House Proceedings — 18 April 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
2023-04-18
Quebec — Debates (Hansard)
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
bonjour à toutes, bonjour à tous. Donc, avant de débuter nos travaux,
nous allons prendre un moment de recueillement quelques instants.
Merci. Alors, M. le leader
adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Merci beaucoup, M. le Président. Bien heureux de
vous retrouver ce matin. Peut-être une
pensée pour mes concitoyens de Chapleau, là, aujourd'hui, qui, ces dernières
années, ne l'ont pas eu facile avec les inondations. Puis actuellement la rivière est sous surveillance. Donc,
leur dire que je serai là si quoi que ce soit arrive, et j'ai une pensée
pour eux ce matin, particulièrement les gens de Pointe-Gatineau.
Et, sur ce, M. le
Président, je vous demanderais de bien vouloir appeler l'article 9 du
feuilleton.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors, à l'article 9 du feuilleton,
M. le ministre de la Santé propose l'adoption du projet de loi n° 10, Loi limitant le recours aux services d'une agence
de placement de personnel et à de la main-d'oeuvre indépendante dans le
secteur de la santé et des services sociaux. Y a-t-il des interventions? M. le
ministre.
M. Dubé :
Alors, M. le Président, bien content d'être de retour de ce congé pascal, si on
peut le dire comme ça, là. Alors, je veux saluer tout le monde ici, en
cette Chambre, ce matin.
fait, on est très heureux d'être ici, notamment aujourd'hui, pour l'adoption du
projet de loi n° 10, comme vous l'avez mentionné, sur les agences
privées. Je pense qu'on franchit ici une étape très importante non seulement
dans l'avancement de ce projet de loi là,
mais c'est une avancée importante pour améliorer les soins de santé et pour...
le réseau public devienne un employeur de choix. Et je tiens à le mentionner,
je vais le dire quelques fois dans les prochaines semaines, je suis certain qu'on a réussi à s'entendre, je
dirais, presque aussi rapidement avec les collègues de l'opposition à
travailler ensemble pour faire
cheminer ce projet de loi là, qui est un autre élément du casse-tête que je
mentionne souvent dans notre plan santé.
une des raisons pour lesquelles on a réussi, M. le Président, à s'entendre avec
les oppositions, c'est qu'on s'est mis
d'accord sur certains principes, qu'il était important de respecter et de
s'entendre sur ces principes-là. Et je dois encore une fois remercier les oppositions pour ça. On
était tous d'accord que le statu quo sur les agences privées n'était pas
acceptable, et ce, pour plusieurs raisons. Je les rappelle, M. le Président.
Premièrement,
il y a une grande iniquité entre le personnel du réseau public et le personnel
des agences, entre autres sur les
taux horaires pour les agences, qui sont beaucoup plus élevés. Le personnel
d'agence ne se rend pas toujours disponible pour les quarts défavorables. Il y a beaucoup d'instabilité pour les
patients, un manque de continuité avec les soins et les employés qui quittent le réseau pour revenir quelques
semaines plus tard à des taux beaucoup plus élevés. Et je pense que cette question d'équité là, M. le Président, pour
nos employés, mais c'est aussi une question de qualité de soins. Je pense
qu'on en a pris vraiment conscience, de la
pleine mesure, lors des consultations que nous avons faites, lors du projet de
loi.
Maintenant,
il est important de parler de transition, de transition, M. le Président, parce
qu'en parallèle à ce projet de loi là
que nous voulons adopter nous avons encore beaucoup de travail à faire en sus
de ce projet de loi là. Et un des grands
objectifs du plan de santé, c'est de faire, comme je l'ai dit souvent, que
notre réseau public devienne un employeur de choix. On doit attirer des gens à revenir travailler chez nous, mais on
doit surtout retenir la main-d'oeuvre et leur offrir des conditions qui
sont compétitives à ce qu'offrent les agences présentement.
Et donc une des
choses qu'on fait en parallèle qui est importante, en parallèle avec le p.l. n° 10, c'est toute la négociation
de nouvelles conventions collectives qui sont menées, en ce moment, par la
présidente du Conseil du trésor. Ça fait que je tiens à rappeler à ceux
qui nous écoutent aujourd'hui que, oui, c'est une bonne nouvelle qu'on ait
réussi à mettre le projet de loi n° 10
en place qui sera adopté, je l'espère bien, dans les prochains jours. Mais, en
même temps, on doit continuer à
travailler en parallèle sur l'amélioration des conventions collectives qui se
fait pour qu'on puisse être capable d'attirer et retenir du personnel.
J'aimerais
revenir sur quelques grands principes du projet de loi lui-même et qui va
permettre, en fait, de mettre fin à certaines dérives qu'on avait dans les
dernières années en donnant notamment... parce que, quand je dis qu'on a réussi
à s'entendre avec les oppositions, on s'est
entendus sur des principes, et, notamment, un grand principe qu'on a bien
clarifié, c'est d'être capable de donner le pouvoir au ministre, par règlement,
des tarifs maximums qui pourront être chargés par les agences. Et ça, pour nous, c'est excessivement
important de clarifier ça. Et le projet de loi prévoit même des sanctions
pénales très fortes, M. le Président,
qui peuvent aller jusqu'à 150 000 $ en cas de récidive ou de
contravention à la loi ou au règlement qui
seront publiés. Et, pour éviter d'éventuels bris de service, le projet de
loi n° 10 aura la possibilité de permettre le recours
à la main-d'oeuvre indépendante, qu'on appelle, dans des circonstances
exceptionnelles.
c'est là qu'il faut parler de transition ici. Les premières régions qui vont se
faire... où on va interdire la main-d'oeuvre indépendante, c'est sûr que c'est nos grandes régions, comme la région
de Montréal et comme la grande région de Québec, et ce, dès décembre 2024. En ce moment, ce qu'il faut trouver, c'est la
façon d'avoir cette transition-là avec ces régions-là, et je pense qu'on
s'est donné un horizon assez raisonnable, tout en ayant les mécanismes dont je
viens de parler.
Et je
rappelle aussi les engagements que nous avons pris durant le projet de loi.
J'avais toujours dit que le projet de
loi, il était perfectible, on l'a démontré avec les oppositions, qui nous ont
fait d'excellentes suggestions. J'en ai pris ici quelques-unes. On nous demandait de clarifier des éléments de règlement.
Parce que c'est facile de dire : Voici, on a un projet de loi, les principes sont là, puis on
reviendra avec les règlements par la suite, mais ce que l'opposition nous a
demandé, puis on a eu de bonnes
discussions là-dessus, c'est : Est-ce qu'on pourrait être un petit peu
plus précis dans le projet de loi
sur... sans aller dans le détail des règlements, mais qu'est-ce qu'on devrait
retrouver dans ces règlements-là? Et je vous donne un exemple. Les tarifs maximums, pour moi, c'était très important.
Alors, on s'est entendu qu'il y aurait des tarifs maximums. Ça a été longuement discuté, on a donné
des exemples, on a dit qu'est-ce que ça pourrait... mais ces tarifs-là seront, par exemple, dans le règlement, mais il
n'y aura pas de surprise pour personne avec ces règlements-là. C'est un très
bel exemple de discussion que nous avons eue.
On a parlé
aussi beaucoup, et ça, c'est des suggestions qui nous ont été faites par
l'opposition... de dire comment on
peut suivre maintenant, au cours des prochains mois, des prochaines années, la
diminution que l'on souhaite des heures qui sont données aux agences, et ça, pour être certain qu'on fait un
suivi correctement. Donc, on s'est engagé à améliorer les tableaux de bord publics qui traitent déjà de ça,
mais peut-être pas au niveau de détail qui était souhaité par l'opposition. Et j'ai pris l'engagement, après avoir discuté avec
nos collègues de l'opposition, du genre d'améliorations ou d'informations
supplémentaires qu'on pourrait fournir.
Alors, encore une fois, je salue ces demandes-là
qui nous ont été faites, et on a dit qu'on allait s'assurer qu'au cours des prochains mois cette information-là
additionnelle qui... permettrait aux Québécois de voir la progression ou, je
dirais, la pente descendante de l'utilisation
de la main-d'oeuvre indépendante dans les prochains mois. Et on s'est engagé,
comme ça se fait beaucoup dans ce genre de
loi là, d'avoir un rapport d'étape qui est dans trois ans, pour montrer et
confirmer tout ce que je viens de
dire qui aura été fait, donc ce qu'on appelle régulièrement un rapport
d'évaluation de la loi. Je pense que les oppositions, dans ce projet de loi là,
nous ont aidés à trouver l'équilibre entre avoir un projet de loi qui a été
quand même évolué assez rapidement, mais, en
même temps, à discuter des principes et à discuter même de l'essence même de
certains règlements.
Donc, en
conclusion, non seulement je tiens à remercier tout le monde qui est venu,
parce qu'on a eu beaucoup de gens qui
sont venus en commission parlementaire, des groupes, pour nous expliquer...
autant un propriétaire d'agence, que je dois saluer, qui est venu nous
expliquer comment lui respecte les règles, puis, etc., mais il représentait
quand même l'ensemble des propriétaires
d'agences. Ça n'a pas été une session facile, mais je pense que... je salue
cette personne-là qui est venue
présenter au moins son point de vue et... d'expliquer comment lui fonctionnait
de façon... avec respect, mais, en même
temps, on a été capables de souligner que ce n'était peut-être pas toutes les
agences qui avaient cette même rigueur-là dans le travail. Et je pense qu'on a eu quand même de très, très bonnes
présentations, notamment des organisations syndicales, à qui on répondait directement à leurs demandes en
venant encadrer le personnel des agences privées. Ça fait que je pense que tout le monde retient... je dirais, la grande
majorité des intervenants sont contents du projet de loi qu'on met sur la table
pour acceptation.
Je veux aussi faire peut-être un lien avec le
projet de loi n° 15. Et je le dis avec beaucoup de respect, le projet de loi n° 15 sur l'efficacité du réseau de la
santé, c'est un projet de loi aussi où on aura l'occasion, avec les
oppositions, de travailler de cette
façon-là aussi. Je pense que, si on a... Puis j'ai entendu de très, très bons
commentaires des oppositions, dans les derniers jours, sur l'importance
de travailler ensemble dans un projet de loi comme celui-là. Alors, si le
projet de loi n° 10 est un exemple de
la collaboration qu'on pourrait avoir dans un projet de loi tout aussi
important qu'est le projet de loi
n° 15, je pense qu'on s'en va, M. le Président, dans la bonne direction. Et
j'espère que l'on pourra continuer à faire avancer pour que notre réseau de la santé devienne non seulement un
employeur de choix, mais qu'on soit capables d'être fiers de notre
réseau de la santé.
Alors, M. le Président, merci beaucoup à vous.
Merci.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le ministre. Donc, prochain intervenant,
M. le député de Pontiac.
Fortin : Oui. Merci. Merci, M. le Président. À l'instar du
député de Chapleau, vous allez me permettre d'envoyer mes plus sincères pensées aux concitoyens de
l'Outaouais qui ont... qui sont inquiets, ces jours-ci, de la montée des eaux.
Je le disais en blague au député du
Témiscamingue tantôt, qu'il pouvait garder sa neige chez eux, mais,
effectivement, s'il peut la garder quelques jours de plus, je pense, ça
aiderait bien du monde dans notre coin de pays.
Sur le projet
de loi n° 10, M. le Président, le projet de
loi sur les agences et non le
projet de
loi sur l'agence de santé, mais
le projet de
loi sur les agences... On en aura long à dire sur celui sur
l'agence de la santé, mais, sur celui-ci, c'est vrai qu'on est partis d'un
certain... d'un certain consensus, du moins sur le principe, M. le Président,
et ça, ça a fait en sorte que l'étude
du projet de loi, elle s'est bien déroulée, effectivement. C'était une étude
constructive de ce projet de loi là de part et d'autre. Et peut-être,
effectivement, mise à part une présentation un petit peu plus difficile, ça a
été... la plupart des intervenants qui sont venus en commission parlementaire
nous ont dit qu'il fallait procéder, que c'était la chose à faire. Il y avait
des commentaires assez durs, quand même, sur certains... certains manquements
initialement, lors du dépôt du projet de loi, mais je
crois comprendre qu'ils sont, disons, un peu rassurés par rapport au projet de
loi et à sa forme actuelle suite aux changements qui ont été faits lors de la
consultation ou lors de la commission parlementaire.
agences-là, M. le Président, là, elles sont là depuis un certain temps. Le
ministre faisait référence au représentant des agences, qui est venu, mais qui est également propriétaire d'agence,
et, dans son cas à lui, c'est une entreprise familiale qu'il a héritée de ses parents, qui est en place
depuis 30 ans. Les agences, là, il faut le dire, elles ont occupé une
place dans le réseau de la santé
depuis longtemps, sauf que cette place-là, elle est devenue complètement
démesurée au fil des dernières années.
Depuis 2017, alors,
approximativement, là, depuis... depuis que la Coalition avenir Québec est au
pouvoir, regardez ce qui s'est passé en
Abitibi. En Abitibi, on est passé de 898 000 $ dépensés en agences à
34 millions de dollars dépensés en agences en une année, en
une année. Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, on dépensait, bon an mal an, 1,4 million de dollars. On en a dépensé,
l'an dernier, 32,5. Ce n'est pas doubler, tripler, quadrupler, là. Ça, c'est à
peu près 20 fois plus. Au CISSS de la Montérégie-Ouest, on est
passé de 450 000 $, juste pour des préposés aux bénéficiaires, là — les
chiffres que je vous donne, c'est juste pour des préposés aux bénéficiaires — à
21,6 millions de dollars. Je pourrais continuer comme ça. Dans les Laurentides, on est passé de
600 000 $ à 18 millions; au Bas-Saint-Laurent, de
4 000 $ à 13 millions; au Centre-Sud de Montréal, de 1,8
à 10 millions, et ainsi de suite.
M. le
Président, il n'y a pas beaucoup de régions qui ont été épargnées. Au cours des
cinq dernières années, là, le recours
aux agences, que ce soit pour des infirmières, que ce soit pour des préposés,
que ce soit pour des agents de sécurité, que ce soit pour l'administration, que ce soit pour les techniciens, que
ce soit pour les travailleurs sociaux, les psychologues, les
pharmaciens, M. le Président, ça a explosé de part en part.
Alors,
il faut faire quelque chose. Il fallait faire quelque chose. Et ça, c'était...
Je donne raison au ministre de la
Santé là-dessus, on ne peut pas regarder ces chiffres-là et se dire : Ça
va continuer comme ça, on va continuer de laisser la courbe... Ce n'est même plus une courbe, là, c'est
une descente... c'est une descente dangereuse, cette... ou une augmentation
dangereuse pour les contribuables, entre autres parce qu'avec ces coûts-là on
voyait aussi des contrats complètement démesurés,
des contrats où, pour payer une infirmière, on était prêts à débourser
400 $ de l'heure, 400 $. L'infirmière, elle ne voyait pas le
400 $. Mais c'est arrivé, des situations comme celle-là. C'est arrivé à
quelques reprises. C'est arrivé qu'on les
payait 200 $ dollars de l'heure, ces agences-là, 150 $ de l'heure
pour une infirmière. Et on pourrait passer comme ça par... d'un métier à un autre, ce serait la même
chose. C'était une situation... c'est encore aujourd'hui une situation complètement aberrante, complètement inacceptable,
complètement farfelue pour le contribuable, qui, lui, malheureusement,
n'en reçoit pas pour 400 $ de l'heure.
Pire,
M. le Président, le ministre a émis des décrets avec des montants maximaux, au
cours des dernières années, qui
pouvaient être chargés pour certains métiers du réseau de la santé, et on a
appris, dans les journaux au cours des dernières années, que par moment, bien souvent, les montants chargés étaient bien
au-delà de ce qui était dans les décrets. Alors, ça, c'est des situations qui ne peuvent pas perdurer,
parce que le citoyen s'attend à en avoir pour son argent quand il a besoin
du réseau de la santé.
Mais
les agences, là, celles qui sont là depuis 30 ans, je pense qu'on peut
quand même, collectivement, leur dire qu'elles
ont été une
partie importante du réseau, qu'elles ont été, en moment de besoin,
en outil de dépannage, elles ont été utiles dans le réseau de la santé,
et, pour ça, on peut leur dire merci. Mais, pour la surfacturation, pour des
abus, pour l'exagération, pour le mépris...
parce que je le dis bien sincèrement, M, le Président, et là je ne m'adresse
pas à toutes les agences, mais, pour
charger 400 $ de l'heure au réseau de la santé, là, il faut mépriser les
fonds des contribuables, parce que
c'est de l'argent qu'on ne peut pas mettre ailleurs dans le réseau de la santé.
C'est de l'argent qu'on ne peut pas utiliser à meilleur escient quand on
est prêt à s'en mettre dans les poches à un tel niveau.
n'y a pas personne qui est contre des entreprises privées qui font de l'argent.
Le Québec est fondé là-dessus. C'est une
bonne chose. Mais, quand on est prêt à charger au gouvernement de façon si
démesurée des frais comme ceux-là en sachant que ça enlève des services
aux citoyens au bout de la ligne, je pense qu'il y a un examen de conscience à
faire de la part de ces gens-là et à faire
également... et c'est l'exercice qui a été fait, là, de la part du gouvernement
qui a payé ces frais-là. Alors, ils sont allés trop loin, et,
aujourd'hui, effectivement, là, parce qu'il y a certains joueurs, certaines agences qui sont allés trop loin, qui en ont trop
fait parce que le gouvernement a été trop permissif, bien, on en est rendus là.
Aujourd'hui, que ça cesse. Le message que le
gouvernement et tout le monde doit envoyer à ces agences-là, c'est que ça ne
peut pas continuer comme ça.
Maintenant,
M. le Président, le ministre nous parle souvent de... et je pense qu'il est
arrivé il n'y a pas si longtemps, lors
d'une interpellation, avec son casse-tête, le ministre nous parle de son
casse-tête comme étant les différents morceaux du... je pense qu'il a même utilisé le terme «puzzle», là, même si le
ministre de la Langue française lui en voudrait peut-être un peu pour ça.
M. Fortin : «Casse-tête», très bien, on va s'en tenir à ça. Mais le ministre nous
parle de son casse-tête, des différents morceaux, mais, je vous le dis, M. le Président, on a beau être pour ce
projet de loi là, on a beau avoir travaillé à le bonifier, il reste qu'il fait partie... le projet de loi
fait
partie du château de cartes du ministre, parce que, pris en soi, c'est
bien possible... Puis des châteaux de
cartes, moi... Tout le monde ici en a fait avec ses parents, ses
grands-parents. Moi, je faisais ça avec mon grand-père quand j'étais petit, entre deux parties de mitaine, là,
mais ça peut s'écrouler à n'importe quel moment. Un coup de vent, quelqu'un qui ferme une porte de
façon un peu trop abrupte, un enfant qui court, qui accroche le château, tout
peut se passer, là. Le château de cartes, il est vulnérable en tout temps.
Puis c'est un peu ce qu'on voit avec
le projet de loi du ministre, parce que ça a beau être très bien, ce qui va
être adopté, je le soumets à la volonté des parlementaires ici, mais il
n'en demeure pas moins que, si on ne traite pas nos professionnels de la santé de meilleure façon, ça ne fonctionnera pas.
Si on n'attire pas plus de professionnels de la santé dans notre réseau,
ça ne fonctionnera pas. Ce château de cartes là, il est à risque de
s'effondrer.
Et le ministre nous a
demandé, pendant l'étude du projet de loi, de mettre de côté la question de la
convention collective, ce qui a été fait, de
mettre de côté le projet de loi n° 15, ce qui a été fait. On s'en est
tenus au projet de loi n° 10, mais
le projet de loi n° 10 ne fonctionne que si tout le reste fonctionne, que
s'il y a un réel plan d'attraction, de rétention de la main-d'oeuvre au sein de notre réseau de la
santé, parce que rentrez dans n'importe quel hôpital ce matin, M. le Président,
dans n'importe quel CHSLD au Québec, et vous allez voir qu'il manque de monde.
Ils vont vous le dire, il n'y a pas un employé du réseau de la santé qui
ne pense pas qu'il manque de monde.
Alors,
on peut avoir... On peut dire non demain matin aux agences, bien sûr, mais, si
on n'attire pas des professionnels dans
le réseau, là, bien, le château de cartes du ministre, il risque de
s'effondrer. Il ne faudrait pas qu'il arrive à la fin de son casse-tête
puis qu'il lui manque deux, trois morceaux dans la boîte. Il n'y a rien de plus
frustrant que ça.
Vous
savez, M. le Président, le ministre le dit assez ouvertement, et je pense que
c'est un fait qui est accepté d'à peu
près tout le monde ici, en cette Chambre, là, dans les cinq prochaines années,
il a besoin de 122 000 travailleurs du réseau de la santé, et ça, pour seulement quatre métiers, M. le
Président : les infirmières, les infirmières auxiliaires, les préposés,
les travailleurs sociaux. Tous les autres
corps de métiers, tous les techniciens, les techniciens en administration, tous
les médecins, tous les pharmaciens, tous les intervenants à la DPJ, la
liste est longue, M. le Président, on pourrait la faire longtemps, bien, ces gens-là, il va manquer de ces travailleurs-là
aussi. Alors, on dit 122 000 parce que c'est le chiffre qui est facile. C'est le chiffre qui est avancé. C'est
le chiffre qu'on connaît tous. Mais, pour tous les autres emplois du réseau
de la santé, il va nous manquer de monde aussi.
Alors,
pourquoi je vous dis ça? Parce que regardez les urgences ce matin. Le
titre du Journal
de Montréal , vous l'avez vu comme moi, M. le Président. Vous êtes un avide
lecteur et vous vous tenez informé des nouvelles. C'est quoi, le
titre
du Journal de Montréal ce matin? Les pires temps d'attente aux urgences
en 15 ans. Les pires. Et regardez le petit graphique, là, qu'il y a dans l'article, là. Ça aussi, ça va en
augmentant rapidement depuis l'arrivée au pouvoir de la Coalition avenir Québec. Ça va en augmentant rapidement. Le
graphique est clair. Je pourrai vous l'amener plus tard si vous voulez,
mais, d'année en année, ça augmente.
augmente à tel point, M. le Président, qu'il y a des gens qui passent
10 jours aux urgences, 10 jours. Ça augmente tellement
rapidement que le temps moyen, le temps moyen sur civière à Châteauguay, c'est
une journée et demie, une journée et demie.
Dans une journée et demie, là, on va avoir passé une période de questions, on
va en avoir passé deux, périodes de
questions, M. le Président, puis les gens vont encore être sur la civière aux
urgences, et pourquoi? Parce qu'il manque de monde.
Alors,
on peut présenter le projet de loi n° 10. On peut l'adopter. C'est une
bonne affaire. Le gouvernement peut présenter
une réforme complète du réseau de la santé, comme il l'a fait dans le projet de
loi n° 15, puis on va en débattre pour
savoir si c'est une bonne affaire ou pas. Je pense qu'il y a des bonnes choses
là-dedans puis qu'il y a des moins bonnes choses là-dedans. Mais, tant qu'on n'aura
pas un plan complet d'attraction, de rétention de la main-d'oeuvre, c'est
un château de cartes qui risque de s'écrouler à n'importe quel moment.
Ceci
étant, M. le Président, on a fait des modifications importantes dans le projet
de loi, parce que, comme je vous disais tantôt, il y a beaucoup de groupes qui
sont venus en commission parlementaire puis qui nous ont dit : Il est
vide. C'est une façade, ce projet de
loi là. Il n'y a rien dedans. Tout ce que ça fait, c'est que ça permet au
ministre de faire à peu près n'importe
quoi, ce qui n'était pas faux. Il avait besoin de substance. Il avait besoin de
viande autour de l'os. La structure était correcte, l'idée était bonne, mais le ministre voulait qu'on lui donne à
peu près tous les pouvoirs, tous les droits, qu'il puisse déposer tous les règlements qu'il voudrait sans
nous donner aucune orientation précise à savoir qu'est-ce qu'il allait faire.
Alors, les groupes avaient raison de venir
dire ça, de venir dire que c'était, dans sa forme initiale, inacceptable. Et
c'est pour ça qu'on a fait des modifications importantes.
le ministre le disait tantôt, ça vaut la peine de discuter des projets de loi.
Bien, ce projet de loi là, le projet de loi n° 10, il a six articles, six,
puis on a passé, quoi, trois semaines à l'étudier, à peu près, mais c'est un
travail qui était nécessaire. Et là
je vais vous parler de certaines des modifications, le ministre y a fait
référence, mais ce travail-là, il était essentiel. Alors là, on nous arrive avec un autre projet de loi de
1 200 articles, puis on nous dit : Bien, il faut l'adopter en
10 jours, à peu près, d'ici la fin
juin. Six articles, on a passé trois semaines puis on a fait du bon travail
collectivement, mais on est d'accord là-dessus.
Alors
là, je pense que le ministre devrait entendre lui-même son propre propos, il
devrait s'écouter parler, parce que, s'il convient que ça a pris trois
semaines faire un travail de fond, travail essentiel pour un projet de loi de
six articles, il ne peut pas s'attendre à ce
qu'en 10 jours on règle un projet de loi de 1 200 articles,
impensable, pas un projet de loi qui touche
tant de secteurs différents, pas un projet de loi qui va affecter le quotidien
des travailleurs et des travailleuses de la santé. Je pense qu'on se
doit d'avoir quelque chose de plus constructif comme approche.
Enfin,
M. le Président, dans le projet de loi devant nous aujourd'hui, on a proposé,
le Parti libéral a proposé des modifications sur trois aspects
principaux. D'abord, les tarifs. Il n'y avait aucune indication, dans le projet
de loi, de quels seraient les tarifs maximaux pendant la période de flottement,
c'est-à-dire entre le moment présent et le moment où il va y avoir une impossibilité de faire recours aux agences, d'avoir
recours aux agences de la part des centres de santé. À Montréal, à Laval,
à Québec, ce sera en décembre 2024. Mais, d'ici là, est-ce que les agences
peuvent continuer à charger 100 $,
200 $, 300 $, 400 $ pour des infirmières? Ce n'était pas
spécifié dans le projet de loi du ministre. Alors là, au moins, on a une indication claire, à savoir les
tarifs vont être similaires à ceux qui étaient dans le décret, dans le décret
pandémique, là, celui qui a été instauré en 2020. Alors là, on a une indication
approximative qui est à peu près logique, M. le Président. Quand on regarde les
chiffres, ça tient la route.
Bien sûr, il y a une
convention collective qui est en négociation ou en discussion en ce moment.
Alors, il faudra voir où ça nous mène, il
faudra voir s'il y a des modifications qui vont avoir... qui vont être
nécessaires, et c'est pour ça que je
n'ai pas de problème à ce qu'on dise : Bien, laissons une certaine
flexibilité au ministre de s'adapter. Mais, encore là, il fallait absolument avoir une indication, ce qu'on
a eu à travers les propositions du Parti libéral, à savoir quels allaient être
les tarifs maximaux.
Deuxième
chose, les pénalités, M. le Président. Ce que le ministre disait
essentiellement, c'était : Bien, il va y avoir des pénalités pour tout le monde qui ne respectent
pas le projet de loi. O.K., mais c'est qui ça, ce monde-là? Est-ce que c'est vous ou c'est moi? Est-ce que c'est une
infirmière, une préposée qui se fait dire : Va dans tel centre de santé,
ils ont besoin de toi aujourd'hui?
Est-ce que c'est l'agence qui emploie cette infirmière, cette préposée-là?
Est-ce que c'est le centre de santé
lui-même? Est-ce que c'est le gestionnaire du centre de santé? Qui va avoir ces
amendes-là? Elles sont de quelle hauteur? Puis qu'est-ce qu'on va faire avec
l'argent?
Le ministre
nous disait : Bien, laissez-moi ça entre les mains, vous allez voir. À
part avoir une indication à savoir c'était
quoi, la hauteur maximale des amendes, on ne savait pas à qui il allait
l'appliquer. Puis, en fait, le ministre a donné le pouvoir de
l'appliquer aux établissements.
Alors là, vous êtes un établissement de santé,
vous avez un certain budget pour desservir la population. Cet argent-là, là, il est destiné à donner des
services à la population, puis le ministre de la Santé disait : Oui, mais,
s'ils ne respectent pas ou s'il y a... s'ils excèdent, par exemple, la
permission spéciale que je leur donne puis ils utilisent quelques heures de plus d'agences, je vais leur imposer une
pénalité. Puis je vais en imposer une autre aux gestionnaires aussi. Puis je
pourrais en imposer une à
l'infirmière elle-même qui n'a fait qu'écouter son employeur qui lui a
dit : Va dans tel centre de santé aujourd'hui,
ils ont besoin de toi. Mais le ridicule de la chose, M. le Président, c'est
qu'en faisant ça, en imposant une amende au centre de santé lui-même, le ministre de la Santé finissait par
dire : Bien, l'argent qui était supposé aller au patient, l'argent que vous aviez, là, pour donner des services à la population,
je vais revenir le chercher. Alors, si on pense que cet argent-là est nécessaire
pour donner des services à la population, je vais revenir la chercher. Si on
pense que cet argent-là est nécessaire pour
donner des services à la population, bien, voyons donc! on ne peut pas donner
une amende. Le gouvernement ne peut pas donner une amende à une autre
instance du gouvernement pour avoir brisé une règle que le gouvernement vient
de se donner lui-même. Ça, là, c'est à s'arracher les cheveux. Ça, ça ne fait
que faire travailler des fonctionnaires, M.
le Président. On est en pénurie de main-d'oeuvre, il me semble que ces gens-là
pourraient faire autre chose que de donner des amendes du gouvernement au gouvernement pour ramener de l'argent
dans les poches d'une autre instance du gouvernement. Ça ne fait pas de
sens. Alors, c'est pour ça qu'on a proposé des amendements pour que ce soit
clair.
Qui devrait avoir une pénalité, M. le Président?
Pas l'infirmière. Elle, là, elle suit la directive de son employeur. Son employeur lui dit : Va au centre de santé
ou au CHSLD, à Sainte-Anne-de-la-Pérade. Elle, là, elle ne le sait pas, Sainte-Anne-de-la-Pérade, c'est-tu... ça tombe-tu
dans la Capitale-Nationale, ça tombe-tu en Mauricie, ce n'est pas sa job
de savoir ça. Elle, sa job, c'est d'aller
donner des soins aux patients. Mais elle, elle ne devrait pas avoir une amende
parce que son employeur lui a dit
d'aller dans un centre de santé précis. L'agence devrait, M. le Président, être
celle qui a la pénalité, parce qu'ils
connaissent les règles. Eux, là, c'est leur travail de connaître ces règles-là,
de savoir exactement à quel moment ils
ont droit d'envoyer une infirmière, un préposé, un agent de sécurité, un
technicien dans un centre de santé précis pour aider ce centre de santé là dans
un moment où il en a besoin. Mais ce n'est pas au gouvernement puis ce n'est
pas à l'infirmière. Alors, ça, c'est
une bonne chose que le ministre a entendu l'appel du Parti libéral et a accepté
de faire des modifications en ce sens-là.
Troisième chose, M. le Président, et c'est là où
il fallait envoyer un réel signal clair, le ministre est arrivé avec un projet de loi qui disait essentiellement :
Bien, un jour, ça va être interdit d'utiliser les agences. Mais quel est ce
jour? On ne savait pas. Dans quelles
régions et à quel moment? On ne savait pas. Alors, ce que ça disait
essentiellement, là, c'est : Je me garde le droit de vous dire
quand, quand bon me semblera, que, bien, ça va être le temps de mettre fin à
ça. Non, M. le Président, si on veut mettre
fin au recours aux agences, là, il faut que les centres de santé commencent à
travailler là-dessus tout de suite.
D'où la demande, de notre part, d'avoir une indication claire quant au moment
précis où, dans chacune des régions, ce serait la fin.
aujourd'hui, pour Montréal, pour la Capitale-Nationale, pour la région de
Laval, c'est clair, le 31 décembre 2024, il n'y en aura plus, de
travailleurs d'agences. Alors, ça dit à tous les gestionnaires de ces
établissements-là, à tous les gestionnaires
du réseau de la santé, à tous les gestionnaires de résidences pour aînés
privés, de ressources intermédiaires, de
maisons de soins palliatifs, ça dit à tout ce monde-là : Regardez la date,
là, sortez votre calendrier, le 31 décembre 2024, il faut s'organiser autrement, vous avez un an et
demi, un an et deux tiers pour vous organiser d'une façon différente, parce que
cette journée-là, il y en aura plus, organisez-vous pour renflouer vos équipes,
organisez-vous pour attirer plus de monde, mais là c'est fini, d'où, M. le Président, mon point initial :
Si le gouvernement ne réussit pas à donner des conditions de travail plus intéressantes à son personnel, bien,
comment voulez-vous que les gestionnaires s'organisent pour le 31 décembre
2024 pour attirer plus de monde? Encore une
fois, je reviens à mon château de cartes : si le gouvernement ne fait pas
son travail dans les conventions
collectives, si les gestionnaires restent d'une inflexibilité totale à l'égard
de certains employés, comme on le voit en Mauricie en ce moment, bien, il ne
réussira pas à attirer plus de monde. Alors, on a beau être pour le principe, on a beau être pour le projet de loi, on
a beau vouloir envoyer un signal clair aux agences qu'assez c'est assez, qu'on
ne tolérera plus des situations comme celle-là, si le gouvernement ne fait pas
son bout, le château de cartes s'écroule encore une fois.
Mais, quand
même, on envoie un signal clair aux agences, on envoie un signal clair aux
établissements de santé, on envoie un signal clair aux partenaires privés du
réseau de la santé, mais on envoie un signal clair au gouvernement de la CAQ, en ce moment, en même temps, parce qu'on
leur dit, là : Vous aussi, vous avez une responsabilité, puis là vous
aussi, vous avez une
date butoir, puis vous aussi, si vous n'êtes pas capables d'arriver à attirer
plus de personnel dans le réseau de la santé d'ici là, vous allez avoir
un sacré problème. Parce que la dernière chose qu'on veut, c'est que, le 31 décembre 2024, le ministre de la Santé
soit obligé de signer un paquet d'exceptions pour dire : Ah oui! c'est
vrai, à Laval, là, bien, on est à la
date butoir, mais à tel CHSLD on va donner une permission spéciale, puis à tel
CHSLD on va donner une permission
spéciale, puis à telle RPA, puis à l'hôpital, dans l'unité de gériatrie, à la
Cité-de-la-Santé, on va donner une permission spéciale parce qu'il n'y a
pas assez de monde, parce qu'on n'a pas réussi à en attirer assez.
Il y a un
signal clair, un message clair pour le gouvernement, dans ce projet de loi là,
c'est-à-dire : Alignez vos flûtes, faites-le... j'allais utiliser une expression que je ne devrais
pas utiliser ici, mais que ma mère me sortait souvent quand j'étais jeune, mais faites-le tout de suite, parce que, M. le
Président, ça ne fonctionnera pas s'il ne se dégrouille pas. Encore une fois,
expression à moitié... la moitié de
l'expression que ma mère utilisait. Mais ça, c'est pour Montréal, Laval, la
capitale nationale, qui va être le premier vrai test, puis, l'an
d'après, ça va être la Mauricie, Centre-du-Québec et l'Estrie.
Et, pour
toutes les autres régions, M. le Président, c'est vrai que c'est plus
compliqué, je concède. Je concède au gouvernement
que c'est plus compliqué, plus compliqué parce qu'ils ont laissé la chose
exploser au fil des dernières années, je vous ai donné les chiffres
tantôt, mais parce que sur la Côte-Nord on est à 28 %, 28 % de
recours à la main-d'oeuvre indépendante
cette année, parce que dans le Nord-du-Québec on est à 22 %, parce que
dans les Laurentides on est à 11 %, dans la Gaspésie aussi, parce
qu'au Témiscamingue, en Abitibi, on est à 19 %. Ça, là, ça veut dire que
notre réseau, il est entièrement dépendant
de la main-d'oeuvre indépendante. Si on l'enlève, demain matin, sur la
Côte-Nord, c'est le quart du monde, il manque le quart du monde dans le
réseau de la santé. Je vous donnais l'exemple d'un petit village sur la
Côte-Nord, la semaine dernière, mais c'est vrai partout sur la Côte-Nord, ça.
S'il n'y a
pas un véritable changement organisationnel à l'intérieur du réseau de la
santé, ça ne pourra pas fonctionner. Et
c'est pour ça que le ministre se garde une gêne pour toutes ces régions-là, les
régions qui ne sont pas Montréal, Laval, la capitale nationale, l'Estrie puis la Mauricie, Centre-du-Québec. Le
ministre se garde le pouvoir d'aller bien au-delà même de la prochaine élection avant d'interdire le
recours aux agences parce qu'il ne le sait pas, s'il va être capable de le
faire, il n'a pas encore mesuré l'impact de ce que ça veut dire,
interdire l'agence.
Je vous en
donne un bout, puis ça, c'est un bout qui est inquiétant pour les gens de
régions comme moi. Si on enlève le recours aux agences trop vite, dans
certaines régions, qu'est-ce qui va se passer? Parce que les travailleurs de la
Côte-Nord, là, travailleurs en main-d'oeuvre
indépendante, ils ne viennent pas tous de la Côte-Nord, il y en a beaucoup...
M. le Président, vous le savez, il y a des
gens de votre circonscription qui se déplacent vers la Côte-Nord à toutes les
semaines pour aller travailler dans le
réseau de la santé. Bien, si, demain, ils n'ont pas le droit d'aller travailler
dans le réseau de la santé de la
Côte-Nord à travers une agence, ils risquent fort de retourner chez eux, auprès
de leurs familles, auprès de leurs proches,
dans leurs quartiers, puis de revenir travailler dans un établissement près de
chez eux, à Montréal. Mais qu'est-ce qui va se passer avec les patients de la
Côte-Nord? Alors, que le ministre se garde une certaine latitude, ça va, mais
ça prend un plan, également, on ne
peut pas juste dire : On laisse ça ouvert ad vitam aeternam. Il y a un
test qui s'en vient, dans les régions mentionnées, mais il va falloir
faire une vraie analyse, à savoir comment on s'y prend pour ces régions-là, ce
qu'on n'a pas eu de la part du ministre encore.
L'autre
chose, M. le Président, dernière chose, en fait, le ministre nous dit encore
une fois aujourd'hui qu'il veut être
un employeur de choix. Employeur de choix, là, ça ne passe pas par le projet de
loi n° 10, uniquement, ça passe par ses conventions collectives, ça passe par son
attitude aussi, ça passe par l'attitude des gestionnaires du réseau de la
santé. Vous demanderez aux gens de la
Mauricie et du Centre-du-Québec, aux infirmières, entre autres, s'ils trouvent
qu'en ce moment, là, leur réseau de
la santé régional, c'est un employeur de choix. Ceux qui étaient ici il y a
quelques semaines vont vous dire que
ce ne l'est pas, en ce moment, ceux qui sont affectés dans leur quotidien, ceux
qui se font... ceux à qui on demande
de faire des tâches pour lesquelles ils n'ont pas d'expertise ou ils n'ont plus
d'expertise, dans un domaine qui n'est pas celui de leur spécialité, ils
vont vous dire qu'on est loin d'être un employeur de choix.
Et je demande au ministre et au gouvernement de
la CAQ de garder une chose en tête : les travailleuses et les travailleurs qui ont quitté le réseau de la santé
dans les dernières années, elles l'ont fait pour une raison. Elles l'ont fait
parce que l'employeur était
inflexible. Elles l'ont fait parce que le gouvernement ne donnait pas une
conciliation travail-famille adéquate.
Elles l'ont fait parce que les conditions salariales étaient meilleures à
travers les agences. Mais ça va prendre toute une job pour convaincre quelqu'un qui s'est dit : Assez, c'est
assez, moi, je quitte, de revenir. Si on ne modifie pas de façon substantielle le climat de travail, les conditions
de travail, l'attractivité de la profession à l'intérieur du réseau, bien, il y
a beaucoup de ces gens-là, puis ils
nous l'ont dit, elles nous l'ont dit, sondage après sondage, elles nous l'ont
dit : Pas sûr que je vais
revenir, pas sûr, peut-être que je vais faire autre chose de ma vie, peut-être
que je vais me tourner vers les hôpitaux privés du député de Saint-Jérôme puis du ministre de la Santé, peut-être
que je vais me tourner ailleurs que de revenir dans le réseau public. Alors, quand on dit que ça prend
un vrai plan de main-d'oeuvre, un vrai plan d'attractivité, de rétention de
main-d'oeuvre pour que ça fonctionne, c'est ça qu'on veut dire.
Alors, M. le
Président, en terminant, le projet de loi n° 10,
c'est une avancée. C'est positif. C'était demandé par un paquet de monde dans le réseau de la santé. Ça
ne pouvait pas continuer comme ça. On ne pouvait pas laisser le gâchis des dernières années de la Coalition avenir Québec
continuer, où on a doublé, triplé, quadruplé, fait fois 20 le recours aux
agences dans certaines régions. On ne pouvait pas laisser ça continuer. Mais,
M. le Président, ça demeure un château de
cartes. Si le gouvernement ne prend pas au sérieux l'enjeu de l'attractivité de
la main-d'oeuvre, il n'y a rien de ça qui va fonctionner.
Alors, on le
souhaite, on va travailler avec le gouvernement pour que ça fonctionne, mais, à
ce jour, nous n'avons toujours pas vu
de plan complet pour l'attraction, pour la rétention de la main-d'oeuvre. Je
demande au gouvernement, qui a notre
vote pour le projet de loi n° 10... On va l'appuyer. Il a notre appui, mais je
lui demande de prendre au sérieux cette initiative, parce que, sinon, tout le travail
qu'on va avoir fait aujourd'hui, là, tout le travail qu'on va avoir fait au
cours des dernières semaines, il n'aura servi à rien. Je vous remercie,
M. le Président.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de Pontiac. Prochaine
intervenante, Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga
Mendez : Merci, M. le Président. Alors, c'est un plaisir
pour moi de commenter puis de... le résultat de la commission parlementaire sur laquelle on s'est penchés, sur
l'adoption puis les détails du p.l. n° 10, une loi qui veut
limiter, voire mettre fin au recours des agences privées, en santé.
Je veux
réitérer que le fait de se débarrasser des agences privées, en santé, est une
demande de la part de notre formation politique depuis très longtemps.
Je me souviens même, dans le temps d'Amir Khadir, le travail qui a été fait
là-dessus, parce qu'on peut voir comment les
agences privées, en santé, viennent gruger des ressources à notre système
public, sont vues comme un parasite
qui vient prendre des ressources de notre réseau, puis qui s'en vont les mettre
dans le privé, et qu'après on rend dépendants nos établissements de ces
types d'agences.
Alors, on le
sait, au Québec, le problème, c'est que, oui, il manque des infirmières et il
manque du personnel dans le réseau
public, mais c'est, entre autres, parce qu'on a permis l'exode de ce
personnel-là vers le privé. Alors, nous, dès qu'on a entendu l'intention de légiférer là-dessus, pour nous, elle
était quand même... on a salué cette intention-là, parce que, depuis le début, je le répète, ça passe par
la législature. Ça passe par une loi qui ne met et qui n'encadre pas seulement
le recours aux agences privées, en santé, mais surtout qui encadre la fin. Il
faut en finir avec ces types de pratiques là.
Donc, pendant
la commission parlementaire, une des choses dont on a beaucoup discuté, c'est
vraiment l'objectif de ce projet de
loi là. Et je veux quand même saluer une sincère adhésion de la part de tous
les partis autour de la table de garder
l'objectif à long terme. Pour nous, il faudrait que ce soit le plus vite
possible. On s'entend, c'est de mettre fin au recours à ces agences-là...
Puis c'est sûr que, là, on va rentrer un peu plus dans les détails, dans les
différents moyens, conditions qu'on a mis dans le projet de loi, mais je dirais
plutôt qu'on n'a pas mis dans le projet de loi. Et c'est là que j'aimerais quand même apporter certaines
nuances, voire des critiques, et qu'on a aussi apporté autour de la table lors
des commissions parlementaires. Donc, comme je le disais, je veux quand
même saluer le travail d'écoute de la part de tous les collègues qui étaient là
autour de la table, tant la
partie ministérielle que du parti de l'opposition.
On a eu des excellents échanges. Mais, malgré cette écoute-là, des discussions,
des questions, questionnements qu'on a eus, il reste encore des vides, il reste
encore des choses à définir. Puis ça vient du fait que l'approche qui est
prônée dans ce projet de loi demeure une
approche qui est centralisatrice. Et ça, c'est un enjeu, parce qu'on est en
train de donner des pouvoirs spéciaux,
des pouvoirs qui vont être concentrés entre les mains du ministre pour régler
un problème qui doit être temporaire, c'est-à-dire
on veut mettre fin à ce recours-là et on va quand même donner une grande,
grande marge de manoeuvre, parce que
ce qu'on voit dans le projet de loi, c'est que le fait que la majorité des
conditions et des moyens pour restreindre l'appel à la main-d'oeuvre
indépendante, bien, tout ça, ça va se trouver dans les règlements. Donc, il y a
eu beaucoup... on a eu beaucoup de discussions là-dessus parce que,
quand on le fait par règlement, on se base sur la bonne volonté du ministre actuel de la Santé mais aussi sur la bonne volonté
d'un ministre à venir de continuer dans l'esprit qui nous habitait au début
de la discussion. Puis, je le répète, je la
sentais, cette adhésion sincère de contrer l'appel aux agences, mais là, nous,
on s'attendait à qu'il y ait des
choses beaucoup plus claires soit mises dans le projet de loi pour que
l'intention soit reflétée dans la législature.
Et aussi,
comme mon collègue, le comté du Pontiac... député de Pontiac l'a dit, il y a
plusieurs considérations, des choses
qui ont été ramenées par les groupes qui ne se retrouvent pas en entièreté dans
le projet de loi, et j'aimerais quand même les apporter autour de la
table. La première chose que nous, on a poussée pendant la commission
parlementaire, c'est le fait d'avoir une
planification de la main-d'oeuvre, parce qu'on le disait au début le problème,
c'est le fait qu'on doit... on dépend
du recours aux... on dépend de ce recours-là pour aller combler un besoin de
main-d'oeuvre. Donc, pour être capable de... que le projet de loi
atteigne ses objectifs, on a demandé d'avoir un exercice obligatoire de
planification de la main-d'oeuvre nationale
pour voir où sont nos manques, parce que l'équilibre à chercher, puis ça, c'est
important pour nous de le dire,
c'est, d'un côté, accompagner les petits établissements, surtout en région,
pour lesquels on ne veut pas de bris
de service, en région, puis on veut qu'ils soient écoutés dans toutes leurs
demandes, puis, de l'autre côté, on ne veut pas donner une carte blanche aux établissements de faire appel aux
agences privées, en santé. Mais surtout, au-delà de... l'établissement, pardon, ce serait de laisser aux
agences privées de faire la pression pour garder des liens de dépendance.
Donc, on le sait, que cet équilibre-là, il
est fragile, mais, si on veut s'en débarrasser, l'exercice d'une planification
de la main-d'oeuvre nationale nous
semblait essentiel pour les besoins des régions, mais surtout, comme je le
disais, pour les besoins des petits établissements.
Cependant, on
s'est rendu compte, dès le début des discussions, qu'il n'y avait pas eu... le
ministre ne nous a pas présenté une planification
de main-d'oeuvre en amont, puis on n'a aucune garantie dans le projet de loi
que cette planification là sera
faite. On parlait un peu d'une banque publique, le ministre nous disait :
Des équipes volantes, en santé. Bien,
on n'a pas encore une garantie claire de si on va avoir ce type d'agence
publique pour aller répondre aux besoins de main-d'oeuvre. Même chose pour répondre dans les régions éloignées,
puis, bien sûr, la situation des nos petites RI et des petits RPA qui
n'ont pas les mêmes moyens et qui, peut-être, des fois sont trois, quatre
employés, et dès qu'on a une personne
malade, une personne en congé, bien, ça tombe vite dans le bris de service.
Puis on ne souhaite pas ça parce qu'on veut
être capable d'offrir nos services publics lorsqu'on en a besoin. Je veux aussi
réitérer que, dans le projet de loi, ça reste encore un peu trop restrictif envers ces
petits établissements-là. On prend encore une approche avec le bâton, qui
prévoit des amendes, des amendes,
mais sans donner le coup de pouce nécessaire pour que nos gestionnaires de ces
petits établissements-là fassent
autrement. Et c'est pour ça qu'une bonne planification de la main-d'oeuvre
aurait dû, auraient pu être faite. On aurait pu faire ce geste-là dans le cadre de ce projet de loi. On a aussi
discuté de donner une flexibilité pour les petits établissements. Il y a une ouverture, mais, même si on avait certains engagements
puis une ouverture lors des discussions, je le répète, il n'y a rien qui
nous garantit que ça va être fait, parce que ce n'est pas inscrit dans la...
législature, pardon.
Une avancée,
par contre, qu'on voit, qu'on a eue dans l'étude de ce projet de loi là, c'est
qu'on a maintenant des définitions claires qui vont être prévues dans le
premier règlement, en ce qui concerne les... la définition de ce qu'on veut dire par «agence de placement» puis par
«main-d'oeuvre indépendante». Au tout début, lorsque le projet de loi a été
déposé, on n'avait rien, on continuait à
naviguer à l'aveugle, mais on a eu des engagements puis on a eu les définitions
qui seront utilisées. Je peux dire que c'est mieux que pas du tout. On a
reçu également la liste préliminaire des catégories d'emplois qui vont être touchées par le projet de loi. Ceci dit, le
ministre refuse d'inclure encore tous les types d'emplois, puis je
pense, entre autres, des agents de sécurité, puis ça, ça demeure un enjeu. Les
groupes qui sont venus nous voir nous le
disaient, comment les intervenants... bien, le fait d'avoir un roulement
perpétuel de personnel, surtout en sécurité, crée de l'instabilité dans les équipes. On doit chaque fois former ces
personnes-là, il y a de moins en moins de connaissance des lieux, les usagers sont de moins en moins en
confiance pour assurer leurs soins intimes, etc. Et ça, c'est important parce
qu'il ne faut pas voir ces personnes-là...
juste des agents qui sont en avant à la porte puis regardent qui qui passe, là.
Ils jouent un rôle dans le bien fonctionnement des établissements.
Donc, on
espère vraiment que le ministre de la Santé va avoir aussi discuté avec le
ministre des Services sociaux pour
s'assurer que d'autres catégories d'emplois, surtout les emplois de la DPJ,
sont incluses dans cette liste. Parce que, lorsqu'on a eu la discussion, ce n'était pas clair encore, et c'est
demeuré problématique. On parle des... le suivi puis des soins qui sont donnés à des enfants, ça fait qu'on
veut être certains que tout l'ensemble des professionnels qui font le suivi
à la DPJ seront aussi incluses dans cette
liste-là. Donc, bref, à notre sens, toutes les catégories d'emplois doivent
être incluses pour bien encadrer l'appel aux agences de services privées,
en santé.
On a aussi eu
un échéancier, un échéancier qui n'était pas, au tout début, dévoilé dans le
projet de loi, puis je pense que
c'est l'effort des oppositions d'avoir mis de la pression là-dessus pour savoir
à partir de quand on allait mettre fin à ce recours-là, que ce soit dans la région de Montréal, on l'a eue pour la
Capitale-Nationale et pour Laval, on l'a également pour la Mauricie, le
Centre-du-Québec et l'Estrie, mais on reste encore des régions à définir. Rien
ne nous indique, par exemple, que
l'Outaouais, le Bas-Saint-Laurent, le Saguenay, les Laurentides, la Gaspésie, bref,
toutes les autres régions sociosanitaires, est-ce qu'elles vont avoir un
échéancier. Comment on va faire pour éviter les bris de service dans ces régions-là? Comment on va les accompagner? Je
ramène la question de la planification de la main-d'oeuvre, je ramène la
question d'être vigilant, des pratiques,
aussi, des agences de privés. Donc, toutes ces questions-là demeurent, et on
n'a pas réussi à avoir les détails, ni dans le projet de loi, puis ces
détails-là ne seront pas non plus dans le premier règlement qui sera
présenté par le ministre.
Au-delà de l'échéancier, il faut aussi
comprendre que ce projet de loi consiste d'un ajout permanent à la
Loi sur les services de santé et services sociaux.
Puis l'objectif du projet de loi, c'est de mettre fin, je le répète, au recours
des agences de placement, mais on est en train de modifier de façon
permanente la
Loi sur les services de santé et services sociaux, et la question qui demeure, c'est de dire : Qu'est-ce
qu'on va faire quand on va avoir réussi l'objectif? Est-ce qu'on va devoir un jour changer cette
partie de la loi?
Parce que l'objectif, comme je le disais depuis tantôt, c'est s'en débarrasser.
Il n'y a aucune clause, une date de
péremption sur... une clause qui stipule la fin de vie des pratiques ou de
cette
section dans la loi des... les
services de santé et des services sociaux, lorsque l'objectif va être atteint.
Puis ça, c'est une des choses aussi qu'on
a ramenées autour de la table pour laquelle on n'a pas eu de réponse. Puis, je
le répète, ça vient aussi avec un esprit de centralisation de la prise de décision, on va donner du pouvoir au
ministre, puis je sens que ça va être au ministre actuel, voire au
prochain ministre à venir de décider comment, à quel moment on tire la plug.
D'autres
déceptions. Moi, je vous dirais, on a ramené certains... des amendements, on a
amené des questions pour mieux encadrer ce qu'on appelle les lignes directrices
lorsqu'on va faire appel aux agences privées, en santé. La réponse qu'on a eue, même si on a eu des engagements
intéressants dont je veux en discuter, c'est que tout va continuer à se faire
par règlement. Donc, c'est le pouvoir du
ministre de nous dire c'est quand et comment les différents établissements vont
pouvoir faire appel.
Je donne un exemple. On a eu une discussion,
puis j'ai eu un engagement de la part du ministre de la Santé sur le principe d'équité, parce que, lorsqu'on fait
appel à la main-d'oeuvre indépendante, ces personnes-là sont payées beaucoup
plus que les personnes qui sont sur le
plancher, les employés de nos réseaux publics, nos professionnels de santé, et
ça crée des frictions sur le terrain, ça crée des inégalités. Et on
voulait avoir le principe d'équité dans la loi. On a eu cependant l'engagement
pour faire... avoir ce principe dans le but de... du premier règlement, puis on
espère que ce principe va continuer d'être appliqué parce que tous les groupes
ont critiqué les absences des balises qui encadrent les agences de placement.
On parlait des taux horaires, des marges de profit qui sont acceptables, les
exigences de qualification, les frais
supplémentaires excessifs. Alors, il faut qu'on approche tout cela dans un
esprit, dans un souci d'équité. Puis, au moins, on est contents que la
notion sera présente.
Une autre raison... une autre discussion qu'on a
pu avoir puis des engagements, c'est la question du taux horaire maximal. Le ministre a accepté d'établir une
tarification horaire pour toute journée de travail effectuée par un membre du
personnel d'une agence de placement ou par
la main-d'oeuvre indépendante, ce qui est quand même une avancée, mais,
je répète, c'est encore le ministère, par
règlement, qui va décider de ces conditions-là, et on est un peu assujettis à
la bonne foi des ministres qui vont
venir par la suite. Puis, quand on fait ça aussi par règlement, c'est qu'on n'a
pas pu avoir l'ensemble du débat public sur ces conditions-là pour
encadrer l'appel à la main-d'oeuvre indépendante.
est un peu dans la même recette puis dans la même situation en ce qui concerne
les circonstances exceptionnelles. C'est
clair, dans la loi, que les établissements peuvent faire appel dans des
circonstances exceptionnelles. Puis, bien sûr, on n'est pas contre. Je
répète, on garde... garder l'équilibre entre le bris de service, la peur puis
la crainte dans certains secteurs de
certaines régions d'avoir des bris de service, puis, de l'autre, il ne faut pas
non plus laisser une carte blanche, mais
on voudrait avoir une plus grande définition de qu'est-ce que c'est, des
circonstances exceptionnelles. Le ministre a refusé de le mettre dans la loi. On a quand même eu certaines
discussions dans lesquelles il nous disait : Une circonstance exceptionnelle, c'est le bris de service. Mais,
parfait, pourquoi on ne l'a pas mis dans la loi? Pourquoi on ne le définit pas
pour être capable de bien encadrer ces
situations-là? Personne ne veut un bris de service. Bien sûr, ça peut être très
bien considéré comme une circonstance
exceptionnelle, mais on ne veut pas non plus faire en sorte que, pour d'autres
raisons qui sont... qui peuvent
apparaître comme un risque de bris de service, on ait de la pression également
de la part des agences privées, en
santé, voire la main-d'oeuvre indépendante, pour continuer à avoir des
avantages, des contrats, etc. Ça fait qu'il faut, d'un côté, comme je le disais, garder cet équilibre-là. On a eu
des engagements qui montrent la bonne volonté, mais, en l'absence d'un
engagement législatif puis en l'absence de débat public, bien, il nous manque
des garanties que cet esprit-là va demeurer dans le cadre de l'application de
la loi.
Là où est-ce
que nous, on a aussi... on a travaillé un peu plus fort, c'est d'avoir un
article dans la loi pour la reddition de
compte, ce qui est superimportant parce que, comme je le disais, on ne va pas
seulement modifier la
loi sur la santé et les services sociaux, on veut savoir si l'application de cette loi-là va
être efficace, qui va amener des résultats dans le long terme. On avait mis de l'avant un amendement qui s'inspirait
de ce qu'on voit ailleurs, déjà, au Québec, que ce soit dans la
loi sur les établissements de niveau universitaire qui voient, par exemple,
comment on doit rendre des comptes aux parlementaires. Puis je peux vous lire, là, qu'est-ce qu'on a déjà
dans d'autres lois, sur le fait que, par exemple, le ministre transmet, au
plus tard à une date déterminée et les
quatre années subséquentes, des rapports sur la mise en oeuvre de la présente
loi; le rapport inclut des états financiers des établissements sur le recours
aux agences de placement de personnel, la main-d'oeuvre indépendante. On voulait un rapport qui est déposé
dans les 30 jours suivants à l'Assemblée nationale, et, bien sûr, que la
commission compétente de l'Assemblée
nationale examine ce rapport-là, et qu'on entende les dirigeants des
établissements au moins une fois à tous les trois ans. C'est ça,
l'amendement qu'on avait présenté.
On a
cependant dû faire un compromis parce que le ministre nous disait que ça
devenait compliqué, faire la reddition de
comptes. On a quand même eu le gain dans la loi, dans l'article 5.1,
d'avoir une reddition de comptes qui va être faite par le gouvernement en déposant un rapport sur la
mise en oeuvre puis un rapport qu'il va déposer dans les 30 jours suivants
à l'Assemblée nationale. Donc, ce rapport-là
va être quand même ici, déposé devant les parlementaires, mais une de nos
déceptions, c'est le fait qu'on va limiter,
quand même, le débat public, car on voudrait avoir, pas seulement le dépôt d'un
rapport mais, bien sûr, avoir le pouvoir d'amener les commissions qui sont
compétentes, de l'Assemblée nationale, examiner
ce rapport-là. Puis c'est la seule façon qu'on ne crée pas seulement un
dialogue, mais on est capable d'évaluer si on arrive à l'objectif, puis, je le répète, un objectif que je sens qu'on
partage dans cette... parmi tous, tous, tous mes collègues, de se
débarrasser de cette dépendance qu'on a envers les agences privées, en santé.
Donc, on est quand même, moi, je pourrais
dire, contents du fait d'avoir un exercice de reddition de comptes, même si ce
n'est pas complètement ce qu'on aurait souhaité.
Un dernier
engagement qu'on est allé chercher, puis je veux quand même le détailler... Les
gens sur le terrain, les travailleurs
nous ont parlé du besoin d'avoir un guichet de plainte, où les personnes qui
observent des pratiques malversantes de
la part des agences du privé, en santé peuvent déposer des plaintes. Le
ministre s'est engagé à le faire, soit en créant un site Internet, comme on l'a fait dans le cas de
maltraitance des aînés, mais, encore une fois, quand on ne légifère pas
là-dessus, quand on ne l'écrit pas
dans la loi ou dans le règlement... C'est, bien sûr, des engagements qu'on
va... qu'on respecte puis on salue,
mais il faut qu'on passe à l'action, puis on s'attend à ce que ce guichet de
plainte là soit fonctionnel pour permettre aux personnes de dénoncer lorsqu'on voit des situations problématiques,
lorsqu'on sent qu'une agence privée, par exemple, vient faire de la pression. Et c'est malheureusement le cas
dans des petits établissements qui dépendent beaucoup de cette
main-d'oeuvre indépendante.
Finalement, on a eu quand même un bon débat sur
le titre. Si on lit le
titre qui est là, on parle d'une loi limitant le recours. Du côté de Québec solidaire, on a
souhaité que ce soit plus clair dans un
titre qui dit qu'il va interdire le
recours, ou interdire progressivement, ou travailler dans l'objectif
d'interdire. On s'est ouverts... on était ouverts à pas mal de façons de l'écrire, parce que c'est l'esprit qui
se dégageait de cette commission, c'est là où est-ce que les acteurs, ils sont.
Puis juste le fait de limiter, pour nous, on a une crainte qu'on continue avec
cette tendance-là encore longtemps, puis l'objectif,
c'est de ne plus être dépendants d'une main-d'oeuvre privée et, bien sûr,
attirer ces professionnels dans notre réseau de la santé.
En gros, on
sent que ce projet de loi est un pas dans la bonne direction, mais, dans les
moyens puis l'esprit qui se dégagent,
on sent que la loi n'est pas contraignante. On continue dans un esprit de
centralisation parce qu'on donne beaucoup de pouvoirs au ministre. On a des
craintes, comme j'ai nommé, dans l'application parce qu'on n'a pas de vigie
complète de la part des parlementaires,
on n'a pas de date de péremption d'atteinte des objectifs, on n'a pas des
conditions qui sont claires, dans le projet de loi, puis on n'a aucune
planification de la main-d'oeuvre, comme je le disais au tout début, en amont. Ça fait que, oui, on avance, mais c'est
comme si on avait encore... on serait encore un peu aveugles puis qu'on ne voit
pas tout, tout, tout comment ça va être
déployé. Bien sûr, notre formation politique ne va pas être contre le projet de
loi. On va mettre... on veut mettre
les agences de placement au pas, ce qu'on a dit depuis le début, puis on veut
aussi faire une petite percée
collectivement au Québec dans cet objectif d'éliminer définitivement le recours
à la main-d'oeuvre indépendante.
Puis juste
finir en disant que, plus largement, oui, il faut faire limiter, voire
interdire l'appel aux agences privées, en
santé, mais, pour être capable de retenir la main-d'oeuvre dans le système
public, surtout dans le système de la santé et services
sociaux, ça va passer par la protection des jalons de notre système public pour
garder des services de proximité gratuits,
accessibles, puis également par l'amélioration des conditions de travail de
tous nos professionnels, de toutes les personnes
qui oeuvrent dans notre système de santé, parce que ça aussi, ça fait
partie
des clés pour avoir des systèmes... retenir la main-d'oeuvre dans notre
système de santé. Merci beaucoup, M. le Président.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée. Donc, prochaine
intervenante, je reconnais Mme la députée de La Pinière.
Caron : Merci, M. le Président. Alors, comme mon collègue
le député de Pontiac l'a dit, l'opposition officielle va voter en faveur de ce projet de loi là. Et
j'irais même jusqu'à dire que j'espère bien que ce projet de loi aura du
succès, parce que l'accessibilité aux
soins, c'est nécessaire pour l'ensemble de la population du Québec. Et, comme
législateurs, nous sommes ici pour
que les politiques et les lois qui sont adoptées aillent vraiment dans le sens
du service public pour tous.
Là-dessus, je
redirai, comme j'ai dit dès le dépôt du projet de loi, que le noeud du
problème, c'est vraiment la question de
la rétention de la main-d'oeuvre, les conditions de travail, principalement,
des infirmières et des préposés aux bénéficiaires. Un sondage auprès de
2 000 personnes dans le domaine... dans le réseau de la santé
montrait que 84 % des infirmières étaient
peu enclines à revenir dans le réseau public avant leur retraite, et ça allait
au-delà de 90 % pour les infirmières auxiliaires.
On a besoin des infirmières. On a besoin des
préposés aux bénéficiaires. Les aînés en ont besoin. On n'arrive pas à offrir les soins à domicile qui sont promis
par les sommes qui sont investies par le gouvernement parce qu'une
partie
de ces sommes retournent dans le fonds
consolidé du gouvernement, parce qu'on n'a pas de ressources pour donner les
soins qui sont nécessaires à domicile ou le soutien à domicile.
Par ailleurs,
il y a des hôpitaux, par exemple dans les hôpitaux anglophones et probablement
dans d'autres milieux aussi, où le
temps obligatoire supplémentaire n'est pas un enjeu, parce qu'il y a des
pratiques de gestion, de toute évidence, qui permettent d'éviter cet
enjeu, en tenant compte des différents besoins des infirmières et puis en leur
permettant de travailler, par exemple, des
quarts de travail plus longs sur moins de jours, où tout le monde est satisfait
et où il n'y a pas de temps
obligatoire supplémentaire. Et on sait que ça, c'est vraiment quelque chose
qui... dont les infirmières ne peuvent plus tolérer.
On se
rappelle que, durant la pandémie, les infirmières, les infirmières auxiliaires,
les préposés aux bénéficiaires, on les appelait nos anges gardiens. On a
formé, de manière intensive, plusieurs personnes pour devenir préposées aux bénéficiaires. Allons voir le nombre de personnes
qui sont encore préposées aux bénéficiaires parmi elles. Beaucoup ont
quitté le réseau.
Alors, on a
vraiment une difficulté à offrir un environnement qui est vivable pour les
professionnels dans notre réseau de
la santé. Alors, c'est absolument impératif que ce projet de loi s'accompagne
d'un plan d'action. Vraiment, est-ce qu'on peut avoir un échange de meilleures pratiques entre gestionnaires du
réseau de la santé pour que le temps obligatoire, pour les infirmières... le temps supplémentaire
obligatoire ne soit plus un enjeu nulle part? Est-ce qu'on peut avoir
l'humilité, je dirais, de partager
les meilleures pratiques, de regarder ce qui se fait de mieux et puis de
l'implanter avec des... avec, peut-être, des modulations? Parce qu'on comprend que le mur-à-mur, ce n'est pas la
méthode à prôner dans quoi que ce soit, mais qu'on tente, au moins, de
prendre ce qui existe déjà.
On ne
réinvente pas la roue. Il y a des choses qui existent, il y a des choses qui
fonctionnent, dans le domaine de la santé,
dans le réseau de la santé... dans le réseau public de la santé. Pourquoi ne
pas avoir l'humilité d'essayer ces choses-là un peu partout? Ça prend de l'écoute aussi des professionnels et puis du
respect envers les professionnels. Il faut valoriser la profession d'infirmière. Il faut valoriser les
préposés aux bénéficiaires. Les infirmières, ce sont des professionnelles de la
santé, qui sont capables, qui sont formées,
qui sont compétentes pour prendre en charge la santé globale d'une personne.
Alors, laissons-leur les... Donnons-leur les
coudées franches pour qu'elles puissent bien jouer leur rôle à la hauteur de
toutes leurs compétences et de toute
leur motivation, et c'est de cette façon, je crois, qu'on va les garder dans le
réseau de la santé ou qu'on va... dans le réseau public de la santé et
qu'on va les ramener.
Une chose
que... Lorsque je disais, tout à l'heure : Je souhaite vraiment que ce projet
de loi là fonctionne parce que ce sont tous les Québécois et toutes les
Québécoises qui vont en tirer profit, eh bien, les infirmières, elles doivent
être écoutées. Et je ne voudrais pas
qu'on ait, à cause de ce projet de loi là... qu'on n'ait pas de retour dans le
réseau privé, mais qu'on ait un exode du Québec, c'est-à-dire que les
infirmières, préposés aux bénéficiaires, les personnes... donc, les
professionnels qu'on veut ramener dans le réseau de la santé, il ne faudrait
pas qu'elles décident ou ils décident d'aller dans
une autre province, dans un autre pays ou tout simplement de quitter leur
profession. On veut les ramener dans le réseau public. Alors, s'il vous
plaît, accompagnons ce projet de loi d'actions concrètes, d'actions qui vont
les motiver à revenir, et puis revenir avec plaisir, et les garder ensuite dans
le réseau public de la santé. C'est vraiment impératif.
Je pense
particulièrement aux aînés, comme porte-parole de l'opposition officielle pour
les aînés. Nous avons de plus en plus
d'aînés qui auront de plus en plus besoin de places en CHSLD. Il y en a déjà
au-delà de 4 000 qui attendent une place en CHSLD. Il y a des maisons des aînés qui s'ouvrent. On ne peut
pas les ouvrir complètement parce qu'il manque de ressources. Il y a cannibalisation,
entre guillemets, des ressources du système, c'est-à-dire qu'il y a des
personnes... Les personnes qui sont
embauchées dans les maisons des aînés viennent du réseau public. Donc, on les
perd ailleurs. Et il y en a même qui
ont été attirées par les maisons des aînés parce que ça semble être un milieu
plus intéressant, mais qui sont reparties parce que les ratios ne les satisfaisaient pas, les ratios
d'infirmières, par exemple, pour le nombre de personnes dont il faut
prendre soin.
Alors,
la courbe démographique ne fait que... n'est pas encore atteinte, c'est-à-dire
qu'on n'a pas encore atteint le pic
du vieillissement de la population au Québec. Il nous reste encore quelques
années. Alors, bien entendu, il y aura plus de personnes qui auront besoin de soins à domicile. Il y aura plus de
personnes qui auront besoin de soutien ou de soins également dans les RPA et aussi, bien entendu,
dans les CHSLD. Alors, il faut vraiment que ce projet de loi s'accompagne
d'actions concrètes en ce sens-là.
Et je me
permettrai de dire qu'en ce moment la Commission des relations avec les
citoyens siège pour étudier
article par
article le projet de loi n° 11 sur les soins de fin de vie, et, pour avoir
été présente aux consultations, ce que beaucoup de groupes et de personnes
en situation de handicap sont venus nous dire, c'est qu'il faut d'abord
s'assurer d'offrir l'aide à vivre avant d'offrir l'aide à mourir, c'est-à-dire
que tous les accommodements, tous les soins qu'on peut offrir, qu'on devrait offrir, devraient être offerts pour que la
personne puisse vivre de manière confortable le plus longtemps possible et
avoir une vie qui la satisfait.
Donc, il faut
vraiment s'arrêter et se dire que tout ce qu'on veut faire... évidemment,
stopper le recours aux agences privées, parce que ça coûte une fortune, et
parce qu'on a un système public qu'on veut fonctionnel, et dont on veut
redevenir fiers. Bien, à ce moment-là, posons vraiment des gestes
concrets et soyons conséquents avec nous-mêmes.
J'aimerais
aussi rappeler un fait. Au Québec, nous avons un taux d'infirmières de
7,6 infirmières en soins directs pour
1 000 habitants. C'est un taux qui est supérieur à la moyenne canadienne.
Comment se fait-il que nous nous retrouvions dans la situation où nous sommes maintenant? Ces infirmières, on veut
les garder. Assurons-nous de leur offrir des conditions de travail qui sont vivables. Ces personnes-là ne veulent
qu'être des bons professionnels. Elles le sont, elles le sont déjà, mais elles veulent pouvoir avoir une vie aussi,
une vie de couple et une vie de famille, et vivre sereinement, puis vivre leur
vie aussi. Donc, assurons-nous de poser des
gestes concrets, dans les semaines, dans les mois qui vont venir, pour que ce
projet de loi fonctionne en ramenant les professionnels qui sont en agence
actuellement, en les ramenant dans le réseau public,
en les motivant à revenir, en les gardant et puis en évitant absolument l'exode
de ces personnes vers d'autres provinces, d'autres pays, ou vers
d'autres professions, ou même vers la retraite.
Alors, encore
une fois, je termine en remerciant les professionnels de la santé et en
demandant au gouvernement vraiment de poser des gestes concrets et
innovants. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci.
Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants?
Alors, si je
n'ai pas d'autre intervention, le projet de loi n° 10,
Loi limitant le recours aux services
d'une agence de placement de
personnel et à de la main-d'oeuvre indépendante dans le secteur de la santé et
des services sociaux, est-il adopté?
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Un
vote nominal a été demandé.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors
donc, le vote sera reporté à la période des affaires courantes.
Nous poursuivons. M. le leader adjoint du
gouvernement.
Lévesque (Chapleau) : Oui. M. le Président, je vous demanderais
d'appeler l'article 23 du feuilleton, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Benjamin) : Alors, à l'article 23 du feuilleton,
l'Assemblée procédera maintenant au débat sur la motion inscrite à l'article 23 du feuilleton faisant suite
au dépôt par Mme la ministre des
Relations internationales et de la Francophonie, le
6 avril 2023, d'un engagement international. Cette motion se lit
comme suit :
«Que l'Assemblée nationale approuve l'entente en
matière de sécurité sociale entre le Québec et la République tunisienne, signée
le 20 novembre 2022.»
Je vous
rappelle qu'en vertu de l'article 22.3 de la
Loi sur le ministère des
Relations internationales cette motion donne lieu à un débat restreint
de deux heures. La répartition des temps de parole dans le cadre de ce débat
s'effectuera comme suit : 60 minutes
sont allouées au groupe parlementaire formant le gouvernement, 31 min
36 s sont allouées au groupe
parlementaire formant l'opposition officielle, 20 min 54 s sont
allouées au deuxième groupe d'opposition, six minutes sont allouées au troisième groupe d'opposition,
1 min 30 s sont allouées à la députée indépendante. Dans le
cadre de ce débat, le temps non
utilisé par la députée indépendante ou par l'un des groupes parlementaires sera
redistribué entre les groupes
parlementaires selon les proportions établies précédemment. Mis à
part ces
consignes, les interventions ne seront soumises
à aucune limite de temps. Enfin, je rappelle à la députée indépendante que, si
elle souhaite intervenir au cours du débat, elle a 10 minutes à
partir de maintenant pour en aviser la présidence.
Je cède maintenant la parole à M. le député de
René-Lévesque.
Montigny : Alors, bonjour. Bonjour, M. le Président. Alors,
c'est avec plaisir, aujourd'hui, là, que je propose aujourd'hui à cette
Assemblée l'adoption de l'entente en matière de sécurité sociale entre le
Québec et la République tunisienne, signée le 20 novembre dernier. Il
s'agit du 40e pays avec lequel le Québec signe une telle entente.
La conclusion
d'une entente internationale telle celle qui fait l'objet du débat actuel est
la forme la plus achevée des relations
diplomatiques entre les États, parce que l'entente est créatrice d'obligations
juridiques, sur le plan international, avec
nos partenaires étrangers. Ces engagements doivent être honorés par les parties
contractantes. Chacune de ces ententes conclues renforcit la
reconnaissance du Québec comme partenaire à part entière sur la scène
internationale.
L'action
internationale des États et des gouvernements s'avère, dans l'actuel contexte
de la mondialisation, de plus en plus
incontournable. Le socle de notre action internationale repose sur la doctrine
Gérin-Lajoie, qui a été élaborée pour la
première fois le 12 avril 1965 par le ministre Paul Gérin-Lajoie
lui-même, lors d'un discours prononcé à Montréal devant le corps consulaire. Cette doctrine, qui est
encore la base de l'action de notre ministère, stipule que ce qui est à la
compétence québécoise chez nous est
de compétence québécoise partout. C'est le principe du problème du prolongement
externe des compétences internes. La doctrine s'appuie sur l'état du
droit en matière de traités. Pourquoi l'État qui met un accord à exécution serait-il incapable de le négocier
lui-même? Le droit d'appliquer un accord ne devrait pas être dissocié du droit
de conclure cet accord.
La mise en
oeuvre législative d'engagements internationaux s'effectue selon le partage de
compétences entre les gouvernements
provinciaux et le gouvernement fédéral, les provinces ayant la capacité
législative, prévue aux articles 91... exclusive, plutôt, de la mise en oeuvre de leurs domaines de compétence.
Alors, s'agissant d'instruments internationaux, il découle du régime constitutionnel canadien que le
gouvernement fédéral ne peut en aucune façon légiférer pour mettre en oeuvre une convention internationale, un traité,
un accord, une entente portant sur une matière qui relèverait de la compétence
législative des provinces.
jurisprudence est d'ailleurs venue ici, M. le Président, confirmer que les
provinces ont une compétence exclusive pour
mettre en oeuvre les traités qui portent sur leurs domaines de compétence,
suivant le partage des compétences législatives prévues, M. le Président, maintenant,
aux articles 91, 92 de la Loi constitutionnelle de 1867. Ainsi, bien que
le gouvernement du Canada puisse conclure
des accords internationaux dans les domaines des compétences exclusives du
Québec, il n'a pas la capacité de les mettre en oeuvre.
À ce jour, le
Québec a conclu 823 ententes internationales avec quelque 80 États
souverains et plusieurs partenaires étrangers
non souverains, par exemple la Catalogne, la Bavière, la Communauté française
de Belgique et la Flandre, des États
du Mexique aussi. En date d'aujourd'hui, 434 de ces ententes sont toujours en vigueur,
et elles touchent autant de domaines qu'il y a de compétences
gouvernementales.
De plus, le
Québec a la chance de compter sur un riche réseau de délégations, de bureaux et
d'antennes à l'étranger. Ceux-ci, au
nombre de 34 dans 19 pays, nous permettent d'être en contact avec des
gouvernements et des sociétés avec lesquels nous avons établi, au fil des décennies, des relations étrangères... et
de respect, M. le Président. Ce réseau diplomatique est devenu l'un des plus importants, bâti par un État
fédéré, sur la planète. Les gouvernements travaillent fort afin de promouvoir,
par exemple, les échanges économiques, la
mobilité des personnes, la coopération en matière d'éducation, de science et
d'autres domaines.
La conclusion
d'ententes internationales par le gouvernement du Québec, comme celle que je
vous soumets pour approbation, en est un bel exemple, M. le
Président. Je suis très heureux que l'Assemblée nationale puisse se prononcer aujourd'hui sur une entente d'une telle importance
à la fois pour l'Autriche que pour le Québec. Mes collègues, que je remercie
d'ailleurs pour la présence d'aujourd'hui,
sauront vous étayer toute l'importance des ententes internationales,
particulièrement en matière de sécurité sociale.
Alors, M. le Président, permettez-moi de parler
des avantages d'ententes internationales comme celle qui nous occupe aujourd'hui. Sur la base de la réciprocité,
des ententes de sécurité sociale favorisent la mobilité des personnes, des
travailleurs, des étudiants. Ceci est accompli par la coordination des régimes
de sécurité sociale qui sont visés à ces ententes, M. le Président.
Près du tiers
de ces ententes conclues incluent, en plus, des dispositions sur les rentes,
retraites, invalidité et survivant, des
dispositions sur la santé, les accidents de travail, les maladies
professionnelles. Ces ententes garantissent aux personnes visées le maintien de
leurs acquis et de leurs droits en voie d'acquisition dans les régimes qu'ils
quittent et une intégration plus
rapide dans les régimes de sécurité sociale du territoire d'accueil. Elles
favorisent donc la mobilité des personnes. Les dispositions sur l'assujettissement déterminent la législation à
laquelle l'employé demeure soumis durant son assignation temporaire sur
l'autre territoire et celle à laquelle l'employeur doit effectuer les
cotisations afférentes, évitant ainsi une cotisation supplémentaire au régime
applicable sur le territoire d'envoi. Des dispositions analogues s'appliquent
aux travailleurs autonomes. Ces ententes favorisent donc aussi la mobilité des
travailleurs.
Les ententes, qui incluent aussi le volet santé,
permettent aux personnes visées, dont les étudiants, de s'inscrire, dès leur
arrivée, au régime d'assurance maladie du Québec et au régime d'assurance
hospitalisation sans qu'il leur soit nécessaire de souscrire à une assurance
privée. Elles favorisent donc aussi la mobilité étudiante.
Étant une
terre d'immigration, le Québec bénéficie largement des ententes de sécurité
sociale. Au cours des années 80,
90, la priorité dans la négociation de ces ententes a été mise sur les pays
d'où provenait alors l'immigration et desquels
des résidents du Québec pouvaient espérer obtenir l'exportation de leurs
pensions par la conclusion d'ententes. Les
premières ententes avaient donc été conclues avec les États-Unis, la France,
l'Italie, l'Allemagne, la Grèce et le Portugal. Ce faisant, des milliers de personnes ont ainsi amélioré leur qualité de
vie et plus particulièrement les conditions économiques.
Par la suite, les efforts du Québec
ont porté plutôt sur les pays où les entreprises québécoises étaient
susceptibles d'envoyer des
travailleurs détachés dans le cadre de contrats à l'étranger, et ce, afin de
leur épargner une double cotisation au
régime de sécurité sociale applicable. On pense ici aux ententes conclues avec
le Brésil, l'Inde, la Corée du Sud. Plusieurs entreprises québécoises y bénéficient ainsi d'un avantage comparatif. La
pertinence de conclure de telles ententes demeure évidente pour tous, sans oublier le rayonnement
international qu'elles apportent au Québec en tant que seule entité fédérée à
négocier de telles ententes avec des pays souverains. Il s'agit là d'une
démonstration concrète de l'action internationale du Québec en négociant
et en mettant en oeuvre ces ententes.
Lorsqu'une
personne résidant au Québec reçoit une pension étrangère qu'elle n'aurait pas
obtenue sans recourir aux dispositions
d'une entente, cette pension lui est payée jusqu'au décès. L'impact économique
des pensions ainsi versées aux résidents québécois se chiffre en
milliards de dollars. Les dernières statistiques tenues à cet égard par
Retraite Québec, datant de 2004, indiquaient
que l'Italie, la France, l'Allemagne, la Grèce, le Portugal et les États-Unis
avaient versé en 2004, au total, 117 millions de
dollars à des résidents québécois, alors que Retraite Québec ne versait que
2 millions de dollars dans
ces mêmes pays en application des ententes conclues. Le Québec étant une terre
d'accueil, cet écart s'est indubitablement accentué davantage en faveur du Québec, vu la conclusion d'une douzaine
de nouvelles ententes depuis 2004. D'ailleurs, une étude interne récente avait estimé que... plus de
200 millions de dollars, l'entrée d'argent attribuable aux ententes
de sécurité sociale. Il s'agit d'une
injection d'argent nouveau imposable dans l'économie du Québec par le
partenaire étranger, rendu possible
par des dispositions sur l'exportation des prestations et la totalisation des
périodes d'assurance que prévoient ces ententes.
autre étude interne avait estimé que les employeurs québécois économisaient
annuellement environ 20 millions de dollars en cotisations et régimes de sécurité sociale étrangers pour les
employés qui s'y déplaçaient temporairement. Cette cotisation supplémentaire
est évitée grâce aux dispositions de ces ententes, qui précisent à quel régime
ces employés demeurent assujettis, rendant
les entreprises québécoises d'autant plus compétitives dans les marchés
internationaux en leur évitant la
cotisation au régime réciproque du territoire d'accueil. Ces ententes, comme
d'autres ententes dites de mobilité sont des outils visant à faciliter
l'intégration des personnes immigrantes au Québec.
Outre
les ententes en matière de sécurité sociale que je viens de décrire, les autres
ententes de mobilité sont des ententes
en matière de reconnaissance mutuelle des qualifications personnelles, des
ententes d'échange de permis de conduire et des ententes de mobilité étudiante au niveau universitaire,
M. le Président. Ces ententes visent toutes à faciliter la transition
temporaire ou permanente des personnes, des travailleurs et des étudiants entre
leur pays de provenance et le Québec.
Québec a conclu deux ententes de reconnaissance mutuelle des qualifications
professionnelles : l'une avec la France
en 2008, l'autre avec la Suisse en 2022. Ces ententes permettent plus
facilement à une personne qui possède une formation et un permis d'exercer au Québec de travailler dans ce domaine
en France, en Suisse, et permettre à un professionnel formé en France ou
en Suisse de faire le même travail au Québec.
vertu de ces ententes-cadres, 76 arrangements de reconnaissance mutuelle
des qualifications professionnelles ont
été conclus entre les autorités compétentes québécoises et étrangères,
établissant les conditions d'obtention d'un permis d'exercice. Pour la
France, ces arrangements couvrent 81 métiers, fonctions et professions au
Québec. Pour la Suisse, sept professions au Québec sont visées par de tels
arrangements.
nombres sont en constante évolution, M. le Président. Au 31 décembre
2021, 6 652 personnes formées en France ont pu bénéficier de cette entente en obtenant
leur permis d'exercice au Québec, dont 2 216 infirmières,
1 938 ingénieurs et 309 médecins, M. le Président. À
la même date, selon les informations disponibles, quelque 589 personnes
formées au Québec avaient obtenu leur droit
d'exercice en France. Ainsi, le nombre de professionnels formés en France ayant
bénéficié de l'entente en matière de
reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles Québec-France, en
date du 31 décembre 2021, était
de plus de 10 fois le nombre de professionnels formés au Québec ayant
la... ayant fait de même. La balance est fortement en faveur du Québec.
Les premières données sur le nombre de personnes s'étant prévalu des
dispositions de l'entente Québec-Suisse ne seront disponibles que l'an
prochain.
est important de noter que la France et la Suisse ont toutes deux conclu une
entente en matière de sécurité sociale avec
le Québec. Ces ententes de sécurité sociale assurent notamment à ces personnes
la conservation de leurs acquis dans le régime de sécurité sociale
qu'ils quittent et une intégration plus facile au régime applicable sur le
territoire d'accueil. Concrètement, ces
professions issues de la France et de la Suisse, une fois installées... ces
professionnels, plutôt, qui sont issus
de la France et de la Suisse, qui sont... une fois installés au Québec,
n'auront pas à renoncer à la pension française ou suisse pour laquelle ils ont cotisé toutes ces
années. Même s'ils n'y ont pas cotisé beaucoup, ces droits demeurent protégés
par l'entente de sécurité sociale. De même, ces professionnels n'auront pas à
observer le délai de carence de trois mois normalement imposé aux nouveaux
arrivants pour avoir droit à leur carte d'assurance maladie, ils n'y auront
accès... ils y auront, en fait, accès dès
leur arrivée. Il en est de même pour les membres de leur famille qui les
accompagnent. Sans la présence d'ententes en matière de sécurité sociale entre
le Québec et la France et entre le Québec et la Suisse, les ententes en matière de reconnaissance mutuelle des
qualifications professionnelles avec ces deux pays ne pourraient pas réaliser
leur plein potentiel.
Quant aux ententes d'échange
de permis de conduire, elles permettent aux nouveaux arrivants au Québec ainsi
qu'aux résidents du Québec installés dans les pays avec lequel une entente a
été conclue d'échanger leur permis de conduire
pour un permis de classe équivalente valide sur le territoire d'accueil. Ces
ententes facilitent ainsi l'intégration de nouveaux arrivants au Québec en leur évitant de devoir suivre un cours
de conduite et de passer un examen d'aptitudes, qui, pour plusieurs d'entre eux, se fait dans une
langue qu'ils maîtrisent peu à leur arrivée. Annuellement, plus de 10 000
permis de conduire étrangers sont échangés au Québec, en application des
14 ententes de réciprocité en vigueur en matière d'échange de permis de conduire. Ces ententes favorisent donc aussi la mobilité
des personnes et des travailleurs, notamment ceux dont le métier les
oblige à conduire un véhicule automobile.
leur côté, les ententes de mobilité étudiante prévoient des mesures de soutien
financier à des étudiants internationaux leur permettant de payer les mêmes
frais de scolarité que les Québécois sans devoir assumer les frais additionnels
normalement exigés des étudiants internationaux. Ces exemptions coûtent au
gouvernement du Québec environ
213 millions par année. Cependant, il est estimé que ces quelque
22 000 étudiants exemptés contribuent au PIB pour environ 530 millions de dollars. Pour la
société en général, leur présence représenterait un gain net de plus de
300 millions, sans oublier les emplois qu'ils soutiennent par leur
présence.
Sans ces ententes, le
nombre d'étudiants internationaux au Québec serait certes bien moindre. Ces
ententes constituent un levier important
pour l'attraction d'étudiants étrangers, M. le Président, notamment dans ma
circonscription de René-Lévesque, où le cégep de Baie-Comeau est l'organisation locale qui attire le
plus de nouveaux arrivants à chacune des années depuis plusieurs années,
M. le Président. L'apport populationnel en provenance d'étudiants
internationaux contribue à combler les
besoins d'effectifs étudiants et de main-d'oeuvre en contribuant notamment au
maintien d'une offre de formation
diversifiée, particulièrement dans les établissements d'enseignement en région,
comme la mienne, notamment.
11 des
39 ententes en matière de sécurité sociale représentent... présentement,
plutôt, en vigueur prévoient un
chapitre sur
le service des prestations en nature de soins de santé, qui couvre notamment
les étudiants étrangers s'il s'agit des
étudiants issus de pays ayant conclu une telle entente avec le Québec, soit la
France, la Belgique, la Norvège, la Finlande, le Danemark, la Suède, le Luxembourg, la Grèce, le Portugal, la Serbie
et la Roumanie, qui se voient offrir les bénéfices du régime d'assurance maladie et du régime
d'assurance hospitalisation du Québec au même
titre que les étudiants québécois
dès leur arrivée au Québec. Sans application
de ces ententes, les étudiants issus de ces pays se verraient dans l'obligation
de contracter une assurance maladie privée
au Québec, comme doivent le faire les autres étudiants internationaux qui ne
peuvent malheureusement pas profiter d'une telle entente.
Tout
compte fait, l'application combinée de ces ententes de mobilité fait qu'un
immigrant pourrait, par exemple, tout comme les personnes qui l'accompagnent, intégrer
le régime d'assurance maladie du Québec dès son arrivée sans devoir observer le délai de carence, échanger son
permis de conduire contre un permis du Québec sans avoir à passer d'examen
d'aptitudes, bénéficier des mêmes droits de
scolarité que les étudiants québécois, obtenir plus rapidement son autorisation
légale d'exercer un métier ou une profession
réglementée au Québec, à sa retraite, se voir verser la pension pour laquelle
il avait cotisé avant de quitter son pays même s'il n'avait pas suffisamment
cotisé à ce régime, et, à son décès, savoir que ses proches recevront la
rente de survivant et la prestation de décès du régime de pensions du pays
qu'il a quitté. Il s'agit d'avantages non négligeables qui font sûrement
pencher la balance en faveur du Québec quand vient le temps, pour l'immigrant
averti, de choisir son nouveau chez-soi.
ententes de mobilité constituent des leviers dans l'atteinte des objectifs
d'attraction et de rétention au Québec des
personnes qui sont visées, notamment pour aider à combler la pénurie de
main-d'oeuvre générale et spécialisée, de même que garnir les institutions
d'enseignement supérieur des jeunes talents. Ces engagements internationaux
procurent également des avantages considérables au Québec, le rendant
plus attrayant aux investissements, travailleurs, étudiants étrangers, tout en
aidant les Québécois, les Québécoises et les entreprises du Québec à devenir
plus prospères.
L'entente a été négociée pour le gouvernement du
Québec par l'entremise des membres du Comité
de négociation des ententes de
sécurité sociale. Ce comité regroupe des représentants de tous les ministres...
ministères, plutôt, et organismes concernés par ces ententes. Au premier chef,
on retrouve... Le ministère des Relations internationales et de la
Francophonie doit, conformément aux
exigences de sa loi, veiller à la négociation d'ententes internationales. Ont
également été impliqués ministère de
la Santé, ministère du Travail, Retraite
Québec, la Régie de l'assurance maladie du Québec, la Commission
des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail ainsi que l'Agence
du revenu du Québec. Une équipe de négociation
de six personnes faisant
partie du comité a participé aux quatre rondes de
négociation nécessaires, tant au Québec qu'en Tunisie, pour en arriver à
cette entente. Celle-ci a été négociée à la satisfaction des deux parties.
L'entente
témoigne de l'importance que le Québec attache à ses liens avec la République
tunisienne, un des pays fondateurs de
la francophonie et un des partenaires du Québec au Maghreb et en Afrique. Je me
réjouis, justement, d'avoir, évidemment,
eu la chance de voir que ma collègue peut... pouvoir signer ces ententes à
titre de ministre des Affaires étrangères.
Maintenant,
maintenant, la négociation et la conclusion d'une entente témoignent également
de la volonté des gouvernements québécois et
tunisien d'entendre la coordination de leurs législations en matière de
sécurité sociale. Nous assurons ainsi
la conservation des acquis de nos citoyens respectifs et favoriserons une
mobilité professionnelle. En effet, l'accroissement
des échanges internationaux de toutes natures suppose une mobilité accrue des
travailleurs et rend encore plus actuelle la nécessité pour les États de
conclure des ententes. Elle assure à leurs ressortissants les bénéfices de la
coordination des législations en matière de sécurité sociale.
Permettez-moi
rapidement d'énumérer les objectifs derrière une telle coordination. D'abord,
ces ententes visent l'égalité de traitement, de sorte que les personnes visées
ont les mêmes droits et les mêmes obligations que les résidents au regard de la sécurité sociale. Ces ententes
assujettissent également les travailleurs déplacés temporairement sur l'autre
territoire à une seule loi de sécurité
sociale, garantissant ainsi le maintien de leurs droits en cours d'acquisition.
Finalement, le service des prestations auxquelles ont droit ces
personnes, par exemple en matière de santé ou advenant une lésion
professionnelle, leur est assuré, M. le Président. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de René-Lévesque. Je rappelle que nous sommes toujours à
l'article 23 du feuilleton, cet
article concernant l'entente entre le
Québec et la République tunisienne.
Donc, comme prochaine
intervenante, je reconnais Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci, M. le Président.
Il me fait plaisir de prendre la parole aujourd'hui dans le cadre du débat
entourant l'approbation par l'Assemblée
nationale des engagements pris en vertu de l'entente en matière de sécurité
sociale signée le 20 novembre 2022 entre le gouvernement du Québec
et la République tunisienne.
crois que cette entente a été signée dans le cadre du dernier Sommet de la
Francophonie, qui s'est tenu à Djerba en
novembre dernier, que j'ai suivi avec intérêt, d'ailleurs. J'aimerais souligner
d'entrée de jeu que l'opposition officielle est favorable à cette entente. Ce qui est présenté aujourd'hui n'est pas
nouveau, nous n'en sommes pas à notre première entente. Le gouvernement du Québec a conclu, par le passé,
des ententes de sécurité sociale avec près de 40 pays, et tout porte à
croire que ce type d'entente de réciprocité va se multiplier avec le
temps.
Dans
une époque où nous constatons une augmentation notable du nombre de
travailleurs étrangers, une augmentation de la mobilité des travailleurs entre les pays, il devient important,
voire essentiel d'avoir des ententes justes et équitables concernant les conditions des travailleurs
étrangers et des travailleurs québécois. Ces ententes présentes et futures
permettent aux travailleurs d'avoir un aperçu des types de prestations
qui pourraient leur être versées par les pays signataires des ententes, aux employeurs et aux travailleurs de
connaître et encadrer les charges sociales auxquelles tous deux doivent
contribuer.
est important de noter, ici, que ces ententes ne permettent pas seulement
d'encadrer les conditions des travailleurs, mais elles permettent
également au Canada, donc au Québec aussi, d'assurer sa compétitivité sur le
marché de l'emploi à l'international. Le
Québec est présentement aux prises avec des enjeux sérieux de pénurie de
main-d'oeuvre. Nous devons donc être
en mesure d'offrir des conditions... les meilleures conditions possible aux
travailleurs. Afin d'être en mesure d'attirer le meilleur talent
possible, il nous faut pouvoir offrir un traitement juste et équitable.
Notre
formation politique a toujours été aux premières loges sur l'échiquier mondial,
et donc dans une panoplie de dossiers
et d'ententes internationales. Celles-ci apportent généralement un
enrichissement collectif à notre nation. Je suis donc heureuse de
constater que le gouvernement caquiste semble abonder dans le même sens que nous.
Quelques
mots sur les relations bilatérales entre le Canada, incluant le Québec,
évidemment, et la Tunisie. Le Canada et
la Tunisie ont des relations diplomatiques depuis 1957. Les deux pays
entretiennent de bonnes relations bilatérales, et il en est de même pour les relations Québec-Tunisie.
En 2020, la diaspora tunisienne s'élevait à plus de 35 000 personnes,
qui résident principalement au
Québec. Nos concitoyens d'origine tunisienne, qui contribuent à la société
québécoise, sont au nombre de plus de
25 000. D'ailleurs, le Canada est l'une des destinations les plus
populaires pour les études à l'étranger. On accueille, bon an, mal an, entre
2 000 et 3 000 étudiants tunisiens. De ce nombre, en 2021‑2022,
plus de 1 000 étudiants tunisiens étaient inscrits dans des
établissements d'enseignement supérieur au Québec. Le gouvernement du Québec a d'ailleurs signé une entente avec le gouvernement
de la République tunisienne concernant la mobilité étudiante au niveau
universitaire en juin 2022; il est alors logique d'avoir négocié une nouvelle
entente en matière de sécurité sociale entre les
deux nations. Je note aussi qu'il existe une entente de coopération en matière
d'adoption internationale entre le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec et le ministre des
Affaires sociales de la République tunisienne. Les relations
commerciales entre le Canada, le Québec et la Tunisie, quant à elles, sont
dynamiques et diversifiées.
Canada souhaite poursuivre de nouvelles occasions pour renforcer les liens
commerciaux entre les deux pays ainsi qu'accroître les investissements
en Tunisie. Le Québec devrait donc accompagner le Canada dans ses démarches, notamment parce que la Tunisie présente des
opportunités commerciales d'intérêt pour le Canada et le Québec dans les
secteurs de l'agriculture et des aliments
transformés, de l'éducation et de la formation professionnelle, plus de
50 partenariats avec des
universités canadiennes, des technologies de l'information, et des
communications, et de l'aérospatiale, etc., l'une des forces économiques
du Québec.
conclusion, je réitère que l'opposition officielle est favorable à l'entente
avec la République tunisienne dont nous discutons ce matin. À
titre de
porte-parole de l'opposition officielle en matière des dossiers de relations
internationales et de francophonie, je suis satisfaite que l'entente
présentée... satisfaite de l'entente présentée ici ce matin, que j'ai eu l'opportunité de réviser. Il semble que les
mesures négociées et mises en place entre les deux gouvernements vont assurer
une protection juste et égale pour nos travailleurs respectifs.
J'ai
bien noté, d'ailleurs, que la ministre des Relations internationales et de la
Francophonie avait été accompagnée, et
mon collègue l'a souligné, en matière de conclusion d'ententes de ce genre en
matière de sécurité sociale, par un comité qui a été mis sur pied, un comité de négociation des ententes de sécurité
sociale regroupant des représentants de tous les ministères et organismes concernés par ces ententes, soit, en
plus du ministère des Relations internationales et de la Francophonie, des
ministères responsables de l'élaboration des politiques pour les
domaines visés dans les ententes, soit Santé et Travail, et aussi les organismes responsables de
l'application des législations visées par ce type d'entente, soit Retraite Québec, la Régie de l'assurance
maladie du Québec, RAMQ, la Commission des normes, de l'équité, de la santé et
de la sécurité du travail, CNESST, et l'Agence du revenu du Québec.
Donc, voilà. Suite à
une étude approfondie, là, de la convention et de tous les documents relatifs,
je réitère que l'opposition officielle est favorable à la signature de cette
entente et de sa mise en oeuvre. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants? Je cède maintenant
la parole à Mme la ministre des Relations internationales et de la Francophonie.
Mme Biron : Merci, M. le
Président. Je voudrais d'abord remercier la députée de Westmount—Saint-Louis
pour son appui, c'est très apprécié. Je
voudrais aussi remercier le député de René-Lévesque et le député de Beauce-Sud,
qui m'assistent avec
brio dans ce débat très important qui souligne l'entente en matière de sécurité
sociale entre le Québec et la
République tunisienne, entente qui a été signée le 20 novembre dernier. Il
s'agit, en fait, du 40e pays avec lequel le Québec signe une telle
entente.
La conclusion
d'une entente internationale telle que celle qui fait l'objet du débat actuel
est la forme la plus achevée des
relations diplomatiques entre les États parce que l'entente est créatrice
d'obligations juridiques sur le plan international avec nos partenaires étrangers. Ces engagements
doivent ainsi être honorés par les parties contractantes. Chacune de ces
ententes conclues renforcit la
reconnaissance du Québec comme partenaire à part entière sur la scène
internationale. L'action internationale
des États et des gouvernements s'avère, avec l'actuel contexte de
mondialisation, de plus en plus incontournable.
Je vous
rappelle, M. le Président, que le socle de notre action internationale repose
sur la doctrine Gérin-Lajoie, qui a été élaborée pour la première fois le
12 avril 1965 par le ministre Paul Gérin-Lajoie lui-même lors d'un
discours prononcé à Montréal devant
le corps consulaire. Cette doctrine, qui est encore la base de l'action de mon
ministère, stipule que ce qui est de compétence québécoise chez nous est
de compétence québécoise partout. C'est le principe du prolongement externe des compétences internes. La doctrine
s'appuie sur l'État du droit en matière de traités. Pourquoi l'État qui met un
accord à exécution serait-il incapable de le
négocier lui-même? Le droit d'appliquer un accord ne devrait pas être dissocié
du droit de conclure cet accord. La mise en
oeuvre législative d'engagements internationaux s'effectue selon le partage des
compétences entre les gouvernements
provinciaux et le gouvernement fédéral, les provinces ayant la capacité
législative exclusive de mise en oeuvre dans leurs domaines de
compétence.
Alors,
s'agissant d'instruments internationaux, il découle du régime constitutionnel
canadien que le gouvernement fédéral
ne peut en aucune façon légiférer pour mettre en oeuvre une convention
internationale, un traité, un accord, une entente portant sur une matière qui relèverait de la compétence
législative des provinces. La jurisprudence est d'ailleurs venue confirmer que les provinces ont une compétence
exclusive pour mettre en oeuvre les traités qui portent sur leurs domaines
de compétence suivant le partage des compétences législatives prévues aux
articles 91 et 92 de la Loi constitutionnelle de 1867. Ainsi, bien que le gouvernement du Canada puisse conclure des
accords internationaux dans les domaines de compétence exclusive du
Québec, il n'a pas la capacité de les mettre en oeuvre.
À ce jour, le
Québec a conclu 823 ententes internationales avec quelque 80 États
souverains et plusieurs partenaires étrangers
non souverains, comme par exemple la Catalogne, la Bavière, la Communauté
française de Belgique et la Flandre, des
États du Mexique, etc. En date d'aujourd'hui, 434 de ces ententes sont toujours
en vigueur et elles touchent autant de domaines
qu'il y a de compétences gouvernementales. De plus, le Québec a la chance de
compter sur un riche réseau de délégations,
de bureaux et d'antennes à l'étranger. Ceux-ci, au nombre de 34 dans
19 pays, nous permettent d'être en contact avec des gouvernements et des
sociétés avec lesquels nous avons établi, au fil des décennies, des relations
d'échange et de respect. Ce réseau diplomatique est devenu l'un des plus
importants bâtis par un État fédéré sur la planète.
gouvernements travaillent fort afin de promouvoir, par exemple, les échanges
économiques, la mobilité des personnes,
la coopération en matière d'éducation, de science ou d'autres domaines, la
conclusion d'ententes internationales par
le gouvernement du Québec comme celle que je vous soumets pour approbation en
est un bel exemple. Je suis, en fait, très
heureuse que l'Assemblée nationale puisse se prononcer aujourd'hui sur une
entente d'une telle importance à la fois pour la Tunisie que pour le Québec. Mes collègues, que je remercie
encore une fois pour leur présence aujourd'hui, sauront vous étayer
toute l'importance des ententes internationales, particulièrement en matière de
sécurité sociale. Merci.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la
ministre. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants? Je reconnais
M. le député de Beauce-Sud.
M. Poulin : Merci
beaucoup, M. le Président. Je crois que nous ajournons nos travaux à midi,
alors j'aurai la chance de répondre à
votre question dans les trois prochaines minutes, mais mon souhait est de
pouvoir continuer, évidemment, lors de la reprise des travaux après les
affaires courantes. Alors, merci beaucoup, M. le Président.
Je salue la
ministre des Relations internationales, évidemment, qui vient de nous partager
de façon assez importante et de
placer la table sur les grands travaux qui sont entrepris par le gouvernement
du Québec depuis plusieurs années avec la
Tunisie. Je veux saluer également mon collègue le député de René-Lévesque, qui
a bien tracé également les liens importants qui lient le Québec et nos différentes délégations à travers le monde.
Et je remercie la députée de Mont-Royal—Outremont également
d'avoir signifié non seulement les gains des dernières années, mais les gains
récents du gouvernement du Québec à l'international.
continuerai, si vous me le permettez, sur les avantages de cette entente qui va
apporter des bénéfices extrêmement tangibles
aux citoyens québécois et tunisiens. Et cette entente-là, il faut le dire,
c'est important, M. le Président, elle a la particularité de couvrir le champ élargi de la sécurité sociale. Elle va
garantir aux personnes qui résident au Québec, et c'est important de le
souligner, l'obtention des pensions de retraite, d'invalidité ou de survivant
payables par la République tunisienne si
elles ont déjà contribué au régime tunisien de pensions. C'est important, ça,
M. le Président, et ça assure aussi une sécurité et une prévisibilité face au vieillissement de notre
population. Et il en est de même, et ça, c'est important de le souligner, pour les conjoints et les orphelins,
qui pourront obtenir des pensions de survivant dans les cas, par exemple, où la
personne décédée a travaillé en République
tunisienne. Alors, encore là, il faut donner la bonne information aux citoyens.
C'est important, ce genre de débat là, pour
faire connaître à la communauté tunisienne et québécoise cet avantage-là, qui
n'est pas banal, M. le Président, il faut le souligner.
De plus, les périodes
de cotisation au Régime des rentes du Québec et au régime de pensions tunisien
seront additionnées pour permettre aux
personnes qui n'ont pas cotisé suffisamment — ça peut être le cas — à l'un ou l'autre de ces régimes de devenir admissibles à une
prestation. Alors, encore là, c'est des sommes financières qui sont
importantes, et c'est un avantage, il
faut le dire, que n'importe quel travailleur va prendre en considération
lorsqu'il décidera de s'installer et
de travailler sur le territoire de l'un ou l'autre des partis. En ce sens, les
ententes de sécurité sociale favorisent, on sait, la mobilité des
personnes et répondent à une de nos priorités gouvernementales, soit
l'attraction et le recrutement de la main-d'oeuvre et des talents.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
j'ai compris, M. le député de Beauce-Sud, que vous souhaitez poursuivre
votre intervention à la reprise des travaux.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Compte
tenu de l'heure, afin de permettre la tenue des affaires courantes, cet après-midi, le présent débat sur la motion
concernant l'entente en matière de sécurité sociale entre le Québec et la
République tunisienne est ajourné.
Les travaux sont
suspendus jusqu'à 13 h 40.
(Suspension de la séance à
12 heures)
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Bonjour. Vous pouvez vous asseoir.
Nous
allons débuter les travaux aux affaires courantes, à la rubrique de
déclarations de députés. Et nous allons débuter par M. le député de
Viau.
M. Benjamin : Merci, Mme la Présidente.
C'est un droit que celui de travailler, d'évoluer dans un milieu exempt
de toute forme de harcèlement.
J'ai l'honneur de
saluer le travail du groupe d'aide et d'information sur le harcèlement en
milieu de travail, un organisme de ma circonscription qui existe depuis 1980.
Le travail du GAIHST, de prévention et d'accompagnement, est essentiel pour des
milliers de Québécois. Avec une expertise reconnue, je tiens aujourd'hui à
honorer cet organisme, qui a conçu et réalisé, en 1989, le premier guide
québécois de prévention du harcèlement sexuel en milieu de travail.
groupe d'aide compte sur l'appui et le professionnalisme de ses employés
dévoués à la cause du harcèlement au travail.
Je remercie les personnes suivantes pour leur dévouement : Mme Cindy
Viau, la directrice, Diana Mendoza Simonds, Veronica Lozano, Yann Morin, Florence Martin, Audrey Bossan, Asma
Medjedoub, Myriam Dupéré, Marie-Sandra Coudert et Elena Petcu. Merci au
groupe d'information sur le harcèlement en milieu de travail.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée de
Duplessis.
Mme Champagne
Jourdain : Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je suis très
heureuse de souligner les 65 années d'existence du Club Richelieu de
Sept-Îles, véritable institution nord-côtière.
Club Richelieu de Sept-Îles s'implique dans plusieurs causes locales mais
s'investit particulièrement pour le Répit
Richelieu. Cet organisme vient en aide aux familles de la Côte-Nord qui
prennent soin quotidiennement d'une personne handicapée physique, déficiente intellectuelle ou sensorielle en leur
offrant un répit de quelques heures à quelques semaines. Il s'agit
également d'un milieu de vie pour une dizaine de personnes.
club est également à l'origine de la Maison d'accueil Richelieu Avit-Ouellet,
qui accueille à peu de frais des résidents
des secteurs plus éloignés, tels que la Basse-Côte-Nord, la MRC de Caniapiscau,
qui viennent recevoir des soins de santé à l'hôpital de Sept-Îles.
Organisme
incontournable de notre belle région, le Club Richelieu de Sept-Îles regroupe
des membres ayant à coeur le
bien-être de leurs concitoyens. Chacun d'entre eux se dévoue par leur
implication à faire une différence positive dans leur milieu. Je
souhaite donc une longue vie au Club Richelieu de Sept-Îles. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, la parole est à vous.
Mme Massé : Merci, Mme la Présidente.
Le 26 avril marque le 100e anniversaire de la congrégation des soeurs
de l'Institut Notre-Dame-du-Bon-Conseil.
Féministes,
militantes engagées, les Soeurs du Bon-Conseil occupent une place unique en
tant que pionnières de l'action
sociale au Québec. Habitées par le désir d'une société plus juste, elles ont
mis en place des structures d'accueil pour les familles les plus démunies, pour les familles immigrantes. Elles ont
aussi marqué l'histoire par leur lutte féministe en édifiant le premier
centre social d'éducation et d'assistance, d'entraide féminine et ainsi que mis
sur pied les premières maternelles au Québec, sans parler de leur militance
pour la reconnaissance des droits des femmes.
l'origine de ces initiatives, Marie Gérin-Lajoie, l'une des Québécoises les
plus marquantes de son époque, première femme francophone au Québec à obtenir un baccalauréat ès arts. Elle
s'est consacrée à mettre en place, avec sa communauté, les premiers
jalons d'une action sociale structurante.
Un immense merci à
vous toutes, mesdames, pour votre travail acharné pour la justice sociale.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Nous poursuivons avec M. le
député de Masson.
M. Lemay :
Mme la Présidente, nous sommes en
plein coeur de la 49e édition de la Semaine de l'action bénévole,
qui se déroule du 16 au 22 avril. Nous devons profiter de cette occasion
pour remercier tous ceux et celles qui donnent généreusement de leur temps et
de leur énergie pour aider les autres, et ce, tout au long de l'année.
bénévoles n'attendent pas de récompense pour leur travail, car ils le font de
bon coeur. Leur paie, c'est la reconnaissance de leurs pairs et de leur
communauté. Sans ces précieux bénévoles, nos nombreux organismes communautaires
qui oeuvrent au bien-être de notre
société ne seraient pas en mesure d'offrir leurs services essentiels et de
soutenir les personnes dans le besoin.
Alors, je profite de l'occasion pour inviter tous
les citoyens de ma circonscription à visiter le Salon des ressources
communautaires de la MRC Les Moulins, qui aura lieu le 25 avril prochain à
la Cité GénérAction 55+ de Terrebonne. Ce
sera l'occasion pour tous de découvrir les services offerts par plus de
40 organismes communautaires du milieu ainsi que de rencontrer les
bénévoles qui y oeuvrent. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci, Mme la Présidente.
Je suis fière de prendre la parole pour souligner le 22 avril, soit le
Jour de la Terre, qui vise à sensibiliser le monde entier à la protection de
l'environnement.
Cette
journée a été célébrée pour la première fois le 22 avril 1970, une date qui est
souvent considérée comme la naissance du mouvement environnemental.
Cette
année, la population est invitée à passer à l'action et à soutenir des
organismes environnementaux qui oeuvrent dans les grands domaines d'action,
soit la conservation et la restauration de la nature, la protection de la
biodiversité, la préservation des océans et rivières, la réduction et la
réutilisation des déchets, le gaspillage alimentaire et l'agriculture locale,
la mobilité durable et, enfin, la lutte contre les changements climatiques, et d'ailleurs qui fera l'objet, ce
soir, d'une formation pour tous les élus de l'Assemblée nationale.
Alors, ce
22 avril, célébrons la terre et engageons-nous à la garder en santé pour
les générations futures. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée.
Maintenant, nous poursuivons avec M. le député de Mégantic.
M. Jacques : Merci, Mme la Présidente.
Je suis ravi de vous partager l'annonce d'un premier projet de redistribution
des 19 millions de dollars à
Lac-Mégantic. Avec une grande fierté, je partage avec vous que près de
1 million de dollars sera alloué à la construction du projet La
Capitainerie sur les magnifiques berges du lac.
Nous nous rappelons tous la tragédie
qui a touché Lac-Mégantic et une somme de 19 millions de dollars qui
a été obtenue grâce à un jugement de
la Cour supérieure. Le gouvernement du Québec a décidé de réinvestir cette
somme dans des projets significatifs
pour la communauté. Le projet de La Capitainerie est attendu depuis longtemps
par la population, et sa contribution au renouveau économique et
touristique de la région sera indéniable.
terminant, ce projet marque le début d'un nouveau
chapitre et permet de rendre
justice à la beauté de notre région. C'est avec beaucoup de joie que je
partage cette première annonce avec vous aujourd'hui. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, nous poursuivons avec M. le député de Chauveau.
M. Lévesque (Chauveau) : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. 2023 marque le 25e anniversaire du Club des
aînés La Belle Époque. Je salue, dans les
tribunes, M. Carol Pageau, président. Il est accompagné des membres du
conseil d'administration et du comité de surveillance.
Fondé en septembre 1996
par Monique et Claude Turcot, Robert Bisson et Michel Lambert, le Club des
aînés La Belle Époque compte, pour
l'année 2022-2023, 925 membres. Du mois de septembre au mois d'avril,
l'organisme offre à ses membres des
activités diversifiées, dont la popularité n'est plus à démontrer. Le Club des
aînés de La Belle Époque remplit,
dans la circonscription de Chauveau, une fonction sociale très importante, car
il contribue à briser l'isolement des aînés, et je leur en suis très
reconnaissant.
Heureux
25e anniversaire à tous les membres du Club des aînés La Belle Époque! Bon
25 ans, tout le monde!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Mme la députée de Châteauguay, la parole est à vous.
Mme Gendron : Merci, Mme la Présidente.
Comme vous le savez, le 5 avril dernier, le Québec était frappé par une tempête de verglas qui a causé de nombreuses
pannes électriques un peu partout au Québec,