House Proceedings — 13 May 2015 (41st Legislature, 1st Session)
2015-05-13
Quebec — Debates (Hansard)
Cet organisme
se donne la mission d'animer et d'organiser des activités auprès des aînés en
perte d'autonomie vivant en ressources d'hébergement à Laval. À chaque
année, le Partage humanitaire contribue à l'amélioration de la qualité de vie
de plus de 1 000 personnes dans plus de 15 ressources d'hébergement à
Laval.
M. Leduc
est rapidement devenu un incontournable indispensable au sein de l'organisme.
Grâce à sa passion, son enthousiasme
et son grand dévouement pour la cause des personnes aînées, ses collègues n'ont
pas hésité à le recommander pour cette reconnaissance de haut niveau. Son
dynamisme et son sourire déterminé étant contagieux, il transmet cette valeur
d'entraide et cette énergie positive qui arrivent directement au coeur de tous
les aînés qu'il côtoie.
Merci, Gilles, et
accepte nos félicitations les plus senties!
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Merci, M. le député, de votre déclaration. Je cède
maintenant la parole à M. le député de Deux-Montagnes pour sa déclaration
d'aujourd'hui. M. le député, à vous.
Charette : Merci, M. le Président. Je désire aujourd'hui souligner les
21 années d'engagement et de travail exceptionnel de M. Jean-Pierre Laviolette au sein de la Fondation
Émile-Z.-Laviolette. Créateur de cette entité qui a pour mission de fournir de l'assistance financière et
matérielle aux organismes qui soutiennent les enfants de familles à faibles
revenus, M. Laviolette quitte
aujourd'hui la présidence de la fondation après plus de 20 ans de
participation active à la mise en place et au développement de celle-ci.
M. Laviolette
est un homme qui a à coeur sa communauté et c'est un très bel exemple de
persévérance pour la relève. En
effet, depuis son adolescence, il agit à
titre de bénévole au sein de plusieurs
organisations qu'il fait rayonner grâce à son dynamisme et à sa riche
implication.
Ainsi,
M. le Président, je suis très fier de reconnaître son dévouement et je le
remercie chaleureusement pour son immense contribution dans notre milieu
et, sur une note plus personnelle et pour ne pas dire égoïste, je vous dirai
que je suis d'autant plus fier de souligner
son engagement qu'il m'accorde l'immense privilège d'être son ami. Merci,
Jean-Pierre! Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole
à Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel pour sa déclaration d'aujourd'hui. Mme
la députée, à vous.
Mme Thériault :
Merci, M. le Président. Du 10 au 16 mai se déroule la Semaine de la
police, sous le thème Pour une communauté
en sécurité . Encore cette année,
plusieurs activités sont organisées à travers le Québec en vue de consolider le lien de confiance entre les citoyens
et les différents corps policiers. C'est l'occasion idéale pour la population
de démystifier le rôle des agents de la paix et d'explorer les défis quotidiens
auxquels ils sont confrontés dans leur milieu de travail.
titre de ministre de la Sécurité publique, je tiens à remercier tous les
policiers du Québec pour leur dévouement exceptionnel, qui assure un
environnement sécuritaire à l'ensemble de nos concitoyens. Je souhaite aussi
saluer les 24 policiers ainsi que les quatre
citoyens et le militaire québécois à qui nous avons rendu hommage lundi lors de
la cérémonie des remises de décorations et citations policières.
nom du gouvernement du Québec et de la population, je félicite ces personnes
pour leur travail remarquable dédié à la protection du public. Merci, M.
le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci, Mme la députée. Je cède maintenant
la parole à M. le député de Richelieu pour sa déclaration d'aujourd'hui.
M. le député de Richelieu, à vous.
M. Rochon :
M. le Président, se tenait, au cours des derniers jours, chez moi, à
Sorel-Tracy, le prestigieux Festival-concours
de musique classique Pierre-De Saurel. L'événement, dont les débuts
remontent à 2003, a réuni cette année
pas moins de 175 musiciens et chanteurs lyriques, des jeunes provenant de
partout au Québec et même de l'Ontario. C'est la violoniste de Québec Marie Bégin qui a remporté les grands
honneurs. Je veux, M. le Président, féliciter la lauréate, les autres gagnantes et gagnants, tous les forts talentueux participants, de même
que les dévoués organisateurs sous la direction d'une femme dont le
grand coeur n'a d'égal que l'absolue détermination d'offrir aux jeunes un
fantastique tremplin, Rachel Doyon.
pays du Québec regorge de talents artistiques qui ne demandent
qu'à éclore pour faire la fierté de tout notre peuple sur nos scènes et celles du monde entier. Alors, longue vie au
Festival-concours de musique classique Pierre-De Saurel!
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci, M. le député de Richelieu. Je cède maintenant la parole à M. le
député de Mont-Royal pour sa déclaration d'aujourd'hui. M. le député, à vous la
parole.
Arcand : M. le Président, il me fait plaisir de souligner, en cette Chambre,
la présence de M. Charles Tisseyre, citoyen du comté de Mont-Royal, qui
a reçu, hier, la Médaille d'honneur de l'Assemblée nationale. Fils d'une des pionnières de la radio et de la télévision de Radio-Canada, Mme Michelle Tisseyre, et de l'éditeur Pierre Tisseyre, nous
constatons à quel point Charles Tisseyre a hérité du talent de communicateur de
ses parents.
Journaliste scientifique et animateur, il nous
convie, depuis 1992, à l'émission Découverte, en nous offrant la constance, la rigueur et la qualité dans la
recherche et l'information sur des sujets très variés, liés à la science,
l'environnement et la santé. Charles
Tisseyre réussit, à chaque semaine, à piquer notre curiosité et à susciter
notre intérêt. Il a démocratisé l'information scientifique en la rendant accessible pour tous. Il a également
facilité la compréhension des grands enjeux. Sa voix est unique,
reconnue et crédible. Toutes nos félicitations!
Vice-Président (M. Gendron) :
À nouveau, M. Tisseyre, la présidence de l'Assemblée nationale vous
salue, et vous êtes le bienvenu à l'Assemblée nationale.
Je cède maintenant
la parole à M. le député de Masson pour sa déclaration d'aujourd'hui. M. le député de Masson, à vous.
Lemay : M. le Président, je tiens à féliciter, devant mes collègues, trois entreprises de la
région des Moulins, récipiendaires au Concours québécois en
entrepreneuriat dans Lanaudière, qui représenteront fièrement la région à la finale provinciale le 18 juin prochain. Depuis maintenant
17 ans, ce concours met en relief les entrepreneurs, dans le but de les
encourager et reconnaître tout l'effort et le travail investis dans la
réalisation de leurs projets.
Parmi les lauréats, Les Systèmes Cyberkar inc.,
EOS Systèmes de positionnement inc. et Cloud Monitored Objects inc. se sont démarqués par leur caractère innovant. Je salue le
comité organisateur et les partenaires qui, par la tenue d'une telle initiative, incitent celles et
ceux qui ont une idée et qui souhaitent contribuer au dynamisme économique de notre région. Merci
d'encourager la relève entrepreneuriale. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, merci,
M. le député de Masson, pour votre déclaration. Je cède maintenant la
parole à M. le député de Huntingdon. M. le député de Huntingdon, à vous.
M. Billette : Merci beaucoup, M. le
Président. C'est avec un immense plaisir que j'aimerais souligner le 100e anniversaire du village de Howick. Cet
anniversaire sera l'occasion, pour les bâtisseurs de Howick ainsi que pour
les citoyens et citoyennes, de se donner rendez-vous afin de se remémorer une
panoplie de souvenirs. Je souhaite au comité bénévole du centenaire ainsi qu'à
tous les citoyens de Howick un magnifique 100e. Je suis
persuadé que ce sera un succès.
delighted to highlight the 100th anniversary of Howick. Congratulations to all
the volunteers who are involved in making this event a success. I wish to all the residents of Howick an
excellent centenary and I'm sure it will be a success and a good time
for all of you.
Merci beaucoup, et bon
100e à chacun et chacune d'entre vous! Merci.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci, M. le député, de votre déclaration. Je cède maintenant la parole
à M. le député de Berthier pour sa déclaration. M. le député.
Villeneuve : Merci, M. le Président. Nous savons tous que les Québécois
lisent de moins en moins, en
particulier les nouvelles
générations, ce qui est très préoccupant.
En effet, la lecture développe des qualités telles que l'imagination, la
concentration, la culture générale et la
maîtrise de la langue. Il convient donc de réagir et de trouver des solutions à
ce problème.
C'est
ce qu'a fait une enseignante de l'école Panet de Sainte-Béatrix,
Mme Isabelle Roy, de façon tout à fait originale,
en donnant à des élèves de quatrième et cinquième année le goût du livre non
pas en les faisant lire, mais en les faisant
écrire. Vendredi passé, j'ai donc eu le plaisir d'assister au lancement du
premier livre écrit par un collectif du primaire et édité par un éditeur officiel. J'invite les membres de cette
Assemblée et la population à se le procurer. Vous avez juste à venir me voir, ça va me faire plaisir. Ces jeunes
auteurs, M. le Président, sont maintenant conscients de l'importance du livre et de la lecture et continueront à lire,
même si c'est sur une tablette électronique. Je tiens à féliciter Mme Roy,
les jeunes auteurs et tous ceux qui
ont participé à cette expérience unique, en espérant qu'elle servira de modèle
aux autres écoles du Québec. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci, M. le député de Berthier, pour
votre déclaration. Cette dernière déclaration met fin à la rubrique
Déclarations des députés.
Les travaux sont
suspendus pour quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 57)
Le Président :
Mesdames messieurs, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci. Veuillez vous
asseoir.
Je crois que j'ai
reconnu notre ancien collègue Albert Houde, ancien député de Berthier, qui est
avec nous.
je vois que son voisin, c'est notre nouveau médaillé de l'Assemblée nationale, M. Charles Tisseyre, qui est à côté
de lui.
Le Président :
Aïe! vous êtes... Des vrais enfants!
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Je vous demanderais d'appeler l'article a, M. le Président.
Président : Alors, à l'article a
du feuilleton, Mme la ministre
de la Culture et des Communications présente le projet de loi n° 47, Loi
modernisant la gouvernance de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Mme la
ministre.
David (Outremont) : Alors, M. le Président, j'ai l'honneur de
présenter mes deux premiers projets de loi de ma vie. Alors, le premier, c'est le projet de loi n° 47, Loi
modernisant la gouvernance de Bibliothèque et Archives nationales du
Québec.
Ce projet de loi
propose diverses modifications dans l'organisation et le fonctionnement de
Bibliothèque et Archives nationales du Québec, en cohérence avec les pratiques
plus récentes de gouvernance retenues pour divers organismes et sociétés
d'État.
modifications proposées portent principalement sur la scission des postes de
président du conseil d'administration
et de président-directeur général, sur la composition du conseil
d'administration et l'exigence d'y maintenir une proportion importante de membres indépendants, ainsi que sur la
présence, sous l'autorité du conseil d'administration, d'un comité de
vérification, d'un comité de gouvernance et d'éthique et d'un comité sur les
ressources humaines.
projet de loi impose par ailleurs de nouvelles exigences à Bibliothèque et
Archives nationales du Québec en matière de planification et de
reddition de comptes.
Enfin, le projet de
loi prévoit des dispositions transitoires et finales.
Président : Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce
projet de loi? Mme la leader de l'opposition.
Maltais : M. le
Président, est-ce qu'il y aura des consultations particulières sur cette loi?
Le Président : M. le leader.
M. Fournier : On pourra
organiser cela.
Le Président : Alors, est-ce
que c'est adopté?
Le Président : Adopté. M. le
leader du gouvernement.
M. Fournier :
L'article b, M. le Président.
Président : Alors, à l'article b du feuilleton, Mme la
ministre de la Culture et des Communications présente le projet de loi n° 48,
Loi modernisant la gouvernance du Conservatoire de musique et d'art dramatique
du Québec. Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Alors, j'ai pris l'habitude, maintenant. Mon deuxième
projet de loi, le numéro 48, Loi modernisant la gouvernance du
Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec.
Ce projet de
loi propose diverses modifications à la loi constitutive du Conservatoire de
musique et d'art dramatique du
Québec, principalement en lien avec l'organisation et le fonctionnement de ses
différentes instances de gouvernance.
modifications proposées portent notamment sur la composition du conseil
d'administration et de la Commission des
études. De plus, en cohérence avec les pratiques plus récentes de gouvernance
introduites dans divers organismes, le
projet de loi prévoit l'institution, sous l'autorité du conseil
d'administration, d'un comité de vérification, d'un comité de gouvernance et d'éthique et d'un comité des
ressources humaines. Il prévoit également de nouvelles mesures en matière
de planification et de reddition de comptes.
En plus d'une actualisation plus générale des
dispositions de cette loi, le projet de loi prévoit des dispositions
transitoires et finales.
Président : Est-ce
que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Mme la leader
de l'opposition.
Maltais : Nous sommes très heureux de voir qu'il y a encore
des conservatoires. Alors, est-ce qu'on peut avoir encore des
consultations particulières là-dessus?
Le Président : Est-ce qu'il
va y avoir des conversations sur le sujet?
M. Fournier : Oui,
certainement, M. le Président. Nous l'aurons et nous en tiendrons.
Le Président : Alors, c'est
adopté. M. le leader.
M. Fournier : ...l'article c,
M. le Président.
Président : Alors, à
l'article c du feuilleton, j'ai reçu le rapport de la
directrice de la législation sur le projet
de loi n° 206, Loi
concernant la Ville de Mercier. La directrice
de la législation a constaté que les avis ont été faits et publiés
conformément aux règles de fonctionnement des projets de loi d'intérêt privé.
Alors, je dépose ce rapport.
conséquence, M. le député de La Prairie présente le projet de loi numéro... le projet de loi d'intérêt n° 206... loi
d'intérêt privé n° 206, Loi concernant la Ville de Mercier.
L'Assemblée accepte-t-elle d'être saisie du
projet de loi? Adopté. Alors, M. le leader du gouvernement.
Fournier : Conformément au premier alinéa de l'article 267
du règlement, M. le Président, je fais motion afin que ce projet de loi
soit déféré à la Commission de l'aménagement du territoire et pour que le
ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire en soit
membre.
Le Président : Est-ce que
c'est adopté? Adopté.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le leader
du gouvernement.
Fournier : Oui. Il me
fait plaisir de déposer la réponse du gouvernement à la pétition présentée par
la députée d'Hochelaga-Maisonneuve
le 2 avril 2015.
Le Président : Alors, ce
document est déposé. Alors, ce document est déposé.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de commission.
À la rubrique Dépôt de pétitions, M. le député
de Beauharnois.
M. Leclair :
Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 112 pétitionnaires.
Désignés : Aux citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
les retombées économiques engendrées par les activités de chasse, de pêche, de
trappe, de plaisance, d'observation de la nature, etc.;
«Considérant
que ces activités font
partie de nos traditions, qu'elles façonnent notre mode
de vie et notre rapport avec le territoire et qu'à
titre [patrimonial]
culturel, elles méritent d'être protégées;
«Considérant
que la pratique de ces activités est encadrée par des règles strictes et
qu'elle nécessite des investissements importants,
que ce soit directement par le paiement de baux et de taxes pour les abris
sommaires, [des] frais de villégiature et
de permis de toutes sortes, ou indirectement par les dépenses liées à la
restauration, l'immatriculation, les déplacements, l'hébergement, les
services professionnels, etc.;
«Considérant
[...] le principe utilisateur-payeur n'est pas acceptable dans la mesure où les
sommes perçues sont réinvesties dans [le] secteur d'activité ou un ministère
donné;
«Considérant
la dégradation importante du réseau des routes [...] des chemins permettant
d'accéder aux terres publiques;
«Considérant
que ce manque d'entretien peut avoir des conséquences graves pour les
utilisateurs, qu'il ralentit le
travail des agents de la faune et des équipes de la SOPFEU, allant même jusqu'à
empêcher l'accès et l'intervention de véhicules d'urgence;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
conséquence, nous, citoyens et citoyennes du Québec, demandons au
gouvernement du Québec un gel des taxes et des tarifs, et ce, jusqu'à ce que le ministère
concerné fasse la démonstration de sa volonté et de sa capacité à faciliter
l'accès aux terres publiques.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : L'extrait de
cette pétition est déposé. J'invite maintenant le député de Saint-Jérôme.
Péladeau : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 2 278 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Attendu qu'Hydro-Québec
est un symbole de notre développement économique;
«Attendu
que les fermetures des usines Général Câble de La Malbaie et de Prysmian à
Saint-Jean-sur-Richelieu ont fait en
sorte que l'usine de Saint-Jérôme est désormais
la seule usine au Québec certifiée capable d'approvisionner
Hydro-Québec;
«Attendu que
l'usine de Général Câble de Saint-Jérôme fabrique, depuis 1967, des câbles
électriques et que les contrats d'Hydro-Québec représentent 60 % de
la production de cette usine;
«Attendu que
Général Câble génère 105 emplois directs et de qualité et près de
40 emplois indirects à Saint-Jérôme;
«Attendu qu'Hydro-Québec s'est engagée, via sa
politique à "utiliser son pouvoir d'achat pour favoriser le maintien et le
développement de l'activité économique [au] Québec";
«Attendu
qu'Hydro-Québec ouvre la porte à des entreprises étrangères pour l'achat de
pylônes électriques et qu'il est essentiel, dans une perspective de
développement durable et afin de maximiser les retombées économiques au Québec,
de s'approvisionner au Québec;
«Attendu que
les activités de production au Québec de câbles électriques destinés à
Hydro-Québec contribuent au maintien
et au développement d'une filière forte assurant que, lors de l'avènement
inéluctable de l'électrification des transports, ce sera les entreprises
québécoises qui en profiteront;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons à l'Assemblée nationale d'exiger qu'Hydro-Québec
s'approvisionne en câbles auprès de
l'usine Général Câble de Saint-Jérôme, afin de maintenir la centaine d'emplois
et qu'elle utilise son pouvoir d'achat pour favoriser l'activité
économique du Québec.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Président : L'extrait de cette pétition est déposé. J'ai reçu,
de la part de M. le député de Mégantic, une demande d'un dépôt d'une pétition qui est non conforme.
Est-ce que j'ai un consentement? Consentement. M. le député de Mégantic.
Bolduc : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par
1 435 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que les personnes avec des problèmes physiques ou mentaux doivent répondre à
leurs besoins de base;
«Considérant que la pauvreté diminue l'estime de
soi, augmente les problèmes de santé physique et mentale;
«Considérant que plusieurs personnes avec des
invalidités permanentes ou des contraintes sévères à l'emploi peuvent travailler, mais de façon
irrégulière et à temps partiel, leur intégration sociale est facilitée par
l'accès à l'emploi et contribue à l'enrichissement de notre société;
«Considérant qu'il est inadmissible de maintenir
des gens dans la pauvreté;
«Considérant que le gouvernement s'est engagé,
en 2002, à lutter contre la pauvreté en adoptant la loi 112;
«Considérant
que le gouvernement doit renforcer son soutien aux personnes plus
vulnérables pour prévenir leur appauvrissement et leur marginalisation;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, citoyens et citoyennes du Québec, demandons au gouvernement de maintenir les
programmes de soutien financier et de formation en place en les indexant
annuellement au coût de la vie.
«Nous demandons
de permettre aux personnes ayant des contraintes sévères à l'emploi de gagner
la différence entre les montants
reçus de l'aide sociale — 937 $ par mois — et le seuil de faibles revenus — 1 893,33 $ par mois — sans pénalité ou remise en question
du programme de soutien.
«Nous
demandons également que chaque individu puisse sortir de la pauvreté dans le
respect de ses capacités et ainsi
lutter concrètement à éviter la stigmatisation, l'appauvrissement et la
détérioration de la santé mentale et physique.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Président : L'extrait de cette pétition est déposé. J'ai aussi
reçu une demande de M. le député de Maskinongé pour déposer une pétition qui est non conforme. Est-ce que j'ai un
consentement? J'ai un consentement. M. le député de Maskinongé.
Plante : Merci, M. le
Président. Donc, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 10 245 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes trifluviens.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que, le 3 février 2014, le conseil municipal
de Trois-Rivières a résolu, à petite majorité, de refluorer
l'eau potable de 134 000 citoyens;
«Considérant
que l'injection dans notre eau potable d'un produit chimique fluoré, en fait,
un déchet industriel reconnu
dangereux et impropre à la consommation humaine, peut avoir des effets néfastes
à long terme sur notre santé et [notre] environnement;
«Considérant
que cette méthode très controversée et peu efficace est une médication
préventive imposée, sans consultation citoyenne, qui enfreint la Charte
des droits et libertés de la personne;
«Considérant
que d'autres solutions à la prévention de la carie dentaire chez les enfants
existent et sont socialement plus acceptables;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, citoyens trifluviens, exigeons de
recevoir une eau très saine, sans [fluor] chimique ajouté.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : Alors,
l'extrait de cette pétition est déposé.
Il n'y a pas
de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une question de
droit ou de privilège.
Je vous avise qu'après la période des questions
et réponses orales sera tenu le vote reporté sur la motion de M. le ministre de l'Économie, de l'Innovation et
des Exportations proposant que le principe du projet de loi n° 37, Loi
confirmant l'assujettissement des projets de cimenterie et de terminal maritime
sur le territoire de la Municipalité de Port-Daniel—Gascons au seul régime d'autorisation de
l'article 22 de la
Loi sur la qualité de l'environnement, soit adopté.
Maintenant,
nous en sommes maintenant rendus à la période de questions et de réponses
orales, et je cède la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Bédard :
Merci, M. le Président. Les familles et les jeunes autistes ont besoin de notre
solidarité, et vous le savez, M. le Président, on sait à quel point
c'est important. Or, parfois, malheureusement, cette solidarité fait défaut. Et le cas rapporté par la journaliste Rima Elkouri
dans les derniers mois est particulièrement inquiétant et troublant. C'est
le cas d'un jeune, Benjamin, de 10 ans
qui est autiste non verbal avec une déficience intellectuelle. En décembre
dernier, il a été expulsé de son
école spécialisée, car il était considéré par l'établissement comme un cas trop
lourd.
Malgré des ressources spécialisées, finalement, l'école n'y
arrivait pas. On l'a retourné à la maison auprès de ses parents en lui assurant une heure par jour d'éducation
spécialisée. Or, dans les faits, c'est un désengagement, mais c'est surtout un
impact important dans la vie, dans la qualité de vie de la famille et
qui se trouve littéralement laissée pour compte dans cette situation. Un maigre
cinq heures par semaine, ce n'est pas suffisant.
Ce qu'on
apprend, en même temps, dans ces articles, M. le Président, c'est que,
seulement dans l'année qui vient de se terminer,
c'est 40 nouveaux cas d'exclusion de cette même nature qui sont arrivés,
donc qui ont un impact auprès des familles, auprès de ces jeunes, évidemment,
en premier, mais auprès de leurs parents.
Ce que
j'aimerais savoir du premier ministre, qui a sûrement vu comme moi cette
situation : Quel engagement prend-il auprès des parents et des
enfants autistes du Québec pour assurer qu'ils puissent continuer à être dans
notre système d'éducation et recevoir des services adaptés à leur réalité?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
je remercie le collègue pour cette question. C'est effectivement un sujet qui
doit être soulevé dans cette Chambre
parce que... Lorsqu'il est question de santé ici, souvent on parle des listes
d'attente, des salles d'urgence, avec raison, mais on parle relativement
peu de ces personnes, de ces familles pour lesquelles un diagnostic semblable non seulement change la vie
de façon très difficile, mais change la perspective d'avenir de toute la famille. Et je suis très sensible, à
titre de
parent, à ces situations-là, d'autant
plus qu'à l'époque on avait dû mettre sur pied, presque à partir de rien, un programme pour dépister,
diagnostiquer et traiter l'autisme, qui, malheureusement, n'arrive
pas à suivre l'augmentation importante du nombre de cas.
Alors, l'engagement
que je prends, M. le Président, il est simple, c'est qu'on va accorder une attention particulière aux traitements, non seulement aux traitements,
mais à l'accompagnement des familles de ces enfants-là. Il est certain que nous sommes dans une période, on le sait,
exigeante sur le plan budgétaire, et c'est le genre de situation, c'est le
genre de personnes, c'est le genre d'enfants, c'est le genre de familles
qu'on ne veut pas laisser de côté, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard :
Pour revenir au cas du jeune Benjamin, qui représente combien d'autres
familles, actuellement, le problème,
c'est que, malgré la médiatisation du dossier, il n'a pas pu réintégrer des
classes spécialisées. Donc, il vient un
moment donné... il faut s'assurer que ces personnes, qui se retrouvent dans une
situation pire le lendemain... Quand ils sont exclus, c'est moins
d'heures, moins de services et des parents qui sont dépassés par la situation
qu'ils vivent.
Alors, ce que je demande au premier
ministre : Qu'est-ce qu'on peut faire de plus pour s'assurer que ces
jeunes-là puissent retourner dans les classes spécialisées à cet effet,
M. le Président?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, on m'indique que l'enfant et les cas semblables
reçoivent la scolarisation à domicile, ce
qui n'est peut-être pas idéal, je suis d'accord, puis on a un impact qu'il a mentionné
sur les heures de traitements intensifs pour les enfants autistes. Mais, justement, si on est en train de
rétablir l'équilibre des finances publiques, diminuer le poids de la dette du Québec, c'est de nous redonner la
liberté d'investir dans les secteurs qui nous tiennent à coeur. On pourrait
dire la santé très largement, mais je répète
que, dans la santé, la situation qu'il décrit, la situation de ces familles me
semble, pour moi et, je pense, pour beaucoup de Québécois, aussi
importante que les listes d'attente de chirurgie cardiaque, M. le
Président.
Alors,
je veux être certain qu'on accorde toujours une attention particulière autant
du côté du système de santé et de services sociaux pour les
traitements...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...que du côté scolaire pour favoriser l'intégration de
ces enfants.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard : En aucun temps la situation budgétaire ne peut
justifier que ces parents-là ne reçoivent pas des services adaptés, en aucun temps. À 72 milliards et
plus de dépenses, c'est impensable, pour un nombre de cas qu'on connaît, qu'on
ne leur donne pas les suivis appropriés.
Cette personne-là ne
peut retourner actuellement dans des classes spécialisées. Je demanderais au
premier ministre : Quand pourront-ils
le faire? Quels services, quelles ressources additionnelles va-t-il donner pour
que ces enfants-là puissent avoir l'accompagnement souhaité par les
parents et par ces enfants?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je vais quand même rappeler, sans soulever de
polémique et en tout respect pour mon
collègue, que, n'ayant pas eu de crédits avec le budget déposé avant l'élection
générale, il est très difficile de voir comment eux auraient abordé la question des services spécialisés en
éducation. Je le dis parce que ça doit être dit, M. le Président.
Maintenant, personne
n'a le monopole de la compassion, de la solidarité envers ces familles-là. Nous
l'avons également, ils l'ont, la deuxième
opposition, Québec solidaire, tout le monde partage ce souci. On va faire en
sorte de rétablir la santé financière,
mais surtout de nous assurer, pour le Québec, qu'on accorde une attention
particulière aux personnes, comme cet enfant, qui sont malheureusement
parfois et souvent laissées de côté dans la société.
Le Président :
Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard : Je pense que le premier ministre manque d'élévation
ce matin, là. De parler de dépôt des crédits quand je lui parle de 80 familles, qu'il y en a
40, seulement cette année, qui ont été exclues, je pense qu'il y a un
petit manque, quelque part, de jugement, là, M. le Président.
Ce que je vois très clairement, et je pèse mes
mots, et je pèse mes mots, ce que je comprends, c'est... L'Office des personnes handicapées, elle est inquiète dans les
compressions dans les écoles. Ce que je comprends, c'est que la Fédération
québécoise de l'autisme, elle veut des partenariats puis elle n'a pas de
réponse actuellement.
Est-ce
que le premier ministre va prendre des engagements pour que ces jeunes-là
retournent à l'école maintenant? On est...
Président : Je vous invite évidemment mutuellement, au début de
cette période de questions, à éviter de vous blesser mutuellement. M. le
premier ministre.
Couillard : M. le Président, oui, on a une société riche, puis il faut le
demeurer, puis il faut être encore plus riche. Et, pour ça, entre
autres, il faut éviter d'emprunter
l'avenue que nous suggère l'opposition
officielle quant à l'avenir du Québec,
qui, elle, va fragiliser les services publics, puis les finances publiques, puis la solidarité, au Québec, de façon majeure...
Le Président : Mme la leader
de l'opposition.
Maltais : Je me dois... La question est très sérieuse. Là,
je vais parler de l'article 79. On est sur des enfants autistes, puis il nous arrive avec sa complainte
sur la peur de la souveraineté du Québec. Je pense qu'il devrait rester dans le
sujet, ce serait intéressant.
Le Président : Je vous
remercie. M. le premier ministre, veuillez continuer.
M. Couillard : M. le Président, oui,
un peu d'élévation. On est en plein dans le sujet. Ils ne sont même pas
capables d'expliquer comment les finances publiques fonctionneraient, ils ne
sont même pas capables d'expliquer un élément concret qui changerait dans la
vie des gens.
Nous, les
enfants, on va les soutenir, les écoles, on va les soutenir. Les enfants
autistes et les familles, on va les soutenir parce qu'on va se donner
les moyens de les soutenir davantage, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le chef de l'opposition.
Bédard :
Là, ce n'était pas prévu, là, mais le premier ministre, il dit à ces
parents-là, là : Attendez le retour à l'équilibre budgétaire, puis après ça vous aurez des services. Bien,
voyons! C'est quoi, ces niaiseries-là, M. le Président? C'est fou. Je
n'en reviens pas que le premier ministre puisse dire ça, ce matin, à ces
parents.
Le Président : Je pense que
le message... Je pense que le message passe très bien, mais...
Président : S'il vous plaît! Je pense que le message passe très
bien, sauf que certains mots ne sont pas, évidemment, acceptables ici,
au Parlement. Je vous demande, évidemment, de faire bien attention à ces mots.
Vous avez terminé votre question? Non. Non,
voilà, voilà.
Bédard :
Je n'ai pas terminé, M. le Président. Ce qu'on demande, c'est un engagement, du
premier ministre, clair. D'abord, la
fédération de l'autisme disent qu'ils n'ont pas de réponse satisfaisante dans
le contexte actuel, puis je ne peux pas
croire qu'on est à 1 million près, 2 millions ou 10 millions près de
leur donner des services adaptés. En même temps, ces personnes-là qui sont exclues des écoles, ils veulent savoir,
les parents, demain matin qu'est-ce qu'on fait. Ils ont besoin de l'aide de nous tous. Alors, la moindre
des choses, c'est de leur donner un signal positif, pas leur dire : Le
jour du retour de l'équilibre
budgétaire, on va donner des services adaptés. Bien, voyons! Voyons! Le Québec,
on a 72 milliards de dépenses. Complètement fou!
Je demande au premier ministre de se ressaisir
puis dire à ces parents... de prendre un engagement formel. Qu'est-ce qu'on va
leur donner de plus? Comment on va s'assurer que ces personnes-là retournent à
l'école avec des services adaptés plutôt
qu'un désengagement comme on voit actuellement, où on dit plutôt aux
parents : C'est maintenant votre
problème et faites ce que vous pouvez? Ça ne peut pas fonctionner de même. Ça
ne peut pas fonctionner comme ça dans notre société, M. le Président.
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Alors, M. le
Président, j'ai vraiment fait de mon mieux pour éviter de blesser mon collègue
puis de faire allusion à des éléments
antérieurs que moi, j'ai vécus comme ministre de la Santé. Quand je suis arrivé
en 2003, les parents d'autistes poursuivaient le gouvernement du Québec pour
l'absence totale de services. Alors, où était-il à ce moment-là? Il
siégeait dans cette Assemblée. Qu'est-ce qu'il disait, à ce moment-là, aux
parents autistes?
Maintenant,
ce que je veux rappeler à l'Assemblée puis à la population, c'est qu'il y a
environ — et je
pense que le chiffre est bon — 2,3 milliards pour les services
d'éducation spécialisée pour les élèves en difficulté, dont les autistes.
Ce montant-là est là, on va le maintenir. Nous, on ne coupe pas de 5 %,
6 % l'éducation, comme ça a été le cas il y a quelques années, on augmente l'enveloppe puis on
veut s'assurer que chaque enfant qui a besoin de services obtienne ces services de la meilleure façon possible. Et je
ne crois pas qu'on devrait ici, dans cette Chambre, exploiter de façon
politique les situations tragiques que vivent certaines familles.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard :
Bien, il me demande où j'étais? J'étais à leurs côtés comme député de
Chicoutimi. C'est moi qui ai, d'ailleurs... Avec leur aide, on a créé le
premier centre de répit-dépannage pour les enfants autistes du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Il devrait le savoir.
Alors,
j'étais à leurs côtés, puis les parents, depuis des années, se mobilisent,
actuellement. Aujourd'hui, on est face
à une augmentation de cas, on est face à une augmentation d'exclusions dans les
écoles parce que les gens ont moins de ressources.
Ce que je demande au premier ministre, c'est un engagement dans la suite de ce qui s'est fait dans le
passé : on a augmenté les services, on ne les a pas baissés. Ce que
je lui dis, face au cas du jeune Benjamin, mais d'autres : Quel engagement
prend-il pour que ces jeunes-là aient...
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Alors, moi, ce
que je vais dire aux familles et à cette famille particulièrement, c'est que
moi, je sais exactement...
je ressens et j'essaie de... et je ne pourrai jamais le ressentir au niveau
qu'eux et elles le ressentent, mais je
ressens la détresse d'une famille qui doit vivre avec un enfant qui est devant
cette situation, j'en suis conscient. Et je sais qu'on
doit faire non seulement aussi bien, mais toujours mieux. Et, pour ça, on doit
assumer nos responsabilités et continuer
d'augmenter les moyens dont on se dote au Québec pour assurer les
services, d'abord et avant tout, pour les personnes comme cet enfant et
cette famille qui ont besoin de notre attention particulière. J'espère que l'opposition
officielle va nous soutenir dans toutes les démarches qu'on fait actuellement
pour libérer des crédits aux dépens de l'Administration vers les services
directs pour la population.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard :
Quel engagement précis le premier ministre prend aujourd'hui envers les
familles autistes, envers ceux et
celles qui sont exclus de notre réseau de l'éducation et qui se retrouvent tout
seuls? Quel engagement à court terme, là, qu'il prend auprès d'eux? C'est ça
que je veux savoir aujourd'hui. C'était le but de mes cinq autres questions.
J'aimerais un engagement pour eux et pour elles qui sont auprès de ces
enfants autistes, M. le Président.
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
je vais prendre l'engagement de ne jamais faire revivre à ces familles les
coupes énormes qui ont eu lieu sous
la gouverne qui nous a précédés, jamais. Je vais prendre l'engagement que,
lorsqu'on va déposer un budget, il y
aura toujours des crédits, de telle façon que le ministère de l'Éducation, de
la Santé et des Services sociaux
connaîtront exactement l'enveloppe qui leur est destinée. Et je vais prendre
l'engagement, devant les familles dont
on parle, qu'ils ont toute ma solidarité et mon activité et celle de mon
gouvernement pour les accompagner et s'assurer qu'on augmente et qu'on
améliore les services, M. le Président. C'est pour ça qu'on est ici et c'est ça
qu'on va faire.
Le Président : Principale,
Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger : Ces derniers jours, une série d'articles parus
dans Le Journal de Montréal traitent du décrochage scolaire au Québec et en Ontario.
Alors que, chez nos voisins, le décrochage a diminué de 16 % depuis 2003,
ici, la baisse n'a été que de
5 % — trois
fois moins. Pendant ce temps, les écoles de Montréal ont commencé à
appliquer la solution du ministre, le rapport de Raymond Chabot Grant Thornton.
Résultat, fin des dîners à 2 $ pour les familles à faibles revenus dans 15 écoles primaires et quatre écoles
secondaires de Montréal. Au total, c'est 1 833 enfants au primaire
et 562 jeunes au secondaire qui ne pourront plus bénéficier d'aide pour
avoir le ventre plein.
Pendant
que le ministre philosophe, on coupe l'aide alimentaire pour des
enfants provenant de familles démunies. Est-ce que le ministre de
l'Éducation croit que couper dans la
nourriture de ces 2 300 enfants va favoriser leur réussite
scolaire?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
M. Blais : Alors, M. le Président, à
une question claire, une réponse claire : Non, je ne crois pas ça. Je vais
peut-être replacer, par exemple, le contexte de cette annonce-là. Elle a été
faite, si je me souviens bien, à une époque où la commission scolaire
avait envoyé aussi aux parents de la CSDM une lettre que j'avais, je pense...
j'avais présentée comme une lettre catastrophe,
là, aux parents. Depuis ce temps-là, la CSDM s'est engagée formellement à
revenir sur terre au niveau des
efforts qu'elle doit faire, hein, pour revenir à l'équilibre budgétaire dans
les meilleurs délais possible, et elle a un rapport qui lui permet d'y
arriver.
Quelques
chiffres qui sont évocateurs, si vous voulez bien. Comparons avec la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, qui est
tout près : la CSDM a 77 % plus d'élèves que Marguerite-Bourgeoys, et
pourtant 211 % du budget de Marguerite-Bourgeoys,
et pourtant 208 % de son nombre d'établissements, et pourtant 196 % de son nombre d'employés.
On pense que la CSDM peut faire un effort,
peut faire les efforts budgétaires intelligents pour améliorer la situation
sans passer par le type de mesures qui nous étaient présentées encore
récemment.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger : Le rapport de
Raymond Chabot Grant Thornton, que le ministre vante sur toutes les tribunes, préconise des coupes de 221 postes de
professionnels de l'éducation qui offrent des services directs aux jeunes.
Menacées de tutelle, les écoles de Montréal
ont commencé à appliquer la solution du ministre. C'est lui... de
revenir sur terre, M. le Président. Résultat, 170 postes coupés, dont des
psychologues, des psychoéducateurs et des conseillers pédagogiques. Ce
n'est qu'un début, M. le Président.
Est-ce que le ministre de l'Éducation croit que
la diminution du nombre de professionnels dans les écoles de Montréal sera sans
impact sur la...
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Blais : Merci beaucoup, M. le Président. Donc, dans une entrevue au journaliste
Jean-Philippe Robillard, de décembre
dernier, Mme Marie Malavoy, qui est l'ancienne ministre de l'Éducation,
ancienne collègue aussi, notre collègue, estime que les
choses doivent changer à la CSDM. Je la cite : «Je pense que c'est une
gouvernance qui mérite d'être revue, [d'être]
resserrée [...] je ne suis pas contre l'idée que la CSDM soit contrainte de
rendre des comptes.» Nous y sommes.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger : Depuis un an, le gouvernement libéral a pris
une série de décisions qui nuit à la réussite scolaire des enfants du Québec : coupe de livres;
coupe dans l'aide aux devoirs; coupe dans l'aide alimentaire; coupe de postes
de professionnels donnant des services directs aux élèves. Le gouvernement a tout
simplement abandonné la lutte au décrochage, l'aide aux enfants en besoin et
aux jeunes plus vulnérables.
Est-ce que
le ministre va cesser de philosopher et réaliser que ces
coupes nuisent considérablement à la lutte contre le décrochage scolaire
et qu'il hypothèque l'avenir de tous nos enfants du Québec?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
M. Blais : Donc, la pratique de la
philosophie n'est pas une chose odieuse, là, en passant, là, M. le Président, surtout, hein, surtout quand on revient à un
rapport qui nous dit des choses essentielles. La CSDM était, elle l'est,
j'espère, de moins en moins, mal administrée et elle était, et j'espère
qu'elle le sera de moins en moins, suradministrée, hein? Alors, l'idée, là, du
rapport, ce n'est pas de protéger le statu quo, ce n'est pas de ne pas changer
des choses, c'est de faire en
sorte que, s'il y a des compressions, ces
compressions soient intelligentes et que l'on préserve, bien sûr,
les ressources là où on en a besoin...
Le Président : En terminant.
Blais : ...dans un meilleur déploiement.
Le Président :
Principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, lors de la dernière campagne
électorale, le premier ministre s'est engagé à ce que les tarifs d'électricité n'augmentent pas de plus
que l'inflation. Or, le 1er avril dernier, les tarifs d'électricité ont
augmenté de 2,9 %, soit le double de l'inflation. J'ai demandé au
premier ministre d'agir parce que cette hausse s'explique essentiellement par une réduction des bénéfices
d'Hydro-Québec suite aux pertes dans l'éolien. Le premier ministre m'a
répondu : Je ne veux pas agir, parce que je ne veux pas interférer dans
les décisions de la Régie de l'énergie.
apprenait il y a quelques jours qu'Hydro-Québec a eu des bénéfices de
160 millions de plus que prévu. Et, en vertu d'un plan adopté en 2014 par la Régie de l'énergie, la régie doit
exiger qu'Hydro-Québec rembourse ce 160 millions aux consommateurs.
Qu'est-ce qu'a fait le premier ministre? Il a fait adopter sous bâillon la loi
n° 28 pour empêcher Hydro-Québec de
rembourser le 160 millions. Donc, quand il s'agit d'augmenter les tarifs
de plus que l'inflation, le premier ministre
dit : Je ne peux pas agir, mais, quand il s'agit de rembourser de l'argent
aux consommateurs, là, il nous passe un bâillon. Deux poids, deux
mesures.
le Président, cet argent appartient aux citoyens du Québec. Est-ce que le
premier ministre peut rembourser les 160 millions de dollars de
trop...
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, non seulement cette somme appartient aux Québécois et
aux Québécoises, mais elle leur a été
complètement retournée puisque c'est ce qui a permis de maintenir les services
publics, M. le Président, alors qu'on
rétablit l'équilibre budgétaire. Et mon collègue sait très bien, sait très bien
l'ampleur de l'impasse qui était devant
nous et qu'on a réussi — on l'espère, que ça va se maintenir — à renverser avec l'équilibre budgétaire
annoncé lors du dernier budget.
Lui-même avait annoncé l'équilibre budgétaire en 2015‑2016. Alors, il ne va pas
donner à personne l'illusion que lui n'aurait pas eu à prendre des
décisions.
Maintenant,
cet argent-là, M. le Président, est fait, et ça s'est fait, comme il l'a dit,
par un projet de loi qui a une application
pendant qu'on atteint l'équilibre budgétaire. Mais je répète, là : L'argent
est tout retourné au Québec puis aux Québécois en maintenant les
services publics. C'est à ça que ça sert aussi, l'Hydro-Québec.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, on est tous les deux d'accord pour
moyenne. C'est rendu, au Québec, qu'on a 50 nuances de taxation libérale;
il y en a une nouvelle à chaque semaine.
argent appartient aux consommateurs. Quand va-t-il rembourser les trop-perçus
d'Hydro-Québec à ceux à qui ça appartient, c'est-à-dire les citoyens du
Québec?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, la population de partout, et de Québec en particulier,
a très bien décodé le langage de
notre collègue. Oui, oui, il est pour l'équilibre budgétaire. Bien sûr, il est
pour l'équilibre budgétaire. Qui peut
être contre la vertu? Mais il est
contre toutes les actions posées par le gouvernement pour atteindre l'équilibre budgétaire. Je l'écoutais parler des CHSLD hier, je
crois : Ah!, il disait, il faut réduire la bureaucratie, c'est ça, la
solution. Il a voté contre le projet de loi n° 10 qui visait à abolir 220 millions de dépenses de bureaucratie dans le réseau de santé. C'est une incohérence
totale.
Nous,
on est cohérents. L'équilibre
budgétaire, on l'atteint, on le
maintient. L'argent appartient aux Québécois, il est retourné dans leurs services publics. Et, lorsque l'équilibre sera atteint, on va aller de l'avant, M. le Président, avec
encore plus d'équité dans l'administration du Québec.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, le premier ministre ne répond pas à
la question. Il détourne des fonds chez Hydro-Québec...
Président : M. le chef du deuxième groupe d'opposition, je vais
vous demander de retirer vos propos, là. C'est une accusation
criminelle. Bien oui.
Legault : C'est une taxe déguisée, M. le Président. Cet argent
appartient aux citoyens québécois. Quand le premier ministre va-t-il rembourser les trop-perçus d'Hydro-Québec à qui
ça appartient, c'est-à-dire aux citoyens québécois?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, là, on est près de la caricature, là, les mots qu'il a
dû retirer... Franchement, ça n'a aucun
sens d'employer des mots comme ça, alors qu'on vient de dire à la population
puis aux collègues de cette Assemblée que
l'argent, il est tout dans les poches des Québécois comme services. Parce que
l'équilibre budgétaire, ça ne se fait pas tout seul, ça n'arrive pas par magie. Les décisions difficiles, il
fallait les prendre, on les a prises. Le courage, il fallait le montrer; nous, on l'a montré, le courage. Lui, il
fuit devant ses responsabilités. Il n'est pas capable de me donner un seul
exemple de ce qu'il aurait fait pour rétablir l'équilibre budgétaire.
Le Président :
Principale, M. le député de La Peltrie.
Caire : M. le Président, le Tableau de bord est ce
site Web qui a pour mission d'informer les Québécois sur l'état de santé des projets informatiques. Or,
depuis 2012, on sait qu'il fait exactement le contraire; il diffuse une
information erronée. En novembre, le
Conseil du trésor a dépensé 65 000 $ pour corriger cette situation.
Dans les faits, on a rajouté un champ Faits saillants et des
pastilles de couleur. Wow!
Quand
on vérifie ça, on se rend compte que, sur les 321 projets affichés «actifs», il
y en a 166 qui diffusent de l'information erronée. Pourtant, dans son
document, à la page 35 — ce document-ci — il nous dit que cette situation-là a été
corrigée. M. le Président, gaspiller
65 000 $ pour ne pas régler un problème connu, est-ce que c'est ça,
être rigoureux et responsables?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
Coiteux : Bien, M. le Président, l'une des premières choses que
j'avais faites lorsque je suis entré en fonction, j'ai rencontré mon critique de la deuxième
opposition, qui est allé maintenant travailler avec la Caisse de dépôt pour
faire avancer un certain nombre de
projets de développement pour l'économie du Québec. Et il m'avait dit : Le
tableau de bord, c'est important pour
nous. Puis je pense que j'avais remarqué que, dans le programme de la CAQ,
c'était extrêmement important
d'améliorer le tableau de bord. Alors, il aura remarqué, le député de
La Peltrie, que, pendant un certain nombre de semaines, on n'a pas publié l'ancien tableau de bord qui,
semble-t-il, ne faisait pas l'affaire. Ça tombe bien, ça ne faisait pas mon affaire non plus parce que
l'information n'était pas totalement colligée d'une façon qui était totalement
objective, puis je trouvais qu'il y avait des critères qui étaient trop
subjectifs. Alors, on a apporté des correctifs.
y a une première série de correctifs qui a été apportée. On a un tableau de
bord qui est basé sur des critères objectifs en matière de
respect ou non des échéanciers, en matière de respect ou non des budgets. On
ajoute bientôt l'historique des décisions, qui n'était pas là aussi. On a
ajouté le secteur de la santé. Alors, on est en progrès, on aura l'occasion d'ailleurs d'en parler vendredi,
puisque j'ai été interpellé, semble-t-il, et on va continuer de discuter de ces
questions-là. On est en train d'améliorer les choses exactement comme ils nous
ont demandé...
Le Président :
En terminant.
M. Coiteux :
...mais on va encore plus loin qu'eux.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire : M. le Président, selon le document de modification,
ça dit : Aucune modification n'a été apportée sur la méthode pour établir les cotes de coût et les
échéanciers. Alors, ce qui fait problème, on n'y a pas touché. Par exemple,
Mosaic, Mosaic, M. le Président, un projet
qui était évalué à 10 millions, qui va en coûter 30 : selon le tableau
de bord, il y a 53 % du projet...
il est avancé à 53 % du projet. La date d'échéance est prévue au mois
d'août, mais le contrat avec CGI, ça finit en décembre. Où est la
vérité, là-dedans? Est-ce que c'est les gens du ministère qui sont mêlés...
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor...
Le Président : Oh! M. le
ministre des Affaires municipales.
M. Moreau : Non, mais c'est parce que, là, on parle du projet Mosaic. Mosaic, ça touche le ministère
des Affaires municipales.
Non seulement
le dossier est dans les temps, il est à l'intérieur des budgets. Et ce qu'on a
fait au début... Parce que le projet
Mosaic gère 9 milliards de dollars d'emprunts des municipalités, auxquels
on va ajouter... avec les investissements en immobilier. Ce projet-là,
le dossier Mosaic, c'est un logiciel qui a été fait en 1994. Google
n'existait pas, Amazon venait d'être
créé, puis le créateur de Facebook avait 10 ans. Alors, de dire
qu'il est désuet, je pense que ça tombe sous le sens, vous auriez dû faire ça dans votre recherche. Et ce qu'on va
faire, c'est qu'on a utilisé les logiciels disponibles, on les
améliore...
Le Président : En terminant.
M. Moreau : ...et on va
terminer à l'intérieur des budgets, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire :
Alors, M. le Président, selon les responsables du MAMROT, Mosaic est terminé.
Quand on regarde le tableau de bord, celui qui a été mis à jour, là,
puis pour lequel on a investi 65 000 $, il est avancé à 53 %.
Alors, comment peut-il être terminé et
avancé à 53 % en même temps? Quand on regarde le contrat qui a été donné à
CGI, le contrat se termine le 7 décembre 2015.
Êtes-vous en
train de me dire qu'on paie CGI 44 000 $ par mois à ne rien faire
parce que le projet est terminé?
Le Président : M. le ministre
des Affaires municipales.
M. Moreau :
On est le 13 mai. Le 7 décembre, ça vient après le 13 mai dans
l'année 2015. Je n'ai pas dit que le
projet était terminé, j'ai dit qu'il était dans les délais, j'ai dit qu'il...
Je répète : Il est dans les délais et dans les budgets. C'est
facile à comprendre. Et le 15 décembre, ce n'est pas encore arrivé, on est
le 13 mai.
Le Président : Principale, M.
le député de Marie-Victorin.
Drainville : M. le
Président, la semaine passée, on a demandé au gouvernement qu'Hydro-Québec
cesse de facturer les frais de relève
manuelle de 0,06 $ par jour, 23 $ par année, alors que
3 millions de clients résidentiels ont des compteurs intelligents qui permettent la relève à distance. Le ministre
de l'Énergie nous a répondu : On va vérifier ça puis on va régler
De son côté,
Hydro soutient qu'il n'y en a plus, de frais de relève. Mais, s'il n'y a plus de
frais de relève, M. le Président,
comment se fait-il que les frais fixes n'ont pas diminué de 0,06 $, hein?
Je le rappelle, les frais fixes, c'est 0,40 $ par jour par abonné, dont 0,06 $ pour les
frais de relève, puis les 0,40 $, ils n'ont pas bougé depuis 2008. Ça n'a
pas bougé depuis 2008. Alors, il n'y
a pas mille explications, M. le Président, hein? Si la facture de 0,40 $
par jour n'a pas diminué, c'est que les frais de relève, on les paie
encore.
Alors,
j'aimerais ça que le ministre nous dise s'il va finalement exiger qu'Hydro
rembourse le 23 $ par jour que les Québécois paient en trop pour
des frais de relève.
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie.
Arcand : M. le
Président, suite à la question du député de Marie-Victorin la semaine dernière,
j'ai fait les vérifications qui s'imposaient, parce qu'évidemment le député de
Marie-Victorin continue évidemment de s'acharner sur l'installation des compteurs de nouvelle
génération et il s'est basé sur des prévisions de 2008, hein, quand il a décidé
d'annoncer ça. Moi, je vais lui dire aujourd'hui c'est quoi, la réalité.
La réalité,
c'est qu'on a un système, au Québec, où il y a une tarification uniforme,
uniforme sur le plan des tarifs et
uniforme également sur le plan des frais de relève. Or, on a commencé à
transférer le tout par des compteurs, maintenant, qui sont des compteurs
intelligents. Et quelle est la réalité? La réalité, c'est que de 2014 à 2015
les frais de relève ont baissé de
20 %. C'est ça, la réalité. En 2016, on s'attend à ce que ça baisse encore
plus, proportionnellement au déploiement des compteurs, et ces frais vont être amenés à disparaître totalement
lorsque tous les compteurs intelligents seront installés, M. le
Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Marie-Victorin.
Drainville : Il
s'agit bien de 23 $ par année, M. le Président, 67 millions au grand
total. Ce n'est pas compliqué, M. le
Président, là. Si on ne les paie plus, ça doit paraître quelque part. Or, ça ne
paraît nulle part. Les Québécois payaient 0,40 $, dont 0,06 $ de frais de relève. Ils paient encore
40,64 cents, pour être bien précis, à la centième près. Alors là, là, si
vous dites qu'ils sont en train de baisser ou en train de disparaître, il faut
que le 0,40 $ diminue d'autant.
Est-ce qu'il va diminuer d'autant?
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie.
Arcand : M. le Président, je
pense que le député de Marie-Victorin fait des calculs un peu improvisés. Moi,
je vous dis ce que j'ai ici devant nous.
En plus de
ça, M. le Président, ce que je peux affirmer
en cette Chambre, c'est que ces économies-là qui vont se faire au cours des prochains mois, qui ont
commencé à se faire, on parle d'économies qui, grâce à l'arrivée des nouveaux compteurs, vont être de 81 millions de dollars par année, et ce, de manière récurrente. Et, encore une fois, ce que je dis, c'est que déjà
il va y avoir une baisse. Et, quand tous les compteurs intelligents seront
installés, il n'y en aura plus, de frais de relève, M. le
Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Marie-Victorin.
Drainville : M. le
Président, il y a
déjà 3 millions de compteurs intelligents d'installés. Les frais de relève,
on ne devrait plus les payer là-dessus.
Le monde les paie encore, ils paient encore 0,40 $. C'est sur le site, c'est sur le site d'Hydro, c'est sur le site de la régie. C'est 67
millions payés en trop par les Québécois pour les 3 millions de compteurs
installés. Allez-vous les rembourser pour
ceux qui ont payé en trop pour des frais de relève qui n'existent plus? Vous le
dites vous-même qu'ils ne doivent plus exister.
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie.
Arcand : M. le Président,
Hydro-Québec a toujours des coûts
pour la relève parce qu'il y a une transition. On est dans une période de transition, M. le Président, c'est ça qui se passe actuellement. Ce que je vous
dis et je vous répète encore une fois aujourd'hui, c'est que ces frais-là ont baissé, vont
continuer de baisser et vont, M. le
Président, au fil du temps, complètement disparaître.
Laissez-nous donc la chance de terminer le travail qui a été accompli, et je
suis sûr que, d'ici quelques années,
nous allons vous prouver que nous avons eu raison dans ce dossier-là, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui. Merci,
M. le Président. Enbridge veut débuter l'utilisation de l'oléoduc 9B d'ici
juin. L'accord du Québec
est conditionnel au respect intégral des 18 recommandations de l'Assemblée nationale. L'une de celles-ci, c'est de faire passer à l'ensemble du tuyau des tests
hydrostatiques où on injecte de l'eau à haute pression pour déceler les fuites et l'étanchéité. Le tuyau est
vieux de 40 ans, M. le Président, et
il passe près de cinq écoles primaires, un CPE. Il n'y a aucun risque à prendre. Enbridge refuse de faire ces
tests, car ils peuvent créer une mauvaise publicité auprès du public. Quant à l'Office national de
l'énergie, il qualifie l'essai sous pression de méthode qui pourrait abîmer
les conduits des
pipelines déjà en service. On nage dans l'absurde, M. le Président. On refuse
de faire des tests de sécurité, savez-vous pourquoi? Parce qu'on craint
que le tuyau ne soit pas assez sécuritaire.
Alors, est-ce que le ministre de
l'Environnement, M. le Président, va ordonner à Enbridge de respecter cette
condition essentielle du Québec?
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie.
Arcand : M. le Président,
je vous rappelle que le pipeline d'Enbridge est un pipeline qui est en activité
depuis plusieurs années sur le
territoire du Québec, et la seule nouveauté de ce projet, encore une fois, c'est l'inversion du flux à l'intérieur du pipeline. Maintenant, je tiens à rappeler à cette Chambre qu'il y a
eu une commission parlementaire,
une commission
parlementaire sur laquelle il y a
eu une série de conditions qui ont été posées. J'ai répondu moi-même, lors de l'étude des crédits budgétaires, au député de
Marie-Victorin en lui disant qu'il y aurait un rapport qui
sera fait par une unité de vigilance
sur toutes ces questions de sécurité et que ce rapport-là serait déposé en
Chambre d'ici la fin de cette session parlementaire. Donc, d'ici la
mi-juin, il y aura un rapport complet sur ces activités-là.
Déjà, il y a
eu une déclaration qui a été faite également par l'Office national de l'énergie
du Canada, qui a dit de façon très
claire et très précise, M. le Président, qu'il n'y aurait pas de permis qui serait donné tant et aussi
longtemps que toutes les
conditions de sécurité ne seront pas rencontrées, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : M. le Président, on voit que ce n'est pas l'Environnement qui s'occupe du dossier, là.
Puis le ministre de l'Énergie, il nous parle d'un rapport, il nous
parle d'un rapport alors qu'Enbridge veut inverser le pipeline en juin. On est rendu le 13 mai. La Communauté
métropolitaine de Montréal, une vingtaine de municipalités, des MRC, la
commission scolaire de Laval, même l'Association canadienne de
pipelines, un rapport commandé par le gouvernement
du Québec, ils disent tous qu'il faut faire des tests hydrostatiques sur
l'ensemble du tuyau.
Quand est-ce que le gouvernement va se tenir
debout pour dire : Il faut les faire, ces tests-là?
Le Président : M. le ministre
de l'Environnement.
Heurtel : M. le Président, le projet Enbridge était tellement important pour le gouvernement du Parti québécois qu'ils
n'ont même pas daigné aller défendre les intérêts du Québec
devant l'Office national de l'énergie. Nous, ce qu'on fait, c'est qu'on a mis sur pied l'unité de vigilance, qui est menée
conjointement par le ministère de
l'Environnement et le ministère de l'Énergie et des Ressources
naturelles. Nous veillons au grain, M. le Président, nous nous assurons que l'ensemble des conditions de l'Assemblée nationale
sont respectées. Et, si elles ne le sont pas, nous prendrons les gestes qui s'imposeront. Mais, pour le moment, laissons
l'unité de vigilance faire son travail. Nous partageons les préoccupations
des municipalités, nous partageons les
préoccupations de la population et nous allons nous assurer que nous aurons
réponse à nos questions, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. M. le Président, le ministre est en train de
laisser l'Office national de l'énergie contredire, contredire une motion unanime adoptée ici, à
l'Assemblée nationale. C'est ça que le ministre est en train de faire, M. le
Président. Quand est-ce qu'il va se tenir
debout pour le Québec? Il y a des écoles qui sont près des pipelines. Le
pipeline va traverser des dizaines de cours d'eau qui sont des sources
d'eau potable.
La seule
chose qu'on veut entendre ici aujourd'hui, c'est est-ce que le ministre va, oui
ou non, ordonner des tests hydrostatiques sur le pipeline.
Le Président : M. le ministre
de l'Environnement.
Heurtel : M. le Président, je comprends que, pour des fins politiques,
c'est intéressant de soulever continuellement l'épouvantail du pétrole,
mais, un instant, sur toutes les questions d'hydrocarbures au Québec, nous avons pris nos responsabilités. Il y a une EES qui
va être faite sur l'ensemble des hydrocarbures. Il va y avoir un BAPE sur TransCanada. L'unité de vigilance fait son
travail sur la question d'Enbridge. Sur toutes les questions d'hydrocarbures
au Québec, notre gouvernement fait preuve de
rigueur et de sérieux, contrairement au gouvernement du Parti québécois, qui a donné carte blanche au développement pétrolier sans
même se soucier de faire des évaluations environnementales, que ce soit
sur Anticosti ou quelque autre projet au Québec, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Groulx.
Surprenant : M. le Président, faisant suite à sa réponse d'hier sur
les hausses de tarifs des traversiers, le ministre
délégué aux Transports et à la Stratégie maritime a dû rectifier le tir en
après-midi, semble-t-il. Comme je l'ai démontré
avec mon collègue de Lévis, les hausses de tarifs pour prendre le traversier
à Sorel, Québec et Lévis s'élèvent jusqu'à 25 %. Pour un automobiliste qui achète 10 billets, le coût
part de 56 $ à 70 $. C'est un choc tarifaire qui met de nombreux citoyens en colère, M. le Président. Le ministre a aussi dit hier, et je le cite : «...il
s'agit en soi d'une excellente nouvelle...»
Pendant que son collègue de la Santé recule sur des hausses de tarifs de
4 %, le ministre se réjouit, lui, des hausses de 25 %.
Essayez de comprendre la logique de ce gouvernement.
Alors,
premièrement, le ministre peut-il reconnaître qu'il a induit cette Chambre
en erreur hier? Et ensuite y a-t-il un
capitaine à bord qui pourrait rappeler le ministre à l'ordre et lui
faire comprendre que des hausses de tarifs de 25 % ne sont pas une
excellente nouvelle?
Le Président :
M. le ministre délégué aux Transports.
M. D'Amour :
Alors, M. le Président, sur l'un des volets de ma réponse, j'ai eu l'occasion
en soirée, hier, de corriger le tir auprès de notre collègue de Lévis. Voilà
qui a été fait.
Sur la question de la
traverse Québec-Lévis, je dois vous indiquer qu'au cours de la dernière année
complète d'opération la société
a accueilli sur ce navire 1 728 000 passagers et a transporté également
348 000 véhicules. Voilà que la société,
de son côté, doit avoir des infrastructures de qualité accrue, des
installations qui, sur le plan de la sécurité, sont non négociables. Alors, la société a dû investir à l'intérieur d'un nouveau
terminal, d'une nouvelle gare fluviale au coût de 15 millions de dollars. Je pense que la communauté de Lévis
est très fière de ce bâtiment, qui sera complété au cours des prochaines semaines. Ceci dit, M. le Président, un bâtiment comme celui-là, ça doit se payer. C'est la raison pour laquelle il y a eu un ajustement, ce que le
député appelle un choc tarifaire. Je me permets de rappeler que, pour un
passager, c'est une augmentation de
0,15 $. Mais, sur les véhicules, j'ai personnellement corrigé
l'information hier, en soirée.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Groulx.
Surprenant : M. le Président, je rappelle au ministre qu'une
augmentation de 25 % est déraisonnable et indéfendable. C'est tout sauf une excellente nouvelle. Alors, la
meilleure façon de reconnaître son erreur est d'éviter un choc tarifaire
pour les citoyens qui utilisent ce service.
ministre pourrait-il prendre exemple sur son collègue de la Santé et reculer
sur cette hausse de tarifs déraisonnable, M. le Président?
Le Président :
M. le ministre délégué aux Transports.
D'Amour : M. le Président, la Société des traversiers
du Québec a un mandat à réaliser,
c'est-à-dire d'offrir un service
entre Québec et Lévis, et elle le fait très bien, elle répond
pleinement à son mandat. Ceci dit, la Société
des traversiers du Québec a aussi un rôle important à jouer à l'intérieur
de la stratégie maritime, qui sera d'ailleurs dévoilée au cours des
prochaines semaines, c'est celui de promouvoir ses régions, de faire découvrir
les attraits, les événements culturels. On
veut augmenter le nombre de passagers sur les navires. Alors, ça permet à la
société de combler pleinement son mandat, on en est fiers. C'est bon
pour les Québécois, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Groulx.
Surprenant : M. le Président, les citoyens sont mécontents face à cette hausse déraisonnable
imposée depuis le 15 avril.
Le ministre
peut-il nous confirmer si, oui ou non, ces hausses de tarifs ont eu un impact
sur le nombre de plaintes et sur l'achalandage? Peut-il nous donner le
dernier chiffre concernant les plaintes et l'achalandage, M. le Président?
Le Président :
M. le ministre délégué aux Transports.
M. D'Amour : M. le Président, ce qui
est clair, c'est que l'ensemble du Québec fait sa part pour les traverses parce
que ce n'est pas une traverse autofinancée, on doit le dire. Alors, ça, je
pense que c'est très clair.
Quant à la
société, la qualité des services qu'elle offre aux citoyens, c'est indéniable,
ce sont des services de qualité. La
société se doit de jouer un rôle entre Québec et Lévis et elle le fait très
bien. Et ce qu'on veut, au cours des prochaines semaines, des prochains
mois et des prochaines années, c'est d'augmenter le nombre de passagers sur les
navires en respectant, bien sûr, la capacité de payer des citoyens.
Le Président : Principale, M.
le député de Labelle.
M. Pagé :
Merci, M. le Président. Hier, j'ai questionné sur le cas de Diane Larose, cette
nomination partisane qui, à elle
seule, selon Yves Boisvert, de La Presse , a infecté tout le
système de justice professionnelle. Mme Larose tarde à rendre d'importantes décisions dans des causes où
la sécurité du public est en jeu. Parfois, même, des professionnels ayant
commis des actes répréhensibles s'en tirent avec des peines allégées à cause
des retards de Mme Larose.
La ministre a
confirmé hier qu'elle ne pouvait poser aucun geste et elle reprenait ainsi la
position de l'Office des professions,
à savoir qu'il était impossible d'agir. Pourtant, après la période de questions
d'hier, le Barreau l'a contredite, et
a ouvert une enquête, et il pourrait reprocher à Mme Larose d'avoir commis
un acte dérogatoire à l'honneur ou à la dignité de sa profession.
M. le Président, au nom de la justice et de la
sécurité du public, que fera la ministre afin que ces jugements
Le Président : Mme la
ministre de la Justice.
Mme Vallée : M. le Président, la situation qui
est décrite par le collègue, c'est une situation qui est déplorable, vrai. Ce sont quand même des dossiers qui sont
pendants. Et ce que je constate depuis quelques mois de l'autre côté de la
Chambre, c'est que l'indépendance
judiciaire, malheureusement, c'est un concept qui échappe à nos collègues de
l'autre côté de la Chambre.
Ceci étant
dit, M. le Président, ça me permet quand même de vous indiquer que nous
veillons à mettre en place des
mesures pour pouvoir éviter que des situations telles que celle décrite par
notre collègue se reproduisent. Évidemment, nous devons le faire tout en
préservant cette question d'indépendance judiciaire, qui est essentielle dans
une société démocratique. J'invite nos collègues à en tenir compte également.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Labelle.
M. Pagé :
M. le Président, on est dans la même réponse qu'hier, où la ministre nous a
dit, à la deuxième réponse : On voit et on veille.
M. le
Président, je demande à la ministre de passer en mode action. «On voit et on
veille», ça ne rend pas justice. «On
voit et on veille», ça ne protège pas le public. La ministre doit passer en
mode action. Moi, je l'invite à dire plutôt : Je comprends et je
m'active, j'entends et je bouge.
Peut-elle assurer la protection du public?
Va-t-elle bouger?
Le Président : Mme la
ministre de la Justice.
Mme Vallée :
M. le Président, je comprends que le collègue aimerait qu'on dise : On va
se mettre les deux mains dans les
dossiers. On ne peut pas, on ne peut tout simplement pas. Les mesures que nous
pouvons prendre sont des mesures d'encadrement.
Et ça, là-dessus, on veille à le regarder et on le travaille, mais
malheureusement on ne peut pas s'immiscer dans un dossier, au même
titre qu'on ne peut pas s'immiscer dans un
dossier qui est pendant devant la Cour du Québec, devant la Cour
supérieure. Et ce que le collègue nous demande de faire, c'est mettre une
pression afin de rendre un jugement. Je comprends que c'est inacceptable, mais
l'indépendance judiciaire, c'est un principe qui est essentiel.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Labelle.
M. Pagé :
M. le Président, on comprend le principe de l'indépendance, mais, par contre,
elle a le pouvoir de porter plainte
au Barreau, elle a le pouvoir. Elle est la ministre de la Justice, donc elle
peut s'activer, elle peut faire des choses. Il y a des gens qui sont... La protection du public n'est pas au
rendez-vous. Il y a des causes où il n'y a pas eu de jugement depuis
plus de six ans, c'est inadmissible. Elle doit faire quelque chose, elle doit
porter plainte au Barreau.
Le Président : Mme la
ministre de la Justice.
Mme Vallée :
M. le Président, il y a des dispositions qui sont prévues au Code des
professions et qui doivent être respectées,
et, là-dessus, j'invite mon collègue à prendre connaissance des dispositions du
code. Par contre, il y a des mesures qui ont été prises en 2012 et qui
ont permis de mettre en place le Bureau des présidents, justement pour encadrer
des situations, celle qui est décrite, et l'individu... Me Larose n'a pas
été reconduite dans son mandat. Je pense que c'est important de le mentionner, c'est quand même un geste assez clair qui a
été posé par le leader actuel du gouvernement de ne pas renouveler le mandat
de quelqu'un qui...
Le Président : En terminant.
Mme Vallée : ...ne rendait
pas les décisions en temps opportun.
Le Président : Alors, cela
met fin à la période de questions et de réponses orales.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, collègues, tel qu'indiqué par la présidence tantôt, nous allons
maintenant procéder au vote reporté
sur la motion de M. le ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations
proposant que le principe du projet
de loi n° 37, Loi confirmant l'assujettissement des projets de
cimenterie et de terminal maritime sur le territoire de la Municipalité de Port-Daniel—Gascons au seul régime d'autorisation de
l'article 22 de la
Loi sur la qualité de l'environnement, soit
adopté.
Alors, que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
La Secrétaire
adjointe : M. Couillard (Roberval), M. Fournier (Saint-Laurent), Mme
Thériault (Anjou—Louis-Riel),
M. Paradis (Brome-Missisquoi), M. Hamad (Louis-Hébert), M. Dutil (Beauce-Sud),
M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Coiteux
(Nelligan), M. Moreau (Châteauguay), Mme David (Outremont), M. Poëti
(Marguerite-Bourgeoys), M. D'Amour
(Rivière-du-Loup—Témiscouata),
M. Huot (Vanier-Les Rivières), Mme Vien (Bellechasse), M. Lessard (Lotbinière-Frontenac), M. Barrette
(La Pinière), M. Blanchette (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Heurtel (Viau), M.
Arcand (Mont-Royal), Mme Charbonneau (Mille-Îles), M. Daoust (Verdun), Mme Weil
(Notre-Dame-de-Grâce), Mme Vallée
(Gatineau), M. Billette (Huntingdon), M. Blais (Charlesbourg), Mme St-Pierre
(Acadie), M. Reid (Orford), Mme
Vallières (Richmond), M. Morin (Côte-du-Sud), M. Bernier (Montmorency), M.
Ouellette (Chomedey), Mme Ménard (Laporte),
M. Sklavounos (Laurier-Dorion), M. Girard (Trois-Rivières), Mme Rotiroti
(Jeanne-Mance—Viger), M.
Carrière (Chapleau), M. Drolet
(Jean-Lesage), M. Tanguay (LaFontaine), M. Bolduc (Mégantic), Mme
de Santis (Bourassa-Sauvé), M. Iracà (Papineau), M. Ouimet (Fabre),
M. Fortin (Sherbrooke), M. Fortin (Pontiac), M. Bourgeois (Abitibi-Est), M.
Boucher (Ungava), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee), M. Auger (Champlain), M.
Rousselle (Vimont), M. Giguère (Saint-Maurice),
M. Habel (Sainte-Rose), M. Hardy (Saint-François), M. Merlini
(La Prairie), Mme Montpetit (Crémazie),
Mme Nichols (Vaudreuil), M. Plante (Maskinongé), M. Polo (Laval-des-Rapides),
Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
M. St-Denis (Argenteuil).
M. Bédard (Chicoutimi), Mme Maltais (Taschereau), M. Marceau
(Rousseau), M. Bérubé (Matane-Matapédia), Mme Poirier (Hochelaga-Maisonneuve), Mme Léger (Pointe-aux-Trembles),
Mme Lamarre (Taillon), M. LeBel (Rimouski), M. Lelièvre (Gaspé), M. Kotto (Bourget), M. Gaudreault (Jonquière), M.
Therrien (Sanguinet), M. Bergeron (Verchères), M. Dufour (René-Lévesque), M. Drainville (Marie-Victorin), M. Lisée
(Rosemont), M. Traversy (Terrebonne), M. Cousineau (Bertrand), M. Rochon
(Richelieu), M. Leclair (Beauharnois), M. Villeneuve (Berthier), M. Péladeau
(Saint-Jérôme), M. Turcotte (Saint-Jean), M. Pagé (Labelle), Mme Richard
(Duplessis), M. Roy (Bonaventure).
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Que les députés contre cette motion veuillent bien se
lever.
La Secrétaire adjointe : M. Legault
(L'Assomption), M. Bonnardel (Granby), M. Caire (La Peltrie), M. Charette
(Deux-Montagnes), M. Martel (Nicolet-Bécancour), Mme Roy (Montarville), Mme
Samson (Iberville), M. Roberge (Chambly), M. Laframboise (Blainville), M.
Schneeberger (Drummond—Bois-Francs),
Mme D'Amours (Mirabel), Mme
Lavallée (Repentigny), M. Lamontagne (Johnson), M. Jolin-Barrette (Borduas), M.
Surprenant (Groulx), Mme Soucy (Saint-Hyacinthe), M. Spénard
(Beauce-Nord), M. Paradis (Lévis), M. Picard (Chutes-de-la-Chaudière), Mme Roy
(Arthabaska), M. Lemay (Masson).
David (Gouin), M. Khadir (Mercier), Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques).
Le Vice-Président (M. Gendron) : Y a-t-il des abstentions? Il n'y en a pas. M. le
secrétaire général, pour le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 85
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, la motion est adoptée.
En conséquence — s'il vous plaît! — le
principe du projet de loi n° 37, Loi
confirmant l'assujettissement des projets de cimenterie et de terminal maritime
sur le territoire de la Municipalité de Port-Daniel—Gascons au
seul régime d'autorisation... est adopté.
M. le leader du
gouvernement pour la suite des choses.
Fournier : Conformément à l'article 243 du règlement, je fais motion afin
que ce projet de loi soit déféré à la Commission de l'économie
et du travail pour étude détaillée, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Merci. Est-ce que cette motion est adoptée?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Adopté.
Alors,
nous en sommes maintenant à la rubrique des motions sans préavis, et je
reconnais un membre du deuxième
groupe d'opposition, c'est-à-dire M. le
député de Groulx,
pour la présentation de sa motion. M.
le député de Groulx,
à vous la parole.
Surprenant : M. le Président, je demande le consentement pour déposer la motion suivante
conjointement avec la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte des propos tenus hier par le ministre
délégué aux Transports et à l'Implantation de la stratégie maritime, selon qui les augmentations de tarifs allant
jusqu'à 25 % imposés par la Société des traversiers sont une
excellente nouvelle;
«Qu'elle se dissocie
de tels propos et reconnaisse que de telles hausses sont déraisonnables et
alourdissent injustement le fardeau fiscal des citoyens;
«Qu'elle réclame que
toute hausse de tarifs ne devrait pas excéder l'inflation.»
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, M. le leader adjoint du gouvernement?
Il n'y a pas de consentement. Maintenant, un membre du groupe formant le gouvernement. Et
c'est Mme la ministre de la Famille qui veut présenter sa motion sans préavis,
et je lui cède la parole. Mme la ministre, à vous.
Charbonneau :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de Terrebonne,
la députée de Repentigny et la députée de Gouin :
«Que l'Assemblée
nationale souligne la Journée internationale des familles qui aura lieu le
15 mai;
«Que
cette journée soit l'occasion de mettre en relief la solidarité qui unit les
familles dans leur recherche d'une meilleure qualité de vie;
«Que par le fait
même, le gouvernement du Québec réitère sa volonté de soutenir les familles québécoises,
notamment dans leur effort de conciliation travail-famille, et d'assurer leur
mieux-être et leur épanouissement.»
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, y a-t-il motion pour débattre de cette motion?
Sklavounos :
Nous proposons l'adoption sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, est-ce que la motion est adoptée?
Vice-Président (M. Gendron) :
Adopté. Maintenant, un membre du groupe formant l'opposition
officielle. Je cède la parole à M. le député de Marie-Victorin
sur la présentation de sa motion sans préavis. M. le député, à vous.
Drainville : Merci, M.
le Président. M. le Président, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin
de présenter, conjointement avec le député de Mercier, la motion
suivante :
«Que l'Assemblée nationale affirme que
l'acceptabilité sociale est un aspect essentiel de tout projet de développement économique au Québec et d'une
exploitation des ressources naturelles respectant la volonté des Québécois;
«Qu'elle
exige du gouvernement que les consultations et les travaux du Chantier sur
l'acceptabilité sociale soient menés de façon transparente, ouverte et
publique, tant aux citoyens qu'aux représentants de la presse;
«Qu'elle rappelle l'engagement du premier
ministre du 24 avril 2014, qui a promis de donner aux citoyens le
gouvernement le plus transparent et ouvert qu'ils auront eu au Québec.»
Et là ça va être très intéressant d'entendre
s'il y a consentement ou pas.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci, M. le député. Y a-t-il consentement?
Sklavounos :
Adoption sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, est-ce que cette motion est adoptée?
Vice-Président (M. Gendron) :
Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques pour sa présentation de sa
motion.
Mme Massé : Merci, M. le Président.
Je demande le consentement de la Chambre pour débattre de la motion suivante
conjointement avec la députée d'Arthabaska :
«Que
l'Assemblée nationale affirme son inquiétude devant l'augmentation du nombre de
citoyennes et de citoyens ayant de la difficulté à payer leurs comptes
d'électricité;
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement de respecter le plan de partage
des trop-perçus d'Hydro-Québec établi
par la Régie de l'énergie afin que ces trop-perçus, qui ont atteint
160 millions $ en 2014-2015, soient retournés aux
consommateurs dès 2016.»
Vice-Président (M. Gendron) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? Alors, il n'y a pas de
consentement. Ça met fin à la présentation des motions sans préavis.
Et je cède la
parole à M. le leader adjoint du gouvernement pour les avis concernant les
travaux en commissions. M. le leader.
Sklavounos :
Oui. Merci, M. le Président. J'avise cette Assemblée que la Commission de l'économie
et du travail entreprendra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 37,
Loi confirmant l'assujettissement des projets de cimenterie et de terminal maritime sur le territoire de la Municipalité
de Port-Daniel—Gascons au
seul régime d'autorisation de
l'article 22 de la
Loi sur la qualité de l'environnement, aujourd'hui, après
les affaires courantes jusqu'à 13 heures, et poursuivra de
15 heures à 18 heures, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission des institutions poursuivra les
consultations particulières sur le projet de règlement relatif au Règlement sur le changement de nom et d'autres
qualités de l'état civil pour les personnes transsexuelles ou transgenres
dès maintenant pour une durée de deux heures et de 15 heures à
18 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission
des finances publiques poursuivra, quant à elle, les consultations
particulières à l'égard du projet de loi n° 38, Loi visant à
permettre la réalisation d'infrastructures par la Caisse de dépôt et placement
du Québec, dès maintenant pour une durée
d'une heure et de 15 h 30 à 18 heures, à la salle du Conseil
législatif. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci, M. le leader adjoint du gouvernement. Pour ma part, je vous
avise que la Commission de l'administration publique se réunira aujourd'hui, à
la salle des Premiers-Ministres de l'édifice
Pamphile-Le May, d'abord en séance de travail, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures, afin de préparer l'audition du ministère de
l'Éducation, du Loisir et du Sport sur la gestion administrative; en séance
publique, de 15 heures à
18 heures, afin d'entendre le ministère
de l'Éducation, du Loisir et du Sport
sur sa gestion administrative; et en
séance de travail, de 18 heures à 18 h 30, afin de statuer sur les observations, les conclusions
et les recommandations à la suite de l'audition du ministère de
l'Éducation, du Loisir et du Sport sur sa gestion administrative.
Nous en
sommes maintenant à la rubrique Renseignements sur les travaux. Est-ce qu'il y
a des questions concernant les renseignements sur les travaux? Je cède
la parole à Mme la leader de l'opposition officielle. À vous, madame.
Maltais :
Merci, M. le Président. Simplement, je veux discuter un peu du délai de
convocation des groupes pour les
consultations particulières, c'est un problème actuellement dans nos travaux.
Avant d'entreprendre l'étude d'un projet
de loi, vous le voyez, on discute ici entre leaders de la possibilité d'avoir
des consultations soit particulières soit générales. Ce n'est pas une
règle écrite, c'est une règle non écrite qui veut qu'il y ait un minimum de
sept jours pour entendre les gens, pour
laisser l'espace aux gens, le temps d'écrire un mémoire. Or, on parle de
minimum de sept jours, mais, quand on
parle d'un minimum, c'est parce qu'on se dit : On se donne un délai. Mais
ce n'est pas du tout, du tout l'usage,
il arrive, par exemple, que, dans certains cas de consultation, on donne deux
semaines, trois semaines, un mois. En
fait, le minimum n'était à peu près jamais utilisé, sauf depuis le début de
cette législature, M. le Président. Depuis le début de cette législature, quasiment systématiquement on donne
seulement entre sept et 10 jours aux gens pour écrire des mémoires.
Or, un projet de loi doit être étudié attentivement à partir des auditions.
Qu'est-ce qui
s'est passé? Puis c'est là-dessus que je veux entendre le leader adjoint du
gouvernement. Dans le cas du projet de loi n° 10, par exemple, qui
a été adopté sous bâillon, une dizaine de groupes se sont désistés parce qu'ils
n'avaient pas le temps d'écrire leurs mémoires.
Alors, moi,
ce que je veux savoir de la part du leader du gouvernement : Est-ce que
c'est devenu une pratique que de
travailler sur la base du minimum acceptable dans cette Assemblée ou si on va
véritablement donner du temps aux gens pour écrire leurs mémoires et
qu'on puisse étudier de façon convenable les projets de loi?
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci, Mme la leader. M. le leader adjoint du gouvernement, en réponse
à la question posée.
Sklavounos :
Oui. Merci, M. le Président. Comme la collègue l'a mentionné, il n'y a pas de
règle écrite à ce niveau-là, il y a
une pratique. Et sachez que le gouvernement, à chacune des consultations, nous
le prenons très au sérieux. Lorsqu'on
demande et on s'entend sur des consultations, c'est afin de pouvoir donner
l'occasion au public de se prononcer sur
des projets de loi qui sont d'intérêt général, des fois plus particuliers, mais
qui sont... Évidemment, pour nous, entendre le public et les groupes est
très, très important.
Maintenant,
dans la mesure du possible, on essaie toujours de donner le maximum. Sachez
qu'à chaque fois qu'on regarde une
consultation le but, c'est de donner le maximum, mais, évidemment, des fois les
délais ne nous le permettent pas pour
différentes raisons. Mais sachez que c'est la volonté du gouvernement de
toujours pouvoir donner le maximum de temps de préparation aux groupes
qui viennent participer à des consultations devant nous, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Oui, Mme la leader de l'opposition officielle.
Maltais :
Je veux bien comprendre. Je comprends que le leader me dit : On essaie de
donner un maximum, sauf que, dans la
très, très grande majorité des projets de loi déposés dans cette législature,
le délai moyen n'a été que de
10 jours. Donc, est-ce que le leader est en train de me dire : Non,
nous allons changer les habitudes, c'est la première année du
gouvernement, on voulait procéder vite, mais maintenant on va accorder enfin
l'espace nécessaire, le temps nécessaire
pour que les groupes puissent déposer des mémoires? Parce qu'il est anormal que
tant de groupes soient obligés de se
désister parce qu'ils n'ont pas le temps d'écrire des mémoires. Ce n'est pas
sain démocratiquement, puis je pense qu'on pourrait s'entendre
là-dessus.
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Alors, je ne peux pas donner un chiffre précis à la collègue. Elle connaît très
bien... Elle a été leader du gouvernement, elle sait à quel point c'est
difficile de donner un chiffre précis en nombre de jours, d'heures, de semaines
de préparation. Ce que je peux réitérer — et c'est tout ce que je peux
dire — c'est
que dans chacun des cas — parce que chacun est un cas d'espèce — dépendamment de la situation du
gouvernement, l'agenda législatif, on essaie
toujours de donner le maximum. Il n'y a pas de volonté de la part du
gouvernement du tout, du tout, mais du tout de restreindre le temps de préparation, le but est toujours de donner le
plus de temps de préparation possible. Mais, quant à donner un chiffre exact ou parler plus
précisément, je me trouve dans la difficulté, comme ça aurait été difficile
pour la collègue, lorsqu'elle était au gouvernement, d'être plus précise
sur ces questions-là. Je n'ai rien à ajouter. Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, ça devrait, normalement, mettre fin à
l'échange. Oui, Mme la leader.
Maltais : Je vais clore cet échange par un bref commentaire
et ouvrir un autre sujet, simplement, qui est aussi, je pense... qu'il
est intéressant qu'on débatte ici.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : ...il serait préférable d'aller sur l'autre sujet tout
de suite.
Maltais : Alors,
je vais y aller tout de suite. Alors, je comprends du leader du gouvernement que dorénavant nous pourrons nous entendre
pour avoir des délais de consultation qui ressemblent plus à la normale.
Maintenant,
parlant de délai de consultation... Mais là c'est... avant de faire un délai de consultation, l'autre sujet, c'est que, normalement, on fait une liste et
pour ça on essaie de s'entendre sur la liste. Or, il y a un projet de
loi sur
le tabagisme, fort important, qui a été
déposé récemment, nous avons envoyé une liste de groupes que nous voulons
consulter, mais on n'a toujours pas
de réponse. Alors, j'aimerais savoir si on va bientôt avoir une réponse sur la
liste des groupes qui pourraient être consultés dans le projet de loi
sur le tabac.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, M. le leader adjoint du gouvernement, vous
avez des indications à donner à cette Chambre?
Sklavounos :
Ce que je peux vous dire : que j'ai été interpellé un petit peu à ce
sujet-là hier par le leader adjoint. Ce que
je peux vous dire, c'est que nous sommes en train de regarder, et il y aura
réponse sous peu, là. On est en train d'analyser la liste. C'est tout ce
que je peux dire pour le moment. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Oui?
Maltais : La signification de «sous peu»; est-ce qu'on
pourra avoir une réponse cette semaine? Est-ce que c'est possible? D'habitude, ça se fait rapidement.
D'habitude, c'est le gouvernement qui nous presse. Là, c'est nous qui
voulons l'adopter. Alors...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Bien, par la phrase...
Maltais :
...un «sous peu».
Le Vice-Président (M. Gendron) : Juste une seconde. Par la phrase «les discussions
se poursuivent», ça suppose que c'est cette semaine qu'il a l'intention
de donner une réponse.
Sklavounos : Écoutez, ce que je peux vous dire, c'est que
les discussions se poursuivent entre les bureaux de leaders.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : C'est ce que j'ai...
Sklavounos : La collègue est leader du gouvernement, alors
elle doit être, je vous dirais, plus au courant, plus à jour que moi-même ici, en Chambre, vu que les
discussions se passent entre les cabinets des leaders. Je n'ai rien à ajouter,
M. le Président.
Maltais : Justement, M. le Président, je suis leader et je
le dis : Nous avons envoyé une liste, nous n'avons toujours pas de
réponse. Alors, on n'est plus en discussion, puisqu'on n'a pas de réponse. On
veut discuter.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Bien, je vous invite à ce que les discussions
aient lieu. Mais c'est assez clair, là, par rapport à votre question, c'est clair. Vous, vous prétendez, comme
leader, qu'il n'y en a pas, et ça a été dit. Alors, on compose avec
cette information.
réponse des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour, et je cède à nouveau la parole à M. le leader du
gouvernement pour qu'il nous indique qu'est-ce qu'il amène comme sujet aux
affaires du jour.
Sklavounos : Oui. Merci, M. le Président. Je vous demande
d'appeler l'article 2 de notre feuilleton, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, à l'article 2 du feuilleton d'aujourd'hui, c'est : L'Assemblée
reprend le débat, ajourné le 12 mai 2015, sur l'adoption du principe du
projet de loi n° 20, Loi édictant la Loi favorisant l'accès aux services de médecine de famille et de
médecine spécialisée et modifiant diverses dispositions législatives en
matière de procréation assistée. Et moi, je ne sais pas quel collègue avait la
parole, de quel côté...
Vice-Président (M. Gendron) :
Oh! alors là, je le sais. Alors, je reconnais M. le député de Rimouski. Est-ce
que vous aviez commencé votre intervention?
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, vous allez poursuivre votre intervention?
M. LeBel : Il me restait combien de
temps?
Vice-Président (M. Gendron) :
Bien, normalement... Moi, je ne sais pas quel temps qu'il vous restait. On
va vous le dire. On vous le dit, on vous le
dit. Neuf minutes. Alors, vous avez neuf minutes pour terminer votre
intervention, commencée hier probablement. Alors, à vous la parole pour
la poursuivre. M. le député de Rimouski, à vous.
LeBel : Merci, M. le Président. Hier, j'avais commencé mon allocution
en expliquant le projet de loi n° 20, un projet de loi complexe.
Et, comme députés, on entend souvent des gens qui viennent nous voir au bureau
et qui nous expliquent un peu leur vision
des choses. Et souvent c'est là qu'on fait nos réflexions et qu'on prend nos
décisions à partir de gens qui
connaissent la situation, qui vivent les situations. Et c'est... en tout cas,
c'est comme ça que je fais et dans plusieurs domaines.
Concernant le
projet de loi n° 20, j'ai eu plusieurs représentations, dont la
représentation d'une femme médecin qui
m'expliquait, par une lettre, la réalité de son travail et l'impact que
pourrait avoir le projet de loi n° 20. J'ai lu la lettre hier. Je vais en rappeler quelques extraits qui
expliquent, je pense, un peu la résultante de cette loi-là dans nos régions
et auprès des services aux citoyens. Ce que
cette dame me disait : «Les quotas irréalistes et la nécessité d'atteindre
un taux d'assiduité du projet de loi
n° 20 réduiront le temps que les médecins de famille consacreront à leurs
patients, créant de nouveaux — et probablement pires — problèmes d'accès pour ceux qui ont besoin
d'une attention particulière, comme les aînés souffrant de problèmes de
santé chroniques et complexes, les enfants et les adolescents atteints de
certains troubles spécifiques, les gens
ayant des problèmes de santé mentale, etc. Pour ces patients comme pour tous
les autres, une diminution de qualité
des soins signifie des risques bien réels et une perte potentielle importante
de leur qualité de vie.»
Un autre
passage important : «Manifestement, avec les nouvelles obligations que
veut imposer le ministre[...], les médecins
de famille risquent de ne pas suffire à la tâche. Cela pourrait avoir des
conséquences dramatiques pour l'ensemble de notre système de santé déjà fragile. De surcroît, le mépris véhiculé
par le ministre [...] envers les médecins de famille québécois avec son projet de loi n° 20,
jumelé à la coercition jamais vue qui en caractérise le contenu, risque d'une
part de décourager les étudiants en
médecine d'opter pour la médecine familiale comme choix de carrière et d'autre
part de pousser à la retraite [définitivement] des médecins en fin de carrière. Est-ce que
c'est ce que vous désirez comme député et
législateur? — que la dame me demandait. «Pourtant, c'est
ce qui risque bel et bien d'arriver si le projet de loi n° 20 devient loi. [...]Nos élus — selon elle — doivent entendre les médecins omnipraticiens
et ouvrir les yeux sur les dangers du
projet de loi n° 20. Comme médecins, nous sommes conscients des problèmes
d'accès et nous sommes prêts à collaborer avec les autorités gouvernementales pour améliorer la situation. Mais le
projet de loi n° 20 n'améliore en rien l'accès aux soins. Il s'agit
d'un faux remède, avec des effets secondaires très dangereux, bien pire que le
problème auquel il veut s'attaquer.»
La dame
m'expliquait aussi sa réalité de médecin au quotidien : «Je ne travaille
pas à temps partiel. Je travaille plutôt
l'équivalent de deux semaines dans une depuis quatre ans — deux semaines dans une depuis quatre ans.
Lorsque j'ai appris que j'étais
enceinte cet été, je n'ai pas pris de vacances dans l'année pour être
disponible pour mes patients avant
mon "congé" de six mois de maternité» — congé entre guillemets. Quand je retournerai
au travail après six mois, sans avoir
eu de retrait préventif, je reprendrai les nuits d'urgence, les semaines
d'hospitalisation de 7 jours 24/24 et bien sûr mes patients de bureau. La plupart des patients sont conscients de
l'ampleur de mes responsabilités et ne se formalisent pas des délais dans les retours d'appels. Certains
pensent encore que, quand je ne suis pas au bureau, je suis en vacances.
Certains sont surpris de me croiser la nuit
à l'urgence auprès de leur mère après m'avoir vue le matin pour leur fils au
bureau.»
C'est le
quotidien que... cette vision, puis hier j'ai expliqué davantage... que
cette femme médecin de Rimouski avait du projet de loi n° 20. Je
rappelle, c'est une femme médecin, et je rappelle la position du Conseil du
statut de la femme, qui disait que les
quotas de patients... c'est ça, ce sont les femmes médecins qui seront le plus
pénalisées. Les femmes prennent en
majorité le congé parental et ensuite elles s'occupent plus des enfants en
termes d'heures par jour. Ce qui fait
que, quand on leur propose des quotas, elles sont vraiment atteintes
directement. Il est certain, de l'aveu même du Conseil du statut de la femme, que les contraintes et quotas imposés
par le ministre seront plus difficiles à respecter par les médecins travaillant en deçà d'un certain
nombre d'heures. Il est permis de penser que les femmes médecins travaillent
généralement un peu moins d'heures que leurs
confrères, puisqu'elles ont un revenu moyen considérablement inférieur à celui de leurs collègues masculins, et ce, peu
importe le nombre d'années de pratique. Les responsabilités familiales, assumées davantage par
les femmes médecins que par les hommes médecins, ainsi que les congés de
maternité seraient à la source de cet
écart entre les sexes. Selon une étude réalisée au Québec, les femmes médecins
consacrent en moyenne plus de temps
que les hommes à chaque patient. Ainsi, pour un même nombre d'heures
travaillées, le nombre d'actes pourrait être inférieur pour les femmes médecins, ce qui aurait un impact sur
leur rémunération. Parce qu'on peut faire l'hypothèse que les femmes
médecins travaillent généralement un moins grand nombre d'heures que leurs
confrères masculins, notamment pour des
raisons de prise en charge des soins aux enfants et aux proches en perte
d'autonomie, il est à craindre que le modèle proposé pénalise davantage
les femmes médecins que les hommes médecins.
lettre de la femme médecin de Rimouski confirme ces craintes que le Conseil du
statut de la femme nous a présentées
en commission. Et j'aimerais bien que le ministre ne soit pas sourd à ces
réalités vécues, que le conseil lui a dites, mais des réalités qui sont vécues concrètement, sur le terrain, dans nos
hôpitaux, et des réalités qui sont vécues par les médecins, mais qui ont
des conséquences sur les patients.
répète, j'aimerais que le ministre ne soit pas sourd à ces interventions-là, à
ces conseils... ou à ces propositions faites
d'une façon correcte. Pourtant, je suis un peu sceptique dans la capacité
d'écoute du ministre. J'ai pu participer à la commission sur le projet de loi n° 10, et qui a fini par un bâillon,
et j'ai l'impression souvent que les critiques... le rôle de l'opposition fatigue souvent le ministre sur
nos façons de... Puis, je le dis d'une façon correcte, là, c'est difficile,
travailler en opposition. Quand on
essaie d'amener les échos de ce qu'on entend sur le terrain, si ça va en
contradiction avec ce que le ministre pense, on voit tout de suite le
blocage.
Puis
ça, on n'est pas les seuls à le dire. Alain Dubuc, qui n'est pourtant pas
quelqu'un de notre... souvent, qui écrit pour nous appuyer, mais quand... Puis
je ne donnerai pas les titres des articles, parce qu'hier j'ai envoyé tout ça
puis ça ne me tente pas de
recommencer une bataille avec le leader du gouvernement, ça fait que je le
laisse. Puis, comme on dit par chez nous, les titres d'articles ne sont
pas fins, ça fait que je vais garder ça de même.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Une bonne idée.
LeBel : Bonne idée. Mais, quand même, sur le contenu des textes de M.
Dubuc, ce qu'il nous dit : «La
partie patronale que représente [le ministre], c'est l'État
québécois, et cela impose des contraintes dans le ton, les méthodes, les stratégies qu'il déploie.» Je suis plutôt
d'accord avec cette déclaration du journaliste. Le journaliste, M. Dubuc, dit
aussi : «L'incident où le [ministre]
s'est moqué d'un sondage de la Fédération des médecins omnipraticiens, en
disant qu'il avait lui aussi poussé
ses propres membres spécialistes à exagérer leurs réponses, était très
révélateur. Sur sa façon inélégante de ridiculiser ses...» Je suis sur
le bord, je vais faire attention, O.K.? Non, c'est beau.
Sklavounos : ...le collègue a dit qu'il ferait attention.
Là, il s'est glissé dans quelques propos... Je veux juste qu'il évite
ces parties-là. Je comprends, je suis son argumentaire. Juste d'éviter les
qualificatifs, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Gendron) : C'était fait, là. Tu sais, c'était déjà fait dans
sa propre phrase, alors ce n'était pas tellement requis. Alors, veuillez
poursuivre.
M. LeBel :
Au fur et à mesure, je m'arrêterai à ces propos, mais ils sont écrits.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : ...il vous reste à peu près 50 secondes, alors
essayez de bien les utiliser.
M. LeBel :
O.K. Bien. Parfait.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Parfait.
M. LeBel :
Ce que j'espère comme législateur, comme parlementaire, c'est qu'on trouve une
façon de faire comprendre au ministre qu'il
y a une manière de travailler avec l'opposition, qu'il y a une manière de
travailler avec... les gens qui sont
venus déposer les mémoires ne sont pas toujours d'accord avec lui, mais qu'il y
a une façon de travailler ensemble
pour améliorer... parce qu'en bout de ligne... améliorer la loi. Parce qu'en
bout de ligne c'est l'accès aux services, c'est les patients, c'est les gens qui sont déjà confrontés à des
réalités très difficiles, qui n'ont pas à se questionner sur tout ça,
qui ont des familles qui ont des gens malades et qui ont besoin d'avoir accès à
des services.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Et moi, je vous remercie parce que le temps...
Le Vice-Président (M. Gendron) : Et le temps imparti étant terminé, je vous
remercie, M. le député de Rimouski, de
votre intervention et je cède maintenant la parole à M. le député de Groulx
pour son intervention, toujours sur le même projet de loi. M. le député
de Groulx, à vous.
Surprenant : Merci, M. le Président. Alors, le ministre de la Santé
pousse son p.l. n° 20 en faisant miroiter qu'il rendrait plus
accessible le système de santé public, mais c'est tout le contraire qu'il va
engendrer. Je vais vous démontrer pourquoi au cours des prochaines minutes.
Ce projet de loi contient deux
sections très distinctes : une première qui, en fait, fixe des quotas de
patients imposés aux médecins sous
peine de pénalités financières; et une seconde, sur le resserrement des normes
entourant l'accès au programme de
procréation assistée. Ici, je rappelle que la CAQ demande de scinder le projet
de loi en deux. Le ministre de la
Santé n'a aucun argument valable pour justifier son refus. Ce sont deux sujets
pourtant fort distincts, M. le Président. Alors, je vais donc, d'abord,
parler de la procréation puis je reviendrai ensuite sur les quotas de patients
imposés aux médecins.
Vous
l'avez entendu, M. le Président, la CAQ réclame la poursuite du programme
public de procréation assistée en
l'encadrant et en le limitant. Ça pourrait permettre de réduire les coûts du
programme de 30 millions de dollars par année. Et nous demandons au ministre de retirer l'interdiction pour les
femmes de 42 ans et plus... le maintien du droit à la procréation
assistée pour celles qui sont en excellente santé et dont la condition a fait
l'objet d'un bilan médical complet par un
médecin de recevoir un traitement de fécondation in vitro à leurs frais. Bien
que certains enjeux soulevés par le
Programme québécois de procréation assistée puissent remettre en question sa
pertinence, ses retombées positives plaident pour sa préservation. Or,
ses bienfaits : il permet aux couples infertiles d'avoir des enfants,
promouvoit la natalité ou permet à chaque
personne de fonder une famille. Les avantages économiques pour les finances
publiques du Québec à long
terme : bien, les enfants issus de ce programme seront aussi des
contribuables dans un contexte où, dès 2033, les décès — on
anticipe — excéderont
les naissances.
traitements de procréation assistée découlent de conditions médicales. Alors,
pour cette raison, la CAQ considère
que le gouvernement doit continuer à payer pour ces traitements de fécondation
in vitro. Toutefois, pour des raisons financières et éthiques, le
gouvernement doit limiter et encadrer davantage le programme de FIV, comme le recommandait d'ailleurs le Commissaire à la santé
et au bien-être avec les 12 recommandations sérieuses et détaillées
dans le mémoire qu'il a déposé à l'Assemblée
nationale en mars dernier. Le programme de crédit d'impôt que va instaurer
le ministre de la Santé est inéquitable. Il
y a des coûts après le traitement qui ne sont actuellement pas remboursés par
le programme public. Les parents de
la classe moyenne n'auront pas les moyens de se payer les traitements dans le
privé.
Alors,
l'accès aux soins de santé et les quotas. Le p.l. n° 20 est une tentative
du ministre de répondre à plusieurs critiques
lui ayant été adressées lors du p.l. n° 10, soit l'absence de mesures
concrètes pour favoriser l'accès aux soins pour les patients. Le projet de loi veut favoriser l'accès aux services
de médecine de famille et de médecine spécialisée. Il a pour but d'optimiser l'utilisation des
ressources médicales et financières du système de santé afin d'améliorer l'accès aux
services de médecine de famille et de médecine spécialisée.
Malgré
l'augmentation des dépenses dans le réseau de la santé lors des 10 dernières années, tous les Québécois
n'ont toujours... accès à un médecin de famille en temps et
lieu. Les patients attendent encore
plus de 16 heures aux urgences. De plus, les délais pour l'accès aux
médecins spécialistes sont inacceptables, dans certaines chirurgies.
Ce qu'il faut
améliorer dans le réseau de la santé? Eh bien, améliorer l'accès aux services
de première ligne, permettre aux Québécois
l'inscription à un médecin de famille, assurer aux inscrits un accès, en temps
et lieu opportuns, aux premières
lignes... aux services de première ligne, dis-je, un accès aux services de
consultation spécialisée — on parle ici de chirurgie — et
éviter les urgences pour les conditions non urgentes.
le Président, les objectifs contenus dans le projet de loi n° 20,
d'augmenter la prise en charge des patients, sont bons, mais les moyens employés par le ministre de
la Santé ne le sont pas. Les risques, en effet, pervers du projet de loi
n° 20 sont d'amplifier certains
problèmes et d'en ajouter de nouveaux. Le ministre de la Santé pousse son p.l.
n° 20, je le répète, en faisant
miroiter à la population qu'il y aura un médecin pour tous, mais cela
n'arrivera pas, M. le Président, avec les façons de faire, bien au contraire. D'abord, voici les données sur
lesquelles se base le ministre de la Santé : en Ontario, il y a 103 omnipraticiens pour 100 000
habitants; au Québec, c'est 116 omnipraticiens pour 100 000 habitants,
soit à peu près 12,5 % de plus.
Alors, la proportion de Québécois n'ayant pas de médecin de famille est un sur
quatre, approximativement; en
Ontario, on parle d'un sur 10. Donc, il se base là-dessus. Il conclut de façon
simpliste que, si les Québécois n'ont pas tous accès à un médecin de famille, eh bien, c'est parce que les
omnipraticiens ne travaillent pas assez et ne prennent pas assez de
patients en charge. On conçoit donc le p.l. n° 20.
Alors,
voici, en résumé, ce qu'il en est. Donc, les mesures pour les médecins de
famille... Le ministre veut déployer des
mesures contraignantes pour obliger les médecins à une certaine productivité
dans le but de favoriser l'accès pour les patients. Un omnipraticien
devra assurer le suivi médical d'un nombre minimal de patients et d'un nombre
minimum d'heures d'activité médicale sous
peine de réduction de sa rémunération. On parle d'un minimum de 1 000
patients en plus d'assurer leurs
heures à l'hôpital, et leur rémunération sera basée sur le taux d'assiduité de
leurs patients. Ce nouvel indicateur
correspondrait au ratio entre le nombre de visites d'un patient à son médecin
de famille par rapport au nombre total de consultations de ce patient au
cours de l'année. Ça veut dire que la rémunération des médecins diminuerait progressivement à mesure que le taux d'assiduité
de leurs patients baisserait, alors, ça irait jusqu'à une pénalité de 30 %
du salaire. Québec est la seule province
canadienne où des quotas seraient imposés aux médecins de famille. Et le projet
de loi prévoit aussi la fin des primes aux
médecins de famille pour la prise en charge de patients — alors, il faut se demander si le
ministre est d'accord avec ça — et la fin des activités médicales
particulières.
Maintenant, les
risques majeurs et les effets pervers possibles du p.l. n° 20. Les
effets pervers sont majeurs et risquent
d'amplifier certains problèmes et d'en ajouter de nouveaux. Alors, l'accès aux
soins pourrait être réduit. Le p.l. n° 20 va se traduire par
une bureaucratie plus lourde et complexe, beaucoup de ressources humaines et
financières seront inutilement dépensées
dans le contrôle des activités des médecins. Les... informatiques pour
l'appliquer sont inexistants présentement. Les jeunes médecins vont
délaisser la médecine familiale et le régime public, craint-on. Les médecins omnipraticiens
enseignants pourront difficilement concilier leurs tâches pédagogiques et le
suivi, imposé, d'un quota minimal de patients. Certains auraient déjà même signé
des lettres de renonciation, M. le Président.
Le projet de loi n° 20 impose par ailleurs
à des médecins n'ayant jamais fait de prise en charge et de suivi de première ligne l'obligation soudaine d'en faire
sous peine de sanctions, et ce, sans nécessairement être à jour dans leurs
connaissances
médicales. Le projet de loi n° 20 du ministre de la Santé va se traduire
par une augmentation des dépenses de
la rémunération des médecins. Il y aura forcément plus d'actes médicaux qui
seront posés par des médecins. En fait, si le gouvernement force les médecins à augmenter la cadence des visites
pour qu'ils puissent atteindre les quotas imposés, les médecins pourraient bien développer le réflexe
de multiplier les analyses et tests en lieu et plan d'un examen physique
plus complet. Avec le mode de rémunération
actuel, plus les médecins posent d'actes médicaux, comme vous le savez,
plus ils sont rémunérés.
Et puis les
femmes médecins pourraient être pénalisées. Je vais essayer de faire part des
données de comparaison publiées par
M. Alain Dubuc, là, le 26 février dernier. Alors, il indique que les
femmes sont désormais plus nombreuses que
des hommes en médecine de famille. Elles représentaient 46 % en 2007,
49 % en 2011 et 52 % en 2003. Aujourd'hui, 77 % des médecins omnis sont âgés de moins de
35 ans et sont des femmes, M. le Président. Alors, la féminisation se
poursuivra, d'ailleurs, au cours des prochaines années. Il est clair que les
premiers médecins victimes des sanctions financières imaginées par le ministre
de la Santé en matière de non-respect des obligations seront donc des femmes,
M. le Président.
En raison des
congés de maternité que plusieurs d'entre elles doivent prendre, tout comme les
impératifs liés à la conciliation
travail-famille, valeur d'importance dans le Québec contemporain, elles seront dès le départ défavorisées par rapport à leurs homologues masculins dans l'atteinte des
cibles fixées unilatéralement par le ministre. Alors, une telle discrimination est
inacceptable et méprisante envers les omnipraticiennes.
D'autre part,
les médecins qui veulent se soustraire aux quotas risquent de se désaffilier du
régime public pour travailler dans le
privé et ils auront droit de le faire. Les médecins seront tentés de prendre
leur retraite plus rapidement,
par ailleurs. La durée des consultations en cabinet pourrait être écourtée, et les
patients âgés et avec des problèmes de santé chroniques vont en payer le
prix.
Au final, le projet de loi n° 20 pourrait mener à augmenter le surdiagnostic, a
des effets importants sur les coûts, la qualité, l'efficacité, l'efficience et l'accessibilité des soins de
santé offerts aux patients et, par le fait même, sur l'ensemble de
l'efficacité du réseau de la santé.
Alors, la
position de la CAQ, maintenant. Alors, au départ, la Coalition avenir Québec a proposé cinq solutions pour adresser les
principaux problèmes liés à l'accès aux soins de santé dans le réseau. Ces
solutions ne peuvent être critiquées par le
docteur, puisqu'il... le ministre, dis-je, puisqu'il les défendait en 2012, lorsqu'il
était candidat avec la Coalition avenir Québec. Alors, voici ce qu'elles
étaient.
Un, il faut revoir la rémunération des médecins
afin qu'une
partie importante de leur rémunération soit liée à l'atteinte d'un
nombre minimal de patients pris en charge. Alors, toutes les commissions sur la
santé, au Québec, depuis 40 ans, ont suggéré
de modifier le système qui paie 75 % de la rémunération des médecins en
fonction du volume d'actes dans une
journée, et seulement 4 % pour la capitation, ce qui est la prise en
charge de patients, M. le Président. En
2012, en tant que candidat, alors, le ministre était fortement d'accord...
candidat de la CAQ, dis-je, alors, le ministre était fortement d'accord avec cette proposition. Il ne peut donc
critiquer cette approche aujourd'hui, mais il le fait quand même. Le mode de rémunération contribue à affecter
la pratique. En Ontario, 34 % sont rémunérés selon le mode de la
capitation, un montant fixe par patient, disais-je tantôt, un mécanisme
pratiquement inexistant au Québec. Or, le fait de payer les médecins en fonction du nombre de
patients facilite le travail en équipe, la délégation et donc la prise en
charge d'un plus grand nombre de ces
patients. Bref, le problème de la charge de travail des médecins est complexe,
et la charge frontale du ministre ne constitue pas la meilleure façon de
résoudre la problématique, bien au contraire.
Deuxièmement, abolir progressivement les activités médicales particulières, les AMP, c'est possible
et sans qu'il n'y ait de problème de découverture dans les
urgences, ce qui avait mené à la mise en place des AMP, rappelons-le, au
départ. En raison de l'augmentation des
cohortes de médecins, évidemment, depuis une dizaine d'années, M. le Président,
il y a assez de médecins au Québec pour
couvrir les urgences et augmenter la prise en charge en première ligne. Ce
n'est définitivement pas le problème.
C'est plutôt la répartition et l'accessibilité de ces médecins qui est en
cause, de même que la répartition des tâches entre les professionnels de
la santé.
Troisième
point, changer la
Loi sur l'assurance maladie pour permettre aux
omnipratriciens... praticiens, pardon, de
déléguer certains de leurs actes à du personnel paramédical sans perte de rémunération.
Alors, c'est l'un des éléments les
plus importants pour renforcer la première ligne, l'organisation du travail
entre les médecins et les infirmières, M. le Président.
Quatrième point, établir des corridors de
services prioritaires pour que les médecins spécialistes traitent les patients
référés par les médecins de famille.
Cinquième point, entente avec des cliniques
spécialisées affiliées au réseau public pour certaines chirurgies ambulatoires.
Alors, les
consultations particulières du projet de loi n° 20 se sont terminées le
mercredi 25 mars, après quelques semaines
de travaux. Près de 45 groupes sont venus présenter leurs commentaires, idées
et critiques au ministre de la Santé, et
près de 70 mémoires ont été déposés à la Commission de la santé et des services
sociaux. Or, à la suite de ces consultations, la CAQ a ajouté à ces cinq propositions de départ d'autres suggestions
positives et constructives pour régler une fois pour toutes l'attente dans le réseau de la santé et
améliorer le programme de procréation assistée, M. le Président. Et voici donc
ces deux autres suggestions. Donc, une qui devient la sixième : développer
à grande échelle l'accès adapté afin qu'il devienne
la norme. Ce système permet au patient de prendre un rendez-vous rapidement, en
fonction de l'urgence de sa situation de santé, auprès d'un des membres
de l'équipe soignante, dont fait
partie son médecin... et entre autres, un médecin de la clinique, un ré