Institutions — 12 September 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
CI 2024-09-12
Quebec — Committees
Journal des débats de la Commission des institutions - Assemblée nationale du Québec
sur les médias sociaux, Facebook, X, Youtube
Députés
La présidente
Les députés depuis 1764
Coordonnées des députés
La fonction de député
Fonctions parlementaires des députés
Composition des commissions
Indemnités et allocations
Cercle des femmes parlementaires
Cercle des jeunes parlementaires
Cercle des ex-parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec
Fondation Jean-Charles-Bonenfant
Fondation des parlementaires québécois Cultures à partager
Travaux parlementaires
Calendrier hebdomadaire des travaux
Journal des débats
Index du Journal des débats
Règlement et autres règles de procédure de l'Assemblée nationale
Propos non parlementaires
Assister aux travaux
Travaux de l'Assemblée
Toutes les séances
Documents déposés
Projets de loi
Cheminement des projets de loi
Registre des votes
Travaux des commissions
Liste des commissions
Mandats en cours
Documents déposés
Rapports et documents de réflexion
Exprimez votre opinion!
Pétitions
Signer une pétition électronique
Consulter une pétition présentée à l'Assemblée
Lancer une pétition
Suivre le cheminement d'une pétition
Consultations publiques
Comment participer à une consultation
Liste des consultations publiques
Commenter un sujet à l'étude
Présenter un projet de loi d'intérêt privé
Vidéo
En direct et webdiffusions à venir
Archives des travaux et activités parlementaires
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Activités de presse
Activités spéciales et institutionnelles
Députés
Le Canal de l'Assemblée
Émissions et capsules promotionnelles
Espace jeunesse
Commander un extrait
Calendrier
Ouvrir
En direct
Calendrier détaillé
_date_du_jour
Aujourd'hui
_heure_en_cours
En cours
Activités du jour
Exposition(
s) Drapeau(
x) sur l'hôtel du Parlement
L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements
L'ABC de l'Assemblée
Visiteurs
Restaurants
Actualités et salle de presse
Bibliothèque
Publications
Éducation
Diplomatie
Histoire
Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission des institutions
Travaux parlementaires
Journal des débats
Index du Journal des débats
Travaux de l'Assemblée
Registre des votes
Travaux des commissions
Administration publique
Agriculture, pêcheries, énergie et ressources naturelles
Aménagement du territoire
Assemblée nationale
Culture et éducation
Économie et travail
Finances publiques
Institutions
Relations avec les citoyens
Santé et services sociaux
Transports et environnement
Mandats en cours
Rapports et documents de réflexion
Cheminement des projets de loi
Projets de loi
Documents déposés
Dépôts du jour
Calendrier hebdomadaire des travaux
Mots clés
Type de documents
Tous les documents
Documents déposés
Feuilletons et préavis
Journaux des débats
Mémoires
Procès-verbaux de l'Assemblée
Projets de loi
Rapports et documents de consultation des commissions
Type de travaux
Travaux de l'Assemblée et des commissions
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Commission de la culture et de l’éducation
Commission de la santé et des services sociaux
Commission de l'administration publique
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Commission de l'aménagement du territoire
Commission de l'Assemblée nationale
Commission de l'économie et du travail
Commission des finances publiques
Commission des institutions
Commission des relations avec les citoyens
Commission des transports et de l'environnement
Sous-commission de la réforme parlementaire
Période
De</b> et <b>À</b> sont remplis, le résultat se situe entre les dates indiquées.<br/>
Si seul le champ <b>De</b> est rempli, le résultat se situe entre la date indiquée jusqu’à aujourd’hui.<br/>
Si seul le champ <b>À</b> est rempli, le résultat se situe avant la date indiquée.
" class="champsDate choisirDate BulleInfo PeriodeFin" />
La date de début doit précéder la date de fin.
Session
Toutes les sessions
Session en cours - 43e législature, 3e session (5 mai 2026 - )
43e législature, 2e session (30 septembre 2025 - 8 avril 2026)
43e législature, 1re session (29 novembre 2022 - 10 septembre 2025)
42e législature, 2e session (19 octobre 2021 - 28 août 2022)
42e législature, 1re session (27 novembre 2018 - 13 octobre 2021)
41e législature, 1re session (20 mai 2014 - 23 août 2018)
40e législature, 1re session (30 octobre 2012 - 5 mars 2014)
39e législature, 2e session (23 février 2011 - 1 août 2012)
39e législature, 1re session (13 janvier 2009 - 22 février 2011)
38e législature, 1re session (8 mai 2007 - 5 novembre 2008)
37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)
37e législature, 1re session (4 juin 2003 - 10 mars 2006)
36e législature, 2e session (22 mars 2001 - 12 mars 2003)
36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
35e législature, 2e session (25 mars 1996 - 21 octobre 1998)
35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
34e législature, 3e session (17 mars 1994 - 17 juin 1994)
34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
33e législature, 2e session (8 mars 1988 - 9 août 1989)
33e législature, 1re session (16 décembre 1985 - 8 mars 1988)
32e législature, 5e session (16 octobre 1984 - 10 octobre 1985)
32e législature, 4e session (23 mars 1983 - 20 juin 1984)
32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
13e législature, 4e session (11 janvier 1916 - 16 mars 1916)
13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)
12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
12e législature, 1re session (2 mars 1909 - 29 mai 1909)
11e législature, 4e session (3 mars 1908 - 25 avril 1908)
Partager
Diagramme de l'Assemblée
En direct sur le Web
Journal des débats de la Commission des institutions
Version préliminaire
Retour à la liste des séances du Journal des débats
43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
jeudi 12 septembre 2024
Vol. 47 N° 79
Étude détaillée du projet de loi n° 32, Loi instaurant l’approche de sécurisation culturelle au sein du réseau de la santé et des services sociaux
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h 30
12 h
12 h 30
14 h
14 h 30
15 h
15 h 30
16 h
Intervenants par tranches d'heure
11 h 30
Bachand, André
Massé, Manon
Lafrenière, Ian
12 h
Bachand, André
Massé, Manon
Lafrenière, Ian
12 h 30
Massé, Manon
Bachand, André
Lafrenière, Ian
Morin, André Albert
14 h
Boivin Roy, Karine
Morin, André Albert
Lafrenière, Ian
Massé, Manon
14 h 30
Boivin Roy, Karine
Lafrenière, Ian
Massé, Manon
Morin, André Albert
Asselin, Mario
Blais, Suzanne
Lemieux, Louis
Haytayan, Céline
15 h
Boivin Roy, Karine
Morin, André Albert
Lafrenière, Ian
Massé, Manon
Asselin, Mario
Blais, Suzanne
Lemieux, Louis
Haytayan, Céline
15 h 30
Boivin Roy, Karine
Massé, Manon
Lafrenière, Ian
Asselin, Mario
Blais, Suzanne
Lemieux, Louis
Haytayan, Céline
Morin, André Albert
16 h
Boivin Roy, Karine
Lafrenière, Ian
Massé, Manon
Morin, André Albert
Asselin, Mario
Blais, Suzanne
Lemieux, Louis
Haytayan, Céline
Journal des débats
11 h 30 (version révisée)
(Onze heures cinquante-sept minutes)
Le Président (M. Bachand) :
Bonjour, tout le monde. Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des institutions ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 32, Loi instaurant
l'approche de sécurisation culturelle au sein du réseau de la santé et des
services <sociaux ...
Le Président (M.
Bachand) :
culturelle au
sein du réseau de la santé et des services > sociaux.
Avant de débuter, M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Bourassa
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré) est remplacée par Mme Blais
(Abitibi-Ouest) et M. Zanetti (Jean-Lesage) est remplacé par Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques).
Étude détaillée (suite)
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Lors de
l'ajournement de nos travaux hier, nous en étions à l'étude de l'amendement du
ministre à l'article 1 du projet de loi. Donc, Mme la députée de
Sainte-Marie—Sainte-Anne, s'il vous plaît.
Mme Massé : Eh! vous venez de
faire un beau jeu de mots, que tout le monde fait. Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Le Président (M.
Bachand) : Ce n'est pas la première fois,
vous le savez, puis je m'en excuse, hein, c'est...
Mme Massé : Non, je le sais,
j'adore, j'adore. Moi, deux saintes ensemble, là, ça me fait plaisir.
Le Président (M.
Bachand) : Alors, Sainte-Marie—Saint-Jacques,
désolé.
Mme Massé : Bonjour, tout le
monde, contente d'être avec vous aujourd'hui pour poursuivre ce travail essentiel
que nous sommes en train de faire.
J'avais commencé une discussion hier avec
le ministre sur l'article 1, qui est quand même un
article assez costaud,
qui place beaucoup de choses, si je peux dire ainsi, dans le projet de loi.
Puis d'ailleurs, c'est souvent... c'est souvent le cas, si je peux dire, dans
les projets de loi.
L'article 1 assied plusieurs choses. Et, déjà, on
avait regardé un certain nombre d'éléments. Et, hier, je disais au ministre que
j'avais des amendements qui étaient en réflexion, mais que je voulais
l'entendre parler sur... avant de déposer, là, pour ne pas travailler pour rien.
Alors, nous étions... nous approchions la
discussion sur... Et j'ai demandé au ministre : Pourquoi vous n'avez pas
privilégié d'inclure à l'article 1.1°... je ne l'ai pas dans la face, oui,
un point... deuxième alinéa... je ne sais jamais comment dire ça, l'article 1,
l'alinéa 2 ou... en tout cas, le deuxième picot, tiens, ça va... pas... non,
pantoute. Voyons! L'embauche...
Une voix : ...
Mme Massé : Elle est où? Ah
oui, ici, 5°. Oui, voilà. 5°, alinéa 2. 5° dit : «Adapter l'offre de
services de santé et de services sociaux par des moyens comme...» Puis là,
le deuxième, on dit : L'embauche de... Le premier, pardon :
«L'embauche de [...] membre des Premières
Nations et de personnel inuit.»
Pourquoi il n'y a pas... on n'a pas cru
bon garder la dimension des gestionnaires, des décideurs, bref, pas seulement
les membres du personnel qui offrent des services en santé et services sociaux,
mais bien des gens qui les dirigent et les encadrent?
• (12 heures) •
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Puis content de se retrouver aujourd'hui pour parler
de cet
article qui est fort important, fort... qui est... qui peut probablement
dire... comme disait ma collègue, c'est l'assise d'un projet de loi.
Il y a deux points importants, je
pense, dans ce que le collègue apporte, et on va le relire ensemble. Quand on
dit : «Adapter l'offre de services de santé et de services sociaux par des
moyens comme...», premier point, je veux prendre le temps de discuter avec la
collègue, c'est «adapter l'offre de services de santé». Pourquoi je dis ça?
Parce qu'un des questionnements qu'on a eus nous-mêmes, qu'on s'est fait dire,
c'est : Est-ce que quelqu'un pourrait le contourner en disant :
Écoute, j'ai embauché des gens qui font... puis, bien que ce soient des tâches très
importantes, des tâches autres que du personnel soignant ou des gens qui sont
directement en contact, qu'on vient contourner ce que le législateur a voulu
dire? Là, on parle vraiment d'adapter l'offre de services de santé. Alors, pour
nous, de la façon que c'est analysé, c'est très clair. C'est des gens qui
donnent le service de santé. Premier point.
Deuxième point, quand on parle de
l'embauche de personnel membre des Premières Nations et du personnel... et des
personnes inuites, pardon, ça inclut les dirigeants, ça inclut les différents
postes, et... mais ça, en passant, pour nous guider dans nos travaux, il y a
notre légiste qui pourra nous guider aussi. Mais j'aimerais rassurer la
collègue, parce qu'on a déjà eu cette discussion-là ensemble quand on parlait
des conseils d'administration, du message fort qu'on envoie aussi, là, quand on
nomme des gens en position d'autorité, en position de pouvoir changer les
choses. Et c'est un bel exemple qu'on a vécu à Joliette, lorsqu'on a une
personne qui a été nommée sur le conseil d'administration d'établissement, on a
l'adjoint, la PDG qui a été nommée aussi responsable des plaintes, qui est
membre de la première nation attikamek de Manawan. Et là, quand on regarde le
nombre de conseils d'administration avec un représentant qui est membre des
Premières Nations et Inuits, on est rendus à 23 personnes,
23 personnes, quand on inclut la dernière nomination, qui est nulle autre
que Stanley Vollant sur Santé Québec.
Alors, ce que je veux dire, c'est qu'il y
a un changement qui s'opère, puis je pense que c'est <important...
Haut de la page
12 h (version révisée)
<17903
Lafrenière :
...Alors, ce que je veux dire, c'est qu'il y a un
changement qui s'opère, puis je pense que c'est > important que les gens
à la maison le comprennent, il y a un changement qui s'opère, puis ça doit s'opérer
à toutes les strates. Oui, d'avoir de l'embauche de personnes, puis j'aime
beaucoup l'exemple de Joliette, M. le Président, parce qu'ils ont embauché des
brancardiers, infirmières, membres des Premières Nations, puis, de préférence,
des gens de la communauté de Manawan. On a aussi des navigateurs, ce qui est
extrêmement important pour comprendre la langue, la culture, mais quand on
monte dans les strates, on s'est même assuré, comme je vous disais tout à l'heure,
que la personne, pour ne pas le nommer, M. Guy Niquay, qui est en charge
des plaintes, qui est adjoint de la PDG, vienne lui aussi de la communauté, est
un membre du conseil d'administration. On s'assure qu'à toutes les strates, c'est
bien représenté.
Ça fait que ce que je viens dire à ma
collègue, dans ma longue réponse... Sa question, on l'a, on l'a eue, ça a fait
de vifs échanges entre nous, en se disant : Est-ce qu'on est à la bonne
place? Pour nous aider dans notre réflexion, avant de poursuivre ma discussion
avec la collègue, j'aimerais qu'on entende la légiste et, par la suite, je
reprendrai la discussion avec la collègue.
Le Président (M.
Bachand) : Est-ce qu'il y aurait le
consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Consentement. S'il vous plaît, maître,
vous connaissez les règles, vous vous identifiez, s'il vous plaît, merci
beaucoup.
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) : Merci, M. le Président. Hélène
Dumas-Legendre, je suis avocate pigiste au ministère de la Justice.
Alors, effectivement, M. le ministre l'a mentionné,
le vocabulaire qu'on a proposé en utilisant seulement «personnel», sans le
qualifier, était pour permettre d'être le plus inclusif possible, donc d'englober
vraiment l'ensemble du personnel, autant les gestionnaires, les professionnels,
le personnel administratif. Donc, avec ce vocable très général, tout le monde
est visé.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui. Est-ce que
je comprends... Puis merci de l'explication à l'oral, puisque dans comment vous
le dites, en tout cas, pour moi, ça... n'importe qui qui essaierait d'interpréter
cette loi-là comprendrait que derrière «personnel», ça inclut tout le monde qui
reçoivent un chèque de paie, je vais le dire comme ça, de... bien là, ça risque
d'être de Santé Québec, là. Oh! Mon Dieu! «Anyway». Mais ça n'inclut pas les
dirigeants... Est-ce que... En fait, c'est une question : Est-ce que ça
inclut les dirigeants élus ou nommés? Je veux dire, on n'a pas d'obligation,
quand on dit «personnel». J'entends que là, on l'a fait pour Joliette. Mais
est-ce que ça inclut les gens qui n'ont pas de chèque de paie de l'État, mais
qui jouent un rôle dans l'orientation des services, des soins de santé, des
services sociaux?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Puis comme on se disait hier, on y va ad lib, on
regarde qui a la bonne information. Parce que le but, encore une fois, M. le
Président, pour votre commission, c'est de faire avancer cette commission puis
faire le meilleur projet de loi. Tantôt, je parlais des... des membres des
conseils d'administration — puis je veux être sûr que je saisis bien
la question de la collègue — et je vous dirais qu'à chaque semaine,
au Conseil des ministres, lorsqu'on a les nominations, on regarde, justement,
la représentativité. Et ça, on a fait un engagement, un engagement clair, que c'était
important. Et on voit, on voit les résultats, M. le Président.
Alors, ce... je veux rassurer la collègue,
c'est... effectivement, ça fait
partie de ce qui est... ce qui est sur notre
tableau de bord. Tantôt, quand j'ai sorti le chiffre, c'est un chiffre que je
vois à chaque semaine, M. le Président, on est rendus à 23, et plusieurs
conseils d'administration extrêmement importants, M. le Président, extrêmement
importants, Société de l'assurance automobile du Québec, entre autres, M. le
Président, et là, Santé Québec. Alors, vraiment, on met des gens pour leur
compétence, je le dis encore une fois pour ma collègue, pour leur compétence,
ce n'est pas une question de statistiques, pour leur compétence. Et ça permet d'influencer
le réseau, M. le Président, de tout le long, c'est-à-dire la personne qui
travaille dans le réseau... Et même hier, lorsqu'on a parlé de formation, on a
dit que cette formation-là n'était pas juste au personnel soignant, c'est tout
le monde dans le réseau qui reçoit cette formation-là. On veut vraiment que ce
soit la chaîne, vous me permettrez l'expression, la chaîne entière qui soit...
qui soit influencée pour permettre de prendre de meilleures décisions, d'être
plus flexibles, d'être à l'écoute, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui. Ce que je
comprends, c'est que vous en avez pris l'engagement clair, et il semble y avoir
des résultats. Demain matin, il y a un autre gouvernement, il n'y a aucune
obligation. Il n'y a aucune obligation à ce niveau-là. Je comprends que, par la
loi qu'on adopterait sur la sécurisation culturelle, tel que libellée
maintenant, il y aurait une obligation au niveau du personnel, qu'il soit
gestionnaire ou travailleur, travailleuse de première ligne. Mais au niveau des
gens élus ou nommés comme, par exemple, sur les conseils d'établissements, je
vois qu'à Santé Québec, il y a eu, effectivement, une nomination, un Innu en la
personne de Stanley Vollant, mais, sur les <conseils...
Mme Massé :
...effectivement,
une nomination, un Innu en la personne de Stanley Vollant, mais sur les > conseils
d'établissements, par exemple, pour avoir toute la chaîne... je comprends votre
préoccupation. Pour avoir toute la chaîne de personnes qui interviennent, est-ce
qu'il y aurait moyen de s'assurer que ce ne soit pas seulement un engagement
clair, mais bien une petite contrainte législative qui ferait en sorte que
n'importe qui qui arriverait après vous ne pourrait pas détricoter ça aisément?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Puis je n'embarquerai pas sur la loi pour les conseils
d'administration, honnêtement, je vais atteindre la limite de mon incompétence
assez rapidement. Ça fait qu'on aurait une discussion futile, mais je peux vous
garantir que ça fait
partie de la représentativité qui est demandée.
Cependant, j'aimerais qu'on revienne... Parce
que la collègue a parlé des établissements de santé, puis c'est là qu'il y a une
piste fort intéressante dans ce qu'elle a amené. M. le Président, dans le PL 15,
à l'article 137, on dit : «Le conseil d'administration
d'établissement doit comprendre au moins un membre qui, de l'avis du conseil
d'administration de Santé Québec, est représentatif de la diversité de la
société québécoise.» Là, ma collègue va dire : Oui, mais «diversité
québécoise», Ian, ce n'est pas nécessairement un membre des Premières Nations,
Inuits. Et elle a raison. Mais je lui relance la question en disant, exemple — je
prends toujours le même exemple, je m'excuse, je ne suis pas assez créatif — Sherbrooke,
je me sentirais très mal de conseiller moi-même, puis je suis sûr que ma
collègue est d'accord avec moi, au conseil d'administration d'avoir un
représentant d'une communauté autochtone X, Y. Alors, ce qu'on vient dire :
Il faut qu'il représente la diversité. On a plusieurs exemples. On sait que ça
se fait, mais on laisse... Encore là, on ne veut pas faire du mur à mur, on
veut... on veut faire en sorte que les établissements, parce qu'on le dit dès
le départ, dans notre projet de loi, hein, on dit qu'ils doivent travailler
avec les Premières Nations. Il faut revenir, des fois, il faut reculer dans
l'article en se rappelant qu'on donne déjà l'obligation de travailler avec les
Premières Nations et Inuits, et là, ce qu'on fait, puis je reviens avec mes
poupées russes que je disais hier, je n'en ai pas trouvé, mais quand on vient
dans le plus petit, on dit : Mais là, on veut s'assurer que dans un
conseil administration, il y un membre représentatif de la diversité. C'est
comme ça que ça a été... ça a été concocté, M. le Président.
Mme Massé : Combien de temps
qu'il me reste?
Le Président (M.
Bachand) : Il en reste pas mal. Alors, donc vous pouvez
continuer, oui. Je vais vous dire ça dans quelques instants.
• (12 h 10) •
Mme Massé : Ce n'est pas sur
le bord du précipice, c'est ça mon objectif. Peut-être que je prendrai quelques
instants, parce que c'est vrai que vous avez dit à plusieurs reprises : Il
n'est pas... on ne veut pas faire du mur à mur, ça prend une certaine
flexibilité. Je le comprends, mais, en même temps, quand on se met des règles,
on se force à faire... à faire ce qu'on ne faisait pas avant, nécessairement,
qu'on se soit donné cette règle-là. Moi, je comprends quand vous me donnez
Sherbrooke comme exemple, et pourtant, pas très loin, il y a une communauté
abénaquise qui... et je suis certaine que des étudiants autochtones qui vont à
Sherbrooke et qui... Pour moi, je comprends votre argument, puis ça fait
quelques fois que vous le dites, puis je me suis dit : À un moment donné,
je vais finir par lui dire. Sans vouloir faire du mur à mur exactement pareil,
tu sais, pour moi, c'est important, puis on a eu ce début de discussion-là,
hier, quand on a dit que les établissements devaient élaborer conjointement
avec des Premières nations désignées pour élaborer tout ce qu'on veut mettre en
œuvre avec cette loi-là. Ça fait que, déjà, on s'est mis une obligation d'une
certaine façon, si le ministre l'accepte, bien sûr, là, je comprends qu'il est
toujours en consultation là-dessus.
Mais, ceci étant dit, je ne veux pas
minimiser le fait... puis je trouve que ça serait commettre une erreur
historique qu'on commet depuis toujours, c'est-à-dire : Les autochtones, ah!
mettons, les... Ah! oui, les Inuits sont au nord, ça fait longtemps qu'on le
sait, qu'ils sont pas mal au sud. Les... À Sherbrooke, ça va être différent.
Oui, non, mais c'est parce que c'est ça, avec la... la réalité des Premières
Nations qui vivent hors communauté, il n'y a plus... il n'y a plus... Ça existe
plus ou moins, cette réalité-là. Maintenant, ce qu'on souhaite, avec la
sécurisation culturelle, que peu importe, sur le territoire du Québec, où est
la demande d'une personne des Premières Nations ou Inuits, une demande en soins
de santé ou en services sociaux, qu'il y ait tout le mécanisme qu'on est en
train d'essayer de mettre en œuvre, de dessiner, pour s'assurer que ces
personnes-là vont recevoir des soins de façon <égalitaire...
Mme Massé :
...pour
s'assurer que ces personnes-là vont recevoir des soins de façon > égalitaire,
comme moi je les recevrais, que j'aille en Gaspésie ou peu importe où, ou même,
je dirais, dans un vide complet de... d'autochtones au Québec. Donc, je... Oui,
c'est ça, j'aimerais ça vous entendre là-dessus, parce que ça fait quelques
fois que vous dites ça, puis puisqu'il me reste beaucoup de temps, puis que ça
va teinter... Oh? Il reste cinq minutes. Bien, cinq minutes, ça inclut
l'échange avec le ministre?
Le Président (M. Bachand) : Non. C'est cinq minutes pour vous.
Mme Massé : OK, pour moi.
Ça fait que répondez à moi puis, après ça, j'irai au cœur de l'affaire.
Le Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui.
Merci, M. le Président. Puis, pour poursuivre, tantôt, ma lecture de
l'article 137, j'aurais dû terminer la phrase en disant : «Lorsque,
de l'avis du conseil d'administration, les besoins sociosanitaires des
communautés composant la population desservie par l'établissement le
justifient, ce nombre de membres est porté à deux, dont un autochtone.»
Alors, tantôt, mon exemple de Sherbrooke,
M. le Président, puis je l'ai donné... je l'ai donné ça, puis ma collègue a
raison, écoutez, j'ai été policier à Montréal pendant plusieurs années. Je peux
vous dire que c'est un des endroits où on travaille le plus avec la communauté
inuite, bien qu'ils soient du Nunavik, comme on a dit. Alors, on le sait très
bien. Cependant — puis là, je vais poser une question, puis en tout
respect — qui est mieux placé que les Premières Nations et les Inuits
pour décider, avec l'établissement de santé, qui devrait être là et le comment?
Puis je reviens toujours avec mon exemple, en disant que, dès le départ, dans
cet article, ce qu'on est venus dire, on est venus dire : Il faut
travailler avec les Premières Nations et les Inuits.
De l'autre côté, M. le Président, il y a
une question de capacité. Une question de capacité, c'est très clair, je parle
pour les communautés. Tantôt ma collègue référait aux Abénaquis. Bien, est-ce
que la communauté pourrait dire qu'eux, quand ils regardent ça, il ne semble
pas que c'est à propos, ou que ça pourrait être quelqu'un d'une autre
communauté? Bref, on veut laisser la décision à ceux qui sont mieux placés pour
la prendre, c'est-à-dire l'établissement avec les Premières Nations et les
Inuits. C'est un petit peu ça.
Et je vais vous faire une analogie, puis
ma collègue la connaît. Vous savez, dans mon propre cabinet, je me suis dit :
Je veux avoir des membres des Premières Nations et des Inuits, puis j'étais
très, très fier. Mais qu'est-ce qui est arrivé, comme c'était des... Ce sont
des gens extrêmement compétents, ils sont partis vers leurs communautés. Les
gens sont venus les chercher. C'est une réalité qu'on vit sur le terrain.
Puis quand je suis allé au Nunavik, je
l'ai vécu. Les gens me l'ont dit : Souvent, bien, c'est un bassin. Alors,
je crois qu'au final, encore là, dans le «pas de mur à mur», il y a des
communautés qu'on pourrait dire : Il y a plusieurs personnes, puis tant
mieux. Puis là, je vous donne même un exemple, si ça le justifie, il y a deux
membres, dont un autochtone. Mais laissons les gens sur le terrain, qui vont
être les mieux placés. Puis ça, les Mohawks nous l'ont dit, M. le Président, en
commission. Pendant les consultations, ils ont dit : Attention! Nous
autres, on a un système qu'on aime, là. Ça va bien. Ne commencez pas à nous
chambarder ça parce que vos grandes règles vont nous dire comment. Il faut
trouver un juste équilibre.
Puis la collègue le dit bien, là, il faut
s'assurer que, quand on ne sera pas là, les gens qui vont le mettre en place
vont suivre les mêmes lignes qu'on s'est données, mais il faut laisser aussi
assez de... de latitude aux gens de terrain pour un système qu'ils connaissent puis
qui correspond à ce qu'ils veulent.
Le Président (M. Bachand) : Merci. Mme la députée, s'il vous plaît.
Mme Massé : Oui. Bien,
oui, je comprends. Je comprends. Il va falloir être habiles, mais à
l'article 2, je crois, de mémoire, on parlera de... justement, du comité,
l'article 2, oui, du comité national, donc, qui est une espèce de filet de
sécurité, j'imagine, là, pour s'assurer qu'il n'y ait pas personne qui se
défile à travers ce système-là.
Bien, écoutez, M. le Président, je serais
rendue à l'heure de vouloir déposer un amendement à... un sous-amendement,
pardon, pardon, à l'article 1, si cela vous convient. Je pense...
Le Président (M. Bachand) : On va suspendre quelques instants.
Mme Massé : Oui,
quelques instants. Oui.
Le Président (M. Bachand) : Parfait. Alors, on va suspendre deux petites minutes. Merci
beaucoup.
(Suspension de la séance à 12 h 16)
(Reprise à 12 h 29)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. Donc, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
s'il vous plaît.
Mme Massé : Oui, M. le
Président. Alors, j'étais rendue à vous proposer, M. le ministre, un
sous-amendement que je vais vous lire ainsi : Sous-amendement à l'article 1.
L'amendement à l'article 1 est modifié de la manière suivante :
1° par l'ajout, dans le deuxième alinéa,
après les mots «avec des représentants» des mots... les mots, pardon, «désignés
en collaboration»;
2° par le remplacement, dans le deuxième
alinéa, des mots «des Premières Nations et des Inuits» — woups! Ah
oui — par les mots «les Premières Nations et les Inuits» — je
me suis surprise moi-même;
3° par le remplacement, dans le deuxième
alinéa, des mots «mécanismes de mesure» par le mot... «évaluations» — excusez;
4° par l'ajout, dans le troisième alinéa,
après «, doivent» du mot «notamment :».
• (12 h 30) •
Puis là, ça va être plus agréable, parce
que ça se lirait ainsi :
L'article se lirait ainsi :
«1. Santé Québec et tout établissement du
réseau de la santé et des services sociaux doivent adopter une approche de
sécurisation culturelle envers les membres des Premières Nations et les Inuits.
«Ainsi, Santé Québec et tout établissement
doivent — on espère que notre amendement continue à cheminer dans la
tête du ministre, avec «élaborer conjointement», mais pour le moment, on va
dire — développer avec des représentants désignés en collaboration
avec les Premières Nations et les Inuits, des mesures qui précisent les
pratiques culturellement sécurisantes et qu'ils entendent — pardon — mettre
en œuvre, les moyens à prendre pour cette mise en œuvre, l'échéancier de
celle-ci, l'impact souhaité par celle-ci et les évaluations de cet impact.
«Les pratiques culturellement sécurisantes
doivent notamment...»
Bon. Vous allez voir, je vais tout vous
expliquer ça, puis ça ne sera pas bien, bien compliqué. Je pense qu'hier, on a
beaucoup discuté, puis c'était vraiment intéressant, en tout cas, ça aide
d'avoir aussi des contributions des professionnels pour s'aider à se faire une
tête. Mais je discutais avec des alliés autochtones, hier, et c'est sûr que
leur expérience dans le système de santé et des services sociaux est une
expérience extrêmement traumatisante. Alors, il y a, des fois, peut-être que
vous allez avoir l'impression que je vais vouloir mettre la ceinture, puis les
bretelles, puis je ne sais pas quoi d'autre, pour dire qu'on va... on veut
protéger sincèrement puisque c'est de la <sécurisation...
Haut de la page
12 h 30 (version révisée)
<15421
Massé :
...puis je ne sais pas quoi d'autre pour dire qu'on va...
on veut protéger sincèrement puisque c'est de la > sécurisation
culturelle qu'on parle. Donc, il faut que nos frères et soeurs autochtones,
lorsqu'ils lisent ce qu'on aura finalement accouché, se disent : Ah oui!
Avec ça, là, je sens que je vais me sentir plus en sécurité et je sens que je
vais pouvoir aller voir mes commettants, parce que je discute beaucoup avec les
dirigeants politiques des premiers peuples. Il semble qu'ils vont pouvoir aller
voir leurs commettants pour dire : Bien, écoutez, on sent que le
gouvernement du Québec a fait un pas dans la bonne direction pour nous assurer
d'avoir des soins de santé égals, comme si... comme tous les Québécois et
Québécoises. Alors, c'est pour ça que...
Et là je vais expliquer chacune des
modifications que je vous propose, discuter avec vous. Premièrement, c'est
«désignés en collaboration», c'est-à-dire que l'expérience vécue par plusieurs
Premières Nations, élues ou non élues, là, je pense aux jeunes femmes
autochtones du Québec notamment, c'est que, souvent, nous, les allochtones, on
fait des choses vraiment avec le cœur ouvert, avec une bonne volonté, avec un
réel désir de casser les reins au colonialisme, mais, malheureusement, on fait
les affaires pour eux autres, on décide, entre guillemets, pour eux autres.
Alors, je me disais qu'une des façons de leur dire : Non, non, écoutez,
cette loi-là, dans la sécurisation culturelle, dont vous êtes les seuls qui pouvez
nous dire si on fait bien une job, bien, dans l'article 1, qui est
constitutif, qui donne... qui donne le cadre, l'inspiration pour le reste du
projet de loi, bien, on vient placer, d'entrée de jeu, que — bon, j'espère,
puis, je vais le redire encore — mon premier sous-amendement qui
disait... qui disait «élaborer conjointement avec les représentants désignés en
collaboration avec les Premières Nations». Alors, ici, ce que je viens essayer
de faire, c'est de dire aux Premières Nations : Vous pouvez être assurées,
cette fois-là, on se donne, nous, allochtones, l'obligation de vous consulter,
d'être avec vous pour même désigner les gens, pas juste pour travailler
conjointement. Ça, on s'est, j'espère, donné l'obligation avant, mais pour savoir
qui va être les vis-à-vis, conjointement avec les gens des établissements,
bien, les Premières Nations vont avoir leur mot à dire là-dedans. Et c'est ce
que j'essaie de venir insuffler ici.
Peut-être juste une petite parenthèse,
parce que ça fait quelques fois que j'utilise le mot et je ne voudrais surtout
pas offusquer les gens, j'utilise le mot «allochtone». C'est une façon, je
pense, qu'on a trouvée, dans notre histoire récente, de dire : Bien, il y
a des gens qui sont vraiment les tributaires du territoire, qui sont ici depuis
des millénaires, qui se transmettent, de génération en génération, des droits
ancestraux qu'on appelle, sous le grand chapeau des autochtones,
particulièrement les Premières Nations. Et le terme «allochtone» veut dire ,
bien, tous les autres qui ne sont donc pas autochtones, qui sont autres qu'autochtones.
C'est un terme qui est quand même assez courant, utilisé, qui est peut-être un
peu moins heurtant — vous allez m'entendre, des fois, dire «les
Blancs — qui est peut-être un peu moins heurtant que ce terme-là. Et je
fais moi-même l'effort, là, pour l'éviter, pour ne pas heurter personne. Parce
que l'idée, ce n'est pas de se heurter mutuellement, c'est d'essayer de trouver
les chemins de passage. Et je pense que le terme «allochtone» ne devrait pas...
en fait, j'espère qu'il n'est pas blessant pour personne, puisqu'il ne fait
dire... il ne dit que les personnes qui ne sont pas autochtones. Bon, alors,
voilà. Donc, j'ai fait ma parenthèse pour toute l'étude détaillée, je n'y
reviens plus.
Donc, j'ai fait «désignés en
collaboration», puis là, bon, «les» au lieu de «des», c'est une question de <langage...
Mme Massé :
...Donc,
j'ai fait «désignés en collaboration», puis là, bon, «les» au lieu de «des»,
c'est une question de > langage, ça va être plus simple.
Le coeur de mon autre sous-amendement,
c'est la question d'évaluation. Et là je vais rentrer un peu dans ce que moi,
j'en ai compris du monde des Premières Nations et des Inuits et de leurs façons
de faire et de leurs façons de voir. C'est-à-dire que c'est sûr que nous, dans
notre monde à nous autres, on a appris, puis c'est souhaitable, à... On a
développé, en fait, un vocabulaire qui nous... qui nous ressemble, qui est
collé à notre culture, qui est... que, lorsqu'on le dit autour de nous,
généralement, les gens saisissent ce que ça veut dire. Et ça, je comprends que
ça a donné naissance au terme «mécanismes de mesure». Ce qu'on comprend... Ce
que moi, je comprends, comme allochtone, dans «mécanismes de mesure», c'est des
mécanismes qui vont me permettre d'évaluer, de mesurer, d'évaluer c'est quoi,
les impacts de ce qu'on va s'être donné comme... comme plan d'action ou comme
mesures sécurisantes ou comme pratiques culturellement sécurisantes. Alors...
Et ce pourquoi... Vous seriez légitime de
dire : Bien non, Manon, là, tu essaies de mettre quatre trente-sous pour
une piasse. Ce qui est, à mon sens, différent de voir le mot «évaluation»
apparaître là, puisque je pense qu'il représente clairement l'esprit de ce qui
était écrit dans l'article n° 1 du ministre, c'est
que, quand on prend des mécanismes de mesure, on est souvent très statistique,
factuel. Puis je le sais que, les gens qui sont assis à la banquette en avant,
votre chef, notamment, en a fait sa marque de commerce de dire : Moi, je
suis quelqu'un qui — je pense que, d'ailleurs, il utilise le mot
«évaluer», mais... — je suis quelqu'un qui aime savoir avec des tableaux
indicateurs, des... je veux savoir où ce qu'on s'en va. C'est parfait. On veut
• (12 h 40) •
Dans le mot «évaluation», particulièrement
utilisé dans la bouche des autochtones, des Premières Nations et des Inuits, ce
n'est pas seulement : On a-tu fait les 18 mesures qu'on s'était dit
qu'on ferait pour atteindre notre objectif? On est-tu capable de cocher ces
mesures-là? Donc, «mécanismes de mesure», ou ce que souhaitent plus les gens
des Premières Nations, c'est que cette... ce qu'on vient placer, le devoir de
Santé Québec, avec... conjointement avec les Premières Nations, c'est de
s'assurer que ce qu'on a mis en place, ce n'est pas rien que des mesures qu'on
a cochées, mais qui atteignent l'objectif qu'on s'est visé... qu'on a visé,
pardon, qui est l'objectif de la sécurisation culturelle. Et donc là on est
dans quelque chose de beaucoup plus holistique, puisque, pour évaluer les
outils, les processus, les... ce qu'ils décideront de mettre en place, je ne
veux pas... Ce n'est pas rien que des mesures. Des mesures, ça se coche. Une
évaluation, il faut que tu t'assoies puis tu te parles, parce que c'est, surtout
en matière de sécurisation culturelle, une expérience qu'on veut évaluer, c'est est-ce
que toi, comme citoyen autochtone, mettons des Premières Nations, est-ce que
toi... comme citoyen des Premières Nations, quand tu es venu dans notre système
de santé allochtone, c'est quoi, l'expérience que tu as vécue? Et est-ce qu'on...
Est-ce que tu t'es senti en sécurité en venant nous visiter? Alors, la notion
d'évaluation, pour moi, elle amène ça.
Premièrement, et le ministre l'a dit plus
tôt, dans nos échanges d'il y a quelques jours, c'est que la notion même de la
santé, chez les autochtones, n'est pas du tout la même que la nôtre. Ça peut
nous <apparaître...
Mme Massé :
...même
que la nôtre. Ça peut nous > apparaître un peu bizarre, mais cette idée
de mieux-être part du principe que tu es toujours en train d'améliorer ta
santé, si je reprends nos mots à nous. Ça fait que, donc, vous comprendrez que
juste des mesures qu'on va évaluer... qu'on va cocher, ça ne sera pas
satisfaisant pour être capable d'évaluer l'expérience vécue par ces gens-là
lorsqu'ils rentrent dans nos systèmes de santé et de services sociaux.
Et je termine, avant de vous donner la
parole, M. le ministre, puis peut-être que mon collègue aussi veut réagir, là,
sur la question du «notamment». Ça, ça m'apparaît plutôt une évidence, parce
qu'encore là on est en train, nous, allochtones, d'écrire un projet de loi pour
permettre à nos frères et soeurs autochtones de se sentir en sécurité dans nos
institutions. Bien, je comprends que les quelques... les quelques indications
qui sont données dans le projet de loi, il y en a... il y en a quelques-unes,
là, cinq, six, que c'est des indications, parce qu'inévitablement il y aura
d'autres éléments qui vont faire
partie des pratiques, culturellement — il
y a une faute d'orthographe, mais ce n'est pas grave, tenez-en pas compte — les
pratiques... bon, qui nous permettra de nous assurer que nos frères et soeurs,
effectivement, se sentiront en sécurité.
Ça fait que, donc, c'est pour ça que je me
disais, puis peut-être que j'aimerais entendre le ministre là-dessus, qu'il
faudrait ajouter un petit «notamment», à la fin de cette phrase-là, pour dire
aux gens qui auront cette responsabilité-là de faire ça, de dire : Bien,
écoutez, ce n'est pas... ce n'est pas... ça, c'est des indications, c'est
intéressant, mais ça peut être autre chose aussi. Et c'est pourquoi je vous
propose de... d'inscrire le «notamment».
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Pour votre
information, il va vous rester 6 min 35 s de droit de parole,
Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Puis je l'ai dit au micro hier, je vais le redire
encore aujourd'hui, pour ce qui a été proposé hier, de changer «développer», on
est toujours dans cette même réflexion, ça fait que ça ne change pas. Et hier,
on avait une discussion aussi entre «établir» et «favoriser», celle-là, on
avait... on avait une discussion qui nous avait amenés à un autre résultat.
Mais ma réflexion continue sur le premier, puis je ne change pas.
Plusieurs points. Écoutez, l'article 1,
on l'a dit, hein, je pense que... de mettre ensemble, là, c'est la base de tout
ça, ça fait que c'est normal que ça... qu'il y ait beaucoup d'échanges puis
c'est... Toutes les questions qui sont posées, là, on est vraiment dans quelle
est l'intention, comment ça a été pensé puis qu'est-ce qu'on veut atteindre. Ça
fait que je suis heureux de cet échange-là. Je vais y aller dans le désordre.
Je vais commencer avec «mécanismes de mesure» versus «évaluations». Puis j'ai
compris ce que la collègue dit, puis on est en réflexion, on le regardait, et
ce n'est pas avec l'ensemble de mesures, mais vraiment un mécanisme qui va
servir à mesurer l'impact.
Ce que je veux dire par là, la collègue,
je l'écoutais, puis je me disais : OK, si je m'en viens dire qu'il y a juste
des mesures à mettre en place, des mesures, je peux en établir cinq, cinq
mauvaises, cinq à côté de la track, on jase, puis je peux avoir réussi
100 % des mesures que j'ai faites. Mais là on parle de mécanismes pour
mesurer l'impact. Alors, je faisais une analogie, comme employé, je pense que
c'est plus difficile d'avoir un mécanisme qui va mesurer ce que je fais que me
faire évaluer globalement, avec pouce en l'air, pouce en bas. Là, on y allait
vraiment avec un mécanisme de mesure. Puis n'oublions pas, si on revient encore
à nos poupées russes puis on revient avec, dans l'ensemble, ce que ça veut
dire, on doit le développer avec nos partenaires des Premières Nations et
Inuits. Ça fait que ça, c'est la première partie, mais, encore là, on continue
l'échange.
Pour le deuxième bout, quand on disait
«les pratiques culturellement sécurisantes doivent», là on voulait rajouter
«notamment», je comprends très bien la volonté de la collègue. Quand on dit
«doivent», c'est un minimum, quand on dit «doivent», puis on en a cinq, les
points qui sont là, c'est obligatoire, mais ce n'est pas un maximum du tout.
Alors, quand on dit «doivent», c'est le minimum que je vous impose. On doit
minimalement être présent cinq jours... être sept jours, si vous voulez, ça
fait qu'on peut en rajouter. Rappelez-vous qui va décider ça, qui va mettre ça
en place, le comité avec les Premières Nations et les Inuits, qui sont encore
les mieux placés pour dire : Attends un peu, là, c'est bien beau, ce qui a
été mis là, mais c'est un minimum, nous autres, on veut en rajouter d'autres,
ça va se faire ensemble. Encore une fois, puis je le sais, je vous dis <souvent...
M. Lafrenière :
...puis
je le sais, je vous dis > souvent la même chose, pour éviter le mur-à-mur.
L'autre point, puis ça peut sembler
vraiment être un point de français, quand on dit «les» au lieu de «des», bien,
ce n'est pas un changement de français, c'est majeur. Et ça, c'est une
discussion qui est fort intéressante, mais qui va demander plusieurs mois, en
toute transparence et honnêteté, puis ma collègue le sait, ce que j'ai déjà
proposé, un grand chantier à l'APNQL. Quand je dis : Qui sont les
interlocuteurs... Parce que, si je prends ça au sens strict aujourd'hui, puis
je sais que ma collègue, elle ne veut pas ça, je ne pourrais pas travailler
avec Femmes autochtones Québec, au sens strict. Je ne pourrais pas travailler
avec une grande chercheuse qui s'appelle Suzy Basile, qui a fait un travail
incroyable sur les stérilisations forcées. Je ne peux travailler avec le réseau
des centres d'amitié autochtones du Québec. Je ne pourrais travailler avec
l'ARK. Puis ce n'est pas ce qu'on cherche, je le sais, je vous dis juste
l'effet. Puis, hier, on a parlé d'un effet pervers parfois, et ça, vous le savez,
cette grande discussion là, on doit l'avoir, puis ce n'est pas à nous de
décider, mais on tente d'être inclusifs puis avoir des gens qui peuvent venir
changer, si vous voulez, notre réflexion. Et l'effet pervers, parce qu'on l'a
regardé, l'effet pervers, c'est que là on pourrait exclure des groupes qui sont
fort importants. Puis ce n'est pas pour rien que le législateur, dans notre
article, on a... inclus, pardon, une réalité sur les femmes, les filles
autochtones, ce n'est pas pour rien, on trouve, c'est important. Si, dans cet
article, par un effet pervers, on venait exclure «femmes autochtones», je
connais assez bien, M. le Président, ma collègue d'en face, ce n'est pas ce
qu'elle veut, je le sais.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Interventions?
Mme Massé : Oui.
Le Président (M. Bachand) :
M. le député... Juste, OK, allez-y, Mme la députée, mais,
comme je vous disais tantôt, il vous reste 6 min 35 s sur le
sous-amendement.
Mme Massé : Bien, en fait,
c'est juste sur le «doivent», je veux juste que vous m'assuriez que, dans le
fond, c'est dans le corpus, c'est toujours de même, parce que ce n'est pas de
même comme... intuitivement, que moi, je le sens. Alors, pour que je puisse
m'en assurer. Puis je suis en train de réfléchir, parce que ce que vous me
dites, M. le ministre, c'est «désignés en collaboration», vous n'en avez pas
parlé, mais je le déduis avec, mettons que je reste dans votre logique, «des
Premières Nations»... c'est ça, là, vous ne m'avez pas parlé de «désignés en collaboration».
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
• (12 h 50) •
M. Lafrenière : Alors, encore
une fois, dans le désordre, je vais commencer avec l'autre point. Allons-y avec
le «doivent» et «notamment». Puis, M. le Président, comme on a déjà eu le
consentement en début de journée, on peut continuer avec notre légiste qui va
nous parler du corpus législatif. Je pense que ça va être beaucoup plus
crédible que moi.
Le Président (M.
Bachand) : Maître, oui.
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) : Alors, ici, on permet, dans le
deuxième alinéa, de développer des mesures. Donc, on donne la possibilité de
développer des mesures selon le bon vouloir, là... ils les développent
ensemble, de Santé Québec et des représentants des Premières Nations et des
Inuits. Maintenant, dans le deuxième alinéa, on vient dire : Ces
mesures-là, une petite particularité, une obligation, elles doivent absolument
comprendre, et là on a l'énumération 1 à 5. Donc, le «notamment» est déjà
inclus dans l'ensemble de la volonté de la disposition, parce qu'on dit :
Ils font toutes les mesures qu'ils jugent à propos, mais ils incluent
obligatoirement celle-ci.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, je ne m'en
suis pas sauvé pour le deuxième, je le sais.
Mme Massé : Non.
M. Lafrenière : On était
justement à relire. Puis, tu sais, quand on se dit, des fois, on propose des
choses, ça nous fait réfléchir, on se dit : Assurons-nous que ce qu'on se
dit aujourd'hui, dans 10 ans, ça va être interprété de la même façon, puis
je le lisais avec intérêt puis je me disais : OK, ce qu'on semblait dire,
puis laissons de côté le «développer», là, puis «élaborer conjointement», ça,
on a jasé, «avec des représentants désignés en collaboration avec des Premières
Nations et des Inuits», je me dis, à la finale, si moi avec... Dans le fond, je
choisis avec qui je travaille quand même, j'essaie de voir la plus-value, puis
je l'entends, là, puis je ne suis pas contre, j'essaie juste de voir la
plus-value, parce que, dans le fond, je pourrais quand même décider de
travailler avec des représentants X ou Y. Encore une fois, puis on le sait
qu'on fait des choses différemment, là, je ne suis pas fermé, puis j'essaie
juste de voir ce qu'on va aller chercher de plus. On peut continuer notre
échange, je ne sais pas si vous me permettez, collègue, on peut continuer notre
échange sur d'autres sujets puis... Je pense qu'on était dans une période
d'échange, de toute façon, là.
Le Président (M.
Bachand) : J'aimerais peut-être qu'on
entende quand même le député d'Acadie, il reste quelque temps avant la
suspension sur l'heure du midi. S'il vous plaît. M. le député d'Acadie.
M. Lafrenière : C'est bon.
M. Morin : Oui. Merci, merci,
M. le Président. Et merci, maître, pour vos explications quant à
l'interprétation du texte de loi. C'est très apprécié.
Maintenant, moi, j'aurais une question
pour M. le ministre, et en lien avec le sous-amendement qui nous est <présenté...
M. Morin :
...le
sous-amendement qui nous est > présenté par ma collègue la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Dans le libellé que vous proposez, si on fait abstraction du sous-amendement,
il est clair, en tout cas, c'est ce que dit le texte, que «Santé Québec et tout
établissement doit développer, avec des représentants des Premières Nations et
des Inuits, des mesures». Donc, il y a une obligation, c'est un «doit», ce
n'est pas un «peut». Mais où c'est moins clair pour moi, c'est : Qui les
choisit? Qui les nomme? Et, à moins que je ne me trompe, je pense que le
sous-amendement de ma collègue essaie de préciser ça. Parce que, comme c'est
là, puis peut-être que mon interprétation, elle n'est pas bonne, mais moi, je
pourrais, comme haut dirigeant de Santé Québec, dire : Le législateur m'a
donné une obligation, donc, j'invite A, B, C. Je l'ai fait, ils répondent oui
ou non, mais ce n'est peut-être pas la meilleure façon de travailler avec les
Premières Nations et les Inuits.
Donc, c'est la question que j'ai, compte
tenu du libellé actuel puis du sous-amendement déposé par ma collègue.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup, M. le député de
l'Acadie. M. le ministre, une minute, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Une minute?
Le Président (M.
Bachand) : Oui.
M. Lafrenière : OK. On va y
aller rapidement. Et je comprends très bien la logique du collègue, puis,
justement, de la discussion que ça a générée de notre côté. Puis, des fois, il
faut faire référence à des choses qu'on n'a pas vues encore, il y a le comité
national, que vous l'avez... Vous avez lu le projet de loi avec intérêt, puis on
est conseillés. Tantôt, je parlais du conseil d'administration de Santé Québec
avec le docteur Vollant. Puis je vais juste nous rappeler une chose, là.
Aujourd'hui, on vient baliser puis s'assurer qu'il y a une base commune, mais,
sur le terrain, il y a déjà des choses qui se font, là. Les établissements
travaillent déjà en majorité, partout où il y a une bonne présence, avec des
communautés, ça se fait déjà. D'un autre côté, si on vient lister, puis là, je
reviens au même débat qu'on a eu tantôt, on vient lister les représentants, on
inclut qui, quoi, est-ce qu'on oblige? C'est un petit peu l'intention du
législateur. Ils doivent le faire, c'est clair. Mais je comprends ce que le
collègue veut éviter, c'est-à-dire d'exclure des gens. On est à la même place,
Le Président (M.
Bachand) : Très rapidement, parce que je
dois suspendre.
M. Morin : Mon point n'est
pas d'avoir une liste ou une énumération, mais de dire qu'il faut qu'il y ait
une véritable collaboration dans le choix des personnes qui vont développer ces
mesures avec Santé Québec.
Le Président (M.
Bachand) : Merci.
M. Morin : Et je comprends
qu'il y a des choses qui se font sur le terrain. Mais enfin, bref, on
continuera cet après-midi, là, mais vous avez une idée de ma pensée.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Donc, compte
tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 14 heures.
Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 12 h 55)
Haut de la page
14 h (version révisée)
(Reprise à 14 h 08)
La Présidente (Mme Boivin Roy) :
Alors, bonjour à tous. La Commission des institutions reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du
projet de loi n° 32, Loi instaurant l'approche de
sécurisation culturelle au sein du réseau de la santé et des services sociaux.
Alors, lors de la suspension de nos
travaux cet avant-midi, nous en étions à l'étude du sous-amendement à l'amendement
de l'article 1, alors, le sous-amendement de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
M. le député de l'Acadie, la parole est à vous.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, effectivement, juste avant la pause du midi, j'étais en
train, en fait, de souligner l'aspect, je dirais, positif du sous-amendement
qui a été déposé par Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, parce que je
comprends que le sous-amendement vise, en fait, à s'assurer que, lorsque les
mesures seront développées, c'est ce que prévoit l'article 1, Santé Québec,
la façon dont c'est présenté, donc, devra développer les mesures avec des
représentants des Premières Nations et des Inuits, mais la désignation de ces
représentants devra se faire en collaboration avec des représentants des
Premières Nations. Et je vous disais que je pense que c'est... en fait, c'est
intéressant.
Et ma question que je posais à M. le
ministre juste avant qu'on suspende, quand on lit la disposition, sans le
sous-amendement qui est présenté par ma collègue la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
on dit que Santé Québec, et tout établissement, d'ailleurs, doit — donc
c'est une obligation — développer avec des représentants des
Premières Nations et des Inuits, mais on ne dit pas qui ou comment, surtout,
ils seront choisis ou nommés. Et... Parce que, si on veut s'assurer que ce
projet de
loi sur la sécurisation culturelle atteindra véritablement ses
objectifs, donc, de sécurisation culturelle, bien, il faudrait s'assurer que ce
soit fait conjointement, de concert, en collaboration, et je pense que le sous-amendement
ajoute, précise. Mais M. le ministre peut peut-être nous renseigner pour me
dire si ma lecture et l'effet du sous-amendement apportent un élément de
précision ou si l'amendement qu'il a lui-même suggéré en arriverait finalement
au même résultat.
• (14 h 10) •
La Présidente (Mme Boivin Roy) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, Mme la Présidente.
Une voix : ...
M. Lafrenière : Oui. C'est
parce qu'on était prêts. Nous autres, on attend vraiment, vous allez voir, là,
on attend vraiment vos directives, parce qu'on fait ça dans l'ordre. Mme la
Présidente, le collègue amenait beaucoup de points, puis c'est un petit peu ce
qu'on avait comme discussion tout à l'heure. Puis je remercie le collègue de l'Acadie,
là, ça nous a permis de bien nous ramener où on était tantôt, puis je vais
partir sur les deux éléments.
Encore une fois, je vais commencer à l'envers.
Quand on commençait par parler des mécanismes de mesure, ça, je pense, c'est
important de le remettre dans son ensemble parce qu'on dit : «...l'échéancier
de celle-ci, l'impact souhaité par celle-ci et les mécanismes [de mesure]»,
donc les façons d'évaluer. Et je comprends de... Parce que, depuis tantôt, on
en parle un petit peu, là, ce n'est pas une série de mesures, c'est des
mécanismes servant à mesurer l'impact. Ça fait que, ça, je pense que c'est
important dans notre... dans ce paragraphe-là.
Autre élément dans ce qui a été mentionné,
puis on avait la discussion avant de partir tout à l'heure, quand on disait «les
Premières Nations» ou «des Premières Nations», puis ça, on avait eu un bel
échange en se disant : Il y a une discussion à avoir au Québec, Mme la
Présidente... Puis on a déjà offert le forum, entre autres, à l'APNQL en disant :
Nous devrons établir ensemble, quand on dit «nation à <nation...
M. Lafrenière :
...quand
on dit nation à > nation», qui représente les Premières Nations, puis ce
n'est pas à nous, le gouvernement, de déterminer qui ce sera. La façon dont on
l'a écrit, on voulait être le moins restrictif possible, parce qu'on voulait,
exemple, que des groupes comme <i>femmes autochtones, comme le <i>réseau
des centres d'amitié du Québec, des personnes de renom comme Suzy Basile, qui a
travaillé très fort justement pour faire le portrait des stérilisations forcées,
soient impliqués.
Pour ce qui est du danger, puis je
comprends ce que le collègue me demande, si on laisse comme c'est là,
aujourd'hui, est-ce qu'il y a un danger qu'il y ait ce qu'on appelle en bon
français un «pick and choose» ou un «cherry picking» à savoir qui ils vont
choisir ou pas? Je pense qu'il y a deux éléments, puis il y a... c'est des
éléments qu'on n'a pas vus encore dans l'article 2. On vient de dire qu'il
y a un comité, un comité qui va être créé qui va répondre directement au
ministre, parce qu'on se rappellera, on a déjà parlé d'imputabilité, qu'au
final c'est le ministre. Alors, on veut un comité pour conseiller le ministre
pour vérifier ce qui se passe. Et n'oubliez pas non plus qu'au niveau de la
transparence, on met en place une obligation annuelle de rendre compte des
mesures de ce qui a été fait, et ce qu'on veut créer, Mme la Présidente, on
veut qu'entre établissements, bien qu'il y ait des réalités différentes, et ma
collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques m'a entendu le dire plusieurs fois,
qu'on ne faisait pas de mur à mur, même si c'est différent, on veut quand même
avoir un partage des bonnes pratiques puis on veut quand même aussi encourager
les gens à se surpasser puis à faire de meilleures pratiques.
Ça fait que je pense que, pour répondre à
la question de mon collègue, ma longue réponse, il y a un mécanisme qui existe
où on dit : Il y a une transparence, les gens vont pouvoir voir et juger
par eux-mêmes de ce qui est fait, et on dit qu'il y a l'obligation de le
développer avec les Premières Nations et les Inuits, pour ce qui est des
groupes qui seront là. En passant, Mme la Présidente, c'est possible que, dans
un endroit, un groupe décide de ne pas joindre l'aventure pour le moment, parce
qu'ils ont leurs craintes, leurs réserves. Puis on l'a entendu, hein? On a
entendu des groupes qui nous ont dit : Écoutez, nous autres, la confiance,
là, ce n'est pas gratuit. Ça fait que ça se peut qu'il y en ait qui décident de
ne pas embarquer pour le moment. Moi, je pense, madame... je suis persuadée,
Mme la Présidente, que ce qu'on met devant nous, l'amendement que j'ai
présenté, nous assure de ça, par des... par beaucoup de mécanismes. C'est entre
autres quand on dit qu'ils doivent le développer ensemble et entre autres quand
on dit qu'il y a un comité et qu'on dit aussi qu'il y a une transparence, que
tout va être mis, une fois par année, à l'oeil du public. Je pense qu'on a ceinture,
bretelles et plus encore, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Boivin Roy) :
Merci. M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. J'ai écouté M. le ministre avec beaucoup d'attention, mais... enfin,
pour ce que ça vaut. L'interprétation que je fais des dispositions ne m'amène
pas nécessairement au même endroit que M. le ministre parce que... Bon, M. le
ministre faisait référence au comité national sur la sécurisation culturelle
qui est prévu à l'article 2.1 du projet de loi. Je travaille avec le texte
que nous a remis M. le ministre, donc, avec des modifications qu'il avait,
qu'il a apportées au projet de loi. À 2.1, moi, dans... en tout cas, dans
l'exemplaire que j'ai, il ne semble pas y avoir de modifications. Il y en aura
peut-être là, mais je prends le texte que j'ai devant moi. Si ce n'est pas le
bon ou le plus récent, corrigez-moi, mais ça dit :
«Un comité national sur la sécurisation
culturelle, dont la formation est prévue par règlement du ministre, est chargé
de lui donner son avis sur les matières suivantes :
«1° la prestation des services de
santé [...];»
«2° l'approche de sécurisation
culturelle [...];», et là on a un «notamment le déploiement des pratiques», «l'impact
des pratiques», «les programmes de formation» et le règlement «prévoit les
règles de fonctionnement du comité».
Mais ma compréhension de cette
disposition-là, puis on aura la chance d'en débattre éventuellement quand on
sera là, mais... L'idée d'un comité national, ce n'est pas une mauvaise chose,
loin de là, mais ce que ça dit, en tout cas, moi, ce que je comprends que ça
dit, c'est qu'il va y avoir un comité national, il va être formé par règlement
du ministre, puis là on pourrait avoir un argument sur la façon dont il va être
formé puis le règlement du ministre, et il va donner des avis. Mais ça ne fait
pas en sorte que... quand on revient à l'article 1, que ceux qui vont
travailler avec Santé Québec pour développer des mesures qui précisent les
pratiques culturellement sécurisantes vont être désignés en collaboration avec
les Premières Nations. Et je pense que l'avantage, l'attrait du sous-amendement
qui est déposé par ma collègue la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, moi,
je pense que c'est là que ça devient intéressant parce que ça vient préciser, et
puis on pourra avoir le débat à l'article 2.1, là, mais revenons à cet
article-là, ça vient préciser que Santé <Québec...
M. Morin :
...Santé > Québec,
là, ne peut pas décider seule qui des Premières Nations et des Inuits vont
travailler et développer des mesures. La lecture que j'en fais présentement, si
je n'ai pas la bonne, bien, on me corrigera, mais la lecture que je fais, là,
c'est que Santé Québec n'a pas le choix, doit développer avec des représentants
des mesures. Ça, c'est clair. Mais qu'est-ce qui me garantit, avec le libellé
actuel, que Santé Québec ne dira pas : Nous, on a fait une évaluation, on
pense par exemple que, dans tel, ou tel, ou tel établissement, il y a peut-être
plus de patients des Premières Nations et des Inuits, donc on invite des gens
de ces établissements-là, bonjour? Ils les acceptent et, bon, évidemment, ils
vont travailler ensemble, mais il n'y a pas... je ne vois pas l'aspect de
collaboration, de coopération.
Puis je le souligne, parce que, depuis le
début de l'étude
article par
article du projet de loi, puis M. le ministre y a
fait référence, on est sorti du cadre. Et ma collègue la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques
nous a invités de le faire, a fait des propositions. Puis on a eu la chance de
se rencontrer en dehors du cadre, pendant deux soirées, où on a échangé,
puis je pense qu'à la fin de ces échanges-là, en tout cas pour moi, ça a été
très inspirant. Puis on a... on a un début, là, je pense, d'échange fructueux.
Mais ce que je retiens des discussions qu'on a eues en dehors du cadre
peut-être plus formel de la commission, c'est qu'il y a un intérêt de part et
d'autre. Mais ce que je ne voudrais pas, c'est qu'on adopte éventuellement une
disposition qui nous ferait reculer là-dessus.
• (14 h 20) •
Et c'est pour ça que je trouve que le
sous-amendement est intéressant. Avec la précision qui est apportée, non
seulement Santé Québec, c'est ce que je comprends, va devoir développer des
mesures avec des représentants, mais ils vont être désignés en collaboration
avec les Premières Nations et les Inuits. Et je pense qu'il est... il est
essentiel, effectivement, que ce soient les Premières Nations et les Inuits qui
les... qui les désignent. Moi, je suis... sincèrement, je suis qui pour décider :
Ah! ça va être un plutôt que l'autre, ça va être un groupe plutôt qu'un autre,
ça va être une nation plutôt qu'une autre. Ça, ça n'a... Il faut... il faut
respecter que ça, ça appartient aux Premières Nations et aux Inuits. Donc... Et
mon point est là.
Puis je vous écoutais attentivement, M. le
ministre, mais, avec respect, vous ne m'avez pas convaincu, si on ne met pas le
sous-amendement qui a été apporté par ma collègue la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Merci.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Merci.
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je vais y aller de façon technique, puis je vais
aller un petit peu plus large après ça, pour me ramener dans le temps. Quand on
allait à 2.1, cher collègue, on parlait d'un comité national, c'est ce comité
national qui va avoir comme travail de conseiller le ministre pour lui dire
justement les bonnes pratiques. Puis, si vous regardez même à la fin, puis je
ne veux pas refaire l'article 2.1, là, on va me dire qu'on n'est pas là,
là, mais j'aime beaucoup l'ouverture, quand on dit : Le règlement prévoit que
«les règles de fonctionnement du comité, les modalités d'administration de ses
affaires ainsi que ses autres fonctions, devoirs et pouvoirs», donc, vont être
déterminés. On laisse beaucoup de latitude. Mais ce qu'on veut faire, c'est
exactement ce que le collègue a dit tout à l'heure, on veut s'assurer que les
façons de faire vont être guidées, inspirées, travaillées avec, développées
ensemble, pour reprendre une expression qu'on a utilisée, pour s'assurer que le
ministre, une fois qu'il reçoit ça, bien, il va... c'est la commande qu'il va
passer à Santé Québec. Ça, pour moi, c'est... c'est très clair. Puis c'est...
c'est ce qu'on envoie comme message aujourd'hui.
Moi, il y a juste un point, cependant,
puis je pense que c'est important aussi. Le collègue dit : Il ne faudrait
pas reculer. Il n'y a pas personne qui veut reculer ici aujourd'hui. Puis je
fais juste nous rappeler une chose, il n'y a jamais eu de loi qui a été faite
pour inscrire la sécurisation culturelle. Ça fait que je comprends, en tout
respect avec le collègue, je comprends très bien ce qu'il dit. Il faut vraiment
être prudents. Parce qu'on veut... on veut le meilleur projet de loi, mais je
veux nous rassurer aussi en se disant : Ce qu'on fait, on s'en va dans des
talles qui n'ont jamais été faites. C'est très clair, on avance comme jamais
personne n'a avancé, et là, on s'en va dans une sécurisation culturelle qui n'a
jamais été inscrite non plus. Mais j'espère avoir convaincu mon collègue, qui
m'a dit tantôt, en tout respect, que je n'avais pas réussi. Mais pour nous,
c'est clair.
Puis je vais... je vais relire le début de
l'article. Quand on s'en vient dire que «Santé Québec et tout <établissement...
M. Lafrenière :
...que
Santé Québec et tout > établissement doivent développer avec des
représentants», «doivent» est... c'est assez fort, ce n'est pas une... «peut-être»
ou «ça nous tente». Puis, quand je termine avec les mécanismes de mesure, bien
que je comprenne très bien ce qu'on propose, avec «évaluations» en passant,
moi, je pense, quand on dit «mécanismes de mesure», et non pas «des mesures»,
pour nous autres, c'est pour mesurer cet impact-là, voir comment les gens les
apprécient. Je pense, encore une fois, qu'on est en ceinture, bretelles, mais
je respecte l'opinion de mon collègue.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Merci,
M. le ministre. M. le député de l'Acadie, alors, il vous reste neuf minutes
sur le sous-amendement.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, écoutez, on... M. le ministre, on s'entend sur «doivent»,
là, ça, c'est sûr, c'est une obligation. Mais pour le reste, personnellement,
moi, j'hésite encore parce que... et puis on en reparlera après, à 2.1, 2.2, là.
Mais moi, ce que je voudrais voir dans la loi, c'est un mécanisme qui va faire
en sorte qu'on va être certain que ces représentants-là vont être nommés en
collaboration avec les Premières Nations et les Inuits. Et présentement, dans
le projet de loi tel que rédigé, je ne le vois pas, je ne le vois pas. Et
théoriquement un établissement de santé pourrait nommer des gens, mais ça ne
serait pas nécessairement fait en collaboration.
Comme je vous disais tantôt, une fois
qu'ils sont nommés, c'est sûr qu'ils vont devoir travailler ensemble. Vous
l'avez dit, M. le ministre, je suis d'accord avec vous, le projet de loi dit
«doivent». Alors, c'est une obligation, mais moi, j'en suis à la... au
processus de sélection, de nomination des représentants. Et, je le répète, ce
sous-amendement de ma collègue la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques apporte
une clarification... en fait, impose, écrit véritablement noir sur blanc, qu'il
faut qu'il y ait une collaboration qui soit faite, et ça ne peut pas être fait
unilatéralement. Et ça, je pense que c'est une avancée importante, parce qu'on
parle justement de sécurisation culturelle. Merci.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Merci
beaucoup. M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, encore une fois, je pense qu'on pourrait
faire intervenir notre légiste pour commencer, nous guider dans notre réflexion.
Puis je terminerai, chers collègues.
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) : Hélène Dumas-Legendre, avocate
légiste au ministère de la Justice.
Alors, dans la rédaction actuelle du
deuxième alinéa, ce qui est proposé, c'est l'obligation de développer avec les
Premières Nations et les Inuits, l'intention étant de les inclure tous.
Maintenant, ce n'est pas réaliste de penser qu'ils seront tous assis autour de
la table. Donc, on leur permet, à eux, de se choisir des représentants et de
les proposer comme tels. Donc, dans la rédaction actuelle, ce sont les membres
des Premières Nations et les Inuits qui vont choisir leurs représentants et qui
vont les suggérer pour participer au développement des mesures avec Santé
Québec.
M. Morin : ...
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Je
vais vous donner la parole, si vous le permettez, M. le député.
M. Morin : Bien sûr, avec
plaisir, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : M.
le député de l'Acadie, la parole est à vous.
M. Morin : Merci. Je ne vois
pas, dans le projet de loi tel que vous l'avez lu, en l'absence du
sous-amendement... Je comprends que c'est sûrement l'intention du législateur,
mais moi, comme je vous dis, quelqu'un pourrait en arriver — en tout
cas, à mon avis — avec une interprétation tout à fait différente. Et
ça ferait en sorte que des Premières Nations et des Inuits vont devoir
travailler, c'est sûr, mais qui va les choisir, comment ils vont être choisis,
quels représentants? Ça pourrait être fait par Santé Québec et un établissement
sans que ce soit fait en collaboration avec eux. Et je pense... en tout cas, je
vous le soumets, mon interprétation pourrait être aussi valide. Je comprends
votre intention, mais je ne trouve pas que l'intention du législateur est
reflétée précisément dans le texte de loi tel qu'il est rédigé présentement.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Merci.
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) : Dans la rédaction actuelle, la...
le... pour que les représentés, donc les Premières Nations et les Inuits,
soient correctement représentés, c'est eux qui l'ont... qui ont la légitimité
de choisir par qui ils sont représentés. Donc, le représentant devient le <choix...
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) :
...devient le > choix
du représenté, Premières Nations, Inuits. Si on ajoute une rédaction comme
celle qui est proposée, donc «désignés en collaboration», ça veut dire que
Santé Québec et les établissements viennent aussi décider qui sera le
représentant des représentés. Ça vient faire intervenir Santé Québec et les
établissements dans le choix des représentants. Alors que, là, on laisse 100 %
de latitude aux représentés, donc aux Premières Nations et Inuits, de choisir
leurs représentants.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : M.
le député de l'Acadie.
M. Morin : Donc, selon vous,
quand on indique «en collaboration», ça empêche les Premières Nations et les
Inuits de décider de leurs représentants?
M. Lafrenière : ...Mme la
Présidente. De ce que je comprends, «collaboration» n'empêche pas. «Collaboration»
donne... ou donne l'opportunité à Santé Québec ou aux établissements de jouer
dans ce processus-là. Alors que, présentement... Puis c'est pour ça qu'on a
demandé de s'assurer sur ce que ça voulait dire, du côté légal, quand on dit
«les représentants». Mais c'est là qu'on vient avec une phrase qui dit que les représentants,
c'est choisi par les représentés, c'est eux qui vont décider qui sont là, puis
c'est de... ce que je comprends, du côté légal, cher collègue. Mais... Je ne
sais pas si vous voulez intervenir...
Une voix : ...
M. Lafrenière : C'est la
définition qu'on a reçue, puis c'est comme ça que ça a été bâti, cher collègue.
Mais, je veux juste mettre ça clair, collaborer
ne veut pas dire qu'ils ne peuvent pas. Au contraire, si je collabore, ça veut
dire que moi, je fais
partie de cette décision-là, alors que ce qu'on veut
faire aujourd'hui, le législateur veut plutôt dire : Ce sera des
représentants. Donc, on ramène ça du côté des Premières Nations et des Inuits.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : M.
le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci. Donc, si
«en collaboration»... et je vous ai bien écouté... si «en collaboration» peut
vouloir dire que ça inclut Santé Québec dans l'exercice de désignation, plutôt
qu'uniquement les Premières Nations et les Inuits, et admettons qu'on enlève
«désignés en collaboration», quels sont les mots qui pourraient être utilisés
dans le projet de loi pour s'assurer que Santé Québec et un établissement ne
vont pas désigner des membres des Premières Nations et des Inuits? Parce qu'on
dit «doivent développer avec des représentants», mais il n'y a rien qui
empêcherait, en tout cas, dans le libellé actuel, Santé Québec de décider qui vont
être les représentants des Premières Nations et des Inuits, puis c'est ça que
je veux éviter.
• (14 h 30) •
La Présidente (Mme Boivin Roy) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : ...on vient
de mentionner, c'est le représenté qui choisit son représentant. Alors, c'est
la notion qu'on amène. Puis je rajoute l'aspect... Comme je disais tantôt, la
sécurité ultime, quand on retourne à notre 2.1, qu'on va pouvoir voir tout à l'heure,
bien là, justement, il y a une intention qui va être envoyée clairement... il y
a une directive qui est envoyée clairement par le ministre, parce qu'il va
avoir été conseillé par un groupe qui a été constitué avec des représentants
des Premières Nations. C'est pour ça que, tantôt, quand je parlais de ceinture,
bretelles... Puis on veut s'assurer aussi que des groupes, des groupes locaux
autochtones soient représentés aussi avec les établissements.
N'oubliez pas, il y a Santé Québec, mais
il y a les établissements, puis, comme on dit depuis le début, on veut s'assurer
que les établissements développent, continuent de développer leur réalité locale,
comme nous ont demandé les Mohawks de Kahnawake, en disant : On fait des
choses à notre niveau. Moi, je suis... Ce qu'on envoie comme message, on veut
que ça continue de se faire, de ce... de ce volet-là. Puis c'est pour ça que j'étais
heureux qu'on ait l'information légiste. Parce que j'ai affaire avec deux avocats.
Je ne le suis pas, je travaille de l'autre côté. Mais je trouve ça intéressant
d'avoir la vision légale.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : M.
le député de l'Acadie. Il vous reste environ six minutes.
M. Morin : Bien. Alors, non,
je vous remercie, Mme la Présidente. Les interventions que j'avais à faire pour
ce sous-amendement-là... En fait, c'est les questions que j'avais pour M. le
ministre. Je vous remercie.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Très
bien, merci. Est-ce que la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques souhaite
utiliser les six minutes restantes?
Mme Massé : Sur ce
sous-amendement-là?
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Oui,
tout à fait.
Mme Massé : Il m'en reste
six?
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Oui.
Mme Massé : Wow! c'est du
gros luxe. Je pense que je saisis, je pense que je saisis. C'est comme si, ce
qui était ma volonté première, c'est-à-dire de s'assurer que ce n'étaient pas
les allochtones qui allaient influencer ou, même, décider pour les autochtones,
ça, c'est... Moi, c'était mon intention. C'était ça, mon intention. Puis là,
Mme la légiste, vous me dites : Bien, Manon, tu viens de faire l'inverse
de ce que tu voulais faire. C'est : Écrit tel que le projet de loi est
écrit là, à cause notamment du 2.1, inquiète-toi pas, on ne peut pas partir,
comme <allochtones...
Haut de la page
14 h 30 (version révisée)
<15421
Massé :
...écrit tel que le projet de loi était écrit là, à
cause notamment du 2.1, inquiète-toi pas, on ne peut pas partir, comme > allochtones,
tout seuls sur notre bord.
Bien, ceci étant dit, on rediscutera au 2.1,
parce qu'au 2.1 je ne vois en aucun cas cette idée que le comité national a une
responsabilité de s'assurer qu'il n'y a pas de personne ou, à tout le moins, d'établissement
qui... qui by-passe... excusez-moi, je cherchais le mot français, mais je... qui
contourne l'esprit de la loi puis qui dit : Bien, dans le fond, nous... Tu
sais, on a vu ça, là, tu sais, on appelait ça les gens de service, là. Moi, j'ai
été souvent la lesbienne de service, là, tu sais, on était 20 autour de la
table, mais, ah! il y avait Manon, ça fait qu'on était corrects, il y avait la
lesbienne de service, mais ça ne demandait aucun effort des 19 autres qui
étaient là parce que...
Ça fait que, donc, je... mon intention
étant de dire... et c'est pourquoi j'allais... Puis c'est sûr que, là-dessus, j'entends,
M. le ministre, qu'il y a le grand chantier, puis tout ça, là, puis je sens qu'il
y a vraiment du travail à faire aussi. Tu sais, je veux dire, même si tu
demandes aux personnes des Premières Nations et des Inuits : Qui vous
sentez, ultimement, qui est légitime de vous représenter?, puis il y a du monde
qui vont dire A, du monde, B, du monde, C, selon leur genre, selon leur région,
selon... enfin, je comprends, mais, si, effectivement, je suis en train d'intégrer
un vice dans l'article, j'en serais... mais le ministre l'a dit plusieurs fois
au micro. Alors là, moi, je vais le prendre un peu pour... pour acquis, que,
lorsqu'on reprendra le 2.1, on va s'assurer de ce qu'on est en train de se
discuter là, parce que ça a été la base de l'argumentaire de dire : Bien
oui, mais le 2.1 protège ça. Puis moi, je suis un peu comme... comme mon
collègue de l'Acadie, je... Si c'est l'intention, il faut... au-delà de l'avoir
nommé au micro, il va falloir le voir à la loi, puis ça, je pense qu'on va être
capables de faire ça.
Je veux revenir... Le «notamment», je vous
ai compris. La question de l'évaluation... Les quelques minutes qui me restent...
En fait, je comprends... En fait, puis là c'est une question de mots, je
comprends que l'intention qui était là, c'est : les gens, là, qui vont
être ensemble puis qui vont conjointement développer tout ça vont devoir aussi
développer des mécanismes pour s'assurer que la sécurisation culturelle, ça
marche dans cet établissement-là ou dans l'ensemble de... Je comprends que c'est
ça que vous mettez là, puis, même, vous l'avez dit à quelques reprises, tu
sais, par celle-ci, et c'est les mécanismes pour mesurer les impacts, mécanismes
de mesure, mécanismes pour mesurer.
Tu sais, si vous ne voulez pas aller vers
«évaluation» parce que vous semblez mettre quelque chose de... mettre comme...
Il me semble que, quand vous parlez, j'ai l'impression que, pour vous,
«évaluation» peut être plus léger ou... je ne dirai pas frivole, là, mais...
alors que «mesure», c'est plus... C'est juste que, personnellement, quand je
vois... Puis, moi non plus, je ne suis pas juriste, là. J'aime ça souvent le
dire, je n'ai même pas de bac, tu sais, ça fait qu'il faut que je m'arrête
trois fois puis relire la phrase pour être sûre, mais, moi, quand je lis «les
mécanismes de mesure», c'est des mécanismes dans lesquels il y a des mesures,
«that's it, that's all», puis là ce que vous voulez, c'est de mettre sur pied
des mécanismes pour mesurer.
Je vois... perso, je vois comme une petite
nuance. Ce n'est pas ça que mon... ce n'est pas ça que mon évaluation... Mon
amendement ne disait pas ça parce que, pour moi, en disant «évaluation», ça
veut dire ça, un mécanisme d'évaluation, c'est un mécanisme qui... qui analyse,
qui... mais, si, toutefois, parce qu'«évaluation» vous trouvez ça moins fort,
je vous invite quand même peut-être à m'indiquer si je cherchais à préciser... ou
que tout le monde me dise : Manon, voyons, c'est ça qui est écrit, là, c'est
clair, là, ce n'est pas... Bien, pour moi, ce n'est pas clair, M. le ministre.
La Présidente (Mme Boivin Roy) :
Merci. M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci, Mme la
Présidente. Pour le bénéfice des gens qui nous écoutent, vous voyez, tantôt, on
disait : C'est les mots, puis on veut tous la même chose, puis moi, je
trouve ça vraiment <intéressant...
M. Lafrenière :
...puis
moi, je trouve ça vraiment > intéressant, la façon qu'on travaille
ensemble, et, comme c'est de la législation, c'est toujours comment c'est vu
d'un point de vue légal, mais surtout, au final, comment ça va être adapté sur
le terrain.
C'est pour ça que je veux rebondir sur
deux points que la collègue a apportés. Quand elle disait : Est-ce que ça
va être des mécanismes pour mesurer cet impact au lieu de mécanismes de mesure
de cet impact?, ce qu'on me disait en législation, c'est un petit peu blanc
bonnet, bonnet blanc, c'est quelque chose qu'on peut regarder. Je l'entends. Je
l'entends. Alors, ça, j'ai entendu la collègue, puis on peut... on peut y
réfléchir sans même avoir un sous-amendement. On n'est pas dans ce mode-là, là.
Je l'entends.
Une fois que ça, c'est dit, je veux juste
revenir sur notre intention quand on l'a mis comme ça, puis je veux terminer
cette partie-là, là. Ce qu'on veut vraiment s'assurer, c'est qu'on mette en
place un mécanisme pour être capables de mesurer qu'est-ce que ça fait, pas
comment c'est donné, mais c'est quoi, l'impact. C'est pour ça que je trouve que
le mot «impact» est superimportant. On pourrait dire que, dans le fond, on veut
mesurer ce qui est fait, bien le fun, mais c'est quoi, l'impact? Alors, ça, je
trouve, là-dedans, on est là.
Dernier point, ma collègue en a parlé
tantôt quand elle parlait d'être un... le danger d'avoir des faire-valoir, des
personnes qu'on met en poste en disant : Je suis heureux là-dedans, bien,
écoutez, quand on parlait tantôt du 5a, pour l'embauche de personnel, puis
c'est moi-même qui reviens sur un point, il faut le faire, là, mais je trouve
intéressant, ce qu'elle vient de dire, parce qu'on l'a entendu beaucoup sur le
terrain, Mme la Présidente. On l'a entendu.
Puis je vais faire un parallèle avec un
dossier qui s'appelle <i>Apuiat, très beau dossier, géré par et pour les
Premières Nations, puis, quand on a fait l'annonce, il y a une dame qui a parlé
en innu, je me l'ai fait traduire, puis elle a dit : J'espère que, cette
fois-là, ils ne feront pas comme ils font des fois, c'est-à-dire nous donner
une job à condition qu'on reste chez nous. Je ne comprenais pas ce qu'elle voulait
dire, puis, quand je l'ai requestionnée, j'ai compris qu'il y a certaines
entreprises qui disaient : Regarde, on va prendre 10 employés, mais
tu n'es pas obligée de venir, reste chez toi.
Ça fait que je reviens sur l'argument que
la collègue a dit tantôt parce que c'est venu me chercher, puis ce n'est pas ça
qu'on veut. Alors, je vais revenir sur ce qu'on a écrit, puis, je veux dire, ce
n'est pas un amendement, mais je trouve que c'est important d'avoir cette
discussion-là, adapter l'offre de services de santé et des services sociaux par
des moyens comme l'embauche de personnel membre des Premières Nations et de
personnel inuit. Pourquoi geler les deux ensemble? C'est que, quand on parle de
l'embauche de ce personnel-là, c'est du personnel qui va donner des services de
santé, et c'est là que la nuance est importante. On ne pourrait pas arriver
dans un établissement puis dire : On a embauché 12 personnes à
l'administration, personne ne les a jamais vues, aucun lien avec la clientèle,
mais on rentre dans nos chiffres, puis je fais le visuel que ma collègue a fait
tantôt, «check», on l'a fait.
Ça fait que je rebondis sur l'occasion,
comme on fait ça différemment, pour dire : Regardez, dans cet... dans 5a,
on a pris la peine de mettre clairement que ce soit pour l'offre de services de
santé pour ne pas, justement, avoir l'effet pervers qui serait de dire :
J'ai rempli mes chiffres, tu ne les verras jamais de ta vie, ils sont installés.
Puis, sans dénigrer aucun travail, vous comprenez ce que je veux dire, ils ne
sont pas en lien avec la population. Ce n'est pas ce qu'on veut. Merci, Mme la
Présidente.
• (14 h 40) •
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Merci,
M. le ministre. Alors, Mme la députée de Saint-Henri—Saint-Jacques, il vous
reste 41 secondes si vous souhaitez intervenir.
Mme Massé : Tantôt, c'étaient
les deux saintes, puis là c'est deux «saints».
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Ah
oui!
Mme Massé : Attention, Mme la
Présidente, je vais finir par penser que j'ai un problème d'identité de genre.
Il me reste combien de secondes?
La Présidente (Mme Boivin Roy) : 41 secondes.
Mme Massé : Il en restait, il
en restait. Bien, écoutez, je reviens qu'au... j'entends, je pense, vous avez
redit plein de fois votre intention au micro. Je vais réfléchir, pour ce qui
est du 2.1, pour venir l'attacher, parce que, vous avez raison, c'est bien
indiqué sur la question de l'embauche, mais là on est dans l'article qui vient
définir qui c'est qu'on veut voir là, pour faire quoi, puis, dans ce sens-là,
bien, si on peut clarifier la mesure de l'impact... pas la mesure, mais la...
oui, la mesure de l'impact, j'aimerais bien cela.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Merci
beaucoup, Mme la députée. C'est tout le temps que vous avez. M. le député de
l'Acadie, est-ce que vous souhaitez intervenir une dernière fois?
M. Morin : Non, Mme la
Présidente, pas pour ce sous-amendement-là. Je vous remercie.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Très
bien. Merci. Alors, s'il n'y a plus d'intervention, nous allons mettre aux voix
le sous-amendement. Donc, est-ce que le sous-amendement est adopté? M. le
ministre.
M. Lafrenière : J'aimerais
qu'on passe au vote sur le sous-amendement.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Alors,
M. le député de l'Acadie?
M. Morin : ...
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Très
bien.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
Mme Massé : Pour.
Le Secrétaire : M. Lafrenière
(Vachon)?
M. Lafrenière : Contre.
Le Secrétaire : M. Asselin (Vanier-Les Rivières)?
M. Asselin : Contre.
Le Secrétaire : Mme Blais
(Abitibi-Ouest)?
Mme Blais : Contre.
Le Secrétaire
: M.
Lemieux (Saint-Jean)?
M. Lemieux : Contre.
Le Secrétaire : Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides)?
Mme Haytayan : Contre.
Le Secrétaire : M. Morin
(Acadie)?
M. Morin : Pour.
Le Secrétaire : Et Mme Boivin
Roy (Anjou—Louis-Riel)?
La Présidente (Mme Boivin Roy) :
Abstention. Donc, le sous-amendement est rejeté. Merci beaucoup. Alors, nous
allons <revenir...
La Présidente (Mme Boivin Roy) :
...est rejeté. Merci beaucoup. Alors, nous allons > revenir à
votre amendement, M. le ministre.
M. Lafrenière : ...que le
collègue a un sous-amendement à nous proposer.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Très
bien.
M. Lafrenière : Je lis dans
sa tête.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : M.
le député de l'Acadie, est-ce que vos documents ont été déposés?
M. Morin : Mme la Présidente,
les documents pour le sous-amendement ont été envoyés dans le Greffier.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Très
bien, très bien. Alors, vous pouvez commencer à le lire. On va l'afficher.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Merci
à vous.
M. Morin : Donc, nous sommes
toujours à l'article 1 tel que modifié par M. le ministre, et je propose
le sous-amendement suivant :
Article 1. L'amendement remplaçant
l'article 1 du projet de loi est modifié par l'insertion, dans le
sous-paragraphe a du paragraphe 5° du troisième alinéa, après les mots
«l'embauche de personnel», de «soignant et de cadres de direction».
Donc, commentaire, l'article tel que
modifié se lirait ainsi :
«1. Santé Québec et tout établissement du
réseau de la santé et des services sociaux doivent adopter une approche de
sécurisation culturelle envers les membres des Premières Nations et les Inuit.
«Ainsi, Santé Québec et tout établissement
doivent développer avec des représentants des Premières Nations et des Inuit,
des mesures qui précisent les pratiques culturellement sécurisantes qu'ils
entendent mettre en œuvre, les moyens à prendre pour cette mise en œuvre,
l'échéancier de celle-ci, l'impact souhaité par celle-ci et les mécanismes de
mesure de cet impact.
«Les pratiques culturellement sécurisantes
doivent :
«1° prendre en compte les valeurs et les
réalités culturelles et historiques des membres des Premières Nations et des
Inuit;
«2° favoriser le partenariat avec les
membres des Premières Nations et les Inuit ainsi qu'une communication efficace
avec eux;
«3° être accueillantes et inclusives à l'égard
des membres des Premières Nations et des Inuit;
«4° prévoir l'élaboration de programmes de
formation continue, rendre celle-ci obligatoire pour les professionnels et le
personnel du réseau de la santé et des services sociaux et prévoir un mécanisme
de vérification des acquis;
«5° adapter l'offre des services de santé
et des services sociaux par des moyens comme :
«
a) l'embauche de personnel soignant et
des cadres de direction membre des Premières Nations et de personnel Inuit;
«
b) l'accès à des ressources
d'accompagnement par les membres des Premières Nations et les Inuit y compris
dans le cadre de tout régime d'examen de plaintes;
«
c) la prise en compte des réalités
propres aux femmes et aux filles des Premières Nations et des Inuit ou propres
à leurs familles et à leurs enfants.
«La mise en œuvre des pratiques
culturellement sécurisantes doit tenir compte des dispositions législatives et
réglementaires [relativement] à l'organisation et au fonctionnement de Santé
Québec et des établissements ainsi que des ressources humaines, matérielles et
financières dont ces derniers disposent.
«Aux fins de l'application de la présente
loi, on entend par "établissement" tout établissement visé à
l'annexe II de la
Loi sur la gouvernance du système de santé et des
services sociaux (chapitre G-1.021) et à la
partie IV.1 de la
Loi sur
les services de santé et les services sociaux pour les Inuit et les Naskapis
(chapitre S-4.2).»
Alors, Mme la Présidente, je présente ce
sous-amendement qui prend, au fond, racine dans le mémoire qui nous a été
déposé par la Commission de la santé et des services sociaux des Premières
Nations du Québec et du Labrador, et le mémoire s'intitule, puis je pense que
c'est important de le mentionner, Pour une véritable approche de
sécurisation culturelle et de respect des droits fondamentaux . Et, quand on
lit le mémoire, et je vais vous en parler, mais juste pour que vous sachiez,
Mme la Présidente, d'où vient l'origine du sous-amendement, on nous dit et on
nous fait des recommandations précises d'amendements de différents articles, et,
à l'article 1, c'est la recommandation 8 dans le mémoire, qui est à
la page 13, on dit, entre autres : «Adapter l'offre des services de
santé et des services sociaux par des moyens comme l'embauche et la nomination
de personnes des Premières Nations et Inuit de façon à assurer une <représentativité...
M. Morin :
...nomination
de personnes des Premières Nations et Inuit de façon à assurer une > représentativité
réelle au sein du personnel des postes et des instances de direction.»
Donc, mon sous-amendement s'inspire
directement du mémoire de la Commission de la santé et des services sociaux des
Premières Nations du Québec et du Labrador. Alors, je me dis, puis mon raisonnement
est le suivant... On a écouté les groupes en consultations particulières.
Plusieurs sont venus nous rencontrer. Ils ont déposé des mémoires. Ils ont fait
un travail important. Et moi, je regarde le document de la Commission de la
santé et des services sociaux des Premières Nations et du Labrador... du Québec
et du Labrador et je me dis : Bon, ils ont quand même une certaine
représentation, hein, pour ne pas dire une représentation certaine, auprès de
l'ensemble des Premières Nations. Et donc je prends évidemment au sérieux et je
m'inspire de leurs recommandations pour s'assurer que le projet de loi qui,
éventuellement, sera adopté va véritablement répondre à leurs besoins, et on va
s'assurer qu'il y aura, à différents échelons, dans les services de santé, des
représentants des Premières Nations et des Inuits.
Et pourquoi, pourquoi c'est important?
Bien, c'est qu'entre autres, dans leur document, et là je réfère à la
page 5 de leur mémoire, on dit : «La Commission de la santé et des
services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador propose des
amendements spécifiques afin que l'objet du projet de loi reflète une véritable
approche de sécurisation culturelle.» Donc, écoutez, moi, quand, de la part
d'un tel groupe, on lance comme piste d'approche qu'il faudrait suivre
certaines de leurs recommandations pour une véritable sécurisation culturelle,
bien, évidemment, vous comprendrez, moi, ça me parle parce que j'essaie, dans
mon travail de législateur, de faire ce qui est le plus pertinent pour
améliorer... parce qu'au fond, tu sais, la sécurisation culturelle, il faut le
dire, là, ça s'adresse fondamentalement pour eux, pour les Premières Nations et
les Inuits.
• (14 h 50) •
Je comprends quand M. le ministre nous dit :
Écoutez, c'est une base, on est les premiers. C'est bien, oui, il faut aller
dans cette direction-là, mais, je me dis, tant qu'à aller dans cette
direction-là, tant qu'à suivre le chemin, tant qu'à prendre ce sentier-là,
bien, assurons-nous qu'on va mettre en place les éléments qui sont les plus
pertinents pour en arriver finalement à un résultat qui est optimal pour tout
le monde, mais surtout pour les membres des Premières Nations et des Inuits.
Donc, ce que... ce que le... ce que la
commission nous dit, c'est qu'afin que l'objet du projet de loi reflète une
véritable approche de sécurisation culturelle, et là c'est la recommandation
qu'ils font, la numéro 8, et que les Premières Nations soient
véritablement au cœur du processus... et, pour moi, qui essaie de bonifier ce
projet de loi pour m'assurer, là, qu'on n'oublie rien et qu'on n'oublie
personne, bien, je me dis, si, dans le projet de loi, et on est à
l'article 1, on veut que Santé Québec et tous les établissements du réseau
de la santé et des services sociaux adoptent une approche de sécurisation
culturelle envers les membres des Premières Nations et des Inuits et qu'on
énumère des pratiques culturellement sécurisantes... bien, je me dis, si on
prend la peine, à 5a, de dire : «L'embauche de personnel membre des
Premières Nations et du personnel inuit», c'est bien, c'est bien.
Et j'écoutais le débat qu'on a fait un peu
plus tôt ce matin, puis, théoriquement, si on le laisse comme ça, c'est vrai
que l'embauche de personnel membre des Premières Nations et du personnel inuit,
ça peut viser des cadres. C'est très large, ça pourrait, mais ce n'est pas
spécifique, et il n'y a pas une catégorie qui est identifiée d'une façon
spécifique, qui impose donc l'obligation de dire : Écoutez, ce n'est pas
juste du personnel que vous allez embaucher, ça va être aussi des cadres de
direction. C'est vrai que «le personnel», ça englobe plein de monde, ça englobe
tout le monde, sauf que, si vous engagez, comme <personnel...
M. Morin :
...plein
de monde, ça englobe tout le monde, sauf que, si vous engagez comme > personnel
membre des Premières Nations et du personnel inuit, des gens qui débutent au
bas ou au milieu de l'échelle, bien, avant qu'ils deviennent des cadres de
direction, ça peut prendre trois, quatre, cinq, 10 ans, et je pense
qu'avec tout ce qu'on a entendu jusqu'à maintenant on ne peut pas attendre cinq
puis 10 ans pour opérer un changement en termes de sécurisation culturelle
pour les Premières Nations et les Inuits. Je pense qu'il faut le faire
maintenant, et, dans mon sous-amendement, je prends bien la peine aussi de
souligner et de parler, dans un premier temps, de personnel soignant et les
cadres de direction.
Puis pourquoi les cadres de direction?
Bien, c'est parce que, si vous allez chercher... si vous voulez embaucher dans
des postes de direction des membres des communautés des Premières Nations et
des Inuits, ils vont être en mesure... ils vont être en mesure d'exercer un
poste de leadership et de faire en sorte... (Interruption) ...excusez-moi,
merci, merci, et donc de faire en sorte qu'ils pourront opérer un changement au
sein de l'organisation, et ça m'apparaît essentiel, parce que, dans une
organisation quelle qu'elle soit, oui, il y a des partenariats, mais, quand on
veut opérer un véritable changement, bien, les gestionnaires ou les hauts
gestionnaires, s'ils ne veulent pas de changement, la base pourra peut-être
fonctionner puis opérer un changement, mais ça va être particulièrement
difficile, alors que, si, dans les cadres supérieurs, dans les cadres de
direction, il y a des gens qui sont convaincus qu'il faut que les changements
s'opèrent immédiatement et qu'en plus... et qu'en plus toutes ces mesures qui
vont être développées doivent être mises en place, bien, quant à moi, ça va se
faire beaucoup plus rapidement si on a des cadres de direction qui s'en
occupent.
Puis je pense que ça, ça doit être
considéré pour l'ensemble du réseau, puis pourquoi je dis «l'ensemble du réseau»?
Parce qu'un peu plus tôt ce matin on a eu d'autres discussions, et M. le
ministre nous disait qu'il... bon, il fallait un peu, bon, moduler, ça
dépendait des établissements, qui voulaient avoir une certaine souplesse, et il
nous donnait, entre autres, l'exemple de Sherbrooke, la ville de Sherbrooke. Bon,
ils ont un centre hospitalier réputé, ils ont une université réputée, mais... puis
il y a des communautés autochtones qui ne vivent pas nécessairement très loin.
Je comprends que ce n'est peut-être pas l'endroit où il y a le plus de communautés
des Premières Nations et des Inuits, mais il n'en demeure pas moins qu'il
faudrait faire une analyse parce qu'ils ont peut-être un nombre important
d'étudiants. Évidemment, on ne souhaite pas que les gens aillent à l'hôpital,
mais, malheureusement, on le sait, qu'inévitablement ça finit par arriver. On a
des membres des Premières Nations et des Inuits, puis, M. le ministre y faisait
référence un peu plus tôt aujourd'hui, il y a maintenant un fort pourcentage
qui habite en milieu urbain. Donc, ils ne sont plus dans des territoires
traditionnels, et là il faut s'assurer que les centres hospitaliers vont être
capables de les accueillir et de mettre en place rapidement les mesures dont on
parle dans le projet de loi.
M. le ministre faisait référence un peu
plus tôt à un tableau de bord, à certains postes qui ont été comblés. Un
tableau de bord, c'est intéressant, ça nous donne une idée, maintenant,
aujourd'hui, de ce que c'est, mais moi, je suggère qu'une planification, un
plan, des objectifs à moyen et long terme, ça permet encore plus de faire
avancer des choses dans la bonne direction. Donc, si on veut envoyer un message
clair aux membres des Premières Nations et des Inuits, si on veut leur
permettre de participer très activement à l'élaboration des mesures et à
s'assurer du sérieux de la mise en <œuvre...
M. Morin :
...et à
s'assurer du sérieux de la mise en > œuvre, bien, pour moi, il faut
effectivement du personnel soignant, mais il faut aussi des cadres de direction
qui vont être capables d'opérer un changement au sein de l'organisation.
Un peu plus tôt cet après-midi, et moi, je
ne l'ai pas vécu, mais j'écoutais M. le ministre attentivement qui nous
relatait les paroles d'une Innue, je crois, ou un Innu qui avait été embauché,
puis on disait : On te paie, mais reste chez vous. Pensez-y deux secondes,
ça n'a aucun bon sens, ça n'a pas de sens, mais j'imagine que l'entreprise, qui
devait avoir... qui devait avoir des statistiques de représentativité, s'est
dit : Bien oui, on avait 10 postes puis on en a embauché 10. Bien, je
vous dirais, Mme la Présidente, que ça vient renforcer mon argument. J'imagine
qu'une société...
Puis là, ici, on parle de centres de
services sociaux. Je ne peux pas croire qu'il y a des gens qui vont engager des
cadres de direction puis qui vont leur dire : On a rempli nos
statistiques, on te paie pas mal d'argent, reste donc chez vous. Et donc ça, ça
fait en sorte que ces gens-là vont être sur le terrain puis vont être capables
d'opérer un changement. Ils vont croire en l'exercice qu'on est en train de
faire. Ils vont pouvoir faire en sorte que ces mesures-là soient appliquées,
parce que... parce qu'il y a un paquet d'enjeux, et on en a parlé un peu plus
tôt, mais je vais vous donner... Je vais vous donner quelques exemples, parce
que je lisais ça dans le rapport final de la commission Viens. La façon dont c'est
proposé, l'amendement, c'est à mon sous-amendement, c'est un pas. Moi, je veux
qu'on aille plus loin.
Pourquoi? Parce que, justement, dans le
rapport Viens... Puis je comprends que le rapport Viens n'a pas été déposé la
semaine dernière, ça date, là, à peu près deux ans, mais, quand même, quand
même, quand même, il y a encore pas mal de... Cinq ans déjà. Ah! le temps passe
vite, M. le ministre, c'est fou, mais, ceci étant, il y a des... il y a des
dispositions qui... qui parlent justement du recrutement difficile du personnel
autochtone, et je réfère à la page 425 du rapport final, et on y écrit, et
je cite : «S'il peut être considéré comme une solution aux problèmes de
sécurisation culturelle — puis j'imagine que c'est ce que le
gouvernement essaie de faire avec 5a — le recrutement de personnel
autochtone représente également un défi puisque peu d'entre eux vont
véritablement accéder à des postes ou vont vouloir être embauchés.»
Donc, c'est un véritable problème, et moi,
ce que je vous propose, ce que je vous soumets, c'est que, si, dans l'ensemble
des organigrammes, que ce soit à Santé Québec, dans les établissements
hospitaliers, vous réservez des postes et que vous embauchez... sans réserver
nécessairement des postes, mais que vous embauchez du personnel des Premières
Nations et du personnel inuit dans des postes-cadres ou dans des postes,
notamment, de personnel soignant, vous allez être en mesure... parce qu'ils
vont croire à la sécurisation culturelle, vous allez être en mesure de faire
changer les choses beaucoup plus rapidement, et je pense que, collectivement,
c'est ce qu'on essaie de faire avec le projet de loi.
Voilà, je vous remercie, Mme la Présidente.
• (15 heures) •
La Présidente (Mme Boivin Roy) :
Merci, M. le député. Alors, M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Puis, pour guider nos travaux, Mme la Présidente,
comme on avait fait hier, moi, je suggère que, pour les sous-amendements, oon
ne soit pas obligés de relire l'article au complet, peut-être juste la
partie
qui nous concerne. Bien que j'adore la voix mélodieuse de mon collègue, ça va
peut-être nous permettre de regarder l'article qu'on... la
partie qu'on veut
faire, parce qu'on a tous le même but, on se l'est dit, on veut avancer
aujourd'hui. Ça fait que... voilà.
Deuxième point, Mme la Présidente, puis je
reconnais la volonté de mon collègue. Je suis tanné parce qu'il me devance dans
les articles. Il parle de l'article 3 déjà. Pourquoi je parle de
l'article 3? Parce que, justement, on va venir dire que, dans certains
cadres, on veut que des gens qui n'ont pas nécessairement la formation puissent
travailler, être reconnus, parce que ce que mon collègue vient de dire, c'est
un enjeu qui est réel. À certains endroits au Québec, on manque de gens qui
sont formés. Alors, ce que le collègue a dit, on veut le faire <autrement...
Haut de la page
15 h (version révisée)
<17903
Lafrenière :
...on manque de gens qui sont formés. Alors, ce
que le collègue a dit, on veut le faire > autrement.
Si je reviens directement à sa question.
Lorsqu'on regarde la façon que ça a été écrit... Et encore une fois, Mme la
Présidente, les gens qui nous remettent des documents, des excellentes idées,
ils veulent tous la même chose, mais des fois il faut le regarder au sens
strict de la loi, ce que ça donne et comment c'est interprété. Et, bien que l'idée
soit... soit... soit bonne et louable, le danger, c'est qu'avec le
sous-amendement qui est présenté on vient restreindre. On dit que les seules
personnes qui pourraient être embauchées seraient du personnel soignant ou des
cadres de direction, donc, exemple, du personnel administratif ou d'autres
personnes dans le système de la santé n'y seraient pas.
Nous, ce qu'on veut, on veut que des gens
qui sont en lien avec la clientèle soient autochtones. On veut ça, mais on ne
veut pas que ce soit restreint, on veut que ce soit beaucoup plus large. Alors,
la personne qui, dans la vie, a un choix x, pourrait devenir... je vous donne
un exemple, pourrait commencer comme commis ou pourrait travailler à l'administration,
pourrait gravir des échelons puis, un jour, devenir cadre de direction. Le danger,
en restreignant, c'est que là on vient dire que c'est soit du personnel
soignant, soit des cadres de direction. Moi, j'ai la même visée que le
collègue. Certains endroits, il y a un enjeu de capacité, c'est vrai, mais il
faut être le plus ouverts possible.
Et je veux terminer la discussion avec ce
qu'on a jasé tantôt. Quand on dit à une personne : Tu es une statistique,
tu es un chiffre, ce n'est pas ce qu'on veut. Puis je le sais que le collègue
veut la même chose que moi. Ça fait que gardons ça très ouvert, qu'il y ait le
plus d'embauche possible. Et, si je reviens à 5°, «adapter l'offre de services
de santé et de services sociaux par des moyens comme l'embauche», c'est
minimalement ça, ce n'est pas restrictif. Au contraire, on veut avoir ce personnel-là,
mais on veut garder ça encore plus large, il y a d'autres personnes dans le
système, dans l'établissement, qui peuvent être embauchées.
La Présidente (Mme Boivin Roy) :
Merci, M. le ministre. Alors, M. le député de l'Acadie, il vous reste environ
quatre minutes.
M. Morin : Parfait. Merci, Mme
la Présidente. Alors, je vous entends bien, M. le ministre. Évidemment, l'idée,
ce n'est pas de restreindre. Alors, si c'est préférable d'écrire «embauche de
personnel» et «incluant», ou «soulignant», ou «incluant des cadres de
direction», moi, sincèrement, je n'ai pas de problème avec ça. Mais mon point n'est
pas là.
Moi, ce qu'on me dit, puis que je voyage
sur le terrain ou que je parle à des membres des Premières Nations, c'est qu'on
me dit que dans plusieurs établissements de la santé les employés membres des
Premières Nations font du travail clérical, donc dans des bas niveaux, et qu'il
y a un plafond de verre. Donc, moi, ce que j'essaie de faire avec mon
sous-amendement, c'est de casser ce plafond de verre le plus rapidement
possible.
Ce qu'on me dit sur le terrain, c'est que,
dans plusieurs endroits, que ce soient des centres hospitaliers, des CLSC ou d'autres,
le travail clérical dans des postes des échelons moins élevés sont faits par
des membres des Premières Nations, mais quand on arrive à la direction, bien,
ce sont des personnes qui ne sont pas membres des Premières Nations. Donc, mon
amendement risque... ne risque pas, mais veut faire en sorte... veut qu'on
élimine ce risque et veut faire en sorte qu'il est clair que des membres des
Premières Nations et des Inuits ne vont pas rester dans des postes de nature
cléricale, mais ils vont être capables de monter dans la hiérarchie ou qu'ils
vont être capables, évidemment, d'être embauchés dans des postes de direction
le plus rapidement possible, pour que ça change.
Alors, si, M. le ministre, vous trouvez qu'en
utilisant «personnel soignant», c'est un peu trop restrictif, moi, je n'ai pas
de problème avec ça. Je vous écoute. Mais mon point, ce n'est pas ça. C'est
pour éviter que l'on se ramasse, dans un, deux ou trois ans, avec, oui, des
employés membres des Premières Nations et des Inuits, mais qui vont rester dans
des postes de nature cléricale, à des plus bas niveaux, mais qui ne monteront
pas dans l'organisation. Et donc, votre changement, là, il ne va pas s'opérer.
Puis là, je me dis, on a une chance aujourd'hui, on est tous ensemble pour
étudier le projet de loi, on a une chance de changer des choses. Bien, pourquoi
on ne le ferait pas? Merci.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Merci.
M. le ministre.
M. Lafrenière : Mme la
Présidente, je nous laisserais aux bons soins de notre légiste pour nous l'expliquer
puis je vais le... je vais le compléter, s'il vous plaît, Mme la Présidente.
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) : Merci, Mme la Présidente.
Simplement pour confirmer que le vocabulaire «personnel» ici a été utilisé,
sans être qualifié, pour englober un maximum. Donc, c'est certain que ça inclut
le personnel soignant et les cadres de direction. Et ça les inclut d'autant
plus que, quand on relit le paragraphe a, au début de la disposition... c'est-à-dire
le sous-paragraphe a, pardon, au début de la disposition, donc, au paragraphe 5°,
il s'agit ici d'adapter l'offre de services en <santé...
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) :
...au paragraphe 5°,
il s'agit ici d'adapter l'offre de services en > santé et en services
sociaux. Donc c'est certain que la majorité du personnel qui va permettre
d'adapter l'offre en santé et services sociaux, ce sera bien sûr du personnel
soignant. Donc, au niveau de l'interprétation, c'est certain que c'est inclus,
le personnel soignant et les cadres de direction, dans l'ensemble du personnel.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Merci.
M. Lafrenière : ...ajouter
pour le collègue, c'est que non seulement, bon, on parle de la définition — puis
déjà, si un avocat me donne raison, ce n'est pas arrivé souvent dans ma vie — on
rajoute à ça un rapport annuel. Et dans le rapport annuel... Puis c'est là que
c'est important, ce que le collègue a amené. Tantôt, je vous parlais qu'on a 23 personnes
qui sont présentement sur des conseils d'administration de l'État. Qu'est-ce
qui me permet de vous dire ça? C'est le rapport annuel. Moi, je pense que la
partie qui inquiète le collègue, avec raison... Quand les établissements vont
venir dire : Voici les mesures, voici mon personnel... Quand j'étais au
SPVM, on avait la liste du personnel avec les gens, bon, OK, hommes, femmes,
mais par postes, par niveaux, par grades. Mais c'est là qu'on peut voir est-ce
qu'il y a amélioration ou si vraiment on fait du cosmétique, comme le collègue
l'a mentionné. Je pense que ça vient rajouter ceinture et bretelles, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Merci
beaucoup. Alors, M. le député de l'Acadie, il vous reste 2 min 10 s.
M. Morin : Alors, j'ai bien
écouté la légiste du gouvernement. Théoriquement, et je le dis avec respect,
elle a raison. Mais, dans ma carrière, avant d'être député, là, j'ai eu le
privilège d'être un cadre supérieur au gouvernement, puis, quand on a voulu
opérer des changements significatifs, importants, difficiles, puis c'est de ça
dont on parle, c'est qu'on a décidé de nommer des cadres de direction qui
allaient fonctionner, qui allaient travailler, qui comprenaient ce qu'on
voulait faire comme changement. Puis ça a marché.
Alors, moi, M. le ministre, c'est la main
que je vous tends cet après-midi. Je ne pense pas que ce sous-amendement-là va
faire en sorte que le projet de loi va écrouler, mais ça va être un message
très clair que vous allez envoyer.
Puis je vous écoute, et ce qui m'a
beaucoup frappé dans ce que vous avez dit, c'est quand vous avez, et je me
répète, relaté le témoignage de cette personne innue qui a dit : On te
paie, reste chez vous. Avec votre disposition, là, présentement, si vous la
laissez comme ça, là, bien, vous allez pouvoir payer du monde dans des postes
cléricaux. Puis, sur le terrain, moi, ce qu'on me dit là, c'est que c'est ça
qui arrive puis qu'il y a un plafond de verre. Moi... Ce n'est pas moi qui
l'invente, là. OK?
Bon, alors, moi, je vous donne une piste
de solution, mais là ça fait des minutes que j'en parle. Je vais arrêter ici.
Merci, Mme la Présidente.
• (15 h 10) •
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Très
bien, monsieur. Merci, M. le député. Est-ce que la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques
souhaite se prononcer sur l'amendement... le sous-amendement, pardon, de son
collègue?
Mme Massé : Oui, absolument.
Bien, en fait, c'est ça, c'est un peu l'esprit aussi dans lequel j'étais
intervenue plus tôt. Je crois comprendre, par l'intervention de la légiste,
que, quand on parle de l'offre de... Je n'ai pas le bon vocabulaire, là,
j'étais sur autre chose. Quand on parle de — ça, c'est, 5°, oui — adapter
l'offre de service de santé, quand on parle d'embauche, ça parle de toutes les
embauches. Moi, c'est ça que j'ai compris. Mais je partage avec mon collègue de
l'Acadie que, des fois, peut-être que ça a l'air redondant, mais ça envoie des
messages clairs.
Parce que je pense qu'on n'en a pas
besoin... j'espère que le ministère n'a pas besoin d'attendre, l'agence ou, en
tout cas, je ne sais plus comment on appelle ça, Santé Québec n'a pas besoin
d'attendre que les gens montent les échelons un par un, qu'elle embauche... Il
y a plein de personnes autochtones qui sont désormais... bien, désormais, je
veux dire, qui sont dès maintenant, c'est ça, le mot que je voulais dire — je
commence à être fatiguée — dès maintenant prêtes à assumer des hautes
responsabilités dans nos services publics. Et, dans ce sens-là, j'adhère à
cette idée que de l'écrire nous aiderait. Mais je comprends aussi
l'argumentaire de la légiste, là. C'est tout.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Merci.
M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci. Merci,
Mme la Présidente. Puis merci à mes deux collègues. Juste pour terminer cette
discussion de mon côté, je veux juste qu'on se comprenne bien, ce n'est pas un
enjeu de redondance ou... On ne veut pas être restrictifs. Et je vais terminer
en donnant l'exemple de Joliette, qui est un très bel <exemple...
M. Lafrenière :
restrictifs. Et je vais terminer en donnant l'exemple de Joliette, qui est un
très bel > exemple. Joliette, à l'établissement, ce qu'ils ont décidé de
faire, c'est d'embaucher des brancardiers, d'embaucher des infirmières qui
venaient de la communauté de Manawan, d'embaucher des navigateurs,
d'embaucher... de nommer un membre du conseil d'administration qui vient de
Manawan et d'embaucher l'adjoint de la PDG. Donc, ce que le collègue disait
tantôt, c'est exactement le bel exemple. On en veut plus, de ça, c'est ce qu'on
veut envoyer comme message, dans le système. Puis je vous le dis encore une
fois, avec la transparence, quand les gens vont être obligés d'expliquer ce
qu'ils ont comme per