House Proceedings — 24 October 2017 (41st Legislature, 1st Session)
2017-10-24
Quebec — Debates (Hansard)
efforts déployés sur place par les policiers et les pompiers de Terrebonne nous
inspirent énormément de respect et
d'admiration, M. le Président. Ils assurent évidemment constamment la sécurité
de notre population. Et cette fois-ci, il faut le dire, ce fut même au
risque de leur propre vie qu'ils ont dû intervenir.
tant que député de Terrebonne, je suis fier d'honorer, ici, aujourd'hui, le
travail, le courage, la bravoure du service
de police et du service de sécurité d'incendie de notre ville, dont certains
représentants seront parmi nous aujourd'hui pour recevoir le privilège
d'être honorés par la Médaille de l'Assemblée nationale après cette période de
questions.
Encore
une fois, au nom de l'ensemble des citoyens de Terrebonne, merci d'être là,
vous avez toute notre admiration.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
député de Terrebonne. Mme la députée de Hull, et vice-présidente, je
vous cède la parole.
Mme Gaudreault :
Merci, M. le Président. Il y a maintenant quatre décennies, Me Mario Patry
rejoignait l'Ordre des notaires du Québec et
l'étude de Me Paul D. Gagné, connue aujourd'hui sous le nom de Gagné Isabelle
Patry Laflamme & Associés.
Affiliée
au réseau PME Inter Notaires, cette équipe de professionnels est composée d'une
vingtaine de juristes spécialisés et de plus de 80 employés de
soutien. Au fil des années, cette étude de notaires a rendu de loyaux services
à plus de 200 000 personnes et entreprises de la région de
l'Outaouais.
Pour souligner ce 40e anniversaire, l'équipe a
décidé de remettre 40 dons de 1 000 $ à 40 organismes de
bienfaisance de la région de l'Outaouais. Grâce à ce beau geste, l'entreprise
se retrouve parmi les finalistes pour les prix Excelor
2017 de la Chambre de commerce de Gatineau, dans la catégorie catégorie prix
Innovation —
projet d'exception. Toutes mes félicitations pour ces honneurs plus que mérités!
Et joyeux 40e anniversaire à toute l'équipe de
Gagné Isabelle Patry Laflamme & Associés! Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée de Hull. M. le député de Drummond—Bois-Francs, à vous la parole.
M. Schneeberger :
Merci, M. le Président. En partenariat avec la MRC d'Arthabaska et la
commission scolaire des Bois-Francs,
la Table de concertation Enfance-Famille d'Arthabaska vient de dévoiler un
remarquable projet sur le plaisir de lire.
Ce projet
global s'intitule Artha-Livres. Il repose sur une approche
enfant-famille-communauté à travers la MRC. Il prend l'allure d'un mouvement, puisque de nombreux partenaires se
mobilisent pour donner goût de lire et promouvoir la lecture autant chez les jeunes enfants que chez
les parents. Il comprend notamment l'installation d'une boîte de livres dans chacune des 22 municipalités de la MRC
d'Arthabaska. Chaque boîte est adoptée par un élu municipal et placée sous sa responsabilité... d'un organisme local. Sa
décoration est confiée à une organisation de l'endroit. Et l'apport de livres
se fonde sur le principe du troc. C'est
comme si on réinventait le plaisir de lire dès la petite enfance pour qu'il
dure toute la vie. Meilleurs voeux à cette superbe initiative au
bénéfice de nos jeunes!
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
député de Drummond—Bois-Francs. Je cède maintenant la
parole à Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de
Santis : Merci, M. le Président. Karel Velan, un bâtisseur de Québec
inc., est décédé le 29 septembre à l'âge de 99 ans. Il a fui le régime communiste de la
Tchécoslovaquie et est arrivé au Canada en 1949. Un an plus tard, il a démarré
Velan Engineering, qui est devenu un géant mondial de la robinetterie industrielle.
Ingénieur de
formation, il avait à son actif 26 brevets. Auteur de deux livres sur le
cosmos, il était passionné par l'astrophysique.
Il a financé la création d'une salle consacrée à la cosmologie à l'AstroLab du
parc national du Mont-Mégantic.
M. Velan était un homme de coeur qui a
contribué à de nombreux projets caritatifs. Soulignons la mise sur pied de la Fondation Velan, la création de la
Maison Olga pour les femmes sans abri et le financement d'un pavillon du
Camp Papillon pour enfants handicapés. Il a dit : «When I was
14 years old, I read Einstein. And he said if you achieve great things in life but don't share them, then they become
unimportant.
«This is our policy of
life : Share with others.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée de Bourassa-Sauvé, pour cette déclaration. M. le député de Gaspé, à vous la parole.
M. Lelièvre : M. le
Président, à
titre de député de Gaspé, il
me fait plaisir de souligner ici dans cette Assemblée la réussite exceptionnelle d'une entreprise
gaspésienne, en l'occurrence l'usine LM Wind Power de Gaspé.
Inaugurée en
2005, cette usine est la seule au Québec et au Canada à fabriquer des pales d'éolienne destinées
aux grands parcs de production d'énergie
éolienne à travers l'Amérique et l'Europe. Grâce à la grande détermination et à
la compétence des employés de
l'équipe de direction sous la gouverne de M. Alexandre Boulay, directeur général, cette entreprise est passée, au cours des dernières années, de
moins de 175 employés à près de 500 employés, le tout en relevant
le défi de maintenir un niveau de productivité et de qualité lui permettant de
briller à l'international parmi les meilleurs dans le domaine des
énergies renouvelables.
Merci et mes
plus sincères félicitations aux femmes et aux hommes de cette importante
entreprise qui, chaque jour, depuis
des années, contribuent à ce succès et participent activement au développement
et à la fierté de la Gaspésie et des régions!
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
député de Gaspé. Mme la députée de Chauveau, je vous cède la parole pour
votre déclaration.
Mme Tremblay : Merci, M. le Président. Permettez-moi de souligner l'impressionnante
carrière du réputé photographe Roland Lachance, mieux connu sous le nom
de Roland «de Québec».
En plus de
60 ans de carrière, M. Lachance a photographié les plus grands de ce
monde, de Johnny Hallyday à Jerry Lewis, en
passant par le pape Jean-Paul II, la famille royale et l'unique Édith
Piaf. Il est une véritable encyclopédie vivante de la communauté artistique. Chacune
de ses photographies représente un jalon de notre culture. Toutes les
personnalités le connaissent et
l'apprécient. Son immense collection apporte un témoignage unique sur l'univers
du spectacle. Ses plus brillants
clichés ont fait le tour du monde et ont contribué au rayonnement du Québec.
Âgé de 85 ans, M. Roland Lachance est
toujours actif, l'oeil vif et jamais
bien loin de sa caméra; il reste à l'affût. Un photographe passionné et
passionnant.
salue donc chaleureusement Roland «de Québec» pour l'ensemble de son oeuvre et merci pour toutes ses belles
images qui continuent d'alimenter notre mémoire collective. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la députée de Chauveau. M. le
député de Groulx, à vous la parole.
Surprenant : M. le Président, c'est avec grande fierté que je souligne devant l'Assemblée nationale la belle initiative et l'engagement
répétés des concitoyens de la ville de Rosemère à créer année après année un environnement festif et rassembleur pour la
période de l'Halloween.
ensorcellent les visiteurs, et une bonne part du tout Rosemère y défile. Oui,
plus de 6 000 visiteurs l'an dernier. En effet, la famille Limoges
consacre un temps colossal à préparer sa propriété afin de recevoir les
tout-petits comme les moins jeunes en leur offrant des décors très
réussis et en leur concoctant des chorégraphies très bien jouées par des comédiens qui assument pleinement
leur rôle de circonstance sous les airs de This is Halloween pour les
plus jeunes et de Thriller pour les plus grands. Un parcours sur leur propre
domaine, de nombreuses installations, décorations et personnages :
frayeurs, cris et frissons garantis. Et les maquillages sont wow!
félicite donc la famille Limoges et leurs amis et je remercie également
tous leurs commanditaires d'être là pour les familles et les jeunes d'esprit.
Merci de rendre cette soirée mémorable
pour nos jeunes, fantomagiques et bien, bien, bien au-delà des attentes.
Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Groulx. Mme la députée de Verdun n'est toujours pas arrivée. Mme la députée de... Ah! désolé. Je regardais dans
ce coin-là. Je m'excuse. Alors, Mme la députée de Verdun, à vous la
parole.
Melançon : Merci beaucoup, M. le Président. Le 5 octobre dernier, on
apprenait le décès de M. Dan Hanganu, un géant de l'architecture. Ce
jour-là, Montréal a perdu un grand bâtisseur.
Verdunois d'adoption a fait de Montréal sa ville pendant plus de 40 ans et a
profondément transformé notre paysage
architectural. M. Dan Hanganu est un des rares architectes à avoir été fait à
la fois officier de l'Ordre du Canada et
officier de l'Ordre national du Québec, témoignant ainsi de la grande valeur de
son oeuvre architecturale, un héritage qu'il nous lègue.
était connu pour ses nombreuses réalisations architecturales à l'île des
Soeurs, mais aussi sur l'ensemble du territoire
montréalais et québécois. Nous lui devons de nombreuses réalisations, notamment
les ateliers du Cirque du Soleil, la
bibliothèque Marc-Favreau, le musée de Pointe-à-Callière, le Théâtre du Nouveau
Monde, l'édifice Côte-Sainte-Catherine de HEC Montréal, l'église de
Saint-Benoît-du-Lac, et j'en passe.
Ces nombreuses
distinctions témoignent de son talent...
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Alors, Mme la députée de Verdun, je
vous remercie pour votre déclaration. Mme la députée de Marie-Victorin, à vous
la parole.
Fournier : Merci, M. le Président. Je tiens à saluer la présence aujourd'hui dans nos tribunes d'un citoyen très engagé de ma circonscription,
David Blanchard.
Depuis plusieurs années,
David s'implique auprès de nombreux organismes de Marie-Victorin. Bien que son engagement
comporte plusieurs facettes, il a notamment pour objectif de
lutter contre le phénomène de l'itinérance. Sur une base régulière, il partage ses témoignages afin de sensibiliser nos
concitoyens à cette réalité qui est peu visible, mais néanmoins
bel et bien présente chez nous. Les organismes d'aide et d'hébergement
connaissent d'ailleurs une augmentation
année après année de leur clientèle, et le
manque de ressources sur la Rive-Sud de Montréal est particulièrement criant.
Je tiens donc
à profiter de la présence de David à l'Assemblée
nationale afin de souligner son
impressionnante et inspirante
implication et je veux aussi rappeler au gouvernement libéral qu'il y a
urgence de hausser le financement à la mission des organismes en matière
d'itinérance. C'est ce qu'un gouvernement du Parti québécois fera. Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée de Marie-Victorin. M. le leader de l'opposition officielle sollicite le consentement pour présenter une 11e
déclaration. Y a-t-il consentement? Consentement. Veuillez procéder, M.
le député de Matane-Matapédia.
Bérubé :
Merci. M. le Président, aujourd'hui, nous soulignons la 17e édition de la
Journée maritime québécoise. Pour l'occasion, je souhaite saluer
particulièrement le travail des fiers travailleurs et travailleuses de ce
secteur de ma circonscription.
Plusieurs
pôles de notre économie régionale se sont développés autour du transport
maritime et de la liaison entre le Bas-Saint-Laurent et la Côte-Nord.
Ainsi, chaque jour, nous pouvons compter sur le travail appliqué des employés
qui oeuvrent sur le traversier F.-A.-Gauthier afin de garantir le service de
cette précieuse voie de circulation pour l'Est
du Québec. Il faut également souligner le travail de tous, celles et ceux qui oeuvrent dans le secteur de la conception,
la construction et l'entretien de navires au
sein des entreprises de La Matanie. De plus, plusieurs
entreprises ont besoin de la présence et des compétences des employés du secteur maritime afin
d'exporter et d'importer les ressources dont ils ont besoin pour opérer.
Je profite de cette journée toute particulière
pour rappeler que nous sommes toujours dans l'attente d'un échéancier de réalisation pour les travaux
de la réfection du port de Matane. L'enjeu est primordial pour nos travailleurs et pour l'ensemble de l'économie
de notre région. Nous attendons de la part de Québec et d'Ottawa
plus que des intentions, mais bien des actions concrètes dans ce
dossier. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
député de Matane-Matapédia. Voilà qui met un terme à la rubrique Déclarations de députés.
Et je suspends les travaux de l'Assemblée
quelques instants.
(Suspension de la séance à 13 h 54)
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci. On pourrait rester debout, s'il vous
plaît? On pourrait rester debout. Vous allez comprendre pourquoi. Debout.
Debout.
Vice-Président (M. Gendron) : Non, c'est parce que c'est avec
tristesse que nous avons appris le décès de M. Roma Hains, ancien député de Saint-Henri. Alors, on va se recueillir
quelques instants, en ayant une pensée particulière pour sa famille et ses proches. Et ça ne fera pas
de tort d'avoir deux moments de recueillement, un un peu plus long puis
le court.
Alors, merci. Veuillez vous asseoir.
J'ai le
plaisir de souligner la présence, dans les tribunes, d'une délégation de
parlementaires belges à l'occasion de
la 27e session du Comité mixte
de l'Assemblée nationale du Québec/Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles — ah!
oui, je reconnais — dirigée...
Vice-Président (M. Gendron) :
...dirigée, allais-je dire, par M. le président du Parlement, M. Philippe Courard.
Bienvenue, bienvenue à l'Assemblée nationale!
Alors — s'il
vous plaît! — nous
allons poursuivre... oui, nous allons poursuivre aux affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni de présentation de projets de loi.
la rubrique Dépôt de documents, je
cède la parole à M. le ministre de la Santé et des Services sociaux. M. le ministre, à vous.
M. Barrette : M. le
Président, je dépose aujourd'hui le rapport annuel de gestion 2016-2017
du Centre hospitalier
universitaire, CHU, de l'Université Laval, pardon, je m'excuse, M. le
Président, le Centre hospitalier universitaire de Québec à l'Université Laval, et le rapport annuel 2016-2017 sur
l'application de la procédure d'examen des plaintes et de l'amélioration de la qualité des services du
Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue.
Vice-Président (M. Gendron) : Ces documents sont déposés. Je cède
maintenant la parole à M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Oui. Merci, M. le Président. Je dépose les réponses du gouvernement aux
pétitions présentées par la députée
de Taschereau le 13 juin 2017, le député de D'Arcy-McGee le
19 septembre 2017 et la députée de Fabre le
20 septembre 2017.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Ces documents sont déposés.
dépose une lettre qu'a adressée au président
de l'Assemblée nationale Mme la
députée de Vachon,
dans laquelle elle l'informe qu'elle retire sa demande pour se prévaloir
de certaines mesures de contrôle.
J'ai
également reçu un préavis d'une motion qui sera inscrite
dans le feuilleton de demain aux affaires inscrites par les députés de l'opposition, conformément
à l'article 97.1 du règlement. Je dépose copie du texte de ce préavis.
À la rubrique Dépôt
de rapports de commissions, je cède la parole à M. le président de la
Commission de l'agriculture, des pêcheries,
de l'énergie et des ressources naturelles et député de Labelle. Alors, M. le
président, à vous.
M. Pagé :
Oui. Merci, M. le Président. Donc, je dépose le rapport de la Commission de
l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
qui, le 24 octobre, ce matin, a procédé à l'élection à la vice-présidence
de la commission, le sympathique député de Saint-François.
Vice-Président (M. Gendron) : Ce rapport est déposé. Je cède
maintenant la parole à Mme la présidente de la Commission de la culture
et de l'éducation et députée de Bourassa-Sauvé.
de Santis : Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la
Commission de la culture et de l'éducation qui, le
19 octobre 2017, a procédé à l'élection à la présidence de la
commission.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Rapport déposé. Je cède maintenant la parole à Mme
la présidente de la Commission de l'économie et du travail et la députée de Duplessis.
À vous.
Richard : Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la Commission
de l'économie et du travail qui, le 24 octobre 2017, a procédé
à l'élection à la vice-présidence de la commission.
Vice-Président (M. Gendron) : Je vous remercie. M. le président de la
Commission des institutions et député de Chomedey, à vous.
M. Ouellette : Merci, M. le
Président. Je dépose le rapport de la Commission des institutions qui a siégé
le 24 octobre 2017 afin de
procéder à l'audition du Directeur de l'état civil et du Curateur public du
Québec à la suite de la consultation
générale sur le rapport quinquennal 2016 intitulé Rétablir l'équilibre — Rapport sur l'application de la
Loi sur l'accès aux documents des organismes
publics et sur la protection des renseignements personnels et de la
Loi sur
la protection des renseignements personnels
dans le secteur privé . La
commission s'est également réunie en séance de travail le
21 septembre 2017 relativement à ce mandat.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Ce
rapport est déposé.
À la rubrique
Dépôt de pétitions, je cède maintenant la parole à M. le député de Borduas pour
sa pétition. M. le député, à vous.
M. Jolin-Barrette : Merci, M. le
Président. Vous me permettrez de souligner la présence des initiateurs de la
pétition dans nos tribunes aujourd'hui.
Alors, je
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
622 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que plusieurs municipalités bordant la rivière Richelieu y puisent leur eau
potable et que les usines de
filtration ne peuvent retirer toutes les matières polluantes avant de la
distribuer par le réseau d'aqueduc aux citoyens et citoyennes;
«Considérant qu'il y a encore de trop nombreuses
surverses d'eaux usées par les municipalités bordant la rivière Richelieu — 2 019 surverses
en 2016;
«Considérant
que de nombreuses terres agricoles envoient leur drainage qui est fréquemment
chargé de matières en suspension, de
pesticides, d'herbicides, d'engrais ou coliformes fécaux directement dans la
rivière Richelieu ou ses affluents;
«Considérant que le suivi de la qualité de l'eau
de la rivière Richelieu et de ses affluents, par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la
Lutte contre les changements climatiques, démontre de nombreux dépassements au niveau des indices de substances
polluantes et toxiques qui représentent un danger potentiel pour l'homme;
«Considérant que la réduction des rejets de
matières polluantes dans la rivière Richelieu représente une piste importante
visant à l'amélioration de la qualité de l'eau.
Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec d'accélérer les mesures et les
actions qui doivent être prises pour qu'une réelle diminution des rejets
de matières polluantes dans la rivière Richelieu et ses affluents puisse
améliorer la qualité de l'eau que nous buvons tous les jours.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions.
À la rubrique
Interventions portant sur une violation de droit ou de privilège ou sur un fait
personnel, j'ai reçu, dans les délais
prescrits, de M. le leader de l'opposition officielle une demande
d'intervention sur une violation de droit ou de privilège. Dans son avis, le leader de l'opposition officielle
allègue que la ministre de la Justice aurait commis un outrage au Parlement par ses propos, qu'elle aurait tenus
lors de l'étude détaillée du projet de loi n° 62, Loi favorisant le
respect de la neutralité religieuse
de l'État et visant notamment à encadrer les demandes d'accommodements pour un
motif religieux dans
certains organismes, le 19 septembre dernier. Selon le leader de
l'opposition officielle, ces propos auraient eu pour effet d'induire
délibérément les parlementaires en erreur.
Je vous indique que je souhaiterais
prendre cette question en délibéré — juste une minute! — et je voudrais rendre ma décision à ce sujet dans les meilleurs délais.
Et il est normal, avant de rendre une décision, d'entendre les leaders. Mais,
normalement, on la reçoit, on prend une journée ou deux pour en prendre connaissance.
Je vais essayer de procéder dans les
meilleurs délais. Et je vous donne la certitude et l'assurance que, si vous
voulez plaider un tant soit peu, vous avez le droit de le faire à Renseignements sur les travaux demain ou
après-demain. Oui, M. le leader de l'opposition officielle.
Bérubé : Merci, M. le Président. C'est éclairant, mais on
souhaite quand même que les leaders des autres formations politiques prennent connaissance de notre question de droit
et de privilège, et nous désirons plaider la question jeudi à la
rubrique des renseignements sur les travaux.
Le Vice-Président (M.
Gendron) : C'est une information qui va dans le même sens que j'ai
indiqué. Alors, oui, jeudi, la présidence sera en mesure de vous entendre.
Oui, M. le leader du gouvernement.
Fournier : Je serai là jeudi, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : J'en étais presque certain.
Alors,
nous en sommes maintenant à la période de questions et de réponses orales, et
je cède la parole...
Le Vice-Président (M.
Gendron) : ... — s'il vous plaît! — au chef de l'opposition officielle pour sa
première question principale. À vous.
M. Lisée : D'abord,
j'aimerais souligner la présence, dans nos tribunes, de policiers et de
pompiers de Terrebonne. Je leur souhaite la bienvenue.
Ces jours derniers, le Canada anglais
a parlé fort au sujet du projet de loi n° 62. La première ministre de
l'Ontario, que nous avions reçue
récemment et qui se disait ouverte à une conversation avec le premier ministre
sur la différence québécoise, a
proposé une motion pour dénoncer le projet de loi n° 62. Le chef de
l'opposition de l'Ontario a dit que c'était un projet de loi raciste. La première ministre de l'Alberta a dit que le
projet de loi était illogique et qu'il ressemblait à de l'islamophobie. Évidemment, les chroniqueurs du
Canada anglais ont parlé de monstruosité, comédie de l'intolérance, sexiste, raciste. Et même la commission de
protection des droits de la personne du Québec a déclaré que le projet de loi
du gouvernement contribuait à la discrimination systémique.
m'a rappelé des propos que le premier ministre a tenus à notre sujet, au sujet
de tous ceux qui étaient en désaccord avec
lui. Et aujourd'hui il se trouve dans la situation
de celui qui croit avoir une position raisonnable, et qui se défend,
mais qui est victime de l'intolérance de ceux qui croient avoir la vérité et
que lui ne l'a pas.
Alors,
je demande : Est-ce que c'est une... lui qui était l'accuseur qui devient
accusé, est-ce qu'il va faire preuve
de plus d'humilité à l'avenir devant des gens qui n'ont pas la même idée que
lui du vivre-ensemble?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le premier ministre, en réponse à la question, à
vous.
M. Couillard : Alors, moi, je crois beaucoup aux vertus de l'humilité puis des
échanges. D'ailleurs, je n'ai jamais manqué
de respect envers mes collègues dans ces débats-là. Et je continuerai à agir de
cette façon-là. Maintenant, je vais quand
même rappeler certains éléments qu'il est bon de dire aujourd'hui, c'est que
nous remplissons cette semaine un engagement.
Encore une fois, nous remplissons un engagement, qui était de légiférer sur
cette question, de proposer un projet
de loi qui clarifierait la neutralité religieuse de l'État, qui baliserait la
gestion des demandes d'accommodement et
qui traiterait de la prestation et de la réception de services publics à visage
découvert, situation et enjeux compliqués que nous avons abordés avec la préoccupation du respect des chartes,
bien sûr, des droits, ce qui n'était peut-être pas le cas d'autres
débats que nous avons eus ici dans le passé. Mais on ne refera pas ces
débats-là ici.
Il est clair
qu'il peut y avoir des différences entre le reste du Canada et le Québec sur la
notion de vivre-ensemble, notamment
sur l'interculturalisme, qui est le modèle d'accueil que nous préconisons. Mais
il faut toujours se souvenir, et je
sais que ça déçoit un peu mon collègue, et d'ailleurs ce qui s'est passé hier
soir au Lac-Saint-Jean en témoigne : une grande proportion de la population du Québec est attachée à la
citoyenneté canadienne, y tient beaucoup. Pour ce qui est du
reste, moi, je souhaite que les gens qui parleront de ce projet de loi, cette
loi, ou qui écriront dessus auront pris la peine de la lire, non pas le projet de loi déposé, mais le projet de loi
adopté, qui, d'après moi, est de grande qualité et nous permet de
remplir un engagement important.
Vice-Président (M. Gendron) : Je vous remercie, M. le premier ministre.
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Lisée : Alors, il y a des problèmes de mémoire chez M. le
premier ministre. Il dit qu'il n'a jamais manqué de respect. Bien, je vais lui rappeler ses termes à
lui. Il a dit que le chef de la CAQ soufflait sur les braises de l'intolérance
parce qu'il refusait d'augmenter le seuil
d'immigration. Il a déclaré que le Parti québécois avait un lourd passif en
matière d'intégration. Il a déclaré
que tous ceux qui voulaient Bouchard-Taylor légitimaient des discours
xénophobes. Il a déclaré aussi que nous ressemblions, ceux qui n'étaient
pas d'accord avec lui, à des mouvements populistes d'extrême droite européens,
ce pourquoi il a été rabroué par le premier ministre Valls.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Fini. Terminé. M. le premier ministre.
M. Couillard : Encore une fois, je ne veux pas répéter les... refaire les débats du
passé, mais il y a quand même des différences
notables, d'abord la préoccupation fondamentale de respecter la charte
québécoise — je sais
qu'il n'aime pas qu'on parle de la charte canadienne, mais je parlerais
de la charte québécoise des droits et libertés, qui nous a animés — et également de ne pas parler de religion.
Il n'est pas question de religion dans ce projet de loi, autre que sur la
neutralité religieuse justement qui vise à
ne favoriser ni de défavoriser aucun élément. Non, il n'est pas question de
religion là-dedans, à
part la définition
de la neutralité religieuse. Ce qu'on dit, c'est que, dans une société libre et
démocratique, il faut que les
demandes d'accommodement soient balisées. Il faut, bien sûr, qu'on puisse avoir
une communication humaine complète,
surtout lorsqu'elle doit être complexe. Et ça nécessite de le faire à visage
découvert dans le cadre des services publics, et surtout pas de
légiférer...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
M. Couillard :
...sur la façon dont les gens s'habillent en public, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Merci, M. le premier ministre. Deuxième
complémentaire.
M. Lisée :
...le premier ministre que le
titre de son projet de loi, c'est :
loi sur
la neutralité religieuse. Il vient de dire qu'il n'était presque pas
question de religion dans le projet.
vais lui poser une autre question. Lui qui est en campagne pour convaincre le
Canada anglais de respecter la différence
québécoise, que dit-il au chef de l'opposition de l'Ontario qui dit que le
projet de loi n° 62 n'a pas sa place au Canada? Si le projet de loi
n'a pas sa place au Canada, est-ce que la différence québécoise a sa place au
Canada?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le premier ministre.
M. Couillard : Il est vrai que la différence québécoise a sa place au Canada. On l'a
démontré à de nombreuses reprises. Et
le Québec a fait et continue de faire des grands progrès dans la fédération
canadienne, je le rappelle encore une
fois : modèle de coexistence auquel la majorité des Québécois est
fortement attachée, pas auquel ils se résignent, auquel ils sont et
elles sont attachés. C'est très important.
Alors,
moi, ce que je réponds à mes interlocuteurs, comme ça a été le cas dans le cas
de Boeing et Bombardier : On va
s'occuper de nos valeurs au Québec, des façons de faire au Québec, qui
coïncident avec beaucoup de choses qui se font dans le reste du Canada,
mais il y a parfois des différences, et c'est comme ça.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Merci. Troisième complémentaire, M. le chef de
l'opposition officielle.
M. Lisée :
En tout cas, lorsqu'on a un chef de l'opposition en Ontario qui dit que ce
projet de loi n'a pas sa place, lorsqu'on
a un premier ministre du Canada qui dit qu'il va possiblement mettre en cause
la constitutionnalité, je ne vois pas
comment ils vont accepter son offre de reconnaître la nation du Québec dans une
constitution, puisqu'il refuse qu'on fasse quoi que ce soit de
différent.
Va-t-il accepter la motion qu'on
dépose tout à l'heure pour réaffirmer la capacité du Québec de légiférer et de
rejeter le multiculturalisme?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le premier ministre, à vous.
M. Couillard : On ne rejette pas le multiculturalisme, on dit qu'il n'est pas
suffisant pour complètement tenir compte...
M. Couillard : Non, c'est important, c'est important. Ce n'est
pas une tare ou un péché universel, le multiculturalisme, il y a
beaucoup de pays dans le monde qui l'admirent, d'ailleurs. Cependant...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Un instant! Un instant, s'il vous plaît, là! S'il
vous plaît. Un instant!
Vice-Président (M. Gendron) : Bien non! Ce n'est pas parce que
c'est un dossier fragile... Écoutez, écoutez-le dans le silence.
Vice-Président (M. Gendron) : Non. La question était bien posée.
Puis il y a trop de commentaires de votre part. M. le premier ministre.
M. Couillard :
Cependant, nous avons précisé déjà, il y a quelques années, et nous donnerons
suite par une politique, que le modèle
d'accueil que nous préférons au Québec, c'est l'interculturalisme, parce qu'il
tient davantage compte de la présence sur le sol québécois d'une
majorité francophone, en tout respect pour la population de langue anglaise du Québec et des nouveaux arrivants. Ça,
c'est le modèle d'accueil au Québec. Et moi, je crois que, dans le reste
du Canada, on le comprend aussi. J'engage tout le monde à lire la loi avant de
la commenter.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Question principale, Mme la députée de Taschereau.
Mme Maltais :
Oui, M. le Président. En matière de manque de clarté et d'incohérence, le premier
ministre vient de rejoindre sa
ministre de la Justice. Le Québec a vécu un revirement spectaculaire en matière
parlementaire. Ce matin en point de presse, la ministre de la Justice a
dit à propos du visage découvert : «Si vous allez relire [mes] propos en
commission parlementaire, j'ai vraiment précisé la question de
l'interaction[...]. On n'oblige pas une personne à conserver son visage découvert s'il n'y a pas d'interaction avec un
employé [ou un] service de transport.» Que disait-elle le 19 septembre 2017? Elle disait, à ma
question que je posais : «Les chauffeurs d'autobus ont une règle
vestimentaire, puis, pour les gens qui sont dans l'autobus, c'est
pendant toute la durée du trajet?», réponse de la ministre : «C'est ça.» «C'est
ça.»
Est-ce
qu'elle peut répondre aujourd'hui à la même question : Est-ce que
c'est pendant toute la durée du trajet?, me donner une réponse? Est-ce que «c'est ça», comme elle me l'a dit
trois fois, M. le Président? Trois fois, elle m'a dit : Mes
juristes disent : C'est ça.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Mme la ministre de la Justice, en réponse à la
question.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Non, non. Mme la ministre de la Justice.
Vallée : Ah! bien, c'est parce que... Je m'excuse. Le député de
Verchères semblait vouloir poser une complémentaire tout de suite.
Alors, M. le Président, la durée du
trajet, la durée du trajet peut amener une interaction. On entre dans le
véhicule, on vérifie le
titre de transport. Certains titres de
transport sont munis d'une carte d'identification avec photo, certains autres
n'en ont pas. Ça dépend du type de
transport en question, il y a des tarifs privilégiés. Il peut y avoir en cours
de route, pendant le trajet, une
demande, une interaction entre un membre du personnel de la société de
transport et un usager. C'est possible. Donc, évidemment, il peut, en
cours de route, y avoir une demande présentée à la personne de s'identifier. Il
peut y avoir une demande pour des enjeux de sécurité.
Alors,
lorsque ma collègue cite un extrait, elle omet de lire aussi les échanges que
nous avons eus en cours de route, l'interaction. Et je ramène, M. le
Président...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant, en terminant.
Mme Vallée :
...à l'article du projet de loi qui fait référence à une...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Mme la députée de Taschereau, pour votre première
complémentaire.
Maltais : ...la ministre, c'est clair : «C'est pendant
toute la durée de la prestation de services?» Avant ça : «C'est ça, oui.» «Les chauffeurs d'autobus ont [un
code] vestimentaire, [...]pour les gens qui sont dans l'autobus, c'est
pendant toute la durée du trajet?» «C'est ça.» Elle l'a répété plusieurs fois.
Pourquoi
est-ce qu'elle a changé d'opinion? Elle m'a dit, à l'époque, que ses juristes
étaient d'accord avec ce qu'elle nous a dit en commission parlementaire.
Qu'est-ce qui s'est passé?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Mme la ministre de la Justice, en réponse à la
question.
Mme Vallée :
Le chauffeur d'autobus est à visage découvert durant tout le trajet. C'est ça.
M. le Président, le
projet de loi prévoit ce qui suit, prévoit ce qui suit : «...une personne
qui se présente pour recevoir un service par
un membre du personnel d'un organisme visé par le présent
chapitre doit avoir
le visage découvert...» «Un service par le membre du personnel», ça veut
dire «une interaction».
Mais
tout ça, là, toutes ces explications servent à quoi? Ultimement,
de l'autre côté, on a voté contre la prestation de services à visage découvert malgré tout ce qu'on a
dit au fil des ans. Alors, je ne sais pas à quoi servent ces interventions
cet après-midi, ils n'en voulaient pas, du projet de loi n° 62.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Merci. S'il vous plaît!
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Non. Là, ce qu'on oublie...
Vice-Président (M. Gendron) : Ce qu'on oublie, là, c'est qu'il y a
juste les concernés qui ont la parole. Alors, Mme la députée de
Taschereau, à vous.
Maltais :
À quoi ça sert? C'est peut-être à rappeler à la ministre de la Justice qu'elle
est ministre de la Justice et Procureur
général du Québec et que ce qu'on dit
en commission parlementaire, c'est s'engager sa parole. C'est le lien de confiance qui existe entre les députés et
les ministres. Quand on dit quelque chose, affirmé trois
fois directement, clairement, et qu'ensuite, suite à un
tollé au ROC et suite à des refus des municipalités, qu'ensuite on dit le
contraire, il y a un problème au ministère de la Justice.
Alors, est-ce que, toujours
pour la prestation de services, c'est pendant toute la durée du trajet?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, on parle de revirement. Nous, on a un chef de l'opposition qui, en
novembre 2016, disait qu'il
était pour voter en faveur du projet
de loi n° 62 parce que
c'était un pas par en avant, qui nous disait que le «visage découvert», ce n'était pas rien. Il nous
le disait, il l'a dit publiquement.
Qu'est-ce qu'il a fait la semaine dernière? Il s'est voté... Il s'est
levé contre. Alors, on repassera pour les leçons de morale, s'il vous plaît!
Vice-Président (M. Gendron) : Oui, si vous... On passe à autre chose,
là, une autre question principale. Alors, dans l'ordre...
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, moi, je veux l'entendre, la
question principale, et pour ça il faut le faire dans l'ordre. Mme la
députée de Taillon, à vous pour votre question.
Mme Lamarre :
Merci, M. le Président. La semaine dernière, le gouvernement a rejeté notre
demande de mandater la Vérificatrice générale pour qu'elle analyse l'entente
secrète conclue avec la Fédération des médecins omnipraticiens. Ce matin, on a
un autre exemple de la pertinence de notre demande de la semaine dernière, parce que ce n'est
plus 1 milliard, mais c'est bien 1,6 milliard, donc 600 millions de
dollars de plus,
que nous coûtera cette entente. Pendant
huit ans, les médecins recevront en moyenne 5 % d'augmentation de rémunération chaque année jusqu'en 2023.
C'est bien plus que le 1,8 % annoncé.
On comprend mieux la conférence de presse chaotique du 6 octobre, on est
passé de 63 millions d'argent neuf à 1 milliard, et là,
maintenant, 1,6 milliard.
retour, qu'est-ce que les Québécois vont obtenir en garanties de soins et
d'accès? Le gouvernement autorise les médecins à préinscrire
virtuellement, alors quel est le montant de la prime que recevra chaque
médecin...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le président du Conseil du trésor, pour la
réponse à la question.
M. Arcand :
Bien, M. le Président, vous comprenez que, premièrement, il n'y aura pas
d'entente secrète, nous allons
dévoiler le contenu de ces ententes lorsque les négociations seront terminées
avec les deux fédérations de médecins. C'est
la première chose qu'il faut dire à ce niveau-là. Les informations que l'on a
dévoilées depuis le début ont toujours été
à l'effet que ça respectait le cadre, entre autres, de ce qui avait été négocié
par le front commun syndical au cours de la dernière année.
Alors,
je pense que ce sont les points, pour l'instant, qui sont en cours. Il y a
encore des discussions qui doivent exister entre la fédération des
omnipraticiens puis il y aura aussi des discussions avec le ministère de la
Santé pour regarder certains aspects du travail clinique qui est fait par les
médecins. Alors, nous n'avons pas terminé toute cette négociation, il y a encore une fédération des médecins spécialistes qui
n'a pas complété la discussion. Mais je peux assurer cette Chambre que, quand les négociations seront
complètement terminées, les gens auront droit à toute l'information, et
ce, dans le moindre détail, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Mme la députée de Taillon, en première
complémentaire.
Mme Lamarre :
La Vérificatrice générale a dit, en 2016, que les Québécois n'avaient pas les
moyens d'assurer ce qui avait été
promis. Ce qu'on nous dit actuellement, c'est qu'on l'a reconduit. Alors, ça ne
marche pas. Donc, on a besoin de l'éclairage de la Vérificatrice
générale.
Quelle
part du montant de 1,6 milliard de dollars de l'entente secrète servira à
rémunérer les médecins qui prendront ces préinscriptions virtuelles, à
distance, sans seulement voir les patients?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le président du Conseil du trésor.
M. Arcand :
Encore une fois, je comprends qu'elle répète... que la députée répète,
évidemment, que c'est une entente
secrète. Je lui ai dit et répété encore une fois que cette entente ne serait
pas secrète, que nous allions dévoiler les éléments de toutes ces ententes au moment jugé opportun, c'est-à-dire au
moment où est-ce qu'on aura, évidemment, des ententes finales sur l'ensemble des dossiers. C'est ça qu'il faut bien
comprendre, et c'est l'objectif de notre gouvernement également.
Contrairement à l'ancien gouvernement qui n'avait pas souvent des crédits
budgétaires, nous allons nous assurer, comme
ça a toujours été le cas, que nous ayons des crédits pour supporter,
évidemment, le détail de toutes ces ententes-là...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
Arcand : ...et les
sommes à verser aux gens.
Vice-Président (M. Gendron) : Merci. Deuxième complémentaire, Mme
la députée de Taillon.
Lamarre : Alors, on refuse
de nous parler du contenu monétaire. Est-ce
qu'on peut au moins nous parler
des patients? Est-ce que les patients qui sont sur le guichet d'accès, qui sont
en P1 et en P2, les 12 000 personnes de 80 ans et plus, les 4 600 bébés de deux ans et moins et
tous les autres qui sont jugés prioritaires... Est-ce qu'on peut s'engager
à nous dire s'ils vont être priorisés dans
les préinscriptions virtuelles, c'est-à-dire transférer des patients qui sont
actuellement sur une liste d'attente au guichet à une liste d'attente
chez leurs médecins de famille, mais toujours en attente?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le ministre de la Santé.
Barrette : Je suis très heureux, M. le Président, de ramener les
pendules à l'heure. La collègue, dans sa question précédente, a affirmé une chose dont elle n'a
manifestement pas la teneur. La préinscription, pour utiliser le terme que la
collègue utilise, ne génère aucun revenu
pour le médecin, zéro, zéro. Alors, la collègue a affirmé que des millions de
dollars allaient aller dans la poche
des médecins pour une préinscription, ce n'est pas vrai. Par contre, M. le Président,
à l'instar des
900 000 personnes qui aujourd'hui sont heureuses d'avoir un médecin
de famille, d'autres personnes, des centaines de milliers de personnes, M. le Président, auront, par l'inscription, à
partir de bientôt, accès à un médecin de famille, et ils nous écoutent,
et ils en sont contents, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : En question principale maintenant — s'il vous plaît! — M. le chef du deuxième groupe
parlementaire. À vous.
Legault : M. le Président, les urgences de plusieurs de nos
hôpitaux sont actuellement engorgées, entre autres et beaucoup par des patients qui n'ont pas des
besoins urgents mais qui n'ont pas accès à un médecin de famille dans un
délai court. La solution, on la connaît, il
faut s'assurer que les médecins de famille prennent en charge les patients dans
un délai court, qu'ils délèguent plus
d'actes aux infirmières. Mais, pour les inciter à aller dans cette direction,
c'est important de modifier le mode de rémunération des médecins.
Actuellement,
70 % de la rémunération est payée à l'acte. Or, tous les spécialistes nous
disent : Il faudrait que la majeure
partie de la rémunération des médecins
de famille soit payée à la prise en charge, c'est comme ça qu'on leur donnerait un incitatif. Or, dans la nouvelle
entente, il semble qu'il n'y a rien, il n'y a aucune modification majeure sur
le mode de rémunération.
Est-ce que le premier
ministre confirme...
M. Legault :
Je sais que le ministre de la Santé n'arrête pas de crier, là, mais est-ce que
le premier ministre... Est-ce que le premier ministre est d'accord pour
modifier le mode de rémunération?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le premier ministre.
Couillard : Maintenant, je vois la nostalgie de mon collègue qui, il y
a quelques années à peine, faisait campagne
avec notre collègue de la Santé, dont il partageait toutes les opinions, y
compris plusieurs orientations qu'il met maintenant en pratique, notamment sur la pratique des médecins de
famille. Je veux juste lui dire au passage qu'il a raison, la question des médecins de famille fait
partie du
problème des urgences, mais également les patients qui sont dans l'hôpital,
alors qu'ils devraient être en
réhabilitation ou en soins prolongés. Ce n'est pas juste une chose, c'est un
ensemble de facteurs.
Quant à la
rémunération des médecins, elle a déjà fortement évolué au cours des dernières
années et elle va certainement continuer à évoluer. Vous savez, il y a comme
deux extrêmes qu'il faut éviter : d'un côté, ne pas avoir d'incitatif à l'inscription et la prise en charge,
pas juste à l'inscription, mais également à la prise en charge; et, de l'autre
côté, garder un incitatif pour que les
médecins voient quand même le plus de patients possible. Ça ne nous aidera pas
si les médecins, qui sont plus
nombreux maintenant, voient moins de patients. Alors, quand on négocie avec les
fédérations médicales, on s'assure que oui. D'ailleurs, il y a
900 000 personnes de plus prises en charge. D'où ça vient, il pense, cette question-là? Comment c'est arrivé? C'est
arrivé par le bon choix de priorités, le bon choix de mode de rémunération
puis une législation courageuse qui a été
déposée et adoptée sous la direction de notre collègue. Alors, on avance
exactement dans la direction qu'il souhaite.
Vice-Président (M. Gendron) : Première complémentaire, M. le chef du
deuxième groupe parlementaire.
M. Legault :
M. le Président, est-ce que le premier ministre est conscient que, dans les
900 000 personnes de plus qui
ont accès à un médecin de famille, souvent ce médecin de famille n'est pas
disponible quand ils sont malades? Donc,
ça donne quoi d'avoir un médecin de famille s'il n'est pas disponible? Il
faut changer le mode de rémunération.
Est-ce que le premier ministre va convaincre son
ministre de la Santé de faire ce qui doit être fait?
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je
pense que notre collègue est vraiment dans la bonne direction. On voit les chiffres, et, au-delà des chiffres, il y a
des êtres humains, des familles qui ont maintenant des médecins, et ce n'est pas arrivé par hasard
que ces personnes, maintenant, aient des médecins de famille.
Et, dans les
objectifs qui sont poursuivis — et le collègue pourra lui donner des
éclaircissements — il y a,
bien sûr, le nombre et le pourcentage
de personnes prises en charge, mais également ce qu'on appelle l'intensité,
c'est-à-dire la capacité, justement,
d'un patient de voir rapidement son médecin en cas de besoin. Et, si on regarde
dans plusieurs de nos régions, dont
la mienne au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
et dans le domaine de l'inscription, et dans le domaine de l'intensité et du suivi, on est proches ou rendus déjà à
l'objectif. Alors, on est dans la bonne direction, mais on ne se préoccupe pas
juste d'inscrire du monde, mais également qu'ils soient vus et revus au
besoin.
Le Vice-Président (M. Gendron) : En
terminant.
M. Couillard : Ça fait
partie de ce
qu'on fait.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Merci, M. le premier ministre. Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième
groupe.
M. Legault :
M. le Président, est-ce que le premier ministre peut comprendre que c'est une
chose d'inscrire des patients, mais
c'en est une autre d'être disponible quand on est malade? Est-ce que le premier
ministre peut confirmer qu'actuellement,
dans la nouvelle entente, il y a encore la majorité de la rémunération qui est
à l'acte? Est-ce qu'il peut comprendre
qu'il faut changer ça, sinon on n'arrivera jamais à régler les problèmes du
réseau? Même le ministre de la Santé pensait ça quand il était avec
nous.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Non, mais là, ça, on n'a pas besoin de savoir ça, là.
Vice-Président (M. Gendron) : Oui, oui. Bien, pour ça, il faut que
j'aie droit à de l'écoute, ce qu'on n'a pas présentement. Alors, on
oublie les confidences, là, puis on reste sur la période de questions. M. le
premier ministre.
Couillard : J'invite nos
deux collègues à entreprendre une
communication de qualité. Une communication de qualité, c'est la clé, M.
le Président.
Alors, oui,
effectivement, on comprend très bien ça puis on comprend particulièrement bien
ça quand on a pratiqué la médecine pendant 20 ans — ou un plus même, je crois, je ne sais pas si
c'est 20 ans, Gaétan, peut-être un peu plus — dans le domaine du secteur public,
dans le système de santé québécois. C'est quelque chose qu'on comprend très
bien.
Mais il faut faire attention quand on déclare,
comme le fait souvent le chef de la deuxième opposition : On va régler ça de même parce qu'on a du courage. Bien,
des fois, avoir du courage puis aller trop vite, ça fait faire des gaffes.
Alors, il faut s'assurer, M. le Président,
qu'on ne fait pas d'erreur en voulant bien faire. Si on met tout d'un côté,
dans la rémunération, puis qu'on laisse faire la productivité, ce n'est
pas une bonne nouvelle pour les patients du Québec.
Le Vice-Président (M. Gendron) : En
terminant.
Couillard : Ce qu'il faut,
c'est une approche équilibrée, ce qui est la marque de notre gouvernement, M.
le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Merci. Principale, à la Coalition avenir
Québec. Je voulais savoir qui la prend. Mme la députée de Louis-Hébert,
pour votre question.
Guilbault : Merci. M. le Président, dans son projet de loi
n° 143, le gouvernement veut abaisser le ratio maximal d'enfants permis dans les services de
garde en milieu familial qui ne relèvent pas d'un bureau coordonnateur. Pour le gouvernement, ces garderies devraient
désormais avoir à leur charge seulement quatre enfants, et non six, comme
c'est le cas présentement.
S'il
est adopté, ce changement aura un effet désastreux pour beaucoup de garderies
privées en milieu familial. En
agissant ainsi, le gouvernement met en péril une
partie importante du réseau de
garde que des milliers de femmes ont choisi
pour gagner leur vie. Avec seulement quatre enfants à leur charge, elles ne
pourront plus continuer à opérer leur garderie.
Nous sommes d'accord pour améliorer la qualité des services de garde et veiller
au bien-être et à la sécurité des enfants, mais le gouvernement choisit
le mauvais moyen pour y arriver. Il brime à la fois le libre choix des parents
et la liberté d'entreprendre des éducatrices en milieu familial.
M. le Président,
est-ce que le nouveau ministre de la Famille peut s'engager à ne pas baisser le
ratio de six à quatre enfants par garderie?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le ministre de la Famille, à vous pour la réponse.
M. Fortin (Sherbrooke) :
Oui. Merci beaucoup, M. le Président.
Tout d'abord, je voudrais féliciter la députée de Louis-Hébert pour son élection. C'est sa première question. Ça va me
faire grandement plaisir d'échanger avec elle sur les enjeux des familles
du Québec.
Comme
vous le savez, M. le Président, nous sommes présentement, cette semaine, en
consultation sur le projet de loi
n° 143. Nous avons eu deux consultations ce matin. Il y en aura trois cet
après-midi, nous allons recevoir trois groupes. D'autres groupes vont
venir à notre rencontre demain et jeudi.
le Président, c'est important de rappeler quels sont les trois principaux
objectifs du projet de loi n° 143 : tout d'abord, d'assurer la réussite éducative de nos
enfants, de préparer la transition vers l'école; d'assurer également la
sécurité de nos enfants — pour nous, c'est vraiment quelque chose qui
est incontournable; et, finalement, d'assurer la pérennité du réseau.
Maintenant,
ce sont là les grands objectifs du projet de loi. Il y a des moyens qui sont
prévus dans le projet de loi. Est-ce
que ces moyens nous permettent d'atteindre ces objectifs-là? C'est justement ce
à quoi la commission parlementaire de
cette semaine va nous permettre de trouver des questions. J'ai dit, d'entrée de jeu, ce matin, que
je suis ferme sur les objectifs du projet
de loi, mais je pense qu'on peut
avoir un espace de discussion sur les moyens qui sont prévus, dont la
baisse du ratio de six à quatre enfants pour les responsables des services de
garde qui sont...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
M. Fortin
(Sherbrooke) : ...en milieu familial, qui sont non régis, M. le
Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Deuxième complémentaire, Mme la députée de Louis-Hébert.
Mme Guilbault :
M. le Président, nous voulons...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Première complémentaire.
Mme Guilbault : Oui. Nous voulons tous le bien-être
de nos enfants, cela va de soi, mais j'ai entre les mains une étude, ici, du ministère de la Famille, une
étude d'impact réglementaire qui confirme hors de tout doute que la mesure
prévue de la baisse du ratio va entraîner des pertes de revenus et des pertes
d'emploi pour des milliers de femmes.
Est-ce que
le ministre, qui s'est déjà vaguement engagé à
reculer sur cette mesure dans un
article paru récemment, peut compléter ce qu'il a amorcé et s'engager cet après-midi
à confirmer son recul sur cette mesure spécifique de baisse du ratio?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le ministre de la Famille.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : S'il vous plaît, là! Le ministre va être en mesure
de répondre, je suis sûr. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Fortin
(Sherbrooke) : M. le Président, je pense qu'on a des commissions
parlementaires pour écouter les gens.
Ça ne serait pas sage de revenir sur une disposition du projet de loi avant
qu'on ait entendu tous les intervenants cette semaine, et j'invite la députée de
Louis-Hébert à la même sagesse. Il y a des consultations jusqu'à jeudi. Je le
répète, nous sommes en mode écoute
et, effectivement, je suis tout à fait conscient qu'il peut y avoir un enjeu
par rapport à cette disposition-là. J'ai même soulevé la question, comme
elle l'a si bien soulignée, dans un
article de La Presse .
Alors,
est-ce que la baisse de ratio de six à quatre va nous permettre, justement,
d'assurer la sécurité des enfants? La
question mérite d'être posée, et la commission parlementaire est là justement pour
qu'on puisse se pencher sur la question envisagée, quelles sont les
possibilités. Et on ne peut pas fermer de porte...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
M. Fortin
(Sherbrooke) : ...aujourd'hui, mais il est prématuré de les ouvrir
également, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Deuxième complémentaire, Mme la députée de
Louis-Hébert.
Guilbault : M. le Président, les parents ont le droit de choisir le
service de garde le mieux adapté à leurs besoins et à ceux de leurs
enfants. Les femmes qui opèrent des garderies privées en milieu familial ont
fait un choix auquel adhèrent des milliers
de parents au Québec. Aujourd'hui, c'est tout leur modèle de service qui est
menacé. L'étude de l'organisation même du ministre confirme les pertes
d'emploi à entrevoir.
Comment le ministre
peut-il cautionner cette situation?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le ministre de la Famille, à vous.
M. Fortin (Sherbrooke) :
Oui. Bien, M. le Président, parlant
de liberté de choix, la députée de Louis-Hébert a clairement exprimé, la semaine dernière, une
préférence pour les garderies privées non subventionnées. Alors, lorsqu'on
exprime une préférence et de dire aujourd'hui qu'on est pour la liberté de
choix, c'est un recul en soi.
Moi,
je l'ai clairement exprimé ce matin, M. le Président, notre gouvernement, nous
sommes pour la liberté de choix des
parents, nous sommes pour le développement des places en CPE, pas... en milieu
familial, en garderie privée subventionnée
et non subventionnée, parce que je crois dans la capacité des parents du Québec
de faire des choix pour savoir ce qui
est mieux pour leurs enfants, et c'est comme ça que nous allons continuer à
nous gouverner, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le député de Gaspé, pour votre question principale,
à vous.
M. Lelièvre :
M. le Président, le transport aérien en région est une véritable priorité à
l'égard de laquelle le gouvernement du
Québec doit s'attaquer immédiatement. L'étape des consultations et des sommets est dépassée. Des actions concrètes doivent être mises de l'avant
sans délai, car les années qui passent plongent les régions dans une situation d'isolement toujours plus grande.
est inacceptable, socialement et économiquement,
qu'un billet d'avion Gaspésie-Québec pour des raisons de santé ou d'affaires coûte plus cher qu'une semaine
de vacances tout inclus dans le Sud. Afin d'attirer les jeunes en région, de maintenir et développer nos entreprises,
d'offrir une qualité de vie digne aux citoyens et citoyennes des régions dites
éloignées ou ressources, le gouvernement du
Québec doit agir. La Gaspésie et les régions du Québec s'attendent à des
résultats immédiats.
Le gouvernement
peut-il s'engager immédiatement à mettre en place, comme d'autres États dans le
monde l'ont déjà fait, un véritable service
aérien accessible à l'ensemble de la population des régions du Québec et ainsi
offrir aux citoyens et citoyennes de
toutes les régions du Québec des chances égales pour occuper dignement... et
assurer leur développement économique?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Mme la ministre déléguée aux Transports, à vous.
Mme Tremblay : M. le Président, le transport aérien régional est un dossier
prioritaire pour notre gouvernement. D'ailleurs,
nous avons annoncé qu'il y aura un sommet le 2 février prochain à Lévis, et on
va entendre tous les intervenants dans
ce dossier-là, les gens vont pouvoir se prononcer. Déjà, il y a eu des
consultations. On a pu entendre les gens, entendre leurs points de vue,
mais vraiment, au sommet, c'est là où on va pouvoir s'y pencher encore plus
sérieusement.
qu'on veut, c'est clair, c'est rendre encore plus accessible le transport
aérien régional. Le député a raison lorsqu'il dit que, oui, ça coûte cher, en
ce moment, aller, par exemple, à Sept-Îles. Souvent, c'est plus cher, même,
qu'aller en Europe, vous avez raison.
C'est d'ailleurs pour cette raison qu'on organise ce sommet. C'est important
pour nous, les dessertes régionales. On y croit, à nos régions, et on
veut que nos régions soient bien desservies, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Première complémentaire, M. le député de
Gaspé.
Lelièvre : M. le Président, récemment, deux patients en Gaspésie ont
dû défrayer chacun plus de 1 600 $ afin de se rendre en avion à Québec à la demande de
leurs médecins traitants. Cette situation démontre l'ampleur de la crise
qui prévaut au sein des services aériens en
région, notamment au niveau de la santé. On ne parle pas d'affaires, on ne
parle pas de vacances, on parle d'accessibilité à des services de santé
pour les citoyens et citoyennes des régions.
Quel
est le plan du ministre de la Santé pour permettre aux citoyens et citoyennes
des régions d'être traités avec respect et équité, notamment en matière
de santé?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Mme la ministre déléguée aux Transports, à vous.
Mme Tremblay : M. le Président, nous savons à quel point c'est important, le transport
aérien régional. Je tiens à le
répéter. D'ailleurs, mon collègue des Îles-de-la-Madeleine m'en parle
régulièrement, collègues également dans le Nord, on le sait, à quel
point c'est important.
D'ailleurs,
M. le Président, je tiens à dire que c'est une première, ce sommet-là que nous
organisons en février prochain à
Lévis. Si c'est une première, c'est parce que notre gouvernement croit en
l'importance de nos régions et du transport
aérien régional. Le développement de notre territoire, nous en faisons une
priorité, M. le Président. Et je vous rappelle qu'en prévision de ce
sommet le ministère a mené une vaste consultation...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
Mme Tremblay :
...des transporteurs aériens, des partenaires municipaux...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Deuxième complémentaire, M. le député Gaspé.
M. Lelièvre :
M. le Président, en 2014, l'un des deux appareils d'évacuation médicale du
gouvernement a été modifié. Le résultat a été catastrophique. Quatre des
cinq aéroports de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine n'ont plus accès à cet appareil, compte tenu que la
longueur de la piste n'est plus suffisante. Le 12 octobre dernier, encore
une fois, un avion gouvernemental
atterrissant à l'aéroport de Sainte-Anne-des-Monts voyait quatre de ses pneus
crever, mettant ainsi en péril la sécurité des patients et des
occupants.
Quel
est le plan du ministère de la Santé et du gouvernement du Québec pour assurer
l'évacuation médicale des gens des régions de façon sécuritaire et...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Terminé. M. le ministre de la Santé.
M. Barrette :
Bien, M. le Président, je vais me permettre de prendre quelques secondes pour
informer tous les collègues de
l'Assemblée nationale que nous avons en place un système de desserte de toutes
les régions éloignées et même moins
éloignées du Québec par voie aéroportée. On a ça depuis des années, et c'est un
succès, M. le Président. Je peux même vous dire qu'on vient de
l'extérieur du Québec pour voir ce que l'on fait.
Alors,
je suis très étonné d'entendre le collègue laisser entendre qu'on n'a pas ça.
Ça inclut la Gaspésie, ça inclut les Îles-de-la-Madeleine. On a des
avions biréactés, on a des avions à hélices. On a même un avion qui est
qualifié d'avion-hôpital, on peut faire des chirurgies dans l'avion, M. le
Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
M. Barrette :
Alors, M. le Président, moi, je pense qu'au Québec les Québécois sont bien
servis à cet égard.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, je reconnais maintenant M.
le leader de l'opposition officielle pour sa question principale. À
vous.
M. Bérubé :
M. le Président, en juillet dernier, le ministre de la Sécurité publique
s'était engagé à régler l'ensemble des cas touchant les inondations du
printemps pour la date du 15 août.
On est le 24 octobre. Qu'est-ce qui se
passe?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le ministre de la Sécurité publique.
M. Coiteux :
Bien, il s'est passé beaucoup de choses, M. le Président. C'est une très bonne
question parce qu'effectivement la première
étape — et
c'était ça qui était ma communication l'été dernier — c'était de s'assurer que les gens, les sinistrés aient tous un rapport
d'inspection, tous ceux qui avaient reçu la visite d'un inspecteur puissent
recevoir le rapport. Et ensuite, sur
cette base-là, les personnes ont des décisions à prendre, et des indemnisations
vont être versées par le ministère de la Sécurité publique en vertu d'un
programme qui, je le rappelle, a été bonifié.
Maintenant,
l'étape suivante, évidemment, c'était de s'assurer aussi que les permis de
construction soient donnés par les
villes. Et, justement, ce qu'on a fait au cours des dernières semaines — d'ailleurs, ça se fait à Laval actuellement,
ça s'est fait à Gatineau, ça s'est fait à Pontiac, ça s'est fait à
L'Île-Bizard, ça s'est fait à Pierrefonds — on a tenu des rencontres personnalisées où tous, tous, tous les
responsables du dossier de chacun des
sinistrés, et sur une base individuelle,
étaient présents sous un même toit pour répondre directement aux questions,
et c'est en train de s'accélérer grâce à ça. Il y a des chèques qui sont
donnés aux sinistrés, puis on va de l'avant.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Première complémentaire, M. le leader de l'opposition
officielle.
Bérubé : M. le Président, non seulement on n'a pas respecté
les délais promis, on a donné davantage
de maux de tête aux sinistrés en
implantant un système bureaucratique
incompréhensible. Ça n'avance pas. On avait délesté le ministre de l'Agriculture des Transports parce qu'on
trouvait qu'il en avait trop. C'est peut-être le cas pour le ministre
également.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le ministre de la Sécurité publique, à vous.
M. Coiteux :
Je pense que le député de Matane-Matapédia n'est pas allé à Rigaud, il n'est
pas allé à Pontiac, il n'est pas allé à
Gatineau, il n'est pas allé à Pierrefonds, il n'est pas allé à L'Île-Bizard, il
n'est pas à Laval aujourd'hui non
plus. Je comprends parce qu'on est en période des questions. Mais, s'il avait
fait le tour ou s'il avait demandé à ses collègues députés des mêmes circonscriptions présentes dans chacun des
territoires du Québec touchés — puis je vous rappelle qu'il y a plus de 5 000 personnes qui ont été affectées
par ça — bien, il
verrait que les dossiers cheminent très rapidement et que, de façon très, très, très généralisée, les sinistrés
sentent qu'ils sont bien pris en main par les autorités, à la fois
municipales et celles du gouvernement du Québec.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le leader, deuxième complémentaire.
Bérubé : M. le Président, la réalité, c'est que les chèques
ne se rendent pas. Il aura fallu que des manifestants campent devant le bureau du ministre pour que ça
commence à bouger un peu. Ça faisait des mois qu'on était au courant des
lacunes. Il y a une question de responsabilité ministérielle. C'était le cas
pour l'autoroute 13, c'est encore le cas maintenant.
Pour les gens qui attendent, là, ils veulent recevoir leur chèque, ils ne
veulent pas avoir ce type d'explication qui ne mène à nulle part.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le ministre de la Sécurité publique.
Coiteux : ...de dollars qui ont été versés. Il y a déjà des millions
de dollars qui ont été versés, et, dans une seule réunion, dans ces rencontres
personnalisées, parfois ça peut être 1 million juste dans une journée. Alors,
ce que dit le député de
Matane-Matapédia ne correspond pas, absolument pas à la réalité. Je trouve la
question un peu curieuse parce que, bien au contraire, on s'occupe des sinistrés avec les municipalités. Et ce qu'on
a mis en place, ce n'est pas plus de bureaucratie, c'est de mettre tout
le monde ensemble à la même place pour répondre aux questions de chaque
personne.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Merci. M. le député de Deux-Montagnes, pour votre
question principale.
Charette : Merci, M. le Président. La semaine dernière, à deux
reprises, j'ai posé une question très simple : Comment se fait-il qu'un contrat de gré à gré de
480 millions de dollars a été accordé à la compagnie Air Inuit alors que
d'autres compagnies
auraient aimé soumissionner? À cette question, le président du Conseil du
trésor a mentionné, et je le cite :
«La loi permet d'accorder un contrat de gré à gré lorsque l'on croit qu'un seul
fournisseur est capable de répondre à
la demande.» Il a aussi mentionné que le centre de santé de la région
considérait qu'Air Inuit était la seule compagnie capable de fournir le
service.
question très simple à la ministre déléguée aux Transports aériens : En
quoi est-ce la responsabilité d'un centre de santé de déterminer si une compagnie aérienne est la seule en mesure
d'offrir le service? Et pourquoi son ministère n'a-t-il pas cru bon de
vérifier auprès des autres compagnies s'il y avait intérêt?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le président du Conseil du trésor.
Arcand :
Comme je l'ai dit, M. le Président, au député la semaine dernière, ce
dossier-là est judiciarisé au moment où on se parle. Alors, vous
comprendrez qu'on ne peut pas aller nécessairement dans les détails.
Vous
savez, actuellement, quand on regarde la situation au Nunavik, on sait,
évidemment, que le principal transporteur est Air Inuit. Il y a d'autres
compagnies qui veulent offrir le service, et ça a été le cas, mais, encore une
fois, comme je l'ai expliqué la
semaine dernière — et ça me
fait plaisir de pouvoir le redire encore — il y a deux prétentions actuellement. Le centre de santé exprimait la
vision qu'Air Inuit étaient les seuls... Entre autres, ils ont les appareils
qu'il faut pour pouvoir atterrir dans
les villages du Nunavik, et donc, au nom de l'intérêt public, ça justifiait,
entre autres, le contrat gré à gré.
Il y a des opinions contraires. Les gens vont se retrouver en cour fort
probablement et auront l'occasion, M. le Président, de discuter de ces
questions, qui sont très importantes pour les gens du Nord. Et, encore une
fois, selon le centre de santé...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
Arcand :
...eh bien, les principes ont été respectés, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Première complémentaire.
Charette : ...réponse du président du Conseil du trésor justifierait
que le gouvernement annule le contrat pour aller en appel d'offres, mais le problème est le suivant : nous
sommes en présence d'un gouvernement libéral qui oublie qu'il y a un avant et un après-commission
Charbonneau, qui oublie qu'il y a des règles de transparence qui sont
nécessaires pour contrer le cynisme et, surtout, qui oublie l'intérêt du
citoyen lorsque vient le temps de piger dans ses poches.
parle d'un contrat de 180 millions de dollars. C'est 1 800 fois
le seuil maximal permis pour un contrat de gré à gré.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le président du Conseil du trésor.
Arcand :
Bien, vous savez, M. le Président, encore là, les gens qui ont été jugés
conformes aux exigences, c'était Air Inuit,
encore une fois, selon l'interprétation. Puis ce qu'on m'a dit également, c'est
que ce n'est pas une nouvelle entente, Air Inuit dessert cette région-là
depuis nombre d'années.
Bien
sûr, nous sommes là pour nous assurer qu'il y ait le plus possible, bien sûr,
de la compétition quand il y a des appels
d'offres. Maintenant, on comprendra que, dans les régions nordiques, et en
particulier lorsqu'il y a des communautés autochtones, parfois les règles de base sont un peu différentes parce
que, comme vous le savez, il y a actuellement des cas qui arrivent...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant... Deuxième complémentaire.
M. Charette :
Merci, M. le Président. Le premier ministre a récemment créé un nouveau poste,
soit celui de ministre responsable de
l'Éthique et de l'Attribution des contrats. La semaine dernière, mon collègue
de La Peltrie lui a demandé comment se sentait-il par rapport à pareille
dérive, et, fait étonnant, le ministre n'a pas daigné répondre.
Face
à ce constat, est-ce qu'on peut convenir d'une chose : Le dossier doit
relever maintenant de la Vérificatrice générale? Est-ce que le
gouvernement accepte de lui confier le mandat?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, M. le président du Conseil du trésor.
Arcand : M. le Président,
quand j'écoute la Coalition avenir Québec, c'est toujours la même réponse, il
faut que la Vérificatrice générale
soit toujours impliquée dans à peu près tout. Et moi, je trouve qu'évidemment
la Vérificatrice générale
a un rôle à jouer, mais, à un moment, donné elle n'aura pas assez de temps pour
s'occuper de toutes les choses dont
la Coalition avenir Québec va vouloir s'occuper. Alors, M. le Président, je le
dis et je le répète, il y avait des raisons dans le dossier d'Air Inuit,
des raisons qui ont été clairement expliquées. On disait entre autres que...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
Arcand :
...lorsqu'on atterrit sur une piste de gravier, on ne peut pas nécessairement
le faire, alors c'est pour ça qu'ils ont donné...
Vice-Président (M. Gendron) :
Question principale. Je veux voir le
demandeur. Mme la députée de Taillon, pour votre question principale, à
vous.
Lamarre : Merci, M. le Président. Le seul programme québécois de
formation d'infirmières de première assistance
en chirurgie se trouve à l'Université du Québec à Trois-Rivières, en Mauricie.
La semaine dernière, on a appris que ce programme allait fermer ses portes en
raison d'un manque de chirurgiens intéressés à y dispenser de la formation.
Pourtant, le 22 septembre, en
Outaouais, à l'Hôpital de Hull, Gatineau, et au Glen du CUSM, on a dû reporter
des opérations parce qu'on manquait
des infirmières formées pour intervenir au bloc opératoire. En réaction, le
ministre s'est dit surpris. Surpris
de quoi? Surpris que ses mesures de coercition, que ses diminutions de budget
aient un impact sur la disponibilité des chirurgiens, qui ont toujours,
historiquement, réussi à faire de la formation, et surpris que ça crée une
pénurie d'infirmières formées pour le bloc opératoire.
Concrètement,
à court terme, est-ce que le gouvernement s'engage à mettre les ressources
nécessaires pour garder ouvert le programme de formation des infirmières
de première assistance en chirurgie à l'UQTR?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le ministre de la Santé, à vous.
Barrette : Alors, M. le Président, évidemment, nous sommes un gouvernement qui favorisons
l'interdisciplinarité et la participation de tous les professionnels à
la dispensation des soins de services, ce qui est en complète opposition à
l'histoire du Parti québécois, qui a eu le plaisir, eux autres, de mettre les
infirmières à la retraite et de tenter de s'en débarrasser, ce qui a été un
moment très dramatique dans l'histoire de notre système de santé.
Maintenant,
M. le Président... Et rappelons aussi que c'était à l'époque où
ils fermaient des hôpitaux. Ça nous a pris 20 ans à se relever
de ça. Je suis content qu'aujourd'hui, au Parti québécois, on s'intéresse de
façon positive et constructive à ce que nous
faisons parce que c'est ce que nous faisons, prendre des décisions
qui sont positives, constructives, dans l'intérêt des patients et des
patientes du Québec.
Maintenant, pour le
sujet qui est actuellement l'objet de la question de la collègue, alors je suis
le premier, M. le Président, à vouloir que
ce programme survive. Et ce n'est pas une question de ressources, ce n'est pas
une question d'investissements, et
l'affirmation que la collègue a faite à l'effet que les réformes que nous
faisions avaient eu un tel impact, ce n'est fondé sur rien, M. le
Président. La réalité est que ce programme...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : ...
M. Barrette :
...et conditionnellement, évidemment, à la participation des chirurgiens.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Merci. Première complémentaire.
M. Barrette :
Vous vous êtes levé trop tôt, M. le Président.
Lamarre : ...il fonctionnait avant. On en avait, des chirurgiens, et
on formait des infirmières. Puis on en a
de plus en plus besoin, de ces infirmières au bloc opératoire. Savez-vous
combien de patients attendent pour être opérés? 97 075 patients selon les chiffres du ministère de la
Santé au mois d'août dernier. Alors, ça n'arrivait pas avant, ça arrive
maintenant.
Comment
expliquer que le ministre, qui a tout centralisé, ait créé un contexte où, par
manque de chirurgiens, on ne peut plus faire la formation et on ferme un
programme d'infirmières important pour...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le ministre de la Santé.
Barrette : Alors, M. le Président, je le répète... Et puis, puisque
notre collègue parle de la performance de notre réseau de la santé, bien, peut-être pourrait-elle souligner aussi
que 97 % des citoyens du Québec qui ont une chirurgie l'ont à l'intérieur des délais qui ont été
convenus par tout le monde ici, M. le Président, donc en dedans de six mois.
C'est quand même quelque chose qui
est une réalisation à être soulignée que nous avons mis en place des ressources
supplémentaires pour opérer plus de
gens, hein? On a critiqué les décisions que l'on a prises, par exemple mon
projet de trois cliniques chirurgicales
dans lesquelles plus de 10 000 personnes ont été opérées, même près
de 15 000, M. le Président. Ça, c'est une réalité.
Le Vice-Président (M. Gendron) : En
terminant.
Barrette : ...pour ce qui est du programme, M. le Président, nous
sommes en accord avec le programme, encore faut-il...
Le Vice-Président (M. Gendron) :
S'il vous plaît! Complémentaire, allez.
Lamarre : Est-ce que le programme de formation des infirmières de
l'UQTR va être préservé cette année?
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, je suis d'accord et je souhaite
profondément que ce programme continue. Il n'est pas sous ma
juridiction, évidemment, ce n'est pas un programme du ministère de la Santé.
M. Barrette : On me demande pourquoi
je réponds. Parce qu'on me pose la question. Moi, on me pose une question, je réponds. Ce n'est pas bien, bien
compliqué. Est-ce que le ministre de la Santé... Bien oui, le ministre de la
Santé se lève.
Alors, le
ministre de la Santé, M. le Président, est en faveur que le programme continue
et il va faire tous les efforts avec
sa collègue à l'Éducation pour que ça continue pour le bien des citoyennes et
citoyens du Québec, pour qu'ils puissent se faire opérer dans le meilleur temps possible en Mauricie—Centre-du-Québec comme partout au Québec, M. le
Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Et on remercie le ministre de la Santé,
mais cette dernière question met fin à la période des questions. La
période de... est terminée.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, nous en sommes à la
rubrique des motions sans préavis, et je cède la parole à M. le ministre
délégué aux Affaires maritimes.
D'Amour : Alors, merci beaucoup, M. le Président. Vous me permettrez
d'abord de saluer les représentants de l'industrie maritime qui sont
dans nos tribunes aujourd'hui.
Alors, M. le Président, je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de Rimouski, le
député de Nicolet-Bécancour, la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, le député de Laurier-Dorion, la
députée de Vachon et le député de Gaspé, ainsi que le député de Groulx, M. le
Président :
«Que
l'Assemblée nationale souligne la 17e Journée maritime québécoise qui se
déroule cette année sous le thème Expédier autrement et efficacement ;
«Qu'elle
reconnaisse l'importance stratégique de l'industrie maritime comme facteur de
développement économique et social pour le Québec.»
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Très bien. Alors, merci à vous, M. le ministre. Y a-t-il consentement pour
débattre de cette motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay : Oui. M. le
Président, nous proposons de l'adopter sans débat.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Très bien. Alors, cette motion est-elle adoptée?
Vice-Président (M. Ouimet) : Adopté. Je cède maintenant la parole
à Mme la députée de Taschereau pour une nouvelle motion sans préavis.
Maltais : M. le Président,
je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter,
conjointement avec le député de Gaspé, le député de Gouin et la députée de
Vachon, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle qu'aucun autre Parlement ou gouvernement ne peut
réduire ses pouvoirs, son autorité, sa souveraineté, ni sa légitimité;
«Qu'elle réaffirme son autorité à légiférer dans
ses champs de compétence, notamment sur l'obligation de transiger avec l'État à
visage découvert;
«Qu'elle rappelle que le Québec n'adhère pas au
modèle du multiculturalisme canadien et qu'il lui revient de développer son
propre modèle de vivre ensemble reflétant fidèlement ses valeurs, son histoire
et sa diversité.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée de Taschereau,
pour cette motion. Y a-t-il consentement
pour débattre de la motion? M. le leader adjoint.
M. Tanguay : M. le Président,
il n'y a pas de consentement.
Vice-Président (M. Ouimet) : Il n'y a pas de consentement. Je
cède la parole maintenant
à M. le député de Nicolet-Bécancour pour une autre motion
sans préavis.
Martel :
M. le Président, je demande le consentement pour déposer la motion suivante conjointement avec la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, le
député de Mercier, le député
de Groulx, le député de Gaspé et la députée de Vachon :
«Que l'Assemblée
nationale demande à ses membres de
s'engager à assurer, advenant une cessation de fonction, un suivi adéquat des dossiers à leur successeur,
et ce, dans le meilleur intérêt des citoyens et citoyennes de leur circonscription.»
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Très bien. Alors, merci à vous, M. le député de Nicolet-Bécancour.
Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay : Oui, M. le
Président. Nous proposons de l'adopter sans débat.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Très bien. M. le leader de la deuxième opposition.
Bonnardel : Je vous
demande un vote par appel nominal, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Très bien. Alors, je pense que tous les députés sont ici.
Alors, que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
La Secrétaire adjointe : M. Legault
(L'Assomption), M. Bonnardel (Granby), M. Caire (La Peltrie),
M. Jolin-Barrette (Borduas),
M. Picard (Chutes-de-la-Chaudière), M. Charette (Deux-Montagnes),
M. Martel (Nicolet-Bécancour), Mme Roy (Montarville),
Mme Samson (Iberville), M. Roberge (Chambly), M. Laframboise (Blainville), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), M. Lefebvre (Arthabaska),
M. Lemay (Masson), Mme Lavallée (Repentigny), M. Lamontagne (Johnson), Mme D'Amours (Mirabel),
Mme Soucy (Saint-Hyacinthe), Mme Guilbault (Louis-Hébert),
M. Paradis (Lévis), M. Spénard (Beauce-Nord).
M. Couillard (Roberval), M. Fournier (Saint-Laurent), Mme
Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne),
M. Billette (Huntingdon), Mme
Thériault (Anjou—Louis-Riel),
Mme St-Pierre (Acadie), M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Arcand (Mont-Royal), M. Coiteux (Nelligan), Mme David
(Outremont), M. Proulx (Jean-Talon), M. D'Amour (Rivière-du-Loup—Témiscouata),
Mme Nichols (Vaudreuil), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Vallée (Gatineau),
Mme Charlebois (Soulanges), M. Barrette (La
Pinière), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), M. Blanchette (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Lessard (Lotbinière-Frontenac), M. Moreau (Châteauguay), M. Poëti
(Marguerite-Bourgeoys), M. Heurtel (Viau), Mme Vien (Bellechasse), Mme Ménard (Laporte), M. Fortin (Pontiac), Mme
Tremblay (Chauveau), M. Fortin (Sherbrooke), M. Reid (Orford), M. Morin
(Côte-du-Sud), M. Bernier (Montmorency), M. Girard (Trois-Rivières), Mme
Montpetit (Crémazie), Mme Boulet
(Laviolette), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), M. Tanguay (LaFontaine), Mme Melançon
(Verdun), Mme Charbonneau (Mille-Îles), M. Ouellette (Chomedey), M. Drolet
(Jean-Lesage), Mme de Santis (Bourassa-Sauvé), M. Iracà (Papineau), M. Bolduc (Mégantic), M. Simard
(Dubuc), M. Matte (Portneuf), M. Chevarie (Îles-de-la-Madeleine), M.
Carrière (Chapleau), M. Huot (Vanier-Les Rivières), M. Rousselle (Vimont), M.
Auger (Champlain), M. Birnbaum
(D'Arcy-McGee), M. Boucher (Ungava), M. Bourgeois (Abitibi-Est), M. Giguère
(Saint-Maurice), M. Habel (Sainte-Rose), M. Hardy (Saint-François), M.
Merlini (La Prairie), M. Plante (Maskinongé), M. Polo (Laval-des-Rapides), M.
St-Denis (Argenteuil), Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), Mme Sauvé
(Fabre).
M. Lisée (Rosemont), M. Bérubé
(Matane-Matapédia), Mme Hivon (Joliette), M. Marceau (Rousseau), Mme Léger
(Pointe-aux-Trembles), M. LeBel (Rimouski), Mme Maltais (Taschereau), Mme
Lamarre (Taillon), M. Bergeron (Verchères), M. Leclair (Beauharnois), Mme
Richard (Duplessis), M. Rochon (Richelieu), Mme Poirier (Hochelaga-Maisonneuve), M. Cloutier (Lac-Saint-Jean), M.
Therrien (Sanguinet), M. Gaudreault (Jonquière), M. Pagé (Labelle), M. Bourcier (Saint-Jérôme), Mme Jean (Chicoutimi),
M. Ouellet (René-Lévesque), M. Villeneuve (Berthier), Mme Fournier
(Marie-Victorin), M. Traversy (Terrebonne), M. Kotto (Bourget), M. Turcotte
(Saint-Jean), M. Roy (Bonaventure).
Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques),
M. Nadeau-Dubois (Gouin), M. Khadir (Mercier), M. Lelièvre (Gaspé),
M. Sklavounos (Laurier-Dorion).
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Que les députés contre veuillent bien se lever. Y a-t-il des abstentions? Sinon,
pour le résultat du vote, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 114
Contre :
Vice-Président (M. Ouimet) : En conséquence, la motion est
adoptée.
Toujours
à la rubrique des motions sans préavis, oui, M. le leader de la deuxième
opposition.
Bonnardel :
Oui. J'aimerais juste que la motion soit envoyée au bureau de la whip du
gouvernement, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Très bien. Alors, je pense que la whip s'est également prononcée sur la motion.
Alors, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, pour la présentation d'une nouvelle
motion sans préavis.
Mme Massé : Merci, M. le
Président. Je demande le consentement de la Chambre pour débattre de la motion
suivante conjointement avec la députée de Taschereau, le député de
Bonaventure, le député de Gaspé et la députée de Vachon :
«Que l'Assemblée nationale félicite
les organisateurs [et organisatrices] et artisans de la tournée de spectacles-bénéfice
pour la reconstruction du Théâtre de la Vieille Forge, complètement détruit par
un incendie le 15 août 2017;
«Qu'elle reconnaisse l'importance de
cette institution culturelle, au coeur du Festival en chanson de Petite-Vallée,
et prenne acte de la perte importante pour le
milieu culturel, pour les citoyennes et citoyens de la Gaspésie et du Québec;
«Que l'Assemblée
nationale demande au gouvernement du Québec de soutenir financièrement la
reconstruction du Théâtre de la Vieille Forge.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci à vous, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay :
Oui. Nous proposons de l'adopter sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien.
Alors, cette motion
est-elle adoptée?
Vice-Président (M. Ouimet) : Adopté. Conformément à ce qui
a été convenu le 19 octobre dernier, je cède maintenant la parole à
M. le député de Gouin pour la présentation de sa motion sans préavis. M. le
député.
M. Nadeau-Dubois :
Merci, M. le Président. Je demande le consentement de la Chambre pour débattre
de la motion suivante conjointement avec la députée de Taschereau, le
député de Gaspé et la députée de Vachon :
lendemain de l'adoption d'une loi affirmant la neutralité religieuse de l'État,
que l'Assemblée nationale prenne acte
que l'ensemble des formations politiques qui y sont représentées adhèrent au
principe de séparation des pouvoirs entre la religion et l'État;
«Que le sujet
du déplacement du crucifix ornant le salon bleu soit référé au Bureau de
l'Assemblée nationale et que les [députés indépendants] soient [invités]
à participer au débat sur cette question.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci à
vous, M. le député de Gouin.
Y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay :
M. le Président, nous ne consentons pas.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, y a-t-il
d'autres motions sans préavis? M. le leader adjoint du gouvernement, sur
une motion sans préavis.
M. Tanguay :
Oui, M. le Président. Suite à des échanges entre les groupes parlementaires et
les députés indépendants au sujet de
consultations particulières à l'égard du projet de loi n° 148, je
sollicite le consentement afin de présenter une seconde motion.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, il y a consentement.
Veuillez poursuivre, M. le leader adjoint du gouvernement.
juste avant de poursuivre, je demanderais aux députés qui doivent quitter
l'enceinte du salon bleu de le faire dans le silence.
Alors, je vais
suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
15 h 8)
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, toujours pour la présentation de cette motion, M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Je fais motion, conformément
à l'article 146 du règlement de l'Assemblée nationale,
afin :
«Que la Commission de
la santé et des services sociaux, dans le cadre de l'étude du projet de loi
n° 148, Loi encadrant
l'approvisionnement en médicaments génériques par les pharmaciens propriétaires
et modifiant diverses dispositions
législatives, procède à des consultations particulières et tienne des auditions
publiques les 7 et 8 novembre 2017, à la salle du Conseil
législatif;
«Qu'à
cette fin, elle entende les organismes suivants : l'Association québécoise
des pharmaciens propriétaires, l'Ordre
des pharmaciens du Québec, Me Mélanie Bourassa-Forcier, professeure agrégée
en droit — de
l'Université de Sherbrooke — M. Marc-André Gagnon, professeur associé
en politiques publiques — de l'Université Carleton — l'Association canadienne de la gestion de l'approvisionnement pharmaceutique,
l'Association canadienne du médicament générique, l'Association des bannières et chaînes de
pharmacies du Québec, l'Association québécoise des distributeurs en pharmacie,
Me Paul Fernet, avocat[...], le
Groupement provincial de l'industrie du médicament [et] l'Association
canadienne des compagnies d'assurances de personnes;
«Qu'une
période de 12 minutes soit prévue pour les remarques préliminaires,
répartie de la manière suivante : 6 minutes
au groupe parlementaire formant le gouvernement, [30] minutes 30 secondes au
groupe parlementaire formant l'opposition officielle et 2 minutes 30
secondes au deuxième groupe d'opposition;
«Que
la durée maximale de l'exposé [des] autres organismes soit de 10 minutes
et l'échange avec les membres de la
commission soit d'une durée maximale de 50 minutes partagées ainsi : 25 minutes pour le groupe
parlementaire formant le
gouvernement, 15 minutes pour l'opposition officielle et 10 minutes pour
le deuxième groupe d'opposition; enfin
«Que
le ministre de la Santé et des Services sociaux soit membre de ladite
commission pour la durée du mandat.»
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le leader adjoint du
gouvernement.
Y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion?
Cette motion est-elle
adoptée?
Vice-Président (M. Ouimet) : Adopté. Mme la
whip en chef de l'opposition officielle,
pour une autre motion.
Mme Poirier : M. le Président,
conformément à l'article 129 de notre règlement, je fais motion
afin :
«Que le député de Bonaventure soit membre de la Commission
de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles;
«Que ce changement prenne effet immédiatement.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci à vous.
Cette motion est-elle
adoptée?
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Adopté.
À la rubrique des avis
touchant les travaux des commissions, M. le leader adjoint du gouvernement.
Tanguay : Oui, M. le Président. J'avise cette Assemblée que la Commission
des relations avec les citoyens poursuivra
les consultations particulières à
l'égard du projet de loi n° 143, Loi visant à améliorer la qualité
éducative et à favoriser le
développement harmonieux des services de garde éducatifs à l'enfance,
aujourd'hui, à compter de 15 h 30 pour une durée de
2 h 15 min, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Cette
même commission complétera les consultations particulières à l'égard du projet
de loi n° 134, Loi visant principalement à moderniser des règles
relatives au crédit à la consommation et à encadrer les contrats de service de règlement de dettes, les contrats de crédit à coût
élevé et les programmes de fidélisation, aujourd'hui, de 19 h 30 à
21 h 45, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Commission des institutions poursuivra les consultations particulières à
l'égard du projet de loi n° 107, Loi visant à accroître la
compétence et l'indépendance du commissaire à la lutte contre la corruption et
du Bureau des enquêtes indépendantes ainsi
que le pouvoir du directeur des poursuites criminelles et pénales d'accorder
certains avantages à des témoins collaborateurs, aujourd'hui, à compter
de 15 h 30 pour une durée de 2 h 15 min, et complétera
lesdites consultations de 19 h 30 à 21 heures, à la salle du
Conseil législatif;
Et finalement, M. le Président, la Commission de
la culture et de l'éducation poursuivra l'étude détaillée à l'égard du
projet de loi n° 144, Loi modifiant la
Loi sur l'instruction publique et
d'autres dispositions législatives concernant principalement
la gratuité des services éducatifs et l'obligation de fréquentation scolaire,
aujourd'hui, de 19 h 30 à 21 h 30, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci, M. le leader adjoint du
gouvernement.
Est-ce qu'il y a
consentement pour déroger à l'article 143 du règlement concernant
l'horaire des travaux des commissions? Consentement. Est-ce que la motion est
adoptée?
Vice-Président (M. Ouimet) : Adopté. À la rubrique, maintenant,
des renseignements sur les travaux de
l'Assemblée, je vous informe que demain, lors des affaires inscrites par les
députés de l'opposition, sera débattue la motion inscrite par M. le
député de La Peltrie. Cette motion se lit comme suit :
«Que le principe du projet de loi
n° 992, Loi modifiant la
Loi sur l'administration publique et d'autres
dispositions législatives afin qu'un sous-ministre ou un dirigeant
d'organisme soit imputable de l'efficience de son ministère ou organisme, soit
adopté.»
Alors, la période des
affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux affaires
du jour. Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme Vien :
Alors, bon après-midi, M. le Président. Merci d'appeler l'article 14, s'il
vous plaît.
Vice-Président (M. Ouimet) :
L'article 14 de notre
feuilleton. Mme la ministre des Relations internationales et de la
Francophonie propose l'adoption du principe du projet de loi n° 139, Loi
regroupant l'Office Québec/Wallonie-Bruxelles
pour la jeunesse, l'Office Québec-Amériques pour la jeunesse et l'Office
Québec-Monde pour la jeunesse.
Alors, Mme la
ministre des Relations internationales et de la Francophonie, je vous cède la
parole.
St-Pierre :
Merci, M. le Président. Alors, chers collègues, j'ai le plaisir de vous
retrouver aujourd'hui à l'occasion de
l'adoption de principe du projet de loi n° 139, Loi regroupant l'Office
Québécois/Wallonie-Bruxelles pour la jeunesse, l'Office Québec-Amériques
pour la jeunesse et l'Office Québec-Monde pour la jeunesse.
Je voudrais
remercier les membres des formations d'opposition pour leur participation aux
dernières consultations particulières concernant ce projet de loi.
Lors des
consultations particulières, j'ai déjà signalé la place centrale qu'occupe la
jeunesse dans les politiques et initiatives
du gouvernement. De plus, la Politique internationale du Québec, qui a été
dévoilée par le premier ministre le
11 avril dernier, met en exergue les bénéfices pour le développement des
jeunes Québécois d'acquérir une expérience nouvelle à l'étranger et d'enrichir ainsi leurs bagages d'expériences
personnelles et professionnelles. En ce sens, LOJIQ contribue à former des entrepreneurs de demain,
que ce soit dans les milieux économiques, culturels ou sociocommunautaires.
À
titre de
ministre responsable des Offices jeunesse internationaux du Québec, j'accorde
une grande importance à leur mission
et à leur rôle auprès des jeunes Québécois. Le projet de loi n° 139 vise à
renforcer le rôle de LOJIQ et lui donner
plus d'outils pour appuyer les jeunes Québécois dans leur développement en appuyant des projets de mobilité au Québec
et dans les autres provinces canadiennes comme elle le fait déjà
pour les projets aux quatre coins de la planète. Les Offices jeunesse pourront poursuivre leur travail de développement en lien avec des organismes des secteurs public et privé pour donner
naissance à des projets de mobilité porteurs pour les jeunes Québécois et des
occasions d'échanges internationaux interculturels.
Notre objectif,
de par ce projet de loi, est de jeter les bases d'une action québécoise
en mobilité jeunesse qui soit ambitieuse, performante et pérenne.
Je rappelle
que les offices internationaux du Québec, connus depuis 2007 sous la bannière LOJIQ, sont
au nombre de quatre : l'Office
franco-québécois pour la jeunesse, l'office québécois Wallonie Bruxelles
pour la jeunesse, l'Office Québec-Amériques pour la jeunesse et l'Office
Québec-Monde pour la jeunesse. Le plus ancien des offices, l'Office franco-québécois pour la jeunesse, a été créé en
1968 par une entente entre le gouvernement
du Québec et le gouvernement de la République française. Les dispositions de cette entente ont été révisées, et une
nouvelle entente internationale signée en
2011 encadre dorénavant le
fonctionnement de l'Office franco-québécois pour la jeunesse. Cet office est
régi également par la Loi reconnaissant des organismes visant à
favoriser les échanges internationaux pour la jeunesse, ce qui ne me rajeunit pas, M. le Président. J'ai déjà été
stagiaire des offices franco-québécois pour la jeunesse au début des années 80,
et ce fut une expérience absolument formidable pour moi.
L'Office
franco-québécois pour la jeunesse fêtera, l'an prochain, 50 ans
d'existence. Il est le fruit d'une collaboration
exceptionnelle entre la France et le Québec et fut l'une des premières
initiatives conjointes menées par les deux
gouvernements lors de la Révolution tranquille. L'Office franco-québécois pour
la jeunesse a touché les vies des milliers
de jeunes Québécois, et Français, comme moi au fil des ans pour des projets
d'entrepreneuriat économique, culturel et social. L'Office Québec Wallonie
Bruxelles pour la jeunesse a été créé en 1984 par une entente entre le
gouvernement du Québec et le
gouvernement de la Communauté française de Belgique. Cet office est régi par la
même loi qu'une entente signée en
2007. L'Office Québec-Amériques pour la jeunesse et l'Office Québec-Monde pour
la jeunesse ont été constitués, pour
leur part, dans des lois respectives en 2000 et 2009. Ils appuient les projets
des jeunes dans une perspective hémisphérique et, plus largement,
internationale.
Ensemble, Les Offices jeunesse internationaux du
Québec jouent un rôle de catalyseur auprès de la jeunesse québécoise. En 2016‑2017, les offices ont permis à
plus de 4 000 jeunes du Québec de réaliser plus de 1 300 projets
sur cinq continents.
Nous pouvons
améliorer encore davantage la performance des offices jeunesse en simplifiant
leurs structures et en nous assurant
d'une gouvernance qui soit plus représentative de l'ensemble des parties
prenantes de l'action jeunesse au Québec.
Quoique ces quatre offices relèvent d'un même gestionnaire — il s'agit de M. Michel Robitaille — chacun d'eux possède la personnalité
juridique, compte un conseil d'administration qui lui est propre et est
assujetti à des règles de gouvernance particulières. Cela a pour effet de
multiplier les obligations liées à la reddition de comptes ainsi qu'à la désignation et au remplacement des
administrateurs. Rassembler trois des offices jeunesse à l'intérieur d'un même
organisme faciliterait leur gestion,
l'administration de leurs programmes ainsi que la réalisation des mandats qui
leur sont confiés. LOJIQ continuerait
à disposer de programmes tournés vers la France, grâce à l'action de l'Office
franco-québécois pour la jeunesse,
ainsi que vers la Communauté française de Belgique et vers les Amériques,
puisque le mandat de l'OQMJ, l'office québécois... l'Office
Québec-Monde, dis-je, pour la jeunesse couvrira désormais ces territoires.
Je tiens
également à souligner que le passage du projet de loi n'aura aucun effet sur
l'implication du ministère des Relations internationales et de la Francophonie
auprès de LOJIQ, qui constitue un levier de développement pour le
Québec.
M. le
Président, le projet de loi n° 139 permettrait d'atteindre ainsi les
objectifs suivants : un, regrouper l'Office Québec Wallonie Bruxelles pour la jeunesse, l'Office Québec-Amériques
pour la jeunesse et l'Office Québec-Monde pour la jeunesse en un seul
organisme, l'OQMJ, tout en maintenant la structure de l'Office franco-québécois
pour la jeunesse; deuxièmement, simplifier
la gouvernance des offices jeunesse internationaux du Québec et rendre le
conseil d'administration de
l'organisme fusionné encore plus représentatif des parties prenantes de
l'action jeunesse au Québec; troisièmement,
confier à l'OQMJ le mandat de programmes de mobilité au Québec et à l'intérieur
du Canada. Il s'agit du coeur de la réforme qui serait opérée par le projet de
loi. Afin de profiter de la notoriété de l'Office Québec-Monde pour la jeunesse, qui assure déjà un certain
nombre de responsabilités pour l'Office Québec Wallonie Bruxelles pour la
jeunesse et l'Office Québec-Amériques pour la jeunesse,
ces trois offices seraient dorénavant regroupés au sein d'un seul organisme. Cette nouvelle entité aurait alors
la responsabilité des territoires couverts par l'office Wallonie Bruxelles,
l'office québécois Amériques pour la jeunesse et ceux aussi de l'Office
Québec-Monde pour la jeunesse.
L'Office Québec Wallonie Bruxelles pour la
jeunesse est un organisme binational, comme je l'ai mentionné, constitué par le Québec et ses partenaires de la
Communauté française de Belgique. Depuis quelques années, nos partenaires
ont confié des responsabilités auparavant
dévolues à la
section Wallonie bruxelloise de l'office québécois Wallonie
Bruxelles pour la jeunesse à leur
Bureau international pour la jeunesse, qu'on appelle là-bas le BIJ. Le BIJ est
chargé de gérer différents programmes internationaux destinés aux jeunes
de 18 à 35 ans qui résident en Wallonie ou à Bruxelles, incluant un programme de coopération avec le Québec. Dans cet
esprit, j'ai signé, en février 2016, un énoncé de principe, avec le
ministre président de la Communauté française de Belgique, confirmant notre
volonté de transférer la mission de la
section
québécoise de l'office québécois Wallonie Bruxelles à un organisme québécois à
déterminer. Cet organisme, c'est l'Office
Québec-Monde pour la jeunesse, dont le mandat couvrirait dorénavant la mobilité
entre les jeunes du Québec et ceux de Wallonie et de Bruxelles.
L'Office Québec-Amériques pour la jeunesse est
un organisme constitué en vertu d'une loi québécoise. Son regroupement avec l'Office Québec-Monde pour la
jeunesse n'aurait pas d'impact significatif sur les relations qu'entretient
le gouvernement du Québec avec ses
partenaires des Amériques, puisque le mandat de l'office québécois Monde pour
la jeunesse couvrirait également la mobilité entre les jeunes du Québec et ceux
des Amériques.
Le plus
ancien de nos offices, l'Office franco-québécois pour la jeunesse, dispose
d'une personnalité morale tant en
France qu'au Québec, et son existence est reconnue tant en droit français que
québécois. Riche de sa tradition de 50 ans, l'Office franco-québécois pour la jeunesse continuerait d'exercer ses
mandats tout en voyant la gamme de services qu'il peut confier à l'Office Québec-Monde pour la
jeunesse étendue. Je tiens également à souligner que je compte me déplacer
à Paris pour la prochaine réunion du conseil
d'administration de l'Office franco-québécois pour la jeunesse, qui se
déroulera en décembre prochain, puisque je copréside ce conseil
d'administration.
Tel que
mentionné, la structure de gouvernance actuelle des Offices jeunesse
internationaux n'est pas optimale, chaque organisme comptant un conseil
d'administration distinct. La table ministérielle sur l'action internationale
du Québec avait d'ailleurs signalé dans ses travaux que la réduction des
chevauchements sur le plan de la gouvernance rehausserait l'efficacité de
l'action jeunesse.
Ainsi, en
vertu du regroupement proposé par le projet de loi n° 139, il n'y aurait
plus que deux conseils d'administration,
soit celui de l'Office franco-québécois pour la jeunesse et celui de l'Office
Québec-Monde pour la jeunesse. Ce
dernier serait composé d'un nombre impair d'au moins 11 et d'au plus 15
membres. Sa structure serait encore plus représentative des parties
prenantes de l'action jeunesse au Québec, puisqu'elle devrait tendre vers la
parité entre les femmes et les hommes, les
personnes âgées de 35 ans ou moins et celles qui sont âgées de 35 ans au moment
de la nomination, les personnes
provenant d'un ministère ou d'un organisme de gouvernement et celles ne
provenant pas d'un tel ministère ou organisme. Les nominations devraient
aussi tendre vers une représentativité des régions du Québec.
Enfin, le
mandat des administrateurs, y compris celui du président du conseil, serait
renouvelable une seule fois, ce qui permettra un renouvellement des
administrateurs à échéance régulière.
Les décisions
de l'Office franco-québécois pour la jeunesse continueraient d'être prises par
son conseil d'administration, mais
une collaboration accrue s'installerait avec l'Office Québec-Monde pour la
jeunesse. Pour cette raison, au moins deux
membres du conseil d'administration de l'Office franco-québécois pour la
jeunesse siégeraient aussi au conseil de l'Office Québec-Monde pour la
jeunesse.
Le projet de loi propose que, fort de son
expérience dans la gestion et l'animation de projets jeunesse aux quatre coins du monde, l'Office Québec-Monde pour la jeunesse puisse développer des programmes
de mobilité entre les régions du Québec ainsi qu'entre le Québec et les
autres provinces et territoires du Canada en plus de ses activités à portée
internationale.
En conclusion, en somme, M. le Président, la
réforme proposée dans ce projet de loi n° 139 amènerait le regroupement de trois des quatre Offices jeunesse
internationaux, permettant ainsi de consacrer moins de ressources à la
gouvernance et plus de ressources aux programmes visant les jeunes. De plus,
l'élargissement du mandat de l'Office Québec-Monde
pour la jeunesse aurait pour effet de créer un véritable guichet unique de
services pour les jeunes intéressés par des projets de mobilité.
En définitive, ce projet de loi s'inscrit dans
la foulée de la Politique québécoise de la jeunesse 2030 et de la Politique internationale du Québec et crée des
conditions pour un appui encore plus important aux jeunes Québécois dans
la réalisation de leurs projets de mobilité chez nous comme à l'étranger. Je
vous remercie, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
ministre, pour cette intervention. M. le député de Verchères, je vous
cède la parole.
M. Bergeron : Merci, M. le
Président. Je crois qu'il n'est nul besoin de répéter longuement les tenants et
aboutissants de ce projet de loi, puisque la
ministre vient de le faire avec éloquence, présentant effectivement les effets
de l'adoption éventuelle de ce projet de loi.
J'aimerais
peut-être m'appesantir sur les derniers éléments qu'elle a évoqués, cependant,
M. le Président, parce que, bon, on
nous a indiqué qu'il s'agissait d'un projet de loi qui a une portée
essentiellement fonctionnelle, hein? C'est dans un but strictement fonctionnel qu'on procède à cette fusion, à ce
regroupement de l'office québécois Wallonie Bruxelles pour
la jeunesse, l'Office Québec-Amériques pour la jeunesse et l'Office
Québec-Monde pour la jeunesse. J'en suis, M.
le Président. Je pense qu'effectivement, lorsqu'il y a lieu de procéder à des
réaménagements administratifs qui assurent une plus grande efficacité, il faut certainement l'envisager et aller de
l'avant. Donc, aucun problème de principe de notre côté.
Il y avait deux préoccupations de notre côté,
une qui semble être levée à ce stade-ci et une autre qui demeure, puis on aura l'occasion au niveau de l'étude
détaillée d'y revenir. La première, c'était concernant la relation particulière
entre le Québec et la région Wallonie Bruxelles. La ministre a expliqué que
l'Office franco-québécois de la jeunesse demeurerait
une entité distincte, et, puisque l'Office Québec Wallonie Bruxelles pour la
jeunesse est le seul des trois offices qui
ciblait une région particulière avec une relation privilégiée, nous nous sommes
préoccupés du caractère, justement, privilégié
de cette relation entre le Québec et la région Wallonie Bruxelles. Et ce qu'on
nous a expliqué à ce moment-là, c'était
que c'était presque à la demande de la région Wallonie Bruxelles que cette
fusion était opérée. Bon, j'avoue bien honnêtement
que les motifs m'échappent encore. D'ailleurs, à cet égard, nous avions demandé
à ce que le représentant de Wallonie
Bruxelles soit convoqué en commission parlementaire. Il a décliné l'invitation.
Donc, en vertu du principe selon
lequel qui ne dit mot consent, nous n'avons eu d'autre choix, M. le Président,
que de conclure que les informations qui
nous étaient communiquées concernant l'approbation de la région Wallonie
Bruxelles étaient exactes. Donc, cette première préoccupation a, pour
ainsi dire, été levée.
Il reste la
deuxième préoccupation de notre côté, M. le Président, qui est cette nouveauté,
cette possibilité qui est évoquée dans le projet de loi, de dorénavant
financer non seulement des missions, des stages partout sur le territoire québécois, ce qui en soi est une excellente
nouvelle... Je pense que c'est bien beau de permettre aux jeunes — et les voyages forment la jeunesse, semble-t-il — de permettre aux jeunes de connaître le
monde, mais il y a un monde à leur portée ici, au Québec, et je pense
que c'étaient une belle occasion, un beau clin d'oeil que de permettre
effectivement...
Puis le
regroupement des carrefours jeunesse-emploi est venu nous dire justement qu'à
la fois dans un objectif de
réseautage mais également à la lumière des expériences passées ce serait
éminemment positif, effectivement, de permettre aux jeunes de faire des stages un peu partout à travers le Québec.
Mais on va plus loin, on envisage la possibilité
de financer des stages à travers le Canada.
Bon, non pas que j'en aie, M. le
Président, contre le fait de visiter
ce grand pays qu'est le Canada,
j'ai eu moi-même l'occasion de visiter la plupart de ses régions, mais je
crois que ce n'est pas le rôle du gouvernement du Québec que de financer
ce genre de déplacement.
Il y avait
un organisme fédéral, Katimavik, vous vous souvenez, M. le Président, qui visait justement à permettre aux jeunes de visiter différentes régions du Canada.
Or, on sait que le gouvernement
fédéral a pas mal retiré ses billes
financièrement de Katimavik, à telle
enseigne que l'organisme a failli
disparaître, à un moment donné, provoquant même une grève de la faim, vous vous souviendrez, du sénateur Hébert. Donc,
je ne crois pas, je ne crois pas que ce soit au Québec à se substituer à un programme comme Katimavik, M.
le Président, et je ne crois pas que ce soit aux contribuables québécois
de se substituer à ce que faisait autrefois
le gouvernement fédéral pour permettre effectivement aux jeunes de visiter les
différentes régions du Canada.
Donc, nous
avons une réserve, elle demeure. Notre appui sur le principe est là, je l'ai
indiqué à la ministre, je le réitère
aujourd'hui en cette Chambre, mais je réitère également cette réserve. Et j'ai
offert, en commission parlementaire, toute
la collaboration de l'opposition officielle dans l'étude de ce projet de loi et
j'ai dit également que je n'en attendais pas moins de la part de la ministre et des collègues des différentes
formations politiques. Alors, nous aurons l'occasion, M. le Président,
de nous appesantir, comme je le disais, sur cette problématique particulière
lors de l'étude détaillée, et j'ose espérer que nous trouverons une voie de
passage qui puisse être satisfaisante pour tous les membres de cette Assemblée,
de telle sorte que nous puissions être aussi unanimes au niveau de l'adoption
finale que nous le serons vraisemblablement
au niveau de l'adoption du principe dudit projet de loi, Mme la Présidente...
M. le Président, pardon.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député de Verchères,
pour cette intervention.
Avant de céder la parole au prochain intervenant, je vous
informe que deux débats de fin de séance se tiendront aujourd'hui : le premier, sur une question
adressée par Mme la députée de Taschereau à la ministre de la Justice,
concernant les déclarations
contradictoires de la ministre lors de l'étude détaillée du projet de loi
n° 62, Loi favorisant le respect de la neutralité religieuse de l'État et visant notamment à encadrer les
demandes d'accommodements religieux dans certains organismes; le second, sur une question adressée
par M. le député de Deux-Montagnes à la ministre déléguée aux Transports,
concernant l'octroi du contrat de gré à gré à la compagnie aérienne Air Inuit.
Alors, M. le député
de Deux-Montagnes, je vous cède la parole pour votre intervention.
Charette : Merci, c'est
gentil, M. le Président. Et je serai très bref. C'est un projet de loi qui est certainement intéressant, qui a sa pertinence, mais qui est
d'abord et avant tout de nature à faciliter les opérations des organismes en cause. Donc, c'est difficile, d'une part, de s'y
opposer, et c'est sans doute difficile d'intervenir longuement à ce moment-ci.
Déjà saluer la présence de la ministre qui est
titulaire du dossier et qui nous a permis des échanges tout à fait cordiaux lors des consultations. En fait, il y a
un groupe qui s'est présenté pour lequel l'intérêt était marqué, hein, tous les
dossiers jeunesse, on parle du regroupement des carrefours jeunesse. Donc,
l'intérêt était manifeste. Et, dans les faits, quoi dire, sinon que nous connaissons tous des jeunes
qui ont bénéficié à un moment ou à un autre de leur expérience de vie des
séjours proposés par les différents
organismes qui sont en cause à travers le projet de loi qui nous réunit cet
après-midi. Personnellement, je n'ai
pas eu ce plaisir ou ce privilège-là, mais je peux témoigner de l'impact
positif que ces expériences ont eu sur des centaines, sinon des milliers
de jeunes au fil des ans. Donc, que nous ayons la possibilité d'assurer une meilleure cohérence des
activités des organismes, que nous ayons la possibilité de regrouper un certain
nombre de leurs activités ou de leurs instances elles-mêmes, je pense
que c'est difficile de s'y opposer.
On est encore
à une étape préliminaire, soit bien avant l'adoption du projet de loi lui-même,
mais je suis convaincu qu'à travers
l'étude
article par
article qui nous attend au cours des prochaines heures, des
prochains jours, nous trouverons très
certainement et même aisément le consensus nécessaire pour pouvoir procéder
rapidement. Donc, je ne serais nullement surpris si dès les prochains
jours ce projet de loi devait être adopté.
Et ultimement
c'est la jeunesse québécoise qui en sera tout simplement gagnante, parce que,
oui, il faut permettre ces initiatives, qui sont, encore une fois, très
formatrices. Il faut s'assurer de leur pérennité aussi, et, à travers
le projet de loi
qui est à l'étude, à travers le projet
de loi qui nous réunit cet après-midi,
on trouve de belles solutions, je
pense bien, pour permettre
cette pérennité-là.
Donc, je n'en
dirai pas davantage à ce
moment-ci, mais je serai très intéressé à participer à l'étude
article par
article au cours des prochains jours. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci à vous, M. le député de Deux-Montagnes. Y a-t-il d'autres
intervenants sur le principe de ce projet de loi?
S'il n'y en a
pas, le principe du projet de loi n° 139, Loi regroupant l'Office
Québec/Wallonie-Bruxelles pour la jeunesse, l'Office Québec-Amériques
pour la jeunesse et l'Office Québec-Monde pour la jeunesse, est-il adopté?
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Adopté. Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme Vien :
Oui, M. le Président. Alors, conformément à l'article 243 de notre
règlement, je fais motion afin que ce projet de loi soit déféré à la
commission compétente, soit celle des institutions, pour étude détaillée, s'il
vous plaît.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Très bien. Alors, cette motion est-elle adoptée?
Vice-Président (M. Ouimet) : Adopté. Pour la suite des
choses, Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme Vien :
Alors, je crois savoir qu'il y a des débats de fin de séance, c'est ce que vous
avez mentionné un peu plus tôt, alors je vous demanderais de suspendre
jusqu'à 18 heures, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, les travaux
de l'Assemblée sont suspendus jusqu'à 18 heures.
(Suspension de la séance à 15 h 37)
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, tel
qu'annoncé précédemment, nous allons maintenant procéder aux deux débats
de fin de séance.
Le premier débat, qui se fera entre Mme la députée de
Taschereau et Mme la ministre de la Justice, concerne les déclarations contradictoires de la ministre lors
de l'étude détaillée du projet de loi n° 62, Loi favorisant le respect de
la neutralité religieuse de l'État et
visant notamment à encadrer les demandes d'accommodements pour un motif
religieux dans certains organismes.
Je vous rappelle que, conformément à l'article 310
du règlement, la députée
qui a soulevé le débat et la ministre qui
lui répond ont chacune un temps de parole de cinq minutes, et la députée a
ensuite droit à une réplique de deux minutes. Alors, Mme la députée de
Taschereau, je vous cède la parole pour une durée de cinq minutes.
Maltais :
Merci, Mme la Présidente. Je pense que je veux reprendre là où étaient nos
débats en commission parlementaire
pour qu'on essaie un peu de se démêler, là, parce que j'ai été un peu ahurie ce
matin en entendant le point de presse de la ministre, puis je veux qu'on
s'explique.
D'abord, d'où vient cette impression que j'ai eue de...
je vais vous le dire, impression de me sentir flouée? C'est que, pendant la commission parlementaire, nous
avons eu des échanges sur, justement, les services à visage découvert. Il y a eu
un échange sur l'interaction quand on a parlé du début du projet de loi. Ça, il
y a eu un échange là-dessus à l'article 1. Mais, quand on est arrivés à l'article 9,
sur le visage découvert, jamais il n'a été question de l'interaction. Ce qui a été question, ça a été... j'ai posé la
question... Je vais donner un exemple. Donc, on a eu, par exemple, des casseurs qui sont
embarqués dans des autobus. C'est pendant tout le trajet d'autobus que le
visage doit être découvert. Et, pour la personne qui donne, bon, c'est sûr, donne le service, les chauffeurs
d'autobus, ils ont une règle vestimentaire, mais pour les gens qui sont dans l'autobus, c'est pendant
toute la durée du trajet? Et la ministre a répondu : C'est ça. J'ai répété :
C'est vraiment ce que nous indiquent
les juristes, lors de la prestation du service? C'est ça, pendant tout le
trajet d'autobus que le visage doit être découvert, c'est ça. C'est ce
que j'ai entendu.
Mais il y a aussi des déclarations en public
devant les médias. Un peu après, le 18 octobre, ou un peu avant... c'est le 18 octobre, ceci, au 18 heures ,
qui est animé par Patrice Roy à Radio-Canada.
Je vais la citer tel quel, c'est actuellement
partout, on peut le voir. Radio-Canada, au 18 heures , le
18 octobre, elle dit : «Pour prendre un transport en commun, il faut avoir le visage découvert tout le
long du trajet, ça a été très clair en commission parlementaire.» C'est cette phrase-là, moi... Elle a dit elle-même, la
ministre : «Ça a été très clair en commission parlementaire.» Bon. Si on
part de là, vous comprendrez que je
m'attends à des explications ou à des excuses parce qu'elle-même le dit, que
c'était clair en commission parlementaire. Ceci, j'espère que ce sera
fait.
Maintenant,
est-ce qu'on peut savoir qu'est-ce qu'elle a dit ce
matin? Quelle est la différence? Moi, je pense, entre autres... Je lis le point de presse :
«...cette interaction qui est la vérification