Labour and the Economy — 14 April 2016 (41st Legislature, 1st Session)

CET 2016-04-14

Quebec — Committees

Labour and the Economy — 14 April 2016 (41st Legislature, 1st Session)

CET 2016-04-14

Quebec — Committees

(Quatorze

heures cinquante-neuf minutes)

Président (M. Cousineau) : S'il vous plaît! Prenez place. Alors, ayant constaté le quorum,

je déclare la séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte. Je demande à toutes les personnes dans

la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils

électroniques.

La commission est

réunie afin d'étudier le volet Économie des crédits budgétaires du portefeuille

Économie, Science et Innovation pour l'exercice financier 2016-2017.

Mme la secrétaire, est-ce

qu'il y a des remplacements?

La Secrétaire :

Non, M. le Président.

Président (M. Cousineau) : Il n'y a pas de remplacement. Ça va bien comme ça. Donc, nous

procéderons à une discussion d'ordre

générale avec des blocs de 20 minutes, incluant les questions

et les réponses. Il y aura des

remarques préliminaires d'une durée totale

de 34 minutes, et les crédits concernant ce portefeuille seront votés à la

fin de l'étude des crédits, soit mardi le 19 avril. D'accord?

Alors, la répartition

du temps pour les remarques préliminaires : Mme la ministre, vous aurez

17 minutes, 10 minutes pour

l'opposition officielle et sept minutes pour le deuxième groupe d'opposition.

Maintenant, le temps que vous ne

prendrez pas sur vos remarques préliminaires sera rapporté ou accumulé, là, sur

les blocs de 20 minutes qui

vous appartiennent. Donc, Mme la ministre, bonjour.

Président (M. Cousineau) : Vous pouvez présenter les gens qui vous accompagnent, et puis on vous

laisse la parole pour les 17 prochaines minutes.

Mme Anglade : Parfait, excellent. Alors, les gens qui

m'accompagnent aujourd'hui : à ma gauche, Martin Massé, mon chef de

cabinet; à ma droite, nous avons le sous-ministre Jocelin Dumas; et, à mon extrême

droite, nous avons Pierre Gabriel Côté, qui est P.D.G. d'Investissement Québec.

Également, je

remercie toute l'équipe du ministère. Et des gens d'Investissement Québec et

mon cabinet sont présents en arrière pour la période des crédits. Alors, merci

à toute l'équipe.

Président (M. Cousineau) : Je demanderais ici tout de

suite, au départ, un consentement si la ministre a besoin d'avoir

l'aide des personnes pour répondre aux questions qui sont à la table. Est-ce qu'on a un consentement immédiatement? Ça va, monsieur? La deuxième opposition, ça va aussi? Parfait. Donc, vous pourrez, Mme la

ministre, transférer des questions, là, aux gens qui vous accompagnent.

Mme Anglade :

C'est excellent, et j'apprécie beaucoup. Alors, merci à mes collègues de

l'opposition.

Alors,

M. le Président, je suis heureuse de participer aujourd'hui à ma première

séance d'étude des crédits et je tiens à rappeler que le développement

économique du Québec s'inscrit dans un environnement qui est en profonde mutation, en profonde transformation. Le contexte

mondial se caractérise en effet par quatre éléments clés : le

premier, la mondialisation des marchés et

l'émergence de nouvelles économies; le second, la chute des prix des ressources

naturelles, et l'impact évidemment que cela a sur notre devise; le troisième,

le développement durable et l'accessibilité... pardon, l'acceptabilité sociale,

qui est nécessaire dans tous les projets qui sont déployés à travers le monde;

et, finalement, l'avènement de l'ère numérique, la quatrième révolution

industrielle, dont nous parlerons plus en profondeur dans les minutes qui suivent. Le Québec doit impérativement

saisir les occasions d'affaires que suscite ce nouveau contexte mondial et doit miser sur des forces indéniables qu'il

a : d'abord un secteur manufacturier innovant, ensuite une économie du

savoir compétitive, un leadership environnemental affirmé et une créativité qui

lui est reconnue de par ses pairs.

La vision économique

de notre gouvernement est claire, nous voulons créer un Québec prospère,

innovant et durable, un Québec qui mise sur

les forces de ses régions. Dans le plan économique du Québec qui date de

mars 2015, le gouvernement a clairement

exposé les deux grands défis auxquels nous devons répondre afin de stimuler

notre croissance économique. Il faudra, dans un premier temps, améliorer

le taux d'emploi et, dans un second temps, la productivité.

C'est le rôle du ministère

que je dirige de déployer les bons moyens afin d'améliorer la productivité de

nos entreprises, de toutes les tailles, à

travers toutes les régions du Québec. Nous le faisons par de l'accompagnement

et par des programmes de soutien

financier. Nos interventions actuelles et celles à venir du

budget 2016-2017 vont directement dans ce sens : améliorer la

productivité pour produire plus, pour exporter plus, pour créer plus de

richesse.

Dans le cadre

de ce plan, vous me permettrez de traiter de quelques initiatives qui me

semblent particulièrement prometteuses :

le manufacturier innovant, bien sûr, l'augmentation de nos exportations,

l'accroissement de l'innovation au Québec

sous toutes ses formes, prendre le nécessaire virage numérique qui s'impose, et

stimuler l'entrepreneuriat québécois.

Le Québec peut compter sur une économie qui est

diversifiée, caractérisée par une expertise de pointe dans plusieurs secteurs d'activité tels que

l'aérospatiale et les sciences de la vie. Vous me permettrez de parler plus en

détail de l'aérospatiale. Vous savez à quel

point le gouvernement a investi en devenant propriétaire de l'avion du

CSeries pour soutenir Bombardier dans la

croissance et dans son développement. Et c'est pour une raison qui est fort

simple que nous faisons ça, c'est

parce que l'industrie de l'aérospatiale est l'un des principaux moteurs

économiques du Québec, avec quelque

200 entreprises dans le domaine, 40 000 personnes qui y

travaillent, et qu'il génère des ventes de plus de 15 milliards de

dollars par année.

L'industrie

mondiale connaît de profonds changements liés notamment à la mondialisation de

la chaîne d'approvisionnement et au déplacement de la production vers

les pays à faible coût de main-d'oeuvre. Les exigences environnementales telles que la réduction des émissions de gaz à effet

de serre ajoutent aussi aux défis de l'industrie. Les entreprises

québécoises doivent donc suivre les grandes tendances mondiales en aérospatiale

et considérer les enjeux qu'elles soulèvent, en particulier le plan de

l'innovation et de la main-d'oeuvre.

De son côté,

le gouvernement du Québec doit s'assurer d'offrir aux entreprises et organismes

du secteur des outils qui sont

adéquats pour renforcer leur position d'excellence et tirer pleinement profit

des nombreuses occasions qui vont se présenter aujourd'hui, à court

terme, à moyen terme et à long terme. J'aurai donc le plaisir de rendre

publique très prochainement la future Stratégie québécoise de l'aérospatiale,

qui va s'inscrire directement dans la préoccupation première du gouvernement, qui est celle d'avoir un secteur manufacturier

innovant fort. Afin de soutenir sa mise en oeuvre, une enveloppe additionnelle de 70 millions de

dollars a été annoncée lors du discours du budget 2016-2017. Avec les

crédits déjà prévus, ce sont près de 250 millions de dollars qui seront

investis par notre gouvernement afin de renforcer et de diversifier la structure de l'industrie, de soutenir la croissance de

l'industrie, d'accompagner les PME dans leur développement et de miser

sur l'innovation comme moteur de croissance des interventions.

Du côté des

sciences de la vie maintenant. Les sciences de la vie constituent un autre

secteur-phare de l'économie québécoise

qui demeure au coeur des priorités gouvernementales. Plus de

25 000 personnes contribuent à son succès au Québec, et en particulier dans la région de

Montréal, qui se classe au septième rang des plus grandes régions

métropolitaines en Amérique du Nord

pour la concentration d'emplois dans ce domaine. Pour soutenir l'essor du

secteur, je rappelle qu'un groupe de

travail a été mis en place l'année dernière afin de proposer des pistes de

solution tangibles pour répondre aux besoins du secteur.

Dans le cadre

du budget 2016-2017, notre gouvernement a annoncé un soutien concernant

certaines de ces pistes de solution

définies lors des travaux. Je vais en énumérer quelques-unes :

100 millions de dollars sur cinq ans pour des prêts participatifs consacrés au secteur des sciences de

la vie; 20 millions de dollars pour la mise en place du nouveau

fonds d'amorçage en sciences de la vie,

Amorchem; 5,3 millions de dollars sur cinq ans pour la mise en place de

l'initiative sur la recherche clinique précoce; 500 000 $ pour la

mise en place d'un processus visant l'accélération de l'évaluation des nouveaux

médicaments par l'Institut national d'excellence en santé et en services

sociaux. Grâce à ces initiatives, le Québec

renforcera sa position de chef de file dans le domaine des sciences de la vie

et va réaffirmer son leadership sur la scène canadienne et sur la scène

internationale, évidemment.

exportations sont évidemment au coeur des stratégies du gouvernement. Ces

exportations se font d'abord, principalement

au niveau des biens, hein, des biens qui sont manufacturés. Nos

industries-phares exportent toujours plus de biens que de services, de sorte que le Québec compte aujourd'hui parmi

les économies les plus ouvertes au monde. Les exportations nous permettent de croître en dépit des limites de la

taille du marché québécois, de profiter de la croissance de la demande étrangère et d'augmenter la

compétitivité de nos entreprises. Par l'entremise de l'équipe d'Export

Québec, le ministère de l'Économie, de la

Science et de l'Innovation travaille activement à accroître le volume des

exportations de nos PME et à mettre en place une stratégie d'exportation

qui sera dévoilée au cours des prochains mois.

Les missions

commerciales figurent parmi les services les plus en demande, car elles

permettent aux entreprises à la fois

d'explorer de nouveaux marchés, d'en saisir les occasions d'affaires et

d'ouvrir des portes auprès de clients potentiels, et ce, dans les différentes régions du monde. L'an

dernier, 46 missions ont permis d'accompagner pas moins de

500 entreprises québécoises à l'international. L'ensemble des

interventions d'Export Québec, y compris les missions commerciales, ont mené à

la signature de 123 ententes entre nos PME et des intermédiaires de vente,

à la conclusion de 89 accords industriels et transferts de technologie et

à des ventes fermes de près de 200 millions de dollars. Pour poursuivre et

intensifier notre action en matière d'exportation, un montant additionnel de

32,5 millions de dollars a été investi cette année et inclus dans le budget,

donc, 2016-2017 de mon collègue Carlos Leitão.

Évidemment, la croissance économique du Québec

dépend énormément de tout le secteur de l'innovation. En innovation, on parle

des domaines qui sont transversaux. Peu importe le secteur que l'on choisit, il

faut que l'on soit plus innovant. Alors, M.

le Président, je poursuis en rappelant qu'accroître cette innovation et

développer une véritable culture en

la matière représentent des conditions de succès pour la prospérité du Québec.

Il faut inévitablement miser sur l'économie du savoir, bien sûr, et

l'innovation, et la créativité afin que le Québec demeure compétitif,

concurrentiel.

prochaines années seront cruciales pour le déploiement optimal de notre système

de recherche et d'innovation. Nous allons donc maintenir nos

interventions en continuant d'appuyer la science et l'innovation, de la

recherche fondamentale

jusqu'à l'appropriation des technologies par les entreprises et la société,

ainsi que des innovations sociales et organisationnelles.

Parce que, quand on parle d'innovation, on ne parle pas uniquement d'innovation

industrielle, mais bien sûr les domaines sociaux sont également

considérés là-dedans et font définitivement

partie de la différence que l'on retrouve au Québec. Nous allons de plus continuer

d'encourager les maillages et les partenariats appuyés, entre autres,

par le réseau QuébecInnove, qui facilite l'accès au système d'innovation

québécois.

Porté par

l'objectif de renforcer constamment

notre écosystème d'innovation, notre gouvernement lancera cet automne les travaux qui mèneront à l'élaboration d'une nouvelle stratégie

de la recherche et de l'innovation. Nous voulons nous assurer qu'elle

sera adaptée aux enjeux auxquels le Québec fait face. Le Québec dispose déjà

d'un écosystème d'innovation qui est bien intégré. Le gouvernement du Québec

est présent à toutes les étapes de cet écosystème, de la recherche fondamentale à la commercialisation,

mais il est évident que nous voulons renforcer l'élément de commercialisation

quand on parle d'innovation, parce que là

est un peu le nerf de la guerre, et nous devons investir davantage

d'efforts pour nous améliorer en matière de commercialisation.

Je veux

m'assurer que l'appui financier du gouvernement se fait de la manière la plus efficiente possible

et qu'à toutes les étapes de nos

interventions nous aurons des interventions qui vont être calibrées sur les

meilleures pratiques mondiales,

l'importance de se comparer aux meilleurs de manière systématique pour nous assurer de déployer les

meilleurs systèmes et les meilleures

méthodologies ici, au Québec. C'est donc dans cet esprit que je vais requérir

la collaboration des principaux

intervenants du milieu afin de nous doter d'un plan d'action renouvelé et d'une

vision rassembleuse, pour nous

assurer de la capacité d'innovation du Québec soit porteuse et qu'elle permette

de rayonner et de créer de la richesse.

Tout ce que

je viens de décrire avant ne serait pas possible si nous n'avions pas les

talents nécessaires pour occuper les postes des différents emplois que

nous avons au Québec, donc l'importance, pour nous, du talent. Le talent est primordial pour le développement économique, pour

l'accroissement de notre richesse collective. Et les innovations sont l'oeuvre de créateurs talentueux — et c'est là qu'on parle de talent — nous devons donc continuer à attirer, à

retenir et à développer les talents du Québec.

D'emblée, nous disposons d'incitatifs efficaces

pour attirer les chercheurs et les experts étrangers. Je pense notamment au congé fiscal d'une durée maximale de

60 mois s'appliquant au salaire versé et permettant de recourir à

une expertise précise en recherche

scientifique et développement expérimental. De plus, nos infrastructures et nos

équipes de recherche démontrent une grande

capacité d'attraction des talents, qui sont ouvertes aux collaborations

internationales. Pour donner un exemple, le

psychiatre et ingénieur physicien M. Pierre Marquet, un chercheur reconnu

mondialement, s'est joint à l'équipe

du centre de recherche de l'Institut universitaire en santé mentale du Québec.

Nous disposons également d'un programme

de promotion de la culture scientifique et d'intégration sur le marché du

travail hautement reconnu notamment par

nos collègues français. À l'été 2015, quelque 170 étudiants étrangers

parmi les meilleurs du monde sont venus faire un stage de recherche dans une université québécoise. Cette année, nos universités vont en accueillir

près de 200. Enfin, grâce à son parc

d'infrastructures de recherche de calibre mondial, le Québec

attire et retient davantage de chercheurs émérites. Cela contribue à

répondre plus facilement aux besoins de développement de plusieurs technologies

émergentes et à favoriser la collaboration entre les centres de recherche, les établissements

postsecondaires et les entreprises.

Il nous faut également

penser à toute la question du numérique et prendre le virage du numérique.

Le numérique constitue un vecteur

majeur pour la croissance de tous les secteurs d'activité de l'ensemble

de la société québécoise. La stratégie

numérique, lors de ma nomination,

le 28 janvier dernier, a été clairement annoncée, à ce moment-là, en

disant qu'il allait falloir que nous nous dotions d'une véritable stratégie,

qui sera présentée dans les prochains mois. Le budget 2016-2017

prévoit à cet effet 162 millions destinés à plusieurs mesures en la

matière, dont notamment

78 millions sur les premières cinq initiatives de la stratégie,

33 millions de dollars pour la bonification du crédit d'impôt relatif à l'intégration des technologies, 49 millions

de dollars... en fait, presque 50 millions

de dollars, je devrais dire, pour un appui aux grands projets visant la transformation numérique des organisations.

Au cours des prochaines semaines, je dévoilerai le plan d'action en économie numérique, le premier

jalon de cette stratégie qui donnera au Québec les moyens d'intensifier

ses efforts et de se positionner avantageusement au sein de l'économie

numérique mondiale.

Je tiens, bien entendu, à souligner les efforts

importants que nous déploierons afin d'instaurer une culture du numérique au Québec et plus particulièrement au

sein des entreprises. Quand on parle de stratégie numérique, ça touche plusieurs secteurs : la santé, l'éducation,

les relations avec les citoyens. Il est évident que, pour nous, on va vouloir

mettre une emphase spécifiquement sur

l'économie. Plusieurs mesures du budget 2016-2017 et une enveloppe de

28,2 millions de dollars sur cinq ans

soutiendront les investissements relatifs à l'acquisition de solutions — l'industrie 4.0 — et

permettront d'accélérer la transformation

numérique des entreprises grâce notamment à l'adoption de solutions de commerce électronique par

les détaillants et des entreprises de commerce et de gros, à l'acquisition de

logiciels d'analyse pour optimiser la production, la chaîne logistique, la

gestion du transport des PME manufacturières.

Le Président (M. Cousineau) :

Mme Anglade : Deux minutes, M. le

Président. Je vais tâcher de rester dans mes temps.

Autre volet

important, l'entrepreneuriat. L'entrepreneuriat est évidemment le nerf de la

guerre, parce qu'il nous faut continuer à créer de nouveaux fleurons au

Québec. Le soutien en matière de démarrage et de croissance d'entreprises

innovantes est déterminant pour favoriser la création d'emplois et le

développement régional.

Permettez-moi

de dire deux mots sur l'entrepreneuriat collectif. Notre gouvernement reconnaît

la grande contribution des

entreprises d'économie sociale à la vitalité socioéconomique du Québec et

appuie les initiatives favorables à leur développement. Le Programme

d'immobilisation en entrepreneuriat collectif, issu du Plan d'action

gouvernemental en économie sociale 2015-2020, constitue l'un des outils

financiers que nous mettons à leur disposition.

Entrepreneuriat

féminin, également. L'entrepreneuriat féminin représente un enjeu majeur pour

le développement économique de nos

régions et demeure une priorité pour nous. En vue d'améliorer son offre de

services et de financement, Femmessor Québec adoptera une approche

unifiée, complète et accessible.

Finalement,

le transfert des entreprises va avoir un important impact également au niveau

économique, et nous voulons nous

assurer de pouvoir accompagner nos entrepreneurs pour assurer... c'est

justement ce transfert d'une génération à l'autre, lorsque le temps est

venu pour les personnes de partir à la retraite, pour les dirigeants de partir

à la retraite.

M. le

Président, notre gouvernement a entre les mains un plan solide pour stimuler

l'économie québécoise, un plan qui

prend forme grâce à la mise en place de stratégies gouvernementales et de

grands projets économiques rassembleurs pour tout le Québec. Au cours de la dernière année, nous avons lancé le

Plan Nord à l'horizon 2035 et le plan d'action 2015-2020 qui s'y attache, la Stratégie québécoise du

développement de l'aluminium, la Stratégie maritime du Québec, le Plan d'action en électrification des

transports, le Plan d'action gouvernemental en économie sociale, la stratégie

PerforME, la politique énergétique rendue publique au début du mois, et, plus

tôt aujourd'hui, toute la stratégie par rapport

au secteur manufacturier innovant. Ce sont ces interventions, tel que prévu,

qui vont faire en sorte que nous allons assurer la prospérité du Québec.

Merci, M. le Président.

Président (M. Cousineau) : Alors, merci, Mme la ministre

de l'Économie, Science et Innovation. Avant de passer la parole au prochain intervenant, je souligne la présence de

Maxime LeBel, c'est un jeune de cinquième secondaire de l'école Mont-de-La Salle, qui est ici comme

observateur, mais aussi comme un stagiaire du programme Jeunes

Explorateurs, et il accompagne son député, le député de Laval-des-Rapides.

Alors, maintenant, M. le député de Sanguinet,

pour les 10 prochaines minutes, pour l'opposition officielle.

M. Therrien :

Merci, M. le Président. Je ne prendrai pas tout mon temps. Je vais le reporter

pour les questions à la ministre puis

je vais tout simplement faire les salutations d'usage. Je commence toujours par

le président. Je vous salue, M. le Président. Je salue votre équipe. Je

salue la ministre et son équipe également. Je salue les députés de la

partie gouvernementale. Je salue mon collègue recherchiste

et je salue évidemment le député de Johnson, de la seconde opposition.

Je suis très content de travailler avec vous.

Alors donc,

ceci étant dit, moi, ce que je vais faire, je vais laisser mon temps pour

justement poser davantage de questions à la ministre et faire avancer la

connaissance humaine. Voilà.

Le Président (M. Cousineau) :

Alors, très bien, M. le député de Sanguinet...

M. Therrien :

J'oubliais de saluer Maxime. Salut, Maxime.

Président (M. Cousineau) : Bon. C'est bon. Alors donc,

comme je l'ai mentionné au début, neuf minutes seront reportées à chacun des blocs, là, sur les blocs qui vous

concernent. Donc, je passerais maintenant la parole au député de

Johnson. M. le député de Johnson, pour les sept prochaines minutes, vos

remarques préliminaires.

M. Lamontagne :

Merci beaucoup, M. le Président. Alors, je vais reprendre les salutations de

mon collègue. À vous tous,

salutations. Et surtout merci de prendre votre temps puis de participer à cet

exercice-là, qui est très important dans le travail que l'on fait.

Plus

spécifiquement pour Mme la ministre, c'est un plaisir d'avoir à travailler avec

vous pendant ces quelques heures. Et

puis ce que je vais chercher à faire avec vous, c'est vraiment d'échanger,

d'avoir des échanges sur certains points puis d'en venir qu'à connaître un petit peu à quelle enseigne vous vous

logez par rapport à certaines situations. Puis, les deux années précédentes, j'appréciais beaucoup

votre prédécesseur, mais c'était un grand conteur. Les gens sortaient...

quand on était finis, on n'avait pas appris

grand-chose. Mais vous, vous êtes d'une jeunesse et puis d'une éducation,

et tout ça, puis j'espère bien, quand je

vais sortir de ce passage-là, de vraiment savoir où la ministre de l'Économie

se loge et puis, après ça, bien,

qu'est-ce qu'on va pouvoir construire ensemble, parce qu'on est ici pour les

mêmes objectifs, travailler les mêmes objectifs. Ça fait que ça, c'est

l'objectif de mes échanges ici avec vous.

Et puis, un dernier commentaire aussi, je peux

vous dire mon appréciation d'avoir reçu des plans de la part du gouvernement. On a eu aujourd'hui la

publication... la présentation de deux plans. On sait que ça fait quelques

années qu'on demande au gouvernement, à

votre gouvernement, d'avoir une présentation de la part d'Investissement

Québec, d'en avoir une de la part du

ministère de l'Économie, ça fait que c'est apprécié. Ce qui est un petit peu

moins apprécié, c'est de l'avoir eu

la journée de l'étude des crédits, et d'autant plus que ce que je remarque,

c'est que le plan d'Investissement Québec

a été approuvé par le conseil d'administration le 22 mars, on est rendus

le 14 avril, on aurait peut-être pu l'avoir quelques journées avant. Au ministère de l'Économie, ça semble avoir été

compliqué, vous n'avez pas eu le temps de le signer, ça fait que je

présume que ça s'est fait cette nuit. Alors, on vous excuse pour ça.

Alors, ça va être tout, M. le Président. On va

garder le temps restant pour les interventions. Merci.

Président (M. Cousineau) : Merci, M. le député de Johnson.

Donc, on distribuera cinq minutes sur vos blocs d'ici la fin des

crédits. J'ai vu que faisiez de l'âgisme un petit peu, là, nous autres, on

s'est sentis visés, nous autres, ici, franchement.

Alors donc, nous allons entreprendre l'étude des

crédits par un premier bloc de 20 minutes. M. le député de Sanguinet, de l'opposition officielle,

porte-parole en matière d'économie, en matière d'innovation, alors à vous la

parole.

M. Therrien :

Alors, merci, M. le Président. Donc, je réitère mes salutations d'usage.

Écoutez, je vous ai entendue dans

votre propos d'introduction, vous voulez stimuler l'entrepreneuriat, vous

voulez encourager l'innovation, encourager l'économie du savoir. Écoutez, je n'ai pas... tu sais, au niveau

manufacturier, vous voulez faire en sorte de développer un tissu manufacturier, là, entre autres dans la

haute valeur ajoutée. Moi, je trouve ça le fun, là, je trouve ça bien, là, je

trouve ça intéressant. Mais, tu sais, à un

moment donné, il faut que les bottines suivent les babines, tu sais, puis il

faut qu'on ait une preuve tangible de

ce que vous allez faire concrètement suite à votre propos, que je considère

comme étant intéressant, mais il faut regarder c'est quoi, les

résultats, quels sont les résultats.

Si on prend,

par exemple, les résultats depuis deux ans... Je sais que vous êtes récemment

arrivée, Mme la ministre, je ne veux

pas vous accuser de quoi que ce soit, mais, tu sais, si on regarde les

résultats du Parti libéral, vu qu'ils sont là, bien, on est obligés de

constater que les résultats ne sont pas là, on n'a pas ce que vous dites. Le

tissu manufacturier est en décrépitude. C'est du jamais-vu depuis 1976.

Moi, si je

regarde la croissance économique qu'on avait prévue l'année passée... l'année

passée, on avait prévu 2 %. J'avais

demandé au ministre à l'époque : Vous ne trouvez pas ça un peu

enthousiaste, optimiste? Il m'avait dit : Non, non, c'est réaliste.

Finalement, on a débouché à du 1,1 %. Cette année, il dit : Ça va

être 1,5 %. Je lui demande, même question :

Vous ne trouvez pas que c'est optimiste? Il dit : Non, c'est réaliste.

Vous voyez mes inquiétudes? Tu sais, on joue dans le même film, ça veut dire que probablement que ça va être beaucoup

moins que 1,5 %, si on se fie à ce qui est arrivé l'année passée.

Et, l'année d'avant, ça avait été la même histoire.

On regarde au

niveau des investissements. En 2014, vous aviez prévu 1,3 % d'augmentation

des investissements privés, on a eu

moins 9 %. En 2015, vous aviez prévu 5,3 %, on a eu moins 4,7 %.

Là, cette année, il prévoit 0 %, 0 %. Pas 3 %, pas 5 %, pas 10 %, pas 15 % :

0 %. Puis, étant donné que vous avez toujours raté vos cibles de façon...

ou est-ce que la situation était pire que prévu, là, on part avec du

zéro. Je veux dire, ça ne va pas très bien.

Et là je me

dis : Bien, c'est peut-être parce qu'ils n'ont pas de politique

économique. Peut-être que c'est ça. J'essaie de comprendre pourquoi la

croissance économique, elle est si faible au Québec. Une des raisons,

probablement, c'est qu'il n'y a pas de

politique économique. Bien, écoutez, je regarde la mission qui a été la plus

coupée depuis l'arrivée au pouvoir du Parti libéral, c'est la mission

économie et environnement. On peut dire que c'est important, là, on parle

d'économie et environnement. Cette mission-là a baissé l'année passée de

10,2 %, de 10,2 %.

Là, vous me

sortez des chiffres, vous dites : Bien, écoutez, tu sais, on met tant de

dollars dans ci puis tant de dollars dans

ça. Bien, moi, quand je vois qu'on a baissé de 10,2 %, je m'aperçois que

chaque dollar qui est mis à quelque part est retranché ailleurs, et même

plus. Ça veut dire qu'on se trouve dans une situation où vous êtes en train de

dégonfler la balloune de croissance

économique, parce que vous vous retirez, vous vous retirez de l'économie. Vous

êtes un gouvernement de droite, un

gouvernement néolibéral, je veux dire, tout le monde sait ça, plus à droite que

l'ancien président du Conseil du trésor,

c'est un précipice. Ça fait que c'est sûr que vous n'allez pas encourager les

interventions de l'État dans l'économie, c'est sûr, ce n'est pas dans

votre idéologie, et on le voit.

Alors,

au-delà de vos propos, moi, je veux savoir, là, pourquoi ça a baissé de

10,2 %. Puis où ont été les coupures? Qu'est-ce que vous avez coupé

de 10,2 %? D'où ça vient, ça, ces coupures-là? Voilà, c'est ma question.

Président (M. Cousineau) : D'accord, merci, M. le député

de Sanguinet. Alors, je passerais maintenant la parole à la ministre. Je vous précise qu'on calcule un petit peu, là, le

temps de question versus le temps de

réponse. Comme là, vous avez pris autour de quatre minutes avec votre

préambule, bien, on s'attend à peu près à la même chose de la part de la ministre.

Mme Anglade : Deux minutes.

Le Président (M. Cousineau) :

Allez-y, Mme la ministre.

Mme Anglade : Alors, merci pour les questions

qui ont été formulées par mon collègue le

député de Sanguinet.

Écoutez,

peut-être revenir en arrière pour dire à quel point je

m'inscris dans la logique selon laquelle il faut qu'on ait des budgets équilibrés. C'est la première chose que je

dirais. Parce que le Québec est particulièrement endetté, son ratio d'endettement est élevé, et il faut trouver l'équilibre nécessaire

pour pouvoir faire des choix. La réalité, c'est que, lorsqu'on regarde les sociétés qui sont particulièrement endettées, et qui continuent de s'endetter, et qui n'ont pas de plan de

match pour réduire le niveau de dette, à ce

moment-là il n'y a plus de choix à faire, on n'est plus capable de décider où

on va être capable d'investir et où on va être capable de poser des

gestes concrets.

Alors, dans les deux dernières années, il y a eu

ce nécessaire retour à l'équilibre budgétaire. Qui permet quoi aujourd'hui? Qui permet de faire des choix et de poser des gestes concrets. Ce qui

est important, pour nous, lorsqu'on se tourne vers l'avenir — parce qu'on est dans le présent et on est dans

l'avenir — c'est

justement de miser sur une politique économique qui soit

cohérente. Et, pour qu'elle soit cohérente, il faut que tous les acteurs soient

particulièrement impliqués dans cette politique économique.

Aujourd'hui,

on a déposé, donc, trois plans : le plan du ministère, le plan

d'Investissement Québec et également le

plan du CRIQ. Et nous avons envoyé un message très clair. Nous avons dit qu'au

niveau économique on a besoin d'avoir un pilier. Quel est ce pilier?

C'est le manufacturier innovant. Vous avez utilisé des termes durs quand vous

avez parlé du manufacturier, vous avez

dit : C'est en décrépitude. Eh bien, justement, c'est pour ça qu'il faut

que l'on intervienne, particulièrement.

Le néolibéralisme voudrait qu'on n'intervienne pas du tout. Le néolibéralisme

voudrait qu'Investissement Québec

n'existe pas. Le néolibéralisme voudrait que le 8 milliards de dollars qui

est présentement sous la gestion d'Investissement Québec n'existe pas.

Or, ce n'est pas le cas. On ne peut pas appeler ça un gouvernement néolibéral

quand on a 8 milliards de dollars qui sont sous la direction

d'Investissement Québec.

Pourquoi l'investissement particulier au niveau

du manufacturier? Parce que ça représente 14 % du PIB, mais, au-delà même du 14 % de PIB, on parle

de 10 000 entreprises, on parle de 450 000 emplois dans ce

domaine. Et investir dans le

manufacturier, c'est investir dans la production de biens qui, à terme, sont

exportés. Et vous savez comme moi que

nous sommes une société exportatrice. Lorsqu'on se compare, on a un PIB

d'environ... je ne pense pas trop me tromper

en disant d'environ 300 milliards de dollars, et là-dessus 25 % de ce

PIB là est exporté. Alors, les exportations sont réellement

fondamentales. Mais, pour nous assurer de cette croissance de nos exportations,

il faut quelque part que nos entreprises soient compétitives, et c'est la

raison pour laquelle le manufacturier innovant va être au coeur de la stratégie

gouvernementale.

Vous avez

parlé des investissements. Une des choses que nous voulons faire, que nous

avons commencé à faire, notamment

bien avant mon arrivée, avec l'arrivée de Pierre Gabriel Côté chez

Investissement Québec, c'est de commencer à transformer l'organisation

qu'est Investissement Québec et être plus présents sur le terrain, répondre

davantage aux besoins des entreprises,

aller... trouver, en fait, des entreprises qui ont des projets innovants que

l'on veut mettre de l'avant. Et c'est ce que nous comptons faire par la

suite avec les différentes initiatives.

Mais M. le

Président me fait signe, et je ne veux pas qu'on me dise que je suis une

conteuse non plus, donc je vais m'arrêter là. Merci, M. le Président.

Le Président (M. Cousineau) :

Bon. M. le député de Sanguinet, allez-y.

M. Therrien :

Moi, j'aimerais plus que vous répondiez à mes questions que vous contiez des

histoires, là, pour vrai, là. Quand

vous dites : Néolibéralisme... Écoutez, là, je peux concevoir, là, qu'un

gouvernement qui arrive en 2014 puis qui n'a pas promis les coupures qu'il a faites, il ne peut pas arriver puis

scraper Investissement Québec de 9 milliards, il ne peut pas scraper l'intervention de l'État du début à la

fin. Sauf que, si on regarde le néolibéralisme que vous avez appliqué,

là, depuis deux ans, bien, c'est quoi? C'est des coupures, c'est des

diminutions de 10,1 % dans la mission économique, c'est une austérité, c'est des coupures en santé, c'est des coupures en

éducation, c'est les coupures de CPE puis c'est une ouverture dans le privé. Vous êtes bien partis,

mais vous le savez que ces petits pas... Comme disait Confucius : Le

plus grand des voyages commence toujours par un petit pas. Mais vous en avez

franchi plusieurs, petits pas, en direction de l'austérité et du

néolibéralisme.

Moi,

j'aimerais, Mme la ministre, que vous répondiez

à ma question. Moins 10,2 %, c'est quoi, les coupures,

pour qu'on arrive à moins 10,2 %? Parce que, là, je n'ai pas pris les

chiffres, là, n'importe où, là.

Mme Anglade : Excusez-moi. Est-ce

que...

Le Président (M. Cousineau) :

Oui, Mme la ministre.

Therrien : Oui,

allez-y.

Anglade : Oui. Non, mais

c'est juste pour clarifier. La source du 10,2 % de réduction, c'est quoi?

Parce que, lorsque je regarde les chiffres, ce n'est pas ça qu'on a.

Alors, on veut juste comprendre, on va parler de la même chose.

Therrien : Bien oui. Le rapport mensuel des opérations

financières au 31 décembre 2015, Finances Québec, puis c'est écrit que les missions économie et environnement, c'est moins 10,2 %. Moi, je veux savoir qu'est-ce que vous avez coupé à

10,2 %. C'est ça, ma question.

Anglade : Dans le budget,

pour cette année, le ministère, c'est plus que 10 % d'augmentation. Alors, c'est juste ça que j'essaie de comprendre.

En fait, quand vous regardez les chiffres, en

matière économie vous verrez qu'il y a une augmentation tant l'année

dernière que cette année au niveau des budgets. Donc, c'est pour ça que je ne

sais pas où on regarde précisément.

Therrien : Bien,

écoutez, je vais vous aider, là.

Mme Anglade : Oui, aidez-nous.

Therrien : Dépenses

du fonds général, économie et environnement, là, on est passé de

3,9 milliards à 3,5 milliards, moins 10 %.

Anglade : Économie et environnement, vous dites?

Therrien :

Économie et environnement. Je veux juste savoir c'est quoi, là, qu'est-ce qu'on

a coupé.

Le Président (M.

Cousineau) : Mme la ministre.

Anglade : Alors, je vais demander à mon équipe de regarder les

chiffres. Ce que je peux vous dire, c'est que dans le budget du...

Pardon?

Therrien : Excusez-moi, je veux juste vous relire le

titre

du document pour que ça vous aide à trouver, là : rapport mensuel

des opérations financières, volume 10, numéro 8, Finances Québec.

Juste pour vous aider, là.

Le Président (M.

Cousineau) : Vous êtes à quelle page?

Therrien : On peut attendre, là, regardez, on peut discuter

d'autre chose, puis ensuite on reviendra quand la réponse sera arrivée.

Anglade : Parfait. Bien, alors, je vais les laisser chercher

spécifiquement pour faire la comparaison qui est nécessaire à la

discussion. Mais le...

Therrien :

O.K., ça va, ça va. On est ici pour un bout de temps, là.

Président (M. Cousineau) : Il faut faire attention pour ne pas

parler en même temps, là, parce qu'on enregistre en même temps. Donc,

faites attention à cela, s'il vous plaît.

Therrien :

Oui, je suis d'accord.

Le Président (M.

Cousineau) : M. le député de Sanguinet... ou Mme la ministre.

Mme Anglade :

Bien, alors, juste par rapport aux investissements, il est évident que notre

souhait, c'est qu'il y ait davantage

d'investissement, d'investissement privé. Pour qu'il y ait davantage

d'investissement privé, il faut qu'il y

ait des actions très concrètes qui soient prises pour aller stimuler cet

investissement-là, c'est pour ça que, nous, ce que nous voulons faire,

en faisant du manufacturier innovant un pilier, c'est de nous assurer d'aller

rencontrer les entreprises, d'encourager les investissements, tirer sur

certains projets. Parfois, une entreprise va dire : Je veux investir

5 millions dans un projet, mais la

bonne réponse à la question, c'est : Je veux faire 10 millions

d'investissement, parce qu'il faut aller faire 10 millions d'investissement pour aller chercher quelque

chose d'encore plus innovant. Et c'est ce que nous voulons faire dans l'encadrement des entreprises avec

Investissement Québec. Donc, notre objectif, c'est justement d'aller

stimuler ces investissements-là et de répondre aux enjeux que nous avons en

matière de manufacturier.

Le Président (M.

Cousineau) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Sanguinet.

Therrien : Moi, écoutez, je regarde le budget, là, ministère

des Finances, c'est écrit là-dedans, là : Croissance économique des... croissance des investissements,

zéro. Zéro. Ça veut dire que, là, tout ce que vous me dites, là, ça va

amener 0 % de croissance. Et ça, c'est dans le meilleur des cas, en

supposant que vous ne vous trompez pas comme d'habitude,

vous ne surestimez pas vos évaluations des investissements. Ça veut dire

qu'après tout ce que vous me dites, là, le ministre des Finances vous dit : Écoutez, on vous aime bien, là,

à l'Économie, mais ça va être zéro de croissance des investissements. Ce

n'est pas un aveu de défaite en partant, de votre ministère? Il prévoit zéro.

Moi, à votre place, je dirais : Oh boy! Je te dis qu'il me fait confiance,

c'est effrayant!

Une voix :

M. le Président, est-ce qu'on peut s'adresser à la présidence?

Le Président (M.

Cousineau) : Bien là, ça fonctionne quand même relativement

bien...

Therrien :

Je ne manque pas de respect, là, je parle...

Président (M. Cousineau) : Non, non, s'il vous plaît. Ça

fonctionne relativement bien. Si je m'aperçois, à un moment donné, que

ça dérape, je pourrai intervenir. Pour l'instant, là, ça va aller. Mme la

ministre.

Anglade : Sur le point du... Sur les chiffres dont vous parliez tout à

l'heure, qu'ils sont en train de regarder, on parle bien du ministère de l'Économie, de la Science et de

l'Innovation, c'est à ça que vous faites référence quand vous parlez des

réductions?

Therrien : Mission

économique et environnement.

Anglade : Mais il y a «environnement» là-dedans. Alors, je ne sais pas

si...

Therrien :

Bien là, si vous me dites qu'environnement, ce n'est pas assez important, vous

coupez 10 %, on est en voiture.

Mme Anglade :

Non, non, ce n'est pas ce que je dis du tout. Non, non.

Therrien :

O.K., j'espère, parce que, là...

Mme Anglade :

Ce que je dis, c'est qu'on est ici au niveau du ministère de l'Économie, de la

Science et de l'Innovation, et, par conséquent, lorsque vous parlez des

crédits, nous, on parle des crédits de ce ministère-là. Alors, je ne sais pas

si vous parlez de crédits d'autres ministères, qui sont tout aussi

importants... Vous parlez de l'éducation, de la santé, puis ça me plaît bien de

parler de toutes sortes de sujets, mais la réalité, c'est qu'aujourd'hui ça

porte sur le ministère de l'Économie, des Sciences et de l'Innovation.

Le Président (M.

Cousineau) : M. le député.

Therrien :

Oui, oui. Merci, M. le Président. Mais là c'est parce que moi, j'utilise le

rapport mensuel des opérations financières,

là, je n'ai pas sorti un lapin de mon chapeau, là. Puis je regarde les chiffres

puis... moi, je regarde ça, puis je

m'interroge, puis je me dis : Bien, la ministre, elle, elle est censée

pouvoir me donner des réponses précises sur des chiffres qui sont

véridiques, c'est le gouvernement du Québec. Je veux savoir, moins 10 %...

Là, vous me dites : Ah! l'environnement

est là-dedans. Bon, bien, O.K. Si l'environnement est là-dedans, ça veut dire

qu'il y a des coupures à l'Environnement et à l'Économie, à moins, tu

sais, je veux dire, je sais les maths un peu... à moins que tu aies des augmentations de 5 % en environnement puis

une diminution de 15 % en économie. Moi, je veux savoir, là, c'est

quoi, la diminution de 10,2 %, en

supposant, là, que c'est réparti équitablement avec l'Environnement, ce qui

serait étonnant parce qu'Environnement, c'est quand même un ministère

important, là.

Le Président (M.

Cousineau) : On va laisser la ministre répondre, M. le député

de Sanguinet.

Therrien :

Oui, oui, je vais la laisser répondre.

Le Président (M. Cousineau) :

Mme la ministre.

Anglade : Alors, je regarde les différents chiffres, qui sont des

documents du Conseil du trésor, et ce que l'on constate : dans le budget des dépenses de 2015-2016, si on

additionne tous les montants, on tombe à 767 millions de dollars. Si on regarde la même colonne pour

2016-2017, on additionne l'ensemble des chiffres, on tombe à

809 millions de dollars.

Alors,

je veux bien, peut-être qu'on pourrait... si vous voulez regarder les chiffres

que l'on a versus les vôtres, mais c'est ce que j'ai ici. Donc, je ne

vois pas de diminution.

Le Président (M.

Cousineau) : M. le député.

Therrien : En tout respect, Mme la ministre, je pense que

vous êtes un peu mélangée dans vos chiffres. Vous me donnez la croissance de 2016-2017 dans le

budget d'aujourd'hui. Moi, je vous parle d'augmentation de 2014-2015, d'avril à décembre, et de 2015-2016. Si je compare

les deux périodes, bien, on s'aperçoit que c'est moins 10,2 %. Ça,

ça veut dire que... Et c'est comparé d'avril

à décembre, de 2014-2015 et de 2015-2016, soit la croissance des dépenses

de l'année passée, de 2015-2016, qui a fini le 31 décembre.

Bon,

là, moi, ce que je m'aperçois, c'est que vous n'avez pas de réponse à ça. Là,

écoutez, moi, je veux bien qu'on continue

là-dessus, mais je pense que... Moi, dans mon cas, pas de réponse, c'est une

réponse. J'aimerais passer à autre chose, là, parce que, là, décidément,

on ne s'entend pas, là.

Le Président (M.

Cousineau) : Allez-y, passez à autre chose. Bien, peut-être...

Oui, vous voulez... Allez-y, Mme la ministre.

Anglade : Bien, écoutez, je pense qu'il faut comparer des pommes avec

des pommes. Non, mais écoutez... Non, mais j'essaie de répondre à la

question.

Président (M. Cousineau) : Un instant, là. Faites attention de

ne pas parler en même temps, allez-y doucement, sinon...

Le Président (M. Cousineau) :

Non, non, mais je comprends, M. le député de Sanguinet...

Le Président (M.

Cousineau) : M. le député de Sanguinet...

Therrien : Non, non, mais je ne suis pas un gars de

troisième année. Des pommes avec des pommes. Voyons!

Président (M. Cousineau) : Non, je comprends, là, mais...

Écoutez, ça allait bien. Si vous préférez que ça passe par moi, bien là,

je vais exiger que ça passe par moi.

Therrien : ...passer par vous. Tant qu'à entendre des

affaires de même, j'aime mieux passer par vous, M. le Président, bon.

Le Président (M.

Cousineau) : Bon. Bien, soyez poli, là, puis il faut se calmer

un petit peu.

Therrien :

Je suis très poli, je suis très poli.

Le Président (M.

Cousineau) : Alors, allez-y, Mme la ministre.

Anglade : M. le député de Sanguinet, nous avons un bon 10 heures

à passer ensemble, alors je vais tâcher de répondre à vos questions, on va s'entendre pour qu'on collabore puis

qu'on essaie de faire avancer le débat. J'essaie de prendre... J'essaie de comprendre d'où viennent

vos chiffres parce que je ne reconnais pas vos chiffres. Alors, ce que

je comprends dans ce que vous faites

aujourd'hui, c'est qu'il y a... Le moins 10 %, le 10,2 % dont vous

parlez, je crois qu'il provient des dépenses du fonds général, il y a

une ligne où vous voyez moins 10,2 % de variation. Est-ce bien ça?

Le Président (M.

Cousineau) : M. le député de Sanguinet.

Therrien :

Oui, ça se peut que ce soit ça, en effet.

Mme Anglade :

Oui, d'accord. C'est bien ça?

Anglade : Ce document-là, vous voyez en haut, à la ligne plus haut,

c'est écrit «avril à décembre». Avril à décembre n'est pas une année complète, nous, on compare d'année à année,

et c'est la raison pour laquelle on compare des pommes avec des poires. Ce n'est pas une insulte, c'est un terme juste

pour dire qu'on ne compare pas la même chose.

Alors,

si on revient en arrière, quand on compare les budgets, il n'y a pas de

diminution. Le 10,2 %, c'est avril à décembre. Alors, si on veut faire les comparables, comparons les années

entières, voilà la clarification. Et je vais tâcher de répondre le mieux

possible à vos questions mais en regardant les mêmes données. Merci, M. le

Président.

Le Président (M.

Cousineau) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Sanguinet.

Therrien :

Parfait, parfait. Si on fait une moyenne pondérée, là, d'avril à décembre,

c'est moins 10 %, ça représente le

trois quarts d'une année. Ça veut dire que, si vous voulez renverser la

tendance de janvier à mars, ça prend une croissance des dépenses de 30 % pour arriver. Là, tu sais, je veux

dire, c'est une moyenne pondérée, ce que je fais là, je réfléchis avec une moyenne pondérée. Ça veut dire

que vous me dites que ce n'est pas bon, parce que probablement que janvier, février, mars, ce serait une augmentation

de 30 % des budgets. C'est la seule façon d'arriver à zéro,

techniquement. Si dans les neuf premiers mois... Monsieur, vous êtes un ancien

prof de maths. Si les neuf premiers mois tu as moins 10 %, ça veut dire

que, les trois premiers mois, pour arriver à zéro, tu fais une moyenne

pondérée, c'est plus 30 %.

vous me dites : On compare les pommes avec des poires. Bien, moi, je...

Écoutez, c'est correct, regarde, on va passer à autre chose. De toute

façon, vous avez donné votre réponse, c'est bien correct, là.

Le Président (M.

Cousineau) : Bien, poursuivez.

Therrien : Moi, je voudrais parler de ce qui m'intéresse,

parce que, tu sais, quand j'ai dit que vous aviez 1,1 %

d'augmentation du PIB l'année passée, la moitié de l'augmentation, c'est les

exportations, ça vient des exportations, la

moitié. Et ce n'est pas compliqué, hein, vous le savez, vous êtes brillante,

là, vous savez que c'est le taux de change, là, qui a fait en sorte qu'on a exporté davantage. Je pense qu'il n'y a pas

trop de secret là-dessus, puis on ne tombera pas en bas de notre chaise en faisant une analyse comme ça.

Et j'espère et j'imagine que vous n'avez pas d'impact sur le taux de change, là, on s'entend là-dessus aussi. Donc, la

moitié de la croissance économique de l'année passée a été tout

simplement provoquée par un phénomène

externe qui n'est pas dans votre contrôle et qui, heureusement, puis c'est le

fun, je trouve ça le fun, a amené une

croissance économique supplémentaire au Québec. Ça veut dire que, n'eût été de

ça, bien, on aurait eu une croissance de 0,6 %.

vous me dites : On est axés sur les exportations. Moi, j'en suis, hein?

Moi, quand j'écoute ça, là, je trouve ça génial. Puis je pense que, vos antécédents, là, professionnels, là, vous

étiez tournée là-dessus pas mal, il me semble, là, je trouve ça

intéressant. Et ça, ça augure bien, tu sais, je me dis : Bien, coudon,

elle connaît ça un peu, là.

Le Président (M.

Cousineau) : 30 secondes, M. le député de Sanguinet.

Therrien :

Sauf que, dans votre plan de match, au niveau des dépenses... Je voudrais

peut-être y revenir plus tard, d'abord. Voulez-vous, je vais couper...

Le Président (M. Cousineau) :

Comme vous voulez.

Therrien :

Je vais revenir là-dessus tantôt parce que je sais que vous allez répondre

longuement, parce que vous avez une vaste expérience là-dedans, puis je

veux vous entendre, O.K.? O.K., merci.

Le Président (M. Cousineau) :

Très bien, M. le député de Sanguinet. D'accord, alors nous allons passer maintenant au prochain bloc. J'alloue

20 minutes à un représentant du parti ministériel. Oui, M. le député de

Saint-François.

Hardy : Alors, bonjour, Mme la ministre, M. le Président. Saluer les

collègues qui sont tout autour de la table, du côté ministériel comme du

côté de l'opposition.

Moi, M. le

Président, je vais entretenir Mme la ministre sur les sièges sociaux et les

acquisitions d'entreprises québécoises.

En 2014, le

Québec comptait 568 sièges sociaux, dont 96 faisaient

partie des 500 plus

grandes entreprises canadiennes. Le

Québec occupe le deuxième rang sur le plan du nombre de sièges sociaux au

Canada, soit 20 %. Cette part

est comparable à son poids économique, mais l'Ontario détient le premier rang.

Pour la même année, les sièges sociaux étaient responsables de

52 072 emplois directs au Québec. Avec 92 emplois en moyenne par

siège social, le Québec devance l'Ontario,

qui en a 87, et le Canada, 83 emplois. En 2014, les activités des sièges

sociaux contribuaient à 0,73 % du PIB du Québec, soit plus de

2,3 milliards de dollars. Les retombées économiques chez les fournisseurs

liées aux activités des sièges sociaux au

Québec sont estimées à plus de 700 millions et près de

2 100 empois en 2014. Toujours en 2014, la rémunération

annuelle moyenne des emplois dans les sièges sociaux était de

61 340 $, comparativement à 44 324 $ en moyenne au Québec.

Entre 2000 et 2016, on compte plus d'une

vingtaine d'entreprises québécoises d'importance acquises par des intérêts hors Québec. La récente transaction du

rachat de RONA par Lowe's Canada et la vente de St-Hubert à l'entreprise

canadienne Cara ont cependant ravivé une

certaine inquiétude au sein de la population. L'opposition, faisant preuve

de populisme économique, a tenté de nous faire croire que le Québec est

assiégé.

On a eu une

analyse des recommandations du rapport du groupe de travail. Dans son rapport

publié en 2014, le Groupe de travail sur la protection des entreprises

québécoises a émis neuf recommandations de nature législative, réglementaire et

fiscale visant à favoriser l'attraction et la rétention des sièges sociaux au

Québec.

Dans son plan budgétaire 2014-2015, le

ministre des Finances annonçait que, tout en considérant les facteurs

stratégiques identifiés par le groupe de travail pour faire du Québec un

endroit attirant pour les sièges sociaux, le gouvernement

entend d'abord recevoir les commentaires du milieu des affaires et financier

afin d'évaluer l'opportunité d'adopter

les mesures proposées, notamment les modifications législatives concernant la

Loi sur les sociétés par actions et la

Loi sur les valeurs mobilières. À

la demande du ministre des Finances, M. Mario Albert, qui a été

président-directeur général de l'AMF et

d'Investissement Québec, et maintenant de Finance Montréal, a été chargé

d'entamer le processus de consultation

sur les recommandations du rapport Séguin. Après analyse, il appert que les

changements recommandés par le

rapport n'accorderaient que peu ou pas de protection aux entreprises publiques

québécoises existantes en cas d'OPA hostile — l'OPA, pour les gens qui nous écoutent, c'est

l'offre publique d'achat — et qu'ils risqueraient d'affecter négativement

la valeur des entreprises québécoises et de réduire leur accès au capital, et ainsi

singulariseraient, en quelque sorte,

le Québec dans l'espace économique canadien. Face aux

risques qu'une entreprise québécoise d'importance fasse l'objet d'une OPA hostile, l'analyse permet

d'établir que les sociétés qui souhaitent se mettre à l'abri peuvent déjà utiliser certains mécanismes existants, notamment avec des actions multivotantes, et que le Fonds

du développement économique et d'Investissement

Québec sont en mesure de mobiliser rapidement

des ressources financières majeures pour assurer le

maintien et le développement des sièges sociaux au Québec.

Récemment,

certains observateurs des marchés financiers ont tenté de faire un

rapprochement entre la vente du Cirque

du Soleil, de RONA et de St-Hubert à des intérêts hors Québec

et la recommandation du groupe de travail. Or, dans ces cas précis, la transaction était

souhaitée par toutes les parties, et les recommandations du groupe de

travail relatives aux OPA hostiles n'auraient pas pu trouver application.

Il convient

de souligner qu'en septembre 2015 l'AMF et les autres autorités

canadiennes en matière de valeurs mobilières

ont fait l'annonce de la mise en place prochaine d'un régime d'offres publiques

d'achat harmonisé, qui aurait notamment pour effet de donner plus de temps aux conseils

d'administration afin que ceux-ci soient en mesure de trouver des

solutions alternatives à une vente à l'initiateur d'une OPA hostile, rendant

ainsi plus complexe l'acquisition des entreprises canadiennes par ce moyen.

De plus, le gouvernement entend continuer ses efforts afin de mettre en place un environnement socioéconomique favorable aux

sièges sociaux. Dans le budget du Québec 2014-2015, la mise à jour économique

de décembre 2014 et le budget

du Québec 2015-2016, le gouvernement a annoncé diverses mesures permettant d'améliorer

la compétitivité de l'environnement

fiscal du Québec, ce qui devrait favoriser la rétention et

l'attraction des sièges sociaux, par des gestes en faveur d'une

réduction du fardeau fiscal pour les sociétés et assurant la stabilité du

régime fiscal, par la politique gouvernementale sur l'allègement réglementaire et administratif et la mise sur pied

du Comité conseil sur l'allègement réglementaire et administratif.

politique gouvernementale sur l'allègement réglementaire et administratif

adoptée par décret en janvier 2014 vise à s'assurer que les coûts, pour les entreprises, liés à l'adoption

des normes de nature législative ou réglementaire sont réduits à l'essentiel requis. Le développement des

nouvelles normes doit s'inspirer de 10 principes de bonne

réglementation. Tous les projets de

réglementation qui ont un impact sur les entreprises ou qui les concernent

doivent faire l'objet d'une analyse

d'impact réglementaire. Les analyses d'impact réglementaire produites par les

ministères et organismes doivent être publiées systématiquement et

rendues accessibles sur les sites Internet des MO concernés.

Une clause

PME stipule que le fardeau des exigences réglementaires et administratives des

nouvelles normes doit être modulé en

fonction de la taille des entreprises. Une clause vise à s'assurer que les

exigences adoptées par le Québec ne sont pas plus restrictives que

celles de ses principaux partenaires commerciaux. Les MO concernés doivent

élaborer un mécanisme de révision des normes selon leurs spécificités.

Si on parle

du cas précis de St-Hubert, nous avons été proactifs, Investissement Québec

était en discussion avec M. Léger

depuis plusieurs mois. Nous comprenons également qu'il y a eu des discussions

au niveau de la Caisse de dépôt et placement.

Il est évident que, dans un scénario idéal, St-Hubert aurait été racheté par un

entrepreneur québécois. Ceci étant dit, nous n'avons jamais eu

l'occasion de faire une contre-offre, et la décision finale appartient au

président de l'entreprise.

La coalition CAQ-PQ essaie de nous faire croire

que nous sommes assiégés. Ils devraient prendre la peine de s'informer. Les entreprises québécoises sont

davantage des prédateurs que des proies, comme le faisait valoir l'étude

de KPMG. Selon les statistiques encore plus récentes, du

1er janvier 2010 au 24 février 2016, 258 transactions

où des intérêts québécois ont fait des

acquisitions à l'étranger, versus 85 transactions où des intérêts

étrangers ont fait acquisition d'entreprises québécoises. La valeur

moyenne de ces transactions, dont les montants ont été révélés, est également à

l'avantage du Québec, soit 500 millions

versus 400 millions. L'opposition fait du développement économique d'une

autre époque, je pense.

Donc, M. le Président, ça m'amène à poser la

question à Mme la ministre, c'est une question probablement à deux volets : Est-ce important pour vous, Mme

la ministre, les sièges sociaux? Et que pouvons-nous faire pour en

retenir et en attirer davantage chez nous?

Le Président (M. Cousineau) :

Mme la ministre.

Anglade : Alors, je remercie le collègue pour son introduction et pour

sa question. Il est évident que les sièges sociaux jouent un rôle fondamental

dans notre économie. Pourquoi est-ce que les sièges sociaux jouent un rôle fondamental? C'est parce que des décisions

stratégiques importantes sont souvent prises au sein de sièges sociaux, et

c'est la raison pour laquelle les sociétés, en général, aiment bien garder

leurs sièges sociaux.

J'élargirais

un peu la définition de sièges sociaux en parlant de centres de décision

mondiaux également. Pourquoi? Parce qu'il y a des compagnies qui sont

installées ici qui ont un nombre d'employés extrêmement important et ont développé des domaines d'expertise très novateurs

et qui font en sorte qu'ils font rayonner le Québec. On peut penser, par

exemple, à des compagnies qui ne sont pas de

propriété québécoise, comme Pratt & Whitney,

comme Ericsson, comme Ubisoft, mais

qui ont un impact considérable dans l'économie québécoise. Et en fait, souvent, ce que l'on remarque,

c'est que ces sociétés étrangères qui sont

installées chez nous avec des sièges sociaux décisionnels — on

ne peut pas appeler ça un siège social en tant que tel, mais c'est vraiment

des centres décisionnels mondiaux — font en sorte de faire

croître l'économie québécoise de manière importante. Donc, lorsqu'on considère

la question des sièges sociaux dans son entièreté,

je crois qu'il serait pertinent d'inclure, justement, ces centres de décisions

mondiaux. Et évidemment qu'on veut en avoir plus, le plus possible, et

on veut s'assurer, dans la mesure du possible, qu'ils restent ici.

La réalité

est que nous vivons dans une économie ouverte et qu'il va y avoir des moments

où des entreprises de chez nous vont

vouloir aller à l'étranger acquérir d'autres entreprises et que l'inverse va se

produire également. Nous, ce que l'on

veut, c'est, le plus possible, que les Québécois soient... renforcent leur

économie avec les entreprises ici et puissent aller vers l'extérieur.

Mais on a

tendance à penser, comme vous le disiez si bien, qu'on est un peu assiégés ici,

au Québec, dans la mesure où on a

beaucoup d'entreprises qui viennent acheter chez nous et pas l'inverse.

Pourtant, ce que l'on constate, c'est que les Québécois sont d'abord et avant tout des prédateurs, «prédateurs»

voulant dire qu'ils vont à l'étranger et qu'ils veulent acheter des

entreprises. Évidemment, on parle souvent de Couche-Tard, mais il y a aussi la

caisse, il y a aussi WSP, il y a aussi

Cogeco, il y a aussi CGI, il y a aussi Saputo, il y a différents exemples de

fleurons que nous avons qui vont à l'étranger

et qui achètent des entreprises, mais on en parle peu. Personne ne parle de

l'acquisition qui a été faite par Pages Jaunes d'une société canadienne il y a quelques semaines, personne ne

parle des transactions récentes de Couche-Tard parce que, dans le fond, ça passe un peu sous le radar,

alors que, lorsqu'on vient acquérir une entreprise ici, c'est sûr qu'il

y a un élément émotif, qui se comprend très

bien, parce qu'on a développé un certain sentiment, un certain lien avec nos

entreprises.

Si on prend,

par exemple, le cas de St-Hubert, bien, moi, quand je suis née, il y avait des

St-Hubert, hein, puis on se souvient

tous d'être allés chez St-Hubert, d'avoir même amené nos... mes parents m'ont

amenée chez St-Hubert, puis j'amène

mes enfants chez St-Hubert. La réalité, c'est qu'il y a un attachement émotif,

et qu'il faut évidemment prendre en compte.

Dans le cas de St-Hubert, il reste que c'est une

décision d'un homme d'affaires qui a décidé de vendre à une entreprise privée, puis c'était sa décision. Et,

nous, ce qu'il est important que nous fassions, c'est que nous soyons là

pour accompagner les entreprises, c'est que nous soyons là pour dire :

Écoutez, si vous avez besoin d'aide, on va répondre présent. Et, dans le cas qui nous occupe, effectivement il y a eu des

discussions notamment avec Investissement Québec pour dire : Écoutez, si vous êtes intéressé à assurer une

transition, un transfert de société, prendre votre retraite, nous, on peut jouer un rôle, on

peut vous accompagner là-dedans. Encore faut-il que le président veuille se

faire accompagner et veuille de cette option-là. Alors, évidemment, ce

ne sera pas toujours une fin que l'on aurait souhaitée.

Mais

il faut se rendre compte d'une chose. Tout à l'heure, je disais que les

Québécois sont davantage des prédateurs que des proies. Depuis 2010, il y a eu 258 transactions qui ont

impliqué des sociétés québécoises à l'extérieur du Québec. Inversement, il y a eu 85 transactions de

sociétés extérieures au Québec qui sont venues acheter des sociétés

québécoises. Donc, nous sommes largement des

prédateurs. Et, lorsqu'on compare la valeur des transactions, là encore, nous

sommes gagnants.

qui est vraiment important, à mon avis, lorsque l'on parle de sièges sociaux,

sont deux éléments. Le premier, c'est

que, lorsqu'on regarde l'ensemble des transactions qui ont eu lieu dans les

dernières années, 2 % des transactions étaient réellement des

transactions hostiles. Lorsqu'il y a une transaction hostile, on veut être

présents, on veut dire à la personne qui n'a

pas envie de se faire acheter qu'on va intervenir, qu'on va être à ses côtés.

Ça s'est produit dans le cas de RONA

à l'époque où l'offre de Lowe's n'était pas une offre souhaitée ou souhaitable

par la direction de RONA, et là, effectivement,

le ministre des Finances de l'époque s'est particulièrement impliqué,

M. Bachand, pour essayer de voir de quelle manière on pouvait

intervenir. Alors, pour 2 % des hostilités, encore une fois, nous allons

répondre présents.

L'autre

volet qui est aussi important, c'est évidemment d'assurer la pérennité des organisations à travers

la relève entrepreneuriale. Nous

avons au Québec, dans le secteur privé, peut-être

210 000 entreprises. Si on enlève les entreprises qui ont

moins de cinq employés, peut-être qu'on est rendus à 100 000, 90 000,

100 000. La réalité, c'est que, dans les prochaines

années, au moins 50 000 entreprises vont devoir passer la main.

Alors, ce qu'il faut, c'est créer une adéquation pour assurer le

transfert d'entreprise d'une génération à l'autre.

décembre dernier a été créé le centre de transfert pour les entreprises du

Québec. La raison de la création de ce centre,

c'est pour assurer une meilleure transition entre des gens qui ont des

entreprises à vendre et qui n'ont pas de relève et des gens qui ont envie de prendre la relève, justement... Et on

constate qu'il y a beaucoup de personnes... en fait, il y a beaucoup de

personnes très motivées, très emballées, très enthousiastes à l'idée de devenir

entrepreneurs, à l'idée de poursuivre leur

carrière dans un environnement plus entrepreneurial et de reprendre une

entreprise. Inversement, il y a beaucoup de formation, je vous dirais, à

faire pour s'assurer que les personnes qui doivent céder leurs entreprises le fassent effectivement. Alors, tout le volet de la

relève entrepreneuriale est extrêmement prioritaire pour nous dans la

mesure où elle va permettre de reprendre les entreprises.

L'autre

élément qui est aussi fondamental, c'est qu'au-delà de la reprise d'entreprise

il nous faut créer le nouveau CGI, il

nous faut créer le nouveau Saputo, il nous faut le prochain Cirque du Soleil,

enfin toutes sortes d'entreprises qu'il nous faut créer, qui n'existaient pas avant et que l'on doit mettre...

on va s'assurer de faire croître. Et là-dessus on a un défi d'accompagnement qui est extrêmement

important, on en est très conscients, et c'est la raison pour laquelle on travaille activement avec

Investissement Québec, avec le ministère pour nous assurer de mener ces

initiatives à terme et de s'assurer qu'on réponde à ces objectifs-là.

L'autre élément et le

dernier peut-être avant de conclure là-dessus : lorsque l'on parle de

centres de décision mondiaux, il faut

également aider le président de l'entreprise local, le président Canada ou le

président d'une des filiales étrangères

ici à se vendre auprès du siège social, à vendre la valeur du marché du Québec,

à vendre la main-d'oeuvre, à vendre les coûts, à vendre l'idée de venir

s'installer au Québec comme étant une idée payante pour l'entreprise. Et un exemple de ça, c'est certainement Bridgestone, à

Joliette, parce qu'ils avaient l'opportunité d'aller dans plusieurs

endroits au niveau international. Or, ils ont décidé de choisir le Québec.

Pourquoi? Parce qu'on a outillé également la personne qui était là, on a essayé

de l'accompagner du mieux qu'on a pu, parce que la personne était également...

le président d'entreprise était très

volontaire, volontaire, avait beaucoup

d'initiative. Mais plus on se tient debout ensemble, plus on accompagne nos leaders, plus ils sont capables de

présenter une image unie et de convaincre la maison mère d'investir, également.

Mais

ça, c'est un autre exercice qu'il nous faut continuer à faire. Donc, c'est

différents volets qu'il nous faut regarder. Et vous avez bien raison de

poser cette question, cher collègue. Merci, M. le Président.

Le Président

(M. Cousineau) : Merci, Mme la ministre. Oui, il nous

reste une minute.

Le Président

(M. Cousineau) : Pardon?

Le Président

(M. Cousineau) : Bien, absolument, absolument. Donc, on va

transférer...

Mme Anglade :

Je peux continuer?

Le Président

(M. Cousineau) : Oui, vous voulez terminer la minute?

Allez-y, madame.

Mme Anglade :

Non, non, bien, je peux...

Le Président

(M. Cousineau) : Allez-y, Mme la ministre.

Mme Anglade : Ah!

bien oui, bien, écoutez, si... Mais, toujours sur les transferts et les sièges

sociaux, je dirais la chose suivante,

c'est qu'à plusieurs reprises on nous a dit à quel point l'accompagnement des

gens pour les sociétés mères était important. Donc, il y a un volet

là-dedans qu'il va falloir aussi renforcer.

il faut se rendre compte à quel point nous sommes en compétition partout à

travers le monde, que tout le monde cherche

à attirer des sièges sociaux. Tout le monde cherche à être très présent dans ce

secteur-là. Et ce qu'il nous faut, c'est vraiment être à l'affût des opportunités, être efficaces dans nos

approches que l'on a par rapport aux sièges sociaux et ne pas perdre de vue que cette veille que l'on fait est extrêmement

stratégique et nécessaire. Et il faut que l'on continue à renforcer la

veille que nous faisons avec des données aussi pour pouvoir aller chercher des

entreprises en Europe, chercher des entreprises

aux États-Unis et assurer la vente, entre guillemets, du Québec d'un point de

vue image, pas la vente d'actif par contre, parce qu'on veut qu'ils

viennent ici. Merci.

Président (M. Cousineau) : Merci, Mme la ministre. Alors,

nous allons passer au deuxième groupe d'opposition.

M. le député de Johnson, qui est porte-parole en matière d'économie,

d'innovation et de science, vous aviez 21 minutes, M. le député, je

vous ajoute deux minutes de votre cinq minutes de vos remarques préliminaires,

donc on vous donne 23 minutes.

M. Lamontagne :

Merci beaucoup, M. le Président. Mme la ministre, les sièges sociaux, on va y

revenir. Dans un premier temps, le défi qu'on a au Québec... Tantôt,

quand vous disiez, là : On a deux défis importants au Québec, il y a le taux d'emploi puis il y a la productivité,

en réalité le défi du Québec, là, cette petite nation là de 8 millions,

là, qui est sur un déclin tranquille depuis

des années... Si on regarde tous les indicateurs, tous les chiffres, là, on

peut les regarder de toutes les

façons, on a eu de la misère depuis 20, 30 ans à tirer notre épingle du

jeu d'une façon comparable à nos pairs un petit peu partout, là, dans l'ensemble économique industriel, là,

mondial ou nord-américain. Bon. Alors, le défi qu'on a, ce n'est pas seulement de faire un peu mieux, ce

n'est pas seulement d'essayer de battre ce qu'on a fait l'année passée.

Tu sais, l'an passé, on a réussi 0,9 %.

Bien là, cette année, si on réussit à faire 1,1 %, tu sais, on va avoir

bien, bien réussi, on va avoir fait nos devoirs.

Pour

la pérennité de notre économie, pour la pérennité de nos services, il ne faut

pas juste qu'on soit bons, il va falloir

qu'on soit excellents. Il va falloir qu'on devienne un modèle dans le monde. À

un moment donné, il va falloir qu'il y

ait des gens, là, dans un certain nombre d'années, qui regardent puis qui

pointent vers le Québec : Allons voir qu'est-ce qu'ils ont fait, ces gens-là, pour transformer ce

qui était une espèce de petit train, pout! pout!, puis qui s'en allait

tranquille en descendant tranquillement, pour devenir un modèle dans le monde.

y a quelques mois, Montréal est nommée, je pense, 20e dans les 20 villes

de start-up au monde, et tout ça. Le lendemain

ou le surlendemain, j'écoute aux nouvelles ou je lis un texte, c'est un de nos

jeunes entrepreneurs émérites du Québec

qui dit : Bien, écoute, on a été nommés 20es, c'est bien beau, que

c'est qu'on va faire pour être les 10es? Ça, c'est cette

mentalité-là qu'il faut qu'on développe au Québec.

Puis,

si on regarde tous nos indicateurs, on regarde tout ce qu'on fait, puis qu'on

se projette dans le temps, puis qu'on

a une petite variation, là, de 0,1 %, 0,2 % puis 0,3 %, avec les

contraintes qu'on a au niveau de notre population, on a notre démographie, les services qu'on s'offre, ça

va être un échec. Quand on contemple le budget qui a été déposé, là, par

votre collègue le 17 mars, on regarde

ses prévisions sur cinq ans... Je prie le bon Dieu presque à tous les soirs

pour que vous puissiez battre ça.

Parce que, si c'est ça qui se passe pour vrai, ça ne sera pas le fun, Mme la

ministre, ça ne sera vraiment pas le fun.

fait que tout ça pour nous amener à parler d'Investissement Québec. L'an passé,

on a parlé avec M. Côté à la toute fin, alors cette année on va

commencer avec vous. On va pouvoir vous libérer après ça — si

c'est correct avec vous, Mme la ministre.

Dans ce contexte-là,

aujourd'hui vous déposez un plan stratégique. Ça fait un an et quelques mois

que vous êtes en poste. Puis, dans l'optique où je mentionne à la ministre que,

si, quand on se projette dans le futur, le meilleur scénario qu'on peut projeter, c'est juste de faire une petite

différence, on va échouer. Peut-être qu'on va avoir du plaisir à l'essayer dans

le parcours, mais, quand on va arriver à destination, on va avoir échoué.

fait que, quand je regarde, mettons, les investissements privés qu'on

va chercher à l'étranger, les investissements privés qu'on a au Québec, c'est certain qu'Investissement Québec, c'est

un véhicule important pour amener de l'investissement au Québec.

On regarde les efforts que vous déployez, c'est des milliers de sociétés

que vous sollicitez, c'est un certain nombre

de projets qu'on réussit à conclure. Mais, quand on regarde les projections

qu'on a... O.K., je ne connais pas les résultats au

31 mars. Avez-vous les résultats au 31 mars?

M. Lamontagne :

Pas du tout? On n'a même pas une petite idée, à peu près, préliminaire?

M. Côté

(Pierre Gabriel) : On a une idée préliminaire de faire...

Le Président

(M. Cousineau) : M. le député de Johnson, là, vous vous

adressez à M. Côté?

M. Lamontagne :

Oh! Excusez-moi, M. le Président. C'est bon. Oui.

Le Président (M. Cousineau) :

C'est parce que, pour les fins d'enregistrement, ce serait intéressant, là, que

ça passe par moi.

M. Lamontagne :

Oui, oui.

Président (M. Cousineau) : Lorsque c'est avec la ministre, ça va, là, on a le contrôle, mais là vous

voulez que M. Côté vous réponde?

M. Lamontagne :

Oui, s'il vous plaît.

Le Président (M. Cousineau) :

Bon. Alors, M. Côté...

M. Lamontagne : Juste, vite, si on a un chiffre préliminaire pour

2015‑2016. Parce que, là, on repart avec des prévisions pour 2016-2017 puis on a comme une

année, là, qu'on ne sait pas du tout où on était. On a-tu une petite idée, par

rapport à 2014-2015, qu'est-ce qu'on a réussi ou...

Le Président

(M. Cousineau) : M. Côté.

M. Côté

(Pierre Gabriel) : Oui, M. le député. Les chiffres qui vont être annoncés bientôt, lors du rapport

annuel de juin, vont être passablement les mêmes que ceux de l'année qui s'est

terminée, l'année passée.

Le Président

(M. Cousineau) : M. le député de Johnson.

M. Lamontagne : O.K. Merci

beaucoup. Alors, quand je regarde vos

prévisions, où on me dit que, pour l'an 1, l'an 2, l'an 3, grosso modo, avec l'application de notre

planification stratégique, avec tous les changements qu'on fait à l'intérieur d'Investissement Québec, ce

nouveau souffle qu'on donne à Investissement

Québec, grosso modo... Ce que

je vois, là : l'an 1,

1 150 000 000 qu'on va générer, d'investissement; l'an 2,

1,2 milliard; puis, l'an 3, 1 250 000 000.

Ça, grosso modo, c'est ça qui est projeté.

Ça veut dire qu'on a une croissance d'à

peu près 50 millions de dollars, par année, d'investissement qu'on va aller chercher

à l'étranger.

quand on regarde des chiffres comme ça, c'est sûr que, dans un contexte de

rouler la boîte, faire travailler le monde,

puis tout ça, je veux dire, ça peut être satisfaisant. Mais, avec les défis qu'on

a au Québec, M. le

Président, M. le président d'Investissement

Québec, est-ce que vous trouvez que ces cibles-là sont encourageantes par

rapport à notre capacité à rencontrer les défis qu'on a dans le futur? Moi, je

ne les trouve pas tellement ambitieuses, mais je voudrais avoir votre avis. Vous êtes un homme d'expérience,

trouvez-vous que ça, là, ça va vraiment apporter de l'eau au moulin pour rencontrer les défis qu'on a à rencontrer,

là, pas à battre les chiffres qui sont dans le budget de M. Leitão du

mois de mars, mais à rencontrer les défis qu'on a pour plus tard?

Le Président

(M. Cousineau) : M. Côté.

M. Côté

(Pierre Gabriel) : Oui. La

façon dont ces cibles-là sont établies, c'est un peu avec l'historique. En

même temps, une société

d'État comme la nôtre, qui est, en fait, le bras financier du gouvernement, se doit d'avoir des cibles qui sont

pragmatiques. Le milliard d'investissement étranger prospecté par année de plus, bien, sur

trois ans, c'est 3 milliards de

projets de plus au Québec. Dans ces projets-là, il y en a beaucoup qui vont faire l'objet de

financement en attraction d'entreprises. Il y en a d'autres qui ne

requièrent pas de financement parce que, de par les travaux de bien vendre le Québec, ils s'installent ici de toute façon. Et

c'est dans un contexte aussi de maintenir le niveau d'attraction comme

y a à peu près une dizaine d'années, il y avait 400 sociétés d'attraction

d'investissement sur la planète, maintenant il y en a 4 000. Donc, on a à compétitionner avec beaucoup de

territoires sur la planète pour attirer les entreprises. Et on a réussi à travers les années à maintenir un niveau,

et on pense qu'on va l'augmenter à travers le temps. Donc, c'est une cible qui est pragmatique. Mais en même temps, le

fait de tenir une croissance qui va nous amener en trois ans

3 milliards d'investissement au Québec,

de sociétés étrangères, dans le contexte, on trouve que c'est une cible qui est

ambitieuse, parce que, partout ailleurs, c'est en décroissance. Nous, on veut

s'assurer de la maintenir et de croître.

Le Président

(M. Cousineau) : M. le député de Johnson.

M. Lamontagne :

O.K. Ça fait que, M. le Président, ce que vous me dites, c'est que les valeurs,

les cibles qui sont là, ce

sont des cibles d'augmentation?

M. Côté

(Pierre Gabriel) : C'est des cibles annuelles.

M. Lamontagne :

O.K. Le chiffre de cette année, ça va être quoi?

M. Côté

(Pierre Gabriel) : 1 milliard, grosso modo. 1 milliard de

plus à chaque année.

M. Lamontagne : O.K. O.K., c'est 1 milliard de plus, ce n'est pas 1 milliard additionnel. C'est-à-dire qu'on prend l'année d'avant, puis, si on

fait à peu près la même chose, ça va être le même milliard.

M. Côté (Pierre Gabriel) : Sur

trois ans, c'est 3 milliards de projets projetés, qui est notre cible

d'attraction d'investissement étranger.

M. Lamontagne :

C'est bon. Puis vous me dites que, dans le fond, pour établir ces chiffres-là,

on se base sur l'historique. Alors, il est

plausible, dans la prochaine année, que, si vous faites à peu près la même

sorte de travail avec la même sorte

d'efficacité, avec la même sorte de plan, bien, vous allez faire à peu près les

mêmes chiffres que l'année d'avant, plus ou moins quelques pour cent,

puis, si ça va bien, un petit peu plus. O.K.

Ça fait que

moi, en tout respect, je ne veux pas dire que, là, dans les prochaines années,

on va avoir 3 milliards de plus

d'investissement. Là, j'écoutais ça, je dis : Wow! Il y a de quoi que je

n'ai pas bien lu, là. Je n'ai pas bien lu le plan, là.

M. Côté (Pierre Gabriel) :

C'est la somme des trois.

M. Lamontagne :

Mais je comprends que la somme des trois, ça donne 3 milliards. Comme si

on prend la somme des 10 dernières années, probablement que ça

donne 10 milliards.

M. Côté (Pierre Gabriel) : Non,

c'est...

M. Lamontagne : Bien, en tout

cas, ou 8 ou 6...

M. Côté (Pierre Gabriel) : Je

n'ai pas les chiffres, là, parce que c'était...

M. Lamontagne : Non, non, mais

ce que je veux dire, c'est que, si on prend la somme de tout ça, ça donne des

milliards.

M. Côté (Pierre Gabriel) : Ça a

été en croissance à chaque année.

Le Président (M. Cousineau) :

...pour ne pas parler en même temps, s'il vous plaît.

M. Lamontagne : C'est bon.

Excusez-moi, M. le Président.

Le Président (M. Cousineau) :

Merci. Ça s'adresse...

M. Lamontagne : Si on prend la

somme de...

Une voix : Je m'excuse.

M. Lamontagne : Non, non, c'est

moi aussi... Il y a l'expérience, là-dedans.

Le Président (M. Cousineau) :

Je crois que Mme la ministre avait un complément de réponse aussi, M. le député

de Johnson.

M. Lamontagne : Alors, je vais

laisser Mme la ministre...

Mme Anglade : M. le député de

Johnson, je vous trouve, en fait, assez sympathique, hein? Vous avez parlé

d'ambition, vous avez parlé de transformation, de numérique...

Le Président (M. Cousineau) :

Oui, M. le député de Johnson.

M. Lamontagne : Je veux bien

entendre Mme la ministre, mais par contre c'est en relation avec les

investissements de...

Mme Anglade : Absolument.

M. Lamontagne : Ah! parfait,

excellent.

Mme Anglade : Oui, oui, oui,

absolument.

M. Lamontagne : Parce que,

là... Puis pas de préambule, je n'ai pas beaucoup de temps. Allons au point,

s'il vous plaît.

Mme Anglade : Allons, tout à

fait, directement au point. Lorsque l'on parle d'Investissement Québec pour

l'économie... Parce que vous dites : Voici les cibles d'Investissement

Québec. Puis je sais que vous voulez revenir spécifiquement

à ça, mais je veux juste prendre un pas de recul et dire : Investissement

Québec est un des moyens que nous avons à notre disposition. Un autre

élément qui est fondamental, c'est que nous avons d'autres institutions au Québec qui ont un rôle à jouer, et je pense qu'un

des messages que l'on voulait envoyer aujourd'hui et qu'on va continuer d'envoyer, c'est qu'il

faut assurer une cohérence avec les différents joueurs. Il y a également le

fonds de la FTQ, le FSTQ, il y a la

Caisse de dépôt, il y a d'autres institutions, des banques qui s'impliquent, et

il va falloir qu'on soit capables de créer une cohérence, une vision avec les autres acteurs, les chambres de

commerce, etc., pour assurer cette croissance-là. De un.

De deux,

lorsque l'on parle d'un montant investi de 1 milliard, il faut qu'on fasse

mieux avec les dépenses que l'on fait.

Et une des choses que l'on veut faire par rapport notamment aux manufacturiers

innovants, c'est de se dire : Peut-être que c'est la même somme d'argent, mais elle est investie différemment,

elle est investie plus efficacement, ce qui va nous permettre d'atteindre de meilleures cibles et des

cibles plus ambitieuses. Donc, ce n'est pas juste une histoire de mettre

des sous en plus, c'est de dépenser l'argent

de manière beaucoup plus efficace et beaucoup plus ambitieuse que ce qu'on

a fait par le passé.

Le Président (M. Cousineau) :

M. le député de Johnson.

M. Lamontagne :

Le point que je faisais, Mme la ministre, ce n'est pas l'idée de mettre des

sous en plus, c'est que, dans le cadre des défis qu'on a, si la

contribution annuelle, ça se chiffre à 4 %, 5 % par année puis c'est

ça qui vient contribuer au pot général, on va manquer de gaz. Ça va en prendre

plus que ça.

Alors, moi, quand j'entends que la prévision

d'Investissement Québec, grosso modo, c'est d'aller chercher 50 millions de plus par année

d'investissement étranger en fonction de l'historique — parce que c'est sûr qu'on travaille avec un historique — bien, moi, c'est sûr que ça m'inquiète, puis

je ne trouve pas ça ambitieux. Ça, c'est un des points que je faisais,

Mme la ministre.

Un autre point que je voudrais amener :

dans les rapports d'Investissement Québec, à chaque année on a les objectifs avec l'intervention que vous faites, on

a un objectif d'emploi. On dit : On a atteint tant d'emplois de créés

puis on a atteint tant d'emplois de

sauvegardés. Bon. Est-ce que c'est possible d'avoir ces objectifs-là au début,

c'est-à-dire : L'an prochain, on

prévoit que le travail qu'on va faire va nous donner tant d'emplois? Puis là,

après ça, on arrive à la fin de l'année

puis on peut regarder un peu... on peut mesurer qu'est-ce qu'on a acquis,

qu'est-ce qu'on a fait, qu'est-ce qu'on a dit, on peut avoir un

historique. Je ne l'ai pas trouvé. Peut-être que je n'ai pas bien cherché.

Mais, en bout

de ligne, moi, de me faire dire à la fin de l'année : On a réussi à faire

ça, je suis content de le savoir, mais,

moi, ce que j'aime avoir des gens autour de moi, dans la vie, avec qui j'ai

travaillé puis avec qui je travaille, bien, au départ on fait un constat, on a une vision, on se fixe des objectifs, on

se met en oeuvre, puis après ça on regarde ce qu'on a fait, puis après ça on essaie de voir si on a bien

fait, si on peut faire mieux. Ça fait que, un : Est-ce qu'il y a des

objectifs qui sont fixés en début? Si oui, quels sont-ils? Sinon, pourquoi?

Le Président (M. Cousineau) :

M. Côté.

M. Côté

(Pierre Gabriel) : Merci. Des objectifs en termes d'emploi,

historiquement, à Investissement Québec, il n'y en a pas eu. C'était le résultat de fin d'année qui était mesuré

avec une reddition de comptes sur tous les... l'effet des projets qu'on

avait mis en oeuvre, que ce soit l'attraction d'investissement étranger, que ce

soient des projets à notre réseau régional,

etc., on faisait une mesure de ce qui était soutenu et créé. Il n'y a pas eu

dans le passé, et il n'y en a pas non

plus dans le plan, d'objectif sur les emplois, parce que c'est le résultat d'un

paquet de choses qui ne sont pas juste l'effet d'Investissement Québec

mais de la combinaison de plusieurs variables.

Exemple :

on travaille beaucoup en collaboration et en partenariat avec nos partenaires

financiers. Vous voyez aussi dans

notre plan qu'on veut augmenter la participation de nos partenaires financiers

parce qu'on prend qu'on... Nous, il faut avoir un effet catalyseur,

mobilisateur de capitaux. Et nous, souvent, sur 1 $, on veut en avoir un

ou deux qui s'ajoutent à nous pour faire des

projets qui sont encore plus porteurs. Et, l'effet de ça, bien, nous, on le

mesure à la fin avec une table, un

processus qui est vérifié par nos vérificateurs généraux, et c'est ce que vous

trouvez dans nos statistiques de fin d'année à chaque fois.

Mais il n'y a

pas de cible de début d'année parce qu'il y a plein de choses qu'on ne contrôle

pas, dans l'effet de génération des

emplois, comme société d'État. Donc, c'est la façon dont c'est fait depuis

longtemps puis c'est comme ça qu'on

mesure à la fin d'année le résultat, sans avoir de cible, parce qu'on ne

contrôle pas assez les éléments pour être en contrôle de livrer sur ces

objectifs-là.

Le Président (M. Cousineau) :

M. Johnson.

Le Président (M. Cousineau) :

Oui, oui, M. le député de Johnson.

M. Lamontagne : Merci. Dans un

contexte comme ça, rapidement, étant donné qu'on attend juste à la fin de l'année, voir qu'est-ce qui s'est passé... Il y a

un historique de collaboration avec les partenaires dont vous parliez.

Tout ça, ça existe. Je comprends qu'il y a

plein de choses qu'on ne contrôle pas, mais cette espèce d'écosystème là, là,

lui, il existe, ça fait qu'à un moment donné on peut se fier un petit

peu sur ce qui se passe.

Mais l'idée

d'avoir des cibles, là, que ce soit pour vous, à

titre de président, votre

personnel, vos équipes, et tout ça... Ça

ne serait pas intéressant d'avoir des cibles pour commencer l'année ou

commencer... Je ne sais pas, moi, il me semble je me sentirais un petit peu au défi puis vivifié un

petit peu de savoir que j'ai des cibles à atteindre, plutôt qu'attendre à

la fin de l'année, savoir ce que j'ai fait.

Président (M. Cousineau) : Oui, monsieur...

Côté (Pierre Gabriel) : En fait, la cible d'emploi est le résultat de

tout ce qu'on fait mais avec le résultat de beaucoup d'autres choses qui

sont faites dans l'économie. Donc, on n'est pas en contrôle de pouvoir mettre

une cible là-dessus, et c'est le résultat

qu'on mesure. C'est l'élément ultime que vous voyez dans la somme des actions

qu'on prend. Évidemment, c'est de

créer de la richesse économique. Oui, la création d'emplois, mais aussi

beaucoup d'autres effets à long terme qui ne sont pas mesurables

maintenant mais qui vont être mesurables plus tard.

vais vous donner des exemples. On fait des interventions avec nos capitaux, qui

sont souvent du capital très patient,

pour initier quelque chose qui va être utile plus tard. Tout le secteur

minier... je vais le citer en exemple parce qu'actuellement on fait beaucoup d'investissement dans le secteur minier

pour préparer la relance. Bon. Est-ce que, si je mets une cible sur un investissement, de dire que, dans quatre ans, on

va créer des emplois parce qu'on protège un actif qui n'est peut-être pas en opération aujourd'hui... Je

vais prendre les installations de Cliffs qui sont mises sous la

protection de la faillite. On a acheté ça,

on a mis ça... Ça a pris un an, là, le projet a été long. On n'aurait pas pu

trouver une façon de mesurer l'emploi là-dessus parce qu'il n'y en a

pas, ça n'opère pas aujourd'hui, c'est zéro par rapport à zéro.

Donc, on s'inscrit

dans la patience au niveau du capital, pour des résultats à long terme, qui ne

sont pas mesurables sur une base annuelle.

Le Président

(M. Cousineau) : M. le député de Johnson.

M. Lamontagne :

Excellent. Du coq à l'âne, on va parler du Programme d'immigrants

investisseurs. Je pense que c'est Investissement Québec qui s'occupe de

Une voix :

Oui, on gère ça pour le gouvernement, oui.

M. Lamontagne : Là, ça va être bref, il me reste juste quelques

minutes, juste qu'on se donne des questions-réponses.

2014, il y avait un des points du budget que c'était d'améliorer l'efficacité

du Programme d'immigrants investisseurs. J'avais demandé au ministre à l'époque :

O.K., améliorer, ça veut dire quoi, améliorer l'efficacité? Il m'expliquait que

ce n'était pas mesurable, là, mais que c'est un effort qu'on faisait. Bon.

Aujourd'hui, le Programme d'immigrants investisseurs, moi, j'aimerais ça savoir

un peu qu'est-ce que ça rapporte, qu'est-ce que ça contribue en termes d'emploi

puis comment c'est contrôlé.

Puis je vais vous

dire une chose en arrière de ma question. C'est que moi, dans mon comté, j'ai

une petite municipalité qui a à peu près

1 000 habitants. Puis cette municipalité-là, elle a un dépanneur.

Puis, dans le dépanneur, il n'y a pas

grand-chose sur les tablettes depuis des années. Mais par contre, à tous les

trois ans, il y a un changement de propriétaire. Ça fait des années qu'à

tous les trois ans il y a un nouvel investisseur qui est passé par votre

système puis qui s'en vient opérer le

dépanneur, à la grande tristesse du village. Ça fait que moi, quand je regarde

ça, je me dis : Il me semble

que, le programme, ce n'est pas à ça qu'il doit servir. Comment c'est contrôlé?

Qu'est-ce qu'on fait avec l'argent? Où

il va? Comment ça marche, ce programme-là, pour dire qu'à un moment donné on a

un succès, à part ça? C'est la motte de millions qu'on ramasse, qu'on

met à la banque? C'est quoi?

Le Président

(M. Cousineau) : M. Côté.

M. Côté

(Pierre Gabriel) : Oui. M. le député, la façon dont ça fonctionne,

c'est qu'avec le ministère de l'Immigration

le programme qui est mis en place, de faire de l'attraction et de

l'immigration, demande — puis je peux faire peut-être un 101

rapidement, là — un

dépôt qui est mis à contribution par la génération de l'intérêt dans une négociation pour que l'immigrant s'installe ici,

et en espérant qu'il y ait rétention. L'intérêt sur les placements qui

sont faits, bien, on le donne en

contributions directes à des entreprises partout au Québec. On le fait dans à

peu près toutes les régions du

Québec. Et foncièrement, bon an, mal an, à chaque année, on parle de 30,

35 millions, qui est l'intérêt sur le capital qui est donné en subventions aux entreprises directes dans tous

les domaines. Les critères de ça sont établis en collaboration, bien sûr, avec d'autres acteurs du gouvernement. Parce

que nous, on gère le programme pour le gouvernement. Donc, on met en

place tous les processus.

y a souvent des gens qui accompagnent ces gens-là pour s'assurer que les

argents viennent chez nous. C'est passablement

complexe, comme programme, mais ça génère beaucoup d'activités, parce que,

lorsqu'on fait la sélection, on vise

à avoir le maximum de retour sur l'investissement, qui est en fait une

subvention, là. C'est une subvention qui est donnée à même les revenus du capital qui est mis chez nous, et qui

fructifie, et dont les intérêts sont donnés aux entrepreneurs.

Les critères du

déploiement du capital, si c'est... C'est bien votre question?

M. Lamontagne :

Bien, en réalité, moi, c'est plus au niveau des retombées. Moi, je regarde dans

mon petit village, là, honnêtement, ça ne va pas bien, là.

M. Côté

(Pierre Gabriel) : Bien, les retombées en tant que telles, on les

mesure, on les mesure en fin d'année, c'est

même chose que pour les autres projets. En fin d'année, on va voir chaque

projet, on... Est-ce que ça a maintenu ou sauvé des emplois? Et, cette

année, à date, là, la statistique, c'est qu'on a fait 247 transactions

avec nos capitaux qui venaient du immigrants

investisseurs. Dans toutes les régions du Québec, on a déployé

35 millions, et ça a donné, bon an, mal an, à peu près 1 200 emplois

qui ont été maintenus ou sauvegardés. Donc, on le mesure, c'est ségrégué dans

nos statistiques et, dans notre rapport annuel, ça s'y retrouve à chaque année.

Le Président

(M. Cousineau) : D'accord. M. le député de Johnson, il

vous reste deux minutes.

M. Lamontagne :

Merci. Je vous donnerai de l'information pour enquêter si ça fonctionne bien

dans mon petit village, leur programme.

Dernière question que je vais vous

demander : Dans votre nouveau plan cette année... Dans le plan d'avant, il

y avait un objectif que vous aviez, que

c'était de contribuer à maintenir la propriété québécoise des entreprises, puis

là on ne le retrouve pas cette année, à moins que j'aie mal lu. Y a-tu une

raison?

M. Côté

(Pierre Gabriel) : Il est dans une portion du plan. Je vais vous trouver

la page rapidement. Mais on en a fait,

nous, comme d'habitude, un élément important, parce que chez nous... — on me glisse à l'oreille «page 18», M.

le député. Et pourquoi on fait ça, c'est

qu'en région, bon an, mal an, on fait à peu près une centaine d'interventions

de relève, des petites, des moyennes,

et on investit, bon an, mal an, à chaque année, une centaine de millions. On ne

parle pas des grands projets, mais on

parle de partout en région, des projets de relève, on en a une centaine par

année. Donc, le maintien des centres décisionnels et soutien à la

relève, c'est un élément important de notre mission.

Et, bien

entendu, on le sait tous, la statistique le dit, 40 % des chefs

d'entreprise vont être en relève prochaine, là, puis ça nous appelle à être proactifs puis à aller voir ces gens-là,

avant qu'ils aient des décisions importantes à prendre, pour les

soutenir, pour garder ces entreprises-là au Québec.

Président (M. Cousineau) : Alors, merci. Ça termine ce

bloc. Nous allons passer maintenant à un représentant ou une

représentante du parti ministériel pour les 20 prochaines minutes. Mme la

députée de Fabre.

Mme Sauvé : Merci,

M. le Président, Mme la ministre, collègues. Alors, je vais profiter de ce temps qui m'est alloué

pour parler de l'économie sociale. C'est un vecteur important pour le

développement de notre économie au Québec, et j'étais très heureuse d'entendre

la ministre, dans son introduction, parler de ce souhait de reconnaître

l'action des organismes qui sont liés à l'économie sociale.

Je vais vous

faire un propos pour un peu s'approprier davantage l'action des organismes

d'économie sociale, mais tranquillement

je vais me diriger vers l'annonce qui a été faite par la ministre au mois de mars,

donc tout récemment, pour le renouvellement

de l'entente de partenariat avec le Conseil québécois de la coopération et de

la mutualité pour stimuler le développement des coopératives.

Alors, dans

un premier temps, les entreprises d'économie sociale, ce sont les coopératives,

ce sont les mutuelles, ce sont les

organismes à but non lucratif. Il y en a 7 000, M. le Président. Donc, on a 7 000 entreprises d'économie sociale au Québec, et, parmi

elles, il y a à peu près 3 300 entreprises d'économie sociale.

Le chiffre

d'affaires. Très important et très impressionnant comme chiffre. De 2002 à maintenant, le chiffre d'affaires des

entreprises d'économie sociale a doublé. On est passé de 17 milliards à

33,4 milliards, donc c'est très,

très impressionnant. C'est

150 000 personnes qui travaillent dans les entreprises d'économie

sociale. Et moi, je vous dirais... Puis

je vais me permettre de vous dire mon appréciation un peu personnelle, parce

que j'y crois beaucoup, je connais bien ce secteur-là et j'ai été

sur le conseil d'administration d'une entreprise d'insertion pendant plusieurs

années.

Quand on regarde la mission des organismes d'économie

sociale, il y a cette dualité, M. le Président, entre, évidemment, l'activité

économique et la mission sociale. Et je vous dirais que je suis très admirative

de cet équilibre, qui peut sembler

fragile, de rendre une entreprise productive, concurrentielle tout en

accompagnant les personnes dans un mieux-être,

dans une mise en mouvement parfois vers l'employabilité, parfois vers une citoyenneté

plus active. Alors, c'est un équilibre qui n'est pas simple, mais les

entreprises d'économie sociale y arrivent de façon extraordinaire.

Alors, à Laval, il y a des entreprises

d'insertion. Il y en a une, la firme Jeunes au travail, à qui je pense, que je connais très bien, qui s'occupe des jeunes

décrocheurs et qui fait un travail formidable. Il y a bien sûr l'Atelier de tri

matières plastiques, qui a d'ailleurs

gagné un prix de la chambre de

commerce il y a quelques années. Il y

a aussi — je

ne veux pas en oublier — évidemment, Textil'Art, qui recycle donc le textile en des produits très, très

créatifs. Alors, elles ont chacune, ces entreprises, leur propre créneau

et elles contribuent vraiment au mieux-être des personnes.

Évidemment,

je dois parler d'une coopérative, parce que je veux en venir à ça, la

Coopérative de soutien à domicile, à

Laval, qui est un de nos fleurons, je dois le dire, et qui a été initiée au

départ par les quatre CLSC du territoire de Laval. La coop de soutien à domicile a

été nommée coopérative de l'année en 2001.

En terminant

sur mon petit portrait un peu fier de Laval, je vous nommerais la concertation

entre ces organismes-là. Il y a une

table qui existe, qui est le pôle régional d'économie sociale, où il y a ces

réflexions, cette vision et ce partage aussi des bonnes pratiques entre

chacune des organisations.

Alors, écoutez,

il ne faut pas mettre de côté l'importance des organismes d'économie sociale,

ils contribuent. Ils contribuent de

façon économique, ils contribuent à l'essor des communautés et ils contribuent

à l'évolution des personnes pour la qualité de leur vie

de façon très, très générale.

Il y a eu ce

plan d'action là qui, en mai 2015, a été lancé par le gouvernement, un plan d'action, donc, quinquennal, 2015-2020. C'est 20 mesures, c'est 100 millions, c'est

20 ministères qui ont été consultés pour son élaboration et c'est six objectifs. Alors, je me dirige tranquillement

vers l'annonce qui a eu lieu au mois de mars pour vous dire que, dans le

cadre de ce plan d'action, dans les six

objectifs, le premier, qui est d'outiller les entreprises d'économie

sociale, bien, il y a eu le

renouvellement de ce partenariat-là au

niveau... bien, en fait, dans un objectif de développement des

coopératives. Alors,

en fait, c'est 20 millions au Conseil québécois de la coopération et de la

mutualité pour soutenir la mise en oeuvre du Plan stratégique des réseaux coopératifs. Alors, c'est fort

important, cet objectif-là, et j'entends bien la reconnaissance de

l'action en économie sociale, j'entends bien le renouvellement de l'entente.

Ma question à

la ministre est la suivante : Avec le renouvellement de cette entente,

comment, concrètement... — je commence à être un petit peu fatiguée, la voix manque,

M. le Président. Alors, comment, concrètement, donc, ce renouvellement d'entente va pouvoir stimuler et peut-être, évidemment,

on le souhaite, augmenter le nombre de coopératives au Québec? J'y suis

arrivée. Un petit peu d'eau.

Le Président (M. Poëti) :

Alors, Mme la ministre, la parole est à vous.

Mme Anglade :

Merci. Alors, peut-être, d'abord dire que l'économie sociale, comme ça a été

mentionné, représente un secteur

d'activité extrêmement important. Il y a 7 000 personnes qui oeuvrent

dans ce domaine... 7 000 entreprises,

pardon, qui oeuvrent dans ce domaine, donc, générant près de 33 milliards

de dollars en termes d'impact

économique. Donc, c'est extrêmement important de miser sur l'économie sociale

pour un certain nombre de raisons. Je

le dis souvent, la croissance économique, ce n'est pas uniquement une

croissance économique, c'est une croissance

sociale. Un va avec l'autre, et c'est pour ça qu'on ne peut pas penser en

termes économiques sans penser en termes sociaux, d'où l'importance

accordée dans le budget du gouvernement pour l'économie sociale.

Il faut

remarquer qu'au Québec nous avons une particularité, on est arrivés à avoir un

équilibre. Les inégalités sociales,

bien qu'elles existent, il ne faut pas le sous-estimer, elles existent au

Québec, elles sont moindres que ce qu'on retrouve dans les autres régions du Canada. Donc, on a réussi à avoir

une société, somme toute, assez égalitaire. Mais l'aspect social est

important.

Puis, vous

savez, moi, je suis députée de Saint-Henri—Sainte-Anne, et, dans Saint-Henri—Sainte-Anne, il y a des familles qui vivent avec beaucoup de pauvreté et puis il y a

également des gens qui ont beaucoup d'argent. Les écarts sont importants. Donc, trouver cet équilibre entre

les plus riches et les moins riches n'est pas facile, et l'économie sociale nous permet une voie de passage.

Elle permet une voie de passage, et on est admirés, d'un point de vue

international, pour ça, d'ailleurs en

témoigne le Forum mondial de l'économie sociale qui va avoir lieu ici en

septembre pour une première fois. Ça

témoigne de l'intérêt que les gens nous portent quand ils regardent le travail

que l'on fait en économie sociale.

Ce que

l'annonce qui a été faite permet d'amener, c'est de miser sur des innovations

sociales, c'est de miser sur des initiatives

qui sont porteuses d'espoir, c'est sûr, mais porteuses de résultats tangibles

également. Donc, avec les mesures que l'on

amène, ce qu'on tente de faire, c'est d'identifier là où on se démarque

particulièrement et le déployer davantage dans d'autres régions ou dans

d'autres initiatives, et c'est ce que nous voulons faire avec ces initiatives.

Quelques

commentaires additionnels que j'aimerais faire. D'abord, lorsque l'on parle

d'économie sociale, on inclut évidemment

les coopératives. Et une autre valeur ajoutée aux coopératives, c'est bien sûr

le fait qu'elles sont complètement ancrées

dans leurs communautés, et donc, par conséquent, c'est les gens qui se prennent

en main. Il y a une espèce de prise de

conscience collective lorsque l'on parle de coopératives, et ça fait en sorte

aussi que ce sont des sociétés qui ne sont pas très... difficilement délocalisables, puisque ce sont des gens qui

se sont mis ensemble pour soutenir une communauté, pour développer des

services.

Alors,

lorsque l'on regarde l'ensemble de l'assiette de l'économie, avoir un volet

d'économie sociale, ça représente un

peu la diversification dont on a besoin, mais aussi l'ancrage au niveau de

l'économie de manière plus large.

Donc, ce que l'on souhaite faire, c'est poursuivre dans cette veine et

poursuivre dans des domaines bien spécifiques. Vous avez mentionné tout

à l'heure un exemple à Laval. Un des domaines où il y a le plus d'opportunités

en termes d'économie sociale, c'est bien sûr

l'accompagnement des personnes âgées pour qu'elles restent à domicile le plus

longtemps possible. C'est un secteur

qui est en pleine croissance, c'est un secteur qui répond à un besoin criant,

besoin urgent de la population avec notre

vieillissement et c'est également une opportunité pour les gens qui veulent

être dans le domaine coopératif.

Dernière

chose, parce qu'il faut quand même faire le lien avec l'entrepreneuriat, il y a

beaucoup de personnes qui oeuvrent

dans les coopératives, et c'est également un bon moyen de développer la relève

entrepreneuriale à l'intérieur des coopératives.

Et, dans un contexte où il va y avoir beaucoup d'entreprises qui vont changer

de mains, la relève entrepreneuriale que

l'on veut former, que l'on souhaite voir émerger, qui est déjà là jusqu'à un

certain point, bien, elle peut également exister à travers les coopératives. Ce sont de très, très bons outils

pour développer, justement, ces compétences et en profiter à terme. Alors, voilà pourquoi l'économie sociale

revêt une importance aussi particulière pour le gouvernement. Merci.

Le Président (M. Poëti) :

Merci, Mme la ministre. Le député de Laval-des-Rapides pour

9 min 17 s au total.

M. Polo :

Merci beaucoup, M. le Président. Je vais prendre la parole pour... Bien, en

fait, je vais commencer par faire une

mise en contexte, M. le Président, parce que je vais interpeller la ministre

sur l'annonce qu'elle a faite aujourd'hui sur le plan d'action, là, pour... le plan stratégique pour

Investissement Québec. Mais, avant tout, je vais parler de ma région, comme ma collègue de Fabre l'a fait juste avant

moi, de quelle façon notre région, au niveau économique, se distingue et

performe, pour utiliser un terme que je connais bien, également.

Ceci

dit, parce qu'on parle d'Investissement Québec... Et j'ai eu l'occasion de

rencontrer le directeur régional de

Laval-Laurentides d'Investissement Québec dans le passé, je comprends très bien

les actions qui sont posées sur le terrain.

J'aimerais tout d'abord commencer par vous expliquer que, bon, Laval,

malheureusement, et on fait un grand travail à ce niveau-là, au niveau politique, là, pour faire rayonner Laval

encore plus, mais malheureusement, bien souvent, à cause de la proximité géographique avec Montréal et

souvent... passe un peu des fois sous le radar, mais c'est quand même

une population de

420 000 personnes, qui croît à tout près de 7 %, ce qui est

presque le double de la croissance démographique pour l'ensemble du Québec, ce qui a un impact, justement, sur le

développement économique qui est fait sur le territoire lavallois. C'est un territoire où nous accueillons

de plus en plus de nouveaux arrivants, également, ma collègue de Fabre a

eu l'occasion de travailler directement avec eux dans le passé. Mais également

c'est un impact direct aussi de par ce dynamisme économique qu'on voit à

travers l'ensemble des 10 000 à 11 000 entreprises sur le

territoire lavallois, un dynamisme économique qu'on voit également au niveau de

l'entrepreneuriat.

Vous

avez parlé également de l'entrepreneuriat, Mme la ministre, brièvement. Je sais

que ce n'est pas votre mandat. On a

notre collègue responsable des PME, avec qui j'ai eu l'occasion de faire les

crédits hier matin, qui en a parlé. Mais ce qui est intéressant au niveau de l'entrepreneuriat — puis ma collègue de Fabre a travaillé

pendant presque 20 ans au carrefour jeunesse-emploi, qui a aussi un

mandat au niveau de l'entrepreneuriat — c'est que, par exemple, au

niveau des clientèles comme les jeunes, les

clientèles des nouveaux arrivants, c'est des clientèles qui stimulent

grandement ce désir d'entreprendre, ce souhait de se lancer en affaires,

d'être autonomes, d'être indépendants économiquement parlant — je

rassure mon collègue de Sanguinet à ce niveau-là. Mais ce qui est intéressant,

c'est que je vais faire un lien avec une

étude de la Fondation de l'entrepreneurship, qui a été faite sur le territoire

lavallois, qui a été publiée il y a de cela

deux ans et qui parlait justement de quelle façon l'indice entrepreneurial des

jeunes et des clientèles immigrantes à Laval

était, en fait, le triple des natifs. Et c'est très encourageant pour nous de

voir, justement, ce grand potentiel, ce grand bassin d'innovation, de

personnes qui souhaitent se lancer en affaires. Et là où le travail doit être

fait, et vous l'avez mentionné, vous,

également, c'est dans l'accompagnement, parce que c'est des personnes

nouvellement arrivées ou c'est des

jeunes qui n'ont pas encore des réseaux d'affaires établis, des mentors, des

conseillers, etc., pour, justement, bien les guider, bien les

accompagner, bien les conseiller dans leur cheminement à ce niveau-là.

Laval,

j'ai l'occasion à tous les jours, au quotidien, dans le cadre du travail que je

fais sur le terrain dans mon comté de

Laval-des-Rapides, de le voir, au niveau du parc industriel — la plus vieille

partie du parc industriel

est établie dans mon comté — est foisonnante de projets. Juste la semaine

dernière, j'ai eu l'occasion de participer au gala de la chambre de commerce de Laval, le gala Dunamis, voir de

quelle façon cette communauté d'affaires se mobilise justement pour

redonner et bâtir cette fierté lavalloise à ce niveau-là.

voit également de quelle façon, concrètement, les actions du gouvernement du

Québec, que ce soit au niveau économique,

que ce soit au niveau gouvernemental, stimulent ce développement économique.

J'ai juste à mentionner, par exemple,

la Place Bell, qui est en construction actuellement, où le gouvernement du

Québec s'est engagé pour 25 % du total

des 200 millions accordés ou estimés pour la construction de cet

amphithéâtre. J'ai moi-même également travaillé, de concert avec la

ministre, l'ancienne ministre de la Culture, sur les rénovations des infrastructures

culturelles et artistiques dans la salle

André-Mathieu à l'automne dernier, une intervention sur un projet d'à peu près

3 millions de dollars, directement, également au niveau de mon

comté.

Principaux

employeurs également, c'est une fierté des Lavallois, que ce soit Provigo,

Multi-marques, Costco, le Groupe

Hexagone, anciennement Simard et Beaudry, mais également Alimentation

Couche-Tard. Et aussi mes collègues et moi

avons fait une annonce régionale en concert ou, si on peut dire, synchronisée

avec la ministre responsable des PME pour

annoncer les quatre plus récentes entreprises des PME PerforME, et nous sommes

rendus à huit sur un total d'à peu près 60 au niveau national. Nous

sommes rendus à huit à ce niveau-là.

qui est très intéressant, Mme la ministre, au niveau économique, au niveau de

la mise en contexte, c'est que l'ensemble

de ces interventions-là se font de concert entre les différents acteurs sur le

territoire : anciennement le CLD de Laval, qui est aujourd'hui, maintenant, intégré au service économique de

la ville de Laval, et également, et je pense que ça va être annoncé prochainement si je ne me trompe pas, le service de

soutien aux exportations, et on va avoir l'occasion de parler d'exportation un peu plus tard, je suis

convaincu, vous en avez déjà parlé également, mais le service de soutien

aux exportations, l'ORPEX, l'organisme

régional de promotion des exportations, est également intégré au service

économique de la ville de Laval à ce niveau-là.

Tout

cela pour vous dire que je pense qu'on a un bilan, on a des actions sur

lesquelles nous pouvons être fiers, être

fiers comme membres du gouvernement, comme collègues, mais également être fiers

pour, justement, cette croissance économique

pour la région. Et l'annonce que vous avez faite aujourd'hui va dans cette

direction-là, va dans la direction, justement,

de favoriser ce meilleur accompagnement, de favoriser, justement, cette prise

d'initiative ou ce leadership que doit

assumer, avec votre vision, avec votre soutien, Investissement Québec au niveau

des régions, à ce niveau-là, et même combler,

jusqu'à un certain point... et mon collègue de Johnson va sourire lorsque je

vais le mentionner parce qu'il le fait et

l'an dernier il l'a fait également, mais combler un peu le manque, si on peut

dire, cette faille du travail que les CLD devaient accomplir sur le terrain, des failles qui ont été, en fait,

répertoriées par le Vérificateur général l'an dernier dans leur rapport au mois de mars 2015, ce travail

qui devait être accompli sur le terrain pour accompagner nos

entrepreneurs, que ce soit la mauvaise

utilisation des fonds locaux d'investissement, que ce soit la sous-utilisation

des FLI pour stimuler l'entrepreneuriat en région. Et je pense qu'à ce

niveau-là le plan stratégique que vous avez annoncé aujourd'hui avec M. Côté démontre justement ce souhait, pour

une institution comme Investissement Québec, de prendre pleinement sa

place sur le territoire.

Donc, je ne sais pas

combien de temps...

Le Président

(M. Cousineau) : Il vous reste 1 min 32 s.

M. Polo :

Je vais peut-être, à ce moment-là, plutôt que d'avoir à contraindre la ministre

à répondre à l'intérieur d'une

minute, reprendre la minute qu'il me reste sur le prochain bloc, puis là, à ce

moment-là, je terminerais, puis la ministre pourra, à ce moment-là,

élaborer sur la question d'Investissement Québec et le plan stratégique.

Président (M. Cousineau) : Nous, on met ça en banque, mon

cher ami.

M. Polo :

Merci beaucoup, M. le Président.

Président (M. Cousineau) : Merci. Alors, merci. Donc, je

passerais au bloc suivant. Est-ce que vous aviez une question? Oui, Mme

la ministre.

Mme Anglade :

Est-ce qu'il y a moyen de suspendre pendant trois minutes?

Le Président

(M. Cousineau) : Absolument, Mme la ministre, ça va me

faire plaisir.

Mme Anglade :

Oui? Trois minutes, puis je reviens tout de suite.

Le Président

(M. Cousineau) : Sur le temps du gouvernement,

effectivement. Alors, nous allons suspendre trois minutes.

Mme Anglade :

Trois minutes. Merci. Je vous reviens.

(Suspension de la séance à

16 h 44)

Président (M. Cousineau) : Donc, nous reprenons nos travaux. M. le député de Sanguinet,

vous avez donc 20 minutes sur votre bloc. Débutez.

M. Therrien : Oui, merci, M. le Président. Je reviens à mon

intervention, à la dernière intervention que j'avais faite, et vous devinez que c'était sur les

exportations. Je voudrais vous entendre là-dessus. Vous avez parlé, à un moment donné, dans votre laïus de

départ, que c'est important, les exportations, puis j'en suis convaincu aussi. Par

contre, évidemment, le commerce extérieur appartient à votre ministère, mais il

faut comprendre aussi que le ministère des Relations internationales est un

appui évident, là, tu sais. Est-ce que vous êtes d'accord avec ce que je vous

dis là?

Le Président

(M. Cousineau) : Mme la ministre.

Mme Anglade :

C'est un appui, oui, mais les exportations relèvent définitivement de mon ministère.

Le Président

(M. Cousineau) : M. le député.

M. Therrien : Je suis d'accord. On s'entend. Mais, tu sais, on

peut s'entendre aussi sur le fait que les délégations puis les bureaux

vont aider les exportateurs éventuellement, peuvent aider.

Mme Anglade :

Jusqu'à un certain point, oui.

M. Therrien :

Oui? O.K.

Mme Anglade :

Jusqu'à un certain point, oui.

M. Therrien : O.K. Je regarde à la page 82 du budget

des dépenses, crédits des ministères et organismes, je vois qu'en 2015-2016 vous aviez prévu 25 056 000 $ pour les exportations, et, pour

2016-2017, c'est 25 009 000 $. Ça veut dire qu'il y aurait une légère diminution d'une

quarantaine de mille de dollars. Est-ce que vous me suivez, Mme la

ministre? Est-ce que vous me suivez?

Mme Anglade :

Oui, bien, je vous suis pour le 25 056 000 $, parce que je crois

qu'il est dans le livre des... Vous regardez le livre des crédits, mais,

dans le budget pour 2016-2017, on a un total qui se compare à ça, de

32 millions.

M. Therrien :

32 millions au lieu de 25 millions?

Mme Anglade :

Au lieu de 25. Bien, en fait, 2017-2018, mais ça, c'est des prévisions, oui.

M. Therrien :

O.K. Et d'où vient cette augmentation-là pour... Aidez-moi, là. Pourquoi on ne

le voit pas dans les crédits du ministère? Juste pour savoir, là, c'est

quoi, la différence?

Mme Anglade :

Alors, ce que je comprends, c'est que ça a été annoncé au budget et que ça

s'ajoute aux crédits qui avaient été déposés plus tôt. C'est ça?

Mme Anglade :

Oui, c'est ça, qui ont été déposé la même journée, mais ça s'ajoute dans les...

Parce que le ministre des Finances a

annoncé des ajouts, donc c'est pour ça que ça ne paraît pas dans le livre des

crédits. Mais, quand on regarde dans

le budget, si vous regardez le détail du budget, il y a des montants

additionnels qui ont été mis et qui permettent d'arriver à un budget

final de 32 millions de dollars pour le commerce extérieur pour 2016-2017.

M. Therrien :

Donc, c'est 7 millions de plus.

Mme Anglade : C'est bien ça,

c'est bien ça.

M. Therrien :

O.K., puis c'est... 7,5, O.K., on s'entend là-dessus.

Mme Anglade : On s'entend

là-dessus.

M. Therrien :

Bon, je suis content de voir ça, parce que, là, je voyais qu'il y avait un gel

ou même pire qu'un gel, une

diminution, légère diminution. Par contre, on sait déjà que des bureaux de

Taipei, Santiago, de Moscou sont fermés, il y a eu des compressions à Berlin, Washington, Atlanta. Là, je parle

des budgets... de ce qui a précédé cette année, là. Déjà, le MRI a été coupé, là, assez fortement.

C'est un des ministères qui a écopé le plus de l'austérité libérale, là.

Et, quand je regarde à la page 152, je

m'aperçois qu'on va passer cette année de dépenses de 47 millions à

39 millions, ça veut dire une diminution de 15 % dans les

représentations du Québec à l'étranger.

Alors, moi,

je me demande... Tantôt, tu sais, moi, je m'étais enligné pour dire :

Bien, il y a un gel au niveau du commerce

extérieur, mais il y a une diminution dans cet aspect-là qui... Écoutez, il

faut l'avouer, là, je veux dire, c'est une contribution au commerce

extérieur. Et là, avec l'information que vous me donnez, finalement, une

augmentation de 7 millions dans votre

poste à vous, mais une diminution de 7 millions de l'autre côté, est-ce

que c'est une bonne façon de stimuler les exportations? Vous pensez que

vous allez réussir à stimuler les exportations de cette façon-là? Je ne le sais

pas, là, j'ai...

Mais là, tu

sais, vous m'avez donné un 7 millions de plus... Je vous crois sur parole,

là. Le 5... ou 7 millions de plus,

mais vous pensez que c'est suffisant pour atteindre les objectifs? Parce que,

là, vous... Considérez que le taux de change

a augmenté, donc il y a un effet négatif qui va arriver, là, qui est probable,

qui va arriver bientôt. Là, tu as l'effet en J, là, dans les exportations, ça veut dire que ça prend un laps de temps

avant que les exportations soient influencées par un mouvement du taux de change, là, il y a comme un

délai. Alors, vous pensez que vous allez stimuler les exportations à peu

près en ayant, à peu près, le même budget, là, et une augmentation du taux de

change qu'on a vue?

Le Président (M. Cousineau) :

Mme la ministre.

Mme Anglade :

Parfait. Répondre rapidement sur le taux de change, c'est sûr qu'à chaque fois qu'on

a un dollar plus faible, ça stimule les

exportations, mais, inversement, c'est plus difficile de faire des achats pour

améliorer la productivité. Donc, lorsque le taux se rapproche de la parité,

c'est à ce moment-là que, peut-être, ça devient plus difficile pour les exportations, mais ça nous favorise, à ce moment-là,

pour des achats de matériel. Alors, moi, je pense qu'il ne faut pas baser

une politique économique en fonction d'un taux de change qui varie, je pense

qu'il faut regarder de manière plus large

les fondamentaux, et les fondamentaux sont dans les investissements que l'on

fait dans les entreprises.

Maintenant,

pour votre question spécifique par rapport au MRI, d'abord vous dire que, dans

les changements qui ont été effectués au niveau du ministère des

Relations internationales, il n'y a pas eu de coupe auprès des employés

commerciaux. Donc, le nombre d'employés commerciaux a été maintenu, de un.

De deux, je

pense que, lorsque l'on parle d'exportation, ce qui est vraiment à privilégier

en matière d'exportation, au-delà du

géographique, c'est le géographique et le sectoriel. Et, de plus en plus, les

approches en matière d'exportation visent

à faire des exportations d'un point de vue sectoriel. Lorsque l'on regarde nos

entreprises, ce qui est important pour

elles... C'est sûr que c'est un avantage que d'avoir une personne sur le

terrain de l'autre côté qui est capable de regarder ce qui se passe, c'est certain, mais, de manière

encore plus fondamentale, c'est d'avoir une stratégie très ciblée

géographiquement, sectoriellement qui

te permet d'être beaucoup plus pointu et de miser sur des marchés très clairs.

Alors, je pense que, dans les

stratégies d'exportation que l'on va mettre de l'avant, justement, dans les

prochains mois, ce que vous allez voir, c'est que cette matrice-là,

c'est elle qui va être déterminante p

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCET 2016-04-14
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cet-41-1 journal-debats CET-160414
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier9ac27fbe37c70994a0aa7d38083d66ff9fb65aed

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