Culture and Education — 5 November 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CCE 2019-11-05
Quebec — Committees
Nous
pourrions par ailleurs revoir cette loi pour l'améliorer et la simplifier de
manière à ce qu'elle réponde mieux aux
besoins exprimés par les différents acteurs concernés. Si une telle orientation
était retenue, je peux vous assurer de l'entière
collaboration de notre institution. Mais, si le projet de loi n° 40 était
adopté dans sa forme actuelle, et ce, malgré les préoccupations que je viens d'exprimer quant à l'absence de certains
principes démocratiques, je me questionne sur la pertinence de prévoir
des processus de désignation dans deux législations différentes.
Selon ce projet de loi, les conseils
d'administration des centres de services scolaires anglophones seraient régis par des règles précises, stipulées dans la
Loi sur
les élections scolaires, notamment en matière d'établissement de territoires
électoraux, de financement et d'encadrement
de dépenses électorales. En outre, des dispositions pénales sont prévues en cas
de non-respect des dispositions
législatives. Or, pour le milieu francophone, aucune de ces mesures ne s'appliquerait,
puisque les centres de services scolaires francophones seraient encadrés
par la
Loi sur l'instruction publique. Dans un souci de cohérence et d'équité, il pourrait être considéré de prévoir le processus
de désignation des membres des conseils d'administration des centres de services scolaires francophones et
anglophones au sein d'une même loi, la
Loi sur l'instruction publique.
De cette façon, le Directeur général des élections n'aurait plus de rôle à
jouer dans ce processus.
Certes, la
gouvernance scolaire fait l'objet de discussions, et les faibles taux de
participation enregistrés aux plus récentes élections scolaires y contribuent.
Devant cet état de fait, plusieurs propositions ont émergé dans l'espace public,
par exemple de tenir des élections scolaires
en même temps que les élections municipales et d'introduire le vote par
Internet.
Permettez-moi
d'apporter certaines précisions sur ces propositions. En 2010, nous avons rendu
public un rapport décrivant cinq scénarios possibles pour la tenue
simultanée des élections municipales et scolaires. Cette idée, bien
qu'intéressante, implique des modifications importantes aux législations
municipales et scolaires. Nous sommes d'avis qu'un
tel changement nécessite un large consensus chez les acteurs concernés.
Certaines provinces canadiennes tiennent ces élections le même jour. Le
taux de participation aux élections scolaires y est plus élevé, mais les enjeux
politiques municipaux monopolisent l'espace médiatique. Cela pose donc un défi
supplémentaire pour bien communiquer les enjeux
des élections scolaires aux électrices et aux électeurs afin qu'ils puissent
exercer leur droit de vote de façon éclairée.
Il y a un peu plus d'un an, je participais aux
travaux de la commission pour l'étude du projet de loi n° 185,
Loi reportant la prochaine élection scolaire générale et permettant au
gouvernement d'y prévoir l'utilisation d'un mode de votation à distance. Le 14 juin 2018, une motion a été adoptée à
l'Assemblée nationale. Elle nous mandatait pour réaliser une étude visant à proposer, dans un délai de deux
ans, un mode de votation à distance. Les propos échangés en commission
parlementaire évoquaient particulièrement le vote par Internet.
L'étude que
nous déposerons à l'Assemblée nationale en juin prochain fournira tout
l'éclairage possible sur les avantages et les défis associés à cette
modalité de vote pour tous les paliers électifs au Québec. Nous menons
d'ailleurs actuellement une grande
consultation citoyenne sur le sujet. Déjà, je peux vous informer que les
expériences de vote par Internet menées dans d'autres pays et dans certaines
municipalités canadiennes nous apprennent que ce mode de votation ne permet pas d'augmenter significativement la
participation électorale. On observe plutôt un déplacement dans le mode de vote, c'est-à-dire que les personnes habituées
à voter adoptent le vote par Internet au lieu de se rendre à un bureau de vote.
En terminant, j'aimerais parler de la
participation des élèves à la gouvernance scolaire. Nous regrettons que le
projet de loi n° 40 réduise le nombre de sièges réservés aux élèves du
secondaire au sein des conseils d'établissement. Cela va à l'encontre des efforts déployés pour intéresser et éduquer les
jeunes à la vie démocratique. Nous croyons que ce projet de loi devrait plutôt accorder une place plus significative
aux élèves, et, pourquoi pas, en les intégrant dans les conseils
d'administration des centres de services scolaires. Vous savez, l'éveil dans la
démocratie doit commencer tôt, bien
avant qu'une personne ait l'âge de voter. À cet effet, l'école a un rôle de
premier plan à jouer. C'est pourquoi nous croyons que l'éducation
à la démocratie doit s'inscrire dans le parcours scolaire des
jeunes afin qu'ils puissent faire l'acquisition de compétences civiques et exercer une citoyenneté active et responsable. Le sujet fait d'ailleurs l'objet
d'une recommandation dans notre dernier rapport annuel de gestion.
En conclusion, je tiens à réaffirmer
l'importance des élections scolaires en raison des principes et des valeurs
démocratiques qui les sous-tendent. Je suis à la disposition des membres de
cette commission pour travailler à toute réflexion
ou à tout aménagement permettant de parfaire la
Loi sur les élections scolaires.
Pour voter à une élection, nous devons
nous intéresser aux enjeux. Je rêve d'un projet permettant de redynamiser les
élections scolaires en travaillant de concert
avec les acteurs du milieu et d'identifier des solutions pour favoriser un
intérêt renouvelé envers la gouvernance du milieu de l'éducation. Je
vous remercie de votre attention.
Présidente (Mme Thériault) : Merci beaucoup, M. Reid. Donc,
sans plus tarder, je vais me tourner vers le ministre. M. le ministre,
vous avez 16 minutes pour votre période d'échange.
M. Roberge :
Merci bien, Mme la Présidente. Merci, M. Reid. Merci à tous ceux qui ont
préparé cette présentation.
Vous avez
abordé plusieurs éléments du projet de loi ou principes sous-jacents au projet
de loi. À la toute fin, vous avez
parlé de l'importance de l'éducation à la démocratie. Je peux vous dire que,
personnellement, je trouve ça très important aussi, pour avoir enseigné un certain temps au troisième cycle du
primaire. Et, dans les notions d'histoire, en fait, d'éducation à la
géographie, histoire, éducation à la citoyenneté, il y a ces principes-là. Mais
évidemment il faut y revenir plus tard, mais on voit quand même, au troisième cycle du
primaire, le passage de la Nouvelle-France, avec la monarchie, après ça,
bon, les premières élections de 1791, avec
plus ou moins de succès, puis après ça les élections qui s'en viennent. Puis
c'est vrai qu'au départ il fallait être propriétaire terrien pour avoir
droit de vote. Ça fait qu'on a quand même fait du chemin.
D'ailleurs, un des éléments qu'on veut mettre de
l'avant aussi, avec la réforme complète du cours Éthique et culture religieuse pour aller davantage vers un
cours de citoyenneté... on tiendra des consultations là-dessus, mais un des thèmes qui va être soumis à la consultation, puis
on pourra vous revenir ou vous consulter, puis certainement que vous serez
consulté pour ça, viendra certainement
renforcer les cours d'éducation au mécanisme démocratique puis à la
participation citoyenne. Donc, ça, j'ai bien aimé que vous fassiez
référence à ça dans votre présentation.
Vous avez
fait, à la page 3, référence aussi à ce qui s'est passé en 2016, et j'y étais,
de l'autre côté de la table, quand il
y a eu le projet de loi n° 86 du précédent ministre de l'Éducation. Je ne
peux pas le nommer, mais c'est un des quatre qu'il y a eu dans... le
deuxième de quatre dans la précédente législature du gouvernement libéral, vous
ferez le calcul.
La Présidente (Mme Thériault) :
Vous pouvez le nommer.
M. Roberge : Oui? O.K., bon,
c'est M. Blais. Puis ce n'est pas une attaque, c'est juste pour qu'on se
repère. Donc, c'était le ministre Blais qui était là, qui parrainait le projet
de loi n° 86, qui venait, bon, peut-être timidement, mais, quand même, proposer de revoir complètement
la démocratie puis la gouvernance scolaire. Pour nous, c'était timide,
mais c'était certainement un pas audacieux pour répondre à la volonté des
citoyens qui s'étaient exprimés aux dernières élections scolaires en 2014.
Il faut se
souvenir que le premier ministre, M. Couillard, avait dit, à l'époque,
avant les élections 2014 : Les taux de participation aux élections
scolaires sont très, très faibles, trop faibles, est-ce que les citoyens sont
mûrs pour qu'on change ça, pour qu'on les revoie ou qu'on les abolisse?
Il avait appelé directement, le premier ministre, je me souviens, en point de presse : Écoutez, là, si vous
voulez que les élections soient maintenues, allez voter, exprimez-vous, sans
quoi, s'il n'y a pas assez de gens
qui vont voter, cette fois-ci on comprendra que vous n'êtes plus intéressés à
ce processus-là puis on amènera autre
chose. Les Québécois ont entendu ça. Chez les francophones, il y a eu moins de
5 % des gens qui sont allés
voter. Conséquemment à ça, il y a eu le projet de loi n° 86 du ministre
Blais, qui a été retiré. Bon, malheureusement, pour nous, ça n'allait
pas assez loin, et en plus ça a été retiré, donc ça a certainement avorté comme
tentative. Ceci dit, il fallait quand même... Il y avait de la suite dans les
idées, hein? On prend une position, on énonce quelque chose, les citoyens entendent. Pour moi, c'est une espèce de
référendum qu'il y a eu, en 2014, sur les élections scolaires. Quand le premier ministre dit : Écoutez, la
gouvernance scolaire va changer en fonction de cette élection-là, puis
95 % entendent ça, ils se
disent : Parfait, je vais m'exprimer en n'allant pas voter, il fallait
changer les choses. Donc, ça n'a pas été fait sous le précédent
gouvernement libéral.
On arrive
avec une proposition, et une proposition qu'on a modulée au fil de nos
rencontres avec la communauté
anglophone. Il faut le dire, on a définitivement évolué dans la dernière année
pour arriver, dans les deux cas, avec une transformation
en centres de services scolaires, avec un conseil d'administration, avec une
décentralisation importante de la
prise des décisions, mais un ajustement pour la communauté anglophone. Et je
dois dire que votre équipe, l'équipe du... tous les fonctionnaires, les
légistes, tout le monde qui travaille avec vous nous ont beaucoup aidés à
rédiger cette modification-là, parce que,
quand on a pris cette orientation de dire : Bien, il faut maintenir le
suffrage universel au moins pour une
partie du conseil d'administration pour les anglophones, finalement, c'est, grosso
modo, les deux tiers et un peu plus que les deux tiers dans la
mécanique, votre équipe nous a beaucoup aidés en nous disant : Bien, il
faut garder les territoires. Maintenir le
suffrage universel, le droit de vote à tous, c'est correct, mais, au-delà de
ça, votre équipe nous a guidés en disant : Bien, il faut garder les
territoires, et ce qui nous a amenés à moduler même le nombre de places sur
le conseil d'administration du côté anglophone versus le côté francophone.
Certains vont
dire que c'est un problème parce qu'il y a, donc, deux réseaux qui auront une
nuance, pas une grande différence, mais, quand même, une nuance dans la
gouvernance. D'autres vont y voir, au contraire, une écoute puis diront que...
Au contraire de ce que certains disent, on n'est pas obstinés, on n'est pas
bornés, on est à l'écoute. On est capables, même, de moduler une proposition en
tenant compte de ce que disent les gens, puis de la moduler encore, une fois de
plus, en fonction de ce que disent
les experts du Directeur général des élections. Donc, je pense qu'on a démontré
ça, et ça montre l'évolution dans le temps.
Maintenant,
vous avez abordé — puis je
vais vous poser une question là-dessus — la question du vote électronique. Donc, ma question, c'est sur le vote électronique.
Vous nous avez dit clairement : Le vote électronique, d'après la recension
que vous en avez faite et que votre équipe a
faite, ne permet pas une augmentation du taux de vote. Ça a été testé ailleurs.
Donc, ce serait une fausse avenue de dire :
Bien, passons au vote électronique, les gens vont aller voter. Mais par contre
ma question, c'est : Est-ce qu'il y
aurait une baisse de coût? Et là je pense peut-être à d'autres élections, du
côté anglophone, où on va maintenir
le suffrage universel pour au moins deux tiers des membres, est-ce qu'on
pourrait espérer une baisse de coût dans le cas de vote électronique?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. Reid.
M. Reid
(Pierre) : C'est difficile
de dire s'il y aurait réellement une baisse de coût si vous maintenez les deux
modes de votation, disons, le vote
traditionnel avec papier avec le vote par Internet. Et également, tout
dépendant de l'usage, de la
périodicité d'utilisation du vote par Internet, effectivement, les constats
qu'on fait, autant, comme je l'ai mentionné, dans des pays en Europe... Puis je prends, entre
autres, la Suisse, qui l'utilise beaucoup parce qu'ils ont, entre guillemets,
des référendums, je ne dirais pas à
toutes les semaines, mais, de façon périodique, on va... Puis, même du côté
ontarien, on n'a pas constaté, comme vous le
mentionnez, d'augmentation substantielle, sauf que le vote par Internet,
l'utilité qu'il pourrait avoir, c'est de permettre à des gens de s'exprimer
quand ils n'ont pas d'autre choix.
Et je pense, entre
autres, pour avoir lu... je prends l'exemple des communautés... des commissions
scolaires anglophones, elles ont de grands
territoires et la possibilité, entre autres, de voter le dimanche. C'est du
vote par anticipation, il y a moins
de bureaux de vote. Et je lisais, dans un mémoire, qu'il y a des gens qui
n'exerçaient pas leur droit de vote en raison
des longues distances, puis ça, ça se vérifie également à d'autres paliers
électifs. Le vote par Internet pourrait être une solution pour permettre
à ces gens d'exercer leur droit de vote.
Mais je ne veux pas
m'avancer plus que ça sur l'utilité en raison des consultations qu'on fait
actuellement. C'est là que j'ai hâte
d'entendre et de lire ce que les citoyens auront à nous dire sur le vote par Internet
et également sur le niveau d'acceptabilité sociale, si je peux me
permettre cette expression, pour l'utilisation du vote par Internet.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin : Merci,
Mme la Présidente. Merci de votre
présentation, que je trouve très intéressante dans ce qu'elle dit
explicitement, mais ce qu'elle dit implicitement aussi.
Vous
mentionnez spécifiquement qu'en tant que Directeur général des élections, pour
vous, vous ne pouvez vous réjouir de l'abolition des élections scolaires. On
comprend, dans votre rôle, ce type de position là. Évidemment, implicitement,
vous nous laissez comprendre, par exemple quand vous parlez de votre
disposition à participer à des processus pour redynamiser
des élections scolaires, que vous reconnaissez le résultat décevant des
dernières élections. Et là je ne pense pas que, dans votre rôle, vous pouvez
vous prononcer sur ce que signifie... par exemple, le fait que près de la
moitié, là — on
parle de 45 % — des
commissaires ont été élus, finalement, par acclamation, que le taux de
participation de 5,5 %, dans le contexte politique dont a parlé le
ministre, signifiait aussi quelque chose. Et je pense que c'est de ce
diagnostic que, finalement, vous tracez...
sans donner des chiffres, mais que vous tracez en filigrane en reconnaissant
qu'il y a des difficultés, en ce moment, dans les élections scolaires, dont on
part ici, au gouvernement, pour proposer un projet de loi comme le projet
de loi n° 40 pour essayer de passer à autre chose.
Alors,
évidemment, dans le contexte où vous parlez de la gouvernance des élections
scolaires comme étant quelque chose à
maintenir... Selon vous, évidemment, il y a d'autres institutions qui n'ont pas
nécessairement d'élections, mais qui fonctionnent
bien, notamment les cégeps, les universités, où il y a des conseils
d'administration avec des gens très impliqués, des gens qui ont une compétence tant dans la gestion, mais aussi pour
représenter les institutions, des
gens qui proviennent de l'institution, des gens, aussi, qui représentent
les utilisateurs et la communauté autour. Est-ce que vous trouvez que, dans le contexte où il y a des conseils
d'administration pour nos institutions d'enseignement supérieur, c'est une formule
qui fonctionne bien, du moins pour les institutions supérieures? Et à quel
point ce type de gouvernance pourrait être intéressant aussi, comme on
propose dans le projet de loi n° 40, pour des institutions d'enseignement
comme les écoles?
M. Reid (Pierre) : En fait, les exemples auxquels vous référez... Si
je prends les cégeps, il n'y a jamais eu de processus électoral comme tel. Mon souvenir, du côté des
services de santé et services sociaux, je pense qu'il y a déjà eu des
élections. Et, là encore, c'est une lecture que j'ai déjà faite sur ça,
je pense que, dans la loi actuelle, on maintient l'élection de deux personnes de la communauté à un genre de
suffrage universel. On a même une mécanique... je ne veux pas trop m'étendre
sur ça, mais une mécanique où il y a la
possibilité que les candidats et candidates puissent tenir... puissent être...
débattre, si on peut dire, lors d'une
assemblée où les citoyens sont invités, et également toute la publicité qui
peut être faite sur les candidats et candidates.
Moi,
je vous dirais que, les élections scolaires, le suffrage universel, là, c'est
1971. Montréal, Québec, je pense, c'est deux ou trois années plus tard. J'oserais qualifier que c'est une jeune
démocratie. Puis là je pose ma question : Est-ce qu'on lui a
vraiment donné la chance de vivre, à cette démocratie scolaire? Je pose la
question.
Puis,
quant au taux de participation, je vais vous rappeler qu'en 2016, pour le
projet de loi n° 86, j'avais questionné... parce qu'on disait : Oui, mais le taux de participation... mais on
peut regarder les taux de participation, également, du côté municipal
lors d'élections partielles, puis même dans des municipalités où il ne se tient
pas d'élection. Il y a diverses explications. Il y en a que j'ai entendu qui me
disaient : Bon, c'est un choix que les citoyens d'une municipalité peuvent
faire pour éviter des coûts. Mais je pense
que c'est pour ça que le taux de participation, il peut être indicatif, mais ce
n'est pas la seule valeur. Puis les gens vous diraient : À partir du
moment où on a accordé le droit de vote au suffrage universel, si on commence à s'en tenir seulement au taux de
participation, est-ce que c'est le meilleur paramètre ou le meilleur indice?
Est-ce que, dans le fond, on n'accorde pas aux gens la liberté de l'exercer ou
de ne pas l'exercer?
M. Chassin :
Je veux peut-être rajouter, dans ce cas-là, une question, parce que vous avez
effectivement une réflexion... Il y a
plusieurs indicateurs. Que ce soient, par exemple, les élections ou, enfin, les
commissaires élus sans opposition ou que ce soit le taux de
participation, ce sont effectivement certains indicateurs. Mais par ailleurs,
dans le taux de participation, j'ai une
impression — puis là
je vous demande si vous, dans votre expertise, vous avez quelque chose pour
appuyer cette impression — j'ai l'impression que ce n'est pas seulement que les gens ne
veulent pas, par exemple, prendre le temps de voter, mais qu'ils ont peut-être
l'impression d'être mal informés des enjeux. Donc, la possibilité pour des citoyens de prendre du temps pour s'informer
des enjeux, des différentes candidatures, s'ils ne voient pas ça comme
prioritaire pour toutes sortes de raisons, ça peut donner des taux de
participation plus faibles. Est-ce que, quelque part, vous avez, par sondage ou par écho, une information sur le temps que les
gens considèrent devoir prendre pour s'informer des enjeux scolaires?
La Présidente (Mme Thériault) :
1 min 30 s pour répondre.
M. Reid (Pierre) : Non, je n'ai pas d'information sur le sujet.
Mais, je pense, ça va de soi que je pense que, dès qu'il y a un enjeu, les gens vont s'y intéresser.
Mais en même temps on peut se demander, même au niveau... pour l'ensemble
de la population qui a été sensibilisée à la
tenue d'élections scolaires, que ça soit dans les journaux... puis également de
débats qui ont pu se tenir. Puis, quand on
dit que les candidatures... Je pense que, disons, par acclamation, comme on
dit, à plus de 40 %, bien, c'est
sûr que ça a aussi peut-être un impact aussi sur le taux de participation parce
que, s'il n'y a pas d'intérêt pour les candidatures, bien, est-ce que
les gens ont quand même de l'intérêt?
Mais
l'exercice qui pourrait être fait... Prenez la dernière campagne provinciale,
aucun média ne traite de la période... des enjeux des partis politiques,
personne n'en parle, vous n'en voyez pas dans les journaux, vous n'en voyez pas
à la télévision, j'aimerais voir quel serait
le taux de participation, qui a baissé aux dernières élections. Est-ce qu'il va
continuer de baisser? Le taux de
participation aux élections municipales, bien, a baissé également, malgré
toutes les campagnes de publicité, de
sensibilisation qu'on a pu faire. Mais la publicité électorale n'est pas une
solution miracle. Je pense, c'est un travail
de longue haleine. On doit parler de démocratie, que ce soit démocratie
scolaire, démocratie municipale, démocratie provinciale. On en parle
avant les élections, pendant les élections et on doit en parler après les
élections.
La Présidente
(Mme Thériault) : Et ça
met fin à l'échange. Donc, je me tourne maintenant du côté de la députée
de Saint-Laurent, de l'opposition officielle. Vous avez
10 min 40 s.
Mme Rizqy : Merci beaucoup.
C'est quoi, déjà, le nom de l'établissement qui vous abrite?
M. Reid (Pierre) : Pardon?
Mme Rizqy : Le
nom de l'établissement qui vous abrite, il porte quel nom?
M. Reid (Pierre) : L'édifice René-Lévesque.
Mme Rizqy :
Merci. Un référendum, ça se répond avec une question, par oui ou par non,
généralement?
M. Reid (Pierre) : Généralement, oui.
Mme Rizqy :
Qu'avez-vous pensé, en 2014, lorsque le député de L'Assomption, qui était le
chef de la Coalition avenir Québec, qui est maintenant le premier
ministre du Québec, a invité les gens ainsi que les élus à ne pas voter aux commissions scolaires et qu'il a dit qu'en fait
c'est un référendum, alors il ne faut pas aller voter? Est-ce que ça suit la
logique d'un référendum, ça?
M. Reid (Pierre) : Je vous laisse le soin d'en débattre entre vous. Je ne veux pas
m'immiscer dans une joute politique, comme je l'ai déjà mentionné dans le
passé.
Mme Rizqy :
Pourtant, sur votre site Web, c'est bien marqué, quand même, que vous êtes là
aussi pour promouvoir la démocratie puis les élections,
non?
Mme Rizqy :
Alors, est-ce que des élus qui invitent les gens à ne pas aller voter, ça fait
la promotion de la démocratie?
M. Reid (Pierre) : Je laisse le soin aux gens qui font ces déclarations d'apprécier leur
intervention.
Mme Rizqy :
Existe-t-il de la petite démocratie?
M. Reid
(Pierre) : Il existe
une démocratie. Puis, si on regarde les différents paliers électifs, j'ai déjà
dit : Que ce soit le palier électif au niveau
scolaire, municipal et provincial, pour nous, ils sont tous sur un pied
d'égalité.
Mme Rizqy :
Parfait. Est-ce qu'il y a un coût à la démocratie, puis ça devient trop cher,
puis qu'on devrait avoir une excuse de ne pas faire de
démocratie?
M. Reid (Pierre) : Il y a toujours un coût. Ce qu'on essaie de faire, c'est de les
minimiser, d'essayer de voir s'il y a de
nouvelles façons de faire pour diminuer les coûts. Je dois vous dire que,
présentement, le défi qu'on peut avoir, entre autres au niveau provincial, comme d'autres ailleurs au Canada,
c'est le recrutement du personnel électoral. Donc, on regarde de plus en
plus l'utilisation de technologies qui, effectivement, pourraient probablement
diminuer le coût, parce que vous savez que,
lors d'une élection provinciale, plus de... puis le coût est de
94 millions de dollars, incluant le financement qui est versé aux partis
politiques, et la moitié du budget, un peu plus que la moitié du budget, c'est
pour la rémunération du personnel électoral.
Mme Rizqy : Puis
le droit de vote, est-ce que... Pardon. Est-ce que la démocratie, là, pour ceux
qui nous écoutent, c'est le droit de vote ou c'est le droit de vote et de se
porter candidat?
M. Reid (Pierre) : Bien, c'est les deux. Dans le fond, vous avez le
droit de vous porter candidat et vous avez le droit de
voter, les deux vont ensemble.
Mme Rizqy :
Merci. Tantôt, vous avez fait référence à différentes publicités. Est-ce que
vous faites de la publicité pour les élections
provinciales?
Mme Rizqy :
Est-ce que vous en faites pour le municipal?
Mme Rizqy :
Est-ce que vous en faites pour le scolaire?
Mme Rizqy :
Parfait. Puis, là-dedans, les
budgets, c'est quelle proportion pour le scolaire, provincial et municipal,
environ?
M. Reid
(Pierre) : Les budgets, je
vous dirais, pour 2014, écoutez, il y avait une différence, au niveau municipal... puis là je veux faire attention aux chiffres,
il y avait une différence de 1 million de plus pour le niveau municipal
qu'au niveau scolaire, mais il faut dire
qu'au niveau scolaire, là encore, à moins que je me trompe, on avait utilisé la
même publicité qu'il y avait eu pour l'élection précédente.
M. Reid
(Pierre) : En 2014,
573 000 $. Et, du côté municipal, je pense, c'était autour de
1,2 million ou 1,5 million, là.
Mme Rizqy : Comment? Pardon.
Puis maintenant pour... vous avez transmis, le 23 mai 2019, une
lettre au ministre Roberge...
La Présidente (Mme Thériault) :
...Mme la députée, ministre de l'Éducation. Merci.
Mme Rizqy : ...oui, ministre de
l'Éducation, et là je vous cite : «Je vous ai transmis, le
9 novembre 2018, une correspondance portant sur la réforme du mode de
scrutin.» Vous dites, dans cette lettre, que vous n'avez jamais reçu... même pas un accusé de réception puis que c'est
laissé, en fait, silence radio de la part du ministre. Ça, ce sont... vous qui
écrivez, qui dites qu'au fond vous avez besoin d'obtenir des réponses pour
aller de l'avant.
Alors, tantôt,
quand il disait comme quoi il vous a aidé, j'aimerais savoir il vous a aidé à
quoi, si, entre le 9 novembre 2018 puis le 23 novembre,
il ne vous répond... 23 mai, il ne vous répond pas, et que, finalement, le
3 septembre, vous avez un accusé de
réception de 2019. Donc, si je comprends bien, vous avez mis du temps, de
l'énergie pour préparer un mode de
réforme de scrutin, vous avez besoin d'avoir des indications du ministre, mais
vous n'avez pas d'indications pour savoir qu'est-ce qui s'en vient dans
le réseau de l'éducation?
M. Reid
(Pierre) : Oui, mais ce
n'est pas la réforme du mode de scrutin comme on peut le... ça n'a pas de
référence avec le projet de loi
n° 39, mais c'était principalement parce qu'il y avait une volonté du
gouvernement précédent, dans le
projet de loi qui a été adopté, peut-être d'introduire le vote par Internet
lors des prochaines élections scolaires, et à ce moment-là c'était de
voir est-ce qu'on va consacrer nos énergies à faire l'étude et à consulter la
population quant à l'utilisation du mode de
vote par Internet aux trois paliers électifs ou bien si on devra consacrer,
également, énergie et temps quant à
l'introduction du vote par Internet lors des prochaines élections scolaires. Et
j'ai compris qu'effectivement ce n'était pas la volonté, là, à la fin juin, parce que j'avais dit qu'on avait
quand même un délai à respecter si on voulait être en mesure
d'introduire le vote par Internet, mais je n'ai pas...
Mme Rizqy :
Juste pour bien comprendre, juste parce que, là, les gens qui nous suivent...
Il y a quand même eu ici, à l'Assemblée nationale, une loi qui portait
sur reporter les prochaines élections. Vous, vous avez reçu un mandat qui était de faire en sorte d'être peut-être en mesure
d'implanter un vote électronique, vous avez commencé à mettre de l'énergie
là-dedans. J'imagine que vous avez eu des ressources pour travailler dans ce
projet-là?
M. Reid (Pierre) :
Oui, mais on ne s'est pas investi tant que...
M. Reid (Pierre) : Non. On a commencé à regarder, parce qu'on
dit : De toute façon, les travaux qu'on peut faire pourront nous être utiles pour plus tard, mais
sauf qu'on avait quand même un délai à savoir est-ce qu'on continue, est-ce
qu'on consacre encore plus de temps et d'énergie
à cela. Et c'est sûr qu'en juin on a dit : Nous, on va poursuivre l'étude
et l'analyse, là, que nous avons entreprises avec le mandat quant au vote par
Internet.
Mme Rizqy :
Donc, pendant six mois, vous n'avez pas eu de réponse de la part du ministre de
l'Éducation, puis par la suite vous
avez décidé qu'il n'y avait pas d'appétit, donc votre énergie est sensiblement
descendue dans la volonté d'aller plus loin dans le vote électronique.
J'aimerais
maintenant savoir, au niveau municipal, parce que c'est souvent les
comparables, vous avez combien de municipalités où est-ce que c'est par
acclamation, au Québec, que les maires sont élus?
M. Reid (Pierre) :
En moyenne ce serait, disons, à peu près 50 %, 55 %.
Mme Rizqy :
En termes de nombre? Parce qu'il y en a qui parlent de
4 300 municipalités, où est-ce que, justement...
M. Reid (Pierre) :
4 300 municipalités? Non, il y en a 1 100. Il y a
1 100 municipalités au Québec.
Mme Rizqy :
Pardon, pardon, c'est moi qui ai mal lu, 1 100 municipalités qui
n'ont pas voté à ce jour, étant donné que leur candidat à la mairie a
été élu par acclamation, faute d'opposition.
Mme Rizqy :
1 100 municipalités. Si on suit la logique, en ce moment, du p.l.
n° 40 — on dit
qu'il n'y a pas assez de gens qui
vont voter — est-ce
que ça peut être inquiétant, par exemple, pour une municipalité comme
Saint-Stanislas ou une communauté
d'environ 1 000 habitants située à Trois-Rivières, où est-ce que, par
exemple, c'est aussi par acclamation? Si
on commence à être dans cette logique gouvernementale que, si on n'a pas assez
de gens qui vont voter, peut-être que les plus petites municipalités, un
jour, on va suivre une logique comptable?
M. Reid
(Pierre) : Bien, en fait,
nous, l'intervention qu'Élections Québec fait, c'est justement de susciter,
dans le fond, les candidatures, amener les gens à voter. Comme je le disais
plus tôt, quand on parle de
démocratie représentative, c'est important d'en parler avant, pendant et
après les élections.
Quand on parle d'éducation à la citoyenneté,
c'est pour ça qu'on a des programmes, dont un programme avec l'Assemblée nationale, qui est Vox populi, on
intervient dans des écoles pour aider les conseils d'élèves à se constituer.
Mais, quand on parle d'éducation à la
citoyenneté, c'est important auprès de nos jeunes, il faut les préparer, il
faut qu'il y ait de la connaissance. Mais je lisais récemment le rapport du
Conseil supérieur de l'éducation 2005‑2006, et on parlait, là aussi,
d'éducation à la citoyenneté, mais pas seulement des jeunes, mais également des
citoyens. Et je pense qu'il y a de l'éducation à la citoyenneté à faire auprès
de tous les électeurs et électrices, peu importe leur âge. Je pense, je dirais,
qu'il y a un déficit d'information à ce
niveau-là, et c'est de trouver les meilleurs moyens. Mais vous comprendrez que
ce n'est pas le Directeur général des élections qui va arriver avec une
solution miracle. Je pense, ça demande la participation de tout le monde,
puis, autant que possible, dans un esprit non partisan.
Présidente (Mme Thériault) : Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, un peu moins de deux minutes
au temps de l'opposition officielle.
Mme Maccarone :
Bon, très rapidement, j'aurais deux questions. Pouvez-vous expliquer la
différence entre le vote pour la communauté anglophone et francophone,
puis pourquoi qu'il y a tellement un grand écart?
M. Reid (Pierre) :
Je n'ai pas saisi votre question.
Mme Maccarone : Oui.
Pouvez-vous expliquer la différence entre le vote de la communauté anglophone
et francophone, puis pourquoi qu'il y a tellement un grand écart de
participation?
M. Reid
(Pierre) : Bien, le taux de
participation, effectivement, au niveau francophone, ça tourne autour du
5 %; du côté anglophone, je pense qu'en 2014 c'était autour du
16 % ou du 17 %. Ça peut être... C'est un phénomène qu'on peut
observer également au Canada. Je pense que les communautés ou les groupes
minoritaires sont... comment je pourrais...
tiennent à leurs institutions, et je pense qu'il y a une motivation à aller
voter. C'est une explication, mais on peut l'observer ailleurs au
Canada.
Mme Maccarone : Mais c'est
quelque chose qu'on pourrait reproduire dans la communauté francophone,
n'est-ce pas, le sens d'appartenance?
M. Reid
(Pierre) : Là encore, ça va
tout avec ce que je mentionnais précédemment, c'est vraiment une
sensibilisation, essayer de... je
terminerais en disant de redynamiser, là, dans toutes la... les élections
scolaires. Mais c'est de voir par quels moyens, autant du côté francophone qu'anglophone, qu'on peut, dans le
fond, dégager des enjeux et d'amener les citoyens à
s'intéresser à la chose. On parle quand même de l'éducation. Moi, je pense que,
parents, non-parents... puis je pense qu'en région ça va peut-être intéresser
particulièrement tout le monde, l'enjeu de l'éducation. Et, en ce sens-là, je pense
que c'est de trouver les bonnes façons de rejoindre les gens et de les
sensibiliser.
Mme Maccarone :
Oui, parce qu'il y a beaucoup d'autres problèmes, à part de... Vous avez
mentionné le financement, mais, les listes
électorales, il faut réviser ceci. Ce n'est pas juste les distances pour avoir
un bureau de vote ou vote par
anticipation. Savez-vous si le gouvernement finance les élections scolaires
comme ils le font pour le municipal, provincial?
La Présidente
(Mme Thériault) : Rapidement, cinq secondes, s'il vous
plaît.
M. Reid (Pierre) : Bien, je veux dire, ça fait partie... c'est les
commissions scolaires qui les administrent, donc c'est dans leur budget.
D'où l'argent vient, écoutez...
Mme Maccarone :
Ce n'est pas financé, d'abord, par le gouvernement. Ça n'a jamais été financé,
ça fait que cet argent-là est sorti de la classe scolaire...
Présidente (Mme Thériault) : Merci, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, ça met fin à l'échange. Nous
sommes rendus avec la députée de Sherbrooke, 2 min 40 s.
Mme Labrie :
Merci. Est-ce que, pour vous, en tant que Directeur général des élections, il y
a des démocraties de valeurs différentes au Québec ou toutes, bien, les
démocraties devraient avoir la même valeur?
M. Reid (Pierre) : Comme je l'ai dit antérieurement, que ce soit au
niveau scolaire, municipal ou provincial, pour nous, ce sont des élections qui sont tenues en vertu des lois adoptées
par l'Assemblée nationale et, quant à nous, ces élections ont la même
importance.
Mme Labrie :
Comment expliquer, à ce moment-là, que ce ne sont pas les mêmes budgets qui
sont accordés aux différentes élections de différents paliers? Est-ce
que les précédents gouvernements ont creusé la tombe des élections scolaires en
les sous-finançant, par exemple?
M. Reid (Pierre) : Non,
ça dépend des campagnes d'information qu'on peut... qu'on produit, qu'Élections
Québec produit. Et la différence... C'est sûr qu'au niveau municipal il
y a plus de municipalités, mais...
Mme Labrie :
Parce que, quand j'entends, moi, que ça été 94 millions pour les élections
provinciales, puis on parle de 573 000 $ au scolaire, je
trouve qu'il y a quand même un écart significatif, là.
M. Reid (Pierre) : Oui, mais là le 94 millions, c'est le coût
de l'élection au total, là, pour nous, dans le fond, de la tenue de
l'élection.
Mme Labrie :
C'est quoi, le coût de l'élection, pour vous, au scolaire?
M. Reid (Pierre) : Au scolaire? Bien, en fait, on n'a pas... Dans le
fond, les élections scolaires, c'est les commissions scolaires qui assument le coût des... Nous, on est
seulement en soutien, on ne
voit pas à l'organisation comme telle. Comme pour le
municipal, dans le fond, notre intervention se fait par des campagnes
d'information, puis également de notre personnel,
qui est en soutien auprès des présidents d'élections scolaires, présidents
d'élections municipales et, bien souvent, avant la tenue d'élections, au
niveau de formation, qui sait, hein, dans les différentes régions du Québec.
Mme Labrie : Donc, pour vous, ce n'est pas problématique,
qu'il y ait un écart aussi important qui soit consacré aux différents
paliers d'élections, même si ce sont des démocraties tout aussi importantes.
M. Reid (Pierre) : Oui, mais, dans le fond, comme je disais
plus tôt, au niveau municipal, c'est que, si les gens ne se présentent pas,
c'est sûr que... Est-ce qu'on veut éviter les coûts d'une élection? Nous, ce
qu'on fait, de notre côté, pour les campagnes d'information et le soutien au niveau scolaire et
municipal, on essaie de leur accorder la même attention et les mêmes
ressources.
Mme Labrie :
Donc, vous consacrez les mêmes ressources financières pour faire la promotion
de tous les différents paliers d'élection.
M. Reid (Pierre) : Au niveau scolaire, il y a une différence,
là, par rapport à 2014. Comme j'ai dit, en 2014, on a
utilisé la publicité qu'on avait produite lors d'une élection antérieure...
Mme Labrie :
Mais pourquoi il y a une différence, si c'est aussi important pour vous?
La Présidente (Mme Thériault) : Malheureusement,
malheureusement, je dois mettre fin à l'échange, désolée,
à moins que la députée de Joliette veuille prendre la question au bond.
Mme Hivon :
J'ai un autre sujet.
La Présidente
(Mme Thériault) : 2 min 40 s pour vous aussi, Mme
la députée de Joliette.
Mme Hivon :
Oui, merci beaucoup. Vous mentionnez, à la page 3, là, de votre texte que,
comme on le sait tous, là, le
projet de loi prévoit deux modes de désignation distincts pour les membres siégeant
dans les futurs conseils francophones versus anglophones. Vous dites : «[Pourtant,]
ces conseils [...] ont [...] les mêmes objectifs et sont appelés à remplir des
mandats similaires», et : «En tant que
Directeur général[...], je ne peux me réjouir de cette proposition de
modulation des règles démocratiques
selon le groupe linguistique.» J'aimerais ça que vous élaboriez sur les raisons
pour lesquelles vous trouvez que c'est problématique d'avoir deux
systèmes différents.
M. Reid (Pierre) : Bien, parce que, dans le fond, autant du côté anglophone que
francophone, ils vont exercer les mêmes
fonctions, et, d'un côté, on permet à la communauté anglophone d'exercer leur
droit de vote, alors que, du côté francophone,
on se trouve à limiter à des gens qui sont déjà membres de conseils
d'établissement. Et, quant à nous, bien, pourquoi, par rapport à des gens qui
vont exercer le même mandat, faut-il qu'ils soient désignés de deux façons
différentes? C'est pour ça que ce que je disais plus loin, bien, à ce
moment-là, n'ayons qu'une loi, prévoyons tout dans la loi. Si, dans le fond, le projet de loi n° 40 est
maintenu tel qu'il est, bien, prévoyez, dans la
Loi sur l'instruction publique,
autant les règles visant la composition des centres de services anglophones et
francophones. Et, à ce moment-là, bien, laissons... abrogeons la
Loi sur
les élections scolaires, et, nous, à ce moment-là, on n'a plus aucun rôle à
jouer, là.
Mme Hivon :
O.K. Puis, dites-moi, est-ce que vous vous êtes penché sur la représentativité
des nouveaux conseils d'administration pour les futurs
centres de services francophones? C'est-à-dire qu'hier il y en a qui nous ont
dit : Vous savez, vu que c'est les gens
qui siègent déjà sur les conseils d'établissement qui vont élire leur monde,
tout le monde, par exemple dans
Rivière-du-Loup et toutes les municipalités aux alentours, dans le
Bas-du-Fleuve, Bas-Saint-Laurent, pourraient venir tous de Rivière-du-Loup, avec aucune représentation des villages.
Est-ce que vous vous êtes penché sur cette réalité-là?
M. Reid (Pierre) : Non, non.
Mme Hivon :
Non? O.K.
La Présidente
(Mme Thériault) : 30 secondes.
Mme Hivon :
C'est beau. Merci.
Présidente (Mme Thériault) : C'est beau? M. Reid, merci
beaucoup votre passage en commission parlementaire.
Nous allons suspendre quelques
instants, le temps de remercier nos gens et de laisser place à l'autre groupe.
(Suspension de la séance à
10 h 44)
La Présidente (Mme Thériault) :
Nous reprenons maintenant nos travaux, et nous recevons la Fédération québécoise des directions d'établissement
d'enseignement. Donc, M. Prévost, vous avez une dizaine de minutes pour
nous présenter votre mémoire ainsi que de nous présenter les personnes
qui vous accompagnent aussi.
M. Prévost (Nicolas) : Merci,
Mme la Présidente de la commission. M. le ministre, Mmes et MM. les députés,
membres de la commission, au nom des
directions de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement
et de sa vice-présidente, Mme Hélène Bossé, il me fait plaisir de
vous présenter nos réflexions et nos recommandations à l'égard du projet de loi
n° 40 et de vous déposer notre mémoire à ce sujet.
Oeuvrant depuis 1962, la Fédération québécoise
des directions d'établissement d'enseignement est le principal organisme professionnel représentant plus de
2 000 directions d'établissement d'enseignement provenant de 20 associations et regroupant le
primaire, le secondaire, le secteur de la formation des adultes et de la
formation professionnelle. Sa mission est de
promouvoir le développement professionnel et l'excellence des directions et
directions adjointes d'établissement d'enseignement
au Québec et de défendre leurs droits. Par la réalisation de ces échanges, la
FQDE garantit la mise en place du
savoir, la qualité de la gestion et le développement d'une éducation
avant-gardiste orientée vers la réussite des élèves.
La FQDE salue
la volonté du gouvernement du Québec de modifier l'organisation et la gouvernance des commissions scolaires et offre sa
collaboration dans le processus de modification législative engagé par le projet
de loi n° 40. Dans ce
contexte, la FQDE croit opportun de partager quelques observations et proposer
certaines pistes de réflexion afin de bonifier la proposition présentée
par le gouvernement du Québec.
Il importe de
rappeler que la FQDE est au coeur des discussions depuis plusieurs années pour
un changement du mode de gouvernance tout en réaffirmant le rôle incontournable
de l'école dans la réussite des élèves. En ce sens, les décisions et les
orientations doivent être prises par ceux qui connaissent les besoins précis
des élèves. Dans cette même perspective, la
FQDE accueille positivement les objectifs du projet de loi n° 40, qui
visent à favoriser la réussite du plus grand
nombre d'élèves en décentralisant les décisions et en maintenant une gestion
collaborative. La FQDE est convaincue que
le gouvernement doit continuer d'octroyer les ressources nécessaires aux
établissements scolaires afin qu'ils puissent prendre les décisions qui favorisent l'apprentissage des élèves en
équipes-écoles. Dans cette optique, la FQDE appuie le modèle de
gouvernance proposé, qui met en avant-plan la gestion des établissements
d'enseignement. La FQDE appuie la volonté
gouvernementale de remettre l'école entre les mains de sa communauté, tout en
reconnaissant l'expertise des directions d'établissement d'enseignement
et sans toutefois minimiser l'apport des autres acteurs, il en va de soi.
changements qui seront apportés à la
Loi de l'instruction publique, et dans l'éventualité où chaque acteur remplit
les fonctions qui lui sont attribuées, conduiront inévitablement à une réelle
décentralisation en faveur des établissements, leur permettant ainsi de bénéficier de l'autonomie nécessaire dans la
gestion pédagogique et administrative. À cet égard, la FQDE a procédé à une consultation de ses
membres, à une assemblée générale, et de ses conseillers en relations de
travail afin de proposer certaines solutions visant à bonifier la proposition
législative.
Cependant, à la lumière des dernières
modifications apportées à la
Loi sur l'instruction publique, force est de constater que les directions d'établissement
d'enseignement se font encore dicter, dans certains milieux, la façon de répondre
aux besoins de leurs élèves. Pourtant, et
par leur proximité, celles-ci sont les mieux placées pour analyser et répondre
aux besoins des élèves, en
collaboration avec la communauté éducative de l'école. En effet, les décisions
qui touchent de près ou de loin le bien-être et la réussite des élèves doivent
se prendre localement, école par école, selon leurs besoins spécifiques réels. D'ailleurs, la FQDE recommande, depuis
plusieurs années déjà, l'établissement d'une structure permettant aux
directions d'établissement d'enseignement de participer au processus
décisionnel, car elles possèdent les outils pour s'assurer que toutes les conditions nécessaires à la
réussite des élèves soient mises en place, et ce, en tenant compte de la
diversité des milieux et du projet éducatif de l'établissement.
conséquence, la FQDE apprécie la volonté du ministre d'encourager une gestion
collaborative en réaffirmant la participation essentielle de l'ensemble
de la communauté éducative — directions
d'établissement, équipes-écoles et parents — dans la prise de décisions liées à la
réussite des élèves, et ce, dans le respect des rôles et fonctions de chacun.
La FQDE tient à souligner que les
changements contenus dans la proposition gouvernementale devront être compris
et respectés par l'ensemble des acteurs du système afin d'assurer la
réussite de cet exercice.
Qu'il soit
permis de rappeler que les pratiques de gestion décentralisées sont
actuellement favorisées non seulement au Québec, mais ailleurs dans le monde,
et qu'elles constituent la clé de la réussite des établissements les plus
performants. D'ailleurs, l'OCDE rappelait en
2014 que les établissements qui disposent de plus d'autonomie par rapport aux
programmes de cours et évaluations tendent à afficher de meilleurs résultats
que les établissements qui disposent de moins d'autonomie lorsqu'ils
font
partie du système d'éducation qui prévoit davantage de mécanismes de
responsabilisation et lorsque les enseignants et les chefs d'établissement
collaborent à la gestion de leur établissement.
La FQDE
plaide depuis plusieurs années pour une réorganisation du système éducatif et
du changement de mode de gouvernance qui dirigeait la prise de décisions vers
les établissements d'enseignement, donc à proximité des élèves. Dans cette perspective, la FQDE croit opportun de
vous faire part de ces quelques commentaires concernant la proposition de réorganisation du système de gouvernance
scolaire déposée par le gouvernement du Québec. La FQDE est persuadée que la
direction d'établissement d'enseignement, en tant que leader en gestion pédagogique et administrative de l'établissement,
est la mieux placée pour mettre en place des conditions optimales de succès.
Formulant à
nouveau le souhait de fournir au gouvernement du Québec un accompagnement
proactif dans ce projet de
modification au cadre régissant la gouvernance scolaire, la FQDE remercie le
ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur et les membres de la commission pour le temps et l'intérêt
consacrés au présent mémoire. Il est maintenant temps de mettre en place
une nouvelle gouvernance de proximité.
En terminant,
nous souhaitons également vous mentionner que vous pouvez compter sur l'entière
collaboration de nos membres pour vous aider à mener à bien les mesures
proposées dans le projet de loi. Merci de votre attention.
Présidente (Mme Thériault) : Merci beaucoup, M. Prévost.
Donc, sans plus tarder, l'échange avec la
partie ministérielle va
débuter. 16 minutes, M. le ministre.
M. Roberge :
Merci bien, Mme la Présidente. Merci pour votre présentation. Ce que j'apprécie
particulièrement de votre mémoire, c'est qu'à certains égards vous pointez des
éléments que vous voulez maintenir, puis d'autres, vous pointez directement des ajustements qu'on doit
faire au projet de loi. Donc, ce n'est pas, comme on dit, tout ou pantoute,
hein? Vous dites qu'il y a des choses à
conserver, des bonnes orientations, mais d'autres fois vous proposez des
modifications assez claires pour
bonifier le projet de loi, et, je pense, c'est la meilleure des attitudes. Je
ne promets pas qu'on va toutes les
prendre. On va les rediscuter, évidemment. Mais c'est certain qu'il y aura
probablement des amendements qui vont être déposés à l'article, qui vont
être discutés, qui vont peut-être être adoptés suite au dépôt de votre mémoire,
puis je vous remercie de cette collaboration-là.
Vous parlez
de la nécessité de changer les choses. Vous dites clairement : On plaide
pour un changement de mode de gouvernance, mais vous parlez de gestion
collaborative et de subsidiarité. Est-ce que vous pouvez nous dire dans quelle mesure ce projet
de loi là, tel qu'il est ou amélioré, pourrait améliorer ou aller dans le sens
d'une gestion collaborative ou respecter le principe de subsidiarité?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. Prévost.
M. Prévost (Nicolas) : Écoutez, pour nous, ce projet de loi là vient de consolider ce qui était déjà amorcé par
le gouvernement précédent, par le
dépôt du projet de loi avec les discussions qu'on a eues avec le p.l. n° 86
et le projet de loi n° 105,
où on avait déjà commencé à parler du principe de subsidiarité, donc de ramener
les décisions le plus près possible des
élèves. Dans ce projet de loi, nous, on voit qu'on vient consolider cette
optique-là de pouvoir prendre des décisions qui sont différentes d'un
milieu à l'autre, parce que les besoins sont différents, aussi, d'un milieu à
l'autre, avec nos équipes-écoles.
Nous,
quand on parle d'approche de gestion collaborative, on veut être cohérents,
aussi, dans notre mise en place de cette gestion-là, en disant :
Des fois — je
dis bien «parfois», parce que c'était à géométrie variable — on
recevait parfois des directives qui venaient
des commissions scolaires vers les directions d'établissement où on devait
instaurer, sans trop de discussions,
certaines choses. Si on veut être cohérents, on ne veut pas instaurer cette
pratique-là dans nos écoles. Donc, on veut que ça soit décentralisé dans
les écoles, où la direction adjointe et la direction d'établissement, avec son
équipe-école, avec ses enseignants, les TES, le personnel de soutien, le
personnel professionnel, l'ensemble de la communauté,
prend des décisions pour le besoin de leur milieu. Donc, c'est avec cette
cohérence-là que nous, au niveau de la FQDE, on veut travailler.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Tout en évitant un déséquilibre probable, parce qu'évidemment que, si on
décentralisait tout vers les écoles, si on abolissait réellement la structure
de commission scolaire complètement, il n'y avait que le ministère et les écoles, il pourrait y avoir des déséquilibres
très, très, très importants. C'est pour ça qu'on les transforme davantage en
centres de services. Et j'imagine que c'est pour ça qu'à la page 9 vous
dites : «Maintenir le pouvoir d'adoption [et] d'approbation au conseil
d'administration [...] suite [aux] recommandations du CRR.»
Donc,
pouvez-vous nous expliquer un peu la notion d'équilibre qu'on doit avoir entre
la centralisation qui est dans les commissions scolaires, je dirais, en
ce moment, mais pas partout, parce que c'est à géométrie variable — il y
a des commissions scolaires qui font mieux que d'autres — et le
danger de décentraliser au complet? Donc, quel est le rôle du CRR? Puis pourquoi ce projet de loi là vient
avoir, justement, un meilleur équilibre vers une décentralisation, mais en
même temps une répartition des ressources qui soit équitable sur le territoire?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. Prévost.
M. Prévost (Nicolas) : Avant de répondre, là, sur le rôle du comité de
répartition des ressources plus précisément, dans notre travail quotidien, au niveau des directions adjointes, des
directions d'établissement, on gère au quotidien des ressources humaines, des ressources pédagogiques,
des ressources financières, des ressources matérielles, des ressources
informatiques, les parents, les élèves et tout le personnel et on a besoin,
dans notre travail, de l'expertise des gens qui seront dans les centres de
services. Les gens en ressources humaines, ressources éducatives, ressources
matérielles ont une expertise plus pointue
que nous dans leur domaine. Et, quand nous, on a besoin de cette expertise-là
dans un souci de soutien à une
meilleure prise de décision avec nos équipes-écoles, on est parfaitement
d'accord avec cette structure-là, et c'est la culture qui va être
instaurée par le projet de loi n° 40.
Maintenant,
pour ce qui est du comité de répartition des ressources, on salue son arrivée
dans le projet de loi n° 105. Et,
effectivement, nous sommes très heureux de la mise en place, où on y voit une plus-value
au niveau de la gestion collaborative des prises de décisions qui sont
prises concernant les entrées et les sorties d'argent. Cependant, je dois juste mettre un petit bémol, parce qu'on le nomme
dans notre mémoire, encore là, on fait face à une géométrie variable au niveau du comité de répartition des ressources. Il
y a des endroits où ça fonctionne excessivement
bien et tout le monde est impliqué
dans la prise de décision, mais il y a des endroits où ils ne se sont pas
rencontrés encore ou il y a eu une rencontre au niveau du comité de
répartition des ressources quand ça fait déjà
partie de la loi. Donc, il y a
des petits ajustements à faire à ce niveau-là.
Mme Bossé (Hélène) : Je me permettrais d'ajouter qu'un changement de
structure... il faut toujours s'assurer que la culture qui suit ce changement de structure là puisse transparaître
dans les gestes posés, là, soit dans le centre de services, les
commissions scolaires et les écoles. Alors, le défi, il est beaucoup au niveau
de la culture qui est changée.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge : Très rapidement, est-ce que vous pensez qu'il y
a, dans... Vous êtes sur le terrain, vous êtes dans les écoles. Est-ce que vous
pensez qu'il y a une acceptabilité, dans les directions d'école, les employés
de soutien, les enseignants, pour ces
ajustements que vient faire le projet
de loi? Parce que le projet de loi, il ne vient pas tout chambarder à la grandeur. Vous dites bien, là :
Il y a des expertises qui sont dans les commissions scolaires, dans
les cadres qui vont rester, mais il y a un changement en même temps.
Donc, pensez-vous que ça va bousculer tout le monde puis que ça va créer un
grave problème ou qu'il y a, au contraire, une espèce de soif pour ça, pour cette
décentralisation-là, et que la culture est prête à recevoir ces ajustements-là,
évidemment avec de la formation?
La Présidente
(Mme Thériault) : Mme Bossé.
Mme Bossé
(Hélène) : Nous sommes
prêts. En fait, depuis déjà quelques années, on travaille, que ce soit avec des
communautés d'apprentissage où on met à profit l'ensemble de l'expertise
de nos membres... On agit déjà de façon démocratique
pour la réussite des élèves avec des comités d'expertise dans les écoles, où on
va prendre le temps de s'asseoir et prendre des décisions ensemble, de
faire des analyses de situation. Donc, les milieux ont déjà emboîté le pas de
cette gestion-là de travailler directement
avec le besoin des élèves et la connaissance de leur milieu. Alors, oui, ça ne
sera pas un changement majeur, mais ça va légitimer les façons de faire,
par contre.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Puis vous dites,
dans votre mémoire : «Les changements qui seront apportés à la LIP, et
dans l'éventualité où chaque acteur remplit
les fonctions qui lui sont attribuées — d'où
l'importance de la formation — conduiront
inévitablement à une réelle décentralisation en faveur des établissements...»
Je pense,
puis vous me corrigerez si je me trompe, qu'il y a plusieurs éléments qui
amènent une décentralisation, pas de tout, évidemment. On parle de comités de
répartition des ressources, il reste un conseil d'administration, il reste quand même une vision régionale. Mais je pense que la question de la
redéfinition du terme de «subsidiarité» vient mettre de la chair autour de l'os. Ça peut sembler un
débat théorique, technique, aérien, mais, quand on regarde la façon dont on
avait défini «subsidiarité» à l'article 207 de l'actuelle
Loi sur
l'instruction publique, qui disait, grosso modo : La décision doit être prise le plus proche de l'élève, ou de
n'importe qui, à peu près, ou d'une personne, ou d'une communauté, tandis
que, là, on y va avec une définition plus claire, qui dit «plus proche de
l'élève». Pour moi, ça incarne... c'est une valeur fondatrice. Mais est-ce que vous pensez que cette définition-là claire
pourrait faire des petits puis amener, en s'y référant fréquemment, au fil des années, à cet article-là
qui est plus clair, légitimer vraiment une prise de contrôle par les acteurs
qui sont dans les écoles?
M. Prévost (Nicolas) : Cette
culture-là est déjà en train de changer et de se mettre en place, déjà, dans
plusieurs établissements scolaires. Il faut
cependant la consolider et venir bien l'expliquer pour qu'elle soit mise en
place de façon à répondre aux besoins des élèves dans chaque
établissement scolaire.
Il y a une
partie importante du projet de loi, le prochain
article 93, où on change
le terme et... peut apparaître banal, mais,
dans l'ancien article, on disait «la commission scolaire [organise] les
services», donc on organise un peu ce qui va se passer dans les établissements. Et là, dans ce nouveau
projet de loi là, on parle des centres de services qui viendront soutenir et
accompagner les directions et les membres des équipes-écoles. Pour nous, cette
partie-là est quand même importante, et ça vient... Quand on parlait de choses qui viennent consolider puis qui
viennent apporter des changements et des modifications pour poursuivre
dans ce sens-là, bien, ça en fait partie.
Et on parle aussi, dans notre mémoire, de la
mise en place d'un conseil d'administration qui garde sensiblement les mêmes
pouvoirs, mais un conseil d'administration quand même paritaire. Nous, on le
voit plus dans l'optique de 5-5-5 :
cinq parents, cinq membres de la communauté et cinq membres du personnel. Donc, les parents sont associés à ça, il y a des membres de la communauté qui y sont
aussi, et il y aura l'expertise des gens du milieu, qui seront les enseignants,
le personnel de soutien, le personnel professionnel, les cadres et les
directions d'établissement, bien entendu.
La Présidente (Mme Thériault) :
Oui, allez-y, M. le ministre.
M. Roberge : On accueille vos propositions, on va certainement
y réfléchir. Je comprends que vous trouvez ça comme une plus-value d'avoir des gens qui sont dans les écoles tous les
jours qui soient au conseil
d'administration, mais vous faites une recommandation, peut-être moduler
la formulation du C.A., puis ça va faire
partie des débats, certainement.
Je vais laisser la parole à mon collègue de Saint-Jérôme, si vous permettez.
Présidente (Mme Thériault) : Absolument. M. le député de Saint-Jérôme, la parole est à vous. Il vous reste à peu
près cinq minutes d'échange.
M. Chassin :
Merci, d'accord. Bien, en fait, ce n'est pas nécessairement très long, mais
j'étais intéressé de connaître... parce que
vous soulignez ou, en fait, vous saluez, pour reprendre vos mots, là, l'aspect
de formation continue des enseignants. Vous mentionnez à quel point
c'est intéressant, notamment pour les besoins des enseignants, pour les besoins des élèves, pour les besoins de l'école
aussi, puis je me demandais si vous aviez à l'esprit un exemple d'une formation
pour les enseignants qui peut servir aux projets
d'école, en quelque sorte, là, quelque chose qui permet aux enseignants de se
l'approprier, de mieux le comprendre. Je ne sais pas si vous avez des exemples
de ça sur le terrain.
M. Prévost
(Nicolas) : Avant d'arriver
vers un exemple précis, je vais un peu parler de notre position face à la
formation continue. Vous savez, on veut faire de l'éducation une priorité et
nous en sommes excessivement heureux, très contents. Et, pour en faire une priorité, il faut accepter, aussi, notre
rôle important comme direction adjointe, comme membre d'une
équipe-école, comme personnel de soutien, comme enseignant. Vous savez, si on
veut en faire une priorité, c'est parce
qu'il n'y a pas un plus bel emploi qu'être dans le monde de l'éducation, à
travailler avec les citoyens de demain, nos élèves. Notre responsabilité, elle est énorme, énorme, et elle est
importante, oui. Et je fais le lien avec la formation continue parce qu'on a aussi la responsabilité, comme
membre d'une équipe-école, d'être à la fine page, à la fine pointe pour nos élèves, et pour ça, bien,
il faut être en formation continue. Quand je parle de ça, je parle de ça aussi
pour l'ensemble du personnel et les directions adjointes et les
directions d'école. Notre responsabilité, elle est grande, et on doit être à la
fine page, et, oui, on doit être dans un
processus de formation continue. Ce processus de formation continue là n'est
pas imposé par la direction d'établissement ou la direction adjointe.
Comment
ça fonctionne, concrètement, dans nos établissements? Puis je vais en venir à
des choses plus concrètes. Nous, on
s'assoit avec nos équipes-écoles, on regarde quels seraient les besoins de
formation. C'est déjà dans la... L'enseignant nous soumet son plan, son... et/ou autre personnel, en disant :
Bien, moi, j'aimerais mieux aller me former dans ce sens-là, et la direction va l'accompagner là-dedans,
n'imposera pas... On est dans un processus de discussion et de collaboration.
Maintenant, dans des
exemples précis, bien, vous savez qu'on est dans une ère de changement
numérique dans nos écoles, et qu'il y a
beaucoup de changements, et qu'il y a des enseignants qui possèdent des
habiletés et d'autres, un peu moins, puis c'est dans ce type de
discussion là que nous, on y va avec notre personnel. Donc, oui, s'il y a des exemples précis, je peux vous dire, présentement,
au niveau du numérique, c'est une demande de nos enseignants, de nos
équipes-écoles, de dire : Écoute, ça peut être un outil intéressant, ça
répond aux besoins de nos élèves, mais j'ai besoin d'une expertise plus grande
dans ce domaine-là. Donc, c'est...
M. Chassin :
J'ai l'impression que vous le... en fait, vous l'explicitez très bien, là, il y
a tout un rapport de collaboration, par
exemple, entre la direction et l'équipe-école en général. D'ailleurs, la
formation, effectivement, elle est prévue
à différents niveaux dans le projet
de loi, mais, autrement dit, même
pour les enseignants, c'est déjà le cas, là, ils ont déjà des formations. Vous ne voyez pas que, dans le fond, cette
formation continue qu'on demande aux enseignants soit problématique,
même de leur point de vue. Au contraire, dans votre expérience, c'est quelque
chose qui se fait déjà en collaboration.
La Présidente
(Mme Thériault) : Mme Bossé.
Mme Bossé (Hélène) : En fait, non, pas du tout. Ça serait même aller à
l'encontre de travailler en éducation que de ne pas se former quand on est là pour former le citoyen de demain. Je
pense qu'on a l'obligation, comme personnel de l'éducation, d'être à la
fine pointe de ce qui se passe pour enseigner selon les pratiques documentées
par la recherche. Jadis... je n'ose pas
dire «quand j'ai commencé à enseigner», mais on enseignait comme on pense,
tu sais, il n'y avait pas... ce
n'était pas documenté. Maintenant, la recherche documente des pratiques
probantes. On doit absolument se diriger vers ça. Et, si je pense, entre autres, à chez nous, comment ça fonctionne,
on est allés voir ce qui se passait, on a ciblé des pratiques, et là il y a un comité où on accompagne avec des
professionnels, et on fait de l'accompagnement en boucle des enseignants
pour qu'ils puissent aller expérimenter,
qu'on puisse les accompagner, par la suite, dans les succès ou les défis
auxquels ils ont de la difficulté, et on met les ressources nécessaires
pour qu'ils deviennent habiles. Mais le choix de la formation continue en
fonction des pratiques probantes, c'est eux qui le font. On est en consultation
et on les accompagne à se dépasser à ce niveau-là.
M. Chassin :
Des pratiques probantes qui évoluent constamment.
Mme Bossé
(Hélène) : Toujours, toujours.
M. Chassin :
Donc, c'est ça aussi, quand vous parlez d'être à la fine pointe, c'est de
toujours se...
Mme Bossé
(Hélène) : Oui, tout à fait.
M. Prévost (Nicolas) : Et, si je peux me permettre, la venue d'un
nouveau comité d'engagement vers la réussite, dans le projet de loi n° 40,
où seront assis des membres des équipes-écoles, des personnels de soutien, des
enseignants, des directions d'école avec leur direction générale, et
même un chercheur qui peut être associé pour que le chercheur comprenne bien la réalité des milieux, mais que
les milieux comprennent aussi ce qui se passe en recherche, je pense que
le compromis est bon.
Présidente (Mme Thériault) : Et nous n'avons plus de temps, déjà,
depuis plusieurs secondes, même. Donc, sans plus tarder, je vais aller
du côté de l'opposition officielle. Mme la députée de Saint-Laurent,
10 min 40 s.
Mme Rizqy :
Merci beaucoup. Bonjour. Bienvenue parmi nous. Tantôt, vous avez parlé de
réussite éducative, vous l'avez nommée. Pouvez-vous nous indiquer à quel
endroit vous l'avez vue dans le projet de loi, s'il vous plaît?
M. Prévost
(Nicolas) : Bien, nous, à partir du moment où on redonne... Oui, dans
le projet de loi?
Mme Rizqy :
Oui. Est-ce que vous avez un numéro d'article pour nous?
M. Prévost (Nicolas) : Oui, le 98, j'en ai parlé un petit peu, tantôt,
en disant... mais on enlève le terme «organise» vers, maintenant, une... les centres de services seront en soutien et en
accompagnement des équipes-écoles. Pour nous, la réussite éducative
passe par les besoins de chaque milieu. Chaque milieu est différent, des
milieux défavorisés, plus favorisés. Nous, l'important,
c'est la réussite éducative de l'ensemble des élèves, et, pour arriver à cette
réussite éducative là, bien, on y voit...
Mme Rizqy :
...vous interrompre parce que le temps file. Puis je cherchais dans l'article,
puis 98, je le lis, puis on dit juste qu'on remplace le terme
«commission scolaire» par «centre de services». Je n'ai pas vu le mot...
M. Prévost (Nicolas) : ...93.
Je me suis peut-être trompé. Désolé.
Mme Rizqy :
Ah! d'accord. On va... D'accord.
L'article... C'est parfait. On parle de
culture régionale, de sociale, économique,
principe... Honnêtement, je n'ai pas vu le mot «réussite». En fait, je vais
préciser, est-ce que vous avez vu le mot «réussite éducative»?
Mme Bossé (Hélène) : Oui, dans
le 93. Si vous me permettez, là, c'est écrit : «...d'établir des
établissements d'enseignement sur son
territoire, de les soutenir et de les accompagner en leur rendant accessibles
les biens et services et en leur
offrant les conditions optimales leur permettant de dispenser aux élèves des
services éducatifs de qualité et de veiller à leur réussite, en vue de
l'atteinte...»
Mme Rizqy : Puis, avant
l'article 93, vous ne faisiez pas ça?
M. Prévost (Nicolas) :
Anciennement, dans l'article, ça ne répondait pas nécessairement à ce
besoin-là.
Mme Rizqy :
Tantôt, vous avez dit que, vu que, là, justement, ça va être école par école...
Tantôt, j'écoutais, ce matin, Égide
Royer, qui était à l'émission de M. Paul Arcand, puis il disait que,
justement, c'était ça, le plus grand danger, parce que, si on commence à
faire la gestion école par école, on pouvait manquer cette vue d'ensemble puis
avoir ce certain recul et que ça pouvait
faire même une course, accélérer une course vers les diagnostics, parce que les
plus petites versus les plus grandes
écoles... Il donnait l'exemple d'une école qui existe, qui a 36 élèves,
présentement, dans une petite région,
dans une petite municipalité, versus, à côté d'elle, une autre école qui a
peut-être 600 élèves. Ça se peut qu'il y ait une école qui tire plus fort la couverture pour la
répartition des ressources s'il n'y a pas, justement, ce recul nécessaire pour
la distribution de toutes ces ressources. C'était ce que M. Égide Royer
disait ce matin.
M. Prévost
(Nicolas) : Écoutez, par
expérience, je vous répondrais qu'avec la venue du comité de répartition des
ressources, qui est déjà en place depuis
près de deux ans, on avait cette même inquiétude là, à l'époque, en
disant : Est-ce qu'il pourrait y
avoir une disparité? Est-ce que les gens se mettront à tirer la couverte de
leur côté? Est-ce que les directions d'école
qui seront assises à une table vont commencer à vouloir prêcher pour leur
établissement au lieu d'un autre? Et on n'a rien vu de ça se produire
avec un comité de répartition des ressources, où la majorité des gens qui sont
assis à cette table sont des directions d'établissement. Quand on arrive à
cette table-là, on arrive avec une optique non pas de notre établissement, mais de la réussite de l'ensemble
des écoles, parce que moi, je peux être dans un établissement cette année,
mais rien n'indique que, dans un an, six
mois, huit mois, je vais être dans l'établissement à côté, donc je dois être un
peu cohérent, en ayant une vision beaucoup plus large.
Mme Rizqy : Pour ceux qui nous
écoutent, il y a combien de parents qui siègent à ce comité?
M. Prévost (Nicolas) : Au
niveau du comité de répartition des ressources, il n'y en a aucun.
Mme Rizqy : O.K., merci. Alors, ça va être très, très
difficile pour ces parents, qu'on dit qu'on veut remettre le pouvoir dans leurs mains, de faire entendre leur
voix si jamais leurs enfants, dans une petite école à 36, ont besoin de plus
d'orthophonistes, mais, bon, j'imagine que les parents dans l'école plus grande
vont avoir plus de gens pour parler.
Mais j'ai une
autre question pour vous. Tantôt, vous avez parlé que vous ne voulez pas
recevoir des directives qui partaient
des commissions scolaires, parce que, des fois, ça pouvait faire en sorte que,
vous, vous receviez une directive. Est-ce
que vous avez un exemple concret d'une directive qui n'était pas applicable
puis que vous avez dû l'appliquer dans votre école?
M. Prévost
(Nicolas) : Bien, je vous
dirais que, l'exemple qu'on voit le plus souvent, ça va arriver surtout au
niveau des approches pédagogiques. Je vais vous donner un exemple
précis, hein? On le sait, parfois, en éducation, il existe certaines modes au niveau pédagogique, et là on
peut aller vers la mise en place sans tenir compte du besoin des milieux, en se
disant : C'est ce type de formation là qui sera offert mur à mur, d'un
établissement scolaire à un autre, sans se pencher nécessairement sur le
besoin des écoles. C'en est un exemple. Ce n'est pas partout, mais ça peut
exister.
Mme Rizqy : Mais je me demandais si vous aviez un exemple
concret, un peu tangible, là, pour que les gens qui nous écoutent soient
capables de mettre... illustrer puis imager vos propos, parce qu'il y a quand
même eu des directives qui
n'émanaient pas des commissions scolaires mais qui émanaient quand même
directement du ministre de l'Éducation, par exemple les deux récréations. Même si plusieurs élus scolaires ont
dit que, dans leurs milieux, dans différentes écoles, ce n'était pas
applicable, les deux récréations scolaires, vous avez quand même dû les
appliquer.
M. Prévost
(Nicolas) : Si vous me
parlez des... Il y avait déjà, un, plusieurs établissements qui avaient déjà et
qui respectaient déjà le nombre de deux
récréations par jour au niveau du 15 minutes, et, oui, il y a eu des
établissements qui ont dû s'ajuster sur certaines choses.
Mme Rizqy :
C'est juste que votre critique était à l'effet qu'il y avait des directives que
vous recevez qui étaient inapplicables. Et, lorsqu'on entend des élus
scolaires, qui sont les porte-voix de leur communauté, dire que, par exemple, dans certains endroits, ce n'est pas
applicable, la deuxième récréation, de par la gestion du transport scolaire...
Cette directive, vous en conviendrez,
ne venait pas des commissaires scolaires mais bien du ministre de l'Éducation.
Vous en conviendrez, que ce ne n'était pas la directive des
commissaires, là, des élus.
Mme Bossé (Hélène) : Effectivement,
mais c'est arrivé plusieurs fois depuis plusieurs années.
Mme Rizqy : ...des monoxydes de
carbone, vous comprendrez que c'est une directive, mais qu'elle était Santé
publique, là.
Mme Bossé (Hélène) : Santé
publique, tout à fait.
Mme Rizqy : C'est pour ça que ça peut arriver que, vraiment,
il y a des élus qui vont prendre, oui, des initiatives parce c'est une question de santé publique et de
bon jugement, ils vont dire immédiatement : Il y a matière à agir, et que
vous, vous allez recevoir des directives,
vous n'allez pas avoir tous les pouvoirs puis qu'effectivement il va y avoir
des directives qui vont encore émaner du ministère de l'Éducation.
Mme Bossé (Hélène) : Oui, oui,
tout à fait.
Mme Rizqy : D'accord. Parfait.
Et tantôt vous avez dit : Consolider les affaires qui ont été faites dans
le passé, puis vous avez parlé du p.l. n° 86. Là, j'ai de la misère à vous
suivre, là, parce que consolider quelque chose qui n'a pas été adopté,
c'est un peu difficile à consolider, mais...
M. Prévost
(Nicolas) : ...l'esprit de
la loi n° 86 sur le principe de subsidiarité, entre autres, ou de
rapprocher les décisions près des établissements.
Mme Rizqy : O.K., d'accord.
Écoutez, j'aurais aussi une autre question. En ce moment, il y a une pénurie d'enseignants. Pour être directeur d'école, c'est
des enseignants. Et on a vu qu'avant on demandait 10 années d'expérience,
après ça c'est tombé à huit puis là cinq. Et j'entends, dans le milieu puis
même, par exemple, dans différentes universités qui font de la formation
pour les futurs directeurs d'école, qu'on voit venir probablement une pénurie
aussi dans les directions d'école. Ça,
est-ce que c'est une préoccupation que vous voyez, qu'on devrait aussi
immédiatement agir pour, justement,
ne pas frapper un mur dans cinq ans ou 10 ans puis de se rendre compte
qu'il nous manque des directions d'école?
M. Prévost
(Nicolas) : Bien, un, on l'a
vu venir depuis déjà... ça fait déjà deux ans qu'au niveau de la FQDE on fait
des représentations pour indiquer que la problématique de pénurie concernant le
personnel de l'école dans son ensemble... on parle du personnel de soutien, des enseignants et, entre autres, celui
des directions d'établissement, des directions adjointes, parce qu'on vit présentement, effectivement, une
pénurie des gens. On a déjà... On en a déjà discuté et on en a déjà parlé
ouvertement, là, publiquement aussi, qu'il y avait peu ou pas de candidat dans
les banques de relève.
Mme Rizqy : Puis, selon vous,
pourquoi?
M. Prévost
(Nicolas) : Bien, il y a
deux choses. Selon moi, il y a deux choses importantes. Il y a certaines
conditions qu'il faudra revoir pour
l'ensemble des acteurs qui sont dans les établissements scolaires, certaines
conditions de travail qu'il faudra revoir. Je pense que c'est important.
Ça, c'est une chose.
La deuxième,
c'est la valorisation de ces emplois-là, qui est excessivement importante. On
doit le faire. Je pense que c'est le
rôle de plusieurs intervenants de le faire, et c'est notre rôle aussi, au
quotidien, de valoriser ces emplois-là qui sont très importants et très
stimulants.
La Présidente (Mme Thériault) :
Il reste moins de deux minutes.
Mme Rizqy : Avant, j'étais à l'Université de Sherbrooke, et,
au campus de Longueuil, il y a de la formation qui est donnée aux
futurs... aux aspirants directeurs d'école. Et j'en ai croisé quand même
beaucoup qui font leur formation la fin de
semaine, donc qui travaillent durant la semaine, la fin de semaine s'en vont à
l'école. C'est aussi des parents, ils ont
une vie familiale. Et j'en croise beaucoup qui me parlent, et qui me disaient
aussi que la charge de travail est importante, et que, justement, vu qu'ils font aussi des remplacements de temps en
temps quand ils débutent et qu'ils ont aussi un rôle d'accompagner des
enseignants dans leur devoir pédagogique...
Là, ici, avec
le projet de loi n° 40, moi, quand j'entends, d'une part, des
enseignants, et aussi des directeurs d'école, et des aspirants
directeurs d'école me dire qu'ils ont déjà la charge de travail importante, et
là on leur rajoute davantage, est-ce qu'on
ne devrait pas d'abord, un, pour employer votre terme, consolider nos acquis,
faire face à la pénurie d'enseignants, faire
face à la pénurie de directions d'école avant de s'embarquer dans une réforme
aussi importante puis d'en rajouter une couche dans leur charge de
travail?
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme Bossé.
Mme Bossé (Hélène) : J'ai envie de vous dire qu'on est dans un
paradigme et non dans un ajout. Alors, c'est sûr que, si je veux continuer à être direction d'école dans une culture où
on dit... on invite davantage les directions d'école, où on leur dit
davantage ce qu'il y a à faire — à certains endroits, ça frôle la
technicalité d'applicateur — ce
n'est pas très «winner» au niveau de l'attraction. Donc, ce projet de loi là
nous permet d'être des vrais gestionnaires scolaires, et de travailler avec nos équipes, et d'avoir les
coudées franches. Alors, si je fais la même chose et que je ne change pas mon
mode de gestion pour arriver à faire cette
gestion de proximité là, c'est certain que ça va être une surcharge. Il faut
changer ce paradigme-là, aussi, dans notre mode de gestion.
Le comparatif que je
vous ferais, quand on a instauré la réforme scolaire, au début des
années 2000, ou le renouveau pédagogique, bien, les enseignants
disaient : C'est une surcharge, parce qu'ils restaient dans leurs
pratiques pédagogiques par connaissances et
non par compétences. Alors, si nous, on reste dans nos pratiques plus stériles,
c'est certain que... Je ne sais pas si j'ai le bon terme, par contre...
Présidente (Mme Thériault) : ...mettre fin à l'échange, on a déjà
passé le temps. Je me tourne maintenant vers la députée de Sherbrooke.
Vous avez toujours 2 min 40 s.
Mme Labrie :
Merci. J'aimerais ça vous entendre sur le fait que les centres de services
n'auraient plus la mission de
promouvoir l'école publique et que c'est une responsabilité qui reviendrait à
chaque école. Quel genre de climat vous pensez que ça va instaurer entre
les écoles?
M. Prévost (Nicolas) : Bien, je pense que ça appartient à l'ensemble des
intervenants, des acteurs au niveau du secteur de l'éducation de faire
la promotion de l'école publique et de faire la promotion de la valorisation
des emplois qui... Ce rôle-là ne doit pas
être acheminé ou déterminé seulement par un groupe, ou un lien, ou un pont,
mais ça doit être plutôt l'affaire de l'ensemble des acteurs qui sont
dans le réseau.
Mme Labrie :
Je comprends ce que vous dites, mais, techniquement, là, moi, je vois des
commissions scolaires qui font des
campagnes publicitaires, par exemple, pour leurs écoles secondaires, ils font
des campagnes qui parlent de toutes leurs
écoles, de toutes leurs offres de programmes dans les services publics. Si ce
n'est plus la responsabilité des centres de services et que ça revient à chaque école, est-ce qu'on peut
s'attendre à ce que chaque école fasse la promotion de ses propres
programmes, par exemple?
M. Prévost (Nicolas) : Chaque école pourrait faire, effectivement, une
certaine promotion des programmes qui lui
appartiennent, des programmes qui lui sont propres, qui lui sont chers. Ça peut
arriver, effectivement. On n'y voit pas nécessairement de danger, dans
l'optique où ces programmes-là qui sont offerts dans différents établissements
scolaires peuvent être accessibles à
l'ensemble des élèves, qu'il n'y ait pas une problématique d'accessibilité pour
un certain groupe d'élèves.
Je vais vous donner
un exemple très précis de nos élèves qui sont peut-être plus défavorisés, qui
n'auraient peut-être pas la chance de
pouvoir participer à certains programmes ou à certains programmes particuliers
qu'il y a dans nos établissements
scolaires, où les écoles en font la promotion, parce que c'est important de
savoir que ces programmes-là... Moi, je peux vous dire que ça fait la
différence pour beaucoup d'élèves dans leur diplôme.
Mme Labrie :
Je comprends que ça fait la différence, on en a discuté longuement avec le
p.l. n° 12. Donc, si je comprends bien, vous êtes à l'aise avec une certaine forme de
concurrence entre les écoles et, même s'il n'existe pas de plafond, par exemple, pour les coûts de ces
programmes-là, en ce moment, et que ce n'est même pas documenté au ministère,
les coûts de ces programmes-là, ça ne vous inquiète pas.
Mme Bossé (Hélène) : En fait, je vous dirais que, présentement, on
travaille déjà en collaboration, les directeurs des différentes écoles dans une même commission scolaire. Alors, si on
continue à le faire, même si la mission de publicité, et tout ça, n'appartient pas à une commission
scolaire mais bien à l'ensemble, il n'y a rien qui va nous empêcher de
continuer à travailler en collaboration, comme on fait déjà. On ne jette pas le
bébé avec l'eau du bain, là. On continue le travail qui est déjà
enclenché, et la valorisation de l'école publique appartient à tout le monde.
L'objectif, ce n'est pas d'être en concurrence,
mais bien d'offrir le meilleur service et de s'assurer que l'élève est dans la
bonne institution scolaire pour sa réussite.
Présidente (Mme Thériault) : Et le temps est déjà terminé, malheureusement, Mme la députée de Sherbrooke. Je vais maintenant à la députée de
Joliette, toujours pour 2 min 40 s, vous aussi.
Mme Hivon : Oui, merci beaucoup. Pouvez-vous nous éclairer
sur les nouveaux pouvoirs que vous acquerrez, via ce projet de loi là,
comme direction d'école?
M. Prévost (Nicolas) : Le terme «pouvoirs» me fait peur un peu. Je n'y
vois pas un ajout de pouvoirs, j'y vois un ajout de... Je n'y vois pas un ajout, j'y vois un... maintenant, comme
Mme Bossé l'exprimait un peu tantôt, un changement au niveau du paradigme de comment on va exercer
notre travail, nous, en collaboration avec nos équipes-écoles. C'est ça,
le changement que moi, j'y vois, que les
décisions vont pouvoir être prises en connaissant ce qui se passe dans nos
milieux. Je n'y vois pas un ajout de
pouvoirs à la direction d'école, qui va mettre son chapeau puis qui va décider
dans son bureau ce qui sera le mieux pour ses élèves.
Mme Hivon : C'est parce qu'on entend beaucoup parler de
décentralisation. Il y a un gros débat, parce qu'il y a beaucoup de gens
qui disent qu'il y a de la centralisation — je vais y revenir, parce que
vous avez une petite remarque là-dessus — mais,
si on parle de décentralisation, il faut que vous ayez de nouveaux pouvoirs, de
nouvelles manières d'exercer vos responsabilités.
M. Prévost
(Nicolas) : Il y avait déjà
beaucoup de ces... je n'aime pas le
terme «pouvoirs», là, mais il y avait déjà beaucoup de choses qui existaient dans la loi actuelle qui donnaient ce
sens-là, mais il n'y a pas toujours le respect de ça. Ça, c'est une
chose.
Maintenant, nous, on y voit vraiment un changement
de culture, qu'on vient vraiment instaurer une culture de décentralisation vers les établissements
scolaires, où on pourra travailler en équipe pour prendre les meilleures
décisions pour la réussite de nos élèves. C'est exactement ce qu'on y
voit dans ce projet de loi. On est très...
Mme Hivon :
Contents de ça?
M. Prévost (Nicolas) : Oui.
Mme Hivon :
Mais, comme tel, c'est une logique de collaboration que vous trouvez qui
devrait être améliorée, et vous voyez
là-dedans, avec le principe de subsidiarité, la possibilité d'y arriver, mais
vous ne pourriez pas me faire une liste de cinq ou 10 nouveaux
pouvoirs que vous avez, concrètement.
M. Prévost (Nicolas) : Non.
Mme Hivon :
O.K. Puis, à la page 12, vous dites que vous avez certaines craintes, là,
par rapport aux pouvoirs du ministre, que vous aimeriez avoir des
précisions. Quelles sont vos craintes par rapport à ça?
La Présidente (Mme Thériault) :
En 20 secondes.
M. Prévost
(Nicolas) : Oui. Nous, on
n'est pas contre les pouvoirs qui peuvent être accordés au ministre, mais on
veut juste s'assurer que ces pouvoirs-là qui
sont instaurés servent vraiment à une réelle décentralisation vers les
établissements et servent surtout à une uniformité, le plus possible en
respectant les besoins des milieux, mais qu'on n'ait plus... Moi, quand je jase avec l'ensemble de mes collègues, je
vois tellement de disparités d'une commission scolaire à une autre, mais,
si on peut rétablir les choses pour qu'il y
ait moins de disparités et une application plus uniforme de la loi, bien, je
pense que, là, les pouvoirs seraient
bien utilisés. Maintenant, il ne faudrait pas être incohérents, et se
rapatrier, et centraliser certaines choses, parce que, là, on serait contre
le principe...
Présidente (Mme Thériault) : Et cela met fin à nos échanges,
M. Prévost. Merci beaucoup pour votre contribution à nos travaux.
Et la
commission suspend ses travaux jusqu'après la période des affaires courantes,
soit vers 15 h 30. Merci et bon appétit.
(Suspension de la séance à 11 h 29)
(Reprise à
15 h 34
Présidente (Mme Thériault) : Bonjour. Nous allons donc reprendre nos travaux. On a commencé quatre
minutes en retard, est-ce qu'on a
consentement pour terminer quatre minutes plus tard ou on reprend le temps...
Il y a un consentement pour un quatre minutes? Parfait. Donc, on va
dépasser quatre minutes seulement, donc, c'est bon.
Vous allez me
permettre de souhaiter la bienvenue...
j'ai l'air fine comme ça, ne bougez pas, ce ne sera pas long... la commission scolaire des Navigateurs. Vous avez
à peu près 10 minutes pour nous exposer votre mémoire et, après ça,
nous présenter les gens qui vous accompagnent, et on procédera avec les échanges
avec le ministre.
M. Demers
(Jérôme) : Alors, bonjour à
tous. Je suis accompagné de M. François-Yves Dubé, qui est vice-président
de la commission scolaire des Navigateurs, Mme Esther Lemieux, directrice
générale, et M. Benoît Langlois, directeur général adjoint.
Mme la Présidente, M. le ministre, Mmes
et MM. les députés, nous tenons
d'abord à vous remercier de nous avoir invités à participer à cette commission
parlementaire. Nous sommes heureux de pouvoir contribuer à notre manière à l'élaboration d'un texte législatif qui aura
assurément des effets sur le milieu de l'éducation pendant de nombreuses années.
Notre présence parmi vous aujourd'hui est le fruit d'une longue démarche de
réflexion.
D'entrée de jeu, il convient de préciser
brièvement le contexte de cette réflexion. Nous avons sciemment décidé d'écarter l'examen de l'abolition ou non des
élections scolaires pour deux raisons : premièrement, nous savions que
d'autres organisations se lanceraient dans une telle entreprise et nous
souhaitions faire entendre un avis différent mais tout aussi valable;
deuxièmement, nous étions davantage préoccupés par une tout autre question, à
savoir, en cas d'abolition des élections, quel pourrait être le meilleur modèle
de gouvernance renouvelé.
À la lecture de notre document, vous avez
certainement compris que notre modèle n'est pas un plaidoyer visant à maintenir la gouvernance scolaire actuelle ni
une tentative de sauver les élus scolaires. Nous souhaitions, dans les limites
de nos capacités, proposer un modèle qui
n'était pas le seul fruit d'une idéologie partisane ou d'une promesse
électorale, mais le résultat d'une
réflexion approfondie ainsi qu'un projet rassembleur et prometteur. Vous
comprendrez donc que notre modèle est
aussi devenu, par le fait même, l'étalon à partir duquel nous formulons nos
commentaires sur le projet de loi.
Le court
temps qui nous est imparti aujourd'hui nous oblige à plonger sans attendre dans
le vif du sujet. Voici donc nos principaux commentaires.
Nous avons
deux préoccupations au sujet de la nouvelle composition du conseil d'établissement. À l'article 6 du
projet de loi, nous recommandons tout d'abord d'abolir les catégories de
membres pour les représentants du personnel. Le
traitement égal de tous les acteurs étant l'un des éléments forts de notre
réflexion et comme le projet de loi n'établit pas de catégorie de parents ou de représentants de la
communauté pour le conseil d'établissement, nous recommandons d'élire tous les représentants du personnel en une seule
assemblée générale des employés d'établissement, sans égard aux groupes
professionnels. Nous sommes convaincus que l'ensemble des employés sauront
choisir les meilleurs représentants d'établissement
pour défendre l'intérêt des élèves. Au niveau du conseil d'établissement, nul
besoin de lier ce choix à des catégories d'emploi.
Notre deuxième préoccupation concerne toujours
l'article 6 et le nombre de représentants de la communauté. Nous nous
expliquons mal la cohérence entre l'intention annoncée de redonner les écoles à
leur communauté, intention que nous
appuyons, et la présence d'un seul représentant de cette communauté au sein du
conseil d'établissement. Nous croyons
qu'au moins deux représentants sont nécessaires pour bien faire entendre les
préoccupations du milieu. En outre, il serait plus sage de confier aux
parents et aux membres du personnel du conseil d'établissement la nomination de
ces représentants de la communauté. Parents
et employés pourraient examiner les forces et les faiblesses du conseil
d'établissement et choisir d'un
commun accord les représentants de la communauté pouvant bonifier leurs forces,
combler leurs lacunes ou contribuer de manière significative au projet
éducatif de l'établissement.
Nous saluons
chaleureusement, à l'article 16 du projet de loi, la formation à suivre
obligatoirement en début d'un premier
mandat. Nous considérons qu'il s'agit d'un élément essentiel à l'exercice des
fonctions de tout membre de conseil d'établissement. Nous prétendons
même qu'une telle formation pourrait devenir un élément de motivation des
acteurs, puisqu'elle leur permettrait de
bien comprendre l'effet qu'ils pourraient avoir sur leur école et leur milieu.
Nous souhaitons toutefois préciser
que cette formation devra être adaptée en fonction des ordres d'enseignement et
comprendre même des mises à jour suivant le rythme des modifications
apportées aux lois et aux règlements.
Passons maintenant au conseil d'administration.
Encore une fois, la composition proposée soulève chez nous quelques préoccupations. À l'article 49 du
projet de loi, nous recommandons de modifier la répartition des parents du
conseil d'administration afin d'opter pour l'élection de six parents
élus par le comité de parents et de deux parents d'enfants handicapés et en difficulté d'adaptation ou
d'apprentissage par le comité EHDAA. D'une part, cette répartition correspond
globalement à la proportion des EHDAA au sein de l'ensemble des élèves. D'autre
part, nous considérons plus judicieuse cette répartition des
représentants des parents selon ces deux groupes d'élèves, puisque nous croyons
que l'apport d'expérience lié aux
circonstances des EHDAA profitera davantage aux discussions du conseil
d'administration que le seul fait
pour un parent de provenir du secteur
primaire, secondaire ou de la formation professionnelle. Toujours à
l'article 49 du projet de loi et
à l'image de notre proposition pour le conseil d'établissement, il serait plus
sage de confier aux parents et aux membres du personnel du conseil
d'administration la nomination des représentants de la communauté. Ces deux
groupes pourraient examiner les compétences de tous et puiser chez ces
représentants de la communauté des capacités complémentaires aux leurs.
En ce qui
concerne les représentants de la communauté, nous ne nous opposons pas outre
mesure aux critères établis. Nous
tenons toutefois à souligner que, dans notre proposition, nous accolons une
exigence de présence ou d'apport à la communauté pour pouvoir se porter
candidat au poste de représentant de la communauté. Nous soulignons que, pour trois cas sur quatre, la condition d'admissibilité
n'est pas directement liée à une présence ou à un apport à la communauté.
Il est un aspect que le projet de loi devrait
prévoir de façon explicite, à savoir l'attribution du rôle de gardien de l'équité au conseil d'administration. Tout
comme le conseil des commissaires, actuellement, peut revoir une décision prise
par un employé ou un comité de la commission scolaire, le nouveau conseil
d'administration devrait avoir le devoir de veiller à l'équité sur l'ensemble du territoire du centre de services
scolaire et le pouvoir de réviser toute décision non équitable.
À l'article 78, nous nous interrogeons sur
la décision de ne pas profiter de l'occasion qu'offre le projet de loi pour
remettre en valeur le comité EHDAA en revoyant sa composition et en lui
accordant des fonctions nouvelles et semblables à celles du comité de parents,
mais avec le devoir particulier de formuler des avis selon la perspective des
parents EHDAA. Nous croyons qu'il s'agit d'un comité sous-utilisé, qui pourrait
enrichir grandement la réflexion de l'organisation sur les EHDAA s'il lui était
accordé des fonctions accrues.
l'article 81 du projet de loi, maintenant, nous nous interrogeons sur les
modifications apportées aux fonctions du comité de parents. En effet, la
lecture des modifications nous donne l'impression que le comité de parents
devient davantage une organisation de
promotion qu'un organe de consultation. Il s'agit pourtant de l'un des deux
seuls comités permettant au centre de services scolaire de recueillir l'avis
des parents sur divers sujets. Il y aurait lieu, à tout le moins, de rétablir
le deuxième point de l'article 192 de
la loi actuelle, qui permet au comité de parents de formuler un avis sur tout
sujet propre à assurer le meilleur fonctionnement possible de la
commission scolaire ou du centre de services.
Toujours
pour le comité de parents, nous considérons que la fonction qui consiste à
élaborer et à proposer au conseil d'administration
une politique relative aux contributions financières constitue une lourde
tâche. Il faudra s'assurer de mettre à la disposition du comité de
parents toutes les ressources nécessaires à l'exécution de ce mandat.
En ce qui
concerne le comité d'engagement pour la réussite, à l'article 88 du projet
de loi, nous constatons l'absence de représentants des élèves, des
parents et de la communauté au processus d'élaboration du plan d'engagement
vers la réussite. Pourtant, à plus petite
échelle, à l'article 74 de la LIP actuelle, on demande la participation de
tels représentants lors de
l'élaboration d'un projet éducatif d'un établissement. Le PEVR est le pendant,
pour le centre de services scolaire, du
projet éducatif d'une école. Ne vaudrait-il pas s'assurer que tous les acteurs
sont représentés lors de l'élaboration du PEVR? La réussite n'est-elle pas l'affaire de tous? D'ailleurs, il nous
importe que le projet éducatif demeure en cohérence avec le PEVR, et ce,
sous la gouverne de la direction générale.
En dernier
lieu, nous tenons à mentionner ce qui suit. Nous avons compris que l'un des
objectifs du projet de loi est notamment de rendre les commissions
scolaires ou les futurs centres de services scolaires plus efficaces. Beaucoup
de commissions scolaires, dont la nôtre — nous le prétendons humblement — sont
déjà efficaces, il faut le mentionner. Il y
a, bien entendu, toujours place à amélioration. Il faut s'assurer que les
modifications proposées n'auront pas l'effet contraire et qu'elles ne
réduiront pas toutes l'efficacité déjà présente en raison de craintes qu'elles
peuvent susciter. S'il le faut, n'hésitons pas à prendre plus de temps pour
nous assurer que les nouvelles modifications n'auront pas de conséquences
néfastes sur les élèves.
En terminant,
permettez-nous de formuler le souhait suivant. Peu importent les modifications
qui seront adoptées ou les structures qui viendront ou passeront, au-delà des
idéologies politiques, des convictions personnelles et des luttes de pouvoir de l'un et de l'autre, il serait temps
d'avoir, nous tous, aujourd'hui — élus,
parents, enseignants, citoyens et autres — un discours
bienveillant et positif sur notre système d'éducation. Un tel discours tenu par
tous les acteurs du domaine de l'éducation
qui soutiennent et accompagnent quotidiennement les élèves pourrait devenir en
soi un facteur crucial de motivation, de persévérance et de réussite
scolaire dans notre société.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci, M. Demers. Sans plus tarder, je vais passer la parole au ministre.
M. le ministre, vous avez 16 minutes.
M. Roberge :
Merci bien, Mme la Présidente. Je vous remercie. Je vais commencer sur vos
derniers mots. Je suis vraiment
d'accord avec vous sur l'importance d'avoir un discours positif, valorisant,
non alarmiste, plus rassembleur, qui va nous permettre, à toutes les personnes
qui oeuvrent dans le réseau scolaire, de collaborer. Puis je pense que c'est ce
que vous avez fait de manière admirable et,
je vous dirais, exceptionnelle. Je dis «vous», là, je parle à l'ensemble des
personnes qui se trouvent devant moi.
Puis j'apprécie le fait d'avoir commissaires, mais aussi administrateurs,
direction générale. C'est très intéressant de voir la commission scolaire comme
un groupe plutôt que d'être divisée par groupes, comme vous l'avez fait.
J'ai trouvé impressionnante la démarche de
consultation que vous avez faite au fil des mois. Est-ce que vous pourriez, en deux, trois minutes, pour ne pas
prendre trop temps, mais nous dire sur combien de temps vous avez consulté
et comment vous avez fait? Est-ce que vous
avez fait une tournée des écoles, des assemblées? Comment s'est faite votre
consultation, votre mobilisation pour amener une gouvernance renouvelée?
M. Demers
(Jérôme) : En fait,
l'intention était beaucoup plus grande que la réalité. L'intention, c'était de
mener des consultations à un public
élargi. Maintenant, l'invitation que nous avons reçue du ministère de l'Éducation à entendre les résultats de nos travaux a fait précipiter les
choses. Donc, essentiellement, nous avons décidé de se partager la tâche.
Un groupe
s'est penché sur ce qu'on appelait, nous autres, la gouvernance administrative,
qui remplacerait le conseil des commissaires, actuellement. Puis aussi
on voulait tabler, travailler sur une gouvernance qui était pédagogique. Donc, on s'est divisé le travail entre les commissaires
pour la question administrative, et Mme Lemieux et son équipe ont
travaillé sur la gouvernance
pédagogique, ce qui fait que ça nous a... On a commencé par travailler de façon
séparée. Alors, il y avait des commissaires, on avait un parent, aussi, qui
assistait à nos rencontres, on trouvait ça important. On s'est rencontrés sept
ou huit fois durant l'été pour faire ça le plus rapidement possible,
Mme Lemieux a fait la même chose de son côté, et enfin on a uni les travaux, puis ça a donné ce que vous avez entre les
mains, actuellement. On considère que c'est un modèle qui est quand même assez cohérent, qui n'est
peut-être pas parfait et qui n'a peut-être pas la solution à tous les
problèmes, mais c'est le résultat de nos travaux, puis on en était très
fiers.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Mais je ne sais
pas si c'est la solution à tous les problèmes — je n'ai pas la prétention que
le projet de loi le soit, à ce moment-ci, je suis sûr qu'on va le
bonifier pour qu'il le devienne — mais
c'est certainement une contribution
très originale et très enrichissante qui nous permet de regarder et de jeter un
regard différent sur notre projet
de loi puis sur les mémoires que d'autres viennent présenter, certainement.
Comment expliquez-vous qu'à la fin vous ayez dû sortir
de votre regroupement normal — vous étiez à la Fédération des
commissions scolaires — plutôt
que de poursuivre à l'intérieur avec votre réflexion, puis d'en faire la suggestion à la fédération, puis, je ne sais pas
trop, d'y aller à l'interne? Comment en êtes-vous arrivés à la décision,
finalement, de vous séparer de la fédération dans le processus de
contribution à la gouvernance modernisée?
M. Demers (Jérôme) : Bien, je
ne sais pas combien de temps je dispose pour répondre à cette question.
Présidente (Mme Thériault) : 12 min 33 s.
M. Demers (Jérôme) : En fait, ça a été... Nous, on a commencé un processus de réflexion depuis un ou deux ans
sur notre appartenance à la fédération. Nous
avons décidé de continuer à travailler au sein de la fédération pour essayer de
faire valoir nos points de vue, et il nous est devenu évident que notre point
de vue ne pourrait pas être entendu, et ceci... je dis ceci en... Je crois que la fédération a un
avis à apporter, et qu'elle le porte depuis à sa manière, il n'y a pas de
problème, mais ce n'était pas l'avis
de notre commission scolaire, et nous croyons que notre droit de parole est
extrêmement important dans le cadre du projet de
loi sur la gouvernance
scolaire. C'est ce qui nous a poussés à sortir. On ne voulait pas nuire
à la fédération. On ne voulait pas que la fédération perde du temps non plus à
se chicaner sur l'état de ce qu'ils pouvaient présenter.
On a pris notre chemin, on a présenté... on a fait nos travaux. La fédération a
fait son chemin de son côté. Puis je
pense que c'est quelque chose de très respectueux des deux côtés, en fait, là.
On n'a pas claqué la porte en voulant être choqués et faire des vagues,
pas du tout.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Très bien. Il ne s'agit pas de discréditer la fédération, je voulais juste
savoir comment c'était arrivé à... pour que
ça aurait pu être porté par la fédération, ou faire l'objet de discussions, ou
être à côté... C'était juste dans la mécanique.
Parmi
les... On va reprendre le temps de réanalyser chacune de vos suggestions, de
vos propositions pour voir si, éventuellement,
ça deviendra des amendements puis des bonifications au projet de loi. Mais je
veux vous entendre sur le projet de loi comme tel. La notion de
subsidiarité qui est amenée dans le projet de loi... qui est modifiée, en fait,
parce qu'elle existe dans la LIP, dans la
Loi sur l'instruction publique actuelle, à l'article 207, sauf qu'on
précise que... Bon, en ce moment, ça
dit : On doit appliquer le principe de subsidiarité. Tout de suite,
ensuite, on le définit comme étant rapprocher la prise de décision des élèves, ou de toute autre personne, ou de la
communauté. Avec le projet de loi n° 40, on dit : La subsidiarité,
c'est de prendre la décision le plus proche possible de l'élève. Est-ce que,
d'après vous, cette version, dans le projet de loi n° 40, est une
amélioration du principe de subsidiarité? Est-ce que vous adhérez à cette
vision?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. Demers.
M. Demers
(Jérôme) : Dans notre réflexion, nous, ce qu'on s'est dit, c'est que
le principe de subsidiarité est important,
mais, nous, ce qu'on disait, c'est que le seul volet de la décision la plus
proche possible de l'élève a peut-être une petite nuance à apporter, parce que
des fois les personnes qui sont plus proches ne sont pas, peut-être, les
personnes les mieux... les plus
compétentes... pour prendre «compétentes»
dans... ce n'est pas péjoratif, là, mais dans le sens d'avoir la compétence de... Donc, la subsidiarité, oui, on
veut que les décisions soient prises le plus proche de l'élève, mais c'est
certain que vous avez pu voir, dans notre
modèle, qu'il y a certains éléments qui... tout n'est pas accordé au conseil
d'établissement. Il y a des choses
qu'on a préféré attribuer... nous, on a appelé ça, bon, le CRR, auquel on avait
attribué des pouvoirs spéciaux. Donc,
ce principe de subsidiarité là, on y adhérait, mais pas nécessairement dire que
tout s'en va dans les écoles non plus. Tout ce qui était des questions d'ordre
plus organisationnel... Une politique, par exemple, sur... Bon, on a adopté une
politique sur les transgenres et les... mais
c'est une politique... on ne veut pas avoir une politique par établissement,
donc on pensait qu'une décision de ce
genre-là pouvait être prise au niveau du conseil d'établissement... du conseil
d'administration, pardon. Donc, c'est un peu ça, notre interprétation du
principe de subsidiarité.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Je suis d'accord avec vous, c'est un principe qui dit : Dans la mesure du
possible et quand on peut le faire, quand c'est pertinent... Bien sûr
qu'on ne peut pas avoir une politique par école pour ce genre de chose.
D'ailleurs, dans le projet de loi, on maintient le comité de répartition des
ressources, sachant que ce n'est pas les écoles elles-mêmes que vont se répartir les ressources, mais c'est un comité
qui est régional. Parfois, on utilise le mot «abolition» de la commission
scolaire, alors qu'on la transforme en un centre de services. Donc, on ne peut
pas prétendre que les écoles seraient
100 % autonomes ou qu'il n'y aurait plus de palier régional. C'est pour ça
qu'on maintient, donc, l'instance régionale, on maintient le comité de
répartition des ressources. On crée un comité d'engagement vers la réussite,
qui peut venir, je pense, être une instance
intéressante. Ce matin, la Fédération québécoise des directions d'établissement
saluait l'arrivée de ce comité-là. D'après ce que je comprends, ça peut
être pertinent, mais vous voudriez en modifier la composition. Pouvez-vous nous
éclairer là-dessus?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. Demers.
M. Demers (Jérôme) : En fait, dans notre modèle, nous, qu'on proposait,
c'est que ce que vous avez créé avec ce comité-là, nous, on l'incluait, on l'accordait au CRR. On se disait que,
pour les décisions pédagogiques, le CRR pourrait avoir compétence puis
un pouvoir décisionnel sur ces choses-là.
Maintenant, dans la
forme actuelle du projet de loi, ce qu'on comprend, c'est qu'il n'y a pas de
représentant pour les élèves, ni les parents, ni les membres de la communauté.
Nous, chez nous, le processus de planification du plan d'engagement vers la réussite a été organisé par Mme Lemieux,
puis on a fait ces pratiques-là. On a invité un élève... un élève ou deux, si je me rappelle bien... deux
élèves, on avait des parents, et ça a été un exercice extrêmement intéressant et
vivifiant pour l'organisation.
on pense que... On comprend qu'il faut qu'il y ait des personnes, des
enseignants, et tout ça, les membres qui
figurent déjà dans le projet de loi, mais il serait important de bonifier puis d'ajouter
des représentants des parents et des élèves, parce qu'eux aussi ont une
contribution particulière, qui n'est pas essentiellement pédagogique mais qui
peut... C'est des gens qui vont vivre
le projet sur le terrain, donc on pense que leur contribution est importante, à
ce niveau-là.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Je veux vous remercier, encore une fois, pour votre contribution différente,
éclairée, pour la profondeur de la
consultation que vous avez faite, pour votre ouverture à avoir un conseil
d'administration. Ça prend un certain
courage, dans votre position, pour arriver puis proposer un changement à la
gouvernance alors que vous êtes dans la
gouvernance actuelle. Je vous remercie de cette collaboration. On va certainement tirer des propositions
d'amendement ou des ajustements. Et, sur ce, je laisserais la parole à
mon collègue de Saint-Jean, si vous permettez.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le député de Saint-Jean.
M. Lemieux :
Merci, Mme la Présidente. Pour combien de temps?
La Présidente
(Mme Thériault) : Il reste à peu près six minutes, questions,
réponses.
M. Lemieux : Merci beaucoup. Je voulais et je vais vous parler
de votre proposition de crédit d'impôt pour les parents bénévoles. Mais
je vous écoutais, j'écoutais la conversation avec le ministre, et je me
demandais, à travers vous, Mme la Présidente, si je pouvais vous demander de me donner votre lecture de l'allure des
choses. C'est en train de se polariser vite et fort, ce débat. Pourtant, ça
fait des années et des années que les couleurs étaient annoncées. Là, c'est les
détails qu'on a maintenant. Comment vous voyez ça, vous? Parce qu'on entend tout, et en même temps je me
demande la
partie de la politique là-dedans
et la
partie du terrain. Et vous, comme le ministre le disait, vous arrivez
avec les yeux grands ouverts et vous
nous dites des choses qui vont probablement interpeler le ministre par rapport
à bonifier le projet de loi. Mais en même temps je suis curieux
d'entendre les raisons pour lesquelles vous arrivez avec ces propositions qui,
évidemment, nous satisfassent, de ce côté-ci de la table, mais en même temps,
dans le débat actuel, là, qui s'élargit...
La Présidente
(Mme Thériault) : M. Demers.
M. Demers (Jérôme) : Bien, ce que je pourrais vous répondre, c'est
qu'avant le début de notre réflexion, avant la démarche de cet été, en
tout cas, on a essayé de déployer des efforts pour que, les différents groupes
avec lesquels on avait des contacts, on
développe des principes qui nous permettraient d'éviter des affrontements comme
ça. Autrement dit, si on s'installe...
si on établit des principes avant que les affrontements commencent, bien, on
pourra s'en servir pour juger si les choses avancées valent la peine ou
non. Alors, nous, c'est ce qu'on a décidé de faire. On a décidé... On a établi des principes avant de commencer. On avait établi
une... On accordait l'importance à une gouvernance de proximité. On voulait que la gouvernance soit représentative, on
voulait qu'elle soit imputable, on voulait qu'elle soit partagée puis on
voulait qu'elle soit élue par ses pairs aussi.
Donc,
ça, nous, c'est la ligne qu'on tient. Parce que, bien honnêtement, j'avais
vécu, dans un autre siège — j'étais président du comité de parents puis commissaire-parent, à
cette époque-là — toute la
question du projet de loi n° 86 et des suites qu'il y en avait eu, j'avais trouvé, sans jugement d'un côté ou
de l'autre, là, certains débats stériles et peu favorables à l'avancement des
choses. Donc, on voulait éviter ça. Aujourd'hui, je ne peux pas dire qu'on a
réussi à dépolariser le débat, mais,
pour nous, ces principes-là, c'est les projets qu'on a mis de l'avant, puis
c'est sur ça qu'on s'est appuyé pour évaluer le projet de loi.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le député de Saint-Jean.
M. Lemieux :
Et, en sous-question là-dessus, avant de passer au crédit d'impôt, vous voyez,
donc, je présume, dans toute l'importance... C'est tellement vaste, ce projet
de loi là, là, 312 articles, mais vous voyez, là-dedans, des gains
par rapport à la philosophie, à ce à quoi vous aspirez? Vous y retrouvez votre
compte?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. Demers.
M. Demers
(Jérôme) : Je vous répondrais que, nous, le rôle qu'on s'est donné,
c'est de mettre les conditions les plus favorables à ce que les choses
s'améliorent. Est-ce que je peux vous garantir que le projet de loi le fera?
Non. Est-ce que je peux vous dire que ça va
les aggraver? Non. Mais moi, je dis... nous, pardon, excusez-moi, la réflexion
qu'on a faite, c'est que, sur le
projet de loi, on pense que ce projet de loi là pourrait permettre d'améliorer
les choses en ayant plus de gens dans
les instances, puis on pourrait aussi motiver ces gens-là. Donc, je crois qu'il
pourrait y avoir un lien. Est-ce que je peux le certifier? Non.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le député.
M. Lemieux :
Et, au sujet de ce fameux crédit d'impôt, si j'ai bien compris, c'est pour les
parents bénévoles, c'est ça? Pouvez-vous m'expliquer ça?
Présidente (Mme Thériault) : M. Demers.
M. Demers
(Jérôme) : Oui. En fait, un des principes qu'on avait, en plus de
ceux-là de la gouvernance, c'est qu'on
voulait traiter tous les gens également. Donc, tous les parents, les membres de
la communauté qui venaient, on voulait trouver une façon pour que tous
soient traités égal. Et là on s'est dit que, dans certaines commissions
scolaires, des fois, les représentants du
personnel ont une reconnaissance de temps, donc ils arrivent, dans leurs tâches
de travail, à la table d'un conseil
d'établissement, par exemple, avec une reconnaissance de temps, ce que les
bénévoles n'ont pas, ce que les parents n'ont pas. Donc, on essayait de
trouver un moyen qui pourrait fonctionner pour tout le monde. Nous, on a pensé
à un crédit d'impôt — dans
le projet de loi, maintenant, on parle plus de jeton de présence — mais
c'était essentiellement un moyen qu'on
voulait pour donner la même rétribution à tous. Mais c'est sûr, aussi, que
nous, dans notre proposition, on s'est dit que... pas de rémunération,
là, essentiellement. Nous, on proposait juste... pour un président, parce qu'on maintenait la fonction de président,
mais c'était juste d'avoir un traitement équitable pour tous. Donc, s'il n'y a pas de
rémunération, c'est équitable pour tous, aussi.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le député de Saint-Jean, une minute.
M. Lemieux :
Bon, très bien, parce que vous faites la proposition d'élire les membres du
personnel au conseil d'établissement, de la façon dont vous nous l'avez dit,
là. Mais, juste pour quelqu'un qui n'est pas allé depuis 25 ans, peut-être, à un conseil d'établissement puis à une
réunion d'école, comment vous voyez ça, la suite des choses par rapport à la nomination des ces membres du C.A.? Là, vous
aviez quelque chose... pas à redire, mais à proposer pour ça. Mais, dans
l'ensemble, ce n'est pas quelque chose... ce
n'est pas une révolution, là, on a l'habitude, dans le milieu scolaire, de
travailler comme ça et de faire ça, là.
M. Demers
(Jérôme) : Oui, oui, oui, c'est semblable. Je veux dire, l'élection
des membres parents du conseil d'établissement
demeure à l'assemblée générale annuelle. Encore une fois, on voulait un
traitement équitable pour tous, alors on s'est dit : Il faudrait
que tous les membres puissent avoir un mode d'élection semblable, de là de
proposer une assemblée générale du personnel et d'abolir les critères
concernant deux enseignants, et ci, et ça.
n'a pas vu, en tout cas, à la lecture qu'on a faite, qu'il n'y avait pas, par
exemple, de conditions pour les parents. On ne peut pas... par exemple, un
parent pour le premier cycle, deux parents... Il n'y a pas de critère. On veut
des parents, on veut des membres du personnel. Puis nous, on a la
prétention de croire que, quand le personnel se rassemblera, les employés vont se connaître entre eux, ils vont
savoir c'est qui, les personnes significatives du milieu, ils vont savoir les
effets de telle ou telle personne sur les
enfants, la proximité puis ils vont prendre la bonne décision de nommer les
personnes qui vont avoir l'effet le
plus positif pour le projet éducatif de l'école puis l'intérêt de l'élève.
C'est d'ailleurs un
article de la LIP.
Présidente (Mme Thériault) : Merci, M. Demers. Je dois
maintenant céder la parole à la députée de Saint-Laurent, pour
l'opposition officielle. Mme la députée.
Mme Rizqy :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. D'entrée de jeu, je vais faire une
parenthèse, puisque nous sortons de la période de questions. Et je peux
parler de la part de l'ensemble de mes collègues de l'opposition, car nous
faisions face à ceux qui étaient en haut, dans la tribune, face à plusieurs
étudiants étrangers. Et j'ai devant moi, aussi, le ministre, oui, de l'Éducation, mais de l'Enseignement supérieur.
Tantôt, il y avait la FEC, il y avait l'Union étudiante du Québec, Force Jeunesse qui se sont exprimés. Eux
aussi ont le droit d'avoir un ministre de l'Enseignement supérieur qui
se batte pour eux.
Maintenant,
bonjour. J'ai eu le temps de rapidement lire ce que vous nous avez déposé.
Merci beaucoup. Vous avez parlé,
tantôt, de gouvernance partagée avec les élus. Là, j'aimerais juste comprendre
votre position. Est-ce que c'était une position passée, position
actuelle, par rapport à la gouvernance partagée avec les élus?
M. Demers
(Jérôme) : En fait, la gouvernance... pardon, excusez-moi.
La Présidente
(Mme Thériault) : Allez-y, M. Demers.
M. Demers
(Jérôme) : Pardon. La gouvernance partagée, ce qu'on voulait dire par
là, c'est que c'est important qu'il y ait
plusieurs groupes et que cette gouvernance-là s'exprime à travers plusieurs
groupes. Par exemple, on n'aurait pas voulu que le projet de loi prévoie que le
conseil d'établissement est formé exclusivement de parents. On n'aurait pas
trouvé que ça aurait été une solution logique dans le contexte, donc on voulait
que ce soit partagé entre les différents intervenants. On avait entendu parler
que l'intention du projet de loi serait aussi une ouverture sur le milieu, donc
c'est important que les gens du milieu soient présents également. Donc, c'est
un peu ce qu'on veut dire par une gouvernance partagée.
Mme Rizqy :
O.K. Et vous avez aussi parlé d'imputabilité, mais, si on n'a plus d'élus,
c'est qui qui devient imputable?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. Demers.
M. Demers (Jérôme) : Oui, en fait, la reddition de comptes, c'est
encore dans notre proposition. La reddition de comptes, on indiquait de quelle manière chaque organe décisionnel
pouvait faire cette reddition de comptes là. C'est sûr qu'il y a les
rapports annuels de chaque établissement, il y a le rapport annuel du conseil
d'administration qui viendra, également, aussi.
Dans
notre modèle, ce qu'on disait, le seul organe où on disait qu'il n'y avait pas
reddition de comptes, c'était le CRR,
parce qu'on considérait que la nature même du groupe qu'on voulait former
allait impliquer des vastes consultations auprès des gens, des employés de la
commission scolaire, donc on considérait que l'ampleur des consultations
qui devraient être faites ne nécessitait pas une reddition de comptes.
Mme Rizqy :
Merci. Bien, tu sais, je ne parle pas de reddition de comptes, par exemple, par
opposition à faire un bilan, déposer
des rapports, je parle d'imputabilité. Premièrement, vous, votre rôle, à
titre
de président, c'est quoi, pour ceux qui nous écoutent présentement,
pouvez-vous nous l'expliquer?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. Demers.
M. Demers
(Jérôme) : En fait, moi, mon rôle... le rôle principal que j'ai, moi,
je m'assure de l'application de l'article 155 de la LIP, qui consiste à
veiller à ce que les décisions de la commission scolaire respectent les lois,
les règles et les procédures.
Essentielleme