Culture and Education — 30 January 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
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40e législature, 1re session (30 octobre 2012 - 5 mars 2014)
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39e législature, 1re session (13 janvier 2009 - 22 février 2011)
38e législature, 1re session (8 mai 2007 - 5 novembre 2008)
37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)
37e législature, 1re session (4 juin 2003 - 10 mars 2006)
36e législature, 2e session (22 mars 2001 - 12 mars 2003)
36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
35e législature, 2e session (25 mars 1996 - 21 octobre 1998)
35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
34e législature, 3e session (17 mars 1994 - 17 juin 1994)
34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
33e législature, 2e session (8 mars 1988 - 9 août 1989)
33e législature, 1re session (16 décembre 1985 - 8 mars 1988)
32e législature, 5e session (16 octobre 1984 - 10 octobre 1985)
32e législature, 4e session (23 mars 1983 - 20 juin 1984)
32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
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13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)
12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
12e législature, 1re session (2 mars 1909 - 29 mai 1909)
11e législature, 4e session (3 mars 1908 - 25 avril 1908)
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Journal des débats de la Commission de la culture et de l’éducation
Version préliminaire
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43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 30 janvier 2024
Vol. 47 N° 36
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 47, Loi visant à renforcer la protection des élèves
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
18 h 30
19 h
Intervenants par tranches d'heure
9 h 30
Dionne, Amélie
Drainville, Bernard
Ciccone, Enrico
Rizqy, Marwah
10 h
Ciccone, Enrico
Dionne, Amélie
Ghazal, Ruba
Drainville, Bernard
10 h 30
Drainville, Bernard
Dionne, Amélie
Asselin, Mario
Lecours, Isabelle
Émond, Jean-Bernard
Rizqy, Marwah
11 h
Rizqy, Marwah
Dionne, Amélie
Ghazal, Ruba
11 h 30
Dionne, Amélie
Drainville, Bernard
12 h
Drainville, Bernard
Dionne, Amélie
Rizqy, Marwah
Ghazal, Ruba
15 h 30
Dionne, Amélie
Drainville, Bernard
16 h
Drainville, Bernard
Dionne, Amélie
Lecours, Isabelle
Rizqy, Marwah
Ghazal, Ruba
16 h 30
Dionne, Amélie
Drainville, Bernard
Rizqy, Marwah
17 h
Rizqy, Marwah
Dionne, Amélie
Ghazal, Ruba
Drainville, Bernard
17 h 30
Drainville, Bernard
Dionne, Amélie
Rizqy, Marwah
Ghazal, Ruba
18 h
Drainville, Bernard
Dionne, Amélie
Rizqy, Marwah
Ghazal, Ruba
18 h 30
Ghazal, Ruba
Dionne, Amélie
Drainville, Bernard
Asselin, Mario
Rizqy, Marwah
19 h
Rizqy, Marwah
Dionne, Amélie
Ghazal, Ruba
Journal des débats
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante-huit minutes)
La Présidente (Mme Dionne) :
Alors, bonjour, tout le monde. Compte tenu de l'heure et étant... ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la culture et de l'éducation
ouverte.
Alors, tout d'abord, j'aimerais souhaiter
à mes collègues de la commission une belle rentrée parlementaire. Bonne et
heureuse année. C'est encore le temps de le dire. Très heureuse de vous
retrouver pour une autre... un autre projet de loi fort intéressant.
Donc, la commission est réunie ici afin de
procéder aux consultations particulières et aux auditions publiques sur le projet
de loi n° 47, Loi visant à renforcer la protection des élèves.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Rivest (Côte-du-Sud), est remplacé par Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac), et Mme Garceau (Robert-Baldwin), par M. Ciccone
(Marquette).
La Présidente (Mme Dionne) :
Merci beaucoup. Donc, nous débuterons ce matin les remarques préliminaires
puis nous entendrons les organismes suivants : d'abord, conjointement, l'Association
québécoise du personnel de direction des écoles, représentée par M. Carl
Ouellet, président, la Fédération québécoise des directions d'établissement
d'enseignement, représentée par M. Nicolas Prévost, président, ensuite l'Association
montréalaise des directions d'établissement scolaire, représentée par Mme Kathleen
Legault, présidente, et finalement, l'Association québécoise des cadres
scolaires, représentée par M. Jean-François Parent, président-directeur
général. Alors, bienvenue à cette commission.
Donc, M. le ministre, je vous invite,
finalement, à faire vos remarques préliminaires. Je vous rappelle que vous
disposez d'un temps de six minutes.
• (9 h 50) •
M. Drainville : Très
bien. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Content de vous retrouver, content de
retrouver tous les collègues. Salutations, chers collègues, tous les collègues
de toutes les <formations. Vous avez...
M. Drainville :
collègues. Salutations, chers collègues, tous les collègues de toutes les > formations.
Vous avez passé de belles fêtes, je l'espère. Et puis je vous souhaite, je nous
souhaite une très bonne... très bonne année. Je salue nos premiers invités qui
vont s'adresser à nous dans un instant.
Alors, le projet de loi n° 47, bien,
il n'y a pas grand surprise là-dedans dans la mesure où les éléments du projet
de loi avaient déjà été déposés à l'intérieur du projet de loi n° 23.
Donc, on a retiré du projet de loi n° 23 un certain nombre de dispositions
et donc on en a fait un projet de loi distinct, le projet de loi n° 47,
Loi visant à renforcer la protection des élèves.
Alors, évidemment, c'est un objectif que
nous partageons, je pense, de mieux protéger nos élèves. Moi, je suis papa de
trois enfants, je suis évidemment très sensible à la réalité des élèves, comme
père de famille, d'abord, mais aussi comme ministre de l'Éducation. Puis je
pense que, comme ministre de l'Éducation, s'il y a une préoccupation, une
priorité qui doit m'habiter en tout temps, c'est justement d'assurer la
sécurité de nos élèves dans nos établissements scolaires. Je pense que c'est un
objectif que nous partageons tous et toutes.
Alors, le projet de loi n° 47 que
nous avons sous les yeux, donc, va nous permettre notamment de voter, d'adopter
éventuellement, donc, des mesures qui vont faire en sorte que les... les
informations concernant un enseignant, par exemple, puissent être partagées
d'un centre de services scolaire à l'autre pour qu'on puisse déterminer si
cette personne a posé des gestes qui pourraient mettre en péril, qui pourraient
mettre à risque des... des élèves, qui pourraient mettre à risque la santé, la
sécurité physique et psychologique de nos élèves.
Donc, le concept qui... qui est au cœur de
ce... de ce projet de loi, donc, c'est toute cette question, donc, de la
sécurité physique et psychologique et des comportements qui pourraient faire
craindre pour la sécurité physique et psychologique de nos élèves. On me glisse
à l'oreille qu'effectivement on avait discuté de ces mesures qui sont contenues
dans le projet de loi n° 47. Donc, on ne les avait pas déposées comme
telles, mais on les avait bel et bien... on en avait bel et bien discuté.
Alors, je continue, donc, avec d'autres
mesures qui sont contenues dans ce projet de loi n° 47. Par exemple, la
fin des clauses d'amnistie, ce qu'on a appelé les clauses d'amnistie, donc
faire en sorte qu'une personne, par exemple, qui a posé des gestes qui... qui
pourraient mettre à risque la santé physique ou psychologique d'un élève...
bien, faire en sorte que cette personne-là qui a été sanctionnée après avoir
posé un tel geste, bien, grâce à ce projet de loi, les gestes en question qui
ont été inscrits au dossier de l'employé ne pourront plus être effacés après
une certaine période de temps. Et donc, si jamais cette personne pose à nouveau
des gestes de même nature, on pourra voir dans son dossier que ça a déjà été le
cas et donc on pourra appliquer la gradation des sanctions qui sont prévues aux
conventions collectives. On pense que c'est très important, Mme la Présidente,
que ces clauses d'amnistie ne nous empêchent plus de pouvoir, justement,
constater des comportements qui sont fautifs, faire en sorte qu'ils ne
disparaissent pas tout d'un coup après une certaine période de temps. Donc, le
projet de loi va nous... va nous aider, donc, dans l'imposition éventuelle de
mesures disciplinaires pour de tels comportements.
Ce sont des exemples de ce que le projet
de loi prévoit, Mme la Présidente. Le projet de loi prévoit également la création
d'un code d'éthique au sein des centres de services scolaires, code d'éthique,
donc, qui va s'appliquer à l'ensemble des employés du centre de services
scolaire. Le code d'éthique va prévoir notamment l'obligation pour tout employé
d'un centre de services scolaire de signaler sans délai au ministre...
c'est-à-dire, excusez-moi, de signaler sans délai à la direction des centres de
services scolaires tout comportement qui pourrait mettre à risque la sécurité
physique ou psychologique des élèves.
Le projet de loi prévoit également
l'obligation pour tout employé d'un centre de services scolaire de signaler
sans délai au ministre de l'Éducation toute <situation...
M. Drainville :
centre de services scolaire de signaler sans délai au ministre de l'Éducation
toute > situation concernant un enseignant ou une enseignante. Parce que,
comme vous le savez, Mme la Présidente, c'est le ministre qui donne les... qui
confère les brevets d'enseignant. Alors, ce brevet peut être révoqué ou
suspendu au terme d'une enquête, si jamais nous découvrons qu'un tel enseignant
a commis des gestes qui sont de nature à mettre à risque la santé ou la
sécurité physique ou psychologique des élèves ou encore des gestes qui
pourraient porter atteinte à l'honneur de la fonction d'enseignant.
Alors, j'ai bien hâte de travailler, Mme
la Présidente, avec les collègues, pour qu'on puisse aller de l'avant avec ce
projet de loi. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Dionne) :
Merci beaucoup, M. le ministre. J'invite maintenant la... M. le député de
Marquette pour les remarques...
M. Ciccone : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je vous vois surprise.
La Présidente (Mme Dionne) :
Vous disposez de 4 min 30 s.
M. Ciccone : Je vois dans votre regard, M. le ministre, que vous êtes
surpris également. Effectivement, moi aussi, comme vous...
M. Drainville : ...
M. Ciccone : Moi aussi, M. le ministre, comme vous, je suis ici en tant
que papa, en tant que protecteur qui veut... qui veut protéger tout le monde,
qui veut sauver tout le monde, et mes cheveux blancs en témoignent. Ça crée une
anxiété chez moi, puis je veux m'assurer que les choses sont bien faites.
Je vous dirai bien humblement et
franchement, M. le ministre, que j'aurais aimé être assis ici aujourd'hui avec
ma collègue responsable du Sport. Je vous aime bien, M. le ministre, là, mais
j'aurais aimé être ici pour... pour régler et parler de ce dossier qui... qui
est vraiment important, les violences à caractère sexuel, psychologique et
physique.
Il y a trois ministres qui ont promis... Il
y a trois ministres qui ont promis de s'y attaquer. Présentement, ma collègue
de Bourassa-Sauvé, qui est avec la ministre... le ministre du Travail, sur la
clause d'amnistie, justement, on travaille, et vous en avez parlé un peu plus
tôt... elle travaille sur ce dossier-là avec le ministre. On est ici
aujourd'hui en train de travailler avec vous pour continuer le travail de notre
collègue Hélène David sur les violences à caractère sexuel, physique et
psychologique. Et malheureusement nous attendons toujours le projet de loi de
la ministre responsable des Sports qui traite de ce dossier-là. Elle avait
parlé du printemps 2023, printemps... automne 2023. Maintenant, elle
parle de l'hiver 2024. Vous comprendrez qu'on ne peut pas attendre, là. On
ne peut pas attendre. Puis il y a plusieurs chemins qui mènent à Rome, hein?
Alors, moi, je suis responsable des
sports, loisirs et saines habitudes de vie et, en même temps, je me suis
dit : Pourquoi ne pas utiliser cette voie-là pour régler certaines particularités,
notamment au niveau du sport? Parce que vous savez que dans vos établissements
il y a énormément, énormément de sports, également. Et quand je regarde votre
projet de loi, M. le ministre, bien, l'aspect sportif dans tout ça n'est pas
présent.
Vous savez que, dans le passé, il y a déjà
eu des ministres qui ont travaillé ensemble sur des projets de loi. Et je vous
invite à... justement, à inviter votre collègue la ministre responsable des
Sports pour régler ce dossier-là. Je sais qu'il y a une part de la sécurité
dans les sports, c'est plus large, mais ce volet-là, ce dossier-là, on pourrait
le régler dans ce... dans cette étude-là.
Nous allons être très, très, très
proactifs, on va déposer des projets de loi...
Mme Rizqy : Des amendements.
M. Ciccone : ...pardon, des amendements, pardon — merci,
Marwah — pour protéger les élèves et les élèves athlètes aussi. Parce
que vous savez que... et les élèves qui font du sport scolaire, mais qui font
du sport fédéré, aussi, parce qu'il y a plusieurs sports fédérés qui sont
associés au scolaire, qui utilisent vos... vos établissements.
Alors, aujourd'hui, je veux régler un
problème, non seulement ce problème-là. Mais il y a des éléments que vous avez
oubliés dans votre projet de loi également, où c'est des élèves envers les
élèves. Ça aussi, il faut les protéger. Il y a un beau rapport qui a été
déposé, sur lequel j'ai travaillé avec plusieurs collègues, sur les initiations
en matière... au niveau du milieu sportif, du hockey junior notamment. Mais on
aurait pu l'élargir, parce que ce genre de situation là aussi arrive dans les
écoles. Alors, il faudrait peut-être y songer. Mais on va vous faire des
propositions pour l'inclure également. Protéger ceux qui dénoncent également,
ça, il ne faut pas... il ne faut pas les oublier.
• (10 heures) •
Alors, en terminant, Mme la Présidente, je
reconnais que M. le ministre est une personne qui est très, très ouverte, qui
travaille beaucoup en collégialité, travaille en équipe aussi. Alors, ce que je
demande, c'est cette ouverture-là, c'est de... Vous savez qu'un projet de loi
est toujours perfectible, un projet n'est pas parfait, alors pourquoi ne pas
faire ce bout de chemin là? Et moi, qui vais...
Haut de la page
10 h (version révisé
e) M. Ciccone : ...parfait. Alors, pourquoi ne pas faire ce bout de chemin
là? Et moi qui va prêcher pour ma paroisse durant ce projet de loi là, qui veut
sauver tout le monde, mais, en même temps, qui veut qu'on n'oublie pas tout l'aspect
du... de l'athlète, de l'athlète étudiant qui... qui est dans vos
établissements qui seront également fédérés. Alors, merci beaucoup, puis j'ai
hâte de travailler avec vous, M. le ministre. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup, M. le député. J'invite maintenant la porte-parole du deuxième groupe
d'opposition, Mme la députée de Mercier, pour les remarques préliminaires. Vous
disposez de 1 min 30 s.
Mme Ghazal : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Bonne rentrée parlementaire! Salutation à tous mes collègues de
la
partie gouvernementale, de l'opposition officielle, et bonne rentrée à vous
tous et toutes. Donc, je suis heureuse aujourd'hui qu'on se retrouve pour
parler de la protection des élèves. Vous savez, dans les écoles, on parle
beaucoup de la réussite scolaire. Souvent, c'est la chose qui préoccupe
beaucoup les élus, les ministres de l'Éducation. Il y a un aspect, peut-être,
qu'on parle un peu moins, moi, c'est des parents qui m'en parlent, c'est le
bien être des élèves, parce que les écoles, c'est un milieu de vie, ce n'est
pas juste un endroit où on apprend pour plus tard avoir un métier, mais c'est
un milieu où on apprend aussi à côtoyer les autres et à devenir des bonnes
personnes et des bons futurs adultes. Donc, le bien être des élèves est
important.
Donc, je suis contente de voir que le
ministre a été quand même rapide quand il a sorti... quand il a eu le rapport
sur les violences sexuelles, où il a dit : Bien, moi, je veux agir. Puis
il voulait tellement être vite — hein, on sait à quel point le
ministre est impatient — qu'il voulait mettre des dispositions dans
le projet de loi n° 23, dont le sujet était tout autre, et j'ai été
vraiment soulagée qu'il ait décidé de changer d'idée puis d'avoir un autre
projet de loi pour parler des violences.
Une voix : Le ministre est à
l'écoute.
Mme Ghazal : Oui, à l'écoute.
Et cela dit, j'aurais espéré que le ministre s'inspire du projet de loi que j'ai
déposé, le projet de loi n° 397, qui parle spécifiquement de quelque chose
de très important, qui est la prévention, la prévention, la prévention. La
prévention, ça, ça va être le maître-mot de... que vous allez m'entendre dire
tout le temps sur toutes les violences et notamment les violences à caractère
sexuel. Bon.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
Mme la députée. Désolée.
Mme Ghazal : C'est vrai, j'ai
oublié qu'on n'a pas de temps. On n'a jamais de temps, le deuxième groupe d'opposition.
Merci.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
Mme la députée. Alors, nous allons maintenant débuter les auditions. Donc,
bienvenue à nos quatre premiers groupes mentionnés plus tôt. Donc, je vous
rappelle que vous disposez d'un temps de 20 minutes pour votre exposé. Après
quoi, nous allons procéder à une période d'échange avec les membres de la
commission. D'abord, je vous invite à vous présenter de nouveau et puis à nous
faire votre exposé. Merci.
Mme Legault (Kathleen) : Je
vais débuter. Donc, Kathleen Legault, je suis la présidente de l'Association
montréalaise des directions d'établissements scolaires. Bonjour.
M. Parent (Jean-François) : Bonjour,
Jean-François Parent, PDG de l'Association québécoise des cadres scolaires.
M. Prévost (Nicolas) : Bonjour.
Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d'établissements
d'enseignement.
M. Ouellet (Carl) : Bonjour,
Carl Ouellet, président de l'Association québécoise du personnel de la
direction des écoles. Désolé.
M. Prévost (Nicolas) : J'ai
la permission de Carl de prendre la relève, si jamais la voix flanche, je vais...
M. Ouellet (Carl) : Ça se
pourrait.
M. Prévost (Nicolas) : Je
vais lui donner un coup de main.
La Présidente (Mme Dionne) : Alors,
la parole est à vous.
M. Parent (Jean-François) : C'est
bon, alors, je vais débuter. Alors, M. le ministre, membres de la Commission de
la culture et de l'éducation, tout d'abord, nous vous remercions de nous
recevoir. C'est fort apprécié. Notre présentation aujourd'hui sera en trois
temps. Je présenterai d'abord les faits saillants du mémoire de l'AQCS, mes
collègues de l'AQPDE et de la FQDE suivront et présenteront conjointement leurs
mémoires, et Mme Kathleen Legault conclura avec la présentation de l'AMDES.
Tout d'abord, l'AQCS salue le projet de
loi n° 47 et... qui s'inscrit dans une volonté d'offrir aux élèves du
Québec des milieux sécuritaires propices aux apprentissages et à la réussite,
et nous souscrivons aux intentions globales de ce projet de loi.
Commentaires généraux, définitions. Le
projet de loi comporte quelques termes-clés, certains déjà présents dans la Loi
sur l'instruction publique, d'autres nouveaux pour lesquels l'AQCS estime qu'il
importerait de prévoir des définitions. Il s'agit là d'une opportunité de s'assurer
d'une compréhension commune de notions importantes dans un réseau où on
dénombre plusieurs dizaines de milliers d'employés à temps plein et partiel. L'AQCS
propose ainsi que le législateur prévoit les définitions des termes «sécurité
physique», «sécurité psychologique», «faute grave» ainsi qu'«acte dérogatoire à
l'honneur ou à la dignité de la fonction».
Élèves mineurs. Le projet de loi propose
le renforcement de la... de la protection, dis-je bien, des élèves mineurs. L'AQCS
est d'avis que le projet de loi n° 47 ne devrait pas se limiter aux seuls
élèves mineurs. En effet, en vertu de l'article 1 de la
Loi sur l'instruction
publique, les centres de service scolaire ont l'obligation de scolariser les
élèves jusqu'au dernier jour du calendrier de l'année scolaire où l'élève
atteint l'âge de 18 ans, et 21 ans dans le cas d'un élève handicapé.
Les élèves handicapés, quel que soit leur âge, constituent une clientèle plus vulnérable
qui, même <majeure...
M. Parent (Jean-François)T :
...quel
que soit leur âge, constituent une clientèle plus vulnérable qui, même > majeure,
nécessite une protection de tous les instants, selon l'AQCS. Il en va de même
pour certains segments de la clientèle des centres de formation générale des
adultes qui, par exemple, sont inscrits à des programmes de formation en
intégration sociale. Cette clientèle doit être protégée. Nous proposons donc
ici une application uniforme à tous les élèves des établissements du Québec.
Comité d'enquête et obligation de signalement.
Ce projet de loi introduit la possibilité, pour le ministre, de soumettre au
comité d'enquête toute situation concernant un enseignant si le ministre est
d'avis que les renseignements qui sont en sa possession sont susceptibles de
démontrer une faute grave commise à l'occasion de l'exercice de ses fonctions
ou un acte dérogatoire à l'honneur ou à la dignité de la fonction enseignante.
L'AQCS est préoccupée par les modalités de cet article, qui ajoute des voies de
signalement risquant de générer une certaine incompréhension.
Ressources humaines. Tout d'abord, au
niveau des ressources humaines d'un CSS, s'il a déclenché une enquête interne
au sujet d'une situation impliquant un membre du personnel enseignant, comment
le travail du comité d'enquête s'imbriquera-t-il avec celui du CSS? Est-ce que
le service des ressources humaines devra cesser son enquête ou partager ses
renseignements? Donc, c'est une première préoccupation. D'autre part, dans le
réseau, il existe déjà deux encadrements auxquels le personnel scolaire doit se
soumettre en cas de signalement. Le premier, l'entente multisectorielle
relative aux enfants victimes d'abus sexuel, d'abus physique ou de négligence
grave, prévoit une procédure d'intervention sociojudiciaire en cinq étapes,
dont une d'enquête et d'évaluation, à laquelle les centres de services
scolaires doivent participer.
Et il y a aussi... et c'est un peu plus
périphérique, mais le Protecteur national de l'élève, qui prévoit que les
protecteurs régionaux traitent toute plainte formulée par un élève qui
fréquente un établissement d'enseignement situé dans une région, mais plus
spécifiquement, les protecteurs régionaux traitent également toute plainte
concernant un acte d'intimidation ou de violence, pardon, ainsi que tout
signalement concernant un acte de violence à caractère sexuel à l'endroit d'un
élève qui fréquente un établissement d'enseignement situé dans cette région. Si
un signalement concerne une situation d'abus sexuel ou physique, le CSS doit
signaler la situation en vue de faire déclencher un processus d'entente
multisectorielle. À ce moment-là, est-ce que le <i>Protecteur régional
devra également se saisir d'une plainte ou d'un signalement de cette nature si
un enseignant est en cause, ou devra-t-il signaler cette plainte vers le
ministre?
Ensuite, bien, on ajoute les articles 258.0.1
et 260 dans le projet de loi. 258 prévoit ceci : «Les membres du personnel
ont l'obligation de signaler à leurs CSS tout manquement au code d'éthique — du
CSS — par un autre membre du personnel, quelle que soit sa classe
d'emploi.» Et 262 oblige également les membres du personnel à faire parvenir
leur signalement au ministre seulement dans le cas d'une faute grave commise
par un enseignant. Donc, tout ça est loin d'être une mauvaise idée, tout ce qui
est prévu là, mais nous craignons que les différentes interventions, ces
différentes interventions-là, apparaissent, aux yeux du personnel, lourdes et
complexes, et que ça accroisse le risque de compromission de la confidentialité
d'un signalement. Les différentes trajectoires pourraient faire en sorte que
des membres du personnel signalent une situation à leur direction
d'établissement, plutôt que directement au ministre ou au CSS, et laissent
ensuite la direction décider de la suite à donner pour préserver le climat de
l'équipe-école. Donc, il est important que le guide qui est prévu, qui devrait
être produit par le ministère, prévoie les différents cheminements d'une
dénonciation pour que ce soit clair pour le personnel.
Profils d'enseignants. Dans un autre ordre
d'idées, il existe différents profils d'enseignants au Québec, brevets avec
autorisation d'enseigner ou non légalement qualifiés. Ainsi, si le comité
d'enquête conclut, à la suite d'un signalement, qu'un enseignant ne détenant pas
de qualification légale a posé une faute grave ou un acte dérogatoire à
l'honneur ou à la dignité de la fonction enseignante, la sanction imposée devra
être adaptée à cette réalité.
Code d'éthique. Plusieurs CSS disposent
déjà d'un code d'éthique, dont le champ d'application est variable. L'AQCS est
d'avis qu'il pourrait être intéressant qu'un contenu similaire, de type tronc
commun, fasse l'objet de travaux par le réseau.
• (10 h 10) •
Renseignements et documents nécessaires.
Nous souscrivons à l'intention de l'article 5, qui impose aux CSS, à
titre
d'employeurs, de s'assurer qu'un futur employé n'a pas eu, par le passé, de
comportements pouvant raisonnablement faire craindre pour la sécurité physique
ou psychologique des élèves à l'occasion de l'exercice des fonctions au sein du
CSS. Pour ce faire, le projet de loi prévoit que le candidat à un emploi doit
consentir, par écrit, à la vérification des renseignements et documents détenus
par ses anciens employeurs. L'intention visée est excellente. Maintenant,
considérant que la transmission de ces renseignements et documents pourra mener
à un refus d'embauche chez un nouvel employeur, il est nécessaire que les CSS, tant
à
titre d'employeurs qu'à
titre de futurs employeurs, aient une compréhension
commune et très <précise...
M. Parent (Jean-François)T :
...tant
à
titre d'employeurs qu'à
titre de futurs employeurs, aient une compréhension
commune et très > précise de ce qui pourra ou non être transmis. Sinon,
ceux-ci pourraient s'exposer à des poursuites pour non-respect des obligations
en protection des renseignements personnels, pour atteinte à la vie privée ou
même pour diffamation de la part des employés concernés, s'ils estiment que des
informations transmises ne pouvaient pas l'être parce que non nécessaires, et
ça leur a porté préjudice. Alors, encore une fois, selon notre association, le
guide qu'élaborera le ministre devra préciser la nature et la portée des
renseignements et documents qui devront être inclus au dossier de l'employé.
En conclusion, pour l'AQCS, nous estimons
que le projet de loi n° 47 est un excellent pas fait dans une bonne
direction pour assurer la sécurité physique et psychologique des élèves
fréquentant les établissements scolaires du Québec. Toutefois, comme nous
l'avons soulevé, des précisions s'avèrent nécessaires quant à ses modalités
d'application.
En terminant, les ressources humaines et
financières requises pour la mise en application du projet de loi devraient
être considérées. Les centres de services scolaires devraient être soutenus à
ce niveau. Comme association, l'AQCS demeure disponible pour discuter plus en
détail des différentes recommandations exposées dans cet avis. Merci à vous. Je
cède la parole à mon collègue Carl Ouellet, de l'AQPDE.
M. Ouellet (Carl) : Merci,
Mme la Présidente. M. le ministre, mesdames, messieurs les députés, bonjour.
Comme l'a dit Jean-François Parent, nous présenterons un mémoire commun, la
FQDE et l'AQPDE.
L'AQPDE regroupe plus de
790 directions, directions adjointes et gestionnaires d'établissements
scolaires au niveau primaire, secondaire, centres de formation professionnelle
et centres de... d'éducation des adultes. Notre association regroupe des membres
dans la grande région de Québec et sur la Rive-Sud de Montréal.
M. Prévost (Nicolas) : Bonjour.
Mme la Présidente, M. le ministre, messieurs, mesdames les députés, bonjour.
Bonne rentrée parlementaire 2024, espérant que ce soit une période
constructive, bien entendu.
Notre fédération représente plus de
2 300 directions, directions adjointes et directions d'établissements
du secteur jeunes, adultes et de la formation professionnelle à travers le
Québec. Nous vous remercions grandement de nous recevoir aujourd'hui en
commission parlementaire afin de prendre en considération nos commentaires et
recommandations concernant le projet de loi n° 47.
Vous avez assurément déjà pris
connaissance de notre mémoire commun avec l'AQPDE et pu constater que nous
accueillons favorablement l'initiative de ce projet de loi qui vise à renforcer
la protection des élèves au sein de nos établissements.
Ce projet revêt une importance
particulière au regard de son impact potentiel sur la vie professionnelle des
différents membres des équipes-écoles qui sont tous des acteurs essentiels dans
la construction d'un environnement éducatif sécurisé et propice à
l'épanouissement des élèves.
Nous voudrions préciser que nos
recommandations portent sur l'ensemble des élèves, jeunes et adultes, et pas
uniquement sur les élèves mineurs. Nous considérons que notre rôle dépasse
celui de simple observateur, car il s'agit d'une responsabilité active envers
nos membres qui sont directement impliqués dans l'application quotidienne des
politiques éducatives. C'est donc avec la volonté d'utiliser notre expertise
professionnelle et notre connaissance approfondie du terrain que nous pouvons
apporter une contribution aujourd'hui en reconnaissant à la fois ses aspects
positifs et les préoccupations légitimes que ce projet de loi soulève, en nous
concentrant sur les articles tels que l'article 28.1, 215, 258.01, 261.1,
261.2 ainsi que l'article 262.
Dans nos commentaires, nous portons une
attention particulière et un appel à la vigilance pour concilier l'objectif
louable de renforcer la sécurité de nos élèves et le respect des droits
individuels des personnes de nos établissements. Il nous apparaît essentiel
d'offrir une protection adéquate tout en respectant les principes fondamentaux
de justice et d'équité. Ainsi, nous demandons notamment une définition claire,
précise et sans possibilité d'interprétation de la faute grave dans le dossier
professionnel et du suivi dont elle fera l'objet.
M. Ouellet (Carl) : Pour
garantir une protection efficace des élèves, nous soulignons également la
nécessité de considérer les fautes graves au-delà des limites des centres de
services scolaires et de mettre l'accent sur l'acte plutôt que le statut
professionnel de l'individu.
La définition claire de la faute grave est
également recommandée pour assurer une compréhension commune et équitable des
infractions.
En ce qui concerne les sanctions, nous
insistons sur l'uniformité des mesures disciplinaires, indépendamment du statut
ou du rôle professionnel des membres du personnel. La <standardisation...
M. Ouellet (Carl)T :
...indépendamment
du statut ou du rôle professionnel des membres du personnel. La > standardisation
du dépôt et du traitement des cas de faute grave est considérée comme
essentielle pour garantir une équité totale dans le processus disciplinaire,
avec la proposition de transmettre toutes les fautes graves au ministre de
l'Éducation.
En complément, nous reconnaissons la
nécessité d'une communication claire et transparente quant au processus de
signalement et de suivi des fautes graves. Il est essentiel de mettre en place
des mécanismes spécifiques pour assurer une gestion efficace des situations
signalées. La clarté de ces procédures garantira une mise en œuvre efficace des
mesures de protection.
En somme, nous sommes favorables au projet
de loi n° 47, mais un appel à l'enrichissement est demandé à la
clarification de certaines dispositions. Bien que nous saluions l'initiative,
nous soulignons l'importance d'approfondir certains aspects pour assurer une
protection complète des élèves en classe, et plus largement dans l'ensemble de
l'établissement scolaire, tout en préservant l'équité et la justice dans le
processus disciplinaire.
Sachez, Mme la Présidente, M. le ministre,
mesdames, messieurs les députés, l'AQPDE... que l'AQPDE et la FQDE souhaitent
fournir au gouvernement un accompagnement proactif et de collaboration,
toujours dans le but de servir la réussite et la sécurité de tous les élèves.
Nous vous remercions pour votre écoute et serons disposés à vous répondre...
répondre à vos questions à la suite de l'allocution de ma collègue de l'AMDES,
Mme Kathleen Legault.
Mme Legault (Kathleen) : Merci.
Alors, je représente l'AMDES, l'Association montréalaise des directions
d'établissements scolaires, qui représente plus de 85 % du personnel de
direction oeuvrant dans les établissements scolaires qui desservent plus de
230 000 élèves jeunes et adultes. Nous vous remercions pour cette invitation à
participer aux consultations particulières.
Nous avons pris connaissance avec beaucoup
d'intérêt des dispositions du projet de loi n° 47. Tout comme les autres
associations, nous accueillons favorablement ce projet de loi. Nous sommes
d'accord, il faut en faire plus pour assurer la sécurité physique et psychologique
des élèves. Nous reconnaissons la pertinence du projet de loi, mais avons
quelques recommandations afin de le bonifier.
D'abord, nous jugeons essentiel que les
élèves adultes, particulièrement ceux porteurs d'un handicap, puissent
bénéficier des mêmes protections que les élèves mineurs qui fréquentent les
mêmes établissements. Ensuite, pour atteindre l'objectif visé par la mise en
place des codes d'éthique et assurer un traitement équitable entre les centres
de services scolaires, il faut prévoir une politique de mise en œuvre et de
suivi. Nous demandons que les éléments constitutifs de cette politique, par
exemple les rôles, responsabilités, les modalités pour garantir la
confidentialité, le mécanisme de protection contre les représailles, les sanctions,
etc., fassent
partie intégrante du projet de loi. De plus, afin d'assurer un
suivi de la mise en œuvre de ces mesures au sein des centres de services
scolaires, il faut prévoir une reddition de comptes annuelle qui pourrait
s'ajouter au rapport annuel que produit déjà chaque centre de services
scolaire.
Puis, alors que nous assistons à une
grande mobilité de la main-d'oeuvre, nous accueillons favorablement la
possibilité pour les centres de services scolaires de partager certains
éléments du dossier d'un employé au moment de l'embauche. Nous sommes cependant
d'avis qu'il faut aller plus loin, car nos employés occupent des postes au sein
d'organismes de l'État qui relèvent d'autres ministères. Pensons aux
éducatrices des CPE, aux éducateurs des centres jeunesse ou du milieu
hospitalier ou des professionnels qui peuvent exercer une fonction dans
plusieurs réseaux. Il faudrait donc étendre les vérifications prévues au moment
de l'embauche aux autres organismes d'État.
Finalement, pour contrer la complexité
apparente face à toutes les instances susceptibles de recevoir une plainte ou
un signalement, nous recommandons que le centre de services scolaire puisse
exercer un rôle-conseil. D'autres ont proposé un guide. Il ne faudrait pas que
cette multiplicité des voix pour dénoncer des situations soit un frein. Il nous
semble donc prioritaire d'opter pour une solution.
• (10 h 20) •
En terminant, nous tenons à vous remercier
pour cette invitation à participer aux travaux de la commission et nous vous assurons
de notre collaboration pour la suite. Merci.
La Présidente (Mme Dionne) : …Merci
beaucoup à vous tous. Donc, je vous <remercie...
La Présidente (Mme Dionne) :
…Merci
beaucoup à vous tous. Donc, je vous > remercie pour votre exposé. Nous
allons maintenant débuter la période de questions. Donc, M. le ministre, la
parole est à vous.
M. Drainville : Oui. On a
combien de temps, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Dionne) : Vous
disposez de 34 minutes.
M. Drainville : Pour
l'échange, là?
La Présidente (Mme Dionne) : Pour
l'échange.
M. Drainville : OK. En
incluant tout le monde ou c'est...
La Présidente (Mme Dionne) : En
incluant la
partie gouvernementale.
M. Drainville : D'accord.
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Très bien. Alors, merci beaucoup pour
votre... pour vos mémoires respectifs. Quelques questions. D'abord, sur...
alors là, je vais poser des questions à la cantonade, là, puis vous déciderez
qui la prend, OK? Même si ça ne concerne pas directement votre mémoire, si vous
souhaitez compléter, on fait ça de façon très collégiale et conviviale, OK? Sur
le code d'éthique, là, bon, l'idée qu'il y ait un socle commun de règles d'éthique,
ça, je pense que vous êtes d'accord avec ça. Quel serait, à votre avis, le
contenu minimal d'un tel code d'éthique? Parce qu'il a quand même une portée
très importante, là. Quand on dit que «ce code d'éthique prévoira l'obligation
d'informer la direction du centre de services scolaire de tout comportement
pouvant mettre à risque la santé physique ou psychologique d'un élève», on
s'entend que c'est un code d'éthique qui a une application, comment dire,
lourde de conséquences, pourrions-nous... pourrions-nous dire, dans le
quotidien de l'école. Donc, je serais curieux de vous entendre là-dessus. Je ne
sais pas qui veut la prendre, Nicolas?
M. Prévost (Nicolas) : Je
peux... je peux commencer, et mes collègues compléteront. Bien, pour nous,
c'est évident que oui, il doit y avoir un socle commun, M. le ministre, qui
doit être bien établi, qui doit être bien compris pour éviter, justement,
certaines dérives, hein? On sait que plus c'est clair, plus c'est précis, plus
c'est commun, bien, plus les chances d'application... et d'éviter des dérives
sont importantes. Dans ce socle commun là, on voit beaucoup des définitions
claires et communes pour tout le monde, définition d'une faute grave,
définition d'un... je vais l'appeler «manquement», là, dans mes termes à moi,
là, mais qui peut rendre préjudice psychologiquement ou physiquement à un
élève. La procédure à suivre, le chemin à suivre, comment ça doit être fait
pour nous, ça doit être... ça doit être la même chose d'un centre de services
scolaires à l'autre pour éviter toute comparaison ou commencer à jouer dans ce
jeu-là, mais en laissant en place une partie, je vous dirais, qui représente
chaque région. Parce que dans un code d'éthique, il y aura bien sûr les valeurs
du centre de services, ses principes, tout ça, qui va être différent d'un
centre de services à l'autre, mais l'importance de ce socle commun là, au
niveau des procédures, je vous dirais, M. le ministre, là, ça serait important
d'avoir le même. Je ne sais pas si mes collègues veulent...
M. Parent (Jean-François) : Oui,
je peux peut-être ajouter. Donc, je suis bien à l'aise avec ce que mon collègue
Nicolas a mentionné, mais je pense qu'il est important qu'un enseignant, par
exemple, qui est dans une région métropolitaine ou quelque soit le membre du personnel,
qu'il soit à la Pointe-de-L'Île, Marguerite-Bourgeoys ou Montréal, ou qu'il
soit à la <i>Capitale, <i>Découvreurs, <i>Premières Seigneuries,
où il peut changer de centre de services scolaires, ait une compréhension que,
bien, ce que j'avais à Découvreurs, quand je déménage à la Capitale ou que
j'enseigne maintenant à la Capitale, c'est la même chose. Il y a un socle
commun que je comprends très bien en matière de code d'éthique. Donc, à l'heure
actuelle, les centres de services scolaires ont des codes d'éthique, mais,
parfois, ils s'appliquent seulement au personnel-cadre, parfois seulement au
personnel-cadre et professionnel. Donc là, je pense qu'il y a un certain
travail à faire dans le réseau pour s'assurer qu'on a un code d'éthique qui est,
effectivement, comme vous le dites si bien, un bon socle commun, donc, qui fait
en sorte qu'il y a une compréhension commune, à l'échelle du Québec, des
obligations éthiques de toutes les catégories de personnel.
M. Drainville : Quelqu'un
souhaite rajouter? Ça va?
M. Ouellet (Carl) : ...ajouter
aussi les délais de traitement, dans ce code d'éthique là, donc, qu'on soit
dans un centre de services ou un autre, que ce soit exactement les mêmes délais
pour traiter une plainte ou pour traiter une situation, demander des exemples.
Là, Nicolas en a donné des définitions, pour nous, c'est important, mais les
délais aussi pourraient faire
partie de ce... du socle commun.
M. Drainville : D'accord.
M. Parent (Jean-François) : ...d'ajouter,
comme ça, et ça me vient à l'esprit. Parmi nos membres du personnel, on a des
gens qui sont membres d'ordres professionnels. Alors là, s'il y a des... il y a
peut-être un arrimage à faire. Et je... ça me vient à l'esprit, là, mais il y
aurait peut-être quelque chose à regarder de ce côté-là. Je n'ai pas foré la
question, là, ça me vient à l'esprit. Mais moi, parmi mes membres, j'ai des
gens de <i>l'Ordre des ingénieurs, des architectes, des CPA, etc. Donc
là, il faut voir, ici, il ne s'agit pas de fautes graves d'enseignants, mais
s'il y a un code d'éthique, il faudrait s'assurer qu'il n'y a pas
nécessairement de lien, ou il y a de lien... des liens à <faire...
M. Parent (Jean-François)T :
...qu'il
n'y a pas nécessairement de lien, ou il y a de lien... des liens à > faire
avec l'ordre... les ordres professionnels.
Mme Legault (Kathleen) : Puis,
peut-être, ce que j'ajouterais, c'est que pour nous, il y a deux éléments. Il y
a le code d'éthique, où il y a les règles, les attitudes, les attentes qu'on a
envers le personnel auquel il va s'engager, par exemple, peu importe le
personnel, et il y a tout ce qui est à côté. Tu sais, si, par exemple, je suis
un employé puis que je vois quelque chose, bien... C'est pour ça que, nous, on
a proposé une politique où il y aurait tous les mécanismes qui viennent
compléter, là, l'aspect auquel l'employé s'engage, là, quand il est embauché
dans un centre de services scolaire.
M. Drainville : Sur la notion
de faute grave — vous avez été quelques-uns à en parler — allons
un peu plus loin dans vos préoccupations là-dessus, parce que je dois... Bon, vous
savez peut-être, là, que la notion de faute grave, elle existe déjà dans la Loi
sur l'instruction publique. Dans le contexte de l'administration, par le
ministre, du régime de plaintes, là, on dit «pour faute grave ou acte
dérogatoire d'un titulaire d'une autorisation d'enseigner». Donc, ça existe
déjà dans le corpus législatif. Là, on revient avec les mêmes mots, le mot...
les mots «faute grave». Est-ce que vous ne craignez pas que, si on va trop loin
dans la définition, alors qu'on l'applique déjà, ce concept-là, présentement,
si on va trop loin dans la définition, est-ce que ça ne risque pas de restreindre...
de donner un caractère trop restrictif à l'application du concept de faute
grave, en d'autres mots, qu'en voulant bien faire, qu'on atteigne le résultat
contraire? Je ne sais pas si vous souhaitez commenter là-dessus.
M. Parent (Jean-François) : Oui.
Moi, je pense que «faute grave», dans le guide, ça pourrait être intéressant
qu'il y ait quelques exemples, parce qu'avec le nombre d'employés qu'il y a
dans les centres de services scolaires, sur le terrain, les gens pourraient
dire : OK, ça, c'est considéré comme une faute grave, ça, c'est considéré
comme une faute grave, et ça leur permet d'exercer leur jugement et leur
discernement, alors que, quand tu n'as pas d'exemples, c'est difficile de dire
où se situe la faute légère, la faute moyenne, la faute grave. Donc, avec
quelques exemples, ça permet d'exercer le jugement et le discernement.
M. Drainville : C'est une
bonne idée, c'est une très bonne idée. Qu'on donne des exemples concrets, je
pense, ça pourrait vous aider dans l'application. Nicolas, vous souhaitiez
ajouter?
M. Prévost (Nicolas) : Bien,
c'est... Bien, je suis parfaitement d'accord avec les propos de mon collègue
Jean-François, et d'un, puis, bien entendu, ce qu'on souhaite, puis on l'a
mentionné dans notre mémoire, c'est d'élargir cette notion de faute grave là à
l'ensemble du personnel, bien entendu, parce que, quand on fait le parallèle
avec la
Loi sur l'instruction publique, on le voit beaucoup dans le cas de
l'enseignant, qui... parce que la faute grave peut être reliée au retrait du
brevet d'enseignement, bon, ce qui n'est pas le cas pour les autres membres du
personnel qui ne sont pas... Mais en même temps, cette notion-là dépasse
l'endroit physique de la classe. Je pense que, bon, M. Ciccone en a parlé un
petit peu tantôt, ça touche l'ensemble des membres de notre... du personnel, ça
touche l'ensemble des gens qui sont en interaction avec nos élèves au
quotidien, jeunes et adultes. Donc, on doit vraiment l'élargir. Mais, sur la
précision de la faute, je suis d'accord avec les exemples de Jean-François.
M. Drainville : D'accord. Si
je peux vous rassurer sur la question de la salle de classe, il n'y a pas de
disposition dans le projet de loi qui limite l'application du projet de loi à
la salle de classe. Je veux juste qu'on soit... comment dire, qu'on s'entende
bien là-dessus, là. Donc, je veux vous rassurer. Je sais qu'il y avait cette
préoccupation par rapport aux élèves mineurs. Je veux juste vous dire : Si
vous regardez, là, l'article 3... 3, dis-je bien, du projet de loi...
Une voix : ...
• (10 h 30) •
M. Drainville : Ça, c'est...
télévision en direct. Alors... Alors, l'article 3, dis-je bien, dit : «Le
centre de services scolaire doit...» Excusez-moi. Il faut que je reprenne mon
sérieux, n'est-ce pas? Oui. «Le centre de services scolaire doit se doter d'un
code d'éthique applicable aux membres...
Haut de la page
10 h 30 (version révisé
e) M. Drainville : ...le centre
de services scolaire doit se doter d'un code d'éthique applicable aux membres
de son personnel et, «et», à toute personne appelée à œuvrer auprès d'élèves
mineurs ou être régulièrement en contact avec eux.» Je veux juste vous dire que
le «et», ici, il est important. Donc, ce n'est pas seulement toute personne
appelée à œuvrer auprès des élèves mineurs, c'est aussi applicable aux membres
du personnel. Donc, le personnel du centre de services scolaire, c'est tout le
personnel, et incluant ceux et celles qui pourraient œuvrer auprès de personnes
qui ne sont pas mineures. Donc, je tiens à le préciser.
M. Prévost (Nicolas) : Si je
me permets, M. le ministre, il y a quand même... La nuance que nous, on veut
apporter, c'est que, dans l'article 3, effectivement, c'est un rapport sur
l'ensemble du personnel dans le cas du code d'éthique. Donc, dans le cas d'un...
Nous, on ne voit pas la notion de faute grave dans l'article 3,
comparativement à l'article 1, avec la modification à 28.1, où «le
ministre peut soumettre au comité d'enquête toute situation concernant un
enseignant qui est portée à sa connaissance». Puis c'est dans le cas d'une
faute grave.
Donc, le 3 parle effectivement du rapport
au code d'éthique sur l'ensemble du personnel, mais on ne parle pas de notion
de faute grave, tandis que, dans l'article 1, où, là, on parle de faute
grave, on ne parle seulement que du statut de l'enseignant. Ça, pour nous, la
notion de faute grave... parce que, pour soumission au comité d'enquête, doit
être élargie à l'ensemble du personnel, comme le mentionne... comme vous l'avez
dit un peu, l'article 3... mais qui... il n'y a pas de différence entre
notion de manquement et de faute grave, pour nous, dans le projet de loi.
M. Drainville : Je comprends
votre préoccupation, M. Prévost, mais je vous rappelle que le pouvoir de créer
un comité d'enquête ne s'applique qu'aux enseignants. Donc, le pouvoir de...
par exemple, de révoquer ou de suspendre le brevet ne peut évidemment que s'appliquer
au corps enseignant. Donc, l'article 1, qui s'applique, donc... qui
concerne les comités d'enquête, qui s'applique, donc, aux enseignants, et donc
aux fautes graves que pourrait commettre un enseignant ou une enseignante dans
l'exercice de ses fonctions, ça ne peut... en vertu de l'article 26 du...
de la
Loi sur l'instruction publique, ça ne peut que concerner les enseignants.
Et c'est pour ça, donc, que... c'est par
le code d'éthique qu'on englobe l'ensemble des employés, mais, par rapport à l'article 26,
le seul moyen d'intervention que j'ai, c'est... la seule poignée, si je
pourrais dire, que j'ai, parce que je ne suis pas employeur, le seul... le seul
moyen par lequel je peux intervenir, c'est par l'entremise du brevet d'enseignement.
Donc, c'est la raison pour laquelle la disposition est écrite de cette manière.
Ceci dit, je voulais juste vous... vous
dire si... Donc, j'en reviens, là, à la préoccupation que vous avez exprimée
par rapport aux élèves mineurs, si on peut bonifier la formulation de la
disposition, on le fera. Tu sais, on est... on est ouverts à l'amélioration du
projet de loi, là, nous autres, là, on n'est pas... on n'est pas fermés à ça du
tout, du tout, du tout. Alors, j'entends vos préoccupations là-dessus.
Peut-être que le «et» n'est pas suffisant,
là, peut-être qu'il faut bonifier un petit peu la formulation de cette
disposition-là pour qu'elle soit plus claire, et donc que ce soit peut-être
davantage explicite que le... que le code d'éthique n'est pas limité à la protection
des élèves mineurs. Donc, là-dessus, on pourra faire du travail.
Mme la Présidente, j'ai mon collègue de Vanier-Les Rivières
qui souhaiterait intervenir, donc je lui céderais la parole.
La Présidente (Mme Dionne) : M.
le député, la parole est à vous.
M. Asselin : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Alors, Jean-François, Nicolas et Carl, bienvenue à vous. Mme
Legault aussi, Kathleen. Toujours impressionné de comment les cadres scolaires
réagissent quand on dépose des projets de loi, particulièrement de cette
nature-là. Alors, je vous remercie de votre intérêt.
J'ai été, disons, interpelé par la
mention, dans votre mémoire, concernant le fait que vous aimeriez que le projet
de loi ne couvre pas juste les personnes mineures et pas juste non plus l'intervenant
dans la classe. Pourriez-vous élaborer là-dessus, disons, dans un esprit d'écrire
comme il faut dans le projet de loi, là, qu'est-ce qui touche... qu'est-ce qui
toucherait ou qui correspondrait à votre besoin, là?
Mme Legault (Kathleen) : Bien,
je vais répondre. On a... on a senti une écoute de la part du ministre.
M. Asselin : Tout à fait.
Mme Legault (Kathleen) : Nous,
on veut <s'assurer...
Mme Legault (Kathleen) :
...bien,
je vais répondre. On a... on a senti une écoute de la part du ministre.
M. Asselin :
Tout à
fait.
Mme Legault (Kathleen) :
Nous,
on veut > s'assurer que tous les élèves des centres de service scolaires
soient protégés. Si on vise la protection des élèves, c'est de tous nos élèves.
Et vraiment je pense qu'on partage cette préoccupation-là des élèves
vulnérables, des élèves handicapés, qui peuvent fréquenter nos établissements
jusqu'à 21 ans. Donc, on comprend que la... c'est quand même avancé dans
l'âge adulte, mais on... on veut s'assurer que ces élèves-là bénéficient d'une
protection pleine et entière. Puis je laisserais mes collègues poursuivre pour
le reste.
M. Parent (Jean-François) : Oui,
bien, de mon côté, vous savez, les centres de services scolaires desservent
l'ordre d'enseignement primaire et secondaire. Et, en règle générale, ce ne
sont pas des élèves adultes. C'est lorsqu'on arrive en enseignement supérieur,
au cégep puis à l'université qu'on considère que c'est des élèves adultes. Et
le ministère considère les centres d'éducation aux adultes et les centres de
formation professionnelle comme étant dans le réseau secondaire. Donc, à partir
de ce moment-là, je pense que de considérer que tous les élèves sont protégés,
ça me semble relever du gros bon sens.
M. Asselin : ...dans le
projet de loi, est-ce qu'on pourrait s'assurer de ce que vous voulez?
M. Parent (Jean-François) : Alors,
ce serait «l'ensemble des élèves fréquentant un centre de services scolaire».
Et donc ça inclut nos élèves handicapés, que l'on scolarise jusqu'à l'âge de 21 ans,
de même que nos élèves fréquentant l'ensemble des centres FP et de formation
générale aux adultes.
M. Ouellet (Carl) : Quand on
dit «à l'extérieur aussi de la classe», ça peut être dans le transport scolaire
aussi. Nos élèves, justement, jusqu'à 21 ans, c'est nos plus vulnérables,
c'est souvent nos élèves déficients, nos élèves qui sont hypothéqués. Donc, on
veut les protéger aussi, pas juste dans la classe, à l'extérieur. Pour nous,
c'est important, puis ça, c'est... on s'est mis d'accord, tous les quatre, là,
sur cette... sur cette réponse-là.
M. Asselin : Je sympathise
beaucoup avec vos difficultés de voix. Pour avoir déjà perdu la parole, je
comprends. Très bien, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dionne) : D'autres
interventions?
M. Drainville : ...
La Présidente (Mme Dionne) : Lotbinière.
Lotbinière-Frontenac, oui.
M. Drainville : ...la
collègue de Lotbinière-Frontenac souhaiterait intervenir, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dionne) : Mme
la députée, la parole est à vous.
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
Merci, Mme la Présidente. Donc, bonjour à tous. Moi, j'avais une question
concernant l'obligation de signalement, l'obligation de signalement sans délai,
puis je voulais vous entendre sur les...
En cas de non-respect de ce
signalement-là sans délai, il n'y a pas de conséquence. Je voudrais vous
entendre là-dessus, s'il vous plaît.
Mme Legault (Kathleen) : ...nous,
dans notre mémoire, ce qu'on a dit, c'est qu'il faudrait des sanctions pour... S'il
y a une obligation, on doit la renforcer. Donc, évidemment, on doit prévenir,
on doit informer les gens, s'assurer qu'ils connaissent leurs responsabilités,
mais sinon ils pourraient être considérés comme complices de... d'un acte
dérogatoire qu'ils n'ont pas dénoncé. Donc, on pense qu'il devrait... on
devrait prévoir des sanctions. Puis là on s'entend, là, ça peut être de toute
nature, selon la gravité, la fréquence, la durée, un peu comme n'importe quelle
sanction, là, qu'on choisit d'appliquer.
M. Prévost (Nicolas) : ...tu
sais, oui, cette obligation-là, parce que je pense que toutes les membres du
personnel d'une équipe-école qui sont témoins d'une... d'un acte... On le sait,
on souhaite tous des écoles plus sécuritaires, avec un climat de travail
favorable. Donc, c'est important pour nous que les gens se sentent en sécurité
aussi quand ils vont le faire. Je dis «en sécurité», bon, ce n'est pas toujours
évident, de collègue à l'autre, hein, vous savez comment... comment c'est. La
nature de confidentialité, je pense qu'elle est importante aussi.
Mais je voudrais juste ajouter à votre
question, Mme la députée, aussi. Le chemin à prendre, dans le cas d'une... Encore
là, pour nous, il y a un chemin, dans le cas d'une faute grave qui touche les
enseignants, qui va passer directement dans... par le ministre dans le projet
de loi. Nous, on croit, comme directions d'école, quand on est sur le terrain,
le réflexe de tout membre du personnel est souvent de s'adresser plus à la
direction ou à quelqu'un des centres de services.
Donc, c'est important pour nous que le
chemin soit le même, peu importe la nature de la plainte, peu importe la nature
du personnel visé. Et les experts que sont les gens des ressources humaines,
des secrétaires généraux des centres de services détermineront s'il y a une
faute grave, avec les définitions qu'on a, pour par la suite acheminer le tout
à M. le ministre si c'est... dans le cas d'une faute grave, là, peu importe le
personnel, non pas seulement pour le personnel enseignant, encore une fois.
Donc, il y a l'aspect de confidentialité, je vous dirais, puis le chemin que
doit prendre cette... la dénonciation.
• (10 h 40) •
M. Drainville : ...
M. Parent (Jean-François) :
M. Drainville : ...membres de
la commission, puis vous rassurer, tous et toutes qui nous <écoutez...
M. Drainville :
...membres
de la commission, puis vous rassurer, tous et toutes qui nous > écoutez,
le processus disciplinaire va s'appliquer, là. Dans le cas où une personne qui
a l'obligation de dénoncer ne dénonce pas, à ce moment-là, les sanctions qui
sont prévues vont s'appliquer, là. Dans toute relation entre employeurs et
employés, il y a des sanctions qui sont prévues pour tel ou tel geste. Donc,
cette application-là aura son effet dans le cas de l'obligation qui est de
dénoncer là, ici, là. Je veux juste vous rassurer là-dessus. Quelqu'un qui ne
respectera pas ses obligations au code d'éthique sera sanctionné en vertu du
processus disciplinaire qui est prévu par le centre de services scolaire envers
ses employés. C'était juste pour vous préciser cela. Vous alliez dire,
Jean-François?
M. Parent (Jean-François) : ...je
n'ai rien à ajouter finalement, je pense que c'est... c'est complet, ce qui a
été dit.
M. Drainville : Sur le... si
vous me permettez une question, sur la question des clauses d'amnistie, est-ce
que vous êtes... Parce que je... comment dire, on aura des observations qui
nous seront faites plus tard dans cette commission. Il y aura peut-être des
réserves, mettons, qui seront exprimées sur cette question-là. Vous, qu'est-ce
que vous en pensez, du fait que dorénavant, lorsqu'on commet une faute qui met
à risque la sécurité physique ou psychologique d'un élève... que cette faute-là
reste inscrite au dossier de l'employé pour permettre la gradation des
sanctions? Est-ce que c'est... c'est une mesure avec laquelle vous... vous êtes
d'accord?
M. Parent (Jean-François) : On
est plutôt d'accord. On n'a pas nécessairement foré cette question-là. On l'a
évoquée dans nos réflexions, en se disant : Est-ce qu'il y a là quelque
chose à regarder? Donc, ce qu'on voulait vous soumettre, sans nécessairement
avoir réponse à votre question, c'est de dire : Est-ce que cette loi-là
est cohérente ou est en cohérence avec d'autres lois, au Québec, sur cet
aspect-là, l'amnistie?
Alors, juste s'assurer qu'on a une
cohérence ici, quand on dit «faute grave», fini, c'est réglé à vie, excusez
l'expression, mais c'est ce qu'on comprend. Est-ce qu'il y a possibilité de
pardon et est-ce qu'on ne devrait pas regarder dans d'autres pièces de
législation, ce que permet le corpus législatif québécois là-dessus et ce que
ne permet pas, évidemment?
Mme Legault (Kathleen) : ...ce
que j'ajouterais, c'est... ce qu'on comprend, c'est que le... toute pièce, là,
disciplinaire serait gardée dans le dossier de l'employé puis pourrait être
partagée. Mais il nous semble qu'il devrait y avoir un délai maximal au-delà
duquel... évidemment, bien au-delà probablement de celui des conventions
collectives actuelles. Mais est-ce que... Par exemple, après 5 ans, après 8 ans,
après 10 ans, y aura-t-il une limite au-delà duquel il y aurait, exemple...
il n'y aurait plus possibilité d'utiliser un élément d'un dossier d'un employé?
On pense que c'est une question qui doit être réfléchie et que... qu'une
limite, quelle qu'elle soit, devrait être établie.
M. Prévost (Nicolas) : ...c'est
une question très pertinente, M. le ministre. Dans le sens que, pour nous, il y
a... il y a quand même des différences. Quand on parle de faute très, très
grave, là, tu sais, qui pourrait... des chances de se retrouver au criminel, écoutez,
je pense qu'il y aura des décisions à prendre, exemple, sur le brevet ou sur le
congédiement de la personne, là.
On sait déjà que, pour sévices sexuels ou
tout aspect de sexualité, ça va passer par le Protecteur national de l'élève.
Puis, quand on va parler de faute autre que grave, puis il ne faut pas oublier
la notion que M. Parent a amenée tantôt sur des... Je prends un psychologue
dans un établissement scolaire, qui a aussi un ordre professionnel, qui... Bon,
il y a tout ça qu'on devra conjuguer dans la... au niveau de la sanction.
Maintenant, nous, ce qu'on dit, ce qu'on
souhaite, c'est de trouver un bon équilibre, dans le sens que, s'il y a eu
manquement ou préjudice physique, psychologique à un élève, qui n'est pas
nécessairement dans la zone évidente de faute très, très grave... bien, qu'il y
ait une sanction qui soit quand même assez sévère pour que l'employé comprenne
bien la nature du geste qui a été posé qui fait préjudice. Tu sais, ça doit
être bien connu.
Maintenant, est-ce qu'il faut que ce
geste-là le suive à vie? Là, nous, c'est là qu'on met un bémol, dans le sens
que je pense que tout employé a la chance de changer et de changer son
comportement. Et, sur lequel... un point où on ne s'est pas penchés, c'est sur
la notion de temps. Parce que, là, bon, si on s'embarque sur une notion de
temps, je pense, ça pourrait être... les débats pourraient être très long. Mais,
une possibilité de réhabilitation, nous, on y voit là... c'est tout à fait
normal, là, ce n'est pas... Mais, en même <temps...
M. Prévost (Nicolas) :
...une
possibilité de réhabilitation, nous, on y voit là... c'est tout à fait normal,
là, ce n'est pas... Mais, en même >t emps, la sanction doit être assez
claire pour que l'employé prenne conscience des gestes qui ont été faits envers
des élèves qui étaient non... non acceptables.
M. Ouellet (Carl) : ...du
soutien à apporter à cet employé-là, ou à l'élève qui subit, mais aussi
l'employé. Si on a besoin... s'il a besoin d'accompagnement, s'il a besoin de
soutien psychologique, peu importe, on peut prévoir quelque chose pour lui
aussi. Mais la notion de pardon, effectivement, là, elle est quand même... on
en a discuté, on... pas pour les fautes graves, très graves, mais, dans
certains cas, on pourrait redonner une chance aux employés, tout en conservant
quand même dans le dossier, là, qu'est-ce qui a été fait, et l'accompagner,
là-dedans, le processus, on va continuer, il faut que ce soit bien balisé.
M. Prévost (Nicolas) : ...l'importance
quand même du suivi du dossier.
M. Ouellet (Carl) : Absolument.
M. Prévost (Nicolas) : Bon,
tu sais... tu sais, les histoires de changement de centre de services, où... où
des gens avaient travaillé dans un centre où ils avaient été... bon, change de
centre, puis les agents ne sont pas au courant. Je pense que cette notion-là de
transfert d'informations, elle est importante. Et encore là il y a une nuance, parce
que je sais que c'est un dossier très, je vous dirais, chaud, hein, quand on
parle de transfert d'informations. Nous, comme centres de services, comme
directions d'école, on n'a pas besoin de l'ensemble de l'oeuvre, là, tu sais,
il y a des notions de... de choses qui ne nous appartiennent pas puis qu'on ne
veut pas savoir, mais, sur une notion de nature disciplinaire, je pense que
cette transmission-là d'informations est importante.
M. Parent (Jean-François) : Si
je peux me permettre aussi, ça nous amène aussi au dossier de l'employé, tout
ce qu'on doit conserver dans le dossier et tout ce qu'on ne doit pas conserver.
Et je pense que, dans la réflexion qu'on aura à faire... c'est peut-être moins
un dossier... c'est peut-être moins un
article du projet de loi, mais, dans un
guide, je pense que ça va être important concernant les pièces qu'on doit
conserver dans un dossier d'employé. Ça, c'est très important, parce que,
parfois, les notes personnelles, et pas les notes personnelles, les avis
disciplinaires, tout ça, ça, ça va. Mais quand il vient le temps de notes
personnelles ou... ça, cet aspect-là peut être très délicat dans un dossier.
Donc, on a... on aurait peut-être... on est peut-être à une jonction où on doit
faire une réflexion sur ce que doit contenir un dossier d'employé, parce que,
comme employeur et futur employeur, il y a là, pour le service des ressources
humaines, des aspects éthiques fondamentaux dans des dossiers qui peuvent être
extrêmement délicats.
La Présidente (Mme Dionne) : D'autres
questions, M. le ministre? Il vous reste six minutes.
M. Drainville : ...vous rassurer,
Jean-François, là, quand on regarde l'obligation de conserver les
renseignements et les documents, c'est vraiment en lien avec... avec la notion
de comportement pouvant raisonnablement faire craindre pour la sécurité
physique ou psychologique, là. Donc, quand on va... quand on va mettre à jour
le guide, on va le faire de telle manière à ce que ce soit bien balisé, là.
Si vous regardez... si vous regardez
l'article 4 du projet de loi, au deuxième paragraphe, là, par l'ajout, à
la fin, de la phrase suivante : «Ce guide doit notamment porter sur la
période couverte par la vérification des comportements.» Et là, si vous alliez...
si vous allez au deuxième alinéa de 261.1.2, là, ça, c'est à l'intérieur de
l'article 5, là, si vous allez au bout, vous allez voir : «Le centre
de services scolaire conserve les renseignements et les documents nécessaires à
l'application de la présente sous-section, en tenant compte du guide élaboré
par le ministre conformément à l'article 258.4.»
M. Parent (Jean-François) : ...des
cadres, des ressources humaines et des secrétaires généraux de l'AQCS pour
travailler avec vous le guide, ça nous fera plaisir.
M. Drainville : Ça va nous
faire plaisir.
M. Parent (Jean-François) : C'est
bon.
M. Drainville : On sait qu'on
peut compter sur votre collaboration là-dessus. Mme la...
La Présidente (Mme Dionne) : Il
vous reste quatre... un peu moins de cinq minutes.
M. Drainville : Oui, je pense
que le député de Richelieu, Mme la Présidente, souhaiterait intervenir.
La Présidente (Mme Dionne) : M.
le député, la parole est à vous.
• (10 h 50) •
M. Émond : Oui. Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Bonjour à vous. Merci de votre présence à la
commission. Je voudrais souligner aussi, parce que je l'aperçois dans la salle...
de la vice-présidente de la FQDE, Mme Joyal, Elizabeth, une concitoyenne que je
me permets de souligner la présence, puisque c'est quelqu'un qui est... qui est
<respecté...
M. Émond :
...que je
me permets de souligner la présence, puisque c'est quelqu'un qui est... qui est
> respecté dans notre communauté avec ses nombreux engagements. Merci
pour votre présence, Elizabeth.
Je voudrais vous ramener... puis M. le
ministre en a parlé un petit peu tantôt, mais je voudrais vous ramener sur le
code d'éthique, parce que vous parlez de l'importance d'un socle commun, hein,
peut-être, qui devrait être mis en place. Alors, peut-être pour éclairer les
membres de la commission, j'aimerais vous entendre. Donnez-nous un ou deux
exemples de ce que vous aimeriez qui se retrouve dans ce socle commun là, mais
aussi, parce que c'est important, il doit y avoir des spécificités locales dans
les codes d'éthique, peut-être nous donner un exemple, également, là, de ce
qu'on retrouve peut-être déjà ou ce qui devrait se retrouver, localement, là,
dans le... ce fameux code d'éthique.
M. Prévost (Nicolas) : ...je
vais... je pense que ça va être important, soit par la loi, soit par le guide, bien,
vraiment, qu'il y ait dans le code d'éthique, je pense, l'importance d'une...
vraiment, d'une définition claire de qu'est-ce qu'un... qu'est-ce qu'un préjudice
face à un élève, avec des exemples concrets, comme le disait M. Parent tantôt.
Qu'est-ce qu'une... la définition d'une faute grave, même si elle est déjà
campée au niveau de la loi de l'instruction publique, bien, qu'on revienne la
camper, encore là, dans nos codes d'éthique à travers le Québec, avec encore là
des exemples concrets. Le chemin, hein, la procédure pour... au niveau des
plaintes, des signalements, à faire. Parce que ce n'est pas toujours simple,
hein, vous le savez, je l'ai dit tantôt, il y a... il y a beaucoup de chemins,
hein, avec le Protecteur national de l'élève, nos plans de violence, et tout
ça, donc ça va être important que, dans nos codes d'éthique, ce soit vraiment
bien, bien, bien spécifié.
Et, en permettant la couleur locale, vous
l'avez dit aussi, je pense que... On parlait du délai de traitement, tantôt,
mais il faudra trouver un équilibre entre un centre de services scolaire...
exemple, je vais prendre Laval comme exemple, une île, une ville, bon, une MRC,
qui... où, des fois, ça peut être plus rapide dans le... dans... même si c'est
un grand centre de services, qu'un centre de services en Abitibi ou en
Gaspésie, où le territoire géographique, tu sais, bon, peut causer certaines...
Donc, en tenant compte de ces particularités-là, qu'on trouve quelque chose de
commun. Pour nous, c'est des exemples concrets qui pourraient se retrouver dans
le code d'éthique.
M. Parent (Jean-François) : ...je
préciserais, les... dans un code d'éthique, les comportements attendus. Je
pense que c'est important. Puis on a peu parlé de la notion, là, des
définitions de sécurité physique et psychologique, je pense que c'est important
que ce soit bien... bien défini.
Alors, c'est sûr qu'il peut y avoir des
particularités au niveau de chaque centre de services scolaire, mais, en
matière d'éthique, je vois un petit peu moins ça. Un comportement éthique,
c'est un comportement éthique, qu'on soit à Sept-Îles, qu'on soit à Montréal ou
à Val-d'Or, c'est la même chose. Donc, il y aura peut-être, tu sais, au niveau
du plan stratégique de chaque centre de services scolaire, des liens à faire,
mais, pour le reste, quand on parle de tronc commun, on parle des aspects que
je viens d'évoquer et que Nicolas a évoqués également.
M. Émond : Donc, selon vous,
dans la spécificité locale, il y aurait peut-être uniquement dans l'application
des règles, peut-être. Des modifications... des délais différents, quoi, selon
les ressources qui sont mises... mises à la disposition?
M. Prévost (Nicolas) : Moi,
je pense qu'il faudrait... Non, il faudrait que ce soit vraiment commun, que
tout... même au niveau du délai, de la procédure, tout ça. Quand je dis de
trouver un équilibre entre... entre la Gaspésie et Laval, c'est... bon, c'est
de trouver un temps moyen à tout ça, là. Je... je ne veux pas aller dans un
nombre de jours, là, je pense que... mais c'est... Je pense que pour une...
Parce que les gens vont... vont se comparer, ils vont regarder ce qui se passe
d'un centre de services à l'autre, c'est évident, donc c'est important qu'on
ait une procédure qui soit bien définie pour éviter des dérives.
M. Émond : Parfait. Merci
beaucoup. Merci, Mme la Présidente.
Mme Legault (Kathleen) : ....M.
le député, qu'on pourrait aussi s'appuyer sur certaines lois déjà en vigueur.
Il y a la Loi visant à prévenir et à combattre les violences à caractère sexuel
dans les établissements d'enseignement supérieur, où, déjà il y a toute une
série d'éléments qui sont identifiés...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, Mme Legault. Il vous reste 10 secondes.
Mme Legault (Kathleen) : ...qui
pourraient nous inspirer sur ce qu'on pourrait utiliser.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup pour ces échanges. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de
Saint-Laurent, porte-parole du groupe... de l'opposition officielle, pardon.
C'est le début de l'année, hein, on va se réajuster. Alors, la parole est à
vous. Vous disposez de 25 minutes.
Mme Rizqy : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Bonjour, M. le ministre, et bonjour à toute l'équipe qui
vous accompagne, évidemment tous les députés présents avec nous. Merci beaucoup
d'être présents avec nous, malgré que je sais que vous êtes très occupés
présentement. Et merci aussi de toujours répondre présents pour trouver des
solutions pour les élèves puis de s'assurer qu'on a un plan de rattrapage qui
se tient pour eux. C'est très apprécié. C'est un moment névralgique, en ce
moment, alors c'est... un immense merci.
Maintenant, j'ai plusieurs questions. Dans
un premier temps, je ne sais pas si vous avez eu <l'occasion...
Mme Rizqy :
...maintenant,
j'ai plusieurs questions. Dans un premier temps, je ne sais pas si vous avez eu
>l 'occasion de lire la mémoire du ministre, déposé au Conseil des
ministres. Dans son mémoire, il mentionne neuf fois «violence à caractère
sexuel ou inconduite sexuelle», mais, dans le projet de loi, nulle part. Est-ce
que ça devrait être modifié pour qu'au moins on sache de quoi qu'on... de quoi
qu'on parle dans ce projet de loi?
M. Parent (Jean-François) : Tout...
tout dépend de la façon dont on définit violence physique. Si on l'inclut, ça
va, mais, si ce n'est pas inclus, il faudrait peut-être préciser, effectivement.
Puis il va falloir préciser aussi toute la question du cheminement d'une
plainte, parce que, là, il y a le protecteur de l'élève, le protecteur régional
de l'élève. Il y a l'entente multisectorielle aussi pour toutes les questions à
nature physique, sexuelle. Puis il y a l'application 258.0.1 et 260. Donc...
262, pardon. Donc ça va être important de bien définir «caractère physique»,
puis voir s'il l'inclut ou pas. S'il ne l'inclut pas, bien, il va falloir
effectivement définir.
Mme Rizqy : ...tout ça
découle de... L'objectif, là, du législateur aujourd'hui découle de ce qu'on a
vu dans les médias, mais aussi de... Malheureusement, dans la dernière... dans
le dernier mandat, le prédécesseur ne voulait rien savoir d'avoir une loi-cadre
pour les violences à caractère sexuel. Il y a un rapport qui a été commandé par
le ministre actuel, qui, lui, a décidé : OK, parfait, on va... on va en
parler puis on va en discuter, sur les violences encore à caractère sexuel.
Mais je ne pense pas que l'objectif, c'est
que toutes les plaintes remontent au ministre non plus. Je pense qu'il faut
circonscrire le débat puis s'assurer que ce soit... Le propos majeur, là, que
nous, on n'arrête pas de parler depuis plusieurs, maintenant, années, c'est les
violences à caractère sexuel, un peu ce que vous venez de dire,
Mme Legault, dans la continuité de la loi qui avait été déposée et adoptée
par Mme Hélène David au niveau de l'enseignement supérieur, collégial et
universitaire. Mais on n'a pas son pendant présentement au Québec pour les
élèves du primaire, secondaire... et la... des DEP, là, AFP. Alors, j'imagine
que c'est correct d'ajouter ces mots-là, là.
M. Prévost (Nicolas) : ...sera
important, Mme la députée, de vraiment spécifier les rôles. Parce que, vous
savez, nous, comme directions d'école, M. Parent l'a dit, à partir du
moment où on parle de sévices sexuels ou... ça passe par le Protecteur national
de l'élève. Nous, comme directions d'école, on va être interpelés une fois que
la plainte va avoir été déposée au protecteur national, ça va descendre au
protecteur régional, et là on sera informés, nous, comme directions d'école, tu
sais, du... tu sais, des procédures à mettre en place, qui ne sont pas
prescriptives, mais qui sont, dans le fond, de l'exemple. Parce que si on...
Dans le fond, c'est s'il y a un deuxième
chemin qui s'inscrit sur des plaintes à caractère sexuel ou à... puis qui est
aussi dommageable que... même plus, en tout cas, on ne peut pas qualifier, là,
de... ou comparer tout ça. Mais s'il y a deux chemins, c'est là que ça va
devenir, je pense, un peu mélangeant pour le membre du personnel qui devra
faire une plainte. Donc, si c'est incorporé au projet de loi no 47, bien,
il faudra vraiment voir, bien, le rôle du protecteur national. Il y a des
choses à vérifier et à valider, c'est... c'est sûr, parce que c'est nouveau,
hein, pour le protecteur national. C'est tout nouveau, ce chemin-là. Donc, si on
avait un deuxième chemin, je ne le sais... Je réfléchis tout haut.
Mme Rizqy : ...les
procédures, je pense que ça prend une loi très claire, hein, dans... En fait,
on aurait aimé avoir une loi-cadre, ça aurait été beaucoup plus clair et à
propos, mais là on est dans ce projet de loi. Alors, on doit travailler avec
cela.
Mais c'est clair que, pour nous, c'est...
c'est vraiment ça, parce que le projet de... le mémoire déposé au Conseil des
ministres le mentionne clairement, c'est «violence à caractère sexuel et inconduite
à caractère sexuel». C'est mentionné neuf fois dans le mémoire, là. Donc, on
est là aujourd'hui pour cela.
Je parle vite, parce que...
25 minutes, ça a l'air beaucoup, mais ce ne l'est pas du tout. On parle
beaucoup des enseignants, mais tantôt, Mme Legault, vous l'avez nommé. Il
n'y a pas juste les enseignants qui sont dans nos écoles, et il y a aussi
d'autres adultes, et même aussi des gens qui ne travaillent pas nécessairement
pour un centre de services scolaire, mais qui viennent, par exemple, d'organismes
communautaires, qui peuvent venir aussi du CLSC ou même de l'université.
J'imagine qu'eux aussi on devrait les assujettir à toutes les vérifications,
là, puis au projet de loi.
• (11 heures) •
Mme Legault (Kathleen) : Bien,
comme disait le député de Marquette, à l'ouverture, on déplore toujours ce
travail en silo qui fait que, le ministère de la Famille, le ministère de
l'Éducation, le ministère de l'Enseignement supérieur, on voit plein de
problématiques, qui fait qu'on... qu'on ne réussit pas à s'arrimer. Et là on le
déplore encore dans ce dossier-là. Quelqu'un qui a travaillé dans un CPE puis
qui aurait commis des gestes répréhensibles donnant lieu à des mesures
disciplinaires, qui... qui se désiste puis qui s'en vient travailler dans nos
centres de services scolaires, on n'a aucun moyen, actuellement, de savoir
qu'il y a des éléments préoccupants au dossier. Donc, est-ce qu'on pourrait
aller plus loin...
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11 h (version révisé
e) Mme Legault (Kathleen) : ...qu'il
y a des éléments préoccupants au dossier. Donc, est-ce qu'on pourrait aller
plus loin et travailler ensemble pour... pour vraiment avoir une vision peut-être
plus unifiée de la protection de l'élève ou... puis même du petit, du petit de
la petite enfance jusqu'à... jusqu'à la loi cadre, là, de l'enseignement
supérieur?
Mme Rizqy : Merci beaucoup,
je pense, c'est une excellente suggestion. On va en prendre note.
Tantôt, le ministre parlait du comité d'enquête
et que ça ne faisait que les enseignants avec brevet, mais c'est quand même
rendu limité, là, parce qu'on a des enseignants avec brevet, on a des
enseignants sans brevet, on a des suppléants. Comme législateurs, il me semble
qu'on... il y a... c'est possible aujourd'hui d'ouvrir la loi puis de modifier,
là, l'étendue de l'enquête, là. Est-ce que je me trompe?
M. Parent (Jean-François) : Écoutez,
pour nous, en tout cas, l'instinct, le sens commun dit, que tu aies le brevet
ou non, que tu enseignes à un enfant puis tu commettes des gestes
répréhensibles, bien, en bout de piste, si c'est... il n'a pas de brevet, cet
enseignant-là, c'est terminé pour être en contact avec les enfants des centres
de services scolaires dans le milieu de l'éducation Québec. Puis peut-être qu'il
aurait un lien avec ce que Mme Legault évoquait précédemment, si
éventuellement la personne glissait du côté des CPE ou du côté de la santé puis
qu'elle est en contact avec des patients, là, il y aura peut-être des échanges
d'informations qui pourraient être intéressants à faire entre ministères. Mais
pour nous, étant donné qu'il y a vraiment des autorisations d'enseigner, qu'il
y a des non légalement qualifiés, là, enseignants, tout dépendant de son
statut, c'est un enseignant qui est en contact avec un élève. Donc, il ne
devrait pas avoir de différence de traitement.
Mme Rizqy : Exactement. OK.
Puis, dans vos mémoires, vous parlez tous qu'effectivement il faut élargir la
notion et non pas avoir des élèves mineurs, parce qu'on a des adultes, et vous
en faites encore mention dans votre propos, particulièrement les élèves avec un
handicap, encore plus vulnérables. Donc, ça, je pense que c'est quelque chose
qu'il y aura un amendement sur ce sujet. Mais où est-ce que je veux vous amener?
On n'en parle pas dans le projet de loi, mais il y a aussi la violence mineur
avec mineur, donc élève avec élève, mais aussi élève envers le personnel
scolaire, et ça, on n'en fait pas mention. Est-ce qu'on devrait aussi élargir
cela pour s'assurer de vraiment tout couvrir ce qu'il se passe dans l'école, et
je vais aller plus loin, ce qu'il se passe aussi dans les réseaux sociaux?
Je vais vous donner des exemples très
concrets. Un jeune filme l'autre élève aux toilettes, ça se partage sur Tiktok,
Instagram. Certains établissements vont dire : Ah! ça s'est passé sur... à
l'extérieur de l'école, mais on s'entend qu'ils sont tous dans la même école, c'est
le même jeune qui va être intimidé. Et des fois, les jeunes ne savent même pas
qu'avoir une photo d'un de ses camarades de classe nu et se le partager, c'est
être, un, en possession de matériel pornographique juvénile, mais aussi en
faire la distribution. C'est un acte criminel, mais ils ne le savent même pas.
Donc, il va falloir faire beaucoup de prévention. Mais il me semble qu'on
devrait ratisser beaucoup plus large puis donner les outils aux écoles puis aux
établissements de pouvoir justement s'assurer de mieux protéger tout le monde,
là, incluant le personnel scolaire.
M. Parent (Jean-François) : Moi,
je n'ai pas d'objection à ça. Par contre, je dois vous dire que ce n'est pas...
ça n'a pas nécessairement fait l'objet de réflexion dans le cadre de ce projet
de loi ci. Maintenant, il faudra peut-être regarder éventuellement cette
possibilité-là. Moi, je ne ferme pas la porte à ça.
Mme Rizqy : OK. M. Prévost.
M. Prévost (Nicolas) : Parce
que, bien entendu, on rentre dans un aspect du code de vie de l'école, hein, du
rôle du conseil d'établissement sur le code de vie. Est-ce que les
établissements scolaires, on a à travailler sur l'aspect de la violence dans sa
globalité? La réponse est définitivement oui. Est-ce qu'on doit mieux
travailler? La réponse est aussi définitivement oui. Mais comme l'a bien dit
Jean-François, on ne s'est pas attardé à cette question-là dans la réflexion du
projet de loi n° 47. Mais est-ce qu'il y a un travail à faire avec nos
équipes-écoles, avec nos conseils d'établissement sur de la formation ou l'écriture
des codes de vie? Bon, il y a peut-être des choses, là, à explorer, je vous
dirais.
M. Ouellet (Carl) : Puis le
volet prévention est important. Travailler avec les organismes, les policiers éducateurs,
ça aussi on le fait dans nos écoles, il faut continuer. Pour nous, la
prévention, c'est très... c'est primordial.
Mme Rizqy : Oui, oui,
100 %. Puis je sais qu'il y a beaucoup déjà qui est fait dans les écoles.
Bien, je vous donne un exemple. On a rencontré du personnel de soutien de l'école
<i>Tournesol qui, au quotidien, il y en a qui en pleuraient, là, j'étais
avec ma collègue, ont vécu des agressions sexuelles, mais, même s'ils
dénonçaient, ils n'ont pas senti qu'il y avait quelque chose qui pouvait les
appuyer. Alors, je ne sais pas... C'est pour ça, je me suis dit : Dans le
projet de loi, il faudrait qu'on regarde plus grand, puis s'assurer de couvrir
tous les aspects qui nous ont été dénoncés à nous, comme élus, puis de s'assurer
que... Même lorsque nous, on a des parents qui nous parlent, qui nous disent :
Moi, mon jeune a été intimidé, parce que sa photo <circule...
Mme Rizqy :
...parce
que sa photo > circule, bien, ils sont tous dans la même école, il n'y a
rien qui est fait. Alors là, je me dis : Là, peut-être que c'est le temps
d'en profiter puis de s'assurer qu'on couvre aussi les réseaux sociaux. Parce
que, même si ce n'est pas, à proprement parler, dans... à l'école, lorsqu'ils
ouvrent leurs téléphones intelligents à l'école, là, ils sont tous dans la même
classe, dans la même école, et c'est sûr que ça peut... ça peut faire en sorte
que les jeunes, malheureusement, ça les... ça change leur vie complètement, là,
leur trajectoire de réussite. Oui, M. Prévost.
M. Prévost (Nicolas) : ...vous
parlez, hein, de la personne qui fait l'acte, mais il ne faut pas oublier la
personne qui l'a suivi, toute la... cette notion-là. Tu sais, on parle beaucoup
du fautif, mais il ne faut pas oublier la personne qui l'a vécu...
Mme Rizqy : Exactement, la
victime.
M. Prévost (Nicolas) : ...puis
qu'il y ait un suivi, puis de s'assurer, effectivement.
Mme Rizqy : Là, je vous amène
aux antécédents. Il y a un guide qui existe au Québec, <i> La
vérification des antécédents judiciaires , et là-dedans, dans ce guide qui
date depuis...
M. Prévost (Nicolas) : ...
Mme Rizqy : Vous n'êtes pas
loin. Il a commencé en 2001, il a été remis à neuf en 2011. Donc,
vous n'étiez pas loin, M. Prévost. Vous avez une bonne mémoire, hein? Puis
d'ailleurs vous avez aussi... bon.
Alors, là-dessus, le hic que je vois,
c'est que... la vérification des antécédents, c'est que... il faut que... un,
il faut faire la vérification, s'assurer de le faire en temps utile, mais,
deuxièmement, c'est que ça couvre, et je vais vous dire, je vais vous dire, les
infractions criminelles ou pénales commises au Québec seulement. Ça ne couvre
pas, par exemple, quelque chose qui aurait pu être fait en Ontario, mais qui
est pertinent de savoir. Donc, si, par exemple, vous avez un enseignant qui,
malheureusement, a fait quelque chose en Ontario, nous, on n'a pas accès.
Et je me pose la question : Pourquoi
qu'on ne fait pas comme dans le projet de loi n° 46 qui est en matière de
services de garde? Eux, à la place... au lieu de regarder les antécédents, ils
regardent l'absence d'empêchement, ce qui est différent. L'absence
d'empêchement, là, à ce moment-là, il va y avoir une vérification qui est
beaucoup plus large, qui couvre aussi le pays au complet, et on regarde aussi
les accusations. Et, par exemple, dans une vérification d'antécédents, si vous
avez bénéficié, par exemple, d'un arrêt Jordan, bien, je ne le verrai pas, que
vous avez un antécédent, parce que ce n'est pas un antécédent. Alors que, dans
l'absence d'empêchement, vu qu'il est question de personnes vulnérables, on
élargit la notion, puis, puisque les plus vulnérables étant les mineurs, les
personnes avec un handicap ou, par exemple, ici, au Québec, nos aînés, bien, à
ce moment-là, l'absence d'empêchement, si on voit que vous avez commis une
agression sexuelle, vous avez commis une voie de fait grave, mais, pour x raisons,
ça s'est passé en Ontario, bien, on le voit quand même, puis on va dire :
Hi! tu as quand même déjà eu telle, telle affaire dans ton dossier. Même si tu
n'as pas... même si ça ne s'est pas passé au Québec, ça existe pareil dans ton
dossier, mais là, on le voit vraiment. Ou, par exemple, tu as... La personne a
eu droit à un arrêt Jordan. L'acte a quand même été commis, c'est juste qu'on
n'arrive pas, malheureusement, dans les délais raisonnables imposés par la Cour
suprême du Canada, à tenir un procès. Est-ce qu'on devrait faire un peu plus
comme les services de garde dans le projet de loi n° 46, qui commence
l'étude détaillée... l'étude ce jeudi, et eux, ils vont avec la notion
d'empêchement?
M. Parent (Jean-François) : Bien,
il y a peut-être là une piste intéressante qui nous permettra ensuite de voir
comment ça fonctionne, comment c'est appliqué dans ces milieux-là, puis
éventuellement, on pourra peut-être aller de ce côté.
Mais, si vous me permettez, de notre côté
à nous, en conclusion, on n'en a pas fait une recommandation, mais, en ce qui a
trait aux antécédents judiciaires, on a tout de même fait une remarque en
disant qu'au Québec les organismes communautaires ont l'obligation de revérifier
les antécédents judiciaires au terme de trois, quatre ou cinq ans, ce que
nous n'avons pas l'obligation de faire. Nous vérifions les antécédents lors de
l'embauche, mais, par la suite, la responsabilité incombe à l'employé, s'il y a
quelque chose, de faire part au centre de services scolaire, au service des
ressources humaines d'une modification à son dossier.
Maintenant, nous, ce qu'on dénote, on
porte tout simplement ça à l'attention en disant qu'un humain, c'est un humain,
qu'il soit bénévole, ou qu'il soit enseignant, ou qu'il soit technicien en
éducation spécialisé, ou cadre, c'est un humain, et donc que, peut-être, les
obligations devraient devenir uniformes. On est conscients, par ailleurs, que
ça pourrait mettre beaucoup plus de pression sur les services de ressources
humaines et sur les services policiers aussi, de vérifier ça. Alors, ça, on est
conscients de ça aussi. Mais on le porte à votre attention, le porter à
l'attention du ministre en disant : Il y a peut-être quelque chose, là, en
termes de cohérence, qu'il faudra regarder.
• (11 h 10) •
Mme Rizqy : ...c'est marqué que
la période de couverture sera déterminée par le code de vie... le guide... dans
un guide qui doit notamment porter sur la période de couverture, donc dans un
guide, alors que le PL 46, en... c'est vraiment aux trois ans que ça
doit être fait. Donc, c'est inscrit dans la loi aux trois ans, et pour le <renouvellement...
Mme Rizqy :
...pour
le > renouvellement, ça doit débuter au moins six mois avant la fin
du trois ans, pour ne pas qu'il y ait de vide entre la période... Est-ce
que... Moi, je pense qu'on pourrait, à ce moment, s'harmoniser avec le PL 46.
M. Parent (Jean-François) : Ça
semble sage. Ça semble bien sage.
Mme Rizqy : Ça semble sage? D'accord.
Mme Legault (Kathleen) : Et
ça semble plus complet. Donc, pourquoi ne pas s'inspirer de ce que d'autres
ministères font? Et c'est ça aussi, l'idée de la collégialité qui pourrait
s'installer entre les différents ministères. Alors, si on est capable d'aller
plus loin au ministère de la Famille, pourquoi s'en priver au ministère de
l'Éducation?
Mme Rizqy : Et vous allez
être contente, Mme Legault, ça vise tous les adultes en contact avec les...
bien, dans ce cas-ci, les enfants de la petite enfance. Alors, ici, ça ne vise
pas uniquement le personnel avec qui vous avez un lien d'emploi direct, mais ça
vise aussi les gens qui rentreraient... par exemple, un bénévole qui viendrait,
un entraîneur au niveau des activités parascolaires. Donc, tout le monde y est
assujetti. Alors, vous êtes en contact avec les élèves, vous serez assujetti.
Alors, moi, je trouvais que ça couvrait beaucoup mieux au niveau de la matière
de protection des élèves. Est-ce que ça vous va, ça, si on se colle...
Mme Legault (Kathleen) : Très
intéressant.
Mme Rizqy : Très intéressant?
Mme Legault (Kathleen) : Oui.
Mme Rizqy : Parfait. Et... désolée,
je vais continuer avec mes autres questions. Bon, vu que j'ai fait... j'ai
parlé... je viens de mentionner les entraîneurs, mon collègue en a vraiment
parlé, parce que beaucoup de vos plateaux sportifs sont prêtés aux fédérations
sportives et, apparemment, elles ne sont pas couvertes dans ce projet de loi,
mais vos élèves, eux autres, le matin, quand ils vont à l'école puis qu'ils
vont au gym, c'est que... c'est le même gymnase, là, c'est le gymnase dans leur
école, puis des fois, même, c'est que l'entraîneur, par la suite, peut occuper,
par exemple, un poste de coordonnateur dans l'école. Ce que moi... Mon collègue
envisage de déposer des amendements pour couvrir aussi les fédérations
sportives qui sont à l'intérieur de vos murs, parce que, de toute évidence,
pour l'élève, il n'y en a pas, de différence, là, vous non plus, j'imagine.
M. Parent (Jean-François) : Non,
c'est ça. Alors, ça revient un petit peu à ce que je mentionnais précédemment :
un être humain, c'est un être humain. Les violences à caractère sexuel n'ont
pas de statut. Alors, je pense que ça, c'est important de considérer ça. Et
ultimement, Carl évoquait tout à l'heure la question du transport scolaire,
bien, le transport scolaire, si, par exemple, on a des gens du communautaire,
il est possible... ça, je n'ai pas vérifié, mais il est possible que les
conducteurs d'autobus, on demande une vérification de ces choses-là, alors que
nous, cet aspect-là... une fois qu'il est là, il y a... ça appartient à
l'entreprise, là, de nous mentionner s'il y a quelque chose au niveau de leurs
conducteurs. Donc, il y a peut-être là certains éléments à s'assurer, en termes
de sévérité ou de fréquence de vérification, là, à arrimer avec d'autres
ministères ou d'autres organisations.
Mme Rizqy : Oui. J'avais
oublié de poser une question tantôt, parce que vous avez fait mention de
l'employé qui doit dénoncer, si jamais, par exemple, il y a eu... il y a un
antécédent, mais qu'est-ce qui arrive s'il ne le fait pas?
M. Parent (Jean-François) : On
ne le sait pas jusqu'à ce qu'un élément fortuit fasse en sorte qu'on le
découvre.
Mme Rizqy : Les nouvelles.
Alors, moi, j'ai une question. J'ai réfléchi à cela puis je me suis posé la
question, dans l'objectif d'arrêter de travailler en silos, au Québec,
lorsqu'il y a des conditions de remise en liberté, pourquoi... puis là il faudrait
qu'on vérifie avec le ministre de la Justice comment qu'on pourrait
l'articuler, pour que, dans les conditions de remise en liberté, immédiatement,
bien, la couronne demande qu'il y ait une preuve que ça a été dénoncé à son
employeur, qui est une école. Et, comme ça, à ce moment-là, on a un lien direct
entre le tribunal et vous. Parce que, sinon, honnêtement, vous n'aurez jamais
le temps de passer vos journées devant le plumitif avec tous vos employés,
puis : Regardez, ici, ah, il y a quelque chose qui est arrivé cette
journée-là, là. Ça n'arrivera pas. Puis, si quelqu'un, il décide de ne pas vous
le dire parce qu'il est de mauvaise foi, bien, il ne vous le dira pas puis il
va attendre la fin de son trois ans avant que, finalement... ah! le chat
est sorti du sac, là. Est-ce que ça pourrait...
M. Parent (Jean-François) : Vous
savez, dans nos rêves...
Mme Rizqy : ...être un
mécanisme qu'on pourrait regarder? Votre rêve? Allez-y.
M. Parent (Jean-François) : Vous
savez que, dans nos rêves les plus fous, en tout cas, pour les secrétaires
généraux, ce serait d'avoir accès à une base de données où on a toutes les
décisions concernant les gens au Québec puis qu'on pourrait voir ce qui se
passe, mais, évidemment, c'est un rêve.
M. Prévost (Nicolas) : Le
projet de loi fait effectivement mention de la bonne... tu sais, du fair-play,
tu sais, de l'honnêteté des gens qui vont déposer leurs choses. M. Parent...
Jean-François vient de le dire, je pense, c'est dans la notion du transfert de
données, qui sera importante, mais encore là, je l'ai... on l'a mentionné
tantôt, quelles données doivent être... On le sait, hein, le transfert de
données, ça peut être... ça peut susciter beaucoup de questions par les temps
qui courent, donc qu'est-ce qu'il est pertinent d'avoir dans ce transfert-là
des autres... Mais je pense qu'il faut le faire, il faut le faire, mais il faut
juste bien clarifier ce qui peut être transmis.
Mme Rizqy : ...toujours dans
le fameux guide, parce que, tu sais, des fois, on n'a pas besoin de réinventer
la roue, ils parlent <justement...
Mme Rizqy :
...ils
parlent > justement des infractions qui doivent retenir l'attention puis
les nomment : l'homicide, le vol qualifié, les voies de fait,
l'enlèvement, séquestration, intimidation, harcèlement, agression sexuelle,
actions indécentes, sollicitation, l'incitation à la prostitution, la
pornographie juvénile, donc... conduite dangereuse, possession de drogue,
trafic, l'importation puis l'exportation, là, bien... donc, gangstérisme. Donc,
il nomme... parce que dans... notre Code criminel est assez épais, mais il
nomme celles qui doivent attirer notre attention, pour se dire : OK,
est-ce qu'on veut... Parce que c'est quand même des... au niveau pénal, des
gestes graves, là. Donc, ça, je me suis dit que peut-être qu'on pourrait
refaire l'exercice, circonscrire vraiment, peut-être, ce qui est plus à propos,
pour qu'il y ait une notification directe qui passe du tribunal à l'employeur.
Là, la personne a été condamnée, là, puis voilà, pour agression sexuelle ou
sollicitation à la prostitution, là, donc quelque chose qui est quand même
assez grave. Alors, je me suis posé la question, parce que, si la personne ne
veut pas vous le dire, vous allez attendre longtemps avant de le savoir. Et...
désolée, il ne me reste juste quatre minutes... Là, j'ai perdu mon fil
conducteur, ça va bien.
Une voix : ...
Mme Rizqy : Ah! oui, la violence
dans le sport... Non, ça, on a couvert, désolée. Désolée, je vais revenir, j'ai
comme quelque chose que j'avais aussi comme oublié de vous poser la question.
Oui? Allez-y.
M. Parent (Jean-François) : ...permettre
un petit quelque chose pendant que vous retrouvez votre fil, quelque chose d'un
peu... dont on a parlé tout à l'heure, mais qui est concernant le guide. Il y a
quelque chose qui pourrait être important de retrouver dans le guide, c'est moi,
comme employé qui dénonce, qu'est-ce qu'on attend de moi et qu'est-ce que...
quelle sera ma contribution. Est-ce qu'on me reviendra? Est-ce que... Quels
seront... Est-ce... La confidentialité, comment sera-t-elle respectée? Est-ce
que j'ai l'assurance que? Alors, ça, je pense que dans le guide, ça fait
partie
d'informations qu'on devrait retrouver pour favoriser cette ouverture-là
d'amélioration de la sécurité de nos élèves dans nos écoles. Parce
qu'autrement, si les gens disent : Je vais avoir six heures de
contribution à ça, ou encore : Là, la confidentialité, j'ai moins l'assurance
que... bien, tu sais, on aura beau avoir la meilleure littérature sur le sujet,
une meilleure pièce législative, si les gens n'ont pas l'assurance, ça va être
difficile.
Mme Rizqy : Bien, mon dernier
point, c'était sur les mesures de protection pour les lanceurs d'alerte, donc
ceux qui vont dénoncer. En ce moment, je n'ai pas vu de mécanisme de protection
contre des représailles. Puis je vais vous donner un exemple concret qui a
d'ailleurs défrayé les manchettes dans La Presse . Ça se passe chez nous,
à Saint-Laurent. Nous, on a eu... Moi, j'ai rencontré, là, des enseignants qui
le disent : J'ai dénoncé, j'ai... une intervenante sociale, j'ai dénoncé.
Ils n'ont pas été écoutés, puis c'est elles et eux qui ont eu des mesures de
représailles, que c'est eux qui ont changé d'école, finalement. Alors, si tu te
dis : Une seconde, là, c'est exactement le geste qu'on veut que vous fassiez,
mais vous n'avez pas eu le filet de protection pour vous accompagner... Puis il
faut accompagner aussi ceux qui dénoncent parce que c'est lourd comme processus.
Puis c'est qu'eux sont... ont peut-être accueilli aussi le témoignage de
quelqu'un, puis ils ne sont pas formés en psychologie, là, c'est... c'est des
enseignants, ça peut-être une intervenante sociale, ça peut être un personnel
de soutien, puis qui, eux, reçoivent un témoignage très, très lourd. Ça les
habite, ça occupe leur esprit, puis ils arrivent pour dénoncer, puis si, après
ça, le lendemain, malheureusement, il y a une personne qui n'a pas respecté le devoir
de confidentialité, l'a dit à quelqu'un d'autre, puis là, tout le monde sait :
Ah! ah! c'est Mme Legault, la pas fine qui est allée le dire, alors, elle, les
regards dans les couloirs... ça commence comme ça, des regards dans les
couloirs, on ne lui dit plus bonjour, elle est ostracisée, elle est mise à
l'écart, puis à un moment donné, c'est ce que... la pression est tellement
grande qu'elle doit changer d'école. Alors, ça, je pense que c'est quelque
chose qu'on doit vraiment s'assurer, de donner toutes les mesures de protection
pour ceux que... Si on donne une obligation de dénoncer, ça doit venir aussi
avec un filet de sécurité là-dedans, là.
Mme Legault (Kathleen) : C'est
essentiel. D'ailleurs, on l'a nommé dans dans notre mémoire, là, il faut qu'il
y ait un mécanisme qui garantisse la confidentialité et que les personnes qui
dénoncent soient protégées contre des représailles. Et, s'il y a des
représailles, qu'elle soit soutenue, qu'on puisse agir, qu'on puisse mettre fin
à toutes représailles. Donc, cette protection-là des personnes qui pourraient
divulguer des gestes dont ils ont été témoins ou dont...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, Mme la députée.
Mme Legault (Kathleen) : Je
m'arrête là.
La Présidente (Mme Dionne) : Oh!
il vous reste 10 secondes.
M. Parent (Jean-François) : ...généraux
et les ressources humaines vont être prêts à accompagner ces gens-là, mais avec
les ressources qui seront nécessaires pour ce faire.
• (11 h 20) •
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup. C'est tout le temps qu'on avait pour cet <échange...
La Présidente (Mme Dionne) :
...cet
> échange. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci. Merci
beaucoup. Je pense que... J'ai combien de temps, là?
La Présidente (Mme Dionne) : ...
Mme Ghazal : Huit minutes.
C'est bien de le mentionner parce que le temps file rapidement. Bien, merci
beaucoup pour votre contribution au projet de loi qui nous occupe. On en a
parlé, là, le fait que, par exemple, le mot «violence sexuelle ou violence à
caractère sexuel» n'est pas mentionné une seule fois dans la loi. J'aimerais
vous entendre. Est-ce que... Selon vous, ce qu'on a devant nous, là, comme
projet de loi, dont le
titre est de s'assurer de protéger les élèves et leur
sécurité, est-ce que c'est suffisant pour protéger les élèves? Est-ce que c'est
suffisant? Puis je parle des violences sexuelles parce que, je veux dire, on
l'a vu, là, c'est... on ne peut pas faire preuve de déni puis dire que ça
n'existe pas, on ne peut pas se mettre la tête dans le sable. Même le Protecteur
national de l'élève a été étonné du pourcentage et du nombre de plaintes à
caractère sexuel. C'est difficile, pour une société, de se dire que nos élèves
qui vont dans les écoles ne sont pas aussi protégés. Pour nous, là, les
adultes, c'est difficile de l'accepter, mais là on ne peut pas en faire fi.
Mais là, ici, on a le projet de loi, puis je n'ai pas l'impression que cet
aspect-là est tenu en compte. Est-ce que, selon vous, j'aimerais vous entendre,
c'est suffisant, ce projet de loi là, pour protéger et s'assurer de la sécurité
des élèves?
M. Parent (Jean-François) : Bien,
je dois vous dire que, dans nos réflexions, c'est un petit peu moins ressorti,
cet aspect-là des choses, parce que, dans notre esprit, «sécurité physique»
incluait l'aspect sexuel. Bon, maintenant, s'il y a des doutes là-dessus, il
faudra le préciser, mais on n'a pas nécessairement trop élaboré là-dessus ou
réfléchi là-dessus, parce que dans notre esprit, il était beaucoup plus
important de définir sécurité physique, qui incluait l'aspect sexuel, que
d'ajouter «sexuelle». Maintenant, ça appartiendra au législateur...
Mme Ghazal : Parce que, dans
la <i>loi sur le protecteur de l'élève, le législateur, à l'époque, s'est
assuré d'ajouter «violence sexuelle».
M. Parent (Jean-François) : C'est
juste.
Mme Ghazal : Là, on ne le
fait pas. Tu sais, ça... juste pour être vraiment certains, ça serait mieux que
ça soit inclus?
Mme Legault (Kathleen) : Bien,
en fait, si nous, on présume que ça en fait partie, que ça fait
partie de la
violence physique, mais que quelqu'un d'autre aurait une autre définition,
bien, peut-être que de l'expliciter, ça rendrait ça plus clair pour tout le
monde. Donc, on ne peut pas s'opposer à ce que les choses soient plus
explicites.
Mme Ghazal : C'est ça. Vu que
ça l'a été aussi dans le passé, pourquoi, cette fois-là, on ne le fait pas de
manière beaucoup plus explicite? Oui?
M. Prévost (Nicolas) : Vous
l'avez dit, pour l'efficacité du projet de loi, bien, je pense qu'il y aura
peut-être des petites modifications, certains amendements à y apporter. Ça, c'est
une chose. Puis, si on veut que ça soit efficace, bien, il faut qu'il soit
clair pour tout le monde, qu'il soit bien défini, qu'il soit bien communiqué.
Et, s'il y a du sable dans l'engrenage, dans... peu importe les étapes, tu
sais, dans l'étape du signalement, dans l'étape du traitement du signalement, tu
sais... bon, on entendait, des fois, des gens signalent puis ils n'ont pas
l'impression que les choses... Donc, peu importe le niveau de l'étape et peu
importe qui ça touchera, mais ça devra être clair, précis. Et, s'il y a des
choses qui ne sont pas bien faites, bien, ces gens-là devront... tu sais, il y
aura des modifications, ou réexpliquer à ces gens-là comment ça fonctionne.
Mais, peu importe on est où dans ce traitement-là, qu'on soit directeur
d'école, qu'on soit cadre au niveau du centre de services, qu'on soit direction
générale, qu'on soit membre du personnel, on doit tous le faire pour le
bien-être de l'élève, puis s'assurer du suivi de ces gens-là.
Mme Ghazal : Qu'il n'y ait
pas matière à interprétation.
M. Prévost (Nicolas) : Tout à
fait.
Mme Ghazal : Alors que, là...
puis j'ai... on va tenir compte aussi de vos recommandations, puis je suis
certaine aussi que la... peut-être l'équipe du ministre... j'espère qu'il y aura
aussi des amendements qui viendront sans que nous, on soit obligés de les
mettre en place, pour s'assurer qu'il n'y ait pas tout le temps matière à
interprétation, puis des ambiguïtés. Parce que, dans les écoles, puis moi, j'ai
été très vocale là-dedans, c'est sûr que je... je le mentionne, il n'y a pas de
cachette là-dedans, j'aurais préféré qu'il y ait une loi-cadre comme celle qui
existe dans les cégeps et les universités, vous l'avez mentionné, et là ça
aurait été beaucoup plus clair, beaucoup plus précis, en matière de prévention
des violences sexuelles. Surtout que ça a déjà été fait par le législateur, à
l'époque, pour des adultes ou des jeunes adultes dans les cégeps et les
universités, pourquoi on ne le ferait pas pour les... dans les écoles primaires
et secondaires?
Puis, des fois... Par exemple, il y a un
centre de services, je pense, le <i>centre de services de Montréal, qui a
mis en place une politique contre les violences, puis moi, il y a des profs qui
m'ont interpelée, dans le secret, parce qu'ils n'ont pas le droit, ils ne
peuvent pas trop parler publiquement, en disant : Bien, personne... Moi,
j'ai signalé une situation puis je ne savais même pas que ça existait. Je veux
dire, des fois, il y a des beaux documents qui existent quelque part, des codes
d'éthique, et tout ça, puis des fois, ça dépend un peu de la personnalité de la
direction, il y a des directeurs, directrices pour qui c'est tolérance zéro,
puis on va mettre tout en place pour que ça fonctionne, ailleurs, c'est plus
lousse, disons, où est-ce qu'on essaie de dire : Ah! non, essaie de régler
ça tout <seul...
Mme Ghazal :
...tout
> seul, va parler avec tel prof. Moi, il y a des profs qui m'ont dit qu'ils
ont signalé une situation dont ils ont été témoins dans une école, de mots, de...
de choses qui n'auraient pas dû être dites par un prof face à un élève, et on
lui a dit : Bien, essaie d'aller parler avec le prof toi-même. Et... Donc,
comment est-ce qu'on fait pour contrer ça pour que ça soit pareil partout? On
peut bien avoir un code d'éthique, une politique, mais c'est... ça serait...
c'est quoi qu'il faut faire? Est-ce que la loi qu'on a devant nous le permet?
Mme Legault (Kathleen) : Effectivement,
vous avez raison, le centre de services scolaires de Montréal a un très beau
protocole pour contrer les violences sexuelles. Le problème, c'est le
renouvellement du personnel. Puis l'enjeu, c'est qu'il y ait de la formation
puis de l'accompagnement à tout notre nouveau personnel et pour que tout le
monde connaisse ces encadrements-là, et ce sera un défi dans les prochaines
années. Alors, comment on peut se prémunir contre ces défis-là de
renouvellement du personnel? Alors, moi, je le connais très bien, ce
protocole-là, mais peut-être que les jeunes directions ne le connaissent pas et...
et donc on a un enjeu. Je pense que la formation du personnel, ça doit être
quelque chose qui est présent, qui est... qui se... et qui revient de façon
régulière pour s'assurer que tous les outils soient connus, entre autres par
les directions d'établissement scolaire.
Mme Ghazal : Oui. Allez-y.
M. Parent (Jean-François) : Vous
savez, quelle que soit la loi, puis c'est une loi qui est à caractère très
humain, quelle que soit la loi, son application ou la... sa priorité sera
toujours exprimée par le leadership d'une organisation. Et donc ici, à la direction
générale, au service des ressources humaines au niveau des directions
d'établissement, lorsque ce sera clair que ce ne sera pas toléré et qu'il y
aura toujours une oreille attentive pour quelque geste que ce soi, bien, les
gens vont se sentir à l'aise, le climat va être un climat d'amélioration
continue, et les gens vont être à l'aise de parler de ces choses-là et de
s'exprimer sur ce qui ne va pas dans un milieu. Donc, peu importe la façon dont
la loi est libellée, le... c'est sûr que ça doit toujours être la clarté, là,
ne nous méprenons pas, mais l'importance du leadership dans l'application d'une
loi dans une organisation, ça sera toujours important puisqu'il s'agit d'une
loi qui a un caractère humain fort.
Mme Ghazal : Est-ce que cette
loi-là... Par exemple, vous parlez de la formation, tout ça, le leadership,
parce qu'il y en a peut-être qui en ont plus que d'autres, là. Là, c'est
peut-être... il y a une question de gestion de ressources humaines, et tout ça,
mais pour s'assurer, comme société, de mettre toutes les chances de notre côté,
est-ce que cette loi-là permet que le genre de situation que je viens de nommer
n'arrive pas? Est-ce que c'est cette loi-là qui le permet?
M. Prévost (Nicolas) : Bien, moi,
je pense que cette loi-là est un excellent point de départ. C'est... Je pense
que c'est quelque chose qui était important, qui était attendu et qui va porter
ses fruits. Maintenant, il faudra... Moi, ma seule crainte, je vais vous
l'exposer. Comme directions d'école, des fois, parce que là, on aura le projet
de loi n° 47, vous savez, on a déjà nos plans de violence, on a quelque
chose sur les sévices sexuels, inconduite sexuelle qui a une autre voie...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, M. Prévost.
M. Prévost (Nicolas) : ...il
y a des ententes multi. Donc, ça... il y a beaucoup de choses pour...
Mme Ghazal : Il y a un risque
de travailler en silo aussi....
M. Prévost (Nicolas) : Bien,
il y a un risque...
Mme Ghazal : ...puis
d'ajouter des choses, puis finalement, ça se perde...
M. Prévost (Nicolas) : Il y a
peut-être un risque qu'on ne prenne pas le bon chemin.
Mme Ghazal : ...d'où une
loi-cadre, une... en tout cas.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
Merci beaucoup.
Mme Ghazal : On y reviendra.
Merci.
La Présidente (Mme Dionne) :
Merci. C'est tout le temps qu'on avait pour cet échange. Donc, Mme Legault, M.
Prévost, M. Parent, M. Ouellet, merci beaucoup pour votre contribution à cette
commission.
Et moi, bien, je suspends les travaux
quelques instants pour accue