Public Finance — 21 February 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CFP 2023-02-21
Quebec — Committees
(Neuf heures quarante-sept minutes)
Le Président (M. Simard) : Alors,
chers collègues, à l'ordre, s'il vous plaît!
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre! M. le ministre, à l'ordre, s'il vous plaît! Nous commençons nos
travaux. Nous avons quorum. Je vous souhaite la bienvenue à toutes et à tous.
La commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 3,
Loi sur les renseignements de santé et de
services sociaux et modifiant diverses dispositions législatives.
Mme la secrétaire, bonjour. Y a-t-il des
remplacements ce matin?
Secrétaire : Oui, M.
le Président. M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys) est remplacé
par Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont) et M. Bouazzi
(Maurice-Richard), par M. Marissal (Rosemont).
Le Président (M. Simard) : Alors,
lors de la suspension de nos travaux, nous en étions rendus à l'étude de
l'article 55. Et, pour revenir aux articles que nous avions préalablement
suspendus, j'aurais besoin de votre consentement. Ai-je votre consentement?
Des voix : Consentement.
Président (M. Simard) : Consentement. Conséquemment, nous revenons à
l'étude de l'article 36. M. le ministre.
M. Caire : Oui, merci, M. le
Président. Donc,
article 36, j'aurai un amendement. Donc, M. le Président,
je vous lis l'article et l'amendement, si vous êtes d'accord.
Le Président (M. Simard) : Nous vous
écoutons.
M. Caire : «Un intervenant qui est
un professionnel au sens du Code des professions peut être informé de
l'existence d'un renseignement détenu par un organisme et y avoir accès dans
les cas suivants :
«1° il lui est nécessaire pour offrir à la
personne concernée des services de santé ou des services sociaux;
«2° il lui est nécessaire à des fins
d'enseignement, de formation ou de pratique réflexive.
«Le premier alinéa s'applique sous réserve de
toute restriction déterminée en application du premier alinéa de
l'article 7. Conformément au deuxième alinéa de cet article, un
intervenant peut toutefois avoir accès à un renseignement qui fait l'objet
d'une restriction lorsqu'il estime qu'elle risque de mettre en péril la vie ou
l'intégrité de la personne concernée et qu'il est impossible d'obtenir en temps
utile le consentement de cette dernière pour la lever. Il doit alors documenter
les motifs pour lesquels il en est arrivé à une telle conclusion.
«Un règlement
du gouvernement détermine les cas et les conditions dans lesquels le paragraphe
1° du premier alinéa et le deuxième
alinéa s'appliquent à un intervenant qui n'est pas un professionnel au sens du Code des professions.»
Et, M. le Président, l'amendement se lit comme
suit, donc... pardonnez-moi. Donc :
Supprimer les deuxième et troisième alinéas de
l'article 36.
Donc, M. le Président, nous allons procéder,
avec les amendements suivants, à une réécriture de l'article 36. Donc, il y aura d'autres articles, 36.1, 36.2, qui
vont venir restructurer l'article. Et, dans le fond, le deuxième et
troisième alinéas vont se retrouver dans les articles subséquents. C'est la
raison pour laquelle nous les retirons de l'article 36.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Je vous remercie. Alors, commençons par cet amendement. Y aurait-il des
observations? Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Pourquoi on enlève...
Pourquoi on retire ces deux éléments-là?
M. Caire : Parce qu'on va réécrire
l'article. Si vous regardez l'amendement de l'article, 36.1, 36.2, on va les
ajouter plus tard, là. C'est vraiment de la légistique, là. Je pourrai laisser
Me Côté vous expliquer pourquoi on...
Mme Setlakwe : O.K. Ce n'est pas
forcément des concepts qui sont supprimés. C'est juste... O.K.
M. Caire : Non,
non, non. On va juste reconfigurer la façon dont l'article est écrit. Au lieu
d'avoir un
article 36, on va voir l'article 36, 36.1, 36.2.
Mme Setlakwe :
Oui, mais pouvez-vous quand même m'expliquer généralement, parce que c'est
un
article central dans le projet de loi.
M. Caire : Absolument.
Absolument.
Setlakwe : Tu sais, quelle est la réflexion, là? Qu'est-ce que vous
souhaitez changer dans cette section-là, au niveau de ces articles?
M. Caire : Bien,
en fait, c'est juste que ces concepts-là, le deuxième et le troisième alinéas,
vous allez les retrouver, 36.1, 36.2, là. On les retire de ceux-là pour les
réécrire, mais plus loin.
Setlakwe : Donc, O.K., on en parlera plus tard.
Donc,
l'article 36, qui établit un principe important, là, qui... il va être
juste simplifié?
M. Caire : Voilà.
En fait, on est au coeur, Mme la députée, de ce qu'on discutait, là, quand on
parlait de mobilité de la donnée, là. Là, on est vraiment là, là.
Setlakwe : Donc, l'intervenant qui est un professionnel, on peut
penser, par exemple, à un médecin?
M. Caire : Oui.
Médecin, infirmière au sens du Code des professions.
Setlakwe : Au sens du Code des professions.
M. Caire : Et,
plus tard, on va voir... puis c'est pour ça qu'on l'enlève de là, plus tard, on
va voir qu'il y a aussi des possibilités d'échanger de l'information pour le
personnel qui n'est pas un professionnel au sens du Code des professions, mais
qui vient en soutien à ces professionnels-là. Mais c'est pour ça qu'on va
écrire des articles qui vont être spécifiques pour ce type, ce profil d'emploi
Setlakwe : Non, bien, ça me va. Le 36 est très important. Je pense
qu'il faut qu'il soit écrit de façon le plus... le plus large possible. Je
pense que c'est le cas. On réfère à un professionnel. Il peut être informé.
Donc, ça lui donne le droit d'être informé de... et c'est ça. Elle est là, la
fluidité, la mobilité souhaitable. C'est le critère de nécessité qui est au
coeur de l'article 36 qui n'est pas défini, mais je pense...
M. Caire : Bien,
en fait, c'est ça. Quand on dit que l'information suit le patient, c'est
qu'effectivement, entre professionnels de la santé, on peut s'échanger des
informations sans nécessairement demander le consentement de l'usager lorsqu'on
remplit l'une des deux conditions qui sont prescrites aux paragraphes 1° et 2°.
Setlakwe : Non. Exactement. Et puis on n'a pas à aller chercher le
consentement à chaque fois. On a le principe de confidentialité au début et le
droit du patient de refuser l'accès.
Setlakwe : Mais, autrement, l'intervenant ou le professionnel a un
droit d'accès.
Setlakwe : O.K. Le pharmacien, est-ce qu'il est inclus ici?
M. Caire : C'est
un professionnel au sens du Code des professions.
Setlakwe : Oui, c'est ce que je pensais. Moi, ça me va, là, pour 36,
version simplifiée, oui.
Le Président (M.
Simard) : Y aurait-il d'autres remarques? M. le député de
Rosemont.
M. Marissal :
Oui. Bonjour, M. le Président. Bonjour, collègues.
Le Président (M.
Simard) : Bonjour.
M. Marissal :
Bien, votons l'amendement, là. On fera le débat de fond sur ce qu'on enlève
plus loin puis sur ce qui est devant nous dans les minutes qui s'en viennent.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. Y aurait-il d'autres remarques? Sans quoi nous
allons procéder à la mise aux voix. L'amendement est-il adopté?
Président (M. Simard) : Adopté. Alors, nous revenons, comme le disait si
justement le député de Rosemont, à l'article 36 tel qu'amendé. Cher
collègue, souhaitiez-vous poursuivre?
Le Président (M. Simard) : Non?
Alors, Mme la députée de Mont-Royal?
Mme Setlakwe : On poursuit?
Le Président (M. Simard) : Oui, sur
36 tel qu'amendé.
Mme Setlakwe : Avec 36.1?
M. Caire : Non, sur
l'article 36. On a voté l'amendement, là on s'en va sur 36 tel qu'amendé.
Mme Setlakwe : On n'est pas à l'amendement.
Le Président (M. Simard) : Non.
C'est ça. Donc, l'amendement vient d'être adopté, puis on reprend l'étude
générale de l'article tel qu'il a été modifié.
Mme Setlakwe : Oui. O.K. D'accord.
Le Président (M. Simard) : Si vous
avez des commentaires.
Mme Setlakwe : Bon, ça doit être
moi, là, qui... Donc, 36 est adopté, simplifié, et là on regarde 36.1? Non.
Le Président (M. Simard) : Non.
Mme Setlakwe : On regarde 36 tel que
modifié.
Le Président (M. Simard) : Tout à
fait.
Mme Setlakwe : Mais moi, j'ai déjà
fait mes commentaires sur 36 tel que modifié.
Le Président (M. Simard) : Parfait.
M. Caire : Bien, c'est ça, on est
sur 36 modifié, là.
Mme Setlakwe : Oui. Parfait. O.K.
C'est beau. On continue, oui.
Le Président (M. Simard) : C'est
super. C'est super. M. le député de Rosemont. C'est parfait.
M. Marissal : «Un intervenant qui
est un professionnel au sens du Code des professions — ça,
ça va jusque-là — peut
être informé...» «Peut», ce n'est pas «doit», je comprends. Je préfère «peut»
que «doit», mais dans quelles circonstances et dans quelle séquence ça se fait?
À sa demande, donc, je présume?
M. Caire : Oui, à sa demande,
effectivement.
M. Marissal : O.K. Et il y a, à ce
moment-là, toute la chaîne... Excusez-moi, je vais juste éteindre ça, ça me
dérange. Évidemment, toute la chaîne de contrôle et d'autorisation s'applique
de la même façon.
M. Caire : Tout à fait, notamment le
droit du patient à refuser qu'il ait accès à ses informations seront
évidemment... auront préséance sur cet article-là. Évidemment, quand on dit
«peut [avoir accès au] renseignement détenu par un organisme», il y aura éventuellement
les règles de gouvernance parce que... Tout à l'heure, la question était :
Est-ce qu'un pharmacien est un professionnel au sens du Code des professions?
Oui. Est-ce qu'un pharmacien devrait avoir accès à votre dossier psychologique,
psychiatrique, le cas échéant? Non. Et donc il y a aussi ces règles-là. Donc,
il doit avoir accès, mais il doit avoir accès aux informations qui lui sont
nécessaires pour offrir à la personne concernée des services de santé ou des
services sociaux. Donc, on lui donne ce qu'il a besoin et seulement ce dont il
a besoin.
M. Marissal : O.K.
Pour fins de préparation puis d'efficacité, est-ce que vous pourriez nous dire
où est-ce que vous allez replacer ce que l'on vient de biffer par amendement?
M. Caire : À 36.1 et 36.2
M. Marissal : Ah! directement à
36.1, 36.2?
M. Marissal : O.K. C'est bon pour
moi, M. le Président. Merci. Pour le moment, oui.
Le Président (M. Simard) :
L'article 36,
tel qu'amendé, est-il adopté?
Président (M. Simard) : Adopté. M. le ministre, vous avez un amendement
introduisant un nouvel article.
Caire : Oui, absolument, M. le Président. Donc — excusez-moi — l'article 36.1.
Donc, insérer, après l'article 36 du projet de loi, l'article
suivant...
(Interruption) Excusez-moi, c'est vraiment
désagréable.
«36.1. Un intervenant qui n'est pas un
professionnel au sens du Code des professions peut être informé de l'existence d'un renseignement détenu par un
organisme et y avoir accès aux conditions déterminées par un règlement
du gouvernement dans les cas suivants :
«1° il lui est nécessaire pour offrir à la
personne concernée des services de santé ou des services sociaux;
«2° il lui est nécessaire pour offrir des
services de soutien technique ou administratif à un autre intervenant qui offre
des services de santé ou des services sociaux à la personne concernée.»
Donc, l'amendement a pour but de reprendre et de
modifier le contenu du troisième alinéa de l'article 36 du projet de loi
dans l'article distinct, soit 36.1 du projet de loi.
Plus précisément, l'amendement vise à encadrer
l'accès à des renseignements par des intervenants qui ne sont pas des
professionnels au sens du Code des professions. Il limite les cas permettant
l'accès aux renseignements aux finalités prévues aux paragraphes 1° et 2° du
nouvel article. Il reprend le pouvoir réglementaire du gouvernement uniquement
en ce qui a trait à la détermination de conditions permettant à de tels
intervenants d'accéder à des renseignements lorsque l'accès vise l'une de ces
finalités. Excusez-moi, là...
Président (M. Simard) : Y aurait-il, donc, des commentaires, des demandes
d'intervention? Mme la députée.
Mme Setlakwe : Je
ne pense pas qu'on ait changé le fond, mais on a clarifié la procédure pour des
intervenants qui ne sont pas des professionnels?
M. Caire : C'est ça. En fait...
Mme Setlakwe : Mais là je vois
que... Oui, allez-y.
M. Caire : Non, je... Allez-y.
Mme Setlakwe : Je vois que... Je
dois retourner à 36, les deuxième et troisième alinéas qui ont été biffés et
qu'on a remplacés par 36.1. Dans le fond, l'énoncé comme quoi le premier alinéa,
donc 36, s'applique sous réserve de toute restriction déterminée en application
du premier alinéa de l'article 7, soit le droit de restreindre l'accès,
ça, ça a été supprimé. Mais ce droit de restreindre l'accès, il s'applique
quand même à 36?
M. Caire : Oui, mais on va le mettre
à 36.2.
Mme Setlakwe : O.K. O.K. Il est
déplacé à 36.2. O.K.
M. Caire : C'est ça. C'est ça. C'est
parce que, là, on vient encadrer...
Mme Setlakwe : Il va s'appliquer aux
deux, dans le fond. O.K.
M. Caire : Oui, c'est ça, c'est ça.
En fait, ces trois articles-là vont devoir se lire d'une...
Mme Setlakwe : Oui. Mais, en fait,
tu sais, ce... j'appelle ça un caveat, mais ce bout de phrase, il s'applique à
plusieurs endroits dans la loi.
Setlakwe : C'est pour plus de certitude. On l'a écrit. O.K.
Setlakwe : Donc, l'intervenant qui n'est pas un professionnel peut y
avoir accès. Qu'est-ce que vous avez modifié, vraiment? C'est le renvoi à un
règlement qui... J'essaie de voir qu'est-ce qu'on a changé sur le fond puis je ne vois pas ce qu'on a changé sur le fond.
Le règlement va prévoir les conditions. C'est peut-être Me Côté qui
va...
M. Caire : Oui,
vas-y, vas-y.
G. Côté (Geneviève) : Je peux...
M. Caire : Même
si tu n'as pas de barres tendres.
Le Président (M.
Simard) : Est-ce qu'il y a consentement pour que Me Côté
s'adresse à nous?
Setlakwe : Me Côté, selon moi, a le consentement pour nous
expliquer tout au long de la journée, oui.
M. Caire : Oui.
Je pense que c'est pas mal pour le reste de l'étude
article par article, M. le
Président.
Le Président (M.
Simard) : Bien, il faut y aller une journée à la fois. Me Côté,
auriez-vous l'amabilité de vous présenter à nous, s'il vous plaît?
Mme G. Côté (Geneviève) : Avec plaisir. Alors, Geneviève G. Côté, avocate à la direction des
affaires juridiques, Santé et Services sociaux.
En fait, l'alinéa,
là, qu'on reprend à 36.1... mais l'alinéa initial, qui était à
l'article 36, prévoyait que c'était dans
les cas et aux conditions prévues par règlement, donc que les intervenants qui
n'étaient pas professionnels pourraient accéder, là, aux renseignements.
Donc là, on est venu spécifier les deux cas et on a laissé la possibilité de
prévoir des conditions par règlement.
Donc, on est venu
clarifier, là, au paragraphe 1° et au paragraphe 2°, c'est quoi, les
circonstances dans lesquelles un intervenant qui n'est pas un professionnel
pourrait avoir accès à ces renseignements-là. C'est soit quand il offre des
services lui-même — on
peut penser à un ambulancier, par exemple, qui n'est pas un professionnel au
sens du Code des professions, mais qui offre quand même des services de santé — puis
aussi les services de soutien administratif et technique qui sont offerts aux
intervenants. Donc, on peut penser à un assistant technique en pharmacie, par
exemple, qui n'est pas un professionnel non plus, qui n'offre pas des services
lui-même, mais qui offre des services au pharmacien pour qu'il offre des
services à la personne puis qui a quand même besoin, là, d'aller dans le
dossier puis d'accéder à certains renseignements.
Donc, c'est les deux
cas qu'on est venus préciser. Puis les conditions, bien, comme les non
professionnels n'ont pas de code de déontologie, et tout ça, qui leur sont déjà
imposés, donc, on a une habilitation réglementaire de venir imposer un certain
cadre par règlement, là, pour compenser cette absence de code de déontologie
Setlakwe : Merci de l'explication, donc deux régimes. Là, celui-ci,
c'est un deuxième régime qui s'applique à
des professionnels... pas des professionnels, des intervenants qui ne sont pas
des professionnels. Je n'ai pas de problème
avec ça. Je pense, ça va être... Les cas sont prévus, puis les conditions vont
être à prévoir dans un règlement. Je n'aime pas voir trop de
dispositions à venir dans des règlements, mais ici je ne vois pas comment on
pourrait... Oui?
M. Caire : Bien,
on a quand même... Les cas ont été encadrés dans la loi.
Setlakwe : Les cas sont encadrés.
M. Caire : Donc,
on sort les cas de la réglementation. Donc, on les prévoit à la loi. On garde
seulement les conditions.
Caire :
Comme disait Me Côté, bien, les conditions, c'est de s'assurer qu'il y a quand
même... qu'on va pallier au fait qu'il n'y a pas d'obligation déontologique du
fait qu'on n'est pas membre d'un ordre.
Setlakwe : Il n'y aurait pas eu moyen de mettre plus de détails, comme
de prévoir des conditions ou... en tout cas, de façon
sommaire, de façon...
Pourquoi vous avez décidé de remettre tout ça à un règlement?
M. Caire : Bien, c'est parce que ça
dépend de la personne qui va avoir accès. Ça dépend de pourquoi elle va avoir accès. Ça dépend d'à quoi elle a accès. Il y
a beaucoup de variations, ça fait que c'est difficile de faire une règle. Déjà, les cas, moi, je
pense qu'on fait un bon pas dans la direction... dans la bonne direction, là,
mais les conditions, là, c'est parce
que ça devient compliqué. On comprend que quelqu'un qui travaille en pharmacie,
quelqu'un qui travaille sur une ambulance,
ce n'est pas les mêmes conditions que quelqu'un qui va travailler
administrativement à un service de radiographie.
Mme Setlakwe : C'est très large.
M. Caire : C'est extrêmement large.
C'est extrêmement large, puis, en même temps, l'article, il est essentiel, parce que, tu sais, on s'est fait dire aussi
parallèlement à ça : Les professionnels qui sont soumis à un ordre
professionnel font beaucoup trop de tâches administratives, là. Ça fait qu'à un
moment donné il faut qu'on soit capables aussi de donner des outils puis une flexibilité pour qu'eux soient capables de
libérer ces professionnels-là des tâches en question.
Setlakwe : Moi, ça me va. Je voudrais juste reprendre les...
Juste me rementionner... Je sais que c'est large, là, mais les exemples que vous avez mentionnés,
ambulanciers... donnez-moi, trois, quatre exemples de personnes qui
sont...
Caire : Ah! bien, comme disait Me Côté, quelqu'un qui va
travailler en pharmacie, quelqu'un qui va travailler en laboratoire,
quelqu'un qui va travailler sur des ambulances, quelqu'un qui va...
Mme G. Côté (Geneviève) : ...
M. Caire : Oui, les préposés aux
bénéficiaires, quelqu'un qui va travailler dans un service de radiographie. Je
veux dire, il y a... le soutien technique, le soutien administratif, c'est
très, très large. En fait, tout professionnel va avoir un service de soutien
technique, administratif. Et, idéalement, ce qu'on souhaite, c'est que ces
gens-là puissent faire de plus en plus de tâches administratives pour que les
professionnels de la santé en fassent de moins en moins.
Mme Setlakwe : Merci de
l'explication. Moi, ça me va. Je pense qu'on a... C'est une amélioration à 36
et suivants. Merci.
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le député de Rosemont.
M. Marissal : Le ministre dit :
Quelqu'un qui travaille dans une ambulance ou quelqu'un qui travaille en
pharmacie. C'est qui, ça?
M. Caire : Un ambulancier.
M. Marissal : O.K., donc, c'est un
paramédic, oui, qui travaille dans une ambulance, oui.
Caire : Oui, un paramédic qui va travailler dans
l'ambulance. En pharmacie, c'est les assistants techniques.
M. Marissal : O.K. Moi, je vais
chercher une prescription à la pharmacie, je consulte ou non la pharmacienne,
qui est la professionnelle de santé, qui a un code de déontologie.
M. Caire : Oui, qui est visée à
l'article 36.
M. Marissal : Il y a des chances qu'elle
me connaisse puis qu'elle connaît mon dossier pour x ou y raisons. Mais là la
stagiaire qui remplace en fin de semaine, moi, ça ne me tente pas qu'elle sache
tout sur mon dossier. Là, on dit : Bien, si la pharmacienne juge qu'elle
peut partager le renseignement avec sa stagiaire, je dis «stagiaire» à dessein,
là, puis ce n'est pas péjoratif, là, donc, c'est permis, là?
Caire : À moins que vous ayez signifié ou manifesté le
fait que vous ne souhaitez pas cette situation-là, oui.
M. Marissal : O.K. Ce n'est pas mon
cas, là, mais, mettons, là, quelqu'un a le VIH, là, ou quelqu'un a une maladie grave, dégénérative, il n'a pas le goût
que sa petite voisine, qui est stagiaire à la pharmacie, sache qu'il a ça,
M. Caire : C'est clair. Je vous
rappelle le paragraphe 1° : «Il lui est nécessaire pour offrir à la
personne concernée des services de santé ou [de] services sociaux.» Donc, si...
pour aller chercher une prescription, parce que, je ne sais pas, j'ai de la
misère à dormir, là, j'ai un médicament sous prescription, est-ce que j'ai
besoin de savoir que la personne qui vient
chercher ce médicament-là a le VIH? La réponse à cette question-là est
clairement non. Donc, en vertu du premier alinéa... du premier
paragraphe du premier alinéa, la stagiaire n'aura pas accès à cette
information-là, ne peut pas, ce serait illégal. Ce serait donc un incident de
confidentialité, et on verra plus tard que les incidents de confidentialité
peuvent donner lieu à des situations très désagréables pour ceux qui sont
impliqués.
M. Marissal : Je comprends bien pour
le somnifère...
M. Caire : Non, mais j'ai pris...
M. Marissal : ...qui
n'a, en principe, pas grand-chose à voir avec le VIH, mais mettons qu'on se
rapproche, là... Je ne suis pas
médecin, là, mais une éruption cutanée grave qu'il faut traiter avec un
topique. Tu sais, la ligne est où, là?
M. Caire : Bien,
la ligne est que... Est-ce que... Bien, premièrement, est-ce que vous avez
consenti? Donc, ça, vous pouvez exclure un professionnel ou des groupes de
professionnels de certaines informations. Donc, vous avez déjà cette première
barrière là. La deuxième barrière, c'est : Est-ce que j'ai besoin de ce
renseignement-là pour donner le service? Donc, dans le cas qui nous préoccupe,
je pense que les services qui pourraient être donnés par une stagiaire sont
assez limités, et ça va être encadré par le professionnel qui est là. Et donc
il a quand même l'obligation de respecter la loi. Donc, il a l'obligation de ne
donner accès qu'à ce qui est nécessaire.
Dans le cas d'un
médicament sous prescription, je doute qu'une stagiaire ait l'autorité pour
procéder au service, là, la même chose
qu'une assistante de laboratoire, là, elle va avoir besoin... pour dire :
Bon, bien, le pharmacien veut vous parler, je vais vous faire payer ou...
Je ne sais pas ce qu'elle pourrait faire dans le dossier, vérifier les
informations, l'adresse, vérifier la prescription que vous avez reçue par le
médecin, s'assurer que... est-ce qu'il y a un médicament générique, puis,
encore là, ce n'est même pas... ça, c'est le pharmacien qui déciderait de ça.
Tu sais, il faut voir aussi, là, quel est le service que j'ai à vous donner et
de quoi j'ai besoin pour vous donner ce service-là, et ça se limite à ça. Ce que le premier paragraphe du premier alinéa dit,
c'est que ça se limite à ça : Je vous donne ce que vous avez besoin
pour accomplir la tâche que vous avez à accomplir, pas plus.
Alors, l'article,
là-dessus, je pense, est quand même bien ciblé ou, sinon, c'est le deuxième
paragraphe, là : «Il lui est nécessaire pour fournir [le service] de
soutien technique ou administratif à un autre intervenant qui offre des services de santé...» Donc, le pharmacien va
s'assurer, là, que la prescription que vous avez, bon, bien, ça
correspond, les dosages sont bons. Donc,
tout ce qui est l'acte de pharmacie qui est encadré par... ça, c'est le
pharmacien qui va le faire, et même lui aura accès aux informations dont
il a besoin pour ça. Donc, s'il a besoin de savoir que vous avez une
comorbidité parce que ça peut avoir un impact sur le médicament qui vous a été
prescrit, il doit le savoir. Je veux dire,
son objectif, c'est de vous donner quelque chose qui va vous guérir, pas de
vous empoisonner, mais, s'il n'a pas besoin de le savoir, il ne le saura
pas. Il n'a pas à avoir ces informations-là. Il a à avoir les informations qui
sont nécessaires à sa prestation de service, point.
M. Marissal :
Bien, l'exemple de la pharmacie, il n'est pas fortuit, là.
M. Caire : Non,
non, non.
M. Marissal :
Il existe. Je comprends l'ambulancier. Je comprends puis je vous parlerai
des dentistes après parce qu'on a porté quelque chose à mon attention qui est
certainement arrivé à vos oreilles aussi, là, mais finissons avec ça. La
pharmacie, là, c'est un peu le nouveau perron d'église, hein? C'est là que tout
le monde se rencontre puis que ça jase, là. Le Familiprix à Saint-Faustin—Lac-Carré,
là, tout le monde qui habite dans un rayon de 30 kilomètres, il a son dossier
là, mais tout le monde se connaît aussi. Je vous dirais que c'est pareil à
Rosemont. Sur la rue Masson, à ma pharmacie, tout le monde se connaît aussi. Ça
fait que, tu sais, il faut s'assurer qu'il y ait des murs coupe-feu, qu'on ne
commence pas à...
Caire :
Oui, je vous suis tout à fait, tout à fait, mais je pense que l'article est
bien rédigé, en ce sens où ce qu'il dit puis ce qu'il va dire plus tard aussi,
là, avec 36.2... ce qu'il dit, c'est : Dans... Et c'est pour ça aussi,
hein, qu'on amène le régime par règlement, là, des conditions, parce que, dans
le cas du pharmacien, bon, il y a un ordre professionnel, il y a un code de
déontologie. Donc, d'accéder à des renseignements pour lesquels il n'y a aucune
raison que lui, il y accède, bon, on s'entend qu'il va avoir des conséquences,
des conséquences graves. Dans le cas de la personne qui est en soutien
technique ou administratif, bien, on veut qu'il y ait un régime similaire, et
donc de dire : Tu sais, avant d'aller fouiller dans le dossier d'untel,
untel, untel parce que tu penses que tu peux le faire, il y a des conséquences,
tu ne peux pas faire ça, tu ne peux pas avoir accès à plus que ce qui est
nécessaire à ta prestation de service, et ça, c'est la loi. Mais après ça on
verra que...
M. Marissal :
C'est intéressant parce que, quand on va à la pharmacie, là, on voit
toujours le dos de l'écran de l'ordinateur. Il est rare qu'on voie le devant.
M. Caire : Oui,
vous avez raison.
M. Marissal :
Moi, à chaque fois, je me demande qu'est-ce qu'ils ont et qu'est-ce qu'ils
voient, qu'est-ce qu'ils ont sur moi, puis pas que j'ai tant de choses à
cacher, là, mais ça, c'est scrupuleux de ma vie privée aussi, là.
Caire :
Et à raison, à raison, à raison.
Marissal : Je me dis :
Qu'est-ce que cette personne est en train de voir... faire un plus un égale
deux, là. Quand tu prends tel
médicament, mais tu le compenses par un autre, je veux dire, les molécules, ça
finit par avoir une histoire aussi, là. Donc, j'insiste sur le principe de précaution, justement, de ne pas ouvrir...
à moins que ça soit vraiment nécessaire, là.
M. Caire : Mais vous avez raison, et
je vous rappelle, et nous rappellerons à tous ces professionnels, M. le député,
qu'à chaque fois qu'ils accèdent à un renseignement, n'importe lequel, c'est
journalisé.
M. Marissal : C'est
colligé.
M. Caire : Il y a une trace. Je sais
qui, je sais quand, je sais à quelle heure, je sais où. Puis, si vous n'avez
pas d'affaire là, sachez que vous êtes suivi. Vous êtes suivi. Les accès que
vous avez aux informations, ça laisse des traces. Et ça, c'est la beauté, je
vous dirais, du numérique, ça va laisser des traces. Je peux même dire à partir
de quel terminal vous avez accédé à ces informations-là, à la limite. Donc, la
pharmacie est...
Marissal : Ça, je vous avoue
que c'est rassurant, M. le ministre. Ça, c'est rassurant en autant que ça
marche.
M. Caire : Oui, bien... non, mais
ça, là-dessus, M. le député, là, je peux vous dire que ça fonctionne. La
journalisation, là, c'est quelque chose qu'on fait depuis longtemps.
Maintenant, ce que la loi fait et qui est un geste très fort, c'est qu'elle le rend obligatoire. Ce n'est pas optionnel de
journaliser, c'est une obligation légale pour laquelle vous allez produire des documents à chaque année, et là
moi, je vais m'assurer que vous le journalisez. Des problèmes qu'on a connus dans le passé, M. le député, ce n'est pas
que la journalisation n'était pas possible, c'est qu'on ne la mettait
pas en place. Alors, ça, c'est un problème.
Et là, bien, évidemment, il y avait comme des accès, puis c'était... mais là
les mesures de contrôle, elles sont précises. Et on verra plus loin ce
que la loi n° 3 amène aussi comme informations,
c'est des sanctions, c'est le régime de sanctions.
Donc, on vous surveille. On sait à quoi vous
avez accédé. Il y aura un pourquoi, et vous aurez... Puis on le verra à 36.2,
là, il y aura un pourquoi vous y avez accédé, et, si c'est un incident de
confidentialité, ça ne passera pas comme un couteau chaud dans du beurre mou,
là, ça ne sera pas le fun pour vous autres parce qu'il y aura... En plus, j'imagine,
puis là je ne veux pas m'avancer sur un terrain qui n'est pas le mien, en plus
de potentielles sanctions déontologiques, il y aura des sanctions pénales si
vous êtes... Si vous avez folâtré dans le dossier des clients sans raison
professionnelle, il y aura des sanctions.
M. Marissal : C'est ce qui
déplaisait beaucoup à la FMOQ, notamment, là, qui disait que c'est un
exercice...
M. Marissal : À raison, vous dites?
M. Caire : Non, mais, je veux dire,
à raison dans le sens où moi non plus, là, je ne veux pas que tout le monde
aille fouiller dans mon dossier médical.
M. Marissal : Mais, en fait, la FMOQ
y voyait un outil de surveillance et de contrôle du ministère sur leurs
pratiques, là.
M. Caire : Ah oui! Bien, ça...
M. Marissal : Je ne voudrais pas
vous faire dire ce que vous n'avez pas dit.
M. Caire : Non, c'est ça, merci de
la précision, parce qu'effectivement ce n'était pas... Non, bien... Oui, en tout cas, là, je vais me tourner la langue dans la
bouche sept fois parce que moi, je pense que ce contrôle-là, il est
nécessaire, et je pense, M. le député, que
la discussion que nous avons clarifie l'intention du législateur, et je pense
que tout le monde va être d'accord
pour dire que, si on veut s'assurer que ces articles-là sont respectés, ça ne
peut pas être juste la bonne foi puis la bonne intention, là. Ça
prend... et, dans notre système de droit, ça prend des preuves, ça prend un
élément qui me permet de démontrer que... et, bien, voilà.
Le Président (M. Simard) : Mme la
députée de Mont-Royal—Outremont,
puis on pourra revenir au député de Rosemont. Madame.
Mme Setlakwe : Est-ce que la... Est-ce
que c'est Fabre, députée de Fabre... quelque chose à ajouter, non, sur le point
qu'on discutait?
M. Caire : Non, mais... Oui. Non,
non, mais vas-y.
Mme Abou-Khalil : Bon, moi, j'ai
juste voulu vous rassurer, étant spécialiste aussi, entre autres, en tout ce
qui est surveillance réseau, applications, et tout, quand le... va être mis en
place... Comme le ministre a dit, tout est corrélé. Ça fait que les... On va
tracer tout. Il y a de la corrélation qui se fait. Puis, si jamais il y a un
incident majeur puis qu'on sait qu'il y a une... quelqu'un qui a accédé à
quelque chose qu'il n'est pas supposé accéder, tout est logué, puis il y a des
alertes, éventuellement, rendu au... qui vont être soulevées. Ça fait qu'il n'y
a pas de... On saura qui fait quoi à quelle heure, et de quel système, et
pourquoi, et accéder à quoi. Ça fait que ça ne devrait pas être vraiment une
chose qui vous inquiète. C'est juste ça...
Mme Setlakwe : Merci,
mais, quand même, revenons, tu sais, au concret, là. On est à la pharmacie. Le
technicien de laboratoire a accès au dossier. Je comprends qu'une fois que le
mal est fait il y a des sanctions en place puis il y a une façon de dire... oui, de journaliser puis de dire : Bien, telle
personne a accédé à telle
partie du dossier, puis on verra si c'est un
incident de confidentialité, puis là la mécanique de la sanction ou des
sanctions va être mise en oeuvre, mais comment on s'assure que le mal n'est pas
fait? Tu sais, il est devant l'écran, là, puis on est chez la pharmacie. On va
chercher une prescription pour... situation x, mais là, dans le passé, le
patient a eu une... je dis n'importe quoi, une vasectomie. Bien, ça, la portion vasectomie, ce n'est pas des affaires
du technicien de laboratoire, mais, pour accéder à ce dont il a besoin pour la situation x, bien là il
se trouve à parcourir y, z, puis, de bonne foi, là, il voit des choses qui ne
le regarde pas et qui ne sont pas
nécessaires à lui pour rendre les services de santé. Vous allez voir comment,
en amont, on empêche ça autrement que de dire : La personne a droit
d'empêcher de restreindre l'accès à la
partie y, la vasectomie, de son
dossier?
M. Caire : Oui,
bien, en fait, il y a... La réponse à votre question, elle est double. Donc,
dans la loi, ce qui, au regard de la loi,
donc, qui est technologiquement neutre, là, c'est tout le régime qu'on met en
place par réglementation. On est dans ces eaux-là. Ce que la loi... En
fait, là, actuellement, on balise le comportement par la loi. Ensuite,
évidemment, technologiquement, il y a des façons de faire ça, puis c'est ce
qu'on appelle le régime des permissions.
Donc,
selon votre corps d'emploi, selon qui vous êtes, selon ce que l'usager,
l'utilisateur ou le citoyen m'aura donné comme restriction, moi, je peux
monter un régime d'accès qui va faire en sorte que ce qui va être accessible à l'écran sera
l'information qui correspond à votre profil. Si vous êtes un pharmacien, que le
citoyen a dit : Bien, moi, les pharmaciens, c'est bien de valeur, mais ils n'ont pas accès à mes informations, je
suis capable de filtrer l'information qui va être nécessaire à votre prestation de service puis vous donner accès à
ça. Puis ça, c'est le régime technologique, mais ici, ce qu'on fait, c'est le
cadre législatif qui va me permettre d'asseoir, moi, mon autorité, ma capacité
d'agir technologique sur un régime légal.
Mme Setlakwe :
Effectivement, je vous suis, là,
c'est... Encore une fois, c'est un cadre général qui... disons-le, qui
est incomplet, forcément incomplet, mais qui va être soutenu par une
technologie en évolution.
M. Caire : C'est
ça, voilà, mais, pour... avant de faire ça, avant d'aller vers l'élément
technologique, le cadre législatif doit être mis en place. Ça, c'est les
assises sur lesquelles nous, on va être capables de travailler après puis de
déployer les systèmes technologiques en fonction de ce qu'on a le droit de
faire, de ce qu'on n'a pas le droit de faire,
de ce qu'on peut faire, de ce qu'on ne peut pas faire. Donc, c'est pour ça que
vous... Les moyens technologiques, on ne
va pas les identifier dans la loi parce que la loi, elle est technologiquement
neutre. Donc là, ce qu'on veut, c'est notre régime d'obligations et de
permissions, dans le fond.
Setlakwe : Comment on fait... Oui, je comprends que, là, les acteurs
ont des obligations, des devoirs, des droits, des pénalités, tout ça, mais
comment on va s'assurer que le régime à mettre en place va offrir... peut-être
qu'on va y arriver plus loin, mais va offrir ce genre de garantie là?
M. Caire : Bien, il y en a... Oui, c'est ça, là, c'est que,
là, on est à... mais il y a d'autres articles plus loin qui vont venir, là, définir le cadre réglementaire, le
cadre légal. L'objectif... Comme je vous ai dit, l'objectif, il est double.
Donc, on veut une mobilité de la donnée.
Donc là, on s'assure, avec 36, 36.1, 36.2, qu'il y a une mobilité, mais c'est
de trouver l'équilibre aussi, de dire : O.K., on veut une mobilité,
mais on ne veut pas d'incident de confidentialité. Donc, c'est de trouver cet
équilibre-là dans les différents articles.
Setlakwe : Mais, de la façon dont je le comprends, c'est que la loi,
oui, encore une fois, elle établit le cadre juridique, mais elle ne peut pas
être... Elle pourrait être adoptée, mais elle ne peut pas être mise en
application comme ça, de façon isolée, là. Il faut qu'elle... Il faut qu'il y
ait les règlements. Il faut qu'il y ait la technologie.
M. Caire : Absolument,
c'est sûr, c'est sûr.
Setlakwe : Oui, ça va ensemble.
M. Caire : Oui,
exact, exact. C'est pour ça que, dans sa mise en application... De toute façon,
c'est vrai pour toutes les lois, là, mais celle-là va...
Setlakwe : Non, mais celle-là particulièrement.
M. Caire : Oui,
non, tout à fait, celle-là... c'est ce que j'allais dire, celle-là
particulièrement. Il y a un cadre réglementaire important à mettre en place,
là. Me Côté va avoir pas mal de travail après... Un jeune, c'est fait fort.
Le Président (M. Simard) :
M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
On ne mettra pas de pression sur Me Côté, là, elle en a déjà assez. «Un
intervenant qui n'est pas un professionnel [...] détenu par un organisme et y
avoir accès aux conditions déterminées par un règlement...» Donc, encore une
fois, ça viendra par la suite, mais par règlement, puis c'est évolutif, ça,
j'imagine, par définition.
M. Caire : Oui,
par définition. L'objectif de le faire par règlement, c'est d'avoir de la
souplesse. L'idée d'avoir de la souplesse, c'est parce qu'on veut être sûrs
qu'on n'échappe pas de cas, qu'on a vraiment du... Donc, on fait évoluer le
règlement, mais, encore une fois, le règlement, il faut le voir... comme disait
Me Côté, il faut le voir comme un substitut à un code déontologique qui
n'existe pas dans ce cas-ci parce qu'on ne parle pas de gens qui sont soumis à
un ordre professionnel.
M. Marissal : Rappelez-moi
comment... Quand le gouvernement émet un... ce n'est probablement pas le bon
mot, «émettre», ici, là, mais édicte un nouveau règlement ou ajoute au
règlement, comment c'est publicisé? C'est par décret? Comment on le sait?
M. Caire : C'est dans la Gazette
officielle .
M. Marissal : C'est dans la Gazette ?
M. Caire : C'est dans la Gazette
officielle .
M. Marissal : Chaque ajout au
règlement ou chaque complément? C'est le mot que je cherche depuis tantôt.
Caire : Chaque ajout ou modification, suppression d'un
règlement est toujours publié à la Gazette officielle .
M. Marissal : O.K. C'était une
question très technique pour fins de suivi. Là, je vous emmène un peu ailleurs.
Vous dites, par exemple, que le patient qui serait très, très, très scrupuleux,
pour plein de bonnes raisons, pourrait effectivement demander qu'il y ait un
cadenas sur ses affaires. Ça, on l'a vu dans les articles précédents.
M. Caire : Oui, on l'a vu dans
les...
M. Marissal : Là, je me mets dans la
peau des professionnels de la santé qui nous disent, notamment les
pharmaciens : Les interactions médicamenteuses doivent être suivies et
connues, à plus forte raison que ça peut créer toutes sortes d'effets
secondaires et de déchets...
M. Caire : Oui, tout à fait.
Marissal : ...d'effets en
cascade. Donc, est-ce que, dans ce cas-ci, s'appliquerait l'exception qu'on a
votée plus tôt, à savoir qu'une pharmacienne pourrait juger qu'elle a quand
même vraiment besoin de savoir la chaîne médicamenteuse du patient parce
qu'elle ne veut pas lui mettre quelque chose qui va...
M. Caire : Bien, en fait
l'exception, c'est si ça menace l'intégrité et la vie du patient, et le
professionnel qui en arrive à cette conclusion-là doit justifier ça, là. Il ne
peut pas dire : Ah! bien, moi, c'est à mon pif, puis j'y accède. Non, non. Je pense que c'est à 36.2 qu'on va le
reprendre. Il y a... Puis il faut qu'il justifie par écrit : Voici
pourquoi je me suis prévalu de cette... Et c'est pour ça, là, qu'on
dit : Bien là, d'un côté, tu as ton code de déontologie, donc, si tu as
accédé et que ton jugement était... Tu sais, on faisait, tout à l'heure, le
lien entre le fait que je puisse être séropositif et que j'ai un médicament pour l'eczéma, ça va être difficile de
dire : Non, non, non, j'en avais vraiment besoin, là, parce que,
scientifiquement, ce n'est pas démontrable. Donc, ça ne marche pas, et là on
embarque dans les conséquences.
Si vous voulez mon humble avis, le réflexe du
pharmacien va plutôt être d'appeler le médecin puis d'essayer de voir avec le médecin : Y a-tu des
conditions que je ne connais pas ou y a-tu des situations... Tu sais, tu es
conscient... tu donnes ça, tu es conscient des effets secondaires, tu es
conscient que, si c'est combiné avec telle autre affaire, ça ne fonctionne pas.
Puis je pense que, plus généralement, c'est comme ça que ça va se passer, que
de dire : Bien oui, moi, je vais écrire
un document pour dire : Non, non, non, j'y ai accédé parce que mon pif me
dit que ça pouvait menacer la vie ou l'intégrité de la personne.
M. Marissal : Oui, bien, je vous
pose la question parce que, de un...
M. Caire : Oui, effectivement, Me
Côté me rappelle un autre élément, et cette possibilité-là ne s'applique qu'au
cas où la personne ne peut pas donner son consentement. Donc, le pharmacien
pourrait dire à la personne, à la limite : Bien là, écoute, moi, il me
manque des informations, est-ce que tu me permets... parce que, là, si j'ai des
informations qui sont bloquées, est-ce que tu me permets d'y accéder parce que
je pense que ce serait utile que je le sache? Puis la personne a le droit de
dire oui ou non. Donc, c'est vraiment, là, très, très, très limité dans le cas
où je ne peux pas... puis je ne peux pas, et je ne peux pas dans un délai
raisonnable. Donc, tu sais, je vais essayer, puis, si ça ne marche pas, bon, ce
n'est pas grave, tu sais, je ne l'ai pas donné, le médicament. Donc, je ne suis
pas obligé de lui parler dans les prochaines cinq minutes. Ça fait que c'est
vraiment circonscrit, là, très, très, très circonscrit, la possibilité pour un
professionnel d'aller outre cette barrière-là.
M. Marissal : Je ne veux pas
m'acharner sur les pharmacies, là, mais c'est parce que c'est devenu des points
centraux, là, dans la...
Caire : Non, mais vous avez raison.
M. Marissal :
Ils ont gagné en liberté d'action, et c'est parfois fort utile.
M. Caire : Et
en responsabilité aussi.
M. Marissal :
...et en responsabilité. C'est parfois fort utile puis ça les engorge
aussi, par ailleurs, certains autres secteurs de la santé. C'est très bien,
mais ils ont maintenant plus de liberté d'action, tu sais, puis, parfois, ils posent des diagnostics, ils prescrivent «on the
spot», comme on dit, là. Alors, tu sais, moi, je pense qu'ils ont besoin
aussi de savoir quel est ce que j'appelle la chaîne médicamenteuse, là.
M. Caire : Bien,
je vous rappelle, là, on est plus dans 36, vu qu'on parle des pharmaciens, que
36.1, mais, de toute façon, tout ça se lit comme un tout. Mais effectivement...
Mais vous avez raison, ceci étant dit, si l'information lui est nécessaire pour
fournir un service de santé ou un service social, il a droit d'avoir accès à
cette information-là, à moins que le citoyen dise : Non, toi, tu es un
pharmacien, puis je ne veux pas que tu aies accès à des informations.
M. Marissal :
Ça m'amène ailleurs, qu'il y a des médecins qui ont noté une certaine
inquiétude... des médecins ou des dentistes qui ont noté une certaine
inquiétude quant à la possibilité d'avoir accès ou non à certains
renseignements de santé de leurs patients. L'exemple typique, là, qui m'est
revenu assez souvent ces derniers jours, c'est : le dentiste et son équipe
ont besoin de savoir certaines choses sur certains patients, et il en va de
leur propre sécurité. Je pense que vous comprenez ce que je veux dire, là. Je
ne reprendrai pas mon exemple de tantôt, là, mais, en particulier les maladies
transmises par le sang, ils ont besoin de savoir.
M. Caire : Bien, ça, je pense que, lorsque quelqu'un est
porteur d'une telle maladie et que ça peut représenter un risque pour
autrui, là, Me Côté, vous me corrigerez si je me trompe, mais je pense qu'il a
l'obligation de le dire.
M. Marissal :
Une déclaration obligatoire? Pas que je sache.
M. Caire : Parce
que, si je suis, par exemple... Mais je ne suis pas sûr, là. Là, je m'avance
peut-être... Là, comme disait notre ancien collègue, je suis en train de faire
une pratique illégale du droit, là, mais, de toute façon, je vous dirais qu'on ne changera pas... La loi n° 3 n'a pas pour effet de changer, comment je dirais ça, la
confidentialité de certaines informations. L'idée, c'est qu'il y ait une
circulation, oui, de la donnée, mais on ne veut pas non plus retirer des droits
à un individu sous prétexte que... Donc, si... Je comprends cette
préoccupation-là et là je vais me fier à Me Côté pour savoir qu'est-ce qui
existe législativement pour protéger les professionnels de la santé, mais c'est
sûr...
M. Marissal :
Me Côté semble dubitative.
M. Caire : C'est
sûr que la loi n° 3 ne changera pas ce... Ce
profil-là du régime d'accès, là, la loi n° 3 ne
changera pas ça. Oui, oui, allez-y.
Mme G. Côté
(Geneviève) : C'est sûr que c'est une maladie à déclaration
obligatoire en termes de santé publique, là,
ça, c'est certain, mais là, pour ce qui est des règles précises de déclaration
à un professionnel de la santé, là, j'essaie
de chercher, là, si... je ne le sais pas. La réponse toute bien honnête,
c'est : Je ne le sais pas. Mais effectivement on ne vient pas
changer l'état du droit en cette matière-là.
M. Caire : Non,
c'est ça.
Mme G. Côté
(Geneviève) : On n'y touche pas, là. Donc, si c'était obligatoire, ce
l'est encore. Si ce ne l'est pas, ce ne l'est pas plus.
M. Caire : Puis,
si ce ne l'est pas, ça ne le sera pas plus. Et je ne changerai pas ça avec le
p.l. n° 3, là. Ce n'est pas le but du p.l. n° 3.
M. Marissal :
Il y a un «si» dans l'énoncé de Me Côté, là, «si c'était obligatoire».
Parenthèse, là, mais je pense que c'est vérifiable et c'est à vérifier, là.
M. Caire : Oui,
oui, tout à fait, tout à fait. Mais ce que je vous dis, collègue, c'est que
l'état du droit va rester tel quel après l'adoption du p.l. n° 3.
Il n'est pas de notre intention de le modifier à travers le p.l. n° 3.
Donc, comme disait Me Côté, si... Ce qui est permis va rester permis, ce qui
est interdit, eu égard de cette situation-là, évidemment, là, va rester... va
rester interdit, là. Moi, je ne changerai pas ça.
M. Marissal :
Ça veut dire que la maladie à déclaration obligatoire, mais j'ai vraiment
un doute là-dessus, là, j'ai vraiment un doute là-dessus, il me semble qu'on a
débattu de ça beaucoup...
Caire : Moi aussi. C'est pour ça que je vous dis,
là : On avance avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de prudence.
M. Marissal : ...ça
aurait préséance, si tel est le cas, la déclaration?
M. Caire : Bien, oui, oui, bien sûr.
Oui, oui, parce qu'on ne changera pas le... Comme je vous dis, le p.l. n° 3 ne change pas l'état du droit concernant cette
situation-là.
M. Marissal : Bien, c'est parce que
j'ai tendance à croire que, si ça m'a été flagué par les professionnels de la
santé, ils doivent connaître ça plus que moi dans la pratique quotidienne...
M. Caire : En tout respect, j'ai
entendu quelques légendes urbaines, là, par rapport à ce que le p.l. n° 3 ferait ou ne ferait pas. J'ai entendu quelques... Je
ne cible personne, donc je m'adresse à tout le monde, là, mais...
M. Marissal : Bien, on est ici justement
pour démystifier les légendes urbaines, s'il y en a.
M. Caire : Oui, oui. Bien, c'est...
Exactement. Vous avez tout à fait raison. Et d'où le fait que votre question
est extrêmement pertinente, comme toujours, d'ailleurs. Non, mais, tu sais,
téteux un peu de temps en temps, ça...
M. Marissal : Un petit mardi matin.
C'est bon.
Caire : Oui. C'est
M. Marissal : On commence bien. On
commence bien.
M. Caire : Non, mais, ceci étant
dit, oui, c'est intéressant de faire ces précisions-là, mais, comme je vous
dis, là, là on change... aller jouer là, on change la portée du p.l. n° 3, puis ça, bien, ce n'est pas ça, l'objectif, là. On
n'est vraiment plus dans la portée du p.l. n° 3.
Le Président (M. Simard) : Y
aurait-il d'autres commentaires sur 36.1?
M. Marissal : J'ai une réserve de
réponse avec Me Côté, je pense...
Le Président (M. Simard) : D'accord.
M. Marissal : ...qui a l'air bien,
bien... bien, bien affairée à chercher. Merci.
M. Caire : Elle pédale, en tout cas.
Tu sais, un petit canard, là.
Le Président (M. Simard) : Y
aurait-il d'autres réflexions, d'autres remarques sur cet article? Sans quoi,
nous allons procéder à sa mise aux voix. L'amendement introduisant
l'article 36.1 est-il adopté?
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Nous passons à un autre amendement introduisant un nouvel article, 36.2. M. le ministre,
la parole vous appartient.
M. Caire : Oui, absolument, M. le
Président. Donc, l'amendement 36.2 se lit comme suit :
Insérer, après l'article 36.1 du projet de
loi tel qu'amendé, l'article suivant :
«36.2. Les
articles 36 et 36.1 s'appliquent sous réserve de toute restriction
déterminée en application du premier alinéa
de l'article 7. Conformément au deuxième alinéa de cet article, il peut
être passé outre une telle restriction lorsque l'intervenant estime [qu'il] risque de mettre en péril la vie ou
l'intégrité de la personne concernée et qu'il est impossible d'obtenir en temps utile le consentement de cette
dernière pour la lever. L'intervenant doit alors documenter les motifs
pour lesquels il en arrive à une telle conclusion.»
En fait, c'est la discussion que nous avions, M.
le député de Rosemont, où on dit que, si vous avez refusé votre consentement à
la transmission d'une information, le professionnel peut passer outre, mais aux
conditions que ça met votre vie ou votre
intégrité en péril. Et, si jamais il en arrive à cette conclusion-là, les
éléments qui l'ont amené à cette conclusion-là doivent être... doivent
être motivés, doivent être documentés.
M. Caire : Alors, la réponse à votre
question précédente est non.
Le Président (M. Simard) : C'est-à-dire
que, là, un instant. À l'ordre, s'il vous plaît!
Le Président (M.
Simard) : Non, c'est ça. Alors, on va poursuivre sur 36.2.
M. Caire : Il
n'y aurait pas de déclaration obligatoire. Il n'y a pas de déclaration
obligatoire.
M. Marissal :
Il n'y en a pas, de déclaration.
M. Caire :
Prévue par la loi, non.
M. Marissal :
C'est ce que je pensais.
M. Caire : Et
le droit va rester dans l'état où il est actuellement, même après l'adoption du
p.l. n° 3.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. Mais on ne va pas réouvrir un débat sur un
article qui est maintenant voté. Veuillez poursuivre sur 36.2.
M. Caire : Bien,
voilà, M. le Président. C'étaient mes explications.
Le Président (M.
Simard) : D'autres remarques sur 36.2?
Le Président (M.
Simard) : 36.2.
Mme Setlakwe :
Bien, moi, ce que je vois à 36.2,
c'est un libellé qui existait déjà. On l'a simplement déplacé.
Caire :
C'est ça.
Setlakwe : Et même, il me semble qu'on a eu la discussion la semaine
dernière, ces mots existent déjà ailleurs dans la
loi sur les droits d'accès,
un peu plus tôt. C'est exactement le même libellé. Puis là on vise une
situation où on arrive chez quelqu'un, la personne est inconsciente, on est...
Caire :
C'est ça.
Setlakwe : On veut sauver sa vie, puis donc on passe outre...
M. Caire : C'est
ça. Elle, elle a refusé l'accès aux ambulanciers. L'ambulancier arrive, je n'ai
pas les accès, la personne est inconsciente, il faut que j'agisse, là, sa vie
est en danger.
Ceci étant dit, il
faut aussi lire, hein, chère collègue, avec 36 et 36.1, là. Donc, oui, je
pourrais passer outre une absence de consentement, mais je ne pourrai pas
passer outre le fait que les informations auxquelles je vais avoir accès, c'est
les informations dont j'ai besoin pour vous sauver la vie, là.
Setlakwe : Les critères de nécessité. Oui, oui. Ils se lisent...
M. Caire : Oui, oui. C'est ça. Tu
sais, je n'irai pas fouiller dans votre dossier psychiatrique si vous êtes
inconscient, là.
Setlakwe : Non, non. Ici, on dit, dans le fond, nonobstant, tu sais,
un refus qui aurait été donné en vertu de l'article 7. C'est un cas
spécifiquement prévu dans la loi, dans une circonstance bien précise.
Setlakwe : Puis on n'a pas changé les mots, on a juste déplacé.
M. Caire : Voilà.
On fait un
article à part entière avec cette disposition-là.
Setlakwe : «...cette dernière pour la lever. L'intervenant doit alors
documenter les motifs...» Parfait. Moi, ça me va.
Le Président (M.
Simard) : D'autres commentaires sur 36.2? M. le député de
Rosemont.
M. Marissal :
Non. L'exemple est probant.
Le Président (M. Simard) : Alors,
cet
article est mis aux voix.
L'article 36... L'amendement introduisant
l'article 36.2 est-il adopté?
Le Président (M.
Simard) : Adopté. Conséquemment, nous poursuivons avec
l'article 37. Je vous rappelle toutefois que nous avions suspendu un
amendement lors de l'étude de l'article 37, et nos règlements prévoient
que nous allons d'abord traiter de l'amendement sur lequel nous nous sommes
arrêtés. Alors, M. le ministre.
M. Caire : M.
le Président, pour 37.1, on avait suspendu. C'est ça?
Le Président (M. Simard) :
Non, nous étions sur 37 comme tel. Nous n'avions pas encore abordé 37.1.
Donc, nous étions sur l'amendement de 37.
M. Caire : O.K.
Non, c'est que je... Il est dans les amendements déjà déposés, 37.
Le Président (M.
Simard) : Il commençait par «remplacer, dans le premier alinéa».
M. Caire :
Voilà. Oui, merci, M. le Président. J'arrive, j'arrive, j'arrive.
Le Président (M.
Simard) : Parfois, les versions papier ont des vertus pédagogiques
indéniables.
M. Caire : Non,
non, pas du tout. C'est juste que... Alors, j'y suis, voyez-vous? Puis en plus
je viens de sauver je ne sais pas combien d'arbres, M. le Président, ce qui
n'est quand même pas négligeable.
Alors donc,
article... Remplacer... C'est-à-dire, l'amendement se lit comme suit :
Remplacer, dans le
premier alinéa de l'article 37 du projet de loi, «l'article 36» par
«...articles 36 et 36.1».
Bon, c'est de la
concordance, évidemment, avec ce que nous avons... ce que nous venons
d'adopter.
Le Président (M.
Simard) : D'autres commentaires? L'amendement à l'article 37
est-il adopté?
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Et nous poursuivons sur 37 tel qu'amendé. Y aurait-il d'autres
remarques?
L'article 37, tel qu'amendé, est-il adopté?
Le Président (M.
Simard) : Adopté. Nous poursuivons avec un autre amendement, cette
fois-ci introduisant l'article 37.1. M. le ministre.
M. Caire : Absolument,
M. le Président. Donc, cette fois... cette fois, c'est la bonne.
Le Président (M.
Simard) : C'est la bonne.
M. Caire : Donc,
M. le Président : «37.1.
Malgré les articles 36 et 36.1, un
intervenant ne peut être informé de l'existence d'un renseignement ni y avoir
accès, sauf dans les cas et aux conditions déterminés par règlement du
gouvernement, lorsque ce renseignement est visé par ce règlement ou fait
partie
d'une catégorie de renseignements ainsi
visée, notamment en raison du fait que le risque de préjudice qu'entraînerait
sa divulgation est nettement supérieur aux bénéfices escomptés pour la
personne...»
Donc, ça vient un peu
expliquer, là, quand... Je pense que c'est le député de Rosemont qui
disait : Oui, mais est-ce qu'il y a des renseignements qui seraient non
accessibles en tout temps, sauf par un professionnel très, très précis? Cet
amendement-là donne suite à ça. Donc, oui, effectivement, il y a des
renseignements qui pourraient être non accessibles, point barre. Mais ceux-là,
on va les définir par règlement.
Le Président (M.
Simard) : Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Setlakwe : Donnez-moi un petit instant.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Sinon, M. le député de Rosemont, si vous le souhaitez, la parole est à
vous.
M. Marissal :
Oui. Bien, on revient toujours au règlement, à la législation par règlement. Je
présume qu'on a quand même une vague idée de quel... dans quel carré de sable
on joue, là, ici, là.
M. Caire : Bien,
moi, non, mais peut-être que M. le sous-ministre adjoint pourrait nous éclairer
là-dessus, là.
Le Président (M. Simard) : Alors, y
aurait-il consentement afin que le sous-ministre s'adresse à nous?
Des voix : Consentement.
Président (M. Simard) : Il y a consentement. Monsieur, pour les fins
de nos travaux, pourriez-vous vous présenter, s'il vous plaît?
M. Kobrynsky
(Marc-Nicolas) : Bien sûr. Marc-Nicolas Kobrynsky, sous-ministre
adjoint, DGPSP.
M. le député, en
fait, ceci vient des consultations particulières, parce que la réflexion était
beaucoup amenée sur la littératie des gens et la capacité. Donc, originalement,
on se disait : Bien, le black-out va permettre aux gens... redonne le pouvoir au citoyen de mettre... ce
qu'il ne veut pas paraître paraître là. Mais beaucoup de groupes ont
apporté la notion de la littératie citoyenne
comme n'étant pas nécessairement facile de faire ces opérations-là. Ça fait
que, là, O.K. Puis, justement, il était apporté. Jusqu'à date, là,
c'est... Tu sais, la réflexion autour du mécanisme pour répondre à ces
besoins-là, on s'est beaucoup plus focussés là-dessus.
Je vous dirais que,
possiblement, le seul qui fait présentement consensus, c'est les violences
sexuelles. Là, pour le reste, je vous dirais que toutes, toutes... Parce qu'en
même temps il va y avoir une discussion à l'interne avec des groupes, sûrement,
pour dire qu'est-ce qu'on met là-dedans. Parce qu'on ne veut pas non plus être
paternalistes, là. Il y a plusieurs groupes de patients qui sont venus nous
dire : Tu sais, on veut que nos renseignements circulent, puis là, de
l'autre côté... Ça fait que ça ne peut pas être nous qui dit : Ah! bien,
voilà, on est...
fait que le seul qui, je pense, présentement à l'interne, dans les discussions,
est l'exemple patent : violences sexuelles. Ça, je pense que tout
le monde est à l'aise de dire que ça pourrait rentrer tout de suite là-dedans.
Plus loin que ça, il faut peser un peu, là, quels renseignements... Puis il y a
des discussions, puis je pense que c'est pour ça que la réflexion va se
poursuivre par règlement avec plusieurs groupes, des patients, un peu tout ça,
pour voir qu'est-ce qu'on va mettre exactement là-dedans.
Parce que, d'un autre
côté, on ne veut pas... S'il y a fluidité, si on veut que nos intervenants aient
le meilleur diagnostic possible, on ne veut
pas non plus commencer à tout cacher derrière différentes boîtes pour que,
finalement, il n'y ait plus personne qui ait
un portrait global de la situation. Ça fait que c'est un peu cette balance-là
qu'on doit faire.
Mais, pour répondre à
votre question, je suis désolé si c'est un petit peu long, le seul,
présentement, qui me vient en tête, c'est violences sexuelles.
M. Marissal :
O.K. Puis ça s'applique comment, là?
M. Kobrynsky
(Marc-Nicolas) : Automatiquement, un intervenant qui aurait... Donc,
dans les règlements, dans les cadres de gouvernance, on dirait à chaque
intervenant qui prend un renseignement... mettons qu'on prend violences sexuelles, un témoignage d'une violence
sexuelle, lui-même irait le placer directement dans les renseignements
sensibles. Il n'a pas demandé au... Bien, je veux dire, dans la réalité des
choses, ce qui serait souhaité, c'est que l'intervenant
ait la conversation avec le patient pour dire : Écoute, normalement, là,
tu sais, on place ce que tu viens de me dire dans une information très sensible qui ne sera vue que par moi.
Puis là, si, admettons, le patient dit : Ah! non, non, je veux que tout le monde le sache, il le... Mais
la... Par définition, l'intervenant devrait demander ou devrait pousser à
ce que... Puis, s'il n'a pas eu la
conversation, ce serait son rôle de le mettre dans ces renseignements-là. Je
veux dire, la balance serait pour ces
renseignements-là. Ils doivent aller, sauf contraire, dans cette espèce de pile
là, de renseignements très sensibles.
M. Marissal :
O.K. Le premier réflexe, ce serait de le protéger, protéger
l'information...
M. Kobrynsky
(Marc-Nicolas) : Oui, exact. Exact.
M. Marissal : ...à défaut d'une
autorisation plus large. En ce moment, ça marche comment? Un post-it sur le
dossier?
M. Kobrynsky
(Marc-Nicolas) : À ce moment-là, à ce que je sache, c'est les règles
d'utilisation présentes du dossier, le consentement. Je veux dire, un médecin
qui prend ça, des violences sexuelles, il va le mettre dans son dossier. Puis,
quand... si le patient change de dossier... d'intervenant, bien, il va signer
son consentement, puis tout va partir. Il n'y a pas, à ma connaissance, mes
collègues pourront me... mais il n'y a pas de compartimentalisation,
présentement, de l'information dans la santé. Si tu pousses ton dossier chez
quelqu'un, tu pousses tout le dossier, là.
M. Caire : Bon,
bien, en tout cas, pas en vertu de la PRP.
M. Kobrynsky
(Marc-Nicolas) : Quand tu donnes ton consentement, tu donnes un
consentement complet. Puis après ça les mêmes règles de confidentialité
s'appliquent à chaque dossier, là, mais, je veux dire, quand tu changes de
médecin puis que tu avais dit à l'autre médecin que tu as eu des violences
sexuelles, bien, il va envoyer...
M. Kobrynsky
(Marc-Nicolas) : Ça suit.
M. Marissal :
O.K. C'est bon pour moi. Merci.
Le Président (M.
Simard) : Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Oui,
moi aussi, ça me va. Donc, c'est suite aux consultations. On ouvre une porte
ici. Puis il y a un exemple, mais il
pourrait y en avoir d'autres, puis ça va être prévu par règlement, donc pas de
problème. Puis on n'a pas voulu, je
ne pense pas... Là, on dit, malgré 36 et 36.1, 36.2 n'a pas rien à voir. On ne
veut pas le... Non, c'est ça.
M. Caire : Non, parce que 36.2...
Mme Setlakwe : La vie est en danger.
M. Caire : ...c'est la vie qui est
en danger.
Mme Setlakwe : C'est beau. Moi, ça
me va.
Le Président (M. Simard) : Alors,
l'article... l'amendement introduisant l'article 37.1 est-il adopté?
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Nous poursuivons maintenant avec l'article 38, pour lequel vous aurez
également, M. le ministre, un amendement.
M. Caire : Absolument, M. le
Président. Donc, je vais commencer par vous lire l'article tel qu'il est
rédigé :
«38. Un règlement du ministre peut déterminer la
procédure et les moyens selon lesquels un intervenant peut être informé de
l'existence d'un renseignement et y avoir accès conformément à la présente
section.»
Et l'amendement à l'article 38 se lit comme
suit :
Remplacer l'article 38 du projet de loi par
le suivant :
«38. Le ministre peut, par règlement :
«1° déterminer des balises devant guider les
intervenants dans leur appréciation de la nécessité d'être informés de
l'existence d'un renseignement et d'y avoir accès pour l'une des fins prévues
aux articles 36 et 36.1;
«2° définir des profils d'accès types par
catégorie d'intervenants;
«3° prévoir la procédure et les moyens selon
lesquels un intervenant peut être informé de l'existence d'un renseignement et
y avoir accès conformément à la présente section.»
Donc, l'amendement a pour but d'élargir l'objet
du pouvoir réglementaire du ministre de la Santé prévu à l'article 38 du
projet de loi.
D'abord, l'amendement vise à reprendre et à
déplacer le pouvoir réglementaire du ministre de la Santé prévu au paragraphe 2°
du deuxième alinéa de l'article 83 du projet de loi dans la
section I du
chapitre IV du projet de loi portant sur les règles d'accès aux
renseignements par les intervenants.
Enfin, l'amendement ajoute à ce pouvoir
réglementaire la possibilité de déterminer des profils d'accès types par catégorie d'intervenant. Ces profils d'accès
types seraient un outil supplémentaire, s'ajoutant aux balises,
encadrant la nécessité de l'accès aux renseignements par les intervenants.
C'est un peu
ce que je vous disais tout à l'heure, Mme la députée, là, quand on veut faire
des profils d'accès, bien là on va pouvoir les... tu sais, on va pouvoir
s'asseoir sur un cadre réglementaire, notamment.
L'article ne dit pas que ça,
soit dit en passant, là, mais notamment ça.
Mme Setlakwe : Non, je comprends. En
fait, oui, ça élargit le pouvoir du ministre au niveau des futurs règlements,
mais, en même temps, ça nous donne une meilleure idée de ce qui va être prévu
dans les règlements.
M. Caire : Et ça nous donne une
meilleure possibilité au niveau de l'application de la loi. Je vous dirais que,
oui, effectivement, ça élargit le pouvoir du ministre, mais, en même temps, ça
fait en sorte que le cadre réglementaire va être plus précis.
Caire : Je vous dirais que, pour ceux qui auront à mettre
en place des systèmes d'information, là, si je peux me permettre un
commentaire qui n'engage que moi — ce n'est pas vrai, ça n'engage jamais que
moi, mais bon — cet
article-là est extrêmement intéressant parce
qu'au niveau de la mise en application, quand on parle de système d'information,
bien, au moins, on travaille sur un cadre réglementaire, là. On n'est pas
dans... On n'est pas dans le néant, là.
Mme Setlakwe : Non, on n'est pas
dans le néant. Puis, si on veut rattacher... Je comprends ce qu'on vient faire ici, à 38, puis je pense que c'est en lien
avec la discussion qu'on avait un petit peu plus tôt sous 36 puis 36.1,
mais j'aimerais ça, vous entendre sur comment ça va prendre vie. Puis, tout à
l'heure, je trouvais ça intéressant, ce que la députée de Fabre disait, là, par
rapport à un intervenant qui n'est pas un professionnel.
Donc, tu sais, dites-nous... parce qu'il y a
beaucoup qui est laissé au futur puis qui est laissé à un régime informatique à
venir, qui n'existe pas ou il existe?
Donc, j'ai
deux questions : Est-ce que le soutien informatique qui va nous permettre
d'offrir les garanties existe déjà? De un. Et, deux, juste mettez en
lumière, là... Prenons un exemple précis, là, du technicien de laboratoire,
dont on a parlé amplement. Comment on va le... Quel genre
de règlement déjà, quel genre de balise, quel genre de droit d'accès on va
accorder, par règlement, à cette personne-là?
M. Caire : Bien, alors,
informatiquement, la réponse à votre question, c'est non. Je veux dire, les
systèmes informatiques ne sont pas conçus dans la mentalité du p.l. n° 3, c'est-à-dire d'une mobilité de la donnée. Donc, non.
Ça, c'est les... Hein?
Mme Setlakwe : Non, mais attendez,
là. C'est parce que...
M. Caire : Voulez-vous qu'on parle
du DSQ? Ce n'est peut-être pas une bonne idée.
Mme Setlakwe : Le premier énoncé,
c'est non, la technologie n'existe pas pour soutenir...
M. Caire : C'est-à-dire que la
technologie existe. Moi, j'avais compris de votre question : Est-ce que,
dans le système de santé, ces technologies-là sont déjà déployées? La réponse à
ça, c'est non. Est-ce que la technologie existe? La réponse à ça, c'est oui, et
je vais faire de la peine à Me Côté, mais, pour moi, le DSQ n'est pas
exactement le bon exemple de mobilité de la donnée. Bon, je vous dirais que le
DSQ m'a même permis d'avoir une carrière en politique. Donc, je ne serai pas un
grand défenseur du DSQ, Mme la députée, parce que je pense qu'on peut faire un
petit peu mieux que ça.
Le Président (M. Simard) : On
revient à nos moutons?
M. Caire : Oui, absolument. Mais
oui, et les projets qui sont sur la table au niveau du réseau de la santé sont
des projets qui vont dans cette optique-là, qui vont dans cette lignée-là et
qui ont besoin du p.l. n° 3 pour pouvoir être
déployés pleinement.
Mme Setlakwe : Merci. Puis l'exemple
du...
M. Caire : Bien, en fait, c'est que
le système informatique, une fois déployé, lui, par sa... bon, la capacité à journaliser, la capacité à contrôler les accès.
Parce qu'il faut comprendre que, quand vous allez sur l'ordinateur et
que vous dites : Bon, bien, moi, je
veux un document, on va sur le site du Greffier, c'est une requête qu'on fait à
un serveur. Il y a un serveur qui
reçoit une requête de vous, Mme la députée. Donc, selon le... Quand vous vous
connectez, là, vous établissez votre profil. Le profil, c'est qui vous
êtes, quelles sont vos permissions, à quoi je peux vous donner accès.
Par exemple, moi, quand je me connecte,
techniquement, je n'ai pas accès au site du Greffier. Je ne suis pas membre de
la commission, donc je n'ai pas accès au site du Greffier. Donc là, on est
obligés de me donner une permission temporaire pour que, pendant l'étude du
projet de loi, je puisse y avoir accès, alors que, vous, si vous êtes membre de la commission, votre profil est fait en
fonction que vous pouvez vous connecter. Vous avez cette permission-là.
Donc, ça, c'est les systèmes qui gèrent ça.
Une fois que vous vous êtes connectée, qu'on a
téléchargé votre profil de permission, donc le système sait à quoi il peut vous donner accès ou non et suite à
ça, quand vous faites une requête, bien, avant de générer la requête
puis de l'envoyer, il va dire : Bien, est-ce que vous me demandez d'avoir
accès à quelque chose pour lesquels vous avez droit
d'avoir accès? Si oui, j'envoie la requête, et là la requête, elle est
journalisée : qui a eu accès à quoi, quand. Ça, c'est ce qu'on... c'est ce qu'on fait. Et là, après ça,
une fois que la requête... le serveur a traité votre requête, il vous
renvoie l'information, et là vous avez l'information.
Donc, dans un
système où la donnée est mobile, est plus large, bien, à ce moment-là, vous
comprendrez qu'il n'y a pas de... il
n'y a pas de
section cachée, il n'y a pas d'information qui n'existe pas dans
le périmètre de mon application, là. Alors,
mon application, elle est capable de dire : Bien oui, l'information
existe, mais tu n'as pas la permission d'y avoir accès, donc je ne
réponds pas à ta requête ou, en tout cas, je ne réponds pas à cette partie-là
de ta requête.
Donc, ce que le règlement vient faire ou ce que
le règlement va avoir pour effet, c'est de dire à ceux qui vont devoir monter
ces profils-là... Un peu comme on le fait à l'Assemblée nationale. À
l'Assemblée nationale, il y a comme une espèce de barème : vous êtes
députée, donc vous avez accès à ça, ça, ça; vous êtes au service de recherche,
vous avez accès à ça, ça, ça, mais pas à ça, pas à ça, pas à ça. Donc, je suis
capable, en fonction de votre profil, de dire à quoi je vous donne accès et de
quelle façon je vous donne accès aussi, parce que ce n'est pas juste d'y
accéder, c'est de dire : Est-ce que je vous donne accès pour que vous
puissiez le consulter? Est-ce que je vous donne
accès pour que vous puissiez le modifier? Est-ce que je vous donne accès pour
que vous puissiez le supprimer? Est-ce que je vous donne accès pour que
vous puissiez en ajouter? Donc, on peut penser qu'un médecin, dans votre
dossier médical, va pouvoir ajouter des éléments à votre dossier médical;
évidemment, c'est votre médecin.
Par contre, quand on parlait du pharmacien, tout
à l'heure, le pharmacien, je vais peut-être lui donner accès en lecture, donc
il va pouvoir consulter votre dossier, mais il ne pourra pas rajouter des
éléments à votre dossier médical, sinon qu'il a rempli telle prescription et
qu'il vous a... Vous comprenez. Il ne changera pas... Il ne changera pas votre
traitement, il ne peut pas. C'est votre médecin qui fait ça. Donc, ça, il ne
pourra pas toucher à ça. Ça va être en lecture, peut-être en lecture, mais il
ne pourra pas supprimer des éléments, il n'a pas le profil pour ça.
Donc, on peut tout gérer
ces éléments-là avec les systèmes informatiques, mais, encore une fois,
l'assise sur laquelle ce système-là doit reposer, c'est le p.l. n° 3.
Mme Setlakwe : O.K. Donc, il va y
avoir un profil d'accès spécifique à tous les intervenants qu'on a mentionnés
plus tôt.
M. Caire : C'est-à-dire que vous
pouvez faire
partie d'un groupe...
Mme Setlakwe : D'un groupe, oui.
Caire : ...ou vous
pouvez avoir un profil spécifique. On peut penser que votre médecin traitant
pourrait avoir un profil spécifique par rapport à vous. Par contre, les
médecins pourraient avoir un profil des médecins en général. On fait un groupe
puis après ça, bien, on... On fait des groupes généraux, après ça on peut faire
des groupes plus particuliers puis, après ça, on peut même faire des profils
individuels. Donc, c'est un peu une pyramide inversée, si vous voulez.
Mme Setlakwe : La technologie
existe, mais il va falloir l'adapter.
M. Caire : Il va falloir la
déployer...
Mme Setlakwe : La déployer.
Caire : ...la
déployer et, éventuellement, bon, je ne veux pas aller trop loin non plus, là,
parce que ça, c'est des projets qui appartiennent au ministère de la Santé et
des Services sociaux, mais on pourrait déployer, par contre, un dossier unique
pour l'ensemble des professionnels de la santé, ce qui permettrait une
interaction puis une gestion des profils beaucoup plus facile. Beaucoup plus
facile ne veut pas dire que c'est facile, mais ça veut dire qu'actuellement on
n'est plus dans des horizons de l'impossibilité que de la facilité, là.
Mme Setlakwe : Ça fait que le
technicien, dans une pharmacie... Tu sais, vous me dites, le dossier, il est
unique, là, puis il comprend tout.
Mme Setlakwe : C'est une... Puis
donc il n'y a pas une question de : On tombe sur des choses qui ne nous
concernent pas. C'est le profil d'accès de la personne qui va faire en sorte
que... peut-être 80 % du dossier qui ne lui est pas... qui ne lui est pas
accessible.
M. Caire : Exact. Et je vais aller
plus loin. Dans le cas, par exemple, d'une pharmacie, on pourrait encore
limiter ça encore plus en disant : Bon, bien, tu sais, moi, je suis
résident de Québec, j'ai ma pharmacie, donc, ma pharmacie, il y a un profil qui
est plus particulier. Mais je pourrais aussi dire : Écoute, la pharmacie
en Ungava, je ne te donne aucun accès sans consentement. Je pourrais décider de
faire ça parce que ta région, ta pharmacie, c'est Québec, puis, Ungava, ils
n'ont pas d'affaire à avoir accès à tes informations, à moins que tu n'y
consentes.
Mme Setlakwe : Puis là, au
paragraphe 1°, les balises, ça va être assez détaillé, là. On prévoit...
Il y a beaucoup de travail à faire aussi. Avez-vous une idée de l'échéancier
de...
M. Caire : Non. Là, là-dessus, je
vous dirais que nous, on... le législateur, on va adopter le projet de loi,
mais je vous dirais que j'ai l'impression
que les... sans vouloir mettre de pression sur personne, hein, j'ai
l'impression qu'on a un ministre de la Santé qui se caractérise par
beaucoup de bonnes choses, mais la patience n'en fait pas partie.
M. Kobrynsky (Marc-Nicolas) : Je
peux... Si vous me permettez, très simplement, il y a deux choses, au moment de
l'adoption de la loi, qu'on va... la sanction de la loi, excusez, je n'ai pas
toujours les bons termes, là, mais le cadre de gouvernance puis maintenant ça,
ça va devenir... Parce qu'en effet il va falloir que, pour chacun des groupes,
des intervenants, qu'on décide, là, ces espèces de sous-groupes là, il va
falloir être, très, clair puis il va falloir former ces gens. Tu sais, c'est
une chose que nous, on décide d'être clairs au ministère, mais il va falloir
s'assurer que tous ces groupes-là comprennent exactement, créer des cas
d'espèce pour qu'ils soient capables... Vous avez raison, il y a beaucoup de
travail, mais j'ai une très bonne équipe, puis on le sait. Je veux dire, ce
n'est pas une surprise pour nous, là. Ça, on l'a rajouté, mais il y a beaucoup
de travail qui s'en venait. On sait qu'adopter la loi est juste comme le début
du gros travail pour nous, là. Ça fait que ce n'est pas une surprise.
Président (M. Simard) : Alors, Mme la députée de Mont-Royal—Outremont, prenez le temps nécessaire.
Mme Setlakwe : Ma
question, ce serait par rapport au Dossier santé Québec, DSQ, mais ça nous
donne quand même un point de départ de ça. Non, pas du tout?
M. Caire : Non,
pas du tout, pas du tout, pas du tout.
Setlakwe : Donc, ce n'est que les médecins qui ont accès aux
prescriptions, aux résultats de... bon, oui, d'analyses ou de radiographies,
par exemple, de résonnance magnétique. Donc, ce n'est pas vraiment un pas dans
la bonne direction.
Setlakwe : Non? La technologie...
M. Caire : Non,
mais là, encore là, ça, c'est... Parce que, pour moi, le DSQ, en tout cas,
c'est... Le DSQ, là, c'est une décision qu'on a prise parce qu'on ne voulait
pas prendre la vraie décision qu'on avait à prendre, qui était de dire : On met un dossier unifié. On a
décidé qu'on gardait nos 500 à 700 systèmes différents qui ne se parlent
pas, puis là on a créé les Nations unies, là, une espèce de traducteur
dans lequel je mets quelques informations au-dessus de ça pour qu'eux autres
puissent continuer à ne pas se parler.
Ça, c'est le DSQ,
donc, alors que les projets, en tout cas, qui sont en réflexion, c'est d'y
aller avec un dossier unifié. Et donc le
DSQ, il disparaît, là, si on va dans cette direction-là, si, mais là ce n'est
pas ma décision, comprenez-le bien. Si on me fait à moi... Si on me
demande mon avis, vous comprendrez dans quelle direction j'irais, là, mais...
Et le DSQ vous amène un paquet de difficultés parce que les systèmes sur le
terrain n'évoluent pas tous dans la même direction, n'évoluent pas tous au même
rythme. Certains n'évoluent pas du tout. Puis le DSQ, lui, il faut qu'il essaie
de gérer tout ça, là. Ah! ça, c'est... Et c'est pour ça que, je veux dire, le
projet a connu son lot de difficultés, je vais le dire comme ça, mais, à la
base, c'était quasiment mission impossible, là.
Setlakwe : Donc, le DSQ ne nous aide pas vraiment.
Setlakwe : C'est un système tout autre, puis là il va être mis de
côté.
M. Caire : C'est
complètement une autre façon de penser. On est dans un autre univers.
Setlakwe : Non, je comprends, je comprends très bien que le p.l. n° 3 va beaucoup plus loin, puis il y a un décloisonnement
beaucoup plus complet. Mais, au niveau de la technologie, puis des profils
d'accès, puis des procédures, il n'y a pas du tout...
M. Caire : Non,
parce que chacun des systèmes va établir ses propres profils d'accès en
fonction de son professionnel, de son centre hospitalier, ou de son GMF, ou de
sa clinique de ci ou de ça. Bien oui, mais c'est ça, là. C'est ça. Le DSQ, lui,
il va établir un cadre qui va dire : Bon, bien, le médecin a accès au
dossier pharmacologique, a accès au PACS, a accès... puis alors que le
pharmacien, c'est le dossier pharmacologique. Oui, il va faire des profils
généraux, mais il ne vous donnera pas la souplesse et la capacité de gestion
qu'un dossier unifié va vous donner.
Setlakwe : Je comprends. Moi, je n'ai pas d'autre... pas d'autre
question. Il y a encore beaucoup...
Le Président (M.
Simard) : Très bien. D'autres remarques sur l'amendement apporté à
l'article 38? M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Oui, je cherchais quelque chose, mais je vais le trouver tantôt. Bien, pour
poursuivre sur la lancée du ministre, sur le DSQ, là, je comprends que c'est un
élément fondateur de sa propre carrière politique, là.
M. Caire : Ah!
absolument, je lui dois beaucoup, mais pas pour les bonnes raisons.
M. Marissal :
Peut-être que ce sera votre legs de passer à autre chose et puis que...
M. Caire : Bien,
ça va être plus celui de mon collègue de la Santé.
Le Président (M.
Simard) : Bon, on revient à l'étude de l'article, s'il vous plaît.
M. Marissal :
C'est précisément ce que je suis en train de faire, M. le Président.
Le Président (M.
Simard) : Merci.
Marissal : Ce n'est pas moi qui ai amené la question du DSQ, c'est le
ministre. Nous cheminons sur les mêmes
chantiers de travers. Le DSQ, de ce que je comprends, le principal problème,
c'est que les médecins n'adhèrent pas. La plupart ont oublié leur code.
Ils n'ont pas la clé USB. Ce n'est pas un peu ça, le problème, aussi?
M. Caire : Bien,
ce n'est pas le principal problème, il y a des raisons pour lesquelles les
médecins n'adhèrent pas, là, la partialité des informations, la complexité à se
connecter, tu sais, il y a différents éléments qui font en sorte que ce n'est
pas très attractif.
M. Marissal :
Bien, la raison pour laquelle je vous pose la question, c'est : Est-ce
que ce sera mieux avec ce qu'on est en train de décider? Visiblement, vous
dites oui.
M. Caire : On
est dans un autre univers, M. le député. On est vraiment dans un autre univers.
Ça va nécessiter de l'adaptation, ce ne sera pas simple. La transition ne sera
pas simple. Le changement de culture ne sera pas
simple. Ça, il faut... Mais c'est ça. Mais, lorsqu'on sera arrivés à la gare,
ça va être un autre univers complètement.
M. Marissal :
O.K. Sur le libellé qui est
devant nous, là, «déterminer des balises devant guider les
intervenants», je présume que ça couvre aussi les intervenants non déontologiquement
couverts dont on a parlé à 36 et 36.1.
M. Caire : C'est
ça, oui.
M. Marissal :
O.K. Vous admettrez avec moi, M. le ministre...
M. Caire : D'ailleurs, vous le regardez dans le paragraphe,
M. le député, là, à la fin, c'est écrit «aux articles 36 [...] 36.1».
M. Marissal :
Oui, c'est écrit, bien sûr. Mais vous admettrez qu'il y a quand même un
certain flou, là, ou, en tout cas, une bonne dose d'arbitraire dans «les
intervenants dans leur appréciation de la nécessité d'être informés». On ne
peut pas être plus précis que ça?
M. Caire : Bien, difficilement, parce que, comme je disais
avec la collègue de Mont-Royal—Outremont, il y a tellement
de profils différents. Oui, on peut donner des balises, mais je pense, qui...
compte tenu, entre autres, compte tenu, entre autres, qu'on vient donner
une dimension... Parce que certains types d'intervenants n'auront pas de code
déontologique à proprement parler, on vient donner une dimension déontologique
potentielle, ça nous amène à : O.K., mais par rapport à quoi? Alors, oui,
obligation déontologique, mais encore? L'ambulancier n'aura pas les mêmes
obligations que l'assistante dans une pharmacie, dont on a parlé abondamment,
parce que les responsabilités, les obligations, les profils d'information
nécessaire ne seront pas les mêmes, les situations vont être complètement
différentes. Donc, ça devient difficile, à ce moment-là, d'une part.
D'autre part, de ce
que... de ce que j'entends de la part de M. le sous-ministre adjoint, il y a
des discussions à y avoir avec les groupes aussi, là, pour s'assurer que ces
balises-là, justement, répondent à des réalités du terrain puis à des cas
fonctionnels, là, qu'on n'est pas... on n'est pas dans la théorie.
Alors, le problème de
le faire dans une loi, c'est : cet exercice-là, on ne peut pas le faire.
Donc, on adopterait des balises en fonction
de ce que nous, on pense être la bonne idée. Mais, si jamais on se trompe, là,
ça veut dire que, là, il faut revenir
en situation législative pour corriger la loi, alors que, de façon
réglementaire, on s'entend que les groupes font des représentations au
ministère, puis le ministre peut changer son règlement de façon plus... plus
flexible.
Le Président (M.
Simard) : D'autres remarques?
M. Marissal :
Je comprends bien votre explication, mais c'est précisément ce qui
chicotait quelques groupes qui sont venus nous dire que ça élargissait
passablement votre terrain de jeu, là, le vôtre ou...
M. Caire : Bien,
c'est sûr que ça donne plus de pouvoirs au ministre, mais, dans le fond, ça
donne plus de pouvoirs de mieux encadrer. Je pense qu'il faut le voir comme ça.
Donc, l'objectif, puis quand on...
L'article, tel qu'il est amendé, je pense,
nous précise, là... parce que, tu sais, dans la version originale,
c'était : Le ministre prend un règlement. Mais là on dit : Le
ministre prend un règlement parce que ça prend des balises pour, justement, le
cadre réglementaire, ça prend des indications sur les profils de... ça vient détailler.
Moi, je pense que ça permet de mieux encadrer, ça permet au règlement d'être
plus... plus précis, plus efficace.
M. Marissal :
Ça me convient. Merci.
Le Président (M.
Simard) : Merci. Alors, cet amendement est-il adopté?
Le Président (M. Simard) : Adopté. Y
aurait-il d'autres commentaires sur 38 tel qu'amendé? Sans quoi
l'article 38, tel qu'amendé, est-il adopté?
Le Président (M.
Simard) : Adopté. Sur ce, nous allons suspendre nos travaux
momentanément.
(Suspension de la séance à
11 h 08 )
Le Président (M.
Simard) : Bon, alors, bienvenue, cette fois-là est la bonne. J'aurais
d'abord, chers collègues, besoin de votre consentement afin que nous puissions
revenir à l'étude des articles 39, 40, 41, 48, 49 et 50 tels que nous les
avions si habilement suspendus la semaine dernière.
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Simard) : Il
y a consentement? Très bien. Alors, sur ce, nous reprenons à 39. M. le
ministre, à vous la parole.
M. Caire : Oui, M. le Président. Donc là, on aborde la
section II sur les chercheurs, «Chercheur lié à un organisme visé à l'annexe I, à un établissement public
ou à un établissement privé conventionné qui exploite un centre
hospitalier.»
Donc,
l'article 39 se lit comme suit : «Un chercheur lié à un organisme
visé à l'annexe I, à un établissement public ou à un établissement privé
conventionné qui exploite un centre hospitalier peut être informé de
l'existence d'un renseignement détenu par un organisme qui est nécessaire à la
réalisation d'un projet de recherche et y avoir accès, à moins que la personne
concernée n'ait refusé l'accès à ce renseignement en application du
paragraphe 2° du premier alinéa de
l'article 8, lorsqu'il y est autorisé par la personne ayant la plus haute
autorité au sein de l'organisme auquel il est lié.
cette fin, le chercheur doit lui présenter une demande écrite d'autorisation et
y joindre les documents suivants :
«1° une présentation détaillée des activités liées
au projet de recherche exposant notamment les éléments suivants :
«
a) les fins
poursuivies;
«
b) l'ensemble des
renseignements nécessaires à ces fins;
«
c) les appariements
envisagés de tels renseignements;
«2° un rapport
présentant une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée;
«3° la décision
documentée d'un comité d'éthique de la recherche institué ou désigné par le
ministre en application de l'article 21 du Code civil relativement à ce
projet de recherche.»
Donc, M. le
Président, le présent
article introduit la seconde
section du
chapitre IV
de la
Loi sur les renseignements de santé et de services sociaux, lesquelles
prévoient les règles encadrant l'accès aux renseignements de santé et de services sociaux par les
chercheurs. L'accès aux renseignements à des fins de recherche sans le
consentement des personnes concernées est actuellement prévu par la
Loi sur les
services de santé et les services sociaux et les autres lois relatives à la protection des renseignements personnels. La
présente
section reprend ce principe en revoyant les règles encadrant un
tel accès, notamment en prévoyant des règles d'accès qui diffèrent selon le
statut du chercheur.
Plus précisément, le
présent
article introduit la sous‑section applicable au chercheur lié à un
organisme visé à l'annexe I, à un organisme
public ou à un établissement privé conventionné qui exploite un centre
hospitalier. Un chercheur est ainsi lié dans les circonstances prévues
au troisième alinéa de l'article 8 de la
Loi sur les renseignements de
santé et de services sociaux.
L'article prévoit
donc qu'un tel chercheur peut avoir accès à des renseignements détenus par un
ou plusieurs organismes s'il y est autorisé par la personne ayant la plus haute
autorité au sein de l'organisation... auquel il est lié et que ces
renseignements sont nécessaires à la réalisation d'un projet de recherche.
À noter que, si
l'accès à un renseignement est envisagé à des fins de sollicitation de la
personne qu'il concerne en vue de sa participation à un projet de recherche,
cet accès ne pourra être accordé lorsque la personne a manifesté un refus en
application du paragraphe 2° du premier alinéa de l'article 8 de la
Loi sur les renseignements de santé et de services sociaux.
Afin... Enfin,
pardon, le deuxième alinéa de cet
article prévoit que le chercheur doit faire
sa demande par écrit et les documents qui doivent être joints à la demande.
Dans tous les cas, le chercheur devra notamment démontrer par ces documents que
les renseignements lui sont nécessaires, qu'il a évalué les impacts de sa
demande sur la vie privée et que son projet a été approuvé par un comité
d'éthique.
Il est important de
souligner que l'accès à des fins de recherche avec consentement demeure
possible en vertu de l'article 5 et 6 du projet de loi, étudiés
précédemment. Les règles prévues à la présente
section n'ont donc pas à être
suivies dans le cas d'une recherche pour laquelle tout accès à des
renseignements de santé et de services sociaux s'effectue avec le consentement
des personnes concernées. Voilà, M. le Président.
Le Président (M.
Simard) : Merci à vous, M. le ministre. Des commentaires sur
l'article 39?
Setlakwe : Oui, moi, j'en ai, des commentaires sur 39.
Le Président (M. Simard) : Mme la
députée.
Mme Setlakwe : Merci,
M. le Président. Je pense qu'il faut... Bien, d'emblée, je veux réitérer
l'importance de la recherche, et pour moi, ça, c'est... je l'ai dit la semaine
dernière, je le redis, c'est très important que cette
section du projet de loi
donne les coudées franches aux chercheurs. Je comprends qu'on a établi deux
catégories, mais là il va falloir qu'on
discute du concept de chercheur lié à un organisme visé à l'annexe I.
L'annexe I, on ne l'a pas encore
étudiée, fait
partie intégrante de la définition d'organismes. On a décidé
qu'on allait regarder la liste plus tard. Mais moi, j'ai une question en lien avec ça, une première question
précise : Où se situent les chercheurs universitaires dans tout ça?
Caire : Bien, en fait, les chercheurs liés... non. Les
chercheurs universitaires, donc, si l'établissement n'est pas un
établissement de santé, les chercheurs vont tomber sous le coup de la loi n° 95, dans la LGGRI, parce que la LGGRI s'applique au ministère de l'Éducation et au réseau de
l'éducation. Donc, c'est la loi n° 95, et, à ce moment-là,
ils tombent sous le coup de la loi n° 25.
Mme Setlakwe : Mais est-ce que
vraiment c'est compartimenté de cette façon-là dans les faits?
M. Caire : Oui. Oui, parce que...
Mme Setlakwe : Non, mais dans les
faits, dans un projet de recherche, là.
M. Caire : Ah! non, mais là, je veux
dire...
Mme Setlakwe : ...qu'il y a une
collaboration.
Caire : O.K.
Mais là on est dans le contexte de l'adoption du projet de loi. Donc, dans la
situation actuelle, évidemment, c'est autre chose, c'est-à-dire que
c'est autre chose dans le sens où ils sont effectivement les chercheurs des
milieux universitaires, les universités étant sous la juridiction de la LGGRI,
ils sont sous le coup de la loi... de la LGGRI. Et, comme il n'y a pas de
régime de protection de renseignements personnels particulier à la LGGRI, donc,
c'est la loi n° 25 qui s'applique.
Mme Setlakwe : Oui, on aimerait,
s'il vous plaît, continuer la discussion avec Me Côté, si possible. Oui,
s'il y a une précision à apporter, j'aimerais bien l'entendre.
Mme G. Côté (Geneviève) : Ce n'est
pas une contradiction du tout, là, c'est un complément d'information. Pour
avoir accès aux renseignements de santé et de services sociaux qui sont visés
par le p.l. n° 3, le chercheur universitaire, s'il
est... s'il a des privilèges de recherche, par exemple, dans un établissement
public, là... Souvent, les gens ont un double statut, là, le médecin qui fait
de la recherche va être professeur à l'Université Laval, pour dire quelque chose, mais il va aussi être chercheur au
Centre de recherche du CHU de Québec. À ce moment-là, il serait... à
titre de chercheur au Centre de recherche du CHU
de Québec, là, il serait visé comme un chercheur, comme un chercheur
lié, à l'article 39. Et, si c'est quelqu'un qui est purement dans une
université mais qui n'a pas les deux pieds dans un des organismes, là, que ce soit
un des organismes publics à l'annexe I, comme l'Institut national de santé
publique, pour dire quelque chose, ou un établissement public ou privé
conventionné, bien, à ce moment-là, ce serait... il tomberait dans l'autre
catégorie, là, qui passerait par le centre d'accès pour la recherche.
Donc, un chercheur, par exemple, qui n'est pas
en santé, là, qui est en éducation, pour dire quelque chose, donc il n'a pas de privilège de recherche dans un
établissement de santé parce qu'il n'est pas dans ce milieu-là, mais il
a quand même besoin d'avoir accès à des
renseignements de santé, bien, il tombe dans l'autre catégorie à ce moment-là.
Mme Setlakwe : L'autre régime, la
loi n° 25.
Mme G. Côté (Geneviève) : Bien oui,
mais, s'il a besoin d'avoir accès à des renseignements de santé, il peut passer
par celui... par le centre d'accès, là, qui est dans les articles...
Mme Setlakwe : Oui, les articles qui
viennent un peu plus loin, effectivement. O.K.
Mme G. Côté (Geneviève) : Oui, exactement.
Mme Setlakwe : Est-ce que... Donc,
le chercheur, on comprend qu'il doit présenter une demande, je n'ai pas de
problème, et joindre des documents. Est-ce qu'on va plus loin que le régime
existant? Est-ce qu'il n'y a pas une duplication,
là, avec une décision documentée d'un comité d'éthique, mais aussi un rapport
présentant une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée ou c'est
deux choses nécessaires?
M. Caire : C'est deux choses
nécessaires.
Mme Setlakwe : Pourquoi?
Caire :
Parce que l'évaluation des facteurs relatifs à la vie privée... Et c'est
intéressant, parce qu'il y a justement une décision de la CAI qui vient d'être
rendue là-dessus, bien, en fait, sur l'utilisation des évaluations des facteurs relatifs à la vie privée. C'est qu'il
faut qu'il y ait quand même... compte tenu de la nature des
renseignements, il faut qu'il y ait quand même... qu'on puisse se
garantir : Est-ce qu'il y a un impact sur la vie privée? Si oui, quel
est-il et est-ce qu'il est acceptable? Dans
le fond, les évaluations des facteurs relatifs à la vie privée ont cet objectif-là,
alors que l'éthique... bon, je ne suis pas un éthicien puis je suis encore
moins un éthicien en santé, mais l'éthique nous amène dans une autre sphère,
là, de la recherche. Donc, l'éthique en recherche n'est pas nécessairement
évaluée, quels sont les facteurs... quels sont les impacts sur la vie privée
dans l'utilisation des renseignements.
Mme Setlakwe : ...ça ne s'applique
pas ici, là, à un chercheur lié.
M. Caire : Là, vous parlez du centre
national de...
Mme Setlakwe : Oui. Non, non, bien,
c'est... On a reçu beaucoup de commentaires dans les mémoires des...
Franchement, c'est revenu souvent, là, les chercheurs sont inquiets que le
régime qu'on souhaite mettre en place va... plutôt que de leur donner accès
rapidement à des données complètes, pertinentes, en temps opportun, ça va créer
un régime lourd qui va ajouter trop de fardeaux administratifs. On veut que les
chercheurs, essentiellement, consacrent leur temps à faire de la recherche, on
ne veut pas qu'ils soient en train de remplir des formulaires puis on ne veut
pas leur rajouter un fardeau administratif. Donc, je dois mettre de l'avant,
encore une fois, cette préoccupation-là.
Puis de dire... et ça ne vient pas de moi, là,
je l'ai lu, ça a été dit publiquement dans des lettres qui sont parues dans des journaux récemment, il faut
trouver le juste équilibre, là, il faut protéger la donnée, mais il ne faut
pas protéger la donnée au détriment de la protection de la personne, la
protection du patient puis des soins. J'aimerais ça vous entendre là-dessus. Je lis ça, puis je lis les mémoires, puis je
ne peux pas m'empêcher d'être très inquiète puis de me dire : On va peut-être passer à côté de
quelque chose, passer à côté d'avancées importantes, en utilisant nos
propres données qui sont propres à nos
circonstances à nous, nos problématiques de santé publique, nos incidents,
notre génétique, nos maladies rares, tout ça. Il faut que... il faut
vraiment que les chercheurs puissent avoir les coudées franches, encore une
fois.
M. Caire : Mais moi, je suis
entièrement d'accord, là, je pense qu'en fait la loi vient donner un accès supérieur aux données. Donc, les règles où le
consentement n'est pas requis, là, on vient le paramétrer, puis ça, je
pense que c'est un élément qui est important.
Les deux éléments... D'abord, sur le comité
d'éthique, je pense que tout le monde est d'accord pour dire que ça prend un
comité d'éthique, c'est la situation actuelle, et on vient tout simplement, là,
reconduire une disposition qui existe déjà. Puis je pense que, vous comme moi,
on n'a pas entendu, là, les chercheurs nous dire qu'il fallait éliminer ce
côté-là. Là où on a eu un signal d'alarme, c'est sur les évaluations, sur les facteurs
relatifs à la vie privée. Mais ça, c'est quand même une notion qu'on a amenée
il y a quatre ans avec la loi n° 14, qu'on
a reprise dans la loi n° 95, qu'on a reprise
dans la loi n° 64 qui est devenue la loi n° 25. Donc, je vous dirais que ça fait un peu consensus
qu'il faut faire ça.
Ce qui devient peut-être plus problématique,
c'est les étapes d'approbation. Je ne pense pas que ce soit nécessairement le
fait qu'il faille faire une évaluation sur les facteurs relatifs à la vie
privée, je pense que ça, c'est normal, il faut qu'on soit capable d'évaluer
est-ce qu'on a un impact sur la vie privée des gens dont on utilise les
données. C'est les étapes d'approbation. Et là on est ici dans une situation
où, bon, on va signer des ententes, et ces ententes-là sont transférées à la
Commission d'accès à l'information, mais ne nécessitent pas nécessairement une
approbation dans les ententes. Donc, la Commission d'accès à l'information est
informée, et là, à partir de là, elle peut décider d'exercer son pouvoir d'enquête
si elle a des motifs de le faire, d'une part.
Et, d'autre part, sur les évaluations... sur les
facteurs relatifs à la vie privée, la CAI est en train de développer des
modèles de, bon, comment faire cette évaluation-là. Donc, je pense que... je ne
veux pas faire de l'humour de bottine, là, mais c'est la saucisse Hygrade, là,
plus on va en faire, plus on va être habiles, plus on va être habiles, mieux ça
va aller. Mais je suis conscient que ça amène quand même un élément
relativement nouveau mais pour lequel je
pense qu'on va développer de plus en plus d'habiletés. Maintenant, c'est dans
les autorisations, là, effectivement, on nous disait : Bien là, il
ne faudrait pas qu'on se fasse autoriser par tout un chacun, là, il faudrait
que ce soit... ce soit unifié. Mais je pense que ça, on le fait.
Mme Setlakwe : J'aurais besoin de
peut-être deux précisions. Merci pour ce que vous partagez. Oui, le comité d'éthique, je pense qu'on n'a pas entendu
qui que ce soit dire que c'est quelque chose qui doit être éliminé. On
essaie juste de voir s'il n'y a pas comme cette étape additionnelle qui
n'apporte rien de plus. Mais je vous entends. Tout va être dans la rapidité,
puis, à cet égard-là, il n'y a pas de délai. Il y a des groupes qui viennent
dire : Mais il n'y a pas de... hein, c'est ça, il n'y a pas de délai
d'écrit. On a eu la discussion la semaine dernière, je le sais, mais je pense
qu'il faut aller au fond des choses, il faut vraiment se demander : Si on
laisse les choses comme ça, comme... tel que rédigé, est-ce qu'il n'y a pas un
risque que ça traîne trop longtemps?
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Caire : Bien,
est-ce qu'il y a un risque que ça traîne? J'oserais vous dire que le risque
zéro n'existe pas parce que... puis ça a été mentionné. Quelquefois, quand on a
la responsabilité de la protection des renseignements personnels, on peut vouloir en faire plus que
moins. Moi, je vous dirais, je pense que l'expérience, là-dedans, va y
faire pour beaucoup, l'intention du législateur aussi. Moi, je pense que les
discussions qu'on a ici, c'est important, parce qu'on le dit à micro ouvert. Et, vous savez, dans l'interprétation de la
loi, ce qu'on dit ici, en commission parlementaire, peut être pris en
compte par ceux qui ont à l'interpréter. Ce qu'on souhaite, c'est un meilleur
accès. Ce qu'on souhaite, c'est un accès
plus rapide. Ce qu'on souhaite, c'est un accès, aussi, où le bassin de données
est plus important pour nos chercheurs, parce qu'on veut faciliter la
recherche. Puis ça, je le dis à micro ouvert, à dessein, parce que, dans
l'interprétation de la loi, c'est ce qui doit aussi être pris en compte.
Ceci étant dit, on ne
veut pas, et le législateur... et là-dessus, évidemment, votre opinion vaut la
mienne, mais je pense qu'on ne veut pas non plus que ça soit une espèce de bar
ouvert. Puis je pense que je n'ai pas entendu non plus, de la part des groupes,
là... puis les chercheurs ne sont pas en train de nous demander ça non plus.
Donc, dans le fond,
on a deux éléments, au niveau de la protection des renseignements personnels,
deux obligations, par cet article-là, c'est le comité d'éthique et l'évaluation
des facteurs relatifs à la vie privée. Je pense que de mesurer l'éthique,
s'assurer que la recherche se fait dans un cadre éthique, tout le monde est
d'accord, puis s'assurer, évaluer qu'on n'a pas ou peu... ou quels sont les
impacts sur la vie privée, éventuels, des citoyens qui fournissent les données,
je pense qu'on est pas mal dans le minimum de ce qu'on peut faire, là.
Tu sais, je vous
dirais, je serais, moi, mal à l'aise d'enlever, peut-être, ces obligations-là,
parce qu'il y a quand même un minimum. Mais là n'est pas, à mon avis... là
n'est pas le délai, là n'est pas... Il faut tout simplement qu'on s'assure que,
d'une part, il n'y a pas toutes sortes d'autorisations à aller chercher
partout. Et là on enlève quand même le fait que la CAI, elle est informée, mais
elle n'a pas d'autorisation à donner, donc elle est informée, ce qui ne lui
enlève pas son pouvoir d'enquête. Elle peut toujours faire une enquête, elle
peut toujours faire des vérifications, donc, ça, c'est quand même un élément
qui va, à mon avis, favoriser la fluidité du processus, et le fait qu'il y aura
des barèmes sur les évaluations des facteurs relatifs à la vie privée, donc il
y aura déjà des éléments prescrits par la
CAI. Donc, si on suit le barème, bien, généralement, l'évaluation qui va être
faite va être à la satisfaction de la CAI puisqu'on aura suivi ses
barèmes, qu'elle aura fournis.
Le Président (M.
Simard) : D'autres commentaires?
Setlakwe : Mais ça m'amène... Merci. Ça m'amène à juste l'autre
précision que j'aimerais qu'on fasse. C'est
par rapport à la CAI. Puis là on est... encore une fois, on est dans le régime
chercheur lié à un organisme, donc on s'en remet... La demande est faite
à la personne ayant la plus haute autorité. On a la liste de documents à
soumettre. On a discuté, donc, des étapes, des délais, sans mentionner un délai
précis. Et là il y a la question de la CAI. C'est ça. Vous voyez comment, son rôle, là? Vous avez mentionné... On le sait, il
y a un rôle de surveillance générale au niveau de la loi. La CAI
développe des modèles, mais comme... Vous ne voyez pas que la CAI pourrait
ralentir le processus, ils sont... ils ont un rôle... Comment vous décririez le
rôle qu'ils vont jouer à cette étape-ci ou dans cette section-ci?
M. Caire : Bien,
pour moi, la CAI a un rôle fondamental. Je veux dire, ça reste le chien de
garde de la protection des renseignements personnels, donc ils doivent
s'assurer que le cadre législatif qu'on a mis en place, il est suivi. Mais il y a deux éléments, parce qu'on
parlait de ralentir, le fait que la CAI soit informée d'une entente,
d'un projet de recherche, mais que ce ne
soit pas sujet à son approbation, pour moi, ça donne de la flexibilité, ça
donne de la fluidité.
Donc, je signifie à
la CAI, elle reçoit le projet d'entente, elle a les informations, et c'est à la
CAI... Moi, je continue, je continue dans
mon projet de recherche, j'avance dans mon projet de recherche, et c'est à la
CAI d'évaluer est-ce que ce que je vois me satisfait, est-ce que ça me
rassure ou est-ce que ça me soulève des interrogations. Auquel cas, elle a toujours son pouvoir de surveillance, donc elle peut
débarquer, poser des questions, demander les documents pertinents puis s'assurer que... Mais, dans un
contexte où les choses sont bien faites, moi, je ne vois pas que ça
arrive.
Et c'est là où je
vous dis que d'avoir des barèmes, notamment sur les évaluations des facteurs
relatifs à la vie privée, parce que c'est potentiellement ce qui va préoccuper
la CAI, plus que la question de l'éthique, je pense, je ne veux pas m'immiscer
dans le travail de la CAI, évidemment, là, mais... et de suivre le barème de la
CAI, bien, à ce moment-là, ça fait en sorte qu'on se dit : Bon, bien,
voilà... Je veux dire, la CAI nous dit : Je veux retrouver tel, tel, tel
élément dans ton évaluation. Vous retrouvez les éléments en question, et les
conclusions sont à l'effet qu'il n'y a pas d'impact sur la vie privée. Moi, je
pense qu'on vient de... rendre ça plus fluide.
Setlakwe : Merci, M. le...
M. Caire : Oui,
assez solide.
Setlakwe : Merci, M. le ministre. Donc, je vous entends. Donc, la CAI
n'a pas, en tant que tel, un geste à poser en termes d'approbation.
Caire :
C'est ça.
Setlakwe : C'est ça.
M. Caire : Ce
qui fait que, là, on est en attente de l'approbation. Là, il pourrait
effectivement y avoir... il pourrait effectivement y avoir un goulot
d'étranglement. Donc, je ne suis pas en attente d'approbation, donc moi, je
poursuis mon travail et je présume que, si la CAI a des questions, la CAI aura
toute autorité pour me poser les questions qu'elle veut sur... et elle a tous
les outils en main pour le faire aussi, là, tu sais.
Mme Setlakwe : En effet. On a
entendu le Scientifique en chef qui demande qu'on précise que cette
section
s'applique à la recherche, sans consentement. On s'entend qu'il n'y a pas un
consentement à aller chercher. On donne le droit aux chercheurs d'être informés
de l'existence d'un renseignement et de... bon, de suivre une procédure pour y
avoir accès.
Caire : C'est ça, exact. Puis un autre élément qui est
important aussi, c'est qu'on va chercher l'approbation de la plus haute
autorité, ce qui fait en sorte que vous n'êtes pas obligé d'aller chercher, là,
un peu partout dans le réseau, là, hein? Donc, le fait qu'il y ait cette
mobilité-là de la donnée, qu'elle soit gérée de façon unifiée et non pas
centralisée — parce
que je veux faire la distinction entre centraliser la donnée puis centraliser
la gestion de la donnée — ça
fait en sorte d'accélérer les choses aussi, là. Parce que, moi, une fois que la
plus haute autorité de mon organisation m'a donné l'aval pour mon projet de
recherche, moi, j'ai accès à l'information, là, je ne suis pas obligé d'aller
dans chaque établissement, puis demander un consentement, puis c'est-tu correct
pour ci, c'est-tu correct... J'ai le consentement, j'ai accès. Donc, ça aussi,
je pense que ça va être de nature à, oui, assurer quand même une
responsabilisation au niveau de la protection des renseignements personnels,
mais accélérer la cadence, je pense que ça va y faire pour beaucoup, là.
Mme Setlakwe : Merci. Donc, dernier
point avant de céder la parole. Les chercheurs privés, ils s'insèrent où, là?
Ils s'insèrent où, puis vous les voyez comme... Moi, je ne les vois pas comment
étant...
M. Caire : C'est un régime totalement
à part. Ça, ici, on parle vraiment de ceux qui font de la recherche dans le privé, parce que... la recherche dans le
secteur public, pardon, parce que, dans le secteur privé, là les
consentements vont être requis.
Mme Setlakwe : O.K., mais...
Mme Setlakwe : J'aimerais entendre
la précision, s'il y en avait une, de Me Côté...
M. Caire : Bien, moi aussi,
j'aimerais ça, mais, je ne sais pas pourquoi, je dois avoir une face de
confesseur, peut-être, ou j'ai l'air d'un curé, peut-être, je ne sais pas...
Mme G. Côté (Geneviève) : Ça prend
le consentement pour parler.
Caire : Mais je
l'ai donné jusqu'à la fin de l'étude
article par... Non, mais je ne sais pas...
Mme Setlakwe : Oui, j'aimerais ça
qu'on soit...
Caire :
Pardonnez-moi, M. le ministre, parce que j'ai péché.
Mme Setlakwe : Et aussi... c'est ça,
donc un chercheur privé. Mais c'est parce que je ne pense pas que c'est
compartimenté de cette façon-là dans la pratique, dans les faits. Il peut y
avoir des fonds privés, de fondations ou autres, dans un projet de recherche
qui se fait sous le parapluie d'un établissement public.
M. Caire : Oui, sauf que, si le
projet de recherche est un projet de recherche qui est géré par le public et
qu'il y a des tiers qui sont impliqués, les
tiers vont être soumis aux ententes au même
titre que les chercheurs du public.
Donc, l'entente qui est signée par l'organisme public lie les tiers de la même
façon.
Mme Setlakwe : Oui, on a vu... ça,
on l'avait vu la semaine dernière.
Caire : C'est ça.
Mme Setlakwe : Me Côté, avez-vous
une précision à apporter?
Mme G. Côté
(Geneviève) : Ce n'est pas en fonction du financement, c'est en
fonction du statut du chercheur. Donc, si on
est un chercheur qui a un statut, qui a des privilèges de recherche dans un
établissement, comme on a dit tantôt, on est à l'article 39, on est
dans un chercheur lié. S'il y a un financement, c'est tel que tel, mais ça ne
change pas son statut, parce qu'il agit quand même dans le cadre des activités
d'un établissement. Quand on est dans un chercheur qui serait purement privé,
là, qui travaillerait pour le privé, bien, on tombe dans l'autre régime qu'on avait commencé à aborder la semaine dernière, mais il y a
quelques articles qui ont été suspendus, là, mais ça passe par le centre
d'accès, puis, à ce moment-là, là, il y a un «opting out» possible, et etc.
Mais ça, ça ne serait pas à l'article 39, là, c'est dans l'autre sous-section
suivante, là.
Le Président (M.
Simard) : D'autres commentaires sur 39?
Setlakwe : Pas pour le moment. Merci.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Oui. Merci. Bien, je poursuis là-dessus, là, parce que je m'en allais là.
Vous dites, puis ça, c'est Me Côté qui dit ça : Le statut du chercheur
n'est pas lié à son financement, à ses sources de financement, mais à son lien
avec l'établissement. Et je vous cite, vous dites : C'est tel que tel,
s'il a du financement. En fait, je vais aller directement,
là, sur ma question, là, aux trois... aux a, b, c, là, ce qu'on voudrait donner
comme renseignement, ce qu'on appelle
la «présentation détaillée des activités liées au projet de recherche exposant
notamment les éléments suivants :
«
a) les fins
poursuivies — ça
va de soi;
«
b) l'ensemble des
renseignements nécessaires à ces fins — c'est l'évidence;
«
c) les appariements
envisagés de tels renseignements.» C'est vague, mais je comprends l'esprit.
Pourquoi pas :
«
d) les chercheurs associés ou l'équipe de chercheurs — parce
que, là, ça ne repose que sur une seule personne qui est le chercheur ou la
chercheuse principale; et
«
e) sources de financement
de la recherche»?
M. Caire : Bien,
d'une part, parce que... sur ce qui est la source, je pense que Me Côté a
répondu que ce qu'on souhaite, c'est établir
un régime en fonction du profil du chercheur et non pas des sources de
financement. Deux, «les chercheurs», pourquoi pas «les chercheurs
associés»? En fait, ici, on parle d'un lien de responsabilité, donc le
chercheur qui fait la demande a la responsabilité de... Alors, on veut
identifier la personne, très précisément parce qu'elle sera responsable de la
suite des choses. Donc, ce n'est pas... on ne veut pas faire porter la
responsabilité sur l'ensemble de l'équipe, mais bien sur celui qui va gérer ce
projet-là.
M. Marissal :
Ah! bien, en tout respect, ce n'était pas tant de faire porter la
responsabilité, là. Je comprends qu'elle est sur les épaules du chercheur en
question, là, qui va mettre son nom là-dessus puis... C'est plus que de savoir
qui est dans l'équipe et qui travaille là-dessus, là, en périphérie.
M. Caire : Je
comprends, mais l'objectif de l'article étant de définir à quelles fins on va
vous donner des renseignements sans consentement, il faut identifier le
chercheur qui va être responsable de porter ce projet-là. Ensuite, le comité
d'éthique, lui, analysera si le protocole de recherche est... bon, tout ce qui
est le volet éthique, ce sera le comité d'éthique qui viendra faire l'analyse
et les recommandations ou non, mais ici, aux fins de l'article, ce qu'on veut,
c'est qu'il y ait quelqu'un qui soit responsable.
M. Marissal :
Le comité d'éthique, là, il est formé par qui?
M. Caire : C'est
une disposition qui existe déjà, donc je ne pourrais pas vous dire est-ce qu'il
y a des profils, mais c'est par les pairs, là, c'est...
M. Marissal :
En fait, par quelle organisation, par quelle institution est-il formé? Ce
n'est pas le chercheur qui arrive lui-même avec son comité d'éthique, là.
M. Caire : Non,
non, non. Bien, écoutez, je n'ai pas une connaissance fine, là, de la façon
dont ça fonctionne, mais, normalement, les comités d'éthique au niveau de la
recherche... Comment?
Le Président (M.
Simard) : ...
M. Caire : Oui,
c'est ça.
M. Marissal :
Ça veut dire quoi, ça?
Caire :
Bien, c'est des comités qui sont formés au niveau, par exemple, des centres de
recherche. Il y a son comité d'éthique qui est formé, puis c'est lui qui va
recevoir les projets de recherche et qui va en évaluer la portée éthique. Ce
n'est pas des gens qui sont mandatés pour un projet en particulier, c'est des
gens qui s'assurent de faire les évaluations éthiques pour des organismes
donnés.
M. Marissal : Puis vous ne pensez
pas que de connaître la source de financement ultime d'une recherche, c'est utile
pour quelqu'un qui va donner son autorisation?
M. Caire : En
fait, je ne dis pas que de connaître la source de financement n'est pas utile,
je dis que, selon la portée qu'on veut
donner à l'article 39, l'objectif n'est pas nécessairement de dire :
Bon, bien, est-ce que le financement, dans
ce cas-ci... C'est de dire : Bien, écoutez, si vous avez un projet de
recherche et que vous voulez avoir accès à des données, ça me prend un
responsable, ça me prend une façon de faire, ça me prend des éléments qui vont
me permettre d'évaluer si je suis à l'aise avec le fait de donner accès à des
renseignements. Donc, pour ça, c'est : Est-ce que le projet, au niveau de
l'éthique, passe l'évaluation du comité et est-ce qu'au niveau de l'atteinte à
la vie privée ça passe l'évaluation que la CAI pourrait en faire
éventuellement?
Donc, l'article 39 est quand même assez
circonscrit quant à ce qu'il vise à faire, et dans ce contexte-là, dans le
contexte de l'article 39, non, je ne pense pas que la source de financement
puisse être un élément qui va faire en sorte que je vais donner accès ou non.
M. Marissal : Bien, vous n'êtes pas
sans savoir que, justement, la CAI se questionnait ou avait des doutes sur, tu
sais, l'expertise suffisante de la personne en autorité qui va devoir
superviser le tout, là. Il semblait y avoir des craintes, en tout cas, je vais
le dire de même, des craintes de la CAI quant à la compétence, l'expertise des
gens qui vont donner le feu vert.
M. Caire : Bien, au niveau des
comités d'éthique, ça reste une pratique qui a déjà cours, je veux dire, la loi
reprend des éléments qui existent déjà, donc... et, à ma connaissance, ce
volet-là n'a pas été dénoncé comme n'étant pas fonctionnel.
Au niveau de l'évaluation des facteurs relatifs
à la vie privée, bien, en même temps, il faut comprendre qu'on va suivre les
prérogatives de la CAI elle-même. Donc, la CAI demeure l'institution
responsable de s'assurer que ces choses-là se font dans le respect de... dans
ce cas-ci, du régime particulier, là, mais... Parce qu'on a les mêmes
dispositions avec la loi n° 95 et avec la loi n° 25. En fait, ce n'est pas exactement les mêmes
dispositions, là, il y a des aménagements, compte tenu que, là, on est dans un
régime particulier, mais ça reste que la CAI demeure l'instance qui va
s'assurer que ça se fait dans les règles de l'art.
M. Marissal : O.K. Donc, le
fameux «rapport présentant une évaluation des facteurs relatifs à la vie
privée», il va y avoir un genre de canevas?
M. Caire : Oui, de la CAI.
M. Marissal : Parce que le chercheur
peut n'avoir aucune espèce d'idée de quelles sont les implications pour la vie
privée, là.
M. Caire : Absolument, vous avez
raison, vous avez tout à fait raison. Et la CAI, si ce n'est déjà fait... Je
pense que c'est déjà fait. Je pense que la CAI fournit déjà des canevas, mais
là je le dis sous toute réserve, M. le député de Rosemont, mais ça fait
partie
des mandats de la CAI de fournir les canevas en question. Et je répète, là, la
CAI conserve son pouvoir de surveillance, et le chercheur a l'obligation de
faire savoir à la CAI qu'il y a eu une évaluation qui a été faite et qu'il y a
un projet de recherche. Et la CAI aura toujours le loisir d'aller évaluer si ça
s'est fait dans les règles de l'art et à sa satisfaction. Donc, ce n'est pas
laissé, là, à...
M. Marissal : À la discrétion.
M. Caire : ...à la discrétion,
effectivement. Même si, oui, l'autorisation est donnée par la plus haute
autorité, la CAI peut toujours exercer son mandat puis dire : O.K., vous
avez eu l'autorisation, mais moi, je regarde cette évaluation-là, elle ne donne
pas les garanties suffisantes et elle ne va pas assez loin, elle ne répond pas
au canevas, elle ne ci, elle ne ça. Et là la CAI a quand même des pouvoirs de
contrainte, des pouvoirs de demander de cesser l'utilisation des
renseignements, là. Tous les pouvoirs que la CAI a en vertu de sa loi
constitutive demeurent, là.
M. Marissal : O.K. Autre chose. Un
établissement privé conventionné qui exploite un centre hospitalier, c'est un
CHSLD, ça?
M. Caire : Oui, CHSLD conventionné.
M. Marissal : O.K. Un projet de
recherche qui viserait... on va l'appeler un CHSLD, là, ça va faire plus court
dans notre jargon, là, qui vise, donc, un CHSLD peut-il demander des données en
vrac, ce qu'on appelle le «bundle» de données qui sortent de l'établissement,
pour une recherche ou il doit absolument viser les dossiers patients
individuellement?
M. Caire : En fait, ce qu'il va
pouvoir demander, c'est les renseignements ou les données qui sont pertinentes
à sa recherche. Là, la pertinence de la recherche va être établie par le comité
d'éthique. Ensuite... Et c'est ça, c'est pour ça qu'il faut qu'il dise :
Voici les données auxquelles... voici mon projet de recherche, voici les fins
qui sont visées par mon projet de recherche, voici les renseignements dont moi,
je pense avoir besoin pour... aux fins de ma recherche. Et là tout ça est
évalué, après ça, par le comité d'éthique, c'est évalué par l'évaluation des
facteurs relatifs à la
vie privée. Et une fois que c'est autorisé, une fois que la plus haute autorité
a dit : Oui, O.K., c'est correct, tu passes la rampe, là, je te
donne accès à ça... Donc, le modèle, ce n'est pas un modèle prescrit, c'est
vraiment en fonction des fins de la recherche qui définit de quelle sorte de
données tu as besoin.
M. Marissal : O.K. Je vais annoncer
un amendement. Je crois que le...
Le Président (M