Labour and the Economy — 18 October 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2016-10-18
Quebec — Committees
(Dix heures trois minutes)
Président (M. Cousineau) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ça va? Parfait? Oui. Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte. Je demande à toutes les personnes dans
la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils
électroniques.
La commission est réunie afin de poursuivre les consultations
particulières et auditions publiques sur le projet
de loi n° 53, Loi actualisant la
Loi sur les décrets de
convention collective en vue, principalement, d'en faciliter
l'application et de favoriser la transparence et l'imputabilité des comités
paritaires.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. LeBel (Rimouski) remplace M. Leclair (Beauharnois); M. Traversy
(Terrebonne) remplace M. Therrien (Sanguinet); et M. Picard
(Chutes-de-la-Chaudière) remplace M. Lamontagne (Johnson).
Président (M. Cousineau) : Merci. Nous entendrons cet avant-midi
les organismes suivants : l'Association de la construction du Québec, qu'on a déjà devant nous, la Corporation
des concessionnaires d'automobiles de Montréal et la Corporation des
concessionnaires d'automobiles de Québec.
Je vous donne
le temps pour la durée de l'audition, c'est 45 minutes. Il y a un exposé de 10
minutes pour les gens qui nous
visitent, une période d'échange de 32 minutes et puis, bon, sans député
indépendant, on a 16 minutes pour le gouvernement,
9 min 30 s pour l'opposition officielle et
6 min 30 s pour le deuxième groupe d'opposition.
Donc, je
souhaite la bienvenue aux gens de l'Association de la construction du Québec.
Alors, la personne qui va prendre la
parole en premier, bien, je vous demande de présenter les gens qui vous
accompagnent, et vous avez 10 minutes pour votre exposé. Merci.
Mme Bertrand (Manon) : M. le
Président, Mme la ministre, membres de la commission, je me présente, Manon
Bertrand, entrepreneure et présidente de l'Association de la construction du
Québec. Je suis accompagnée aujourd'hui de M. Luc Bourgoin, directeur général
de l'Association de la construction du Québec, Me Pierre Hamel, directeur des
affaires juridiques et gouvernementales, et M. Jean-Philippe Cliche, qui est
économiste à l'ACQ, au bout de la table.
Je voudrais d'abord remercier la commission de
nous donner l'opportunité de présenter nos commentaires et recommandations
visant le projet de loi n° 53, à l'égard duquel l'ACQ est favorable. Il
s'agit pour nous d'un projet de loi important qui s'inscrit dans la stratégie
gouvernementale visant à moderniser et mieux encadrer l'ensemble des activités
assujetties par la
Loi sur les décrets de convention collective.
Je vais
laisser à M. Bourgoin le soin de vous expliquer plus en détail les motifs qui
entourent notre appui à ce projet de
loi, mais aussi de vous communiquer les autres initiatives gouvernementales qui
devraient être mises en place pour prévenir le phénomène de collusion et
corruption. Je cède donc la parole à M. Luc Bourgoin. Merci.
Bourgoin (Luc) : Merci. M. le Président, Mme la ministre, membres de
la commission, comme nous l'avons mentionné en introduction de notre
mémoire, l'ACQ appuie la démarche du gouvernement visant la modernisation et l'encadrement des activités assujetties par la Loi
sur les décrets de convention collective. Ce pan de l'industrie
québécoise constitué d'un bon nombre de PME
mérite qu'on y accorde une attention particulière et surtout que l'ensemble des
activités des différents comités paritaires
se déroulent en toute transparence et que les membres et dirigeants soient
imputables.
L'ACQ favorise l'implantation de mesures
éthiques organisationnelles en entreprise. Elle travaille, d'ailleurs, activement à la promotion et l'implantation du
programme d'intégrité en entreprise qu'elle a développé avec le CIRANO ainsi qu'à la mise sur pied d'un organisme
indépendant de certification. Elle ne ménage ni efforts ni temps pour
permettre aux entreprises qui ont l'intégrité
à coeur qu'elles puissent l'afficher. Dans ce contexte, l'ACQ est d'avis que
les modifications proposées par l'ajout des articles 22.3 et 31.1 à la
loi actuelle constituent des dispositions charnières du projet de loi.
La mise en
place par chaque comité paritaire d'un site Internet sur lequel les
informations importantes à propos de l'administration
des décrets seront divulguées constitue en 2016 un outil incontournable pour
permettre aux employeurs et aux travailleurs notamment de consulter
l'information pertinente relative aux décrets visés, à la santé financière du
comité ou du régime de retraite et du régime d'assurance concerné.
Également, le
message clair lancé par le ministère à l'effet que les comportements empreints
de mauvaise foi, arbitraires ou discriminatoires, de même que les actes
de négligence grave à l'endroit des salariés et des employeurs assujettis à un
décret ou susceptibles de l'être ne seront plus tolérés constitue, selon nous,
des balises importantes et nécessaires au bon développement du modèle
québécois.
Comme, par
ailleurs, nous le mentionnons dans notre mémoire, si la transparence et
l'imputabilité sont nécessaires afin
de moderniser le modèle sur lequel repose la loi actuelle, il convient de
s'assurer que les membres des différents comités sont bien renseignés sur les rôles et responsabilités et qu'ils ont les
outils appropriés pour les exercer. Ainsi, la formation obligatoire des membres des comités, des
gestionnaires et permanents des comités paritaires nous apparaît un
élément pertinent dans la poursuite des objectifs du gouvernement.
Une telle
formation est d'ailleurs mise en place par le gouvernement lui-même pour les
administrateurs publics afin,
notamment, de les sensibiliser sur les dispositions du Règlement sur l'éthique
et la déontologie des administrateurs publics,
qui poursuit des objectifs similaires à ceux du projet de loi. Ayant moi-même
siégé sur un tel comité, je témoigne de la plus-value qu'aurait apportée
une telle formation initiale pour tous les représentants siégeant sur ces
comités.
D'autre part,
les administrateurs faisant
partie des décrets des différents comités paritaires
confient le mandat de la gestion
quotidienne des décrets à la permanence, tout comme ils confient les
inspections en entreprise pour s'assurer de la conformité des employeurs assujettis au décret, de la perception des
montants relatifs à la gestion du décret, du régime d'assurance ainsi
que du régime de retraite des employés. Or, le virage entrepris en matière de
décrets de convention collective nécessite, selon nous, le développement d'une
formation complète également à l'intention des permanents oeuvrant au sein des
comités paritaires.
Des mesures de transparence et d'imputabilité
conjuguées avec un pouvoir d'intervention accru constituent un encadrement
complet et, nous le répétons, nécessaire pour éviter les abus et autres
problèmes qui peuvent apparaître dans le cadre de l'application des différents
décrets de convention collective.
Quant au pouvoir d'intervention, nous ne devons
pas perdre de vue que l'objectif principal de la loi est la négociation de conventions collectives de travail sur des bases sectorielles et
industrielles. À cet égard, le mécanisme de la libre négociation doit
être préservé. C'est pourquoi nous émettons une mise en garde dans notre
mémoire quant à l'utilisation d'un tel pouvoir. Il doit être utilisé
judicieusement, sans devenir une porte de sortie pour l'une ou l'autre
des parties à la négociation pour refuser d'arriver à une entente, comptant sur l'intervention du ministre
pour dénouer toute impasse de négociation et, partant, éviter ainsi de
porter la responsabilité des termes d'un accord négocié.
Somme toute,
bien que l'ACQ soit convaincue que le projet
de loi aidera la gouvernance et la transparence des
comités paritaires, nous devons, tout de même, faire le constat que les opérations quotidiennes du Comité conjoint
des matériaux de construction, sur lequel
j'ai eu l'opportunité de siéger et sur lequel siège aujourd'hui mon collègue M. Cliche, se déroulent bien et que ce
comité est géré de manière responsable, compte tenu des moyens dont il dispose
et des responsabilités qui lui incombent en
lien avec la gestion des décrets. Nous pouvons vous affirmer qu'à l'intérieur
des limites et des défis que le paritarisme peut apporter au niveau de
la gestion du comité des décrets, l'ACQ a toujours agi avec intégrité et dans
l'intérêt supérieur des employeurs qu'elle représente.
En terminant, la Commission de l'économie et du
travail a entendu la semaine dernière le témoignage de Mme Danielle Beaulieu, directrice du Comité conjoint des matériaux de
construction. Nous croyons opportun d'apporter à la connaissance des membres de la commission que l'ACQ ne
partage aucunement les propos qu'elle a tenus devant vous et que Mme Beaulieu a d'ailleurs remis sa démission la
semaine dernière à la rencontre du comité. Merci de votre collaboration
et de votre attention.
Président (M. Cousineau) : Merci, M. Bourgoin. Alors, il n'y a pas d'autres personnes qui prennent
la parole, et nous allons passer immédiatement à la période d'échange avec les parlementaires. Mme la ministre, pour 16 minutes.
Mme Vien : Bonjour, chers collègues. Bon matin à chacun et à
chacune. Merci, Mme Bertrand, d'être ici avec votre brigade. On est
contents de vous revoir, on a eu l'occasion d'échanger il n'y pas si longtemps
que ça.
J'ai quelques petites questions en rafale à vous
poser. Évidemment, il y a été beaucoup question, au cours des dernières rencontres qu'on a eues avec d'autres
groupes, sur les directives que pourrait émettre la ministre
pour en arriver à une saine gouvernance dans les comités paritaires. Selon vous, qu'est-ce que devraient
contenir ces directives-là, étant entendu que je comprends que vous
m'invitez à la prudence quant au type d'interventions, ce que vous qualifiez d'interventions qui pourraient être trop grandes.
Mais, ceci étant dit, sur le contenu, de toute évidence, là, il y a
des gestes à poser. Que devraient
contenir les lignes directrices pour en arriver à une bonne gouvernance ou à
une meilleure gouvernance?
Bourgoin (Luc) : Écoutez,
on l'a mentionné dans notre mémoire qu'on est tout à fait d'accord, on appuie les mesures qui
accordent un pouvoir accru au ministre et au gouvernement, un pouvoir d'intervention. Par contre,
on émet certaines réserves, comme je
le disais tout à l'heure, parce
qu'on considère que c'est important de favoriser le dialogue et la négociation libre, bien, entre les différentes
parties pour arriver finalement à un accord qui est mutuellement
acceptable, donc finalement... puis
mutuellement acceptable, et qui tient compte aussi de la réalité des enjeux de
l'industrie. Et il faut préciser que
les parties ont développé des outils à travers les années, une expérience, une
expérience pertinente, et ils sont capables maintenant de négocier de
façon efficace pour arriver à des résultats qui sont quand même très
intéressants.
évidemment, ce qui nous inquiète aussi, on a une certaine inquiétude, c'est que
ce qu'on ne voulait surtout pas et ce
qu'on voulait éviter, c'est qu'une
partie ou l'autre décide, en raison du
pouvoir accru du ministre, de s'asseoir sur sa position puis de dire : Bien, je vais
attendre qu'il y ait une décision ministérielle, puis je n'ai pas vraiment de
pression pour agir plus rapidement ou qu'il y ait une intervention qui soit
faite après qu'une entente ou qu'une convention collective... qu'il y ait une entente qui soit conclue entre les parties
puis qu'il y ait une intervention par la suite. En fait, ce qu'on ne
veut pas, c'est une déresponsabilisation des parties prenantes qui sont
impliquées dans le décret.
Mme Vien :
M. Bourgoin, moi, je vous parle de bonne gouvernance, là, tu sais, je ne vous
parle pas du contenu d'une
convention. Il y a des groupes, là, qui sont... il y a des gens qui sont venus
nous dire : On a reçu de la
correspondance de personnes qui nous
disent : Écoutez, on ne sait pas qu'est-ce qui se passe, on ne sait pas c'est quoi, les décisions,
on ne sait pas comment les décisions se prennent, il n'y a pas d'assemblées
générales, on ne sait pas ce qu'ils font avec leur budget, il n'y a rien sur
leur site Internet, quand il y a un site Internet. C'est de ça dont je vous
parle.
Mme Bertrand (Manon) : Je vais céder
la parole à M. Hamel.
Mme Vien : Peut-être que je
n'avais pas été clair aussi, M. Bourgoin, ça se peut très bien... M. Hamel.
M. Hamel
(Pierre) : Alors, M. le Président, tout simplement, on précise dans
notre mémoire trois éléments qui sont fondamentaux. Le premier, c'est le
site Web. On en mentionne, vous le dites, les comités paritaires n'ont pas nécessairement un site Web déjà, d'ores et déjà.
Alors, ce qu'on suggère en modification à la loi, c'est de l'exiger dans
un premier temps; dans un deuxième temps, un
code d'éthique. Les règles qui ont été établies dans les années 70, 75,
80, peu importe, sont de loin désuètes, et les processus qui ont été adoptés
par décret à ce moment-là ne sont peut-être pas nécessairement au goût du jour, de 2016. Donc, un code d'éthique, je
sais que certains comités en ont adopté de leur propre chef, mais je pense que c'est important de
s'assurer que l'absence de conflit d'intérêts soit prévue, à tout le moins,
dans les règlements. Et un dernier élément,
c'est la formation obligatoire. Les gens qui siègent sur ces comités-là doivent
comprendre ce qu'ils font et ce de quoi ils
sont imputables, et c'est là que l'enjeu est important pour le gouvernement
de s'assurer que l'imputabilité, qui est
l'objectif du projet de loi, se matérialise et qu'elle soit comprise par
l'ensemble des gens.
Donc, la
transparence par le site Web est l'obligation de ce qui est indiqué. Et
peut-être plus, on a même ajouté à ce qui était obligatoire le contenu
même des décrets, on le propose — évidemment, ce serait souhaitable — et
tout autre élément qui est jugé approprié.
Mme Vien : Je vous amenais, de toute façon, Me
Hamel ou M. Bourgoin — je ne sais pas qui va répondre — sur la question de la formation obligatoire, je trouve ça très intéressant.
Vous l'avez effleurée un peu, mais, concrètement, sur quoi on devrait les instruire? Parce que ça va aider,
bien entendu, à avoir peut-être une autre philosophie de fonctionnement,
c'est clair.
Bourgoin (Luc) : Oui, tout à fait. On pense que les membres de comités
devraient être formés d'abord sur les règles de bonne gouvernance,
apprendre à connaître les statuts du comité parce que je ne suis pas convaincu
qu'ils connaissent tous bien, de façon
approfondie, les statuts du comité et aussi, tout simplement, le protocole
habituel. Quand on administre...
qu'on joue le rôle d'administrateur, les responsabilités en tant
qu'administrateur, alors c'est important de les connaître. Je pense qu'une formation de base sur la bonne
gouvernance, c'est nécessaire. Et on l'a fait, d'ailleurs, dans notre
propre organisation, à l'ACQ, et on considère que ça pourrait être fait dans
les différents comités paritaires.
Puis on parle des administrateurs aussi, mais on
parle aussi de la gestionnaire ou le gestionnaire qui dirige la permanence du comité ainsi que les employés et les
permanents qui travaillent puis qui gèrent des montants importants d'argent, qui administrent des montants d'argent
des régimes de retraite, des régimes d'assurance, la paie de vacances,
etc. Alors, ils ont besoin d'une certaine
expertise pour s'assurer qu'il y ait une espèce de formation initiale ou
peut-être même une formation continue pour les employés de la permanence
pour s'assurer qu'ils sont compétents.
Mme Vien : L'observateur, ça
devrait être qui? Ou l'observatrice.
Bourgoin (Luc) : Oui. L'observateur, écoutez, on est très favorables à
l'idée de nommer un observateur au sein du comité paritaire. Chez nous, aux décrets du CCMC, c'est six
représentants patronaux, six représentants syndicaux. On est d'accord. Par contre, ce qu'on souhaiterait,
c'est que cet observateur-là soit, disons, libre d'influence ou qu'il ne
soit pas issu, disons, du milieu syndical ni
du milieu patronal. C'est ce qu'on souhaitait, qu'il arrive finalement avec un
regard nouveau, un regard différent et qu'il apporte une plus-value selon
l'expertise, l'expérience qu'il a, mais, par contre, qu'il n'arrive pas du
milieu syndical ni patronal.
Mme Vien : Bien, moi, ça
conclurait, M. le Président. En tout cas, pour tout de suite, là. Je laisserais
la parole à mes collègues.
Président (M. Cousineau) : Ça va. Merci, madame... Si vous
voulez revenir, il vous restera huit minutes. Je vais maintenant céder
la parole au représentant de l'opposition officielle, M. le député de Rimouski,
pour 9 min 30 s.
LeBel : Merci, M. le Président. Bonjour, tout le monde, Mme Bertrand,
M. Bourgoin, M. Cliche, M. Hamel. Je suis
ici, je remplace à pied levé mon collègue de Richelieu. Comme dirait
l'autre, je ne suis pas dans ma zone. Ça
fait que j'apprends, j'écoute, j'essaie de voir. Avec le bruit aussi, c'est
très difficile de se concentrer.
Mais
j'ai entendu, au tout début, madame, vous avez parlé, bon, du phénomène
inquiétant de collusion et de corruption, ça
m'a intrigué. Ce sont des mots que je n'aime pas beaucoup, ça fait que j'ai... Puis votre collègue a parlé de
mesures éthiques, d'intégrité, que le site Internet, c'était une avancée.
J'aimerais ça que vous m'en parliez plus, là, parce
que, quand on parle de collusion et de corruption, c'est gros. Est-ce que le
site Internet, ça vient tout régler? Est-ce qu'il y a des choses qui
pourraient être améliorées dans ce qui est proposé actuellement?
Mme Bertrand
(Manon) : Je vais laisser la parole à Me Hamel.
M. Hamel
(Pierre) : Écoutez, à ce niveau-là, M. le Président, ce qui est clair,
c'est qu'on a un pouvoir accru d'intervention
du ministère et du gouvernement, ce qui est un élément fondamental, la
possibilité d'avoir un observateur sur place,
l'obligation de transparence, ce à quoi on devrait ajouter, et ça, c'est les
directives ministérielles qu'on suggère... c'est véritablement avoir un code d'éthique et, encore plus important,
le comprendre, donc de la formation. Ce sont des éléments de base qui sont fondamentaux pour faire en sorte que, dans le
cadre d'un comité, la gestion du comité se fasse sur une base éthique,
conforme à la volonté et aux objectifs qui sont recherchés comme tels. Si on a
ça et il se passe quelque chose de pas correct, bien, ça va
ressortir beaucoup plus facilement, hein? On ne peut pas l'empêcher, mais on peut s'assurer que les moyens en place soient là
pour faire sortir la situation. Que ça soit dans un comité conjoint, que
ça soit dans un conseil d'administration d'une entreprise ou n'importe où, quand les outils sont mis en
place, il y a plus possibilité de l'éviter comme tel. Alors, on ne prétend pas qu'il y en a, mais en 2016 il est opportun de s'assurer que, s'il y en a, les moyens sont appropriés et sont mis en place.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député.
LeBel : Ce que vous avez dit
à un moment donné aussi tantôt, c'est que c'est clair par le projet de loi que les comportements de mauvaise foi ne seront plus tolérés.
Mais là vous me donnez un peu des réponses comment, vous parlez d'un code d'éthique, est-ce qu'il
faudrait qu'il y ait un code
d'éthique dans le projet de loi? Est-ce qu'il faudrait le mentionner,
qu'il y a un code d'éthique? Et, si oui, comment on le fait respecter?
Hamel (Pierre) : Écoutez, il appartient au gouvernement de choisir si
c'est par voie législative, l'adoption, ce qui est une proposition qui est très intéressante, ou par voie de
directive. Mais, dans les deux cas, les comités sont tenus de respecter l'obligation, soit qu'elle soit
législative ou qu'elle soit par voie de directive comme telle. Mais c'est sûr
que, par voie gouvernementale, c'est encore plus fort.
M. LeBel :
J'essaie de comprendre...
M. Hamel
(Pierre) : Par voie législative, pardon.
M. LeBel :
J'essaie de comprendre parce qu'ici on a un code d'éthique à respecter, il y a
un commissaire à l'éthique qui est un peu
l'arbitre. Là, il n'y aurait pas d'arbitre, là, c'est... On est tenu, mais...
Vous parlez, il serait intéressant qu'il y ait un code d'éthique, mais
il n'y a pas d'arbitre. Comment ça fonctionne?
Hamel (Pierre) : Dans la mesure où vous acceptez... En vertu de la
loi, là, c'est un peu... Je ne voudrais pas aller de façon trop juridique, mais, techniquement, un administrateur
est tenu d'agir conformément aux dispositions du Code civil. En vertu du
Code civil, il doit respecter ses statuts et règlements et toute directive
appropriée émanant de la loi elle-même. Si la loi prévoit l'adoption d'un code
et qu'eux autres ont un code, il doit le respecter. Comprenez-vous? L'obligation, elle est légale, il doit la
respecter. Il n'y a pas de commissaire à l'éthique comme tel, mais, cependant,
s'il a des positions qui ne sont pas
éthiques devant les tribunaux ou même devant une reddition de comptes face au
ministère du Travail, il pourrait se
retrouver dans une situation où il doit répondre d'éléments qui ne sont pas
éthiques et même, à la rigueur, pourrait être chassé du comité.
M. LeBel : O.K. Merci. Vous êtes d'accord avec le projet, vous trouvez,
bon, que ça vient clarifier beaucoup de choses. Sur les pouvoirs accrus de la ministre ou du ministère, vous
êtes plutôt d'accord, mais vous avez certaines réserves. Entre autres, vous avez expliqué que quelqu'un, plutôt d'être...
collaborer de bonne foi, pourrait décider : Bon, moi, j'ai la ministre
sûrement de mon bord — quelque
chose du genre — et
je m'assois puis j'attends que la ministre décide.
fait que je comprends... Puis ici, dans l'article 6.01... Puis là je dis
ça, hein, mais là, Mme la ministre, je vous dis, hein, je suis vraiment néophyte, je pose des questions comme ça.
L'article 6.01 : «Les parties à la convention peuvent demander
en tout temps que soient apportées des modifications au décret.» Je peux
comprendre que, là, ça pourrait être ça, il
pourrait y avoir quelqu'un qui dit : Moi, je pense que je suis bien placé
pour demander une modification. Est-ce que, ces modifications-là, on ne
pourrait pas dire que ce devrait être fait conjointement?
Mme Bertrand
(Manon) : C'est ce qu'on a dit dans le mémoire, c'est conjointement,
il faut que la demande soit faite conjointement.
M. LeBel :
Ça, ça réglerait, selon vous, vos réserves au pouvoir accru de l'excellente
ministre.
Mme Bertrand (Manon) : Exact.
Exact.
LeBel : Bon, bien, c'est bon. C'est bon pour moi pour l'instant.
Le Président
(M. Cousineau) : Tu as lu le mémoire?
Le Président
(M. Cousineau) : Alors, M. le député de
Chutes-de-la-Chaudière, représentant la deuxième opposition, pour
6 min 30 s.
M. Picard :
Merci, M. le Président. Merci pour votre présence ce matin, vos commentaires,
vos observations. Dans un premier
temps, vous indiquez que la mise en place, par chaque comité paritaire, d'un
site Internet sur lequel les informations
importantes... Est-ce que vous jugez important que les informations concernant
les salaires des membres des comités
paritaires apparaissent pour que les gens qui contribuent par leurs
contributions soient au courant? Parce que j'ai posé la même question,
il y a 15 jours, donc j'aimerais vous entendre là-dessus, là, c'est quoi,
votre définition de «transparence», là.
C'est-u on ouvre le plus possible? J'ai eu des discussions avec les gens du
ministère, on disait qu'il y avait
des prévisions budgétaires qui étaient envoyées de façon détaillée. Pour moi,
la transparence, je vais vous donner tout de suite ma vision là-dessus, c'est qu'on prend les prévisions
budgétaires, puis, après ça, on prend les résultats, puis on les
compare, puis on met ça à la population, on met ça aux gens qui sont intéressés
d'aller voir ça, là. J'aimerais vous entendre là-dessus.
M. Bourgoin
(Luc) : Absolument. Pour nous, c'est important de... Quand on dit
qu'il y a une ouverture à la transparence,
c'est plus qu'une ouverture, on souhaite que toute l'information pertinente
soit affichée, disponible sur le site Internet.
Si ça nécessite d'afficher les salaires des employés permanents du comité
conjoint, on ne voit aucune contrainte associée à ça. Au contraire, on
veut qu'on ressente des membres, des membres... c'est-à-dire des entrepreneurs
et des travailleurs assujettis au décret
qu'ils ont une transparence totale à l'égard du comité, des administrateurs et
des permanents qui gèrent le décret
dans leur industrie. Donc, oui, c'est clair, et il y a un avantage à tout ça.
Il y a un avantage pour les employeurs,
pour les travailleurs dans la mesure où ils ont un accès rapidement à
l'information sur leurs droits et leurs obligations, donc tous les
documents pertinents, le décret, la loi, etc., les états financiers et les
révisions budgétaires. Mais il y a un
avantage aussi pour le comité lui-même et pour la permanence dans le sens
qu'elle se libère, je dirais, d'une certaine lourdeur administrative de
répondre constamment à des gens qui appellent puis qui n'ont pas l'information.
Ils vont avoir l'accès de façon rapide, ça
va être une procédure efficace qui va permettre au comité et aux permanents
de s'attarder à d'autres tâches administratives plus productives.
Le Président
(M. Cousineau) : M. le député.
M. Picard :
Toujours pour bien renseigner les employeurs, les employés, la ministre a
proposé l'autre fois des assemblées
annuelles générales. Est-ce que c'est un moyen que vous jugez qu'il serait
souhaitable pour les gens pour qu'ils puissent...
Un, ça serait pour élire aussi peut-être les membres des comités, là, parce
qu'actuellement ça a l'air à être assez... je vais dire, c'est embrouillé un petit peu, là, de savoir comment les
gens sont élus, là, tu sais... comment les gens sont choisis parce que
je ne sais même pas si c'est une élection, là, pour reprendre mes mots.
Une voix :
O.K. Alors, effectivement, dans les statuts, il est...
Mme Bertrand
(Manon) : ...
M. Bourgoin
(Luc) : Oui, nos statuts à nous. Dans nos statuts, c'est clairement
mentionné qu'il doit y avoir une assemblée
annuelle, et c'est l'assemblée annuelle des membres du comité, on s'entend. Et,
lors de cette assemblée, les membres
du comité procèdent à l'élection des officiers, du président et du
vice-président, et les membres du comité sont également nommés par les
différentes parties. Donc, l'Association de la construction du Québec nomme les
représentants patronaux, et la
partie
syndicale nomme ses propres représentants pour sa partie. Mais qu'il y ait une assemblée annuelle, une
assemblée générale annuelle, on est tout
à fait favorables à ça. D'ailleurs,
on l'a remarqué que ça n'a pas été indiqué de cette façon-là dans les statuts à travers l'histoire, ce n'était pas
comme ça. Donc, ce n'est pas de cette façon-là que ça a été fait, mais
on trouve que c'est certainement une bonne avenue de penser à le modifier de la
sorte.
M. Picard :
Il reste combien de temps, M. le Président?
Le Président (M.
Cousineau) : Il vous reste deux minutes.
M. Picard :
Parfait, merci. Vous avez indiqué tout à l'heure qu'il fallait prévoir des
mesures pour s'assurer de l'absence de conflits d'intérêts. J'aimerais vous entendre là-dessus, quand vous dites «conflit d'intérêts», conflit d'intérêts d'employés, conflit
d'intérêts de membres de comités? Seulement vous mettre... Il y a 15 jours, lorsqu'on
a rencontré quelqu'un, il y a une dame qu'on a rencontrée à trois reprises
durant la journée, elle avait trois chapeaux différents, là, sur différents comités. Puis tantôt vous avez parlé de
Mme Beaulieu qui a quitté un comité paritaire, mais elle est venue ici
pour nous parler de trois comités. Ça fait
bizarre, un peu, dans l'esprit des gens, ça. J'aimerais donc vous entendre, les
conflits d'intérêts, ils se situent au niveau des employés, des membres ou les
deux? C'est une question très ouverte.
Bertrand (Manon) : M. Hamel va répondre.
M. Hamel
(Pierre) : J'ai introduit le sujet, mais c'est les deux. C'est
absolument les deux. Et, à
titre de gestionnaire et à
titre d'administrateur de
décret ou de comité, c'est important, en toutes circonstances, de ne pas être en conflit d'intérêts ou de déclarer ses intérêts,
le cas échéant, pour ne pas qu'il y ait apparence ou que ça soit... Il
faut divulguer ça. Ça, c'est encore plus
important que bien des éléments qui seraient sur le site Web ou qu'il y ait une
assemblée générale annuelle, qui est un
élément, on est d'accord, mais le conflit d'intérêts de l'administrateur, c'est
au coeur des opérations, c'est fondamental, et celui du ou des
gestionnaires qui sont là. C'est très important pour la crédibilité des opérations parce qu'on parle de régimes
d'assurance, on parle de fonds de pension, on parle d'éléments importants,
et à ce compte-là... Et on parle même de concurrence, alors, à ce compte-là,
c'est bien important que ces éléments-là fassent partie, soient au coeur des
préoccupations du ministère du Travail et du gouvernement en général.
M. Picard :
Merci. Ça va.
Président (M. Cousineau) : Merci, M. le député de
Chutes-de-la-Chaudière. Je reviens avec Mme la ministre, il vous reste
huit minutes.
Vien : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Effectivement,
j'ai soulevé déjà la question des assemblées générales annuelles parce
qu'il nous apparaît, à nous, en tout cas, que ce n'est pas si fluide que ça,
l'information entre les comités paritaires
et les assujettis. Et vous avez parlé d'assemblée générale annuelle ou
d'assemblée annuelle des membres, est-ce que ce sont des membres des
comités paritaires, donc, de ceux et celles qui y siègent?
Mme Bertrand
(Manon) : Oui, c'est ça qui est dans les statuts.
Vien : C'est bien ça. Ce dont moi, je parle, c'est une
assemblée générale annuelle des assujettis. Est-ce que c'est possible? Il y en a qui sont venus nous
dire : Ça n'a pas de bon sens, ça va être trop lourd, on a à peu près
3 000 personnes d'assujetties. Mais, sinon, on fait comment pour
qu'il y ait un contact entre le comité paritaire et les assujettis, qu'il y ait reddition de comptes sur les décisions qui sont
prises pendant l'année, sur l'utilisation qu'on fait des sous que confient les assujettis aux comités
paritaires, sinon que par une assemblée générale annuelle? Puis je peux
très bien imaginer la difficulté dans
l'opération de tout ça, mais est-ce que c'est plausible? Est-ce que j'erre
quand je pense à ça?
M. Bourgoin (Luc) :
Non. Écoutez, on considère, nous aussi, qu'il y avait peut-être un canal qui
devait être amélioré, c'est-à-dire la
diffusion puis le lien d'information auprès des assujettis... pas les membres,
mais les entreprises et les
travailleurs qui sont assujettis au décret, un canal d'information. Une
assemblée générale annuelle serait certainement un événement, un lieu de rencontre pour pouvoir
échanger et présenter certains documents qui doivent être à vérifier.
Donc, oui, on pense que c'est une bonne opportunité.
Et on veut dire aussi
que le site Internet lui-même va déjà être, comment dire, un canal de
transmission d'informations important qu'il
n'y avait pas, là. À l'heure actuelle, là, il est en développement, et
je crois que d'autres décrets aussi
ne l'ont pas. Donc, une fois développé, toute l'information qui serait
transmise serait déposée dans le cadre d'une
assemblée générale annuelle auprès des membres va être diffusée à travers ce
site Internet là. Parce qu'on ne se cachera
pas que, les assemblées générales annuelles des membres, souvent il y a très,
très, très peu de gens qui se déplacent. Je comprends que c'est une opportunité qui est offerte comme ça. Mais,
sur le site Internet, tout le monde y a accès. Alors, si ce qui peut être présenté dans un événement comme
une AGA peut très bien être présenté encore plus en détail sur un site
Internet, ce qui fait que ça rentre en contact avec tous les intervenants de
façon directe.
Mme Vien :
On a le son qui vient avec votre visite, là, martin-piqueur, là.
Le Président
(M. Cousineau) : Il nous suit partout.
M. Poëti :
Il y a un travailleur.
Mme Vien :
On aurait voulu le faire, on n'aurait peut-être pas pu, mais ça arrive de même.
Merci beaucoup à vous tous.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, Mme la ministre. Alors, je remercie Mme Bertrand,
M. Bourgoin, M. Cliche, M Hamel pour votre présentation, et
j'invite le prochain groupe à se préparer.
Je suspends quelques
instants.
(Suspension de la séance à 10 h 36)
Président (M. Cousineau) : Nous reprenons nos travaux. Alors, après petite discussion, si j'ai
bien compris, les deux groupes, le
groupe que nous avions à 10 h 45, c'est-à-dire la Corporation
des concessionnaires d'automobiles de Montréal
et le groupe à 11 h 30, la Corporation des concessionnaires d'automobiles du Québec, vous acceptez de
fusionner les deux groupes si j'ai bien compris. Alors...
Une voix :
...M. le Président.
Président (M. Cousineau) : Bon, bien, nous, on va faire notre
bout de chemin. Au lieu de donner 10 minutes de présentation, on va vous donner 20 minutes de présentation. Puis, par la
suite, nous passerons aux périodes d'échange avec la ministre puis avec
les députés. Ça vous va comme ça?
Alors,
vous vous présentez et vous présentez les gens qui sont avec vous, puis on vous
souhaite la bienvenue à notre commission parlementaire.
M. Béchard (Jacques) : Écoutez, merci pour le temps additionnel alloué,
c'est très apprécié. M. le Président, Mme la ministre, Mmes, MM. les
députés, merci de l'invitation. Écoutez, le beau secteur de l'automobile, que
nous représentons, est régi par une foule de
lois parce que, depuis un an et demi, ça fait quatre fois qu'on vient à
l'Assemblée sur des projets de loi. Et ce
qui est intéressant aujourd'hui, c'est toujours plus agréable pour des
organisations comme la CCAQ, qui...
Le Président (M.
Cousineau) : Présentez-vous et puis présentez votre
titre et
puis les gens qui vous accompagnent, s'il vous plaît, pour les enregistrements.
M. Béchard (Jacques) : Oui. Parfait, merci. Jacques Béchard, je suis
P.D.G. de la Corporation des concessionnaires d'automobiles du Québec. À
ma gauche, Me Frédéric Morin, qui est le vice-président des affaires
juridiques. À ma droite, Me Sam Yue Chi. Sam
est le directeur des affaires juridiques de la corporation et il siège sur deux
comités paritaires, celui de la Mauricie et de Québec au niveau de la
corporation des concessionnaires... des régionaux. Et, à la droite, Me Richard Auclair, qui est le vice-président
exécutif de l'Association des employeurs de l'industrie automobile.
Richard est dans l'automobile depuis au-delà
de 25 ans et il siège au comité paritaire des services automobiles de Montréal
depuis de nombreuses années. Donc, sans prétention, il y a de
l'expertise ici pour répondre à vos questions. Voilà, M. le Président, merci.
Écoutez,
comme je le mentionnais, c'est toujours plus agréable de venir soutenir un
projet de loi que de le critiquer, et,
aujourd'hui, nous avons le grand bonheur, Mme la ministre, de vous faire part
que nous soutenons votre projet de loi, tout comme le CPQ l'a fait, d'ailleurs, hein? On est membres très actifs
du CPQ depuis de nombreuses années, on a eu l'occasion de lire le mémoire du CPQ, et, dans ses grandes lignes, dans
ses grands principes, notre corporation vient soutenir le législateur
dans sa sagesse de moderniser cette loi des décrets de convention collective,
qui ne date pas d'hier, n'est-ce pas?
Ceci
étant, écoutez, au niveau de la structure de notre corporation, vous connaissez
notre secteur d'activité, hein, on représente 850 concessionnaires
partout au Québec qui emploient 35 000 personnes. C'est un très beau
secteur d'activité qui a des impacts économiques et sociaux au Québec. Il y a
des concessionnaires dans toutes les régions du Québec, et nous avons six
corporations régionales qui sont
partie contractante à des décrets de
convention collective. Donc, il y a des
décrets du secteur de l'automobile dans six régions du Québec, hein? Le décret,
c'est l'extension d'une convention collective
négociée entre une
partie syndicale et une
partie patronale à un secteur donné.
Et, ici, mon collègue, comme je le
mentionnais, siège sur deux comités paritaires, Mauricie et Québec, et Richard
siège sur le comité de Montréal depuis plusieurs années.
Écoutez, il y a la
moitié du territoire de la province de Québec qui n'est pas régie par un décret
de convention collective au niveau de
l'automobile, il y a la moitié du territoire. Le dernier décret qui a été
abrogé, c'est Rimouski en 1998 parce qu'il n'y avait plus de
représentation syndicale, et les parties patronales avaient demandé que le
décret de Rimouski soit aboli. Donc, il y a
six décrets, et premier élément — et on l'a écrit dans notre mémoire — dans les régions où il n'y a pas de décret, les concessionnaires
n'en veulent pas. Ça, c'est clair, depuis des années on réitère cet
élément-là. Écoutez, avec la modernisation
des lois du travail,
Loi sur les normes, etc., dans l'automobile les conditions
de travail sont excellentes. On est
fiers, comme concessionnaires, de vous dire — et on vous le répète fréquemment — que les travailleurs du secteur de l'automobile sont des travailleurs
bien rémunérés. Et je vais vous donner un exemple, il se parle beaucoup
de la question du salaire minimum à
15 $, nous, écoutez, ça ne nous concerne à peu près pas parce que les gens
sont mieux rémunérés que ça, puis on
est très fiers de vous le réitérer aujourd'hui. C'est pour ça que les
conditions de salaire dans les décrets sont moins importantes. Donc,
dans les six régions, c'est parfait, on est en accord avec plusieurs
dispositions du projet de loi.
Puis,
si on parle en termes généraux, au niveau de la transparence, il y a des
dispositions qui sont favorables à une meilleure
transparence. Exemple, en 2016, il n'est pas normal, avec les technologies,
qu'on n'ait pas accès au rapport annuel du comité paritaire sur le site
Internet. Justement, dans ma préparation, je disais à Ian : Écoute,
sors-moi donc les rapports annuels, qu'on
regarde ça. J'ai été obligé de les demander au comité paritaire. Pourquoi?
Parce qu'ils ne sont pas accessibles.
Donc,
les mécanismes que vous ajoutez dans le projet de loi n° 53, Mme la
ministre, c'est parfait. Notamment au niveau
de la divulgation des éléments financiers du comité paritaire, hein,
distinction entre les revenus et les dépenses, c'est
parfait, il faut qu'il y ait plus de transparence, et c'est ce que plusieurs
parties avaient mentionné lors des vastes consultations
en 2012. On participe à toutes les consultations lorsqu'on discute de la Loi
sur les décrets. La dernière, c'est 2012,
où on avait émis plusieurs recommandations, et, au niveau des éléments de la
transparence, nous sommes heureux de constater que vous avez donné suite
à des recommandations de plusieurs organismes.
autre élément au niveau de certains irritants, hein, comme le mentionne le
CPQ — le CPQ
utilise souvent le terme
«irritants» — alors,
il y a des parties, il y a des gens qui critiquaient la lenteur de certaines
réformes qui devaient se faire. Et là
ce que l'on constate, c'est que le projet de loi n° 53 donne des pouvoirs
au ministre — à vous
pour l'instant, Mme la ministre, et on souhaite que ça va être pour
longtemps, c'est bien dit, ça — donc des pouvoirs qui étaient auparavant exercés par le gouvernement. Donc,
nous, on pense qu'en matière de dynamisme ça va insuffler un nouveau
dynamisme au ministère du Travail pour prendre les décisions appropriées suite
à des consultations avec l'industrie. Voilà pour des commentaires plus généraux
sur les questions de transparence et sur les questions d'imputabilité du
ministère du Travail.
À l'égard de
commentaires plus spécifiques de notre secteur de l'automobile, écoutez, les
éléments de qualification et de formation
sont importants, hein? Vous avez vu dans les présentations, autant par les
parties patronales puis de nos amis
de la
partie syndicale, là, on a vu certains amis ici qui ont fait des
représentations. On ne veut pas parler pour
eux parce qu'ils l'ont fait. Mais exemple, à l'heure actuelle, les six comités
paritaires, avec les parties contractantes, veulent uniformiser les règlements de qualification pour qu'ils soient
similaires, exemple, que le règlement de qualification du décret de Québec soit similaire à celui de
Montréal, et le projet de loi n° 53, qui prévoit des dispositions claires
donnant des pouvoirs en matière de qualification, va permettre dans le futur
d'avancer au niveau de la qualification de notre secteur d'activité. Donc, notre position là-dessus, c'est, dans les
régions, dans les six régions où il y a un comité paritaire, bien, que
le règlement de qualification puisse être uniforme selon la volonté des
parties. Voilà pour la qualification.
Au niveau de la
formation, écoutez, la formation, nous sommes très à l'aise de vous parler de
formation. Nos concessionnaires sont
reconnus pour investir des sommes considérables en matière de formation de la
main-d'oeuvre. Vous le savez, les
technologies, en matière de véhicules automobiles... les nouveaux modèles
impliquent des technologies nouvelles, et les techniciens et les
employés des concessionnaires doivent s'assurer qu'ils sont à la fine pointe
des technologies nouvelles. Nos
concessionnaires... On va parler de la loi du 1 %. Je ne vous donnerai pas
le grand titre, je pense que c'est
plus simple de parler de la loi du 1 %, qui oblige maintenant, si les
entreprises ont une masse de 2 millions... Auparavant, c'était 1 million, mais on a certains concessionnaires
qui ont une masse salariale qui est de plus de 2 millions, des gros
concessionnaires. Donc, la loi du 1 % oblige les entreprises à dépenser un
minimum de 1 % de leur masse salariale.
Nous, depuis longtemps, nos concessionnaires dépensent beaucoup plus que le
1 % dans différentes formations, et c'est pourquoi nous ne voulons
pas que des lois, exemple, comme la
Loi sur les décrets ou d'autres
législations, occasionnent des coûts additionnels aux concessionnaires, qui sont
des exemples en matière de développement et de formation de leur main-d'oeuvre.
Et, Mme la ministre,
Mmes, MM. les députés, l'article à peu près le plus important, que nous voulons
voir adopté dans les meilleurs délais, du projet de loi n° 53, c'est
l'article qui prévoit que la formation va être financée paritairement, alors que, dans la loi actuelle, il y a un grave
problème, c'est que la loi prévoit un prélèvement au niveau des employeurs seuls pour financer des mutuelles
de formation. On n'a jamais adopté ça dans le secteur automobile parce
que les parties patronales ont toujours été contre le fait que, dans un régime
paritaire, seuls les employeurs financent les activités de formation.
D'ailleurs, nous
sommes très heureux de constater que vous abolissez... Ça, c'est l'article 21,
qui modifie l'article 22 de la loi actuelle.
Donc, vous faites en sorte qu'il y aura deux prélèvements, un pour la gestion
des décrets puis un pour la
formation. Et ce prélèvement-là sera paritaire, c'est l'essence même du
paritarisme, et il est tout à fait normal que nos travailleurs supportent les coûts de la formation au même
titre que
les employeurs. Puis, encore une fois, on vous le dit, on prêche par
l'exemple dans le secteur de l'automobile.
Donc, il est crucial
pour notre secteur d'activité que l'article 21, qui modifie l'article 22, soit
adopté dans les meilleurs délais. Et, Mme la
ministre, nous sommes très heureux de constater que le ministère du Travail et
le législateur aient reconnu cette
grave lacune là dans le projet de loi et donnent suite parce qu'en corrigeant
cette lacune vous allez favoriser la formation non seulement des
employés chez les concessionnaires, mais les employés de tout le secteur
automobile qui sont couverts, notamment, par les décrets de convention
collective dans les six régions du Québec.
Alors,
un point aussi, nous aurions une recommandation. Parce qu'on est ici
aujourd'hui pour parler des grands principes,
on ne voulait pas commencer à vous demander des modifications sur les points
techniques, là, pour ne pas... Nous,
on veut que vous puissiez procéder rondement à l'adoption de ce projet-là. Nous
aurions une seule modification, Mme la ministre, qui nous apparaît
importante. Si vous permettez, mon collègue va vous expliquer qu'à l'heure
actuelle il y a une limite au taux de prélèvement. Ian, pourrais-tu expliquer à
Mme la ministre et aux députés...
M. Sam Yue Chi
(Ian) : Oui, absolument.
Le Président (M.
Cousineau) : Alors, c'est Me Yue Chi...
M. Sam Yue Chi
(Ian) : Ian Sam Yue Chi, en fait.
Le Président (M.
Cousineau) : D'accord. À vous la parole.
M. Sam Yue
Chi (Ian) : Directeur, affaires juridiques, relations avec l'industrie
à la CCAQ. À l'heure actuelle, dans
la
Loi sur les décrets de convention collective, on a une limite, hein, qui est
prévue au niveau du prélèvement que peut faire un comité paritaire, et sur la masse
salariale de l'employeur, et au niveau de la paie du salarié, qui est de
0,5 % de part et d'autre. Dans
le projet de loi n° 53, on vient d'abord prévoir qu'il y a deux
prélèvements distincts. C'est correct, on comprend les objectifs de la ministre à ce niveau-là. Par contre, on
vient le doubler, en quelque sorte, en partant. Donc, nous, ce qu'on
dit, d'une part, on voudrait le limiter au niveau actuel, c'est-à-dire un
niveau de 0,5 %, masse salariale de l'employeur, et 0,5 %, salariés,
que ce soit, en fait, une manière combinée pour les deux prélèvements. Ça,
c'est la première des choses. Et sachez
qu'actuellement — je vais
parler pour mon industrie, celle de l'automobile — il y a déjà de la formation qui est offerte par les comités
paritaires avec le financement actuel. Donc, nous, ce qu'on dit, c'est que
le financement actuel permet, effectivement, une offre de formation
intéressante, et on veut la maintenir telle quelle. Donc, ça, c'est la première
des choses.
La deuxième, c'est que, dans le projet de loi,
vous avez prévu que, par arrêté de la ministre, vous pouviez déterminer un
seuil. Or, on ne voit pas l'opportunité pour vous de le déterminer par arrêté,
on veut une certaine stabilité, on veut
savoir à quoi s'attendre et on pense que ce serait tout indiqué de mettre cette
limite-là dans la
Loi sur les décrets
de convention collective comme telle. Donc, c'est la demande qu'on avait à vous
présenter à ce niveau-là. Parce que, pour le reste,
comme Me Béchard l'a expliqué, on est là pour vous dire qu'on est favorables à
votre projet de loi.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. Yue Chi. Il reste 3 min 20 s. M. Auclair.
M. Béchard
(Jacques) : M. le Président, regardez, c'est l'essence même de notre
présentation. Nous avons déjà eu du
temps additionnel. Nous ne voudrions pas en abuser et nous vous remercions beaucoup
et sommes à votre disposition pour répondre à toute question. Merci.
Président (M. Cousineau) : Ça me fait plaisir. Alors, nous
allons donc passer la parole... qui, soit dit en passant, est au moins
avec nous pour deux ans à
titre de ministre, j'en suis persuadé...
Mme Vien : Mon Dieu!
Prenez des notes. Alors, bonjour...
Le Président (M. Cousineau) :
Alors, Mme la ministre, pour 16 minutes.
Mme Vien :
Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Mais vous avez été tellement loquaces
puis assez précis, là, je ne pense
pas que j'aie besoin des 16 minutes, là, à moins que les collègues en
aient besoin de ce côté-ci. Merci. Bienvenue à l'Assemblée nationale. Ça nous fait toujours plaisir de vous rencontrer.
J'aimerais que vous m'expliquiez — je ne suis pas quelqu'un de spécialiste comme vous, je ne suis
pas là-dedans tous les jours comme vous — concernant l'uniformisation des règlements de qualification, des six décrets
du secteur de l'automobile, c'est ce que vous me dites vouloir... c'est
ce à quoi il faut procéder, là, c'est pour
donner suite à ça, comment ça marche actuellement, les décrets de qualification
sur le terrain, là? Concrètement,
expliquez-moi ça, comment ça fonctionne. Et, d'autre part, est-ce que vous avez
fait déjà des demandes à ce niveau-là au ministère quand... Dans quelles
eaux on joue, là? Je ne suis pas sûre de bien comprendre.
M. Sam
Yue Chi (Ian) : Oui, définitivement, il y a un travail qui a été fait et il y a un travail qui
est très avancé, hein, vous le savez
au ministère. Comment ça fonctionne, en fait, une personne, un
salarié... ou plutôt un travailleur qui va intégrer un métier de l'automobile va commencer comme apprenti.
Normalement, il y a plusieurs niveaux d'apprentissage.
Mme Vien : Vous me
parlez de mécaniciens, là, vous?
M. Sam
Yue Chi (Ian) : Ça peut être mécanicien ou ça peut être autre chose
aussi, il y a d'autres métiers qui sont régis. Ça peut être un
carrossier, mais mécanicien est un très bon exemple, effectivement.
Mme Vien : Ah! bien oui,
bien oui, bien oui. Tout à fait, tout à fait. Vous avez raison. O.K. Continuez.
M. Sam
Yue Chi (Ian) : Prenons l'exemple du mécanicien. Alors, il va intégrer
le métier. Normalement, il va commencer comme apprenti, première année.
Dans la majorité des décrets, sinon la totalité, il y a quatre années d'apprentissage. Une fois que la quatrième année
d'apprentissage, elle est complétée, le travailleur a accès à l'examen
de qualification. C'est-à-dire pour pouvoir
devenir un mécanicien, un compagnon, il va passer un examen de
qualification qui va être délivré par le
comité paritaire de sa région. Et, s'il passe l'examen, il va obtenir ce qu'on
appelle une carte de compagnon C, et
ensuite il y a d'autres niveaux, il y a d'autres examens, là, pour pouvoir
obtenir une carte B ou une carte A.
Donc, ça,
c'est le processus actuel de qualification. Dans le contexte de
l'uniformisation, avec ce que vous avez dans le projet de loi, avec les travaux qu'on a faits, nous, les parties
contractantes, les comités paritaires, la structure va demeurer essentiellement la même et elle va être
uniforme dans tous les comités paritaires dans la mesure, évidemment, où
le projet de loi n° 53 est adopté dans sa forme actuelle.
Mme Vien :
Ça veut dire quoi, maître? Ça veut dire que, dans les six régions,
actuellement, si je comprends bien, ce n'est pas partout la même
formation qu'on délivre?
M. Auclair (Richard) : Si vous
permettez, Richard Auclair, pour la corporation de Montréal. Ce que mon confrère vient de mentionner, c'est que, dans
certaines régions — je vais parler de Montréal et je parlerai de
Québec — le
cheminement
professionnel est le même. Cependant, à Montréal, c'est après trois années,
donc 6 000 heures. Donc, il y a des travaux qui se sont faits à l'intérieur des six comités paritaires,
à l'intérieur d'un mécanisme qui s'appelle le Conseil provincial des
comités paritaires. Donc, dans le secteur automobile, les six décrets, les gens
se sont regroupés pour parler, de
dire : Écoutez, ce n'est pas normal qu'on ait une qualification différente
à Montréal qu'on va retrouver à Québec ou dans Laurentides-Lanaudière.
Donc, est-ce qu'il est possible qu'on ait...
Parce qu'on a décidé au fil des années d'avoir le même examen de qualification pour qu'une personne qui passe un
examen dans la région de Montréal ou qui passe son examen dans la région
de Sherbrooke ait, à tout le moins, le même
examen parce qu'on évalue les mêmes compétences, mais le cheminement
était différent. Alors, il y avait des
catégories... Si je parle dans la région de Québec, il y avait des
classifications A/B, alors qu'à Montréal
on va parler d'un compagnon première classe, deuxième classe, troisième classe.
Donc, ces disparités-là, qui, à l'intérieur de la même industrie, dans
la même province, sont tout à fait, quant à nous, concentrées et qui étaient
des éléments territoriaux, on dit :
Bien, écoutez, je pense qu'il y a lieu de trouver, et de développer, d'avoir un
examen de qualification qui est homogène pour l'ensemble des régions
assujetties.
Mme Vien : Puis, pour
avoir les mêmes examens, il faut avoir les mêmes cours.
M. Auclair (Richard) : Les
formations de base sont les mêmes, Mme la ministre.
Mme Vien : Ah! bon,
parfait. Alors, c'est seulement au niveau...
M. Auclair (Richard) : Les
formations de base qui relèvent du ministère...
M. Auclair
(Richard) : Je vais parler
de l'école des métiers de l'automobile ou d'autres écoles spécialisées,
les formations sont identiques, mais c'était
le processus administratif des comités paritaires qui différait d'une région à l'autre. Or, ce n'est pas normal qu'une personne, qu'il
suive sa formation à Laval ou dans Laurentides-Lanaudière, n'ait pas la
même évaluation que celui qui fait sa formation dans la région de Sherbrooke.
Mme Vien : Parfait. M.
Béchard...
M. Béchard (Jacques) : Oui, madame.
Mme Vien :
...vous nous avez dit tout à l'heure que vous étiez pour ça, vous, les arrêtés
ministériels, ça ne vous empêchait
pas de dormir, si j'ai bien compris, parce que ça venait procéder à de
l'allègement réglementaire, ce dans quoi, comme gouvernement, on est engagés. Les entreprises sont étouffées sous
la paperasse puis les tracasseries administratives, etc. Il y a par ailleurs des gens qui sont venus
témoigner à votre place et qui nous ont dit : Nous autres, on est inquiets
de ça, là, alors que... Puis ce n'est pas nécessairement parce que je
veux me donner plus de pouvoirs ou je veux donner plus de pouvoirs à la ministre ou au ministre, mais c'est
une question d'être beaucoup plus souple, beaucoup plus agile que ce qui
existe actuellement, qu'un arrêté ministériel. Il faut bien le comprendre, que,
si c'est vrai que ça ne monterait plus au Conseil de ministres, il continuerait
à y avoir de la consultation, comme c'est le cas actuellement avec un projet de
règlement. Si je comprends bien, vous, ça ne vous embête pas, là.
M. Béchard
(Jacques) : Mme la ministre,
vous venez tout juste de le mentionner, nous, nous croyons que ça prend
plus de souplesse, plus de dynamisme, et la consultation, c'est ça, l'essence
même... Comme vous le faites à l'heure actuelle,
comme le ministère du Travail l'a fait en 2012, la vaste consultation qui... le
projet de loi n° 53, c'est la suite logique de cette consultation-là. Nous, dans la mesure où le ministère
consulte les gens intéressés, nous, on dit : L'arrêté ministériel,
ça nous convient parfaitement.
Mme Vien : M. Béchard — puis
je vais terminer là-dessus — il
est beaucoup question de transparence, il est beaucoup
question d'imputabilité, puis on cherche des filons pour y arriver. Plus de
transparence par un site Internet, déjà c'est un bon début. En 2016, ça nous apparaît assez inconcevable que des
organisations comme des comités paritaires n'aient pas de site Internet.
Alors, quand on sait qu'il ne se tient pas d'assemblée générale annuelle, on se
dit : Bien, sacoche, comment ils font
pour transmettre l'information à leurs assujettis? Est-ce que c'est trop
demander que de tenir des assemblées générales annuelles avec les
assujettis?
M. Béchard
(Jacques) : Écoutez, bonne
question. À l'égard de la transparence, ce qui nous importe... Et on
parle en termes de parties, et les
travailleurs aussi doivent être bien informés. Nous, ce qui est important — et le projet de loi va faire en sorte qu'il va il y avoir beaucoup plus
de transparence — c'est
que les différentes activités d'un comité paritaire soient ventilées en
termes d'information. Écoutez, mon collègue vous a mentionné que les comités
paritaires ont des programmes de formation.
Nous, ce qu'on veut, c'est que l'aspect formation, qui est un aspect important,
qu'on sache combien est dépensé par
un comité paritaire au niveau de l'aspect formation. La gestion du décret, ça,
ça se fait à l'heure actuelle avec
les inspecteurs. L'application du décret, ça, c'est un autre poste. D'ailleurs,
vous avez une disposition dans le projet
de loi n° 53 qui précise qu'il faut indiquer séparément les revenus et les
dépenses. Puis nous, on dit plus que ça, il faut ventiler par activités importantes du... et la
formation est un élément important, et nous pensons que tout le monde
doit être au courant de ça. Quant aux assemblées, Ian, as-tu un commentaire
là-dessus?
M. Sam Yue
Chi (Ian) : J'aurais peut-être un ajout à ce niveau-là. Contrairement
à d'autres types d'organisations, les
personnes qui siègent au conseil d'administration des comités paritaires sont
nommées par des organisations qu'on espère
être représentatives de l'industrie. Mais, à prime abord, on parle de parties
contractantes. Pour ce qui est de nous, les concessionnaires, on a des corporations régionales, comme on l'a dit
en prémisse, et c'est écrit dans notre mémoire. Nos corporations régionales, l'association des
employeurs, dans le cas de Montréal, sont des parties contractantes, c'est-à-dire
qu'ils interviennent d'abord dans la
convention collective, qui, elle, est extensionnée pour créer, si on veut, le
décret. Mais elle n'a pas le choix d'être là à
titre d'administrateur du
comité paritaire, puisqu'on parle de paritarisme ici.
Donc, on
pourrait faire une assemblée générale annuelle, mais évidemment que la
procédure de vote pour nommer les administrateurs, ça ne fonctionnerait
pas. Donc, évidemment que c'est intéressant, ce que vous amenez pour venir
présenter les activités du comité paritaire, mais ça serait strictement à
titre
informatif. Donc, je ne le sais pas si c'est opportun de venir changer la
structure à ce niveau-là. Maintenant, est-ce que le ministère ne voudrait pas
créer un mécanisme pour s'assurer de la
représentativité des personnes qui siègent au comité paritaire? Je vous soumets
la question puis je pense que ça mérite réflexion.
Mme Vien :
Qu'est-ce que vous ne nous dites pas, là? J'ai l'impression qu'il y a quelque
chose que vous ne nous dites pas. Vous soulevez peut-être une
interrogation sur la représentativité des... Allez au fond des choses.
M. Sam Yue
Chi (Ian) : Bien, écoutez, il n'y a rien que je ne vous dis pas, puis
je n'ai absolument rien à cacher, mais
il reste que nous, à
titre de partie, on n'a pas accès à la liste de membres
d'une organisation qui siège sur un comité paritaire, hein? On n'y a tout simplement pas accès, on n'a pas les
outils qui nous permettraient de vérifier cet aspect-là. Maintenant, vous, vous êtes le législateur, vous
pouvez vous développer les outils que vous voulez. C'est un peu ça que
je ne vous dis pas. Mais je vous le dis très
clairement aujourd'hui, il y aurait peut-être moyen d'améliorer la situation
par le biais du projet de loi n° 53.
Mme Vien : Ça, ça fait deux
recommandations.
M. Sam Yue Chi (Ian) : On est rendus
à la deuxième. On est rendus à la deuxième.
Mme Vien : Merci beaucoup.
M. Auclair (Richard) : Mme la
ministre...
Mme Vien : Oui. Excusez, M.
Auclair
M. Auclair
(Richard) : ...dans le même ordre d'idées, je siège au comité
paritaire de l'automobile de Montréal et je suis à la corporation depuis 1990. Donc, depuis 25 ans, je siège
comme
partie contractante au niveau du comité paritaire de l'automobile
de Montréal et j'ai siégé également dans la région Laurentides‑Lanaudière. Or,
annuellement ou périodiquement, on procède à la révision du décret. Donc, les
parties contractantes — et
je peux vous parler pour la corporation, et
plus particulièrement pour le rôle que j'effectue — nous négocions à Montréal les conventions
collectives, et je suis le porte-parole,
c'est moi qui suis à la table de négociation. Donc, mes avis des différentes
centrales syndicales lorsque je
retourne au niveau du décret de l'automobile de la région de Montréal, bien,
écoutez, c'est nos conditions de travail, à tout le moins, qu'on
voudrait voir importer dans un décret.
Il y a toujours une disparité parce que nos
salaires, dans l'industrie de l'automobile, si on regarde dans nos conventions
collectives, on va jusqu'à 35 $ de l'heure. Ce qu'on ne retrouve pas chez
les meilleurs salariés que nous retrouvons à
l'intérieur d'un décret de l'automobile, vous n'aurez jamais la rémunération
qu'on a avec les conditions de travail.
Pourtant, à l'origine, la Loi des décrets de convention collective, c'est
l'extension territoriale des négociations des conventions collectives. Et ce que mon confrère souligne ce matin, c'est
un point important, c'est qu'il y a des parties contractantes qui sont avec nous au niveau du conseil d'administration
des comités paritaires qui n'ont aucun syndicat. On est la seule
partie
contractante, si je parle dans le secteur automobile, où vous allez retrouver
des conventions collectives. Et de la
main-d'oeuvre hautement qualifiée, on en retrouve dans différents secteurs.
Mais des conventions collectives,
lorsqu'on parle de conditions de travail, c'est chez les concessionnaires
automobiles que nous les retrouvons.
À Montréal,
nous avons 237 concessionnaires automobiles. Laurentides-Lanaudière, la région
de M. Cousineau, il y a 98 concessionnaires automobiles qui sont
assujettis par convention collective, qui ont des décrets, qui ont des conventions collectives. Or, il faut toujours
arrimer nos conventions collectives avec nos décrets. Je pourrais parler
des différentes régions, mais je vais parler
des régions où, moi, particulièrement, j'ai siégé, où je suis actif dans ces
régions-là. Ça fait qu'à Montréal, lorsqu'on se retrouve à la table de
négociation où est-ce qu'on retrouve par la suite au comité paritaire... bien, on va appliquer ou on va
importer directement des éléments de nos conventions collectives, des
fonctions qu'on retrouve à l'intérieur de nos conventions collectives qui vont
se retrouver dans les conditions de travail.
Lorsqu'on parle
de pourcentages d'augmentation salariale, bien, souvent, on va prendre comme
balises ce qui aurait été négocié dans nos conventions collectives pour
essayer d'arrimer avec les parties contractantes. Certaines parties contractantes nous disent : Bien non, on ne
peut pas aller au-delà de certains indices. Pourtant, nous, on les a
négociés, ces indices-là,
sur lesquels on va parler d'augmentations salariales ou d'autres conditions de
travail. Et je parle spécifiquement dans le secteur automobile. Je ne voudrais
pas parler des autres décrets qui ont des conditions particulières et qui ont
d'autres conditions, parlons de l'automobile.
Un élément
qu'on a, c'est qu'il y a des parties contractantes qu'on se demande,
effectivement... Et c'est le travail du
CCTM, je le conçois bien, de valider si ces gens-là sont bel et bien
représentatifs. Mais c'est une des questions qu'on soulevait, qu'on se posait comme question sans
aller sur les éléments du projet de loi que vous avez présentés, Mme la ministre. Mais, quand on parle de gestion, quand
on parle des travaux, vous parliez d'une assemblée générale, savez-vous que chacune des parties contractantes avec
laquelle je compose et que nous partageons du côté patronal doit rendre
compte dans son association? Moi, je rends
compte à l'ensemble de mes membres du secteur automobile à Montréal dans le
cadre d'une assemblée générale annuelle. Et, dans des rapports mensuels, nous
rapportons à notre corporation régionale des activités qui se déroulent au
niveau du comité paritaire. Et, par la suite, mensuellement, je produis un
rapport à la corporation provinciale des
différentes activités. Donc, indirectement, on rejoint nos membres puis on les informe de ce qui se passe,
des différentes décisions, des différentes actions qui vont avoir un impact
dans leur industrie.
Et mes confrères des autres associations
patronales, pour avoir échangé avec eux, également, doivent rendre des comptes parce
qu'on est nommés annuellement par nos corporations régionales. Alors, la
corporation de Montréal, qui a décidé de me déléguer pour siéger et la
représenter au niveau du comité paritaire, ainsi qu'un autre membre
concessionnaire automobile, bien, nous avons des comptes à leur rendre. Est-ce
qu'on rendrait davantage d'information si on allait à l'assemblée générale
publique? Je ne suis pas sûr qu'on rendrait service à l'ensemble des gens de
l'industrie.
Par ailleurs, le site Internet fournit bon nombre d'informations que nous n'avions
pas à l'époque, qui n'étaient pas...
Je me rappelle, les premières années, moi, en 1990, l'information était gardée en vase clos, et on quittait la réunion du conseil
d'administration, on laissait les
documents au conseil d'administration. Aujourd'hui, ces documents-là, que ça soit l'ensemble des questions sur lesquelles l'administration courante des comités paritaires... bien, les administrateurs ont
ces informations-là. On s'est dotés d'un
code d'éthique, des règles de déontologie pour, justement, s'assurer que les
gens qui siègent au niveau
des comités paritaires puissent avoir cette indépendance-là ou, à tout le moins, ces règles d'éthique là qui
gouvernent nos interventions au
niveau du comité paritaire. Et je
peux vous dire qu'à Montréal j'en suis un des bons chiens de garde
depuis 25 ans, et c'est le mandat qu'on m'a donné.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, Me Auclair. Alors, je vais maintenant passer la parole à l'opposition
officielle, M. le député de Rimouski, pour 9 min 30 s.
M. LeBel : Merci, M. le Président.
Comme je disais tout à l'heure, je remplace à pied levé mon collègue de Richelieu,
qui, habituellement, est le porte-parole et le vis-à-vis de la ministre. Ça fait que, comme je disais, je suis en
dehors de ma zone. Ça fait que j'apprends beaucoup de choses de ce que vous
nous dites. C'est un milieu que je ne connais
pas vraiment, mais vous avez
commencé, puis ça m'a un peu titillé,
vous avez parlé, les gens de Rimouski
ne sont plus là-dedans. Moi, je suis député de Rimouski, puis vous avez
dit : Ils n'ont pas de décret puis... C'est un des derniers, je pense, que vous avez dit qu'ils ont... Puis vous
avez dit : Ceux qui n'en ont pas n'en veulent pas, hein? J'aimerais
ça... Dites deux mots, c'est qu'est-ce
qu'ils... J'ai une petite idée, mais qu'est-ce qu'ils rejettent des décrets
comme ça? Pourquoi vous dites : Ils n'en voudront jamais, c'est
fini?
Le Président (M. Cousineau) :
M. Béchard.
M. Béchard (Jacques) : Écoutez,
merci de votre question. Un des éléments — puis je l'ai abordé dans ma présentation — c'est qu'au Québec on a des lois du travail,
hein, de plus en plus intéressantes, qui protègent de plus en plus les travailleurs, notamment la
Loi sur les normes,
qui a évolué au fil des ans, et c'est bien. Donc, un décret, c'est
l'extension de certaines conditions de
travail d'une convention collective négociée. Et, comme mes collègues vous
l'expliquaient, nous autres, nos
concessionnaires versent beaucoup plus que le décret. Donc, à Rimouski, les
travailleurs sont bien rémunérés. Pourquoi? Notamment, parce qu'il y a
une pénurie de main-d'oeuvre dans le secteur de l'automobile. Puis ce n'est pas propre à notre secteur, hein, le
vieillissement de la population, etc., donc il y a une pénurie de main-d'oeuvre
dans notre secteur, et le concessionnaire
qui ne voudrait pas rémunérer son salarié convenablement, bien, il ne pourrait
pas garder d'employés parce que
l'offre est grande, on a besoin de travailleurs, de sorte qu'à cause des lois,
à cause du fait qu'il y a une vive
compétition dans le secteur de l'automobile et du fait qu'il y a une pénurie de
main-d'oeuvre, les concessionnaires, les parties patronales disent : On n'a pas besoin de conditions de
travail d'un décret pour protéger les travailleurs. Ça, c'est un élément
important de la réponse.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Rimouski.
LeBel : Oui, merci. Mais cette situation, elle n'est pas que dans la
région du Bas-Saint-Laurent, de Rimouski, elle peut être dans d'autres
régions aussi. Mais, ailleurs, ils ont accepté de garder les décrets.
M. Béchard
(Jacques) : C'est-à-dire que
les décrets datent de plusieurs années. Et il y a six décrets dans le
secteur de l'automobile, puis nous, on dit : Ça va bien. On a un projet de
loi n° 53 qui modernise la Loi des décrets, et nous, on dit : Parfait, dans les régions où il y a
des décrets, continuons. Sauf que, dans les régions où il n'y a pas de décret,
on n'en a pas besoin. Voilà.
M. LeBel :
Merci, c'est clair. Monsieur... je ne me rappelle plus de votre nom, le
monsieur ici...
M. Auclair (Richard) : Me Auclair.
LeBel : M. Auclair, vous
avez parlé tantôt : On s'est donné un code d'éthique, on respecte notre code d'éthique. Les gens qui sont passés avant vous parlaient des
éléments de transparence et, comme vous, mentionnaient que le site Internet, où les informations sont là, c'est une
avancée que la ministre propose. Le groupe avant vous parlait d'éthique aussi, d'un code d'éthique, qu'ils s'en étaient
donné un aussi, et on a ouvert avec eux sur la possibilité est-ce qu'un
code d'éthique devrait être aussi prévu par
la loi. Est-ce que ça ne serait pas aussi ajouter à la transparence si, un code
d'éthique que vous avez déjà, on l'intégrerait à la loi?
M. Auclair
(Richard) : Écoutez, d'ajouter un code d'éthique au projet de loi et
de mettre des règles d'éthique, regardons
la
Loi sur le Barreau, on a des règles d'éthique qui sont prévues dans notre
loi habilitante sur le Barreau. Qu'on regarde
dans différentes législations, on va retrouver ces règles-là. Ça ne peut être
qu'un bienfait que de le rajouter si la ministre juge opportun de
rajouter des éléments d'éthique à l'intérieur du projet de loi.
Mais là je ne
voudrais pas qu'on s'égare du projet de loi, je pense qu'on va se retrouver...
Je vous dirais que, dans n'importe quelle
législation, on va dire : Est-ce qu'on ne devrait pas prêcher par
l'éthique? Est-ce qu'on ne devrait pas prêcher
par de la déontologie? Alors, oui, on ne peut pas être contre ces éléments-là.
Est-ce que ça doit nécessairement faire
partie d'un projet de loi qui veut actualiser la Loi des décrets de convention
collective? Je vous laisserai le soin d'en discuter. Si vous jugez opportun de rajouter ces règles d'éthique, bien,
il va falloir prévoir des règles d'éthique. Parce que, quand vous
regardez les lois habilitantes du travail, que ce soit la
Loi sur les normes du
travail, la
Loi sur la santé et sécurité du
travail, la
Loi sur les accidents de travail, maladies professionnelles, où
est-ce qu'on est régi par des conseils d'administration, par des officiers
qui vont rendre des décisions judiciaires ou quasi judiciaires, on a déjà prévu
ce mécanisme de loi là ou on a déjà prévu
ces mécanismes-là d'éthique à l'intérieur. Est-ce qu'on devrait faire
abstraction pour la Loi des décrets de
convention collective? À un moment donné, on va être rendu qu'il y aura des
règles d'éthique un peu partout.
Mais. à l'interne, on s'est donné des règles que, particulièrement s'il y a des
éléments qui doivent faire l'objet de... on va parler d'éthique, de
déontologie, qu'on se les réfère, et c'est pour ça qu'on s'est... c'est un
outil additionnel.
Est-ce que je réponds à votre question?
M. Béchard
(Jacques) : M. le Président,
est-ce que vous me permettez un petit commentaire additionnel très bref?
Le Président (M. Cousineau) :
M. Béchard (Jacques) : M. le député
de Rimouski, ce qui est intéressant, c'est que le projet de loi n° 53
prévoit que le ministre peut établir des directives visant à favoriser une
saine gouvernance des comités. Donc, c'est assez large comme pouvoirs pour Mme
la ministre, et cette question-là pourrait être englobée dans les pouvoirs de
gouvernance. Merci.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. Béchard. M. le député.
LeBel : Ce que j'ai compris, par exemple, c'est que les deux
groupes — comme je
vous disais, je suis nouveau, j'arrive — qu'on rencontre, les deux ont un code
d'éthique, puis ils disent que c'est important d'avoir un code
d'éthique, puis ça rajoute à la transparence. Ça fait que je fais juste
observer que ça ne cause pas de problème pour personne.
J'avais une
autre question. Avec le temps, là, j'essaie de comprendre, là, vous avez dit
que vous êtes contents qu'au niveau
de la formation on divise en deux, que les travailleurs participent au
financement, que ce soit de façon paritaire. Bon, je comprends qu'actuellement ce n'était pas le
cas, mais vous êtes contents de cette division en deux. Mais vous ne
voulez pas que l'enveloppe soit multipliée
en deux, vous voulez que ça reste le même montant qu'on puisse prélever.
J'aimerais juste être certain, est-ce que ça
veut dire moins d'argent dans la formation, ou vous dites non, vous n'avez pas
besoin de la loi pour en mettre, ou... J'essayais de comprendre, si on
coupe l'enveloppe en deux puis on ne met pas plus d'argent, est-ce qu'en bout
de ligne...
M. Sam Yue Chi (Ian) : À prime
abord — pardonnez-moi,
je ne voulais pas vous interrompre — ...
M. LeBel : Non, allez-y, allez-y,
essayez de m'expliquer.
M. Sam Yue Chi (Ian) : ...il faut
savoir une chose, puis on l'a dit en principale ici, c'est qu'on investit déjà beaucoup, nous, les concessionnaires, en
formation, beaucoup plus que la loi nous y oblige. C'est la première des
choses. Donc, on ne voudrait pas se retrouver avec une charge additionnelle à
ce niveau-là. Ça, c'est le premier élément.
Le deuxième,
c'est que sachez, malgré la loi, actuellement, les comités paritaires dans
l'automobile ont une offre de formation.
Malgré qu'il n'y ait pas un financement qui est paritaire, tout ça se finance à
même le prélèvement, et certaines subventions aussi, évidemment. Donc,
ce qu'on dit, c'est que, dans l'état actuel des choses, le prélèvement permet
la formation, donc on ne voudrait pas le doubler à ce niveau-là dans la loi,
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, Me Yue Chi.
LeBel : Mais ça veut dire, dans le fond, que vous n'avez pas besoin de
la loi, on en met déjà plus. La formation, il n'y a personne qui va... Ce n'est pas vrai qu'il va y avoir moins
d'argent en formation parce que vous en mettez déjà.
M. Béchard
(Jacques) : Et voilà. Nous,
on parle ici pour les concessionnaires d'automobiles. Puis nous, c'est clair qu'on dépasse largement, de 2 %,
3 %, 4 %, et on ne veut pas que... Il y a la loi du 1 %, mais on
ne voudrait pas que des législations viennent augmenter le fardeau.
Puis, écoutez, on a des travailleurs, puis les travailleurs, eux autres non plus, ils ne veulent pas supporter des coûts nécessairement additionnels au niveau de la formation, là. C'est paritaire, puis ça, ces questions-là, les parties, les parties
contractantes, puis on a des amis en arrière de la
partie syndicale qui discutent avec nous autres... Non, mais c'est la vraie vie, ça.
Nous autres, on discute de ces questions-là avec la
partie syndicale, et
ces questions-là sont discutées au niveau de la formation, des programmes de
formation, etc.
Président (M. Cousineau) : Alors, merci, c'est tout le
temps que nous avions pour l'opposition officielle. Donc, je vais passer la parole maintenant au
deuxième groupe d'opposition avec M. le député de Chutes-de-la-Chaudière
pour 6 min 30 s.
M. Picard :
Merci, M. le Président. Merci, messieurs. Moi, je veux aborder le thème de
l'imputabilité et de la transparence.
Tantôt, Me Auclair, vous avez indiqué que, du côté patronal, il y avait
une reddition de comptes qui se
faisait. Moi, la question est bien simple, pour les assujettis, les travailleurs,
est-ce que ça serait souhaitable qu'il y ait une assemblée générale afin qu'eux
reçoivent leur reddition de comptes?
M. Auclair
(Richard) : Écoutez, je
présume... Et je ne veux pas parler pour les gens de la
partie syndicale,
mais les gens de la
partie syndicale que je connais et que je côtoie ont
également des assemblées mensuelles où ils rendent des comptes à leurs membres. Comme je vous ai
mentionné, monsieur, j'ai mentionné que, pour ce qui est de chez nous,
au niveau de la corporation, voici la reddition de comptes que nous faisions.
Maintenant, les associations syndicales doivent
certainement — et
je ne voudrais pas parler pour eux — s'ils ont des membres, doivent rendre des comptes à leurs membres dans leurs
dans leurs assemblées mensuelles. Selon leurs statuts et règlements, différentes associations doivent rendre des
comptes. J'ai parlé pour le volet qui me concernait, les
concessionnaires automobiles, voici ce que je fais. D'autres membres
d'associations patronales que je côtoie doivent également rendre des comptes périodiquement à leurs associations qui les
mandatent. Alors, je présume que les associations syndicales également,
de leur côté, doivent peut-être rendre des comptes aux associations qui les ont
mandatées.
M. Picard :
O.K. Deuxième question. Qu'est-ce que vous penseriez s'il y avait des
assemblées générales sur le Web, un peu comme le Fonds de solidarité? Le
Fonds de solidarité, les actionnaires, les actionnaires du Fonds de solidarité reçoivent de la documentation leur
indiquant : Bien là, à telle date, là, il va y avoir une élection, et puis
on va rendre des comptes, et soit que
tu retournes ta procuration en faisant tes choix ou tu mandates quelqu'un qui
va voter dans tel sens, là, parce
qu'il y a toujours, je dirais, un listing de gens, là, qui sont recommandés.
Et, deuxièmement, on peut suivre l'assemblée générale sur le Web. Donc,
allez-y, Me Béchard.
M. Béchard (Jacques) : Bonne
question. Écoutez, avec les explications que les parties contractantes, tant
patronales que syndicales, rendent des comptes à leurs organisations, avec les
dispositions du projet de loi n° 53, où il
va y avoir beaucoup plus de transparence tant au niveau des activités du comité
paritaire que des éléments financiers, le Web, c'est accessible à
tous — c'est
ça, la beauté — de
sorte que toute personne va avoir accès à ces questions-là de rapports annuels, d'éléments financiers. Donc,
nous, nous, on ne demande pas plus que ce que le projet de loi contient,
c'est déjà un pas intéressant. Puis, comme je vous dis, il ne faut pas oublier
qu'un comité paritaire, c'est géré par des parties.
C'est un petit groupe, hein, qui gère les activités du comité, qui a un
directeur général puis des employés. Donc, c'est plus de l'activité d'un
conseil d'administration.
On parlait de
code d'éthique tantôt, on n'est absolument pas contre parce que, moi, mes
administrateurs à la CCAQ ont un code
d'éthique. Je siège sur des conseils d'administration, il y a des codes
d'éthique et de déontologie. Ça, on n'a pas de trouble avec ça. Mais, de
là à commencer à imposer une assemblée annuelle alors que ce sont les parties
qui sont déléguées par leurs regroupements, on ne pense pas que c'est nécessaire...
Le Président (M. Cousineau) :
Me Auclair.
M. Auclair
(Richard) : ...élément à
rajouter. Vous savez, au niveau du
Code des professions, dans les
différentes autres associations professionnelles, il y a les parties qui sont les membres de ces
organismes-là. Également, dans certaines lois, on retrouvait également...
le ministre pouvait nommer
quelqu'un pour représenter le public à l'intérieur du Code des professions. Donc, les différentes lois... Si je
vous parle dans une situation où je suis membre également de l'ordre
des conseillers en relations industrielles ou de ressources humaines agréés du Québec,
il y avait une
partie qui était une personne qui était nommée par le ministre,
qui était une
partie qui représentait le public.
D'autre
part, avant les modifications apportées à la Loi des décrets de convention
collective, on avait dans nos parties
contractantes des gens qui étaient nommés par le ministre qui représentaient,
justement, le public, qui représentaient les organismes qui étaient non
syndiqués. Parce que vous comprendrez que la base même de la Loi des décrets de
convention collective, c'est l'extension
territoriale des conventions collectives sur le secteur. Alors, vous
comprendrez qu'il y a un plan de la
population qui est non syndiqué. Si on regarde le taux de syndicalisation ici,
au Québec, et dans notre secteur particulièrement, bien, il y a beaucoup de salariés qui sont non
assujettis ou qui sont assujettis à des décrets de convention collective, mais qui ne sont pas
syndiqués. Alors, c'est une piste de solution qui pourrait être envisagée,
mais tenir des assemblées générales
annuelles en ligne ou différents moyens... je pense que l'information fournie
actuellement, telle qu'elle est fournie par les organismes, pourrait répondre
bon nombre de questions.
Le Président
(M. Cousineau) : M. le député, il reste une minute.
M. Picard :
Merci. Je comprends que l'information qui va être véhiculée sur les différents
sites Internet va fournir une nouvelle information. Il y a peut-être des gens qui l'avaient déjà
parce qu'en appelant ils l'avaient. Mais j'ai de la difficulté à percevoir votre réticence, c'est-à-dire on ne veut
pas aller jusque-là. Puis il faut bien comprendre que le projet de loi n° 53, ce n'est pas seulement les concessionnaires d'autos, nous, on regarde l'ensemble des
comités paritaires, donc c'est...
Mais je vous avoue bien candidement que j'ai de la difficulté à comprendre
pourquoi vous ne voulez pas vous rendre...
ouvrir... Parce que les gens, là, en 2016, les gens veulent avoir de
l'information. Puis, souvent, ils ont accès, puis ils n'iront même pas le voir, on va se dire les vraies
choses, là. Mais le fait de dire : Bien non, vous en avez déjà assez,
là, puis de nommer des gens du public... la
population, elle est rendue un petit peu plus loin que ça, je crois, en tout
cas. Mais c'est un commentaire, puis j'accepte...
M. Auclair
(Richard) : ...là-dessus, on n'est pas contre à ce qu'il y ait des
assemblées et qu'il y ait, des fois, des informations qui soient annualisées
sous la forme d'une assemblée générale. Mais vous avez dit : Les gens
pourraient voter sur les personnes qui pourraient y siéger. Et ce n'est pas une
réticence, comment est-ce qu'une personne qui n'est pas
partie contractante
pourrait dire : Bien, moi, je vais voter pour telle personne pour siéger
sur tel organisme? C'est là mon interrogation.
Président (M. Cousineau) : ...c'est terminé. Alors,
messieurs les maîtres — parce que je crois que vous êtes quatre avocats — alors,
merci d'avoir participé à notre commission parlementaire.
En ce qui nous
concerne, je suspends les travaux jusqu'à 15 heures, cet après-midi, dans
la même salle. Alors, merci bien.
(Suspension de la séance à
11 h 38)
Le Président (M.
Cousineau) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
de l'économie et du travail reprend ses travaux. Je demande à toutes les personnes
dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils
électroniques.
Nous
poursuivons les consultations
particulières et auditions publiques
sur le projet de loi n° 53, Loi
actualisant la
Loi sur les décrets de
convention collective en vue principalement d'en faciliter l'application et de
favoriser la transparence et l'imputabilité des comités paritaires.
Nous
entendrons cet après-midi les organismes suivants : la Fédération des
chambres de commerce du Québec, le Comité paritaire de l'entretien
d'édifices publics de la région de Québec et le Comité paritaire des agents de
sécurité.
Alors,
je vous rappelle, c'est le même temps que ce matin, un exposé de 10 minutes et
puis, après ça, bien, des échanges
avec les parlementaires, 16 minutes pour la
partie ministérielle, 9 min 30 s
pour l'opposition officielle et 6 min 30 s pour le deuxième groupe d'opposition
Alors donc, celui qui
va prendre la parole au départ, vous vous présentez et présentez vos deux
confrères, et vous avez 10 minutes.
M. Forget (Stéphane) : Merci beaucoup, M. le Président. Membres de
la commission, Mme la ministre, alors, Stéphane Forget, je suis président-directeur
général de la Fédération des chambres de commerce du Québec. Je suis
accompagné, à ma droite, par Alexandre Gagnon, qui est directeur Main-d'oeuvre
et Santé et sécurité au travail à la fédération,
et de Me Richard Martel, avocat chez Fasken Martineau, expert dans le domaine qui nous accompagne depuis
assez longtemps dans nos travaux eu égard à ce projet de loi.
Alors, je vous rappelle brièvement... Vous
connaissez la fédération, mais j'aime toujours rappeler qu'on porte deux chapeaux : le premier, de fédérer et de
regrouper les 143 chambres de commerce sur le territoire québécois; et
notre deuxième rôle, à
titre de chambre de
commerce provinciale, nous avons plus de 1 200 entreprises membres directement de la fédération qui
se réunissent dans différents comités, dont un particulièrement sur les enjeux
de travail et de main-d'oeuvre.
Je veux aussi vous
rappeler que nous sommes membres du CCTM, donc du Conseil consultatif travail,
main-d'oeuvre, et nous avons participé, avec
la participation de Me Martel, au sous-comité de travail qui a réfléchi à
l'enjeu des décrets de convention collective.
Tout d'abord, je veux juste vous rappeler que
nous nous sommes positionnés pour l'abolition pure et simple de la
Loi sur les décrets de convention
collective, mais nous avons travaillé de façon très constructive aux travaux
qui ont conduit au dépôt du
présent projet de loi, projet
de loi que nous appuyons. Nous étions
et nous sommes toujours d'avis
que la réalité du marché du travail a fait son chemin depuis la première adoption de cette loi, jadis, en
1934. Différentes législations sont venues assurer certaines balises dans
le cadre des contrats de travail entre employés et employeurs québécois.
Précisons qu'actuellement le Code du travail et la
Loi sur les normes du
travail émettent les limites dans lesquelles
ces relations de travail peuvent évoluer. La pénurie de main-d'oeuvre actuelle et son aggravation annoncée par les changements démographiques
amèneront les forces du marché à fournir de meilleures conditions de travail et
une rémunération avantageuse aux
travailleurs québécois. La valeur et l'utilité de la
Loi sur les décrets de
convention collective sont aujourd'hui questionnables, et la diminution
constante des entreprises soumises à cette loi démontre d'ailleurs l'importance
de réfléchir quant à la nécessité de maintenir cette structure.
À notre avis,
cette loi a un impact négatif sur l'entrepreneuriat québécois en permettant à
certains joueurs de mettre en place des barrières à l'entrée imposantes
dans certains secteurs d'activité. Cette loi vient, dans son essence même, empêcher par moments le jeu de l'offre et de la
demande. De telles barrières viennent rendre difficile, sinon impossible
dans certains cas, la venue de petites ou
très petites entreprises qui n'auraient pas les mêmes ressources que certains
joueurs. Il est d'ailleurs important de
préciser que les comités paritaires sont actuellement constitués par les
principaux acteurs patronaux et syndicaux d'un secteur assujetti.
entreprise naissante doit souvent rivaliser dans son offre de service afin de
se distinguer des grands joueurs qui sont
déjà dans le marché. Comme nous l'avons indiqué précédemment, les décrets
viennent pourtant instaurer des barrières à l'entrée pour l'arrivée de nouveaux joueurs. Il est donc nécessaire de
prévoir une phase tampon au cours de laquelle une entreprise a toute la
latitude et la flexibilité pour s'implanter. Dans une optique d'allègement
réglementaire pour les petites entreprises
et afin de favoriser l'entrepreneuriat dans tous les secteurs de notre
économie, nous vous proposons qu'un
article soit ajouté au projet de loi afin d'exclure les entreprises de moins de
20 employés à l'assujettissement des décrets de convention collective.
Autre
élément, l'état des choses actuel et les bonnes pratiques en matière de
gouvernance imposent d'assurer une plus
grande transparence, et la présence d'un observateur à l'ensemble des
rencontres nous semble un pas dans la bonne direction. Si les ressources
du ministère ne lui permettent pas de déployer un observateur, nous
recommandons à la ministre d'utiliser
systématiquement son droit déjà prévu à l'article 17 de la
Loi sur les décrets de convention
collective, prévoyant la nomination de membres neutres au comité.
Parlons maintenant
de transparence. Une simple visite de certains des sites Internet des comités
paritaires réussit à nous convaincre
du manque de transparence de certaines de ces organisations. Il apparaît
impossible, sur certains d'entre eux,
d'obtenir l'identification des membres du comité paritaire, encore moins un
moyen de les rejoindre ou le calendrier de leurs rencontres. Nous applaudissons donc les nouvelles exigences quant
à la publication obligatoire de l'identification des membres, des
rapports annuels et des états financiers, des règlements applicables ainsi que
des ordres du jour des réunions. De plus,
nous recommandons que les comptes-rendus des réunions soient également rendus
disponibles sur leur site Internet. Les ordres du jour sont souvent
normalisés et modifiés lors de l'amorce de la rencontre même ou alors amendés
avec une série de points au varia, ce qui est normal.
Dans un
esprit de saine gouvernance et à l'instar des recommandations effectuées quant
à l'administration des ordres
professionnels québécois dans le projet de loi n° 98, il nous apparaît
aussi approprié que les membres des comités paritaires aient
l'obligation de suivre une formation en matière de gouvernance et d'éthique.
La fédération
supporte également la décision d'abolir le décret des coiffeurs de l'Outaouais.
Alors que les salons de coiffure de partout au Québec démontrent la
possibilité d'une saine compétition, ce décret restait intact tel un vestige du passé. Il va de soi que d'abolir ce décret est
un premier pas, et nous réitérons la nécessité d'examiner... de
maintenir l'ensemble des décrets existants.
Afin de poursuivre, il apparaît important de
rappeler le rôle que remplissent les comités paritaires. Ils sont responsables du contrôle et de la surveillance de
l'application des décrets de convention collective. Bien que le Québec soit le seul endroit en Amérique du Nord à avoir
un tel système d'extension des conventions collectives, certains pays, notamment en Europe, ont une loi similaire. Or, la
réglementation québécoise est la seule qui prévoit que l'application d'une telle loi soit contrôlée et surveillée par
un comité paritaire. Dans les pays européens concernés, ce sont plutôt à
des instances gouvernementales que ce mandat a été confié. Ainsi, ce sont les
comités paritaires qui surveillent les entreprises assujetties à un décret et
qui interviennent auprès d'elles.
Précisons à nouveau que les comités sont
constitués de représentants des plus grandes entreprises et des plus grands
syndicats de l'industrie visée. Concrètement, cela signifie que certaines
entreprises assujetties à un décret sont présentes au sein du comité paritaire
alors que d'autres entreprises également assujetties au décret n'y sont pas.
Les entreprises non présentes sont donc
interpelées et surveillées par un comité sur lequel siègent des entreprises
avec qui elles sont en concurrence
directe. La fédération considère que cela pourrait entraîner un traitement
inéquitable et démontre, pour le moins, une apparence de conflit
d'intérêts. De ce fait, les comités paritaires peuvent constituer une entrave à
l'exercice d'une saine concurrence alors que
la surveillance de l'application d'un décret pourrait devenir un véhicule
pour nuire à certaines autres entreprises.
Nous croyons
que le gouvernement se doit de corriger cette situation dans sa refonte de la
Loi sur les décrets de convention collective. Il nous apparaît plus
approprié que le mandat de surveillance de l'application des décrets soit dévolu à la Commission des normes, de l'équité, de
la santé et de la sécurité du travail, dont les employés possèdent déjà
une expertise et la crédibilité requise dans
l'inspection des lieux de travail tout en offrant l'assurance de la neutralité
nécessaire à l'application de ce décret.
Enfin, la
fédération tient à remercier les membres de la commission de lui avoir accordé
l'opportunité de commenter ce projet de loi. Tout de même, nous
réitérons à nouveau notre point de vue sur le fait que cette loi est vouée à disparaître dans
les prochaines années. Des décrets de convention collective ne sont plus
nécessaires dans le cadre des relations de travail modernes. Le projet
de loi ainsi que les propositions que nous avons émises peuvent toutefois permettre de rehausser les normes de gouvernance
en place et éviter la répétition des dérapages que nous avons connus au cours des dernières années. Une diminution rapide
du nombre de décrets en vigueur pourrait, par le fait même, permettre une diminution importante des structures
administratives et des coûts qui y sont associés. Quoi qu'il en soit,
l'adoption de ce projet de loi est
primordiale, et nous encourageons, évidemment, les membres de la commission à
procéder rapidement à son adoption, mais avec, notamment, les
changements dont nous vous avons fait part aujourd'hui. Je vous remercie.
Le Président (M. Poëti) : Merci,
M. Forget. Alors, Mme la ministre pour une période de 16 minutes à
votre convenance.
Mme Vien :
Merci beaucoup, M. le Président. Bonjour, M. Forget. Bonjour à vous tous.
Si je vous comprends bien, un peu à l'image
de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, vous, ce que vous
nous dites, c'est : Bon, nous,
on aurait préféré l'abolition pure et simple de ce système-là, de ce régime-là,
de ces décrets-là, mais, puisqu'il le faut, on va les garder. Mais
améliorons, finalement, l'état des lieux. Je vous ai bien compris?
M. Forget
(Stéphane) : Et
réfléchissons, si possible, à, dans le temps, comment on pourrait faire en
sorte qu'ils finissent
éventuellement, compte tenu de l'état actuel des relations de travail, comment
on pourrait faire éventuellement pour les éliminer dans un laps de temps
raisonnable.
Mme Vien : Donc, une
mort latente?
M. Forget (Stéphane) : Bien,
non...
Mme Vien : Dans le temps,
c'est ce que...
M. Forget (Stéphane) : ... avec
certains ajustements qui permettraient d'y arriver
Mme Vien :
O.K. Vous avez parlé de barrières à l'entrée, d'une phase tampon, est-ce que je
dois faire le lien entre ça et votre demande que les 20 employés et
moins ne soient pas assujettis?
M. Forget (Stéphane) : Oui.
Mme Vien : Est-ce que je fais
le lien entre les deux?
M. Forget (Stéphane) : Vous pouvez
faire le lien entre les deux.
Mme Vien : M. Forget, on m'a toujours expliqué que les
décrets de convention collective existaient parce que ce sont de petites entités, ce sont de petites
entreprises qui, normalement, n'auraient pas nécessairement... sans dire
les reins solides, n'auraient pas les
structures nécessaires pour se donner les conventions, etc., qu'un décret de
convention peut apporter, et ça concerne au premier chef, bien entendu,
des entreprises qui ont 20 employés et moins. Est-ce qu'on ne vient pas,
un peu, dire une chose et son contraire en même temps?
M. Forget
(Stéphane) : Je vais débuter
puis je vais laisser mon collègue répondre par la suite. Évidemment,
là, non, ce n'est pas une chose et son
contraire. Le défi que nous avons, c'est, dans un premier temps, de
notre côté, en travaillant avec les entreprises de plus petite taille,
de constater la lourdeur administrative, l'impact sur leurs entreprises de la réglementation, des obligations réglementaires,
des obligations administratives, et autres. Et on le sait, là, tout le monde le constate, la lourdeur
administrative au Québec, pour les plus petites entreprises, est très
importante. Donc, ça, c'est le premier
élément où on se dit: On continue, là, est-ce qu'on peut exclure ces
entreprises-là de ce genre d'obligations là? Deuxième élément, on constate, pour avoir eu des discussions, qu'il y a
des plus petites entreprises qui, dans le contexte de décrets de
convention collective, ont de la difficulté à s'implanter, à s'imposer.
Donc, en voyant ces deux éléments-là, on se disait:
Quelle est la meilleure solution pour être cohérents avec nous-mêmes aussi parce qu'on a le même enjeu du
côté de la Loi et de la santé et sécurité au travail? Probablement que de ne pas assujettir les entreprises de plus petite taille pourrait avoir
un impact favorable. D'autant plus — et je vous l'ai mentionné, on le répète — qu'on pense qu'à terme cette loi-là devrait
ne plus exister, on pense que c'est un pas dans la bonne direction à cet
égard-là. Peut-être qu'Alexandre, tu veux ajouter.
Le Président (M. Poëti) : ...vous
identifier aux fins de l'enregistrement, monsieur.
M. Gagnon
(Alexandre) : Oui, bien sûr.
Alexandre Gagnon, directeur Main-d'oeuvre et Santé et sécurité au
travail pour la Fédération des chambres de
commerce du Québec. Une des particularités des jeunes entreprises, c'est
notamment, tu sais, qu'il faut qu'elles
fassent face à la compétition, il faut qu'elles trouvent de nouvelles façons
innovantes afin de réussir à compétitionner
face aux entreprises qui sont déjà en place. Et, pour une majorité
d'entreprises, ça passe notamment par offrir un service ou offrir des
produits différents des autres entreprises.
la force des choses, ça amène également les entreprises à faire face
d'innovations... de faire face... d'utiliser de nouvelles pratiques en ressources humaines afin de motiver les
travailleurs à venir travailler chez lui plutôt que d'aller dans une
plus grande entreprise. Donc, souvent, ça va faire face par une rémunération
parfois différente. Donc, pas nécessairement
par une rémunération monétaire, mais ça pourrait être par différents incitatifs
au niveau de l'horaire de travail ou
au niveau de partage des bénéfices. Donc, c'est des façons de rémunération
différentes que les petits employeurs vont
utiliser afin de faire face... lorsqu'ils n'ont pas les mêmes moyens que les
plus grands employeurs. Donc, les décrets de convention collective
viennent nuire un peu à cette possibilité, à cette flexibilité-là des petites
PME.
Le Président (M. Poëti) : Merci. Mme
la ministre.
Mme Vien :
M. Forget ou messieurs, est-ce que — comment je vous dirais bien ça? — selon vous, les décrets de convention sont ou ont déjà été des freins au
démarrage d'entreprises? Un cas de figure bien simple, là, quelqu'un qui
veut se partir une entreprise dans un
domaine où il y a un décret de convention collective dans une région et qui se
dit: Moi, je ne me lance pas parce
que je... avez-vous eu des sons de cloche là-dessus? Avez-vous eu des
informations là-dessus ou, là, j'imagine quelque chose qui n'existe pas,
Le Président (M. Poëti) : M. Forget?
M. Gagnon? Me Martel?
M. Martel
(Richard) : Richard Martel, je suis avocat et j'ai eu le plaisir de
travailler dans le domaine des décrets. M. Audet dirait depuis 1934, mais ce n'est pas si récent que ça. La
réponse, c'est que oui, ça a déjà été... La plupart de ces décrets-là ont été abolis, hein? On a travaillé
avec un régime qui avait 40, 50 décrets, et, de façon graduelle, ils ont
été abolis. Les décrets qui demeurent sont dans deux grands secteurs,
l'automobile et les services.
Il y a un
choix social à faire, Mme la ministre. Prenons, par exemple, la sécurité ou
l'entretien ménager, les décrets prévoient des salaires beaucoup plus
élevés que le salaire minimum, et il est certain que le petit entrepreneur qui voudrait rentrer avec une technologie de base,
là — l'entretien
ménager n'en demande pas beaucoup — le décret va le forcer à rencontrer des conditions salariales qui sont de 15,85 $ de l'heure, à peu près, là. La directrice est en arrière,
là, c'est de cet ordre-là. Alors, dans ce sens-là, ça peut être une difficulté,
c'est un choix social à faire.
Mme Vien :
Une dernière question, M. Forget, quelle est l'appréciation que vous faites de
l'éthique, de la transparence, de la
gouvernance des comités paritaires? Je comprends que vous nous dites : Ça
prend de la formation, bon, sur la
gouvernance de façon générale, et tout ça, mais vous, là, votre lecture que
vous faites de l'éthique des comités paritaires, de la gouvernance...
M. Forget (Stéphane) : Je laisse M.
Martel...
Le Président (M. Poëti) : M. Martel.
M. Martel (Richard) : Là, je vais
avoir le plaisir de vous répondre, Mme la ministre. J'ai été en commission
parlementaire en 92 sur la première réforme de la loi, et la transparence puis
la gouvernance des comités paritaires, c'était déjà discuté. Quand on a
présenté au ministre du Travail le rapport du comité consultatif, on a parlé de
la gouvernance, on a dit... et c'était
consensuel, les trois centrales syndicales, les trois organismes patronaux
disaient : La transparence et la gouvernance des comités paritaires
est inégale. Il y en a qui sont impeccables, il y en a qui sont...
M. Martel
(Richard) : ...discutables. Cherchons un adjectif politiquement
correct. Nous avons repris les travaux après
avoir rencontré le ministre du Travail en décembre 2014. On a interviewé, au
comité consultatif, presque tous les directeurs
des comités paritaires en présence de vos fonctionnaires qui sont en charge du
décret, et je peux vous dire que c'est
un domaine qui demande beaucoup de transparence et d'améliorations. Il y a des
comités paritaires qui sont, je l'ai dit, impeccables. Il y en a
d'autres où la gestion, les procédures d'embauche, l'éthique, la gouvernance,
les nominations sont à faire dresser les cheveux sur la tête.
Et le projet
de loi que vous avez soumis, je pense, tend à corriger cette situation-là. Et,
pour moi, il est extrêmement important de prévoir deux choses qui sont
prévues dans le projet de loi : d'abord, qu'on puisse se plaindre d'un comité paritaire à ce qui était la Commission des
relations de travail et, deuxièmement, que le ministère du Travail garde
un oeil ouvert sur ce qui se passe dans un
comité paritaire et puisse être présent. Nous autres, on demandait un
observateur en tout temps, on nous a
expliqué que c'était un peu dispendieux, mais que, sur demande, vous soyez présents
parce que la gouvernance est, dans certains cas, très problématique.
Mme Vien : Bon. Qui est
l'observateur qu'on devrait nommer, cette personne neutre dont parlait M.
Forget?
M. Martel
(Richard) : Bien, de deux choses l'une, ou vous nommez une personne
neutre ou vous nommez un fonctionnaire de votre ministère qui est déjà
au courant de ce qui passe. Généralement, les gens, à votre ministère, connaissent bien les
tenants et aboutissants des problématiques. Si on les met au courant et qu'ils sont
un observateur, ils pourraient être une aide précieuse, ils l'ont déjà
été.
Maintenant,
il faut le formaliser. Si vous mettez quelqu'un de neutre, entre vous puis moi,
les décrets, là, il en reste 13, 14 ou 15 au Québec, il n'y a plus grand
monde qui connaît ça, on va être bien francs, là, de sorte que votre personne
neutre, si elle est trop neutre, elle ne connaîtra rien.
Mme Vien : Merci beaucoup.
Président (M. Poëti) : Merci, Mme la ministre. Alors, nous allons céder la
parole au député de Richelieu pour une période de 9 min 30 s. M. le
député.
Rochon : Merci beaucoup, M. le Président. Messieurs, bonjour, M. Forget, M. Gagnon, M.
Martel. Comme la ministre, j'ai noté, entre votre mémoire et celui de la
Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, une indéniable parenté. Vous dites la même chose, on croirait que
vous avez le même rédacteur. Et vous avez rappelé — et vous avez bien fait de le faire parce que ça contextualise, là, votre position historiquement — vous
avez rappelé que votre fédération s'est toujours positionnée pour l'abolition
pure et simple de la
Loi sur les décrets de convention collective.
Là, vous nous
avez dit que cette loi-là, elle a un impact négatif sur l'entrepreunariat québécois.
Elle permet — je
cite votre mémoire au texte, là — «à certains grands joueurs de mettre en
place des barrières à l'entrée imposantes dans certains secteurs d'activité». Vous recommandez qu'un
article soit ajouté au projet de loi afin d'exclure les entreprises de moins de 20 employés à l'assujettissement
des décrets de convention collective.
Et l'un de
vous nous disait : Les petites entreprises, elles ont à se battre dans un
marché très compétitif, et, souvent, elles
tirent leur épingle du jeu en offrant un service ou un produit différent.
Alors, moi, j'étais très attentif à ce qui allait suivre, et là vous avez ajouté : Elles
doivent faire preuve d'innovation en matière de ressources humaines. C'est
très joli, alors j'attendais la
suite, je me disais : Quelle peut bien être cette innovation en matière de
ressources humaines? Bien, la réponse est venue pas longtemps
après quand l'un d'entre vous, mais un autre, a, cette fois, précisé que les
décrets fixent des salaires bien plus
élevés que le salaire minimum. Alors là — et
vous me direz si j'ai compris — l'innovation
que vous proposez en matière de ressources
humaines, c'est de pouvoir payer les gens moins cher de l'heure que ce que
prévoient ces décrets de convention collective. Je n'essaie pas de vous tendre un piège, je veux
réellement comprendre, là, où le bât blesse, où posent problème ces décrets de convention collective. Et je crois avoir
compris — puis
vous me direz si c'est un des éléments posant le problème — qu'il
y en a, des petites entreprises qui n'ont pas les moyens d'offrir les salaires
qui sont dictés par les décrets.
Le Président (M. Poëti) : M. Forget.
M. Forget
(Stéphane) : Merci. Sauf
tout le respect que je vous dois, ce n'est pas ce que nous avons dit, on
a... Il y a deux personnes qui ont dit des choses, là, vous les avez remises
ensemble, mais je vais expliquer. Dans un premier temps, vous faites le lien
avec la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, oui, on est
cohérents avec nous-mêmes, depuis le début des travaux du sous-comité,
on a été très clairs sur notre intérêt, et on nous avait dit à ce moment-là : C'est bien que vous disiez que vous souhaitez l'abolition, vous avez la franchise de le dire. Cela dit, ce n'est pas le mandat que nous avons au CCTM. Donc, maintenant, comment on fait pour améliorer les choses? Et c'est ce que nous
avons travaillé à faire au cours des années.
Deuxièmement, on a parlé des petites entreprises, il y a une réalité au Québec,
vous le savez, on a un défi d'entrepreneuriat
important. Il y a des petites entreprises qui se créent et
qui veulent se développer, qui ont des ressources et des moyens limités à la base. On ne dit pas que l'objectif,
c'est qu'ils paient au salaire minimum, mais il peut y arriver, par moments, que des salaires décrétés soient une
embûche pour quelqu'un qui veut se lancer en affaires, qui veut
démarrer son entreprise. Donc, l'objectif
n'est pas de dire que l'objectif ou le souhait... que la façon d'innover au Québec,
c'est de payer le salaire minimum. Ce n'est
pas ce que nous avons dit, au contraire. Ce que nous avons dit, c'est que, dans
le cas de petites entreprises qui démarrent, le salaire fixé par décret
pourrait être une embûche qui ferait en sorte qu'elles ne pourraient pas compétitionner avec des entreprises
plus grandes et que, dans certains cas, ces plus petites entreprises là,
comme moyen pour attirer des employés, innovent dans leur forme de rémunération.
En proposant des conditions de travail différentes, par exemple en proposant un
mode de partenariat dans l'entreprise pour se séparer les bénéfices à l'année, c'est innover dans la façon de rémunérer
globalement ses employés pour être compétitif sur le marché. Donc, ce
n'est pas d'innover en diminuant ou en rendant le salaire minimum comme critère
d'innovation pour une petite entreprise.
M. Rochon : Effectivement, M. le
Président, c'est vrai que j'ai mis bout à bout la déclaration de l'un des intervenants et celle d'un autre intervenant.
C'est vrai que j'ai fait ça, mais je constate quand même avoir bien
compris. Puis je saisis parfaitement ce que vous exprimez, là, que, pour certaines petites entreprises,
c'est difficile de se coller — et elles n'ont pas le
choix — sur
les décrets de convention collective dans certains secteurs, sur certains
territoires, je comprends tout ça.
Vous n'êtes
visiblement pas des fans des comités paritaires. Ça, c'est bien, bien, bien
clair, là, on vous a entendus, vous
dites qu'il faut qu'il y ait un observateur sur ces comités-là. Si les
ressources du ministère ne lui permettent pas de déployer un observateur, il faut prévoir la nomination de membres
neutres aux comités. Ça prend de la
transparence. «Une simple visite — et là je cite votre mémoire, c'est la
meilleure façon de ne pas vous mettre des mots dans la bouche que vous n'avez pas prononcés — de certains des sites Internet des comités
paritaires réussit à nous convaincre du manque de transparence de certaines de ces organisations. Il
apparaît impossible sur certains d'entre eux d'obtenir l'identification
des membres du comité paritaire, encore moins un moyen de les rejoindre ou le
calendrier de leurs rencontres.»
vais plus loin : «Il nous
apparaît approprié que les membres des comités paritaires aient l'obligation de suivre une formation en matière de gouvernance et d'éthique.»
Vous soulevez... Là, c'est votre intention, écrire quelque chose comme ça, d'aussi dur à l'égard
des comités paritaires, c'est que vous, vous voulez soulever à leur égard des
soupçons. Vous soupçonnez que certains
d'entre eux, puis j'ai... Tantôt, heureusement, vous avez quand même nuancé, vous
avez dit : «Il y a des comités paritaires impeccables — je
pense bien citer la personne qui a dit ça, oui — et il y a des comités — là, il y a eu une pause, vous cherchiez
votre qualificatif — discutables.»
Discutables. Mais dois-je
comprendre qu'il y en a pas mal qui ne sont pas impeccables, et c'est
pour ça que vous avez tant appuyé sur la transparence, sur la nomination d'un observateur, sur une meilleure
gouvernance? Ça occupe beaucoup de place dans votre mémoire, et c'est important que nous entendions ça ici, là. S'il se
passe des choses incroyables dans ces comités, il vaut mieux le savoir, là.
M. Forget (Stéphane) : Je vais céder la parole à mon collègue dans
quelques secondes. Juste de vous dire tout d'abord que la gouvernance, la
transparence et en matière d'éthique, dans tous les dossiers, dans tous les
domaines sur lesquels nous intervenons, c'est pour nous quelque chose
d'essentiel. Le gouvernement le fait pour ses instances, les entreprises
le font de plus en plus. Alors, pour nous, là, ce n'est pas parce que
c'est un comité paritaire qu'on le demande, on pense que ça devrait
s'appliquer à toutes, toutes les organisations qui ont des responsabilités
comme celles des comités paritaires.
Le Président (M.
Poëti) : Alors, Me Martel.
Martel (Richard) : Je vous remercie, M. le Président. Oui, il
y a des comités paritaires qui ont
besoin d'un sérieux coup de barre. La formation des membres d'un comité
paritaire, elle est essentielle. Et je n'attribue aucune mauvaise foi, il faut tous comprendre comment le
comité paritaire nomme ses gens. Le syndicat, par exemple, va nommer des travailleurs, souvent, qui sont tout à fait de bonne foi puis qui vont se mettre à siéger sur un comité
paritaire. Or, c'est un organisme public, c'est un organisme qui
administre un budget, qui embauche du personnel, qui fait des enquêtes, qui reçoit des rapports sur l'industrie, et ces gens-là, tout en étant de
bonne foi, d'après nous, doivent
avoir une formation de base. Certains
comités le font déjà, c'est-à-dire qu'on va prendre le nouveau membre, puis on va
lui dire : Bien, écoute, d'abord, tu as une obligation de confidentialité quant à ce que tu entends ici. Alors, c'est des choses de base comme
ça, et toutes les parties étaient d'accord là-dessus.
Le Président (M.
Poëti) : Merci, Me Martel.
M. Rochon :
Merci. Merci beaucoup.
Le Président (M. Poëti) : Merci, M.
le député. Alors, je cède la parole
au deuxième groupe d'opposition
pour une période de 6 min 30 s. La parole est à vous.
Picard : Merci. Me
Martel, vous allez pouvoir poursuivre parce
que ma première question était...
j'aurais aimé avoir des exemples
concrets de mauvaise gouvernance. Donc, vous pouvez continuer sur la lancée,
là, sans nommer de noms, là, mais... Puis qu'est-ce que je trouve, là,
qui est le plus...
M. Martel
(Richard) : Comment recrute-t-on un directeur de comité paritaire?
Comment recrute-t-on un inspecteur en chef? Il y a
des problèmes sur certains comités paritaires, votre ministère
est au courant de ça. Vous nommez un directeur général qui a des pouvoirs, quel
concours lui fait-on prendre pour... C'est-u le chum de quelqu'un? Il
n'y a personne qui contrôle ça actuellement.
Il y a eu des abus énormes là-dessus, c'est un exemple pratique. On est
rentrés dans le détail au comité consultatif.
exemple, ce n'est peut-être pas le but de la commission, mais comment gérer les
comptes de dépenses, les multiplications de frais de déplacement, on est
rentrés là-dedans puis on a fait des recommandations conjointement aux fonctionnaires
là-dedans parce qu'il y a des abus là-dessus aussi. C'est l'argent du public qui est là aussi, il ne faut pas l'oublier, et, oui, il y a des problèmes. Et je répète parce que c'est important,
certains comités paritaires sont déjà en avant là-dessus, ils nous ont aidés
dans les travaux.
M. Picard : Qu'est-ce
qui est alarmant dans vos propos, c'est que le ministère est informé de ça. Et
je comprends que, par ce projet de
loi n° 53, il y a une tentative d'améliorer les choses, mais on ne réglera
pas les choses avec ça, là. C'est ce que je comprends de vos propos.
Mais ça, c'est moi qui le dis.
M. Forget (Stéphane) : Bien, évidemment, ce n'était pas le but du CCTM,
ce n'était pas de faire des enquêtes puis de faire l'analyse de chacun
des comités paritaires, mais le
titre du projet de loi — pour
une transparence et une imputabilité accrues
au sein des comités paritaires — parle de lui-même. L'objectif, c'est comment
on peut faire pour améliorer la
situation. Donc, l'idée, ce n'était pas d'enquêter sur le passé, ce n'était pas
ça, le mandat que personne avait, mais
comment on peut faire... dans des règles de saine gouvernance comme on doit les
appliquer aujourd'hui, pouvoir améliorer la situation. Dans les cours,
c'est nécessaire, évidemment.
M. Picard :
O.K. Dans vos recommandations, vous indiquez d'accorder le pouvoir de
supervision de l'application des
décrets à la Commission des normes. Moi, ma compréhension des choses, si on
achetait cette recommandation-là, on viendrait
régler beaucoup de problèmes de gouvernance, d'application. Ma question, je
comprends que ça serait... Pour moi, en
tout cas, à première vue, c'est une solution souhaitable, acceptable. Avez-vous
évalué le nombre de fonctionnaires que ça prendrait?
Le Président (M. Cousineau) :
M. Gagnon.
M. Gagnon (Alexandre) : Non, on
n'a pas évalué le nombre de fonctionnaires que ça comprend, mais il faut évaluer que ces postes-là existent déjà au sein
des comités paritaires. Donc, on ne crée pas de nouveaux postes, là,
hein, on s'entend, là. Ultimement, la charge
sociale sur les employeurs, elle va rester identique. C'est simplement qu'au
lieu de donner le pouvoir
d'inspection à notre compétiteur ou aux gens qui font compétition ensemble,
qu'il y en a un qui a le pouvoir d'inspection sur l'autre, on va le
donner à une entité neutre et impartiale qui a une bonne réputation, qui est la
Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail.
M. Picard :
Est-ce que cette piste de solution là a été discutée avec les fonctionnaires du
ministère du Travail?
M. Martel
(Richard) : Elle a été discutée
au comité consultatif en présence ou
pas des fonctionnaires, je ne me souviens
pas, et il n'y avait pas de consensus. Nous, de la fédération, on était
convaincus de notre point, il n'y avait pas consensus au comité
consultatif là-dessus.
Je vais reprendre votre première question et je
la relie à la deuxième, il m'est arrivé de vivre de façon assez dramatique des inspections systématiques et
exagérées d'entreprises qui avaient osé, par exemple, contester la Loi
des décrets. J'ai vécu ça, moi, en 1992. De
sorte que le projet de loi, qui permet à un employeur ou à un travailleur de
s'adresser à la Commission des relations du
travail, nous apparaît comme une piste très intéressante. C'est pour ça qu'on
l'a dit, on l'a vécu, ça. Parce qu'un inspecteur, ça a un pouvoir
d'enquête, de visite, de saisie, hein?
M. Picard : C'est ça.
Mais ce que je retiens de vos propos, c'est qu'actuellement les gens qui
travaillent à l'application des décrets dans
les comités paritaires, c'est, un, vous ne savez pas comment ils ont été
choisis, qu'est-ce qu'ils ont comme
rémunération, c'est quoi, leur formation, et qu'est-ce que vous aimeriez, c'est
que ça soit quelqu'un de neutre, donc
un employé de l'État, tout simplement. Merci, M. le Président. Pour moi, ça,
c'est très clair dans mon esprit.
Président (M. Poëti) :
Merci, M. le député des Chutes-de-la-Chaudière. Alors, on vient de terminer
pile. Alors, MM. Gagnon, Forget et Martel, merci pour votre
contribution aux travaux de la commission.
Je vais
suspendre quelques instants pour permettre aux autres intervenants de pouvoir
s'approcher. Merci à tous.
(Suspension de la séance à 16 h 4)
Président (M. Poëti) :
Alors, je souhaite la bienvenue aux représentants du Comité paritaire de l'entretien d'édifices publics de la région de Québec.
C'est bien ça? Alors, je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes
pour votre exposé. Puisque
nous procéderons à la période d'échange avec les membres de la commission, je
vous invite donc à vous présenter et commencer votre exposé. Bienvenue à
l'Assemblée nationale.
M. Simard
(Sylvain) : D'accord,
merci. Tout d'abord, je voudrais vous saluer tous puis remercier Mme la ministre et les membres de la
commission de nous accueillir et
d'accepter de nous entendre. Je vais vous avouer tout de suite que c'est un petit peu stressant, là, je n'ai pas
l'habitude.
Bon, mon nom,
c'est Sylvain Simard. Je suis directeur
général du Comité paritaire de
l'entretien d'édifices publics de la région de Québec. À ma droite,
c'est M. Alain Royer, qui est président du comité paritaire et représentant de
la
partie syndicale.
M. Royer (Alain) : Bonjour.
M. Simard (Sylvain) : À ma gauche,
c'est M. Martin Rouleau, qui est le secrétaire de la Corporation des entrepreneurs en entretien ménager de la région de
Québec et membre du conseil
d'administration du comité
paritaire.
Nous sommes heureux que la ministre aille de
l'avant pour moderniser la
Loi sur les décrets de convention collective. Nous
sommes en accord avec la majorité des modifications proposées.
La mission du
comité paritaire est de faire respecter le décret dans son ensemble,
d'informer les entrepreneurs, les
salariés de leurs obligations et avantages, aussi