House Proceedings — 2 December 2015 (41st Legislature, 1st Session)
2015-12-02
Quebec — Debates (Hansard)
M. Labrie, en ce
début de retraite bien méritée, permettez-moi de vous offrir mes meilleurs
voeux.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Matane-Matapédia. Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Simard : Merci, M. le Président. Alors, je suis heureuse de souligner
la création d'une nouvelle entreprise dans ma circonscription, soit la
Miellerie du Cratère de Charlevoix, dont les terres se situent aux Éboulements.
Deux frères, Sylvain et Mathieu Gauthier, que je
me permets de saluer comme ce dernier est présent dans les tribunes aujourd'hui, ont toujours eu à coeur la
préservation de la terre familiale, aujourd'hui occupée par la cinquième
génération de Gauthier. Ayant un oncle
producteur de bovins, les frères Gauthier ont décidé de diversifier la
production afin d'occuper cette terre davantage. Après des mois
d'efforts soutenus, leurs produits sont désormais en vente dans cinq établissements de la région de Charlevoix
ainsi que sur la Rive-Sud de Montréal. De plus, ils seront disponibles, dès l'an prochain, au point de vente de la
miellerie qui sera installé dans la grange familiale surplombant le fleuve, qui
sera revampée pour l'occasion tout en respectant notre patrimoine. En
terminant, permettez-moi de vous inviter à venir les rencontrer au marché de Noël avec leurs
proches — parce
que c'est vraiment une histoire de famille — la fin de semaine prochaine à
Baie-Saint-Paul. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
M. le député de Laval-des-Rapides, pour votre déclaration.
Polo : Merci beaucoup, M. le Président. Demain, nous soulignerons la
Journée internationale des personnes handicapées.
À cette occasion, plusieurs activités seront organisées par le Regroupement des
organismes de promotion des personnes
handicapées de Laval. Ce regroupement réunit 27 associations qui ont pour
mission soit la promotion des intérêts et la défense des droits et/ou la
mise sur pied d'activités et de services auprès des personnes vivant avec un handicap ou de leurs familles. Leur clientèle est
composée d'environ 8 350 personnes de tous âges vivant avec une
déficience sensorielle, motrice, intellectuelle, un trouble langagier ou
du spectre de l'autisme.
J'invite
donc l'ensemble des résidents de ma circonscription à prendre part à cette
journée de sensibilisation, de formation
et d'échange avec les différents participants, que je tiens à féliciter pour
leur engagement à tous les instants. Merci beaucoup, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
député de Laval-des-Rapides. Mme la députée de Vachon, pour votre déclaration.
Ouellet : Oui. Merci, M. le Président. Je tiens à souligner l'apport exceptionnel que
fait la Grande Guignolée des médias
de la Rive-Sud dans notre communauté. Que ce soit par les paniers de Noël ou
encore le service de dépannage alimentaire,
pour beaucoup de nos concitoyens, ça fait toute la différence. Seulement l'an
dernier, ce sont 95 000 personnes, dont 40 000 enfants, sur le territoire du grand Longueuil, qui
en ont bénéficié. Derrière ces chiffres, il y a tout le travail de près
de 1 000 bénévoles qui font de cet événement un véritable succès.
Merci
aussi aux médias qui diffusent la Grande Guignolée. Je tiens à remercier
particulièrement M. Jean-Marie Girard,
président de l'organisme, ainsi que trois responsables du secteur de
Saint-Hubert, Jean-Marc Houle, Hélène Guimond et Denise Brouillette. Pour
cette année, je suis très fière d'offrir un point de cueillette à mon bureau de
comté parmi les six de Saint-Hubert.
Le succès de cet événement ne repose maintenant que sur notre générosité à tous
et à toutes. Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée de Vachon. Mme la députée de Richmond, à vous la parole.
Vallières : Merci beaucoup, M. le Président, de me permettre
de prendre la parole en cette Chambre aujourd'hui
pour vous inviter à célébrer avec moi le 70e anniversaire d'une entreprise
qui possède la force de trois générations de connaissances, d'expertise et d'expérience à fabriquer des millions
de palettes : on parle ici de HWP Herwood palettes.
Fondée
en 1945 par Henry Edgar Robert Wheeler, HWP Herwood palettes est l'un des plus
grands fabricants de palettes en bois
en Amérique du Nord, avec une capacité de production annuelle de plus de
3,5 millions de palettes. Toujours dirigée par la famille Wheeler à ce jour, l'entreprise windsoroise peut
aussi se targuer d'offrir un cycle de production vert avec un taux de
récupération de 100 %.
terminant, permettez-moi de féliciter MM. Jason, Malcolm et Shane Wheeler, ainsi
que toute leur équipe, pour ce savoir-faire vert développé chez nous,
qui est exporté partout en Amérique du Nord. Alors, bon 70e!
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée de Richmond. M. le député de Charlesbourg.
Blais : Merci bien, M. le Président. C'est un grand plaisir pour moi
de souligner le 30e anniversaire du Club Optimiste Charlesbourg et d'en
profiter pour rendre hommage au dévouement et à l'engagement de ses membres.
Ils font
partie de la
grande famille des 2 500 clubs Optimiste à travers le monde voués à
inspirer le meilleur chez les jeunes. Pour
les membres enthousiastes du Club Optimiste Charlesbourg, servir la jeunesse,
c'est une fierté, une source inestimable
de motivation. Leurs réalisations pour encourager la réussite et l'assiduité
scolaires sont nombreuses. Ils ont, depuis leur fondation, remis
1 million de dollars aux jeunes.
Je salue les membres présents ici ce matin, dans
les gradins. Il est à noter que certains d'entre eux comptent plus de 20 ans de bénévolat au sein du club.
Ils sont accompagnés de M. Michel Dupuis, gouverneur pour le district est
du Québec—Rive-Nord.
Les membres travaillent sur plusieurs projets présentement, notamment leur
concours d'art oratoire 2016, pour lequel
les élèves seront invités à s'exprimer sur la question suivante : De
quelle manière mes meilleures réalisations inspirent-elles le meilleur
chez les autres?
Je vous
remercie pour ce que vous faites et je souhaite longue vie et une belle vie au
Club Optimiste de Charlesbourg.
Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci à vous, M. le député de Charlesbourg. M. le député de
Jacques-Cartier, pour votre déclaration.
Kelley : Merci, M. le Président. C'est avec grand plaisir que
je souligne la contribution de Mme Evelyne St-Onge à la nation innue et
à la société québécoise.
Le 13 novembre dernier, Evelyne a reçu un
doctorat honorifique de l'Université du Québec à Montréal. Cette reconnaissance est le fruit d'une carrière bien
remplie comme éducatrice et défenderesse des droits autochtones. Dans sa communauté d'Uashat Mak Mani-Utenam, elle a
joué un rôle prépondérant dans la sauvegarde, le développement et la transmission des savoirs innus. Comme membre
fondatrice de l'Association des femmes autochtones il y a 40 ans, elle
a participé dans la lutte pour reconnaître
les droits des femmes autochtones qui ont épousé les non-autochtones. Comme
politicienne, elle a été également membre du conseil de sa communauté.
Finalement,
elle est une fière mère et grand-mère. Je veux saluer sa fille, Michèle
Audette, ancienne présidente des
Femmes autochtones du Québec et du Canada, présente ce matin dans nos tribunes.
Merci beaucoup, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Jacques-Cartier. M. le député de Granby.
Bonnardel :
Merci, M. le Président. À la fin de l'année 2015, un homme bien connu à Granby,
notamment à cause de son implication
au zoo, tournera la page sur une carrière de 19 ans au profit de cet
organisme qui fait la fierté des Granbyens.
Durant toutes ces années, Paul Labrecque a oeuvré au service à la clientèle, au
marketing, aux communications, aux relations publiques puis à la
fondation du zoo de Granby. Ce n'est pas pour rien si on l'a surnommé
M. Zoo.
Le zoo de
Granby, qui a fêté ses 60 ans en 2013, est la deuxième attraction en
importance au Québec. En plus de ses
animaux et de ses manèges, on y retrouve l'Amazoo, un parc aquatique qui est
très prisé. Et, question d'imager cette
affirmation, en juin dernier le zoo de Granby a accueilli son
25e millionième visiteur. Ce succès indéniable est le résultat d'un
travail de modernisation continue de la part des équipes du zoo et de sa
fondation.
Paul, tu
laisses derrière toi un héritage important. Je te souhaite une excellente
retraite, active et amusante. J'ai eu beaucoup
de plaisir à te côtoyer durant toutes ces années et j'espère que j'aurai encore
la chance de le faire. En mon nom personnel
et au nom des gens de la circonscription de Granby, je te remercie pour tout ce
que tu as fait pour le zoo, pour notre ville et pour notre région. Merci
et bonne retraite, M. Zoo!
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Merci à vous, M. le député de Granby. Enfin, M. le député de Rosemont.
M. Lisée :
Merci, M. le Président. Il me fait grand plaisir de souligner la Journée
internationale des personnes handicapées qui aura lieu demain, le
3 décembre. L'Organisation des Nations unies a retenu cette année le thème
Vers une société plus inclusive :
accroître le pouvoir d'agir des personnes handicapées . Tendre vers une société inclusive, c'est prendre des initiatives qui permettent à
l'ensemble des individus constituant la communauté de s'y reconnaître et
d'y contribuer.
J'en profite pour remercier l'Office des
personnes handicapées du Québec ainsi que tous les organismes communautaires,
associations et bénévoles qui oeuvrent au sein de notre réseau de santé et de
services sociaux. Leur dévouement
et leurs actions quotidiennes sur le terrain sont essentiels à l'épanouissement
et à l'autonomie des personnes handicapées.
Finalement,
je voudrais exprimer ma solidarité envers les personnes handicapées
elles-mêmes, qui font face aux défis
de l'intégration. Elles doivent faire preuve d'un grand courage pour le
relever, et c'est ce courage que je veux souligner ici, à l'Assemblée
nationale. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci à vous, M. le député de Rosemont. Voilà qui met un terme à la
rubrique Déclarations de députés.
Je suspends
les travaux de l'Assemblée quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 51)
Le Président : Mesdames
messieurs, nous allons nous recueillir quelques instants, mais en ayant une
pensée spéciale pour la famille de M. Maurice Martel, l'ancien député de
Richelieu, qui est décédé cette nuit. Notre collègue de Richelieu vient de m'en avertir. Alors, je vous
suggère, dans votre recueillement, de penser à sa famille et à ses amis de
Sorel et de la région de Richelieu.
Merci. Veuillez vous asseoir. Pas trop longtemps.
J'ai le
plaisir de souligner la présence, dans nos tribunes, du consul général des États-Unis
du Mexique à Montréal, M. Francisco
Eduardo Del Río López. Malheureusement pour nous, notre ami el señor López est ici en
visite d'adieu, car il quitte ses fonctions, il sera remplacé.
«Bienvenido, encantado».
Et également,
à l'occasion de la réunion annuelle des associations d'anciens
parlementaires du Canada, j'ai le plaisir de souligner la présence
dans nos tribunes de membres du conseil d'administration de l'Amicale des
anciens parlementaires du Québec et de représentants des associations d'anciens
parlementaires du Parlement canadien et des assemblées législatives de
l'Alberta, du Manitoba et de l'Ontario.
Nous poursuivons aux affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
M. le leader du gouvernement, je sens que vous
vouliez dire quelque chose.
M. Fournier : Oui. Je
voudrais saluer votre épouse, M. le Président.
Le Président : Ah bon! O.K.
C'est une bonne idée.
M. Fournier : J'ai vu que
vous l'aviez omis. Et je vous demanderais d'appeler l'article a en même temps.
Président : Bon,
bien, alors, je salue mon épouse aussi. Alors, M. le leader du gouvernement,
à l'article a du feuilleton,
M. le ministre responsable de
l'Administration gouvernementale et de la Révision permanente des programmes
et président
du Conseil du trésor présente le projet de loi n° 87, Loi
facilitant la divulgation d'actes répréhensibles dans les organismes
publics. M. le ministre.
M. Coiteux : Oui. Alors, merci, M.
le Président. Ce projet de loi a pour but de faciliter la divulgation d'actes
répréhensibles au sein d'organismes publics et d'établir un régime de
protection contre les représailles.
Le projet de loi identifie les organismes
publics visés et définit ce que constitue un acte répréhensible.
Le projet de loi permet à toute personne de faire une divulgation au Protecteur du citoyen. Il prévoit que celui-ci
peut faire enquête à la suite d'une
divulgation et faire les recommandations qu'il juge utiles dans un rapport
qu'il transmet à la personne ayant la plus haute autorité administrative
au sein de l'organisme public concerné.
Le projet de
loi offre la possibilité aux employés d'un organisme public de faire une
divulgation au sein de celui-ci. Il
prévoit que la personne ayant la plus haute autorité administrative de chaque
organisme public établit, à moins d'en avoir été dispensée par le Protecteur du citoyen,
une procédure facilitant la divulgation par les employés d'actes répréhensibles
et désigne une personne chargée de recevoir
les divulgations, de vérifier si un acte répréhensible a été commis ou est sur
le point de l'être et, le cas échéant, de lui en faire rapport.
projet de loi prévoit également qu'une personne peut, à certaines conditions,
divulguer au public les renseignements
qu'elle estime nécessaires lorsqu'elle a des motifs raisonnables de croire
qu'un acte répréhensible qui présente
un risque grave pour la santé ou la sécurité d'une personne ou pour
l'environnement a été commis ou est sur le point de l'être.
projet de loi interdit les représailles à l'encontre d'une personne qui fait
une divulgation ou collabore à une vérification ou à une enquête menée à
la suite d'une divulgation. À cet égard, des dispositions pénales sont prévues.
Aussi, le projet de loi modifie la
Loi sur
les normes du travail afin de protéger les droits des salariés impliqués dans
une divulgation effectuée conformément au projet de loi.
Enfin,
le projet de loi prévoit la présentation, à l'Assemblée nationale, d'un rapport
sur la mise en oeuvre de la loi.
Le Président :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? M. le leader
de l'opposition.
M. Drainville :
M. le Président, évidemment
nous aimerions obtenir des consultations à tout
le moins particulières sur ce projet
de loi. Je vois dans la réaction du
leader qu'il est ouvert. Alors, on espère bien qu'on pourra discuter de ce
projet de loi. Merci.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
En effet, dès aujourd'hui, il y aura des listes qui seront échangées, M. le
Président.
Le Président :
Alors, M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
...appeler l'article b, s'il vous plaît.
Président : Alors, à l'article b du feuilleton, Mme la
ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion présente le
projet de loi n° 77,
Loi sur l'immigration au Québec. Mme la ministre.
Weil : Merci, M. le Président. Ce projet de loi remplace la Loi
sur l'immigration au Québec. Il a pour objets la sélection de ressortissants étrangers souhaitant séjourner au Québec
à
titre temporaire ou s'y établir à
titre permanent, la réunion familiale des citoyens canadiens et des
résidents permanents avec leurs proches parents ressortissants étrangers
et l'accueil de réfugiés et d'autres personnes en situation particulière de
détresse.
Le projet de loi vise
aussi à favoriser, par un engagement collectif et individuel, la pleine
participation des personnes immigrantes à la société québécoise afin qu'elles
contribuent, notamment, à la prospérité du Québec, à son rayonnement
international et à la vitalité du français.
projet de loi reprend substantiellement certaines dispositions actuelles de la
Loi sur l'immigration au Québec, notamment en matière de planification
de l'immigration. À ce titre, il maintient les habilitations permettant au
gouvernement de fixer les conditions relatives à la sélection de ressortissants
étrangers à l'immigration permanente ou
temporaire et de prévoir les cas où une personne ou un groupe de personnes peut
conclure un engagement, à
titre de garant,
à aider un ressortissant étranger à s'établir à
titre permanent au Québec. Afin
d'élaborer de nouveaux programmes d'immigration,
le projet de loi introduit une habilitation permettant au ministre de
l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion de créer des programmes
pilotes d'immigration à durée déterminée.
Le projet de loi
reformule les dispositions actuelles relatives aux programmes d'accueil, de
francisation et d'intégration des personnes
immigrantes en énonçant qu'il vise à favoriser la pleine participation de ces
personnes à la société québécoise et en habilitant le ministre à les
mettre en oeuvre.
plus, le projet de loi élargit la compétence du Tribunal administratif du
Québec en matière d'immigration en prévoyant
notamment un recours au ressortissant étranger appartenant à la catégorie de
l'immigration économique dont la demande de sélection à
titre permanent
a été refusée.
projet de loi autorise le gouvernement à prévoir les cas où un employeur
désirant embaucher un ressortissant étranger
doit présenter une demande d'évaluation
ou de validation de l'offre d'emploi au ministre et habilite le gouvernement à imposer, s'il y a lieu, des
conditions à l'employeur qui embauche un tel ressortissant.
projet de loi reprend le mécanisme actuel de gestion des
demandes de sélection à
titre permanent et l'élargit, notamment, aux
demandes de sélection à
titre temporaire et aux demandes des employeurs. De
plus, il introduit un modèle basé sur la
déclaration d'intérêt d'un ressortissant étranger qui permet de constituer
une banque de candidatures et de
choisir, selon des critères d'invitation déterminés par le ministre,
celles qui répondent le mieux aux besoins du Québec.
Le projet de loi
révise les dispositions actuelles applicables aux consultants en immigration
pour encadrer davantage leurs activités et accorde entre autres au ministre le
pouvoir de rejeter une demande de reconnaissance à
titre de consultant en immigration pour un motif d'intérêt
public. De plus, il modernise les dispositions concernant les pouvoirs de
vérification et d'enquête, les dispositions pénales, les dispositions relatives
aux sanctions administratives, incluant les sanctions pécuniaires, ainsi
que celles devenues désuètes ou inadaptées.
Le projet de loi prévoit enfin diverses
dispositions modificatives, notamment en ce qui a trait aux fonctions et responsabilités du ministre prévues dans la Loi
sur le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles. Merci, M. le Président.
Le Président : Est-ce que l'Assemblée
accepte d'être saisie de ce projet de loi? M. le leader de l'opposition.
Drainville : Alors, M.
le Président, de par la lecture on
voit bien que ce projet de loi là est important, il mérite une attention qui inclura, j'en suis certain, des consultations, mais
j'aimerais bien entendre le leader du gouvernement
nous le confirmer, s'il vous plaît.
Le Président : M. le leader.
Fournier : Vu que le projet de loi est substantiel, M. le
Président, il y aura certainement des consultations particulières. On aura l'occasion d'avoir des
échanges là-dessus, tout à fait.
Le Président : Alors, c'est adopté?
Adopté.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le ministre
responsable de l'Administration gouvernementale et de la Révision permanente
des programmes et président du Conseil du trésor.
Coiteux : Oui. M. le Président, je dépose le rapport annuel de gestion 2014‑2015 du Centre de services partagés du Québec.
Le Président : Oui, le dépôt
est accepté et le document est déposé.
Pour ma part,
je dépose la lettre que m'a adressée Me Jacques Frémont, dans laquelle il m'informe
de sa démission à
titre de président
de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Cette
démission prendra effet à la veille
du jour de l'entrée en fonction de la personne qui lui succédera, à
Me Frémont, ou au plus tard le 30 juin 2016.
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission de
l'administration publique et député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. Alors, M. le Président, je dépose le rapport
de la Commission de l'administration publique donnant suite aux
auditions des sous-ministres et des dirigeants d'organismes publics sur leur
gestion administrative. La commission a siégé afin de procéder aux auditions
suivantes : le 8 septembre 2015, audition de la Commission québécoise des libérations conditionnelles sur sa
gestion administrative et audition de la Régie des marchés agricoles et
alimentaires du Québec sur sa gestion administrative; le 16 septembre
2015, audition du ministère de l'Agriculture, des
Pêcheries et de l'Alimentation portant sur le
chapitre 6 du rapport du
printemps 2015 du Vérificateur général intitulé Contrats présentant des situations à risque ; le 23 septembre 2015, audition du ministère
du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les
changements climatiques sur le
chapitre 3 du rapport du printemps 2015 du Vérificateur général portant sur les barrages
intitulé Application de la loi à l'égard de la sécurité et exploitation ;
le 7 octobre 2015, auditions du
ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale ainsi que de la
Commission de la santé et de la
sécurité du travail sur le
chapitre 4 du rapport du Vérificateur général du
printemps 2015 intitulé Lésions professionnelles : indemnisation et réadaptation des travailleurs ; le 22 octobre 2015, audition de l'Institut de
tourisme et d'hôtellerie du Québec
sur sa gestion administrative et audition de la Commission de la fonction
publique sur sa gestion administrative et
ses engagements financiers; le 18 novembre 2015, audition du ministère du
Conseil exécutif sur sa gestion administrative et ses engagements
financiers. La commission s'est également réunie en séance de travail les 20
mai, 12 juin, 8, 16, 22
et 23 septembre, 7, 21 et 22 octobre, 11 et 18 novembre 2015, ce qui constitue
un record d'auditions et de séances de travail, M. le Président. Ce
rapport contient 30 recommandations.
Et je tiens à remercier les vices-présidents,
les membres, la secrétaire de la commission et la recherchiste également
attitrée à la commission. Merci, M. le Président.
Le Président : Ce rapport est
déposé et mérite toutes nos félicitations, vous avez raison, M. le député.
J'en profite
pour témoigner aussi auprès des présidents des autres commissions à qui notre
collègue a déjà écrit et qui n'auraient pas répondu à la demande de notre
collègue le président de la CAP, de le faire le plus rapidement possible,
parce que c'est dans l'intérêt de notre
administration générale au Québec de prendre la suggestion de notre collègue
très au sérieux.
Alors, M. le
président de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des
ressources naturelles et député de Labelle.
M. Pagé :
Oui. Merci, M. le Président. Alors, M. le Président, je dépose aujourd'hui le
rapport de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie
et des ressources naturelles, la CAPERN, qui, les 6 novembre 2014, 14 et 19 mai
2015, a procédé à l'examen des orientations, des activités et de la gestion
administrative de la CPTAQ, la Commission de
protection du territoire agricole. La commission s'est également réunie en
séance de travail les 24 septembre,
6 novembre, 4 décembre 2014, 24 février, 19 mars, 2 avril, 6 et 27 mai, 11
juin, 19 novembre et hier soir, 1er décembre 2015, relativement à ce
mandat. Ce rapport contient 16 recommandations.
Et je veux également remercier l'équipe de la commission
et le service de secrétariat qui a permis de livrer ce rapport. Merci.
Le Président : Merci beaucoup,
M. le député. Ce rapport est déposé.
À la rubrique
Dépôt de pétitions, j'ai reçu la demande de Mme la députée de Pointe-aux-Trembles pour déposer une pétition qui est non conforme. Est-ce que j'ai un consentement? Consentement. Mme la
députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger : Merci, M. le
Président. Soyez toujours indulgents pour mon élocution. Merci. Ça s'améliore.
Alors, je
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée
par 187 pétitionnaires. Citoyennes et citoyens du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que face aux mesures d'austérité, pour
conserver notre édifice social construit au Québec depuis 50 ans, nous, de la Coalition Proximité
locale, refusons que notre territoire de Pointe-aux-Trembles et de Montréal-Est
perde, un à un, ses services de proximité;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«En appui aux citoyens de Pointe-aux-Trembles et de
Montréal-Est, nous, soussignés, croyons à l'importance des services de
proximité et à la démocratie locale et demandons au gouvernement du
Québec :
«Le maintien d'un
point de services au Centre local d'emploi;
«Que le mandataire pour le développement économique du
secteur Est soit doté de budgets suffisants pour offrir des services de
proximité d'aide aux entreprises privées et issues de l'économie sociale;
«Le maintien des
budgets au carrefour jeunesse-emploi afin de desservir l'ensemble des jeunes
16-35 ans;
«L'arrêt des
coupures et des hausses de tarifs dans les [services de garde] CPE;
«L'arrêt des
coupures, le maintien et l'amélioration des mesures contre le décrochage, le
maintien du nombre d'étudiants par classe et le maintien des services pour
les élèves en difficulté;
«Le maintien d'un
poste de police de quartier à Pointe-aux-Trembles à long terme;
«Le retour du tarif
unique pour le transport adapté;
«Le maintien d'une représentation locale au conseil
d'administration du CIUSSS de l'Est-de-l'île-de-Montréal;
«Que les services
soient accessibles et correspondent aux besoins identifiés de la population;
«Qu'il y ait un
engagement clair envers la prévention en santé;
«L'assurance d'un
ratio important de logements sociaux dans les nouveaux projets d'habitations;
«Que le programme
AccèsLogis soit maintenu.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
L'extrait de cette pétition est déposé.
Nous en
sommes rendus... Évidemment, il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni
d'interventions portant sur une question de violation de droit ou de
privilège.
Nous en sommes donc rendus à la
période de questions et de réponses orales, et je cède la parole à M. le chef
de l'opposition officielle.
Péladeau : Merci, M. le Président. Durant la campagne électorale de
2014, nous avions des candidats et des candidates libérales qui se
targuaient d'être de grands gestionnaires. Or, il se trouve que le rapport de
la Vérificatrice générale, vendredi dernier,
vient faire éclater ce mythe de façon éclatante. Elle a dit en substance que ce
gouvernement, c'est un gros plat de bonbons pour les médecins.
Est-ce
utile de mentionner que, depuis les 12 dernières années, les titulaires du
ministère de la Santé sont occupés par des médecins, dont le premier
ministre lui-même, entre 2003 et 2008, que le Dr Yves Bolduc lui a succédé et
que maintenant c'est le député de
La Pinière qui assume cette responsabilité, lui aussi médecin? Alors,
est-ce utile de rappeler qu'avant
d'être ministre il était le président du syndicat des médecins spécialistes,
celui qui est le père de cette entente ruineuse pour les Québécois?
deux tiers de l'argent en santé, l'argent neuf, est consacré à la rémunération
des médecins. Voici l'entente qu'il a obtenue, mais ce n'est pas suffisant pour
lui. Devenu ministre de la Santé, le voilà mainenant en charge de
remplir le plat de bonbons. Et il ne se gêne pas, il s'en vante. Et, comme par
hasard, ces sommes découvertes par la vérificatrice s'en vont en presque
totalité dans les poches des médecins spécialistes, 400 millions.
Comment le premier
ministre peut-il justifier que ce soit l'austérité pour les citoyens et
l'opulence pour les médecins?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : Évidemment, dresser les citoyens les uns contre les
autres, c'est la spécialité de l'opposition officielle. On vient d'en avoir une
démonstration. Je lui rappellerais cependant, sur le plan de la gestion des
finances publiques, qu'on vient de confirmer
l'équilibre budgétaire et que nous, on l'a fait sans mettre à la retraite les
infirmières et les médecins, sans
diminuer les rémunérations des employés du secteur public et sans diminuer la
croissance, sans diminuer les budgets
des réseaux de l'éducation et de la santé, qui ont continué à croître. Ces
budgets ont crû légèrement, mais ils ont crû, ce qui n'a pas été le cas
de leurs Administrations.
Rappelons également
pour mémoire qu'il manque un... liste de médecins ministres à celle que notre
collègue a faite, celle du précédent ministre de la Santé du Parti québécois.
Maintenant,
il faut également dire, M. le Président, que ce qui a été investi dans le
système de santé, parce qu'il faut le
qualifier de cette façon, correspond à des soins donnés à des patients. Alors,
je suppose et j'espère que notre collègue ne va pas regretter que des patients supplémentaires ont été vus, que
des patients en plus grand nombre que ce qui avait été prévu ont été vus
par les médecins.
Maintenant,
il faut savoir également que le mode de rémunération des médecins a commencé à
évoluer de façon importante au cours
des dernières années, que ce mouvement doit se poursuivre. D'ailleurs, ce qu'a
fait notre collègue avec les
omnipraticiens, avec la loi n° 20 et l'entente qui accompagne, est très
proche de la capitation, qui, sans aller dans les questions techniques, s'approche de ce que beaucoup d'experts
recommandent quant à la façon de bien rémunérer les médecins de famille. Alors, nous, on croit au
contraire, M. le Président, que soigner plus de patients, c'est aussi de la
bonne gestion.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Péladeau : Merci, M. le Président. La Vérificatrice générale nous dit
que le ministre de la Santé savait que les
bases de calcul des ententes de rémunération étaient sous-estimées de façon
importante parce que c'est lui qui en a négocié les modalités. Alors,
plutôt que de corriger l'erreur, il a fait verrouiller son entente.
Dans
ce contexte, comment le premier ministre a-t-il pu lui confier le mandat de
négocier l'étalement de sa propre entente? Est-il surpris aujourd'hui
d'entendre la VG nous dire qu'il en a plutôt profité pour en rajouter encore un
peu plus pour les médecins spécialistes?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : M. le Président,
au contraire, si je regarde la revue de presse des derniers mois, en fait
depuis que mon collègue occupe le
poste de ministre de la Santé, je ne peux pas dire que les déclarations des
fédérations médicales à son sujet ont
été en général très enthousiastes ou amicales; c'est plutôt le contraire qui
s'est produit. D'ailleurs, il a mis la même
énergie qu'il a mise à l'époque à représenter les médecins spécialistes. Je le
sais parce que j'ai été en négociation avec
lui à certaines reprises, et c'est un négociateur redoutable, je vais lui
donner certainement ce crédit. Il a mis la même énergie à parler au nom des 8 millions de Québécois et des patients
du Québec, qui enfin ont l'accès. Il y a 38 % de plus de Québécois et de Québécoises qui ont eu accès
aux médecins de famille en un an, et on va continuer M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Péladeau : Merci, M. le Président. Alors que le gouvernement coupe
l'aide aux enfants dans nos écoles, coupe les éducatrices en garderie, coupe l'aide sociale aux plus démunis et
veut geler le salaire des employés de l'État, pourquoi y a-t-il deux
sortes de citoyens aux yeux du premier ministre : les médecins d'un côté
et tous les autres de l'autre?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Alors, c'est eux
contre nous, c'est les autres contre nous. Quand ce n'est pas le gouvernement
fédéral, c'est les médecins qui sont contre
les Québécois. Il va falloir arrêter ce genre de discours politique qui ne
rejoint plus personne, M. le Président.
Dans le
préambule de la question de mon collègue, il y avait beaucoup de faussetés,
entre autres sur les offres actuelles
déposées et publiquement énoncées par mon collègue au Trésor. Il n'y a plus de
gel de salaire du tout dans ce qui
est sur la table pour les employés du secteur public, dans aucune année de
l'entente qui est proposée. On a fait des grands progrès, on va continuer à en faire. Je pense qu'il y a de la
bonne volonté des deux côtés pour qu'on arrive à une entente qui soit
négociée et de qualité.
Maintenant,
je vais le répéter, pour la santé, notre objectif est simple : plus
d'accès, des soins de qualité, plus de patients pris en charge par les médecins
de famille. On est en train d'y arriver, M. le Président.
Le Président : Troisième complémentaire,
M. le chef de l'opposition.
Péladeau : M. le Président, le gouvernement des médecins a mené à une
aberration, à une injustice flagrante, flagrante pour tous les Québécois
et les Québécoises.
Le premier
ministre ne considère-t-il pas qu'après deux ententes à sens unique pour les
médecins il serait grand temps de confier la réparation de ces ententes
à quelqu'un qui n'est pas à la fois juge et partie?
Le Président : M. le premier
ministre.
Le Président : S'il vous
plaît!
Couillard : J'enjoindrais à
mon collègue d'être prudent avec ce thème, M. le Président. Mais maintenant je
vais quand même... Je vais quand même, M. le Président, répéter. Je vais
répéter... M. le Président.
Le Président : S'il vous
plaît!
Couillard : Je vais répéter
que je suis très fier de la qualité du travail accompli par mon collègue, qui, encore une
fois, a déployé dans son service à la
population, son service aux patients du Québec
la même énergie qu'il a déployée à une autre époque, lorsqu'il occupait
une fonction différente. Et ce n'est pas pour rien...
M. Couillard : M. le Président. On
sacre à...
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! Il n'y a qu'une
personne qui a le droit de parole ici, c'est le premier ministre. La
question a été fort bien posée...
Le Président : Madame! La
question a été fort bien posée, j'attends la réponse.
Couillard : C'est édifiant,
M. le Président. Maintenant, ceci dit, ce n'est pas arrivé par hasard, M. le
Président, que 38 % plus de
Québécois aient accès à un médecin de famille, c'est arrivé parce que ce
gouvernement a fait de l'accès aux
soins sa priorité, qu'il a mis les médecins devant leurs obligations de voir
des patients plus rapidement, de les prendre en charge.
Le Président : En terminant.
M. Couillard : Et on va continuer
dans cette direction, M. le Président.
Le Président : Principale, M. le
leader de l'opposition.
Drainville : M. le
Président, l'actuel ministre de la Santé a déclaré qu'il savait d'avance que
l'entente qu'il avait négociée comme
président de la FMSQ allait dépasser... Ce sont ses mots. Il savait que les
médecins spécialistes allaient empocher le magot aux dépens des Québécois. Il
savait qu'il allait y avoir un dépassement de plusieurs centaines de millions, mais il a préféré protéger l'intérêt
des médecins spécialistes en particulier plutôt que l'intérêt des citoyens.
M. le
Président, pourquoi est-ce qu'il n'a rien dit? Pourquoi il n'a rien dit, le
ministre de la Santé, quand il est arrivé
à son poste de ministre de la Santé? 400 millions de trop versé, ce
n'était pas assez pour parler? Il aurait fallu combien de centaines de millions de plus pour qu'à un
moment donné il dise : Là, c'est assez, c'est assez? 500 millions de
plus? 600 millions de plus?
700 millions de plus? Comment ça se fait, M. le Président, qu'il n'a rien
dit? Puis comment ça se fait qu'il n'a pas accepté, lorsqu'il est devenu
ministre de la Santé, de rouvrir l'entente?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
M. Barrette : M. le Président, moi,
ce qui m'intéresse, c'est de donner des soins à la population. C'est ça qui m'intéresse. Maintenant, M. le Président, M. le
Président, les ententes qui sont signées sont signées par les deux parties,
et les ententes qui sont signées, M. le
Président, sont pour donner des services à la population. Et, comme ça a été
dit à plusieurs reprises, le constat
de la Vérificatrice générale est à l'effet que les prévisions budgétaires ont
été dépassées par des services.
Ça, c'est très
différent, M. le Président, que mon prédécesseur, qui était aussi médecin,
choisi par son parti, qui était à la
tête du ministère de la Santé, qui, lui, alors que son gouvernement créait des
déficits, il coupait, par exemple, en
2013, de 50 millions de dollars le budget des salles d'opération du
Québec. Le Parti québécois, lorsqu'il était au pouvoir et que la Santé
était aux mains d'un médecin, il coupait des services au même moment qu'il
faisait des déficits. Nous sommes le premier
gouvernement à exiger des médecins que les services soient rendus à l'intérieur
d'un budget prévisible, parce qu'ils n'avaient pas été bien prévus dans
le passé et maintenus par le médecin...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...et ministre de la
Santé... a été corrigé par moi aujourd'hui.
Le Président : Première
complémentaire, M. le leader de l'opposition.
Drainville : M. le
Président, il sait que ça va
dépasser... Il est au Conseil des
ministres, il voit les coupures
qui sont imposées aux élèves, aux garderies,
à l'aide sociale, il sait que ça va dépasser plusieurs centaines de millions, puis il ne dit rien, puis il ne demande pas de
renégocier. Il est ministre de la
Santé, puis il sait que ça va
arriver, puis il ne va pas s'asseoir avec les spécialistes, parce qu'il
la connaît, l'entente.
Pourquoi il
n'a pas demandé de rouvrir l'entente puis d'aller chercher les centaines de
millions qu'il savait qui allaient être versés en trop?
Le Président :
S'il vous plaît! M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, mon rôle ici, M. le
Président, est de participer à
l'action globale gouvernementale, la première mission étant de contrôler
les finances de l'État, et c'est ce à quoi j'ai participé, puisque j'ai négocié
un étalement de la chose.
Ceci dit, M. le Président, la Vérificatrice générale a dit une chose qui est vraie : Il y a eu
une erreur de prévision budgétaire, il y a eu un dépassement. La mécanique
qui a mené à ça a été corrigée. La fameuse évolution de pratique, M. le
Président, sera calculée au réel, et elle l'a noté, M. le Président, la Vérificatrice
générale.
Ceci dit, quel est notre rôle? Notre rôle est de
mettre en place des règles...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...qui amènent des
services. Et je rappelle à l'opposition officielle qu'ils ont voté contre...
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le leader de l'opposition.
Drainville : M. le
Président, les CPE, ils donnent des
services, puis les écoles, ils donnent des services, puis les ministères, ils donnent des services. Il avait la responsabilité, M. le Président... Quand il est devenu ministre de la Santé, la première chose qu'il avait à faire, là, c'était
d'informer son premier ministre puis d'informer le Conseil des ministres :
Savez-vous quoi? Ça va
«buster» de plusieurs centaines de millions, l'entente des médecins. Je
le sais, c'est moi qui l'ai négociée.
Pourquoi il n'a pas informé le Conseil des
ministres? Pourquoi il n'a pas exigé la renégociation de l'entente?
Le Président : M. le ministre
de la Santé. Et c'est pas mal bruyant ce matin! M. le ministre.
Barrette : M. le Président, je suis très étonné de la question du leader
de l'opposition officielle. Il me
demande pourquoi je n'ai pas informé
le premier ministre de la situation. Il a été informé. On a corrigé la mécanique de
budgétisation pour ne pas dépasser,
on l'a déjà fait. Peut-être que le leader de l'opposition officielle ne
comprend pas qu'une vérificatrice vérifie le passé et que moi, j'ai à
m'occuper du présent et de l'avenir, et on a corrigé ça.
Maintenant,
M. le Président, la réalité est que nous, on doit s'acharner à
mettre des règlements en place et des lois pour que les services viennent, pour ne pas faire ce que le Parti québécois a fait, créer des déficits et couper dans les chirurgies.
Combien de patients doivent ne pas se faire opérer pour satisfaire le Parti
québécois?
Le Président : Principale, Mme
la députée de Taillon.
Lamarre : Le scandale
médicolibéral a coûté 400 millions aux Québécois, et le ministre nous annonce que ça continue pour un autre
400 millions. La réalité, les faits, c'est que l'argent qui va dans les
poches des médecins, eh bien, il est coupé
ailleurs. Pendant que les médecins empochent le gros lot, l'hôpital juif doit
annuler des chirurgies, l'hôpital pour enfants envoie ses patients en
clinique privée. On coupe des postes en santé mentale et on désassure la fécondation
in vitro.
Ce que la Vérificatrice générale démontre, c'est
que le ministre n'a pas enlevé son sarrau de médecin, qu'il continue de travailler pour et seulement
pour les médecins, au détriment même des Québécois. On a fait entrer le
loup dans la bergerie et on le laisse
agir sans scrupule. C'est assez. En toute connaissance de cause, le premier ministre et tous les députés libéraux laissent le ministre de la Santé
gâter les médecins et sacrifier les Québécois.
Est-ce que le ministre va récupérer les 400 millions
et les réinvestir dans les soins et services aux patients?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : M. le Président, mon engagement est ferme, je le maintiens
et je le répète, pour faire en sorte que, dans un encadrement d'équilibre budgétaire, qui est un encadrement
étranger au Parti québécois, que, dans cet encadrement-là, la gestion
des deniers publics soit faite d'une telle manière, M. le Président, que les
services soient rendus.
Pour que les services soient rendus,
il faut faire un certain nombre de réformes. C'est la loi n° 10 pour la
structure, la loi n° 20, qui
exige que les services soient rendus sous peine de pénalité financière, ce que
recherchent la députée de Taillon et
toute la députation de l'opposition officielle, ce qu'aucun gouvernement du
Parti québécois n'a proposé dans le passé ou certainement pas dans ses
18 mois au pouvoir. Nous faisons quelque chose, qui n'a jamais été fait,
dans l'intérêt de la population. M. le
Président, dans l'esprit de l'opposition officielle, pour revenir à l'équilibre
budgétaire, combien de services
aurait-il fallu couper lorsqu'ils étaient au pouvoir? Parce qu'ils ont fait ça,
eux. Nous, nous mettons en place, M.
le Président, les mesures qui donneront des services à la population, et,
encore une fois, l'opposition a voté...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...contre ces mesures-là, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Rosemont.
Lisée : Il va falloir que le ministre de la Santé prenne ses
responsabilités. Où est-ce qu'il a pris les 400 millions pour les donner à ses amis? Entre autres dans les
pharmacies. Résultat? Les pharmacies désormais fermées des soirs et des
fins de semaine à Trois-Rivières, à Gatineau, à Montréal, la fin des livraisons
à domicile à Saguenay, des pharmacies complètement fermées à Montebello et à
Asbestos.
Combien
de fermetures faudra-t-il avant que le ministre accepte d'aller chercher les
400 millions puis les mettre aux bons endroits?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, je rappelle au député de Rosemont que la
Vérificatrice générale, lorsqu'elle parle du 400 millions, elle
parle du passé, qui inclut les années du Parti québécois au pouvoir. Alors, le
Parti québécois au pouvoir a pris où
l'argent qui a été dépensé supposément pour rien, alors qu'il a été dépensé
pour des services? Ils ont coupé
quels services, M. le Président? Moi, je peux vous le dire, j'étais de l'autre bord. Ils ont coupé
50 millions de dollars, ils ont
coupé 50 millions de dollars, M.
le Président, en chirurgie, alors
qu'au moment où on se parle, M. le
Président, aujourd'hui, pas
dans le passé, on revient à l'équilibre budgétaire, on ne coupe pas des
services et on met en place...
Le Président :
En terminant.
Barrette : ...des règlements
et des lois qui vont donner les services à l'intérieur de notre capacité de
payer, M. le Président...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Rosemont.
Lisée : C'est
extraordinaire, M. le Président, c'est la faute des séparatistes si l'ancien
président des médecins
spécialistes...
Le Président :
Bon, bon, bon, ça fera, là! M. le député, veuillez continuer, s'il vous plaît.
Lisée : Le ministre de la Santé a signé une entente qui a fait «buster» de 400 millions les
finances du Québec et, pour les payer, il a fermé des pharmacies, il
a rationné les bacs à seringues, il a rationné les soins à domicile, il a
réduit la prévention des maladies transmises sexuellement, et là il
vient nous dire que ce n'est pas sa faute...
Le Président :
M. le ministre...
Le Président :
S'il vous plaît! M. ministre de la Santé.
Barrette : Je tiens, M. le Président, évidemment, à souligner la
grande capacité d'introspection du député de Rosemont. Je l'invite à
réitérer à sa prochaine question s'il en a une autre.
Mais, M. le Président, on est ici, évidemment,
dans une opération d'image. Le député...
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît!
Le Président :
Mme la leader adjointe, s'il vous plaît!
Président : Bien, peut-être, là, mais, en tout cas, on va
continuer d'entendre le ministre de la Santé.
M. Barrette :
Le député de Rosemont prend des exemples du passé, alors qu'ils étaient au
pouvoir, pour, en même temps, évidemment, M. le Président, ne pas reconnaître
le fait que notre gouvernement, aujourd'hui, a mis en place...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...la loi la plus sévère quant à la dispensation des soins, et ce, dans...
Le Président :
Principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, dans sa mise à jour économique, le
ministre des Finances nous a annoncé que, pour le reste du mandat libéral, la croissance économique au Québec va varier
entre 1,5 % et 1,7 % seulement. M. le Président, mathématiquement, c'est impossible, avec une
croissance de 1,7 %, de bien financer les programmes sociaux et réduire
les taxes et les impôts des Québécois. C'est impossible, donc, pour la fin du
mandat.
La solution, M. le
Président, c'est d'augmenter la croissance économique. Et, pour ça, il faut
augmenter les investissements privés, et le principal outil qu'a le gouvernement
pour augmenter les investissements privés, c'est Investissement Québec. M. le Président, ça prend un plan ambitieux chez
Investissement Québec. Or, le dernier plan qui a été déposé chez Investissement Québec, c'était pour la période 2011 à
2013. Il y a un président chez Investissement Québec qui est là depuis un an, et hier le ministre de
l'Économie nous a avoué qu'il a refusé le plan du président d'Investissement
Québec. Donc, parce qu'il y a une mésentente
entre le ministre de l'Économie puis le président d'Investissement Québec,
on n'a pas de plan stratégique.
Est-ce
que le premier ministre trouve normal, alors que ça fait 19 mois qu'il est
premier ministre, que son principal bras économique n'ait même pas de
plan?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, bien sûr, mon collègue a rencontré Investissement
Québec pour parler de leur plan qui
va être déposé. On peut fortement présumer que le plan stratégique va être
déposé au début de la prochaine session, dans les premières semaines de
la session qui s'annonce.
Mais, moi, ce que je
veux avant tout, c'est qu'Investissement Québec agisse, et Investissement
Québec agit. Il n'y a pas une semaine où il
n'y a pas d'intervention d'Investissement Québec sur le terrain pour relancer
nos entreprises, les aider dans leurs
exportations et dans tous les secteurs de notre économie, qui, heureusement,
est diversifiée. C'est la Banque
royale, récemment, qui notait que l'économie québécoise est une des plus
diversifiées au pays. On notait également que les exportations du Québec s'accélèrent et vont probablement
s'accélérer également l'année prochaine. On notait ce matin que les investissements privés, dont parle
notre collègue, sont en croissance à Montréal et qu'il y a plus
d'investissements privés à Montréal actuellement que dans d'autres
grandes villes canadiennes.
Alors,
les indices, M. le Président, nous amènent à voir l'avenir avec confiance.
Cependant, l'état de l'économie est très instable, il le sait lui-même.
La demande pour les matières premières fléchit, on le sait très bien, ce qui a
une incidence sur le Québec. Mais, heureusement, notre économie ne dépend pas
que des matières premières, comme en témoigne d'ailleurs la croissance de nos
exportations qui se font dans d'autres secteurs.
y aura un plan stratégique d'Investissement Québec, mais, avant tout, il y a de
l'action jour, après jour, après jour pour soutenir notre économie.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, la croissance économique au Québec
est beaucoup plus faible qu'en Ontario et qu'aux États-Unis. Je sais que ça ne passionne pas le premier ministre, l'économie,
mais une petite leçon de gestion : pas de plan, pas de résultat.
Comment
se fait-il qu'après 19 mois au pouvoir il n'y ait toujours pas de plan
stratégique pour Investissement Québec? Va-t-il agir? Quand va-t-il
agir? Qu'attend-il, le père Noël?
Le Président :
M. le...
Le Président :
Bon, M. le premier ministre.
M. Couillard : Je souhaite également un joyeux Noël à mon collègue, mais le Plan
économique du Québec, il a été
déposé, il a été réaffirmé lors de la mise à jour de mon collègue des Finances.
Bien sûr, l'environnement économique est
exigeant. Il a raison de dire que la croissance a ralenti, mais partout en
Amérique du Nord, et notamment au Canada, où les chiffres ont été revus considérablement à la baisse, où, aussi en
Ontario, les chiffres ont été revus à baisse, et où, bien sûr, on
s'ajuste à la réalité qui est la nôtre.
Comment
est-ce qu'on doit compenser ça? Entre autres, tiens, je vais lui indiquer un
thème qui lui est cher parce qu'il
est important pour moi également, par la question de la productivité de nos
entreprises. Évidemment, il ne veut pas
en parler parce que c'est une bonne nouvelle, mais, récemment, on a vu que la
productivité des entreprises québécoises a augmenté de façon importante, et même par rapport à d'autres provinces
canadiennes. Alors, plus de productivité, meilleur niveau de vie...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...meilleur développement économique malgré notre
démographie. C'est la direction à suivre.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, le premier ministre est fier de dire
que le Québec a une croissance économique de seulement 1,5 %. Quel manque d'ambition! Mais je répète ma
question pour la troisième fois : Est-ce qu'il trouve normal que son ministre de l'Économie, après 19 mois,
n'ait toujours pas de plan stratégique pour Investissement Québec? Est-ce
qu'il peut nous dire, lors de la rentrée, est-ce que le ministre de l'Économie
va être toujours en poste, oui ou non?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Est-ce qu'il peut nous informer de son avenir à lui? Qui sait, M. le
Président? L'avenir est incertain. L'incertitude, ça fait
partie de la
vie politique, M. le Président.
Mais
je suis très content des actions de mon gouvernement dans le domaine de l'économie
parce que, justement, dans une circonstance aussi exigeante que celle
qu'on a traversée... et c'est...
M. Couillard : M. le Président, on fait des bruits grotesques, de l'autre côté. Est-ce
qu'on pourrait arrêter quelques instants? Merci.
Dans une circonstance
aussi exigeante que celle qu'on traverse actuellement, avoir réussi à
équilibrer notre budget, avoir réussi à
continuer... à nos programmes sociaux, avoir remis le Québec sur le chemin de
la croissance, avoir réinvesti en
éducation — parce
que maintenant on a les moyens de le faire — contredit tout ce qu'il dit depuis des
semaines, M. le Président.
Le Président :
En terminant.
M. Couillard : Nous sommes sur la voie du succès et de la prospérité. Moi, je suis fier
du Québec, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Merci, M. le Président. Les drames humains sont encore trop nombreux
dans les CHSLD du Québec. Samedi
dernier, une dame de Montréal a chuté brutalement de son fauteuil roulant et se
retrouve aujourd'hui avec la hanche
brisée et le visage tuméfié. Hier, on apprenait dans ces rapports de coroners
que deux aînés sont morts étouffés en mangeant des sandwichs dans le
même CHSLD en l'espace de quelques mois.
solutions existent, mais encore faut-il qu'on les applique. Même s'il a en main
des balises du Protecteur du citoyen
et d'un comité de sages, le gouvernement tarde à diffuser les normes qui
permettront l'installation de caméras de
surveillance dans les chambres des
CHSLD. Il faut aussi que les préposés aux bénéficiaires soient soumis à des
normes professionnelles sous l'égide
d'une corporation. Enfin, il faut réviser la politique alimentaire dans les
CHSLD. Ça ne réglera pas tout, mais ce sera mieux que le statu quo.
Quand la ministre
responsable des Aînés va-t-elle enfin se lever pour passer à l'action?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, le député de Lévis... Et je suis d'accord
avec lui, je suis tout à fait d'accord avec lui, M. le Président, il y a des
drames humains qu'on voudrait ne pas voir dans nos CHSLD ni ailleurs,
et les éléments qui sont rapportés dans les médias ce matin en font état.
Ceci
dit, M. le Président, les événements rapportés dans les médias ce matin font aussi état du
fait que les règles, les règlements,
les protocoles de soins qui doivent être mis en place dans notre réseau
l'étaient. Et, si je prends, par
exemple, les deux cas qui sont
rapportés, où deux patients, malheureusement, deux résidents en CHSLD se sont effectivement étouffés et en sont décédés, M. le Président, je tiens à rassurer la population, dans ces cas-là il y avait des protocoles en
place qui étaient clairement
définis, il y avait des mesures appropriées mises en place, mais il
s'est avéré que des personnes n'ont pas
suivi les protocoles correctement établis et sont décédées, malheureusement. Elles ont été congédiées, d'ailleurs, les personnes responsables.
Donc,
rassurons la population, M. le
Président, nous prenons bien soin des
gens en termes de réglementation...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...dans notre réseau. Malheureusement, il y a eu des impairs, pour le moins.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : M. le Président, il faut faire davantage. Les rapports du
coroner sur la mort des aînés qui se
sont étouffés en mangeant des sandwichs témoignent de la nécessité de revoir à
la fois la formation des préposés aux bénéficiaires
qui aident les aînés à manger, mais aussi la politique alimentaire générale
dans les CHSLD. Le manque de surveillance
pendant les repas a entraîné la mort de 20 aînés depuis trois ans. Il y a toujours
des lacunes importantes dans la planification, l'organisation
des repas et sur le manque de personnel au cours des repas.
Est-ce que
la ministre responsable des Aînés reconnaît ce problème? Et
s'engage-t-elle à revoir cette politique...
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : Bien, M. le Président, encore une fois, nous convergeons, moi et... et ça arrive parfois
que la CAQ et le Parti libéral convergent, hein? On en a deux exemples
ici, dans la pièce.
M. le Président, le député de Lévis a raison, mais, là où il se trompe, à mon avis,
c'est que nous avons en place dans
notre réseau des politiques alimentaires, des règles à suivre, des éléments
qui sont parfaitement en place pour la sécurité de nos aînés. Maintenant, M. le Président, la loi n° 10, c'est une loi qui vise l'imputabilité, et vous
le verrez prochainement, vous en entendrez parler, on a agi à plusieurs
reprises à cet égard-là. Ce n'est pas en changeant le statut professionnel d'employés que ça va nécessairement leur enlever la responsabilité de respecter les règles qui sont édictées, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : M. le Président, la CAQ a récemment révélé que 3 500 aînés attendent une place
permanente dans un CHSLD. Dans certains endroits, on attend deux, trois, même
quatre années. Pourquoi ne pas publier sur le site Internet du ministère
de la Santé un portrait de l'attente
pour chaque CHSLD afin que les aînés et leurs familles qui cherchent une
place puissent effectuer un choix éclairé en fonction de l'attente?
vais présenter une motion en ce sens ce matin. Est-ce que le gouvernement va l'appuyer et mettre en place cet outil extrêmement important?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
M. Barrette :
Bien, M. le Président, je constate que le député de Lévis vient de changer de
registre dans sa séquence de questions. Sur le sujet de la possibilité d'avoir
un site Web qui offre à la population une liste des places disponibles en CHSLD, c'est une question
qu'il a lui-même abordée dans cette
Chambre récemment, et j'avais
répondu, d'ailleurs, à cette question-là. Et nous avons eu, lui et
moi, des discussions informelles dans les couloirs de l'Assemblée, et je peux vous dire tout de suite : Je suis très en faveur de cette mesure-là, et, oui, nous avons
l'intention de donner suite à cette excellente proposition, M. le
Président, à l'intérieur de notre mandat.
Le Président :
Principale, M. le député de Labelle.
Pagé : Merci, M. le Président. Maintenant que c'est confirmé que les familles et les
enfants devront passer à la caisse
pour défrayer les riches millionnaires médecins, à chaque jour on apprend
toutes sortes de scénarios. Hier, on voulait
couper jusqu'à 16 %
les heures travaillées des éducatrices. Aujourd'hui — tenez-vous bien, M. le Président — on parle,
entre autres, de couper les heures de la cuisinière, qui pourraient passer de
30 à 21 heures. À ce que je sache, en 2016, les enfants n'auront pas 30 % moins d'appétit. On voudrait
même défrayer les services ménagers en fonction du nombre d'enfants. À ce que je sache, qu'il y ait
80 ou 60 enfants, la toilette, il faut la laver dans sa totalité, ça sera
les mêmes services à offrir. Donc, on est vraiment dans une opération de
comptabilité, et non dans une opération de qualité.
Est-ce
que la ministre va dire non à ces coupes aveugles, à ces coupes ridicules, à
ces scénarios qui n'ont absolument aucun
bon sens? Va-t-elle dire non à la fermeture de certains CPE? Parce que c'est ça
qui pourrait arriver, et c'est des pertes d'emploi.
Le Président :
Mme la ministre de la Famille.
Charbonneau :
Merci, M. le Président. Je suis heureuse de répondre encore une fois à cette
question. M. le Président, au niveau des
services de garde du Québec, il n'y aura pas de coupures chez nos éducatrices.
Il faut le dire, il faut le répéter,
puisque l'opposition s'entête à répéter ce message aussi. Il faut rassurer les
parents du Québec, la relation qu'ils ont au quotidien avec leurs
éducateurs, éducatrices, elle sera stable.
Maintenant,
est-ce qu'on est en train de parler avec nos partenaires de comment on fait les
choses? Est-ce qu'on est à une table
en train d'échanger avec eux pour savoir comment ça se passe un peu partout?
Parce qu'on se doit, comme gestionnaires de l'argent des Québécois, de
faire une administration saine de ce qu'on a comme organisation.
Savez-vous
quoi, M. le Président? Bien, on a eu sept rencontres. Normalement, il devrait y
en avoir une demain aussi pour
continuer à discuter avec eux de comment ça se passe sur le terrain. On n'est
pas dans les propositions, on n'est pas dans les échanges de contrats,
on est dans la discussion, et c'est là que devraient se passer les échanges...
Le Président :
En terminant.
Charbonneau :
...sur comment on fait les choses administrativement au Québec dans les CPE.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Labelle.
Pagé : Je vais vous en parler, du terrain. La directrice du CPE
à Rosemont nous écrit, j'ouvre les guillemets : «Présentement,
nous sommes en faillite technique à cause des coupures de 2015. S'il y a
d'autres coupures en 2016, je vais devoir
abolir des postes et peut-être même jumeler des groupes d'âge. Ceci aura un
impact direct sur la qualité des services ou bien notre CPE fermera, Mme
la ministre.»
Alors,
allez-vous cesser cette réalité comptable? Allez-vous offrir le service?
Pouvez-vous garantir qu'il n'y aura pas de fermetures de CPE avec ce
qu'on entend aujourd'hui?
Le Président : Mme la
ministre de la Famille.
Charbonneau :
La question de mon collègue, c'est : Est-ce qu'on va arrêter de parler à
nos partenaires de comment faire mieux, comment faire plus? La réponse à
ça, c'est non. On va continuer à leur parler puis on va continuer à échanger avec eux qu'est-ce qu'une bonne pratique et
pourquoi, dans certains milieux, il y a certaines difficultés, parce
que, M. le Président, les échanges qu'on fait là ne se sont jamais faits. On se
doit de se parler, d'échanger et de regarder
les meilleures pratiques qu'on a au Québec. C'est l'obligation qu'on a envers
les parents du Québec, M. le Président.
Président : Mme la députée de Pointe-aux-Trembles, votre
élocution va de mieux en mieux. M. le député de Labelle, en
complémentaire.
M. Pagé :
C'est assez extraordinaire, ce que l'on entend ce matin, là, mais j'offre une
chance à la ministre. Les quatre
associations sont ici, dans les tribunes. Ils étaient avec nous ce matin, ils
ont mis leurs différends de côté. Ils ont dit qu'ils étaient prêts à s'asseoir,
ils demandent une table de négociation.
Allez-vous,
pour une fois, les écouter? Allez-vous mettre sur pied cette table de
négociation? Est-ce que vous allez les rencontrer après la période de
questions?
Le Président : Mme la
ministre de la Famille.
Charbonneau : M. le
Président, il me fait plaisir de
répéter à mon collègue qu'il n'y aura pas de coupures chez nos
éducateurs, éducatrices auprès des enfants dans nos services de garde au Québec.
Maintenant,
est-ce que je vais m'asseoir avec les associations? M. le Président, je l'ai dit tantôt, je l'ai dit hier, ça fait sept rencontres
qu'on a. Est-ce qu'on est assis à la même table pour se parler? Oui. Je ne
négocie pas parce qu'en ce moment on n'est
pas dans une période de négociation, on est dans une période d'échange. Je suis
surprise que mon collègue se lève
pour me demander cet échange, puisqu'on est à ce point, en ce moment, en train
d'échanger sur différentes pratiques, différentes façons de faire...
Le Président : En terminant.
Charbonneau :
...et jusqu'ici tout se passait très bien, puisqu'on est en train d'échanger
avec eux.
Le Président : Principale, M.
le député de Berthier.
Villeneuve : M. le Président, depuis son entrée en poste, tout
ce que le ministre de l'Agriculture a fait, c'est couper, couper et
couper. Les agriculteurs sont déçus, les transformateurs sont déçus, tout le
monde est déçu.
Hier, c'est
cette déception que le président de l'UPA, M. Marcel Groleau, a exprimée
devant ses membres réunis en congrès.
Alors qu'au Parti québécois nous visions à augmenter à 50 % et plus
l'apport des aliments québécois dans notre
assiette avec une politique de souveraineté alimentaire innovante, applaudie
par l'ensemble du milieu, qu'a fait le ministre
libéral? Il l'a mise aux poubelles, M. le Président. Elle est même disparue du
site Internet du ministère. Qu'a-t-il proposé en retour? Rien.
Lundi, le Conseil de la transformation
alimentaire et l'Union des producteurs agricoles, appuyés par La Coop fédérée, l'Université Laval et le Mouvement
Desjardins, ont imploré le gouvernement de cesser d'ignorer l'agriculture.
M. le
ministre, allez-vous répondre rapidement à leur demande et lancer une stratégie
québécoise de l'agroalimentaire?
Le Président : M. le ministre
de l'Agriculture.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui.
M. le Président, les agriculteurs ont fait leur part dans l'atteinte de
l'équilibre budgétaire du gouvernement du Québec. La première année,
La Financière agricole a connu des coupures de budget de 113 millions de dollars, la deuxième année, de
150 millions de dollars, mais pas un seul producteur n'a vu son
chèque de stabilisation coupé. On a mieux géré La Financière agricole que
le gouvernement péquiste précédent.
De plus, de
plus, le Conseil des ministres a adopté une mesure qui vise à faire en sorte
qu'il n'y aura pas d'imprévus catastrophiques
pour les producteurs agricoles. Sur une période de deux ans, 300 millions
de dollars en liquidités vont être déposés au nom
des producteurs agricoles à la Caisse de dépôt et de placement du Québec. Donc,
si vous coupez de 113, vous coupez de 150 et
mettez 300 millions de dollars de côté en cas d'imprévu, vous êtes un bon
gestionnaire, et les producteurs agricoles sont contents des gestes
qu'on a posés.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Berthier.
Villeneuve : M. le Président, le ministre, à son habitude, ne
répond pas à la question. Pendant que le gouvernement verse 1,3 milliard
dans une mauvaise entente avec Bombardier, le ministre coupe année après année
150 millions en agriculture. Il a saboté la politique
gouvernementale de souveraineté alimentaire en la mettant aux poubelles. En ne proposant rien pour la remplacer,
il crée ainsi un vide préjudiciable pour l'agriculture, mais pour l'économie
du Québec en général.
Qu'attend le ministre
pour lancer une stratégie québécoise de l'agroalimentaire? Qu'attend le
ministre pour travailler, se mettre...
Le Président :
M. le ministre de l'Agriculture.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui. M. le Président, les députés sont tous
témoins des investissements en agriculture chacun dans leur région. Dans la
région de Rivière-du-Loup, DuBreton investit dans du porc biologique, des investissements majeurs. En Abitibi, La Coop
fédérée investit dans le bien-être animal,
en production porcine. F. Ménard fait
de même. DuBreton fait de même dans le comté de Portneuf. Il y a quelques
jours, j'étais dans le comté d'Argenteuil,
une famille qui a investi 2,5 millions
dans la modernisation de son industrie laitière avec de la relève agricole. Il
y a...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Voyons! Écoutez, M. le
Président... La semaine passée,
j'étais dans le comté de Soulanges...
Le Président :
En terminant.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : ...rencontré des producteurs agricoles. Là aussi,
il y a de la relève qui a confiance en l'avenir.
Le Président :
Deuxième complémentaire, monsieur...
Le Président :
Non? Ah! principale, M. le député de Nicolet-Bécancour.
Martel : M. le Président, pendant que le gouvernement... trop occupé à faire des relations publiques avec
sa Stratégie maritime, l'industrie
des traversiers va mal. Nous avions demandé, le printemps dernier, au ministre
responsable si les hausses de tarifs
allant jusqu'à 25 %, imposées depuis le 15 avril 2015, auraient des
conséquences sur l'achalandage des
traversiers. Le ministre avait fini par nous répondre, je le cite :
«Ce qu'on veut au cours des prochaines semaines et des prochains mois,
c'est d'augmenter le nombre de passagers sur les navires.»
c'est le contraire qui se produit. Les derniers chiffres fournis par le gouvernement révèlent une baisse généralisée de l'achalandage aux traverses de Québec et de Sorel entre 2014
et 2015 tant pour les passagers que pour les véhicules. Voilà l'effet
des hausses de tarifs déraisonnables. Est-ce que le ministre peut s'engager à
les revoir?
Le Président :
M. le ministre délégué aux Transports.
D'Amour : Alors, M. le Président, je suis très heureux de l'occasion que me donne le député ce matin de parler de la Stratégie maritime que nous avons proposée en
juin dernier aux Québécois. Strictement au cours des derniers jours, M.
le Président, on a annoncé un nouveau programme de 200 millions de dollars
pour stimuler l'industrie. D'ailleurs, l'annonce s'est faite dans un comté
voisin du sien, M. le Président. Alors, on a pris nos responsabilités.
La Stratégie maritime a été le théâtre de
nombreuses annonces au cours des dernières semaines, notamment aux Îles-de-la-Madeleine avec le collègue...
notamment du côté de Rimouski, où on a annoncé la création d'un institut
franco-québécois sur
la recherche dans le domaine maritime, une aide soutenue pour le développement
des biotechnologies marines, un
nouveau navire propulsé au gaz naturel liquéfié du côté de Matane. Et, M. le
Président, vous savez quoi? On va retourner en région après les fêtes,
et je vais recommencer une tournée pour parler de zones industrialoportuaires.
Parallèlement,
la Société des traversiers du Québec doit produire incessamment un plan pour
mieux vendre ses services, pour mieux proposer, justement, nos
déplacements entre les deux rives, pour faire en sorte que les régions connaissent un développement accru et soutenu
grâce à la Stratégie maritime du Québec. J'invite le député à se joindre
à nous, à joindre nos rangs avec l'industrie maritime, avec les régions pour,
justement...
Le Président : En terminant.
M. D'Amour : ...créer des emplois,
stimuler l'économie, comme on le fait présentement dans l'ensemble des régions
du Québec, M. le Président.
Le Président : O.K. Première
complémentaire, M. le député de Nicolet-Bécancour.
Martel : M. le Président,
c'est incroyable, ce qu'on vient
d'entendre. On n'est pas surpris des résultats des traverses
quand on voit la considération que le ministre leur donne. En excluant la période couvrant la
grève des traversiers, à Québec 30 000
voitures de moins ont traversé depuis la hausse des tarifs, soit une baisse de
18 %. À Sorel, c'est 20 000, une baisse de 7 %. Ajoutez à
ça l'effet de la grève, on se dirige vers une année catastrophique en 2015.
Quel est le plan du ministre pour amener les
gens...
Le Président : M. le ministre
délégué aux Transports.
M. D'Amour : Justement, M. le
Président, à l'intérieur du programme qu'on a annoncé dimanche dernier à Trois-Rivières, il y a un volet qui touche une
aide soutenue aux traverses de calibre intermédiaire au Québec parce que
ce qu'on veut, c'est davantage de
circulation. Et, lorsqu'on parle d'annonce de programmes, dans Le Nouvelliste ,
la première page, cette semaine, on
parle d'un beau cadeau de Noël, l'ensemble des régions se réjouit déjà des
résultats qui ont été annoncés dans le cadre de cette Stratégie
maritime.
Puisqu'on
parle de la Société des traversiers, il y a deux navires, concernant Tadoussac—Baie-Sainte-Catherine, qui entreront en fonction au cours des prochains
mois. J'ai parlé tout à l'heure de Matane, nous annoncerons des initiatives très bientôt pour le remplacement du CTMA le
Vacancier aux Îles-de-la-Madeleine. Plus que jamais, M. le Président, le
Québec est maritime...
Le Président : En terminant.
M. D'Amour : ...le gouvernement est
dans l'action, et aujourd'hui, déjà, il y a des résultats...
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Nicolet-Bécancour.
Martel : Quel mépris pour les contribuables, M. le Président! Je le répète, le ministre a toléré une augmentation de tarifs jusqu'à
25 % pour les automobilistes. Le
résultat, toujours en excluant la période de grève : 30 000 voitures
de moins transportées à Québec,
20 000 de moins à Sorel, une baisse importante des revenus autonomes de la
Société des traversiers. C'est totalement inacceptable, M. le Président.
Je repose ma question au ministre...
Le Président : M. le ministre
responsable des Transports.
D'Amour : Bien, de toute évidence, si le député de la CAQ était venu
travailler avec nous, bien, il aurait pu participer à l'élaboration non seulement de la stratégie, mais il
saurait exactement que, du côté de la Société des traversiers du Québec,
présentement, M. le Président, on est en mode...
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe.
Bonnardel :
...à l'article 79, c'est votre devoir de stopper l'infopub, hein, c'est
votre devoir de stopper l'infopub. Une
question fort claire, baisse de l'achalandage, il doit répondre à la question
précise de mon collègue. Aïe! Il y a des limites!
Président : M. le leader du gouvernement.
Fournier : Je ne sais pas si mon collègue est insatisfait de la
façon dont la question est rédigée, mais, puisque l'objectif ou l'obligation de notre collègue,
c'est de répondre aux questions, lorsqu'il parle de la Stratégie maritime dans
ses questions, il lui répond. Si vous voulez poser une question sur d'autre
chose, posez-la, et mon collègue...
Le Président :
M. le ministre, sur la question.
M. D'Amour : M. le Président, depuis sa création, la Société
des traversiers du Québec est un outil de développement pour les
régions, parlez-en dans Charlevoix, dans ma propre région, Rivière-du-Loup, du
côté de L'Isle-Verte, dans l'ensemble du
Québec. Et il y a un plan d'action, M. le Président, qui va être déposé au cours
des prochaines semaines, un plan d'action qui va nous permettre...
Président : M. le député de Granby, M. le leader, la question
portait sur le transport maritime, les traversiers. M. le ministre,
veuillez continuer, mais encore sur la question.
D'Amour : M. le Président, je ne sais pas lequel des mots il ne
comprend pas. Est-ce que c'est le mot «régions»? Probablement. Nous, on propose du développement. La Société des
traversiers du Québec est un outil de développement. J'ai parlé de
Tadoussac, j'ai parlé de Matane, j'ai parlé de Baie-Comeau. On est dans
l'action, M. le Président.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Taschereau...
Maltais :
Leader adjointe.
Le Président :
...la leader adjointe.
Maltais : M. le Président, dès le début de l'étude détaillée
du projet de loi n° 9, loi interdisant les discours haineux, et à
plusieurs reprises, la ministre de la Justice a déclaré clairement qu'elle
s'était inspirée de plusieurs lois similaires
ailleurs dans le monde. C'est important pour comprendre les impacts d'une telle
loi, et je la cite. Par exemple, le 24 novembre,
elle a dit : «Oui, il y a plusieurs pays qui encadrent ce type de
discours.» Nous avons demandé des précisions, le nom des pays, nous avons demandé le dépôt des lois ayant inspiré le
gouvernement, jamais la ministre n'a pu nous donner le nom d'un seul
pays ayant limité à tel point la liberté d'expression.
Alors,
la ministre de la Justice peut-elle enfin nous dire quels pays ont des lois
restreignant la liberté d'expression d'une manière aussi large?
Le Président :
Madame...
Le Président :
S'il vous plaît! Mme la ministre de la Justice.
Mme Vallée :
M. le Président, le projet de loi n° 59 fait effectivement l'objet d'une
étude
article par article. Un jour,
peut-être qu'on va passer à un autre article, parce que nous venons de passer
près de 19 heures à étudier un seul alinéa. Je répéterais encore
une fois à ma collègue ce que j'ai répété à maintes reprises. Notre projet de
loi s'inspire notamment d'un encadrement qui
a été édicté par la Cour suprême du Canada — je sais que, de l'autre côté, on n'aime
pas ce mot-là — décision récente dans l'affaire Whatcott, où
on se penchait sur des dispositions que la Saskatchewan a mises en place
et qui encadraient le discours haineux.
le Président, le projet de loi n° 59 vise, oui, à encadrer les discours
haineux, oui, à encadrer les discours incitant à la violence, bon nombre de législations à travers le monde ont
encadré... et nous répondons également à une demande formulée par la
commission des droits de la personne et de la jeunesse et qui demandait
spécifiquement...
Le Président :
En terminant.
Mme Vallée :
...à ce que ce type de discours soit encadré en droit québécois.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la leader adjoint de l'opposition.
Maltais :
Justement, le président de la commission des droits de la personne et de la
jeunesse, on vient d'apprendre sa démission.
Or, il avait déclaré ouvertement qu'il n'avait jamais demandé les pouvoirs qui
sont dans le projet de loi n° 59. Et la ministre à plusieurs
reprises nous a dit : Ah! il y a des pays qui ont ce type de législation.
Elle est incapable encore d'en nommer un
seul, elle est incapable de nous prouver ce qu'elle nous a dit, qu'il y avait
des pays qui limitaient à ce point la liberté d'expression.
Est-ce
qu'elle va les nommer enfin ou bien est-ce que ce qu'elle a dit en commission parlementaire n'était pas la vérité?
Le Président : Mme la
ministre de la Justice.
Le Président : S'il vous
plaît!
Mme Vallée : Premièrement, M.
le Président, vous me permettrez de prendre cette opportunité pour saluer et
féliciter Me Frémont, qui a été nommé à
titre de recteur de l'Université
d'Ottawa, dans un premier temps.
Dans un
deuxième temps, M. le Président, la Saskatchewan a encadré les discours haineux, le Canada
avait encadré les discours haineux, de nombreuses législations...
Le Président : S'il vous
plaît!
Mme Vallée : Et, M.
le Président, au lieu de faire le
show de boucane qui est fait de l'autre côté, est-ce qu'on peut travailler, et mettre de l'avant ce projet de loi là, et travailler proactivement? Nous avons déposé une série d'amendements
importants qui visent à bonifier le projet de loi. La CAQ travaille en collaboration...
Le Président : S'il vous
plaît!
Mme Vallée : ...Québec
solidaire travaille en collaboration...
Le Président : En terminant.
Mme Vallée : ...s'il vous
plaît, au PQ, pouvez-vous travailler en collaboration?
Le Président : Cela met fin à
la période de questions et de réponses orales.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, nous en sommes à la rubrique des motions sans préavis, et, en
fonction de nos règles de fonctionnement et de l'ordre...
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Chers collègues, un peu de silence. Alors, je cède la parole à M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : Merci, M. le Président. M. le Président, je demande le consentement pour déposer la
motion suivante conjointement avec le député de Richelieu et la députée d'Arthabaska :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte qu'il y a
actuellement plus de 3 500 adultes qui attendent une place permanente
en CHSLD;
«Que l'Assemblée nationale demande au ministère
de la Santé et des Services sociaux de publier sur son site Internet un portrait de l'attente dans chaque
CHSLD afin que les aînés, les adultes, et leurs familles cherchant une place
soient informés et puissent effectuer un choix éclairé.»
Le Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci, M. le député de Lévis. Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint
du gouvernement.
Sklavounos :
Nous proposons l'adoption sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Bien. Alors, cette motion est-elle adoptée?
Vice-Président (M. Ouimet) : Adopté. M. le premier ministre, je
pense que vous avez une motion sans préavis.
M. Couillard : Oui, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale souligne le 30e anniversaire de l'élection du
deuxième gouvernement de Robert Bourassa qui a eu lieu le
2 décembre 1985.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion? M. le leader de
l'opposition? Il n'y a pas de consentement.
Alors, je cède
maintenant la parole à Mme la députée...
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : M. le leader du gouvernement.
Fournier : ...va me permettre d'informer que Mme Marois
avait déposé, le 15 novembre 2011, une motion pour souligner les
35 ans de l'élection du Parti québécois, et tout le monde était...
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, chers collègues...
Vice-Président (M. Ouimet) : À cette étape-ci, M. le leader du
gouvernement, je me dois juste de vérifier s'il y a consentement ou s'il n'y a pas de consentement. On ne peut pas
permettre qu'il y ait de commentaires sur le refus d'un consentement.
Alors, je vais aller
du côté de Mme la députée de Joliette.
Hivon :
M. le Président...
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : ...
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : M. le ministre du Travail. Mme la députée de
Joliette.
Hivon : M. le Président, je sollicite le consentement des
membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le
député de Lévis et le député de Mercier, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale souligne le consensus québécois ayant mené à l'adoption
de la Loi concernant les soins de fin de vie;
«Qu'elle
rappelle le travail réalisé depuis six ans par les élus québécois, de manière
transpartisane, dans l'ouverture et le respect, et en collaboration
étroite avec la population du Québec;
«Qu'elle
tienne compte des personnes malades en fin de vie, pour qui l'entrée en vigueur
de cette loi est source de sérénité et de réconfort;
«Qu'elle
exige du gouvernement fédéral qu'il reconnaisse la validité de la loi
québécoise concernant les soins de fin de vie.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci, Mme la députée de
Joliette. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M. le
leader du gouvernement.
Fournier : ...on parle de «transpartisan», ça veut dire qu'on
travaille ensemble, M. le Président. Je vais vous dire...
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
M. le leader...
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Oui ou non? Y a-t-il consentement?
Fournier : Alors, nous allons consentir, nous, parce que nous
voulons un Parlement qui fonctionne, mais...
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, il y a consentement pour
débattre de la motion. Pourriez-vous m'indiquer, M. le leader du
gouvernement, combien d'intervenants, combien de temps?
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Sans débat. Alors, cette motion est-elle adoptée?
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Adopté. M. le député de Mercier, pour une autre motion sans préavis.
M. Khadir : Merci, M. le
Président. Je demande le consentement de la Chambre pour présenter...
Vice-Président (M. Ouimet) : Un instant, M. le député de Mercier. J'ai une question de règlement.
M. le leader de l'opposition officielle.
Drainville : Je
pense que c'est important de
s'assurer que cette motion-là, adoptée à
l'unanimité, soit transmise...
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
M. le leader de l'opposition officielle.
M. Drainville : ...M. le
Président. Alors, je pense que c'est important que cette motion-là soit
transmise au gouvernement fédéral.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, là, écoutez, je n'entends pas le leader de l'opposition officielle. J'aimerais bien l'entendre, parce qu'il s'agit de,
j'imagine, transmettre la motion. Je vais vous entendre.
Drainville : ...au gouvernement fédéral, en particulier au premier ministre, M. Trudeau, ainsi qu'au
bureau de la ministre de la Justice
ou du ministre de la Justice. Je pense, c'est important que le titulaire ou la
titulaire du ministère de la Justice soit informé de cette motion-là,
s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, très bien. Si telle est la
volonté des membres de l'Assemblée, ça sera fait.
M. le député de Mercier, pour une autre motion
sans préavis.
M. Khadir : M. le Président, j'espère donc
qu'il y ait un consentement plus serein pour la motion suivante de la
part de mes collègues :
«Que
l'Assemblée nationale, qui accueille aujourd'hui la visite du consul général
des États-Unis du Mexique, souligne le travail du groupe international
d'experts indépendants de la commission interaméricaine des droits de la personne et invite le gouvernement mexicain à
poursuivre et participer pleinement à l'enquête jusqu'à ce qu'on puisse
élucider la disparition, en septembre 2014, de 43 étudiants de
l'école normale d'Ayotzinapa.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion, M. le leader adjoint du
gouvernement?
Sklavounos :
Pas de consentement, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Il n'y a pas de consentement. Y a-t-il d'autres motions sans préavis?
S'il n'y a pas d'autres motions sans préavis,
nous allons passer maintenant aux avis touchant les travaux des commissions. M.
le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Oui. Merci, M. le Président. J'avise cette Assemblée que la Commission des
finances publiques poursuivra l'étude
détaillée à l'égard du projet de loi n° 69, Loi donnant suite à des
mesures fiscales annoncées principalement à l'occasion du discours sur le budget du 26 mars 2015, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures
à 18 heures, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission
des transports et de l'environnement entreprendra l'étude détaillée à l'égard
du projet de loi...
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, M. le leader adjoint du gouvernement, je vais suspendre les travaux
quelques instants parce que je ne vous entends pas.
(Suspension de la séance à 11 h 12)
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, l'Assemblée poursuit ses travaux. M. le leader adjoint du gouvernement, je vais peut-être
vous demander de reprendre les avis depuis le début.
Sklavounos : Oui, absolument.
Merci. Merci, M. le Président.
Alors,
j'avise l'Assemblée que la Commission
des finances publiques poursuivra
l'étude détaillée à l'égard du projet
de loi n° 69, Loi donnant suite à des mesures fiscales annoncées
principalement à l'occasion du discours sur le budget du 26 mars 2015, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à
18 heures, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission des transports et de l'environnement, quant à elle, entreprendra l'étude détaillée à
l'égard du projet de loi n° 76, Loi modifiant
l'organisation et la gouvernance du transport collectif dans la région
métropolitaine de Montréal, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à
18 heures, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
finalement
La Commission des institutions poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 59, Loi
édictant la Loi concernant la
prévention et la lutte contre les discours haineux et les discours incitant à
la violence et apportant diverses modifications
législatives pour renforcer la protection des personnes, aujourd'hui, de 15 heures à 16 h 30, à la salle du Conseil législatif.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Merci à vous, M. le leader adjoint du gouvernement.
Pour ma part, je vous avise que la Commission
des institutions se réunira en séance de travail aujourd'hui, de 16 h 30 à 17 h 30, à la salle
RC.161 de l'hôtel du Parlement. L'objet de cette séance est d'organiser la
suite du mandat de la commission
d'étudier le rapport sur la mise en oeuvre du Code d'éthique et de déontologie
des membres de l'Assemblée nationale.
Alors, la
période des affaires courantes étant terminée, nous passons maintenant aux
affaires du jour. Pour la suite des choses, M. le leader adjoint du
gouvernement.
Sklavounos :
Oui. Merci, M. le Président. Auriez-vous l'amabilité d'appeler
l'article 19 de notre feuilleton, s'il vous plaît?
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, à l'article 19 du
feuilleton, l'Assemblée prend en
considération le rapport de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles
sur le projet de loi n° 54, Loi
visant l'amélioration
de la situation juridique de l'animal,
ainsi que les amendements transmis en vertu de l'article
252 du règlement par M. le
ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation et M. le député
de Berthier. Ces amendements sont déclarés recevables.
Alors, y
a-t-il des interventions sur ce rapport ainsi que sur ces amendements? Y a-t-il
des intervenants? Mme la députée d'Iberville. Non? M. le ministre de
l'Agriculture, est-ce que vous intervenez? Nous sommes sur la prise en
considération du rapport. Voilà. Je vous cède la parole.
Paradis (Brome-Missisquoi) :
...je négociais quelque chose d'autre avec mon collègue des Affaires
municipales.
Trois
amendements, M. le Président, comme tel : deux de concordance et un un peu
plus substantiel. Les amendements de
concordance visent l'article 18 du projet de loi. Dans l'article 18 de la Loi
sur le bien-être et la sécurité de l'animal adopté tel qu'amendé, remplacer
«désigné par règlement en vertu du paragraphe 1° de l'article 63» par «visé
par le sous-paragraphe b du paragraphe
1° du deuxième alinéa de l'article 1». Vous aurez compris, M. le
Président, que c'est strictement une erreur de concordance qui avait été
soulevée par le secrétariat. Je le dis pour les membres de la commission, là,
qui ont travaillé minutieusement. Ça n'affecte par le fond, comme tel, du
projet de loi. Un deuxième amendement qui,
lui, est plus substantiel, M. le Président, et qui vise le troisième paragraphe
de l'article 63 de la
Loi sur le bien-être
et la sécurité de l'animal. L'amendement se lit comme suit : Dans le
paragraphe troisième de l'article 63 de la
Loi sur le bien-être et la
sécurité de l'animal adopté tel qu'amendé, supprimer «d'élevage». La
suppression des mots «d'élevage» assure la
concordance avec l'article 4 tel qu'amendé, qui ne réfère plus seulement aux
animaux d'élevage. Ainsi, le gouvernement pourrait rendre obligatoires
des normes ou codes de pratique pour les soins des animaux non seulement pour le soin des animaux d'élevage, mais
aussi, par exemple, pour les travaux de recherche. Cette préoccupation avait été soulevée lors des consultations
publiques particulièrement par la directrice du Groupe de recherche international
en droit animal.
Le troisième
amendement, M. le Président, est également un amendement de concordance dans
l'article 66 de la
Loi sur le
bien-être et la sécurité de l'animal adopté tel qu'amendé : Remplacer «12»
par «9 à», ce qui donne, M. le Président, une concordance nécessaire pour que les pénalités qui varient de
1 000 $ à 25 000 $ pour une première infraction et de
2 000 à 50 000 $ pour une
deuxième infraction puissent s'appliquer. Ça avait été oublié par les légistes
à l'occasion de l'étude
article par article. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
ministre de l'Agriculture. Y a-t-il d'autres intervenants? M. le député
de Berthier.
Villeneuve : Oui. Merci, M. le Président. M. le Président, je
sais que c'est la prise en considération, on aura d'autres occasions de s'exprimer, mais je tiens
quand même à dire certaines choses, M. le Président, d'abord, dire que les auditions qu'on a eues avec plus de 40
groupes... donc, des représentants de plus de 40 groupes ont été, pour ma part,
empreintes de beaucoup de connaissances
nouvelles, parce que ces gens-là, M. le Président, ce sont des experts et des
expertes, mais vraiment, dans le domaine,
des experts et des expertes, mais ce sont aussi des passionnés et ce sont des
gens qui nous poussent, comme législateurs, à bouger et à bouger de façon à
ce que justement le bien-être animal soit amélioré.
Bon. Étant
donné la position ou la réputation qui... je ne crois pas qu'elle soit vraiment
à la hauteur de ce qu'on nous dit en
termes de mauvaise réputation au Québec, parce que c'est souvent et c'est...
pour ne pas dire, c'est toujours des
cas d'exception lorsque des animaux sont maltraités. Mais je tiens à dire mes
premiers mots pour ces personnes-là qui sont venues en commission, bien sûr, aussi, les personnes qui ont envoyé
des mémoires, les commentaires et toutes les personnes qui ont
interpellé le ministre, la députée de Mirabel, j'en suis convaincu aussi, et
moi-même, sur la rue, spontanément, nous
disant qu'ils sont heureux de voir que ce projet de loi là, M. le Président,
est sur la table à dessin du gouvernement et sur la table à dessin des
parlementaires. Et je pense qu'au final le dessin est pas mal, M. le Président;
quelques bémols, j'y reviendrai plus tard, mais je pense que le résultat va
quand même être intéressant.
d'ailleurs, pour revenir aux groupes et aux gens, c'est l'unanimité, M. le
Président, pour ce projet de loi là. C'est unanime, les gens sont tout à fait d'accord avec ça. D'ailleurs, il y a un changement majeur important qui se fait au niveau du Code civil. Hein, on part... Il faut se rappeler, là, Napoléon, là, au
début du XIXe siècle, M. le Président, en 1804 ou dans ces eaux-là, publication
de 1807, le code napoléonien, qui disait que les animaux étaient des meubles.
Alors, c'est assez fascinant de lire la description qu'ils en font. Et cette
description-là ou cette application-là du code napoléonien s'est retrouvée dans le Code du Bas-Canada et s'est
retrouvée dans le Code civil du Québec. Alors, en ce sens-là, il faut donner
à César ce qui revient à César. Je ne sais
pas si... Je sais qu'hier le ministre a eu beaucoup d'éloges, mais il faut
rendre au ministre le fait qu'il ait
entendu la population, la société comme nous tous ici, les parlementaires, et
qu'il ait déposé ce projet de loi là
pour justement changer, ne serait-ce qu'au Code civil, cette définition-là,
qui, maintenant, va plutôt se dire,
M. le Président : «Les animaux ne sont pas des biens. Ils sont des êtres
doués de sensibilité et ils ont des impératifs biologiques.» Alors, voilà. Si, à première vue, on peut penser que ce
n'est que la perception que l'on touche, eh bien, là il faut lire le
projet de loi n° 54 dans son ensemble.
Alors, quand
on regarde le projet de loi n° 54 dans son ensemble, M. le Président, on
voit qu'il y a là une série de
mesures qui vont faire en sorte que les animaux vont être considérés, M. le
Président, non pas comme des meubles, mais comme vraiment des êtres doués de
sensibilité. D'ailleurs, le projet de loi introduit... De mémoire, c'est
l'article 1.5°, ce sont les
impératifs biologiques. Alors, au niveau des impératifs biologiques, M. le
Président, je veux juste en faire la lecture, je pense que... bien, sans en faire la lecture, vous dire, M. le
Président, qu'on vient vraiment définir... Je n'en fais pas lecture parce que je n'ai pas l'original final. Alors,
j'ai la copie du projet de loi au départ, qui a beaucoup changé, on s'entend,
parce qu'il y a eu beaucoup d'amendements au
projet de loi, mais vous dire qu'impératifs biologiques... donc, on va tenir
compte des besoins des animaux de façon
vraiment très précise pour s'assurer effectivement que tout cela, M. le
Président, soit d'abord possible
d'application sur le terrain. Et puis, pour que ce soit possible d'application
sur le terrain, M. le Président, il va falloir que le projet de loi, non
pas seulement au niveau des impératifs biologiques, mais au niveau de l'ensemble de l'oeuvre, soit, de façon, je
dirais... je sais que ça n'a peut-être pas sa place, le mot «agressif», dans le
cadre du projet de loi qu'on regarde, mais, de façon agressive, que le
gouvernement, que les différentes instances aussi qui gravitent dans notre société au niveau de l'animal en fassent, M. le
Président, une pédagogie, le distribue, en parle, que les gens se
l'approprient, ce projet de loi là. Il faut qu'ils se l'approprient.
C'est un
projet de loi qui est large et qui vient resserrer les règles. Il y aura des
pénalités plus sévères en termes monétaires,
il y aura des peines d'emprisonnement, M. le Président, possibles et pour des
récidives, etc., et tout ça pour s'assurer
qu'on traite mieux les animaux au Québec, M. le Président. Donc, c'est un
projet de loi qui, je l'ai dit tantôt, fait l'unanimité, tout à fait.
Quelques
bémols, M. le Président, quelques bémols. Le fameux cahier. Je tiens à le
répéter, là, tantôt, justement, ma
collègue d'à côté, de Vachon, elle avait son cahier, là, parce qu'elle étudie
le projet de loi présentement sur l'AMT, hein, et elle avait un beau cahier qui est distribué, M. le Président, à
tous les membres d'une commission parlementaire qui étudie un projet de loi. Ça, c'est pour faciliter la tâche à tout le
monde. Et ce cahier-là, il est préparé par des spécialistes des ministères concernés. Et vous avez l'article,
hein, qui est à étudier et, la page à côté, vous avez pourquoi on introduit
cet article-là, pourquoi on veut
l'introduire, pour quelles raisons, quels motifs, etc. Et, comme
parlementaires, c'est très, très facilitant pour nous autres de
travailler avec ce cahier-là. Le ministre a décidé, M. le Président, qu'on
n'avait pas le droit au cahier. J'ose
espérer que ce n'est que le ministre de l'Agriculture qui... et j'ose espérer
non seulement que ce n'est que le
ministre de l'Agriculture qui emploiera cette façon de faire dans l'avenir,
mais j'ose espérer finalement qu'il mettra
un terme à cela. Il y aura peut-être d'autres projets de loi — si le ministre se met au travail, peut-être
aurons-nous d'autres
législations — et je
n'aurai plus la peine de demander à mes collègues de me laisser une place à
côté d'eux pour faire un peu de
législation. Parce qu'on a vu que le ministre n'est pas très prolifique en la
matière, mais, bon, quand il l'a fait, M. le Président, pour le projet
n° 54, quand même ça a valu la peine.
Alors, le
cahier des législateurs est important, M. le Président. C'est dans nos us et
coutumes ici, à l'Assemblée nationale,
que les législateurs que nous sommes ayons en main le maximum d'informations
pour pouvoir justement faire notre
travail comme il se doit. Alors, c'est un léger reproche, M. le Président, mais
qui est très important, que j'adresse au ministre par rapport au fait
qu'on n'a pas eu droit au cahier de législation pour nous aider à faire notre
travail.
Autre bémol, M. le Président : on se retrouve avec deux systèmes, hein, on a
les animaux de la faune d'un côté et
puis on a les animaux qui sont dans le projet
de loi n° 54, donc animaux
domestiques et animaux de compagnie, animaux d'élevage, mais les animaux de la faune, M. le Président, ne sont pas
intégrés, et vice et versa, l'un et l'autre. Le ministre nous dit que le gouvernement et le ministre de la Faune travaillent là-dessus,
mais, quand on sait, M. le Président, que c'est
souvent... La coupe est loin des lèvres, c'est le cas de le dire, en législation. On ne sait jamais quand le projet
de loi sera déposé, quand on pourra justement
harmoniser les deux, à savoir la faune et animaux de compagnie, d'élevage. Et
donc, M. le Président, c'est un
bémol qu'on a soulevé. Je pense que les oppositions... puis je ne veux pas parler pour les autres oppositions, M. le
Président, mais je pense
que là-dessus on s'entendait assez pour dire qu'il aurait dû y avoir un travail de
concertation entre les ministères pour s'assurer finalement que les animaux
soient traités de façon équitable sur l'ensemble, donc dans des législations,
ou la législation homogène, M. le Président.
Autre point, M. le Président, je le disais tantôt, il va falloir que les gens se l'approprient, mais
il va aussi falloir que le gouvernement s'assure qu'on ait des inspecteurs en quantité suffisante sur le territoire
mais aussi des inspecteurs qui possèdent l'expertise, qui possèdent la
formation nécessaire pour être capables justement de pouvoir appliquer le projet de loi n° 54 sur le territoire. Puis, je vais vous dire une chose, M. le Président — je
vous invite à le lire, si ce n'est déjà fait — il va
falloir que les gens soient drôlement formés, parce que, là, là, on n'est pas
dans «c'est noir ou c'est blanc». Il y a
des nuances importantes, ce n'est vraiment pas évident à
appliquer. Et il va falloir s'assurer que ce soit fait correctement, et je n'ai pas de doute à ce qu'ils le fassent correctement, M. le Président, mais que le gouvernement s'engage à leur donner la formation nécessaire,
à leur fournir les ressources nécessaires pour que nos inspecteurs, M. le Président, puissent faire le travail correctement. Et évidemment, M. le
Président, j'ai... et là ce n'est pas un bémol, là, c'est carrément une cible que le gouvernement n'a pas
atteinte avec le projet de loi n° 54. En fait, il n'a pas atteint la
cible, M. le Président, parce que
justement ce n'était pas son objectif. Le gouvernement, M. le Président... Et
nous avons déposé un amendement.
Alors, nous
avons déposé un amendement qui se lit comme suit, donc :
L'article 12
de la
Loi sur le bien-être et la
sécurité de l'animal, introduit par l'article 7 du projet de loi, est
modifié par l'insertion, après le premier alinéa, de l'alinéa suivant : «Lors de l'abattage d'un
animal, y compris lors d'un abattage rituel, celui-ci doit être insensibilisé
avant la saignée.» M. le Président,
ma formation et moi-même ne sommes pas contre les abattages rituels. Ces
abattages rituels là, M. le Président,
existent depuis des temps immémoriaux. Ce qu'on dit au ministre, ce qu'on dit
au gouvernement et aux députés du Parti libéral, ce qu'on leur dit,
c'est que la population s'attendait à ce qu'on aille plus loin, plus loin pour
s'assurer qu'il n'y aura plus de souffrances
imposées aux animaux. Et la seule façon d'y arriver, M. le Président, c'est de
s'assurer que, dans le projet de loi,
et ça, on l'aurait vu... je pense que c'est l'endroit idéal, à
l'article 12, c'eût été de s'assurer que l'on dise que l'animal, avant un abattage rituel, doit être
insensibilisé. Et ce n'est pas compliqué, M. le Président, c'est simple comme bonjour,
comme amendement, alors. Et, quand on sait que le législateur... Et je pense
que tout le monde ici est conscient de cela.
meilleure façon de s'assurer que l'objectif qu'on vise soit atteint, c'est
d'être clair, c'est d'être précis dans les articles que l'on met dans une loi. Et là, M. le Président, quand je
vous le lis, là, on ne peut pas être plus clair que ça, là : «Lors de
l'abattage d'un animal, y compris lors d'un abattage rituel, celui-ci doit être
insensibilisé avant la saignée.» Ça, c'est
clair, clair, clair comme de l'eau de roche. Je sais que, M. le Président, le
ministre a demandé à ce que des amendements soient apportés et je sais aussi qu'il prend la source d'un des
amendements qu'il apporte d'une personne qui est intervenue lors des auditions. Savez-vous quoi, M. le
Président? Cette même personne est intervenue pour nous dire en commission
que ce qu'elle aimerait, là, c'est qu'il n'y
ait plus aucun animal qui souffre lors d'un abattage. C'est ça qu'elle nous a
dit.
Alors,
je trouve que le ministre prend des choses, puis c'est correct dans ce cas-ci,
mais, dans d'autres cas, il ne les
prend pas, et je pense qu'il manque... M. le Président, je vais vous le dire
comme je le pense, là, le gouvernement libéral, le ministre manquent un rendez-vous important, mais vraiment très
important avec la société et avec l'histoire. Nous ne serions pas, M. le Président, nous ne serions pas
le seul État à travers le monde qui viendrait introduire que tout animal, lors d'un abattage rituel, doit être
insensibilisé, donc, avant d'être abattu. Nous ne serions pas le seul État. Il
y a déjà des États à travers le monde qui, M. le Président, ont
introduit cela dans leurs législations.
C'est
clair que, pour des raisons occultes, pour des raisons que j'ignore, le
gouvernement, le ministre ne visaient pas
cet objectif-là, M. le Président, ne visaient pas cet objectif-là, et pourtant,
pourtant, c'est là que la société québécoise nous attendait, M. le Président. Alors, je trouve que c'est déplorable,
c'est triste, c'est triste pour... Moi, je trouve ça triste puis je pense que la population du Québec trouve
ça triste, M. le Président, qu'on n'ait pas fait ce pas supplémentaire pour
s'assurer qu'on fasse le maximum qui est en
notre pouvoir comme société pour que les animaux, M. le Président... Puis
je le dis comme je le pense encore une
fois : Ils donnent leur vie pour la nôtre. On se comprend que, lorsqu'on
fait des abattages, hein, c'est pour
se nourrir. Et, qu'on ne soit pas capables de s'assurer, M. le Président, que
les animaux ne souffrent pas avant d'être abattus, je trouve ça triste, mais
vraiment très triste.
Il n'est pas trop
tard, c'est pour cela que j'interviens ce matin, c'est pour cela que je dépose
l'amendement que je vous ai lu tantôt, M. le
Président. Je demande au ministre et je demande au gouvernement de considérer
cet amendement-là. Je sais qu'on en a
beaucoup parlé en commission parlementaire, j'ai même eu un commentaire comme
quoi que... — et je l'ai pris comme un compliment,
remarquez, là — comme
quoi j'étais acharné là-dessus. Effectivement, oui, je suis acharné là-dessus, M. le Président, parce que je trouve ça
tellement incroyable qu'on ne le fasse pas. Alors, moi, je dis aux Québécois, aux Québécoises qui
nous écoutent présentement, là : Jugez, jugez par vous-mêmes, posez-vous
la question. Pourquoi le gouvernement a-t-il
refusé de s'assurer que, lors d'abattages rituels, les animaux ne puissent pas
avoir droit à de l'insensibilisation, M. le Président?
le Président, et là je vais employer un peu ce que le ministre disait, alors,
que les enfants, là, en bas de 12 ans n'écoutent pas ce que je vais dire, mais, M. le Président, il n'y a pas
un animal sur la planète qui va se laisser égorger en disant : Go!
Allez-y. Moi, je ne suis pas anxieux, ça va bien, égorgez-moi, là. Ça n'existe
pas, ça, M. le Président. Et, même si, en
commission parlementaire, certains groupes nous ont dit : Sur le plan
scientifique, c'est possible, M. le Président... La personne qui a dit
ça en commission parlementaire, je suis allé la rencontrer lorsqu'on a suspendu
la commission quelques instants pour aller
lui demander si j'avais bien compris. Et vous savez ce qu'elle m'a dit, M. le
Président? Elle m'a dit que, sur le
plan scientifique, c'était vrai, possiblement vrai, possiblement, je dis bien,
vrai, mais qu'en pratique ça ne
marche pas, ça ne marche pas. Il n'y a pas un animal sur la planète qui va se
laisser couper la carotide sans se débattre, sans bouger. Par contre, par contre, s'il est insensibilisé, M. le
Président, alors là il est insensibilisé, donc on comprend qu'il est inconscient ou, d'une tout autre façon,
il n'a pas conscience de ce qui se passe, et là vous pouvez effectivement
l'abattre, et il ne souffrira pas. Alors, tout est là, M. le Président.
Alors,
on dépose l'amendement encore une fois puis on se dit... On demande au
gouvernement, on demande au ministre :
Que diriez-vous, au lieu de perpétuer l'abattage rituel sans insensibilisation,
que diriez-vous, M. le Président, si
nous, les législateurs, ici, là, au Parlement, là, on mettait notre poing sur
la table et on disait : C'est terminé, il n'y aura plus jamais au
Québec d'abattage sans insensibilisation avant la saignée, M. le Président?
termine là-dessus. Et je tiens tout de même à saluer... évidemment, nonobstant
cela, je tiens tout de même à saluer le projet de loi n° 54 qui,
effectivement, va permettre, je pense, comme société, d'être beaucoup plus à
l'écoute de la souffrance que l'on
peut parfois, consciemment ou inconsciemment, imposer aux animaux. Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de
Berthier. Pour une réplique de cinq minutes ou une intervention de cinq
minutes au maximum, M. le ministre de l'Agriculture.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui. Je prends les fleurs, M. le Président, et le
pot qui va avec. Maintenant, quant aux fleurs, je pense que tout le
monde est d'avis que la modification que nous avons faite au statut juridique
de l'animal s'imposait. Nous étions, comme
société, 20 ans en retard. Les animaux étaient considérés comme des biens
meubles et, comme on l'a indiqué, ils vont être désormais des êtres
doués de sensibilité qui ont des impératifs biologiques.
le dernier argument du député, je ne peux pas le laisser passer, M. le
Président, parce que ce n'est pas conforme à la vérité ni à la réalité.
L'article 12 du projet de loi... et je
vais le lire lentement, et les gens qui nous écoutent pourront saisir
l'importance de cet article-là. Ce n'est pas vrai qu'il n'y a pas d'insensibilisation.
L'article 12,
M. le Président, se lit comme suit : «Lorsqu'un animal est abattu ou
euthanasié[...], la personne en ayant la garde ou la personne qui
effectue l'abattage ou l'euthanasie de l'animal doit s'assurer que les
circonstances entourant
l'acte ainsi que la méthode employée ne soient pas cruelles et qu'elles
minimisent la douleur et — même — l'anxiété
chez l'animal», M. le Président. Donc, ce
qu'on a décrit, de l'autre côté, là, n'est pas conforme à la réalité. «La
méthode employée doit produire une
perte de sensibilité rapide...» Perte de sensibilité, M. le Président, puis
insensibilisation, là, il me semble
que, si le monde ont des dictionnaires à la maison, chez eux, ils peuvent
comprendre ce que ça veut dire, puis
peut-être poster un dictionnaire à mon bon ami le député de Berthier. Donc, je
reprends le paragraphe : «La méthode employée doit produire une perte de sensibilité rapide, suivie d'une
mort prompte. La méthode ne doit pas permettre le retour à la
sensibilité de l'animal avant sa mort.»
Paragraphe
additionnel : «La personne qui effectue l'abattage ou l'euthanasie de
l'animal doit également constater l'absence de signes vitaux
immédiatement après l'avoir effectué.»
Je soumets
respectueusement, M. le Président, que, dans l'ensemble des juridictions au
Canada, c'est la réglementation
fédérale, dont on a discuté abondamment en commission parlementaire, qui
s'applique, sauf une autre juridiction,
la Colombie-Britannique, qui a décidé de légiférer dans le domaine. Le Québec
est la deuxième juridiction, au
Canada, à légiférer dans ce domaine. On s'est inspirés des dispositions de la
loi de la Colombie-Britannique, puis je le soumets bien humblement, M. le Président : on est allés un petit
peu plus loin que la Colombie-Britannique. Dans ce sens-là, on devient,
au Canada, les leaders.
Et, comme si
ce n'était pas suffisant à la lecture de cet
article 12, au cas où il y
ait une interprétation aussi farfelue que
celle qu'on a entendue ici aujourd'hui, au salon bleu, qui soit faite dans la
société québécoise, M. le Président, on a ajouté un article. On appelle ça la ceinture et les bretelles, sur le
plan législatif.
L'article 63, alinéa 13°, M. le Président, se
lit comme suit : «Le gouvernement peut, par règlement — écoutez
bien ça, là — déterminer
les normes relatives à l'euthanasie ou à
l'abattage des animaux et, à cet égard, régir ou interdire certaines méthodes,
modalités ou conditions.»
À partir du
moment où le règlement... où le gouvernement a ce pouvoir réglementaire, où la
loi est la loi la plus avancée au
Canada, écouter le député de Berthier dire ce qu'il a à dire, M. le Président,
il ne trouvera pas d'écho dans la société
québécoise, sauf chez... Puis on a voulu éviter ce débat-là, là. Il
voulait mettre des religions dans ce texte de loi. Nous, on voulait
qu'il y ait une séparation entre...
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Question de règlement. M. le député de Berthier.
Villeneuve : ...on veut me prêter des intentions, et je
n'apprécie pas. Alors, j'aimerais ça que le ministre s'en tienne, finalement, aux faits et que les faits. Et
je pense qu'il sait très bien le faire. alors, qu'il le fasse, M. le Président.
Je demande votre intervention par rapport aux paroles qu'il vient de tenir.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, veuillez poursuivre, M. le ministre, en évitant bien sûr de prêter des
intentions au député de Berthier.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) :
...endurer son discours, M. le Président, qui n'était pas collé au texte de loi,
qui n'était pas collé à la réalité puis je
n'ai pas dit un mot. Maintenant, on est en train de rétablir les faits, là,
puis il y a des gens qui voulaient,
dans ces articles-là, mettre des aspects religieux. Nous autres, on dit :
On ne mélange pas l'État et la religion
dans un projet de loi comme ça, il n'y a pas une société moderne qui l'a fait,
puis on ne laissera pas le PQ le faire.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci, M. le ministre, pour
cette intervention. Mme la députée de Mirabel, à vous la parole.
Mme D'Amours : Merci beaucoup, M. le
Président. À mon tour de parler des groupes qui sont venus nous rencontrer pendant cette commission. Ce sont tous
des gens qui étaient... Je pense qu'ils avaient tous un point commun, ils étaient tous amoureux des animaux. Ça a été
très agréable, très facile de les écouter, d'échanger avec eux, d'avoir des
discussions de fond. Et je pense que le
projet de loi était très attendu par
ces groupes-là mais aussi par la société québécoise au complet. C'est sûr que c'est un sujet qui a
passionné beaucoup de personnes, qui a aussi apporté beaucoup
de passion à nos discours.
Et c'étaient
des sujets,
article par article... C'étaient des articles où on passait très rapidement. Et naturellement on a eu des articles où on a... je dirais
même juste un article, c'est-à-dire, où on a pris énormément de temps.
J'écoutais attentivement, M. le
Président, le ministre
répéter l'article 12 et je pense que, mes premières interventions, quand je parlais toujours, toujours de perroquets... qu'à un moment
donné il m'avait dit : Bien, vous pourriez lâcher un peu les perroquets,
mais j'en ai probablement trop parlé parce qu'il répète, il répète toujours
l'article 12. Je trouvais ça très drôle. Bravo, M. le ministre, pour répéter l'article 12, c'est vraiment
impressionnant! Il faudrait compter le nombre de fois qu'il a répété
l'article 12. À Noël, il faudrait que quelqu'un lui achète un beau
perroquet.
Les animaux sauvages, pour moi... Moi, je ne
suis pas d'accord avec mon collègue de Berthier. Les animaux sauvages, il est vrai qu'au début de la commission
on en a parlé, et j'avais fait état de ça au ministre en lui disant que je
n'étais pas d'accord... que je trouvais ça,
pardon, anormal qu'on puisse travailler avec le ministère de la Justice mais
qu'on n'avait pas travaillé en
parallèle avec le ministère de la Faune, parce qu'on trouvait ça important que
tous les animaux soient régis sous
cette même loi. Et, au début de nos discussions, le ministre disait qu'il
s'occupait de son ministère et que ce serait à son collègue de s'occuper de son
ministère. Il nous avait même invités à demander à nos porte-parole respectifs
dans nos partis, nos porte-parole de la
faune, d'interpeller le ministre, chose que mon collègue de Masson a faite, a
écrit une lettre, pour finalement,
aussitôt que la lettre avait été envoyée et reçue, que le ministre aussi
reçoive une lettre de son collègue
disant qu'il allait y travailler et que, là, ils travaillaient en concertation.
Alors, je présume que mon intervention a peut-être allumé des lumières
en quelque part, puis le ministre a bien voulu les laisser éclairées.
L'abattage
rituel, l'article 12, moi, je l'ai dit, on peut aller regarder dans les
verbatims, je ne voulais pas mêler la religion avec le projet de loi et
je l'avais mentionné dès le départ. J'ai eu plusieurs... bien, quelques
propositions à apporter, quelques
amendements qui avaient été, naturellement, rejetés. J'ai une façon de faire,
moi, j'aime bien qu'à chaque fois que
j'apporte un argument... que j'avais des choses nouvelles, des nouveaux
arguments à apporter au ministre. Et, bon,
force est de constater que le ministre n'était pas ouvert du tout à incorporer
dans l'article 12 seulement deux mots, «l'insensibilisation avant
la saignée». Alors, voyant qu'il n'y avait pas d'ouverture pour intégrer ces
mots-là — si
on continuait à faire de l'obstruction puis
à déposer plusieurs amendements, moi, j'appelle ça de l'acharnement — alors je me suis mise à regarder les articles et je me suis consolée, parce que,
quand on voulait mettre les deux mots, «insensibiliser avant la saignée», on avait... Moi, je n'avais
qu'une chose en tête, c'était que... la fête du mouton, où on avait vu un
reportage où on voyait, là... c'était
atroce, qu'est-ce qu'on avait vu au niveau de cette fête-là, ce qu'ils avaient
fait avec les moutons. Alors, moi, je n'avais que ça en tête, et, en
feuilletant attentivement le projet de loi, heureusement on a
l'article 41, 41 qui dit qu'un
vétérinaire inspecteur qui pourrait être sur les lieux, qui voit quelque chose
qui n'est pas dans... qui ne cadre pas avec le projet de loi,
c'est-à-dire que l'animal doit avoir une mort prompte, peut intervenir. Alors,
je lance le message à tous les inspecteurs
vétérinaires de ce monde qui seront... ou qui le sont déjà que, lorsqu'il y
aura quelqu'un qui sera témoin ou qui pense être témoin... de s'en aller
sur les lieux et de faire son travail pour appliquer la loi.
Alors,
on a l'article 41 et on a aussi l'article 63, que le ministre appelle les
bretelles, la ceinture. Alors, je
pense qu'avec l'article 41 les inspecteurs pourront faire leur
travail convenablement.
suis très heureuse d'avoir travaillé avec tous mes collègues
de l'Assemblée nationale, des deux partis, dans cette commission-là. Et j'aimerais vraiment remercier le
président de la commission, parce
que c'était une façon de faire
où le temps... C'est sûr qu'on est rentrés
dans le temps, mais, si on prenait moins de temps pour une question et que la
réponse était moins longue, on pouvait
échanger avec le ministre facilement. Il y avait de l'ordre dans un
désordre, que j'appelle. Ça veut dire
que ça a toujours été fait dans la collégialité, de façon
très, très constructive. Alors, moi, je remercie énormément
le président.
remercie aussi le secrétariat, les pages qui nous ont suivis tout au long de
cette commission. Je remercie mes collègues aussi. J'ai fait à
la blague qu'ils étaient très silencieux mais que, lorsqu'ils
parlaient, c'était très à propos. Alors, je leur dis merci infiniment de leur présence. Merci à mon collègue,
aussi, de l'opposition officielle ainsi que deux autres collègues
d'opposition qui sont venus nous voir un court laps de temps, mais qui ont quand même
participé à la commission.
j'aimerais tout particulièrement remercier mon recherchiste, qui a fait un travail
exceptionnel pour arriver, à chaque
fois que j'avais un amendement, avec des arguments différents pour essayer de
convaincre la
partie g