Health and Social Services — 1 June 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CSSS 2023-06-01
Quebec — Committees
(Onze
heures trente et une minutes)
Le Président (M.
Provençal)
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission de la santé et des services sociaux ouverte. Je vous souhaite la
bienvenue et je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 15, Loi
visant à rendre le système de santé et de services sociaux plus efficace.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, M. le Président.
Mme Abou-Khalil (Fabre) est remplacée par Mme Grondin (Argenteuil);
Mme Lachance (Bellechasse) est remplacée par Mme Mallette
(Huntingdon); et M. Morin (Acadie) est remplacé par Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont).
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Lors de
l'ajournement de nos travaux, hier soir, les discussions portaient sur
un amendement de M. le ministre proposant d'introduire l'article 1.1
de loi. M. le ministre, vous aviez mentionné
que vous vouliez déposer, pour une meilleure compréhension des membres, un
tableau et, par la suite, il y avait une question qui vous avait été
posée.
Alors, moi, je vous
suggère qu'on débute par le tableau. Je rappelle aux membres que ce tableau-là
fait suite aux questions qui avaient été
posées par le député de Rosemont, en lien avec la... je dirais, une notion de
concordance entre la LSSSS et l'article 1.1 pour s'assurer qu'il
n'y avait pas de vide juridique, si je peux m'exprimer ainsi. Alors, je vais demander... Et, pour votre information, le
document est sur Greffier, mais pour consultation uniquement par des
membres de la commission.
M. Dubé : Merci,
M. le Président. En fait, juste pour rappeler, là, vous avez raison, suite au
questionnement, entre autres, du député de
Rosemont hier, l'équipe a travaillé, encore une fois, des heures
supplémentaires pour répondre à cette question-là qui était très
pertinente. Puis je pourrais le montrer rapidement au tableau, puis vous me
direz si vous avez besoin de plus de temps, là. Parce que ce qui a été suggéré,
c'est de faire le contraire de ce qu'on a dans notre cahier habituel, parce que
là, on est parti de la LSSSS, pour dire qu'est-ce qu'on retrouve dans notre
projet de loi. Habituellement, on dit :
Voici le nouveau projet de loi puis ce que c'était avant. Là, on a fait le
contraire, parce que ce qu'on essaie de prouver, puis je pense que le
tableau que j'ai vu le démontre très bien, c'est qu'on voit qu'on a repris les
17 éléments d'hier et qui sont, des fois, totalement ou en
partie dans nos
nouvelles lois, alors... Puis là, moi, je me demande si vous n'aimeriez pas
mieux prendre un petit peu de temps pour le regarder, là, parce que c'était votre
question hier, M. le député de Rosemont. Je ne sais pas si c'est fonctionnel de
le faire à l'écran, mais si... Et est-ce que c'est vous qui contrôlez l'écran?
Là, oui. O.K.
En fait, je pense
qu'on a mis l'article 2. On voit, bon, alors le régime de service, après
ça, il y a le premier... On dit bien
l'alinéa, c'est ça? Vous pouvez descendre un peu plus bas, et ce qu'on voit en
jaune à côté, dans nos nouveaux articles, donc, vous reconnaissez 1.1,
et là, dans 1.1, c'est là qu'on parle de la prévention de la détérioration. Ça
va? Ça fait que, pour ne pas vous lire ça à l'écran, je vous dirais, vous
pouvez peut-être prendre quelques minutes. Est-ce que ça serait mieux d'avoir,
par exemple...
Le Président (M.
Provençal)
: On peut
suspendre pour quelques...
M. Dubé : Quelques
minutes.
Le Président (M.
Provençal)
: ...pour quelques minutes pour
que les gens puissent en...
M. Marissal :
Est-ce qu'on l'a en imprimé, M. le Président?
Le Président (M. Provençal)
: Non, il n'est pas
imprimé. On l'a simplement déposé, parce qu'à la demande de M. le ministre, on le dépose uniquement sur
Greffier pour consultation, qui devient un outil de travail suite au
questionnement que vous avez soulevé hier.
M. Marissal :
En fait, la question, est-il possible de l'imprimer? C'est parce que, moi,
je gribouille en masse, puis là je ne veux pas gribouiller sur l'écran de mon
ordinateur, là. Si c'est possible, c'est un détail, là...
Le Président (M.
Provençal)
: Est-ce
que vous permettez qu'on puisse l'imprimer pour le distribuer?
M. Dubé : Aucun problème, si c'est
plus facile.
Président (M. Provençal)
: Alors, la secrétaire de la commission va vous
l'imprimer. Moi, je vous suggère qu'on suspende quelques minutes pour
que vous puissiez en refaire une lecture, parce que je sais qu'hier vous avez
pris quand même de nombreuses notes avec votre adjointe, alors... et je voyais
que sa sténo, là, était très bonne parce qu'elle écrivait très rapidement.
Alors, on va suspendre, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 11 h 36)
Le Président (M. Provençal)
: Nous reprenons nos travaux. À la
demande du ministre, nous avions suspendu pour permettre aux membres de
l'opposition de bien s'approprier le tableau qui a été déposé ce matin. Alors, on reprend vraiment nos travaux sur
l'article... le nouvel
article qui introduit 1.1. Cependant, dans les discussions
d'hier, il y avait aussi eu une question qui
avait été posée par le député de Pontiac. Mais, moi, dans l'ordre, je vous... on
pourrait traiter le tableau pour clarifier
tout ça, et, par la suite, on ira avec la réponse à la question du député de
Pontiac. Alors, M. le député de Rosemont, je vous cède la parole.
M. Marissal : O.K. Juste pour
fins de fonctionnement — je
veux voir comment vous vous gouvernez — on était resté hier sur une
question du député de Pontiac, sur un autre article, vous voulez d'abord qu'on
procède sur ça?
Le Président (M. Provençal)
: Bien, moi, je pense que vous aviez
quand même soulevé beaucoup d'éléments en lien avec... où se situaient, dans la
LSSSS, certains principes qu'on retrouvait dans le 1.1. Alors, moi, je vous suggère qu'on traite le tableau qui vous a
été remis pour savoir si ça répond à votre question. Par la suite, on va
traiter la question du député de Pontiac, et on va toujours être encore sur
l'article 1.1, de toute façon, sur l'amendement, pour pouvoir...
M. Marissal : O.K. Je comprends
bien...
Le Président (M. Provençal)
: ...s'il y a d'autres questions qui
s'ajoutent.
M. Marissal : ...je comprends bien.
Donc, vous voulez mon appréciation...
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
M. Marissal : ...de ce qui nous a
été remis...
Le Président (M. Provençal)
: Et surtout est-ce que ça répond aux
zones grises que vous aviez hier.
M. Marissal : Très bien. Allons-y.
Oui, ça répond, c'est utile. Merci et merci à votre équipe aussi, là, qui a dû
pondre ça rapidement. J'espère que vous n'avez pas imposé de TSO pour ça, M. le
ministre.
M. Dubé : C'est sur une base
volontaire.
M. Marissal : C'est la meilleure
façon, mais... Non, mais, honnêtement, merci, parce que c'est utile. Et là on
le voit, ça permet de faire des allers-retours entre deux lois, ce qui n'est
jamais simple. Puis là il y a vraiment le tableau
qui est là, qui est fait, qui est... J'aurai quelques questions, même plusieurs
questions sur, vraiment, le contenu de ça, là, j'ai parlé du contenant,
le contenant est très satisfaisant.
Alors, peut-être que vous voulez d'abord
liquider la question de ce que je comprends, de mon collègue de Pontiac. Mais, avant, permettez, c'est important,
puis une fois n'est pas coutume, là, qu'on... Non, en fait, on s'entend
assez bien généralement, là. Mais, moi, j'ai fait beaucoup, beaucoup de projets
de loi ici, là, en quatre ans, là. Ça doit être le 40e ou des poussières. Je
veux juste dire à quel point j'ai apprécié les échanges hier soir, des échanges
riches, très riches, profonds. On a pris le temps, puis c'est appréciable parce
que c'est un gros morceau. Puis, oui, peut-être que, parfois, on est allés vers
la philosophie plus que la pratique, mais, moi, j'aime beaucoup la philosophie.
Déjà, un ministre que je ne nommerai pas, qui m'avait dit ici qu'il préférait
le football à la philosophie. Moi, j'aime les deux, mais pas indistinctement,
je préfère de loin la philosophie. Mais j'apprécie, j'apprécie qu'on a été
capable quand même de cerner un peu plus — puis
on n'a pas fini, là, on ne fait que commencer — un peu plus les tenants et aboutissants,
mais aussi l'esprit derrière tout ça.
À la fin, ça ne veut pas dire que je suis
nécessairement d'accord, mais le fait que je comprenne mieux permet d'avoir une
opinion beaucoup plus éclairée puis plus profonde sur la suite des choses. Puis
je tenais à le dire, parce que ce n'est pas si souvent
qu'on a le temps de faire ça, et j'ai beaucoup apprécié. J'ai reçu des textos,
notamment, d'une ancienne parlementaire, que je ne nommerai pas, parce que je
n'ai pas sa permission puis je ne veux pas l'embarrasser, qui disait à quel
point elle avait aussi apprécié les échanges, elle est tombée là-dessus hier
soir. Puis je pense qu'on fait ça pour ça aussi. Alors, on est bien partis.
Merci.
M. Dubé : Oui. Est-ce que vous
voulez... Dans quel ordre vous voulez le faire? Je vous laisse décider ça.
Est-ce qu'on règle la question ou vous voulez aller avec vos questions tout de
suite, là?
M. Marissal : Selon le président,
selon la volonté du président.
Le Président (M. Provençal)
: Vu qu'on avait terminé avec la
question du député de Pontiac, on va donner la réponse ou des éléments de
réponse de la part du ministre. Aimeriez-vous, pour le bien des gens qui nous
écoutent, reformuler la question pour que tout le monde soit au même diapason?
Fortin : Avec grand plaisir, M. le Président. Merci. Puis
je ne sais pas c'est qui qui a dit au député de Rosemont qu'il aimait
mieux le football à la philosophie, là. Mais moi aussi j'aime ça le football,
mais ce n'est pas bien, bien utile autour d'une table de commission
parlementaire, en tout cas...
M. Dubé : Ça dépend avec qui.
M. Dubé : Est-ce que je vais être
obligé de dire : À l'ordre? À l'ordre, s'il vous plaît!
M. Fortin : O.K. À l'article 2 de la LSSSS, là, il y a le neuvième
alinéa, pour ne pas utiliser «paragraphe», ce
que tout le monde d'autre utiliserait, avec raison, on dit qu'on veut «assurer
la participation des ressources humaines des établissements [...] au choix des
orientations de ces établissements et à la détermination de leurs priorités».
Là, dans le document comparatif, là, que le
ministre nous a fourni, on dit : Bien ça, c'est repris dans des articles sur les conseils d'établissement. Donc,
cette voie-là, elle est reprise par les conseils d'établissement. Sauf que
notre lecture, M. le Président, puis on va y arriver plus tard aux articles sur
les conseils d'établissement, c'est que ceux-ci n'ont pas vraiment de
pouvoir décisionnel, là.
Donc, quand on dit qu'on veut s'assurer que les
ressources humaines prennent part à la détermination des priorités et au choix
des orientations des établissements, bien, pour nous, le conseil
d'établissement ne permet pas vraiment de
faire ça. C'est pour ça qu'on se demande s'ils ne sont pas en train de perdre
une certaine voix en les plaçant dans le conseil d'établissement.
M. Dubé : Je pense qu'il faut
préciser deux choses, puis vous me direz si je réponds à votre question. Le
rôle des ressources humaines, de façon générale dans la gestion quotidienne,
n'est pas changé. Ça, on s'entend, là, ce n'est pas le fait que...
Dubé : Hein? O.K., c'est clair. Ce n'est pas le fait
qu'on passe d'un conseil d'administration où ces gens-là étaient versus
sur un conseil d'établissement, ils gardent quand même leur plein rôle d'agir
dans le quotidien, comme ils le font présentement.
M. Fortin : Oui, mais ça, ce n'est pas de la priorisation à l'intérieur
de leur établissement, ça, c'est leur travail de ressources humaines.
M. Dubé : C'est leur travail de
ressources humaines, mais, des fois, peut s'appliquer à la priorisation. Si je suis un sous-ministre ou peu importe le
titre de
la personne, ce qu'on appelle avec beaucoup d'amour les DRHCAJ, là, et
leur équipe, directeur des ressources humaines, et etc., bien, ce rôle-là, à
moins qu'on change leur titre... mais il n'est pas changé. C'est ça que je veux
dire. Ça, c'est la première
partie de votre question.
C'est sûr que, si, maintenant... ces gens-là,
quand on les met sur un conseil d'établissement, leur rôle est beaucoup plus dans un rôle informatif pour le
reste des membres qui vont être sur le conseil d'établissement, comme un élu
municipal ou comme des usagers, mais ce n'est pas dans... parce que je ne
voudrais pas qu'on ait la perception, c'est que, parce qu'on passe à un conseil
d'établissement, ils perdent leur rôle de ressources humaines.
Fortin : Non, ce n'est pas ça, notre interprétation. Leur
rôle... C'est des gens attitrés aux ressources humaines, on s'entend qu'ils
gardent leur rôle de ressources humaines, mais ce qu'ils perdent, c'est ce que
la LSSS tentait d'assurer, c'est leur participation au choix des
orientations et à la détermination des priorités de ces établissements-là.
Parce que ce n'est pas — puis
on y arrivera aux articles 117, 118 — le rôle d'un conseil d'établissement. Quand vous
nous dites... vous faites référence
aux élus municipaux... puis je comprends que vous êtes allés leur dire ça ce matin,
là, qu'ils vont faire
partie de ces conseils d'établissement là s'ils le
souhaitent, mais ils n'ont pas de pouvoir décisionnel comme un C.A. traditionnel en a. Ce qu'ils ont : ils peuvent
donner leur avis, ils peuvent donner leur avis sur la prestation de service puis ils sont en charge des relations avec
la communauté, ce qui n'est pas toujours une job bien simple. Mais... Et c'est pour ça que moi, j'ai cru comprendre
qu'il y avait certains élus municipaux qui disaient : On peut-tu doser,
mais doser égal, là? On va se
reparler de tout ça. Mais pour les ressources humaines, je ne vois pas comment
ils participent au choix des
orientations à travers le conseil d'établissement, comme ce l'était,
l'intention, avec l'article 2 de la LSSS.
M. Dubé : Oui, mais, en tout cas, je continue de dire, puis
peut-être que je ferai un commentaire tout à l'heure, je pense qu'il y
avait, selon moi, une certaine confusion dans 9, que le rôle des ressources
humaines n'était pas tellement dans... comme
c'était écrit de leur rôle dans les conseils d'administration, si vous me
permettez, alors que, là, ici, ce qu'on vient préciser, en 107, c'est le rôle
que ces personnes-là vont avoir sur le conseil d'établissement. Peut-être
que je ne suis pas clair, là, mais c'est sûr
que leur rôle comme gestionnaire ou comme employé de l'établissement n'est pas
changé, c'est juste... O.K.
Fortin : Non, leur travail quotidien n'est
pas changé, mais on a voulu...
M. Dubé : Il
n'est pas changé, mais leur rôle sur le conseil d'établissement, il est axé
sur... dans un rôle d'aviseur,
d'explication, parce que si quelqu'un... Puis c'est d'ailleurs... Je pense que
c'est pour ça qu'on voulait avoir au
moins deux représentants du personnel. Parce que, souvent, comme vous le savez,
les questions qui pourraient être posées, par exemple par des usagers ou
par les élus municipaux... peuvent gagner à avoir l'explication de ceux qui
sont dans l'établissement, puis pas juste le P.D.G., parce que, des fois, des
questions peuvent être assez granulaires ou assez détaillées, mais...
Fortin : Mais ce que je veux dire, M. le
ministre, là, c'est qu'il y a quelqu'un qui s'est assis dans votre chaise au
moment de l'écriture de la LSSS, il y a quelqu'un qui s'est assis dans ma
chaise au moment de l'écriture de la LSSS,
puis qu'ensemble, là, ils ont... ils voulaient s'assurer que les ressources
humaines, que le personnel, là, ait leur voix dans les orientations des
établissements puis la détermination des priorités en les mettant dans les
conseils d'établissement plutôt qu'au C.A., là. Ces gens-là n'ont pas cette
voix-là dans la détermination pure et simple des priorités. C'est un choix que
vous faites. Moi, ça, c'est correct, mais, pour moi, ils sont dans la catégorie
du monde qui perdent un certain pouvoir décisionnel.
M. Dubé : Bon,
je ne veux pas rentrer dans un grand débat philosophique, mais je vous dis, je
ne vous cache pas, il y a une différence
entre un conseil d'administration puis un comité aviseur. Je veux juste aussi
qu'on comprenne qu'un conseil d'administration, tel qu'on les connaît, c'est un
conseil qui a un... peut être décisionnel sur certaines choses, hein, parce qu'on le sait, on peut approuver le
choix d'un CMDP dans la version actuelle, mais entre vous et moi, ce n'est
pas cet employé-là qui prend cette décision-là, c'est le conseil.
M. Fortin : Bien
oui, mais c'est ça, avoir un rôle, participer au choix des orientations, pas
décider des orientations, participer au choix.
M. Dubé : Oui, c'est ça, c'est ça, c'est ça. Maintenant, on
dit que ce comité aviseur là a un pouvoir d'influence, mais qui ne sera pas la même chose qu'un conseil
d'administration. Et là-dessus je suis obligé de vous dire oui, mais je voulais juste qu'on se comprenne que c'est
beaucoup plus ce qui est chargé, c'est le rôle du comité que de la personne.
Fortin : On s'entend.
Fortin : Puis... Mais... Et donc, pour
nous, là, ça reste dans la colonne des gens qui perdent un pouvoir de détermination des orientations parce que le CE n'a
pas la même influence ou le même pouvoir qu'un conseil d'administration. Ce débat-là, on va l'avoir à
l'article 117, 118, mais, pour nous, je vous le dis, là, ça va être des
articles majeurs parce que ça traite des pouvoirs qu'ont des gens qui
s'investissent de façon bénévole.
M. Dubé : Oui,
et c'est pour ça que j'aimerais qu'on ait le débat à ce moment-là parce qu'une
des raisons... puis je vous le dis parce qu'on a parlé de philosophie hier
soir, là, mais moi, j'ai toujours pensé qu'il y a beaucoup de ces conseils
d'administration, puis je ne suis pas le seul à le dire, qui avaient un rôle x
en théorie, mais que, dans la pratique, le
pouvoir décisionnel n'était pas très fort. Alors, moi, c'est un petit peu ça
qu'on veut clarifier, de dire c'est quoi
vraiment qu'on veut faire avec nos conseils d'établissement, puis ça, on aura
la chance de le discuter à ce moment-là.
Fortin : Bien, à partir de ce moment-là,
M. le ministre, si c'est ça, votre constat... puis effectivement, on en
discutera à 117, 118, mais, si c'est ça, votre constat, qu'il y avait un rôle
sur papier puis un autre en... dans la réalité, bien, vous aviez deux choix,
soit de leur donner le vrai rôle qu'ils devraient avoir sur papier en réalité
ou vous leur enlevez en les mettant dans un
autre organigramme, là, le CE, comme vous l'avez fait. Moi, j'aurais fait un
choix, vous avez fait l'autre, c'est correct.
Dubé : C'est correct. Puis on pourra le débattre quand on sera
rendus...
M. Dubé : O.K.
On se comprend. Il y a une chose peut-être...
Le Président (M.
Provençal)
: ...
M. Dubé : C'est
beau? Juste rapidement, parce que, je vous le dis, moi, j'apprends, puis, quand
on crée des discussions comme on a eues hier soir... puis c'est pour ça qu'on a
eu l'idée de faire le tableau, je dirais au député de Rosemont : Votre
questionnement hier nous a fait aussi réfléchir, puis j'en discutais encore
avec Me Paquin, là, il y a quelques minutes.
Moi, quand j'ai vu le tableau, j'ai dit : Comment on peut expliquer, avant
d'aller répondre aux questions, qu'est-ce qui fait qu'on avait tous nos
articles, dans la LSSSS, qui étaient entre 1, 2 et 3 et que, maintenant, les 17 points de ces deux articles-là, on les
retrouve un peu partout dans la loi? Ça fait qu'on a eu... je me souviens qu'on
a eu plusieurs fois ce débat-là, mais là je vais vous en faire un
sommaire.
Dans la nouvelle
version, dans la version du projet de loi, la
section I, puis maintenant
complétée par 1.1, c'est pourquoi la loi, puis on se limite à ça. On dit :
Elle sert à quoi, la loi? Pourquoi on fait cette loi-là? Puis vous voyez les
deux composantes de I puis 1.1.
L'article 2, c'est vraiment : Qui va
faire quoi, O.K.? Et, troisièmement, l'article 3, c'est le quoi. Ça fait
que pourquoi je vous dis ça? C'est qu'à un moment donné, quand on va être
rendus dans le comment... puis là on pourra
parler, puis là je vous regarde en le disant, les CLSC, pourquoi ça vient beaucoup
plus loin, c'est qu'on est dans le comment.
Alors, comme on
faisait, je vous dirais, une revisite importante de la loi, je pense qu'on a
décidé, puis avec, justement, le concours des légistes, de clarifier ça parce
qu'il y a des choses qui qui venaient très tard dans la loi, qui, maintenant,
sont mises devant, puis il y a des choses qui venaient peut-être devant, puis
on dit : Écoutez, là, on est dans le
comment. Mais quelqu'un qui lirait seulement le nouveau 1, 2, 3 verrait
dire le pourquoi, le qui puis le quoi. Vous me suivez? Ça fait que ça,
je pense que, philosophiquement, je reviens à votre expression, c'est très
important, parce que tant qu'à faire, à
refaire la loi puis la mettre à jour, je pense que c'était important de... Et
c'est ça qui nous a guidés dans ça. Ça va-tu? O.K. Je voulais juste faire
cette précision-là.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci.
Concernant l'amendement 1.1 déposé par M. le ministre, est-ce qu'il y a
d'autres interventions? M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Oui. Je voulais juste revenir sur ce que vient de présenter le ministre,
puis on avait compris, hier, qu'il y a plusieurs des éléments de la LSSS qui se
retrouvent ailleurs dans le projet de loi, mais moi, j'avais quand même cette
réflexion-là à partager avec vous aujourd'hui. Si on prend, par exemple,
l'article 654, qui parle de santé publique, et on dit : «Le ministre
prend des mesures», c'est comme ça qu'on réintroduit l'un des objectifs
généraux de la LSSS, mais on le réintroduit dans l'action en disant : Le
ministre va prendre des mesures en matière de
santé publique, là, comment c'est écrit, «propre à assurer la protection et la
santé publique et assure la coordination». Je comprends qu'on mentionne qu'il y aura des actions en matière de
prévention et de santé publique, mais respectueusement soumis, j'avais
l'impression que ça ne nous empêchait pas, d'entrée de jeu, au départ de la
loi, lorsqu'il est question de l'objet de la loi, lorsqu'il est question
également des services de santé qui sont... c'est-à-dire qui sont offerts,
est-ce que c'est bien ça, en fait, bref, les dispositions introductives, que
l'on mentionne le sujet et qu'ensuite on dise comment il sera géré ou comment
il sera intégré dans l'action, dans les opérations du ministère.
Je ne sais pas si
vous voyez ce que je veux dire. C'est-à-dire que, puisqu'il est question de
l'objet de la loi, qu'est-ce qui nous empêche de dire que l'un des objets de la
loi, c'est d'agir en prévention et en santé publique pour plus tard retrouver
comment on va le faire? Moi, c'était ce que je croyais qui était la logique au
départ.
M. Dubé : Vous
avez tellement raison. Puis prenons cet exemple-là pour revenir au 1, 2, 3, le
«pourquoi» de la loi, le «qui», «comment»
que je viens d'expliquer. Si on reprend notre tableau, ici, à la première page,
d'accord, vous voyez le 1.1. Donc, ça, c'est le... ça va être le
nouveau 1 qui vient d'être complété. Puis je prends deux minutes pour vous le lire : «Les services de santé des
services sociaux visent à favoriser l'amélioration, le maintien et le
recouvrement de la santé physique,
mentale et psychosociale et du bien-être des personnes ainsi que la prévention
de leur détérioration.»
Ce que nos légistes
nous ont suggéré, à l'article 1, c'est le pourquoi de la loi. Puis c'est
sûr que, quand vous parlez de prévention, vous pensez à santé publique, etc. Et
je pourrais même dire : Pourquoi qu'on n'a pas parlé de curatif, on a
parlé de recouvrement? Parce que ça sera quoi, du curatif, dans quelques années
avec des soins virtuels à la maison? Vous me
suivez? Et c'est pour ça que, tout à l'heure, je vous disais : Ce qu'on a
voulu faire avec 1, c'est de le
mettre le plus large possible pour dire : C'est quoi, l'objet de la loi?
Et vous avez raison de dire : Maintenant, quand on va traiter le
comment, on est à 654, dans la
section de la santé publique.
Alors,
vous pouvez dire... vous pourriez peut-être me dire : C'est un peu trop
large en haut, puis ça, c'est votre choix, là, mais, nous, ce qu'on a voulu,
c'est se garder le plus de marge de manoeuvre pour dire... En tout cas, je n'ai
pas besoin de vous le relire, vous comprenez mon point. Alors, c'est un petit
peu ça qui est la philosophie d'avoir repris... puis c'est pour ça qu'on
voulait discuter les grands principes avant, c'est ce qu'on est en train de
faire. Mais j'arrêterais là pour l'explication.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député des
Îles-de-la-Madeleine.
Arseneau : Oui, bien, effectivement, on est au coeur des
préoccupations qui nous ont été exprimées par certains
groupes, c'est... on se fait aussi le relais de ce qu'on a entendu dans les
consultations, et qui nous disaient : Il ne faudrait pas que, dans l'objet de la loi, bien, on élimine un certain
nombre d'éléments qui étaient déjà précis et précisés dans
l'article 1 ou dans l'article 2 de la LSSSS. Et c'est ça, la
préoccupation, si on va à ce point, de façon large, pour ne pas nommer et être
explicites par rapport à un certain nombre d'objets, ça peut créer une certaine
inquiétude, une certaine préoccupation de la part soit des usagers, des
citoyens ou encore des gens qui oeuvrent au sein du réseau.
Je vous donnerais
l'autre exemple, puis, encore une fois, je ne vous demande pas nécessairement
de les réintroduire, mais je lisais qu'à la LSSSS le premier élément, là, des
sept qui sont précisés, c'est réduire la mortalité. Bon, là, aujourd'hui, on a une nouvelle façon de définir l'objectif de
la loi et du réseau pour le rendre plus efficace. On ne mentionne plus
qu'il faut réduire la mortalité. J'ai essayé de voir de quelle façon je pouvais
accoler la mortalité à la définition très large que vous avez rédigée et,
honnêtement, je ne la vois pas. Si on dit : «favoriser l'amélioration, le
maintien ou le recouvrement de la santé physique, mentale et psychosociale», je
ne vois pas en quoi, tu sais, on intervient sur la question de la mortalité. Tu
sais, je vous donne cet exemple-là. J'aimerais qu'on m'explique en quoi est-ce
que... Il y a quelque chose qui est quand même très précis, là, quand on parle
d'éviter les décès, puis ce n'est plus là.
M. Dubé : Je
vais m'essayer sur quelque chose rapidement, pour comprendre le concept. Puis
là Me Paquin me rappelle, à juste titre, que, dans le temps où la LSSSS a été
écrite, il n'y avait pas de loi spécifique sur la santé publique. Comme vous
savez, depuis... je ne me souviens pas quelle année, là, mais...
M. Dubé :
...bon, 2002, ce qu'on me dit, c'est que, maintenant, comme vous savez, il y a
une loi spécifique sur la santé publique,
qu'on s'est engagés à remettre à jour. Mais on n'est pas là, mais on va
commencer par celle-là, là. Alors,
c'est sûr qu'on sentait moins l'obligation d'avoir le quatrième alinéa de...
qui traitait, dans LSSSS, de favoriser la... sur la page 2, là, c'est ça, votre point. Alors, c'est ça qui nous
a guidés, en disant : On n'a pas besoin de faire référence, parce
qu'il y a déjà une loi qui traite de la santé publique. Ça, c'est le premier
argument à votre question.
Maintenant, sur la
mobilité, ce qu'on me dit, puis je verrai si c'est à vous de juger si vous
voulez en parler plus, que... Je reviens à
1.1, dont on discutait tout à l'heure, dans le premier tableau. Alors, quand on
dit que la prévention de leur détérioration, là, qui est les deux derniers
mots du premier alinéa... du premier paragraphe, pardon, bien, c'est sûr que la mortalité, c'est une détérioration
rapide de la situation. Alors, encore une fois, on pourra en débattre, mais je répète que l'objectif était quelque chose de faire
plus large, mais qu'on va pouvoir préciser plus loin dans les autres articles.
Mais, voilà, je réponds ça.
M. Arseneau :
Oui, je comprends la logique, mais... Puis je ne veux pas alourdir indûment
le texte, mais il me semblait qu'effectivement la détérioration finale et
totale, c'est le décès. Est-ce que c'est beaucoup trop alourdir le texte de
l'indiquer? Je laisse ça aux soins des autres parlementaires d'émettre leurs
opinions, là. Merci.
Le Président (M.
Provençal)
: La
notion de détérioration, si vous me permettez, là, c'est à géométrie variable
un petit peu, hein? Tu peux te détériorer légèrement ou au maximum, qui donne
une finalité. C'était juste un commentaire. Excusez-moi, M. le ministre,
j'aurais dû vous demander la permission.
M. Dubé : Bien
non, vous n'avez pas de permission à me demander.
M. Arseneau :
Oui, juste pour... encore dans le
même sens, pas pour prolonger indûment. Puis c'est sûrement la même logique, mais j'aimerais entendre Me Paquin
nous parler des incapacités physiques et des handicaps. J'imagine que
les gens qui sont aux prises avec un handicap, qui vivent avec un handicap vont
vouloir savoir si la préoccupation est complètement éliminée des intentions du
législateur. Est-ce que ça se retrouve ailleurs?
Le Président (M. Provençal)
: Alors, consentement pour
permettre à Me Paquin de s'exprimer? Consentement. Alors, maître, je
vais vous demander de vous renommer avec votre fonction, s'il vous plaît.
M. Paquin
(Mathieu) : Oui, M. le Président. Alors, Mathieu Paquin, de la
Direction des affaires juridiques au ministère de la Santé et des Services
sociaux.
Bien,
essentiellement, toute cette... L'objectif que la loi poursuit en ce qui
concerne les personnes handicapées... et on le retrouve au deuxième alinéa de
l'article 1.1 lorsqu'on dit que les services de santé et services sociaux
visent à favoriser l'adaptation, la réadaptation, l'intégration sociale ou la
réintégration sociale des personnes, donc, ça va être là qu'on va le trouver. Et on le trouve aussi dans le
premier alinéa lorsqu'on parle du maintien du bien-être des personnes, donc, pour s'assurer... ou l'amélioration du
bien-être des personnes, pour s'assurer qu'elles soient dans un état de
situation de bien-être. Le mot «personnes» qui est là va viser toutes
les personnes sans égard à leur situation.
Le Président (M.
Provençal)
: Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement de M. le ministre qui
introduit le nouvel
article 1.1? M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Oui,
j'étais peut-être absorbé par mes papiers. Le député des Îles-de-la-Madeleine
avait une question assez claire, à savoir si c'était trop lourd de
l'introduire. J'ai cru comprendre que la réponse était oui, c'est... ce n'est
peut-être pas trop lourd, mais vous ne souhaitez pas le faire.
Dubé : Bien, c'est parce que... je vais vous dire ce
qu'on nous a suggéré, c'est que, si on commence à faire des... pardon...
M. Marissal : Spécificités.
M. Dubé : C'est difficile.
M. Marissal : C'est difficile.
M. Dubé : C'est difficile. Si on
commence à faire des spécifications sur certains thèmes, je pense qu'on va en
avoir plusieurs. Et c'est pour ça que, si on s'entend que le principe général
puis qu'on pourrait, dans certaines sections, faire ces spécifications-là, je
n'ai pas de problème. Mais, dans la
partie où on fait les grands états de
l'objet, le pourquoi de la loi, j'ai un peu
de misère à aller dans ce détail-là qu'on discute ici, là, je veux dire... Puis
on le sait, hein? Quand on a ces
discussions-là en commission, elles sont tout aussi importantes, mais je...
c'est pour ça que j'hésite à vouloir aller un peu contre... à l'encontre
du principe de ces premiers articles-là. C'est ça, mon point.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député des
Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Bien, je vais
m'essayer une dernière fois, puis je ne veux pas, encore une fois, là, en faire
un débat à ne plus finir, mais il me semble que ce n'est pas exagéré de dire
que le système de santé, ultimement, ce n'est pas
juste d'empêcher la détérioration de l'état de santé des gens, c'est de sauver
des vies. Tu sais, on le fait, par exemple, dans les campagnes de publicité à la SAAQ, il faut éviter les décès sur
les routes. Il me semble que toute notre société, la CNESST, il y a mille et un organismes au Québec
qui disent ouvertement qu'ils veulent sauver des vies, l'intervention des pompiers, les premiers répondants, les
services préhospitaliers d'urgence, et ainsi de suite. Il me semble que, dans
la loi constitutive du système de santé, de dire qu'on veut sauver des vies,
éviter des décès, ce n'est pas trop, ce n'est pas
exagéré, ce n'est pas si spécifique que ça. Au contraire, c'est tout l'appareil
qui est autour du système de santé qui cherche à sauver des vies et à
les rendre, évidemment, plus agréables, améliorer le bien-être, tout
simplement.
M. Dubé : Mais peut-être... parce
qu'encore une fois ce sont des questions qui sont très bonnes. Vous savez qu'on a une
Loi sur les services préhospitaliers,
hein, qui est très importante, aux ambulances, là, qu'on connaît, et ça,
dans leur mandat du service préhospitalier, la question de sauver des vies,
elle est là, O.K.? Donc... Et c'est... Encore une
fois, là, je suis un peu tannant avec ça, mais c'est déjà dans une loi où on
est pour sauver des vies dans le préhospitalier. Est-ce qu'on a besoin
de le ramener ici? Moi, en tout cas, j'ai un...
Arseneau : Bien, si vous permettez, on peut le prendre des
deux façons, c'est-à-dire que, si c'est important de le mettre dans les
soins hospitaliers d'urgence, imaginez à quel point c'est important de le
mettre pour l'ensemble du réseau. Moi, je
pense que ça pourrait être un argument qu'on pourrait inverser, là, celui qui
est apporté par le ministre, respectueusement, parce qu'il me semble
que, de cette nouvelle mouture de la LSSS découle des autres lois, mais ça
dépend de notre perspective.
Dubé : Est-ce que...
Regardez, j'ai toujours dit que je n'étais pas fermé, là, parce que je vois
que... Je veux juste avoir la chance peut-être de reparler à Me Paquin
pour voir... C'est parce que mon objectif, encore une fois... Où j'hésite, là, c'est est-ce que je suis en
train de me mettre le bras dans le tordeur, comme on dit souvent. Laissez-moi
juste quelques minutes. Moi, je prendrais une interruption, parce que vous
m'avez parlé de mortalité, vous m'avez parlé
de handicap, vous m'avez parlé de sauver des vies. Je veux juste prendre
peut-être quelques minutes puis voir est-ce que ça serait mieux que
ça soit ailleurs. Laissez-moi juste... on pourrait prendre une...
Le Président (M. Provençal)
: On va suspendre, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 12 h 27)
Le Président (M. Provençal)
: Nous reprenons nos travaux. Alors,
suite à l'interrogation qui a été soulevée par le député des
Îles-de-la-Madeleine, M. le ministre avait demandé de consulter son équipe.
Alors, M. le ministre, je vous cède la parole pour les éléments de réponse.
Dubé : Ce n'est pas... Je vais commencer par la
conclusion. Ce n'est pas parce que je vais vous dire non que ce n'était
pas une bonne question, O.K.? Donc, je commence. Là, vous allez me voir venir,
mais il y a trois éléments que j'aimerais... Sur la question du handicap, c'est celui qui m'a un
peu plus dérangé dans votre question, puis j'ai dit : Je ne voudrais surtout pas donner l'impression
qu'on oublie les gens qui ont un handicap. Et ce qu'on a bien fait de me
rappeler, puis je nous le rappelle en même
temps, que... de la façon dont 1.1 est écrit, puis je le relis, là,
c'est : «Ils visent également à favoriser l'adaptation, la
réadaptation, l'intégration sociale ou la réintégration sociale des personnes.»
Puis là, je me souviens, quand on a eu ces débats-là, une des choses qu'on
disait : Les personnes avec un handicap n'aiment
pas, souvent, être traitées en raison de leur handicap, et avec raison. Alors,
ça, c'est la première
partie à votre réponse.
Celle où j'ai
peut-être mal répondu — puis
qu'on me corrige, alors, quand on a besoin de me corriger, ces gens-là le font
très bien — c'est
dans la question de sauver des vies. Je vous ai parlé du préhospitalier, parce
qu'en ce moment on négocie avec le préhospitalier, c'est peut-être l'exemple
qui m'est venu trop rapidement en tête, mais, M.
le député, l'article 8, on peut-tu juste prendre une petite minute... Je
ne sais pas si on peut le voir à l'écran ou aller le voir ensemble,
mais, l'article 8 de la loi, du projet de loi, qui reprend, en fait, la
LSSSS... Est-ce que vous le voyez, l'article 8? Je veux juste... «Toute
personne dont la vie ou l'intégrité est en danger a le droit de recevoir les
soins que requiert son état. Il incombe à
tout établissement, lorsque la demande lui est...» en fait, à voir à ce que
les... Alors, toute cette question-là, de... que je dirais, là, d'une
vie en danger, de sauver des vies, elle est clairement là.
Mais
le troisième point qui m'a été amené par ma collègue, ici, qui a eu la chance
de pratiquer dans le réseau... elle
dit : Il faut se rappeler que nos professionnels, qu'ils soient médecins,
infirmières, etc., ça fait
partie de leur engagement éthique, de sauver
des vies. Alors, je vous dirais qu'après cette discussion-là, là, je suis
encore plus convaincu que je ne l'étais tout à l'heure, mais... de répondre à
votre question en disant que c'est couvert, globalement, puis qu'on en voit à travers d'autres articles, les éléments que
vous avez soulevés ou pourquoi ils n'ont pas été mis, pour les raisons
que je viens d'expliquer.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va? À ce moment-ci,
est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Oui, oui, bien, je vais en avoir une série, là, à partir du document qu'on
a eu, là, ce matin, là. Je ne devrais pas y
passer la journée, rassurez-vous, puis, bon, peut-être que le départ semble
lent et laborieux, mais je pense que c'est mieux de se caler les pieds
dans le «starting block», puis de partir droit, puis, après ça, on va courir
correctement, que d'avoir les mauvaises bases, là. Ça fait que je vais y aller
comme ça puis je vais essayer d'y aller dans l'ordre.
Je vous ramène à la
première page, là, de ce que vous nous avez remis tout à l'heure, là, la
comparaison entre la LSSSS et le projet de
loi n° 15. Une remarque d'abord, là, plutôt éditoriale, mais, quand je
disais que je pense que je commence à
mieux cerner les intentions puis l'esprit de tout ça, là, la LSSSS... pour les
intimes, on l'appelle la LSSSS, mais c'est la
Loi sur les services de santé et
les services sociaux, elle date, là, de 1971, là, si je ne me trompe, la première
mouture, en tout cas, là, ça fait qu'elle a vécu, mais on l'appelait la LSSSS,
pour la
Loi sur les services de santé et les services
sociaux. Elle prendra maintenant le nom... bien, en fait, dans sa nouvelle
incarnation, là, de Loi visant à rendre le système de santé et de services sociaux plus efficace. On ne fera pas
un acronyme avec ça, là, ce serait imprononçable, là, mais, au-delà de
l'acronyme, là, je pense que de faire la comparaison entre le nom, LSSSS, la
Loi sur les services de santé et de services
sociaux, à la loi... à rendre le système de santé et des services sociaux plus
efficace, ça en dit déjà beaucoup. Ça en dit déjà beaucoup, je pense,
sans me tromper, sur les intentions du ministre. Je ne sais pas comment les
légistes trouvent ce titre-là. Moi, je le trouve éditorialisant puis je ne suis
pas sûr qu'un
titre de loi devrait être éditorialisant, mais j'en débattrai un
jour avec les légistes. Parce que, dans trois, quatre, 10 ans, on parlera
de la Loi visant à rendre le système de santé et de services sociaux plus
efficace. Je ne sais pas comment ça va vivre dans le temps avec un biais comme celui-là. Je ne remets pas le biais en
question, tout le monde veut que ce soit plus efficace, mais je ne sais
pas comment ça va vivre dans le temps, ce titre-là, à moins qu'on le change.
Des fois, on fait ça. Alors que «Loi sur les services de santé et de services
sociaux», d'abord, il y avait «services sociaux» dedans, moi, j'aimais bien, puis ça disait, de façon assez
froide mais néanmoins claire, ce que la loi voulait faire et ce qu'elle faisait.
Première observation.
Dans la LSSSS, on
disait : «Le régime de santé et des services sociaux institué par la
présente loi a pour but le maintien et l'amélioration de la capacité physique,
psychique, sociale des personnes d'agir dans le milieu et d'accomplir les rôles qu'elles entendent assumer
d'une manière acceptable pour elles-mêmes et pour les groupes dont elles font partie.» Il vise, donc, le régime de
services de santé et de services sociaux. «Il vise plus particulièrement à», et
là je vous amène au deuxième paragraphe, «agir sur les facteurs...»
M. Dubé : M.
le député, lequel vous me citez, là?
M. Marissal :
Je vous cite le préambule là, de
l'article 1, de la LSSSS, qui «vise plus particulièrement à», et là je
vous amène au deuxième paragraphe, qui commence par : «Agir sur les
facteurs déterminants pour la santé et le bien-être et rendre les personnes,
les familles et les communautés plus responsables à cet égard et par des
actions de prévention et de promotion.» Ça,
c'était le principe, c'était le principe de base qui mettait... qui plantait le
décor pour la LSSSS. On passe de ça,
notamment à l'alinéa 24, là — j'espère
que je ne me goure pas, à l'article 24, merci — l'article 24,
à droite : «Santé Québec exerce
les fonctions énumérées ci-dessous ainsi que toute autre fonction auxiliaire
qu'elle estime nécessaire...» Comment
je vous dirais bien ça? «Assure les fonctions auxiliaires qu'elle estime
nécessaires», il me semble, moi, je sens une certaine dilution quant à
l'objectif qui était prévu dans la LSSSS, mais surtout une délégation avec...
je ne dirais pas d'arbitraire, mais de discrétionnaire à Santé Québec.
Président (M. Provençal)
: Il va vous rester à peu près
1 min 44 s pour faire vos interventions, M. le député.
M. Dubé : ...c'est pour ça que je
voulais voir si j'étais mieux de répondre après ses interventions puis...
Le Président (M. Provençal)
: Moi, je respecte ma procédure, M. le
ministre, là...
M. Dubé : Non, non, je comprends.
Le Président (M. Provençal)
: ...ce n'est pas pour brimer,
nullement, le député de Rosemont.
Dubé : Mais je ne sais pas comment le faire, mais c'est
du temps un peu que je pourrais... Je ne sais pas combien de temps qu'il
vous reste d'intervention.
Le Président (M. Provençal)
: Il lui reste
1 min 44 s, à moins que, dans le 1 min 44 s, vous
décidez de poser en rafale les questions que vous vouliez poser.
M. Marissal : Bien, je peux faire
ça, là. Après ça, vous gérerez le chronomètre, M. le Président. En fait, ce que
je voudrais éviter, là, c'est qu'on égrène tout le temps, là, puis qu'on passe
tout de suite au 1.1, parce que moi, je pense qu'on n'a pas terminé avec 1.1,
Le Président (M. Provençal)
: Oui, mais moi, ce que je vous dis,
c'est que, sur l'amendement 1.1, on est en discussion. Chaque membre a un
temps dévolu.
M. Marissal : Je comprends. Et nous
reviendrons à 1.1, tel qu'amendé de toute façon.
Le Président (M. Provençal)
: Il n'a pas été... En fait, 1.1 est un
amendement...
M. Marissal : Est un amendement. Je
comprends.
Le Président (M. Provençal)
: ...qui introduit un nouvel article.
M. Marissal : D'accord. Bien,
regardez, on va y aller comme ça pour la réponse du ministre, là, parce que,
sinon, on va se perdre, là. Je vais trouver un chemin.
M. Dubé : O.K. Bien, je vais y aller
rapidement parce que... On va essayer de trouver... en tout cas, on va trouver
un autre forum parce que vos questions sont à-propos. Sur le
titre du projet de
loi, j'aimerais vous amener... Qu'est-ce que tu m'as montré, Étienne, tantôt?
1160...
Dubé : Allez voir l'article 1177. Il est déjà prévu,
parce qu'on travaille souvent avec vous, on le sait, qu'à la fin on aime
ça, des fois, changer le
titre d'un projet de loi, ça fait que, là, on vous a
vu venir. L'avez-vous, 1177?
Dubé : Il est dans le tome II. Non, mais,
rapidement, vous allez voir qu'on a pensé à un nouveau
titre qui... une
fois qu'on a parlé d'efficacité pendant quelques mois, on pourrait avoir
quelque chose qui est plus soutenable, à terme. On pourra en débattre, mais
c'est 1177. Ça va?
M. Dubé : D'accord? Bon. Ça... elle
était facile, celle-là.
Rapidement, sur votre point de 24, je pense
qu'il faut faire la différence, puis je vais laisser Me Paquin vous l'expliquer
parce que c'est... pour ne pas que vous sentiez une dilution, là, il y a une
différence entre le paragraphe 7 et les six premiers de 24, mais je lui
laisse vous l'expliquer rapidement, si, M. le Président, vous êtes d'accord.
Le Président (M. Provençal)
: Oui. Me Paquin.
M. Paquin (Mathieu) : Oui, M. le
Président. En fait, à l'article 24, il faut faire bien attention à la
nuance qui est dedans. On dit : «Santé Québec exerce les fonctions
énumérées ci-dessous.»
Là, dans le tableau, vous
voyez seulement le paragraphe 7°. On va avoir les fonctions qui sont énumérées
aux paragraphes 1° à... en fait, 1° à 7°, et ce qui comprend donc les
paragraphes qui y sont en ce moment, mais ce qui est expressément énuméré,
Santé Québec doit le faire. On dit : Elle exerce les fonctions énumérées
ci-dessous, et, en plus, les autres fonctions auxiliaires qu'elle estime
nécessaires, donc elle est obligée de faire ce qu'on énumère nommément à 24, y
incluant le paragraphe 7°, qui va être ajouté par amendement tel qu'il apparaît
dans le tableau. La discrétion va être sur
autre chose qui est auxiliaire, donc qui aide à fournir les services de santé
et services sociaux.
Dubé : Est-ce que je peux poser une question au président
ou... M. le Président, ce que j'aimerais peut-être vous demander, puis je ne
sais pas si ça prend un consentement des autres membres, mais, s'il y a un
consentement puis que le député de
Rosemont disait : J'ai besoin de, je ne sais pas, moi, cinq minutes de
plus pour passer mes autres... est-ce qu'on aurait le droit de faire ça
s'il y a consentement?
Le Président (M. Provençal)
: Oui, avec le consentement, on peut.
Ça fait que...
Le Président (M. Provençal)
: Avec le consentement des membres.
Alors, M. le député...
M. Dubé : Je ne voudrais pas
m'entendre sur deux heures, mais je pourrais m'entendre sur un cinq minutes si
ça donne... si vous êtes d'accord.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Rosemont.
Le Président (M. Provençal)
: Avec un temps additionnel, il faut
simplement qu'il y ait un membre qui accepte de céder un cinq minutes de son
temps. Alors, je vais regarder la députée de Laporte.
Mme Poulet : Oui, consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup.
M. Marissal : Merci, chère collègue.
Je vais essayer d'y aller rapidement. À maintes reprises, là, puis je n'irai pas
article par
article pour la prochaine
question, là, on va essayer de gagner du temps, à maintes reprises, le mot
«usager»... le mot «usager» revient à maintes reprises. C'est nouveau? C'est
voulu? Pourquoi? Pouvez-vous nous expliquer ce que ça change, ou c'est de
simplement changer un terme pour un autre, il y a une idée derrière ça?
M. Dubé : Ce n'est pas un nouveau
terme. C'est parce que vous trouvez que ça revient souvent, c'est-tu ça, votre
point?
Marissal : Oui, ça revient quand même à maintes reprises.
Puis quand on compare LSSSS, p. l. n° 15, «usager» va
remplacer un certain nombre d'autres... par exemple, «personne» ou...
M. Dubé : On a voulu être constant,
là, parce que... mais c'est ça, l'idée était d'avoir une constance dans la
terminologie. C'est tout simplement ça, là.
M. Dubé : Veux-tu commenter,
Mathieu?
M. Dubé : Ah! avec plaisir.
M. Paquin (Mathieu) : Oui, M. le
Président. En fait, il faut faire attention, puis il y a... D'abord, la LSSSS, actuellement, elle parle d'usager, là, j'ai fait
la vérification. En ce moment, il y a 382 occurrences. Quand on parle d'un
usager, on parle de quelqu'un qui reçoit les services de
santé et services sociaux d'un établissement. Donc, si la relation est établissement-personne, cette personne-là,
elle se qualifie d'usager. Si vous allez dans un GMF, vous n'êtes pas dans un
établissement, vous ne recevez pas des services de santé et des services
sociaux au sens strict et vous n'êtes pas un usager. La relation juridique n'est pas forcément la même. Alors,
essentiellement, c'est quelque chose qui existe déjà dans la
Loi sur les
services de santé et les services sociaux. On a été cohérent avec ça dans le
projet de loi n° 15 et on a reconduit cette
distinction-là.
Alors,
quand on parle de personnes, je vise... ça inclut les usagers, mais ça vise
plus large. Quand je parle d'un usager, je m'intéresse à la personne
dans sa relation avec un établissement.
M. Marissal :
Très bien. Ça, ça me convient. Je vous amène, je nous amène, à l'article 2
de la LSSSS, troisième paragraphe.
M. Dubé : ...page 4.
Elles ne sont pas numérotées, là, mais c'est bien ça, là? Le bas de la
page 3 commence... C'est ça?
M. Marissal :
Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf. Moi, j'arrive à neuf,
M. Dubé : Vous
arrivez à neuf.
M. Marissal :
Oui.
L'article 2 de la LSSSS, paragraphe 3°, qui se lit ainsi,
là : «Partager les responsabilités entre les organismes publics, les
organismes communautaires et les autres intervenants du domaine de la santé et
des services sociaux.»
Vous remarquerez, à droite,
qu'il y a une case vide.
M. Dubé : Sa
réponse est prête pour ça.
M. Marissal :
Oui, allons-y.
M. Paquin
(Mathieu) : Oui, M. le Président. Essentiellement, c'est que c'est
l'ensemble de la loi qui fait ça. Alors,
elle donne des responsabilités à différents intervenants, différents
prestataires, qui incluent notamment des organismes communautaires. Alors, à notre sens, on ne l'a pas
repris parce que c'est un petit peu comme si on disait : La présente
recette de biscuits vise à vous dire comment faire des biscuits.
M. Dubé : On
trouvait que c'était répétitif avec ce qui était ailleurs.
M. Marissal :
O.K. Dernier point, puis je suis toujours, en même temps que je vous parle
puis que je vous pose des questions, à évaluer
si je dépose un amendement ou non, là, mais ça va se régler entre mes deux
oreilles dans les prochaines secondes. Je vous amène... et on en a parlé
un peu, hier, de ça, M. le ministre, vous allez comprendre pourquoi, je vous
ramène là, là,
article 2 de la LSSSS, septième paragraphe. Ça se lit
ainsi :
«Favoriser,
compte tenu des ressources, l'accessibilité à des services de santé et des
services sociaux, dans leur langue, pour les personnes des différentes
communautés culturelles du Québec.»
Vous
vous souviendrez peut-être qu'on a eu une discussion préalable hier soir
là-dessus. Je vais vous laisser vous...
Le Président (M. Provençal)
: Est-ce qu'on cède la
parole à maître? Me Paquin, s'il vous plaît. Je vous cède la parole.
M. Paquin (Mathieu) : Oui, M. le Président.
Essentiellement, oui, effectivement, là, il y a un ajout qui va devoir
être fait. C'est des amendements qui vont venir, et on se trouverait à être
dans les eaux de l'article 351.
M. Marissal :
O.K. Ce dont on a discuté hier, c'est qu'il y avait des pourparlers qui
avaient eu lieu, notamment au Conseil des
ministres. Je comprends ça. Mon point est que moi, on m'a dit que les Premières
Nations... parce que... On me répondait hier soir que les Premières Nations
seraient couvertes par ça, là, nonobstant le dossier délicat, politique,
là, avec les Premières Nations, là, nonobstant ça, M. le ministre.
Moi, on me dit que,
de un, le terme «communautés culturelles» ne s'applique plus, n'est plus
utilisé, on parle de la «diversité culturelle». Alors, je ne sais pas comment
vous allez le formuler, à venir dans l'amendement à cet endroit-là, mais
qu'assurément les Premières Nations n'en font pas partie, puisqu'elles sont
considérées comme des nations à part
entière. Là, je ne veux pas repartir un immense débat, là, mais, tu sais, avant
de commettre un impair ou de...
M. Dubé : Bien,
écoutez, moi, ce que je suggérerais, M. le Président, là, parce qu'en plus
c'est le dernier point qui reste... Je voudrais juste qu'on se prenne bonne
note qu'on s'est engagé à déposer cet amendement-là, mais, comme je vous ai dit, on n'a pas été capable de
l'avoir à temps pour le Conseil des ministres d'hier, c'est ça qui était
l'enjeu. Ça fait que ce que je dirais,
c'est de prendre un engagement qu'à l'article 351, on débattra en bonne et
due forme votre demande, puis est-ce que ça inclut ou pas les
autochtones.
Vous avez raison, mais
c'est d'ailleurs pour ça qu'on l'a retiré, parce qu'on n'était pas confortables
avec le terme de l'amendement qui avait été ultimement proposé. Mais je pense
que vous avez raison. D'ailleurs, c'était pour ça, là, qu'on l'a marqué comme
ça, là.
M. Marissal : O.K. Je comprends.
Alors, on se met un astérisque en...
M. Dubé : On se met un astérisque.
On a une secrétaire de notre commission qui est très efficace. 341.
Marissal : Je ne sais pas si mes collègues auraient autre
chose à ajouter, auquel cas, étant donné l'heure, j'ai quand même un
amendement à déposer sur un 1.1, puis, comme vous avez été... vous avez été...
Le Président (M. Provençal)
: Ça va être un sous-amendement, M. le
député.
Marissal : Sous-amendement, oui, sous-amendement. Comme vous
avez été... je cherche le mot, là, je vais le trouver, agile,
cool avec moi, je ne voudrais pas vous retarder. Ça fait que pouvez-vous me
donner une minute, qu'on vous envoie l'amendement, puis on peut le débattre
immédiatement, que ce soit fait?
Le Président (M. Provençal)
: Alors, suspension s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 12 h 52)
Président (M. Provençal)
: Alors, je vais inviter le député de Rosemont à
nous présenter son sous-amendement, s'il vous plaît.
Marissal : Oui. Merci. Merci, M. le Président. Alors : À
l'article 1.1... l'amendement introduisant l'article 1.1 du projet de
loi est modifié par l'insertion, après le premier alinéa, du texte suivant — c'est
court : «Ils visent à agir sur les facteurs déterminants pour la
santé».
Président (M. Provençal)
: Alors, compte tenu de l'heure, je vais suspendre
les travaux, ce qui va permettre à M. le ministre et son équipe de
prendre connaissance de la réponse à donner au sous-amendement.
Alors, suspension. Merci.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Le Président (M. Provençal)
: La Commission de la santé et des
services sociaux reprend ses travaux.
Nous
poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 15, Loi visant à rendre le système de santé et de
services sociaux plus efficace.
Lors de
la suspension de nos travaux, à 13 heures, M. le député de Rosemont venait
de déposer un sous-amendement modifiant l'amendement introduisant
l'article 1.1. Par contre, durant la... on avait convenu qu'à la pause la
partie ministérielle regardait ce
sous-amendement-là et arriverait avec ses commentaires. Alors, M. le ministre,
lorsque vous serez prêt, je vous cède la parole pour que vous puissiez donner
votre réponse au député de Rosemont.
M. Dubé : Avec plaisir. Un point de
technique, là, après y avoir réfléchi, on est d'accord à revenir avec le
concept des facteurs déterminants, qui était, d'ailleurs, dans la LSSSS. Mais
j'aimerais prendre peut-être une petite pause puis d'expliquer peut-être au
député, qui a eu cette bonne suggestion là, qu'il y a peut-être une façon un
peu différente de la présenter, mais qui arriverait à son objectif. Alors, je
ne sais pas quelle est la meilleure façon, est-ce que c'est de prendre une
pause puis...
Le Président (M. Provençal)
: Moi, je vous suggère d'expliquer la
proposition. Si la proposition convient au
député de Rosemont, on lui demandera s'il est en accord pour retirer son
sous-amendement et on reviendra avec un nouveau libellé pour un nouveau
sous-amendement. Mais, dans un premier temps, je vous invite à l'expliquer.
Dubé : Très bien. Le problème, avec les facteurs, quand
on dit : «Les facteurs déterminants pour la santé», M. le député, c'est
qu'il y a des facteurs qui sont difficilement contrôlables, de la part du
ministère de la Santé, à savoir l'environnement et
les crises climatiques, on peut penser... les conditions économiques, et etc.
Alors, c'est plutôt «les déterminants de la
santé», qui cause problème, que «des déterminants». Et, dans la version
actuelle de la LSSSS, l'expression a été
utilisée, quand même, «les déterminants», mais la phrase qui suit, c'est :
«En agissant sur ce qu'ils peuvent faire». Vous me suivez? Alors donc,
il y a eu un aspect limitatif de «les déterminants».
Nous, de la façon
dont le 1.1 est construit, ce qu'on aimerait vous suggérer, puis je pense que
ça rejoint votre objectif, de dire à Santé Québec ou au ministère, je vais vous
lire la phrase, vous allez voir qu'on est très proches de ce que vous demandez,
on va dire, par exemple : «Les services de santé visent à favoriser
l'amélioration, le maintien, le recouvrement
de la santé physique, mentale, etc., ainsi que la prévention de leur
détérioration, entre autres en agissant sur des déterminants de la santé et du bien-être.» Vous me suivez?
Alors, on dit qu'on est prêts à leur demander mais, entre autres, sur des déterminants. Ce qui veut
dire que ça ne met pas la... ça ne met pas Santé Québec dans une situation
où il y a des déterminants qui ne sont aucunement sur leur contrôle.
Le Président (M.
Provençal)
: M. le
député de Rosemont.
M. Marissal :
Oui, ça... je pense qu'on va
pouvoir se rejoindre. Là, vous nous dites qu'il y a des déterminants qui sont incontrôlables ou incontrôlés, là, je
comprends, vous nous donnez quelques exemples, là, de ce qui est dans cette
catégorie-là. Mais qu'est-ce que vous entrez dans l'autre catégorie,
c'est-à-dire ce que vous contrôlez ou ce qui est contrôlable?
M. Dubé : Là,
ça, c'est très large. Est-ce que... Tu sais, je vous donne... je vais vous
donner un exemple. Vous me l'avez déjà...
vous l'aviez déjà demandé : Est-ce que la... est-ce qu'une pandémie, c'est
une... c'est un déterminant? Moi, je
pense que la réponse, c'est oui, parce que, là, on peut avoir des actions
précises sur la vaccination, des choses comme ça. Mais, quand on arrive avec
l'environnement économique d'une famille, tout ce qui a pu arriver qui sont
dans des... je dirais, qui ne sont
pas sous le contrôle de la personne, entre autres, je pense que c'est ça qu'il
faut être capable de faire la différence.
Alors, je pense qu'il
y a assez de facteurs déterminants qu'on peut aider. Puis on peut penser à la
malbouffe, on peut penser à toutes sortes de
choses, mais je pense qu'il faut faire attention de ne pas mettre une
responsabilité, sur l'équipe de
santé, sur des choses sur lesquelles ils n'ont aucun contrôle et que le... et
que l'usager ou le patient ait contrôle aussi.
M. Marissal :
Les spécialistes de santé publique vont souvent parler des déterminants
comme, notamment, étant, oui, la condition
socioéconomique, oui, mais le fait de vivre dans un logement insalubre aussi,
c'est un déterminant détériorant de la santé, je dirais, et d'autres.
Ça, ce serait donc couvert?
M. Dubé : Bien
là, si vous... Je veux juste bien...
M. Marissal :
Si on parle de santé publique en
termes, justement, de socioéconomique, c'est un des déterminants qui
seraient dans «des déterminants»?
M. Dubé : Je
veux juste bien comprendre votre question, parce que...
M. Marissal :
On change «les facteurs déterminants» pour «des facteurs déterminants».
M. Dubé : C'est
ça. Prenons, par exemple, conditions... je veux dire, secteur économique puis
être dans un loyer insalubre, je n'aime pas penser à ça, mais il y en a qui ont
ces conditions-là. Ce que je dirais, peut-être... je le dis mal, là, mais ce n'est pas Santé Québec qui va aller changer
l'environnement économique de ces personnes-là. Parce que, là, on dit... ce qu'on dit : «En
agissant sur des facteurs déterminants». Vous me suivez? Ce n'est pas Santé
Québec qui va pouvoir avoir les moyens de dire : Tous ceux qui
vivent dans un loyer insalubre... C'est malheureux, mais ce n'est pas à Santé
Québec de travailler...
M. Marissal :
...lecture vous faites de «les facteurs déterminants» qu'il y avait dans la
LSSSS?
M. Dubé : Bien, c'est parce qu'on peut relire, juste pour
voir, parce que... Pouvez-vous me le mettre sur l'écran? O.K. Je vais vous le dire, si ça ne vous dérange
pas. Ça, c'est le deuxième paragraphe, où on... Je vais vous relire le début,
qui dit : «Le régime de [...] santé
[...] a pour but le maintien et l'amélioration [des capacités physiques] — ça,
ça ressemble à ce qu'on dit — des
personnes [...] et d'accomplir les rôles qu'elles entendent assumer d'une
manière acceptable pour elles-mêmes ou pour les groupes dont elles font
partie.
«Il vise plus
particulièrement...» et là je vous lis le 2° : «agir sur les facteurs
déterminants pour la santé [...] et rendre
les personnes, les familles, les communautés [...] à cet égard par des actions
de prévention...» En disant : «par des actions», bien, il y en a
qu'ils ne peuvent pas faire. Vous me suivez?
M. Dubé : Je
vous laisse réfléchir, parce qu'ils sont même en train d'en faire un autre.
C'est des gens très créatifs, comme vous pouvez voir.
Le Président (M.
Provençal)
: On va le
projeter pour que le député de Rosemont puisse voir la nuance qu'il y a entre
les deux.
Le Président (M.
Provençal)
: Quelle est votre analyse, M.
le député de Rosemont?
M. Marissal :
Comme je vous dis, je pense qu'on peut finir par se rejoindre. Je vais me
permettre de faire un lien avec une question que j'ai posé hier, qui a été
répondu en
partie par la députée de Marie-Victorin, là. Je prends un exemple, là. En santé publique et en prévention,
vous le savez, c'est souvent les TS, hein, qui vont intervenir, après, quand la
personne a été flaguée. Dans un cas, par exemple, de toxicomanie ou
d'itinérance, je crois comprendre que le «entre autres», en agissant
«sur les déterminants [de] la santé», on couvrirait ça.
Le Président (M.
Provençal)
: Mme la
députée...
Dorismond : C'est surtout le fait que ce n'est pas à Santé Québec de
venir faire mon travail, dans le sens où, tu
sais, la communauté, ça, on décentralise, là, la vision de... les facteurs
populationnels, d'aller agir sur le terrain, bien, c'est à moi, qui
viens du CLSC, d'agir sur les déterminants, certains déterminants de la santé
qui caractérisent un enjeu territorial. Dans mon comté, c'est ça, mais ça ne
sera pas la même chose pour vous, dans Rosemont. C'est ça qu'il est important à travailler. Il faut travailler dans chaque
enjeu, sur chaque territoire, puis des fois ça peut être moi, ça peut
être la ville, ça peut être un organisme communautaire, mais ce n'est
certainement pas Santé Québec.
Le Président (M.
Provençal)
: Allez-y,
M. le ministre.
M. Dubé : ...rajouter,
c'est : le lien est avec la prévention. Et je pense que c'est pour ça
qu'on dit... — je
m'excuse — de
dire : «Des personnes [dans] la prévention de leur détérioration», en
agissant... C'est vraiment lié avec la prévention de... ce qu'on peut faire en
termes de prévention. Je pense que c'est ça, le message.
M. Marissal :
O.K. Bien, je peux vivre avec, là. J'aurais préféré le l au d, «les» plutôt
que «des», mais je peux vivre avec
l'amendement, le sous-amendement ou, en fait, la proposition qui est faite là.
Donc, je crois que, dans le processus, je devrais, donc, retirer mon sous-amendement.
Le Président (M. Provençal)
: ...alors, est-ce que, M.
le député de Rosemont, vous retirez votre sous-amendement?
M. Marissal :
Je le retire.
Le Président (M. Provençal)
: Consentement pour retirer
le sous-amendement? Merci beaucoup. Maintenant, on revient au
sous-amendement qui est proposé par M. le ministre, avec...
M. Dubé : Moi,
je n'ai aucun problème à ce que ça soit le député qui...
Le Président (M.
Provençal)
: Oui, on
pourra mentionner votre nom, au niveau du sous-amendement, sans problème, qui
va nous donner dans... comme modification au niveau du nouvel
article 1.1,
premier paragraphe, ou premier alinéa, monsieur... Paragraphe?
Le Président (M. Provençal)
: Bon, premier alinéa. Merci. C'est
vraiment l'inverse de ce qu'on...
Le Président (M.
Provençal)
: C'est
ça. Ce qui va nous donner le libellé final dans le premier alinéa. Oui, Mme la
députée, allez-y.
Mme Setlakwe :
...là, je pense que c'est probablement une bonne chose. Mais vous
réconciliez ce libellé-là, à 1.1, avec
votre... je pense que c'est un amendement à venir ou... Oui, 24,
alinéa 7°. Juste pour être sûre, là, parce que, là, il va y
avoir...
M. Dubé : C'est quoi, votre
question?
Setlakwe : Pardon? Bien, le libellé sur les... «des déterminants», à
1.1, dont on vient de discuter, et le libellé
à l'article 24, alinéa 7°, sur... «afin d'agir sur les déterminants
de la santé». Je comprends que c'est dans un autre contexte, mais
vous... les deux textes, vous êtes à l'aise que ça se réconcilie parfaitement
bien?
Le Président (M.
Provençal)
: Maître...
Mme Setlakwe :
...Santé Québec à le faire, on
veut aller... Puis je comprends la mécanique de 24 : Santé Québec assure de mettre en place des «mécanismes
permettant la consultation et la mobilisation des intervenants des différents
secteurs d'activité de la vie collective dont l'action peut avoir un impact sur
la santé et le bien-être», etc., «et ce, afin d'agir
sur les déterminants...» Il me semblait que c'était comme déjà bien inséré dans
le projet de loi n° 15. L'idée de le ramener au départ, je veux juste qu'on soit sûrs que... Vous êtes à
l'aise que les deux textes ont leur place? Tu sais, des fois, quand on
dit de deux façons différentes, un peu, la même chose...
M. Dubé : En
fait, la question, c'est : Est-ce qu'il a besoin d'être aux deux endroits?
Le Président (M.
Provençal)
: Maître?
M. Paquin (Mathieu) :
Oui, M. le Président. Effectivement, on peut... Bien, en fait, on se pose
nous-mêmes la question, en ce moment, et le
paragraphe 7° qui est... qui serait introduit par amendement à
l'article 24 a plusieurs mots pour
venir parler d'un mécanisme de consultation. Donc, on a déjà des éléments qui
qualifient un peu les déterminants pour ne pas que ce soit n'importe
quel déterminant, parce qu'il y en a pour lesquels on n'a pas... sur lesquels
on n'a pas d'influence. Et aussi, c'est qu'ici on fait de la consultation avec
des intervenants de la vie collective dont l'action peut avoir un impact, donc
je vise plus large que le seul système de santé. Donc, potentiellement, les
déterminants dont il est question ici peuvent être plus vastes que ceux dont il
est question à l'article à l'étude en ce moment, ce qui pourrait nous
satisfaire de laisser un «les» ici.
Par ailleurs,
humblement, je pense qu'on pourrait mettre un «des», les deux textes seraient
cohérents. Ça ne viserait pas les mêmes
déterminants, mais probablement que ça ne viserait pas tous les déterminants,
parce qu'il y en a que, même si on
prend toute la vie collective, avec la science qu'on a actuellement, on n'a pas
forcément beaucoup de contrôle dessus, dont toute la question de la
génétique.
Le Président (M.
Provençal)
: Mme la
députée.
Setlakwe : Ça me va. Si vous... Votre explication,
moi, me convient. Je voulais juste être sûre que... puisse réconcilier les
deux...
M. Dubé : ...vous,
vous avez une formation comme avocate, hein? vous êtes confortable, quand
vous...
Setlakwe : Oui, je suis toujours membre de... membre du Barreau.
M. Dubé : Ça
paraît, ça paraît, vous êtes confortable avec ces discussions-là. C'est
apprécié.
Le Président (M.
Provençal)
: Ça
devient intéressant de voir un autre regard.
M. Dubé : ...un
autre regard. C'est apprécié. O.K.
Le Président (M.
Provençal)
: Maintenant,
si on revient au sous-amendement déposé par... le nouveau sous-amendement
déposé par le député de Rosemont, est-ce que vous avez des interventions? Ça
vous va? Alors...
M. Dubé : ...les
mettre cohérents.
M. Dubé : Non,
non, c'est ça. Non, mais, je veux dire, quand on passera sur 24, on...
Le Président (M.
Provençal)
: Mme la
députée.
Setlakwe : ...mais 24, ça fonctionne comme ça. Ici, c'est vraiment un
texte qu'on ajoute pour plus de certitude,
en disant... en commençant : «Entre autres en agissant». On aurait pu ne
pas le mettre, et le concept n'était pas exclu, par ailleurs, selon moi.
Mais, moi, je suis à l'aise de le garder.
Président (M. Provençal)
: Ça va? Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
S'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à la mise aux voix du sous-amendement déposé par le député de
Rosemont. Est-ce que le sous-amendement est adopté?
Président (M. Provençal)
: Adopté. Alors, le sous-amendement étant adopté,
nous revenons à l'article 1.1, tel qu'il est amendé. Est-ce qu'il y
a des interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder
à la mise aux voix du nouvel
article qui introduit 1.1, tel... qu'amendé,
excusez-moi. Est-ce que... Je vais procéder à la mise aux voix. Est-ce que le
nouvel
article 1.1 est adopté?
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Merci beaucoup. Alors, le
nouvel
article qui introduit l'article 1.1 au projet de loi n° 15
est adopté, ce qui nous amène, M. le ministre, à l'article 2.
M. Dubé : Merci beaucoup, M. le
Président. Alors, l'article 2 se lit comme suit : «Les services de
santé et les services sociaux sont fournis par les établissements.
«Les établissements peuvent être soit publics,
soit privés.
«La personne qui reçoit ces services d'un
établissement est un usager.»
Le commentaire : Cet
article prévoit que
les services de santé et les services sociaux sont offerts par les
établissements, lesquels peuvent être soit publics, soit privés. De plus, il
énonce qu'une personne qui reçoit de tels services est appelée un usager.
Peut-être que je peux nous rappeler ou
rafraîchir la mémoire du document qui a été préparé et qui compare l'article du
projet de loi n° 15, versus la LSSSS. Je vous
ramènerais à vos tableaux comparatifs, que vous avez sûrement pas loin de vous, que l'article 2, que je viens de lire,
vient rechercher les articles 79 et 97 de la LSSSS. Vous voyez ça
dans votre tableau comparatif.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Pontiac.
Fortin : Oui, merci. Merci, M. le Président. Bon, quelques
questions sur l'article 2. De un, pourquoi enlever là où sont
offerts les services de santé et de services sociaux?
Dubé : Je vous dirais que c'est parce que c'est un
déplacement, c'est dans la logique qu'on a discutée ce matin, le
«pourquoi», le «qui». Et le déplacement va se faire à quel article, dans les...
M. Dubé : Merci. Vous avez compris?
M. Dubé :
L'article 40. Alors,
c'est uniquement... En fait, on ne change pas le fond, mais les endroits, là,
de 1° à 5°...
M. Fortin : 40.
À 40, on parle des CLSC, des services hospitaliers, des services d'hébergement
de longue durée, des services de protection
de la jeunesse et des services de réadaptation. Donc, vous nommez les mêmes
cinq et vous dites... et vous ajoutez, au 40, une activité nécessaire à
l'une de ces prestations exercée à l'extérieur du lieu est considérée être
exercée en ce lieu. Ça, ça pourrait être protection... Mettons, protection de
la jeunesse, là, ça n'a pas besoin d'être
dans le centre de protection de la jeunesse lui-même, là, ça, ça peut être un
peu... ça peut être au domicile, ça peut être ailleurs...
Fortin : Soins à domicile, pour «centres d'hébergement
soins de longue durée», peut-être, ou pour «services hospitaliers», dépendamment,
là, oui. O.K. Parce que ce que vous disiez, essentiellement, là... Là,
c'était : «Les services de santé
sont fournis dans les établissements.» Là vous dites : «Les services de
santé sont fournis par les établissements», vous enlevez la notion, à
l'article 2, de l'endroit, si je comprends bien. Est-ce que ça... Pardon?
M. Dubé : Mais on disait «où» parce
qu'on disait : «Dans les centres suivants».
M. Fortin : Oui, oui, c'est ça. Là, vous ne le dites plus.
Dubé : Et c'est ça qu'on enlève parce qu'on met le «où» plus tard.
M. Fortin : O.K.
Vous dites «par les établissements» puis là vous me dites : «Les
établissements peuvent être soit publics, soit privés.» Pourquoi
introduire cette notion-là?
M. Dubé : Parce
que ça, c'est 97 de la LSSSS.
Fortin : O.K. C'est la même chose qui
était au 97.
M. Fortin : O.K.,
parfait. Puis là vous introduisez la notion de l'usager, que le député de
Rosemont a déjà débattue un peu plus tôt, là?
M. Dubé : Exactement,
oui.
Fortin : O.K. Puis là je ne le sais pas si
c'est le bon moment pour introduire ça, c'est peut-être plus tard — si
ça l'est, vous me direz — mais
la Vérificatrice générale du Québec a fait des commentaires sur
l'article 2 en disant qu'elle ne sentait pas... En fait, je vais la
citer, là : «J'ai de très grandes préoccupations quant à mon possible accès aux installations des établissements privés,
à leurs états financiers ou à tout document que je jugerais nécessaire de vérifier.» Elle trouve, essentiellement, là,
qu'il y a une limitation du contrôle puis de la surveillance parlementaire, mais
de son contrôle et de sa surveillance, à l'article 2. Est-ce que votre
lecture diffère de la sienne? Parce que nous, on
va toujours défendre les droits de la Vérificatrice générale, là, de se pencher
sur ces choses-là, que ce soit un établissement
public, un établissement privé, surtout à partir du moment où le gouvernement
fait affaire avec l'établissement privé pour offrir des soins de santé couverts
par la RAMQ à la population. Alors, qu'est-ce qui nous garantit, là, dans
votre projet de loi, que la Vérificatrice
générale du Québec a, comme elle devrait l'avoir, les droits d'enquêter sur ces
établissements privés là?
M. Dubé : ...est
excellent. Puis je ne sais pas si vous vous souvenez, moi, j'avais dit que
j'étais d'accord avec sa demande, quand elle
a fait la présentation. Et je vous dirais qu'où on va traiter ça... Puis
l'amendement, bien, on n'est pas encore rendus là, puis je ne me
souviens pas c'est quoi, les numéros, mais il va falloir faire un amendement à
la loi du VG.
Fortin : O.K. Mais vous allez l'introduire
dans le projet de loi, ici?
M. Dubé : Dans le projet, ici, oui, ici, comme un article,
là, qui vient avoir un impact, là, quand on fait la suite, là, de notre
section... Je ne me souviens pas c'est quoi, là,
section XI?
M. Dubé : La
partie XI — j'ai
dit «la section» — la
partie XI.
Fortin : La
partie XI. O.K. Puis c'est
laquelle, la
partie XI, pouvez-vous me rappeler?
M. Dubé :
Eh mon Dieu! Je m'en viens pas pire. C'est les dispositions modificatives.
Alors, qu'est-ce qu'on change, dans une autre loi, puis là il y a une liste
de... il y a une liste de lois puis il va y avoir la...
M. Dubé : C'est
ça, la
section 720 quelques à 1 000. Mais là il va falloir vous
fournir un
article qui vient modifier la Loi du vérificateur pour, comment je
dirais, clarifier cet imbroglio-là qu'elle a le droit d'y aller, mais qui peut
être contesté, en ce moment, par différents organismes privés. Puis là il va
falloir le clarifier dans sa loi.
M. Fortin : O.K.
Alors, pouvez-vous juste nous... Puis je comprends, là, là, il n'est pas
déposé, cet amendement-là, ça va faire
partie de la liasse qu'on aura au
mois d'août, probablement, c'est ça?
Fortin : O.K. Mais sur le fond, là, je
veux juste qu'on s'entende sur le... peut-être pas sur les mots que vous allez
utiliser, mais sur ce que vous voulez faire avec cette réponse à la demande de
la Vérificatrice générale. C'est de lui
donner des pouvoirs d'enquête sur les établissements tant publics que privés, à
sa discrétion, sur sa décision, elle n'a pas besoin de personne qui lui
donne un... une directive ou quoi que ce soit, là, elle a les pleins pouvoirs
pour aller exercer les mêmes pouvoirs qu'elle aurait dans les établissements publics,
dans les établissements privés?
Dubé : Oui. Alors, ce qu'on est en train de faire, là, ce que mon
collègue me confirme, c'est qu'on est déjà en discussion avec elle, mais on
n'ira pas lui imposer un
article de loi qui ne fait pas son affaire, là. Ça
fait que je vous dis devant tout le monde qu'on est d'accord avec sa demande de
s'assurer qu'elle peut avoir accès. Mais là, et avec le ministère de la Justice
et avec le bureau du VG, il faut trouver l'amendement qui est approprié, qu'on
clarifiera dans les modifications à cette section-là.
Fortin : O.K. Est-ce que... Puis c'est
correct, là, si vous me dites : Je vais en discuter avec la VG ou je vais
en discuter avec le ministère de la Justice, parce qu'on va l'étudier plus
tard, dans le projet de loi, au moment où vous allez le déposer, mais là on
prend bonne note de votre engagement à faire ça.
M. Dubé : Tout
à fait. Tout à fait.
Fortin : Est-ce que l'objectif... Est-ce
que votre interprétation de sa demande, là, c'est qu'elle ait accès aux
établissements privés qui sont... où il y a des services remboursés par la RAMQ
ou est-ce qu'elle devrait avoir accès aux établissements privés, point?
M. Dubé : Je
ne suis pas sûr que je comprends la différence, là. Allez-y.
Fortin : Bien, il y a des soins de santé
qui sont offerts par des cliniques privées qui offrent des soins qui ne sont
pas remboursés par la RAMQ, les cliniques de chirurgie esthétique, par exemple,
ou d'autres. Alors, est-ce que, selon vous,
la VG devrait avoir... Puis peut-être qu'aujourd'hui, là, ils n'ont pas de
soins remboursés par la RAMQ, mais peut-être qu'un jour vous allez faire
une entente avec ces cliniques privées là et dire : Bon, bien, je vais
utiliser ces cliniques-là. Alors, est-ce que
votre objectif, c'est que l'ensemble des endroits où il y a des soins de santé
privés soient couverts?
M. Dubé : Est-ce
que vous vous rappelez qu'il y avait des... Parce que je vais vous dire
pourquoi j'hésite un peu à vous donner une réponse.
Fortin : Oui, non, c'est correct,
j'apprécie votre hésitation, ça nous permet d'avoir une conversation sur la
chose, mais je veux juste comprendre où vous allez, c'est juste ça.
M. Dubé : Bien,
c'est parce qu'il y a... elle a des règles, elle étant la VG, là, je m'excuse,
a des règles où c'est évident, lorsque, je
pense, c'est plus de 50 % des revenus de l'organisme, elle a le droit
puis... et c'est là qu'il y a des gens qui disent que ce n'est pas
applicable, dans sa loi, qu'elle puisse avoir accès aux livres. C'est pour ça
que... quels sont les règlements ou quelles sont, je veux dire, les
applications qui pourraient être faites, c'est pour ça que j'aimerais mieux qu'on en discute à ce moment-là.
Mais le principe, pour moi, je vous l'ai dit, même... j'ai des enjeux
semblables avec, même, des organismes à but non lucratif, je pense, entre
autres, dans le préhospitalier, puis etc. Ça fait que je pense qu'il va
falloir avoir quelque chose qui est beaucoup plus costaud qui... qu'on s'assure
avec elle que ça lui donne le droit d'aller à ces différents organismes là.
M. Fortin : Oui,
ça, c'est une... Là, vous ouvrez la question du préhospitalier, puis ce n'est
pas notre point qu'on tient à faire sur cette...
M. Dubé : Non,
mais c'est l'accès au VG.
Fortin : Oui, l'accès, l'accès, là, du VG.
Effectivement, là, nous, on est d'avis que la VG devrait avoir un maximum d'accès en tout temps, mais, en tout cas,
je ne veux pas me lancer dans... parce qu'on a 1 179 articles devant
nous maintenant, là, je ne veux pas me lancer dans le débat sur l'accès aux
données du préhospitalier, mais vous en avez quand même, dans certains
secteurs, peut-être pas partout, dans certaines coopératives, dans certaines
entreprises, dans certains OBNL, vous en
avez quand même beaucoup, d'accès. Est-ce que vous avez tout ce que vous avez
besoin? Peut-être pas, mais je ne pense pas que c'est un débat qui vaut
la peine d'être lancé tout de suite, à l'article 2.
M. Dubé : Non, mais c'est pour ça que je vous dirais :
Il y a des règles déjà existantes, quand j'ai parlé du 50 %, c'est pour ça, je vais être un peu plus évasif sur
ce que ça va avoir l'air, mais donnez-nous le temps, à nos équipes, de voir avec eux, avec le ministère de la Justice,
mais le principe de lui donner accès aux entreprises privées, c'est le principe
qu'on veut respecter, parce qu'elle l'a demandé.
Fortin : O.K. Ça me va pour l'instant, M.
le Président.
Le Président (M.
Provençal)
: Oui, Mme
la députée.
Mme Setlakwe :
...une question
sur le deuxième alinéa, les établissements, pourquoi vous ne le définissez pas?
En fait, non, au premier alinéa, dès
qu'on a... dès que le terme «établissements» apparaît, ce n'est pas un terme
défini?
Mme Setlakwe :
38, j'ai «établissement territorial».
Le Président (M. Provençal)
: Alors, Me Paquin.
M. Paquin (Mathieu) : Oui, M. le
Président. Le projet de loi n° 15, tout comme la LSSSS actuellement, ne fait pas de définition formelle de ce qu'est un
établissement. On va le comprendre un peu avec le contexte. Quand on va
arriver, plus tard, dans les dispositions relatives à l'institution des
établissements de Santé Québec, on va comprendre qu'il y a des
établissements qui sont des unités administratives.
Quand on va
regarder davantage du côté du privé, comme c'est le cas actuellement, là, on va
voir qu'essentiellement les établissements, ça va être principalement
des personnes morales qui vont être titulaires d'une autorisation. Donc,
l'établissement peut être plusieurs choses, la loi parle d'établissement, et le
contexte va comprendre qui on assujettit en tant qu'établissement.
Mme Setlakwe : Donc là, pour
l'instant, c'est comme un terme générique puis, plus tard, quand on prévoit les
obligations ou les actions qu'on... là, on est plus précis...
M. Paquin (Mathieu) : Oui.
Setlakwe : ...à savoir si on parle d'une personne morale,
d'une unité administrative, mais, dans le fond, entre vous et moi, c'est
un hôpital, là.
M. Paquin (Mathieu) : Non.
Mme Setlakwe : Non? Bien, pas
forcément qu'un hôpital, mais c'est un centre hospitalier.
M. Paquin (Mathieu) : Non plus.
Mme Setlakwe : Non plus?
M. Paquin (Mathieu) : En fait, si...
M. Dubé : Allez-y, parce que...
Mme Setlakwe : Ah! mais là, si
centre hospitalier n'est pas inclus dans «établissements»... O.K.
M. Paquin
(Mathieu) : En fait, c'est que c'est plus vaste, et c'est
quelque chose qui existe déjà actuellement, depuis la loi modifiant l'organisation du réseau de la santé et des
services sociaux notamment par l'abolition des agences. Lorsqu'on parle
d'établissements publics, ce sont des établissements multivocationnels. Donc,
dans certaines régions sociosanitaires, il n'y a qu'un seul établissement, une
seule personne morale, et elle fait l'ensemble de ce que nous, on va... on appelle ça les missions, là, ce qui
est énuméré à 79 dans la LSSSS actuellement, parce qu'on dit : Dans un
centre, comme si c'était un lieu physique, mais ça fait déjà depuis
longtemps qu'on considère qu'en fait ce sont des missions qui peuvent être dans
un ou plusieurs lieux physiques qu'on appelle des installations.
Et actuellement, quand on parle, par exemple,
d'un CISSS, c'est un seul établissement qui va exploiter les cinq missions ou... enfin, tous n'exercent pas les
cinq missions, mais, potentiellement, ils pourraient faire les cinq missions,
donc, avoir un CLSC, un centre hospitalier,
un CPEJ, un centre d'hébergement et de soins de longue durée et un centre
de réadaptation, et cet établissement-là va exercer ces cinq missions-là dans
différentes installations.
Setlakwe : Merci. Ça répond très bien. Donc, je pense que
moi, je suis à l'aise à ce que 2... Dans le fond, c'est un
article
introductif très simple, très général mais qui, vous avez bien expliqué, vise à
définir qui va faire quoi.
Setlakwe : Qui. On est sur
le qui. Donc, moi, ça va, merci. Ah! mais usager, est-ce que vous considérez...
je m'excuse, dans le troisième, c'est un genre de définition, par
contre, dans le troisième alinéa?
M. Paquin (Mathieu) : Oui, je pense
qu'on peut considérer, M. le Président, qu'il s'agit bel et bien d'une
définition de l'usager, ce qu'on a au troisième alinéa.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Rosemont...
M. Dubé : C'est contre-intuitif
d'appeler ça un établissement, je veux juste le mentionner, parce qu'on pense
souvent à installation plus qu'à établissement, mais voilà, comme on dit, «for
the record».
Président (M. Provençal)
: M. le député de Rosemont, quand vous mettez vos
lunettes, c'est sûr que vous avez une question.
M. Marissal : Ah! je suis démasqué.
C'est probablement parce qu'on passe trop de temps ensemble, là, si vous êtes
capable de me lire comme ça sans même que je parle, ça m'inquiète un peu. Bien
non, ce n'est pas vrai, on a du fun ensemble.
Bien, oui, c'est vrai que c'est contre-intuitif,
parce que moi, ça m'avait pris un temps à comprendre ça, là, dans le CIUSSS de l'Est-de-Montréal, il y a un
établissement, 34 installations, certaines qui ne sont pas nécessairement
physiques, d'ailleurs, parfois, même. C'est
du jargon un peu complexe à comprendre, mais ce ne sera pas la première fois.
Là, j'ai compris que, pour l'aspect Vérificatrice générale, on y reviendra plus
tard.
Dubé : Mais que l'intention est là, il faut trouver la
bonne façon de le faire dans sa loi, c'est ce qu'on dit qui est la
meilleure approche.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va se situer dans quelle zone?
Le Président (M. Provençal)
: 700 et plus.
M. Dubé : Ce qu'on appelle les
modifications...
Le Président (M. Provençal)
: Après 723. Parfait. Je vais me mettre
une note pour être sûr.
M. Dubé : Peut-être mardi ou
mercredi prochain, là.
M. Marissal : Vers la fin de 2025.
Non, c'est qu'on en a parlé, de la vérificatrice.
M. Marissal : On en a discuté, de
ça, là, on est même... on en a même discuté au salon bleu, de cet aspect-là. Moi, ça m'intéresse particulièrement, mais, dans
l'immédiat, on est toujours sur 2 en général, c'est ça? Donc, on peut aller sur
2 en général.
Bien, sans grande surprise, M. le ministre, on
va avoir une discussion ici sur le deuxième alinéa, hein : «Les établissements peuvent être soit publics, soit
privés.» Moi, ce que j'en comprends, puis ce que beaucoup de groupes qui sont
venus comprennent, là, c'est qu'essentiellement ça les met sur le même pied et
indistinctement l'un ou l'autre, l'un et
l'autre interchangeable. Il n'y a plus de distinction. Sachant que ça, c'est
l'outil, finalement, c'est le bras armé de... Santé Québec, je devrais dire, de
Santé Québec, sachant, par exemple, que vous nous avez dit, avec votre
sous-ministre, Mme Savoie, aux crédits, que les établissements
pourront passer des contrats, peut-être même se regrouper ensemble pour passer des contrats, peut-être profiter d'un
levier d'achat de groupe, puis là je ne parle pas d'acheter des gants, là,
et des masques, là, je parle d'acheter, par exemple, du bloc opératoire pour
faire de la hanche, de la cataracte et que sais-je
encore, moi, j'y vois clairement un nivellement et une mise sur le même pied
des établissements publics et privés.
Et, pour la petite histoire, jusqu'à 1991, la
LSSSS faisait la distinction, faisait la distinction très clairement : un
établissement, pour la LSSSS, c'était un établissement public, vous savez ça.
Ensuite, il y a eu des amendements, et
toutes sortes d'amendements. Essentiellement, là, ce qu'on retrouve, là, dans
la LSSSS, quand on parle, puis on me corrigera si je me trompe, là,
quand on parle, à l'article 79 que vous nous avez... auquel vous nous avez
référés tout à l'heure : «Les services de santé et les services sociaux
sont fournis par les établissements dans les centres suivants :
«1° un centre local de services communautaires;
«2° un centre hospitalier;
«3° un centre de protection de l'enfance et de
la jeunesse;
«4° un centre d'hébergement et de soins de
longue durée;
«5° un centre de réadaptation.»
Ce que nous comprenons de cela, c'est que c'est
le numéro 4°, là, «un centre d'hébergement et de soins de longue durée», qui sont essentiellement l'ajout
privé dans la LSSSS, parce qu'évidemment il s'est développé une offre. Mais,
au-delà de nos divergences idéologiques sur la chose, là, je veux bien faire la
nuance, là, parce que vous savez où je loge,
je sais où vous logez, ça, ça a le mérite d'être clair, vous avez dit,
notamment : Il n'y a rien qui change entre la LSSSS puis le p.l.
n° 15. Il va falloir que vous m'expliquiez ça parce que, moi, j'y vois un
changement, je le vois, le changement. Certains groupes qui sont venus nous
voir, là, comme le MQRP, voient effectivement la même chose, c'est-à-dire le glissement... bien, le glissement,
«glissement» est un terme éditorial ici, l'ouverture et la mise sur le même
niveau, ce qui fait que les deux offres
deviennent indistinctement la même chose pour l'opérateur qui est Santé Québec.
M. Dubé : Est-ce
que vous voulez que je réponde?
M. Marissal : Bien sûr, je suis
suspendu à vos lèvres.
M. Dubé : Ce que je vous dirais,
puis je ne veux pas jouer sur les mots, mais, indépendamment de ce qu'on a
entendu en commission, je pense qu'il faut quand même voir qu'il n'y a aucun
changement, puis vous l'avez dit vous-même, entre la LSSSS de 1991 et celle
qu'on change, qu'on met aujourd'hui. Parce que ce n'est pas pour rien, quand vous regardez l'article 79 et 97, c'est
exactement ce qu'on met dans le p.l. n° 15. Si on retourne à notre
tableau, là, puis je m'excuse d'être... je ne veux pas être trop
didactique, là, mais il n'y a aucun changement.
C'est certain qu'il y a eu beaucoup plus d'accès
au privé durant la pandémie, puis ça, je pense qu'il faut... on ne le cachera pas, on a fait plus de
160 000 chirurgies, puis Dieu sait que les Québécois étaient contents
de pouvoir mettre leur carte d'assurance maladie. Mais, si vous me demandez
s'il y a ici une volonté ou un message de changer quelque chose, la
réponse, c'est non, on ne fait que reprendre la LSSSS.
Alors, c'est pour ça que je pense qu'on le voit
très bien, puis j'ai... à tort ou à raison, puis c'est pour ça, tout à l'heure,
que j'ai... puis ça va être mon dernier point, parce que je pense que je
respecte... je vous respecte assez de dire
qu'on a une différence de philosophie là-dessus, ça, on s'entend, mais
dites-moi pas que la loi change ce qui est déjà dans la loi, parce que
c'est la même chose.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député.
M. Marissal : Mais est-ce que vous
reconnaissez que ce qui était dans la loi, c'est tel que tel, là, mais que l'orientation prise par Santé Québec, notamment
par l'ouverture d'appels d'offres vers le privé, ce qu'on a commencé
avec la pandémie, là, puis ce qu'on va accélérer, l'ouverture de mini-hôpitaux
privés, ça, c'est votre terme, là, de mini-hôpitaux
privés, on n'est plus dans la même sphère, là, on n'est plus dans la même
sphère qu'un CHSLD privé, ce qui était essentiellement l'offre, là?
M. Dubé : Bien, il y a deux choses.
Prenons les hôpitaux privés, là, qu'on est en train de regarder. Puis vous savez, j'ai bien dit l'autre fois, quand on est
allés visiter ensemble le Jeffery-Hale à Québec, pour... qui est un peu notre
modèle d'une urgence qu'on voudrait faire dans l'est de Montréal, on a
dit : Regardons le modèle, mais on n'a pas encore dit qu'est-ce qui serait privé puis qui serait
public. L'hôpital privé, à ce que je sache, on en a déjà un qui se qualifie
comme un... le Shriners, c'est un exemple d'un hôpital privé, donc c'est
déjà là.
La deuxième notion, d'être en appel d'offres sur
les cliniques privées, je pense qu'il n'y a personne qui conteste le fait que,
oui, on a commencé en temps de pandémie, qu'on a fait plus de
160 000 chirurgies en quelques années
et qu'on est encore en retard de 60 000 chirurgies. Moi, je pense
qu'on est encore dans un impact pandémique dans le retard de nos chirurgies. Moi, j'ai toujours dit que le privé
était complémentaire au public, mais ce qu'on essaie de faire en ce moment, ici, c'est de réparer le
public. Alors... Puis peut-être qu'on peut continuer cette discussion philosophique là, si vous voulez l'avoir, moi, je
respecte votre opinion, mais ici, ce qu'on dit, c'est : Est-ce qu'on prend
un copier-coller de la LSSSS? La réponse, c'est oui.
M. Marissal : Et c'est un choix de
votre part de l'avoir mis dès l'article 2, ce n'est pas fortuit, ça.
Marissal : L'exercice qu'on a fait, là, ce matin, là, de
transposer ce qu'il y a dans la LSSSS, qui se retrouve ou pas disséminé
dans les 1 200 articles, il y a une logique là-dedans, il y a un
choix aussi, là, c'est...
Dubé : Bien, c'est très vrai, puis c'est d'ailleurs pour
ça que j'ai dit :
L'article 1, c'est l'objet, puis l'article 2,
c'est quoi, qu'est-ce qu'on... Alors, je ne peux pas... Il y en a, des... vous
l'avez dit, on a, en ce moment, je ne sais pas,
moi, encore une quarantaine de CHSLD qui sont privés, qu'on est en train de
conventionner, mais c'est notre réalité d'aujourd'hui. Puis je vous le
rappelle, là, puis je ne veux pas prendre trop de temps, mais les pharmacies
sont privées. C'est un bel exemple, là, de
plus de 1 200 pharmacies qui font
partie du réseau, qui sont privées.
Alors... Mais je pense que ce... mais, si on regarde l'article 2,
je le répète, là, c'est une copie collée de ce qu'on a présentement.
Le Président (M. Provençal)
: D'autres interventions, M. le député
de Rosemont?
Marissal : J'aurai... Le ministre a raison de dire qu'on
pourrait en parler, là, jusqu'à l'ajournement de vendredi prochain, mais on s'entend pour ne pas s'entendre,
comme disent nos amis anglo-saxons, là, mais j'aurais un amendement. Là,
je ne veux pas prendre le micro, là, si mes collègues ont des choses à y
aller...
Président (M. Provençal)
: Bien, voulez-vous le déposer immédiatement, votre
amendement, M. le député?
M. Marissal : Est-ce qu'on a besoin
d'un arrêt ou non?
Président (M. Provençal)
: M.
le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Bien, juste en attendant
l'amendement de mon collègue de Rosemont, avec lequel, je suppose, mes
propos auront une certaine affinité, j'aimerais juste approfondir un petit peu
la discussion qu'on vient d'entendre sur la
question du privé versus le public. Dans le contexte actuel, moi, je vous
soumets, M. le Président, que le simple fait, c'est... il n'y a rien de simple là-dedans, là, on s'entend, que
l'on décide de mettre en place une agence, qui s'appelle Santé Québec, je pense
que ça vaut la peine de réviser la LSSSS et non pas de faire du copier-coller,
parce qu'on va se distancier des opérations et que c'est la raison
précise pour laquelle on devrait dire ce que le ministre vient de dire et
avec... enfin, j'accueillais avec beaucoup d'intérêt son propos sur l'idée que
le privé était complémentaire au public. Si
l'intention du législateur, des législateurs que nous sommes, c'est de
privilégier le secteur public, je pense que c'est l'occasion de le dire, je
pense que c'est l'occasion de le dire de façon plus fort encore, plus forte
encore qu'auparavant dans la LSSSS, en 1991. Parce qu'aujourd'hui on va
avoir une unité séparée du ministère, donc avec une certaine distance du
ministre, et des législateurs, et de l'Assemblée nationale, et qu'ils ne
perdent pas de vue la vision que vous venez de prononcer, M. le ministre, à
savoir que le service privé, c'est complémentaire. On pourrait même dire que c'est un pis-aller ou c'est dans le dernier
recours, mais minimalement complémentaire. Moi, je trouve que c'est une...
le type d'amendement qui nous permettrait de dire que véritablement nous
privilégions un système public. Pourquoi? Bien, parce qu'on a
350 000 personnes qui y travaillent, puis ils ont besoin de se faire
dire ça, d'une part, pour qu'ils y restent, puis qu'on consacre toutes les
ressources qui sont nécessaires à des conditions de travail et des ressources
dont ils ont besoin, donc des conditions de travail adéquates. Et donc de
renouveler notre profession de foi, notre confiance envers le secteur public,
l'occasion, pour moi, est intéressante.
Alors, c'est ce que
je vous soumets, c'est que dans ce cas-là, l'idée, ce n'est pas de protéger ce
qu'il y avait dans la LSSSS, c'est véritablement, puisqu'on passe dans une
nouvelle façon de faire et de mener les opérations, de lancer un message clair
que c'est d'abord le public et non pas sur une base équitable. Et c'est ce
qu'on a entendu aussi, en consultations, je
pense, à plusieurs reprises. Parce qu'il faut voir l'ensemble de l'oeuvre. Si
on crée une agence, une agence dirigée par des gens dont on a dit qu'ils
viendraient vraisemblablement du privé, et qu'ils auront des comptes à rendre,
mais pas aussi souvent, et aussi rapidement, et aussi intensément que le
ministre, c'est peut-être bon de leur dire, à ce moment-ci, que le privé, ce
n'est pas ça, la voie qu'on veut prendre, d'autant plus que ça nous coûte plus
cher, on le sait, là, la marge de profit du privé va toujours coûter plus cher
qu'une marge de profit nulle pour le public.
Alors, moi, je vous
soumets, je ne sais pas si ce sera le sens de l'amendement de notre collègue de
Rosemont, mais, parce qu'on avait des amendements similaires pour lancer un
message clair, je le répète, que cette nouvelle mouture de la loi pour rendre un service de santé plus efficace, ça
passe par une plus grande efficacité du public et, selon certaines
conditions, avoir recours au privé.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va? Avez-vous d'autres commentaires à émettre,
M. le député des Îles-de-la-Madeleine?
M. Arseneau :
Non, c'est beau, j'ai complété.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va aller? Est-ce que
l'amendement de... que vous voulez proposer, M. le député de Rosemont,
est prêt?
M. Marissal :
Non, nous ne sommes pas tout à
fait prêts, je vous demanderais une courte suspension, s'il vous plaît,
M. le Président.
Le Président (M.
Provençal)
: On va
suspendre, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à
15 h 54)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, nous allons
reprendre notre... nos travaux. Alors, je vais inviter le député de Rosemont à
prendre place. Alors, M. le député de Rosemont, tout est à l'écran. Je vais
vous inviter à en faire la lecture, émettre vos commentaires, et après
ça on reprend la discussion.
M. Marissal :
C'est bon, M. le Président?
Le Président (M.
Provençal)
: ...
M. Marissal :
Nous y sommes. D'accord. Bien, il
est très court, hein, ça fait quoi, huit mots, si je compte bien. C'est
assez court, là, et ça se lit ainsi : Modifier l'article 2 par
l'ajout, à la fin du deuxième alinéa, du texte suivant :
«Santé Québec
priorise [les] établissements publics.»
Ça va de soi,
là, sur ce que j'ai déjà dit. Puis je parlais d'idéologie, tout à l'heure, elle
est tout de même malléable, la
mienne, puisque j'ouvre quand même... ou je permettrais ainsi l'ouverture quand
même à certains recours au privé, ce qui peut
paraître un peu contre nature, là, mais non pas tant. Parce que, tu sais, ce
que les gens ne savent pas, souvent, là, ce
qui n'est pas dit souvent, c'est que les GMF, c'est privé, là, puis certains
sont publics, là, mais la plupart des gens pensent que c'est une
créature directe du ministère de la Santé. Oui, en un sens, mais c'est privé
pour la plupart. Je sais que nous avons pris
aussi des retards incommensurables, et puis que des gens souffrent en attente,
puis on ne va pas détricoter ce qui a été fait là. Alors, je m'en
tiendrais à ça
Puis il y a une raison corollaire à ça. Il y a
une raison corollaire à ça, c'est que notre principal problème, là, dans le réseau de la santé, là, je pense qu'on va
s'entendre tout le monde ici pour dire que c'est le manque de personnel,
c'est le manque de personnel. On a un problème d'attraction de personnel. On a
un problème de rétention, ceci expliquant cela. Le ministre, le gouvernement,
je pense que la présidente du Conseil du trésor tient le même discours aussi : Il faut que le MSSS, là... ou
appelons ça Santé Québec, le jour où cette loi deviendra loi, doit
redevenir un employeur de choix. Ça,
là-dessus, il n'y aura pas beaucoup de débats, je pense, là, ça devrait aller
de soi. Puis, bien franchement, en ce moment, là, il n'y a pas grand monde qui
prendrait le micro pour prétendre que le réseau de la santé public, en ce
moment, est un employeur de choix. Ça, ce serait faux. Ce serait faux de dire
ça, et je le dis à regret, là.
Donc, pour envoyer le message clair qu'on a un
réseau de santé public, on souhaite le conserver, il y aura de façon accessoire
du privé, c'est vrai, mais non pas les établissements privés, publics sur le
même pied. Ça enverrait des messages, notamment pour les gens qui se demandent,
en ce moment : Est-ce que je reste? Est-ce que je pars? Est-ce que je pars au privé? Il y a des phénomènes
qu'on voit, qui sont relativement nouveaux dans le réseau de la santé, là. Les agences de placement de personnel, ce
n'est pas nouveau, mais leur essor des dernières années, c'est nouveau, c'est effarant. Des infirmières qui
s'autoconstituent en agence en ajoutant un numéro de compagnie après leur nom
et qui louent ou vendent leurs services, en particulier les IPS, sous
forme d'agences, parce qu'elles ne veulent pas aller travailler dans le public. Des gens qui démissionnent à pleines portes,
notamment dans le CIUSSS de l'Est-de-Montréal, qui est celui que je
connais le plus, là, et... mais c'est partout pareil, c'est partout pareil. Il
y a une désaffection envers le système
public, c'est malheureux. On promet, par exemple, de nouvelles installations
publiques. Vaudreuil est en train de se construire, et tant mieux pour
les gens de Vaudreuil, ils l'ont bien attendu. Peut-être que HMR va finir par
arriver, là, je regarde le calendrier puis je me dis que ça va finir par
arriver. En tout cas, c'est ce qu'on nous avait dit. Puis ça envoie un sacré
bon message, quand même, qu'on va reconstruire un hôpital majeur pour Montréal,
pour la population, pas juste pour le personnel, mais pour la population, après
tout, là.
Alors, que de laisser les deux voies ouvertes,
finalement, privée, publique, indistinctement, selon moi, ça ne favorise pas le
motto de redevenir un employeur de choix, je pense que ça envoie même le
message contradictoire. J'ai même eu vent,
récemment, là, de certains sondages internes chez de jeunes infirmières qui,
dans des proportions assez élevées,
songent soit à se réorienter, parce qu'elles ne sont pas heureuses, elles ne
voient pas tellement d'avenir dans ce qu'on leur offre là-dedans, soit
évidemment le passage au privé.
Alors, non,
contrairement à ce que le premier ministre nous répond souvent au salon bleu...
Puis je comprends la dynamique du salon bleu, on n'a pas tant de temps
d'épiloguer, il faut trouver des lignes punch, mais, non, le privé n'est pas le diable, ce n'est pas sous ce registre
que je fonctionne. Mais le diable est aux vaches au public, et ce serait bien
d'envoyer le message qu'on ne s'en pas va vers ça. Et, si tant est qu'il n'y a
rien de changé, nous dit le ministre, entre
la LSSSS puis son projet de loi n° 15, bien, soit, mais priorisons, à ce
moment-là, le recours à ce qui nous appartient, ce qu'on a construit, ce qu'on va construire avec nos
impôts, avec l'argent public, c'est-à-dire notre santé... notre réseau de santé
public.
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Dubé : Je pense qu'on va avoir
une discussion intéressante, mais, moi, j'aimerais ça peut-être clarifier quelques faits, M. le député. Je vais vous donner
mon... une réaction, disons, technique sur l'article 2, parce que
l'article 2, de la façon dont il est construit, puis, encore une
fois, là, je le redis, là, c'est une copie de la LSSSS, on parle ici des
services de santé fournis par les établissements, et, quand vous allez prendre
3, par la suite, 3 va dire que les services de santé sont compris dans les
établissements... dans les ensembles suivants. Alors, pour être un
établissement privé ou public, vous devez
remplir une des conditions à l'article 3. Les services communautaires
locaux, je pense qu'il y en a un, en
ce moment, qui est privé, dans les services communautaires, qui se qualifie
pour 2. Dans le deuxième... alinéa ou paragraphe?
M. Dubé : Paragraphe, les services
hospitaliers, on a parlé du Shriners, il y a quelques petits hôpitaux privés,
je pense qu'il y en a six. Des services d'hébergement de soins de longue durée
privés, il y en a une quarantaine, puis qu'on est en train de conventionner.
Les services de protection de jeunesse, je ne pense pas qu'il y en ait qui
sont... c'est tout public. Les services de réadaptation, ça, il y en a
plusieurs, mais je ne le sais pas. Je n'ai pas le chiffre, celui-là, on est en
train de regarder pour le chiffre.
Alors, je
veux juste comprendre où est l'inconfort, parce qu'en ce moment, quand vous me
parlez de prioriser, je dois vous
dire qu'avec... Tu sais, prenons un exemple, puis là je vais aller à l'autre
extrême, juste pour qu'on... Après ça, on dira qu'est-ce qu'on essaie de
régler, mais les contrats privés dont vous parlez, qui semblent beaucoup vous
préoccuper, ne sont pas avec des établissements. Les contrats que le
gouvernement actuel, ou que le ministère actuel, ou que Santé Québec ferait, si on s'en va en appel d'offres, on me
dit : Ce ne sont pas avec des établissements, ce sont avec des
fournisseurs de services. Et c'est pour ça que je veux juste bien comprendre où
est votre préoccupation, parce que, quand on va
arriver... Puis, encore une fois, là, je vous le pose comme question. Alors, si
vous prenez 445, puis là on va prendre juste une petite minute pour aller voir
qu'est-ce qu'il est... dans la section, où est 445 dans le projet de loi...
dans le... c'est toutes les ententes qui visent certains services où il
pourrait y avoir cette discussion-là. Je vous laisse prendre connaissance de
cette section-là, là.
Alors, c'est un petit
peu pour ça que je vous dis... et il n'y a pas... Je veux juste comprendre ce
qui vous préoccupe, parce qu'en ce moment, quand je regarde le nombre
d'établissements privés, il y en a peu ou pas, là. Puis je vais faire attention pour redire ce que j'ai dit tout à l'heure, je
n'ai aucune misère à vous dire que c'est, en ce moment, le système
public, qui, lui, par exemple, a l'essentiel de tous les services hospitaliers
puis des services de soins de longue durée. Vous me suivez? C'est là que je
dis : Vous me demandez de confirmer quelque chose qui est déjà là.
Quand on parle des
établissements, l'article 2, c'est ça qu'il dit, là. Ça fait que je ne
voudrais pas changer ou ajouter quelque chose qui est déjà là, là. Par contre,
où j'entends votre inquiétude, puis ça, on pourra avoir cette discussion-là, mais je veux être sûr que je la
fais au bon endroit, si la préoccupation, c'est les contrats avec des services
privés, bien, on l'aura quand on parlera de
la
section des contrats. Pour moi, c'est deux choses, mais je vous laisse
répondre à ça, parce que je veux
comprendre votre... Bien, je pense que je la comprends, votre préoccupation, mais,
en ce moment, je ne pense pas que ça vient régler la discussion sur 2 où
l'essentiel des établissements publics...
Le Président (M. Provençal)
: Je vais prendre la
réaction du député de Rosemont, et, par la suite, je cède la parole au
député des Îles-de-la-Madeleine, et, par la suite, le député de Pontiac.
M. Marissal :
Bien, d'abord, 2, là, qui est
l'article 2, là, puis au deuxième alinéa, on dit : «Les établissements
peuvent être soit publics, soit privés.» Et
on a convenu, tout à l'heure, que c'était un choix de le mettre là, là,
d'entrée de jeu, là, au tout début du
projet de loi pour camper le décor. On s'est entendu là-dessus. Ce n'est pas
fortuit. Ensuite, vous dites :
Pour le moment, il y en a peu. C'est exactement ce que j'ai dit tantôt,
essentiellement les centres d'hébergement de soins de longue durée, là, les fameux CHSLD. Oui, c'est vrai, mais il
y a quand même des projets de minihôpitaux, en tout cas, d'hôpitaux privés, appelons ça de même, là, parce qu'un
minihôpital, je ne sais pas c'est quoi, là, mais, un hôpital privé, vous en avez deux en dessin. En
tout cas, verront-ils le jour? Je ne le sais pas, je ne le sais pas. Ça, c'est
de un.
deux, vous avez raison de dire que, oui, Santé Québec passera des contrats,
hein, passera des contrats, fera même des appels d'offres regroupés pour
aller acheter des services. Si vous me dites que ça, c'est à 445, bien, on se reverra à l'automne puis on parlera de ça, là.
J'en conviens, là, je veux bien, mais les projets d'hôpitaux privés, là,
c'est... ce sont vos projets, il y a
quelque chose, là, d'innovateur qui n'existait pas. Ça, ce n'était pas là, là.
Ça, c'est nouveau, là. Vous l'avez dit vous-même, là.
M. Dubé : ...je
ne veux pas vous couper, mais il y en a déjà six, là.
M. Marissal :
Oui, mais ils n'ont pas été créés
par votre gouvernement. Ils n'ont pas été créés dans le contexte de
votre plan santé. Shriners, là, on s'entend que c'est... je vais le dire
poliment, c'est une anecdote, pas au sens péjoratif du terme. C'est quelque
chose qui s'est créé comme ça. Shriners, c'est une particularité, là, c'est
peut-être mieux qu'anecdote, mais je ne veux pas qu'ils le prennent mal, là.
C'est quelque chose d'assez unique et particulier, Shriners. Je ne pense pas qu'on peut mettre ça comme... mais les
hôpitaux privés, là, dessinés par votre gouvernement puis éventuellement
qui verront le jour, ça, c'est nouveau. Ça, c'est une nouvelle porte, là,
c'est...
M. Dubé : Mais,
écoutez, on va pouvoir en débattre, là, puis ça va me faire plaisir d'en
débattre longtemps, parce que, vous m'avez averti, ça va être long. Ça fait que
je suis prêt, mais je dis juste que tout ce qu'on fait ici, c'est un état de la situation. Tout ce qu'on dit,
c'est qu'il y a des établissements publics puis des établissements privés.
Il n'y a pas une intention derrière ça, là,
c'est tout ce que ça dit, là. Parce que je sais que ce qui vous préoccupe
beaucoup...
M. Marissal :
C'est la sous-traitance vers le privé.
M. Dubé : C'est
la sous-traitance vers le privé puis, pour moi, ce n'est pas ici que ça se
discute. Parce que, même s'il en restait juste un dans les cinq alinéas de 3,
je serais obligé de le dire. C'est juste ça que je vous dis aujourd'hui, là.
Parce qu'on prend... on fait un projet de loi avec un état de la situation
aujourd'hui.
M. Marissal :
...l'inquiétude qui a été à maintes fois...
M. Dubé : Ah!
bien, ça, ça... Puis je la souscris, M. le député. Je vous ai dit ça souvent,
un peu comme pourquoi on a fait un p.l. n° 10 ensemble, sur limiter les
agences privées, parce qu'on sait que ça fait mal au réseau. Alors, tu sais, je ne peux pas être en désaccord
avec certains de ces éléments-là, mais là je dis : Sur l'article 2,
j'ai un état de fait qui est ça.
C'est ça, ma situation. J'aurais de la misère à dire : Bien, je n'ai plus
le droit de me servir de mes... de mon...
M. Marissal :
O.K., O.K., je comprends votre
point. Donc, rendez-vous au 445, mais, si j'étais torrieux, je vous
dirais qu'à ce moment-là vous n'auriez aucun... aucune objection à adopter cet
amendement-là.
M. Dubé : Bien là, je ne dirais
peut-être pas ça à l'avance comme ça, M. le député, mais je vous dirais...
Non, ce que je vous dirais, pour le moment,
c'est : Regardez comment on s'est entendus dans p.l. n° 10 pour avoir
une transition, ce qu'on... En tout cas, je pense
qu'on a trouvé des beaux compromis pour... Mais c'est juste ça, là, c'est pour ça que je vous demande... Je sais ce qui vous
inquiète, je pense qu'on a une bonne discussion, mais, en ce moment,
j'ai de la misère à ne pas écrire 2 comme il est écrit là, parce que je suis
vis-à-vis ces faits-là.
M. Marissal : O.K., mais vous l'avez
écrit à 2, et on convient que c'est voulu, là.
Dubé : Bien, c'est parce que c'est l'objet du projet
de loi, qui le fait, puis comment on va l'opérer par la suite. Là, je
suis obligé de dire, la réalité, c'est ça, là.
M. Marissal : Dernière question là-dessus,
jusqu'à ce que je change d'idée, les...
M. Dubé : Bien, je pense qu'on a
montré, à date, qu'on était discutable.
M. Marissal : C'est un vieux truc de
journaliste, ça, dire «dernière question», puis que l'interviewé baisse la
garde, puis après ça... et après ça tu lui assènes...
Dubé : Oui, mais, M. le député, je commence à vous
connaître un peu, je commence à vous connaître un peu.
M. Marissal : Là, je viens de vous
donner mon truc, ce n'était pas particulièrement brillant, là, mais c'est vrai
que c'est un vieux truc de journaliste. Les CMS, les CMS, vous les mettez où
là-dedans?
M. Dubé : Les CMS, c'est un
contracteur de services.
M. Dubé : Bien, c'est exactement ça,
puis... et suivants. J'ai dit 445, là. C'est «et suivants», là, mais c'est
carrément ça, ce n'est pas un établissement.
M. Marissal : O.K. Ça me va.
Le Président (M. Provençal)
: Député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Oui, bien, en fait,
c'est... j'avais la même question pour le ministre, essentiellement, là. Les CMS, c'est... Aux yeux des gens qui nous écoutent,
là, ils disent : Je peux aller dans un établissement, un établissement
public ou un établissement privé, et, parmi les établissements privés, il y a
des prestataires de services, aux yeux des citoyens, qui sont des cliniques
médicales spécialisées ou qui sont des laboratoires privés pour de l'imagerie
médicale, et ainsi de suite. Et, quand, à l'article 2, on dit : Les
services de santé...
Puis, hier, vous vous souvenez, on en a parlé un
petit peu, là, de vocabulaire puis les services incluant les soins. Donc, moi,
ce que je comprends, c'est qu'il y a des services puis des soins de santé qui
sont offerts par des établissements qui sont soit publics ou privés. Puis
j'essaie de regarder quelle est la frange des services que j'obtiens du privé. Et vous me dites, essentiellement, qu'ils
seraient livrés par des établissements publics mais en sous-traitance.
Est-ce que c'est ce qu'il faut comprendre? Les CMS, s'ils ne sont pas dans un
hôpital, dans un établissement en tant que tel, est-ce que vous considérez, en
d'autres mots, que les CMS, c'est des établissements privés? Donc, c'est...
M. Dubé : Non, c'est justement le
contraire que je viens de dire.
M. Arseneau : C'est des
établissements publics.
M. Dubé : Ce n'est ni l'un ni
l'autre.
M. Arseneau : Exactement, mais où se
retrouvent-ils si l'article 2 doit parler de tous les services de santé?
C'est ça, la question que nous, on pose.
M. Dubé : Là, là, ce qu'on dit...
Bien, peut-être, Mathieu, tu peux y aller, là, avant que je dise des... mais on
parle ici des établissements. Mais allez-y.
Le Président (M. Provençal)
: Me Paquin, s'il vous plaît.
M. Paquin (Mathieu) : Oui, M. le
Président. Je ne voudrais pas scooper le ministre dans ses explications. En
fait, c'est qu'un CMS ce n'est pas un établissement. N'étant pas un
établissement, il ne rend pas, au sens strict de la loi, des services de santé
et des services sociaux. Il va rendre... Puis, on le voit de temps en temps,
l'expression, on va la voir dans le projet
de loi, il va rendre des services du domaine de la santé et des services
sociaux, mais services de santé, services sociaux, ils ne sont pas rendus par
un CMS. Toutefois, comme M. le ministre l'a expliqué, lorsqu'il y a certaines
ententes qui sont conclues, dont celle dont il est question à
l'article 445, il se pourrait que, par entente, un établissement confie à un CMS, pour son compte, de
fournir à ses usagers des services de santé et des services sociaux, de sorte que, dans un tel cas, des services de
santé et des services sociaux seraient fournis pour le compte d'un
établissement dans une entité privée comme un CMS.
M. Arseneau :
M. le Président, je voudrais soumettre respectueusement à ceux qui nous
écoutent la réflexion suivante, c'est que, là, il n'est pas... on n'est pas en
train d'établir... de définir ce qu'est un établissement et quel service il
livre, on est en train de dire quels sont les prestataires de services de santé
et de services sociaux à l'intérieur du
système public. Et cet article-là, à mes yeux, a pour effet d'occulter les CMS
et tous les autres prestataires de
services privés qui font craindre pour le système public, la majorité des gens
qu'on a entendus. Et c'est là où je trouve que, cet article-là, s'il doit porter sur les établissements, bien,
inversons le libellé en disant : Les établissements livrent des
services de santé et services sociaux, notamment avec des sous-contractants. Et
là on va avoir la réalité des choses, mais, si vous voulez nous dire que le
système de santé, au Québec, livre des services de santé et des services
sociaux par des établissements, puis qu'en réalité ce n'est pas les établissements,
il délègue à du privé, par contrats, des
services de santé, je trouve que cet article-là fausse la réalité, n'est pas
suffisamment précis pour qu'on comprenne où on s'enligne avec le système
de santé public, universel et gratuit.
M. Dubé : Alors,
encore une fois, philosophiquement, peut être qu'on ne s'entend pas, mais je
vais vous donner matière à réflexion dans
les prochaines minutes. Tantôt, je vous ai parlé de 445, hein? Je vous ai
dit : Cette section-là, c'est les ententes qui visent la
fourniture, la prestation et l'échange de certains services. Quand on va être
rendus là, au mois d'août ou au mois de
septembre, il y a une section, dans le
chapitre II, puis je vous invite à
l'article 487... 488... Je vais vous la lire. 488, ça dit :
«Il appartient à Santé Québec de statuer sur l'opportunité d'accorder une
autorisation visée au présent
titre ou,
lorsqu'applicable, de [...] renouveler ou de la modifier. Santé Québec tient
compte des orientations déterminées par le ministre et de tout facteur
qu'elle juge pertinent — et
là je les passe :
«1° le besoin des
services proposés par le demandeur dans la région;
«2° l'impact sur la disponibilité de la main-d'oeuvre
pour assurer la continuité des services offerts [en] région;
«3° la capacité du
demandeur à respecter les obligations [découlant] d'une condition — etc.»
Ce que ça veut dire,
ce que ça veut dire, c'est, comme je disais au député de Rosemont tantôt, quand
on va regarder le besoin d'avoir recours à
certains contrats de services, on met et au ministre et à Santé Québec des
règles pour s'assurer qu'on ne vient pas nuire au réseau public. C'est
carrément ça qui est dit ici, là.
Alors, moi, ce que je
vous dis, on est devant les caméras, là, il n'y a pas personne qui essaie de
cacher quoi que ce soit, là, je vous le dis, en ce moment, c'est très clair
qu'on donne un état des faits avec 2, je l'ai dit puis je ne le répéterai plus,
là, ça, c'est la situation de nos établissements en ce moment. Et, comme j'ai
dit au député tout