Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 11 February 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
CAPERN 2025-02-11
Quebec — Committees
Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles - Assemblée nationale du Québec
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39e législature, 1re session (13 janvier 2009 - 22 février 2011)
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37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)
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36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
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35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
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34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
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15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
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13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
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Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Version préliminaire
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43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 11 février 2025
Vol. 47 N° 45
Étude détaillée du projet de loi n° 69, Loi assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
18 h 30
19 h
Journal des débats
15 h (version non révisée)
(Quinze heures dix-sept minutes)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles ouverte.
La commission est réunie afin d'entreprendre...
Le Président (M. Montigny) : ...l'étude
détaillée du projet de loi no 69, la loi assurant la gouvernance responsable
des ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a
aujourd'hui des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Ciccone (Marquette) est remplacé par Mme Garceau
(Robert-Baldwin), et M. Fortin (Pontiac), par Mme Cadet (Bourassa-Sauvé).
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Merci beaucoup. Avant de débuter, je dépose les mémoires qui ont été reçus
depuis la fin de la période de consultations particulières. Merci.
Maintenant nous débuterons la
partie des
remarques préliminaires. Alors, Mme la ministre de l'Économie, de l'Innovation
et de l'Énergie, vous disposez donc de 20 minutes. Merci.
Mme Fréchette : Oui. Merci.
Merci beaucoup, M. le Président. Alors, très heureuse d'être avec vous,
aujourd'hui, vraiment, très contente d'entamer ce travail de longue haleine, et
merci d'être des nôtres. Je suis très contente de me retrouver avec vous, donc,
pour l'étude détaillée du projet de loi no 69. Permettez-moi tout d'abord de
saluer, saluer les collègues, alors le député de Rouyn-Noranda -Témiscamingue,
le député de Gatineau, le député de Gaspé, le député de Côte-du-Sud, le député
de Dubuc, le député de Jacques-Cartier, le député de Maurice-Richard, également
le député de Jean-Talon. Considérez-vous salués et remerciés d'être ici. Et,
bien sûr, M. le Président. Alors, merci, merci d'être des nôtres et de
coordonner nos échanges.
Alors, l'exercice qu'on entame ce matin,
bien, il est essentiel, il est essentiel, en fait, pour l'avenir énergétique du
Québec. Alors, je pense qu'il vaut la peine de rappeler quelques prémisses, là,
qui ont motivé l'élaboration de ce projet de loi projet de loi no 69.
Notre gouvernement, vous le savez, s'est
engagé à décarboner l'économie d'ici 2050. Pourquoi on le fait? On le fait pour
les Québécois, maintenant, mais également et surtout pour les Québécois des
générations futures. Comme le premier ministre le dit régulièrement, on est
devant, vraiment, une occasion exceptionnelle : on peut à la fois relever
les défis de la transition énergétique, tout en créant des opportunités de
développement économique, alors c'est l'idéal. On le sait, la planète entière
recherche de l'énergie verte, et rares sont les endroits aussi bien positionnés
que le Québec sur le plan énergétique. Alors, on doit agir maintenant pour
aller tirer tout le potentiel de cet avantage stratégique, au profit, bien sûr,
des Québécois.
On dispose ici d'une énergie verte, de
ressources naturelles en abondance, d'une main-d'œuvre qualifiée et d'une
expertise de pointe, mais on doit faire plus et on doit faire mieux pour
assurer que la transition énergétique se déploie de manière efficace et
optimale. On a reçu, au cours de la commission, pendant les travaux de
l'automne, plus de 70 mémoires et on aura entendu près d'une quarantaine de
groupes et d'intervenants lors des consultations particulières.
• (15 h 20) •
Et j'ai bien écouté leurs commentaires et
leurs propositions, alors c'est pourquoi on déposera prochainement quelques
amendements. Je m'assurerai d'ailleurs que mes collègues en aient bien pris
connaissance avant leur étude, on pourra ainsi mieux travailler ensemble.
Alors, je vais m'arrêter ici, M. le
Président, j'ai bien hâte de commencer à étudier le projet de loi plus en
détail,
article par article, et j'espère qu'on pourra l'adopter rapidement afin
qu'on puisse façonner ensemble l'avenir énergétique du Québec. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. J'invite maintenant le porte-parole de l'opposition
officielle à faire ses remarques préliminaires. M. le député.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. Je veux juste commencer, c'est sûr, de saluer mes collègues.
Oui, il faut... Je veux juste noter quelque chose. La ministre a dit qu'elle
veut qu'on adapte ça rapidement. Je vais être très, très clair : On va
prendre notre temps, mes chers collègues. J'aime vous beaucoup, j'aime d'être
ensemble puis je pense qu'on va prendre notre temps correctement, comme il faut
pour bien étudier ce projet de loi. C'est possible qu'on va avoir beaucoup des
heures en commission ensemble, mais c'est pour le bien-être du Québec. Alors,
je veux juste noter ça. Je veux dire, il n'y a aucune question de filibuster,
M. le Président, mais, quand même, c'est un projet de loi très, très important
pour notre société et pour l'avenir du Québec.
Je veux juste commencer rapidement en...
dire félicitations à la ministre pour sa nomination. Le 6 de juin, quand le
projet de loi a été déposé par l'ancien ministre, M. Fitzgibbon, j'ai dû
quitter la salle de l'Assemblée nationale...
M. Kelley : ...le salon bleu
au milieu de la période de questions, parce que j'ai reçu un texto de ma femme
que : Greg, notre bébé arrive là! Alors... Alors, grâce à notre collègue
le député de Pontiac, M. Fortin... Il a loué son auto à moi... loué,
excuse-moi, a prêté son auto à moi, puis j'ai été capable d'arriver juste en
temps pour voir la naissance de notre petit bébé, Abraham. Mais, quand même, je
n'ai pas eu une chance, Mme la ministre... dire félicitations pour votre
nomination, et je sais que vous travaillez fort pour tous les Québécois
présentement. C'est sûr qu'on va avoir un débat entre nous, et ça, c'est bien
correct dans une démocratie.
Je pense que c'est important juste de
commencer en... rappeler un petit peu les objectifs de ce projet de loi. Et
c'est sûr que j'ai écouté un petit peu à la distance avec bébé Abraham, alors
nous avons écouté les séances quand le ministre a présenté le projet de loi...
excuse-moi, pas présenté le projet de loi, mais a fait le débat sur le
principe, j'ai écouté aussi la porte-parole à l'époque, la députée de
Saint-Laurent. La ministre a répété une couple des choses aussi, M. le
Président, dans ses remarques préliminaires. Mais je sais que ce projet de loi
touche beaucoup la question de gouvernance, la gestion de l'offre, le...
optimiser l'électricité, et c'est sûr que c'est des grands... certains grands
éléments de ce projet de loi, et c'est sûr, pour nous, on a certaines craintes
puis certaines questions, des choses qu'il faut clarifier aussi, avoir un bon
débat là-dessus.
Je veux juste commencer avec la
gouvernance. C'est bien sûr, c'est une chose, M. le Président, d'avoir les
intentions d'améliorer la gouvernance pour le secteur du développement de
l'énergie. Mais une place que je pense qu'on peut peut-être améliorer les
choses, et ça, ça va être une priorité pour le Parti libéral du Québec, c'est
encore... je reviens avec des blocs d'énergie et aussi pour les critères.
Si on veut parler, chers collègues, d'une
bonne gestion, une bonne gouvernance, mais comment c'est... juste qu'une
entreprise peut appliquer pour un bloc d'énergie, puis c'est un non sans
explication? Les gens n'ont pas nécessairement un accès à la grille d'analyse.
Pourquoi leur projet n'était pas mis en priorité versus un autre? Alors, si
vous êtes une entreprise, vous êtes en compétition sur le marché libre,
peut-être, vous pouvez au minimum avoir une idée, avec une autre entreprise,
vous faites une soumission sur un contrat, puis finalement ça ne marche pas,
mais : Tu sais, ah! je n'étais pas capable d'offrir le meilleur prix nécessairement.
Eux autres ont eu un meilleur produit, quelque chose comme ça, alors j'ai perdu
le bataille. Au minimum, une entreprise peut dire : O.K., c'est correct,
là, j'ai perdu cette fois-ci, mais je vais améliorer mon plan d'affaires, je
vais travailler sur comment je peux réduire le prix pour mon produit, n'importe
quoi, là, redresser des enjeux, des échecs puis réappliquer ou être prêt pour
le prochain appel des offres.
Mais je reviens pour l'instant pour les
blocs d'énergie. Je pense que beaucoup des entreprises... sont restées dans le
noir posent des questions : Mais pourquoi pas nous? Si une entreprise
juste à côté a reçu un O.K. ou, quand même, un projet qui vient de l'extérieur
du Québec a reçu un O.K. dans le même coin, pourquoi moi, je suis refusé? Sur
quelle base de critères? Est-ce que c'est exclusivement une décision qui a été
prise au niveau politique? C'est toutes des questions légitimes. Et je sais que
dans les mémoires, beaucoup des groupes parlent de l'importance de la
transparence dans les actions d'Hydro-Québec et commandes du gouvernement, de
bien comprendre pourquoi certaines décisions ont été prises. Puis j'ai remarqué
dans les différents mémoires, M. le Président, l'enjeu des blocs d'énergie
revient souvent, et des gens posent des questions. Quand même, des chiffres
sont dans le mémoire de MEQ... pas mal étonnant de voir le nombre des groupes
qui étaient... qui disent clairement et publiquement qu'ils ont besoin de plus
d'énergie pour leurs propres projets. Alors, ça, c'est une chose que c'est sûr,
on va parler, c'est un exemple, la gouvernance.
Et quand même, il y a des modifications
pour le conseil d'administration d'Hydro-Québec, les autres éléments. On va
regarder, on va prendre le temps de... Regarde, on sait que ça, c'est une
préoccupation, comment les Premières Nations et les Inuits peuvent être...
peuvent être inclus plus dans les processus décisionnels de la part du
gouvernement quand ça vient à développer des projets énergétiques, et on ne...
pas nécessairement le morceau, mais au plan global puis la stratégie globale,
et de ne jamais oublier qu'eux autres ont des droits aussi qui doivent être
respectés. J'ai vu dans la présentation qu'on a eue hier avec les
fonctionnaires de l'État qu'il y a des amendements qui s'en viennent concernant
les autochtones. Si je ne me trompe pas, je pense, j'ai vu ça dans la
présentation. Mais, bref, on va avoir une bonne...
M. Kelley : ...j'ai vu ça dans
la présentation. Mais, bref, on voit une bonne discussion là-dessus. Alors, sur
la question de gouvernance, on va être prêts pour faire une bonne discussion.
Sur la gestion de l'offre, c'est sûr qu'on
a toujours des questions sur cette décision de retirer la nécessité
d'Hydro-Québec d'aller en appel d'offres. J'ai entendu qu'est-ce que M. Sabia a
dit en commission, mais quand même, est-ce qu'on va s'assurer que c'est le
meilleur prix pour les consommateurs et pour les clients? C'est quelque chose
que j'ai hâte d'entendre le ministre là-dessus, mais quand même, avoir une
discussion pour s'assurer que c'est la meilleure pratique pour l'avenir du
Québec. Et je pense qu'aussi quand même, on a parlé, le plan de gestion
intégrée, qui est quelque chose que pas mal tout le monde a dit on a besoin
une. Mais, en même temps, c'est un peu bizarre qu'on arrive avec un plan, dans
deux ans, qu'on va prendre, et on a déjà pris certaines décisions très
importantes pour notre avenir énergétique. Mais, quand même, pour s'assurer que
ce plan pour la suite des choses et pour l'avenir est bien... bien prêt, bien
encadré. Et je sais qu'il y a des experts, Mme la ministre, qui sont passionnés
par ces questions comme de plan intégré et comment ça doit être écrit. Et je
sais qu'une grosse
partie va arriver plus tard, quand c'est finalement déposé
par le gouvernement. Mais j'ai hâte d'avoir une bonne discussion là-dessus.
Et on sait aussi, M. le Président, la
question d'optimiser électricité, quand on parle des tarifs, on sait, avec
l'arrivée de M. Trump, une très mauvaise nouvelle pour plusieurs de nos entreprises
dans le secteur de l'aluminium puis aussi de la production d'acier. Et on sait
que c'est juste un départ. Je sais que mes collègues ont vu dans les nouvelles,
c'est écrit dans le Washington... excusez-moi, le Wall Street Journal, que le
président n'exclut pas de prendre des actions de représailles, si nous on
réplique à eux autres. Alors, peut-être pour l'instant, c'est l'aluminium puis
aussi l'acier, mais peut-être dans la suite des choses, ça va être des autres
éléments qui va être... va voir des tarifs qui sont imposés à des différents
taux. Alors, c'est quelque chose à suivre, c'est comment la capacité de payer
de nos entreprises. On a... C'est sûr que nous avons des questions autour, M.
le Président, sur le plan du gouvernement... excusez-moi, pas «le plan» mais
les articles pour le fonds de compensation pour Hydro Québec pour garder les
tarifs résidentiels à un certain prix. Et tous ces éléments sont
hyperimportants à discuter puis de débattre autour de cette table parce que ça
va avoir des conséquences sur notre société et notre économie pour les
prochains 20 ans, et plus longues... plus de longues dans l'avenir, M. le
Président.
• (15 h 30) •
Une autre chose que je sais n'est pas
écrite directement dans notre projet de loi, mais vous savez, M. le Président,
j'ai une obsession avec les microréseaux puis des panneaux solaires. J'ai posé
plusieurs questions. Oui, «M. Soleil», et tout ça. Mais encore, le rapport de
Nate... un expert dans le domaine de l'énergie, a démontré, M. le Président, que
l'année passée, le solaire a eu une autre... une autre année extrêmement
impressionnante sur la planète. C'est en croissance incroyable. J'étais content
d'entendre M. Sabia dans ses entrevues avec M. Lagacé que peut-être
Hydro-Québec, je ne veux pas mal citer M. Sabia, mais grosso modo, il
dit : Peut-être qu'on a sous-estimé la capacité du solaire. Et j'adore ça.
C'est bien parfait. Mais il y a un autre élément de l'équation qui est
hyperimportant, M. le Président, et ça, c'est le stockage de l'énergie des batteries.
Et, quand même, pour les gros projets éoliens, est-ce qu'il y a une façon qu'on
peut mieux intégrer les systèmes de stockage.
Puis aussi, M. le Président, il faut avoir
une discussion. J'ai vu qu'Hydro-Québec a peut-être une... c'est possible ou
ils ont les intentions de déposer un plan pour subventionner des panneaux
solaires. Mais, à l'instant, dans certaines municipalités, un panneau solaire
sur un toit, c'est interdit. Alors, il faut avoir aussi un petit peu de
consistance, un mieux à l'autre, que tout le monde a le droit de produire
l'électricité s'il veut. Alors, de faire une vérification qu'au minimum tout le
monde joue par les mêmes règles pour l'autoproduction. Je pense, ça, c'est un
élément très important.
Et en ajoutant ça, je pense qu'on doit
regarder la permission aussi pour les gens d'avoir des systèmes de stockage sur
le territoire. Puis il y a aussi tout le côté... le côté agricole. Oui, on veut
protéger nos terres agricoles, mais en même temps, peut-être qu'il y a des
opportunités très intéressantes pour nos fermiers de faire... de produire
l'électricité dans un moment qu'on a besoin plus.
Puis il y a un autre élément qui, c'est
sûr, est très important pour le Parti libéral du Québec, c'est
l'article 38 où est-ce qu'on...
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15 h 30 (version non révisé
e) M. Kelley : ...en
question le monopole d'Hydro-Québec pour la discussion et tout ça. Il faut
avoir une discussion. Je sais que des groupes ont présenté dans les mémoires
leurs craintes avec cette possibilité. Et moi, je suis pour la proposition, M.
le Président, mais je pense, c'est clairement dit dans l'autre proposition que
c'est pour autoproduire, pas nécessairement de vendre à plusieurs voisins, à un
voisin adjacent. Et c'est quoi la définition d'un voisin adjacent? Est-ce que c'est...
c'est une ville? Bref, ça, c'est toutes des discussions qu'il faut avoir autour
de la table pour garder qu'Hydro-Québec on contrôle le monopole. Et je suggère
fortement que, oui, je suis pour le microréseau, mais le microréseau doit être
fait avec Hydro-Québec. Si on va revendre l'électricité qui est produite qui est
dans les batteries, c'est Hydro-Québec qui parle des fois de prendre les
batteries de nos autos et peut-être des batteries installées à la maison pour
ajouter à leur réseau dans les points... les points critiques, les failles, mais
il faut aussi encadrer toutes ces questions-là. Et si c'est une journée qu'il y
a beaucoup de soleil au milieu de l'été, on sait que nos voisins en Ontario, le
pic, c'est plus quand ils ont besoin beaucoup d'air climatisé, alors, si on
peut ramasser l'énergie des surplus qui sont faits dans une communauté, est ce
qu'on peut ajouter ça sur le réseau pour vendre à nos voisins? Est-ce qu'il y
aurait compensation pour les clients et tout ça? C'est des discussions, je
pense, qu'il faut avoir de la... de mieux encadrer la disposition. C'est permis
par les lois existantes. Mais est-ce qu'il faut mieux définir tous ces concepts-là?
Ça, c'est quelque chose de le mettre de l'avant.
Et encore, je reviens sur la question, M.
le Président, sur la privatisation et tout ça. Je veux revenir aussi un peu,
juste rapidement... M. le Président, combien de temps qu'il reste?
Le Président (M. Montigny) :
Il vous reste 7 min 20 s.
M. Kelley
: Sept
minutes, c'est bon. Oui, je vais... Je vais être un petit peu politique, M. le
Président, mais pourquoi nous sommes ici? Je pense que c'est une question qui
est très importante de poser. Moi, j'ai déjà étudié le projet de loi n° 2
et 34. Je ne sais pas s'il y a des autres personnes autour de table qui ont eu
le plaisir de faire l'étude de tous les projets de
loi sur l'énergie depuis
2018, depuis de l'arrivée de la CAQ au pouvoir, mais moi, je suis une des
personnes qui l'a fait. Alors, quand on arrive avec une situation où le
gouvernement dit, M. le Président, qu'il faut augmenter l'offre, bien, je pose
la question : Notre énergie, elle est où? Parce que quand on est arrivé au
pouvoir en 2018, on a eu des surplus d'énergie. Et je rappelle, M. le Président,
que quand même, en 2016, le gouvernement du Québec, il est géré par le premier
ministre, M. Couillard, a quand même dit qu'il faut augmenter notre
production. C'était nécessaire parce qu'il va y avoir des besoins majeurs. C'est
écrit noir sur blanc sur la politique énergétique du gouvernement à l'époque.
Et on a proposé de déployer des projets d'éoliennes sur le territoire du Québec.
Puis à l'époque, la CAQ, dans la deuxième opposition officielle, était
complètement contre parce que les coûts étaient trop élevés.
Alors, c'est sûr que le projet d'Apuiat a
été mis sur pause. Éventuellement ça a été approuvé par le gouvernement. Puis
maintenant, on est bien fier qu'on a un projet hyper intéressant avec nos
partenariats autochtones, les Innus, mais quand même ça a pris un peu de plus
long de le mettre en place et d'aller de l'avant. On a un modèle qui semble
marcher avec les autres communautés. Alors, c'est une bonne pas de l'avant.
Mais je me rappelle, parce que j'étais attaché politique à l'époque, d'écouter des
débats en Chambre sur comment l'énergie éolienne n'était vraiment pas bonne. Ça
coûtait trop cher. Puis il faut avoir le meilleur prix pour notre énergie et
tout ça. Alors, quand même, c'est bien correct, mais quand le gouvernement est
arrivé au pouvoir, ils ont dit : On va... On va vendre tous nos surplus. Des
surplus ne sont pas une bonne chose. Ce n'est pas bon. Alors, le premier
ministre a dit : Je vais prendre ma valise, puis aller à New York, puis on
va trouver des ententes. Puis le gouvernement a trouvé une entente avec New
York. C'est sûr que l'ancien gouvernement a négocié le contrat avec Massachusetts,
mais c'était signé par le premier ministre et approuvé par ce gouvernement. Bien
correct. Mais on sait aussi que le gouvernement a regardé les blocs d'énergie
existants puis ont dit : Bien, on va ramener les entreprises d'ailleurs
ici puis, oui, on va donner des blocs d'énergie des entreprises au Québec, mais
on va utiliser ça comme un point de vente pour une entreprise comme Northvolt.
C'est une réalité.
Et maintenant, on arrive à une situation
où on n'a plus de surplus. On a deux contrats avec les États-Unis pour nos
blocs patrimoniaux de vendre à eux l'électricité moins chère pour décarboniser leurs
économies. Puis maintenant on a des entreprises, ici au Québec, qui n'ont pas d'énergie
pour leurs propres projets. Et on doit maintenant augmenter l'offre pas mal
rapidement. Et ça, c'est dû, selon moi, à un manque de planification. Comme je dis,
bien content qu'on va...
M. Kelley : ...un PGIRE dans
ce projet de loi, mais le gouvernement a dû commencer avec le PGIRE au début,
de bien analyser c'est quoi, nos besoins pour les prochains 20 ans. Et
quand même, toutes les études qui étaient faites par... ça n'inclut pas
l'«artificial intelligence», l'intelligence artificielle, qui... on le sait
Maintenant, les Américains, les choses qu'ils construisent le plus rapidement,
c'est les centres de données. C'est plus rapide que toutes les autres, parce
qu'ils ont vu : Aïe! On a besoin des centres de données... des leaders
dans l'intelligence artificielle, alors c'est un «driver». Alors, c'est
encore... Des choses peuvent changer rapidement aussi. C'est sûr qu'en 2016 il
n'y a pas beaucoup de monde qui a parlé souvent de l'intelligence artificielle.
Je sais que l'ancien gouvernement a lancé des plans. Ce gouvernement travaille
là-dessus. C'est une question très, très complexe. Mais c'est juste un exemple
de quelque chose qui peut changer le marché de l'énergie assez rapidement.
Et tout ça pour dire que, de notre côté,
on est fiers de notre legs et on est fiers de qu'est-ce que les anciens
premiers ministres ont bâti comme projets. On est fiers du legs de M. Lesage,
on est fiers du legs de René-Lévesque, on est fiers du legs de M. Bourassa, on
est fiers du legs de Jean Charest, on est fiers du legs de M. Couillard. Et
c'est sûr que, oui, je vais être gentil, je vais lancer des fleurs, M. le
Président. Je sais que, maintenant, le gouvernement a un gros défi devant eux
et je sais que le premier ministre prend ça au sérieux puis il cherche ses
options et les solutions. C'est la responsabilité de tous les premiers
ministres. Je ne nie pas qu'est-ce que Mme Marois a fait non plus, c'était
une... peut-être une période un petit peu plus courte, et on sait que les
anciens premiers ministres, Bouchard, Parizeau, ont tous pu faire leur
partie
aussi pour bâtir un Québec qui est plus vert, qu'il y a eu des débats et quand
même, à partir des lois, qu'il y a eu des impacts. Comme, sur le tarif L, en
2000, c'est un gouvernement du Parti québécois qui a mis ça en place. Alors,
tout le monde a eu un rôle à jouer dans notre legs, puis on est fiers d'eux,
mais je sais qu'on... il faut juste noter que des grands projets, des grands...
libéral, O.K., on va dire ça comme ça.
Alors, je sais que j'ai deux minutes qu'il
reste et, Mme la ministre, je veux juste réitérer, et M. le Président, il n'y a
pas une intention de faire de filibustering, mais on va quand même prendre
notre temps d'étudier ce projet de loi, d'amener nos arguments, et mettre ça de
l'avant, et essayer de travailler dans un esprit de collaboration. Je sais
qu'il y a un paquet des amendements, on a vu ça... on a reçu ça vendredi, on a
eu une chance de regarder ça rapidement, mais quand même, comme je dis, nous,
on va avoir nos amendements. J'imagine que mes collègues de... les autres
partis de l'opposition vont avoir leurs propres amendements. Puis on va étudier
tout ça dans un rythme qui est... comment je peux dire ça, je ne dis pas
correct, mais on va prendre notre temps comme il faut...
Une voix : ...
M. Kelley : ...raisonnable,
raisonnable. Alors, M. le Président, merci beaucoup pour votre écoute. Je sais,
comme député de la Côte-Nord, vous êtes très fier de votre région, une bonne
annonce pour vous la semaine dernière. Puis on va continuer d'avoir des bonnes
discussions autour du développement de notre avenir énergétique. Merci.
• (15 h 40) •
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, M. le député de Jacques-Cartier. Maintenant, j'inviterais le
porte-parole du deuxième groupe de l'opposition à faire ses remarques
préliminaires. M. le député.
M. Bouazzi : Merci, merci, M.
le Président. Très heureux d'être ici. Moi, j'espère qu'on va l'étudier aussi
vite qu'on peut pour obtenir le meilleur résultat possible. Je note, ceci étant
dit, que c'est un projet de loi qu'on attend depuis deux mois... deux ans,
pardon, et donc disons que la
partie gouvernementale a quand même pris beaucoup
de temps avant de nous le partager. Je voudrais... ce n'est pas grave, ce n'est
pas grave. Je voudrais peut-être expliquer dans quel état d'esprit on embarque
dans cette... de ce long vortex parlementaire qui sera cette commission. Mme la
ministre a raison de placer l'exercice que nous faisons sur le temps long, on
s'apprête à parler d'ambition jusqu'à 2050. Et c'est important de replacer, sur
le temps long, où est-ce qu'on est rendus aujourd'hui et pourquoi nous y
sommes.
D'abord, Hydro-Québec est un formidable
exercice de mise en commun, de reprise de pouvoir du peuple du Québec, un
exercice d'enrichissement. Cet exercice-là a commencé dans les années 40
avec Adélard Godbout, où il y a eu la création d'Hydro-Québec, pour ensuite,
dans les années 70-80, passer par des nationalisations très importantes où
on croyait encore une fois que nos rivières, nos cours d'eau étaient un bien
commun et une richesse commune...
M. Bouazzi : ...et nous avons
créé ce bien commun, cette richesse commune qui est Hydro-Québec. À partir de
1998, malheureusement, cette croyance-là se corse, et une nouvelle croyance,
qui a été gardée au fur et à mesure des gouvernements, est venue introduire la
question de la place du privé, qui n'était pas du tout la philosophie qui était
là avant. Donc, ça a commencé avec les gouvernements du Parti québécois, à
l'époque de M. Landry et M. Bouchard, pour ensuite continuer, au fur et à
mesure du temps, où on a considéré que les éoliennes, et donc tous les nouveaux
projets à
part le projet de la Romaine, vont être faits dans des contextes
privés. C'est ce qui fait, aujourd'hui, M. le Président, que 100 % des
éoliennes qu'il y a sur le Québec ont été construites par le privé. Et donc
c'est venu casser cette philosophie-là, et puis ça apporte, encore une fois,
une croyance assez impressionnante qui nous a coûté terriblement cher.
Et je reviendrai ensuite sur ce qui s'est
passé depuis que la CAQ est arrivée, mais je pense que c'est important de
rappeler pourquoi est-ce que le privé nous coûte une fortune, collectivement.
D'abord, évidemment, une différence entre le privé et le public, c'est qu'une
partie du coût... au-delà des salaires, des fournisseurs, etc., il y a,
évidemment, les dividendes qu'on donne aux actionnaires. L'IREQ a calculé, en
gros, que, jusqu'à 2023, on évalue entre 1 milliard et 1,6 milliard de pertes
nettes pour les revenus de l'État qui sont partis en dividendes. Et, d'ici
2035, on va probablement dépasser le 3,5 milliards de dollars. Ça, c'est
de l'argent qui part au privé juste parce qu'on croit qu'on ne devrait pas faire
ça dans le public, mais ça ne donne pas une idée, en fait, de ce qui se passe
vraiment parce que la plupart du coût, en fait, est un coût du financement, ne
va pas chez les actionnaires, mais c'est du prêt. Comme vous le savez, Mme la
ministre, il y a à peu près trois quarts du coût d'une éolienne qui est un prêt
qu'on prend à la banque. Or, quand Hydro-Québec va s'endetter auprès d'une
banque pour construire, parce qu'Hydro-Québec va s'endetter pour les 150, voire
180 milliards de dollars qu'elle va demander, bien, les banques lui
prêtent au taux de l'État, parce que cette dette-là est adossée et sécurisée
par l'État. Et donc on est autour de 3, 4 % sur du long terme, alors que,
quand le privé va faire les mêmes prêts pour les mêmes montants, il se retrouve
à payer 7, 8 % d'intérêts.
Donc, si on oublie tout le reste, si on
pense juste à la différence d'intérêts entre le 3, 4 % qu'Hydro-Québec
paie sur 20 ans qu'est la vie d'une éolienne, et le 7, 8 % que le privé
paie, eh bien, on se retrouve, à chaque éolienne, à transférer de l'argent vers
des industries bancaires, en plus de l'argent qu'on avait prévu pour les
actionnaires qui fournissent, en général, le 25 % manquant du financement
fixe. Ça fait que ça, c'est un... ça, c'est des pertes nettes.
Viennent se rajouter d'autres pertes. Un
des gros problèmes du marché de l'énergie, chers collègues, c'est qu'il est
d'une instabilité absolument incroyable. Moi, je dois avouer que j'ai été
renversé quand j'ai vu les courbes autour du marché spot, le marché... fameux
marché instantané où... je veux dire, le marché du bitcoin, à côté, était d'une
stabilité absolument incroyable. On peut évaluer de moins 0,03$ à plus
250 $ en pas grand temps. À partir du moment où on produit de
l'électricité, surtout avec le solaire et l'éolienne, à des moments où on n'a
pas besoin ni de chauffer ni de refroidir, eh bien, cette énergie-là, et puis
on l'a vu pendant la COVID, peut être vendue négativement, c'est-à-dire que les
gens nous la vendent contre de l'argent et nous paient, en plus, pour la
garder. Et puis, bien, il y a des moments, les moments de pointe qu'on connaît
très bien, où, tout d'un coup, l'électricité coûte terriblement cher.
Or, on a des contrats sur 20 ans, avec le
privé, où on garantit un prix d'achat sur 20 ans, malgré ces énormes variations
et un risque de marché, vous savez, Mme la ministre, qui est absolument énorme.
Et donc absorber ce risque de marché là nous coûte aussi une fortune parce
qu'en fin de compte on socialise les pertes, s'il y en a, et on garde les gains
au privé sur chaque kilowattheure qu'on vend à un coût constant, quel que soit
le marché.
Rajoutons à ça un legs que l'ancien
ministre Fitzgibbon nous...
M. Bouazzi : ...où il a
distribué pour 2500 mégawatts d'électricité en 18 mois, si mes souvenirs
sont bons, avant de quitter, et c'est un 2500 mégawatts que nous n'avons pas
vraiment et que nous allons vendre autour de 500... 0,05 $ le
kilowattheure quand les nouvelles installations vont nous coûter en dessous du
kilowattheure, des études dans les mémoires que nous avons vus, nous montrent
que, sur 20 ans, on parle de 22 milliards de dollars de
différence entre l'électricité qu'on va payer, quand... qu'est-ce qu'elle nous
coûte, et qu'est-ce qu'on va donner aux Northvolt et autres compagnies de ce
monde. Donc, une des choses très importantes, ça va être de garantir que ce
bien commun qu'est Hydro-Québec et ce bien commun aussi qu'est le vent et les
rivières, le soleil, soient mis à profit pour les Québécoises et Québécois. Et
que cette philosophie, cette croyance, je dirais même, cette croyance
intégriste dans le marché soit quand même modérée au minimum et dans notre cas
à nous, mise... abandonnée pour s'assurer qu'Hydro-Québec reste et recommence à
être ce qu'elle devrait être, malgré les 20 dernières années de
destruction.
Le deuxième point, c'est la question
démocratique. Il y en a vraiment beaucoup dans ce projet de loi, mais
commençons peut-être par le fameux PGIR. Nous sommes très heureux, nous l'avons
dit, qu'enfin le gouvernement se dote de la responsabilité de planifier, mais
nous sommes très étonnés que le gouvernement n'ait pas senti qu'il y avait déjà
les capacités de planifier et même de commencer par planifier, plutôt que de
nous mettre devant un fait accompli d'un projet de loi, sans même savoir
pourquoi est-ce qu'on change les différentes lois, qui sont vraiment
importantes, Hydro-Québec, la Régie de l'énergie, etc.
Et, à ce titre-là, on ne peut que se
désoler qu'on vienne répondre... pour vous donner un ordre de grandeur, M. le
Président, Hydro-Québec est arrivée un jour, elle nous a dit : Je vais
doubler, j'ai une courbe, là, et puis je vais doubler la capacité de production
d'Hydro-Québec d'ici 2050. On parle de 120 térawattheures, 120 térawattheures,
donc l'équivalent à peu près de ce que... de ce qu'elle produit déjà. La
Romaine, qui nous a pris 11 ans à construire, 11 ans à construire,
ces quatre barrages, produit 8,5 térawattheures. Donc, on parle de
produire l'équivalent de 20 Romaines. Rappelons que ça nous a pris
11 ans, en l'espace de 25 ans.
• (15 h 50) •
Donc, laissez-nous le droit de douter dans
les capacités, malgré tout l'amour qu'on a pour Hydro-Québec, d'être capable de
livrer une telle chose. Laissez-nous aussi nous poser la question sur qu'est-ce
que ça veut dire exactement pour la protection de notre environnement. Il y a
des études qui nous ont montré, je n'en ai pas vu pour le Canada, mais pour
l'Union européenne par exemple, il y a des études... Parce qu'il y a un défaut
dont on parle beaucoup pour le solaire et l'éolienne, c'est le fait que, bien,
c'est intermittent. Évidemment, quand il n'y a pas de vent, il n'y a pas de
soleil, ça ne marche pas. Mais un des... un des défauts dont on parle beaucoup
moins, c'est la surface que ça prend. Ça prend vraiment beaucoup de surface. Il
y a une étude pour l'Union européenne qui montre que si toute l'énergie que
l'Union européenne consommait était en renouvelable, donc en solaire ou en
éolienne, bien, ça occuperait 10 % du territoire complet de l'Union
européenne en solaire et en éolienne. Ça, c'est plus que ce qu'il y a comme
terrain agricole dans toute l'Union européenne. Donc, on se doute que les
visions de grandeur basées sur des champs d'éoliennes à perte de vue, si on les
trouve très charmantes pour ceux qui les trouvent charmantes, moi, je suis
ingénieur de formation, je trouve celles de la Gaspésie très... très jolies,
mais une fois qu'il y en a 10 fois plus, 50 fois plus, bien, on peut
se poser la question : Qu'elle... qu'est-ce qui va rester de notre
environnement? Et pourquoi en fait on fait tout ceci? Qui revient à la
question : Mais pourquoi on fait tout ceci? Et on nous dit : Bien,
c'est pour atteindre la carboneutralité dans... d'ici 2050.
D'abord, malheureusement, l'objectif de la
carboneutralité n'est pas dans le projet de loi, mais en plus, il n'y a même
pas le mot «pétrole» à l'intérieur de ce projet de loi. On entend même les
ministres commencer à nous parler d'énergie Est, d'autres types de pipelines,
etc., nous parler d'acceptabilité sociale. Or, on sait très bien que nous
sommes à l'étape de la sobriété énergétique. Nous sommes à l'étape d'avoir
une... Il faut absolument qu'on ait une courbe. Et normalement, on aurait dû
avoir le PGIR avant pour voir la courbe de la consommation du pétrole et de
tout ce qui...
M. Bouazzi : ...produit du GES
diminué pendant que celle la production d'électricité augmente. Et donc nous
allons faire... être très, très vigilants sur les questions qui touchent,
justement, à des véritables objectifs d'atteinte, de baisse de gaz à effet de
serre, de carboneutralité puis ne pas se cacher derrière un soi-disant
développement durable, vers une électricité verte, etc., pour, en fin de
compte, se retrouver à appuyer sur l'accélérateur dans une idéologie
capitaliste totalement débridée qui est en train de juste détruire notre
environnement de vie, et on est en train de détruire l'avenir de nos enfants.
Je veux dire, l'idée de dire que, tout ceci, on a comme un développement infini
devant nous, comme... comme... une expression, j'ai oublié de quel économiste
des années 30, là, qui disait que les gens qui pensent qu'on peut avoir
une croissance infinie dans un monde fini sont ou fou ou économiste. Mais moi,
je pense qu'il faudrait qu'on sorte de cette folie commune et qu'on se pose la
question : Quel genre de sobriété on doit mettre en place pour pouvoir
garantir un avenir durable et juste une faisabilité? Parce que faut-il encore
le rappeler qu'on vise à produire l'équivalent de 20 Romaine en
25 ans.
Alors, ce projet de loi, malheureusement,
ne va pas dans le bon sens. On le voit sur les questions démocratiques, sur la
question du C.A. d'Hydro, sur la question des super pouvoirs que le ministre
Fitzgibbon s'était donnés, où il s'est donné lui-même le pouvoir de vie ou de
mort sur n'importe quelle industrie qui demanderait plus de cinq mégawatts.
Malheureusement, ce projet de loi ne revient pas en arrière sur un tel... un
tel pouvoir discrétionnaire assez hallucinant, là, où il n'y a même pas de
procédure d'appel, etc. Et évidemment il n'y a pas eu le débat démocratique
dont on a besoin pour comprendre quel genre de projet de société, parce qu'une
transition énergétique c'est un projet de société, nous sommes en train de
choisir collectivement. Moi, je... bien, je me doute que ce n'est pas celui
qu'on espère, je me doute que ce n'est pas un projet de société faisable,
malheureusement, mais le débat de société n'a jamais eu lieu malheureusement.
Le fait qu'il y a toutes sortes de choses qui vont dans le mauvais sens. Parmi
elles, le fait que le privé peut vendre au privé, parmi elles le fait qu'on
abaisse la limite à partir de la... en fait, on monte la limite concernant le
fait que des barrages soient gérés par le privé, ce qui va permettre à
Hydro-Québec même de vendre des barrages qui leur appartiennent actuellement.
Il y a aussi les questions des appels d'offres, etc. Ça fait que j'espère
honnêtement qu'il va y avoir une collaboration sincère de la part de la
ministre. Ce n'est plus le projet de loi de Fitzgibbon, c'est le projet de loi
de la ministre. Elle a une chance, c'est de laisser quelque chose de vivable à
nos prochaines générations et de ne pas se plier à un héritage qui ne fait que
c'est l'équivalent de Drill, baby, drill, mais version québécoise, là. Il
serait... il serait temps de se poser la question : Comment est-ce qu'on
va consommer moins d'énergie, mieux d'énergie et à quelle vitesse on va se
débarrasser des énergies polluantes? Merci, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, M. le député. Maintenant, j'inviterais... je céderais la parole au
porte parole du troisième groupe de l'opposition. Vous avez la parole, M. le
député.
M. Paradis : Merci, M. le
Président. Je vous remercie à l'avance de présider nos débats et nos
discussions. J'ai l'impression qu'on va avoir quelques jours, quelques semaines
de discussions. J'aimerais saluer la ministre, elle a commencé son nouveau
mandat avec les consultations particulières sur ce projet de loi n° 69.
Depuis... depuis le temps, j'imagine qu'elle a eu l'occasion encore plus de se
familiariser avec le domaine. Je pense qu'on va avoir des discussions
intéressantes aussi. Salutations aux collègues des banquettes... de la
banquette gouvernementale et à mes collègues de l'opposition. Salutations à
tous les gens du ministère et du cabinet. Je sais qu'il y a énormément de
travail derrière ce projet de loi et je sais qu'il y a une volonté commune. Et,
là-dessus, je rejoins mon collègue du premier groupe d'opposition sur le fait
que, je le sais, que nous voulons tous le meilleur intérêt du Québec et que
nous sommes porteurs et porteuses ensemble d'une grande responsabilité, parce
que nous allons parler d'un des plus grands héritages collectifs du Québec, qui
est Hydro-Québec, mais qui est aussi cette prise de possession de notre avenir
énergétique et de notre avenir...
M. Paradis : ...économique par
la création d'un géant à l'échelle internationale qui a mis le Québec à
l'avant-plan en matière d'énergie, d'énergie verte, d'ingénierie, de vision
d'un avenir collectif. Donc, c'est très important. Et je sais qu'on est porteur
de ça, donc je sais qu'il y a beaucoup de travail derrière ça. Et ayant voté
contre l'adoption de ce projet de loi, tout comme d'ailleurs tous les collègues
de l'opposition, vous comprendrez qu'on a des critiques, des critiques assez
sérieuses de ce projet de loi que je vais réitérer dans cette déclaration
préliminaire, dans cette déclaration d'ouverture. Mais tenant compte... donc je
sais qu'il y a beaucoup de gens qui ont travaillé fort, avec beaucoup de bonne
volonté sur ce projet de loi.
La première question qu'on peut se poser
aujourd'hui, c'est : Mais qu'est-ce qu'on fait ici ensemble aujourd'hui,
particulièrement aujourd'hui? Et pourquoi je pose la question? C'est parce
qu'il y a tellement d'intervenants qui sont venus ici en commission, en
consultations particulières nous dire : Oui, mais on n'a toujours pas
d'idée de la vision du gouvernement quant à l'avenir énergétique et économique
du Québec. Hydro-Québec a déposé son plan à l'horizon 2035, mais le
gouvernement n'a toujours pas fait part de sa vision de l'avenir énergétique du
Québec. Et il y a un grand débat qui est réclamé par l'ensemble de la société
civile au Québec sur ces questions-là, qui devrait précéder les discussions
qu'on va avoir sur un projet de loi qui est en quelque sorte une boîte à outils
pour se rendre quelque part. On est en train de discuter d'une route sans
savoir où elle va nous mener. Donc, une route pour aller où?
Ce qu'il y a d'intéressant, c'est que le
projet de loi... ou ce qu'il y a de paradoxal, c'est que le projet de loi
insiste beaucoup sur l'importance d'un plan de gestion intégré des ressources
énergétiques. On nous dit que c'est la clé, mais que, là, on va adopter ce
projet de loi là pour établir un premier plan de gestion intégré, mais il n'y a
absolument rien qui empêchait le gouvernement d'adopter un tel plan dans le
contexte réglementaire et normatif actuel. Et il aurait fallu le déposer pour
dire : Voici ce qui est notre vision, Québécoises et Québécois, gens du
secteur du monde des affaires, de grandes entreprises, la PME, tout le monde,
M. et Mme tout le monde, c'est là qu'on veut aller et voici pourquoi nous vous
proposons cette boîte à outils, cette série de normes pour y aller. Et là on
est en train de faire l'inverse, et c'est un problème récurrent de ce
gouvernement que de ne pas faire part à l'avance de sa grande vision, de ce
grand plan, comme si c'était quelque chose qu'on gardait proche de sa main dans
une
partie de poker puis qu'on ne veut pas vraiment que les gens sachent ce
qu'on veut faire.
• (16 heures) •
Quelle est la réponse du gouvernement au
plan proposé par Hydro-Québec? Est-ce que le plan d'Hydro-Québec, c'est le plan
du gouvernement? On ne le sait toujours pas et on commence aujourd'hui, dans un
contexte international parmi les plus turbulents qu'on ait connu... j'allais
dire de mémoire de politicien, mais, dans mon cas, ça ne fait pas si longtemps
que ça, mais ça fait longtemps qu'on n'a pas connu un contexte international
aussi difficile, aussi complexe, où la question des ressources énergétiques est
placée au cœur des questions de commerce international qui nous préoccupent.
Dimanche dernier, l'administration Trump
annonce des tarifs sur l'aluminium et sur l'acier. La question de l'aluminium
est intimement liée à la question de la production d'électricité au Québec.
Comment ça se fait qu'après tant de discussions et après tant d'attente, on
arrive puis on vient discuter de ça aujourd'hui? Est-ce que c'est vraiment ça
le signal qu'on veut donner à tout le monde? Je me pose la question. Donc, quel
est l'intérêt d'arriver avec ça aujourd'hui, cette semaine? Est-ce qu'on aurait
pu se poser la question sur : Bien, peut-être qu'on peut attendre
d'évaluer un petit peu ce qui se passe, sans prendre panique, là, sans dire
qu'on met tout sur pause? Ce n'est pas ça du tout que je suis en train de dire,
mais je trouve que c'est quand même paradoxal qu'on arrive avec ça aujourd'hui.
Et la ministre en a fait état tout à
l'heure, on a eu des consultations particulières très intéressantes, mais avec
des avis parfois très opposés sur des questions fondamentales. Et moi, comme
député quand même assez récemment élu, je suis toujours surpris de voir qu'il
n'y a presque pas d'ajustements qui ont été apportés au projet de loi. Je
m'attendais, je l'avoue, très sincèrement, je m'attendais à une profonde
réflexion de la part du gouvernement et de la nouvelle ministre qui arrivait
dans... il y avait cet avantage-là. Quand tu arrives, tu prends ton nouveau
mandat, tu peux dire : Bon, bien, j'ai une occasion de me distinguer de
mon prédécesseur, peut-être de donner une nouvelle...
Haut de la page
16 h (version non révisé
e) M. Paradis : ...couleur à un
certain nombre de choses. Mais non, Pierre Fitxgibbon et la nouvelle ministre,
même chose, même projet de loi. On a reçu... Bon. D'abord, on reçoit des
amendements vendredi dernier, vendredi dernier. Ça, c'est de la transparence,
puis ça, c'est de la planification, et ça, c'est de la vision. On parle d'une
des plus importantes réformes du secteur dans les dernières décennies. Puis là,
apparemment, le gouvernement travaille, mais nous envoie des amendements
vendredi dernier. Puis là on nous annonce, aujourd'hui, qu'il va y avoir d'autres
amendements. Vraiment, pour un projet de loi aussi complexe, qui demande autant
d'attention à des questions techniques, financières, environnementales,
sociales, etc.? J'espère, en tout cas, que, pour les prochains amendements, on
va nous les envoyer vraiment longtemps à l'avance. J'ai entendu des choses
intéressantes hier dans un breffage technique, en nous disant : Oui, puis
j'ai apprécié ça, on va les expliquer puis on va faire attention. C'est
important parce que ce sont des questions complexes qui demandent qu'on puisse
dialoguer dans la transparence, avec toute l'information possible pour qu'on
puisse jouer le mieux possible notre rôle de parlementaires.
Mais donc, d'une part, je suis surpris par
le peu de changements apportés au projet de loi, vraiment, ça, je ne m'attendais
pas à ça. Je m'attendais à ce que... Aïe! Là, on a entendu plein de choses,
pendant deux semaines, plus les mémoires. 75 mémoires, donc il y en a plus de
la moitié qui sont des gens qu'on n'a pas entendus, et il y a plein de gens qui
auraient voulu être entendus et qui n'ont pas été entendus. Dans quelle mesure
on a tenu compte de tout ce qu'on a entendu de la part de la société civile, du
monde des affaires, des PME, des grandes entreprises, des gens, des
représentants de M. et Mme-tout-le-monde, des personnes en situation de
vulnérabilité au Québec qui regarde ce projet de loi là puis disent :
Est-ce que ça va être encore décidé, tu sais, au-dessus de nos têtes? Je suis,
vraiment, je le dis, stupéfait de voir qu'il y a eu aussi peu d'ajustements à
un projet de loi qui, oui, en demande beaucoup, d'une part. Et, d'autre part,
aussi la méthode... la méthode, bien, c'est ça, de nous envoyer, là, de nous
lancer des amendements à la dernière minute, j'espère, en tout cas, qu'on va
changer cette méthode là.
Parmi les grandes questions qui se posent
à nous, bien, il y en a plusieurs, là, parce que ce projet de loi là, il est
tentaculaire, il touche à plusieurs des questions les plus importantes. Oui, c'est
vrai, en matière d'énergie, mais j'aimerais m'attarder à quelques-unes d'entre
elles. L'un des objectifs annoncés est de mettre le Québec sur la route de la
décarbonation et de faire du Québec un joueur... qui est déjà parmi les leaders
dans le monde puis ça, je pense qu'il faut qu'on en convienne, tout le monde
ensemble, il faut qu'on se félicite, au Québec, d'avoir fait des choix, il y a
quelques décennies, qui nous placent aujourd'hui dans une position avantageuse,
mais on veut aller encore plus loin. On veut décarboner encore plus notre
économie. Ce qui fait que ça va générer, selon la théorie derrière le projet de
loi, une demande accrue pour l'énergie, mais plusieurs sont venus ici poser des
questions sur les objectifs à jour du gouvernement en matière de décarbonation.
Puis là non plus, il n'y a pas beaucoup de clarté. Alors, c'est quoi, là, c'est...
par année, par décennie, c'est quoi, les objectifs de décarbonation réelle par
secteur? Qu'est-ce que ça veut dire en termes d'efficacité énergétique? Parce
qu'on insiste beaucoup sur la génération d'une nouvelle demande, donc il faut
générer une plus grande capacité à produire parce qu'il va y avoir une plus
grande demande d'énergie. Fort bien, mais on n'a pas beaucoup parlé de la
vision de l'efficacité énergétique.
C'est ce que beaucoup d'organisations de
la société civile sont venues nous dire. Comment ça se fait qu'on nous parle
tant que ça de la construction d'une nouvelle capacité à produire, mais pas
tant que ça de l'efficacité énergétique? Alors, ça, c'est des questions
auxquelles on aurait eu besoin d'avoir des réponses avant d'entamer nos
travaux, comme parlementaires. Ou alors la ministre et le cabinet ont des
informations qu'on n'a pas encore, mais moi, il me semble que ça aurait été d'intérêt
pour tout le monde d'en savoir plus sur ces questions-là. Quel est le plan d'approvisionnement
d'Hydro-Québec? Le dernier plan qui a été déposé, c'était en 2022, pour 2023 à
2032, je pense, sur 10 ans. C'est un des objectifs du projet de loi d'augmenter
ce plan-là à 15 ans, mais ça, c'était il y a deux ans. Est-ce que ces
chiffres-là sont encore à jour? Qu'est-ce qu'Hydro-Québec prévoit, comme
besoins en approvisionnement puis quelle est la part, justement, là, de...
bien, de ce qu'on veut exporter, de ce qu'on va avoir dans le marché local pour
les grandes entreprises, pour la décarbonation? Qu'est-ce qu'on va épargner en
efficacité énergétique? Bien, on aurait aimé ça, avoir des chiffres à jour
là-dessus, et il aurait peut-être fallu, dans le cadre d'un PGIR, par exemple,
d'un plan global de gestion intégrée des ressources énergétiques, savoir où
est-ce qu'on en est avec le plan...
M. Paradis : ...quel est le
modèle de modélisation d'Hydro-Québec derrière ça? Le fameux modèle de
modélisation, là, qui est à la base des grandes prévisions d'Hydro-Québec.
Qu'est-ce qui fait d'ailleurs qu'en quelques années, entre deux administrations
à Hydro-Québec, on est passé d'une période où on... où on nageait dans les surplus
d'électricité, et là on se disait : Allez à la conquête des marchés
partout dans le monde, on a de l'électricité, en veux-tu, en voilà, on va en
vendre partout, et là, soudainement, en dedans d'un an, deux ans, on n'a plus
assez d'électricité, qu'est-ce qu'on va faire, il faut augmenter la capacité de
production, il faut investir massivement? Qu'est-ce qui s'est passé? Oui, on
nous dit : Le besoin de décarboner a augmenté, d'accord. Mais je ne pense
pas que la situation de la décarbonation ait autant changé, là, du blanc au
noir en deux ans. En tout cas, pour moi, ça demeure mystérieux. Ça aussi, on
n'a pas beaucoup d'information là-dessus, là, ce fameux truc-là, qui est à la
base de l'ensemble de toute la modélisation d'Hydro-Québec. Ce serait intéressant,
comme parlementaires, d'avoir de l'information là-dessus avant de discuter de
la mécanique qui nous permet de mettre ça en œuvre.
La question des tarifs. La question des
tarifs. On entend beaucoup le gouvernement, pour les foyers, là, parler de sa promesse
jusqu'en 2026, plafonnement à... plafonnement au taux... au taux d'augmentation
du niveau de vie... du coût de la vie jusque maximum de 3 % jusqu'aux
prochaines élections. Bon. J'ai... C'est un sujet sur lequel j'ai beaucoup
insisté lors des consultations particulières. Le projet de loi, lui-même, ce
n'est pas ce qu'il dit. Et, ça, c'est encore une fois un manque de
transparence.
Le projet de loi établit un mécanisme où,
s'il y a un tel plafonnement de l'augmentation sur la facture d'électricité des
consommateurs, des foyers privés, il y a par ailleurs à côté un fonds qui est
mis en place, payé par les contribuables, donc payé par la même Mme puis le
même M., pour compenser la différence entre la hausse du coût de production
d'électricité pour le foyer et la facture qui va être plafonnée à 3 %. Ce
qui veut donc dire que M. et Mme Tout-le-monde, à la fin, paient plus cher.
C'est ça que le projet de loi dit. Je l'ai fait mentionner clairement à
13 experts différents de tous les horizons. Mais ce n'est pas ce qu'on a
entendu du gouvernement. Moi, je suis très curieux de voir ce qu'on va avoir à
dire du côté du gouvernement pendant la commission parlementaire sur ce
mécanisme-là, à moins qu'il y ait des amendements. On le verra. Mais, pour
l'instant, on a manqué de transparence sur ce mécanisme-là, sur ce que ça veut
dire. D'ailleurs, le nom le dit lui-même, la Loi concernant un programme d'aide
financière visant à limiter l'impact de la hausse des tarifs de distribution
d'électricité, avec la création d'un fonds d'aide à la clientèle domestique,
programme... oui, visant à établir un programme d'aide financière visant à
limiter l'impact de la hausse des tarifs de distribution d'électricité
d'Hydro-Québec pour la clientèle domestique. C'est assez clair, là, la loi...
la loi le dit elle-même.
• (16 h 10) •
Bon. Derrière tout ça, il y a toute la
question de la vision de l'interfinancement. L'interfinancement, pour celles et
ceux qui nous écoutent, c'est ce pacte qui existe entre les trois grandes
catégories, donc, de consommateurs d'électricité, les foyers, les PME et les
grandes entreprises. Donc, qu'il y a des transferts de coûts d'une catégorie à
l'autre, donc, ici, pour préserver finalement des prix abordables pour les
foyers. Et, ça, on a entendu beaucoup de choses là-dessus. Beaucoup de monde
disent : Il faut mettre fin à l'interfinancement. D'autres ont dit :
Il faut modifier les règles de l'interfinancement. Mais, ça, ça fait
partie du
pacte. Nous avons construit, nous, les Québécoises et les Québécois,
Hydro-Québec, donc on a des tarifs qui sont abordables parce que c'est notre
oeuvre collective. Maintenant, si on remet ça en question, c'est à quelles
conditions, pour qui, pour quoi, quelle est la vision du gouvernement
là-dessus. On ne le sait toujours pas. Alors. Ça, ça va être une question
extrêmement importante de la transparence, une discussion franche là-dessus.
La privatisation. On a entendu beaucoup de
choses, une chose et son contraire, de la part de l'ancien ministre, de la
nouvelle ministre, du premier ministre : Oui, on en veut plus, non, on
n'en veut pas. Donc, dépendant de la semaine, dépendant de la saveur du moment
ou de... ce n'est pas clair. Quand on regarde le projet de loi, puis le projet
de loi, je le redis, c'est complexe, nous, on y voit plusieurs, plusieurs
portes ouvertes à la privatisation plus grande du secteur de l'énergie au
Québec. Et on n'est pas d'accord et on pense que c'est un risque important. On
pense notamment qu'un cheval de Troie dans toute la...
M. Paradis : ...question de la
soi-disant autoproduction. Et souvenons-nous que le modèle de l'autoproduction
qui est utilisé, qui a été utilisé comme symbole par l'ancien ministre Pierre
Fitzgibbon, c'est le projet de TES Canada, donc, d'un parc éolien à une
distance d'environ 35 kilomètres d'une usine de production d'hydrogène. Et
donc, là, il y a toute la question d'utiliser de l'énergie pour produire de
l'énergie, puis il y en a plusieurs qui remettent cette équation-là en cause,
mais ça, on dit, on qualifie que c'est de l'autoproduction. Puis là il y a
toute une question qui se pose : Oui, mais avec quelle ligne de
transmission entre les deux? Moi, je suis bien curieux, parce que, des fois,
j'ai entendu : Oui, mais ça, ça va être leur ligne, c'est une ligne
privée, donc c'est de l'autoproduction, d'autres ont dit : Non, non, il
n'est pas question que le Québec commence à regarder une espèce de tapisserie
de lignes privées partout au Québec. Alors donc, c'est quoi, la condition, si
c'est une ligne de production privée, là? D'abord, comment l'entreprise privée
va financer ça, là? 35 kilomètres de ligne de transmission, c'est probablement
du 230 kilovolts, minimum 100 millions de dollars pour de l'énergie
privée, pour de l'énergie intermittente. De l'éolien, C'est intermittent, pas
adossé à une forme d'énergie non intermittente. 100 millions dans le secteur
privé, j'ai hâte de voir comment ça se finance puis j'ai hâte de voir ce que ça
veut dire, ça, pour la cohérence du système québécois de transmission et de distribution.
Est-ce qu'on va en avoir quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, 10, des projets
comme ça avec des lignes privées de plusieurs dizaines de kilomètres?
Alors, si c'est ça, le modèle, nous, chez
nous, ça génère d'importantes questions sur est-ce que c'est vraiment de
l'autoproduction. Puis là il y a une porte ouverte aussi à la vente
d'entreprise à entreprise. Qu'est-ce qui est adjacent puis qu'est-ce qui n'est
pas adjacent? Il y a encore plein de questions là-dessus, mais, s'il y a si
grand intérêt du secteur privé là-dessus, on peut être sûr que c'est parce
qu'il y a de l'argent à faire. Et pourquoi le Québec se priverait d'une
capacité additionnelle qu'on mette de l'argent dans les poches des Québécois?
Moi, j'aime beaucoup, là-dessus, la prise de position d'Hydro-Québec, qui
dit : Bien, pour les prochains projets, notamment en éolien, bien,
Hydro-Québec, la
partie publique, va être maître d'oeuvre. Donc, pour nous, ça,
ça pose... ça génère beaucoup de questions. Il y a plein d'autres dispositions
dans le projet de loi qui sont des portes ouvertes à la privatisation. On donne
la possibilité à Hydro-Québec de vendre toutes sortes d'actifs de moindre
capacité ou de moindre envergure. On crée des... on ouvre la porte à des
réseaux privés, tout ça, puis il y a peut-être plein de possibilités que ce
soit... que ce soit avantageux, mais il y a plein de risques aussi que ça
signifie une plus grande privatisation. Donc, c'est des sujets sur lesquels on
va être particulièrement attentifs.
Et il y en a plein d'autres, je le
réitère : la gouvernance d'Hydro-Québec, les pouvoirs de la Régie de
l'énergie, et j'en passe, les règles d'appels d'offres, très important, on veut
changer, donc, la façon dont on commence des projets, très important aussi,
donc, il va y avoir plusieurs questions qui se posent. Et les Québécoises et
les Québécois auraient eu intérêt à pouvoir se prononcer, et, malgré ce qu'on
en dit, non, ce n'est pas vrai que la petite consultation qu'il y a eu, il y a
deux étés, équivalait à une consultation à grande échelle des Québécois, puis
ce n'est pas vrai que les consultations particulières ont permis à tous les
Québécoises et les Québécois de se faire entendre. Donc, malheureusement, on a
mis un petit peu la charrue avant les bœufs pour débuter l'étude de ce projet
de loi. Merci...
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, M. le député. Maintenant, j'aimerais savoir s'il y a d'autres députés
qui souhaiteraient faire des remarques préliminaires autour de la table. Oui,
Mme la députée, je vous laisse votre temps de parole. Vous avez maintenant 20
minutes.
Mme Garceau : Merci beaucoup,
M. le Président. Je suis la nouvelle arrivée sur ce projet de loi fort
important, au niveau de l'avenir de la transition énergétique, ici, dans notre
belle nation. Et j'aimerais également prendre quelque temps, M. le Président,
si vous me permettez de féliciter Mme la ministre pour sa nomination en tant
que la nouvelle ministre... surtout de l'Énergie, de l'Économie et de
l'Innovation. Je salue également mes collègues de la banquette parlementaire et
les membres de l'opposition, mes collègues, et, évidemment, porte-parole en
énergie, notre... mon collègue de Jacques-Cartier et, évidemment, ma collègue
de Bourassa-Sauvé.
Nous entamons, aujourd'hui, M. le
Président, l'étude détaillée du projet de loi no 69, comme mes collègues l'ont
mentionné, que le projet...
Mme Garceau : ...de loi
qui était fort attendu depuis les deux dernières années, un projet qui aura
pour effet de transformer en profondeur la gouvernance du secteur énergétique
québécois. Ce projet de loi aura des répercussions directes sur la gestion de
nos ressources, la fixation des tarifs d'électricité, la transparence des
décisions gouvernementales et le rôle d'Hydro-Québec. En raison des modalités
proposées dans ce projet de loi pour la détermination des tarifs, il y aura
évidemment des répercussions directes sur les consommateurs, les Québécoises et
les Québécois, mais aussi et plus particulièrement sur nos entreprises, surtout
nos PME. Ce projet de loi est une réforme significative, tel que mentionné par
mes collègues, et nous le savons tous, ayant pris connaissance du projet de loi
et le premier breffage technique, et je sais qu'il va en avoir d'autres, tel
qu'annoncé par le ministère, est fort complexe, est fort complexe en matière
d'énergie. Et tel que mentionné par notre porte-parole, oui, nous allons
prendre le temps qui est nécessaire pour l'étudier en profondeur, compte tenu
des répercussions que ce projet de loi va avoir, évidemment, on regarde... on
regarde pour les 25 prochaines années.
Et donc on commence aujourd'hui l'étude
détaillée. On regarde au-delà de 157 articles et évidemment des
amendements, et on sait qu'il va y en avoir d'autres amendements et des
breffages techniques. Mais lorsque le projet de loi a été déposé, on s'en
rappeler, le 6 juin 2024, déposé par l'ancien ministre de l'Économie, de
l'Innovation et de l'Énergie, Pierre Fitzgibbon, il a été déposé dans un
contexte économique complètement différent de celui dont nous vivons
aujourd'hui même. Et je vais miser sur cet aspect de qu'est-ce qu'il se passe
en ce moment dans notre économie, ici au Québec, au Canada et à travers le
monde, en raison de l'élection de Donald Trump comme président des États-Unis.
• (16 h 20) •
Et donc il ne faut pas écarter les
répercussions économiques de non seulement l'élection, mais en ce moment les
annonces, l'imposition de tarifs qui sont quand même non seulement importants
mais dévastateurs pour nous en termes de l'industrie énergétique, et je vais le
mentionner tout à l'heure concernant l'industrie de l'aluminium. Et donc on est
plongés, le Québec, le Canada, l'Europe également, avec l'annonce d'hier, dans
une instabilité économique sans précédent. Il faut se le rappeler. Et je
rejoins un peu les commentaires de mon collègue du troisième groupe
d'opposition concernant le moment que nous avons choisi avec les deux, trois
dernières semaines d'annonces d'impositions de tarifs qui vont, c'est sûr et
certain, affecter notre industrie, notre économie au Québec. Mais nous avons...
Le gouvernement choisit de commencer l'étude détaillée aujourd'hui. Je me pose.
J'ai un point d'interrogation en termes d'est-ce que c'était vraiment le moment
de commencer l'étude détaillée en ce moment, lorsqu'on a nos entreprises
manufacturières, qui comptent 85 % des exportations québécoises sont très
affectées. Et évidemment, il y a beaucoup d'anxiété. On se le dit, là, c'est
palpable, ce n'est pas... Chez les Québécoises et les Québécois, nos entreprises,
les PME, il y a beaucoup d'anxiété dans l'air parce qu'on ne sait pas qu'est-ce
qui s'en vient. On a eu un sursis de 30 jours pour volet première étape,
volet numéro 1, 25 % de tarifs sur tous nos produits, 10 %
énergie. Sursis de 30 jours, mais...
Mme Garceau : ...Là, hier,
nouveau décret, nouveaux tarifs, 25 % partout dans le monde sur
l'aluminium et l'acier. Donc là je me dis... Et on a eu des groupes qui sont
venus, et on va en reparler tout à l'heure, et donc je présume qu'ils sont
exceptionnellement préoccupés par l'imposition de ces tarifs. Et, évidemment,
comment le gouvernement va les aider? Comment le gouvernement va les soutenir
durant cette période qui est complètement imprévisible sur le plan économique?
Et même notre... le premier ministre l'a mentionné avec le premier volet
d'annonces, qu'on regardait une perte potentielle de 100 000 emplois
au Québec. C'est significatif. Et là on regarde un autre volet de tarifs qui va
affecter une industrie, l'aluminium, qui est intimement lié à l'énergie, à
cette industrie. Et donc beaucoup d'anxiété en ce moment et surtout pertes
d'emplois potentielles. Parce que c'est un sursis. On ne le sait pas, qu'est-ce
qui va se passer la semaine prochaine. On a un... On a en ce moment un
président qui est impulsif. On ne le sait pas. On ne s'attendait pas... en tout
cas moi, je ne le sais pas, chers collègues, moi, je ne m'attendais pas à
25 % d'annonces, hier, qui étaient pour affecter notre industrie de
l'aluminium et de l'acier.
Et donc, là, tout le monde doit agir,
réagir. Oui, on parle de diversifier les marchés, et tout ça, mais ça ne se
fait pas du jour au lendemain. Et donc, là, on est en train de regarder,
réviser toute la question des tarifs, le 3 %, le domestique, les foyers
versus... bien là, ça va coûter plus que 3 %. Donc, ça veut dire que les
PME, les industries, les entreprises vont payer un 4 %. Mais là, si eux
autres font face à des tarifs, est-ce que ça veut dire qu'on va diminuer ce
pourcentage-là? Est-ce que les foyers vont augmenter?
Ça, ça va être des questions évidemment
importantes que nous allons questionner le gouvernement. Parce que la donne a
changé sur le plan économique depuis le dépôt de ce projet de loi et aussi
depuis toutes les analyses qui ont été faites, que ce soit d'Hydro-Québec. Et
j'ai ma collègue la députée de Saint-Laurent, lors des consultations
particulières, et Michael Sabia, P.D.G. d'Hydro-Québec, elle l'a questionné sur
les analyses, le 3 %, le plafonnement, et tout ça. Peut-être que, Michael
Sabia, il va falloir avoir une discussion avec lui, compte tenu de cette... le
nouveau portrait économique dans lequel nous nous retrouvons aujourd'hui.
Juste en termes du 25 % sur les
tarifs, l'imposition sur l'aluminium et l'acier évidemment importés aux
États-Unis... Et là on commence. Ça va commencer le 4 mars. Et Québec arbitre
neuf des 10 alumineries que l'on retrouve au Canada. Et elles réalisent
90 % de la production canadienne majoritairement exportée aux États-Unis.
38 000 emplois au Québec sont liés à l'industrie de l'aluminium, pensez-y,
là. Puis on commence l'étude détaillée de ce projet-là aujourd'hui. Et on a une
industrie en ce moment... Et le D.G. de l'Association de l'aluminium qui est
venu, je sais qu'ils ont déposé un mémoire, il y a eu une consultation, qui
dit : Oui, on est très perturbés, préoccupés. Parce que là, il va y
avoir... il y a le plan à court, moyen et à long terme des effets de ces
tarifs, et le court terme, au mois de mars. En plus de ça, on a le...
Mme Garceau : ...le budget du
gouvernement qui s'en vient au mois de mars, et donc là on regarde des recettes
record de 11 milliards. Est-ce qu'il va être plus élevé au mois de mars? Et
quelles vont être les possibilités financières du gouvernement d'aider cette
industrie de l'aluminium, qui va souffrir énormément, et, à court terme, ça va
être une question, M. le Président, de liquidités. Ils n'auront pas la
liquidité pour payer les tarifs. Et donc qu'est-ce qu'elles vont faire, ces
entreprises? C'est très préoccupant.
Et donc l'anxiété à travers le Québec est
palpable, et on ne sait pas, on est, en ce moment, dans une période sans
précédent. Il y a beaucoup d'imprévisibilité. Et donc, quelle façon est-ce que
le gouvernement va réagir à cette situation économique, pendant laquelle nous
étudions un projet de loi qui va quand même avoir un impact important?
Je sais que depuis... Mme la ministre,
depuis votre nomination, vous avez affirmé vouloir assurer la transition
énergétique du Québec avec prévisibilité et transparence. Cependant, il y a
plusieurs aspects du projet de loi qui soulèvent des inquiétudes légitimes,
tant du côté des experts du secteur que des consommateurs québécois. Notre
hydroélectricité, c'est notre fierté, c'est notre patrimoine collectif.
Hydro-Québec, c'est notre société d'État, ce sont nos ressources, cela nous
appartient. Le Québec fait face à des défis énergétiques immenses, tel que
mentionné : augmentation de la demande, nécessité de développer les
énergies renouvelables et transition écologique urgente.
Pourtant, malgré l'ampleur des changements
proposés dans ce projet de loi, il n'y a aucun plan clair sur la manière dont
nous allons structurer l'avenir énergétique du Québec. Les premiers articles du
projet de loi confient au ministre la responsabilité d'établir et mettre en
œuvre un plan de gestion intégrée des ressources énergétiques sur une période
de 25 ans. Le ministre pourrait revenir responsable... la ministre pourrait
revenir responsable du développement des filières énergétiques et en assurer la
gouvernance intégrée dans une perspective de transition énergétique et de
développement économique. Il y a beaucoup de mots, encore faut-il leur donner
un sens concret, avoir une vraie vision. Nous aurons des discussions franches,
M. le Président, à ce sujet.
• (16 h 30) •
De plus, nous ne pouvons pas passer sous
silence les modifications législatives à la mission du ministère, que le
gouvernement caquiste a proposées dans le cadre du projet de loi no 87, et
c'est important de le mentionner, M. le Président, dans le contexte de l'étude
détaillée de ce projet de loi, le projet de loi no 87, qui est la Loi
concernant principalement le développement t la mise en valeur de terrains
industriels et la gouvernance de la Société du parc industriel et portuaire de
Bécancour, qui est actuellement à l'étape de l'étude détaillée, également. On
fait ça en même temps.
Par ce projet de loi qui a été déposé
après le projet de loi no 69, le gouvernement vient modifier la
Loi sur le
ministère de l'Économie et de l'Innovation afin de permettre au ministre, avec
l'autorisation du gouvernement et aux conditions qu'il détermine, d'acquérir
tout immeuble et de louer ou d'aliéner un immeuble dont il s'est porté
acquéreur lorsque cela est utile à la réalisation de projets. Il permettra
aussi au ministre, aux mêmes conditions, d'exécuter sur tout immeuble des
travaux de construction, d'entretien, d'aménagement et de mise en valeur.
La modification proposée prévoit également
que l'évaluation ou la négociation en vue de l'acquisition d'immeubles de gré à
gré par le ministre sera menée sans l'intervention du ministre des Transports,
de la Mobilité durable ou de la Société québécoise des infrastructures.
Pourquoi ne pas avoir apporté...
Haut de la page
16 h 30 (version non révisé
e) Mme Garceau : ...M. le
Président, ces modifications directement dans le projet de loi n° 69.
Cela aurait permis aux parlementaires d'apprécier les intentions du
gouvernement dans une perspective globale. Au lieu de cela, le gouvernement a
utilisé deux projets de loi distincts pour remodeler la mission du ministère de
l'Économie et de l'Innovation et de l'Énergie. Nous devons porter une attention
particulière à toute cette mécanique qui sera introduite par ce projet de loi
versus les modifications proposées par le présent projet de loi. Si les deux
projets de loi sont adoptés, la mission du ministère de l'Économie sera
extrêmement large. Il faudra analyser les modifications comme étant
complémentaires et les pouvoirs s'appliqueront également en matière d'énergie.
Qu'est-ce que cela va signifier concrètement? La ministre devra préciser ses
intentions à ce sujet.
Lors de l'adoption du principe, ma
collègue la députée de Saint-Laurent a soulevé des préoccupations majeures
quant aux pouvoirs accrus d'Hydro-Québec, au rôle affaibli de la Régie de
l'énergie et aux impacts potentiels sur les consommateurs. Le gouvernement
annonce, tel que j'avais mentionné, ce plafonnement temporaire des tarifs
résidentiels à 3 %, financés par un fonds public de 100 à 300 millions de
dollars annuels. Mais soyons clairs, ce n'est qu'un répit artificiel. Plusieurs
groupes entendus en commission parlementaire ont d'ailleurs soulevé ce
problème. Selon la régie elle-même, le projet de loi n° 69
ne lui redonne pas les pouvoirs nécessaires et c'est important pour examiner en
profondeur les augmentations tarifaires et s'assurer qu'elles sont justifiées.
Nous avons un devoir envers les familles et les PME du Québec. Elles ne doivent
pas payer le prix d'une planification énergétique caquiste déficiente.
Un autre aspect du projet de loi, M. le
Président, qui fera l'objet de questions de notre part est la suppression de l'obligation
pour Hydro-Québec de procéder par appel d'offres pour ces contrats d'approvisionnement.
Cela a été déjà mentionné par mes collègues. Jusqu'ici, ce processus
garantissait une certaine concurrence et permettait, je l'espère, d'obtenir les
meilleurs prix pour les Québécois. Avec ce projet de loi, Hydro-Québec pourra
conclure des ententes directement avec des producteurs sans passer par un appel
d'offres, sauf si le gouvernement décide autrement. Sans appel d'offres, rien
ne garantit que les contrats seront attribués de manière équitable et
transparente. Certaines entreprises pourraient être avantagées au détriment d'autres,
ce qui pourrait mener à une gestion moins efficace de ressources énergétiques.
L'ancien ministre de l'Énergie l'a dit, l'a mentionné au mois de juin dernier
et je le cite : «Pour décarboner le Québec en 2050, on doit pratiquement
doubler notre production actuelle d'électricité et on a 25 ans pour le
faire, c'est trop court.»
Le Président (M. Montigny) : En
conclusion.
Mme Garceau : En conclusion, M.
le Président, nous allons étudier ce projet de loi à fond, nous allons collaborer
avec le gouvernement. Nous avons plusieurs questions à poser. Merci beaucoup.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, c'est le temps dont on disposait. Maintenant, merci, Mme la députée,
j'aimerais valider s'il y a d'autres membres qui souhaiteraient prendre la
parole pour des remarques préliminaires. Effectivement, il y a une demande de
parole. Mme la députée, vous avez la parole.
Mme Cadet : Merci beaucoup, M.
le Président. Donc, très heureuse de me joindre à vous pour l'étude détaillée
du projet de loi n° 69, donc Loi assurant la
gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses
dispositions législatives. Ma collègue de Robert-Baldwin, donc, à l'instant,
donc, disait, donc, qu'elle était la nouvelle venue, donc, sur le plancher de
ce projet de loi. En fait, vous aurez remarqué, donc, nous sommes deux recrues
du côté de l'opposition officielle à nous joindre à l'étude de ce projet de
loi. Vous avez été plusieurs à le mentionner, quand même un projet de loi d'envergure.
Donc, c'est important pour nous, donc, d'être en mesure de pouvoir l'analyser
sous différents angles. Donc, j'espère que nous aurons le plaisir de bien
collaborer au cours des prochaines semaines.
Je reprends la balle au bond là où ma collègue
l'a laissé, justement sur...
Mme Cadet : ...l'aspect
de la collaboration et de, voyons, je l'espère, donc je l'espère, donc, de la
minutie. C'est dans cet esprit que nous jouerons notre travail, notre rôle de
législateur. Et nous sommes donc des parlementaires de plus en plus aguerris,
et j'espère que ce rôle-là, donc, sera bien accueilli par la banquette
gouvernementale.
J'en profite aussi au début de ces
remarques préliminaires, M. le Président, d'abord pour vous saluer, mais
également, donc, pour saluer la ministre. Bonjour, Mme la ministre, ainsi que
l'ensemble des collègues. Nous... J'espère que nous aurons, donc, des échanges
bien, bien fructueux au cours... au cours des prochaines semaines. J'ai
également l'impression que nous... nous... Puisque nous étudierons donc ce
projet de loi avec rigueur que nous... nous serons sur... Nous nous verrons
donc très, très, très souvent au cours des prochaines semaines.
M. le Président, je commencerais, en fait,
en prenant un peu, vous avez entendu mon collègue de Jacques-Cartier puis
également ma collègue de Robert-Baldwin vous en parler, donc, du contexte dans
lequel on se trouve en ce moment. Je nous ramène à septembre dernier, on se le
rappelle, donc, démission avec fracas du ministre Fitzgibbon sous l'impulsion
du premier ministre, en disant : Bien, voilà, donc ma vie est dans tout le
travail qui a été fait au cours des deux dernières années. Le ministre avait
déposé son projet de loi le 6 juin dernier, mais voilà, donc, à quelques
jours de la rentrée parlementaire, il nous nous quittait à 33 % pour des
raisons... pour le cœur et le reste, ce serait à nous d'en juger. À l'époque,
notre collègue de Saint-Laurent avait intimé le gouvernement de ne pas
commencer l'étude détaillée du projet de loi. Nous, donc, dans les heures qui
ont suivi cette démission-là, nous avancions l'argumentaire qu'étant donc le
changement de ministre, étant donné donc le contexte dans lequel nous nous
trouvions, on l'a dit, c'est un projet de loi d'envergure, oui, sur à quel
point il est volumineux, mais également sur à quels points, donc, il viendrait
donc changer, transformer notre espace énergétique au Québec.
Donc, il apparaissait opportun pour nous
de prendre un certain pas de recul. Et bien sûr, donc, c'est sans égard aux
qualités personnelles de la ministre qui, bien évidemment, a prouvé au cours
des derniers mois, donc, qu'elle est tout à fait studieuse et intelligente.
Donc, les propos de ma collègue de Saint-Laurent n'ont jamais été personnels,
donc, quant à la personne qui aurait pris en charge le dossier, mais elle
n'avait pas été nommée à ce moment-là, mais il nous apparaissait opportun que,
puisqu'il s'agissait donc d'un... presque d'un legs politique ou d'un dossier
ayant été mené de façon très, très, très serrée par l'ancien ministre de
l'Énergie, que le gouvernement, donc, prenne un certain pas de recul pour
reporter l'étude détaillée de ce projet de loi. Manifestement, je pense que,
partiellement, donc, que la CAQ semble avoir accueilli cette portion-là de notre
argumentaire puisque, bon, nous nous retrouvons donc aujourd'hui, plusieurs
mois plus tard, à recommencer cette étude n'ayant tenu que les consultations
particulières à l'automne. Ça montre à quel point, donc, notre vision des
choses était sensée dès le départ.
• (16 h 40) •
Cependant, et je tiens à le souligner
parce que, bon, ça a été fait également par mes collègues, évidemment, oui,
donc il y avait ce contexte, ce contexte politique, ce contexte de départ en
catastrophe qui nous menait à avancer qu'il était beaucoup plus opportun, pour
que les Québécois et Québécoises jouissent d'une étude détaillée d'un projet de
loi de manière... d'une manière qui, donc, soit à la hauteur de leurs attentes
puis, bon, ce report, mais même, avant même de parler de ce contexte-là où nous
avons toujours été de l'avis que... Bon, le gouvernement n'avait jamais obtenu,
donc, le mandat de la population pour effectuer une réforme aussi importante.
Le collègue de Jean-Talon l'a aussi, donc, mentionné. Je reprends un peu ses
propos. Donc, il n'y a pas de vision de l'avenir énergétique du Québec qui a
été proposée par le gouvernement. Et il nous semble qu'il aurait été beaucoup
plus opportun d'aller... de faire les choses dans l'ordre. Donc, malgré, donc,
ce contexte particulier, donc, des... de nos sorties précédentes, bien, en
fait, donc, il y a d'autres sorties qu'on a faites, donc, bien avant ça pour
parler...
Mme Cadet : ...l'avenir
énergétique est, quand je dis on, bon, là, ça exclut la personne qui parle
parce que je parle en fait de mon collègue de Jacques-Cartier, ici présent, qui
dès, si je ne m'abuse, janvier 2023 ou 2024, avait demandé une consultation
nationale sur l'avenir énergétique.
Une voix : ...
Mme Cadet : 2023. Voilà. Donc,
on me souffle à l'oreille de janvier 2023. Je me rappelle que c'était avant une
rentrée parlementaire du mois de janvier, M. le Président. Donc, janvier 2023.
Donc, on comprend que nous sommes en janvier 2025, et que ça fait maintenant
plus de deux ans que le Parti libéral du Québec dit à la population
québécoise... en fait, lance donc des signaux d'alarme à la population
québécoise et se dit : Bien, voilà, notre avenir énergétique, en raison
donc de nos objectifs de décarbonation, en raison de... bon, en fait, des
changements au niveau, donc, des surplus énergétiques, et j'en parlerai un peu
plus tard, c'est important de consulter la population, de consulter les
différents acteurs, de le faire de façon très large, parce que c'est un dossier
beaucoup... beaucoup trop important pour qu'il puisse... pour qu'une réforme
comme celle-ci puisse se réaliser en silo. Et c'est une réforme beaucoup
plus... beaucoup trop importante pour qu'une réforme, donc, comme celle-ci se
réalise un peu à la va-vite en sautant des étapes. Je n'ai pas eu le loisir de
prendre part aux consultations particulières l'automne dernier, mais de ce que
j'en saisis, cet avis sur, bon, l'importance de bien faire les choses, sur,
bon, les différents bémols, hein, apportés au projet de loi, tel que déposé,
ont fait relativement... relativement consensus ici. Donc, il nous semble, et
là, évidemment, je retourne... la date, je disais janvier 2023, mais j'y allais
de mémoire, M. le Président, mais je comprends que c'est une demande que nous
avions depuis le 16 janvier 2023. Donc, ce n'est pas d'hier que nous
avançons, qu'il est tout à fait important de nous poser des questions, donc,
sur cet avenir.
Et c'est là que j'en viens au... à la
transformation de notre réservoir énergétique. Évidemment, moi, je ne suis...
je ne suis pas ingénieur et je n'ai pas pris part à ces discussions
précédemment, donc vous me pardonnerez si ma nomenclature est incorrecte, M. le
Président. Mais ce que l'ensemble des Québécois ont saisi au cours des deux
dernières années, c'est qu'en fait le gouvernement, donc, leur avait, donc, que
nous n'avions dans des surplus, ce qui était... bon, ce qui avait été le cas,
donc, jusqu'à un avenir... jusqu'à un passé pas si lointain, et que, tout à
coup, de façon... de façon subreptice, que ces surplus se sont transformés, ont
disparu, et se sont transformés en déficit. Je fais un aparté ici, M. le
Président, ce n'est pas le seul... le milieu énergétique n'est pas le seul
domaine, n'est pas un milieu dans lequel les surplus se sont transformés en
déficit. Vous me permettrez le calembour sur l'état de nos finances publiques.
Mais ici, ce qu'on a constaté, c'est une vision, donc, à courte vue et le fait,
donc, de ne pas avoir été en mesure, donc de bien préparer la population à
cette... à cette transformation et à quel point, donc, du côté du gouvernement
caquiste qui est maintenant, donc, à sa septième année, là, bien, ayant,
donc... se retrouvant maintenant, donc, dans un dans un manque d'électricité
pour effectuer sa transition, trouve à dire : O.K. Bien, quels sont donc
nos... quels sont donc nos leviers d'action? Donc, pour nous, je pense que
c'est le bon levier pour l'exprimer, monsieur, le bon forum, pour l'exprimer,
M. le Président, je pense que, de notre côté, au Parti libéral du Québec, bien,
ça a occasionné une certaine déception parce que, mais je le répète, c'est que
c'est... ce sont des éléments que nous avions... que nous avions anticipés, et
c'est la raison pour laquelle, donc, nous souhaitions véritablement, donc,
engager une conversation, non pas juste entre parlementaires, mais également
entre l'ensemble des parties prenantes pour bien réévaluer cette question. Et
quand on parle de transition énergétique, on le sait, Hydro-Québec prévoit
dépenser plus de 150 milliards dans les prochaines années pour doubler sa
capacité de production dans le but d'atteindre la carboneutralité d'ici 2050.
Donc, ce sont environ 100 térawattheures qui devront être ajoutés aux
quelques 210 térawattheures déjà produits annuellement pour répondre aux
besoins énergétiques du Québec. Donc, on ne parle pas d'une petite transition,
M. le Président, on ne parle pas, donc, d'éléments, donc, tout à fait
imprévisibles, on parle de chiffres assez substantiels...
Mme Cadet : ...pour lesquels
il aurait été préférable de bien... de bien s'asseoir avec tout le monde, de
consulter de façon juste et suffisante afin de bien informer la population
quant à leur bien public, hein, quant à la nature et à l'avenir d'un bien qui
leur appartient. Mais, bon, puisque nous y sommes aujourd'hui, nous en venons
au libellé précis de ce qui nous a été présenté dans le projet de loi.
À l'automne, M. le Président, le Parti
libéral du Québec avait voté en défaveur du principe du projet de loi, comme
l'ont fait d'ailleurs l'ensemble des formations qui composent les banquettes
des oppositions dans cette enceinte.
D'abord, au niveau de la question de la...
bien, de la gouvernance, hein, parce que ça demeure quand même le
titre du
projet de loi, Loi assurant la gouvernance responsable des ressources
énergétiques, l'un des premiers éléments mis de l'avant dans le projet de loi,
bien, c'est, bon, la création, et vous l'avez entendu à quelques reprises cet
après-midi, d'un plan intégré des ressources pour, bon, en théorie, donc, mieux
planifier la production et l'octroi de ressources dans le temps.
Ce qui nous... Ce qui nous titillait, M.
le... M. le Président, dans ces dispositions-là, et, bon, notre collègue de Saint-Laurent
avait eu l'occasion de l'exprimer, c'est... c'est... un peu, donc, la
politisation de ce processus-là. Puis ce n'est pas la première fois. Vous avez
entendu, dans la dernière demi-heure, notre collègue de Jacques-Cartier nous
parler de... bien, du projet de loi, c'est numéro deux, c'est bien ça, donc,
sur lequel il avait siégé, où... en début de législature, qui faisait... qui
s'en allait dans cette... dans cette même direction là, M. le Président, donc,
de ramener vers le ministre différents pouvoirs, quand... plutôt que, donc, de
les... de laisser, donc, Hydro-Québec, donc, de pouvoir s'en charger. Si, donc,
on... donc, dans, donc, le cadre, donc, de ce projet de loi ci, donc, une
planification relevant des pouvoirs du ministre, c'est un élément, donc, qui,
je disais, donc, ça nous titillait, mais c'est également quelque chose qui
achalait certaines parties prenantes venues en consultations particulières en
se disant : Bien, pourquoi cette responsabilité ne relève pas
d'Hydro-Québec, qui détient beaucoup plus d'informations quant à la production
et l'utilisation d'électricité au Québec, et pourquoi amener ça vers le cabinet
du ministre? C'est un élément sur lequel nous, nous aurons beaucoup de
questions.
• (16 h 50) •
Et, une chose qui a été qualifiée de
surprenante à ce moment-là dans le texte proposé, bien, c'est le fait que le
ministre s'octroie les mêmes pouvoirs que le Vérificateur général pour demander
de l'information des ministères et organismes aux fins de réalisation de son
plan. Donc, oui, donc, plan intégré, donc, de gestion des ressources, donc,
oui, donc, pour une fois, donc, on nous parle de planification. On se demande
souvent, nous, Parti libéral du Québec, que le gouvernement nous... aborde les
différents projets de
loi sur une vision à plus long terme et aborde l'aspect
de la planification. Mais, d'une part, donc, nous trouvons que ça vient
relativement, donc, tardivement, en cette deuxième moitié de mandat, mais cet
aspect, donc, de ramener que, donc, ça relèverait, donc, des pouvoirs du
ministre, donc, nous questionnerons, donc, certainement ces éléments-là lors de
l'étude détaillée.
J'en viens aussi donc... Je pense qu'un
des éléments qui a été mentionné très souvent, c'est... pardon, M. le
Président, donc, la question des tarifs. Là-dessus aussi, vous nous avez
entendus, M. le Président, parler abondamment, parce que c'est un sujet qui
préoccupe, et avec raison, les Québécois, où... et c'est d'ailleurs, selon
nous, ce que... c'est ce que nous avons avancé publiquement, donc, ce qui a
mené, donc, à la démission de l'ancien ministre de l'Énergie, M. Fitgibbon, où
il y avait une mésentente, hein? Il semblait, disons, y avoir une mésentente
entre le premier ministre et le ministre, donc, sur la vision à avoir sur cet
enjeu-là. Le premier ministre, on le sait, donc, avait fait une promesse aux
Québécois de dire : On n'augmentera pas les tarifs d'électricité. Bon, à
ce moment-là, donc, préalablement, dans l'ancien... dans l'ancienne
législature, il disait, donc, plus que l'inflation, et on l'avait évidemment
donc...
Mme Cadet : ...ma collègue de
Robert-Baldwin et moi n'étions pas là, mais mon collègue de Jacques-Cartier...
notre collègue de Jacques-Cartier doit s'en souvenir, nous avions prévenu le
gouvernement que ce n'était pas nécessairement non plus l'idée la plus pérenne
pour l'organisation ainsi que pour les Québécois. Mais bon cette... la
situation, l'inflation ayant été galopante, comme l'avait prévenu Carlos
Leitão, à l'époque, le gouvernement, en début de législature, est venu
dire : Bien non, non, non, on va plafonner, donc, cette hausse, donc, à
3 %, hein, pour rassurer, pour rassurer la population. Le problème dans
tout ça, M. le Président, c'est que, bien évidemment, donc, les.. bien, en
fait, Hydro-Québec, donc, dans sa conférence de presse, donc, ses demandes à la
Régie de l'Énergie, bien, a précisé, et on l'a répété, que ses besoins quant
aux tarifs domestiques, donc les tarifs que M., Mme Tout-le-monde, donc,
paient, donc, dans le résidentiel, étaient... donc l'augmentation qui
répondrait à... l'augmentation des tarifs qui répondrait à l'augmentation,
donc, de la demande, donc, devrait plutôt s'échelonner à 3,9 %, mais étant
limité à 3 %, il y a un manque à gagner, hein?
Et c'est là qu'il y a un élément qui nous
apparaît surprenant dans le projet de loi, bien, c'est le fait que le
gouvernement, que la CAQ prévoit mettre en place un fonds pour compenser
Hydro-Québec pour la perte de revenus qui est liée à cette promesse. M. le
Président, avec beaucoup d'égards, ici, c'est... vous comprendrez que c'est pas
mal... Donc, un des éléments principaux qui nous ont menés à voter contre le
principe du projet de loi, ici, c'est qu'il semble y avoir une certaine
incohérence entre le message qui est transmis à la population... je dis
incohérence, mais, en fait, je dirais plutôt, donc, un double discours. Et ce
double discours là, ça fait
partie de notre rôle, comme opposition officielle,
au Parti libéral du Québec, donc, de le mettre en exergue afin, bien... afin
que les Québécois, donc, puissent être bien au courant du fait qu'au final, à
ce que je sache, bien, dans tous les cas, bien, ici, donc, les tarifs, donc,
eux-mêmes, donc, là, on dit : O.K., bien, ils sont plafonnés, donc, à
3 %, mais c'est quand même, donc, la même poche qui va devoir payer pour
faire cette compensation-là.
Donc, si on nous dit qu'il faut, de façon
très, très, très explicite, dans le projet de loi, mettre en place un fonds
pour compenser Hydro-Québec pour la perte de revenus, pour cette perte de
revenus là, bien, ça va quand même se faire à travers nos taxes et impôts. Et
ça, je pense que le gouvernement, donc, doit faire preuve de beaucoup plus de
transparence quant à cet élément-ci, et surtout, donc, dire franchement à la
population que, bien, au final, on n'enlève pas du tout le fardeau de la hausse
des tarifs aux citoyens parce que ce sont ces mêmes citoyens-là qui devront,
donc, la payer autrement, même s'ils ne la reçoivent pas à travers... à travers
leur application d'Hydro-Québec sur téléphone, lorsqu'ils reçoivent leurs
tarifs d'électricité, leurs factures d'électricité, tous les deux mois. Et cet
élément-là nous est apparu plutôt choquant. Et plusieurs questions ont été
posées aux groupes, et notamment, par ma collègue de Saint-Laurent, au P.D.G.
d'Hydro-Québec lors des consultations.
Je comprends, M. le Président, que le
temps me manque pour faire la nomenclature de l'ensemble des éléments que nous
trouvions dérangeants dans le projet de loi tel que déposé. Évidemment, donc
des amendements, donc, sont venus récemment et continueront de venir, nous les
étudierons avec diligence, avec vigilance, M. le Président, mais, surtout, nous
nous assurerons toujours de faire preuve de transparence à l'égard des
Québécois. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, Mme la députée. Alors, s'il n'y a... Est-ce qu'il y a d'autres
interventions de d'autres députés à cette période-ci? Ça va?
Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, je vais suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 56)
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17 h (version non révisée)
(Reprise à 17 h 10)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît, tout le monde! Merci beaucoup. Nous sommes
maintenant rendus aux motions préliminaires. Est-ce qu'il y a quelqu'un qui
souhaite faire une motion préliminaire? Oui.
M. Kelley : ...M. le
Président, on veut déposer une motion préliminaire, puis on va laisser ma
collègue transférer ça pour la lecture de tout le monde.
Le Président (M. Montigny) : Parfait,
merci. Est-ce qu'elle est déjà transférée? Est-ce qu'on a besoin de suspendre
quelques instants?
M. Kelley : Oui, quelques
instants, je pense, c'est en train de transférer.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Nous allons donc suspendre les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 11)
(Reprise à 17 h 13)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous sommes maintenant de retour pour le bénéfice de tous. Nous avons
une motion préliminaire. Il y a 30 minutes qui est à la disposition de son
auteur et 10 minutes pour les autres intervenants. Alors, l'auteur de la
motion.
M. Kelley
Merci...
Le Président (M. Montigny) :
M. le député, je vous laisse la parole.
M. Kelley
: Oui,
parfait. Puis je pense que je vais juste commencer, M. le Président, en disant
la motion préliminaire qu'on va déposer. Alors, conformément à
l'article 244 du règlement de l'Assemblée nationale, je fais mention
afin :
Que la Commission de l'agriculture, des
pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles, dans le cadre de l'étude
détaillée du projet de loi n° 69, Loi assurant la gouvernance responsable
des ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives des
consultations particulières et qu'à cette fin, elle entende l'Alliance pour la
compétitivité énergétique du Québec».
Vous avez raison, M. le Président, pour
quoi j'ai déposé une motion, puis je pense que ça va être une bonne idée
d'entendre ce groupe qui a été formé pas mal récemment. C'est sûr que c'est
avec le contexte actuel devant nous, avec les tarifs qui ont été imposés à
certaines de nos industries. On sait que dans ce regroupement et juste pour
rappeler à mes collègues, je sais qu'ils suivent les actualités, mais qu'ils
n'ont pas nécessairement regardé des listes des membres de ce regroupement,
c'est sûr qu'on commence, qu'on a l'Association québécoise des consommateurs
industriels d'électricité, on a aussi le Conseil du patronat du Québec, on a
aussi le Conseil de la transformation alimentaire du Québec, on a aussi
l'Association canadienne de l'industrie de la chimie, on a aussi le Conseil de
l'industrie forestière du Québec. Nous avons également l'Association de
l'aluminium du Canada puis également les Manufacturiers des exportateurs du
Québec qui font
partie de ce regroupement.
Alors, c'est certain que certains de ces
membres sont directement impactés par les tarifs qui vont être mis en place par
le gouvernement américain tantôt, annoncés mais mis en demeure tantôt. Et eux
autres ont des grosses craintes que les tarifs vont être une menace directement
à leurs opérations. Et, oui, on peut penser de qu'est-ce qui a été annoncé par
le président américain, une grosse journée pour le président du Monde libre qui
annonce des grosses affaires avant de monter sur l'avion d'Air Force One, de
traverser le Golf of America, selon lui, puis de se rendre au Superbowl. En
tout cas, pas prêt vraiment de prendre en considération les impacts sur
l'économie américaine. La seule chose qu'il répète, c'est que ça va être bon
pour nous. Mais on sait que si on parle avec des experts partout sur la
planète, d'augmenter les tarifs sur l'aluminium puis aussi l'acier de
25 %, va avoir des coûts majeurs pour les Américains, pour construire les
tours de condos, construire des autres gros bâtiments, puis on peut faire la
liste. Pour un président qui répète haut et souvent qu'il veut renforcer la
force militaire, bien, je sais que la ministre est bien au courant du fait que
beaucoup de notre aluminium s'est trouvé dans des produits des forces
américaines. Alors, si eux autres vont investir plus dans leurs armes, ça va
prendre plus d'aluminium, ça va prendre plus d'acier. Et quand même, pour
toutes les grosses industries, de leur part, ils ont besoin de nos produits.
Alors, oui, c'est vrai, on...
M. Kelley : ...un petit peu
drôle de voir le président annoncer ça tout d'un coup après qu'on a pensé qu'on
a eu une trêve de 30 jours au minimum, mais, quand même, on sait, dans la politique,
d'avoir le temps de négocier, c'est toujours mieux de ne pas avoir de temps,
mais le président américain a changé d'idée, pas juste envers le Canada, mais
envers toute la planète. Alors, on verra la suite des choses.
Mais je reviens aussi dans le contexte
actuel et je sais que certains de mes collègues ont cité l'exemple hier soir
qui a été donné par le président de l'Association d'aluminium du Canada,
M. Simard, qui était présent en ondes à Radio-Canada avec l'animateur,
M. Patrice Roy, qui a clairement dit... bien, il a expliqué tous les
défauts... Oui, c'est vrai, on peut chercher des marchés ailleurs, c'est
possible, on peut faire une grande corvée, mais, quand même, on va être en
compétition sur le marché au prix qui existe sur les marchés internationaux, ça
va être un petit peu le défi pour nous. Si on tourne vers l'Europe, O.K., c'est
correct, mais quelqu'un va continuer à vendre l'aluminium aux Américains, et
ça, c'est notre... il n'a pas dit ça, mais c'est le marché qui a déjà investi beaucoup
d'argent dedans. Ils ont déjà tous leurs clients. On sait que les chiffres sont
pas mal impressionnants si on regarde... et je reviens là-dessus, sur combien
d'acier et d'aluminium, excusez-moi, qu'on vend aux Américains, mais, bref,
tout ça dans ce contexte... On peut regarder les nouvelles, encore les
titres... que ces types de tarifs sont un choc brutal et rapide pour les
industries. Ça crée beaucoup d'inquiétudes pour nos entreprises et, quand même,
on voit que ces menaces, quand même... Je sais qu'on a eu des chiffres qui
étaient mis de l'avant, des tarifs à 25 % de coût sur tous les produits,
ça met en péril 100 000 emplois. Je sais qu'on a maintenant quelque
chose qui est plus ciblé, mais, quand même, c'est un risque pour les joueurs,
comme vous le savez, M. le Président, qui est hyperimportant pour notre
économie en région.
Mais la raison pourquoi ce regroupement a
été mis en place, c'était de parler de cet élément dans le projet de loi où nos
gros industriels vont voir leurs factures d'électricité augmenter, qu'il y a
des modifications qui sont faites à leurs tarifs. Puis, au minimum, ils ont
plusieurs suggestions, mais je sais qu'une chose qu'ils ont au minimum mis de
l'avant, c'est : Comment est-ce qu'on peut prendre peut-être une pause? Est-ce
qu'on peut juste au minimum avoir une discussion? Parce que ça, ça va vraiment
nuire à notre capacité d'être compétitif sur la question des tarifs
d'électricité, aussi les tarifs qui sont imposés par M. Trump. Et c'est
clairement dit, je cite un
article dans le Journal du Québec : «Des
menaces de Trump, la pression monte sur notre premier ministre. Avec les tarifs
de Trump, si on perd en plus l'avantage économique des bas coûts d'électricité,
je ne vois pas quel sera notre avantage compétitif au Québec.» C'est une
citation directe, je crois, de monsieur... excusez-moi, pas M. Simard, je
cherche le nom ici dans... je n'étais pas bien informé...
• (17 h 20) •
Des voix : Jean Simard.
M. Kelley : Jean Simard,
voilà, mais, bref, c'était dans les articles qui ont sorti récemment. Alors,
ça, c'est le contexte actuel pour beaucoup nos plus grands joueurs. Puis on a
toute la capacité, comme des législateurs, M. le Président, de faire des choses
et de changer les choses. Et une chose qui est possible, c'est, oui, de freiner
ce projet de loi, faire une suspension, puis la ministre peut arriver et céder
le projet de loi, pas le projet de loi dans sa forme actuelle, mais céder le
projet de loi en... en deux, revient avec des éléments qui sont importants pour
Hydro-Québec, revient avec des éléments pour la stratégie intégrée, qui est
importante, puis peut-être mettre à côté la question des tarifs. En ordre de
permettre aux autres de continuer de travailler avec le gouvernement sur leur
plan de survivre les tarifs, d'ajuster à des tarifs américains... je cherche
les bons mots, mais je pense qu'il n'y a aucune personne ici autour de la table
qui veut voir une réduction des opérations de nos grosses alumineries au
Québec. Je ne pense pas qu'on veut voir des pertes d'emplois, quand même si
c'est juste des pertes temporaires ou des heures sont réduites, ça, ce n'est
pas un mode...
M. Kelley : ...pour nous,
puis on sait que c'est des jobs payants. Il n'y a pas beaucoup de monde sur le
chômage, M. le Président, qui paie beaucoup des impôts pour nos services
publics. Alors, il faut garder ces jobs payants en région. Il faut continuer de
s'assurer que nos usines roulent à leur plus grande capacité possible. Alors,
je peux comprendre comment ces groupes-là sont un peu inquiets avec qu'est-ce
qui se passe avec ce projet loi. Et peut-être la ministre doit continuer le
travail avec eux autres, mais peut-être, comme je dis, prendre une pause,
arriver avec deux autres projets de loi, tout est possible dans la vie, tout
est possible pour les législatures à l'Assemblée nationale. C'est... Je lance
des idées, on fait un petit peu de brainstorming, M. le Président, parce que
ça, c'est une des raisons pourquoi nous sommes ici, et certaines des raisons
pourquoi j'ai décidé de déposer cette motion.
Et je pense que c'est important aussi
juste de... reviens sur certains éléments qui étaient écrits par des groupes
dans leur mémoire. Alors, parce que je sais, M. le Président, peut-être la
ministre va m'écouter puis dire : O.K., M. le député de Jacques-Cartier,
c'est une formidable idée, on va accepter la motion, puis on va écouter des
groupes, mais je demande... j'espère, mais c'est possible que c'est non. Alors,
je veux utiliser mon temps pour, au minimum, de rappeler certains des arguments
qui sont mis de l'avant dans les mémoires des différents... des différents
groupes, puis je vais commencer avec l'Association québécoise des consommateurs
industriels d'électricité. Puis eux autres, encore, rappellent que le
regroupement des gros industriels, c'est environ 3,5 milliards de
dollars annuellement dans les frais d'électricité qu'ils paient. C'est
20 % des produits de vente d'électricité au Québec et, en millions de
dollars, des grands clients, quand même, c'est 20 %, c'est seulement
0,004 % des nombres des abonnements totaux d'Hydro-Québec. Alors, on parle
de 178 clients versus les 4 millions en total pour le Québec. Ce
n'est pas une énorme clientèle dans ce sens-là, dans... en termes de nombre,
mais c'est un client impressionnant en termes de le nombre de leurs... le taux
qu'ils achètent et le pourcentage de leur électricité qu'ils achètent au
Québec.
Une des choses qui revient, c'est sur la
nécessité d'une tarification prévisible basée sur les coûts de services, et il
revient. Il faut regarder ça pour garder nous compétitifs, c'est qu'est-ce que
c'est dit. Et il revient aussi sur la nécessité de fixer avec transparence le
tarif patrimonial selon son coût réel. Et je vous reviens un petit peu plus
tard, parce qu'il y a des éléments intéressants sur cette idée, avec des tarifs
en comparaison avec les autres juridictions. Et je veux juste citer encore
qu'il dit, dans leur mémoire, encore il parle de la régie, mais 72 de la
facture totale... le client au tarif L pour la portion d'approvisionnement en
électricité, ainsi que plus 45 % du montant de la facture totale reçue
d'Hydro-Québec, pour un client au tarif L, est pour la part du bloc patrimonial
attribué à cette classe de clients.
En 2000, et moi, je suis un historien, M.
le Président, je sais que vous aimez l'histoire aussi, qu'en 2000, lors de
l'adoption de la loi fixant le tarif patrimonial moyen à un taux de 2,79 $
le kilowattheure, là, le ministre responsable admettait que cela représentait
un taux de rendement d'au moins 18 % sur la... propre des actifs de
production patrimoniale. Depuis 2014, ce tarif patrimonial est même... indexé à
l'inflation, c'est-à-dire que dans le lien avec les coûts supportés par
Hydro-Québec, pour desservir ses clients québécois. Dans son dossier tarifaire
de 2025, Hydro-Québec calcule un coût moyen de fourniture d'électricité
patrimoniale de 3,59 $ kilowatt par heure. La portion de bloc patrimonial
attribuée aux clients industriels du tarif L, ayant des contrats spéciaux, a
été exemptée de la part de cette taxe déguisée, indexion de tarif patrimonial
en reconnaissance de l'importance de préserver la compétitivité de nos usines
québécoises soumises à la concurrence internationale et pour que le prix de
l'électricité... majeur de leur coût d'exploitation. Malheureusement, le projet
de loi n° 69 propose d'éliminer cette reconnaissance et de taxer davantage
les usines...
M. Kelley : ...concernant au
tarif L en ajustant leur part du bloc patrimonial à une indexation à
l'inflation. L'association a réalisé une évaluation
sommaire de ce qui aurait
dû être le coût d'électricité patrimonial... l'an 2000... 1,40 cent au lieu de
2,79 cents. Sachant que les actifs de production d'Hydro-Québec pour le bloc
patrimonial ont continué à être amortis depuis l'an 2000 et que le ministre de
l'époque avait reconnu que le tarif patrimonial baisserait, donc, en
conséquence, avec le temps, il est clair que les consommateurs québécois
d'électricité de tout type... payant beaucoup trop depuis bien trop longtemps
pour le bloc patrimonial.
Et eux autres, c'était la recommandation
pour... «le projet de loi no 69 devrait plutôt s'assurer d'une réelle
transparence des tarifs d'électricité... l'ensemble des consommateurs
québécois... et mandater la Régie de l'énergie pour fixer le tarif patrimonial
en fonction du réel coût pour Hydro-Québec, incluant un rendement raisonnable
pour les investissements de l'actionnaire».
Je vais continuer, M. le Président, mais
une chose que j'ai bien trouvé intéressante, pour donner des exemples, c'est
comment ce chiffre... et je sais qu'on lance beaucoup des chiffres en...
discuter e de ce projet loi, mais, selon eux autres, si l'inflation n'est que
juste à... par année... Et je rappelle, de fixer, de garder les choses liées
juste exactement à l'inflation, c'est une erreur qu'on a fait avec le projet de
loi no 34, et je me rappelle que j'étais en commission avec votre collègue...
je m'excuse, maintenant, le ministre responsable pour les Infrastructures...
Une voix : ...
M. Kelley : C'est ça, parce
que... le comté m'échappe...
Une voix : ...
M. Kelley : Charlesbourg,
oui. J'ai dit à lui, parce que... Quand il était en train de faire
l'argumentaire qu'il faut garder des tarifs résidentiels fixés à l'inflation,
bien, j'ai dit : Bien qu'est-ce qui arrive s'il y a une guerre mondiale ou
une crise internationale qui arrive, puis l'inflation augmente rapidement?
Parce qu'on a eu cet exemple, dans les années 70, avec la crise du pétrole puis
des autres crises, comme le fait que Nixon a décidé d'enlever le standard de
l'or pour le dollar américain. Il y a certaines parallèles entre notre
situation, présentement, et cette époque du président Nixon, mais, bref, on a
fait la mise en garde que, oui, depuis plusieurs années, l'inflation était,
entre guillemets, prévisible. On a eu des bonnes mises en place de règles
autour des banques, que l'inflation va toujours être contrôlée, mais,
malheureusement, une pandémie, une guerre en Ukraine ont créé beaucoup
d'instabilité sur les marchés, et on a vu une crise tarifaire qui était pas mal
majeure, qui impacte toujours. Je sais que «impacte», ce n'est pas un bon mot,
en français... a eu une...
• (17 h 30) •
Une voix : Une incidence.
M. Kelley : Incidence, c'est
ça. Impacter, c'est un anglicisme, désolé, mais, pour nos citoyens, tout le
monde a vécu cette hausse du coût de la vie qui était pas mal difficile. Mais
je reviens encore à cet argument, alors, si c'est juste à 2 % par année,
le tarif L augmentera de 27,1 % entre 2025 à 2035. L'impact sur
l'indexation de la proportion patrimoniale, proposition du p.l. no 69, ajoute
elle-même 8,1 % d'augmentation du tarif L d'ici à 2035. La facture du
client moyen au tarif L passerait donc... 8 millions à 13 millions par année en
2035. Celle du client qui... 40 millio