Public Finance — 31 May 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CFP 2018-05-31
Quebec — Committees
Le Président (M. Girard) : M.
le ministre, est-ce que vous préférez continuer à 141, où on était rendus?
M. Leitão : Très
bien, M. le Président. Oui, je pense
qu'on doit continuer l'étude du projet
de loi n° 141. Nous aussi, nous sommes satisfaits du consensus qui
semble avoir été créé autour de ces mesures-là, concernant les cabinets
de courtage et d'assurance. Donc, ça aussi,
je pense qu'on pourra y arriver assez rapidement, mais j'aimerais qu'on termine cette
partie du 141 avant d'y arriver, donc cette
partie 3, qui comprend le
courtage et la distribution, notamment les responsabilités des chambres. On avait fait hier aussi les
courtiers immobiliers. Ça, on l'a réglé. Donc, arriver à la fin de cette
section avant de pouvoir considérer les amendements concernant le 150.
Président (M. Girard) :
Merci, M. le ministre. Donc, nous pourrons discuter du 150
par la suite. Donc, nous revenons à la responsabilité des chambres de la
partie C. M. le député de Rousseau.
M. Marceau : Oui. Parfait. Merci, M. le Président. Hier, on a eu... bon, on a abordé plusieurs sujets puis on a
eu plusieurs discussions. Je veux revenir sur un aspect qui a été abordé hier,
c'était la question de savoir si l'OCRCVM... juste me faire confirmer que l'OCRCVM a la capacité ou
pas de bloquer des comptes, là, en cas de tout ce qui s'apparente à des manoeuvres frauduleuses de la part d'acteurs
du marché. M. Fortin, je crois, hier, devait faire les vérifications pour confirmer, là.
Le Président (M. Girard) :
Avons-nous consentement pour M. Boivin... puisse prendre la parole.
Le Président (M. Girard) :
M. Boivin, allez-y.
M. Boivin (Richard) : M. le
Président, je n'ai pas de nouvelles
de M. Fortin. Ce que j'en comprends, c'est que l'OCRCVM, de par ses règlements
internes, sa réglementation qui s'applique tant aux courtiers, donc les personnes
morales, qu'à leurs représentants, a toute la possibilité, la latitude et les
pouvoirs pour intervenir et sanctionner, au niveau déontologique ou des comportements qui ne seraient pas conformes à la réglementation, tant la réglementation
adoptée par les ACVM, donc les régulateurs
canadiens en valeurs mobilières, dont l'Autorité des marchés financiers.
Et donc elle a tous les pouvoirs pour faire ça.
jamais, dans le cadre d'une inspection ou même d'une plainte à l'égard
d'un courtier et de ses représentants, elle constatait ou elle croyait qu'il pourrait y avoir des infractions de
nature pénale ou criminelle, je pense que la logique, c'est qu'elle
passe l'information à l'autorité et éventuellement même aux corps policiers,
là, comme tels.
Le Président
(M. Girard) : M. le député.
M. Marceau :
O.K. O.K. Bon, pour revenir à la situation qui nous préoccupe, là, la question
des mesures de blocage et puis du conflit
potentiel qu'il peut y avoir avec des procédures de radiation provisoire de la
part des chambres, bon, là, ce qui nous a été dit hier essentiellement,
c'est : Il pourrait arriver, il y a un risque, dans la façon dont sont organisées présentement nos institutions, il
pourrait arriver qu'une procédure de radiation provisoire qui, de la façon
dont ça fonctionne présentement, passe par un avertissement au représentant de
cette procédure-là, qu'elle pourrait empêcher l'autorité,
de son côté, de procéder en temps opportun, c'est-à-dire plus rapidement que...
donc au blocage des comptes puis... donc, il y avait cette inquiétude,
là, O.K.? On en a parlé. J'aimerais continuer à en parler un peu.
première des choses, c'est... bon, on a vu que les situations
où il y avait chevauchement, ce n'étaient pas des situations
qui étaient particulièrement fréquentes. Je vais rappeler les chiffres que
j'ai énoncés hier. Ça vient du rapport de la Chambre de l'assurance de dommages, là, qui a... du mémoire,
pardon, de la Chambre de l'assurance de dommages qui avait été présenté
ici, en commission, le 17 janvier 2018.
Alors,
ce qu'ils disaient, c'est que, depuis 2010, il y a eu 25 dossiers qui
ont été traités par l'autorité. Je veux être certain de le dire correctement. Oui, c'est ça. Il y a eu 25 dossiers qui
sont relatifs à des cabinets, pardon, qui ont été traités. Et là-dessus il y
avait chevauchement dans seulement
six. Enfin, il y a eu chevauchement dans seulement
six. Voilà. Donc, ça, c'est les faits. Donc, six depuis 2010.
veux juste... Peut-être une question très simple. Est-ce que c'est ce problème-là
qui est l'élément principal qui justifie, d'après vous, l'intégration
des chambres à l'autorité?
M. Leitão :
Bien, si je peux me permettre M. le Président...
Le Président
(M. Girard) : Oui.
M. Leitão : ...c'est un enjeu important. Ce n'est pas le
seul, mais c'est un enjeu important. Peut-être qu'on peut revenir à la raison pour
laquelle on a entamé ce processus-là, d'intégration des chambres à l'AMF.
En fin de compte, dans le rapport sur l'application de la
Loi sur la distribution de produits et
services financiers de mai 2015, là,
on avait identifié, donc, que cette double structure soulevait plusieurs
enjeux, plusieurs enjeux importants : un plus grand fardeau au niveau réglementaire et pécuniaire pour les participants
de l'industrie, deuxièmement, des dédoublements dans les champs de compétence des organismes d'encadrement,
troisièmement, l'obligation pour les institutions financières et les cabinets de faire affaire avec plusieurs
organismes de surveillance, quatre, une certaine confusion chez le consommateur
dans le rôle de chaque entité réglementaire et, finalement, qu'une
harmonisation du secteur du courtage en épargne collective, cette harmonisation
serait difficile à compléter avec le reste du Canada.
Donc, ça, c'est la
situation qui a été décrite en mai 2015. Suite à ce rapport d'application, il y
a eu de vastes consultations avec le
secteur, beaucoup de mémoires, beaucoup de discussions, beaucoup de rencontres
qui nous ont amenés par la suite, même dans des budgets subséquents,
d'annoncer justement où on avait l'intention d'y aller.
Alors,
on fait tout ça dans le but de simplifier la structure, et, en même temps, de
rendre le système plus efficace pour
tous les participants, et avoir un système réglementaire plus robuste.
D'ailleurs, pratiquement tous les participants dans l'industrie, que ce
soient les cabinets, que ce soient les regroupements de cabinets, que ce soient
les représentants, les regroupements de
représentants, les compagnies d'assurance elles-mêmes, bien sûr, tout le monde
est d'accord avec la démarche
d'intégrer les chambres, parce que ce n'est pas une question d'éliminer les
chambres, c'est une question de les intégrer
à l'appareil réglementaire à l'intérieur de l'AMF, parce qu'un régulateur
unique et intégré, à notre avis, est la meilleure solution.
Alors,
c'est pour ça qu'on fait tout ça. C'est une démarche, oui, elle n'est pas
unanime, mais je pense que, dans l'appréciation de tous les éléments, je
pense qu'il y a quand même un grand consensus, pas unanimité, mais un grand
consensus qu'on va dans la bonne direction.
Le Président
(M. Girard) : M. le député.
M. Marceau :
Juste revenir à la question. Donc, la question du problème qui peut surgir
lorsqu'il y a une procédure de
radiation provisoire est que ça pourrait empêcher, par l'autorité, de bloquer
des fonds. Cette question, si je comprends bien, c'est une question qui est importante, mais ce n'est pas la seule.
C'est ça qu'il faut comprendre? Que ce n'est pas la seule qui justifie
l'intégration?
Le Président (M. Girard) : M.
le ministre.
M. Leitão :
À M. Boivin.
Le Président
(M. Girard) : M. Boivin, allez-y.
M. Boivin (Richard) : En fait, globalement, ce qu'on soulignait dans le
rapport d'application, c'est que l'encadrement
québécois, dû au fait qu'on avait un régulateur et surtout, ici, qu'on avait un
régulateur intégré, alors que, pour
la supervision des représentants, qui relève des cabinets, lesquels relèvent de
l'autorité, on avait créé également, en même temps, un quasi-ordre professionnel, ça amenait une lourdeur
administrative et c'était plus compliqué. Et donc on en venait à la conclusion que notre système était
plus lourd, était moins efficace. Donc, comment peut-on le rendre plus
efficace? C'est la question à laquelle on a travaillé.
Quant
au chevauchement, je vous dirais que les cas d'enquêtes ou de plaintes qui
doivent être analysées et qui amènent
à regarder à la fois le comportement d'un cabinet et d'un représentant sont
tous des cas de chevauchement. Certains peuvent aller très bien, mais j'imagine qu'il peut y en avoir, et c'est
possiblement les cas qui ont été soulevés par la Chambre de l'assurance
de dommages, il y en a où il peut y avoir des difficultés. Et l'idéal, c'est
d'éviter qu'il y en ait.
quant au fait que ce soit compliqué et qu'il y ait des chevauchements, je me
permettrais, M. le Président, de citer
M. Luc Labelle, qui était alors président-directeur général de la CSF,
alors, en avril 2014, lors d'une conférence qu'il donnait au Cercle de la finance internationale de
Montréal, où lui-même constatait ceci, et je le cite : «Dans un
contexte où le personnel de l'autorité et
celui de la chambre peuvent avoir tous deux compétence sur un même représentant
en fonction d'un même événement,
cette mesure peut forcément créer des dédoublements de justice disciplinaire et
occasionner de la duplication d'actions sur le plan des enquêtes et des
mesures d'application.»
Et, à ce moment-là,
un peu comme je le mentionnais hier, la chambre voulait se positionner pour
revendiquer éventuellement la reconnaissance
totale d'un véritable OAR qui aurait supervisé à la fois les cabinets et leurs
représentants et non pas uniquement les représentants.
Le Président
(M. Girard) : M. le député.
Le Président
(M. Girard) : Pas de problème.
M. Marceau :
O.K. Peut-être un commentaire sur la lourdeur. Je veux dire, si on transfère
les règlements qui sont présentement... les règlements dans les
chambres, puis qu'on les transfère à l'autorité, puis, si on applique les mêmes
règlements, puis on les fait respecter, les
mêmes règlements, il n'y a pas d'allègement, là. L'allègement, peut-être,
est dans le processus d'enquête et
d'inspection. Mais, pour ce qui est des représentants ou des cabinets qui
doivent respecter des règles, des règlements, il n'y a pas d'allègement,
là. C'est juste en cas de pépin qu'il y a un changement.
M. Boivin (Richard) : Vous avez parfaitement raison, M. le député.
L'allègement n'est pas au niveau réglementaire. Ce n'est pas ça qui est
visé.
M. Marceau :
Pour que ce soit clair pour les gens qui nous écoutent, là.
M. Boivin (Richard) : C'est au niveau du processus, pour faire en sorte
que les enquêtes soient menées rapidement et qu'il n'y ait pas, dans le processus, des éléments qui vont faire en
sorte que, par exemple, l'autorité, qui peut intervenir dans les cas plus graves, soit un peu embêtée de
le faire, soit empêchée de le faire. Et, quand on parle de geler les
actifs, c'est sûr et certain que, si, dans
le processus disciplinaire, je dois être avisé qu'on entend me radier
temporairement et que je suis un mauvais joueur, bien ça va tout
simplement m'amener à gérer mes affaires pour me sauver.
M. Marceau :
Si je comprends... mais...
M. Leitão :
Et j'aimerais juste ajouter à ça...
M. Marceau :
O.K. Allez-y.
M. Leitão : ...parce que c'est très important, excusez-moi,
parce qu'en effet il n'y a pas d'allègement réglementaire, donc il n'y a pas d'allègement de la protection
des consommateurs. Donc, c'était un argument qui était utilisé souvent,
de dire : Ah! avec ce que vous allez
faire, vous allez diminuer la protection des consommateurs. Non, non. On ne
change pas l'encadrement. Nous allons suivre
les mêmes règles déontologiques. Les mêmes règles de discipline demeurent.
C'est le fait que, maintenant, on va avoir un régulateur qui, lui, va avoir une
vue d'ensemble de tous les joueurs de l'industrie.
Le Président
(M. Girard) : M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Oui. Ça, ça va dans les deux directions, en passant. Si on ne change pas les
règlements, si c'est le même encadrement, bon.
Juste
revenir sur la question du blocage puis de la radiation temporaire. Puis
peut-être que vous allez pouvoir me confirmer
que j'ai raison. Moi, ce que je comprends, c'est que l'essentiel des plaintes
vont à l'autorité. Quand les gens ont des
difficultés avec un représentant, avec un cabinet, pour diverses raisons, ça
s'en va à l'autorité. Puis là, quand ça concerne un représentant, l'autorité envoie ça à une chambre. Et là ça pose la
question, là. S'il y a quelque chose qui devient un problème par la suite, bien, il me semble qu'au
départ l'autorité n'aurait pas dû transférer le dossier à la chambre. Si
elle reçoit une plainte d'un représentant
qui dit : Aïe! Ça n'a pas de bon sens. Là où je travaille, ils s'apprêtent
à faire une fraude, je veux dire,
est-ce que l'autorité ne pourrait pas tout simplement dire : Woups! Je
vais garder ce dossier-là de mon côté, je
vais le garder proche de moi pour l'instant et je vais procéder au blocage si
c'est nécessaire? S'il n'y a pas de blocage, bien là, on transfère... s'il n'y a pas de blocage qui est envisagé, on
transfère à l'une des chambres, mais, si on pense qu'il pourrait y avoir
blocage à faire, à mener, bien là, on ne l'envoie pas aux chambres.
Il me semble
que ce n'est pas très complexe. En tout cas, à moins qu'il y a quelque chose
qui m'échappe, il me semble que ça
voudrait dire, dans le fond, que l'autorité n'aurait qu'à ne pas transférer aux
chambres dans des circonstances où elle envisage qu'il y a des dangers
de fraude ou une nécessité de blocage.
M. Boivin (Richard) : M. le
Président...
Le Président (M. Girard) :
M. Boivin, allez-y.
M. Boivin
(Richard) : ...je pense
qu'il faut faire attention de ne pas mélanger les cas de dénonciation qui
peuvent arriver. Et on a prévu, dans la loi,
justement, éventuellement, qu'on verra, des protections à ceux qui font des
dénonciations et qui constatent dans leur
entreprise, dans leur cabinet, à l'égard de leurs confrères, donc, des
situations frauduleuses et qui vont les dénoncer à l'autorité.
Dans un cas
régulier où un consommateur a été mal servi par un représentant et qu'il porte
plainte à l'autorité, c'est relativement
plus simple parce que l'autorité, à moins que le cas, la façon dont il est
décrit, ne vise que le représentant, de toute évidence, va envoyer le dossier à l'une des deux chambres
concernées. Si, à sa face même, le dossier à l'air à être pas mal plus compliqué et concerne possiblement un
cabinet, il est sûr que l'autorité va regarder l'ensemble du dossier.
Alors, quand
les plaintes rentrent au niveau de l'autorité, la gestion du dossier est plus
facile. Si le dossier rentre au niveau
d'une chambre, c'est sûr que la chambre, dans sa juridiction, elle va regarder
le manquement déontologique et elle ne va pas regarder... Et elle n'a
même pas le pouvoir de le faire, de regarder le comportement du cabinet. Si
elle a des informations sur un comportement
d'un cabinet, c'est suite à une enquête et c'est d'une façon indirecte qu'elle
va l'avoir, cette information-là.
Mais, à partir du moment où elle décide d'agir sur le représentant à bon droit
pour faire respecter la déontologie
et que c'est un cas qui peut amener une radiation temporaire, c'est sûr qu'elle
doit aviser le représentant, ce qui empêche
l'autorité, si le cas est grave, s'il y a eu appropriation illégale de fonds,
ce qui empêche l'autorité d'agir rapidement hors la connaissance du représentant experté. Or, ce que Me Fortin
expliquait hier, c'est qu'il faut agir rapidement. Et on n'avise même
pas le représentant, à ce moment-là. On va directement au tribunal et on
obtient une ordonnance.
M. Marceau :
J'essaie de... Je vous entends, puis c'est très bien, là, mais j'essaie de
voir, là, dans quelle espèce de scénario
compliqué on peut concevoir qui ferait qu'il n'y a pas de solution à ce
problème-là, là. J'essaie de voir, puis, honnêtement, ça me semble assez simple. En tout cas. C'est juste parce
que vous alliez dire que c'était un risque... Moi, j'ai l'impression que des règles de comportement à
l'autorité, d'une part, mais aussi dans les chambres, permettraient de
résoudre, pour l'essentiel, ce problème-là.
M. Marceau :
O.K. Depuis hier... je reviens à un sujet que j'ai abordé hier, là. Hier, on
m'a dit qu'il n'y avait pas de
travaux là-dessus, mais je me suis dit : Peut-être que, depuis hier, vous
avez eu le temps d'en trouver. Sur la question de la confusion de la population quant à comment procéder pour formuler
des plaintes, étant donné le fait que le système serait apparemment trop
complexe, est-ce que vous avez trouvé quelque chose, depuis hier, là-dessus?
Le Président
(M. Girard) : M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : Non, M. le Président, on n'a pas de données
empiriques, on n'a pas fait de sondage. Quand on a consulté avec le
rapport d'application, plusieurs personnes nous ont mentionné cet élément-là,
que ça créait de la confusion. Encore
récemment, comme je le mentionnais hier, lors d'un sondage qui a été fait par
le magazine Finance et
investissement auprès des
officiers de conformité, eux-mêmes constatent que leurs clients et que même
leurs représentants sont parfois confus
entre : Est-ce que ça va à l'autorité? Est-ce que ça va à l'une des deux
chambres? Donc, même les gens qui
sont sur le terrain, qui sont des praticiens, trouvent le système complexe. Et
d'autres sont venus nous dire qu'ils
n'avaient jamais entendu parler de la part de consommateurs que c'était le cas.
Donc, d'un côté, je ne peux pas vous donner les statistiques, mais, de
l'autre côté, on n'en a pas eu davantage. Donc, je pense que c'est une
question...
M. Marceau : ...que cet argument-là
revient une fois de temps en temps, là, dans la bouche de ceux qui
voudraient voir disparaître les chambres. Écoutez,
si la réalité, c'est que les gens sont confus puis ils ne comprennent pas le
système, bien, c'est effectivement une
préoccupation qu'on devrait avoir, sauf que moi, je n'ai rien pour me confirmer
que c'est un vrai problème, là.
M. Boivin
(Richard) : Si je peux me
permettre, M. le Président, comme Me Fortin l'expliquait hier, si je
suis un simple citoyen qui ne connaît pas le
système, mais qui a eu affaire à un représentant qui m'a mal servi et que je
porte plainte, que c'est une plainte
qui amène l'autorité à intervenir en même temps qu'une chambre et que j'ai
affaire avec le syndic de la chambre,
qui me demande de lui donner toute l'information que j'ai, lui donner mes
documents, la preuve, qui m'amène devant
un comité de discipline, et par la suite je reçois la visite d'un enquêteur de
l'autorité qui me demande exactement les mêmes choses en me disant : Bien, on s'occupe de la même plainte,
puis qui m'amène devant un autre forum judiciaire, en tout cas, je vais trouver ça compliqué pour rien
puis je pense que je vais arriver à la conclusion qu'il devrait y avoir
moyen de faire plus simple, certainement.
Président (M. Girard) : M. le député. Ah! M. le ministre,
allez-y.
M. Leitão : On n'est pas
dans le même... un parallèle qui va peut-être surprendre plusieurs, mais je
pense que ça donne une belle image.
On est un peu dans un endroit qui ressemble beaucoup à une discussion qu'on a,
qu'on continue d'avoir sur le rapport
d'impôt unique. Si on a un dédoublement de procédure, ce n'est pas qu'un est
meilleur que l'autre, mais on a un
dédoublement. Et ce qu'on souhaite faire ici, à l'intérieur de notre
juridiction, c'est d'avoir un régulateur unique, d'avoir une intégration du système de réglementation pour éviter
des dédoublements, des confusions potentielles, alors un système plus
rapide, plus efficace.
Président (M. Girard) : M. le député.
M. Marceau :
C'est un parallèle qui a ses limites, qui a beaucoup de limites, même, parce
que, dans le cas qui nous concerne,
si vous êtes le citoyen puis que vous avez porté une plainte, bien, vous
dites : Correct. Donc, il y a deux corps policiers ou il y a deux groupes de personnes qui s'intéressent à ma
plainte puis qui vont travailler dessus. Ce n'est pas nécessairement non
plus mauvais. Je répète...
M. Boivin
(Richard) : ...qui vont peut-être arriver à des conclusions
différentes.
M. Marceau :
Ah! bien là, il va falloir que quelqu'un s'entende à quelque part, là. Mais ce
n'est pas parce que... Moi, je ne
suis pas sûr que tout le monde verra ça de façon négative, pas s'ils arrivent à
des conclusions différentes, que deux...
appelons ça deux corps policiers ou deux corps d'enquêteurs travaillent sur un
même dossier avec des perspectives qui
sont peut-être différentes, je ne suis pas certain que je verrais ça comme un
problème. Puis, écoutez, s'ils arrivent à des conclusions différentes, qui... par exemple, bien, le représentant n'a
pas mal agi ou il a obéi à la commande qui lui était donnée par le
cabinet, mettons, là, bien, le consommateur, il n'est pas perdant là-dedans,
M. Boivin (Richard) : Le consommateur n'est jamais perdant.
Personnellement, là, je pense que le consommateur n'est... l'individu qui porte plainte n'est jamais
perdant sur une plainte en déontologie. Si elle n'est pas menée jusqu'à
une condamnation du représentant, ça va être
plate pour lui, peut-être, de voir que son représentant... S'il croit fermement
que le représentant lui a menti ou ne lui a
pas donné le produit qui convenait à ses besoins, n'a pas tenu compte de son
profile investisseur, par exemple,
certainement qu'il va être déçu. Il va être déçu du système. Mais possiblement
que, si le syndic n'a pas réussi à faire condamner le représentant,
c'est qu'il n'y avait pas matière à. Ça, c'est sûr.
Donc, le client n'est
pas perdant, parce que ce n'est pas la plainte ou la sanction déontologique ou
pénale éventuellement qui va lui redonner la perte qu'il a pu subir. Où le
consommateur va être bien protégé, c'est avec la réglementation actuelle, qui prévoit que les représentants doivent être
assurés pour la responsabilité professionnelle. S'il y a un cas de fraude puis qu'on n'est pas capable de
récupérer les actifs qui ont été distraits, il y a un fonds
d'indemnisation. Donc, il y a des filets de
sûreté qui vont faire en sorte qu'indépendamment du résultat d'une plainte de
nature déontologique, le consommateur va être indemnisé.
Mais
globalement, si on veut dire à l'ensemble des consommateurs de produits et
services financiers : Nous avons un
système qui est optimal, qui fonctionne bien, qui fait en sorte qu'il n'y a pas
de chevauchement, qui fait en sorte qu'il n'y a pas deux ou trois autorités qui peuvent se piler sur les pieds,
qui fait en sorte qu'il y a vraiment un cas de déontologie où de manquement important, il y a une équipe
organisée, intégrée, qui va être capable de mener le dossier jusqu'à bon
port, je pense que, là, on vient de créer la
confiance dans le public. Et, s'il y a plus de confiance dans le public, il y
aura plus de transactions, de ventes de produits d'assurance, les consommateurs
en général vont être mieux protégés, vont pouvoir faire de meilleures
opérations, et tout le monde va en être gagnant.
M. Leitão :
Je pense que c'est un peu...
Le Président
(M. Girard) : M. le ministre, allez-y.
M. Leitão :
Nous tentons de refaire les mêmes débats, enfin, semblables à ce qui s'était
fait en 2001, 2002, 2003, avant la
création de l'AMF, qui, elle, a été le résultat de la fusion de cinq... je pense
que c'était cinq organismes. Et donc quand
on regarde ça, maintenant, avec un peu de recul, on se rend compte que c'était
une très bonne idée de procéder avec cette
intégration-là, la création d'un régulateur unique. Et tout ce qu'on fait ici,
tout ce qu'on propose de faire ici, c'est de poursuivre dans cette voie en passant de trois organismes, maintenant, à
un organisme, qui est l'AMF, avec les missions qui sont présentement occupées par les deux chambres.
Ce n'est pas qu'on abolit les chambres, c'est qu'on transfère ces responsabilités à l'intérieur de l'AMF,
qui, elle, va continuer d'exercer ces missions-là. C'est tout simplement ça.
le... comme j'ai dit hier, pour ce qui est des... Je comprends très bien, les
questions légitimes des personnes qui présentement
travaillent pour les deux chambres. Encore une fois, les rassurer que ces
emplois-là vont migrer vers l'AMF. Donc,
de ce côté-là, il ne devrait pas avoir de craintes. Les acteurs dans
l'industrie, les regroupements de cabinets, les regroupements de représentants aussi sont favorables à une telle
intégration. Et pour ce qui est de l'autre élément, qui est le plus important aussi, la protection des
consommateurs, il n'y a pas de diminution du cadre réglementaire, il n'y a
pas d'allègement du cadre réglementaire. Donc, il n'y a pas de diminution de la
protection.
Le Président (M. Girard) : M.
le député, allez-y.
M. Marceau :
L'inquiétude que les groupes de consommateurs ont, c'est qu'une organisation
comme l'autorité, qui n'a pas une
tradition de gestion de la déontologie, qui a une tradition plus classique ou
une vision plus classique du rôle de
l'autorité, qui fait la dissuasion, bien, qu'elle soit moins empressée de faire
de la déontologie. C'est un peu les... bien, en tout cas, c'est les
inquiétudes qui ont été exprimées. Je vous les rapporte.
Le Président (M. Girard) : M.
le ministre.
M. Leitão : C'est
probablement...
M. Marceau : Vous me
trouvez... puis je vais vous poser... Vous me disiez tout à l'heure qu'il y a
un fort consensus. Vous me trouvez un
organisme de protection des consommateurs qui est d'accord avec ça, il n'y en a
pas. Ils sont tous contre. Alors,
bon, puis il y a d'autres groupes qui sont contre aussi, là, mais continuons
sur le fond, là, plutôt sur qui est pour...
M. Leitão : Il y a un organisme
qui est à l'effet...
Le Président (M. Girard) : M.
le ministre, allez-y.
M. Leitão : Il y a un organisme qui était d'accord avec cette démarche, qui était le MEDAC.
Les autres organismes importants, on
continue de communiquer avec eux, de
leur expliquer la démarche. Et je suis confiant qu'une fois qu'on va comprendre qu'on n'allège pas, on ne diminue pas
le niveau de protection... parce que c'était ça, leur crainte, là. Leur crainte, c'était qu'en faisant cette fusion on
allait diminuer les filets de protection, et ce n'est pas le cas. Donc, je
pense que nous serons capables éventuellement de les rassurer à cet égard-là.
Le Président (M. Girard) : M.
le député.
M. Marceau : O.K. On
reviendra...
M. Leitão : La question que vous aviez, l'expertise de...
donc, est-ce que l'AMF elle-même a cette expertise en déontologie, bien, puisque les personnes qui
l'ont, cette expertise présentement, qui travaillent dans les deux chambres,
ces personnes-là vont migrer à l'AMF, donc
elles vont amener avec elles l'expertise. Donc, du jour un, l'AMF ne serait
pas démunie à cet égard-là.
Le Président (M. Girard) : Allez-y,
M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : Et, si je
peux rajouter, M. le Président, c'est que les codes de déontologie ne sont pas quelque chose qui sont totalement dénaturée par
rapport au reste de la
réglementation, là. Et souvent ils vont reprendre une
partie de la réglementation libellée différemment.
Et, quand vous regardez les décisions qui sont rendues par les chambres,
souvent, le manquement qui est reproché à un
représentant en vertu de telle disposition du code de déontologie, c'est
qu'on réfère à une disposition de la
loi sur
la distribution. Et l'autorité, donc... Le commentaire me surprend parce que l'autorité, c'est vraiment sa
pratique quotidienne de faire respecter la réglementation. Un code de
déontologie, c'est une réglementation, et il y a vraiment là, je vous dirais,
des...
M. Marceau : Attendez, là,
attendez.
Le Président (M. Girard) : M.
le député.
M. Marceau : La différence,
vous la connaissez très bien, c'est que l'avantage qu'il y a avec un organisme
d'autoréglementation, c'est que les gens qui veillent à l'application du code
de déontologie sont des gens qui sont de l'industrie,
qui sont sur le terrain, qui connaissent bien les circonstances concrètes de la
pratique. Puis je pense que
c'est correct et normal d'avoir la crainte
qu'un organisme comme l'autorité, qui est plus éloigné, qui est
plus distant, qui est moins peuplé de
gens qui sont sur le terrain au quotidien, n'ait pas une compréhension fine des
enjeux puis des circonstances pratiques dans lesquelles les gens
exercent leur métier.
Bien, c'est
ça, l'inquiétude, puis c'est une inquiétude qui est fondée. Puis ce n'est pas
pour rien qu'au Québec il y a de
l'autoréglementation dans bien des secteurs puis que les ordres professionnels
fonctionnent. C'est parce que la façon dont le
quotidien se vit pour les gens qui exercent un métier peut avoir des
conséquences sur la manière dont on doit interpréter
les gestes. Vous savez très bien que c'est ça. Enfin, c'est une grande
partie
de la peur des gens qui sont dans les chambres, vous le savez très bien.
Le Président (M. Girard) :
M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : Mais,
comme le disait le ministre, les gens qui s'occupent de la déontologie et qui
la surveillent vont migrer à l'Autorité des marchés financiers. Le Tribunal
administratif, qui va prendre la
relève des comités de discipline, où,
là, on va avoir cette connaissance fine du secteur que vous mentionnez, le juge
administratif va être assisté d'assesseurs qui vont être des gens qui vont venir
des différentes disciplines concernées. Donc, il va y avoir une
continuité, il n'y aura pas de perte d'expertise.
Le Président (M. Girard) : M. le
député.
M. Marceau : Bien, ça pose la
question du renouvellement de l'expertise, en tout cas, minimalement.
M. Boivin
(Richard) : ...est dans
l'expertise. Il n'y aura pas perte d'expertise, au contraire. Et, en fait, ce
que les consommateurs...
Le Président (M. Girard) : M.
le député, allez-y.
M. Marceau :
Mais vous n'êtes même pas prêt à reconnaître qu'un organisme comme l'autorité,
qui a ses qualités, là… je ne suis
pas un détracteur de l'autorité, là, que ce soit bien clair, mais que
l'autorité, qui a une tradition, disons, de dissuasion classique, là, qui est correcte, là, qui applique un code qui
est déterminé par les parlementaires puis par des analyses puis des règlements qui sont rédigés à
l'interne, mais à distance... peut-être pas une distance totale et
complète, mais, quand même, ils sont quand
même moins proches des praticiens que les chambres peuvent l'être, puisque les
chambres, ils sont... c'est vraiment une justice par les pairs.
Le Président (M. Girard) :
M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : M. le
Président, je pense que l'autorité est aussi présente auprès du milieu que les chambres peuvent l'être. Et, en termes d'expertise
de l'autorité ou de culture d'appliquer de la déontologie, peut-être
qu'au moment de la fusion c'était moins
évident du côté d'un organisme comme l'Inspecteur général des institutions
financières, mais, du côté de la Commission
des valeurs mobilières, c'était son activité quotidienne et ça l'est encore. Le
volet des valeurs mobilières est
totalement supervisé, du côté de la déontologie, par l'Autorité des marchés
financiers. Oui, il y a une
délégation qui est faite à l'OCRCVM, mais l'OCRCVM est comme — mais là Me Paquin va dire que j'erre
peut-être en droit quant au
qualificatif — un
mandataire de l'autorité. Donc, l'autorité est vraiment sur le terrain, là. Il
ne faut pas penser que l'autorité
n'est pas consciente de ce qui se passe sur le terrain, auprès des cabinets et
de leurs représentants.
Le Président (M. Girard) : M.
le député.
M. Marceau :
Je ne dis pas qu'ils ne sont pas conscients, je dis juste qu'ils sont moins
conscients que les chambres peuvent l'être, hein?
M. Boivin (Richard) : C'est une
opinion que je ne partage pas.
M. Marceau :
Bien, la vôtre et la mienne... En tout cas, il y a bien des gens qui ne
partagent pas la vôtre, en tout cas.
Je vais faire abstraction de la mienne, là. Il y a bien des gens qui ne
partagent pas la vôtre et bien des gens qui sont inquiets de la
disparition des chambres pour la raison précise que je viens de vous dire.
M. Leitão : Mais, si je peux me
permettre...
Le Président (M. Girard) : Oui,
M. le ministre, allez-y.
M. Marceau : Bien oui, vous avez...
toutes les permissions sont...
M. Leitão :
Bien, ce que j'aimerais comprendre, c'est... c'est-à-dire dans quoi
l'intégration des chambres à l'AMF, dans
quoi cela, ça fait... quel est le problème? Dans quoi cela va diminuer la
protection d'un consommateur? Dans quoi cela va rendre le contrôle et la discipline, la déontologie... Je
n'arrive pas à comprendre quelle est l'objection principale, parce que
la solution que nous proposons, donc, l'intégration, règle les problèmes qui
ont été soulevés par le rapport d'application
de la loi, et on crée un système de réglementation qui est plus simple et
plus... une structure de réglementation qui est plus simple et plus
efficace.
Le Président (M. Girard) : M.
le député.
M. Marceau :
Bien, je vais vous retourner la question : C'est quoi, le problème
actuellement?
M. Leitão :
Le problème, ce sont les problèmes qui ont été soulevés, lors du rapport
d'application de la loi, de dédoublements,
de potentielle confusion, d'avoir une structure qui est lourde et qui n'est pas
le plus efficace possible. Ce sont les mêmes arguments dont on
discutait, dans l'industrie au début du siècle, qui ont mené à la création de
l'AMF.
M. Marceau :
Là, vous me parlez de...
Le Président (M. Girard) :
M. le député.
M. Marceau :
Vous me parlez de problèmes théoriques, là, mais, en pratique, là, en pratique,
là, les chiffres sur le fait que les mauvais comportements ne sont pas
sanctionnés, dites-moi ça, là. Dites-moi, là, qu'il y a, à cause de cette structure que vous décrivez comme inefficace, des
représentants qui se comportent mal, qui pourraient se comporter mieux si on avait votre système. Dites-moi qu'il y a des
cabinets qui font des fraudes aujourd'hui qui ne feraient pas de fraude
avec votre système. Dites-moi où sont les
problèmes actuels, puis je vais être ouvert à ce qu'on change de système pour
aller vers un système qui pourrait être une
amélioration. Mais vous n'avez pas, à ce jour, établi clairement qu'il y a des
problèmes à régler. Puis là vous me
dites : On a un système puis on vous propose un meilleur système. Puis là
c'est bien théorique, ce que vous
dites, là, mais les problèmes que vous évoquez, moi, je ne les vois pas, là.
J'ai vu... On a vu tout à l'heure... Vous me dites : Un système hautement inefficace présentement, on va
avoir un système plus efficace, alors qu'il y a eu six cas en... il y a
moins d'un cas par année, là, de chevauchement, selon les statistiques, en tout
cas, que j'ai sous la main.
Le Président
(M. Girard) : M. le ministre.
M. Leitão :
Oui, mais on ne va pas attendre d'avoir une catastrophe pour agir.
M. Marceau :
On va au moins appréhender l'ampleur du phénomène avant d'agir.
M. Leitão :
Non, mais le phénomène, il est...
M. Marceau :
On va régler des problèmes qui existent vraiment, pas des problèmes qui
n'existent pas.
M. Leitão :
Mais le problème est réel. D'ailleurs, il avait été identifié bien avant, au
début du siècle, dans les négociations, les conversations
qui ont mené à la création de l'AMF. Ils ont été à nouveau soulevés en mai
2015, lors du rapport sur
l'application de la loi, et dans toutes les discussions qui ont eu lieu par la
suite. Donc, le cadre réglementaire que nous avons maintenant fonctionne, mais il pourrait fonctionner encore
mieux si on avait un régulateur intégré qui a une vue d'ensemble de tout
le système. Parce que, quand vous avez un «setup» où vous avez une entité qui
réglemente et qui supervise les
représentants et une autre entité qui supervise les cabinets pour lesquels les
représentants travaillent, à sa face même, c'est un «setup», c'est une
structure qui n'est pas optimale.
Le Président
(M. Girard) : M. le député.
M. Marceau :
Oui. O.K. Bien, continuons la discussion, parce qu'on va... de la discussion la
lumière jaillira.
M. Leitão :
Je ne sais pas si le député de Granby veut participer à la discussion aussi.
Le Président
(M. Girard) : M. le député de Granby, ça va?
M. Bonnardel :
...est-ce que je comprends bien, hein?
Le Président
(M. Girard) : Ah! non, non, on est toujours à la discussion, oui
M. Bonnardel :
C'est ça.
Le Président
(M. Girard) : Pas de commentaire, M. le député de Granby. Ça va?
M. Bonnardel :
Ah! non, non, non.
Le Président
(M. Girard) : M. le député de Rousseau, allez-y.
M. Marceau : Je reviens à une page du mémoire de la Chambre
d'assurance de dommages. Je suis à la page 36 et je veux juste parler un peu d'efficacité,
là, donc, de ce qu'on a présentement. Alors, je vais vous lire juste deux, trois paragraphes. C'est à la page 36. Ça porte sur la notion
de guichet unique pour les consommateurs, guichet unique que, d'après
vous, nous aurions une fois l'intégration. Alors, je vous lis :
très grande majorité des plaintes traitées par la Chambre de
l'assurance dommages et par la Chambre de la sécurité financière transitent déjà par l'Autorité
des marchés financiers. Lorsque l'AMF
reçoit une plainte d'un consommateur
et qu'un élément concerne la déontologie d'un représentant en assurance de
dommages, l'AMF transfère la plainte
à la Chambre d'assurances dommages — vous pouvez m'arrêter, si ça ne va pas,
hein, s'il y a quelque chose que vous n'êtes pas d'accord, là.
«À cet égard,
les consommateurs ne semblent [pas] confondre la Chambre de l'assurance de
dommages, la Chambre de la sécurité
financière et l'Autorité des marchés financiers lorsqu'il s'agit de savoir où
porter plainte. Dans le sondage Indice
2016 réalisé par CROP pour l'Autorité des marchés financiers, 51 % des
consommateurs s'adresseraient — donc, si
ça leur arrivait, là, d'avoir un problème — à l'Autorité des marchés
financiers, 22 % à l'Office de la protection du consommateur et la balance
auprès des cinq organismes dont les trois organismes d'autoréglementation.
[Alors,] la "confusion" — je suis en train de lire,
là — invoquée
auprès de consommateurs serait donc plutôt avec l'Office de la protection du
consommateur», puisque 22 % des gens auraient le réflexe de s'adresser à
l'OPC en cas de problème. Je continue :
«En 2016‑2017, l'Autorité des marchés financiers
a répondu à 21 793 demandes téléphoniques provenant des consommateurs, tous les secteurs financiers
confondus : valeurs mobilières, épargne collective, assurance de
personnes, assurance de dommages, etc. En
2016 [toujours] — bien, en
fait, tantôt, c'était 2016‑2017, mais en 2016 — 25 000 personnes ont communiqué avec le centre d'information du BAC — Bureau d'assurance du Canada — secteur Québec, y compris le GAA,
pour des questions portant uniquement sur l'assurance de dommages, dont
61 % en assurance automobile.»
Alors,
toujours selon le mémoire de la CHAD : «Il est donc faux de prétendre qu'en
intégrant la CHAD l'AMF deviendrait
[...] guichet unique pour les consommateurs, car ceux-ci s'adressent davantage
au BAC qu'à l'AMF pour des questions en assurance de dommages.»
Pouvez-vous commenter?
M. Boivin
(Richard) : En fait, il faut
faire la distinction entre un centre d'information pour donner de
l'information au public en général,
consommateurs de produits et services financiers, et là il peut y avoir
plusieurs organismes, on parle du
BAC, du GAA, l'autorité, qui peuvent donner de l'information générale et qui
peuvent aider peut-être un consommateur à voir un peu plus clair dans
ses choix et l'amener éventuellement peut-être aussi à porter plainte.
Mais, nous,
quand on parle d'un guichet unique, il faut faire attention à l'expression, tu
sais. Ce n'est pas parce qu'on aurait
une Autorité des marchés financiers qui aurait aussi la responsabilité des
chambres qu'il n'y aura pas, demain matin,
des gens qui vont confondre l'autorité avec l'Office de la protection du consommateur,
là. Ça pourra toujours arriver.
Mais, dans le
secteur financier, ce qu'on pense, c'est qu'il est préférable d'avoir un
guichet unique dans la mesure du
possible, de faire en sorte que le consommateur n'ait pas à se poser la
question : J'ai eu un représentant qui m'a vendu tel et tel
produits. Est-ce que je vais à la CHAD? Je ne suis pas content, j'ai besoin
d'information, je veux porter plainte. Est-ce
que je vais à l'autorité? Est-ce que je vais à la CHAD? Est-ce que je vais à la
CSF? Et on a vu que les deux
chambres étaient très fortes pour faire de
la publicité et pour se faire connaître du public. Donc, ça dit au
public : Bien, on est là, et l'autorité aussi. Et moi qui ne
connais rien dans le secteur financier, à quel organisme — ...
M. Boivin (Richard) : ...je
parle en général — je vais
m'adresser en premier? Mais je peux être balayé de Caïphe à Pilate, là. On peut me promener. Et, si on me
promène, je vais dire : Bien, je regrette, mais le système n'est pas
bon. Il y a quelque chose qui ne marche pas.
Si on
reprenait à zéro, si on n'avait pas d'encadrement, si on partait d'une page
blanche et qu'on n'essayait pas de refaire
quelque chose à partir de structures existantes et de gens qui... et je
comprends la volonté des chambres de dire : On fait un travail intéressant et qui est correct,
puis on n'a jamais critiqué leur travail, on sert le public, donc pourquoi
qu'on serait intégrés? Puis je comprends ce
débat-là. Donc, c'est des intérêts qu'ils ont à défendre, leur existence, puis
tout ça. Ça, je peux comprendre ça.
Mais imaginons qu'on avait aujourd'hui, à partir d'une page blanche, à dessiner
un système d'encadrement optimal, je
douterais fortement qu'on imaginerait une structure où un aurait un régulateur juste
pour une
partie de la surveillance,
puis là on créerait deux chambres pour des activités différentes, dépendamment
des permis, des représentants, que
les cabinets iraient du côté de l'autorité. Puis je douterais fortement que la
première idée, à tout le moins, serait
de créer quelque chose qui aurait plusieurs volets. Je pense qu'on aurait
tendance plutôt à avoir un régulateur intégré, ce qui était exactement
la volonté de l'Assemblée nationale quand ils ont commencé à regarder
l'intégration des cinq organismes, 2002, et qui faisait suite au
rapport Martineau. C'était ça, la volonté.
Le Président (M. Girard) : M.
le député.
M. Marceau : Bien, je vous
soumets que, si on avait à refaire le système au complet, la préoccupation
qu'on pourrait avoir de s'assurer qu'il y a
justice par les pairs, que la déontologie puis la formation est faite par des
gens qui connaissent bien la pratique
sur le terrain, je pense que cette préoccupation serait là, elle serait encore
là. Puis je ne vous garantis pas
qu'on arriverait à la conclusion que c'est mieux de tout mettre à la même place
ou peut-être qu'on y arriverait, mais je ne suis pas convaincu. Je vous
entends, mais je ne suis pas convaincu qu'on arriverait à cette conclusion-là.
Mais, pour
revenir aux chiffres, là, que je vous mentionnais, moi, je retiens de ces
chiffres-là que, dans la mesure où l'information
est disponible puis que le consommateur, il prend le téléphone puis il appelle
à... parce qu'il y a beaucoup d'organisations,
là, il y a l'autorité, il y a le BAC, il y a l'Office de la protection du
consommateur puis il y a les organismes d'autoréglementation. Puis, à partir du moment où, une fois que le
consommateur parle à quelqu'un, on le dirige vers le bon endroit, moi, je ne vois
pas de très grave problème avec ça. Donc, ma question, c'est : Vous,
est-ce que vous voyez un problème avec ces chiffres-là ou si vous ne
voyez pas de problème?
M. Leitão : Peut-être qu'on ne
parle pas des mêmes chiffres, mais les chiffres que nous avons ici en ce qui concerne, donc, l'étude faite par... je pense
c'est l'Office de la protection du consommateur, en posant la même
question, si un consommateur ou une
consommatrice éprouve un problème en matière d'assurance parce qu'un
représentant l'aurait mal conseillé,
à quel organisme recommanderiez-vous que cette personne s'adresse, et les deux
qui ressortent, c'est d'abord les chambres,
le plus élevé, et puis, deuxièmement, l'AMF. Donc, le reste, l'OPC ou les
autres, les tribunaux, ça, c'est beaucoup
plus petit. Mais donc, les consommateurs, déjà, ont cette ambivalence,
disons-le comme ça, de ne pas savoir s'ils s'adressent à l'un ou à
l'autre ou aux deux organismes. Donc, c'est pour ça que nous jugeons qu'on
aurait tout à gagner à les intégrer.
M. Marceau : Ils
s'adressent au Bureau d'assurance du Canada aussi, là. En fait, en nombre plus
grand, ils appellent au Bureau d'assurance du Canada plutôt qu'à l'autorité.
Le Président (M. Girard) : M.
le ministre.
M. Leitão :
On ne regarde pas les mêmes chiffres. Nous, ce qu'on a ici, c'est quand on
regarde, donc, à qui on devrait
s'adresser quand on éprouve un problème en
matière d'assurance parce qu'un représentant nous aurait mal conseillé,
à quelle organisation gouvernementale.
M. Marceau : C'est dans
quel document que vous regardez?
M. Leitão : Ça, c'est le
mémoire de la CACQ, la page 141.
M. Marceau : Et vous...
C'est quoi, la question? Excusez-moi, je n'ai pas...
M. Leitão :
La question : «Si un consommateur [...] consommatrice éprouve un problème
en matière d'assurance parce qu'un
représentant [l'aurait] mal conseillé, à quel organisme gouvernemental
recommandez-vous que cette personne s'adresse?» Et c'est là qu'il y a
une liste de plusieurs organismes. Les deux qui ressortent, les deux, c'est
l'AMF ou les chambres.
M. Marceau :
Ça, c'est un sondage, là. Ça, c'est un sondage. Puis, croyez-moi, les sondages,
ce n'est pas tout faux, mais ce n'est pas toujours vrai non plus.
Par ailleurs, dans la réalité, ce que les gens
font, en tout cas, ce que je sais, là... Je ne sais pas combien... Évidemment, je n'ai pas les chiffres sur le nombre
de téléphones reçus par les chambres, mais, en 2016‑2017, l'autorité a répondu à 21 793 demandes téléphoniques
provenant des consommateurs, tous secteurs financiers confondus, donc
valeurs mobilières, épargne collective,
assurance de personnes, assurance de dommages. Et donc, par définition, il y en
a beaucoup moins que 21 793 pour l'assurance de dommages et
l'assurance de personnes, alors que le secteur Québec du Bureau d'assurance du Canada a reçu
25 000 téléphones, lui. Ça fait qu'au-delà de ce que les gens
répondent dans les sondages, là, en pratique, les gestes qu'ils posent,
c'est d'appeler au Bureau d'assurance du Canada.
Le Président (M. Girard) : M.
le ministre.
M. Leitão :
Mais, comme M. Boivin a mentionné tantôt, il faut faire une distinction
entre les demandes d'information...
et c'est très normal et très souhaitable que les gens appellent soit à l'Office
de la protection du consommateur soit
au Bureau d'assurance du Canada, l'AMF ou autres. Ça, c'est très bien. Nous, ce
qu'on essaie d'adresser ici, ce n'est pas
les demandes d'information, mais c'est donc l'encadrement de l'industrie, et
donc qui investit ou qui enquête. Encore là, on ne va pas se lancer dans la guerre de mots, là, lequel est le plus
approprié. Mais, quand il y a une intervention à faire par le régulateur, bon, s'il y a un régulateur,
c'est bien plus simple, hein, que si nous avions une structure bicéphale
ou tricéphale, comme celle qu'il y a maintenant.
Le Président (M. Girard) : M.
le député.
M. Marceau :
Mais est-ce que ce n'est pas quand même un peu révélateur de ce qu'il y aura
toujours beaucoup d'intervenants puis
d'institutions et que, nécessairement, l'argument de la simplification puis du
guichet unique est un peu... enfin,
est faible, je dirais, comme cet argument-là, parce que, de toute évidence,
s'il y a confusion du point de vue des consommateurs,
ce n'est pas entre les chambres puis l'autorité. Puis ce n'est même pas une
question de confusion, là. Ce qui compte,
c'est que les gens appellent et que, quand ils vivent un problème, ils font des
téléphones, ils font des démarches, ils appellent les organisations dont ils savent qu'elles sont crédibles et,
éventuellement, ils sont dirigés au bon endroit par ces organisations-là. Puis, quand je regarde les
chiffres qui sont là, là, en pratique, il y a des gens... Enfin, on ne va pas
prévoir d'abolir le Bureau d'assurance du Canada parce que les gens sont
nombreux à appeler là-bas, là. On s'entend.
Le Président (M. Girard) : M.
le ministre.
M. Leitão :
Non. S'il y a une chose qu'on a apprise depuis 2008, c'est que, justement, le
modèle le plus efficace ou le modèle
le mieux adapté pour faire face à un environnement qui est de plus en plus
complexe dans le système financier en général,
et ici si on parle surtout d'assurance, mais le modèle qui est le plus efficace
pour encadrer l'industrie et, en même temps,
s'assurer que l'industrie fonctionne convenablement et les consommateurs sont
bien protégés, le meilleur modèle, c'est
le modèle d'un régulateur unique, un régulateur intégré. C'est ce modèle-là qui
est... D'autres juridictions essaient de se diriger vers un tel modèle.
Nous avons
un, ici, qui est déjà... on a déjà plusieurs longueurs d'avance. Et ce qu'on
souhaite faire maintenant, c'est de
le rendre encore plus performant et plus efficace en ayant la possibilité
d'avoir une vue d'ensemble, de pouvoir superviser cabinets et employés
par la même entité. Je pense que c'est la logique même du système.
Président (M. Girard) :
Sur ces bons mots, M. le ministre, je vous remercie de votre collaboration. Je
remercie les gens à l'enregistrement, le
secrétaire de la commission, les gens du ministère, tous les collègues autour
de la table.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 15 heures cet après-midi.
(Suspension de la séance à 13 heures)
<15391
(Reprise
à 15 h 10)
Président (M. Bernier) :
À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
des finances publiques reprend ses
travaux, et je vous rappelle que la
commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 141, Loi
visant principalement à améliorer
l'encadrement du secteur financier, la protection des dépôts d'argent et le
régime de fonctionnement des institutions financières.
Avant de poursuivre nos travaux, j'ai quelques
éléments à vous présenter. Premièrement, je désire déposer un document qui a fait l'objet de rencontres avec le
comité directeur de la Commission des
finances publiques sur la réforme de la
partie 3 de la
Loi sur les
compagnies. Donc, nous avons eu une rencontre sur le sujet. Donc, nous allons
rendre ce document disponible à tous les membres de la commission et recommander à la future Commission des
finances publiques, dans la prochaine législation, de regarder ce sujet
attentivement.
Donc, nous
aurons l'occasion, M. le
vice-président — je
m'adresse à vous comme vice-président — de transmettre nos recommandations sous votre signature et sous
la signature de l'autre vice-président, ainsi que la mienne, sur le
sujet, donc, parce que c'est un sujet qui est fort important en ce qui regarde
les OBNL.
M. Marceau :
M. le Président, je suis de votre avis puis je remercie le ministère des
Finances d'avoir contribué en fournissant
ce document qui pourra lancer le débat, dans la prochaine législature, sur un
sujet extrêmement important.
Président (M. Bernier) : Merci. Je dépose également pour
rendre publique une correspondance reçue de la Chambre de l'assurance des dommages, qui a été adressée en date du
29 mai, qui m'a été adressée en date du 29 mai, qui concerne des questions adressées aux membres de la
Commission des finances publiques sous la signature de Maya Raic,
présidente-directrice générale. Donc, je rends ce document public, Mme la
secrétaire.
Nous en étions, ce matin, à des discussions en
ce qui regarde la responsabilité des chambres, et nous allons poursuivre ce sujet cet après-midi. Donc, je vous
souhaite une bonne après-midi. Merci à tous les parlementaires qui vont participer et au personnel qui nous accompagne
dans nos travaux. Donc, sans plus tarder, la parole est au député de Rousseau.
M. Marceau :
Oui. Merci, M. le Président. Je veux juste redire et réitérer au ministre que,
bon, premièrement, moi, je suis très
à l'aise avec l'idée de poursuivre sur les chambres, j'ai encore énormément de
questions à poser. Mais j'ai fait l'offre
ce matin, puis je la refais, si le ministre veut la saisir, l'offre, donc, de
disposer des mesures qui étaient dans le projet de loi n° 150 puis qu'on doit éventuellement, dans le cadre de
cette commission, aborder, entre autres les mesures, là, concernant les courtiers en assurance. Comme je le
disais, ce matin, il y a un consensus qui s'est dégagé et il y aurait
moyen de passer à travers ces mesures-là, si le ministre le veut, maintenant.
S'il préfère que non, je respecte ça aussi, mais il y aurait moyen de le faire maintenant. Et, voilà, en fait, je voulais
juste le suggérer. Sinon, bien, retournons tout simplement à l'étude des
dispositions concernant les chambres, M. le Président.
Le Président (M. Bernier) :
M. le ministre.
M. Leitão :
Oui, en effet, on avait discuté de ça ce matin, et nous aussi, nous jugeons
qu'il y a consensus. Et donc il y a
des changements qui seront apportés et qui pourront, à ce moment-là, être
analysés rapidement. Mais on fera les choses
dans l'ordre. Donc, on continue maintenant avec le projet de loi n° 141,
et puis, quand on arrivera au moment, on le fera.
Mais, encore
une fois, je salue l'ouverture de notre collègue et je présume que le député de
Granby aussi souhaite cela, donc, qu'on y arrive le plus rapidement
possible. Alors, continuons avec notre menu.
Président (M. Bernier) : Donc, nous allons donc poursuivre
nos discussions sur la responsabilité des chambres. M. le député de
Rousseau.
M. Marceau :
Oui. Alors, ce matin, j'ai lu un bout du mémoire de la Chambre de l'assurance
dommages, présenté devant notre
commission le 17 janvier dernier et portant sur la notion de guichet
unique. Et c'est de cela dont on discutait ce matin, lorsque nous avons
interrompu nos travaux pour aller manger.
Alors, le
ministre a fait référence à des chiffres qui provenaient d'un sondage qui avait
été réalisé, de mémoire, par les associations de consommateurs, c'est
bien ça?
M. Leitão : C'est bien ça, oui.
M. Marceau :
Et moi, je faisais référence à des chiffres, donc, qui sont dans le mémoire de
la Chambre d'assurance dommages. Je vais vous les redire, M. le
Président. En 2016‑2017, l'Autorité des marchés financiers a répondu à 21 793 demandes téléphoniques provenant
des consommateurs, tous secteurs financiers confondus. Donc, ça incluait
les valeurs mobilières, l'épargne
collective, l'assurance de dommages, l'assurance de personnes. Ce que ça veut dire, c'est que, concernant l'assurance de personnes et assurance de dommages, il y en a
moins que le 21 793 dont je viens de vous parler, puisqu'on imagine
qu'il y a eu, à l'Autorité des marchés financiers, des demandes téléphoniques
qui ont été faites concernant les valeurs
mobilières ou l'épargne collective. Donc, assurance de personnes, assurance de
dommages, il y en a moins que
21 793. Et, en comparaison, en 2016, 25 000 personnes ont
communiqué avec le Centre d'information du BAC, secteur Québec, donc du
Bureau d'assurance du Canada.
C'est donc
dire que cette notion de guichet unique, enfin, présentement, elle n'existe
pas, elle n'existe certainement pas,
puis ce n'est pas le fait de faire disparaître les chambres qui va amener les
gens à ne plus appeler au Bureau d'assurance du Canada, là, on s'entend. Alors, il n'y a pas véritablement,
présentement, de guichet unique. Il y a des gens qui savent qu'il existe plusieurs institutions, des chambres,
l'Autorité des marchés financiers, le Bureau d'assurance du Canada. Il y
a même des gens qui s'adressent à l'Office
de la protection du consommateur, probablement, je n'ai pas le chiffre,
mais on sait que, par sondage, il y a des
gens qui, spontanément, iraient vers l'Office de la protection du consommateur,
mais on imagine qu'en réalité il y a
certaines personnes qui ont appelé là-bas aussi. Ce qui fait que je pense que
c'est difficile de croire que le fait
de faire disparaître les chambres va tout d'un coup créer un guichet unique,
alors que ce n'est pas vers les chambres qu'en tout cas
25 000 personnes se sont tournées lorsqu'elles avaient des questions.
Le Président (M. Bernier) :
M. Boivin.
M. Boivin
(Richard) : M. le Président,
quand, dans notre langage, on parle de guichet unique, on ne réfère pas nécessairement à différentes organisations de
nature privée qui peuvent vouloir donner des informations à leurs
clientèles, on parle de regrouper, donc, à
l'intérieur d'un seul guichet l'exercice de surveillance de la réglementation.
Donc, on parle d'organismes
réglementaires créés par la loi. Alors, il faut faire attention à l'expression
«guichet unique». Quand nous l'avons
employé, c'était dans le contexte du regroupement d'organismes publics qui
appliquent une réglementation dans le secteur financier.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député.
M. Marceau :
Alors, pour vous, un guichet unique, c'est un endroit où on peut déposer une
plainte formellement, c'est ça? Juste être bien clair de... et
comprendre...
M. Boivin
(Richard) : C'est la façon
dont on a qualifié effectivement, là, la volonté du gouvernement, qui
date de l'époque de la création de l'Autorité des marchés financiers, de donner
au consommateur qui fait affaire avec des intervenants
dans le secteur financier... d'avoir un seul endroit où s'adresser pour régler
ses problèmes qui se rapportent à l'application de la réglementation et
de la législation.
M. Marceau :
Mais, bon, en pratique, les gens s'adressent à d'autres endroits, mais ils sont
dirigés, on l'espère, vers le bon
endroit. Est-ce que, M. le ministre, vous pouvez nous redéposer... nous déposer
plutôt que de redéposer, déposer des
chiffres ou m'indiquer la page, dans quel document où je peux trouver le
sondage auquel vous faisiez référence ce matin?
Le Président (M. Bernier) :
M. le ministre.
M. Leitão :
Très bonne question. Je vois... c'est la page 141, c'est ça?
Page 141, en effet, parce que c'est le projet de loi n° 141,
drôle de coïncidence. Page 141 du mémoire de l'organisme.
M. Marceau : De la
Coalition des associations de consommateurs du Québec, c'est ça?
M. Marceau : Je pense
que ce serait utile qu'on soit capables de bien comprendre les nuances, là.
M. Marceau : Bien,
écoutez, moi, je vais vous lire pour qu'on... à la page...
Le Président (M. Bernier) :
Pour ceux qui suivent les travaux, il est sur le site, sur la cote 021M,
sur le site de la Commission des finances publiques.
M. Marceau :
O.K. Parfait. Et le mémoire nous a été présenté le 17 janvier, M. le
Président, en commission parlementaire.
Le Président
(M. Bernier) : Merci, monsieur...
M. Marceau :
Alors, à la page 140, on peut lire ce qui suit : «Signalons qu'on entend
parfois un quatrième argument : l'existence des chambres engendrerait de
la confusion auprès du public, qui ne saurait à qui s'adresser s'il éprouvait
un problème. Cet argument ne convainc pas davantage, pour deux raisons.
«D'abord,
il s'agirait de quantifier cette confusion et de la comparer à celle qui peut
exister dans de nombreux autres
domaines. Pour notre part et dans le cadre de notre enquête auprès des
associations de consommateurs québécoises, nous avons toutefois voulu évaluer le degré de perplexité de certains
intervenants à cet égard. Voici la question que nous avons posée et le
résultat que nous avons obtenu...»
Alors,
j'interromps ma lecture, M. le
Président, juste pour préciser que,
donc, le sondage a été réalisé auprès des associations de consommateurs québécois
et non pas auprès de consommateurs directement, là. Ce sont des associations qui ont
répondu.
Alors,
je continue ma lecture, M. le
Président. Donc, la question qui a
été posée : «Si un consommateur ou une consommatrice éprouve un problème en matière d'assurance parce qu'un
représentant l'a mal conseillé, à quel organisme gouvernemental recommanderiez-vous à cette personne de s'adresser?» O.K. Et
donc, comme il y a 20 personnes qui ont rempli le sondage, évidemment, il y a
un maximum de 20 réponses qui ont été obtenues. Alors, j'ai un tableau,
alors je vais... pas un tableau, un
histogramme, mais je vais être capable, je vais être en mesure de vous donner les réponses. Alors, l'office... Donc, ce sont des associations de consommateurs qui répondent, là,
comprenons-nous. Alors, il y en a une qui a répondu : Office de la protection du consommateur, il y en a
quatre qui ont répondu : Autorité des marchés financiers, il y en a
huit qui ont répondu : les chambres, tribunaux, personne, autre, trois, et
ne sait pas, un.
Le Président
(M. Bernier) : Des commentaires?
M. Marceau :
Ce qui fait 17 réponses, M. le Président...
Le Président
(M. Bernier) : Sur 20?
M. Marceau :
...17 réponses, puis il y a apparemment trois personnes qui n'auront pas
répondu. Est-ce que vous voulez commenter?
Le Président
(M. Bernier) : Des commentaires, M. Boivin? M. le ministre.
M. Leitão :
Ce qu'on avait mentionné ce matin, quand on avait fait allusion à ce
sondage-là, ce questionnaire-là, c'est
qu'il nous donnait l'impression que même les organismes qui... donc, qui
oeuvrent auprès des consommateurs, même ces organismes-là sont eux-mêmes... Il n'y a pas d'unanimité. Donc, eux,
ils enverraient leurs clients soit aux chambres, soit à l'AMF, soit à l'Office de la protection du
consommateur. Donc, cette confusion, si on veut ainsi dire, ce manque de
clarté existe au niveau même des organismes bénévoles qui conseillent les
consommateurs.
Le Président
(M. Bernier) : Merci.
M. Marceau :
Moi, je suis plutôt... Je vais vous lire le texte qui suit, là :
«Compte tenu du
libellé de la question, la réponse la plus précise renvoyait aux chambres de
l'assurance de dommages et de la sécurité
financière. La moitié des répondants ont fourni la meilleure réponse, ce qui
est d'autant plus satisfaisant que les répondants dans la catégorie
"autre" ont affiché un niveau élevé de compréhension des domaines
d'intervention de nombreux intervenants — ils ont répondu
"autre" en fournissant en commentaire une réponse plus complète et
détaillée que le choix un peu schématique qu'on leur offrait. En somme, les
associations connaissent assez bien les ressources dans ce domaine et les deux
tiers ont fourni une réponse irréprochable.»
Vous n'êtes pas
d'accord?
M. Leitão :
Écoutez, ce n'est pas de cette façon que j'interprète cet histogramme-là.
M. Marceau :
Quand on dit «chambres» ou «Autorité des marchés financiers», on est pas mal,
quand même, non?
Le Président
(M. Bernier) : M. Boivin.
M. Boivin
(Richard) : On peut se tromper à 50 %.
M. Leitão :
Mais, comme on avait mentionné aussi ce matin, quand on a fait allusion au
rapport d'application de la loi, il y
avait toute une série d'éléments qui nous amenaient à faire la proposition
qu'on fait ici. Ce manque de clarté ou confusion, appelons-le comme on voudra, était un
des éléments, ce n'était pas le seul. Mais, comme M. Boivin a déjà
répété plusieurs fois, il faut regarder ça
aussi du point de vue de l'efficacité des organismes qui effectuent la
réglementation de ces marchés-là.
Donc, d'avoir une entité qui englobe les missions qui sont maintenant exercées
par les chambres, donc tout cela
continue de se faire, c'est important que ça se fasse. Bien réitérer ça. Mais,
si tout cela se fait au sein du même... d'un même organisme, à notre
avis, ça facilite, ça simplifie et ça rend l'encadrement plus efficace.
M. Marceau :
Enfin, moi, quand je regarde cet histogramme, je dirais qu'il y a une mauvaise
réponse, là, c'est OPC, mais les
autres sont... enfin, a priori, pourraient être des bonnes réponses, là. Donc,
une mauvaise réponse sur 17, ça m'apparaît plutôt bon.
M. Boivin
(Richard) : Ça dépend du
problème, de l'assurance qui est concernée. Si vous envoyez quelqu'un à
la chambre, alors qu'il aurait dû s'adresser
à l'Autorité des marchés financiers, bien, vous vous êtes trompé, et vice
versa.
M. Marceau : Bien, comme
la question était suffisamment large pour que ça puisse englober une variété de
problèmes...
M. Boivin (Richard) : Il faut
faire attention...
M. Marceau :
En tout cas, non, mais ce n'est pas moi, ce n'est pas moi qui ai utilisé ce
sondage-là en premier, c'est vous,
là. Je fais juste dire : L'interprétation que vous faites du sondage me
semble très sévère, et, à l'inverse de vous, moi, quand je regarde le sondage, moi, je constate que,
sur les 17 réponses auxquelles j'ai droit, il y en a une qui,
manifestement, n'est pas bonne, mais toutes les autres sont plausibles et ne
constitueraient pas une erreur, quant à moi.
M. Leitão : Non, mais s'il y avait
juste un organisme, les 17 seraient... indiqueraient...
M. Marceau : ...l'OPC, là, mais, si on considère
que d'aller à l'AMF ou aux chambres est une réponse acceptable... Enfin, quoi qu'il en soit, c'est vous qui avez...
Puis je veux juste continuer le texte, parce qu'il y avait un bout qui
suivait qui est intéressant puis qui va un peu dans le sens de ce que je disais
il y a quelques minutes. Ça dit : «D'autre part, l'abolition des chambres laisserait subsister les mécanismes de
traitement des plaintes des fournisseurs, le centre d'information du
Bureau d'assurance du Canada, l'ombudsman des assurances de personnes — bon,
évidemment — l'Office
de la protection du consommateur. [Et donc il] ferait donc bien peu pour
réduire le nombre d'intervenants et les risques de confusion. Il n'y aura pas de guichet unique ni dans ce domaine ni dans
les autres secteurs du domaine financier.» Ça, c'est leur affirmation,
M. Boivin (Richard) : Mais
c'est encore là où on mon mélange...
M. Boivin
(Richard) : Non, on mélange
des pommes et des oranges. Quand on parle de plaintes traitées par les organismes, entre guillemets, de l'industrie qui
veulent aider le consommateur, c'est dans le cadre de réclamations, du traitement d'un dossier d'une réclamation d'une
police d'assurance, alors j'ai une réclamation, je n'ai pas été
indemnisé à la hauteur de ce que je pensais,
je ne suis pas satisfait. Les chambres ne règlent pas ces problèmes-là. Ça ne
les concerne pas, mais pas du tout.
Ça fait que, quand on parle de guichet unique dans notre langage, ce qu'on veut
viser essentiellement, puis là on
peut bien essayer de mélanger toutes les choses en même temps dans le même
panier, mais ce qu'on veut viser, c'est la surveillance, l'encadrement
des acteurs du secteur financier, des cabinets et de leurs représentants.
Alors si vous
avez quelqu'un avec qui vous avez fait affaire, qui a commis une faute en
déontologie, qui vous a fraudé, nous,
on pense que le meilleur moyen d'aider le consommateur à faire valoir son point
et appliquer par la suite la réglementation
et s'assurer que cette réglementation-là va être appliquée le plus rapidement
possible et de la façon la plus harmonieuse
possible, c'est d'avoir ce qu'on appelle dans notre jargon un guichet unique.
Mais ça n'a rien à voir, cette question-là,
avec celui qui répond au consommateur qui n'est pas satisfait de la façon dont
sa réclamation a été traitée.
M. Leitão : Guichet unique de
surveillance et encadrement.
Le Président (M. Bernier) : M.
le député.
M. Marceau :
Bien, en tout cas, ça va aussi... C'est à cause que, dans la tête des gens
puis, en tout cas, certainement dans
ma tête aussi, un guichet, ça réfère à un endroit auquel on s'adresse si on
éprouve des difficultés, on a un problème à faire régler. C'est la porte d'entrée, si vous voulez, du système.
Appelons ça, la porte d'entrée du système. Puis la porte d'entrée, pour plusieurs personnes, c'est prendre
son téléphone puis appeler à quelque part qui semble une institution en mesure de répondre à notre besoin. Et tout ce que
les chiffres semblent dire, c'est qu'il n'y a pas d'endroit unique auquel les gens s'adressent. Ce qui ne veut pas dire qu'une
fois qu'ils sont rendus à la bonne place, comme vous le dites, là, vous
allez passer de deux bonnes places... Ce que
vous voudriez qu'on fasse, c'est qu'on passe de deux bons endroits à un bon
endroit. Ça, je comprends votre point. Mais
ça ne change pas le fait que, spontanément, les gens ne vont pas directement au bon endroit. Ça, c'est ce que les chiffres... la réalité dit,
c'est tout.
M. Boivin (Richard) : Et c'est le cas parce que plus il y aura d'organismes qui vont vouloir aider le consommateur, plus le consommateur va
être ballotté d'une place à l'autre.
Concernant
le traitement des plaintes qui sont de nature civile, donc : Je ne suis
pas satisfait de la façon dont ma réclamation
a été traitée, on a tout réglé ça précédemment, dans le cadre du traitement des plaintes qu'on a vu avec la Loi
sur les assureurs et les autres lois du secteur financier. Donc, on a déjà, de
ce côté-là, en place un guichet unique, ce qui n'empêche pas les ombudsmans de ce monde de vouloir aussi aider le
consommateur, ce qui n'empêche pas les assureurs eux-mêmes de se donner
des mécanismes de traitement des plaintes. D'ailleurs, on leur demande de le
faire. Mais ultimement on aimerait bien
diriger toujours les consommateurs au même endroit, parce que, là, en
spécialisant un organisme gouvernemental, on pense qu'on va avoir, pour
le consommateur, une meilleure protection.
Du côté de l'encadrement,
donc de la supervision et de l'application de la réglementation qui s'applique
aux cabinets et aux représentants en
déontologie, encore là on pense qu'on ferait une meilleure affaire si c'était
centralisé. Il y a des gens qui sont contre
la centralisation, et d'autres sont favorables. C'est une question de comment
on voit les choses et comment on veut
s'organiser. Nous, on pense que la centralisation, dans ce cas-ci, amènerait
une meilleure structure et une meilleure efficacité.
Le Président
(M. Bernier) : Merci.
M. Marceau :
Ça, c'est l'essentiel de la discussion que je voulais avoir sur la question de
la confusion, là. Puis moi, je
continue de penser qu'à partir du moment où les différentes institutions en
place conduisent les consommateurs cherchant à obtenir réparation vers le bon endroit, je continue de penser que...
En tout cas, je continue de penser que le problème dont il semble... que vous appelez être un problème
important n'en est pas véritablement un. Mais c'est une question de
jugement, encore une fois. Et on peut...
M. Marceau :
...diverger. On peut diverger.
M. Boivin (Richard) : Je vais faire une comparaison très boiteuse. Un
consommateur appelle chez un commerçant, et on lui demande de faire le 1, faites le 2, faites le 3, il n'est
jamais très content. Il préfère avoir la réponse dès le moment où
quelqu'un va décrocher le téléphone.
M. Marceau :
Vous n'avez pas à me convaincre que le monde dans lequel ce sont des menus qui
me répondent n'est pas le meilleur des mondes. Ça, vous n'avez pas à me
convaincre de ça.
Le Président
(M. Bernier) : Il y en a qui sont plus complexes que ça, hein?
M. Marceau :
Oh oui! Il y en a qui ont plusieurs niveaux de menu...
Le Président
(M. Bernier) : ...le 2, si vous faites le 3, faites le 4.
M. Marceau :
C'est ça. O.K.
Le Président
(M. Bernier) : On continue.
M. Marceau :
Sur ce, en tout cas, bon, en tout cas, on reviendra peut-être sur la question
de la confusion, là, mais, en tout cas, je pense qu'on en a parlé pas
mal. Je pense que les résultats sont mitigés sur cette question-là.
Le Président
(M. Bernier) : Pardon?
M. Leitão :
Je les trouve très clairs, les résultats sur la confusion.
Le Président
(M. Bernier) : Ah oui?
M. Leitão :
Mais, encore là, c'est un...
M. Marceau :
Moi, je suis confondu sur la clarté, M. le Président. Non, écoutez, moi, si
j'avais à conclure sur cette
question-là, je ne trouve pas que cet argument de la confusion devrait m'amener
à faire disparaître les chambres. Il y a peut-être d'autres raisons, là, qu'en tout cas je n'ai pas encore entendues,
je les entendrai peut-être, mais, à ce stade-ci, cet argument-là ne me
convainc pas.
M. Leitão :
Encore une fois, ce n'est pas de faire disparaître les chambres...
M. Marceau : Non, non. Bien
non. Je sais.
M. Leitão :
...nuance, c'est de transférer leur mission à l'AMF.
M. Marceau :
Les abolir et les transférer.
O.K.
Bon, là, les responsabilités des chambres, essentiellement, il y en a
deux, là. Il y a l'application du code de déontologie puis il y a les obligations
en matière de formation continue. On a parlé un peu de déontologie, puis j'y reviendrai peut-être, mais j'aimerais
aborder la question de la formation. Comment cela va-t-il fonctionner désormais
avec le modèle que vous proposez? Enfin, peut-être
expliquer aux gens qui nous écoutent comment ça fonctionne présentement
et comment ça va fonctionner désormais si on procède de la manière que vous
suggérez.
Le Président
(M. Bernier) : M. Boivin
M. Boivin (Richard) : M. le
Président, les chambres ont adopté
des règlements qui obligent leurs membres à suivre des cours en formation continue. Donc, c'est une
trentaine d'heures, si je ne m'abuse, pendant une certaine période. Et
donc, à chaque période, vous devez
renouveler cette formation continue, de la même façon que dans les ordres
professionnels. Ce règlement est approuvé
par le gouvernement. Et donc c'est de même nature qu'un règlement que
l'Autorité des marchés
financiers adopterait éventuellement sur le sujet.
Alors
donc, les représentants ont l'obligation de suivre ces cours pour maintenir
leur permis en vigueur, et les unités
sont supervisées par les chambres et délivrées par les chambres. Les chambres
adoptent aussi des cours obligatoires souvent
qu'elles donnent elles-mêmes, donc, au lieu de reconnaître des formateurs,
elles vont les donner elles-mêmes, mais
il y a aussi des formateurs qui sont reconnus et qui vont donner ces
formations-là. Ça fonctionne exactement
comme dans les ordres professionnels. Et,
advenant l'intégration des missions des chambres à l'Autorité des marchés financiers, ça va
continuer à fonctionner exactement de la même façon.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député.
M. Marceau :
Merci, M. le Président. Comment le contenu des cours est-il établi? Le
savez-vous?
M. Boivin (Richard) : Les cours sont établis par... le contenu est
souvent déterminé par des formateurs qui les soumettent aux chambres, et
les chambres vont apprécier la pertinence du cours par rapport à la catégorie
de permis. Dépendamment de l'exercice professionnel que le représentant a, ils vont
essayer d'adapter les cours à sa pratique. Alors, il y a souvent des cours qui vont porter sur les
produits, sur les méthodes de mise en marché de vente. Les plus
importants sont les cours sur la conformité, qui sont les cours obligatoires.
M. Marceau :
Est-ce que présentement l'autorité intervient dans le contenu des cours?
M. Boivin
(Richard) : Pas pour l'instant.
M. Marceau :
Non? Savez-vous le volume de cours qui sont donnés ou le volume d'heures qui
sont données au Québec?
M. Boivin
(Richard) : Je n'ai pas cette information, je ne pourrais pas vous
dire. Il y a des organismes qui se spécialisent dans ce genre de cours et qui
sont reconnus.
M. Marceau :
C'est dans le secteur privé, ils sont accrédités...
M. Boivin
(Richard) : Ils sont accrédités, oui, absolument. Il y a le Conseil
des professionnels en services financiers,
notamment, qui est une émanation de la CSF, qui regroupe donc les anciennes
sections dites associatives de la Chambre
de la sécurité financière, qui se spécialise là-dedans, dans les cours de
formation, et de plus en plus dans des cours de formation en ligne.
Le Président
(M. Bernier) : Est-ce qu'il y a des institutions publiques qui
participent à...
M. Boivin (Richard) : Il y a certains cours qui peuvent être aussi pris
par le public qui voudrait s'informer, là, mais qui ne donnent pas nécessairement des unités de formation si ce
n'est pas relié à votre permis. Mais, généralement, le cercle de
diffusion de ces formations-là est restreint aux représentants et...
Le Président
(M. Bernier) : ...cégep, université, ces choses-là?
M. Boivin
(Richard) : Non, pas que je sache.
M. Marceau :
Votre compréhension, votre analyse des contenus... enfin, je recommence cette
phrase-là. Est-ce qu'au ministère vous jetez un coup d'oeil au contenu
des cours ou pas du tout?
M. Boivin (Richard) : On va jeter un coup d'oeil au niveau de l'adoption,
l'approbation du règlement. Quand on nous
propose les catégories de cours que doivent suivre les catégories de
représentants, c'est à ce moment-là qu'on regarde ça. Mais l'application
concrète de cette activité-là appartient aux chambres et éventuellement sous la
supervision de l'autorité quand l'autorité fait des inspections, là, des
chambres.
Ce que je vous dirais en termes d'intégration,
pour parler encore d'un guichet unique, l'entrée en carrière est déterminée par
l'autorité. C'est l'autorité qui détermine les cours, les examens, donc, que
les représentants doivent rencontrer,
satisfaire, obtenir pour entrer en carrière. Et là, par la suite, ce sont les
chambres qui décident de la formation continue.
Je ne veux
pas dire que ce n'est pas bien attaché, mais, encore là, si c'est fait par la
même organisation, je pense qu'on
peut penser qu'il pourrait y avoir encore une meilleure intégration du besoin
entre la formation de base, d'entrée en carrière, et la formation
continue de celui qui est déjà, là, en exercice.
M. Marceau : Puis à
l'étape de l'entrée en carrière, c'est quoi? C'est un test de connaissances
générales du règlement ou un test de connaissances de...
M. Boivin
(Richard) : Il y a des cours
qui sont dispensés par notamment les cégeps, là, donc, quelqu'un qui
veut devenir un représentant va suivre un cours, mais il y a un examen à passer
à l'Autorité des marchés financiers.
M. Marceau :
O.K., mais le test de l'autorité, il couvre quels aspects de la profession?
Est-ce qu'il couvre tous les aspects
de la... mettons, pour une discipline, n'importe laquelle, là, est-ce que le
test va couvrir tous les aspects de la discipline ou s'il va...
M. Boivin (Richard) : Il va couvrir
tous les aspects de la discipline.
M. Marceau : O.K., à la
fois les enjeux économiques, les enjeux techniques...
M. Boivin (Richard) : Tout ce
qui se rapporte à la profession concernée.
M. Marceau : ...les
enjeux commerciaux puis les enjeux réglementaires et de conformité.
M. Boivin
(Richard) : Oui, absolument.
Mais, si on veut parler de formation continue par rapport, par exemple, aux produits et même à la conformité quand il y a
des changements réglementaires, alors ça évolue. Donc, c'est sûr et certain qu'une fois que vous êtes en carrière ça
ne s'arrête pas là, et, tous les ordres professionnels l'ont reconnu, il
est important pour les professionnels en carrière de pouvoir se mettre à jour,
à niveau, pour être capable de professer.
M. Marceau : Ça, c'est
comme dans tous les ordres professionnels, effectivement, là.
M. Boivin (Richard) :
Absolument.
M. Marceau : C'est le
même principe. Donc, il y a des tests à l'entrée, puis après ça on s'assure que
les gens suivent l'évolution et de la profession et de la conformité.
M. Boivin
(Richard) : Même comme moi,
qui suis membre d'un ordre et qui ne professe pas, je suis obligé, pour
garder mon...
M. Marceau : Je n'ai pas
compris ce que vous avez dit.
M. Boivin
(Richard) : Je suis membre
d'un ordre professionnel et je ne professe pas... enfin, je suis membre
du Barreau, je n'agis pas comme avocat, mais je suis obligé de faire ma
formation continue pour rester inscrit au tableau de l'ordre.
M. Marceau : Ça vous
honore de garder vos connaissances à jour comme ça.
O.K. Moi, j'aimerais avoir une idée des volumes
qui sont en cause, là. Donc, pour ce qui est de... parce qu'à l'autorité, donc,
on administre des tests à... Combien de personnes entrent dans la profession,
mettons, chaque année, présentement, dans les différentes disciplines, là?
Est-ce qu'on a ces chiffres-là?
M. Boivin (Richard) : Bonne
question, M. le Président.
M. Boivin
(Richard) : M. le Président,
on me fournit des chiffres qui proviennent du rapport annuel de
l'autorité, 2016‑2017. Donc, quand même assez proche. Donc, l'autorité, l'an
passé, a fait passer 19 189...
M. Boivin
(Richard) : ...19 189 examens d'entrée en carrière en assurance.
Il y a eu aussi 2 457 nouveaux représentants
autorisés à exercer en valeurs mobilières, 3 030 nouveaux certificats
octroyés en assurance et en planification financière et
367 nouvelles inscriptions d'entreprises, toutes disciplines confondues,
donc les cabinets.
M. Marceau : Le
19 000, c'était quoi, excusez-moi?
M. Boivin (Richard) :
19 000 entrées en carrière qui ont été administrées par l'autorité.
M. Marceau : Ça me
semble... Évidemment, le taux de succès n'étant pas de 100 %, j'imagine
que... ou bien peut-être que les gens de
l'autorité pourraient nous dire quel est le taux de succès, mais ça m'apparaît
un nombre considérable, là.
M. Leitão : C'est une grande
industrie au Québec.
M. Marceau : Mais c'est
combien de personnes, M. le ministre? De mémoire, c'était 150, là.
M. Leitão : 150, dans ces
zones-là.
M. Marceau : De mémoire,
c'est 150.
M. Boivin
(Richard) : Ce qu'on me dit,
c'est qu'il y a plusieurs examens pour entrer en carrière dans une
discipline donnée.
Le Président (M. Bernier) :
Donc, ce n'est pas 19 000 personnes nécessairement.
M. Boivin
(Richard) : Et là une personne
qui veut devenir un courtier, par
exemple, en assurance de
personnes, un représentant en assurance de personnes, a peut-être
10 examens, là, à passer.
M. Marceau : Ça vient d'expliquer un peu les choses, parce que
je me disais que l'industrie non
seulement allait bien, mais là elle était vraiment en croissance
spectaculaire, parce que c'est beaucoup de monde.
Le Président (M. Bernier) : On
en aurait retrouvé partout sur...
M. Marceau : On serait envahis, hein? O.K. Et puis,
du côté des chambres, avez-vous une idée du... parce que ça, ce sont des chiffres intéressants, là. Donc, des dizaines de milliers de tests sont administrés par année à l'autorité. Puis,
du côté des chambres, est-ce qu'on a une idée des volumes d'heures de formation
continue?
M. Boivin (Richard) : Je
présume que c'est disponible dans leur rapport annuel, que je n'ai pas avec
moi.
M. Marceau :
Et donc, juste pour être au clair, là, de la formation continue, pour
l'instant, il n'y en a pas qui est donnée par l'autorité dans aucune
discipline, là, ou dans aucun secteur.
M. Boivin (Richard) : Non,
absolument pas.
M. Marceau : Et là le modèle
qui serait privilégié, ce serait de continuer à fonctionner avec des formateurs
accrédités, j'imagine.
M. Boivin
(Richard) : Mais, écoutez, à
partir du moment où l'autorité va être responsable, là, de cette
formation, et avec l'expertise des employés
des chambres, à court et à moyen terme, j'imagine que ça va continuer
exactement pareil. Mais, toutes
choses étant égales, que ce soit aux chambres ou à l'Autorité des marchés
financiers, j'imagine qu'avec le temps ils vont peaufiner et améliorer
les cours et les exigences.
M. Marceau :
O.K. Bon, puis, pour la déontologie, maintenant, je voulais y revenir. Les
personnes qui vont être... Ah! excusez, non, allez-y, là,
M. Boivin (Richard) : Je
m'excuse, si je peux vous interrompre...
M. Marceau : Non, non, c'est
correct, c'est correct.
M. Boivin
(Richard) : ...c'est que je vais répondre à une
partie de vos questions.
Le Président
(M. Bernier) : Oui, allez-y.
M. Boivin
(Richard) : On me dit que, selon le rapport annuel des chambres, celui
de la CSF, la CSF aurait accrédité, l'année
passée, donc en 2016, des formations, donc, accréditées, et souvent ça peut être un
cours très développé, ça peut être aussi une conférence, là, donc ça
peut être très...
M. Marceau :
C'est hétérogène.
M. Boivin (Richard) : ...hétérogène et ça peut aller, je dirais, du
plus simple au plus compliqué, là, en termes de... Il y a eu
1 890 formations accréditées. Au niveau de la CHAD, il y en a eu 753.
M. Marceau :
La différence s'explique-t-elle par le nombre de disciplines qui sont...
M. Boivin (Richard) : Moi, je n'ai pas les chiffres devant moi, mais il y a
plus de représentants membres de la CSF qu'il n'y en a au
niveau de la CHAD, là. Alors, ça peut
découler de ça.
M. Marceau :
C'est plus que deux fois plus, là, de formations. Mais j'imagine que, comme il
y a plus de disciplines aussi, il doit y avoir une obligation d'offrir des formations
différentes. O.K.
Puis,
pour la déontologie, juste d'expliquer comment ça va fonctionner, enfin, comment ça fonctionne
présentement puis comment ça fonctionnerait
si on déplaçait. Ici, j'ai les deux codes de déontologie, des représentants en
assurance de dommages puis le code de
déontologie de la Chambre de la sécurité financière. Quand un consommateur
formule une plainte à la chambre, à
une des chambres, pouvez-vous nous expliquer comment ça fonctionne puis comment
ça fonctionnerait dans le cas où ce serait transféré?
Le Président
(M. Bernier) : M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : Bien, actuellement, M. le Président, la personne
qui va recevoir la plainte... parce que, là, on parle d'une plainte en déontologie, on a aussi parlé, tout à l'heure,
de plainte dans le traitement d'un dossier, donc de réclamation, là, tu sais. On emploie souvent le
mot «plainte» à différentes fins, donc il ne faut pas se mêler. Dans le
cadre d'un manquement déontologique, un client qui a constaté ou qui croit que
son représentant a commis une faute déontologique...
Et là, encore là, il peut y avoir eu une faute qui a amené un dommage civil, en
dommages-intérêts, donc il peut y
avoir une poursuite. Les représentants sont assurés contre ces poursuites.
Mais, en déontologie, donc, les gens qui vont prendre l'appel ou qui vont recevoir le plaignant dans les chambres
sont le syndic, donc le bureau du syndic, qui vont prendre la déclaration de la personne et voir
exactement qu'est-ce qui s'est passé. Et, à partir de là, ils vont faire
enquête.
Alors, si jamais on
intègre les chambres à l'Autorité des marchés financiers, ça va être exactement
le même processus. Le fait de l'intégrer, vu
qu'on n'est plus, je dirais, dans un contexte organisationnel qui ressemble à
celui d'un ordre professionnel, la personne responsable de prendre ces
plaintes-là du public ne s'appellera plus syndic, mais elle va avoir exactement
les mêmes fonctions.
M. Marceau :
Puis, d'après vous, les personnes les mieux placées pour faire appliquer un
code de déontologie, est-ce que ce sont les pairs ou est-ce que c'est
une tierce personne qui n'est pas impliquée dans la profession?
Le Président
(M. Bernier) : M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : Il y a eu beaucoup de commentaires sur la
discipline par les pairs, et, du côté des chambres et des associations de consommateurs, ça a été vu
comme une espèce de panacée. Et moi, je pense que la discipline par les
pairs dans un secteur professionnel quand il n'y a pas d'autre régulateur,
effectivement, je pense que c'est tout à fait correct. Et donc la discipline
par les pairs dans les ordres professionnels est très bien encadrée, et je
pense que ça correspond à un besoin. Mais,
comme je l'ai déjà dit en cette commission, si vous enlevez les ordres
professionnels du jour au lendemain,
vous n'avez plus personne qui est organisé pour surveiller et appliquer les
codes de déontologie des professionnels
concernés. Donc, c'est de l'autoréglementation, un peu comme l'OACIQ, parce
qu'il n'y a pas d'autre mécanisme mis en place pour surveiller
l'activité des professionnels.
Ici,
dans la mesure où on a un régulateur dont c'est la première fonction de
s'assurer du respect de la réglementation mise en place et que la loi a reconnu à ce régulateur-là le pouvoir, en
principe, de prendre des codes de déontologie et d'adopter des règlements sur la formation continue, nous, on pense que,
de confier en parallèle ces fonctions qui appartiennent premièrement au régulateur, donc, de les confier à
un quasi-ordre professionnel, ça fait juste plus compliquer le système.
M. Marceau :
Donc, pour vous, il n'y a aucun mérite supplémentaire au fait que la
déontologie soit exercée par les pairs. Ça ne procure pas d'avantage. Il
vaut mieux avoir une police neutre, externe à la profession.
M. Boivin
(Richard) : Loin de là, M. le Président, parce qu'au niveau du
tribunal administratif des services financiers
qui va prendre la relève des comités de discipline, on a prévu que le juge
administratif va être assisté d'assesseurs qui vont être des gens qui
vont provenir des disciplines concernées. Donc, si je suis un représentant en
assurance de dommages et que j'ai une
plainte déontologique contre moi qui est examinée par le tribunal administratif
à l'avenir, il va y avoir devant moi
le juge administratif avec deux assesseurs qui vont être des représentants en
assurance de dommages, qui vont pouvoir... Parce qu'il faut bien
comprendre la différence entre... si je fais un manquement considéré comme déontologique, mais qui est en réalité un
manquement à une disposition d'un règlement ou de la
Loi sur la
distribution de produits et services financiers, l'autorité pourrait m'emmener
directement devant le tribunal administratif pour un tel manquement. Si on est dans la déontologie pure,
c'est-à-dire le comportement éthique que j'ai eu envers mon client ou envers le public en général, les commentaires que
j'ai pu faire, qui emmène, donc, que je devrais être rappelé à l'ordre,
le juge administratif va avoir besoin des
conseils, des avis des assesseurs qui vont lui dire un petit peu comment ça se
passe dans le milieu.
M. Marceau :
...parce que, là, là, je m'excuse, mais, juste pour bien comprendre, dans le
cas d'un manquement déontologique
dans votre nouveau modèle, bien, tout ne va pas se terminer devant le tribunal
ou nécessairement ça va se terminer devant un tribunal?
M. Boivin (Richard) : Ça va se terminer devant le tribunal
administratif au lieu de se terminer devant un comité de discipline.
Le Président
(M. Bernier) : O.K.
M. Marceau :
O.K. Mettons, je prends l'article 18 du code de déontologie des
représentants en assurance de dommages.
Article 18 :
«Le représentant en assurance de dommages ne doit pas déconseiller
à son client de consulter un autre représentant ou une autre personne de
son choix.» Mettons.
M. Boivin
(Richard) : Ça, on est vraiment en déontologie pure, là.
M. Marceau :
Oui, c'est de la pure déontologie, on s'entend, hein? Ça, ce n'est pas dans le règlement
de...
M. Boivin
(Richard) : Non.
M. Marceau :
...on s'entend.
M. Boivin
(Richard) : Et c'est pour ça que là, quand vous traitez un tel cas,
d'avoir une jurisprudence, une connaissance de comment ça se passe sur le terrain, c'est
important. Et c'est pour ça qu'on a gardé les assesseurs au niveau du tribunal administratif.
M. Marceau :
Puis vous pensez que des assesseurs, ça... des assesseurs...
Le Président
(M. Bernier) : Des assesseurs.
M. Marceau :
Et non pas des assassins, des assesseurs, ça va venir...
Le Président
(M. Bernier) : Faciliter la compréhension.
M. Marceau :
Faciliter la compréhension, mais aussi offrir l'environnement... Puis aussi la
pression que les pairs peuvent
exercer sur quelqu'un, là, vous croyez que cette mesure-là va venir... Vous
comprenez ce que j'essaie de dire ou pas?
Le Président
(M. Bernier) : M. Boivin.
M. Boivin
(Richard) : Je ne sais pas si je comprends ce que vous voulez dire.
M. Marceau : Bien, moi, ce que je suis en train de vous dire,
c'est qu'il y a beaucoup de choses... il y a beaucoup de...
M. Boivin (Richard) : ...mais je suis un petit peu énervé par ce que
vous dites quand vous dites : La pression que ces gens-là peuvent
mettre sur le juge administratif ou le président du comité de discipline...
M. Marceau :
Je n'ai pas dit ça. Ce que je suis en train de vous dire...
M. Boivin
(Richard) : Bien, c'est ce que j'ai senti...
M. Boivin (Richard) : ...parce
qu'il faut faire attention aussi...
M. Marceau :
Mais là attendez, attendez. Moi, je veux juste clarifier mes...
Le Président (M. Bernier) : On
va juste écouter le député, voir s'il peut préciser sa...
M. Marceau :
...juste qu'on se comprend, parce que, si vous êtes à essayer de défaire ce que
je n'ai pas voulu dire, on perd notre temps, tout le monde.
Alors, moi,
ce que je dis, c'est qu'il y a beaucoup de comportements désirables pour un professionnel
qui découlent puis qui sont le
résultat de pressions exercées par les pairs, pressions indirectes, implicites,
hein? Puis je fais
partie d'un groupe
de gens qui ont un devoir envers, évidemment, leur clientèle, mais aussi envers
la profession, envers le groupe de gens
auquel on appartient. Puis c'est vrai pour tous les professionnels, c'est vrai
dans tous les groupes humains, d'après moi,
cette vérité-là. Puis le fait que la réglementation ou le code de déontologie
soient mis en application puis que ça... c'est ça, qu'ils soient mis en application par, justement, ce groupe-là,
ça a un impact, bien, il m'apparaît évident. Puis je me pose la question de savoir : Est-ce que
deux personnes de la profession qui vont s'ajouter à un juge, est-ce que ça
va reproduire cet effet que les pairs ont sur le comportement d'une personne?
C'est ça, la question que je vous pose.
Je comprends
que c'était votre intention de le
faire en ajoutant deux assesseurs provenant de la discipline. Je me pose quand
même la question.
Est-ce que c'est un substitut réaliste puis efficace à la
justice par les pairs, à l'effet que les pairs ont sur le comportement
d'une personne?
Le Président (M. Bernier) : Est-ce
qu'ils ont les mêmes impacts?
M. Marceau : Voilà. Dans
le fond, c'est la question que je posais.
Président (M. Bernier) :
Est-ce qu'ils ont les mêmes impacts? C'est la question
posée. Allez-y, M. Boivin.
M. Boivin
(Richard) : Et, M. le Président, par expérience personnelle sur le terrain... et je vous dirais que je
ne pense pas que le fait pour les
professionnels qui seront éventuellement jugés pour un manquement le soient par des
pairs va amener une meilleure adhésion au code de déontologie.
M. Marceau : Vous ne
croyez pas à ça?
M. Boivin
(Richard) : Je ne crois pas
à ça. Je ne l'ai pas vécu. Et j'ai été en conformité pendant plusieurs
années.
Comme je l'ai
dit, le premier niveau, le premier rempart pour la protection du consommateur,
c'est vraiment les officiers de conformité
dans les cabinets. Les cabinets ont la responsabilité, donc, de surveiller
leurs représentants. Et c'est les
officiers de conformité qui ont donc ce travail-là quotidien à faire et c'est
eux qui peuvent, et doivent, et font le rappel quotidien aux représentants de la déontologie, les situations de conflit
d'intérêts, l'attention qu'ils doivent apporter aux besoins du client,
etc.
La personne
qui commence la profession et se lève le matin en disant : Bien, moi... à
part d'être vraiment un bandit, là, bien,
les professionnels en général, là, ont de bons comportements puis ont à coeur
la préoccupation de leurs clients. Mais,
dans le quotidien, il se peut qu'à un moment donné certains éléments leur
échappent. Et c'est le travail des officiers de conformité des cabinets
de leur rappeler.
Qu'éventuellement
il y ait une plainte et que cette plainte-là va être actuellement jugée par des
pairs, moi, je vous dirais que,
peut-être, puis je dis peut-être, certaines personnes vont dire : Bon,
bien, peut-être que je vais avoir un meilleur traitement vu que c'est des pairs. Et le consommateur pourrait craindre
que, bien, comme c'est des pairs, peut-être qu'il va avoir aussi un passe-droit, alors que, si c'est
un juge administratif assisté par des gens qui connaissent
l'environnement et qui vont pouvoir
l'alimenter, lui donner, donc, le portrait de la réalité sur le terrain, cette
apparence de conflit d'intérêts, puis
je ne dis pas qu'il y en a, mais il y a apparence de conflit d'intérêts dans la
structure, on va se trouver à l'éliminer. Et ce qu'on veut, encore là,
je le redis, ce qu'on veut créer par la législation, c'est un climat de
confiance auprès du public.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député.
M. Marceau : Oui. O.K.
Bien, mettons que je ne suis pas en accord avec vous.
Le Président (M. Bernier) :
Non, vous n'avez pas de commentaire à passer avec ça. Moi, je peux en passer
comme président.
M. Marceau :
Non, mais, c'est à cause que... Il y a comme... La première des choses, c'est...
le système d'ordre professionnel qui
est en place au Québec, mais pas juste au Québec, là, partout à travers le
monde, bien sûr, il n'est pas parfait, là, mais c'est un choix qui a été
fait pour plein de raisons que vous connaissez probablement mieux que moi. Mais je pense que l'essentiel, c'est de dire que,
lorsqu'un groupe se gère par lui-même, s'impose de lui-même des règles de fonctionnement, bien, l'adhésion des membres du
groupe est meilleure, et le niveau de défaillance puis la fréquence à
laquelle les gens vont dévier du code de conduite est moins grande. Ça, c'est
le pari qui est fait quand on va vers des ordres professionnels.
L'alternative,
c'est une espèce de loi extérieure au groupe, qui provient de l'extérieur du
groupe, qui est plus désincarnée puis qui
suscite moins l'adhésion, possiblement. Enfin, c'est le compromis qui est...
Hein, c'est la façon dont les choses
sont regardées habituellement. C'est un peu curieux de penser que le compromis
qui a été fait, que le choix qui a été
fait étant donné les avantages et les inconvénients des deux modèles, que le
choix qui a été fait, qui s'est tourné, au Québec, pour plein de professions, vers l'autoréglementation, vers l'autocontrôle de chacun des groupes, bien, qu'il
ne s'applique pas à des professionnels comme les représentants en assurance.
Mais,
bon, vous, vous dites : Les avantages qu'il y a... Vous dites, si on
résumait l'affaire, moi, j'ai l'impression, puis je vais fouiller une peu, pendant les prochaines heures puis d'ici
la semaine prochaine, cette question-là, mais essentiellement, moi, mon impression, puis certainement il y a des experts qui sont venus nous dire ça, au moins
un, en tout cas, je me rappelle, pendant le cadre de nos travaux,
c'est que, donc, la discipline par les pairs ça mène à un meilleur
respect du code de conduite. Bon, on va essayer de trouver de l'évidence
empirique là-dessus d'ici à notre prochaine rencontre, là. Si vous en avez, de
votre côté, j'aimerais bien aussi...
Le Président (M. Bernier) :
...reste encore deux heures.
M. Marceau :
Ah! non, je pense qu'on a encore le temps, je le sais. C'est juste que je ne
pourrais pas faire l'exercice de chercher pendant que je vous parle, M. le
Président.
Le Président (M. Bernier) :
Vous avez votre chercheur près de vous.
M. Boivin
(Richard) : M. le Président, je pense que l'important...
Le Président
(M. Bernier) : Oui, M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : ...et ce qu'on doit viser, ce qu'on doit viser,
c'est la prévention. C'est la prévention, et la formation continue aide à faire de la prévention. Les campagnes
publicitaires sur le comportement, donc, campagnes faites tant par l'autorité que par les chambres auprès
des représentants, peuvent aider également à leur faire
comprendre leurs devoirs, et le
travail que font les cabinets avec leurs officiers de conformité en termes de
prévention. Ce qu'on veut éviter, c'est... idéalement, on aimerait qu'il
n'y en ait pas, de plainte en déontologie. Ce serait un monde merveilleux. On
n'en veut pas.
Le Président
(M. Bernier) : Tout le monde souhaite ça.
M. Boivin
(Richard) : Mais malheureusement, quand un représentant manque à ses obligations,
encore là, l'important... il n'a pas adhéré
au code, là, pour quelque raison que ce soit, l'important,
c'est de trouver la meilleure façon de le punir, de le ramener à
l'ordre.
M. Marceau : La question qui se pose, là, je pense, puis la raison pour
laquelle les gens favorisent le modèle de l'autoréglementation, puis j'en oublie peut-être, là, mais, encore une fois, c'est cette idée qu'il y a une meilleure adhésion au code, et donc
moins de déviation lorsque le code est mis en oeuvre puis surveillé par des
membres de la profession.
Puis
la deuxième chose aussi, c'est que, lorsqu'il y a des manquements, bien,
les personnes qui portent un jugement sur le manquement sont mieux éclairées sur les circonstances dans lesquelles ce manquement a eu lieu que lorsque c'est une tierce partie, un acteur plus externe, plus
extérieur. Là, vous me dites : Ça, ce bout-là, ça va être... on va
s'assurer que les gens de l'AMF connaissent
bien l'industrie, là. Mais, bon, moi, ce que je ferai, c'est, de
mon côté, je vais retourner... je vais vous revenir là-dessus après
avoir jeté un meilleur coup d'oeil à ce sujet-là.
M. Leitão :
Si je peux mentionner...
Le Président
(M. Bernier) : Oui, M. le ministre.
M. Leitão : ...en ce qui concerne les ordres professionnels,
c'est que les chambres, les deux chambres ne sont pas deux ordres professionnels.
Elles s'apparentent un peu, mais elles ne le sont pas. Donc, elles ne sont pas
encadrées ni supervisées par l'Office des professions. Donc, c'est pour cela que ce n'est pas la même situation
que les comptables, les avocats et
autres professionnels en général, etc. En fin de compte, les chambres sont supervisées
aussi par l'AMF elle-même.
M. Marceau :
C'est un peu équivalent, donc.
M. Leitão :
Donc, rapatrions tout ça.
M. Marceau :
Mais il n'y a personne qui penserait à faire disparaître les différents ordres
professionnels au Québec.
M. Marceau : Enfin, peut-être
qu'il y en a qui y pensent, mais, je veux dire, ce n'est pas votre intention.
Corrigez-moi, là, ce n'est pas votre intention.
M. Leitão :
Justement, comme M. Boivin a mentionné, non, c'est impensable de faire ça,
ce serait le vide total. Mais, dans
le cas, donc, des représentants en assurance et les autres professionnels, ce
n'est pas le vide, parce qu'il y a l'AMF.
M. Marceau :
Mais ce n'est pas parce qu'il y a quelqu'un d'autre pour prendre la relève que
ce quelqu'un d'autre est aussi bon ou
est mieux, là. Je comprends votre argument de simplicité puis la question des
doubles enquêtes, là, que vous
avez... des doubles enquêtes, puis, encore une fois, je pense que ce
problème-là, il est réparable, là, mais cet argument-là, je le
comprends. Les autres...
Alors, M. le Président, je vais me permettre
de... non, allez-y, puis je répondrai après.
M. Boivin (Richard) : Si vous
me le permettez, juste un petit commentaire.
Le Président (M. Bernier) :
Oui, allez-y, M. Boivin.
M. Boivin
(Richard) : C'est que, là,
on peut ne pas être d'accord avec les résultats puis nos recommandations,
c'est bien sûr, mais la façon, quand
vous me parlez de la discipline par les pairs, puis de l'adhésion des
professionnels, puis le jugement d'un
professionnel sur un pair, nous, on l'a regardé du côté du consommateur, qu'est-ce qui est mieux pour le consommateur en termes de
résultats ou en termes de perception. Et nécessairement, à notre avis,
quand on le regarde du côté du consommateur, d'avoir un tribunal indépendant, ça crée plus de confiance. Et donc,
si on porte plainte, on peut être
assuré davantage que ça va être mené à bon port. Et, sans
critiquer ce qui se fait actuellement, mais juste la question de la perception,
quand on regarde ça du côté du consommateur, nous, on pense que c'est mieux
d'avoir un tribunal indépendant et d'avoir une autorité de surveillance qui est
à l'intérieur du cadre gouvernemental.
M. Marceau :
Peut-être expliquer, s'il y a une décision du syndic qui déplaît au
consommateur plaignant, que peut-il arriver rendu là?
M. Boivin
(Richard) : Actuellement,
dans la
loi sur la distribution, il y a un comité de révision des décisions
du syndic. Donc, le comité de révision peut
revoir le dossier que le syndic a rejeté et peut décider de fermer le dossier
ou de finalement porter la plainte devant le comité de discipline.
M. Marceau :
Puis, si on n'est pas d'accord avec la décision du comité de révision, est-ce
qu'on a un recours?
M. Boivin (Richard) : Ça arrête
M. Marceau :
O.K. Puis là ça va devant un comité de discipline, si jamais le... puis, devant
le comité de discipline, si la décision rendue ne convient pas au
consommateur, est-ce qu'il y a un recours?
M. Boivin (Richard) : De
mémoire, ça s'arrête là.
M. Marceau : Sinon, on peut
aller devant les tribunaux.
M. Boivin
(Richard) : Bien en fait,
pour des raisons... de juridiction, ces choses-là. Mais il n'y a pas un
mécanisme d'appel, je ne pense pas, là, de mémoire, un mécanisme d'appel des
décisions du comité de décision.
M. Marceau :
Bon, en tout cas, j'y reviendrai, à la justice par les pairs, là. Dans le fond,
c'est juste que, là, je ne peux
pas... Là, M. le Président, je veux juste vous dire qu'il y a un communiqué de
presse qui vient d'être émis par les associations
de consommateurs, qui ne sont pas heureuses. Donc, j'ouvre une parenthèse, mais
ça concerne le sujet qu'on...
Le Président (M. Bernier) : Sur
quel sujet, M. le député?
M. Marceau : Sur le déroulement
de nos travaux, M. le Président.
Le Président (M. Bernier) :
Elles ne sont pas heureuses sur le déroulement de nos travaux? Ils trouvent que
c'est trop long?
M. Marceau : Ils disent... Non,
ils veulent qu'on aille plus dans le détail, M. le Président.
Le Président (M. Bernier) :
Aller plus dans le détail?
Le Président (M. Bernier) :
Oui?
M. Marceau :
Elles disent : M. le ministre, les associations de consommateurs savent
de quoi elles parlent! Et ça vient d'être émis. Et donc : «La
Coalition des associations de consommateurs, Option Consommateurs et Union des consommateurs déplorent les accusations graves qu'a lancées
hier, à leur endroit, le ministre des Finances[...], et lui demandent de
s'excuser formellement et publiquement tant auprès d'elles que des
consommateurs québécois.
«Le 30 mai,
en soirée, durant les travaux de la Commission des finances publiques de
l'Assemblée nationale, qui étudie le
projet de loi n° 141, le ministre a indiqué qu'à son avis ce projet serait
trop complexe pour être compris par les associations de consommateurs. Le projet de loi n° 141 modifie
considérablement l'encadrement des services financiers et [...] touche tous les Québécois. Dès le mois de
janvier dernier, des associations de consommateurs et des regroupements d'associations de consommateurs ont critiqué de
nombreux aspects du projet, qui réduirait considérablement la protection
des consommateurs dans certains domaines.
Depuis, plusieurs autres acteurs sociaux, y compris d'anciens ministres,
dont MM. Bernard Landry et Alain Paquet, ont aussi émis de nombreuses
réserves à l'égard de ce projet de loi.
«C'est la
première fois, à notre connaissance, en un demi-siècle d'existence du mouvement
consommateur québécois, qu'un
ministre se livre à une telle attaque, qui démontre sa méconnaissance de ce
mouvement et de son expertise. Les
associations de consommateurs travaillent quotidiennement sur le terrain, avec
des consommateurs, et [...] connaissent leurs besoins. Elles ont
également développé une importante expertise dans le domaine des services
financiers.
«Dans les mémoires qu'elles ont déposés à
l'Assemblée nationale à propos du projet de loi n° 141, certaines associations ont proposé une critique de ce projet
fondée sur des arguments économiques, juridiques et démocratiques rigoureux et détaillés. Cette critique s'appuie sur
les travaux d'une demi-douzaine de lauréats du prix des sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel, sur une
comparaison avec les meilleures pratiques internationales — et notamment
sur les mesures mises en place au sein de l'Union européenne — sur une analyse juridique précise
soutenue notamment par les indications
fournies par les indications fournies par la Cour suprême du Canada et sur un
constat très simple : il n'est
pas sage de réformer l'encadrement de notre secteur financier à la va-vite,
comme le ministre des Finances tente présentement de le faire.
«Le ministre des Finances n'a jamais répondu à
cette critique sur le fond. Au contraire et à la suite de nos commentaires ou de ceux d'autres intervenants, il
a d'ailleurs déjà dû modifier son projet en raison des carences
graves qu'il contient.
«Hier, il s'est borné à une attaque ad hominem
injustifiée pour éluder le débat. Nous sommes d'avis que les consommateurs et les électeurs québécois
s'attendent à beaucoup mieux de la part de leurs politiciens, et notamment du ministre des Finances.
«Nous faisons
enfin deux constats : si ce projet
de loi est trop complexe pour que
nous le comprenions, c'est qu'il est
aussi trop complexe pour les citoyens, et cela soulève un grave débat démocratique.
Et, manifestement, comme nous l'avons
déjà demandé, ce projet de loi doit être retiré parce qu'on n'aura pas pu
faire autour de ses dispositions le débat démocratique de fond qui
s'impose.»
Alors, M. le Président, je...
Président (M. Bernier) : Vous déposez votre document, nous allons nous assurer de le rendre disponible
à tous les parlementaires qui sont ici présents.
Le Président (M. Bernier) :
Sur ce...
M. Marceau : Je ne sais
pas si le ministre veut répondre...
Président (M. Bernier) : Bien, on va lui faire parvenir... on va lui donner copie, là, du document,
je ne pense pas... Est-ce que
vous aviez copie du document?
M. Leitão : Non, je viens de
l'apprendre de la bouche de notre collègue.
Président (M. Bernier) : On va vous donner copie du document
pour que vous puissiez en prendre connaissance. On va vous le remettre.
M. Leitão : J'aimerais juste mentionner, M. le Président, que je ne trouve pas... Enfin, je vais lire le communiqué, bien
sûr, mais je ne pense pas qu'hier je n'aie, d'aucune façon que ce soit, dénigré
les organismes de protection des consommateurs. Je l'ai déjà mentionné à plusieurs
reprises, dans mes conversations avec les médias, que je n'avais absolument
rien à reprocher aux organismes de protection des consommateurs, qui font un
excellent travail.
J'ai dit seulement que le projet de loi, oui, en effet,
il est complexe. Ça n'a pas été fait à la va-vite. Je pense que nos collaborateurs qui sont ici, Me Paquin et
M. Boivin peuvent très bien vous dire que ça fait des années qu'ils
travaillent sur ces enjeux-là. Ça n'a pas
été mis en... ça n'a pas été attaché comme ça en trois secondes. On a déjà
couvert beaucoup de matériel dans notre projet de loi. On a déjà répondu
à plusieurs des enjeux qui avaient été soulevés par les groupes de
consommateurs.
Nous
sommes rendus maintenant à discuter la question des chambres, et, à cet
égard-là, si vous me permettez aussi, j'aimerais
citer un commentaire qui a été émis par Mme Crête,
Mme Raymonde Crête, de l'Université Laval, encore une fois une personne indépendante et qui connaît très
bien l'industrie et le système, qui nous disait que «le rapatriement des
pouvoirs, au sein de
l'AMF et du TMF, vont simplifier la tâche de l'épargnant, qui va s'adresser en
premier, en fait, à l'AMF pour
déposer sa plainte. Et c'est l'AMF qui va analyser cette plainte-là, [...]il
n'y aura pas, donc, deux organismes qui
vont analyser la même plainte parce qu'il pourrait arriver que l'AMF, recevant
une plainte, actuellement, recevant une plainte concernant un représentant de courtier d'épargne collective,
redirige la plainte à la CSF. Or, il pourrait y avoir un chevauchement, ici, et une difficulté dans les
enquêtes qui vont être menées, peut-être, tant par l'AMF que par la CSF.
Le fait — et
c'est important — de
concentrer le dépôt de la plainte et [de] la mise en marche d'une enquête sur
cette plainte-là, à notre avis — Mme Crête — va faciliter la tâche pour les enquêteurs,
mais, en même temps, du point de vue du
consommateur, de l'épargnant, va aussi le rassurer, en ce sens qu'il va
s'adresser à cet [interlocuteur] uniquement.»
Donc,
avec tout le respect pour les groupes de défense des consommateurs, qui font un
excellent travail, nous, notre objectif particulièrement dans cette
section ici de la responsabilité des chambres, c'est de mieux encadrer et mieux
surveiller l'industrie pour mieux protéger
le public. C'est ce que j'avais dit hier, c'est ce que je redis encore
aujourd'hui. Nous sommes toujours ouverts à
discuter avec les groupes de protection des consommateurs des enjeux qui les
préoccupent encore. Si on peut continuer de
discuter, on serait bien ouverts à ça. Mais, encore une fois, l'objectif de
tout l'exercice c'est de mieux encadrer et surveiller le secteur pour
mieux protéger le public.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
O.K. M. le Président, moi, on m'informe qu'il existe, pour le comité de
discipline, un processus d'appel
devant la Cour du Québec. Et il existe aussi un processus de plainte privée
directement du comité du consommateur devant le comité de discipline, un
deuxième mécanisme.
Le Président
(M. Bernier) : Et sur ça...
Président (M. Bernier) : Vous entendez les cloches? C'est pour
nous. Donc, nous allons suspendre nos travaux, le temps d'aller en
Chambre.
(Suspension de la séance à
16 h 21)
Président (M. Bernier) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Donc, nous allons reprendre nos travaux et nos
discussions sur la responsabilité des chambres. Donc, nous en étions à des échanges entre M. le député de Rousseau et M.
le ministre. Donc, M. le député de Rousseau, est-ce que vous poursuivez?
M. Marceau :
Oui, bien, je... Oui, je continue. Écoutez, je n'ai l'intention de m'étendre
trop, trop longtemps là-dessus, mais est-ce
que j'ai compris que le ministre s'excusait auprès des associations de
consommateurs? Je répète que je n'ai pas l'intention de m'étendre
là-dessus, juste clarifier.
M. Leitão :
Non, je clarifie que je n'ai jamais dénigré le travail de qui que ce soit. Je
n'ai jamais dit que les... Je n'ai
jamais insulté qui que ce soit. Je n'ai jamais mentionné que les associations
faisaient un travail qui n'était pas honorable. Donc, je n'ai pas à
m'excuser, parce que je n'ai pas mentionné les propos qui me sont attribués.
Le Président
(M. Bernier) : Bon, O.K., ça va. On poursuit.
M. Marceau :
Je vais vous laisser aller... Moi, j'arrête là-dessus, mais je vais vous
laisser aller relire ce que vous avez
dit exactement, là, puis vous
porterez un... vous déciderez par vous-même ce que vous aurez à faire pour la
suite.
Le Président
(M. Bernier) : Bien, ça, il y a toujours les galées qui sont disponibles...
M. Marceau :
Voilà, c'est ça. Moi, j'arrête là, là. Je voulais juste...
Président (M. Bernier) : ...qui peuvent ressortir et préciser
exactement les paroles que le ministre a pu dire ou ne pas dire.
M. Marceau :
Je veux dire que peut-être que ça a dépassé sa portée.
Président (M. Bernier) : C'est notre rôle ici de s'assurer de
l'enregistrement. C'est pour ça qu'on enregistre nos débats tant sur le
plan sonore que visuel. Donc, s'il y a des choses à dire, on peut les vérifier
en tout temps.
M. Marceau :
Exact. Remarquez bien que le texte de nos discussions n'est pas disponible
aussi rapidement que cela. Il faut aller l'écouter, à ce stade-ci, c'est
ce que j'allais dire.
Président (M. Bernier) : Oui, absolument.
M. Marceau :
Et éventuellement ce sera à l'écrit, là, mais, pour l'instant, il faut aller
l'écouter.
Le Président
(M. Bernier) : Mais c'est disponible.
Le Président
(M. Bernier) : Ce sera disponible, mais c'est disponible aussi.
M. Marceau : O.K. Bon, on était dans une discussion
sur la réglementation par... enfin, la discipline par les pairs. Et je me rappelle que Me Stéphane Rousseau
est venu ici, en commission, avec... je crois, c'était une des deux
chambres, je ne sais pas c'était laquelle.
Puis M. Rousseau, qui est professeur de droit des marchés financiers, qui
agit comme membre du comité de
discipline de la Bourse de Montréal,
membre du comité de discipline de l'Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières,
il disait... Bien, c'est parce que moi, je l'interrogeais à l'époque
puis je demandais, dans le fond, si je
résumais : Est-ce que la discipline par les pairs est dissuasive? Est-ce
qu'elle est efficace?
disait donc, après nous avoir dit les postes qu'il occupait, il disait :
«Évidemment, comme membre indépendant du
public travaillant avec des membres de l'industrie... et, moi, il y a deux mots
que je retiens de mon expérience dans les comités de discipline, c'est rigueur et intégrité, c'est-à-dire que les
professionnels qui siègent sont là pour s'assurer que les plus hauts standards de la profession soient
respectés, et je pense que ça, c'est un message très important. Et ils
apportent en plus une compréhension fine de
la réalité de l'industrie qui est très précieuse pour un homme comme moi qui
arrive, [et] qui a une connaissance, bien
sûr, des règles à un niveau à la fois concret et abstrait. Mais là le regard de
l'industrie et cette rigueur pour s'assurer
que l'on garde les plus hauts standards, je la constate. Et après on [peut]
aller sur les études empiriques — moi-même, M. le député de Rousseau — qui sont quand même assez concluantes sur la
rigueur au niveau des sanctions par
les comités de discipline. Alors, je pense que c'est important de ne pas perdre
de vue cet élément-là.»
Alors, c'est à ça que
je référais tout à l'heure en vous disant qu'il y a des études, et, bon,
évidemment, moi, je tenterai de mettre la
main dessus, là, en prévision de la poursuite de notre discussion la semaine
prochaine sur cet enjeu-là. Mais je me rappelais, donc, Me Rousseau nous
avait fait part de ça.
Le Président
(M. Bernier) : Oui, Me Boivin.
M. Boivin (Richard) : On n'a jamais prétendu que le régime actuel devait être
remplacé parce qu'il était mauvais, qu'il y avait des brèches
importantes et que les comités de discipline ne faisaient pas leur travail, ne
faisaient pas un travail adéquat. On
n'a jamais prétendu ça. Ce qu'on dit, c'est que, quand on
regarde les structures, on pense qu'une structure simplifiée va permettre une plus grande rapidité
d'exécution et une meilleure efficacité. Et, au niveau de la
discipline, elle va être faite par un
tribunal indépendant, un juge qui va être assisté de gens qui vont venir des
différentes professions et qui vont
pouvoir, donc, aider le juge, comme le président du comité de discipline actuel
d'une chambre, à comprendre la réalité du marché et appliquer les
sanctions adéquates. Les présidents de comités de discipline, actuellement,