Transportation and the Environment — 17 March 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CTE 2022-03-17
Quebec — Committees
(Onze
heures vingt-cinq minutes)
Présidente (Mme Grondin) : Donc, à
l'ordre, s'il vous plaît! Bonjour, chers collègues. Ayant constaté le quorum,
je déclare la séance de la Commission des transports et de l'environnement
ouverte.
La Commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 102, Loi
visant principalement à renforcer l'application des lois en matière
d'environnement et de sécurité des barrages, à assurer une gestion responsable
des pesticides et à mettre en oeuvre certaines mesures du Plan pour une
économie verte 2030 concernant les véhicules zéro émission.
M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire :
Oui, Mme la Présidente. M. Lamothe (Ungava) est remplacé par M. Lefebvre
(Arthabaska); M. Fortin (Pontiac) est remplacé par M. Rousselle
(Vimont); et M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine) est remplacé par Mme Perry
Mélançon (Gaspé).
Présidente (Mme Grondin) : Donc, lors de
l'ajournement de nos travaux, en février, la commission venait d'adopter
l'article 104 du projet de loi. Nous en sommes donc à l'étude de
l'article 105. M. le ministre, je vous invite à en faire la lecture, s'il
vous plaît.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. D'abord, mes salutations. Content de vous
retrouver, content de retrouver les collègues, autant de la
partie des... en
fait, des partis d'opposition que des collègues gouvernementaux, les gens qui
nous accompagnent aussi. On s'est ennuyés, hein, après quelques semaines, on
s'est ennuyés.
Donc,
article 105 :
L'article 115.31 de
cette loi est modifié :
1° dans le premier
alinéa...
Et peut-être, Mme la
Présidente, juste vous rappeler, il est avec amendement. Donc, je lis l'article
original, dans un premier temps, pour ensuite lire l'amendement proposé.
Présidente (Mme Grondin) : ...
M. Charette :
C'est bien gentil. Donc :
1° dans le premier
alinéa :
a) par le
remplacement, dans le paragraphe 1°, de «au premier alinéa de
l'article 30, à l'article 31.0.5.1,» par «aux premier et deuxième
alinéas de l'article 30, au deuxième alinéa de l'article 31.0.5 de
l'article»;
b) par la
suppression, dans le paragraphe 1°, de «55,»;
c) par le
remplacement, dans le paragraphe... dans le deuxième, de «dans l'environnement,
conformément à» par «ou d'une matière dangereuse dans l'environnement
conformément au premier alinéa de»; et
d) par
le remplacement, dans le paragraphe 4°, de «de l'article 31.0.5,» par «du
premier alinéa de l'article 31.0.5 ou de l'article»;
e) par le
remplacement du paragraphe 6° par le suivant :
«6° fournit une
information fausse ou trompeuse pour l'application de la présente loi et de ses
règlements;»;
f) par la
suppression du paragraphe 8°;
2° par la
suppression du deuxième alinéa.
Et le
commentaire :
L'article 115.31 prévoit les infractions dont la
gravité correspond à la catégorie B du cadre général d'application diffusé sur
Internet.
Des modifications
sont apportées à cet
article en concordance avec celles effectuées aux
articles 21 et 30. Il est également modifié pour corriger une erreur de
renvoi en référant à l'article 31.0.5 plutôt que 31.0.5.1 ainsi que pour
supprimer la référence à l'article 55 qui a été abrogé en
Le paragraphe 6° est
également reformulé pour prévoir une infraction générale pour avoir fourni de
l'information fausse ou trompeuse, à des fins d'uniformisation avec les autres
lois visées par la nouvelle loi, ce qui permet de supprimer le paragraphe 8°.
Enfin, le deuxième
alinéa est abrogé puisque repris à l'article 53 de la nouvelle loi proposé
par l'article 1 du projet de loi.
Et si vous me permettez, je ferais la lecture de
l'amendement, qui est relativement court. Donc, ce serait de remplacer le
sous-paragraphe b du paragraphe 1° de l'article 105
du projet de loi par le suivant :
«
b) par le
remplacement, dans le paragraphe 1°, de "55" par "51.1";».
Et le commentaire : Cet amendement vise à
prévoir l'infraction qui sera applicable aux interdictions prévues par le
nouvel
article 51.1 de la
Loi sur la qualité de l'environnement introduit
amendement précédemment, soit une infraction de catégorie B.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le ministre.
Peut-être juste avant de vous céder la parole, Mme la députée, je voudrais
peut-être juste vous... Parce que, là, je constate que je ne vous ai pas fait
part des nouvelles mesures de distanciation physique énoncées par la Santé
publique. Donc, je vais prendre deux minutes pour le faire.
Le port du masque reste obligatoire lorsque vous
êtes en déplacement, mais vous pouvez le retirer lorsque vous êtes assises à
votre place ou assis à votre place.
Je vous invite à garder le même siège tout au
long de la séance et à respecter la distanciation d'un mètre entre chaque
place. Si vous ne pouvez pas respecter ce un mètre, donc, le port du masque
devient obligatoire.
Et enfin les personnes qui sont assises dans les
tribunes du public, le port du masque reste obligatoire.
Donc, allez-y, Mme la députée de Verdun. Je vous
cède la parole.
Mme Melançon : Bien, à mon tour de
vous saluer, Mme la Présidente, de saluer, bien sûr, le ministre, les gens qui
l'accompagnent, la collègue de Gaspé. Bonjour. C'est bon de revoir nos visages
en entier quand même. Je suis désolée pour les gens qui sont dans les
tribunes... avez dû vous recouvrir, mais, quand même, on peut mieux lire aussi
les sourires, les approbations. C'est un peu plus facile à l'oeil.
Tout d'abord, Mme la Présidente, je voudrais
simplement... parce qu'on s'est quittés, quand même, à quelque part en février.
Je voudrais juste revenir sur la catégorie B parce que c'est de la catégorie B
dont il est question, là. Peut-être juste nous remettre dans le cadre général,
la catégorie B, de quoi il était question.
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, y a-t-il
consentement pour que le sous-ministre... Oui, effectivement. Donc, je vous
invite à vous présenter, mon cher.
M. Rousseau
(Michel) : Oui, Michel Rousseau,
sous-ministre adjoint à l'Environnement.
En fait, si on se rappelle... Il y a
essentiellement... Bon, la catégorie A était la catégorie où les manquements
sont punis le plus sévèrement. La catégorie B arrive en deuxième et la
catégorie B réfère, en général, à des manquements qui ont lieu par rapport à ne
pas avoir fait les activités sans avoir eu l'autorisation requise. Donc,
souvent, la catégorie B va référer à des
activités qui sont faites sans autorisation et autres manquements qu'on juge de
ce niveau-là.
Puis, comme
j'expliquais, les catégories A, B, C, D, c'est vraiment une gravité objective
qui est évaluée par un groupe. Et
chaque fois qu'on modifie une loi, un règlement, on place les manquements dans
les catégories qui correspondent même si... tu sais, dans le but de
garder une uniformité. Donc, chaque fois qu'il va y avoir un manquement relié à
ne pas avoir fait une activité sans avoir son permis, ça va toujours être dans
le B. Donc, c'est essentiellement cette catégorie-là, là, qui... Je ne sais pas
si Mme la légiste veut compléter ou pas, mais, je pense, ça fait le tour.
Mme Melançon : Parfait, merci
beaucoup, juste qu'on se remette un peu dans le bain. J'aimerais simplement
savoir est-ce que c'était un oubli... Pourquoi l'amendement exactement? Parce
que, là, je comprends qu'elle vise à prévoir l'infraction qui sera applicable
aux interdictions, mais je le sentais déjà dans la catégorie B. Je tente
simplement de comprendre pourquoi cet amendement.
Mme Grignon (Karine) : Je suis
mélangée dans les micros.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, il y a consentement
pour que la légiste puisse intervenir? Consentement. Je vous invite à
vous présenter, s'il vous plaît, maître.
Mme Grignon (Karine) : Oui,
Karine Grignon, ministère de la Justice, avocate.
En fait, c'est l'interdiction qui a été
rajoutée, là, pour certains appareils, là, sur des véhicules. Donc, étant donné
que c'est un nouvel
article qui a été introduit, là, il faut énumérer
l'article. Là, c'était 51 qui apparaissait, là, de mémoire. Donc, on rajoute
51.1 pour être sûrs que tous les articles concernés, là, sont visés par
l'infraction.
Mme Melançon : Dans le fond,
c'est parce qu'on vient l'ajouter tout simplement?
Mme Grignon (Karine) : Exactement.
Mme Melançon : O.K., O.K.,
O.K., c'est pour ça que je me demandais si on venait de changer de catégorie ou
si... Parfait. Donc, pour moi, ça va. Puis, pour le reste, c'est de la
concordance, là, qu'on voit dans l'article 105 non amendé, là. Donc, pour
moi, ça convient, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Y a-t-il
d'autres interventions sur l'amendement? Ça va. Donc, est-ce que
l'amendement est adopté?
Présidente (Mme Grondin) : Donc,
l'amendement à l'article 105 est adopté. Nous revenons à
l'article 105 tel qu'amendé. Y a-t-il des interventions? Ça va. Est-ce que
l'article 105, tel qu'amendé, est adopté?
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc,
l'article 105, tel qu'amendé, est adopté. Nous poursuivons avec
l'article 106. M. le ministre.
M. Charette : Effectivement,
avec un amendement également.
La Présidente
(Mme Grondin) : Avec un amendement,
effectivement.
M. Charette : Donc, je lis
l'article original. Merci, Mme la Présidente.
L'article 115.32 de cette loi est
modifié par le remplacement du paragraphe 2° par les suivants :
«2° étant responsable d'un rejet accidentel d'un
contaminant ou d'une matière dangereuse, fait défaut de faire cesser le rejet,
conformément au paragraphe 1° du deuxième alinéa de
l'article 21;
2.1° étant responsable d'un rejet accidentel
d'un contaminant, fait défaut de récupérer, de nettoyer ou de traiter sur place
les matières contaminées par le rejet ou d'enlever les matières contaminées de
la zone affectée par le rejet et de les expédier vers un lieu autorisé,
conformément au paragraphe 2° du deuxième alinéa de l'article 21;»
Et le commentaire :
L'article 115.32
prévoit des infractions dont la gravité est la plus élevée et correspond à la
catégorie A du cadre général d'application diffusé sur Internet.
Cet
article est modifié en concordance avec les
modifications apportées à l'article 21 auquel il est fait référence.
Et, l'amendement, je le lis à l'instant. Donc,
ce serait de remplacer l'article 106 du projet de loi par le
suivant :
L'article 115.32 de cette loi est
modifié :
1° par le
remplacement, dans le paragraphe 1°, de «, 65.3, 70.5.1,» par «ou 65.3, au
premier alinéa de l'article 70.5.1 ou à l'article»; et
2° par le remplacement du paragraphe 2° par
les suivants :
«2° étant responsable d'un rejet accidentel d'un
contaminant ou d'une matière dangereuse, fait défaut de faire cesser le rejet,
conformément au paragraphe 1° du deuxième alinéa de l'article 21;
«2.1° étant responsable d'un rejet accidentel
d'un contaminant, fait défaut de récupérer, de nettoyer ou de traiter sur place
les matières contaminées par le rejet ou d'enlever les matières contaminées de
la zone affectée par le rejet et de les expédier vers un lieu autorisé,
conformément au paragraphe 2° du deuxième alinéa de l'article 21;».
Et le commentaire : Cet amendement vise à
prévoir un ajustement à l'infraction concernant l'article 70.5.1
puisqu'elle ne concerne que le premier alinéa.
La Présidente (Mme Grondin) : Merci,
M. le ministre. Donc, y a-t-il des commentaires? Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : Oui. Avant, c'était
plus facile de vous faire signe, Mme la Présidente, parce qu'on enlevait
doucement le masque, et ça envoyait un signal. Donc là, il faut que je me
remette un petit peu dans le bain en ayant un petit visuel avec vous. J'en
suis... Je viens d'en prendre conscience.
Parce que
l'amendement est assez important à ce moment-ci, j'aimerais simplement qu'on
m'explique pourquoi cet amendement arrive à ce moment-ci et pourquoi
n'était il pas préalablement introduit, donc, dans l'article 106 tel que
présenté?
La Présidente (Mme
Grondin) : Allez-y, maître.
Mme Grignon (Karine) : Oui. En fait,
on ajoute le paragraphe 1°, là.
Le paragraphe 2° était déjà présent,
là. Donc, c'est tout simplement pour s'assurer de la concordance avec la
sanction administrative pécuniaire, donc, pour que le montant soit la même
catégorie d'infraction, en fait, que la sanction administrative pécuniaire.
Donc, en ajoutant tout simplement le premier alinéa, on s'assure que cette
catégorisation-là est la même. Donc, c'était une petite erreur qui s'était
glissée, là, dans le texte initial.
Mme Melançon : D'accord, et parce
que, finalement, c'est ce que nous avions préalablement autorisé, dans le fond.
Quand on avait vu chaque tranche d'infraction, là, on en avait parlé
préalablement. Donc, on avait juste omis de le mettre. C'est ce que je comprends?
Mme Grignon (Karine) : C'est ça. En
fait, ce qu'on a étudié pour la sanction administrative pécuniaire, ça
correspondait à un autre... bien, à ce niveau de gravité là d'infraction. Et
puis là, maintenant, avec l'infraction qu'on étudie... Parce que, là, on est
dans les infractions pénales puis on a étudié les articles de sanctions
administratives pécuniaires un petit peu plus tôt, là. Donc, pour s'assurer que
le premier alinéa, ce soit vraiment le même degré, niveau de gravité, là, en fait, et pour la SAP et pour
l'infraction, donc, on vient juste apporter la petite précision du premier
alinéa.
Mme Melançon : Parfait. Donc, on est
dans de la concordance de A à Z. Il n'y a pas de nouveauté à ce moment-ci.
D'accord, ça va pour moi, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Grondin) : Parfait,
y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement à l'article 106? Est-ce
que l'amendement est adopté?
Présidente (Mme Grondin) :
Donc, l'amendement est adopté. Nous revenons à l'article 106 tel
qu'amendé. Interventions? Oui, Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : Bien, à ce moment-ci,
dans ce qu'on est, dans l'article 106, je veux simplement revenir au
deuxième paragraphe : «Étant responsable d'un rejet accidentel d'un
contaminant ou d'une matière dangereuse, fait défaut de faire cesser [les
rejets], conformément...» Ça aussi, on en a parlé préalablement. On avait
parlé... Et c'est la même chose. Donc, on était, à ce moment-là, dans le...
Ici, on est dans le pénal, puis on était dans le pécunier préalablement, puis
on vient juste asseoir encore une fois les deux infractions pour qu'il y ait
une concordance. C'est ce que je comprends?
Mme Grignon (Karine) : Oui,
exactement. En fait, c'est comme des dispositions miroirs. Donc, il faut
prévoir le kit sanctions administratives pécuniaires. Il faut énumérer tous les
articles qui sont concernés puis il faut refaire le même travail pour les
infractions pénales. Ça fait que, oui, effectivement, c'est répétitif, mais
chaque type de sanction a son énumération miroir.
Mme Melançon : Parfait. Puis ce que
je comprends, c'est qu'il n'y a pas de différence, justement, puisque c'est
miroir. C'est exactement la même chose. On vient calquer, dans le fond, ce
qu'on a fait d'un côté vers... bien, du pénal vers le pécunier.
Mme Grignon (Karine) : Exactement.
Mme Melançon : Parfait. Merci.
Présidente (Mme Grondin) :
Y a-t-il d'autres interventions
sur l'article 106 tel qu'amendé? Donc, est-il adopté?
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, il est adopté, l'article 106 tel
qu'amendé.
Donc, nous sommes rendus à la
section 5.4
du bloc 5, donc, qui porte sur les ordonnances. Avant de commencer les
articles, j'aurais besoin de deux consentements, d'une part, un consentement
parce qu'aux articles 22.1 et 22.2 ce
sont des articles introductifs. Donc, j'aurais, d'une part, besoin d'un
consentement pour ces amendements-là. Est-ce que vous me suivez? Oui?
Et, dans notre plan travail initial, l'article... l'amendement à l'article...
qui introduit l'article 22.2 n'était pas là. Donc, j'aurais besoin d'un
deuxième consentement pour... Ça vous convient? Donc, il y a un consentement.
Donc, M. le ministre, je vous invite à en faire la lecture. On va commencer par
l'article 22.1.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Donc, 22.1 :
L'article 25 de cette loi est modifié par la
suppression du dernier alinéa.
22.2. Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 25, des suivants :
«25.1. Le ministre peut réclamer de toute
personne visée par une ordonnance les frais directs et indirects afférents à
l'émission de l'ordonnance.
«Lorsque l'ordonnance est contestée devant la
Cour supérieure, la réclamation est suspendue jusqu'à ce que la cour confirme
l'ordonnance en tout ou en partie.
«25.2.
En cas de non-respect d'une ordonnance,
le ministre peut la faire exécuter aux frais du contrevenant.
«Ces frais et les intérêts qui en découlent
constituent une créance prioritaire sur tout immeuble privé concerné, au même
titre et selon le même rang que les créances visées au paragraphe 5° de
l'article 2651 du Code civil.
«Les
articles 2654.1 et 2655 du Code civil s'appliquent, en faisant les
adaptations nécessaires, à une telle créance.»
Commentaires : Cet amendement vise à
permettre au ministre d'exécuter une ordonnance aux frais du contrevenant sans devoir passer par le tribunal.
Il vise aussi à permettre la réclamation des frais afférents à une telle
exécution en plus des frais engagés pour procéder à l'émission d'une
ordonnance. Ces articles s'inspirent des articles 69.3 et 69.4 récemment
adoptés par le
chapitre I des lois de 2021.
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, merci, M. le ministre.
Donc, Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : Oui, merci beaucoup,
Mme la Présidente. Donc, ici, lorsqu'on est dans l'ordonnance, ce que je me... ce
que je comprends, c'est qu'on veut y aller de façon plus rapide possible. Donc,
c'est pour faire arrêter justement quelque chose, un déversement quelconque
ou... Bref, on veut aller en toute rapidité. On veut pouvoir faire cesser...
Et, dans le cas qui nous est, donc, déposé ici, c'est de «faire exécuter aux
frais du contrevenant». Mais, quand on parle
de «faire exécuter aux frais du contrevenant», est-ce que ce sont les travaux
de décontamination à ce moment-ci ou si c'est vraiment de faire arrêter
l'urgence pour pouvoir voir par la suite, juste qu'on... s'il vous plaît.
Présidente (Mme Grondin) : M. le
sous-ministre, allez-y.
M. Rousseau (Michel) : Oui. Ici, on est dans la
Loi sur les espèces
menacées ou vulnérables. Donc, c'est l'équivalent, finalement, de ce qu'on
s'est donné comme pouvoirs dans la LQE, la
Loi sur la qualité de
l'environnement, mais pour les espèces menacées et vulnérables. Donc, je dirais
qu'actuellement ce n'est pas... Les ordonnances,
dans ce domaine-là, n'ont pas été utilisées beaucoup, mais c'est un peu un
copier-coller de ce qui a été fait aussi
dans la
loi sur la conservation et protection de la nature. Donc, c'est le même
genre d'approche, là, qui serait utilisé.
Mme Melançon : Prenons un
exemple. On peut parler ici, par exemple, du caribou forestier?
M. Rousseau
(Michel) : Non.
Mme Melançon : Pouvez-vous me
donner un exemple, dans ce cas-là, d'à quoi servirait l'ordonnance avec les
espèces vulnérables... menacées ou vulnérables?
M. Rousseau (Michel) : D'accord. En fait, le caribou forestier, évidemment, c'est
une espèce faunique qui est couverte par le ministère de la Forêt, Faune et
Parcs, là. Donc, on est vraiment dans les espèces animales. Donc, ça pourrait
être tous travaux qui ont pu avoir lieu dans des endroits où il y a des espèces
menacées ou vulnérables soit pour recréer un habitat soit pour remettre en
place des plantes comme celles-là. Donc, ce serait vraiment un endroit qui
aurait été... un peu ce qui est fait dans les milieux humides, là, quelqu'un
peut détruire un milieu humide illégalement, on va lui demander de le
restaurer. Dans ce cas-ci, c'est plus spécifique à détruire un milieu où il y a
des espèces menacées. Donc, c'est un
article qui s'apparente beaucoup à ce
qu'on fait dans les milieux humides. Puis, dans les milieux humides,
effectivement, il y a eu des cas d'ordonnances où on demande de restaurer le
milieu humide. Souvent, la première chose à faire, c'est de boucher les fossés
pour que ça arrête de se drainer. Puis, après ça, selon, là, ce qu'il y a eu de
fait, c'est de remettre sur place les mêmes espèces qu'il y avait là. Donc, ça
serait des exemples, là, qui pourraient être utilisés.
Mme Melançon : Est-ce que la
rainette fait
partie de ces espèces?
M. Rousseau
(Michel) : La rainette, comme telle, est
une espèce faunique, là, qui est couverte par la Faune. Mais ça pourrait être
tout autre type de plantes, là, qui ont toutes des noms un peu exotiques, là,
mais... ici, l'arisème dragon. Il y a toutes sortes de... Les espèces menacées
ont souvent des noms intéressants, mais c'est vraiment plus pour les plantes,
Mme Melançon : Parfait, merci.
Et donc, si on est dans ces espèces menacées, j'imagine que, lorsqu'il y a une
ordonnance, on veut aller de façon plus rapide, de faire cesser d'abord les
travaux ou je ne sais pas quoi, là. Et, à partir du moment où on devient une
créance prioritaire, c'est donc qu'on veut se faire rembourser prioritairement
aussi des travaux qui auront été faits, si c'est le ministère qui doit procéder
aux travaux. C'est ce que je comprends?
M. Rousseau
(Michel) : Oui. Puis je vous donnerais un
exemple qui n'est pas dans ce domaine-là, parce qu'ils n'ont pas été utilisés
beaucoup, mais, justement, hier on parlait d'un dossier de décontamination de
sol qu'on a fait, et le ministère a une créance prioritaire qui... et là Me
Grignon va me corriger, mais qui se situe au même niveau souvent que les
créances des municipalités, au niveau des taxes, donc ce qui fait qu'on se paie
en premier, autrement dit, au prorata des créances, puis les municipalités
sont... On est au même rang, finalement, que les municipalités, alors
qu'auparavant on était un rang derrière. Donc, ce même type de créance là, qui
s'applique dans la LQE, qu'on utilise maintenant, s'appliquerait à ce
moment-là, puis on pourrait se faire effectivement rembourser avec une créance
sur le... par rapport au propriétaire qui aurait pu faire ces travaux-là.
Mme Melançon : Parfait. Et
cette créance-là, donc, c'est en créance prioritaire, c'est la nouveauté, là,
qu'on vient intégrer à l'intérieur de l'article. C'est ce que je comprends
aussi?
M. Rousseau
(Michel) : Juste répéter, s'il vous plaît?
Mme Melançon : Oui,
bien sûr. De devenir créancier prioritaire, j'imagine que c'est une nouveauté.
Donc, on vient...
M. Rousseau
(Michel) : Bien, en fait, c'est une
nouveauté pour la
Loi sur les espèces menacées ou vulnérables, mais c'est
comparable à ce qui avait été ajouté dans la LQE ou dans LCPN, les autres lois.
Donc, on est toujours dans la même dynamique. Et la
Loi sur les espèces
menacées ou vulnérables était comme un peu la
Loi sur les pesticides, une loi
sans nécessairement trop de mordant. Donc, en rajoutant tous les outils de
contrôle qui existent, qu'on a mis dans la
Loi sur la qualité de
l'environnement, aux espèces menacées, bien là on se donne des moyens plus
intéressants pour agir, là.
Mme Melançon : J'ai une
question puis je la pose, parce qu'on est... On suit aussi l'actualité, bien
sûr, depuis l'Assemblée nationale, là. Puisqu'on ouvrait la
Loi sur les espèces
menacées, est-ce qu'on n'aurait pas été en mesure d'aller
rechercher justement les espèces comme la rainette ou encore comme le caribou
forestier pour pouvoir intégrer... parce que ça devient complexe. Je posais la
question en connaissant la réponse, là. Vous avez vu, par mon sourire, tout à
l'heure... Mais est-ce que ce n'aurait pas été un moment approprié où on aurait
pu aller chercher ces espèces-là? Parce que, qu'on le veuille ou non, il y a un
certain... je ne dirais pas au bras de fer, là, mais il y a quand même un
travail qui se fait du côté de la Forêt, de Faune, puis il y a un travail qui
est fait du côté de l'Environnement, puis, à un moment donné, là, c'est un peu
confondant. Là, je comprends que le ministre de l'Environnement, lui, va travailler sur le territoire, alors que le
ministre de la Forêt et de la Faune va travailler sur, je vais dire ça comme
ça, la bibitte, la bête, l'espèce
menacée, mais là on est plus dans le faunique. À un moment donné, il faut
essayer de rapatrier tout ça.
Je trouve que ça aurait été un beau moment où
nous aurions pu, avec... tant qu'à réouvrir, là, tenter peut-être de faire cheminer vers l'Environnement, parce
qu'on va... C'est tellement proche. C'est tellement important de pouvoir
faire travailler les deux. On le voit, vous lisez les articles... Tout comme
moi, là, on le voit, qu'est-ce qui arrive actuellement avec le caribou forestier, par exemple, et il y a un certain bras de fer
entre deux ministères. Moi, je pense qu'il aurait été tout à fait
approprié à ce moment-ci de rapatrier des espèces pour qu'on cesse d'y avoir...
en tout cas, d'avoir confusion, d'abord, et aussi des délais qui deviennent à
un moment donné tellement déraisonnables, où on va voir l'extinction.
Puis je sais bien que, pour le caribou
forestier, par exemple, Mme la Présidente, tu sais, dans Charlevoix, ça
commence à être plus que dangereux. En Gaspésie, tout à fait, je vois la
collègue de Gaspé qui est avec nous, c'est aussi
le cas. Je sais qu'il y a eu des échanges de correspondance entre le ministre
fédéral de l'Environnement, et le ministre de la Forêt, et le ministre
de l'Environnement. Et je sais qu'actuellement on est en défaut, on va dire ça
comme ça, là, parce que... puis ce n'est pas en pelletant par en avant qu'on va
régler le problème. Au contraire, plus l'espèce est menacée, par exemple le
caribou forestier dans le cas actuel, bien, plus on essaie de reporter dans le
temps, mais on sait très bien que, malheureusement, on va vivre une vraie
problématique.
Donc, je pose la question, et elle est tout à
fait vraie, cette question-ci, là. Tout à l'heure, je posais la question avec la réponse, mais j'aimerais juste savoir si
ça a été... Est-ce qu'on s'est arrêtés à se dire : Est-ce qu'on devrait
peut-être ramener, réacheminer au ministère de l'Environnement les
espèces fauniques?
M. Charette : En fait, la question,
elle est très, très légitime, mais, en même temps, ce n'est pas uniquement la répartition
de compétences entre ministères, ce sont les lois elles-mêmes, et la faune a
son propre régime de loi, a ses règlements qui lui sont propres. Donc, même si
c'était l'Environnement qui avait la responsabilité de la faune, les lois ne
seraient pas les mêmes pour autant. Lorsqu'il est question du caribou, c'est
non seulement, actuellement, sous l'égide du MFFP, mais c'est également sous
une législation qui relève du MFFP.
Donc, il ne faut pas voir la répartition des
dossiers entre ministères autant que les régimes réglementaires ou législatifs,
là, qui couvrent ces espèces-là. Mais c'est vrai que, dans le cas de la
rainette, il y a quelques semaines, donc, il y avait...
en fait, quelques mois... qui avait fait un petit peu les manchettes, il pouvait
y avoir une certaine confusion parce que c'est le ministère de
l'Environnement qui a donné... Bien, c'est-à-dire, dans l'opinion publique,
hein, parce que c'est toutes des nuances qui sont très, très fines, on
rapportait, à juste titre, que le ministère de l'Environnement faisait
partie
des échanges pour une simple et bonne raison. C'est le ministère de
l'Environnement qui donnait les certificats d'autorisation pour les travaux,
mais la protection de l'espèce, même la rainette, c'était le MFFP. C'est la raison
pour laquelle, au cours des derniers mois, avec la nouvelle administration
municipale, avec le gouvernement fédéral et le ministère de l'Environnement, on s'est donné une feuille de route pour
comment assurer la suite des choses, en quelque sorte.
Et, pour ce qui est du caribou, effectivement,
je me souviens avoir reçu cette communication de mon collègue Steven Guilbeault
et je me suis empressé, et je pense l'avoir informé à ce moment-là, la
communication puis la relation est très bonne... je lui disais : Merci de
la lettre, je ne suis pas responsable de ce dossier-là, mais bien mon collègue
du MFFP. Donc, c'est la raison pour laquelle, là, les échanges se poursuivent
entre le ministre au fédéral... Le ministre de l'Environnement a ce volet-là sous
sa responsabilité. Ce n'est pas le cas au niveau québécois. Donc, les deux
ministères, là, autant le ministère fédéral que le ministère du Québec, là,
sont en discussion, là, pour voir comment aborder la suite des choses à ce
niveau-là.
Mme Melançon : Bien, vous savez, Mme
la Présidente, ça fait exactement mon point. Quand le ministre de
l'Environnement s'empresse de répondre au ministre fédéral en disant : Ça,
ce n'est pas ma responsabilité, alors que c'est juxtaposé, là, à un moment
donné, on ne peut pas... et c'est là où je trouve que ça crée de la confusion,
puis de la confusion, à un moment donné, ce n'est pas très, très bon, et ça
prend une
partie de leadership, puis, quand on est à moitié sur la clôture,
c'est dur d'exercer du leadership. Alors... Puis ce n'est pas une critique du
tout envers le ministre, là, je veux que ce soit très, très clair, mais il me
semble qu'on devrait se faciliter la tâche et demander justement...
Puis, quand on dit qu'un gouvernement, là,
parfois, ça travaille en silo, on a là un exemple tellement concret d'un
travail en silo où on se dit : Bien là, ça, c'est la Faune, puis, même si
ça venait du côté de l'Environnement, bien, il y a quand même une loi qui
régit... Je comprends tout ça, mais le ministre s'obstinerait avec lui-même, ce
qui serait probablement moins compliqué que s'obstiner avec une autre machine,
avec un autre ministre parfois, parce que je le sais, là, parfois on ne peut
pas être d'accord toujours avec nos collègues, puis j'espère que c'est comme
ça, parce que ça en prend, des désaccords, surtout quand on est face à la forêt
ou à la faune.
Pour moi, ce serait rassurant, du moins, que
j'entende du ministre qu'il y a eu cette réflexion-là, tout de même, de savoir
est-ce qu'on est en mesure de rapatrier les espèces menacées ou vulnérables,
qu'on parle fauniques, du côté, donc, de la forêt, vers le ministère de
l'Environnement, parce que, je vous le répète, la ligne est mince, les
certificats d'autorisation... Puis là ça reste que c'est avec la rainette, si
on donne un certificat d'autorisation... et venant du ministère de
l'Environnement, mais la rainette, elle est protégée par la faune. À un moment
donné, ça devient un peu un capharnaüm, et je ne trouve
pas que ça dessert bien l'espèce qui est menacée. Je ne trouve pas que ça
dessert bien les citoyens et les citoyennes qui souhaitent justement que nous
puissions faire la meilleure protection qui soit.
Puis,
habituellement, là, quand les espèces sont désignées menacées ou vulnérables,
c'est qu'il y a véritablement là un
danger, un danger de perdre une espèce, puis, pour certains... Et je le sais,
je l'ai déjà entendu, une microgrenouille, c'est comme ça qu'on appelle
la rainette dans certains patelins, là, je l'ai entendu : Voyons, ce n'est
pas grave, là, on ne va pas s'empêcher de bâtir quelque chose pour une
microgrenouille. Mais ça, ça s'appelle de la biodiversité, et la biodiversité,
bien, ça, c'est l'affaire du ministre de l'Environnement.
Alors, moi, je trouve, à ce moment-ci... parce
que, comme on est dans la loi des espèces menacées ou vulnérables, en tout cas,
je le lance. Puis là je le sais, que les travaux ne se feront pas parce qu'on
est en fin de mandat, là. On est à quelques mois... On se le disait hors micro
tout à l'heure, là, il y a quand même beaucoup de travail encore à faire, mais,
tu sais, le mois de juin, on va fermer les yeux, on va rouvrir, puis ça va être
la belle saison, Mme la Présidente, là. Donc, je sais très bien que les travaux
ne seront pas lancés en ce sens-là, mais je fais une proposition ici au
ministre. Puis la question, elle est... je vous le dis, elle est tout à fait
vraie et tout à fait sentie, est-ce qu'on a réfléchi à cette opportunité-là de
rapatrier justement les espèces menacées et vulnérables, donc, fauniques, vers
le ministère de l'Environnement? Et, si tel n'est pas le cas, est-ce que le
ministre trouve que ça pourrait être une bonne idée? Parce que je l'entendais
aussi dire : On s'est donné une feuille de route, là, avec le ministre
fédéral, pour les travaux. Moi, ce n'est pas ça que j'ai lu dans les journaux.
Donc, je veux juste m'assurer... D'abord, s'il y
a une feuille de route, peut-être que ça serait intéressant qu'on puisse
peut-être l'obtenir. Peut-être que ça va me rassurer déjà, là. Et, dans un
deuxième temps, j'aimerais bien entendre de la bouche du ministre si on a fait
la réflexion quant aux espèces menacées. Est-ce qu'il y a eu, minimalement, la
discussion ou la réflexion en ce sens-là?
La Présidente (Mme
Grondin) : M. le ministre.
M. Charette : Peut-être juste une
petite précision. Dans un premier temps, quand je parlais de feuille de route,
c'était dans le dossier de Longueuil avec la rainette, avec la municipalité de
Longueuil, avec le gouvernement fédéral et avec le ministère de
l'Environnement, et le MFFP est aussi, naturellement, là, de ces
discussions-là. Donc là, le plan de match est assez clairement établi, là, pour
la suite des choses.
Pour ce qui est du caribou forestier, c'est là
où je mentionnais : Les discussions entre le fédéral et le MFFP se
poursuivent. Le gouvernement... mais, en fait, mon collègue, de ce que je
comprends, est à démontrer les éléments qui sont mis en place, et il y a un
échange d'informations avec le gouvernement fédéral, mais je ne pourrais pas
malheureusement déposer... Ils sont à discuter de cet enjeu-là, ce n'est pas
arrêté à ce moment-ci.
Pour le reste, on a, à travers le projet de loi
n° 102, fait, à des dizaines de reprises, allusion au... à la LQE, la Loi
sur la qualité de l'environnement. C'est un petit peu notre loi phare au niveau
du ministère. Mais pour ce qui est du volet faunique, tout à l'heure, je disais
qu'ils avaient leur propre loi, c'est la
Loi sur la conservation et la mise en
valeur de la faune. Donc, c'est réellement une loi qui est distincte. Mais,
ceci dit, ce n'est pas un mur de Berlin infranchissable entre les deux
ministères, là, il y a énormément de collaboration. Mais les spécialistes, je
dirais, qui sont responsables de la faune, les biologistes, notamment, sont au
MFFP, ils ne sont pas au ministère de l'Environnement. On a aussi des
biologistes, on s'entend, mais ceux qui ont l'expertise au niveau faunique, ils
sont au MFFP. Mais les occasions de collaboration entre les deux ministères sur
ces enjeux-là sont constantes, parce qu'on peut parler de faune, donc du
caribou forestier, par exemple, mais le caribou forestier évolue dans un
environnement... On parlait de la rainette, c'est la même chose. Donc, il y a
des espaces de collaboration, là, qui sont très importants. Mais c'est deux
responsabilités qui...
Et je vous dirais, dans le temps, quand on regarde
au fil non pas des dernières années, mais des décennies, c'est des
responsabilités ministérielles qui se sont déplacées d'un ministère à l'autre,
donc c'est quelque chose qui, éventuellement, pourrait être envisagé, très,
très certainement. Mais la loi elle-même, bien, c'est-à-dire le secteur où la
faune à sa loi-cadre, un peu comme l'environnement à sa loi-cadre avec la LQE.
Mme Melançon : La question va
devenir de plus en plus pressante, qu'on fasse cette réflexion-là à cause des
changements climatiques, Mme la Présidente, notamment. Les corridors,
justement, pour les espèces deviennent tellement importants, et je pense même
qu'on a déjà eu une discussion, vous et moi, à cet effet-là. Mais vous savez,
avec le réchauffement climatique, il y a des espèces qui vivent dans le sud du
Québec actuellement et, avec le réchauffement, vont vouloir justement migrer
vers le Nord, et c'est pourquoi ça va prendre des corridors verts, c'est pour
ça que ça va prendre des espaces, des aires protégées dans le sud du Québec
pour pouvoir, justement, permettre à des espèces menacées vulnérables de
continuer à vivre. Et je parle bien sûr ici, oui, d'espèces de fleurs, de
plantes, puis je ne les nommerai pas, là, j'ai vu le sous-ministre tout à
l'heure, avec un sourire, dire : Ils ont tous des drôles de noms, ça fait
que je ne me lancerai pas là-dedans. Mais je pense que c'est aussi le cas pour
les espèces menacées et vulnérables de...
fauniques, et il faut le regarder dans un ensemble plutôt que le regarder dans
des silos, actuellement, et peut-être que c'est quelque chose qui pourra
intéresser, en tout cas, les citoyens pour la prochaine campagne électorale.
Moi, j'en entends parler quand même beaucoup. Ça
préoccupe de plus en plus, mais d'autant plus avec, comme je vous le dis, la
crise climatique à laquelle nous faisons face actuellement et qui vont
exiger qu'on fasse des transformations, même à l'intérieur de l'organigramme,
je dirais, gouvernemental, où on doit recentrer le discours sur les espèces
menacées et arrêter de dire : Ah! bien, ça, c'est animal, ça fait que ça,
ça va du côté du ministre de la Forêt — de la Forêt, pas la ministre
Laforest, là, je veux juste que ce soit clair — donc, vers le ministre de la
Forêt.
Je pense vraiment qu'on
doive réfléchir à ça et j'entends, donc... bien, ce n'est pas actuellement dans
les cartons, et je posais la question, puis j'ai la réponse, ça va. Mais je
pense qu'on va devoir réfléchir autrement pour la suite des choses parce qu'on
ne peut plus dire : Bien, on laisse ça d'un côté, puis là il faut qu'il y
ait des discussions qui sont faites, puis que le ministre de l'Environnement,
lui, n'ait qu'à gérer du territoire alors qu'on parle de caribou forestier ou
qu'on parle encore de rainette, puis que ça, bien, on se dise : Non, non,
ça, c'est du côté de la Forêt puis il va y avoir des échanges. Puis il y a des
endroits où, malheureusement pour les aires protégées, c'est un peu comme ça
aussi, là, on le voit.
Il y a plus de 80 territoires d'aires
protégées, actuellement, qui seraient prêts à être annoncés puis qu'on attend
toujours dans le sud du Québec. Là, je ne parle pas du Nord parce que, du côté
du Nord, je suis d'accord, puis le 17 %, il
a été atteint grâce au Nord, on va se le dire, mais il reste tellement de
travail à faire dans le Sud, puis, malheureusement, avec la crise
climatique actuelle, bien, c'est dans le Sud, là, où c'est criant d'actualité,
où on doit bouger rapidement, puis j'espère que le ministre, en ce sens-là, aura
de... en tout cas, des nouvelles à nous donner quant aux aires protégées qui
avaient été préalablement annoncées, autorisées. Et c'est là où je dis qu'il y
a un problème, c'est qu'on le sait que c'est avec la Forêt où il y a des
discussions qui doivent continuer à... en tout cas, il doit y avoir un certain
déchirement, là, avec... du côté du ministère de la Forêt, puis on n'arrive pas
à autoriser des aires protégées dans le Sud.
Donc, c'est cette lecture-là, c'est cette
vision-là. Je ne pouvais pas m'empêcher, ici, mais je ne veux pas faire... je
ne veux pas faire du temps inapproprié, M. le ministre ou Mme la Présidente.
Là, au contraire, je fais simplement que lancer cette idée-là.
M. Charette : Un petit commentaire
pour qu'on ne s'éloigne pas trop, là, de l'objet du projet de loi. La
collègue... et ce n'est pas... je veux dire, elle n'est pas la seule à évoquer
les projets qui n'ont pas été retenus en décembre 2020. Mais deux petites
choses à dire : ce sont des projets qui sont proposés, elle mentionnait
qu'ils avaient été adoptés, c'est des projets qui sont à l'étude, qui sont
proposés, mais qui n'ont jamais été adoptés. Et il revoir les chiffres. En
décembre 2020, on était à 83. On en a annoncé 11, 12, en fait, depuis. Donc, on
n'est plus à 83, on est davantage à 70, 71. Et je rassure la collègue, là,
d'autres projets de cette nature-là devraient être annoncés, là, on le pense et
on est confiants, dans les prochaines semaines. Donc, la banque diminue de
façon assez, assez considérable. Donc, d'autres annonces à venir à ce
niveau-là.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le ministre. Donc, si
nous revenons à l'amendement qui introduit l'article 22.1 et 22.2, donc, y
a-t-il des interventions?
Mme Melançon : Bien, on a répondu à
mes questions préalablement. Je remercie le sous-ministre et... concernant la
créance prioritaire, mais pour le reste, je ne vois pas qu'il y a de nouveauté,
là, sur l'amendement qui est proposé à 22.1 et 22.2.
La Présidente (Mme
Grondin) : Parfait. Donc, s'il n'y a pas
d'autre commentaire, est-ce que l'amendement qui introduit les
articles 22.1 et 22.2 est adopté?
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, c'est adopté. Nous
poursuivons, toujours dans le bloc sur les ordonnances. Donc, nous poursuivons
avec l'article 44.1 et, M. le ministre, je pense que vous avez un
amendement.
Charette : Oui, effectivement. Merci, Mme la Présidente.
Donc, ce serait : Insérer, après l'article 44 du projet de
loi, l'article suivant :
44.1. Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 19, des articles suivants :
«19.1. Le ministre peut réclamer de toute
personne visée par une ordonnance les frais directs et indirects afférents à
l'émission de l'ordonnance.
«Lorsque l'ordonnance est contestée devant la
Cour supérieure, la réclamation est suspendue jusqu'à ce que la cour confirme
l'ordonnance en tout ou en partie.
«19.2.
En cas de non-respect d'une ordonnance,
le ministre peut la faire exécuter aux frais du contrevenant.
«Ces frais et les intérêts qui en découlent
constituent une créance prioritaire sur tout immeuble privé concerné, au même
titre et selon le même rang que les créances visées au paragraphe 5° de
l'article 2651 du Code civil.
Et :
«Les articles 2654.1 et 2655 du Code civil s'appliquent, en faisant les
adaptations nécessaires, à une telle créance.»
Et le commentaire : Cet amendement vise à
permettre au ministre d'exécuter une ordonnance aux frais du contrevenant. Il
vise aussi à permettre la réclamation des frais afférents à une telle exécution
en plus des frais engagés pour procéder à l'émission d'une ordonnance. Ces
articles s'inspirent des articles 69.3 et 69.4 récemment adoptés par le
chapitre I des lois de 2021.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le ministre. Donc, Mme la députée de
Verdun.
Mme Melançon : Merci, Mme la
Présidente. Donc, à 19.1, «le ministre peut réclamer de toute personne visée
par une ordonnance des frais directs et indirects afférents à l'émission de
l'ordonnance». Est-ce qu'on peut nous donner les exemples de frais directs et
indirects?
Rousseau (Michel) : O.K. Bien, les frais reliés à l'ordonnance,
c'étaient les frais, évidemment, de... les travaux comme tels, là, les prix que
ça a coûté pour faire les travaux, et aussi les frais qui sont reliés, qu'on
peut réclamer, évidemment, au travail des fonctionnaires ou des experts que ça
a pris pour... Donc, ça peut être un peu à l'image des amendes, où il y a l'amende
puis, souvent, il y a des frais associés à ça, des fois, des frais d'expertise.
C'est un peu le même principe. C'est un pouvoir qui existe aussi au niveau des
ordonnances. Donc, il y a la capacité de se faire rembourser les travaux, mais
aussi toute l'énergie, sous forme de dollars, là, qui a été investie par le
ministère là-dedans. Donc, c'est ce genre de frais là qui peuvent être
réclamés.
Melançon : Par curiosité, comment... Est-ce qu'il y a déjà une liste
de prix, je ne sais pas comment... ou une liste de frais, là, préexistante pour
savoir, bien, le travail des fonctionnaires, comme vous venez d'exposer?
Rousseau (Michel) : Bien, oui, pour les frais directs, bien,
évidemment, c'est plus facile, parce que c'est les appels d'offres, les coûts,
les factures. Les frais d'expertise, c'est un peu la même chose, quand c'est
une expertise externe. Mais il y a effectivement une liste de prix qui va être
utilisée. Un professionnel, ça va être tant de l'heure. Le laboratoire, notre
laboratoire a aussi sa liste de prix. Et d'ailleurs, là, je n'ai pas le nom du
dossier comme tel, mais, voilà quelques années, il y a eu un débat, là, tu
sais, il y a eu des... une contestation sur nos tarifs parce que, bon, les
gens... Donc, ça peut être challengé aussi, évidemment, là, si... et cette
fois-là, nos tarifs avaient été reconnus. Donc, c'est des tarifs qui sont
établis en fonction de ce que vaut le travail de soit un inspecteur, et
c'est... avec le temps, je dirais, ce n'était pas comme ça au début, mais, avec
le temps, ça s'est pas mal stabilisé, puis les frais sont raisonnables puis
bien accueillis par la cour, je dirais, là.
Melançon : Donc, la liste est déjà existante?
Rousseau (Michel) : Bien, en fait, c'est fait... Chaque fois
qu'on fait une réclamation, il y a une obligation de remplir un formulaire,
puis, là-dedans... par exemple, on demande au labo : C'est quoi, vos
frais? Bien, l'utilisation du TAGA... bien là, dans les pesticides, je ne pense
pas que ça pourrait arriver, mais eux ont un prix pour le TAGA, par jour. C'est
sûr que le prix peut évoluer d'une année à l'autre, mais ils nous redonnent le
prix que ça vaut, leurs professionnels, même chose, donc il y a un ajustement à
chaque année. Mais, oui, ce prix-là est régulier, mais, à chaque réclamation,
on révise quand même pour être certains qu'on est dans la même... dans la bonne
fourchette, là. Ce n'est pas établi dans un règlement ou quoi que ce soit, là.
C'est vraiment les règles de l'art qui font que, disons, on ne peut pas se
présenter devant un juge avec des tarifs qui n'ont pas de bon sens, là.
Melançon : Deux choses : la première, peut-être expliquer, pour
les gens qui nous suivent, le TAGA. Moi, je me rappelle ce que c'est, mais
peut-être que ce serait intéressant que vous puissiez juste rappeler ce que
c'est pour les gens qui suivent nos travaux.
M. Rousseau
(Michel) : Oui. Bien, c'est un... Anciennement... C'est une
grosse roulotte qui est assez âgée, qui était à l'époque très, très
révolutionnaire au Québec. Maintenant, bon, la roulotte, c'est une chose, mais
c'est ce qu'il y a dedans, c'est des équipements très sophistiqués d'analyse de
la qualité de l'air. Donc, c'est un équipement que le laboratoire peut déployer
et qui va aspirer l'air. À l'intérieur, il y a, évidemment, des chimistes avec
des appareils qui vont mesurer les concentrations qu'il y a dans l'air de façon
assez précise et aussi avec une bonne limite de détection. C'est utilisé
surtout dans les urgences. Dans le cas de Mégantic, par exemple, là, le TAGA
s'est promené quelques jours, pour être sûr que les habitants pouvaient
réintégrer leur maison, parce qu'il y avait des traces de différents
hydrocarbures dans l'air.
Donc, c'est un
équipement qui est... À l'époque, là, quand je suis arrivé au ministère, voilà
une trentaine d'années, il y avait seulement nous, je crois, puis la Colombie-Britannique
qui en avaient, et là, je me... on n'est pas loin d'en avoir même deux, parce
qu'il y a aussi des équipements portatifs que le laboratoire peut amener. Donc,
au niveau de la mesure de la qualité de l'air en urgence, le Québec est très
bien équipé, là. Ça pourrait être utilisé dans les pesticides, évidemment, s'il
y avait un incendie de pesticides, par exemple.
Melançon : C'est un labo sur roues, grosso modo, hein?
Rousseau (Michel) : Oui, c'est ça, c'est un labo sur roues qui
est très impressionnant par rapport à la qualité des appareils qui étaient à
l'intérieur. Ça vaut cher, là. C'est des équipements de pointe qu'on retrouve
habituellement dans des labos dans des conditions bien tempérées, mais que le
laboratoire a réussi à mettre dans une roulotte, mais une grosse roulotte, une
grosse van.
Melançon : Et vous disiez tout à l'heure, M. le sous-ministre, que,
dans le fond, la liste de prix a déjà été... en tout cas, des gens ont déjà
tenté de dire : Bien là, c'est trop cher payé. Il faut quand même
expliquer aux gens, ici, là, que le tarif vient justement avec les équipements
de pointe, avec des professionnels.
M. Rousseau (Michel) : Exemple, le TAGA, on parle d'environ 12 000 $ par
jour que le laboratoire va charger, en fait, qu'il va... le prix que ça lui
coûte quand il considère le temps des gens, l'équipement, l'amortissement, et tout, et tout. Donc, c'est quand même assez dispendieux.
Puis c'est un appareil, par contre, qu'on va utiliser... on n'hésitera pas à
sortir, là, ce n'est pas le coût qui va nous empêcher. Puis souvent dans une
urgence, la première chose qu'on va demander aux municipalités quand il y a un
feu, on va leur suggérer le TAGA ou ils vont nous le demander. Souvent, ils
nous le demandent parce qu'ils le connaissent, et on le sort puis il est sur
place, là, tant et aussi longtemps que c'est requis. Mais c'est quand même...
Oui, ça a des coûts, mais c'est très, très utile, surtout pour la
réintégration, l'évacuation, puis tout ce qui a rapport à la qualité de l'air,
Mme Melançon : On devrait l'envoyer
dans Limoilou de temps en temps aussi. Mais je m'excuse, Mme la Présidente,
j'ai...
M. Rousseau (Michel) : Il est déjà allé.
Mme Melançon : Non, non, non, mais
c'est... c'est exactement... Vous voyez, vous m'amenez exactement là où je
voulais aller.
Mais sur la liste des prix, la liste qui est
existante, donc, vous disiez tout à l'heure que certaines personnes ont voulu
remettre ça en question. Est-ce qu'à chaque fois vous devez remettre en
question la liste ou c'est une liste qui est là, puis oui, il y en a parfois
des contrevenants, parce qu'on parle de contrevenants ici, s'ils ont... si on y
va avec ordonnance ou... est-ce que cette liste-là est toujours remise en jeu,
je dirais ou... Non, hein, ce n'est pas le cas?
M. Rousseau (Michel) : Non, ce qui... ce qui va être... bien, tu sais, lorsque les
dossiers sont contestés, souvent ça va être sur le fond, hein? Ça va être...
Les gens vont contester le fait qu'on n'aurait peut-être pas dû même prendre
l'ordonnance, là, mais c'est pour ça je vous dis, j'ai un cas en tête où
lorsqu'on est venu avec la facture pour les... où là, il y a eu des... C'est un peu de bonne guerre aussi, je dirais. Les
avocats reçoivent la liste de prix puis... mais il n'y a pas... non, ce n'est pas quelque chose qui est
vraiment remis en question, parce que les prix sont quand même... c'est
assez standard, là, combien coûte un ingénieur de l'heure, combien coûte un
inspecteur. Tu sais, c'est difficile à contester. Donc, non, ce n'est pas
quelque chose qui est... qui est problématique, mais il faut qu'on demeure
raisonnable. Puis je pense que c'est de bonne guerre aussi, là, ce n'est pas...
c'est de charger le bon prix, mais pas plus, pas moins, là.
Mme Melançon : Lorsque c'est...
Merci, merci beaucoup pour l'éclairage. Lorsqu'on dit que la réclamation est
suspendue, lorsqu'on s'en va devant la Cour supérieure, par exemple, là, quand
y a une contestation, est-ce que je comprends qu'on arrête à ce moment-là les
intérêts?
La Présidente (Mme
Grondin) : Allez-y, maître.
Mme Grignon (Karine) : Oui. Oui, en
fait, c'est ça, étant donné que c'est une réclamation d'un montant d'argent,
donc, comme toute réclamation d'un montant d'argent, on va suspendre le
paiement, y compris les intérêts, là, dans ce cas-ci, jusqu'à ce que la Cour se
prononce, là. C'est la cour, en fait, qui va se prononcer sur le montant avec
les intérêts à payer, là.
Melançon : Parfait. Et sur la conformité de l'ordonnance en
même temps, j'imagine. Parfait. Et, lorsqu'on parle des frais et des
intérêts qui découlent, qui constituent la créance prioritaire, finalement, là,
c'est la facture totale.
Mme Grignon (Karine) : Oui.
Mme Melançon : Mais pourquoi on...
En tout cas, je pose la question, là, mais pourquoi est-ce qu'on n'indique pas
justement... On a voulu inscrire «intérêts» aussi pour bien camper, puis pour
ne pas qu'il y ait, justement, de jeu possible de compréhension avec la Cour.
J'imagine que c'est pour ça?
Mme Grignon (Karine) : Oui. Bien, en
fait, le montant de la réclamation, ça va être un montant x, ça fait qu'il va
falloir additionner le montant des intérêts. Donc, pour que ce soit clair que
ce qui fait l'objet de la créance prioritaire ce soit les deux montants, donc,
on indique, effectivement, les frais plus les intérêts qui constituent la
créance prioritaire dans ce cas-là, pour que ce soit clair pour tout le monde.
Mme Melançon : D'accord, d'accord.
Moi, ça convient, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Grondin) :
Parfait. Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement qui introduit
l'article 44.1? Non, ça va aller? Donc, est-ce que cet amendement est
adopté?
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, l'article... le nouvel
article 44.1 est donc adopté. Nous poursuivons, M. le ministre. Je pense
qu'on est rendu à l'article 92, et, là aussi, vous avez un amendement.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. Donc, j'y vais avec l'article original :
L'article 114 de cette loi est modifié :
1° dans le premier alinéa :
a) par la suppression, dans ce qui précède le
paragraphe 1°, de «ou une municipalité»;
b) par le remplacement, dans ce qui précède le
paragraphe 1°, de «ou municipalité» par «ainsi qu'à tout propriétaire,
tout locataire ou tout responsable — pardon — d'un
lieu concerné par cette contravention,»;
c) par l'insertion, après le paragraphe 4°,
du suivant :
«4.1° caractériser et réhabiliter un terrain;»;
2° par l'ajout, à la fin, des alinéas suivants :
«Celui qui, à
titre de propriétaire, de
locataire ou à quelque autre
titre que ce soit, a la garde d'un terrain sur
lequel une ordonnance est émise doit en permettre le libre accès à toute heure
raisonnable au tiers qui y accède ou qui y réalise des travaux, à charge
toutefois pour celui-ci de remettre les lieux en l'état et de réparer le
préjudice subis par le propriétaire du terrain ou celui qui en a la garde, le
cas échéant.
«Si l'ordonnance prévoit des restrictions à
l'utilisation d'un terrain, les dispositions de l'article 31.47
s'appliquent, avec les adaptations nécessaires.»
Le commentaire :
L'article 114 de la
LQE attribue au ministre un pouvoir général d'ordonnance.
Une modification est apportée en concordance
avec celle effectuée à la définition de «personne» proposée à l'article 78
du projet de loi.
Une modification est également apportée afin de
permettre au ministre, en plus d'adresser l'ordonnance à la personne qui
contrevient à la loi ou à l'un de ces règlements, de l'adresser également à
tout propriétaire, tout locataire ou tout responsable d'un lieu concerné par
cette contravention.
Le paragraphe 4.1° est ajouté afin de
permettre spécifiquement au ministre d'ordonner la caractérisation et la
réhabilitation d'un terrain.
Un alinéa est également ajouté afin d'obliger
tout propriétaire, locataire ou autre personne ayant la garde d'un terrain à
l'égard duquel une ordonnance est émise d'y permettre le libre accès.
Enfin, le dernier alinéa ajouté rend applicables
à une ordonnance émise en vertu de l'article 114 les dispositions de
l'article 31.47 qui concernent une inscription sur le Registre foncier
d'un avis de restriction d'utilisation.
L'amendement se lirait ainsi : Remplacer le
cinquième alinéa de l'article 114 de la
Loi sur la qualité de
l'environnement proposé par le paragraphe 2° de l'article 92 du projet
de loi par les alinéas suivants :
«La personne visée par l'ordonnance doit en
outre requérir l'inscription d'un avis de restrictions d'utilisation au
Registre foncier dans les cas suivants :
«1° l'ordonnance prévoit des restrictions à
l'utilisation du terrain;
«2° un plan de remise en état transmis pour
respecter une mesure ordonnée en vertu du premier alinéa prévoit des
restrictions à l'utilisation du terrain.
Et :«Les dispositions de
l'article 31.47 s'appliquent au cinquième alinéa, avec les adaptations
nécessaires.»
Et le commentaire : Cette modification est
requise pour prévoir un nouveau cas de figure, à savoir une restriction
d'utilisation qui n'apparaît pas dans l'ordonnance elle-même, mais plutôt dans
un plan de remise en état.
La Présidente
(Mme Grondin) : Merci, M. le
ministre. Y a-t-il des interventions sur l'amendement? Mme la députée de
Verdun.
Mme Melançon : Merci, Mme la
Présidente. Alors, rapidement, je débuterais donc par l'amendement. Dans le
commentaire de l'amendement, on indique que la modification qui est requise
pour prévoir un nouveau cas de figure. Donc, c'est la restriction
d'utilisation. Qu'est-ce qu'on a oublié, là? Je veux juste bien comprendre, là,
pourquoi ça vient à ce moment-ci, là, puis on reviendra, dans le fond, à
l'article, si vous vous permettez, 92 par la suite. Mais allons-y avec
l'amendement.
Mme Grignon (Karine) : Oui. En
fait, c'est vraiment par rapport à l'inscription de la restriction
d'utilisation. Donc, la restriction d'utilisation, elle peut apparaître à
l'ordonnance elle-même ou elle peut apparaître dans un plan de remise en état
qui est ordonné par l'ordonnance. Donc, ce n'est pas l'ordonnance elle-même.
Puis, pour qu'on puisse inscrire un avis au Registre foncier, il faut que ce
soit explicite dans la loi, là, on ne peut pas y aller de manière implicite,
là, donc il faut vraiment prévoir tous les cas de figure pour l'inscription.
Donc, c'est pour ça qu'on a prévu le nouveau cas de figure qui est le plan de
remise en état dans les cas où l'avis de restriction apparaît dans le plan de
remise en état. Donc, l'inscription au Registre foncier va pouvoir se faire
parce que ça apparaît spécifiquement à la loi, là. C'est le petit bout qu'on
avait oublié, là, effectivement.
Mme Melançon : Comme je suis
tannante avec mes exemples, pour bien marquer le coup, là, est-ce qu'on peut me donner l'exemple de restrictions
d'utilisation à ce moment-ci? Qu'est-ce qu'on a en tête? Pourquoi on l'a
ajouté?
M. Rousseau (Michel) : Par rapport à l'inscription, là? C'est ça que tu veux...
Mme Grignon (Karine) : Bien, par
rapport à l'avis de restriction du terrain, là, pour les sols contaminés...
Rousseau (Michel) : O.K. Bien, en fait,
c'est que lorsqu'on fait l'avis d'inscription du terrain, il va y avoir le
niveau de contamination des sols, mais il va être joint à ça aussi un rapport
d'expert qui... par exemple, s'il y a une analyse des risques qui dit que ce
terrain-là peut être utilisé pour tel type d'activité, sous telles conditions,
il y a... Par exemple, on peut faire un parc, mais tant qu'il y a tant
d'épaisseur de sol propre, etc. Donc tout ça va être inscrit, ce qui fait
qu'éventuellement, si quelqu'un achète le terrain, il sait que, un, il y a eu
de la contamination, deux, elle a été enlevée ou, s'il en reste parce que
l'approche des risques a permis de le laisser, bien, il y a des restrictions
d'utilisation. On ne peut pas faire n'importe quoi là-dessus sans être obligé
de le redécontaminer de nouveau. Donc, ça peut... Il peut y avoir beaucoup,
beaucoup d'information là-dedans, tout dépendant de ce qu'il y a dans le
rapport qui va être... dans lequel on va référer dans cet avis-là. Donc, c'est
vraiment... Pour quelqu'un qui s'y réfère, il y a le portrait complet de tout
ce que le ministère sait sur ce terrain-là. Donc, il n'y a pas de... C'est ça,
c'est vraiment dans cet esprit-là.
Mme Melançon : Donc, dans le fond,
c'est une protection aussi du public, je dirais ça ainsi, là, de savoir qu'un
terrain, voici, le terrain est contaminé, puis voici ce que vous ne pouvez pas
faire sur ce terrain-là. Si, par exemple, vous souhaitez faire, je ne sais pas,
moi, je vais vous donner un exemple, là, du logement communautaire sur un
terrain qui pourrait être acheté, là... J'ai
un exemple bien en tête, là, à Verdun, dans ma circonscription, des terrains de
Gaétan-Laberge qui sont contaminés, puis là on le sait, on est en train
de trouver des solutions. Puis d'ailleurs, je tiens à remercier, je sais qu'il y a des équipes au ministère qui
travaillent à trouver des solutions, là, pour Gaétan-Laberge pour pouvoir
justement bâtir. On est en pleine pénurie de logements, on le sait. Puis, ce
n'est pas uniquement à Verdun, ce n'est pas uniquement sur l'île de Montréal,
c'est partout au Québec actuellement, là. Mais dans ma circonscription, on est
vraiment en deçà des pourcentages de logements sociaux mis à la disposition de
la... des citoyens. Et là, on a une possibilité de bâtir. Ça ne va pas assez
vite à mon goût, mais il faut vraiment qu'on puisse réfléchir à l'extérieur de
la boîte. Donc, je comprends que c'est pour de la protection justement pour de
l'acquisition, à ce moment-ci, ce qui est très bien. Et, dans les plans de
remise en état qui étaient déjà prévus, mais là on y reviendra après, mais ce
que je comprends, c'est qu'on ajoute la restriction d'utilisation à ce
moment-ci, qui va être beaucoup plus claire, mieux formulée, obligatoire.
Mme Grignon (Karine) : En fait...
Mme Grignon (Karine) : Oui. Mais, en
fait, la restriction d'utilisation, elle va être prévue dans l'ordonnance
elle-même. Si on ordonne de remettre un terrain en état, donc, on va prévoir
une restriction d'utilisation du terrain, comme M. Rousseau l'expliquait,
donc on ne pourra pas l'utiliser à n'importe quelles fins. Puis si cette
restriction d'utilisation là, elle apparaît dans le plan de remise en état,
elle va aussi pouvoir être inscrite au Registre foncier. L'effet que ça a,
c'est que n'importe quel tiers qui va acheter le terrain, par exemple, va être
lié par cette restriction d'utilisation là. Donc, effectivement, on a la
protection du public, là, ici, là.
Mme Melançon : Et a une
restriction... Si, par exemple, quelqu'un achète un terrain en connaissance de
cause, on sait que le terrain est contaminé, s'engage à décontaminer, la
restriction va se faire... Comment est-ce qu'on peut retirer une restriction
d'utilisation?
Mme Grignon (Karine) : Ça va aussi
être un avis qui va être déposé au Registre foncier, mais pour enlever l'avis,
finalement, là, pour l'enlever du Registre foncier, pour dire qu'il y a un avis
de décontamination qui a été fait puis puis que l'avis de restriction n'est
plus applicable. Donc, on va enlever l'avis, on va tout simplement faire une
requête pour enlever l'avis qui était inscrit.
Mme Melançon : Parce qu'il y a des
sommes actuellement qui sont à la disposition de villes pour, justement, faire de l'achat, faire de la décontamination.
Moi, je veux juste connaître, une fois que quelqu'un est très bien
intentionné, là, puis se dit : Bien moi, là, je vais le prendre sur moi,
puis on va décontaminer ce terrain-là, peu importe le prix, parce qu'on sait
que c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup d'argent, puis qu'on s'attend à
décontaminer un terrain, moi, je veux juste savoir le processus pour retirer.
Parce qu'il y en a qui vont vouloir le faire pour pouvoir bâtir, par exemple.
Et je vais continuer avec mon exemple de Verdun,
là. On n'en a plus, de terrain. À Verdun, là, il va falloir bâtir en hauteur.
Je ne sais pas si, dans Bourget, c'est le cas aussi, mais chez nous, là, il n'y
a plus de terrain, les gens vont commencer... Tu sais, on commence à bâtir,
malheureusement, en hauteur. Je dis «malheureusement», parce que parfois ça
suscite un peu de désenchantement, lorsqu'on voit une tour venir s'ériger
proche de notre fenêtre, où est-ce qu'il y avait une belle vue, là, puis que, malheureusement,
ça ne fonctionne plus, alors... Pardon?
Melançon : Oui, mais aller
dans le sous-sol, lorsqu'il y a de la contamination, il y a aussi,
malheureusement, des dangers.
Mais, cela étant dit, moi, ce que je veux surtout
connaître, c'est le processus pour retirer la restriction d'utilisation. Est-ce
que c'est hypercomplexe, hypercoûteux? Et qui va prendre la décision de
dire : Oui, on est prêts, à ce moment-ci, à retirer la restriction
d'utilisation? Est-ce que c'est le ministère de l'Environnement? Bref, je veux
juste connaître le processus si c'est possible.
Mme Grignon
(Karine) : Bien, au niveau un petit peu plus technique, ce que je peux
vous dire, c'est que tout ça est encadré par le Code civil, donc il y a une
section
dans le Code civil qui traite du Registre foncier, puis on a toute la procédure
pour déposer les avis puis déposer les avis aussi qui visent un retrait, là,
finalement. Donc, toute la procédure est indiquée au Code civil. Puis, tu sais,
il y a quand même une discrétion qui doit être faite, là, par le ministère de
l'Environnement pour s'assurer que la décontamination est efficace, là, donc,
d'où le renvoi aux dispositions de l'article 31.47.
Mme Melançon : Du Code civil?
Mme Grignon (Karine) : Non, là,
c'est de la
Loi sur la qualité de l'environnement, en fait, qui est la
section
qui traite des sols contaminés, du processus de décontamination d'un terrain.
Donc, on rend applicables toutes ces dispositions-là pour la procédure propre,
là, aux sols contaminés.
Mme Melançon : Donc, je comprends
qu'il y a une partie, donc, de la procédure... puis j'irai lire le Code civil,
là, le but, ce n'est pas d'allonger ici, mais il y a quand même une
partie qui
est sous l'égide du ministère de l'Environnement pour, justement, certifier
qu'il y a eu des contaminations et que la décontamination est acceptée,
acceptable ou reconnue, je ne sais pas dans quel lexique vous allez de votre
côté, pour pouvoir, par la suite, procéder à la procédure de retrait de cette
restriction-là?
Mme Grignon (Karine) : Oui, tout à
fait.
Mme Melançon : Parfait. Ça va pour
moi à ce moment-ci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Grondin) : Parfait. Y a-t-il d'autres
interventions sur l'amendement à l'article 92? Donc, est-ce que cet
amendement est adopté?
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, l'amendement à l'article 92 est adopté.
Nous revenons à l'article 92 tel qu'amendé. Y a-t-il des interventions?
Est-ce que l'article 92, tel qu'amendé, est adopté?
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, cet
article est adopté. Nous poursuivons avec
l'article 93, et vous avez aussi un amendement. M. le ministre.
M. Charette : Également. Merci, Mme
la Présidente.
93. Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 114.1, du suivant :
«114.2. Le ministre peut, dans une ordonnance
émise à l'égard d'une personne qui a réalisé une activité sans avoir obtenu
toute autorisation, approbation, attestation, accréditation ou certification
requise par la présente loi, exiger le paiement de toute compensation visée à
l'article 25 ou à l'article 46.0.5 et de tous frais déterminés en
vertu de l'article 95.3 qui auraient été exigibles n'eut été de cette
contravention.»
Le commentaire : Ce nouvel
article permet
au ministre d'exiger dans une ordonnance le paiement d'une compensation exigée
comme condition d'autorisation en vertu de l'article 25, d'une
compensation pour une atteinte à des milieux humides et hydriques ou d'autres
frais qui auraient été exigibles si la personne avait obtenu son autorisation
conformément à la loi.
La lecture de l'amendement, maintenant, très
simple. Ce serait de supprimer, dans l'article 114.2 proposé par
l'article 93 du projet de loi, «à l'article 25 ou».
Et le commentaire : Cet amendement vise à
corriger une coquille puisque le paiement d'une compensation n'est pas exigé en
vertu de l'article 25 de la
Loi sur la qualité de l'environnement.
La Présidente
(Mme Grondin) : Merci, M. le
ministre. Donc, Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Donc, vous comprendrez que, sur l'amendement, on ne passera pas
beaucoup de temps. Je comprends. Je ne sais pas si les autres collègues ont des
questions quant à l'amendement, sans quoi je reviendrai peut-être à l'article
lui-même.
La Présidente
(Mme Grondin) : Y a-t-il des
interventions sur l'amendement? Donc, est-ce que l'amendement à
l'article 93 est adopté?
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, cet amendement
est adopté. Donc nous revenons, Mme la députée, à l'article 93 tel qu'amendé.
Mme Melançon :
Oui, bien sûr. J'aimerais qu'on revienne sur le commentaire, M. le
ministre : «Ce nouvel
article permet au ministre d'exiger dans une
ordonnance le paiement d'une compensation exigée comme condition d'autorisation
en vertu de l'article 25, d'une compensation pour une atteinte à des
milieux humides et hydriques ou autres frais qui auraient été exigibles si la
personne avait obtenu son autorisation conformément à la loi.» J'aimerais
simplement qu'on m'explique exactement qu'est-ce qu'on a ici en tête. Parce
qu'on peut aller dans plusieurs directions, puis il peut y avoir
mécompréhension rapidement.
Mme Grignon (Karine) : Oui. En
fait, tout ça découle du régime de compensation, là, instauré pour les milieux
humides hydriques. Donc, comme on le sait, pour éviter des pertes nettes au
niveau des milieux humides hydriques, il y a un système de compensation qui a
été établi pour compenser la perte de superficie. Donc, effectivement, dans
certains cas, il peut y avoir eu des travaux qui ont été effectués et il y a eu
une perte de milieux humides hydriques. Donc, à partir du moment où on n'est
pas capable de faire la remise en état et de l'imposer dans l'ordonnance d'une
manière efficace, on se donne le pouvoir d'aller récupérer le montant de
compensation qui aurait dû être payé si la personne avait demandé
l'autorisation requise au préalable.
Mme Melançon : Donc, on se base
exactement sur les mêmes coûts? Il n'y a pas des coûts supplémentaires à ce
moment-là?
Mme Grignon (Karine) : Non,
c'est ça, les montants sont établis sur la base des montants, là, des formules
de calcul qui apparaissent dans un règlement, là, le règlement sur la
compensation. Donc, il y a des formules qui apparaissent par types de
superficie. Le problème... bien — le problème — dans certains cas,
quand les travaux ont déjà eu lieu, il n'y a pas nécessairement... on ne sait
pas nécessairement c'est quoi, la superficie des milieux humides qui ont été
affectés, donc il y aura peut-être une petite évaluation à faire, là, à ce
niveau-là, là, quel sera le montant qu'on devra appliquer quand on ne sait pas
trop c'est quoi, la superficie qui a été atteinte, là.
Mme Melançon : Je veux
simplement bien comprendre, Mme la présidente, à ce moment-ci. On va appliquer
ces sommes-là, mais j'imagine qu'il doit y avoir... à cela, on doit ajouter, je
ne sais pas, moi, des contraventions quelconques. Parce que, si on est dans une
ordonnance, c'est qu'il y a eu infraction. S'il y a infraction, là, on va voir
si on va du côté pénal ou... Et j'imagine que, bon, à partir du moment où on a
des pertes, clairement, en milieux hydriques, on comprend, là, ou encore dans
les milieux humides, mais... Et donc il va y avoir une pénalité, mais à la pénalité on ajoute en plus, donc, le paiement,
comme si la personne avait bien fait les choses dans l'ordre, je vais dire
ça comme ça. Alors, arrive le premier paiement, de dire : Bien, vous avez
détruit un milieu humide, voici, les coûts sont connus, ça, tout le monde le
sait, et en plus de ça, il y aura une pénalité. Je comprends bien?
Mme Grignon
(Karine) : Oui, exactement. L'ordonnance, en fait, c'est un
autre outil qui est mis à la disposition du ministre. Mais ça n'écarte
pas les sanctions administratives pécuniaires qu'on a vues, les sanctions
pénales, les refus d'autorisation, les avis d'exécution aussi, là, la petite
nouveauté, là, qu'on a étudiée au tout début, là, dans la nouvelle loi. Donc,
tous ces mécanismes-là pourront trouver application aussi, là, en l'espèce. Et
le ministère va déterminer quelles sont les bonnes sanctions à prendre pour
chaque type de dossier, là.
M. Rousseau (Michel) : En fait, tout ça peut s'accumuler. Supposons qu'il y a un
cas où le milieu doit absolument être restauré, bien, il y aura une ordonnance
qui va demander de restaurer, et ça peut être l'outil utilisé. Mais il peut y
avoir des cas où les travaux qui ont été faits auraient probablement été
autorisés, sous réserve d'une compensation. Bien là, ce qu'on ne veut pas,
c'est que le fait qu'il n'ait pas passé par l'autorisation, bien là,
finalement, ses travaux sont faits, on peut difficilement demander une
restauration, parce qu'à quelque part ça aurait pu être autorisé. Alors là, on
se dit : Bien, tu vas payer le prix que ça aurait coûté en compensation.
Donc, il y avait vraiment, je dirais, un trou à cet endroit-là, là.
Pour les projets pour lesquels on ne va pas
nécessairement demander une restauration, bien, on va dire : Tu vas payer.
Puis là à ça s'ajoutent, évidemment, souvent, des frais d'enquête, parce que,
là, quand les personnes ont agi illégalement, il y a d'autres recours. Donc,
c'était vraiment... Puis je dirais que ça a été assez bien... ça a été salué,
cet élément-là qui est un outil qui va être vraiment intéressant pour éviter
que les gens... ce soit plus payant, finalement, d'agir sans autorisation que
de demander l'autorisation puis de payer la compensation.
Mme Melançon : Je comprends bien. On
répète ici que le but, quand même, de cette loi-là, c'est d'avoir zéro perte
nette, hein, c'est toujours ce qu'on vise et c'est toujours ce que le ministre
vise aussi, j'imagine.
D'où mon appel de ce matin, lors de la période
de questions. Je voulais savoir. Je ne comprends pas qu'on autorise maintenant
des résidus miniers dans huit lacs à Fermont. C'était une vraie question, M. le
ministre, puis je tiens juste à le
mentionner, c'est un vrai appel du coeur. Parce que, là, on ouvre une brèche, puis
j'ai tellement peur qu'on puisse,
malheureusement... Parce qu'on le voit, là, il y a une compagnie minière, à
Fermont, qui va, pour les 20 prochaines années, pouvoir déverser des résidus miniers dans des lacs. C'est du
jamais vu, et ça me fait peur, puis ça me fait... Ça me rappelle tout ce qu'on avait vraiment en tête
lorsqu'on a fait la
loi sur les milieux humides, c'était de dire : Zéro
perte nette. Là, on vient
d'abandonner sur huit lacs pour une compagnie minière, puis ça me glace un peu
le sang, là, je dois le dire.
Mais ça, on aura l'occasion, probablement, d'en
parler hors micro, là, le ministre et moi, ça me fera plaisir d'échanger avec
lui, parce qu'on ne s'en va pas dans la bonne direction. Puis je le répète, ce
n'est pas parce que c'est dans le Nord que c'est correct d'autoriser ça, là. On ne le ferait pas
dans le Sud. Et les compagnies minières, ces temps-ci, disons qu'elles
ont le dessus pas mal sur le ministère de l'Environnement. Qu'on pense au
nickel, dont je parlais tout à l'heure, avec le TAGA, qu'on pourrait envoyer
dans Limoilou ou encore dans les milieux humides, comme c'est le cas
actuellement, là.
Mais je comprends puis je comprends le pourquoi,
avec ce que le sous-ministre vient de dire, les pénalités, mais c'est difficile
de remettre un milieu. Donc, le contrevenant pourra payer ce que ça aurait dû
lui coûter dans un cas où on aurait passé par les bons dispositifs de la loi.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Grondin) : Y a-t-il d'autres interventions
sur cet amendement... sur cet
article tel qu'amendé, effectivement? Non? Donc,
est-ce que l'article 93, tel qu'amendé, est adopté?
La Présidente (Mme
Grondin) : Adopté. Donc nous poursuivons
avec l'article 94. M. le ministre.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente.
L'article 115.2 de cette loi est
modifié :
1° par la suppression, dans le premier alinéa,
de la deuxième phrase;
2° par la suppression, dans le deuxième alinéa,
de «ou à la municipalité».
Et le commentaire, tout aussi simple :
L'article 115.2 prévoit la possibilité de déléguer un des pouvoirs
d'ordonnance du ministre.
La modification apportée à cet
article permettra
au ministre de déléguer à une personne qu'il désigne son pouvoir d'ordonnance pour faire cesser, modifier
ou limiter l'exercice d'une activité pour une période d'au plus 90
jours, sans autre restriction.
Une modification est également apportée en
concordance avec celle effectuée à la définition de «personne» à
l'article 1.
La Présidente (Mme Grondin) : Donc, y a-t-il des interventions, commentaires sur
l'article 94? M. le député de Vimont.
M. Rousselle : Merci. J'aimerais
savoir, au niveau de l'article 115.2, là, dans vos commentaires, vous
parlez de déléguer. On délègue à qui?
M. Rousseau (Michel) : Oui, en fait, on a déjà parlé, par exemple, de déléguer
pour les sanctions administratives. Tous les gestes qui sont inscrits dans la
loi, que le ministre peut poser, lorsqu'ils peuvent être délégués, bien, à ce
moment-là, on définit le niveau. Je vous dirais, dans des cas comme ceux-là, ça
va être du niveau directeur. Si vous remarquez, c'est pour 90 jours, donc
ça veut dire qu'un directeur régional pourrait émettre une ordonnance de
90 jours, pas plus. Et, si jamais on veut aller plus loin dans le temps,
bien, à ce moment-là, c'est le ministre qui devra signer l'ordonnance. Donc, c'est un pouvoir qui vient permettre
d'arrêter rapidement des travaux ou une activité illégale qui était
exercée régionalement par un cadre, mais qui ne peut pas être, disons,
définitif parce que l'ordonnance comme telle est réservée au ministre. Mais là
c'est une ordonnance avec une période de validité de maximum trois mois, là.
M. Rousselle : 90 jours,
est-ce qu'on peut déléguer à quelqu'un d'autre? Tu sais, on délègue, à ce
moment-là, à quelqu'un, mais est-ce qu'on peut comme changer la délégation, un
exemple, dans ce même 90 jours là, ou en rajouter une autre,
90 jours?
M. Rousseau
(Michel) : Non, pour l'infraction en
question, si, au bout de 90 jours, on veut maintenir... Par exemple, là,
il y a des travaux en milieu humide, en rivières, etc., on les fait cesser pour
90 jours. Et, si on veut que ça se maintienne, parce qu'on ne veut pas que
ça recommence, bien, on va avoir présenté d'ici là, dans le trois mois, avec
nos procureurs, probablement, une ordonnance, à la signature du ministre, qui
va être une ordonnance avec une portée plus longue, mais ce ne sera pas le
même... ce ne sera pas délégué à nouveau pour accumuler les 90 jours. Ce
n'est vraiment pas... ce n'est pas ça qui est prévu puis ce n'est pas ça que la
loi permettrait.
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, ça va, M. le
député? Y a-t-il... Oui.
M. Rousselle : ...la délégation
se fait, mais est-ce que la rapidité légale... est-ce qu'elle est égale...
Est-ce que tout le Québec a quelqu'un qui peut être délégué? Est-ce que la
délégation se fait aussi rapidement? Est-ce que... Je vais vous dire juste,
dans le fond, mon histoire, là, c'est... Au Québec, est-ce qu'ils vont avoir la
même couverture, au niveau de la délégation, ou il y a des secteurs qui... plus
lointains, ou que c'est moins, ou encore des secteurs que, je vous dirais...
Parce que, là, on parle de délégation de 90 jours, là, mais est-ce qu'il y
a des secteurs qui pourraient être appelés à... Parce qu'il y a des secteurs,
peut-être, qui peuvent être plus complexes, donc est-ce que... Parce que, là,
vous parlez de 90 jours, aussi. Moi, j'ai plusieurs questions dans la même
question, là. Mais, tu sais, c'est ça, je me pose la question. Au Québec, là,
je veux dire, je sais que Montréal, Laval devraient peut-être se ressembler,
mais, si je m'en vais en Abitibi ou peu importe où au Québec, est-ce que c'est
la même chose qui va... est-ce que ça va être la même
sorte de délégation? Est-ce que c'est... est-ce que la délégation peut être
différente à cause de la complexité du dossier? C'est ça que je voulais savoir.
M. Rousseau
(Michel) : O.K. En fait, la délégation... Le ministre a une
liste d'articles de la loi. Et pour chaque article, c'est prévu d'avance qui a
le droit d'exercer ce pouvoir-là. Donc, quand on va arriver à
l'article 115.2, ça va être écrit :
Le directeur régional et
supérieur. Donc, ça pourrait être un directeur général, un sous-ministre
adjoint. Et ça, ça va être partout, là, donc ça pourra... Ça, ça veut dire que
la fonction de directeur régional peut signer tout ce qui a rapport à un 115.2.
Maintenant, le choix ou non d'utiliser 115.2,
comme on sait, il y a beaucoup d'outils, là. Celui-là, c'en est un. Il pourrait
y en avoir un autre. Par Exemple, on pourrait décider avec nos procureurs qu'on
va en injonction puis qu'on demande à un tribunal d'agir, pour différentes
raisons. Mais, si on choisit d'aller avec 115.2, peu importe où au Québec, la
délégation va déjà être prévue d'avance, puis ça va être un niveau directeur
régional. Donc, ce n'est pas... ça ne variera pas. Mais la pertinence
d'utiliser 115.2, bien, elle, elle doit être évaluée à chaque fois, là. Puis il
y a des cas... la plupart des ordonnances qu'on fait, c'est des ordonnances
directement signées par le ministre, ce n'est pas... Mais ça, ça serait pour un
cas qu'on veut agir très, très, très vite, là.
La Présidente
(Mme Grondin) : Allez-y, M. le
député.
M. Rousselle : Merci. Une
«atteinte sérieuse»... Parce que je garde dans le texte : une atteinte ou
un risque d'«atteinte sérieuse aux espèces vivantes, à la santé de l'être
humain ou à l'environnement», là, le niveau de l'urgence d'agir... Parce que
là, bien beau, là, on délègue quelque chose à quelqu'un, mais, si vraiment il y
a une urgence, vraiment, qu'il y a... c'est catastrophique, qu'est-ce qui
arrive, là, comprenez-vous, puis vraiment il y a des espèces en danger, et
tout, avec le niveau d'urgence puis avec la délégation, là, il se passe quoi?
Est-ce que cette personne-là a vraiment toute autorité? Elle a-tu...
Parce que là, on parle... oui, elle peut
modifier, limiter ou cesser, mais, quand c'est comme déjà parti, c'est déjà fait ou c'est déjà comme enclin, là, ils ont
déjà... c'est vraiment... Mettons, ils ont commencé à déverser, ou peu
importe, là, est-ce qu'il y a une possibilité, cette personne-là, d'agir ou de
faire, je ne sais pas, moi, une action? Comme, à un moment donné, je ne sais pas, moi, peu importe, là, on déverse quelque
chose dans un lac, puis il faut faire une opération d'urgence pour
bloquer, justement, qu'est-ce qui a été déversé, est-ce que cette personne-là a
le pouvoir de faire cette...
M. Rousseau (Michel) : En fait, il y a beaucoup de situations dans ce que vous
amenez, là. Je vous dirais que la façon dont ça fonctionne, généralement, là,
l'exemple d'un déversement, on arrive à un endroit, puis ça coule, puis le
propriétaire... la première chose qu'on fait, on dit au propriétaire : Tu
arrêtes ça, tu ramasses. La plupart du temps, ça se fait.
Si quelqu'un refusait de le faire, bien là,
c'est sûr qu'il y a plusieurs outils, puis rapidement on tombe en contact avec nos avocats, puis, comme je vous disais, ça
peut aller du simple avis de non-conformité, parce qu'on pense que ça va
être suffisant puis, dans le fond, ça n'a pas besoin d'être corrigé dans
l'instant, comme ça pourrait être une injonction de la cour, puis dire :
Nos procureurs... On a des procureurs qui sont disponibles pour ça, puis ils se
présentent en cour, comme quand il y a des injonctions pour toutes sortes de
choses, là. Donc, ça pourrait être ça, comme ça pourrait être un 115.2, qui est
une ordonnance. Puis une ordonnance, c'est l'équivalent d'une injonction, mais
c'est émis en vertu de la
Loi sur la qualité d'environnement. Et, si tu ne le
respectes pas, c'est outrage, comme une injonction.
Donc, c'est un pouvoir qui est... L'exemple le
plus classique pour ça, là, je dirais, c'est des travaux, par exemple,
quelqu'un est en train de déboiser dans une tourbière, et puis les pelles
mécaniques sont là, tout est prêt. Bien, en émettant cette ordonnance-là, il
arrête ses travaux. Et là ça laisse le temps aussi au contrevenant, peut-être,
de nous démontrer que, non, ce n'est pas une tourbière, etc., mais ça permet
d'arrêter l'événement. Donc, oui, le pouvoir est équivalent à une ordonnance de
la cour, sauf qu'il est prévu en vertu de la
Loi sur la qualité de
l'environnement.
Puis je dirais que les juges, généralement, vont
nous demander d'utiliser nos pouvoirs de la loi, avant d'aller devant les
tribunaux. Mais tout ça est possible, là. Ça dépend vraiment. Puis c'est le
procureur, finalement, là, des gens comme Me Grignon, qui vont nous dire :
Bien, dans ce dossier-là, on recommande l'injonction, ou : 115.2
s'applique très bien, va faire le travail. Donc, c'est selon la circonstance
qu'on rencontre, là.
Et là on enlève, si vous remarquez,
l'obligation... Parce qu'avant il y avait une obligation de démontrer
l'atteinte sérieuse, puis c'est un peu contradictoire, ça, qu'il fallait
démontrer l'atteinte sérieuse puis agir vite. Et le temps de faire cette
démonstration-là... Donc, en enlevant cette obligation-là, je pense que, là, on
rejoint beaucoup ce qui était l'objectif de 115.2 : intervention rapide et
ensuite prendre le temps d'analyser le dossier puis le transférer au ministre,
le cas échéant.
M. Rousselle : Je comprends la
rapidité. Je comprends la rapidité. Puis c'est correct, là, je veux dire, c'est
parce qu'il faut faire, justement, rapide, ça, je suis d'accord avec vous.
Mais, encore une fois, écoutez, dans ma question,
j'avais bien des questions, donc je peux vous comprendre qu'à moment donné tu
essaies de répondre à tout, là.
Mais moi, c'était...
Puis, tu sais, toujours dans la rapidité, dans une question d'urgence, c'est
toujours au niveau d'urgence, là, il y a comme... Puis là je prends
déversement, mais ça pourrait être d'autres choses, comprenez-vous, là, c'est
juste ça qui me vient en tête. Mais peu importe, en tout cas, c'est vraiment
urgent, comprenez-vous, ça a vraiment une atteinte au niveau écologique, et
tout, puis il y a des espèces qui sont en danger. Est-ce que la personne qui
est déléguée, cette personne-là, là, encore, je reviens encore avec cette personne-là,
est-ce qu'elle a le pouvoir de... Parce que, si la
personne a déversé quoi que ce soit, elle, elle ne veut pas le ramasser, là,
mettons, le déversement, quoi que ce soit, qui est dangereux, qui est imminent,
là, est-ce qu'elle, elle a le pouvoir de s'organiser pour faire ramasser puis
de le charger, justement, à la compagnie, quoi que ce soit, là, mais pour
faire, justement... on parle toujours de l'urgence, là, donc faire le
nécessaire pour que ça se fasse rapidement et prendre les moyens, aussi, pour
ne pas que la contamination, puisqu'on parle d'une contamination, soit comme
épandue plus loin, là, tu sais, que ça soit vraiment limité puis qu'on puisse,
justement, enlever la contamination le plus rapidement possible pour ne pas
qu'on le contamine, justement, davantage?
Rousseau (Michel) : Oui. Bien, votre
question est intéressante, parce qu'à ce moment-là on n'utiliserait pas
nécessairement 115.2. On a l'article 115.1, par exemple, qui va... Et ça,
c'est un
article qui peut être utilisé, souvent, en urgence. On se présente. La
personne, rapidement, on lui dit de ramasser. Il appelle son assureur. Son
assureur ne veut pas. Bien nous, on peut mandater quelqu'un pour ramasser, on
va payer puis, effectivement, on va se faire rembourser, après. Donc, il y a un
autre
article de loi qui permet ça.
Donc, quand je vous
disais : C'est un coffre à outils assez varié, là, le premier objectif,
c'est toujours de demander à la personne qui est responsable d'un dégât de se
ramasser. Donc, 115.2 est dans cet esprit-là. Mais, si quelqu'un dit non, bien nous, on peut aller faire les travaux. Et là il
y a différentes façons d'y aller. Ça peut être... il y a
l'article 114.3 qui permet de réclamer. Mais l'article 115.2, il faut
le voir comme étant un des éléments, là, dans tous ceux qui sont possibles.
Mais, si on juge que 115.2 ne fera pas le travail, parce qu'on est sûrs, on
connaît la personne puis, même si on lui redonne de quoi, il ne va rien faire,
il y en a qu'on le sait, là, tu sais, tu le vois assez vite, bien, on va tout
de suite se mettre à l'ouvrage, on va avancer les fonds, on va faire les
travaux puis on va récupérer.
Ça, ça arrive aussi,
je dirais, surtout dans des situations d'urgence, là. C'est déjà arrivé :
tu arrives, puis il y a un camion qui a renversé, qui coule, puis le chauffeur
est parti, là, puis on ne le trouve pas, là. Ça prend quelques jours à trouver
c'est qui, mais, pendant ce temps-là, on a ramassé, on a payé puis, à un moment
donné, on a envoyé la facture.
M. Rousselle : Comme vous dites, vous
avez... Excusez. Comme vous dites, souvent, c'est les mêmes personnes,
on les connaît, là.
M. Rousseau
(Michel) : Oui, il y en a qu'on connaît.
Rousselle : C'est qu'est-ce que j'ai pu... En tout cas, certains, là,
je veux dire, il ne faut pas généraliser, là, mais, je veux dire, certains,
c'est des noms qui reviennent. Remarquez bien, dans d'autres niveaux, c'est
toujours ça qui arrive, les fautifs, bien souvent, c'est toujours les mêmes qui
reviennent. Ces gens-là, là, on peut-tu... Puis là je vous pose une question, là, c'est vous, le spécialiste là-dedans, moi,
là, je ne connais pas grand-chose là-dedans. Est-ce que vous pouvez, un
exemple, ne plus lui donner de permis à cette personne-là pour faire des
travaux ou ne plus donner...
Tu sais, parce que,
si jamais que c'est toujours la même personne qui est fautive, à un moment
donné, là, à un moment donné, c'est comme... vous le dites vous-même, c'est
comme : Aïe! il fait toujours la même gaffe, cette personne-là, c'est un problème à répétition tout le temps, tout le temps
puis il met l'environnement en danger. Est-ce qu'on peut, à un moment
donné, dire stop? Est-ce qu'on a ce pouvoir-là, justement, d'interdire à ces
compagnies-là, à ces individus-là,
dire : C'est assez, c'est assez, vous n'avez pas le côté sensible, là, de
l'environnement, vous avez juste l'aspect pécunier puis vous vous foutez de l'environnement? Donc, est-ce qu'on
peut... est-ce qu'on a le pouvoir de dire : C'est assez?
M. Charette :
Naturellement, on est à l'article 115.2, qui donne un élément de
réponse. Mais oui, et ça a été abordé à plusieurs autres occasions, pendant
l'étude du projet de loi n° 102, mais également,
déjà, dans la législation actuelle, oui, on a ce type de recours là et de
pouvoir là face à des personnes qui sont notamment connues pour leur
non-respect, là, de la réglementation environnementale.
M. Rousselle :
Oui. C'est sécurisant. Parce qu'à un moment donné, quand c'est toujours la
même personne qui est fautive, à un moment donné, assez, c'est assez, à un
moment donné, il faut que ça arrête. Mais, mettons, si c'est toujours... c'est
une personne ou une compagnie qui n'est pas, comme, fautif régulier, là,
l'attente, à un moment donné, de la
communication envers la compagnie... Parce que, bien souvent, ils ne sont plus
sur les lieux, hein, ils peuvent être partis,
hein, puis c'est par la suite qu'on va aller sur les lieux. Est-ce qu'il y a un
délai d'attribué pour pouvoir, justement, limiter les dégâts? Est-ce
qu'il y a une limite, dans vos affaires, là, est-ce qu'il y a une limite pour
dire, tu sais : O.K., je vais le faire la semaine prochaine, je vais
régler mon problème la semaine prochaine? Ou c'est comme imminent, c'est
comme : Non, non, c'est aujourd'hui ou demain, mais c'est comme rapide?
Parce qu'on parle toujours du niveau de l'urgence, là, tu sais, donc, je ramène
ça toujours à l'urgence, là.
M. Charette :
Le critère de l'urgence est fondamental. À partir du moment où on constate
cette urgence-là, si la personne fautive ou l'organisation fautive n'est pas en
mesure de réagir suffisamment rapidement, selon le degré d'urgence, le
ministère va prendre les dispositions nécessaires pour corriger la situation et
envoyer, par la suite, la facture à la personne ou l'organisation, là, qui en
aura été responsable.
Présidente (Mme Grondin) : ...30 secondes
à peu près, avant que je suspende les travaux. Vous souhaitez poursuivre vos
questions sur cet article-là, M. le député?
M. Rousselle : Oui, bien,
j'avais juste une autre question, là, c'était...
Présidente (Mme Grondin) : Bien, en
fait, on va poursuivre cet après-midi, si ça vous convient, là, parce que,
compte tenu de l'heure, je suspends les travaux jusqu'à 14 heures cet après-midi.
(Suspension de la séance à 13 heures)
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, à l'ordre, s'il vous
plaît! La commission des travaux et de... la commission, pardon, des transports
et de l'environnement reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de
loi n° 102, Loi visant principalement à renforcer l'application des lois
en matière d'environnement et de sécurité des barrages, à assurer une gestion
responsable des pesticides et à mettre en oeuvre certaines mesures du Plan pour
une économie verte 2030 concernant les véhicules zéro émission
Lors de la suspension de nos travaux cet
avant-midi, nous en étions à l'article 94. Donc, M. le ministre, vous l'aviez lu. Il y avait, commencée, une période
d'échange. Donc, y a-t-il d'autres interventions? Mme la députée de
Verdun.
Mme Melançon : Aïe! les deux
ouvrent, là, je suis vraiment choyée. Je veux, d'abord, simplement remercier le
député de Vimont, là, qui m'a aussi remplacée à pied levé, là, parce que nous
avions un point de presse, avec des mamans, et des bébés, et beaucoup d'action.
Cependant, je voulais simplement remercier le ministre pour les questions et
l'éclairage qu'il a apporté du côté du député de Vimont. Et j'ai les notes du
député de Vimont, il m'a dit : Parfait, O.K. Alors, moi, j'y vais avec ce
qu'on a sur papier. Je n'ai pas d'autres questions, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Grondin) :
Parfait, merci. Donc, s'il n'y a
pas d'autre intervention, nous allons... Est-ce que l'article 94
est adopté?
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, il est adopté. Nous
poursuivons avec l'article 95. M. le ministre.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente.
L'article 115.4.5 de cette loi est modifié par l'insertion, après
«l'environnement», de «, à la protection de la santé, de la sécurité, du bien-être et du confort de
l'être humain ainsi qu'à la protection des autres espèces vivantes et des
biens».
Et le commentaire.
L'article 115.4.5
prévoit un pouvoir d'ordonnance au ministre à l'égard des municipalités.
Cet
article
est modifié afin de reprendre les éléments généralement visés par la
Loi sur la qualité de l'environnement.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le ministre. Mme la
députée de Verdun.
Mme Melançon : Merci. Donc, j'étais
en train de relire le texte proposé dans son entièreté. Je veux simplement savoir... Parce qu'ici, on prévoit un pouvoir
d'ordonnance au ministre à l'égard des municipalités. Je pense qu'il y
avait eu une discussion avec les
municipalités en ce sens-là. Est-ce que l'Union des municipalités du Québec... Est-ce qu'il y avait eu une discussion du côté... avec le...
du ministre envers les municipalités à ce sujet-là?
M. Charette : Bien, il y a eu des
discussions, oui, mais par rapport à quel volet?
Mme Melançon : Au sujet de
l'ordonnance, de pouvoir... un pouvoir d'ordonnance du ministre sur les
municipalités. Est-ce que vous avez déjà discuté, avec les maires, de cette
possibilité-là?
M. Charette : Ce n'est pas un
aspect, là, qui a été abordé, à mon souvenir, là, lors des échanges. On avait
parlé des pouvoirs... On se souvient, on avait discuté sur les barrages, et
autres. Mais cet élément-là, pour ma part, là... Je ne dis pas qu'il n'y a pas
eu de discussions, au préalable, avec les associations municipales, l'UMQ, FQM,
mais, pour ma part, il n'y a pas eu d'échanges directs, là, sur cet élément-là.
Mme Melançon : D'accord. Parce que
je veux quand même savoir... J'essaie juste de comprendre dans quelle optique
le pouvoir d'ordonnance, à l'égard des municipalités, peut s'appliquer.
M. Charette : Pour ce qui est de
l'application, peut-être demander à Me Grignon?
Mme Grignon (Karine) : Oui. En fait,
il y a différents règlements qui s'appliquent en vertu de la
Loi sur la qualité
de l'environnement, dont l'application a été confiée aux municipalités. On peut
penser au règlement... je vous donne le petit nom court, le règlement sur les résidences
isolées, là, pour les fosses septiques, notamment, le nouveau règlement, aussi,
en matière d'inondations, là, qui est entré en vigueur au début du mois. Donc,
quand la municipalité, elle a la responsabilité d'appliquer un règlement pris
en vertu de la
Loi sur la qualité de l'environnement, donc, pour s'assurer que
l'application est bel et bien faite, donc, s'il y a une municipalité qui est
plus déficiente, récalcitrante, effectivement,
à cet égard-là, il y a un pouvoir d'ordonnance qui va permettre au ministre
d'intervenir à ce moment-là.
Mme Melançon : Est-ce
que c'est un pouvoir que vous pensez qu'il sera nécessaire d'utiliser
fréquemment?
M. Charette : Jusqu'à maintenant, il
n'y a pas eu d'utilisation de pareils pouvoirs, mais, depuis le début du projet
de loi n° 102, on veut se donner le plus d'outils possible. Mais on serait
malavisés... ou on ne peut pas prétendre, à ce moment-ci, là, que ce serait une
utilisation, là, qui serait fréquente.
Mme Melançon : J'ai une question qui
s'avère être une vraie question, encore une fois : Comme on décide de
prévoir un pouvoir d'ordonnance face ou à l'égard des municipalités, est-ce
qu'on a un miroir comme ça face à un ministère, par exemple, le ministère des
Transports? On a déjà lu des articles puis on en a fait référence à quelques reprises ici, là, lors de l'étude du projet de loi
n° 102, où on disait que le ministère des Transports était, malheureusement,
mauvais élève, je ne dirai pas, plus souvent
qu'à son tour, mais fréquemment, puisqu'il apparaissait dans les 10 pires
élèves en matière d'environnement. Est-ce qu'on pourrait y aller avec un
pouvoir d'ordonnance face à un autre ministère?
M. Charette : Je vais tenter une
réponse, et n'hésitez pas à me corriger, là, le cas échéant, là. C'est un
pouvoir qui est donné aux municipalités pour appliquer notre loi, mais on n'a
pas besoin de cette disposition-là pour un autre ministère, étant donné que, comme ministère, on a notre pleine capacité
d'action, là, au niveau de l'action gouvernementale. Donc, à moins que je saisisse mal la question, là,
mais là c'est réellement... les municipalités ont la possibilité
d'appliquer nos lois, mais, si jamais il y a à intervenir dans le champ
d'action d'un autre ministère, bien, c'est le ministère de l'Environnement, là,
qui agit, tout simplement.
Mme Melançon : C'est moi qui ai mal
formulé ma question. Vous avez raison, M. le ministre, de ne pas comprendre.
Parce que, dans ma tête, c'était clair. Parce que, depuis tout à l'heure...
Puis je m'excuse, là, mais, avant la pause, lorsque nous parlions d'une
ordonnance, où le ministre peut ordonner, donc, de cesser des travaux... moi,
c'était plus... ce n'était pas tant dans le pouvoir d'ordonnance qu'on donne à
une autre entité, mais est-ce que le ministre peut ordonner, par exemple, au
ministère des Transports, une ordonnance de cesser des travaux?
Mme Grignon (Karine) : Oui. En fait,
oui, on l'a vu un petit peu plus tôt, là, autant avec la nouvelle loi qu'on a
édictée à l'article 1 qu'avec la LQE. Il y a un
article spécifique qui
vient dire que la loi lie l'État, donc lie ses ministères et organismes. Donc,
les ministères et organismes doivent se soumettre, en fait, aux normes de la
Loi sur la qualité de l'environnement, puis s'il y a non-respect, bien, le
coffre à outils que le ministre a à sa disposition peut aussi s'appliquer, là,
aux différents ministères et organismes, effectivement.
Mme Melançon : Parfait. Mais, vous
voyez, c'était ma mécompréhension à moi. À la lecture, là, j'ai voulu faire
trop vite, là. Donc, ce que je comprends ici... Merci, d'abord, Me Grignon.
Mais ce que je comprends ici, donc, c'est que le... ce pouvoir-là peut être
donné aux municipalités, mais on ne sait pas, à ce moment-ci, si les
municipalités voulaient vraiment de ce pouvoir d'ordonnance là. Parce que
j'entends qu'il n'y a pas eu nécessairement une discussion sur ça, mais qu'ils
vont pouvoir utiliser ce pouvoir d'ordonnance là. Mais pourquoi, alors, on veut
le donner aux municipalités? Pourquoi est-ce qu'on ne veut pas plutôt
dire : Bien, je garde ce pouvoir-là, moi, entre les mains du ministre et
je vais le faire appliquer dans des municipalités lorsqu'il y aura faute?
M. Charette : La question est très
pertinente, mais, tout à l'heure, lorsque je disais qu'on n'y avait pas eu
recours et qu'on ne pensait pas y avoir recours, là, de façon régulière, c'est
que c'est un
article qui existe déjà. Ce qu'on vient proposer, c'est
uniquement... c'est le champ d'application, en quelque sorte, là. On vient
uniquement ajouter à la protection de la santé et de la sécurité. Mais
initialement, l'article disait déjà : «Le ministre peut, après enquête,
ordonner à une municipalité d'exercer les pouvoirs relatifs à la qualité de
l'environnement que confère à cette municipalité la présente loi ou toute autre
loi.» Donc, ce n'est pas un nouvel élément. On vient préciser, en quelque
sorte, la portée, avec une énumération, qu'on a vue par le passé, qui vient
préciser le champ d'action, en quelque sorte. Mais, en soi, ce n'est pas une
nouvelle responsabilité, là, que l'on confère aux municipalités.
Mme Melançon : Parfait. Et, si je
comprends bien, comme on ne l'a jamais utilisé, là, ce n'est pas quelque chose
qui peut être dans une fréquence... en tout cas, puis on n'en prévoit pas plus
de fréquences non plus, j'imagine?
M. Charette : Et, si jamais on
devait y recourir, bien là, on a une portée qui est plus précise, à travers
l'amendement... pas l'amendement, mais à travers l'article que l'on étudie.
Mme Melançon : Parfait pour moi, Mme
la Présidente.
Présidente (Mme Grondin) :
Donc, s'il n'y a pas d'autre
intervention sur l'article 95, est-ce qu'il est adopté?
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, l'article 95 est adopté, ce qui conclut
le bloc V.
Et donc, là, nous allons poursuivre avec le
bloc VI. Donc, je vous amène à l'article 11 du projet de loi. M. le
ministre.
Charette :
L'article 11, pour lequel j'aurai un
amendement, mais j'y vais avec la lecture de l'article original,
donc :
L'article 14 de la Loi affirmant le
caractère collectif des ressources en eau et favorisant une meilleure gouvernance
de l'eau et des milieux associés est modifié :
1° par
le remplacement des sous-paragraphes a et b du paragraphe 3° du premier
alinéa par les sous-paragraphes suivants :
«
a) soit à la constitution d'un organisme
de bassin versant ayant pour mandat :
Comment que, Mme Grignon, vous m'aviez dit
de dire ça, déjà, les i, les ii, les iii? C'est...
Mme Grignon (Karine) : Bien,
«i». On peut juste dire «i»...
M. Charette : Donc, on va y aller
avec le «i», donc :
«i. de coordonner une table de concertation
représentative des utilisateurs intéressés et des divers milieux concernés;
«ii. d'élaborer et de mettre en place des
mécanismes de collaboration pour une gestion intégrée et concertée des
ressources en eau pour sa zone de gestion intégrée;
«iii. de coordonner la mise en oeuvre des
mécanismes de collaboration et d'en assurer le suivi;
«iv. de coordonner l'élaboration d'un plan
directeur de l'eau et sa mise à jour subséquente;
«v. de favoriser la mise en oeuvre du plan
directeur de l'eau et d'en assurer la cohérence, notamment en faisant sa
promotion et en mobilisant les utilisateurs de l'eau et du territoire;
«vi. de coordonner les exercices de suivi
et d'évaluation du plan directeur de l'eau;
«
b) soit, exceptionnellement, à la
désignation d'un organisme représentatif des utilisateurs intéressés et des
divers milieux concernés chargé de remplir le mandat normalement confié à un
organisme de bassin versant prévu au paragraphe a;»; et
2° par le remplacement, dans le deuxième
alinéa, de «sa mission» par «son mandat».
Et le
commentaire se lirait ainsi : Cette modification vise à clarifier le
mandat des organismes de bassins versants. Elle apporte également une concordance dans le choix de la terminologie
utilisée, en remplaçant «mission» par «mandat».
Je ferais la lecture de l'amendement.
La Présidente
(Mme Grondin) : ...
M. Charette : Merci :
Remplacer le sous-paragraphe a du paragraphe 3° du premier alinéa de
l'article 14 de la Loi affirmant le caractère collectif des ressources en
eau et favorisant une meilleure gouvernance de l'eau et des milieux associés proposé
par le paragraphe 1° de l'article 11 du projet de loi par le
sous-paragraphe suivant :
«
a) soit à la constitution d'un organisme
de bassin versant ayant pour mandat de coordonner la gestion intégrée et
concertée des ressources en eau par bassin versant sur sa zone de gestion
intégrée. Pour ce faire, il :
«i. coordonne un processus de concertation
en s'assurant d'une représentation équilibrée des utilisateurs intéressés et
des divers milieux concernés;
«ii. coordonne l'élaboration d'un plan directeur
de l'eau et sa mise à jour subséquente;
«iii. mobilise les utilisateurs de l'eau et
du territoire vers un passage à l'action pour favoriser la cohérence et la mise
en oeuvre du plan directeur de l'eau, notamment en faisant sa promotion; et
«iv. coordonne les exercices de suivi et
d'évaluation du plan directeur de l'eau;».
Et le commentaire : cet amendement vise à
donner suite à une proposition de modification du Regroupement des organismes
de bassins versants.
La Présidente
(Mme Grondin) : Merci, M. le
ministre. Donc, Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : Merci, Mme la
Présidente. Donc, si je comprends bien, il y avait l'article 11 sur
l'organisme de bassin versant... les organismes de bassins versants, devrais-je
dire, et, si je comprends bien, vous arrivez, à ce moment-ci, avec un
amendement pour changer certains mots, en tout cas, certaines orientations. Et
j'imagine que, ça, ça a été fait à la lumière d'échanges que vous avez eus avec
le regroupement?
M. Charette : ...d'où la
proposition d'amendement. Il y a eu plusieurs échanges. Naturellement, ils sont
venus au moment de la consultation, ils ont pu faire valoir leurs points de
vue, mais, au niveau du cabinet, il y a eu d'autres échanges aussi. Et on pense,
là, se positionner, là, de façon à ce que les objectifs de chacun, là, soient
atteints.
La Présidente
(Mme Grondin) : D'accord. J'aimerais
connaître, du ministre... Dans le fond, à partir du moment où on vient
transformer, notamment, la mission pour un mandat, qu'est-ce que ça change?
Qu'est-ce que ça change, dans la vision du ministre, de transformer, dans le
fond, l'appellation «mandat» par «mission»?
M. Charette : Bien, en fait, est-ce
que... on le dit, hein, c'est réellement, là, pour se conformer à une
terminologie, là, qui est plus usuelle. Mais il faut lire l'article et les
discussions, là, qui en ont découlé comme un tout, et comme une
partie de ce que l'on souhaite faire. On a mis en place le Forum d'action sur l'eau, des travaux qui
avancent, d'ailleurs, très bien. Les OBV ont un rôle à jouer. Je pense que ce
rôle est bien représenté, là, dans l'article qui est proposé, mais la démarche
ne s'arrête pas là, là. On a d'ailleurs, il y a quelques jours, tout juste,
fait un premier bilan des actions du Forum d'action sur l'eau, on sait
davantage où on s'en va pour la suite des choses. Et cette définition ou cette
précision quant à leur mandat est bien contenue, là, dans la terminologie qui
est présentement à l'étude.
Mme Melançon :
Parfait. Je m'excuse, je ne suis pas dans la lune, là, pour ceux qui
pensent... C'est que je regarde à l'écran, je regarde l'amendement actuellement
à l'écran. Je suis en
partie d'accord, mais je réalise aussi, lorsqu'on
remplace «mission» par «mandat», il y a quand même une volonté, derrière tout
ça, qui est... qui m'apparaît quand même... qui apparaît quand même, là... À
l'intérieur même de l'article, avant même l'amendement, là, on le sentait tout
de même.
À partir du moment où
le ministre devient le premier gestionnaire de l'eau, à l'intérieur du projet
de loi n° 102, puis qu'on donne quand même des... pas de nouveaux
pouvoirs, mais, quand même, où on vient encadrer, je dirais ça comme ça, quel
est le mandat donné aux organismes de bassins versants, est-ce que le ministre
peut nous dire quelle est la direction qu'il souhaiterait donner, vraiment,
plus aux OBV? Là, je comprends qu'il me parle du Forum d'action sur l'eau. À l'époque où nous avions... où nous
étions aux affaires, on avait déposé, de notre côté, une stratégie sur
l'eau, dans laquelle on avait quelque chose
qui ressemblait un peu au forum, là, qui a... qui s'est transformé, je dirais
ça comme ça, là, sous la gouverne de votre formation politique.
Mais j'aimerais
savoir qu'est-ce que vous voyez... comment vous vous projetez, justement, avec
les organismes de bassins versants puis avec toute la gestion de l'eau. Parce
qu'on le sait, là... puis, depuis tout à l'heure, je vous parle de changements
climatiques, de réchauffement climatique, bien sûr, et... à quel point l'eau va
devenir un principe puis une richesse naturelle ô combien importante. Elle
l'est déjà, mais ça va aller juste en grandissant, là. On a quand même 3 %
de l'eau douce du monde entier sur notre territoire, qui représente... Puis
l'eau, c'est 22 % du territoire du Québec, là. On sait à quel point c'est
grand, le Québec, mais il faut s'enorgueillir, il faut faire... Moi, je veux
juste savoir c'est quoi, la direction ou la vision que vous avez, comme
ministre de l'Environnement.
M. Charette :
Très légitime, comme questionnement. La collègue le mentionne à juste
titre, 3 %, ça peut sembler peu, mais, dans les faits, c'est énorme
lorsqu'on considère, là, l'étendue de notre planète. Malheureusement, on vit
une guerre, ces semaines-ci, du côté de la Russie et de l'Ukraine, mais les
prochaines guerres, et je ne le souhaite pas, mais peuvent être à cause de
l'accès à l'eau, là, dans un avenir qu'on va souhaiter le plus lointain
possible, mais ça va devenir un enjeu toujours plus crucial, là, à l'échelle
planétaire.
Donc, oui, il faut y
accorder cette importance-là, et c'est la raison pour laquelle... Et ce n'est
pas un choix de mots... Lorsqu'on parle de forum d'action, ce qui est attendu
des partenaires... Parce que, oui, les organismes de bassins versants en font
partie, mais les municipalités... bref, il y a les acteurs clés impliqués dans
cet enjeu-là qui sont mobilisés à travers, là, cette instance-là. Je parle
d'instance, bien que ce ne soit pas officialisé, là, ce n'est pas un ministère,
mais c'est une instance qui, tout de même, a un mandat bien, bien précis, c'est
d'être dans l'action. Et quand je dis «dans
l'action», c'est couvrir les différents aspects de l'eau, comment mieux la
protéger, comment mieux la mettre en valeur, comment s'assurer de sa
qualité. Et là le réseau, mais les organismes de bassins versants, les
municipalités, tous les partenaires, là, qui font partie, là, de ce forum-là
ont la même logique , c'est-à-dire y aller de
propositions d'actions bien, bien concrètes.
Peut-être
revenir sur la question précédente, par rapport mandat versus mission. Il faut
savoir que les organismes de bassins versants sont des organismes... des
OBNL, donc ce n'est pas le gouvernement qui détermine leur mission. Donc, la
mission des organismes de bassins versants, c'est à eux de la convenir. Mais là
on vient confirmer qu'il y a des mandats qui sont donnés aux organismes de
bassins versants, donc c'est la raison pour laquelle, là, le mot «mandat»
semble plus approprié, là, dans les circonstances. Mais l'organisme de bassin
versant n'a pas à se limiter au mandat que le gouvernement pourrait convenir
avec lui. Sa mission peut être et est, dans les faits, beaucoup plus large.
Et il y a quand même
eu des... une belle reconnaissance, de part et d'autre, parce qu'on a signé,
là, il y a quelques mois maintenant, la convention avec les organismes de
bassins versants, qui nous mène jusqu'en 2024. Donc, la mission, elle est
reconnue, et ils se reconnaissent dans les mandats, là, que l'on souhaite leur
confier, et le type de travail sur lequel on peut compter, là, mutuellement.
Présidente (Mme Grondin) : Nous avons le
député de Bourget qui souhaiterait s'insérer dans l'échange. Donc, M. le député
de Bourget.
M. Campeau : Ce
n'est pas une meilleure réponse, c'est juste un angle différent. Les organismes
de bassins versants ont été vraiment des gens qui ont participé de façon très
active au forum sur l'eau, ils ont apporté beaucoup à ce forum d'action là et
ont eu beaucoup... Je me souviens qu'on avait mis le mot «action» en lettres
majuscules, c'était pour que personne ne
l'oublie, qu'on ne voulait pas être là juste pour en parler, mais développer
des actions, et je pense que ça a
bien fonctionné, que ça continue de bien fonctionner, comme le ministre vient
de le mentionner. On ne voulait pas que les organismes de bassins versants ne s'occupent que de faire un plan
directeur de l'eau et dire : Bien, voilà, c'est terminé. On voulait
s'assurer que la façon dont le plan était fait, qu'il était utile,
compréhensible par les futurs utilisateurs. Alors, c'est beaucoup dans cette optique-là
que les plans directeurs de l'eau ont été discutés avec les divers
intervenants.
Alors, ici, on vient
mentionner... on voit beaucoup le mot «coordonner l'élaboration», «coordonner
un processus», et c'est là qu'on voyait l'utilité des bassins versants, non pas
seulement préparer un plan d'action, mais en insistant beaucoup sur la
coordination, ce qu'ils font, normalement, très bien, en étant dans le milieu.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le
député. Donc, Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : Non, mais je suis
très heureuse qu'on puisse, justement, avoir cette discussion-là, parce que,
pour moi, ça a toujours été, en tout cas, un incontournable, là, les organismes
de bassins versants, puis je suis heureuse d'entendre, aussi, le ministre dire
qu'il a procédé dernièrement, justement, à cette... où on a attaché le
financement, j'imagine, en même temps, pour ces organismes-là, chose que je
trouve vraiment très, très intéressante.
J'ai rencontré OBAKIR, l'organisme bassins versants
du Kamouraska, dernièrement. J'ai aussi rencontré les représentants de Bassin
versant du Saint-Maurice. J'étais chez vous, Mme la députée, et j'ai pu
échanger avec eux, et ils ont un conseil... des conseils d'administration.
Donc, c'est pour ça que je posais la question sur la mission et le mandat. Je
pense qu'il faut que ce soit clair, là, pour chacun des organismes, parce
qu'ils se posent quand même des questions,
en se disant : Bon, bien, est-ce que je vais pouvoir garder la nature
propre? Puis ce n'est pas pour rien qu'il y a des organismes de bassins versants par région... bien, par bassins
versants, là, on va le dire comme ça, mais dans chacune des régions, où,
justement, le rapport avec l'eau n'est pas nécessairement le même à
Saint-Maurice que ce l'est dans le Kamouraska. Alors, c'est pour ça que ma
question était précise en ce sens-là. Et je tiens à saluer ceux et celles qui
s'investissent dans des conseils d'administration, par exemple, pour les
bassins versants un peu partout au Québec, parce que l'eau, cette richesse-là,
cette ressource-là qui nous appartient à toutes et à tous, bien, je pense qu'on
doit être plus nombreux, justement, à s'en préoccuper.
Et c'était un peu en ce sens là aussi, puis le
ministre va me permettre un petit écart, où j'avais demandé qu'on puisse revoir les redevances sur l'eau. Moi,
c'était exactement dans la même logique que ce que nous avons ici
présentement, et je trouve dommage qu'on ne soit pas en mesure à ce moment-ci
de revoir les redevances parce qu'on le sait que ça va être apporté s'il y a
une volonté politique après le 3 octobre prochain, selon ce que
déterminera la population du Québec à ce
moment-là. Si on revoit ou non les redevances sur l'eau, je rappellerai que les
chiffres sont sortis pas plus tard que cette semaine et il y a une
diminution des sommes qui ont été versées par l'industrie au gouvernement du
Québec, là. On a perdu en plus autour de 300 000 dollars, là, de
moins, probablement par une baisse de production due justement à la pandémie,
là, qui a sévi au cours des deux dernières années.
Cela étant dit, je tenais quand même à le
mentionner, et je le mentionne aussi pour ce qui est des décisions qui ont été
rendues la semaine passée, par décret, d'autoriser la minière au lac Bloom d'y
aller avec l'autorisation pour huit lacs de déverser des résidus miniers.
Tu sais, huit lacs, là. Je comprends, là, que c'est beaucoup, 22 % du
territoire, mais je ne comprends pas qu'on
ait franchi ce pas-là, malheureusement, d'aller autoriser des résidus miniers
alors qu'on pouvait le faire dans la fosse à partir de 2025. Ça me brise
le coeur. D'autant plus que cette ressource là, bien, qu'une fois que les dommages sont faits, on sait que ça
va être difficile. Puis, je pense aussi à ceux et à celles, dont Mme Cotte,
là, je ne sais pas si elle nous écoute actuellement, mais qui est une
propriétaire autour du lac, puis elle, elle voit donc son investissement fondre
comme neige au soleil, là. À partir du moment où tu sais que ta résidence est
autour d'un lac où il y aura 30 millions de camions lourds qui vont
venir... qui vont être déversés en résidus miniers dans ton lac, là, ta valeur
est à peu près à ça.
Donc je ne comprends pas et, je le répète, je
pense très honnêtement qu'on va devoir expliquer cette situation-là auprès des
citoyens et citoyennes du Québec qui, comme moi... je ne suis pas la seule à
être fâchée, là. Les experts disent que c'est inacceptable, le BAPE dit que
c'est inacceptable. Je ne comprends pas, et là on s'en vient donner des
missions, des mandats aux OBV. Je trouve ça formidable. Puis les OBV sont
justement des organismes auxquels je crois et ce n'est pas d'hier, très loin de
là, mais, honnêtement, il va falloir qu'on dise oui à ça, mais il faut qu'il y
ait aussi le reste de la logique qui puisse suivre.
Alors, je vous parle des redevances sur l'eau,
bien entendu. J'ai tenté ici d'apporter cette révision-là. Je ne voulais même
pas qu'on le fixe ici, je voulais juste qu'on se dise ensemble en commission
qu'on était pour le revoir. Et la banquette ministérielle a voté à l'unanimité
contre. Moi, ça me trouble. Et quand je vois le décret de la semaine passée, ça
me trouble. Alors, si on veut parler de l'eau, si on veut parler de notre
richesse naturelle, je pense qu'il faut que les babines et les bottines soient
sur le même rythme et aillent... oui, on reprend le... je viens d'entendre
rire, puis je me suis dit : Ah! il y a quelqu'un qui était là tout à
l'heure. Je salue ma collègue députée de Gaspé. Mais justement, il faut
s'assurer que le discours et les gestes aillent dans le même sens. Alors, je
trouve ça... tu sais, je vais acquiescer, puis je trouve ça super beau sur
papier, mais j'aimerais ça aussi que ça puisse se sentir dans les actions qui
sont posées actuellement par l'actuel gouvernem