Labour and the Economy — 26 September 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2017-09-26
Quebec — Committees
peut-être que vous le saviez moins, mais il y a quelques années à peine, six
ans à peine, Yoshua Bengio, le nom qu'on entend souvent, là, le
chercheur à l'Université de Montréal qui est très... une collaboration avec
plein de chercheurs à travers le monde, il
est un des créateurs du domaine de l'intelligence artificielle et de
l'apprentissage profond, il y a six
ans, il avait de la difficulté à obtenir des subventions de recherche. Ça sert
à quoi, les mathématiques appliquées, l'intelligence artificielle? C'est
un peu un chercheur qui est dans les nuages, là, puis il n'est pas très, très,
très terre à terre. Maintenant, il est très
populaire, tout le monde le veut, et on veut, bien sûr, le garder au Québec.
Qui a financé ses recherches, très tôt, en mathématiques et en
mathématiques appliquées? C'est différents organismes au fédéral et au
provincial et, au provincial en particulier, le fonds Nature et technologies.
Donc ça montre l'importance d'investir en recherche
non dirigée, en recherche fondamentale, parce qu'on ne sait jamais quelle est
la prochaine grande découverte et quel va être l'impact de cette grande
découverte là sur notre société, donc vraiment très important.
l'intelligence artificielle, le numérique, bien sûr, est très, très inscrit. Il
est inscrit dans la Stratégie québécoise de recherche et d'innovation, dans la stratégie québécoise sur le
numérique, même dans la Politique nationale de recherche et innovation
qu'on avait avant. Donc, vraiment très, très, très important. C'est un secteur
important. Il faut continuer à investir. Mais en même temps il faut investir
aussi dans la recherche non dirigée, très important.
Donc, encore une
fois, ça démontre l'importance de soutenir la recherche libre et fondamentale
pour mieux comprendre le monde dans lequel
nous visons, pour générer l'innovation et faire émerger des nouveaux domaines
inconnus à ce jour qui positionneront le
Québec de demain sur l'échiquier mondial. Dans le domaine de l'intelligence
artificielle, d'après Montréal
International, il y a présentement 75 000 emplois à Montréal qui sont
associés au secteur de l'intelligence artificielle.
titre de scientifique en chef du Québec, je préside les trois Fonds de
recherche du Québec. Aujourd'hui, ce matin, on va parler un peu plus du fonds Nature et technologies, qui couvre les
sciences naturelles, le génie, les mathématiques, la chimie, la
physique, tous ces domaines qui sont très, très stimulants, très le fun, mais
des fois un peu abstraits pour le commun des mortels.
Toutefois
difficile de dissocier ce fonds des deux autres. Bien, lorsque mon poste a été
créé, un des objectifs était d'amener
les gens de différentes disciplines, des experts de différentes disciplines à
travailler mieux et plus ensemble. Donc, vraiment, il va y avoir beaucoup de recoupements de ce qu'on va dire ce
matin et ce qu'on va dire plus tard en après-midi.
Brièvement,
mon mandat comme scientifique en chef du Québec : conseiller, conseiller
de la ministre en titre, la ministre
Dominique Anglade, et je cite la loi n° 130, qui avait créé mon
poste : «Le scientifique en chef conseille le ministre — ou la ministre — en matière de développement de la recherche
et de la science. Il agit, conformément au mandat que lui confie le
ministre, de manière à assurer le positionnement et le rayonnement du Québec
aux plans canadien et international.» Donc
aussi le volet international, très important dans ma mission. Donc, mon rôle de
conseiller... Et, bien sûr, c'est un
rôle de conseiller. Vous êtes les élus, c'est les élus, en bout de piste, qui
décident des décisions, les meilleures décisions
à prendre, les nouvelles lois à produire pour notre société. Et moi, je donne
des avis, des conseils sur différents aspects de tout ce qui touche la
recherche et l'innovation au Québec.
Par exemple, tout ce
qui est accès aux données administratives, aux données gouvernementales, on a
travaillé beaucoup, notre équipe, à fournir des informations au gouvernement du
Québec par rapport à l'accès aux données administratives du gouvernement du
Québec. C'est un domaine très important. Implication aussi dans la stratégie de
recherche et innovation, dans la stratégie
des sciences de la vie qui ont été dévoilées l'an dernier. Participer à
plusieurs consultations aussi pour la politique internationale du gouvernement
du Québec, la culture numérique, la stratégie sur l'agriculture qui se
développe présentement, sur la radicalisation de notre société, etc.
Aussi,
j'ai été le seul représentant du Québec sur un comité du gouvernement fédéral,
le gouvernement Trudeau, qui
regardait les investissements en recherche fondamentale au Canada et le
positionnement du Canada à l'international. Donc, on a produit un rapport qui a été dévoilé en avril dernier,
rapport qu'on appelle le rapport
Naylor, qui demande... qui suggère fortement au gouvernement fédéral de
réinvestir dans les trois conseils subventionnaires fédéraux.
côté canadien et international, je participe à plusieurs missions avec nos
chercheurs pour faciliter la présence, l'implication
de chercheurs du Québec de tous les niveaux, qu'ils soient du collège ou
des universités et du secteur privé... peuvent être impliqués dans les grands réseaux
internationaux et pas seulement être impliqués dans les grands réseaux, mais les diriger. C'est encore mieux si, dans
certains cas, ils peuvent le diriger. Participer à plusieurs
missions du premier ministre, en commençant par M. Charest, par la suite
Mme Marois, et maintenant M. Couillard, plusieurs missions du premier
ministre et d'autres ministres lorsqu'il y a une dimension recherche,
innovation et économie.
Plusieurs initiatives
internationales, on a un réseau, maintenant, de scientifiques en chef à travers
le monde — je suis le seul francophone — et
c'est un petit groupe d'une dizaine de personnes, et je fais
partie de la
création de ce réseau-là à l'international.
Plusieurs
représentations aussi pour attirer
des organisations internationales au Québec. Un exemple, le siège social
de Future Earth, le futur de notre planète, le bureau-chef est basé à Montréal,
et j'avais travaillé beaucoup avec la ministre
actuelle, Dominique Anglade, lorsqu'elle était à Montréal International, pour
attirer le siège social ici, à Montréal, avec des partenariats partout à
travers le monde.
Et, un petit
détail, on vient d'engager la nouvelle directrice de Future Earth. Cette
directrice-là, c'était la personne, dans
le cabinet du président Obama, qui faisait les recommandations par rapport aux
changements climatiques. Donc, d'attirer une personne comme ça au Québec, c'est
tout simplement fabuleux. Elle a un carnet d'adresses qui est tout à
fait exceptionnel. Peut-être qu'elle était
moins bienvenue aux États-Unis maintenant, mais ici elle est très bienvenue, au
Québec.
Bien sûr
aussi des ententes de partenariat en recherche avec différents pays. On dit
souvent : Le Québec est très performant
en recherche, mais en même temps on est petit, hein, si on se compare à
l'international, on est une banlieue de Tokyo, ou à peu près, ou de Shanghai. Donc, vraiment, de participer à
l'international pour augmenter l'impact de notre recherche, de nos innovations, c'est tout à fait essentiel, en particulier
sur des grands défis de société que sont, par exemple, les changements climatiques, je l'ai déjà
mentionné, les changements démographiques et le vieillissement de notre
société. Le Québec est une société
vieillissant très rapidement, donc il faut trouver des nouvelles façons de
faire pour s'assurer d'un
vieillissement réussi, que les personnes plus âgées vont continuer à participer
aux activités de notre société, que ce soit du côté économique ou du
côté culturel, innovation sociale, mentorat, et autre.
Aussi, d'après la loi n° 130, je coordonne
les enjeux communs des trois fonds de recherche, et c'est pour ça, aujourd'hui,
finalement, que ça va être assez répétitif, ce qu'on va vous dire, parce que je
pense qu'on a réussi à bien amalgamer les
trois fonds de recherche. Bien sûr, on a nos trois conseils d'administration,
indépendants un de l'autre, mais les trois travaillent de plus en plus
étroitement ensemble, en particulier sur des grands projets de recherche
intersectoriels. Donc, vraiment, ici, en termes d'enjeux communs, de priorités
transversales, comme, par exemple, la formation
de la relève, peut-être former nos jeunes, former les chercheurs de demain un
peu différemment de la façon dont
nous, on a été formés. Oui, bien sûr, devenir spécialiste en biochimie, mais
aussi connaître un peu plus la gestion, l'éthique, etc.
À l'intérieur
de nos budgets des cinq dernières années de mon mandat, les fonds ont soutenu
un certain nombre d'initiatives
intersectorielles, donc des mariages entre ces différentes disciplines là. Et
un des réseaux qu'on a soutenus est le réseau québécois en recherche
maritime, qui est basé à l'Université du Québec à Rimouski, et Maryse est très
impliquée avec ces équipes-là.
Donc, enfin, la loi n° 130 prévoit aussi
que le scientifique en chef... d'harmoniser tout ce qui est ressources humaines, financières, administration, ressources
informationnelles des trois fonds de recherche, et ça, c'est à peu près complété aujourd'hui. Une des choses qu'on a
faites, c'est qu'on avait deux bureaux à Montréal, on en a fermé un,
donc maintenant on a la moitié du personnel à Québec, l'autre moitié à
Montréal.
L'harmonisation,
ça nous a permis de créer de nouveaux services sans augmenter le nombre
d'employés, même ça a diminué un peu depuis cinq ans, et ça a permis de
créer le service des affaires juridiques et légales, avec Mylène Deschênes, et aussi créer le service des grands
défis de société et de la recherche intersectorielle. Donc, deux
services nouveaux qui ont été créés pour
mieux se positionner par rapport à tout ce qui est conduite responsable en
recherche, éthique et aussi recherche intersectorielle.
Donc, on a fait plus avec moins. Les frais de
fonctionnement des trois fonds de recherche sont passés de 7 % en 2011 à moins de 6 % en 2017. Le nombre
d'employés des trois fonds, globalement, est passé de 123 à 118 en 2017,
tout en créant, encore une fois, deux
nouvelles directions. Pour le fonds NT, le nombre d'employés est passé de 39 à
37, et on a bien suivi, bien sûr, les
recommandations de la loi n° 100, les recommandations du Conseil du trésor
en termes d'heures, de nombre
d'heures travaillées et on n'a jamais eu de blâme du Vérificateur général.
Donc, vraiment, on a réussi à bien harmoniser les trois fonds de
recherche.
La dernière
étape maintenant, c'est le système FRQnet, qu'on appelle. C'est vraiment tout
ce qui est ressources informationnelles. On a harmonisé tout ça tout en
gardant certaines spécificités pour chacun des fonds, parce qu'en recherche ça prend de la flexibilité. On ne peut
pas avoir une formule qui règle tous les problèmes. Il faut vraiment
être sensibles aux chercheurs, aux milieux
d'accueil et aux cultures de chacun des grands secteurs de recherche au Québec.
Donc, flexibilité est une richesse pour la recherche.
Le modèle des
Fonds de recherche du Québec est assez unique ici, au Québec,
mais à travers le monde aussi. Donc, maintenant, on commence à inspirer d'autres juridictions. Il
devrait y avoir aujourd'hui, en fin de journée aujourd'hui, l'annonce
de la nomination d'un scientifique en chef au Canada — et ce
n'est pas moi, là, sinon je ne serais pas ici — et il devrait y avoir aussi, d'ici quelques
semaines, l'annonce de la création d'un poste de scientifique en chef en
Ontario. Donc, très bientôt, on va avoir des collègues, et ils ont copié ce
qu'on a fait ici, au Québec, en disant : Oui, c'est vrai, c'est important, de nos jours, d'avoir des
experts ou enfin s'appuyer sur des experts en recherche et innovation
pour améliorer, p