Transportation and the Environment — 1 December 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CTE 2020-12-01
Quebec — Committees
(Dix heures deux minutes)
La Présidente (Mme Grondin) :
Donc, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission des transports et de l'environnement ouverte.
La commission
est réunie afin de procéder à l'étude
détaillée du projet de loi n° 71,
Loi sur les véhicules hors route.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Campeau (Bourget) est remplacé par M. Lefebvre
(Arthabaska); M. Caron (Portneuf), par M. Bachand (Richmond);
M. Lamothe (Ungava), par M. Lemieux (Saint-Jean); M. Tardif
(Rivière-du-Loup—Témiscouata),
par M. Girard (Lac-Saint-Jean).
Présidente (Mme Grondin) :
Merci. D'abord, je... Ah! pardon. Oui, est-ce que... Mme la secrétaire, est-ce
qu'il y a des droits de vote par procuration?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Bachand (Richmond) dispose d'un droit de vote par
procuration au nom de M. Caron (Portneuf) et M. Arcand (Mont-Royal—Outremont)
dispose d'un droit de vote par procuration au nom de M. Benjamin (Viau).
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, Mme la secrétaire. D'abord, je dépose les
mémoires reçus depuis la fin des consultations particulières. Ils seront donc
avec les documents déposés. Bureau d'assurance du Canada et Groupement des
assureurs automobiles.
Aussi, je vous informe que, conformément à la
motion adoptée par l'Assemblée le 20 octobre dernier, 2020, les votes de
ce mandat devront se tenir par appel nominal, et ce, jusqu'au 11 décembre
prochain.
Nous allons
débuter avec les remarques préliminaires. M. le ministre des Transports, vous
disposez de 20 minutes.
Bonnardel : Bon,
Mme la Présidente, je pense qu'avec l'adoption de principe et les commentaires
que j'ai émis lors de nos consultations les gens ont bien compris le sens de la
loi. Pour nous, comme gouvernement, il est important, moi, comme ministre
aussi, là, de réformer, je vais le dire ainsi, une loi qui aurait dû être faite
depuis un petit bout de temps déjà. Je pense que l'aspect sécurité est non
négligeable dans cette loi. Donc, encore une fois, j'ai bien hâte de travailler
avec les collègues de l'opposition, là, pour améliorer, s'il le faut, certains
articles, là.
Je le disais tantôt, d'entrée de jeu, à
certains, là, qu'on aura quelques amendements, peut-être une quinzaine en tout
et partout, là, où on est allés chercher les intrants, là, les plus
intéressants avec les organismes qui sont passés nous voir, là, dans les
dernières semaines. Puis encore une fois, là, je serai très ouvert si les
collègues de l'opposition souhaitent amender ces amendements que nous avons mis
sur le site du Greffier. Déjà, à l'heure qu'il est là, on me confirme que oui,
alors vous pourrez avoir accès à ces amendements.
Alors, voilà, puis je suis prêt à travailler.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le ministre. M. le député de Mont-Royal—Outremont, vous disposez
de 20 minutes pour vos remarques préliminaires.
Arcand : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Évidemment, très heureux de pouvoir travailler sur
ce projet de loi qui... De façon générale, on en a adopté le principe et c'est
un projet de loi avec lequel, évidemment, globalement,
nous avons certains enjeux, mais on aura l'occasion d'en discuter avec le
ministre. Mais de façon
générale, évidemment, nous sommes en faveur de ce projet de loi.
Je rappelle que ce projet de loi, c'est une
réponse à un engagement qui avait été pris par le ministre. Il devait, en fait,
faire en sorte qu'on en finisse avec ce que j'appelle le principe, entre
autres, d'immunité judiciaire envers les clubs de véhicule hors route et, en
particulier, au niveau des motoneiges, de façon plus précise. Je sais qu'il
avait, en décembre dernier, adopté le projet de loi n° 54,
qui venait reporter d'environ un an l'immunité comme telle. Et, encore une
fois, le ministre nous avait dit, à ce moment-là, qu'il allait déposer le projet
de loi probablement au printemps 2020. On comprend
qu'il a eu la pandémie, on comprend les délais que cela a pu occasionner, et
donc, à cette session-ci, il a déposé ce projet de loi. Et il est clair également
que nous allons travailler ensemble pour faire adopter ce projet de loi d'ici
la fin du mois de décembre, en fait, d'ici le 11 décembre prochain.
Je rappelle qu'il y a eu quand même
600 décès dans les 10 dernières années, sans compter bien sûr les blessés graves. Il faut mentionner également
que la bonne nouvelle dans cela, c'est que le Québec serait la seule
province à exiger un permis de conduire pour la conduite de véhicule hors
route. Ce sont donc des avancées importantes.
Maintenant, comme tout projet de loi, il y a quand
même des enjeux qui ont été, à maintes reprises, mentionnés par nos différents intervenants.
Je dis tout de suite au ministre que nous allons regarder certains de ces enjeux, entre
autres, là, tout ce qui touche évidemment
la définition de véhicule hors route, pour la simple et bonne raison
que, dans ce dossier-là, évidemment, nous avons eu différents commentaires de citoyens.
Je pense que c'est très important qu'on puisse avoir une définition la plus
claire possible de ce que sont des véhicules hors route, parce que, de plus en
plus, on s'aperçoit, au fil des années, qu'il y a différents types de véhicules
qui existent.
Je dirais également qu'une des choses qui nous
est apparue aussi particulièrement importante, c'est de discuter aussi de la question
de la vitesse, parce qu'il y a beaucoup de groupes qui sont venus nous
dire : Écoutez, on est bien pour la vertu, on veut bien limiter tout ça à
70 kilomètres à l'heure, maintenant, est-ce que c'est réaliste? Est-ce
qu'on va pouvoir travailler et faire en sorte que ces lois-là soient quand même
appliquées?
Comme vous le savez sans doute, depuis nombre
d'années, certaines personnes réclament que, sur nos routes... on ne parle pas
des véhicules hors route, là, mais on parle simplement sur nos routes
actuellement, tout le monde qui roulent selon la vitesse permise, c'est-à-dire
100 kilomètres sur les autoroutes, savent très bien qui'ils se font
constamment dépasser. Alors, on voudrait voir et s'assurer que, sur cette
question des véhicules hors route, on ait
vraiment la bonne vitesse, qu'on ait vraiment quelque chose qui soit quand même
applicable. Ce n'est pas une question de ne pas y aller au niveau de la
sécurité, mais je pense qu'il est important de s'assurer, évidemment, que ce
soit la bonne vitesse de ce côté-là.
Maintenant,
on va parler évidemment de formation, de permis obligatoire. On va parler
également de l'application des normes
pour les facultés affaiblies. On parlera également des responsabilités de ces
entreprises récréotouristiques, qui en ont
évidemment besoin. Également, je sais que l'UPA a demandé, par exemple, la suspension... pour les jeunes, là, sur les terrains privés, sur les terres agricoles, là, que
certains de ces éléments ne s'appliquent pas. Alors, je pense que c'est
important.
L'autre chose aussi qui m'apparaît aussi majeure
dans ce projet de loi, c'est : Comment est-ce qu'on va définir la
cohabitation harmonieuse entre les utilisateurs de véhicule hors route, les
autres usagers du territoire, les normes de conduite, l'éloignement des routes,
les éléments de prudence? Je sais que le ministre a dit également que, dans ce projet
de loi, il y aurait évidemment un autre élément qui est important : le
respect des milieux naturels. Lorsqu'on a parlé de ça avec les différents
intervenants, on a parlé évidemment de la question du bruit, qui est une
problématique, comme on le sait, la même chose au niveau des heures de
circulation.
Et évidemment la question, également... puis je
le dis tout de suite au ministre, on va poser des questions aussi sur les
amendes parce qu'il y a toujours des éléments dans ça sur lesquels on se pose
la question. On parle d'amendes qui vont de 900 $ à 25 000 $
pour une entreprise, alors on veut savoir quels sont les critères qui ont guidé
le ministère dans ce dossier-là, également la responsabilité des agents de
surveillance. Je pense que ce sont des points importants. Parce qu'évidemment
il y a les forces de l'ordre qui doivent donner les amendes, mais quel va être
le rôle précis des agents de surveillance et jusqu'à quel point ce rôle-là va
changer?
Alors, ce dont on parle aujourd'hui, c'est
environ 146 articles, essentiellement. C'est un projet de loi également qui va
préciser des conditions sur l'allocation, les formations, sur des principes
également de civilité, de tolérance entre les usagers. On va vouloir interdire
également les mauvaises pratiques. Il y a donc des éléments à partir... entre autres, là, quand je parle de
l'article 33, qui réfère au Code de la sécurité routière, sur les facultés
affaiblies, notamment, en matière d'alcool et aussi de cannabis. Alors, il y
aura certainement des précisions à se faire.
Une chose qu'il faut aussi se dire dans ça,
c'est que, dans l'intérieur de ce projet de loi, le projet de loi là va être
suivi de règlements. Donc, le ministre nous a dit que, durant
l'année 2021, il y aurait des règlements qui allaient suivre. Je pense
également qu'à partir de cela les questions qui vont se poser vont être les
suivantes.
Je sais que les municipalités peuvent faire des
règlements. Le gouvernement va faire ses règlements. Alors, entre autres, je
sais que les municipalités peuvent faire des règlements pour ce qui est des
heures de circulation, des endroits sur ses
terrains, les distances, et ainsi de suite. Est-ce qu'il va y avoir une
harmonie entre ce que le gouvernement peut faire et les règlements que
les municipalités peuvent également faire?
Ce sera une question à poser parce que, même si
on veut... puis je pense que c'était la volonté du ministre de donner certains
pouvoirs aux municipalités. Il faut quand même qu'il y ait une espèce
d'harmonisation qui va se faire. Je vais certainement poser des questions au
ministre à ce niveau-là.
Également, on a dit que... On a parlé des
sanctions pécuniaires concrètes, autant administratives que pénales, que ce
soit sur la vitesse, sur la question de l'âge, de la conformité de
l'équipement.
Sur la question de l'âge, évidemment, il y a des
gens qui sont venus nous dire qu'à 16 ans c'était un peu sévère, que, dans certains cas... puis qu'il y
avait probablement, en plus, moins d'accidents chez les 14 à 16 qu'il y
en a chez les 16 à 18 ou 16 à 19, parce que, quand vous avez cet âge-là, vous
êtes plus rebelle en vieillissant, vous êtes à l'adolescence, à la fin de
l'adolescence. Et donc il y a des questions qui se posent mais qui sont là sur
le plan strictement pratique.
Alors, ce sont les quelques points que je
voulais mentionner aujourd'hui. Je pense également que c'est très important de
poser des questions aussi sur ce qui se passe avec les différentes communautés
autochtones. Je sais que le ministre nous a dit :
Écoutez, on va faire des ententes particulières avec les communautés
autochtones. Et donc je comprends qu'ils doivent faire des ententes. Et nous
sommes les premiers à vouloir respecter, bien sûr, la souveraineté de ces
nations autochtones, le fait qu'elles veulent être maîtres d'oeuvre de leurs
territoires, qu'on les traite comme une nation. Je comprends tout ça, mais, en
même temps, il faut aussi comprendre une chose, c'est qu'il est très clair que
les lois du Québec s'appliquent.
Et donc ce sera intéressant de voir parce qu'il
y a souvent... comme vous le savez, que ce soit avec les Micmacs en Gaspésie,
que ce soit avec les Innus sur la Côte-Nord, que ce soit avec les Attikameks
dans la région de Berthier, etc., il est clair que, dans ce dossier-là, comment
est-ce qu'on va gérer cette situation-là... Normalement, lorsqu'on fait des
lois, ça doit s'appliquer à tous les citoyens du Québec. Alors, certainement
qu'on aura des questions à poser en ce sens-là au ministre.
Je vous dirais également qu'on a parlé de
respect et de bon voisinage. Je pense qu'il est très important que, sur le
fond, cette loi vienne harmoniser la cohabitation entre les plaisanciers et les
résidents. Je pense que ça m'apparaît une chose sur laquelle je vais discuter
avec le ministre sur ces questions-là. Le ministre nous a déjà annoncé qu'il y
aurait des amendements, m'a déjà informé de cette situation. Et donc nous
allons accueillir ces amendements, mais je veux assurer le ministre que nous
allons travailler dans un climat... Je sais qu'il est anxieux, il aimerait bien
pouvoir régler ce projet de loi là le plus rapidement possible. J'ai toutes les
raisons de croire qu'on va le régler d'ici Noël. Alors, en ce sens-là, je
suis... je serai en mode collaboration avec le ministre là-dessus.
Et je salue, en terminant, les collègues,
évidemment, de la Coalition avenir Québec qui sont ici. Je salue ma collègue
également qui est présente avec moi, et donc la députée de Mille-Îles qui
véritablement sera là pour m'aider et qui, peut-être à la fin de cette
commission parlementaire, aura le goût d'acheter un skidoo. Peut-être, on ne
sait jamais. Nous allons voir de quelle façon les choses vont se dérouler,
surtout que maintenant on pourra voguer en skidoo en très grande sécurité.
Alors, ça, je pense que ce sont quelques éléments à l'intérieur.
Le dernier point aussi, probablement qu'on aura
une discussion sur les enjeux de nature technique, hein? On sait que Bombardier
est venu nous dire, entre autres, là, BRP est venu nous dire que, là,
maintenant, on a des produits qui sont de plus en plus motorisés, qui sont de
plus en plus puissants. Et donc nous allons en discuter avec le ministre et les
gens du ministère des Transports pour nous assurer évidemment que les normes
qui sont là sont des normes qui vont pouvoir
être faites et que, les règlements qui vont suivre, il y aura véritablement... parce que les gens de BRP nous l'ont demandé, et probablement ses
compétiteurs aussi veulent le savoir, avoir des consultations,
évidemment, avec ces différents groupes, qui ont besoin évidemment que la loi
ne soit pas une loi qui, en l'espace de quelques mois, soit déconnectée, si on
veut, de la réalité.
Alors, Mme la Présidente, avant de terminer,
tout simplement, je voudrais remercier d'abord le ministre et tous les gens qui
sont dans cette commission. Depuis le début, cette commission se déroule
rondement, se fait avec respect. Et je pense qu'il y a d'autres enjeux sur
lesquels parfois on s'oppose, mais je pense que, de façon globale, cette
loi-là, elle est la bienvenue. Et je profiterais de l'occasion, en terminant,
pour faire une première motion préliminaire, Mme la Présidente, et je vais
essayer de vous demander de...
La Présidente (Mme
Grondin) : M. le député, on va juste attendre que l'ensemble
des députés puissent faire leurs remarques préliminaires...
Arcand : Oui,
d'accord. Parfait.
La Présidente (Mme
Grondin) : ...et je vous invite à le faire par la suite.
Arcand : O.K. C'est
parce qu'ils n'étaient pas tous arrivés, alors... Ça va. Alors, je voulais être
bien sûr de ne pas me faire scooper, si vous me permettez l'expression. Alors,
très bien. Alors, je vais attendre, et je conclus là-dessus. Merci.
La Présidente (Mme
Grondin) : Parfait. Merci, M. le député. Donc, j'invite
maintenant le porte-parole du troisième groupe d'opposition et député des
Îles-de-la-Madeleine à faire ses remarques préliminaires. M. le député, vous
avez 20 minutes.
M. Arseneau : 20 minutes?
La Présidente (Mme
Grondin) : Oui.
Arseneau : Vous êtes d'une
générosité sans borne, Mme la Présidente. Je m'attendais à avoir
deux minutes. Je ne serai pas long, en fait, pour ces remarques
préliminaires. Puis je voudrais signifier ma présence à mon collègue du Parti
libéral, qui a salué à peu près tout le monde dans la commission sauf nous,
mais c'est parce qu'on est les uns derrière
les autres plutôt que dans la configuration habituelle. Alors, je suis certain
que c'est une omission involontaire de votre part.
Mais je suis très heureux d'être ici, néanmoins,
même dans la deuxième rangée, dans les gradins, pour participer à l'étude de ce
projet de loi, plus sérieusement, qui était attendu et qui a été bien reçu,
effectivement, sur lequel on a déjà eu l'occasion de se
prononcer et en accord avec le principe. Aujourd'hui, c'est l'étude
article par
article. On est heureux de voir que la volonté du ministre est d'améliorer le
bilan en matière de sécurité, donc de se donner des règles pour s'assurer de
réduire au minimum les accidents sur l'ensemble du réseau de circulation des véhicules
hors route, des motoneiges également, qu'on puisse améliorer également la formation
et certaines exigences en ce qui concerne l'émission des permis pour la
conduite de ces véhicules.
La question des vitesses également. Nous
partageons la préoccupation de nos collègues non seulement pour le balisage des
vitesses, mais également le respect des limites que l'on imposera. Toute la
question de la conduite en état d'ébriété
nous semble bienvenue. En fait, il est plus que temps que l'on puisse
transposer les règles de la conduite automobile en cette matière aux
règles de la conduite des véhicules hors route. Toute la question, également,
là, de l'entretien des véhicules est primordiale.
La question de la formation également, là, des
accompagnateurs, lorsqu'on va, par exemple, agir en tant que guide notamment,
là, pour les motoneigistes, également pour ceux qui louent des véhicules,
d'avoir une formation de base, de connaître
minimalement la mécanique ou, du moins, comment manoeuvrer les bolides qui sont
de plus en plus puissants et rapides et peuvent être, de la même façon,
assez dangereux.
La question de la cohabitation des utilisateurs
de véhicules hors route avec les gens qui habitent dans les secteurs où sont
développés les sentiers, je pense que c'est une préoccupation également des
fédérations qui veulent maintenir la bonne entente pour maintenir les droits de
passage et donc les sentiers.
Donc, la
question également, là, des poursuites judiciaires qui pourra être réglée à
travers l'adoption du projet de loi
d'ici les fêtes, on l'espère. Donc, plus d'immunité de poursuite, je pense
qu'on est rendus là après toutes ces années.
Nous avons, là, déjà mentionné un enjeu
concernant le fait que, dans certaines régions, l'utilisation des véhicules
hors route, ce n'est pas qu'un sport, ce n'est pas que pour le loisir, mais
c'est également... ce sont des véhicules qui sont utilisés pour le travail. En
fait, ce sont des véhicules utilitaires, même, dans certains secteurs, pour
l'ensemble de la population, que ce soit pour aller à l'école, à l'épicerie, au
travail, là où les routes ne sont pas déneigées, par exemple sur la
Basse-Côte-Nord. Donc, la question, évidemment, de l'âge de conduite des
véhicules, pour nous, est importante et on souhaitera en discuter pour
s'assurer de ne pas brimer certains des résidents, là, du Québec, que ce soit
pour les nations autochtones ou pour les gens qui habitent particulièrement en
régions éloignées.
Sinon, nous sommes ici pour travailler à...
collaborer de façon constructive à ce que le projet de loi trouve son
aboutissement rapidement et nous vous offrons toute notre collaboration. Merci.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le député. Y a-t-il d'autres intervenants
qui souhaiteraient faire des remarques préliminaires?
Donc, je vais poursuivre. M. le député... C'est
le moment pour les motions préliminaires. M. le député.
Arcand : Oui, Mme
la Présidente. Évidemment,
conformément à l'article 244 du règlement de l'Assemblée nationale,
je fais motion pour :
«Que la
commission, avant d'entreprendre l'étude détaillée, puisse entendre dès que
possible la Sûreté du Québec.»
La Présidente (Mme
Grondin) : Parfait. Donc, est-ce que vous avez transmis par
courriel cette motion à la secrétaire? Oui, c'est transmis?
Arcand : Je vais
vérifier si ça été transmis. Oui, nous sommes en train de le faire, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, je vais suspendre les travaux.
(Suspension de la séance à 10 h 25)
La Présidente
(Mme Grondin) : À l'ordre, s'il vous
plaît! Nous allons reprendre nos travaux. M. le député de Mont-Royal—Outremont, vous avez déposé une motion préliminaire. Je vous
invite à la lire, s'il vous plaît.
M. Arcand : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Premièrement, une des choses que j'aimerais dire,
c'est de m'excuser auprès du député des Îles, parce que, très honnêtement,
quand on a commencé, là... je n'ai pas toujours les yeux tout le tour de la
tête et, comme il est dans les gradins, comme il le dit si bien, je n'ai malheureusement
pas pu le voir. Alors, je le salue bien humblement. Et je lui rappelle ce qu'un
ex-député des Îles me disait toujours en parlant
des Îles : Les Îles, ce n'est pas pareil. C'est toujours
la même chose, il y a toujours un statut spécial et particulier au niveau
des Îles.
Maintenant, pour revenir à cette motion préliminaire,
Mme la Présidente, la première chose qui m'a surprise dans cette commission
parlementaire, c'est le fait que... pourtant, il y a eu des demandes qui ont
été faites, mais on n'a eu aucun, aucun corps policier.
Or, la première chose qui doit être faite, si on veut que cette loi-là
s'applique, c'est évidemment s'assurer que les corps policiers sont capables de
faire respecter la loi.
Moi, j'ai eu... pendant le dernier mois en
particulier, lorsque le dépôt a été fait, de ce projet de loi, j'ai reçu des
appels de certains membres des corps policiers. Évidemment, comme nous voulons,
nous aussi, que ce projet de loi soit quand même adopté sans trop de
délais — on
aurait pu demander les syndicats, les corps municipaux, et ainsi de suite — nous, on demande simplement la Sûreté du
Québec, parce que, de façon générale, c'est probablement le corps policier qui sera le plus habilité à faire
respecter cette loi-là. Mais je trouvais ça, moi, particulièrement bizarre que,
dans cette commission parlementaire, il n'y ait
aucun corps policier ou service de sécurité qui puisse nous dire si cette loi-là
leur convenait. Alors, je vous dirais que c'est ce qui nous a guidés dans le
dépôt de cette motion préliminaire.
Et moi, quand j'ai regardé ces différents
éléments là... Dans les choses que les gens m'ont mentionnées, les policiers, les quelques policiers à qui j'ai pu
parler, m'ont dit : Écoutez, nous, on doit faire respecter d'abord,
évidemment, les éléments qui touchent la vitesse, en priorité, et l'alcool.
Essentiellement, là, ce sont les deux éléments sur lesquels les policiers
nous disent qu'ils... sur lesquels ils doivent travailler. Certains m'ont même
dit, à un moment donné : Bien, écoutez, il y a une espèce d'inégalité
parfois, tout dépend des endroits qui existent au Québec, actuellement, il y a
des endroits où nous sommes en mesure de faire appliquer la loi de façon qui
n'est pas problématique, mais il y a d'autres endroits où c'est plus difficile,
où on est... il y a moins de personnel, et ainsi de suite, alors... où les
territoires sont beaucoup plus grands aussi.
Si on pense, par exemple, à la Gaspésie, si je
nomme ça, on s'aperçoit jusqu'à quel point ça peut devenir aussi problématique à ce niveau-là. L'autre chose
à l'intérieur de ça, c'est qu'il faut bien comprendre que... Lorsqu'on
arrive dans les régions du Grand Nord, il va se passer quoi, exactement? Il y a
des agents également qui existent, là, je
comprends que le ministre dit qu'il y aurait des ententes particulières, mais
c'est quand même des endroits où est-ce qu'on va devoir se poser la
question. Alors, c'est pour ça que nous, on a...
Même je vous dirais que, dans les choses que
j'ai entendues de la part de la Sûreté du Québec... pas de la Sûreté, mais, en fait, de certains policiers qui
m'ont dit : Bien là, on commence à avoir besoin d'être un peu plus
équipés, parce qu'il y a certaines motoneiges, entre autres, là, qui sont plus
rapides que nos propres motoneiges à nous, alors, s'il commence à y avoir une
poursuite, là, on est déficients, si on veut, à ce niveau-là.
Alors, ce sont des questions très légitimes, je
pense, qu'il faut poser à au moins un corps policier. C'est un peu pour ça que
je pense qu'il est important d'entendre la Sûreté du Québec. Il faut bien
comprendre que la Sûreté du Québec a beaucoup d'agents, mais il va falloir
s'assurer de ça.
Surtout qu'il est bien important aussi de voir
qu'avec le confinement qui va quand même se poursuivre... et je comprends qu'on s'en vient vers un vaccin, là,
pour la COVID, mais une chose est certaine, si je regarde, par exemple,
une région comme les Laurentides, actuellement, au niveau immobilier, c'est la
folie furieuse dans les Laurentides. Les maisons se vendent, il va y avoir de
plus en plus de gens, il va y avoir donc les gens... Avant qu'on revienne à la
normale dans le domaine du tourisme, et du transport, si on veut, et des
voyages, un peu, à l'extérieur du Québec, on dit que ça va prendre minimum
trois ans avant que la situation ne revienne à peu près à ce qu'elle était
auparavant, et ça, c'est si tout le monde se fait vacciner, s'il n'y a pas
véritablement d'enjeu à ce niveau-là.
Il faut bien comprendre que les habitudes des
gens, suite à cette pandémie qu'on vient de vivre et qu'on continue de vivre, malheureusement,
c'est quelque chose qui va véritablement durer pendant un certain temps. Et la
question, à mon avis, est tout à fait valable de dire : Est-ce que les
corps policiers sont équipés pour faire face à cette demande supplémentaire? Le
ministre sait très bien que BRP nous a dit également que ses ventes étaient en
forte croissance. Et donc il est clair qu'il faut quand même avoir, à mon avis,
l'opinion de la Sûreté du Québec pour savoir si cette loi-là peut être
appliquée et avec quelle efficacité elle sera appliquée.
Alors, je vous dirais, essentiellement, ce sont
les points que je voulais faire dans cette motion préliminaire. Ce sont des
points qui m'apparaissaient importants. Et la Sûreté du Québec est l'expertise
qu'il faut, doit faire appliquer un certain nombre de lois, de règlements, bien
qu'imparfaits depuis nombre d'années. Mais, au moment où on décide justement de
réduire le nombre de décès sur... les décès par motoneige ou même de véhicules
hors route de façon générale, des véhicules tout-terrain, il est très important
de bien comprendre l'opinion de la Sûreté du Québec.
Et une des choses aussi, c'est que, puis
ça, quand on sera rendus à la définition des véhicules hors route, là... on
a eu toutes sortes de gens qui sont intervenus pour nous parler de types de
véhicules que moi-même, je ne connaissais pas, et donc ça va être important, est-ce
que... aussi important de bien comprendre la situation sur les terrains privés
versus sur les sentiers balisés de motoneiges, versus les motoneiges qui vont
aller sur les routes traditionnelles.
Comment la Sûreté du Québec va pouvoir juger tout ça et de quelle façon elle va
faire appliquer la loi?
Alors, voilà pourquoi nous voulons... je
présente cette motion préliminaire dans un esprit de collaboration et avec lequel, évidemment, je pense que c'est tout à fait légitime de demander à ce que la SQ puisse être
entendue. Voilà.
La Présidente (Mme Grondin) : Merci,
M. le député. Y a-t-il d'autres interventions? Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau : Je
vais juste rajouter une ligne à l'ensemble du...
La Présidente (Mme
Grondin) : Le ministre avant?
La Présidente (Mme
Grondin) : Les représentants, oui. Je suis désolée, Mme la
députée.
Charbonneau :
Il n'y a pas de souci. Il n'y a vraiment pas de souci.
La Présidente (Mme
Grondin) : Ça va bien aller, les prochaines fois. Donc,
j'inviterais un représentant d'un groupe parlementaire à intervenir avant, si
vous le souhaitez, M. le député, évidemment.
M. Arseneau : Oui. Bien, en fait, on
souscrit à la demande de notre collègue. Je pense que l'argumentaire a déjà été
présenté. Et puis, en fait, on a aussi des préoccupations, un rôle... On pense
que le rôle de la Sûreté du Québec est primordial. De pouvoir obtenir leur
point de vue et leur vision des choses sur la réalité actuelle et celle qui
pourrait survenir une fois le projet de loi adopté me semble totalement
pertinent.
Alors, si les conditions peuvent être mises en
place pour qu'on puisse entendre ce point de vue là, je pense que ça peut être
tout à fait bénéfique pour l'étude du projet de loi qu'on s'apprête à faire et
pour l'amélioration, évidemment, du résultat qu'on souhaite avoir à la fin de
l'exercice. Merci.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le député. M. le ministre.
Bonnardel :
Oui, Mme la Présidente. Un court commentaire juste pour rassurer les députés de
l'opposition suite à la motion déposée par
le député de Mont-Royal pour
leur dire que ce projet de loi a été préparé avec
plusieurs, plusieurs acteurs. Quand je parle
d'acteurs du milieu, autant les différents ministères que la Santé publique,
côté aspect financier et les Affaires
autochtones avec les différentes administrations ou assemblées des Premières
Nations. Et, quand on arrive au contrôle sanction, bien, la Sûreté du
Québec a été
partie prenante de nos actions, de ce projet de loi. Le ministère de la Sécurité publique a été
partie prenante,
l'École nationale de police, l'Association des directeurs de police, le
DPCP.
Donc, ce sont tous des acteurs qui
ont travaillé avec nous pour s'assurer encore une fois, puis je le dis
respectueusement, humblement, pour être capable d'avoir une loi qui répondait
aux années 2020, qui répondait d'une loi qui était désuète dans une
certaine mesure et où on était capable de se dire : Avec la loi que nous
déposons aujourd'hui, nous n'aurons pas à refaire ce travail pour un bon bout
de temps.
Alors, honnêtement, je n'ai pas
besoin... on n'aura pas besoin de recevoir la Sûreté du Québec. Ils ont été
actifs avec nous là-dessus et, encore une fois, ils ont été même proactifs pour
être capable de mieux travailler dans ce projet de loi pour arrimer, encore une
fois, le travail que les agents de surveillance feront et que les agents de la
paix pourront faire puis de s'assurer encore une fois qu'ils auront tous
les outils pour appliquer le Code de la sécurité routière pour améliorer le
bilan dans le futur. Voilà.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le ministre. Mme la
députée de Mille-Îles.
Charbonneau : Je
vous dirais, Mme la Présidente, c'est un petit peu plus difficile, prendre la
parole, maintenant que le ministre s'est prononcé, mais je vais le faire
pareil, malgré que je sente que je ne serai pas très convaincante puisque son idée semble faite. Je vais amener
deux arguments supplémentaires, un qui vient juste d'émerger.
Je n'ai aucun doute, Mme la Présidente, des
rencontres que le ministre a faites. Je n'ai aucun doute de la complicité qu'il
a trouvée chez les gens de la Sécurité publique. Le problème, c'est qu'on ne
les a pas entendus, nous. Et puisqu'on veut que le projet de loi aille à une
vitesse exponentielle, hein... On veut que ça aille vite, parce que la neige, malgré
que, cette semaine, il n'y aura pas beaucoup, il y a beaucoup plus de
pluie, la neige s'en vient, donc on
veut accompagner le ministre dans une rapidité, pas celle des skidoos puis
des... mais dans une bonne rapidité.
Il aurait été intéressant... puis je le dis à la
fin de ma phrase parce que je pense que le ministre doit l'entendre, on n'est pas obligés de s'arrêter. On peut
poursuivre le projet de loi, parler du projet de loi puis les
rencontrer pendant la période où on étudie le projet de loi. Rien
n'empêche... Tant que ce n'est pas fini, ce n'est pas fini.
Mon deuxième commentaire va être plus technique.
Je vous dirais que la Sécurité publique annonce un livre vert depuis des
semaines, par rapport aux gestes qui devront rester, devront être posés puis
les nouvelles façons de faire des gens de la Sécurité publique. Et, de ce fait,
je pense que... le projet de loi du ministre, malgré le fait qu'il va passer au
Conseil des ministres et sera adopté là puis au salon bleu, avec la présence de
la ministre qui s'occupe de la Sécurité
publique, je pense que c'est
intéressant de les entendre quand
même, puisqu'il y a peut-être
des modifications qu'on va apporter ou qu'on aimerait apporter, qui les
touchent dans leur travail au quotidien.
Alors, personnellement, je peux comprendre qu'on
peut entendre dans notre demande qu'il va y avoir un arrêt d'agir pour attendre
d'entendre ces gens-là, ce que je dis, puis la main tendue au ministre,
c'est : On peut continuer d'étudier le projet de loi, mais on peut
prendre, dans une pause, un après-midi, un matin, au moment où ça leur
convient, une entente, où on les entend nous parler de l'application du projet
de loi, tel qu'il est écrit, pour nous aider à faire un meilleur projet de loi
à la fin. C'est tout.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, Mme la députée. Donc, y a-t-il d'autres
interventions sur cette motion préliminaire? Donc, je vais donc...
La Présidente (Mme
Grondin) : Il n'y a pas de droit de réplique.
Donc, je vais passer à la mise aux voix par
appel nominal. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Oui. Pour,
contre, abstention. M. Arcand (Mont-Royal—Outremont)?
La Secrétaire : Mme
Charbonneau (Mille-Îles)?
Charbonneau :
Pour.
La Secrétaire : M. Arcand
(Mont-Royal—Outremont)
pour M. Benjamin (Viau)?
La Secrétaire : M. Bonnardel
(Granby)?
Bonnardel : Contre.
La Secrétaire : M. Lemieux
(Saint-Jean)?
La Secrétaire :
M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Contre.
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
La Secrétaire : M. Bachand
(Richmond)?
Bachand : Contre.
La Secrétaire : M. Lefebvre
(Arthabaska)?
La Secrétaire :
M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)?
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
La Présidente (Mme
Grondin) : Abstention. Donc, la motion préliminaire est
rejetée.
Je vais donc
prendre en considération... S'il n'y a pas d'autre intervention, je prends en
considération l'article 1.
Nous débutons
l'étude détaillée. M. le ministre, la parole est à vous. Je vous invite à faire la
lecture de l'article 1.
Bonnardel : Merci, Mme
la Présidente. Donc, dans un processus que tout le monde connaît, je vais lire
l'article et, s'il y a des commentaires, je prendrai les commentaires par la
suite. Alors, si ça vous va, on va y aller de façon conventionnelle.
Alors,
article 1 : «La présente loi a
pour objet d'assurer la sécurité du public en encadrant l'utilisation des
véhicules hors route ainsi que la circulation en sentier.
«Elle vise également à favoriser une
cohabitation harmonieuse de la pratique récréative des véhicules hors route
avec les activités des autres usagers du territoire ainsi qu'à réduire au
minimum les perturbations susceptibles d'en découler pour les milieux naturels, tous
tirant bénéfice d'une préservation des fonctions et de la beauté des
milieux naturels, du respect des espèces qui y vivent et de la quiétude qui y
règne.»
La Présidente (Mme
Grondin) : Y a-t-il des interventions
concernant... sur cet article?
Arcand : D'abord,
c'est très poétique comme article, d'une part. Quand vous dites... Évidemment,
on va discuter de la question des véhicules hors route, là, un peu plus tard
dans cela. Moi, j'avais une question. Quand vous dites «les perturbations susceptibles d'en découler pour les
milieux naturels», vous faites allusion à quoi, exactement?
Bonnardel : Bien,
les milieux naturels, on pourrait énumérer les parcs, tout ce qui est défini ou
protégé par la loi. Alors, si on fait du hors sentier et on va dans un endroit
qui n'est pas autorisé, des milieux naturels, je pourrais vous définir ça un
peu comme ça. Parce qu'il est rare, M. le député... Vous faites de la
motoneige, vous suivez le sentier, bien, vous suivez le sentier, c'est fédéré,
c'est protégé. Mais la popularité du hors sentier est quand même non
négligeable, et il faut quand même protéger nos forêts, protéger nos milieux
puis s'assurer, encore une fois, qu'il y ait un encadrement adéquat et que les
motoneigistes s'assurent de protéger les milieux où ils circulent.
Arcand : O.K. Ça
La Présidente (Mme
Grondin) : Ça va? Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente. En ce moment, il y a un projet de loi qui s'appelle
le projet de loi n° 46, qui est en train de se faire,
sur les milieux naturels et sa protection. Y aurait-il lieu, puis je m'adresse
à vous, mais je suis sûre que vos légistes vont vous susurrer à l'oreille la
bonne réponse, y aurait-il lieu de dire «reconnus par la loi»? Parce qu'il
y a des milieux naturels qui sont reconnus par les gens, où ils habitent. Puis
vous faites bien de spécifier que, si je vais hors sentier, je suis peut-être
dans un milieu naturel, mais, si c'est un milieu naturel reconnu par la loi,
bien là, c'est une autre catégorie de milieu naturel.
Donc, je ne veux pas faire de la catégorisation,
mais, si on spécifie, peut-être que ça peut aider, par rapport aux milieux
naturels reconnus par la loi, les sanctions qui peuvent venir pas par vous,
mais peut-être par les gens de l'Environnement, pour pouvoir bien notifier le
fait que la personne est allée hors sentier.
Bonnardel : Ah!
c'est une bonne question, Mme la députée, sauf que, pour moi, un milieu
naturel, qu'il soit défini ou protégé
autrement, reste un milieu naturel. Donc, s'il y avait une arrestation, une
contravention de donnée, bien là, ce sera à un juge de définir l'amende
qui serait donnée à cet utilisateur pour avoir endommagé, abîmé, et peu importe
le terme, là, certains milieux qui sont protégés.
Un milieu naturel, ça se peut, vous avez raison,
qu'il n'est pas défini dans la loi, protégé par un parc, ou une réserve, ou
autre. Exemple, la réserve faunique des Laurentides, il y a un tracé fédéré qui
part de Québec, qui nous amène au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Il est facile de
sortir de ce sentier puis de partir à gauche et à droite. C'est un milieu
qui... c'est une réserve faunique. Alors, comment un juge pourrait décider,
quantifier une amende spécifique face au fait qu'un motoneigiste abîme la
forêt, un certain milieu, une tourbière, peu importe, pour ce que c'est, là? Je
pense que... Non, je ne pense pas qu'on a de besoin de le définir dans la loi
comme telle, là, le juge le fera lui-même s'il y avait un dommage qui est
expliqué ou qui est vu par des photos, là.
La Présidente (Mme
Grondin) : Mme la députée.
Charbonneau : Mon
intention, ce n'est pas de qualifier les différents milieux, mais c'est de vous
dire qu'en ce moment vous avez un collègue qui travaille à qualifier des
milieux. Vous avez raison de dire : Il y aura un juge qui prendra sa
décision, puis souvent on se fie aux législateurs ou aux gens qui font la
justice pour dire... Mais votre collègue, en ce moment, est en train de
travailler pour bien qualifier les choses.
Et vous savez, M. le ministre, quand on sort de
sentier puis que j'abîme une tourbière, c'est une chose, mais, si j'abîme un
milieu de vie d'une espèce qualifiée rare ou... Alors, je sème le doute. Je
vois que je n'aurai pas beaucoup d'écoute de
ce côté-là dans... bien, je ne vous porte pas d'intention, là, je vous dis
juste que j'ai une perception. Mais je souligne le fait qu'en ce moment,
au Québec, on essaie — puis
quand je dis «on essaie», je vais dire le gouvernement,
puis vous êtes le gouvernement en place — on essaie de faire en sorte qu'on regarde
d'un petit peu plus haut les territoires pour se dire : Il y a des
endroits qui sont beaucoup plus protégés, puis qu'on se doit de protéger, puis
il y a des endroits qui sont qualifiés comme, je vais dire, hors sentier. Parce
que, vous faites bien de me le dire, dans le parc... Dans certains parcs, «hors
sentier», c'est juste hors sentier. Mais, si je vais hors sentier puis j'abîme ma moto, c'est une chose, mais, si je vais hors
sentier puis je suis dans un territoire reconnu par le gouvernement,
protégé, balisé l'été, plus difficile à baliser l'hiver parce que la neige
monte plus haut que les pancartes, bien, il y a peut-être là une
différence dans l'approche qu'on devrait avoir.
Ceci dit, ma volonté de vouloir convaincre est
assez minime. Je fais juste lever un drapeau jaune, parce que vous avez un
collègue en ce moment... puis j'ai le privilège de siéger. Quand je ne suis pas
avec vous, je suis avec lui. Et de ce fait, bien, le principe de protéger les
aires protégées est très fort en ce moment.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, Mme la députée. M. le député des
Îles-de-la-Madeleine.
Arseneau : Bien, rapidement, les dispositions générales qui sont ici
édictées me semblent un petit peu restrictives,
là, dans la mesure où on parle d'encadrer l'utilisation des véhicules hors
route ainsi que la circulation en sentier. Il me semble que le projet de
loi va un peu plus loin, c'est-à-dire qu'on balise, jusqu'à un certain point,
là, également la circulation des véhicules sur des terres privées, là,
lorsqu'on parle, par exemple, du fait que les règles peuvent ne pas s'appliquer s'il s'agit d'une terre privée, ou
encore, à ce que je sache, on parle aussi de la circulation qui peut se
faire sur une route publique à certains égards, donc hors sentier, hors sentier
fédéré, si on veut. Alors, je me demandais si, à des fins, là, de précision, si
on ne pouvait pas élargir un peu, là. Ça me semble restrictif en parlant des
sentiers puis simplement de la circulation en sentier.
Deuxième
élément, c'est du même ordre, on parle de la cohabitation harmonieuse de la
pratique récréative et on dit «avec des activités des autres
usagers». Il y a les activités, mais il y a aussi les résidences. Par exemple,
en milieu habité, on ne fait pas référence du tout au fait qu'on veut régler la
question de l'harmonisation, là, de la circulation hors route par rapport à
ceux qui habitent proche des sentiers. Et ça, ça me semble être complètement
éludé dans la définition. On parle de réduire les perturbations susceptibles de
découler des... pour les milieux naturels, mais, dans les milieux habités, pour
les populations qui résident à certains endroits, il me semble qu'il y aurait peut-être
lieu d'amender pour dire qu'on veut réduire les perturbations liées à
l'harmonisation des usages, disons, résidentiels par opposition à la circulation des sentiers, ce qui me semble fondamental
aussi pour les fédérations quads et l'Association des motoneigistes
aussi.
Alors, je ne sais pas
si on peut considérer, là, améliorer la description par voie d'un amendement
pour inclure ces préoccupations-là qui étaient très importantes lors des consultations
particulières.
Présidente (Mme Grondin) : M. le ministre.
Bonnardel :
Merci, Mme la Présidente. Le député amène un bon point, mais je pense qu'il y a
plusieurs autres articles plus loin dans le
projet de loi qui définissent les différents points que le député des Îles
amène. Je crois, dans le deuxième alinéa de l'article 1, qu'on fait
écho quand même à la prise en compte des dimensions sociales,
environnementales, du développement durable dans la pratique. Plus loin, on va
définir, encore une fois, l'immunité de poursuite, qu'on a nommée pendant des
années, pour protéger, encore une fois... je ne veux pas dire l'industrie, mais
protéger les sentiers qui sont... les sentiers fédérés, qu'on va appeler le
réseau supérieur, et, de l'autre côté, donner des outils aussi s'il y avait
perturbations aux riverains qui pourraient considérer, encore une fois, que
certains utilisateurs de VHR ne respectent pas la loi.
Donc, je pense que,
dans son ensemble, l'article 1 définit en gros la loi, et plus loin on va
dicter et définir les différents points que le député des Îles-de-la-Madeleine
nous parle.
Arseneau : Mme la Présidente, je me permettrai d'insister quand même
et je voudrais déposer un amendement pour ajouter... Lorsqu'on parle des
perturbations susceptibles d'en découler pour les milieux naturels, j'aimerais
faire un amendement pour les riverains, si vous me le permettez.
Présidente (Mme Grondin) : Avez-vous transmis votre proposition
d'amendement?
Arseneau : Non, c'est sur le banc que j'aimerais faire cette
proposition-là, si vous me donnez deux minutes pour la formuler...
pour le formuler, cet amendement. Est-ce que c'est possible?
Présidente (Mme Grondin) : Oui. Je vais suspendre les travaux
quelques minutes.
(Suspension de la séance à
10 h 57)
Présidente (Mme Grondin) : Donc, nous reprenons nos travaux.
Nous en sommes à l'article 1. M. le député des Îles-de-la-Madeleine, vous avez
déposé un amendement, je vous invite à le lire, s'il vous plaît.
M. Arseneau :
Oui. Alors, nous proposons d'insérer, après le mot «découler», la mention
suivante, découler «dans les zones habitées»... «pour les zones habitées, ainsi
que pour les milieux naturels». Donc, simplement insérer «dans les zones
habitées ainsi que pour les milieux naturels».
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Avez-vous...
Souhaitez-vous...
M. Arseneau :
Oui, bien, en fait... D'abord, je tiens à mentionner qu'on va se roder, là,
pour pouvoir présenter des amendements de façon plus efficace. Il faut se
mettre dans l'état d'esprit, c'est le premier article. Donc, on va le faire
plus rondement dans les heures qui suivent.
Mais je voulais mentionner qu'aussi bien partir
du bon pied, lorsqu'on regarde le projet de loi, et de le définir tel qu'il
est, dans toutes ses dimensions. Il nous semble important de parler des zones
habitées parce que c'est un des éléments qui est crucial. Le texte qui était présenté est certes lyrique,
mais il ne représente pas l'ensemble des problématiques qui sont liées à l'utilisation des VHR. Les VHR, s'il y a des conflits d'usage, ils se
trouvent essentiellement dans les zones habitées. Alors, ne parler que
des milieux naturels, pour nous, occulte une
partie de la réalité, et c'est
celle-là dont on entend parler le plus souvent et qui confronte, évidemment,
là, les utilisateurs, les fédérations, les associations et les résidents. Et on
essaie effectivement, par le projet de loi, de régler ces dimensions-là.
Donc, de ne pas le mentionner, pour nous, dans
la
section I, dans l'objet même du projet de loi, ça nous semble une
lacune qu'on peut corriger assez facilement. Alors, c'est la proposition qu'on
vous fait ce matin.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le député. M. le ministre.
Bonnardel : Bien,
Mme la Présidente, comme je le mentionnais tantôt, je n'ai pas changé d'avis.
Dans la sémantique, dans l'objet même de l'article 1, on définit bien,
dans son ensemble, autant les zones habitées, la protection des riverains, les nuisances possibles que certains
pourraient avoir si les utilisateurs ne respectent pas la loi. Et, dans
ces conditions, je pense que, dans le libellé... pas je pense, le libellé qui
est écrit dans la loi définit et encadre toutes
les demandes que le député des Îles souhaiterait ajouter. Donc, dans sa
motion... disait, après «découler», «dans les zones habitées ainsi que pour les milieux naturels». Alors, je ne vois
pas l'avantage d'accepter son amendement ce matin.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le ministre. M. le député des
Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Bien, en fait, je ne
veux pas faire un long débat sémantique, mais je trouve ça quand même
regrettable pour les gens qui habitent les territoires où il y a des sentiers
de motoneige ou de VHR que, lorsqu'on présente
une loi pour encadrer tout ça, on parle de la beauté des milieux naturels, du
respect des espèces qui y vivent... La première
espèce qui habite le territoire québécois, M. le ministre, vous devez en
convenir, ce sont les Québécois eux-mêmes, ce sont les résidents, les résidents qui habitent un certain nombre de
zones où ils doivent cohabiter avec les utilisateurs de motoneige ou de
VHR.
Et de faire abstraction de cette dimension-là
dans un projet de loi aussi important que celui-là, où on veut aborder les
questions de sécurité et d'harmonisation des usages, me semble effectivement
une lacune, une faille qui peut être
corrigée de façon assez simple. De reconnaître que l'une des dimensions de
cette loi-là, d'entrée de jeu, c'est une
dimension de cohabitation avec des
espèces naturelles, avec les milieux naturels, mais également avec les
humains, entre humains, me semble la simple logique à reconnaître. Je n'irai
pas plus loin là-dessus dans l'argumentaire.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le député. M. le ministre.
Bonnardel : ...pour
dire que nous n'avons pas oublié ces gens. À partir de l'article... il y a une
section au
chapitre III, Règles de
circulation, Protection des milieux naturels et qualité de l'environnement,
article 45
à l'article 48. Juste pour votre gouverne, je vous lis l'article 45 :
«Le conducteur d'un véhicule et ses passagers
doivent veiller à ne pas incommoder les autres usagers et les voisins des lieux
où le véhicule circule, notamment en provoquant du bruit, de la poussière, de
la fumée, une lumière excessive ou des odeurs qu'ils peuvent éviter.»
Alors, quand on dit qu'on oublie de définir ou
de parler de la protection des nuisances du côté des riverains, c'est faux. On
n'a pas oublié ces gens, on va en parler un petit peu plus loin dans le projet
de loi. Et maintenant, dans l'article 1, je le répète, c'est un
article
qui définit dans son ensemble le projet
de loi, et je pense que c'est une
question de sémantique. Puis je comprends que le député souhaiterait qu'on
ajoute ceci, mais nous n'avons pas oublié, encore une fois, ce point précis
puis ce problème qui était, pour certains, de voir des usagers ne pas respecter
la loi.
Alors, là-dessus, je leur dis bien, bien, bien
fortement : On a pensé à eux, c'est dans la loi, nous allons les protéger
et s'assurer qu'ils aient des droits pour, encore une fois, respecter leur
quiétude et de s'assurer, encore une fois, que les utilisateurs respectent les
règles comme nous les avons définies dans cette loi.
La Présidente (Mme
Grondin) : M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Je pense qu'avec la
précision que M. le ministre apporte en citant un certain nombre d'articles, Mme
la Présidente, je pense qu'il
renforce mon argumentaire à l'effet que, dans l'introduction générale,
nous devrions annoncer ce qui s'en vient dans la loi un peu plus loin. On ne
parle pas, dans la loi, que de la circulation en sentier naturel avec des
espèces animales et végétales, nous parlons spécifiquement, aux articles
mentionnés par le ministre, de la cohabitation avec les humains.
C'est une introduction générale, c'est une
petite mention à l'effet, pour le lecteur, de comprendre que, dans ce projet de
loi, il sera question non seulement de la circulation dans les milieux
naturels, mais il sera question également de la circulation dans les zones
habitées. Et évidemment nous découvrirons plus loin, dans le texte de loi, qu'est-ce qui vient... ce que vient apporter le
projet de loi pour la cohabitation qu'on veut justement mieux harmoniser
grâce à ce projet de loi.
Bonnardel :
...Mme la Présidente, quand on parle de favoriser une cohabitation
harmonieuse... harmonieuse, et les activités des autres usagers du
territoire, mais cela comprend aussi la villégiature et tous ceux qui se
sentent concernés par le fait qu'un sentier puisse passer près de leur
résidence. Voilà.
Présidente (Mme Grondin) : Y a-t-il d'autres interventions sur
cet amendement?
M. Arseneau : Mme la Présidente, si
vous me permettez, je dois revenir là-dessus, parce que, lorsqu'on dit
«favoriser une cohabitation harmonieuse», on parle de la cohabitation
harmonieuse de la pratique récréative des véhicules
hors route. L'autre volet de la
cohabitation, c'est ce qui est abordé dans l'objet en question,
c'est le volet naturel, espèces animales et végétales. Pourquoi refuser
d'inclure la cohabitation avec les humains qui habitent ce territoire et qui
habitent dans des zones parfois riveraines aux sentiers? C'est l'élément
manquant de cette petite introduction là.
On n'a pas de quoi en faire un plat. Mais je ne
vois pas, dans cette définition-là, aucune trace humaine qui habite le territoire et pour lequel l'objet de la
loi, c'est véritablement de trouver des façons de régler les conflits
d'usage. C'est un des éléments qui me semblent fondamentaux de ce projet de loi,
et je ne vois pas pourquoi on s'obstinerait à en faire abstraction dans la
section I, dans l'objet même du projet de loi qui est déposé et qui est
étudié aujourd'hui.
Présidente (Mme Grondin) : Y
a-t-il d'autres interventions sur... M.
le député de Mont-Royal—Outremont.
Arcand : Merci, Mme
la Présidente. Moi, je suis d'accord avec le député. Puis je dirai aussi au
ministre, par rapport à cela, pour que la
section I soit plus complète, je
rappelle aussi que, dans ce cas-ci, la Fédération des pourvoiries nous avait
dit de mentionner la circulation en sentier et d'ajouter «hors sentier»
également. Alors, je le dis tout de suite au ministre, je n'en ferai pas un
amendement, là, parce que je pense que le ministre veut avancer.
Mais j'aimerais qu'il nous dise pourquoi, ce que
le député vient de dire, en quoi c'est un problème majeur. L'idée derrière ça,
c'est que l'article 1, qui est toujours l'article que l'on regarde
souvent,
chapitre I,
section I, le 1, quand même assez fondamental...
et, en tout cas, moi, je fais juste le dire au ministre, s'il ne veut pas
rajouter «hors sentier», il ne le fera pas,
là, mais je ne vois pas en quoi ce que le député des Îles demande est, en soi,
négatif par rapport à ce projet de loi là. Alors, moi, c'est simplement
pour que ce soit un peu plus complet. Je pense que c'est clair et je pense
aussi qu'effectivement le fait qu'on parle, justement, des endroits où il y a
des habitations, je pense que ça démontre effectivement que cet amendement-là a
sa pertinence. Voilà.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le député. Y a-t-il d'autres interventions
sur cette proposition d'amendement? Je vais donc procéder à sa mise aux voix
par appel nominal. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)?
La Secrétaire : M. Bonnardel
(Granby)?
Bonnardel : Contre.
La Secrétaire : M. Lemieux
(Saint-Jean)?
La Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Contre.
La Secrétaire : M. Bussière (Gatineau)?
La Secrétaire : M. Bachand
(Richmond)?
Bachand : Contre.
La Secrétaire : M. Lefebvre (Arthabaska)?
La Secrétaire : M. Arcand (Mont-Royal—Outremont)?
La Secrétaire : Mme
Charbonneau (Mille-Îles)?
Charbonneau :
Pour.
Secrétaire : M. Arcand (Mont-Royal—Outremont) pour M. Benjamin (Viau)?
La Secrétaire :
Mme Grondin (Argenteuil)?
La Présidente (Mme Grondin) : Abstention. Donc, l'amendement
est rejeté. Nous revenons à l'article 1. Y a-t-il d'autres interventions sur l'article 1? M. le
député de Mont-Royal—Outremont.
Arcand :
Je n'en ferai pas un amendement, je vous le dis tout de suite, je voudrais
juste que le ministre, s'il pouvait au moins répondre à ce qui est demandé par
la Fédération des pourvoiries du Québec, qui voulait ajouter aux mots «circulation en sentier et hors sentier»,
je trouve que c'est plus complet. Mais je ne demande pas d'amendement
particulier, là, je fais juste le souligner parce que ça a été mentionné durant
l'étude.
La Présidente
(Mme Grondin) : M. le ministre.
Bonnardel : On définit, Mme la Présidente, un peu plus
loin, dans certains articles, la protection des milieux naturels,
comme on a discuté tantôt, là, l'utilisation possible... bien, pas juste possible, l'utilisation que certains motoneigistes ou
utilisateurs de VTT font de sentiers,
je dirais, qui n'existent pas, qui ne sont pas fédérés, vont faire du hors
sentier comme tel.
Alors, là-dessus, on
va définir, un peu plus loin, cette protection, le fait que ces utilisateurs de
véhicules qui font du hors sentier doivent
protéger la faune, les milieux naturels, s'assurer de le faire en sécurité,
s'assurer de le faire en ne créant
pas de nuisance. Parce qu'il ne faut pas oublier qu'au-delà des riverains, dans
des milieux, parcs ou réserves, il y
a des chalets, il y a des gens qui y vivent près d'un lac ou autres, qui
souhaitent cette quiétude aussi puis qui ne souhaitent pas
nécessairement que ces utilisateurs puissent brimer leurs droits.
Présidente (Mme Grondin) : Y a-t-il d'autres interventions? M.
le député, ça va? S'il n'y a pas d'autre intervention
sur l'article 1, tel... je vais...
procéder à sa mise aux voix, pardon, donc, par appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Bonnardel (Granby)?
Bonnardel :
Pour.
La Secrétaire :
M. Lemieux (Saint-Jean)?
La Secrétaire :
M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Pour.
La Secrétaire :
M. Bussière (Gatineau)?
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
La Secrétaire :
M. Lefebvre (Arthabaska)?
La Secrétaire :
M. Arcand (Mont-Royal—Outremont)?
La Secrétaire :
Mme Charbonneau (Mille-Îles)?
Charbonneau :
Pour.
La Secrétaire :
M. Arcand (Mont-Royal—Outremont)
pour M. Benjamin (Viau)?
La Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau :
Abstention.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
La Présidente (Mme
Grondin) : Abstention. Donc, l'article 1 est adopté. Nous
poursuivons avec l'article 2. M. le ministre, s'il vous plaît.
Bonnardel : Oui.
Alors, l'article 2, Mme la Présidente :
«Dans la présente loi, à moins que le contexte
ne s'y oppose :
"propriétaire" s'entend de la personne qui acquiert un véhicule ou le
possède en vertu d'un
titre de propriété, d'un
titre assorti d'une
condition ou d'un terme qui lui donne le droit d'en devenir propriétaire ou
d'un
titre qui lui donne le droit d'en jouir comme propriétaire à charge de le
rendre ainsi que la personne qui prend en location un véhicule pour une période
d'au moins un an.»
La Présidente (Mme
Grondin) : En fait, je vous invite à lire l'ensemble de l'article,
M. le ministre, parce qu'il n'y a pas eu de...
Bonnardel : O.K.
J'y allais, moi, selon le cahier. Oui, oui, O.K. D'accord. Alors, je vais le
lire au complet. O.K. Alors, paragraphe 2°...
La Présidente (Mme
Grondin) : Oui, Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau : Je
viens de comprendre la complexité de votre travail. Alors, je vous en ferais la
demande, Mme la Présidente, parce que je pense que le ministre l'a dit plus
tôt, qu'il aimerait bien faire
article par article, mais je vais demander
alinéa par alinéa. Comme ça, ça nous permet de faire exactement ce que vous
venez de faire, M. le ministre, c'est-à-dire vous faites le premier alinéa, on
fait la discussion, après ça, on passe au deuxième puis, à la fin, on adopte le
tout tel qu'indiqué.
La Présidente (Mme
Grondin) : Parfait. Comme ça risque d'être assez complexe, je
vous invite quand même à... On pourra
procéder alinéa par alinéa ou paragraphe par paragraphe, mais ça risque d'être
assez long. Donc, ce qu'on pourrait faire, c'est aussi le faire dans...
d'une façon plus globale.
Bonnardel : Bien,
je peux le lire, Mme la Présidente, au complet, puis, selon les oppositions...
La Présidente (Mme
Grondin) : C'est ça, et après on y revient. Le temps va être...
pourra être considéré, mais on pourra y aller par la suite, comme vous le souhaitez.
Charbonneau :
Puis je trouvais juste que la discussion, après chaque alinéa, est beaucoup
plus simple que de revenir, puisqu'on
joue à ce jeu-là dans une autre commission, puis on revient toujours en arrière
en disant : Oui, mais c'est comme
je... Alors, je vais me fier à vous, mais je faisais la suggestion puisque la
demande n'avait pas été faite encore.
La Présidente (Mme
Grondin) : Est-ce que vous souhaitez... En fait, est-ce que
vous souhaitez, Mme la députée de Mille-Îles, que ce soit juste pour cet
article ou l'ensemble, là, du projet de loi?
Charbonneau : Mme
la Présidente, ça va revenir à la même chose. Vous le signifiez bien, ça va
revenir à la même chose. À chaque
article où il y aura plus qu'un paragraphe,
plus qu'un alinéa, le ministre devra revenir, de toute façon, parce qu'en le
faisant tout...
Voici mon explication. Si on le fait tout dans
l'article 2, il y a au moins sept alinéas, donc ça veut dire qu'à la fin du
septième alinéa, peut-être que mon collègue va vouloir parler du sixième, je
vais pouvoir parler du deuxième, puis mon collègue des Îles va vouloir... Je
fais ça comme ça, parce qu'il est en arrière de moi, mais il va vouloir parler
du deuxième.
Il est beaucoup plus simple, pour le ministre et
tous les gens qui l'accompagnent, si on fait alinéa et alinéa. À la fin, rendu
au septième, Mme la Présidente, vous allez demander le vote, puis ça va être
terminé. Alors, le temps... Dans le fond, c'est juste dans la sémantique des
gestes, là, ce n'est pas plus compliqué que ça.
Présidente (Mme Grondin) :
Je vais juste, pour être certaine, je vais suspendre les travaux quelques
minutes.
(Suspension de la séance à 11 h 22)
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, nous reprenons les travaux. Je voulais avoir
une seule précision. Donc, Mme la députée de Mille-Îles, vous souhaitez
fonctionner
article par article, paragraphe par paragraphe, alinéa par alinéa. Donc, ça
demande juste un consentement, puisque ça n'avait pas été demandé dès le début.
Donc, j'ai besoin d'un consentement pour procéder, jusqu'à la fin du
projet... de l'étude détaillée, de cette façon. Ça vous convient? J'ai
consentement?
Une voix : Consentement.
Présidente (Mme Grondin) :
Parfait. Merci. Donc, M. le ministre, vous avez déjà lu le premier paragraphe.
Donc, y a-t-il des interventions sur le premier paragraphe? Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau :
Juste une précision, Mme la Présidente. Dans le principe où je suis
propriétaire, mais je fais la location de mon appareil, je ne le retrouve pas
dans mes définitions. Je vais le trouver plus loin... ou ça ne tombe pas dans
la même rubrique.
Bonnardel : Quand
vous dites location, location d'une journée ou location pour quelques jours, ou
j'ai acheté en location...
Charbonneau : Ah!
je comprends.
Bonnardel : C'est
ça, là, qu'il faut faire...
Charbonneau : Je
vous dirais que je suis propriétaire puis je me suis acheté un beau bolide que
vous allez vouloir m'emprunter quelques jours. Mais pour... En vertu de mes
assurances, je vais vous faire une location de trois jours puisque c'est un
long week-end, puis vous allez le prendre pour aller hors sentier dans un parc.
Bonnardel : Je ne
veux pas parler trop vite, mais ça peut se faire. Vous pouvez passer votre
motoneige ou votre véhicule. Vous pouvez aviser votre assureur. Vous devez vous
assurer que la personne, à qui vous le passez, a un permis. Maintenant, est-ce
que l'assureur va permettre à ce propriétaire... Oui, c'est ça.
Charbonneau :
C'est un autre sujet. Je suis beaucoup sur le principe où, prenons l'exemple,
je suis un touriste. J'arrive dans un lieu touristique où je peux prendre une
motoneige pour quelques heures, aller faire un tour. Je passe le petit cour
rapido. On me dit que je suis conforme. On coche toutes les cases, et là je
peux partir avec. Je ne le retrouve pas dans mes définitions. Moi, c'est juste
ça, là. Dans les définitions, vous me définissiez bien des gens, mais mon locateur ou mon touriste, il n'est
pas là. Il est plus loin, vous allez me dire, j'en conviens, mais y a-t-il
lieu de le définir ou il n'y a pas lieu de le faire?
Bonnardel : Non, il
n'y a pas lieu de le définir.
Charbonneau : O.K.
Merci.
La Présidente (Mme
Grondin) : Y a-t-il d'autres interventions? M. le député de Mont-Royal—Outremont.
Arcand : Oui. Pourquoi vous avez dit, dans ça, «pour une
période d'au moins un an»? Ça peut être six mois. Qu'est-ce qui fait que
vous avez dit «pour une période d'au moins un an»?
Bonnardel :
Donnez-moi deux petites secondes, je vais aller vérifier avec les légistes
pourquoi ce terme, «un an», est là, Mme la Présidente.
Arcand : C'est ça, est-ce
que c'est standard ou c'est...
La Présidente (Mme
Grondin) : Est-ce que vous...
> 11 M. Bonnardel :
Alors, je suis prêt, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Grondin) : Allez-y, M. le ministre.
Bonnardel : Donc, c'est
ça, c'est déjà
défini, M. le député, dans la
Loi sur l'assurance automobile, où on
cite, on écrit déjà...
Donc, c'est le même... Je vais vous le lire.
Loi sur l'assurance
automobile : «Dans la présente loi, à moins que le contexte n'indique un sens différent, on entend par
"propriétaire" — exactement ce que je viens de vous dire — la
personne qui acquiert une automobile ou la
possède en vertu d'un
titre de propriété ou en vertu d'un
titre assorti
d'une condition ou d'un terme qui lui donne le droit d'en devenir propriétaire
ou en vertu d'un
titre qui lui donne le droit d'en jouir comme propriétaire à
charge de rendre ainsi que la personne qui prend en location une automobile
pour une période d'au moins un an.»
C'est déjà défini, et dans
le Code de la sécurité routière, la même chose aussi, à l'article C-24.2.
Arcand : O.K. Mais
souvent, est-ce que... Je ne suis pas assez connaisseur dans ce domaine-là,
mais si, par exemple, vous louez une motoneige, vous ne louez pas ça nécessairement
pour un an. Quel est le statut de la personne, à ce moment-là, si c'est loué
pour six mois?
Bonnardel : C'est
loué pour un an. C'est loué, un an...
Arcand : Oui, je
pose la question parce que je n'ai pas la connaissance de ça.
Bonnardel :
...parce que même si c'est une saison, vous le louez pour l'année.
Arcand : On le loue
pour l'année. O.K.
Charbonneau : ...la référence, un référencement qui dit :
C'est dans une autre loi, à tel article? Je ne sais pas.
Bonnardel : Bien,
c'est pour ça que je vous le mentionne dans le texte de référence, là. C'est déjà
écrit dans les autres lois, là, c'est pour ça qu'on l'a libellé de la même
façon.
Charbonneau : Je comprends, mais quelquefois... Puis je vais la
poser juste une fois, parce j'ai l'impression qu'à travers cette loi on va l'entendre un peu plus souvent. Quelquefois, on fait référence aux autres lois. Est-ce qu'on le fait à la fin
ou est-ce qu'on peut le faire à la fin de cet article-là pour
dire : en référence à? Parce que malgré le fait qu'on dit : Le législateur ne parle pas pour ne rien dire, ça peut aider l'ensemble des
regroupements qui sont venus nous voir, de dire : Ce n'est pas
quelque chose qu'on a écrit, qui est nouveau, c'est quelque chose qui est écrit
dans d'autres lois.
Bonnardel :
...c'est plus simple de l'avoir comme définition, comme ça, dans le projet de
loi. Alors, c'est aussi simple que ça, là, d'avoir repris les textes de
référence dans la
Loi sur l'assurance automobile puis dans le Code de la
sécurité routière pour l'affiner ou l'écrire pour la
Loi sur les VHR.
Charbonneau : Mais
j'en conviens que c'est plus simple. J'en conviens puis je suis d'accord avec
vous, c'est plus simple de reprendre une définition qui est déjà inscrite,
comme ça on ne va pas jouer dans tout le... Je
vous dis juste que de faire la référence aux autres lois, en dessous du paragraphe, pourrait faire en sorte que quelqu'un qui le lit peut avoir une
référence en se disant : Ce n'est pas quelque chose qu'on a... Je vais
utiliser un terme qui est péjoratif, mais croyez-moi, il y a beaucoup de
respect dans ce que je veux faire, là, mais ce n'est pas quelque chose que je
viens d'inventer pour faire cette loi-là, c'est quelque chose qui existe déjà
dans des définitions qui sont déjà en place et déjà en pratique.
La Présidente (Mme
Grondin) : Y a-t-il d'autres interventions sur le premier
paragraphe? On va poursuivre avec le deuxième paragraphe. M. le ministre.
Bonnardel : Oui.
Donc, le deuxième paragraphe. Alors, je vais lire le deuxième paragraphe et les
alinéas a, b et c, si ça vous va, O.K.? A, b, c, c'est ça. Alors :
«2. Dans la présente loi, à moins que le
contexte ne s'y oppose :
«2° "route" comprend la chaussée, les
accotements et les autres parties de l'emprise des voies de circulation
suivantes :
«
a) les "chemins publics", soit les
routes et les chemins sous la gestion d'une autorité gouvernementale ou municipale, dont une route visée par la
Loi sur la
voirie (chapitre V-9) et un chemin public au sens du Code de la
sécurité routière (chapitre C-24.2), y compris une voie cyclable qui y est
située;
«
b) les "chemins du domaine de
l'État", soit les chemins situés sur les terres publiques sous l'autorité
ou l'administration d'un ministre ou d'un
organisme public au sens de la
Loi sur les terres du domaine de l'État
(chapitre T-8.1);
«
c) les "chemins privés", soit le
chemin ou la route privé ouvert à la circulation publique de véhicules
motorisés; y sont assimilés les terrains de centres commerciaux et les autres
terrains privés où les membres du public sont autorisés à circuler en véhicules
motorisés.»
Présidente (Mme Grondin) :
Merci, M. le ministre. Y a-t-il des interventions sur ce paragraphe? Mme
la députée de Mille-Îles.
Charbonneau : Un
commentaire, Mme la Présidente, puisque ce que le ministre vient de lire fait
exactement référence à la suggestion que je faisais pour le premier article,
c'est-à-dire que, dans celui-ci, on mentionne les autres lois pour que les gens
qui font la lecture de ce projet de loi puissent se référer à quelque chose.
Alors, je fais juste le souligner, ça m'a fait du bien, c'est presque
thérapeutique, puis, après ça, je peux continuer.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, Mme la députée. Y a-t-il d'autres
interventions? Ça va. Donc, nous allons poursuivre avec le paragraphe 3°.
Bonnardel :
Paragraphe 3° : «2. Dans la présente loi, à moins que le contexte ne
s'y oppose :
"sentier" comprend tout sentier situé sur une terre publique, y
compris le sentier connu sous le nom de "route blanche" sous la gestion du ministre des
Transports, et, sur une terre privée, celui dont le propriétaire ou le
gestionnaire y autorise la circulation de véhicules hors route.» Voilà.
Commentaire, léger commentaire juste pour ceux
qui... La route blanche, Basse-Côte-Nord, une route qui est utilisée... je
pense, M. le député des Îles, vous connaissez bien, une route qui est utilisée
par plusieurs, en motoneige, l'hiver surtout et qui n'est pas connectée l'été.
C'est ça.
La Présidente (Mme Grondin) : Y a-t-il des interventions sur ce paragraphe? M. le député de Mont-Royal—Outremont.
Arcand : Oui,
merci, Mme la Présidente. «Hors sentier», il n'y a pas de définition. Est-ce
qu'il y a une raison pourquoi on...
Bonnardel :
Excusez-moi, là «hors sentier» dans...
Arcand : Dans
«sentier», est-ce qu'il y aurait matière à définition, question strictement
légale, là?
Bonnardel :
Donnez-moi deux petites secondes, là.
La Présidente (Mme
Grondin) : Est-ce que vous souhaitez que je suspende les
travaux? Non.
Arcand : M. le
ministre, si jamais la juriste, vous voulez qu'elle parle, hein, on n'a pas de
problème.
Bonnardel : Oui,
oui, oui. C'est parce que le «hors sentier», Mme la Présidente, c'est la
définition de «terre publique». L'utilisation de hors sentier sur les terres
publiques, c'est ça qu'on définit.
Arcand : Parfait.
La Présidente (Mme
Grondin) : D'autres interventions sur ce paragraphe? Nous
allons donc poursuivre avec le paragraphe n° 4, M. le
ministre.
Bonnardel : Oui,
alors : «2. Dans la présente loi, à moins que le contexte ne s'y
oppose :
«4° "terre privée" s'entend de tout
terrain ou immeuble, y compris la propriété d'une municipalité, autre qu'une
terre publique;
«5° "terre publique" s'entend de toute
terre comprise dans le domaine de l'État au sens de la
Loi sur les terres du
domaine de l'État.»
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, est-ce qu'il y a des interventions sur le
paragraphe 4° et 5°? Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau : Je sens
la délinquance du ministre, Mme la Présidente, mais, ceci dit, mon collègue
vient tout juste de poser une question par rapport aux terres... hors sentier, n'y
a-t-il pas lieu... Vous allez me trouver tannante, Mme la Présidente, mais
puisque ce n'est pas un sport que je pratique, et puisque dans mon comté, ce
sport se pratique, je vais peut-être être appelée à faire référence à cette
loi, donc plus elle est spécifique, plus elle va être capable de parler à mes
concitoyens. De ce fait, n'y a-t-il pas lieu de le mentionner, puisque le
ministre dit : Bien, hors sentier, c'est comme terre publique, mais on n'y
fait pas référence? N'y a-t-il pas lieu d'aménager un complément, dans
l'explication qu'on donne, pour dire «étant reconnu comme» ou... Je le sais que
ça sonne un peu complexe, je sens que ça sonne complexe, mais, en même temps,
toute définition bien faite fait en sorte que tout citoyen non législateur peut
bien comprendre et bien appliquer. Et je nous rappelle aussi que les villes
font faire référence à cette loi pour pouvoir appliquer certaines normes, les
gens de la Sécurité publique aussi, donc plus on peut spécifier avec intention,
mieux c'est.
Bonnardel : Bien,
Mme la Présidente, on me posait la question un peu tantôt comment on définit «hors
sentier», comment on le réglemente, c'est le ministère des Ressources
naturelles qui gère les zones de hors sentier, qui va définir, dans un parc, si
on a le droit... Exemple, le parc du Mont-Tremblant, on a permis, là, une
circulation sur un circuit x pour le moment, mais en temps normal...
Charbonneau : Ça
pourrait changer.
Bonnardel : ...ça
pourrait changer. Et donc le MRN, Ressources naturelles, gère ces zones de hors
sentier sur les terres publiques. Nous, on gère l'utilisation. Alors, je pense
que la définition de «terre publique», bien, quand on
dit : «s'entend de toute terre comprise dans le domaine de l'État au sens
de la
Loi sur les terres du domaine de l'État», bien, une terre publique, il
peut y avoir du hors sentier, ça vient avec, donc, sauf qu'il y a des règles,
comme tantôt avec la question des milieux
naturels que vous me posiez, parce qu'autant du côté du ministère de
l'Environnement on essaie de définir quel est un milieu naturel, bien là, je
vous dirais que «hors sentier» puis définir les zones, ce serait un autre
ministère, là. Moi, je gère l'utilisation, j'essaie de m'assurer que
l'utilisation est faite en protection de l'environnement, de la quiétude et des
milieux, mais c'est difficile pour moi, là, d'aller plus loin que ça, là.
La Présidente (Mme
Grondin) : Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau : Mme
la Présidente, je comprends la difficulté, je vais vous donner la mienne, ma
difficulté, à
titre de députée d'un comté depuis plusieurs années, c'est quand
je réponds à un citoyen que ce n'est pas lui, c'est l'autre. Alors, je
comprends la réponse du ministre puis j'en conviens quand il me dit : Ça
n'appartient pas à mon ministère, moi, j'applique une chose puis l'autre
ministère applique autre chose. Mais tous ceux qui vont interpréter cette loi
ne vont peut-être pas faire le même voyage que lui. Puis la pire chose qu'on
peut faire à un citoyen, Mme la Présidente, c'est de lui dire : N'appelle
pas là, appelle là. Puis que, quand il appelle là, on lui dit : N'appelle
pas ici, appelle là. Et là le jeu de la balle se fait.
La volonté d'avoir une meilleure définition ou
de faire un référencement —
on peut référer dans la loi, dire : Allez
voir la loi, numéro un tel,
article un tel, ça va bien définir les choses — fait en sorte qu'autant celui qui
l'interprète que celui qui cherche à nous faire son application le comprennent
mieux. Moi, je peux comprendre, là, que si j'avais l'habileté d'être reconnue
comme légiste, ce que je n'ai pas, Mme la Présidente... peut-être que ça serait
complexe, mais la complexité de l'écrire, c'est de faire en sorte que tout le
monde peut l'interpréter. Et, de ce fait, bien, en ce moment, on a reçu des
gens qui font
partie d'organisations, qui ne sont pas des avocats, qui ne sont
pas des politiciens, qui n'ont pas peut-être pas tout l'ensemble de la
structure pour pouvoir reconnaître ce qui est écrit là, mais qui devront le
faire. Je pense à la Fédération des motoneigistes, je pense aux gens des quads
qui sont venus nous voir. Ils vont devoir appliquer ce projet de loi là et bien
le comprendre.
Ça fait que
je peux comprendre que c'est complexe. Je peux comprendre qu'on va me
dire : Bien moi, je ne fais pas ça, c'est ce bout-là que je fais,
je ne fais pas l'autre bout. Mais il faut absolument qu'on soit capables de
bien l'interpréter pour bien l'appliquer, d'autant plus que, probablement, elle
va s'appliquer très rapidement, au moment où elle sera adoptée.
Donc, bien, je lève des drapeaux. Je n'ai pas
d'amendement, Mme la Présidente. Je vous dis juste que je suis inquiète parce que si à chaque fois qu'on donne
une définition ou qu'on touche à une partie, on me dit : ce n'est pas
moi, c'est l'autre, ça va devenir encore plus complexe, au moment où je viens
l'interpréter ou quand j'en fais la lecture
La Présidente (Mme
Grondin) : M. le ministre.
Bonnardel : Un
court commentaire, Mme la Présidente, pour la gouverne de la députée. Elle
amène un point. À l'article 48, on cible bien la conduite d'un véhicule
hors piste sur les terres publiques, on dit, je précise :
«Le conducteur d'un véhicule ne peut circuler
hors-piste sur les terres publiques dans une zone où cette circulation est
interdite et qui est délimitée à cette fin par le ministre ou par l'organisme
public ayant l'autorité sur les terres comprises dans cette zone en vertu de la
Loi sur les terres du domaine de l'État.
«Pour
l'application du présent article, la circulation hors-piste s'entend de celle
qui s'effectue en dehors de l'emprise d'un
sentier autorisé ou dans un espace naturel non aménagé.» Et on cite un peu plus loin le fait que ça ne s'applique pas pour des fins
professionnelles : recherche, exploitation, Hydro-Québec, qui veut... bon,
vous comprenez le sens de l'article.
Donc, voilà un peu la définition de hors
sentier, puis je pense que, s'il y a lieu ou si un juge avait à définir si oui ou non
vous êtes sur une... bien, sur une terre publique, je pense que ce n'est
pas compliqué de définir si c'est une terre publique, mais si tu mets à mal un milieu naturel, ou un parc, ou une réserve,
bien là, je pense que l'article le mentionne bien, là.
La Présidente (Mme
Grondin) : Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau : La volonté, Mme la Présidente, c'est qu'en
ce moment, on est dans les définitions... Vous m'amenez à l'article 48, puis je comprends, puis je suis heureuse
de voir qu'il y a une définition à quelque part qui parle
des «hors route», mais quand je suis hors piste, c'est dans la définition aussi
que je crois bien... parce que mon collègue disait «hors sentier», puisqu'il y
a «sentier» il y a sentier privé, il y a terre privée, terre publique, il y a
chemin privé, chemin du domaine de l'État.
Il y a peut-être un lien à faire avec 48, mais
je sens que je vais oser dire... gaspiller beaucoup de salive pour essayer de
vous l'expliquer de toutes les façons possibles. Je vais juste souhaiter, M. le
ministre, que quand on va lire, les gens vont être assez patients pour se
rendre à 48, pour comprendre c'est quoi, être hors piste, parce que, dans les
définitions, ce serait un bon moment pour rajouter ce petit encart pour dire
c'est quoi, être hors piste. Puis votre définition est pratiquement écrite à
48, ça ne serait pas long de le ramener à un troisième ou quatrième
article qui
viendrait compléter les définitions.
La Présidente (Mme
Grondin) : Y a-t-il d'autres interventions?
Vous souhaitez... Non? Ça va?
Charbonneau : Non.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, nous allons poursuivre avez le
paragraphe 6°. M. le ministre.
Bonnardel : Oui.
Alors :
«2. Dans la présente loi, à moins que le
contexte ne s'y oppose :
«6° "véhicule d'entretien" comprend
une dameuse et une niveleuse automotrice ou tractée, ainsi que tout autre véhicule ou ensemble de véhicules conçu pour
l'aménagement ou pour l'entretien d'un sentier ou utilisé à ces fins;
«7° "véhicule hors route" s'entend
d'une motoneige, d'un motoquad, d'un autoquad, d'une motocyclette tout terrain, y compris un motocross ainsi que tout
autre véhicule motorisé principalement conçu ou a adapté pour circuler sur des
surfaces accidentées ou sur des terrains non pavés ou d'accès difficile, notamment
sur les surfaces constituées de neige, de glace, de terre, de sable ou de
gravier, ainsi que dans les boisés et les autres milieux naturels.»
Présidente (Mme Grondin) :
Merci, M. le ministre. Y a-t-il des interventions? M. le
député de Mont-Royal—Outremont.
Arcand : Bon, 6 et 7, là, ce sont deux articles dans
lesquels... Je vais vous lire un peu, là, les commentaires, là, du
Groupement des assureurs automobiles, parce qu'il semble que ce qu'ils
demandent, c'est que les définitions soient
plus claires, c'est ce que j'ai cru comprendre. Ils disent, entre autres, que, bon, les voiturettes de golf sont exclues au paragraphe 5°
de l'article 4, mais elles sont visées si elles sont utilisées à
l'extérieur d'un terrain de golf. Les dameuses utilisées sur un domaine skiable
sont également exclues, mais sont visées si elles croisent une route ou un
sentier. Les tracteurs à jardin sont exclus au paragraphe 7°, mais ils
sont visés s'ils doivent traverser une route, etc.
Alors, il semble qu'il y a des définitions qui
ont besoin d'être raffinées, essentiellement, parce que ce que le Groupement
des assureurs automobiles demande... c'est qu'ils disent : Écoutez, il
faut que les définitions de ces véhicules et
leurs utilisations soient claires pour chaque type de véhicule afin
de faciliter la compréhension du propriétaire de ses nouvelles obligations
et de permettre à son assureur de lui offrir les produits appropriés afin de le
protéger adéquatement. Alors là, il semble qu'il y aurait
peut-être matière à changer un certain nombre de choses à l'intérieur
de ça.
Bonnardel : Bien,
je vous donne un exemple, Mme la Présidente. Quand on parle de «ainsi que
tout autre véhicule motorisé principalement conçu ou adapté pour circuler sur
des surfaces accidentées», bien, par règlement, le «snowbike», ça a été un des
sujets qui a été discuté, là, de la part de deux personnes dans les mémoires.
Alors, on va pouvoir définir, dans les règlements, ces spécifications, je vais
le dire ainsi, là, de certains véhicules pour répondre aux interrogations de
ces groupements d'assurance.
Arcand : Mais quand
ils parlent, par exemple, des tracteurs à jardin ou des voiturettes de golf,
est-ce que vous êtes confortable avec
l'exposé qui est fait ici? Est-ce que ce sont des choses qui ont besoin d'être...
parce qu'eux, ce qu'ils nous disent, c'est qu'il faut que les
définitions et leurs utilisations soient plus claires pour le monde parce que
les gens n'ont pas l'air... ces experts-là n'ont pas l'air à tout à fait
comprendre ce qui se passe.
Bonnardel : M. le
député, si vous permettez, je vais permettre à ma collègue...
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, il y a consentement?
Arcand : Bien sûr.
La Présidente (Mme
Grondin) : Je vous invite à vous nommer, s'il vous plaît.
Mme St-Martin (Françoise) :
Françoise St-Martin, ministère de la Justice, direction des affaires juridiques
du ministère des Transports.
Les définitions, c'est une raison... qui sont
rédigées de façon plus large, c'est qu'en étant limitatif, c'est tous les
enjeux de sécurité. Si on commence à exclure alors que, par exemple, quelqu'un
utilise son... a acheté une voiturette de golf puis va sur un sentier avec,
bien, la personne ne sera pas assujettie, il n'aura pas de permis. C'est tous ces véhicules-là, quand les gens les
utilisent à d'autres fins que la fin première, il faut qu'on puisse s'en
occuper, sinon il y a des enjeux de sécurité sur les sentiers parce qu'ils
croisent d'autres gens. Donc, c'est beaucoup plus par le biais... on est mieux
d'être englobant puis faire des exceptions quand ça devient superflu.
Arcand : Alors, si
je vous comprends bien, quand vous dites, là, et quand eux disent : les
tracteurs à jardin sont exclus» au
paragraphe 7°, vous, ce que vous dites, c'est que, dans la définition très
large que vous avez, ils sont inclus.
C'est-tu ça que je comprends? C'est une différence, je dirais,
d'interprétation, tu sais. Est-ce que c'est ça?
Mme St-Martin (Françoise) : C'est
parce que c'est... Oui, c'est le jeu des deux articles. Les définitions sont
englobantes, mais, à l'article 4, on savait très bien qu'il y a des enjeux
de sécurité qui ne se posent pas. On ne veut pas se préoccuper, là, quand ils
tondent le gazon sur les golfs, là. Ce n'est pas là où est le domaine du
transport.
Donc, il faut les
lire ensemble, là, 2 est très large, mais l'article 4 fait quand même beaucoup
d'exclusions pour tout ce qui a moins d'enjeux de sécurité, que ça soit parce
que c'est des milieux clos, industriels, fermés, que le public n'est pas là ou... Ça fait que c'est ça, il y a quand même des
grandes composantes à l'article 4, là, qui montrent que les enjeux de sécurité usuels qu'on s'attendrait qu'un ministre
des Transports s'occupe ne sont pas là. Donc, le VHR utilisé à l'intérieur d'un
bâtiment, ce n'est pas une préoccupation de cette loi-là.
Arcand :
Mais quand ils disent, par exemple, que les voiturettes de golf, si elles sont
sur une route... Là, à ce moment-là, qu'est-ce qui s'applique à ce moment-là?
Mme St-Martin
(Françoise) : Bien, c'est... D'où l'importance que notre loi
s'applique, ça permet de dire qu'il y a un interdit. Ce n'est pas des véhicules
qui sont sécuritaires, c'est... Autant par le Code de sécurité routière que
cette loi-là, ils n'ont pas d'affaire à être là. S'ils ne sont pas
immatriculés, s'ils n'ont pas les caractéristiques qui permettent qu'ils soient
sécuritaires, ils ne doivent pas être là. Ça fait que si on les exclut, bien
là, on vient... ils vont passer, il n'y a pas un agent de la Sûreté qui va
pouvoir les arrêter, donc d'où l'importance de les couvrir.
Arcand :
O.K. Mais donc ce que vous dites... Vous avez, j'imagine, vu ce que les gens
des assurances ont fait et vous êtes confortable sur le plan juridique avec ce
qui est marqué ici, aux 6 et 7, là?
Mme St-Martin
(Françoise) : Oui, en fait, c'est qu'il y a probablement, peut-être,
quelques ajustements à faire dans les
polices d'assurance, c'est ce que j'ai compris de leur mémoire, qui... parce
que la loi actuelle est encore plus limitée, mettons, les motoneiges, il
y avait même un poids délimité, là, donc il y a même des gens qui y échappaient.
Ça fait qu'ils vont devoir ajuster un peu, mais c'est une question... une
période transitoire, je pense, qui est normale dans le cadre d'une réforme.
Arcand :
D'accord. Merci.
Présidente (Mme Grondin) : Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau : Mais, pendant qu'on est sur le sujet, Mme la
Présidente, je vais vous amener sur un sujet qui va peut-être vous faire
sourire, mais qui a été un grand souci pour moi pendant quatre ans et
demi, les quadriporteurs. Vous savez, Mme la Présidente, on les retrouve
partout, on les retrouve sur les pistes cyclables, on les retrouve sur la rue,
on les retrouve dans les sentiers où ils ne devraient pas être, alors je me
demande à quel moment on va finir par en parler puis où on devrait les situer,
puis je le sais que ce n'est pas où il y a de la neige, parce qu'ils ont beau
mettre des chaînettes l'hiver... Parce que, oui, il y a des gens qui mettent
des chaînettes après leurs roues de quadriporteur, c'est leur seul moyen de se
déplacer. Je n'ai pas besoin d'un permis de conduire puis je pense que je ne
suis pas obligé de la plaquer, mais ça devient un problème dans nos villes,
puisqu'il n'y a rien qui les encadre. Puis je vous le dis parce qu'un homme qui
perd son permis de conduire, comme une femme, perd de son autonomie et retrouve
une
partie de son identité par ce petit appareil qui quelquefois est
extraordinaire, avec tout ce qui va avec, là, le petit drapeau, la couverture,
les trucs pour le protéger de la pluie. Il se déplace comme ça puis il perd un
peu moins son autonomie dans son milieu de vie. Dans une ville comme Laval, ça
peut être une problématique, dans un village, ça peut être quelqu'un qu'on
identifie, qu'on reconnaît puis qu'on sait que c'est M. Albert qui vient de
partir faire ses courses mardi matin, mais dans d'autres endroits, ça peut être
plus complexe.
Donc, quand on parle
des véhicules hors route, pour moi, j'ai toujours un peu cette image-là. Ça
fait que je me demande où elle se situe dans le principe des véhicules hors
route puis comment on peut faire en sorte qu'on ait des bonnes balises pour
dire aux gens : Bien, tu peux l'utiliser là, mais tu ne peux pas
l'utiliser là. Parce que j'ai entendu des cyclistes qui m'ont parlé de ces gens-là
sur une qualification que je ne nommerai pas ici parce qu'ils étaient trop
fâchés pour me parler de ça de façon positive, mais j'ai aussi entendu des
personnes aînées me dire : Bien, moi, j'ai besoin de me déplacer puis,
quand je prends telle ou telle route, j'ai une problématique face à ça.
Ça fait que je lance
un peu la question, je suis un peu hors piste, mais je veux vous entendre parce
que nécessairement, vous avez compris que, quand on parle d'un véhicule hors
piste, mon quadriporteur, il est là, là.
Bonnardel :
Oui. Bien, Mme la Présidente, la députée fait un peu de hors sentier, mais je
suis pas pire aussi là-dedans, mais c'est un autre sujet, puis ce sujet, il est
important. Je ne veux pas en débattre aujourd'hui, mais autant les
quadriporteurs sur les pistes cyclables que les scooters électriques en
abondance sur nos pistes cyclables, qui sont sur les routes aussi, que... vous
le savez très, très bien, ça, c'est un autre dossier qu'on est en train de regarder, d'étudier, parce que je sais jusqu'à
point ce partage de la route entre les différents acteurs n'est pas
négligeable. On se promène à Montréal
avec un cycliste et un quadriporteur à côté puis un scooter électrique à côté,
on se dit : O.K. c'est à qui, là, cette zone-là? Puis comment on la
définit puis qui a le droit d'y être? Présentement, ce n'est peut-être pas bien
défini, je vais le dire ainsi puis je vais m'arrêter là, mais c'est un sujet
lequel... on y travaille au ministère.
Charbonneau :
Juste une question de précision, puis vous allez pouvoir m'aider à mieux
comprendre : Est-ce qu'un scooter électrique doit être plaqué?
Bonnardel :
Ils ne sont pas plaqués.
Charbonneau :
Et ils n'ont pas l'obligation d'être plaqués.
Bonnardel : Bien,
je vais juste vérifier pour être certain, mais...
Charbonneau :
Il n'y a pas de souci.C'est vraiment parce que vous savez qu'un quadriporteur,
je ne suis pas obligé de le plaquer.
Bonnardel :
Absolument.
Charbonneau :
Donc, quand vous avez une réflexion à faire, bien, je pense que cette
réflexion-là, elle se doit d'être précisée.
Bonnardel : Ce qui
m'échappait, c'est qu'en bas de 32 kilomètres-heure, ils n'ont pas besoin
de plaque, alors, c'est ça... il y en a plusieurs.
Charbonneau :
Donc, normalement, je ne m'inquiète pas du projet de loi qu'on a ici parce que
vous me dites que rapidement, puis je vous challenge un peu, là, rapidement, il
faut parler des quadriporteurs, puis je vous permets
de rajouter les motocyclettes électriques. Il y a des bicycles maintenant
aussi, des bicyclettes qui sont électriques aussi, là, qui peuvent
causer des problématiques, mais...
Bonnardel : C'est
la même chose, là, vous avez une mode présentement à Montréal de «fat bikes» modifiés électriques qui vont plus vite que... qui
peuvent aller plus vite que 32 kilomètres-heure, alors, ça aussi, là...
ça va peut-être prendre un autre projet de loi, là, pour bien
définir ou réglementer encore mieux, là, la définition puis l'usage
de ces véhicules. C'est du bon transport actif, on est bien heureux, là, sauf
que, là, ce partage, il peut être compliqué.
Charbonneau : Mais
je vous dirais, M. le ministre, que non seulement c'est un... Je n'en viens pas
à dire que c'est un mauvais véhicule
puisque, comme je vous disais, ça donne de l'autonomie à certaines
personnes âgées qui peuvent faire leurs courses puis peuvent faire
différentes activités, mais je reviens au propos de mon collègue qui dit : Y a-t-il lieu de les
identifier, d'identifier le quadriporteur? Parce que je comprends le principe
du véhicule de golf... D'ailleurs, je vous dirais que j'ai rendu visite
cet été à quelqu'un qui fait du camping de façon intensive, je vais le dire comme ça, et j'ai été surprise de voir le
nombre de karts de golfs dans le terrain de camping, parce que c'est
avec ça qu'ils déplacent les bûches de bois
pour le feu, puis le dépanneur se promenait aussi. Il y a
toutes sortes d'utilités, là. Mais le
quadriporteur, y a-t-il lieu de l'exclure intentionnellement parce que
c'est quelque chose qui peut être sur nos routes puis c'est quelque chose qui peut être
sur nos sentiers hors route? Vous, vous êtes sportif, là, moi, je vous amène
sur un...
Bonnardel : Disons que... Oui, puis je ne veux pas dire que
vous exagérez dans votre commentaire, Mme
la députée, mais un quadriporteur en hors sentier...
Charbonneau :
Bien, je vais vous donner un exemple, M. le ministre. Je vais vous donner un exemple
parce que vous avez le droit d'avoir des doutes, mais si vous allez à
Sainte-Rose, puis parlez-en à votre collègue, si vous allez à Sainte-Rose, il y
a le boisé de l'Équerre, puis, dans le boisé de l'Équerre, ils ont même aménagé
pour pouvoir permettre aux quadriporteurs de
se promener parce que c'est paisible, parce que c'est un boisé extraordinaire.
Bon, alors, c'est vrai que ça sonne un peu étrange, mais n'y a-t-il pas lieu de
dire que, dans les véhicules hors route, on exclut une sorte de véhicule qui serait
le quadriporteur?
Bonnardel : Bien,
c'est un bon point, mais ce n'est pas destiné à ça, donc on va... Je prends
votre commentaire, là, très au sérieux parce que je comprends la problématique.
Charbonneau :
Malgré votre sourire.
Bonnardel : Oui,
oui. Regardez, ça, ça fait partie... Il y a un petit carré ici, là, qui veut
répondre à ça, mais je ne veux pas aller trop loin. Je suis conscient, là, mais
ce véhicule n'est pas dédié, n'est pas préparé, n'est pas conçu pour aller...
Puis j'en conviens, là, une petite terre ou un petit chemin de parc, peut-être,
là... Au parc de la Yamaska, chez nous, j'y pense vite, vite, là, ça se peut
que tu partes en quadriporteur sur de la petite gravelle puis que tu puisses
faire un petit bout. Ça se peut, peut-être pas le tour au complet, mais que tu
puisses faire un petit bout. Mais dans la loi, on ne définit pas ce véhicule
comme un véhicule qui pourrait faire du hors sentier ou qui est adapté pour
faire du hors sentier. C'est pour ça qu'on...
Charbonneau :
Bien, je vous en donne un autre, le chemin du P'tit-Train-du-Nord, qui est
aménagé adéquatement pour que je puisse le faire en quadriporteur en suivant
mes petits-enfants.
Bonnardel : Ça se
peut qu'à l'automne ou au printemps, quand c'est un peu plus mou, ce soit plus
difficile à circuler, mais bon...
Charbonneau :
Mais, M. le ministre, dans votre loi, on ne définit pas la température, on ne
définit que le véhicule. Alors...
Bonnardel : Vous
avez raison. Voilà.
Charbonneau : D'autant plus que la route, ce matin, était
assez particulière, je vous dirais qu'on n'ira pas là. Mais je vais vous faire confiance sur le principe que vous allez
garder ça en tête, puis, si avec la même
humeur que vous avez là, quand vous allez l'écrire, ce projet de loi là, il y a
autant de bonne humeur, tant mieux. Mais je vous le dis parce que c'est une préoccupation
vraiment importante, puis, dans nos villes et villages, c'est quelque chose qui
va commencer à remonter. Je vous avise que, d'ici trois ans, la population
ne va pas rajeunir. J'aimerais ça vous dire aussi qu'il va aussi y avoir un
vaccin pour ça, mais ce n'est pas le cas. On va vers une population vieillissante,
et c'est un véhicule qui va être de plus en plus populaire, Bombardier va
sûrement comprendre, à un moment donné, puis en faire aussi.
Présidente (Mme Grondin) : Y a-t-il
d'autres interventions sur les paragraphes 6° et 7°? Il n'y a pas d'autre
intervention? Donc, je vais procéder à sa mise aux voix... pardon, je vais
procéder à la mise aux voix de l'article 2, s'il n'y a pas d'autre
intervention, par appel nominal, s'il vous plaît.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Bonnardel (Granby)?
Bonnardel :
Pour.
La Secrétaire :
M. Lemieux (Saint-Jean)?
La Secrétaire :
M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Pour.
La Secrétaire :
M. Bussière (Gatineau)?
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
La Secrétaire :
M. Lefebvre (Arthabaska)?
La Secrétaire :
M. Arcand (Mont-Royal—Outremont)?
La Secrétaire :
Mme Charbonneau (Mille-Îles)?
Charbonneau :
Pour.
La Secrétaire :
M. Arcand (Mont-Royal—Outremont)
pour M. Benjamin (Viau)?
La Secrétaire :
M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)?
La Secrétaire :
Mme Grondin (Argenteuil)?
Présidente (Mme Grondin) : Abstention. Donc, l'article 2
est adopté.
Compte tenu de l'heure, je vous remercie pour votre collaboration, et donc la commission
suspend ses travaux.
(Suspension de la séance à
11 h 59)
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Alors, bonjour à vous tous et à vous toutes. La Commission des transports et de
l'environnement reprend ses travaux.
Et je vous rappelle que la
commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 71,
Loi sur les véhicules hors route.
Lors de la suspension, ce midi, nous en étions à
l'étude de l'article 3. M. le ministre, veuillez, s'il vous plaît
lire... l'article 3, pardon.
Bonnardel : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Alors, l'article 3, Champ d'application :
«Sauf dans les cas où des distinctions sont expressément prévues, les
dispositions de la présente loi s'appliquent indifféremment des fins
poursuivies dans l'utilisation d'un véhicule, des lieux de circulation et du
caractère public ou privé des terres où le véhicule circule.»
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a des commentaires? Donc, s'il n'y a pas de commentaire, nous
allons... On ne fait pas de vote. On passe à l'article 4.
Bonnardel : On
vote...
Présidente (Mme St-Pierre) :
O.K. Ah oui! Je dois procéder à l'appel nominal. Donc, Mme la
secrétaire.
La Secrétaire : Oui. Pour,
contre, abstention. M. Bonnardel (Granby)?
Bonnardel : Pour.
La Secrétaire :
M. Lemieux (Saint-Jean)?
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
La Secrétaire : M. Bachand
(Richmond)?
La Secrétaire : M. Reid
(Beauharnois)?
La Secrétaire : M. Bachand
(Richmond) pour M. Caron (Portneuf)?
La Secrétaire :
M. Arcand (Mont-Royal—Outremont)?
La Secrétaire : Mme
Charbonneau (Mille-Îles)?
Charbonneau :
Pour.
La Présidente (Mme St-Pierre) : M.
le député de... pardonnez-moi.
La Secrétaire : Oh! oui,
pardon. M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Pour.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Lac-Saint-Jean.
La Secrétaire : Et Mme St-Pierre
(Acadie)?
Présidente (Mme St-Pierre) :
Abstention. Alors, l'article 3 est adopté. M. le ministre, l'article 4,
s'il vous plaît.
Bonnardel : Oui. Mme la Présidente, c'est le premier amendement
d'une douzaine, ou à peu près, là, que j'ai à déposer. Là, ils sont déjà sur le
site du Greffier. Est-ce que je lis l'article et je lis l'amendement par la
suite? Est-ce que c'est ce que les oppositions souhaiteraient que je fasse, ou
vous?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Bien, de ce que je comprends des travaux ce matin, vous
avez décidé de travailler paragraphe par paragraphe. Donc, votre amendement, il
arrive à quel paragraphe?
Bonnardel :
Au deuxième.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Au deuxième. Alors, je vous suggère de commencer...
Bonnardel :
On va juste faire... O.K.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Puis, après ça, on procédera.
Bonnardel :
Bon, alors, l'article 4 : «Les dispositions de la présente loi ne
s'appliquent pas aux véhicules hors route et aux véhicules d'entretien dans les
cas suivants: ».
La Présidente (Mme
St-Pierre) : ...continuez, là?
Bonnardel :
Oui, c'est ça, je suis bien...
Oui, c'est ça, c'est
le paragraphe 1°, là, que... Vous me suivez? Ça va? Donc, le paragraphe 1°?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Oui, paragraphe 1°, s'il vous plaît.
Bonnardel :
«1° lorsqu'ils sont exposés pour la vente, mis en démonstration lors d'une
exposition ou d'une foire commerciale ainsi que lorsqu'ils font l'objet d'une
démonstration ou d'un essai par un fabricant ou par un concessionnaire.»
Ça, c'est l'article.
Je vais vous lire l'amendement.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Ah! l'amendement est au 1°?
Bonnardel :
Oui.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : O.K., J'avais compris, pardonnez-moi, que l'amendement
était au 2°.
Bonnardel :
Excusez-moi, au 1°.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : O.K. Alors, allez-y, pour l'amendement.
Bonnardel : Donc,
l'amendement à l'article 4 : Insérer, dans le paragraphe 1° du
premier alinéa de l'article 4 et après «font l'objet», «, sur une terre
privée ailleurs que sur un sentier,».
Présidente (Mme St-Pierre) :
Donc, est-ce que vous avez pris connaissance de l'amendement, ou si
vous êtes prêts à en discuter, ou si vous voulez l'avoir lu? Oui, Mme la
députée de Mille-Îles.
Charbonneau :
Moi, je vous dirais que la technologie ne m'a pas permis de me rendre jusque-là
pour l'instant. Donc, si le ministre pouvait lire l'amendement inclus dans le
texte, comme ça, ça va nous aider à mieux comprendre.
Bonnardel :
Oui. Donc, l'article modifié... amendé, je devrais dire... devrais-je dire, se
lit comme suit :
lorsqu'ils sont exposés pour la vente, mis en démonstration lors d'une
exposition ou d'une foire commerciale ainsi que lorsqu'ils font l'objet,
sur une terre privée ailleurs que sur un sentier, d'une démonstration ou d'un
essai par un fabricant ou par un concessionnaire.»
Donc, on a spécifié,
là, «sur une terre privée ailleurs que sur un sentier» pour faire l'exposition
ou la mise en démonstration, lors d'une
exposition ou d'une foire commerciale, pour les différents produits qu'ils
auraient à vendre.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'amendement? M. le
député de Mont-Royal—Outremont.
Arcand :
Oui. Écoutez, la fédération des clubs de motoneige demandait de retirer le mot
«concessionnaire», et j'essayais de... Est-ce que vous avez, M. le ministre, eu
l'occasion de regarder ça?
Bonnardel : Bien,
je vous dirais qu'il y a des concessionnaires qui... certains au Québec qui
font des démonstrations de véhicule au Saguenay, en Abitibi. Donc, il y a des
concessionnaires qui font la promotion de leurs véhicules.
Donc, il se pourrait, exemple, que, dans le parc des Monts-Valin ou notre
réserve x, ils décident de faire une journée d'essai privé pour leurs
principaux clients. C'est pour ça que le mot «concessionnaire», pour moi, reste important
dans le libellé, parce que vous allez avoir le fabricant... Je pense que vous
saisissez, là, fabricant versus...
Arcand : O.K. Ça
Présidente (Mme St-Pierre) : Il n'y a pas d'autres commentaires? Donc,
s'il n'y a pas d'autre commentaire au paragraphe 1°, tel qu'amendé,
nous allons... C'est l'amendement? Ah oui! c'est vrai, un vote sur
l'amendement. Alors, nous allons faire l'appel nominal.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Bonnardel (Granby)?
Bonnardel : Pour.
La Secrétaire : M. Lemieux
(Saint-Jean)?
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
La Secrétaire : M. Bachand
(Richmond)?
La Secrétaire : M. Reid
(Beauharnois)?
La Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Pour.
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond) pour M. Caron (Portneuf)?
La Secrétaire :
M. Arcand (Mont-Royal—Outremont)?
La Secrétaire : Mme
Charbonneau (Mille-Îles)?
Charbonneau :
Pour.
La Secrétaire : Mme St-Pierre
(Acadie)?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Abstention. Donc, le paragraphe, tel qu'amendé, est adopté. Nous allons
procéder, M. le ministre, au paragraphe n° 2.
Bonnardel :
Oui. Donc, alors, comme mentionné ce matin, là, c'est ça, je vais lire les
paragraphes, donc le 2°. Alors :
«Les dispositions de la
présente loi ne s'appliquent pas aux véhicules hors route et aux véhicules
d'entretien dans les cas suivants :
«2° lorsqu'ils sont utilisés pour la circulation
de personnes ou pour le transport de biens à l'intérieur d'un bâtiment.»
La Présidente (Mme St-Pierre) : Commentaires?
Donc, s'il n'y a pas de commentaire, nous allons aller au paragraphe 3°.
M. le ministre.
Bonnardel : Est-ce qu'on les vote à chaque... Excusez-moi.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Avez-vous un amendement pour le 2°?
Bonnardel :
Pas du tout, pas du tout.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Non.
Bonnardel :
Alors, l'article 3 : «Les dispositions de la présente loi ne s'appliquent
pas aux véhicules hors route et aux véhicules d'entretien dans les cas
suivants :
lorsqu'ils sont utilisés dans le cadre d'une course, d'un rallye, d'une
compétition ou d'une pratique récréative à l'intérieur d'un bâtiment; il
en est de même lorsque l'activité se déroule à l'extérieur, si les conditions
suivantes sont présentes :
«
a) l'activité
se déroule en circuit fermé sur une terre privée avec l'autorisation de son
propriétaire;
«
b) l'activité
ne se déroule pas sur une route, ni n'en croise;
«
c) l'activité
est planifiée et se déroule sous la responsabilité d'une organisation sportive,
d'une association ou d'une fédération d'utilisateurs de véhicules hors route.»
Je pense que tout le
monde va comprendre que c'est dans une circonstance où il pourrait y avoir des
courses, là, sous supervision d'associations fédérées ou de gens qui permettraient,
sur une terre privée, là, de faire un circuit fermé pour faire une activité.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Est-ce qu'il y a des commentaires? Oui, M. le
député de Mont-Royal—Outremont.
Arcand :
Est-ce que c'est quelque chose qui est très... qui est utilisé souvent? Est-ce
qu'il y a beaucoup... À votre connaissance, est-ce qu'il y a des...
Bonnardel : Bien, il n'y a pas beaucoup de propriétaires.
J'en connais certains, là, qui ont des terrains assez énormes pour être
capables de faire un circuit de motocross, pas mal ce que j'ai vu, puis même,
l'hiver, d'en faire un circuit pour le «snowcross», mais c'est assez rare.
Sinon, vous avez des endroits, là, pas beaucoup, là, peut-être une dizaine,
puis à ma connaissance, là, qui sont utilisés par des fédérations pour avoir
des courses soit de quatre-roues, de motocross ou de «snowcross».
Mais il y a peu de
compétition aujourd'hui, là, à
part le Grand Prix de Valcourt. Il en reste, je
crois, au Saguenay, mais il y a peu de... il n'y a pas de circuit comme tel au
Québec, là, à ma connaissance, là. Je ne veux pas parler trop vite, là, mais...
C'est pour ça, on doit quand même le mettre, là, parce que, si c'est des
fédérations, là, qui permettent ces courses, bien, elles ne sont pas
assujetties.
Arcand :
J'imagine qu'un peu plus loin on va éventuellement parler des... Est-ce qu'il y
a un endroit ou c'est seulement par
règlement? J'essaie de me rappeler, là, la lecture du projet de loi, où on va
parler des tuyaux d'échappement.
Bonnardel :
Ah! c'est plus loin, c'est plus loin.
Arcand :
C'est plus loin qu'on parle des tuyaux d'échappement. O.K. Alors, on va
attendre d'être arrivés à cet endroit.
Bonnardel :
C'est à 60... En tout cas, c'est plus loin.
Arcand :
60 quelque chose, oui. O.K. ça va.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau :
Vu ma très grande connaissance, Mme la Présidente, sur le sujet, quand c'est
écrit «à l'intérieur»... parce que, comme le
cite la phrase, là : «lorsqu'ils sont utilisés dans le cadre d'une course,
d'un rallye, d'une compétition ou
d'une pratique récréative à l'intérieur d'un bâtiment», «à l'intérieur d'un
bâtiment», là, j'ai juste, dans ma tête, un skidoo qui se promène à
l'intérieur d'un bâtiment, mais vous voulez probablement explorer plus loin que
ça. J'aurais juste...
Bonnardel :
Bien, il y a déjà eu des courses au Stade olympique.
Charbonneau :
O.K. Avec des motocross.
Bonnardel :
Pour SuperMotocross, oui, qu'on a connu pendant certaines belles années, mais
les VTT aussi, là, donc... Puis c'est assez rare aujourd'hui, au Québec, qu'il
y a des courses à l'intérieur, là. Puis là, à ma connaissance, là, vite, vite,
là, à
part le SuperMotocross, là, je n'en connais pas beaucoup.
Charbonneau :
Ma deuxième question serait... «l'activité se déroule en circuit fermé sur une
terre privée avec l'autorisation de son propriétaire». Est-ce qu'à un moment
donné, dans les articles de loi, on va voir comment un propriétaire peut aller
chercher une permission? Parce qu'on se rappelle que la difficulté qu'on va
avoir, ça va être l'application puis les
modalités qui fait que la sécurité publique va avoir suffisamment de temps,
d'équipement et de place pour pouvoir faire une intervention. Donc, si je
comprends bien, plus loin, on va être capables de voir comment le propriétaire
va aller chercher son permis et, deux, comment on peut vérifier le permis de
cette course qui pourrait être permise sur un terrain privé.
Bonnardel : Ça, on
est plus dans un contexte d'autonomie municipale. Il y a des droits acquis. Je
prends l'exemple, chez nous, d'Autodrome Granby, qui permet des courses sur
terre battue depuis des années. Il y a un droit acquis. Il y a du bruit, il y
aura toujours des citoyens qui se plaignent.
Maintenant, la municipalité a le devoir de faire
respecter certaines règles. Et, si moi, j'avais un terrain assez grand demain
matin puis je voulais organiser une course de peu importe quoi, bien, je dois
passer, en premier lieu, par une autorisation de mon conseil municipal. Je ne
pourrais pas permettre... À moins vraiment d'être dans le bois puis de
m'assurer qu'il n'y ait personne dans un environnement de... là, je dis ça
comme ça, là, d'un kilomètre ou deux kilomètres, là, il est peu
probable au Québec... en tout cas, je n'en connais pas, là, mais ça se peut que
certains organisent des événements qui sont très loin dans le bois, où qu'il
n'y a pas de nuisance. Mais, outre ça, tu n'as pas le choix d'aller chercher un
permis municipal pour organiser ce genre d'événement, là.
Charbonneau :
Mais, à ce moment-là, quand je lis mon article... Dans l'article ici, je ne
vois pas le lieu de la ville, je ne vois pas sa responsabilité. Je vois la
vôtre, bien, le ministère, comme tel, qui dit : «l'activité se déroule
dans un circuit fermé sur une terre privée avec l'autorisation de son
propriétaire». Je ne vois pas le lien que je peux faire avec le monde
municipal. Puis j'entends quand vous me dites : C'est une délégation de
pouvoir qui peut être permise au monde municipal.
Encore une fois, puis vous allez voir, j'ai une
constance, comment je fais pour bien informer les gens qui lisent ce projet de
loi qu'il peut y avoir deux règles? La première, c'est que je peux avoir
peut-être un lien avec le ministère, et le ministère peut me référer à mon
monde municipal. Disons que mon terrain privé jonche un peu
deux municipalités, puis je veux organiser quelque chose parce que c'est
le fun puis j'aime ça, faire du skidoo, alors comment
je fais pour mieux comprendre mon projet
de loi, si je ne sais pas qu'il faut
que je fasse appel à un ou à l'autre?
Bonnardel : Bien, vous allez le savoir assez rapidement,
là, si vous décidez, du jour au lendemain, d'organiser un événement.
Puis, premièrement, il faut avoir des particularités, là, très spécifiques, là,
d'avoir un terrain, là, énorme, là, pour organiser ce genre d'événement avec
tout ce qui arrive, là, comme véhicules, comme remorques, et tout, et tout. Il
n'y a pas grand monde qui peuvent faire ça dans un environnement sécurisé sans
que le voisinage ou que la municipalité ne soit pas informée.
Puis c'est pour ça que, dans la loi, ce n'est
pas à nous à dicter puis à expliquer que l'instigateur ou celui qui veut
organiser... D'habitude, quand on fait ça, on le sait que ça prend un permis
puis qu'on ne peut pas, du jour au lendemain... Ce n'est pas le far west, là,
ce n'est pas parce qu'on fait ça que, du jour au lendemain, je peux faire un
petit circuit en rond puis permettre à trois, quatre chums de tourner puis
de sauter. Il va y avoir des plaintes, du jour au lendemain, ça, c'est certain, puis la quiétude des gens sera
affectée, là. Donc, c'est pour ça qu'on n'a pas à le mettre là, pour
nous, parce que toute personne qui veut organiser ce genre d'activité doit être
au fait de la loi ou des règles de sa ville, ou de son village, ou de sa municipalité.
Charbonneau :
Mais, dans le fond, là, l'article de loi, ce qu'il dit, c'est que «l'activité
se déroule en circuit fermé sur une terre
privée avec l'autorisation de son propriétaire». Ça fait que moi... Ce n'est
pas le propriétaire qui a l'autorisation, là. Là, je vais vous voir puis
je vous dis : Bonjour, M. le ministre, je vois que vous avez un grand terrain, puis il y a une bonne
partie de
votre terrain qui est isolée, qui est loin de tout le monde, j'aimerais ça,
faire quelque chose avec des chums, là, on va se jazzer quelque chose
sur votre terrain, puis, promis, on ne fera pas trop de dommages, puis... Vous
êtes le propriétaire, mais, de la façon qu'on se parle en ce moment, c'est que
ça prend plus qu'une autorisation du propriétaire.
Bonnardel : Tout
dépend ce que vous voulez en faire. Il est certain que sur une grande terre...
Je ne suis pas un adepte de la motoneige ou du VTT, peu importe, puis j'ai
trois chums qui restent dans le rang plus loin puis qui se disent :
Aïe! on pourrait profiter du terrain à François, on va aller demander son
autorisation. Ça se peut que je leur permette de tourner en rond sur ma terre
puis que je n'affecte pas la quiétude de mes voisins, parce qu'ils sont soit
d'accord pour que tout le monde fait de la motoneige ou...
Charbonneau : Tout
à fait. Tout à fait. Il n'y a pas de souci.
Bonnardel : Sauf
que, là, si j'organise un événement avec une fédération, là, c'est une autre
paire de manches, là. C'est une autre paire de manches où, là, je dois, bien,
en tout cas, assurément, au-delà de demander l'autorisation
du propriétaire foncier, obtenir l'autorisation de la ville, parce que, là, ça
va... question de stationnement, question d'assurances aussi,
d'assurances, surtout, question de sécurité. Et là ça change la donne,
complètement, là.
Charbonneau :
Mais vous avez compris que j'essaie juste de faire en sorte qu'on puisse mieux
comprendre. Je vais rester toujours sur cette... Vous allez me trouver
tannante, à la fin, vous allez avoir hâte que ça finisse, mais c'est toujours
pour m'assurer que les gens comprennent bien les gestes qu'ils s'apprêtent à
poser ou le circuit dans lequel ils s'embarquent.
Bonnardel : Oui.
Charbonneau :
Parfait.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Donc, il n'y a pas d'autres commentaires? S'il n'y a pas d'autre commentaire,
nous allons passer à... au paragraphe, dis-je, 4°.
Bonnardel : Alors,
4°. Moi, sur ma feuille, là, vous m'excuserez, collègues de l'opposition, j'ai
4°, 5°, 6°, 7° en même temps. Alors, je vais tous vous les lire, si ça ne vous
dérange pas, ou...
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a un consentement?
Bonnardel : Ça vous
dérange-tu?
Bonnardel : Ah!
O.K. Bon, c'est beau. Alors : «Les dispositions de la présente loi ne
s'appliquent pas aux véhicules hors route et aux véhicules d'entretien dans les
cas suivants :
«4° lorsqu'ils circulent à l'intérieur d'un
chantier de construction, sur le site d'une gare, d'un port ou d'un aéroport ou
lorsqu'ils sont utilisés dans le cadre d'un travail sur un site à vocation
industrielle ou agricole qui n'est pas accessible au public en général;
«5° aux voiturettes de golf et aux autres
véhicules utilisés exclusivement sur le site d'un terrain de golf;
«6° aux dameuses et autres véhicules qui
circulent exclusivement à l'intérieur d'un domaine skiable et qui ne croisent
ni n'empruntent une route ou un sentier; et
«7° aux tracteurs à jardin et aux tondeuses à
gazon pouvant transporter une personne, lorsqu'ils sont utilisés sur un terrain
pour y exécuter les tâches auxquelles ils sont destinés.» Voilà.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Commentaires?
Arcand : Bien, ma
question : Êtes-vous sûr que vous avez pas mal tout couvert ces
éléments-là? Parce qu'une des choses qu'on demandait, c'est d'être évidemment
plus précis, puis je vais vous donner un exemple. Lorsqu'on... Surtout les
voiturettes de golf, là, qui sont utilisées pas juste sur les terrains de golf,
qui sont utilisées sur les campings en particulier, qui sont utilisées lors...
Moi, j'assiste à des événements équestres sur une base assez régulière, et il y
a quand même beaucoup de voiturettes de golf qui se promènent là-dessus. C'est
assez populaire. J'en vois également parfois lors d'événements autres, des
fois, en commercial, toutes sortes d'événements.
Alors, si je prends simplement cet exemple-là,
est-ce qu'à partir du moment où vous retrouvez des voiturettes de golf qui sont
utilisées sur un camping, à ce moment-là c'est considéré comme un véhicule hors
route, puisqu'elles ne circulent pas sur un terrain de golf?
Bonnardel : Il y a
assurément, dans les futurs règlements, des ajouts qui pourraient être faits,
qui pourraient être faits sur la définition
d'un tel véhicule sur un terrain de camping, exemple, là, ou autre. Alors, là-dessus,
on va, comment dirais-je, s'ajuster ou
améliorer, s'il le faut, l'ajout de certains véhicules. Alors, il est certain
qu'après l'adoption de la loi on aura à travailler, dans les prochains mois,
là, pour peut-être peaufiner.
Arcand : Parce que
ça veut dire, ça, que, si ce n'est pas fait, ça veut dire que les gens,
théoriquement, doivent avoir un permis...
Bonnardel : Tout à
fait.
Arcand : ...pour
utiliser une voiturette de golf sur un terrain de camping.
Bonnardel : Sur un
terrain de camping.
Arcand : Et ça veut
dire également, parce que je reprends un peu les commentaires que j'ai vus ce
matin, entre autres... où il y avait beaucoup de commentaires qui ont été
faits, entre autres, par le Groupement des assureurs automobiles, qui posait exactement
le même genre de question et de débat. Ce que vous me dites essentiellement,
c'est que ça va se faire par règlement.
Bonnardel : Oui.
Arcand : Alors, je vais retenir cette réponse-là pour
l'instant.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau : Simplement
pour revenir sur un sujet qui a un peu été sollicité par plusieurs
partenaires qui sont venus nous rencontrer sur les véhicules d'urgence. On ne
parlera pas tout de suite des gyrophares, mais plusieurs nous ont dit : Il
faudrait