Culture and Education — 5 May 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CCE 2021-05-05
Quebec — Committees
La mise aux voix de ces crédits sera effectuée à
la fin du temps qui est alloué, aux alentours de 18 h 30. Et, puisque
nous avons débuté nos travaux à 14 h 32, y a-t-il consentement pour
poursuivre nos travaux au-delà de l'heure prévue, soit jusqu'à
18 h 02?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Thériault) :
Consentement. Merci beaucoup.
Donc, je suis maintenant prête à reconnaître une
première intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc
d'échange. Mme la députée de Saint-Laurent, la parole est à vous.
Et, pour faciliter le travail, lorsque vous êtes
en interaction avec le ministre, vous pouvez ne pas remettre votre masque. On comprend que, des fois, ça va
bien, mais je vais aussi vous rappeler d'attendre que je vous
reconnaisse pour qu'on puisse ouvrir votre micro, et, à ce moment-là, ça va
faciliter un peu les échanges. Laissez-moi présider la réunion, ça me fera
plaisir.
Mme la députée, la parole est à vous.
Mme Rizqy :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Premièrement, bonjour à vous tous. Bonjour,
évidemment, au ministre de l'Éducation ainsi
que l'équipe qui l'accompagne. Bonjour à mes collègues féminines. Ça faisait
longtemps qu'on ne s'était pas tous vus. Alors, l'image est très belle, je
tenais à le souligner parce que je suis très, très contente qu'on puisse enfin
se retrouver pour parler d'éducation tous ensemble.
Alors, ma première question au ministre de
l'Éducation. La semaine dernière, Dr Arruda a dit que l'inconfort que la
Santé publique avait par rapport aux propos du ministre de l'Éducation,
lorsqu'il disait que le protocole de qualité de l'air pour les tests de CO 2
avait été fait conjointement et ont été validés par la Santé publique... il y a
eu un inconfort, et cet inconfort a été partagé par la Santé publique au
ministère de l'Éducation. Alors, j'aimerais savoir quand, la première fois, un
membre de la Santé publique vous a notifié cet inconfort.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Merci, Mme la
Présidente. Je veux juste prendre une seconde pour saluer mes collègues des
oppositions. Content de vous revoir aussi. M. le sous-ministre, député de
Richelieu et plusieurs sous-ministres et membres qui nous accompagnent pour
répondre aux questions le mieux possible. C'est important la période d'étude
des crédits et reddition de comptes auprès des Québécois.
Ma collègue fait référence
aux protocoles de tests de CO 2 qui ont été d'abord élaborés en 2020,
puis ensuite déployés pour un sondage en 2020, puis après ça dans toutes les
écoles en 2021. C'est important de dire qu'à chaque fois qu'il y a des
discussions avec la Santé publique viennent des travaux de collaboration, des
propositions de la Santé publique qui sont analysées par le ministère de
l'Éducation quand c'est des mesures sanitaires. Mais, dans le cas des
protocoles de tests de CO 2 , l'initiative est venue du ministère de
l'Éducation. Ce n'est pas la Santé publique qui
a dit : Vous devez faire des tests de CO 2 . C'est le ministère
qui a voulu faire des tests de CO 2 . Donc, on a des
professionnels, des gestionnaires, des ingénieurs spécialistes en infrastructure
qui se sont retournés vers la Santé publique pour amorcer le travail de collaboration,
lequel a mené aux protocoles.
Maintenant, ma collègue veut savoir quand est-ce
que les protocoles ont été élaborés. Bien, c'était d'abord... C'était à
l'automne 2020.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. On va retourner à la collègue. Je vous demande d'être attentif au temps
de réponse par rapport au temps de question. Mme la députée de Saint-Laurent,
la parole est à vous.
Mme Rizqy : On n'a pas répondu
à ma question, donc je me permets de la répéter. Quand, exactement, il y a eu
la première communication de la Santé publique pour notifier le ministère de
l'Éducation de l'inconfort, qui a été soulevé par Dr Arruda la semaine
dernière en crédits, à l'effet que le ministre de l'Éducation utilisait
injustement le terme «validé»?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Je suis bien au
fait du problème qu'il y a eu pour qualifier le travail de collaboration entre
le ministère de l'Éducation puis la Santé publique. Je l'ai reconnu puis je
peux le reconnaître encore aujourd'hui. J'aurais dû prendre un terme plus
précis, plus à propos pour qualifier le travail de collaboration. Les
protocoles du ministère n'avaient pas été formellement validés par la Santé
publique.
Effectivement, j'avais utilisé ce terme-là, alors qu'ils avaient été faits en
concertation avec eux. Il y avait eu des échanges
de documents, des documents qui avaient été annotés. Ensuite, le ministère
a intégré des commentaires, puis, à la fin, il ne faut jamais oublier, l'objectif, c'est la santé et la sécurité des élèves, puis
on a réussi à avoir un portrait qu'on n'avait
jamais eu avant. On a réussi à demander aux écoles de faire des travaux pour
améliorer la qualité de l'air. Puis ça, ça va durer pour toujours. Puis,
dans le contexte de la pandémie, avec la COVID, c'était d'autant plus
important.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Mme la députée.
Mme Rizqy :
Merci, Mme la Présidente. Une troisième fois, à quelle date avez-vous reçu la
première communication de la Santé publique qui vous indique que vous
utilisez de façon indue le terme «validé»?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente,
ça ne s'est pas passé exactement comme ma collègue le laisse entendre dans sa
question. C'est un travail de collaboration qui a été amorcé à l'automne pour
le premier protocole, pour les premiers tests, qui a été fait en
échantillonnage, qui a été ensuite répété en janvier, après qu'on ait présenté
ensemble, le Dr Massé et moi, les résultats de l'échantillonnage de
l'année 2020, de décembre 2020. On a présenté ça ensemble en janvier.
On a réitéré les demandes avec la Santé publique pour commenter, annoter,
travailler en collaboration le protocole, et c'est reparti. Après, alors que je
croyais réellement que la Santé publique avait donné son sceau, on m'a dit que,
dans le fond, ils avaient plutôt travaillé en concertation, qu'on avait reçu, évidemment,
des travaux, des documents qui avaient été annotés, qu'on avait intégré les commentaires
et qu'on devait plutôt parler de travail de collaboration, de concertation, et
c'est ce qu'on a fait à partir de là.
Mais, l'essentiel, je ne pense pas que c'est le
verbe, là, «collaborer», ou bien «améliorer», ou «concerter», l'essentiel,
c'est qu'on a fait des tests. On a eu un portrait qu'on n'avait jamais eu
avant, jamais, jamais, on était en retard par rapport à ce qui s'était passé en
Europe, qui avait fait ça en 2015, 2016, 2017...
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci.
M. Roberge : ...et on a
amélioré la qualité de l'air dans les écoles. C'est ça, l'essentiel.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Rizqy : L'essentiel, dans
la vie, c'est toujours, d'abord et avant tout, la vérité, la recherche de
vérité. Alors, puisque ça fait trois occasions ratées par le ministre... Et, si
j'étais encore professeure à l'université et j'avais eu une réponse comme ça,
je vous le dis tout de suite, ça aurait été zéro, parce qu'une date, c'est une
date.
Alors, puisque d'entrée de jeu il a dit qu'il
était bien accompagné — je
note que c'est ses troisièmes crédits et son troisième sous-ministre — puisque
Dr Arruda a dit qu'il a notifié votre sous-ministre, j'aimerais que
M. Sans Cartier nous réponde. Quand avez-vous reçu la première
communication de la Santé publique par rapport à l'inconfort que Dr Arruda
a soulevé et qu'il a dit qu'il vous a notifié?
La Présidente (Mme Thériault) :
Vous connaissez nos règles, Mme la députée. Je dois demander au ministre
s'il donne la permission à son sous-ministre de prendre la parole. Si le
ministre décide de répondre lui-même, il le peut,
ce sont nos règles, il n'y a rien qui oblige. Par contre, s'il désire, à ce
moment-là, on va décliner l'identité et le
titre du sous-ministre qui
l'accompagne et, avec le consentement des collègues, on lui donnera la parole.
M. le ministre.
M. Roberge : Oui. Bien, écoutez, je vais répondre
parce que je sais que ma collègue fait écho à une précédente étude de
crédits, un travail similaire à celui qu'on fait, qui a eu lieu la semaine
dernière, où le cochef de Québec solidaire avait interpelé les gens à la Santé.
Et Dr Arruda avait répondu, la semaine dernière, le 28 avril, à cette
question-là, et je le cite, c'est lui qui a dit... il a dit : «Je pense
qu'après que le Dr Massé a parlé avec le sous-ministre, le message a été ajusté.»
Alors, comme j'ai dit
tout à l'heure, je l'ai reconnu au salon bleu, ce débat-là a été fait, j'aurais
pu utiliser un meilleur terme pour qualifier le travail de collaboration à
élaborer des tests qui ont servi à améliorer les infrastructures et à assurer
la santé des Québécois.
La Présidente
(Mme Thériault) : D'accord. Merci. Mme la députée.
Mme Rizqy :
Oui ou non, est-ce qu'il y a consentement pour que M. Alain
Sans Cartier puisse prendre la parole aujourd'hui?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Je vais prendre les questions. On a toute une équipe
pour nous aider, pour nous soutenir si jamais on a besoin d'information
supplémentaire, mais je vais prendre les questions.
Est-ce que ma collègue a d'autres questions?
La Présidente
(Mme Thériault) : C'est votre choix. Mme la députée.
Mme Rizqy :
Donc, pas de consentement pour que le plus haut fonctionnaire du ministère de
l'Éducation, celui qui aurait dû recevoir la communication à laquelle
monsieur... Dr Arruda fait référence. Aujourd'hui, on comprend qu'il sera
muselé. C'est bien ça qu'on comprend, M. le ministre?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Bien, Mme la Présidente, j'ai demandé à ma collègue si elle avait d'autres
questions sur tous les sujets du monde, notamment sur les résultats de tests de
CO 2 , sur tout ce qu'on a fait pour améliorer la qualité de l'air
dans les écoles puis protéger la santé et la sécurité des élèves. Donc, je suis
prêt à accueillir toutes les questions.
Présidente (Mme Thériault) : Comme vous le dites, M. le
ministre, c'est le choix du ministre
de prendre les questions ou de laisser les sous-ministres répondre.
Donc, moi, je suis ici pour appliquer les règles. Le ministre a choisi. Il
n'y a pas de problème.
On peut poursuivre l'échange. La parole est à vous, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Et moi, je suis ici, je vous l'ai dit, en
recherche de vérité. Et je suis aussi ici présente pour les milliers de
parents, milliers d'enseignants, milliers de professionnels de soutien, de
personnels de soutien, milliers de directions d'école qui se sont arrangées
pour essayer le mieux possible de faire fonctionner nos écoles dans un milieu
sécuritaire qui, eux, aujourd'hui, veulent savoir à quel moment M. Sans
Cartier a reçu la première communication que jamais la Santé publique n'avait
validé le protocole de tests, alors que le ministre de l'Éducation, de façon
fort probablement volontaire, a dit le contraire.
Alors, aujourd'hui,
je note aussi que, M. Sans Cartier, on l'empêche de répondre, alors que
c'est lui qui est visé par la communication avec la Santé publique,
probablement parce que la date en question est avant ma question au salon bleu, soit le 26 mars. Est-ce que je
me trompe d'affirmer que vous saviez au moment que moi, je vous ai posé
la question au salon bleu, en date du 26 mars, qu'il y avait déjà eu des
communications, que M. Sans Cartier avait déjà reçu des communications de
la Santé publique que, finalement, jamais ça n'a été validé par la Santé
publique?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente, ça me fait plaisir de répondre aux questions, mais
j'aimerais qu'on s'adresse à la présidente
plutôt que de s'interpeler ou de se prêter des intentions, parce que
ma collègue a dit «volontairement», comme si,
volontairement, j'aurais fait quelque chose qui était incorrect, ou quelque
chose comme ça. Je pense qu'il ne faut pas se prêter des intentions.
C'est important la
qualité de l'air. C'est important les milliards qu'on investit pour retaper nos
écoles, qui étaient vraiment en mauvais état quand le gouvernement est arrivé
en 2018. C'est important d'appliquer les consensus scientifiques puis les avis
de la Santé publique pour protéger les parents, pour... pardon, davantage, évidemment,
ceux qui fréquentent les écoles au premier chef, c'est-à-dire les élèves et le
personnel. C'est extrêmement important. C'est important le choix des mots, puis
j'ai reconnu que j'avais pris le mauvais mot. Ce n'était pas validé, c'était
fait ou élaboré en collaboration, en intégrant des commentaires.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci.
M. Roberge : Alors, il me
semble que... une fois qu'on a dit tout ça, il me semble que la situation est
clarifiée puis qu'on devrait s'intéresser à ce qui s'est passé, c'est-à-dire...
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci.
M. Roberge : ...qu'il y avait à
peu près 10 % des classes où il y avait des taux plus élevés que
1 500, et, dans 90 % de ces classes-là, les travaux ont été faits.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci.
M. Roberge : Parce que c'était
ça, l'objectif.
Présidente (Mme Thériault) : Je dois gérer le temps, M. le ministre, je suis désolée. Merci.
Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Non, la situation
est loin d'être clarifiée parce qu'aujourd'hui on est en recherche de vérité et
on veut savoir si le ministre a, sciemment et délibérément, lorsque je lui ai
posé la question le 26 mars au salon bleu, lui ainsi que le ministère de
l'Éducation, induit la Chambre en erreur. Et, pire que ça, vous avez regardé
les Québécois et les Québécoises, les parents plus particulièrement ainsi que
tout le personnel scolaire qui travaille dans les écoles, en leur disant :
Regardez, tout va bien, ça a même été validé. Et vous êtes vous-même
enseignant. 17 ans d'expérience comme enseignant, quand même. Le ministre
sait très bien qu'ici le débat n'est pas une question purement sémantique,
c'est bien au-delà de ça, c'est de savoir si, oui ou non, sciemment il nous a
induits en erreur. Et aujourd'hui nous avons un haut fonctionnaire qui a la
réponse, et, qu'on empêche ce haut fonctionnaire de parler, je trouve ça
outrageant, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Thériault) :
J'ai le député de Richelieu qui veut faire une intervention.
M. Émond : Oui, s'il vous
plaît, Mme la Présidente. Je m'étais ennuyé moi aussi, tout d'abord, de
nos échanges avec les collègues des oppositions.
Et je reprends là où on a laissé plusieurs fois
en commission parlementaire pour rappeler à ma collègue de Saint-Laurent, qui sait que je l'apprécie
beaucoup, qu'on est quand même régis par des règles parlementaires. Puis il
y a l'article 41, entre autres, Mme la Présidente, qui... Puis, afin
de nous éviter de revenir dans le même débat sans cesse, puisqu'il y a une
décision de la présidence qui a été rendue par le président de l'Assemblée
nationale et qu'on ne peut pas revenir et discuter à nouveau, là, moi, je vous
invite à ramener la collègue, peut-être, sur un chemin de discussion qui
s'avérera plus en règle avec nos règlements parlementaires, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci, M. le député de Richelieu, pour votre intervention. Vous savez
que... La députée de Saint-Laurent a maintenant trois ans d'expérience au
niveau des crédits. Vous savez où vous pouvez aller, Mme la députée. Ce
n'est pas correct de penser ou de donner des propos... de prêter des propos au
ministre qui pourraient être blessants ou peu importe. Je vous demanderais de
faire attention dans les termes que vous choisissez, évidemment.
Mme Rizqy : Bien évidemment,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Thériault) :
Et de vous adresser à moi. Ça va aller... C'est plus facile.
Mme Rizqy : Bien évidemment,
Mme la Présidente. Et je suis convaincue que tous les parlementaires du
Québec, les 125 ou peut-être les 124, on est convaincus que la vérité
n'est pas un propos blessant. Par contre, je rappelle à mon cher collègue, pour
lequel j'ai beaucoup de respect, que, oui, il y a nos règles internes, mais,
d'abord et avant tout, nous avons prêté serment ici, au salon rouge.
L'article 6 du code de député stipule que nous devons rechercher et
trouver la vérité. Je vous invite à relire votre code de déontologie de député.
Maintenant, ceci étant dit, puisqu'on a
l'occasion d'avoir notre troisième sous-ministre en trois crédits, moi,
j'aimerais savoir ça prend combien de sous-ministres pour faire le travail. Et
je m'explique. C'est bien la première fois qu'on a un sous-ministre qui a été
éjecté qui conserve quand même son salaire de sous-ministre, qui est prêté à
l'Université Laval et qu'on a un nouveau sous-ministre qui, lui, a le droit
d'avoir une conseillère spéciale pour lui dire comment faire son travail,
Mme Lepage. Donc, trois fois 200 000 $ pour faire le même
travail, puis ils n'ont même pas le droit de parler.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Je suppose que
c'est une question pour savoir tout ce qu'ont fait l'équipe des sous-ministres
et le gouvernement depuis ce temps-là. Alors, depuis qu'on est au gouvernement,
on a quand même accompli beaucoup de choses. On a réformé
la gouvernance scolaire, on a modernisé la gouvernance scolaire. On a créé,
bâti, on est en train d'implanter un programme de préscolaire pour agir tôt,
pour intervenir tôt, pour lutter contre le décrochage, assurer aux élèves
toutes les conditions pour atteindre leur plein potentiel. On a implanté un
programme de tutorat, le premier au Canada, et on a vu aujourd'hui, dans les
journaux, qu'il y a plus de 162 000 élèves, je pense, qui en
bénéficient. C'est exceptionnel d'avoir réussi à bâtir ce programme-là et à
l'implanter en temps de pandémie. On a complètement, complètement changé la
façon d'entretenir nos écoles et de construire nos écoles.
Donc, je pense, ma collègue s'intéressait au
travail qui a été fait depuis le début du mandat par, bien sûr, moi-même, mais
je vous dirais surtout tout le monde qui travaille dans nos commissions scolaires,
dans nos centres de services scolaires et au sein du ministère. Il y a beaucoup
de compétence, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Thériault) :
Un appel au règlement de la députée de Saint-Laurent. Mme la députée.
Mme Rizqy :
Article 36,
Mme la Présidente. Ma question porte sur le fait que nous avons, en d'autres
mots, là, trois sous-ministres. C'est ça, la
vérité, là. Donc, moi, s'il n'est pas capable de nous répondre, il faut quand
même que ça soit pertinent. J'ai Mme Lepage qui est payée
200 000 $, nous avons M. Blackburn qui est payé
200 000 $ puis on a M. Alain Sans Cartier qui est payé
200 000 $. Ça fait 600 000 $, puis personne ne peut
répondre, ils sont muselés.
Présidente (Mme Thériault) : Bon, je veux juste vous signaler que
vous avez pris à peu près deux minutes pour poser votre question, donc
le ministre avait deux minutes pour répondre, tout simplement.
Mme Rizqy : De façon
pertinente.
La Présidente (Mme Thériault) :
Ah! bien là, la règle de la pertinence, vous savez, ça a toujours été
interprété très, très largement par toutes les présidences confondues, tous les
partis politiques. Donc, M. le ministre, vous avez encore à peu près une minute
devant vous, pour respecter l'alternance de temps.
M. Roberge : Merci. Bien,
écoutez, c'est parce que ma collègue me dit que je ne répondais pas à la
question, alors que ce n'était pas une question. Elle parlait de tous ceux qui
ont mis leur compétence, leur dévouement au service
de l'éducation puis au service des Québécois depuis le début du mandat.
Beaucoup de travail a été fait depuis.
Je n'ai pas eu le temps de parler aussi de la
réforme qui a été faite pour l'enseignement à la maison pour s'assurer que,
oui, les droits... les parents ont le droit de faire l'enseignement à la
maison, puis on l'a vu depuis le début de la pandémie, il y a beaucoup de
parents, beaucoup plus de parents qui se sont prévalus de ce droit-là, mais maintenant
c'est un droit qui est bien mieux balisé pour protéger les droits des enfants
bien mieux qu'ils ne l'étaient avant.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Rizqy : Merci beaucoup.
Donc, question d'une maman, Maryse. Elle aimerait savoir si, oui ou non, la
qualité de l'air dans son école est correcte. Je ne peux pas lui répondre parce
que je n'ai pas encore la liste école par école pour les résultats. Avez-vous
une réponse pour maman Maryse?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Excusez. Il y a quelque
chose que je n'ai pas compris. Le début de la question... Vous voulez la liste
école par école de?
Mme Rizqy : Maryse, qui est une
maman, aimerait savoir quelle est la qualité de l'air dans l'école de son enfant.
Avez-vous la liste école par école?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente,
les tests qui ont été opérés ont été faits dans toutes les écoles, et je pense qu'il
y a plus de 15 000 classes qui ont été échantillonnées, trois fois
chaque classe, selon trois paramètres à chacune des fois, et on l'a signifié
dès le départ, puis on l'a rappelé encore aux centres de services scolaires,
qu'ils ont la responsabilité de rendre publics tous les résultats. Donc,
normalement, la liste détaillée des résultats de chaque centre de services
scolaire doit être disponible. Ça devrait être disponible sur le site Internet
de chaque centre de services scolaire, qui doit rendre des comptes.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Mme la députée.
Mme Rizqy : Donc, vous n'avez
aucune réponse pour maman Maryse?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente, le travail du gouvernement, c'est de faire preuve de
leadership, comme on l'a fait pour ordonner que les tests soient faits, c'est
de travailler en collaboration avec la Santé publique et les experts en
infrastructure pour être certain que les tests soient bien faits, avec des outils
qui sont calibrés, et ensuite c'est de rendre compte d'un tableau national, et
on a fait ça. J'ai rendu compte ici, j'ai déposé le rapport, il est sur le site
Internet du ministère, j'ai fait un point de presse, répondu à toutes les
questions des journalistes pour avoir des données statistiques nationales.
Maintenant,
école par école, ça, ça appartient aux centres de services scolaires. Ce sont
eux qui gèrent l'entretien du parc-école, qui reçoivent les sommes, et
ils ont l'obligation de rendre des comptes, on leur a clairement signifié.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci. Mme la députée.
Mme Rizqy :
Ils ont la responsabilité de rendre des comptes. Puis, vous, votre responsabilité,
c'est quoi?
Présidente (Mme Thériault) : M. le ministre. Je vais vous rappeler de vous adresser à moi, Mme la députée. M. le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente, la responsabilité du gouvernement, du ministre ou de tous
les ministres, bien sûr, c'est de s'assurer que les services soient rendus là
où ils doivent être rendus : dans les écoles, dans les centres de
formation générale aux adultes, dans les centres de formation professionnelle,
dans... partout dans le réseau. On s'assure que les budgets soient adéquats, ça
n'a vraiment pas toujours été le cas, mais on a augmenté sensiblement les
budgets pour payer nos enseignants, pour les payer dignement, pour valoriser
vraiment la profession. On a augmenté sensiblement les budgets pour entretenir
les écoles, parce que, si on a tant de problèmes de systèmes de ventilation depuis longtemps, c'était parce qu'il y avait
des travaux à faire de toute urgence, et on les fait.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci. Mme la députée.
Mme Rizqy : Dites-moi, M. le ministre, en pleine pandémie,
vous ne pensez pas que votre première responsabilité, c'est d'abord et
avant tout la santé et sécurité des enfants, et de rassurer les parents, et le
faire école par école. Un petit peu comme, par exemple, vous vous rappelez,
concentration de plomb dans l'eau, les résultats, c'est école par école. Alors,
pourquoi aujourd'hui vous vous défilez pour présenter école par école la
qualité de l'air?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente, je ne perds pas espoir que ma collègue, à un moment donné,
adresse ses questions à la présidence comme elle devrait le faire. J'imagine
que ça va arriver. On est ici pour, quoi, presque quatre heures.
Ma collègue veut nous
parler des tests de plomb, fort bien. Je pense, en 2013, ou, si ce n'est pas
2013, c'est 2014, non, c'est 2013, il y avait un rapport de... un
article de Radio-Canada
qui disait : «L'eau des écoles est-elle toxique?» Son gouvernement a été
là pendant quatre ans. Il n'y en a pas eu, de tests de plomb. Il n'y en a pas
eu, de tests, du tout. Zéro. Nous les avons faits. Nous sommes en train de
corriger la situation. Et, oui, les résultats, on les rend publics et on le
fait avec l'aide des centres de services scolaires, parce que c'est leur responsabilité
d'entretenir le parc-école, mais il faut que le gouvernement en place,
cependant, donne des directives et donne des budgets. On l'a fait pour le plomb
dans l'eau. On l'a fait pour le CO 2 dans l'air.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Rizqy :
Donc, vous n'avez pas encore de résultat. Vous avez mentionné que vous allez
revoir le protocole de tests de qualité de l'air dans un contexte de pandémie
suite aux critiques. Quand allez-vous le faire?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Je pense que c'est important d'être dans un processus d'amélioration continue,
toujours. Il n'y a pas si longtemps, il n'y en avait pas, de tests de CO 2 .
Maintenant, il y en a qui ont été élaborés par des professionnels en gestion
d'infrastructure au ministère, en collaboration avec la Santé publique. Ça nous
a fait faire un bond en avant parce qu'on n'avait aucun portrait de ce qui se
passait. On n'avait aucune idée de l'échange d'air autant dans les classes puis
dans les milieux qui sont ventilés naturellement ou qui sont ventilés...
artificiellement, pardon, ventilés mécaniquement ou naturellement. On l'a fait.
Ceci dit, il y a des
gens qui étaient bien contents et il y a des gens qui ont remis en question
certains éléments du protocole. Je pense qu'il faut tirer des leçons et faire
mieux. On va consulter des experts pour avoir un nouveau protocole pour l'an
prochain.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci, M. le ministre. Mme la députée, 45 secondes.
Mme Rizqy :
Bien, soyons clairs, ce n'est pas juste des réserves, là. Un membre de la Santé
publique a qualifié le protocole, et je cite, de «broche à foin». Ce n'est pas
des réserves, ça. Et aujourd'hui on a quand même un haut
fonctionnaire, qui est assis à côté de vous, que vous nous empêchez de nous
dire à quel moment la Santé publique a
notifié le haut fonctionnaire de vous dire à vous d'arrêter d'induire les gens
en erreur en disant que ça a été validé,
qu'il y a eu le fameux sceau d'approbation. Alors, le fameux protocole, on est
rendus au mois de mai, n'a pas été revu.
Et depuis tantôt le
ministre n'arrête pas de dire : Ça n'a jamais été fait avant. M. le
ministre, c'est la première fois que nous avons une pandémie. J'espère que vous
le savez.
La Présidente
(Mme Thériault) : 10 secondes.
M. Roberge :
Mme la Présidente, il faut savoir qu'en 2015, 2016, 2017, en Europe, il n'y
avait pas de pandémie, puis ils prenaient l'initiative, le leadership de tester
le CO 2 .
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci.
M. Roberge :
Ça aurait été bien que le gouvernement le fasse...
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci.
M. Roberge :
...avant qu'on arrive au pouvoir.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci, M. le ministre. Nous allons passer maintenant au deuxième bloc d'échange
avec la députée de Sherbrooke, pour la deuxième opposition. Vous avez,
excusez-moi, 13 minutes à votre disposition.
Mme Labrie :
Merci, Mme la Présidente. On va rester sur le sujet des infrastructures. Le
groupe d'experts mandaté par le ministre sur la question de la ventilation lui
a recommandé d'améliorer la situation dans les meilleurs délais pour toutes les
classes où le taux de CO 2 dépassait 1 000 parties par
million. Donc, j'aimerais que le ministre nous confirme si, à la prochaine
rentrée scolaire, les élèves et les membres du personnel sont certains d'être
dans des classes, dans des locaux où ça ne dépassera pas le
1 000 parties par million.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente, j'aimerais pouvoir donner cette garantie de manière absolue,
mais honnêtement je ne peux pas me rendre aussi loin, même si j'aimerais
bien ça. C'est vrai que la cible du ministère, qui est très ambitieuse, là,
c'est de ne pas dépasser 1 000 ppm, 1 000 parties par
million de CO 2 . C'est une cible qui est très exigeante parce qu'on sait, dans les milieux de travail, la cible peut
monter jusqu'à 5 000 ppm, mais, au ministère, on a dit que
c'était 1 000.
Les résultats des
tests nous montrent que 51 % des classes, même dans les trois tests,
atteignent cette cible-là. Il nous reste donc 49 %, c'est beaucoup,
49 % des classes qui dépassent. Mais, attention, ils ne dépassent pas
nécessairement à chacune des lectures, ils dépassent à au moins une des trois
lectures. Et ils doivent... C'est des choses
qui doivent être améliorées. Aussitôt qu'on dépasse la cible de 1 000, la
directive, c'est de changer les protocoles, d'améliorer la ventilation et de retester. Je n'ai pas encore les
résultats de ces nouveaux tests là. Donc, il est fort possible que les
statistiques que j'ai rendues publiques déjà sont caduques, et c'est une bonne
nouvelle parce que la situation s'est améliorée depuis. C'est pour ça qu'on va retester
à l'automne, donc, parce que c'est en continu qu'on doit le faire, puis on va
tester avec un protocole qui sera amélioré.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci. Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Est-ce qu'on a quand même un indicatif de c'est quoi, pour le ministre, les
meilleurs délais? Est-ce qu'il y a une date butoir à laquelle on a demandé au centre
de services d'apporter les correctifs nécessaires?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Bien, je pense, c'est évident que les correctifs doivent être apportés d'ici la
fin de l'année scolaire, absolument. Maintenant, il va y avoir des tests qui
vont être refaits. Je sais qu'il y a des centres de services scolaires qui
apportent des correctifs, et qui retestent, qui apportent des correctifs, qui
retestent pour être certains que c'est efficace, hein, on fait quelque chose,
on teste pour voir l'efficacité.
La Présidente
(Mme Thériault) : Mme la députée.
M. Roberge :
Comme gouvernement... Excusez-moi.
La Présidente
(Mme Thériault) : Mme la députée.
Mme Labrie : Bien, en fait, la
prochaine question que j'ai pour le ministre, puis il pourra compléter ce qu'il
disait, comment il va faire pour s'assurer que, dans toutes les classes, la qualité
de l'air est adéquate? Parce que, jusqu'à maintenant, il
y avait quand même un nombre limité, dans chacune des écoles, de classes qui
ont été testées. J'entends bien qu'il va refaire des tests à l'automne et que,
les correctifs, on attend qu'ils soient faits avant cet été.
Est-ce que les mesures qui vont être faites
l'automne prochain, ça va être dans les mêmes exacts locaux qui ont déjà été testés? Ou il s'engage à tester davantage des
locaux? Est-ce qu'il s'engage à tester tous les locaux? Parce que c'est bien beau tester quatre
locaux dans une école où il y en a plusieurs dizaines, mais les autres élèves,
les autres membres du personnel ont quand
même besoin d'avoir un sentiment que la qualité de l'air qu'ils respirent, elle
est bonne.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Je partage à
100 % la préoccupation de ma collègue. Il faut donner l'heure juste à tout
le monde. J'allais dire : Il faut rassurer tout le monde, mais, avant de
rassurer tout le monde, il faut leur donner l'heure juste, là, pas juste les
rassurer, il faut que les faits soient rassurants. Donc, il faut que les
travaux soient faits puis que les tests, ensuite, soient faits dans une
façon... avec un protocole qui sera irréprochable, d'accord? Et il va falloir
avoir un protocole qui soit irréprochable, mais, dans l'intervalle, cet été...
bien, maintenant et d'ici la fin de l'année mais cet été, c'est sûr qu'il y a
des travaux qui vont devoir être faits.
Au dernier budget, on a ajouté 40 millions
de dollars pour... en surplus de tout ce qu'on a mis depuis le début du mandat,
là, c'est... puis on parle de milliards. On a rajouté un 40 millions de
dollars de plus qui n'était pas nécessairement PQI, là, qui est des
améliorations qu'on peut faire rapidement. Et on va envoyer la directive très,
très bientôt, parce qu'on va faire une mise à jour du plan de mesures
sanitaires, puis on va envoyer une directive de dire : Les travaux doivent
se faire cet été. Il y en a qui se font, bien sûr, en ce moment. Il y a
certains travaux qui sont plus lourds, qui peuvent difficilement se faire en présence
d'élèves, il faut que ça se fasse cet été. On ne voudrait pas se rendre compte,
au mois de septembre, que des travaux lourds qui impliquent de ne pas avoir
d'élèves dans l'école n'ont pas été faits cet été.
C'est sûr que les directives vont être données,
et l'argent va être là. Donc, dans l'ordre, on va aller comme ça, on a fait les
tests, on voit où il y a des problèmes, on donne la directive, on donne
l'argent pour faire les travaux, puis on reteste à nouveau. Je pense, c'est la
meilleure façon de faire.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Mme la députée.
Mme Labrie : S'il advenait que
l'enveloppe ne soit pas suffisante et qu'il reste encore des correctifs à
apporter quand l'enveloppe va être épuisée, est-ce que davantage de fonds
seront disponibles? Et est-ce qu'une commission scolaire ou un centre de
services scolaire qui voudrait tester 100 % de ses locaux pourrait obtenir
les fonds nécessaires de la part du ministère pour procéder?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Je ne pense pas qu'on
puisse manquer de fonds, parce que j'ai parlé de 40 millions de dollars,
et 40 millions de dollars, c'est beaucoup d'argent, mais c'est vrai que,
quand on divise ça par le nombre d'écoles au Québec,
on a tellement de bâtiments, là, le réseau scolaire est tellement grand qu'on
peut dire : C'est bien peu, mais c'est 40 millions de dollars pour de l'entretien léger, on ne parle pas
d'acheter de l'équipement lourd, qui s'ajoutent au budget.
Il ne faut pas que... Dans le Plan québécois des
infrastructures, je vais regarder le vrai chiffre ici, on a, dans le PQI 2021‑2031,
13 milliards. Donc, on ne parle plus de 40 millions, là, on a
13 milliards de dollars de disponibles pour l'entretien, je ne parle même
pas de construction et d'agrandissement d'écoles, pour l'entretien des écoles.
Je parle à des directions générales très, très, très fréquemment, je parle avec
l'association des cadres, personne ne nous dit qu'il manque d'argent pour faire
les travaux.
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée.
Mme Labrie : Parfait. Bien,
j'entends que le ministre est confiant, mais, donc, son intention, c'est que
tous les correctifs soient apportés. Donc, j'imagine que, si jamais on lui
signalait, quelque part, qu'il en manquait, il y a de l'ouverture à bonifier
l'enveloppe si jamais ça dépassait?
M. Roberge : Je vais répondre
très clairement, Mme la Présidente, il n'est pas question de manquer de fonds
pour entretenir nos écoles ou pour acheter de l'équipement pour avoir une
qualité de l'air puis une ventilation qui soient adéquates.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci.
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente. Je vais continuer sur un autre élément qui est un peu dans le même
esprit, la question du plomb dans l'eau. Il y a un peu plus d'un an, le
ministère a demandé à toutes les écoles de mesurer
la concentration de plomb dans tous les points d'eau et d'apporter les
correctifs nécessaires. Pour le primaire, la consigne était d'amorcer
les correctifs au plus tard le 23 juin 2020. Pour le secondaire, formation
professionnelle, formation générale des adultes, les correctifs devaient être identifiés
au 1er novembre 2020, on ne disait pas quand ils devaient être amorcés.
Donc, nulle
part le ministère n'a précisé quand est-ce que les travaux devaient
être complétés. J'aimerais que le ministre nous dise
quand est-ce que tous les correctifs vont être effectués pour le plomb dans
l'eau.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Excusez-moi, Mme la Présidente, je cherche l'information précise. La dernière
information que j'ai, je pensais l'avoir ici, je vais la trouver, mais je sais
qu'au primaire plus de 97 % des écoles... pour plus de 97 % des
écoles... Ah! très bien, on m'envoie l'info. Je pense, c'était 96 %, je
m'en excuse. Voilà, donc, dans plus de 96 % des établissements, les tests
sont effectués à 100 %.
Et, quand il y a eu,
malheureusement, des fontaines d'eau, là, des accès à l'eau qui n'étaient pas
conformes, ils ont été condamnés, mais ça, je comprends que ce n'est pas une
solution finale, là. Certains qui ont été condamnés ont été réparés depuis,
d'autres sont en attente de réparation. Je n'ai pas les données précisément sur
lesquelles, parmi celles qui ont été condamnées, ont déjà fait l'objet
d'amélioration et donc sont déjà réparées.
Mais ce qui est sûr,
c'est que les gens ne consomment plus de l'eau qui est impropre. Donc, je
pense, ça, c'était la priorité, mais c'est sûr qu'il faut ensuite avoir des
fontaines d'eau. Dans ces endroits-là, les écoles se sont assurées d'avoir des
citernes, des abreuvoirs, des... bon, toutes sortes de façons de distribuer de
l'eau qui soit saine à tout le monde. Et... Woups! Attendez un peu, j'en ai
reçu un autre... Est-ce que je complète ou?
Mme Labrie :
Je vais poursuivre avec ma question.
M. Roberge :
O.K. Parce que j'essaie de répondre.
Mme Labrie :
Parce qu'effectivement, là, les tests ont été effectués. Ça, ce n'est pas
vraiment l'esprit de ma question. C'est important, là, l'ampleur du problème.
Je vais vous donner
juste l'exemple de mon centre de services, la région de Sherbrooke, un centre
de services où l'entretien des bâtiments a été généralement très bien fait dans
les dernières années par la commission scolaire. On a un parc immobilier, à la
CSSRS, qui est en excellent état, quand même, et, malgré tout, dans les
documents mis en ligne et mis à jour en janvier dernier, il y a 621 points
d'eau non conformes sur une soixantaine de bâtiments du centre de services.
Puis, en fait, il y a seulement trois écoles de tout le centre de services où
tous les points d'eau étaient conformes, et ce sont les trois écoles qui ont
été construites depuis 2015. Dans toutes les autres, il y a des points d'eau
non conformes. Et on parle d'un centre de services bien entretenu. Sur les
621 non conformes, il y en a 251 qui ont dû être complètement fermés. Il y
en a 370 pour lesquels il faut laisser couler l'eau une minute, et on ne
s'attend pas raisonnablement à ce que des enfants fassent ça.
Donc, moi, ce que je
demande au ministre c'est : Il est quand, le «deadline», pour que tous les
points d'eau redeviennent conformes dans nos écoles et qu'on n'ait plus besoin
de sacs de plastique sur les fontaines et de citernes dans nos écoles, au Québec?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente, je suis très content que ma collègue a vraiment fait
l'inventaire de ce qui se passe chez elle, puis on constate que ce n'est pas nécessairement
que ça a été mal entretenu dans ce cas-là. C'étaient d'anciennes façons de
concevoir, de construire les écoles qui étaient construites avec les matériaux
qu'aujourd'hui on n'emploierait pas nécessairement. Donc, il n'est pas question
ici de dire qu'on a négligé l'entretien. On
a négligé de faire des tests avant, malheureusement, mais on n'a pas négligé nécessairement l'entretien. Puis, même dans
les nouvelles écoles, ça arrive encore des fois parce que, pour je ne sais pas
quelle raison, on utilise une fontaine, là, qu'on n'aurait pas dû installer,
Donc, maintenant, je
vais prendre une seconde pour dire qu'au secondaire c'est 90 % qui a été
complété. Parce que la consigne, fidèle à ce que dit Mme Michèle Prévost,
qui nous a accompagnés, là, qui travaille à la chaire de recherche CRSNG, qui
nous a accompagnés là-dedans, nous a dit : Bien, d'abord, priorisez préscolaire,
primaire si urgence. C'est ce qu'on a fait. Ensuite, le secondaire, c'est
presque terminé. Ça devait être fait plus tôt, à cause de la pandémie ça a été
reporté un peu. Ça devrait être terminé pour juin 2020‑2021.
Les travaux, ensuite,
pour changer, je n'ai pas l'échéancier à ce moment-ci, mais je vais poser la
question, parce que je ne trouve pas la
réponse, quand est-ce que les fontaines d'eau condamnées doivent être toutes
remplacées et mises aux normes. Je n'ai pas la réponse, je vais essayer de la
trouver, mais ce qui est sûr, c'est que l'urgence, c'était d'arrêter de distribuer de l'eau qui n'est pas
conforme et d'en donner, de l'eau qui est potable et qui est saine, et on le
fait déjà. Donc, ça, c'est déjà réglé, mais
c'est sûr qu'on voudrait que toutes les fontaines soient accessibles et
correctes pour...
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci, M. le ministre. Il reste
1 min 15 s à l'échange, madame.
Mme Labrie :
Oui, le ministre va chercher peut-être un bon moment, parce qu'en fait il n'y
en a pas eu, de consigne pour le «deadline». C'est ça que je lui demande
aujourd'hui, là, il n'y en a pas, de date qui a été donnée aux centres de
services pour avoir fait les correctifs. Donc, je lui demande peut-être d'en
déterminer une dans les prochains jours et de le communiquer publiquement aux
centres de services scolaires.
Ma prochaine question,
c'est sur le déficit de maintien d'actif. Dans le rapport du Vérificateur général
en 2019, il y avait seulement 46 % des bâtiments qui étaient considérés
être dans un état satisfaisant. Le ministre avait fixé une cible de 85 %
pour 2021‑2022. On est à quel pourcentage aujourd'hui?
M. Roberge : Je vais demander
à... Je vois que l'équipe, là, est en train de trouver le chiffre, on est rendu
à quel pourcentage aujourd'hui, mais je veux juste montrer l'historique des
PQI, Plan québécois des infrastructures. Donc, il y a toujours... C'est quand
même des milliards à chaque fois, hein, je ne peux pas dire que c'est de la
petite monnaie, là, quand on dit : 8 772 000 000 $ en
2015 pour le PQI, c'était de l'argent, mais on voit clairement que, sous les
précédents gouvernements, ça ne changeait pas, puis là on a pris acte de
l'urgence de la situation. Il y a un bond
formidable qui est fait pour l'investissement. On va voir comment ça se
concrétise dans le parc-école tout de suite...
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Merci, M. le ministre.
M. Roberge : ...mais c'est sûr
que ça prend un certain temps...
La Présidente (Mme Thériault) :
Malheureusement, ça met fin au bloc. Donc, on comprend que vos gens vont
trouver l'information qu'on aura probablement au prochain bloc avec la députée
de Sherbrooke. Donc, je vais maintenant donner la parole à Mme la députée des
Mille-Îles. Vous avez, vous aussi, à votre disposition 22 minutes.
Mme Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente. Salutations distinguées à tout le monde. Puis je
reconnais la ligne sur laquelle on est souvent... on se retrouve souvent. Donc,
plaisir de vous revoir, vous ne pourriez même pas vous imaginer.
M. le ministre, on va parler nécessairement...
Bonjour à vous et l'ensemble de votre équipe aussi. On va parler, vous le savez déjà
d'avance, de, habituellement vous le dites en même temps que moi, formation professionnelle, éducation des
adultes. Je vais vous ramener un petit peu en arrière, je vous ramène à octobre
2019. Il y a un règlement qui a changé pour la reconnaissance des enseignants
en formation professionnelle qui fait en sorte que les crédits qu'ils devaient
avoir ont été augmentés, et certains d'entre eux ont remis en cause, je vous
dirais, leur volonté de rester à l'enseignement. Parce qu'en formation
professionnelle on se rappellera que ce sont des gens de métier qui décident de prendre un bac, on appelle ça un bac
accéléré, pour pouvoir enseigner aux jeunes et transmettre cette information
et la formation.
Par contre, le changement qui est apporté fait
en sorte que certains d'entre eux se retrouvent à la fin de leur reconnaissance et redeviennent un employé précaire, perdent leurs privilèges
d'enseignant, et ça change complètement la perspective entre être un
enseignant provisoire, un enseignant permanent et un enseignant reconnu au niveau
de sa tranche d'employabilité. Alors, je me demandais si... Depuis la
formation, depuis que le règlement est passé, est-ce que vous avez changé quelque
chose par rapport à cette perspective-là?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : On me corrigera si
je suis dans l'erreur, mais je ne crois pas, non, que ça ait été changé, parce
que c'est important de compléter sa formation. Je sais, puis ma collègue a
raison de le dire, supposons un soudeur, on prend souvent cet exemple-là, mais
on pourrait prendre un coiffeur, une coiffeuse, arrive parfois du milieu du
travail, devient enseignant, transmet ses compétences, ses connaissances, mais
être enseignant, ma collègue l'a dit, là, c'est un statut particulier et ça
vient avec une reconnaissance, mais la reconnaissance vient avec le fait que la
personne a aussi suivi la formation pour devenir enseignant ou pour le
demeurer.
Et parfois on dit : Bien, vous avez quelques
années pour compléter votre formation, vous ne l'avez pas encore, vous pouvez
enseigner, mais vous devez la compléter. Et, si on laisse tomber ça, on
dévalorise la profession et on envoie un mauvais signal à d'autres personnes
qui arriveront en formation. Peut-être qu'ils ne s'inscriront pas ou peut-être
qu'ils s'investiraient moins dans cette formation-là, sachant que, vous savez,
cette exigence-là n'en est pas vraiment une.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Mme la députée.
Mme Charbonneau :
Je comprends la réponse. Je la trouve difficile, je vous explique pourquoi. On
peut prendre tous les exemples possibles de tous les métiers qui existent, de
la coiffure jusqu'au pompier, parce que ce sont tous des métiers qui passent
par la formation professionnelle, mais, quand ça fait 10 ans que tu
enseignes puis que tu es reconnu comme permanent, et, tout à coup, une règle
change, puis tu perds ta permanence, tu perds tes avantages, puis il te reste
quatre ans pour enseigner avant de prendre ta retraite, je peux juste vous dire
que le sentiment qui a été ressenti sur le terrain, c'est une poussée dans le
dos pour aller plus vite rester à la maison. Je comprendrais si le règlement
s'appliquait aux jeunes qui arrivent comme enseignants puis qui doivent faire
la formation pour la première fois, mais, pour les enseignants d'expérience, ça
a été un peu... le ressentiment, ça a été la petite poussée dans le dos pour
prendre leur retraite.
Alors, probablement que ce n'était pas votre
intention. Peut-être qu'il n'y avait pas une pensée en arrière de ça, mais je
vous le dis, on est en pénurie d'enseignants partout, même en formation
professionnelle. En maçonnerie, il y a même des cours qui, en ce moment, ne se
donnent pas parce qu'il manque d'enseignants. Il faudrait être très, très vigilant par rapport à un décret comme celui-là. Il
faut penser à la formation, je suis d'accord, mais il ne faut pas oublier ceux
qui sont déjà là puis qui ont fait ce qui était auparavant requis d'eux pour
pouvoir avoir le droit d'être reconnu comme un enseignant en formation
professionnelle.
Donc, juste pour clore cet aspect-là, si je
comprends bien, on ne va pas revoir par rapport au décret pour les enseignants
d'expérience qui n'ont pas le nombre de crédits qui a été revu et corrigé en
2019?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge :
J'ai reçu une information, je ne sais pas si ma collègue... Ça va me prendre
1 min 30 s, peut-être, lire le paragraphe si ma collègue
me permet la réponse peut-être un peu plus longue.
Mme Charbonneau :
Si vous êtes capable de lire aussi vite que votre collègue leader, je vais vous
écouter.
M. Roberge : Je ne promets
rien, je ne promets rien. Non, mais donc une minute, deux minutes, mais juste
peut-être qu'on trouvera une réponse satisfaisante.
Mme Charbonneau :
M. Roberge : O.K. Alors, ici,
je pense, c'est un extrait du document, ça me dit : «Une personne qui fait
une demande d'autorisation provisoire d'enseigner de 5 ans — j'essaie
de lire vite — en
formation professionnelle pourra, pendant une période transitoire de
5 ans, se voir délivrer cette autorisation d'enseigner si elle possède,
parmi le minimum de 90 unités du programme de formation en enseignement de
formation professionnelle demandées, 45 unités
en éducation au lieu des 60 requises à la suite de la modification
réglementaire d'octobre 2019.» Donc, ici, on dit 45 au lieu de 60. «Cette mesure s'applique pour toute demande reçue au
ministère au plus tard le 25 juin... le 30 juin 2025.»
Donc, on est dans une période transitoire,
jusqu'en 2025, où on ne demande pas, justement, d'avoir 60. On permet aux
employés, vous dites, qui sont là... On ne leur donne pas une petite poussée
dans le dos, il ne me semble pas. Il y a quand même une période de grâce qui se
rend jusqu'au 30 juin 2025 avant que ne s'applique à eux ce
rehaussement des exigences. Donc, il me semble que c'est raisonnable.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Mme la députée.
Mme Charbonneau :
J'entends la réponse. Ce pourrait être raisonnable s'il me resterait
10 ans à enseigner. Ça devient plus difficile s'il ne m'en reste que cinq
et ça m'incite à avoir plus le goût de partir, mais on ne fera pas de débat sur
le temps que ça prend, je comprends que vous avez accepté et que, de ce fait,
ça va être maintenu. Je vous dis juste que c'est un jeu dangereux quand on
oublie les gens qui étaient là avant puis qu'on ne respecte pas, dans une certaine façon, l'ancienneté d'une
personne, qu'on le remet à jour au même bilan que les nouveaux, mais,
ceci dit, je voulais vous sensibiliser. J'ai
compris que vous avez entendu, puis peut-être que ça fera un petit bout de
chemin.
Donc, on va aller sur un autre sujet. Le temps
est trop précieux, vous le savez. Je veux aller sur la façon qu'on regarde le
financement de nos écoles en formation professionnelle et l'éducation des
adultes. C'est toujours un financement qui arrive avec une image des deux
dernières années. M. le ministre, les deux dernières années, pour la formation
professionnelle comme pour l'éducation en général, a été quelque peu... et
c'est un mot antiparlementaire, je vais le dire pareil, vous allez me
pardonner, mais c'est des années un peu merdiques.
Alors, quand on va faire le calcul sur l'argent
à remettre dans les années futures sur les deux dernières années qui viennent
de passer, tous les centres au Québec, toutes les écoles d'éducation pour
adultes seront pénalisées par rapport à ce financement-là puisque les années
antérieures ont été touchées, comme tous nous, en ce moment, qui siégeons avec
un masque dans la face, par la COVID. Alors, comment on fait pour mieux ajuster
un financement pour nos centres et nos écoles de formation professionnelle,
éducation des adultes sans être obligé de se fier aux deux dernières années?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Oui, c'est une
préoccupation très importante parce que c'est vrai que nos centres de FP, FGA ont eu des fluctuations de clientèle à cause de la
COVID. Puis leur financement étant ce qu'il est, juste bêtement
appliquer le statu quo puis de les couper, en 2022‑2023, pour ce qu'ils ont
vécu pendant la pandémie, ça ne fonctionnera pas.
Mais ce serait sans compter le fait qu'il y a eu
le forum sur la requalification de la main-d'oeuvre, le 16 octobre
dernier 2020, et il y a eu 91,5 millions qui ont été alloués sur deux
ans, 27 millions en 2020‑2021, 64,5 millions en 2021‑2022 pour
accroître la diplomation des clientèles en FP, FGA. Et, dans ça, il y a
beaucoup de fonds qui vont aller en FP et en FGA, évidemment, de plusieurs
façons, de plusieurs enveloppes, mais c'est sûr qu'on va s'assurer qu'il y ait
un financement équitable. Et il n'est pas question... je vous le dis, là, on ne
s'en va pas vers des compressions pour le financement des centres de formation
ni en formation générale aux adultes ni en formation professionnelle, on a trop
besoin de tous les talents au Québec.
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Charbonneau : Vous avez raison, M. le ministre, d'autant plus
que c'est dans la formation professionnelle, quelquefois, qu'on forme
des métiers qui sont en deçà de 56 000 $ mais quelquefois au-dessus
de 56 000 $. Ça fait qu'on a
besoin de tout notre monde pour avoir du monde qui réponde aux services et aux
métiers qu'on a besoin d'avoir.
Par contre, je n'ai
pas entendu... Puis je vous le dis, je suis en mission, là, parce que j'ai
rencontré trop de gens qui m'en ont parlé, je suis en mission de vos entendre
dire : On ne va pas considérer les deux dernières années, notre calcul va
être différent. Puis je comprends les sommes sporadiques, mais ce sont des
sommes sporadiques qui ont été ajoutées à partir d'un forum, qui ont été des
échanges fort intéressants, mais...
Mais y a-t-il chez
vous un engagement de dire : Pour les prochaines années... Parce que cette
année aussi, là, 2020‑2021, 2021‑2022, va avoir un impact sur le regard qu'on
porte sur le financement. Les règles sont écrites, puis vous le savez parce que
probablement que, depuis que vous êtes en poste, on vous le répète, vous ne
pouvez pas faire ce qui n'est pas écrit parce que, quand ce n'est pas écrit, il
n'y a personne qui va le faire. Alors, est-ce qu'il y a une façon, pour vous,
de pouvoir soit passer un règlement soit passer quelque chose au Conseil des
ministres pour revoir la façon que fonctionne la reconnaissance du financement
en formation professionnelle et éducation des adultes?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Eh bien, parfois aussi on réécrit les règles quand même. Et déjà, depuis
l'automne 2020, donc, il y a depuis, quoi, sept, huit mois, il y a un
comité au ministère qui est en train de revoir le financement, donc la grille
d'analyse, la manière de financer nos centres. Les travaux ne sont pas
complétés, mais il y a une sérieuse réflexion sur la façon de faire. Donc, on
ne peut pas présumer, disons, qu'on va refinancer à l'avenir comme on le
finançait. Puis je vous le dis, on ne s'en va pas du tout, du tout vers tout
simplement, là, une grille Excel, on rentre les données, puis voici le
financement de nos centres, puis tant pis si c'est des coupures, là. On ne s'en
va pas vers des compressions pour nos centres.
La Présidente
(Mme Thériault) : Mme la députée.
Mme Charbonneau :
Mme la Présidente, je vais me tourner de ce côté-là pour vous regarder, vous,
parce que je ne veux pas être influencée par le regard que je porte, mais j'ai
joué dans ce film-là où on me disait, comme présidente
de commission scolaire, qu'on n'avait rien changé aux normes puis que le
montant que je recevais, il n'y avait pas de coupure dedans, mais il n'y
avait pas d'indexation, il n'y avait pas de changement, puis j'avais le même
montant que l'année précédente. Puis on me disait : Contentez-vous de ça,
il n'y a pas de coupure, on vous donne ça, mais, s'il n'y a pas d'indexation
puis il n'y a pas de regard qui se porte sur le budget, il y a nécessairement
une perte à gagner pour nos écoles de formation professionnelle et éducation
des adultes. C'est pour ça que j'allais vers ça.
Ça fait que, oui, les
règles changent. Bravo s'il y a un comité. Maintenant, peut-être j'aurais
besoin de savoir quand, quand que le comité va donner sa recommandation, parce
que sa recommandation va avoir un impact sur le budget qui va être soit en
cours ou le prochain budget, puis notre monde attend la réponse par rapport à
c'est quand que le budget va ressembler à ce qui arrive maintenant.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Oui, bien, d'abord,
juste pour montrer que les bottines suivent les babines, là, cette année, il y a eu un rehaussement, en cours
d'année, de 10 millions de dollars qui est arrivé dans nos centres,
pendant l'année, pour que nos centres soient capables, là, de faire face aux
enjeux. On ne leur a pas dit : Arrangez-vous, là, comme vous l'avez vécu
précédemment, là, dans d'autres fonctions que vous avez occupées. On ne leur a
pas dit : Arrangez-vous.
Puis je pense que le
passé... enfin, ce qui s'est passé dans les derniers mois est garant de
l'avenir. Le budget en éducation est en croissance. On ne se demande pas si on
va indexer ou pas, là, on est bien au-delà de l'indexation. Et on nous dit
qu'il devrait y avoir des modifications pour l'année scolaire 2022‑2023,
donc le résultat des travaux pourrait s'appliquer à compter de 2022‑2023 pour
le financement.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci. Mme la députée.
Mme Charbonneau :
Donc, dans le principe de... Votre comité va rendre quand, tu sais, dans la
perspective qu'ils sont en train d'étudier toutes les choses? Puis, le 10 millions,
est-ce que c'est pour l'ensemble du Québec ou c'est pour chaque centre de
services?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Vous me dites : Est-ce que c'est pour l'ensemble du Québec ou chaque
centre de services? Les règles de
financement au gouvernement du Québec, c'est les règles que l'on fait pour
l'ensemble des centres de services.
Mme Charbonneau :
Donc, le 10 millions, c'est pour...
Mme Charbonneau :
C'est la somme de 10 millions que je visais. Est-ce que c'est pour
l'ensemble du Québec ou c'est pour chaque centre de services qui va recevoir
10 millions?
M. Roberge : Cette année,
c'était pour l'ensemble du Québec. Sinon, ça aurait fait 72 fois... ça
aurait fait 720 millions d'ajoutés en cours d'année, là, je pense que ça
aurait fait du bruit pas mal. Donc, non, c'était 10 millions en cours
d'année qui a été ajouté pour supporter puis reconnaître le travail qui se
faisait dans nos centres.
Il y a des travaux en cours. Je ne peux pas vous
dire la date exactement, mais on nous dit que les résultats des travaux
devraient nous permettre de changer le mode de financement pour
l'année 2022‑2023.
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée.
Mme Charbonneau :
J'aime ça parler de formation professionnelle, puis à chaque fois on prend en
exemple les coiffeuses et les coiffeurs, puis on fait un petit sourire en même
temps, mais il y a plus que ça. Puis j'aimerais ça qu'on se parle de tous les métiers de la construction. En ce moment, le
recrutement est difficile, mais l'approvisionnement des matériaux l'est
tout autant et est plus coûteux. Et, de ce fait, les centres ont un petit peu
plus de difficulté avec leur budget parce que... on le dit un peu
grossièrement, là, mais le deux-par-quatre, ils l'ont plus dans le front que
dans l'école parce que le prix a tellement changé que ça change même la donne
au niveau de l'approvisionnement de nos écoles de formation professionnelle.
Est-ce que, de votre côté, il y a eu un
ajustement ou un rehaussement des sommes pour pouvoir leur permettre d'aller
chercher des matériaux, que ce soit en maçonnerie, en construction, en
plomberie? D'autant plus qu'avec la grève du port de Montréal la plomberie a
des grandes difficultés d'approvisionnement? Donc, est-ce que, de votre côté,
il y a eu des modifications face au budget d'approvisionnement?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Mme la
Présidente, je n'ai pas eu vent de telles demandes. Je ne dis pas qu'il n'y en
a pas eues ou que ce n'est pas pertinent, mais je n'ai vraiment pas... il n'a
pas été porté à ma connaissance que les centres de formation avaient de la
difficulté à s'approvisionner, à acheter les matériaux pour que les élèves
puissent suivre leurs cours, justement, puis manipuler des choses, là. Parce
qu'en formation professionnelle, on l'a vu avec les cours à distance, ce n'est
pas idéal, on veut que les gens manipulent, apprennent, construisent,
façonnent, puis on a besoin de matériel. Je n'ai pas reçu d'indicateur, puis je
le comprends si on en reçoit, là, nous disant : On n'est plus capable
d'acheter tout ce qu'on a besoin pour enseigner correctement.
Si on le reçoit, bien, on répondra. Quand on
reçoit des demandes, là, pour s'assurer que les jeunes reçoivent de la
formation, on trouve les fonds, mais je n'ai pas vu cette demande-là, là, à ce
moment-ci. Puis je vois, là, dans le regard des gens qui m'accompagnent que ce
n'est pas arrivé à ce moment-ci.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Mme la députée.
Mme Charbonneau :
Ça va probablement arriver en même temps ou au moment où ils vont adopter leur budget, où vous allez voir qu'il y a des grands
déficits qui sont apparus parce que l'approvisionnement était plus
difficile, mais, cette année, les
inscriptions sont quelque peu différentes, donc peut-être que vous aurez moins
l'impact, mais moi, j'ai été sollicitée pour une écoute par rapport à
Depuis quelques années, on met beaucoup
d'efforts pour permettre à nos élèves qui ont des difficultés et des défis
d'aller plus loin que le secondaire. Et, en formation professionnelle,
éducation des adultes, il y a toujours eu des sommes pour accompagner ces
élèves. Vous l'avez dit précédemment, la COVID a créé une éducation à distance
qui est plus difficile. Est-ce qu'au niveau de l'éducation des adultes les
sommes ont été rehaussées ou revues pour accompagner les gens qui ont des défis
supplémentaires par rapport à l'éducation des adultes?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Mme la
Présidente, je remercie vraiment ma collègue pour sa question. Vous savez, des
fois, c'est souvent ce que les gens disent : Je vous remercie pour votre
question. On n'est pas toujours sûr que le ministre remercie vraiment, mais là
c'est sincère.
Parce que je trouve que c'était vraiment un
manque qu'on avait précédemment. Il n'y avait vraiment pas... puis peut-être
qu'on ne l'a pas atteint encore, mais il y avait vraiment un manque pour des
ressources professionnelles ou des techniciens en ressources
professionnelles qui viennent aider les élèves en FP puis en FGA. Ça arrivait
vraiment trop souvent, comme si par magie, aussitôt qu'on entre dans un centre
de formation, on n'a plus de dyslexie, on n'a plus de trouble du spectre de
l'autiste ou on n'a plus d'hyperactivité.
Dès le premier budget, à notre arrivée au
gouvernement, on a mis des fonds pour embaucher des ressources puis on a dédié
une part du financement, on a dit : Ça, c'est obligé d'aller en FP, FGA.
Puis, à chaque année, depuis, on réitère, puis on a l'intention de réitérer
encore dans les règles budgétaires cette année pour garantir que les élèves qui
fréquentent nos centres aient accès à des ressources professionnelles.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Mme la députée, 3 min 30 s à votre échange.
Mme Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente. Oui, il y a eu des investissements. J'oserai prendre
le crédit en vous disant : Il fallait
les amener jusque-là, il fallait amener les élèves jusqu'à
la formation professionnelle, éducation des adultes. Ça a été le travail
qui a été fait.
Par contre, en ce moment, les sommes sont
pérennisées pour deux ans, sans plus. Je ne sais pas si vous avez une idée de
c'est quoi, un budget de commission scolaire ou de centre scolaire, mais les
budgets pérennisés pour deux ans, c'est difficile, aussi difficile que les
enveloppes fermées.
Alors, est-ce qu'on est capable de regarder les
montants puis dire : On va les élargir, on va les amener à plus loin que
deux ans? Ou est-ce qu'on est obligés de les faire jusqu'à tant qu'on arrive en
période électorale puis, après ça, on regarde si c'est dans un programme? J'ai toujours
un doute quand on me dit : Il n'y a que deux ans.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente,
les ressources professionnelles dont je parle depuis le début, là, depuis notre
premier budget, c'est des gens qui sont embauchés et qui obtiennent leur
permanence, là. On embauche des ETC, comme on dit, là, des équivalents temps
complet, pas des personnes à contrat, pas une enveloppe sur six mois : Je
vous la donne en février. Dépensez-la avant juin, puis on verra en septembre
prochain, là. Les ressources professionnelles qui ont été embauchées depuis le
premier budget 2018‑2019 de notre gouvernement ont permis d'embaucher du
monde qui sont là, et qui vont pouvoir faire leur carrière, et qui vont rester
dans ces centres-là.
Il y a le budget qu'on appelle Accroche-toi en
formation... en FP, en FGA, qui est de 29 millions. Et je regarde avec un
autre montant. Ici, on parle... Il y a une mesure... Non, c'est autre chose.
Donc, je vais rester avec cette donnée-là.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Mme la députée.
Mme Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente. J'aimerais... Combien est-ce qu'il me reste de temps?
Parce qu'avant de tomber dans mon prochain...
La Présidente (Mme Thériault) :
1 min 30 s.
Mme Charbonneau :
Bon, alors, je vais vous préparer, je vais, avec la permission de mes
collègues, peut-être pouvoir
commencer le prochain bloc. Je vais vous demander, entre-temps, d'aller
chercher de l'information, parce qu'à chaque
fois qu'on est en crédits on s'en parle. Puis les deux autres fois j'ai accepté
de : Je n'ai pas toute l'information, je vais vous revenir. Mais là
je vais vous aviser d'avance. J'aimerais ça qu'on se parle de l'école de
pompier de Laval, qui est dans l'est de
Laval, mais qui est en train de développer un programme avec le cégep
Montmorency pour développer un programme de sécurité publique, donc
pompiers, les ambulanciers. La seule chose qu'ils ne toucheront pas, c'est les
policiers, parce que les policiers, on sait déjà qu'il y a Nicolet. La
reconnaissance qu'on aimerait avoir, puis qui est
discutée en ce moment, puis probablement que quelqu'un pourra vous donner
l'information, c'est de la reconnaître un peu comme on reconnaît l'ITHQ
ou comme on reconnaît Nicolet, c'est-à-dire avec une maison d'enseignement qui
donne une formation complète.
En ce moment, les élèves arrivent en formation
professionnelle, après ça vont au cégep Montmorency, puis après ça ils peuvent
même développer des qualités et des formations en gestion un petit peu plus
loin, mais comment fait-on pour pouvoir accélérer le processus de discussion
puisque les écoles existent déjà, le cégep est là, à l'école Leblanc il y a
l'école IPIQ, la volonté est là, les partenaires se parlent, il manque un
regard du ministère par rapport à ce dossier-là. J'aimerais ça qu'au début du
prochain bloc, parce que je ne veux pas voler de temps à personne, qu'on puisse
échanger là-dessus.
La Présidente (Mme Thériault) :
Et la table sera mise pour le prochain bloc. Vous avez épuisé tout votre temps.
Donc, je vais reconnaître immédiatement Mme la députée de Joliette, pour un
bloc de temps, vous aussi, qui vous est réservé, de 13 minutes. La parole
est à vous.
Mme Hivon :
Merci, madame. Merci, Mme la Présidente. Salutations au ministre, au
sous-ministre, à sa directrice de cabinet, aux collègues du parti ministériel
et, évidemment, à mes collègues de l'opposition.
Je pense
qu'on va tous convenir que la confiance se gagne avec de la transparence et que
c'est particulièrement essentiel quand on traverse une crise sans
précédent comme celle de la pandémie que nous traversons. Le premier ministre a
affirmé à de nombreuses reprises qu'il suivait toujours les avis de la Santé
publique, même qu'il allait plus loin. Le ministre nous a fait la même
affirmation, il nous l'a d'ailleurs fait en novembre, à la fin novembre, lors
d'un exercice de reddition de compte où nous le questionnions précisément sur
la question des demi-classes, qui a fait l'enjeu des débats depuis le printemps
dernier. Et il nous a dit, donc on le sait, on en a parlé plusieurs fois
depuis, qu'il suivait toujours les avis de la Santé publique, et il nous l'a
dit précisément dans le cas des demi-classes.
Donc, vous comprenez comment je me suis sentie
flouée, Mme la Présidente, en janvier, quand j'ai appris qu'il y avait eu un avis de la Santé publique
spécifique sur la question des demi-classes, qui recommandait les demi-classes.
Donc, on a continué, et là on a appris que
les protocoles de ventilation, autre sujet dont on a parlé beaucoup,
n'avaient pas fait l'objet d'un aval et d'une approbation formels de la Santé
publique, contrairement à ce qui avait été affirmé. Et là aujourd'hui, à la
faveur d'autres avis qui ont été, donc, rendus publics hier, et là je le dis en
passant, on aimerait ça qu'ils soient rendus publics,
tous, et en temps opportun, on apprend, donc, d'un membre aussi de la cellule
de crise qui le confirme au Devoir , sous le couvert de l'anonymat, qu'en
fait, pour le retour en classe à temps plein, ce n'est pas ce qui avait été
recommandé pour la date du 29 mars par la Santé publique. On était encore
dans une volonté d'alternance, mais bon, ce
qu'on nous dit, c'est : Voyez-vous, on discute, on discute, et finalement,
bien, on s'y rallie ou pas, puis la
Santé publique évolue. Donc, c'est plutôt l'inverse de ce qu'on nous a dit pendant des
mois, pendant une année.
Et ça fait dire à plusieurs que le ministre, en
fait, a instrumentalisé la Santé publique. Et je voulais voir pourquoi le ministre
se permet d'utiliser ainsi le nom de la Santé publique quand il nous fait de
telles affirmations, surtout que Dr Arruda, la semaine dernière, est même
allé jusqu'à dire non seulement son inconfort, mais qu'il espérait que ça
n'entacherait pas la crédibilité et la confiance à l'égard de la Santé
publique.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente,
je pense que ma collègue va loin, là. Il y a beaucoup d'allégations dans sa question.
Sur la question des demi-classes, j'ai ici un document qui avait été préalablement
rendu public, qui était un document de travail qui était du 22 octobre
2020. Parmi l'ensemble des propositions, c'était écrit, pour les
secondaires III, IV, V, il y a un paquet d'énoncés, à un moment donné, ça
dit, deuxième phase : présence à l'école de la moitié du groupe à la fois,
un jour sur deux; entrée en vigueur dès que les conditions le permettent. C'est
quelque chose qui a été mis au jeu, d'accord? Et ce n'était pas une recommandation
formelle, là : Vous devez absolument faire les demi-classes. Puis là le gouvernement
dit non. Puis là, ah bien, voilà, on instrumentalise... Enfin, tous les autres
qualificatifs, là, qu'on pourrait utiliser. Ce n'est pas comme ça que ça se
passe. D'abord, ça dit vraiment, là : Entrée en vigueur dès que les
conditions le permettent. Donc, déjà, il y a un conditionnel. Bien là, est-ce
possible? Ça présume que les conditions ne le permettent pas en ce moment,
hein, on ne dit pas : Faites-le tout de suite.
Mais à chaque fois, à chaque fois survient un
problème, une préoccupation, soit une hausse de cas, soit une baisse de cas,
soit une hausse de cas spécifiques dans une région, et la Santé publique fait
une proposition au ministère de l'Éducation. Le ministère reçoit cette proposition
pour atteindre l'objectif. C'est toujours l'objectif qui compte. Hein, la proposition,
c'est un moyen. Il y a une analyse du ministère, là. Bon, est-ce faisable,
est-ce applicable, est-ce que
c'est le bon moyen pour atteindre l'objectif? Souvent, après, on se retourne vers les
partenaires, on discute avec les syndicats, on discute avec les cadres
scolaires, on discute avec les directions, on dit : Est-ce applicable? Et
s'il y a une urgence, est-ce qu'on doit fermer les écoles, même dans
l'intervalle? Qu'est-ce qu'on fait? Puis il y a une recherche de solutions.
Puis, à la fin, bien, on trouve quelque chose qui permet d'atteindre l'objectif
de protéger la santé des élèves, des parents, du personnel, puis tout le monde
est d'accord, et ça fonctionne comme ça. Ce n'est pas arrivé qu'on mette de
l'avant, au gouvernement, une proposition puis que la Santé publique
dise : On n'est pas d'accord, vous n'êtes pas allés assez loin. Parfois,
on est allés plus loin que la Santé publique, on a mis plus de mesures de
protection. Ça, c'est arrivé. Mais sur les demi-classes, de dire que la Santé
publique voulait l'imposer puis que le gouvernement aurait refusé, c'est
inexact.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Hivon : Avec
égard, si la Santé publique avait voulu que ce soit conditionnel, il n'aurait
pas dit : Dès que les conditions sont réunies. Elle aurait dit : Si
les conditions se réunissent. Donc, je ne veux pas jouer sur les mots, mais, compte
tenu de ce que la Santé publique savait déjà, ça faisait des mois qu'on
débattait de ça, que le gouvernement avait dit toutes sortes de choses, avec
respect, qui ne tenaient pas la route, comme le premier ministre qui n'arrête
pas de dire : Ça prendrait deux fois plus de classes puis deux fois plus
d'enseignants. Là je pense que ça serait important qu'il arrête de dire ça. Il
y a des écoles à Québec, à Montréal, au complet, qui fonctionnent en
demi-classe depuis le début, donc, de la deuxième vague, et ça marche très
bien.
Donc, si c'était ça, la Santé publique, en toute
connaissance de cause, n'aurait pas dit «dès que», elle aurait dit «si», et ce
n'est pas ça qu'elle a fait. Mais voyez-vous que, dans chaque cas, alors qu'on
nous dit tout le temps qu'on suit les avis de la Santé publique et même qu'on
va plus loin, bien, la réalité, ce n'est pas ça. L'avis, il n'a pas été suivi. Il
y a eu négociations, puis finalement, ah, bien, on a essayé de faire comprendre
à la Santé publique que ce n'était pas ça puis que ce serait difficile. Ensuite
de ça, pour le retour en classe à temps plein, la Santé publique ne voulait pas
à cette date-là, elle voulait l'alternance. Bien là, il y a eu une négociation,
puis là, finalement, la Santé publique a
dit : Oui. Donc, on n'est pas... Puis, bon, on va passer le
chapitre de la
ventilation où, là, oui, je pense qu'on peut vraiment parler d'avoir
utilisé la Santé publique, alors qu'elle n'avait jamais approuvé le protocole.
Donc, je demande juste une chose au ministre,
c'est d'arrêter de dire qu'ils suivent les avis de la Santé publique, et qu'ils
vont même plus loin que les avis de la Santé publique. Parce que la réalité, ce
n'est pas ça, c'est qu'on négocie avec la Santé publique et que, des fois, on
va moins loin que l'avis initial de la Santé publique.
Et sur la question de la ventilation, je veux
juste rappeler les demandes que j'ai faites au ministre le 22 avril
dernier. Il ne m'avait pas dit un oui, mais, quand même, je vivais d'espoir. Et
j'aimerais ça, aujourd'hui, qu'il me dise qu'il a cheminé depuis le
22 avril. Donc, je lui demandais de rendre les résultats par école
publique. J'ai compris tantôt qu'il ne voulait pas s'engager à ça. Il relance
la responsabilité vers les centres de services. Quand même, je lui donne une
deuxième chance, parce que je pense que ça ferait toute une différence pour la
confiance qui est un terme important, particulièrement, en temps de pandémie.
Je lui ai demandé de rendre publics le plan et l'échéancier d'implantation des
mesures correctives. Je n'ai toujours pas vu le début d'un plan. Est-ce qu'il
va en déposer un? Et j'aimerais aussi, c'est ce que je lui demandais le
22 avril, m'assurer que, dans les zones rouge foncé où c'était tellement grave, la
situation, qu'on n'est pas allés en demi-classe, on n'est pas allés en
alternance, on a carrément fermé les écoles pendant cinq semaines au
secondaire, quatre semaines au primaire. Je lui avais demandé qu'en priorité on
amène les mesures correctrices dans les
classes de ces zones-là, rouge foncé, Québec, Outaouais, Chaudière-Appalaches. Est-ce que ça a été fait avant la
réouverture cette semaine et de la semaine prochaine pour le secondaire?
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. M. le ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente,
avec respect, je pense qu'ici c'est ma collègue, là, qui devrait admettre
qu'elle n'a pas utilisé le bon terme, le mot juste, ici, quand elle parle de négociations
avec la Santé publique. Ce n'est pas des négociations avec la Santé publique,
c'est complètement... Ce n'est vraiment pas le bon mot, c'est inexact et ça
amène les gens à comprendre quelque chose qui est le contraire de ce qui se
passe. D'accord?
Comment ça fonctionne? C'est qu'il y a des
discussions. C'est très différent, une discussion puis une négociation. Il y a
des discussions entre la Santé publique et le gouvernement. Il y a des
documents de travail parfois qui sont partagés, qui sont émis. Mais il faut
qu'ils soient applicables, il faut que les mesures soient applicables à la
réalité. Puis ils nous le disent souvent, là, quand moi-même, je discute avec
le Dr Horacio... avec M. Arruda, quand je parle avec le Dr Massé, quand l'équipe, le sous-ministre, les sous-ministres adjoints discutent avec la Santé publique, souvent,
la Santé publique dit : Écoutez, nous, on n'est pas des experts en
éducation. Bien, écoutez, on ne veut pas vous
dire comment ça se passe dans les classes. Ça, ça vous appartient. Puis
là, après ça, ils nous disent : Mais attention à la transmission,
attention à la distanciation. Comment ça s'appliquerait pour que... Puis là, il
y a des discussions.
Ça n'a rien à avoir avec une négociation,
donc : Voici mon point. Voici mon point. Est-ce que je gagne... Si je cède
ici, toi, est-ce que tu vas céder là? Puis là, quelqu'un a finalement gagné son
point, tandis que l'autre a... Ce n'est pas ça, ce n'est pas ça du tout, du
tout, du tout. Et c'est sûr que, si on prend la conversation de cet angle-là,
bien, d'abord, on a la mauvaise perspective puis on va prêter des intentions à
un, à l'autre. Oups! Cette fois-ci, il a perdu son point. Oups! Cette
fois-ci...
Mme Hivon : Mme
la Présidente...
M. Roberge : Et ce n'est pas ça qui se passe, en toute
honnêteté, Mme la Présidente, ce n'est pas ça qui se passe.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci.
Mme Hivon : C'est
juste, quand on parle de négociations ou de discussions, ce que c'est, c'est
qu'on ne suit pas à la lettre les règles de la Santé publique. Mais j'avais une
question très précise sur toute la question du plan de mesures correctrices et
de la priorisation des zones rouge foncé avant la réouverture des écoles. Est-ce
que toutes les mesures ont été apportées, comme je vous le demandais le
22 avril, avant la réouverture des écoles?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Par rapport à la
ventilation puis aux tests qui ont été faits, partout on doit apporter des
correctifs; partout où on dépasse les seuils et les cibles, on doit apporter
des correctifs. Alors, il n'y a pas un endroit où on va dire : N'apporte
pas le correctif tout de suite, c'est le tour de tel centre de services
scolaire. Chaque centre de services scolaire
doit traiter avec diligence, rapidement, doit plutôt s'occuper des situations.
Et quand ils ont pris une mesure puis
que le taux de CO 2 était trop élevé, bien, ils doivent agir. Si
c'est dans un endroit où les classes sont fermées, bien, ça peut même
aller plus rapidement. Ça se peut que ça peut aller plus rapidement pour faire
les travaux.
Mais, en même temps, une fois qu'ils ont fait
les travaux, il faut retester mais en présence des élèves, donc... et même
parfois je vous dirais que ça nous a joué des tours. Quand on a rendu public le
tableau national, il y avait des endroits où il y avait eu des prises de
mesures qui étaient plus élevées que nécessaire. Ensuite, les écoles ont fermé,
les travaux ont été faits, et le résultat qu'on a montré, c'était des taux de
CO 2 élevés parce qu'on n'a pas pu reprendre des mesures avant de
rendre le topo national public à tous. Si on avait pu, en réalité, on aurait pu
voir que la situation s'est corrigée puis on aurait eu peut-être un meilleur
bulletin, mais on ne pouvait pas le faire. Mais il ne faut pas présumer que les
travaux n'ont pas été faits parce que les élèves n'étaient pas là.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Madame...
Mme Hivon : Moi,
j'aimerais ça savoir du ministre, justement, si ça a été fait. Écoutez, c'est
grave, parce que le ministre, le gouvernement nous disent toujours :
L'ouverture des écoles, le maintien de leur ouverture, c'est notre priorité,
mais ils ont refusé d'agir rapidement. En ventilation, ils ont refusé les
demi-classes, ils ont refusé les tests rapides. Bang! On a dû fermer les
classes pendant quatre à cinq semaines. Et là, ce que je lui ai demandé le
22 avril et que je lui redemande aujourd'hui : Est-ce qu'il y a eu
une consigne claire d'envoyée par le ministre pour que, dans les zones rouge
foncé, qui étaient particulièrement à risque, avant la réouverture, les mesures
correctrices soient mises en place, en disant : On va vous donner du
budget supplémentaire s'il le faut, c'est une priorité, les écoles sont fermées
pendant des semaines, faites-le maintenant? Est-ce que c'est une directive qui
a été donnée?
La Présidente (Mme Thériault) :
Il reste 30 secondes au bloc.
M. Roberge :
Mme la Présidente, je vous confirme que la directive a été donnée à tous les
centres de services scolaires de faire les travaux le plus rapidement possible
en leur assurant que toutes les sommes étaient nécessaires pour faire les
travaux. Il n'y a pas un centre de services scolaire qui s'est empêché
d'installer un échangeur d'air, un extracteur d'air, un vasistas, une petite
fenêtre au-dessus d'une porte en disant : Hum, je ne sais pas si j'ai
l'argent pour faire à... Ce n'est pas arrivé.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci.
M. Roberge :
L'argent est au rendez-vous.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci. Ceci met fin au bloc d'échange. Donc,
nous allons revenir avec l'opposition officielle. Mme la députée de Mille-Îles,
vous aviez posé une question au ministre par rapport avec l'école des pompiers
de Laval. Donc, la parole est à vous.
Mme Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente. J'en profite pour dire que le 4 mai, c'est la
journée de reconnaissance des pompiers. Donc, ça fitte un peu dans nos
journées, et c'est tant mieux si on peut le faire. Mais je reviens au principe
qui veut qu'à Laval il y a la seule et unique école de pompiers publique du
Québec, avec un étirement un peu jusqu'à Québec. À Québec, il y a aussi une
école privée de pompiers, mais un peu comme on a une reconnaissance pour la
formation des policiers, un peu parce qu'il y a des écoles hôtelières qui sont
dans les centres scolaires, mais il y a aussi l'ITHQ, en ce moment, il y a une
réflexion et un comité qui s'est penché sur la possibilité de former une école de pompiers ou de sécurité publique. La vice-première ministre est
en... aussi ministre responsable de la Sécurité publique, a un livre, je
ne me souviens plus de la couleur, là, blanc ou vert, qui circule pour la
disposition pour les policiers, qui touche un peu la sécurité publique.
Donc, est-ce que vous
avez eu le temps, dans le dernier bloc, vos petites abeilles alentour de vous,
pour avoir des informations sur l'école nationale de pompiers, qui pourrait
être une école extraordinaire à Laval?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Merci, Mme la Présidente. D'abord, je remercie ma collègue de nous... d'avoir
utilisé le temps judicieusement, là, pour qu'on puisse trouver la réponse puis
essayer de répondre le mieux possible. Je ne sais pas si la réponse va la satisfaire,
mais, à tout le moins, j'ai l'état d'avancement de la question.
Donc, pour le
progrès... voyons, je vais le dire, le projet et le programme demandé par ma
collègue, le centre de services scolaire de
Laval demande un montant de 3 millions de dollars en ce moment pour une
étude faisabilité pour l'Institut de protection contre les incendies du
Québec, donc, on a déjà même le nom, là, l'IPIQ, donc un projet IPIQ. Ça
demande l'intervention... Donc, on a besoin de 3 millions pour étudier le
projet, puis ça demande une concertation de
trois ministères, là, Santé publique, Sécurité publique, Enseignement
supérieur, ministères. Je ne peux pas vous
dire l'échéancier final, mais je peux vous dire que les trois
ministères, en ce moment, sont au travail. Les trois ministères, les équipes sont mobilisées pour travailler sur
ce projet IPIQ avec le centre de services scolaire de Laval.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci. Mme la députée.
Mme Charbonneau :
IPIQ, c'est déjà un nom qui existe puisque c'est le nom de l'école de la
formation professionnelle. Donc, on peut faire le jeu de mots, c'est amusant,
mais ça fait plus que deux ans qu'ils travaillent sur le projet, c'est un
projet qui est en branle depuis plusieurs années. Donc, si je comprends bien,
il est toujours à l'étude au niveau du ministère. Vous parlez avec vos
collègues à l'extérieur du Conseil des ministres pour parler de ce projet-là,
puis on devrait avoir des nouvelles. Je sais que vous allez me dire : Je
ne peux pas vous donner l'échéancier. Je ne veux pas l'échéancier. J'aimerais
ça savoir, on vise... Est-ce qu'on a un moment visé pour avoir des réponses
pour pouvoir commencer à finaliser? Parce qu'en ce moment l'installation n'est
pas terminée, puis, honnêtement, en éducation, avoir une école nationale,
3 millions, c'est de la petite bière. Je le dis en tout respect, mais je
suis sûre que vous êtes d'accord parce que juste construire une école
secondaire, c'est 14 millions.
Donc, est-ce qu'on
peut imaginer que, cette année, on peut parler de la possibilité de faire les
choses ou je dois regarder mon calendrier en
me disant : Ah! il faut que les ministères se parlent, puis là on va
partir un comité, puis...
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente, malheureusement, je n'ai pas d'échéancier à fournir à ma
collègue. Quand je regarde, là, je vois que mes collègues y travaillent, les
équipes des trois ministères travaillent, tout le monde est au fait de ce dossier-là. Il y a une concertation qui
se fait, même là quatre, avec le centre de services et les trois
ministères. Le fait que je n'ai pas d'échéancier, ça ne veut pas dire que ça va
être long. Des fois, ça peut être plus vite qu'on pense, mais je ne peux pas
donner un échéancier. Je n'ai pas l'information. Donc, j'aime mieux ne pas
donner de date, si je ne peux pas la tenir ensuite.
La Présidente
(Mme Thériault) : D'accord.
Mme Charbonneau :
Mme la Présidente, je vais faire un dernier commentaire.
La Présidente
(Mme Thériault) : 30 secondes.
Mme Charbonneau :
Puis après ça je vais laisser la parole. Je vais juste signifier avec beaucoup
de déférence que c'est vrai que j'ai été élue sur la bannière libérale, puis
qu'à Mille-Îles c'est une députée libérale. Alors,
ce que je demanderais au ministre, si jamais il y a des avancées, si jamais il
y a des choses qui se font, j'aimerais ça parler avec vous de ce
dossier-là parce que c'est un dossier qui me touche tout particulièrement, pas
juste parce que c'est dans mon comté, mais parce que j'ai connu cette école à
la base de ce qu'elle était. Donc, j'aimerais ça qu'on puisse continuer à s'en
parler.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci.
M. Roberge : Il me reste quelques
secondes?
La Présidente (Mme Thériault) :
Oui, non.
M. Roberge : Bien, juste, avec
plaisir.
La Présidente (Mme Thériault) :
Avec plaisir? Parfait.
M. Roberge : Mais c'est certain. La bannière sous laquelle on
est élu ne change absolument rien à la collaboration que je peux avoir
avec des collègues. Je pense que plusieurs collègues peuvent en témoigner, de
plusieurs partis.
Présidente (Mme Thériault) : Parfait. Je suis convaincue que la députée adore votre réponse.
Mme la députée de Saint-Laurent, on retourne à vous pour la balance
du bloc. Allez-y.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. J'aimerais savoir, selon le ministre de l'Éducation, quel est le
seuil de CO 2 acceptable pour une classe normale au Québec.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente,
la cible du ministère, c'est 1 000 ppm. C'est la cible qu'on veut
atteindre. On se fixe cet objectif-là. C'est... La directive est claire auprès
des centres de services scolaires. Aussitôt qu'on dépasse 1 000 ppm,
c'est-à-dire 1 000 parties par million de CO 2 , dans une
des trois lectures, il doit y avoir des travaux qui doivent être faits. Ça ne
veut pas dire qu'on s'intoxique à 1 050 ou à 1 100, il faut prendre
les choses comme elles le sont, mais la cible du gouvernement, c'est
1 000.
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée.
Mme Rizqy : J'aimerais savoir
comment cette cible a été fixée.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente,
cette cible était là avant que je n'arrive. Alors, c'est antérieur à ma
décision. Quand est arrivée cette question sur... et qu'on s'est mis à se poser
des questions sur la ventilation, sur les aérosols, on s'est dit qu'il fallait
avoir un portrait. On s'est fait... Moi, je ne suis pas un expert en
ventilation puis en aérosols, puis je ne me prends pas pour un expert. Puis,
donc, je me suis tourné vers les experts en infrastructure. Puis ils nous ont
dit que c'était la cible qu'on avait. Ils l'ont qualifiée eux-mêmes de très
ambitieuse quand on compare avec d'autres milieux de travail.
La Présidente (Mme Thériault) :
Parfait.
M. Roberge : Mais c'est la cible qu'on a. Puis je n'ai pas...
je n'ai pas demandé à ce que cette cible soit changée.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Mme la députée.
Mme Rizqy : Donc, si je résume,
avant votre arrivée, il y avait une cible à atteindre de 1 000 ppm.
Pandémie arrive, statu quo. Donc, vous ne changez pas la cible. Donc, vous
n'avez pas lu l'étude que j'ai déposée de la santé publique... l'école de santé publique de Harvard qui prévoit, en période
de pandémie, de se donner une cible à atteindre de 700 ppm, en
période de pandémie.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Oui. Mme la
Présidente, je pense qu'il faut quand même prendre quelque chose en note aussi.
Si la cible était antérieure, de 1 000, il faut quand même prendre en note
que personne avant ne s'était demandé si elle était
atteinte. Et dans sa... Lorsque sa formation politique, à ma collègue, était au
pouvoir, il y avait la cible, mais il n'y avait aucune même intention de
mesurer.
Maintenant, on a regardé, hein? Bien sûr qu'on a
étudié la question avec sérieux. On a comparé, on a regardé ce qui se passait. On a regardé la norme qui
s'appelle la norme ASHRAE, qui est un acronyme, là, qui dit
essentiellement qu'on peut avoir au-delà de... c'est-u 700, 800, je pense,
c'est 700 ppm de plus que le niveau d'air extérieur, et ça, ça démontre
très, très bien que le système de ventilation est suffisant en fonction de
l'occupation, en fonction du nombre de
personnes. Puis quand on regarde ce qui se passe en Angleterre, au Japon, en
Nouvelle-Zélande, ils considèrent qu'en bas de 1 500 ppm, la
ventilation est adéquate, le nombre de changements d'air à l'heure est adéquat.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Mme la députée.
Mme Rizqy :
Donc, vous, vous dites que c'est 1 000. À partir de 1 500, vous
décidez d'apporter des correctifs. J'aimerais vous parler du centre de
services scolaire Rivière-du-Nord dans les Laurentides. La communication qu'on
peut voir, et là je vous lis textuellement : «Sur l'ensemble des mesures
prises dans les établissements du CSSRDN, aucune n'était supérieure à
2 000 ppm.» Ça, c'est ce qu'on envoie aux parents. C'est public,
c'est sur leur site Web. Pourquoi qu'ils mettent ça, eux autres, à 2 000?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge :
Oui. Mme la Présidente, juste corriger quelque chose. Ma collègue commence son intervention en disant :
La cible, c'est 1 000. À partir de 1 500, vous devez apporter des
correctifs. C'est totalement contraire à ce que j'ai dit et répété, puis
contraire à ce qu'il y a dans le protocole. Aussitôt qu'on dépasse 1 000,
il doit y avoir des correctifs. Je l'ai mentionné à plusieurs reprises.
Là, ma
collègue nous dit qu'il y a une information qui a été envoyée aux parents. C'est peut-être une
information qui est erronée. Je n'ai pas vu cette communication-là. Nous, on a
envoyé justement la même information à tous les centres de services scolaires,
l'obligation de respecter les protocoles, l'obligation de rendre publics les
résultats.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Mme la députée.
Mme Rizqy : Donc, maintenant
que je vous dis ça, vous allez faire quoi?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : C'est certain que,
quand on apprend qu'il y a un problème ou une irrégularité dans le réseau, bien,
on fait un suivi. On communique avec le centre de services scolaire pour savoir
ce qui s'est passé, qu'est-ce qui est à l'origine de ça. J'aimerais ça voir
le... Peut-être que ma collègue pourrait le déposer ou nous informer, là, qu'on
puisse noter comme il faut l'information, puis voir ce qui s'est passé, là.
D'après ce que je comprends, il semble qu'il y
avait une école... Mais ce n'est pas clair, là, de ce que ma collègue a dit. Ça
laisse entendre que le centre de services scolaire n'apportait pas des travaux
en bas de 2 000. Mais honnêtement, c'est un peu flou, là. C'est un petit
bout de phrase pris au milieu d'un document. Il faudrait analyser la situation
plus sérieusement pour faire un suivi.
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée.
Mme Rizqy : Bien, si vous
trouvez ça flou... C'est parce que je vous cite mot pour mot, là, ce qu'un
centre de services scolaire dit aux parents sous votre gouverne, là. Sur
l'ensemble des mesures prises dans l'établissement du centre de services
scolaire Rivière-du-Nord, aucune n'était supérieure à 2 000 ppm. Moi,
je veux savoir pourquoi qu'une communication d'un centre de services scolaire,
qui est envoyée aux parents, leur dit, au fond, en d'autres mots : Rassurez-vous, il n'y a rien en haut de
2 000. Il me semble que ça, ça induit à la population, puis
particulièrement aux parents, que le seuil, c'est 2 000, et non pas
1 000.
Là, je vous demande à vous, à
titre de ministre
de l'Éducation : Qu'allez-vous faire pour rectifier la situation, puis
aussi de vous enquérir à ce centre de services scolaire?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente, on va regarder la communication, on va voir ce que ça veut
dire exactement, là, donc chacun des mots, là, l'ensemble de ce qui a
été communiqué, et pas seulement une phrase. Mais de notre côté, c'est clair, c'est répété, c'est toujours la
même chose, la même information. Et les tests le démontrent, presque...
En fait, 51 % des... Dans 51 % des
cas, les trois mesures étaient inférieures à 1 000. Il y avait à peu près
39 % pour lesquels les mesures étaient entre 1 000 et
1 500, puis, bon, on continue. Plus ça monte, moins il y en a.
Mais aussitôt qu'on dépasse les seuils, il doit
y avoir des correctifs qui sont apportés. Parce qu'on ne perd pas de vue l'objectif. Tout ça, là, ce n'est pas
juste une bataille de chiffres et de mots. C'est la qualité de l'air, c'est
ce qui se passe dans nos écoles.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci. Mme la députée.
Mme Rizqy : Bien, le rapport,
comme je l'ai dit, est disponible en ligne. Je n'ai rien à cacher, c'est le centre
de services scolaire de la Rivière-du-Nord, c'est leurs résultats d'analyses.
Puis vous avez une équipe. Vous êtes au ministère, là, vous avez plein de
monde, puis c'est ce qui vous a été envoyés. Alors, moi, je suis même surprise
que même personne dans votre équipe ne l'a
vu. C'est écrit noir sur blanc. Eux autres, leur seuil, là, c'est 2 000 $... 2 000 ppm. Pas
2 000 $, 2 000 ppm.
Alors, je comprends que vous allez intervenir.
Est-ce que vous allez intervenir de la même façon que vous êtes intervenu avec
les écoles du réseau privé?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente,
d'après ce que je n'ai pas... ce que j'ai compris, là... Dans le fond, vous
nous avez dit c'est où. On va lire comme il faut la communication. On va faire
le suivi nécessaire.
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée.
Mme Rizqy : O.K. Mais, pour
précision, il n'y a pas grand-chose qui a été fait pour les écoles privées, si
je comprends bien, jusqu'à présent, parce que vous n'avez toujours pas reçu
leurs tests à eux, ou est-ce que vous avez reçu entre-temps, depuis qu'on a
posé la question au salon bleu?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Si on a reçu
les... Je m'excuse, j'ai... Si on a reçu les résultats de tests au salon bleu?
Mme Rizqy : Voulez-vous que je
rephrase?
La Présidente (Mme Thériault) :
...votre question, Mme la députée.
Mme Rizqy : On se rappelle que
le ministre de l'Éducation a dit, au salon bleu, que la même directive a été
envoyée tant dans le réseau public que dans le réseau privé. Par la suite, nous
avons su que c'était le contraire de la vérité, que les écoles privées n'ont pas
reçu la même directive, c'est-à-dire de tester et de soumettre les résultats du
test au ministère de l'Éducation, ce qui a eu comme résultat qu'on n'a trouvé
par la suite, dans le rapport de qualité de l'air, que les écoles du réseau
public.
Alors, depuis qu'on sait la vérité, moi, je me
pose la question suivante : Est-ce que le ministre a envoyé une directive
claire, ferme : Testez la qualité de l'air, envoyez-nous les résultats au
plus vite, s'il vous plaît?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente,
il y a une seule et même lettre qui a été envoyée au début du mois de janvier.
Ma collègue fait référence à d'autres communications. Moi, j'ai envoyé une
lettre, qui était signée de ma main, au début du mois de janvier, qui est...
C'était la même lettre, que ce soit aux commissions scolaires anglophones, aux
centres de services francophones, aux établissements privés. On leur rappelait
le protocole et puis on leur disait ce qu'ils devaient faire. D'autres
communications ont été envoyées ensuite, qui demandaient aux commissions scolaires... aux centres de services
scolaires et aux commissions scolaires de nous envoyer les documents, les résultats avec un échéancier. Même, c'était
même dit : À date... Selon telle date, vous devez avoir fait tel
pourcentage de tests, tel pourcentage de tests pour être sûr... pour qu'on ait
un tableau de bord.
Pour ce qui est des écoles privées, ils doivent
rendre compte à leurs conseils d'administration, ils doivent rendre compte aux
parents qui envoient leurs enfants là des résultats.
Mais, écoutez, il y a une communication, on
trouvera la date de cette lettre-là, mais il y a une lettre qui avait été
envoyée à l'ensemble des acteurs du réseau.
La Présidente (Mme Thériault) :
Donc, j'entends qu'on va recevoir la lettre à la commission. Vous allez la
transmettre par courrier électronique. Je vais vous demander de l'envoyer à Commission
de la culture et de l'éducation, cce@assnat.qc.ca, pour qu'on puisse constater
le dépôt du document dans les règles de la commission. Mme la députée.
Mme Rizqy : On ne
veut pas le savoir, on veut le voir. Lorsqu'il nous a déposé le rapport, il
manquait toutes les écoles privées,
puis personne dans son équipe ni lui-même a fait : Ah! bien oui, c'est
vrai, il manque les écoles privées.
Je vais aller
maintenant sur le plomb dans l'eau. M. le ministre, vous vous rappelez, je vous
avais déposé une étude de l'INSPQ qui date de juin 2019. Je vous ai dit aussi,
au salon bleu, que, lorsqu'on consomme de l'eau qui contient même une petite
quantité de plomb, selon l'étude de l'INSPQ, il peut y avoir des retards au
niveau du développement
du quotient intellectuel d'un enfant, ce qui est important. Avez-vous pris
connaissance de l'étude de l'INSPQ?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente, les travaux qui ont été faits sur le plomb dans l'eau, ils
ont été faits en concertation avec une experte. Je ne suis pas un expert ni en CO 2 ,
ni en taux d'humidité, ni en plomb dans l'eau, ni en zinc, ni en radon d'ailleurs,
qui est un autre des enjeux d'émanation de gaz dans certains bâtiments. On a
travaillé avec Mme Michèle Prévost, professeure titulaire à l'École
polytechnique de Montréal et titulaire de la Chaire industrielle CRSNG en eau
potable. On a établi les protocoles avec elle. Il n'y en avait pas, de
protocoles, il n'y en avait pas, de tests de plomb dans l'eau, même si un
journaliste avait tiré la sonnette d'alarme en 2014, alors que c'était le
précédent gouvernement du Parti québécois qui était là. Le gouvernement libéral
est arrivé. Il y avait un
article qui le disait, il n'y a pas eu le début du
commencement d'un test. Et nous sommes arrivés et nous avons donné la directive
très claire : Achetez les outils, travaillez de concert avec
Mme Prévost, qui est une experte reconnue, et assurez la santé et la
sécurité des élèves et du personnel. Je pense, les gens sont rassurés de ce qui
a été fait.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Donc, puisqu'on n'a pas répondu à ma question, je tiens pour acquis que vous
n'avez pas lu le rapport, qui a été déposé, de l'INSPQ, qui porte précisément
sur cette question. Oui ou non, l'avez-vous lu?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente, la question n'est pas de savoir si le ministre essaie de
devenir un expert dans une situation x ou y. On s'entoure de personnes qui ont
des expertises complémentaires. On a des gestionnaires de haut calibre. On a
des professionnels en gestion d'infrastructures, des ingénieurs. Et on va
chercher, quand on en a besoin, quelqu'un dont la compétence n'est remise en question
nulle part, je parle de Mme Michèle Prévost. Les tests ont été faits avec
toute la diligence du monde.
La Présidente
(Mme Thériault) : Mme la députée.
Mme Rizqy :
Un ministre curieux, c'est bien. Et la raison pourquoi je vous la pose, cette question,
c'est parce que, dans ce rapport, que je vous ai déjà lu, en plus, un passage
pertinent, c'est... Quand un ministre prend le temps de lire certaines études scientifiques,
bien, il peut être alarmé de savoir et de comprendre l'urgence d'agir de façon
très rapide. On parle d'un à trois points de retard de quotient intellectuel,
qui peut aller jusqu'à sept points lorsque c'est consommé de façon très
continue. C'est quand même énorme. On parle d'enfants.
Là, je vous invite à
prendre votre fiche de crédits n° 217, EDUC-217. On
vous pose là-dedans des questions sur le plomb dans l'eau.
La liste
d'établissements, par commission scolaire, qui ont effectué les tests de
concentration de plomb dans l'eau, en indiquant les résultats pour chaque établissement :
L'information n'est pas disponible.
La liste des écoles
qui dépassent les normes recommandées par Santé Canada, par commission scolaire,
centre de services scolaire, en indiquant le résultat des tests : L'information
n'est pas disponible.
Le nombre et le pourcentage
d'écoles qui dépassent les normes recommandées par Santé Canada, par commission
scolaire, centre de services scolaire : L'information n'est pas
disponible.
Donc, près de deux
ans plus tard après le dépôt d'un rapport aussi important que celui de l'INSPQ,
qui nous sonne l'alarme, là, qu'on doit agir parce qu'il y a des retards au
niveau du développement d'un quotient intellectuel d'un enfant, et à plus forte
raison d'un jeune enfant, moi, je note, là, que j'ai une fiche de crédits qui
me dit que l'information n'est pas disponible. En d'autres mots, le travail n'a
pas été fait?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge : C'est un raccourci un peu maladroit, là, de dire
que le travail n'a pas été fait. C'est complètement faux.
J'ai ici la fiche qui
démontre, je pense que ma collègue l'a aussi, par centre de services scolaire,
qui démontre que l'échantillonnage a été
fait, que les tests d'eau ont été faits, et dans quels pourcentages, même, les résultats étaient conformes, donc c'est validé, puis les
jeunes et le personnel peut prendre de l'eau sans inquiétude, ou non conformes,
et c'est condamné.
Donc, je ne pense pas
qu'on peut dire que le travail n'a pas été fait. Mais, écoutez, c'est quand même
particulier d'avoir quelqu'un qui appartient à cette formation politique là, il
faut le dire, là... Écoutez...
Mme Rizqy :
...Mme la Présidente...
M. Roberge :
...elle plaide l'urgence, alors qu'elle appartient à une formation politique
qui n'a rien fait pendant quatre ans, et, nous, quand on le fait en deux ans,
ce n'est pas assez vite. Quand même...
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Rizqy :
Mme la Présidente, je viens dans un exercice de reddition de comptes et je lis
les crédits. Moi, j'ai reçu environ 12 cartables de crédits. J'ai pris le
temps de les lire. Donc, si ici, là... Ça, ce n'est pas ma fiche à moi, là,
c'est la vôtre. Donc, est-ce que vous nous avez induits en erreur aussi dans
les fiches que vous nous avez envoyées, puis on a lu ça pour rien?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre, vous avez cinq secondes pour répondre.
M. Roberge : Mme la Présidente,
on n'a pas induit personne en erreur.
Mme Rizqy : Bon, tant mieux
s'il n'a pas de réponse parce que nous, on a des questions. On va continuer.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Merci. Vous allez conserver vos questions pour l'autre bloc parce que
votre bloc est terminé. Donc... Je suis gardienne du temps. Donc, Mme la
députée de Sherbrooke, la parole est à vous pour un autre 13 minutes.
Mme Labrie : Merci, Mme la Présidente.
Je vais revenir où j'en étais tout à l'heure. Donc, j'imagine qu'entre-temps
l'équipe du ministre a eu le temps de trouver la réponse. La question, c'était
sur le déficit de maintien d'actif. Donc, je rappelle que le Vérificateur
général, en 2019, identifiait qu'il y avait seulement 46 % des bâtiments
de l'ensemble des commissions scolaires qui étaient dans un état satisfaisant.
Et le ministère avait fixé la cible qu'en 2021‑2022, donc cette année, on
serait à 85 % d'établissements dans un état satisfaisant. Donc, je veux
savoir à quel pourcentage on en est au moment où on se parle.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Oui, il y a des
recherches qui ont été faites pour trouver ce chiffre-là. Il me semble que je
l'ai vu passer dans l'intervalle, puis là il y a eu d'autres questions. Est-ce
que vous pouvez juste passer à une autre question?
On va répondre dans quelques minutes, le temps qu'on retrouve la donnée. C'est
sûr qu'on l'a quelque part.
Mme Labrie : Certainement. On
va pouvoir continuer d'en parler parce qu'en fait les exemples sont assez nombreux, là, de l'état lamentable de nos écoles.
Je ne sais pas si le ministre a le loisir de suivre la page C'est
gênant, M. le ministre! sur les réseaux sociaux. Il y a des
témoignages qui se multiplient de gens qui travaillent dans le réseau de l'éducation, et puis ceux sur l'état des
infrastructures sont très récurrents. Il y a des enseignantes qui
dénoncent la présence de souris ou de
coquerelles dans leurs écoles, dans leurs classes, d'eau qui coule du plafond
au point où on doit mettre un sac de poubelle sur sa chaise de travail
ou une poubelle en dessous de la fuite, et ce, depuis des années. On ne parle pas de petits problèmes isolés, là, on
parle de plafond d'une classe qui coule depuis huit ans, de souris qui
vit dans la classe depuis trois ans. Et puis
je le sais, que ce n'est pas le ministre qui était là à cette époque-là. Je ne
tente pas de lui imputer la
dégradation du réseau, qui est due au précédent gouvernement. Cependant, le
constat est là. Puis moi, je veux savoir : Est-ce qu'on est en
train de rattraper les déficits de maintien des actifs? C'est quoi, la cible du
ministre? Quand est-ce qu'il prévoit avoir terminé de rattraper le déficit de
maintien des actifs? Et on en est où en ce moment?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : L'information
qu'on me dit, en ce moment, c'est qu'on a 44 % des bâtiments qui sont dans
un état satisfaisant, donc 56 % qui sont toujours dans un état
insatisfaisant et doivent faire l'objet de travaux. Ils ne sont pas tous dans le même état, mais donc il nous
reste encore beaucoup, beaucoup de travail à faire. Je le reconnais tout
à fait.
Écoutez, en trois ans... en comptant le budget
qui vient, donc les travaux n'ont pas été faits, là, on est en train d'étudier
les crédits, il y a deux ans pour lesquels on a engagé l'argent. Souvent, les
travaux prennent plus d'un an ou plus de
deux ans. Vous comprenez que c'est du moyen terme, là. C'est comme quand on
plante une petite pousse d'arbre, on ne récolte pas les pommes tout de
suite. Mais, en trois ans, on va avoir investi
8 320 000 000 $. Bien, en trois ans, on va avoir investi
autant que dans les huit dernières années, quand même. Donc, de 2011 à 2018,
8,2 milliards et, en trois ans, 8 320 000 000 $.
Donc, je comprends que ce n'est pas réglé
encore, puis honnêtement c'est un petit peu gênant, en ce moment, ce que je
vous donne comme résultats, puis, le déficit de maintien d'actif, il faut s'y
attaquer. Écoutez, c'est ce qu'on fait, là. Ce n'est jamais arrivé. Ce qu'on
fait en trois ans, ça a pris huit ans aux trois précédents gouvernements pour
faire ce qu'on fait en trois ans, en même pas un seul mandat. Donc, on est vraiment
en train de rattraper. On court plus vite, mais on a commencé la course en
retard. Donc, si on prend une photo, on voit qu'on n'est vraiment pas premiers.
Si on prend un vidéo, on voit qu'on court plus vite que jamais.
Présidente (Mme Thériault) : M. le ministre, juste vous rappeler que les deuxième et
troisième oppositions n'ont pas beaucoup de temps. Donc, quand ils
posent des questions de 30 secondes, essayez d'être plus court un peu dans
vos réponses, parce que, des fois, vous doublez le temps, carrément. Donc, Mme
la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Donc, je comprends que le ministre
est en mouvement. Je reconnais qu'il
y a des investissements qui sont faits, sauf que, quand même,
dans sa réponse, il me dit qu'on est passés, il y a deux ans, de 46 %
des bâtiments du réseau scolaire dans un état
satisfaisant à 44 % dans un état satisfaisant aujourd'hui. Donc, ça a
continué de se dégrader. Puis la cible que le ministère lui-même avait fixée en
2019, en sachant que, quand on plante une graine, ça prend plusieurs années à
récolter des pommes, c'était quand même d'atteindre 85 %, là, pour
l'année 2021‑2022. Donc, on n'en est pas là du tout. Le ministre nous
parle de ses investissements pour les trois prochaines années. Dans trois ans,
on va être à quel pourcentage de bâtiments dans un état satisfaisant?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : ...pas
l'information pour l'instant, mais c'est sûr qu'en investissant plus que jamais
on va résorber ce maintien d'actif là, mais ça va prendre du temps, ça va
prendre du temps. Je peux demander, je ne sais pas si on a l'estimation pour
savoir ça va prendre combien de temps pour résorber ce maintien d'actif là, mais
on part avec un retard considérable,
considérable. Je veux dire, on a des images d'horreur, puis il y a encore des
écoles où il y a des problèmes.
Là, on met vraiment l'accent, c'est sûr, sur la
ventilation, sur l'eau, hein, les deux en même temps, mais il n'y avait rien,
là, il n'y avait pas de détecteur. Figurez-vous qu'il n'y avait pas de
détecteur de monoxyde de carbone, alors qu'on chauffait au mazout. Là, je ne
parle même pas de CO 2 . On chauffait au mazout, il n'y avait pas de
détecteur de monoxyde de carbone. Il n'y avait pas de test pour savoir ce qui
se passait avec le plomb dans l'eau. Il n'y avait pas de test pour le CO 2 .
On rattrape. Ça prend du temps, je le reconnais.
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée.
Mme Labrie : Oui. Bien, je
trouve ça quand même inquiétant, parce que, là, il nous dit qu'il ne le sait
pas. Je reconnais que ça prend un moment après qu'on investit de l'argent pour
que les travaux aient été faits. Bon, je connais comment ça se passe dans le
milieu de la construction, puis c'est vrai que c'est long, puis c'est toujours
plus long qu'on pensait, mais la cible, c'était quand même 85 % pour
l'année 2021‑2022. Puis là il nous dit que, même dans trois ans, il ne
sait pas ça va être quoi, la cible. Ça fait que moi, je constate que c'est
comme si on a abandonné complètement, là, de rehausser ce seuil-là. On n'a pas
d'horizon du côté du ministère sur à partir de quand qu'on va commencer à
résorber le problème. Ça m'inquiète.
Puis là il me nomme les travaux qui sont faits,
là, pour la ventilation puis le plomb dans l'eau, sauf qu'on vient juste d'en
discuter ici, puis, moi, la réponse que j'ai obtenue, c'est qu'il n'y avait pas
de date limite pour faire les correctifs pour le plomb. C'est ça qui a été la
réponse du ministre tout à l'heure, là. Je lui ai demandé, dans les prochains
jours, d'en annoncer une, date limite, mais la réalité, c'est qu'au moment où
on se parle il n'y a pas de date limite pour ça.
Donc, le déficit de maintien des actifs, il est
quand même problématique. En 2019, le déficit de maintien des actifs, c'était
4,5 milliards. Ça, c'est l'équivalent de trois ans de compensation de la
baisse de taxe scolaire et ça, c'est un choix politique que la CAQ a fait. Ça
veut dire que, sans diminution de la taxe scolaire, avec les mêmes investissements
qui sont faits en éducation qu'en ce moment, on aurait pu être en train de
rattraper, là, l'année prochaine, le déficit de maintien d'actif.
Donc, je me désole de voir qu'en ce moment on
n'a aucune idée quand est-ce qu'on va rattraper le déficit de maintien d'actif
et qu'en même temps on consacre 1,5 milliard par année de fonds pour essentiellement
une mesure électoraliste, là, de diminution de taxe scolaire, alors qu'on a un
réseau immobilier scolaire en décrépitude, là, je pense qu'il n'y a pas d'autre
mot pour dire ça, quand les gens nous disent qu'il y a des souris dans les
classes, des crottes de souris dans leurs armoires, le plafond qui coule, des
coquerelles dans la machine à café. Là, on n'est pas en train de décrire des
appartements de Parc-Extension, là, on est en train de décrire des écoles à
travers le Québec. Donc, c'est un peu triste, là.
Il n'y a vraiment pas de cible pour rattraper le
maintien des actifs? Quand est-ce qu'on va au moins atteindre 50 % de
classes dans un état... d'écoles dans un état satisfaisant?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Oui. On partage le
même dur constat sur l'état, là, de certaines écoles. Ce n'est pas toutes les
écoles qui sont, évidemment, dans la situation qui est décrite par ma collègue.
Je veux dire que ce n'est pas vrai qu'on peut investir à l'infini puis que, si
on n'avait pas fait la baisse de taxe scolaire, on pourrait rénover plus vite.
Comment se fait-il? Parce qu'il y a une limite, à un moment donné, au marché de
la construction. Quand tous les employés sont au travail, quand on fait un
appel d'offres, puis il n'y a même pas un entrepreneur qui soumissionne parce
qu'ils disent : Bien, écoutez, je veux dire, même si vous me donnez plus
d'argent, là, oubliez ça, j'occupe tous mes employés pour les huit prochains
mois... De penser que, si on avait 1 milliard de plus, on pourrait faire
plus de rénovations, à un moment donné, il n'y a pas plus de travailleurs, donc
c'est un raccourci un peu... Je pense qu'il est inadéquat de penser que, si on
n'avait pas fait la baisse de taxe scolaire, on rattraperait plus vite.
Parce que la preuve, c'est qu'on a fait la
baisse de taxe scolaire. Les contribuables, je pense, sont bien contents
d'avoir un peu plus de marge de manoeuvre financière. On a compensé à
100 % la baisse de revenus dans les commissions scolaires devenues des
centres de services. Il n'y a pas un centre de services scolaire qui est moins
bien financé qu'avant, au contraire, ils ont tous plus d'argent qu'ils en
avaient avant. Les contribuables ont plus d'argent qu'avant, et les
entrepreneurs travaillent à 110 %. Même si on avait plus d'argent, même
si, demain matin, on
augmentait... si Québec solidaire, là, prenait le pouvoir et augmentait la taxe
scolaire, on ne pourrait pas embaucher plus de travailleurs, là. On fait
le maximum humainement possible avec les entrepreneurs qu'on a au Québec.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Il vous reste un petit peu moins de trois minutes, Mme la députée.
Mme Labrie : ...on va parler de
l'accès aux services, je pense que ça vaut la peine, parce que le ministre nous
dit que ce n'est pas possible d'accélérer les investissements dans les
infrastructures.
En ce moment, dans nos écoles, les
équipes-écoles choisissent quels élèves vont avoir des services. Souvent, ils
doivent se limiter à deux, trois élèves les plus mal en point de la
classe, alors que la moitié ont un plan d'intervention. Et, en même temps qu'on
a ce problème-là, on a des professionnels, des employés de soutien qui n'ont
pas des tâches pleines, qui doivent prendre des contrats dans différentes
écoles pour compléter leurs tâches, alors qu'ils savent que, dans chacune des
écoles où ils ont des fragments de tâche, il y aurait des besoins pour avoir
une tâche complète. Et on a des professionnels aussi qui décident de travailler
au privé parce que les conditions dans le réseau public ne sont pas
satisfaisantes pour eux, pour elles.
Donc, moi, quand je vois qu'il y a
1,5 milliard par année qui servent à la diminution de taxe scolaire et
puis qu'en même temps on a ce problème-là, j'ai l'impression quand même qu'on
pourrait faire le choix, si ce n'est d'investir dans les infrastructures plus
rapidement, d'investir peut-être d