CAT — 22 April 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CAT 2015-04-22
Quebec — Committees
Avant de poursuivre, je voudrais souligner le
travail de toute l'équipe qui a colligé l'information pour nous permettre de mener à bien cet exercice. Je leur
exprime toute ma reconnaissance, et j'aimerais particulièrement adresser
mes remerciements au sous-ministre en titre, M. Sylvain Boucher, qui est à ma droite, qui m'accompagne,
Jérôme Unterberg, qui est
sous-ministre adjoint aux politiques — voilà — Frédéric
Guay, sous-ministre adjoint responsable des infrastructures, et André Lavallée, sous-ministre adjoint,
responsable du dossier de la métropole. J'aimerais également remercier,
pour m'endurer depuis déjà plusieurs
années, mon directeur de cabinet, Me Olivier Parent, de même que toute
l'équipe du cabinet.
Voici, d'abord,
les faits saillants du prochain exercice financier pour l'année 2015-2016.
Les crédits alloués au portefeuille
des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire
s'établissent à plus de 1,7 milliard
de dollars. Cette enveloppe tient
compte des crédits de la Commission municipale du Québec, 3,1 millions, de
la Régie du logement, 20,6 millions, de
la Société d'habitation du Québec, 447,3 millions. À ces sommes il faudra
ajouter les crédits additionnels de
17 millions de dollars qui seront accordés au ministère pour la Société
d'habitation afin de mettre en oeuvre les mesures du discours sur le
budget 2015-2016, notamment pour l'adaptation de domiciles.
Les crédits
affectés spécifiquement au ministère se chiffrent, pour leur part, à près de
1,3 milliard de dollars. Ces crédits
comprennent 114 millions pour le développement des territoires,
431 millions pour la modernisation des infrastructures municipales,
près de 552 millions pour les compensations tenant lieu de taxes et l'aide
financière aux municipalités, près de
120 millions pour la promotion et le développement de la région
métropolitaine à elle seule et près de 63 millions pour
l'administration.
Ces crédits
font état des mesures mises en place par le ministère, notamment la réduction
de 300 millions de dollars des transferts financiers aux organismes
municipaux convenus dans le pacte fiscal transitoire, qui se reflète par une diminution de 158,1 millions de dollars dans
les crédits du ministère, l'intégration du solde de 32,5 millions du
programme d'aide aux CLD pour permettre la mise en place de la nouvelle
gouvernance, qui prévoit l'exercice par les MRC des compétences en matière de
développement économique local et de soutien à l'entrepreneuriat. Par ailleurs,
notre gouvernement maintient le niveau des investissements dans les
infrastructures. Le Plan québécois des infrastructures prévoit une enveloppe d'investissement de 6,9 milliards de dollars
pour les infrastructures municipales afin de financer les contributions du gouvernement du Québec d'ici
2025, dont des investissements de 709,7 millions de dollars en 2015-2016.
Voilà, M. le
Président, les grands postes budgétaires réservés au ministère des Affaires
municipales et de l'Occupation du
territoire. Dans le contexte actuel des finances publiques, le ministère des
Affaires municipales et de l'Occupation
du territoire, au même
titre que les autres ministères, contribue également à
l'effort en matière de contrôle des
dépenses tout en rendant de meilleurs services à la clientèle pour les
municipalités et les partenaires et en donnant les moyens de ne pas
accroître le fardeau fiscal des contribuables.
Nous pouvons
maintenant procéder plus en détail aux mesures spécifiques liées à la
métropole. Nous savons tous que
Montréal joue un rôle primordial dans la création de la richesse et de la
prospérité du Québec. Montréal est une ville innovante et créative, une métropole culturelle et un pôle stratégique
de recherche. Notre gouvernement reconnaît le rôle moteur de la métropole pour favoriser la vitalité
économique du Québec. C'est pourquoi, de concert avec les acteurs du milieu, nous travaillons à renforcer son
positionnement concurrentiel sur la scène nationale et internationale comme
place d'affaires.
Je ne suis
toutefois pas seul pour réaliser ce grand mandat. Je peux, en effet, compter
sur l'aide de mon collègue le
ministre des Transports et ministre responsable de la région de Montréal, avec
qui je travaille en étroite collaboration sur certains dossiers et programmes liés au rayonnement économique,
culturel et social de la métropole et de toute la région métropolitaine. Ensemble, nous veillons à assurer
la cohérence et la coordination des interventions gouvernementales dans
la métropole ainsi que sur toute question ayant un impact sur la région
métropolitaine de Montréal.
Il existe une
très bonne collaboration entre le gouvernement, la ville de Montréal et la
Communauté métropolitaine de
Montréal, ainsi que l'ensemble des élus de la région métropolitaine, et nous
pouvons nous en réjouir. Cette synergie favorise le développement de la métropole. Les interventions, qui se
font de façon concertée et cohérente avec une vision stratégique et durable pour le Grand Montréal,
sont propices aux investissements et à l'innovation. D'ailleurs, à l'aube
du 375e anniversaire de Montréal, le
contexte est favorable pour la mobilisation des forces vives, comme l'a
confirmé l'initiative Je vois Mtl. La
métropole fait
partie des priorités de notre gouvernement. Plusieurs mesures
d'intérêt pour la métropole ainsi que
pour la région métropolitaine figurent d'ailleurs dans le budget 2015-2016,
dont un appui financier pour
l'élaboration de la programmation des célébrations du 375e anniversaire de la
fondation de Montréal, qui représente une aide de 15,5 millions
pour 2015-2016.
Depuis
2014-2015, nous avons également rétabli à 25 millions l'aide financière de
la ville de Montréal pour l'aider à livrer
des services spécifiques découlant de son rôle de métropole. J'aimerais
rappeler que cette aide avait été réduite de 7,8 millions par le précédent gouvernement. Le maintien des crédits
de 17 millions au Fonds d'initiative et de rayonnement de la métropole pour soutenir l'essor et le
dynamisme de la métropole. Ce fonds a fait l'objet d'une révision récente de
ses normes et de ses orientations. Un appel de projets en économie sociale a
notamment permis au fonds de soutenir financièrement des projets innovants dans
la région métropolitaine de Montréal.
Pour assurer
le rayonnement et le développement de notre métropole, notre gouvernement
souhaite reconnaître les
responsabilités uniques assumées par la ville de Montréal. Le premier ministre,
M. le Président, m'a confié le mandat d'élaborer
un projet de loi visant à accroître son autonomie, à élargir ses pouvoirs et à
lui permettre de diversifier ses revenus. J'ai déjà indiqué le rôle
important que joue mon adjoint parlementaire lié aux questions municipales dans
le grand chantier qui
touche la métropole de Montréal et la redéfinition de son rôle et je l'en
remercie à nouveau. Il s'agit d'un chantier
important qui doit se fonder sur des valeurs essentielles comme la
subsidiarité, la simplification, l'efficience, la transparence et
l'imputabilité.
Notre
gouvernement souhaite agir rapidement et donner à la métropole les moyens de
jouer pleinement son rôle, mais nous
tenons à bien faire les choses. Pour ce faire, je travaille également en
étroite collaboration avec le maire de la ville de Montréal, M. Denis Coderre. C'est justement pour donner suite à
la volonté exprimée par le premier ministre que j'ai créé la table Québec-Montréal. Cette table agit comme instance de
consultation dans l'élaboration du projet de loi. Plus précisément, la table servira de lieu
d'échange, de convergence des visions et de concertation afin de définir le
statut de métropole de la ville de
Montréal et le degré d'autonomie nécessaire pour qu'elle puisse développer son
plein potentiel. Mon intention est de déposer un projet de
loi sur la
ville de Montréal en 2016. Ce caractère particulier que notre gouvernement reconnaît à Montréal s'est d'ailleurs
traduit par une action très concrète. En effet, le projet de loi n° 1, le
premier dossier que j'ai réalisé dès mon
entrée en fonction, il y a un an, fut l'adoption de la Loi concernant l'inspecteur
général de la Ville de Montréal. Les résultats sont aujourd'hui au rendez-vous.
La région
métropolitaine est au coeur de l'activité économique du Québec. Pour consolider
l'économie montréalaise, le
gouvernement accorde son soutien à plusieurs secteurs-phares, dont une
enveloppe de 175 millions est réservée pour soutenir le
développement économique de Montréal, 40 millions sur quatre ans pour la
réalisation de la deuxième phase du projet
d'avion écologique sous la responsabilité de la grappe aérospatiale de
Montréal, 15 millions pour le
secteur des jeux vidéo, 15 millions pour le secteur des nouvelles
technologies et 1 million sur cinq ans pour la grappe Finance Montréal. Les industries
culturelles génèrent d'importantes retombées et contribuent à l'économie et au
rayonnement de Montréal et de l'ensemble du Québec.
Il ne me reste qu'une minute pour vous dire, M.
le Président, que le Plan métropolitain d'aménagement et de développement de la
Communauté métropolitaine de Montréal est entré en vigueur en mars 2012.
Depuis, les MRC et les villes exercent les
compétences régionales en aménagement, avancent dans l'exercice de mise en
conformité de leur instrument de
planification. Sept des 14 schémas d'aménagement et de développement touchant
le territoire métropolitain sont
d'ores et déjà réputés conformes au plan, dont celui de Montréal. D'ici la fin
de l'été, d'autres MRC suivront ce pas.
M. le
Président, je termine ici mes remarques préliminaires. Nous serons prêts à
entamer l'étude des crédits qui touchent la métropole, et je serai heureux de
répondre aux questions et d'ajouter les informations que le temps ne m'a
pas permis d'établir.
Président (M. Auger) : Merci, M. le ministre. J'invite maintenant le
porte-parole de l'opposition officielle et député de Rosemont à faire
ses remarques préliminaires pour un maximum de sept minutes. M. le député.
M. Lisée :
Merci beaucoup, M. le Président. Moi également, je voudrais vous saluer, saluer
la qualité de votre travail, la
secrétaire, les membres de l'équipe, et je fais miennes les remarques du
ministre sur l'ensemble des participants. Je voudrais saluer en particulier les membres de l'équipe du secrétariat
à la métropole, avec qui j'ai eu le plaisir de travailler pendant 18 mois avec beaucoup de plaisir, ainsi
que les membres de l'administration publique qui sont toujours à la hauteur
des tâches parfois titanesques qu'on leur soumet.
Je vais
commencer en disant au ministre
que je suis toujours très heureux de discuter avec lui, de lui poser
des questions, d'entendre ses réponses, mais, comme l'an
dernier, je m'étonne, je m'étonne que mon collègue ou ma collègue qui
fait les crédits de la Capitale-Nationale pose des questions au ministre responsable de la Capitale, alors qu'ici, à la métropole, il y a un ministre
pour la métropole, mais ce n'est pas celui qui défend les crédits de la
métropole. Et pourtant le ministre
de la métropole, dans l'intitulé de sa charge, est responsable de donner de la
cohérence à l'action gouvernementale
du Québec pour la métropole sur l'ensemble
des dossiers, et donc c'est celui qui devrait répondre. Je n'ai aucun doute
sur la capacité du ministre des municipalités de répondre, mais, quand même, ça
fait désordre.
Pourquoi
est-ce que Québec a son ministre qui répond, et Montréal, la métropole, n'a pas
son ministre qui répond? Surtout
qu'il y a des raisons d'inquiétude sur la métropole? On a vu que le
développement économique de la métropole n'a pas été éclatant dans la dernière année depuis l'arrivée au pouvoir
du Parti libéral. On a vu que les investissements étrangers ont chuté.
Montréal International en notait pour 1,3 milliard en 2013, ça a tombé à
800 millions en 2014. Est-ce que c'est
parce que le gouvernement a fait une grave erreur en arrivant en réduisant de
20 % l'ensemble des crédits d'impôt
pour plusieurs des moteurs de l'économie de Montréal? Il s'est rendu compte de
son erreur et a rétabli certains de ces crédits d'impôt dans le dernier budget,
mais, quand même, pendant un an un signal très négatif a été envoyé, en particulier aux industries créatrices. Est-ce
qu'également la décision de démanteler les centres locaux de développement
et de réduire l'enveloppe qui est dévolue au
développement — quoi
qu'on pense des structures elles-mêmes, l'enveloppe a été réduite — est-ce
que cela fait
partie d'une
partie de l'explication?
On est,
évidemment, assez troublés par l'impact que les décisions de ce gouvernement
peut avoir sur le tissu social de Montréal. D'abord, le refus de ce
gouvernement de reconnaître à son arrivée, malgré des votes qu'il avait pris,
le sous-financement des organisations
communautaires, qui faisait en sorte qu'ils avaient de la difficulté à répondre
à la tâche sociale qui leur est
dévolue. Donc, ce refus de rehausser le financement. Ensuite, une indexation en
deçà du taux d'inflation et le fait
que, de différentes façons, par la réduction de 300 millions aux municipalités,
qui a des impacts sur la capacité des municipalités de financer des
groupes communautaires... Le fait que les CRE, qui sont abolies, et les CLD,
qui disparaissent, avaient aussi une part
dans le financement du tissu communautaire. Le fait que l'entente entre le
ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale et la ville de
Montréal ait été reconduite pour un an après une grande période d'insécurité et toujours
de l'insécurité pour la suite. Le fait que ce gouvernement a signé avec le
gouvernement fédéral une entente sur
l'itinérance qui déplace... enfin, qui retire 65 % de la somme de la
capacité qu'avait le gouvernement de faire
l'ensemble des actions prioritaires pour le Québec, et donc ça veut dire de
définancer un certain nombre d'entre eux.
Et puis on
est aussi inquiets du désengagement du gouvernement du Québec pour les grands
projets de l'est de Montréal. J'en discuterai avec le ministre, je lui
demanderai pourquoi.
Et aussi on
est inquiets d'avoir entendu si peu de choses hier de la part du gouvernement
fédéral sur les projets montréalais,
que ce soit le 375e, dont le ministre vient de parler, ou que ce soient les
projets d'infrastructure en transport en
commun, où les conditions qui semblent posées par le gouvernement fédéral
pourraient écarter certains des projets qui sont prioritaires pour
Montréal.
Alors, M. le
Président, nous avons beaucoup de pain sur la planche. J'espère que nous aurons
des réponses à la hauteur des
inquiétudes qui ont été générées depuis un an. Et j'ai bon espoir que nous
aurons une session constructive. Je vous remercie.
Président (M. Auger) :
Merci, M. le député. Je cède
maintenant la parole au député de
Blainville et porte-parole du
deuxième groupe d'opposition pour ses remarques
préliminaires, et vous avez à votre
disposition cinq minutes. M. le
député.
Laframboise : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. D'abord, je vais vous saluer, M. le Président, parce qu'on aura quand
même quelques heures ensemble.
Aussi, M. le ministre, bienvenue à notre commission. Vous avez eu la
chance aussi d'y participer quelques fois, là. Et d'abord je sais que vous allez collaborer pleinement.
Vous n'avez pas la réputation d'avoir
la langue de bois, donc, évidemment, on aura la chance d'écouter vos réponses. Saluer
votre équipe ministérielle qui vous
accompagne, évidemment les gens du secrétariat à la métropole qui sont
présents dans la salle, les collègues aussi, les collègues du Parti libéral,
qui sont présents parmi nous.
Évidemment,
vous savez que notre formation
politique, d'abord, souhaite une métropole très forte. Donc, ce n'est pas
pour rien qu'on a participé au premier projet
de loi, qu'on a étudié ensemble,
qui était sur l'inspecteur général de la ville de Montréal. Doter
Montréal d'un gardien de l'intégrité, c'était important pour renforcer la
capacité de notre métropole de
rayonner à travers le monde, et ça, évidemment, notre participation à cette
commission sera dans cet intérêt-là. Ce qu'on veut s'assurer, c'est que la métropole soit forte. La région
métropolitaine, vous l'avez vu, M. le Président, a des banlieues qui explosent au point de vue démographique, donc
il y a un défi de taille au point de vue transport, transport en commun,
et tout ça. Donc, ce sera dans cette expectative-là que nous allons intervenir
à la commission.
Évidemment,
je ne voudrais pas... Je sais que mon temps, si j'en prends moins pour les
remarques préliminaires, on va me le rajouter pour les questions, donc
je terminerai, M. le Président. Merci beaucoup.
Président (M. Auger) :
Merci, M. le député de Blainville. Je suis maintenant prêt à reconnaître le porte-parole de l'opposition officielle
pour un premier bloc d'échange d'environ 20 minutes. M. le député de Rosemont.
M. Lisée : Merci, M.
le Président. Je voudrais qu'on
commence par une question d'actualité, c'est-à-dire le budget
fédéral d'hier. Le ministre a souligné tout à l'heure l'importance
pour Montréal de 2017, c'est-à-dire le 375e anniversaire. Pour les Montréalais, pour la métropole et pour
les gouvernements du Québec successifs, c'est une date importante pour la relance de Montréal, hein? Montréal
a été malmenée ces dernières années : les questions de corruption, de
collusion, des questions
de crises politiques. On en est sortis, on est sur un élan, et les
forces vives de Montréal tendaient leurs forces sur le 375e pour être un moment important, à la
fois un aboutissement et un tremplin pour la suite. Et, depuis le budget de Raymond Bachand et avec le budget
du Parti québécois, nous avions prévu — et y compris les budgets de
ce gouvernement — nous
avions prévu un certain nombre d'investissements importants pour des legs pour 2017, et là, hier,
dans le budget fédéral, silence complet, silence complet.
Alors,
j'aimerais... Et j'espère que le ministre a des informations que nous n'avons pas parce que
même le maire Coderre, hier, semblait
assez perplexe face à ce qui se passe. Bon, par exemple, un des legs-phares,
c'est Pointe-à-Callière, la cité
d'archéologie et d'histoire de Montréal, qui est un projet important, un projet important
à Pointe-à-Callière et pour lequel on
attendait un investissement du gouvernement canadien de 35 millions, entre autres pour la mise en valeur de l'endroit
où était le premier parlement du Canada.
Alors là, ça nous semblait complètement consensuel. Il y a à boire et à manger dans ce parlement, il a été érigé, il a été brûlé. Il est là, il
faisait
partie de l'histoire du Canada,
il fait
partie de l'histoire du Québec. Les patriotes étaient
un des éléments qui avaient causé, disons, le mécontentement des incendiaires.
Et là où en est ce 35 millions du gouvernement du Canada qui était nécessaire pour la réalisation de ce projet-phare du 375e de Montréal?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : Oui, M.
le Président. Je n'aurais jamais
cru que, dans le cadre de l'étude des budgets, j'aurais eu à aller sur une note plus personnelle. Parce que le député de Rosemont
nous parle du musée de la Pointe-à-Callière, alors j'en profite pour lui dire que ma fille Élisabeth,
qui a fait son cours en droit et une maîtrise en muséologie, travaille aux
expositions du musée de la Pointe-à-Callière
comme responsable des expositions. Et j'en suis très fier à
titre personnel,
et donc je suis le dossier du musée de Pointe-à-Callière
avec un oeil à la fois professionnel et une espèce de tendresse personnelle, compte
tenu de cette situation toute particulière.
Et je dois
vous dire que c'est un dossier, effectivement, qui est très important pour Montréal. J'avais cru comprendre
au cours de l'année que le gouvernement
fédéral, justement dans le cadre non seulement du 375e anniversaire de
Montréal, mais du 150e anniversaire
de la Confédération, ajoutait des sommes additionnelles, particulièrement pour
les fouilles liées aux vestiges du
premier parlement du Canada. Je n'ai pas
pris connaissance, là, des détails liés au budget fédéral d'hier,
mais je sais qu'il y avait un engagement
fédéral de contribuer, justement, dans l'édification d'un édicule et dans les
travaux, le coût des travaux liés aux
fouilles pour la restauration des vestiges du parlement, du premier parlement
du Canada à Montréal. Je n'ai rien entendu non plus hier qui
contredisait cette situation-là, mais, honnêtement, je n'ai pas les détails.
Vous savez l'importance et le nombre de
documents qui suivent un budget par
rapport au discours qui est lu. Il
faudra le suivre de façon très attentive, et j'ai l'intention de
rappeler aux collègues québécois du gouvernement fédéral les engagements qui
avaient déjà été annoncés à l'égard du musée de la Pointe-à-Callière.
Malheureusement, je ne peux pas vous donner plus de détails sur
cet élément-là, mais c'est un dossier que nous allons suivre de près parce
que le gouvernement du Québec, lui,
s'engage dans les legs pour le 375e anniversaire. Et non seulement s'est engagé dans les legs pour le 375e
anniversaire, mais l'a fait en collaboration avec les autorités de Montréal
et le maire de Montréal,
notamment, qui a exprimé un certain nombre de souhaits sur
ce qui devrait être les legs permanents pour les célébrations du 375e
anniversaire. Ces engagements-là se sont confirmés d'ailleurs dans le budget
que mon collègue le ministre des Finances a déposé et vont se concrétiser. Mais, dans la mesure où je comprends de la question du
député de Rosemont que c'est aussi un encouragement à insister
auprès du gouvernement fédéral pour rassurer Montréal que ce dernier contribuera,
il peut être assuré de ma plus entière collaboration
et de celle du ministre
responsable de la Métropole.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Rosemont. M. le député.
M. Lisée : Nous sommes à 18 mois du début des célébrations
de 2017, et donc ce budget fédéral nous met dans une incertitude importante. Il devait y avoir une dizaine de millions de dollars pour le lieu culturel et artistique des premiers peuples, donc 35 millions pour Pointe-à-Callière,
6 millions pour Montréal en histoire, Cité Mémoire, une vingtaine de
millions pour l'oratoire Saint-Joseph et des
sommes pour le financement de l'organisme Montréal 375e. Et ce n'est pas
la première fois qu'on reçoit des signaux assez positifs du gouvernement fédéral. Lorsque j'étais ministre de la Métropole, la ministre Shelly Glover nous disait : Oui, on est très
intéressés à Pointe-à-Callière. Mais on n'avait jamais ni le chèque, ni l'engagement, ni une phrase dans le budget. Et là ils savaient
très bien à Ottawa qu'on attendait ça pour hier, il n'y a
rien eu.
Est-ce qu'il y aura dans les dossiers
subséquents... Enfin, on a entendu un chroniqueur relativement bien informé,
ce matin, dire que, selon ses informations,
Ottawa avait décidé que 400, c'est bien, mais 375, ce n'est pas assez important
pour investir. Alors, on espère qu'il se trompe, mais donc, effectivement, je vous encourage d'aller aux nouvelles là-dessus parce que, dans le cas de Pointe-à-Callière, nous avions
proposé que, si l'argent fédéral n'était pas au rendez-vous, qu'il y ait
une
partie du legs qui puisse être réalisée par Québec seul, mais c'était
impossible pour l'oratoire Saint-Joseph. Sans l'argent fédéral, on ne
pouvait pas faire l'oratoire Saint-Joseph.
Deuxième
question sur le budget fédéral. Évidemment, sur les infrastructures, on a entendu le premier
ministre dire avec raison que c'est
très décevant sur les infrastructures. Maintenant, il y a 1 milliard qui est prévu pour des projets d'infrastructure
canadiens au mérite — ça
veut dire qu'il n'y a pas de répartition géographique — et,
deuxièmement, seulement s'il y a une
participation du privé. Or, le gouvernement s'enorgueillit d'avoir trouvé une
façon de financer des projets
importants pour la métropole, c'est-à-dire le SLR sur le pont Champlain,
c'est-à-dire le SRB et la navette
vers l'Ouest-de-l'Île avec un
partenaire public qui est la Caisse
de dépôt. Alors, comment est-ce que
le ministre comprend que le Québec serait inclus ou exclu
du milliard annuel qui sera bientôt dévolu au transport en commun par le gouvernement fédéral?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : Alors, M.
le Président, je voudrais juste
rappeler au député de Rosemont qu'on est à l'étude des crédits du budget
du gouvernement du Québec, et non pas à l'étude des crédits du gouvernement fédéral. Il pourra peut-être
relayer ses questions au ministre des Finances à Ottawa s'il veut avoir des
détails sur le budget qui a été livré hier.
Cela dit, je
ne change rien à la première réponse que j'ai donnée en disant que nous allons
nous assurer que, dans les sommes annoncées hier, il y a des éléments
qui se retrouvent à Montréal. Exemple, là, il y a certaines mesures qui pourraient être applicables, mais on n'a pas le
détail parce qu'on est au lendemain
du budget, où on a parlé de 191 millions pour le renouvellement des sites patrimoniaux et des musées.
Pointe-à-Callière rentre dans cette description-là, l'oratoire
Saint-Joseph également.
Et il est
faux de dire également qu'on ne pourrait pas, sans l'argent fédéral, procéder
aux travaux sur l'oratoire Saint-Joseph.
Les travaux de l'oratoire Saint-Joseph sont prévus en trois phases, M. le
Président, et le gouvernement du Québec
s'est engagé pour les phases I et II. Les discussions avec le gouvernement
fédéral concernent la troisième phase, et, dans le 191 millions qui a été annoncé hier, il est vraisemblable
que des sommes en provenance du gouvernement fédéral seront dévolues à
ces chantiers-là.
Maintenant,
on ne doit pas... En fait, je n'entrerai pas dans le jeu du député de Rosemont
qui consiste à démoniser le
gouvernement fédéral. Ce n'est pas l'attitude que le gouvernement du Québec a
prise à l'heure actuelle. Le gouvernement du Québec a pris, à l'heure actuelle, un rôle de leadership au sein de
la Confédération canadienne, notamment au sein du Conseil de la fédération, et revendique, et
négocie sur une base régulière avec le gouvernement fédéral pour obtenir des
retombées économiques pour le Québec, et les résultats sont là, M. le
Président.
sais qu'hier le député de Blainville posait la question sur le Fonds Chantiers
Canada-Québec. C'est un dossier qui
est en cours à l'heure actuelle, nous n'avons aucune, aucune, aucune raison de
penser que ce dossier-là ne se conclura pas. Au contraire, on est dans les détails liés à l'exécution du
programme, et ces détails-là ne sont pas... Vous savez, je pense le reprendre au texte en disant : Des
fois, le diable est dans les détails. Ces détails-là ne sont pas inoffensifs.
Il faut savoir que la gestion de ces programmes-là et la façon dont on
le fait, on demande aux municipalités de réduire les dépenses, le gouvernement fait un exercice très important pour réduire
ses dépenses lui-même. On n'acceptera pas la gestion d'un programme qui
augmenterait les dépenses administratives au détriment de l'objectif qui est
poursuivi.
Maintenant,
toujours sur la question du 375e anniversaire, je dirais avec beaucoup d'amitié
au député de Rosemont que ses
inquiétudes sont plutôt récentes parce que ce que je regarde, moi, c'est qu'on
a alloué pour 2014-2015 2,4 millions de dollars, 15,5 millions prévus pour 2015-2016, alors que, lorsqu'ils
étaient là, ils ont prévu zéro dollar comme soutien pour les fêtes du 375e anniversaire. Alors, il ne
faudrait pas que la bonne volonté du député de Rosemont à l'égard de notre
intention pour le 375e anniversaire ne soit
qu'une attitude de façade. Ça aurait été bien de le manifester lorsqu'il était,
pendant 18 mois, ministre responsable de la Métropole, alors que je ne
retrouve rien dans les documents du ministère des Affaires municipales ou dans les documents
budgétaires du gouvernement précédent — il faut dire qu'ils n'étaient pas habitués à déposer un livre des crédits — qui m'indique qu'un seul sou de crédits
aurait été versé par le gouvernement du Parti québécois pour la
célébration du 375e anniversaire de Montréal.
Alors,
sur ces questions-là, nous, on est fiers des engagements que nous avons pris et
nous sommes confiants, M. le
Président, que nous arriverons à obtenir du gouvernement fédéral le versement
des sommes. Et, si ce n'était pas le cas,
je sais que je pourrai compter sur l'appui du député de Rosemont pour
revendiquer haut et fort une participation du fédéral aux fêtes du 375e
anniversaire.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Rosemont.
Lisée : Oui. Bien, je dirais avec autant d'amitié, sinon plus,
au ministre que loin de moi l'idée de démoniser le gouvernement canadien, même s'il a détruit le registre québécois des armes
à feu, les données, même si, pour l'instant, il n'y a pas d'entente sur Chantiers Canada, même s'ils insistent pour
faire un péage sur le pont Champlain dont tout le monde pense, y compris le ministre responsable de
la Métropole, que ce serait catastrophique pour la circulation, donc
l'économie à Montréal.
Lisée : Non, non, ce sont des exemples, des exemples parmi
d'autres. Et que Montréal ait été oubliée dans le budget canadien d'hier, ce n'est pas de la démonisation, c'est une
remarque, une remarque amicale à nos amis canadiens que c'est assez
particulier.
Maintenant,
je ne mets pas en cause la volonté... D'ailleurs, j'ai commencé mon
intervention sur le 375e en parlant du
budget Bachand dans lequel il y avait des engagements pour le 375e. Le ministre
a mal lu les documents budgétaires du gouvernement Marois parce qu'il y
avait également des engagements pour le 375e. Je...
M. Moreau :
...il n'y avait pas de crédits avec...
M. Lisée :
M. le Président.
Le Président (M.
Auger) : Oui. La parole est au député de Rosemont.
Lisée : M. le Président, il y avait un discours
du budget, et vous pouviez le lire
dans le discours du budget, il y a
eu des engagements qui ont été pris par la première ministre, il y a eu des annonces qui ont été faites en ma présence
pour des legs du 375e, et donc je
l'appellerais à un peu plus d'exactitude. Ce qui n'est pas en cause ici, c'est l'engagement des gouvernements québécois
successifs pour le 375e.
Maintenant,
puisqu'on parle des rapports avec le
fédéral, qui... Je suis désolé de le dire au ministre, nous sommes dans la fédération canadienne. Ce n'est pas de ma
faute, mais nous y sommes. Et donc, lorsqu'on parle de la métropole, de sa santé, de sa qualité, bien, on doit tenir
compte du fait que le gouvernement canadien y intervient. Donc, il a parlé,
il y a un instant, de la négociation sur les
Chantiers Canada-Québec, et je voudrais avoir sa réponse sur le pont Champlain.
Donc, je ne lui demande pas si ça avance pour essayer d'enlever le péage, on
sait que ça n'avance pas. Bon.
Maintenant,
pour payer sur le SLR aussi, nous avions remarqué qu'il y a un budget de
4 milliards dans le fonds fédéral
sur les infrastructures qui est distribué de façon, disons, volontaire, pour ne
pas dire arbitraire, par le gouvernement fédéral. Il y a 4 milliards, et le gouvernement du Québec avait
dit : Il nous semble qu'il y a un de ces 4 milliards là qui devrait revenir au Québec. Nous avions ciblé le
SLR. Vous avez fait une autre proposition pour le SLR, c'est bien. Mais est-ce que vous avez abandonné l'idée de demander
la juste part du Québec, c'est-à-dire 25 % de ce fonds, pour des projets
que j'aimerais voir dans la métropole?
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Moreau : M. le
Président, alors bien sûr que nous n'avons pas abandonné et nous
n'abandonnerons jamais l'obligation
que nous avons comme gouvernement du Québec de revendiquer la juste part du
Québec dans les contributions qui doivent être versées au niveau des
infrastructures par le gouvernement fédéral.
Maintenant,
le préambule de la question du député de Rosemont m'amène à vous dire, M. le
Président, qu'on est présentement à l'exercice de l'examen des crédits
budgétaires, voyez-vous, et, dans le cadre de l'examen des crédits budgétaires, je sais que c'est un exercice auquel
s'est déjà livré le député de Rosemont dans l'opposition, mais jamais alors qu'il était au gouvernement pour une raison
simple, c'est qu'il n'y en avait pas, de crédits avec les budgets. Or, on sait
très bien, M. le Président, que... Il peut
nous rappeler les annonces faites par Mme Marois, il peut nous rappeler les
annonces qu'il a faites lui-même...
M. Lisée :
...au règlement.
Le Président (M. Auger) :
Juste un instant.
M. Moreau :
Bien, je réponds à sa question.
Le Président (M.
Auger) : Oui, c'est un appel au règlement. M. le député de Rosemont.
Lisée : Bien, vous allez m'éclairer. Lorsque le ministre dit
quelque chose de faux, est-ce que je peux intervenir pour dire que,
contrairement à ce qu'il dit...
Le Président (M.
Auger) : Je n'ai pas à juger... M. le député de Rosemont.
Lisée : ...lorsque j'étais ministre, il y a eu des crédits, et
j'ai défendu mes crédits, et c'était le ministre de la Métropole qui
défendait les crédits de la métropole.
M. Tanguay :
M. le Président.
Le Président (M.
Auger) : Juste un instant.
Tanguay : M. le Président, sur l'appel au règlement, j'invite le collègue à lire l'article
212. Lorsqu'il considère que des propos ont été déformés
ou mal interprétés, c'est après l'intervention de la personne que vous aurez
loisir brièvement de corriger le tir.
Article 212.
Le Président (M.
Auger) : Vous avez tout à fait raison, M. le député. M. le ministre.
Moreau : M. le Président, alors il parlait des annonces qu'ils avaient faites et des budgets. Un
budget sans crédits, ça ne vaut rien. Une annonce sans crédits, ça ne
vaut rien. Des communiqués de presse du Parti québécois, M. le Président, quand je suis arrivé aux Affaires municipales, là, j'en ai géré
plus qu'un qui... pour lequel je regardais, puis il n'y avait aucuns crédits, hein? C'est le cas de
Mégantic. On avait fait une annonce pour Mégantic de 35 millions, pas un sou de budgété. M. le
Président, un dossier que vous
connaissez bien, la pyrrhotite. On avait fait des communiqués de presse pour la pyrrhotite, pas un sou de
budgété. Pourquoi? Parce que son gouvernement nous avait habitués à ne pas déposer de
crédits avec le budget.
l'exercice auquel on se livre aujourd'hui, qui est un exercice fort sérieux, le député
de Rosemont devrait savoir que, quand on regarde les crédits
budgétaires pour le 375e anniversaire, ce dont on parle, le gouvernement du Parti
québécois — il
était ministre responsable et il le sait fort bien — n'avait
mis aucun sou dans les crédits
budgétaires du gouvernement ou du ministère de la Métropole pour le 375e anniversaire de Montréal.
C'est la raison pour laquelle je lui
dis : Je suis heureux de me réjouir aujourd'hui de voir qu'il veut
être debout à côté du gouvernement
du Québec pour réclamer notre juste
part dans les fêtes du 375e anniversaire, mais qu'il ne faudrait pas que cet
enthousiasme soudain soit feint, comme ses efforts antérieurs l'étaient,
M. le Président.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Rosemont.
Lisée : Oui. Alors,
je demanderais au ministre de retirer ses paroles parce qu'il a indiqué que, lorsque j'étais ministre de la Métropole, je n'ai jamais
défendu de crédits. C'est faux, il y
a eu deux budgets du gouvernement Marois. Le premier avec des
crédits que j'ai défendus dans une salle comme celle-ci avec vous. Donc, sur ce
point spécifique, je demande au ministre de retirer ses paroles.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Moreau : ...que, dans
les crédits qu'il a défendus, il n'y avait pas un sou pour le 375e anniversaire
et qu'alors qu'il aurait pu défendre les crédits une deuxième fois avec de
l'argent pour le 375e anniversaire il ne l'a pas fait, puisqu'il n'y
avait pas de crédits pour cet exercice-là.
M. Lisée : Est-ce que le ministre...
Moreau : Est-ce que la précision est suffisante, M. le
Président?
M. Lisée :
Non, non. Je demande...
Président (M. Auger) : Juste
un instant. Je vais vous demander d'y aller un à la fois, je veux reconnaître
des personnes. Ne soyez pas inquiets. M. le député de Rosemont.
Lisée : Je reconnais,
de façon générale, le gentilhomme qu'est le ministre. Le ministre
a dit quelque chose qui est factuellement faux. Je m'attends à ce que
le gentilhomme admette que, lorsqu'il a dit que je n'avais jamais
défendu de crédits, il s'est trompé et il s'en excuse.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Moreau :
Il a défendu des crédits une fois. Malheureusement, je ne retrouve pas dans les
crédits qu'il a défendus de crédits liés au
375e anniversaire de Montréal, pour lequel aujourd'hui il nous demande
une défense importante des
droits du Québec. Et la deuxième opportunité qu'il aurait eue après
le dépôt d'un deuxième budget de défendre les crédits, il n'a pas pu le faire. C'est un gentilhomme, je le reconnais,
il ne pouvait pas le faire, il n'y en
avait pas, de crédits. Alors, c'est la précision que j'apporte. Et donc,
quand il n'y a pas de crédits, je prends en considération qu'il n'y a pas
de sous de dévolus à aucun des postes
budgétaires qui sont annoncés dans le budget. C'est comme ça que ça fonctionne,
le parlementarisme, M. le Président.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Rosemont.
M. Lisée :
Bon, je vois que le ministre a beaucoup de difficultés à reconnaître lorsqu'il
fait une erreur de fait personnelle, beaucoup
de difficultés. Je trouve ça triste parce
que, lorsqu'on fait une erreur... Le ministre
a droit à l'erreur, vous avez le
droit à l'erreur. Et, lorsque vous avez dit qu'il n'y avait aucun document
budgétaire du gouvernement Marois qui
mettait des sommes, le discours du
budget le mettait, j'admets avec vous
qu'il n'y avait pas de crédits, mais le discours du budget en parlait. Et, encore une fois, je trouve particulièrement désagréable cette ligne d'attaque, puisque je n'arrête pas de dire que tous les gouvernements du Québec se sont engagés dans le 375e, et je pense que
c'est un fait que chaque acteur reconnaît à Montréal.
Maintenant, je n'ai
pas eu de réponse à la question que j'ai posée.
M. Moreau :
...je peux intervenir sur ce dernier point, M. le Président?
M. Lisée :
Non, je vais poser une question.
M. Moreau :
Plus tard?
Le Président (M.
Auger) : Terminez, oui.
M. Lisée :
Je vais poser une question.
Lisée : Alors, il y a 4 milliards de dollars discrétionnaires à Ottawa pour des projets
d'infrastructure. Toronto l'a eu,
d'autres villes en ont eu dans le passé. La porte continentale, ça a été bon
pour l'Ontario, on n'a pas eu notre part. Au gouvernement du Parti
québécois, nous avions dit : Un
de ces milliards devrait venir au Québec. Depuis, jamais
nous n'avons entendu le gouvernement libéral demander ce milliard
et désigner une infrastructure alors qu'il y a beaucoup de besoins à Montréal. Est-ce qu'aujourd'hui le
ministre peut nous dire s'il réitère cette demande de 1 milliard sur
quatre et à quoi il voudrait l'utiliser?
Président (M. Auger) : Donc, il reste à peu près
1 min 45 s pour ce premier bloc d'échange. M. le ministre,
pour la réponse.
Moreau : Alors, dans un premier temps, je voudrais dire que la
question précise qu'il pose pourrait facilement être répondue dans le cadre de l'étude des crédits du ministère des
Transports. Dans le contexte de la métropole, je réitère simplement que oui, notre intention est de
réclamer la part qui est due au Québec pour la réalisation de ses
infrastructures. Je lui rappelle d'ailleurs que nous sommes en
discussion avec le gouvernement fédéral sur ces éléments-là.
je réitère également, puisque le préambule de sa question m'invite à le faire,
qu'entre une intention exprimée et une
réalité il y a un élément qui est incontournable dans le cadre d'un
gouvernement, c'est de mettre l'argent là où les intentions se trouvent. Et je réitère que, malgré les crédits qu'il a
défendus une seule fois et ceux qu'il n'a pas pu défendre vu l'absence de crédits, le gouvernement auquel il
a appartenu n'a jamais indiqué son intention de mettre un seul sou dans les célébrations du 375e anniversaire de Montréal.
Les faits ont la tête dure, M. le Président, et c'est ce que je constate
dans les documents. À moins, évidemment, que
le député de Rosemont puisse me produire un document qui vient contredire
cette affirmation-là, c'est la triste réalité.
Président (M. Auger) : M. le député de Rosemont, 20 secondes.
Lisée : Oui. Ça va me faire plaisir de déposer le discours du
budget de M. Marceau, qui est un document dans lequel le gouvernement
s'engage. Alors, il dit qu'il n'y a pas de document, il y a un document. Voilà.
M. Moreau :
Bien, ça, c'est...
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre, 10 secondes.
Moreau : Oui. Ça, c'est comme un communiqué de presse. Un
budget sans crédits, ça ne vaut pas le papier sur lequel c'est écrit.
C'est dommage, mais c'est ça. Alors, qu'il me dépose les crédits, puis on
verra.
Président (M. Auger) : Merci à vous deux. Ça met fin au premier bloc
d'échange. Maintenant, je cède la parole à une députée du groupe
parlementaire formant le gouvernement, Mme la députée de Crémazie.
Montpetit : Je vous remercie. M. le ministre, la table est bien mise
pour parler du 375e anniversaire de Montréal,
donc continuons à cet effet. J'aborderais un autre angle, par contre, parce que
le 375e anniversaire de Montréal, ce
n'est pas seulement des chiffres, c'est, d'abord et avant tout, une fête,
c'est, d'abord et avant tout, une célébration, et, comme députée de Montréal, j'attends avec
impatience cet événement. Et, pour la collectivité de Montréal, évidemment,
2017 doit être une année charnière dans son
développement, dans son affirmation comme Montréal, comme vitrine du Québec à l'étranger. Le contexte est favorable à
cette célébration, en ce sens que le gouvernement du Québec et Montréal,
mutuellement, ont exprimé leur détermination
à travailler à la relance de la métropole. Le premier ministre s'est d'ailleurs
engagé à reconnaître le statut de métropole à
Montréal et à mettre les outils en place, à sa disposition pour son
développement économique, culturel, social.
gouvernement du Québec contribuera, on le sait, à la tenue de ces célébrations
et à la réalisation de plusieurs projets
et de legs d'envergure qui permettront à Montréal de rayonner de façon durable
au cours des prochaines années, des
prochaines décennies même, et 200 millions ont été annoncés pour la
réalisation de ces différents projets de legs et le soutien aux
célébrations. Et j'en nomme quelques-uns, là, la restauration du parc
Jean-Drapeau, la construction d'un cinquième
pavillon au Musée des beaux-arts de Montréal, le projet d'aménagement de
l'oratoire Saint-Joseph, l'oeuvre médiatique
Cité Mémoire et le soutien à la Trame verte et bleue du Grand Montréal. Et on
n'est pas fiers... pas peu fiers, en fait, à Montréal, de savoir que
tous ces beaux projets sont en cours et sont à venir.
coup d'envoi de ces célébrations s'est fait le 27 octobre dernier en présence
du maire de Montréal, Denis Coderre, et
du ministre responsable de la région de Montréal. Et d'ailleurs ce ministre
coordonne, bon, la présence, la participation du gouvernement aux célébrations du 375e de Montréal, ce qui indique, en
effet, un nouvel environnement positif et un climat favorable qui
facilitent la réalisation de tous ces projets.
j'en viens donc à ma question, M. le ministre, à savoir : Au-delà de
l'argent qui sera versé comme gouvernement à la ville de Montréal, comment, autrement, le gouvernement, on va
appuyer, dans le fond, la ville de Montréal dans la mise en place de ces
legs, de ces projets et des festivités?
La Présidente (Mme
Nichols) : M. le ministre.
Moreau : Bien, en réalité, vous me permettez de nous dire
qu'effectivement non seulement il y a une question de sous — les sous, c'est important pour les
célébrations, particulièrement pour les legs — mais l'intention est d'être un accompagnateur. Moi, je me souviens de la
rencontre qui a eu lieu entre les représentants du 375e anniversaire de
Montréal, le groupe qui est responsable
de tout ça, et le premier ministre du Québec. Et, pour marquer l'importance de
cette rencontre-là, le premier ministre du Québec avait demandé non
seulement au ministre responsable de la Métropole d'être présent, non seulement au ministre des Affaires municipales
d'être présent, non seulement à la ministre de la Culture d'être présente,
mais également au président du Conseil du
trésor. Et je pense que, là, c'est une démonstration extrêmement éloquente
de l'appui que le gouvernement du Québec entend donner au 375e anniversaire de
Montréal.
Lorsque
vous réunissez, je dirais, presque le tiers du Conseil des ministres pour dire
à ces gens-là : On va vous accompagner,
exprimez-nous vos besoins, on vous demande cependant de tenir compte d'une
réalité, qui est la réalité incontournable
des finances publiques et de la discipline que le gouvernement a choisi de se
donner, eh bien, je pense, moi, que ça témoigne non seulement du sérieux dans
la gestion des affaires publiques, mais certainement de l'appui inconditionnel que le premier ministre du Québec
lui-même entend formuler, entend démontrer à l'égard de cet engagement-là.
Puis suit ce qui
était dans la tradition des gouvernements libéraux. D'abord, le premier
engagement relève du gouvernement de M. Charest,
où, dans le budget Bachand, on avait indiqué les intentions très claires — M. Bachand était, rappelons-le, non
seulement ministre des Finances, mais ministre responsable de la
Métropole — d'aller
de l'avant pour soutenir Montréal dans la
célébration du 375e anniversaire. Un petit intervalle de 18 mois où
l'incertitude arrive parce qu'il n'y
a pas un sou de mis dans les crédits
pour soutenir le 375e anniversaire de Montréal. Un deuxième budget, je l'ai dit tantôt, qui n'est pas accompagné d'un livre de
crédits, donc incertitude totale. Et voici que nous revenons et que le gouvernement de M. Couillard fait cette manifestation très claire à l'égard
des responsables du 375e
anniversaire. Et non seulement ça,
mais indique clairement et dans le budget et dans le livre des crédits qui y
est joint les intentions fermes du gouvernement à l'égard des legs qui
seront faits.
Vous
les avez mentionnés. Le parc Jean-Drapeau, c'est 35 millions. Le Musée des
beaux-arts de Montréal, c'est 18,5 millions.
L'oratoire Saint-Joseph, c'est 26,4 millions. Et je disais tantôt qu'il y
avait trois phases. La première phase, c'est le pavillon d'accueil pour
les pèlerins. Et la deuxième phase, c'est la reconfiguration de l'axe sacré.
Bien, c'est 26,4 millions de dollars.
Cité Mémoire, c'est 6 millions. Une oeuvre d'art significative,
2,5 millions. Et la Trame verte et bleue du Grand Montréal, c'est
50 millions. Et tout ça, Mme la députée de Crémazie, confirmé non
seulement par un discours et une annonce,
mais également par des crédits qui appuient fermement et qui soulignent
fermement l'intention du gouvernement d'aller de l'avant.
Alors, vous avez tout à fait raison non
seulement de vous réjouir de la participation du gouvernement du Québec à ce
grand événement qu'est le 375e anniversaire de la fondation de Montréal, mais
vous pouvez aussi vous enorgueillir de faire
partie d'un gouvernement qui passe
de la parole aux actes.
La Présidente (Mme Nichols) : Mme la
députée de Crémazie.
Mme Montpetit : Je vous remercie pour
votre réponse éloquente et je me réjouis aussi pour d'autres raisons. En ce qui concerne le statut particulier de
Montréal, on se... Je veux dire, Montréal, bon, c'est le poumon économique
du Québec, là, c'est une expression qu'on
emploie régulièrement, c'est une ville innovante, c'est une ville créative,
c'est une métropole culturelle, c'est
un pôle stratégique de recherche, et on peut en être très fiers. Et, comme
toutes les métropoles, elle est en
concurrence directe dans l'attraction, dans la rétention des talents, de la
main-d'oeuvre qualifiée, dans l'attraction des investissements aussi. Et, pour y arriver, c'est important que
Montréal puisse contrôler plusieurs leviers afin d'attirer ses investisseurs et afin aussi d'accroître son
rayonnement international. En ce sens, il est donc primordial de lui donner,
bon, non seulement un statut juridique à cet
effet, mais les outils nécessaires aussi qui vont lui permettre de réaliser ces
choses.
Vous avez
reçu, comme ministre, le mandat du premier ministre de redéfinir sur de
nouvelles bases les relations entre le
gouvernement du Québec et le niveau municipal et d'accroître l'autonomie
municipale également. Plus spécifiquement, en ce qui concerne Montréal,
vous avez reçu comme mandat de piloter une loi qui vise à reconnaître formellement les responsabilités uniques assumées
par notre métropole. Et je pense que ça s'intègre bien avec, justement, la question précédente que je posais sur le 375e
anniversaire de Montréal, là, c'est un moment charnière pour notre ville et
pour notre métropole, et la reconnaissance
de son statut va en ce sens. Et, dans cette optique, vous avez annoncé la
création de la table Québec-Montréal,
sur laquelle siège le maire de Montréal, Denis Coderre, le ministre responsable
de la région de Montréal ainsi que
plusieurs experts, et, à ma connaissance, je crois que d'autres ministres s'y
ajouteront également. Et l'objectif,
en fait, derrière toutes ces démarches et derrière la reconnaissance du statut
de la métropole de Montréal, c'est évidemment le transfert de
compétences vers cette ville.
Et ma
question bien spécifique pour voir comment on peut se gouverner, c'est :
Bon, à l'instar de la ville de Toronto, entre autres, où ça a été fait, est-ce que c'est réaliste que, dans un
délai de deux ans, on puisse mettre en place tous ces objectifs-là, dans
le fond, pour notre métropole?
La Présidente (Mme Nichols) : M. le
ministre.
M. Moreau :
Merci, Mme la Présidente. Oui, non seulement c'est réaliste, mais c'est
l'engagement que nous avons pris. Et
c'est un engagement qui, s'il avait été pris seul par le gouvernement du
Québec, nous aurait exigé peut-être encore plus d'efforts. Mais, quand
le maire de la ville de Montréal lui-même s'engage dans le même effort à
travailler à un rythme soutenu pour nous
permettre de déposer une loi qui va conférer à Montréal ce statut très
particulier qui est celui de la métropole du Québec, je suis confiant
que nous pourrons y arriver.
Vous avez
cité l'exemple de Toronto, c'est un bon exemple, mais je vous dirais que nous,
on est prêts à aller plus loin que ce qui s'est fait entre le
gouvernement de l'Ontario et la ville de Toronto. Quand on examine ce qui s'est
fait là-bas, on pense être capables d'aller plus loin dans le statut juridique qui
sera conféré à Montréal. Et d'ailleurs il faut
reconnaître à Montréal un statut que Toronto
n'a pas. Montréal a un rayonnement international qui est
fondamental parce qu'après
Paris c'est la ville la plus importante, je dirais, en Amérique, c'est la capitale de la
francophonie, certainement... c'est la métropole de la francophonie. Pas la
capitale, la métropole de la francophonie. Et Montréal a, à cet égard-là, une obligation de
rayonnement international qui dépasse au plan culturel le rayonnement que
Toronto doit et peut avoir, et on est
confiants que, dans les négociations en cours, nous saurons conférer à Montréal
non seulement le statut de métropole, mais lui donner aussi les outils
nécessaires pour assurer ce rayonnement de caractère international.
Montréal,
c'est une des économies les plus diversifiées parmi les villes au Canada et,
contrairement à une vision pessimiste
des choses qui dit que la métropole souffre, Montréal, c'est un chef de file en
technologies de l'information et de
communication. Il y a 92 000 emplois et
5 000 établissements qui oeuvrent dans ce secteur-là. Premier rang
des métropoles nord-américaines pour
les coûts d'exploitation et le fardeau fiscal des entreprises en recherche et
développement. Premier pôle
aérospatial au Canada. C'est 43 500 emplois hautement qualifiés,
212 entreprises. 80 % de cette production faite par ces entreprises est destinée à
l'exportation. Montréal est une ville qui a un potentiel économique
extraordinaire, qui a une capacité de rayonnement international
absolument extraordinaire.
Et je dois
vous dire que j'ai souvent entendu le discours des maires de Montréal disant
que la capitale, mais en visant le gouvernement du Québec, que le
gouvernement du Québec ne donnait pas à Montréal l'appui nécessaire. Moi, je dois vous dire que c'est la première fois
depuis que je fais de la politique... Et je dirais que c'est la première fois
qu'un premier ministre du Québec donne au
ministre des Affaires municipales un mandat aussi clair que ça à l'égard de
la métropole. Le maire de Montréal s'en
réjouit. La qualité des relations que nous avons avec le maire de Montréal est
absolument excellente.
Le niveau de communication, le niveau de confiance, le niveau de collaboration
est à un niveau, je dirais, sans précédent, et on est extrêmement fiers de ça,
et on va faire non seulement du 375e un grand succès, mais on va faire
du statut de Montréal comme métropole un grand succès qui, lui, va durer bien
au-delà du 375e anniversaire.
La Présidente (Mme
Nichols) : Alors, Mme la députée de Crémazie, pour quatre minutes.
Montpetit : Bien, simplement en conclusion, en fait, je vais aller en
ce sens puis je vais réitérer que je suis extrêmement fière, effectivement, comme députée, de faire
partie d'un
gouvernement qui met de l'avant Montréal, qui veut lui donner vraiment les outils nécessaires pour rayonner encore
davantage. On a la chance, on a le privilège d'avoir une ville magnifique, peut-être un peu négligée au
cours des dernières années, mais à laquelle on est en train de donner les outils, justement, pour se relever, pour
s'épanouir, pour rayonner. Et, effectivement, on peut s'enorgueillir des
relations très positives qu'on a avec
le maire de Montréal, qui nous permettent de mettre en place ces précieuses
collaborations là, et je vous en remercie. Je vous invite à continuer...
je nous invite à continuer en ce sens, en fait, pour le bénéfice non seulement
des Montréalais, mais de tous les Québécois parce qu'évidemment ça rayonne
beaucoup plus loin que les frontières du 514.
M. Moreau :
Vous savez, non seulement vous avez raison, mais, vous savez, il y a, dans les
crédits que nous étudions aujourd'hui, les
crédits spécifiques pour le soutien à la ville de Montréal pour son rôle de
métropole. Avant même que nous n'ayons conféré à Montréal un statut
particulier, là, on constate de facto que Montréal est notre métropole, et il y
a des crédits qui sont versés au soutien à la ville de Montréal pour son rôle
de métropole.
crédits-là, nous les avons, nous, augmentés de près de 8 millions de
dollars pour les porter à 25 millions de dollars. Et moi, je dois
vous dire que les gestes que nous avons posés à l'égard de Montréal sont des
gestes qui sont excessivement concrets. Et la seule façon de gagner la
confiance des élus de Montréal... Et je le vois très bien, j'ai eu l'occasion de participer, Mme la Présidente, aux
réunions du caucus des députés de Montréal de l'aile parlementaire, et je
vois à quel point ces gens-là qui
représentent des comtés, des circonscriptions dans toutes les parties de
Montréal, dans l'est, dans le nord,
dans l'ouest, partout, à quel point ces gens-là sont impliqués et ont une
étroite collaboration. C'est le cas de la députée de Crémazie, je le sais,
avec les élus de Montréal, qui sont conscients de l'évolution du tissu social,
de l'importance de chacun des dossiers qui touchent l'évolution de Montréal.
aura l'occasion, sans aucun doute, d'en parler lorsqu'on parlera de toute la
question des CLD, du redécoupage de
la carte de Montréal. Tout ça s'est fait en collaboration très étroite
avec l'Hôtel de Ville de Montréal, avec le caucus des députés montréalais, avec les gens du cabinet chez nous. Pourquoi?
Parce qu'on sait que ces gens-là sont des partenaires et parce que Montréal, qui est une
métropole, est aussi une municipalité et que nous voulons reconnaître aux
municipalités le statut de
gouvernement de proximité. Et, dans ce contexte-là, c'est beaucoup
plus facile de faire évoluer les dossiers lorsqu'on a une approche de collaboration que lorsqu'on a une approche,
je dirais, de confrontation, et, définitivement, nous avons, je pense, établi les bases d'une collaboration très solide
avec Montréal, et nous allons continuer en ce sens-là.
La Présidente (Mme
Nichols) : Très bien. Merci, M. le ministre.
Alors, compte tenu de
l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à
12 h 36)
Le Président (M. Auger) : Nous allons reprendre nos travaux. Je vous
rappelle que la commission est réunie afin de poursuivre l'étude du volet
Métropole des crédits budgétaires
du portefeuille Affaires municipales et Occupation du territoire pour l'exercice
financier 2015-2016.
Puisque
nous devions débuter nos travaux à 15 heures et qu'une période de trois
heures doit être consacrée à l'étude
de ce programme cet après-midi, y a-t-il
consentement pour poursuivre les travaux au-delà de l'heure prévue?
Consentement.
Lors
de la suspension de nos travaux, la parole était à la députée de Crémazie, mais
je crois que le temps va être reporté sur le prochain bloc. Je céderais
maintenant la parole au député de Blainville. Vous avez à votre disposition
24 min 30 s.
Laframboise : Merci beaucoup, M. le Président. Je vais être cartésien,
M. le ministre, je vais prendre la page 36 du cahier des crédits des ministères
et organismes, alors, à la
section Promotion et développement de la région métropolitaine, puis je vais passer chacun des postes budgétaires.
Je vais commencer par le premier, Équipements scientifiques, Société de gestion Marie-Victorin. En 2014-2015,
on avait un budget de 8 484 000 $, et, en 2015-2016,
on a un budget
de 3 051 000 $, une diminution d'un petit peu plus que 5 millions. Évidemment, équipements scientifiques, quand on touche à ça, ça fait conservateur un peu,
là. Expliquez-nous pourquoi vous avez réduit ce poste.
Laframboise : Non. Non, mais c'est un constat. C'est un constat, c'est
M. Moreau : Non, mais c'est une question
que j'ai moi-même posée. En fait, la Société de gestion Marie-Victorin a à voir avec le transfert
des équipements de la... les équipements métropolitains. Alors, au nombre des
équipements métropolitains, là, on pourra vous donner la liste, je sais qu'il y
a le Biodôme, l'Insectarium, le Planétarium et le Jardin botanique. Et essentiellement ce que c'est, c'est un service de la dette.
Alors, c'est la dernière fois, d'ailleurs, que vous
voyez ça dans les crédits, puisque je
pense que c'est la dernière année d'amortissement de l'emprunt d'une dette qui a été contractée sur chacun de ces
équipements-là à l'époque. Et, au moment de la constitution de la communauté
métropolitaine, c'est ça, on a regroupé tout ça, et ce sont les portions de
remboursement.
Bien,
tiens, je vais vous donner le détail,
là. Ça a commencé en 1998. Alors, l'entente concerne les équipements scientifiques et la Société de gestion Marie-Victorin. Donc, dans les
équipements scientifiques, je vous le rappelle, il y a
l'Insectarium, le Planétarium, le Jardin botanique et le Biodôme. Et l'entente
concerne le remboursement du capital et des intérêts découlant de
trois emprunts qui avaient été réalisés via l'Université du Québec à Montréal
pour permettre au gouvernement de verser une aide financière à la ville de Montréal pour éponger le déficit budgétaire anticipé pour 1998 qui, à l'époque, était de 160 millions
de dollars. Et la raison pour
laquelle vous voyez une décroissance entre 2014-2015 et 2015-2016, c'est que c'est le résiduel. En d'autres
termes, c'est la fin de l'emprunt. Alors, ce n'est pas...
Laframboise : Ça n'a rien à voir avec la science.
Moreau : Non, non.
Non... bien, en fait, oui, mais c'est la fin du financement des équipements de
science, et c'est le montant requis pour rencontrer la dernière annuité
sur le remboursement de cet emprunt.
Laframboise : Par la suite, bon, la ligne suivante, le Fonds d'initiative et de rayonnement de la
métropole, bon, 17 millions, je vois que vous maintenez votre...
Moreau : O.K. Le Fonds d'initiative et de rayonnement de la métropole, qu'on appelle communément le FIRM, c'est
le fonds qui, en vertu de la nouvelle architecture du ministère des Affaires
municipales et du ministre responsable de
la région métropolitaine, apparaît dans les crédits du ministère des Affaires
municipales, mais est administré par
le secrétariat à la métropole et le
ministre responsable de la région de la Métropole. Et les crédits sont
maintenus constants là-dedans, c'est
17 millions, c'est les grands évènements. Alors, on pourrait vous
donner... Dans les grands évènements, je
sais qu'il y a... Festival international de jazz, c'est là-dedans, Juste pour
Rire, Francofolies, Montréal en lumière, Osheaga, Complètement cirque,
Festival de mode et design, et je pense que la F1 est là-dedans aussi. Non?
Moreau : O.K.
Parfait. O.K. Alors, les évènements culturels, touristiques et
économiques, il y avait 53 projets l'an passé. Il y a
6,39 millions qui ont été alloués, soit 56 % de l'enveloppe. Et les
sommes varient d'année en année selon les
demandes qui sont faites pour chacun des évènements. Mais ce sont vraiment les
grands évènements, les grands festivals que l'on retrouve à Montréal.
Mais le niveau des crédits reste constant.
Laframboise : Et ça, c'est suite à une entente que vous avez avec la
ville de Montréal, probablement?
Moreau : Non, c'est
une décision autonome du gouvernement d'assurer l'existence d'un fonds pour
l'initiative et le rayonnement de la métropole.
Laframboise : Et les
discussions que vous avez avec la ville par rapport à l'avenir de la
métropole, parce que, bon... Est-ce que ce genre de financement là est en
discussion pour... ou ça fera partie... ou ça ne fait pas
partie du tout, ce
n'est pas...
Moreau : C'est ça. Sur ce fonds-là, la réponse est non
parce que la clientèle qui est visée, ce sont les grands évènements. Donc, ces grands évènements-là vont
continuer de se poursuivre. Alors, pour nous, cet élément-là, c'est un
élément d'acquis qui est véritablement consacré au rayonnement de la métropole
et qui, quand on voit la nature des évènements
qui sont financés à partir de ce fonds-là, se justifie. On ne verrait ça dans
aucune autre municipalité au Québec. Même avec tout égard pour la
capitale, il y a des éléments là-dedans où, en termes de volume, de récurrence,
de fréquence, il y a des évènements qui sont
inhérents au statut de métropole. Donc, non, ça, ça ne fait pas l'objet de...
Si votre question, c'est :
Est-ce que c'est remis en question ou est-ce que la ville en demande plus, puis
le gouvernement veut en donner moins?, la réponse, c'est non. On n'est
pas là-dedans, on n'est pas dans ce niveau de discussion là.
Laframboise : Et, juste pour information personnelle, parce que moi,
je n'ai pas les chiffres 2013-2014, du temps de l'autre gouvernement,
est-ce que c'étaient tous les mêmes montants ou vous avez augmenté?
M. Moreau :
Attendez, je l'avais ce matin. Ne bougez pas, je vais...
Moreau : Alors, le Fonds d'initiative et de rayonnement de la
métropole 2013-2014, il était à 17 millions. Il a été réduit, quand même, par un gouvernement qui
nous a précédés, malheureusement, mais pas beaucoup, à 16,5 millions.
On l'a rétabli à 17 millions, et il est maintenu à 17 millions.
Laframboise : Parfait. La ligne suivante, on parle du Grand Montréal
Bleu, puis ça, je vais vous prendre... C'est
parce qu'en mars 2014 le maire de Montréal nous disait : «Nos
citoyens réclament depuis quelques années davantage d'accès aux rives et aux plans d'eau. Notre
métropole se distingue par son important réseau hydrographique qui offre un
important patrimoine naturel[...]. Le Fonds
bleu que nous mettons sur pied permettra aux municipalités du Grand Montréal
de réaliser des projets riverains qui auront
de réelles retombées sur la qualité de vie des citoyens.» Et là je vois que
vous avez réduit de 300 000 $ à 126 000 $ le Fonds
bleu et le Grand Montréal Bleu, c'est...
M. Moreau :
Ah! bien, votre question est bonne. Ce serait le même type de réponse que je
vous donnais tantôt pour la Société
de gestion Marie-Victorin. Le Grand Montréal Bleu, les crédits qui apparaissent
là, c'est le remboursement en capital
et intérêts d'emprunts qui sont réalisés depuis octobre 2002 dans le cadre du
programme d'aide de la CMM relatif à
l'accessibilité aux rives et aux plans d'eau auquel le gouvernement participe,
et le montant qui apparaît aux crédits est
le montant nécessaire pour rembourser l'annuité, comme on l'a fait dans les
années précédentes, mais l'annuité de l'exercice 2015-2016 est
inférieure.
Laframboise : Parfait. La ligne suivante, on est à la mise en oeuvre
du Plan métropolitain d'aménagement et
de développement de la Communauté métropolitaine de Montréal. Bon, ça,
évidemment, le plan d'aménagement, vous rajoutez 360 millions, à
peu près. Donc, quels sont les objectifs? Vous le faites pour quoi, là?
M. Moreau :
Alors, toujours la même logique, c'est-à-dire que c'est une séquence sur un
engagement sur plusieurs années.
Alors, c'est la séquence annuelle 2015-2016. Le Plan métropolitain
d'aménagement et de développement, le PMAD, le gouvernement accorde à la CMM 50 millions de dollars pour ça sur
cinq ans, donc de 2012 à 2017, pour appuyer le déploiement de la Trame verte et bleue prévu au PMAD puis donner un coup
d'envoi à la mise en oeuvre, là, du
PMAD. L'aide financière, donc, qui est versée par le gouvernement est complétée par un montant identique tant par la CMM que par
les municipalités concernées, et celui qui apparaît — attendez
un petit peu...
M. Moreau : ...oui — 9 873 000 $, c'est celui qui correspond au
versement de 2015‑2016, qui est légèrement supérieur à celui de
2014-2015.
M. Moreau : O.K. On peut vous
donner de l'information additionnelle. Du 50 millions, il y avait
20 millions réservés à l'aménagement d'un sentier cyclable et pédestre
entre Oka et Mont-Saint-Hilaire et 30 millions, donc qui complète le
50 millions, pour la réalisation de projets de protection et de mise en
valeur des milieux naturels.
Laframboise : O.K. Et il y a sûrement eu des... il y a des redditions
de comptes là-dedans, là. Est-ce qu'il y a des redditions de comptes?
M. Moreau :
La réponse est oui. Je vois un hochement de tête qui va dans ce sens-là, alors
je comprends que c'est oui...
M. Laframboise : ...les volontés du
gouvernement, là, est-ce que...
M. Moreau :
Tout à fait. Il y a une entente qui existe entre la CMM et le gouvernement du
Québec et qui va dans le sens d'un suivi des ouvrages réalisés à partir
de la participation gouvernementale à hauteur de 50 millions.
M. Moreau : Voulez-vous avoir
plus de détails? On peut demander au...
M. Laframboise : Oui, peut-être.
M. Moreau :
Oui? Bon, bien, M. Lavallée, approchez-vous donc. On va vous présenter le
sous-ministre, que je vous ai
introduit, responsable du secrétariat à la métropole, M. Lavallée. Alors,
voulez-vous nous parler, M. Lavallée, des redditions de comptes?
Président (M. Auger) : Un instant, M. le ministre, ça me prend un
consentement. Est-ce qu'il y a consentement? Il y a consentement pour que monsieur... S'il vous plaît, vous
présenter, ainsi que votre
titre pour les fins de l'enregistrement.
Lavallée (André) : André
Lavallée, sous-ministre associé à la région métropolitaine. Effectivement,
comme M. le ministre vient de
l'indiquer, il y a une entente de 50 millions qui a été conclue entre le
gouvernement et la Communauté métropolitaine
de Montréal. C'est pour un total d'un programme de 150 millions. Parce que
la communauté elle-même et les
municipalités concernées contribuent à la réalisation de différents projets.
Donc, la CMM doit produire... Il y a un comité conjoint qui a été formé qui analyse les
projets, fait une programmation préliminaire, entérine la programmation,
et la CMM doit déposer un rapport. Elle
vient de déposer le rapport pour la dernière année, il est en analyse, et ce
rapport-là est conditionnel aux octrois pour l'année conséquente, pour
l'année suivante.
M. Laframboise : Et l'analyse, c'est
le ministère qui la fait?
Lavallée (André) : Oui, ça
se fait avec la communauté métropolitaine, puis c'est des documents qui doivent
ensuite être endossés, là, par un comité conjoint avant qu'il y ait des
déboursés.
Laframboise : Parfait. Donc,
si jamais on y va sur les déboursés, c'est parce qu'on a
respecté les ententes et les engagements pour lesquels on s'était... on
avait faits. C'est ça?
Lavallée (André) : Les
projets sont reliés à des réalisations qui sont à dates déterminées. Récemment,
il y a eu un avenant au protocole
pour permettre aux municipalités... Dans certains cas, les projets se réalisent
sur un peu plus d'un an parce qu'au
printemps les travaux de finition doivent être terminés. Donc, à ce moment-là,
on a modifié le délai de réalisation, mais tout est dans le respect d'un
échéancier établi.
M. Laframboise : Est-ce qu'on peut
savoir les projets qui ont eu des prolongations d'autorisées?
Lavallée (André) : Il n'y a
pas de prolongation particulière autorisée, là. Il y a un
avenant au protocole qui permet, à
l'avenir, qu'un projet qui devait se terminer dans l'année en cours pourra se
terminer au plus tard au printemps suivant à cause des travaux de
finition, mais il n'y a pas de projets qui ont été touchés par ça à ce
moment-ci.
Laframboise : Mais, dans
l'avenant, est-ce qu'il y a des projets ciblés? Est-ce que vous pouvez nous
les...
M. Lavallée (André) : ...une
prescription générale pour tout le concept.
M. Moreau : Pour des travaux qui sont amorcés, je comprends,
dans un exercice financier, mais qui, pour des raisons techniques, ne
peuvent être complétés que la saison suivante.
Laframboise : Parfait, c'est
bon. O.K. Merci
beaucoup. L'item suivant, le soutien
à la ville de Montréal pour son rôle de métropole. Bon, là, vous
maintenez le 25 millions. Bon, ça...
M. Moreau : ...on a rétabli
le 25 millions.
Laframboise : Vous avez
rétabli. Qui était à 17,2, comme vous l'avez dit, donc, du temps du Parti québécois, je crois. C'est ça?
M. Moreau : Oui. Bien, oui. Il était même à 17,2 un peu
avant. Le Parti québécois l'a maintenu à 17,2. Nous, on l'a augmenté
à 25 millions.
Laframboise : Et ça, dans
vos discussions que vous avez avec le maire de Montréal, là, sur la nouvelle,
en tout cas...
M. Moreau : Gouvernance?
Laframboise : La nouvelle
gouvernance, là. Est-ce que ces sommes-là vont être discutées par rapport à ça?
M. Moreau : C'est-à-dire que
ça, ici, c'est... Alors, je fais la distinction entre la gouvernance et le
statut de métropole. La gouvernance, pour
moi, là, et je veux simplement qu'on parle de la même chose... pour moi, la nouvelle gouvernance, c'est ce que nous avons mis en place notamment avec le
projet de loi n° 28, que nous avons enfin adopté et qui revoit la
façon dont le développement économique et la concertation régionale peuvent
être faits, Montréal et l'ACMM, là, étant une entité territoriale, lorsqu'on
prend le langage des élus municipaux, plutôt que régionale.
Alors, le 25 millions dont il est question
ici, c'est véritablement le statut de métropole. Alors, pour moi, non seulement il n'est pas question de remettre en
question ces sommes-là, c'est moi-même qui ai insisté pour qu'on hausse les crédits liés au statut de métropole, et c'est
conséquent aussi au mandat que m'a donné le premier ministre de conférer
à Montréal un statut de métropole.
Notamment, là. C'est toujours délicat quand on parle de ça parce que, quand je
parle de Montréal avec beaucoup
d'énergie, les régions disent : Il n'y a pas que Montréal dans la vie.
Mais là on est dans les crédits de la
métropole, M. le Président, alors je me permets de faire cette mise en garde
qui sera générale pour l'ensemble des remarques que je ferai. Mais il
n'est pas question de réduire le financement.
l'autre élément, la question que vous posez — et c'est peut-être vers ça que vous
souhaitez que nous allions — me permet
de dire que, s'il y avait — et il y aura — des transferts de compétences entre le gouvernement du Québec et
la ville de Montréal comme métropole,
ces transferts de compétences seront accompagnés également des moyens
financiers dont dispose actuellement
le gouvernement du Québec pour fournir les services qui, dorénavant, seraient
fournis par la métropole,
l'objectif étant d'assurer que les services soient rendus par le niveau
gouvernemental le mieux équipé pour le faire,
que ce soit fait au meilleur coût possible et de façon la plus efficace
possible, dans le respect des critères que j'énonçais dans les remarques
d'ouverture ce matin.
Laframboise : Donc, ce genre de discussion là va avoir lieu à la Table
Québec-Montréal que vous avez mise en place puis qui a déjà commencé ses
travaux?
Moreau : Oui, tout à fait. Et je pense avoir eu cet entretien
avec vous — et je ne
me souviens pas si c'était privément
ou publiquement, et je suis convaincu que vous n'avez pas d'objection à ce que
ce soit public — c'est
que, lorsque ces travaux-là seront
suffisamment avancés, l'intention du gouvernement est de s'asseoir avec les
partis d'opposition pour indiquer
quelles sont les directions qui seront prises sur le transfert de compétences
et l'alignement que nous souhaitons donner à la loi qui reconnaîtra
Montréal comme métropole.
façon dont la table fonctionne, on pourra l'élaborer plus avant, mais
essentiellement il y a trois personnages politiques qui y siègent de façon permanente : le maire de
Montréal, le ministre responsable de la Métropole et moi-même. Et, lorsque nous arriverons dans des sujets
sectoriels, j'ai indiqué que les ministres sectoriels qui pourraient être
impliqués viendront s'asseoir à la
table pour discuter. On a parlé beaucoup, par exemple, de culture ou
d'immigration. Vous savez que — je pense, le chiffre, c'est
85 % des 50 000 quelques immigrants qui choisissent le Québec
s'établissent à Montréal — Montréal a de facto un rôle important dans
l'accueil et l'intégration des immigrants. Alors, lorsque viendra le temps de discuter de ces questions, la ministre
responsable de l'Immigration viendra participer à nos travaux, et ainsi
de suite, transports, aménagement, environnement, etc.
la suite, il y a un comité interministériel, qui est présidé par le
sous-ministre des Affaires municipales, qui regroupe l'ensemble des sous-ministres du gouvernement du Québec et qui
débattent des questions en amont des discussions et en aval des discussions politiques pour effectuer le transfert. Le
maire de Montréal a choisi — puis, si je suis trop long puis que vous voulez aller sur d'autre chose, vous
me le dites, là — de
précéder, je dirais, les demandes officielles de la ville d'une assez large consultation avec la CRE
de Montréal. Cette consultation-là est terminée, ce que j'en ai compris,
et on aurait une rencontre... Je ne sais pas
si la date est fixée, mais on aura une rencontre prochaine de la Table Québec-Montréal qui serait une deuxième rencontre.
Il y en a une première qui a eu lieu. Il y a eu des rencontres techniques
qui ont eu lieu. Il y a des discussions
techniques. Et c'est là où on va véritablement commencer l'élaboration des
sujets qui seront discutés.
Laframboise : Donc, si on prend l'exemple de discussions sur
l'immigration, ça veut dire que, si on discute d'un pouvoir à la ville, là, après ça, le ministère... il y aura
inévitablement des sources de revenus qui vont venir avec si jamais il y
avait des pouvoirs qui étaient transférés à...
Moreau : L'idée étant qu'à l'heure actuelle il y a des crédits
qui sont... Prenons l'exemple de l'immigration, il y a des crédits qui sont votés pour l'immigration
pour que les services soient fournis en matière d'immigration. Si on estime
que tel élément d'intégration ou d'accueil
des personnes issues de l'immigration soit transféré à la ville de Montréal, on
devra faire un arbitrage sur les crédits qui
devraient également être transférés. L'idée, ce n'est pas de pelleter des compétences à Montréal et puis lui dire :
Bien, regarde, arrange-toi avec les sources de revenus actuelles. L'idée, c'est
véritablement de faire suivre les moyens avec, étant entendu — puis vous étiez là tout au long de nos
discussions sur le projet de loi
n° 3, qui est devenu la loi n° 15 — que l'on sait, vous et moi — et, je pense, le député de Rosemont en convient
également — qu'à l'heure actuelle il y a une différence
entre le coût des services rendus par le gouvernement du Québec et les
coûts des services rendus par les municipalités, ce qui n'est...
Moreau : Exact. Ce qui n'est pas particulier à Montréal, mais
qui existe en général au Québec, et notre intention est, évidemment, de
faire en sorte qu'on ne fasse pas un transfert plus 28 %, là.
Laframboise : C'est ça. Et ça, là-dessus, juste pour bien clore cette
partie-là, présentement vous travaillez sur des dossiers que la ville souhaite avoir, ou vous apportez vous-même
des dossiers que vous souhaiteriez que la métropole gère, ou c'est...
Moreau : Je dirais que c'est bilatéral. Nous, la façon dont on
a fonctionné — notamment
avec Québec, mais on va faire la même
chose avec Montréal — il y a une série de sujets qui sont suggérés pour la
discussion, comme on le fait avec la
Table Québec-Municipalités, là, sur le tronc commun en
disant : Voici quels sont les sujets qui seront débattus. Et Montréal
a aussi sa liste, et là on va voir à quel moment ces listes-là se rencontrent.
Il y a
aussi, je vous le dirai — puis
je suis très heureux de le dire en présence du sous-ministre, qui fait un
travail remarquable là-dedans — il y a un rôle d'arbitrage
qui se fait en amont au gouvernement du Québec parce que, vous savez, des fois, il peut y avoir une petite
tentation de dire : Bon, bien, ça, en matière d'environnement, ça ne nous tente pas tellement, on pourrait peut-être envoyer ça
là-bas. Alors, il y a un filtre qui se fait pour dire : Ce n'est pas un
déversement que l'on fait, c'est un
transfert de compétences entendu, négocié, discuté entre les parties sur la
base de l'objectif qui est de localiser le meilleur endroit pour fournir
le service.
M. Laframboise : Mais, juste pour que je comprenne bien... Parce
que, bon, le dernier pacte transitoire, Montréal a dû subir...
Laframboise : ... — oui, c'est ça — exemple, une ponction de 75 millions, à
peu près, pour... Alors, vous avez décidé ... Exemple, vous
maintenez le 25 millions de soutien à la ville comme métropole, mais, tu
sais, il aurait pu y avoir d'autres façons
de faire. Vous voulez enlever le 25 millions, vous... Vous avez choisi
cette façon de faire là pourquoi? Parce que ça...
M. Moreau :
Parce que le pacte fiscal transitoire visait un élément qui est, je dirais,
préalable à la réorganisation de la
gouvernance régionale et de la négociation du statut de métropole. Il fallait
prendre la situation telle qu'elle était. La situation telle qu'elle était, c'est que, bon an, mal an, les
transferts qui existent entre le gouvernement du Québec et les municipalités ont constamment crû d'à peu près
8 % au cours des 10 dernières années, s'établissaient à
3,5 milliards. On a fait une
évaluation de ça puis on a dit : Si on demande à tous les secteurs de la
société de faire un effort conjoint avec
le gouvernement pour le rétablissement de nos finances publiques et obtenir
l'équilibre budgétaire, de quelle façon est-ce qu'on veut le faire pour le monde municipal? Et on a évalué qu'en
demandant un effort il fallait avoir une base, je dirais, comparable pour l'ensemble des
municipalités du Québec à l'égard de l'effort qu'on leur demandait de
consentir. On a donc choisi de
demander aux municipalités un effort de 1,2 % de leurs revenus de taxation
de 2012, et, pour Montréal, ça correspondait à 75 millions.
Pour moi, ce n'est
pas une question de vases communicants, c'est-à-dire voici la hauteur de
l'effort, compte tenu de l'état des finances publiques dans le secteur
municipal, qui peut être consenti par les municipalités sans alourdir le
fardeau fiscal des contribuables. Et le
maire de Montréal, qui est celui qui, des 1 133 municipalités au
Québec, devait faire l'effort le plus
important en termes objectifs, c'était lui qui... — Québec, c'est 20 millions, alors
75 millions — a dit : Oui, on est capables de faire ça, puis on est capables de faire ça à l'intérieur de notre budget et sans augmenter le fardeau fiscal des
contribuables. Et je dirais que...
M. Laframboise : ...Québec, par
exemple, là.
M. Moreau : Bien, je faisais cette remarque-là exprès pour
vous ouvrir la porte pour que vous me posiez cette question-là.
Le succès a été très, très, très répandu au Québec. Et, quand on a fait l'analyse,
il y a deux municipalités qui sont
sorties un peu du lot en raison de l'analyse financière qu'on en faisait. La mairesse de Longueuil, avec qui j'ai eu
des discussions extrêmement
harmonieuses, s'est assise avec moi et a dit : Bon, nous, on estimait
qu'on avait fait un bon effort. On comprend que vous demandez un effort
additionnel et on s'engage à le faire sur le prochain exercice...
M. Laframboise : M. le ministre, ça
serait un autre débat, là, par rapport à ça, mais...
M. Moreau :
Oui, mais je m'attends à avoir exactement le même genre de conversation avec le
maire de Laval lundi prochain.
Le Président (M. Auger) : Une
dernière minute d'échange, messieurs.
Laframboise : Bien, évidemment, ça va me ramener... Puis je vais
commencer le point suivant que je pourrai... Le soutien au déficit
actuariel des régimes de retraite de la ville de Montréal, vous maintenez le
soutien à... puis vous l'augmentez même, là,
vous passez de 22,7 millions à 22 889 000 $. M. le
ministre, peut-être, vous aurez le temps plus tard, là, dans mon autre volet, mais, à un moment donné, là, soutenir
les déficits actuariels quand on a eu une entente, qu'on a le projet de loi n° 3... Est-ce qu'on va éternellement
continuer de donner de l'argent à Montréal et à Québec? Parce que je
sais que Québec, la ville, a la même chose, là.
M. Laframboise : À un moment donné
dans le temps, est-ce que ça va arrêter, là?
M. Moreau : Tout à fait,
c'est une excellente...
Le Président (M. Auger) : En 15
secondes.
Le Président (M. Auger) : En 15
secondes.
M. Moreau : Oui. C'est une
excellente question. L'engagement à l'égard de Montréal était à hauteur de 240 millions. Ce qu'on voit, c'est l'annuité
de l'engagement, et le 240 millions était sur 20 ans. Mais il n'y a pas d'engagement
additionnel lié à la loi n° 15 ou à d'autres projets de loi, là.
Le Président (M. Auger) :
Merci, M. le ministre. Merci. Ce qui met fin à ce bloc d'échange. Je céderais
maintenant la parole au député de... Là, j'ai un blanc dans votre comté,
madame...
Une voix :
...Vaudreuil.
Le Président (M.
Auger) : Vaudreuil.
Mme Nichols :
Merci, M. le Président. Bonjour...
Moreau : Bonjour, Mme la députée de Vaudreuil. Ce matin... Je
le sais, M. le Président, qu'on ne peut pas mentionner l'absence ou la présence des députés à cette commission, mais
je sais que tant la députée de Vaudreuil que la députée de Crémazie n'ont pu assister au début de nos travaux pour
une raison qui s'explique au plan parlementaire, puisqu'il y avait une motion présentée unanimement à l'Assemblée
nationale pour célébrer le 75e anniversaire du vote des femmes et, à cet égard, je sais que toutes les
collègues féminines étaient appelées à une cérémonie particulière. Alors,
je ne vous ai pas saluées ce matin, mais ce
n'est pas parce que je ne voulais pas le faire. Alors, je profite de l'occasion
de vous saluer, Mme la députée de Vaudreuil de même que votre collègue de
Crémazie.
Nichols : Merci beaucoup, M. le ministre, pour vos salutations à
retardement. Alors, M. le ministre, j'aimerais discuter avec vous du corridor de développement économique de
l'autoroute 30, particulièrement puisque vous êtes le ministre responsable de la Montérégie et que
Vaudreuil et mon comté se situent dans la magnifique
partie de la Montérégie...
ou, en fait, le plus beau comté de la
Montérégie. On parle beaucoup, entre autres, du corridor de l'autoroute 30, on
parle beaucoup de la Stratégie
maritime. Je pense qu'il y a un lien à faire entre les deux. On sait que le
pôle logistique... Bien, en fait,
dans la Stratégie maritime, il y a plusieurs pôles logistiques autant pour la
grande région de Montréal et autant pour la Montérégie qui vont à être élaborés, puis on sait aussi que,
justement, on a des majestueux cours d'eau au Québec, dont principalement le fleuve Saint-Laurent qui offre,
justement, une nouvelle occasion unique pour le développement économique.
Il y a plusieurs, plusieurs occasions multiples qui nous apportent à,
justement, se pencher un peu plus sur la Stratégie maritime. Entre autres, on a
l'accord économique commercial l'ALENA, entre le Canada et l'Union européenne,
le libre-échange nord-américain qui permet
au Québec de se positionner comme l'un des principaux pôles logistiques des
activités d'import-export entre les deux continents.
y a aussi l'agrandissement des écluses du Panama qui est un fait important, qui
sera complété au milieu de 2015, qui promet de modifier aussi grandement
les flux de commerce à l'avantage des ports de la côte Est. On sait que le Québec possède plusieurs ports en eau profonde qui
sont capables d'accueillir des navires de plus forte taille et du trafic
aussi accru. Puis à plus long terme,
évidemment, il y aura le passage du Nord-Ouest qui reliera l'Atlantique au
Pacifique en passant entre les îles arctiques du Grand Nord canadien,
qui ouvrira au cours des prochaines décennies, puis ça, ça permettra de raccourcir environ de 7 000
kilomètres la route entre l'Asie et l'Europe. Donc, tout ça sera inclus,
évidemment, dans la Stratégie maritime qui s'en vient, puis c'est dans
cette veine-là que nous allons mettre en oeuvre, je présume, l'ambitieuse Stratégie
maritime, qui sera accompagnée du déploiement du Plan Nord, qui sera au coeur
de la relance économique du Québec.
Dans
toute cette élaboration-là de la Stratégie maritime, il y a plusieurs axes qui
ont été développés, mais on se demandait,
entre autres, autant pour la région métropolitaine que pour la région de la
Montérégie, quelles sont les valeurs ajoutées, quelle est la pièce
maîtresse de la stratégie pour la région métropolitaine qui sera abordée dans...
Moreau : Bien, merci de poser la question. Puis je sais qu'à
prime abord on pourrait penser que c'est montérégien comme question et comme préoccupation, mais il
n'en est rien. Effectivement, vous avez parfaitement raison, puisqu'on
avait même un article, je pense, qui était corrigé, là, par Le Journal de
Montréal qui avait erronément indiqué que le port de Montréal ou que le milieu des affaires était divisé sur la
question du pôle logistique, ce qui n'est pas du tout le cas. Et, dans un
article corrigé le 20 avril
dernier, on voyait que le port de Montréal se réjouit des investissements prévus
dans la Stratégie maritime du Québec.
Pourquoi? Parce que cette stratégie-là, elle va bénéficier à tous et que le
port de Montréal est un port qui est
extrêmement productif et qui bénéficie de toute stratégie qui va augmenter
notre capacité à bénéficier de nos infrastructures de transport.
lorsqu'on parle d'un corridor de développement économique, le corridor de
développement économique de l'autoroute 30
est lié directement à l'intermodalité. Le corridor de développement économique
de l'autoroute 30, c'est le plus
important corridor de commerce au Canada. Je pense que ça représente quelque
chose comme 60 % du produit intérieur brut du Canada. C'est un lien
qui existe entre le Québec et les États-Unis et entre le Québec et l'Ontario.
Et l'engagement que nous avons pris,
notamment pour le pôle logistique... Et j'ai toujours trouvé un peu étrange que
l'on se débatte pour savoir... Bien
non, le gouvernement ne devrait pas investir dans le pôle logistique à tel
endroit, il devrait le faire à tel autre endroit, notamment entre
Vaudreuil-Soulanges et Contrecoeur. C'est un faux débat total parce que Contrecoeur, c'est le port de Montréal et c'est
l'extension logique du port de Montréal parce que l'augmentation de la manutention des conteneurs au port de Montréal va
faire qu'inévitablement le site du port de Montréal situé à Contrecoeur...
Moi, je suis né à Verchères, j'étais en
sandwich entre Contrecoeur puis Montréal. Je connais l'endroit comme le fond de
ma poche, j'ai passé ma jeunesse là. Et les
terrains du port de Montréal à Contrecoeur sont situés, bien entendu, au bord
du fleuve, entre la voie ferrée et... Alors, vous avez le fleuve, la
vieille route 132, la voie ferrée et l'autoroute 30. Alors,
l'intermodalité, elle se retrouve déjà là, là, il n'y a pas une question... Les
investissements publics ont été faits là.
Et ce dont on
parle, c'est d'ajouter un pôle logistique à Vaudreuil-Soulanges pour recevoir
les biens en provenance de la porte Asie-Pacifique qui arrivent par
l'océan Pacifique et les ports de Vancouver et qui sont acheminés par train jusque dans l'est du
pays. En faisant ça, on arrive à Vaudreuil-Soulanges, et là on a une
intermodalité parfaite, puisqu'on vient
de compléter l'autoroute 30. Vous me permettrez d'être légèrement
partisan, l'autoroute 30 a commencé sous un gouvernement libéral, s'est continuée sous un gouvernement libéral puis
s'est terminée sous un gouvernement libéral. Aucun gouvernement du Parti québécois ne peut réclamer un centimètre
carré d'asphalte sur cette autoroute-là. Et là, avec cette autoroute-là, ça nous permet de nous relier
à l'Ontario, ça nous permet de nous relier aux États-Unis. Les voies ferrées
de CSX se trouvent là. On est à un jet de
pierre d'un port en eau profonde à Sainte-Catherine, dans la voie maritime du
Saint-Laurent, à un jet de pierre de l'aéroport international
Pierre-Elliott-Trudeau, et donc, en bordure de la région métropolitaine, c'est
l'autoroute de contournement de la région métropolitaine de Montréal.
Et je sais,
pour un, que les autorités de la CMM se réjouissent de voir ce corridor-là
parce que, lorsqu'un corridor de
commerce se développe, l'impact direct et indirect en intermodalité amène des
retombées fantastiques pour la métropole, et il serait étonnant de voir qu'on soit assis sur nos mains et qu'on
regarde le trafic passer sur l'autoroute 30 pour permettre à Cornwall de se développer. Ce n'est pas ça,
l'objectif. Donc, le pôle logistique, c'est de dire que les investissements
faits au Québec bénéficient au Québec et que les... — je
pense que le chiffre exact est 653 milliards de valeur de biens qui circulent dans le corridor économique de
l'autoroute 30 — puissent
avoir des retombées de part et d'autre de l'autoroute. C'est ça,
l'objectif.
Et donc le corridor de développement économique
et le pôle logistique, c'est le deuxième axe de la Stratégie maritime, qui en compte 11, et c'est
vraisemblablement celui que nous pourrons, dans les premiers pas de la Stratégie
maritime, voir se réaliser. Pourquoi? Parce
qu'on fonctionne d'amont en aval,
alors là où les Grands Lacs rejoignent la voie maritime, l'installation d'un pôle logistique, le développement d'un corridor de développement
économique et le rayonnement
sur la métropole.
Nichols : Merci. Vous me
permettrez de plaider aussi pour ma région dans ce dossier-là, puisqu'autant
pour Vaudreuil que pour Soulanges je pense que le pôle
logistique dans Vaudreuil-Soulanges est un atout essentiel, puisque c'est
la porte d'entrée, là, du commerce, entre
autres, des États-Unis.
Puis oui, en effet, nous, c'est une grande préoccupation dans notre région parce qu'on perd beaucoup
d'entreprises qui viennent dans Vaudreuil et dans Soulanges pour s'établir,
puis ils se rendent compte que c'est peut-être,
justement, plus facile soit de s'en aller à Cornwall ou... Il y en a
beaucoup, beaucoup... Même, je
vais reprendre les paroles de notre premier ministre, là, qui nous dit souvent
qu'il faut stopper l'hémorragie. Les gens
n'arrêtent pas à Vaudreuil-Soulanges, ils s'en vont plutôt s'installer à
Cornwall. Donc, je pense que le pôle logistique dans Vaudreuil-Soulanges
est vraiment un atout super important qu'il faut
développer rapidement.
Puis il y a
aussi un... c'est un corridor naturel, on ne se le cachera pas. Il y a
le port, mais il y a aussi le CN, le CP, il y a CSX. Je
pense qu'il y a les voies
ferroviaires aussi qui sont non pas à négliger dans ce dossier-là. Puis oui,
comme vous disiez, M. le ministre, l'autoroute 30, là, ce n'est pas une simple autoroute qui permet de
contourner Montréal ou ce n'est pas simplement un raccourci
pour les camions ontariens qui se rendent dans les Maritimes, il y a eu
beaucoup d'efforts, il y a eu beaucoup
d'argent investi dans cet axe routier là qui doit aussi servir le Québec, et la
Montérégie, et, oui aussi, Montréal. Alors, voilà pour le pôle
logistique.
M. Moreau : Puis, quand vous parlez de défendre votre région,
pour quiconque s'intéresse à l'histoire, on sait très bien que la région de Vaudreuil a toujours été liée au commerce
intermodal parce que le canal de Soulanges est la première voie
d'échange commercial qui a permis de contourner les rapides, et votre collègue
la députée de Soulanges
a travaillé très, très fort pour la réouverture du canal de Soulanges. À
l'heure actuelle, bon, il y a des aménagements touristiques qui sont faits qui
sont importants, mais, en réalité, c'est l'ancêtre de la voie maritime du
Saint-Laurent.
Et, dans cette même perspective-là, pour vous
dire comment les orientations gouvernementales ont un effet important
sur le développement économique, le 11 mai prochain — ça, c'est dans deux semaines — j'irai
inaugurer le nouveau terminal de l'entreprise
CSX à Valleyfield, le gouvernement du
Québec y a investi 10 millions de dollars. Et pour
quelle raison est-ce qu'on peut faire ça? On peut faire ça parce qu'une entreprise comme CSX sait très bien que l'avenir de cette région va vers l'intermodalité et que ça
s'inscrit en droite ligne dans l'effort de développement économique
auquel eux aussi veulent s'associer.
Et, quand on voit ça, bien on sait que ça aura une perspective positive sur
l'emploi. Et, quand on parle d'une
perspective positive sur l'emploi, ce n'est pas lié à une seule région, puisque
la Montérégie est intimement liée à la grande région métropolitaine de Montréal
et que tous vont en bénéficier, définitivement.
Nichols : Je pense,
M. le ministre, que vous avez aussi récemment parlé d'un guichet
unique. Est-ce que vous pouvez
élaborer un peu sur le guichet unique?
Moreau : Oui, absolument.
Vous avez parlé du développement rapide de la région de Cornwall. Le développement rapide de la région de Cornwall s'effectue pourquoi?
Parce qu'on a réalisé, en s'intéressant à ça, que l'autoroute
30 amène une fluidité de la
circulation, je dirais, internationale et intranationale. Et donc, pour une entreprise
qui dépend du transport, lorsqu'on veut investir de l'argent, l'idée, c'est de
pouvoir investir et de pouvoir construire rapidement. Or, on s'est rendu
compte que, dans la région de Cornwall, pour
monter un bâtiment suivant une espèce de préqualification, il était possible
pour les entreprises de réussir ça à
l'intérieur d'une période de deux
mois, alors qu'ici, au Québec, quand on accumule l'ensemble des autorisations
qui se multiplient, ça prend deux ans avant d'avoir l'autorisation. Alors, je
ne sais pas quel premier ministre avait dit ça, mais il n'y a rien de plus nerveux
que 10 millions de dollars, ça se déménage rapidement. Et, quand les gens voient qu'investir à un endroit
ils peuvent le faire en deux mois plutôt que deux ans, ils le font là. Et
c'est pour ça que la région de Cornwall
s'est développée au détriment du Québec, on doit le dire, et notamment
à cause des investissements qui avaient été faits par les deniers
publics du Québec.
Alors,
ce que j'ai dit : Oui, on a annoncé un guichet unique. Nous allons faire
en sorte que les autorisations qui doivent
être données pour l'établissement des entreprises liées à l'intermodalité en
bordure de l'autoroute 30 puissent se faire par une seule entité qui va regrouper l'ensemble
de ce qui se fait comme vérification, mais pour que ce soit fait ou dans un système de préqualification ou encore dans un système
accéléré, pour nous permettre de bénéficier pleinement des investissements
que nous avons faits au fil des ans dans les infrastructures de transport.
Mme Nichols : Merci. C'était très clair pour le guichet unique
et aussi pour les pôles logistiques. Puis je comprends, d'ailleurs, qu'il y aura une certaine complémentarité soit entre le pôle logistique
en Montérégie et le pôle logistique qui sera développé à Montréal.
M. Moreau : C'est-à-dire qu'il existe des... Comme je vous disais, le pôle
logistique, essentiellement, il y a un investissement,
on l'a annoncé... D'ailleurs, c'est un engagement que nous avions pris en 2012,
dans la campagne électorale de 2012,
que nous avons réitéré lors de la compagne électorale de 2014, qui sera un
investissement gouvernemental de l'ordre
de 500 millions de dollars pour permettre l'installation physique et, je
dirais, presque mécanique des équipements requis pour faire l'intermodalité à la rencontre des voies ferrées et du
réseau autoroutier. Et donc, oui, il y a un lien direct à faire entre ça
et tout ce qui s'appelle intermodalité qui se fait sur le territoire même de la
ville de Montréal et sur le territoire, évidemment, de la CMM, notamment au
port de Montréal.
Et, dans ce
contexte-là, tout s'attache aussi. Notre intention est de désenclaver le port
de Montréal, notamment par des
investissements très importants que nous avons annoncés dans le dernier budget,
pour permettre un accès dans le
secteur est du port de Montréal. Pourquoi? Parce qu'on doit assurer la fluidité
entre un mode de transport, dans ce cas-là le transport de conteneurs par bateau et leur transfert vers le réseau
routier ou le réseau de voie ferrée. Dans le cas du réseau routier, la sortie et l'accès du port de Montréal
se font assez difficilement à la hauteur de la rue De Boucherville, là, près
du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, et les investissements qui
seront réalisés permettront de désenclaver cet accès-là pour le rendre beaucoup
plus fluide, pour que les camions puissent aller et venir plus facilement.
Nichols : Pour l'accessibilité, on parle aussi de... Là,
l'accessibilité à Montréal, je comprends qu'il y a du travail à faire autour de ça. Dans
Vaudreuil-Soulanges aussi, mais, à Vaudreuil-Soulanges, il y a aussi
l'acceptabilité sociale qui est un
élément important, puisqu'on a... Il faut conserver un certain équilibre aussi
entre les zones agricoles, les zones commerciales
ou industrielles, alors... Moi, j'ai rencontré, là, plusieurs... j'ai rencontré
les maires puis les préfets de la région, puis j'ai aussi entendu leurs
points de vue là-dessus, lesquels je me suis permis de vous transmettre.
M. Moreau :
Je vous remercie infiniment de poser cette question-là parce que le
développement économique, c'est bien,
le développement économique bien fait, c'est mieux, et on ne doit pas faire de
l'un un objectif au détriment de l'autre.
Et, lorsque j'ai eu l'occasion de rencontrer les préfets de Beauharnois, la MRC
de Beauharnois, Vaudreuil-Soulanges et
Roussillon, j'ai indiqué très bien : Dans la question liée au corridor de
développement économique et à l'intermodalité avec les installations du port de Montréal et les installations qui
seront éventuellement faites dans Vaudreuil-Soulanges, c'est bien de vouloir faire du développement
économique, identifier les sols qui seront requis pour le faire, on sait qu'on
est dans la vallée du Saint-Laurent, donc
dans une zone à grande capacité et de grande qualité en termes de terres
agricoles. Je pense qu'on est, dans
l'inventaire des terres du Canada, dans des terres de catégorie 1, 2 et 3, qui
sont les meilleures.
Alors, c'est
évident que, si on va vers ça, pour rentabiliser une infrastructure de
transport, on doit aussi demander aux
collectivités et on doit demander aux élus en particulier de ne pas faire que
de la demande des terres qui sont en zone verte vers les terres qui sont en zone blanche, il faut aussi leur dire :
Bien, très bien, on va rationaliser. Quelles sont les terres en zone blanche que nous allons transférer
en zone verte? Parce qu'il y a de terres de grande qualité, même dans les
périmètres urbains, dans cette zone-là, puisque c'est la même qualité de sol
sur l'ensemble de la vallée limoneuse du Saint-Laurent. Alors, les préfets se sont engagés à nous transmettre ces
informations-là, et, dès que nous les aurons, nous pourrons voir quel
est l'arbitrage qui sera fait. Et il n'y a rien là-dedans qui va se faire sans
la participation du monde agricole, sans la participation des représentants de l'Union des producteurs agricoles et
sans la participation du ministère
de l'Agriculture du Québec.
L'objectif, ce n'est pas de déshabiller Paul
pour habiller Jean. L'idée, c'est de dire... Parce que, vous savez... D'ailleurs, il y a des éléments qui sont très
intéressants là-dedans parce que l'agriculture — moi, je suis né sur une ferme de production laitière — aujourd'hui, est devenue une activité
presque industrielle parce que l'étendue de terres requises pour rentabiliser les productions agricoles fait
de ces exploitations-là des exploitations qui sont industrielles, mais qui
sont vitales et qui doivent voir leurs territoires protégés pour des raisons
claires. Ça ressemble un peu à l'exploitation minière,
hein? On ne peut pas extraire du minerai là où il n'y a pas de minerai, puis on
ne peut pas faire de l'agriculture là où la qualité des sols agricoles
ne le permet pas.
Cela dit, le
développement démographique au Québec s'est fait dans la vallée du
Saint-Laurent, qui est la vallée où se retrouvent les meilleures terres
agricoles. On doit prendre ça en compte, puis on doit aussi le faire dans une
perspective de protection et, je dirais, d'une approche globale et cohérente,
comme dirait mon collègue le ministre de l'Environnement.
Le Président (M. Auger) : Mme la
députée de Vaudreuil.
Nichols : On a parlé, un petit peu plus tôt, là, de l'autoroute 30 en particulier puis des bénéfices qu'apportait l'autoroute 30, là, autant pour... Parce que, veux
veux pas, ça relie la Montérégie et... Une
section de la Montérégie aussi
parce qu'on ne se le
cachera pas, nous, Vaudreuil, on n'avait pas l'impression de faire
partie de la
Montérégie avant d'avoir l'autoroute 30. Vraiment, l'autoroute 30 et le
pont, c'est le lien qui, vraiment, nous unit maintenant à la Montérégie.
Mais
l'autoroute 30, les effets bénéfiques de l'autoroute 30, qu'est-ce que ça a
apporté à la CMM? Qu'est-ce que ça a apporté à Montréal, à part... Chez
nous, c'est très bénéfique parce que ça évite, justement, là, le camion lourd
de passer sur l'autoroute 20 ou...
L'autoroute 20 est la seule
partie au Canada où... n'est pas une autoroute
quand elle passe, entre autres, dans L'Île-Perrot, dans
Vaudreuil-Dorion. Alors, je me demandais quels étaient les effets bénéfiques de
l'autoroute 30, entre autres, pour la CMM,
pour l'île de Montréal et qu'est-ce que ça pouvait apporter comme allègement.
M. Moreau :
Bien, d'abord, ne serait-ce qu'au plan de la circulation routière, là,
indépendamment des arguments liés au
développement économique, on appelle l'autoroute 30 une voie de contournement
de la métropole. Alors, l'idée, ce
n'est pas d'éviter la métropole en termes de développement économique, mais
c'est de faire en sorte que la fluidité du transport interrégional ou même international ne vienne obstruer les
artères métropolitaines ou le réseau métropolitain. Et donc, sur ce
premier élément là, il y a un avantage qui est direct et facilement mesurable.
Par ailleurs,
en termes d'activité économique, l'économie de temps qui est faite par les
entreprises de transport qui
utilisent l'autoroute 30, justement, en évitant la circulation urbaine de
Montréal... bien, l'économie de temps, en matière de transport, c'est de l'économie d'argent. Et
l'économie d'argent, bien, l'argent économisé en transport, c'est de l'argent
qui est réinvesti dans d'autres activités économiques puis éventuellement dans
la création d'emplois.
Enfin, bien,
moi, je pense que la perspective globale que nous amène l'autoroute 30, bien
sûr en Montérégie, mais d'abord dans
la région métropolitaine, amène une perspective d'investissement à court, moyen
et long terme qui ferait l'envie de
bien des régions au Québec. Mais le dynamisme et l'activité particulière liés
au développement économique d'une
métropole fait en sorte que, lorsqu'on le combine non seulement à la fluidité
du transport, mais à l'intégration des moyens
de transport qui se retrouvent dans une grande métropole, bien là on a une
perspective de développement économique
qui est multipliée, et ça, c'est à l'avantage, bien sûr, de la métropole, c'est
à l'avantage, bien sûr, de la région métropolitaine.
Mais on le
dit souvent — je sais
qu'il y a des maires en région qui n'aiment pas l'entendre, mais c'est la
réalité — la
ville de Montréal, c'est le poumon
économique du Québec, et, lorsque la métropole va bien, ça nous permet de voir
que d'autres régions du Québec vont
bien et ça nous permet aussi de concentrer les efforts du gouvernement du
Québec vers les régions qui vont moins bien, et donc de faire en sorte
qu'il y ait je dirais, une émulsion de la vitalité économique sur l'ensemble du territoire du Québec. Et, dans ce
contexte-là, c'est clair qu'une infrastructure aussi majeure que celle
de l'autoroute 30 contribue facilement à cette poussée et à la croissance
économique du Québec lorsqu'évidemment on s'intéresse au développement qui doit
s'y faire de part et d'autre.
Mme Nichols : Merci, M. le ministre.
J'abonde dans le même sens que vous à l'effet que c'est un énorme potentiel de développement économique pour la
Montérégie, mais aussi pour toute la grande région métropolitaine. Je
n'ai pas d'autre question, M. le ministre.
Président (M. Auger) : Merci, Mme la députée. Je céderais maintenant
la parole au député de Rosemont pour un bloc de 21 minutes.
M. Lisée :
Merci, M. le Président. J'aimerais utiliser ce temps, M. le ministre, pour
discuter de trois, quatre dossiers importants
pour l'est de Montréal sur lesquels nous avons des questions et auxquelles nous
espérons que vous aurez des réponses. Alors, le métro, le stade et
l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont.
M. Lisée : L'Hôpital
Maisonneuve-Rosemont. Ce sont trois projets-phares pour le développement de
l'est de Montréal, où il y a des collègues libéraux et péquistes qui
représentent la population.
Sur le métro,
le bureau de projet sur la ligne bleue est en train de faire son travail, et,
jusqu'à l'élection du gouvernement
actuel, les deux partis avaient indiqué leur intérêt pour le prolongement de la
ligne bleue vers Anjou. Et nous avons
noté d'ailleurs... l'AMT, dans ses récentes statistiques, de 2008 à 2013,
l'utilisation de l'automobile dans l'est de Montréal a augmenté de 11 % et que la part de marché du transport
en commun a été réduite de 2 %, et donc la nécessité pour un transport en commun rapide et efficace
dans l'est de Montréal ne fait pas de doute. Le bureau de projet doit rendre
son rapport en décembre qui vient, et donc
nous attendions tous que les estimations soient rendues par l'AMT en décembre
et qu'ensuite le gouvernement prenne une
décision de donner son aval, nous l'espérions, à la construction pour qu'on
puisse voir les premières stations en 2020.
Cependant,
depuis, le ministre des Transports et ministre de la Métropole, que vous
saluerez de ma part, a invoqué d'autres
possibilités, un train de surface ou peut-être même un train qui serait
surélevé, et a demandé à l'AMT d'ajouter à son bureau de projet des études là-dessus, et donc on attend pour
décembre 2015 des indications. Il y aura une proposition ferme qui permettrait au gouvernement, s'il le
décidait, dès janvier 2016, de prendre des décisions qui conduiraient à une
ligne bleue ou bien une décision d'aller de
l'avant avec des modes alternatifs qui, de toute évidence, ne seront pas aussi
avancés en décembre 2015.
Alors, est-ce
que le gouvernement a poursuivi sa réflexion? Et est-ce qu'au moment où on se
parle l'idée de choisir l'option de la ligne bleue reste l'idée
principale du gouvernement ou n'est plus parmi ses priorités?
Une voix :
M. le ministre.
M. Moreau :
Merci. Alors, moi, la proposition que je ferais, c'est de changer le nom de la
ligne bleue pour la ligne rouge. Mais ça, c'est personnel, ça n'engage
pas le gouvernement.
Mais la
question que vous posez comporte également la réponse. Alors, vous avez raison...
Et je commenterai cette question,
mais je vais laisser mon collègue le ministre des Transports répondre plus en
détail aux questions qu'il pourrait y avoir sur la réalisation
proprement dite des travaux. Mais vous avez raison de dire qu'il a élargi le
spectre d'analyse parce qu'en janvier il a
demandé à l'AMT d'élargir la réflexion pour analyser quelles seraient les
options de transport de surface qui pourraient répondre aussi aux
besoins. Pour quelle raison on fait ça? Parce qu'on se dit ceci : S'il y en a d'autres, options, pourquoi est-ce que
nous nous en priverions? Et, si l'analyse plus large nous amenait à la démonstration que les autres options existent,
mais qu'elles sont plus coûteuses ou qu'elles sont moins techniquement avantageuses, bien, à tout le moins, on pourra
dire aux générations qui nous suivent et qui seront celles qui vont continuer
à payer soit le prolongement de la ligne
bleue, soit les options qui sont retenues : L'option qui a été retenue,
somme toute, est celle qui, après analyse, était la plus avantageuse.
Maintenant,
vous avez aussi indiqué dans votre question — et vous avez raison — qu'il y a un bureau de projet qui est
actuellement en train de procéder à des études — d'ailleurs, le
gouvernement du Québec finance à hauteur de 39 millions les études qui
sont faites par le bureau de projet — et qui doit donner le
résultat de ces études à la fin de l'automne
2015. Donc, je dirais, en administrateurs prudents, on va attendre de voir
quelles sont les conclusions. Mais on
n'a pas... Moi, je vous dirais ceci, je n'ai pas de préjugé, comme membre du
gouvernement, à ce que le bureau de projet nous dise : Voici quel est le résultat de nos études, ça va être
rendu public, il n'y a pas de cachette là-dedans, à ce que l'AMT, qui doit faire une révision... Parce que,
lorsque le bureau de projet aura rendu son analyse, l'AMT, vous le savez,
va aussi faire une étude de ça, et à ce
qu'on nous dise : Voici quelles sont les recommandations qu'on vous
fait, puis on verra quelle est la
meilleure suggestion à retenir. Mais je n'élimine pas, en faisant ça, l'idée de
prolonger la ligne bleue du métro. Ce
que je dis essentiellement, c'est : On verra quelles seront les recommandations des experts et de quelle façon on pourra y aller.
Cette
question me donne... puis je ne prolongerai pas indûment, là, mais cette
question me donne l'opportunité aussi
de vous rappeler que nous avons — et
je pense qu'on doit tous s'en réjouir — signé
une entente avec la Caisse de dépôt et de placement qui nous permet de voir de
quelle façon aussi ces infrastructures... quel que soit le mode retenu, d'avoir
un financement additionnel ou facilité par une institution qui ne peut que
bénéficier aux Québécois.
M. Lisée :
Alors, M. le ministre, je comprends votre réponse, on verra. On verra lorsque
le bureau de projet et l'AMT rendront leurs études et leurs
recommandations.
M. Moreau : Mais vous ne
trouvez pas que c'est déraisonnable, quand même.
M. Lisée : Je ne trouve pas que c'est déraisonnable.
Cependant, je note qu'avant l'intervention du ministre actuel de la Métropole nous étions tous dans l'attente du
bureau de projet pour ensuite prendre la décision de faire un métro, sachant qu'en 2020 il y aurait des stations. Donc,
il y avait un certain niveau de certitude et il y avait une coalition assez
large là-dessus. Maintenant,
nous savons que, lorsque le bureau de projet rendra ses informations, le
gouvernement débattra de la
possibilité d'aller de l'avant avec le métro — ce que vous ne rejetez pas, et je vous en remercie — ou
de regarder les autres alternatives, qui, elles, si elles étaient
choisies, nécessiteraient encore davantage de travail et qui feraient en sorte qu'en aucun cas les gens de l'est de Montréal
n'auraient du transport en commun supplémentaire avant 2020 parce que l'état de travail sur... les modes sont
complètement différents. Ce que le bureau de projet va donner dans son rapport
de décembre, ça va lui permettre, dans la
prochaine étape, de rédiger les documents contractuels, réaliser le processus
d'approvisionnement et d'exécuter les travaux, alors que, s'il donne des avis
sur d'autres modes, on sera très loin des éléments
contractuels. Quoi qu'il en soit, nous attendrons, nous attendrons donc le
débat qui aura lieu au gouvernement à ce moment-là.
Une décision qui a été prise...
M. Moreau : Est-ce que vous
voulez que je réagisse là-dessus?
M. Moreau : Pas tout de
suite?
M. Lisée :
Non, je ne faisais que résumer votre position et commenter sur l'effet, sur le
délai. Il y aura nécessairement un délai supplémentaire.
M. Moreau : Bien non, pas...
Vous et moi, on ne le sait pas, ça. Et la seule chose... Puis je ne vous dis
pas ça méchamment, là, je m'attriste de votre pessimisme. Pourquoi est-ce que
ce serait une mauvaise décision au Québec lorsqu'un
gouvernement qui va investir des sommes considérables... Vous le savez, que le
métro... Vous avez été ministre responsable
de Montréal. Moi, j'ai été ministre des Transports. Et vous savez comme moi que
le métro est le mode de transport qui
est le plus coûteux à réaliser. Pourquoi? Parce qu'on creuse un trou dans la
terre et qu'on l'aménage comme une
voie de circulation. Bon. Pourquoi est-ce que ce serait négatif que le
gouvernement du Québec dise : Regardez, on le sait, là, on creuse là-dedans, ça coûte une
fortune, mais c'est peut-être la meilleure solution, on ne le sait pas.
Savez-vous quoi? On va se faire une
bonne idée, on va voir quelles seraient les autres possibilités. Mais, dans
votre raisonnement, M. le député de
Rosemont — puis je
termine là-dessus parce que je ne veux pas prendre votre temps — vous évacuez le fait de dire que, dans la décision finale, là, le délai de livraison va être totalement évacué. Pourquoi
vous dites ça? Ni vous ni moi ne pouvons dire ça au moment où on se
parle.
M. Lisée :
Bien, écoutez, oui, je pense que oui.
Moreau : Mais pourquoi
ce ne serait pas une bonne idée de regarder les options? Quand vous allez vous
acheter une voiture, vous, je suis
convaincu que vous regardez les options. Bien, pourquoi ce ne serait pas la même chose quand on va s'acheter un métro? Il me semble que c'est logique.
M. Lisée :
Parce que j'ai beaucoup de respect pour les gouvernements qui nous ont
précédés, y compris le gouvernement auquel vous apparteniez, qui avaient déjà
fait ce débat-là, qui avaient déjà regardé des options, et l'AMT, qui avait eu le mandat de regarder différentes
options, elle a dit : Pour les besoins de transport de l'est de Montréal,
la meilleure option pour la rapidité
et le volume, c'est un métro. Et aucune des autres options que le ministre
actuel de la Métropole a évoquées, c'est-à-dire un tramway de surface ou
un tram-train, ne pourrait déplacer autant de gens aussi rapidement
qu'un métro. Ça, c'est une certitude, personne ne met ça en doute. Mais il n'y a
aucun doute, M. le ministre, qu'en décembre 2015 aller de l'avant avec un
métro, on connaît le temps que ça va prendre. Aller de l'avant avec les autres, on ne le connaît pas parce qu'il faudrait refaire l'ensemble des travaux préalables. En tout cas, nous n'avons pas la même
opinion là-dessus.
M. Moreau :
Non, mais je vais vous dire...
La Présidente (Mme
Nichols) : Bien, M. le ministre, la parole est au député de Rosemont.
M. Moreau :
Ah! je pensais qu'on était en conversation, mais je ne veux pas briser les...
Présidente (Mme Nichols) :
Non. D'ailleurs, je vous demanderais, chers députés, de vous
adresser à la présidence.
M. Lisée :
Avec plaisir, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Nichols) : Merci.
M. Moreau :
Mais ça va me faire plaisir de m'adresser au député de Rosemont aussi, là.
Lisée : Alors, ça, on
verra, on verra. Bon, ce qu'on ne verra pas, c'est qu'il y a
un autre projet routier dans l'est de
Montréal qui est la transformation de la rue Notre-Dame en
boulevard urbain. C'est un dossier qui, comme celui de la ligne bleue, dure depuis très longtemps, et il y a une
certaine exaspération à Montréal, parfois évoquée par la Chambre de commerce de Montréal, que les projets sont souvent, trop souvent, disent-ils,
retardés, remis en question. Une décision est prise, on revient là-dessus, on
se repose d'autres questions. Bien, en tout cas, sur la réfection de la rue
Notre-Dame, au PQI 2014-2024, dans la
section des projets routiers en planification, il apparaissait, mais, dans les
crédits que nous regardons maintenant,
il a disparu, il a disparu. Alors, déjà, c'était loin, hein, c'était à l'étude,
ce n'était pas en planification, mais là c'est encore plus loin. Pourquoi
est-ce que le gouvernement a fait ce choix de le retirer du PQI?
Moreau : Bien, écoutez,
là-dessus, sur la question du PQI du ministère des Transports, en
2011 j'aurais pu vous répondre. En
2015, je vais demander à mon collègue le ministre des Transports, par
déférence, de répondre à votre question. Si vous vous y intéressez, je
pense que ses crédits auront lieu les 28 et 29 avril prochains.
Maintenant,
ce que je vous dis, c'est ceci : Le dossier de Notre-Dame comme boulevard
urbain, c'est un dossier qui date de
fort longtemps. J'ai eu moi-même l'occasion,
comme ministre des Transports, d'en discuter avec le maire de l'époque et je n'avais pas senti cette urgence de
la part des élus de Montréal à aller de l'avant à l'époque. Je n'engage
pas l'administration municipale actuelle, mais je n'avais pas senti l'urgence
que vous évoquez dans vos propos. Alors, sincèrement, sur les crédits
du ministère des Transports, sur le PQI, qui relève