House Proceedings — 28 May 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
2024-05-28
Quebec — Debates (Hansard)
(Treize
heures quarante et une minutes)
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Bon mardi. Vous pouvez vous asseoir.
Nous
allons débuter nos travaux à la rubrique de déclarations de députés. Et, M. le
député de Chauveau, à vous la parole.
M. Lévesque (Chauveau) : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je suis fier de dédier ma déclaration de député à
un grand compositeur de Loretteville, M. Dominic Laprise, que je salue,
d'ailleurs, dans les tribunes. Il est accompagné de sa conjointe, Hélène
Boily, et de ses enfants, Mathieu et Andrée-Anne.
Diplômé
en musique de l'Université Laval, le Lorettevillois oeuvre dans des domaines
aussi variés que le théâtre, la danse
et la télévision. La qualité première de sa musique consiste à transmettre le
caractère de l'image, ce qui lui confère son unicité. C'est ce qui explique l'origine des succès que compose
M. Laprise depuis plus de 40 ans, des musiques qui plaisent à la première écoute et que tout le
Québec connaît. On n'a qu'à penser à La fabuleuse histoire d'un royaume
et à la diffusion de sa musique dans de grands spectacles en France
depuis 1991.
Alors,
M. Laprise, vous êtes une fierté pour Chauveau. Merci beaucoup, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, nous allons poursuivre avec Mme la députée de
Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, Mme la Présidente.
Alors, il me fait grand plaisir de souligner le 50e anniversaire du Cercle
de fermières de Saint-François.
Fondé
en 1974, le cercle a comme mission de briser l'isolement des femmes en
renforçant leur engagement au sein de la communauté. À Saint-François, on donne une grande importance au
patrimoine artisanal québécois. Les femmes adorent et sont passionnées par les textiles. Le nombre de
métiers à tisser dans leur local, il est fort impressionnant, d'ailleurs. Que
ce soit le tricot, le tissage ou le crochet, les fermières confectionnent des
créations uniques qui font la joie de tous lors du traditionnel marché de Noël.
m'en voudrais de ne pas souligner l'implication exceptionnelle de Mme Rita
Charbonneau, qui a occupé plusieurs postes au sein du cercle pendant
48 ans.
Donc,
à toutes les membres, je tiens à souligner votre succès et votre dévouement
envers notre communauté. Merci et, encore une fois, félicitations pour
vos 50 ans!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, Mme la députée. Maintenant, je cède la parole à Mme la
députée de Rimouski.
Mme Blanchette
Vézina : Merci, Mme la Présidente. Je tiens à souligner aujourd'hui le
25e anniversaire de l'ISMER-UQAR, le plus important institut de recherche
universitaire francophone en sciences de la mer au Canada.
Depuis
sa création, en 1999, l'établissement est devenu un incontournable sur la scène
internationale. Regroupant de
nombreux chercheurs et étudiants, il a diplômé plus de 500 personnes aux
cycles supérieurs. L'ISMER fédère aujourd'hui plus de 230 professeurs, étudiants, chercheurs postdoctoraux,
personnel de soutien qui se consacrent à la découverte et à l'avancement
des connaissances sur le milieu côtier dans une perspective de développement
durable.
Considérant
l'importance de se baser sur la recherche scientifique dans le contexte des
changements climatiques et les opportunités de développement liées à
l'économie bleue, la présence de cet institut de renommée mondiale sur le
territoire rimouskois est source de fierté pour tous les citoyens.
À tous les employés,
chercheurs, étudiants de l'ISMER, je vous souhaite bon 25e anniversaire.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Maintenant,
je suis prête à céder la parole à M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci,
Mme la Présidente. Je viens souligner aujourd'hui le 100e anniversaire de
la construction du Bâtiment 7, dans la Pointe-Saint-Charles.
Réalisé en
1924, le B7 faisait à l'origine
partie d'un ensemble industriel ferroviaire
appartenant au Canadien National. Après
l'arrêt des activités ferroviaires, en 2003, le B7 a fait l'objet d'une lutte
des résidents du quartier pour sa réappropriation. En 2018, une
partie des lieux a été reconvertie en
fabrique d'autonomie collective, avec l'ajout récent d'une deuxième phase.
On y retrouve désormais 17 projets,
incluant des ateliers communautaires collaboratifs, une fermette urbaine ou
encore une épicerie solidaire, qui font la fierté du quartier.
Tout en
saluant l'initiative populaire ayant permis la réappropriation des lieux par
les citoyens et citoyennes, je veux
souligner la nécessité de maintenir des lieux communautaires et d'économie hors
marché et gérés par leurs membres.
Encore une fois, joyeux 100 ans au Bâtiment 7!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Boivin
Roy : Merci, Mme la Présidente. J'aimerais aujourd'hui
lever mon chapeau à mon ordre professionnel, le Barreau du Québec, qui
fête son 175e anniversaire.
Ainsi, le
30 mai 1849, l'Assemblée législative de la province du Canada adoptait la
création de l'un des premiers ordres
professionnels de la province, dont la mission première est d'assurer la
protection du public et de rendre la justice plus accessible. Depuis 1849, le Barreau s'est renouvelé en cohérence à
l'évolution de la société, accompagnant le Québec dans toutes les
grandes transformations qui en font l'État moderne qu'il est aujourd'hui.
Au passage, je souligne l'année 2014, alors
que le Barreau du Québec a compté pour la première fois de son histoire plus de femmes que d'hommes, à
50,4 % de l'ensemble de ses membres. Les femmes y occupent depuis une
place prépondérante, et de nouveaux membres issus de la diversité
continuent d'en faire chaque année une institution plus représentative du
Québec moderne.
Alors, bonne
continuation. Et mes salutations distinguées à Me Catherine Claveau,
devenue la 155e bâtonnière du Québec. Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Maintenant,
je cède la parole à Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci,
Mme la Présidente. Durant le mois de juin, nous soulignerons le Mois du
patrimoine philippin. C'est
l'occasion de célébrer la culture vibrante du peuple philippin à travers des
activités qui mettent en lumière la créativité de cette communauté
établie au Québec.
Dans ma
circonscription de D'Arcy-McGee, nous avons la chance d'avoir une communauté
philippine dynamique et accueillante, dont les contributions sont
inestimables pour notre diversité et notre enrichissement collectif.
Filipino Heritage Month is a special
occasion to recognize and celebrate the achievements, history, and traditions of the Filipino community. From
generation to generation, Filipinos have brought their expertise, cuisine,
artistic flair, and zest for life to our society, adding a unique
dimension to Québec social and cultural fabric.
En juin et le reste de
l'année, soutenons cette communauté en faisant connaître et en préservant son
patrimoine et sa culture grâce aux
nombreuses activités culturelles, artistiques et traditionnelles. J'invite tout
le monde à participer aux célébrations et en apprendre davantage sur
cette communauté et à célébrer ses nombreuses réalisations et contributions à
notre société. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, Mme la députée. Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée
de Verchères.
Mme Roy
(Verchères) : Merci, Mme
la Présidente. Cette semaine, c'est
la Semaine québécoise des services de garde éducatifs à l'enfance, sous
le thème Nos milieux, un tremplin pour l'avenir .
Nous avons un réseau de services de
garde dynamique, en pleine évolution, qui est reconnu pour sa diversité et
qui répond aux besoins des tout-petits.
Personnel éducateur, gestionnaires, personnel de soutien, merci pour votre
contribution. Vous êtes ceux et
celles qui travaillent chaque jour pour maintenir et développer un réseau
exceptionnel dont les familles ont grandement
besoin. Partout au Québec, les services et le soutien que vous offrez aux
familles sont essentiels pour nos enfants. Vous êtes un tremplin pour
l'avenir.
Prenons
le temps, cette semaine, pour remercier tous ceux et celles qui contribuent à
ce beau grand réseau de services de garde éducatifs à l'enfance.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci
beaucoup, Mme la députée. Maintenant je suis prête à céder la parole à
Mme la députée de Laviolette—Saint-Maurice.
Mme Tardif : Mme Denise Tremblay,
directrice générale de La Séjournelle, un organisme qui aide les femmes et
enfants victimes de violence conjugale, et ce, depuis 40 ans, est une
femme déterminée, leader, attentive aux autres, combative, patiente, qui
a réussi à changer le Québec d'hier, d'aujourd'hui et de demain.
Militante,
féministe engagée, créatrice du modèle de processus de domination conjugale,
première personne à réaliser un
protocole de collaboration avec la Sûreté du Québec pour la sécurité des femmes,
elle a créé de nombreux projets, dont celui d'une clinique de santé
communautaire et de zoothérapie en maison d'hébergement.
Membre
du conseil d'administration de L'Alliance des maisons d'hébergement de deuxième
étape, elle siège sur les comités des tribunaux spécialisés et d'examen
des décès liés à la violence conjugale.
Nicole, merci. Vous
êtes unique et merveilleuse.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée de Brome-Missisquoi.
Mme Charest :
Mme la Présidente, depuis 125 ans, la Société d'histoire Missisquoi
organise des recherches, des expositions, publie des ouvrages sur des thèmes
historiques en lien avec le développement de notre région et veille à conserver
le riche héritage du comté de Missisquoi.
Fondé
il y a 60 ans, le bureau d'archives de la société est situé à Stanbridge
East, au bord de la rivière aux Brochets, dans l'ancien moulin Cornell, bâtiment principal du Musée Missisquoi.
Tout juste à côté, le magasin général Hodge recréé l'ambiance
d'autrefois avec ses comptoirs, ses étalages et ses marchandises d'époque.
La Société d'histoire
administre également la grange Walbridge. Ce bâtiment, qui compte 12 côtés,
est classé monument historique provincial et abrite une grande exposition de
machinerie agricole.
J'invite
les citoyens, qu'ils soient du comté ou de passage dans la région, à découvrir
ces trois sites et se plonger dans l'histoire passionnante de ceux et
celles qui ont façonné l'histoire de la région de Missisquoi.
Toutes mes
félicitations à son président, Marc Grenon, et sa directrice générale, Mona Beaulac!
Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Maintenant, je suis prête à céder la parole à M. le
député de René-Lévesque.
M. Montigny : Aujourd'hui, je tiens à
souligner les honneurs d'une poète, réalisatrice, documentariste, traductrice,
conteuse, enseignante Innu Aimun, et j'ai nommé Mme Joséphine Bacon, qui
est une véritable ambassadrice de la culture des Premières Nations au
Québec et à l'étranger.
Originaire
de la communauté innue de Pessamit, elle est très engagée sur la scène
littéraire et artistique autochtone. Elle
a inspiré et elle inspire encore des jeunes, la jeune génération, la fierté
d'être autochtone et la volonté de défendre leur langue et leur culture.
Cette dame, dont la
poésie est pour elle une forme de méditation, a été nommée au sein de l'Ordre
du Canada à
titre d'officière pour ses contributions notables à la littérature
et à la culture autochtone du Canada. Aussi, lors d'une cérémonie officielle, le 24 avril dernier, ici, à l'Assemblée
nationale, Mme Bacon a été sélectionnée chevalière de l'Ordre de la
Pléiade.
Merci, Mme Bacon, de pérenniser la culture
innue à travers le Québec et le monde.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Maintenant,
pour terminer cette rubrique, je cède la parole à M. le député d'Orford.
M. Bélanger : Mme la
Présidente, aujourd'hui, je souligne le travail d'un organisme de chez nous, Le
Tandem, un centre de pédiatrie sociale en
communauté basée sur l'approche du Dr Julien, une approche centrée sur les
besoins, les droits et les intérêts des enfants issus des milieux
vulnérables.
Je ne peux passer sous silence le dévouement
d'une femme extraordinaire, dynamique et rayonnante, qui a mis sur pied et dirige Le Tandem,
Mme Anne-Marie Fournelle. Elle a su s'entourer d'une équipe d'intervenants
et d'intervenantes passionnés qui ont
tous et toutes le même objectif d'amener ces enfants à travers une multitude de
services, à développer leur plein
potentiel, dans le respect de la convention relative aux droits des enfants.
Ces enfants peuvent découvrir leur pleine valeur en tant qu'individus.
Bravo,
Anne-Marie, et bravo à toute ta formidable équipe, incluant quatre
intervenantes présentes dans les tribunes : Emma Borgnon, Maïka
Dubois-Pominville, Rebecca Hamel et Élodie Gagnon! Bravo! Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Cela met fin à la rubrique de déclarations de députés.
Et je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 13 h 54)
Présidente : Bonjour, tout le monde. Bon mardi. Messieurs
dames, distingués invités. Vous êtes nombreux. Le parlement du Québec,
c'est chez vous.
Messieurs dames les députés, nous allons nous
recueillir quelques instants.
Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous
asseoir.
J'ai le
plaisir de souligner aujourd'hui la présence, dans les tribunes, de
M. André Villeneuve, ancien député de Berthier, ainsi que la
présence de Mme Lucie Papineau, ancienne députée de Prévost.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de loi, M.
le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Bonjour, Mme la Présidente. Je vous demande
d'appeler l'article a du feuilleton, s'il vous plaît.
Présidente : À l'article a du feuilleton, Mme la ministre des
Ressources naturelles et des Forêts présente le projet de loi
n° 63, Loi modifiant la
Loi sur les mines et d'autres dispositions. Mme la
ministre.
Mme Blanchette Vézina : Merci, Mme
la Présidente.
Ce projet de loi modifie principalement la Loi
sur les mines à divers égards.
Le projet de
loi remplace le terme «claim» par le terme «droit exclusif d'exploration» et
revoit le mode d'octroi de ce droit
ainsi que certaines conditions d'exercice, notamment quant aux coûts des
travaux exigés pour le renouvellement du droit.
Le projet de
loi permet au gouvernement de conclure des ententes avec les communautés
autochtones pour déterminer les limites d'un terrain dans lequel les substances
minérales faisant
partie du domaine de l'État sont réservées à l'État ou
soustraites à la prospection, à l'exploration et à l'exploitation minières. Il
précise les pouvoirs du ministre responsable
des mines d'imposer des conditions et des obligations à un titulaire de droit
minier notamment pour permettre la
priorisation ou la conciliation des utilisations et de la protection du
territoire. Il permet au ministre, à ces fins, d'exiger l'enlèvement ou le déplacement de tout bien ou de
tout minerai extrait, situé sur le terrain qui fait l'objet du droit minier.
Le projet de
loi permet au ministre d'interdire ou de restreindre l'accès à un chemin minier
ou à une terre du domaine de l'État
sur laquelle des activités minières ont été réalisées s'il est d'avis que le
terrain ou des substances qui s'y trouvent présentent un risque sérieux pour la sécurité des
personnes. Il lui permet également, lorsqu'un état d'urgence déclaré par
le gouvernement ou une situation rend
impossible le respect par le titulaire d'un droit minier de ses obligations, de
prévoir toute mesure nécessaire à l'égard des droits et des obligations
prévus par la
Loi sur les mines.
projet de loi exige un bail d'exploitation de substances minérales de surface
pour l'exploitation des minéraux et cristaux de collection. Il prévoit
également un bail minier spécifique pour l'exploitation de résidus miniers.
projet de loi harmonise la délivrance des droits miniers d'exploitation avec
celle des autorisations requises en vertu
de la
Loi sur la qualité de l'environnement. Il prévoit l'assujettissement de
tous les nouveaux projets de mine à la procédure
d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement. Il revoit les
obligations et le processus de réaménagement
et de restauration des sites miniers afin de prévoir notamment une obligation
de surveillance et d'entretien pour
assurer le suivi des travaux de réaménagement et de restauration. Il prévoit de
plus les cas où une compensation pour le préjudice causé à
l'environnement par les activités minières est exigible.
projet de loi prévoit la soustraction à la prospection, à l'exploration et à
l'exploitation minières des substances minérales
situées dans des terres du domaine privé et des périmètres d'urbanisation. Il
permet à une municipalité régionale de
comté où sont situées les substances minérales soustraites, d'office ou à la
demande d'une municipalité locale, de demander la levée partielle ou
totale de la soustraction.
Le projet de loi
révise les cas où le ministre peut réserver à l'État ou soustraire à la
prospection, à l'exploration et à
l'exploitation minières des substances minérales ou suspendre provisoirement la
protection et l'octroi des droits miniers sur un terrain.
projet de loi modifie la
Loi sur les terres du domaine de l'État pour notamment
remplacer le nom «plan d'affectation des terres» par «plan d'affectation du territoire»
et en préciser la portée. Il modifie également la
Loi sur l'aménagement
durable du territoire forestier pour
permettre au ministre responsable des forêts de modifier différents droits
forestiers pour limiter les impacts
sur l'activité économique régionale ou locale d'une modification aux
possibilités forestières dans la région visée ou dans une région
limitrophe.
Finalement, le projet
de loi prévoit des dispositions de concordance, diverses et transitoires.
Merci.
La Présidente :
Est-ce que... Oui, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Derraji : Mme la Présidente,
j'avise le leader du gouvernement que nous souhaitons la tenue de consultations
particulières sur ce projet de loi.
La Présidente :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Présidente : Adopté.
Il n'y a pas de dépôt
de documents.
la rubrique Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission
des institutions et député de Richmond.
M. Bachand : Merci, Mme la Présidente. C'est avec grand plaisir
que je dépose le rapport de la Commission des institutions qui, les 9, 21, 22,
23 mai 2024, a procédé à l'étude détaillée du projet de loi n° 56, Loi portant sur la réforme
du droit de la famille et instituant le
régime d'union parentale. La
commission a adopté le texte du projet de loi avec amendements. Merci.
Présidente : Ce rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 156 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que le Québec connaît depuis plusieurs années une pénurie de médecins et que
celle-ci concerne surtout les régions éloignées des grands centres urbains;
«Considérant que deux facultés de médecine se
trouvent déjà à Montréal et que le recteur de l'Université du Québec à Montréal a exprimé le souhait de doter son université d'une faculté des sciences
de la santé qui formerait, à terme, des médecins, ce qui ferait trois
facultés de médecine dans la même ville;
«Considérant que les étudiants et étudiantes
formés en région sont davantage susceptibles de demeurer en région pour établir
leur pratique de médecine au terme de leurs études;
«Considérant
que la création d'une faculté de médecine avec son apport d'étudiants et
d'étudiantes contribuerait à la vitalité sociale, culturelle et
économique de la région;
«Considérant
que la proximité territoriale avec les communautés autochtones de certaines
régions plus éloignées permettrait d'offrir une formation innovante et ouverte
sur les savoirs de ceux-ci, en plus d'améliorer leur accès aux soins;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au gouvernement du
Québec de réaliser une étude de faisabilité en vue de créer une nouvelle
faculté de médecine dans l'un des établissements du réseau de l'Université du
Québec situé en région.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
La Présidente : Cet extrait de
pétition est déposé. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
181 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
qu'il fut démontré que les substances polyfluoroalkylées (SPFA) augmentent
les risques de certains cancers (prostate,
reins, testicules), réduisent la capacité du système immunitaire [de]
combattre les infections (réactions réduites
aux vaccins), causent une interférence avec les hormones
naturelles du corps et augmentent le taux de cholestérol ainsi que le
risque d'obésité;
«Considérant qu'il fut démontré que plus de
99 % des Canadiens avaient des traces de [SPFA] dans leur sang;
«Considérant
que les SPFA affectent non seulement les humains, mais aussi la vie aquatique
et que la recherche révèle que les poissons d'eau douce dans la région
du fleuve Saint-Laurent et des Grands Lacs contiennent des SPFA;
«Considérant que ce produit chimique est très
résistant à la dégradation;
«Considérant
qu'Environnement Canada a précédemment reconnu de petits sous-ensembles
spécifiques de SPFA comme étant "toxiques" en vertu de la Loi
canadienne sur la protection de l'environnement;
«Considérant que la grande majorité des
substances SPFA demeurent totalement non réglementées au Canada;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du
Québec d'interdire l'utilisation du produit chimique nocif polyfluoroalkylique
au Québec qui affecte notre eau potable et nuit à la faune aquatique du fleuve
Saint-Laurent.»
Je certifie que cet extrait est conforme avec
l'original de la pétition.
La Présidente : Cet extrait de
pétition est déposé. Mme la députée de Mercier.
Ghazal : Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
3 240 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que l'accès aux produits menstruels est un besoin essentiel et un droit
fondamental pour les personnes ayant des menstruations;
«Considérant
que le coût de ces produits peut représenter un fardeau financier important et
que, selon un sondage pancanadien pour Plan international en 2019,
34 % des Québécoises sont en situation de précarité menstruelle;
«Considérant que les produits menstruels sont
des biens de première nécessité, au même
titre que le papier de toilette,
puisque les menstruations sont une fonction corporelle naturelle;
«Considérant que plus de 50 % de la
population canadienne ont des menstruations;
«Considérant que l'accès aux produits menstruels
est une question d'équité et de dignité;
«Considérant
que le manque d'accès aux produits menstruels peut avoir des impacts négatifs
sur la santé, l'éducation et la vie sociale des personnes concernées,
tels que devoir se passer de nourriture pour pouvoir se procurer des produits menstruels, être prises de court par le début des
menstruations et devoir quitter l'école ou le travail en conséquence, etc.;
«Considérant
que de plus en plus d'entreprises, organisations et institutions reconnaissent
l'importance de fournir des produits menstruels gratuits à leurs
équipes;
«Et l'intervention se résume ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec de rendre obligatoire la mise
à disposition gratuite de produits menstruels dans les toilettes des
entreprises, établissements scolaires et institutions publiques et privées du
Québec.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition. Merci.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé.
n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une
violation de droit ou privilège.
Nous
en sommes maintenant rendus à la période de questions et de réponses orales,
et, pour ce faire, je cède la parole, en question principale, au chef de
l'opposition officielle.
M. Tanguay : Merci beaucoup, Mme la Présidente. On le sait, la
CAQ n'est pas le parti de l'économie. La filière batterie, normalement ça devrait être une bonne nouvelle. Cependant, la
manière dont agit la CAQ fait en sorte que c'est le pire allié ou le
pire ennemi de la filière batterie.
Les avantages qui ont
été donnés, par exemple, à Northvolt sont multiples et sont énormes, non
seulement des milliards de fonds publics, un
tapis rouge pour des autorisations gouvernementales de toutes sortes et
environnementales, notamment. Notre énergie, pour eux, il n'en manque
pas, mais, pour nos PME, il en manque.
Alors,
la question qui se pose : Quelles sont les retombées économiques,
tangibles, concrètes pour le Québec?
Dans le journal Les
Affaires , le 8 mai, on parlait de l'aspect recherche et développement.
Allons-y voir, je cite le journal des Affaires :
«Pour l'implantation de la filière batteries dans la province, dont Northvolt est
le plus important projet, le
gouvernement du Québec ne semble pas avoir été très exigeant par rapport à un
seuil minimal d'investissements en recherche et développement pour délier les cordons de sa bourse. En fait, aucune
demande particulière n'a été faite, tant à Northvolt qu'aux autres
entreprises étrangères qui s'installent ici.»
Autre
exemple, Posco, usine de composantes de batteries, Mme la Présidente, à
Bécancour, le ministre de l'Économie
a dit, et je le cite : «D'imposer à
Posco de faire de la recherche ici, alors qu'on n'a aucune connaissance
industrielle, je trouvais ça prétentieux et irréaliste.»
Ainsi, pour la CAQ,
exiger de la recherche et développement, c'est prétentieux et irréaliste.
Le premier ministre
est-il d'accord avec ça?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente, d'abord, j'ai entendu
effectivement le chef de l'opposition officielle dire, en fin de semaine, que j'étais le pire premier
ministre de l'histoire. Je veux lui dire qu'à l'opposé moi, je trouve que comme
chef de l'opposition officielle il est parfait. Je ne le changerais pas, Mme la
Présidente.
Maintenant, Mme la
Présidente...
M. Legault : Maintenant, Mme la Présidente, si on regarde le
PIB par habitant depuis cinq ans, le Québec a fait mieux que le reste du
Canada. Si on regarde le salaire moyen, l'augmentation du salaire moyen depuis
cinq ans, le Québec a fait mieux que
le reste du Canada. Si on regarde le revenu disponible, donc ce qui reste dans
nos poches après avoir payé les impôts, le Québec, depuis cinq ans, a
fait mieux que le reste du Canada.
la Présidente, c'est du jamais-vu pendant les 15 années libérales. Puis ce
qui s'en vient, grâce à la filière batterie, bien, c'est plus
d'investissements privés, c'est plus de retombées, plus de jobs payantes, puis
éventuellement un boom économique, parce qu'on va relancer les grands chantiers
chez Hydro-Québec.
Présidente : Première complémentaire.
M. Tanguay : Aucune
réponse à ma question. J'ai demandé : En recherche et développement,
filière batterie, trouve-t-il ça, lui,
prétentieux et irréaliste de demander quoi que ce soit? Aucune réponse, il n'y
a rien à dire. C'est là où on voit que c'est le pire, Mme la Présidente.
Selon
Paolo Cerutti, de Northvolt, seul un quota de stagiaires,
«d'heures que nous passons avec les étudiants», ont été exigés, pour
436 millions de dollars. C'est là où on voit où il est le pire, Mme
la Présidente.
Alors, pour lui,
est-ce que c'était prétentieux d'exiger un tant soit peu de recherche et
développement?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Bien, Mme la Présidente, la filière batterie,
c'est 16 milliards d'investissement, 16 milliards. C'est des emplois
mieux payés. C'est aussi, Mme la Présidente, une façon de réduire les GES pas
seulement au Québec, dans le monde.
On prévoit, Mme la Présidente, que, d'ici 2030, 25 % des véhicules
électriques qui vont être produits en Amérique vont avoir un contenu
québécois.
Donc,
Mme la Présidente, je pense que ce qu'on voit avec la filière batterie, c'est
qu'on est en train de créer une nouvelle industrie qui va créer de la
richesse, qui va nous permettre d'être un leader...
Présidente : En terminant.
M. Legault : ...dans
l'économie verte.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Tanguay : ...qui
va nous permettre d'être un exécutant d'une technologie qui vient de l'étranger
et dont le développement de recherche et développement ne se fera pas au
Québec. Une fois que j'ai dit ça, j'ai tout dit.
Que le premier
ministre n'ait pas répondu une seule fois à ma question, qu'a-t-il exigé, est-ce
que c'était trop prétentieux, pour son
gouvernement, et irréaliste, d'exiger quoi que ce soit en recherche et
développement... Ça a fait dire au journal Les Affaires :
«...le Québec sera un exécutant de la technologie de Nortvolt, principalement
conçue en Suède.» Qu'est-ce qui est bon
là-dedans pour nos PME, Mme la Présidente? On le cherche encore, puisqu'il n'y
aura pas d'économie intégrée.
C'est ça, le
gouvernement de l'économie?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente, je n'en reviens pas, je n'en
reviens pas d'entendre le chef de l'opposition officielle s'opposer à la filière batterie. Pourtant, Mme la
Présidente, actuellement, des usines se développent en Suède, en Allemagne, avec Northvolt suédois, aux États-Unis, en
Ontario, donc c'était important que le Québec prenne sa part de ce marché
énorme qui va se développer au cours des prochaines années.
Donc,
Mme la Présidente, tout ce qui a été donné comme avantages à Northvolt ou à GM,
bien, il y a des retombées qui excèdent cette aide-là. Puis il y a une
bonne
partie de l'aide qui vient du gouvernement fédéral...
La Présidente :
En terminant.
M. Legault :
...donc c'était important d'aller chercher notre part de l'argent du
gouvernement fédéral.
Présidente : Troisième complémentaire.
M. Tanguay : C'est important d'aller chercher notre part qui
vient du gouvernement fédéral. Maintenant — virgule — qu'est-ce
que vous faites avec cet argent-là?
reviens à ma question. Là, c'est ma dernière question, la quatrième que je vais
poser. J'aimerais entendre le premier ministre nous brosser le tableau de ce
qu'il a obtenu dans la filière batterie, notamment avec Northvolt, en ce qui a
trait à des investissements structurants de
recherche et développement, d'innovation ici, au Québec, par des Québécoises
et des Québécois, qui impliquerait nos PME? J'attends toujours la
réponse. C'est zéro.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Bien, Mme la Présidente, d'abord, c'est important
de comprendre que les montants d'aide, que ce soit du gouvernement du Québec ou
du gouvernement fédéral, sont en pourcentage des productions de batteries qu'on
va avoir au cours d'un certain nombre
d'années. Donc, s'il n'y a pas de production de batteries, il n'y a pas de
subvention, il n'y a pas d'aide aux entreprises.
Donc,
la façon que ça a été structuré, c'est certain que le Québec va être gagnant.
On est avec des joueurs mondiaux parmi
les meilleurs, et ils ont accepté de venir investir au Québec parce qu'on a
aussi de la main-d'oeuvre qui est qualifiée. J'invite le chef de
l'opposition officielle à aller faire un petit tour à Bécancour ou à
Saint-Basile...
La Présidente : En terminant.
M. Legault : ...les
gens sont heureux, contrairement au Parti libéral.
Présidente : Un peu de silence! En question principale, je
reconnais maintenant la députée de Jeanne-Mance—Viger.
On vous écoute, madame.
Mme Rotiroti : Merci, Mme la
Présidente. Il est bien établi que les surplus énergétiques, pour la CAQ, c'est
dramatique. Dans les six dernières années,
la CAQ nous a habitués non pas à des surplus, mais à des déficits. Nous
apprenons que pas moins de 35 %
des entreprises n'ont pas accès à une quantité suffisante d'énergie pour
répondre à leurs besoins actuels. En raison du manque de planification
énergétique de ce gouvernement, nos entreprises locales et nos fleurons
économiques sont contraints de ralentir
leur production, de freiner leur expansion et leurs investissements, faute de
ressources énergétiques suffisantes.
La P.D.G. des Manufacturiers et exportateurs du
Québec nous le dit clairement : «Les entreprises ont besoin de
prévisibilité et elles sont en pleine incertitude quant à l'approvisionnement
énergétique.» Nos PME, des entreprises rentables,
en pleine croissance, avec des employés bien rémunérés, des piliers économiques
de nos régions, se retrouvent dans une situation où ils se font
dire : Désolé, je n'ai plus d'électricité pour vous.
Mme la
Présidente, j'aimerais savoir comment le ministre de l'Énergie... de l'Économie
peut justifier le fait que nos entreprises locales manquent aujourd'hui...
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
M. Fitzgibbon : Mme la Présidente,
clairement, nous faisons tout ce qu'on peut pour donner de l'électricité à nos
entreprises québécoises. Les PME sont proches de notre coeur, on s'en occupe.
Maintenant,
je suis un ministre de l'Économie privilégié. Je l'ai dit la semaine passée,
jamais dans l'histoire du Québec on
n'aura eu autant de projets, quelque chose que le Parti libéral ne peut pas
comprendre parce que, sous leur régime, il n'y avait pas cette situation-là. La demande industrielle a augmenté
de façon faramineuse depuis quelques années de par le fait qu'on doit décarboner l'économie, de par
le fait qu'on a beaucoup, au Québec, d'attraction au niveau du talent, au
niveau des universités, au niveau de nos ressources naturelles et au niveau des
entreprises.
Donc, présentement, nous sommes dans une
situation difficile, effectivement, la demande a été mal planifiée au niveau
industriel par Hydro-Québec, et on corrige ça avec un plan ambitieux d'Hydro-Québec
qui a été présenté en novembre... en
novembre dernier pour 2035, on travaille étroitement avec Hydro-Québec pour
allouer les mégawatts au fur et à mesure, et, clairement, les PME du
Québec vont être prises en compte. Le 30 % d'entreprises qui veulent de
l'électricité, c'est une bonne nouvelle, parce qu'il y a des projets qui sont
d'envergure, au Québec, qu'on n'avait pas antérieurement. Mais on est dans une
situation difficile...
La Présidente : En terminant.
M. Fitzgibbon : ...qui est causée
par l'attraction du Québec au Québec et à l'international.
La Présidente : Deuxième
complémentaire, le député de...
La Présidente : En, oui, première
complémentaire, le député de Marguerite-Bourgeoys.
Beauchemin : Il faut comprendre que l'industrie manufacturière
du Québec doit être plus productive, car, pour ce secteur, son terrain de jeu
est international. La CAQ a complètement échappé le secteur manufacturier,
échappé sur la productivité, qui est en baisse dans le secteur depuis
quatre ans, échappé sur la main-d'oeuvre, échappé sur le manque d'électricité,
on vient de l'entendre, parce qu'il faut croire que le secteur n'est pas
important pour la CAQ.
Mme la
Présidente, le secteur manufacturier, c'est 200 milliards,
500 000 emplois au Québec. Comment le ministre peut-il
abandonner un secteur aussi important?
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
Mme la Présidente, je pense que
la source d'information du député est mauvaise. Premièrement, quand on regarde, au Québec, entre 2018 et 2021,
je n'ai pas les chiffres récents, la productivité manufacturière, de par Statistique Canada, a augmenté de 5,8 % au Québec par rapport à 1,5 % en Ontario.
On a réussi à réduire l'écart de productivité,
d'un bord, au niveau du PIB par habitant et, d'autre part, au niveau manufacturier,
et, au niveau du service, c'est
encore plus probant. Donc, au contraire, ce qu'on a fait, avec la CAQ, le
programme qu'on a mis en place pour Accès entreprise Québec, dans les
régions, Investissement Québec, la stratégie québécoise de recherche,
innovation, ce matin on a eu un constat de l'innovateur en chef...
Présidente : En terminant.
Fitzgibbon : ...va très bien, le manufacturier se porte bien, et on va
continuer à s'améliorer.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Beauchemin :
Mme la Présidente, je pense que
le ministre de l'Économie n'a pas la bonne information, parce qu'il devrait regarder ce que son collègue
ministre des Finances a dit. La productivité, dans le secteur manufacturier,
est à la baisse de 6,3 % depuis quatre ans, dernier budget de la
CAQ.
entreprises manufacturières doivent être plus productives si elles veulent
gagner et se décarboniser. En laissant le secteur sans aide, la pénurie de
main-d'oeuvre, manque d'électricité, la CAQ risque de mettre des milliers
d'entreprises en jeu.
Pourquoi le ministre,
il n'est juste pas capable de comprendre ça?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Fitzgibbon :
Écoutez, Mme la Présidente, le
député fait un peu de science-fiction. L'économie du Québec ne s'est
jamais portée aussi bien. Est-ce qu'on peut faire mieux? Oui. Depuis que le
gouvernement est en poste, quand je compare
par rapport au Parti libéral, on regarde, entre autres, le PIB par habitant, on
a réduit l'écart de 3 % par rapport au 16, on continue à le faire. Ce matin, on avait tous les chercheurs, tous les
gens de la recherche et l'innovation qui faisaient un constat, la stratégie de la SQRI qu'on a lancée il
y a deux ans. Il y a des choses à améliorer, mais les choses s'améliorent.
L'investissement en recherche et
développement s'est amélioré de façon importante depuis quatre ans. On va
continuer. Les programmes du gouvernement...
Présidente : En terminant.
M. Fitzgibbon :
...sont faits en sorte qu'on
s'occupe des PME et on s'occupe aussi des investissements étrangers.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Pontiac.
M. Fortin : Mme
la Présidente, le ton utilisé il y a quelques instants par le ministre de la
Santé en lien avec les négociations avec la Fédération des médecins omnipraticiens risque d'être pas mal plus productif que le ton qu'il a utilisé au cours de la fin de semaine, surtout qu'on parle
ici, là, du seul et unique projet d'accès à la première ligne que la CAQ
a proposé depuis son arrivée, le GAP. Et on
va être clairs sur une chose, Mme la Présidente, le gouvernement a le droit de
renégocier, en fait il a la responsabilité
d'aller chercher une meilleure entente que la première qu'il a lui-même signée,
mais il ne peut pas le faire en
sacrifiant les patients, et malheureusement c'est exactement ce qu'il est en
train de faire en ce moment. Parce
qu'il n'a pas négocié d'avance, on se retrouve à trois jours de la date butoir
et avec des milliers, des dizaines de milliers de patients qui n'ont pas accès à un service de première ligne. Tout le
monde le savait, là, que le 1er juin, c'était une date où les patients paieraient le gros prix, mais la
responsabilité d'offrir des soins à la population, c'est celle du ministre de
la Santé.
Comment il a pu
échouer à ce point-là? Comment on peut en être rendus là?
Présidente : La réponse du ministre de la Santé.
M. Dubé : Bien, Mme la Présidente,
je suis très content d'avoir cette question-là, parce que je me rends compte de plusieurs choses; premièrement, que le député
confirme que c'est un très bon projet de la CAQ d'avoir mis le GAP en place, premièrement, de
dire qu'en fait on a fait un excellent travail, puis ça, je pense que c'est
très, très apprécié d'entendre ça.
Maintenant,
de dire qu'on n'a pas prévu la négociation, moi, je vous dirais, Mme la
Présidente, ce que j'ai entendu, au
cours des derniers jours, puis j'en ai rencontré, des patients, puis j'en ai
rencontré, des Québécois, ce qu'ils nous demandent, c'est de ne pas être
intransigeants, parce que c'est vrai qu'il y a énormément de travail qui a été
fait par les médecins, mais le GAP,
Mme la Présidente, ce n'est pas juste les médecins, c'est les infirmières,
c'est les IPS, on a élargi le bassin de professionnels. Maintenant, ce
qu'ils nous demandent, les Québécois, c'est... Dans la négociation, que je vous
dirais qu'on a commencée il y a plusieurs
mois, pour l'extension du GAP, j'ai dit une chose, j'ai dit : On veut la
renouveler. Il y a eu beaucoup de
mauvaises informations qui a circulé, qu'on voulait déchirer l'entente. C'est
totalement inexact. On a dit qu'on voulait la renouveler, mais qu'on
voulait faire des modifications pour s'assurer que les Québécois ont vraiment les
rendez-vous auxquels ils doivent s'attendre.
La Présidente : En terminant.
M. Dubé : C'est ça qu'on a dit. Je
reviendrai.
La Présidente : Première
complémentaire.
Fortin : Mme la Présidente, le ministre entend ce qu'il
veut entendre, parce que le GAP, il est loin d'être parfait, mais c'est le panier dans lequel le ministre a
choisi de mettre tous ses oeufs puis c'est le panier qu'il est en train
lui-même de percer, en ce moment. La
responsabilité d'offrir un accès en santé, là, c'est celle du ministre de la
Santé. Puis aujourd'hui, au Québec,
il y a des milliers, des milliers de patients qui sont incapables de prendre
rendez-vous avec leurs médecins, avec leurs
cliniques. Il y a des gens qui sont inquiets, qui se demandent s'ils vont être
capables d'avoir les résultats de tests qu'ils ont pris après avoir
rencontré le médecin la dernière fois.
Alors, est-ce qu'il peut au moins prolonger
l'entente, le temps de négocier?
La Présidente : La réponse du
ministre.
Dubé : Ce que je disais tout à l'heure, Mme la
Présidente, c'est que ce que les Québécois ont demandé, c'est qu'il n'y ait pas d'intransigeance de chacun des
côtés. Moi, j'ai entendu la direction syndicale de la FMOQ, de dire :
C'est l'entente actuelle ou rien.
C'est ça que j'ai entendu depuis des mois. Nous, on a dit : Écoutez, là,
on va avoir des données qui vont nous
permettre d'avoir cette discussion-là puis de voir comment on peut l'améliorer.
Il y a des rendez-vous que les
Québécois auraient dû avoir, ceux qui étaient sur la liste d'attente, puis
qu'ils n'ont pas eu accès. Je pense que d'aller faire comme l'ancien gouvernement libéral puis de signer à peu près
n'importe quoi avec les médecins, ce n'est pas notre façon de travailler. Nous, on est rigoureux. Puis
on a dit : On a une bonne entente, mais on peut l'améliorer, puis on va
profiter. Puis d'ailleurs je salue le fait qu'on a maintenant accès...
La Présidente : En terminant.
M. Dubé : ...à un conciliateur pour
essayer de rapprocher les parties.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Fortin : Mme la Présidente, je ne pense pas que j'aie besoin de
rappeler au ministre de la Santé, là... C'est lui-même qui a signé l'entente
initiale. C'est lui-même qui ne l'aime plus aujourd'hui. Et ça, c'est légitime,
il a le droit de ne pas aimer l'entente
qu'il a aujourd'hui, mais ça aurait été bien qu'il renégocie avant la
date fatidique du 1er juin. Ça aurait été bien qu'il renégocie avant la
crise annoncée. Ça aurait été bien qu'il renégocie avant que les patients se
retrouvent sans accès, avant qu'ils se retrouvent Gros-Jean comme
devant.
C'est un fiasco total, cette affaire-là, et il
n'a que lui-même à blâmer, Mme la Présidente.
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Dubé : Mme la Présidente,
avec l'expérience qu'il y a ici, là, je pense que les gens savent qu'il reste
encore des jours avant la finalisation de l'entente.
Il y a un conciliateur qui a été nommé. Ça fait deux mois qu'on négocie. Je
l'ai dit, que la fédération
syndicale, à sa direction, était intransigeante, et c'est pour ça qu'on a
accepté avec plaisir d'avoir un conciliateur. Ça, ça fait
partie de la
façon dont on travaille.
Maintenant, j'ai apprécié le travail
qui a été fait par les médecins et je leur ai dit. Je parle au Dr Guilbault,
qui est président de la table des DRMG, ces gens-là veulent qu'on reconduise
l'entente. On va le faire, Mme la Présidente. Il reste quelques jours,
et j'espère que les gens qui vont être à la table vont avoir le souci de régler
cette entente-là...
Présidente : En terminant.
M. Dubé :
...dans des bonnes conditions. Merci beaucoup.
La Présidente :
En question principale, je reconnais maintenant le chef du deuxième groupe
d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
Merci, Mme la Présidente. «Nous avons sorti des enfants qui étaient en
morceaux...» Ça, ce sont les mots d'un
témoin de l'attaque meurtrière de l'armée israélienne sur un camp de déplacés,
dimanche à Rafah. Imaginez, l'armée
israélienne avait elle-même désigné cet endroit-là comme une zone sûre pour les
civils et elle l'a bombardée quand même. 45 morts,
250 blessés, des corps carbonisés, des corps d'enfants.
Netanyahou
a franchi une autre ligne rouge, et la communauté internationale commence à
changer de ton. Aujourd'hui, l'Espagne, la Norvège, l'Irlande vont
reconnaître l'État palestinien.
Alors,
je me tourne vers le premier ministre. Il porte la voix du Québec à l'étranger.
Il a la responsabilité de condamner les crimes de guerre du gouvernement
Netanyahou et de prendre des décisions si Israël continue de piétiner le droit international. Le Québec, ce n'est pas une colonie-comptoir,
ce n'est pas une province comme une autre, encore moins une business. Le Québec, c'est une nation, et nous
sommes fiers d'avoir développé notre diplomatie, et elle veut dire quelque
chose.
Qu'est-ce
que ça va prendre pour que le premier ministre annule l'ouverture du Bureau du
Québec en Israël? Est-ce qu'il a une ligne rouge? Et, si oui, quelle
est-elle?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente,
ce qu'on a vu en fin de semaine, c'est terrible. Même le gouvernement
Netanyahou a dit que c'était
terrible. Donc, on est tous d'accord que ça n'a pas de bon sens, ce qui est
arrivé, puis on souhaite tous une paix durable. Donc, on souhaite une entente
entre le peuple israélien et, de l'autre côté, bon, c'est compliqué, c'est
entre autres avec le Hamas.
Donc, quand le chef
de Québec solidaire nous parle d'un État palestinien, qu'est-ce qu'il pense du
Hamas? Il faudrait qu'il s'explique un peu,
là, parce qu'il prend parti dans un conflit. Et, Mme la Présidente, ce n'est
pas la responsabilité du gouvernement
du Québec de commencer à prendre parti. On regarde ça, on déplore ce qui est
arrivé, on souhaite une paix durable, mais on va laisser les parties
essayer de négocier, tout en n'aimant pas ce qu'on a vu en fin de semaine.
Présidente : Première complémentaire.
M. Nadeau-Dubois : Le peuple québécois, la
nation québécoise, l'État du Québec a une longue tradition diplomatique, et cette tradition-là, c'est une
tradition pacifiste. Il ne s'agit pas de prendre parti, il s'agit de demander
un cessez-le-feu et d'au moins se
garder une petite gêne quand vient le temps de resserrer nos liens commerciaux
et politiques avec un État qui commet des crimes de guerre.
Quelle est la ligne
rouge du premier ministre en ce qui a trait à ses relations avec Israël?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Bien, Mme la
Présidente, on l'a déjà dit, qu'on était pour un cessez-le-feu. Donc, on est
tous d'accord là-dessus.
où on n'est pas d'accord, c'est qu'une décision qui a été prise bien avant les
événements, c'est-à-dire d'ouvrir un bureau du Québec en Israël... bien, qu'on
continue à garder des liens, qu'on continue aussi à dénoncer ce qui se passe.
Mais ce n'est pas au gouvernement du Québec de commencer à prendre parti comme
le fait Québec solidaire.
La Présidente :
En deuxième complémentaire.
M. Nadeau-Dubois : Tous les États
sur la planète ont la responsabilité de plaider pour les droits humains et pour la paix. Ça fait deux fois que je pose une
question simple au premier ministre. En ce qui a trait à l'ouverture du bureau
du Québec en Israël, est-ce que ce gouvernement a une
ligne rouge, et, si oui, quelle est-elle? Il ne répond pas à cette question-là. Est-ce qu'il faut conclure qu'il n'y
a pas de ligne rouge et que le premier ministre va aller de l'avant coûte que
coûte, peu importent les victimes, peu importe le droit international?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente, la position du Québec est
claire. On veut une paix durable. On souhaite de l'aide pour les gens à Gaza. On souhaite aussi un cessez-le-feu.
Maintenant, on pense qu'il n'y a pas de lien avec le bureau du Québec
qui est en Israël.
La Présidente :
En question principale, je reconnais maintenant la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci, Mme la Présidente. On apprenait hier qu'un
jeune agresseur présumé continuait à fréquenter la même école que ses victimes.
Si j'étais à la place des parents qui envoient leurs enfants à cette école, je
serais vraiment choquée. L'école ne
doit pas être un lieu où les jeunes filles ont peur de se faire agresser. Puis
ce n'est pas le premier cas d'agression sexuelle où le système a échoué
à protéger nos jeunes. Et à chaque fois, à chaque fois je me suis levée en cette Chambre pour interpeler le ministre de
l'Éducation, et il me parle à chaque fois du Protecteur national de l'élève en
disant que c'est suffisant, alors que, dans
le cas de cet ado présumé agresseur, le protecteur régional lui-même a
recommandé au centre de services scolaire de le réintégrer en classe.
Est-ce
que le ministre de l'Éducation trouve acceptable que ce présumé agresseur
retourne dans la même école que ses victimes?
Présidente : La réponse du ministre de l'Éducation.
M. Drainville :
Alors, Mme la Présidente, il y a
eu décision d'un juge. Évidemment, ça me place dans une situation délicate,
mais je dois dire que, quand j'ai lu, ce matin, la décision du juge... comme
ministre et comme père de famille, je dois
vous dire que j'ai vécu une grande incompréhension. Ce jugement soulève des
questions. Il n'y a pas de doute là-dessus.
Maintenant,
Mme la Présidente, il y a une décision d'un juge. Est-ce que c'est la décision
que j'aurais souhaitée? Je laisse les
gens qui m'écoutent répondre à cette question. Mais, chose certaine, Mme la
Présidente, depuis que nous sommes en poste, tous les gestes que nous
posons visent à assurer la sécurité des victimes. On l'a fait encore jeudi
dernier avec la journée de mobilisation
contre la violence et l'intimidation, le projet de loi n° 47 qui fait en
sorte que les personnes qui commettent des gestes d'inconduite ne
pourront plus se déplacer d'une école à l'autre...
Présidente : En terminant.
Drainville : ...d'un centre de services à l'autre. Alors, voilà la
situation, Mme la Présidente.
La Présidente :
Première complémentaire.
Mme Ghazal : Mme
la Présidente, je suis contente que le ministre partage le même malaise qu'on
ressent tous par rapport à ce jugement, mais
moi, je parle de ce que l'école, le centre de services scolaire et le
protecteur régional doivent faire
dans ce cas-là. Il existe une vraie solution pour, aussi, prévenir les cas
d'agression sexuelle. Moi, j'ai déposé, il y a un an, un projet de loi,
une loi-cadre pour prévenir et combattre les agressions à caractère sexuel dans
les écoles.
Est-ce que le
ministre peut arrêter de résister et accepter d'appeler ce projet de loi?
Toutes les oppositions sont d'accord.
Présidente : La réponse du ministre.
M. Drainville :
Mme la Présidente, j'avais
commencé à faire l'énumération de tous les gestes que nous avons posés
pour assurer la sécurité et le bien-être de nos élèves dans les écoles, en
particulier en matière de violence sexuelle.
veux quand même citer, Mme la Présidente, dans le cas qui nous concerne, un
extrait du communiqué qui a été émis
par le centre de services scolaire des Navigateurs, donc, qui est concerné par
le cas : «L'intention du centre de services [...] était [d'éviter]
que les présumées victimes et le présumé agresseur doivent se croiser.
centre de services scolaire des Navigateurs tient à souligner qu'il est très
préoccupé par l'état des victimes présumées et de la présence du présumé agresseur
dans la même école, tel qu'ordonné par la Cour supérieure.
«Le centre de
services [...] des Navigateurs réitère que les décisions prises dans le cadre
de ce dossier...
Présidente : En terminant.
Drainville : ...l'ont été dans l'intérêt des victimes, tout en
s'assurant de la scolarisation de l'élève accusé.»
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Ghazal : Il faudrait aussi rassurer tous les parents dans
toutes les écoles pour prévenir ce genre de situation là, qu'elle se produise.
Si ce jeune présumé agresseur fréquentait un cégep ou une université, on ne
l'aurait jamais mis en contact avec
les victimes, puis on aurait prévenu ce genre de cas là beaucoup plus tôt,
parce qu'en plus c'est un jeune qui récidive. Comment se fait-il qu'il existe
une loi-cadre pour prévenir les violences à caractère sexuel pour protéger des
jeunes adultes qui fréquentent les universités et les cégeps puis il n'y
a rien pour les mineurs dans les écoles primaires et secondaires? Le projet de
loi existe. On est tous prêts à l'étudier...
Présidente : La réponse du ministre.
Drainville : Mme la Présidente, Protecteur national de l'élève, projet
de loi n° 47, plan de lutte contre la violence
et l'intimidation, la journée de mobilisation de la semaine dernière qui va
nous permettre de resserrer puis de renforcer le plan de lutte contre la
violence et l'intimidation, y compris les violences sexuelles.
Mais parlons de
gestes qui pourraient être posés, Mme la Présidente. Notre gouvernement, il a
mis en place des formations obligatoires en
matière de violence sexuelle pour les juges de la Cour du Québec, c'est-à-dire les juges qui sont nommés par le gouvernement du
Québec. Peut-être que le gouvernement fédéral, Mme la Présidente, et j'invite la porte-parole à se joindre à moi... peut-être
que le gouvernement fédéral pourrait exiger de mettre en place des formations en
matière de violence sexuelle pour les juges de la Cour supérieure...
Présidente : En terminant.
Drainville : ...et les juges qu'il nomme.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Merci, Mme la Présidente. Des
millions de locataires québécois ont lâché un soupir de soulagement la semaine
dernière. Nous avons appris que la ministre de l'Habitation allait enfin mettre
en oeuvre, une demande historique de Québec solidaire,
un moratoire sur les évictions. Enfin!
Je dis que des
millions d'entre nous ont lâché un soupir de soulagement, mais ce n'est pas
tout à fait vrai, parce qu'il y a énormément
de locataires qui ne sont pas au courant de leurs droits. Je ne compte plus le
nombre de locataires aînés à qui
j'apprends qu'ils sont protégés des évictions par la loi Françoise David. Et,
avec les changements qu'on va étudier dans les prochains jours, il va y
avoir de nombreux locataires qui vont avoir besoin d'aide pour connaître leurs
droits.
Est-ce
que la ministre va faire son devoir de ministre et s'engager à mettre en place
une campagne d'information à grand déploiement pour que les locataires,
surtout les plus vulnérables, connaissent leurs droits?
Présidente : La réponse de la ministre responsable de l'Habitation.
Mme Duranceau :
Merci, Mme la Présidente. Alors,
je remercie le député de Laurier-Dorion d'amener ce sujet sur le tapis, parce
qu'effectivement ça fait
partie de mon plan de d'abord faire adopter,
idéalement, avec la collaboration des
oppositions, ce projet de loi là très rapidement. Puis il a tout à fait raison.
Moi aussi, je partage son avis qu'il faut que les gens connaissent leurs
droits. On fait des lois. Si les gens ne savent pas qu'ils sont protégés, bien,
on n'est pas plus avancés. Donc, c'est tout
à fait dans mon plan de match, d'être public avec ça, après l'adoption du
projet de loi, pour que tout le monde
sache, que les locataires sachent qu'ils sont protégés pour les évictions,
moratoire de trois ans partout au Québec. Et il faut que ce soit vu et
connu de tout le monde.
Et par ailleurs, effectivement, les règles qui
protègent les locataires aînés, elles existaient, on vient les bonifier avec le projet de loi qui est proposé, mais il va
falloir s'organiser pour que ces locataires aînés là soient au courant, puis
qu'ils se sentent bien
protégés, et qu'on s'assure qu'il n'y aura pas des gens mal intentionnés qui
vont profiter de l'ignorance de certaines personnes.
Présidente : En terminant.
Mme Duranceau :
Alors, je suis tout à fait
d'accord. On va agir là-dessus dès qu'on aura adopté le projet de loi.
Présidente : Première complémentaire.
Fontecilla : Nous avons... Nous avons entendu, Mme la Présidente, la
ministre s'engage à déployer une campagne d'information. Mais il y a une
différence entre une campagne publicitaire télévisuelle et quelques dépliants
mis sur les babillards d'un CLSC.
Est-ce qu'on peut
s'attendre à une véritable campagne d'envergure avec des budgets substantiels
de placements publicitaires pour réellement informer les locataires de leurs
droits?
La Présidente :
La réponse de la ministre.
Duranceau : Oui, bien, écoutez, on va... si le député de l'opposition
a des idées, là, pour la publicité, on va en parler, je suis sûre qu'on aura
l'occasion d'échanger là-dessus. Mais, oui, on va faire les choses dans les
règles de l'art, on va s'assurer... Je ne
suis pas en train de me cacher, là, avec ce projet de loi là. On va s'assurer
que les gens sont au courant de leurs droits. C'est le but,
d'intervenir.
Puis,
vous le savez, on le fait en lien avec le 1er juillet. Il y a une campagne
d'information qui est en cours depuis le
mois de janvier. On est dans cet état d'esprit là, d'être plus visibles et
entendus relativement aux droits et obligations des locataires et des
locateurs.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Fontecilla : Ceux et celles qui aident le plus les locataires, Mme la
Présidente, à connaître leurs droits et... leurs
droits, ce sont les comités et associations de locataires. Une autre façon
d'informer les locataires, c'est de leur donner une bonne bouffée d'air
frais.
Est-ce
que la ministre peut s'engager à réserver une
partie significative de son
budget d'information pour financer les comités logement ou encore travailler
pour augmenter leur financement à la mission?
Présidente : La réponse de la ministre.
Duranceau : Merci, Mme la Présidente. Alors, je le répète, mon
intention, c'est que très rapidement, suite
à l'adoption du projet de loi, que j'espère voir adopté dans les prochains
jours, bien sûr, avec la collaboration de tout le monde... qu'on ait une
campagne d'information pour s'assurer que les gens connaissent leurs droits.
ailleurs, effectivement, les comités logement sont des alliés là-dedans puis
nous aident à véhiculer les bonnes informations, et on les soutient d'ailleurs
financièrement à travers la Société
d'habitation du Québec. Alors, on va
orchestrer tout ça. Puis ça me fera plaisir
d'entendre les suggestions du député de l'opposition à cet égard-là, qui est
effectivement très connecté sur les comités logement.
La Présidente :
En question principale, je
reconnais maintenant quelqu'un du troisième groupe d'opposition, le
député des Îles-de-la-Madeleine. On l'écoute.
M. Arseneau :
Mme la Présidente, une des
promesses-phares de la CAQ, en 2018, c'était un médecin de famille pour chaque
Québécois et chaque Québécoise. En 2022, le gouvernement a plutôt décidé de
briser cette promesse-là. Le ministre
a annoncé une entente avec les médecins pour la prise en charge des patients
orphelins par les GMF, une entente historique,
disait-il. D'habitude, quand on pose un geste historique, Mme la Présidente, on
s'organise pour que ça s'inscrive dans l'histoire puis que ça dure un
peu plus que deux ans. Ce n'est pas ce que le ministre a fait.
Et, si le
guichet d'accès à la première ligne est menacé aujourd'hui, c'est que la CAQ a
renié sa deuxième promesse-phare en
santé, celle de revoir le mode de rémunération des médecins, une proposition
que nous portons également, au Parti québécois, mais que la CAQ n'a pas eu le
courage de mettre en oeuvre. On a plutôt offert des primes aux médecins,
avec les résultats qu'on connaît aujourd'hui.
Mme la Présidente, le
GAP, c'est la solution de la CAQ et du ministre de la Santé. Comment va-t-il
faire pour ne pas laisser en plan les 900 000 personnes qui en
dépendent?
La Présidente :
La réponse du ministre de la Santé.
M. Dubé : Bien, Mme la Présidente, encore une fois,
j'apprécie la question, parce que ça s'est tellement parlé, dans les
dernières semaines, que je pense que c'est important de préciser les choses.
D'ailleurs,
je rappellerais qu'en 2022 le député était là, lorsqu'on a fait le projet de
loi n° 11, et on était très conscients, avec l'opposition, qu'on faisait quelque chose de différent en passant
d'une prise en charge individuelle, à des médecins qui nous disaient : On n'est plus capables de
le faire, on n'est plus capables de le faire, versus une prise en charge
collective qui était une nouvelle
façon de procéder, que le premier ministre avait dit : Je pense que c'est
important de se donner une chance
puis de le faire. Et c'est ce qu'on a fait. Et c'est un changement qui a été
apprécié, parce que, lorsqu'on a négocié avec la FMOQ, on se demandait si on allait être capables de faire
500 000 prises en charge par le procédé de prise en charge
collective. On en a eu 900 000. Tout le monde reconnaît que c'est un
succès.
Maintenant,
comme toute nouvelle façon de faire, il est tout à fait normal, Mme la
Présidente, après un certain temps, de
faire le point. C'est ce qu'on avait dit. C'est connu depuis 18 mois que
la fin de la... que la fin de cette entente-là... cette entente-là se terminait le 31 mai. Qu'est-ce
qu'on a fait, Mme la Présidente? On s'est assis avec la fédération des
syndicats du... la FMOQ... Puis j'y reviendrai, Mme la Présidente, avec
plaisir.
Présidente : Première complémentaire.
M. Arseneau :
Mme la Présidente, l'accès à la
première ligne, c'est un problème, mais il y a de multiples autres problèmes un
peu partout, et particulièrement en région, qu'on parle de l'Abitibi, de la
Côte-Nord, des Laurentides. Le gouvernement
gère le système de santé par attrition, par fermeture de services. En
Outaouais, les professionnels traversent la rivière pour avoir des
meilleures conditions de travail et salariales. On annonce un été d'enfer à
Gatineau, plan de contingence, on veut fermer des blocs opératoires, une
partie
de l'urgence, le service de radiologie.
C'est quoi, la
prochaine étape, Mme la Présidente? Fermeture des hôpitaux?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Dubé : ...aussi. Là, je vois qu'on a changé de sujet.
Peut-être qu'il a apprécié ma réponse à la première question. Mais, sur la question des régions qui sont en
difficulté, je pense que le député a suivi ça aussi, là, de ce qu'on arrive
avec nos équipes volantes. L'objectif,
ce n'est pas de la fermeture, c'est justement de trouver des solutions. Puis ma
collègue, ici, puis que je tiens à
apprécier tout le travail que la présidente du Conseil du trésor a fait, au
cours des deux dernières années, c'est
d'arriver avec des conventions collectives, avec le front commun, qui ont
permis à la CSN et la FTQ de nous permettre de mettre en place des équipes volantes. Puis je demanderais à mon
collègue le député des Îles-de-la-Madeleine de suivre l'actualité des prochains jours,
parce qu'on est sur le point de faire l'affichage...
Présidente : En terminant.
M. Dubé : ...des gens qui vont pouvoir venir nous aider dans
ces régions-là. Alors, on avance, Mme la Présidente.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Arseneau :
Parlons, justement, des équipes
volantes. Pour la Côte-Nord, on apprend ce matin, dans Le Devoir ,
une histoire absolument aberrante où un nouveau-né, à Baie-Comeau, a été envoyé
à Québec sans sa mère parce que la pouponnière
est fermée, Mme la Présidente, faute de personnel. Les médias rapportent qu'il
y aurait deux autres cas de nouveau-nés qui ont également été transférés
pour les mêmes raisons. C'est inhumain, c'est révoltant.
Qu'est-ce
que le ministre répond aux familles de la Côte-Nord, alors que cette situation
découle directement d'un manque de planification du ministre?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Dubé : ...c'est ce qu'on demande à nos différents P.D.G.,
que ces situations-là n'arrivent pas. C'est préoccupant. Je ne peux pas dire
que j'accepte la situation. Au contraire, j'ai demandé à avoir un état,
exactement, est-ce que c'est la bonne décision qui a été prise.
Maintenant,
Mme la Présidente, c'est justement pour ça qu'il faut avoir des
alternatives. Il y a une équipe qui se met en place en ce
moment, là, pour être capable de faire l'ouverture des postes dans les
prochains jours, pour qu'on puisse finalement
envoyer le... avoir le bénéfice de nos équipes volantes qu'ils sont à mettre en
place. Est-ce que le cas qui est arrivé
avec cette famille-là, où le père a dû accompagner le petit enfant parce que la
mère venait d'accoucher... est-ce qu'on accepte ça comme situation? La
réponse, c'est non, Mme la Présidente...
Présidente : En terminant.
M. Dubé : ...puis
on va continuer de mettre en place des solutions pour que ça n'arrive plus.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
Merci, Mme la Présidente. On le sait,
il y a déjà pas mal de tensions dans le monde municipal, et je ne vois pas,
concrètement, sur le terrain, en quoi le projet de loi n° 57 de la
ministre va aider à améliorer la situation. C'est quand même inquiétant que la solution de la
ministre pour améliorer le climat politique au Québec est de mandater les corps
policiers pour visionner les bandes vidéo
des séances du conseil municipal afin d'identifier si un citoyen mérite ou pas
une conséquence ou une amende.
Soyons
réalistes, ça risque d'embourber le système inutilement. On s'entend, si un
citoyen dépasse réellement les bornes en étant agressif ou en proférant des
menaces, c'est déjà pratique courante de demander l'intervention des policiers.
Mais est-ce qu'on veut vraiment ouvrir des
enquêtes policières chaque fois qu'un citoyen insiste pour obtenir des réponses
à ses questions? Ça n'a aucun sens.
Est-ce que la
ministre a évalué les conséquences de son projet de loi?
Présidente : La réponse de la ministre des Affaires municipales.
Mme Laforest :
Oui. Merci, Mme la Présidente.
J'aimerais demander à ma collègue : Est-ce que ma collègue accepte
toute l'intimidation, la violence, le harcèlement que certains élus vivent dans
les municipalités? On est... On est rendus, Mme
la Présidente, à 782 démissions sur 8 000 élus municipaux.
Alors, est-ce que c'est logique, la question de ma collègue? Est-ce qu'on peut
laisser aller comme ça les élus? Est-ce qu'on doit mieux protéger les élus?
Oui, on doit mieux protéger les élus, Mme la Présidente.
C'est sûr que les
plaintes... les plaintes, c'est comme dans tous les cas, les citoyens, les élus
peuvent faire des plaintes à la police.
Maintenant,
nous, on va plus loin. On a adopté le projet de loi n° 49, l'obligation
d'éthique et déontologie pour les élus municipaux. Il y a des
obligations de formation pour nos élus municipaux. On va aller encore plus
loin.
Maintenant,
en aucun temps, la liberté d'expression ne sera touchée, soit pour les
journalistes, soit pour les citoyens, même pour les élus. Alors, je veux
rassurer ma collègue. Mais honnêtement c'est le temps de protéger nos élus,
puis on le fait avec le projet de loi n° 57. Et, vous allez voir,
vous ne serez pas déçue du tout, parce que vous étiez pour le projet de loi
n° 49, puis c'est la suite du projet de loi n° 49. Alors, si vous
étiez d'accord...
Présidente : En terminant.
Mme Laforest : ...pour le projet de loi
n° 49, vous serez... normalement, vous seriez d'accord pour le projet de
loi n° 57.
La Présidente :
Je vous rappelle, Mme la ministre,
que vous vous adressez à la présidente. Première complémentaire.
Mme Nichols :
Merci, Mme la Présidente. Le projet de loi n° 49 manquait déjà
beaucoup d'ambition. On avait proposé un code de civilité, ce que la ministre a
repoussé.
projet de loi n° 57, c'est un omnibus. Il y a 10 articles sur
l'ensemble du projet de loi qui traitent des incivilités entre élus, en fait les incivilités dans le monde
municipal, même pas entre élus. Parce que le problème, là, c'est qu'on va
venir donner des
amendes ici aux citoyens, le citoyen qui pose des questions. S'il la pose trois
fois, il va avoir une amende. Mais c'est deux poids, deux mesures.
Pourquoi, entre collègues, il n'y en a pas,
d'amende possible? Pourquoi?
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Laforest : Je ne sais pas quoi répondre, Mme la Présidente,
parce que ma collègue n'est même pas dans mon projet de loi. Je suis en
commission, on est en train d'étudier le projet de loi, ma collègue n'assiste
même pas à mon projet de loi. Donc, les explications et les questions que vous
posez, venez à mon projet de loi, vous allez pouvoir les poser. Ce n'est pas du
tout... Ce n'est pas du tout la réalité qu'on vit, puis ce n'est même
pas les articles qu'on adopte dans mon projet de loi.
Alors moi, je vous invite à venir entendre,
premièrement, tous ceux qui sont venus en commission pour... entendre nos partenaires, écouter l'UMQ, écouter
la Fédération québécoise des
municipalités, écouter Québec et
Montréal. Oui, Mme la Présidente, je
vais vous regarder. Mais, honnêtement, on travaille ensemble, mais, pour
travailler un projet de loi...
La Présidente : En terminant.
Laforest : ...il faut le faire entre collègues. Alors,
j'invite ma collègue à venir. On est, après-midi, en commission encore.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Nichols : Mme la Présidente, je
veux juste rappeler à la ministre, là, que pas parce qu'on n'est pas assis en commission qu'on ne l'écoute pas, son projet de
loi. Je n'ai pas manqué... Je n'ai pas manqué un
article du projet de
loi, je sais exactement où vous êtes rendus.
Et d'ailleurs, là, la ministre, quand elle parle
de... de l'atteinte à la vie privée, la liberté d'expression, bien, moi, j'aimerais ça que, dans son projet de loi, Mme la
Présidente, elle insiste un peu plus. Il y a même un groupe de dirigeants
des salles de nouvelles qui ont publié une
lettre ouverte. C'est inquiétant de ne même pas être capable de tolérer la
critique alors que la critique est saine.
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Mme Laforest : Bon, alors, Mme la
Présidente, honnêtement, là, en aucun cas, en aucun cas nous n'allons museler des citoyens, des journalistes. Nous
sommes dans des situations d'abus, des situations abusives, de menaces, de
harcèlement, d'intimidation. Mme la
Présidente, ce n'est pas normal que certains conjoints ne puissent plus aller
travailler parce que l'élu a des menaces. Ce n'est pas normal non plus que les
enfants des élus ne puissent pas aller à l'école parce que leur parent
élu a des menaces.
Alors, Mme la
Présidente, on est responsables, comme gouvernement. Les élus sont essentiels
pour la démocratie, puis on va continuer de protéger nos élus. Mais en
aucun cas...
La Présidente : En terminant.
Mme Laforest : ...les
journalistes ne seront muselés, les citoyens non plus. Nous sommes toujours
dans des situations abusives.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant...
La Présidente : S'il vous plaît! Silence!
Je répète. En
question principale, je reconnais le député de Saint-Henri—Sainte-Anne. La parole est à vous, juste à vous. On
l'écoute.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. Dernièrement, j'ai parlé au ministre des Services sociaux de
Jérôme, un jeune homme qui vit avec une déficience intellectuelle et qui occupe
un emploi à temps plein sur un plateau de travail. Il
fait de l'entretien ménager, et, quand j'ai décrit ses tâches au ministre, il
m'a dit que ça valait certainement entre 17 $ et 20 $ de l'heure. Eh
bien, Jérôme, Mme la Présidente, depuis 12 ans, il gagne 5 $,
5 $ par jour.
Société québécoise de déficience intellectuelle nous met en garde. Les plateaux
de travail ont leur place, mais pas à long terme dans le parcours de vie
d'une personne. Le ministre l'a reconnu également en crédits.
Pour
Jérôme, mettre fin aux plateaux de travail dans leur forme actuelle, c'est le
combat d'une vie. Il nous écoute aujourd'hui.
Le ministre a-t-il
envie de travailler avec nous dans ce dossier? Jérôme et moi lui tendons la
main.
Présidente : La réponse du ministre responsable des Services sociaux.
M. Carmant : Bien, merci beaucoup, Mme
la Présidente. Je remercie le collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne
pour sa question, qui va me permettre de
démontrer tout ce qu'on a fait au niveau de l'employabilité pour les personnes
en situation de handicap.
fait, depuis qu'on est arrivés... J'étais justement au C.A. de l'Office des
personnes handicapées, ce matin, qui nous disait qu'on était la province
qui a fait le plus de gains au niveau de l'employabilité pour les personnes en
situation de handicap au Canada, Mme la
Présidente. Qu'est-ce qu'on a fait quand on est arrivés? Pour simplifier la
réponse, là, on doit... on doit dire
qu'il y a des personnes qui sont aptes au travail, en situation de handicap, il
y en a qui sont non aptes au travail.
Au ministère de la Santé et des Services sociaux, on a doublé le nombre de
places qui étaient disponibles pour ces personnes-là, Mme la Présidente,
un gain incroyable qu'on a fait au cours des dernières années.
qui s'est passé, c'est que plusieurs personnes qui étaient aptes au travail,
étant depuis longtemps sur nos listes d'attente,
ont intégré des places pour personnes non aptes, qui sont celles qui sont
faiblement rémunérées, Mme la Présidente. Donc, j'avais deux solutions.
Soit j'interdisais cette intégration-là, ce qui aurait été injuste pour les
familles, pour les organismes, etc., ou ce
qu'on a décidé avec la ministre de l'Emploi, c'est de trouver des... c'est
d'ajouter des agents intégrateurs qui font le lien entre les places non
aptes...
Présidente : En terminant.
M. Carmant : ...et ceux qui sont aptes
pour permettre une transition dans leur progression, Mme la Présidente. On
va y arriver.
Présidente : En question principale, à nouveau, M. le député.
Présidente : Non, complémentaire? Complémentaire.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme la Présidente.
Je remercie le ministre pour sa réponse, mais, malgré tout, il y a un
article qui est paru cette semaine qui fait le
point sur la situation. On y rappelle ce que j'ai moi-même dénoncé en crédits.
On consacre 30 fois plus d'argent à
faire vivre les plateaux de travail qu'on en dédie aux initiatives de
transition vers des emplois inclusifs. C'est 30 fois plus.
Je remercie l'ouverture du ministre. Moi, je
l'invite à venir avec moi cette semaine ou la semaine prochaine. Allons
voir Jérôme sur son plateau de travail, voir comment ça fonctionne.
Présidente : La réponse du ministre.
M. Carmant : ...l'invitation, parce que
moi, je vais visiter le plateau des Petits Rois. Alors, je vous invite à venir
le visiter avec moi, si vous voulez.
Mais
la question, Mme la Présidente, c'est... oui, l'investissement est majeur, au
niveau des plateaux de travail, mais imaginez, Mme la Présidente, ces jeunes-là
qui étaient dans leurs sous-sols, qui étaient à la maison, qui n'avaient pas
d'activité de jour, Mme la Présidente. Pour
les familles, c'est un grand soulagement. Donc, c'est important de continuer,
toutes ces places-là, Mme la Présidente, et
de travailler à une intégration entre ce qui se fait pour ceux qui ne sont pas
aptes au travail et ceux qui sont aptes.
exemple, un exemple parfait que je vais vous donner, un jeune avec un trouble
du spectre de l'autisme qui est apte
au travail, qui a un accident, qui est hospitalisé, en ressortant de l'hôpital,
souvent, ne sera pas apte. Donc, il a besoin d'aller dans un plateau de
travail qui va lui permettre de réintégrer progressivement...
Présidente : Voilà. Cela met fin à la période de questions et de
réponses orales.
Comme il n'y
a pas de votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans préavis.
Et, pour ce faire, je cède la place à la première vice-présidente de
l'Assemblée nationale. Merci beaucoup pour votre attention. Madame.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, Mmes, MM. les
députés, si vous êtes prêts, nous allons poursuivre nos travaux.
À la rubrique
des motions sans préavis, en fonction de nos règles et de l'ordre de
présentation des motions sans préavis, je
reconnais maintenant un membre du troisième groupe d'opposition. M. le député
des Mille-Îles... des Îles-de-la-Madeleine.
Arseneau : Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le
consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter,
conjointement avec le député de Rosemont, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale affirme qu'en cette période où le gouvernement a fait un
déficit de 11 milliards de dollars
au dernier budget, il est déraisonnable de quadrupler l'allocation accordée à
la présidente du conseil d'administration de Santé Québec et de payer
une voiture à sa présidente et cheffe de la direction.»
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a consentement
pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Caire : Pas de consentement, Mme
la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Comme il n'y a pas de consentement, nous allons
poursuivre. Et je suis prête à reconnaître un membre du groupe formant
le gouvernement. M. le ministre de la Culture et des Communications.
Lacombe : Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la députée de Robert-Baldwin, le député de Jean-Lesage, le député de Matane-Matapédia, la
députée de Vaudreuil et le député d'Arthabaska :
«Que
l'Assemblée nationale souligne l'importante contribution de l'animateur Gino
Chouinard — qui
est avec nous aujourd'hui — après 21 ans d'animation de Salut
Bonjour ;
«Qu'elle
reconnaisse que depuis près de 25 ans, à de nombreuses tribunes, il
démontre des qualités exceptionnelles de communicateur et une sincère
gentillesse envers les téléspectateurs;
«Qu'elle
mette en lumière la grande rigueur avec laquelle il mène toujours ses
interventions, autant à la [télé] qu'en affaires, le tout avec une bonne
humeur contagieuse;
«Qu'elle note
par ailleurs son engagement soutenu envers de nombreuses causes, notamment
celle des jeunes en difficulté;
«Qu'enfin, elle profite de son départ de Salut
Bonjour pour le remercier pour son importante contribution au rayonnement
de la culture québécoise et lui souhaiter bonne chance pour ses futurs
projets.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Caire : Absolument, Mme la
Présidente. Il y a consentement pour un débat de deux minutes par intervenant dans l'ordre suivant : le ministre de la
Culture, la députée de Robert-Baldwin, le député de Jean-Lesage et le député de
Matane-Matapédia.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci. Donc, il y a consentement pour un débat de
deux minutes par intervenant. Nous allons débuter par M. le ministre.
Allez-y, M. le ministre.
Lacombe : Merci, Mme la Présidente. Faire
partie du
quotidien des Québécois pendant plus de deux décennies est un magnifique cadeau de la vie mais aussi un
immense privilège, et M. Chouinard s'en est toujours montré à la hauteur.
Jour après jour, il s'est levé aux aurores pour accompagner le public dans son
rituel matinal. Pour l'avoir fait pendant quelques années à peine, je
sais à quel point c'est exigeant. Imaginez le faire pendant plus de
20 ans.
Jour après jour, pourtant, il a tenu la barre de
Salut Bonjour avec rigueur et avec une bonne humeur contagieuse. Si Gino Chouinard est aujourd'hui l'une des
personnalités les plus aimées du Québec, bien, c'est donc justement grâce aux
liens qu'il a su développer avec les Québécois.
Dès le début
de sa carrière à TVA, en 1989, il a démontré des qualités exceptionnelles de
communicateur, mais aussi, beaucoup
l'ont souligné, une sincère gentillesse avec le public puis envers son équipe.
Au-delà de la télévision, il s'est aussi toujours investi à fond dans ses
autres passions, comme copropriétaire de boutiques, Chocolats favoris
notamment, en dépit de ses horaires, on imagine, déjà très chargés; comme
collectionneur d'art également. Certains ne le savent peut-être pas,
c'était mon cas, mais Gino Chouinard est un grand amateur d'art. Il a déjà même
possédé une galerie.
Toutes ces occupations, ajoutées à sa
vie familiale, auraient bien sûr pu lui suffire, mais, non, il trouve aussi le
temps de s'engager auprès des jeunes,
notamment comme porte-parole de la Fondation du Centre jeunesse de la
Montérégie depuis plusieurs années.
Je pense aussi aux grands spectacles pour venir en aide aux sinistrés de
Lac-Mégantic en 2013, une région à laquelle sa famille et lui sont
d'ailleurs très attachés.
M. Chouinard,
dans quelques semaines, vous quitterez l'animation de Salut Bonjour
après, on le disait, plus de 20 ans.
Au nom de tous les Québécois, je tiens à vous remercier de votre importante
contribution au rayonnement de la télévision
québécoise. Certainement que votre présence quotidienne va nous manquer, mais,
vu l'extraordinaire dynamisme dont
vous avez fait preuve depuis le début de votre carrière, il y a 35 ans,
bien, personne ne sera surpris de vous revoir très bientôt dans de
nouveaux projets. Je suis convaincu que la population québécoise, d'ailleurs,
sera au rendez-vous. Puis je suis convaincu que votre famille, de qui vous
parlez si souvent avec beaucoup d'émotion, qui est avec vous ici aujourd'hui,
sera heureuse de vous retrouver peut-être un peu plus tôt le matin et un peu
plus tard le soir. Merci. Et félicitations!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le ministre de la Culture et des Communications. Maintenant, je suis
prête à céder la parole à Mme la députée de Robert-Baldwin pour son
intervention.
Mme Garceau : Merci beaucoup, Mme la Présidente. À mon tour,
maintenant, de souligner le passage de M. Gino
Chouinard à la barre de l'émission Salut Bonjour . D'abord à la tête de
l'édition de la fin de semaine dès 2002, c'est en 2007 que commencera
son inoubliable parcours à l'émission de la semaine. Grâce à sa capacité de
traiter autant les sujets d'actualité que de
variété avec sensibilité et humour, il a su captiver un large public et faire
de Salut Bonjour une institution des matins québécois.
Animé par un devoir
de redonner à la communauté, il s'implique dans de nombreuses oeuvres
caritatives, notamment au sein de la
Fondation du Centre jeunesse de la Montérégie, qui a pour mission d'améliorer
la qualité de vie des enfants suivis par la DPJ en les aidant à bâtir un
présent et un futur meilleurs, en misant sur l'éducation, l'accès à l'emploi,
la santé et une saine vie sociale.
M. Chouinard
a gagné le coeur des Québécois à la suite du déraillement à Lac-Mégantic, où,
alors qu'il était chez lui, en
Estrie, il s'est empressé d'aider des sinistrés, au lendemain de la tragédie,
sans demander la moindre reconnaissance.
homme d'affaires aguerri, M. Chouinard aura aussi, grâce à son rôle de
porte-parole et de premier franchisé dans la région de Montréal... a contribué à l'expansion de la chaîne
Chocolats favoris dans l'ensemble du Québec. Au nom de ma famille,
M. Chouinard, on vous en remercie infiniment.
célébrant son parcours, nous soulignons non seulement un animateur talentueux,
mais aussi un citoyen engagé dont
l'altruisme et la générosité continuent d'inspirer. Son parcours riche en
accomplissements professionnels et en engagement personnel est une
source d'inspiration pour nous tous.
terminant, je tiens à féliciter M. Chouinard d'avoir illuminé nos matins
depuis plus de 20 ans. Il va nous manquer. Et, au nom de ma
formation politique, je lui souhaite le meilleur des succès dans ses projets
futurs.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, Mme la députée. Nous allons poursuivre avec l'intervention de
M. le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Voici comment
on définit un animateur : l'élément dynamique d'une entreprise collective. Ce mot vient du latin
«animator», qui signifie «donner la vie». Depuis 21 ans déjà, Gino
Chouinard est définitivement, pour Salut
Bonjour, un élément dynamique qui donne de la vie à cette émission
incontournable de la télévision québécoise.
Animer, c'est, bien
sûr, savoir communiquer, mais c'est surtout savoir écouter. Au fil des ans,
M. Chouinard a réalisé plus de
10 000 entrevues, tout ça au fil de plus de 3 640 émissions
en direct. Au cours de toutes ces émissions, il a su intéresser les Québécoises et les Québécois à
l'actualité, à la culture, à différentes formes d'art de vivre et de faits
divers. C'est la preuve de sa grande capacité à mettre en valeur tous
les sujets, aussi inusités soient-ils.
est aussi important de souligner son engagement auprès de la communauté, tout
spécialement auprès de la Fondation du
Centre jeunesse de la Montérégie, où il est un membre actif, une implication
que nous lui souhaitons de pouvoir poursuivre pour de longues années
encore.
Durant
toutes ces années à Salut Bonjour , les matins n'étaient pas les mêmes,
mais, pour beaucoup de monde, il était rassurant de pouvoir commencer la
journée avec quelqu'un qu'on connaît et qu'on aime.
sais, M. Chouinard, qu'il vous reste encore quelques émissions à venir.
Moi, je suis disponible pour tous les sujets. Mes préférés, c'est la
politique, l'amour et le limoncello. C'est fait.
Finalement,
en mon nom et en celui de Québec solidaire, je remercie Gino Chouinard pour son
oeuvre remarquable dans le monde de la télévision québécoise. Merci.
La Présidente :
Merci, M. le député. Maintenant, je cède la parole à M. le député de
Matane-Matapédia.
M. Bérubé : Mme la Présidente, c'est avec grand plaisir que je
rends hommage à Gino Chouinard, aujourd'hui, une figure incontournable
du Québec qui se lève tôt.
Depuis
20 ans, Gino Chouinard assure une présence non seulement divertissante à Salut
Bonjour , mais, j'oserais dire, rassurante.
Gino Chouinard s'est
imposé comme une figure de gentillesse et de bienveillance auprès du public, à
travers l'information, la culture, le sport,
les entrevues, le divertissement et son sens de l'humour si fin et particulier.
C'est un animateur qui fait l'unanimité pour lui, ce qui n'est pas peu
dire dans le monde des médias actuel.
téléspectateurs de l'émission Salut Bonjour s'ennuieront de toute son
énergie et de ses talents d'animateur; lui, peut-être pas de son horaire
de lever.
Gino
Chouinard, c'est aussi un fantastique capitaine pour ses collègues. Je peux en
témoigner, ma conjointe travaille avec
lui depuis des années. C'est une émission qui n'est pas facile à animer, compte
tenu de sa complexité. Il y a parfois des
imprévus, il y a parfois des événements qui marquent l'actualité, mais Gino
Chouinard est toujours là, comme un phare, à rassurer les téléspectateurs et à
s'assurer que le message passe bien, tant dans les moments de joie que
d'inquiétude.
nom de tous les Québécois pour qui vous avez fait une différence au quotidien
le matin en égayant leur matinée mais aussi par votre action philanthropique,
aussi, hors des ondes, merci pour le travail bien fait. J'aimerais adresser
avec eux et elles mes remerciements les plus
sincères à Gino Chouinard, à sa famille, qui nous le prête très tôt le matin depuis
21 ans. Maintenant, il peut légitimement se lever un peu plus tard.
Gino
Chouinard ne prend pas sa retraite, il est beaucoup trop jeune pour ça. Il a
plein de projets, il est actif. Il est très convoité aussi, je le sais.
natif de Woburn, en Estrie, en a fait, du chemin dans le domaine des
télécommunications, jusqu'à animer une grande
émission de TVA. Et maintenant, si tout le monde le connaît et tout le monde
peut fredonner la musique de Salut Bonjour , c'est beaucoup grâce
à lui.
Alors, félicitations
pour tout ce travail, cher Gino!
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Cette motion est-elle adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Motion adoptée.
Donc,
nous allons poursuivre. Je suis prête à entendre un membre du groupe formant
l'opposition officielle. M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin :
Mme la Présidente, je sollicite
le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante
conjointement avec la députée de Verdun, le député de Matane-Matapédia et la
députée de Vaudreuil :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte que les microdistilleries du Québec forment
une industrie mettant en valeur le terroir de toutes les régions du Québec;
«Qu'elle
prenne acte des difficultés rencontrées par l'industrie québécoise des
microdistilleries, ayant notamment mené à la fermeture récente de la
distillerie du St. Laurent;
«Qu'elle
rappelle la récente décision de la Société
des alcools du Québec de retirer des
tablettes entre 150 à 200 produits québécois;
«Qu'elle
prenne acte que le cadre législatif et réglementaire encadrant cette industrie
mérite d'être adapté à la réalité d'aujourd'hui;
«Qu'enfin,
elle demande au gouvernement caquiste de donner suite à la requête de l'Union
québécoise des microdistilleries et
de prendre l'engagement de procéder à une réforme de l'encadrement législatif
et réglementaire régissant cette industrie d'ici la fin de la présente
législature.»
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Y a-t-il consentement pour débattre
de cette motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Caire : Pas
de consentement, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Comme
il n'y a pas de consentement, nous allons poursuivre nos travaux. Et je
suis prête à entendre un membre du deuxième groupe d'opposition. Mme la députée
de Verdun, à vous la parole.
Mme Zaga Mendez : Merci, Mme la Présidente.
Je sollicite le consentement de cette Assemblée pour présenter la motion
suivante conjointement avec le député de Matane-Matapédia :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse que les distillateurs québécois contribuent
significativement au patrimoine culturel et économique du Québec;
«Qu'elle
reconnaisse que les distillateurs du Québec sont actuellement freinés dans leur
développement par les lois et règlements en vigueur;
«Qu'elle
rappelle au gouvernement qu'il a le devoir de soutenir l'approvisionnement et
l'achat de produits québécois;
«Qu'elle
prenne acte de la demande de l'Union québécoise des microdistilleries de revoir
la majoration de la SAQ pour les ventes
effectuées sur les lieux de fabrication et d'allouer un escompte aux
microdistilleries lors des ventes sur leurs lieux de fabrication; et
«Qu'enfin,
l'Assemblée nationale demande au gouvernement de revoir la législation actuelle
concernant l'accessibilité aux marchés des distillateurs.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion? M. le leader.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Comme il n'y a pas de consentement, nous allons
poursuivre.
À la rubrique Avis
touchant les travaux des commissions, M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Caire : Merci,
Mme la Présidente.
J'avise
cette Assemblée que la Commission de l'aménagement du territoire poursuivra
l'étude détaillée du projet de loi n° 57, Loi édictant la Loi
visant à protéger les élus et à favoriser l'exercice sans entraves de leurs
fonctions et modifiant diverses dispositions
législatives concernant le domaine municipal, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
18 heures et de 19 heures à 21 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission des
finances publiques poursuivra les consultations particulières et les auditions
publiques sur le projet de loi n° 62, Loi visant principalement à diversifier les
stratégies d'acquisition des organismes publics et à leur offrir davantage d'agilité dans la réalisation de
leurs projets d'infrastructure,
aujourd'hui, après les avis touchant les travaux des commissions jusqu'à
17 h 40 et de 19 heures à 20 h 35, à la salle
Pauline-Marois.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
Pour ma part, je vous avise que la Commission de la santé et des services
sociaux se réunira en séance de travail
demain, le mercredi 29 mai 2024, de 7 h 30 à 9 heures,
à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine,
afin de poursuivre l'étude des observations,
conclusions et auditions publiques ainsi que des rencontres tenues dans le
cadre du mandat d'initiative visant à
étudier les moyens facilitant le don d'organes ou de tissus, notamment
l'instauration de la présomption du consentement.
Nous sommes
maintenant rendus à la rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
vous informe qu'aujourd'hui, au bureau de Son Honneur la
lieutenante-gouverneure, auront lieu les sanctions des projets de loi
suivants : le projet de loi n° 50, Loi édictant la
Loi sur la sécurité civile visant à favoriser la
résilience aux sinistres et modifiant
diverses dispositions relatives notamment aux centres de communications
d'urgence et à la protection contre les incendies de forêt, à
15 h 30, et le projet de loi n° 51, loi modifiant l'industrie de
la construction, à 16 heures.
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. Pour ce faire, je vais inviter le leader adjoint
du gouvernement à nous indiquer la suite de nos travaux.
M. Caire : Mme
la Présidente, pourriez-vous appeler l'article 9 du feuilleton, s'il vous
plaît?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc,
à l'article 9 du feuilleton, l'Assemblée prend en considération le rapport
de la Commission des finances publiques sur le projet de loi n° 53, Loi édictant la
Loi sur la protection contre les
représailles liées à la divulgation d'actes répréhensibles et modifiant
d'autres dispositions législatives.
Je suis prête à
entendre la première intervenante. Dans ce cas, Mme la ministre du Conseil du
trésor.
Mme LeBel : Merci, Mme la Présidente. Donc, très contente
d'être rendue à cette étape d'un projet de loi qui est très important, très
important sur les principes et très important aussi sur la confiance que les
gens pourront avoir dans nos organismes publics. C'est un projet, d'ailleurs,
de loi dont le principe, la règle cardinale, est la confiance du public.
Et je tiens à remercier d'entrée de
jeu la collaboration de tous les collègues qui ont participé à ce projet de loi
là, bien, tout d'abord les collègues
du gouvernement, les collègues de la banquette gouvernementale qui m'ont accompagnée
pendant les consultations, pendant l'article
par article, également mon collègue de Maskinongé, qui a travaillé sur ce
projet de loi là avec moi
particulièrement, et aussi les collègues de l'opposition qui ont, je dois dire,
dans l'étude
article par article, apporté une excellente collaboration,
et personne n'a perdu de vue l'importance de ce projet de loi là.
Donc,
d'où
part ce projet de loi à très haut niveau? En 2017, on a édicté la
Loi sur
la protection contre les représailles liées
à la divulgation d'actes répréhensibles et on a, à cette époque-là... la loi
sur la divulgation, pardon, des actes répréhensibles dans les organismes
publics, et on avait, à cette époque-là, demandé qu'on regarde à nouveau, après
trois ans, la loi. Un rapport a été déposé
par le Conseil du trésor trois ans plus tard, une commission en a fait l'étude,
et le Protecteur du citoyen a fait des commentaires. Et ce qui
ressortait, Mme la Présidente, ce n'était pas nécessairement que le processus qui est en place dans la loi actuelle était
défaillant, mais c'est plutôt le manque de confiance des gens envers ledit
processus et le fait qu'on devait
mieux faire de... plus faire de prévention, augmenter la confiance des gens
dans le processus et augmenter la protection des gens envers les
représailles.
Donc,
vous savez, c'est un projet de loi qui... C'est moi qui le dis, mais, si je me
fie aux échanges qu'on a eus et aux commentaires des différentes parties qui
sont venues et en consultation et les partis de l'opposition, je pense que
c'est un projet de loi qui fait
consensus sur les principes et aussi sur la formule qu'on a mise en place pour
l'améliorer. Donc, on parle vraiment
de la divulgation et de la protection contre... des divulgateurs et contre les
représailles dans... quand on parle de divulgations qui concernent les
organismes publics.
Donc, je réitère,
c'est important pour le gouvernement de lancer un message très clair : Il
faut avoir confiance en nos organismes
publics, les gens qui y travaillent y travaillent pour les bonnes raisons, y
travaillent pour être... sont là pour l'intérêt des gens, le service aux
citoyens.
Ceci
étant dit, si on était dans un monde parfait, Mme la Présidente, si on vivait
dans un monde parfait, on n'aura pas... on n'aurait pas besoin de lois
pour favoriser la divulgation d'actes répréhensibles et on n'aurait pas besoin
de mécanismes pour protéger les gens contre
les représailles quand ils choisissent justement de se lever et de dénoncer ce
qui se passe dans nos organismes
publics, toujours dans le but d'améliorer la situation et de faire en sorte
qu'on garde confiance. Donc, si on
était dans un monde parfait, on n'aurait pas besoin de cette loi-là. Mais on
n'est pas dans un monde parfait. Donc, qu'est-ce
qu'il faut faire? Il faut favoriser un environnement de divulgation. C'est ce
qu'on fait en choisissant ici d'envoyer le processus de divulgation et de
traitement des plaintes vers le Protecteur
du citoyen. En faire un guichet
unique, ça fait consensus, et c'est ce qu'on a fait.
faut également augmenter la protection contre les représailles, resserrer la
confidentialité, donner de l'accompagnement aux gens qui choisissent de
divulguer quand ils en ont besoin et s'assurer que, si et seulement si, le
cas advenant, il y a des représailles, l'éventail possible de réparations pour
eux est accru, est élargi, et c'est ce qu'on a fait.
Je n'entrerai pas
dans les détails du projet de loi, Mme la Présidente, je pense qu'à ce stade-ci
on en a beaucoup parlé, mais ce qu'il faut
comprendre, sur quoi on a travaillé, on a travaillé sur la confiance, on a
travaillé sur l'amélioration de la
confidentialité, on a donné au Protecteur
du citoyen des moyens pour faire
respecter cette confidentialité-là et des conséquences si elle n'est pas
respectée, on a élargi la protection contre les représailles, on a donné au
Tribunal administratif plus de moyens pour
agir en cas de représailles et on... on va... également, dans le cadre du
projet de loi, on introduit une notion très claire de faire beaucoup plus de prévention,
et c'est ce qu'on va faire avec les gens qui étaient aujourd'hui, maintenant,
avant l'adoption de la loi, du projet de loi, chargés de prendre les plaintes,
de traiter les plaintes et de
faire... et de traiter... de prendre les divulgations et de traiter les
plaintes à l'intérieur des organismes. Mais ces gens-là vont maintenant être
chargés de faire de la prévention et de mieux véhiculer les droits des
gens : Qu'est-ce qu'un acte répréhensible, et qu'est-ce qu'on peut
faire, et comment on peut faire pour dénoncer? Parce que ce qu'on doit
renforcer, Mme la Présidente, ce qu'on doit
véhiculer haut et fort, c'est cette volonté que nos organismes publics soient
sains, qu'il n'y ait pas d'actes
répréhensibles de commis et que, si c'est le cas, on veut favoriser que les
gens dénoncent et qu'on puisse, Mme la Présidente, y remédier. C'est ça
qu'on veut faire avec ce projet de loi là.
Donc,
c'est un message fort de confiance envers nos organismes publics et un régime
de divulgation et de protection contre
les représailles qui, j'en suis convaincue, après l'adoption de ce projet de
loi là, si c'est le cas, deviendra encore plus robuste et indépendant.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, Mme la ministre. Maintenant, je cède la parole à M. le député de
Pontiac.
Fortin : Merci. Merci, Mme la Présidente.
Ça me fait plaisir... Ayant participé à divers moments de l'étude de ce projet
de loi, ça me fait plaisir de prendre la parole en lieu de mon collègue de
l'Acadie.
J'ai
entendu les propos de la ministre responsable du projet de loi, de la
présidente du Conseil du trésor, et, bien honnêtement, Mme la Présidente, on est d'accord sur le fond du... sur le
fond du projet de loi, parce que l'objectif principal du projet de loi,
c'est de protéger davantage les divulgateurs, c'est de s'assurer qu'ils ont les
outils à leur disposition pour avoir
pleinement confiance en la confidentialité de ce qu'ils... de ce qu'ils
avancent, pleinement confiance, si jamais il y a un bris de cette confidentialité-là, que les répercussions sont au
rendez-vous, mais surtout, Mme la Présidente, que leurs plaintes vont être traitées de façon diligente par
un organisme, par un organisme responsable. Et, dans ce cas-ci, de savoir que
les lanceurs d'alerte, les divulgateurs sont protégés par le Protecteur du
citoyen, qu'il y a un guichet unique, ça nous apparaît la personne ou l'organisme tout désigné pour faire ces... pour
accompagner, disons, les plaignants tout au long du processus.
On a demandé, en cours de route... On
n'est pas les seuls, il y a différents groupes qui ont demandé, en cours de
route, certaines modifications. Même si, de façon générale, à peu près tout le
monde était d'accord, en commission parlementaire, avec le projet de
loi, il y avait quand même certaines notions, je pense, qu'il fallait
approfondir lors de l'étude du projet de
loi, et je salue... Je salue et je souligne l'ouverture de la ministre. Je
trouve que c'était un exercice parlementaire comme la plupart des exercices parlementaires devraient
être menés, c'est-à-dire avec une réelle interaction et avec une ministre
qui n'hésite pas elle-même à répondre à ces
questions-là et à faire des changements quand il y a des changements qui sont
nécessaires.
Je pense d'abord et
avant tout, Mme la Présidente, à la possibilité que certains syndicats
puissent... ou que les syndicats, pas
certains, que les syndicats puissent jouer un rôle d'accompagnement, entre
autres, lors des différentes étapes du...
de la personne, de l'employé qui met de l'avant des divulgations. Un des
éléments pour s'assurer qu'un divulgateur a confiance dans le processus, c'est justement de s'assurer qu'il ne soit
pas seul, qu'il soit bien encadré, qu'il ait les outils et les personnes nécessaires pour l'accompagner tout
au long... tout au long de cela. Alors, c'est un ajout positif, je vous dirais.
L'autre enjeu qui
nous apparaissait important en cours de route, c'était de clarifier toute la
notion... toute la notion autour de ce qui
se passe quand il y a un transfert, disons, de la responsabilité qui passe du
Protecteur du citoyen à l'organisme envers lequel il y a eu une plainte. C'est
sûr que ça peut soulever quelques drapeaux rouges, Mme la Présidente, lorsqu'un divulgateur, qu'il soit anonyme ou non,
apprenne, comprenne que le Protecteur du citoyen a transféré sa plainte
à l'organisme duquel il s'est plaint, donc l'organisme souvent pour lequel le
divulgateur travaille.
Cependant, on est
venus préciser dans quels cas ça peut être fait, sous quelles circonstances ça
peut être fait. Il faut que le processus
soit déjà bien engagé, que les solutions soient déjà en train d'être mises en
place par l'organisme en question.
Et, en tout temps, Mme la Présidente, parce qu'on sait, là, il y a des petits
milieux de travail où tout le monde se connaît,
il y a des groupes à l'intérieur de différents organismes gouvernementaux où
c'est assez simple de comprendre, de savoir
qui peut avoir eu accès à de l'information pour faire une plainte... Alors,
l'anonymat de la personne plaignante est en tout temps protégé, et, ça,
il me semble, Mme la Présidente, que c'est la moindre des choses.
Je pense qu'il faut
quand même se le dire, là, sur la question des divulgateurs et sur la question
de la protection des divulgateurs et de la confiance qu'ils ont qu'il n'y aura
pas de répercussions, on a encore énormément de chemin à faire, et ça, je me souviens... Dès le début du mandat de la Coalition
avenir Québec, je me suis souvenu de l'ancienne ministre de la Santé, Danielle McCann, qui nous
disait : C'est la fin de l'omerta. On est encore bien loin de ça, Mme la
Présidente.
Pour
faire le tour régulièrement de différents établissements de santé, pour voir
certains... certains rapports dans les médias, il y a énormément d'employés du
gouvernement, que ce soit dans le réseau de la santé, dans le réseau de l'éducation, ou ailleurs, ou même dans la fonction
publique de façon générale, qui ont encore... qui ont encore énormément de craintes par rapport à l'information qu'ils
pourraient soumettre en lien avec leur employeur. Il y a énormément de gens
qui craignent des répercussions et qui hésitent, qui ne font pas... ou qui ne
le font simplement pas, aller de l'avant avec de
l'information qui pourrait mettre dans l'embarras leur employeur ou, pire
encore, Mme la Présidente, qui pourrait mener à des sanctions contre eux-mêmes. Cette impression-là, elle demeure dans
nos réseaux publics. Alors, il y a encore beaucoup de travail.
vous dirais, Mme la Présidente, en conclusion, que ce serait bien que le parti
politique en face prenne exemple du gouvernement en face, parce que,
moi, ce que j'ai entendu ce week-end, Mme la Présidente, c'est qu'au congrès de
la CAQ il y avait une omerta sur les
militants de la Coalition avenir Québec. Alors là, qu'on veuille lever une
certaine omerta sur les employés de la fonction publique, c'est une
chose, mais ce serait peut-être bien que le parti politique d'en face s'inspire des pratiques qu'il souhaite à son
propre gouvernement, que les militants puissent également s'exprimer quand
ils voient des choses qui ne font pas leur affaire, Mme la Présidente, c'est la
moindre des choses, ce sont des militants, ce
sont des bénévoles, ce sont des gens qui s'engagent pour le bien de leur
formation politique, mais surtout pour le bien du Québec, alors il me semble qu'on pourrait, Mme la Présidente, leur
permettre de s'exprimer en toute liberté et simplement être capable de
dire ce qu'ils pensent à l'intérieur de leurs instances et à tous les gens qui
y assistent.
Alors,
voilà, Mme la Présidente, je pense que vous avez compris qu'on est favorables
au projet de loi. Je pense que vous avez compris que c'est un projet de loi que
nous trouvons bon pour la protection des divulgateurs, et c'est pour ça
qu'on va voter en faveur, Mme la projet de loi... la Présidente. Je vous
remercie.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Mme la députée de La Pinière,
à vous la parole.
Mme Caron :
Merci, Mme la Présidente. Alors, ça me fait plaisir d'intervenir sur le
projet de loi n° 53, Loi édictant la
Loi sur la protection contre les
représailles liées à la divulgation d'actes répréhensibles et modifiant
d'autres dispositions législatives.
L'étude
détaillée du projet de loi s'est déroulée de manière sérieuse, et je salue
l'ensemble des collègues qui y
siégeaient. L'objectif d'éliminer le plus possible les obstacles à la
divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics et
celui de décourager les représailles contre les lanceurs d'alerte était assez
consensuel.
fait de centraliser au Protecteur du
citoyen le traitement des plaintes à
l'égard des représailles contre les lanceurs d'alerte faisait aussi
l'unanimité, y compris la création, pour ce faire, d'un troisième
vice-protecteur responsable de l'application
de la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des
organismes publics et de la
Loi sur la protection
contre les représailles liées à la divulgation d'actes répréhensibles, avec le
caveat mentionné plusieurs fois de s'assurer que le Protecteur du
citoyen soit doté des ressources humaines et financières nécessaires pour
s'acquitter des nouvelles fonctions qui lui sont dévolues par ce projet de loi.
tiens aussi à souligner l'ouverture de la ministre à répondre aux questions qui
ont été soulevées, à expliquer clairement
son point de vue et à discuter et considérer les propositions d'amendement. Sur
ce point, et je cite l'exemple de l'article 50 qui prévoit les
montants d'amende pour quiconque contrevient à l'article 22, contrairement
aux autres... aux autres articles du projet de loi dans lesquels les montants
des amendes qui remontaient à 1968, soit dit en passant, alors ces montants avaient tous été mis à jour,
mais l'article 50, dans sa version originale, conservait les montants de
1968, et après discussion la ministre a soumis un amendement en accord
avec ma proposition.
souligne aussi que l'étude détaillée a permis de tenir compte d'une demande importante
des syndicats, comme l'a mentionné mon collègue député de Pontiac, à savoir que
les syndicats pourront agir comme représentants pour leurs membres
lanceurs d'alerte et les accompagner.
terminant, vous me permettrez de rappeler, Mme la Présidente, que la toute
première Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles dans les
organismes publics a été mise en oeuvre par un gouvernement libéral, avec
mandat de réviser le processus au
bout de trois ans. Ce projet de loi me semble avoir tenu compte d'éléments qui
ont été... qui ont fait surface dans l'application de la loi existante
afin d'apporter des améliorations qui répondent aux irritants du terrain qui
ont été entendus en commission.
Il sera, bien sûr...
il restera, bien sûr, à bien former et informer les travailleurs de leur droit
de divulguer, de la manière de le faire, de
leur droit à la confidentialité, de la possibilité de se faire représenter par
leur syndicat, de leur devoir aussi de préserver la confidentialité de
tout collègue qui se confierait à eux au sujet d'une situation et, bien sûr, de
leur droit d'être protégés contre les
représailles. C'est ce que vise la création de la fonction de responsable de
gestion de l'éthique et de l'intégrité.
ce, Mme la Présidente, je confirme, évidemment, que nous allons voter en faveur
de ce projet de loi. Et je vous remercie.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Je vous remercie, Mme la députée. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions?
Comme
il n'y a pas d'autre intervention, le rapport de la Commission des finances
publiques portant sur le projet de loi n° 53, Loi édictant la Loi
sur la protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles et modifiant d'autres dispositions législatives, est-il adopté?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Adopté.
M. le leader adjoint, pouvez-vous nous indiquer la suite de nos travaux?
M. Caire :
Oui, Mme la Présidente. Pourriez-vous appeler l'article 10 du
feuilleton, s'il vous plaît?
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Bien sûr. À l'article 10 du feuilleton, M. le ministre responsable
des Services sociaux propose l'adoption du projet de loi n° 37, Loi
sur le commissaire au bien-être et aux droits des enfants.
M. le ministre, je
vous cède la parole pour votre intervention.
M. Carmant : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. C'est une journée historique, aujourd'hui. Pour la première fois de son histoire, le Québec aura une personne
vouée exclusivement à porter la voix des 1,8 million d'enfants, à assurer
qu'ils connaissent leurs droits et que ceux-ci soient respectés, c'est quelque
chose qui me rend extrêmement fier, un commissaire
possédant la pleine autonomie et l'indépendance nécessaire qui s'occupera du
bien-être de nos enfants avec, évidemment,
je peux le garantir, une lunette particulière pour nos plus vulnérables de la
protection de la jeunesse. Il aura comme principaux mandats d'être à
l'écoute des besoins des enfants du Québec, de porter leur voix sur tout enjeu
les concernant, de travailler à leur mieux-être et de s'assurer que chacun
d'entre eux est bien au fait de ses droits.
C'est,
évidemment, l'une des recommandations-phares du rapport Laurent et une autre
que l'on vient mettre en place après une réforme en profondeur de la
Loi sur la protection de la jeunesse, où l'intérêt de l'enfant est maintenant
au centre de la loi. L'ajout de l'exposition à la violence conjugale comme
motif de signalement en soi, la nomination de la
première directrice nationale de la protection de la jeunesse, un suivi qui se
fait désormais jusqu'à l'âge de 25 ans et un plan de vie pour les jeunes qui atteignent l'âge adulte,
plus de services et plus de budgets pour les jeunes et les familles, incluant
des programmes jeunesse en amont de la protection de la jeunesse, voilà que
l'on vient répondre à une autre recommandation très importante de
Mme Laurent et des commissaires.
l'ai dit, et on en a, encore une fois, la preuve aujourd'hui, le rapport
Laurent est une carte qui guide chacune de nos actions, et il ne sera jamais tabletté. Ce geste, qui
aura bientôt force de loi, envoie un message fort quant à l'importance pour
notre gouvernement d'être à l'écoute des
besoins des jeunes et à mettre en place une société bienveillante et
bien-traitante de ses enfants.
Avant
de poursuivre, je tiens à saluer la mobilisation de tous les partenaires et des
groupes qui ont pris part aux activités liées aux débats parlementaires que
nous avons tenus. Sans eux, on n'en serait pas là aujourd'hui, Mme la
Présidente. Ensuite, je tiens à remercier
également mes collègues députés, ceux de la banquette gouvernementale, la
députée de Marie-Victorin, de
Soulanges, Laporte, Bonaventure, Châteauguay, le député de Saint-Jérôme, la
députée de Fabre, Argenteuil et d'Iberville, mais également les députés de l'opposition, celle de Robert-Baldwin,
celui de Saint-Henri—Sainte-Anne,
celle de D'Arcy-McGee et celui des Îles-de-la-Madeleine. Leur apport a
été précieux au projet de loi, je tiens à le souligner.
On a eu de
nombreux échanges pour... dont plusieurs, je pense, ont été très éclairants
pour les membres de la commission, échanges parfois corsés, mais toujours
animés par ce désir de mettre de l'avant le bien-être de nos jeunes, ce qui
demeure et demeurera toujours pour moi le plus important. Au final, ce sont les
enfants du Québec qui ressortent gagnants de ce projet de loi.
J'ai partagé
à l'ensemble des membres de la commission que le rôle du futur commissaire
serait, oui, de faire la promotion du
bien-être et des droits des enfants, mais également de leur mieux-être.
Celui-ci aura une vision et une portée globale et devra travailler en
concertation avec le Protecteur national de l'élève, le Protecteur du citoyen, la directrice nationale de la protection de la jeunesse et les différentes directions
de santé publique, ainsi que tout autre organisme public et
communautaire, spécialement, évidemment, ceux qui oeuvrent en matière de
jeunesse, c'est essentiel.
Lorsque nous avons complété l'étude détaillée,
je me suis permis un aparté ou, je dirais même, un rêve, je me suis permis
d'exprimer un souhait que j'ai pour nos enfants : pour moi, tous nos
enfants et leurs familles ont droit à un accompagnement adéquat. Ce sont des
choses fondamentales que tous méritent au Québec. De la naissance à la vie adulte, il faut que les services soient
accessibles à tous nos jeunes au Québec, même chose pour les services aux
parents, et ce, sur une... et ce, en
amont, Mme la Présidente, de tout signalement ou de toute intervention à la
protection de la jeunesse.
Dans les
dernières années, nous avons travaillé fort, très fort, je dirais, pour
rehausser les services de première ligne en ajoutant
2 500 intervenants jeunesse dans le réseau, ce qui nous a permis, par
exemple, de faire des changements extrêmement courageux, comme la fin des alertes bébés, par exemple. Maintenant, je
souhaite que le commissaire travaille pour que, quand c'est possible, tous les
besoins des enfants et des familles soient pris en charge en amont de la DPJ.
La solution, et j'y tiens, ce sont nos services de proximité, notre
première ligne, qui effectue le travail de façon remarquable.
Je l'ai
souvent dit en Chambre ainsi que lors de nombreux échanges, la prévention est
et demeurera toujours la meilleure solution. C'est tout un
changement de culture que nous sommes à mettre en place. Même
Régine Laurent le mentionnait lors du
dépôt de son rapport. Elle nous donnait 10 ans pour mettre en oeuvre
l'ensemble de ses recommandations. Soucieux
de vouloir agir rapidement et promptement et soucieux des besoins, nous avons
décidé que nous le ferons en six années, Mme la Présidente. Évidemment,
comme tout le monde ici, j'aimerais que ça aille plus vite, mais ces
changements prennent du temps, et on doit
faire les choses le mieux possible pour que ce... pour que ce que nous
souhaitons mettre en place perdure au fil des années et que ce soient
des solutions pérennes.
Nous avons
beaucoup discuté de la protection de la jeunesse lors de l'étude de ce projet
de loi. Or, cette loi doit redevenir
une loi d'exception, ce qu'elle a été créée au départ, ce que j'appelle les
soins intensifs pour nos plus vulnérables. Je comprends le désarroi des
parents, motivés à améliorer la situation de leurs enfants, à soutenir leurs
enfants, qui se retrouvent à ouvrir la porte
à la protection de la jeunesse alors qu'ils avaient demandé des services en
première ligne. Il faut venir
corriger cette situation. C'est pourquoi je m'efforce, comme ministre
responsable des Services sociaux, à déployer davantage de services pour les aider en première ligne, évidemment, que
ce soit avec les organismes communautaires ou les différents partenaires
du réseau de la santé et des services sociaux.
Je pense
notamment au programme Ma famille, ma communauté, qu'on déploie partout au
Québec depuis quelques années et qui fait écho à ce fameux
proverbe : Ça prend tout un village pour élever