Culture and Education — 27 March 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CCE 2013-03-27
Quebec — Committees
(Onze heures vingt minutes)
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : À l'ordre, s'il vous plaît! Bonjour,
chers collègues. Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission de la culture et de l'éducation ouverte. Je
demande à toutes les personnes présentes dans la salle de bien vouloir éteindre
la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
Le mandat de la commission est de poursuivre
les auditions publiques dans le cadre de la consultation générale sur le projet
de loi n° 14,
Loi modifiant la Charte de la langue française, la Charte des droits et
libertés de la personne et d'autres
dispositions législatives.
la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme
Charbonneau (Mille-Îles) sera remplacée par M. Reid (Orford) et M. Sklavounos (Laurier-Dorion), par M. Kelly
(Jacques-Cartier).
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci. Pour ce qui est de l'ordre du
jour, cet avant-midi nous allons débuter avec
les auditions de MM. Yves G. Dumas, Colin Standish et Michel Pagé. Cet
après-midi, nous entendrons la Fédération
autonome de l'enseignement, la Fédération canadienne de l'entreprise
indépendante et le Comité central de parents de la commission scolaire
Lester-B.-Pearson.
Bonjour,
M. Dumas. Vous allez avoir 10 minutes pour nous faire votre
présentation et par la suite suivra un échange
avec les membres de la commission. Donc, la
parole est à vous, M. Dumas.
Dumas (Yves G.) : Merci. Mmes et MM.
les commissaires, bonjour. Je m'appelle Yves
Dumas. Je suis architecte depuis maintenant plus de 15 ans. J'oeuvre dans
le domaine de la culture et du patrimoine à
Montréal.
Mon propos touchera le mémoire que j'ai déposé et que j'ai
intitulé L'inclusion de l'inscription française des panneaux routiers dans l es politiques linguistiques des organismes
municipaux . Ma présentation d'aujourd'hui,
en appui avec mon mémoire, s'intitule L'inscription
française des panneaux routiers comme témoin de l'évolution
linguistique du Québec . Le mémoire que vous avez devant vous a été déposé afin de
révéler certaines actions municipales sur le domaine public qui touchent la
signalisation routière, sur leurs responsabilités, et particulièrement le
panneau d'arrêt obligatoire. Afin de rencontrer les 10 minutes qui m'ont été allouées
pour la présentation, je vous propose le plan de présentation suivant, que vous voyez.
Depuis plusieurs années, je constate
une détérioration de l'aspect visuel français sur le domaine public. En effet, les panneaux de
signalisation routière identifiés par l'inscription ARRÊT sont de plus en plus remplacés par des panneaux identifiés par l'inscription STOP. La raison donnée par
les autorités lorsque le simple citoyen pose des questions serait que le mot «stop» est français, donc
automatiquement acceptable pour l'organisation municipale qui a procédé
à la transformation. Ainsi, d'un artefact
typiquement québécois, il devient un objet qui ne représente qu'un sens
fonctionnel et spécifique à l'arrêt obligatoire. Nous assistons ainsi sans
broncher à un détournement inacceptable du sens historique du panneau ARRÊT au Québec.
C'est en lisant l'article écrit par Lise
Payette, intitulé Relaxez-vous, ça ne fera pas mal , du quotidien Le
Devoir , le vendredi 8 février, que j'ai décidé de produire
ce mémoire. Elle finissait son
article de la façon suivante : «Le Québec, s'il reste immobile et consentant, va manger la
volée de sa vie. Personne ne pourrait dire [qu]'il s'en remettra.»
Ainsi, le STOP désigne, en France, le panneau
lui-même. En vérifiant les normes françaises des panneaux routiers, seul le
panneau STOP
désigne l'arrêt obligatoire, sur le territoire français, comme signal d'intersection et de priorité, soit l'équivalent du panneau ARRÊT québécois. Le panneau routier avec l'inscription ARRÊT n'existe pas en France. Au Québec, les normes de signalisation
routière sur les ouvrages routiers du ministère des Transports du Québec
désignent le panneau ARRÊT comme étant la seule signalisation de prescription
autorisée sur le territoire québécois. Par ailleurs, le signal STOP est considéré comme une inscription anglaise, comme le
confirme encore, en toute objectivité, les inscriptions françaises et anglaises des panneaux bilingues encore utilisés.
Selon le Guide de gestion des paysages au
Québec — Lire, comprendre et valoriser le paysage , du ministère de la Culture et des Communications, «le paysage est une appréciation du
territoire par un individu ou une collectivité. [...]L'appréciation requiert que certains
caractères particuliers d'un lieu ainsi que son expérience sensible, qu'il soit emblème consacré ou cadre de vie quotidien, fassent l'objet d'un
attachement ou de valorisations sociales et culturelles.»
Le paysage rural, comme le paysage urbain,
doit être composé d'éléments routiers qui correspondent aux traits de personnalité caractéristiques d'une société comme le Québec. Ainsi, le panneau ARRÊT, d'inscription française, doit être considéré dans le paysage
urbain de Montréal comme un élément essentiel
au paysage montréalais.
Les inscriptions ARRÊT STOP et STOP ARRÊT sont utilisées sur les terrains
occupés par les organismes gouvernementaux
canadiens où les deux langues officielles doivent obligatoirement apparaître, selon la liste des régions bilingues du
Canada aux fins de
la langue de travail du
Secrétariat du Conseil du trésor du Canada. On considère donc l'inscription ARRÊT comme française et l'inscription STOP comme anglaise, ce qui représente bien la dualité linguistique canadienne.
Les exemples que j'ai pris sont issus des
quatre villes suivantes, pour la région de l'Ouest-de-l'Île de Montréal. Tous les pourcentages proviennent du site
Internet de l'Office québécois de la langue française, sauf le pourcentage
accompagné d'un astérisque. Donc, ces quatre villes sont : ville
Mont-Royal, ville de Kirkland, ville de Westmount
et ville de Montréal.
Premier exemple, ville de
Mont-Royal : le STOP, d'inscription anglaise, est la norme routière de cette ville liée. Deuxième exemple, ville de Kirkland, où
les inscriptions anglaises, françaises et bilingues sont utilisées. Troisième exemple, ville de Westmount : le STOP est la norme. Dans cette photo, l'autoroute 40 sépare deux approches différentes sur le traitement
donné aux panneaux d'arrêt obligatoire. Du côté sud, ville Mont-Royal utilise l'inscription
anglaise, et, du côté nord, l'arrondissement
de Saint-Laurent de la ville de Montréal utilise l'inscription française, une
incohérence sur le territoire montréalais. Quatrième exemple, l'arrondissement
Pierrefonds-Roxboro : dans le même arrondissement, Pierrefonds utilise l'inscription française, tandis que Roxboro utilise
l'inscription anglaise. Belle incohérence. Cinquième et dernier exemple
pour la région de Montréal, l'arrondissement de Lachine : dans cet
arrondissement, on utilise le STOP et l'ARRÊT d'une manière pour le moins discutable; on ne sait pas
trop comment.
constat qu'on a fait et que j'ai fait sur l'île de Montréal est le suivant : ville Mont-Royal, qui
a un statut bilingue de l'OQLF, c'est des STOP; ville de Kirkland, les trois sont utilisés; ville de
Westmount, c'est le STOP qui
est utilisé; ville de Montréal, à l'exception de ces deux arrondissements que
vous voyez devant vous, c'est en français que
les panneaux sont installés; l'arrondissement Pierrefonds-Roxboro utilise à la fois l'ARRÊT et le STOP, selon
une occupation territoriale, tandis que l'ARRÊT de Lachine... l'arrondissement de Lachine, qui est de
langue normalement française, utilise l'ARRÊT et le STOP de façon aléatoire ou
selon l'inspiration.
Quelques exemples dans la région Ottawa-Gatineau. Dans la région d'Ottawa-Gatineau, les autorités définissent clairement la frontière :
le STOP du
côté de l'Ontario et l'ARRÊT du côté du Québec. Ici, j'ai pris mes exemples dans la municipalité de Chelsea et dans
le secteur Aylmer de la ville de Gatineau. Dans la région d'Ottawa-Gatineau, les
autorités... Non. Pardon. Premier exemple de la région Ottawa-Gatineau, la municipalité de
Chelsea : l'ARRÊT et les panneaux d'information de la municipalité sont d'inscription
française. Deuxième exemple, vers le Centre des visiteurs du parc de la Gatineau, géré par la Commission de la capitale nationale du
Canada, on rencontre ceci : les terrains
de la Commission de la capitale nationale du Canada sont pourvus de ces
panneaux bilingues, français en haut et
anglais en bas, sur le territoire québécois, comme la photo, tandis que, du
côté ontarien, on utilise l'anglais en haut et le français en bas.
Troisième exemple, le secteur Aylmer, dans la
ville de Gatineau, où le français est la norme. Le constat : même si la population de langue maternelle anglaise constitue
la moitié de la population totale de Chelsea, la municipalité utilise
strictement la signalisation d'inscription française. Aucun panneau STOP n'a
été signalé du côté québécois. Par ailleurs, du côté ontarien, seule l'inscription
anglaise est utilisée. Par ailleurs, la Commission de la capitale nationale
utilise le panneau bilingue dans le parc de la Gatineau. Avec une telle
cohérence, le paysage s'en trouve amélioré.
en conclusion — c'est la conclusion de mon
mémoire — j'aimerais simplement apporter
à votre attention d'inclure au
chapitre VI du projet de loi, à l'article 156.4,
ou d'autres articles, à même les politiques linguistiques des organismes
municipaux, que la signalisation routière soit d'inscription française,
conformément aux normes de la signalisation routière du ministère des
Transports du Québec, et que seule l'inscription ARRÊT soit réputée être d'inscription
française pour les panneaux d'arrêt obligatoire.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci beaucoup, M. Dumas.
Dumas (Yves G.) : Merci.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : On va commencer les échanges. Mme la
ministre, vous avez la parole.
De Courcy : Bonjour, M. Dumas. D'abord,
vous remercier de vous être inscrit à cette commission parlementaire. Comme je l'ai dit à presque tous les citoyens qui se sont
inscrits, je considère que c'est un geste civique important et
courageux, parce que, quand même, présenter un mémoire, et sans soutien comme
dans d'autres grandes organisations qui ont beaucoup de bénévoles ou des
permanents avec eux, alors... Donc, merci pour le geste civique que vous avez
posé.
Et j'ajouterais aussi que je pense que
j'interprète votre présentation comme un appel à la cohérence, appel à la cohérence dans notre organisation et sur le plan
montréalais, puis je vous dirais que ça rejoint l'esprit du projet de
loi n° 14, qui est une invitation à la cohérence dans toutes
les sphères d'activité du gouvernement. Alors, je vous remercie, M. Dumas.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci, Mme la ministre. Nous allons maintenant du côté de l'opposition
officielle.
Mme De
Courcy : Non, il y a monsieur...
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Oui? Ah, excusez-moi, je pensais que... La parole est à vous, M. le député de Saint-Hyacinthe.
M. Pelletier (Saint-Hyacinthe) : Merci. Bonjour, monsieur. Ça me fait
plaisir que vous soyez ici aujourd'hui. Je
salue mes collègues qui sont là ce matin.
Je veux juste poser la question, au
niveau de l'affichage comme tel du panneau ARRÊT, bien, souvent, on voit STOP un peu
partout au Québec, au niveau du message qui est envoyé, vous ne parlez pas
beaucoup du message, mais au niveau du message qui est envoyé à la
population, ou même aux immigrants qui arrivent, ou à tout le monde qui circule sur les routes du Québec : Quel
est... quel sens vous donnez à ce message-là? Parce que ça fait
partie de
l'affichage qu'on voit régulièrement, là, au niveau des commerces, aussi.
M. Dumas (Yves G.) : Bien, effectivement, le niveau se
situe comme objet culturel. Je considère l'arrêt
obligatoire d'inscription française, ARRÊT, comme étant un artefact patrimonial
selon les termes de la loi culturelle... la
Loi sur le patrimoine culturel, la
nouvelle loi, on a défini comme étant un artefact patrimonial. Moi, je l'appelle
un objet culturel parce que ça démontre des
valeurs à la fois ethnologique, référent, identitaire et historique du peuple
québécois, d'une certaine manière. Et je pense que c'est de le nier que d'utiliser
le STOP, la façon française qui n'est pas utilisée...
qui est utilisée de façon... même dans l'Union européenne, c'est utilisé de
façon uniforme. Donc, c'est une autre forme d'approche qui a été
acceptée depuis que les voitures ont existé, tandis qu'ici ça a été une transformation
qui a été faite à partir de la loi 101,
en 1976... en 1977, et qui a fait en sorte que les panneaux bilingues, ARRÊT
STOP ont été transformés en ARRÊT,
et, depuis une dizaine d'années, là, on voit des STOP remplacer les ARRÊT, sans
considérer l'approche de l'évolution historique des Québécois, Québécoises,
dans ce sens.
Pelletier (Saint-Hyacinthe) : Merci.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Ça va? Parfait. Nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle. M.
le député de LaFontaine, vous avez la parole.
M. Tanguay : Oui. Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Merci beaucoup, M. Dumas, pour le temps que vous avez mis à rédiger votre mémoire et à la présentation
visuelle également que vous nous avez faite un peu plus tôt. Alors, merci
beaucoup pour votre préparation, votre présentation.
Et nous avons pris bonne note de votre
message, de un, d'un appel à la cohérence ou à la cohésion et, de deux, de votre message, ce matin, à l'effet que la
signalisation routière devrait — et là je lis votre rapport — «obligatoirement être en français et que seule l'inscription
ARRÊT soit réputée être de langue française au Québec». Alors, on a bien pris
note de votre message. Merci, M. Dumas.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci. Nous allons maintenant du côté du deuxième groupe d'opposition. Mme la
députée de Montarville, vous avez la parole.
Mme Roy (Montarville) : Merci beaucoup. Merci, M. Dumas.
Merci pour votre mémoire, que j'ai trouvé...
avec les photos à l'appui, ça montrait bien
dans quel joli fouillis on est pris sur l'île de Montréal et surtout le fait
que, dépendamment si vous êtes un arrondissement, la ville ou encore l'Office
québécois de la langue française, vous n'avez peut-être pas la même définition
de ce qu'est le symbole français.
Alors, moi, j'aimerais savoir, parce que je
suis un peu mêlée : Que dit l'Office québécois de la langue française, quel est le bon terme? Est-ce que l'ARRÊT STOP
est bon pour les municipalités bilingues? Est-ce que l'ARRÊT devrait être mis
partout? Le savez-vous? Je n'ai pas cette réponse-là.
Dumas (Yves G.) : …fait cette
recherche. Ce que j'ai fait, j'ai constaté, depuis une dizaine d'années, une transformation qui va en s'accélérant du côté de l'Ouest-de-l'Île.
Et ma conjointe étant en Gatineau, souvent, on va souvent à Gatineau, mais j'ai constaté qu'à Gatineau il y
avait, sinon, plus d'anglophones, mais il y avait plus de français sur
les panneaux. Alors, je comprends qu'il y avait deux approches qui n'étaient
pas cohérentes à l'île de Montréal... sur l'île de Montréal, par rapport aux
villes reconnues bilingues. Et vous avez vu les pourcentages, vous avez un
26 %, là, pour une ville comme Mont-Royal puis qui a des ARRÊT qui sont
des STOP.
Ayant
discuté avec des gens qui sont dans cette ville, on nous a... pas nous, mais
ils ont été... la réponse a été fournie,
comme je l'ai dit, comme étant... le STOP étant français, mais je pense que c'est
un détournement de sens qu'on voulait
faire sans considérer le caractère culturel. Et, comme témoin de l'évolution
linguistique du Québec, on a passé d'une façon presque, je dirais,
bilingue de donner les orientations sur le panneau ARRÊT vers une inscription
franchement française pour revenir, pour certaines villes. Le ministère des
Transports, les routes québécoises sont vraiment strictement en français, y
incluant les ARRÊT. Donc, c'est pour ces villes-là qu'ils ont pris sur eux,
probablement, le fait d'interpréter l'inscription
anglaise comme étant une inscription française, mais ce n'est pas dans l'évolution
historique de la langue au Québec, selon moi.
Roy (Montarville) : Alors, merci
beaucoup, M. Dumas. Et j'espère qu'on pourra être éclairés sur ce fouillis,
parce que, décidément, il n'y a pas un endroit qui gère la chose de la même
façon. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci beaucoup, M. Dumas. On me dit
que vous vous étiez levé très tôt ce matin
pour être parmi nous aujourd'hui. Je vous souhaite un bon retour chez vous.
Et nous
allons accueillir maintenant M. Colin Standish. Je lui demande de prendre
place, et nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 39)
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Nous allons
reprendre nos travaux. Donc, nous sommes prêts à accueillir notre prochain
intervenant, M. Colin Standing… Standish, j'espère que je le prononce
bien. M. Standish, je vais vous demander de vous présenter, de présenter
également la personne qui vous accompagne. Vous allez avoir 10 minutes
pour faire votre exposé. Par la suite suivront les échanges avec les différents
groupes parlementaires. La parole est à vous.
M. Standish
(Colin) : Juste un moment, s'il vous
plaît, juste pour préparer mes documents, si c'est possible.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Parfait, oui.
M. Standish
(Colin) : Merci, Mme la Présidente.
Oui, je suis Colin Standish, et j'ai un conseiller avec moi aujourd'hui, c'est
M. Brent Tyler. Est-ce que je peux commencer la présentation?
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Oui.
M. Standish
(Colin) : Oui? Merci beaucoup. Alors,
Mme la Présidente, honorables ministres, les membres de l'Assemblée nationale,
les autres invités, merci de m'avoir reçu aujourd'hui.
I am humbled and honored to
have the opportunity to present my views on Bill 14 here today. And it is
a privilege to be here in the salon
rouge of the former Legislative Council of Québec.
My name is Colin Standish. I am a law
student in l'Université Laval, where I'm editor in chief of the student-run law
review, la Revue juridique . As well, I am originally from Eastern
Townships of Québec. I sit on the board of directors of the Townshipper's Association, the Voice of
English-speaking Québec, two groups that represent English speakers in
the regions, though I do not represent them here today.
am a proud Quebecker. My ancestors are buried amongst the apple orchards they
planted where they first settled in
Rougemont and Saint-Armand, Québec, on seigneuries. And I'm proud to say that I'm
the first member of family to speak French, in the 230 years of our history
here, in the Province of Québec. Indeed, it's that love of heritage and history
of Québec that motivates me to be here today.
preservation of language is a laudable goal for a society. However,
Bill 14 does not protect the French language in any way,
shape or form. The goal protecting French does not need to infringe upon the
fundamental rights of others or come to the detriment of all Quebeckers.
Bill 14 diminishes the rights of all Quebeckers, regardless of the mother
tongue. And all Quebeckers can be united, whether Francophones, Allophones,
Federalists or Sovereignists, against the
excesses of Bill 14. Bill 14 will strip away many Quebeckers of the
basic human rights, domestically and internationally, and reduce their
ability to grow small businesses, to choose the language of their choice for
their children and exclude non-Anglophones from the CEGEP of their choice.
When
my neighbors' children are taken from the schools it makes my life poor. When
the depanneur down the road has…
because it's expected to violate a yet undrafted regulation accompanying this
law, and when my friends cannot be admitted in the CEGEP based not on their
intelligence but what language their parents happen to speak, all our lives are
poor. From tiny towns where English speakers have lived side by side for
hundreds of years and will now be forced to be unilingual, an international
treaty that Québec has signed which the Government has disavowed diminishes the
human dignity of all Quebeckers, we must ask ourselves, «Is this the kind of
Québec we really want to live in?» For those
who still wonder if in modern day in Québec the ideals' respect for human
dignity and the quality still flourish, if the dreams of the Fathers of
Confederation for the peaceful coexistence of language groups are still alive
in Québec today, the rejection of Bill 14 can be that answer to ourselves,
all Canadians and the world.
Language
in Québec must be made of positive right, not an onerous obligation. My
presentation before the Bill… the commission today will focuses firstly on the
unconstitutionality of the proposed changes of Bill 14, and,
secondly, the specific concerns with the proposed changes.
I posit that it is unconstitutional,
Bill 14, and using the interpretive framework holding the unwritten principle of respect for minorities in the
Reference re. Succession for Québec, and the broad and purposive interpretive
framework for language rights from R. versus Beaulac, combined with positive
implementation of language rights of an
institutional nature from Lalonde versus Ontario, the modifications proposed by
Bill 14 to the Charter of the French language, which would be prejudicial to the use or acquisition of an
official language minority's freedom of linguistic expression and would
privilege the use of the French language to the detriment of other languages,
are manifestly unconstitutional. The proposed legislation
runs contrary to unwritten principles of the Canadian Constitution and recent case law where the Supreme Court outlined a
broad, interpretive framework for language rights, in Québec and Canada,
and their positive implementation of language rights on institutional level.
In some of the specifics that I have concerns
with — and I think all
Quebeckers should, and all members of the
Legislature — are the search and
seizure aspects. Bill 14 will allow inspectors from the OQLF to
immediately seize any goods they perceive as contravening the
Charter of the French language. Inspectors could search without a
warrant. Quebeckers would reject hundreds of years of legal precedents
regarding limits on search and seizure authority by the State.
And, as well, coercive
powers of the new minister, they're very undefined, and the new minister,
creating Bill 14, would be able to initiate legal proceedings
without informing the other party. The measure rejects the basis of
Western law that you must be informed of
infractions alleged against you and have the right to appear before a court of
law to address the allegations. It's a particularly shameful aspect of
Bill 14, and I sincerely ask myself, and I think we should all, «Is this
really the kind of Québec we want to live in?»
…education, the new CEGEP entrance requirements
would have a prejudicial effect on Francophones and Allophones who would be potentially excluded from the admissions to the
CEGEP of their choice. While the understanding that French is a laudable
goal for all students in Québec, the requirement to master French to graduate
secondary and CEGEP-level institutions are detached from any explicit
pedagogical, educational goal and can hinder academic development of otherwise
successful individuals. Is this really the kind of Québec we want to live in?
The
preamble of the
Charter. Some very small but important changes there. If the
preamble of the
Charter of Rights and Freedom is
changed in Bill 14, all our private and public rights, from contracting to
working to appearance before the courts,
would be interpreted through the predominance of French. It is conceivable that
modifications to the
preamble could have a wide application on human
rights in this province.
As well, a particular aspect that concerns me,
and I think it concerns all Quebeckers, and particularly here, in Québec City, where it would affect many
individuals, would be the military families who had lose the rights to
attend school in the language of their choice because of Bill 14. Almost
20 % of the children in the English-language Central Québec School Board would be removed from their schools. This
would prove the victimize children of military families, who often need
bilingualism to travel around the country, who crisscross Canada with their
soldier parents. This would potentially diminish education, socialization at a
critical time in their development. And the proposed changes would also
diminish the enrollment in English-language schools in the province of Québec
and call into account the viability of numerous small schools and school
boards.
And I would like to pay a
particular... the commission to pay a particular attention to what I'm about to
say, and particularly the
ministers, perhaps, present, that on the documents submitted last week, Mme la
Présidente, I would like to confront the «mise au point» that actually misses
the point. I'm embarrassed that this document was deposed before the commission.
The facts are wrong, the logic is flawed and the reasoning, immoral. It was
done without the knowledge of the local school board defending the rights of
military children when the commission had a month to study this... their
particular brief. And secondly, this document doesn't refute the argument to
allow the children of military families to choose the language of their choice.
But it actually undermines the intellectual basis of entire Bill 14, if
indeed there is one.
Municipal status. The changes to
article 29.1
of the Charter of the French language would be particularly detrimental to all Quebeckers. 45 of 90
municipalities would lose the right to speak in English to their citizens, 71
of 80... sorry, of 89 of them have
said they don't want to lose their right to speak English or French to their
citizens. And, as well, I would like to ask the commission, if indeed
Bill 14 does protect French, how this is an averting local democracy, where 71 of 89 say they don't want to lose their
status, and majority of these are now francophone communities, and that
no Francophone who ask for service in English... sorry, in French in a
bilingual municipality would be hindered with bilingual status? How does this
protect the French language if Francophones are saying : No, we want to
keep it, and they receive French services in the same level as anyone else in
bilingual status municipalities?
I'm just about to wrap up
my presentation. In particular, I'd like to talk about the status of English
speakers today. Times have changed,
my friends. English speakers in this province earn less and have little access
to control through economic and political levers in this province, even
proportionally below our share of the Quebec's population. The French language is not threatened by any
statistical analysis, even produced by this Government, the Conseil
supérieur de la langue française, Statistics
Canada, the OQLF, the list goes on. However, in the Eastern Townships, where I'm
from, a majority of women are out of the workforce, 50 % of
Anglophones born in Québec have left this province. I stand to earn $4,000 less
a day… less a year than a Francophone with the same education that I have.
Is this really the kind of
Québec we want to live in? I believe the Québec Government is trying to rob Quebeckers of
their language and their voice, but Quebeckers can speak clearly that the
silent majority who disagree with the rest of language laws will be
silent no longer. What we went through now for our language divisions, we can
now speak the language of mutual respect and equality. We can speak with one
clear voice that there's one Québec and there's one «Québécois». I often reflect on the beauty and meaning of the Hôtel du
Parlement, «le bâtiment ici», when I walk around Québec City. These
buildings are magnificent and not only for their architecture...
La Présidente (Mme Richard,
Duplessis) :
Merci beaucoup, M. Standish. Je suis désolée, le temps est écoulé. Vous allez commencer l'échange avec la ministre.
Madame...
Mme De Courcy : Si monsieur... Si vous désirez compléter, monsieur, je
vais le prendre sur le temps du gouvernement.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Parfait.
Standish (Colin) : Merci beaucoup. Merci. C'est
juste…
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Vous pouvez continuer, M. Standish.
La ministre a accepté de le prendre sur son
temps. Allez-y.
M. Standish (Colin) : Merci, Mme la Présidente, Mme la
ministre. Just
to finish up about the symbolism of
the buildings we're in today. Eugène-Étienne
Taché engraved the words «Je me souviens» in this building but never
really explained their meaning. Et les
bronzes, ils représentent les Amérindiens, les explorateurs, les missionnaires,
les militaires et les administrateurs
publics du régime français, comme Samuel de Champlain et Cartier. On sait qu'il y a des figures du régime
anglais, comme le général Wolfe et Lord Dorchester. Il y a aussi… Dans ce
bâtiment, d'autres éléments décoratifs
évoquent des épisodes du passé, et Taché avait prévu de l'espace pour les héros
des générations à venir. La devise placée au-dessus de la porte
principale résume les intentions de l'architecte de l'hôtel de ville, «and
indeed of Québec itself».
«Je me souviens» was not meant to be an
exclusionary term, but one that recognized the diverse heritage and history of all Quebeckers and «Québécois». The
original legislators' intent was for a Québec that respected and
celebrated all linguistic groups.
I hope that the forethought of our forefathers
enshrined in this building for the destiny of Québec can be recaptured by today's legislators here, in the
National Assembly. The fate of human dignity is in your hands now. I
pray you too will be united with me, our
forefathers and all Quebeckers as we stand against Bill 14. Thank you, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci, M. Standish. Mme la ministre
responsable de la Charte de la langue
française, vous avez la parole.
De Courcy : Alors, d'abord,
messieurs, merci de vous être inscrits à cette commission parlementaire. Comme je le dis à tous les citoyens qui décident
de s'y inscrire, c'est un geste civique important et, surtout, basé sur
le fait que c'est votre seule plume, et pas
avec des permanents et avec des gens qui travaillent pour vous. Alors, je vous
remercie.
Pour l'ensemble des commentaires, qui sont de
l'ordre juridique, et c'est très important dans votre mémoire, je vais transmettre votre mémoire, avec l'aide de Mme la
Présidente et la commission, au comité législatif, au comité des législations,
pour faire un certain nombre de vérifications. Avant de ne faire aucun
commentaire, vous comprendrez que j'ai besoin de faire ces vérifications.
Par ailleurs, une mise au point sur la
mise au point que je vous ai... que vous avez obtenue, elle est publique, alors ça me fait très plaisir que vous l'ayez lue. Je
tiens à vous souligner que cette mise au point a bien sûr fait l'objet de
vérifications juridiques avant d'être distribuée. Je n'entamerai pas de débat
avec vous autour de cette question. Nous pouvons ne pas partager cette lecture
juridique.
Alors, je vous remercie, donc, de votre engagement par
rapport à la cause que vous portez. Je vous remercie, monsieur. Nous n'aurons
pas d'autre question.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci, Mme la ministre. Nous allons maintenant du côté...
De Courcy : Oh! Excusez-moi...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Oui, allez-y.
Mme De Courcy : Excusez-moi, Mme la Présidente. Je
tiens à vous informer que je vais quitter dans
quelques minutes, et ce n'est pas par manque
de respect pour vos échanges, c'est parce que, malheureusement, dans le
contexte actuel, on a un chevauchement d'horaires avec le Conseil des
ministres, qui est une instance importante à laquelle je dois participer.
Alors, j'écouterai, j'écouterai vos
commentaires et questions, bien sûr, en différé, à mon retour. Alors, je tenais à vous le souligner pour ne pas qu'il y ait aucun
imbroglio autour de cette question. C'est la même chose pour vous, messieurs.
Je vous remercie.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci, Mme la ministre. On comprend
que vous avez des occupations et un agenda
assez compliqué. Donc, nous allons quand même continuer les échanges. Je vais
maintenant du côté de l'opposition officielle, et la parole est au député d'Orford.
M. Reid : Mme la Présidente, est-ce que je
pourrais avoir un consentement, puisque je n'étais pas remplaçant, pour pouvoir poser une question au témoin?
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Vous avez été
remplacé, M. le député, donc il n'y a pas besoin de consentement.
M. Reid : Merci. Ah! d'accord, d'accord, d'accord.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Vous avez la parole.
M. Reid : Merci beaucoup, M. Standish, de vous
présenter devant la commission sur ce projet de loi. Nous avons entendu d'autres personnes des Cantons-de-l'Est.
Vous êtes venu aujourd'hui présenter, avec toute la flamme, je pense, de la
jeunesse anglophone du Québec, et vous avez... vous êtes en train de faire des
études de droit en maîtrise à l'Université
Laval, et donc vous avez travaillé, et vous avez soulevé des points. J'ai
compris que la ministre... des points sur
lesquels... que vous avez soulevés sur lesquels elle n'était pas en accord,
mais cependant qu'elle va transmettre vos commentaires au Comité de
législation, et donc ces commentaires-là seront pris en compte, en espérant que
toutes les choses soient claires pour tout le monde.
Mais, pour que ça soit clair pour nous,
est-ce que vous pourriez prendre le temps de nous expliquer un tout petit peu... c'est pour
nous qui ne sommes pas avocats, en tout cas pas moi, la question, dans votre
mémoire, où vous dites que le fait de
changer «"ethnic minorities" — et
je prends votre texte, là — in the third program, by
"cultural communities"» a un impact
légal quant à la façon et aux possibilités des Québécois de pouvoir utiliser
leurs droits face à des cours, en
particulier des cours internationales, si on parle de discrimination
gouvernementale, par exemple, contre un groupe qui ne serait, dans la
charte, maintenant plus un groupe ethnique mais un groupe culturel. C'est ce
que je comprends. Est-ce que vous pouvez nous... élaborer un petit peu plus
là-dessus, s'il vous plaît?
M. Standish (Colin) : Oui, merci pour l'opportunité, M.
Reid, pour déborder sur cette question. Et puis, oui, j'ai parlé un petit peu
de ça, que le changement des minorités ethniques à les mots «communautés
culturelles», c'est vraiment un petit changement en mots mais un grand
«change» au sens juridique. Puis, oui… Puis j'ai souligné les travaux de Pearl
Eliadis, de McGill University, parce qu'elle est une spécialiste en droit
international, puis c'était elle qui a écrit quelque chose dans la Gazette
qui était très intéressant.
But there is the International Covenant on Civil and
Political Rights, which was ratified by Canada, and by Québec as well, that we need to be that… given the
division of powers in our Constitution, that Québec needs to ratify as well. So, actually, with this particular change to
«ethnic minority» to «cultural communities», we are actually rejecting
our international conventions under international law, which we've actually
ratified here, in the National Assembly, and as well with the UN declaration on
human rights and freedoms; it talks about ethnic minorities there as well.
So, it's particularly...
pretty hard to understand why we want to opt out of our international
obligations and, if we were, actually, to exhaust our recourses
internally, so to go to the Superior Court or to Appeal, Supreme Court, and
we won't necessarily like the answer if we're...
if rights were in French deponing in Québec, and then we go to an
international court.
And so we have no rights
as an ethnic minority, which is the term «au sens juridique reconnu, les
personnes au monde qui sont des minorités dans leurs
juridictions eux-mêmes», that they would actually... maybe not have the
same recourses that now exist in international law. It is a very small change,
"cultural communities", but it really has no meaning outside of this
particular Bill.
And, as well, in regards
to the law — Mme Courcy has left — but
the reason I invited Brent Tyler to be with me here today is that... is particular that he has read
over my brief and said that it is sound in fact and law, so that's why I brought him here to say… I don't know if it's
possible if he says a few words, just that, legally, this does actually
make sense and it is a correct
interpretation of laws — not to put
words into his mouth, of course.
M. Tyler (Brent) : I'd be happy to say that.
La Présidente
(Mme Richard, Duplessis) : Allez-y,
M. Tyler, oui.
M. Tyler (Brent) : Merci. I've read Mr.
Standish's brief, and there's a lot of serious legal arguments. I understand that the Minister is going to have
it looked at by her own legal advisors, perhaps there's another possibility, the
Québec Government has the power to make a reference to the court of appeal, and
if there are serious issues — and I think
Mr. Standish has raised serious issues — about
the constitutionality of some of the aspects of the Bill, then perhaps the Government should think about
making a reference to the court of appeal, because, if there's no reference,
individuals will have to take it upon themselves, at their own trouble and
expense, to contest this law; and we've had some
success recently contesting amendments to the Charter of the French language.
So it would be something that I hope the Government will envision, is a
reference to the court of appeal. Thank you.
Reid : Merci beaucoup.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci. Merci. Oui, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Oui. First of all, I would
like to thank you very much for the time that you took to draft your brief, and
also for the presentation. So thank you very much, Mr. Standish and Mr. Tyler
as well. You communicated to us the result
of a very thorough research on the potential legal impacts of Bill 14, and
I think that it's important, it's very useful documentation and
research, and I'm glad to hear that the Minister in charge of the application
of the charter will be more than happy to transfer the result of your research
to the legal counsellors of the Government of Québec.
That
being said, j'aurais une question et j'aimerais vous entendre, si vous le
permettez, sur... Parce que moi également, j'ai eu l'occasion de lire les
évaluations que des professeurs d'université en droit faisaient de l'impact qu'aurait la modification
proposée à la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. Le
législateur ne parle pas pour ne rien
dire, lorsqu'il légifère, il veut avoir un impact. À l'heure actuelle, je n'ai
pas eu de précision quant à l'impact réel venant du gouvernement.
Peut-être que vous nous apporterez là un premier son de cloche qui méritera
davantage de recherche.
Mais,
selon vous, quelle serait, de façon tangible, l'application, l'interprétation,
le cas échéant, de ces modifications à la
Charte des droits et libertés de la personne?
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : M. Standish.
Standish (Colin) :
Merci beaucoup pour cette question. And I will address, it is a very important question, that the Charter of Human Rights
preamble would be changed, and so that... So
the Charter of Human Rights and Freedoms here, in Québec, not the Canadian, the Québec one, applies very broadly
to private and public sectors, so everything from contracting to labor
law to any kind of relations we have in this province. But now, with the
changes that we would see, is that... I'm
just going to refresh my memory, is... yes, you're going to insert, after… the
following paragraph after the fourth
paragraph: «Whereas rights and freedoms must be exercised in keeping with
public order, the general well-being and values of Québec society, including its attachment to democratic
principles, the importance of its common language and the right to live and work in French.» So the
additions would be to make French predominant, so above any other human rights in this province, and that could be
particularly detrimental, that it is a lot of bubble to protect French, but to
make it a much more tangible right, to make
it have predominance above basic human rights in this province would be very
scary.
It is difficult to give a tangible
example because the
preamble applies in wide application to the entire charter, and its quasi-judicial status has
greater impact in other pieces of legislation that you will pass here, in the
National Assembly. So to give specific examples is difficult because of a very
broad application to everything, but it would basically...
that... and conceivable the modifications could have a wide application in
human rights in the province, and the
favoritism to French language would come to the potential detriment of other
groups, and that could be for Francophones as well, who want to define
their lives in the language of their choice. So very wide ranging, but it's
hard to get specific, so I'm sorry that I can't be more detailed.
M. Tanguay : Tout à fait, et je partage votre
préoccupation. Et, dans la mesure où on pouvait avoir une réponse claire, évidemment, nous pourrions dissiper tous
les doutes, mais il est assez curieux de voir qu'il est interdit, en vertu de l'article 10 de la Charte des droits
et libertés de la personne, de faire discrimination basée sur certains
critères, qui ne sont pas une liste exhaustive, alors basée sur le sexe, l'orientation
sexuelle, sur la langue, sur l'appartenance à une minorité, une minorité ethnique. Et là on isole un de ces éléments par
lesquels... par l'application de l'article 10, par lesquels on ne peut pas discriminer. Mais là on dit à l'article
nouveau, 3.1, que «toute personne a droit de vivre et travailler…» Alors, nécessairement, le législateur ne parle pas
pour rien dire, il faut... Ça va prendre des études d'impact, je crois,
là, de façon très, très tangible, pour le regarder.
Très rapidement, avec
malheureusement le peu de temps que nous avons, comment, vous, percevez-vous «statut bilingue des municipalités»? Si vous êtes
sous la barre des 50 %, vous perdez le statut bilingue, mais la loi
ajoute une discrétion. Alors, comment on
peut avoir, de un, une... Et comment percevez-vous le fait d'avoir une marque
objective mais aussi une marque subjective où,
si vous êtes en bas du 50 %, la ministre pourrait, sur des critères qui ne
sont pas clairs, vous l'accorder ou pas? Comment percevez-vous ça?
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : En quelques
secondes, M. Standish, s'il vous plaît.
Standish (Colin) :
Oui. Merci pour cette question sur le statut bilingue. Comme on voit qu'une majorité des municipalités
avec statut bilingue n'ont pas 50 % des anglophones de langue maternelle
anglaise, so we'd see 45, 89 taken away,
in Eastern Townships, where I'm from… and also the honorable Mr. Reid are from,
that we would lose 15 of 18.
The discretionary power, I believe the Minister last week
said that it would be discretionary power only that would be a subjective
application of that law. However, I disagree that it would actually… if you
drop below 50 % in the census, it would
be automatic, and there could be discretionary power that may only be used in
certain circumstances. So the
Minister was arguing last week it was... it's a maybe, que le pouvoir discrétionnaire,
c'est toujours subjectif, mais, selon moi, in the particulars, in the
way it's written in this law, that would be automatic and only maybe could they
use their discretionary power. So basically, we would see half of the
municipalities with bilingual status have that status taken away.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci. Nous allons maintenant du côté du deuxième groupe d'opposition.
Mme la députée de Montarville, vous avez la parole.
Roy (Montarville) : Oui, merci beaucoup. Messieurs, merci. Merci pour votre mémoire.
Écoutez, je lisais le mémoire et j'ai vu que vous avez fait une analyse jurisprudentielle très
pointue, et vous citez plusieurs décisions de la Cour suprême du Canada. Ce qui est très intéressant dans ces décisions,
c'est… elles sont rarement unanimes, et souvent, des fois, la position majoritaire et la position minoritaire révèlent
toutes les deux des arguments qui sont très intéressants.
Dans
le dossier qui nous préoccupe, dans le «Bill» 14, il y aura cet équilibre
qu'il faudra trouver, parce que nous croyons
qu'il faut défendre la langue française au Québec, étant dans cette marée d'anglophones
avec l'Amérique tout le tour de nous,
mais qu'il faut aussi protéger les droits des minorités anglophones. Et, tout
comme vous, nous sommes très sensibles à certains
articles du projet de loi n° 14, entre autres en ce qui
a trait aux municipalités, les statuts bilingues.
C'est un
article contre lequel nous nous battrons. Les enfants de militaires,
tout comme vous, nous avons été surpris
lorsque la ministre a déposé son document dans lequel elle spécifie que ces
enfants ne sont pas une menace à la langue française. Alors, moi, ça m'a
fait sursauter. Il y a d'autres choses également sur lesquelles vous manifestez
des inquiétudes, et nous aussi.
Et cependant j'aimerais vous entendre sur
quelque chose qu'on a entendu ici, en commission — vous n'étiez pas présents. Naturellement, on a entendu les gens des
Cantons-de-l'Est, vous en faisiez référence tout à l'heure — coin que j'affectionne
tout particulièrement — il y a 46 000
anglophones dans les Cantons-de-l'Est, et les gens nous disaient : Écoutez, on a très peur et, si nous perdions notre
statut bilingue, nous croyons que la moitié de la population quitterait probablement pour s'en aller dans des villes qui
ont vraiment le statut bilingue et le conserveront, dont, probablement, l'Ouest-de-l'Île de Montréal. Et, lorsque j'ai
fait part de cet argument aux gens… je crois, sous toutes réserves, Mme
la Présidente, qu'il s'agissait des gens du
SPQ Libre, je leur ai fait mention de cette crainte de la communauté
anglophone, entre autres, des Cantons-de-l'Est, et on m'a répondu : C'est
de la bullshit, ce sont des menaces. Ils ne bougeront pas. Que pensez-vous de
cette réaction des gens en commission?
Standish (Colin) : En commission, à
propos de la... de...
Roy (Montarville) : Et du fait que
les anglophones qui se sentiraient lésés pourraient quitter?
M. Standish (Colin) : Oui. Bien, merci pour les questions. C'est très important le
statut bilingue, and especially for
me, being from the Eastern Townships. And I
was there, the Townshippers Association, the presentation, I was in the back,
yes.
Mme Roy (Montarville) : ...I'm talking about? OK.
M. Standish
(Colin) : No, it is interesting, you know, to give on there's very tangible
aspects of the law que c'est vraiment précis que c'est inconstitutionnel pour
aller contre l'esprit des lois et les chartes canadienne et… Québec des droits et libertés, mais aussi
there's more intangible arguments, that we send the message that English
speakers aren't welcome in thisprovince, and that's very intangible that people
maybe we'll start to move away, and as well that protecting the French
language is important, but it is one thing to keep in mind that French is no
longer threatened in Québec, statistically show...
statistics don't show that, that French and French speakers have expanded
greatly in their numbers in the past few years, while Anglophones, 51 % of
them have left the province, that we need to confront this myth that
French is always under attack and that
Anglophones are, in fact, in control of this province. But it's so unfortunate
because it's really... it doesn't meet up with the statistics any
longer, but... and particularly in regards to bilingual
status, that 71 of 89 are saying they won't want to lose their status. No
Francophone would receive less service in a bilingual status
municipality.
I think it really shows
that Bill 14 is about... it's taking away rights and it's not protecting
the French language. All Quebeckers can be united, Anglophone,
Francophone, Allophone, against Bill 101. And so... And particularly, I
would ask all parties to stand against all aspects of Bill 14. I think it's
really important that we can focus on bilingual status, military children. But
it's very wide-ranging that this document is unconstitutional and takes away
everyone's rights. So that's what I would ask all members of this commission to
consider.
La Présidente
(Mme Richard, Duplessis) : Merci beaucoup. Merci
beaucoup, M. Standish, M. Taylor. Je demanderais maintenant au prochain
intervenant de prendre place.
Nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension
de la séance à 12 h 11)
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : À l'ordre, s'il vous plaît! Bonjour,
chers collègues, à nouveau. Nous allons
reprendre nos travaux. M. Michel Pagé, bienvenue. Je vais quand même vous
demander, même si je vous ai nommé, de vous identifier. Je vous alloue un temps
de 10 minutes pour faire votre présentation, par la suite suivra un
échange avec les parlementaires. La parole est à vous, M. Pagé.
M. Pagé (Michel) : Mme la Présidente, Mmes et MM. les
députés, je vous remercie de me recevoir. Michel
Pagé, j'ai travaillé dans le domaine de la coopération internationale, en
gestion. J'ai fait des études en littérature et en histoire, et je suis diplômé
de différentes écoles de génie.
Ma présentation dépasse largement le
10 minutes, donc je vais me centrer sur le texte que j'ai déjà écrit, au risque de paraître un peu académique.
Il m'est apparu utile d'orienter ma
contribution sous le thème d'une politique linguistique cohérente, condition préalable à l'intégration
positive. L'évolution démolinguistique et la vitalité de la langue ne dépendant
pas de la seule approche légaliste ou du jugement d'autorité d'experts.
Un questionnement plus large oblige à reconnaître parmi les facteurs les plus
importants ceux sur lesquels oeuvrer de manière à produire les résultats
recherchés.
Mais, respectueusement, je dois vous
dire à ce moment-ci que je trouve excessivement regrettable que les partis politiques soient divisés sur la question
linguistique, que certains trouvent là un terreau de stratégie politique pour
la lutte pour le pouvoir, alors que la vitalité même d'une société distincte
appelle l'union des voix et la consolidation de la cohésion sociale.
Je vous
propose une approche consensuelle et pragmatique. Même si la loi 101 est
fondamentale, son seul renforcement, la loi n° 14,
ne pourra contraindre… ou renverser la tendance de fond — nous vous référons au schéma 7 du mémoire.
L'attrait
d'une langue et l'éventuelle mobilité linguistique sont modulés par plusieurs
facteurs déterminants, dont l'environnement
familial, l'action structurante de la famille et du cadre familial, l'environnement
de vie sociale et du milieu de vie,
les comportements sociolinguistiques, la langue d'éducation et d'enseignement
et la cohérence du système d'éducation
et d'enseignement, la langue de travail et de l'emploi, les lois, le cadre
légal et les politiques gouvernementales, les influences socioculturelles et les technologies d'information des
médias, l'intégration linguistique des immigrants. La langue publique
commune du quartier ou du territoire de vie influence aussi le choix de la
langue d'usage. Ce facteur s'amplifie avec le bilinguisme généralisé de la
ville et les potentiels d'emploi pour qui maîtrise l'anglais.
cours des dernières années, force est de constater que l'emploi du français
aurait cessé de progresser là où la loi agit, que l'anglomanie engendre des
comportements linguistiques favorisant l'anglais, que le bilinguisme social
de Montréal et l'influence des modes, de modes anglomanes, consolident le
pouvoir d'attraction de l'anglais. Ainsi, Montréal, métropole francophone, s'anglicise.
Cette situation de problèmes n'est pas irréductible,
encore faut-il l'admettre et savoir introduire des mesures qui, à court terme et à moyen terme, influenceront
efficacement chacun des facteurs.
Sur la loi n° 14,
101, le projet de loi n° 14 propose le renforcement de la place du français au
Québec par une sélection limitée de mesures,
comme l'application de la Charte de la langue française aux entreprises de 26 à
49 employés et l'inscription dans la charte du droit à vivre et à
travailler en français.
Nous recevons également
positivement les dispositions quant aux responsabilités de l'administration et
du ministre, et à l'exemplarité en matière
linguistique dont ils devraient faire preuve. Certes, ces dispositions sont
sages et mesurées, mais elles ne
portent pas sur des actions à court terme et ne satisfont pas certains
impératifs que nous crée la situation
actuelle. Le projet de loi ne va pas jusqu'à respecter l'engagement électoral
du Parti québécois visant à obliger les
francophones et les allophones à fréquenter le cégep français. Il ne dit rien
des contraintes de sélection, de recrutement des immigrants qualifiés en regard de la langue et du poids de la langue
française. Il ne dit rien non plus de l'obligation, pourtant naturelle
et normale, de francisation des ressortissants.
Nous
convenons que le législateur doit discerner entre ce qui est important de ce
qui l'est moins, qu'il doit savoir introduire
des mesures efficaces, tant pragmatiques que consensuelles, sans heurter les
sensibilités là où les mesures apporteraient peu mais auraient un caractère
vexatoire. L'approche légaliste introduit des dispositions normatives qui nécessiteront un cadre réglementaire coercitif,
alors que l'incitation, la mobilisation et le changement des
comportements sociolinguistiques seraient beaucoup plus importants.
Quant
à l'Office québécois de la langue française, puisque la loi n° 14 s'y réfère largement, nous
observons que l'office devrait exercer un plus grand rôle incitatif de francisation
auprès des comités de francisation des PME et auprès des employés et des
employeurs. L'entière cohérence — et c'est un mot clé,
«cohérence» — de la charte exige
une approche mobilisatrice de l'ensemble des
intervenants qui conféreront à la langue française son utilité
incontournable dans toutes les sphères de la
vie moderne au Québec, et, par ricochet, par réciprocité, pourra même aider
certaines communautés canadiennes-françaises de l'Ontario ou du
Nouveau-Brunswick.
Ainsi,
il existe un besoin qui n'est pas satisfait par l'action de l'administration.
Le mandat de l'OQLF pourrait être élargi de manière à ancrer ce rôle d'agent
actif de francisation de l'administration et des entreprises. À
titre d'exemple,
une campagne de sensibilisation, telle celle proposée en 2010 et qui apparaît
en annexe, devrait relever de l'action prépondérante
de l'office. La loi n° 14 devrait clairement préciser ce rôle motivateur de l'office et
insister sur des paramètres qui, finalement, sont plus importants, comme la
motivation, les attitudes, les changements de comportement sociolinguistique.
Sur la cohérence du système d'éducation et d'enseignement,
rappelons que la charte prescrit que l'enseignement
se donne en français dans les classes
maternelles et dans les écoles primaires et secondaires sous réserve des
exceptions prévues. Il serait alors normal que l'ensemble des élèves de langue
française et des néo-Québécois s'inscrivent au sein du réseau des écoles
francophones de la maternelle à la fin de l'année terminale du niveau secondaire
normal de tous modèles occidentaux.
Il est
important de comprendre que la première année — le tronc commun — enseignée dans les institutions dites cégeps correspond
largement à l'année terminale du système des «high schools» ou des lycées
français. Cette formation fait
partie d'un continuum de l'enseignement.
La division arbitraire de l'enseignement entre le
secondaire et le cégep aura ainsi contribué à grever la cohérence du système d'enseignement, à introduire une
rupture du continuum psychoéducatif normal et à fragiliser l'intégration
normale de l'ensemble des jeunes de la société francophone.
Doit-on pour autant
inscrire cette obligation dans la loi 101? Pas nécessairement, puisque la
loi décrit que l'enseignement secondaire devrait être donné en français. On
aurait tout juste besoin de rétablir une terminologie commune à l'ensemble des
systèmes d'enseignement nationaux et décréter l'instauration d'un diplôme
supérieur d'école secondaire sanctionnant la
réussite de tout le tronc commun de l'enseignement dispensé dans les
établissements de transition dits cégeps. On
aura ainsi, par surcroît, réduit un paradoxe qui entretient une rupture entre
le développement psychoéducatif normal de l'étudiant, le jeune
préadulte, et le mode d'appartenance identitaire normal de l'organisation
scolaire.
La loi n° 14 propose que l'obtention du diplôme collégial soit
conditionnelle à la réussite d'un cours de
français ou, doit-on comprendre, d'un examen dans les cégeps anglophones. Mais,
comprenons-nous bien, la nature de la situation de problèmes repose sur une
notion différente d'une telle approche normative et punitive.
La singularité du non-enseignement de l'histoire.
Observons que, contrairement à leurs confrères du Canada anglais, les étudiants collégiaux ne sont pas tenus de
compléter un cours d'histoire; paradoxal dans une province dont la devise est Je
me souviens . Pourtant, enseigner la littérature du terroir et l'histoire à
tous les jeunes allophones et francophones
au cégep équivaudrait à leur refuser l'accès à l'identité québécoise, à ses
racines profondes. C'est les livrer à
un puits de l'oubli dont ils ressortiront imprégnés de toutes les influences
anglomanes à la mode. L'enseignement de l'histoire du pays est une question de bon sens, auquel nous convie d'ailleurs
le système d'enseignement canadien-anglais.
Je passe sous silence
le programme d'anglais intensif.
De l'immigration. Sur le seul plan de l'intégration
linguistique, nous avions déjà fait valoir, lorsque je suis paru en commission à l'été 2011, que la conjoncture
économique qui sévit en Europe, notamment dans les pays de langues cousines du français, les langues romanes, confère
un potentiel de recrutement de candidats jeunes, instruits et
francophiles. Là, tout un travail de fond devrait relever du ministère des
Relations internationales, ce qui n'est pas fait.
Dans tous les cas, les programmes de francisation
pourraient s'étendre à l'ensemble des candidats à l'immigration ne maîtrisant pas la
langue française. Une telle condition d'intégration devrait être introduite non
pas en tant que mesure coercitive, mais en tant qu'occasion unique pour
les nouveaux arrivants de se joindre à un projet de société distincte.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : ...je sais que
vous n'avez pas eu le temps de...
M. Pagé
(Michel) : J'en suis à la moitié.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : ...nous faire
part de l'entièreté de votre mémoire, soyez assuré que les membres de la
commission en ont pris connaissance, il a été distribué à tous les membres de
la commission.
Nous
allons débuter les échanges, et je vais maintenant du côté du gouvernement. M.
le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques, la parole est à vous.
M. Breton : Merci, Mme la Présidente. On serait d'accord à laisser
terminer monsieur sur notre temps du gouvernement.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Parfait.
M. Breton : Donc, si vous voulez terminer votre présentation...
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Donc, vous
pouvez poursuivre, M. Pagé.
Pagé (Michel) :
J'en remercie, espérant être utile. Donc, sur l'immigration, je terminerais en
disant que le programme de francisation devrait être vendu à tous les immigrants. Une
preuve d'adhésion à la société civile ne serait-elle pas de respecter la langue, la culture de la
société distincte d'adoption en s'inscrivant spontanément aux programmes
de francisation? Donc, spontanément, les
immigrants devraient s'inscrire, s'ils respectent notre société, dans un sens
large. D'ailleurs, au Canada, le
gouvernement Harper n'a pas craint d'introduire dans une mesure une disposition
de cet ordre-là.
comportement linguistique ambigu du peuple canadien-français, ou québécois; c'est
le noeud de la guerre. Sous ce volet, les comportements socioaffectifs... Sous
le volet des comportements socioaffectifs, nous proposons à nouveau la mise en oeuvre d'un projet de sensibilisation, tel
celui présenté dès avril 2010 à la ministre responsable de l'application
de la Charte de la langue française, projet que le ministre responsable de la
région de Montréal pourrait aussi mettre de l'avant, puisque le destin de la
langue française se joue dans la grande région de Montréal.
Je vais conclure sur
un programme d'actions, parce que vous vous apercevez que j'ai dépassé très
largement le cadre de la loi. Les facteurs
prédéterminants, les facteurs déterminants relèvent de tout un ensemble dont j'ai
fait un résumé rapide. La simple
rénovation de la fondamentale loi 101, quoique bien mesurée et sage, n'est
pas suffisante : elle n'a pas le
potentiel de l'action probante et à court terme. Et la dynamique du mouvement
régressif est de telle nature et de telle ampleur que nous n'en sommes
plus à s'obstiner sur l'accent qu'il faudrait adjoindre à la raison sociale
Metro. Ainsi, un gouvernement responsable devrait entreprendre prestement la
mise en oeuvre d'un programme élaboré d'actions éclairées qui pourront enrayer
le déclin, voire insuffler une saine évolution.
Les facteurs sociostructuraux — encore
une fois, je les répète — principaux, les
principaux : l'immigration, le système d'éducation, cohérence, la cohérence jusqu'à
la fin de l'année terminale du tronc commun, donc 12 années, comme
dans les lycées et dans le système anglophone, les comportements
sociolinguistiques.
définitive, la loi n° 14 propose ultimement le renforcement de la place du
français au Québec par une sélection limitée de mesures ciblant le droit de travailler
et de vivre en français. Toutefois, l'approche légaliste constitue une
des mesures, non une panacée. Je vais
suggérer qu'il serait utile de réécrire certains articles en fonction du
consensus qu'il faille développer, de l'efficacité recherchée et de la
cohérence intrinsèque de la loi 101 originelle. Sous ce volet, un
consensus pourrait être atteint avec la CAQ, notamment au sujet des
municipalités. Et j'ai d'ailleurs proposé un texte que... et soumis, sur un
site Internet, sur ce volet-là.
C'est bien mal traiter un peuple que de ne pas conférer à
sa langue identitaire fondatrice un statut traduisant la volonté collective ou de la subordonner à des
stratégies partisanes ou sophistes de partis politiques.
Si nous perdons maintenant la maîtrise
de notre vie linguistique identitaire, elle se trouvera dès lors gouvernée par le destin. Redresser la situation requiert à
la fois faire appel à la résilience historique, à la conscience nationale, à l'amour
de la patrie; que ces sentiments généraux guident vers la mise en oeuvre
déterminée de mesures éclairées, cohérentes et déterminantes. Alors, le Québec,
libéré des tensions persistantes que génère la question linguistique, les énergies pourront être mises ailleurs, à la
création d'une société plus juste, plus solidaire, plus équitable, plus
créative, plus prospère. Je vous remercie, Mme la Présidente. Voilà.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M. Pagé.
M. le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
vous avez la parole. Il vous reste un temps, environ, de huit minutes.
Breton : Merci,
Mme la Présidente. Merci beaucoup, M. Pagé, d'être venu faire votre
présentation. Vous avez parlé d'une division arbitraire de l'enseignement
entre le secondaire et le cégep. Mais toutes ces divisions-là, qu'il s'agisse
du système américain, du système
canadien-anglais, du système français, du système britannique, sont toujours,
il me semble, en essence, arbitraires. C'est des choix qu'on fait. Donc,
j'aimerais ça que vous élaboriez sur ce que vous considérez comme arbitraire.
Et j'imagine que... Parce que, dans «arbitraire», vous voulez mettre une
connotation négative, je présume. Donc, j'aimerais que vous élaboriez
là-dessus.
Pagé (Michel) :
M. le député, je reçois votre question comme l'occasion de faire valoir à
nouveau un point fortement important dont j'ai
voulu saisir plusieurs membres élus et qui ont tous refusé de m'entendre,
autant de la défunte Action... l'ADQ que la
CAQ, que Québec solidaire, et même le Conseil supérieur de la langue française,
qui a retenu une option sur les cégeps, qui était déjà prédéterminée en
La chose est fort
simple — j'ai apporté ici une
petite brochure. Je vais la laisser de façon à ce que finalement quelqu'un la lise. Les cégeps, arbitraires, non,
il n'y a pas de connotation négative, je vous l'assure. Mais c'est
vraiment... À l'origine, les cégeps ont fait l'objet d'une division. Il fallait
faire une division structuro-organisationnelle. Et le CPES — on appelait ça à l'époque cours préparatoire de
transition — établissait déjà une
certaine rupture, qui était arbitraire,
parce qu'il y avait les collèges classiques puis il y avait les polyvalentes,
qu'on instaurait. Qu'est-ce qu'on fait après les polyvalentes? On se
sert des... Donc, il y avait un certain aspect, là, qui aurait pu aller autant
dans un sens comme dans l'autre. Mais, sur ce point-là, bien sûr, M. Guy Rocher
pourrait mieux vous en informer.
faut... Ce qu'il est important de comprendre, c'est qu'il y a un continuum qui
est important pour faire un système cohérent,
d'enseignement cohérent. Dans tous les systèmes occidentaux, le secondaire, ou
le lycée en France, va jusqu'à la
19e année, jusqu'à 19 ans. Et là on ne s'enfarge pas avec les fleurs
du tapis en disant : Ce sont des adultes, ils ont le choix, ou
liberté. Non, jusqu'à 18 ans, jusqu'à 19 ans, en France, tous vivent
le même modèle, et puis, au Canada anglais,
aux États-Unis, au Royaume-Uni, le secondaire s'étend sur 12 années. La
correspondance des cours est bien simple, autant au niveau des mathématiques, philosophie, histoire, français ou
anglais : les cours dans la première année du tronc commun du cégep correspondent en gros à ceux de la
12e année terminale du système anglophone. Alors, c'est important que
vous compreniez ça.
Alors,
ça s'établit, ça... Il y a une raison fondamentale à ça. Ça s'établit dans un
continuum psychoéducatif et de développement, développement du jeune
jusqu'à son âge préadulte, qu'on situe à 17 ou 18 ans, en général. D'où ma
suggestion, qui est peut-être un peu simple,
mais qui reflète bien ma pensée. C'est que, tout simplement... on a
simplement besoin de rétablir une terminologie, qui est celle du Canada
anglais. Le cours secondaire, supérieur, «high school» s'établit jusqu'à la fin du tronc commun. Donc, tous, allophones,
francophones, doivent suivre le tronc commun en français, parce que c'est
écrit dans la loi 101, dans la Loi de l'instruction publique, et parce que
c'est le mode operandi au Canada anglais.
Pagé (Michel) :
...qui revient sur la question des cégeps, et qui revient sur les questions psychoéducatives, avec Piaget, et etc. J'en fais liste
ici, Mme la Présidente.
M. Breton : Merci, Mme la Présidente. C'est tout. Merci, M. Pagé.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci. Nous allons maintenant du côté de l'opposition
officielle. M. le député de LaFontaine, vous
avez la parole.
Tanguay : Oui,
merci beaucoup, Mme la Présidente. Merci beaucoup, M. Pagé, pour le temps très,
très, très considérable,
j'ose imaginer, que vous avez mis à la rédaction du mémoire que vous nous
présentez aujourd'hui, et l'on voit
bien que ce sont des... la question linguistique vous préoccupe, vous y
accordez beaucoup de temps depuis plusieurs années. Alors, je pense que c'est le résultat de votre réflexion de
longue haleine et je tiens à vous remercier pour… d'une part, d'avoir pris le temps de nous mettre par
écrit votre vision, votre position, et également aujourd'hui d'être
présent pour nous en faire état de vive voix.
note, notamment de votre mémoire, de votre intervention, le fait qu'effectivement,
lorsque l'on parle de l'objectif collectif qui est l'épanouissement du
français, il est important de constater qu'il y a différents moyens à la disposition
d'un gouvernement. Il y a certes la modification législative par des
amendements à la Charte de la langue française, qui est une chose, mais
également, je vous dirais, des moyens qui relèvent tantôt de la réglementation,
tantôt de politiques à
mettre sur pied et à faire respecter, des programmes gouvernementaux, dont
évidemment il s'agit de s'assurer que
les crédits soient là; et nommons également un élément telle la stratégie
commune pour Montréal 2008-2013, où, là, il s'agissait d'avoir une
entente avec des partenaires, parce que je pense que l'objectif de l'épanouissement
du français se fait, pour beaucoup, avec la
reconnaissance du rôle majeur que chacune et chacun a à jouer. Donc, il s'agissait
là d'un autre aspect d'un coffre d'outils qui, je crois, doit être
abordé de façon globale et nous permet d'agir
de différentes façons.
J'aimerais,
moi, M. Pagé, vous entendre… Vous avez déjà eu écho du blogue du ministre
responsable de la métropole et responsable de la relation avec la communauté
anglophone, qui, le 19 janvier dernier, disait, et je le cite : «Les Anglo-Montréalais sont
massivement devenus bilingues, depuis un peu plus d'une génération. Ils voient,
autour d'eux, notamment à Montréal, une majorité de jeunes francophones
bilingues.» Fin de la citation. Alors, le ministre, l'actuel ministre
responsable de la métropole et responsable de la relation avec la communauté
anglophone affirmait ça le 19 janvier dernier dans son blogue.
Et par ailleurs on se rappelle également les
commentaires qu'il a émis sur les ondes d'une radio anglophone, «STM? Are you listening?», où il prônait et soulignait qu'il
était justifié, pour la Société de transport de Montréal — il avait pris cet exemple-là à ce moment-là — d'être capable d'offrir les services non seulement en
français, mais en anglais également, et en soulignait cette importance-là, d'où
l'interjection : «STM? Are you listening?» J'aimerais vous entendre
là-dessus, comment, vous, avez-vous reçu ça : Est-ce que c'est un
égarement, une bonne approche?, par rapport à ses propos.
Pagé (Michel) : M. le député, votre
préambule et votre question comportent plusieurs éléments. Dans un premier temps, j'ai tenté d'insister,
effectivement, sur les questions de comportements linguistiques, donc la
composante sociale. Depuis plusieurs années, une dizaine d'années, il n'y a
aucun effort concerté des gouvernements, autant municipaux que provinciaux,
pour donner un peu de fierté aux Montréalais, fierté de leur langue.
Quant à ma motivation propre, je vous dirais
qu'effectivement j'ai passé trois, quatre ans sur cette question, et cette question-là me
tue. J'aimerais en être libéré, comme beaucoup de Québécois. C'est pourquoi je
vous dis franchement : L'agonie,
ce n'est rien... pardon, la mort, ce n'est rien, c'est l'agonie qui est
terrible. Alors, au niveau de la langue et la vie de la langue
française, nous vivons l'agonie à Montréal.
Quant au jugement que vous voudriez que je
porte sur les propos de M. Lisée, cela n'est pas
de ma compétence. J'attirerai votre attention sur ce que j'ai écrit sur l'exemplarité,
aux pages 9 à 11 du mémoire. Et je fais référence à M. Lisée indirectement quand j'écris sur le
volet... et depuis l'élection du Parti québécois. Mais, depuis 10 ans,
depuis 2003, rien n'a été fait, et le déclin qu'on observe actuellement sur
Montréal est en
partie le résultat de ça.
Quant au bilinguisme social, qui est la
question sous-jacente à ce qu'a relevé M. Lisée, c'est faire fausse route, de toute évidence. L'histoire des langues nous
révèle que le bilinguisme social mène à l'assimilation et la mort d'une langue par rapport à une autre. Ça s'est passé en
Nouvelle-Angleterre; ça se passe, avec des taux d'assimilation de
50 % à 60 %, dans l'Ouest, des
communautés francophones; de 15 % même en Acadie; et de presque 70 %
en Colombie-Britannique. C'est du bilinguisme social.
partir du moment où les gens se réfèrent à l'anglais comme leur seule langue de
communication extérieure, alors qu'elle n'est pas garantie dans l'emploi, dans
tous les services, dans les hôpitaux, etc., on assiste à la mort de la langue. Bon, «mort de la langue» semble un terme
fort, mais c'est celui utilisé par l'UNESCO, c'est celui utilisé par des
linguistes, c'est celui dont nous informent
les historiens ou les linguistes de la langue, à partir de la langue grecque,
etc. C'est un fait.
En Nouvelle-Angleterre, jusqu'au tournant des
années 30, il y avait 1,5 million, environ, de Canadiens français, enfin Franco-Américains qui y vivaient. Ils
avaient leur système d'école, le système, même, des dispensaires, des hôpitaux, dirigés par des communautés religieuses,
donc écoles, dispensaires, milieu de travail aussi. Et puis, au
tournant... Mais tous ces gens-là, peu à peu, ont parlé français... ont parlé
anglais, bien sûr. Et puis, au tournant de la guerre, les industries, les
manufactures traditionnelles ont tombé en désuétude. Donc, il y a eu un
mouvement vers les villes. Et là, allez en Nouvelle-Angleterre, cette
communauté de 1,5 million à 2 millions de francophones n'existe plus.
Vous voyez, c'est... Ce dont je vous parle, c'est
un phénomène de fond plus qu'une statistique donnée qui est une statistique
ponctuelle. Si je vous dis qu'à Montréal il y a 49 % de personnes qui sont
francophones, ça ne veut rien dire au fond,
parce qu'il faut observer la tendance de fond. Alors, la tendance de fond, c'est
celle que je vous dis. Lisez sur la question des langues, sur la mort
des langues, retournez à ce que dit l'UNESCO, vous allez bien comprendre.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Allez-y, M. le député de LaFontaine.
Tanguay : Et, Mme la Présidente,
juste sur — puis j'aimerais vous
entendre là-dessus — un point de vue méthodologique, est-ce que l'on peut réellement
comparer… Puis je vous pose la question, là, ce n'est pas un jugement
que je fais, là, j'aimerais vous entendre
vous. Est-ce qu'on peut réellement comparer la situation de la Nouvelle-Angleterre,
à laquelle vous faites référence, qui est un fait historique, début du
XXe siècle… puis j'ajouterais même, là — ça vient de moi, là — la Louisiane. Est-ce que ces exemples-là sont réellement
applicables au cas du Québec où, en 1977, la loi 101 est venue, je vous
dirais, encadrer, baliser, donner des outils, ce qu'il n'y avait pas, à ce
niveau-là à tout le moins, en
Nouvelle-Angleterre? Et je vous ajoute le cas de la Louisiane également, là.
Sur un point de vue méthodologique, est-ce qu'on peut faire ce
parallèle-là et dire : Bien, nécessairement, nous nous dirigeons vers les
mêmes résultats?
M. Pagé
(Michel) : Ce que je vous donnais à
entendre, c'est un phénomène de fond. Je ne dis pas qu'il est identique à ce
qui se passe à Montréal, je vous dis qu'il y a des composantes qui sont les
mêmes, de même nature et puis qui relèvent de l'évolution normale des langues et du combat entre
les langues. L'assimilation de l'un par rapport à l'autre, ça fait
partie de l'histoire. Ce sont
quelques exemples que je vous donne, des exemples extrêmes, bien sûr, on
n'en est pas là. Mais les démolinguistes, alors les démographes de la langue,
nous disent depuis les années 80 qu'on va obtenir les résultats qu'on a
maintenant et puis que, dans 50 ans, le français va être minoritaire au
Québec.
étudiant du secondaire peut reprendre ces courbes de programmation linéaire,
parce que c'est du premier degré. Il y a les naissances, hein? Et puis on a
40 ans ou 50 ans de sous-natalité. Il y a l'immigration qui joint
maintenant les rangs francophones à 49 %, 50 %. Alors, on met
ces composantes-là, on met l'assimilation... même dans Westmount ou Outremont
maintenant. Les dernières études de démographes ou démolinguistes, Michel
Paillé, Castonguay, etc., montrent que, même à Montréal maintenant, il y a un
attrait tel de l'anglais que des familles francophones passent à l'anglais. Ça
ne s'était jamais vu avant, je veux dire, avec un tel degré, avec un tel degré.
Voyez-vous?
que je voulais entendre, c'est le phénomène de fond. Alors, je vous dis, il
faut arrêter et puis il faut mettre des
mesures de l'avant, des mesures qui s'imposent, normales, cohésives et puis qui
feront l'union de différents partis politiques.
Mais, comme je vous le disais tantôt, et je pense que je vais le répéter, c'est
bien mal traiter un peuple que de ne pas conférer à sa langue
identitaire fondatrice un statut traduisant la volonté collective ou de le
subordonner à des stratégies partisanes ou à des sophismes de partis
politiques. Je vous soumets qu'il faut trouver des consensus et il faut vous
imprégner d'une volonté commune. Merci.
M. Tanguay : Combien de temps nous reste-t-il, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Il vous reste
deux minutes exactement.
M. Tanguay : Deux minutes. Mon intervention, vous l'avez compris, par
rapport à, je vous dirais, l'effet structurant
qu'a eu la Charte de la langue française en 1977 est née également d'une
réflexion que nous avons eue ici, en commission, vendredi dernier, où j'avais
eu l'occasion... Et je le cite rapidement, là, Jean-Marc Léger, pas le sondeur mais feu Jean-Marc Léger, qui était journaliste,
auteur, disait à Judith Jasmin, en décembre 1960, et je le cite, sur les
ondes de Radio-Canada : «J'estime qu'il
nous reste peut-être 10 ou 15 ans si nous voulons faire un effort sérieux
pour restaurer la langue française
et, conséquemment, la sauver, sinon elle deviendra une sorte de patois dont
nous aurons honte, une petite langue
familiale et à saveur folklorique qui ne servira plus vraiment comme véhicule
de pensée chez nous.» Fin de la citation.
constat très dur en 1960, on a eu l'occasion de se le rappeler la semaine
dernière et de constater… — puis on réfléchissait tout haut, les gens de la commission,
avec les intervenants — de
se rappeler et de constater que l'effet structurant
qu'avait eu la Charte de la langue française en 1977 — et
aujourd'hui nous avons un équilibre là-dedans — avait permis justement de ne pas en arriver à la
réalisation de ce pronostic catastrophique.
Alors, c'était
davantage dans ce sens-là où je pense qu'il faut reconnaître — puis j'aimerais vous entendre là-dessus — effectivement l'effet structurant qu'a eu la Charte de la
langue française et l'importance, oui, de toujours, toujours demeurer vigilants,
mais en conservant également, là, un équilibre.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Quelques
secondes. Je suis désolée, M. Pagé.
M. Pagé
(Michel) : Je ne peux pas répondre?
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : En quelques secondes,
si vous pouvez.
M. Pagé
(Michel) : Oui. La loi 101 a eu
un effet structurant mais pas suffisant dans le contexte actuel. Non, il n'y a pas d'équilibre; il y a déséquilibre
actuellement. C'est ce que je vous donne à entendre — je serais heureux de vous
rencontrer d'une façon personnelle de façon
à vous faire comprendre quel est ce fond. Il y a déséquilibre
actuellement sur Montréal et dans la grande région de Montréal. Les jeunes
ne... C'est l'anglomanie tel que les jeunes, dans les écoles francophones,
parlent anglais, qu'ils n'écoutent que la musique anglaise, que les médias sont
anglais, l'Internet est anglais. Ils ne
connaissent pas leur histoire, on ne leur enseigne par leur histoire, on ne
leur enseigne pas leur littérature du terroir.
Au moins, à l'époque, il y avait les collèges classiques qui donnaient une
certaine imperméabilité aux classes... aux élites, qu'on disait élites.
Aujourd'hui, on a perdu cette référence. Il y a un phénomène de fond sur lequel
il faut réagir. Non, il n'y a plus équilibre. Oui, il faut réagir d'une façon
adaptée à la nouvelle donne.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M. Pagé.
M. Pagé
(Michel) : Merci beaucoup.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Vous avez vu,
je vous ai donné un petit peu plus que quelques secondes. Je vais maintenant du côté du deuxième groupe d'opposition.
Mme la députée de Montarville, vous avez la parole.
Mme Roy
(Montarville) : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Bonjour, M. Pagé. Merci. Merci pour votre mémoire qui est très
exhaustif et détaillé. Vous allez précis dans le détail.
J'aimerais vous entendre sur un point bien
particulier. D'abord, je dois vous dire que nous croyons, au deuxième groupe d'opposition,
qu'une des façons principales et primordiales pour protéger la langue française
au Québec, c'est
d'abord et avant tout la francisation de nos
nouveaux arrivants. Nous y croyons, nous croyons aux mesures de
francisation qui sont
ajoutées au projet de loi n° 14, parce que — vous parlez de déséquilibre — il faut que les gens qui se joignent à nous, qui viennent vivre ici apprennent le français
correctement. Nous sommes d'ailleurs en faveur des mesures qui ajouteront des ressources
ou des heures d'enseignement. Il faut bien apprendre cette langue, une langue
qui n'est pas facile, nécessairement, pour tous les nouveaux arrivants.
ailleurs, j'aimerais vous entendre parler sur, justement, cette immigration.
Vous avez mis en
annexe des chiffres. On
voit — naturellement, nous avons tous ces
chiffres — la progression du nombre de nouveaux
arrivants que nous recevons et qui est en constante pente croissante depuis 2008. Que
pensez-vous de ce phénomène et que devrions-nous faire pour faire en sorte que nos nouveaux arrivants soient mieux
francisés, francisés qu'on n'en échappe pas? Qu'est-ce qu'il faudrait
faire?
M. Pagé (Michel) : Madame, merci de votre question. Il y
a plusieurs volets. Sur la question de l'immigration,
je crois que tous les immigrants devraient
être obligés, je l'ai dit tantôt, non pas en tant que mesure coercitive, mais
en tant qu'une adhésion normale à la société qu'ils joignent. S'ils la
respectent, ils devraient spontanément s'inscrire à la francisation.
niveaux de l'immigration sont beaucoup trop élevés, pour des raisons
économiques et d'intégration, d'intégration
non pas seulement sociale et culturelle, mais intégration économique. Depuis
2008, on a vécu une récession. Dans le mémoire que j'ai fait en 2011, l'analyse
économique que je faisais, c'est qu'il y avait une possibilité d'une deuxième
récession en W. Ça s'est produit en Europe mais pas ici; et puis les États-Unis
sortent maintenant de ce phénomène-là.
Alors, par niveaux d'intégration... par niveaux d'immigration, il est important
de comprendre, là, qu'il ne s'agit pas de couper l'immigration — moi, je suis ouvert sur le monde, j'ai voyagé — non, mais c'est une question de niveau, c'est une notion de
niveau.
Alors, actuellement, le Québec accueille
autour de 50 000. Quand je suis passé en commission, c'était autour de 55 000. C'était
trop. Parce qu'ils arrivaient sur Montréal, à 85 % à 90 % sur
Montréal, donc aucune ou très peu d'intégration sur les régions, pas de cours de francisation et puis le sous-emploi à
Montréal, à cette époque-là. On n'a pas réagi, on a oublié une notion fortement importante de l'immigration,
qui est la capacité d'absorption, notion qu'on a laissé tomber au
tournant des années 2000, que le gouvernement fédéral a laissé tomber, que
M. Trudeau avait introduite. D'ailleurs, en
1981-1982, lorsqu'il y avait eu une récession, le niveau de l'immigration au
fédéral était tombé en deçà de 100 000. Actuellement, le fédéral accueille autour de 250 000. Pourquoi? Pour
des raisons qui sont économiques, liées au développement de l'Alberta et
de la Saskatchewan.
Roy (Montarville) : …devrait revenir
à ces niveaux... à des niveaux d'immigration pour contrôler, justement, l'accueil,
pour être capables de les franciser?
Pagé (Michel) : Dans l'immigration,
il faut retenir...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
En quelques secondes, M. Pagé. Je suis désolée.
Pagé (Michel) : L'immigration commence
par le recrutement, la sélection, l'accueil, l'intégration, la francisation.
Sélection et recrutement est complètement à revoir par le ministère. On ne fait
pas de recrutement, sauf une fois par année sur Paris, alors qu'en Espagne… le
plus grand lycée francophone hors France se trouve à Madrid.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci.
Pagé (Michel) : Il y a...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci beaucoup.
Pagé (Michel) : ... tout un
potentiel, là. Merci. Je m'excuse.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci beaucoup, M. Pagé.
commission suspend ses travaux jusqu'à
15 heures cet après-midi. Vous pouvez laisser vos documents dans la salle,
la salle sera sécurisée. Donc, bon appétit.
(Suspension
de la séance à 12 h 58)
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Bonjour, chers collègues. Nous
reprenons nos travaux, et je demande à toutes
les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs
téléphones cellulaires.
Nous allons poursuivre sans plus tarder les
auditions publiques sur le projet de loi n° 14, Loi modifiant la Charte de la langue française, la Charte des droits et
libertés de la personne et d'autres dispositions législatives. Et nous
commençons, cet après-midi, avec la Fédération autonome de l'enseignement.
Bienvenue, messieurs. Je vais vous demander
de vous présenter, de présenter les personnes qui vous accompagnent. Et vous
aurez un temps de 10 minutes pour nous
faire part de votre exposé, suivra par la suite un échange avec les membres de
la commission. La parole est à vous.
St-Germain (Pierre) : Merci,
Mme la Présidente. Mes salutations à Mme la ministre, Mmes, MM. les
parlementaires. Alors, merci de nous accueillir pour entendre le commentaire
sur le projet de loi n° 14.
Alors,
à ma droite, M. Sylvain Mallette, vice-président à la vie professionnelle de la
Fédération autonome de l'enseignement, à ma
gauche, M. Sylvain... pardon, M. Wilfried Cordeau — ça
commence bien — conseiller syndical à la vie
politique, à la fédération, bien entendu.
Alors, la Fédération autonome de l'enseignement,
depuis sa création, est préoccupée par la question linguistique, que ce
soit par son engagement dans le dossier des écoles passerelles ou dans celui de
l'intégration linguistique et sociale des
nouveaux arrivants, comme on l'a démontré récemment lors de la dernière édition
de la Semaine pour l'école publique, qui avait pour thème la
francisation, ou encore, au regard des qualités de l'enseignement du français,
par la révision du programme de français au premier cycle du primaire qu'on a
réalisée, ou encore, plus récemment, par nos travaux avec le mouvement
Partenaires pour un Québec français.
majorité des 32 000 enseignantes et enseignants que la FAE représente se
retrouvent dans la région de l'Outaouais, la
région de Laval et sur toute l'île de Montréal, en grande majorité. De par leur
situation géographique, comme citoyens qui vont dans les commerces, requièrent
des services et qui, quotidiennement dans leur travail, côtoient une population
immigrante importante, ils constatent la difficulté de faire reconnaître le
français comme langue commune. Ceci, donc, ajoute à l'intérêt que notre
fédération porte pour la cause du français au Québec.
L'expertise de la FAE se situant
principalement dans le domaine de l'éducation, vous ne serez pas étonnés que notre présentation
s'y concentre pour l'essentiel et aborde de manière plus large la francisation
et la protection de la langue française
par le système public d'éducation. En ce qui concerne les autres domaines, nous
partageons les propositions contenues dans la plateforme Partenaires
pour un Québec français, que certains de ses membres sont venus défendre ici,
ou le feront prochainement.
Voilà plusieurs années que les rapports se
succèdent et témoignent de multiples reculs, sinon de l'affaiblissement de la
situation de la langue française, tant dans les milieux de travail que dans les
affaires, les services à la population ou à la clientèle, les communications administratives ou l'enseignement. Dans ce
contexte, la FAE accueille favorablement les intentions qui gouvernent
le projet de loi n° 14. Celui-ci constitue un pas dans la bonne direction
et vient réaffirmer l'importance de la
prépondérance du français comme langue officielle du Québec. D'ailleurs, l'insertion
dans la Charte des droits et libertés
de la personne du droit de vivre et de travailler en français est certainement
un élément fort de ce projet de loi. Ce nouvel
article consacre ainsi le
fait français au rang de droit fondamental et affirme le français comme étant
un élément incontournable et rassembleur du vivre-ensemble.
Dans son ensemble, le projet de loi présenté
par la ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles et ministre responsable
de la Charte de la langue française nous apparaît faire appel à une plus grande
responsabilisation des acteurs en matière linguistique tout en réaffirmant le
fait français à plusieurs égards et dans plusieurs sphères d'activité. Je
reconnais dans ce projet de loi les qualités de sa ministre qui souhaite
adopter une approche visant la persuasion,
qui fait appel à la bonne volonté des individus et des organismes. C'est une
approche que nous partageons également mais dont on doit convenir des
limites, limites qui font qu'à un certain moment, quand on a accordé aux
personnes ou aux organismes toute la chance de faire la preuve de leur bonne ou
de leur mauvaise foi, il faut agir.
Cependant, bien plus que sur la bonne
volonté, la ministre et les organismes chargés de l'application de la loi et des règlements qui s'y rattachent doivent pouvoir
compter sur des moyens forts et pragmatiques afin de faire appliquer, au besoin
par la contrainte, les dispositions de la loi. Selon nous, bien plus qu'une
révision de la charte, les intentions soulevées
par le gouvernement exigent une intervention plus ferme de l'État et des moyens
effectifs et conséquents pour veiller
à son application. En ce sens, nous nous serions attendus bien plus qu'à un
ajout de responsabilités et de tâches administratives pour l'Office
québécois de la langue française, mais un renforcement important non seulement
des pouvoirs, mais aussi des mesures coercitives prévues dans la charte pour
lui permettre de jouer pleinement son rôle.
Par ailleurs, la protection, et la
valorisation, et la promotion de la langue française ne peuvent se réaliser uniquement par des modifications à la charte. Ces
questions nous amènent inévitablement à parler d'éducation et des conditions
qui permettent l'apprentissage d'un français de qualité pour tous les
Québécois, qu'ils soient de souche ou nouveaux arrivants. C'est pourquoi nous invitons la ministre de l'Immigration et
des Communautés culturelles à se concerter avec ses collègues, notamment
celle du ministère de l'Éducation, des Loisirs et du Sport, en vue d'améliorer
les conditions d'enseignement du français mais aussi les programmes d'accueil,
les mesures d'accès et de soutien aux services à la francisation. Si la ministre appelle à une plus grande concertation des
divers acteurs interpellés par la charte, la situation de la langue française au Québec... et la situation,
pardon, de la langue française au Québec, il importe de rappeler qu'elle
ne peut tout de même pas assumer seule toutes les responsabilités, notamment en
matière de francisation, et que, bien qu'elle
ait compétence de par les lois portant sur l'immigration, elle n'est toutefois
pas la seule qui ait juridiction sur les organismes et appareils destinés à l'accueil, à la francisation, à l'insertion
sociale des personnes issues de l'immigration.
Dans l'esprit de cette concertation
recherchée par le gouvernement, il nous apparaît essentiel de rappeler l'expertise et le rôle
fondamental du MELS en la matière et des organismes et établissements qui en
relèvent, comme les commissions scolaires, les centres de l'éducation
des adultes et les écoles publiques.
De même, si le
gouvernement souhaite favoriser une intégration harmonieuse des nouveaux
arrivants, la FAE estime essentiel que l'adoption
de ce projet de loi se traduise et s'accompagne le plus rapidement possible de
nouveaux investissements substantiels afin de donner accès aux personnes
immigrantes et à leurs familles, dès leur arrivée, à des services et des cours de francisation
gratuits, et élargir également le soutien consenti, faire en sorte que la
francisation des nouveaux arrivants et des non-francophones vise un nouveau...
un niveau, pardon, d'appropriation de la langue française qui aille bien au-delà des seuils de besoins d'insertion du
marché du travail, et leur permettre d'atteindre un niveau de maîtrise du français comparable à tout autre citoyen
québécois. On doit aussi favoriser la diversification des lieux de formation pour leur permettre de rejoindre un plus
grand nombre de personnes et de mieux adapter les services aux besoins.
Nous croyons également
que le gouvernement doit prendre les moyens nécessaires pour accroître l'accès
aux services de francisation et d'alphabétisation en milieu scolaire, notamment
par le rehaussement substantiel et la révision
du mode de financement du réseau de l'éducation des adultes. Il doit aussi
élargir et rehausser financièrement les mesures de soutien aux adultes
francophones, aux nouveaux arrivants et aux non-francophones qui désirent
accéder aux services d'alphabétisation ou de francisation, clarifier les
prérogatives, programmes et ressources dont disposent le MICC, le MELS et le
MSSS en matière de francisation, et favoriser un meilleur arrimage et une
coordination plus effective et transparente
de leurs efforts et services à cet égard, et — un élément qui n'apparaît pas dans notre mémoire, mais à l'égard
duquel on a attiré notre attention récemment — faire reconnaître par le gouvernement fédéral l'expertise du MELS en matière d'évaluation des aptitudes
linguistiques pour l'obtention de la citoyenneté canadienne.
Il nous apparaît
également important d'insister sur la nécessité de mettre en place des mesures
favorisant la promotion et l'apprentissage du français pour tous les élèves du
Québec. En ce sens, la FAE est d'avis que, plutôt que de miser sur l'enseignement intensif de l'anglais, le gouvernement
aurait davantage intérêt à renforcer l'enseignement du français. À cette
fin, nous pensons que le gouvernement doit revenir sur sa décision d'imposer l'enseignement
de l'anglais au primaire dès la première
année et mettre un terme à la généralisation de l'enseignement intensif de
l'anglais en sixième année, qu'il
appuie implicitement. Il doit aussi réviser les programmes d'enseignement
du français de façon à assurer un
enseignement plus systématique de la langue dans les écoles primaire et
secondaire, de même qu'au cégep.
Au sujet des écoles
passerelles, nous nous serions attendus à ce que le gouvernement règle cette
question, mais nous comprenons que le contexte politique actuel n'y est
peut-être pas favorable et nous retenons son intention d'aborder plus
spécifiquement cette problématique dans un avenir proche.
tant que membre de Partenaires pour un Québec français, la fédération est d'ailleurs
satisfaite de constater que certaines
revendications de la coalition et de la société civile trouvent sinon
satisfaction, du moins un écho favorable dans
plusieurs des dispositions mises de l'avant par le projet de loi, notamment
quant à l'instauration de mécanismes de francisation allégés pour les entreprises comptant moins de
100 employés, quant à la mise en place de mesures allégées pour les
entreprises comptant 26 à 49 employés, quant à la délivrance du
diplôme d'études collégiales conditionnelle à la réussite d'une épreuve
obligatoire de français, ou encore au resserrement des règles relatives aux
exigences linguistiques spécifiques à l'embauche,
ou enfin quant à l'amélioration du traitement des plaintes pour les
travailleurs non syndiqués, pour ne nommer que ceux-là.
Par contre, nous
devons joindre notre voix à celles d'autres organisations syndicales pour
dénoncer et rejeter l'approche volontaire introduite par les nouvelles
dispositions que prévoient les articles 40 et 42 du projet de loi, qui autoriseraient toute entreprise de
100 employés et plus à substituer au comité de francisation un autre
mécanisme deconsultation et de
participation de son personnel. Cela constitue certainement, à nos yeux, un
recul majeur du français comme langue du travail, d'autant plus
inacceptable qu'il n'est pas justifié.
conclusion, si le projet de loi pose des jalons importants, il nous apparaît
essentiel que la volonté politique à laquelle il répond se traduise très rapidement
dans un large plan d'action qui s'attaque plus sérieusement à la
promotion et à la valorisation de la langue française au travail et dans la société,
et prioritairement à l'école et auprès des personnes immigrantes, le tout étant
un enjeu à long terme.
le resserrement de la Charte de la langue française est un moyen de freiner à
court terme les reculs subis par la langue officielle, il est par ailleurs impératif
que soient renforcés dès aujourd'hui les moyens qui assureront sa
pérennité et son rayonnement à long terme.
Pour ce faire, il faudra faire du français la langue officielle des
communications écrites dans l'administration, à l'exception, bien sûr,
des cas prévus à l'article 29.1. Il faudra mettre à contribution, pour ne
pas dire au pas d'autres ministères et appareils d'État, adapter de nombreux
programmes et y consacrer des ressources. Il appartient au gouvernement d'en
exprimer concrètement la volonté politique. Je vous remercie.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci, M. St-Germain. Nous allons débuter les échanges,
et je vais du côté du gouvernement. Mme la
ministre responsable de la Charte de la langue française, vous avez la parole.
De Courcy :
Merci, Mme la Présidente. Alors, M. le président, messieurs qui vous
accompagnent, vraiment merci, d'abord d'avoir pris la peine de vous intéresser à cette
question, mais nous le savions tous d'avance que vous étiez pour le
faire, compte tenu de l'importance de l'engagement des personnes que vous
représentez dans la promotion et l'épanouissement de la langue française, et
ce, depuis des décennies. Alors, je vous remercie, donc, d'avoir pris la peine,
d'avoir pris la peine aussi de venir nous voir pour que nous puissions discuter
un peu avec vous.
J'aimerais
d'abord, dans un premier temps, faire une mise au point, que j'ai faite
publiquement mais qui vous a peut-être
échappé. À cet égard, je vous distribuerai un
article qui est paru dans Le Devoir ,
qui était une réponse à un éminent
sociologue, Guy Rocher — vous vous en
souvenez sûrement — sur la langue de travail par rapport
aux comités de francisation. Je l'ai expliqué
aussi, hier, à Mme la présidente de la CSQ, qui avait la même préoccupation que
vous autour des... qu'elle avait autour des comités de francisation.
En fait, notre
intention, quand j'avais... on a rédigé ceci dans le projet de loi, c'était de
s'assurer que les entreprises qui n'étaient pas syndiquées puissent avoir des
moyens, puissent avoir des moyens et qu'on puisse arriver à faire quelque chose
d'intéressant en prenant pour... et en ayant un préjugé favorable que, si ça ne
se faisait pas, ce n'était
pas un manque de volonté de l'entreprise mais que c'était probablement parce
que l'entreprise, dans son créneau, présentait un certain nombre de
difficultés pour les mettre en place.
ailleurs, ce faisant, on a contracté un
article — pardonnez-moi l'expression — et on a fait le contraire de ce que nous voulions
faire. Alors, parmi... Un projet de loi a ceci de bon, et une commission
parlementaire a ceci de bon, c'est qu'elle
permet différents correctifs, différentes mises au point. Il y en aura dans ce
projet de loi, et celle-là sera proposée par l'équipe gouvernementale.
En fait, il ne pourrait y avoir autre moyen, entreprise syndiquée ou non, que
convenu avec le groupe syndical. Et, de
toute évidence, on a fait quelques vérifications, et ça semble correspondre à
ce que les groupes syndicaux
souhaitent et, d'une certaine façon, je suis convaincue, aussi les entreprises,
parce qu'elles ont d'habitude une très bonne relation dans les comités
de francisation. Ça va relativement bien. Évidemment, ce n'est pas le bonheur
parfait partout, mais on peut dire que c'est
un instrument qui est salué de part et d'autre. Alors, je tenais à lever cette
ambiguïté-là, pour nous tous d'ailleurs, comme je l'ai fait hier.
Maintenant,
vous avez, comme à votre bonne habitude à la fédération, mis le doigt sur
quelque chose qui nous préoccupe aussi
beaucoup — de mon ancienne vie,
qui n'est pas si ancienne que ça — évidemment que le
fait d'une absence d'harmonisation entre le ministère de l'Immigration, le
ministère de l'Éducation, et — j'ajoute depuis tout
récemment aussi — Santé et Services sociaux, et Emploi fait en sorte que
nous sommes... nous avons des contradictions
et un manque de cohérence qui peut être
apparent et qui peut être dommageable pour les personnes immigrantes ou
pour ceux et celles qui travaillent auprès
des personnes immigrantes, ne serait-ce que les règles de financement, ne
serait-ce que les subventions accordées à certains groupes de personnes,
à d'autres, non, etc.
Alors, ma collègue
ministre de l'Éducation et ma collègue ministre de l'Emploi et moi avons déjà
mis des comités de travail en place pour
harmoniser. Et ce n'est pas simple, mais nous allons y arriver. Nous nous
sommes donné une obligation de résultat, je vous dirais, si c'est
possible, pour l'automne prochain. On pense qu'on aura un plan, on pense que
les applications pourront être, par ailleurs, en 2014… C'est long, hein? Ce
type de réaménagement là est important mais demande un peu de temps. Mais nous
nous y sommes attelées, parce que ça nous apparaissait absolument important.
Sur la question...
Bon, vous comprendrez évidemment que j'accueille très favorablement vos
suggestions, vos commentaires. Certains
demandent réflexion, et d'autres, pour ma part, seront remis à une réflexion
future, pas dans un futur lointain,
notamment celles qui touchent les écoles passerelles. Vous savez que j'ai
annoncé une législation à venir, et ce sera sous peu. Donc, je mettrai
en parenthèses vos recommandations sur les écoles passerelles pour les
reprendre lors du projet de loi.
Maintenant,
en ce qui concerne l'anglais intensif, vous savez aussi que la ministre de l'Éducation
a fait un certain nombre d'annonces et qu'elle
reprendra une réflexion aussi après avoir fait des évaluations, pour lui
permettre de se reposer sur celles-ci pour
des décisions futures. Je vous indique que nous avons été très préoccupées,
que... Et c'est l'ENAP qui va piloter
cette... l'École nationale d'administration publique qui va piloter cette
étude. Nous avons bien entendu vos préoccupations
et celles d'autres, aussi, groupes, et aussi les groupes de parents. Ça va nous
permettre de nous dégager un peu, là, de ceux et celles qui parlent très
fort et de tenter d'avoir une étude objectivée pour après ça prendre une
décision plus définitive.
la francisation, j'ai indiqué, au cours des dernières semaines plus
particulièrement, après avoir fait une tournée
des régions, que j'étais très préoccupée par le fait que la francisation... il
y a... sur le plan pédagogique, des méthodes différentes sont utilisées par des
profs en francisation qui sont accolés au MELS, par ceux du MICC, de... je vous
dirais, les écarts, aussi, de matériel, bêtement didactique, là, le matériel,
des... On n'a pas accès aux mêmes choses au même endroit. Des écoles de pensée
aussi pour comment aborder… en andragogie ou en enseignement d'une langue
seconde, comment on fait tout ça.
J'aimerais
ça vous entendre sur... Quand vous parlez d'un meilleur arrimage, est-ce que...
J'aimerais que vous précisiez votre pensée sur cette question-là de la francisation, et si
ça va aussi loin qu'un arrimage autour des méthodes de travail, autour
du matériel, autour des conditions d'enseignement, et etc., et comment vous
voyez la chose autour de ces questions-là, puisque notre gouvernement va
bientôt, bientôt travailler autour d'un plan d'action en francisation.
il y a une sous-question associée à
celle-ci. Je ne crois pas que, pour la francisation en région… et, comme le gouvernement met de l'avant résolument 18 mesures
complémentaires et dont une d'elles est la régionalisation de l'immigration, je ne crois pas que les modèles
traditionnels d'organisation de cours de francisation seront suffisants,
et il faudra, à ce moment-là, faire appel à
de la technologie, francisation en ligne avec support d'enseignants,
évidemment, parce que ça ne se peut pas, ne
pas le faire avec des enseignants. Je veux savoir comment vous recevez la
cohabitation d'un modèle pédagogique qui serait à la fois avec du
support technologique et aussi des modèles traditionnels. Alors, en fait, mes
questions portent sur la francisation. Merci.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, Mme la
ministre. M. St-Germain.
St-Germain (Pierre) : Je vais vous avouer que ce n'est pas... il y a des volets de certaines
questions qu'on n'a pas nécessairement
approfondis, mais je vais quand même me lancer, partager, mettons, avec vous la
réflexion que je pourrais mener là-dessus.
niveau de la régionalisation, je vais faire un parallèle avec l'ensemble de l'offre
de services. Vous savez, dans le réseau des
commissions scolaires, on revendique que le MELS soit le seul maître d'oeuvre
de l'ensemble des services. À travailler
avec les autres partenaires dans le dossier de la francisation, parce que ça
nous amenés à creuser la question
avec les autres groupes, on s'est rendu compte qu'il se faisait plein de choses
dans d'autres milieux et que cette multiplicité, je dirais, ou cette multitude d'offres
de services rejoignait différentes catégories de la population, donc
servait des rôles bien définis, puis, dans
le fond, que le MELS devrait, quant à nous, avoir le rôle principal. Mais ça ne
dispose pas du rôle complémentaire de d'autres organismes.
Donc,
en lien avec la régionalisation, je pense qu'il faut reconnaître qu'à un moment
donné il n'y a pas que le modèle montréalais,
hein? Parce qu'on va comprendre qu'à Montréal, avec la concentration d'élèves
que l'on a, on peut organiser des services de différentes natures. On a la
masse critique pour faire ce type de chose là. Donc, par le parallèle que je fais en fonction des différents
modèles qui existent, la régionalisation m'apparaît entrer dans ce
cadre-là, et il va falloir quelque part qu'on
reconnaisse que d'autres avenues peuvent être possibles. Il y aura sûrement à
discuter de façon plus fine de
comment ça va se réaliser, de qui le fera, les conditions dans lesquelles ça se
fera, mais ça, je pense qu'on a toujours manifesté de l'ouverture au
dialogue à cet égard-là.
niveau, maintenant, de l'arrimage, ce qu'on s'est fait dire par nos profs dans
le milieu… Bon, tout d'abord, il y a un
problème au plan des subventions, hein? Que l'on soit au MELS, qu'on rentre par
les commissions scolaires ou qu'on rentre par le MICC, les individus qui
bénéficient des services n'ont pas les mêmes avantages. Donc, déjà là, il y a un arrimage au niveau des conditions dans
lesquelles les gens ont à recevoir l'offre de services en francisation.
Donc, à ce niveau-là, il y a déjà quelque chose d'important à faire.
niveau du matériel et ainsi de suite, les gens, effectivement, nous disent
aussi… — les gens étant nos profs, là, sur
le terrain — nous parlent de l'absence
de matériel. On attend d'ailleurs encore, là, les réaménagements de la future politique, là, dont on parle depuis
plusieurs mois, pour ne pas dire des années. Alors, les gens nous disent :
Onmanque de matériel. Les gens...
les profs en ont produit beaucoup. Alors, entre imposer du matériel et rendre
disponible du matériel, là il y a un pas qu'on
ne franchira pas. Alors, les profs requièrent, revendiquent l'autonomie
professionnelle. Donc, on pense qu'il va dans les responsabilités du ministère
de l'Éducation et, je présume, là, du ministère de l'Immigration, là, pour les éléments qui le concernent, de rendre
disponible le matériel aux personnels enseignants pour qu'ils puissent,
en fonction de la population, des élèves qu'ils ont devant eux, des
difficultés, hein, de la dynamique de la classe, choisir les meilleurs outils
pour être capables de donner le meilleur cours possible. Donc, oui, il y a un
arrimage possible à faire, oui, il y a du travail à faire.
niveau de la formation, je pense aussi qu'il y a une forme d'uniformisation
aussi, parce que, là encore, on veut bien reconnaître que la francisation peut se faire
via différents milieux, mais encore faut-il que les gens qui offrent ces
services-là soient en mesure aussi d'offrir
une qualité qui nous apparaît acceptable. Parce que, je rappelle, notre
objectif au niveau de la francisation, ce n'est pas seulement que faire des
nouveaux... de donner aux nouveaux arrivants le pouvoir ou la possibilité d'aller acheter du pain à l'épicerie puis de
demander leur chemin dans le métro, il faut qu'ils soient capables de
communiquer dans tous les aspects de la langue, avec leurs voisins, donc s'impliquer
au plan culturel, social, dans l'ensemble des activités de la société
québécoise.
De Courcy :
Avant de passer la parole à mes autres collègues, qui ont sûrement le goût de
vous parler, je suis très sensible aussi au
fait que vous parlez de la promotion de la langue et de l'importance d'avoir
ces campagnes de promotion, d'être vigilants
autour de ces questions. Et je suis heureuse de constater que vous n'opposez
pas ceci à, par exemple : il faudrait... En fait, ce que vous nous
dites, c'est : Il faut faire tout ça en même temps et non pas de façon
séquentielle, parce que la promotion de la langue doit être présente dans notre
société. Et ce qu'on a pu constater, c'est
que, depuis un bon moment, cette promotion-là a été abandonnée, avec un certain
nombre de conséquences dans sa qualité dans la langue parlée un peu
partout. Alors, je vous dirais que cette recommandation-là, pour reprendre un
mot de l'éducation qui a été un peu banni, mais quand même est un peu
transversale, tiens, à travers les différents mémoires que nous avons reçus.
Alors, merci. J'ai des collègues qui veulent s'adresser à vous.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, Mme la
ministre. M. le député de Bonaventure, vous avez la parole.
M. Roy : Merci, Mme la Présidente. Il nous reste combien de temps?
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Il vous reste
environ six minutes.
M. Roy : Six minutes, merci. Bonjour, messieurs. L'exposé est très
intéressant. À la page 20 de votre mémoire, bon, il y a un certain libellé
qui a attiré mon attention, et je cite : «Si les mesures coercitives qu'elle
met en place — c'est-à-dire
la Charte de la langue française — peuvent dissuader des
organisations d'y contrevenir, et si plusieurs
groupes peuvent bien, en ce sens, en réclamer le resserrement, il demeure,
selon nous, du devoir du gouvernement, de
mettre de l'avant, en amont même des modifications à la charte, un vaste plan d'action
visant à favoriser la promotion [et] la valorisation [...] l'apprentissage
du français.» Et quelles seraient les mesures de ce plan d'action? Ou
pouvez-vous nous informer si vous avez eu une réflexion là-dessus?
St-Germain (Pierre) : Mme De Courcy disait précédemment qu'on pouvait faire la promotion de
la langue, donc
elle soulignait cet élément-là. On peut adresser beaucoup de reproches au
ministère, au gouvernement, à l'office, mais je pense que,
collectivement aussi, on a abandonné le combat pour défendre notre langue.
Alors, quand on parle de promotion de
langue, je pense qu'on doit avoir des activités diverses au plan social. On
doit s'organiser pour être fiers de parler
le français, donc elle doit être au coeur de nombreuses activités. Les gens
doivent être en mesure de s'y reconnaître, d'avoir le plaisir de jouer avec les mots. En tout cas, les amoureux de
la langue française pourraient... vont comprendre que, jouer sur les mots, il y a quelque chose d'agréable
à travers tout ça. Il y a toutes sortes d'activités de promotion. On peut parler au niveau de la culture. D'ailleurs, l'an
prochain, la prochaine Semaine de l'école publique va tourner autour des
arts. Donc, il y aura toute la question de l'art dramatique. La place du
français va y trouver également, là, un endroit important là-dedans.
parle de valorisation, de promotion au sein même de l'école. Il faut s'organiser
aussi que, dans nos écoles, les élèves parlent le français. Moi, je viens d'un
milieu montréalais où j'enseigne... où on doit se battre… bien, se battre,
on doit souvent intervenir auprès des élèves qui, pour toutes sortes de raison,
préfèrent parler l'anglais dans le corridor que de parler le français. Donc, valoriser le français, c'est aussi devoir intervenir,
à un moment donné. Quand on parle de coercition,
ce n'est pas toujours des mesures dures, mais ce sont des mesures d'intervention
qui nous obligent, qui nous permettent d'affirmer le fait français
partout où il doit être fait.
la valorisation du français, ça passe aussi au plan individuel. Quand on se
présente dans un commerce, se faire… s'adresser à nous en anglais, on devrait réagir,
faire en sorte qu'on développe cette fierté d'être servi en français. Je
ne saurais, je dirais, me substituer au gouvernement et proposer un plan d'action,
mais on pourra se faire un plaisir d'échanger par la suite pour soumettre des
idées sur cette question-là.
M. Roy : Merci beaucoup.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : M. le député de
Saint-Hyacinthe.
Pelletier (Saint-Hyacinthe) : Merci, Mme la Présidente. Bonjour, messieurs. Vous
savez, depuis l'instauration de la loi 101 en 1977, la langue a connu beaucoup
de soubresauts, de progrès, pour se stabiliser, et puis on se rend
compte, ces dernières années, que la situation... en tout cas, vous en avez
fait un portrait assez réaliste dans votre mémoire et vous amenez beaucoup de
mesures pour corriger la situation. Je sais que la langue a subi beaucoup d'influences.
L'influence, on... c'est l'attraction anglophone, l'anglais est très fort dans
la région de Montréal et, on peut dire, dans certaines
régions du Québec. L'anglicisation de Montréal nous inquiète aussi. La
situation est... Les médias, l'utilisation des médias sociaux aussi, je pense que c'est par les plus jeunes et même
nous, on peut penser que ça influence beaucoup. Mais vous mentionnez dans votre mémoire... Vous avez une vingtaine de
recommandations. Pour toutes ces recommandations, quelles sont celles
qui vous semblent les plus prioritaires, qu'on devrait s'attaquer le plus tôt
possible pour résorber le problème ou la situation actuelle, pour aider à
résorber la situation actuelle?
St-Germain (Pierre) : C'est toujours difficile de prioriser quelque chose là-dedans, mais,
compte tenu du contexte montréalais, quand on est une province qui compte sur l'immigration
pour se développer, quand on accueille environ
50 000 personnes immigrantes par année, je pense qu'on ne fait pas…
on n'a pas d'autre choix que de miser sur la francisation des nouveaux
arrivants. Tantôt, on me parlait de promotion et de valorisation, j'aurais pu
ajouter : «favoriser un meilleur apprentissage du français». À partir du
moment où les méthodes, les programmes que l'on a mis de l'avant au niveau de l'apprentissage du français sont déficients — nous l'avons démontré — on voit mal comment des gens qui maîtrisent mal leur propre langue
peuvent en faire la promotion et en être fiers, et comment ils peuvent
en même temps montrer cette fierté-là ou la transmettre aux nouveaux arrivants.
Quand on a, comme société… qu'on indique aux
nouveaux arrivants qu'en sixième année c'est important d'apprendre l'anglais et
qu'on met des mesures pour l'enseignement intensif de l'anglais, je vois
mal le message qu'on transmet aux nouveaux arrivants pour leur dire qu'au
Québec, c'est en français que ça passe.
Donc, pour moi, la
priorité première — c'est presque un
pléonasme — devrait passer par
la francisation des nouveaux arrivants, les
mesures d'aide aux nouveaux arrivants, et dès qu'ils arrivent. Dès qu'ils
arrivent, ils doivent être aidés. Et souvent on cible davantage les
travailleuses et les travailleurs, parce qu'on a un objectif économique. On doit aussi rejoindre les femmes qui sont à la
maison. On doit aussi rejoindre les jeunes enfants. La maternelle quatre
ans dont on parle est une manière d'amener les gens vers la francisation, parce
que ce n'est pas vrai que ces enfants-là fréquentent
nécessairement les centres à la petite enfance. Donc, il faut, je pense, cibler
de façon prioritaire les nouveaux arrivants. Et je pense que c'est tout
le Québec, même si on parle beaucoup de la grande région de Montréal dans ces
circonstances-là… On l'a dit dans le passé, je l'ai dit sur d'autres tribunes,
si Montréal perd la bataille du français, c'est tout le Québec qui vient de
perdre... qui va être perdant.
M. Pelletier
(Saint-Hyacinthe) : Merci. Merci, Mme
la Présidente.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci. Nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle. M. le député de LaFontaine.
Tanguay : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, j'aimerais, d'entrée de jeu, vous
remercier, MM. St-Germain, Mallette et
Cordeau, pour votre présentation cet après-midi, qui est très importante, et
également d'avoir pris le temps, avec, j'imagine, d'autres personnes de votre
fédération, d'avoir rédigé un mémoire qui apporte un éclairage important à entendre,
je crois.
Et, en ce sens-là,
évidemment, nous en sommes tous sur l'objectif collectif qui est de faire en
sorte que le français... qu'on réalise l'épanouissement du français. Et, à cet
effet-là, on a eu l'occasion de le souligner à plusieurs reprises, il y a un véhicule législatif, modifier
la Charte de la langue française, mais également le véhicule
réglementaire de politiques
gouvernementales, de programmes suffisamment bien financés et également des
stratégies où on peut, avec des partenaires, des intervenants du milieu scolaire,
des affaires, de