres
mesures qui pourront améliorer l'accès, mais certainement pas ce qu'on retrouve...
faut quand même revenir, là... Qu'est-ce qu'on retrouve dans ces pages-là? Il
n'y a pas d'amélioration de l'accès. Écoutez,
deux mots : «favoriser» et «simplifier» l'accès aux services. Quand on
éloigne les gens encore plus du centre de
décision administratif, quand les gens dans les régions nous disent : On
va se retrouver à 250 kilomètres de l'endroit où il va se prendre des décisions pour nous en santé, on ne peut pas laisser passer ça. Et, si vous étiez
à notre place, vous auriez la même
réaction, parce que ce n'est pas ça, malheureusement, que le projet de loi n° 10 traduit dans son libellé et dans chacun
de ses 165 articles.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
M. Barrette :
Bien, M. le Président, je pense avoir répondu clairement, dans ma dernière
réponse, aux commentaires de la députée de Taillon, et je n'ai pas d'autre
chose à dire là-dessus.
Président (M. Tanguay) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement de la collègue députée de... M. le député de Labelle?
Pagé : Bien, quand ma collègue dit qu'il y a des endroits où on
va se retrouver à 250 kilomètres, là... On arrive à Saint-Jérôme, là : 180. Puis, quand on va
plus au sud, plus au nord, plus à l'ouest, plus à l'est, c'est jusqu'à
250 kilomètres. En quoi ça va
être plus efficace pour le CSSS d'Antoine-Labelle? En quoi ma population va
être mieux desservie? De quelle façon
on va réussir à mieux comprendre les besoins du milieu et mieux desservir ma
population dans les soins de santé?
Alors, si le ministre peut répondre à cette question-là... Il va peut-être me
convaincre qu'effectivement il y a un lien, mais je ne le vois vraiment
pas.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, je pense que le député de Labelle... Je
pense que je vais lui... Je pense que c'étaient ses propos, tout à l'heure: On n'est pas à la
période des questions. Alors, si le député choisit de ne pas voir ce qu'il y a
au bout du projet de loi, ou le voir et choisir de conclure que ça
n'arrivera pas, c'est sa prérogative, là, mais, ici, on est à l'adoption d'un projet de loi tel qu'il est écrit,
et les arguments qui sont mis devant moi pour enlever cette phrase-là ne
tiennent évidemment pas la route. On
s'adresse ici à un projet de gouvernance, la gouvernance ayant des impacts, et
les impacts qui sont visés sont ceux qui sont écrits là, c'est tout.
Alors, ça ne tient pas la route, M. le Président.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le député de Labelle.
M. Pagé : Bien, c'est vrai
qu'on n'est pas à la période des questions pour faire de la partisanerie, mais
nous sommes, par contre, en commission
parlementaire, où l'opposition veut justement bien comprendre toutes les
intentions, tout
ce que tout cela va donner. Et il est tout à fait normal, légitime et
souhaitable que l'opposition pose des questions au ministre afin de bonifier le projet de loi. Alors, j'espère qu'il
n'est pas surpris que l'on pose des questions, parce que moi, j'essaie de comprendre qu'est-ce qui sera
plus efficace, chez moi, par rapport aux intentions qui sont manifestées
dans le projet de loi et, manifestement, je n'ai pas de réponse, alors...
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
Barrette : M. le Président,
je pense avoir abondamment répondu à la même question formulée différemment
de façon répétitive. C'est un projet de loi
sur la gouvernance — je vais
le répéter quand même — la
gouvernance ayant comme fonction de s'assurer que certaines finalités,
certaines orientations soient rencontrées, soient atteintes, et les
orientations et les finalités qui doivent être atteintes sont clairement
exprimées là.
Et, si vous
me dites que ça, ce n'est pas assez clair, alors que vous avez dit vous-même à
plusieurs reprises que c'était clair
et que vous y souscririez si vous aviez confiance au résultat, bien, encore une
fois, c'est dire une chose et son contraire.
On ne peut pas demander, en ce qui me concerne, de retirer un élément d'un
texte de loi parce qu'on pense que ça n'arrivera pas, mais on aimerait...
mais, si on pense que ça arriverait, on le laisserait. Alors, ou bien c'est bon
ou bien ce n'est pas bon. Et après ça, si ça
n'a pas marché, là, quelqu'un jugera, mais quelqu'un jugera que ce qui a été
exprimé dans le projet de loi, qui
était correct, ne s'est pas réalisé. Ça, c'est correct, ça s'appelle une
élection, hein? Ça s'appelle une
élection, le jugement de la population. Avant l'élection, on écrit des textes
de loi qui ont des intentions, comme vous le dites — j'utilise
votre terme — avec
lesquelles vous êtes d'accord, mais vous voudriez qu'on l'enlève parce que vous
pensez que ça n'arrivera pas. Bien, au
contraire, laissez-le là, passons à l'alinéa suivant. Comme ça, si ça n'arrive
pas, dans quatre ans, vous allez pouvoir vous en servir en période
électorale, puis vous aurez le même plaisir, peut-être, qu'aujourd'hui.
Le Président (M. Tanguay) : M. le
député de Labelle.
M. Pagé :
Bon, «même plaisir qu'aujourd'hui», là, je n'ai pas de plaisir particulier
aujourd'hui, sinon d'être tenté de faire mon travail le plus correctement
possible.
Dans le
projet de loi... C'est que, si on me parlait d'accès aux soins, si on me
parlait de prévention, si on me disait que
les GMF vont être ouverts plus longtemps, si on me disait que mes cinq
médecins à Mont-Tremblant — puis ils ont une moyenne
d'âge de 65 ans, puis j'en ai besoin de 10 pour desservir ma
population — ...il va
y avoir plus de médecins sur le
terrain, si on me disait tout cela dans le projet de loi, si on me parlait de
cela, je dirais : Bien oui, c'est en lien avec la finalité qui est
au premier alinéa. Mais ce n'est pas le cas.
Si vous
pouviez me dire que les besoins du milieu terrain, là, du CSSS des Sommets et
d'Antoine-Labelle, où les deux conseils d'administration sont venus me dire : Ce projet de loi, s'il est adopté, on ne comprendra pas bien la réalité du terrain et la desserte de services pour le
terrain... Quand vous levez les yeux au ciel, c'est comme si les
20 quelques personnes autour des
deux tables d'administration de ces deux CSSS n'avaient rien compris. Alors,
c'est comme si tout le monde
n'a pas compris, sauf le ministre et son équipe autour.
Alors, quand le ministre dit : Bien, c'est parce
que le député de Labelle n'a pas l'air de comprendre que ça va changer quelque
chose dans la vie du monde, bien, on
est plusieurs à ne pas comprendre. Alors, j'aimerais qu'il en soit autrement, M. le Président, mais,
manifestement, le ministre a décidé de mettre des intentions et un projet de loi qui ne sont pas en lien l'un avec l'autre, et il s'obstine à ne
pas entendre la population. C'est ce que je comprends.
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
Barrette : M. le Président, c'est toujours très amusant d'entendre des commentaires comme
ceux du député de Labelle, qui
est dans un parti qui a coupé les admissions en médecine et qui a causé les
pénuries que l'on connaît aujourd'hui et dont on se sort actuellement grâce à des
décisions qui ont été prises par notre gouvernement
précédemment.
Maintenant, M. le Président, le député de Labelle
me reprochait, tout à l'heure, de lui mettre des mots dans la bouche. Je vais lui faire le même
reproche. Je ne lui reproche pas de ne pas comprendre. Puis je ne lui reproche
rien, en fait. Je dis simplement
qu'il choisit une interprétation : il choisit de conclure que ça
n'arrivera pas et, parce que son appréciation est que ça n'arrivera pas, bien, il faudrait enlever les intentions du projet de loi, avec lesquelles il est d'accord. Bien là, ça ne marche pas. Comme je le dis, la population jugera à un moment donné, là. Tout
le monde qui est venu ici est d'accord avec ça.
Et, je le
répète, M. le Président, c'est un projet de loi qui vise...
C'est écrit, là, ça ne peut pas être plus clair que ça : «organisation» et «gou-ver-nan-ce»,
organisation et gouvernance, qui ont la conséquence d'avoir des résultats. Lui
et tous ses collègues considèrent que le
résultat n'arrivera pas. C'est son appréciation. Nous, on pense que ça va
arriver. Mais est-il normal, dans le projet de loi, d'exprimer clairement la direction où on veut aller en termes d'organisation et de gouvernance? Alors,
moi, je pense que, oui, le projet de
loi doit le dire et, après,
l'histoire le dira, si les résultats attendus ont été observés ou non. Donc, on ne peut pas reprocher au projet de loi — et
demander de retirer — des
intentions avec lesquelles tout le monde est d'accord.
Président (M. Tanguay) : Je
vais céder la parole maintenant à la collègue députée de Gouin.
Par alternance... Non, M. le député de Labelle, je vais céder la parole
à la collègue députée de Gouin.
Mme David
(Gouin) : Merci, M. le Président. Il me reste combien de minutes?
Le Président (M. Tanguay) : Combien?
On vous le dira... 11 minutes.
Mme David (Gouin) : Ah! mon Dieu!
Merci.
Le Président (M. Tanguay) : Merci.
Mme David
(Gouin) : Merci, M. le Président. Je pense qu'on est ici devant des logiques
intellectuelles différentes qui
peuvent sembler légitimes à chacun des acteurs — «acteurs»,
je le dis au sens des participants et participantes, là, ici, dans cette salle — et, visiblement, je pense que... En tout
cas, personnellement, je ne travaille pas avec la même logique que le
ministre.
Le ministre
nous dit : C'est important de manifester des intentions —évidemment, on est d'accord avec ça — et la population jugera; et il y aura
une élection, les gens pourront décider si les gestes posés ont correspondu aux
intentions. Oui, mais c'est parce qu'entre-temps
il y aura eu un bouleversement majeur — majeur — et, je dirais, sans précédent, même s'il y a eu d'autres réformes
auparavant. Moi, je sais, moi aussi, qu'il y a eu des réformes — plus ou moins heureuses dans
plusieurs cas — qui
touchent plusieurs partis politiques. Mais là c'est une réforme tellement fondamentale de l'organisation des services qu'on
ne peut pas, à mon humble avis, se contenter de dire : Eh bien, dans
quatre ans, la population jugera.
Je vais
parler au «je». Si je pense, en mon âme et conscience, que ce qui est sur la
table ne correspond pas aux objectifs
émis, non seulement n'y correspond pas, mais risque d'avoir des effets désastreux, dans les prochaines
années, sur la dispensation des
services, leur organisation, leur fluidité, l'adéquation de la réponse en
services aux besoins réels des populations, si l'analyse non
seulement que j'ai faite, mais que tant d'intervenants sont venus faire ici
pendant plusieurs semaines, c'est que, non, les articles
du projet de loi ne répondent pas aux objectifs,
bien, je pense que j'ai le devoir de le dire. Je le fais en toute sincérité. Je
dis simplement : Les objectifs, j'aimerais bien mieux les laisser, mais je
propose de les enlever parce que la suite de tout le projet de loi, malgré les amendements, fait le contraire en réalité de ce que
les objectifs nous disent poursuivre.
Alors,
intellectuellement, là, j'ai un problème de cohérence. J'essaie d'être un peu
cohérente dans ma vie. Je dis donc :
Ou bien — ou bien — le
ministre accepte qu'il
y ait des amendements
réformant en profondeur le projet de
loi qui est sur la table ou alors qu'il ait des objectifs franchement beaucoup
plus modestes. Il faut choisir.
Si le ministre
me répondait : Mme la députée de Gouin, je suis vraiment prêt à des discussions en profondeur, par exemple
sur l'article 4, hein, où, là, on irait au fond des choses, on
regarderait sérieusement combien de CISSS il faut mettre sur pied,
comment s'assurer que ces établissements — qui en fusionne beaucoup, là — répondent
réellement aux besoins des populations
locales et sous-régionales dans certains territoires, si j'étais
certaine que c'est vers ça qu'on se dirige, je réfléchirais autrement.
Si le ministre
avait, dans ses amendements, préservé le peu qu'il reste encore de
participation citoyenne dans les conseils d'administration
actuels des CSSS, j'aurais probablement une attitude différente, mais ce n'est pas le
cas, malgré les amendements que le ministre a déposés, dont certains
sont tout à fait recevables et intéressants. Mais c'est un peu cosmétique, là, ça ne va pas vraiment très loin. L'esprit du projet de loi demeure le
même, c'est-à-dire la création de ce que
moi, j'appelle, pour faire image, des espèces de monstres bureaucratiques qui
relèvent directement du ministre, qui ne
partent pas des besoins exprimés par les populations locales et pas non plus
des besoins exprimés par tous les personnels qui travaillent en santé et
services sociaux. C'est une réforme conçue en vase clos, en haut, quelque part
dans un lieu inconnu, par quelques personnes, sans avoir consulté les actrices
et acteurs du terrain.
Et, quand
ceux-ci et celles-ci sont venus nous voir, ça a été pour nous dire :
Attention! Attention, là, vous allez vraiment trop loin, là, et on ne
peut pas être d'accord avec vous. Alors, c'est la raison pour laquelle je
réitère mon amendement, qui est à l'effet de
biffer ce... bon, le bout que tout le monde connaît, là, de l'article 1, alinéa
un. Je considère que, vraiment, il
n'y a pas adéquation entre les moyens proposés et les intentions, ou l'objet,
ou les objectifs du projet de loi.
Bon, étant un
peu consciente de ce que sera le résultat du vote sur cet amendement, j'appelle
vraiment le ministre à faire preuve
d'une grande ouverture pour la suite des choses et à vraiment être prêt à
mettre de l'eau dans son vin, à être prêt à entendre les populations,
les acteurs et actrices du réseau, tous personnels et toutes professions
confondus, là, y compris les gens des
milieux communautaires qui sont venus dire : M. le ministre,
respectueusement... tout le monde l'a
fait avec beaucoup de respect, malgré, parfois, une certaine vigueur, mais,
vraiment, les gens ont dit : Là, là, vous êtes en train de déstructurer des choses qui
commençaient à peine à aller bien. Donc, voilà, c'est une invitation que je
fais.
Le Président (M. Tanguay) : Merci
beaucoup. M. le ministre.
Barrette : M. le Président, je vais réitérer, moi aussi, le fait que, dès le début, j'avais avisé tout le monde que je ferais preuve
d'ouverture et je pense que le volume d'amendements qui sont ici,
qui répondent aux commentaires qui ont été faits le prouve.
Maintenant,
je vais quand même inviter la députée de Gouin elle-même
à un peu de cohérence qu'elle dit vouloir avoir. Elle nous dit qu'elle comprend qu'on doive s'adresser à l'organisation des soins. Bien, l'organisation des soins, c'est une question de gouvernance. Et ce qu'elle fait, essentiellement, c'est comme de dire : Moi, là, je vous annonce que je vais prendre mon automobile pour aller à Trois-Rivières pour aller souper avec mon beau-frère, mais je veux vous dire tout de suite, là, que je n'écrirai pas ça parce
que je suis pas mal sûr que c'est
possible qu'il y ait un accident, puis même je
suis sûr qu'il va y avoir un accident en route, ça fait que je ne l'écrirai
pas. Je ne vous le dirai pas, que je vais faire ça, mais je vais le
faire pareil.
À un moment donné, là, ça ne fonctionne pas. Ce
que la députée nous demande, M. le Président : elle nous demande de cacher à la population nos intentions dans le
projet de
loi sur la base du fait qu'elle considère qu'il va y avoir un
accident, que ça ne se réalisera pas
selon son appréciation du projet de loi. Comment peut-on ne pas dire à la
population, dans un projet de loi, notre intention le plus clairement
possible? Comment peut-on ne pas le dire? On doit le dire.
Et, encore une fois,
c'est un projet de loi qui s'adresse à la gouvernance, à l'organisation des
soins, à laquelle elle fait elle-même référence.
La gouvernance a comme finalité les éléments qui sont écrits là. La cohérence,
elle est totale. Nous nous adressons, par un projet de loi, à l'élément
cardinal qui permet d'avoir les effets qui sont exprimés dans le premier paragraphe.
Alors, je ne vois pas comment il est incohérent d'aller dans cette
direction-là.
pour ce qui est de l'ouverture, je conclus là-dessus, M. le Président,
article par article, je vais faire preuve de la plus grande
ouverture si on peut se rendre ne serait-ce que, pas au prochain article, au
prochain alinéa.
Le Président (M.
Tanguay) : Mme la collègue députée de Gouin.
David (Gouin) : Oui. C'est intéressant d'utiliser des images. Moi, je suis tout à fait d'accord
avec ça. Si je voulais aller voir mon beau-frère à Trois-Rivières, je me
demanderais quelle autoroute prendre, je me demanderais si je veux y aller par les petites routes ou par l'autoroute, je me
demanderais avec quelle sorte de voiture ou par le transport en commun. C'est ça, un projet de
loi.
Donc,
ce que j'essaie de dire, c'est que, bien
sûr, il faut qu'un projet de loi exprime les finalités du projet
de loi. Dans ce cas-ci, moi, je pense
que la finalité... C'est sûr, là, qu'on est dans l'analyse, on est dans l'interprétation,
et chacun est certainement de bonne foi. Mon analyse, c'est que ce projet de loi vise tout simplement à instituer des établissements énormes
sous la responsabilité et sous le pouvoir direct du ministre,
qui pense que la seule façon d'améliorer
les services, c'est que, lui,
contrôle tout, de la macrogestion à
une gestion peut-être pas micro, mais quelque part entre les deux. Je pense que le vrai but du projet de loi,
le vrai objectif, c'est celui-là.
ne pense pas, je le dis, que ce projet de loi, dont j'ai lu, bien sûr, bien des fois, tous les articles,
vient répondre à un objectif
qui est, par exemple, celui de l'amélioration de l'accessibilité aux soins. Je pense qu'on fait le contraire et je pense que, dans la définition de la réponse aux besoins
de la population, le projet
de loi fait le contraire de ce que ce
à quoi les gens s'attendent, c'est-à-dire d'avoir des lieux décisionnels les plus près
possible des gens pour être certains de bien comprendre quels sont leurs
besoins et de trouver les bonnes réponses.
C'est
une question d'appréciation, c'est certain. Et c'est certain
que l'avenir dira qui avait raison, mais, entre-temps, je soumets au ministre
que, même si on découvrait, dans quelques années, que le projet de loi, faute
d'être modifié substantiellement, ne
répondait pas aux besoins, il sera bien tard. Et voilà pourquoi je pense qu'il
faut être clairs, dès le point de
départ, sur la finalité. Et, à défaut, si
le libellé devait être maintenu,
évidemment le ministre pourra compter sur moi dans l'étude de tous les articles subséquents pour tenter de faire en sorte que ces articles-là
répondent à la finalité.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
Barrette : Bien, M. le Président, là, maintenant, les choses se clarifient. On est d'accord
avec les éléments qu'on veut retirer, donc
ils devraient rester, parce qu'on
veut les retirer parce qu'on pense qu'il y a des intentions qui ne sont pas écrites dans les articles. Mais ce qui
est écrit dans les articles, j'en ai énuméré tantôt : le P.D.G., les
profils de nomination, la structure,
qui sont tous des éléments de gouvernance et qui sont tous en lien direct avec
les finalités exprimées dans les
lignes qu'on trouve bonnes, mais qu'on veut retirer parce qu'on pense que, dans
ce qui n'est pas écrit, qui va arriver, selon nous, ce n'est pas bon. Mais ce qui est écrit est effectivement
des objets de gouvernance qui vont faire la finalité, mais, comme on pense que ça n'arrivera pas, donc
que je vais avoir un accident sur l'autoroute et je suis sûr que je vais
avoir un accident, bien, il faut retirer la phrase.
C'est
un projet de loi, M. le Président, et nous avons la responsabilité législative
de dire à la population : Voici, c'est
un projet de
loi sur la gouvernance qui vise à avoir tel impact par les moyens
qu'on verra éventuellement au deuxième alinéa,
point. Ce n'est pas un projet de loi qui doit dire : Bien, savez-vous, là,
et, selon le gouvernement majoritaire qui est en place, on pense faire telle
affaire, mais, selon la deuxième opposition, la troisième opposition et la
première opposition, on pense que
c'est d'autres choses qui vont être faites. Ce n'est pas ça, une loi. Une loi,
ça dit : Voici ce qu'on fait, voici pourquoi on le fait, voici
sommairement comment on le fait, ça s'appelle
l'objet. Le reste, ce sont des éditoriaux. Mais on peut continuer à
éditorialer.
Le Président (M.
Tanguay) : Je cède la parole maintenant au député de Rimouski.
LeBel : M. le Président, merci. Je pense que, là, le ministre vient de
démontrer exactement sa façon de faire : un gouvernement majoritaire qui décide que c'est vers là qu'on s'en va
puis il faut aller vers là, malgré ce que les gens sont venus nous dire. Dans le fond, moi, ce qui
m'intéressait, puis je le voyais dans le projet de loi, c'est : le
ministre est au centre du projet de
loi. Il décide tout : la formation des groupes communautaires, les comités
qui vont se créer. Il décide... puis
effectivement, dans la micro, et c'est une façon... c'est l'idéologie du
gouvernement, puis on le voit, là, de la manière qui...
M. Barrette :
...M. le Président.
Le Président (M. Tanguay) : Un
rappel au règlement, M. le ministre?
M. Barrette : Oui. C'est
parce qu'on me prête des intentions constamment. On dit : Il veut tout
décider, il veut tout faire, il veut tout ci, tout ça. Il n'y a rien,
là, dans le projet de loi qui dit ça, là.
Président (M. Tanguay) : Ça va bien jusqu'à maintenant, et je veux
peut-être faire un rappel aux collègues parlementaires...
Le Président (M.
Tanguay) : À l'ordre, s'il vous plaît! À l'ordre, s'il vous plaît! M.
le député... À l'ordre, M. le député de Verchères.
C'est
un débat qui va bien jusqu'à maintenant. Chaque parlementaire sait ce qu'il a à
faire. Ne vous en faites pas, je suis
prêt pour des appels au règlement, avec l'article 32, le décorum, 35, les
paroles interdites, les propos antiparlementaires. Jusqu'à maintenant, je pense qu'on était dans les
limites. Alors, je vous demande de poursuivre et que les collègues — et ça s'applique à tous — continuent
à le faire très bien, comme on le fait depuis ce matin.
Alors, continuez, je
vous en prie.
LeBel : Non, non, moi, ça, c'est un témoignage, dans le fond. Puis je
félicite le ministre d'avoir réussi à dire ça sans rire. Il est très
bon, je trouve.
Puis
c'est, effectivement, il l'a bien dit, un gouvernement majoritaire, ça fait
qu'il va décider ce qu'il veut bien. Mais
on le voit dans plusieurs domaines, puis c'est ça qui m'intéressait ici, en
commission, et on le voit... Les CPE, le gouvernement a décidé qu'il s'en allait vers ça, il allait augmenter. Il
y avait plein de monde dans la rue, plein de monde sont venus leur dire que ça n'avait pas de bon
sens; ils décident. Les carrefours jeunesse-emploi, on le voit en région, le
gouvernement décide qu'il faut... que les
carrefours vont devenir des genres de services externes, vont livrer des
services directement, ce que le
gouvernement décide. Le développement économique local et régional, la même
chose, le gouvernement décide du haut. C'est Dieu le Père, qui est à
Québec, qui décide que ça va être comme ça. Les groupes communautaires, tout le monde sous-financé, les groupes de défense de
droits, ils ne sont pas reconnus, mais on décide que ça ne vaut pas la peine, on décide du haut. Les institutions
scolaires, là, avec... par le projet de loi n° 15, là, un peu calqué, on va intervenir directement dans la
gestion de nos universités en région, on va intervenir dans... C'est Dieu le
Père, qui est à Québec, qui décide.
on le voit dans l'attitude comment cette idéologie va jusqu'au bout. Le
ministre — puis il
a le droit de le faire, là — il dit à tout le monde : Regardez-moi
aller, regardez-moi aller, plus tard, vous allez voir, là, je vais répondre à
ça, faites-moi confiance, on verra, on verra. Puis, si on décide de
poser certaines questions, bien, c'est qu'on taponne, on fait du... Tu sais, pour lui, ce n'est pas
correct, de la manière qu'on pose des questions, parce que lui, il décide, puis, dans le fond, l'opposition, on devrait passer à autre
chose, on devrait aller plus rapidement. Il est majoritaire, il décide, il est
au centre du projet de loi, il devrait tout
décider. Un peu l'émission de télé, là, Papa a raison : il a raison
sur tout, il faut foncer vers ça.
Moi, c'est ça qui
vient me chercher plus, qui m'interpelle. Je me dis : Je suis un nouveau
député, j'apprends mon rôle de législateur...
Bergeron :
Tu as réussi à dire ça sans rire?
M. LeBel :
Sans... Je suis comme le ministre, mais...
Des voix :
Ha, ha, ha!
LeBel : ...je pense qu'effectivement on doit réussir à travailler ensemble puis on devrait réussir à... Ce
qu'on pose comme questions, c'est
sérieux, puis on a des craintes de voir le ministre, puis je le dis, avec son
pouvoir omnipotent sur tout puis la
centralisation des décisions vers lui, on a des craintes. On a des gens de chez
nous qui nous parlent, qui nous posent
des questions, ça fait qu'on essaie de voir, dans le projet de loi, par des amendements, de dire : Est-ce qu'on pourrait se donner des garde-fous, tu sais,
essayer de voir ce qu'on pourrait faire pour s'assurer... O.K., le
ministre a le droit de tout décider, mais il y a-tu moyen qu'on respecte
un peu ce qui se passe en région, qu'on respecte un peu les citoyens?
fait que, dans le fond, c'est un peu ça, les questions qu'on pose, il n'y a
rien de méchant là-dedans. Il me semble que ce qu'on vient de... ce qui est là, ça répond... puis je répète ce
que j'ai dit tantôt, mais ça répond à ce que le ministre a toujours
dit à tout le monde depuis le début : C'est un squelette, c'est
de la gouvernance, vous voyez ce que je veux faire, je veux pas mal... dans presque tout, changer la
méthode. Je pense que, si je décide moi-même, dans les prochaines années,
ça va améliorer le système, puis on verra
plus tard... C'est un squelette, puis il nous dit : Vous allez voir, par
d'autres projets de loi, là,
le projet de loi n° 20, d'autres projets de loi, vous allez voir mes
orientations.
Nous,
ce qu'on dit, c'est ça, on a dit : La présente loi modifie l'organisation
et la gouvernance du réseau santé services
sociaux, point. C'est ça que ça fait. Pour le reste, je répète ce que le
ministre a dit : On verra, on verra plus tard. Ça fait que c'est
pour ça que moi, vraiment, là, de bonne foi, j'avais l'impression de répondre
ou de dire ce que le ministre... répéter ce que le ministre a répété à tout le
monde ici : C'est un squelette, ça va être comme ça que ça va fonctionner dans le réseau. La gouvernemance va
être comme ça. Pour le reste, regardez-moi aller, faites-moi confiance, je vais arriver avec d'autres choses qui vont vous
donner les grandes orientations. Et, comme je vais décider presque tout,
bien, vous allez voir. Je suis majoritaire, ça fait que je déciderai à ma
façon.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci. M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, évidemment, là, je n'ai jamais dit ça, là, hein? Je
n'ai jamais tenu de tels propos ni insinué de tels propos, puis je vais les prendre,
et je vais relativiser les choses, et je rappellerai au député de Rimouski que,
lorsqu'il était dans l'opposition, dans la catégorie Dieu le Père, il y en avait, quelques dieux, dans le Parti
québécois, qui voulaient dire au
monde comment s'habiller. Ils étaient bien, bien loin des préoccupations des
soins et services donnés à la population.
M. Barrette : Bien oui, mais c'est parce que, M. le Président, M. le Président, on fait des commentaires, là : C'est
Dieu le Père, il va tout décider, ceci,
cela. C'est un projet de loi qui vise la gouvernance. Et, dans un projet de loi, on doit clairement... c'est
comme : sujet, verbe, complément. Dans l'objet, on doit dire ce qu'on
fait, pourquoi on le fait et à peu
près
comment qu'on va le faire,
sommairement. C'est ce que font les deux très courts
alinéas du premier
chapitre du projet
de loi... du premier
article du premier
chapitre du projet de loi n° 10,
c'est tout.
Alors, encore
une fois, on voudrait enlever des mots, on voudrait ne pas dire à la population
les intentions que le projet de loi a. Ce serait comme de dire :
Nous allons faire un projet de
loi sur la laïcité, mais on ne vous dira pas qu'on va vous empêcher de porter le voile puis on
va vous mettre dehors. C'est exactement la même affaire. Si vous voulez enlever l'intention, là, ça serait comme faire un projet de loi, là : Nous sommes laïcs, et, «by the way», à un moment donné,
vous verrez, à l'article 172,
qu'on va vous empêcher de porter votre voile au travail. Je pense qu'on doit
dire nos intentions, dans un projet de loi, au départ, et c'est ce que ça fait, point — et
je répète — à
la ligne. On peut aller à l'alinéa deux.
Le Président (M. Tanguay) : D'autres
interventions? M. le député de Labelle?
M. Pagé : Oui. Bien, tantôt, le ministre a rappelé 1997,
1998, les départs à la retraite, ça fait 16, 17 ans. Je ne sais pas si on en parlera encore dans 20 ans, dans
30 ans, mais force est de constater que les gens qui pouvaient partir à la
retraite, c'est des gens qui, dans
les années proches, auraient quitté de
toute façon. Donc, depuis déjà au
moins une dizaine d'années, bien, les
gens qui sont partis à la retraite... M.
le ministre, il a l'air surpris. Ce
n'est pas des gens de 30 ans, là, ce n'est pas des gens de 35 ans, là, c'étaient des gens
qui étaient près de la retraite, c'étaient des gens qui étaient près de la
retraite. Alors, qu'on nous dise : Il y a 16 ou 17 ans, il y a
des gens qui sont partis à la retraite...
rappelons-nous aussi qu'à ce
moment-là, 1994, le Parti québécois arrive au pouvoir, une dette, dans la dernière année, là, de 5,7... 5,4, 5,7 milliards. Ça, ce n'était pas une dette virtuelle, c'était une dette chiffrée aux
livres, là, c'était la... en fait,
pas la dette, c'était le déficit, le déficit de la dernière année. En dollars
constants aujourd'hui, là, ça serait à peu près 11 milliards. Alors, par
rapport à la... et il fallait prendre
des moyens, et les moyens qui ont été pris, ils peuvent être évalués de façon positive, négative, mais on n'a
pas pris des moyens non plus pour fermer les régions comme on est en train de faire présentement sur l'ensemble
de l'oeuvre, là, hein? Les régions rurales, là, je l'ai dit hier, là, sont
terriblement affectées, il y a
des pétitions qui sont en ligne, il y
a des gens qui vont manifester.
Alors, manifestement, de revenir à ce qui
s'est fait il y a 16, 17 ans, ça m'apparaît un peu boiteux,
permettez-moi l'expression, surtout que, depuis 11 ans et demi, qui a été au pouvoir au Québec?
Pendant 10 ans, ça a été le gouvernement du Parti
libéral, quand même,
quand même. Alors, s'il y a eu des erreurs il y a
16 ou 17 ans, dans les 11 dernières années et demie, vous avez eu
10 ans pour réparer ces soi-disant erreurs, alors, quand même.
Projet de loi, j'ai écrit tel quel, j'ai mis
entre guillemets... Le ministre dit, tantôt : C'est un projet de loi qui s'adresse à la gouvernance. Donc, c'est un projet de loi qui s'adresse à la gouvernance; même s'il espère que des choses vont arriver, qu'on s'en tienne à la gouvernance, parce que,
manifestement, dans les 140... dans les 164 autres articles, il n'y a
rien de concret pour améliorer les soins de santé et tout le reste.
Et là le ministre
me dit : Le député de Labelle a choisi, je le cite, de conclure que ça
n'arrivera pas. Comme si moi, j'avais
décidé que ça n'arrivera pas. Ce n'est pas moi, là. Moi, je ne suis pas un
spécialiste de la santé, là, pas du tout. En fait, un peu, quand même, parce
que je suis un gars de sports et de
loisirs depuis toujours, alors la vraie santé, elle est beaucoup
là, hein? Alors, quand il dit : Le député de Labelle
a choisi de conclure que ça n'arrivera pas, alors je lui dis que j'ai en commun... Et moi, je m'inspire...
L'Association médicale du Québec dit la même chose que je prétends, le Collège des médecins, la Fédération des médecins
spécialistes du Québec, la Fédération des médecins omnipraticiens
du Québec, la Fédération des médecins résidents du Québec,
les Médecins québécois pour le régime public, l'Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec...
Il dit : Le député de Labelle choisit de conclure que ça n'arrivera pas, que
c'est son appréciation. Je continue : l'Ordre des orthophonistes et
audiologistes du Québec, l'Ordre des pharmaciens du Québec, l'Office des personnes
handicapées du Québec. Ce n'est pas le député de Labelle
qui dit ça. Moi, je m'inspire des
gens qui sont venus, des gens de terrain qui sont venus nous dire que les
intentions, oui, mais ça n'arrivera pas avec votre projet de loi. Donc,
ce n'est pas... Je n'ai pas rêvé, là, M. le ministre.
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
M. Barrette : M. le Président, évidemment,
les gens sont venus ici affirmer qu'ils étaient d'accord avec les finalités qui sont reproduites dans l'alinéa qu'on
veut retirer. Les gens ont exprimé des inquiétudes. Il n'y a
personne qui a dit que ça
n'arriverait pas de façon formelle. Les gens ont exprimé des inquiétudes
importantes, mais personne n'a dit : Ça n'arrivera pas, de façon formelle, sauf peut-être
une ou deux personnes, pour des raisons que je ne qualifierai pas ici.
Je suis content que le
député de Labelle admette qu'il ait fait des erreurs dans les années 90.
Je suis déçu de constater qu'il prenne le problème...
Je suis déçu — c'est
un mot qui... exprimé, là — de
constater qu'évidemment il prenne en considération seulement un des éléments en le minimisant. Les mises à
la retraite ont été des prises à la retraite précoces, M. le Président, et ces gens-là auraient pu être encore là longtemps.
Et je rappellerai au député de Labelle que, quand on diminue les entrées en médecine, ça prend jusqu'à 12 ans pour avoir
un nouveau médecin, et c'est la raison pour laquelle on a eu tant de temps de souffrance dans l'organisation d'un réseau, et que c'est le Parti
libéral qui, en 2003, a commencé
à réaugmenter les entrées en faculté de médecine et dont on récolte aujourd'hui
les fruits.
Alors, maintenant,
je pourrai aussi quand même dire que, puisque le député y a fait référence également... Il a fait
référence à l'obligation de prendre des décisions difficiles à l'époque, ce
qu'on nous reproche aujourd'hui, alors qu'il
y avait un déficit à l'époque. C'est intéressant de constater qu'on est encore
dans la même situation, avec le même gouvernement qui a fait le même
déficit.
Ceci dit, le projet de loi, il est clair, les intentions sont claires, et je ne vois pas, encore une fois, quelle démonstration a été
faite ici qui justifierait d'enlever les intentions du projet de loi qui sont exprimées dans la phrase qu'on veut retirer.
Président (M. Tanguay) : Y a-t-il
d'autres interventions? Malheureusement, M. le
député de Labelle,
vous n'avez plus...
M. Pagé : ...privilège.
Le Président (M. Tanguay) : ...de
privilège.
M. Pagé : Oui, parce
que le ministre a dit que le député de
Labelle dit que le Parti québécois a fait des erreurs. Ce n'est pas ce que j'ai dit. J'ai dit que des
gens peuvent évaluer que nous avons fait des erreurs. Ça n'est
pas la même chose,
et, à chaque fois qu'il va vouloir me prêter des intentions ou dire des choses
que je n'ai pas dites, je vais le reprendre.
Le Président (M. Tanguay) : O.K.,
bon.
M. Pagé : Je lui dis tout de
suite, là, pendant les 165 articles, ça va être comme ça.
Le Président (M. Tanguay) : Ça va
bien, on ne fera pas le débat, M. le député de Labelle. Merci pour votre
intervention.
Je suis prêt maintenant à reconnaître un autre député.
M. le député de Rimouski.
LeBel : Oui. J'essaie de me rappeler, M. le Président, tous les propos
de l'ex-candidat caquiste de Terrebonne concernant la gestion libérale.
C'est de valeur, je n'ai pas tout ça devant moi, mais je vais essayer de
m'organiser...
Bergeron : On va
les sortir, on va les sortir! On va le sortir, ça risque d'être utile.
M. LeBel : On va les sortir pour... Ça
peut être utile pour l'avenir.
Bergeron : Puisqu'on
nous ramène à 1634, on va sortir ça.
Une voix : C'était qui?
C'était qui, le...
M. LeBel : Je ne me souviens plus
c'était qui, l'ex-candidat caquiste dans Terrebonne. Mais, en bref, on...
Bergeron : On ne
peut pas nommer son nom parce qu'il est maintenant ministre libéral.
Le Président (M. Tanguay) : ...il y
a juste le député de Rimouski qui a la parole. Je vous en prie, allez-y.
LeBel : Oui, O.K.,
bref, je pense que ce serait une bonne idée de sortir toutes ces argumentations-là. J'essaie de... Puis,
encore là, on a beaucoup de gens en région, mais, dans tous les comtés, on
le voit... Dans les comtés des députés
de...
ministériels, ils doivent avoir la même chose. Le député des Îles, je le vois déjà, qui a déjà, lui, plaidé
en faveur de ce que les gens des Îles
proposaient au niveau des amendements. Et je pense que tout le monde entend des... beaucoup
de craintes, beaucoup
de choses. Et tout ce qu'on fait, c'est de ramener, de poser des questions,
d'essayer de voir si on ne peut pas
améliorer le projet de loi, proposer des choses qui vont répondre aux
craintes qu'on entend en région. Puis on ne fait pas juste l'emmener ici puis... On est sur le terrain, on vit
des choses, puis, comme porte-parole
de l'opposition dans différents domaines, on va voir ce que les gens...
Moi, les
gens... les aînés, ils sont venus me rencontrer, je suis allé voir ce qu'ils
font sur le terrain. Récemment, je
suis allé... Des gens qui travaillent dans le réseau de la santé, qui
sont... qui travaillent en amont, tu sais, qui viennent essayer de... des groupes communautaires... Dans
les rues de Montréal, j'ai passé la nuit dans un autobus qui s'appelle
L'Anonyme, qui livre des seringues pour les
toxicomanes. J'ai passé avec deux intervenantes qui... Ça vaut
la peine de le faire. J'ai passé
toute la nuit, de 11 heures le soir jusqu'à 4, 5 heures le
matin, dans tous les quartiers de Montréal pour voir
ce qu'ils font comme opérations, comme interventions auprès de jeunes
toxicomanes, d'itinérants. Et c'est des gens qui n'ont pas le temps de s'occuper de tout ça,
qui n'ont pas le temps, ils sont sur le terrain, ils donnent des services, et
ils ont des craintes, ils se
demandent vers où ils s'en vont. Ils sont menacés de coupures, ils ne savent
pas comment ils vont intervenir dans le réseau, ça va être... comment ça
va fonctionner. Ils nous posent des questions.
nous, ce qu'on fait ici, c'est un peu d'essayer de parler de leurs inquiétudes,
d'essayer de voir qu'est-ce qu'on
peut faire pour améliorer, pour mettre,
comme je disais tantôt, des garde-fous à ce projet de loi, qui est
hyperimportant et qui... je vous dis,
malgré que le ministre dit non, mais qui donne beaucoup,
beaucoup, beaucoup de pouvoirs non seulement au ministère,
mais au ministre lui-même et qui vient enlever des pouvoirs, il
vient enlever des façons d'intervenir à ces groupes communautaires là. Et
les gens en région, dans des municipalités locales, dans des MRC, qui s'étaient habitués
à développer leurs services de santé et services sociaux, qui avaient un genre
de partenariat qui s'était installé, qui travaillaient ensemble depuis des
années, qui décident des choses et qui, là, maintenant, s'aperçoivent que leurs
pouvoirs de décision, leurs pouvoirs d'orientation glissent en dessous de leurs pieds parce que ça s'en vient tout à
Québec... Et c'est ça
qu'on... et c'est gros. Je vois, dans les amendements, là, j'ai vu, il y avait
des choses sur les fondations, je suis... J'ai hâte de voir, là, on va en discuter, mais, dans chaque région, ils
ont formé des fondations, payé des équipements... parce qu'ils se sentent appartenir à leur réseau,
ils sentent qu'ils ont un genre de pouvoir de décision, pouvoir d'orientation,
et là ils perdent tout ça avec ce projet de loi là.
dans le fond, l'idée, ce n'est pas de ramener, puis de retravailler dans le
passé, puis de... c'est d'essayer d'au moins
à notre façon, à l'opposition, de trouver, c'est ça, des façons d'amener le
projet de loi à être un peu plus respectueux de ce qui se passe aux régions, de donner quelques réponses à tout ce
que les gens nous posent comme questions. C'est la façon qu'on veut travailler. Et, vraiment, je vois
un peu dans l'attitude du gouvernement, je vois exactement l'attitude de cette idéologie où on a raison, où on décide
tout et on a raison, malgré ce que tout le monde peut nous dire, on a raison.
Et ce qui est un peu...
Le Président (M.
Tanguay) : Question de règlement, M. le député de Maskinongé.
Plante : Il faut faire attention, là. J'écoute attentivement le
préambule du député de Rimouski, qui, à chaque fois, est toujours très intéressant, très pertinent. On sait qu'il est
proche du terrain, qu'il est proche des gens, c'est correct.
Il faut faire
attention, parce qu'il finit toujours par nous prêter des intentions malsaines
vers la fin de ses interventions. Je trouve ça très dommage. Parce que j'étais
attentif à ses propos, il faudrait juste qu'il fasse attention, M. le
Président. Faites votre travail, soyez vigilant avec ses propos. Merci.
Le Président (M.
Tanguay) : Je vous remercie beaucoup de m'inviter à faire mon travail,
chose que j'ai la prétention de faire depuis maintenant tout près de six
heures. Ceci dit, je demande au...
Le Président (M.
Tanguay) : Oui, sur le règlement? Sur le rappel au règlement?
Bergeron : Oui, bien, effectivement, j'ai le sentiment, M.
le Président, que vous faites très bien votre travail et que, si d'aventure, mon collègue de Rimouski
avait outrepassé quelque
article du règlement, vous seriez intervenu sans délai
pour le ramener à l'ordre.
Président (M. Tanguay) : C'est-à-dire, il faut, évidemment, entre
autres, notamment... parce que, d'office, le président, il y a des appels au règlement qu'il ne peut pas prendre.
Alors, je reçois l'appel au règlement et j'invite le député de Rimouski
à continuer dans les limites parlementaires, et voilà. M. le député de
Rimouski, la parole est à vous.
M. LeBel :
Merci, M. le Président. Je dirais au député de Maskinongé, bon, l'idée, ce
n'est pas de prêter des — comment
vous dites? — intentions,
mais c'est vraiment ce que je vois. Ce que je vois du gouvernement actuel dans — puis je nommais tantôt les CPE, les CJE,
développement... les CLD, les CRE — presque tous les domaines — scolaires, les commissions scolaires — c'est un genre d'idée qu'on se fait que pour
que ça aille mieux — puis on
enlève la bureaucratie — au Québec, là, on devrait décider tout de Québec,
tu sais, ce serait beaucoup plus facile, et c'est ce qu'on voit, là.
Puis,
quand on pose des questions, c'est ce qu'on sent aussi comme feeling,
c'est : Attendez, là, on va décider. On est majoritaires, j'ai le pouvoir, puis vous autres, dans le passé,
vous avez fait telle, telle, telle affaire, mais là, maintenant, c'est
moi qui suis là, puis c'est moi qui vais décider, puis ça va aller vers là. Et
ça... Non, mais...
Le Président (M.
Tanguay) : Un autre appel au règlement, M. le député de Maskinongé.
Plante : C'est les mêmes propos dits dans d'autres mots, là, tu sais.
Je veux bien, M. le Président, là, mais, tu sais, à un moment donné, il
faut faire attention, là.
Le Président (M. Tanguay) :
Alors, pour le rappel au règlement, M. le député de Rimouski, si vous pouvez
revenir sur l'amendement devant nous,
en faisant attention de ne pas prêter des intentions. Je peux, j'en suis
persuadé, compter sur votre collaboration là-dessus.
LeBel : Oh! non, non, non, c'est sûr, c'est certain. C'est un malaise
que je voulais témoigner, puis je le vois depuis le début, puis, tu sais... Je suis quelqu'un de... Je crois au
développement des régions, je crois à la capacité des gens en région, des communautés. Je crois en la
capacité des individus, des gens de différents groupes, personnes handicapées,
les aînés, des groupes communautaires, à se
prendre en main. Je crois à ça, mais je crois que la meilleure façon de
délivrer des services, la meilleure façon
de donner... entre autres en santé et services sociaux, c'est par des gens dans
chacune des régions qui décident
d'eux autres mêmes de comment ils veulent voir le développement. C'est ce que
je crois et c'est ce que j'essaie...
Dans le fond, je devrais plus dire ce que je crois, ce que je pense que vous
croyez, mais, moi, c'est ma façon de
voir les choses. Et, par l'amendement de la députée de Gouin, que je trouvais
intéressant parce que ça répondait, puis ça allait dans le sens que le ministre nous dit toujours, que «c'est un
squelette; pour les orientations, vous allez voir plus tard»...
fait que moi, je m'attendais à ça, puis c'est pour ça que j'y allais de bonne
foi, en me disant qu'on pourrait enlever
cette phrase-là, en se disant que c'est un squelette, puis on va attendre que
le ministre va nous proposer ses grandes orientations dans les prochains chapitres ou dans les prochains projets
de loi qu'il va nous déposer. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci, M. le député de Rimouski.
Alors, compte tenu de
l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'après les affaires courantes.
(Suspension de la séance à 12 heures)
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend
ses travaux.
Je vous rappelle que
le mandat de la commission est de procéder à l'étude détaillée du projet de loi
n° 10, Loi modifiant l'organisation et
la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux notamment par
l'abolition des agences régionales.
Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la
sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
Avant
la suspension de nos travaux ce matin, nous étions à l'étude de l'amendement à
l'article 1, premier alinéa, déposé
par la députée de Gouin, et je me tourne vers celui qui avait la parole, le
député de Rimouski. S'il considère qu'il avait terminé, je peux aller du
côté du ministre. C'est à votre discrétion. Il vous reste encore 6 min 20 s.
LeBel : Non, non, j'ai terminé. Ça va me faire plaisir d'entendre le
ministre. On va commencer comme ça, ça va bien aller, vous allez voir.
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, M. le ministre de la Santé, vouliez-vous intervenir?
M. Barrette :
Oui, M. le Président. Alors, j'allais simplement dire que, dans la longue
sortie qu'a faite mon collègue de Rimouski,
où il exprimait son niveau d'implication dans son réseau social, et c'est tout
à fait très honorable, de sa région,
ce faisant, il ne s'adressait pas vraiment à l'élément qui est dans...
l'amendement qui est en cause actuellement. Il nous a fait la démonstration
détaillée, un, de son implication sociale, et on le reconnaît, et c'est
tout à fait honorable, ainsi que
de son impression, qui est celle évidemment de son parti de l'opposition officielle, que
le projet de loi n'arrivera pas à destination, n'aura pas l'effet, mais il n'en reste pas moins qu'on ne
peut pas avoir un projet de loi qui est désincarné de son intention. Alors, ça pourrait être considéré
comme un déni de démocratie, comme dans d'autres circonstances, on a vu récemment
qu'il pouvait arriver, du même groupe de gens... Mais évidemment j'imagine que
ce n'est pas l'intention du député de Rimouski.
Ceci
dit, je considère donc, M. le Président, que cette intervention-là n'ajoute
rien au fait qu'un objet d'un projet de
loi doit considérer de mettre dans l'objet ce que la loi fait, ce qu'elle veut
viser et comment elle va le faire. Et donc d'enlever la phrase qui est visée
ici à l'amendement de la députée de Gouin est inapproprié.
Président (M. Tanguay) : Je suis prêt à reconnaître une intervention
d'un autre collègue. Sinon, si je n'ai pas d'autre intervention, je vais mettre la proposition d'amendement aux
voix. Alors, ce que je constate : il n'y a pas d'autre
intervention. Est-ce que l'amendement est adopté? Est-il adopté?
Une voix :
Vote nominal.
Le Président (M.
Tanguay) : Oui. C'est le vote. Alors, l'amendement est-il adopté?
Le Président (M.
Tanguay) : Rejeté. Alors, l'amendement, je constate, est rejeté.
Le Président (M.
Tanguay) : Vous demandez le vote nominal? Alors, on va faire l'appel
du vote nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Donc, M.
LeBel (Rimouski)?
Le Secrétaire : Mme Lamarre
(Taillon)?
Le Secrétaire : M. Iracà
(Papineau)? Il n'est pas là. O.K. M. Giguère (Saint-Maurice)?
Le Secrétaire : M. Chevarie
(Îles-de-la-Madeleine)?
Le Secrétaire : Mme Montpetit
(Crémazie)?
Le Secrétaire : M. Plante
(Maskinongé)?
Le Secrétaire : M. Barrette
(La Pinière)?
Le Secrétaire : En l'absence
de M. Caire, M. Paradis (Lévis)?
M. Paradis (Lévis) : Contre.
Le Secrétaire : Et M. Tanguay
(LaFontaine)?
Le Président (M. Tanguay) :
Abstention.
Le Secrétaire : L'amendement
est rejeté.
Président (M. Tanguay) : Alors, l'amendement est rejeté. Nous revenons
donc à l'étude du premier alinéa de
l'article premier du projet de loi n° 10, et, en ce sens, je suis prêt à
reconnaître des interventions. Mme la députée de Taillon.
Lamarre : M. le Président, hier, nous avons évoqué quelque chose qui a
été présenté comme accessoire, mais
qui m'apparaît être quelque chose d'important, c'est-à-dire le caractère
transitoire de certains alinéas et de certains articles du projet de loi. Puis c'est important parce que le ministre, à
plusieurs moments lors des rencontres, a fait référence et a été
rassurant, lorsque les gens avaient des préoccupations, en évoquant le
caractère transitoire.
Alors, je
veux juste demander, dans le fond, que le ministre dépose un tableau de façon à
ce qu'on puisse identifier clairement
la liste des articles qui sont transitoires par rapport à ceux qui ne le sont
pas parmi les 165 que comporte son projet de loi. Je rappelle que le ministre Moreau l'a fait pour le
projet de loi n° 3, et donc il me semble que c'est de bonne guerre,
de bonne foi, de tout simplement nous indiquer, parmi les 165 articles,
ceux qui ont un caractère transitoire puisqu'on
a reconnu tous ensemble hier qu'il y en avait qui auraient un caractère
transitoire. Alors, ça m'apparaît être juste de la saine collaboration.
Le Président (M. Tanguay) : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : M. le Président, je renverrais la balle à la députée de
Taillon. Est-ce que je comprends qu'on va pouvoir passer au prochain
alinéa si on acquiesce à cette demande?
Le Président (M. Tanguay) : Mme la
députée de Taillon.
Lamarre : ...suspendre jusqu'à ce qu'on ait cet élément-là et on
pourrait passer à l'autre à ce moment-là.
Président (M. Tanguay) : M. le député.
M. Barrette :
Bien, M. le Président...
Le Président (M.
Tanguay) : Parfait. M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, je ne peux pas accepter ça parce qu'ici,
là, ou bien c'est une étape pour passer à l'autre alinéa ou bien c'est une étape pour passer à un autre amendement.
Je pense qu'on a épuisé ce sujet-là de toutes les manières possibles et je renchérirai sur le fait que toute cette
discussion de nature transitoire et de volonté de mettre un nouvel
article et d'enlever des phrases est
basée sur le fait qu'hier, à l'ouverture de ces travaux, l'opposition
officielle avait l'inconfort de ne pas avoir pris connaissance des
amendements.
depuis hier, l'opposition officielle a largement eu le temps de prendre connaissance des amendements et de
constater, à la lecture, de ce qu'ils étaient alors. Je renvoie la balle encore
une fois. Je suis bien disposé à déposer un tableau,
lorsque nous l'aurons éventuellement,
dans la mesure où c'est un élément qui nous permet de passer au prochain
alinéa et non de suspendre les travaux et d'y revenir pendant une éternité.
Mme Lamarre :
...on suspend l'article, on suspend l'adoption de l'article...
Le Président (M.
Tanguay) : Mme la députée de Taillon, un instant.
Barrette : Je comprends. J'ai bien compris, puis j'ai bien répondu,
puis j'ai bien renvoyé la balle, et la balle est dans votre camp, Mme la
députée.
Le Président (M.
Tanguay) : O.K. On va juste y aller dans l'ordre. Avant de reconnaître
votre collègue, Mme la députée de Taillon, voulez-vous intervenir?
Mme Lamarre :
En fait, je vais laisser mon collègue répondre.
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, je vous rappelle, juste pour la bonne conduite de
nos travaux, que nous sommes sur le débat de l'alinéa premier de l'article 1.
Alors, la parole est au député de Rimouski.
LeBel : Merci, M. le Président. Dans le fond, M. le ministre, on ne
fait que prendre la balle au bond, ce que vous avez proposé hier. On l'a pris, regardé, on voudrait un tableau
puis ce qu'on... vous l'avez vous-même proposé hier, dit : Passons à l'étape deux, mettons la un
sur la glace, on reviendra quand on aura le tableau. C'est votre proposition
d'hier. Ça fait qu'on y allait encore
une fois de bonne foi là-dessus. On est prêts à y aller à la deux, mais, comme
vous nous avez proposé hier, on suspend la un puis on reviendra avec le
tableau, c'est tout, comme vous l'avez proposé hier.
Le Président (M.
Tanguay) : Oui. Alors, vous avez terminé? Parfait. M. le ministre
de la Santé.
Barrette : M. le Président, alors, si on veut faire ça, là, soyons
conséquents et de bonne foi, comme le dit le député de Rimouski. Épuisons les demandes d'amendement et terminons par
la demande d'un tableau avant de passer au prochain alinéa. Ça va me
faire plaisir, si c'est dans cette séquence-là. Épuisons les amendements,
pensons à la demande de tableau
qu'éventuellement j'accepterai de vous donner en temps et lieu et passons au
prochain alinéa. Où est la mauvaise foi dans ce que je vous demande, là?
Le Président (M.
Tanguay) : O.K. M. le député de Rimouski. Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Écoutez, je veux juste clarifier, là. On est dans cet ordre
de pensée là, là, c'est-à-dire qu'on n'a pas l'intention de demander d'autres amendements à l'article 1, alinéa
un. Je le confirme. On veut tout simplement avoir le tableau avec les autres alinéas et les autres
articles pour lesquels il y a des dispositions transitoires. Nous, je vais vous
dire, on l'a regardé...
Le Président (M.
Tanguay) : Oui. Mme la députée de Taillon, la parole est à vous.
Lamarre : On en a vu... C'est parce que, là, je... On en a vu un
certain nombre. On veut être certains qu'on a bien vu les bons et qu'on est sûrs qu'on a tous les mêmes choses.
Alors, moi, je peux confirmer au ministre que notre intention n'est pas de revenir avec d'autres
modifications. On a juste besoin d'avoir ce tableau qui indique... et on passe
ensuite... on suspend l'adoption, mais on ne reviendra pas — je
m'y engage — à
d'autres amendements à l'article 1, premier alinéa.
M. Barrette :
M. le Président.
Le Président (M.
Tanguay) : Oui. Alors, M. le ministre de la Santé.
M. Barrette : M. le
Président, vous comprendrez qu'avec ce qui vient de se passer au salon bleu il
y a quelques minutes, les engagements du parti... de l'opposition
officielle, c'est difficile d'y faire confiance, M. le Président.
Président (M. Tanguay) : O.K. Attendez, attendez, attendez! Là, là, il
ne faut juste pas mélanger les choses. On
est en CSSS, ici, Commission santé et services sociaux. On va essayer, puis
j'espère, puis je demande la collaboration...
Président (M. Tanguay) : Pardon! S'il vous plaît! J'appelle la
collaboration de tous les collègues. On ne va pas importer ici, en CSSS... Ça fait six heures qu'on travaille
ensemble. On va continuer à travailler ensemble, à se respecter. N'importons pas les éléments peut-être moins
positifs d'ailleurs. Nous sommes au salon rouge, en CSSS, sur le projet
de loi n° 10. Je suis prêt à reconnaître un collègue sur l'alinéa un de
l'article 1. Mme la députée de Gouin.
David (Gouin) : Merci, M. le Président. En tout respect pour le
ministre, je pense qu'il devrait accepter... Excusez la voix, c'est une petite voix de fin de session. Je pense qu'il
devrait accepter la demande de la députée de Taillon. Ma compréhension de cette demande est très simple,
c'est de ne pas adopter le premier alinéa du premier
article tout de suite, d'aller vers le deuxième, où il y aura
peut-être des amendements, et, avant de passer au vote sur l'ensemble de
l'article, de s'assurer de recevoir le tableau qu'elle demande.
Si c'est bien ma
compréhension, là, si je le comprends bien, je pense qu'il s'agit d'une demande
honnête et je pense que, si on veut
absolument faire référence à tout ce qui vient de se passer, je pense que le
ministre ne pourra certainement pas m'accuser de partisanerie. Je lui
demande d'accepter cette demande et je le fais tout simplement en tant que parlementaire voulant participer du mieux qu'elle
peut à une commission qui, effectivement, jusqu'à présent, se déroule
dans l'ordre.
Le Président (M.
Tanguay) : Oui. Il y a le député de La Peltrie qui voulait
intervenir. Alors, M. le ministre, vouliez-vous... c'est votre droit. Ou vous
laissez aller le député de La Peltrie d'abord?
M. Barrette :
M. le Président...
Le Président (M.
Tanguay) : Question de directive, le député de La Peltrie.
Caire : ...parce que
ça fait trois fois que je vous entends dire : sur l'alinéa. Donc, vous
reconnaissez les droits de parole que nous avons eus précédemment sur
l'alinéa.
Le Président (M.
Tanguay) : Tout à fait.
Caire : Donc, nous
sommes en train de discuter, donc, selon la directive du président, du premier
alinéa, du premier article. Et ce que
j'entends, c'est des commentaires sur une motion de report. Donc, vous avez déjà
statué que nous étions à l'étape de discuter. On ne peut pas contester
la décision de la présidence, à ma connaissance.
Donc,
j'aimerais, M. le Président, qu'on reconnaisse que vous avez statué que nous
avions entamé les discussions sur le
premier alinéa du premier article, de par la façon dont vous avez donné les
droits de parole. Et là on ne peut pas contester
la décision du président, c'est le règlement de l'Assemblée. Alors, j'aimerais avoir des directives parce que
là on est en train de contester votre décision, M. le Président, là.
Président (M. Tanguay) :
Mais, M. le député de La Peltrie, je ne me sens pas contesté, ni ma décision. Je
n'ai pas devant moi de motion de report de
quiconque. Je n'ai pas de motion de report devant moi. Ce qui est devant nous,
comme parlementaires, c'est le débat
sur l'alinéa premier de l'article 1. Chaque collègue a 20 minutes pour s'exprimer;
il y a encore beaucoup de temps à chacun d'eux. Nous ne voterons pas
l'alinéa un à l'article 1 séparément de l'alinéa deux,
article 1. On vote, comme vous le savez mieux que
moi, l'article dans son ensemble. On suggère de peut-être, moyennant communication de documents, revenir à l'alinéa un un peu plus tard, mais
ça, ça appartient à la commission. On n'a pas statué là-dessus. Alors, on n'a pas de motion de report devant
nous, on continue le débat sur l'alinéa un, et je suis prêt à
reconnaître, donc, des collègues en ce sens-là. Oui, M. le député de La Peltrie.
Caire :
...question de directive, M. le Président. Je comprends que quiconque prend la
parole depuis tout à l'heure est sur son 20 minutes de discussion sur l'article
Le Président (M.
Tanguay) : Oui. Alinéa un.
Caire :
L'alinéa un de l'article 1.
Le Président (M.
Tanguay) : Tout à fait.
Caire : Merci, M.
le Président.
Le Président (M. Tanguay) : Qui, soit
dit en passant — on pourra donner les chiffres — avait
débuté hier, avant les premiers amendements,
et ainsi de suite, mais beaucoup de temps demeure encore. Alors, je suis prêt à
reconnaître un parlementaire sur l'alinéa premier de l'article 1. M. le
député de Rimouski.
M. LeBel :
Je rappelle la proposition qu'on fait au ministre. Ce qu'on lui dit, c'est
qu'on ne reviendra pas sur l'alinéa un de l'article
1, on passe à l'autre alinéa