Transportation and the Environment — 22 August 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CTE 2017-08-22
Quebec — Committees
Donc, sinon, l'amendement que je vous propose à
l'article 51 se lit comme suit, M. le Président. Donc :
Ajouter,
après le deuxième alinéa de l'article 82, introduit par l'article 51 du présent
projet de loi, l'alinéa suivant :
«Les sommes
visées aux paragraphes 3°, 4°, 6°, 7° et 10° du premier alinéa de l'article 79
peuvent servir à financer une entente
conclue en application de l'article 37 de la Loi concernant le Réseau
électrique métropolitain (indiquer ici l'année
et le numéro de
chapitre de cette loi), à la condition que les sommes soient
octroyées à la suite d'un processus d'appel d'offres public, lequel doit
prévoir, pour toute acquisition de matériel roulant, un seuil minimal de
25 % de contenu canadien.»
Et, M. le Président, nous avions commencé
effectivement le débat, et ce que nous avons eu l'occasion de dire à chacune des fois, c'est un libellé qui est
proposé, oui, mais j'aimerais qu'on s'entende d'abord sur un principe,
quitte à ce que les termes soient modifiés
par une
partie ou pour l'autre, c'est d'abord le principe sur lequel on doit
s'entendre. Et ce que j'ai eu l'occasion de dire à plusieurs reprises au cours
de ces quelques heures de travaux que nous avons eues ensemble, et également que le chef de la Coalition avenir Québec a eu
l'occasion de répéter depuis des mois, c'est que c'est un projet majeur,
des investissements considérables, qui aura certainement une portée au niveau
du transport en commun positive, mais, en même temps, on a une belle occasion
de favoriser le développement économique.
Et actuellement, lorsque l'on lit le projet de
loi tel qu'il est libellé, lorsque l'on entend le ministre ou le gouvernement se prononcer sur la question, ça ne
semble pas acquis qu'il y ait un minimum de contenu canadien, et ce serait un non-sens, M. le Président, lorsque l'on
sait que l'Ontario, que l'État de New York, qu'il y a eu une entente qui
a été signée avec l'Europe il y a quelques
mois à peine, entente qui laissait place à du contenu local aussi. Donc, on
serait franchement un petit peu le dindon de
la farce, au Québec, si on était prêts à investir autant de deniers publics
dans un projet majeur, on en convient tous, mais sans d'aucune façon se
soucier du contenu canadien de ce projet-là.
Donc, encore
une fois, au ministre l'invitation est lancée. Entendons-nous sur le principe,
quitte à modifier des mots par la
suite. Moi, ce n'est pas tant le libellé auquel je tiens, mais bien le
principe. C'est certain qu'avant le départ, en juin dernier, j'aurais aimé que ce principe-là soit
réitéré de façon forte parce qu'on le sait il y a des appels d'offres qui ont
déjà été lancés, cela aurait été l'occasion
d'émettre une préoccupation gouvernementale. Cette préoccupation n'est pas
venue de la part du ministre
à ce jour. Aujourd'hui, souhaitons-le, ce sera le cas pour que l'on puisse
enfin s'assurer de retombées également économiques importantes à travers
ce projet majeur.
Donc,
j'introduirai l'amendement de cette façon-ci, mais très ouvert à échanger avec
le ministre pour s'entendre sur ce principe incontournable, selon nous.
Le Président (M. Iracà) : Merci
beaucoup, M. le député de Deux-Montagnes. Sur cet amendement déposé à l'article
51, questions, commentaires, interventions? M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Merci, M. le Président. Je vous salue, M. le ministre, l'équipe du ministre, la
députée de la
partie gouvernementale, mon collègue de Deux-Montagnes, ma
collègue aussi de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Honnêtement,
ce que j'aurais apprécié... Puis je ne sais pas à quel point on peut respecter
mes souhaits, là, mais j'apprécie que
le collègue ait déposé son amendement. Mais j'aurais aimé ça — puis vous avez le droit de refuser,
monsieur, je ne vous en tiendrai pas
rigueur, là — juste
une minute ou deux, là, l'article 51, faire un topo parce que ça fait
longtemps puis juste voir de quelle façon
l'amendement du collègue de Deux-Montagnes peut s'imbriquer intelligemment dans
cet article-là. Vous avez le droit de me
dire : Bien, écoute, regarde, on l'a déjà de fait, ainsi de suite, mais il
me semble que ça me rafraîchirait la
mémoire, puis ça nous permettrait aussi de voir toute la portée, de sentir la
portée de l'amendement offert par les gens de la CAQ.
Président (M. Iracà) : Alors, une question de procédure. On peut le
faire sans problème. Il faut suspendre l'amendement,
sinon on va être obligés de le prendre sur le temps de l'amendement. Alors, si
on suspend l'amendement et on refait
un topo à l'article 51 pour revenir par la suite à l'amendement,
ça peut se faire. J'ai besoin du consentement. M. le ministre.
Lessard : Ce qu'on
pourrait faire, peut-être dans les commentaires. Parce que, comme on a déposé l'amendement, on peut discuter de l'amendement,
puis, dans mes discussions d'amendement, ça me permettra, quand j'aurai à intervenir, peut-être
de ramener un peu dans quel cadre on était. Ça fait que c'est peut-être
comme ça qu'on le fera. Ça fait que ça évitera peut-être de le suspendre
puis de s'enfarger dans une procédure plus que d'autre chose.
Le Président (M. Iracà) : Parfait. M.
le ministre.
Lessard : Oui, bon, je regarde l'élément qui est déposé,
donc, par la CAQ. On se souvient, lorsqu'on
discutait de cet article-là,
nécessairement, donc, c'était pour exiger qu'il y ait du contenu canadien dans l'appel d'offres qui a été lancé par la Caisse de dépôt. On le sait,
quand la
Loi sur l'Autorité régionale de transport a été déposée, on dit...
puis on disait : Bien, O.K.,
l'autorité est constituée d'un conseil
d'administration, il y a des gens qui
sont nommés autant par la CMM que par le gouvernement, et donc ils vont
planifier, etc., ils vont accepter les propositions, en tout cas, les recommandations faites par l'autorité sur son niveau de planification et d'intégration
de l'ensemble du réseau, là. On se souvient,
il y a autant ceux qui exécutent, à tous les jours, la prestation, soit la Société
de transport de Laval, de Montréal, de Longueuil et le RTM, le Réseau de
transport métropolitain, qui lui... les trains de banlieue, etc., puis la
coordination des autobus, etc. Donc, on
dit : Bon, il y aura une
nouvelle desserte à l'échelle métropolitaine, incluant Saint-Jérôme puis
la MRC, je pense... C'est-u du Roussillon? MRC. Donc, ce n'était pas
l'intégration parfaite.
Une voix : Saint-Jérôme.
Lessard :
Saint-Jérôme. Alors donc, à ce moment-là, quand cette loi-là a été adoptée, ils
avaient prévu comment on le finance.
Et là l'article 79 de la
loi sur le financement disait : Bien, c'est les
recettes perçues, on vend des titres de transport, alors on vend aussi toutes sortes d'autres rémunérations des
services qu'elle offre. Il y avait aussi la contribution des automobilistes, les montants versés par... sur
la taxe des carburants, les permis de conduire, l'immatriculation. Il y
avait aussi les contributions
gouvernementales et, bon, toute autre contribution exigée en vertu d'un autre
article, là. En général, ça
définissait l'assiette pour laquelle ils allaient, dont les contributions pour
les municipalités. Puis on a un service, ça comprend différentes facettes. Bâtissez une première tarification. Puis,
dans ce cadre-là, il y avait eu des appels d'offres, on se souvient, là, pour des wagons et dans lesquels,
on se souvient, il y a eu un premier appel d'offres. Bombardier y avait répondu, il s'était qualifié. Finalement, ça a été
jugé non recevable parce qu'il manquait des éléments, donc ça avait été rejeté, et donc le contenu avait été baissé de
25 % à 15 %. Et, au dernier appel d'offres, là, ce n'était pas eux
qui avaient gagné l'appel d'offres. Ça a donc ramené à l'Assemblée
nationale l'importance du contenu canadien.
Donc, dans ce
temps-là, il n'y avait pas seulement la
Loi sur l'Autorité régionale de
transport métropolitain, mais il y a eu aussi la loi qui modifiait la
Loi sur la Caisse de dépôt pour autoriser la Caisse de dépôt à créer la Caisse
de dépôt... le volet infrastructure, à non
seulement investir dedans, mais à opérer et à développer, donc, un système,
donc, de transport électrique autonome.
Alors donc, ça, c'est à la suite. Donc, quand tu es arrivé pour le financer, la
ministre des Finances a déposé un
cadre, là, on se souvient de notre petit tableau qu'on a repris souvent et
maintes fois, à se l'expliquer puis à voir les compréhensions là-dedans.
Puis, quand
tu arrives maintenant pour le fonctionnement, ils ont lancé un appel de
qualification. Il y a des sociétés qui
ont répondu à la préqualification pour se rendre, après ça, à la fin, à faire
une proposition finale, et, quand est arrivée la proposition finale, on savait qu'il avait lancé l'appel d'offres sans
exiger de contenu canadien, donc, parce qu'il favorisait une plus grande compétition, une compétition
internationale. Il favorisait aussi un rendement. C'est toujours la
discussion qu'on a eue ici entre la nouvelle offre de
service à Montréal, sur la Communauté métropolitaine, et le rendement aux usagers qui a fait... On en a beaucoup parlé dans
les 51 articles. Et, quand on a quitté en juin, bien, la majeure était
sur le fait que, bon, bien, si vous ne
l'avez pas fait quand vous avez créé la
loi sur la Caisse de dépôt Infra, si
vous ne l'avez pas fait quand on a créé l'Autorité régionale de
transport métropolitain, bien là, dans la loi qui met en oeuvre le réseau
électrique de Montréal, donc le REM, bien là, on arrive à des articles qui
traitent de comment l'autorité perçoit les montants
et va les redonner, là, dans l'intégration. Elle, elle a parlé avec le REM.
Donc, le REM, c'est la Caisse de dépôt, là, on a vu que c'est une société en commandite, comment elle a organisé la
façon dont elle va isoler l'actif et l'exploiter. Et là on voudrait, par cet article-là, avec le dépôt de
l'amendement, donner le mandat à l'autorité. Donc, le gouvernement a
conclu une entente qu'il n'avait pas exigée avec la Caisse de dépôt à ce
moment-là parce qu'on constituait la loi qui autorisait
la Caisse de dépôt à lancer les activités du REM pour son indépendance, etc.,
donc qu'elle soit autonome dans la façon dont elle va le gérer.
Maintenant,
quand on arrive à cet article-là aujourd'hui, bien là l'opposition dit :
Bien là, je voudrais les forcer, je
voudrais les forcer à avoir un contenu canadien par un autre moyen, donc
l'article qu'on voit aujourd'hui, non seulement pour tout ce qu'elle va percevoir, mais pour ce qu'elle perçoit déjà.
Parce que vous faites référence aux contributions, aux immatriculations,
en taxes et carburants. Ça, c'est des vestiges du passé. C'est avec ça que la
ville de Montréal, la... comment qu'elle
s'appelle, l'AMT, excusez-moi, donc, allait se financer. Bon, on a une longue
liste de tout ce qui servait à financer
les anciens services. Et là on dit : Bien, prenez ça, puis je t'exige.
Avant, le gouvernement exigeait et exige toujours un contenu pour le matériel roulant, hein, que ce
soient les autobus, principalement, entre 10 % et 25 %. Donc, vous
dites, là, à l'autorité puis au conseil
d'administration : Je vais mettre dans ta loi l'obligation de prendre
toutes ces autres sommes là, on n'a
pas discuté des autres sommes, mais je vais te donner l'obligation de dire à la
Caisse de dépôt, à la place du gouvernement,
d'exiger un contenu canadien lorsque tu feras le REM, donc faire indirectement
ce que le gouvernement n'a pas voulu faire directement pour des règles
d'indépendance, etc.
Dans le débat
qu'on a eu, à savoir, bon, quand on regardait le montage financier — puis c'étaient les arguments avancés par, je pense, tous les gens qui ont eu
à... que ce soit l'opposition officielle, la deuxième opposition ou les
tiers partis — donc, ça a été de dire : Bien, écoutez,
dans le montage financier, le gouvernement met beaucoup d'argent, amène sa contribution, ils prennent part à une
participation, ce n'est pas des prêts puis ce n'est pas des subventions, puis
on a eu tout le débat sur cet aspect-là, mais dire : Vous devriez
exiger.
Ça fait que, là, c'est là... je pense que ça
fait le tour de la question sur pourquoi on est rendus là, pourquoi cet article-là qui visait moins ce qu'on est en train
de discuter aujourd'hui. Mais l'occasion était là pour l'opposition de
dire : Moi, je vais déposer un
amendement puis je veux forcer la Caisse de dépôt, qui lui non seulement est
propriétaire de ces actifs... Donc,
si je peux exprimer ainsi, vous voulez faire faire à l'ARTM ce que le
gouvernement n'a pas fait, en partant, sur
le REM en lui laissant son indépendance complète sur le fait de gouverner ses
affaires et d'obtenir son rendement et sa capacité de réaliser le REM.
Donc, c'est pour ça qu'on est dans une étape où
est-ce qu'on aura à voter sur cet article-là, mais ça permet d'expliquer, oui, sur les conventions
internationales, il n'y a pas de limitation. Le gouvernement, quand il gère ses
affaires, il peut exiger un contenu canadien, il peut exiger de l'assemblage. Puis
on n'a pas restreint ce droit-là dans les accords qu'on a signés autant avec l'Europe qu'avec les États-Unis. Toutefois,
la particularité, ce n'est pas le gouvernement qui est propriétaire et exploite. Donc, c'est là que, sur
l'indépendance de la Caisse de dépôt, on a dit : On laisse toute la
marge de manoeuvre. Ça nous amène donc à une
prise de décision sur la façon dont vous abordez la question dans cet article-là.
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le ministre. M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Si je comprends les propos du ministre, à l'époque, le Parti québécois, je
pense que c'est en 2015, quand il y
avait eu le projet de loi qui créait Infra Québec, Infra... en tout cas, on se
comprend, là, le Parti québécois avait vertement demandé justement qu'il
y ait un contenu minimal à l'intérieur de ce projet de loi là qui obligeait la
Caisse de dépôt à suivre les recommandations
faites par le gouvernement. Ce que je comprends de vos propos, c'est qu'il
eût été avisé à ce moment-là de mettre un
contenu québécois ou canadien et non pas à ce moment-ci parce que ça ne
correspond pas à la façon de procéder dans l'achat, qu'on va dire, là, les
marchés publics, là, ça ne correspondrait pas à cette logique-là qu'on voit, là, historiquement.
C'est ce que je comprends. C'est qu'on est dans le mauvais projet de loi pour proposer... C'est ce que je comprends de vos propos. Est-ce que
j'ai raison de... Est-ce que ma synthèse est correcte de vos propos?
Lessard : Je
pense que... Puis on a fouillé un petit peu dans les galées pour voir ce qui avait été dit, comment la question
avait été adressée, dans le temps, puis, de votre côté, je pense que c'était
l'ancien ministre des Finances qui a ouvert la...
Therrien : Le député
de Rousseau. Nous deux.
Lessard : Oui, c'est
ça, vous étiez là, effectivement, oui. Vous êtes là depuis le début. Vous êtes le plus vieux parlementaire de toutes ces lois. Oui, la question avait été abordée puis, honnêtement, en fouillant dans l'ensemble
de tout ce qui a pu se dire ou s'écrire, nécessairement,
toute la notion tourne alentour de l'indépendance de la caisse, bon, à savoir : Pourquoi
on fait tout ça? Pourquoi on a créé la Caisse de dépôt Infra? En fait, c'est pour être capable de sortir du
périmètre comptable, pour dire que... Pour
réaliser cette infrastructure-là sans que ça soit dans le périmètre du
gouvernement, sachant qu'il n'y met
pas toutes les sommes lui-même — on le sait, là, dans le montage financier,
la Caisse de dépôt investit, le gouvernement
fédéral en fait autant que le gouvernement du Québec, et autres
contributions — donc, on
dit : Vous allez non seulement le financer globalement pour un montant de 6 milliards
avec un certain tracé puis une offre de service, mais, quand vous allez faire les opérations, vous allez
prendre le risque d'opération, ce que le gouvernement ne veut pas faire en disant : Moi, je suis un actionnaire, je
vais obtenir un rendement. Puis là on questionnait l'aspect du rendement
sur un horizon — bon,
on sait que le montage est sur 100 ans — sur un horizon de
40 ans, un rendement de l'équivalent du coût
de ses fonds qui était à 3,7 %, donc, après une série d'événements, dont
la caisse qui doit se rembourser, qui obtient son propre rendement aux
usagers de 8 %, puis, par la suite, l'excédent va aux contributions des
gouvernements, puis l'excédent va après ça
dans un certain partage de détention dans le montage. Alors donc, on a beaucoup
tourné avec ça.
Donc, quand il avait adressé la question, non seulement
je ne me souviens pas s'il avait voté, mais, même si ça avait été fortement documenté, ils ont passé à l'étape du respect de
l'indépendance de la caisse. En revenant, puis même la CAQ aussi l'avait soulevé, je ne pense pas...
même s'ils ont déposé un amendement, je pense qu'il n'y a jamais eu de vote là-dessus. Donc, c'était la première. Donc,
on disait : Est-ce qu'on est dans le bon projet de loi? On y fait
référence parce qu'on... on l'a dit, quand
ils ont créé la Caisse de dépôt Infra, ils n'ont pas tout réglé la question
dans l'opération. Le montage
financier, ça allait venir. On lui donnait la possibilité de faire, et détenir,
et opérer, ce qui était une nouveauté.
Donc, il faut
quasiment lire les deux projets de loi. Il faut lire le projet de loi qu'on est
en train de faire, qui lui donne le corps de ce que c'est, le REM, en
concluant une entente avec le gouvernement, donc, qui, en vertu des
articles 88.10, donc, lui donne la possibilité de conclure une entente
d'un nouveau service qui se rajoute par-dessus les services existants à l'échelle... Puis là il y a un arrimage à faire
parce que ça n'existait pas, ce scénario-là de faire un réseau tel que présenté. Et là on voudrait, par la
loi qui est habilitante, venir modifier quelque chose qu'on n'a pas
réglé dans la loi n° 35... 38, excusez.
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le ministre. M. le député de Deux-Montagnes.
Charette : J'apprécie les commentaires du ministre, mais peut-être le
questionner sur deux éléments qu'il a mentionnés.
Il a mentionné à deux ou trois reprises que la Caisse de dépôt est la
propriétaire ou sera la propriétaire du REM et qu'on ne souhaiterait pas, comme gouvernement, s'ingérer. Est-ce
que c'est réellement la prémisse avec laquelle on travaille? Je comprends que la Caisse de dépôt est l'actionnaire
majoritaire ultimement de ce projet-là, mais je ne la considère pas comme seul propriétaire, comme il
l'entend, où il semble dire, à travers ses propos, compte tenu des parts
importantes que le gouvernement y investit.
Première
question au ministre et ultimement revenir un petit peu sur la séquence à
travers le projet de loi n° 38, justement.
Il mentionne : le gouvernement n'a pas voulu le faire directement,
c'est-à-dire demander ou exiger un contenu local ou canadien. Donc,
c'est, dès le départ, la volonté du gouvernement de ne pas contraindre la
Caisse de dépôt de favoriser un contenu
canadien. Si oui, pourquoi le dire ce
matin et ne pas l'avoir dit en juin lorsque nous avons débattu de la question?
Parce que,
dans les faits, nous, à travers les amendements, et je vais être très, très
franc, M. le Président, nous, notre
but n'est pas, mais d'aucune façon, de retarder les travaux. Nous, cet amendement-là,
on le trouvait adéquat pour l'article 51, parce qu'on parlait du financement
ou des sources de financement ultimement de l'ARTM, mais, par la suite, il y
aura d'autres emplacements possibles pour vous signifier ce type de
préoccupation là. Mais, si nous savons d'entrée
de jeu que la porte est fermée à la question
du contenu canadien, on ne fera pas du filibust ou on ne prendra pas de temps indûment, là. Nous, on veut avancer dans
l'étude du projet de loi, mais, en
même temps, on veut savoir
quelle est notre marge de manoeuvre à ce niveau-là. Si la question, elle est
réglée pour le gouvernement, on va le déplorer très certainement, mais on ne
redéposera pas une multitude d'amendements pour tenter d'inverser une décision qui
semble déjà prise, là, de la part du gouvernement et, selon les propos que je viens tout juste
d'entendre, qui a sans doute été prise dès le dépôt du projet de loi n° 38.
Le Président (M. Iracà) : D'accord. Merci,
M. le député de Deux-Montagnes. M. le ministre.
Lessard : Oui,
bien, je veux rien que rassurer, là, tout le monde qui nous écoute, puis tout
le monde ici, à l'Assemblée. Là, on est rendus, quand même, à l'article, c'est quoi, 51
d'un projet de loi qui en contient à peu près 80, donc on a quand même
progressé, puis les questions sont pertinentes, là, sur le contenu, et ça
rappelle aussi 38.
Mais moi, je
n'ai pas participé à 38, mais, dans 38, les débats ont eu lieu là-dessus. Et,
principalement, ce que ça disait, le
projet de loi n° 38 qui constituait la Caisse de dépôt Infra, c'est
nécessairement de signer une entente-cadre avec le gouvernement dans laquelle on respecte son
autonomie. C'est vrai que ça a été discuté par mon collègue de
l'opposition officielle à ce moment-là, mais
donc personne n'a voté sur un amendement contraire. Ce qui fait que la Caisse
de dépôt a signé l'entente-cadre. Sur
le site de la caisse, on peut trouver l'entente entre le gouvernement du Québec
puis la caisse. Et là, on dit :
«...[l']entente définit le cadre général et les principes qui encadrent le
modèle d'affaires entre le gouvernement [...] et la caisse [...] pour la réalisation, la gestion et le
financement de projets majeurs d'infrastructures publiques, le tout sous réserve de l'adoption par l'Assemblée
nationale des modifications législatives afin de permettre [la] mise en
oeuvre.»
Donc, on est là-dedans. Alors, ça visait à
déterminer les rôles puis les responsabilités du gouvernement, de la caisse, la structure de gouvernance, le processus
de réalisation des différentes étapes — je peux toujours le déposer, ce document-là — de la démarche ainsi que des modes de
financement. À cet effet, le gouvernement s'engage à déposer, dans les meilleurs délais, les modifications
législatives, ce qu'on est en train de faire. On dit : C'est une entente
qui est de nature commerciale, ce qui
explique qu'elle veut avoir, donc, toute son indépendance. Elle respecte
l'indépendance de la caisse et vise
les principaux objectifs suivants : une réalisation performante qui
procure aussi à la caisse des rendements commerciaux. Puis, là-dedans, on voit tout le processus en
annexe 4
du Cadre et procédure d'appels d'offres. On dit : La caisse sélectionne les
contractants, gère son processus contractuel dans un objectif d'efficacité,
etc. Et là on dit : Pour les contrats
de grande envergure, elle procédera par appels d'offres publics ouverts au
marché international. On entend, par grande envergure, des contrats avec
le montage financier.
Et donc, dans
ce processus-là, elle dépeint très clairement ce qu'elle recherchait, son
indépendance, en lançant son appel
d'offres international. Donc, il y a eu des préqualifications. Et les gens qui
ont répondu à cet appel d'offres là pour
la préqualification l'ont fait dans l'objectif clair, dans les règles de
transparence, qu'ils n'avaient pas à fournir un contenu canadien. Donc,
il y a plusieurs entreprises québécoises ou canadiennes qui se sont qualifiées
autant sur le matériel roulant que sur
l'exécution du contrat comme tel sur les infrastructures. Et, actuellement, la
caisse est en train d'analyser qui gagnera.
Ce qui fait
qu'on a entendu dire : Bien oui, change-le à la dernière minute puis, de
toute façon, ça va respecter les règles.
Non. Il y aurait des pénalités et des sanctions nécessairement par tout le
monde qui n'ont pas appliqué, sachant qu'ils
pouvaient fournir les obligations qui étaient contenues dans l'appel d'offres.
Et, dans les prochaines semaines, on devrait
connaître le gagnant. C'est pour ça que, quand on s'est laissés, on s'est
laissés sur une drôle de situation, en disant :
Quand on va revenir, si on revient en
septembre, bien, quand on va avoir à débattre la question de l'article 51,
nécessairement, la chose va être sans
objet puisque le contrat aura été attribué. Donc, on a accepté de siéger en
août, en fin d'août, ce qui fait
qu'actuellement ils sont dans le processus d'attribution du contrat et non plus
à se reposer la question si on va introduire un amendement. Même, il est trop tard dans le processus pour
apporter un amendement, ils sont dans l'analyse finale de qui
est conforme à l'appel d'offres.
Donc, on peut
faire beaucoup d'heures ici là-dessus, mais, si on le faisait, on porterait outrage
nécessairement à un contrat qui est en train
d'être attribué et on serait probablement susceptibles, nous-mêmes, d'être
poursuivis. On se souvient que, dans
l'entente entre le gouvernement puis la caisse, que, si ça ne devait pas se
réaliser ou se réaliser avec des conditions différentes, c'est le
gouvernement, donc, c'est-à-dire nos impôts, nos taxes, qui paierait les
pénalités, les sanctions, etc.
Donc, je peux
peut-être le déposer, peut-être, si on a une copie sur cette entente-là qui
apparaît sur le site de la caisse.
Mais, pour ces raisons-là, donc, on ne sera pas tentés de dire oui à une
modification législative dans le sens qui est déposé par mon collègue de
Deux-Montagnes, donc parce qu'on arrive à la fin du processus, non pas au
début, là.
Président (M. Iracà) : Bon, bien, merci, M. le ministre. Pour le dépôt
de documents, simplement le laisser à M.
le secrétaire, on va s'occuper de la distribution. Le député de Sanguinet
m'indique qu'il y a un sous-amendement à déposer à l'amendement. Alors, avant d'aller plus loin avec
l'amendement, on va entendre le député de Sanguinet sur le
sous-amendement et revenir à l'amendement. Alors, M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Merci, M. le Président. Je me rappelle très bien... Pour certaines choses, j'ai
une bonne mémoire. Quand on avait
parlé du projet de loi n° 38, j'étais intervenu longuement auprès du
ministre en saluant Jacques Parizeau, qui était décédé quelques jours auparavant, en disant que c'était un grand
homme, un grand visionnaire et que, s'il avait été ministre des Finances, il aurait sûrement opté
pour ce genre de règles sur le produit d'origine. J'avais essayé de
l'avoir par les émotions, j'avais fait un
grand laïus et il était vraiment resté de marbre, je me rappelle. C'est
correct, là. Je ne veux pas dire
qu'il n'est pas correct ou qu'il n'a pas de sentiments, ce n'est pas ça. Mais
c'est peut-être moi qui est un mauvais communicateur,
je n'avais pas réussi à faire vibrer ses fibres nationalistes. Alors donc, ça
n'avait pas fonctionné mon affaire, je me rappelle très bien.
Par contre,
et je comprends le voeu que je partage du député de Deux-Montagnes... Je
comprends aussi les propos que vous
utilisez, M. le ministre. Mais, entre le moment où on a travaillé sur le projet
de loi n° 38 et aujourd'hui, il y a quelque chose qui s'est passé, et ça s'appelle l'entente Canada-Europe.
Et, dans l'entente Canada-Europe, il est permis clairement, avec des
mots appropriés, de vivre et de faire ce genre de changement, en tout cas,
d'arriver avec cette possibilité-là. Moi,
j'aimerais qu'on dépose... parce que vous dites que ce n'est pas le moment,
mais je vous dis qu'il y a quelque
chose qui s'est passé entre les deux qui fait en sorte qu'en utilisant ce qui
est mentionné dans l'accord Canada-Europe,
bien, on pourrait faire un sous-amendement de ce qui est proposé par le député
de Deux-Montagnes. Je vais le lire, puis ensuite vous ferez une
photocopie :
Modifier
l'amendement proposé à l'article 51 par l'insertion, après les mots
«matériel roulant», des mots «de même que
pour l'assemblage local» — donc, je respecte ça, je respecte la visée de l'entente — et par le remplacement des mots «un
seuil minimal de» par «jusqu'à».
Et, à ce
moment-là, ça va respecter vraiment l'esprit, les mots seront justes et, à ce
moment-là, on pourrait être justifiés
de corriger une volonté d'un projet de loi qu'on avait travaillé et qui n'avait
pas à respecter l'esprit de ce qui n'avait pas été encore signé par le Québec et entériné par l'Assemblée
nationale. Et donc on moderniserait, d'une certaine façon, ce qui est
proposé par le député de Deux-Montagnes et ce qui a été réfléchi lors du projet
de loi n° 38.
Ça veut dire
que j'offre, dans le fond, M. le Président, la possibilité, et là je vous
le dis bien humblement, bien, bien humblement,
je veux dire, en toute amitié... Je respecte beaucoup, beaucoup le ministre des
Transports, et je trouve qu'il fait un bon travail au sein de cette
commission. Je lui ai déjà dit en privé, je le dis en public. Mais je pense que
ce serait peut-être le moment... et là je vous le dis, là, je ne veux pas
froisser personne, mais je pense que ce serait peut-être le moment de corriger ce que je considère, moi, puis
je ne suis pas le bon Dieu, là, mais je considère que ça a été une
erreur.
Alors, voilà,
c'est pour ça que je verrais, dans ce sous-amendement-là, une correction de
l'erreur qui a été faite dans le
projet de loi n° 38 et qui a été mentionnée à plusieurs reprises. Et même
je pense qu'à un moment donné, dans les propos du ministre, on voyait une certaine
ouverture pour parler de contenu local. Je pense que vous en aviez
parlé. Alors donc, voilà, c'est motivé par l'actualité politique et économique
qu'on a connue depuis deux ans.
Président (M. Iracà) : Merci beaucoup, M. le député de Sanguinet.
Alors, sur le sous-amendement déposé par le député, le sous-amendement a déjà été distribué, vous avez tous une copie du sous-amendement tel que lu et expliqué par M.
le député de Sanguinet.
Alors, sur les explications, le dépôt du sous-amendement, est-ce qu'il y a
des commentaires, questions, informations? M. le député de Deux-Montagnes.
Charette : Un questionnement
à mon collègue de Sanguinet. Justement, on est bien, bien ouverts à discuter de cet amendement-là et peut-être même ultimement de l'appuyer, mais je me
questionnais sur le «seuil minimal» versus «jusqu'à». Parce que, si on regarde des ententes qui ont été conclues
par le passé, que ce soit même auprès de l'AMT, que ce soit au
niveau du ministère des Transports de l'Ontario, on exigeait un pourcentage. Là, si on
mentionne «jusqu'à», ça pourrait aussi être 0 %. Ça pourrait être
de 0 % jusqu'à 20 %.
Donc, le
minimum pourrait être très, très minimum, justement, là, dans les
circonstances, puis je regarde une série d'exemples, là, de ce qui s'est fait ailleurs et, dans certains cas,
dans un passé très, très récent, on ne parle pas de minimum,
c'est-à-dire «jusqu'à», mais c'est un pourcentage. Ce pourcentage-là peut être,
naturellement, plus grand, c'est bien certain,
mais, si on dit «jusqu'à», ma crainte serait que le «jusqu'à» soit zéro,
ultimement. Alors, c'est peut-être là où je devrais... où j'apprécierais
être rassuré, là, sur le libellé proposé.
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le député de Deux-Montagnes. M. le député de Sanguinet.
Therrien : Bien,
écoutez, je dois vous avouer que vos propos sont très sensés. Il se peut que le
«jusqu'à» soit zéro. Par contre, cette expression qu'on utilise dans ce
sous-amendement-là respecte ce qui est écrit et signé dans l'accord qui a été
conclu avec l'Europe et donc on utilise exactement les mêmes propos.
Ceci étant
dit, est-ce que c'est contraignant comme on le voudrait et comme vous le
voudriez? Moi, je vous dis que non.
Je vous dis que non. Est-ce que le député de Sanguinet préfère 25 % de
contenu local? Oui. Oui, mais on a une fermeture
évidente et on ne pourra pas nous taxer d'avoir essayé, tout essayé pour qu'on
puisse, justement, faire prendre conscience au gouvernement que le
contenu local est quelque chose d'important. Et, en plus d'être important,
c'est quelque chose qui est accepté par la communauté internationale. On n'est
pas des protectionnistes, on n'est pas des réactionnaires,
on n'est pas des gens qui vont à l'encontre de ce qui se passe à travers le
monde, on fait quelque chose qui est accepté par même des ententes
commerciales signées entre nous et nos partenaires commerciaux.
Ceci étant
dit, je vous le dis, là, M. le député, avec... vous avez été juste dans vos propos.
Mais, malheureusement, on a constaté,
vous et moi, que le gouvernement n'était pas prêt à aller dans ce sens-là, mais
moi, je pense qu'il resterait cette possibilité, cette ouverture qu'on pourrait imposer dans ce projet de loi là, qui ferait en sorte qu'on pourrait s'attendre et qu'on
pourrait, à quelque part, espérer un geste qui irait dans le sens voulu.
Le Président (M. Iracà) : Merci
beaucoup, M. le député de Sanguinet. Sur le sous-amendement, questions, commentaires,
interventions? M. le ministre.
Lessard : Oui, je
comprends-tu, juste pour ma... Donc, question de procédure, on va avoir à
régler le sous-amendement, puis, après ça, l'amendement, puis, après ça,
l'article. C'est... O.K., bon, parfait.
Donc, je comprends que l'accord va entrer en
vigueur puis on va en connaître les modalités bientôt et ça a été annoncé, mais je tiens à rappeler aussi que les
deux premiers ministres, autant du Québec que du Canada,
ont réitéré, lors de l'accord avec la
procédure d'enclenchement, là, pour le mettre en force, qu'ils n'allaient pas
exiger de contenu canadien et que ça, ça manifestait ou ça rappelait
leur intention dès le début, au temps de la loi n° 38, là, qui mettait en
oeuvre la Caisse de dépôt Infra dans un grand projet d'envergure pour lequel
ils n'allaient pas exiger le contenu.
Maintenant,
l'accord, c'est vrai que l'accord permet d'exiger... il n'y a pas de
restriction à un contenu, ne serait-ce qu'on
ne peut pas avoir un contenu québécois, c'est un contenu canadien. Toutefois,
c'est les limites, parce que je me souviens
que le député de Deux-Montagnes avait déjà déposé un amendement un peu
semblable sur minimum 25 %... en fait,
c'est maximum 25 %, et ça comprend l'assemblage. On n'est pas comme aux
États-Unis, qui, eux, font le contenu plus l'assemblage, alors que
l'accord avec l'Europe est plutôt... qui inclut l'assemblage si on veut faire
de l'assemblage.
Donc, on n'a
pas de problème avec l'accord européen. C'est, si on devait aller dans ce
sens-là puis, si on l'avait fait dès
le début avec la Caisse de dépôt, on aurait... on a plus un problème avec la
Caisse de dépôt quand on regarde du
point de vue de son indépendance. Si ce n'était pas le lien de l'indépendance de la
caisse, le bas de laine des Québécois, dans lequel on lui permet de financer une infrastructure, de garder son conseil d'administration, de sortir du périmètre comptable... Donc, et la caisse aurait pu, dans l'accord européen, puis c'est
préservé, faire, donc, ce qui est convenu, maximum de 25 %, qui comprend l'assemblage, le contenu canadien,
etc. Mais, dans son entente, puis dans son libellé puis dans ses
attentes initiales, elle dit : Non,
non. Moi, je ne veux pas de contrainte. Je veux avoir un produit performant. Je comprends que les Canadiens puis que les Québécois
vont répondre à l'appel d'offres. Ils seront mis en concurrence. Il y aura de
la grande compétition. Puis, à la
fin, nécessairement, il y aura beaucoup de retombées
économiques. Mais non, je ne vais pas imposer, dans mon appel d'offres,
de limitation pour la concurrence.
Alors donc,
je reprends : l'accord européen n'est pas en contradiction avec ce qu'on
est en train de faire. La seule affaire, c'est que le gouvernement, en créant la Caisse de dépôt Infra, a dit, à la demande de la caisse pour son
indépendance, etc. : Ne me forcez pas à mettre du contenu, etc. Je
vais en avoir pour tous les intérêts que je viens de mentionner.
Donc, la loi a été adoptée comme ça.
Ils ont signé une entente-cadre avec le gouvernement. Ils ont lancé
l'appel d'offres de qualification. Il y a eu qualification. Il y a eu des
propositions finales. Actuellement, on se parle, on est au 22 août. Ils sont
plutôt à donner le contrat et toute modification à l'Assemblée nationale à ce
contrat créerait un litige commercial et des poursuites pour quiconque qui
changerait les règles alors qu'on est dans l'attribution des contrats.
Le Président (M.
Iracà) : Merci, monsieur...
Lessard :
C'est pour ça que je ne vais pas recommander ni le libellé qui n'est pas
conforme aux ententes internationales du sous-amendement, ni recommander celui-là, ni, puis on l'a indiqué,
là... On n'allait pas voter pour, non plus, l'amendement, même si on
acceptait de faire le débat parce que le débat était nécessaire.
Président (M. Iracà) :
Merci, M. le ministre. Alors, j'ai plusieurs mains qui se sont levées. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
la parole est à vous. Toujours sur le sous-amendement.
Massé : Bien sûr,
bien sûr. Premièrement, bonjour, tout le monde. Contente d'être
parmi vous ce matin et de pouvoir discuter de ce projet de loi là, qui
vient donner au réseau électrique de Montréal tout ce qu'il a besoin pour
pouvoir se développer.
je voulais clarifier quelque chose, dans un premier temps, M. le ministre, parce que, là, ce que je
comprends, c'est que vous... Est-ce que je comprends bien que vous dites que, dans le fond, ce qui fait que le gouvernement du Québec est susceptible d'être poursuivi n'a rien à voir
avec les accords de libre-échange, ça a à voir avec l'entente-cadre qui
a été signée avec la Caisse de dépôt Infra? Donc, Caisse de dépôt Infra
pourrait poursuivre le gouvernement du Québec, qui investit 4 milliards,
si on change une virgule de l'entente qu'on a adoptée? Est-ce que je comprends
bien?
Le Président (M.
Iracà) : M. le ministre.
Lessard : Bon.
Vous avez peut-être une version un peu réductrice de la chose, là, à
savoir que, quand ils ont signé
l'accord, là, quand ils ont adopté la loi de Caisse de dépôt Infra, ça a été bien clair que la caisse pourrait, dans
le cadre de... On sait que l'entente avec
l'Europe était imminente, donc la caisse savait qu'elle pourrait exiger du
contenu canadien et de l'assemblage. Ça fait
partie des termes sous négociation et c'est exactement... Elle a demandé de ne
pas en être limitée. D'ailleurs, le ministre
des Finances, qui est toujours en poste, disait même, en effet, à la question
dans l'accord de libre-échange
Canada-Europe, quand il sera ratifié, là, il y aura... il y a en effet une
disposition de 25 % de contenu canadien.
Mais, comme on a dit depuis le début, ce modèle que nous mettons en place est
très différent, est innovant, et la Caisse de dépôt, elle, elle n'est
pas assujettie à ces règles-là.
C'est-à-dire
elle ne demande pas d'être assujettie à ces règles-là. Et donc, depuis le début
du processus, c'est très clair que la
caisse aurait entièrement toute l'indépendance nécessaire d'établir son processus
d'appel d'offres de la façon dont elle juge la plus efficace pour le
projet spécifique sans égard à la nationalité des soumissionnaires.
Donc,
elle indiquait d'avance qu'elle ne voulait pas de limitation par rapport à la
nationalité des soumissions. Et le
gouvernement a conclu une entente, qui est sur son site Internet, qui respecte
ces règles-là. Elle a, après ça, lancé de façon publique ses appels d'offres, puis, à la fin, les personnes se
sont préqualifiées à l'automne dernier, là, ce n'est pas récent. Et donc ils sont allés en proposition finale sur le modèle de construction parce qu'il y a construire
l'infrastructure, puis, après ça, il y a
acheter des équipements parce qu'il faut construire les infrastructures. Alors
donc, dans ce processus-là, là, on
dit de façon législative... Là, vous dites : Une petite virgule.
Excusez-moi, mais on vient changer un cadre de loi, alors que les contrats sont en phase finale
d'attribution, puis, à l'Assemblée nationale, on viendrait modifier les constructeurs du réseau plus les fournisseurs de matériel roulant.
Alors, ce n'est pas une petite virgule, c'est toute qu'une virgule, et
ça a des conséquences sur les équilibres et nécessairement l'entente parce que, rappelez-vous, dans l'entente entre le gouvernement et la Caisse de dépôt sur les aspects financiers, s'il ne devait pas se
réaliser, puis alors qu'on a exproprié bien des affaires... Parce que mon collègue de Sanguinet m'a posé souvent la
question : Qu'est-ce qui se
passe si ça ne se réalise pas? C'est
le gouvernement qui a la responsabilité, donc, à la fin. Alors, c'est lourd de
conséquences d'intervenir dans les processus en cours.
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Massé : Donc, je veux être certaine que je comprends bien que, si on
modifie... Parce que mon collègue de Deux-Montagnes
vous a dit : Regardez, si, dans le fond, on ne peut pas rien changer, on
ne va pas s'obstiner, on ne peut pas rien
changer. Ce que je comprends de vos propos, c'est que vous nous dites :
Bien non, on ne peut pas rien changer parce qu'on a déjà adopté la loi n° 38 qui donne le cadre et l'entente,
etc., et, parce qu'on a déjà adopté ça, si on essaie de faire ce qui nous apparaît tous comme étant du bon sens,
hein, c'est-à-dire qu'un projet comme celui-là, avec les investissements
de fonds publics, comme celui-là, devrait servir beaucoup plus que les intérêts
de la Caisse de dépôt, devrait servir les
intérêts globalement du développement économique, de la gestion des fonds
publics... Bon, on ne s'arrêtera pas là.
Mais je veux être
certaine que ce que je comprends, c'est que ce pour quoi vous défendez cette
posture-là, c'est parce que vous nous
dites : Bien oui, mais c'est parce que, si on fait ça, on va être
susceptibles — c'est comme
ça que vous l'avez dit — d'être poursuivis... Et là vous n'avez pas
fini votre phrase. Moi, je veux entendre : Par la Caisse de dépôt
et placement du Québec?
Le Président (M. Iracà) : M. le
ministre.
Lessard : En fait, il faut ajouter un élément à... Donc, on
a fait une loi pour leur donner l'autorité de le faire, on a signé une entente-cadre pour définir les rôles
et responsabilités sur la planification, le financement, etc., mais plus
que ça : elle a non seulement déposé un
projet, mais elle a lancé des appels d'offres pour réaliser le projet. Et là,
ici, à l'Assemblée nationale, on
serait en train d'intervenir dans un processus final alors qu'ils ont fait un
appel à contracter, et ils sont dans
la phase d'attribution, et, à l'Assemblée
nationale, on viendrait changer une
condition fondamentale, qui est d'exiger
maintenant un contenu canadien sur la construction pour le
volet du matériel roulant. Donc, on viendrait dire : Je change la règle par l'Assemblée nationale. Même si
je lui ai donné l'autorité de faire en toute indépendance son appel d'offres, son processus, etc., nous, à l'Assemblée, on vient changer
ça a posteriori, et ça a des impacts. Donc, ils seraient susceptibles
eux-mêmes d'être poursuivis, puis, à la fin, la facture reviendrait au
gouvernement à cause de son entente-cadre.
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le ministre. Mme la députée.
Mme Massé : Et vous avez proposé
cette loi-là, et vous nous avez fait adopter cette loi-là. C'est terrible! Qu'en serait-il si la Caisse de dépôt décidait
d'aller faire travailler des enfants en Inde pour produire son matériel?
On n'aurait rien à dire? Il faudrait dire : C'est leur indépendance? C'est
terrible!
Lessard : Oui. Écoutez, moi,
j'avais peut-être... La Caisse de dépôt, là — on a eu la chance d'en parler — dans votre expression, ça a l'air la pire affaire qu'il n'y a pas sur la
terre. Honnêtement, elle a des règles d'éthique, elle a des règles de gouvernance, c'est des lois qu'on a
adoptées ici. Vous avez voté probablement pour ou contre, mais, si vous
avez voté contre, vous n'étiez certainement pas contre la Caisse de dépôt.
Ce sont des
administrateurs, à ma connaissance, qu'on connaît, ils sont nommés dans un
processus. Ils gèrent le bas de laine
des Québécois pour la pérennité des fonds, puis, jusqu'à maintenant, je pense
que, dans leurs règles d'éthique, de gouvernance, d'investissement, de
politique d'investissement, je pense qu'ils respectent les règles parce qu'à
toutes les fois... Puis je ne pense pas
qu'ils font travailler des enfants au noir, etc., puis qu'ils utilisent du
matériel qui ne serait pas conforme
puis qui serait contaminé, puis qu'ils conviennent... On a signé d'autres
accords aussi avec le Bureau international du travail sur les accords, etc., donc ils respectent ces...
Honnêtement, je ne sais pas de qui vous parlez, mais ça me fait toujours
un peu peur, la façon dont vous traitez la Caisse de dépôt. Ça me fait peur.
Président (M. Iracà) : Merci. Alors, peut-être clore, parce que je
vais... il y a d'autres collègues qui veulent prendre la parole.
Massé : Alors là-dessus, en fait, c'est... Moi, ce qui me fascine, et
c'est sûr que je l'illustre par des propos fermes, mais ce qui me fascine, c'est que... et je comprends bien, là,
et vous le dites : Si la Caisse de dépôt, notre propre bas de
laine, peut nous poursuivre, nous, gouvernement qui mettons... bien, en tout
cas, ce n'est pas 4 milliards pour le gouvernement du Québec, mais, en
tout cas, si c'est ça qu'on a signé, bien, ça vient exactement illustrer ce que
ma formation politique vous dit depuis le
début : Ça va trop vite. Vous allez vite. Vous nous faites signer des
choses, dans un modèle d'affaires qui
semble être extraordinaire, mais qui, dans les faits, fait qu'aujourd'hui on ne
peut pas aller dans le sens de mes deux collègues des deux oppositions,
de s'assurer qu'il y ait du contenu pour créer de la job ici, pour créer de l'économie ici, pour faire en sorte que nos
travailleurs, travailleuses puissent travailler. On ne peut pas inclure ça,
non pas dans la perspective des accords de
libre-échange qu'on a négociés, mais dans la perspective d'une loi qu'on a
adoptée pour donner une indépendance à la
Caisse de dépôt qui, dans les faits, est un modèle d'affaires que, quand on
vous dit : C'est la Caisse de dépôt qui va gérer ça, donc c'est un
modèle PPP, non, non, non.
Bien, moi, je vous dis, là, s'ils peuvent nous
poursuivre alors qu'on investit plus de 2 milliards comme gouvernement du Québec, ça ressemble pas mal à un
PPP. Et, dans ce sens-là, je suis triste qu'on ne puisse pas... Parce que c'est ça que ça veut dire, là, comme
gestionnaires de fonds publics, on ne peut pas mettre le gouvernement du
Québec, maintenant que le projet de loi
n° 38 a été adopté, on ne peut pas le mettre à risque d'être poursuivi par
sa Caisse de dépôt parce qu'on a
signé une autre loi qui lui donne cette autorité-là. Moi, je... hormis que mes
deux collègues vont trouver d'autres
façons de l'amener, mais le ministre est clair sur... ça ne se fait pas, parce
que, sinon, on pourrait être poursuivis.
Le Président (M. Iracà) : Merci, Mme
la députée. M. le ministre.
Lessard : Bien,
écoutez, M. le Président, on mêle quelques concepts ici, là, à savoir :
Un, ce n'est pas un partenariat
public-privé, ce n'est pas le pont... ce n'est pas le pont de la 25 puis ça n'a
aucune commune mesure par rapport à ça
sur les partenariats public-privé. D'ailleurs, si c'était le cas, dans la loi
sur les partenariats public-privé, il y a un cadre qui définit les rôles et responsabilités. Quand tu
définis les rôles et responsabilités, nécessairement, c'est qu'il peut y
avoir des conflits de rôle, des conflits de responsabilité, et un manque à des
obligations, et des conséquences financières.
Donc, quand
le gouvernement a donné, parce qu'on dit... ma collègue invoque ici que ça va
trop vite, ça fait plus de deux ans que la loi qui a été constituée pour
lui donner la possibilité d'évaluer un projet... au début, ils évaluaient deux projets, en fait, de transport collectif sur
Montréal qui étaient la ligne de l'ouest, etc., avec la possibilité sur la
rive sud, pour n'en faire qu'un seul. Donc, on
a adopté, sur la communauté métropolitaine, l'ARTM, qui est l'occasion de
discuter de l'autorité ici du projet de loi
pour le lier au REM, qui est le nouveau service. Ça va prendre encore trois ans
avant qu'ils le développent, le
déploient et donnent sa pleine mesure. Alors donc, c'est quand même un projet
qui était assez long. Et, toutes les fois, nous avons eu l'occasion à
l'Assemblée nationale de débattre de ces articles-là.
Quand
ils ont fait la loi n° 38 pour l'autorité, donc, de la Caisse de dépôt
Infra, ils lui ont donné la possibilité de contracter avec l'État. Mais contracter avec l'État, ça ne veut pas dire
que l'État ne paie rien. D'ailleurs, dans l'entente, ça dit bien : rôles et responsabilités. Et, si
ça ne devait pas arriver, puis encore... en plus, s'il a tort à la fin d'une
modification législative tardive, alors qu'ils ont tout lancé leur processus
d'appels d'offres, bien, nécessairement, c'est à cause de l'Assemblée nationale qu'on aurait imposé une
contrainte maintenant qui va à l'encontre de ce qui a été signé, ce qui
est autorisé à l'Assemblée nationale, dans
ses pouvoirs, et que nécessairement, oui, à la fin, c'est même signé dans les
ententes puis, si ça ne se réalise pas,
c'est le gouvernement qui paie. Pas
besoin de faire une poursuite bien, bien, bien longue. Ils ont déjà
départi qui qui est responsable de quoi si ça n'arrive pas. Puis, tu sais, en
plus de l'Assemblée nationale, que l'événement n'arrive pas, bien, nécessairement,
écoutez, là, ça ne prend pas un gros cours en responsabilité civile pour comprendre que l'État en serait responsable financièrement. Donc, il n'y a pas de surprise, et
ce n'est pas un PPP.
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le ministre. M. le député de Deux-Montagnes.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Je dois vous avouer que je suis un petit peu surpris de la nature de
nos échanges ce matin. Lorsqu'on s'est
laissés en juin, on notait je ne vous dirais pas une très, très grande
ouverture au contenu canadien, au
contenu local, mais on semblait ouvrir la porte à un échange qui pourrait
aboutir sur un consensus au sein des
différentes formations politiques, un consensus qui aurait rendu le projet de
loi d'autant plus intéressant. Mais là on comprend ce matin à travers ses propos que la chose, elle est entendue
non pas depuis juin dernier, mais depuis l'adoption du projet de loi n° 38. Et là ça, ça me
laisse un petit peu perplexe parce que, dans l'intervalle, on a eu l'occasion,
nous, de la Coalition avenir Québec, de
militer à bon nombre de reprises pour le contenu canadien. Le Parti québécois a
exprimé des sensibilités semblables, Québec
solidaire également. Donc, on avait toujours l'espoir... Et même notre échange
de juin laissait entendre que le bon
moment d'en discuter viendrait. Mais là, ce matin, ce n'est pas le moment d'en
discuter qui est arrivé, mais plutôt
la conclusion du débat, conclusion qui laisse entendre que le gouvernement,
encore une fois, a été très, très mauvais négociateur.
De notre
côté, on a eu l'occasion de déplorer à différentes occasions et sur différentes
tribunes ce que l'on a appelé le
mauvais deal avec Bombardier. Non pas qu'on était contre Bombardier, nous avons
eu l'occasion de le dire à bon nombre de
reprises, mais là, aujourd'hui, est-ce qu'on est obligés de parler du mauvais
deal avec la Caisse de dépôt? Non pas, comme
dans le cas de Bombardier, qu'on soit contre la Caisse de dépôt, bien au
contraire, c'est un partenaire important pour le gouvernement du Québec, pour tous les Québécois, en fait, et le
REM n'est pas un mauvais projet pour autant. Mais, si, dans la tête du ministre, la question est entendue
depuis plusieurs mois, sinon quelques années maintenant, pourquoi le dire ce matin? Pourquoi ne pas l'avoir dit en juin
dernier? Pourquoi ne pas l'avoir dit au printemps dernier? Pourquoi ne
pas l'avoir dit depuis que le REM est sur la table que d'aucune façon, bien que
le projet soit intéressant, l'économie québécoise,
sinon canadienne, sera favorisée par un investissement public somme toute majeur
et très, très important? Donc,
pourquoi? En fait, ma question au ministre sera très simple : Pourquoi
nous dire ceci de façon aussi catégorique aujourd'hui, alors qu'en juin dernier le débat semblait lancé et qu'on
semblait plutôt chercher le bon endroit pour discuter de la chose?
Et, quand on parle des appels de qualification
qui sont lancés, je l'entends, et c'est pour ça qu'en juin dernier on
souhaitait... Et je pense avoir fait la comparaison parce que l'expression m'a
toujours fait sourire, le ministre des Ressources naturelles, par rapport à la
Régie de l'énergie, parlait d'un décret de préoccupation. J'aurais aimé que le
ministre des Transports exprime un décret de préoccupation dans le cas qui nous
réunit cet avant-midi, mais depuis quelque
temps maintenant, par rapport à cette volonté et ce souhait comme société,
compte tenu des argents investis, que l'économie puisse en bénéficier
également. Donc, pourquoi maintenant?
Le Président (M. Iracà) : M. le
ministre, pourquoi?
Lessard :
Ça me fait un peu sourire. Vous savez, les appels de propositions, là, ça a été
lancé... Bon, la loi a été adoptée il
y a à peu près deux ans, l'appel de propositions de qualification à l'automne
dernier. Et, quand ils ont lancé l'appel,
il y avait zéro contenu, là. C'est rien que peut-être, dans l'opposition et
autres, on ne suivait pas la suite de la loi qu'on avait adoptée, l'entente-cadre qu'on avait signée, l'appel de
propositions international qui n'exigeait pas de contenu.
Donc, tout
l'automne s'est passé comme ça. Les consortiums ont été retenus. Après ça, j'ai
déposé la loi à l'hiver dernier.
Puis, quand qu'on est arrivés en juin pour traiter cette question-là — puis ça a émergé suite au fait que
Bombardier n'avait pas gagné un autre contrat qui avait un contenu canadien
pour des wagons, 20, 24 wagons, et là a émergé la question du contenu sur
le REM maintenant, on est un an plus tard, là — quand on était en juin, vous
avez discuté de ce volet-là, vous aviez
déposé des amendements, et j'ai été très, je pense,
honnête de dire que je n'ai pas peur de discuter de l'amendement. Je ne suis pas borné à en parler et à expliquer les accords internationaux puis des limitations par
rapport à la loi n° 38 sur l'indépendance de la caisse. Je pense que le
débat est ouvert, puis c'est le lieu pour le faire.
Alors donc,
je ne sais pas, de me faire taxer de ne pas vouloir en avoir parlé serait, pour
moi, une pire punition que d'avoir discuté, d'être allé en profondeur,
d'avoir demandé au ministère du Développement économique même de comparaître
ici avec nous pour nous soutenir à la connaissance des accords européens qui
étaient en train d'entrer en vigueur. Y avait-il des limitations? Y avait-il
des impossibilités?
D'ailleurs, ça m'a permis de faire corriger
trois, quatre fois la proposition que vous avez déposée, dont celle
d'aujourd'hui, qui ne peut pas exiger un contenu minimal de 25 %, puis
c'est plutôt maximal. Ça touche seulement le matériel roulant, ça ne peut pas
toucher l'infrastructure et ça prévoit que les tiers partis sont assujettis
aussi aux accords internationaux.
Mon collègue, donc... M.
le Président, pas que je n'accepte pas de me faire critiquer sur le fait que je
n'ai pas accepté d'en parler, ça fait
partie
du débat et ça nourrit nécessairement toute la réflexion. Quand on étudiera
cette loi-là, puis, si, un jour, il y
a des recours, bien, les galées, ce qu'on appelle ici communément, à
l'Assemblée nationale, servent pour ça, c'est quoi, les intentions du
législateur, bien, je pense qu'on ne peut pas avoir été plus clairs sur les
intentions du législateur. Mon collègue de Mégantic voudrait peut-être rappeler
un élément.
Le Président (M. Iracà) : Oui, en
complémentaire. En complémentaire, M. le député de Mégantic.
M. Bolduc : Merci, M. le Président.
Je salue tous mes collègues du gouvernement et des oppositions. Ça me fait
plaisir aujourd'hui juste de rajouter... parce que vous avez fait des
commentaires qui sont, selon moi, très valides, intéressants — je
voudrais porter votre attention aux politiques de la Caisse de dépôt et de
placement. Et, si vous allez sur le
site Internet de la Caisse de dépôt, dans le Gouvernance, vous pouvez aller
voir la politique des contrats d'acquisition et de location des biens et services , et donc on arrive, table
des matières, définitions, etc. Et, dans l'article 3, où on voit les principes généraux, à l'élément 3.5, la caisse
nous dit : «La caisse encourage le recours aux fournisseurs québécois
tout en s'assurant d'une saine concurrence
entre les fournisseurs.» On n'a pas de chiffre comme vous voulez l'indiquer
ici, mais, au moins, il y a, ici,
dans la gouvernance et politique de la Caisse de dépôt et placement du Québec,
cet item-là très bien placé et qui,
pour moi, représente une position très saine d'une entreprise internationale
d'envergure qui veut maintenir une compétitivité dans le cadre de nos
échanges internationaux. Donc, voilà, M. le Président, le commentaire et le point
que je voulais rajouter.
Président (M. Iracà) : Merci beaucoup, M. le député de Mégantic. M. le
député de Deux-Montagnes, vous vouliez rajouter, en terminant,
là-dessus?
Charette : Oui, très, très rapidement. Peut-être juste rassurer le
ministre. Ce n'est pas un procès d'intention, là. Je ne lui reprochais pas une mauvaise conduite ou
de cacher une intention. J'aurai juste aimé que l'on soit aussi clairs
que nous l'avons été ce matin sur l'impossibilité, selon lui, d'ouvrir à
travers ce projet de loi ci la question sur le contenu canadien. Donc, ce n'est pas un procès d'intention, loin de là. C'est
juste dommage que ça nous soit dit ce matin alors que la question avait été déjà débattue et que la
préoccupation surtout a été exprimée, là, de différentes façons par les
différentes oppositions depuis de nombreux, nombreux mois.
Et je
regardais tout à l'heure... Vous parliez des interventions dans le cadre du
projet de loi n° 38. Mon collègue de
Granby, je n'y étais pas, dans mon cas, pour le projet de loi n° 38, mais
je regarde les préoccupations qui avaient été exprimées par mon collègue de Granby à l'époque, et, ma foi, ce n'est
pas un thème qui est nouveau, là. On n'est pas arrivés ce matin ou en juin dernier avec cette préoccupation-là. Et
jamais on ne nous avait dit de façon aussi claire que ce matin qu'il
est, aux yeux du gouvernement, trop tard pour ouvrir cette question.
Donc, ce
n'était pas un reproche sur ses intentions ou une accusation de mauvaise
volonté. C'est juste qu'on aurait sans
doute été mieux servis, tout le monde, si on avait été aussi clairs il y a
quelques mois, sinon quelques années, là, sur la possibilité de fixer certaines balises avec notre partenaire — et j'insiste sur le mot partenaire — avec la Caisse de dépôt.
Le Président (M. Iracà) : Merci
beaucoup, M. le député de Deux-Montagnes. M. le député de Sanguinet.
Therrien : Merci,
M. le Président. Écoutez, c'est peut-être... De la façon que vous parliez
tantôt, M. le ministre, j'avais comme
l'impression que l'endroit de l'amendement de la CAQ n'était peut-être pas
idéal pour le projet de loi. Nous, on
va revenir à la charge, à un endroit où est-ce qu'on le trouve plus propice
pour le contenu local. Je vous avise
d'avance. Parce que la façon que vous expliquiez, vous disiez : Bien, dans
cet article-là, ça ne convient pas. Donc, peut-être que la CAQ a été, comment je pourrais dire ça, un peu précoce.
Ce qui est, des fois, un défaut, mais pas dans ce cas-là, pas
nécessairement. Mais tout le monde sait de quoi je parle, donc.
Puis, vous
savez... On s'adresse la parole, M. le ministre. Ça va bien depuis le début.
Puis ne voyez pas en mes propos des
affronts, loin de là, là. À chaque fois que je parlais de la Caisse de dépôt,
je disais : C'est une entente — et là ma
collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques
est revenue là-dessus — c'est
une entente partenariat public-privé, puis là
je vous sentais toujours... Puis, tu sais, les gens qui vous écoutaient, je
suis sûr qu'ils disaient : Ah! le ministre, il a raison là-dedans. C'est vrai que la Caisse de
dépôt, ce n'est pas privé. Tu sais, ça appartient aux Québécois, puis
ainsi de suite. Puis, tu sais, vous
insistiez beaucoup là-dessus, vous puis les autres ministres. Puis là je
disais : Bien, écoutez, là, on ne peut
pas considérer que c'est une entreprise privée parce que c'est de l'argent
public. Mais là je vous disais toujours : Dans son comportement, il est privé. Et c'est ce que ma
collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques
mentionne avec justesse. Moi, je le
dis aussi depuis le début. C'est un comportement d'un investisseur privé, d'un
partenaire privé. C'est carrément ça.
Et, quand vous me dites : Bien, on ne peut pas le soumettre au contenu
local, on ne peut pas le soumettre à ci et à ça, bien, ça prouve que
c'est un privé, mais avec des droits supérieurs.
Puis, quand
on pense à ça, ce n'est même plus privé. C'est quelque chose que je ne connais
plus. Ils ont tellement de droits
dans cette histoire-là, là... Le REM, là, pour eux, là, c'est tellement leur
bébelle, là, puis on fait tout pour qu'ils aient du plaisir avec cette
bébelle-là. J'ai fait une petite liste puis je me dis : À quel point un
privé aurait ces avantages-là? Droits
d'expropriation accélérés. Les gens se font exproprier, ils n'ont pas un mot à
dire. Rendement garanti de 8 % dans le transport en commun, ce qui
est du jamais-vu dans l'histoire de l'humanité, jamais. Imposer leur montage
financier. Ils imposent leur montage financier
au gouvernement. Le gouvernement n'a pas un mot à dire. Puis, en plus, quand
tu poses des questions au gouvernement sur le montage financier, le
gouvernement n'est pas capable de répondre. Il faut attendre
que la Caisse de dépôt et placement vienne parce que semble-t-il que le
gouvernement a de la difficulté à comprendre et à expliquer le montage
financier.
On nous dit que la part du gouvernement... Puis
des ministres compétents, là. Le ministre des Finances, là, ce n'est pas... Tu sais, il est supposé de savoir
c'est quoi, une subvention. Le ministre des Finances nous dit : Bien, on
donne des subventions au REM et à la Caisse
de dépôt. Puis le gars à la Caisse de dépôt vient nous dire : Bien non, ce
n'est pas des subventions. Ça veut
dire qu'il vient contredire le gouvernement, le ministre des Finances, sur des
choses aussi claires que qu'est-ce qu'une subvention puis qu'est-ce qui
n'est pas une subvention.
Ensuite, on met 4 milliards d'argent public
là-dedans, plus de 4 milliards si on regarde les deux ordres de gouvernement, puis Hydro-Québec va donner — donner, M. le Président — 400 millions en plus. C'est du jamais-vu.
Jamais une entreprise privée n'a ces
avantages-là. Puis, en plus, c'est un offreur de service qui, comparativement
aux autres offreurs de service dans le réseau du transport en commun de
la région de Montréal, ne sera pas soumis à l'ARTM. C'est elle qui va prendre ses propres décisions. C'est extraordinaire,
là. On est proche, là, de The Thing dans le film, là.
Puis ça
continue. Pas soumis au BAPE. Ils ne sont pas soumis au BAPE. Oh, ce n'est pas
grave, le BAPE nous rentre dans...
Pas grave, le BAPE, connais pas ça. Puis là tu vois Denis Coderre qui
dit : «Le BAPE, ce n'est pas le pape.» Puis il est bien content de ça, il se trouve original. Mais Coderre, ce
n'est pas un expert, par exemple. Ensuite, on ne le soumet pas à une commission parlementaire, alors
qu'on a demandé une commission parlementaire pour dire : On dépense
à peu près 6,4 milliards, on peut-u
savoir qu'est-ce qui va arriver avec cet argent-là, qui va payer quoi, et ainsi
de suite? Ils ne sont pas soumis à ça. Puis finalement ils ne sont pas
soumis au contenu local.
Moi, si
j'étais réincarné, là, ce ne serait pas en flamand rose, ce serait en Caisse de
dépôt et placement. Moi, je vous le
dis, là, j'ai rarement vu une bibitte, là, qui a autant de droits puis de
privilèges dans une économie que je le vois présentement. Puis ça, c'est extraordinaire. C'est comme des rois dans
le royaume. On arrive ici, ils ne répondent pas à nos questions, ils nous racontent n'importe quoi.
Pas capable de savoir le montage financier, rien de ça. Puis là on
arrive, on dit : On peut-u... Là, le
collègue de la CAQ... Puis nous, on
l'avait demandé aussi au projet de
loi n° 38, là. À l'époque,
on demandait le contenu local au moment, selon le ministre, où est-ce
que c'était approprié de le faire,
puis on a refusé du contenu local, alors que le mandat de la Caisse de
dépôt...
Historiquement, quand ça a été créé, la Caisse de dépôt, c'étaient deux mandats : c'était de faire fructifier le
bas de laine des Québécois puis d'aider l'économie à prospérer au Québec. Il y
avait deux mandats. Mais là ce que... ce gouvernement, en
tout cas, le gouvernement ou ce qui l'a précédé, là, de l'époque de Jean Charest, a éliminé
ce deuxième mandat là. Imaginez, en
plus, la Caisse de dépôt avait le mandat de faire en sorte de stimuler
l'économie québécoise avec les deniers
qu'il avait entre les mains qui étaient les deniers des Québécois. On est
extrêmement loin de ça. Et moi, je considère que de demander un contenu local alors que tout le monde sur la planète
Terre fait ça, et qu'on le refuse sous prétexte que la caisse est indépendante puis doit justement faire
en sorte de produire à moindre coût... Moi, je ne suis pas contre ça,
là. Produire à moindre coût, je n'ai aucun
problème avec ça. Je suis économiste de formation. Je n'ai rien contre ça.
Sauf qu'il arrive un moment où est-ce qu'on
a à prendre des décisions qui vont favoriser l'ensemble de l'économie
québécoise. Et, à partir d'argent que l'on
met là-dedans, je pense qu'un minimum, minimum serait de demander un contenu
local à la Caisse de dépôt après tout
ce qu'on fait pour eux autres. Non, mais c'est quand est-ce qu'on va se mettre
à quatre pattes puis on va leur lécher les bottes, là?
Le Président (M. Iracà) : Merci
beaucoup, M. le député de Sanguinet.
M. Lessard :
...en arriver à voter bientôt.
Le Président (M. Iracà) :
Toujours sur le sous-amendement.
M. Lessard :
Bien, peut-être, on serait rendus à voter. Je le demanderai à la fin de mon
intervention.
Le Président (M. Iracà) :
Merci.
M. Lessard : À la
fin de mon intervention.
Le Président (M. Iracà) : Ah!
O.K. Je pensais que vous vouliez que...
M. Lessard :
Oui, oui. Excusez-moi. Non, c'est parce que, là, j'ai entendu beaucoup
d'affaires, puis, pour les citoyens
qui nous suivent, parfois, il faut démêler les concepts un peu. Ce n'est pas un
partenariat public-privé, c'est un partenariat
public-public parce que la Caisse de dépôt, c'est un mandataire d'État. Je le
sais que c'est votre sujet préféré, là. Vous avez très bien résumé tout ce qu'on a pu faire en juin sur comment
vous n'appréciez pas le volet de cette idée-là, vous l'auriez faite
autrement, vous ne l'auriez pas faite. Le Parti québécois a été clair que ce
n'est pas le choix qu'il privilégie, le REM, Montréal, sur la façon dont on le
fait. Puis là ça divise, là, la façon dont on le fait.
Nous, on a
choisi de modifier la Caisse de dépôt. C'est une société d'État, elle est
sujette au Vérificateur général. Ses
livres sont déposés aux Finances. Elle comparaît en commission parlementaire
pour débattre de son... Elle dépose son bilan, ses activités, en vertu
des lois qui la composent, à l'Assemblée nationale. Le projet a été soumis au
Bureau des audiences publiques en
environnement. Bon, je comprends que, suite aux recommandations, il y a des
choses qu'on va faire puis qu'on va
faire différemment, mais le Bureau d'audiences publiques s'est prononcé, là.
Pour tout le monde qui nous écoute, ils ont fait des audiences jusqu'à
ce qu'il n'y ait plus de monde dans la salle.
un moment donné, peut-être qu'on n'est pas d'accord avec les recommandations,
mais... Si le maire de Montréal n'avait
peut-être pas raison, mais Richard Bergeron, ça en est un, expert, ça, à
la ville de Montréal, puis lui, il est venu.
Oui, bien, je pense que Richard Bergeron, il a peut-être bien des défauts
puis des qualités, mais celle-là sur cet aspect-là, il a quand même une
très bonne expertise. Mais je ne suis pas ici pour faire son embellie, mais je
veux juste ramener, là, quand même cet élément-là. Puis on a le droit de ne pas
être d'accord ici.
Donc, ce qui était prévisible, c'est qu'il y a
eu un projet de loi, il a été étudié ici, et, malgré qu'il y a eu des préoccupations qui ont été discutées, il n'y a pas
eu d'amendement qui a été adopté dans la loi n° 38 pour dire qu'il y
aurait un contenu canadien. C'est que, si
vous aviez à être déçu, c'était là. Ils ont signé une entente avec le
gouvernement qui définit les rôles et responsabilités, ils ont lancé
l'appel de qualification — il
a été fait, là, ça, c'est à l'autre automne, là — et les consortiums ont répondu. Puis,
heureusement, il y en a cinq, consortiums, qui ont répondu autant pour le
matériel roulant qui sont canadiens que pour
la construction. Et là ils sont en appels de... Donc, ils ont déposé la
proposition finale puis ils sont en train d'attribuer le contrat. Ça,
c'est clair, c'est dans l'environnement public.
Il y a même
un... La Caisse de dépôt, le 16 novembre de 2016, a dit : Voici, là,
j'ai fait ma préqualification, voici les consortiums qui gagnent selon le processus que j'ai lancé. Puis
honnêtement, ici, en Chambre, on n'a pas réentendu parler de ça, là. Donc, ça a été jusqu'à tant qu'on
dépose un projet de loi à l'hiver dernier, qu'on aborde la question, que, là,
c'est revenu. Mais, jusqu'à maintenant, la
prévisibilité entre le cadre législatif, le respect contractuel puis les appels
d'offres, c'est complètement cohérent en
fonction des pouvoirs et responsabilités qu'ils ont. Qu'on aime ou qu'on n'aime
pas, le choix, il a été fait dans 38. Si on veut, par la
loi qu'on a déposée aujourd'hui en fonction de peu importe l'article,
que vous le déposiez maintenant,
j'ai accepté qu'on puisse en discuter, que vous le déposiez plus tard, je
connais déjà le résultat, on va voter contre pour la bonne raison qu'on est rendus à donner le
contrat. Et, respectueux de ce qui a été fait, ils l'ont fait correctement
puis de façon transparente.
Donc, moi, je
serais rendu à demander, sur le sous-amendement, de voter. Peut-être mon collègue de
Mégantic demanderait le vote là-dessus, puis on procédera.
Président (M. Iracà) : Je comprends que le vote est demandé. Juste en terminant, M. le député. Oui, M. le député de Sanguinet.
Therrien : Bien, écoutez, on évalue toujours la définition des individus par leur comportement puis surtout par leurs intérêts. La Caisse de dépôt et placement, c'est des intérêts, c'est les intérêts de la Caisse de dépôt qu'elle défend. En aucun
temps elle ne défend les intérêts des Québécois. Alors, par conséquent, c'est
privé, comme comportement. Là, je
veux dire, écoute, là, à un moment
donné, il y a des limites à dire que
c'est public. C'est des intérêts privés qui mènent la Caisse de dépôt.
Richard
Bergeron, il n'est pas venu ici en tant qu'expert, il est venu ici en tant que représentant de la mairie de Montréal. Il a beau avoir le C.V. qu'il voudra, quand il
arrive ici, il représente la ville de
Montréal. Ça fait que, là,
arrêtez de me dire que Bergeron, il est pour
ça parce que c'est bon puis c'est un expert. C'est un politicien qui est venu ici, qui défend les intérêts de la ville de Montréal puis de Denis
Coderre. Point à la ligne. S'il était venu en tant qu'expert puis qu'il
n'avait aucun intérêt autre, je l'aurais
écouté plus que ça. Mais il défend les intérêts de la ville de Montréal puis de
Denis Coderre, ça fait que ce gars-là, il n'est pas venu ici en tant
qu'expert.
Ça fait que,
là, à un moment donné, là, je peux bien me faire remplir, là, mais, tu sais, il
est encore de bonne heure dans la session pour que j'accepte ça.
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le député de Sanguinet. Alors — excusez-moi — nous allons procéder
au vote.
Président (M. Iracà) : Oui, oui, oui. Ça va. C'est les émotions. C'est
les émotions. Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, je vais procéder à la mise aux voix. Est-ce que le
sous-amendement à l'amendement à l'article 51 est adopté?
Therrien : Bon,
est-ce qu'on peut voter par appel nominal?
Le Président (M. Iracà) : Par appel
nominal, M. le secrétaire, s'il vous plaît.
Le Secrétaire : Donc, pour,
contre ou abstention. M. Therrien (Sanguinet)?
Therrien : Pour.
Le Secrétaire : M. Lessard
(Lotbinière-Frontenac)?
Lessard : Contre.
Le Secrétaire : M. Bolduc
(Mégantic)?
Secrétaire : Mme Melançon (Verdun)?
Le Secrétaire :
Mme Sauvé (Fabre)?
Le Secrétaire :
M. Simard (Dubuc)?
Le Secrétaire :
M. Charette (Deux-Montagnes)?
Le Secrétaire :
M. Iracà (Papineau)?
Le Président (M.
Iracà) : Abstention.
Le Secrétaire :
Rejeté.
Le Président (M.
Iracà) : Alors, on fait le décompte et le sous-amendement est rejeté.
Nous revenons à
l'amendement initial déposé par le député de Deux-Montagnes. Questions,
commentaires, interventions?
Président (M. Iracà) : Alors, M. le député de Mégantic demande le vote
sur l'amendement déposé par le député de
Deux-Montagnes. S'il n'y a pas d'autre intervention, je vais procéder à la mise
aux voix par appel nominal concernant l'amendement à l'article 51. M. le
secrétaire.
Le Secrétaire :
Donc, pour, contre ou abstention. M. Charette (Deux-Montagnes)?
Le Secrétaire :
M. Lessard (Lotbinière-Frontenac)?
Lessard :
Contre.
Le Secrétaire :
M. Bolduc (Mégantic)?
Le Secrétaire :
Mme Melançon (Verdun)?
Le Secrétaire :
Mme Sauvé (Fabre)?
Le Secrétaire :
M. Simard (Dubuc)?
Le Secrétaire :
M. Therrien (Sanguinet)?
Therrien :
Pour.
Le Secrétaire :
M. Iracà (Papineau)?
Le Président (M.
Iracà) : Abstention.
Le Secrétaire : Rejeté.
Président (M. Iracà) : Amendement rejeté. Nous revenons à l'étude de
l'article 51 comme tel. Est-ce qu'il y a des questions, commentaires, interventions sur l'article 51? M. le
député de Mégantic demande le vote. Est-ce qu'il y avait eu des
amendements à l'article 51, M. le secrétaire? On va juste vérifier s'il y avait
eu des amendements. Alors, sur l'article 51, s'il n'y a pas d'autre
intervention...
Therrien : J'aurais
une petite question si vous me permettez.
Le Président (M. Iracà) : M. le
député de Sanguinet.
Therrien :
Je ne sais pas si elle a été répondue. Je dois vous avouer, M. le ministre,
que... Je vais vous poser la question,
puis, si vous me dites : On a déjà répondu à ça, c'est bien correct, là.
On parle de financement, là, à l'article 51, et puis, dans ce que vous
m'avez donné comme information — puis je vous en remercie, là, tu sais, il
y a des affaires là-dedans que je n'avais
pas compris, là, puis vous avez éclairé ma lanterne à quelques reprises,
là — vous
parlez d'un 30 millions qui est
donné par les municipalités pour le REM, une cotisation de 30 millions,
c'est ce qui est écrit là-dedans. Puis
vous me l'aviez indiqué, puis ça représentait, je pense, 15 % du
100 % de financement total, étant donné que... C'est-u ça? Je me trompe-tu, là? En tout cas, il y avait
un 30 millions là-dedans, 30 millions, de contributions des... Parce
que je vous avais posé la question, puis il
y avait... c'est 23 millions, le 15 % que je vous parle, puis il y
avait un autre 30 millions, je pense. Je vais vous expliquer la
question bien simple, là. C'est-u 30 plus 23?
Lessard : 30 plus 23.
C'est 30 de ce qu'ils font déjà comme municipalités...
Therrien : O.K., 30 plus... O.K. Je vais
vous...
Lessard : ...puis
le 23 qu'on rajoute, qui est 15 %.
Therrien : Bien,
écoutez, vous répondez à ma question — je vais vous dire pourquoi je
posais cette question-là — parce qu'on calculait 360 000
kilomètres-passagers, ce qu'on attendait... Vous vous ennuyiez de ça.
Cet été, là, vous étiez sur votre piscine à
dire : Quand est-ce qu'on va entendre parler de kilomètres-passagers? Je
m'ennuie de ça. Là, vous l'avez
sûrement dit à votre femme : À un moment donné, il va m'en parler. Eh oui,
c'est le jour! Si on prend 366 000
kilomètres-passagers puis on multiplie par 0,145 $, qui représente la part
qui est versée par les villes, ça donnait 53 millions. C'est justement la question que je voulais vous poser,
mais ça correspond avec les chiffres. Si c'était plus que
366 millions, qu'est-ce qui va arriver avec les villes?
Lessard : C'est des
contributions maximales, c'est ça?
Therrien : C'est
maximal?
Le Président (M. Iracà) : M. le
ministre.
Lessard :
Oui. C'est parce qu'on avait fait le débat là-dessus. Puis peut-être pour faire
sourire mon collègue de Sanguinet...
Therrien : Oui,
excusez-moi.
Lessard :
...on a souvent fait référence au SkyTrain à Vancouver, j'ai déjà eu l'occasion
de le prendre et de payer une
partie
des kilomètres-passagers entre l'aéroport puis le centre-ville, alors, qui
comprend une, deux ou trois phases, dépendamment où ce qu'on se dirige.
Donc, ça m'a coûté à peu près 9,90 $...
Lessard : Oui, en
prenant le kilomètre-passager.
Therrien :
Avez-vous pensé à moi?
Lessard : Tout à
fait.
Therrien : Je le
sais!
Lessard :
Je me suis dit : Voici, j'apporte ma contribution à Vancouver, sur mon
kilomètre-passager, sur un train dont
la technologie... donc, un train autonome, donc il n'y a pas de conducteur, et
puis c'est deux wagons. Puis c'est aux
deux minutes, puis ça ressemble beaucoup au métro de Montréal, en fait, en
surface en
partie puis en souterrain pour une bonne
partie aussi. Alors donc, dans leur montage financier, donc,
eux, ils ont imposé la taxe générale à tout le monde.
Donc, ici, il y a une
partie de financement. Je ne veux pas revenir
là-dessus. Ce que ça a rajouté ici, dans l'article 51, c'est pour faire
référence aux redevances dans l'ensemble des montants.
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le ministre. M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Vous avez pris le train de Vancouver, je vous le dis, je suis sûr que vous avez
pensé à moi, en bien, j'espère. Vous auriez espéré que je sois là,
n'est-ce pas, à côté de vous?
Lessard :
J'ai amené des photos pour être sûr que, si on avait à en parler, je pourrais
toujours vous le montrer.
Therrien :
Ah! c'est bon. Mais ça a l'air que c'est tellement vite que vous paraissez flou
sur la photo, mais ce n'est pas grave.
Écoutez, ma
question est simple, et c'est même... c'est une question de curiosité pour
vrai, là : Le financement du SkyTrain n'est pas le même que le
financement... Il n'est pas financé par les gouvernements en
kilomètres-passagers, je pense, hein?
Lessard : Oui, mon
expérience s'est limitée à le prendre puis à contribuer, moi-même n'étant pas
une personne de la Colombie-Britannique,
mais comme taxé aux services. J'ai beaucoup apprécié de partir de l'aéroport
pour m'en aller au centre-ville sans passer par trois, quatre modalités de
transport.
Therrien : Oui,
oui, oui, je peux comprendre.
Lessard : Je pense,
peut-être, que vous l'avez déjà pris puis vous ne le dites pas.
Lessard : Mais, à
tout le moins, je comprenais très bien
la notion de kilomètres-passagers, tu fais une phase, deux
phases, dépendamment si tu passes dans deux, trois zones, tu en paies le coût
et tu peux même reprendre une contribution si tu n'as pas assez payé. Mais, pour 9 $ et quelques entre le centre-ville, c'était
bien. Leur modèle financier, je ne le
sais pas, mais on me disait que ça a été porté à la taxe générale, à tout le
monde, plutôt que nous, on voit autant l'usager que ce qui va se passer alentour, là, de chacune des stations, là, sur
la captation, là, d'une redevance de développement. Mais, comme c'était une curiosité, je pense que
j'ai complété la curiosité, mais je serais prêt à voter, qu'on complète
l'exercice.
Therrien :
Bien non, c'est juste que... Non, non, je comprends. Mais c'est parce qu'une
des critiques qu'on entend beaucoup
du montage — critiques,
façon de parler, là — tu sais,
c'est que le gouvernement finance en kilomètres-passagers, alors que, là-bas, ça serait en tronçons, ils donnent tant de
millions par année pour l'utilisation du tronçon. C'est juste ça. Mais je n'étais pas sûr de mon coup,
c'est pour ça que je vous l'ai demandé. Mais peut-être que... J'aime
beaucoup aller à l'étranger, ça fait que peut-être un jour je vais aller à
Vancouver le prendre.
Lessard : Mais ce
n'est pas l'étranger, Vancouver, rassurez-vous.
Therrien : Pour
moi, c'est l'étranger. Pour moi, c'est l'étranger. Je me sens à l'étranger.
Des voix : Ha, ha, ha!
Le Président (M. Iracà) : À l'ordre,
s'il vous plaît!
Article 51.
Lessard : Oui, M.
le Président.
Le Président (M. Iracà) :
Article
51, est-ce qu'il y a d'autres interventions? Sinon, je vais procéder...
Therrien :
C'est quand même La Vérendrye qui est le premier Blanc à avoir été en Colombie-Britannique.
Et ils ont aussi fondé Fort La Jonquière,
qui est Calgary aujourd'hui. Donc, on salue les Français qui ont découvert le
Canada au complet. Je parle des Blancs, là,
parce que les Amérindiens étaient là. Il ne faut jamais oublier notre histoire. Ça veut dire qu'on devrait
revendiquer le Canada au complet.
Président (M. Iracà) : Sur ces belles paroles, je vais procéder à
la mise aux voix s'il n'y a pas d'autre intervention. Est-ce que
l'article 51, tel que lu et présenté par M. le ministre, est adopté?
Le Président (M. Iracà) :
Article 51, adopté.
Président (M. Iracà) : Sur division.
M. Therrien :
Excusez-moi, là.
Le Président
(M. Iracà) : Sur division.
M. Therrien :
J'étais encore en train de penser à La Vérendrye.
Président (M. Iracà) : Nous allons procéder à l'étude,
maintenant, de l'article 52. Et, là-dessus, je vais céder la parole
à M. le ministre.
M. Lessard :
Oui. Donc, on dit : Cette loi est modifiée par l'insertion, après
l'article 84, du suivant :
«84.1. L'autorité
peut financer le coût d'une nouvelle offre de services de transport collectif
résultant des ententes conclues en vertu de l'article 8 par une
redevance de transport, prévue au
chapitre V.1, qui est particulière à
chacune de ces ententes.
«Les
contributions exigées en vertu des articles 81, 83 et 84 ne peuvent servir
à financer le coût d'une entente conclue
en application de l'article 37 de la Loi concernant le Réseau électrique
métropolitain ([ici, on indiquera] l'année et le numéro de
chapitre de
cette loi).»
Sur la note
explicative, on dit : De droit nouveau, le premier alinéa de cet
article
prévoit que l'autorité peut financer le coût
d'une nouvelle offre de services de transport collectif résultant des ententes
conclues par une redevance, qui est
particulière à chaque entente. On dit : Une telle redevance permettra de
financer, entre autres nouveaux services, ceux offerts par l'exploitant du Réseau électrique métropolitain, avec
lequel l'autorité est habilitée à conclure une entente. On a souvent parlé de cette entente-là, qui
découle du paragraphe 3° du troisième alinéa de l'article 8, qui est
introduit, lui, par l'article 48 du projet de loi.
plus, le second alinéa prévoit que les contributions pouvant être exigées des
municipalités ne peuvent servir à financer
le coût d'une entente conclue en vertu de l'article 37 du projet de loi, et
ce, afin que ces coûts soient principalement assumés par l'autorité au moyen de la perception d'une redevance de
transport particulière à l'entente conclue, laquelle est réputée être
une entente signée ou conclue en vertu du troisième alinéa de l'article 8.
Donc,
c'est du droit nouveau. Ça prévoit que l'autorité peut financer le coût de
cette infrastructure de transport collectif.
On a dit, dans le fond, c'est une infrastructure publique. Et ça permet de le
financer avec cette redevance de transport.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre.
Article 52,
questions, commentaires, interventions? M. le député de Sanguinet.
M. Therrien :
Quand on parle de nouvelle offre de services de transport, est-ce que c'est à
la pièce? C'est par une nouvelle entité? Ça, on peut-u...
M. Lessard :
Bien, une nouvelle entité. Là, on en a une, une nouvelle entité, qui est le
REM. Parce que, quand l'autorité a
été créée, nécessairement, l'autorité, elle a regardé ce qu'elle faisait à
travers la STM, les trains, les autobus ou le métro. Donc, elle a dit : Il y a déjà une desserte sur le
territoire. Ils ont réorganisé même ce qui était l'offre qui était
donnée par les réseaux de transport
régionaux. Donc, elle a dit : Voici comment puis à partir de quoi je vais
le financer. On a parlé des immatriculations, de la taxe sur l'essence,
la contribution de l'usager, les contributions gouvernementales, les contributions municipales, puis on a introduit la
redevance. Puis là la redevance, elle va servir avec une entente
spéciale parce que, le REM, ça aurait pu que
la Caisse de dépôt dise : J'ai analysé les deux projets que vous m'avez
soumis et je n'arrive à aucune conclusion d'une entente. Donc, il n'y
aurait pas eu de nouvelle entente avec une nouvelle offre de services. Sauf que, comme elle a conclu puis elle
dit : Voici mon montage... Si, dans ce cadre-là, vous voulez
conclure une nouvelle entente, je vais
prolonger la desserte de services vers l'aéroport, vers
Sainte-Anne-de-Bellevue, je vais aller du côté de la Rive-Sud puis je vais joindre les deux. Si vous êtes aptes à
vouloir faire ça, voici les règles. Vous allez y mettre une contribution gouvernementale provinciale, une
fédérale, on va avoir une contribution d'Hydro-Québec, qui est une entente commerciale... mais pas un cadeau, pas un
don, pas un... peu importe, je sais qu'on ne s'entend pas là-dessus, sur
le montant. Ça, c'est pour le coût de la
construction et l'acquisition des biens ainsi que les locomotives, là, pour
donner le service. Puis, après ça, bien, il
y aura l'exploitation de ça. Puis, dans l'exploitation, bien là voici : on
va limiter le coût aux municipalités avec une contribution
gouvernementale. Là, vous pouvez dire : C'est une subvention. Mais force
est d'admettre que le transport collectif,
hein, généralement, bénéficie d'un tarif social. Puis la desserte... Parce que
l'usager, il ne paie pas le coût que ça
coûte vraiment pour se déplacer du point a au point b, il n'en paie qu'un tarif
social, puis le reste est assumé par
l'ensemble des contribuables, que ce soit par les impôts municipaux que les
impôts gouvernementaux. Sinon, il n'aurait pas les moyens de se le
permettre.
Alors donc, je me
permets de conclure, il y a une redevance. Ça va financer la redevance. Puis le
projet que ça finance, c'est le REM, donc,
qui est un des volets pour obtenir, on le sait, à long terme, la stabilisation
pour obtenir un rendement de 8 % et donner le service sur tout
l'ensemble de nos réseaux.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le ministre. M. le député de Sanguinet.
M. Therrien : Je
vous entends bien sur la subvention, puis ce n'est pas là que j'en ai. Vous
avez totalement raison. Moi, ce que vous
dites, là, j'appuie ça à 100 %, là. Mais, tu sais, quand le gars de la
caisse vient ici puis dit : Ce n'est pas une
subvention, bien là, comment tu veux que je reste de bonne humeur, tu sais?
Puis, quand le ministre des Finances nous
dit, en 2015, qu'il n'y aura pas de subvention, puis que, tu sais, dans le
fond, c'est une subvention... Tu sais,
il faut juste être honnête. Puis vous êtes honnête, M. le ministre. Puis moi,
je suis parfaitement d'accord avec vous.
Ceci étant dit, est-ce que ça, ça va être bon
pour juste le REM ou des nouveaux projets qui pourraient éventuellement arriver
sur la table de quiconque qui pourrait offrir des services?
M. Lessard : Oui,
toute nouvelle offre.
M. Lessard : Toute nouvelle
offre pourrait bénéficier, après entente, d'un volet de financement sur cette
base-là.
M. Therrien :
O.K. Puis est-ce que l'ARTM doit exiger l'approbation du gouvernement pour
offrir ces redevances-là, vu que c'est...
M. Therrien :
Non, étant donné que c'est déjà encadré?
M. Lessard :
Le pouvoir habilitant est donné dans la loi. On n'a rien que donné certaines
limitations que les zones qui font
l'objet d'une redevance ne pourront pas assumer un deuxième volet pour des
services étant déjà taxés une fois.
M. Lessard : Sur
les...
Président (M. Iracà) : M. le député de Deux-Montagnes. Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
un à la suite de l'autre.
M. Therrien :
Oui, oui, ça va.
Le Président (M. Iracà) : M. le
député de Deux-Montagnes.
M. Charette :
Oui. Bien, en fait, merci. Dans cette même veine de toute nouvelle offre,
j'apprécie l'ouverture qu'a faite le
ministre dans ses explications. Peut-être revenir sur un enjeu qui avait été
soulevé lors des consultations sur le tracé
lui-même. On s'entend qu'il vise à répondre à certains besoins. C'est un tracé
qui visait aussi les axes potentiellement les plus rentables pour la Caisse de dépôt. Et on comprend bien le
principe. On ne s'y oppose pas, mais une des questions qui avait été soulevée, c'est sur les tracés
eux-mêmes. Si, éventuellement, et je pense avoir donné l'exemple de la
ligne de Deux-Montagnes, si on prolongeait
d'à peine un kilomètre, un kilomètre et demi, selon les différents tracés qui
avaient été retenus, la ligne de Deux-Montagnes, la gare de trains de Mirabel,
qui est discutée depuis des années et des années, pourrait trouver sa solution
à travers un simple prolongement, là, de la ligne de Deux-Montagnes.
Bref, on
comprend qu'il y a un tracé qui a été retenu. On compose avec, mais, une fois
le REM mis en service, lorsque
viendra le temps de regarder un petit peu comment rendre encore plus efficace
le réseau, comment répondre encore davantage aux problèmes de
congestion, comment ces questions-là seront abordées? Si, éventuellement, on
devait prolonger la ligne de Deux-Montagnes
jusqu'à Mirabel, ou si, sur la rive sud, on devait aller encore plus au sud, ou
si, dans l'ouest, on devait aller encore
plus dans l'ouest, quels seront les critères qui seront déterminés? Est-ce que
ce sera uniquement la rentabilité
pour la caisse ou, ultimement, la contribution au désengorgement de notre
réseau routier? Et, si ça devait aussi être une question de désengorger,
est-ce que le gouvernement pourrait exiger un prolongement, quitte à ce qu'il y
ait une contribution plus importante de sa part?
Bref, juste
voir un petit peu dans le moyen terme, comment s'assurer que ce réseau-là
continue à répondre aux besoins de la
population, pas uniquement au niveau de la rentabilité du projet, mais
également au niveau des principaux axes
de circulation. Alors, comment alléger la problématique très importante de
congestion autoroutière, notamment?
Le Président (M. Iracà) :
Merci, M. le député de Deux-Montagnes. M. le ministre.
M. Lessard :
Oui, tantôt — merci — j'ai donné une indication à savoir que c'est
l'autorité qui prend la décision. La
seule affaire, ce qu'on va voir dans 53, ce qu'on m'indique, dans l'article à
venir, c'est qu'elle a besoin quand même de l'approbation du ministre et
non pas du gouvernement. Donc, c'est souvent pour voir qu'elle est conforme,
qu'elle répond vraiment aux objets de la loi, mais ça va arriver dans l'autre
article.
le développement de l'offre de services, nécessairement, c'est la RTM qui fait
son analyse des besoins puis qui est capable d'y répondre avec les
contractants. Alors, s'il devait y avoir massivement, exemple, une poussée de
population, puis d'augmentation de services dans un secteur, puis que ça devait
se faire par le REM, qui serait l'outil, nécessairement,
on devrait remodifier l'entente avec la caisse, parce que ce n'était pas dans
le tracé qui avait été déposé initialement.
Et toujours les mêmes objectifs sont poursuivis par la caisse, son indépendance,
nécessairement, et de sa rentabilité. Puis nécessairement, honnêtement, si j'étais la caisse...
Si elle cherche ces deux objectifs-là, rassurez-vous, s'il y a une
poussée de croissance de la population dans un secteur dont elle pourrait
augmenter le nombre de wagons ou extensionner
sa ligne... Si on prend, mettons, Laval il y a quelques années, puis Laval
voilà 20 ans et Laval aujourd'hui... Laval, voilà 20 ans, bien, n'avait pas besoin, exemple, de métro.
Mais Laval, voilà quelques années, a dit : Bien, écoute, ça serait utile que le réseau se prolonge, parce
que, là, ça me permettra de densifier, ça me permettra d'augmenter le
débit, l'efficacité, etc., puis avoir...
Donc, ça a nécessité... Si on regarde la progression des communautés
métropolitaines, il y a certains
segments, peut-être Deux-Montagnes, qui est pas mal... Le maire est venu nous
dire : On est pas mal bâtis. À part de monter en élévation, on ne peut pas prendre beaucoup d'expansion sur
le territoire, mais, s'il devait y arriver quelque chose dans ce sens-là, comme, exemple, à Brossard,
où est-ce qu'on a vu une poussée de la construction autant commerciale que résidentielle avec, un, des terrains de
disponibles, nécessairement qu'il pourrait y avoir un prolongement.
Quelqu'un avait même soumis l'idée icitte de
se rendre jusqu'à Saint-Jean-sur-Richelieu si... Quand c'est rentable, c'est
justifié. Alors, c'est la RTM qui va le faire, mais elle conclura une
nouvelle entente.
Président (M. Iracà) :
Alors, toujours dans l'ordre, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Après, M. le député de Sanguinet.
Mme Massé : Oui. Bien, en fait, ça va un peu dans ce sens-là.
Si j'ai bien compris, «anyway», la RTM ne pourra pas, dans le futur, être complètement décrochée, par exemple, d'un plan de mobilité durable ou quoi que ce soit, là. Tout ça,
tu sais, ça prend une vision. Puis c'est d'ailleurs ce qui nous a toujours
achalés un peu dans le projet du REM, c'est-à-dire qu'on répond aux besoins de la Caisse de dépôt et non pas aux besoins de déplacement de la population,
des Montréalais, Montréalaises. Ce que je comprends, dans le futur, c'est
que la RTM aura cette responsabilité de lien avec le plan de développement. Mais j'ai pris une petite phrase que vous avez
dite et qui est écrite, que toute nouvelle offre de services pourrait se voir, par la RTM, soulignée
d'une entente, comme ça, de redevances. Et là je me suis dit : Oups!
Est-ce que ça inclut l'entreprise privée? Par exemple, Keolis, hein, Keolis,
qu'on soutient déjà par notre Caisse de dépôt et placement. Mettons que la RTM,
par une vision de plan de développement de mobilité durable, identifie qu'il est
urgent de répondre aux besoins des gens de l'est de Montréal. Et là Keolis,
comme acteur privé, dit : Ah! moi, je vais répondre à ça. La RTM serait tenue de lui verser des
redevances, de l'inclure dans ça? J'aimerais ça que vous me clarifiiez ça,
M. Lessard : Bien, actuellement, ça laisse peu d'espace pour un nouveau joueur
privé, sachant que les sociétés de transport,
le réseau de transport métropolitain occupent déjà les métros, les trains de
banlieue, les services d'autobus. Dans le fond, Keolis les amène en
quelque part pour prendre le réseau métropolitain. Donc, je pense que c'est la
théorie du champ occupé. Donc, il
couvre à peu près toutes les facettes de transport actuellement, là. Ça fait qu'il y a moins de possibilités que ça arrive, mais, si, exemple, dans un secteur
donné, on voit qu'un réseau nécessiterait de faire une avancée, bien, les
sociétés de transport qui sont déjà là pourraient proposer quelque chose et
pourraient améliorer puis répondre à la demande.
tiens aussi à dire quand même qu'il y a des orientations gouvernementales. La critique est venue, puis elle
était justifiée, à savoir que le
gouvernement ne s'est pas doté d'une politique de mobilité durable de
l'ensemble de ses transports, ce
qu'on est en train de faire, parce que, dans le document, ici, donc, ça lançait
aussi le fait qu'on se dotera d'une politique qui répond aux orientations gouvernementales de réduction de gaz à effet
de serre, les déplacements, l'augmentation... Bon, tous les coefficients d'occupation du sol, éviter
l'expansion des villes alors qu'on n'a pas fait le maximum, la
fluidité... Il y a beaucoup d'objectifs, la dépendance aux gaz fossiles, etc.,
donc, au pétrole.
Alors
donc, il y a beaucoup d'objectifs de donnés gouvernementalement. Là, il y a
aura la politique de mobilité durable.
On aurait souhaité qu'elle arrive avant un nouveau projet. Ce n'est pas la Caisse
de dépôt qui a dit, un matin : Je me lève, et bravo! Je pense que vous avez un problème pour aller à l'aéroport, puis je pense que vous avez un
problème pour aller sur la rive sud,
puis je pense que vous avez un problème... Non. Le gouvernement était saisi de ces deux difficultés-là, de ne pas avoir, comme communauté métropolitaine, un accès direct, un,
si on prend celui-là, là, de l'aéroport, comme quand on va dans les grandes villes organisées. Dans les grandes
métropoles du monde, il y a toujours un train direct, peu importe que ça s'appelle un réseau électrique,
mais une voie rapide, que ce soit le TGV en Europe, qu'on connaît bien, directement vers les centres-villes. Puis là, de là, bon, il y a
des trains ou des services d'autobus qui prennent le relais. Mais donc
on avait identifié qu'on avait un besoin à combler.
la Caisse de dépôt, c'est juste un autre opérateur qui vient
répondre à l'offre commerciale et qui dit : Bien, je suis capable de l'opérer, mais là vous devrez changer
ma loi, vous devrez me donner les pouvoirs. Si vous voulez que ce
soit moi, faites-moi de la place
législativement, puis je vais prendre ma place, puis je vais vous emmener à
terme un projet. Mais ils
construisent un service public. Ils ne construisent pas un service privé. Puis
la notion de public demeure, même si, un jour, elle disposait de ses
actifs ou pas.
Mme Massé : Oui, mais non. C'est-à-dire que, si la Caisse de dépôt, par manque de rendement — et on le souhaite, parce que c'est sa job, la Caisse de dépôt — n'arrivait pas à faire du rendement sur ce
projet-là, elle a toute la latitude de le vendre. Bien sûr, on sera certainement les premiers auxquels ils
cogneront la porte. En plus de l'argent qu'on aura investi, on se fera demander : Voulez-vous nous racheter
pour sauver votre bas de laine? Ça me rappelle vaguement une expérience
de la Caisse de dépôt qui, heureusement, est dans le passé.
Mais, moi, ma préoccupation à ce moment-ci, quand
vous dites, et vous avez raison, que ça répondait à deux besoins bien identifiés, l'aéroport, le pont Champlain...
Parfait, on s'entend. Mais la Caisse de dépôt nous amène complètement ailleurs avec son projet. Et c'est aussi une
critique qu'on ne peut pas mettre de côté. C'est le projet qui nous a été
présenté. Et, depuis ce temps-là, le
gouvernement du Québec roule à 200 milles à l'heure pour répondre à la
Caisse de dépôt en disant : Il y a, là, un nouveau modèle
d'affaires.
O.K. Alors qu'on est dans
une étape où, année après année, le transport collectif, dans ses investissements,
est en sous-financement, et j'entends la
STM, nos sociétés publiques, là, ce qui nous appartient collectivement, sont
en sous-financement... Arriverait-il un
moment donné où des réponses... Là, cette fois-là, wouf! ça a été la Caisse de
dépôt. Ça fait qu'on est encore capables de
laisser entendre, de laisser croire et de laisser porter cette idée que c'est
public. Mais ça ne l'est pas. Je
réitère, ils peuvent le vendre quand ils veulent, puis on n'a pas un mot à
dire. Peut-être premier acheteur, je veux
bien, mais ça va vouloir dire, premier acheteur, rajouter de l'argent sur de
l'argent qu'on a déjà mis pour être, comme dans toutes nos autres sociétés publiques, responsables de notre
transport collectif alors que... Et, M. le ministre, vous avez raison quand vous dites : Ça répondait à des
besoins, aéroport, pont Champlain. Bien oui. Mais c'est parce que, le
REM, il nous a annoncé quand même
15 nouvelles stations et un peu plus maintenant. Ça ne répond pas juste
à... Ils ont englobé ça. Mais, avec
le même argent, si on avait eu l'opportunité de regarder d'autres projets, vous
le savez comme moi qu'on aurait été capables d'aller vers des trucs du
type 130 nouvelles stations, un coût de déplacement moyen de
3 piastres au lieu de 20 piastres. C'est tout ça qu'on n'a pas eu
l'opportunité de discuter.
Ça fait que
ma crainte, quand je vois là et que vous me dites que, dans le fond, on va
modifier par l'adoption de cet
article-là un
article sur la
loi sur l'ARTM, l'autorité, que vous me dites que
ça va permettre à toute nouvelle offre de services de pouvoir avoir des redevances, si je comprends bien, des
redevances qui vont financer... Bien, moi, ma question, c'est de dire : Est-ce que ça inclut toute
nouvelle offre de services qui pourrait venir, par exemple, de l'entreprise
privée? Vous me dites qu'il y a peu de places. C'était vrai pour le Train de
l'Est. C'était vrai... Regarde, on pourrait refaire l'histoire à bien des
affaires. Mais, si on sous-finance nos services publics et, à un moment donné,
on dit : Bien oui, mais, «anyway»,
inquiétez-vous pas, on va répondre à ce besoin-là puis, les redevances, c'est
inscrit dans la loi qu'on est en
train d'étudier, la loi n° 137, qu'ils vont avoir accès à des redevances
pour se financer. Est-ce que ça inclut l'entreprise privée? Point barre.
M. Lessard :
Oui. Bien, en fait, je vais répondre à l'envers. Ça ne l'exclut pas. Mais
actuellement la Société de transport
de Laval, de Longueuil, de Montréal, le Réseau de transport métropolitain
couvrent les autobus, les trains, les métros.
Je ne sais pas, là, mais ça ne passera pas dans les airs, cette affaire-là, là.
À un moment donné, là, il faut que ça utilise
le réseau artériel. Et là le champ, il est couvert. Alors donc, le REM, c'est
un exploitant d'un réseau qui est existant plus l'extension d'un réseau sur la rive sud, etc. Ça ne remet pas en
question, d'accord, que, sur le... Est-ce qu'ils sont suffisamment
financés? On pourrait-u en faire plus?
La caisse n'a
jamais dit : C'est le dossier parfait, là. Elle n'a pas dit : Wow! Je
règle tout, là. Arrêtez de vous casser la
tête, là, je règle le rehaussement du financement dans le transport collectif
en général, plus j'invente un nouveau train électrique autonome, etc.,
dont les dessertes ne sont pas celles qui étaient seulement sur Deux-Montagnes,
Rive-Sud, aéroport, Sainte-Anne-de-Bellevue.
Elle arrive avec ça, puis on dit oui. Là, le gouvernement, il dit : Bien,
c'est vraiment ce qu'on voulait
combler comme offre de services. Mais, non, ça ne règle pas tout, puis ce n'est
pas parfait, c'est à parfaire. Mais
actuellement c'est un train, qui était déjà... Il existe. Ce n'est rien qu'on
va changer la technologie. Ce n'est pas le même train qu'on prend actuellement à Deux-Montagnes, là. C'est des
petits wagons. C'est souvent deux wagons. Je ne sais pas si ça va être deux ou trois pour... Moi, ce que j'ai vu à
Vancouver, c'est deux wagons ouverts autonomes, puis ça passe aux deux minutes. Donc, personne ne court
pour le prendre, parce qu'il sait que, dans deux minutes après, il va en
arriver un autre. Et donc c'est assez fluide.
Donc, je tiens à vous le dire, là, c'est, oui,
une entente. Mais ça prend deux personnes pour faire une entente. Et quelle
serait cette nouvelle génération d'autres services qui n'est pas un autobus, un
métro, un train ou un train électrique
autonome? Il y a des autobus... Je ne le sais pas, là. Il y avait le projet de
télécabine, là, qu'on me soumet, mais...
Le Président (M. Iracà) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé :
Merci. Mais donc ce que je comprends, c'est que notamment, là, dans
l'article 52, on réfère à 84.1, «L'autorité
peut financer le coût d'une nouvelle offre de services de transport collectif
résultant des ententes conclues en vertu de l'article 8...»
Là, vous me
dites : Ça peut être n'importe qui, y incluant la STM, etc. Bien sûr, là,
mais ça pourrait être n'importe qui d'autre. Donc, un, ce n'est pas
exclusif à la question du REM. Et ce que vous me dites, c'est, pour ne pas dire
clairement, qu'effectivement ça pourrait
éventuellement, cet article-là, faire en sorte que, dans x temps, il y ait une
nouvelle offre de services qui est offerte
par du privé et que l'Autorité régionale de transport va devoir payer une
redevance à cette entreprise privée là. Vous me confirmez que ça ne
l'exclut pas.
Le Président (M. Iracà) : M. le
ministre.
M. Lessard :
Non, non, c'est ça : elle peut conclure ce qui est compatible avec sa
fonction, là, l'ARTM. Mais, écoutez
bien, la télécabine, il paraît que ça existe. Tremblant en ont une. Ça s'appelle
monter une pente. Mais, s'ils devaient passer
au-dessus des autobus, des trains puis du métro à Montréal, peut-être qu'on
changerait les administrateurs aussi, mais,
bon, ça existe. Il y a quelqu'un qui a déjà parlé de ça. Nécessairement, il
doit pouvoir vivre. On le dit qu'il doit maintenir l'environnement favorable à la desserte et la
protection des services donnés, aussi, hein, dans les projets de loi, dans
les autres articles. Là, quand tu viens
rajouter quelque chose, tu ne dois pas cannibaliser des secteurs d'offres de
dessertes déjà donnés. Puis honnêtement,
moi, à part un train, un métro... un métro, les autobus, bon, on dit des trains
de banlieue, je ne sais pas, là, mais
la téléportation n'a pas été encore inventée, puis on ne pourrait peut-être même pas la taxer. Mais, bon, vous me posez la question.
L'article 52 dit : Attention! Si tu finances avec la redevance, ça ne
pourra pas diminuer ta contribution que tu fais déjà dans
le sous-financement dont vous vous préoccupez. Puis je l'ai déjà entendu.
Faites attention, ce n'est pas une façon de
faire en sorte que tu vas moins payer. Les contributions municipales vont demeurer à un niveau qu'elles étaient plus un certain
montant, un 15 %. Après ça, la taxe sur les carburants est déjà là, les
permis de conduire, les contributions des
usagers. La seule affaire qui pourrait baisser sur la contribution des usagers,
c'est avec l'ensemble de la
performance d'un réseau au-delà de 340...
M. Lessard : ...370 millions de déplacements. La seule affaire qui pourrait
baisser, c'est la contribution de l'usager, du tarif social qu'il paie déjà
de moindre que le coût de la desserte. Alors donc, moi, j'aime ça faire un peu
de pouce là-dessus, mais honnêtement, là, je ne vois pas qu'est-ce qui va
arriver de plus après ça, là.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Massé :
Mais, en même temps, vous comprendrez mes préoccupations. Quand vous dites
qu'il n'y a pas rien qui va
cannibaliser le réseau, le REM vient exactement cannibaliser le réseau existant
puisque le train de Deux-Montagnes, il
existe. Il aurait pu, sur un kilomètre, être amélioré pour quelque chose.
Peut-être qu'il va l'être d'ailleurs éventuellement. L'utilisation du tunnel Mont-Royal, une forme
de... Moi, je ne suis pas... Quand les... Non. Puis je n'irai pas là. Là où je veux
aller, c'est de dire : Quand vous me dites que ça ne se peut pas que ça
arrive parce que, dans
le fond, ça ne se fait pas dans la vie, bien, malheureusement, ça nous
démontre, le projet même du REM, que, lorsque certaines entreprises,
que ce soit une entreprise
publique comme la Caisse de dépôt et
placement ou parfois certaines entreprises privées, même avec une vision collective avec les gouvernements en place,
décident d'aller dans un sens, oui, on est capable de se cannibaliser.
Et je prends
vraiment, à
titre d'exemple, le REM, parce qu'avec les argents que nous mettons
collectivement là-dedans, avec le modèle
d'affaires de bien public, qui ne fait pas qu'être une dépense, mais qui est
aussi un actif qu'on met dans notre
balance, hein, bien, on aurait pu, avec cet argent-là, faire quelque chose de
complètement différent, un, qui aurait
répondu à vos deux demandes initiales, mais, deux, qui aurait largement répondu
aux besoins des gens des différentes couronnes,
y compris des gens de Deux-Montagnes, qui, bien sûr, commençaient à trouver que
leur train commençait à être pas mal plein puis qu'il ne passait pas
assez souvent.
Ceci
étant dit, ce qui m'inquiète plus dans cet article-là, c'est le fait qu'un jour
on pourrait se trouver collectivement à soutenir une entreprise privée
parce qu'elle n'est pas capable par elle-même de faire les profits qu'elle veut
comme entreprise privée dans le transport
collectif. Et je le comprends parce que, mondialement, c'est reconnu que, le
transport collectif, tu ne fais pas de cash
avec ça. La Caisse de dépôt semble nous dire autrement, mais on l'a compris en
bout de ligne, là, hein? C'est parce
qu'on y met énormément d'argent, parce que les municipalités vont... Bien,
finalement, on va continuer à
contribuer de cette façon-là. C'est parce qu'on va y aller d'une redevance.
C'est parce que ci, c'est parce que ça.
Alors,
moi, ma crainte, c'est que, là, si, avec une clause comme celle-là, on
dit : Toute nouvelle offre de service, et, le ministre me le dit clairement, ça n'exclut pas l'entreprise privée,
la région de Laval, mettons... desservir, je ne sais pas, moi, Saint-François, complètement à l'autre bout,
à un moment donné, se rend compte qu'elle n'y arrive plus tellement elle
est sous-financée... Ma collègue sait de
quoi je parle, là. Déjà, c'est compliqué de pouvoir se rendre là. Mettons que
la STL décide qu'elle n'y va plus parce
qu'elle n'y arrive pas. Elle n'y arrive pas. Elle n'a pas l'argent pour les
infrastructures. Puis là, bien, il y a une
entreprise privée — c'est
une question — qui
dit : Bien, nous autres, on serait capables d'y répondre avec tel modèle d'affaires dans la mesure où on a
cette redevance qui est à l'article 52 de la loi n° 137. Est-ce que,
ça, je suis dans un conte de fées là aussi?
Le Président
(M. Iracà) : M. le ministre.
M. Lessard :
Je ne vois pas dans quel conte vous êtes, là, mais, écoutez, la Communauté
métropolitaine de Montréal, elle est l'entité qui chapeaute l'ensemble du territoire,
elle délègue... Les Montréalais ou la Communauté métropolitaine se désigne, donc, la grande famille métropolitaine a
l'autorité sur l'autorité puis elle peut dire à l'autorité, parce qu'elle
lui envoie des administrateurs...
Mettons
qu'ils prennent des décisions qui ne font pas l'affaire de la Communauté
métropolitaine de Montréal. Savez-vous
quoi? Ils vont les retourner à la table à dessin. Je ne sais pas, moi, mais,
moi, le monde, tout le monde qui est sur le conseil d'administration, que ça soit de la CMM, puis autant que sur
le conseil d'administration de l'Autorité régionale de transport
métropolitain, autant que dans la Société de transport de Longueuil, c'est
gouverné par eux autres mêmes pour leur monde.
Moi,
là, des curiosités, là, je ne pense pas que je vais en voir bien, bien arriver.
J'ai pas mal confiance, moi, aux élus de la Communauté métropolitaine.
J'ai bien confiance aux administrateurs de l'Autorité régionale de transport métropolitain. J'ai bien confiance à la Société de
transport de Longueuil avec sa façon dont c'est administré, gouverné. Puis, si eux, à l'échelle de la Communauté
métropolitaine, ils trouvent que leur propre société n'y arrive pas parce
qu'ils ont un besoin à identifier, puis
qu'ils identifient une nouvelle façon de le donner, puis ils en conviennent
entre eux autres parce qu'ils doivent
se donner les approbations entre eux autres mêmes, tout ne se passe pas à
l'Assemblée nationale, bien, il y
aura un outil avec la redevance pour dire : Bien, on ne le faisait pas, on
ne l'avait pas, on en a un, on peut-u le faire? Conclus une entente puis
on est d'accord avec ça. Je suis pas mal d'accord avec ça, moi, en autant que
les conseils intermunicipaux de transport...
ce n'est pas le... si c'étaient des élus... c'est des élus, en général, qui
siégeaient là-dessus, autant que les comités des usagers, mais ce n'est
pas eux autres qui donnaient le service. Ils allaient en appel d'offres puis ils disaient, bien, à Keolis, puis à
n'importe qui qui a des autobus : Peux-tu m'organiser? Regarde, moi,
vois-tu, à telle
heure, tel jour, pour tel tarif, peux-tu être là? Oui, du matin au soir, aux
fréquences, aux heures, aux deux heures, aux trois heures, et puis on va
te payer tant pour faire ça. En fait, la prestation est donnée par le privé,
mais l'offre est organisée par le public.
Alors, je ne le sais
pas, là, vous faites un cas de style. Si, à Montréal, les réseaux n'arrivent
pas à satisfaire la population puis que le
moyen qu'ils ont trouvé par quelqu'un qui voudrait prendre un risque de donner
le service, le pire qu'il peut
arriver à la fin, c'est qu'il donne le service, il n'est pas rentable, il fasse
faillite. Mais la société, elle, elle est propriétaire du territoire,
c'est elle qui donne le service, c'est elle qui paie le service à partir de
toutes les sources de revenus qu'on a.
Gaspésie, à un moment donné, ils ont dit : Bien, on n'en fait plus.
Bien, ils se sont organisés, c'est rien que l'exploitant qui a changé. La façon de l'organiser, etc., c'est un autre
cas, mais... On fait beaucoup de temps, là, sur ça, mais, honnêtement, moi, je ne le crains pas. J'ai bien confiance
qu'une fois que les responsabilités sont données à la CMM, qui, elle,
chapeaute l'ARTM, qui, eux, travaillent avec les contractants que sont le REM
pour le train électrique, la Société de
transport de Montréal pour les
métros, etc., la Société de transport de Longueuil, Société de transport de
Laval puis le Réseau métropolitain de
transport, le RTM, bien là on couvre l'ensemble de la desserte de ce qui est un autobus,
un train, un métro, qu'il soit électrique ou quoi, là, transport adapté
incluant.
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Massé : En conclusion,
apprenons de nos erreurs. Parce que, M. le
ministre, je vous rappelle que,
justement, vous venez de parler de la Gaspésie.
L'encadrement est public, vous avez raison, sauf que, quand le privé, il ne
fait plus son profit, qu'est-ce qu'il dit? On retire notre offre.
là ça fait des citoyens et citoyennes qui se retrouvent dans des difficultés
de déplacement. Mais là c'est sûr qu'on parle de transport interurbain,
on parle de loin, mais je dis : Apprenons de nos expériences.
Moi, c'est juste ça,
ma crainte. Ce n'est pas que je n'ai pas confiance à l'ensemble des élus que
vous m'avez amenés, quoiqu'en même temps disons que les 15 dernières
années nous ont demandé à nous, citoyens et citoyennes, d'être vigilants et vigilantes par
rapport à l'ensemble
de nos élus. La corruption, la collusion, le partage d'information,
c'est des choses qui existent. Ça fait qu'on ne se mettra pas la tête dans le
sable.
Mais
ceci étant dit, quand on écrit ici que toute nouvelle offre de
service, même si elle vient d'un transporteur privé, ça m'inquiète justement
parce que... Allez voir les gens à Victoriaville, allez
voir les gens à Drummondville, allez voir les gens en Gaspésie qui, lorsque Keolis a décidé, puis, grâce à
des pressions énormes... ont finalement continué à offrir un petit peu le service,
décidé de tirer la plug parce que ce n'était pas rentable, c'est de cette erreur-là
que je ne voudrais pas qu'on se retrouve en disant qu'en plus on les
soutient financièrement.
Le Président (M.
Iracà) : Alors, merci beaucoup.
Lessard : Oui, bien, je ne vais pas embarquer dans tous les
éléments qui sont de la mauvaise gouvernance, mais, honnêtement, il y a, à l'Autorité régionale de transport
métropolitain, il y a 10 indépendants, cinq élus qui font le travail qui est attendu. Si, eux, il y a quelqu'un
qui erre là-dedans, bien, il erre, il sera puni comme n'importe qui.
Mais, en général, au nombre qu'ils sont, il devrait y avoir une protection.
Deuxièmement,
ce n'est pas un privé qui a un projet. C'est toujours l'ARTM qui a un projet.
S'il y a un privé qui veut soumettre
un projet à l'ARTM, «fine». Ça ne veut pas dire qu'ils vont dire oui. C'est eux
qui disent, dans la planification
qu'ils ont à faire et dans le financement qu'ils ont à respecter : Est-ce
que c'est possible que quelqu'un offre quelque
chose de différent qui ne change pas ou qui ne cannibalise pas les autres
services? Ils sont en mesure de recevoir toute demande en ce sens-là, mais ils ont surtout le loisir de dire non.
Alors, comme ils disaient non, comme ils peuvent dire oui pour n'importe
quel réseau en dehors de la CMM...
Mais
là, dans le transport interurbain, on est dans un autre type de discussion, là.
C'est pour ça que je vais me limiter au transport sur la CMM et à l'ARTM
qu'on a voté ici, à l'Assemblée.
Le Président (M.
Iracà) : Merci. M. le député...
Lessard :
...peut-être on... on est-u rendus à voter? Si on...
Le Président (M.
Iracà) : M. le député de Sanguinet.
Therrien : Étant donné que ça fait un petit bout, là, qu'on
a travaillé ensemble là-dessus, j'aurais peut-être une question.
Peut-être vous avez déjà répondu, mais je vais la reposer, hein, de toute
façon, c'est le moment, là.
on a une entente avec le REM, là, à partir du montage financier qui nous est
proposé, on signe, on s'entend, qu'est-ce
qu'il peut arriver si on s'aperçoit, d'un côté ou de l'autre, par exemple, si
la caisse s'aperçoit qu'elle ne fait pas du tout son 8 %, puis
c'est problématique?
si, d'un autre côté, le gouvernement ou l'ARTM se dit : Tabarslak, on a
été bien que trop généreux, on n'avait pas prévu ces choses-là, est-ce
qu'il y a moyen de renégocier, et, si oui, sur quelles bases?
Lessard :
Oui, à partir du moment qu'il y a deux parties qui ont conclu une entente... La
base contractuelle, au Québec, c'est l'entente, et ça se reflète dans un
document. Donc, tout document est susceptible d'être changé si les deux parties
s'entendent sur la finalité.
Maintenant, sur le rendement, la
caisse, quand elle prête, elle veut faire du 8 %, elle met les outils,
mais elle prend quand même le risque. Ça se peut que ça ne soit pas
8 %, mais ça, c'est le temps qui va nous le dire. C'est pour ça qu'elle
bâtit une infrastructure robuste, puis elle est si exigeante, puis que vous
trouvez qu'elle en fait trop.
Parce
qu'elle a deux fonctions. Donner le service, parce que nous aussi, on aura une
appréciation sur le service, elle a
nommé 27 stations, on a des attentes sur 27 stations, avec un taux de
fréquence, puis elle a déjà identifié dans les documents publics à quelle fréquence qu'elle va passer, etc. Mais, à la
fin, dans son coût de construction, il faut qu'elle contrôle ses coûts. Elle a fait un appel de
propositions, ils déposent, ils vont être obligés de suivre les entrepreneurs
pour qu'ils rentrent à l'intérieur des enveloppes parce que tout dépassement,
ça les impute sur leur rendement éventuel, sur les obligations qu'elle a prises
envers les deux paliers de gouvernement et les autres partenaires.
Puis,
à la fin, bien, elle serait obligée d'expliquer à ses actionnaires qu'elle n'a
pas atteint ou elle ne risque pas d'atteindre 8 %, mais, je ne sais
pas, 6 %, 7 %. Alors, il y a une conséquence aux administrateurs en
place de