House Proceedings — 29 March 2018 (41st Legislature, 1st Session)

2018-03-29

Quebec — Debates (Hansard)

House Proceedings — 29 March 2018 (41st Legislature, 1st Session)

2018-03-29

Quebec — Debates (Hansard)

(Neuf

heures quarante minutes)

La Vice-Présidente

(Mme Gaudreault) : Alors, bon jeudi à tous et toutes. Vous pouvez

prendre place.

Et nous allons

débuter notre séance avec la rubrique de déclarations de députés, et je vais

céder la parole à M. le député de Côte-du-Sud.

M. Morin : Merci,

Mme la Présidente. Ce matin, je vous

parle d'Olivier Raffestin, un fabuleux cuisinier qui s'est récemment mérité le prestigieux prix Renaud-Cyr.

Cette reconnaissance culinaire, qui est nommée en l'honneur du défunt chef du même nom, qui a aussi été propriétaire du

Manoir des érables de Montmagny, vient honorer le travail combiné des

chefs et des producteurs du Québec.

Nommé

chef en 2006, M. Raffestin travaille à l'Auberge des glacis de L'Islet

depuis 18 ans. Son talent, son audace et son raffinement ont permis

à l'établissement d'atteindre un standard d'excellence gastronomique sans

pareil.

À quelques reprises,

j'ai eu la chance de goûter ses créations. Mme la Présidente, c'est bon en

ti-péché!

suis donc extrêmement fier que M. Olivier Raffestin ramène le prix

Renaud-Cyr en Côte-du-Sud, et ce, 20 ans après le départ de ce

pionnier de la cuisine québécoise. Bravo à vous, mon cher!

Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le

député de Côte-du-Sud. Maintenant, je me tourne vers Mme la députée de Chicoutimi

pour sa déclaration d'aujourd'hui.

Jean : Merci, Mme la Présidente. Récemment nous perdions une personne au parcours

extraordinaire et inspirant avec le décès de

Mme Marthe Asselin-Vaillancourt. Saluée par de nombreuses reconnaissances,

Femme de carrière en 1984, récipiendaire du

Prix du gouverneur général et du Prix de la Justice du Québec

en 1995, élue au Conseil de l'Ordre

national du Québec de nombreuses années et honorée en 2011 de

l'Ordre du Canada, femme de coeur et de grande empathie, elle est fondatrice du CAVAC, le

centre d'aide aux victimes d'actes criminels, de Chicoutimi, un héritage

qui à lui seul justifie que j'honore aujourd'hui cette femme.

cause de l'aide médicale à mourir lui tenait à coeur, et, paradoxalement, elle

s'en est prévalue alors qu'elle était atteinte d'un cancer généralisé,

ce qui lui a permis d'ailleurs de partir paisiblement, entourée de ses proches.

parcours exemplaire de cette femme d'exception a inspiré plusieurs

personnes et, j'en suis persuadée, continuera d'en inspirer plusieurs.

Mme la Présidente, j'aimerais souligner la présence de Mélanie Lapointe et de Nathalie

Turcotte, du CAVAC de Chicoutimi. Merci beaucoup.

Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, nous vous souhaitons la bienvenue à l'Assemblée nationale. Maintenant, pour la prochaine déclaration, je cède la parole à M.

le député de Mégantic.

Bolduc : Merci, Mme la Présidente. Il me fait plaisir de prendre la parole aujourd'hui afin de souligner

le prix remporté par une jeune entrepreneure de mon comté.

Mme Cécile

Branco est la récipiendaire de la Médaille du lieutenant-gouverneur pour la

jeunesse, illustrant ainsi son

remarquable engagement dans son milieu et plus précisément pour le projet Québec Artisan. Québec

Artisan a comme mission de soutenir

la croissance des entreprises artisanales afin qu'elles deviennent des piliers

de l'économie du Québec.

Elle a, entre

autres, lancé un accélérateur, soit un programme d'accompagnement pour les

artisans entrepreneurs, permettant

chaque année d'accompagner huit entreprises en précisant leur stratégie, en

augmentant leur chiffre d'affaires et

leur réseau professionnel. Il accompagne des entreprises de partout à travers

la province, de l'Abitibi-Témiscamingue au

Bas-Saint-Laurent, afin de contribuer à l'essor de produits faits au Québec, à

l'économie de la province et au rayonnement de son savoir-faire.

La Vice-Présidente

(Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député de Mégantic. Maintenant,

je reconnais M. le député de Drummond—Bois-Francs.

Schneeberger :

Merci, Mme la Présidente. Alors, aujourd'hui, je tiens à féliciter la

municipalité de Notre-Dame-de-Ham, qui vient d'actualiser sa politique sociale,

englobant les familles, les enfants et les aînés.

mettant à jour cette politique et en planifiant de nouvelles actions, toute la

communauté se prend en main pour mieux

vivre ensemble. L'embellissement du village, le covoiturage pour les familles,

l'accompagnement des aînés vers les

soins de santé ou les heures du conte pour enfants en sont de bons exemples.

Ces prises en charge à même les ressources du milieu s'inscrivent dans

une démarche exemplaire.

Après avoir lancé sa politique favorable aux

familles et aux aînés en 2012, Notre-Dame-de-Ham a été la première municipalité de ma circonscription accréditée Amie

des enfants, en 2014. Elle a mis en place des services de proximité en

2015 et inauguré de nouvelles infrastructures en 2016.

Bravo à Notre-Dame pour cette belle réussite! Et

je tiens à féliciter le conseil

municipal, les citoyens et citoyennes et partenaires impliqués. Merci.

Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député. Maintenant, je

cède la parole à M. le député de Trois-Rivières.

Girard : Merci, Mme la Présidente. La semaine dernière, le week-end

dernier, plutôt, s'est tenu le Salon du livre de Trois-Rivières, qui

fêtait son 30e anniversaire sous le thème Jouer d'audace .

Sous

la présidence d'honneur de M. Alexandre Jardin, le Salon a établi un record

d'achalandage. Pour le 30e, une nouveauté

s'est ajoutée dans la programmation, soit la dictée textée avec Alexandre

Jardin, qui s'est ajoutée aux différentes conférences, qui furent

d'ailleurs un franc succès.

première cette année, le salon a accueilli un ministre à

titre d'auteur. Il

s'agit, bien sûr, de notre collègue le ministre de l'Éducation, qui est

venu à la rencontre des visiteurs en nous offrant une présentation extraordinaire

de son ouvrage. Le prix du public a, quant à

lui, été remis pour une troisième année à un auteur bien de chez nous,

M. Guillaume Morrissette.

Avec

une programmation riche et variée, le 30e Salon du livre s'est distingué

par ses contenus intellectuels animés et éducatifs. Merci aux bénévoles,

auteurs, éditeurs et partenaires qui ont participé à l'événement et

félicitations à Julie Brosseau et toute son équipe, qui ont réussi encore cette

année à créer un salon du livre que l'on peut qualifier d'exceptionnel. Merci,

Mme la Présidente.

Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de

Trois-Rivières. Maintenant, M. le député de René-Lévesque, à vous de

faire votre déclaration.

M. Ouellet : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, je voudrais rendre hommage à

un pionnier de notre culture nord-côtière,

un homme qui travaille à exposer la musique et la culture à l'entrée de la

circonscription de René-Lévesque.

Charles

Breton agit comme un canal puissant de mélodies, d'artistes émergents d'ici et

d'ailleurs pour le Festival de la

chanson de Tadoussac. Depuis plus de 20 ans, M. Breton coordonne,

stimule, recherche et assure la vitalité de ce festival.

plus d'être un membre fondateur, il s'implique dans sa municipalité depuis tout

aussi longtemps. Que ce soit au niveau

économique, touristique ou culturel, il est un démarcheur, un canaliseur et une

source d'énergie immense pour faire découvrir et apprécier la musique.

mon nom et en celui des citoyens de la circonscription de René-Lévesque, je

tiens à souligner l'implication de Charles

Breton dans le monde culturel d'ici mais aussi comme acteur important de sa

communauté, de ma circonscription, de ma région. À toi, Charles, à ta

famille, merci beaucoup.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :

Alors, bienvenue, M. Breton, bienvenue à l'Assemblée nationale. Maintenant, toujours

à la rubrique des déclarations de députés, je cède la parole à M. le député de

Sherbrooke.

Fortin (Sherbrooke) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. J'aimerais

souligner aujourd'hui la 15e édition du quilles-o-thon au profit de La Maison Aube-Lumière de Sherbrooke,

activité dont je suis le fier président d'honneur.

Depuis

1997, La Maison Aube-Lumière accueille des personnes atteintes du cancer en

fin de vie, leur prodigue des soins

palliatifs de grande qualité et les accompagne, de même que leurs proches, dans

un climat empreint de chaleur, en respectant leurs choix et leurs

valeurs.

Depuis la création du quilles-o-thon, plus de 180 000 $

ont été amassés, ce qui représente 720 journées de soins et

d'hébergement pour une personne. C'est le samedi 21 avril prochain, au

Salon de quilles et de billard Sher-Mont de Sherbrooke,

que tous se relaieront pendant 12 heures afin d'amasser des fonds et ainsi

permettre à l'organisme de poursuivre son importante mission.

J'invite

donc les Sherbrookois à se joindre à moi en grand nombre le 21 avril

prochain. Merci, Mme la Présidente.

Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député

de Sherbrooke. Maintenant, je reconnais M. le député de Chambly.

M. Roberge :

Mme la Présidente, je veux prendre le temps dont je dispose aujourd'hui pour

rendre hommage à Mme Denise Patry, une dame bien spéciale de chez

nous qui nous a quittés récemment.

Mme Patry

est connue de longue date dans la communauté de Chambly et plus spécialement

des aînés de chez nous. Pionnière de l'Entraide Plus, un organisme qui offre

une panoplie de services aux aînés de la région, elle était membre de

son conseil d'administration depuis 17 ans et bénévole à cet endroit

depuis plus de 20 ans, depuis 2007 à l'accueil

du Resto-Entre et présente jour après jour, avec une constance peu commune.

Elle était reconnue pour son accueil chaleureux

et son sourire légendaire. Nombreux étaient ceux qui la connaissaient et

l'appréciaient énormément. Outre sa famille,

donc, elle laisse dans le deuil toute l'équipe de l'Entraide Plus ainsi que de

nombreux membres de l'organisme et citoyens de Chambly, Carignan,

Richelieu et Saint-Mathias.

En terminant, Mme la

Présidente, permettez-moi d'adresser mes sympathies les plus sincères à la

famille de Mme Patry. Mes pensées sont avec vous dans ces moments

difficiles.

Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député

de Chambly. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.

Mme Thériault :

Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je souhaite souligner le

20e anniversaire du Carrefour jeunesse-emploi Anjou—Saint-Justin.

Depuis

maintenant 20 ans, le CJE soutient l'intégration sociale, professionnelle

et économique des jeunes âgés de 16 à

35 ans demeurant sur le territoire de l'arrondissement d'Anjou et la

paroisse Saint-Justin. Par son approche, le CJE contribue à développer l'esprit entrepreneurial chez les jeunes par

le biais de son programme, le Parcours Papillon, en valorisant le

potentiel créatif des jeunes et en les sensibilisant aux étapes de

développement d'un projet. À travers diverses

activités, les jeunes acquièrent de l'expérience en rédaction de projet, en

demande de commandite ainsi qu'en organisation d'activités

promotionnelles.

Également,

avec son projet Tremplin, le CJE favorise l'épanouissement des jeunes ayant des

limitations fonctionnelles en

développant leurs compétences personnelles et professionnelles, puisqu'il vise

à développer leur autonomie en plus d'aider à les intégrer et à les

maintenir sur le marché de l'emploi.

Encore une fois, bon

20e anniversaire au Carrefour jeunesse-emploi Anjou—Saint-Justin!

Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.

Maintenant, pour clore cette rubrique de déclarations

de députés, je cède la parole à Mme la députée d'Outremont.

Mme David : Merci beaucoup, Mme la

Présidente. Je souhaite souligner aujourd'hui le 60e anniversaire de

fondation du Centre François-Michelle, corporation à but non lucratif qui est

une institution d'enseignement primaire et secondaire mixte pour des jeunes présentant une

déficience intellectuelle légère, âgés entre quatre et 21 ans. L'école

secondaire de premier cycle se trouve d'ailleurs dans ma circonscription

d'Outremont.

Le centre,

par ses actions auprès de ces jeunes, vise l'actualisation de leur potentiel en

leur offrant un milieu scolaire stimulant, adapté à leurs besoins, leur

intégration sociale et professionnelle et le développement de leur autonomie dans

tous les domaines. Je désire, Mme la

Présidente, souligner le travail extraordinaire des professeurs et

intervenants de ce centre qui

oeuvrent auprès de ces jeunes, sans qui le plein accomplissement des habiletés

de ces derniers ne serait possible.

Finalement,

je souhaite au Centre François-Michelle 60 autres années supplémentaires

remplies de succès afin de continuer à semer de l'espoir dans la vie de

toutes ces familles. Merci.

Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, Mme la députée

d'Outremont. Ceci met fin à la rubrique des déclarations de députés.

Et je suspends nos travaux quelques instants.

(Suspension de la séance à 9 h 52)

Le Président : Mesdames

messieurs, nous allons nous recueillir quelques instants.

J'ai le plaisir de souligner la présence, dans

nos tribunes, de l'ambassadeur du Burkina Faso, Son Excellence M. Athanase

Boudo, à l'occasion de sa visite officielle.

Je souligne également

la présence du consul général du Liban à Montréal, M. Antoine Eid,

à l'occasion de sa visite de prise de poste.

Et je

voudrais souligner le départ à la retraite de M. Mario Gagnon, qui est

réalisateur au Service de la télédiffusion des débats depuis 25 ans. M. Gagnon était en charge de la

captation en régie de la période de

questions ainsi que de plusieurs autres

événements parlementaires et institutionnels

retransmis sur les ondes du Canal de l'Assemblée en webdiffusion.

Président : Il est là. On est chanceux, on en a deux pour le

prix d'un. Et, oui, mais je voudrais... Oui, oui, vous pouvez vous asseoir, vous pouvez vous asseoir.

Assoyez-vous. Écoutez bien. M. Gagnon,

pendant 25 ans qu'il a officié à la réalisation de la période de questions, à chaque fois que la période

de questions se terminait, lui, il terminait en disant : La messe

est dite. Alors, ce sera une des dernières fois où la messe sera dite selon

vous. Ite, missa est, quoi.

Nous poursuivons les affaires courantes.

Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations

ministérielles ni présentation de projets de loi.

À la rubrique Dépôt de documents, M. le ministre

de l'Emploi.

M. Blais : Alors, M. le

Président, je dépose aujourd'hui le plan stratégique 2017-2020 de la

Commission des partenaires du marché du travail.

Le Président : Ce document

est déposé. M. le ministre des Affaires municipales.

M. Coiteux : Merci, M. le

Président. J'ai le plaisir de déposer un certain nombre de documents : le

plan stratégique 2018-2023 de la Régie

des alcools, des courses et des jeux; le plan stratégique 2017-2022 de la

Commission québécoise

des libérations conditionnelles; le plan stratégique 2018-2020 du Bureau

des enquêtes indépendantes; le plan stratégique 2017-2022

du Bureau du coroner; le plan stratégique 2017-2021 du ministère de la

Sécurité publique ainsi que celui du ministère des Affaires municipales

et de l'Occupation du territoire.

Le Président : Ces documents

sont déposés. M. le ministre de la Santé.

M. Barrette : M. le Président,

je dépose le plan stratégique 2017-2021 de la Corporation

d'urgences-santé.

Le Président : Ce document

est déposé. M. le ministre de l'Éducation.

M. Proulx : Merci, M. le Président. À mon tour de déposer

quelques documents. Alors, permettez-moi de déposer le projet de

règlement sur l'enseignement à la maison, conformément aux dispositions des

articles 2, 12, 36 de la Loi modifiant

la

Loi sur l'instruction publique et d'autres dispositions législatives

concernant principalement la gratuité des services éducatifs et

l'obligation de fréquentation scolaire.

Je dépose

également le plan stratégique 2018-2023 de la Commission consultative de

l'enseignement privé et le plan stratégique 2018-2023 de l'Institut

national des mines.

Le Président : Ces documents

sont déposés. Mme la ministre de l'Enseignement supérieur.

Mme David :

Merci, M. le Président. Moi aussi, quelques documents : le plan

stratégique 2017-2022 de l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec; le plan

stratégique 2018-2022 du Comité consultatif sur l'accessibilité financière

aux études; le plan stratégique 2018-2020

de la Commission d'évaluation de l'enseignement collégial; et le plan

stratégique 2018-2021 du Conseil du statut de la femme.

Le Président : Ces documents

sont déposés. Mme la ministre de l'Environnement.

Mme Melançon : Merci, M. le

Président. J'ai le plaisir de déposer le plan stratégique 2018-2021 du

Bureau d'audiences publiques sur l'environnement.

Le Président : Ce document

est déposé. M. le leader du gouvernement.

M. Fournier : M. le Président,

je dépose la réponse du gouvernement à la pétition présentée par le député de

René-Lévesque le 13 mars dernier.

Le Président : Alors, ce

document est déposé.

À la rubrique

Dépôt de rapports de commissions, Mme la présidente de la Commission de

l'économie et du travail et députée de Duplessis.

Mme Richard : Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de

la Commission de l'économie et du travail qui, les 27 et 29 mars 2018, a procédé à l'étude détaillée du

projet de loi n° 162, Loi modifiant la

Loi sur le bâtiment et d'autres

dispositions législatives afin

principalement de donner suite à certaines recommandations de la Commission

Charbonneau. La commission a adopté le texte du projet de loi avec des

amendements.

Président : Ce document est déposé.

Nous

en sommes rendus à la période de dépôt de pétitions. Et j'ai reçu de la part de

Mme la députée de Pointe-aux-Trembles

une demande de dépôt d'une pétition qui est non conforme. Alors, je demande le

consentement de cette Chambre pour que madame puisse déposer sa

pétition. Mme la députée, nous vous écoutons.

Léger : Merci. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à

l'Assemblée nationale, signée par 421 pétitionnaires.

Désignation : citoyennes et citoyens du Québec.

«Les faits invoqués

sont les suivants :

«Considérant

que le transport en commun est un facteur de développement socioéconomique

d'importance qui permet de stimuler l'économie;

«Considérant que le

transport collectif permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre et

la congestion routière;

«Considérant que le

Réseau électrique métropolitain ne répond qu'aux besoins de la population de

l'ouest de Montréal et que l'est s'en trouve alors négligé;

«Considérant que le

déséquilibre au niveau des investissements en infrastructures en transport

collectif nuit considérablement au potentiel de développement économique,

social et culturel de la région de l'est de Montréal;

«Considérant

que l'offre en transport en commun dans La Pointe-de-l'Île est insuffisante et

ne répond pas aux besoins de la population et des travailleurs;

«Et l'intervention

réclamée se résume ainsi :

«Déplorons

que le transport dans l'est de Montréal ne soit pas une priorité pour les

instances métropolitaines et gouvernementales;

«Condamnons

fermement le manque d'investissement dans l'est de Montréal pour améliorer

l'offre de transport;

«Réaffirmons

la nécessité d'un lien intermodal qui relierait la station Honoré-Beaugrand à

la future station de métro Anjou;

«Demandons

une analyse sur les besoins en transports dans La Pointe-de-l'Île, ainsi qu'une

étude de faisabilité du prolongement du métro — ligne

verte ou ligne bleue — vers

La Pointe-de-l'Île;

«Demandons

une consultation publique afin que les citoyens de La Pointe-de-l'Île soient

entendus quant à la nouvelle grille

tarifaire et que les citoyens de l'est de Montréal ne soient pas considérés

dans la même zone que ceux de Laval, Brossard et Lanaudière.»

Je certifie que cet

extrait est conforme à l'original de la pétition.

Le Président :

Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.

Il n'y a

pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.

Nous

en sommes donc à la période de questions et de réponses orales. Et je vous

demande d'être bien sages parce que je viens de voir ma fille arriver. Alors,

elle va penser que son père est pas mal si on est capables de faire une

bonne Assemblée.

Alors, je cède

maintenant la parole à Mme la députée de Joliette.

Hivon : Le gouvernement a montré, une fois de plus, son

parti pris pour les garderies privées commerciales cette semaine en bonifiant dans le budget le

crédit d'impôt qui leur est associé et en contribuant encore plus à la hausse de leur fréquentation, déjà

constatée depuis l'introduction de la taxe famille pour les parents dont les

enfants fréquentent les CPE. Et c'est

sans compter l'effet pervers d'encourager, de plus, les services de garde non

régis, qui, malgré le fait qu'ils ne font l'objet d'absolument aucune

évaluation, ont droit au même crédit d'impôt. Bien sûr, le chef de la CAQ

applaudit, lui dont la formation politique prône, en matière de services de

garde, le modèle d'affaires intéressant des garderies

commerciales. Eh bien, nous, M. le Président, quand il est question de nos

enfants, on ne pense pas en termes de modèle d'affaires, mais on pense

en termes de qualité.

Alors,

ma question au premier ministre : Lui qui prétend agir tôt pour nos

tout-petits, comment peut-il faire le choix du privé plutôt que de la

qualité?

Le Président :

M. le ministre de la Famille.

Fortin (Sherbrooke) : Oui, merci beaucoup, M. le Président. Tout

d'abord, je vais reprendre la prémisse de la question de la députée de Joliette. Il n'y a pas de préjugé favorable

envers aucun service dans le budget, il n'y a aucun préjugé favorable envers aucun service de la part

du gouvernement. Nous, le préjugé qu'on a, il est envers les parents du Québec. On juge que les parents sont les mieux

placés pour faire les bons choix pour leurs enfants, et ce n'est pas de notre

siège ici qu'on va dicter des choix aux parents du Québec. Ce que nous avons

fait avec cette mesure dans le budget, M. le

Président, c'est qu'on a réduit l'écart entre une place subventionnée et non

subventionnée pour les parents justement pour qu'ils ne fassent pas des

choix sur la base d'une considération financière.

Alors,

on continue de développer les places subventionnées au Québec. Récemment, j'ai

annoncé un appel de projets de 5 800 places, dont 85 % des

places sont en CPE. Mais on va continuer également de développer le réseau

non subventionné parce que ça répond à

certains besoins des parents, ça répond à leurs préférences, et nous, M. le

Président, contrairement au Parti québécois, on fait confiance aux

parents du Québec.

Le Président :

S'il vous plaît! Première complémentaire, Mme la députée de Joliette.

Hivon : Aucun parti pris? Mais savez-vous de combien les

places en garderie privée ont explosé sous le règne des

15 dernières années libérales? De 3 600 %, M. le Président,

3 600 % d'augmentation. Et ce qu'on constate, c'est qu'alors que le

PQI explose de milliards l'enveloppe pour les CPE baisse, elle, de

71 millions de dollars.

Comment

pouvez-vous expliquer un tel mépris pour les CPE? Est-ce que c'est parce qu'ils

ont cette tare impardonnable d'être une réalisation du Parti québécois?

Le Président :

M. le ministre de la Famille.

M. Fortin

(Sherbrooke) : Bien, il y a eu deux discours, hein, du côté du Parti

québécois : il y a un discours lorsqu'on

est dans l'opposition, il y a un discours lorsqu'on est au gouvernement. Ils

ont été 18 mois au pouvoir, ils ont créé 15 223 places en garderie privée non subventionnée.

Alors, si ce n'était pas des services de qualité, la députée de Joliette, elle était alentour de la table du

Conseil des ministres, pourquoi elle a laissé la députée de Pointe-aux-Trembles

faire une chose pareille? Si elle est cohérente avec ses propos, elle aurait

dû se lever et dénoncer la décision de son gouvernement.

Mais,

ceci étant dit, M. le

Président, nous, on continue de

développer les places subventionnées. Ce n'est pas vrai qu'on ne croit pas dans le réseau des CPE, sinon

je n'aurais pas fait l'annonce que j'ai faite récemment, M. le Président. Ce en quoi on croit, c'est

la liberté de choix des parents...

Le Président :

En terminant.

M. Fortin

(Sherbrooke) : ...et c'est ce en quoi, vous, vous ne croyez pas.

Le Président :

S'il vous plaît! S'il vous plaît!

Le Président :

Ça va. Deuxième question complémentaire, Mme la députée de Joliette.

Hivon : Nous, ce

en quoi on croit, c'est le développement optimal de nos tout-petits. Ce en quoi on croit,

c'est la qualité des services. Ce en quoi on

croit, c'est l'agir tôt et la réussite éducative.

C'est ça qui nous anime et c'est pour ça qu'on a créé

28 000 places en CPE.

j'aimerais que le ministre m'explique pourquoi il y a une baisse de

71 millions au PQI pour les projets de CPE et, même chose dans les

lignes des crédits, une baisse de 6 % en soutien aux infrastructures aux

CPE.

Où il est,

l'équilibre, là-dedans, quand on méprise les CPE?

Le Président :

S'il vous plaît! La fin de semaine s'en vient, j'ai l'impression.

Président : Non, je sais, mais c'est pour ça qu'en attendant

qu'elle arrive on va écouter le ministre de la Famille.

Fortin (Sherbrooke) : Oui. Bien,

merci, M. le Président. Si la députée de Joliette a regardé le livre des

crédits, elle a vu qu'il y a une

hausse de 106 millions pour le budget, justement, qui est dédié au

ministère de la Famille, dont la grande

majorité va aux services de garde, M. le Président. Alors, on continue de

développer le réseau des services de garde subventionnés et on va

continuer de soutenir également la liberté de choix des parents.

Alors, non

seulement la députée de Joliette, elle change de discours à partir du moment où

elle est dans l'opposition et au

gouvernement, mais elle n'a pas le même discours lorsqu'elle est à l'Assemblée

nationale et dans son propre comté, parce que récemment elle s'est

présentée à côté de certains parents pour défendre des services aux enfants,

privés, commerciaux, comme elle aime bien les décrire, en plus non régis et

illégaux, M. le Président.

Le Président : En terminant.

M. Fortin (Sherbrooke) : C'est ça

qu'elle fait lorsqu'elle est dans son comté, M. le Président.

Le Président : Principale, M.

le député de...

Le Président : S'il vous

plaît!

Le Président : Eh! Oh! M. le

député de René-Lévesque, en principale.

M. Ouellet : Ça va? Je peux y aller?

Président : J'aimerais ça que le nombre de décibels baisse un

peu. Ça va? M. le député de René-Lévesque.

Ouellet : Merci, M. le

Président. Sur la caisse qui refuse de rendre publiques les redevances qui

devront être versées par les villes,

la mairesse de Longueuil nous dit : «Je ne suis pas capable aujourd'hui de

me dire rassurée quant au fardeau fiscal qui pourrait être imputé à mes

citoyens, parce qu'on n'est pas capable de me chiffrer tout...» Le REM pourrait donc forcer la ville à hausser les taxes

des électeurs de la région de Montréal. M. le Président, mardi, pour répondre

à ces inquiétudes, nous avons présenté une

motion pour demander que la caisse rende publiques les sommes que les villes

devront verser pour la REM sur 30 ans.

M. le

Président, ma question

est au ministre : Avez-vous changé d'idée? Allez-vous exiger que

la caisse rende publics les chiffres

sur les redevances que la caisse devra verser aux villes? Est-ce que

je devrais m'attendre aujourd'hui à recevoir...

tout comme hier, après une question à l'Assemblée

nationale, de recevoir un communiqué

de la caisse expliquant sa nouvelle position?

Le Président : M. le ministre

des Transports.

M. Fortin

(Pontiac) : Bien, d'abord,

M. le Président, je pense qu'on devrait tous se réjouir. Ça fait

quelques jours, maintenant, que le Parti

québécois et la Coalition avenir Québec demandent davantage de transparence de la part de la caisse.

Hier, la caisse, elle-même, est arrivée avec un plan pour informer les Québécois

et les Québécoises, informer les gens qui utilisent la ligne de Deux-Montagnes d'exactement ce à quoi qu'ils auront droit en termes de services lors de la période

des travaux de la fin de semaine qui commenceront le 27 avril. Ils ont également

dit, M. le Président, que, le 27 avril, le plan des travaux pour la prochaine année au

complet sera présenté et que les mesures d'atténuation pour celles-ci seront

présentées.

Maintenant, le premier ministre a eu la chance

de le dire déjà, en temps et lieu l'entente finale entre la caisse et l'ARTM va être dévoilée, et tout ce qui pourra

être dit qui n'est pas de nature commerciale et confidentielle pourra très

certainement être mis sur la place publique pour l'ensemble des Québécois

et pour le député de René-Lévesque, M. le

Président. Alors, oui, la mairesse de Longueuil a des questions,

et c'est correct, et la caisse doit être transparente afin de bien répondre à ces questions-là, mais, M. le Président, l'ensemble de ce qui pourra être présenté le sera en temps et lieu.

Le Président : Première

complémentaire, M. le député de René-Lévesque.

M. Ouellet : Oui, M. le Président, le temps et lieu, avec le gouvernement libéral, on sait que ça va être proche de l'élection.

Alors, ma question,

elle est fort simple : Pourquoi la caisse continue à faire des cachettes?

On a besoin de l'information maintenant. Les citoyens, là, de la région de Montréal,

ils vont se demander : Est-ce

que mon compte de taxes va

augmenter?

Pouvez-vous nous dire aujourd'hui, M. le ministre, avec une assurance, que le compte de taxes des citoyens

de Longueuil et de tous ceux et

celles qui seront touchés par le REM ne sera pas augmenté, et ce, pendant

30 ans, suite à l'arrivée du REM?

Le Président :

M. le ministre des Transports.

M. Fortin

(Pontiac) : Merci, M. le Président. Toute la semaine, la caisse de placement et de

dépôt du Québec a fait des entrevues. Toute la semaine, la caisse de

placement et de dépôt du Québec a envoyé des porte-parole pour dire exactement

ce qu'il en sera au niveau des coûts associés aux municipalités. Ce que la

caisse a dit, c'est que les coûts d'opération

qui seront associés, qui seront afférents aux municipalités vont être de

l'ordre de 45 à 60 millions, et

pas un sou de plus, M. le Président. Ça représente environ de 4 % à

6 % du budget de transport en commun des municipalités du Grand Montréal.

Pour un réseau, M. le Président, pour un réseau d'une soixantaine de

kilomètres, pour un réseau de 26 stations,

pour un réseau, M. le Président, qui est l'équivalent à un tout nouveau métro à

Montréal, M. le Président...

Le Président :

En terminant.

M. Fortin

(Pontiac) : ...ça m'apparaît bien peu. Les municipalités, elles

pourront mettre ce service au profit des citoyens.

Le Président :

Deuxième complémentaire, M. le député de René-Lévesque.

M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le Président. Que ce soit sur les interruptions de

service à cause du tunnel du mont

Royal, que ce soit l'entente qui va forcer d'annuler 130 trajets d'autobus

existants ou des redevances que les villes devront verser, le

gouvernement et la caisse vont devoir comprendre que le REM a des comptes à

rendre.

le ministre, pourquoi attendre? Les

gens veulent savoir combien ça va leur coûter plus cher sur leurs comptes de

taxes, comment ils seront touchés par ce service. Pourquoi pelleter ça par en

avant, alors que tout le monde ont des questions maintenant?

Le Président :

M. le ministre des Transports.

Fortin (Pontiac) : M. le Président, s'il veut savoir combien ça va coûter, le Réseau express métropolitain,

ce qui a été très clair depuis le début, et

c'était dans les documents l'an dernier, dans les documents budgétaires, M. le Président, c'est que la redevance qui sera demandée, c'est

0,72 $ par passager-kilomètre, M. le Président, et ça, ça inclut les immobilisations.

Donc, ce qui sera le coût du REM, c'est 0,72 $ par passager-kilomètre,

c'est ce qui va être transféré de

l'ARTM à la Caisse de dépôt, M. le

Président. Cette redevance-là, elle est régressive, c'est-à-dire que plus il y

a d'usagers, plus cette redevance va être faible.

même temps, M. le Président, pour le métro de Montréal, c'est 0,66 $

et, si vous voulez une comparaison, pour un train de

banlieue, comme vous semblez privilégier, c'est 0,89 $

passager-kilomètre...

Le Président :

En terminant.

M. Fortin

(Pontiac) : Votre plan est plus cher que celui de la Caisse de dépôt.

Le Président :

Principale, Mme la députée de Taschereau.

Le Président :

S'il vous plaît!

Maltais : Tout le

monde se souvient du décès tragique

d'Éloïse Dupuis, la jeune Témoin de Jéhovah qui est morte inutilement et qui a

laissé un enfant orphelin de mère. Ce n'était pas la première fois que tout le Québec

était choqué

par des événements tragiques organisés par des sectes ou, pour être polie, par

des groupes à dérives sectaires. Les exemples

pleuvent où l'État n'a pas agi assez rapidement pour faire respecter la loi sous prétexte de

respecter la religion. Les enfants de

la secte Lev Tahor n'ont pas pu être sauvés. Où est-ce qu'ils sont maintenant?

De trop nombreux enfants sont privés

d'une éducation digne de ce nom parce qu'ils sont abandonnés aux écoles religieuses illégales. Ils en

sont réduits à faire appel aux

tribunaux contre le gouvernement. Il y a même des cas connus d'actes

d'agression sexuelle sur des enfants qui sont gérés par des systèmes de

justice parallèle.

Est-ce que le

gouvernement accepte qu'ensemble nous donnions le mandat à la Commission des

institutions d'examiner cette situation?

Le Président :

Mme la ministre déléguée à la Réadaptation.

Charlebois : Alors, M. le Président, j'entends la

préoccupation de la députée de Taschereau et je veux juste vous dire que la protection de la jeunesse, pour

tout le monde, c'est un enjeu qui est fort important, pour les 125 députés

que nous sommes, et il y a plusieurs mesures

qui sont là, dans la Loi de la protection de la jeunesse, qui peuvent venir en

aide à ces jeunes qui pourraient être touchés par ces mesures-là. Alors,

moi, j'invite la députée de Taschereau à demander aux gens de, un, faire des

signalements, deux, qu'on examine les dossiers de ces gens-là avec beaucoup

d'attention, puisqu'effectivement il

y a là une attention spéciale à porter à ces cas-là.

Le Président :

Première complémentaire, Mme la députée de Taschereau.

Maltais : Il y aura donc d'autres décès, d'autres Éloïse

Dupuis. Il y a des questions sérieuses à soumettre aux parlementaires. Ce phénomène des sectes, on

ferme les yeux dessus depuis des années. Je pense aux cas d'extorsion qui

se multiplient, qu'on passe de la soucoupe

de Raël, dans le passé, jusqu'à aujourd'hui, récemment, le prêtre Patrick Isaac,

apôtre de l'église de la Parole qui libère, qui a extorqué des gens.

Pourquoi est-ce que

ce n'est pas important pour le gouvernement de regarder ce phénomène-là sérieusement

ensemble?

Le Président :

Mme la ministre de la Justice.

Vallée : M. le Président, ma collègue oublie le travail

important que nous avons fait à l'intérieur du projet de loi n° 59. Le projet de loi n° 59

prévoyait des mesures spécifiques pour protéger les jeunes, pour protéger les

individus. Ces mesures sont en

vigueur, ces mesures sont là. Nous avons produit, à l'intérieur... et modifié

le Code de procédure civile pour

mettre en place des ordonnances civiles de protection. Nous avons modifié la

Loi de protection de la jeunesse pour

mieux protéger nos jeunes. Nous avons mis en place des mesures dans le Code

civil pour mieux protéger ceux et celles

qui étaient victimes parfois de pressions tout à fait, tout à fait malhonnêtes.

Alors, M. le Président, je n'accepte pas de la part d'une parlementaire

qui a filibusté 59 de tels reproches.

Le Président :

S'il vous plaît! Deuxième complémentaire, Mme la députée Taschereau.

Maltais : C'est tellement... tout est tellement réglé qu'il y a

actuellement des jeunes... des gens qui poursuivent le gouvernement parce qu'ils n'ont pas eu droit à

l'éducation. Il y a des gens qui se font extorquer et, je répète, il y a des cas connus d'agression sexuelle qui sont

gérés par des tribunaux illégaux. À la suite du décès d'Éloïse Dupuis, des enfants de Lev Tahor, des extorsions, je pensais

sincèrement que cette Assemblée était prête à faire un travail sérieux,

non partisan.

Pourquoi est-ce que

vous refusez d'examiner cette question?

Le Président :

S'il vous plaît! M. le ministre de l'Éducation.

Le Président :

S'il vous plaît! Nicole!

M. Proulx :

M. le Président, je pense que c'est important d'ajouter à ce qu'ont dit mes

collègues. D'abord, on le fait avec

la Santé publique, il y a du travail qui se fait. On l'a fait avec la Justice,

il y a beaucoup de travail qui a été fait.

Mais il y a ici... il y a aussi, pardon, M. le Président, eu l'adoption du

projet de loi n° 144. On l'a fait avec les collègues à l'Assemblée nationale. On a fait quoi? On a

travaillé pour être capables de trouver les enfants là où ils sont. On a

travaillé pour être capables de se

donner, au ministère de l'Éducation, des moyens pour être capables d'intervenir

dans des lieux qui sont ces établissements illégaux, qui ne sont pas des

écoles. On a travaillé pour être capables d'amender la RAMQ pour être capables d'avoir un lien direct

maintenant avec le milieu de l'éducation et la santé parce que... Pourquoi? Ils

ont habituellement une carte d'assurance maladie. M. le Président...

Le Président :

En terminant.

M. Proulx :

...on travaille pour faire en sorte que les enfants soient soutenus et qu'ils

aient accès à l'éducation.

Le Président :

Principale, M. le député de Lévis.

M. Paradis (Lévis) : Merci, M. le Président. Il n'y a pas seulement les écoles et les routes

du Québec qui sont en mauvais état.

Le gouvernement a enfin complété l'inspection des installations des

établissements de santé et de services sociaux. Le portrait est encore pire que

ce qu'on croyait, selon les chiffres du nouveau PQI, et le déficit d'entretien

en santé atteint 641 millions de

dollars. Le quart de nos CHSLD, le tiers des centres jeunesse,

57 bâtiments d'hôpitaux sont en

mauvais état. Le gouvernement avait pourtant promis en campagne électorale des

infrastructures modernes et qu'il allait

résorber le déficit d'entretien. Quatre ans plus tard, bien, c'est pire. Ce

sont des milliers de patients, de jeunes et d'aînés qui, chaque jour,

doivent vivre dans ces conditions.

Est-ce que le ministre peut reconnaître le mauvais

bilan de 15 ans de gestion libérale de nos infrastructures en santé?

Le Président :

M. le ministre de la Santé.

Barrette : M. le Président, je pense que mon collègue de Lévis m'a

déjà entendu dire que le plus grand défi auquel nous faisions face, dans le système de santé, n'était pas

simplement, comme beaucoup de gens le disent avec raison, l'accès à la première ligne, que nous sommes en

train de résoudre par des moyens législatifs contre lesquels la CAQ a voté et encore aujourd'hui critique. Mais l'enjeu

des infrastructures est un enjeu qui est très important, on le reconnaît.

Non seulement est-il très important, mais

nous avons augmenté, dans notre mandat, les investissements en infrastructures

à un point jamais vu dans l'histoire du Québec.

dans le dernier budget, on en a encore augmenté, des investissements, M. le

Président. Et je réfère à toutes les

annonces que nous avons faites et réalisées, dans certains cas, dans notre

mandat et celles qui ont été faites récemment, et les investissements que nous avons faits étaient évidemment non

seulement justifiés, mais étaient attendus. Et, pour pouvoir faire ces

investissements-là, M. le Président, encore faut-il avoir une situation

économique et budgétaire gouvernementale qui

nous permette de faire ces investissements-là. C'est parce que nous avons été

un excellent gouvernement que nous avons fait ces investissements et ces

annonces-là et que nous allons continuer.

Le Président :

En terminant.

M. Barrette :

La CAQ devrait nous féliciter, M. le Président.

Le Président :

Première complémentaire, M. le député de Lévis.

M. Paradis (Lévis) : C'est dur de féliciter l'inaction, M. le Président. 112 CHSLD,

63 centres jeunesse, 57 bâtiments

d'hôpitaux sont en mauvais état. Nos jeunes et nos aînés, je le rappelle,

doivent vivre quotidiennement dans ces mauvaises conditions. Le Parti libéral

avait promis mer et monde aux Québécois en campagne électorale, il n'a pas

livré. Au contraire, la situation s'est empirée.

Est-ce

que le ministre, simple petite admission, peut reconnaître que le gouvernement

libéral a continué à négliger l'état des bâtiments du réseau?

Le Président :

M. le ministre de la Santé.

Barrette : Vous savez, M. le Président, l'histoire est un sujet qui

est très intéressant et c'est très révélateur. Et je rappellerai à mon collègue de Lévis et à tous ses collègues que,

dans ce mandat, dans ce gouvernement, dans cette législature, la première question qui a été posée par le chef de la

deuxième opposition en Chambre, ici, a été de critiquer, de contester, de critiquer la hauteur des

investissements en infrastructures du gouvernement du Québec. La position du

gouvernement du Québec avait été alors

claire : nous allions nous occuper de ce problème-là. La première question

qu'a posée le chef de la deuxième

opposition officielle était à propos de dire qu'on investissait trop dans les

infrastructures...

Le Président : En terminant.

M. Barrette : ...encore un

revirement de situation de la CAQ.

Le Président : Deuxième

complémentaire, M. le député de Lévis.

M. Paradis (Lévis) : M. le

Président, pour se rafraîchir la mémoire, en mars 2014, le gouvernement libéral

promettait, en campagne électorale... et là

je cite : Le Parti libéral «s'engage à rétablir le financement pour

l'entretien et la modernisation des

infrastructures[...]. [...]Nous avons le devoir de fournir [...] à nos malades

des hôpitaux fonctionnels, à nos

aînés des milieux de vie accueillants[...]. [...]Le Québec doit résorber son

déficit d'entretien...» Eh bien, non seulement ils ne l'ont pas fait, la

situation a empiré.

Pourquoi les Québécois devraient-ils les croire

cette fois-ci?

Le Président : M. le ministre

de la Santé.

Barrette : Et la question devrait se poser à propos de la CAQ

aujourd'hui, puisque, le 4 avril 2014, dans le journal Les Affaires , était titré

ceci : François Legault suspendrait les grands projets

d'immobilisations . «S'il devient premier

ministre, François Legault suspendra tous les grands projets d'infrastructures

financés par l'État, le temps d'élaguer et de ne choisir que les

prioritaires selon ses critères.»

M. le

Président, M. le Président, c'est exactement ce que nous avons fait, c'est

exactement ce que nous avons fait. Et aujourd'hui, à la grande surprise

de tout le monde...

Le Président : En terminant.

Barrette : ...on me demande d'en faire plus. Bien, c'est exactement ce

que nous avons fait, M. le Président.

Président : M. le député... M. le ministre de la Santé, je

voudrais vous rappeler qu'on ne peut pas citer le nom d'un député, même

par son nom, on ne cite que par son titre.

M. le député de Chambly, en principale.

Roberge : M. le Président, le déploiement des prématernelles quatre

ans, c'est le meilleur moyen de rejoindre un maximum de petits Québécois, dépister rapidement les troubles

d'apprentissage ou les retards de développement et surtout intervenir. Au gouvernement, on s'entête à

développer trop lentement et selon des codes postaux l'offre de services,

comme si le trouble du spectre de l'autisme, ça, ça dépendait du code postal

des maisons.

Dans le budget de l'an passé, il y avait

12 millions pour ouvrir 100 classes, et cette année il n'y a rien

dans le budget. Il n'y a rien, rien, on a

cherché. Mais, comme il n'y a rien dans le budget, il faut aller dans le plan

pour l'inclusion économique et trouver, en page 55, dans une note de bas

de page, une petite phrase qui dit : «En 2018-2019, l'investissement sera de 5,6 millions pour

l'ouverture de classes...» On passe de 12 millions à 5,6 millions. Le

gouvernement va encore à l'encontre de toute logique en ouvrant moins de

classes cette année que l'an passé.

Donc, combien de classes de prématernelles

quatre ans est-ce que le ministre compte ouvrir dès septembre?

Le Président : M. le ministre

de l'Éducation.

Proulx : Oui, M. le

Président, je veux rassurer le collègue, il y aura suffisamment d'argent pour

faire les classes nécessaires, M. le

Président. Ce sera fait, il aura l'occasion de le voir en temps et lieu. La

différence entre nous et eux, M. le Président, c'est qu'on fait le travail avant

de l'annoncer. On ne dit pas ici à tout le monde : On va faire 80 000 places,

2,7 milliards, sans être capables de

dire où on va prendre l'argent, M. le Président. C'est la différence

fondamentale entre une administration

sérieuse et ceux et celles qui pensent être capables d'être une administration

tout court. Ça, c'est la première chose.

Deuxième

chose, M. le Président, on va continuer à développer d'abord dans les milieux

défavorisés. Pourquoi? Parce qu'on sait qu'il y a là de réels besoins.

L'enjeu des codes postaux et de certains enfants, M. le Président, je le

comprends, on cherche des solutions pour y travailler.

Je répète

également, M. le Président, qu'on a un système et un service de garde où il y a

de l'offre aux parents, où il se fait

notamment, aussi, du dépistage et du soutien avec des enfants avec des besoins

très particuliers. Vous n'avez qu'à

aller dans le Vieux-Québec, vous trouverez des services de garde où on

travaille, s'occupe et favorise la réussite de jeunes enfants autistes.

Le Président : Première

complémentaire, M. le député de Chambly.

M. Roberge :

M. le Président, quand, comme le ministre, on annonce 900 millions l'an

passé pour rénover les écoles, mais

que 720 restent dans les coffres du gouvernement, on se garde une petite gêne

avant de donner des leçons. Il manque

5 000 classes en prématernelle quatre ans. À 12 millions par

année, on en avait pour 50 ans avant d'offrir la prématernelle à tous. Mais ça, c'était trop vite

pour le gouvernement, il a ralenti. Et, au nouveau rythme, ça va prendre

100 ans avant d'offrir la prématernelle

quatre ans à tous. Mes petits-petits-enfants vont peut-être y aller s'ils sont

dans un code postal défavorisé. C'est ridicule!

Combien de classes, l'an prochain?

Le Président : M. le ministre

de l'Éducation.

M. Proulx : M. le Président, il

fait le choix de vous dire qu'il veut annoncer toutes les classes de maternelle

quatre ans qu'il prétend avoir de besoin

dans un premier mandat, voire même dans une première année? C'est impossible,

M. le Président. On ne peut pas dire

n'importe quoi tout le temps. Ce n'est pas possible, M. le Président, ça ne se

fera pas.

Deuxièmement,

ce qu'il dit, M. le Président, c'est que, s'il fait ça, il va tout à fait

détruire le reste de ce que nous avons.

Ce n'est pas possible non plus, M. le Président. On a déjà des services sur

lesquels il faut bâtir. Il ne faut pas détruire pour commencer, il faut bâtir sur ce que nous avons pour ajouter, M. le

Président. C'est comme ça qu'on va travailler. Les 900 millions, M. le Président, pour rénover les écoles, c'est

pour quatre ans. Il y a à peu près juste le député de Chambly qui pense

que, dans une fin de semaine...

Le Président : En terminant.

M. Proulx : ...on va faire une

école comme il fait son cabanon, M. le Président.

Le Président : Deuxième

complémentaire, M. le député de Chambly.

M. Roberge : M. le

Président, l'an passé, 12 millions pour l'ouverture de nouvelles classes; cette année, moins de 6 millions. On n'allait déjà pas vite, puis on va

ralentir. Égide Royer, beaucoup d'experts disent que c'est la meilleure façon pour aider les petits, dépister les troubles

d'apprentissage, soutenir les jeunes qui ont un retard de développement. Un paquet d'États l'ont fait

et réussissent.

Pourquoi

nous, on ne le fait pas? Et combien de classes seront ouvertes en septembre

prochain, M. le ministre?

Combien?

Le Président : M. le ministre

de l'Éducation.

M. Proulx : J'aurai l'occasion,

M. le Président, d'annoncer en temps et lieu combien de classes il y aura l'an

prochain. Il n'aura pas besoin de patienter très longtemps, on va le faire

assez rapidement.

Maintenant, M. le Président, je répète ce que

j'ai dit, nous avons fait le choix de développer les maternelles quatre ans d'abord dans les milieux défavorisés.

Pourquoi? Parce qu'on a, notamment, dans ces milieux plus d'enfants qui ne sont dans aucun service public, qui ne sont

pas dans nos services de garde pour toutes sortes de raisons auxquelles mon collègue a tenté d'apporter une réponse encore

la semaine dernière. L'objectif, M. le Président, c'est d'avoir des enfants

prêts, prêts le jour où ils arrivent à

l'école, sur la ligne de départ, pour s'assurer que les inégalités, M. le

Président, ou la différence de préparation ne s'accentuent pas dans le

temps. Si on peut tous partir en même temps, M. le Président...

Le Président :

En terminant.

M. Proulx : ...on aura tous une

chance de réussir. On a plusieurs...

Le Président : Principale, M.

le député de Gaspé.

M. Lelièvre :

Oui, M. le Président. J'aimerais, aujourd'hui, adresser quelques questions

concernant la situation socioéconomique de la MRC de la Haute-Gaspésie,

qui est de grande précarité.

En juin

dernier, j'ai eu l'occasion de questionner le ministre de l'Éducation sur le

programme d'aide alimentaire dans les

écoles. Une révision des critères était prévue. Après cette révision, on

constate que deux écoles, l'école de Mont-Louis puis l'école de Marsoui, qui sont en première position et en deuxième

position sur l'indice de dévitalisation des municipalités du Québec, ne

sont pas admissibles à l'aide alimentaire pour les enfants qui les fréquentent.

Quand on sait

que l'indice de dévitalisation utilisé par le MAMOT contient le revenu total

médian des ménages, le taux de travailleurs, les caractéristiques

démographiques, la situation de l'emploi, la richesse foncière et également l'emplacement géographique de la communauté par

rapport aux centres urbains, comment expliquer qu'aujourd'hui, après la révision, les deux municipalités les plus

dévitalisées sur 1 098 au Québec n'ont pas accès à cette aide financière

pour les étudiants qui fréquentent leurs écoles?

Le Président : M. le ministre

de l'Éducation.

M. Proulx : Oui, M. le Président. L'an passé, c'est vrai, il

y avait eu une révision du programme d'aide alimentaire. Pourquoi, M. le Président? Parce qu'il y avait

dans la liste des écoles qui n'y avaient plus droit pour toutes sortes de

raisons, parce qu'on n'avait pas un programme alimentaire qui couvrait

tous les élèves du Québec.

Ce n'est pas

ce que nous avons, M. le Président. Nous avons travaillé avec une enveloppe

pour des écoles qui sont dans des

milieux défavorisés, pour des écoles qui se retrouvent dans la

classification 10, 9, et nous avons ouvert 8, et je souhaite ouvrir

vers 7.

Dans le

budget, M. le Président, et dans la mise à jour de l'an passé, on a annoncé,

lorsqu'on a fait la stratégie 0-8 ans en janvier, des sommes

supplémentaires qu'on va déployer, l'objectif étant, M. le Président, notamment

pour les écoles secondaires où le

gouvernement n'est pas présent, d'être un partenaire également de l'aide

alimentaire pour être capable d'offrir de l'aide à ceux et celles qui

n'en ont pas actuellement.

Le Président : Première

complémentaire, M. le député de Gaspé.

M. Lelièvre :

...ministre, ça ressemble beaucoup à la réponse de juin dernier. Écoutez, ce

qui est aberrant là-dedans, il va

falloir que... Moi, ce que je demande au gouvernement, c'est que les deux

ministères s'assoient ensemble. Ce n'est pas normal que le ministère des Affaires municipales, qui reconnaît la

municipalité de Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine et de Rivière-à-Claude comme première et deuxième

municipalités dévitalisées du Québec... et que, de l'autre côté, on a le ministère de l'Éducation qui fait fi de cette

caractérisation-là et qui, pourtant, applique, selon l'indice SFR, de façon

majeure la question des revenus familiaux. Écoutez, il y a deux ministères qui

doivent se parler, et, tout ce temps-là, il y a des enfants qui sont privés.

S'il vous plaît, est-ce qu'on peut intervenir de

façon intelligente...

Le Président : M. le ministre

de l'Éducation.

M. Proulx : Oui. M. le Président, je n'ai pas l'intention de

faire une bataille entre des ministères, j'ai l'intention d'aider des enfants, M. le Président. On va

travailler avec les organismes, il y a des organismes communautaires qui font

ça. Il y a des clubs des petits

dejeuners un peu partout au Québec, M. le Président, qui sont rendus au Canada

et qui font un travail formidable

avec qui on discute régulièrement. Il y a énormément de possibilités pour aider

les enfants, pour l'aide alimentaire au Québec.

L'État peut en faire davantage, notamment au

secondaire, parce que ce n'était pas fait, puis on peut soutenir mieux, c'est vrai, dans l'avenir certaines

communautés. Alors, je vais continuer à discuter avec le collègue pour les cas

précis dont il m'a parlé tout à l'heure,

mais l'objectif, M. le Président, c'est plus d'aide, pas moins, et c'est ce qui

va arriver.

Le Président : Deuxième

complémentaire, M. le député de Gaspé.

M. Lelièvre :

Toujours dans le dossier de la Haute-Gaspésie, les 15, 16 et 17 décembre

2016, 100 kilomètres de route 132

étaient fermés dans la Haute-Gaspésie pour des problèmes d'érosion du littoral.

Après plus d'un an des événements, seulement

des travaux temporaires à deux des trois sites touchés ont été réalisés, un

troisième étant affecté partiellement.

J'aimerais

que le ministre des Transports nous confirme aujourd'hui que le tronçon entre

Tourelle et Rivière-Madeleine, qui a été affecté par l'érosion il y a

tout près d'un an, est toujours sécuritaire pour les usagers.

Le Président : Madame...

Le Président : Oui? Bon. Mais

j'aimerais savoir qui va y répondre.

Le Président : Alors, Mme la

ministre déléguée aux Transports.

Mme Tremblay : Oui. Merci, M. le Président. Écoutez, ce que je

peux dire, c'est que nous connaissons bien les besoins dans le réseau routier de la Gaspésie et des

Îles-de-la-Madeleine. D'ailleurs, mon collègue le ministre responsable de la région est très présent sur le terrain, il a

fait une annonce pas plus tard que la semaine dernière. Vous le savez, que

notre gouvernement priorise d'abord la

sécurité des usagers. Évidemment, nous allons poursuivre nos efforts pour

améliorer les infrastructures

routières, et de la Gaspésie, comme c'est le cas pour toutes les régions du

Québec. Nous avons annoncé, pas plus

tard que la semaine dernière, un montant de 144 millions de dollars pour

les deux prochaines années pour les routes et infrastructures de la Gaspésie et

des Îles-de-la-Madeleine...

Le Président : En terminant.

Mme Tremblay : ...dont

9,3 millions... 45 millions consacrés...

Le Président : Principale, M.

le député de Gouin.

M. Nadeau-Dubois : Merci, M. le

Président. La semaine dernière, un peu à la surprise générale, le premier ministre a semé le doute au sein de la population

en sous-entendant que des partis représentés dans cette Chambre faisaient

affaire à des entreprises apparentées à

Cambridge Analytica. Hier, ma formation politique a déposé une motion pour

dissiper ce doute. Les trois

oppositions étaient d'accord, c'est le Parti libéral qui a bloqué cette motion

en promettant une nouvelle motion. La ministre l'a même annoncé aux

médias hier. Ce matin, coup de théâtre, pas de motion.

J'aimerais savoir à quoi joue le gouvernement.

J'aimerais savoir si la ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques réalise que plus elle attend pour agir, plus elle

alimente une perception que son parti, le Parti libéral du Québec, a des choses à cacher en matière de

protection des données personnelles.

Le Président : M. le

député, vous connaissez un peu

notre règlement, ça fait quand même quelques mois que vous êtes avec nous, et l'idée du dernier commentaire, évidemment,

porte à confusion, puisqu'on ne peut pas faire en sorte de

laisser planer des doutes sur les intentions des membres du gouvernement.

Mme la ministre, s'il vous plaît... Oui, M. le

député de Mercier.

M. Khadir : ...qu'il n'a pas parlé du gouvernement, mon collègue a parlé du Parti libéral et mon collègue

a dit : Ça alimente les doutes.

Président : Oui. Bon,

alors, on vous remercie pour votre grande compréhension de notre règlement,

mais ça ne nous avancera pas beaucoup.

Alors, Mme la ministre, veuillez répondre, s'il

vous plaît.

Weil : Permettez-moi,

M. le Président, de rassurer le député de Gouin. Et, d'ailleurs, on a eu l'occasion d'échanger

un peu. Je pense qu'il comprenait l'intention derrière la motion

qu'on voulait présenter. C'est pour ça que je suis allée publiquement avec cette motion, c'était

de faire en sorte que la solution qu'on trouve vienne vraiment,

réellement protéger le principe fondamental qui nous tient

tous à coeur, c'est la protection des renseignements personnels qui sont sans consentement, donc qu'il

n'y ait pas usage, notamment

par les partis politiques... La solution qui était proposée par Québec

solidaire laissait cette discrétion au bon vouloir des partis. Donc, on

cherchait une solution plus englobante. Là,

le Directeur général des élections nous informe ce matin qu'il y a

des difficultés par

rapport à l'applicabilité, donc

nous cherchons... Et, oui, il y a

urgence, on souhaite agir avec célérité et on veut trouver le bon véhicule.

Quel est le bon véhicule? C'est une question complexe, et on sait qu'on a tous... on partage

cette volonté. Donc, on va travailler très fort dans les prochains

jours...

Le Président :

En terminant.

Mme Weil :

...et ramener, donc, une solution ici, à l'Assemblée nationale.

Le Président :

Première complémentaire, M. le député de Gouin.

Nadeau-Dubois : M. le Président, je suis d'accord avec la ministre, il

y a urgence d'agir. Le flou actuel, il alimente

le cynisme et il alimente des doutes, et c'est pour ça que la proposition qu'on

faisait hier reposait sur la bonne volonté

de tous les partis en cette Chambre de faire preuve de transparence, de montrer

patte blanche et de dévoiler les contrats existants, s'il y en a, avec

des firmes de collecte de données. Je ne m'oppose pas du tout à la démarche que

propose la ministre. Mais elle n'est pas

contradictoire avec la nôtre, alors je lui propose qu'on redépose ensemble la

motion...

Le Président :

Mme la ministre responsable de l'Accès à l'information.

Weil : Écoutez, M. le Président, je pense qu'on partage la même

volonté, mais faisons les choses correctement. Donc, il y a des limites à certains pouvoirs de certains... et qu'on

puisse avoir le temps — et quelques jours, en politique, ce n'est pas long — de présenter, donc, une solution globale qui va aller plus loin,

avec une institution, un organisme objectif et indépendant. C'est cet élément

qu'on recherche, qui n'exclut pas du tout les propos de Québec solidaire, mais

le caractère objectif et indépendant

est essentiel si on parle de rassurer la population québécoise par rapport à

nos pratiques.

Le Président :

Deuxième complémentaire, M. le député de Gouin.

Nadeau-Dubois : M. le Président, les trois autres partis représentés à

l'Assemblée nationale étaient prêts à faire déjà un premier pas, déjà un

premier pas, parce que ça ne réglera pas tous les problèmes, mais déjà un

premier pas en matière de transparence,

étaient prêts, les partis ici, de ce côté-ci de la Chambre, à dévoiler les

ententes les liant, s'il y en a,

des ententes, avec des firmes de collecte de données. Je ne dis pas que ça

va tout régler, mais je ne vois aucune raison de ne pas faire ce premier

pas ensemble dès aujourd'hui.

Et moi, je veux bien

croire la ministre dans ses bonnes intentions, qu'elle en fasse la

démonstration.

Le Président :

Mme la ministre responsable de l'Accès à l'information.

Weil : Oui. Excusez-moi, M. le Président. Je réitère, on

cherche le bon moyen, un moyen neutre, crédible, indépendant, et nous

reviendrons donc à la charge rapidement à ce sujet.

Le Président :

Principale, M. le député de Lévis.

M. Paradis

(Lévis) : Merci, M. le Président. Je tiens à souligner aujourd'hui les

présences, dans les tribunes, du Dr Pierre Marois, de l'Hôpital Sainte-Justine,

et de parents d'enfants atteints de paralysie cérébrale.

faut savoir qu'au Québec 4 000 enfants sont atteints de cette

maladie, et la prise en charge implique de lourds sacrifices pour les

parents. On parle d'hospitalisation à répétition, de soins à domicile, bien

sûr, de réadaptation. Bref, pas facile. Il

est possible de traiter la paralysie cérébrale à l'aide de petites chambres

pressurisées. Ce nouveau type de

traitement peut aider les enfants à apprendre à parler, à apprendre à marcher.

En 2007, l'INESSS a statué qu'il n'y avait pas assez de preuves

scientifiques pour que ces traitements soient reconnus, mais, depuis ce

temps-là, depuis 11 ans, il y a eu de nouvelles études scientifiques

internationales.

ministre de la Santé peut-il demander à l'INESSS qu'elle procède à une mise à

jour des études scientifiques des traitements en chambre pressurisée

pour les enfants atteints de paralysie cérébrale?

Le Président : M. le ministre

de la Santé.

Barrette : Alors, M. le Président, vous me permettrez, évidemment,

d'ajouter ma voix à celle de mon collègue de Lévis pour saluer les gens qui sont ici, en Chambre, aujourd'hui, et certainement de manifester ma sympathie envers ces gens-là

qui, à tous les jours, font face à des problèmes qui sont humainement très

difficiles à vivre et, évidemment,

qui nous emmènent sur le terrain de l'espoir.

Et je

comprends très bien, évidemment, toutes les familles qui sont aux prises avec ces

difficultés-là d'être à la recherche

de nouvelles solutions et d'attendre que la recherche médicale fasse des percées

qui permettront à ces enfants, qui

deviennent un jour adultes, de voir leurs conditions personnelles s'améliorer. Maintenant,

M. le Président, pour ce qui est du sujet que mon collègue

aborde, c'est un sujet qui est particulier, que je comprends très bien, en ce

sens qu'une question se pose et elle se

posera toujours : Sommes-nous rendus au point où la littérature

scientifique a fait la démonstration

que l'utilisation des chambres hyperbares donne des résultats concrets,

démontrés par la science? Et c'est l'enjeu

qui est le plus important pour nous gouvernementalement, puisque nous basons nos décisions sur ces

éléments-là.

Sur la question de l'INESSS, et j'y

reviendrai...

Le Président : En terminant.

M. Barrette : ...dans quelques

instants, M. le Président, mais je suis assez favorable à la demande.

Le Président : Deuxième...

Première, d'abord, complémentaire, M. le député de Lévis.

M. Paradis (Lévis) : Alors, je poursuis, hein, allons chercher la

réponse dont on a besoin. Les parents d'enfants atteints de paralysie cérébrale

qui ont essayé les chambres pressurisées savent comment, comment ce traitement

peut aider leur enfant à apprendre à parler, à marcher, à développer leurs

aptitudes cognitives. Ça peut littéralement changer une vie. Il y a des

nouvelles études scientifiques, et le gouvernement doit mandater l'INESSS, qui va pouvoir donner de

nouvelles recommandations sur ces traitements.

Le ministre va-t-il passer la commande?

Le Président : M. le ministre

de la Santé.

Barrette : Alors, je vais

rappeler quand même à tout

le monde qui nous écoute, M. le Président, que l'Institut national d'excellence en santé et services

sociaux, créé par notre gouvernement, d'ailleurs, dans le passé, a comme fonction de faire des mises à jour sur des sujets

d'intérêt très précis, notamment sur la pertinence et le succès de telle et

telle nouvelle avenue thérapeutique. Périodiquement, ces mises à jour là sont

faites. La dernière a été faite en 2008. Je

suis tout à fait disposé à demander à l'INESSS, puisque c'était déjà sur notre

carnet de projets, de faire une mise à jour de cette approche thérapeutique dans la mesure où, évidemment, il sera

démontré qu'il y a effectivement des avancées. Mais ça, c'est le rôle,

évidemment, de cette organisation indépendante.

Le Président : Deuxième

complémentaire, M. le député de Lévis.

M. Paradis

(Lévis) : Vous savez, M. le

Président, la science médicale évolue tout le temps. En 2014, le Dr Gilles Pineau — c'est un des médecins affiliés à

l'INESSS — mentionnait,

et là je le cite : «Nous sommes ouverts à se pencher de nouveau sur

la question [de l'efficacité des traitements hyperbares pour le traitement de

la paralysie cérébrale] à la lumière de nouvelles études. Nous devons toutefois

attendre la demande du ministère pour [ce] faire.»

J'apprécie que le ministre se dise prêt à en

disposer. Je vais aller plus loin, quand le ministre va-t-il passer la

commande? Les parents souhaitent une réponse.

Le Président : M. le ministre

de la Santé.

Barrette : Alors, comme je

l'ai dit il y a quelques instants, M. le Président, ça fait

partie

de notre carnet de commandes à

l'INESSS. L'INESSS, évidemment, c'est un fait, reçoit des commandes pas

simplement du ministère, mais, dans ses

fonctions, M. le Président, je rappelle au député de Lévis que l'INESSS peut

recevoir de telles demandes de n'importe qui dans le milieu de la santé. En

fait, l'INESSS, sa fonction fondamentale est de répondre à ce type de demandes là, qui ne viennent pas exclusivement du ministère

de la Santé et des Services sociaux. À ce titre-là, M. le Président, le collègue de Lévis lui-même aurait pu en faire la

demande au nom de diverses organisations. Comme c'était déjà sur notre

calepin, notre carnet de commandes, on peut l'accélérer, ce n'est pas un

problème. Mais il y a une chose qui est certaine, ça revient à une organisation

indépendante...

Le Président : En terminant.

M. Barrette : ...de faire cette

analyse et cette éventuelle...

Le Président : Principale, M.

le député de René-Lévesque.

M. Ouellet : Oui. Merci beaucoup, M.

le Président. Donc, au lendemain du budget, surprise, Air Canada est contente, elle aura maintenant les moyens de

maintenir ses tarifs. Après le Sommet sur le transport aérien, les gens se

seraient attendus à des moyens

musclés pour faire baisser les prix des vols en région. J'ai fait un petit

calcul ce matin, là, M. le Président, Baie-Comeau—Québec, aller-retour, pour un petit week-end de

trois jours en amoureux, 3 000 $. Alors, ce qu'on offre dans le budget, c'est un simple crédit

de 500 $, donc ça coûterait à quelqu'un encore 2 500 $. La

véritable question, M. le Président,

c'est que le gouvernement va continuer à aider Air Canada à augmenter ses prix

en fonction du monopole qu'elle

détient. Après avoir eu un accès partout au Québec pour fixer des prix,

maintenant ça va être un bar ouvert avec cette subvention-là.

Mme la

ministre, est-ce que vous avez obtenu des garanties qu'Air Canada

n'augmenteront pas les prix avec ce mécanisme

qui, heureusement, les favorise et, malheureusement, défavorise les gens qui

prennent des vols régionaux?

Le Président : On n'oublie

pas de s'adresser à la présidence. Mme la ministre déléguée aux Transports.

Tremblay : M. le Président,

lors du sommet qui a eu lieu à Lévis le 2 février dernier, nous avons fait des

annonces, nous avons pris des engagements sérieux, des engagements ambitieux et

nous avons livré la marchandise. Je peux

vous dire que je suis vraiment très fière du montant de 173 millions de

dollars qui a été dévoilé lors du budget cette semaine. C'est un montant qui était très attendu par toutes les

régions du Québec. Nous avons écouté les régions, et c'est ce que nous

avons fait, M. le Président. Vraiment très fière, nous avons été à l'écoute.

D'ailleurs,

les commentaires sont extrêmement positifs. Même le maire de Baie-Comeau, qui

est dans la région du député de

René-Lévesque, a dit, M. Montigny, être très satisfait de l'investissement sur

cinq ans... «Il estime que le gouvernement

a été attentif aux demandes de la Côte-Nord.» Le maire d'Alma également, qui dit que «le gouvernement passe de la

parole aux actes et respecte les engagements qu'il a pris en février dernier

lors du Sommet». Même le président

de l'UMQ, le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, à qui j'ai pu parler,

justement, après le budget...

Le Président : En terminant.

Mme Tremblay : ...il était très,

très satisfait. Alors, vraiment, c'est bien reçu.

Le Président : Première

complémentaire, Mme la députée de Duplessis.

Mme Richard : Merci, M. le Président. M. le Président, c'est à

se demander si la ministre ne comprend pas ce qu'on lui explique ou qu'elle ne veut tout simplement pas comprendre. Ce

que les gens des régions veulent, c'est la baisse du coût du billet d'avion. Et, si vous venez

demain à Sept-Îles, M. le Président, puis si, moi, je vais revenir l'autre

semaine, le coût du billet d'avion n'a pas baissé.

La ministre

a-t-elle choisi d'écouter les lobbyistes d'Air Canada plutôt que le monde des

régions? Qu'avez-vous choisi, Mme la ministre?

Le Président : Mme la ministre

déléguée aux Transports.

Mme Tremblay : M. le

Président, nous avons écouté les

maires des municipalités, nous avons écouté les citoyens,

nous avons écouté le Conseil des aéroports

du Québec, nous avons écouté tous les gens lors des consultations dans les différentes régions du Québec, et je peux vous dire que nous sommes fiers de ce

que nous avons présenté. Oui, nous avons été à l'écoute des gens des régions : 100 millions pour des investissements en infrastructures aéroportuaires régionales, 22,5 millions pour la mise en place du nouveau programme

d'aide pour la desserte aérienne régionale, 40 millions pour

bonifier le programme de réduction des tarifs aériens, qui sera effectif, d'ailleurs,

ce programme-là, à compter du 1er avril prochain.

Le Président : En terminant.

Mme Tremblay : Alors, oui, je

suis fière. Et d'autres annonces sont à prévoir...

Le Président : Principale?

Non, complémentaire, M. le chef de l'opposition.

M. Lisée : Alors, oui, bravo pour les infrastructures aéroportuaires. Mais, au lendemain de ce sommet de février, les 400 personnes avaient été consultées à

savoir ce qu'ils voulaient, et ils ont dit : On veut un programme

pour réduire les prix d'Air Canada. Et là le gouvernement a fait un programme

de 40 millions sur cinq ans pour aider les prix élevés d'Air Canada.

Alors, je veux demander, là, à l'employé de l'année

d'Air Canada pourquoi il ne comprend pas que donner 40 millions pour des

billets trop chers, ce n'est pas comme ça que les billets vont baisser?

Le Président : M. le premier

ministre.

M. Couillard : Je suis rassuré,

je commençais à être inquiet d'être venu ici puis de ne pas avoir de question, M.

le Président. Franchement, merci. Merci beaucoup de ce geste. En tout cas...

M. Couillard : En tout cas, il

y a une chose...

Le Président : Du calme.

M. Couillard : Il y a une chose certaine, si les régions avaient

attendu le Parti québécois pour agir dans le transport aérien régional, elles seraient encore en train d'attendre. Nous, on a consulté et on a

agi. Et, contrairement à ce que mon collègue dit, au contraire, il y a

dans ce budget une mesure qui est là spécifiquement pour atténuer le monopole. Parce que la source des prix élevés, c'est le

monopole, c'est le manque de compétition.

Or, il y a une mesure pour aider à de nouvelles

dessertes régionales. Je peux vous dire que, dans ma région, il y a des gens

qui ont des conversations, encore une fois,

pour profiter de cette mesure-là, et c'est la concurrence qui, en bout de

ligne, va faire baisser les prix, ce n'est pas d'autre intervention de

l'État que celle-là. Alors, on joue notre rôle...

Le Président : En terminant.

M. Couillard : ...mais surtout on

intervient là où personne n'est intervenu avant.

Le Président : Alors, cela

met fin à la période de questions et de réponses orales. Donc, la messe est

dite.

Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, puisqu'il n'y a pas de votes reportés, nous allons passer à la

rubrique des motions sans préavis.

Mais, auparavant, je crois que M. le président...

Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Bien, c'est ce que je fais en ce moment. Je crois que M. le président du Conseil du trésor

souhaite faire le dépôt d'un document. M. le président du Conseil du trésor.

Arcand : Merci,

Mme la Présidente. Permettez-moi de

déposer le plan stratégique 2018‑2021 du Centre

des services partagés du Québec.

La Vice-Présidente (Mme

Gaudreault) : Alors, c'est très bien.

Il y a consentement pour le dépôt

de ce document?

Des voix :

Consentement.

La Vice-Présidente

(Mme Gaudreault) : Consentement.

Alors,

en fonction de nos règles et de l'ordre de présentation des motions sans préavis, je vais céder la parole à M. le député de La Peltrie.

Caire : Merci, Mme la Présidente. Je demande le consentement pour déposer la

motion suivante conjointement

avec le député de Mercier :

«Que

l'Assemblée nationale exige du gouvernement du Québec qu'il mette fin à

toute dépense reliée à des publicités partisanes, notamment celles en

lien avec la promotion du Plan économique du Québec.»

La Vice-Présidente

(Mme Gaudreault) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette

motion?

M. Tanguay :

Pas de consentement, Mme la Présidente.

Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Il n'y a pas de consentement.

Maintenant, je cède la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.

M. Tanguay :

Mme la Présidente : «Conformément à l'article 36 de la Loi modifiant

la

Loi sur l'instruction publique et

d'autres dispositions législatives concernant principalement la gratuité des

services éducatifs et l'obligation de

fréquentation scolaire (2017,

chapitre 23), je fais motion afin que la

Commission de la culture et de l'éducation procède, le jeudi 12 avril 2018 de 15 heures à 18 heures, à

l'étude du projet de règlement sur l'enseignement à la maison déposé à

l'Assemblée nationale par le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport

[ce] 29 mars 2018;

«Que

le ministre de l'Éducation, [et] du Loisir et du Sport soit membre de ladite

commission pour la durée du mandat.» Merci.

Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie. Y a-t-il

consentement pour débattre de cette motion?

M. Tanguay :

...de l'adopter sans débat, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente

(Mme Gaudreault) : Alors, est-ce que cette motion est adoptée?

Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Maintenant, pour la

prochaine motion, je vais céder la parole à M. le chef de l'opposition

officielle.

Lisée : Mme la Présidente, je sollicite le consentement des

membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec la

députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques

et le député de Gaspé, la motion suivante :

«Que l'Assemblée

nationale déplore l'emprisonnement à répétition de membres dûment élus et

réélus de l'Assemblée législative catalane;

«Qu'elle appelle les

autorités espagnoles à mettre un terme à son attitude autoritaire;

«Qu'elle signale aux

élus victimes de ces arrestations que le Québec est prêt à les accueillir s'ils

le désirent.»

La Vice-Présidente

(Mme Gaudreault) : Maintenant, y a-t-il consentement pour débattre de

cette motion?

M. Tanguay :

Pas de consentement, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente

(Mme Gaudreault) : Il n'y a pas de consentement. Maintenant...

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :

J'aimerais un peu plus de silence, s'il vous plaît, puisque M. le député de

Gaspé souhaite présenter une motion sans préavis.

M. Lelièvre :

Oui, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement des membres de cette

Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de Lévis

et le député de Mercier :

«Que l'Assemblée

nationale prenne acte que l'Organisation mondiale de la santé estime que le nombre d'adultes diabétiques

a quadruplé depuis 1980 et que la prévalence selon l'âge a doublé;

«Que cette maladie entraîne des coûts sociaux et des

pertes économiques majeures pour la société et les personnes atteintes;

«Qu'une nouvelle génération de pompe à insuline

reproduisant le rôle du pancréas de façon autonome appelé "pancréas

artificiel" est disponible aux États-Unis mais non homologué encore au

Canada;

«Que ce

pancréas artificiel est actuellement en étude à l'Institut de recherche

clinique de Montréal dans le but d'être éventuellement homologué au

Canada.

«Qu'il existe

des cas de Québécoises et de Québécois comme celui de M. Guy Martin Couture

pour qui tous les traitements

disponibles ont échoué et pour qui l'obtention d'un pancréas artificiel est

médicalement indispensable pour sa survie;

«Que

l'Assemblée nationale reconnaisse l'importance et l'urgence que soit offert au

Québec le pancréas artificiel afin de prolonger voire même de sauver des

vies dans certains cas;

«Que

l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Canada d'accélérer

l'homologation de cet appareil essentiel

et qu'elle demande au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec

d'élargir son Programme d'accès aux

pompes à insuline, prévoyant un accès au pancréas artificiel pour [des]

personnes diabétiques de type 1 de tous âges, lorsque [...] de tels

appareils sont recommandés par un médecin ou une clinique accréditée.»

Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de

Gaspé. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?

M. Tanguay : On n'a pas pu

s'entendre sur une rédaction, alors pas de consentement, Mme la Présidente.

Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, il n'y a pas de

consentement. Maintenant, je crois que M. le député de Gouin souhaite

présenter une motion sans préavis. M. le député.

Nadeau-Dubois : Merci, Mme la Présidente. Je demande le consentement

de la Chambre pour déposer une motion supplémentaire.

Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Ah! ça prend le consentement.

Excusez-moi. Oui, nous avons besoin du consentement pour la présentation

de cette motion sans préavis.

M. Tanguay :

Mme la Présidente, tel qu'indiqué, la ministre est à pied d'oeuvre pour une

motion, alors pas de consentement. On aura l'occasion d'y revenir.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :

Alors, il n'y a pas de consentement.

Maintenant, s'il n'y a pas d'autre motion sans

préavis, je suis à la rubrique des avis touchant les travaux des commissions et

je cède la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.

M. Tanguay :

Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, j'avise cette Assemblée que la

Commission de l'économie et du travail entreprendra les consultations

particulières à l'égard du projet de loi n° 173, Loi visant principalement à instaurer un revenu de base pour

des personnes qui présentent des contraintes sévères à l'emploi, le mardi

10 avril prochain, de 10 h 15 à midi, à la salle

Louis-Hippolyte-La Fontaine;

La Commission

de la santé et des services sociaux poursuivra l'étude détaillée à l'égard du

projet de loi n° 157, Loi

constituant la Société québécoise du cannabis, édictant la Loi encadrant le

cannabis et modifiant diverses dispositions en matière de sécurité routière, aujourd'hui, à compter de

15 heures ou immédiatement au terme de la réplique du critique financier

du deuxième groupe de l'opposition, conformément au quatrième alinéa de

l'article 87 du règlement de l'Assemblée

nationale, ainsi que le lundi 9 avril, de 14 heures à 18 heures,

à la salle du Conseil législatif, et le mardi 10 avril, de

10 heures à midi, à la salle des Premiers-Ministres de l'édifice

Pamphile Le May;

Enfin, Mme la

Présidente, la Commission des institutions entreprendra les consultations

particulières à l'égard du projet de

loi n° 170, Loi modernisant le régime juridique applicable aux permis

d'alcool et modifiant diverses dispositions législatives en matière de boissons alcooliques, le mardi 10 avril,

de 10 heures à 11 h 45, à la salle Louis-Joseph-Papineau.

Merci.

La Vice-Présidente

(Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le leader adjoint

du gouvernement.

Et, pour ma

part, je vous avise que la Commission de l'administration publique se réunira

aujourd'hui, à la salle des Premiers-Ministres de l'édifice

Pamphile-Le May : en séance publique, à compter de 15 heures ou

immédiatement au terme de la réplique

du critique financier du deuxième groupe de l'opposition à l'Assemblée

nationale jusqu'à 18 heures, afin d'entendre le ministre de la Santé... pardon,

le ministère de la Santé et des Services sociaux et le ministère des Affaires

municipales et de l'Occupation du territoire sur le rapport spécial du

Protecteur du citoyen intitulé Les résidences privées pour aînés : plus que de simples entreprises de location

résidentielle ; et en séance de

travail, de 18 heures à 18 h 30,

afin de déterminer les observations, conclusions ou recommandations de la

commission à la suite de cette audition.

Nous

en sommes maintenant à la rubrique des renseignements sur les travaux de l'Assemblée,

et je vais céder la parole à Mme la leader adjointe de l'opposition

officielle.

Mme Poirier :

Merci, Mme la Présidente. Alors, Mme la Présidente, est-ce que le leader

adjoint du gouvernement peut nous

indiquer si le gouvernement appellera un jour le projet de loi n° 85, Loi

visant l'implantation de deux pôles logistiques

et d'un corridor de développement économique aux abords de l'autoroute 30

ainsi que le développement des zones

industrialo-portuaires de la région métropolitaine de Montréal? Je vous

rappelle, Mme la Présidente, que nous avons eu des consultations

particulières les 15 et 16 août 2017.

Alors, je

m'attendrais à une réponse du leader adjoint du gouvernement, s'il vous plaît,

ou du leader.

La Vice-Présidente

(Mme Gaudreault) : Oui. Alors, M. le leader du gouvernement.

M. Fournier :

Mme la Présidente, avec toute gentillesse, je vais informer notre collègue que

nous appelons le menu législatif le plus rapidement possible. C'est ce

qu'on fait dans toutes les lois, on va continuer de faire ainsi. Et, comme on est dans un moment bien précis dans notre

ordre du jour qui amène à entendre le collègue du Parti québécois critique

aux finances, on va lui permettre de commencer dès maintenant.

La Vice-Présidente

(Mme Gaudreault) : Alors, Mme la leader adjointe de l'opposition

officielle.

Mme Poirier :

Bien, écoutez, Mme la Présidente, je pense qu'on est à même... notre collègue,

oui, va prendre la parole, mais nous avons des questions à demander au leader.

Alors,

il ne m'a pas répondu pour le projet de loi n° 85, mais je vais lui poser

la question maintenant sur le projet de loi n° 96, Loi modifiant le

Code civil et le Code de procédure civile et la

Loi sur le curateur public en

matière de protection des personnes. Alors, est-ce qu'on peut nous indiquer

quand le projet de loi va être appelé?

La Vice-Présidente

(Mme Gaudreault) : M. le leader du gouvernement.

M. Fournier :

Dès qu'on va le pouvoir, Mme la Présidente. Et je voudrais vous dire

ceci : il y a une entente entre les

partis pour que nous puissions faire l'interpellation cet après-midi. C'est

important de pouvoir y consacrer les deux heures. Mais, si on continue à faire des motions comme

celle-ci ou des questions comme celle-ci, on risque d'avoir un problème.

Alors,

pourquoi est-ce qu'on ne fait pas plutôt la chose qu'on devait faire, entendre

le collègue du Parti québécois nous

parler de sa réaction au budget, pour que l'opposition puisse avoir le temps

qu'elle souhaite avoir sur l'interpellation? J'essaie de protéger le

temps de l'opposition. Est-ce qu'elle va m'aider?

La Vice-Présidente

(Mme Gaudreault) : Mme la leader adjointe de l'opposition

officielle.

Mme Poirier :

Bien, écoutez, Mme la Présidente, je pense que c'est justement le devoir de l'opposition d'interpeler

le gouvernement à savoir qu'est-ce qui se passe avec le menu législatif.

Alors,

vous me permettrez de poursuivre avec le projet de loi n° 118,

Mme la Présidente, avec les laboratoires médicaux, centres de services orthopédiques,

centres de physiologie respiratoire exploités, etc. Ce projet de loi, le principe a été adopté le

23 février 2017. Alors, qu'est-ce qu'il en est, madame... Depuis ce temps, plus

rien. On aimerait savoir ce qui arrive avec ça.

La Vice-Présidente

(Mme Gaudreault) : M. le leader du gouvernement.

M. Fournier :

...en vous faisant remarquer pour la troisième fois que notre collègue est en

train d'empiéter sur son propre temps d'interpellation. C'est son choix.

Qu'elle ne nous dise pas plus tard qu'elle a perdu du temps en interpellation

parce qu'elle a choisi de faire d'autres types d'interpellation.

Ceci étant, la

réponse, c'est : en temps et lieu.

La Vice-Présidente

(Mme Gaudreault) : Mme la leader adjointe de l'opposition officielle.

Mme Poirier :

Alors, c'est prévu déjà à l'article 97, Mme la Présidente, cette procédure,

alors je vais tout simplement... 86. Excusez-moi, Mme la Présidente.

Alors,

est-ce que le leader peut nous indiquer ce qui se passe avec le projet de loi

n° 161,

Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune?

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :

M. le leader du gouvernement.

Fournier : D'une part, même réponse à tous égards. Et donc, encore une

fois, ce que l'opposition est en train de

faire, c'est de s'enlever du temps pour l'interpellation. Je fais juste lui

dire que, lorsqu'elle s'en plaindra cet après-midi, j'espère qu'elle se

souviendra de ce qu'elle a fait ce matin.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :

Alors, c'est très bien.

S'il n'y a

pas d'autre demande de renseignements, conformément à ce qui a été annoncé le

22 mars dernier, je vous rappelle

que, lors de l'interpellation prévue aujourd'hui de 13 heures à

15 heures, M. le député de Verchères s'adressera à Mme la ministre responsable de la région de la

Montérégie sur le sujet suivant : Le manque de vision du gouvernement

libéral pour les familles de la Montérégie.

Je vous avise de plus que l'interpellation

prévue pour le vendredi 13 avril 2018 portera sur le sujet suivant :

L'iniquité de l'accessibilité aux services dans la région de Lanaudière

provoquée par le laisser-aller libéral. Mme la députée de Joliette s'adressera

à Mme la ministre responsable de la région de Lanaudière.

Maintenant, la période des affaires courantes

étant terminée, nous allons passer aux affaires du jour.

Et, aux

affaires prioritaires, à l'article 1 du feuilleton, l'Assemblée entreprend le

débat sur la motion de M. le ministre des

Finances proposant que l'Assemblée approuve la politique budgétaire du

gouvernement. Conformément à l'article 273 du règlement, je cède la parole au représentant de l'opposition

officielle en lui rappelant que son temps de parole est d'une durée

maximale de deux heures. Alors, M. le député de Rousseau, la parole est à vous.

Marceau : Merci, Mme la Présidente. Alors, regardez, Mme la

Présidente, j'interviens, avec un peu plus de temps, sur le budget, la politique budgétaire qui a été présentée par le

ministre des Finances ce mardi, et vous allez me permettre de redire un certain nombre de choses que j'ai déjà dites mais

de développer puis de mieux expliquer ce que j'avais en tête lorsque je

me suis exprimé mardi dernier.

Alors, mardi, je crois que le consensus est

grand maintenant au Québec à l'effet qu'on a assisté à une grande distribution de bonbons, une grande, grande

distribution de bonbons, mais, de manière cynique, de manière irresponsable,

c'est une distribution de bonbons qui va

être suivie, dans les années qui vont suivre, dans les années suivantes, donc,

de beaucoup de coupures, de compressions dans les dépenses. Et, en fait,

et j'y reviendrai, évidemment, on a donc mis en

place les éléments du cycle électoral libéral, que les gens connaissent déjà

mais qui, ce mardi néfaste de cette semaine... On a vu donc l'ensemble des

cartes tomber. On a compris exactement de quoi il s'agissait, ce qu'on a vécu

depuis quelques années.

Donc, ça a

été trois ans de compressions, les trois premières années du mandat libéral,

trois années de compressions suivies

de l'année des bonbons. On est dans l'année des bonbons, Mme la Présidente, de

façon évidente. Il y a des élections, et

le gouvernement nous demande de le reconduire. Le gouvernement libéral nous

demande de le reconduire avec l'intention très, très explicite de procéder à la même chose, le même système, les

mêmes étapes dans le prochain cycle

électoral libéral. On aurait droit,

si le gouvernement, par malheur, était reconduit, à trois nouvelles années de

compressions suivies d'une année, on suppose, de bonbons, en 2021.

Alors, Mme la Présidente, ça, c'est une

évidence, et je pense que dans la population ça a été compris de cette manière-là, parce que les Québécois,

Mme la Présidente, ne sont pas des imbéciles, ils sont intelligents.

Ils sont capables de comprendre ce qui se passe. Ils ont vécu les trois

dernières années, ils ont vu ce qui avait été fait par le gouvernement et ils sont capables de voir que cette année, à l'aube des élections, on

annonce des quantités impressionnantes de dépenses, d'investissements et

ils comprennent bien qu'il y a quelque chose d'anormal là-dedans, ils le voient

très bien. C'est des gens intelligents, les Québécois,

on ne peut pas les berner, et ils ont donc déjà compris que ce à quoi on

a assisté mardi, c'était cynique, c'était désespéré et c'était

irresponsable.

Mme la Présidente, moi, j'ai qualifié ce budget d'électoraliste et je pense que c'est

important de revenir sur ce que c'est qu'un budget électoraliste. Évidemment,

dans un budget électoraliste, il y a la distribution des bonbons. Je pense que tout

le monde a compris ça. Mais ce n'est

pas suffisant qu'il y ait distribution de bonbons, quant à moi en tout cas, pour qu'on puisse qualifier un budget

d'électoraliste, ça prend plus que ça. Alors, effectivement, dans le budget de

mardi, il y a beaucoup, beaucoup

de bonbons, il y a beaucoup de dépenses, alors que ça a été précédé de plusieurs

années de compressions, donc énormément

de dépenses pour l'année 2018‑2019,

pour l'année de l'élection. Il y a aussi des baisses d'impôt qui avaient

été annoncées à l'occasion de la mise à jour de novembre dernier, baisses

d'impôt importantes, 1 milliard de

dollars. Donc, baisses d'impôt, hausses des dépenses. Mais, quant à moi, Mme la

Présidente, ça n'est pas suffisant

pour qu'on puisse qualifier le budget d'électoraliste. Ce qui fait qu'on peut

le qualifier de budget électoraliste, qui

est bien plus fondamental que la simple présence de baisses d'impôt ou de

hausses de dépenses, c'est le fait que le budget, il est non soutenable. On ne pourrait pas

prendre ce budget-là puis dire : On va présenter le même budget pendant

les trois prochaines années, par exemple.

Impossible. Ça n'est pas possible, pour des raisons que je vais vous expliquer

dans quelques instants, entre autres parce qu'il y a des déficits.

Mais donc le fait

qu'il y ait des hausses de dépenses importantes, des baisses d'impôt, ce sont

des indices effectivement que c'est un budget électoraliste, mais ce qui vient

confirmer hors de tout doute que c'est un budget électoraliste, c'est que le

même budget ne pourrait pas être représenté, il n'est pas soutenable. Ce n'est

pas possible de reconduire la politique

budgétaire du gouvernement de cette année l'année prochaine ou l'année

suivante. Impossible.

Alors, pourquoi je

dis ça? Bon, j'en ai parlé, mais, à la base, ce qu'il y a, c'est que, dans le

cadre financier du gouvernement, il y a, cette année, l'année prochaine et

l'année suivante, des déficits, déficits qui s'élèvent... si vous regardez, Mme

la Présidente, à la page A.22 de

votre cadre budgétaire — je

suis certain que vous l'avez sous la main : pour 2018‑2019, un déficit

d'essentiellement 1,6 milliard; pour l'année prochaine, un déficit de

1 milliard; et, pour l'année suivante,

de 500 millions, un demi-milliard de dollars. Et qu'est-ce que c'est qu'un

déficit? Parce qu'il faut quand même l'expliquer bien clairement à tout

le monde. Un déficit, c'est une situation où les dépenses sont plus grandes que

les revenus. Ce n'est pas complexe, là, mais

c'est ça, la situation présentement au Québec. C'est le choix qui a été fait

par le gouvernement. Pourquoi?

Pourquoi? Parce qu'il tenait à offrir des bonbons. Il tenait à réduire les

impôts, il tenait à augmenter les dépenses cette année seulement, puis ils y

sont tellement allés fort dans le procédé qu'ils en sont rendus à créer des déficits. C'est ce qui fait d'ailleurs

que la politique budgétaire n'est pas soutenable. Et j'ai entendu le ministre

des Finances dire, j'ai entendu le président

du Conseil du trésor dire que nous dépensions, cette année, de l'argent que

nous avons. Mme la Présidente, c'est faux.

C'est faux, je suis désolé. Et eux autres, ils affirment ça parce qu'ils

prétendent qu'on peut utiliser la réserve de stabilisation pour compenser

les déficits dont je viens de vous parler, de 1,6 milliard,

1 milliard et 500 millions.

la Présidente, je me suis dit que je profiterais du fait que j'ai un peu plus

de temps aujourd'hui pour bien expliquer à tout le monde c'est quoi, la

réserve de stabilisation, parce que je pense qu'il y a une confusion.

première des choses qu'il faut dire, c'est que la réserve de stabilisation, ce

n'est pas un compte de banque dans lequel

on a mis les montants des surplus du passé puis dans lequel on peut piger

lorsque, quelques années plus tard, on a une situation où les dépenses de

l'année courante sont plus grandes que les revenus de l'année courante. Alors,

ça n'existe pas, un compte de banque,

là, dans lequel on a de l'argent qui est stocké puis qu'on pourrait sortir

cette année parce que nos revenus

sont en dessous de nos dépenses. Ça n'existe pas. Puis la preuve, la preuve,

puis pour que tout le monde le comprenne

bien, la preuve, c'est que les surplus des années antérieures, là, ils ont été

affectés à la dette, ils ont réduit

la dette.

Comme

le dollar a été utilisé il y a deux ans puis il y a un an pour réduire la

dette, Mme la Présidente, vous qui savez que le même dollar ne peut pas être dépensé deux fois, vous

comprenez que, si le dollar a été affecté à la réduction de la dette l'année passée, il ne peut pas être

affecté cette année pour couvrir les dépenses pour lesquelles on n'a pas

d'argent. Le même dollar, quand on va

à l'épicerie, il ne peut pas... On ne peut pas aller à l'épicerie le mardi avec

un dollar s'acheter une pomme puis,

le mercredi, retourner à l'épicerie avec le même dollar puis se racheter une

autre pomme. Ça ne marche pas de

même. Le même dollar ne peut servir qu'une fois. Or, les dollars, les surplus

du passé ont réduit la dette, ils ont été affectés à la réduction de la dette, donc il n'est plus donc possible aujourd'hui de les affecter à une réduction du déficit qui est présentement

dans le cadre financier.

fait, pour que les gens comprennent encore mieux, ce qu'on appelle la réserve,

ce n'est pas un compte de banque, c'est

une forme de... en fait, c'est une écriture comptable, c'est un système

de comptabilité qu'on s'est donné, au Québec,

pour s'assurer que les gouvernements fassent attention. Ça vient, en fait, de la

Loi sur l'équilibre budgétaire, qui a été adoptée, comme vous le savez,

à l'époque, dans les années 90 par un gouvernement du Parti québécois, et, en gros, c'est une

écriture comptable, c'est un système. Donc, c'est une loi — puis je

vais vous en lire des extraits, Mme la Présidente, pour être certain que c'est bien clair pour tout

le monde — c'est

une loi qui prévoit que, si un gouvernement fait des déficits, bien, dans ce

cas, hein, pour ne pas... En fait, pour inciter un gouvernement à ne pas faire

de déficit, ce qui est prévu dans la Loi

sur l'équilibre budgétaire, c'est qu'un gouvernement qui fait des déficits doit

les renflouer dans les années suivantes, il doit compenser par des

surplus dans les années suivantes. Ça fait que, pour vous donner un exemple, à

l'article 8 de la

Loi sur l'équilibre

budgétaire, si vous faites un déficit de moins de 1 milliard cette année,

vous êtes obligés, dans l'année suivante,

de faire un surplus qui vient couvrir le déficit de l'année. Si vous faites un

déficit de plus que 1 milliard dans une année, vous êtes obligés, dans les cinq années suivantes... on vous

donne cinq ans, quand c'est plus que 1 milliard, pour compenser le déficit de cette année. C'est ça

qui est prévu à la

Loi sur l'équilibre budgétaire, Mme la Présidente, sauf que, et c'est là que la réserve budgétaire

apparaît, ce mécanisme-là, que je viens de vous dire, de compensation des

déficits de l'année en cours, il n'est pas

déclenché si, dans les années antérieures, vous avez fait des surplus, et c'est

en ce sens-là, et ce seul sens là, que la réserve budgétaire existe au

Québec.

Alors,

je veux que ça soit clair pour tout le monde. La réserve budgétaire qui est

inscrite aux états financiers du gouvernement, ça n'est pas de l'argent

qui est venu compenser le fait que les dépenses sont plus grandes que les revenus, ce n'est pas ça, c'est de l'argent qui a

été utilisé par le gouvernement pour faire en sorte que le mécanisme prévu

à la

Loi sur l'équilibre budgétaire ne se déclenche pas, point à la ligne.

Alors, je ne sais pas

si c'est clair, je tente de rendre ça clair, mais c'est ça qui est arrivé, Mme

la Présidente, si bien — si je reviens à nos moutons, nos moutons...

ceux-là aussi étaient importants, mais les autres moutons, Mme la Présidente — si bien que, si je reviens à ce que je

tentais de vous dire, c'est que, dans le cadre financier, il y a des déficits,

et des déficits qui sont significatifs et

importants. On parle de 1,6 milliard cette année, 1 milliard l'année

prochaine, un demi-milliard l'année suivante. Et, quand je vous disais

«budget électoraliste», je vous disais : Le critère qu'on doit utiliser, c'est : Est-ce que ce budget, il

est soutenable, est-ce qu'il pourrait être redéposé l'année suivante ou l'année

d'après? Et la réponse, c'est non. Pourquoi?

Parce qu'entre autres il y a des déficits. Maintenant, donc, ce point-là, je

pense qu'il est... enfin, j'ose croire qu'il est clair et que tout le

monde l'aura compris.

À partir du moment où il y

a des déficits, à partir du moment où le budget, la politique budgétaire n'est

pas soutenable, évidemment, il y a des

conséquences, et la conséquence, c'est que le gouvernement ne peut pas faire

tenir son cadre financier en gardant

les dépenses au rythme où il les a prévues pour l'année électorale, l'année de

la distribution des bonbons, et, pour

faire tenir son cadre financier, comme il ne peut pas maintenir la distribution

de bonbons... pardon, comme il tenait à la distribution de bonbons, il

est obligé de réduire, dans les années suivantes, les dépenses, hein?

Donc, on a

une grande distribution de bonbons qui crée des déficits, mais, comme ces

déficits-là ne peuvent pas demeurer,

on est obligé, pour les années

suivantes, pour rétablir, hein, un équilibre entre les dépenses et les revenus, on est obligé de réduire le rythme des dépenses. C'est exactement

ça qu'ils font, Mme la Présidente, exactement ça. Et, une fois qu'on a dit ça... Puis je peux

vous dire les chiffres, là, quant au taux de croissance de dépenses de mission.

C'est quand même

assez incroyable. Année électorale, distribution des bonbons, 4,7 %; en 2019‑2020, l'an prochain, on passe à

2,8 %; en 2020‑2021, 2,6 %;

et, en 2021‑2022, 2,5 %. Donc, hein, c'est un cadre financier qui tient

avec de la broche, là, et c'est un

cadre financier qui ne marche pas, puis, pour que ça tienne, puis c'est bancal,

on est obligé de retourner en situation d'austérité et de compressions

budgétaires.

Alors, Mme la

Présidente, j'ai ici un graphique qui est très explicite. Je vous le montre à

vous, je le montre à la caméra et je

le montre à mes collègues, qui sont intéressés de savoir ce que je présente.

Alors, Mme la Présidente, ça, c'est la

croissance des dépenses du gouvernement, les dépenses de mission du

gouvernement libéral à partir de 2014‑2015 jusqu'à 2020‑2021, O.K., et, en fait, il y a au centre,

ici, une ligne horizontale en pointillé qui représente essentiellement le

niveau de dépenses qu'il est

nécessaire d'effectuer pour que les services à la population soient reconduits.

Alors, ça tient compte évidemment de

la croissance de la population, ça tient compte du fait que les salaires de nos

employés de l'État augmentent, ça

tient compte du fait que les technologies qu'on emploie, par exemple, dans

notre système de santé coûtent de plus en plus cher, que le prix des médicaments augmente, ça tient compte du

vieillissement de la population, ça tient compte des besoins de nos enfants, ça tient compte de tout,

et on arrive à, essentiellement, ce qu'on appelle des coûts de système, à

3,5 %.

Et ce que vous

pouvez voir de manière très claire et très explicite dans ça, c'est

premièrement le doigt d'honneur que ce

gouvernement fait à la population, je pense que ça ne peut pas être plus clair

que ça, tout le monde le voit, et on voit très bien ici, Mme la Présidente...

Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Un instant, M. le député de

Rousseau. Je pense que vous pouvez utiliser d'autres termes pour nous

faire la démonstration...

Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Non. Je vous inviterais à un

peu plus de prudence. Je vous remercie.

M. Marceau : De toute façon, je crois que la

population a compris. Je pense que c'est assez clair pour tout le monde.

Et, en fait,

ce qu'il faut comprendre dans ce graphique, c'est que, dans les années qui ont

précédé l'année électorale, il y a eu

trois années de compressions, hein, l'austérité, on voit... ce sont les

périodes qui ont fait très mal aux Québécois. N'importe quel Québécois qui a des enfants à l'école, qui a des parents

en CHSLD, qui a eu la malchance d'être malade puis qui est allé dans nos hôpitaux a pu constater les effets néfastes

de la politique du gouvernement pendant trois ans. On arrive en période de distribution de bonbons,

en période électorale, et ce que je disais, c'est que les années qui sont là

créent un déficit... des déficits, pardon, pour trois ans, et, pour rétablir la

santé financière des finances publiques du Québec,

on est obligé d'imposer à nouveau des compressions, des niveaux de dépenses qui

sont sous les coûts de système. Et

donc l'austérité, suivie de bonbons, va être suivie à nouveau d'austérité si

par malheur les Québécois reconduisaient le gouvernement qu'on a en face

de nous. C'est ça, ce que j'ai appelé, comme je l'ai appelée de manière

explicite, la politique budgétaire de ce gouvernement.

Alors, Mme la

Présidente, c'est vraiment, vraiment cynique et irresponsable, irresponsable.

Puis, peut-être de façon plus

globale, là, il faut comprendre qu'un financement des services publics qui fait

du yoyo comme ça, ça n'est pas rendre service

à la population, Mme la Présidente. Les services publics doivent être financés

de façon stable, de façon prévisible, évidemment à un niveau adéquat et qui

correspond à notre capacité de payer. Est-ce que quelqu'un peut me

convaincre, de l'autre bord, là, que ça, ça

correspond à un financement stable, adéquat de nos services publics? Est-ce que

quelqu'un peut tenter de me convaincre de ça? Impossible. Impossible.

D'ailleurs, je les mets au défi. On verra bien.

Alors, Mme la

Présidente, sur ce dont je viens de vous parler, les déficits, les années de

compressions à venir et d'austérité

qui s'en viennent, on aura, à l'occasion des élections qui s'en viennent, un rapport préélectoral. La Vérificatrice générale va se pencher sur le cadre financier du gouvernement, évidemment dès

maintenant, dans le cadre de ses travaux normaux et habituels mais également à l'occasion de l'élection,

puisqu'en fait ce qui va arriver, c'est que le ministre des Finances va préparer ce qu'on appelle le rapport

préélectoral, qui va être transmis à la Vérificatrice générale quelque part

en juin, et, au mois d'août, la

Vérificatrice générale portera un jugement sur les hypothèses et sur les

énoncés qu'on retrouve dans le rapport électoral préparé par le

ministère des Finances. Et donc, au mois d'août, on aura un état, en principe, objectif, et c'est l'espoir qu'on a tous, de la

situation des finances publiques. Et, Mme la Présidente, je suis convaincu,

totalement et complètement convaincu que la

Vérificatrice générale viendra confirmer que les années d'austérité que nous

avons, malheureusement, vécues seraient suivies de nouvelles années d'austérité

si un gouvernement du Parti libéral était reconduit et que la politique

budgétaire qui est prévue dans le cadre financier était mise à exécution.

Alors, Mme la

Présidente, l'autre jour, l'autre jour étant mardi, j'ai évoqué le fait qu'avec

la Coalition avenir Québec la situation ne pourrait pas s'améliorer et je crois

que ça les a énervés un petit peu. Mais, Mme la Présidente, on

est dans le monde des choses factuelles. Je ne comprends pas pourquoi ils

s'énervent quand on dit des choses qui correspondent

à ce qu'ils annoncent aux Québécois. Et ce qu'ils annoncent, Mme la Présidente,

c'est que, s'ils forment le

gouvernement, ils vont réduire, entre autres, la taxe scolaire d'un montant

supplémentaire. Le gouvernement libéral a mis à mal le cadre financier puis le financement de nos écoles avec une

baisse de la taxe scolaire de 700 millions de dollars, et, à la

CAQ, de mémoire, on veut aller jusqu'à 1,3 milliard.

le dis et je le redis, des baisses supplémentaires des revenus de l'État qui

servent au financement de nos services publics,

ça va mettre à mal le cadre financier du gouvernement. Déjà, il y a trois ans

de déficit, déjà il y a trois ans de déficit, et de réduire encore plus les

revenus de l'État en réduisant de façon encore plus importante les montants de

la taxe scolaire, ça va nuire encore plus au cadre financier, hein, ça

va réduire les entrées, et évidemment les déficits qu'on a pour trois ans

pourraient se prolonger pour une période encore plus longue, avec l'idée de

réduire, de façon encore plus importante, la taxe scolaire tel que le propose

la Coalition avenir Québec. Alors, ils viendront nous dire qu'est-ce qui n'est pas correct dans ce que je viens de dire.

J'aimerais bien les entendre là-dessus. Alors, évidemment, si on en venait

à ça, bien, écoutez, l'austérité dont j'ai

parlé pour les dépenses en santé et en éducation, elle serait encore plus

sévère, encore plus dangereuse pour

nos enfants, pour nos aînés, pour nos parents, et il est clair que ce genre...

enfin, quant à nous, on est en total désaccord avec ce genre d'approche

la Présidente, je vais vous parler maintenant des missions fondamentales que

sont la santé et l'éducation, qui ont

fait les frais, je pense que vous n'êtes pas sans le savoir, de la politique

budgétaire du gouvernement des dernières années.

Alors,

la première chose à dire, première chose à dire, puis chose très importante et

très simple, c'est que, malgré les

investissements de cette année, hein, parce que cette année le gouvernement a

décidé d'investir... Ils ont ouvert les vannes, ils ont augmenté les dépenses dans tous les secteurs. Et est-ce

que moi, je suis contre le fait qu'on augmente les dépenses? Non. Je

pense que les dépenses avaient été comprimées de façon beaucoup trop

importante. On avait eu trois ans

d'austérité. Évidemment, je suis très content de voir que des dépenses

supplémentaires vont être réalisées cette année. Maintenant, ce avec

quoi je suis en profond désaccord, c'est la façon dont tout ça est arrivé,

c'est-à-dire les trois années de compressions,

suivies d'une année de bonbons, suivies d'autres années de compressions. Je

veux dire, ça ne peut pas

fonctionner. On ne peut pas avoir un financement instable de nos services

publics.

Et le point

fondamental que je voulais mettre en lumière ici, c'est que les investissements

de cette année ne compensent pas, mais alors

là pas du tout pour les coupures, les compressions des dernières années, hein?

Au net, il en manque puis il n'en manque pas juste un peu, Mme la

Présidente, il en manque beaucoup, là, beaucoup, beaucoup, beaucoup. Et là je

vais vous montrer ça dans des beaux tableaux, dans des beaux graphiques que

j'ai préparés pour vous, avec de la couleur. Et je l'ai fait pour l'éducation

et pour la santé. Alors, vous allez en avoir pour votre argent, Mme la

Présidente.

Alors,

quand je vous dis qu'il en manque beaucoup, je vous présente ici l'évolution des dépenses dans le monde de

l'éducation. Pardon, Mme

la Présidente, je vois que vous ne

pouviez pas voir. Voilà. C'est fait pour vous. M. le leader du gouvernement, vous voyez très bien le graphique. Puis,

mes collègues, excusez-moi. Voilà. Voilà. Je suis désolé. Voilà. Mais on

va l'envoyer à tout le monde, si vous voulez, Mme la Présidente.

Alors, il

faut rappeler ici, bon, deux choses.

Premièrement, le premier

ministre lui-même

en 2014, à l'occasion de la campagne électorale, avait promis, un engagement solennel, de s'occuper des vraies affaires : On va s'occuper de

l'éducation, de la santé. Puis, en éducation, pour garantir un niveau de service à nos enfants

qui correspond à ce dont ils ont besoin,

ça prend un investissement de 3,5 %

en éducation, nous disait-il, le premier ministre, Mme la Présidente. Et on se

serait attendu, dans les circonstances, à ce

que le budget de l'éducation augmente de 3,5 % par année pendant les années

du mandat du premier ministre.

la Présidente, ça n'a pas été le cas. Ça n'a pas été le cas, et, à chaque

année, en fait, de ce gouvernement, il

en a manqué puis il en a manqué pas mal, là. En fait, vous avez ici, dans le

graphique, en rouge, les montants manquants à chaque année si, à chaque

année, on avait augmenté le budget de l'éducation de 3,5 % tel que promis

par le premier ministre. Et j'ouvre une

parenthèse que je me rends compte que je ne veux pas oublier de dire. Il est

généralement reconnu par les experts

qui ont regardé les chiffres de l'évolution des dépenses, le nombre d'enfants,

les besoins de notre système d'éducation,

il est généralement reconnu qu'à 3,5 %, effectivement, on est pas mal à ce

qu'on appelle les coûts de système. Là,

c'est le même graphique que je vous montrais tout à l'heure. Alors, ici, c'est

ce qui manque pour le 3,5 % à chaque année.

Évidemment,

à chaque année, si on ne fournit pas le 3,5 %, bien, c'est qu'on prive nos

enfants, on prive les élèves, on prive nos jeunes des ressources qui

sont nécessaires à leur réussite dans notre système d'éducation. Et, quand il

en manque, Mme la Présidente, chaque petit

bout rouge, ce sont des enfants qui ne réussissent pas, des enfants qui ont des

retards d'apprentissage de plus, des enfants

qui vont éventuellement décrocher de notre système scolaire. Chaque bâton

rouge de ce graphique, ce sont des enfants qui ont été mis de côté par ce

gouvernement, Mme la Présidente. C'est ça, exactement,

et rien de moins, là. Alors, c'est évidemment proprement scandaleux, hein, que

de couper les services à des enfants

pendant trois ans, pendant trois ans, et après ça de prétendre, en année

électorale, en investissant dans le budget de l'éducation, qu'on prend

soin des enfants.

la Présidente, les retards d'apprentissage qui ont été causés par les coupures

du gouvernement libéral, ils n'ont pas des effets pour un an, ils

peuvent avoir des effets pour la vie d'un enfant, pour l'ensemble de sa vie,

parce qu'effectivement des retards

d'apprentissage, ça peut mener à éventuellement un échec scolaire puis

éventuellement au décrochage, à la

sortie du réseau scolaire. C'est à ça que ça peut mener quand on n'a pas les

ressources qui sont en place. Alors,

Mme la Présidente, c'est complètement déplorable, complètement déplorable.

Peut-être que... je sais que vous aimez les chiffres. Alors, c'est 3,4 milliards de dollars qui ont été

perdus depuis 2014 parce que la promesse libérale d'investir de

3,5 %, elle n'a pas été respectée.

Puis

je veux juste, une dernière chose là-dessus, vous dire que le premier ministre,

quand il a fait ses promesses, il l'a

fait de façon consciente. C'est un homme éclairé, là. Moi, j'ai beaucoup de

respect pour le premier ministre. Quand il fait des promesses comme celles-là, il doit savoir de quoi il parle.

Puis je vous dis ça parce qu'il refait, il refait, dans son cadre financier la même promesse, là. Il nous

dit encore que, pour les prochaines années, il espère mettre 3,5 % en

éducation. Or, il ne l'a jamais fait les

dernières années. Alors, Mme la Présidente, il faut avoir du culot quand même,

je trouve, pour avoir raté

systématiquement la promesse du 3,5 % et, à l'aube des élections,

dire : On va refaire la même affaire encore. Écoutez, ça n'a pas de

bon sens.

Je vais vous parler

rapidement, en éducation toujours, des écoles qui sont en mauvais état. Il en a

été question depuis mardi parce qu'on

a rendu public le déficit d'entretien dans nos écoles. Le PQI, si on le regarde

aux pages 151 à 156 du PQI, on

constate qu'une école sur deux est en mauvais ou en très mauvais état. Et le

déficit d'entretien de nos... pardon, le déficit de maintien d'actifs de nos écoles est passé de

1,8 milliard à 3,3 milliards en un an parce qu'il y a eu une nouvelle

inspection.

Mme la

Présidente, les écoles en mauvais état, là, je sais bien que, de l'autre côté,

ils vont vouloir nous blâmer, là, mais

là je pense que, depuis 2003, pour l'essentiel, ça été un gouvernement libéral.

Puis, quand ça fait 15 ans qu'on est au gouvernement, essentiellement, c'est un peu difficile de blâmer les

autres pour le fait que la moitié de nos écoles est en mauvais ou en très mauvais état. C'est très

difficile, je pense. Puis ils peuvent bien s'essayer encore s'ils le désirent,

là, mais je pense que les gens ne

sont pas fous. Ça fait 15 ans qu'ils sont là, puis, en 2018, on se réveille,

puis la moitié de nos écoles sont en

mauvais ou en très mauvais état. Ça fait que, je ne sais pas qui ils veulent

blâmer, là, mais je pense qu'ils devraient se regarder puis ils devraient

comprendre qu'ils sont les responsables de ça.

Ça fait que,

si je combine les deux choses, Mme la Présidente, puis je pense que c'est

important de le faire en même temps,

d'une part, ils ont coupé dans les budgets de fonctionnement de nos écoles de façon

irresponsable pendant trois ans, puis

en plus de ça, depuis 15 ans, ils ont laissé se détériorer nos écoles au point

que la moitié des écoles est en mauvais ou en très mauvais état. Et là ils tentent de nous faire croire qu'ils

vont régler le problème. Et comment ils vont régler le problème? En

augmentant le PQI, le PQI, Mme la Présidente.

J'ai apporté

de quoi a l'air le PQI 2018‑2028. Alors, je vais vous le montrer comme ça. Ça,

ce sont les investissements par année, voilà. Alors, pour tout le monde à la

maison et puis pour tous mes collègues ici, voilà. Et j'ai apporté aussi pour vous le PQI 2017‑2027. Je vous

le montre, voilà. On va faire la comparaison après, tout le monde, je vais

vous montrer ça, regardez. Alors, qu'est-ce

qu'ils ont fait, Mme la Présidente? Qu'est-ce qu'ils ont fait? En fait, ce

n'est pas compliqué. Pour les quatre prochaines années, ils ne font

rien. Ils ne font rien.

Alors, si vous regardez le 2017‑2027 en haut et

le 2018‑2028 en bas, vous voyez que, les premières années, il n'y a à peu près pas de changement, on reste

essentiellement à 10 milliards par année. Alors, quand ils nous

disent : On prend le problème

des écoles en mauvais état au sérieux, bien, Mme la Présidente, rien ne change.

Rien ne change pour les premières années.

Les changements apparaissent à partir de 2021‑2022, dans quatre ans. Ça, c'est

le gouvernement, là, qui vient de rendre public le fait que les écoles

sont en mauvais état. Ah! dans quatre ans, on va commencer à faire quelque chose, peut-être. Ça, Mme la Présidente,

c'est très évident. On le voit que les seuls changements apparaissent dans les cinq, six dernières années, pas dans les

quatre premières. Alors, c'est quand même... Pour tout le monde qui ne le

voit pas, excusez-moi, là, voilà. Alors, évidemment, tout mon matériel

pédagogique va être disponible pour tous mes collègues, là, pour les prochaines

interventions.

Alors, Mme la

Présidente, en éducation, le bilan du gouvernement est terrible, hein? Sur

quatre ans, on a laissé de côté des

enfants à la fois en les laissant apprendre dans des écoles qui, pour la moitié

d'entre elles, sont en mauvais état et

en coupant dans les budgets de fonctionnement, en coupant dans les spécialistes

de l'éducation qui viennent en aide à nos enfants. Regardez, Mme la

Présidente, c'est dé-plo-ra-ble.

Alors, on va

parler un peu de santé, Mme la Présidente, maintenant. En santé, c'est la même

chose, essentiellement. Ça ressemble beaucoup, mais il y a une petite

nuance, là, sur laquelle je vais revenir. Tout d'abord, je vais vous présenter... Enfin, tout d'abord, je vais

commencer par vous parler de la promesse électorale de notre premier ministre

au moment de la campagne électorale.

En santé, en

santé, la plupart des gens disent que ça prend au moins 4 % pour

reconduire les services à la population, donc 4 % de croissance à chaque année pour reconduire les services

à la population. En bas de 4 %, c'est très difficile de reconduire les services. Pourquoi? Bien, pour

les raisons que je vous ai dites tout à l'heure, mais qui sont encore... que je

me permets de répéter, évidemment, parce que la population augmente. Hein,

quand il y a plus de monde, évidemment, ça prend des budgets qui sont plus grands. Deuxièmement, la population

vieillit. C'est fort heureux, hein, que le Québec ait une population qui vieillit. Ça témoigne des progrès de nos connaissances, des progrès de la

civilisation. Puis le Québec n'y échappe pas. Puis c'est tant mieux si la population vieillit, mais il y a un coût à cela

pour notre système de santé, et ça fait

partie des choses. Évidemment, les technologies médicales qui se développent et

qui continuent de se développer coûtent très cher et, bon, évidemment,

les médicaments aussi, hein, les médicaments.

Bon, je

ne pourrais pas passer sous silence la question des médecins. Ça, c'est un

choix. Dans le cas des médicaments puis

des technologies médicales, il n'y a pas grand-chose qu'on puisse y faire. Dans

les cas des médecins, on peut y faire quelque

chose, j'y reviendrai. J'y reviendrai, Mme la Présidente. Je sais que vous êtes

impatiente de m'entendre parler de

ça. Mais, pour l'instant, disons simplement qu'il y a de nombreux facteurs qui

contribuent à augmenter les dépenses en santé puis qu'en bas de 4 % on

sait qu'on est dans le trouble. Et le premier ministre, dans une sagesse qui a

été de courte durée au moment des élections, avait dit : Ça va être

4 % en santé.

Mme la Présidente, il n'a jamais respecté sa

promes

Document details

CollectionQuebec — Debates (Hansard)
Citation2018-03-29
Typehansard
Volume / chapteren travaux-parlementaires assemblee-nationale 41-1 journal-debats 20180329 216991
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier99850f4b31e5a06ce314073c7ee843169cf2982b

Source file is stored in the law ingest library (html).