Health and Social Services — 30 November 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2017-11-30
Quebec — Committees
Alors, depuis le
début, je demande aux oppositions que nous ne fassions pas de partisanerie sur
un dossier de santé publique aussi important
que la légalisation du cannabis. Et je réitère, M. le Président, ma volonté
d'améliorer ce projet de loi là, et
je pense que, dans l'ensemble, mes collègues adhèrent à ça. Et je suis
persuadée que nous aurons des consultations
très enrichissantes qui nous amèneront à bonifier le projet lors de l'étude
article par article. Mais je compte sur la grande collaboration de mes collègues de l'opposition pour ne pas
faire de la petite politique avec ce dossier-là. Merci.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre, pour ces
remarques préliminaires. J'invite maintenant le député de Labelle, qui est porte-parole de l'opposition officielle en
matière de santé publique et de prévention, de faire ses remarques
préliminaires. Et vous disposez de 3 min 30 s. À vous la parole,
M. le député.
M. Pagé :
Oui. Merci bien, M. le Président. Je vous salue, vous et l'ensemble des gens
qui nous entourent, parce qu'on va
passer, je pense, beaucoup de temps ensemble d'ici, évidemment, lors des
consultations mais aussi lors du projet de loi
article par
article qui
va, évidemment, commencer dès le mois de février.
fais miennes les paroles de la ministre parce que, depuis le départ, on a
souvent échangé même personnellement, via
des textos, à savoir que nous voulons travailler ensemble pour écrire ce droit
nouveau, le faire le plus correctement possible.
On a souvent pris l'exemple de mourir dans la dignité, à savoir qu'on voulait
que ce dossier-là ne soit pas traité d'une
façon partisane, et j'en prends vraiment l'engagement. Est-ce qu'on va plaider
pour améliorer le projet de loi? Bien sûr.
Est-ce qu'on va déposer des amendements? Bien sûr. Mais toujours et seulement
avec objectif de tenter de bonifier le projet de loi le mieux possible.
ministre l'a mentionné à plusieurs occasions, oui, c'est avec plaisir et c'est,
je dirais, par souci de bien faire mon travail que j'ai participé, le 19
et le 20 juin derniers, aux deux consultations avec les experts à
Montréal. J'ai fait sept journées sur
huit — une
journée malheureusement que j'ai dû manquer lors de la tournée des régions.
Pourquoi? Parce que je voulais bien
comprendre les enjeux, le faire le plus correctement possible, être en contact
aussi avec tous les gens qui avaient des choses à nous dire.
C'est
la raison aussi pour laquelle que nous avons plaidé pour que plus de groupes
soient entendus. Vous l'avez vu, il y a eu un petit débat à savoir qui
seront les groupes. Le gouvernement, au début, en a proposé 13. La deuxième opposition en proposait six ou sept. Nous en
avions une centaine dans nos cartons. Au final, on a fini par en faire
accepter 28 sur une liste finale de 32. Pourquoi? Parce qu'on a fait des
consultations sur un projet de loi qui n'existait pas. Et, maintenant que le projet de loi existe, il nous
apparaissait fort pertinent, voire même nécessaire, voire même
obligatoire de revenir et d'entendre les gens qui sont des spécialistes en la
matière.
Nous
ne sommes pas, les parlementaires, les spécialistes en la matière. Ce sont les
gens qui vont être impactés par le
projet de loi qui sont les spécialistes et qui peuvent venir nous dire comment
bonifier le projet de loi. Et force est de constater que, depuis le départ, il y a cette volonté-là parce qu'il y a
plusieurs groupes qui se sont manifestés, d'une part. D'autres se sont
désistés parce que les délais sont trop courts. Mais plusieurs groupes se sont
manifestés. Pourquoi? Parce qu'on le voit presque à tous les jours dans les
journaux, il y a plusieurs questions qui demeurent sans réponse.
Mais
je vais conclure, parce que je sais que le temps est très court, en remerciant
tous les groupes qui vont venir nous
alimenter, nous permettre de mieux faire notre travail. Et comme la ministre
l'a dit, et j'y adhère totalement, il ne faut pas que légalisation soit
synonyme de banalisation. Alors, soyez assurés que nous allons faire le travail
le plus consciencieusement possible parce
qu'on écrit un droit nouveau, et ce qui doit primer, ce n'est pas l'agenda
électoral au fédéral, mais c'est un
agenda de santé et de sécurité publique. C'est pour cette raison que nous
allons faire le travail avec beaucoup de sérieux. Je vous remercie, M.
le Président.
Président (M. Merlini) : Merci beaucoup, M. le député de Labelle,
pour vos remarques préliminaires. J'invite maintenant le député de
Borduas, qui est porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière de justice, à faire ses remarques préliminaires. Et
vous disposez d'un temps de 2 min 30 s. À vous la parole, M. le
député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Merci, M. le Président. Tout d'abord, mes
salutations à la ministre, aux députés ministériels, à mon collègue de
Labelle ainsi qu'à ma collègue de Repentigny. On a travaillé le dossier
ensemble.
Écoutez,
la CAQ a déposé son plan dès le début du mois de septembre, un plan concret et
responsable. Parce que, vous savez,
ce n'est pas à tous les jours qu'on doit
encadrer la légalisation d'une nouvelle substance. Le gouvernement fédéral a décidé unilatéralement de légaliser le
cannabis pour le 1er juillet 2018, et le Québec doit s'adapter. Alors,
c'est notre responsabilité de faire ça de façon sérieuse parce que la
population a des craintes par rapport à la légalisation. Alors, le Québec a une
responsabilité, et doit exercer ses compétences, et doit réglementer et
légiférer d'une façon responsable et d'une façon restrictive.
Le projet de loi
déposé par la ministre déléguée aux Saines habitudes de vie comprend des points
positifs, mais il y a également place à
l'amélioration. Et notre formation politique va viser à déposer des amendements
et à travailler en collaboration avec
les collègues, ici lors de l'étude détaillée, afin de bonifier le projet de
loi, notamment, M. le Président, au niveau de l'âge.
Actuellement,
le projet de loi fixe l'âge à 18 ans. Nous croyons que l'âge légal pour
acheter du cannabis devrait être fixé
à 21 ans, considérant les données scientifiques, l'ensemble des
fédérations médicales, l'ensemble des spécialistes du domaine de la
santé, qui indiquent qu'il y a des conséquences à consommer du cannabis avant
l'âge de 21 ans, notamment sur le
développement du cerveau des jeunes. C'est une question de protection de la
santé, de la santé mentale des jeunes notamment, et on a aura l'occasion
d'entendre les différents spécialistes à ce sujet-là.
Également,
M. le Président, dans le projet de loi de la ministre, on prévoit qu'on va
pouvoir consommer dans les endroits publics, les voies publiques, les
places publiques et les parcs. On trouve ça inacceptable que le choix du gouvernement ait été d'assimiler le cannabis aux
règles entourant le tabac. Nous croyons que le cannabis devrait être
traité notamment comme l'alcool, entre autres, afin d'éviter qu'on puisse
consommer du cannabis dans les lieux publics, dans les places publiques.
Également,
M. le Président, un point fort important également, ça concerne la conduite
avec facultés affaiblies. Le gouvernement fédéral n'est pas prêt, il n'a
pas autorisé les appareils de détection. Il faut outiller les policiers, il
faut donner les ressources aux policiers pour faire en sorte de pouvoir
détecter cette conduite avec facultés affaiblies.
terminant, M. le Président, toutes les dépenses seront à Québec, et j'invite la
ministre à poursuivre sa lutte avec son collègue des Finances, que tous
les revenus et les taxes soient versés à Québec et non pas à Ottawa parce que
les dépenses sont à Québec. Alors, le fédéral ne devrait pas taxer le cannabis.
Merci.
Le Président
(M. Merlini) : Merci beaucoup, M. le député de Borduas, pour vos
remarques préliminaires. Je cède maintenant
la parole à Mme la députée de Vachon pour ses remarques préliminaires. Vous
disposez de 45 secondes. À vous la parole.
Mme Ouellet : Merci, M. le Président. Donc, je salue tout le monde. Dans le dossier
de la légalisation du cannabis, on a
beaucoup parlé de santé et parlé de sécurité, mais je pense qu'il faut aussi
parler de production parce que la légalisation, ça crée un tout nouveau marché, un marché extrêmement lucratif, de
milliards de dollars, un marché qui est actuellement entre les mains des groupes criminels organisés.
Il faut se poser la question : Est-ce qu'on veut que tous ces profits et
tout cet argent passent des mains des
groupes criminels organisés à des actionnaires de grosses corporations, qui
sont d'ailleurs souvent liées au
Parti libéral du Canada, ou si on veut plutôt en faire bénéficier l'ensemble
des citoyens et des citoyennes du Québec et en particulier également nos
agriculteurs?
Donc,
je pense qu'il va être important que nous puissions regarder que, même si la
prétention de Justin Trudeau, c'est
de dire que la production, elle est de compétence canadienne, cette
production-là est de compétence québécoise parce que l'agriculture,
c'est de compétence québécoise.
Président (M. Merlini) : Merci beaucoup, Mme la députée de
Vachon, pour vos remarques préliminaires. Alors, je souhaite donc la bienvenue aux producteurs... les producteurs
en serre du Québec. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour faire votre exposé. Je vous invite,
évidemment, à vous présenter aux membres de la commission, et, suite à
votre exposé, il y aura un échange avec les membres de la commission. Alors,
bienvenue à la Commission de la santé et des services sociaux. À vous la
parole.
M. Mousseau
(André) : Bien le bonjour. Je m'appelle André Mousseau, je suis
producteur en serre et président des producteurs en serre du Québec, et
je suis accompagné de...
M. Laniel
(Claude) : ...Claude Laniel, je suis directeur général des producteurs
en serre et économiste rural.
M. Mousseau (André) : Notre
présentation vient vous démontrer qu'il est possible de produire le cannabis au
Québec, par des Québécois, pour des Québécois. Ce qu'on veut vous démontrer, à
travers notre présentation, c'est qu'il est possible ici de produire ce que nos consommateurs vont nous
demander tantôt, c'est-à-dire que la démarche sur l'agriculture,
c'est : on regarde le consommateur...
Président (M. Merlini) :
Alors, nous allons donc reprendre nos travaux après cette brève suspension
sonore. M. Mousseau, veuillez poursuivre avec la présentation de votre
mémoire. Merci.
M. Mousseau (André) : Parfait, merci.
Premièrement, je voudrais vous remercier d'avoir accepté de nous rencontrer. Le cannabis a occupé beaucoup de pages
de journaux et d'information nécessaires pour arriver à comprendre l'enjeu qui est là. Puis on est contents qu'au
Québec on comprenne qu'il y a comme 500 millions de marché de
disponible pour un producteur québécois ou des producteurs québécois. Nous, on
croit beaucoup que c'est pour des producteurs québécois, et on a amorcé des
travaux dans ce sens-là. Ça fait que Claude va vous présenter les différents
éléments des travaux qu'on a faits.
M. Laniel
(Claude) : Alors, bonjour.
Claude Laniel. Tout d'abord, vous dire que, bon, au Québec, on dénombre
900 entreprises en production en serre qui sont réparties dans toutes les
régions du Québec...
Le Président (M. Merlini) : Alors,
nous avons donc notre réponse. Veuillez poursuivre, M. Laniel.
M. Laniel
(Claude) : Alors, rebonjour
ou rebienvenue. Alors, au Québec, il y a 900 entreprises en serre qui
sont réparties dans toutes les régions du Québec.
Et ces 900 entreprises en serre opèrent sur un... bon, nous, on mesure,
là, les superficies en hectares, donc
à peu près 300 hectares en production ou 3 millions de mètres carrés. Les producteurs sont en production de fruits, de légumes, fraises, tomates,
concombres ou de plantes ornementales, toutes les variétés de plantes, là, annuelles, vivaces, potées fleuries et
jardinière