CRC — 29 April 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
CRC 2025-04-29
Quebec — Committees
(Neuf heures trente-deux minutes)
Présidente (Mme Caron) : À l'ordre! Alors, ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des relations avec les citoyens
ouverte.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du volet Condition féminine des crédits budgétaires du portefeuille
Relations internationales et Francophonie pour l'exercice 2025-2026. Une
enveloppe de 2 h 30 min a été allouée pour l'étude de ces
crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Prass (D'Arcy-McGee) est remplacée par Mme Garceau (Robert-Baldwin); M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve), par Mme Ghazal (Mercier); et M. Bérubé
(Matane-Matapédia), par Mme Gentilcore (Terrebonne).
La Présidente (Mme Caron) : Merci.
Alors, nous allons procéder à une discussion d'ordre général, incluant les
questions et les réponses.
Je suis maintenant prête à reconnaître une
première intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc
d'échange. Mme la députée de Robert-Baldwin, la parole est à vous.
Mme Garceau : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Bon matin à toutes. Je pense... on va se le dire, on a veillé un peu tard, je crois, hier, hier soir,
mais très contente d'être avec vous ce matin, Mme la ministre, et
Mme Cordeau, Mme Ferembach, et les
membres de l'équipe du ministère, pour aborder, évidemment, certains sujets
très, très importants en matière de condition féminine.
Donc, Mme la
ministre, j'aimerais commencer... puis, probablement, vous vous doutez, de
toute façon, que je vais commencer avec les maisons d'hébergement. Et,
vous savez, avec... Il y a eu plusieurs discussions, et je sais que vous avez
eu des discussions, des rencontres avec... que ce soit le Regroupement des
maisons pour femmes victimes de violence conjugale, la Fédération des maisons
d'hébergement pour femmes et l'Alliance des maisons de 2e étape. Ils ont... Elles ont déposé des budgets prébudgétaires
très étoffés concernant une demande de
57,7 millions de dollars, échelonnés sur une période de quatre
ans, et, au grand désarroi de toutes les femmes de ces regroupements, évidemment, et de moi-même, finalement, le PSOC,
c'est zéro, il y a eu zéro augmentation dans ce budget pour les
services, les services d'intervention au sein des maisons d'hébergement, et ça,
c'est très préoccupant.
Mme la ministre, vous savez sans doute qu'il y a
eu une augmentation dans les... dans les dernières années, une augmentation de violence
conjugale fulgurante. Nous sommes... De plus en plus, les demandes d'aide des femmes ont augmenté. On est rendus, même... SOS Violence conjugale qui a mentionné
que, dans la dernière année, c'étaient environ 10 000 refus, 10 000 femmes qui ont été refusées de
l'hébergement. Même à Montréal, on était à 77 % en termes de refus.
Et donc les
listes d'attente sont de plus en plus élevées en ce qui concerne les services
externes. Et donc c'était très, très
surprenant qu'il n'y avait pas d'augmentation en termes de l'enveloppe
budgétaire. Et je voulais... suite au dépôt du budget, c'était mon grief, ma motion suite au dépôt du budget, ce manque
assez élevé d'augmentation. Et qu'est-ce qu'on dit finalement aux
femmes, c'est : Bien, vous avez l'argent du budget de 2021‑2022, qui est
environ 2,3 millions. Et, nonobstant le
fait qu'on a augmenté, dans les quatre dernières années, 92 % les
consultations externes pour accompagner les femmes... ça a augmenté de
92 %, puis, pour les jeunes, à 103 %.
Et, vous allez voir, on va en discuter, Mme la
ministre, mais on est aussi très, très préoccupés par le niveau d'itinérance,
des femmes en situation d'itinérance maintenant, dans la dernière année, et
aussi les suicides qui sont liés à la violence conjugale également.
Et donc
j'aimerais commencer ce volet, Mme la ministre, pour comprendre qu'est-ce qui
s'est passé, qu'est-ce qui s'est passé qui a fait en sorte qu'il n'y a
pas eu d'augmentation de l'enveloppe budgétaire pour les femmes qui font de
l'intervention dans les maisons d'hébergement.
Mme Biron : O.K. Merci beaucoup.
D'abord, si vous me permettez, Mme la députée de Robert-Baldwin, j'aimerais ça, quand même, saluer tout le monde.
On se retrouve, en fait... D'abord, je vais saluer notre stabilité, je
reconnais quand même la députée de Robert-Baldwin puis la députée de Mercier,
très stable, hein, depuis le début du mandat. On
discute ensemble de la condition féminine; c'est nos troisièmes crédits. Et je
sais que, tant chez nous que du côté des partis d'opposition, la condition féminine, c'est important. C'est une
valeur, l'égalité entre les hommes et les femmes. Et il y a un énorme travail à faire, surtout que les
droits des femmes et les conditions des femmes, dans plusieurs États du monde, sont en recul. Nous, ici, on peut... on a
cette chance unique de pouvoir, ensemble, travailler pour protéger les
droits des femmes puis améliorer la condition féminine.
Je voudrais aussi saluer mes collègues qui sont
là en support et qui sont aussi très dévouées à la condition féminine, la
députée de Lotbinière-Frontenac, la députée de Châteauguay et la députée
d'Iberville. Merci d'être là. Je l'apprécie beaucoup.
Je voudrais aussi saluer les équipes du Secrétariat
à la condition féminine, qui sont dans d'autres pièces, mais qui m'écoutent attentivement pour s'assurer que je
dise les choses les plus factuelles et les plus précises possible. Je
les remercie parce qu'on a tous des gros
cartables ici, et elles ont travaillé très fort pour répondre à l'ensemble des
questions qui leur sont soumises. C'est
quand même un exercice fastidieux, l'étude des crédits, mais un exercice qui
est important parce que ça nous met à
jour sur un dossier, sur plusieurs, dans mon cas, j'en ai plusieurs, mais celui
de la condition féminine en est un d'important.
Je voudrais saluer la présence à mes côtés de la
sous-ministre associée à la Condition féminine, Catherine Ferembach, mais aussi
de Louise Cordeau, qui est la présidente du Conseil du statut de la femme, qui
font un travail formidable tout au long de l'année et qui aussi vont pouvoir
m'assister pour que je puisse vous donner les réponses les plus précises.
Alors, Mme la députée de Robert-Baldwin, il y
avait beaucoup de choses dans vos questions. Je savais que les maisons d'hébergement, c'est un dossier qui
vous tient à coeur, et, vous avez raison, notre gouvernement en a fait
une priorité. Et, quand je regarde les
montants d'argent qu'on a mis en place pour soutenir et développer les services
des maisons d'hébergement, je réalise à quel point notre gouvernement a
été proactif. Parce que quand nous sommes arrivés au pouvoir, en 2018, les montants dédiés aux maisons d'hébergement étaient
stables et stagnaient à 77 millions de dollars par année. Il
n'y avait pas un sou pour les maisons de deuxième étape.
Quand nous sommes arrivés au pouvoir, on a
augmenté ce 77,2 millions de dollars à 91,2 millions de
dollars pour les maisons de
première étape et nous avons injecté 10 millions de dollars dans
les maisons de deuxième étape. Alors, ensemble, nous sommes passés, quand nous sommes arrivés au pouvoir, à
101 millions l'année suivante, à 121 millions l'année suivante, à 139 millions. Quand moi,
je suis arrivée en fonction, nous sommes... nous avons poursuivi à
149 millions, à 156 millions, à 160 millions et, l'année
prochaine, nous passerons à 165 millions.
Donc, Mme la députée de Robert-Baldwin, en tout
respect, nous sommes passés des maigres 77 millions que vous aviez dédiés à la question des maisons
d'hébergement à 165 millions. Alors, nous sommes dans une
augmentation de plus de 108 %.
Pourquoi? Parce que c'est devenu une priorité. Nous voulons idéalement apaiser
l'enjeu de violence conjugale. Et ce
que nous avons décidé de faire... En fait, nous offrons un bouquet de mesures
parce que nous avons investi, au bas mot, depuis que nous sommes au
pouvoir, plus de 1 milliard de dollars.
Mais, si je
m'arrête à ce sujet qui vous intéresse particulièrement, c'est-à-dire les
maisons d'hébergement, nous avons travaillé avec le regroupement des
maisons d'hébergement, avec L'Alliance des maisons d'hébergement, avec la
Fédération des maisons d'hébergement, des groupes de femmes que je rencontre
régulièrement, et on fait avancer cette
question-là. Alors, on se retrouve aujourd'hui avec des maisons d'hébergement
de première étape, nous en avons 108 sur le territoire, et des maisons
d'hébergement de deuxième étape, nous en avons 45 sur le territoire, ce qui
nous mène à 153 maisons d'hébergement.
Quand nous sommes arrivés... Quand je suis
arrivée en fonction, en 2022, nous avons convenu de rajouter à ce réseau-là quatre maisons d'hébergement. Il y en
a trois qui ont été identifiées, et les deux... Il y en a une qui est
déjà ouverte, la maison l'Émeraude... non,
en fait, la maison l'Émeraude devrait ouvrir d'ici la fin de l'année, ainsi que
la Maison Ingrid et la Maison
Marie-Marguerite à Laval, qui devrait ouvrir ses portes incessamment. Il nous
reste une quatrième maison d'hébergement de première étape à
identifier.
Maintenant, pour les maisons de deuxième
étape...
Mme Garceau : ...est-ce que je peux
juste interrompre? Parce que, là, on ne répond pas à ma question.
La Présidente (Mme Caron) : Allez-y.
Il vous reste seulement 8 min 30 s pour le bloc.
Mme Garceau : On va aller dans le
manque de places et les maisons d'hébergement, Mme la ministre. Mais ma
question était vraiment précise, parce que vous avez eu une rencontre avec le
ministre des Services sociaux, avec le
regroupement, le 11 février, on vous a fait état de la situation, et il y
a un manque à gagner très sérieux, compte tenu de l'augmentation
fulgurante des demandes, et non juste les demandes, mais aussi qu'est-ce qui
s'en vient avec les trois projets de loi que
le gouvernement vient d'adopter, le 56, le 73 et aussi le 91. Ça, ça va faire
en sorte, là, que les maisons d'hébergement,
les femmes, les intervenantes vont devoir de plus en plus accompagner. Il va y
avoir des volets... Les volets de
responsabilité vont être augmentés en raison du fait qu'ils vont devoir...
elles vont devoir accompagner ces femmes, surtout lors des procès.
Donc, encore où le bât blesse, là, c'est qu'il
n'y en a pas eu, d'augmentation, cette année. Le budget, cette année, il n'y a pas eu une cent de plus pour les
maisons d'hébergement parce qu'on se fie seulement sur le
2,3 millions qui avait été annoncé en 2021 et 2022, puis il n'y a pas eu
d'augmentation.
Donc là, on
est dans une situation critique, et c'est ça qui a été revendiqué par les
femmes, les regroupements, la fédération,
l'alliance, on est dans une situation critique où il va falloir... Il va y
avoir un bris de service, là, Mme la ministre. Il va falloir qu'on coupe
des programmes. Puis je ne suis pas... même pas allée encore dans les services
juridiques.
Mais
là, en ce moment, on a des maisons qui débordent, on a des services externes où
on va jusqu'à quatre mois d'attente sur les listes d'attente. Ça, ce
n'est pas protéger les femmes. Et donc ma question était précise :
Qu'est-ce qui s'est passé? Comment se fait-il que les maisons d'hébergement ont
eu zéro d'augmentation cette année compte tenu de la situation critique des
faits?
Mme Biron : Les fonds ont augmenté,
Mme la députée. Je comprends très mal votre question. Quand vous regardez le milliard, le plus de 1,1 milliard
de dollars que nous avons investi de plus que ce que vous avez fait, vous,
les libéraux, je suis un peu vexée que vous
posiez cette question-là. Nous avons constamment augmenté les budgets
dédiés aux maisons d'hébergement. Et, plus
encore, nous avons compris que la maison de première étape... ce que vous
n'avez pas compris quand vous étiez
au pouvoir, que les maisons de deuxième étape préparaient les femmes à déployer
leurs ailes. Ça leur donnait les
outils nécessaires pour reprendre leur vie en main. Nous avons fait énormément
de promotion et nous avons incité les femmes à dénoncer leur situation.
Et, ce que nous observons sur le terrain, c'est que les femmes, de plus en plus
jeunes, prennent leur vie en main et dénoncent.
Alors, nous
les supportons à travers un réseau, bien sûr, j'avoue, assez chargé parce que
nous sommes victimes de notre succès. Mais nous avons investi
passablement. Et nous continuons d'investir. Nous allons... Nous allons
construire 30 maisons d'hébergement de deuxième étape. Actuellement, il y
en a 13 de livrées. Et j'ai 19 autres projets qui sont prévus. Et
plusieurs d'entre eux sont déjà identifiés. Alors, nous progressons. Ces
maisons-là sont en construction. Il y a un
effort sur le terrain. Et j'y vais, moi, sur le terrain, et j'en inaugure, de
ces maisons-là. Et je sens, autant au
regroupement, qu'à l'alliance, qu'à la fédération, qu'on reconnaît que le
gouvernement a fait de grands efforts pour contrer la violence.
Il reste encore du travail à faire, ça, c'est
bien évident, parce qu'il y a de plus en plus de dénonciations. Et nous avons
différents... différentes mesures qui peuvent soutenir les femmes dans une
situation qui est difficile. Mais regardez
dans le dernier... dans le précédent budget, nous avons plus de
4,5 millions sur trois ans pour les équipes policières en violence conjugale. Ça, ça relève du ministère
de la Sécurité publique. Nous avons aussi de l'argent en justice. Nous avons également investi en santé et en services
sociaux. Nous avons également fait du travail avec le ministre
responsable de la... des Services sociaux
pour améliorer... avec Habitation, pour améliorer notamment le programme de
soutien au logement, le PSL. Et ce sont vraiment des améliorations...
Mme Garceau : Mme la Présidente...
Mme Biron : ...qui peuvent permettre
aux femmes en situation de violence de pouvoir progresser et déployer leurs
ailes.
Mme Garceau : O.K. Mme la ministre,
je ne dis pas que le gouvernement n'a pas investi dans le passé. Là, je parle
de ce budget très précis en termes de l'enveloppe budgétaire pour les maisons
d'hébergement. Et, vraiment, c'est le PSOC pour les services. Pour les
services. Je ne parle pas de la brique. On était dans la brique l'année passée,
on va y revenir, mais là c'est vraiment question des services. C'est là où le
bât blesse.
Et j'ai juste à vous lire le communiqué de
presse qui est sorti du regroupement la journée même du dépôt du budget : La
consternation face à un budget qui ferme les yeux sur les besoins criants des
femmes et enfants victimes de violence conjugale . «Alors qu'il estimait les
besoins des maisons à quelque 57,7 millions de dollars — et
ça, c'est pour les quatre prochaines années — celles-ci
ne pourront bénéficier que des 2,3 millions déjà annoncés dans les
budgets de 2021 et 2022, soit à peine 4 % de la somme nécessaire.»
Moi, je suis
là ce matin, là, Mme la ministre. Il est là, le problème. Semble-t-il qu'il n'y
a aucune... il n'y a pas eu de
demande qui a été faite... puis vous allez me corriger si j'ai tort, que ce
soit de la part du ministre des Services sociaux ou de vous, il n'y a pas eu de demande auprès du
ministre des Finances pour une augmentation de l'enveloppe du PSOC pour aider les femmes qui sont dans les maisons
d'hébergement, tel que demandé par les trois groupes : le regroupement,
la fédération et l'alliance. Est-ce que c'est vrai qu'il n'y a pas eu de
demande d'augmenter cette enveloppe budgétaire?
Mme Biron : Vous savez, madame...
Bien, d'abord, je vais vous dire une chose, la brique, c'est important aussi, tu sais, parce que, je veux dire, quand
même, vous l'avez dit vous-même dans vos interventions, il manque de
places, et on le reconnaît. Alors, on
investit pour qu'il y ait plus de femmes, pour qu'on soit capables d'accueillir
les femmes.
Pour ce qui
est du budget qui est dédié, justement, à ces maisons d'hébergement là, il
augmente. Et, dans la stratégie pour
contrer la violence, nous avons investi 462 millions de dollars, qui
est financé. Alors, il y a quand même de l'argent.
Pour ce qui est du PSOC, vous savez que ça
relève du ministre des Services sociaux. Je pense que c'est à lui que vous
devez réserver cette question-là. Moi, cette année, le budget, comme je vous ai
dit, de la stratégie Rebâtir la confiance, il est en augmentation et il est
financé jusqu'en 2027, et cet argent-là sera disponible.
Je me suis inquiétée, cette année, sur le
projet... sur le service d'interprétariat. Et je voyais que ce programme
prenait fin et qu'il y avait peu d'intention, peu de désir de le renouveler.
J'ai donc décidé de transférer...
La Présidente (Mme Caron) : Merci,
Mme la ministre. Je dois... Le temps est écoulé. Alors, je suis prête à
reconnaître maintenant la députée de Mercier pour 12 min 20 s.
Mme Ghazal : Parfait. Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Bonjour, Mme la ministre. Salutations aussi à mes collègues et à toutes nos équipes qui nous
accompagnent. Donc, moi ça me fait vraiment plaisir. Vous avez bien fait
de saluer le fait que
l'équipe reste stable. Moi, depuis que je suis devenue cheffe parlementaire,
c'était important pour moi de garder la question de la condition
féminine pour montrer à quel point c'est une priorité pour moi, et ça l'est.
Et je suis fière de poser des questions à la
ministre de la Condition féminine. J'accorde beaucoup, beaucoup d'importance à
votre rôle, Mme la ministre. Ce n'est pas juste un dossier parmi plein
d'autres, c'est une priorité, surtout aujourd'hui au Québec. Pour nous, on ne
peut pas s'asseoir sur nos lauriers quand on voit ce qui se passe partout à
travers le monde, notamment chez nos voisins du Sud, avec l'élection... depuis
l'élection de Donald Trump.
Je voulais
savoir... ou je pense que la ministre a déjà, peut-être, préparé ses réponses à
la question qu'elle devine que je
vais lui demander, sur la question de la contraception. Évidemment, c'est une
question prioritaire pour moi, pour les femmes. Je parle beaucoup avec des médecins, notamment, qui disent à
quel point ça pourrait changer la vie des femmes si on avait un
programme ici, que la contraception soit gratuite. Ça a été demandé par
100 000 personnes lorsque j'ai déposé une pétition ici, à l'Assemblée
nationale.
Mais, avant
de parler de la contraception spécifiquement, j'ai envie de lui poser une
question très, très précise : Combien
coûte l'avortement? Faire un avortement, ça coûte combien pour le système? J'ai
essayé de trouver des réponses, des
chiffres, avec mon équipe de mon ministère personnel, donc avec Anne-Marie,
puis on n'a pas vraiment réussi à trouver ça. Donc, c'est possible
d'avoir cette réponse maintenant?
Mme Biron : Bon, d'abord...
Mme Biron : Bon, il y a
contraception puis avortement. On va y aller dans l'ordre.
Mme Ghazal : Oui, c'est ça, mais
j'avais une question sur combien coûte l'avortement pour le système de santé,
un avortement.
Biron : Bien, d'abord, merci d'être là, Mme la cocheffe de
Québec solidaire. J'ai beaucoup de fierté que vous soyez
cocheffe de Québec solidaire, qu'il y ait une femme qui se lève comme cheffe.
Honnêtement, ça me... ça manquait. Puis je
suis contente que vous gardiez le dossier Condition féminine. Je sais que c'est
un dossier qui vous tient à coeur. Vous êtes une alliée aussi dans
différentes batailles, et je l'apprécie.
Je ne suis pas capable de répondre à votre
question. Je ne sais pas. Je l'ai, le chiffre, en quelque part, mais est-ce que
je peux le prendre en délibéré puis vous le redonner? Parce que je sais que je
l'ai, le chiffre...
Mme Ghazal : Absolument.
Biron : ...parce que je
l'ai... je l'ai fait sortir. Parce que, quand on a sorti le plan d'accès à
l'avortement, c'était comme une préoccupation... Bien, comme une... je dis ça
comme ça, mais...
La Présidente (Mme Caron) : Juste un
instant. Alors, je veux simplement confirmer que vous vous engagez, Mme la
ministre, à fournir cette information-là.
Mme Biron : Oui, oui, oui, je
vais... certainement.
La Présidente (Mme Caron) : Merci.
Continuez.
Mme Biron : J'espère que vous ne
prenez pas son temps, là, parce que je veux quand même répondre sur... Parce
que la question des coûts, c'est toujours... c'est quand même complexe, hein?
On a quand même un pouvoir de dépenser, puis la capacité des fonds publics, il
faut bien les choisir.
Puis, quand on a fait le plan d'accès à
l'avortement, c'était ça aussi. On se disait : Est-ce qu'on est capables
de libérer des salles d'intervention, carrément, et de travailler avec d'autres
outils, dont, en l'occurrence, la pilule abortive? Et on a répondu oui à cette
question-là. On s'est rendu compte que la pilule abortive au Québec était sous-utilisée, à 17 % des avortements, versus
72 % des avortements en France et même en Ontario. Le premier ministre,
vous le savez, aime bien comparer le Québec
avec l'Ontario. En Ontario, la pilule abortive est utilisée à 32 % des
avortements. Alors, on voyait qu'il y avait quand même une certaine
méconnaissance de cet outil-là. Alors, en même temps, bien, ça permettait de
libérer des salles d'intervention pour faire d'autres interventions médicales
et donner de meilleurs services à nos concitoyens.
Alors, je
sais que ce montant-là, il existe en quelque part, puis j'imagine que ce n'est
pas tout à fait le même coût à Rouyn-Noranda qu'à Montréal, parce qu'à Montréal l'accès à
l'avortement est quand même beaucoup plus facile, là, ça fait qu'il y a
des nuances à apporter à ça, mais on va essayer de vous donner l'information la
plus précise là-dessus.
Mme Ghazal : Puis j'aimerais ça...
si c'est possible de l'avoir, je vais avoir un autre bloc, donc, avant le retour à ce bloc-là, si c'est possible de l'avoir,
j'aimerais ça. En moyenne. Une moyenne, ce serait bien. Puis est-ce que
vous avez évalué... Parce que je vous avais
déjà posé des questions sur la contraception, de la rendre gratuite. Ça l'est
déjà en Colombie-Britannique, il y a le Manitoba puis aussi l'Île-du-Prince-Édouard.
Donc, si la ministre allait de l'avant, si le
gouvernement allait de l'avant, on serait la quatrième province au Canada à
l'avoir. D'habitude, sur ces questions-là, on est habitués, au Québec, d'être les premiers,
les précurseurs. Malheureusement, on ne le sera pas cette fois-là. C'est
dommage, mais ce n'est pas grave, ce n'est pas trop tard pour bien faire.
Est-ce que
vous avez évalué combien ça coûte d'avoir un programme de contraception? J'y
vais sur les coûts parce que, sur le
principe, je sais que vous êtes d'accord. Le premier ministre, je lui ai posé
la question, puis il m'a dit que c'était une bonne idée. Très très rare que le premier ministre me dit que, quand
je dis des choses, c'est une bonne idée. C'est unique. Donc, ça veut dire que, sur le principe, vous êtes d'accord.
J'imagine que c'est une question de coûts. C'est pour ça que j'aimerais
savoir : Est-ce que vous avez évalué le coût de la contraception gratuite?
Mme Biron : C'est très apprécié que
vous reconnaissiez qu'on est d'accord avec le principe, parce que, vous avez
raison, on est d'accord avec le principe. Puis, moi-même, c'est un dossier que
je veux faire avancer. Ce n'est pas si
simple que ça, parce que vous-mêmes, à Québec
solidaire, je pense que vous avez
fait une évaluation des coûts. Puis, honnêtement, je ne sais pas comment
vous avez tiré ces conclusions-là, mais moi, actuellement, j'ai des estimations
de... bien, des estimations, la RAMQ dit
certains chiffres, le ministère de la Santé dit certains chiffres, Québec solidaire dit certains chiffres, tu
sais, puis... bon. Alors...
Mme Ghazal : ...les chiffres? Je serais
très curieuse de les avoir, les chiffres du ministère.
Mme Biron : La fourchette, la
fourchette... Bien, l'année dernière, j'en avais parlé puis j'avais tourné
autour de 100 millions. Alors, la fourchette va entre 45 millions et
Alors, ce que j'ai demandé, justement, quand on
est arrivés en étude prébudgétaire, c'est justement qu'on soit capables de
faire une évaluation réelle des coûts, et ça, je ne l'ai pas encore clairement,
précisément. Je trouve qu'à 10 millions, là, de différence... Quand on est
rendus à 50 à 100 millions, c'est quand même pas mal d'argent.
Là-dessus, je vais quand même vous dire deux,
trois petites choses. C'est un petit peu compliqué au Québec parce qu'on a des
assurances privées et des assurances publiques. Ce n'est pas comme ça dans
toutes les provinces. Je voudrais d'abord dire que la contraception, elle est
gratuite pour les filles de 18 ans et moins, pour les étudiantes de
25 ans et moins qui vivent chez leurs parents — là, ça, je trouve ça
un peu curieux, mais, quand même, on va travailler là-dessus — et
les femmes sur l'aide sociale. Alors, il y a quand même certaines femmes qui
bénéficient de contraception gratuite.
Maintenant, la réalité, c'est que 99 % des
femmes, au Québec, sont assurées, c'est-à-dire que 66 % le sont au privé, et ça, c'est quand même une variable
importante. Ce n'est pas tous les contraceptifs qui sont couverts, ça, ça
m'achale un peu, mais il faut être capable de déterminer ce qui l'est, ce qui
ne l'est pas. Mais l'État ne se substituera pas à un assureur privé, là, on n'est pas assez riches pour faire ça. Alors, il
faut quand même faire un certain ménage sur comment on peut le faire. Et
33 % des femmes sont assurées au public. Alors, oui, elles ont accès à
certains contraceptifs, pas l'ensemble, ça aussi, ça m'achale. Alors, vous
voyez le degré de ménage qu'il faut faire pour être capable d'évaluer les
coûts, et être capable d'avoir un programme qui tient la route puis qui répond
aux besoins.
Mais moi, je pense que la priorité, c'est surtout
les femmes dans le besoin, à plus bas revenus. Je pense que ça, il faut faire un certain effort. Mais on a
quand même des outils, là, et des possibilités pour les jeunes filles.
Surtout les jeunes filles en bas de 18 ans. Moi, je pense que ça, c'est
essentiel.
Mme Ghazal : Puis ça va être
extrêmement important que ce soit fait, cette évaluation-là, du coût de la
contraception, très important, parce que, quand on va voir le coût des
avortements versus le coût de la contraception, on peut voir en combien de
temps on peut faire des économies. En Colombie-Britannique, ça a été instauré,
et c'est... par année, c'est 13,2 millions de dollars. Et, les
économies... ça fait depuis 2023, bien, ils ont commencé à faire des économies à partir de l'année 2 puis ils
évaluent aussi les économies, dès la quatrième année, à
27 millions de dollars. Donc,
ils sont... C'est à coût nul à partir de la deuxième année parce qu'ils ont
prévenu des grossesses non désirées puis des avortements. Donc, ça
change la vie.
Puis,
économiquement, ce n'est pas vrai, ce que la ministre... quand elle dit qu'on
n'est pas assez riches pour le faire. Ça nous montre qu'on fait des
économies.
Maintenant, pour ce qui est des assurances, il y
a beaucoup de jeunes, justement, qui habitent chez leurs parents, qui sont sur les assurances de leurs
parents et qui ne demandent pas la contraception parce qu'elles ne
veulent pas... soit elles n'ont pas l'argent
pour la payer en entier puis elles ne vont pas bénéficier de l'assurance parce
qu'elles ne veulent pas que leurs parents
soient au courant pour toutes sortes de raisons. Et cet enjeu-là, il est
immense. Et c'est ce qui fait que les jeunes, finalement, décident de
prendre des risques, utiliser un autre moyen de contraception qui finit par ne
pas marcher, comme le condom ou tout ça.
Nous, l'évaluation qu'on a faite, c'était basé
sur une étude, là, de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada,
je l'avais déjà dit, 50 millions par année. Et nous, on inclut aussi les
condoms, de les rendre gratuits, pas, évidemment, dans les pharmacies, mais un
peu partout. Ça fait des économies de 70 millions de dollars par
année.
Je suis
d'accord qu'il faut le remettre à jour. Mais la Colombie-Britannique, c'est
déjà à coût nul. C'est un fait, ce n'est
pas une évaluation, depuis deux ans. Puis aussi, le fait de le rendre universel
à tout le monde, c'est que, quand on commence
à dire : On va cibler telles personnes, telles autres, il y a des coûts
administratifs qui s'ajoutent à ça que, des fois, on n'évalue pas, alors que, quand on le rend
gratuit pour toutes les femmes... Puis, on s'entend, les femmes de
60 ans, elles n'en auront pas besoin,
mais vous comprenez ce que je veux dire, ce n'est pas 100 % des femmes.
Donc, quand on le rend gratuit sans
se poser la question sur qui a une assurance ou pas, ça vient amener aussi des
économies sur tout ce qui est administratif
pour vérifier qui a droit, qui n'a pas droit. C'est un fait, les économies sont
faites ailleurs, dans d'autres provinces.
Donc,
moi, j'invite très fortement la ministre à faire l'évaluation. D'ailleurs, vous
avez dit que c'est entre 45 millions, 100 millions. Est-ce que vous
avez l'intention d'estimer et de faire une évaluation réelle du coût de la
contraception? Est-ce que vous avez l'intention de le faire? Est-ce que vous
vous engagez à faire cette évaluation-là?
Mme Biron : Il
y a beaucoup...
Mme Ghazal : Non.
C'est la seule question. L'autre, c'était de la sensibilisation.
Mme Biron : Bien
là, c'est parce que vous m'avez cité, je pense, une étude de UBC, l'université
de BC, que j'ai lue. Puis, quand on la lit
jusqu'à la fin, dans les petites notes à voir, là, ce que ça dit, c'est que
c'est difficile de faire un parallèle entre l'avortement puis la
contraception. Parce que l'avortement, ça survient dans la vie d'une femme,
c'est un épisode souvent douloureux dans la
vie d'une femme. Et, oui, le... et que les données sont que le... une fois sur
deux, c'est le contraceptif qui n'a pas fonctionné, qui mène à l'avortement.
Et, plus que ça, c'est que les femmes, si elles subissent un avortement à un certain moment donné de leur vie, ça ne les
empêche pas d'être de très bonnes mères et de vouloir avoir des
familles. Alors, si on lit l'étude de l'université du BC au complet, là, on
voit qu'il y a quand même certains liens difficiles à faire.
Mme Ghazal : Juste une précision. Les économies qui sont
faites, pas sur l'étude qui a été faite en 2010, mais les économies qui
sont faites actuellement en Colombie-Britannique, ça, est-ce que vous les
remettez en question?
Mme Biron : Bien,
je voudrais avoir le détail. Mais l'étude de UBC qui dit qu'il y a des
économies sur le système de santé, ce n'est pas tout à fait... En tout cas, il
y a des nuances à apporter.
Sur la question du
coût de l'avortement, là, parce que j'ai des notes, cette question-là
appartient à la Santé, puis je ne pense pas que je vais être capable de vous
donner l'information pendant les crédits.
La Présidente (Mme Caron) : Je
dois vous arrêter, malheureusement. Je dois vous arrêter. Le temps est
écoulé, Mme la députée.
Mme Biron : Je
vais demander à la Santé, mais je ne serai...
La Présidente (Mme
Caron) : Désolée. Vous allez pouvoir...
Mme Biron : ...madame.
Non, mais je... il faut quand même que vous l'enregistriez, que je ne serai pas
capable de fournir, Mme la Présidente, l'information demandée dans ce bloc-ci.
Mais on va tenter de répondre plus tard à la députée pour qu'elle ait
l'information.
La Présidente (Mme
Caron) : Merci. Alors, maintenant, je reconnais la députée de
Robert-Baldwin pour 18 min 30 s.
Mme Garceau :
Merci, Mme la Présidente. Je vais y aller avec des questions plus courtes,
Mme la ministre, pour qu'on puisse avancer, parce que j'en ai plusieurs.
Vous étiez à la
rencontre avec le ministre des Services sociaux le 11 février de cette
année, avec Louise Riendeau du regroupement des femmes. Oui? Vous étiez à la
rencontre?
Mme Garceau : Oui, O.K., O.K. Est-ce que vous vous souvenez, Mme la ministre, des
enjeux qui avaient été discutés, des
enjeux criants, et le... pourquoi les regroupements demandaient le
57,7 millions échelonné sur quatre ans?
Mme Biron : Mon
souvenir, c'est une rencontre très productive. J'ai un très bon souvenir.
D'ailleurs, j'aime beaucoup Mme Riendeau, que j'ai connue dans mon
ancienne vie de journaliste, et ce sont des gens... tant au regroupement, qu'à l'alliance, qu'à la fédération,
ce sont des femmes de grande expérience qu'on a pour diriger les maisons
d'hébergement. Elles en ont fait, des
batailles pour obtenir du financement, et elles en ont fait pendant le temps
que les libéraux étaient au pouvoir,
et l'argent n'était pas au rendez-vous et plutôt stable. Dans notre cas à nous,
le financement a augmenté. Et moi, je
sais, autant qu'au regroupement, qu'à l'alliance, qu'à la fédération, les
dirigeantes sont très heureuses et très reconnaissantes du travail que
le gouvernement de la CAQ a fait pour faire avancer le dossier pour contrer la
violence conjugale. Dans un monde idéal, on en mettrait plus, mais ce n'est pas
ça, la réalité. Mais ce qu'on a fait, c'est... On a quand même investi plus de
1 milliard de dollars...
Mme Garceau :
Je vais tenter... Je m'excuse, Mme la Présidente, mais là il va falloir
qu'on regarde le temps respectif pour les
questions et réponses parce que je vais... je ne pourrai pas avancer et j'ai
plusieurs questions, mais ma question... Vous avez dit, et je le
reconnais, les femmes le reconnaissent, que, oui, il y a eu des
investissements. On devait investir compte
tenu de l'augmentation fulgurante de la violence conjugale, surtout depuis la
pandémie. Et il y a eu des campagnes, des campagnes de sensibilisation,
mais là on est rendus... à ce stade-ci, on est rendus en mars, avril, mai 2025,
et, oui, il y a une crise en termes de finances pour les services.
Et donc, là, on est rendus
à... Il y a eu zéro augmentation, et c'est pour cette raison que la rencontre
était nécessaire, parce que, là, on est dans
des listes d'attente de quatre mois. On n'a pas assez de personnel. Les maisons
sont à... sont à presque capacité. Ils ont
besoin d'augmenter leur personnel. Et là il va y avoir des bris de services.
Les campagnes de sensibilisation qu'ils font dans les écoles,
l'accompagnement qui va être nécessaire pour qu'elles fassent... Surtout lors
des procès juridiques, il va y avoir des bris de service, et c'était pour ça
qu'il y avait une rencontre.
Et là ma compréhension, c'est qu'il n'y a pas eu
de demande faite auprès du ministre des Finances, les demandes telles que financières, telles que demandées par le
regroupement, l'alliance et la fédération. C'est ça, Mme la ministre, il n'y a pas eu de demande auprès du
ministre des Finances pour augmenter l'enveloppe budgétaire du PSOC?
Biron : Moi, je suis en charge du Secrétariat à la condition féminine. Les demandes budgétaires que j'ai faites, je les fais en phase avec les dossiers qui
me concernent. Moi, j'ai entendu autant la fédération, l'alliance, que
le regroupement me demander de prendre en
charge et de faire un effort concernant le service d'interprétariat. Quand
c'était le ministère de l'Immigration qui
s'occupait de ce service-là, je voyais bien que le programme tirait à sa fin et
qu'il y avait certains enjeux pour le
renouveler. J'ai choisi de le rapatrier dans mon équipe, de m'en occuper
personnellement, et c'est ça que j'ai
dit aux représentantes des maisons d'hébergement : Je vais m'occuper de ce
dossier-là personnellement. Et j'ai fait une demande, et le ministre des
Finances a accepté de prolonger ce programme-là pour les trois prochaines
années... pour les deux prochaines années, et je pense que c'est un gain pour
le réseau des maisons d'hébergement.
Maintenant,
pour ce qui est du PSOC, c'est le ministre des Services sociaux qui fait sa
propre demande prébudgétaire et budgétaire, et je n'assiste pas à ces
questions-là. Nous en avons discuté ensemble. Les maisons d'hébergement savent qu'elles ont vu leurs budgets quand même
croître au fil des ans, qu'il y a un budget... un bouquet de mesures qui
est à leur service pour leur permettre de
les soutenir. On fait des efforts réguliers pour rester en contact, pour
essayer de voir différentes
solutions. Je sais que, par moments, les dirigeants des maisons... dirigeantes
des maisons d'hébergement doivent faire
des petits miracles. Je le reconnais et je leur en remercie profondément. C'est
un travail d'équipe. Je travaille avec ces équipes-là, avec les maisons d'hébergement, avec les dirigeantes des
maisons d'hébergement. On trouve constamment des solutions, des voies de
passage pour améliorer la situation, mais on a mis en place des cellules de
crise, de l'aide financière d'urgence. On a des tribunaux spécialisés.
Mme Garceau : Mme la ministre, je
m'excuse...
Mme Biron : On construit des maisons
d'hébergement. Je pense que nous sommes très en action.
Mme Garceau : Oui, mais, Mme la
ministre, vous savez que, les maisons d'hébergement, il y a un cumul de déficits depuis les dernières années. Je regarde,
là, 2023‑2024, 31,3 millions, 2024‑2025,
44,2 millions, et, 2025‑2026, on regardait
un déficit de 55,4 millions. Ce déficit-là est lié au manque de
financement pour leur mission, afin que les maisons d'hébergement
puissent accomplir leur mission de protéger les femmes et les enfants à tous
les niveaux, incluant des campagnes de sensibilisation dans les écoles. Et je
regarde le travail qu'ils font, c'est dans les écoles, c'est pour les policiers, c'est des activités communautaires,
c'est des services externes jeunesse. Ils en font large pour aider la
population, les femmes et les enfants, mais là on leur dit...
Et la ministre responsable de la Condition
féminine... et je crois que vous avez une grande responsabilité à cet égard de
vous assurer, parce que Rebâtir la confiance et tout ce qui en découle,
c'est votre responsabilité, d'avoir de
sérieuses discussions avec le ministre des Services sociaux pour vous assurer
que, oui, il va y avoir des augmentations, il va y avoir de l'argent
dans les enveloppes budgétaires pour les services, parce que, sans les
services, on va avoir de grands problèmes, Mme la ministre, parce que c'est au
coeur, au coeur de la mission de ces maisons d'hébergement là, c'est les
services qu'ils donnent aux femmes et aux enfants, les services d'intervention.
Les refuges, c'est une chose, mais les services
qu'ils donnent à tous les jours pour les aider... Non seulement lorsqu'ils sont dans les refuges ou dans les
deuxièmes étapes, le soutien qu'ils donnent, mais les services externes
sont... C'est fondamental que ça soit maintenu, mais, lorsqu'on a dans
certaines maisons des listes d'attente de quatre mois, quel est le message qu'on envoie à ces femmes-là? Vous devez rester,
malheureusement, dans cet environnement toxique et de violence conjugale
parce que, malheureusement, on n'a pas de place pour vous.
Donc, j'ai de
la difficulté, Mme la ministre, à croire que vous ne sentez pas comme une
certaine responsabilité, vous-même,
de vous assurer que, vous savez, après cette belle rencontre, et, oui, qui a
été très, très productive... que les femmes s'en sortent avec zéro
augmentation.
Biron : Je ne comprends pas votre question. Quand vous
dites «zéro augmentation», je veux dire, on est en action. On a constamment augmenté le budget
depuis... depuis qu'on est au pouvoir. À comparer à ce que vous avez
fait quand vous étiez au pouvoir, c'est famélique, ce que vous avez offert aux
maisons d'hébergement à l'époque. Nous, on a
remis un bouquet de mesures vraiment très important, l'aide d'urgence, les
cellules de crise. On a mobilisé les policiers, qui font un travail
extraordinaire. Dans les 10 dernières années, c'est souvent les premiers
répondants. Les bracelets antirapprochement... Vous dites qu'il y a quatre mois
de...
Mme Garceau : Mais, d'après vous...
Mme Biron : Laissez-moi finir. Non,
bien, écoutez, attendez, là, parce qu'on est en action, puis on le sait, que les maisons d'hébergement, ce n'est pas
toujours facile. Et ce qu'on a fait, c'est qu'on a mis en place des... un
plan d'ouverture avec les maisons d'hébergement et le
ministère de la Santé, et les discussions ont commencé en mars dernier, à savoir pour évaluer l'ensemble des
besoins et voir comment on peut y répondre, mais, s'il y a un
gouvernement qui a été proactif, c'est bien le nôtre, et, quand vous me répétez
qu'il y a des listes d'attente de quatre mois, je ne sais même pas de quoi vous
parlez. Je ne sais pas d'où vous sortez ces listes d'attente là. Moi, en tout
cas, je n'ai jamais entendu parler de ça.
Puis,
honnêtement, les maisons d'hébergement puis les dirigeants des maisons
d'hébergement, je les rencontre régulièrement,
et c'est mon travail de les rencontrer, et je... c'est mon travail d'être au
courant de ce qui se passe sur le terrain,
et, plus encore, je les rencontre, mais j'y vais, à leur rencontre, j'y vais,
sur le terrain, en région, pour voir comment ça se passe. Les gens me font visiter leurs installations, et on me
parle des difficultés, et, oui, on essaie de pouvoir donner un coup de main puis de trouver le moyen
d'améliorer la situation, mais on est dans une situation où le travail
colossal que notre gouvernement a fait pour protéger les femmes fait que les
femmes dénoncent beaucoup plus jeunes.
Alors, ça,
c'est un... c'est un succès extraordinaire parce qu'on n'est plus dans la
spirale où les femmes passent leur vie dans un contexte toxique. Elles
veulent en sortir plus jeunes. Alors, on a évidemment beaucoup plus de demandes
et on arrive à y répondre de différentes
façons, mais il n'y a pas qu'une seule façon de répondre aux besoins des
femmes.
Mme Garceau : Oui, merci, Mme la
ministre.
La Présidente (Mme Caron) : Le temps
de réponse et de question doit s'équivaloir, environ.
Mme Garceau : Oui, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme Caron) : Alors, à
la députée de Robert-Baldwin, il reste 6 min 50 s.
Mme Garceau : Oui, merci. Je...
Mme Gendron : ...si c'est
proportionnel, il faudrait aussi s'ajuster avec la question.
La Présidente (Mme Caron) : On a...
Désolée, mais on a déjà... Il y a déjà eu des déséquilibres. Là, c'est parce
que le temps... le temps s'écoule. Alors, allez-y, Mme la députée de
Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Là, je parle, Mme la ministre, de l'enveloppe très, très particulière, et ça, c'est les services, le
soutien financier accordé pour les services des maisons d'hébergement, il n'y
en a pas eu, d'augmentation, cette année,
l'année passée, en 2023. Il est là, le problème. On est sur un
2,3 millions qui avait déjà été
annoncé en 2021 et 2022 et qui fait en sorte que, même avec l'augmentation de
nouvelles places, il va y avoir des bris de service parce que les déficits... l'argent qu'on a reçu puis que les
maisons ont reçu ne comble pas toutes les demandes parce qu'il y a eu une grande augmentation de demandes.
Et donc c'est pour ça qu'au bout du compte la réunion que vous avez eue
était très, très importante, parce qu'elles vous ont dit que, s'il n'y a pas
d'augmentation pour les services, il va falloir
que les maisons d'hébergement coupent, coupent dans les services, et c'est ça
qui est difficile à comprendre. Elles vont
devoir couper et elles vont couper où? C'est ça, ma question : Elles
coupent où? Parce qu'il n'y a pas eu d'augmentation pour les services.
Biron : Mme la Présidente, la députée parle du budget
très, très, très particulier. Moi, j'ai devant moi le budget, là, le
dernier budget, puis ce que j'ai pour les maisons d'hébergement, là, en 2024‑2025,
c'est 156,8 millions, en 2025‑2026,
160,4 millions. Alors, ce budget-là très, très, très particulier, il a
augmenté. Puis, quand vous, vous étiez au pouvoir, vous aviez 77,2 millions, puis, quand on va se rendre à
l'année électorale, on va être rendus à 165,3 millions. Alors, ça, c'est très, très, très précis et ce que
ça veut dire, c'est que c'est une augmentation qui dépasse les
108 millions de dollars simplement
pour les maisons d'hébergement, sans compter qu'on aura 30 maisons de
deuxième étape. Pour vous, là, quand je regarde 2000... quand vous étiez
au pouvoir, zéro sou pour les maisons de deuxième étape. Nous, on a mis 10 millions, puis on est rendus, en deuxième
étape, à 23,7 millions puis 25,8 millions l'année prochaine. Alors,
moi, je trouve qu'on est très, très, très efficaces.
Mme Garceau : On ne reviendra pas
là-dessus parce que je vois, Mme la ministre, en termes de... On parle du budget très précis des services. Vous êtes bien
et bel au courant. Il y a eu des conversations. Il y a eu des échanges.
Et je comprends mal qu'il y a une incompréhension là-dessus, qu'il y a eu zéro
d'augmentation pour les services.
Là, je vais me tourner vers le manque de places
parce qu'encore... SOS Violence conjugale, on parlait de 10 000 refus
dans la dernière année, également le regroupement. Il y a eu plusieurs,
plusieurs... dans les maisons d'hébergement
où on est à pleine capacité. Et donc, en ce moment, Mme la ministre, il nous
manque combien de places pour
satisfaire à la demande d'hébergement ou aux demandes d'hébergement des femmes?
Il en manque combien aujourd'hui?
Mme Biron : Merci. J'apprécie
beaucoup, quand même, Mme la députée de Robert-Baldwin, votre profond attachement
aux maisons d'hébergement. Je pense que c'est important, ce que vous faites,
parce que vous nous... vous nous obligez à bien expliquer ce qu'on fait. Puis
c'est vrai qu'avec les investissements, quand même, de plus de 1 milliard
de dollars qu'on a mis, qu'on a décaissé pour venir en aide aux femmes victimes
de violence, et malgré les maisons que l'on
construit... c'est vrai que la plupart de ces maisons-là sont surchargées et
que ça demande un certain défi pour répondre à
leurs besoins, mais, en même temps, comme vous avez déjà travaillé dans les
maisons d'hébergement, il y a une chose que
vous savez, puis que peut-être que les gens ne réalisent pas toujours
correctement, c'est que ce n'est pas blanc
et noir, la violence, c'est très nuancé. Il y a beaucoup de choses qui
arrivent. Et on est dans une
situation aussi où il y a un vieillissement de la population, et, pour les
maisons d'hébergement, elles doivent répondre aussi à de nouveaux défis qui n'étaient pas là... qui n'étaient pas là à
ce moment-là, et c'est dans ce contexte-là qu'on a mis en place un
comité — l'année
dernière, madame...
Mme Biron : ...il vient d'être mis en place — pour
essayer de voir, avec la Santé, avec nous, avec le Secrétariat à la
condition féminine, avec les différents... les maisons d'hébergement, etc.,
pour essayer de voir comment on peut répondre... Moi, j'ai même une directrice
de maison d'hébergement qui m'a dit : Bien, moi, j'ai une femme qui a été violentée, puis on le croit, mais qui serait mieux
dans un CHSLD, je ne peux pas lui donner tous les soins nécessaires. Alors, le vieillissement de la population arrive
avec certains enjeux, puis, des fois, tel cas... Il y a beaucoup,
beaucoup de nuances et il y a... La montée de l'itinérance ou la crise du
logement fait qu'également les maisons d'hébergement se retrouvent dans une situation où c'est plus difficile. Alors, c'est ça
qu'il faut être capable de revoir, sur comment est-ce qu'on peut venir
en aide aux gens, aux femmes de la meilleure façon possible, mais on est
conscients que la plupart des maisons d'hébergement sont pleines, et cela,
malgré le fait qu'on en construit d'autres et qu'on a le support des équipes et
des intervenantes pour venir en aide à ces femmes-là.
Mme Garceau : Merci, Mme la
ministre. Maintenant, question : Il manque combien de places aujourd'hui pour combler... Combien... Il y a un comité de
manque de places. Il manque combien de places en hébergement aujourd'hui
au Québec?
La Présidente (Mme Caron) : En
15 secondes, s'il vous plaît.
Mme Biron : Vous le savez plus
que moi, parce que vous avez travaillé dans les maisons d'hébergement, que ce n'est pas possible de répondre à ça parce
qu'il y a trop de nuances, il y a trop d'enjeux. Alors, il y a... à
certains endroits, il y a des plans...
La Présidente (Mme Caron) : Merci,
Mme la ministre. Le temps est écoulé. Alors, nous allons maintenant passer au
bloc du gouvernement pour 12 min 20 s. Alors, est-ce que la
députée de Lotbinière-Frontenac...
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) :
Merci, Mme la Présidente. Donc, bonjour à tous. Bien, moi, j'aimerais que vous continuiez sur le... toutes les nuances,
puis qu'on ne peut pas... Tu sais, c'est difficile de pouvoir chiffrer le
nombre de personnes, là, qui ont besoin de services.
Mme Biron : Oui, effectivement, notre... L'enjeu est quand
même très vaste. On répond quand même, idéalement, le plus rapidement possible aux gens. SOS Violence
conjugale, c'est, en général, la porte d'entrée, mais il y a d'autres portes d'entrée. C'est un... La violence
conjugale, quand on regarde les portraits, dans le passé, on voyait qu'il y
avait beaucoup de femmes qui supportaient des enjeux de violence très
longtemps. Maintenant, avec le travail que nous avons fait et les
investissements qu'on a mis en place, on a pu... on comprend que les femmes
supportent de moins en moins de milieux toxiques.
Alors, est-ce
que c'est simple de pouvoir évaluer combien il manque de places? C'est
difficile dans le sens où, par exemple,
il arrive qu'une femme, dans une région, se retrouve où la maison
d'hébergement, elle est déjà pleine. On veut la transférer dans une ville voisine où il y a un peu plus de places. Bien,
des fois, c'est faisable, des fois, c'est plus difficile, particulièrement s'il y a des enfants, mais on se
retrouve souvent dans des maisons d'hébergement où les jeunes et les personnes plus âgées se côtoient. Alors, ce n'est
pas linéaire, et chaque cas est unique, et chaque cas doit être
considéré selon ses particularités. Il y en
a qui ont besoin de soins sur une beaucoup plus grande période. Il y a des gens
qui ont des réseaux, déjà, personnels qui peuvent les aider.
Alors, ce n'est pas si simple que ça, mais, dans
l'ensemble, ce qu'on voulait d'abord, c'est avoir les services hébergement de
première étape, mais surtout de deuxième étape. Je crois beaucoup à la maison
d'hébergement de deuxième étape parce que
c'est vraiment, pour les femmes, pour une famille, l'opportunité de réellement
reprendre sa vie en main, parce que
la maison de première étape, généralement, on y reste de trois à six mois, et
le travail de suivi n'est peut-être pas suffisant, et c'est plus...
c'est possible que les femmes se remettent dans une situation difficile parce
qu'elles n'ont pas les moyens de prendre leur vie en main.
Alors, la
maison de deuxième étape donne la possibilité à des femmes et leurs enfants de
rester sur une longue période. C'est
sûr que c'est des petits logements qui sont quand même exigus, et il y a
d'autres personnes qui habitent aussi dans ces maisons d'hébergement là,
mais on a réussi, avec le ministère de l'Habitation, avec ma collègue au ministère de l'Habitation, à s'assurer que les
maisons de deuxième étape aient des endroits spécifiques pour permettre
aux intervenants de rencontrer les différentes clientèles, et on amène ces
femmes-là à se chercher un emploi, à trouver un appartement, à aider leurs
jeunes à sortir de ces périodes traumatisantes et pouvoir retravailler
ensemble.
Alors, une
trentaine de ces maisons-là sont en construction, devraient être livrées dans
ce mandat-ci... ou, en fait, choisies. Actuellement, nous avons
13 maisons sur 30 qui sont livrées. Il nous en reste une quinzaine, bien,
en fait, à... certaines à identifier, mais d'autres, on
est en train de travailler avec le ministère de l'Habitation pour ficeler le financement, ce qui permettra finalement à
d'autres femmes de pouvoir bénéficier de cet outil. Mais il y a autre
chose aussi, il y a les cellules de crise,
il y a les... il y a l'aide d'urgence, par exemple. Si une maison d'hébergement
est pleine, on peut toujours... On
évalue le niveau de risque dans lequel la femme se trouve et, si on doit
absolument s'assurer qu'elle sorte de son domicile, on va lui louer une
chambre d'hôtel, s'il le faut. On va trouver le moyen que cette femme-là sorte,
et je pense que ça, c'est important de le faire.
Et après tous
les services viennent. Je pense aux tribunaux spécialisés, aux bracelets
antirapprochement. Il y a un réel
travail qui se fait pour accompagner les femmes en difficulté, quel que soit...
Il n'y a personne qui attend quatre mois pour avoir du service.
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) : Mme
la ministre, depuis 2018, la lutte contre la violence envers les femmes est
devenue une priorité majeure pour notre gouvernement, puis, face à cette
augmentation préoccupante des cas de violence
conjugale et de violence envers les femmes, bien, plusieurs mesures ont été
annoncées ou mises en place par notre gouvernement. J'aimerais que vous
fassiez état des efforts déployés par le gouvernement du Québec pour prévenir
et contrer la violence faite aux femmes, là. Je sais qu'il y a eu au moins
1 milliard d'investis depuis 2018. Donc, si vous pouvez nous en parler,
j'apprécierais. Merci.
Mme Biron : Je vous remercie
beaucoup pour cette question-là, de me permettre un peu d'expliquer tout ce qui est fait, parce que les maisons d'hébergement,
c'est un premier pas, d'être capable de répondre aux femmes, c'est un premier pas, mais, après, la vie prend sa place,
et les femmes doivent être capables de passer à travers, et correctement,
et les tribunaux spécialisés, je pense que c'est une de nos grandes réussites.
Je suis également ministre des Relations internationales
et de la Francophonie, et, quand je vais à l'étranger, il y a énormément... Je
me fais... C'est important pour moi
de rencontrer des groupes de femmes, et je peux vous dire qu'il y a beaucoup
d'États dans le monde qui s'intéressent aux tribunaux spécialisés.
C'était quand
même un défi du ministre de la Justice de convaincre la magistrature, parce que
le droit demeure le droit, mais beaucoup
de femmes disaient que, dès qu'elles entraient dans le système judiciaire,
elles revivaient une deuxième fois
l'agression dont elles avaient été victimes. Alors, l'idée, c'était que le
droit demeure le droit, mais que la justice soit plus humaine et amène
les femmes à pouvoir régler leur passé et porter plainte pour... de façon digne
et honorable.
Alors, les
tribunaux spécialisés en matière de violence sexuelle et de violence conjugale,
c'est 36,5 millions sur quatre ans, et j'ajoute à cela presque
92 millions sur cinq ans pour déployer le tribunal permanent sur
l'ensemble du territoire du Québec. Ce sont
donc maintenant 24 districts judiciaires sur 36 qui bénéficient d'un
tribunal spécialisé en matière de
violence sexuelle et de violence conjugale. Plus de 7 700 acteurs du
milieu judiciaire ont été formés à cette réalité de violence. C'est
quand même colossal comme effort. Et, à ce jour, au moment où on se parle,
c'est près de 22 000 personnes victimes qui ont pu bénéficier d'un accompagnement
qui a été adapté à leurs besoins.
Cela dit, on
parlait un petit peu plus tard des femmes qui entrent dans le réseau. Je vous
parlais du bouquet de mesures quand
elles... qu'elles veulent dénoncer leur agresseur et je parlais de l'aide
financière d'urgence. Alors, l'aide financière d'urgence est disponible
dans l'ensemble des régions du Québec, et c'est à peu près 3,5 millions,
depuis le lancement du programme, qui a
permis d'aider jusqu'à 1 200 victimes. Ça veut dire... J'ai déjà
entendu que l'aide financière d'urgence,
il faudrait peut-être l'éliminer puis envoyer ça ailleurs. Bien, quand on pense
que 1 200 personnes victimes de violence sexuelle et conjugale
ont pu quitter rapidement leur environnement dangereux grâce à cette aide
financière, bien, je pense qu'elle est réellement nécessaire et que l'on doit
garder en place l'aide financière d'urgence.
Je veux aussi vous parler de la ligne Rebâtir,
qui est quatre heures de consultation juridique gratuite pour toutes les
victimes et un partenariat avec l'organisation Juripop. Là aussi, on a quand
même réussi à aider jusqu'à 14 000 personnes
avec ces services-là. Le ministre de la Justice a rajouté des ressources en
aide judiciaire dans les régions. Alors,
je pense que ce service est essentiel. Et le ministre de la Justice a travaillé
également sur la réforme de l'IVAC, qui a permis à plus de victimes
d'être indemnisées depuis l'entrée en vigueur.
Je pense que notre plus grand succès, ce sont
les cellules d'intervention rapide, puis... et ça, je le vois quand je vais sur
le terrain, alors qu'on regroupe tous les intervenants qui travaillent autour
des femmes. Et j'en profite pour remercier
du fond du coeur les policiers parce que les policiers sont souvent les
premiers intervenants et ils ont... Plusieurs ont été formés à la question de la violence conjugale et ils font un
travail qui fait la différence. Aujourd'hui, ils sont bien sensibilisés,
et je n'ai pas de mot pour les... pour leur dire à quel point leur travail est
non seulement essentiel... C'est inimaginable,
le nombre de vies que les policiers ont pu sauver et que les services qu'on a
mis en place ont pu sauver des vies
humaines grâce à ces interventions-là, et je pense que la cellule
d'intervention rapide, qui est généralement dirigée par un groupe
d'organismes communautaires, fait une réelle différence dans toutes les régions
du Québec.
Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
Parfait. Merci. Maintenant,
j'aimerais qu'on parle d'égalité. L'égalité entre les hommes et les femmes, c'est une valeur qui est fondamentale au
Québec. On en parle souvent comme un grand principe, un idéal à atteindre, mais pourtant ce qu'il importe, c'est de
savoir comment cette égalité peut se traduire dans le quotidien. De façon concrète, comment on peut,
collectivement, accompagner les organismes aux quatre coins du Québec
afin de poser des gestes tangibles qui nous rapprochent réellement de cette
égalité entre les hommes et les femmes?
Biron : L'égalité entre les hommes et les femmes, c'est une
grande valeur fondamentale qui a été mise dans le préambule de la charte des droits du Québec. Et, comme je vous ai dit
plus tôt, je suis également ministre des Relations internationales et, quand je vais représenter le Québec à
l'étranger et faire différentes affaires, j'essaie de rencontrer des groupes de femmes. Et l'égalité entre les hommes et les
femmes est enviée ici, au Québec, parce qu'on a fait des pas importants, et
c'est difficile dans plusieurs sociétés du monde.
Cela dit, il
ne faut pas baisser les bras, c'est un équilibre qui est fragile. Les droits
des femmes, il faut les surveiller, les protéger, les améliorer. Et on a
vu, chez certains de nos voisins, même, que des femmes ont perdu certains
droits, et ces droits-là minent l'estime chez les femmes, et ça, ce n'est pas
des bonnes nouvelles.
La Présidente (Mme Caron) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Alors, je vais maintenant reconnaître la députée de
Terrebonne pour 12 min 20 s.
Gentilcore : Merci, Mme la Présidente. Bonjour à tous. Bonjour
aux collègues des oppositions. Bonjour, Mme la ministre.
Je vais faire
du pouce un petit peu sur ce que ma collègue de Robert-Baldwin a dit tout à
l'heure, parler du manque de places en maison d'hébergement, donc
continuer un petit peu là-dessus. Donc, on l'a dit, ce seraient environ 8 000 femmes, là, qui se seraient
retrouvées sans place dans des maisons d'hébergement entre avril 2023 et
mars 2024. Donc, on a cherché à savoir,
on a posé des questions en amont des crédits en vous demandant quels étaient
ces chiffres-là précisément, là, tant pour les maisons d'hébergement de
première étape que celles de deuxième étape. Et ce que vous nous avez répondu
dans le cahier, c'est : Se référer au ministère de la Santé et des
Services sociaux.
Quand on s'est tournés vers le ministère de la
Santé et des Services sociaux, ce qu'on nous a répondu, c'est que ces
données-là n'étaient pas disponibles et n'existaient pas. Donc, est-ce que ces
données-là existent?
Mme Biron : D'abord, bonjour, Mme la
députée de Terrebonne.
Mme Gentilcore : Bonjour.
Mme Biron : Je suis ravie de vous
voir arriver ici, à l'Assemblée nationale, et que vous ayez le portefeuille de la
Condition féminine. Je pense que c'était une évidence, comme dirait un de mes
anciens collègues analyste politique, il y a
encore plus de Pascal que de femmes dans votre caucus, mais c'est quand même un
grand pas en avant que de vous voir
là. Et je pense qu'on va avoir... on sera des alliées, même, c'est le cas avec
mes autres collègues, parce qu'on voit
bien que les droits des femmes reculent un peu partout puis que nous, si on
travaille ensemble, on va être capables de faire avancer les choses.
Oui, il
manque de places dans les maisons d'hébergement, puis ce n'est pas parce qu'on
n'a pas fait notre travail. Parce que, quand même, des maisons
d'hébergement, on en a construit. Et, dans le mandat suivant, on en ajoute quatre de première étape et 30 de deuxième étape.
Alors, on s'assure qu'il y ait de plus en plus de places pour essayer
d'accompagner les femmes. Mais, oui, elles sont passablement pleines. Et je
pense qu'on est victimes de notre succès. On
a fait un travail colossal pour essayer de protéger les femmes de la violence.
Et les femmes dénoncent de plus en
plus jeunes. Et il y a des besoins, il y a des besoins qui sont très différents
aussi, chaque cas est unique. Particulièrement, on se rend compte que,
chez certaines femmes âgées, il y a des besoins particulièrement spécifiques
que les maisons d'hébergement ne peuvent pas toujours donner.
Alors, on a
fait un comité de suivi. Bon, votre chiffre, j'ai de la misère à le confirmer
parce que je n'ai pas cette donnée-là.
Mais on a décidé de mettre en place un comité de suivi sur le manque de places.
Et le ministère de la Santé, les Services sociaux, le Secrétariat à la
condition féminine est membre de ce comité-là, et on veut évaluer les besoins
et voir comment est-ce qu'on peut
travailler. Mais, comme je le disais un petit peu plus tôt, il y a beaucoup de
nuances, et ce n'est pas blanc et noir, la question de l'hébergement, il
y a d'autres données sociales qui entrent en ligne de compte.
La Présidente (Mme Caron) : ...
Mme Biron : Je pense que la
présidence veut que je me taise.
Mme Gentilcore : Mais donc cette
donnée-là qu'on vous demandait, vous nous renvoyez vers les Services sociaux, donc, cette donnée-là, on ne le sait pas,
il y a combien... quel est le manque à gagner, on ne sait pas il y a
combien de places, ce n'est pas de la donnée qui est colligée, donc.
Mme Biron : Bien, c'est vivant,
c'est... puis c'est difficile de dire...
Mme Gentilcore : Mais...
Mme Biron : Bien, c'est vrai, parce
qu'il y a des périodes où, à un moment donné, il y a plus de monde, puis, des fois, on voudrait... Des fois dans une
région, là, c'est... il y a trop de personnes dans une maison
d'hébergement, on voudrait en transférer
dans une autre ville qui n'est pas très loin. Des fois, bien, tu sais, s'il n'y
a pas de véhicule, c'est... Chaque cas est unique, mais, oui, un dans
l'autre, je vous dirais que nos maisons sont passablement pleines et que ça
demande quand même certains... un gros travail. Mais ce qu'on veut faire, c'est
ça, c'est faire une analyse un petit peu plus spécifique. En ayant mis ce
comité-là en place, c'était ça, l'idée, c'était d'essayer d'être capable de
mieux comprendre. Mais, comme j'expliquais un petit peu plus tôt, on s'est
retrouvés... il y a une directrice d'une maison d'hébergement qui m'a dit, à un moment donné : Bien, moi, j'ai une
personne ici, j'ai une femme qui a été victime de violence, mais je ne suis pas capable de lui
donner les soins, c'est au CHSLD qu'elle devrait se retrouver. Alors, on
se retrouve avec... Le vieillissement de la
population amène aussi certains défis, la question de l'itinérance, du
logement, amène aussi d'autres défis, et il faut y voir. L'idée, c'est d'être
capable d'avoir une analyse pour être capable d'avoir un meilleur portrait...
La Présidente (Mme Caron) :
Madame...
Mme Biron : ...mais le chiffre de
8 000, je ne suis pas capable de vous le confirmer.
Présidente (Mme Caron) : Mme la députée de Terrebonne. Désolée, c'est parce
que j'essaie d'équivaloir le temps, elle n'a pas beaucoup de temps.
Allez-y.
Mme Gentilcore : Mais c'est un désir
pour vous d'avoir plus de données là-dessus, d'être plus clairvoyante, donc, et
d'avoir une meilleure idée du nombre de femmes en temps peut-être un peu plus
réel, bien que ce soit vivant, de combien, quels sont nos besoins.
Mme Biron : Oui, en fait, c'est ça,
mais, comme je vous dis, ce n'est pas...
Mme Gentilcore : Je comprends.
Mme Biron : ...ce n'est pas... tu
sais, je ne peux pas vous dire : Il manque tant de places, puis la
violence, c'est vaste.
Gentilcore : Itinérance au féminin, toutes les données nous le
disent, les femmes en situation d'itinérance sont souvent plus vulnérables et plus à risque de vivre de la violence
quand elles se retrouvent dans la rue, hein, 70 % à 85 % des
femmes qui se sont retrouvées en situation d'itinérance ont vécu une forme ou
une autre de violence, ce qui les amène à vivre l'itinérance de manière plus
cachée. Donc, elles vont errer de sofa en sofa, elles vont être dans leur voiture, ce qui rend ça très difficile de les
dénombrer. Quand vient le moment du dénombrement, pour des raisons
évidentes, elles ne sont pas là. Est-ce que vous, Mme la ministre, vous
reconnaissez l'itinérance au féminin comme un enjeu qui est spécifique et pour
lequel on doit développer des solutions sur mesure?
Mme Biron : Oui, et ça nous
préoccupe, au gouvernement. Et le ministre des Services sociaux a mis en place
un comité interministériel. Moi, je siège dessus, la ministre des Affaires
municipales siège dessus, la ministre responsable de l'Habitation siège dessus,
bien sûr, le ministre des Services sociaux le préside, puis aussi le ministre
de la Sécurité publique, qui est également membre là-dessus.
Moi, le travail que je fais là-dessus, là,
spécifiquement, c'est beaucoup avec Habitation, puis on a quand même avancé, c'est sur les PSL, le programme de
soutien au logement, qui était quand même assez rigide. Et puis on a fait, je vous dirais, quand même certains gains
depuis le début là-dessus. D'abord, je vous donne un exemple. Dans les
maisons d'hébergement qu'on construisait, on n'avait pas d'espèces de places
pour qu'il y ait des rencontres avec les intervenants.
Alors, ça, c'était un peu compliqué. Mais moi, je voulais aussi que ces
nouvelles maisons d'hébergement là, que,
tranquillement, les femmes qui sont en maison d'hébergement puissent
contribuer, payer un petit loyer en fonction du travail qu'elles font, pour les aider à se développer, puis à
déployer leurs ailes, puis à se responsabiliser face à la nouvelle vie qui était... qui se présentait devant elles.
Alors... Mais le PSL ne permettait pas ça puis ne permettait pas non plus
aux femmes d'avoir accès à des loyers qui étaient... C'était compliqué, les
critères. Et là on a réussi à faire assouplir certains de ces critères, et là
on continue.
Alors, il y a des choses qui avancent, mais on
se rencontre régulièrement, et je vous dirais que le ministre des Services
sociaux a un grand leadership, un leadership fort, et on avance dans ce
dossier-là.
Mme Gentilcore : Du millage un peu
là-dessus, le dénombrement, parce que j'en ai parlé un petit peu, c'est
difficile de les dénombrer. Est-ce que, dans ce comité-là, vous vous penchez
aussi sur des façons peut-être un peu différentes,
hors de la boîte, de faire le dénombrement pour s'adapter justement à cette
situation-là particulière des femmes? Puis, justement, quelle est
l'opinion de votre collègue aux Services sociaux là-dessus?
Mme Biron : C'est surtout lui qui
s'occupe du dénombrement, mais je conviens avec vous que ce n'est pas simple,
de faire le dénombrement, particulièrement chez les femmes. J'ai visité, quand
même... Je ne sais pas si vous connaissez
Léonie Couture, qui... à Montréal, qui a travaillé toute sa vie avec les
femmes itinérantes puis qui est une femme assez extraordinaire, puis
j'ai passé passablement de temps avec elle l'année dernière. Et ce n'est pas...
elles se cachent, les femmes, et puis ce
n'est pas évident de les dénombrer, mais on est conscient que c'est... que
l'itinérance existe. Puis je vous dirais que, bon, il y a des maisons
d'hébergement comme celle que dirige Mme Couture, mais aussi, dans
certaines de nos maisons d'hébergement, il y en a que... ça arrive que les
directions vont les héberger parce que ce n'est pas si évident que ça, là.
Gentilcore : Faire du millage encore là-dessus, il y a
plusieurs régions, dont Lanaudière, Laval, Saguenay, Chaudière-Appalaches,
Laurentides, Bas-Saint-Laurent, qui ont peu ou pas du tout, là, d'hébergement
réservé aux femmes en
situation d'itinérance. Par rapport à ce sujet-là, je sais que c'est peut-être
votre collègue des Services sociaux, mais est-ce que vous avez des
discussions à ce sujet-là pour accélérer cette situation-là? On sait que
l'itinérance, auparavant, c'était beaucoup
dans les grands centres, maintenant on le retrouve dans toutes les régions du
Québec, dont des femmes. La face a changé. Est-ce qu'il y a des
démarches en ce moment pour que, dans ces régions-là qui ne sont pas
desservies, on ait des... de l'hébergement spécifique pour les femmes?
Mme Biron : Bon, ma collègue me
montre ici une donnée, là, que j'avais plus ou moins, parce qu'il y a un troisième dénombrement, là, de l'itinérance qui se
fait au Québec depuis le 15 avril. Et là ça va nous donner un
meilleur portrait de la situation dans les régions. Parce que je suis assez
d'accord avec vous que c'est difficile d'extirper, finalement, la condition féminine spécifique puis de savoir exactement
c'est quoi, les cas, mais il y a quand même un travail de fond et d'analyse qui est en cours. Puis je
m'assure, moi, que la question de la condition féminine demeure centrale
et importante, là, qu'on soit capable de le
faire. Puis je vous... dans mon autre chapeau, là, de lutte à l'homophobie puis
la transphobie aussi, les communautés LGBTQ sont également surreprésentées.
Alors, tu sais, ça fait
partie des données que
j'aimerais avoir dans son ensemble. Je ne voudrais pas mêler les pommes et les
oranges, là, mais je fais juste dire ça qu'on est en train d'essayer
d'avoir une meilleure... un meilleur portrait, particulièrement en région, de
la situation.
Mme Gentilcore : Merci. Je vais changer de sujet. Vous savez, un
sujet qui me préoccupe énormément et qui nous préoccupe dans l'ensemble au Parti québécois, c'est la rémunération
des stages. Votre gouvernement s'était engagé aussi à la rémunération des stages à plusieurs reprises, tant par des
votes de motion que par des sorties publiques, donc rémunération des stagiaires étudiantes, hein,
parce que la plupart d'entre elles, on le sait, les stages non rémunérés,
ça concerne majoritairement des domaines qui
sont à prédominance féminine, dont la santé et l'éducation. Moi, je pense
que l'équité salariale, ça part au tout début de la chaîne, donc avec des
stages rémunérés qui démontrent à nos étudiantes l'importance de leur apport
dans notre système public. Il y a des secteurs, des secteurs névralgiques, où
on est en pleine pénurie de main-d'oeuvre.
Donc, est-ce
qu'il y a des démarches que vous avez faites auprès de vos collègues, là, de
l'Enseignement supérieur, Santé et Services sociaux pour concrétiser
l'engagement de votre gouvernement face à la rémunération des stages, des
stagiaires étudiantes?
Mme Biron : C'est un sujet qui
est constamment en discussion et c'est... Qu'est-ce qu'on donne? Qu'est-ce qu'on ne donne pas? Il y a de plus en plus de
femmes dans les métiers non traditionnels. En faculté de médecine, je
pense que la majorité sont des femmes.
Polytechnique, facultés de droit aussi, il y a beaucoup de femmes. Même que je
regardais la donnée de combien de femmes ont
des diplômes universitaires, c'est 33 % des femmes qui ont un diplôme
universitaire versus 26 % chez les hommes. Alors, il y a quand même
certains stages... Là-dessus, je pense qu'on gagnerait à avoir des données un petit peu plus précises sur le
nombre de femmes qui auraient besoin d'un stage, être capable d'avoir un
peu plus de données pour analyser. Mais je
vous dirais quand même que les 450 000 salariés du secteur, autant de
l'éducation, de la santé et des services sociaux, ont eu des augmentations de
rémunération substantielles, voire historiques...
La Présidente (Mme Caron) : Merci.
Mme Biron : ...lors de la
renégociation des conventions collectives.
La Présidente (Mme Caron) :
Merci, Mme la ministre. Alors, le temps est malheureusement écoulé. Je vais
maintenant reconnaître la députée de Mercier. Il vous reste
11 min 48 s.
Mme Ghazal : Très bien. Merci,
Mme la Présidente. Je voudrais finir avec le sujet de la contraception. La ministre a dit qu'elle était d'accord avec le
principe. Mais, pour ce qui est des coûts, ce n'est pas évident. Il y a
plusieurs chiffres qui circulent, et elle
m'a dit, à la fin, que c'est plus la Santé qui doit l'évaluer. Est-ce que la
ministre peut s'engager maintenant à demander à son collègue le ministre
de la Santé ou d'autres collègues pertinents, là, qui doivent faire... de faire
cette évaluation-là des coûts de la contraception? Est-ce qu'elle s'engage à en
faire la demande pour que cette évaluation-là soit faite pour le Québec?
Mme Biron : Je ne m'engage pas
parce que je l'ai déjà fait.
Mme Ghazal : C'est
45 millions ou 100 millions?
Mme Biron : Bien, c'est ça,
j'ai demandé... je l'ai demandé, j'ai demandé au ministre des Finances de le
faire. Alors, je... comme je vous dis, je suis... C'est un... Vous avez reconnu
tout à l'heure qu'on est d'accord avec le principe.
On est d'accord avec le principe. Alors là, maintenant, il faut évaluer les
choses. Alors, oui, j'ai demandé, il y a à peu près deux mois, au ministre
des Finances...
Mme Ghazal : Merci. J'ai eu la
réponse. Donc, c'est cette évaluation-là. Est-ce que vous avez évalué aussi les
retombées économiques ou les économies qui sont faites, puisqu'on se base
souvent sur des vieilles études ou... de la Colombie-Britannique, sur les
économies qui sont faites?
Mme Biron :
Il faudrait... Ça nous en prendrait une, étude, ici, parce que, comme je vous
ai dit, quand on regarde le... à la fin de
la... les représentations futures, je pense que c'est comme ça, le... la fin du
chapitre, on se rend compte que ce n'est pas si... ce n'est pas si blanc
et noir que ça, là. Alors...
Mme Ghazal :
Est-ce que cette évaluation-là, est-ce que la ministre de la Condition féminine
s'engage à ce qu'une évaluation sur les économies ou les retombées économiques
de la contraception soit faite?
Mme Biron : Bien,
moi, d'abord et avant tout, je veux savoir combien ça coûte, la contraception
gratuite, je veux savoir qu'est-ce que ça
coûte, comment est-ce qu'on... comment est-ce
qu'on pourrait réussir à le faire,
là, pour que les femmes qui sont assurées puissent poursuivre... avoir
leurs assurances.
Mme Ghazal : Mais
je ne comprends pas, la ministre dit : Oui, j'ai demandé l'évaluation,
c'est entre 45 millions et 100 millions. Ça, c'est le principe...
Mme Biron : Bien,
c'est 45...
Mme Ghazal : ...de
la contraception gratuite pour... universelle. La ministre, est-ce qu'elle est
d'accord avec le principe de la contraception gratuite universellement à toutes
les femmes?
Mme Biron : Je
suis d'accord à ce que les femmes aient la contraception gratuite, mais je ne
me substituerai pas... ou, en fait, l'État ne se substituera pas à des
assureurs privés. Alors...
Mme Ghazal : O.K.
Donc, vous n'êtes pas d'accord avec... que ce soit universel... gratuitement
pour toutes les femmes, parce que, même quand on a une assurance privée, ça ne
veut pas dire que c'est gratuit, il y a toujours un montant qu'il faut
débourser.
Mme Biron : Bien,
Mme la députée, si vous voulez comparer le Québec à la Colombie-Britannique, il
faut comparer les pommes avec les pommes. Alors, il faut aller voir quel type
d'assurance la Colombie-Britannique offre à
ses citoyens, et les entreprises privées à ses citoyens, et voir exactement ce
que nous, on est capables de faire. Mais je ne pense pas que les citoyens
québécois seraient d'accord à ce qu'on se substitue aux assureurs privés et
qu'on débourse le montant d'argent qui est déjà déboursé par les assureurs
privés.
Mme Ghazal : O.K., c'est bon, j'ai entendu la position de la
ministre. Donc, pour ce qui est de l'évaluation pour le Québec sur les retombées économiques, le coût
versus... de la contraception versus les coûts, est-ce que la ministre
veut... dit : Moi, j'aimerais ça, avoir les chiffres?
Mme Biron : Bien,
moi, j'ai lu l'étude de l'Université de Colombie-Britannique et j'ai... je l'ai
lue au complet, et ce n'est pas si évident que ça qu'il y a de grandes
économies à faire. Et, si vous lisez l'étude jusqu'à la fin, vous allez faire
le même constat que moi.
Mme Ghazal : Puis est-ce que vous allez demander une étude pour
que la même chose soit faite pour le Québec...
Mme Biron : Là,
je veux savoir...
Mme Ghazal : ...puisque
ce n'est pas la même chose?
Mme Biron : ...je
veux savoir combien ça coûterait au Québec. Et gardez en tête, Mme la
députée...
Mme Ghazal : Mais
vous voulez savoir, donc vous l'avez demandé?
Mme Biron : ...que
c'est gratuit pour les filles de 18 ans et moins, pour les étudiantes de
25 ans et moins et pour les femmes sur l'aide sociale. Alors, il y a quand
même un bloc de femmes en besoin qui sont couvertes.
Mme Ghazal : Est-ce que vous allez... Vous dites, vous voulez
le savoir. Donc, est-ce qu'il y a une étude qui va être faite pour faire
cette évaluation-là? Est-ce que c'est vous qui la faites?
Mme Biron : Non,
ce n'est pas moi qui la fais. Comme je vous ai dit...
Mme Ghazal : C'est
qui?
Mme Biron : ...j'ai
demandé au ministre des Finances.
Mme Ghazal : O.K.
Puis, quand est-ce qu'on va avoir...
Mme Biron : Je ne le sais pas.
Ghazal : ...cette évaluation-là?
Mme Biron : Je
ne le sais pas.
Mme Ghazal : Est-ce
que vous vous engagez à faire le suivi avec le ministre des Finances?
Mme Biron : Qu'est-ce
que vous pensez?
Mme Ghazal : Oui.
Je veux l'entendre de votre bouche.
Mme Biron : C'est
sûr que je vais faire le suivi.
Mme Ghazal : Très
bien. Donc, on ne le sait pas, quand est-ce qu'elle va sortir, mais c'est
quelque chose qui va être rendu public, comme évaluation?
Mme Biron : Bien,
écoutez, je présume, là. Je ne vois pas pourquoi ce serait un secret. De toute
façon...
Mme Ghazal : Très
bien. D'ici un an?
Mme Biron : Bien, je serais curieuse, moi, par exemple, de
vous demander, vous, vos chiffres, comment vous êtes arrivée à
48 millions de dollars.
Mme Ghazal : Bien,
je l'ai, je ne peux pas... ce serait compliqué à les expliquer dans le peu de
temps que j'ai, mais je vais vous les envoyer par courriel. On s'est basé sur
l'évaluation qui a été faite par une étude de la Colombie-Britannique. J'ai
toutes les références, ça fait que je vais vous les envoyer. Puis on l'a fait
pour la dernière campagne électorale. Ça fait que je vais vous envoyer ça par
courriel.
Mme Ghazal : Ça
fait qu'on va...
Mme Biron : J'attends
Mme Ghazal : O.K., c'est déjà envoyé. Il y a de l'argent du
fédéral pour un programme d'assurance médicaments. Évidemment, nous, au Québec, à Québec solidaire,
c'est la même position, j'imagine, du gouvernement, on veut avoir
l'argent des Québécois du fédéral, mais sans condition, sauf que... Est-ce que
vous êtes au courant de cet argent-là qui pourrait servir aussi à rendre la
contraception gratuite ici pour les femmes? C'est rendu où les négociations
pour aller chercher l'argent du fédéral?
Mme Biron : Oui, mais, très franchement... oui, je suis
contente que vous ameniez cette question-là présentement. Là, évidemment, on est dans une situation
particulière, là, on vient d'avoir une élection, puis, bon, qui sera en
position pour en discuter. Mais, je veux
dire, il y avait déjà un certain travail qui a été fait par le SQRC et le
ministère de la Santé, parce que,
oui, on veut avoir cet argent-là et, bon, après on aura un travail à faire pour
déterminer ce qu'on met là-dessus.
Mais,
tu sais, d'abord et avant tout, il faudrait savoir combien ça coûte, voir
qu'est-ce qu'on est capable de financer, qu'est-ce que le fédéral peut
avancer. C'est certain que les transferts en santé sont rendus peau de chagrin,
il y a un réel décalage. Maintenant, avec le
nouveau premier ministre, on espère qu'il y aura plus de considérations sur les
transferts en santé qui pourront nous aider de faire nos choix... les choix
judicieux pour nos citoyens.
Mme Ghazal : Puis,
pour ce qui est du programme, je comprends. Est-ce que le Québec va se retirer
du programme d'assurance médicaments, comme
l'avait dit le ministre Dubé, puis aller chercher l'argent? Donc, les
négociations sont en cours, c'est ça que je comprends?
Mme Biron : Ça,
c'est une excellente question pour le ministre Dubé, vous devriez assister
à ses crédits et lui poser cette question-là.
Mme Ghazal : Mais les négociations, c'est lui qui les fait ou
c'est plutôt le ministre des Relations canadiennes?
Mme Biron : C'est
Relations canadiennes et Santé.
Mme Ghazal : Très
bien, je le vois tantôt, je vais lui dire : La ministre de la Condition
féminine m'a demandé de vous demander où est rendue la négociation.
Mme Biron : Je
suis convaincue que ça va lui faire plaisir de répondre.
Mme Ghazal : Très
bien. Puis j'espère que la ministre aussi va suivre ça, parce que c'est de
l'argent des Québécois qui pourrait servir aux femmes pour que...
Mme Biron : Oui, mais c'est sûr.
Mme Ghazal : ...qu'on ait un
programme ici, parce que ça tarde. Je voulais demander, avec le temps qu'il me
reste, j'aurais voulu aller sur les questions de maisons d'hébergement, vous
avez... vous en avez parlé avec les collègues.
Vous êtes ministre des Relations internationales et ministre de la Condition
féminine. On voit ce qui se passe aux États-Unis avec le recul des
droits des femmes, avec l'être ignoble qu'est Donald Trump. Vous étiez présente
à Washington au moment où lui, il s'est fait... il y a 100 jours, il s'est
fait assermenter. Je voulais savoir qu'est-ce que vous pensez du recul des droits des femmes aux États-Unis. Est-ce que
vous êtes inquiète aussi depuis que Donald Trump est à la tête, pour une
deuxième fois, de ce pays?
Mme Biron : Bien, je pense que les
citoyens choisissent leur dirigeant et que je n'ai pas vraiment de... ce n'est
pas mon rôle de juger qui ils ont choisi. C'est les citoyens qui l'ont choisi.
Et moi, j'ai un travail à faire, comme ministre des Relations internationales,
et je le fais. Et présentement on est dans une situation où les tarifs à
l'égard de nos entreprises... et de sauver nos emplois, des hommes et des
femmes, nous préoccupe énormément. Et je pense que les Québécois et les
Québécoises, au sens très large, ont toute une frousse par rapport aux
déclarations du président américain. Mon
rôle à moi, c'est de ne pas avoir de grandes émotions par rapport à ça, mais de
m'assurer que je protège autant les hommes que les femmes, les
entrepreneurs que les emplois sur le territoire. Et je le fais avec beaucoup de
motivation parce que je pense que c'est extrêmement important.
Maintenant, pour ce qui est de la condition
féminine, pour ce qui est de la décision de la Cour suprême de renverser Roe v. Wade, je trouve ça
scandaleux. Je n'en reviens pas qu'une décision majeure d'une Cour suprême
puisse un jour être renversée. Ça en dit long sur la politisation de ce système
de justice. Je suis très heureuse de vivre au Canada
et d'avoir une cour de justice, une Cour suprême aussi crédible, avec des
règles d'éthique, où c'est absolument impossible
de renverser un jugement. Maintenant, chaque État aux États-Unis a le... doit
prendre la décision de permettre aux femmes...
Ghazal : Juste... oui, pour l'équité, là, entre... il me
reste juste deux minutes. Moi, je sens que la ministre, évidemment, à cause... la ministre des Relations
internationales n'ose pas critiquer Donald Trump et aussi sa vision de toutes les questions de féministes et condition
féminine. Est-ce que la ministre des... Est-ce qu'il n'y a pas ici un
enjeu de double rôle de la ministre de la
Condition féminine, ministre des Relations internationales? N'aurait-il pas été
mieux que vous soyez uniquement ministre de la Condition féminine pour
ne pas qu'il y ait un peu cette contradiction entre les deux rôles, où est-ce que vous avez une certaine gêne à critiquer Donald
Trump, alors que vous êtes aussi très inquiète par rapport à une
décision, Roe v. Wade, qui a été faite? Parce que c'est lui qui a
nominé ces juges conservateurs qui ont fait reculer le droit des femmes. Est-ce
qu'il n'y a pas ici un malaise entre les deux rôles de la ministre?
Mme Biron : On a 35 bureaux
dans 20 pays du monde. Si... Je ne peux pas...
Mme Ghazal : Est-ce que vous avez un
malaise...
Mme Biron : Je n'ai aucun malaise.
Mme Ghazal : ...d'avoir les deux
rôles?
Mme Biron : Je suis très à l'aise
dans mes positions. Et, comme je vous dis, on a 35 bureaux dans
20 pays du monde. Je ne suis pas d'accord avec tout ce qui se décide dans
tous les États du monde où nous sommes présents, mais nous avons un certain
travail à faire et nous le faisons. Et je pense que...
Mme Ghazal : Donc, la ministre de la
Condition féminine n'est pas inquiète d'avoir un Donald Trump aux États-Unis.
Mme Biron : Nous avons
35 bureaux dans 20 pays du monde, et je...
Mme Ghazal : Est-ce que vous êtes
inquiète, oui ou non?
Mme Biron : ...et je pense que
c'est...
Mme Ghazal : Est-ce que la ministre
de la Condition féminine est inquiète par le fait d'avoir Donald Trump aux
États-Unis?
Mme Biron : Nous avons
35 bureaux dans 20 pays du monde. Je ne suis pas d'accord avec toutes
les décisions des dirigeants des pays où nous nous trouvons. Nous avons un
travail à faire et nous le faisons très bien. Je peux vous dire...
Mme Ghazal : Est-ce
que...
Mme Biron : ...qu'au pays il y en a
beaucoup qui sont jaloux du réseau diplomatique que nous avons...
Mme Ghazal : Bien là, on n'est pas
dans les Relations internationales. Moi, je pose la question à la ministre de
la Condition féminine.
Mme Biron : ...et dans lequel nous
faisons...
Mme Ghazal : Est-ce que la ministre
de la Condition féminine est inquiète par les décisions puis ce qui se passe
aux États-Unis avec Donald Trump, la ministre de la Condition féminine, oui ou
non?
La Présidente (Mme Caron) : Oui,
un...
Mme Biron : Mme la députée, j'ai un
travail à faire et je le fais.
La Présidente (Mme Caron) : Il vous
reste 10 secondes.
Mme Ghazal : Donc, on ne saura pas
si la ministre de la Condition féminine est inquiète, oui ou non, par Donald
Trump aux États-Unis.
La Présidente (Mme Caron) : Oui.
La Présidente (Mme Caron) : Effectivement.
Mme Ghazal : Donc, Mme la ministre
refuse de répondre.
Présidente (Mme Caron) : Mais, écoutez, le temps... le temps est écoulé.
Avec ça, Mme la ministre a répondu, a
été... elle a été interrompue pendant qu'elle répondait, alors je pense qu'elle
a répondu. De toute façon, le temps est écoulé.
Alors, nous allons passer maintenant à la
députée de Robert-Baldwin pour 18 min 30 s.
Garceau : Merci beaucoup, Mme la Présidente. J'aimerais
revenir, Mme la ministre, en termes de votre vision, de votre plan
d'action en ce qui a trait au manque de places en hébergement. Je vous ai
écoutée, là, en termes de... il y a des nuances, et tout ça, avec la question
de refus. Mais il y a un comité en place, manque de places, je comprends qu'il n'y a pas eu de rencontre, là,
semble-t-il, entre le mois de juin 2024 et jusqu'au 13 mars 2025.
Mais, à un moment donné, il faut que
le gouvernement, afin de pouvoir satisfaire à toutes les demandes des femmes
qui nécessitent de l'hébergement au
Québec... on doit avoir un plan. On doit mettre en vigueur un plan d'action
afin d'un jour pouvoir dire : On
est... on peut satisfaire à toutes les demandes. C'est vraiment ça, il me
semble, l'objectif à atteindre. Et c'est certainement l'objectif des maisons d'hébergement. Parce que, là, on est
dans une situation où, je reviens, SOS Violence conjugale, la dernière année, c'est une femme sur
deux, Mme la ministre, là, qui s'est vu refuser, et même un petit peu
plus que ça, là, de l'hébergement. On est à 53 % de refus d'hébergement.
Et là on est aussi... dernièrement à Montréal, on était rendus à 77 % de
refus.
Donc,
lorsqu'on regarde l'ampleur des refus dans la dernière année... Et, oui, on est
en train... il y a eu un retard en ce
qui a trait à la construction des nouvelles maisons d'hébergement puis les
projets, il y a eu toute l'année passée avec la SHQ puis le PHAQ, le logement social. On ne va pas retourner
là-dedans. Mais là c'est comme... il faut regarder en ce moment, en
2025. Il y a un comité, mais je comprends qu'on n'a même pas encore analysé les
données qui émanent de 2023 en termes des refus. Ça fait qu'il y a un retard
Donc, moi,
j'aimerais connaître de la ministre c'est quoi, son plan d'action pour
s'assurer que bientôt, dans un avenir rapproché, il va y avoir zéro
refus. Quand une femme va appeler, que ce soit SOS Violence conjugale ou
que ce soit une maison d'hébergement, on va lui trouver une place, qu'il n'y
aura pas de refus.
Mme Biron : Merci, Mme la députée de
Robert-Baldwin, pour cette question-là. Il y a beaucoup de réponses à ça, parce qu'on est définitivement en action,
mais la réponse la plus facile que j'ai envie de vous donner, c'est : On
en ajoute, des places. On en ajoute en
ajoutant quatre maisons d'hébergement de première étape, une en Abitibi-Témiscamingue, une en Outaouais, une à Laval, une à Montréal. Et
nous avons ajouté des places de maisons d'hébergement en deuxième étape.
Nous avons... Nous allons construire 30 maisons sur le territoire, nous en
avons livré 13, il y en a une dans... plusieurs à Montréal, il y en a en région
et il y en a 17 autres qui vont s'ajouter d'ici la fin du mandat.
Ce qui veut dire que c'est pas mal de places qui
vont s'ajouter et en première étape et en deuxième étape. Et je pense que juste
ça, c'est déjà plusieurs dizaines et des dizaines de places supplémentaires qui
pourront accueillir des femmes, et souvent des femmes avec leurs enfants, à qui
on permettra de cheminer et qu'on amènera aussi vers une nouvelle vie. Et c'est
ça, l'objectif, c'est de protéger les femmes et de les amener à faire des choix
qui seront significatifs pour elles, pour leur estime d'elles-mêmes, mais également
pour leurs enfants. Alors, déjà, je pense que nous sommes dans une situation
assez enviable, parce qu'il y a des projets où on va ajouter de la place sur la
table, mais plus encore parce qu'on
est quand même conscients de ce que vous avancez, Mme la députée de Robert-Baldwin, et c'est pour cette raison-là qu'on a mis en place un comité
avec la Santé, avec le Secrétariat de la condition féminine, pour être capable
de bien évaluer les besoins et de... Et puis on va travailler main dans la main
avec le regroupement, avec l'alliance, avec la Fédération des maisons
d'hébergement. Ce sont des alliés.
Parce qu'ici, au Québec, c'est ça qui est
important, nous sommes dans une période où nous travaillons ensemble pour faire avancer les choses. Je ne suis
pas du tout dans une situation où tout est fermé. Au contraire, on
ouvre... essayer de voir ce qu'on est capable de faire dans la capacité de
payer des Québécois et dans l'objectif très important de protéger les femmes du
Québec.
Mme Garceau : Mais où le bât blesse,
et je reviens là-dessus, Mme la ministre, c'est que les regroupements, vous êtes consciente ou votre ministère est
conscient du fait que, malgré l'augmentation de nouvelles places, ça ne
satisfait pas à la demande. Il est là, le
problème. Et donc, si on ne va pas chercher les données puis qu'on n'a pas
étudié les données, même, qui datent
de 2023 en termes de tous les refus, on peut bien dire : On construit, on
construit, mais, si on ne construit pas assez de places pour répondre
aux besoins, on va toujours être en mode de rattrapage, et les vies des femmes
vont continuer d'être en péril. Il est là, le problème.
Tout le monde veut travailler ensemble, Mme la
ministre. Et ça, c'est un enjeu critique, de s'assurer qu'on ait un plan
d'action, un programme pour dire : Voici, en ce moment, là, en 2025, on a
x nombre de refus, on le sait, c'est environ 10 000. Mais là c'est
sûr et certain, en ce moment, on n'a pas construit et on n'a même pas encore de
projet pour satisfaire à cette demande-là.
C'est pour ça que je reviens à ma question : Il est où, le plan d'action
de la ministre ou de ce gouvernement pour s'assurer qu'on rencontre les
demandes en hébergement ici, au Québec?
Mme Biron : Je suis un peu étonnée
de votre question, Mme la députée de Robert-Baldwin. D'abord, il y a trois choses que je vais vous dire. D'abord, vous
dites : Vous construisez, mais ça ne satisfait pas à la demande.
Bien, voulez-vous qu'on arrête de construire? Tu sais, on a quand même
17 maisons d'hébergement de deuxième étape, plus trois sur quatre, là, qui s'en viennent, là. Est-ce que vous
trouvez... vous trouvez qu'on devrait arrêter ça parce que ça ne
satisfait pas à la demande? Moi, je ne pense pas.
Moi, je pense que de rajouter des places, c'est
essentiel et c'est important, puis la raison, c'est parce qu'on veut faire échec à la violence conjugale et à la
violence sexuelle. Et, pour ça, ça veut dire que les femmes dénoncent de
plus en plus jeune, qu'elles prennent leur
vie en main de plus en plus jeune et qu'on va tout faire pour s'assurer
qu'elles restent loin d'un milieu toxique
pour elles. Alors, je pense que ça, c'est un bon plan, que de construire
davantage, puis, honnêtement, on a mis des centaines de millions de
dollars pour faire avancer ces dossiers-là.
Deuxièmement, la question de mettre en place un
comité avec la Santé, avec les Services sociaux et avec le Secrétariat de la condition féminine, c'est justement
d'être capable de faire l'analyse des besoins et de dire : O.K., on
sort du béton, mais qu'est-ce que c'est, les
réels besoins? Qu'est-ce que... Est-ce que toutes les femmes qui sont là sont
au bon endroit? Est-ce qu'on devrait trouver un moyen de référer les
femmes au meilleur endroit? Et les regroupements, alliances... bien, en fait, toutes les directions de maisons
d'hébergement, regroupements, alliances et fédérations font
partie de ce comité-là. Mais, plus encore, puis ça, c'est
une chose que vous savez plus que personne parce que vous avez déjà
oeuvré dans une maison d'hébergement, ce sont...
Mme Garceau : Je vais... j'ai été
présidente sur un siège de conseil d'administration, je n'ai pas...
Mme Biron : O.K. Je pensais que vous
aviez travaillé à l'intérieur.
Mme Garceau : Non, non, non, j'étais
présidente d'un siège.
Biron : Bon, d'accord. Bien, merci de le préciser, mais,
quand même, vous... à ce moment-là, vous comprenez la gouvernance et la
structure et vous savez que c'est des organismes communautaires et que ça doit
venir d'eux. Ça vient des... ça vient
d'elles, de ces femmes-là. Alors, nous, on est là pour supporter ce mouvement
citoyen pour aider les femmes. Alors,
c'est certain que moi, je travaille avec elles, mais elles prennent leurs
propres décisions à l'aide de leur conseil
d'administration, que vous avez vous-même... vous avez une expérience
là-dessus. Alors, vous savez que vous êtes
décisionnelle, et que vous faites avancer, et que nous, on est, finalement, là
pour vous supporter, pour... pas vous, excusez,
vous avez changé de vie, mais, quand même, vous êtes quand même... tu sais,
votre bagage fait que vous voulez que
les maisons d'hébergement remplissent leur rôle pleinement, puis j'en suis.
Honnêtement, vous et moi, là-dessus, on parle à peu près le même langage, parce que ce qu'on veut, c'est que ça
marche, puis ce qu'on veut surtout, c'est sortir les femmes de leur
milieu toxique.
Et puis je pense qu'on est à la bonne place en
voulant rajouter des places, rajouter des espaces, aussi, où on va pouvoir
aider ces femmes-là et faire aussi une analyse exhaustive des besoins sur le
terrain, parce qu'on se rend compte que ces besoins-là, ils augmentent.
Mme Garceau : ...Mme la ministre,
qu'actuellement le comité de manque de place, là, se fait dire qu'il n'y a
aucun financement disponible, aucun financement disponible pour le
développement.
Mme Biron : Je ne comprends pas
votre question.
Mme Garceau : Est-ce
que vous êtes au courant...
Mme Biron : Mais je ne comprends
pas...
Mme Garceau : ...qu'il n'y aurait
aucun financement pour nouveaux... développement de nouvelles places?
Biron : Je pense que l'on en développe, des places,
l'argent est là. Je ne comprends... je ne comprends pas votre question, parce que, dans le fond, si on dit
qu'on va livrer une trentaine de maisons d'hébergement, on en a 13 de
livrées, il y en a 17 qui s'en viennent, on est en train d'en évaluer, ça veut
dire, le budget... le budget est là. Je vous ai montré... je vous ai expliqué,
tout à l'heure, qu'on augmente... Alors, je pense que les... le train est en
marche, là. Nous, je veux dire...
Bon,
l'important, c'est d'être capable d'évaluer les besoins. Comme je vous ai dit,
dans les maisons d'hébergement aussi,
il faut également s'assurer que les gens... que les femmes sont au bon endroit,
au bon moment, et puis qu'on est capable
de bien faire les choses. Alors là, c'est ça qu'on essaie de faire, là, qu'on
essaie de voir. Je vous donnais l'exemple, tout à l'heure, d'une maison d'hébergement qui me disait : Moi,
cette résidente-là, elle devrait être dans un CHSLD. Ça, ça veut dire
que, dans certaines résidences, il y en a qui donnent des soins, là, comme
nourrir des femmes. Alors, tu sais, est-ce que c'est ça, leur rôle? Est-ce
qu'on peut les envoyer ailleurs puis répondre mieux à leurs besoins? Est-ce
que... Comment est-ce qu'on peut le faire? C'est ça qu'il faut faire.
Mme Garceau : Mais, Mme la ministre,
vous êtes d'accord avec moi qu'afin de s'assurer d'avoir un filet de sécurité pour les femmes et les enfants, à un
moment donné, il faut évaluer les besoins, les besoins et les refus, qui
est quand même un indice qu'on n'a pas assez
de places. Et là, si on y va... Oui, on construit, on construit, mais... on
construit, est-ce qu'on construit assez? Il est là, le problème. C'est parce
que, là, les maisons d'hébergement, le regroupement, l'alliance, on ne construit pas assez pour satisfaire les demandes. Et
là, actuellement, on aimerait avoir d'autres projets de développement,
mais là on se fait dire : Il n'y a pas d'argent. C'est ça, la situation
actuelle, Mme la ministre.
Mme Biron : Bien, écoutez, moi, je
trouve l'avenir quand même encourageant. Tu sais, honnêtement, qu'on soit
capable d'arriver avec de nouvelles maisons dans nos cartons, c'est assez
formidable. Mais là on a 13 maisons livrées sur 30, il y en a 17 à venir.
J'essaie d'évaluer ce que vous voulez dire. Est-ce qu'on devrait en rajouter,
quoi, je ne sais pas combien? Tu sais, vous, vous évaluez le besoin comment?
Est-ce que...
Nous, ce
qu'on se dit, c'est : Bien, écoutez, on va construire les 17, il y en a
dans toutes les régions du Québec, les
17 suivantes. Il y en a 13 de livrées, c'est quand même bien, qui ont ouvert
leurs portes, puis c'est des belles maisons, j'en ai vérifié... j'en ai
visité plusieurs. Alors, il y a quand même une certaine fierté, puis on est
capable de répondre à des besoins. Ceux qui vont venir vont continuer de
répondre à ces besoins-là.
Puis l'idée
d'avoir un comité en place qui regroupe les Services sociaux, la Santé et nous,
bien, on met au coeur de ce comité-là l'expertise que l'on détient... et
les maisons d'hébergement, là, je ne veux pas les oublier, parce que les
regroupements, alliance, Fédération des maisons d'hébergement sont parties de
ce comité-là, et c'est important qu'elles soient parties de ce comité-là, ce
sont nos yeux, nos oreilles, ce sont les citoyens qui s'expriment à travers le regroupement, l'alliance et la fédération. Alors,
elles apportent toute leur expertise, tout leur travail pour... toutes
leurs connaissances pour qu'on puisse, nous,
au gouvernement, faire les choix les plus éclairés et les plus en droite ligne
avec les besoins sur le terrain. Et ces
besoins-là, je le disais un petit peu tout à l'heure, c'est des mouvements qui
sont vivants. Alors, on ne peut pas
dire 1 000 places là, deux places là, 14 places là, c'est... On
se retrouve, des fois, dans des situations où il y a plusieurs enfants, des fois des personnes âgées, des fois des
problèmes qui sont plus... qui sont plus lourds. Il y en a qui sont
passagers, il y en a qui se retrouvent dans des situations particulières à un
moment donné de leur vie. Alors, l'idée,
c'est d'être capable de référer les femmes aux bons endroits, de faire une
bonne analyse de la situation sur le terrain, ce que nous sommes en
train de faire, et d'être capable d'amener... de répondre à ces besoins-là avec
l'ensemble des ressources qu'on a sur le terrain. Mais, comme je vous dis, ça
bouge.
Mme Garceau : Mme la ministre, je
m'excuse, mais je reviens, parce que vous n'avez pas répondu à la question. En
ce moment, là, vous parlez des projets, les projets, là, en cours, et tout,
mais ces projets-là ne vont pas satisfaire aux demandes actuelles, et donc les
regroupements reviennent avec : On a d'autres projets, on veut faire
d'autres projets, mais on se fait dire : Il n'y a pas de financement. Donc
là, on a atteint comme un sommet, on est saturé,
c'est : Voici les projets actuels, mais les nouveaux que vous voulez
avoir, là, non, il n'y en a pas, d'argent. C'est ça, la situation. C'est
ça que j'aimerais avoir, votre confirmation, Mme la ministre. C'est ça, la...
la situation actuelle, il n'y a pas d'argent pour de nouveaux projets afin de
pouvoir satisfaire peut-être toutes les demandes.
Biron : Mais qu'est-ce qui vous dit que les
30 maisons plus quatre maisons ne répondront pas aux besoins?
Mme Garceau : ...c'est les maisons
d'hébergement qui nous le confirment. C'est le regroupement, c'est la
fédération puis c'est l'alliance qui nous le confirment.
Mme Biron : Bien,
moi, je... On n'a pas les mêmes conversations. Moi, ce que j'entends, c'est que
ça s'est extrêmement amélioré. Puis, bon, on construit une trentaine de
maisons, ce n'est quand même pas rien. Mais, je ne sais pas, vous, vous avez visiblement des chiffres que moi, je ne
connais pas, parce que vous me dites que vous voulez qu'on ait de nouveaux projets par-dessus les
projets qui ne sont pas terminés. Alors, je ne sais pas de quoi vous
parlez. Moi, je pense qu'il y a un réel
effort, je pense que notre gouvernement... Je suis très fière de ce que notre
gouvernement fait pour contrer la violence à l'égard des femmes, les violences
sexuelles et conjugales, et cela, depuis 2018, c'est au-dessus de
1 milliard de dollars qui a été investi pour contrer les violences à
l'égard des femmes. Ce n'est pas rien. Alors
que vous, vous étiez stable, entre 2014 et 2018, à 77 millions de dollars,
avec zéro, zéro sous dans... en maisons de deuxième étape, c'est
comme...
Mme Garceau :
Mme la ministre, je vais vous poser... Je n'ai pas beaucoup de temps.
Mme Biron :
...vous n'étiez pas du tout dans une situation où vous répondiez aux besoins.
Mme Garceau :
Les services externes, pour vous, ça veut dire quoi? Les services externes
dans les maisons d'hébergement, ça veut dire quoi? C'est quoi, les services
externes? Est-ce que vous savez qu'est-ce que c'est, les services externes, Mme
la ministre, dans les maisons d'hébergement?
Mme Biron : Oui, mais les maisons d'hébergement donnent des
services, pas juste les maisons d'hébergement, il y a... l'aide
d'urgence donne... les centres de femmes donnent des services pour accompagner
les femmes. Et il y a des femmes qui ont des réseaux et qui peuvent profiter,
bénéficier des services d'accompagnement soit des maisons d'hébergement, soit
des centres de femmes ou de différents...
La Présidente (Mme
Caron) : Merci, Mme la ministre. Le temps est écoulé pour ce bloc.
Alors, je vais maintenant reconnaître la députée de Terrebonne. Il vous reste
11 minutes... non, 12 min 16 s.
Gentilcore : Merci. Je vais poursuivre un petit peu sur la
rémunération des stages, parce qu'on n'a pas eu
le temps de terminer notre discussion tout à l'heure, puis ça m'intéresse
grandement. Donc, juste revenir, là, vous avez nommé plusieurs autres
domaines où les femmes ont des stages rémunérés puis le taux de diplomation des
femmes versus les hommes. Très bien. Mais moi, j'aimerais qu'on se concentre
sur vraiment les secteurs névralgiques de nos systèmes
publics, donc en santé, en éducation, nos infirmières, nos préposées aux
bénéficiaires, nos enseignantes, nos éducatrices spécialisées, donc ces
femmes-là.
ce que je comprends, de ce que vous m'avez dit tout à l'heure, donc, vous
n'avez pas fait de démarches auprès de
vos collègues de l'Enseignement supérieur et des services... Santé et Services
sociaux pour que votre gouvernement, là, donne suite à son engagement de
rémunérer les stages de ces... dans ces domaines-là.
Biron : Je pense que c'est
important d'être capable d'avoir les données nécessaires pour bien
comprendre ce dossier-là. Actuellement, ce
que notre gouvernement a fait, notre gouvernement a fait des choix, des choix
qui étaient de valoriser différentes professions et d'augmenter
substantiellement la rémunération des femmes ou des hommes qui travaillent dans
le domaine de l'éducation, de la santé, des services sociaux et de
l'enseignement supérieur. Alors, ces choix-là ont été faits.
Sur la question du
stage, il faudrait déterminer également combien... de quoi on parle, mais il y
a certaines professions où les stages sont rémunérés et où il y a amplement de
femmes qui peuvent bénéficier de ces stages-là.
Gentilcore : Mais votre gouvernement a pris l'engagement de rémunérer
les stages. Je ne peux pas croire que ces études-là n'ont pas été faites.
J'imagine qu'on a des rapports, des documents qui nous indiquent ces
chiffres-là. On doit savoir, là, à combien ça s'élève, tout ça. Voilà.
Mme Biron : Oui.
Bien, je pense que c'est une bonne question pour ma collègue Pascale Déry,
qui est la ministre de l'Enseignement
supérieur, d'avoir ses données là-dessus, mais je... Les étudiants en général
bénéficient de programmes de prêts et bourses et d'accompagnements
divers. Et, comme je vous disais tout à l'heure, il y a de plus en plus de
femmes qui opèrent dans les milieux non traditionnels. Je pense aux facultés de
médecine où il y a plus de 50 % de femmes qui y oeuvrent.
Mme Gentilcore : ...évidemment,
on ne parle pas des femmes médecins, on parle des infirmières, des
préposées aux bénéficiaires, on parle de nos enseignantes, de nos éducatrices
spécialisées. Donc, vous, Mme la ministre de la Condition féminine, vous ne croyez pas que votre gouvernement devrait
tenir son engagement et rémunérer les stages de ces femmes-là dans des
milieux cruciaux où on manque de main-d'oeuvre?
Mme Biron : Bien,
je pense que c'est une excellente question pour ma collègue à l'Enseignement
supérieur.
Gentilcore : Non, mais vous, comme ministre de la Condition féminine.
Mme Biron : Je pense qu'elle s'est penchée sur ces
questions-là. Je pense qu'il faut avoir les données nécessaires puis
réfléchir et en faire l'analyse.
Gentilcore : Très bien. Allons donc sur le sujet de l'équité
salariale. Il y a 25 ans, la
Loi sur l'équité salariale a changé le visage
de l'emploi au Québec. Il y a des avancées importantes qui ont été faites, on
se l'est dit tout à
l'heure, mais il reste encore beaucoup de travail à faire. On avait adopté une
motion à l'unanimité, en 2021, qui demandait
de réformer la
Loi sur l'équité salariale. On s'était tous engagés
collectivement à le faire. On voulait lui donner plus de force, plus de
mordant. Si je prends la dernière phrase de la motion, ça disait : «Enfin,
qu'elle demande au gouvernement de renforcer
la
Loi sur l'équité salariale pour s'assurer que celle-ci est en mesure
d'atteindre pleinement une réelle
équité salariale.» Est-ce que votre gouvernement va réformer cette loi comme on
s'y était engagés en 2021?
Mme Biron : C'est une bonne question. C'est un dossier quand
même substantiel que l'équité salariale. Il y a quand même un travail qui a été fait, et l'écart s'est rétréci entre les
hommes et les femmes, mais il demeure un certain travail à faire, et je... c'est un dossier que je suis de près et qui
doit... Je pense que notre gouvernement, notamment en donnant des augmentations substantielles dans des
secteurs réservés aux femmes, notamment en éducation, en santé et en... et les éducatrices en garderie, l'objectif
était justement de réduire cet écart-là. À cet égard, je dirais que la
pandémie a donné un bon coup de pouce à la question des femmes.
Gentilcore : En fait, je comprends, on a fait du chemin, mais, le
27 novembre 2024, ma collègue Méganne
Perry Mélançon a fait une sortie
disant qu'à partir de cette date les femmes travaillaient gratuitement au
Québec pour montrer qu'on avait encore un
recul de plus d'un mois, là, de salaire comparativement aux hommes. Donc, moi,
ce que je veux savoir, c'est : Est-ce
que vous allez la réformer, cette loi? Parce que, là, vous ne répondez pas
clairement. Est-ce qu'on va réformer la loi? Est-ce que vous pouvez vous y
engager?
Mme Biron : Actuellement,
le CNESST est en train de faire une évaluation, d'évaluer les effets,
justement, du plan 2017‑2019,
le plan d'action sur l'application de la
Loi sur l'équité salariale. Ce plan de
travail sera réalisé en 2026, et c'est mon collègue du Travail qui
évaluera la nécessité et l'opportunité de modifier cette loi. Alors, ce n'est
pas sous mon chapeau à moi. Le ministre du
Travail, d'ailleurs, a une formation en droit, et c'est vraiment le genre de
question qui le préoccupe. Je pense que la question de l'équité salariale
devrait lui revenir, à lui ou au Conseil du trésor, et/ou au Conseil du trésor,
parce que ma collègue présidente du Conseil du trésor est préoccupée par ce
type de question.
Gentilcore : 2021, on s'entend que ça fait quand même, tu sais, quatre
ans de ça. À quel moment on leur a demandé de se pencher là-dessus? Juste pour
que je sache.
Gentilcore : Non, mais 2021, c'est la date à laquelle on a adopté la
motion tous ensemble. Là, vous avez dit qu'il y a le ministre du Travail, je ne
sais pas trop, qui... la CNESST se penche là-dessus. À quel moment on leur a
donné ce mandat-là? Puis quand est-ce qu'on attend les résultats de cette
consultation-là?
Mme Biron : J'ai un peu de difficulté à répondre à cette
question-là essentiellement parce que je ne le sais pas. En 2021, un, je n'étais pas élue et je sais que
c'est au Travail qu'on va... qu'on attend, en fait, au ministère du
Travail qu'on attend le plan de travail qui
va être réalisé d'ici 2026. Et je pense que le ministre du Travail, lui, est
plus au fait.
c'est un peu l'enjeu du Secrétariat de la condition féminine. Souvent, on
travaille avec plusieurs partenaires, mais
le leadership de certains... surtout des projets de loi, leur revient. Nous, on
se tient quand même au courant, et, bon, ça arrive... Puis en fait, ça adonne bien, le ministre du Travail, c'est
mon voisin au salon rouge, alors, de temps en temps, je lui glisse un
mot là-dessus, et je le sais, qu'il est préoccupé sur cette question-là.
Gentilcore : Un petit sujet complémentaire par rapport à ça, des
plaintes, il y a plusieurs plaintes qui ont été formulées pour discrimination
salariale envers les femmes, qui n'ont toujours pas été traitées, selon nos informations. Pire encore, il y a même des
milliers de plaintes qui visent le gouvernement employeur, qui sont
toujours en traitement au service des
enquêtes, justement, de la CNESST. Combien on a de plaintes qui sont toujours
en traitement? Quels sont les délais
de traitement pour ces plaintes-là? Et est-ce que vous considérez que ces
délais-là sont raisonnables?
Mme Biron : Bien, encore une fois, c'est difficile pour moi de
répondre à ça. Ce n'est vraiment pas dans mon champ d'expertise puis ce n'est pas moi qui traite ce type de dossier
là. Je pense que vous auriez plus de chance au Trésor ou au ministère du Travail, responsable de la
CNESST. Mais, moi, dans mon... au Secrétariat de la condition féminine,
c'est le genre de dossier qu'on suit, mais ce n'est pas le genre de dossier
qu'on dirige, ce n'est pas... on n'est pas les leaders dans ce dossier-là.
Mme Gentilcore : Donc, vous ne savez pas
il y a combien de plaintes qui ont été formulées pour discrimination
salariale. Très bien.
En 2024, il y a eu
25 féminicides qui ont été enregistrés au Québec, en 2020, 21, en 2021,
26, en 2022, 14. Le plan d'action du
gouvernement en matière de violence conjugale était pour 2018‑2023,
ça a pris fin au 31 mars 2023. Donc, j'aimerais savoir si ce plan
d'action là va être reconduit.
Mme Biron : S'il
y a une question qui me préoccupe, c'est ça, c'est la question des féminicides.
Il y en a encore beaucoup, puis notre
gouvernement a investi au-dessus de 1 milliard de dollars, et puis il y en
a encore. À chaque fois qu'il arrive un féminicide au Québec, la
première question que je pose à mes équipes, c'est : Est-ce que... est-ce
qu'on la connaît? Est-ce qu'elle a passé dans nos...
Gentilcore : Mailles.
Mme Biron : ...nos
filets? Est-ce qu'on a eu à répondre à SOS Violence conjugale? Est-ce qu'elle a
déjà porté plainte? Et je ne me souviens pas d'avoir eu la réponse : Oui,
on la connaît. Alors, on en échappe encore, mais on en échappe de moins en moins. Parce qu'un des registres qu'on n'a
pas, puis c'est ça qui... il faut l'imaginer, c'est le nombre de vies
qu'on a sauvées, mais on en a sauvé, des vies. Puis ça, je le sais parce que
j'y vais, sur le terrain.
La stratégie dont
vous faites part, là, je ne l'ai pas sous le nez, mais elle s'est intégrée dans
la stratégie Rebâtir, qui, elle, va jusqu'en
2027, et où on a investi 462 millions de dollars, et qui va se poursuivre
jusqu'en 2027, et qu'on va
renouveler. Mais, écoutez, il n'y a rien qui est abandonné et qui n'est pas
renouvelé. Les stratégies gouvernementales pour contrer la violence, autant à l'égard des femmes que la violence
sexuelle, je peux vous dire que c'est une priorité de notre gouvernement. On l'a démontré en
investissements, massivement, à tous les niveaux, dans un bouquet de
mesures. On a beaucoup parlé des maisons d'hébergement, mais il y a les
bracelets antirapprochements, les tribunaux spécialisés, l'aide d'urgence, les
cellules de crise, le travail des policiers. Alors, tout ça est un...
Mme Gentilcore : ...comment expliquer...
comment vous expliquez qu'on soit à 25 féminicides? Là, on est à un
féminicide du triste sommet de 2021, donc ça
continue d'augmenter. On a vu une recrudescence en 2024. Comment vous
expliquez ça puis qu'est-ce qui est fait? Si ce plan-là, d'action
gouvernementale, là, n'est pas reconduit, je sais que vous faites d'autres
choses, mais comment on fait pour ne pas se rendre à 28 l'année prochaine, là?
Mme Biron : Ce
n'est pas vrai qu'il n'est pas reconduit. Cette stratégie-là a été intégrée
dans son ensemble dans Rebâtir la confiance . Alors, c'est faux de dire
que ça n'a pas été...
Mme Biron : En tout cas, je mets ça sur le fait, là... vous
arrivez, là, mais, non, non, il y a... c'est... on n'a rien abandonné. Bien au contraire, les recommandations
qui étaient à l'intérieur de ce plan-là ont été intégrées dans Rebâtir
la confiance , et on donne suite, puis non seulement on donne suite, mais
c'est financé.
Bon,
comment j'explique qu'il y a encore des féminicides? Comme je vous dis, s'il y
a quelque chose qui me brise le coeur, c'est vraiment ça. Comme je vous
dis, on en échappe, parce que ce n'est pas toutes les femmes qui déposent des
plaintes. Mais honnêtement je vous dirais qu'on avance. Parce que, si je
regarde les statistiques sur les clientèles les plus nombreuses, là, je réalise
que les jeunes femmes...
Gentilcore : J'ai un dernier petit sujet. Il me reste une minute.
Mme Biron : ...les
jeunes femmes dénoncent davantage. Mais là c'est important, ça, dire ça, que
les jeunes femmes dénoncent davantage. Parce qu'avant, en tout cas, c'était
beaucoup plus des personnes âgées.
Gentilcore : Mais il me reste une minute. Il me reste une minute.
Mme Biron : Oui,
je sais.
Mme Gentilcore : Dernier petit sujet, les
syndicats et le milieu communautaire demandent 10 jours d'absence
rémunérés pour les personnes victimes de violence. Je veux juste savoir si vous
êtes en faveur d'une telle réforme.
Mme Biron : Bien,
écoute, il y en a déjà, des jours qui sont donnés, je pense, des jours
flottants là-dessus. C'est une question...
Gentilcore : ...c'est non rémunéré, souvent. Là, on demande
10 jours rémunérés, là.
Mme Biron : Oui. Bien, en fait, il y a déjà deux jours
rémunérés par année, puis la protection du lien d'emploi...
Gentilcore : ...on est victime de violence conjugale, deux jours...
Mme Biron : Bien,
on avance, là. Je pense qu'on est dans une situation...
Gentilcore : Donc, 10 jours, ce n'est pas... Donc, la demande du
milieu communautaire puis des syndicats, vous n'êtes pas pour?
Mme Biron : Bien, écoutez, l'ajout de congés, ce n'est pas...
ce n'est pas une recommandation du rapport du comité qui est chargé
d'analyser le recours en matière de harcèlement sexuel, alors on ne l'a pas
intégré dans notre stratégie.
La Présidente (Mme Caron) : Merci.
Merci à vous deux. Alors, nous allons... je vais maintenant reconnaître
la députée de Robert-Baldwin. Vous avez 18 min 33 s.
Mme Garceau : O.K.
On va tenter de poser quelques questions à Mme la ministre.
Concernant... On n'a pas eu de réponse
concernant notre question liée à la ventilation des sommes dépensées concernant le montant de 97,3 millions de
dollars qui a été versé, c'était avec l'accord avec le gouvernement fédéral
en novembre 2023. Et on nous a répondu, dans le cahier des crédits, que
cette question-là n'était pas pertinente. Donc, je dois vous dire, j'ai été un
peu surprise de cette réponse-là. Il me semble qu'elle est hautement
pertinente, de savoir comment cette somme, qui est quand même assez... une
bonne envergure, a été dépensée et c'est quoi, les projets en ce qui a trait à
qu'est-ce qui s'en vient, là, parce que c'était échelonné sur quatre ans.
Mme Biron : Mme la Présidente, il y
a une directive qui existe à l'effet que, dans les études de crédits, on ne
répond pas pour les crédits fédéraux. Alors, ça me fera plaisir de répondre aux
crédits que nous avons engagés en Condition féminin