Institutions — 2 May 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CI 2018-05-02
Quebec — Committees
(Onze heures neuf minutes)
5847 5847 Le
Président (M. Auger) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté
le quorum, je déclare la séance de la Commission
des institutions ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de
bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du volet Accès à l'information des crédits budgétaires du portefeuille
Conseil exécutif pour l'exercice financier 2018‑2019. Une enveloppe de deux
heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Nichols (Vaudreuil) est remplacée par M. Tanguay
(LaFontaine); M. Reid (Orford)
est remplacé par M. Girard (Trois-Rivières); et M. Marceau (Rousseau) est remplacé par
M. Traversy (Terrebonne).
Président (M. Auger) :
Merci. Étant donné qu'une période de deux heures est accordée à ce
volet, il n'y a pas de remarques préliminaires. Nous allons donc procéder à une discussion
d'ordre général par blocs d'environ
20 minutes, incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de
ces crédits sera effectuée à 13 heures.
Puisque nous
avons débuté nos travaux à 11 h 9 et qu'une période de deux heures
doit être consacrée à l'étude de ces crédits ce matin, y a-t-il
consentement pour poursuivre nos travaux au-delà de l'heure prévue, jusqu'à
13 h 9?
Président (M. Auger) :
Il n'y a pas de consentement. Donc,
nous allons débuter les échanges avec un premier bloc de l'opposition
officielle pour 16 minutes. M. le député de Terrebonne.
M. Traversy :
Merci beaucoup, M. le Président. Nous sommes le 2 mai aujourd'hui, et
toujours aucune nouvelle de la
réforme sur la loi d'accès à l'information qui nous est promise par le gouvernement libéral depuis
près de quatre ans. Hier et ce matin,
nous avons vu, dans les journaux, l'ensemble des grands médias du Québec signer une lettre
ouverte pour demander des mesures
additionnelles pour faciliter la transparence, pour faciliter l'accès à l'information et essayer d'améliorer notre
condition au Québec, qui est très loin du peloton de tête en la matière, ici
même, à travers le Canada et comparé à d'autres pays à travers le monde.
Nous avons donc une situation qui est, comment
je pourrais dire, très problématique, dans laquelle il y a de l'opacité, dans laquelle il y a,
des fois, des ingérences, dans laquelle certaines promesses sont brisées. La ministre répond à cette lettre des médias ce matin en disant que c'est une
incompréhension de leur part, que les médias ne comprennent pas le rôle de la ministre responsable de l'Accès à l'information, et, pour cette raison, il n'y a aucune raison
d'être déçu de son travail. M. le Président, écoutez, quand on regarde tout ce qui nous a été promis
depuis des années, quand on regarde l'ensemble des problématiques qui sont soulevées constamment
dans les médias nationaux, on ne peut pas simplement dire : Il y a une incompréhension de
la situation. Il y a une problématique à corriger. La ministre déçoit beaucoup
de monde. Nous-mêmes, à l'opposition officielle, on est déçus. On nous a promis de faire une
réforme sur la loi d'accès à l'information. On l'attend toujours. On désespère puis
on ne pense plus la voir de notre législature actuelle.
Alors, est-ce que
la ministre peut nous expliquer qu'est-ce qui va être fait prochainement pour
essayer d'améliorer cette situation? Et pourquoi pense-t-elle que les
médias ne comprennent pas bien son ministère?
Président (M. Auger) : Avant la réponse, Mme la ministre, je veux
avoir le consentement parce que, tout à l'heure, on n'a pas eu le consentement pour le neuf minutes
supplémentaire. Donc, est-ce qu'il y a consentement pour retirer le neuf minutes du temps du gouvernement?
Consentement. Donc, Mme la ministre, vous pouvez répondre à la question
du député de Terrebonne.
Mme Weil :
Oui. Je remercie, en fait, le député de Terrebonne pour la question. Ça me
permet de clarifier... des fois, vous
le savez, dans des scrums, on cherche le bon mot, et le bon mot que je
cherchais, c'est l'appréciation de ma détermination
dans ce dossier que je considère extrêmement important. Alors, je pense,
d'entrée de jeu... c'est de souligner que c'est un travail sérieux que
je mène, que le gouvernement mène par rapport à ce projet de loi. En effet, je
suis la troisième ministre à avoir, donc, le dossier...
et de mener le dossier. Il y a des explications par rapport... à la suite des consultations qu'il y a eu depuis le début, donc,
des orientations gouvernementales... des grandes consultations publiques
qui se sont tenues à cet égard en 2015...
encore, la CAI, avec son rapport quinquennal, des consultations qui se sont
tenues. D'ailleurs, M. le député, je tiens à le souligner, c'était en août
2017, hein? Donc, c'est très récemment.
Et donc tout
ce travail en continu et un débat public fort important, fort intéressant, où
on pouvait voir les grandes tendances des enjeux de modernisation d'un
projet, d'une réforme attendue... En effet, tout à fait d'accord avec les journalistes qui ont signé la lettre, c'est une
réforme fort attendue. Et donc ma responsabilité dans ça, et je... Au-delà
d'une responsabilité, c'est une mission
d'amener... Et je tiens à le souligner pour le député, je pense qu'on a tous eu
l'occasion, dans le cadre de l'adoption du
projet de loi n° 164, d'exprimer, tous, notre intérêt, notre volonté,
notre, comment dire, appréciation de l'importance de cette grande
réforme.
Alors, je
continue le travail de mes prédécesseurs, où des grands éléments de consensus
ont été amenés. Là, on est vraiment... Et, M. le député, je tiens à vous
le dire, il y a un travail...
Le Président (M. Auger) : Mme
la ministre?
Mme Weil : Oui,
excusez-moi, M. le Président, mais je voulais que le député...
Le Président (M. Auger) : Juste
un instant. Juste dire d'avance, là, que je vais équilibrer le temps entre les
questions et les réponses.
Président (M. Auger) :
Mais là je serais sur le point de permettre la prochaine question du député de
Terrebonne.
M. Traversy : Merci, M.
le Président. Je comprends que vous avez été mal citée. Tout de même, au-delà
des paroles, c'est les gestes qui feront la
différence. Mme la ministre ou M.
le Président — pour s'adresser à la ministre de l'Accès à l'information — il y a de l'opacité présentement au
niveau de la machine gouvernementale. Il y a des problèmes à régler. On le voit, qu'on n'est pas en train de faire des bons vers
l'avant. On sent plutôt qu'on recule. Et il y a des exemples qui
sont patents et dans lesquels... Je peux vous en montrer quelques-uns.
Lorsqu'on
fait une demande, par exemple, d'accès à l'information, des demandes
qui sont identiques, comment se fait-il
que, pour certains ministères, ou a droit à une réponse, et, pour la même
demande dans un autre ministère, on a une réponse complètement inverse? Comment ça se fait qu'il n'y ait pas d'uniformité dans l'accès à l'information? Comment la ministre peut-elle accepter une telle situation?
Puis moi, j'aimerais savoir est-ce
que son secrétariat a des
solutions. Je pense que c'est elle qui est en charge de la formation
et de l'accompagnement des responsables de l'accès. Est-ce qu'elle a une stratégie pour
essayer d'uniformiser puis de rendre plus accessible, notamment, ces demandes?
Le Président (M. Auger) : Mme
la ministre.
Mme Weil :
Je ne peux pas parler évidemment des cas particuliers. Évidemment, peut-être,
la documentation n'était pas le même
genre de documentation. C'est très difficile pour moi, comme ministre, de vous
dire qu'est-ce qui s'est passé dans chacun de ces dossiers.
Le Président (M. Auger) : M. le
député.
M. Traversy :
Ça démontre quand même qu'il y a une certaine incohérence puis qu'il y a une
certaine, comment je pourrais
dire, problématique quant à certaines demandes qui peuvent, pour des
raisons peut-être, écoute, individuelles à chacun des ministères, être acceptées ou refusées, alors qu'on devrait
essayer de pousser davantage vers la transparence.
M. le
Président, on a également, donc, à l'intérieur des mesures-phares du
gouvernement, une mesure qui vise à rendre
publics des agendas, donc qui vise à essayer de rendre disponibles la veille
les actions des différents ministères, donc
l'horaire d'un agenda de ministre, dans la journée pour faciliter justement cet
accès à l'information. Or, quand on s'en
va sur le site Internet, donc, qui nous rend disponibles ces dits agendas, on
se rend compte que ce n'est pas tous les ministères qui participent de façon... tous les cabinets ministériels
qui participent de façon active à ce genre de dévoilement d'information. On se rend même compte, d'ailleurs,
que la ministre responsable de l'Accès à l'information remet un petit peu en retard, même, des fois, certains de ses
agendas. J'ai été vérifier ce matin. Et le premier ministre demandait à
ce que toutes les informations des agendas
soient disponibles la veille à 17 heures. On se rend compte
qu'aujourd'hui, le matin même, on n'a toujours pas encore les infos de
l'agenda de la ministre. Évidemment, on savait qu'elle était avec nous aujourd'hui. Ça nous rassure. Mais voyez à quel
point, même dans la bonne volonté de la ministre, les bottines ne
suivent pas toujours les babines.
Le Président (M. Auger) : Mme
la ministre.
Mme Weil :
Écoutez, ce que je peux vous dire... C'est en train d'être corrigé, le retard.
C'est une nouvelle personne qui a le
dossier, de mettre à jour ce... Je n'ai jamais été en retard, personnellement,
là, comme ministre, mais là c'est une nouvelle personne qui a ces
fonctions-là.
Président (M. Auger) : M. le député. Oui, madame?
Mme Weil :
Je veux juste revenir sur la question d'incohérence. Il n'y a pas
d'incohérence, nécessairement, par rapport
aux réponses différentes. Il faut connaître les documents qui ont été
présentés. Je voulais juste dire qu'il n'y a pas nécessairement
d'incohérence.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de Terrebonne,
8 min 30 s encore à l'échange.
M. Traversy :
Merci, M. le Président. Écoutez, ce que j'essaie de démontrer à la ministre,
c'est : Comment pouvons-nous ne pas
douter de sa réelle volonté à améliorer l'accès à l'information lorsque des
promesses qui nous sont faites de
puis quatre ans sont constamment remises à plus tard, lorsque même des
améliorations qui sont faites au niveau des agendas sont constamment surveillées, parce qu'évidemment la culture
ne semble pas être encore établie, que, lorsqu'on fait des demandes d'accès à l'information, on
semble avoir deux poids, deux mesures, dépendamment à qui on s'adresse
dans les différents ministères?
Donc
là, on me dit aujourd'hui : Écoutez, je vous ai entendu. C'est ce qu'elle
me dit : M. le député de Terrebonne, je vous ai compris. Nous allons déposer un projet de loi bientôt, mais
on sait qu'on n'aura pas le temps probablement de légiférer jusqu'à la fin puis qu'on a énormément
de gens à consulter pour être capables d'y parvenir. Alors, moi,
écoutez, M. le Président, j'aimerais que la
ministre nous dépose des actions concrètes pour voir ce qui va être fait à
court terme pour améliorer la
situation au-delà des bonnes volontés, au-delà des souhaits, et donc qu'elle
puisse, donc, essayer de nous démontrer
concrètement, dans les prochains jours, qu'est-ce qui va être entrepris par son
ministère pour essayer d'améliorer l'état de l'accès à l'information au
Québec.
Le Président
(M. Auger) : Mme la ministre.
Mme Weil :
Bien, premièrement, donc, je viens d'apprendre que c'est une journée en retard
pour l'agenda public. Donc, c'est aujourd'hui que ça sera corrigé. Je
pense, c'est important de le souligner, une journée.
ailleurs, non, je vous dirais que... D'ailleurs, par rapport à ces agendas
publics, savez-vous, M. le Président, qu'on
est la seule province à avoir une pratique de ce genre? Et on a vérifié dans le
monde. On n'a pas trouvé une autre juridiction
qui le fait. Il faut saluer cette initiative. Et je vous dirais que ça se passe
très, très bien au sein du gouvernement une fois que la formation a été
prise. Et, quand il y a des nouvelles personnes, il faut faire la formation.
Pour revenir sur la
grande réforme, je vais réitérer la volonté de notre gouvernement d'aller de
l'avant. Il y a beaucoup de travaux qui ont été faits, des consultations, mais
surtout des orientations qui donnent, qui annoncent les couleurs du
gouvernement par rapport à la transparence, les orientations qu'on veut
adopter.
Donc,
moi, je travaille très fort. Et on est vraiment dans le dernier droit pour
déposer ce projet de loi. Mais c'est un
travail qui implique beaucoup, beaucoup d'organismes. Il y a
3 000 organismes qui sont soumis à la
loi sur l'accès à
l'information. On parle de plus d'une centaine d'organismes et de ministères
qui sont dans le giron, si on veut, gouvernemental.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de Terrebonne.
M. Traversy : Merci, M.
le Président. Donc, pour réussir à
améliorer l'accès à l'information, il faut aussi que la commission qui est en charge de ce dossier puisse
avoir les ressources, puis à la fois financières et humaines, pour être capable d'y parvenir. Déjà là,
on sent qu'il y a un cri du coeur qui a été lancé par certains
intervenants à l'effet que les choses
pourraient être améliorées au niveau du support qui est fait, donc, à la Commission d'accès à l'information. On apprend aussi que l'indépendance de la Commission d'accès à l'information n'est pas
toujours respectée à la lettre, que le mur qui est supposé de séparer le
bureau de la ministre à celui de la commission n'est pas complètement étanche.
D'ailleurs,
un
article du Devoir du 17 août 2017 nous rappelait que certains
liens étaient même assez fréquents entre
le cabinet de la ministre et la Commission d'accès à l'information, notamment
en ce qui a trait à des caractères chauds de certains dossiers
politiques. Et je vais vous donner un exemple, M. le Président. On a obtenu
copie de courriels, d'échanges entre
attachés de presse de l'ex-ministre, donc, de la loi d'accès à l'information et
le directeur de la Direction de la
surveillance de la Commission d'accès à l'information qui démontrent clairement
qu'il y a une certaine ingérence politique qui est faite quant aux
actions qui sont entreprises par la Commission d'accès, notamment au moment où
ils déposent leurs communiqués de presse,
notamment quel sera le contenu qui sera émis par la commission à l'intérieur
de ses prises de position. Je vous lis notamment, là, un passage d'un de ces
courriels où l'attaché de presse communique directement
avec le directeur pour lui demander à quel moment, donc, le lien pour le
communiqué sera disponible, et quel sera
son contenu, et à quelle heure précise va-t-il être fait, est-ce qu'on peut
voir la version finale et à quel moment devrait-il être en ligne.
Moi,
j'aimerais demander à la ministre : Lorsqu'on voit une grande proximité
comme ça, est-ce qu'elle trouve ça normal?
Est-ce qu'elle voit que... Est-ce que, dans le fond, le président qui lance un
cri du coeur par rapport aux ressources, ça la laisse indifférente?
Est-ce que cette ingérence de la part de son cabinet à l'intérieur de la
Commission d'accès à l'information... Elle
trouve ça normal de voir certains de ses employés dicter des échéanciers comme
ça à des fonctionnaires?
Le Président
(M. Auger) : Juste un instant. M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Oui. Bien,
effectivement, on aimerait avoir le dépôt du document, M. le Président.
Le Président
(M. Auger) : Est-ce que vous allez déposer le document après
l'échange?
M. Tanguay : On parle de
transparence.
M. Traversy : Oui, oui,
après l'intervention, bien oui.
Le Président (M. Auger) : Oui,
absolument. Donc, pour l'instant, Mme la ministre, pour la réponse.
Mme Weil :
Oui. D'abord, en parlant des ressources allouées à la Commission d'accès à
l'information, alors je suis très contente de confirmer, je pense que la
nouvelle a circulé, quand même, qu'au dernier budget... donc une augmentation historique du budget de la commission
pour qu'elle puisse faire son travail, réduire les délais, notamment,
donc une augmentation de 25 % de son budget, avec un investissement
récurrent de 1,5 million, et se rajoute à ça un 100 000 $
récurrent qui a été annoncé en 2017‑2018.
Donc, ça
permettra à la commission de faire son travail en toute indépendance. Et c'est
important de le souligner, il n'y a
pas d'ingérence avec le travail de la commission. C'est un organisme
indépendant qui fait son travail. Et je suis très heureuse d'annoncer, donc, cet investissement pour
permettre à la commission de pouvoir procéder à la médiation, éviter, donc, la judiciarisation quand la commission le
pourra, mais aussi d'avoir, donc, des ressources avec deux avocats de...
Écoutez, je cherche exactement où est-ce que
c'est... oui, bon, cinq ressources additionnelles, dont deux
commissaires. Donc, c'est important de le
souligner, ça va exactement dans notre volonté d'être un gouvernement
transparent, responsable par rapport à l'accès à des renseignements, qui
est un droit pour les citoyens.
Par rapport à
l'autre question, je peux vous dire tout simplement, donc, que l'article 3
de la
Loi sur l'accès confère à la
personne ayant la plus haute autorité la fonction de traiter les demandes
d'accès, une fonction qui peut être déléguée au sein de l'organisme public. Dans la pratique, la fonction a été dûment
déléguée dans tous les ministères et organismes du Québec.
Le Président (M. Auger) : Je
vais permettre une dernière question. 1 min 30 s.
M. Traversy : Merci, M.
le Président. Moi, je vais poser, donc, une question au président de la
Commission d'accès à l'information parce
qu'il est avec nous. Est-ce qu'il trouve ça normal que des employés du cabinet
de la ministre puissent venir
intervenir directement au niveau de ses communications? Est-ce qu'il trouve ça
normal que le cabinet de la ministre
puisse avoir un mot à dire sur les échéanciers qui sont faits par sa
commission? J'aimerais l'entendre sur la question.
Le Président (M. Auger) : Mais
je dois demander à... Mme la ministre, vous voulez l'intervention?
Mme Weil :
Oui. Bien, c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'intervention. Quand il y a un enjeu
qui pourrait se retrouver sur la
place publique, le ministre qui, dans la loi actuelle, a la responsabilité du
dossier, donc de pouvoir connaître... mais il n'y a pas d'ingérence dans les décisions de la commission, c'était...
Alors, je laisse le commissaire répondre à cette question.
Président (M. Auger) : J'ai besoin d'un consentement pour
l'intervention. Il y a consentement? Consentement. Votre nom, votre
titre et vous avez 30 secondes pour une réponse courte.
M. Chartier (Jean) : Merci, M.
le député, pour votre question. Effectivement, lorsque vous avez soulevé...
Le Président (M. Auger) : Votre
nom et votre titre, s'il vous plaît.
M. Chartier (Jean) : Oui, pardon.
Jean Chartier, président de la Commission d'accès à l'information.
Le Président (M. Auger) :
Merci.
M. Chartier
(Jean) : Alors, je reviens à la question que vous avez soulevée tout à
l'heure. Lorsque vous avez parlé d'ingérence
ou d'échange de courriels, ça m'a surpris. Je cherchais dans ma tête à quoi
vous pouviez faire référence. Mon directeur
de la surveillance m'indique que c'est des courriels qui auraient été échangés
relativement au lancement de la tournée de promotion. Je ne le sais pas,
vous, vous avez les courriels en question. Moi, je ne les ai pas sous les yeux.
Le Président (M. Auger) :
Désolé. Excusez-moi. Juste un instant. On n'a plus de temps pour le premier
bloc d'échange. Nous en serions au bloc du gouvernement. M. le député de
La Prairie.
M. Merlini : Merci beaucoup, M.
le Président.
Le Président (M. Auger) : 12
minutes.
M. Merlini :
12 minutes? Merci beaucoup. Alors, salutations à Mme la ministre, les gens qui
l'accompagnent, Me Chartier, de la Commission d'accès à l'information, les
députés de l'opposition, et évidemment mes collègues du côté ministériel.
Comme
le temps nous est court, on va aller droit au but. Au sujet de la Commission
d'accès à l'information, en 2015, le
gouvernement a fait connaître sa volonté de favoriser une transparence encore
plus accrue des organismes publics et
d'améliorer la protection, évidemment, des renseignements personnels. Parmi les
mesures prévues dans les orientations gouvernementales,
plusieurs concernaient directement ou indirectement la Commission d'accès à
l'information. Dans son plan
stratégique 2014‑2018, Me Chartier disait ceci : «Malgré des
ressources humaines et financières insuffisantes, je suis convaincu qu'au terme de l'exercice porté par ce
plan stratégique les services aux citoyens auront été rendus avec plus
de célérité et de manière plus efficace pour
permettre à la commission d'assumer pleinement le rôle qui lui a été
confié.»
Il faut
rappeler aux gens qui nous écoutent et qui nous regardent aujourd'hui que la
mission de la Commission d'accès à
l'information consiste évidemment à promouvoir l'accès aux documents des
organismes publics et la protection des
renseignements personnels dans les secteurs publics et privés, mais aussi
d'assurer la surveillance et de décider des démarches de révision et
d'examen de mésententes qui lui sont des fois présentées.
Également, dans sa déclaration de service aux
citoyens, qui date de 2004 : «À l'Assemblée nationale et au gouvernement
du Québec.
«Sur demande
ou de sa propre initiative, la commission exerce un rôle conseil permettant
d'intervenir en donnant des avis sur
des projets de loi, des projets de règlement ou d'autres projets
gouvernementaux qui ont un impact sur l'accès aux documents ou sur la
protection des renseignements personnels.»
Mme la
ministre, tantôt, vous avez fait référence à l'augmentation des crédits qui
avaient été octroyés à la CAI dans le
budget des crédits budgétaires de 2017‑2018, un montant récurrent de
100 000 $ qui a servi principalement à une tournée de
sensibilisation auprès des jeunes dans les écoles secondaires du Québec,
évidemment, vis-à-vis la protection des renseignements
personnels en ligne. Maintenant, vous avez également souligné l'augmentation
prévue dans le budget, dans le plan
économique du gouvernement de 2018, qui est quand même, vous l'avez dit, Mme la
ministre, une augmentation historique.
J'aimerais savoir — peut-être, Me Chartier pourrait nous
éclairer là-dessus — comment
l'augmentation budgétaire qui lui a
été accordée, bien, pas à lui, évidemment, mais à la Commission d'accès à
l'information, comment cette augmentation de budget l'aide dans la poursuite de sa mission, compte tenu de ce qui
est écrit là, dans le plan stratégique 2014‑2018?
Le Président (M. Auger) : Mme
la ministre.
Mme Weil :
Alors, je remercie le député pour la question. Donc, oui, en effet, le
gouvernement s'est bel et bien engagé
à devenir l'État le plus transparent que le Québec ait connu en instaurant des
rapports plus ouverts avec les citoyens, notamment en divulguant plus d'informations de manière proactive et en
rendant le processus de consultation publique plus efficient en matière d'accessibilité aux informations détenues par
les ministères et les organismes. Lorsqu'un refus de communiquer un document est acheminé au demandeur,
en vertu de la
Loi sur l'accès, la personne peut s'adresser à la
Commission d'accès à l'information afin de réviser la décision qui a été
rendue.
Permettez-moi,
au bénéfice de ceux qui nous écoutent, d'expliquer un peu plus en détail le
rôle de la Commission d'accès à
l'information. Nous avons beaucoup entendu parler de cette institution dans les
dernières semaines, et je suis certaine
que ces explications seront les bienvenues. C'est un organisme totalement
indépendant du gouvernement, qui a pour
mission de promouvoir l'accès aux documents des organismes publics et la
protection des renseignements personnels dans les secteurs publics et
privés, en assurer la surveillance, et de décider des demandes de révision et
d'examen de mésententes qui lui sont
présentées. La commission est principalement chargée de l'application de la Loi
sur l'accès et de la
Loi sur la protection des renseignements personnels
dans le secteur privé.
Pour la mise
en oeuvre des mandats qui lui sont confiés, la
Loi sur l'accès crée deux
sections à la commission, une
section de surveillance et une
section
juridictionnelle.
En matière de
surveillance, la commission veille au respect des droits et obligations
prévus par la
Loi sur l'accès et la
loi sur le privé dans le cadre de ses
fonctions de surveillance, à savoir les enquêtes, les inspections ainsi que les
demandes de personnes ou d'organismes
désirant recevoir communication de renseignements personnels sans le consentement des personnes concernées et à des fins d'étude, de recherche ou de
statistiques. De plus, elle effectue des enquêtes de sa propre
initiative ou sur réception d'une plainte. Les enquêtes servent, entre autres,
à déterminer si une pratique ou un comportement d'un organisme ou d'une
entreprise assujettie est conforme ou non à la loi.
La commission
dispose également de pouvoirs d'inspection. Plus généralement, ces pouvoirs lui
permettent, dans un objectif de prévention et de formation, de vérifier
le respect des lois qu'elle administre. Également, les avis que la commission fournit en matière de protection des
renseignements personnels, d'accès à l'information dans divers domaines portent sur des projets de loi ou de règlement,
des ententes de communication de renseignements personnels, des projets
de systèmes d'information ou divers projets administratifs.
En ce qui a
trait à la
section juridictionnelle, elle intervient principalement dans le
cadre des demandes de révision, recours
prévu dans la
Loi sur l'accès, ou des demandes d'examen de mésentente, recours
trouvant sa source dans la
loi sur le
privé. Ces demandes découlent de l'insatisfaction de citoyens à la suite d'une
décision relative à des demandes d'accès ou de rectification adressées aux organismes publics et aux entreprises.
Cette
section agit comme tribunal, car les juges administratifs qui la composent siègent généralement en audiences au
cours desquelles les parties impliquées ont l'occasion de faire valoir leurs représentations. Aussi, il
est à souligner que les juges administratifs interviennent également
avant la tenue des audiences afin de s'assurer que les parties ont l'occasion
de présenter leurs observations ou de résoudre des questions particulières dans
le cheminement des dossiers.
Toutes
ces réalisations sont possibles grâce à un budget annuel de 6 millions de
dollars. Et, malgré un contexte de rigueur
budgétaire, le gouvernement a réussi à maintenir le budget de la commission. En
2014‑2015, il a même déposé un budget de dépenses
avec une augmentation de 300 000 $ par rapport au budget de dépenses
déposé par le précédent gouvernement le
28 mars 2013. L'année dernière, dans le budget 2017‑2018, le
gouvernement a octroyé des crédits annuels additionnels récurrents de 100 000 $ à la commission afin de
l'appuyer dans ses activités de sensibilisation. Ces crédits lui
permettent de poursuivre la sensibilisation entreprise auprès des jeunes des
écoles secondaires sur la protection des renseignements personnels en ligne,
avec la tournée Ce que tu publies, penses-y .
Considérant le rôle
central de la commission pour assurer la conformité à la
Loi sur l'accès, il
importait de lui accorder les moyens
nécessaires pour qu'elle assume les pouvoirs et les fonctions que lui confère
la loi. C'est pourquoi le gouvernement
a annoncé, dans son budget 2018‑2019, une augmentation historique, et je
tiens à le souligner, M. le Président, de
l'enveloppe budgétaire globale de la commission de 1,5 million de dollars,
une augmentation de 25 % de son budget. Il s'agit d'une somme récurrente qui vient s'ajouter à son budget de
fonctionnement. Ce que ces ressources additionnelles lui permettront de faire, c'est de réduire les délais
de traitement des demandes qui sont transmises à la commission en
matière juridictionnelle et de favoriser le recours à la médiation pour le
règlement des dossiers. Elles permettront également d'accroître les activités
d'enquête et d'inspection à l'initiative de la commission.
Ainsi,
l'aide de ces ressources supplémentaires... avec l'aide, la CAI prévoit les
principales améliorations suivantes : dans la
section
juridictionnelle, cinq ressources additionnelles seront ajoutées, dont deux
commissaires, pour traiter l'ensemble des nouveaux dossiers, réduire de façon
importante les délais de traitement par la diminution des dossiers cumulés
depuis 2014, donc 2 749 dossiers en attente de traitement au
31 mars 2017; dans la
section de surveillance, six ressources additionnelles seront ajoutées, dont un commissaire, pour
mener, d'une part, des activités d'inspection, mais aussi davantage d'enquêtes de leur propre initiative et aussi pour
gérer les déclarations d'incidents relatifs à des brèches de sécurité dans lesquels des renseignements
personnels peuvent avoir été compromis, dont le nombre est en
augmentation; au niveau administratif, deux
ressources additionnelles seront ajoutées pour traiter les dossiers de gestion
et assurer un soutien administratif.
Donc,
en terminant, et c'est important de le souligner, nous allons pouvoir pourvoir
prochainement les postes de commissaires
qui doivent être comblés au sein de la Commission d'accès à l'information. Nous
avons déjà rencontré le président de la Commission d'accès à
l'information à cet égard. Merci, M. le Président.
Le Président
(M. Auger) : Merci. Trois minutes, M. le député de Vimont.
M. Rousselle :
Oui. Merci, M. le Président. Je vais vous parler du cadre de référence
gouvernemental sur la participation
publique. On sait tous que, le 23 avril 2014, le premier ministre disait à
la population québécoise de souhaiter voir
s'amorcer et s'instaurer, justement, dans la fonction publique et au Québec, un
véritable virage vers une culture de transparence.
On sait bien que le gouvernement ouvert repose sur trois principes : la
transparence, la participation citoyenne et la collaboration.
au fait que le temps nous est court, je vous demanderais... je vais aller tout
de suite à ma question. Lors de ces consultations-là,
Mme la ministre, comment votre proposition a-t-elle été accueillie par les
groupes travaillant dans le domaine?
Et puis, en même temps, je vous poserais une autre question : Comment
comptez-vous rendre l'utilisation du cadre obligatoire au sein de
l'appareil gouvernemental?
Le Président
(M. Auger) : Mme la ministre.
Mme Weil :
Oui. Donc, comme nous avons eu l'occasion... Il me reste combien de minutes, M.
le Président?
Mme Weil :
Bon, bien, M. le Président, combien de minutes?
Le Président
(M. Auger) : 1 min 30 s. Désolé.
Mme Weil :
1 min 30 s? Bon, d'accord. Donc, comme nous avons eu l'occasion
d'en discuter la semaine dernière, lors
de l'étude des crédits du volet Réforme des institutions démocratiques, les
préoccupations soulevées dans le cadre de l'affaire Cambridge Analytica font
partie d'une prise de conscience
toujours plus importante de la population quant à la protection des
renseignements personnels, notamment à l'ère numérique.
est important, d'entrée de jeu, de réitérer que les renseignements personnels
qui sont détenus par l'État ou par des entreprises
du secteur privé sont tous deux régis par des lois qui encadrent leur collecte
et leur utilisation. En ce qui concerne le secteur public, la
Loi sur l'accès aux documents des organismes
publics et sur la protection des renseignements personnels offre l'encadrement légal en la matière. Pour ce
qui est des entreprises privées, par exemple, des entreprises du secteur
numérique, celles-ci tombent sous la juridiction
de la
Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé.
C'est
important, M. le Président, de clarifier ces deux domaines. Donc, il y a toute
la zone publique gouvernementale,
mais il y a la zone qui couvre évidemment les entreprises, qui fait en sorte
que c'est une autre loi, d'autres procédures qui rentrent en compte, et
le commissaire, la commission, a juridiction sur ces deux lois.
Le Président
(M. Auger) : Je vous donne un extra de deux minutes, Mme la
ministre, si... au besoin, là. J'ai deux minutes extra.
Mme Weil : D'accord. Donc, ces lois dictent la façon dont les organismes publics, tout comme les
entreprises privées, peuvent collecter,
utiliser et partager les renseignements personnels des citoyens. Toutefois,
au-delà de l'encadrement légal, il
demeure qu'une plus grande sensibilisation à la protection des renseignements
personnels sur les réseaux sociaux est
une mesure préventive de choix. Et, bien que l'usage de l'Internet et des
médias sociaux soit largement répandu chez les jeunes, on le sait bien, ceux-ci n'ont pas nécessairement eu
l'occasion d'être sensibilisés à l'importance de se protéger contre les risques que comporte la divulgation de
leurs informations personnelles dans le cyberespace. D'où l'importance
de la prévention, de la sensibilisation.
Ainsi, dans
le cadre de la politique jeunesse 2020‑2030, le Secrétariat à l'accès à
l'information et à la réforme des institutions
démocratiques a procédé à une tournée dans plusieurs établissements scolaires
afin de sensibiliser les jeunes aux
informations qu'ils publient en ligne et à l'importance de faire preuve de
prudence sur les réseaux sociaux. Pour ce faire, le secrétariat s'est
adjoint les services d'un porte-parole bien connu des jeunes pour ses
apparitions sur le canal Vrak.TV, le
comédien et animateur Web Nicolas Ouellet. Et d'ailleurs je cherche le petit
pamphlet Ce que tu publies, penses-y . Je pense qu'on l'a
ici avec nous.
Mme Weil :
Ah! oui, ça, c'est l'original. Je tiens à souligner que c'est ma prédécesseure,
la députée de Bourassa-Sauvé, qui a
mené, donc, cette tournée et qui a inspiré la Commission d'accès à
l'information. Donc, peut-être prendre les deux pamphlets qui ont été produits, donc, Ce que tu publies,
penses-y , qui a été vraiment franchement un grand, grand succès de pouvoir échanger avec les jeunes dans
toutes les régions du Québec. Ils sont vraiment allés dans toutes les
régions avec le secrétariat, et ensuite, donc, la commission qui poursuit cette
mission, car quelle meilleure défense que la sensibilisation?
On a une défense en tout temps, quand on comprend que, si on dit oui, ou on
gêne, ou qu'on envoie un document, on
soit bien sensible à la nature de ce document et de l'information qu'on est en
train de partager. Cette campagne permet,
en temps continu, de rejoindre des jeunes que par ailleurs on n'aurait pas pu
aussi facilement les rejoindre. Et donc c'est bien apprécié.
Donc, dans le
cadre de la politique jeunesse, cette campagne s'est faite dans ce cadre-là. Et
le secrétariat, donc, s'est... Donc,
en plus des outils de sensibilisation produits, donc, il y a une vidéo et un
dépliant. Plusieurs documents ont été préparés
pour les fins de la tournée, comme par exemple une affiche, une
affichette-conseil ainsi que trois déclinaisons visuelles de la capsule
vidéo pour une plus grande interaction sur les réseaux sociaux. Donc, un franc
succès, plus de 50 conférences qui ont
été données, entre novembre 2016 et juin 2017, et on a pu rejoindre
10 000 élèves dans 16 régions du Québec. Ces rencontres ont été l'occasion de parler aux jeunes des
données numériques, lesquelles peuvent constituer un apport positif, comme c'est le cas des données
ouvertes. L'accent a toutefois été mis sur la vigilance requise et sur
les comportements prudents à adopter lorsqu'il est question de renseignements
personnels, surtout lorsqu'ils ont trait à l'identité.
Le danger d'usurpation d'identité fait d'ailleurs l'objet d'une sensibilisation
particulière, puisqu'il s'agit d'un phénomène en croissance.
Est-ce que vous souhaitez que je poursuive
mon...
Président (M. Auger) : Il reste encore deux minutes. Je suis
tellement généreux aujourd'hui, il y a encore un ajout de temps.
Mme Weil :
Il me reste... O.K., d'accord, c'est le bout que je n'avais pas saisi. Donc,
l'intérêt pour la campagne a été
tellement fort et positif. Donc, comme je vous le disais, la Commission d'accès
à l'information a manifesté son désir de la poursuivre au-delà de sa durée initiale. Ainsi donc, une somme
récurrente — c'est de
là que vient le 100 000 $ dont je vous parlais précédemment, M. le Président — a été accordée à la commission dans le cadre
du budget 2017‑2018 afin que cette activité de promotion puisse prendre
en charge la tournée de façon pérenne.
Je tiens à
souligner l'ajout, sur le site Internet de la Commission d'accès à
l'information, de matériels en lien avec la tournée, tels que les dépliants Internet, c'est moi qui décide
et, je cite, Plus discret, moins de regrets . C'est donc
l'autre document qui est rendu public. En
effet, le dépliant Internet, c'est moi qui décide propose
10 concepts pour rester net sur le
Web, des conseils qui sont à la fois simples et pratiques et dont la mise en
oeuvre favorise une meilleure protection des renseignements personnels. Les jeunes y sont donc appelés à : un, réfléchir avant de publier sur
les réseaux sociaux; deux, ne pas tout y
révéler, en évitant notamment les informations personnelles permettant de les identifier
facilement, tels le nom de leur école, leurs
numéros de téléphone, etc.; trois, faire attention aux photos qu'ils publient,
puisque celles-ci deviennent ensuite
très difficiles à contrôler; quatre, à sécuriser leurs comptes pour en limiter
l'accès; cinq, à faire attention à leurs
mots de passe, à ne pas les partager avec d'autres et en assurer la complexité
pour une plus grande sécurité, à vérifier de façon périodique leurs traces en tapant leurs noms sur un moteur de
recherche pour être conscient de ce qui y apparaît; sept, à respecter les autres en évitant la
cyberintimidation, les insultes ou le partage de photos gênantes sur les
autres; huit, à faire le ménage après
leur navigation, notamment sur un ordinateur public ou partagé. Il faut prendre
soin de s'assurer que leur session est fermée pour éviter...
Président (M. Auger) : Voilà, le temps étant écoulé, nous allons
maintenant poursuivre avec le premier et le seul bloc du deuxième groupe
d'opposition, pour 21 minutes. M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Je vous
remercie, M. le Président. Salutations à la ministre, à son équipe, aux gens de
la fonction publique, aux collègues de la
partie gouvernementale ainsi qu'au
collègue de Terrebonne qui est avec nous.
J'écoutais
la ministre nous parler de la formation qui est faite auprès des jeunes
relativement aux photos à ne pas envoyer,
puis tout ça. Je pense que la formation pourrait être donnée à d'autres pans de
la société, notamment aussi certains membres de l'Assemblée nationale
aussi. Je pense, ça serait peut-être opportun.
Alors,
M. le Président, vous savez, on a questionné à plusieurs reprises la ministre,
sa prédécesseure, à savoir à quel moment
on allait avoir une réforme de la
loi sur l'accès à l'information. La semaine
passée, j'ai questionné la ministre, elle m'a dit : Ça s'en vient,
ça s'en vient. Aujourd'hui, là, c'est minuit moins une, il reste cinq semaines
de travaux parlementaires. Si la véritable
volonté du gouvernement, c'est d'avoir un projet de loi, qu'on puisse
l'étudier, qu'on puisse entendre des groupes et l'adopter d'ici la fin de la session,
là, c'est «last call», là. Aujourd'hui, c'est «last call». Donc,
j'aimerais ça que la ministre me dise : Quand va-t-elle le déposer?
Le Président
(M. Auger) : Mme la ministre.
Mme Weil :
Écoutez, M. le Président, évidemment, il y a beaucoup de travaux qui ont été
menés avant que je prenne les
responsabilités de ministre responsable de ce dossier-là. Donc, un travail en
continu. Évidemment, ma responsabilité,
c'est vraiment, selon la volonté du gouvernement et du premier ministre qui l'a
réitérée lors de l'étude de ses
propres crédits, de déposer ce projet de loi. Donc, il doit être déposé avant
un certain temps pour pouvoir l'adopter. Donc, on est vraiment dans les
derniers jours de cette ronde d'analyses et d'échanges. Moi, je peux vous
confirmer...
Le Président
(M. Auger) : Oui, juste un instant...
M. Jolin-Barrette :
...la question, M. le Président, c'est quand. Quand va-t-il être déposé?
Le Président
(M. Auger) : Mme la ministre.
Mme Weil :
Moi, je ne contrôle pas le jour même, mais je peux vous dire qu'on est dans le
dernier droit. C'est l'expression, vraiment.
Je suis très… comment dire, plus que confiante. C'est un travail important, un
travail complexe parce qu'on vient revoir une réforme qui... d'une loi
qui a été adoptée il y a 32 ans, puis il fallait regarder...
Le Président
(M. Auger) : M. le député.
M. Jolin-Barrette : Est-ce que vous avez eu l'assurance du
gouvernement que... du leader du gouvernement que le projet de loi
allait être appelé et étudié d'ici la fin de la session?
Le Président
(M. Auger) : Mme la ministre.
Mme Weil :
Je n'ai pas eu cet échange parce que l'essentiel, c'est de le déposer. Mais
tout est possible, si la volonté est là.
M. Jolin-Barrette : ...la ministre vient de nous dire qu'elle n'a pas
échangé avec le député de Saint-Laurent, leader du gouvernement, à
savoir...
Mme Weil :
Précisément...
M. Jolin-Barrette : ...si c'était dans son intention d'appeler le
projet de loi. Alors, ce que vous nous dites, là, c'est qu'on va le
déposer, mais qu'on ne l'étudiera peut-être pas.
Mme Weil :
Mais tout est possible, honnêtement, la volonté...
M. Jolin-Barrette :
Bien, tout est possible...
Le Président
(M. Auger) : Juste un instant! Une personne à la fois. Je veux
entendre la question puis je veux entendre la réponse. Mme la ministre, pour la
réponse, s'il vous plaît.
Mme Weil :
Oui. Écoutez, il y a beaucoup de travaux actuellement. Je sais que le député
est bien actif dans un grand, grand,
grand projet de loi qui touche le cannabis. Donc, il faut qu'il y ait un espace
qui se libère. Mais, si la volonté de tous et chacun ici, une fois que
le projet de loi est déposé... on s'exprime ensemble notre volonté de procéder
à la consultation et d'adopter, moi, je
ne... Ce n'est pas moi qui contrôle ce bout-là, je pense, c'est la volonté
commune des parlementaires. Et ce que j'entends, c'est que la volonté
est là.
Le Président
(M. Auger) : M. le député.
M. Jolin-Barrette : Je
comprends, M. le Président. La volonté, de la part des partis d'opposition,
elle est très présente, je l'entends du
député de Terrebonne également. Mais ma question est la suivante : Est-ce
que vous allez aller voir le leader du gouvernement? Et je m'étonne que ça ne soit pas déjà
fait, que ça ne soit pas déjà canné, du point de vue de la cohérence gouvernementale, d'avoir eu des
échanges pour dire : Je vais déposer mon projet de loi, fais-moi de
la place à la Commission des institutions pour qu'on puisse étudier le projet
de loi. Ça, ça n'a pas été fait.
Le Président (M. Auger) : Mme
la ministre.
Mme Weil :
Il faut comprendre le travail d'un leader, hein, de tous les leaders,
évidemment. Donc, ils ont une responsabilité
par rapport à tout ce qui est devant eux et tous les projets de loi qui sont
déjà entamés, avec... Alors, moi, cet
élément-là... Pour l'instant, pour moi, l'important, c'est de déposer le projet
de loi. Mais évidemment, une fois que tout
le monde exprime sa volonté d'aller de l'avant, et que d'autres projets de loi
auront été adoptés, puis que l'espace est là pour nous d'adopter ce
projet de loi, c'est la discussion qu'il faut avoir avec les leaders.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Borduas, il reste 16 min 30 s.
M. Jolin-Barrette : Oui. Merci, M. le Président. On a constaté, M. le
Président, que bien souvent, lorsqu'on fait des demandes d'accès à
l'information, et les journalistes ont pu le constater également, eux aussi,
lorsqu'ils font des demandes à l'accès à
l'information, qu'il y a parfois des interventions politiques dans la demande
d'accès à l'information. Nous, ça nous est arrivé, notamment avec le
ministère de la Justice.
Écoutez, je
donne un exemple. Hier, on était aux crédits budgétaires de la Justice. On a
fait une demande d'accès à l'information
pour le rapport Verreault, par rapport à la Commission des droits de la
personne. Au mois de janvier, on fait notre
demande d'accès à l'information; au mois de février, on nous répond : Non,
c'est un
article 34. Alors, on ne donne pas accès au rapport. Mais pourtant on nous dit par la suite que le rapport
a été déposé seulement dimanche dernier. Alors, comment est-ce qu'on peut avoir confiance dans le gouvernement lorsqu'on
se retrouve dans des situations où, à toutes les fois, on sait qu'il y a
des interventions politiques au niveau des demandes d'accès à l'information?
Le Président (M. Auger) : Mme
la ministre.
Mme Weil :
Bon, écoutez, des cas particuliers, vraiment, comme... oui, le ministre
responsable de l'Accès. Mais ce n'est
pas moi qui ai la responsabilité de gérer les cas particuliers. Donc,
l'article 8 de la
Loi sur l'accès confère à la personne ayant la plus haute autorité la fonction
de traiter les demandes d'accès. Mais, dans la pratique, la fonction a
été dûment déléguée dans tous les ministères et organismes du Québec. Donc,
c'est eux qui sont responsables de gérer la demande d'accès.
Cette
délégation implique que le ministre ou le dirigeant de l'organisme ne devrait
pas s'immiscer dans le traitement d'une demande d'accès afin que le responsable
prenne la décision — pas
d'ingérence à ce chapitre-là, donc — de communiquer ou non un document en toute indépendance, dans la plus grande
transparence et en se fondant uniquement sur des considérations voulues par le législateur.
Rien dans l'article cité ne permet de conclure qu'il y aurait eu une intervention, donc, dans le processus de décision de communiquer ou non des documents.
Donc, dans ce cas-là non plus. Donc, le
ministre exerce un rôle dans la loi. Donc, toute la question
d'imputabilité et de la nécessité de répondre au public
relève évidemment...
Le Président (M. Auger) :
...permettre une prochaine question.
Mme Weil : ...d'un ministre.
Le Président (M. Auger) :
Merci...
Mme Weil : Il n'y a pas
d'ingérence.
Le Président (M. Auger) :
Prochaine question.
M. Jolin-Barrette : Mais je note bien, M. le Président, que la ministre
a dit «ne devrait pas», donc, au conditionnel. Donc, ça ne nous assure
pas que, du côté du gouvernement libéral, il n'y a pas eu d'intervention au
cours des quatre dernières années.
Et honnêtement je suis profondément déçu parce
que, lorsque le premier ministre, dans son discours inaugural, disait :
Ça va être le gouvernement de la transparence... Pourquoi
attendre à la dernière saison législative pour peut-être
déposer un projet de loi, et ne pas avoir
discuté avec le leader du gouvernement à savoir si le projet de loi allait
pouvoir être adopté ou, à tout le moins, étudié d'ici la fin de la session parlementaire?
Honnêtement, ça me déçoit et surtout lorsqu'on voit des cas.
Je vous en ai
cité un hier, je pourrais vous en citer un autre. Hier, ma collègue
de Repentigny avait demandé à la ministre de la Justice une
lettre, la lettre qu'elle avait envoyée à son homologue fédéral. On a refusé de
lui communiquer. Il a fallu qu'elle
vienne aux crédits pour obtenir cette lettre-là. C'est arrivé plusieurs
fois au ministère de la Justice, au ministère des Transports également.
Alors, on
invoque l'article 8 de la loi pour dire : Écoutez,
c'est le ministre qui est ultimement responsable. On délègue la fonction, mais par contre,
dans les faits, on constate que les cabinets politiques ont une influence au niveau du contrôle de l'accès à l'information. Alors, est-ce que, dans votre projet de loi que vous allez
déposer, le ministre va demeurer l'ultime responsable?
Le Président (M. Auger) : Mme
la ministre.
Mme Weil : Je vous invite à regarder les orientations du livre blanc, où on voit la volonté du gouvernement sur beaucoup, beaucoup d'enjeux.
C'est tout ce que je peux vous dire pour l'instant, c'est de regarder ces orientations qui inspirent la réforme.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Borduas. 13 minutes à l'échange.
M. Jolin-Barrette : Je
comprends. Alors, la ministre
ne veut pas nous dire si le politique sera toujours
responsable de l'accès à l'information dans sa réforme.
Mme Weil : Je ne peux pas vous répondre à cette question-là
parce que, comme vous le savez, tant qu'on ne dépose
pas, on ne peut pas parler du contenu. Mais
c'est pour bientôt. C'est pour bientôt. Mais je pense que les orientations...
en lisant les orientations, on voit bien l'intention d'amener une grande
réforme.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Et, en tant que ministre, est-ce que
c'est son souhait qu'on dépolitise l'accès à l'information?
Le Président (M. Auger) : Mme
la ministre.
Mme Weil : Moi, je vous
dirais qu'il n'est pas... l'accès à l'information étant la façon que ça
procède, et ça fonctionne, et dans les
règles de fonctionnement ce n'est pas politisé. Le ministre
ou la ministre qui est responsable de son ministère... Évidemment,
c'est tout à fait dans l'ordre des choses que le ministre soit avisé quand un
enjeu qui touche l'intérêt public, et dont le ministre est imputable, et
qu'il doit pouvoir répondre... C'est tout
à fait normal qu'un ministre soit mis au courant d'un enjeu. Mais il n'y a
pas d'ingérence dans la décision de rendre ou non un document... ne devrait pas, et la loi est
claire à cet égard. Est-ce
qu'il y a des précisions à venir?
Donc, dans des débats, des discussions et des consultations, c'est le
genre de questionnement qu'on pourrait avoir une fois que le projet de loi est
déposé.
M. Jolin-Barrette : En
vertu de l'article 4,
paragraphe 8 de la loi, les organismes
et ministères doivent déposer les
demandes d'accès à l'information sur leurs sites Web. Or, ça arrive fréquemment qu'ils ne le font pas. Qu'est-ce
qui arrive dans ces situations-là? Est-ce
qu'il y a une vigie? Est-ce que le gouvernement intervient à savoir pourquoi
certains organismes ne le font pas? Notamment,
l'agence régionale... le Réseau de transport métropolitain ne le fait pas non
plus.
Mme Weil :
Permettez-moi, M. le Président, de poser la question...
Le Président (M. Auger) : Dans
un premier temps, consentement pour l'intervention?
M. Jolin-Barrette :
Consentement.
Le Président (M. Auger) : Il y
a consentement. Votre nom, votre
titre et ensuite la réponse, s'il vous plaît.
M. Marois
(Jean-Philippe) : Mon nom est Jean-Philippe Marois. Je suis secrétaire
général associé au Secrétariat à l'accès à l'information et à la réforme
des institutions démocratiques.
secrétariat, chez nous, il y a certaines vérifications qui sont faites, là, à
certains moments, là, quant au fait que les ministères et organismes se conforment au règlement. Moi, dans le
cas de ces opérations-là, je ne suis pas informé qu'il y aurait eu un
ministère ou un organisme qui ne se serait pas conformé à ses obligations. Mais
il s'agirait, le cas échéant, d'obligations
légales. Et les ministères, comme vous l'avez dit, en vertu du nouveau
règlement adopté en 2015, doivent rendre disponible la réponse sur
Internet, là, conformément au nouveau règlement de 2015.
Le Président (M. Auger) : M. le
député.
M. Jolin-Barrette : Si ça ne se
fait pas, les citoyens s'adressent à quel endroit?
M. Marois
(Jean-Philippe) : Juste une obligation légale que les ministères et
organismes doivent respecter, là. Moi,
si j'en suis informé, là, on peut communiquer avec ces ministères et
organismes-là. Le fait qu'il y aurait ce ministère-là ou cette régie-là, là — je n'ai pas entendu, là — qui ne l'aurait pas fait, moi... À partir du
moment où on le sait, on est capables de leur parler puis de faire
corriger les choses.
M. Jolin-Barrette : J'ai une question maintenant pour la Commission
d'accès à l'information. À la page 39 du cahier de crédits, on établit les emplacements des locations, notamment,
à Québec et à Montréal. Donc, c'est la question G-17. On nous indique le coût
total des locations pour 2017‑2018. Mais, à la
section Durée des baux, on dit
que la date de fin du bail, elle est inconnue.
Le Président
(M. Auger) : Mme la ministre.
Mme Weil :
Est-ce qu'avec la permission du président M. Chartier pourrait répondre?
Le Président
(M. Auger) : Bien sûr. M. Chartier.
M. Chartier
(Jean) : Alors, effectivement, la date de fin du bail est inconnue
pour une bonne raison, c'est que ces
baux-là sont négociés par la SIQ, la Société immobilière du Québec, qui retient
en location les locaux, notamment au 500, René-Lévesque,
et même chez nous, au 525, boulevard René-Lévesque Est, à Québec. C'est la SIQ
qui est le locateur des espaces, et
elle, elle les loue sur des durées pour lesquelles on n'est pas au courant. Et
elle nous les confie par la suite, elle
nous les reloue par la suite, aux organismes, selon l'espace dont nous avons
besoin et pour des durées qu'on négocie avec la SIQ.
Donc,
il y a véritablement des durées dont on convient avec la SIQ. Mais la SIQ,
elle, qui est le véritable locataire des
espaces, on ne connaît pas les durées pour lesquelles elle a pris des options
sur ces locaux-là. Et c'est la seule raison pour laquelle... c'est l'explication pour laquelle on indique que nous,
on ne connaît pas la durée d'échéance ou la date d'échéance des locaux,
des baux consentis ou plutôt négociés par la SIQ.
M. Jolin-Barrette : Je comprends votre explication, mais la
Commission d'accès, elle, elle signe un contrat pour, supposons, être trois ans dans ces locaux-là puis,
par la suite, elle renouvelle, j'imagine, parce que ça sort de votre
budget.
M. Chartier
(Jean) : Oui. Absolument. Absolument. Nous, on a des durées qui sont
convenues avec la SIQ. Mais vous
comprenez que le véritable locataire de l'espace, c'est la SIQ. Mais, oui, pour
répondre à votre question, nous, on a des durées prévues avec la SIQ...
M. Jolin-Barrette :
...combien de temps?
M. Chartier
(Jean) : Oh mon Dieu! Là, il faudrait que je vérifie avec...
M. Jolin-Barrette : O.K. Bien, je vais vous poser une autre question
en attendant, si vous permettez. À la page 93... Et ça vient toucher les ressources que vous avez à
la Commission d'accès à l'information. Les délais moyens de traitement des dossiers, c'est la page 93,
question P-1 : délai moyen de traitement des dossiers juridictionnels
clos par une décision dans lesquels
il y a eu une remise, 874 jours; délai moyen de traitement des dossiers
juridictionnels clos par une décision dans
lesquels il n'y a pas eu de remise, 597 jours; délai moyen de traitement
dans les dossiers de médiation, 408; et délai moyen de traitement des dossiers d'enquête, 481 jours. Donc, quand
il y a une remise, on voit que ça prend quasiment une année supplémentaire,
et, lorsqu'il n'y en a pas, c'est quasiment deux ans.
combien que vous avez de commissaires, actuellement, pour entendre en matière
juridictionnelle? Puis peut-être juste
dire, là... Dans le fond, on se ramasse devant la Commission d'accès à l'information
lorsqu'on va en demande de révision
suite à une décision d'un organisme public qui nous est défavorable. Alors,
lorsqu'on se présente devant le juge administratif, qui est le
commissaire, ça nous prend au moins deux ans et demi. Combien de juges vous
avez?
M. Chartier (Jean) : À l'heure actuelle, on en a... nous sommes sept à
la commission, et à la
section juridictionnelle, là, je n'ai que quatre juges qui sont présentement en fonction. Pourquoi
quatre? Parce que j'ai une juge qui a pris sa retraite l'année dernière,
et, dans la liste des personnes jugées aptes à occuper la fonction de
commissaire, qui datait d'il y a cinq ans, il
n'y avait plus de candidats. Donc, là, ce nouveau concours là a vu son terme il
y a quelques semaines, nous avons
maintenant une nouvelle liste, et celui qui vous parle est en demande auprès de
la ministre et auprès de... en fait, l'ensemble des députés, parce que
ce sont des désignations à faire par l'Assemblée nationale.
Alors,
à l'heure actuelle, là, j'ai des discussions avec la ministre pour que de
nouveaux commissaires... notamment pour
remplacer celle qui est
partie l'année dernière et pour en nommer trois
nouveaux qui sont consentis ou, enfin, dont l'embauche sera possible avec la demande de financement additionnel,
avec l'octroi de financement additionnel, ce qui devrait donc faire passer la commission à 10 commissaires, aussi
rapidement que les membres de l'Assemblée nationale effectueront ces désignations-là, délai que nous
espérons le plus rapidement possible. Et, dans la
section
juridictionnelle, il y aura, à ce moment-là,
sept commissaires en exercice, ce qui devrait nous permettre... Vous comprenez,
là, on va passer presque du simple au double, de quatre commissaires en
exercice à sept commissaires en exercice dans la
section juridictionnelle, ce qui devrait enfin me
permettre d'être un peu moins gêné devant cette Assemblée, avec les
statistiques, évidemment, que vous avez soulignées.
M. Jolin-Barrette :
...vous avez déjà transmis le nom des candidatures à la ministre?
M. Chartier
(Jean) : Pas encore. Pas encore, parce que l'exercice est en cours. Il
faut évidemment que je vérifie auprès
des candidats qui ont postulé et qui sont sur la liste. Vous comprenez qu'il
faut que je vérifie leur intérêt immédiat. Est-ce que ce sont des gens... Évidemment, ils sont intéressés, ils ont
postulé et ils se sont classés, mais il reste des démarches à faire
auprès de ces gens-là pour vérifier leur intérêt immédiat à occuper la
fonction.
M. Jolin-Barrette : Je vous invite à faire les démarches extrêmement
rapidement, parce que l'Assemblée suspend le 15, et ça prend un vote aux deux tiers. D'ailleurs, ça prendrait
peut-être une réforme du processus aussi, Mme la ministre. On en a
discuté lors des crédits de la réforme des institutions démocratiques pour une
nomination aux deux tiers.
veux vous poser une question également relativement à l'article 23 de la
loi. Souvent, on se retrouve dans une situation
où, lorsqu'on fait une demande d'accès à l'information, puis il y a un tiers
dans la demande d'accès à l'information relativement au secret industriel, on refuse la demande d'accès à l'information,
notamment sur tous les contrats publics, exemple Hydro-Québec. Lorsqu'on
fait une demande d'accès à l'information, à savoir combien a coûté le contrat,
les détails, les soumissions, on n'a pas
accès à ces informations-là lorsque ça concerne Hydro-Québec. Il y a une
opacité à ce niveau-là. Or, des
grandes villes, supposons, comme Québec, comme Montréal, qui sont assujetties à
la
Loi sur les cités et villes, eux, les documents sont publics parce
que ça se retrouve dans les archives de la ville.
Est-ce
que vous souhaiteriez que les contrats, l'information, l'argent que dépense
Hydro-Québec, ça soit rendu public,
comme ça l'est pour les grands donneurs d'ouvrage que sont les municipalités de
Québec et Montréal, Longueuil?
Le Président
(M. Auger) : Mme la ministre.
Mme Weil : Je pense que, lors des consultations, en fait, il y a eu
beaucoup de discussion et d'échanges sur ces questions-là, avec les
orientations du gouvernement. Il y a un principe de base : l'argent public
exige une transparence. Donc, c'est les droits... il y a un droit d'accès à
l'information, hein? Je pense que c'est... on part de là. La réforme fait en
sorte... ou les intentions de la réforme, exprimées par le gouvernement dans ce
livre blanc et les consultations par la suite, c'étaient : Comment encadrer ce droit, comment promouvoir ce droit
et tout en protégeant l'autre... l'intérêt public que protège aussi le gouvernement,
c'est-à-dire s'il y a des intérêts économiques, des tiers qui pourraient être
affectés négativement? Toutes les sociétés, tous les gouvernements font
face à ce travail d'équilibre, mais l'équilibre... Je suis d'accord avec le député, M. le Président, dans le
sens que les gouvernements doivent aller dans le sens de l'accès, mais
tout en protégeant les intérêts des autres,
que ça soit des intérêts économiques... qu'il y a des enjeux de justice ou de
protection de sécurité publique.
Le Président
(M. Auger) : 1 min 30 s, M. le député, pour un
dernier échange.
M. Jolin-Barrette : Écoutez, la réponse de la ministre, c'est un peu
flou, là. Est-ce que vous souhaitez qu'Hydro-Québec soit assujettie au
même régime que les municipalités pour les contrats publics?
Mme Weil :
Écoutez, je vais... si vous me permettez, M. le Président...
Mme Weil :
Ils sont soumis au même régime, mais — c'était ma
compréhension — c'est
un cas particulier.
M. Jolin-Barrette : ...article 23, ils ne sont pas assujettis aux
mêmes dispositions, précisément. Pour les municipalités, il y a une disposition qui fait que ça va dans les
archives. Alors, il y a plus de transparence pour le domaine municipal,
alors qu'Hydro-Québec c'est un grand donneur d'ouvrage.
Je veux vous poser
une question en matière de renseignements personnels. Je veux savoir, sur la
notion de consentement... C'est extrêmement
important, on le voit avec tout ce qui est sur Internet, les gens donnent leur
consentement sans avoir lu, tout ça. Est-ce que cette réforme-là, qui
doit venir aussi, est dans vos plans?
Le Président
(M. Auger) : 30 secondes, Mme la ministre.
Mme Weil :
Sur la protection... Dans le secteur privé?
M. Jolin-Barrette :
Dans le privé.
Mme Weil :
Bon, oui, permettez-moi de...
Mme Weil :
Je peux commencer par vous dire qu'on
a une des meilleures lois, une des meilleures protections, à date, dans tout ce qu'on a vu. Il y a actuellement un processus et des tables qui ont été constitués pour aller
encore plus loin. On est en consultations avec tous les organismes qui représentent...
Président (M. Auger) : C'est tout le temps que nous avions pour
ce bloc d'échange. Par contre, M. le député de Borduas, vous aviez posé
une question sur la durée du bail. Est-ce que vous voulez la réponse ou...
M. Jolin-Barrette :
Oui, certainement.
Président (M. Auger) : Donc, est-ce qu'on l'aura dans les
prochaines minutes ou vous allez la faire parvenir au secrétariat de la commission, M. Chartier? La
durée du bail, la question du député de Borduas, est-ce que vous l'avez,
la réponse?
M. Chartier
(Jean) : Oui, je l'ai. Écoutez, on me dit qu'en ce qui concerne
l'entente entre la CAI et la SQI, lorsqu'on
a des ententes de location, par exemple, pour Québec et Montréal, c'est à
l'année. C'est renouvelable à chaque année.
Le Président (M. Auger) :
Merci. Nous allons... Oui, Mme la ministre.
Mme Weil : Le secrétaire
général aurait une information additionnelle pour le député de Borduas.
Président (M. Auger) : Nous allons prendre sur le bloc du
gouvernement qui est déjà débuté. Donc, allez-y, pour une réponse
complémentaire.
M. Marois
(Jean-Philippe) : Rapidement parce que je ne veux pas prendre de votre
temps, là. Si j'ai bien entendu la
question tout à l'heure, là, l'organisme qui était en jeu, est-ce que c'était
bien le Réseau de transport métropolitain?
M. Jolin-Barrette : Oui.
M. Marois
(Jean-Philippe) : Bon, alors, tout à l'heure, ce que je vous ai dit,
c'est que les ministères et organismes assujettis
au nouveau règlement de 2015 doivent effectivement déposer leurs réponses aux
demandes d'accès à l'information sur
Internet, mais le Réseau de transport métropolitain n'est pas assujetti au
règlement de 2015. Donc, le cas échéant, ça serait normal qu'il n'ait
pas déposé sa demande d'accès, et c'est pour ça que je n'en étais pas informé.
Président (M. Auger) :
Donc, nous étions sur le deuxième bloc du gouvernement. M. le député de
Trois-Rivières, en vous rappelant qu'il reste 17 min 30 s.
M. Girard : Merci beaucoup, M.
le Président. Donc, salutations, M. le Président, l'équipe de la commission.
Salutations à mes collègues des deux côtés de cette table, salutations
également à la ministre et toute l'équipe de son ministère.
M. le
Président, vous savez, l'accès aux renseignements personnels, c'est très
sensible. Tout à l'heure, mon collègue parlait
de Facebook, et tout. Il y a des inquiétudes par rapport aux questions
d'identité, aux questions personnelles, et il y a beaucoup de questionnements
au sein de la population.
Par contre,
moi, je veux aborder cette question-là de renseignements personnels sous un
tout autre angle. On sait qu'au
Québec nous sommes un peuple extrêmement innovant. Nous sommes reconnus pour
notre capacité d'innovation, notre
capacité de création également. Nous avons des chercheurs qui font des
recherches dans nos différentes universités, qui sont reconnus à travers le monde. Et, dans le cadre des
consultations publiques sur les orientations gouvernementales pour un gouvernement plus transparent dans un
respect des droits de la vie privée et de la protection des
renseignements personnels, il y a eu le
dépôt d'un rapport qui a été soumis par le Scientifique en chef du Québec,
M. Rémi Quirion, M. Rémi Quirion qui est vraiment une personne
que je côtoie régulièrement. Je me fais un devoir d'assister à plusieurs
présentations du Scientifique en chef
qui nous présente comment, au Québec, nous sommes un peuple qui est vraiment
expert au niveau de la recherche, que ce soit au niveau de
l'intelligence artificielle, dans les TI, les technologies de l'information,
etc. Et M. Quirion a déposé un mémoire et est venu présenter ses
observations le 24 septembre 2015.
J'ai avec moi
le mémoire de M. Quirion, qui est drôlement intéressant. J'ai pris le
temps de passer à travers le mémoire.
M. Quirion dénote vraiment l'importance pour la recherche d'accéder à des
renseignements personnels, bien sûr,
sans le consentement des personnes concernées, mais à des fins de recherche. Et
il démontre que le processus actuel est long, ne correspond pas nécessairement aux besoins des chercheurs au
niveau du Québec. Les renseignements personnels fournis doivent être, bien sûr, pertinents à la recherche. On doit
s'assurer de protéger les renseignements personnels des personnes
concernées.
Le processus actuel est segmenté en trois
étapes. Dans un premier temps, ça prend l'approbation de la part du comité d'éthique de la recherche concerné. Ça
prend l'autorisation de la Commission d'accès à l'information. Ça prend l'autorisation de l'organisme. Étant donné
l'importance de l'enjeu pour le milieu scientifique, le milieu de la
recherche, je sais que le gouvernement a
créé un groupe de travail pour s'attaquer aux délais d'accès à l'information et
je sais que ce groupe a déposé un
rapport en 2016 qui fait état de plusieurs façons de s'attaquer à ces délais de
manière efficace et rapide. Si on
veut demeurer un leader, un leader au niveau de la recherche, un leader au
niveau de l'innovation, si nous voulons continuer à être en avant de la parade à ce niveau-là, c'est
important que l'on puisse travailler en collégialité avec nos
chercheurs.
Je vais prendre quelques minutes pour sortir les
grandes lignes du mémoire de M. Quirion. Entre autres, ce mémoire fait
sept recommandations. Je vais prendre le temps de donner les recommandations
pour, par la suite, voir comment le gouvernement travaille à répondre à ce rapport qui a été fait par M. Quirion.
Donc, la recommandation 1, on parle d'«inscrire plus clairement la
recherche scientifique comme un objectif de la mise en oeuvre de la
transparence gouvernementale et en faire une priorité au sein de nos ministères
et organismes gouvernementaux».
Recommandation 2 : «Rappeler à tous les ministères et organismes le caractère bénéfique de l'activité de
recherche pour la société québécoise
et l'importance d'aborder l'examen d'une demande d'accès à des
données personnelles à des fins de
recherche avec un regard favorable.» Donc, si on veut continuer à pouvoir faire
notre recherche, à avoir l'information pertinente
pour faire les recherches, que ce soit en santé, etc., on découvre des
solutions pour guérir des maladies, etc., le temps, les délais sont extrêmement
importants.
Recommandation 3 :
«Accroître l'efficience de la recherche scientifique au Québec
en simplifiant et rendant plus fluide
le processus de demande d'accès. Notamment,
le chercheur devrait présenter sa demande d'autorisation auprès
d'un seul organisme.» On parle beaucoup,
au niveau développement économique, au
niveau de différents secteurs,
d'avoir un guichet unique, un accès unique, donc c'est un petit peu la
notion de guichet unique dans la recommandation 3.
recommandation 4 : «Accroître les investissements du Québec au
chapitre de l'accessibilité à des données
de qualité à des fins de recherche scientifique.»
recommandation 5 : «En matière de communication de renseignements personnels hors Québec,
choisir des stratégies appropriées et
adaptées afin de ne pas entraver, de manière disproportionnée, la capacité du
Québec à prendre part aux activités
de recherche d'envergure nationale et internationale. Les partenariats
nationaux et internationaux sont en effet inhérents à l'activité de recherche.» Je le disais tout à l'heure, nous
sommes reconnus pour notre expertise. Nous travaillons à des recherches avec des collaborations d'autres
universités, d'autres chercheurs, à l'international, donc c'est
important d'avoir accès à ces informations et de pouvoir faire circuler les
informations, toujours dans le respect de nos lois et de nos règlements.
recommandation 6 : «Exiger la diffusion des rapports de recherche ou
de statistiques.
«[Donc]
favoriser le rayonnement optimal des connaissances acquises grâce aux travaux
de recherche menés au Québec en
permettant une conciliation de la diffusion avec les impératifs d'une
publication dans des revues scientifiques [...] cela est opportun.»
finalement la recommandation 7 : «Assurer que les critères de
validité qui seront introduits soient interprétés de façon compatible avec l'activité de recherche,
de façon à ce que le consentement soit valide pour une durée et une
finalité correspondant à l'atteinte d'objectifs de recherche approuvés et
suivis par un comité d'éthique et de recherche.»
Donc,
pour juste parfaire certains détails de ces recommandations, on mentionne, dans
le mémoire, qu'au Québec on fait de
la recherche vraiment une priorité stratégique. Le développement du Québec
passe par la recherche, et le mieux-être
de nos citoyens, entre autres dans des recherches en santé, passe par ces
recherches-là et passe, bien sûr, par l'accès aux données gouvernementales. Il faut offrir à nos
chercheurs dont les projets de recherche sont reconnus, il faut leur
offrir et il faut être capable de leur
donner l'accès aux données brutes des ministères et des organismes, bien sûr,
en autant que les recherches soient approuvées par les pairs, par les
comités d'éthique, etc.
Donc,
l'activité de recherche ne peut se faire sans un accès efficace et sans un
accès... ce qu'on dit, en temps utile, à
des données personnelles, bien sûr, au sens de la
Loi sur l'accès, des données
de qualité, des données utiles et de façon relativement rapide, pour être en mesure de mener à bien nos recherches.
On mentionne entre autres, dans le mémoire, que le délai de traitement des demandes d'accès aux données préoccupe la
communauté scientifique. Le temps est vraiment crucial dans certaines recherches. On mentionne : «...il est
crucial d'obtenir les données administratives de façon efficace afin de pouvoir effectuer la recherche dans le
délai imparti par les bailleurs de fonds.» Souvent, ils ont des délais à
respecter pour les recherches. On sait que
les recherches sont financées par différents bailleurs de fonds, que ce soit le
gouvernement, les entreprises privées, etc., et ils ont des délais très serrés
à respecter.
chercheurs nous ont rapporté que l'obligation de destruction également que peut
imposer la commission est problématique à plusieurs égards. Il n'est pas
toujours possible de prévoir la durée précise d'une programmation de recherche au moment de faire la demande. Donc, il
y a des lois et règlements qui obligent à détruire les données au niveau
des chercheurs, mais, si on doit détruire
les données au bout d'un an et que la recherche va s'étirer sur trois ans, ça
cause une problématique. Donc, on mentionne
que la finalité de la programmation de recherche devrait nous guider quant à la
durée de l'autorisation au niveau des documents qui seront fournis à nos chercheurs.
Donc,
comme vous pouvez voir, oui, il est impératif de bien gérer les données
personnelles, de bien gérer l'accès à l'information
des données de nos gens, des Québécois, mais également, d'un autre côté, pour
faire de la recherche, pour pouvoir
continuer à évoluer, pour pouvoir continuer à guérir des maladies, pour pouvoir
continuer à être un leader au niveau de l'innovation, nos centres de
recherche ont besoin de certaines informations drôlement pertinentes. Et on
doit se positionner pour être au bon
endroit, c'est-à-dire donner l'accès aux données à nos chercheurs, sans
brimer non plus la vie privée des
gens et donner de l'accès qui va être pertinent à nos recherches, mais toujours
dans le respect des gens qui nous fournissent cette information.
Donc,
je sais que, suivant les recommandations du groupe
de travail, le gouvernement du Québec a annoncé une volonté vraiment de développer un environnement qui va être favorable
à la recherche, travailler main dans la main avec nos chercheurs. Et on
l'a mentionné, lors du dépôt du budget de 2017‑2018, que c'était vraiment une
volonté de créer un environnement favorable à la recherche. Un an plus tard, le gouvernement du Québec a investi 18,2 millions sur cinq
ans pour s'attaquer à ce problème
en mettant en place un nouveau processus pour simplifier l'accès aux renseignements par nos chercheurs partout
au Québec. Et, à l'automne 2018, on s'attend à ce qu'il y ait
un guichet de service qui sera mis en place par l'Institut de la
statistique du Québec afin d'offrir
une porte d'entrée qui va être unique, suite à la recommandation de M. Quirion dans son rapport, une porte
d'entrée qui va donner aux chercheurs qui veulent obtenir des renseignements
une entrée unique pour tous les ministères et organismes pour leurs fins de
recherche.
Donc,
il y a un travail qui se fait suite au mémoire qui a été déposé par
M. Quirion et l'ensemble des chercheurs du Québec, et ce que je voudrais
savoir, Mme la ministre, c'est : Pouvez-vous nous donner un petit
peu plus de détails quant à la façon
dont le gouvernement compte travailler pour la suite des choses? Il y a déjà une
partie de travail à faire. Est-ce qu'on
a des échéanciers? Est-ce qu'on a des délais? Parce que je crois sincèrement que c'est extrêmement important
que nos chercheurs puissent continuer à
faire leur travail de recherche, tout ça en ayant la bonne information. Comment on fait également pour s'assurer que l'information
qu'on leur donne est vraiment seulement l'information pertinente. Il faut faire vraiment attention à la circulation d'information. J'ai confiance à nos centres de recherche, à nos chercheurs au Québec.
Donc, comment
se positionne le gouvernement? Comment on voit la suite des choses? Est-ce qu'il y a
un plan d'action? Est-ce qu'il
y a des choses qui sont mises en
place pour pouvoir s'assurer que nos chercheurs vont être en mesure de faire leur travail de façon
efficace au bénéfice de la population, de
façon rapide, tout en respectant la
confidentialité des renseignements et en respectant l'accès à l'information?
Président (M. Auger) : Merci, M. le député de Trois-Rivières. Mme la
ministre, il reste sept minutes à
l'échange.
Mme Weil : Oui, merci,
M. le Président. Évidemment, la question est bien importante, et je pense qu'on
peut remercier le Scientifique en chef, en fait, M. Quirion, de nous sensibiliser à ces questions
déjà depuis plusieurs
années et d'intervenir dans des débats
publics à cet égard. Il revient à la charge constamment parce que, d'une part,
on a une force, et le député de Trois-Rivières l'a souligné, on a une grande force au Québec en matière de recherche. On a des
chercheurs de classe mondiale et on a une
capacité d'aller beaucoup plus loin en matière d'innovation si on a accès à des
bases de données.
Et le député a souligné le rôle du gouvernement,
et, en effet, c'est un effort gouvernemental beaucoup piloté actuellement par
le ministère des Finances, mais on a deux acteurs ici, à la table, qui font
partie du groupe de travail, notamment la Commission d'accès à l'information et
la protection des renseignements personnels, mais aussi mon secrétariat qui est là. Alors, je vais revenir,
revenir sur la genèse de tout ça et les éléments importants. Donc, l'accès
à des renseignements personnels pour des
fins de recherche, évidemment, un enjeu très stratégique pour le Québec et
notamment dans le secteur de la santé, ça
aussi, c'est une grande force dans le milieu universitaire, des grandes
universités, très, très fort en
matière de santé aussi, avec des chercheurs qui viennent de partout dans le
monde pour faire leurs recherches ici, un appui important aussi des deux
gouvernements en matière de recherche.
Donc, je
pense, c'est utile de revenir sur la chronologie et dans la foulée des deux
derniers budgets. Donc, M. Quirion est à l'oeuvre depuis maintenant déjà deux budgets. En 2015, le
Scientifique en chef a participé à la consultation publique sur les
orientations gouvernementales pour un gouvernement plus transparent, donc qui a
mené, donc, aux... bien, les orientations
qui ont été soumises, bien, on a eu l'occasion d'en parler précédemment, qui
ont donné lieu à cette grande... qui donneront
lieu à cette grande réforme de la loi. Et je le cite : «La recherche est
un enjeu stratégique pour le Québec et joue un rôle capital pour
accompagner le développement économique et social du Québec. Elle est également
un facteur déterminant dans son
positionnement sur l'échiquier mondial des leaders en matière d'innovation.
Pour que la recherche soit au service
des citoyens du Québec, il faut donner accès à des données de qualité en lien
avec la population, l'environnement et le contexte social, économique et
politique du Québec.»
mentionnait donc aussi, comme le député l'a bien souligné : «Le Québec
doit faire le choix d'investir davantage dans l'accès à des données de qualité s'il veut se maintenir parmi les
sociétés du savoir, voire se hisser parmi les leaders mondiaux.»
Donc, en
vertu de l'article 125 de la
Loi sur l'accès aux documents des organismes
publics et sur la protection des renseignements
personnels, cette communication doit au préalable être autorisée par la
Commission d'accès à l'information. Ça,
c'est le processus actuel pour avoir accès à ces documents-là, donc
l'approbation du projet de recherche par un comité d'éthique...
Excusez-moi. Donc, le processus actuel d'obtention de renseignements personnels
à des fins d'étude, de recherche ou de
statistiques implique généralement, donc, trois étapes : approbation du
projet de recherche par un comité d'éthique
de la recherche composé de pairs; deux, l'autorisation de la commission d'accès
en vertu de l'article 125 de la loi; et, troisièmement, l'autorisation et la communication des renseignements
personnels par l'organisme public détenteur.
Donc, le
Scientifique en chef proposait de simplifier ce processus. Il dit que la
longueur, la complexité du processus et les coûts qui sont associés à
ça... Donc, le gouvernement a décidé d'agir rapidement sur la recommandation du
Scientifique en chef d'aller plus
rapidement. On a créé un groupe de travail sous la coordination du ministère
des Finances. Je mentionnais que la
commission d'accès est là, présente, le secrétariat aussi, le Scientifique en
chef, la Régie de l'assurance maladie,
l'Institut de statistique du Québec, le dirigeant principal de l'information.
Les patients sont représentés aussi, les chercheurs aussi.
Donc, le récent budget comporte donc des mesures
qui permettent de favoriser l'accès à des renseignements personnels à des fins de recherche à travers un
processus simplifié, et tout ça en collaboration... je n'aurai pas le
temps de poursuivre, mais avec l'Institut de la statistique du Québec.
Donc, le gouvernement du Québec introduit deux mesures qui réduiront de façon
importante les délais. Premièrement,
l'introduction d'un guichet unique de services gouvernementaux qui sera mis
en place à l'automne 2018. Il offrira un point de premier contact pour les chercheurs, les ministères
et organismes pour fins de recherche. Le guichet va s'implanter en deux phases; première phase qui consiste à
simplifier l'accès à des renseignements du ministère
de la Santé et des Services sociaux et la RAMQ; la deuxième phase serait de continuer
les travaux du comité pour étendre à d'autres ministères et organismes lors de la phase subséquente. Et, deuxièmement, la réduction des délais à travers une simplification du
processus sera offerte par l'Institut de statistique du Québec, qui pourra lui-même autoriser la demande d'accès
et préparer un fichier de recherche.
Donc, voici l'élément central qui va faciliter l'accès à ces recherches et l'autorisation. C'est l'Institut de statistique
qui sera la porte d'entrée, si vous
voulez. Et finalement
une reddition de comptes des demandes des chercheurs et des
fichiers appariés sera effectuée par l'ISQ.
M. le Président, je vous demande combien de
minutes il me reste. Une minute.
Donc, l'ISQ fut choisi comme organisme neutre, parce
qu'il joue déjà un rôle important dans la diffusion d'informations, de données des
organismes et ministères du gouvernement. Ils ont donc développé une expertise
probante dans le domaine. Cette connaissance
dans la diffusion d'informations complexes leur permettra d'assumer ce rôle
avec pérennité. Il est...
Président (M. Auger) :
...Mme la ministre, vous avez le député de Trois-Rivières, là, qui est sur le bout de son siège.
M. Girard : Je vais prendre juste un petit 30 secondes, parce qu'on sait qu'on n'a pas beaucoup de temps. Merci beaucoup pour la réponse.
Mais,
juste pour le bénéfice des gens qui nous écoutent, je pense que ce qu'on est en
train de faire au niveau de l'accessibilité, au niveau de l'information pour nos
scientifiques... Je veux mettre un côté que vous avez souligné, la
santé, la santé et la recherche
pharmaceutique, donc la recherche sur des maladies, l'atténuation de certains
symptômes pour nos citoyens, la guérison éventuelle de certaines
maladies. On a de plus en plus de médicaments contre le cancer, etc.
Donc,
ce que l'on fait en recherche, c'est directement au bénéfice de notre population,
et ce que l'on va faire pour donner
un meilleur accès au niveau de l'information, ça va amener nos chercheurs à être plus rapides et
améliorer l'état de santé de notre population. Donc, merci beaucoup, Mme
la ministre.
Le Président
(M. Auger) : C'est ce qui met fin à ce bloc. Nous allons maintenant
poursuivre avec un député indépendant, M. le député de Mercier, pour les six
prochaines minutes.
M. Khadir :
Merci, M. le Président. Je salue la ministre avec qui nous avons eu, à d'autres
titres, l'occasion d'échanger. Maintenant,
bon, je m'adresse à elle à
titre de ministre
responsable de l'Accès à l'information. Je remarque aussi que M. Chartier est là. Donc, je pense
que ma question s'adresse aux deux.
Plusieurs
l'ont déjà dit, M.
le Président, en avril... c'est-à-dire, l'ont remarqué, parce que c'est important que la ministre
nous réponde pour ne pas alimenter le cynisme, nous réponde avec ça. En
introduction, le Parti libéral
s'était engagé, en 2014, d'être le gouvernement le plus transparent que les Québécois aient eu. Donc, il y avait une promesse
de revoir la loi de l'accès à l'information pour en élargir la portée, pour la rendre
plus facile, pour que l'information circule de manière plus fluide.
Qu'est-ce
qu'on a eu? Pas de loi et un projet de loi n° 164 qui resserre les règles,
qui bloque les documents du Conseil
des ministres pour 25 ans, alors que ça devrait être une exception. Un
gouvernement démocratique qui respecte la volonté de son peuple d'être adéquatement informé, tout blocage de
document devrait être une exception soumise à un juge ou à un processus indépendant de la volonté du
gouvernement, ça devrait être l'exception, pas une règle. Ce n'est pas
pour rien que le Québec se classe actuellement... puis je me demande... en
fait, ça, c'est avant le projet de loi n° 164... au 57e rang des classements des différents pays.
57e rang, ce n'est pas à notre... En tout cas, le gouvernement libéral est
là depuis 15 ans. Disons que c'est
assez accablant. Et même pour le gouvernement actuel, qui est là juste depuis
quatre ans, c'est très accablant, parce que c'était central aux propos
du premier ministre.
Alors,
comment la ministre peut-elle nous aider? Est-ce qu'elle est capable de
s'engager auprès de moi qu'on fasse une représentation particulièrement
vibrante puis que là elle agisse avec un peu moins de prudence qui la
caractérise habituellement pour emmener le premier ministre à agir rapidement?
On a cinq semaines pour avoir quelque chose là-dessus,
en tout cas, une promesse, un engagement, quelque chose. En fait, c'est parce
que je suis un peu désespéré. J'offre une voie de sortie pour qu'il y
ait une sortie honorable en juin.
Le Président
(M. Auger) : Mme la ministre.
Mme Weil :
J'apprécie la question. Écoutez, je suis, oui, quelqu'un de calme et très
déterminé. Donc, il n'y a pas de
prudence à cet égard, je fais mon travail. Je suis la troisième ministre à
avoir ce dossier et je peux vous dire, M. le Président, c'est avec
beaucoup, beaucoup d'intérêt, de passion, de détermination. C'est un travail
colossal.
Mais
le gouvernement a agi, c'est important de le dire, avec des grandes
consultations pour dégager des consensus, c'est important de le reconnaître, par rapport à la réforme. Et ce n'est
pas un travail perdu, c'est un travail en continu. On est allés regarder
les meilleures pratiques ailleurs. Il y a eu le livre blanc, des consensus qui
se sont dégagés de ces consultations, des
concessions ensuite, suite au rapport quinquennal, jusqu'en août 2017. Moi, je
prends ce travail-là, je travaille...
évidemment, nous, le secrétariat, on travaille avec plus de 30,
40 ministères et organismes pour amener cette réforme, et je peux
vous dire que c'est avec beaucoup de détermination qu'on va déposer ce projet
de réforme.
Maintenant,
pour ce qui est de la... Je dois corriger un commentaire, une mauvaise
compréhension que... ce n'est pas le premier à le dire. Il n'y a pas eu
de restriction additionnelle dans le projet de loi n° 164. Au contraire,
on vient tout simplement rétablir l'état de
situation juridique qui était... ce qu'on appelle le statu quo ante,
c'est-à-dire la situation qui existait
auparavant. Il n'y a pas... Là, il y a eu confusion. Les documents qui étaient
accessibles avant le sont maintenant. Il n'y a pas de changement à ce
niveau-là.
Mais
la réforme est importante, je suis tout à fait d'accord avec le député, c'est
bien important. Il y a des mesures que
le gouvernement a apportées. Savez-vous qu'on est la seule province à avoir
l'agenda public? Seule province à avoir ça, et même, le secrétariat a
fait des recherches dans le monde... C'est bien important de savoir les
rencontres que les ministres tiennent...
Le Président
(M. Auger) : ...question, Mme la ministre.
Mme Weil :
...et d'autres mesures de transparence. Donc, ça touche...
Le Président
(M. Auger) : Oui, il reste une minute et demie. M. le député de
Mercier.
Mme Weil :
...d'autres mesures aussi.
M. Khadir : Bien, comme M. Chartier est là
et qu'on l'a déjà entendu exprimer la volonté, hein... et pour qu'un président d'une commission indépendante comme ça
l'exprime, c'est que ça doit être une grande nécessité. Il a dit qu'il
attendait depuis longtemps une réforme. Et il faut que ça soit substantiel,
parce que tout ce que vous dites, d'accord, mais
on est quand même au 57e rang. Ce n'est pas digne du Québec. Je vais juste
poser une question, si vous permettez.
Est-ce que
M. Chartier pense qu'on devrait assouplir les règles pour que les députés
de l'Assemblée nationale soient soumis à plus de contraintes dans le
dévoilement de l'utilisation de leurs fonds publics?
Le Président (M. Auger) : Mme
la ministre. Oui, mais c'est la ministre qui décide qui...
Mme Weil : Est-ce
qu'avec permission, M. le Président, est-ce que M. Chartier...
Le Président (M. Auger) : Bien
sûr. M. Chartier.
M. Chartier
(Jean) : Assurément. Assurément, je pense que les dispositions
actuelles de la
loi sur l'accès,
qui régissent, je dirais, la possibilité, pour les membres de l'Assemblée
nationale ainsi que les membres des
conseils municipaux élus... permettent
actuellement peut-être un peu trop de possibilités quant aux refus des élus. Et
je crois que plus de transparence ne peut qu'amener plus de satisfaction
de la part des citoyens.
Le Président (M. Auger) : Un
dernier commentaire? Ça va?
M. Khadir : Non. Je suis
content. Merci.
Président (M. Auger) : Merci beaucoup. Nous allons maintenant poursuivre avec le deuxième et dernier
bloc de l'opposition officielle. M. le député, de Terrebonne, pour un peu plus
de 15 minutes.
M. Traversy : Merci
beaucoup, M. le Président. Pour en revenir à des exemples qui me semblent tout l'air être de l'ingérence politique, j'expliquais tout à l'heure, avec le président de la Commission
d'accès à l'information, que certains échanges avaient eu lieu entre les membres de sa commission ainsi que le cabinet de la ministre.
Alors, ce n'était pas pour une
tournée dans les écoles primaires et secondaires pour de la sensibilisation. Absolument
pas. Et là, comme j'ai un petit peu plus de temps, je vais pouvoir
mieux, peut-être, vous le présenter.
Alors, je
vous rappellerai, M. Chartier, qu'à l'automne 2017 vous aviez
déclaré, dans un
article du Devoir , que la politique se mêlait de l'accès à
l'information et qu'il n'y avait pas vraiment de mur entre les responsables de
l'accès à l'information et les cabinets politiques. Vous aviez même été
plus loin à l'époque en disant qu'on ne pouvait pas faire abstraction de la volonté politique,
selon vous. Tout de suite après la parution de cet
article du journal Le Devoir , il y a eu une réaction immédiate de l'ancienne ministre
de l'Accès à l'information, qui a dit : Le président de l'accès à l'information a été mal cité, a été vraiment mal cité, et a, évidemment,
là, donc demandé rapidement à ce qu'il
y ait correction face à une telle ouverture de votre part à expliquer les
choses comme vous pensez qu'elles le sont. Et donc, rapidement,
et là c'est là que je trouve qu'il y a
apparence évidemment d'ingérence politique, on a le président
de la commission de
l'information qui se fait presser de
rectifier le tir. Et évidemment la responsable du cabinet de la ministre
communique avec son directeur, donc, de la surveillance de la Commission
d'accès pour rapidement opérer la chose.
Et là c'est
là que rentrent plusieurs échanges, et les courriels seront disponibles, où on
voit que non seulement on demande des
délais, des échéanciers, à savoir quand le communiqué sera prêt, qu'est-ce qui
va être dans le communiqué... Et,
plus loin que ça, M. le Président, visiblement, dans les échanges courriels,
l'attaché de presse semble mettre beaucoup de pression sur la Commission d'accès à l'information pour dire : Vous
savez, la ministre rencontre les médias à telle heure, il faudrait que ça soit sorti avant. Il ne
faudrait pas qu'elle se fasse poivrer sans que votre communiqué ne soit
disponible.
Et donc, là,
moi, je pose la question au président de la Commission d'accès à l'information.
Est-ce que vous trouvez ça normal que
des attachés de communication d'un cabinet ministériel puissent ainsi s'ingérer
dans vos communications? Est-ce que
vous trouvez ça normal qu'on vous dicte des échéanciers? Est-ce que vous ne
voyez pas là un manque d'indépendance de votre commission par rapport à
des cabinets du gouvernement?
Le Président (M. Auger) : Mme
la ministre.
Mme Weil : Écoutez,
est-ce que je...
Le Président (M. Auger) :
Toujours, mais je dois d'abord vous demander la parole, et vous pouvez la
céder.
Mme Weil :
Juste un commentaire de ma part. Moi personnellement, je ne peux pas faire de
commentaire par rapport à des situations que je n'ai pas de
connaissance. M. Chartier?
Le Président (M. Auger) : Donc,
M. Chartier.
M. Chartier
(Jean) : Écoutez, vous, effectivement, vous avez précisé, là, le
contexte dans lequel ces échanges-là ont
eu lieu. Je m'en rappelle très bien. Ce sont des échanges qui n'ont pas eu lieu
entre celui qui vous parle et le cabinet de la ministre, mais plutôt avec des gens de mon bureau. Effectivement,
si je me rappelle bien, et, de toute façon, vous le citez, on nous a demandé si le président allait
changer sa version ou si le président avait été mal cité. Et, pour le peu
que je me souvienne, j'ai mentionné, et ça a
été, je pense, réitéré dans les médias le lendemain, que ce que j'avais dit, je
l'avais dit, et que je n'allais pas changer ma version, et que c'était ce que
j'avais dit.
Maintenant,
dans votre question, il y a aussi le fait que... Est-ce que je trouve normal
que le cabinet m'appelle? Écoutez,
c'est difficile pour moi de répondre à cela. Vous avez mentionné dans votre
introduction que la commission est indépendante.
Je n'ai jamais eu à vivre, depuis que je suis en poste, en 2011, d'ingérence.
Est-ce que c'était de l'ingérence? Je
vous laisse porter un jugement. Mais il est vrai qu'il y a eu une
communication. Il est vrai qu'on nous a demandé si le président allait changer sa version ou préciser sa
version. Et celui qui vous parle a mentionné... L'entrevue a été faite,
elle reflète ce que j'ai dit. Et, quant à
moi, il n'y a pas eu d'ingérence. On m'a demandé si j'allais réagir de façon
différente ou si j'allais réagir à la
publication d'un
article
de journal de façon à voir, tout probablement, si ce qu'on rapportait de ce que j'avais dit, si je l'avais vraiment
dit. J'ai fait confirmer par les gens qui m'entourent que ma déclaration, telle
que rapportée, était exacte.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Terrebonne.
M. Traversy : Mais, M.
le Président, écoutez, c'est certain que, dans la séquence dans
laquelle les choses se sont passées,
ça m'a l'air d'une façon... Vous dites : Ce n'est pas de l'ingérence. Mais
ça ressemble à une certaine pression pour avoir des réponses rapides,
pour avoir des réponses en lien avec le calendrier aussi, les réactions
politiques de la ministre, donc, ses points
de presse. Et donc il faut absolument que tout soit bien coordonné pour essayer
de sauvegarder au mieux, dans le
fond, l'image du cabinet politique et de la ministre qui le représente. Donc,
c'est certain que je trouve que ce
n'est pas l'idéal. Je trouve que ce n'est pas, évidemment, quelque chose qui, à
première vue, me semble souhaitable. Est-ce que ce genre d'interaction
arrive souvent à la Commission d'accès à l'information?
Le Président (M. Auger) : Mme
la ministre.
Mme Weil :
J'aimerais dire, dans un premier temps, que le commissaire a bien dit qu'il n'y
a pas d'ingérence. On l'a répété à
quelques reprises. C'est ça, l'important, il n'y a pas d'ingérence dans le
processus de décision. Donc, le commissaire
est tout à fait indépendant. Jamais un ministre ne va s'ingérer dans la prise
de décision de la Commission d'accès à l'information. C'est ça que je
retiens de ces échanges et des affirmations du commissaire.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Terrebonne.
M. Traversy :
Bien, écoutez, ingérence, en tout cas, du moins, dans ce cas-ci, c'est clair
qu'il y a une certaine pression pour
que les choses puissent suivre un calendrier politique. Et donc moi, je pose la
question au président de la Commission
d'accès à l'information. Évidemment, ce genre d'intervention arrive-t-il
souvent? Et est-ce qu'il n'est pas d'accord
avec moi que ce n'est pas le genre d'intervention qui est souhaitable pour
préserver l'indépendance, ne serait-ce même
qu'en perception, de la Commission d'accès à l'information? Parce que, de ce
que je comprends, tant qu'il n'y aura pas de réforme de la loi d'accès à
l'information, il y a certaines choses qui vont rester dans le flou.
Donc, c'est
une des motivations qui vous amènent notamment à vouloir cette réforme
rapidement, parce que vous dites que,
dans la loi actuelle, il n'y a rien qui permet d'avoir un mur vraiment solide
entre les cabinets politiques et la Commission
d'accès à l'information. Alors, est-ce que ce genre d'interaction arrive
souvent? Est-ce que vous trouvez qu'elles
sont souhaitables? Et est-ce que c'est pour ça que voulez une réforme, entre
autres, beaucoup... de la réforme au niveau de la loi d'accès à
l'information?
Le Président (M. Auger) : Mme
la ministre.
Mme Weil :
Moi, je tiens vraiment à réitérer... Il n'y a pas de flou par rapport à
l'indépendance de la commission. Il n'y
a pas de flou à cet égard. Le commissaire a réitéré qu'il n'y a pas d'ingérence
dans les décisions. La réforme va dans le sens des orientations qui ont été prises et des orientations qu'on
retrouve aussi, par ailleurs, et d'autres en plus, dans le rapport quinquennal de la commission. Je tiens à
répondre comme ministre responsable de ce dossier. Ce qu'on fait dans la réforme, c'est d'aller chercher les meilleures
pratiques. On commence par le Canada parce que notre loi, elle date d'il
y a 30 ans ou 32 ans.
Donc, on
voulait la mettre au goût du jour en se comparant à d'autres juridictions. Eh
oui, en effet, on a perdu un peu
notre classement au fil des années. Et nous, on souhaite être dans les premiers
de classe, et ce qui veut dire que les processus,
ça doit aller vers l'accès. L'accès à l'information doit être la vision
centrale. Évidemment, il y a des intérêts publics aussi qu'il faut protéger quand on donne accès. Donc, il y a des
restrictions, on le comprend. Toutes les lois ont ces restrictions pour des raisons de justice,
sécurité publique. Mais de l'ingérence dans le processus de décision...
Elle doit absolument, dans une société démocratique, être protégée, et le mur
de Chine est là.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Terrebonne.
M. Traversy :
Mais, M. le Président, moi, je trouve qu'il y a un os dans le fromage, là. Puis
je vais retourner ma question, là, au
niveau du président de la Commission d'accès à l'information, qui, même, dans
ses rectifications par rapport à ses
propos, rappelait encore dans son communiqué qu'un mur étanche n'était pas
nécessairement la chose qui était prévue dans l'actuelle loi ou, en tout cas, du moins, que
l'étanchéité du mur que la ministre semble nous décrire n'est pas
garantie par la loi d'accès à l'information au même sens qu'elle le prétend.
Alors, moi, je pose ma question au président de la Commission d'accès à l'information, si on me permet, bien sûr,
d'entendre sa réponse. Est-ce que ce genre d'échange arrive souvent entre sa commission et les cabinets
politiques? Et est-ce qu'il pense qu'il devrait y avoir davantage d'étanchéité
entre ces deux instances?
Le Président (M. Auger) : Mme
la ministre.
Mme Weil :
Moi, je réitère... Mais on va aller chercher l'orientation du gouvernement,
évidemment, clarification des rôles et responsabilités de tous et
chacun. C'est l'orientation du gouvernement. Il ne gouverne...
Président (M. Auger) : Juste un instant. Il faut clarifier
quelque chose tout de suite, là. Ce sont les crédits de la ministre. Donc, c'est la ministre qui décide soit
de répondre ou soit de céder la parole à un intervenant. Je dois
demander à la ministre, et la ministre semble répondre.
M. Traversy : Donc, je
dois demander l'accès à l'information à la ministre de l'Accès à l'information?
Président (M. Auger) : Ce que je vous dis, là, je suis en
crédits, je vous donne les directives, les procédures en crédits. Donc, Mme la ministre a la parole. Et, si
elle veut céder la parole à quelqu'un d'autre, c'est elle qui le décide.
Ce sont ses crédits. Merci.
Mme Weil :
Oui. La raison pour laquelle je trouve important que moi... C'est moi, la
ministre qui est responsable. Donc,
dans un premier temps, évidemment, c'est important, il ne faut pas avoir de
spéculation par rapport à un cas particulier. Et donc l'orientation 4 du livre blanc, c'est revoir les fonctions
du responsable de l'accès aux documents. Donc, on prévoit justement clarifier les rôles de tous et chacun.
Mais de l'ingérence... Je veux rassurer le député et rassurer les gens
qui nous écoutent. Il n'y a pas d'ingérence
dans les décisions que doivent prendre les instances indépendantes dans notre
système gouvernemental et dans notre
démocratie. Je pense, il y a lieu de rassurer les gens à cet égard. Donc, le
commissaire agit en toute indépendance.
Il y a un
processus de révision, par ailleurs. Le gouvernement peut aller en révision de
la décision de la commission. Mais
c'est important qu'on puisse rassurer les gens qu'il n'y a pas d'ingérence à
cet égard. Donc, il y a cette orientation. C'est peut-être de là, quand on parlait de revoir les rôles, les
responsabilités, les fonctions du responsable de l'accès aux
documents... qui fera en sorte qu'on saura clairement qui fait quoi. Mais par
ailleurs c'est un système que, je dirais... fonctionne, à l'heure actuelle,
bien, mais on veut aller, dans la réforme, vers plus d'ouverture.
Le Président (M. Auger) : Je
vais permettre la prochaine question. Il reste quatre minutes à l'échange.
M. Traversy :
M. le Président, c'est incroyable, ce qui se passe présentement. La ministre
est en train de bâillonner le
président de la Commission d'accès à l'information. On lui demande de répondre
à des questions. La ministre refuse de le laisser parler.
Le Président (M. Auger) : Juste
un instant, juste un instant...
M. Traversy : On est
dans une commission d'accès à l'information. On refuse que les intervenants...
Président (M. Auger) : Juste un instant, je vais le répéter pour
que tout le monde le comprenne bien, ce sont les crédits de la ministre. C'est la ministre qui répond ou qui cède la
parole à un intervenant. Pour l'instant, Mme la ministre a répondu à vos
questions. Je vais vous permettre la prochaine question. Il reste
3 min 30 s à l'échange.
M. Traversy :
Alors, M. le Président, je réitère ma demande à la ministre de façon très
sereine. J'aimerais entendre le
président de la Commission d'accès à l'information sur les questions que j'ai
mentionnées. C'est-à-dire, est-ce que ce genre d'interaction arrive souvent? Est-ce que le mur étanche dont vous
parlez existe vraiment entre un cabinet politique et sa commission? Et
j'aimerais qu'on puisse le laisser s'exprimer.
Le Président (M. Auger) : Mme
la ministre.
Mme Weil : Je peux
demander une clarification? Est-ce que le député est en train de dire qu'il y
aurait de l'ingérence dans les processus de décision? Non, mais c'est important
de savoir est-ce que c'est la question.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Terrebonne.
M. Traversy :
M. le Président, nous avons des courriels qui tendent à démontrer qu'il y a une
ingérence entre le cabinet politique et
la Commission d'accès à l'information. On a un président de Commission d'accès
à l'information qui dit :
Effectivement, il n'y a pas de mur aussi étanche qu'on pense entre les cabinets
politiques et ma commission. Nous avons
des articles de journaux qui le démontrent. Nous avons une personne-ressource
qui est autour de la table, qui peut nous éclairer sur la situation. La ministre refuse
de le laisser parler. Là, il y a plus qu'anguille sous roche, là.
J'aimerais que la ministre nous permette
d'avoir le son de cloche de la Commission d'accès à l'information sur l'état de
la situation. Et, si elle a raison, il pourra le réitérer.
Le Président
(M. Auger) : Mme la ministre.
Mme Weil :
Oui, tout à fait, mais je réitère... Puis le commissaire pourra répondre à la
question. Il a bien dit qu'il n'y a
pas d'ingérence. Donc, la compréhension, c'est par rapport à une décision. Mais
je permets donc au commissaire de répondre,
mais... 30 secondes. C'est important que moi, comme ministre qui est
responsable de cette loi... de rassurer les gens. C'est pour ça que je tenais à intervenir, parce que c'est une
attaque assez sérieuse de dire qu'au Québec on ne serait pas capables de
protéger les instances indépendantes.
Le Président
(M. Auger) : M. Chartier. Il reste 1 min 45 s
à l'échange.
M. Chartier
(Jean) : M. le député, je vais répondre en trois temps à votre
question.
première, c'était : Est-ce qu'il
y a eu d'autres communications semblables? Écoutez, moi, je suis président
à la commission depuis janvier 2011 et je
vous dirais que ça a été la seule fois où un appel du cabinet a eu lieu — évidemment,
appel du cabinet que je ne peux pas contrôler, là — afin de parler du
sujet que vous avez mentionné tout à l'heure.
Maintenant,
vous avez mentionné aussi : Est-ce que cette étanchéité-là qui devrait
exister entre le politique et la commission est importante? Bien, absolument, oui, je suis tout à fait d'accord avec
vous. Cette étanchéité-là a toujours été respectée. Est-ce que c'était une brèche à l'étanchéité, si vous me
permettez l'expression, cet appel que nous avons reçu? Je réitère qu'on
n'a pas tenté de me faire changer d'idée. Moi, je n'ai pas perçu qu'on tentait
de me faire changer ma version. On a fait un
appel afin de vérifier s'il était possible que le président se soit fourvoyé
dans la façon dont il s'était exprimé alors et si le président allait
corriger sa déclaration, ce à quoi j'ai répondu : Non, il n'en est pas
question, le président s'est exprimé conformément à ce qu'il voulait dire.
troisièmement, M. le
député, je voudrais juste faire une
précision entre... Vous avez également parlé de l'étanchéité
prévue à l'article 8 de la loi, qui prévoit que le responsable
de l'accès devrait être indépendant ou enfin qu'il est nommé par la plus
haute autorité d'un ministère et que c'est à lui à répondre...
Président (M. Auger) : Merci, M. Chartier. Malheureusement,
c'est tout le temps que nous avions pour ce bloc d'échange. Nous allons maintenant terminer avec le dernier bloc du
gouvernement pour à peu près 13 minutes. M. le député de
Vimont.
M. Rousselle :
Merci, M. le Président. Mme la ministre, je voudrais revenir au sujet tantôt
que je vous ai parlé concernant le
Cadre de référence gouvernemental sur la participation publique. On a manqué de
temps, puis j'aimerais ça qu'on élabore un petit peu plus dans ce
domaine-là.
Écoutez,
comme je vous disais tantôt, c'était le premier ministre, en 2014, qui
mentionnait justement qu'il voulait souhaiter
voir s'amasser et s'instaurer, justement, dans la fonction publique et au
Québec, un véritable virage vers une culture
de transparence. Comme je vous disais tantôt, le gouvernement ouvert repose sur
trois principes : la transparence, la participation citoyenne et la collaboration. Dans ce cadre-là de
référence gouvernementale, l'objectif, c'est de soutenir efficacement
les démarches de participation publique.
D'ailleurs,
comme vous le savez, on y va toujours avec des consultations. Même quand on
fait nos projets de loi, justement,
on consulte vraiment. Si on recule avant, avant que je sois en politique, ce
n'était pas systématique. Aujourd'hui, je
pense que les consultations se font... régulières. Et c'est correct parce qu'on
veut toujours... C'est une population qu'on dessert. Donc, c'est
important de savoir qu'est-ce qu'elle pense pour justement bien la servir.
Donc,
ce cadre de référence là, il avait été élaboré par le secrétariat, justement, à
l'accès à l'information et à la réforme
des institutions démocratiques en collaboration avec quatre ministères et deux
secrétariats ayant une expertise reliée à la participation publique. Il
y a sept principes directeurs du Cadre de référence gouvernemental sur la
participation publique, qui peuvent se
résumer ainsi. C'est l'engagement des autorités compétentes à considérer
sérieusement le résultat des
consultations, l'engagement aussi des participants et participantes à respecter
les règles contribuant à une démarche de participation publique respectueuse, le choix des mécanismes de
participation diversifiés et adaptés, l'information nécessaire transmise aux participants et participantes,
réalisée dans des délais raisonnables et les moyens susceptibles de les
atteindre, la rétroaction des autorités
compétentes aux participants et participantes et l'évaluation du processus par
tous les acteurs.
Donc,
Mme la ministre, je voudrais vous entendre sur le recours à la consultation
publique, qui est de plus en plus, comme
je vous disais, populaire en politique, et, je pense, indispensable, en
passant. Il s'agit d'une très bonne façon pour les citoyens, les organismes et les groupes de se
faire entendre lors du processus de création d'une politique publique.
En quoi votre outil va améliorer justement le recours à cette pratique? Et
aussi j'aimerais... Je vais poser deux questions. La deuxième question,
c'est : Lors de la consultation, comment votre proposition a-t-elle été
accueillie par les groupes travaillant dans le domaine?
Président (M. Auger) : Juste un instant. Avant la réponse, Mme la
ministre, je vais déposer la série de courriels utilisés par
l'opposition officielle.
Donc, Mme la ministre, vous pouvez répondre à la
question du député de Vimont.
Mme Weil :
Oui, merci, M. le Président. Vous savez, en politique, on a tous l'occasion
d'apprécier la valeur de la consultation
publique quand on fait des consultations sur un projet de loi, notamment. Et
parfois on va sur le terrain pour échanger
avec les citoyens. Mais on cherche, je pense, depuis quelques années, d'autres
juridictions aussi, les meilleures façons
d'aller chercher la solution pour une communauté. Ça peut être par rapport au
développement économique, développement
quelconque. Et ce n'est pas toujours facile, hein? C'est un exercice, essayer
de chercher un consensus. On n'aura
jamais l'unanimité. Mais qu'est-ce qui peut faire en sorte qu'une société peut
avancer? En arrivant, évidemment, au secrétariat,
j'ai découvert ce bijou. Moi, je considère ça un bijou, ce Cadre de référence
gouvernemental sur la participation publique. Donc, je savais que le
gouvernement était déjà à l'oeuvre.
Mais j'ai eu
l'occasion de rencontrer un organisme qui s'appelle Vote pour ça. C'était une
conférence, un colloque qui se tenait
à Laval, où tous les gens qui travaillent justement pour cet objectif, comme le
député l'a bien mentionné, pour aller
chercher l'adhésion de la société civile à une orientation gouvernementale...
Comment est-ce qu'on y arrive? Comment est-ce qu'on y arrive en
maintenant un débat serein, en s'assurant qu'on est capables d'avoir des règles
de gouvernance par rapport à ça? Et donc
cette initiative qui se développe depuis plusieurs années, le Québec est
présent, le Québec est là en train de travailler pour cet objectif.
Et je salue
aussi l'organisme Vote pour ça, que j'ai rencontré. J'ai eu l'occasion... parce
qu'on m'a demandé de faire le
discours d'ouverture, et j'ai eu l'occasion de rencontrer là des gens, des
leaders communautaires, des leaders dans le domaine de la recherche, des leaders gouvernementaux, tous ces
participants qui, justement, sont à l'oeuvre pour assurer qu'on puisse avancer, si on veut, la société...
Souvent, c'est vraiment... C'est une question de ce qu'on appelle
globalement le développement durable parce
que c'est beaucoup dans le développement durable qu'on peut avoir des points de
vue opposés, hein? Donc, un développement
économique, mais en s'assurant d'un développement durable, c'est
beaucoup... Et beaucoup des participants qui étaient présents à cette
conférence étaient vraiment intéressés à ces enjeux-là.
Donc, au fil
des années, au Québec comme ailleurs, les démarches participatives sont
devenues un outil essentiel pour
améliorer la qualité de nos politiques publiques et aussi, je tiens à le
souligner, l'efficacité de l'action gouvernementale. Donc, en près de 10 ans, moi-même, j'ai eu l'occasion
évidemment d'apprécier l'engagement des citoyens dans toutes sortes de domaines et, finalement, le résultat du
travail parlementaire, où chacun a ses propres interactions avec les
citoyens de leur comté. Mais, au-delà de
leur comté, on a pu voir que le processus de législation est renforcé par ces
consultations.
Donc, la technologie ayant fait de grands bonds
lors des dernières années, nous pouvons désormais tenir des consultations via l'Internet sans aucune
difficulté. Donc, ça nous permet... Déjà là, c'est... Moi, j'ai pu le faire en
tant que ministre de l'Immigration.
On allait sur l'Internet pour aller chercher les opinions des uns et des autres
sur la politique que j'avais amenée.
Mais, plus récemment, avec le Secrétariat aux relations avec les Québécois
d'expression anglaise, on a fait des consultations en ligne. On a pu
échanger avec des représentants de la société civile et institutionnelle
partout, partout, partout au Québec, donc
des communautés qui se trouvent partout, qui ont pu nous faire des
recommandations sur des améliorations à
apporter dans tous les domaines, notamment l'accès aux services de santé et
services sociaux. Donc, la
consultation, globalement, évidemment, M. le Président, ça marche, et le cadre
de référence vient renforcer ces consultations.
Donc, les
raisons pour initier une démarche de participation publique sont nombreuses, et
son organisation implique de relever
des défis très différents d'un processus participatif à un autre, chaque cas
étant unique. Et, chaque fois, il s'agit de créer les conditions favorables à cette participation. Donc, en
s'appuyant sur les meilleures pratiques en matière de participation publique, mon secrétariat a élaboré
ce cadre en collaboration avec six ministères et secrétariats. Il a été bonifié
par la contribution des participantes et
participants à la consultation publique qui s'est déroulée entre le mois de
novembre 2016 et mars 2017. Il s'agit d'un
outil, pour les ministères et organismes, qui leur permet de s'appuyer sur des
principes de base et des critères reconnus dans l'organisation et l'exécution
d'activités de consultation impliquant le public et les organismes de la
société civile, qui permet de renforcer le lien entre le gouvernement et les
citoyens.
Donc, le cadre
répond à plusieurs objectifs : un, l'amélioration de la conception
générale des démarches de participation
ouvertes au public pour assurer leur rigueur et leur intégrité, deux,
l'optimisation des pratiques de participation publique d'un ministère ou
d'un organisme, et, trois, le soutien au développement d'une politique, d'une
loi ou d'un règlement sur la participation
publique, le cas échéant. Il s'articule autour de sept principes directeurs,
dont le principal objectif est de
promouvoir la participation effective du public au processus décisionnel. Et les
38 critères de mise en oeuvre sont des règles plus précises qui
déterminent les actions à entreprendre pour appliquer les principes directeurs.
À ce jour,
notre démarche suscite l'intérêt et l'engagement de plusieurs ministères, et
son influence se fait sentir. Notamment,
en 2017, elle a influencé l'élaboration du cadre réglementaire québécois de
participation publique dans le domaine
municipal. Aussi, la Stratégie numérique du Québec, adoptée par le gouvernement
au mois de décembre 2017, reconnaît
une place importante à la participation publique comme vecteur du développement
d'une administration publique transparente et efficiente.
Donc,
les quatre principes directeurs, quels sont-ils? Un, l'engagement des autorités
compétentes. Donc, dans un premier
temps, il faut que l'autorité compétente, la municipalité et le gouvernement
soient vraiment parties prenantes et leaders
dans cette démarche. Le principe deux, l'engagement des participants et
participantes, donc, qui devraient respecter les règles. Donc, c'est ça, leur engagement pour contribuer à une
démarche respectueuse et équitable. Le principe trois, c'est le choix des mécanismes de participation publique.
Donc, ces mécanismes de participation choisis devraient être
diversifiés, être adaptés au degré
d'engagement recherché auprès des participants et inclure des ressources
suffisantes. Le principe quatre,
c'est l'information. L'autorité compétente doit rendre facilement accessible
l'information pour que les participants soient équipés pour mener cet exercice intéressant, mais évidemment
assez exigeant. Donc, c'est une information de qualité qu'on recherche. Le principe cinq, c'est la
promotion. Donc, il faut faire la promotion de la démarche pour s'assurer
que tous ceux qui veulent participer soient
avisés de cette démarche. Le principe six, c'est la rétroaction. Les autorités
compétentes devraient
formuler et communiquer aux participants une rétroaction relative à la
démarche. Et le principe sept, l'évaluation. Donc, les participants sont
en mesure d'évaluer l'exercice à la fin de l'exercice.
Alors, avec les
minutes ou secondes qui me restent...
Le Président
(M. Auger) : 1 min 30 s.
Mme Weil :
Ah bon! Alors, M. le Président, je souhaiterais remercier, donc, les députés du
parti ministériel, donc, le député de
Terrebonne, le député de Borduas, le député de Mercier, qui n'est plus avec
nous. Je remercie aussi Me Chartier, le
président de la Commission d'accès à l'information, qui est avec nous aujourd'hui,
mon secrétaire général associé et toute l'équipe du secrétariat. Je les remercie aussi pour les crédits qu'on a
menés évidemment la semaine dernière, un travail extraordinaire qu'ils ont fait pour préparer, donc, nos documents, pour
nous préparer pour la responsabilité qu'on a de répondre aux questions
des partis politiques ici, à l'Assemblée nationale. Et vous, M. le Président,
et votre équipe, je voudrais vous remercier aussi d'avoir bien mené,
évidemment, ces travaux.
Et, sur ça, je
conclus mes remarques.
Le Président
(M. Auger) : Merci beaucoup, Mme la ministre.
le temps alloué à l'étude du volet Accès à l'information des crédits
budgétaires du portefeuille Conseil exécutif étant presque écoulé, nous
allons maintenant procéder à la mise aux voix des crédits.
Le programme 6,
intitulé Accès à l'information et Réforme des institutions démocratiques,
est