House Proceedings — 29 October 2014 (41st Legislature, 1st Session)
2014-10-29
Quebec — Debates (Hansard)
En terminant,
je tiens à souligner l'excellente conférence de M. Raynald Doyon, à qui
j'ai remis une Médaille de l'Assemblée nationale. Fondateur et président-directeur général de
Systèmes Stekar de Beauceville, M. Doyon représente, pour la communauté
beauceronne, un exemple éloquent d'un homme d'affaires persévérant, audacieux,
visionnaire et déterminé. Les CLD en région, ce sont des créateurs de
richesse incontournables. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci à vous, M. le député de Beauce-Nord. Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Simard : Merci, M. le Président. Alors, le Centre d'études collégiales
en Charlevoix célèbre cette année son
20e anniversaire. Sa création est née d'une volonté populaire et de la
détermination des citoyens pour l'obtention d'un centre de formation supérieure. Au fil des ans, le centre est devenu un
acteur de premier plan en éducation et un moteur de développement économique pour Charlevoix. Il permet à nos jeunes d'y
poursuivre leurs études collégiales et d'espérer demeurer par la suite
en région.
Depuis
20 ans, le CECC accueille chaque année plus de 200 étudiants. Il
offre une formation préuniversitaire, technique
et continue de qualité qui s'efforce de répondre aux besoins de la
main-d'oeuvre locale et constitue une fierté régionale.
Je tiens à
souligner la compétence, la disponibilité, l'écoute et le dévouement du
personnel et de la direction, qui ont
à coeur la réussite. J'en profite aussi pour saluer un groupe d'étudiants du
CECC présents parmi nous. Ces derniers bénéficient au centre de mesures
incitatives de formation et d'un environnement d'études invitant et stimulant.
Bon 20e anniversaire, et merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée. M. le député de Rimouski, je vous cède la parole pour votre
déclaration.
LeBel : Merci, M. le Président. Chers collègues, j'ai rencontré
récemment les gens de mon carrefour jeunesse-emploi. J'aimerais
souligner leur travail exceptionnel.
Les CJE ont
été créés par l'État québécois et les partenaires régionaux pour répondre aux
besoins spécifiques des jeunes Québécois selon leur région. Partout à travers
le pays, on peut trouver des équipes dynamiques qui travaillent de façon acharnée chaque jour pour améliorer les
conditions de vie des jeunes et pour leur donner toutes les chances possibles
pour qu'ils puissent trouver leur place dans la société.
Les CJE sont des partenaires incontournables.
Ils contribuent au développement régional et économique des régions, ils sont également des ressources pour
les employeurs. Je crois profondément que les carrefours doivent continuer
à accueillir tous les jeunes qui en ont
besoin. Comme société, on ne peut pas en laisser tomber aucun. Pendant des
années, les CJE ont développé une
expertise avec les jeunes. Ils sont une référence, ils sont reconnus partout.
C'est un modèle qui a fait des preuves au Québec et qui nous rend fiers.
Permettez-moi
de dire merci à tous les intervenants et intervenantes du Carrefour
jeunesse-emploi de Rimouski-Neigette.
Ce sont des gens engagés, sensibles aux réalités des jeunes de ma région. Leur
travail est essentiel au travail de mon coin de pays. Je souhaite qu'on
leur laisse leur bon travail faire. Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci, M. le député de
Rimouski. Merci pour cette déclaration. M. le député de Saint-Maurice.
Giguère : Merci, M. le Président. En tant que député de Saint-Maurice,
je tiens à informer toute la population de la Mauricie que se tient
aujourd'hui le premier Salon de l'emploi, formation et de l'entrepreneuriat à
Shawinigan, organisé par le centre local de
développement. Regroupant plusieurs partenaires, dont Emploi-Québec, cet
événement rassemble plus de
51 exposants, soit des employeurs, des ressources en employabilité afin
d'optimiser votre stratégie de recherche
d'emploi, des centres et établissements de formation afin de vous informer sur
les différents programmes et des ressources en entrepreneuriat pour
favoriser le démarrage d'entreprise.
C'est avec un
grand plaisir que j'invite toute la population du Québec à y participer. Le
salon de l'emploi, c'est plus de
750 emplois disponibles et à découvrir à Shawinigan. Pour consulter les offres d'emploi, vous pouvez
visiter le site Internet emploiquebec.ca. Bienvenue chez nous!
Le Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député de Saint-Maurice. M. le
député de Rivière-du-Loup—Témiscouata,
à vous la parole.
D'Amour : Alors, vous me
permettrez, M. le Président, de revenir sur un événement qui s'est tenu chez
nous, au Témiscouata, du 8 au 24 août
dernier, soit le cinquième Congrès mondial acadien. L'événement, qui vise à réunir la diaspora acadienne
et la faire connaître, avec sa culture, ses traditions, s'est donc déroulé sur
le territoire appelé L'Acadie des terres et forêts, situé au Nouveau-Brunswick, sur le territoire du Maine aux États-Unis
et au Témiscouata, dans ma circonscription.
M. le Président, durant 17 jours, c'est 50 000
visiteurs et congressistes reçus chez nous… généré donc 500 000 entrées
aux trois grands rassemblements. Ce fut 120
rencontres de famille, 400 activités communautaires, colloques et conférences
qui ont eu lieu dans 50 communautés.
Imaginez l'ampleur d'une telle organisation. Le président du comité
organisateur était M. Émilien Nadeau,
de la ville de Dégelis, et, à la direction générale, on retrouvait M. Léo Paul
Charest, et ce sont 5 000
bénévoles qui, à un moment ou à un autre, sont intervenus dans la tenue de cet
événement, qui s'est traduit par un succès absolument grandiose. Alors,
je tiens à féliciter l'ensemble de cette organisation. Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député.
Mme la députée de Soulanges, pour votre déclaration.
Charlebois : Merci, M. le Président. Aujourd'hui, je tiens à
souligner le 40e anniversaire de la Fédération des familles d'accueil et des ressources intermédiaires du Québec. Fondée
en 1974, la fondation regroupe plus de 2 000
familles d'accueil réparties dans 11 régions. Depuis 40 ans, elle joue un rôle
essentiel pour soutenir et représenter ces
importantes ressources, et «importantes», M. le Président, est un mot faible
quand on connaît leur apport au mieux-être et au développement d'une grande part des quelque 7 000 enfants au
Québec qui vivent actuellement au sein d'une famille d'accueil. La fédération défend ces ressources,
soutient leur engagement auprès des enfants et oeuvre à améliorer leurs conditions d'exercice. Aujourd'hui, j'aimerais, au
nom de toutes ces ressources et des milliers d'enfants à qui son travail
profite, dire un grand merci à la Fédération des familles d'accueil et des
ressources intermédiaires du Québec et lui souhaiter un joyeux 40e
anniversaire. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la députée de Soulanges.
Enfin, M. le député de Bourget, vous avez l'honneur de clore cette période de
déclarations. À vous la parole.
Kotto : Merci, M. le Président. Je veux dire qu'avec le décès
récent de Mme Ghila Sroka le Québec a perdu une grande intellectuelle, une voix forte et passionnée parmi celles qui
croient à une société québécoise à la fois inclusive et respectueuse de sa diversité. Née en Israël,
elle découvre le Québec, dira-t-elle, en écoutant Monique Leyrac chanter
Nelligan. En 1981, elle s'établit à Montréal
en choisissant la langue française et la culture québécoise, dont elle se fera
une ardente protectrice. Journaliste
engagée, elle fonde la revue Tribune juive , qui célèbre, cette année,
son 35e anniversaire. Mme Sroka se
définissait comme une Juive athée, une intellectuelle de gauche et une
polémiste. Pour celles et ceux qui l'ont
connue, elle était surtout une formidable porte-parole de ce vivre-ensemble qui
fait la beauté, la force et la réputation du Québec. Nos plus sincères
condoléances à sa famille et à tous ses proches. Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Bourget, pour cette déclaration. Voilà qui met un terme à la rubrique
Déclarations de députés.
Et je suspends les
travaux de l'Assemblée quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 56)
Le Président :
Alors, MM. les députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Le Président :
Est-ce qu'on vous dérange?
Le Président :
Non, on ne vous dérange pas. On ne vous dérange pas? O.K.
Nous
poursuivons les affaires courantes. Aujourd'hui, il n'y
a pas de déclarations ministérielles ni présentation
de projets de loi.
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui, M. le Président. Je vous présente le député de Chauveau, qui nous quitte à l'instant. Il nous fait
plaisir de déposer la réponse du gouvernement à la pétition déposée par le député de Chauveau, justement,
le 7 octobre 2014.
Président : Alors, ce
document est déposé. À la rubrique Dépôt de rapports de commission,
Mme la présidente de la Commission
de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles, et députée de Pointe-aux-Trembles.
Léger : Merci, M. le Président. Alors, je dépose le rapport de la Commission de l'agriculture, des pêcheries,
de l'énergie et des ressources naturelles, la CAPERN, qui, les 22, 23, 24, 27
et 28 octobre 2014, a tenu des auditions publiques dans le cadre de
consultations particulières sur le projet de loi n° 11,
Loi sur la Société
du Plan Nord.
Le Président :
Alors, ce rapport est déposé. À la rubrique Dépôt de pétitions, M. le député de
Masson.
M. Lemay :
…M. le Président, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale signée par 300 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
qu'en vertu des lois actuelles toute personne ayant un statut d'étudiant n'a
droit en aucun cas à l'aide financière de dernier recours — aide
sociale;
«Considérant
qu'en vertu des lois actuelles sur l'assurance-emploi toute personne ayant un
statut d'étudiant à temps plein n'a droit sous aucun prétexte à des
prestations d'assurance-emploi en raison de son statut d'étudiant;
«Considérant que,
actuellement, le programme
gouvernemental d'aide
financière aux études ne bénéficie réellement qu'à une minorité
d'étudiants en raison de la considération de la contribution parentale dans le
calcul de l'aide financière accordée;
«Considérant qu'en
cas de maladie, blessure ou autre condition médicale rendant inapte à l'emploi
pour une période significative beaucoup
d'étudiants se retrouvent ou se retrouveraient dans une situation financière
précaire en raison du manque de ressources pour obtenir une
alternative aux revenus d'emplois durant la période d'inaptitude au travail;
«Et l'intervention
réclamée se lit ainsi :
«Nous,
citoyens et citoyennes du Québec, demandons au gouvernement du Québec
de changer la loi actuelle afin que
toute personne ayant un statut d'étudiant soit admissible, en cas de maladie,
blessure ou autre condition médicale rendant cette personne inapte au travail pour une période de temps
significative, à l'obtention de prestations d'aide sociale, sous
condition qu'un rapport médical attestant son inaptitude à l'emploi appuie la
demande tout comme dans le cas d'une demande
à
titre de prestataire ayant des contraintes sévères à l'emploi. Nous demandons
également à ce que cette aide financière soit accordée pour toute la période
d'invalidité.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci, M. le Président.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
Il n'y a pas réponses
orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une question de droit ou de
privilège.
Nous en sommes donc rendus à la période de
questions et réponses orales, et je vais inviter M. le chef de l'opposition
officielle à débuter cette période.
Bédard : Merci, M. le Président. Pendant que le premier
ministre et son ministre du Développement économique, actuellement en Chine, nous tournent en ridicule, M. le
Président, on est en plein désordre ici. Le Parti libéral a concocté, avec l'appui de la CAQ, une attaque
frontale contre la politique familiale qui fait l'envie de bien des États à
travers le monde. Cette politique, elle a
des effets bénéfiques et concrets sur l'amélioration des conditions de nos
familles et de la petite enfance. On
apprend malheureusement aujourd'hui, par le biais des médias, que le
gouvernement libéral veut refiler une facture de 2 milliards de dollars
de tarifs ou autres aux Québécois, mais principalement aux familles québécoises. On sait que le président du Conseil
du trésor n'est pas un défenseur du réseau des services de garde. Il y a
plusieurs écrits qui confirment qu'il n'aime pas ce réseau des services de
garde.
Alors,
ce qu'on veut, par souci de… pas d'opacité, je vous dirais de transparence, M.
le Président, et comme on ne peut
entendre Mme Robillard et sa commission ici, à cette Assemblée, j'aimerais
savoir du gouvernement libéral et du président du Conseil du trésor s'il
entend imposer aux familles québécoises un impôt spécial pour ceux et celles
qui fréquentent le réseau des services de garde au Québec.
Le Président :
Mme la ministre de la Famille.
Charbonneau : Merci, M. le Président. Je ne
sais pas d'où... tient l'information des médias, mais une chose est
sûre, M. le Président, on se préoccupe
énormément du réseau qu'on a en ce moment. On s'en préoccupe tellement qu'on
se préoccupe autant des gens qui n'ont pas
de place que des gens qui en ont. Le réseau est grand, il est large, et il faut
être capable de le regarder dans ce
qu'il est capable de faire. En ce moment, on travaille pour plus de
performance, on travaille pour
optimiser les services, on travaille pour la qualité des services, M. le
Président, on travaille pour un développement harmonieux que les Québécois sont capables d'avoir au sein du Québec
d'aujourd'hui. Le réseau a 15 ans, M. le Président, on se doit de
s'arrêter, de le regarder, de l'étudier et de le rendre meilleur, car les
parents du Québec, c'est à ça qu'ils s'attendent :
un réseau performant, accueillant et surtout encore meilleur que celui qu'on a créé depuis 15 ans. Il a rendu les services qu'il devait rendre. Maintenant,
on le regarde et on le regarde avec l'ensemble de nos partenaires, pas juste avec un,
avec l'ensemble des partenaires.
Le Président : En terminant.
Charbonneau : Merci,
M. le Président.
Le Président : Première complémentaire, M. le chef
de l'opposition.
Bédard : Au lieu d'accuser le coulage, ce qu'il faut
avoir ici, c'est la bonne information. Ce qu'on apprend : même la commission
Robillard n'a même pas entendu l'AQCPE. Pas assez important, j'imagine, pour
qu'ils soient rencontrés dans le cadre de
cette supposée révision des services québécois. On veut mettre fin à
l'incertitude. Il y a de
la mobilisation qui se prépare, il y a des gens qui
vont être dans la rue.
Alors,
il y a actuellement préparation. L'idée d'imposer un impôt particulier, spécial
pour les familles qui fréquentent le réseau des services de garde, est-ce que
le ministre confirme ou non…
Le Président : Mme la ministre de la Famille.
Charbonneau : M. le
Président, les gens qui devraient être dans la rue, c'est les parents à qui on a promis des places, des places... qu'il n'y avait pas
d'argent au bout de ça pour faire ces places-là. C'est ces gens-là qui
devraient être dans la rue pour
dénoncer les promesses faites aux familles du Québec sans fonds et sans fondement. Au Parti libéral du Québec, on travaille pour
un service meilleur, pour un service augmenté et pour
des…
Le Président : Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard : Je comprends que le président du
Conseil du trésor refuse de se prononcer. Pourtant, à l'époque, on a plusieurs écrits où il attaquait les réseaux des
services de garde : Ce n'est pas payant
pour les Québécois, ça ne créait pas
d'emplois, disait-il. C'est
peut-être pour ça qu'il refuse de se lever. Ce qu'on
veut savoir… Pour lui, ce n'est qu'une dépense; pour nous, c'est
un outil formidable pour soutenir et développer la petite enfance puis les familles du Québec. Puis ce n'est pas très «moyenne
canadienne» pour lui non plus.
que je veux savoir aujourd'hui pour éviter
toutes les turbulences que nous vivons actuellement :
Est-ce qu'il confirme ou rejette l'idée d'un impôt spécial pour les familles
québécoises qui fréquentent un service de garde?
Le Président : Mme la ministre de la Famille.
Charbonneau : M. le
Président, la responsabilité des services de garde au Québec passe par le ministère de la Famille. C'est celui-ci
qui consulte, c'est celui-ci qui reçoit les propositions, et c'est nous-mêmes qui allons d'ailleurs accueillir une proposition de la commission. Et, quand
on va la recevoir, on va la regarder. Mais sachez que le premier ministre l'a dit :
Les décisions politiques se prendront par le politique et, pour le ministère de
la Famille, elles se prendront pour les familles du Québec. Merci, M. le Président.
Le Président : Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard : Alors, je
comprends aujourd'hui que le gouvernement fait le choix à nouveau de ne pas
écarter cette proposition malheureuse
pour les familles du Québec. Je pense que, personnellement, c'est un mauvais
choix. Puis
ce n'est pas un enjeu budgétaire, ce
n'est pas un enjeu de mise à jour économique, c'est un enjeu de société, et on
n'attendra pas le budget ou la mise à jour économique pour se faire imposer
des enjeux de société aux familles québécoises.
Alors,
dès maintenant, mettez cet enjeu, assurez-vous de consulter les partenaires et
d'être à livre ouvert, c'est ce que s'attendent
les familles du Québec, M. le Président.
Le Président : M. le leader du gouvernement.
Fournier : M. le Président, le
gouvernement a annoncé de façon très claire qu'il était important de redresser
les finances publiques, de relancer
l'économie. Redresser les finances publiques est une étape importante pour la
relance de l'économie. Et, dans cet
exercice-là, les Québécois comprennent très bien qu'on doit revoir l'ensemble
des postes de dépenses, l'ensemble
des ministères, l'ensemble des programmes, de la façon qu'ils sont faits. Et la
raison pour laquelle on doit le
faire, M. le Président, c'est que, la dernière
année où le Parti québécois a été au pouvoir alors qu'il nous disait
qu'il contrôlait les dépenses, ils ont tellement dépensé, M. le Président, que
nous sommes dans une position délicate maintenant. Je veux bien entendre les
hauts cris de l'ancien président du Conseil du trésor, mais son bulletin comme
président, on l'a ici, et c'est un fiasco, M. le Président.
Le Président :
En terminant... Principale, M. le député de Gaspé.
Lelièvre : M. le Président, depuis l'élection du nouveau gouvernement,
la fin des centres locaux de développement
a sonné. Après avoir coupé leurs budgets de 10 %, maintenant, on parle de
les abolir. Il y a plusieurs mois déjà
que nous tentons de faire comprendre au gouvernement l'importance des CLD pour
le développement local partout au Québec, et ce, tant dans les régions
urbaines que rurales.
D'autres
voix s'unissent désormais à nous. En effet, l'ex-vice-première ministre
libérale et ex-ministre des Affaires municipales,
Mme Nathalie Normandeau, critiquait, hier, le manque de vision du
gouvernement libéral, et je cite : «On a l'impression que le gouvernement ne fait vraiment pas confiance aux
régions. On a l'impression qu'on fait fi des 30 ans d'historique en développement [local et] régional,
30 ans d'apprentissage des citoyens en région.» Même l'ex-député libéral
de Gaspé, M. Mamelonet, en rajoutait, hier, en critiquant l'austérité libérale
nocive pour les régions.
Est-ce que le
ministre des Affaires municipales va écouter les conseils de son ancienne
collègue et arrêtera le saccage du modèle de développement local et régional au
Québec?
Le Président :
M. le ministre des Affaires municipales.
Moreau : M. le Président, j'ai l'impression... et je ne doute
pas des bonnes intentions de Mme Normandeau, qui a dévoué sa carrière au développement d'une région en particulier,
notamment la Gaspésie, mais je pense que là où nous sommes en désaccord, elle et moi, c'est qu'il ne faut pas confondre
la proie pour l'ombre. Et Mme Normandeau a fait une apologie ou une défense des structures qui existent. Pour nous, ce
qui est important, ce n'est pas la structure, c'est l'objectif qui est
poursuivi et celle du développement économique, celle du développement
économique en région.
Ceux que j'écouterai, M. le député,
c'est la Fédération québécoise des municipalités, M. le Président, qui nous
dit ceci du statu quo : «Si rien ne
bouge, la Fédération québécoise des municipalités appréhende à court terme un
empilement de planification
générateur de conflits, d'immobilisme et de dépenses publiques importantes,
considérant la dispersion des mandats
impartis par le gouvernement. Voilà une raison supplémentaire de consolider et
de renforcer les rôles des instances municipales par une vraie
gouvernance de proximité.»
le Président, ce que nous allons faire, nous allons le faire avec les gens qui
sont imputables en région : les maires, les préfets des municipalités régionales de comté. Nous allons faire le
développement économique avec ceux qui sont là pour les régions...
Le Président :
En terminant.
M. Moreau :
...par les régions et au bénéfice des régions du Québec, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Gaspé.
M. Lelièvre :
M. le Président, l'ex-ministre libérale n'est pas la seule. Hier, la chambre de
commerce de Rouyn-Noranda déplorait que le
premier ministre ait appliqué le programme électoral de la CAQ en utilisant les
méthodes des conservateurs de Stephen
Harper, soit le travail en vase clos et la centralisation des pouvoirs. Le
président de la chambre de commerce
rappelle même au gouvernement que les régions ne sont pas colonisées et doivent
avoir droit au chapitre.
Où est la
consultation des milieux? Pourquoi ce musellement de nos leaders locaux et
régionaux à travers l'ensemble du Québec? M.
le Président, pourquoi ces attaques à l'égard de l'ensemble des communautés
locales et rurales au Québec?
Le Président :
M. le ministre des Affaires municipales.
Moreau : M. le Président, on n'a pas attendu la période de
questions d'aujourd'hui. Depuis de nombreuses semaines, nous sommes en contact avec les gens du monde municipal, avec
l'Union des municipalités du Québec, avec la Fédération québécoise des
municipalités.
D'ailleurs,
je suggérerais au député de Gaspé de prendre contact avec le préfet de la MRC
du Haut-Richelieu, qui, lui, nous dit
qu'il a à coeur aussi le développement de sa région et qui nous dit de
continuer dans le même sens. Je lui
suggérerais de prendre contact avec le préfet
de la MRC de Montcalm, qui a à coeur le développement de sa région
et qui nous dit de continuer dans le même sens. Je lui dirais de prendre contact avec la présidente des chambres de commerce du Québec, qui nous
dit que le développement économique, à l'heure actuelle, c'est un capharnaüm en
raison de la multiplication des structures.
Le Président :
En terminant.
M. Moreau :
Nous sommes pour le développement, M. le Président, pas pour les structures.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Gaspé.
Le Président :
S'il vous plaît! M. le député de Gaspé est le seul à avoir la parole ici. M. le
député de Gaspé.
Lelièvre : M. le Président, on voit bien que la réponse du ministre fait fi de l'absence de vision de ce gouvernement à l'égard de l'ensemble des régions parce que la question
du développement local et régional ne relève pas strictement des élus, c'est connu depuis 40
ans. Je pourrai vous fournir différentes sources à cet effet-là et je pourrai
aussi vous faire rencontrer beaucoup de personnes qui vont dans ce sens-là.
M. le Président, les CLD ne signent pas uniquement des chèques. Qu'arrivera-t-il à l'expertise
développée durement au cours des 30
dernières années dans les communautés locales et régionales? Qu'arrivera-t-il
aux budgets, décentralisés par les leaders du milieu qui décidaient,
eux, de leurs propres besoins? Le gouvernement veut transférer...
Le Président :
M. le ministre des Affaires municipales.
M. Moreau : M. le
Président, j'inviterais le député
à lire les 3,8 millions raisons
de changer , que nous propose
la Fédération québécoise des municipalités.
En matière de développement économique, voici ce qu'ils disent : «La MRC doit être le porteur du développement économique local pour
assurer la cohérence des interventions de l'ensemble des acteurs du
territoire. La gouvernance de proximité offrirait aux MRC les outils et moyens
financiers nécessaires pour assurer leur
plein potentiel…» Ils ajoutent : «Les régions regorgent de talent. C'est
maintenant qu'il faut leur donner les moyens
d'agir. La [fédération] est mobilisée et prête à appuyer le gouvernement pour
amorcer les travaux en ce sens.»
Qu'attendez-vous pour
appuyer les élus locaux et régionaux?
Le Président :
Principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : Oui. M. le Président, le gouvernement du Québec
dépense 3 milliards de dollars par année en dépenses informatiques. Il y a une bonne
partie de ces
dépenses qui sont faites via des contrats à des firmes privées puis, quand
on regarde les trois plus grandes firmes
privées, c'est CGI, c'est LGS puis c'est Fujitsu. Donc, c'est ça, les trois
grandes firmes avec lesquelles deale le gouvernement.
Selon
plusieurs experts — je pense
avoir déjà entendu le président du Conseil du trésor le dire — dans certains cas, ce sont des bars ouverts et on a perdu le contrôle, donc il faut
revoir la stratégie entre ce qu'on donne à l'interne puis ce qu'on donne
à l'externe.
le président du Conseil du trésor a nommé comme grand patron de l'informatique
Jean-Guy Lemieux, qui est le frère du
vice-président de CGI. Il nous dit par contre : Il n'y a pas de conflit
d'intérêts parce qu'à chaque fois qu'on va parler de CGI M. Lemieux va se lever, il va sortir de la salle. Ce
n'est pas sérieux, M. le Président. Le rôle du grand patron, c'est, entre autres, de travailler… avant
de donner les contrats, travailler une stratégie pour qu'on soit capables
d'avoir plus de contrôle à l'intérieur du gouvernement du Québec.
Donc,
est-ce que le président du Conseil du trésor peut se rendre enfin à l'évidence
puis reconnaître que c'était une erreur de nommer M. Lemieux comme grand
patron de l'informatique?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
Coiteux : M. le Président, j'ai rencontré ce matin, à
8 h 30, le dirigeant principal de l'information, président du CSPQ, et on a eu des échanges que je
qualifierais, là, de tout à fait corrects. Et, compte tenu des apparences, compte tenu des apparences de conflit d'intérêts
qui persistent, qui persistent, malgré le fait que je n'ai pas en mes mains, en
ma possession aucun élément d'information qui me permettrait de penser
qu'il a été en situation de conflit d'intérêts ni actuellement ni dans ses
fonctions antérieures, je n'ai pas ça entre les mains, mais, par contre, compte
tenu de cette apparence qui persiste,
M. Lemieux, dans le meilleur intérêt du gouvernement et des dossiers de l'informatique au gouvernement du Québec, m'a
offert, ce matin, sa démission, démission que j'ai acceptée, M. le Président.
Le Président :
Complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, je veux bien comprendre. Hier, le président du Conseil du
trésor…
M. Legault :
Le président du Conseil du trésor, hier, a fait référence…
Le Président :
S'il vous plaît! Juste une seconde.
Le Président :
S'il vous plaît! M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : Oui. Hier, le président du Conseil du trésor a fait
référence au passage de M. Lemieux à la Régie de l'assurance
maladie. Il semble vouloir utiliser cette excuse pour retirer les
responsabilités de M. Lemieux.
Moi,
je veux savoir, là : Est-ce que le président du Conseil du trésor
reconnaît que c'était une erreur de nommer M. Lemieux?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
M. Coiteux :
M. le Président, compte tenu de l'ampleur du mandat de redressement que nous
donnons au directeur du CSPQ, au DPI, compte
tenu de l'ampleur, il a besoin d'avoir absolument toute la confiance
nécessaire. Compte tenu des apparences qui persistent, des apparences,
je dis bien, de conflit d'intérêts, pas de conflit d'intérêts avéré, d'apparences de conflit d'intérêts, M. Lemieux,
pour le bien de l'ensemble de la réalisation de ce mandat important, m'a
offert sa démission, ce matin, et je l'ai acceptée.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, le problème ici, là, c'est le manque
de jugement du président du Conseil du trésor.
Donc,
moi, je répète ma question : Est-ce que le président du Conseil du trésor
considère qu'il a fait une erreur, donc qu'il a manqué de jugement en
nommant M. Lemieux, oui ou non?
M. Coiteux :
M. le Président, trois fois la même question, bien entendu…
Président : Je fais juste vous prévenir tous d'éviter dans
votre langage des propos qui pourraient être blessants vis-à-vis les uns
ou les autres. M. le président du Conseil du trésor.
Coiteux : M. le Président, trois fois la même question appelle trois
fois la même réponse, il va de soi. Le mandat que je confie, que le gouvernement confie à la personne qui dirige les
projets informatiques est un mandat de redressement extrêmement ambitieux. Pour cela, la personne qui
dirige a besoin d'avoir toute la confiance nécessaire pour exercer sa tâche. Compte tenu des apparences de conflit
d'intérêts, M. Lemieux m'a offert, ce matin, sa démission, démission que
j'ai acceptée.
Le Président :
Principale, M. le député de Chauveau.
Deltell : Merci, M. le Président. M. le Président, il y a un
an, l'Assemblée nationale adoptait la
Loi sur les mines. On sait que, pendant des années, on avait
perduré là-dessus, on avait tourné en rond, et finalement c'est à l'initiative
du député de Granby que l'ancien
gouvernement avait cueilli la main qu'on lui avait tendue pour finalement
adopter cette loi. Je tiens à
rappeler aux députés ministériels qu'après nous avoir insultés pendant une
journée entière ils ont finalement voté pour cette loi-là.
Mais,
M. le Président, le problème, c'est que, depuis un an, le gouvernement n'a rien
fait. On sait qu'il y a eu des élections,
mais, depuis sept mois que ces gens-là sont au pouvoir, ils n'ont rien fait pour la
Loi sur les mines. Il n'y a
aucun règlement et aucune
orientation. C'est bien beau avoir une loi, encore faut-il qu'il y ait un cadre réglementaire.
C'est curieux parce que le ministre délégué aux Mines disait, il n'y a pas longtemps :
On a des efforts importants a faire sur le réglementaire. M. le
Président, vous n'avez… le gouvernement n'a rien fait.
Est-ce
que le gouvernement pourrait nous expliquer pourquoi, depuis un an, il y a une
loi sur les mines, mais que
le gouvernement n'a rien fait?
Le Président : M. le ministre délégué aux Mines.
Blanchette : M. le
Président, je répondrai au député de Chauveau.
Écoutez, toute la loi a été adoptée, c'est une bonne loi, de façon à stabiliser les choses, à donner de la
stabilité au développement minier. C'était de bon aloi de ne pas
changer cette loi-là, ça, on a pris ça comme engagement, premièrement.
Deuxièmement, nous sommes effectivement à regarder et à compléter les règlements se
rattachant à cette loi-là, et ça va très
bien. On devrait, d'ici à peu près le printemps 2015, compléter les règlements
rattachés à cette loi-là. Et j'inviterais,
dans le fond, aussi le député de Chauveau à faire le suivi de ça, puisqu'il y a tout de
même beaucoup d'emplois qui se créent en la matière. Notamment, le
projet Stornoway, on parle de 480 emplois en développement; notamment
aussi le projet Tio… lac Tio, en phase II, 370 emplois sur la Côte-Nord; notamment
GoldCorp, qui viennent de faire leur première coulée d'or, ça, c'est 600 emplois dans le coin du Nord-du-Québec; et je
terminerais avec IAMGold, un projet de 650 emplois. Ça, M. le Président,
c'est du bon développement minier.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Chauveau.
Deltell : M. le
Président, j'invite le ministre
à faire son suivi. C'est la pire année pour les claims, une perte de 33 %.
Hier, le porte-parole de l'association de l'exploitation
minière du Québec, Frank Mariage affirmait :
«C'est une année désastreuse. Assurément l'une des pires depuis des décennies.»
Ça, c'est les gens de l'industrie qui nous disent ça.
pendant ce temps-là, le gouvernement perd sept mois et va perdre encore des
mois pour adopter les règlements. Ce
dont l'industrie a besoin, c'est un cadre clair et précis. Le gouvernement ne le fait pas. Pourquoi vous avez
tardé si longtemps?
Le Président : M. le ministre délégué aux Mines.
Blanchette : M. le Président, je
dirai au député de Chauveau qu'essentiellement
la stabilité, elle est revenue. La
pire année sur les claims… Je dois reconnaître qu'effectivement
il y a eu une diminution de claims. La pire année sur
les claims… c'est-à-dire sur le développement minier, ce
n'est pas nous qui l'avons fait, c'est le gouvernement précédent.
Et, cela étant dit,
les choses vont bon train. Il y a une conjoncture internationale fort
facilitante, on s'entend là-dessus. Et la reprise
des choses va aller bon train. On est en train de travailler avec un Plan Nord,
on est en train de faire des représentations à l'international, et les
choses s'avancent rondement. Merci, M. le Président.
Le Président : Deuxième complémentaire, M. le député
de Chauveau.
Deltell : M. le Président,
hier, Price Waterhouse a publié un rapport concernant les minières, et c'est inquiétant. Selon le Price Waterhouse, les entreprises
minières juniors sont en mode survie, avec peu de perspectives de croissance
à court terme. C'est lorsqu'il y a des
difficultés concernant le boom minier qu'on doit en profiter pour que le
gouvernement adopte des règlements.
ça fait sept mois que vous êtes au pouvoir et vous ne
l'avez pas fait. Et là ce que le ministre nous dit, M. le Président :
Oui, oui, ça s'en vient en 2015. Encore des semaines et des mois perdus.
L'industrie veut un cadre réglementaire précis. Pourquoi vous tardez?
Le Président : M. le ministre délégué aux Mines.
Blanchette : M. le
Président, les représentations se
font sur le plan international, par la mission en Chine, par la mission en Islande — d'ailleurs, mon collègue va y participer. Ce serait de la
belle prospection internationale et ça va dans le sens du développement
que l'on souhaite là-dessus.
ailleurs, on a un comité consultatif qu'on a institué avec l'ensemble des
intervenants du milieu, dont l'Association
de l'exploration minière, dont l'Association
minière, dont le monde municipal, dont le monde, aussi, Québec ait meilleure mine!, une coalition. Tout ça, on
travaille ensemble à trouver une réglementation, une simplification réglementaire. Ça, c'est un objectif qu'on s'est donné, histoire de faciliter lorsque la reprise
sera bien là, et on y travaille. On
voit poindre certains minéraux plus que d'autres…
Le Président : En terminant.
M. Blanchette : …et ça va bon train, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de La Peltrie.
Caire : M. le Président, hier, les représentants de la Coalition Priorité Cancer sont venus nous
dire que malheureusement l'odieuse directive qui avait été émise par l'ancien gouvernement, qui faisait en sorte que les hôpitaux de
Montréal retournaient chez eux les patients du 450, s'appliquait officieusement
encore. C'est très inquiétant, mais ce qui
est encore plus inquiétant, c'est la réponse du ministre à cette affirmation,
et je cite : «Je suis déçu d'apprendre que le problème existe
encore. Alors, je vous remercie de me le faire noter.»
Comment
se fait-il que lui qui était président de la FMSQ le dénonçait, lui comme
candidat libéral le dénonçait, maintenant qu'il est ministre, depuis
sept mois, il ne s'est pas assuré que cette directive injuste, inqualifiable
cesse de s'appliquer?
Président : M. le ministre de la Santé.
Barrette : Alors, M. le Président, je veux remercier le député de
La Peltrie d'amener ce sujet-là, évidemment, sur le plancher.
Alors, on rappellera
que le gouvernement précédent, le gouvernement du Parti québécois, avait mis en
place une mesure qui était évidemment
totalement inappropriée, qui était celle qui disait essentiellement aux
patients de renoncer, à toutes fins
utiles, à leur droit de choisir leurs cliniciens et de les diriger
essentiellement là où ils ne voulaient pas aller. Comme candidat, lors de la campagne électorale, je
m'étais élevé contre ce point. Et, quand je suis arrivé en poste, je dois
admettre, M. le Président, que je croyais que la procédure avait été clairement
renversée, puisque je m'étais exprimé clairement à l'encontre de cet
élément-là.
Nous, à notre
gouvernement, il est très clair que les citoyens garderont toujours le choix de
leurs patients, quoique le gouvernement aura toujours le devoir et la
responsabilité d'amener des services le plus près possible des citoyens, et c'est, à ce moment-là, à eux de
choisir où ils vont se faire soigner. Comme je l'ai dit hier, M. le Président,
s'il se trouve, après vérification, que cette pratique-là se fait toujours,
elle sera renversée, après vérification…
Le Président :
En terminant.
Barrette : …mais vous comprendrez qu'en une journée je n'ai pas pu… en
fait, en 12 heures je n'ai pas fait la vérification.
Le Président :
Complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire :
M. le Président, on ne parle pas de 12 heures, on parle de sept mois.
le Président, dans le cadre du projet de loi n° 10, le ministre de la
Santé nous demande des pouvoirs exceptionnels,
M. le Président. En fait, certains vont même jusqu'à dire : Beaucoup trop
de pouvoirs pour un seul homme.
nous demande ces pouvoirs-là parce que, dit-il, il en a besoin pour agir. Or,
comment peut-il, d'un côté, nous demander des pouvoirs pour agir et
avoir été totalement inactif dans un dossier aussi important que celui-là?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, évidemment, cette façon de voir les choses
m'apparaît un peu simple. Je ne veux pas,
évidemment, affubler de termes plus négatifs le député de La Peltrie, mais
il va de soi que je pense que le réseau avait très bien compris qu'à mon arrivée cette procédure-là, l'ayant décriée
très clairement et très ouvertement, devait en soi être retirée, d'une
part.
D'autre
part, M. le Président, contrairement à ce qu'affirme le député de
La Peltrie, il n'y a pas eu de consigne formelle ou du moins
documentée le démontrant. Oui, il y a eu de la part du Parti québécois des...
Vous avez essentiellement avisé par
vos canaux précédemment, là, d'aller dans cette direction-là...
Le Président :
En terminant.
Barrette : ...mais, encore une fois, M. le Président, actuellement,
s'il y a correction à être faite, elle sera faite.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire :
M. le Président, la question est simple. On se prépare à confier au ministre
une réforme majeure, majeure dans le dégraissage du réseau, dans le dégraissage
du réseau.
Comment peut-on faire
confiance au ministre pour présider une telle réforme alors qu'au moment où les
patients avaient besoin de leur ministre il les a laissés entre les mains des
bureaucrates?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, je trouve absolument déplorable que le député
de La Peltrie insinue que les patients du Québec n'aient pas reçu leurs services médicaux en temps opportun et
avec la qualité requise. Il n'y a personne ici, au Québec, M. le
Président, qui n'a pas reçu ses soins médicaux, particulièrement en cancérologie,
parce que c'est à quoi on fait référence, M. le Président.
Sur le plan administratif, je veux
bien qu'il y ait des choses à corriger et je les corrigerai, M. le Président.
Encore faut-il que j'en sois informé
et que je puisse avoir le temps de le faire. Actuellement, on ameute la
population pour une problématique qui
n'existe pas dans son fond, le fond étant d'avoir accès aux services, M. le
Président. Les citoyens au Québec reçoivent leurs traitements, vont
continuer à les recevoir…
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
…et ils continueront à avoir le droit de choisir, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Les libéraux veulent fermer la porte des
carrefours jeunesse-emploi à 40 000 jeunes d'ici avril 2015. C'est autant de jeunes qui risquent de ne pas
avoir accès aux services leur permettant d'accéder au marché du travail et qui
leur permettent de rêver à un avenir plus prometteur. Un carrefour, le mot le
dit, c'est un lieu de convergence où toutes les ressources, les services pour
les jeunes... où on travaille en complémentarité, de façon originale pour
outiller nos jeunes, peu importe leur problématique ou leur situation
socioéconomique.
L'ancien
premier ministre Jean Charest disait : «…moi, je suis [un] fan numéro un
des carrefours jeunesse-emploi au Québec, ils font un travail fantastique. Et d'ailleurs ce n'est pas mon gouvernement qui les a mis sur
pied, j'aurais aimé ça que mon gouvernement aie l'idée de […] mettre sur pied [les carrefours jeunesse-emploi].»
Ironiquement, c'est son parti aujourd'hui qui menace la survie et leur
autonomie.
Est-ce que
le ministre est d'accord avec les propos du premier ministre Jean Charest
et s'engage à maintenir leur autonomie et leur financement?
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi.
Blais : Alors, M. le Président, moi aussi, je suis un fan des carrefours jeunesse-emploi, et bien sûr
il n'est pas question de les fermer.
Je rappelle tout d'abord que les carrefours jeunesse-emploi ont une
certaine autonomie, ce n'est pas des
créatures directes du gouvernement. Ils ont une diversité de financement, du
Secrétariat à la jeunesse, peuvent avoir parfois du financement aussi
des municipalités, même du gouvernement fédéral.
Cependant,
le ministère de l'Emploi et de la
Solidarité sociale les finance aussi
pour un certain nombre d'activités, notamment pour relancer l'emploi des
jeunes, on comprend bien. Ils ont développé une expertise en région dans le
domaine, et c'est parce qu'ils ont développé une expertise et qu'on leur
reconnaît cette expertise qu'on veut qu'ils se concentrent davantage, dans les prochaines années, auprès des jeunes qui
sont les plus éloignés du marché du
travail — il me
semble que ce n'est pas difficile à comprendre, hein — des jeunes qui ont le plus besoin, hein, de
trouver un emploi dans les prochaines années.
Je vous rappelle que
les carrefours jeunesse-emploi ont été créés à une époque où il y avait
beaucoup plus de chômage au Québec chez les
jeunes qu'aujourd'hui. Il y en a encore trop, notamment dans les régions. Et la
formule que nous proposons, la formule de financement que nous
proposons, va, entre autres, améliorer, hein, le support dans les régions pour
les jeunes...
Le Président :
En terminant.
M. Blais :
...qui sont éloignés du marché du travail.
Le Président :
Complémentaire, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
M. le Président, je me permets de retransmettre l'invitation du carrefour
jeunesse-emploi de sa circonscription au ministre, qu'il n'a toujours pas visité depuis
qu'il est ministre de l'Emploi. Donc, la porte est ouverte.
Je crois que c'est dans le même édifice que son bureau de circonscription, d'ailleurs.
Donc,
le ministre... le député
de Louis-Hébert disait : «Pour notre gouvernement, la mise en place [des]
CJE [est] une nécessité afin d'encourager la persévérance scolaire, la
formation et l'intégration en emploi des jeunes…»
Est-ce
que le ministre est d'accord
avec son collègue et s'engage à maintenir l'autonomie et le financement des
carrefours jeunesse-emploi au Québec?
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi.
Président : S'il vous plaît!
Blais : M. le Président, dans le contexte actuel, hein, ça vaut quand même la peine d'être
dit, nous maintenons le financement,
hein, nous maintenons le même financement pour les carrefours jeunesse, tout ce qu'il y avait dans
le...
Mais
je leur demande cependant de nous aider, d'aider notre mission pour relancer
les jeunes vers l'emploi. Et, comme
il est question du carrefour jeunesse de Charlesbourg, je peux vous donner un
exemple qui est assez éloquent, hein?
Au printemps dernier, lors de la campagne, lorsque j'ai visité le carrefour
jeunesse-emploi, on m'a annoncé qu'il y avait un programme pour appuyer
les jeunes qui voulaient...
Le Président :
En terminant.
Blais : ...aller visiter l'Afrique pendant deux semaines. Alors, le
programme était là pour les jeunes qui voulaient aller en Afrique...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : M. le Président, le gouvernement a annoncé une
coupure de financement en juin des carrefours jeunesse-emploi. Donc, il
ne faut pas nous prendre pour des valises.
Autre
chose. La députée de Gatineau disait, en 2009, un témoignage d'Anthony, un
jeune étudiant qui affirmait que,
grâce aux intervenants du carrefour jeunesse-emploi de sa région, il a pu
réintégrer l'école à raison de quelques jours par semaine. La députée nous disait : «…chaque Anthony […] à qui
nous permettrons une réintégration à l'école, une qualification, chaque
Anthony [sera] un succès pour [notre] société québécoise.»
Est-ce que le
ministre revient sur sa parole?
Le Président :
...Emploi.
Blais : Écoutez, M. le Président, plus ça va, plus on s'entend, hein?
Je pense qu'on s'entend à peu près sur l'essentiel,
c'est-à-dire on veut relancer l'emploi des jeunes. Les carrefours jeunesse sont
là dans toutes les régions, on connaît
leur expertise, ce qu'ils ont développé. On veut travailler avec eux, mais en
les concentrant davantage sur cette tâche-là. Il me semble qu'on
s'entend à peu près sur l'essentiel.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Gouin.
David (Gouin) : M. le Président, parmi les coupes à la tronçonneuse de
ce gouvernement, il y en a plusieurs qui
touchent effectivement le ministère de l'Emploi, de la Solidarité sociale, qui
coupe dans des programmes créateurs d'emplois durables en négligeant les
besoins des organismes et des personnes qui ont besoin d'emploi.
exemple, le ministre impose aux entreprises d'économie sociale les mêmes règles
que dans l'entreprise privée : moins
de subventions salariales pour moins de semaines. Et ça, ça veut dire multiplier
les obstacles pour les gens à l'obtention d'un emploi durable et
fragiliser des organismes souvent déjà fragiles.
Moi,
je cherche une explication logique à ces coupes. Le gouvernement n'arrête pas
de clamer son intérêt pour la création d'emplois et pour l'obtention
d'un emploi par des personnes appauvries. Le ministre a-t-il une explication
convaincante aux coupes dans les subventions salariales dans les entreprises
d'économie sociale?
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi.
M. Blais :
Merci beaucoup, M. le Président. Tout d'abord, peut-être pour un peu distinguer
l'amalgame en ce moment, il y a tout d'abord les programmes d'aide sociale qui sont les transferts aux
personnes directes; nous n'avons pas
touché à l'aide sociale, les transferts sont maintenus. Mais, c'est vrai, Emploi-Québec finance aussi des programmes d'employabilité. L'idée, c'est de
relancer l'emploi.
Dans
le cas de l'économie sociale, c'est assez simple, hein, toutes nos
indications nous disent qu'après 24 semaines pour ce type d'activité, hein, donc 24 semaines, des personnes qui
étaient dans ce parcours-là avaient atteint, disons, le maximum, là, des
connaissances qui étaient nécessaires pour se trouver un emploi. C'est pour ça
qu'on les a alignées sur les mêmes conditions que l'entreprise privée ou
d'autres formes d'entreprise. C'est aussi simple que ça.
Président : Première complémentaire, Mme la députée de Gouin.
David (Gouin) : Si la vie était aussi simple, M. le Président! Ce que
j'observe, moi, sur le terrain, c'est que les organismes sont fragilisés parce qu'ils ne peuvent plus créer
d'emplois durables. Et j'observe que les gens qui n'ont que 30 semaines, maintenant, de subvention
salariale ont peut-être acquis des compétences, mais certainement pas un
emploi durable.
ministre va faire le même genre de raisonnement pour les carrefours
jeunesse-emploi. Bien sûr, nous ne nous opposons pas à ce que les carrefours jeunesse-emploi reçoivent des
jeunes qui sont référés par les centres locaux d'emploi, mais le
ministre oublie qu'il y a aussi des jeunes sans chèque qu'il faut aider.
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi.
Blais : Merci beaucoup. Je pense que, hein, la distinction qu'il faut
faire, qui est extrêmement importante en ce moment, c'est que les programmes pour relancer l'emploi ne sont pas
des subventions aux entreprises, hein? Il ne s'agit pas de subventionner ad vitam aeternam les
entreprises. Il s'agit de faire en sorte que des gens qui sont sans emploi
puissent acquérir les compétences
nécessaires pour obtenir un emploi. C'est une différence fondamentale. Et, bien
sûr, on évalue nos programmes
constamment sur ce point, pas sur le fait que nous finançons suffisamment les
organismes, mais sur le fait que les programmes qui sont mis en place
nous permettent de relancer les gens qui sont sur ces programmes vers l'emploi,
un point, c'est tout.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Gouin.
Mme David
(Gouin) : Alors, M. le Président, je reviens sur les carrefours
jeunesse-emploi. Je voudrais bien savoir
quel avantage il y a à cesser de subventionner un organisme
qui, chaque année, va chercher des dizaines de milliers de jeunes sans chèque,
des jeunes très éloignés du marché du
travail, des jeunes qui… souvent sans
espoir et sans projet.
Pourquoi,
est-ce que le ministre veut à tout prix éliminer ces jeunes-là des
cartons des carrefours
jeunesse-emploi?
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi.
M. Blais :
Pas sûr de bien comprendre la question, M. le Président. Rappelez-vous… D'abord,
carrefours jeunesse-emploi, leurs portes sont ouvertes, hein, pour un ensemble
de clientèles. Cependant, la
partie du financement que nous leur accordons — et
ce financement-là sera le même, nous maintenons notre financement aux carrefours jeunesse-emploi — cette
partie-là, nous demandons qu'elle soit concentrée davantage
sur des jeunes qui sont éloignés du marché du travail. Est-ce qu'il y a
quelqu'un ici qui peut être contre cet objectif?
Le Président :
Principale, M. le député de Groulx.
Surprenant : M. le Président, le président du Conseil du
trésor nous a annoncé tantôt
le départ du directeur général
du Centre de services partagés du Québec, et je l'en félicite pour sa décision. J'ai senti
son malaise depuis plusieurs
jours à cet égard. Donc, il a heureusement maintenant porté un jugement final
sur la situation.
Maintenant,
ma question serait celle-ci : Qu'est-ce que prévoyait ou
prévoit encore, en fait, le contrat de M. Lemieux quant à un départ, s'il
vous plaît?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
Coiteux : Écoutez, M. le Président, donc, j'ai reçu, donc,
la lettre de démission ce matin, que j'ai acceptée, et on va voir, au
cours des prochains jours, comment on va faire les choses avec M. Lemieux.
rappelle essentiellement des choses importantes ici. Le mandat qui lui a été
confié, qui va être confié à la personne qui
va prendre le poste par la suite, c'est un mandat extrêmement exigeant. Alors, dans la mesure où il a senti que la confiance à son égard était ébranlée, il a
préféré remettre sa démission, chose que j'ai acceptée.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Groulx.
Surprenant : Comme on le sait, M. le Président, depuis de nombreuses
années, le Centre de services partagés est un fiasco du gouvernement et
à un coût financier exorbitant pour l'ensemble des contribuables.
Alors, je voudrais
que le président du Conseil du trésor nous assure aujourd'hui que des primes ne
seront pas versées… en fait, des primes de
départ ne seront pas versées au président qui est là de façon temporaire, s'il
vous plaît.
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
Coiteux : M. le Président, sans commenter la situation au Centre de services partagés, il est vrai qu'il y a
des défis importants
à relever, puis d'ailleurs je le dis depuis que je suis entré en fonction, et c'est les gestes qu'on est en
train de poser.
Alors,
dans ce contexte-là, compte tenu de la controverse, M. Lemieux m'a remis sa
démission ce matin, démission que
j'ai acceptée. Concernant la suite des choses, les décisions vont être prises
au cours des prochains jours au Conseil des ministres.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Groulx.
Surprenant : M. le Président, il a bel et bien été question ici d'une
remise de démission de la part de M. Lemieux, et, dans ce contexte-là, je trouve ça très malaisé qu'on lui
verse une prime, quelle qu'elle soit, pour son propre départ.
Alors,
est-ce que le président du Conseil du trésor peut nous assurer qu'il n'en sera
pas ainsi, qu'il n'en recevra pas, s'il vous plaît?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
Coiteux : Alors, aujourd'hui, c'est la lettre de démission que j'ai
reçue, que j'ai acceptée, M. le Président. En ce qui concerne la suite des choses, on va prendre des dispositions,
on va prendre des décisions au cours des prochains jours. Ces
décisions-là seront connues.
Le Président :
Principale, M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : Oui, M. le Président. Pour mettre fin à la
discrétion du ministre de la Justice dans le processus de nomination des
juges et surtout pour mettre fin au système de post-it, il y a des nouvelles
règles très strictes qui nous permettent
maintenant de suivre un processus rigoureux de nomination des juges. Le rapport
Bastarache est venu clairement indiquer
qu'on devait mettre fin au pouvoir absolu du gouvernement et l'a obligé à
motiver sa décision lorsqu'il choisit une personne en particulier.
L'article
33 du nouveau règlement prévoit toutefois que, de manière exceptionnelle et
uniquement dans l'intérêt de la
justice, la ministre peut écarter un candidat. Or, pour invoquer la notion
d'intérêt de la justice, la jurisprudence est extrêmement claire, ça
prend des motifs sérieux.
Alors,
est-ce que la ministre peut nous dire en quoi, cette situation-ci, elle est exceptionnelle
et quels sont ces motifs sérieux?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Mme Vallée :
M. le Président, je réitère les propos que j'ai tenus hier : Tout le
processus de nomination des juges est un processus confidentiel. Si, ce
matin, je me levais et je répondais à la question de mon collègue, je briserais
cette obligation de
confidentialité qui m'incombe. Chose certaine, M. le Président, la
confidentialité dans le processus de
sélection des juges, elle est tellement importante que, si une candidature
devait être portée à l'attention de qui que ce soit, elle se
disqualifierait d'elle-même.
Alors, M. le Président, je comprends que mon
collègue souhaite gratter davantage, mais je suis tenue par la confidentialité
qui m'est imposée par l'article 34 du règlement et je vais la maintenir.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : M. le Président, la ministre de la Justice n'a pas
de pouvoir absolu, elle a un pouvoir qui est balisé par la jurisprudence. Elle peut uniquement
intervenir si elle a des motifs sérieux et uniquement dans l'intérêt de la
justice. Si elle avait un pouvoir
absolu, M. le Président, ça voudrait dire qu'elle pourrait constamment rejeter
du revers de la main les recommandations qui lui sont faites. Je lui
pose à nouveau ma question : Quels sont ces motifs?
Le Président : Mme la
ministre de la Justice.
Mme Vallée :
M. le Président, là, là, il faut...
Je ne
sais pas ce que mon collègue
ne comprend pas de la confidentialité, de la confidentialité qui entoure
toute la question du rapport formulé par le comité de sélection des
candidatures, du nom et des candidats qui sont à l'intérieur du processus.
Alors, pour
ce qui est de la question de mon collègue, je lui rappelle que c'est un processus confidentiel, et que de répondre à cette question
viendrait briser cette confidentialité, et que...
Le Président :
En terminant.
Mme Vallée : …et que la mise publiquement de noms...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : M. le
Président, le 9 juillet dernier,
Me Steve Magnan a été nommé directeur adjoint au bureau du DPCP. Pourtant, dès le lendemain, il a été démis
de ses fonctions parce que c'était à la ministre de la Justice et au Conseil des ministres de le nommer, et non
pas au bureau du DPCP.
Est-ce que,
dans le fond, la ministre a été vexée par cet événement, et ce n'est pas dans l'intérêt de la justice qui dicte sa
décision, mais l'intérêt de la ministre?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Mme Vallée : M. le Président, je sais que mon
collègue essaie de nous amener à répondre indirectement à une question
qu'il a posée. Toutes, toutes les spéculations qui entourent les
recommandations formulées par le comité de sélection ne trouveront aucune
réponse, puisque je suis tenue à la confidentialité.
Par contre,
je tiens, M. le Président, à préciser que notre gouvernement a, effectivement,
nommé Me Magnan à
titre de Directeur
des poursuites criminelles et pénales adjoint par décret ministériel. Alors, je
ne comprends pas très bien la question du collègue.
Le Président :
Principale, M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : M. le Président, le
14 octobre dernier, on apprenait que l'ex-chef de police de Lévis,
Jean-François Roy, n'aura finalement pas à subir de procès pour les
accusations de conduite avec facultés affaiblies qui pesaient sur lui depuis plus de quatre ans. La Cour du Québec a
ordonné l'arrêt des procédures en raison du délai déraisonnable s'étant écoulé
depuis le début du procès. 39 des 47 mois des délais sont attribuables au
DPCP, et les délais, selon la Cour du Québec,
ne sont pas justifiés. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales a
confirmé la semaine dernière qu'il ne porterait pas cette décision en
appel.
Cette affaire de Jean-François Roy, M.
le Président, elle est troublante. La ministre de la Justice va-t-elle
commander une enquête interne? Pourquoi quatre ans de délai avant qu'il
y ait eu un procès?
Le Président : Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le
Président, alors, d'abord,
il est important de préciser pour les collègues
de cette Assemblée que le Directeur
des poursuites criminelles et pénales
jouit d'une indépendance totale quand il est question de mettre en place sa stratégie politique. Je comprends que le dossier de maître... La stratégie
juridique, pardon. Je comprends que le dossier dont il est question ici, c'est un dossier
qui a été extrêmement médiatisé dans la région de Québec.
Par contre, le DPCP — puis il est
important de le mentionner — traite
annuellement 156 797 dossiers criminels. Le jugement a été rendu,
le jugement parle par lui-même. Vous
comprendrez, M. le Président, que je ne viendrai pas intervenir dans
l'indépendance qui est propre au DPCP et au
jugement, évidemment.
Le Président : Alors, cela met fin à la période des questions
et de réponses orales.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, nous en sommes à la rubrique des motions
sans préavis. Sur une demande de consentement, M. le leader adjoint du gouvernement?
Sklavounos : Oui. Merci, M.
le Président. Avec votre permission, j'aimerais
demander le consentement aux collègues
afin de pouvoir donner l'avis touchant les travaux des commissions pour la CSSS, pour le projet de loi n° 10. Vu que nous avons des groupes qui attendent, si on
pouvait faire cet avis tout de suite, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, y a-t-il
consentement pour donner des avis à ce moment-ci? Alors, il y a consentement.
Veuillez poursuivre, M. le leader adjoint.
Sklavounos : Merci, M. le Président. Alors,
j'avise cette Assemblée que la Commission de la santé et des services sociaux poursuivra les consultations
particulières à l'égard du projet de loi n° 10, Loi modifiant
l'organisation et la gouvernance du
réseau de la santé et des services sociaux notamment par l'abolition des
agences régionales, dès maintenant pour une durée de deux heures et de
15 heures à 18 heures, à la
salle du Conseil législatif. Je remercie les collègues et je remercie
vous, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci à vous, M. le leader
adjoint du gouvernement.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Si les collègues doivent quitter, je demande
qu'ils quittent dans le silence.
Alors, M. le député
de Terrebonne, vous avez une motion sans préavis?
Traversy : Merci, M. le Président. J'aimerais saluer tout d'abord la présence dans
les tribunes de M. Louis Senécal et notre présidente de…
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Oui?
Maltais :
…entendre la motion.
Vice-Président (M. Ouimet) : Ah! vous avez tout à fait raison. J'ai demandé que ceux qui doivent quitter
le fassent dans le silence, s'il vous plaît. Alors, veuillez poursuivre, M. le
député de Terrebonne.
Traversy : Ah! merci, M. le Président. J'aimerais donc saluer la présence dans les tribunes avec nous aujourd'hui du directeur général de l'AQCPE et sa présidente Mme Gasparini qui sont
présents, M. Louis Senécal, ainsi que l'ensemble des partenaires de
la coalition pour la sauvegarde de la politique familiale.
Alors,
M. le Président, je sollicite le consentement des membres de
cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec la députée
de Repentigny et la députée de Gouin, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale réitère son engagement envers la politique familiale québécoise;
«Qu'elle
exhorte le gouvernement à préserver intégralement les mesures de cette politique
et à assurer le maintien des quatre piliers de l'ensemble du réseau des
services de garde : [soit] la qualité, l'universalité, l'accessibilité et
le développement.»
Le Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci
à vous, M. le député de Terrebonne. Y a-t-il consentement pour débattre
de cette motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Pas de consentement, M. le Président. Il y en aura une autre similaire qui s'en
vient.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, il n'y a pas de
consentement. Je me tourne maintenant vers un membre du deuxième groupe d'opposition. Je pense que, M.
le député de Chambly, vous voulez nous présenter une motion sans
préavis. Je vous cède la parole.
Roberge : Merci, M. le Président. Alors, je vous demande le
consentement pour déposer la motion suivante conjointement avec la
députée de Joliette :
«Que l'Assemblée
nationale exige du ministre de l'Enseignement supérieur[…], le maintien de la
réussite de l'épreuve uniforme de français au cégep comme condition d'obtention
d'un diplôme collégial pour tous les étudiants, considérant que certains d'entre eux auront droit à des mesures de
différenciation et à des outils de support technologique supplémentaires
adaptés.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Chambly. Y a-t-il consentement? M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Nous proposons l'adoption sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Alors, cette motion est-elle adoptée?
Vice-Président (M. Ouimet) : Adopté. Je me tourne maintenant
vers Mme la ministre de la Famille, responsable des Aînés et de la Lutte
à l'intimidation. Je vous cède la parole.
Charbonneau : Merci, M. le Président. Je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante
conjointement avec la députée de Repentigny :
«Que l'Assemblée
nationale réitère son engagement envers la politique familiale québécoise;
«Qu'elle demande au
gouvernement de préserver les principes de cette politique et à assurer le
maintien des quatre piliers de l'ensemble du
réseau des services de garde : la qualité, l'universalité, l'accessibilité
et le développement.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
ministre de la Famille. Y a-t-il consentement, Mme la leader…
Maltais :
…consentement si on accepte un débat sur la motion.
Sklavounos :
…ce que j'allais vous proposer, consentement pour un débat.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, il y a consentement. Très
bien. Alors, pourriez-vous nous indiquer les paramètres de ce débat?
Sklavounos : Oui. M. le Président, nous proposons un débat
de deux minutes par intervention, à commencer par la ministre de la Famille et des Aînés, suivie du député de
Terrebonne, de la députée de Repentigny et, finalement, la députée de
Gouin. Deux minutes.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, je crois comprendre qu'il y
a un consentement pour quatre intervenants, deux minutes chacun, en
commençant par vous, Mme la ministre de la Famille.
Charbonneau :
Merci, M. le Président. Nous parlons ici d'un réseau qui a 15 ans, M. le
Président. Vous savez, les exemples
sont toujours un peu boiteuses, mais je vais vous en donner une. Il y a souvent
des achats de maison qui se font, et, quand ça fait 15 ans qu'on a une maison, on ne s'empêche
pas de la rénover, on ne s'empêche pas de revoir les fenêtres, de revoir les portes puis de voir l'accessibilité.
M. le Président, le réseau que nous avons...
Charbonneau :
J'aimerais pouvoir, du moins, faire le point que j'ai à faire dans le peu de
deux minutes que j'ai. Dans le réseau que nous avons ici...
Vice-Président (M. Ouimet) : Juste un instant. Tantôt, on a demandé le silence pour permettre au député de Terrebonne de faire la lecture, je demanderais le même
silence pour permettre d'entendre l'intervention de Mme la ministre. Veuillez poursuivre, Mme
la ministre.
Charbonneau : Merci, M. le Président. Je salue au passage les gens qui sont dans la tribune,
mais je nous rappelle qu'il n'y a pas qu'une seule association, une seule organisation qui se préoccupe
des services de garde au Québec
et des «milieu familial», nous en avons plus
de six qui les regroupent. Il n'y a pas que les CPE au Québec, il y a
aussi les garderies subventionnées,
il y a aussi le réseau des services de garde dans les maisons, M. le Président. Nous avons un service de garde diversifié, puisqu'il faut
répondre aux familles du Québec.
Mais,
en ce moment, la question que se posent les familles du Québec, ce n'est
pas : Où mon enfant va aller à l'école?
Ce n'est pas : À quel endroit je vais faire traiter mon enfant? C'est
beaucoup, par contre : Est-ce que je peux avoir une place en garderie? Et la réponse qu'on se doit
de faire, nous, c'est : Oui, on travaille dans ce sens pour avoir un
réseau de qualité qui est optimisé,
qui fait en sorte qu'un parent ne se pose plus cette question. Peut-être que la
seule question qu'il se posera,
c'est : À quelle adresse je vais aller conduire mon enfant pour avoir un
service de qualité? Parce que la qualité, la sécurité et la santé des
jeunes enfants du Québec, elles sont importantes, monsieur. Merci.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la ministre. M. le
député de Terrebonne.
Traversy : Merci, M. le Président. Alors, on est surpris de
voir cette nouvelle alliance libéraux-caquistes au niveau de la famille, M. le Président, alors que
la politique familiale du Québec est mise à rude épreuve. Depuis l'arrivée
au pouvoir, on voit que la CAQ se rapproche
de plus en plus de ses anciens amours et qu'on se confond entre les politiques,
là, de nos deux partis de droite préférés en cette Assemblée.
le Président, nous sommes inquiets et nous avons raison d'être inquiets depuis
l'arrivée de ce gouvernement libéral
en ce qui a trait à la politique familiale. Vous avez vu toutes les décisions
qui ont été lancées les unes après les autres
depuis les derniers mois concernant le retard des places en garderie, un retard
qui, M. le Président, va s'accentuer jusqu'en
2021, 2022, alors que c'était supposé, à l'origine, avec un gouvernement du
Parti québécois, de se terminer en 2016.
Et, M. le Président,
je dois vous dire, il y avait de l'argent pour développer ces places. Ce n'est
pas vrai qu'il n'y avait pas un sou, on en
avait trouvé. Pourquoi qu'on en avait trouvé, M. le Président? Parce qu'on
avait une ministre de la Famille qui
est allée convaincre la première ministre de faire de la famille une priorité.
Elle est allée voir le président du
Conseil du trésor pour dire : Ça nous prend de l'argent pour développer
des places, ce que la ministre actuelle n'est visiblement pas capable de faire.
Qu'elle mette ses culottes, M. le Président, et qu'elle défende les familles au
Québec pour qu'on les ait, ces places. Première chose.
Deuxième
chose, M. le Président, il y a présentement une coalition qui se fait entendre
pour la sauvegarde de la politique
familiale au Québec. Dans la motion proposée par la ministre, il y a une nuance
importante qui nous différencie, elle
et moi, des deux motions qui ont été déposées en cette Chambre, c'est les
mesures intégrales que le Parti québécois veut conserver à l'intérieur de cette politique. C'est quoi, les mesures
qui concernent la politique familiale du Québec, M. le Président? C'est les services de garde à contribution
réduite — ça,
c'est une mesure importante pour nous — c'est l'universalité du soutien des enfants, c'est des mesures de soutien
financier pour les enfants en milieu défavorisé, c'est des mesures de conciliation famille-travail, c'est
des mesures pour les familles qui ont des besoins particuliers. Là-dessus,
M. le Président, jamais le Parti québécois ne va reculer, et on va voter contre
cette motion-là.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci à vous, M.
le député de Terrebonne. Mme la députée de Repentigny, je vous cède la
parole.
Lavallée : Merci, M. le Président. Ma formation politique joint sa
voix à celle des autres formations politiques sur cette motion concernant l'avenir du réseau des services de garde au
Québec. Vous savez, la Coalition avenir Québec est le parti des familles. Nous sommes sensibles à leurs revendications
et à leurs réalités. Nous croyons également que des éléments importants tels que l'universalité et
l'accessibilité doivent orienter le développement du réseau. Nous croyons
aussi que les réseaux de services de garde
publics et privés font face à des défis importants. Il faut donc impliquer
l'ensemble des acteurs du réseau de
garderies dans la recherche de solutions dans un contexte d'austérité où chacun
doit mettre l'épaule à la roue.
Cependant, il
est urgent de dresser le portrait réel de la situation afin d'assurer la
pérennité du réseau dans toutes les régions du Québec. Pour nous, cette
pérennité passe par la saine gouvernance du réseau, une gestion rigoureuse des fonds publics et la concertation entre les différents
acteurs tels que les centres de la petite enfance, les garderies privées subventionnées, les garderies privées non
subventionnées et les services de garde en milieu familial. Il est impératif
de replacer la famille au centre de nos préoccupations. Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée de Repentigny.
Enfin, Mme la députée de Gouin,
je vous cède la parole.
David (Gouin) : Merci, M. le Président. J'aurais aimé voter pour cette motion, mais,
pour le faire, il aurait fallu
inclure non seulement les principes, mais les mesures. Parce que
faire un discours, c'est bien, mais agir, c'est mieux. Et agir, ça veut dire que, si on pense vraiment
que toutes les familles du Québec doivent avoir accès à des places en service
de garde, il faut le faire maintenant. Pas en 2020 ou en 2021, maintenant.
on croit que… En respect, je dirais, de la diversité des options de service de
garde, mais, tout de même, si l'on croit
que la meilleure façon d'avoir des services de garde où on est à peu près
assuré de la qualité, la meilleure façon, c'est que les parents puissent
siéger sur des conseils d'administration, puissent être
partie prenante des
décisions qui vont orienter le travail du service de garde. Alors, il faut
mettre les centres à la petite enfance au coeur de notre réseau de services de garde, il faut leur accorder la
priorité. Ça, c'est du concret. Et ce que ça veut dire, ça veut dire oui, bien sûr,
revoir ce qui doit l'être, et je sais que
l'association des CPE le fait depuis longtemps. Elle a fait face à de
nombreuses coupes, d'ailleurs, dans
les budgets des services de garde. Assez, c'est assez. Le gras, il n'y en a
plus. Si on continue de couper, si on continue d'étaler la création de
nouvelles places sur de trop nombreuses années, malheureusement je vais être obligée de dire à la ministre de la Famille que ça ne sera pas vrai qu'on travaille pour les
familles. Et, bien pire encore, si on
module les frais de garde en fonction du revenu des parents, je vous garantis
que ça veut dire qu'on va revenir comme dans les années 80, là où mon
enfant était en garderie, ça va nous coûter cher, ça va coûter cher aux gens de
la classe moyenne.
Pour
toutes ces raisons, je demande vraiment à la ministre
de la Famille de non seulement défendre des principes, mais
de passer à l'action et de convaincre son gouvernement de mettre les
sous nécessaires pour que les services de garde se développent à vitesse
grand V au Québec et surtout dans les centres à la petite enfance.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée de Gouin,
pour cette intervention. Cette motion est-elle adoptée? Mme la leader de
l'opposition officielle.
Maltais :
M. le Président, nous apprécierions avoir un vote par appel nominal.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, le vote par appel nominal est demandé. M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : M. le Président, je vais vous demander, vu qu'il y a plusieurs collègues qui sont en commission parlementaire en ce moment, de
reporter à la période des affaires courantes de demain, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, le vote sera reporté à demain, après la période
des affaires courantes.
Toujours aux motions
sans préavis, M. le député de Mercier, je vous cède la parole.
M. Khadir :
Merci, M. le Président. Après deux semaines de dialogue avec nos nombreux
partenaires ici, en Chambre, je demande le consentement de la Chambre pour débattre de la motion suivante conjointement avec la
députée d'Hochelaga-Maisonneuve :
«Que
l'Assemblée nationale exprime sa solidarité à l'égard des familles des
43 étudiants décédés ou disparus le 26 septembre à Iguala, au Mexique.
«Qu'elle
souligne qu'il s'agit d'un crime troublant nécessitant une enquête complète et
transparente afin que les responsables soient portés devant la justice.
«Qu'à
l'instar des États-Unis, de l'Union européenne, des Nations unies et de l'Organisation des états américains, elle demande au gouvernement
mexicain de tout mettre en oeuvre pour punir ces crimes.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
député de Mercier.
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M. le leader
adjoint du gouvernement.
Sklavounos : M. le Président, après plusieurs tentatives, il
y a difficulté avec le libellé. On
continue à se parler, mais il n'y aura pas de consentement sur ce
libellé, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, il n'y a pas de consentement,
d'après ce que j'ai compris. M. le député de Mercier, il n'y a pas de consentement.
Y a-t-il d'autres motions sans préavis?
S'il
n'y en a pas, nous allons passer à la rubrique des avis touchant les travaux
des commissions. Alors, M. le leader adjoint du gouvernement,
à nouveau, je vous cède la parole.
Sklavounos : Merci, M. le Président. Alors, j'avise cette Assemblée que la Commission de l'aménagement du territoire poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 3, Loi favorisant la santé financière et la pérennité
des régimes de retraite à prestations
déterminées du secteur municipal,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15
heures à 18 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci, M. le leader
adjoint du gouvernement. Je vous
avise que la Commission de
l'administration publique se réunira aujourd'hui
en séance de travail, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures, à la salle des Premiers-Ministres de
l'édifice Pamphile-Le May, afin de préparer l'audition portant sur la gestion administrative du ministère de l'Énergie et
des Ressources naturelles, notamment à partir de son rapport annuel de
gestion 2013‑2014; en séance publique, de 15 heures à 18 heures, à la
salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, afin
d'entendre le ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles; et en séance
de travail, de 18 heures à 18 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, afin de
statuer sur les observations, les conclusions et les recommandations à la suite
de cette audition.
Nous en sommes
maintenant à la rubrique des renseignements sur les travaux de l'Assemblée. M.
le leader du gouvernement.
Fournier : Oui. Merci, M. le Président. Je voudrais simplement
aviser l'Assemblée du déroulement de nos travaux jusqu'ici, qui soulèvent une certaine difficulté, et de
souhaiter la collaboration de tous pour tenter de la régler pour le meilleur intérêt de l'ensemble des
parlementaires. Le projet de loi n° 3 et le projet de loi n° 15, dont
l'Assemblée est saisie, sont deux
projets de loi, évidemment, qui constituent deux pièces maîtresses pour le
gouvernement. Du côté de l'opposition
officielle, après le départ de la députée de Richelieu, le député de Sanguinet,
qui est déjà responsable, dans le fond,
comme porte-parole de l'opposition officielle du projet de loi n° 3, est
devenu aussi celui qui est responsable du projet de loi n° 15, ce
qui amène un certain nombre de difficultés, d'une part.
ailleurs, on nous a informés mardi que le député de Sanguinet, donc responsable
de ces deux dossiers, n'était plus en
mesure de siéger les lundis. Je tiens juste à informer ma collègue et
l'ensemble des parlementaires que les projets de loi n° 3 et n° 15 devront avancer parallèlement l'un avec
l'autre et, donc, je suggère à notre collègue de revoir comment ils
peuvent être en mesure de reformater les porte-parole pour pouvoir s'assurer
qu'il y ait une juste représentation de l'opposition officielle à l'égard de
l'évolution de ces deux dossiers.
projet de loi n° 3, on le connaît. D'ailleurs, ma collègue leader de
l'opposition officielle le connaît bien pour avoir occupé
précédemment... Le projet de loi n° 15 est intimement lié au redressement
des finances publiques, donc deux enjeux
très importants qui vont devoir procéder ensemble. Alors, j'avise dès
maintenant que, dans les jours qu'il y a cette semaine, si c'est possible de voir à une certaine adaptation pour
permettre que les deux projets de loi puissent avancer. Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le leader
du gouvernement. Mme la leader de l'opposition officielle.
Maltais : Simplement, j'entends le leader du gouvernement.
Je voudrais juste rappeler à cette Assemblée quelque chose, c'est que siéger les lundis, c'était supposé être fait de
façon exceptionnelle, et parce qu'il nous reste les lundis pour être dans nos journées de
circonscription. C'était une entente quand on a pris ce nouvel... Je ne dis pas
que je suis contre totalement, mais
je veux juste rappeler à l'Assemblée que le lundi, quand on a fait le nouvel
agenda, c'était supposé être dans nos
circonscriptions. On va essayer de bien aménager les choses, mais je tiens
quand même à dire qu'un lundi, normalement, de tradition, c'est dans la
circonscription. Je n'ai pas dit non...
Le Vice-Président
(M. Ouimet)
: Non, non, ça va, on a bien compris. Merci, Mme la
leader de l'opposition officielle. M. le
leader du gouvernement.
Fournier : J'entends ma collègue. Il y a les aspects du lundi,
il y a aussi les aspects de la double responsabilité à l'égard de deux
projets de loi qui vont devoir avancer les uns avec les autres. On fait tous
les efforts possibles pour s'adapter à un
contexte, on connaît l'horaire des députés. En même temps, il y a une
responsabilité gouvernementale que nous devons assumer, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet)
: Très bien. Alors, merci, M. le leader du gouvernement. S'il n'y a pas
d'autre renseignement, à ce moment-ci
je vous informe qu'il y aura sanction du projet de loi n° 14, Loi
modifiant le Code de procédure civile et d'autres dispositions, aujourd'hui, à
16 heures, au bureau de Son Honneur le lieutenant-gouverneur.
Alors,
la période des affaires courantes étant terminée, nous passons maintenant aux
affaires du jour. M. le leader adjoint du gouvernement, pour la suite
des choses.
Sklavounos :
Oui. M. le Président, je vous demande d'appeler l'article 1 du feuilleton, s'il
vous plaît.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, à l'article 1 du
feuilleton, l'Assemblée prend en considération le rapport de la
Commission des institutions qui, le 2 octobre 2014, a procédé à l'audition
d'Hydro-Québec sur son possible assujettissement
au pouvoir d'intervention du Protecteur du citoyen. Ce rapport, qui a été
déposé le 23 octobre 2014, contient une recommandation.
vous rappelle que, conformément aux dispositions de l'article 95 du règlement,
la prise en considération du rapport donne lieu à un débat restreint
d'au plus deux heures et qu'aucun amendement n'est recevable.
vous rappelle également qu'en vertu du deuxième alinéa de l'article 95 ce débat
n'entraîne aucune décision de l'Assemblée.
Alors,
avant de céder la parole à un premier
intervenant, je vous avise que la répartition des temps de parole, dans le cadre de ce débat, s'effectuera comme
suit : 57 minutes sont allouées au groupe parlementaire formant le gouvernement, 32 min 25 s
sont allouées au groupe parlementaire formant l'opposition
officielle,
24 min 35 s sont allouées au deuxième groupe d'opposition, six minutes sont allouées aux députés
indépendants. Dans ce cadre, le temps non utilisé par les députés indépendants ou par l'un des groupes parlementaires sera redistribué entre les groupes parlementaires selon les
proportions établies précédemment. Enfin, les interventions ne seront
soumises à aucune limite de temps.
Alors,
je suis prêt, à ce moment-ci, à céder la parole à un prochain intervenant et
je reconnais M. le député de Marguerite…
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Marie-Victorin, voilà. Merci, M. le député. Je
vous cède la parole.
M. Drainville : Merci,
M. le Président. D'abord,
j'aimerais saluer les collègues membres de la Commission des institutions, le président en particulier, le député
de Fabre. Je le remercie pour sa courtoisie. Il me permet, lui et ses
collègues, de prendre la parole en
premier parce que je dois, par la suite, M. le Président, me rendre à la Commission de l'administration
publique.
Alors, je vais aller
à l'essentiel, M. le Président. Nous, au Parti québécois, nous sommes favorables
à ce qu'Hydro-Québec soit assujettie à la
Loi sur le Protecteur du citoyen. On pense que c'est une bonne idée, M. le Président, qu'un citoyen qui vit un problème, qui vit une difficulté
avec Hydro-Québec puisse se tourner vers la Protectrice du citoyen et lui demander de l'aide. Et enfin on ne voit pas
très bien pourquoi ça ne se ferait pas, c'est assez
difficile de trouver des arguments pour justifier qu'Hydro-Québec ne
soit pas sous la responsabilité de la Protectrice du citoyen.
M. le Président, vous êtes vous-même député, tous les députés en cette Chambre, à des
niveaux divers, je pense, auront
constaté à quel point nos concitoyens ont tendance à se tourner vers nous, vers
nos bureaux de comté pour demander de
l'aide quand ils ont un conflit, un problème avec Hydro-Québec. Ça peut être sur une question
de facture qui n'a pas été acquittée,
puis là il faut négocier une entente. Ça peut être sur une menace
de débranchement, hein? Ça arrive très souvent, ça. Et les gens de nos comtés font ce qu'ils peuvent pour aider et, dans
certains cas, on réussit à régler le problème, M. le
Président. Mais c'est évident que, dans certaines situations, ce serait vraiment
bien qu'on puisse diriger notre concitoyen ou notre concitoyenne vers le bureau de la Protectrice du citoyen ou qu'on puisse nous-mêmes s'adresser au bureau
de la Protectrice du citoyen pour lui demander un coup de main.
actuellement, on ne peut pas le faire, M. le Président, parce qu'elle n'a pas le
droit de le faire, la loi ne permet pas
à la Protectrice du citoyen de s'occuper des cas qui concernent Hydro-Québec.
Et ça n'empêche pas, M. le Président, ça
n'empêche pas les citoyens de se tourner quand même vers la Protectrice du citoyen.
Par exemple, dans son rapport annuel
2013‑2014, la protectrice rapporte qu'elle a eu 310 demandes de service, donc
des demandes d'aide qui concernaient Hydro-Québec,
une hausse de 47 % par rapport à l'année précédente. Donc, même si la
Protectrice du citoyen n'a pas le droit
de s'occuper des cas d'Hydro — appelons-les comme ça — ça n'empêche pas les citoyens de se tourner
en très grand nombre vers elle. Et
les personnes qui se tournent vers elle, le nombre de personnes augmente d'une
année à l'autre, et les motifs de
plaintes, M. le Président, concernent les ententes de paiement, la facturation,
les ruptures de service, les délais de
branchement, le refus de rembourser les dépôts, les erreurs de facturation
ainsi que toute la question des compteurs intelligents. Et là la
Protectrice du citoyen est obligée de dire au citoyen : Écoute, je ne peux
pas m'occuper de ta plainte parce que ce n'est pas dans mon champ de
compétence, la loi ne me permet pas de le faire.
Alors, qu'est-ce qu'elle fait?
Bien, elle dirige le citoyen ou redirige le citoyen vers le service des
plaintes d'Hydro-Québec parce que, dans
certains cas, il arrive du service des plaintes d'Hydro-Québec. C'est justement
parce qu'il n'était pas satisfait
qu'il cogne à la porte de la Protectrice du citoyen. Ou encore la Protectrice
du citoyen va lui dire : Écoute,
le moyen formel pour que tu puisses faire une plainte formelle, c'est à la
Régie de l'énergie. M. le Président, est-ce qu'on s'entend pour dire que faire une plainte à la Régie de l'énergie,
ce n'est pas nécessairement un canal léger, hein, facile?
Souvent, les
citoyens qui sont pris avec des difficultés, souvent ils sont assez démunis, M.
le Président, et n'ont pas
nécessairement l'expérience de faire affaire avec la machine administrative, la
machine gouvernementale. C'est pour ça d'ailleurs qu'il faut les
accompagner. Mais de dire à un citoyen : Regarde, ton recours, c'est la
Régie de l'énergie, franchement, c'est une belle façon de le décourager de
poursuivre ses démarches, très souvent.
Bon, l'autre
possibilité, évidemment, c'est de lui dire, par exemple : Il y a eu une
erreur de facturation, tu veux… tu
réclames un remboursement, tourne-toi vers la Cour des petites créances. Bien
oui, mais là se tourner vers la Cour des petites créances, M. le Président, ça aussi, c'est compliqué, ça aussi,
ça prend du temps, ça aussi, ça implique des dépenses, alors que ça
pourrait se régler autrement. Dans certains cas, on en est convaincus, M. le
Président.
Et ce débat-là, je dois le dire, dépasse les lignes
partisanes, M. le Président, parce
que, lors de la discussion que
nous avons eue à la Commission des institutions, j'ai très
bien compris que mes collègues
d'autres formations politiques, notamment de la
partie gouvernementale, vivaient des difficultés
comme celles-là, avaient entendu parler de cas comme ceux-là, et je les sentais très sensibles, M. le Président, très sensibles à la
réalité vécue par leurs concitoyens. Et je les sentais aussi très sensibles à la demande qui est faite
par la Protectrice du citoyen de pouvoir, donc, s'occuper des cas d'Hydro.
Et j'ai bien hâte de voir, d'ailleurs, le
suivi qui sera donné par la
partie gouvernementale à la suite, donc, de ces
travaux en commission que nous avons réalisés.
L'autre chose
qui est intéressante, M. le Président, c'est que le changement serait assez
facile à faire. On ne parle pas d'un
gros chantier législatif, là. Dans les faits, ce qu'il faudrait faire, c'est
modifier un
article de loi, un
article de loi, et tout simplement ajouter «compétence d'intervention
sur Hydro-Québec». Ça doit être la
Loi sur le Protecteur du citoyen, si je ne m'abuse — je regarde en direction du député de Fabre.
Mais je pense que c'est un simple amendement législatif à la Loi du Protecteur du citoyen ou, en tout cas,
si ce n'est pas cette loi-là, M. le Président, c'en est une autre, mais chose
certaine, c'est un article, on le change, on
ajoute quelques mots, et, à partir de ce moment-là, la Protectrice du citoyen
aurait autorité sur Hydro-Québec.
L'autre chose
qu'elle dit, la Protectrice du citoyen, et c'est important de le noter, M. le
Président, parce que, dans ce
contexte, évidemment, de coupures budgétaires, de compressions budgétaires, on
pose toujours la question : Est-ce qu'un ajout comme celui-là, une responsabilité supplémentaire qui
s'ajouterait, donc, aux compétences déjà assumées par la Protectrice du
citoyen, est-ce que ça coûterait très cher? Et ce que nous dit la Protectrice
du citoyen, c'est qu'elle a déjà les
infrastructures d'enquête et les locaux qui lui permettraient, donc, de bien
faire son travail. Il lui suffirait de recruter
quelques personnes pour, donc, donner ce service-là. Et elle est convaincue, la
Protectrice du citoyen, que les coûts
supplémentaires et récurrents qui découleraient donc de cette mesure seraient
amplement compensés par les économies que
feraient notamment nos concitoyens, notamment ceux qui doivent, par exemple,
encourir des dépenses lorsqu'ils font des démarches devant la régie ou
devant la Cour des petites créances, sans parler, évidemment, aussi, des coûts
qui pourraient… ou, en fait, des économies qui pourraient être générées au sein
d'Hydro-Québec.
Alors, c'est
une demande, M. le Président, qui a plein de sens, et elle s'inscrit
d'ailleurs, et je tiens à le rappeler, elle
s'inscrit d'ailleurs dans une perspective, je dirais, de défense des droits des
citoyens qui nous a guidés lorsqu'en 2013 nous, comme gouvernement du Parti québécois, avons décidé d'assujettir
Hydro-Québec à la compétence du Vérificateur général. Ça s'est fait en 2013, ça, M. le Président. Vous vous rappelez
que, jusqu'à ce moment-là, ce n'était pas possible pour le Vérificateur
général d'arriver inopinément, disons, et demander l'accès aux livres d'Hydro-Québec
pour une vérification d'optimisation, par exemple. Il fallait avoir
l'accord du conseil d'administration d'Hydro-Québec pour donner, donc, l'accès au VG. Et, comme par hasard, quand le VG demandait de
pouvoir voir les livres d'Hydro-Québec, le conseil
d'administration d'Hydro-Québec lui refusait cette demande-là. Alors, en 2013, on
a changé la loi et on a dit : Bien, très bien, dorénavant, le VG va pouvoir agir en toute liberté et aller
faire des vérifications sans aucune restriction dans les livres d'Hydro-Québec. Et c'est un peu ça, M. le
Président, c'est un peu cette même
logique qui nous guide aujourd'hui, lorsque
nous nous prononçons, donc, en faveur de
cette idée que la Protectrice du citoyen puisse avoir ce mandat, donc, d'enquête, de vérification, de questions, hein, le mandat de questionner les gens d'Hydro
sur des difficultés vécues par nos concitoyens.
Juste un
petit mot, M. le Président, je fais une petite parenthèse : On aurait
voulu que ça vienne d'Hydro-Québec, on
aurait voulu qu'Hydro-Québec offre, comment dire… ouvre cette porte, se montre
ouverte, donc, à ce que la loi soit changée,
modifiée pour permettre, donc, à la Protectrice
du citoyen de jouer ce rôle-là. Bon, ils sont venus en commission parlementaire essentiellement pour nous dire que
la situation n'était pas si, comment dire, problématique que ça. Puis moi,
lors de cette commission parlementaire là,
j'ai dit aux représentants d'Hydro : Bien, pourquoi vous ne nous le dites
pas tout simplement, compte tenu du
fait que vous êtes une société d'État, que vous appartenez, donc, à tous les
citoyens du Québec, bien, que, dans
le fond, vous avez réfléchi à ça puis vous trouvez ça normal que la Protectrice
du citoyen soit un peu cette instance d'appel, hein, cette instance
d'aide?
Parce que,
vous savez, M. le Président, on l'aime beaucoup, notre société d'État, on est
très fiers d'Hydro-Québec, c'est un très grand fleuron, c'est une très
grande réussite du Québec. Mais en même temps, parfois, on a l'impression qu'Hydro, la direction d'Hydro a un petit peu
oublié sa nature profonde, elle a un petit peu oublié qu'elle est non seulement
une société d'État, mais qu'elle est d'abord et avant tout, dans l'esprit de
beaucoup de Québécois, une propriété des Québécois,
une propriété de l'ensemble des citoyens. En tout cas, c'est très certainement,
M. le Président, en ces termes-là que mes gens de Longueuil, que je représente
ici, en cette Chambre, me parlent d'Hydro très souvent. Très souvent, ils
vont me dire :
Bien, coudon, ça nous appartient-u encore, ça, Hydro? C'est-u encore à nous
autres, ça, Hydro? Pourquoi est-ce qu'ils se comportent comme ça?
On a parfois
entendu l'expression, M. le Président, de «l'État dans l'État», Hydro qui se
comporte comme un État dans l'État.
Je ne veux pas être trop sévère, encore une fois, avec Hydro, M. le Président,
parce que, je le redis, on est fiers, très,
très fiers de cette société d'État, mais je pense qu'on est rendus là, on est
rendus à un point où Hydro, notre société d'État, doit accepter en toute bonne
volonté que la Protectrice du citoyen puisse poser des questions au nom de
citoyens qui se trouvent démunis, désemparés et qui ont besoin d'aide.
D'ailleurs, la Protectrice du citoyen l'a bien
dit dans une intervention du 9 septembre dernier, je la cite : «Je
n'arrive toujours pas à m'expliquer[...], tout comme certains de mes
prédécesseurs, ce qui peut justifier l'absence de recours indépendant, sans frais, dénué de formalisme et diligent, pour
les citoyens qui se sentent lésés par une décision d'Hydro-Québec. Est-ce normal que ces personnes
aient à se tourner vers la Cour des petites créances ou un tribunal de
droit commun pour régler un différend qui, dans bien des cas, aurait pu se
régler autrement et bien plus rapidement? Pourquoi
les citoyens concernés, qu'il serait, ici, réducteur de qualifier de simples
clients, doivent-ils être privés d'un tel recours quant à la qualité des
services rendus par cet organisme public qu'est Hydro-Québec, [qui] est en
situation de monopole — elle
le note — quant
au respect de leurs droits?»
Alors, voilà, M. le Président. Notre formation
politique a les idées claires là-dessus.
Je termine, en conclusion, en rappelant deux
faits, deux informations, je pense, qui peuvent nous guider dans notre réflexion : d'abord, qu'il existe un
service de plainte au ministère de l'Emploi et de la Solidarité, il y en a un
également à la Régie des rentes, il y
en a un à la SAAQ, il y en a un à la CSST. Et tous ces organismes-là sont
assujettis à la Protectrice du
citoyen. Et je dis aussi, M. le Président, et c'est important de le dire :
Les distributeurs d'électricité ailleurs au Canada sont tous assujettis à leur Protectrice du citoyen
ou à un ombudsman, et on se demande bien en quoi Hydro-Québec serait à ce point différente ou différente des autres
organismes du même genre pour justifier qu'elle ne soit pas assujettie à
l'autorité et à la responsabilité, donc, de la Protectrice du citoyen.
Alors, voilà,
Mme la... M. le Président, dis-je bien. Je vais, bien entendu, suivre avec beaucoup
d'intérêt, même si je ne serai pas en
cette Chambre pour le faire, mais on va me rapporter ça avec moult détails, je
vais, bien entendu, suivre avec
beaucoup d'intérêt les interventions des collègues des autres formations
politiques pour voir un peu où on en est. Mais ce serait vraiment bien, M. le Président, qu'on s'entende, tous les
partis politiques en cette Chambre, pour changer ensemble cette loi. Je pense que ce serait un beau geste qui ferait
avancer le service au citoyen au sens très large et qui ferait avancer, je pense, l'intérêt public. M. le
Président, je vous remercie de votre écoute toujours attentive. Je salue les
collègues encore une fois. Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Marie-Victorin, pour cette intervention. Je cède la parole maintenant
à M. le député de Sherbrooke. Alors, M. le député.
M. Fortin
(Sherbrooke) : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Je suis très
heureux, à mon tour, de prendre la parole,
pour la première fois depuis mon élection du 7 avril dernier, sur un
rapport de commission parlementaire. Et je peux vous dire que ça a été un exercice qui est très important, et nos
travaux se sont déroulés rondement à la Commission des institutions, sous, je dois dire, la
présidence exceptionnelle du député de Fabre. Hier, j'entendais les débats sur
le rapport justement de la Commission des institutions, mais, cette
fois-ci, sur la perception des amendes, et notre collègue de Fabre a eu droit à un concert d'éloges de tous les
côtés de la Chambre. Alors, aujourd'hui, je voulais joindre ma voix à celle
des collègues pour remercier notre président
de ces travaux, mais en soulignant, M. le Président, que le premier geste que
j'ai posé ici, à
titre de député à l'Assemblée nationale, c'est de proposer le
député de Fabre comme président de la Commission
des institutions, et je peux vous dire que je suis très heureux de mon choix.
Il y a un travail exceptionnel qui a été
fait par notre président, mais également un travail exemplaire qui a été fait
par les collègues des différentes formations politiques, dans cette commission. Il y a eu une très belle
collégialité, notamment lors des auditions, mais aussi en séance de
travail, qui a fait en sorte qu'on puisse en arriver à une recommandation
unanime.
Alors, je
pense que c'est important de le rappeler, M. le Président, parce que, trop
souvent, malheureusement, l'image
qu'ont nos concitoyens, qu'ont les Québécois de nos travaux est le reflet de la
période des questions, où… souvent, c'est
une période où c'est davantage métal sur métal, mais que, globalement, nos
travaux ici se déroulent en toute collégialité et souvent à l'unanimité.
Alors, M. le
Président, je trouve d'autant plus important de prendre la parole sur une
question, une recommandation qui
touche Hydro-Québec, qui est une grande institution dont nous avons raison
d'être fiers, comme le soulignait le député de Marie-Victorin. C'est une institution qui permet au Québec d'être un
leader en matière d'énergie propre, une institution qui est une source d'enrichissement collectif pour
tous les Québécois, qui permet de financer l'ensemble des différentes missions de l'État, que ce soit la santé,
l'éducation, la culture, par exemple. C'est une institution surtout qui, depuis
le siècle dernier, est le symbole de
la prise en main des Québécois de leur économie, cette grande société qui nous
a permis de devenir maîtres chez nous, comme le disait Jean Lesage.
Nous sommes
fiers d'Hydro-Québec, mais ça ne nous soustrait pas à l'obligation d'en
questionner, sur une base régulière,
les façons de faire et la qualité des services, comme il s'agit d'une
institution publique. C'est opportun de le faire, M. le Président,
surtout en cette ère de transparence et où l'imputabilité est importante.
D'ailleurs, l'Assemblée nationale, et c'est
relativement très récent, a assujetti Hydro-Québec au pouvoir du Vérificateur
général, ce qui est une bonne chose.
Le travail fait par le vérificateur nous permet, nous, les députés, à mieux
faire notre travail de contrôle de cette institution publique. Les Québécois travaillent
fort, paient des taxes, des impôts et des tarifs de services publics pour avoir
des services de qualité. Le moins qu'on
puisse faire, c'est de s'assurer qu'ils obtiennent les services à la hauteur de
ce qu'ils méritent, en mettant en
place des mécanismes de contrôle pour en assurer la qualité. Il y a évidemment,
aujourd'hui, des mécanismes de contrôle qui sont en place chez
Hydro-Québec. Comme il y a déjà un mécanisme de contrôle des plaintes. On nous l'a d'ailleurs
expliqué lors de l'audition d'Hydro-Québec, on nous a tout présenté le processus… y compris,
pardon, le processus d'appel à la Régie de l'énergie, qui, lui, est cependant
sans appel.
En regard de
cet état de fait, le mandat de la commission était de déterminer s'il est pertinent de
recommander au gouvernement qu'il envisage la possibilité de donner aux Québécois
un autre moyen de faire valoir leurs droits face à Hydro-Québec notamment en assujettissant celle-ci aux pouvoirs de la
Protectrice du citoyen. Les membres de la commission ont conclu à
l'unanimité que le gouvernement devrait envisager cette possibilité.
En ce qui me
concerne, M. le Président, je dois dire, d'entrée de jeu, que je suis
entièrement d'accord avec cette recommandation, et ce, pour plusieurs raisons. Premièrement, le fait qu'on assujettisse Hydro-Québec à la Protectrice du citoyen n'est pas en contradiction avec le
mécanisme de plainte déjà en place chez Hydro-Québec, il est plutôt
complémentaire. Comme on dit en bon Québécois : Un n'empêche pas l'autre.
Deuxièmement, je dirais que c'est même une plus-value, car ça permettrait d'avoir un
service de plainte réellement impartial
et indépendant d'Hydro-Québec. C'est particulièrement important que les citoyens aient le sentiment que leur
plainte peut être traitée en toute
impartialité, notamment face à une institution qui est en situation
de monopole. Par la force des choses,
un Québécois insatisfait ne peut faire affaire avec un autre
fournisseur d'électricité, ce qui fait en sorte que le rapport de force entre les parties est déséquilibré en cas de
litige, d'où l'importance, selon moi, que les plaintes puissent être
traitées en toute impartialité par une instance externe à Hydro-Québec.
Troisièmement, on nous a dit, lors de l'audition d'Hydro-Québec, que le nombre de
plaintes qui étaient adressées directement à Hydro-Québec était en baisse. Par contre, la Protectrice du citoyen,
elle, nous dit que les plaintes relativement
à Hydro-Québec sont en hausse chez elle,
alors qu'elle n'a même pas le pouvoir actuellement sur Hydro-Québec. Faut-il
y voir un signe que les gens ne perçoivent
pas le mécanisme en place chez Hydro comme une source valable pour résoudre
un conflit avec la société d'État et se
tournent vers d'autres moyens de se faire entendre, comme la Protectrice du
citoyen? Probablement que oui.
Le député de
Marie-Victorin en a parlé tantôt, et effectivement je pense que l'ensemble des
parlementaires de cette Assemblée sont sensibles à ce qu'on appelle les
cas de comté et aux représentations que viennent nous faire nos concitoyens dans nos bureaux. Et je dois dire, et
c'est probablement la même chose pour vous, M. le Président, qu'on reçoit de nombreux citoyens, dans nos bureaux, qui
viennent nous faire part de leurs doléances par rapport à Hydro-Québec, pour tous les motifs qu'a exposés précédemment le
député de Marie-Victorin. Mais je pense que ça, ça devrait nous envoyer un signal, nous envoyer le signal qu'il y a
quelque chose à améliorer, que les Québécois sont à la recherche d'une autre
voix pour se faire entendre auprès d'Hydro-Québec.
La recommandation de la Commission des
institutions stipule que, si jamais on donnait ce pouvoir-là à la Protectrice
du citoyen, ça devait se faire à coût nul. Et il va sans dire, M. le Président,
que je suis tout à fait en accord également
avec cette
partie de la recommandation. Comme vous le savez, notre gouvernement
est présentement dans un important
exercice afin de rééquilibrer les finances publiques. Le président du Conseil
du trésor appelle à un effort national. Toutes les institutions publiques sont appelées à faire un effort. Ceci
étant dit, il n'y a pas de demande, à ce stade-ci, qui a été formulée à la Protectrice du citoyen, mais,
dans ce contexte-là, il serait peut-être inapproprié d'augmenter de manière
substantielle le budget de la protectrice.
Concernant
les coûts qu'une telle procédure pourrait engendrer, elle-même, la Protectrice
du citoyen, elle dit que ça pourrait
s'élever à 463 000 $ la première année, comme il y aurait des coûts
supplémentaires pour la première année, et à 413 000 $ pour la
deuxième année.
Toujours à la
Commission des institutions, nous avons reçu, le 9 septembre dernier, la
Protectrice du citoyen sur son
rapport annuel, et je lui ai posé la question, même s'il n'y avait pas de
demande de rationalisation de ses dépenses qui avait été effectuée, si, de sa propre initiative, elle, elle s'était
fixé des objectifs de réduction de dépenses. Elle me dit… elle m'a répondu alors qu'elle, elle n'avait pas
attendu qu'on lui demande mais que, dès son entrée en poste, elle a fait
un examen vraiment minutieux de ses
dépenses. Elle dit : Au Protecteur du citoyen, tout est analysé, tout est
observé. Il n'y a pas de petites
économies. Alors, je suis confiant qu'avec le propre exercice que la
Protectrice du citoyen fait en ce moment
et qu'elle fait déjà depuis plusieurs années elle va pouvoir trouver les
sommes, les ressources nécessaires pour pouvoir s'acquitter de cette tâche de faire… de traiter les plaintes à l'endroit
d'Hydro-Québec, si jamais le gouvernement décidait
de lui confier ce nouveau mandat.
En conclusion, M. le Président, je voudrais tout
simplement réitérer que, selon moi, la recommandation de la commission va dans
le bon sens. Tout le monde y gagnerait, bien évidemment les utilisateurs d'Hydro-Québec,
qui aujourd'hui il semble qu'ils n'ont pas l'écoute nécessaire,
qui sont à la recherche d'une alternative pour faire valoir leurs droits à l'endroit d'Hydro-Québec. Et même je
dirais qu'Hydro-Québec sortirait gagnante d'un tel processus,
certainement que son image serait rehaussée en se soumettant à
un organisme impartial nommé par l'Assemblée
nationale. Hydro-Québec ainsi éviterait également que son service des plaintes soit constamment
critiqué, comme c'est le cas, comme on l'entend à l'occasion dans les médias, comme on l'entend dans
nos bureaux de circonscription, parce
que maintenant il y aurait une
alternative, pour les Québécois,
pour se faire entendre. Et finalement je suis convaincu, M. le Président, que le gouvernement, notamment le ministre de l'Énergie, dont je sais qu'il est à l'écoute
des parlementaires — c'est
un ministre, un collègue
qui est très soucieux de l'opinion des
députés — va
étudier cette possibilité-là avec toute la diligence qu'on lui connaît.
Alors, je vous remercie, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de Sherbrooke, pour l'intervention. M. le député de Deux-Montagnes, je vous
cède la parole.
Charette : Merci, M. le Président. Et, pour faciliter nos travaux, déjà vous
mentionner que je ne prendrai pas tout
le temps qui est alloué à notre formation
politique. On nous réservait 25 minutes,
et, dans les faits, je n'aurai pas à le prendre. Et aussi je vous avise
que je serai le seul intervenant pour notre formation politique. Pourquoi? Ça a
été dit à plusieurs reprises, les travaux se sont très bien déroulés depuis ces
derniers mois, l'enjeu était important.
Et effectivement il faut souligner la présidence qui a été assurée par le collègue
de Fabre, donc une présidence qui a permis des travaux efficaces, qui se sont
déroulés rondement, dans la bonne entente, et surtout — ce
que la population attend de ses parlementaires — ce
sont des travaux qui se sont déroulés en grande complicité. Donc, merci au
député de Fabre, mais également merci aux différents collègues qui ont pris part
aux travaux. Tous avaient des questions légitimes, tous ont pu faire avancer la réflexion, et c'est
bien tant mieux. Et je suis d'autant plus heureux qu'ultimement on a pu tous
ensemble adopter de façon unanime le rapport qui a découlé de ces différents
travaux, et tout ça dans un échéancier relativement
court. C'est le 11 juin dernier que la Commission des institutions s'est
donné le mandat d'entendre le Protecteur du citoyen, on est à peine à la fin du mois d'octobre, donc en peu de
temps, sans compter la période estivale, on a pu arriver à un résultat
intéressant.
Et ce n'est
pas la première fois, par contre, que la Coalition avenir Québec démontrait un
intérêt pour le sujet. J'aime
rappeler que, dès la législature passée, mon collègue de Granby avait déposé un
projet de loi qui allait en ce sens. J'entends
aujourd'hui l'opposition officielle dire que c'est si simple de procéder aux
changements législatifs. J'aurais bien aimé,
en toute franchise, que ce dossier soit réglé dès la précédente législature,
parce que, oui, effectivement, avec de la bonne volonté, le gouvernement précédent aurait également pu régler
cette question, qui était une demande, hein… Ce n'est pas une demande des parlementaires eux-mêmes. Ça fait des années
que la Protectrice ou le Protecteur du citoyen, comme organisation, année après année dans son rapport annuel, en fait
la demande. Oui, il existe un processus d'étude des plaintes à
Hydro-Québec. Il est bien balisé, cependant il est complexe. Et ce n'est pas
une mauvaise chose que de donner aux citoyens une alternative qui soit plus
souple et surtout totalement indépendante d'Hydro-Québec.
Mon collègue
de Sherbrooke le mentionnait à juste titre, Hydro-Québec est un monopole. On
peut l'apprécier, on peut reconnaître
son rôle dans le développement économique et de nos régions du Québec, mais
n'empêche qu'il est un monopole
étatique. Donc, le citoyen, la citoyenne qui éprouve des difficultés envers son
fournisseur d'électricité n'a pas d'autre alternative, n'a pas la possibilité
d'aller chez un concurrent, d'où l'idée d'assurer un traitement indépendant
des plaintes, ce qui est réclamé, encore une fois je le mentionne, là, par la
Protectrice du citoyen.
Actuellement,
le service ou le processus de plainte
en place chez Hydro-Québec est en trois étapes, en quelque sorte, et peut prendre
passablement de temps. La moyenne, lorsque le citoyen va au bout de la
démarche, on parle de 135 jours, donc
on parle d'une durée qui est assez longue. Et on parle d'un processus qui est
quasi judiciaire, en ce sens qu'on se
retrouve, en ultime recours, devant la Régie de l'énergie. Dans certains cas, il y a
eu au préalable dépôt de plainte à
travers la Cour des petites créances. Bref, c'est un processus qui peut être
long pour le citoyen qui est moins familier avec ces démarches-là. Ça peut être un incitatif pour renoncer à faire
valoir ses droits, et c'est ce qu'il
y a de plus dommage. Et qui
dit recours aux Petites Créances peut aussi signifier des frais engagés par le
citoyen ou la citoyenne.
Bref, on ne
remet pas en question les services de plainte qui sont... ou le processus de
plainte qui est en place par Hydro-Québec, mais il faut offrir une
alternative aux citoyens et aux citoyennes qui se sentent lésés. Mes collègues autant de Marie-Victorin que de Sherbrooke l'ont mentionné à juste
titre : Comme
députés, on est très bien placés pour imaginer ou deviner la détresse, dans certains cas, sinon le désarroi de
bon nombre de citoyens qui semblent avoir fait toute la procédure sans avoir le sentiment d'être écoutés. Et moi, j'en
suis personnellement, et je n'ai pas votre expérience, M. le
Président, je le reconnais d'emblée, je n'en suis qu'à ma cinquième année comme
député, mais déjà je peux malheureusement constater qu'il y a une recrudescence de
plaintes. On le voit au niveau du bureau de circonscription, il y a
davantage de citoyens et de citoyennes qui
se présentent au bureau pour nous faire part de leurs doléances. Et on
interagit, comme bureau de circonscription, aussi avec Hydro-Québec, on est à même...
Malgré le fait que ce soit un
bureau organisé, structuré, reconnu
qui interagisse avec Hydro-Québec, on est en mesure de constater qu'il est souvent
frustrant de composer avec le
processus de plainte, parce que, bon, ça peut sembler, dans certains cas,
archaïque, dans certains... d'autres cas, c'est la durée… c'est-à-dire la difficulté d'obtenir les renseignements, la difficulté
d'obtenir l'heure juste. Donc, même comme
organisation structurée, on peine à avoir certains renseignements, on peine à avoir réponse à nos questions. Donc, je devine aisément le désarroi des citoyens qui,
sans avoir ce support-là, peuvent se ressentir bien... se sentir bien, bien
isolés.
Donc, les
plaintes, c'est quoi? C'est beaucoup les temps de réponse, c'est au niveau de la
facturation, c'est au niveau des
demandes d'information. On a eu plusieurs cas, ces derniers mois, ces dernières années, relativement aux compteurs intelligents.
Au niveau de la Coalition avenir
Québec, on n'est pas contre cette technologie-là, mais on s'est questionnés aussi,
à plusieurs reprises, de notre côté, sur la transparence d'Hydro-Québec par rapport à cette nouvelle technologie, par rapport
à ce qui avait été promis aux contribuables, aux citoyens, qui ne semble pas
s'avérer. Donc, obtenir de l'information, c'est un défi. Ça l'est pour un bureau de circonscription, imaginez le défi encore plus
grand pour le citoyen ou la citoyenne.
Et, oui, dans
les bureaux de circonscription, le nombre de plaintes a augmenté par rapport à Hydro-Québec, mais la
Protectrice du citoyen elle-même nous confirme que son organisation, ces dernières années, a subi une hausse qui est non négligeable. On a haussé de près de 40 %, uniquement par rapport à l'année
précédente, le nombre de plaintes. Et elle-même se dit désarmée par rapport à la situation, en ce
sens qu'au niveau législatif elle n'a
pas le mandat de répondre à ces plaintes-là. Les citoyens s'y adressent toujours
plus nombreux, mais malheureusement le Protecteur
du citoyen n'est pas en mesure d'y donner suite. Et, je le
mentionnais tout à l'heure, le processus de plainte chez Hydro-Québec peut être très complexe par
moments et un frein certain pour bon nombre de citoyens ou citoyennes qui
aimeraient faire valoir leurs droits.
Cela dit, on
reconnaît aussi... Et toute la volonté exprimée, ce matin, ne vise pas à
dénigrer le travail qui est fait par Hydro-Québec. Bien au contraire, c'est une organisation qui est valable, on reconnaît sa qualité et on
reconnaît aussi un certain nombre
d'actions qui ont été prises ces dernières années pour améliorer le processus
de plainte. Mais n'empêche, et c'est
le souhait exprimé aujourd'hui par les collègues des différents côtés de la
Chambre, qu'il est temps, et grand temps, d'avoir un processus qui soit complètement indépendant. Et la demande que l'on formule aujourd'hui n'est pas non plus farfelue, en ce sens
que, dans les autres provinces canadiennes, le contribuable, l'utilisateur des services d'hydroélectricité ou
d'électricité a justement la possibilité de se retourner vers une instance indépendante
lorsqu'il y a un conflit ou lorsqu'il
y a un droit qui ne semble pas avoir été respecté. Donc, c'est une demande qui
est légitime, qui a cours dans les autres
provinces. Donc, à l'occasion, on peut dire : Est-ce qu'on veut à ce point innover qu'on veut
être différents des autres? Dans ce
cas-ci, on n'a pas à se distinguer de la mauvaise façon. Il faut offrir à nos
concitoyens et concitoyennes ce
droit-là qui est bien légitime de pouvoir faire valoir leurs doléances. La
Protectrice du citoyen, lors du dépôt de son récent rapport, il y a
quelques semaines à peine, s'est désolée du fait qu'elle ait à chaque année à
répéter la même demande et à chaque année
elle accompagne son rapport de chiffres bien documentés qui démontrent les
limites de la loi actuelle. Et c'est
à ce moment que j'apprécie tout le travail qui a été fait par mes collègues,
qu'ils soient de la
partie gouvernementale,
qu'ils soient, également, de l'opposition officielle, parce que j'ai senti
cette volonté enfin de résoudre et de répondre à cette demande-là.
Et vous me
permettrez, M. le Président, de façon aussi constructive, de rappeler le projet
de loi qui avait été déposé l'année
dernière par mon collègue de Granby mais un nouveau projet de loi qui a aussi
été déposé il y a quelques semaines par
mon entremise, le projet de loi, donc, qui est bien inscrit au feuilleton, qui
répond à cette doléance. Donc, on parlait de mesures législatives relativement simples. Il y a aussi ce projet de
loi qui pourrait ultimement être appelé. Et le projet de loi que nous avons déposé, je dois le
mentionner, il ne se limite pas à un simple changement législatif, en ce sens
que le problème qui est vécu à
travers Hydro-Québec l'est aussi dans bon nombre d'organisations publiques où
le citoyen, la citoyenne n'a,
malheureusement, pas la possibilité de recourir à un processus de traitement de
plaintes qui soit totalement indépendant.
Donc, oui, aujourd'hui on s'attarde et on penche davantage vers Hydro-Québec,
mais il faut élargir la réflexion parce
qu'il y a des instances très intéressantes, et je vais prendre… ça peut sembler
fastidieux, mais je vais prendre quelques instants pour les nommer.
Il y a plusieurs organisations publiques qui,
pourtant très, très importantes, aujourd'hui ne sont pas non plus assujetties
au mandat du Protecteur du citoyen. On parle du Conseil des arts et des
lettres, on parle d'Investissement Québec,
on parle de La Financière agricole, on parle de la Régie de l'assurance
maladie du Québec, de la Régie des installations olympiques, de la Régie
des rentes du Québec, la Société d'habitation du Québec, la Société de
développement des entreprises culturelles,
la Société de la Place des Arts de Montréal, la Société de l'assurance
automobile du Québec, la Société de
télédiffusion du Québec, la Société des alcools du Québec, la Société des
établissements de plein air, la Société des loteries, la Société des traversiers, la société du centre des
congrès de Montréal, la Société du Grand Théâtre de Québec, la Société du Palais des congrès, la Société
québécoise de récupération et de