Labour and the Economy — 1 May 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2018-05-01
Quebec — Committees
Présidente (Mme Richard) : Deux heures. Oui, excusez-moi. Vous avez tout à fait raison, on va le corriger ici. Donc, merci, nous finirons
quelques minutes dépassé midi.
Je suis maintenant prête à reconnaître une
première intervention de la part de l'opposition officielle pour un premier
bloc d'échange. M. le député de Terrebonne, bonne journée, bonjour, bienvenue
et vous pouvez commencer.
Traversy : Merci, Mme la Présidente. Écoute,
si ce n'était de l'attention de mes collègues autour de la table, on
aurait gagné une heure de plus de crédits...
Une voix : Deux heures.
Traversy : Ou deux heures de plus, en fait, même, au Tourisme,
ce qui aurait été, je pense, une bonne chose pour les fins de la cause.
Mais j'accepte le temps qui nous est imparti.
J'aimerais
saluer la ministre du Tourisme, les collègues qui l'accompagnent, M. St-Pierre,
les gens, évidemment, du ministère du Tourisme et de l'ensemble des
fonctionnaires, qui sont derrière, saluer également nos collègues du
gouvernement, saluer nos gens de la deuxième opposition, la députée de Mirabel.
Alors, Mme la
Présidente, j'aimerais commencer cette étude de crédits en demandant des
nouvelles à la ministre, parce que ça
fait longtemps qu'on ne s'est pas parlé les yeux dans les yeux, de façon aussi
intime, et j'aimerais voir avec elle la
mise à jour de certaines promesses qu'elle a annoncées au cours des dernières
années et des derniers mois, et voir où on en est rendus sur des dossiers qui touchent plusieurs domaines et
plusieurs secteurs de l'industrie touristique, à commencer notamment par
les Airbnb.
Donc, vous vous rappellerez, Mme la Présidente,
que la ministre du Tourisme nous avait promis d'essayer de légiférer en la matière, et j'ai cru comprendre,
au cours des derniers mois, qu'elle a déposé certaines pistes de
solution dans le cadre du projet de loi n° 150, projet de loi qui n'est
toujours pas appelé. Il reste quelques semaines à la session parlementaire, je voulais voir, donc, du côté du
gouvernement si, dans les cartons du parti au pouvoir, il y avait une
volonté de vouloir appeler rapidement ce projet et de discuter, évidemment, de
la question des Airbnb rapidement.
La Présidente (Mme Richard) :
Merci. Mme la ministre.
Boulet : Alors, bonjour. Vous me permettrez, M. le député de
Terrebonne, si je peux me permettre, de saluer les gens qui sont avec moi, prendre... Je vais prendre... Je vais
essayer de faire ça vite, mais évidemment... À ma droite, il y a le sous-ministre, M. Patrick Dubé; Nathalie
Camden, la sous-ministre adjointe, ou associée, je ne sais jamais, là.
Alors, je voudrais
saluer tous les gens qui sont derrière moi, alors : M. Sylvain Bernier,
Nancy Bolduc, François Côté, François Belzile, Christian Desbiens,
Evelyne Gagné, Linda MacKay. Alors, tous ces gens-là ont passé beaucoup
d'heures à préparer les crédits.
Vous
le savez, Mme la Présidente, cet exercice-là, pour nos gens qui travaillent
pour nous, les fonctionnaires, c'est un
exercice qui est rigoureux, qui demande beaucoup de temps, beaucoup d'énergie.
Alors, je voudrais les remercier, dans un
premier temps, d'être parmi nous et d'être des personnes-ressources, qui vont
assurément être efficaces, là, pour nous aider à répondre à nos questions, mais également saluer Pierre-Michel
Bouchard, qui est ici, qui est le directeur général du Centre des congrès de Québec; M. Raymond Larivée,
directeur général du Palais des congrès de Montréal, et M. Michel
Labrecque, qui est le directeur général de la Régie des installations
olympiques.
Alors,
saluer mes collègues du côté ministériel, saluer les collègues de l'opposition,
alors les députés de Terrebonne et de Mirabel, évidemment mon équipe au
cabinet, avec Matthieu, qui est mon chef de cabinet.
Alors,
ça me fait plaisir de répondre à la question du député de Terrebonne
sur... — oui,
c'est ça, de Terrebonne, excusez-moi — sur le dossier de l'hébergement touristique.
Alors, on se rappellera que ce dossier-là, il remonte... Je vais essayer d'y aller de façon assez concise, là.
Alors, il y a eu la loi n° 67 qui était là, qui a été en parfait accord
avec tous les partis de l'Assemblée nationale, a été voté. On était un des
premiers endroits sur la planète à réglementer et à vouloir encadrer
l'hébergement touristique, avec, évidemment, la cohabitation de l'hébergement
collaboratif, qui prend de plus en plus d'espace.
Alors,
la loi n° 67 nous avait donné... on s'était dotés d'inspecteurs, d'enquêteurs,
de procureurs et, après un an de mise
en place de cette loi-là, on s'est rapidement aperçu que, bon, le ministère du
Tourisme n'avait pas ni l'expertise, ni les connaissances, ni toute l'expérience qui étaient requises pour bien
faire ce genre de travail là. Ça fait que, dans un premier temps, ce qu'on a souhaité faire, et c'est à
l'intérieur du projet de loi n° 150, comme le disait le député, donc,
c'est : on va transférer tout le
pouvoir d'inspection, d'enquêteurs, de procureurs à Revenu Québec. Revenu
Québec qui, tout le monde comprend ça
au Québec, a cette expertise-là, a les connaissances, a les façons de faire. Il
va mettre des enquêteurs, une équipe de 25 enquêteurs, inspecteurs
totalement dédiés au dossier de l'hébergement.
Alors,
ce qu'on attend, c'est, et on le souhaite, que le ministre des Finances puisse
passer sa loi d'ici la fin de la session
parlementaire. Évidemment, c'est un projet de loi qui est volumineux, mais le
ministre de Finances est parfaitement conscient
que ça, ça fait
partie des priorités à l'intérieur de son projet de loi. Alors, nous, on suit ça de très près et on
va s'assurer que cette portion-là de la loi soit adoptée d'ici la fin de la
session parlementaire.
La Présidente (Mme
Richard) : Merci. M. le député.
Traversy : Merci, Mme la Présidente. Écoutez, le temps presse, évidemment, il nous file entre
les doigts comme de l'eau, alors il faut
que la ministre, évidemment, use de sa persuasion pour s'arranger à ce que
nous puissions en discuter rapidement. Je sais qu'il
y a toute une priorisation au niveau
des projets de loi qui vont être
appelés dans les prochaines semaines. Alors, là-dessus, je fais
confiance à son doigté pour essayer de mettre au-dessus de la pile cette
priorité.
J'ai regardé un peu,
dans les différentes statistiques que nous avons, au niveau des hébergements
enregistrés, donc pour les résidences de tourisme. Au 31 mars 2018, Mme la
Présidente, on en chiffrait environ 5 893 qui étaient enregistrés, donc, au ministère du Tourisme pour,
donc, de l'hébergement. Et à ce chiffre seulement 226 étaient classifiés
à Montréal, et donc, sur près de
6 000 hébergements recensés, seulement 226 à Montréal, qui est pourtant,
la métropole, on en compte près de trois fois plus enregistrés à Québec.
Est-ce
que la ministre et son ministère y voient un certain signal d'alarme? Qu'est-ce
qui se passe à Montréal pour que si peu soit classifié?
La Présidente (Mme
Richard) : Mme la ministre.
Boulet : Bien, écoutez, je vais répondre la même chose que je
viens de lui répondre. Alors, je suis parfaitement
consciente de cette dynamique-là, et c'est dans ce sens-là qu'on va tout mettre
en oeuvre pour que la loi qui est
présentée par le ministre des Finances soit déposée et soit rendue... soit
votée par l'Assemblée nationale d'ici la fin de la session parlementaire. On est profondément
convaincus que, si on transfère ces responsabilités-là à Revenu Québec,
on sera vraiment, mais vraiment plus
efficaces que ce qu'on est capables de faire aujourd'hui en termes
d'intervention. Alors, ça, on est profondément convaincus.
je lui donne ma parole, au collègue, que je discute avec mon collègue des
Finances puis je vais m'assurer, là, qu'on soit capables de procéder à
ces dispositions-là d'ici la fin de la session.
La Présidente (Mme
Richard) : M. le député.
Traversy : Merci, Mme la Présidente. Et vos paroles sont
enregistrées, Mme la ministre, donc c'est bien dit. C'est bien dit et
c'est noté.
J'aimerais, donc, lui
parler également d'un autre dossier, qui touche à la fois le secteur de
l'hôtellerie, mais également le secteur de
la restauration et l'industrie touristique dans son ensemble, qui est le
problème de la main-d'oeuvre. Alors, le tourisme, vous le savez, c'est
un dossier qui est très transversal, qui touche à plusieurs aspects de la
société québécoise.
voulais voir, du côté du ministère du Tourisme, si certaines pistes de
réflexion avaient été finalement sélectionnées
pour essayer de pallier à ce manque de main-d'oeuvre. Je sais que des comités
avaient été mis en place par la ministre pour réfléchir à des pistes de
solution, je voulais voir où on en était rendu dans cette problématique.
La Présidente (Mme
Richard) : Mme la ministre.
Mme Boulet :
Alors, le collègue veut que je donne des réponses courtes, mais, celles-ci, il
va falloir qu'on en parle un peu plus
longuement parce que ce n'est pas un problème, tout le monde le sait, là, le problème
de la main-d'oeuvre sur le marché du
travail, de façon générale, c'est une problématique autant au niveau de la
relève que de la rétention. Alors, avec
des taux de chômage qui sont relativement bas, on sait que l'industrie
touristique a encore plus de difficultés, des fois, parce qu'on la voit comme étant une industrie saisonnière. Donc,
le défi de recruter, de retenir, faire de la rétention est d'autant plus
grand.
L'industrie
touristique, Mme la Présidente, c'est 375 000 emplois au Québec, donc
c'est près de 10 % de tous les emplois,
alors, pour montrer à quel point cette industrie-là, elle crée des emplois,
elle crée de la richesse dans toutes les régions. Mais on est très conscients, et tous les partenaires sont venus
nous rencontrer pour nous dire : Il faut mettre en valeur, il faut valoriser ce type d'emploi là pour
que les jeunes aient un intérêt à les prendre et mieux connaître
également ce que sont ces emplois-là, parce
que, parmi ces emplois-là, il y a des emplois qui sont bien rémunérés. Alors,
comment on peut leur donner une vitrine qui soit équivalente à ce qu'il
représente, ce genre d'emploi là, alors c'est important.
Alors, on était bien conscients de ça. Alors, on
a fait
partie également du Rendez-vous national sur la main-d'oeuvre, qui a été
mise en place par mon collègue le ministre François Blais, qui est le ministre
de l'Emploi et de la Solidarité sociale. Et
on a annoncé huit mesures lors des Assises du tourisme d'avril 2017,
représentant un investissement de
3 millions de dollars d'ici 2020. Alors, ces huit mesures représentent
environ plusieurs... c'est des ententes qui sont signées, des ententes
notamment avec le CQRHT, avec l'ITHQ, des mesures qui sont en cours
d'élaboration. Et il y a vraiment des
conventions signées avec l'Alliance de l'industrie touristique du Québec. Il y
a des activités de valorisation. Alors, on est en train de faire ça.
On a
également un portrait des définitions des avantages sociaux les plus
susceptibles de répondre aux besoins. Alors, ça aussi. Et on a également
une mise en oeuvre du plan d'action découlant du portrait. On est en attente de
la réalisation de ce portrait-là. Il y a une
entente, également, une convention qui est signée avec le Mouvement
québécois de la qualité. Le ministère... le MQQ accompagnera... c'est le
ministère...
Mme Boulet :
O.K. C'est le mouvement québécois, O.K., accompagnera des entreprises
touristiques pour une douzaine de
jours, sur 15 mois, afin d'améliorer leurs performances
organisationnelles. Il y a le recrutement des entreprises qui est en
cours, et il y a une cohorte, qui sera formée de huit entreprises, qui
démarrera sous peu.
Alors, on a mis des choses en place. Je ne peux
pas dire au député que, demain matin, ça va répondre aux problèmes, mais il y a
une question de faire connaître ces emplois-là, de valoriser ces emplois-là. Il
y a une question également d'avoir av