Health and Social Services — 6 December 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2017-12-06
Quebec — Committees
Un des
aspects là-dessus, qu'est-ce qu'on réalise, c'est : même si le MAPAQ et le
ministère du Développement durable,
de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques sont pour
l'instant absents du processus, nous
tenons pour acquis que les éléments de la réglementation touchant la production
agricole, et certains touchant la mise en marché, relèveront de ces deux
ministères.
L'UPA
comprend que le gouvernement du Québec a retenu un modèle de commercialisation
apparenté un petit peu à celui de la
SAQ. On veut juste vous rappeler qu'au niveau des produits alcools qui sont au
niveau... à saveur d'érable, fraise, framboise, tout ça, il y a déjà des
choses, qui sont là, qui sont gérées au niveau de la SAQ.
Les projets
de loi n° 45 et n° 57 visent les balises entourant l'encadrement de
la législation au niveau cannabis. Les
éventuels projets fédéraux et provinciaux viendront en préciser la mise en
oeuvre, considérant le projet de loi C-45 devant entrer en vigueur le 1er juillet 2018, et ceux-ci seront
vraisemblablement rédigés au niveau du printemps 2018. Dans ce contexte, l'UPA considère que les
producteurs devraient être consultés et mis à contribution à l'élaboration
d'une éventuelle réglementation. Par
ailleurs, considérant le nombre d'intervenants qui prendront part dans la
production de la mise en marché, nous
croyons que tous les partenaires de la filière devraient être impliqués pour
ainsi faciliter la mise en oeuvre et répondre adéquatement aux objectifs
de la loi.
Dans d'autres
commentaires spécifiques, on parle au niveau du
chapitre V, entre autres, et
qu'on parle là-dessus du champ de la
production de cannabis... ne comporte que deux articles. Si je retourne aux
deux articles, vous avez l'article 19 qui
est là et vous avez aussi l'article 23, qui faisait un lien au niveau de la
filière. C'est qu'afin d'assurer un meilleur contrôle nous croyons que
les producteurs de cannabis devraient être accrédités par la Société québécoise
du cannabis.
Par ailleurs,
dans le document de consultation, le gouvernement général parle de quatre types
d'autorisations dans les cultures,
soit les cultures standards, microculture, chanvre industriel et pépinières.
Aussi, pour ces quatre types de culture, on permettrait la production
intérieure et extérieure. Ça fait que nous demandons au gouvernement du Québec d'autoriser la production de cannabis de ces
quatre types de culture, ainsi que la production intérieure et celle en
plein champ, et ce, à l'instar du gouvernement fédéral.
L'autre
élément qu'on veut vous amener, c'est au niveau de la vente. Naturellement, ça
a été mentionné, c'est qu'au niveau
de la vente c'est par rapport à la Société québécoise du cannabis. Mais l'UPA
comprend que les modalités de vente
seront définies par un éventuel règlement de demande du gouvernement à être
consulté. Il faut, en ordre, au niveau des
règlements... dès règles, c'est-à-dire, soient clairement connues et simples à
contrôler. De ce côté-là, on parle au niveau de la vente aussi, il faut
qu'il y ait un suivi rigoureux.
La transformation.
Le projet de loi, je vous dirai, n° 157 demeure silencieux par rapport à
ces éléments-là. Je vous dirais qu'on
a listé, mais peut-être que la demande qu'on fait, c'est... finalement, à
l'instar des producteurs, nous estimons que la transformation devrait
être aussi accréditée par la Société québécoise du cannabis.
Promotion,
publicité et emballage. On est bien conscients des enjeux, puis je vous dirais
qu'on peut remettre un peu des
exemples qui sont là, au niveau de l'éducation par rapport à l'alcool, tout ça.
Juste pour vous mentionner que je pense
que c'est important d'avoir déjà prévu quelque chose comme ça et d'être
responsable en tant que société. Et nous, en tant qu'organisation, on
trouve ça important.
Le Fonds de prévention et de recherche. Dans le
Fonds de prévention et de recherche, l'article 51 du projet de loi n° 157 prévoit des fonds de prévention
et de recherche en matière de cannabis... seraient effectués au
financement d'activités et de programmes de
surveillance, de recherche. L'élément peut-être qu'on demande là-dessus, c'est
que l'UPA demande que les fonds de
prévention et de recherche soient élargis à l'aspect de production, et ce, afin
de tenir compte de l'énoncé de la
matière d'autorisation de recherche décrite dans notre document de consultation
du gouvernement fédéral. C'est bien
important au niveau de la recherche qu'on n'ait pas juste... qu'on revienne
vraiment à la base, au niveau de la production et de la transformation.
Naturellement,
dans le projet de loi aussi, il y avait un côté projet pilote. Ça fait qu'un
des éléments qu'on veut vous
mentionner, c'est que nous comprenons qu'il serait possible de mettre en oeuvre
des projets pilotes liés à la production. Ça fait que l'UPA estime que les producteurs devraient avoir accès à ces
fonds pour la réalisation de ces éventuels projets pilotes liés à l'amélioration de la production du
cannabis, incluant le développement des nouvelles technologies au niveau
de la production.
L'autre
point, on veut vous parler de surveillance et suivi du cannabis. Comme formulé
au niveau des articles 61 et 62 du projet de loi n° 157, nous
souscrivons totalement à l'importance d'assurer une surveillance et un suivi en
matière de cannabis. À ce sujet, nous
pouvons réitérer ce que nous avions présenté lors de la consultation régionale.
Et ça, je dois vous mentionner qu'on a déjà
un organisme, au niveau de l'ATQ, qui fait déjà des choses au niveau végétal,
entre autres. Et c'est pour ça qu'on le présente. On devrait s'outiller déjà
avec des éléments qui sont là.
Je veux vous parler au niveau de l'importance économique
de la production, mais la production agricole.
La Présidente (Mme Hivon) :
M. Caron, je vais vous demander de conclure rapidement.
M. Caron
(Martin) : Oui, bien,
j'arrive à ma conclusion. C'est que, par
rapport à l'importance économique,
je pense qu'on se doit, au niveau du gouvernement du Québec, de prendre
notre place là-dessus puis d'être capables... en faire face et d'aller chercher un peu, au niveau du Québec, une
production. La proposition de l'ensemble du secteur d'une chambre de coordination, encore là, c'est de
développer... d'amener un outil, les outils qui sont déjà là pour être
capable de travailler au niveau de la filière.
En conclusion, et il me reste trois lignes,
c'est que nous sommes persuadés que seules la volonté ferme du gouvernement du Québec et une action concertée de
l'ensemble des ministères concernés... exercent de façon diligente en se traduisant en investissements adéquats, pourront
permettre à la filière québécoise du cannabis de prendre de la place sur
le marché. Les consommateurs de cannabis
pourront ainsi s'approvisionner sur le marché licite en cannabis
québécois. Merci.
Présidente (Mme Hivon) : Merci beaucoup. Alors, je cède
maintenant la parole à la
partie gouvernementale, à Mme la ministre,
pour une période d'environ 14 min 15 s.
Mme Charlebois :
Merci, Mme la Présidente. Et, d'entrée de jeu, vous allez me permettre de
saluer celui que vous remplacez aujourd'hui,
notre président habituel, parce qu'il y a un décès dans sa famille, pour ne pas
dire sa mère. Alors, je profite de l'occasion pour lui offrir mes
sympathies et les condoléances de tout le groupe parlementaire que forme le
gouvernement. Je suis sûre que les autres parlementaires en feront de même,
mais je voulais que ce soit noté au procès-verbal, puisque c'est quelqu'un que,
vous le connaissez, on estime tous.
Maintenant,
je veux saluer M. Caron, M. Mousseau, qu'on se croise... on est
presque devenus — j'ai le
goût de faire une blague, mais je
vais me retenir — des
amis, on va dire des amis. J'allais vous dire : On est presque — ah! je vais la faire — devenus
des potes, tu sais? Et, Mme Savary, c'est un plaisir de vous voir. Merci
de venir nous faire part de votre production de mémoire, de votre
mémoire.
Je vous ai
entendu beaucoup parler de production au départ. On a eu déjà cet échange-là
avec les producteurs de serre. Et
vous savez que les gens peuvent déjà faire la demande de permis, tel qu'il est
stipulé, puis on va les accompagner là-dedans. Puis vous savez qu'on va
les soutenir, là, les producteurs québécois.
Mais il n'en demeure pas moins que je vous ai
entendus parler beaucoup de production, puis je l'ai senti, puis là dites-moi si j'ai eu une bonne
compréhension, je n'ai peut-être pas eu une bonne compréhension, mais j'ai
senti que vous vouliez ouvrir tout un marché de promotion autour de cette
production et de la vente du cannabis, alors que l'esprit de la loi...
Parce que,
oui, bien que ce soit une filiale de la Société des alcools du Québec, la
Société québécoise du cannabis n'a
pas la même mission et objectif. Ce que nous souhaitons, c'est seulement
ramener les gens qui sont sur un marché illicite vers un marché licite, donc légal, et, de plus, faire tellement
de prévention que nous souhaitons réussir à faire comme on l'a fait pour
le tabac : on est passé de taux faramineux de prévalence au tabagisme et
on est rendu à vouloir un objectif de
10 %. On est en bas de 20 % puis on veut atteindre un objectif de
10 % de taux de prévalence au tabagisme. On souhaite faire la même
chose avec le cannabis.
Que va-t-il
donc arriver... puis je vous le dis, là, tu sais, les gens peuvent déjà
demander tout ce qui est nécessaire pour
produire du cannabis. Puis on l'appelle maintenant non thérapeutique à escient
parce qu'on ne veut pas banaliser la consommation.
Vous comprenez que je n'utilise plus «récréatif», je vais le dire là, c'est à
escient, parce qu'on veut que les gens saisissent bien que ce n'est pas
un produit banal. Ce qu'on va tendre à faire, c'est réduire la consommation
avec les années. Or, si on fait la promotion
de producteurs, et etc., n'avez-vous pas peur que les gens, à un moment donné
soient... le marché soit saturé puis qu'il y
ait des gens qui doivent, à un moment donné, changer leur production? Puis j'ai
déjà entendu la réponse des producteurs de serre en ce sens-là.
Et je vais vous revenir en disant que, oui, il
est possible de faire des demandes. Puis, même si vous me dites qu'il y en a seulement deux au Québec en ce
moment, oui, il y a plusieurs demandes qui ont été déposées au
gouvernement fédéral, mais c'est tout
dernièrement, suite à la légalisation du cannabis, le projet de loi qui a été
déposé. C'est là que les demandes se
sont mises à rentrer au fédéral, à ce qu'on me dit. Alors, je vous invite à me
répondre, juste me dire si j'ai eu une bonne perception.
M. Caron
(Martin) : Bien, dans un
premier temps, je tiens à vous signaler que la promotion, ce n'est pas le
cas. On vous a mentionné dans notre mémoire qu'on se réfère, puis on est à la
même place que vous par rapport à ça, présentement, ce n'est pas une question
de faire la promotion. Puis vous l'avez mentionné, puis on a eu la chance d'échanger, le 7 septembre, entre autres, sur
cet aspect-là, de dire qu'il y a deux permis qui avaient été octroyés au
niveau du Québec et 43 au niveau de l'Ontario. Il y avait des différences.
Nous,
on veut être là présentement parce
qu'on se dit : Bon, bien, il y a un marché et il y a un équilibre. Mais
en même temps il faut ici, au niveau du Québec, se mettre des balises et se
mettre des cadres là-dessus. Ce n'est pas nécessairement
de faire la promotion et d'augmenter par rapport au niveau du cannabis. Mais on
part d'un produit illicite qu'on veut
amener côté licite, ça fait que... Mais la demande qu'on vous fait aujourd'hui,
c'est que... Comment qu'on peut se
structurer au niveau d'une filiale, puis bien comprendre que ce n'est pas une
promotion, mais que les producteurs ici, au niveau du Québec, puissent jouer leur rôle par rapport à ça
présentement, comparativement à ailleurs? Peut-être, dans d'autres
provinces, bien, ils se sont déployés un petit peu plus vite. Puis tout
l'encadrement. Nous, c'est important, l'aspect
de la filière parce qu'il y a des objectifs, et vous l'avez bien mentionné, il
y a des objectifs généraux pourquoi qu'on est là. Mais c'est pour ça que nous, on dit : Rapidement, il faut
établir une filière qui est là et qui va amener un processus pour ne pas
que chacun parte d'un côté puis qu'il pense qu'il y a un côté promotion à ça,
Mme Charlebois :
Pourquoi estimez-vous que plusieurs permis qui ont été émis ailleurs, puis pas
au Québec, est-ce que les demandes sont arrivées tardivement?
Est-ce que ce
ne sont pas des... j'allais vous dire quasiment des usines parce que, ce que
j'en sais, c'est que ceux qui exercent en ce moment, ce sont des
mégaentrepôts qui ont été transformés. Puis vous le savez que... Et le ministre
de l'Agriculture... Puis, quand vous dites
que l'Agriculture, l'Environnement ne sont pas à la table, je vais juste vous
amener à réfléchir là-dessus parce qu'il y
a... quand on a composé, là, pour faire un forum et faire les consultations,
là, on a composé une table avec 12 ministères, deux secrétariats, dont
le MAPAQ et le ministère de l'Environnement. Ils sont là, là. Peut-être que
vous voulez les voir plus présents dans la loi. Je vous invite à clarifier ça.
Mais est-ce
que vous pensez que vos producteurs ont fait des demandes plus tardives
qu'ailleurs? Pourquoi on en a eu moins au Québec, selon vous?
M. Caron
(Martin) : Bien, c'est une
bonne question par rapport à ailleurs, tout ça. Mais présentement on est
en train d'établir un cadre. Puis moi, je
pense qu'en établissant un cadre, puis une orientation, puis une vision claire
où est-ce qu'on veut aller avec ce
produit-là... C'est peut-être pour ça que les producteurs n'ont pas insisté
nécessairement à faire des demandes plus loin là-dessus puis de savoir
le contrôle et de la façon...
Pour en
revenir au niveau du MAPAQ et au ministère de l'Environnement, je vous dirais
que c'est sûr qu'on veut qu'ils
soient là dans le but, entre autres, vu que c'est un produit agricole... Je
sais qu'ils ont été présents. Mais on parle présentement d'un système de mise en marché collective où est-ce qu'on a
différents outils. Tantôt, je vous ai parlé au niveau de la traçabilité, l'ATQ, entre autres, qui est là. Bien, juste
pour vous mentionner que, si on veut avoir un contrôle, mais déjà l'ATQ se sert présentement au niveau des
producteurs végétaux, dans le maraîcher, entre autres, que ce soient les
pommes de terre, fraises, etc.
Ça fait que
le côté agricole, on a beaucoup d'outils qui sont là présentement. Puis, en
tant que producteurs, on a toute une
réglementation au niveau du développement durable aussi. Ça fait qu'on veut
faire le lien un petit peu entre ces deux-là,
mais qu'on veut qu'ils prennent peut-être plus de place pour être sûr
d'accompagner les producteurs qui voudraient faire des permis... faire
des demandes.
Le défi est
peut-être là parce qu'en tant que producteur avant de faire une demande pour un
permis, mais je veux savoir à quoi que ça consiste sur tout son
ensemble.
Mme Charlebois :
O.K. Bien, les demandes de permis sont publiques, là, comme c'est là. Mais,
dites-moi, est-ce que vous... je comprends bien que vous voudriez qu'il
y ait une gestion de l'offre dans le cannabis?
M. Caron (Martin) : La gestion
de l'offre...
Mme Charlebois :
Donc, un programme d'assurance?
M. Caron
(Martin) : Non. Moi, je vous
dirais qu'il y a souvent des personnes... on mêle peut-être les choses
par rapport à une gestion de l'offre. C'est
que la façon de faire, c'est qu'une mise en marché collective, il y en a qui
ont des moyens, c'est avec la gestion
de l'offre ou il y a d'autres outils aussi qu'on utilise pour la mise en marché
collective. Dans la proposition qu'on vous fait, on parle d'une chambre
de coordination. Ça, c'est un outil aussi qui peut servir à une mise en marché collective où est-ce que, oui, il y
a des rôles à chacune des organisations, mais ça répond peut-être à une table filière. Et les organismes qui sont en
charge, comme au niveau de la Société québécoise de cannabis qu'on va
mettre en place, pourraient donner un rôle à
cette chambre de coordination là, où est-ce que tous les acteurs et joueurs
sont là. Et là ça permettrait d'établir une table filière, entre autres.
Mme Charlebois :
Je vous entends bien. Puis là, dans un premier temps, je veux clarifier
certaines choses parce que, des fois
dans notre monde politique merveilleux, il y a des sous-entendus, des
raccourcis qui font que les choses ne sont pas claires. La Société
québécoise du cannabis, c'est une entité québécoise qui va certainement mettre
des balises pour faire plus d'acquisitions des produits du Québec,
premièrement. Deuxième élément, en ce moment, il n'y a pas tant de producteurs
québécois, puis on vous invite à formuler vos demandes, puis à... on va vous
soutenir là-dedans, il n'y a pas de problème, mais il
faut avoir les permis tels qu'ils
sont autorisés, avec toutes les règles que ça comprend.
Et j'entends votre chambre de coordination, il y
en a qui nous parlent d'un observatoire. En tout cas, il y a beaucoup
de choses qui nous sont suggérées. Comment on va faire... puis je ne pose pas
cette question-là pour vous mettre mal à l'aise, là,
c'est plus parce que j'essaie de comprendre comment... puis on a eu une analyse
de coûts, puis je me demande
si ce n'étaient pas les producteurs de serre qui nous l'avaient faite avec tous
les coûts, à partir de la semence jusqu'à la fin du processus,
là. Comment on va faire pour rester compétitifs avec ce qui est illégal si on
installe plein de structures?
C'est un peu
paradoxal. Aidez-moi à comprendre comment on peut faire ça. Il y a sûrement...
vous avez sûrement réfléchi à tout ça, je suis convaincue de ça. Mais
comment on peut faire pour avoir une chambre de coordination, un observatoire, le comité de vigilance, recenser des...
tu sais, honnêtement... puis de la prévention, puis, bon... Moi, il y a des
choses qui sont dans le projet de loi que vous voyez, de la recherche, on en a mis,
bon, mais c'est sûr qu'à un moment donné il va falloir qu'on soit
compétitifs. Comment vous voyez ça, vous?
M. Caron
(Martin) : Bien, c'est un
bon point que vous amenez, puis je trouve ça très intéressant de la façon
que vous l'amenez parce que c'est exactement ça qu'on fait présentement. Quand
on vous parle de ce niveau-là, de dire d'utiliser
déjà les organisations qui sont là, ou les lois, ou les règlements
qui sont là, c'est exactement ça. La
Loi sur la mise en marché est déjà là. Au niveau de la chambre de coordination, quand on parle de ça, on en a une, chambre de
coordination au niveau des fraises et framboises. Elle est établie et elle sert
de table filière pour l'ensemble des acteurs.
On ne crée
pas nécessairement beaucoup de structures. C'est une plateforme qui est là et
qui sert, entre autres, à ce que tous
les joueurs s'assoient et que la Société québécoise du cannabis est là puis donne un peu au niveau des rôles puis de cadrer sur tout son ensemble. Mais elle se sert
de tous les outils législatifs qui sont là présentement.
Ça fait que c'est sûr qu'on ne veut pas recréer quelque
chose pour que ça ait les coûts, là. Pour ça, on pense que la chambre de coordination pourrait répondre à cet enjeu-là et
permet aussi de détailler sur l'aspect... que ce soit au niveau de la
recherche, entre autres. C'est un des éléments qui est traité à ces tables-là.
La Présidente (Mme Hivon) :
M. le député des Îles-de-la-Madeleine, pour un deux minutes.
M. Chevarie :
Merci, Mme la Présidente. On sait que l'UPA, majoritairement, votre
regroupement est composé de producteurs
en alimentation et aussi au niveau ornemental, l'horticulture. Le cannabis,
c'est un peu un secteur nouveau, et ça
peut s'apparenter aux producteurs de tabac. On le fume. Et le produit, est-ce
que vous pouvez nous faire un parallèle
ou un état de situation par rapport aux producteurs du tabac versus qu'est-ce
que pourraient être les producteurs au niveau du cannabis?
M. Caron
(Martin) : Bien, de faire le
lien, je vous dirais que c'est... tout est dans le côté recherche, et
développement, et accompagnement au niveau de la production. On a quelques
centres d'expertise qui sont déjà là. Encore
là, on ne crée pas des choses. Il y a déjà des centres d'expertise qui sont là
au niveau agricole parce qu'on parle de production végétale ou animale, entre autres. Qu'est-ce qui nous
intéresse, c'est le côté végétal, et c'est là qu'il faut se servir de
ces organisations-là.
Je peux
penser au niveau de l'IRDA présentement, qui est un institut de recherche au
niveau du développement agricole, qui
s'occupe du côté... au niveau des sols, entre autres, pour la pratique, etc. Au
niveau horticole, il y a d'autres centres
d'expertise. Ça fait que ces centres d'expertise là pourraient venir en
contribution, entre autres, sur un volet agricole. Ça fait que, non, je
fais le lien un petit peu au niveau du tabac, à un moment donné, qu'il y a eu
de la recherche qui s'est faite dans ce
sens-là. Mais il y a une application qu'on est capables de mettre et que les
producteurs peuvent rentrer.
M. Chevarie : Est-ce
qu'actuellement il y a des producteurs de tabac au Québec? On sait qu'il y en
avait quelques-uns il y a quelques années, mais actuellement, c'est quoi, le
portrait par rapport aux producteurs de tabac?
La Présidente (Mme Hivon) :
En 15 secondes.
M. Caron (Martin) : Moi, je n'ai pas...
Je ne sais pas si Alyne...
La Présidente (Mme Hivon) :
Est-ce que vous avez cette information-là?
M. Caron (Martin) : Bien, moi,
je n'ai pas l'information. Alyne?
Mme Savary
(Alyne) : Non. Oups! Non. On n'a pas... je n'ai pas vraiment
d'information. Ce que je peux vous dire,
c'est qu'il y avait avant un office des producteurs de tabac et que cet
office-là a été suspendu parce qu'il n'y avait plus de contrat avec les compagnies de tabac. Alors,
l'office a été suspendu, et je ne suis pas certaine qu'il n'a pas été
aboli.
Présidente (Mme Hivon) : Merci. Alors, on va maintenant
passer la parole à l'opposition officielle pour une période de
8 min 45 s. M. le député de Labelle.
M. Pagé : Oui. Je vous
remercie beaucoup, Mme la Présidente. Alors, bienvenue chez nous. Je vais
prendre également un petit moment pour
souhaiter sincères condoléances, de ma part mais de la part également de notre
formation politique, à notre collègue le président, qui malheureusement doit
s'absenter pour une triste raison.
Alors,
bienvenue chez vous, c'est toujours ce
que l'on dit. L'Assemblée nationale, c'est chez vous. Je vais vous rassurer sur une chose, probablement déjà que vous l'aviez entendue, mais dès la première
journée, quand le projet de
loi a été déposé, C-45, à Ottawa,
nous avons dit souhaiter que le cannabis qui serait consommé au Québec
devait être produit au Québec parce
que ce n'est pas que nous sommes
d'accord, nécessairement, avec le projet de loi C-45, mais il
nous est imposé. À partir de ce moment-là, bien, tout comme vous, évidemment,
on fait le raisonnement suivant : s'il y a une opportunité d'affaires là,
bien, aussi bien en profiter maintenant qu'on nous l'impose.
Et à cet
égard, bien, nous pensons que, si Québec pouvait contrôler les autorisations, on pourrait aussi se donner une politique de distribuer ces autorisations à
travers le Québec pour s'assurer qu'on crée des emplois un peu partout
en région. Et vous savez comme moi que la production sera essentiellement en
serre. Et le taux, le tarif, les bas tarifs d'hydroélectricité au Québec sont
beaucoup moins élevés qu'à l'extérieur du Québec. Donc, il y a un avantage
concurrentiel parce que l'intrant numéro un, c'est essentiellement le tarif
d'hydroélectricité.
Moi, j'ai une
question toute simple, ou peut-être qu'elle n'est pas simple, mais comment se
fait-il qu'au Québec, selon vous,
qu'il n'y en ait que deux qui ont été autorisés par Santé Canada? Et, bon, on
savait que c'était pour des fins médicinales, mais il y avait quand même
une opportunité d'affaires, là, qui était là quand même pour les producteurs québécois. Là, au mois d'avril, on me parlait de
27 en Ontario. Là, on serait rendus à 38, 42, je ne sais plus trop
combien, mais, à travers le Canada, il y en
a plus d'une soixantaine, et seulement deux au Québec. Comment vous expliquez
M. Caron
(Martin) : Bien tantôt, j'ai
un peu essayé de répondre par rapport à ça. Je vous dirai, c'est peut-être
par rapport à la prise de position au niveau du Québec puis de l'encadrement
qu'on peut donner ici. Là, on est rendus aujourd'hui,
puis je trouve ça intéressant, on se positionne au niveau du questionnement,
mais ça n'a pas été fait avant ça. Et là
on arrive devant un fait, de dire : O.K., moi, je vais parler au nom des
producteurs agricoles. Les producteurs agricoles, quand ils ne savent pas, au niveau de
l'encadrement, comment que ça va être fait, et des possibilités qu'il peut y
avoir, et de l'accompagnement au niveau de la recherche et de l'innovation
là-dessus, bien, on est peut-être prudents avant d'appliquer sur des permis
puis d'aller un peu plus loin.
Et c'est pour ça qu'aujourd'hui on se présente
avec vous puis qu'on vous amène ces éléments-là, sachant que l'encadrement, et qu'il n'y a pas une vision nécessairement
de promotion de consommation et le côté illicite qu'on va retrouver, bien, on veut mettre à contribution au
niveau de nos producteurs, soit au niveau de l'expertise de la
production, et tout le système de mise en
marché collectif aussi qui se fait, pour rejoindre un peu un des objectifs que
vous avez dit, de la répartition au niveau économique du Québec. Et
c'est de s'assurer que des producteurs, soit des producteurs de serre ou d'autres producteurs qui sont là, mais
puissent, s'ils veulent avoir une augmentation de production, bien, puissent
avoir accès, et non de laisser ça à des grandes entreprises, nécessairement.
M. Pagé :
Et, justement, les deux grandes entreprises présentement qui ont l'autorisation
au Québec, Apothecary et Aurora, sont
venues la semaine dernière. Initialement, leur production, c'était pour des
fins médicinales. Donc, l'approbation de
Santé Canada, on le comprend très bien. Mais, clairement, je pense que, là, ils
veulent ouvrir leur production vers le non-médicinal,
parce que, comme la ministre l'a dit, puis j'adhère à cela, on ne parlera plus
de récréatif mais de non-médicinal parce qu'effectivement ça banalise
moins cette production.
Est-ce qu'à
partir du moment où ces deux entreprises produisent du non-médicinal, que vous
pourriez également produire, est-ce
que vous considérez qu'ils devraient faire
partie du MAPAQ? Du MAPAQ... pardon,
de l'UPA? Est-ce que... ou bien vous allez peut-être me répondre qu'ils
font déjà partie, mais je suis curieux de savoir.
M. Caron
(Martin) : Bien, moi, je
vous dirai, on se positionne par rapport à la
Loi sur les producteurs
agricoles, et ceux qui mettent en marché au
niveau des produits agricoles, bien, ils sont reconnus producteurs agricoles.
Ça fait qu'on ne veut pas changer les affaires là-dessus. On a déjà un
cadre législatif ici, au niveau du Québec, par rapport à ça. Et on conçoit que ça va de soi. S'il y a quelqu'un qui
produit un produit qui est reconnu produit agricole, bien, les règles ou
les lois qui sont là vont rentrer en vigueur, entre autres.
M. Pagé :
Oui. À la page 11, vous parlez du Fonds de prévention et de recherche.
Évidemment, notre compréhension, elle était ailleurs : un fonds de
prévention et de recherche vraiment axé que pour la prévention. Vous dites : «L'UPA demande que le Fonds de
prévention et de recherche soit élargi à l'aspect production...» Ça m'a
intrigué un petit peu. Pouvez-vous m'en parler un peu?
Présidente (Mme Hivon) : Je veux simplement m'excuser pour
le bruit. Nous sommes en train d'essayer qu'ils arrêtent pendant la
durée de la commission. C'est des choses qu'on réussit parfois à obtenir. Donc,
allez-y.
M. Caron
(Martin) : C'est bon, merci.
Bien, la question est intéressante, puis je vous dirais : C'est qu'on se
réfère dans toutes les autres productions qu'on a. Quand tu veux avoir une
production qui réponde aux critères de qualité puis au côté de développement
durable, tu n'as pas le choix de
faire au niveau de la recherche et de l'innovation là-dessus, et en faire des projets, et avoir des centres d'expertise. Et c'est pour ça
qu'on se dit que le côté production a peut-être été oublié dans ce
sens-là, mais il faudrait qu'il
soit là, autant de faire le lien aussi avec des producteurs agricoles qui, à
l'occasion, participent à ces projets de recherche là, entre autres pour amener
des données aux centres d'expertise.
M. Pagé : O.K., intéressant. Nous, on a toujours souhaité que, justement,
Québec puisse donner les autorisations. Quand on a pensé Québec, bien,
on a pensé MAPAQ. Mais vous apportez une nuance. Vous dites que ça devrait être
accrédité par la SQC et non pas le MAPAQ.
C'est bien ce que vous avez dit? Et pourquoi plutôt être accrédité par la
Société québécoise du cannabis au lieu d'être accrédité par le MAPAQ?
M. Caron (Martin) : Bien, par
rapport au projet de loi qui était là, présentement, on sent que la Société québécoise du cannabis va jouer un rôle assez important
là-dessus. Et c'est pour ça qu'on amène l'accréditation, parce qu'on se dit : Vu qu'elle va
jouer un rôle important, elle devrait accréditer au niveau de la production et de la transformation, entre autres. Et on se dit : C'est un moyen, entre autres,
pour aller chercher et être rigoureux par
rapport au suivi en même temps
qu'on parle au niveau de la traçabilité des produits et de la qualité aussi. Ça
fait qu'on se doit d'être à quelque part. Mais les autres ministères servent aussi pour accompagner. C'est pour ça
qu'on mentionnait, au niveau du
MAPAQ, par rapport à ça, sur l'accompagnement, parce que, quand on va
parler au niveau de recherche et développement, il y a un volet au niveau du ministère de l'Agriculture, qui ont un
lien avec les centres d'expertise, entre autres, autant que le ministère
de l'Environnement aussi va avoir aussi des choses à amener dans ce cas-là.
Mais,
pour nous, je pense, qu'il y ait une accréditation qui soit faite puis qu'il y
ait un contrat pour que ça soit rigoureux, c'est vraiment important pour
le Québec. On ne veut pas banaliser ça, présentement, là. La façon qu'on va faire, c'est vraiment... il faut être rigoureux.
Puis je reviens un petit peu au commentaire sur... On n'est pas là pour
faire nécessairement la promotion de ça, là.
C'est juste qu'on peut s'entendre puis qu'on ait un cadre législatif qui répond
à une vision commune puis à un choix de
société aussi au niveau du Québec, la vision qu'on va avoir sur cette
production-là.
M. Pagé :
Intéressant, très intéressant. À la page 14, le cinquième point, la
proposition pour l'ensemble du secteur, la chambre de coordination et de développement, vous nous arrivez
vraiment avec des propositions très concrètes. Puis moi, j'aime ça. Bon, vous dites que, «pour toutes
ces raisons, l'UPA est d'avis que la création [de cette chambre]
permettrait de relever le défi et de
travailler en collaboration dans le respect et en synergie selon [les champs]
d'expertise de chacun». Est-ce que
cette création, la création de cette chambre devrait être inscrite dans la loi?
Première question. Et qu'est-ce que ça apporterait de différent?
Pouvez-vous m'en dire un peu plus?
M. Caron
(Martin) : Je vais laisser... je...
La Présidente
(Mme Hivon) : En 30 secondes, s'il vous plaît.
M. Pagé :
En 30 secondes.
M. Caron
(Martin) : Je vais laisser Alyne répondre.
Mme Savary
(Alyne) : En fait, cette chambre-là permet à des organisations de la
filière de se concerter, et de signer des
ententes dans le respect de leur champ d'expertise à chacun, ce qui fait qu'on
pense que c'est beaucoup plus efficace que
de ne pas avoir de structure, là. Alors, ce n'est pas pour mettre une structure
en place, c'est juste pour faire un cadre qui permet, là, de signer des
ententes professionnelles, interprofessionnelles.
M. Pagé :
Inscrit dans la loi ou non?
Mme Savary
(Alyne) : Pardon?
M. Pagé :
Inscrit dans la loi ou non?
Mme Savary
(Alyne) : Oh! bien, c'est plus une question... elle est déjà dans la
Loi sur la mise en marché, la chambre de coordination. Alors, que ce soit... ce
n'est pas nécessaire que ça soit inscrit dans la
loi sur le cannabis.
L'important, c'est qu'il y ait une volonté gouvernementale de proposer... Le
gouvernement du Québec peut dire : On voudrait une chambre...
La Présidente
(Mme Hivon) : Merci.
Mme Savary
(Alyne) : ...de coordination dans le cannabis. Voilà.
Présidente (Mme Hivon) : Merci beaucoup. Alors, je vais
maintenant céder la parole à la deuxième opposition pour une période de
5 min 45 s.
Mme D'Amours :
Merci, Mme la Présidente. J'aimerais saluer la ministre, mes collègues et,
d'entrée de jeu aussi, d'offrir nos condoléances, là, ma formation
politique, en mon nom et au nom de ma formation politique, d'offrir mes
condoléances au député de La Prairie.
J'ai
lu en diagonale votre mémoire. Et pourquoi je l'ai lu en diagonale, c'est parce
que je sais quelles sont vos demandes.
Mais j'aimerais ça que vous m'expliquiez ou que vous validiez mon raisonnement
au sujet du nombre de permis qui sont
déjà octroyés en Ontario et pourquoi le Québec, les producteurs agricoles ont
pris un certain temps pour déposer des demandes de permis aussi.
En Ontario, si ma mémoire
est bonne, il y a quand même plusieurs entreprises industrielles qui ont fait
des demandes, tandis que, vous, de votre
côté, ici, au Québec, pourquoi ça a été long, parce que vous avez réfléchi. Puis
là je vais les nommer, là, tout ce que vous
avez nommé tout à l'heure : table, filière, règlement, le rôle, la chambre de
coordination, la prudence, l'encadrement, vos valeurs. Est-ce que c'est ça qui
a fait en sorte que vous n'étiez pas au rendez-vous au tout début du projet de
loi?
Présidente (Mme Hivon) : M. Caron.
M. Caron
(Martin) : Ça revient un petit peu à la question. Moi, je vous dirai,
c'est que l'encadrement, et ne sachant pas vraiment, par rapport à tous les
items de placés dans cette législation-là, ça amenait un certain risque au niveau de nos producteurs aussi. Mais je pense que
l'élément des valeurs aussi, c'est sûr que c'est un des éléments aussi. Puis je vous dirai que c'est pour ça qu'on
rejoignait... de faire la promotion, non, on n'est vraiment
pas là présentement, là.
Parce
qu'en même temps vous savez que, par rapport à nos champs
aussi, on a eu à combattre ça aussi au
niveau illicite de la production. Ça fait
que, là-dessus, juste pour vous dire qu'en tant qu'organisation
des producteurs signaient des contrats
sociaux, qu'on appelait, pour vraiment éradiquer cet aspect-là. C'est pour ça aussi que
ça n'a pas été dans ce sens-là. Mais je vous dirais que, présentement,
on est rendus à un niveau où... Je peux penser, avant ça, pourquoi, mais là on aime mieux regarder en avant, puis de quelle façon
qu'on peut se déployer, puis de répondre à ça selon la vision au niveau
du Québec, de notre société, qu'est-ce qu'on veut faire par rapport aux
produits du cannabis, entre autres.
Mme D'Amours : Est-ce que, dans... au tout début, là, du projet de loi n° 157, là, qui était en pourparlers, qu'on allait le déposer... Depuis le temps qu'il a été
déposé, est-ce qu'il y a quelqu'un du gouvernement qui vous a interpelés, à savoir si, de un, vous étiez intéressés, si, de
deux, vous alliez vous structurer et combien de temps ça vous prendrait
pour arriver à une réponse? Est-ce qu'il y a quelqu'un qui vous a interpelés à
ce sujet?
M. Caron
(Martin) : Je ne sais pas, Alyne, par rapport... Je sais qu'il y avait
eu des rencontres peut-être techniques un peu plus, là.
Mme Savary (Alyne) : En tout
cas, je vous dirais qu'à ma connaissance, là, on n'a pas été interpelés à ce sujet-là.
Mme D'Amours :
Il n'y a personne qui vous a interpelés. C'est vous, de vous-mêmes, qui êtes
venus pour défendre votre point de vue sur la production de cannabis.
Mme Savary
(Alyne) : Oui.
Mme D'Amours : O.K. Est-ce que, d'après vous, on aurait un
meilleur contrôle de qualité sachant qu'il y aurait une filière qui serait installée? Est-ce qu'on
aurait un meilleur contrôle de qualité et un meilleur contrôle aussi de...
parce que Mme la ministre a toujours dit que, même si on en vend, on n'enraiera jamais
ce qui se vend au noir ou totalement ce qui se vend au noir. Mais, si on met les producteurs agricoles à la
contribution de nos valeurs, de la façon dont on va le cultiver, qui va le cultiver, qui va le vendre, est-ce qu'on
ne met pas aussi, les producteurs, des partenaires pour enrayer justement
ce que vous faites déjà,
d'enrayer des productions qui sont faites dans les champs de maïs, dans les
boisés, dans les fossés?
Est-ce
qu'il n'y aurait pas lieu aussi que les producteurs soient aguerris, qu'ils
soient les premiers sur la ligne pour être les producteurs qui ont les
permis, mais aussi nos yeux pour encore mettre en évidence le marché au noir
qui se produit au Québec?
M. Caron (Martin) : La réponse à ça, je vous dirai que je pense, au
niveau des Québécois... Les Québécois
sont fiers des produits que les producteurs mettent sur les tablettes. Et cette
même fierté là des producteurs de mettre ces produits-là
en ayant des cahiers de charge, aussi, de suivi... Parce qu'il faut
bien expliquer que d'amener les producteurs à faire ça, l'aspect de qualité va être au rendez-vous parce que, déjà, en
tant que producteurs, on a différentes règles et des cahiers de charge aussi pour emmener une
production à un niveau de standard assez élevé. Et les producteurs ont tout
le temps répondu aux ententes sociétales, au niveau des consommateurs et
du citoyen, par
rapport au Québec
aussi. Moi, je pense qu'on est capables de relever ce défi-là ensemble,
mais il faut vraiment asseoir toute la filière, tout le monde ensemble,
et emmener l'accompagnement et les centres d'expertise, et de se servir de
toute l'expertise qu'on a au Québec. C'est beau au Québec. On en a beaucoup,
d'expertise, là. Il faut s'en servir.
La Présidente
(Mme Hivon) : Merci beaucoup. Alors, cela met fin à la
période d'échange avec la deuxième opposition. Je vais maintenant céder la
parole à Mme la députée de Vachon pour une période de
2 min 30 s.
Mme Ouellet : Oui. Merci. Bienvenue, M. Caron, M. Mousseau et
Mme Savary. Contente de vous voir ici, en commission parlementaire,
concernant le dossier du cannabis.
J'aimerais
savoir de votre part, dans le peu de temps qui m'est imparti... Il y a tout le
côté, là, de la production et de la transformation. Vous dites,
là : Accrédité par la Société québécoise du cannabis. Mais, par exemple,
au Nouveau-Brunswick, ils ont pris la
décision d'établir un monopole et que 100 % de la production soit du côté
du Nouveau-Brunswick. Vous iriez
jusqu'à quel pourcentage, pour le Québec, qui devrait être donné aux
producteurs québécois? Et vous dites aussi que la transformation devrait
se faire au Québec. Est-ce que c'est l'ensemble de la transformation?
M. Caron
(Martin) : Je ne sais pas si, André, tu veux répondre de ce côté-là?
M. Mousseau
(André) : Bien, nous, on pense que 100 % de ce qui devrait être
vendu au Québec devrait être produit au
Québec. Il s'agit de bouger rapidement. Il n'y aurait pas de difficulté. C'est sûr
qu'à l'heure actuelle le cadre fédéral
permet à des compagnies hors Québec de venir produire au Québec. Ça fait que
c'est sûr que ces filiales-là seraient maintenant sur le territoire du
Québec, donc québécoises, là.
Mme Ouellet : Mais, avec les propositions que l'UPA fait en
demandant que ce soit accrédité aussi par la Société québécoise du cannabis, ça veut dire que, si une
entreprise, même si elle est accréditée par le gouvernement canadien, si
elle n'était pas accréditée par la société
québécoise puis que, dans la loi, on se donne la volonté — parce que c'est possible de mettre ça
dans la loi, on n'est pas obligé de laisser ça à la bonne volonté d'un futur
conseil d'administration de la Société du
cannabis — mais
qu'on donne la volonté que la production soit au Québec, est liée à des
émissions de permis, à ce moment-là,
ça pourrait probablement être possible de faire en sorte que toute la
production québécoise soit québécoise et toute la transformation aussi?
M. Mousseau
(André) : Bien, ce qui est clair, c'est que la société, de ce qu'on
voit, elle va le contrôler. C'est elle qui
va le vendre. Il n'y a personne d'autre qui va avoir le droit d'en vendre. Ça
fait que, si elle est la seule, ça va être à elle à choisir qui va le produire. Puis, si elle décide
que c'est des Québécois, bien, ça va être des Québécois qui vont le
produire.
Nous,
ce qu'on suggère, c'est qu'il y ait au moins 50 producteurs en région, des
petits producteurs, qui puissent en
faire au travers de leurs autres productions pour ne pas être pris à
dire : Bien, si ça baisse, bien, je ferme mes portes. Donc, je fais
aussi des tomates, je fais aussi d'autres choses.
Ça fait que c'est ça
qu'on suggère à l'heure actuelle : de ne pas avoir des entités qui ne font
que ça, puis que, s'il y a un péril en la
demeure, eux autres vont vouloir faire de la promotion, il faut en vendre, il
faut en vendre. Nous autres :
Non, non, tu fais ça à côté des autres affaires que tu fais puis tu continues
ton commerce normal, puis ça vient rajouter du revenu dans ton
entreprise.
Mme Ouellet :
C'est ce qu'on...
Présidente (Mme Hivon) : Merci beaucoup. Donc, c'est déjà
tout. Je vous remercie, M. Caron, Mme Savary,
M. Mousseau, de votre présence parmi nous aujourd'hui.
vais maintenant suspendre les travaux quelques instants, le temps que notre
prochain groupe, les représentants de l'IRIS, prennent place.
(Suspension de la séance à
12 h 13)
La Présidente
(Mme Hivon) : Alors, nous accueillons maintenant le représentant
de l'IRIS, l'Institut de recherche et
d'informations socioéconomiques. Je vous rappelle que vous avez 10 minutes pour
faire votre exposé, lequel sera suivi d'une période d'échange avec les parlementaires.
M. Hurteau
(Philippe) : Alors, merci. Merci, Mme la Présidente. Bonjour, Mme la ministre, MM., Mmes
les députés. Il me fait plaisir d'être ici aujourd'hui pour discuter et échanger avec vous du projet de loi n° 157 sur
l'encadrement du cannabis au Québec.
Bon,
on n'a pas à revenir longuement, hein, sur le contexte. On sait que la
légalisation du cannabis arrive assez rapidement,
au 1er juillet prochain, ce qui est une légalisation qui amène son lot,
disons, de promesses, d'opportunités, de risques et d'inquiétudes également. Les promesses et les opportunités,
assez simple parce qu'on a fait un bilan assez juste de l'échec de l'approche prohibitionniste des
dernières années, c'est-à-dire laisser dans l'illégalité ce produit-là, ne
pas décourager la consommation.
Et donc, pour mettre
en place un cadre plus sécuritaire, plus responsable, qui va avoir les
avantages avec des objectifs de santé
publique, la légalisation semblait être une bonne voie pour aller dans ce
sens-là. Et donc le projet de loi qu'on
discute aujourd'hui participe à ce processus, hein? Et c'est rare que ça
arrive, hein, qu'un produit sort comme ça de l'illégalité pour devenir
un produit licite.
Certaines
inquiétudes, toutefois, sur les : Est-ce que ça banalisera la
consommation? Est-ce que ça incitera les gens à consommer davantage? Est-ce que ça va envoyer un message, disons,
contradictoire aux mineurs? C'est-à-dire, est-ce que ça pourrait inciter
les plus jeunes à consommer davantage le cannabis? Et, en ce sens-là, la
majorité, pas la totalité, mais la majorité
des intervenants dans le débat ont été plutôt d'accord pour développer une
perspective qui disait, grosso modo,
là, si je simplifie : Si on veut éviter que le produit ne se banalise, si
on veut éviter d'encourager la consommation,
non pas la décrier, puis... bon, la prendre pour ce qu'elle est, finalement, il
faut éviter une approche qui vise une commercialisation à outrance du
produit qu'est le cannabis. Il faut éviter de viser, d'abord et avant tout, la réalisation de profits sur le commerce du
cannabis, éviter que se développent des campagnes publicitaires, du
marketing agressif soit pour la promotion du
cannabis... éviter de faire... et ça, là-dessus, l'exemple de l'industrie du
tabac nous sert beaucoup, éviter que
se développent des stratégies de mise en marché, par exemple, comme le tabac le
fait, c'est-à-dire cibler les
principaux consommateurs pour les faire consommer encore davantage sans grands
égards pour leur état de santé, cibler
les plus jeunes pour assurer une relève de la clientèle. Donc, tous des risques
liés à la légalisation qui nous pointent, grosso modo, vers une sortie
qui est assez consensuelle, c'est-à-dire : Il faut empêcher une
participation du secteur privé dans la vente du produit.
En, ce sens, et ça, c'est en continuité avec ce
qui s'est dégagé du travail réalisé lors du forum d'experts du printemps
dernier, forum d'experts organisé par le gouvernement, c'est-à-dire qu'en ce
sens la création de la Société québécoise du cannabis est accueillie assez favorablement. Nous
accueillons assez favorablement la création de la Société québécoise sur le cannabis pour les raisons de
prise en charge sécuritaire du produit, pour les raisons de prises en
charge qui respectent les objectifs de santé
publique, qui priorisent les objectifs de santé publique sur les objectifs de
profitabilité.
Dans le même sens, la création du Fonds de
prévention et de recherche en matière de cannabis est une bonne nouvelle, c'est-à-dire comment on va pouvoir
utiliser les fonds gérés, les fonds créés par la vente de ce produit-là
pour financer des campagnes de prévention,
des campagnes de recherche, des campagnes d'éducation entourant la consommation
du cannabis. Donc, grosso modo, hein, une appréciation générale plutôt positive
du projet de loi.
Ceci étant
dit, le diable étant toujours dans les détails, certains éléments, quand même,
qui soulèvent des inquiétudes ou des
questions à l'étude du projet de loi. Je les classerais, disons, en deux
catégories et en deux catégories principales. D'abord, l'équilibre interne. En fait, de qui dépendra la société
d'État? Qui aura la responsabilité, dans les directives, la définition
des directives, des objectifs de la société d'État? Et, deuxième inquiétude
dans tout le rapport, disons, aux modes
d'approvisionnement qui seront permis pour atteindre l'objectif de faire
reculer le marché noir. Et ensuite une série de considérations un peu
plus secondaires qu'on pourra parler aussi rapidement.
Rapidement,
donc, on comprend qu'on veut éviter une pression à la commercialisation en
passant par une société d'État et, pour ce faire, on crée donc la Société québécoise du cannabis, qui serait une filiale de la SAQ et, conséquemment, aurait une
structure qui ressemble à celle de la SAQ en termes de responsabilités, aurait
comme actionnaire, comme ministère
responsable le ministère des Finances, ministère qui aurait donc la
responsabilité dans la conception des directives et l'établissement des
objectifs de la société d'État.
Parallèlement à ça, on confie dans le projet de
loi un rôle consultatif au ministère de la Santé et des Services sociaux, ce qui est intéressant, pour assurer que
la santé ait, disons, son mot à dire dans la définition des directives et
des objectifs que la SQC devra rencontrer.
Mais il aurait été intéressant de ne pas simplement confier un mandat
consultatif au ministère de la Santé et des
Services sociaux, mais un rôle plus décisionnel, une responsabilité partagée
avec les Finances, simplement pour garantir que les préoccupations de
santé demeurent toujours centrales et qu'elles ne soient pas secondarisées par rapport aux considérations
budgétaires, qui sont les considérations principales du ministère des
Finances.
Autre
inquiétude dans le même ordre d'idées, c'est les possibles transferts de fonds
du fonds de recherche et de prévention
en matière de cannabis vers le fonds général, toujours à l'initiative du
ministère des Finances. On veut réserver les profits générés par la vente à un fonds spécial, mais en ouvrant la
porte à un transfert de fonds pour un retour dans les coffres de l'État,
finalement, ce qui n'est pas une mauvaise idée en soi. On ne veut pas laisser
dormir des fonds éternellement et inutilement dans un fonds spécial si on ne
l'utilise pas, mais il aurait été encore là intéressant que ces transferts-là soient possibles avec une
participation plus accrue, en termes décisionnels, pour le ministère de la
Santé, toujours pour éviter ce qu'on a pu connaître par le passé, c'est-à-dire
des pressions, qui viennent du ministère des Finances,
à des sociétés d'État pour augmenter leur niveau de redevances, comme on a pu
connaître avec soit Loto-Québec ou la SAQ dans les dernières années.
Donc, une pression à la commercialisation des activités pour des impératifs
budgétaires, pour répondre à des impératifs budgétaires. Donc, premier élément.
Deuxième
élément d'inquiétude dans la structure actuelle du projet de loi, c'est,
disons, par rapport aux stratégies pour
faire reculer la part du marché noir dans l'économie globale qu'est l'économie
du cannabis. Bon, tout un aspect, c'est les politiques de prix, qui ne sont pas directement comprises dans le
projet de loi, à quel prix sera vendu le cannabis. On pourra en parler à un autre moment, mais il y a...
Finalement, le meilleur moyen pour faire reculer le marché noir, c'est s'assurer qu'il y a une diversité des modes
d'approvisionnement pour les consommateurs, qu'il y ait des options pour
que les gens aient une alternative aux revendeurs, finalement.
Dans le projet
de loi, on prévoit que les gens pourront consommer, commander leur cannabis sur
Internet, ce qui est plutôt une bonne chose pour justement faciliter que
le produit soit disponible, finalement, relativement facilement. On prévoit également la création d'un réseau de
succursales de la Société québécoise du cannabis, qui est évidemment une
bonne nouvelle en soi, pour que les gens
puissent se présenter dans les commerces pour acheter des produits. On
peut avoir une inquiétude sur le nombre de succursales que vise le
gouvernement. On sait, bon, une quinzaine au moment de la création du réseau, on vise 150 succursales dans
les prochaines années. Je serais curieux de savoir quel est, disons, un objectif à plus long terme parce qu'on sait qu'à
la grandeur de la province de Québec, 150 succursales, dans plusieurs
régions, ce sera plutôt compliqué d'aller acheter du cannabis en magasin. Donc,
l'option revendeur et marché noir demeurera une option pour une bonne
partie de
la population.
Et finalement le principal problème ici, c'est
certainement tout l'enjeu de la production personnelle, de l'autoproduction, qui ne semble pas vouloir être
autorisée par Québec dans l'état actuel. Permettre la production aux gens à des
fins personnelles est une manière parmi d'autres — que j'ai dites, là, le
commerce en ligne, le commerce en succursale — de purement et simplement
donner une option aux gens pour s'approvisionner autrement que par le marché noir.
Le cannabis produit à fins personnelles est,
dans une grande majorité, du cannabis assez sécuritaire, de bonne qualité, moins fort, souvent, même, que ce qu'on
trouve présentement sur le marché noir. Donc, on a de la misère un peu à comprendre pourquoi on veut empêcher les gens de
se donner cette option-là, de produire eux-mêmes, pour avoir la capacité de ne plus avoir affaire... de ne plus
devoir faire affaire avec des revendeurs. Et là-dessus il y aurait une
disposition qui serait à revoir. Ça, c'étaient, disons, les deux éléments les
plus pertinents, il me semble.
D'autres
éléments qui ne sont pas... qui méritent d'être soulignés, c'est l'interdiction
faite au personnel de la SAQ d'être également employé par la Société
québécoise du cannabis. Là, ici, on a un peu de difficultés à comprendre la cohérence de ce genre de mesure là. En fait,
pourquoi vouloir empêcher des gains d'efficacité de la filiale envers sa
maison mère, pour dire ça comme ça? On
comprend bien qu'on veut empêcher la co-implantation. On ne veut pas qu'il y
ait de cannabis
sur les mêmes tablettes que l'alcool.
Pour ça, la création d'un réseau parallèle de succursales répond plutôt bien à cette objection-là. Mais
pourquoi refuser, par exemple, que le cannabis soit transporté dans les mêmes
camions, soit entreposé dans les
mêmes entrepôts, soit testé dans les mêmes laboratoires? Donc, toute
l'infrastructure qui existe déjà à la SAQ,
pourquoi refuser d'utiliser cette infrastructure-là pour la Société québécoise
de cannabis? Pourquoi devoir créer en double des infrastructures?
Pourquoi doubler? Il y a vraiment là un questionnement. Et je n'ai pas pu
trouver, dans le projet de loi, de réponse
satisfaisante à la raison pourquoi empêcher les employés de la SAQ d'être
également employés de la Société québécoise de cannabis.
Présidente (Mme Hivon) : M. Hurteau, ça va aller aux
échanges, car votre 10 minutes est déjà dépassé. Alors, je vous remercie de votre exposé et je cède la
parole à Mme la ministre pour une période d'échange de
14 min 15 s avec la
partie ministérielle.
Mme Charlebois :
Alors, merci, M. Hurteau, d'être là. Vous avez produit un bon mémoire.
Vous avez épluché le projet de loi.
Mais il y a des choses que je voudrais vous mentionner. D'entrée de jeu, quand
vous nous dites qu'il pourrait y avoir un désir de profitabilité, je
vous invite à aller lire l'article 3 de la loi, qui nous parle de santé
publique. Et la mission de la Société
québécoise de cannabis est totalement différente de celle de la Société des
alcools. Et c'est pour ça que je dis
que c'est impossible, parce que la mission ne sera pas la même, ce sera un
conseil d'administration différent. Tout ce qui est visé, c'est de ramener les gens du marché illicite vers un
marché licite. Alors, je veux vous rassurer, de ce point de vue là,
c'est l'article 3 et évidemment tout ce qui concerne la vente de cannabis
par la suite.
Concernant...
Pour répondre à votre question : Pourquoi on ne profiterait pas de
l'infrastructure de la SAQ? Bien, c'est
ça qu'on va faire, notamment pour le site Internet. Vous avez raison, pour tout
ce qui est infrastructures, l'entreposage, leur expertise, tout ça. Moi, ce que je mentionnais, c'est que le
personnel dans les boutiques de la Société québécoise du cannabis devra
avoir une formation spécifique pour bien informer leur clientèle, pour être
capable...
Hier, on a un
organisme qui est venu et qui nous a parlé d'être capable de repérer, puis j'ai
trouvé ça très intéressant, d'ailleurs
je l'ai donné en note aux gens qui m'accompagnent parce que je voulais qu'on
soit capable... puis je désire, puis je pense que ça va être le désir de tout le monde, d'être capable de
repérer si quelqu'un à des indices de psychose ou toutes sortes d'autres maladies. Alors, c'est dans cette
perspective-là. C'est plus au niveau des boutiques, parce que, oui, on
va s'inspirer, sans ça, il n'y aurait pas lieu d'être une filiale de la SAQ.
Honnêtement, on veut justement maximiser les connaissances qu'ils ont. Je ne
sais pas si ça vous rassure vu de cet angle-là, mais c'est vraiment dans cet
angle-là qu'on l'a élaboré.
Maintenant,
vous avez sûrement suivi les consultations, il y a beaucoup de choses qui se
disent. Tantôt, on nous a parlé de
recherche au niveau de la production, puis je n'ai pas eu le temps de
leur dire, mais ça peut faire
partie des projets pilotes parce que les projets
pilotes peuvent aller dans plusieurs sens, pas seulement pour la vente, mais
bien pour la production. Ça peut être vrai
aussi pour d'autres types de projets
pilotes. Alors, vous, d'un point de vue socioéconomique, quels sujets
vous apparaissent prioritaires pour faire des recherches?
M. Hurteau (Philippe) : Pour
faire de la recherche en matière de... bien, présentement, les sujets sont quand
même...
sont légion, disons ça comme ça. Simplement, peut-être pour répondre, hein, au premier élément, effectivement,
ce que vous amenez, hein, sur l'utilisation des infrastructures déjà existantes de la SAQ, ça, c'est effectivement plutôt une bonne... bien, c'est rassuré, disons, par ce que
vous dites. Après, il faudrait voir quand
même le... Oui, je comprends bien qu'on veut que les employés de la SQC aient une formation
particulière liée à leur travail,
finalement. Je me permettrai quand
même de mentionner : Les employés présents de la SAQ sont capables d'être
formés pour faire également ça, parce qu'on sait qu'il y a beaucoup de
gens qui sont à temps partiel. Bref, il y a... ça ne règle pas complètement la
question, disons, du fait qu'on empêche un
employé de la SAQ d'également être employé de magasin de la SQC. Mais ça,
j'imagine que vous êtes bien au courant
aussi de ça. Il y a des gens qui peuvent aussi vouloir cumuler des emplois, et
c'est leur droit le plus légitime, et qui peuvent également être très
bien formés pour le faire. Ceci étant dit...
Mme Charlebois :
Est-ce que je peux vous arrêter là-dessus?
M. Hurteau (Philippe) : Oui,
allez-y.
Mme Charlebois :
Est-ce que vous considérez, vous, que la formation qu'ils ont, à la SAQ en ce
moment, serait suffisante pour opérer à la Société québécoise du
cannabis?
M. Hurteau (Philippe) : Comment
dire? Il manquerait un volet cannabis à leur formation, pour dire ça comme ça.
Mme Charlebois :
...prévention.
M. Hurteau (Philippe) : Un
volet prévention.
Mme Charlebois :
Un volet sensibilisation.
M. Hurteau
(Philippe) : Bien, il manque un volet pour les former pour les rendre,
disons, à la... répondre aux standards qu'on
s'attend pour la réalisation de la mission de la Société québécoise du cannabis.
Ceci étant dit, simplement, ce que je voulais dire, ce n'est pas que leur état actuel... C'est
qu'ils devraient se soumettre à la même formation de n'importe quel nouvel employé. C'est plus ça. Donc, ne pas
permettre à ces gens-là d'également
travailler pour la SQC, si tel est leur désir, me semble un peu drôle. Évidemment,
après ça, il faut qu'ils répondent aux mêmes exigences.
Il n'y aurait pas de passe-droit pour un employé présent de la
SAQ. Mais un employé de la SAQ, présentement, qui répond aux exigences de la SQC, il est difficile de comprendre pourquoi
on voudrait l'empêcher, peut-être, également d'occuper un emploi en ce
sens-là.
Mme Charlebois : Bien, vous me permettez de clarifier mes propos, parce que
ce que je voulais dire, c'est que la formation
spécifique aux travailleurs qui vont être à la Société québécoise du cannabis
va être très différente de celle de la Société des alcools du Québec, où
on a un programme Inspire. Nous autres, il n'y aura pas, à la Société
québécoise, Inspire, respire et soupire, ça n'arrivera pas.
Mme Charlebois :
Comment?
Une voix : Surtout pas
inspire.
Mme Charlebois :
Non. Et il n'y aura pas non plus cet aspect de vente,
comment vous dire, de faire en sorte qu'on vende plus, là. Ça fait que
c'est là où je veux vous dire qu'il y a une formation très spécifique. Et, bon,
si les gens veulent avoir deux emplois puis avoir deux formations totalement
différentes, bon, c'est bien beau, là, mais ils vont devoir suivre le processus normal. Ce que je veux vous dire, c'est qu'il
y aura vraiment un programme de formation très différent, à la Société
québécoise du cannabis, parce que sa mission va être différente.
M. Hurteau
(Philippe) : Juste pour
clore là-dessus, présentement, l'énoncé du projet de loi n'est pas si
clair que ça. Ça dit qu'un employé ne pourra pas, donc, ni en entrepôt
ni en... Donc, il y a peut-être quelque chose là à clarifier pour que ça
reflète davantage ce que vous venez d'expliquer là que le projet de loi ne
permet pas de saisir.
Pour ce qui
est de votre question sur les champs de recherche intéressants, disons,
si je m'en tiens, disons, aux aspects
plutôt socioéconomiques, il serait intéressant, peut-être en lien avec ce qui
a été dit avec les intervenants juste avant moi, d'effectivement étudier
comment développer une production québécoise de cannabis parce que c'est vrai
que présentement il y a un certain manque à gagner à ce niveau-là. Le cannabis
qui sera vendu à la Société québécoise du cannabis du Québec, il serait intéressant de permettre à des
producteurs québécois de pouvoir tirer profit de ce marché-là, de développer une expertise locale. Il y a quelque chose qui serait intéressant, donc, déjà, juste dans mon champ d'expertise, plus directement,
financer... Bien, comment développer, comment structurer une filiale de
production du cannabis au Québec, légale? C'est un premier mandat qui pourrait tout
à fait être intéressant, parmi d'autres, évidemment.
Mme Charlebois : Comment on peut, avec la culture personnelle,
sans analyse, sans laboratoire, sans rien, estimer que la qualité du cannabis va être bonne? Un.
Deux, comment on peut concilier... combien vous estimez qu'il y aurait de producteurs de... avec la culture personnelle, par rapport à la consommation? Qu'est-ce
que ça nous donne d'avoir des bureaux de vente, si les gens cultivent leur pot, finalement?
C'est un peu ça, la question. Vous devez avoir une réponse à ça. Comment on peut faire pour arrimer les objectifs de
la Société québécoise du cannabis si, d'un autre côté, on dit : Bien,
produisez allègrement votre cannabis, on ne sait pas exactement comment vous le
produisez, quelle sera la qualité, alors qu'à la Société québécoise du cannabis
on aura des contrôles de qualité? Vous comprenez où je veux aller?
M. Hurteau (Philippe) : Je
comprends très bien. Bien, regardez, évidemment, il sera absolument impossible d'assurer, hein, chaque petit plan de... Par exemple, si on permettait que les gens en cultivent à la maison, là, bien, on
ne pourrait pas assurer la qualité de l'ensemble
des plants cultivés à la maison, ce serait complètement... en fait, ce
n'est pas réaliste, ni possible, ni souhaitable, là, presque. Mais ce
qu'on voit, et ça, c'est les analyses, disons, basées sur les cas d'expertise présents, en toxicologie, il n'y a pas une quantité peut-être suffisante
d'études faites. Puis il y aura peut-être là, même, un mandat de recherche de la société québécoise. Mais les
recherches présentement existantes nous montrent que la teneur en THC,
par exemple, est souvent beaucoup moins forte pour les plants de cannabis
produits à la maison, un niveau de toxicité
moins fort, des éléments chimiques qui entourent la production présentement,
telle que prise en charge par le crime organisé, qui ne se retrouvent
pas dans les platebandes des gens.
Donc, se baser sur l'enjeu de la qualité pour
interdire purement et simplement ne me semble, présentement, peut-être pas la bonne manière de faire. Il
faudrait permettre l'autoproduction, quitte à faire des projets de recherche
pour effectivement aller suivre certains
producteurs, finalement, certains petits producteurs, pour voir est-ce
qu'effectivement la qualité est au
rendez-vous de manière globale... il y aura des cas d'espèce où la qualité ne
sera pas là, mais, de manière générale,
est-ce que la qualité est au rendez-vous, est-ce que ça respecte des normes de
THC qu'on juge acceptables, et, si la réponse est oui, bien, continuer
de permette aux gens.
Parce
que vous me dites... Ce n'est pas contradictoire avec la création de la Société
québécoise du cannabis. C'est contradictoire,
si, la SQC, on veut qu'elle fasse le plus d'argent possible. Effectivement,
l'autoproduction, ça crée de la concurrence
à l'approvisionnement par la voie de la SQC. Si, l'objectif de la SQC, ce n'est
pas de réaliser des profits, ce n'est pas de maximiser son activité commerciale,
ce n'est pas contradictoire du tout, si on est capables effectivement de
financer des projets de recherche pour voir que la qualité est au rendez-vous.
Mais les éléments présentement d'étude nous
indiquent qu'effectivement le cannabis produit à la maison est généralement de
meilleure qualité, moins fort, moins toxique que ce qui se trouve
actuellement sur le marché.
Mme Charlebois :
Vous études sont documentées où?
M. Hurteau
(Philippe) : Les études
sont... Bien, regardez, là, c'est des études qui sont réalisées par
différents... Je ne suis pas personnellement... disons, ce n'est pas mon
domaine d'expertise, mais les enjeux d'études qu'on a vues, disons, en analyse toxicologique, souvent nous
montrent que c'est le cas, avec des variations, mais c'est plus... Disons,
la tendance générale est à un niveau de toxicité moins fort pour le cannabis
autoproduit.
Mme Charlebois : Je vous envoie deux questions, parce que
vous êtes volubile, ça fait que je vais vous en envoyer deux, comme ça
vous allez pouvoir balancer votre temps. Il nous reste 4 minutes.
Dites-moi comment vous faites... combien de
plants vous souhaiteriez voir en production personnelle, si vous étiez la
personne qui l'autorisait, si on mettait ça dans le projet de loi en
fait. Et, l'autre affaire, vous nous parlez, dans votre mémoire, de
15 boutiques. C'est vraiment peu, trop
peu, je suis d'accord avec vous. C'était un estimé préliminaire, mais on compte
en avoir plus que ça pour donner
l'accessibilité aux gens, notamment aussi le site Internet. Mais, tu sais, il fallait
commencer avec des chiffres préliminaires,
mais ce n'est pas ce qui est souhaité, honnêtement. Il faut que le produit soit
disponible dans l'entièreté du Québec, là où les gens sont, où il y a
des besoins. On est en train de bâtir tout ça, regarder tout ça, mais, tant que
la loi n'est pas adoptée, on a une limite.
Alors,
je veux vous entendre sur le nombre de plants et je veux aussi que vous me
parliez de comment vous voyez la répartition de l'ensemble des points de
vente.
M. Hurteau
(Philippe) : Pour le nombre de plants, bien, là-dessus, la loi
fédérale nous répond un peu à la question,
la limite de quatre. Est-ce que cette limite-là est la bonne? C'est une autre question.
Mais utiliser l'espace que prévoit la loi fédérale semble être la
meilleure solution en ce...
Mme Charlebois :
...le Manitoba, hier, sont allés dans le zéro comme nous autres?
M. Hurteau
(Philippe) : Pardon?
Charlebois :
Le Manitoba — c'est
ça, le Manitoba? — qui
sont allés comme nous sur le zéro, hier.
M. Hurteau
(Philippe) : Tant mieux pour eux, j'ai envie de dire, mais la...
Mme Charlebois :
Non, mais, je vous le dis comme ça, là.
M. Hurteau
(Philippe) : Oui, oui, ça,
je le comprends bien. Mais ça demeure une drôle d'orientation, si vous
me permettez, de dire que le Manitoba aille
dans la même direction ou pas. Donc, j'aurais plutôt tendance à dire :
L'espace libéré par la loi fédérale devrait être occupé, donc permettre aux
gens d'aller jusqu'à quatre plants de cannabis.
Et pour ce qui est de
votre question, si vous me permettez, sur les réseaux de succursales, il n'y a
pas là, à ma connaissance, d'étude qui a été faite pour voir quel serait,
disons, un réseau mature optimal pour une société, bon, une société d'État qui vend du cannabis au Québec. Est-ce que
les presque 900 points de vente de la SAQ est un bon point de repère? Ça, c'est une question qui est entière parce que,
là, on est... En fait, c'est la contradiction fondamentale de la SQC sur laquelle on touche. Il faut à la fois que
le produit soit assez disponible, assez de points de vente à la grandeur
de la province, pour que les gens puissent
en acheter, mais on ne veut effectivement pas qu'il y en ait à... En fait, la
raison pourquoi on ne veut pas confier ça aux dépanneurs ou aux
pharmacies : parce qu'on ne veut pas qu'il y en ait à tous les coins de
rue non plus.
Donc,
est-ce que le compromis que nous offre le modèle SAQ est bon? Parce qu'il n'y a
pas non plus de SAQ à chaque coin de rue à la grandeur de la province.
Certainement, là, ça nous donne une base pour réfléchir à un modèle de distribution. Là, après ça, il y a du travail
d'analyse à faire, voir est-ce que c'est un peu plus, un peu moins. Mais
ça donne une bonne base sur laquelle travailler.
Charlebois :
Qu'est-ce que vous dites aux gens qui m'ont dit en consultation : Avec la
population que quatre plants, c'était assez
pour tenir un couple gelé 24 heures par jour, sept jours par semaine,
365 jours par année et qu'il resterait du cannabis pour faire un
deuxième marché parallèle? Bien, je vous dis ce que je me suis fait dire.
M. Hurteau
(Philippe) : Oui. Bien, je vous dirais que ces gens-là ne vont
peut-être pas... Ce n'est peut-être pas les meilleures sources qui vous ont dit ce genre de commentaire là.
Premier élément. Deuxième élément, la loi prévoit des limites pour la possession personnelle. Ces
limites-là pourraient s'appliquer, quelles qu'en soient... Il y a des limites
prévues par la loi pour ce qui est permis
d'avoir. Donc, les gens qui feraient pousser leurs propres plants devraient
quand même respecter les limites
prévues par la loi. Et je me permettrais de dire que, quatre plants de
cannabis, ça produit une certaine quantité,
mais ça ne produit pas assez pour être gelé 24 heures par jour, sept jours
sur sept et qu'il en reste à la fin de l'année. Tu sais, il ne faut pas
non plus exagérer, disons, la quantité que cela représente.
La Présidente (Mme Hivon) :
Je vous remercie. Alors, on va maintenant passer à la période des échanges
avec le groupe de l'opposition officielle. Alors, pour une période de
8 min 30 s, M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Merci, Mme la Présidente. À la fin de votre mémoire, à la conclusion, il y a
essentiellement deux choses, dans
votre conclusion, il y a des inquiétudes avant, en amont, ensuite vous terminez
sur deux choses. Une préoccupation qui est
également très présente chez nous aussi, quand vous dites : Oui, le projet
de loi n° 157 répond bien à la volonté du forum des experts où nous étions, là, le 19, 20 juin dernier.
Cependant, et là, je vous cite : «Cependant, un rôle décisionnel
confié au ministère de la Santé et des Services sociaux pour les directives à
suivre par cette société d'État serait une meilleure garantie contre les
dérives commerciales.»
J'entends bien la
ministre quand elle nous dit : Je veux vous rassurer. J'entends souvent
ça : Je veux vous rassurer par ce que la mission ne sera pas. Mais je ne
pense pas que c'était écrit dans la mission de la SAQ de faire boire plus les gens, hein? Et pourtant, toutes les
fins de semaine, on se retrouve avec des dépliants dans nos boîtes aux
lettres et on reçoit des courriels avec nos cartes Inspire, des promotions pour
nous en vendre encore plus.
Alors,
nous, ce que nous aurions souhaité, c'est effectivement non seulement que ça
relève du ministre de la Santé, mais
carrément de la ministre de la prévention et de la Santé publique, ce qui est
encore plus loin et plus fort, je pense, que le ministre de la Santé, parce que ces préoccupations en termes de santé
publique, je pense qu'elles sont très, très en lien avec ce que nous faisons aujourd'hui. Compte tenu que
le choix gouvernemental, il est différent... Et on nous dit par contre,
dans le projet de loi : La composition
du conseil d'administration sera de neuf à 11 personnes, mais les qualités
requises pour faire
partie du conseil
d'administration, ça, on ne les connaît pas parce que ça sera à la discrétion
de cette filiale de la SAQ.
croyez-vous pas plus pertinent, compte tenu justement que ça va relever de la
SAQ, et on connaît un peu leurs façons
de faire, qu'il serait plus, je dirais... qu'on mettrait plus de précautions de
notre bord si on nommait les qualités requises
pour faire
partie du conseil d'administration? Et là, je le dis, nous, on a dit
dès le départ : Il devrait y avoir des gens qui sont en lien avec la dépendance, avec la sécurité publique, la santé
publique, les saines habitudes de vie, l'éducation, pour être certain que ce conseil d'administration
là ne sera pas juste alimenté par un comité de surveillance, mais que
les gens qui vont prendre les décisions ont
déjà ces préoccupations-là parce que ça fait
partie de leur expérience-expertise.
M. Hurteau
(Philippe) : Bien, regardez, il y aurait deux voies qui seraient
envisageables, il me semble. Une première
voie qui aurait, il me semble, je pense, un impact plus structurant sur la
société d'État, qui serait de revoir quand même les dispositions de qui relève cette société. Et il n'est pas trop
tard pour le faire. Donc, avant de répondre directement à votre question, il n'est pas trop tard pour
s'assurer que ça soit, bon, le ministère de la Santé et des Services sociaux
ou la ministre responsable qui soit responsable du... société d'État.
position qui peut également se défendre — parce que, là, il y aurait un problème, vu
que c'est une filiale de la SAQ, ça
serait un peu drôle que ça soit deux ministres différents qui aient une
responsabilité partagée — pour la SQC, on peut créer un comité interministériel pour,
lorsque vient le temps de rédiger une directive, définir des objectifs, bien, que ça soit la Santé et les Finances qui doivent
se mettre d'accord minimalement. Donc, ils n'ont pas un rôle
consultatif, mais un rôle de participation
de plain-pied dans la définition de l'orientation de la société qui dépend du
ministère des Finances. Premier commentaire.
Pour
répondre plus directement à votre question, il y aurait à gagner à une
définition. Est-ce qu'il faut que ça aille dans le projet de loi? Ça, bon, on peut en débattre, mais il faudrait
minimalement que ça fasse partie, disons, des orientations constitutives de la société d'État. Est-ce que le
projet de loi est le bon lieu pour définir quelles qualités nous
recherchons de membres de conseil
d'administration? Ça, on peut débattre, disons, est-ce qu'un projet de loi est
l'endroit pour faire ce genre de
chose là. Si la réponse est oui, il faudrait évidemment le faire. Si la
réponse, c'est non, ce serait de bon ton, je pense, que ça soit clarifié
avant l'adoption du projet de loi pour qu'on sache dans quoi on s'embarque
finalement à ce niveau-là.
M. Pagé :
Merci. Autre sujet. Vous avez parlé de la création du fonds comme étant une
bonne nouvelle, fonds pour faire de la prévention. Tout le monde est venu nous dire, depuis le mois de juin dernier : Préparez-vous
à faire de la prévention, de la
sensibilisation le plus rapidement possible, dès janvier, de la publicité un peu
partout, bien préparer les profs dans
les écoles, les travailleurs sociaux, etc. Et là, bien, on nous annonce, la ministre
nous dit : C'est même inscrit dans la loi qu'il y aura 25 millions
récurrents pour un minimum de trois ans, si je ne m'abuse. C'est bien, tout
cela, mais le 25 millions, la grande question, c'est : Est-ce que ça
va être suffisant?
Puis
je veux bien applaudir cette intention de, je dirais, faire face à nos responsabilités, parce que nous avons cette responsabilité de faire
cette sensibilisation, de faire cette prévention-là. Tant mieux, on l'a inscrit
dans la loi. Mais avez-vous une évaluation
pour être capable de nous dire : 25 millions, ça va être
suffisant? Parce que là, plus il y a des gens qui viennent ici, plus il y a des gens qui nous
disent : Bien, il faudrait que ce fonds-là serve à ça, ça, ça. Moi, je
commence à avoir vraiment
des doutes sur est-ce que le 25 millions va suffire à la tâche. Avez-vous une certaine évaluation?
Applaudir le fait que ça soit dans la loi, c'est bien, mais est-ce qu'on va
être capables de suffire à la tâche? Avez-vous fait cette évaluation?
M. Hurteau
(Philippe) : Bien, pour
reprendre un peu votre formulation, on applaudit, disons, la création d'un
outil qui semble adéquat. Après ça, est-ce que
l'outil sera doté des ressources nécessaires, ça, à ma connaissance, pour
répondre très simplement à votre question, personne n'a fait ce travail d'évaluation
M. Pagé : O.K. C'est ça.
Alors, je pense qu'on peut avoir des doutes sur les montants qui sont vraiment...
qui seraient vraiment...
M. Hurteau
(Philippe) : Je ne peux pas répondre. Je n'ai pas fait d'évaluation,
et, à ma connaissance, cette évaluation-là n'a pas été faite. Est-ce qu'il y a des évaluations qui ont été faites au niveau de la
partie
gouvernementale? Ça, je ne peux pas répondre
pour eux, mais, à ma connaissance, je n'ai jamais vu passer une évaluation
sérieuse, la prévention, la
recherche, de combien de sommes globales nous aurions besoin pour financer tout
ça, donc, de combien il faut doter ledit
fonds ou quelle marge de profit la SQC devra réaliser pour financer à terme ces
activités-là. Tout ça, à ma connaissance, reste encore à définir.
M. Pagé :
L'article 55 ouvre la porte à des projets pilotes. Et je
mets entre guillemets, là, ce que la ministre
nous a dit tantôt : Le projet pilote
peut aller dans différentes directions, ou quelque chose comme... C'est à peu
près... Et là moi, je ne suis pas
rassuré, quand j'entends ça, ça m'inquiète encore plus : Ça peut aller
dans différentes directions. Puis hier, avant-hier, il y a des gens qui nous ont dit : Bien, peut-être
mettre un délai de trois ans, cinq ans, avant d'utiliser l'article 55.
Nous, on dit : Aussi bien l'enlever parce que de toute façon, dans trois
ans, dans cinq ans, on pourrait très bien réécrire la loi n° 157, apporter des amendements
et, effectivement, aller de l'avant avec des projets pilotes. Il
n'y a rien qui nous empêche de le faire à n'importe quelle session parlementaire.
Alors, vos impressions à l'égard de cet
article 155?
M. Hurteau
(Philippe) : Bien, l'impression, c'est un peu... On veut mettre en
place un cadre qu'on dit, bon, sécuritaire pour la santé, qui est la SQC. Ça,
c'est très bien. Mais effectivement, prévoir dans la loi déjà, disons, une
manière de contourner ce cadre-là, surtout si c'est pour concerner la vente au
détail, des expériences, disons, avec le secteur
privé pour faire des projets pilotes, est-ce
que le secteur privé serait plus
efficace, est-ce qu'il vendrait à meilleur prix, est-ce
que ci, est-ce que...
C'est un premier élément d'inquiétude auquel j'ajouterais que la responsabilité de la mise en place desdits
projets viendrait de directives du ministre responsable de la société d'État, qui est le ministère des Finances. Et ça, je ne le dis pas par mauvaise foi, là, le
ministère des Finances ne se préoccupe pas d'enjeux de santé publique. Ce
n'est pas son travail. Je ne dis pas qu'il
agit contre la santé des gens, mais ce n'est pas dans sa vocation. Il
s'intéresse, dans la définition des
sociétés d'État dont il a la charge, de l'efficacité commerciale et/ou du
budget de l'État. Dans tous les
cas, la santé publique n'est pas dans l'équation.
M. Pagé :
Est-ce que...
La Présidente
(Mme Hivon) : Je vous remercie. C'est malheureusement tout
le temps dont vous disposiez. Alors, on va maintenant passer à la période
d'échanges avec la deuxième opposition pour une période de 5 min 45 s.
M. Jolin-Barrette : Merci, Mme la Présidente. M. Hurteau,
bonjour, merci d'être présent et de contribuer à nos travaux. Dans votre
mémoire que vous avez déposé, vous abordez, à la page 3, l'objectif marché
noir. Dans le fond, l'objectif, entre
autres, du projet de loi fédéral en légalisant, c'est ce qui est invoqué par le
gouvernement libéral fédéral, c'est
de contrer le marché noir, notamment. Vous dites : Écoutez, et dans le
projet de loi provincial, dans le fond, on ne touche pas à ce qui est permis par le fédéral en termes de quantité qui
peut être possédée par un citoyen québécois. Alors, le gouvernement
provincial, ici, a dit : Bien, écoutez, on va permettre d'avoir, dans les
lieux publics, 30 grammes de cannabis
sur soi et, à la maison, 150 grammes par personne, par maison... par adulte de
18 ans, actuellement. Vous dites dans
votre mémoire : «Ça permettra
aux consommateurs d'acquérir de manière simple et efficace une quantité
suffisante de cannabis, ce qui aura un
impact direct sur les habitudes d'approvisionnement.» Ma question,
c'est : C'est quoi, une quantité suffisante? Combien ça prend de
cannabis pour qu'on en ait suffisamment? C'est ça, ma question.
M. Hurteau
(Philippe) : Bien, écoutez, ça, il y a à peu près autant de réponses
qu'il y a de consommateurs, si on veut le
prendre de ce point de vue là. Évidemment, ça dépend des habitudes de consommation des
gens. L'avantage avec la... Parce que,
regardez, pour un gros consommateur de cannabis, 150 grammes, ce n'est pas
assez. Il y a des gens qui peuvent consommer deux,
trois, quatre, cinq grammes par jour. Quelqu'un qui ne veut pas passer son
temps à aller acquérir du cannabis de manière supplémentaire, 150 grammes,
ça peut poser un problème.
M. Jolin-Barrette :
...deux. Combien vous dites? Par jour, combien ils peuvent...
M. Hurteau
(Philippe) : Un gros consommateur qui fume deux, trois grammes par
jour...
M. Jolin-Barrette :
Oui. Deux, trois grammes par jour.
M. Hurteau
(Philippe) : ...le
150 grammes se vide assez rapidement, disons ça comme ça. Après, l'avantage,
avec la formule actuelle, c'est que le
consommateur en question va être capable d'aller s'approvisionner assez rapidement quand même pour en avoir. Et
aussi, le but, vu que ce n'est pas faire la promotion de ce genre d'habitude
là, il est logique de mettre une limite supérieure qui ne soit pas la limite
supérieure basée sur les habitudes de consommation des plus gros consommateurs.
Donc,
à votre question, il n'y a pas de réponse de niveau optimal. C'est
toujours une espèce d'arbitrage entre : il
faut permettre aux gens d'en avoir assez avec eux, à la fois pour des raisons
de commodité, donc, pour les gens qui consomment
sur une base régulière, qu'ils
puissent ne pas passer leur vie à aller acheter du cannabis, pour permettre
aussi aux principaux consommateurs d'en
avoir quand même suffisamment pour voir venir sans avoir trop de bâtons dans
les roues, donc les inciter à rester avec
leurs habitudes d'achat sur le marché noir, tout en n'envoyant pas le message,
hein, que l'on peut avoir une demi-livre, une livre, deux livres de cannabis à
la maison et que c'est tout à fait normal.
Est-ce que le niveau actuel est
vraiment le niveau optimal? C'est un compromis qui peut être un... c'est un
bon premier pas, après ça, parce que c'est un processus d'essai et erreur. On
va se rendre compte assez vite si la limite de 150 grammes n'est pas assez et fait en sorte que beaucoup de gens
continuent de s'approvisionner sur le marché noir. Il va falloir travailler à rehausser cette limite-là.
Ou on va se rendre compte que non, au contraire, c'est suffisant. Mais
ça, j'aurais envie de dire, il n'y a pas
vraiment de recherche préalable qui peut beaucoup nous préparer à ça. C'est
essentiellement en le faisant qu'on le saura.
M. Jolin-Barrette :
Mais, c'est parce que vous dites : Il faut voir l'expérience. Moi,
j'aurais tendance à vous dire : Soyons plus restrictifs dès le départ.
Parce que vous me dites : Un gros consommateur de cannabis, supposons, prenons... qui consomme le plus, dans votre
exemple, c'est trois grammes par jour. À 30 grammes, ce qui est la
quantité permise dans un lieu public, ça
fait 10 jours de cannabis fourni pour sa consommation. 150 grammes, ça
veut dire, dans le fond, il aurait
besoin d'aller à la Société québécoise du cannabis même pas une fois par mois
pour assurer la totalité de sa consommation pour un mois en entier.
Moi, je trouve que
c'est quand même une quantité substantielle, de dire : Bien, dans le fond,
pour un gros consommateur, je suis stocké
pendant un mois. En gros, c'est ça. Puis, dans le fond, c'est l'accessibilité
au produit. Dans le fond, à cette
quantité-là, on dit : Bien, votre démarche de consommation, dans le fond,
elle n'est pas planifiée, supposons, de façon raisonnée ou raisonnable,
ou, dans le fond : Vous avez cette quantité-là puis c'est un volume qui
est quand même important.
M. Hurteau
(Philippe) : Bien, regardez, on peut... En fait, de toute façon, pour
cet enjeu-là, c'est le prix qui va être l'élément déterminant et non pas les quantités. Donc, effectivement, on
peut débattre des quantités, mais c'est quand on va avoir une idée sur
quel sera le prix de vente qu'on va pouvoir vraiment débattre. Parce que,
surtout pour les gros consommateurs, on sait
qu'au marché noir, plus que les gens achètent, moins que le coût par gramme est
élevé. Donc, c'est comment la SQC va
établir sa structure de prix qui va nous donner de l'information sur est-ce que
l'offre de cannabis légale sera
effectivement attrayante par l'offre de cannabis illicite, bien davantage que
les enjeux de quantité, j'ai l'impression.
M. Jolin-Barrette : Et là, par le prix, est-ce que vous nous invitez
à dire : Bien, en fonction de la quantité achetée, le prix devrait
être modulé à la Société québécoise du cannabis?
M. Hurteau
(Philippe) : Il faudrait que ça soit, disons, une éventualité qui ne
soit pas rejetée trop rapidement. Je n'ai
pas d'avis clair à donner, mais il faut prendre très au sérieux cet enjeu-là
parce que, si les prix en SQC sont absolument non compétitifs... Parce qu'il peut y avoir un écart de prix entre le
prix légal et le prix illicite. Le fait de consommer de manière légale le produit va inciter des gens à
aller dans le canal légal. Il y a des coûts non monétaires qui vont être
effacés en passant par les canaux légaux.
Donc, il peut y avoir un écart de prix. Ça peut être un peu plus cher en SQC
que sur le marché noir et ça peut
fonctionner quand même. Mais, si l'écart est trop grand, surtout pour les
principaux consommateurs, ceux qui vont acheter une once, deux onces,
trois onces à la fois, ça peut poser problème.
La Présidente
(Mme Hivon) : ...c'est tout le temps dont vous disposiez.
M. Jolin-Barrette :
Merci.
La Présidente
(Mme Hivon) : Je vais maintenant passer la parole à Mme la
députée de Vachon pour une période de 1 min 30 s.
Mme Ouellet :
Bienvenue, M. Hurteau. Donc, je sais que vous avez beaucoup travaillé, là,
pour justement avoir une société d'État qui fasse la distribution. Et, à cette occasion-là, vous avez regardé
aussi un petit peu, mais moins dans le détail, le marché de la production au Québec. Parce que là on a reçu les gens de l'Union des
producteurs agricoles, les producteurs
de serre, qui nous parlaient que la production pourrait être faite au Québec.
Je sais que vous avez regardé un petit peu, là, des évaluations de
marché en comparaison avec le Colorado. Est-ce que vous pourriez nous en
parler?
M. Hurteau
(Philippe) : Oui. En fait, là, les évaluations de marché sont
toujours, bon, problématiques parce que le marché noir étant ce qu'il est. On sait que le marché du cannabis, c'est
quand même une valeur assez intéressante qui va soit se compter en quelques centaines de millions,
1 milliard, tout dépendant des évaluations en termes de valeur
marchande du produit. Évidemment, tout ça ne
se concrétisera pas le 1er juillet prochain parce que le marché licite ne
prendra pas tout l'espace qu'occupe le marché noir.
Donc, à terme, si on
est optimistes, si, dans cinq ans ou dans 10 ans, le marché licite a pris
à peu près tout l'espace, 90 % de
l'espace sur le marché noir, est-ce qu'on peut projeter la valeur ajoutée pour
le PIB? Une valeur qui est, somme
toute, intéressante, qui nous amène évidemment à réfléchir à, bien, quelle
opportunité économique que ça peut ouvrir
en termes de production, sujet qu'on n'a pas... je n'ai pas traité directement.
Mais il y a là une occasion à réfléchir, hein, si on veut que ça soit
bien intégré. Bien qu'évidemment il y ait des lieux d'approvisionnement pour la
SQC qui avantagent la production québécoise, on a là, à terme, disons, un
secteur agricole intéressant à développer.
Présidente (Mme Hivon) :
Merci beaucoup. Alors, maintenant, au tour de M. le député de Mercier.
1 min 30 s.
M. Khadir : Très bien. D'abord, salutations à
tout le monde. M. Hurteau, bienvenue. C'est un excellent mémoire
où, disons, on a une perspective synthétique de l'ensemble du portrait.
On n'a pas beaucoup traité du cannabis médical,
qui coûte beaucoup plus cher que le cannabis récréatif; si je comprends bien, de cinq à 10 fois plus cher,
dépendamment des produits et de la concentration de cannabinoïdes.
Est-ce que vous pensez que ça peut être un argument pour favoriser et
convaincre le gouvernement de la nécessité de permettre des plants, c'est-à-dire une autoproduction à la maison, quelques
plants? Parce que, souvent, c'est les populations les plus vulnérables,
ceux qui ont un besoin thérapeutique et dont la consommation pourrait être
rendue très coûteuse pour des frais médicaux si on ne leur permet pas ça.
M. Hurteau
(Philippe) : C'est un argument qui mérite d'être étudié, évidemment.
Beaucoup des gros consommateurs,
c'est des consommateurs qui consomment du cannabis à des fins médicales, ce
n'est pas uniquement des gens qui
consomment à fins récréatives. Donc, l'argument économique, pour ces gens-là,
rentre en ligne de compte. Et aussi,
et là il y aurait quelque chose qui serait à revoir, c'est peut-être les
limites permises. Parce qu'à fins récréatives on peut comprendre qu'on veut poser des limites pour que les gens aillent à
la maison, mais il faut s'assurer que les gens qui ont des besoins de consommation plus grands que ça
et qui pourraient en faire pousser à la maison et en avoir plus parce que, pour eux, le cannabis est un médicament... ce
serait intéressant de s'assurer que ces gens-là ne soient pas pénalisés.
Présidente (Mme Hivon) : Merci beaucoup, M. Hurteau.
Alors, sur ce, nous allons suspendre nos travaux. Je vous remercie de
votre présentation.
Nous suspendons donc jusqu'à 15 heures.
Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 59)
Présidente (Mme Hivon) : À l'ordre, s'il vous plaît! Alors, ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission de la santé et des
services sociaux ouverte. Je demande
donc à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la
sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
Donc, je vous
rappelle le mandat de la commission, qui est réunie afin de procéder aux auditions
publiques dans le cadre des consultations particulières sur le projet de
loi n° 157, Loi constituant la Société québécoise du cannabis, édictant la
Loi encadrant le cannabis et modifiant diverses dispositions en matière de
sécurité routière.
Donc, cet après-midi,
nous entendrons trois groupes : le Regroupement provincial des comités
d'usagers, VapoClub et l'Administration régionale Kativik.
Donc, je vais
d'abord souhaiter la bienvenue aux représentants du Regroupement provincial des comités
d'usagers. Vous êtes des habitués de nos
travaux, mais je veux vous rappeler que vous disposez de 10 minutes pour
faire votre exposé, lequel sera suivi d'une période d'échange. Alors, à
vous la parole, M. Blain.
M. Ménard (Claude) : Mme la
Présidente, Mme la ministre, membres de la commission, merci, au nom des usagers du réseau de la santé et des services sociaux, de nous permettre de prendre la parole. Le RPCU est confronté à
un dilemme au moment de présenter à cette commission son mémoire sur l'usage de
la marijuana car une législation du cannabis
devrait d'abord répondre à des impératifs de santé publique et de
saines habitudes de vie. C'est pourquoi
nous insistons que toute la législation ne
banalise pas l'usage du cannabis, et surtout de voir à protéger les plus
vulnérables comme les jeunes, les personnes en dépendance et en santé mentale.
Le projet de loi n° 157 modifie un large
éventail de lois. Il prouve ainsi que la législation du cannabis touche un très large spectre de la société québécoise.
Le RPCU répète que le gouvernement doit prendre toutes les mesures pour protéger la santé et la sécurité de tous, encore
là, plus particulièrement, les clientèles les plus à risque, les plus
vulnérables, ainsi que sensibiliser la population à une consommation
responsable.
Le projet de loi n° 157 répond à plusieurs de nos demandes. Il
est de la responsabilité du gouvernement
du Québec d'encadrer la mise en
marché de l'offre. Le RPCU note avec satisfaction que plusieurs
de ses propositions se retrouvent dans le projet de loi, tel
que l'âge légal à 18 ans pour acheter le cannabis, la création d'une société
publique pour la distribution et la vente au détail.
Le prix de
vente est important et il est difficile d'en fixer le prix actuellement. Ce
prix doit favoriser le commerce légal
et couvrir les coûts d'une telle opération comme les campagnes de
sensibilisation et les coûts d'opération. Pour affecter le crime organisé, il faudrait accélérer
l'implantation des points de vente et s'inspirer du modèle ontarien qui, dès la
première année, offrira plus de points de service.
M. Blain (Pierre) : Le RPCU
souhaite introduire une dimension qui n'a pas été soulevée jusqu'à présent,
c'est-à-dire l'endettement possible pour certaines clientèles. La législation
permettra la possession de 150 grammes de
cannabis : au prix prévu de 10 $ le gramme, c'est donc
1 500 $ que devra dépenser une personne pour s'approvisionner.
Cette somme serait-elle nécessaire cependant
pour consommer une semaine, un mois, une année? Qu'adviendra-t-il des besoins essentiels comme se loger, se nourrir,
nourrir ses enfants et poursuivre ses études? Il y a donc risque de
consommer à crédit, et
l'endettement peut générer des problèmes familiaux, engendrer la violence
conjugale et vis-à-vis les enfants et même
mener à des ennuis de santé. Il en est de même pour la vente par Internet, qui
obligera l'acheteur à transiger par carte de crédit. Le RPCU n'encourage
donc pas cette vente par Internet.
Les lieux de
vente du cannabis ne devraient pas se retrouver près des écoles, des campus
d'enseignement, des établissements de santé, dont les centres en
dépendance et les centres jeunesse, et j'ajoute même les bureaux de vote quand ils sont ouverts, les lieux de rassemblement
publics comme les stades, les salles de concert, les théâtres ou les
places publiques où se tiennent les
festivals et les rassemblements importants. Dans le même ordre d'esprit, le
RPCU croit que la consommation du cannabis ne devrait pas être permise
dans l'espace public.
Une des conséquences majeures de la législation
sera que la SQC devra veiller à ce que les produits offerts répondent à des critères stricts de qualité, ce
que le commerce illégal ne peut garantir
car il met même parfois la sécurité de la population en danger. Il sera
donc important d'offrir du cannabis avec différentes teneurs en THC et sous
plusieurs formes afin de permettre un usage plus conforme aux besoins et de
réduire les dangers de la fumée pour la santé des consommateurs et pour des
gens qui entourent et qui pourraient être affectés par la fumée secondaire.
La toxicité
réelle du cannabis est mal connue. Nous recevons donc positivement la venue du
Fonds de prévention et de recherche en matière de cannabis. Nous
proposons d'ailleurs aussi un registre d'exclusion du cannabis pour les personnes
qui ne souhaiteraient pas être autorisées à en consommer. Ce registre pourrait
servir à deux fins : une exclusion volontaire et une exclusion faite par un professionnel de la santé. Une
telle exclusion volontaire existe déjà dans les casinos et cela fonctionne très
bien. On pourrait reprendre l'idée.
Il est important
de réglementer la production commerciale pour mieux contrôler la qualité et
ainsi protéger les consommateurs. Le gouvernement du Québec a fait le
choix d'avoir recours à l'entreprise privée pour lui fournir le cannabis. Le RPCU supporte cette approche. Nous
faisons valoir toutefois que le gouvernement
du Québec devrait favoriser la production locale afin que les 100 millions de dollars prévus servent à l'économie québécoise.
Même Hydro-Québec y trouverait
aussi sa part si la production se fait dans les serres.
Les mouvements écologistes nous rappellent
constamment la consommation responsable. À l'heure de la consommation locale et de proximité, le gouvernement du Québec devrait favoriser les entreprises locales pour
une autre raison, la protection de l'environnement, dans un esprit de
réduction globale des effets de serre. Ainsi, l'empreinte énergétique de la production pourrait être
réduite. En achetant dans les autres provinces, on pourrait polluer plus et
surtout on ne tiendrait pas compte de la pollution faite par les transports.
Parlons enfin
des infractions. On devrait faire une distinction nette, bien sûr,
entre consommation et possession de cannabis
et trafic illicite. La limite de possession qui sera établie devrait être la
même partout au Canada afin d'éviter les problèmes de
compréhension des citoyens d'une province à l'autre. On devra continuer à
surveiller la vente illégale du cannabis
tout comme on le fait pour l'alcool et le tabac. Le commerce illégal ne peut
pas le garantir et même la sécurité de
la population est en danger. On devrait être même moins
tolérants avec les petits vendeurs de drogue, tout qu'on l'est avec les
plus gros. Les amendes devraient être plus importantes, ainsi que les peines
d'emprisonnement.
M. Ménard
(Claude) : En conclusion :
encadrement raisonnable et justifié. La législation sera respectée en
autant qu'elle sera bien comprise et acceptée par les consommateurs. C'est pourquoi
le RPCU insiste sur la consommation responsable et sur l'enlignement avec les
lois sur l'alcool, le tabac et le jeu.
Les campagnes
d'information et de sensibilisation sont très importantes. Sans en faire la
promotion, il est nécessaire de
préconiser et de prendre les moyens pour favoriser une consommation responsable
du cannabis, tout en indiquant les conséquences négatives, pour aider au
respect de la législation.
De plus, on
devra s'assurer de bien réglementer l'usage du cannabis au niveau de l'espace public, de la production personnelle, afin d'éviter des problèmes entre propriétaires, locataires,
également la possibilité de délits, qu'un siège au niveau du
conseil d'administration et du comité de vigilance soit réservé à un
usager tel qu'on retrouve dans le réseau de la santé et des services sociaux,
et, tel que plusieurs ont mentionné, que soit inscrit dans la loi à
l'effet que les 25 millions sont consacrés
uniquement à la prévention et que tout autre surplus soit investi tant en
réadaptation qu'en recherche. Merci.
La Présidente (Mme Hivon) :
Merci beaucoup et merci de votre respect impeccable du temps imparti.
Alors, sur ce, je vais céder la parole à Mme la
ministre pour un bloc d'échange de 15 min 30 s avec la
partie
ministérielle.
Mme Charlebois :
Alors, merci, Mme la Présidente. D'abord, vous saluer et vous dire merci
beaucoup de contribuer à nos travaux de la commission, M. Ménard et
M. Blain.
Je veux juste
vous dire que j'entends votre première préoccupation qui dit : Il faut
faire en sorte que nous fassions un
projet de loi qui répond d'abord à la santé publique et aux saines habitudes de
vie... saines habitudes de vie, je vais me garder une petite gêne, mais, dans la perspective de santé publique et
de sécurité publique, oui, peut-être que le mode... Saines habitudes de vie, c'est dans un mode
d'équilibre, mais en tout cas je ne le vois pas là, là. Mais en tout cas on
va voir. Je vais vous entendre là-dessus.
Mais je veux juste vous dire qu'à l'article 3 on
vient mettre dans la mission de la société... Puis je prends la peine de le dire publiquement parce que ce n'est
pas toujours clair. Je sais que vous, vous l'avez lu, mais, pour nos
auditeurs qui regardent, en fait, là, les
téléspectateurs, à l'article 3, on dit : «La société a également pour
mission d'assurer la vente du cannabis
dans une perspective de protection de la santé, afin d'intégrer les
consommateurs au marché licite du cannabis et de les y maintenir, sans favoriser la consommation...» Or donc, ça, ça
veut dire... Puis, plus loin dans le projet de loi, il y a plusieurs articles sur
lesquels on dit qu'il n'y aura pas de publicité, pas de promotion. Ce matin,
j'ai entendu quelqu'un qui disait :
Bien là, il faudrait faire varier les prix en fonction du volume. Non, ce n'est
pas le but de l'exercice. Et, voilà, j'ai fait mon point à ce niveau-là
puis je vais vous entendre quand vous allez prendre la parole tantôt.
Quand vous
nous dites : Prendre toutes les mesures pour faire en sorte qu'on favorise
la santé publique, est-ce que vous
allez au-delà de tout ce qui est l'aspect préventif, tout ce qui est l'aspect...
Le 25 millions, bref, qu'on a mis dans la loi, pour cinq ans, puis
il peut être bonifié dépendamment des ventes qu'aura faites la Société
québécoise du cannabis... Qu'est-ce que vous
voyez comme autres mesures qui pourraient faire en sorte qu'on favorise
davantage la santé publique?
M. Blain (Pierre) : Merci, Mme
la ministre. Vous avez raison de mentionner... Mais on voulait être certains
justement que le projet de loi était bien compris dans un esprit de santé
publique. Si on y introduit «saines habitudes de
vie», c'est parce qu'en partant on dit : On n'aurait pas dû légiférer
parce que, donc, c'est une promesse électorale d'un autre palier de
gouvernement. C'est là. Nous, dans ce cas-là, on dit : Bien, on va vivre
avec.
Les autres mesures qui doivent être mises en
place, ce sont celles qui sont aussi prévues, jusqu'à un certain point, dans le projet de loi, mais pas aussi
importantes. Nous, on pense que, dans l'espace public, on ne devrait pas
autoriser la consommation parce qu'à partir
de ce moment-là, pour nous, ça devient comme un incitatif, et, pour moi, je
pense que c'est une perspective qui est importante.
Et peut-être que le président peut rajouter à ce
niveau-là?
M. Ménard (Claude) : Pour avoir, là,
rencontré plusieurs membres de comités d'usagers de centres en dépendance, surtout au niveau des jeunes qui se
sont pris en main, la grosse préoccupation, c'est : À partir du
moment où j'accepte que j'ai un problème,
que je travaille mon problème puis que, là, je me dirige vers une abstinence,
éventuellement une sobriété, ma grosse
crainte, c'est d'être constamment confronté à cette consommation-là en public.
Alors, je peux comprendre, là, qu'il
y a des endroits qui pourraient être réservés, là, mais, de façon continue... Je
m'en vais souper au restaurant... Je
m'en vais à un restaurant ou je m'en vais à un bar, il n'y a pas de
consommation de tabac à l'intérieur, mais sauf que, un, comme M. et Mme Tout-le-monde peuvent le constater, ce
n'est pas tout le temps la distance qui est respectée pour les fumeurs de tabac. Alors, à ce moment-là,
que je viens pour rentrer dans un restaurant et que là j'ai la senteur
du cannabis, là, si j'ai une fragibilité au niveau de ma vulnérabilité, il y a
un danger qui est là.
Mme Charlebois :
Mais je veux juste vous rassurer à ce niveau-là. Tout ce qui est déjà sous la
loi de la lutte au tabagisme va être
interdit au cannabis. Donc, dans les restaurants, les bars, tout ça, ça ne sera
pas possible. Mais j'entends votre argumentaire.
Et c'est la première fois que ça nous est, en tout cas, à ma connaissance,
présenté aussi clairement, que, dans
les lieux publics, quelqu'un qui est confronté à lutter contre une dépendance,
ça peut être difficile pour la personne. Puis je peux comprendre, j'ai déjà fumé, puis c'était un irritant quand
j'allais au restaurant puis qu'il y en avait d'autres qui fumaient. C'est tentant de recommencer puis
c'était toujours là que je reprenais à fumer parce que c'était dans
l'atmosphère. Alors, j'entends votre
argument, puis je vais en tenir compte, puis je suis certaine que mes collègues
l'entendent aussi, puis ça vient les...
Mais je veux
aussi vous rassurer parce que, peu importe ce qu'il y aura dans la loi... Puis
je sais que je dis souvent le mot
«rassurer», là, mais ce que je veux vous dire, c'est que les villes auront
aussi un pouvoir réglementaire... et qu'ils peuvent aller plus loin que la loi. Mais j'entends votre point sur les
places publiques. Je veux... Puis je sais que ça aussi, ça irrite, quand je dis que ça existe déjà, là, mais
ça ne veut pas dire qu'on doit continuer à faire la même chose. C'est
vrai que ça existe déjà, puis qu'on le sent
quand on va dans des événements, mais, bon, on peut peut-être arranger ça. Il
va falloir juste être en mesure de le faire respecter.
Quand vous
dites : Le prix de vente doit favoriser, en tout cas, le plus possible
d'enlever le marché illégal, et vous me dites dans la phrase
suivante : L'endettement possible, à un prix de 10 $... Le prix n'est
pas fixé. On verra, quand la légalisation va
avoir lieu par le gouvernement fédéral, quels seront les prix du marché. Mais,
au niveau de l'endettement, j'ai le goût de vous dire que c'est déjà de
même malheureusement, puis c'est ce qui fait qu'on a autant de difficultés. Les
gens aux prises avec les dépendances pourront vous le confirmer.
Ceci étant
dit, est-ce que vous ne croyez pas que, quand ils vont aller dans les boutiques
de cannabis spécialisées avec des travailleurs formés avec une formation
justement en santé, qui vont être en mesure de donner des bonnes informations, qui vont être en mesure de
questionner leurs clients sur c'est quoi, l'effet recherché, s'ils voient le
même client revenir puis qu'il y a un bagage
de x commandes, bon, à un moment donné, il y a quelqu'un qui va lui dire :
Ça n'a pas de bon sens? Est-ce que
vous ne croyez pas que c'est déjà mieux que ce qui se fait en ce moment? Puis
que peut-on faire de plus pour enrayer
ce risque d'endettement là, parce que les quantités qu'on a mises, un, 30
grammes à l'achat, et 150 grammes au total à la résidence, c'est
exactement les mêmes quantités que pour le cannabis thérapeutique et il semble que ça va être... en tout cas, je dis «il
semble» parce que je n'ai pas l'application de toutes les autres
provinces, mais on serait probablement autour de toutes les mêmes mesures.
Comment vous voyez ça?
M. Blain
(Pierre) : J'ai fait un exercice cette semaine. J'ai demandé à des
fumeurs : Pouvez-vous me passer une cigarette? J'ai essayé de peser
combien pesait une cigarette. J'ai regardé sur un paquet de cigarettes aussi
combien qu'il y a de grammes dans un paquet
de cigarettes. Ce n'est pas indiqué. Et je vous le dis tout de suite, là, je
suis franc avec vous puis je ne mens
pas, je n'ai jamais acheté de cannabis comme tel, donc je ne sais pas que la
quantité qui est prévue... va permettre
de faire combien de cigarettes. Dans le temps, bien sûr, il y avait des
pétards. Alors, il y en avait peut-être un petit peu plus. Mais, pour
moi, je pense qu'on ne sait pas exactement à quoi ça va représenter, si c'est
une consommation hebdomadaire ou mensuelle. Donc, pour moi, c'est là qu'est la
problématique plus qu'autre chose.
Mais vous avez raison de soulever le
problème d'un arrimage avec les autres provinces et vous avez raison
aussi de soulever le fait que, présentement,
on ne le sait pas, vers où on va se diriger, entre autres, au niveau du coût
parce qu'on ne sait pas comment on va faire pour régler le problème de
la vente illégale. Ça, c'est certain. Donc, on est un peu en terrain inconnu. Et je pense que vous, à cette
Assemblée, à cette commission, vous pourrez justement amener... avec des
solutions. Mais je pense que l'endettement doit être quelque chose de pris en
considération.
Et surtout, si on
achète par Internet, est-ce qu'il y a des mesures de contrôle qui vont se
faire, là, à partir de ce moment-là? C'est
ça que je ne savais pas. Je ne savais pas si une personne d'une autre province
va pouvoir acheter. Pour moi, là, il
y a beaucoup de problématiques, parce qu'en Ontario ça va être 19 ans puis, au
Québec, ça va être 18. Est-ce que ça
veut dire qu'on va pouvoir l'acheter? Le jeune qui emprunte la carte de crédit
de son père puis qui... comme c'est arrivé dans le cas célèbre à Montréal
récemment, bien, comment qu'on fait pour s'assurer de l'identité?
Mme Charlebois :
On m'informe que, techniquement, il n'y a rien qui empêche à quelqu'un d'une
autre province, techniquement, là, en ce moment, dans la loi, d'acheter
au Québec. Ceci étant dit, est-ce qu'on veut empêcher ça? Je ne le sais pas. Il faudrait y réfléchir. Mais,
dans les mesures de contrôle, c'est sûr qu'on voit le... il y a des
coordonnées qui vont devoir être données. Puis l'identification des personnes,
comment on va contrôler... La Société québécoise du cannabis va devoir avoir des règles serrées. Ce n'est pas dans la loi
que ça va se faire, mais c'est plutôt dans l'application. Mais je prends bonne note de votre commentaire
pour nous assurer qu'on fait ça de façon adéquate pour justement ne pas
faire en sorte qu'on échappe plein de gens, puis qu'on n'a pas la bonne
identité. Bon, il va falloir suivre ça serré.
Exclusion volontaire,
je vous ai entendu me parler de ça. J'aimerais ça vous entendre là-dessus puis
après ça je vais passer la parole à mon
collègue des Îles-de-la-Madeleine qui aurait une question. Mais je ne sais pas
comment vous voyez ça dans un... Tu sais, je comprends au casino...
M. Blain
(Pierre) : Pour moi, c'est exactement le même principe qui existe dans
les casinos. On me dit que c'est des
mesures qui sont facilement applicables. C'est un registre qui s'établit et
c'est la personne elle-même... C'est dans ce sens-là. La seule autre
dimension qu'on rajoute : Est-ce qu'un médecin pourrait faire la même
chose pour certaines clientèles vulnérables comme ça existe, entre autres, pour
des médecins qui peuvent interner certaines personnes en santé mentale, qu'il y a une loi d'exception
qui s'applique pour un certain temps? Est-ce
que ça, ça devrait s'appliquer?
Je ne le sais pas, mais moi, je pense que
c'est une chose à considérer, sauf que mon président, lui, a d'autres
considérations à ce niveau-là.
M. Ménard (Claude) : La question du registre, en même temps, ce n'est pas dans la dynamique d'un jeune ou d'un adulte consommateur d'aller s'autoexclure.
Même si on met une autoexclusion...
Puis ça, on le voit au niveau des joueurs
compulsifs. Effectivement, ils ne vont pas dans les casinos, mais ils vont dans les bars, ils
vont dans les restaurants où il y a
les appareils, là. Alors, est-ce que, un, cette préoccupation-là ferait en
sorte que, un, la personne qui s'autoexclut ne retournerait pas au niveau du marché noir, au niveau du réseau, là,
illicite? C'est en même temps une préoccupation, là, que j'ai à ce niveau-là.
Mme Charlebois : On vous entend. On va réfléchir à ça. Mais, si
vous me le permettez, Mme la
Présidente, mon collègue des
Îles aurait une question.
La Présidente
(Mme Hivon) : M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Chevarie : Merci,
Mme la Présidente. Tout d'abord, merci pour votre contribution puis votre présence ici en commission
parlementaire.
À quelques reprises, particulièrement
lors de votre préambule, vous avez mentionné une consommation responsable, et j'aimerais vous entendre là-dessus
un peu plus. Comment est-ce
que vous considérez une
consommation responsable? Est-ce que
vous avez des éléments, ou des critères, ou des références qui peuvent nous
guider dans ce sens-là?
M. Blain
(Pierre) : Merci beaucoup. Et je vais répondre un peu ce que j'ai
répondu à Mme la ministre à Trois-Rivières quand on avait fait
partie de la
commission. Je pense que l'apprentissage du cannabis fait
partie d'un
apprentissage que tout jeune doit faire ou toute personne doit faire. La seule
différence, c'est dans quel esprit on va présenter
ça. Et, pour nous, justement, en le présentant de façon que ce n'est pas nécessairement ce qu'il faut faire, que c'est là, mais qu'il faut qu'on mette
en place des mesures soi-même pour pouvoir se contrôler, je pense que c'est les
campagnes de publicité qui vont pouvoir être importantes à ce niveau-là. Donc,
comment... Pouvons-nous le faire concrètement?
Non. Mais c'est plutôt dans un ensemble. Il ne faut pas justement
qu'on ait des recettes de pot à la télévision. Je pense que c'est une
chose qui est importante et qu'il ne faut pas non plus que ça devienne la norme
de la société, où on fait ça.
M. Chevarie :
O.K. Il reste combien de temps, Mme la Présidente?
La Présidente
(Mme Hivon) : Il vous reste 1 min 37 s.
M. Chevarie : O.K. Souvent, on parle, par rapport à la consommation
d'alcool, de buveur ou buveuse sociale. Est-ce qu'on pourrait parler
de consommation sociale de cannabis, qui serait une formule acceptable pour
l'ensemble de la société par rapport à notre relation avec le cannabis?
M. Ménard
(Claude) : Je pense qu'actuellement, à ma connaissance, c'est illégal
de fumer du cannabis. Et actuellement qui ne connaît pas personne qui ne consomme pas
un petit joint une fois à l'occasion? Alors, socialement, à partir du moment où c'est accepté, le volet de la
consommation du cannabis, à même
titre qu'une personne qui consomme de l'alcool... Ce n'est pas parce que
je prends un verre d'alcool que je deviens un alcoolique. Alors, ce n'est pas
parce que je prends un joint aujourd'hui que, demain matin, là, je vais devenir, là, un toxicomane. Je pense qu'il y a
des contextes, il y a des environnements qui peuvent à l'occasion faire en sorte
qu'une personne va se diriger vers une problématique de toxicomanie.
Mais, de façon sociétale, je pense qu'il y a de la place, là, pour une
consommation dite sociale.
La Présidente (Mme Hivon) :
Il vous reste 30 secondes.
M. Chevarie : 30 secondes? Vous
avez parlé également d'une distinction dans le niveau des infractions,
consommation versus trafic illicite, puis est-ce que vous pouvez le préciser un
peu plus, rapidement?
M. Blain
(Pierre) : Bien, la
consommation, justement, va être légale. Il faut qu'on pénalise vraiment
le trafic, un peu comme on l'a fait, présentement, on a fait une distinction au
niveau de la prostitution. On ne
pénalise plus la prostituée comme telle, mais on pénalise ses clients.
Présidente (Mme Hivon) : O.K. Alors, je vais maintenant céder la parole à l'opposition officielle pour une période de
9 min 15 s. M. le député de Labelle.
M. Pagé : Oui. Merci,
Mme la Présidente. Je veux revenir sur la consommation dans les résidences parce
qu'effectivement je pense que la question va
se poser beaucoup. On nous dit, bon, dans des CHSLD, que ça serait
vraiment là où c'est prévu, donc pas dans
les chambres. Mais ne croyez-vous pas, par contre, que ça peut indisposer des
gens qui ne consomment que la
cigarette, mais l'odeur du cannabis
et peut-être même les effets secondaires de... comment vous
voyez ça? Ou bien qu'il y ait une heure pour des fumeurs réguliers, une heure pour... je ne sais pas, j'essaie d'imaginer, ou bien que ça soit des lieux complètement
distincts. Comment vous voyez ça?
M. Ménard
(Claude) : Actuellement, on
le sait, que les CHSLD ont la possibilité d'avoir un fumoir. La
génération qui va arriver dans les CHSLD éventuellement,
je crois, puis c'est bien, bien personnel, on voit de moins en moins de fumeurs. Par contre, avec l'arrivée de la
consommation du cannabis, il est fort possible qu'à ce moment-là on se
retrouve avec une population qui va avoir
été habituée à consommer le cannabis. Alors, je ne suis pas prophète, là, mais
je pense que, un, éventuellement on avoir peut-être plus de
consommateurs de cannabis dans les CHSLD qu'on va avoir de fumeurs de tabac.
Là, où j'ai peut-être plus une inquiétude, c'est
au niveau des ressources intermédiaires et les ressources de type familial. On
prend en déficience intellectuelle. Actuellement ce qu'on tente de faire au
niveau des ressources de type familial ou
des RNI, c'est d'organiser des parrainages ou... pas des parrainages, mais des
pairages. Alors, à ce moment-là, est-ce que, un, il n'y aurait pas
possibilité d'identifier, à ce moment-là, certaines résidences où on va
retrouver plus de gens qui ont le goût ou le désir de consommer au niveau du...
le cannabis, là, tu sais? Mais je pense que,
pour M., Mme Tout-le-monde,
effectivement, s'il n'y a pas une organisation qui est délimitée à l'intérieur
d'une ressource, je pense que ça va créer des problèmes.
M. Pagé : Évidemment,
quand on pense à consommation de cannabis, on voit tout de suite quelqu'un qui fume un joint, donc le cannabis brûlé, avec
l'odeur. Et très bientôt on va même légiférer quant au cannabis consommé
par des produits dérivés et même vaporisés
où, là, il n'y a pas d'odeur et même moins nocif pour la santé. À partir de ce
genre de consommation là, pour vous, est-ce
que, là, ça cause problème? Est-ce que, là, ça devrait être permis même à
l'intérieur des chambres ou dans les résidences particulièrement?
M. Blain
(Pierre) : C'est une question importante qui fait
partie de la liberté
de la personne effectivement. Si le problème majeur est le problème
plutôt de la fumée, puis de la fumée secondaire, effectivement de la façon que
vous posez la question, c'est... je pense
que vos... on y répond. Effectivement, des produits qui n'auront pas ces
effets-là devraient pouvoir être
autorisés. Mais là, à nouveau, va se poser la question de la quantité, de la
toxicité et de la teneur, etc. On a vu, présentement... j'ai vu dans les journaux, la semaine dernière, je
pense, ou cette semaine, où on veut avoir des bonbons avec peut-être... mais on dit qu'ils ne sont pas vraiment bons pour la santé.
Donc, il pourrait y avoir des problèmes. Donc, il va falloir que la législation soit bien claire, et je pense
que la même chose va devoir s'appliquer également
au niveau de la teneur et au
niveau de la quantité aussi autorisée.
M. Pagé : O.K. Au
niveau des lieux de consommation dans
l'espace public, au niveau de l'espace public, nous avons une position
très restrictive, partout où on ne peut pas fumer et boire de l'alcool, c'est
non, sauf aux endroits prescrits de façon
très bien encadrée par les
municipalités qui connaissent bien leurs milieux, leur zonage. Que
pensez-vous de cette position?
M. Blain (Pierre) : Nous, on
est tout à fait d'accord. C'est pour ça qu'on a élaboré même plus loin en parlant même des bureaux de vote quand ils sont ouverts,
alors, pour justement ne pas mettre en question la légitimité d'une
élection.
Mais
moi, je vais vous soumettre quelque chose d'autre. Il y a des festivals à
Montréal et où... sur lequel... vous entrez
dans le festival, là, et si vous allez... vous voulez aller au complexe
Desjardins pour vous acheter une bouteille de vin, vous n'êtes pas capable de revenir dans l'espace parce qu'on ne vous le permet pas, parce
que c'est la vente et seulement
la vente autorisée par le festival. Est-ce qu'on va faire la même chose pour le cannabis? On va interdire la consommation
à l'intérieur à moins de vendre soi-même son joint? Alors, je pense que... Mais
nous, je pense que l'espace public, non, pour nous, c'est clair.
M. Pagé :
J'en aurais une dernière vite, vite, là. Vous