Health and Social Services — 22 August 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2017-08-22
Quebec — Committees
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Taillon.
Alors,
il y a plusieurs organismes, il n'y a pas que les fédérations. Et moi, je pense
que, si le ministre nous dit qu'il les
consulte bien, il ne devrait pas avoir d'objection à ce qu'on obtienne une
confirmation de la part de tous les groupes qui seront visés par les
amendements que le ministre compte déposer, à ce qu'ils nous confirment bien
qu'ils ont été adéquatement consultés. On
comprend que le ministre pourrait arriver à des conclusions différentes de leur
approbation, mais, à tout le moins, qu'ils
ont été consultés correctement avec l'information de ces nouveaux amendements.
Sinon, bien, je conclus que le ministre ne veut pas s'engager à
consulter nécessairement les groupes, tous les groupes, en tout cas, qui sont
visés par les amendements.
Le Président (M.
Merlini) : M. le ministre.
M. Barrette :
Moi, je n'ai pas de commentaire supplémentaire à faire, M. le Président.
Président (M. Merlini) : Alors, très bien, c'est noté. Les groupes que
le ministre consulte, s'ils jugent à propos, je suis certain que ces groupes entreront en communication avec les
députés de l'opposition si le besoin s'en fait sentir. À ce moment-là, vous pourrez refaire des
représentations ici lors de l'étude détaillée des articles qui seront
éventuellement déposés et les amendements qui auront été approuvés pour dépôt
ici, en commission. Les organismes ont le loisir et, comme l'Association des chirurgiens, la lettre que j'ai déposée ce
matin, voudraient émettre des commentaires tout au long de l'étude peuvent le faire, peuvent nous envoyer
des commentaires par écrit, qu'on dépose et qu'on remet aux membres de la commission ici pour parfaire l'étude du
projet de loi, et c'est ce que nous tentons de faire. M. le député de
Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Oui, M. le Président, seulement un ajout. Le ministre nous dit que le
Conseil des ministres doit approuver
certains amendements à être déposés. Je me demande : Est-ce que cette
procédure-là doit se faire assez rapidement?
Est-ce que ça peut prendre encore du temps ou le ministre s'attend à déposer
rapidement pour avancer puis continuer dans l'étude du projet de loi le
plus rapidement possible? A-t-il une idée de l'échéancier pour revenir sur ces
amendements qu'il entend nous proposer?
M. Barrette :
Alors, M. le Président, deux commentaires. Le premier et en réponse à la
question de notre collègue de Lévis, c'est
dans ma volonté et dans mon intention, bien que je ne contrôle pas le
processus, c'est ma volonté et mon
intention de faire en sorte que ça soit fait le plus rapidement possible. Comme
dans le cas présent je n'avais pas la garantie
de pouvoir terminer ce cheminement-là dans la semaine, pour le bénéfice des
collègues pour lesquels je ne voulais pas
bloquer impunément et de façon inopportune leur horaire, j'ai donc proposé de
suspendre, le temps que ça passe. Mais c'est dans mon intention d'aller
le plus vite possible.
Ceci
dit, un deuxième commentaire, M. le Président, et je renchéris sur celui que
vous venez de faire, au moment où on
se parle, les fédérations médicales, les universités, et ainsi de suite, je
n'ai aucun doute que soit en direct, soit en différé, ils suivent nos
travaux. Je n'ai aucun doute non plus que certaines organisations contactent
les oppositions. Il n'y a aucun doute
là-dessus. D'ailleurs, le questionnement qui est soulevé en est un qui
s'inscrit bien dans un ordre que je pourrais
qualifier de juridique, et ceux et celles qui nous écoutent actuellement
comprennent très bien que je comprends la manoeuvre. Elle est correcte,
c'est tout à fait démocratique, mais, comme vous l'avez dit, M. le Président,
comme ils nous suivent et comme il y a
probablement intervention ou relation avec les oppositions, bien, et vous avez
bien dit avec justesse et je les reçois avec... et je les invite à les
envoyer, nous recevons les commentaires en direct, en ligne. Vous l'avez dit en
introduction, vous avez reçu une lettre de l'Association des chirurgiens
dentistes. Moi, j'invite toutes les organisations que je sais qu'elles suivent
nos travaux assidûment à faire les commentaires et à les envoyer à tous les parlementaires, ce que vous feriez de toute façon,
et vous l'avez fait avec l'exemple que vous avez pris, pour que nous
puissions en prendre compte.
Alors, je rappelle que la procédure d'adoption
de nos lois est constituée de plusieurs étapes, une consultation publique puis une étude détaillée, mais, à toutes
les étapes, évidemment, les gens intéressés ont le loisir de s'exprimer.
Dans le cas présent,
ici, évidemment, soit par un contact, dans mon cas, avec notre organisation
et... mais la même chose pour les oppositions, soit par écrit, et c'est
tout à fait correct. Alors, à cet égard-là, je pense que la consultation est possible et la consultation passe par l'expression
des opinions des gens concernés, que j'invite aujourd'hui à faire le
plus rapidement et le plus intensément possible, c'est bienvenu.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le ministre. Un dernier commentaire, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Ah! bien, moi, j'accueille favorablement l'opportunité que
le ministre dit d'offrir aux organismes de réagir, mais on sait que, pour réagir, ça prend parfois un peu de
temps, quand les amendements sont déposés, pour en analyser les impacts.
Il y a des impacts qui sont juridiques. Il y a des impacts qui sont
économiques.
Est-ce que le ministre s'engage, lorsque les
amendements seront approuvés par le Conseil des ministres, à les déposer tous ensemble pour qu'on puisse les
prendre en perspective aussi et les analyser dans l'ensemble de l'esprit
du projet de loi? Parce qu'un projet de loi,
ce n'est pas juste des amendements ou ce n'est pas juste des articles, il y a
une perspective globale dont on doit tenir compte. On a déjà des articles très
significatifs qui sont en suspens, qu'on a suspendu
dans notre analyse et dans notre étude. Alors, est-ce que c'est possible
d'avoir, une fois que ces amendements-là auront été approuvés par le
Conseil des ministres, un dépôt de l'ensemble de ces amendements-là?
Le Président (M. Merlini) : M. le
ministre.
Barrette : Alors, M. le Président, comme je l'ai dit précédemment à
notre collègue de Lévis, c'est vraiment dans mon intention de faire cheminer ces amendements-là le plus
rapidement possible et conséquemment de les rendre disponibles le plus rapidement possible aux
collègues. Bon, évidemment, les amendements pourraient passer séquentiellement
au Conseil des ministres, je n'ai pas le
contrôle de la chose, mais c'est mon intention de faire en sorte que ce soit le
plus rapide possible.
Mais je prends la balle au bond, ce qui vaut
pour nous devrait valoir pour les collègues, et ce serait tout à fait opportun pour, à mon avis, pour moi de demander
aux oppositions de faire la même chose et de déposer également en liasse les amendements qui s'en viennent puisque
le projet de loi est un projet de loi que je pourrais même qualifier
d'en quelque part peu partisan ou même non
partisan, qui est dans l'intérêt vraiment supérieur du public. Et, à cet égard-là,
je pense qu'à date, ensemble, on a fait du
très bon travail et on va continuer à le faire. Alors, je pense que ça serait
bon dans les deux sens, cette proposition-là, qui ne s'est pas toujours
matérialisée dans le passé.
Président (M. Merlini) : C'est noté. Alors, nous reprenons donc. Lors
de la suspension de nos travaux, nous étions à l'étude d'un amendement
déposé par M. le ministre à l'article 43 du projet de loi. Je rappelle les
membres de la commission... je vous rappelle
que les articles 7, 8, 9 et 36 sont suspendus. La parole, M. le ministre,
était à vous lors de la présentation de l'amendement. À vous la parole.
Barrette : Alors, M. le Président, comme vous l'avez constaté, cet
amendement-là traite d'un
article qui est très long. Pour le bénéfice de ceux qui nous suivent, je pense que vous
allez me demander de recommencer l'exercice au début pour mettre les gens qui nous suivent... et les collègues, parce
qu'on a tous pris une période de vacances qui nous a fait peut-être oublier certains éléments... Moi,
j'ai réussi à... on va dire, faire un petit nettoyage cérébral. Alors, je
pense que je vais simplement commencer par la case départ, qui est évidemment
la lecture de l'article initial, pour en arriver à la proposition de l'amendement de l'article 43. Alors, si vous me le
permettez, je vais commencer, en fait, l'inverse, je vais lire l'amendement, lire l'article de départ, et
les gens comprendront le changement important mais mineur en sémantique
qui est proposé.
Alors, l'article 43 propose de remplacer
l'article 43 du projet de loi par le suivant :
L'article 505 de cette loi est modifié
par le remplacement, dans le premier paragraphe, de «désignés par l'agence en
application du paragraphe 1.1° de l'article 359» par «pour lesquels
un département clinique de médecine d'urgence est mis en place» et de «service
d'urgence» par «département clinique de médecine d'urgence».
Alors, c'est
un amendement qui est un amendement de concordance avec les modifications
apportées à l'amendement de
l'article... du projet de loi. Et je lis l'article initial.
L'article initial
se lisait ainsi. Il est long, M. le Président, alors je vais prendre mon
temps. Alors :
«505. Le gouvernement peut par règlement :
déterminer les soins et les services que doivent comprendre les services
d'urgence établis par les établissements désignés par l'agence en
application du paragraphe 1.1° de l'article 359 et fixer la durée maximale
d'occupation d'un lit par un usager dans un service d'urgence.»
Président (M. Merlini) :
Excusez-moi, M. le ministre, lisez-vous l'article de la loi ou l'article tel que
proposé, la modification?
M. Barrette : Non, l'article actuel.
Le Président (M. Merlini) : O.K.
Barrette : Est-ce que vous préférez que je fasse l'inverse?
Le Président (M.
Merlini) : S'il vous plaît, oui.
M. Barrette :
Vous voulez que je fasse le modifié en premier?
Le Président (M.
Merlini) : Ah! excusez, non, non, allez-y. Oui, oui, vous avez raison.
M. Barrette :
O.K. Parfait.
«2° déterminer le montant minimal de l'assurance
responsabilité qu'un médecin ou un dentiste doit détenir
en vertu de l'article 258 ou qu'une sage-femme doit détenir en vertu de
l'article 259.9;
«3° déterminer, aux fins de l'autorisation requise de
l'agence pour les travaux mentionnés au paragraphe 3° de
l'article 263, les montants applicables;
déterminer les cas, conditions et circonstances suivant lesquels les
établissements peuvent fournir un médicament;
«5° déterminer les conditions et les mesures d'hygiène et de
sécurité qui doivent être respectées ou prises, selon le cas,
par un établissement;
déterminer les règlements qu'une agence ou un établissement doit édicter;
«7° [le
paragraphe a été abrogé précédemment];
«8° déterminer les éléments sur lesquels doit notamment
porter le mandat du vérificateur d'un établissement ou
d'une agence;
[c'est un paragraphe qui a été précédemment abrogé];
«10° prévoir les mesures relatives aux services de placement
d'enfants que doivent respecter l'établissement qui exploite un centre de protection de l'enfance et
de la jeunesse et les autres établissements qui exercent des
responsabilités en cette matière;
«11°
déterminer la forme du plan d'organisation de tout établissement, les éléments
qu'il doit contenir et les méthodes ou règles suivant lesquelles il doit être
élaboré;
«12°
[c'est un paragraphe qui a été abrogé antérieurement];
«13°
déterminer, pour les établissements qu'il indique, les directions, services et
départements que le plan d'organisation d'un
établissement doit prévoir, les responsabilités et les fonctions que le chef de
ces directions, services et départements
et que le médecin responsable visé à l'article 186 [doit] remplir et, le cas
échéant, le mode de nomination et les qualifications de ceux-ci;
«14° déterminer, pour les établissements qui exploitent un
centre hospitalier, les qualifications requises d'un chef de département clinique ainsi que les
responsabilités et les fonctions [d']un tel chef doit remplir en outre de
celles qui lui sont confiées par le plan d'organisation de
l'établissement;
«15° déterminer,
pour les établissements qui exploitent un centre autre qu'un centre
hospitalier, le mode de nomination des chefs
des directions, services [et] départements visés au paragraphe 13° ainsi que la
personne ou l'autorité qui les nomme;
«16°
identifier, pour les établissements qui exploitent un centre autre qu'un centre
hospitalier, des directions, services ou
départements pour lesquels le plan d'organisation d'un établissement, au lieu
de prévoir leur formation, peut prévoir
la désignation d'une personne responsable et préciser les activités qui doivent
être exercées dans une telle direction, service ou département;
«17° déterminer les fonctions et les qualifications requises
d'une personne responsable visée au paragraphe 16°, son
mode de nomination ainsi que la personne ou l'autorité qui la nomme;
«18°
[le paragraphe a été antérieurement abrogé];
«19° déterminer les conditions et circonstances suivant
lesquelles un établissement visé à l'article 117 peut
fournir des médicaments de recherche;
«20° [le
paragraphe a été antérieurement abrogé];
«21° déterminer les qualités requises de la personne qui
sollicite un permis, les conditions qu'elle doit remplir
et les renseignements et documents qu'elle doit fournir;
«21.1° prescrire les frais exigibles pour la délivrance ou
le renouvellement d'un permis de centre médical
spécialisé;
«21.2°
déterminer, en application de l'article 333.1, les autres traitements médicaux
spécialisés pouvant être dispensés dans un centre médical spécialisé;
«22°
déterminer la rémunération ou autre avantage qui peut être accordé à un médecin
en application de l'article 259;
«23°
déterminer le contenu du dossier de plainte d'un usager;
«24° déterminer des normes relatives à la constitution et à
la tenue des dossiers des usagers,
aux éléments et aux pièces qui y sont contenus ainsi qu'à leur
utilisation, à leur communication, à leur conservation et à leur destruction;
«24.1° prescrire le contenu d'un formulaire devant être
rempli à la suite du décès d'un usager survenu dans une installation maintenue par un établissement ou
dans un immeuble ou local d'habitation où sont offerts les services
d'une ressource intermédiaire ou d'une ressource de type familial ou à la suite
du décès d'une personne qui réside dans une résidence
privée pour aînés et prévoir la personne autorisée à signer un tel formulaire
de même que les cas, conditions et circonstances dans lesquels il doit
être transmis au coroner;
«25° prescrire, pour chaque agence, les renseignements
que chacune peut requérir des établissements et des organismes communautaires
de sa région et, pour l'établissement visé à la
partie IV.2, les renseignements
qu'il peut requérir des organismes communautaires;
«26° prescrire les renseignements personnels ou non qu'un
établissement doit fournir au ministre concernant les
besoins et la consommation de services;
«27°
déterminer les catégories d'usagers pour lesquels des plans d'intervention ou
des plans de services individualisés doivent être élaborés;
«28° déterminer les conditions et modalités
d'enregistrement, d'inscription, d'admission, de transfert, de congé ou de sortie des usagers d'un établissement; [et
finalement]
«29° [le paragraphe a
été antérieurement abrogé].»
Alors c'est un long article,
M. le Président, comme évidemment on l'a tous constaté, qui traite des bases fondamentales de gestion de notre réseau. Sans
entrer dans le détail de chacun des paragraphes, on comprend à la simple lecture que ce
sont les règles de fonctionnement de base, c'est le squelette de fonctionnement
de notre réseau sur le plan légal.
Et l'article 43, si
vous me le permettez, M. le Président, je ne vais que m'adresser qu'aux articles
qui sont impliqués, là, qui sont touchés par
l'amendement, puisqu'ils sont très peu nombreux. Alors, je le
répète : 43 propose ceci :
L'article 505 de cette loi est
modifié par le remplacement, dans le premier paragraphe, de «désignés par
l'agence en application du paragraphe
1.1° de l'article 359» par «pour lesquels un département clinique
de médecine d'urgence est mis en place» et de «service d'urgence» par
«département [...] de médecine d'urgence».
L'article se lirait
ainsi, c'est-à-dire, le premier paragraphe se lirait ainsi :
déterminer les soins et les services que doivent comprendre les services
d'urgence établis par les établissements pour lesquels un département [...] de médecine d'urgence est mis en
place et fixer la durée maximale d'occupation d'un lit par un usager dans un [service d'urgence].» Alors,
ici, il y a une petite coquille, une coquille dans le texte
évidemment, parce que c'est par le «département clinique de médecine
d'urgence».
Le Président (M.
Merlini) : Est-ce que j'ai des interventions sur le... M. le ministre.
M. Barrette :
Je m'excuse. Je vous ai lu... la coquille avait été corrigée dans...
Le Président (M.
Merlini) : Dans la copie...
M. Barrette :
C'est mon erreur, M. le Président.
Président (M. Merlini) : Pas
de problème, M. le ministre. Est-ce que j'ai des interventions à l'amendement
à l'article 43?
M. Barrette :
...M. le président, là, juste pour clarifier, c'est de la concordance, là.
Le Président (M.
Merlini) : Oui.
Barrette : Avant de terminer
nos travaux, on avait... j'avais présenté des amendements qui venaient
modifier des éléments terminologiques, et on se rappelle que l'article... le paragraphe
1.1° de l'article 359 avait été abrogé par l'article
30, ce qui nous oblige à ne plus y faire référence, et nous avions fait des modifications terminologiques qui traitaient des services d'urgence, pour en
parler, les nommer département clinique de médecine d'urgence.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le ministre. Des interventions? Mme la députée de
Taillon.
Lamarre : Oui, en fait,
c'est plus pour comprendre, sur le terrain, qu'est-ce que ça pourrait changer,
mais le ministre l'a bien expliqué, on avait travaillé sur le département
clinique de médecine d'urgence. Mais, concrètement, prenons l'exemple de la
Montérégie-Est, actuellement, il y a de l'urgence dans plusieurs établissements
de santé : Pierre-Boucher, Sorel,
Saint-Hyacinthe. Est-ce qu'un département clinique de médecine d'urgence
pourrait offrir seulement certains sous-types d'urgence, ou traiter
certaines sous-catégories d'urgence? Parce que le département clinique, on
comprend que maintenant ça devient un département par CISSS et non plus un
département par hôpital. Est-ce que le ministre peut nous expliquer un peu sa
vision par rapport à ça?
Le Président (M.
Merlini) : M. le ministre.
M. Barrette :
Oui, bien, la question, et ce n'est pas une critique de la question, là, je ne
veux pas que notre collègue le perçoive ainsi... Dans les faits et sur
l'aspect légal de la gestion du réseau, ça ne change absolument
rien sur le terrain. À la
question : Est-ce qu'il est possible pour une organisation d'aller dans la direction que propose notre collègue?, il serait pour moi assez mal venu, pour une institution qui doit faire approuver son plan d'organisation, d'en arriver
et de dire au gouvernement, pour approbation d'un plan d'organisation : Voici, tel type d'urgence, dans tel hôpital,
ne donnera plus tel ou tel service. À l'inverse, aujourd'hui, ça existe déjà.
Alors, dans les travaux précédents que nous
avons effectués, notre collègue m'avait posé... ou c'est peut-être en Chambre,
là, je ne veux pas induire les gens en erreur... On a eu, de façon parlementaire,
dans une circonstance parlementaire, on a eu une discussion sur, par exemple, l'urgence, si je me souviens bien, de Notre-Dame-du-Lac ou une de celles-là, là. Et j'avais expliqué que le fait
de mettre «urgence» à la porte d'une institution avait des conséquences. Parce
qu'urgence ça veut dire urgence, et,
en quelque part, en quelque
part, on s'attend à ce qu'il y ait
toute une panoplie de services d'urgence disponibles dans l'institution,
dans l'immeuble où cette affiche-là est apposée.
Alors, pour nous, ça serait très malaisé de
penser qu'on autoriserait une institution de dire, dans un hôpital en question : Vous allez donner seulement
certains services et pas d'autres, de façon désincarnée, détachée de la
mission de l'institution. On ne peut pas s'attendre à ce qu'on offre à
Sainte-Anne-des-Monts des soins intensifs, pour un patient qui arrive en arrêt cardiaque, dans un CLSC qui donne
des soins, entre guillemets, d'urgence, mais de niveau de première ligne, des P4 et P5. Par contre,
on doit s'attendre qu'un hôpital puisse faire ça, un hôpital
qui, de façon quotidienne, donne toute
la gamme, ou, du moins... oui, toute la gamme des services de base, pas toute
la gamme des services qui existent en médecine... ait l'obligation de
donner la totalité des services d'urgence.
Alors, la question qui est posée, la réponse est
complexe mais simple en même temps. Déjà, les organisations font ce genre de choix là, mais ça doit recevoir
une approbation, dans le plan d'organisation, du gouvernement.
Et ça ne serait certainement pas possible d'envisager, et je prends l'exemple
que la collègue a donné, dans le CISSS de Montérégie-Est, par exemple, de dire : Voici, à
Pierre-Boucher, on donne tel type d'urgence... d'urgence, puis, dans l'autre,
on ne le donne pas... avec une exception : on a mis en place, nous,
gouvernementalement parlant, des niveaux de service rendus en traumatologie. On fait déjà ce genre de chose là.
Mais ça, ce n'est pas pour limiter l'accès, mais c'est pour s'assurer
que la personne qui est amenée là après une
répartition soit amenée à la bonne place en fonction de son niveau de
traumatisme.
Alors, la question est complexe, la réalité
l'est évidemment aussi. Il n'y a pas d'uniformité dans les services d'urgence, dans les institutions, parce que les
institutions ne sont pas uniformes, ne le seront jamais et il y a, donc,
des décisions qui doivent être prises à cet
égard-là. Elles se sont déjà prises, et elles se prennent encore, et se
prendront encore.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée.
Mme Lamarre : Merci beaucoup. Alors,
je remercie le ministre pour ces explications. On comprend quand même que la situation actuelle prévoyait, jusqu'à
un certain point, un intermédiaire, qui était pour aider le gouvernement
à déterminer les départements de médecine d'urgence. Il y avait les agences,
les agences qui permettaient de conseiller le
gouvernement pour lui dire : Bien, ça nous prend plus d'urgences sur notre
territoire ou ça nous prend... Alors que, là, on... je voudrais juste que le ministre me le confirme, mais ça redonne
le pouvoir exclusivement au gouvernement, par règlement, de déterminer l'endroit, les établissements où il y aura un
département de médecine d'urgence. Donc, il n'aura plus l'avis de
l'agence pour le conseiller, ou est-ce qu'il y a un équivalent ou un
intermédiaire qui pourra donner...
Le Président (M. Merlini) : M. le
ministre.
M. Barrette : Là, je ne suis pas
convaincu que je suis bien le raisonnement de notre collègue. Quand on lit l'article 1°, on ne détermine pas les endroits, on
détermine par règlement «les soins et les services que doivent
comprendre les services d'urgence établis
par les établissements désignés par l'agence — bien là, c'est le CISSS — en application du paragraphe — bien là, il est enlevé, là, le
paragraphe — 1.1°».
On détermine les soins et les services que doivent comprendre les
services d'urgence établis par les établissements.
Alors, ce
n'est pas moi, ce n'est pas le gouvernement, ce n'est pas le ministre ni le
ministère qui détermine l'endroit. On
a une approbation, sans aucun doute, à donner, mais ce n'est pas vrai, là, que
le pouvoir... On peut toujours imaginer que tous les pouvoirs finissent au ministère. Évidemment, là, les gouvernements
sont là pour faire des lois. Alors, c'est sûr qu'ultimement le pouvoir, il est là. Mais, dans cet article-là, on
détermine les soins et les services, et non pas les endroits, quoiqu'on
doive l'approuver.
Le Président (M. Merlini) : Mme la députée.
Mme Lamarre : Bien, si je lis l'article,
là, le premier paragraphe : «...pour lesquels un département [...] de médecine d'urgence est mis en place...» Alors, la
seule personne qui peut mettre en place, ou la seule institution, maintenant, c'est le gouvernement. Et il y avait, avant, au niveau
des établissements, il y avait la
notion d'établissement désigné par l'agence en application. Pour
être très, très simple, il y a beaucoup de citoyens, en particulier dans les
régions, qui ont exprimé leur crainte de
voir fermer les urgences de leurs hôpitaux. Alors, historiquement
et jusqu'à maintenant, au moment
où il y avait encore des agences,
bien, il semble que les agences pouvaient désigner les services d'urgence
qui étaient établis par les établissements qui étaient désignés par l'agence. Donc, l'agence désignait des établissements, qui, eux, offraient
certains types de services ou offraient l'ensemble des types de services
d'urgence.
En abolissant
les quelques mots qui disent «désignés par l'agence en application du
paragraphe 1.1° de l'article 359» et, en remplaçant ça, en disant :
«déterminer les soins et services que doivent comprendre les services d'urgence
établis par les établissements pour lesquels
un département [...] de médecine d'urgence est mis en place», qui peut
mettre en place, on a enlevé la notion de l'agence qui influençait cette mise
en place et on remet ce pouvoir au gouvernement.
Si ma lecture
n'est pas juste, je veux juste que le ministre me le confirme, mais ma lecture est que ce n'est
pas juste d'enlever le mot «agence» — on
est d'accord, les agences ont disparu — mais
il y avait quand même, dans ce libellé, un palier qui venait quand
même aider le gouvernement à désigner les soins et services d'urgence qui étaient établis
par des établissements, par les agences. Et là les agences ne peuvent
plus jouer ce rôle-là. On passe directement par le gouvernement, qui va mettre en
place.
Président (M. Merlini) : M. le ministre.
Barrette : M. le Président, peut-être qu'on n'a pas la même compréhension des textes
que l'on a disposé à date, là.
L'article
185 de la loi, actuellement, là, dit que... et je le lis : «Le plan d'organisation d'un centre hospitalier — on
parle ici du CISSS, évidemment, puisqu'il n'y a plus d'agence — exploité
par un établissement public doit prévoir les départements
suivants.» Et, parmi, il y a le département de médecine d'urgence. Ça fait
partie des 11 qui sont obligatoires.
Alors,
c'est une obligation. C'est déjà dans la loi, l'établissement doit avoir des
services d'urgence, doit prendre des
décisions évidemment sur les endroits. Mais, par rapport à avant, il n'y a pas
de changement quant à l'obligation pour les organisations à avoir des services d'urgence. Maintenant, les
services d'urgence, bien, à quelque part, il doit y avoir une réglementation qui détermine les services qui
doivent être desservis à la population. Et ça, ça existe dans le
règlement.
Alors,
dans le règlement, là, on prévoit, entre autres, là, à l'article 28,
que «les soins d'urgence [doivent inclure et] incluent les soins pour une affection aiguë due à une toxicomanie
et, dans le cas d'une victime d'une agression sexuelle, le traitement, la prévention sanitaire et la
constatation des évidences médicales». Ça inclut ça, mais ce n'est pas
exclusif à ça, mais on a déjà ce qui est prévu. Moi, je pense que notre
collègue exprime une crainte à l'effet qu'on va enlever des services, mais, dans la loi, l'institution
a l'obligation de prévoir ce département-là, les institutions ou les
installations doivent avoir un
permis, et le permis prévoit ça. J'ai de la difficulté à imaginer comment on
peut se retrouver dans une situation où il y aurait une perturbation de
ces soins-là.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la députée.
Lamarre : Bien, c'est peut-être juste dans la façon dont c'est
libellé, mais, quand on fait un algorithme... si on faisait un
algorithme, actuellement, il y a... services d'urgence, établis par les
établissements qui vont avoir été désignés
par l'agence. Là, ma lecture... Puis peut-être que... Je ne demande pas mieux
que d'être... Mais je veux juste être sûre,
parce que ça pourrait être compris comme ça : il y a des services
d'urgence, le gouvernement peut dire oui ou non, il y a des services d'urgence dans ces établissements-là, sur le grand
CISSS. Parce que c'est ça qu'on dit, là, il faut... Un département de médecine d'urgence a été mis en
place, et c'est s'il y a un département d'urgence qui est mis en place
que là les soins et services vont être déterminés par le conseil
d'administration, par exemple.
M. Barrette :
...moi, je pense...
Mme Lamarre :
Alors, juste...
Le Président (M.
Merlini) : Oui, allez-y, je vous en prie.
M. Barrette :
Ah! Je m'excuse, M. le Président, je pensais qu'on avait fini.
Lamarre : Si je peux juste terminer. Donc, services d'urgence :
oui, non. Si oui, on est d'accord, le conseil d'administration de l'établissement va déterminer les soins et services.
Si c'est non, si le gouvernement dit : Je n'en mets pas en place, de ce département-là, ou je le mets,
mais avec une certaine restriction; à ce moment-là, le C.A. n'a rien à
dire.
M. Barrette :
Non. Alors, là, on voit...
Le Président (M.
Merlini) : M. le ministre.
M. Barrette :
...je pense que... Vous aviez fini?
Mme Lamarre :
C'est bon.
Barrette : Moi, je pense que c'est une bonne approche. On va prendre
l'approche algorithmique, c'est bon, ça, à mon avis, là, ça simplifie les choses. Alors, on va commencer par le
sommet de l'algorithme. Le conseil d'administration ne peut pas décider de ne pas avoir de département
de médecine d'urgence, c'est dans la loi n° 30... 19, qui a modifié
185. 185 exige que, dans les établissements,
il y ait un département de médecine d'urgence. Alors, ça, c'est réglé, il ne
peut pas ne pas y en avoir.
là on parle du centre hospitalier. Le centre hospitalier, au moment où on se
parle, c'est la somme des CISSS, CIUSSS
et établissements non fusionnés. C'est ça que c'est, là. Alors, dans les
établissements, il ne peut pas ne pas y avoir de département de médecine
d'urgence. Maintenant, ça, c'est la première étape de l'algorithme.
deuxième étape de l'algorithme pourrait être... Ce n'est pas écrit comme ça
dans la loi, mais ça va être, plutôt que
pourrait... C'est la détermination des endroits où il y a des services
d'urgence. L'étape subséquente, c'est évidemment le niveau de service
rendu.
Alors,
la question, je pense, que notre collègue pose ou plutôt l'inquiétude qu'elle
soulève, c'est la possibilité pour un conseil d'administration, et là
c'est important, M. le Président... Est-ce qu'un conseil d'administration
pourrait arriver et dire : Dans notre
institution, qui est un CISSS, dans lequel il y a un département de médecine
d'urgence, qui est constitué de
plusieurs sites, est-ce qu'un site pourrait être augmenté, réduit ou même
enlevé? C'est ça, la question, je pense, qui est soulevée. Et ça, ça
relève à toutes fins utiles du conseil d'administration et, à bien des égards,
dans le plan d'organisation des soins, pourrait être une problématique soulevée
et amenée au ministère, qui, ultimement...
Bien,
à un moment donné, le ministère... Comme je dis souvent : On n'a pas 32
ministères de la Santé au Québec, on ne peut pas faire ça. Quelqu'un, à
un moment donné, doit trancher s'il y a une problématique organisationnelle, professionnelle, et ainsi de suite. Je pense qu'on
se comprend dans ce que je veux dire. Alors, la problématique
soulevable, hypothétique mais réelle, elle est celle-là. Et, à ce moment-là,
cette question-là revient au conseil d'administration de l'établissement qu'est
le CISSS.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
députée.
Lamarre : Je remercie le ministre
pour ses explications. On comprend quand même que le CISSS
peut, dans certains cas, puis
on l'a entendu beaucoup cet été,
être restreint dans ses capacités d'offrir les services d'urgence qu'il souhaiterait parce qu'il n'y a pas de
disponibilité de professionnels, il n'y a pas d'anesthésiste, il n'y a pas de
chirurgien. On a vu des hôpitaux dire :
Bien, notre urgence va être fermée, cet été, deux jours sur trois.
D'autres : On va fermer les urgences à 4 heures l'après-midi.
Alors, il y a quand même, je vous dirais, une collaboration qui doit
s'installer, mais qui doit peut-être même
être prévue, pour assurer une garantie de services à la population, entre le
gouvernement et les CISSS.
Parce que si,
par des mesures autres, le gouvernement fait en sorte qu'on n'a pas
d'anesthésiste qui peut se déplacer sur
un territoire ou que les conditions de ces déplacements-là sont modifiées par
le gouvernement, dans le cadre d'ententes qu'ils signent avec les
anesthésistes ou dans le cadre de restrictions qu'ils leur imposent, ça a un
impact direct. Et le conseil d'administration aura beau dire : Moi, je
veux développer, je sais que, sur mon territoire, ces services-là sont essentiels, sont importants pour ma population, il
se retrouve les mains liées, incapable de garantir ces services-là à la population. Et on l'a vu dans plusieurs régions du
Québec cet été. Donc, ce n'est pas hypothétique, là, ce que j'évoque
aujourd'hui.
Donc, comment
on peut faire en sorte que les autres mesures qui conditionnent l'accès à des
soins et à des services d'urgence ne
viennent pas brimer la possibilité que le conseil d'administration a de choisir
et de dire : J'offre cet éventail de soins et de services, mais pas
juste dans la diversité, dans la garantie d'un horaire et d'une disponibilité
réels pour les citoyens?
Le Président (M. Merlini) : M. le
ministre.
Barrette : Alors, notre collègue, M. le Président, aborde une
problématique, je dirais, correctement, malgré tout en mélangeant des choses par rapport à la dernière discussion que
l'on a eue. Je le dis respectueusement. Pourquoi... Et vous allez voir, M. le Président, que je suis
d'accord avec ce que notre collègue vient de dire, mais pas
nécessairement avec le moyen.
m'explique. Dans notre dernier échange, on a parlé du point de service et des
services offerts à cet endroit-là. C'est
de ça qu'on a parlé. Le conseil d'administration, c'est sa responsabilité,
c'est son obligation d'avoir un département de médecine d'urgence, et sa responsabilité de distribuer les points de
service. Et il se pourrait qu'il advienne que le conseil ait à prendre une décision d'ajouter ou de soustraire
un point de service. On pense, par exemple... Admettons qu'on a une zone
qui s'est dépeuplée, dans laquelle il n'y a plus de services requis, et qu'il y
avait déjà une installation qui est sous-utilisée.
Peut-être qu'un conseil d'administration pourrait choisir de réorganiser les
services sur son territoire. Ça, c'est une chose.
Ce n'est pas
la même chose que ce dont a évoqué notre collègue dans l'échange qu'on est en
train d'avoir, qui est celui de l'offre de services, du développement de
services, du manque de services. Ça, ce n'est pas une décision du conseil
d'administration, ce n'est pas dans un algorithme, c'est une conséquence de la
présence ou non d'ententes ou d'obligations envers les ressources concernées.
Que ce soit du personnel non médical ou du personnel médical, les situations
qu'a évoquées notre collègue sont des situations de... et là je vais
caricaturiser, parce que ça...
M. Barrette :
...oui, mais... ça ne s'applique pas ici, mais ça s'applique un peu, les gens
vont comprendre : c'est de la
relation de travail. Lorsqu'on a des découvertures dans un endroit, dans le
cadre de relations employeur-employé conventionnées,
une convention collective, il y a des règles qui prévoient ça. Lorsqu'on fait
affaire à des professionnels autonomes, les règles n'existent pas
nécessairement ou elles existent sur la base d'ententes négociées.
Un président
de conseil d'administration, là, pour le cas de figure évoqué par la
collègue... puis elle en a évoqué deux.
Le premier, c'est la couverture permanente des services, la permanence de la
couverture; le deuxième cas de figure, c'est
le développement de services. Alors là, c'est deux cas de figure complètement
séparés qu'on ne peut pas traiter de la même manière, d'aucune façon.
Je vais
commencer par le plus facile, parce que lui dépend des orientations
gouvernementales : le développement. Alors, le réseau n'a pas le loisir et ne peut avoir le loisir de
développer tout ce qu'il veut, pour des raisons d'utilisation des ressources. Et là on tombe dans l'enjeu global qui
est celui de l'enjeu du budget. Il serait inopportun et impossible, là, mais admettons même que ça soit possible, il
serait inopportun de mettre de la neurochirurgie à Sainte-Anne-des-Monts.
Je le dis avec tout le respect pour les gens de la Gaspésie. Même s'il y avait
le personnel pour le faire, il n'y a pas la clientèle,
il n'y aurait pas le débit, on y mettrait des structures extrêmement élaborées
et coûteuses pour faire quoi, un cas par
année, deux cas par année? Ça ne tient pas, évidemment, la route. On ne peut pas faire ça. Alors, dans le
développement, à un moment donné, là, il y a des orientations qui sont données, qui doivent être suivies, à l'intérieur desquelles, oui, le conseil d'administration peut faire des
choix, et ça, c'est tout à fait correct.
L'autre
volet, qui est celui de la permanence, la continuité des soins, ça, c'est une
autre affaire parce que là on est dans
les ententes. Le conseil d'administration n'a pas le pouvoir de déplacer des
médecins, n'a pas le pouvoir de dépenser des sommes additionnelles pour amener des médecins. Il ne l'a pas, ce
pouvoir-là. Et là le remède à ça, bien, ça fait
partie de la loi n° 130, ça fait
partie des sujets
dont on débat ici, ça fait
partie des objections que les organisations
médicales font valoir auprès de certains membres des oppositions et même de
nous, je dirais, hein, un argumentaire contre des contraintes, qui, elles, sont
justifiées jusqu'à un certain niveau.
Dans la société d'aujourd'hui, est-il normal que l'on s'attende... bien, que le public
s'attende à un certain niveau de contrainte
pour assurer la permanence? Le projet
de loi n° 130, le projet de loi n° 20, la loi n° 20 sont des lois,
projets de loi qui traitent de ce sujet-là. Pour régler la permanence, ou bien il y a
une contrainte volontaire par un
contrat, lequel en général va exiger
un débours parfois substantiel de l'État, ou bien il y a une contrainte qui est
convenue dans une entente ou qui est le résultat d'une loi pour amener
Je viens de
traiter trois situations
différentes qui se chevauchent, mais qui ne se superposent pas et qui n'ont
pas la même solution. Et le conseil
d'administration, dans les trois cas,
a respectivement beaucoup, peu ou pas
de pouvoir, et c'est normal comme ça.
Le Président (M. Merlini) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre :
Oui. Bien, je reprendrais l'exemple des anesthésistes, M. le Président, parce
que je pense que le ministre a une
vision où ce que je déduis de ce qu'il présente aujourd'hui, c'est que, du côté des anesthésistes, il voudrait que les... Puis je suis ouverte, là, si ce n'est
pas... mais c'est la lecture que j'essaie de décoder de ce qu'il nous
présente. Donc, les anesthésistes d'un CISSS assurent l'ensemble des services
en permanence, ce groupe d'anesthésistes là, par exemple.
Or, il semble
que, dans la région de Montréal, par
exemple, on ait beaucoup
d'anesthésistes, beaucoup plus, en termes
d'intensité, de densité, et qu'historiquement les anesthésistes de Montréal étaient prêts à se déplacer pour aller faire du dépannage pendant quelques
semaines dans des régions, dans des territoires. Ça semble avoir été changé, cette façon de faire là. Est-ce que le ministre
peut me le confirmer? Est-ce qu'il a donné des directives qui font en sorte
que les anesthésistes de Montréal ont moins
de latitude ou ont peut-être l'interdiction maintenant d'aller faire du
dépannage au Lac-Mégantic?
Le Président (M. Merlini) : M.
le ministre.
M. Barrette :
M. le Président, si c'est une information que notre collègue a reçue, il s'agit
d'une fausse rumeur. Il n'y a pas de directive ou de mesure qui ont été
mises en place pour empêcher le dépannage. Mais, pour informer le public, qui mérite d'être informé, et nos
collègues qui le méritent autant, évidemment, bien, l'enjeu n'est pas là.
L'enjeu n'est pas là. L'enjeu est très
simple : les anesthésistes souhaitent disposer de compensations
substantielles pour offrir le dépannage. En clair, les anesthésistes
voudraient...
Et je vais reprendre le propos de notre collègue,
qui a raison, la densité d'anesthésistes, populationnelle, est beaucoup
plus grande dans la région de Montréal qu'elle ne l'est ailleurs. C'est tout à fait vrai. Le pool d'anesthésistes disponibles
pour donner des services est beaucoup plus grand dans la région de Montréal,
ne serait-ce qu'à cause de la population. Mais, par densité, là, le nombre d'anesthésistes
per capita, il est certainement beaucoup plus grand dans la région de Montréal.
Ce que les
anesthésistes visent est une compensation globale, pour un programme
de couverture des endroits en pénurie
ponctuelle, qui coûterait, selon les évaluations modélisées par l'association des anesthésistes,
22 millions de dollars supplémentaires à l'enveloppe des médecins
spécialistes. C'est beaucoup
d'argent, alors que notre position actuelle est plutôt de
l'ordre de la responsabilisation du groupe qu'est celui des
anesthésistes pour prendre en charge la problématique des découvertures, sachant qu'actuellement il y a
beaucoup d'anesthésistes, qui, au fil des années, en plus, ont développé
des secteurs d'activité qui sont utiles mais qui sont extérieurs à leur
fonction première, qui est celle de l'anesthésie en bloc opératoire.
Alors, c'est
un enjeu de relations de travail — je caricaturais précédemment — entre travailleurs autonomes et le
gouvernement, avec deux parties qui... Une prône une responsabilisation, un
engagement collectif, versus une autre qui
voudrait aller dans la délivrance de services, la desserte de services, mais à
condition d'avoir un avantage financier substantiel. Je pense que 22 millions de dollars, c'est beaucoup,
beaucoup, beaucoup de sous pour une couverture d'un petit nombre de
découvertures.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Taillon, en vous rappelant qu'on est à l'amendement
sur l'article 43.
Lamarre : Oui, mais je pense, M. le Président, que ça répond quand
même à... Pour bien comprendre ce qu'on
vit au Québec et ce qu'on a vécu cet été, je pense qu'on est en train de mettre
en place les moyens, les morceaux du casse-tête,
je vous dirais, qui vont expliquer pourquoi, par exemple à La Pocatière, à
l'hôpital, les gens ont été, deux jours sur trois, sans anesthésiste pendant quatre mois de temps. Et, vous
savez, il peut arriver des situations incontrôlables qui sont difficiles à gérer pour une semaine, mais,
quand ça dure quatre mois et qu'on expose des gens, toute une
population, tout un bassin de population,
tout un territoire du Québec à être vraiment non desservi au niveau de son
urgence, c'est grave, M. le Président. Et historiquement il n'y a jamais
eu des découvertures de cette ampleur-là.
On comprend que, là, il y
a quand même eu quelque chose, il y a eu des consignes qui ont été données par
le ministre et qui font en sorte qu'il y a moins de...
Le Président (M. Merlini) : Un
instant.
Lamarre : ...il y a moins de dépannages possibles. C'est ce que le
ministre nous dit. Moi, je veux bloquer ce modèle de dépannage là.
M. Barrette : M. le Président,
article 35, là.
Le Président (M. Merlini) : Oui, M.
le ministre. Quel paragraphe de l'article 35 vous évoquez?
M. Barrette :
Article 35.
Le Président (M. Merlini) : Lequel?
Il y a plusieurs paragraphes à l'article 35.
M. Barrette : On me prête des
intentions, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) : O.K. Donc,
vous faisiez l'article 35.6°. Très bien.
Barrette : Oui. Alors, M. le Président, lorsqu'une collègue dit la
phrase suivante — je vais
la citer, là, parce qu'elle a été
instantanément inscrite dans ma mémoire : On comprend que le ministre a
donné des consignes, si ça, ce n'est
pas prêter une intention, dans un contexte où la consigne génère une diminution
d'accès à des services, bien, je ne sais
pas qu'est-ce qu'il vous faut, là, comme prêt d'intentions, là. On comprend que
le ministre a donné une consigne. On peut
continuer la phrase, là : consigne pour diminuer les services volontairement,
parce que le ministre, tant qu'à faire, on va dire, n'aime pas la
population.
Président (M. Merlini) : Là, il ne faudrait pas étirer au-delà de...
Je prends note de votre appel au règlement, M. le ministre.
Effectivement, il faudrait être un peu plus prudent dans la façon dont vous
évoquez votre idée sur la découverture de services, vous le faites bien jusqu'à
présent, mais effectivement, dire que le ministre aurait émis une consigne,
c'est de prêter une intention au ministre, là, de cette façon...
Mme Lamarre : Bien, M. le Président,
on essaie juste de décoder pourquoi...
Le Président (M. Merlini) : Oui, je
le comprends, mais je dis simplement...
Mme Lamarre : ...pourquoi les gens
n'en ont pas. Et, dans la façon dont le ministre s'est exprimé...
Le Président (M. Merlini) : Je dis simplement :
Soyez plus judicieux dans le choix.
Mme Lamarre : ...il me prête des
intentions.
Le Président (M. Merlini) : Faites
un choix plus judicieux de votre vocabulaire.
Mme Lamarre : D'accord. Alors, moi,
je demande... D'accord.
Le Président (M. Merlini) : Et, de
part et d'autre, là, je vous ai déjà...
Mme Lamarre : Pourquoi cet...
Le Président (M. Merlini) : ...j'ai déjà
noté ça dans nos séances passées.
Lamarre : D'accord. Alors,
pourquoi, cet été, des anesthésistes de Montréal n'ont-ils pas pu
aller dépanner la région de La Pocatière? C'est une question
acceptable, M. le Président?
Le Président (M. Merlini) : Tout à
fait.
Le Président (M. Merlini) : M. le
ministre.
M. Barrette : Bien là, on est complètement
hors sujet, mais je vais y répondre quand même.
Le Président (M. Merlini) : Je vais vous laisser répondre, parce
que je veux revenir à l'amendement à l'article 43.
Barrette : C'est très
simple. Posez la question aux anesthésistes. Serait-il possible qu'il y ait
eu une consigne donnée par l'association des anesthésistes? Je suppose,
je ne le sais pas. Alors, moi, M. le Président, je ne prête pas d'intention. Je ne tire aucune conclusion. On me
pose une question à laquelle je réponds clairement. Pourquoi? Bien,
il faut poser la question à ces gens-là.
Pourquoi ils ne sont pas allés? Est-ce
que c'est parce qu'il y a une consigne? Est-ce
qu'il n'y avait pas assez d'argent à la clé
? Est-ce que c'est un moyen de pression? Est-ce que, est-ce que, est-ce que,
est-ce que...
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée Taillon.
Lamarre : Bien, je veux juste terminer en disant que c'est le ministre
qui lui-même a évoqué le montant du 22 millions qui semblait être à
l'origine du litige. Et moi, je me dis : Quand on est chef responsable,
ministre de la Santé, on doit bien gérer les
sommes d'argent, mais on doit garantir également que des services essentiels
soient fournis à la population. Et,
de toute évidence, pour un certain nombre significatif de citoyens du Québec,
cet été, eh bien, il y a eu un débalancement dans cet équilibre qui est
important pour la sécurité des Québécois.
M. Barrette : Alors, M. le
Président...
Le Président (M. Merlini) : Merci.
M. le ministre.
Barrette : M. le Président, je sais que les fédérations médicales nous
suivent aujourd'hui. Bien, j'invite les associations, et la Fédération
des médecins spécialistes du Québec, et la FMOQ de bien enregistrer ce qu'ils
viennent d'entendre. Parce que la réponse,
elle est limpide. Faites des moyens de pression, demandez de l'argent, parce
que, nous, au Parti québécois, lorsqu'on sera au pouvoir, on va vous le
donner. Ce n'est pas plus compliqué, là.
Mme Lamarre : M. le Président, le
ministre me prête des intentions, là, de façon très, très claire.
Président (M. Merlini) : Là,
oui, effectivement, effectivement. Là, vous allez un peu trop loin, M. le ministre, dans votre réponse, vous
allez trop loin dans le prêt d'intentions.
Barrette : Vous trouvez?
Alors, M. le Président, nous sommes ici, là, alors on va mettre en
perspective, parce que, que notre collègue de Taillon
le veuille ou non, elle me reproche, elle me reproche, dans le contexte actuel,
de ne pas avoir posé le geste — d'abord, il faudrait qu'elle m'indique le
geste qu'elle aurait voulu que je pose — pour m'assurer qu'il n'y ait pas découverture. Il n'y aurait pas
eu de découverture si j'avais acquiescé à une demande de 22 millions
de dollars pour une spécialité. Elle le sait, je l'ai exposé. Alors, je conclus
que, si elle avait été dans mes souliers, elle l'aurait fait, parce qu'il n'y aurait eu aucun problème. Il n'y aurait
eu aucun problème puisqu'à la demande de l'argent les anesthésistes
étaient prêts à venir.
Alors, M. le
Président, je peux vous dire une chose : l'administration du CISSS a fait
des pieds et des mains pendant tout
le printemps, tout l'hiver et même l'été pour recruter des individus, membres
de l'association des anesthésistes, pour venir couvrir cet endroit-là. Elle n'en a pas trouvé. Peut-être qu'il y
a eu une sinon consigne, attitude suscitée, je ne le sais pas, mais elle
n'en a pas trouvé.
Par contre, le message qui m'était envoyé de la
part de ces organisations-là : Mettez l'argent sur la table, et puis on va y aller. Bien, le projet de loi
n° 130, là, c'est un projet de loi de gouvernance qui vise à corriger ce
genre de situations là. Et je
rappellerai à notre collègue de l'opposition officielle que, lorsqu'on a mis
certaines contraintes de ce type-là
dans la loi n° 20, bien, elle s'est opposée à tout ça, tout comme elle
s'est opposée à la loi n° 10, qui vise justement à obliger les
médecins dans un département territorialisé d'assurer la couverture en
permanence des services. Dans les faits,
nous avons légiféré pour nous donner tous les moyens pour pallier à cette
problématique-là pour que, pour une fois pour toutes, ça ne soit pas toujours un moyen de pression qui se conclut
par un débours dans un contexte où l'État a des capacités financières finies, un concept, je l'ai dit à plusieurs
reprises, qui n'est pas vécu de la même manière à l'opposition
officielle que dans notre gouvernement.
Alors, je
réitère, peut-être que notre collègue, elle, aurait déboursé 22 millions
de dollars, nous ne l'avons pas fait. Il y a des leviers dont on discute
ici et dont on a discuté, c'est à ça que ça sert, bien gérer les deniers de
l'État.
Maintenant,
un dernier mot, M. le Président, la population concernée, je vais prendre
l'exemple de La Pocatière, a eu ses
services. Il ne faut pas penser que les services qui sont inexistants... Alors,
il y a des services à proximité, à une certaine distance, mais les
services étaient disponibles dans un hôpital qui donne des services de première
ligne. Et la première ligne, bien, écoutez,
là, la distance est un objet, mais il n'y a personne qui, en totalité...
c'est-à-dire la totalité de la population ne vit pas de l'autre côté de
la rue d'un hôpital, aussi petit ou aussi grand soit-il. C'est un enjeu qui se
répartit uniformément sur la population du Québec.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le ministre. D'autres interventions sur l'amendement à l'article 43? M. le
député de Taillon.
Lamarre : Oui, M. le
Président. D'abord, juste dire : Au niveau des services, quand il n'y a
pas d'anesthésiste sur un territoire
donné... par exemple, les femmes enceintes qui sont à la fin de leur grossesse,
elles doivent se déplacer une semaine avant la
date prévue de leur accouchement parce que, si elles avaient besoin d'une
césarienne, elles ne pourraient pas
accoucher à l'hôpital de La Pocatière, il faudrait qu'elles se déplacent. Donc,
on obligeait des femmes à se déplacer
d'une centaine de kilomètres une semaine avant la date prévue de
l'accouchement. Je pense qu'au Québec on est capables de faire mieux. Alors, mon commentaire, c'est que le ministre a
un devoir de résultat. Il a un devoir de résultat au niveau de l'accès. C'est quelque chose qu'on
doit s'attendre et qui est possible ailleurs dans le monde. Donc, le
ministre doit également avoir ce devoir de résultat là.
Quand je l'ai
questionné au salon bleu, la seule raison qui avait été évoquée, c'était le
décès d'un anesthésiste, qui justifiait
que, tout à coup, il y avait une rupture de service. On se rend compte qu'il y
a beaucoup plus large que ça et que, donc, il y a des enjeux qui sont à
un autre niveau que ceux qu'il a évoqués.
Maintenant,
ce qui m'étonne, M. le Président, c'est qu'avec tout l'argent qui a été mis
dans notre système de santé et toutes
les augmentations qui ont été données autant avant 2014 quand le ministre
actuel était président du syndicat de la FMSQ et qu'il y avait un gouvernement libéral depuis 15 ans... qu'on n'ait
pas été capables dans les négociations qu'on a faites, dans les augmentations qui sont prévues, cette année
888 millions, l'année prochaine 1,03 milliard, l'autre année d'après 1,3 milliard, qu'on ne soit pas
capables de donner les garanties à la population pour que ces services-là lui
soient accessibles et qu'à l'intérieur de
ces enveloppes-là on n'ait pas été capables de donner une imputabilité qui fait
en sorte que, dans tout l'argent qui
a été donné dans les augmentations, on n'ait pas eu ce retour et cette
assurance que la population ne serait pas privée de services essentiels.
Alors, je
pense que c'est clair, sans anesthésiste, les femmes de La Pocatière devaient
se rendre à Rivière-du-Loup et je
pense que c'est un bris important au niveau des soins et des services. Ce n'est
pas une façon de procéder qui, je pense, qui représente l'argent que les Québécois mettent dans leur système de santé
et la capacité d'organisation qu'on devrait avoir déployée depuis
longtemps au Québec.
Le Président (M. Merlini) : Merci.
M. le ministre.
Barrette : Bien, je suis content, évidemment, que... je le suis
toujours, moi, j'aime beaucoup quand ma collègue intervient de façon partisane en dehors du sujet qui est celui de
l'article en question ici. Alors, ça me permet, moi aussi, d'avoir un
commentaire partisan. Alors, notre collègue faisait référence au fait que j'ai
été président de la Fédération des médecins
spécialistes du Québec. Malheureusement pour elle, elle a omis de dire que
j'étais effectivement président quand
son gouvernement était au pouvoir, pas en 1995, là, en 2012‑2013, début 2014.
Et je peux dire à la population qui nous écoute que jamais, jamais,
jamais il n'y a eu aucun geste, proposition, évocation, document, lettre que ce
soit émanant du Parti québécois — son parti — à propos de mettre en place quelque mesure
coercitive que ce soit en lien avec les services et la rémunération des
médecins.
Ce que me
reproche notre collègue est un geste qu'elle voudrait poser que son propre
gouvernement n'a même jamais évoqué,
jamais, jamais, jamais. Quand je dis, et je le dis souvent, qu'on chiale
beaucoup, mais on propose peu, bien
là, en plus, le contexte montre que ce n'était même pas dans l'esprit de son parti
lorsqu'ils étaient au pouvoir avec les mêmes
problématiques. Depuis que nous sommes au pouvoir, nous avons posé une série de
gestes qui vont tous, sans exception, dans la direction de se donner des
leviers pour garantir l'accès aux services, forcer des comportements en
fonction des besoins. La meilleure preuve que les gestes que nous posons vont
dans cette direction-là, c'est l'hostilité exprimée
par certaines organisations médicales — particulièrement les spécialistes — sur la base expresse de la
proposition ou l'établissement de contraintes.
Alors, d'un
côté, ce gouvernement-là, lorsqu'il était en place, n'a rien fait ou pensé qui
allait dans cette direction-là pour
corriger ce problème-là, et aujourd'hui, alors que nous les proposons, nous les
adoptons, heureusement que nous sommes
majoritaires, heureusement que le Parti libéral est au pouvoir, parce qu'on les
pose, les gestes, des gestes difficiles qui soulèvent une certaine grogne. Et on nous le reproche après s'y être
opposé. Alors, c'est ça, M. le Président, le cynisme, le populisme, c'est ça, c'est malheureux, c'est
tout à fait malheureux. On les pose, les gestes, on les pose, puis ils
sont tellement sévères que les organisations médicales, la FMSQ en premier,
nous inondent de poursuites judiciaires pour nous arrêter. Si ça, ce n'est pas
poser des gestes, c'est quoi? Et, encore une fois, M. le Président, on attend
encore une proposition du Parti québécois.
Ceci dit,
revenons à l'essentiel. L'essentiel, c'est le service, et je suis triste de voir
la manoeuvre, l'argumentaire qui est
utilisé par notre collègue, très triste. C'est sûr qu'on souhaite que les
femmes aient des soins, qu'elles vont avoir une césarienne le plus près de chez elles possible, c'est sûr. Mais l'enjeu
premier, c'est que la césarienne se fasse dans un milieu sécuritaire, prévisible et qu'évidemment la
césarienne aille bien pour les deux que sont l'enfant et la mère. Et
l'exemple que notre collègue a pris, bien,
c'est ça qui s'est passé, M. le Président. C'est vrai, là, qu'il y a une
personne qui a dû se déplacer sans
aucun doute à 40 minutes de chez elle, c'est vrai, c'est tout à fait vrai,
comme il y a des gens qui se déplacent 40
minutes partout au Québec pour aller recevoir la césarienne, ça existe partout
au Québec, ça existe à Québec, à Montréal, à Chicoutimi, ça existe partout, mais ça existe aussi dans la région du
Bas-Saint-Laurent. Il y a une personne, là, qui a une grossesse, qui va avoir une césarienne à Cabano et
qui ne l'aura pas à Cabano, parce que les services ne sont pas nécessairement là, et qui va l'avoir, oui, à une
heure de chez elle. Alors, on fait de la politique sur un sujet qui n'est
pas le bon. Le bon sujet, c'est que :
Est-ce que le Québec, dans cette région, a donné à cette patiente des soins de
qualité à une proximité raisonnable de chez elle? La réponse, c'est oui.
Est-ce que c'était parfait, en termes d'organisation? Bien évidemment que non.
Alors, moi, j'invite
l'opposition officielle à arrêter de s'opposer et à nous faire des suggestions
positives et constructives, comme on le fait
dans l'intérêt de la population. Je comprends, là, qu'on doive,
politiquement... la joute politique
exige la partisanerie, et ainsi de suite, l'emporte-pièce, je comprends ça.
Mais, dans le sujet qui nous occupe ici, là, le projet de loi n° 130, c'est un projet
où on devrait être à l'unisson, là-dedans, là, on devrait être ensemble là-dedans.
Lâcher la partisanerie, là, et le peaufiner,
c'est ça qui est notre rôle, parce que la finalité de ce projet de loi là, là,
c'est une organisation efficace qui génère une continuité de services de
qualité. Et nous irons jusqu'au bout de ça, même si les oppositions s'y
opposent.
Président (M. Merlini) : Merci, M. le ministre. Dans l'étude
article
par
article d'un projet de loi, il y a toujours une marge de manoeuvre pour illustrer les points que chaque parti veut
faire valoir, que ce soit la
partie ministérielle ou la
partie des
oppositions. Et la présidence permet une certaine marge de manoeuvre pour faire
les illustrations de cas. Mais il arrive à
un point où, et on est rendus... à mon opinion, à la présidence, qu'on est
rendus à un point où est-ce qu'on a dépassé,
là, le cadre de l'amendement qui est proposé ici, qui parle de changer, là, des
termes en particulier dans le premier paragraphe de l'article 505. Les
points ont été illustrés, mais là je pense qu'on est rendus à un point où il
faut revenir à l'essentiel de l'amendement qui est proposé ici.
Alors,
je souhaiterais que les prochaines interventions se fassent de retour, et il
pourrait y avoir d'autres exemples qui
pourraient être soulevés en lien avec l'amendement qui est proposé. Mais,
encore une fois, le travail de législateur est important. On l'a invoqué
tantôt, dans les discussions au début, qu'il y a des amendements qui doivent
être passés au Conseil des ministres, et nous allons revenir — le
ministre l'a dit — le
plus tôt possible pour continuer l'étude de cet important projet de loi, mais
nous devons aller aux amendements et aux articles qui sont dans le projet de
loi.
Est-ce que j'ai
d'autres interventions à l'amendement à l'article 43? Mme la députée de
Taillon?
Mme Lamarre :
Je déposerais un amendement, M. le Président.
Le Président (M.
Merlini) : Un sous-amendement?
Mme Lamarre :
Un sous-amendement. Si on peut suspendre, on va juste le rédiger rapidement, ce
ne sera pas très long.
Le Président (M.
Merlini) : Très bien. Alors, nous suspendons quelques instants pour
permettre la rédaction du sous-amendement.
(Suspension de la séance à
10 h 47)
Président (M. Merlini) : À l'ordre, s'il vous plaît! Nous reprenons donc nos travaux, suite à... pour
permettre à l'opposition officielle la
rédaction d'un sous-amendement, que je demande donc à Mme la députée de Taillon de nous lire et de nous offrir ses explications.
À vous la parole.
Lamarre : Merci, M. le Président. Alors, le sous-amendement se lit
ainsi : À l'amendement à l'article
43, après les mots «mis en place», ajouter
les mots «, en assurer l'accès adéquat».
Alors, si vous me
permettez, je vais relire le paragraphe au complet pour qu'on prenne bien le
sens.
«Le gouvernement peut
par règlement :
déterminer les soins et les services que doivent comprendre les services
d'urgence établis par les établissements pour lesquels un département [...] de médecine d'urgence est mis en
place[, en assurer l'accès adéquat] et fixer la durée maximale
d'occupation d'un lit par un usager dans un [service d'urgence].»
Alors,
M. le Président, je vais juste décrire un peu. Donc, le fait de mettre en
priorité... en fait, de mettre, de nommer cette garantie, cette assurance de l'accès adéquat, je pense que c'est
un élément important, important de part et d'autre. On a entendu,
tantôt, le ministre dire : Quand je négocie, j'essaie de forcer des
comportements — et
là je le cite, là, je ne veux pas qu'il...
Forcer des comportements, moi, je pense qu'on peut négocier de bonne foi aussi.
Il y a toutes sortes de façons de
faire les choses. Mais l'objectif ultime, c'est qu'on ait une assurance de
l'accès adéquat. Et, si, dans un paragraphe comme celui-là, on va autant
dans les détails que de dire «fixer la durée maximale d'occupation d'un lit»,
bien, encore faudrait-il qu'on ait précisé
au départ qu'il faudrait que le lit puisse être occupé puis que le service soit
donné au niveau de l'urgence.
Donc, je pense que ça
donne, de part et d'autre, une obligation d'imputabilité par rapport à la
population, une assurance que l'accès adéquat sera au coeur des échanges quand
le ministre négocie avec les fédérations et quand les fédérations négocient
avec le gouvernement.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la députée. M. le ministre.
M. Barrette :
Bon, évidemment, M. le Président, on est tous d'accord avec le principe et avec
la finalité qui est visée par l'amendement.
Mais, sur le plan... et là j'annonce que je vais faire de la pratique illégale
du droit, je m'en excuse à l'avance,
mais la problématique ici, c'est que 43... c'est-à-dire... bien oui, 43, là,
mais vient modifier 505. Et 505,
c'est un
article qui prévoit la possibilité d'édicter un règlement. Et, quand
on annonce qu'on édicte un règlement, bien, ça veut dire qu'il va y avoir un règlement
qui va prévoir a, b, c, d, alors que, là, avec respect, je pense qu'on
exprime un principe, et on n'exprime pas un
principe normalement dans la coutume législative — si je peux m'exprimer ainsi — dans un
article qui traite du
règlement.
Alors, si je mets ça là, ça veut dire qu'à un
moment donné, là, je vais édicter un règlement qui va dire : Voici comment vous allez faire ça, en assurer l'accès
adéquat, alors que c'est un principe. Là, c'est parce que c'est question
de faisabilité, je dirais, là, alors que la
question du principe, bien, on l'a déjà, là, à 172, le conseil
d'administration. En fait, à 16, qui a... l'article, on a modifié, là, à
16, on modifie la loi en exigeant à 3.1° qu'on s'assure de l'accessibilité aux services de l'établissement. On l'a déjà fait. Le principe est dans un
article
qui traite de principes, qui est 16 qui modifie 172 et qui dit spécifiquement
que le conseil d'administration doit — et là ce n'est pas
«peut» — doit,
entre autres, là, «s'assurer de l'accessibilité aux [personnes] de
l'établissement»... pardon, «aux services de l'établissement», pas aux
personnes. Ça fait que c'est déjà fait.
<R>5917 Le
Président (M. Merlini) : Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Lamarre : M. le Président, on
est dans un article, l'article 43, qui précise le département clinique de médecine d'urgence. Et l'urgence, on le sait,
c'est un problème particulier au Québec, et il y
a... On peut, par exemple, dans un
article très général sur l'accès, on peut, à un moment donné, dire : Bien, on va privilégier l'accès à tel type de service puis négliger l'urgence. Je pense
que tout le monde s'entend pour dire que l'accès à l'urgence est un
service particulier. À l'intérieur des différents départements, là, on
peut comprendre, le ministre l'a dit tantôt, certains... neurochirurgie, peut-être
que ça ne s'offrira pas partout, mais l'urgence est un service important
où l'accès doit être garanti pour tous.
Alors, c'est
comme si, actuellement, dans les conséquences qu'on voit, l'accès avait
été accessoire, et je pense
qu'il faut le remettre au coeur de nos négociations, au coeur de nos projets de
loi et au coeur de nos règlements. Et ce règlement-là donne, je pense... je
vous dirais, de part et d'autre, là, il oblige les deux parties qui vont être
en mode de négociation, et on l'espère, de bonne foi, à redire : Est-ce
que les modalités qu'on prévoit vont améliorer l'accès? Le ministre
dit : Je ne vois pas comment je pourrais, par règlement,
imposer des choses. Je vais lui donner un exemple très clair et très
simple. Il pourrait, par exemple, dans un règlement, dire que, pour les anesthésistes ou pour
certaines catégories de spécialistes
qui sont nécessaires pour assurer les services d'urgence, il faut
inclure un certain nombre de semaines de couverture de service dans les régions défavorisées. Je donne juste ça
comme exemple, mais c'est tout à fait un règlement
qui serait possible et qui ferait en sorte
que ce serait... on s'assurerait que cet enjeu-là... Écoutez,
on va très précisément, là, dans l'article,
on va fixer la durée maximale d'occupation d'un lit par un usager dans un
service d'urgence. Quand on va aussi
précis que ça, on devrait être capables de dire : Bien, il faut aussi qu'il y ait des règlements qui prévoient que l'accès va être mieux
protégé, va être priorisé dans les échanges au détriment d'autres éléments dans
le processus d'échange et de négociation qui se fait entre un gouvernement et
les fédérations médicales.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la députée. M. le ministre.
M. Barrette : Alors, écoutez, j'en
ai tellement à dire que je vais essayer de mettre ça dans l'ordre.
Alors, je le
répète, sur la finalité, on est d'accord, mais, encore
une fois, on soulève un nouvel angle
et on va... je vais en parler, du
nouvel angle. Alors, je l'ai dit tantôt, l'article 16 modifie 172 et
vient établir de façon formelle dans la loi que l'établissement a l'obligation
de s'assurer de l'accès aux services. Donc, sur le principe qui est exprimé
dans l'amendement... le sous-amendement proposé, ce n'est pas nécessaire
parce que c'est déjà prévu. C'est déjà prévu. Et je l'ai dit et je le répète : Cet article-là,
c'est un
article de règlement, ce n'est pas un
article de principe, et les
principes vont dans certains articles et les règlements dans d'autres. Il
y a une, je dirais, incompatibilité.
Maintenant,
je suis d'accord avec la collègue lorsqu'elle dit qu'on doit avoir un moyen de s'assurer d'une
certaine obligation ou même d'une obligation de couverture. Bien
oui, bien oui, à quelque part, il doit y avoir ça. Actuellement, les gens négocient de bonne foi, mais c'est de la négociation, ce n'est pas une obligation. Je le répète, 130 nous amène dans ce territoire-là. 10 a fait ça, 10 a dit : Vous avez la responsabilité territoriale, et, ayant la responsabilité territoriale, vous avez l'obligation de vous organiser, quitte à faire en sorte qu'il y ait
une rotation à couvrir les endroits en difficulté. Les médecins n'aiment pas ça et font tout
pour se battre contre ça. Ce qui nous apparaît, nous, parlementaires, et pour
le public qui nous écoute, comme une
évidence, bien, on engage actuellement les firmes les plus prestigieuses et les
plus dispendieuses pour combattre ça. À ça
que ça sert, l'État, où, dans ce lieu parlementaire ci, nous
débattons pour mettre en place des
choses qui vont remplir la mission qu'un système de santé a, qui est
celle de donner des services. Et les autres en face de nous invoquent
des droits individuels qui font en sorte que le droit individuel aurait
préséance sur le droit collectif. Ça peut se résumer à ça. C'est ça qui est
l'enjeu, là. Alors, on cherche le levier.
Mais, par
contre, le nouvel angle, là, qui vient d'apparaître, c'est qu'on prend comme
exemple le fait, là, qu'on met une
durée maximale d'occupation du lit par un usager dans les services d'urgence. Ça,
c'est vrai, là, que, ça, on est dans
la gestion pure. Et on va un pas plus loin. C'est vrai, on fait ça. Mais, en même temps, si je le fais partout, quelqu'un pourrait me reprocher d'avoir
trop de pouvoirs. J'ai entendu dire ça, moi, dans les trois dernières années,
que j'avais trop de pouvoirs. Et là je suis heureux de voir qu'on veut m'en
donner plus. Alors là, c'est sûr que là...
Ce matin, je
faisais une allocution devant un parterre de médecins, l'Association médicale du Canada, et je
leur relatais un mot qui avait été prononcé
par le lieutenant-gouverneur général lors du discours du trône à la suite de
notre arrivée au pouvoir, et c'est une terminologie que je n'étais pas habitué
à entendre, et il disait la chose suivante — ça m'a marqué, et c'est vrai, c'était tellement vrai, il dit : Le
salon bleu est un endroit de débats contradictoires. C'est vrai, on le
vit aujourd'hui. Il n'est pas bleu, il est plus brun et beige, mais il n'en
reste pas moins que la politique, le débat parlementaire, c'est contradictoire au sens où
s'opposent des positions. Bien là, on le voit, là, on le voit dans ce
dossier-là. Les fédérations médicales, les
médecins eux-mêmes, a fortiori, s'opposent sur un concept qui est bon et valide
pour le grand public, mais on
s'oppose, on se contredit. Ce n'est peut-être pas le bon mot dans le cas
présent, mais on s'oppose, on oppose
des positions qui parfois sont contraires. Dans le cas présent, on est d'accord
avec la finalité, on a des positions contraires
sur le moyen et, sur la question de fond... pas la question de fond, mais sur
la mécanique de fond, qui est celle du pouvoir, qui a été qualifiée à
plusieurs reprises d'exagérée, du ministre, là on demande à ce que j'en aie
plus.
Alors, je
conclus là-dessus, M. le Président. Le principe qui est évoqué dans le
sous-amendement est déjà prévu et établi puisque ça a été adopté à 16.
Il n'y a donc pas lieu d'aller là maintenant pour ces raisons-là.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre : Merci, M. le
Président. Alors, l'article 16, effectivement, on a ajouté :
«3.1°
s'assurer de l'accessibilité aux services de l'établissement sur l'ensemble
du territoire sous sa responsabilité.»
Maintenant,
le conseil d'administration, on a aussi, à l'article 19, énuméré la liste
des départements qui étaient priorisés.
Dans ces départements, il y a : anesthésie, biologie médicale, chirurgie,
médecine générale, médecine spécialisée, médecine d'urgence, pédiatrie.
Alors, on pourrait très bien avoir un conseil d'administration qui
dirait : Moi, je vais mettre... mettons, hypothétiquement, là, mais,
légalement, si on se fie, dire : Moi, je vais mettre la priorité sur la
pédiatrie et pas sur l'urgence, parce que j'ai des choix à faire, j'ai un
budget puis je ne peux pas prioriser tous les départements qui sont là.
Ce que moi,
je demande, dans mon sous-amendement, c'est de dire : Dans tous les
contextes, l'urgence devra être considérée
comme un service prioritaire, un service sur lequel on doit donner des garanties
à la population. Et il ne s'agit pas
de donner plus ou moins de pouvoirs au ministre et au gouvernement, on n'est pas là-dedans — on sait que, là-dessus, le ministre
est capable de bien se servir, là — mais
on est dans : Est-ce qu'à chaque fois qu'on va être dans un
processus de négociation, en ayant nommé l'accès, en l'ayant écrit, cette
priorité-là de l'accès au niveau de l'urgence, on va obliger les deux parties à
toujours garder en tête leur contrat social, le contrat social qui est...
Puis je pense
que ça, honnêtement, là, le contrat social, au Québec,
il y a des grands déficits. Il y a des grandes carences dans notre contrat social de garantir des soins, avec tout
l'argent qu'on met, tout le budget qu'on met en santé. Alors, il faut revenir
à ce contrat social. Et le contrat social, pour les urgences, il passe par un
accès.
Et il faudra
que, dorénavant, si on l'écrit et si le ministre accepte ma
proposition... Parce que je pense que, sur le fond, il semble assez d'accord, c'est juste sur le moyen. Et je pense
que de le mettre à cet endroit-là, ça fait
en sorte que le grand principe de l'accessibilité générale, il
s'applique d'une façon encore plus précise. Et, dans le cas où le ministre négocie avec les fédérations, avec tous les autres
syndicats aussi, pas seulement les deux fédérations médicales, mais de part et d'autre, les deux parties doivent
dire : Est-ce que, dans les mesures qu'on prend, il y a quelque chose qui
garantit qu'on va avoir un accès approprié pour la population au niveau de
l'urgence?
L'urgence,
c'est vital, M. le Président. On parle de situations qui influencent la
vie ou la mort, qui déterminent la vie
ou la mort des patients. Alors, il
faut avoir une urgence. On a parlé des
femmes enceintes qui sont obligées d'aller à Rivière-du-Loup, mais on ne le
sait pas, on espère que ça ne s'est pas produit. Mais un accident grave où il y
aurait eu besoin d'avoir un anesthésiste rapidement dans cette
région-là, bien, le 40 minutes de différence, ça peut faire la différence entre
la vie et la mort.
Alors, on a priorisé... on a jugé... C'est sûr
qu'on ne peut pas couvrir tout le territoire du Québec à moins de 10 minutes, mais, La Pocatière, on a dit... puis
c'est un endroit où il faut qu'il y ait quelque chose, et on a considéré
que c'était un établissement puis qu'il y avait autour une
densité de population qui le justifiait, il faut assurer ces services-là.
Et, à travers La Pocatière, bien, c'est tout un territoire avoisinant qui est
protégé ou non protégé.
Donc, par
respect pour le contrat social, que, les gens, qu'on doit avoir comme décideurs
et comme législateurs, vraiment,
j'insiste sur le fait que l'accès soit ajouté et que, quand, dans les
règlements, on voudra déterminer les éléments qui favorisent l'accès,
bien, qu'il y aura, de part et d'autre, une priorité là-dessus, et qu'on
réfléchira à ça, et que le ministre, quel
qu'il soit, pourra dire : Écoutez, est-ce que, dans toutes nos
négociations, on a bien pensé à garantir l'accès?
Et je pense que ça, ça peut se faire de bonne
foi, parce que je suis certaine que les médecins du Québec aussi souhaitent que l'accès soit protégé, que l'accès
soit amélioré au niveau de l'ensemble du territoire du Québec et que... Mais il faut s'imposer mutuellement, aux deux
parties qui sont en négociation, une priorisation, et dire : C'est le
patient qui est au centre de notre contrat
social, et, pour le patient, il faut faire en sorte qu'on mette des règlements
qui vont améliorer la garantie d'accès qui actuellement fait défaut dans
notre système de santé.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la députée de Taillon. M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : Merci, M. le Président. Écoutez, je suis les discussions avec énormément d'intérêt et je pense que la
volonté commune, elle est là. Le ministre l'a dit à plusieurs reprises. Il a
parlé du but, de l'objectif du projet de loi
n° 130, axé notamment sur le patient et le fait qu'on puisse dorénavant
faire en sorte que les services soient mieux rendus partout, bref, qu'on
évite des problématiques dont il a été question.
Je vous dirai que, dans le fond, je comprends
très bien le discours de ma collègue de l'opposition officielle. Le ministre dit : Ce n'est pas nécessaire, on
l'a déjà fait. Oui, dans le principe, mais est-ce que c'est contraignant de
le placer là aussi? S'il y avait une vision
légale qui fait que, si, dans un règlement, on a cette notion d'accès adéquat
qui nous oblige ou nous contraint à
quelque chose ou rend les choses plus difficiles, peut-être que, légalement, il
y a un élément, on se le fera dire.
Mais,
dans les faits, et la façon dont c'est expliqué, je pense qu'on est tous
d'accord sur le principe de base d'en rappeler la portée, de rappeler
l'importance, de rappeler l'intention qu'on a de faire en sorte que, dans ce
contexte-là spécifiquement, dans un service
très précis qu'est celui de la dispensation des soins d'urgence, des services
d'urgence, je pense que ce n'est pas mal
venu de le faire dans la mesure où ce n'est pas contraignant, dans la mesure où
légalement ça n'implique rien de... et ni
non plus de recul. De rappeler un
principe dans ce contexte-là, pour moi, ça ne fait que dire à ceux et celles qui se servent de notre réseau, de
notre système de santé, à ceux et celles qui auront à se présenter, à
ceux et celles qui se questionnent sur ce
qu'il s'est passé, peu importent les négociations qu'il a pu
y avoir dans certaines régions du Québec concernant les services à être
rendus... je pense que, là, on se dit mutuellement : C'est important, un
accès adéquat, c'est important globalement puis c'est important spécifiquement.
Et, dans ce cas-ci, c'est spécifique, mais
l'aventure précédente nous fait réfléchir et nous oblige à des actions. Et le ministre l'a dit — en tout cas, je l'ai compris comme ça :
Le 130, c'est une réponse à des problématiques qui ont été identifiées,
qu'il faut solutionner, qui ne doivent pas se répéter.
Et, en ce
sens-là, je vous dirai que, moi, d'ajouter «en assurer l'accès adéquat», bien
au contraire, et malgré le fait que
ça ait déjà été dit dans le principe de base, on rappelle, encore là, cette
volonté commune qu'on devrait tous avoir, peu importe le poste que l'on occupe en fonction d'un réseau axé sur le
patient, que cette volonté est celle-là. C'est que, dans un service
aussi précis que celui-là, on ait cette volonté-là aussi et on le réexprime. Et
ça pourra permettre aux gens en négociation, dans quelque situation que ce
soit, de se rappeler ce principe de base qui est réinscrit à nouveau.
Alors, dans
la mesure où on ne me dit pas aussi... Le ministre me dit qu'il y a une
contrainte légale à ça. Moi, je pense
qu'il y a une volonté, là, un principe qui doit être réexprimé dans une
situation particulière, et j'abonde dans le même sens, et moi, je vais
vous dire que je suis d'accord avec cet amendement-là.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le député de Lévis. M. le ministre.
Barrette : Je pense qu'à un moment donné il faut faire la distinction
entre ce qui est cosmétique et ce qui ne l'est pas. À bien des égards,
mettre ça là, c'est cosmétique. C'est la même chose qui est à 16... 18... 16,
M. Barrette : 16. C'est la même
chose, c'est déjà là. C'est déjà là.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le ministre. M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : Et quand bien
même, et quand bien même, M. le Président, et quand bien même ce serait cosmétique, à l'occasion, ça fait aussi du bien
d'avoir quelque chose, un rappel. Je reviens sur la notion de base. Ça
réitère une volonté commune. Le ministre me
dit : C'est cosmétique, donc ça n'a pas nécessairement d'effet. Oui, ça en
a un dans la mesure où on se redit
collectivement, dans une action précise... puis là on parle notamment des
départements de médecine d'urgence,
alors c'est un département très particulier, et on réinsiste sur cette volonté
qu'on a de faire en sorte que cet accès que l'on souhaite tous soit
meilleur.
Je comprends,
là. Tu sais, il y a des gens qui se maquilleront, il y a des gens qui ne se
maquillent pas, là. Ils restent les
mêmes personnes. Et, pour certains, cet ajout-là fait en sorte que l'image est
différente, on a quelque chose de plus, on donne quelque chose de plus. Si ce n'est pas contraignant puis ça
n'enlève rien, si ça n'empêche rien, si ça ne fait que rappeler quelque chose avec lequel le ministre est
d'accord, parce que c'est déjà dans le 16 sur le principe... Et pourquoi
pas? Ça change quoi?
Et, moi, en
ce sens-là... ne serait-ce que... C'est souvent l'image, hein, que l'on
projette, c'est-à-dire de rappeler aux
gens : Regardez, notre volonté, c'est celle-là, là. Et le ministre en a
parlé beaucoup, il a dit : Vous savez, le projet de loi
n° 130, ça ne devrait même pas être partisan. On devrait tous travailler,
là, de la même façon pour arriver à un même but.
Et, si le
fait de mettre un petit élément, qui est peut-être cosmétique, selon ce que le
ministre m'en dit, mais qui peut
donner cette vision-là que c'est au centre de toutes nos préoccupations, que
cet accès adéquat, dans l'ensemble des services
rendus et particulièrement celui-ci, je pense qu'on ne perd rien, on ne perd
rien au change, là. On ne perd rien au change.
C'est quelques mots, dans la mesure... Et je comprendrai si le ministre me
dit : Il y a une contrainte particulière, et, si on met ça, il peut
arriver quelque chose qu'on ne soupçonne pas parce que légalement il y a...
J'écouterai très attentivement. Mais je ne
vois pas où le bât blesse. Puis, si le ministre me dit que c'est cosmétique,
pourquoi ne pas, à cette étape-ci et dans cette partie-là, faire un peu
de cosmétique ou d'esthétique?
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le député de Lévis. M. le ministre.
M. Barrette : Parce qu'au-delà du
cosmétique il y a un pragmatisme qui n'est pas nécessairement la bonne chose à faire. Sur le plan du principe, on
s'entend-u, là, que, sur le plan du principe, un, que c'est un principe et que
le principe est déjà édicté ailleurs dans la
loi? Je pense qu'on peut s'entendre au moins que le texte, là, qui est proposé,
il est ailleurs. Ça fait qu'il n'a pas besoin d'être là deux fois.
Maintenant,
ce texte-là, si on l'inclut ici, dans ce paragraphe-là, un, ça change la
responsabilité de place, et, deux, ça
nous amène à un autre endroit qui n'est pas dans la gestion du réseau. Ce n'est pas compliqué, là. Si je le mets là,
là, «le gouvernement peut par règlement»,
puis là je rajoute, là, O.K., la phrase en question, bien là, ça veut dire,
là, qu'au bout
de la ligne c'est le gouvernement qui a la responsabilité d'édicter des éléments qui n'appartiennent pas au
conseil d'administration. On tombe exactement dans ce que vous
reprochez depuis le début, depuis qu'on est en fonction, depuis le début de la réforme. Vous voulez que le ministre
n'ait pas trop de pouvoirs, puis là vous voulez qu'il ait encore plus de
pouvoirs. Parce que, si c'est un règlement,
c'est un règlement pour assurer l'accès, assurer l'accès sur la base
de présence de professionnels. C'est
de ça qu'on parle. Et la présence de professionnels, c'est un autre levier,
c'est un autre chemin qui est soit la négociation, soit une loi
spéciale, soit des activités médicales particulières, et ainsi de suite. Ça
change complètement l'application, le champ d'application de cet élément-là.
que vous voulez puis qu'on veut tous, c'est un autre chemin. Alors, moi, là,
quand je dis — mettons
que c'est moi, là : Le ministre
de la Santé doit déterminer les soins et services et en assurer les règles, là,
comment vous écrivez ça, là, «en
assurer l'accès adéquat», bien là, ça veut dire que vous demandez au ministre
de faire une tutelle, parce que
c'est le ministre, là, qui fait les règles de tout. C'est ça qui arrive dans la
vraie vie. Et, dans la vraie vie, là, de quelles règles parle-t-on? On parle de règles qui régissent le travail de
professionnels qui, pour le moment, on va dire — parce
qu'il y en a ici qui voudraient que ce ne soit plus le cas — sont
autonomes. Là, on sort du territoire de l'administration qui est le CISSS, le CIUSSS, l'établissement non fusionné.
On vient de l'extraire de l'environnement dans lequel ce règlement-là est construit. C'est un environnement. On a vu les
20 quelques articles, c'est des articles d'organisation de soins locaux dans l'institution. Et là, en faisant ce que vous
me demandez, vous me demandez de sortir de là, prendre la responsabilité
d'imposer telle, ou telle, ou telle manière
de faire pour garantir le service. Parce que ce n'est pas le conseil
d'administration qui peut faire ça, il n'en a pas le pouvoir, à
l'exception — et
ça, il l'a déjà — de
l'organisation des soins sur son territoire de CISSS.
C'est
ça qui est le problème, il est sur le plan du principe cosmétique. Ce n'est
absolument rien. Il est déjà écrit ailleurs. Opérationnellement, vous
enlevez, là, vous extrayez dans les faits le geste de son territoire, qui est
celui du conseil d'administration et de la
direction, pour le mettre dans celui du ministre auquel vous reprochez d'avoir
trop de pouvoirs. Puis en plus, vous
l'appliquez, vous le mettez dans une position d'imposer des choses. Bien là,
c'est un autre chemin, puis je suis
bien d'accord d'en discuter, là. Faites des propositions, il n'y a pas de
problème. 130, c'est à propos de ça,
mais 130, c'est à propos de ça à l'intérieur des organisations. Là, vous me
sortez de l'organisation en proposant ça. Vous me donnez la
responsabilité de mettre en place des règles qui assurent l'accès en tout
temps. C'est en dehors de l'organisation.
Assurer l'accès adéquat, là, c'est une fois... une
partie en dedans, une
partie
en dehors, et là on met, dans la loi,
une obligation de résultat dans la négociation. Ça, ça s'appelle une loi spéciale,
à moins que, si vous êtes de l'opinion du
Parti québécois, vous dites : Oui, vous faites des moyens de pression,
vous demandez de l'argent, on va vous le donner. Non, je retire mon
propos...
Le Président (M.
Merlini) : Oui.
M. Barrette :
Je le retire.
Une voix :
...des intentions.
Le Président (M.
Merlini) : Il le retire. Il a retiré ses propos.
M. Barrette :
Je le retire, M. le Président, parce que ça, c'était vraiment un prêt ironique
d'intention.
Le Président (M.
Merlini) : S'il vous plaît, M. le ministre, est-ce que votre
intervention est terminée?
M. Barrette :
Elle est terminée.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Oui, bien, à la
lumière de ce que le ministre vient de nous dire, je trouve qu'il a fait lui-même
la démonstration que l'urgence est quelque chose de spécifique. Et je vous
explique. Parce qu'on l'a vu dans le cas de La
Pocatière, mais dans le cas de plusieurs autres, le territoire ne réussit pas à
garantir son autosuffisance pour les services d'urgence dans certaines
spécialités médicales. Des anesthésistes qui veulent aller travailler à temps
complet au Lac-Mégantic, il n'y a
pas assez de besoins dans certains cas pour en avoir un nombre suffisant pour
compenser les périodes de vacances,
et tout ça. C'est la même chose à La Pocatière. Alors, l'urgence, justement, le
territoire, dans certains cas, les CISSS autonomes, le ministre dit : Moi, je ne
veux pas m'ingérer dans les CISSS, mais, pour les urgences, on l'a vu,
on en a eu la démonstration depuis un an et
demi, deux ans, les territoires, par
eux-mêmes... Parce qu'on a entendu les P.D.G. des CISSS et des CIUSSS dire : On a fait des démarches, on a essayé tout ce qu'on a pu pour recruter des
anesthésistes, on a appelé, on a fait
des échanges, on a essayé d'aller chercher et on n'est pas capables. C'est la
preuve — et le ministre vient d'en faire la démonstration — que ça prend le gouvernement, ça prend le ministre
pour être capable d'assurer une mobilité
de certains anesthésistes dans les cas des situations des urgences pour
garantir ces urgences-là. Même si le ministre contraint, même s'il donne
plus d'argent, le nombre d'anesthésistes dans un petit territoire, quand ils
vont vouloir prendre leurs vacances, on ne réussira pas à donner les garanties.
Donc, le
ministre doit, dans le cas des urgences, avoir un impact, et, dans les
négociations, on doit déjà anticiper à l'avance
que, pour garantir les urgences, il faudra avoir une modalité particulière, et
elle prendra la forme de différents règlements, puis on a la latitude pour les écrire,
ces règlements-là, mais de dire que l'assurance de l'accès devra être au
coeur des négociations et, je le répète, au
coeur du contrat social que, de part et d'autre, on doit assurer pour les
citoyens du territoire.
Alors, moi,
je pense que... on le sait, ce n'est pas le cas pour toutes les spécialités,
mais, dans l'urgence, on l'a vu, les
spécialités indispensables à l'urgence que sont l'anesthésiste et les
chirurgiens, on a un problème, on a vraiment un problème, et ça ne peut pas toujours se gérer à l'intérieur même d'un
CISSS ou d'un CIUSSS. Il faut utiliser les ressources humaines des grands CIUSSS centraux qui sont dans
les grandes villes pour assurer, pour venir apporter main forte à nos besoins du territoire et des régions. Et moi, je
pense que ça se justifie tout à fait et qu'on est vraiment dans quelque
chose, là, qui vient nous montrer que l'urgence, en ajoutant ça, c'est une
dimension qui a sa place dans l'article 43.
Puis j'invite
vraiment le ministre... je pense qu'il est assez d'accord avec nous et j'espère
l'avoir influencé et qu'on puisse passer à simplement rajouter «en
[assurant] l'accès adéquat». Et, oui, il faut que ça revienne, de ce côté-là,
au gouvernement et au ministre d'assumer cette responsabilité-là, parce qu'on
se rend compte qu'individuellement les CISSS
et les CIUSSS n'y parviennent pas. Alors, ça fait
partie d'une responsabilité,
je vous dirais, supraterritoriale, pour l'ensemble du Québec, où il faut qu'on sorte de nos établissements qui,
par ailleurs, ont beaucoup d'autres responsabilités et pour lesquels beaucoup d'implications sont
nécessaires au niveau de l'accès. Il faut toujours qu'ils gardent l'accès
en priorité, mais, dans le cas des urgences,
ce n'est pas vrai que les CISSS et les CIUSSS, avec ce qu'on a vu cet été,
ont l'autonomie suffisante pour gérer leurs
problèmes de pénurie au niveau des anesthésistes et des chirurgiens. Ça prend
une intervention du gouvernement.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la députée. M. le ministre.
Barrette : Bon. Alors là, je pense que la démonstration, M. le
Président, elle est faite, là, elle ne peut pas être plus limpide, de l'inutilité de la proposition,
pas de la finalité, de l'inutilité de la proposition. Ce dont parle notre
collègue, M. le Président, là, ça fait
longtemps qu'on a pensé à ça puis ça fait longtemps qu'on sait quoi faire,
c'est juste qu'il y a une problématique légale. Puis on sait exactement
ce qu'on a à faire, puis on va le faire à un moment donné.
Mais, ici,
là, ce dont notre collègue parle, c'est de mettre en place une obligation
collective d'aller couvrir à quelque part.
C'est de ça qu'elle parle. Parce qu'ici on est dans un
article de règlement.
J'aimerais, là, entendre de la bouche de notre collègue, j'aimerais que le public qui nous écoute l'entende, je
lui donne une chance, je lui donne une chance de montrer, là, que les choses sont claires au Parti québécois en politique
de la santé, je lui donne cette chance-là, qu'elle m'indique... qu'elle prenne une pause, bientôt, on
va arriver à la pause du midi, qu'elle prenne la pause du midi pour
revenir à la séance de cet après-midi et de
me proposer un libellé de règlement qui permet de faire ça. C'est impossible
légalement. Et, si c'est possible, M. le Président, je supplie notre collègue
de revenir cet après-midi ou tantôt — on peut faire une pause — et de m'écrire la règle qui permettrait de
pallier à la situation qui a été décrite par notre collègue, qui, par
ailleurs, est vraie. Je la connais, cette
situation-là, M. le Président, je la connais, puis il y en a, des solutions,
là, mais qui sont d'un autre ordre.
Et je la supplie, la défie — qu'elle choisisse le mot — de me proposer un règlement qui permet de
faire ce qu'elle a dit. C'est impossible, c'est impossible. Ce qu'elle
veut trouver, ce qu'elle propose comme solution, c'est la solution de 2003, qui était la solution des
huissiers, qui n'a jamais été appliquée. Un huissier qui obligeait, sous
peine d'un, deux, trois, quatre, un médecin de se déplacer physiquement pour
aller donner des services... Ce n'est pas simple de même.
Alors, il y a
une question de principe. Parfois, on est d'accord, le principe, il est écrit
dans la loi, là, il est écrit. Ici, on
est dans un règlement d'organisation sur la responsabilité du conseil
d'administration. On me demande de
mettre un texte qui a comme finalité
d'avoir l'effet d'avoir le pouvoir de déplacer des gens. C'est une autre chose.
Je le répète : Je demande,
supplie, défie notre collègue de nous écrire un texte, je lui donne le temps
qu'elle veut, d'un règlement, là, pas d'une
loi, d'un règlement qui va légalement
permettre d'arriver à la fin qu'elle nous exprime. Et, comme c'est
impossible, je n'en aurai pas, de texte, M.
le Président. Alors là, il y a une méconnaissance ici de la loi, de ce que peut
faire la loi, à la limite, je dirais,
du réseau de la santé. Et c'est ça qui est le problème, là. Il est là, le
problème, là. Alors, ça fait plusieurs fois que je le dis, là. Et là je me rappelle qu'au début de notre séance on a
fait référence au fait qu'on avait du précieux temps parlementaire qui
avait été aboli ou annulé pour cette semaine. Utilisons le précieux temps
parlementaire qu'on a à notre disposition actuellement pour avancer.
Maintenant, si... Et je lui laisse la possibilité de le faire. Je suis disposé,
M. le Président, à faire une pause
maintenant pour que notre collègue nous écrive un texte de règlement qui nous
permet de faire ce qu'elle nous propose. Je lui laisse la parole, je lui laisse
le choix. Sinon, on le fera sur le midi, et je reviendrai en espérant, à 15 heures, qu'on arrivera avec
un texte réglementaire. Ça m'intrigue. Mais, encore une fois, M. le
Président, peut-être que j'ai une mauvaise lecture du droit.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée.
Lamarre : Je trouve que le ministre renonce vite. C'est à lui à écrire
les lois et les règlements. Mais il est en train de nous faire une loi qui abolit les privilèges des médecins.
Alors, il me semble que, là aussi, on est pas mal dans des choses intrusives par rapport à ce qu'on... Et
on le voit par la réaction des deux fédérations médicales, c'est majeur,
ce qu'il est en train de faire avec le
projet de loi n° 130. Alors, moi, je me dis : Entre ça et avoir la
possibilité de dire : On doit garantir des services à l'urgence, il
doit y avoir des façons d'écrire des règlements qui vont favoriser et qui vont
assurer un accès adéquat. Et donc je pense que c'est tout à fait possible. Et
le ministre aura toute son équipe s'il avait vraiment
cette volonté-là de le faire. Et je pense que ça, on voit que c'est parce qu'il
ne souhaite pas vraiment utiliser ça.
Maintenant, toutes
les allusions qu'il fait sur la méconnaissance de la loi ou sur toutes sortes
d'allusions qu'il fait par rapport à ce que
j'applique, moi, je pense qu'on a... et ce que je propose... Par règlement, si
on est capables de fixer la durée maximale d'occupation d'un lit par un usager dans un
service d'urgence, on devrait être capables de trouver des mesures, des moyens — et il peut y en avoir tout un arsenal — pour assurer un accès adéquat à l'urgence.
Et ça ne doit pas être si illégal que
ça, puisque, il l'a dit lui-même, il l'a mis dans 16. Et on devrait se fier à
ce que 16 nous a dit, parce que, là,
on l'a mis, «s'assurer de l'accessibilité aux services de l'établissement».
Est-ce que ça veut dire que ce qu'on a mis
dans 16, on ne peut pas l'appliquer, on ne peut pas rien faire pour assurer
l'accessibilité? Alors, les mesures qu'on fait pour 16, on leur donne
une vocation encore plus spécifique en disant : Attention! pour les
urgences, en particulier l'accessibilité, ça
devrait être en haut de l'échelle dans ce qu'on négocie et dans ce qu'on essaie
de développer comme règlement. Donc,
moi, je pense que, si on est capables de développer des mesures qui vont
garantir que 16 va être appliqué avec son obligation, «s'assurer de
l'accessibilité» — on
utilise exactement les mêmes termes — alors on devrait être
capables d'ajouter «assurer l'accès adéquat» dans 43 sans causer de problèmes
illégaux. Merci.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la députée. M. le ministre.
Barrette : Alors, M. le Président, là, on va quand même revenir, là,
c'est important, là. Je
comprends, là, que... je
comprends un certain... je perçois un certain niveau d'inconfort et je le
comprends, là.
Mme Lamarre :
M. le Président.
M. Barrette :
Mais je perçois...
Le Président
(M. Merlini) : Un instant, un instant!
Mme Lamarre :
M. le Président, on me prête des intentions.
M. Barrette :
Bien, non.
Le Président
(M. Merlini) : Je ne vois pas d'intention à dire qu'il y a un
certain niveau d'inconfort, là.
Mme Lamarre : On interprète que ce que j'ai est de l'inconfort.
Moi, je suis très confortable dans ce que j'ai dit. Alors, que le ministre dise ce qu'il a à
dire, mais qu'il ne considère pas que je suis dans une zone inconfortable.
C'est une façon de me prêter une analyse.
Le Président
(M. Merlini) : Non, ce n'est pas...
Mme Lamarre :
Je ne suis pas inconfortable, M. le Président.
Le Président
(M. Merlini) : Non, ce n'est pas un prêt d'intentions de dire
que...
Mme Lamarre :
C'est diminutif, c'est diminutif.
Président (M. Merlini) :
Non, je regrette, je ne vois pas de prêt d'intention dans le qualificatif qui
est utilisé. M. le ministre.
M. Barrette : M. le
Président, là, ce n'est pas
diminutif, il y a un inconfort dans la proposition. Et je vais le répéter, M. le
Président, là, je vais le
répéter : Dans le dernier temps, notre collègue nous a dit qu'elle
souhaitait, à la limite
qu'elle exigeait, mais qu'elle souhaitait
certainement qu'on mette en place une règle qui garantisse, qui garantisse.
Quand elle fait le parallèle avec, par exemple, la durée d'occupation
d'un lit à l'urgence, c'est de la gestion à l'interne, de dire à une administration : Vous qui gérez, le patient
sur une civière ne restera pas plus que cinq jours. Tiens! On va exagérer,
là. Mais ça, c'est interne, c'est de la
gestion interne. Ce qu'elle nous demande, elle me demande, c'est de mettre en
place un règlement qui va garantir qu'en
dehors de la juridiction de l'administration de l'établissement, il va y avoir
l'effet recherché, qui est d'avoir une continuité permanente des
services, ce à quoi je dis : Ce n'est pas possible.
j'invite amicalement notre collègue de prendre l'occasion, nous sommes à un an
d'une élection. Dans un an, là, sa
formation politique pourrait prendre le pouvoir. Elle devrait donc aujourd'hui
être, sans aucun doute, prête pour mettre en application ses idées, qui, je l'ai dit à plusieurs reprises
aujourd'hui et précédemment, sont très différentes de ce qui a été énoncé, proposé dans le dernier mandat du
Parti québécois. À un an des élections, si c'est ça, sa pensée,
normalement, il y a déjà quelque chose de
prêt. Je lui donne l'opportunité de venir ici parce qu'on est d'accord avec la
finalité. Je lui donne l'opportunité
de nous présenter un texte réglementaire, pas de loi, réglementaire qui permet
légalement de faire ce qu'elle dit,
je lui ouvre la porte. Et, encore une fois, je lui ouvre la porte, je lui
laisse du temps, et ça n'arrive pas. Bien, si ça n'arrive pas, il est possible que ça ne soit pas possible. Et, si ce
n'est pas possible, ça veut dire que le raisonnement ou la prise de
position est inconfortable.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de Taillon,
il vous reste un peu moins de cinq minutes.
Mme Lamarre :
M. le Président, c'est une stratégie que le ministre a utilisée à répétition en
essayant de retourner la balle et la
responsabilité du côté des partis de l'opposition. Je sens un empressement de
sa part de savoir notre programme, il
l'aura en temps et lieu et il sera en mesure... Mais, déjà, il nous a prêté
plusieurs fois des intentions quant au salariat des médecins à chaque
fois qu'il est... et qui font qu'on n'est pas dans ce domaine-là. Alors, je
vais le laisser réfléchir, et s'imaginer des choses, et faire des souhaits.
Là, on est
dans le simple fait d'inscrire en 43 quelque chose que le ministre nous
dit : On n'a pas besoin de l'inscrire parce que c'est déjà dans 16.
Et nous, on dit : 43, il traite des urgences. Et pourquoi on a fait un
article dans le projet de loi n° 130
plus spécifique? C'est pour régler les urgences. C'est parce que ça représente
quelque chose de majeur. Et donc,
dans 130, en 43, bien, moi, je pense que... et je vois que mon collègue est
d'accord avec moi du côté de la CAQ, et je pense que le ministre, à travers ça, manque une opportunité. Et en
assurer l'accès adéquat, comme je le dis, c'est de remettre, dans le
coeur des négociations, des éléments qui vont prioriser l'accès.
On le sent,
dans une négociation, il y a d'autres choses qui peuvent prévaloir. Mais le ministre, je le rappelle, il a tantôt dit que l'enjeu, c'était 22 millions
de dollars, donc ça ne semble pas être tant que ça sur le fait que ce soit
légal ou pas légal de le demander. Il
y a un enjeu aussi de juste valeur, de ce qu'on peut avoir pour ce qu'on
demande, et de prévoir dans nos négociations qu'il y ait une garantie
d'accès qui fasse
partie de la négociation et non pas strictement le montant
total qu'on donne en croisant les doigts puis en disant : J'espère que ça
va se traduire sur le terrain par un accès beaucoup plus élargi.
Alors, moi,
je crois que ce qu'on propose, c'est de donner au gouvernement, mais, en même temps, de donner aussi aux fédérations de part et d'autre. Les fédérations
pourraient dire : Bien, regardez, vous voulez qu'on assure l'accès,
ça vaut quelque chose. Alors, ça, c'est un angle. Puis le gouvernement pourrait dire : Moi, j'ai une obligation de garantir
l'accès puis, dans ce que vous m'offrez, ce
n'est pas là. Alors, il faut qu'on se reparle puis il faut qu'on négocie de
bonne foi, mais qu'on remette, encore une fois, le patient au centre et
que l'accès soit quelque chose qui soit approprié.
Alors, moi, je me fie sur nos juristes au niveau
du gouvernement pour la rédaction des règlements. J'ai eu l'occasion de travailler avec eux dans plusieurs
dossiers et il y a toujours moyen de donner cet esprit qu'on veut
donner, peut-être pas par la force, mais par
l'intention, parce qu'à travers des règlements on peut aussi manifester des
intentions plus précises, plus claires et puis donner des moyens pour que ça se
concrétise pour la population.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la députée de Taillon. M. le ministre.
Barrette : Alors, je pense, M. le Président, qu'on a tous entendu, là,
tous, et ainsi que ceux qui nous écoutent, et je peux vous dire une chose, si j'étais du côté de la fédération, je
serais heureux en titi aujourd'hui, là. Alors, on comprend deux ou trois
choses.
La première,
c'est que notre collègue, à un an des élections... qu'il y a une pensée claire
dans ses intentions, qu'il devrait
donc avoir sans aucun doute un projet de règlement à portée de main puis qui va
même peut-être faire
partie d'un programme
électoral, qu'elle refuse de nous le proposer, alors que je lui ouvre la porte,
que je lui tends la main. Elle refuse. Alors, ou bien il n'y en a pas ou
bien c'est impossible. C'est un des deux.
Maintenant,
écoutez, là, il y a une chose qui vient d'être dite qui est quand même
extraordinaire, elle nous a dit que 22 millions de dollars, ce
n'était pas grand-chose. 22 millions de dollars, là, c'est...
Mme Lamarre : M. le Président,
c'est...
Président (M. Merlini) : Oui, effectivement, là, on étire un peu, là,
l'intention derrière avec votre argumentaire, là, parce qu'elle n'a pas
invoqué de montant, là, dans ce qu'elle a dit, effectivement.
M. Barrette : Bien non, au
contraire, elle l'a dit. Elle a dit : 22 millions, ce n'est pas beaucoup
par rapport à l'enveloppe globale.
Mme Lamarre : C'est le contraire de
ce que j'ai dit, M. le Président.
M. Barrette : Pas du tout.
Lamarre : Ce que j'ai dit,
c'est que ce n'était pas tant une question légale que ça semblait être une question
d'argent quand le ministre a déposé et a présenté son argumentaire au tout
début.
M. Barrette : M. le Président, on
réécoutera la bobine, ce que je vais faire en revenant ce midi, si vous me le permettez, et elle a évoqué le fait que 22 millions de dollars, par
rapport à la somme totale des
médecins spécialistes, ce n'était
pas, quand même, énorme, et je lui rappellerai que 22 millions de dollars pour 650 médecins, par exemple, c'est beaucoup
d'argent. Et, s'il y en a seulement une cinquantaine qui le font, c'est encore
plus d'argent par individu. C'est un enjeu qui est important.
Alors, c'est
quoi, la réalité aujourd'hui, M. le
Président, là? La réalité, là, elle
est simple : j'ouvre la porte à notre collègue, je sens que je
n'aurai pas de proposition et je
pense que c'est symptomatique, ça
jette la lumière, ça jette un éclairage très, très, très intense sur la capacité qu'a l'opposition officielle du Québec de prendre des décisions dans ce secteur-là.
Le Président (M. Merlini) : M. le
député de Montmorency.
Bernier : Et, M. le Président, s'il y a un imbroglio, à savoir ce qui a été dit ou ce qui
n'a pas été dit, je pense que c'est votre possibilité à vous, là, de
réécouter et de voir effectivement ce qui s'est dit par rapport aux éléments qui
ont été soulevés. Je pense,
ce qui est important, c'est de poursuivre et d'étudier l'article
et le sous-amendement, qu'on puisse terminer cette phase-là, mais je
pense que c'est à vous de juger et de
regarder les possibilités d'obtenir l'information. Merci.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, M. le député de Montmorency. Je reçois très bien vos commentaires à cet effet. Il vous reste une minute, Mme la députée de
Taillon, pour le sous-amendement.
Lamarre : M. le Président, si je voulais, je pourrais dire au ministre que la semaine
dernière, à l'Association médicale du
Québec, le ministre, dans le surdiagnostic et le surtraitement, a
considéré qu'il y avait 500 à 600 millions de dollars
qu'on pouvait récupérer là-dessus, mais que lui, il ne voulait pas s'attaquer à ça parce qu'il préférait se concentrer sur...
c'était absolument seulement gérable entre le patient et le médecin. Alors, il
a renoncé, il a laissé 500 à 600 millions de dollars sur la table.
Alors, ceci étant dit, ce que j'ai dit tantôt, ce n'était
pas que 22 millions, ça ne valait pas la peine d'en discuter, mais
ce que j'ai dit, c'est que l'enjeu que le ministre évoquait, en étant une
obstruction légale et... comporte un volet très significativement monétaire et beaucoup plus que les enjeux de :
Est-ce que c'est possible de l'écrire ou non, est-ce que c'est légal de l'écrire? Il y a une question
d'argent, et ce que je dis, c'est qu'il y a des voies de passage. Il y en a,
des voies de passage, et c'est
là-dessus que le gouvernement et les fédérations doivent s'entendre pour mieux
servir la population, donner des garanties d'accès et de soin aux
urgences.
Président (M. Merlini) :
Merci, Mme la députée de Taillon. Est-ce que j'ai d'autres interventions? M. le
ministre.
M. Barrette : Je n'ai pas le choix,
M. le Président. Je n'ai vraiment pas le choix, parce que le parallèle est tellement extraordinaire que je ne peux pas ne pas
le faire, surtout que j'aurais pu invoquer encore 35, 6°, évidemment.
Alors, je ne l'invoquerai pas, je vais plutôt prendre la parole.
Ce que j'ai
dit, M. le Président, était très simple, et ça va encore dans la même direction
de l'impossibilité ou la possibilité
qui n'est pas exprimée des positions de l'opposition officielle. Quand j'ai
évoqué, et c'est vrai qu'il y a des économies
potentielles à aller chercher par les bonnes décisions prises entre le médecin
et le patient au moment de poser un
geste clinique, bien, essentiellement, ça signifie de suivre les standards de
pratique. Est-ce que le gouvernement du Parti québécois a la volonté de s'ingérer dans la relation
médecin-patient et de dicter au médecin quel traitement il ou elle va
prodiguer à son patient? Parce que c'est de ça dont on parle. L'enjeu, ici, est
de faire en sorte que la communauté médicale
se prenne en charge parce que seule elle entre elle a la possibilité de faire
le bon choix clinique en fonction des standards
de pratique. Et, si on le prend sous cet angle-là, c'est la responsabilité du
Collège des médecins du Québec que les
bons gestes soient posés et non celle du gouvernement, sinon on demande au
gouvernement de s'ingérer dans la pratique médicale de ce professionnel. Est-ce qu'il y a lieu de mettre un
meilleur encadrement ou non? La réponse, c'est : Oui. Mais ça ne se fait pas par une action directe, et, non,
conséquemment, je n'ai pas choisi de ne pas agir, j'ai choisi de dire,
de donner comme message aux médecins :
Vous allez devoir vous occuper de vos affaires parce que vos décisions ont
un impact sociétal. Et ça, c'est la bonne manière de le voir.
Si telle
n'est pas l'option de l'opposition officielle, M. le Président, j'invite notre
collègue, sur ce sujet-là aussi, de nous
déposer un texte qui va favoriser l'ingérence du gouvernement du Parti
québécois dans la relation médecin-patient. Est-ce que les gens qui nous écoutent aujourd'hui s'attendent à ce que
leur gouvernement vienne dire quotidiennement à leur médecin : Voici ce que tu feras, voici ce que tu ne feras pas?
Est-ce que la population s'attend de leur gouvernement ce niveau-là
d'ingérence?
d'ailleurs, pour qu'il y ait une conversation publique utile politiquement
parlant, j'invite, là-dessus, aussi, notre collègue à déposer un texte
de la façon selon laquelle elle agira en la matière.
Président (M. Merlini) : Merci, M. le ministre. Est-ce que j'ai
d'autres interventions sur le sous-amendement? Mme la députée, vous n'avez plus de temps de parole malheureusement au
sous-amendement. Alors, comme je ne vois plus d'intervention, je mets
donc le sous-amendement aux voix. Est-ce que le sous-amendement à l'amendement
de l'article 43 est adopté?
Mme Lamarre : Appel nominal.
Le Président (M. Merlini) : Oui. Le
vote par appel nominal est demandé. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Lamarre (Taillon)?
La Secrétaire : M. Barrette
(La Pinière)?
Secrétaire : M. Bernier (Montmorency)?
La Secrétaire :
Mme Tremblay (Chauveau)?
La Secrétaire :
M. Bourgeois (Abitibi-Est)?
La Secrétaire :
M. Paradis (Lévis)?
M. Paradis
(Lévis) : Pour.
La Secrétaire :
M. Merlini (La Prairie)?
Le Président (M.
Merlini) : Abstention. Alors, le sous-amendement est donc rejeté.
Nous
revenons donc à l'étude de l'amendement proposé par le ministre. Est-ce que
j'ai d'autres interventions? Je n'en vois pas. Je mets donc l'amendement
proposé par le ministre aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 43 est
adopté?
Président (M. Merlini) : Adopté sur division. Nous revenons donc à
l'article 43 tel qu'amendé. Est-ce que j'ai des interventions? Je n'en
vois pas. Est-ce que l'article 43 tel qu'amendé est adopté?
Président (M. Merlini) : Adopté sur division. Merci. Nous allons donc
maintenant à l'article 44, M. le ministre, pour la lecture.
M. Barrette :
L'article 530.3.1 de cette loi est remplacé par le suivant :
ministre peut offrir aux établissements, ainsi qu'à un autre organisme ou une autre
personne lié au réseau de la santé et des services sociaux, des services
d'installation, d'entretien et de réparation...»
Mme Lamarre :
Je crois que, M. le Président...
Le Président (M.
Merlini) : Je vous en prie.
Mme Lamarre :
En toute collaboration, mais je pense avoir entendu que le ministre a dit
l'article 530.3.1.
M. Barrette :
Oh! Excusez-moi.
Mme Lamarre :
C'est juste, si les gens nous écoutent et qu'ils veulent suivre...
Barrette : Alors, merci,
vous avez tout à fait raison, alors, je vais reprendre la lecture,
c'est tout à fait exact, j'ai
fait un lapsus. Alors :
L'article 520.3.1 de
cette loi est remplacé par le suivant :
«520.3.1. Le ministre
peut offrir aux établissements, ainsi qu'à un autre organisme ou une autre
personne lié au réseau de la santé et des services sociaux, des services
d'installation, d'entretien et de réparation de tout support technologique
utilisé par ceux-ci ou de soutien aux utilisateurs ainsi que des services de
gestion de leurs ressources informationnelles.
Il peut de plus leur offrir des services de conception, de réalisation et de
fourniture d'actifs informationnels.
«Lorsque
ces services concernent la gestion des ressources informationnelles ou un
support technologique utilisé pour [les] renseignements contenus au
dossier d'un usager, l'établissement peut communiquer, en conformité avec l'article 27.1, un renseignement contenu au
dossier de l'usager à toute personne désignée par le ministre si la communication
de ce renseignement est nécessaire à la fourniture de ces services.
ministre peut, par entente, déléguer la totalité ou une
partie des pouvoirs qui
lui sont confiés par le présent
article
à un établissement, ainsi qu'à un organisme ou une autre personne lié au réseau
de la santé et des services sociaux. Dans un tel cas, le délégataire est
réputé avoir une capacité d'exercer — je m'excuse — de
tels pouvoirs.»
Est-ce que vous voulez que je lise le texte
initial, M. le Président?
Le Président (M. Merlini) : Non.
M. Barrette :
Non? Parfait.
Le Président (M. Merlini) : Ça va
aller. Pour les explications, M. le ministre.
M. Barrette : Bien, écoutez, essentiellement,
c'est un
article qui permet aux gens de notre... c'est-à-dire au ministère
d'offrir, essentiellement, au réseau la possibilité d'offrir à une tierce
partie liée au réseau la gestion et le développement de certaines ressources
informationnelles, tout simplement.
Le Président (M. Merlini) : Merci, M.
le ministre. M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : Merci, M. le Président. Une question, seulement pour m'éclairer, histoire de bien
comprendre. Je me rappelle qu'on a beaucoup parlé d'actifs informationnels et
de systèmes informationnels, et le ministre — de mémoire, il me corrigera si je me trompe, M. le Président — nous disait, à un moment donné : On est en train de
faire quelque chose d'exceptionnel, parce
qu'on est en train de devenir propriétaire de nos systèmes, là, puis c'est du
jamais-vu, donc de quelque chose qui est
performant, qui va permettre l'harmonisation, l'uniformisation également des
opérations, et tout ça.
Mon seul questionnement, c'est que, dans ce
texte-là, quand je lis ça, c'est que le ministre peut offrir aux établissements, peut offrir des services de
conception, de réalisation ou de fourniture, mais, s'il m'offre, j'ai la
possibilité de dire : Je n'en veux pas, je vais prendre les miens.
Je me pose
simplement la question : Est-ce que, dans une volonté d'harmonisation, du
fait qu'on est en train de se doter
d'outils qui nous appartiendront, on laisse le choix aux établissements de
dire : Je ne prends pas ce qu'on aura mis en place ou... Je le
comprends de même, ou c'est mon erreur de lecture?
Le Président (M. Merlini) : M. le
ministre.
Barrette : Je pense que je ne qualifierais pas ça d'une erreur de
lecture, là, mais peut-être simplement, là, d'une hypothèse qui est peu
probable, là. Bien, en fait, je le dis mal, ce n'est pas une erreur de lecture,
là, ça ne vient pas à l'encontre des principes que le collègue a évoqués à
l'instant, qui veut qu'on ait un système qui ait un maximum d'uniformité d'un endroit à l'autre pour qu'il
soit plus performant en termes de gestion. Ça n'enlève pas ça du tout,
du tout, du tout, c'est une question purement, purement pragmatique.
Le Président (M. Merlini) : M. le
député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : Je comprends le
pragmatisme, je veux simplement... Donc, je comprends, à travers ce que le ministre me dit, que des établissements
pourraient décider de fonctionner autrement qu'avec les systèmes qu'on
aura mis en place, il y a cette
possibilité-là, c'est ce que je comprends, là. En principe, non, parce que tout le
monde va dire : On veut
les mêmes choses, travailler de la même façon, uniformiser puis être plus
performants. Mais je veux dire, je comprends donc que le ministre ne peut pas
dire : Le ministre fournira aux établissements, ou, en tout cas, il n'y a pas une
notion d'obligation d'utilisation d'un système qui nous appartient. C'est rien
que ça que je veux comprendre.
Barrette : ...le pouvoir de l'orientation gouvernementale, ministérielle, de dire qu'on va avoir un système x, mettons, mais on a la possibilité soit, nous, d'aller à un extrême d'avoir la responsabilité de faire tout ça ou, par
exemple, dans un cas particulier, qui est toujours
possible, de dire à un établissement : Bon, bien, vous, vous allez le faire pour
le réseau. Alors là, ça devient une question pragmatique. D'ailleurs, c'est ce
qu'on fait actuellement. Ce que l'on fait actuellement, c'est qu'on mandate un établissement du réseau la responsabilité de faire la mise en place, le déploiement
du système qu'on a en place. On ne le sous-traite pas à l'externe, mais on
mandate, on sous-traite à l'interne, ce n'est pas
un bon mot, peut-êtr