CAT — 1 December 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CAT 2020-12-01
Quebec — Committees
(Dix heures trois minutes)
Président (M. Allaire) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant
constaté le quorum, je déclare la Commission de l'aménagement du
territoire ouverte.
La commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 67,
Loi instaurant un nouveau régime
d'aménagement dans les zones inondables des lacs et des cours d'eau, octroyant
temporairement aux municipalités des pouvoirs visant à répondre à
certains besoins et modifiant diverses dispositions.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Bussière (Gatineau) est remplacé par M. Provençal
(Beauce-Nord); M. Girard (Lac-Saint-Jean) est remplacé par
Mme Jeannotte (Labelle); M. Thouin (Rousseau) est remplacé par
Mme IsaBelle (Huntingdon); M. Kelley (Jacques-Cartier) est remplacé
par M. Barrette (La Pinière); M. Tanguay (LaFontaine) est remplacé par Mme Melançon (Verdun);
Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue) est remplacée par M. Fontecilla (Laurier-Dorion); et M. Bérubé
(Matane-Matapédia) est remplacé par Mme Perry Mélançon (Gaspé).
Président (M. Allaire) : Merci. Ça fait beaucoup de remplacements. Mme
la secrétaire, est-ce qu'il y a maintenant des votes par procuration?
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Nichols (Vaudreuil)
votera par procuration pour M. Barrette (La Pinière).
Le Président (M. Allaire) : Parfait,
merci. Avant de commencer, je vous informe qu'en vertu de la motion adoptée par
l'Assemblée nationale le 20 octobre 2020, les votes pour ce mandat devront
toujours se tenir par appel nominal, et ce, jusqu'au 11 décembre 2020.
Alors, j'espère que vous avez tous passé un beau
week-end quand même, sûrement très chargé pour tout le monde. Alors, on va débuter. J'ai vu, Mme la députée de Vaudreuil, là,
que vous avez levé la main. Je peux déjà vous donner la parole avant
qu'on tombe dans les articles, là? Parfait, allez-y.
Mme Nichols : Oui. Merci, M. le
Président. J'avais seulement une question pour un suivi. On avait parlé qu'on
aurait une rencontre, là, avant l'arrivée de la
section des inondations, donc
une rencontre avec le... quelqu'un au ministère de l'Environnement, là, parce
que ça traite de la loi... de la LAU, entre autres, là. Ça fait que je voulais
juste faire un suivi pour savoir quand on pourrait prévoir cette rencontre-là.
Le Président (M. Allaire) : Merci, Mme
la députée. Mme la ministre.
Mme Laforest : Oui. Merci, M. le
Président. Oui, il va avoir une rencontre, évidemment. On essaie d'avoir un sous-ministre,
évidemment, pour que ce soit très, très bien éclairci, les sujets. Mais il va
avoir rencontre, tout dépendant... parce
que, ce matin, si je peux dire, j'ai un amendement à déposer, quelques
amendements, parce qu'il y a eu du travail qui a été fait très,
très tard hier soir, ça fait qu'il y a peut-être des blocs qu'on va discuter ensemble tantôt. On pourra peut-être
suspendre à ce moment-là. Mais, oui, il va avoir une rencontre avec un sous-ministre.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci, Mme la ministre. La réponse vous convient, Mme la députée?
Le Président (M. Allaire) : Allez-y.
Mme Nichols : La même chose, Mme la
ministre, là, parlait de... des fois on suspend, là, pour travailler les
dossiers. Je tenais à faire un point, là, peut-être, là, pour ceux qui nous
écoutent. Il y a souvent des suspensions, M. le Président, puis je tiens à
rappeler que les suspensions, là, ce n'est pas... on travaille, là, pendant les
suspensions. Je sais que les gens qui nous
écoutent... parce qu'il y a des
groupes très intéressés qui nous suivent, puis là qui se demandent pourquoi
on est suspendus. Certains peuvent nous texter, puis on leur donne la réponse,
là, mais il y a des gens qui pensent que la commission n'avance pas parce que
c'est suspendu, là. Au contraire, là, on travaille avec les légistes, on travaille avec l'équipe
de la ministre. Il y a beaucoup de collaboration. Puis, quand on reprend, bien,
ça nous permet justement d'avancer plus vite, là, par la suite.
Donc, je tiens à faire ce point-là parce que
l'opposition officielle, on se fait souvent reprocher qu'on retarde le dossier,
qu'on retarde le projet de loi. Puis je tiens à le faire, ce point-là, c'est un
projet de loi omnibus. C'est un projet de loi où on traite de foresterie, de
plateformes locatives, d'inondations, et j'en passe. Et j'en passe, là. Il y a
le ministère du Tourisme, il y a le ministère de l'Environnement, il y a le
ministère des Affaires municipales. Puis, moi, en fin de semaine, c'est venu à
mes oreilles que c'est nous autres qui ralentissait le dossier.
Donc, écoutez, c'est vrai qu'on a passé beaucoup
de temps en habitation, mais vous comprendrez que c'est, pour la plupart, là,
des articles qui sont en lien avec la présente pandémie. Donc, je pense que ça
vaut la peine qu'on se penche comme il faut. Puis moi, je vous le dis, mon
travail dans l'opposition, c'est certainement de travailler avec la ministre.
Puis je l'apprécie parce qu'on le fait, puis je pense qu'on le fait, puis c'est
des articles qui sont bonifiés. Vous le savez, en habitation, là, on a fait un
article, là, qui est une avancée extraordinaire pour le Québec. Puis ça a été
une belle collaboration, les légistes ont pris une semaine pour le rédiger.
Donc, je
tiens à le préciser. Puis, si je dois le rappeler tout au long du projet de
loi, bien, je vais le rappeler, là. On n'est pas là pour ralentir les
travaux. On est là, on le fait bloc par bloc. Quand on peut déposer les
amendements d'avance puis quand on peut s'entendre d'avance à caméra fermée, on
le fait. Donc, je tiens à rassurer tout le monde qui nous écoute, autant du monde
municipal, en habitation, en environnement, en gestion contractuelle, et tout
ça, que je vous assure de ma bonne foi, de moi et de mes collègues aussi, parce
que je me permets de parler pour mes collègues. Tout le monde, on est là
définitivement pour les bonnes raisons.
Le Président (M. Allaire) : ...Mme
la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Ça va?
Donc, si vous vous souvenez, nous étions rendus
à l'article 70. Mais, avant de commencer l'article 70, si vous vous
souvenez, là, M. le député de Laurier-Dorion avait déposé un amendement à
l'article... pour rajouter l'article 1.1. M. le député de Laurier-Dorion
est venu me voir tantôt et souhaite retirer son amendement suite à des
discussions, là, avec la ministre, notamment.
Donc, avant de vous céder la parole, M. le
député de Laurier-Dorion, j'ai besoin de votre consentement pour ouvrir à
nouveau le bloc Habitation, s'il vous plaît. Est-ce que j'ai votre
consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
J'ai besoin maintenant de votre consentement pour ouvrir l'amendement que nous
avions suspendu à 1.1. Est-ce que j'ai votre consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
M. le député de Laurier-Dorion, la parole est à vous.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Donc, oui, en effet, lorsqu'on s'est quittés, la dernière fois, nous
étions au bloc Habitation, et j'avais présenté un amendement, que vous avez
nommé, concernant une modification de l'article du Code civil, 1966. Et donc,
suite à des discussions que j'ai pu avoir avec la ministre sur ces concernants,
la ministre m'a assuré qu'elle allait étudier cette question-là en comité, elle
allait également effectuer des consultations parce
que ça a suscité quand même un certain intérêt, cette modification-là proposée.
Donc, voilà, puisque la ministre s'est engagée à étudier sérieusement la
question, elle peut compter sur mon entière collaboration pour accomplir cette tâche, là, j'ai décidé, de bonne grâce, de
retirer cet amendement-là afin de lui donner l'opportunité d'entreprendre
un processus d'études et de consultation en bonne et due forme et d'arriver à
proposer une modification de cet article, là, qui vise à corriger une
incohérence du Code civil qui porte un grand préjudice aux locataires du
Québec. Voilà. Donc, je remercie la ministre pour cette ouverture-là.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le député. Donc, un autre bel exemple du travail de collaboration. Mme la
ministre, est-ce que vous souhaitez ajouter quelque chose?
Mme Laforest : Non. Je remercie le
député de Laurier-Dorion. On va travailler ensemble par la suite, parce que
c'est vrai qu'il faut faire certaines consultations avant d'aller de l'avant.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
J'ai donc besoin officiellement de votre consentement pour retirer
l'article 1.1, l'amendement, en fait, qui était déposé pour
l'article 1.1. Est-ce que j'ai votre consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Allaire) : Parfait,
merci. On revient donc à l'article 70. Est-ce qu'il y a des interventions
concernant l'article 70? Mme la ministre.
Mme Laforest : Oui. M. le Président,
j'aimerais, évidemment... comment je pourrais bien commencer la commission? En
fait, il y a le bloc 2, des élections, qu'on a commencé à peine à
travailler ensemble, puis, quand on a commencé à
travailler le bloc 2, Élections, c'est sûr qu'il y a des partenaires qui
nous ont demandé de revérifier certaines positions qu'ils avaient. On a discuté
ensemble, évidemment, puis la
partie Élections, les gens ont travaillé aussi en
fin de semaine, hier soir très, très tard, et moi, je déposerais certains
amendements parce qu'il y a le bloc Élections
qui a possiblement... si on discute avec les gens, on pourrait peut-être
possiblement le déposer dans le projet de loi n° 49,
qui est éthique et déontologie en matière municipale. Il y a eu des demandes
qui ont été formulées. Donc, je pense qu'on va discuter ensemble. J'aimerais ça
suspendre, on pourra en discuter.
Mais il y a un
article qui est essentiel, c'est
l'article 133, parce que l'article 133, on permet que les postes
vacants au conseil ne soient pas obligatoirement pourvus d'ici à l'élection
générale, ce qu'il a été obligatoire et essentiel
de faire durant la pandémie. Ça fait que l'article 133 est vraiment
essentiel dans le bloc Élections, mais j'aimerais déposer des
amendements, mais quand même suspendre pour qu'on puisse discuter ensemble de
cette situation-là.
Le Président (M. Allaire) : Pas de
problème.
Donc, nous allons suspendre les travaux quelques
instants. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 12)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. Alors, j'ai compris, après discussion, que la
partie gouvernementale souhaitait
déposer un amendement à l'article 70. Mme la
ministre, je vous cède la parole.
Laforest : Oui. Alors, après
avoir discuté, évidemment, pour l'article 70, on a demandé... Il faut comprendre
la situation, puis je vais juste un petit peu rétablir les faits. C'est que,
dans les derniers jours au niveau du bloc 2, Élections, en fait, il y a
certaines préoccupations qu'on avait par rapport au bloc Élections, il y a
certaines personnes qu'on voulait encore
rencontrer, il y a des partenaires qu'on voulait rencontrer, il y a
des changements de position aussi qui ont eu lieu. Ça fait que c'était
important pour nous. Puis je le dis, je le dis assez souvent, ce projet de loi
là, c'est un projet de loi, si je peux dire, pour des dispositions urgentes
pour la pandémie et pour les inondations. Alors, c'est sûr que, considérant le bloc 2, qui était le bloc Élections, le
bloc 2, on pourrait le transporter, si je peux dire, le transférer
dans le projet de loi n° 49, qui est le projet de
loi sur l'éthique et la
déontologie en matière municipale.
Alors, qu'est-ce qu'on a aussi, en même temps,
travaillé? Merci beaucoup, ça c'est fait même hier soir très tard.
Qu'est-ce qu'on a travaillé? On a
profité de l'occasion pour rédiger certains amendements pour les... tout de suite les déposer, aujourd'hui, à nos partenaires, à notre... aux gens du milieu,
en fait, pour dire qu'il y avait un amendement
qui arriverait au niveau, par exemple, des inondations, parce qu'on a parlé beaucoup, beaucoup
de la notion de vulnérabilité.
Et il y a
aussi un amendement qui a été déposé par rapport à l'hébergement
touristique parce qu'il faut comprendre qu'évidemment il y a eu
plusieurs résolutions qui ont été... qui sont arrivées chez nous avec des
municipalités qui demandaient de travailler
différemment la notion d'hébergement touristique. Alors, il y a un amendement
considérant l'hébergement touristique également.
Puis, considérant qu'il y a eu plusieurs
échanges avec Élections Québec, avec les associations municipales, avec les
présidents d'élection, il faut comprendre aussi qu'il y a un autre travail qui
va se poursuivre. Mais le bloc Élections peut être transféré dans le projet de
loi n° 49 si, bien entendu, les collègues, ici, députés sont favorables.
Alors, c'est important, évidemment, d'être à l'écoute de nos partenaires.
C'est important aussi, puis ce n'est pas une
question... peut-être que ça a été vu comme ça, mais ce n'est pas une question de mettre de la pression du tout, du
tout, c'est juste une question que les inondations arrivent très, très bientôt,
et également on avait des préoccupations au
niveau de l'habitation avec nos résidences pour aînés, pour les bons services à
nos résidents dans les résidences pour aînés. Il y a des notions aussi
d'hébergement collaboratif que c'était demandé par nos partenaires, par
exemple de la FQM, et discuté aussi avec l'UMQ.
Alors, dû à
toutes ces raisons-là, on a déposé des nouveaux amendements. On les a déposés
en bloc aujourd'hui justement pour mettre au courant tous les députés,
ici, qui travaillent le projet de loi.
Donc, si on continue dans la même lignée, c'est
pour ça qu'il faudrait arriver avec l'amendement pour retirer les
articles 65 à 77, pour les retirer complètement du projet de loi. On garde
quand même l'article 133 parce que l'article 133, on a des
dispositions pour les élections pour les postes de conseiller ou de maire,
mairesse, en situation d'état, si je peux
dire, de mesures sanitaires. Alors,
on aurait besoin juste de garder l'article 133. Ça fait que qu'est-ce
qu'on fait aujourd'hui? C'est qu'on retire,
pour information à tout le monde, on retire le bloc Élections, on garde juste
l'article 133, et on passerait aussi au bloc Fiscalité par la suite,
parce que le bloc Hébergement collaboratif, évidemment qu'il y a des
gens, des députés qui sont concernés, et on le travaillerait peut-être plus ce
soir.
Alors, dans
la séquence, c'est très simple, mais... c'est complexe, mais c'est
simple : on retire le bloc Élections, sauf l'article 133, et
ensuite on passerait au bloc Pouvoir d'aide et fiscalité pour les
municipalités.
Merci, M. le Président. Je ne sais pas si c'est
clair, mais je pense que ça fait le tour.
Président (M. Allaire) :
Merci. Mme la ministre. D'abord, dans un premier temps, j'ai besoin de
votre consentement. C'est un amendement qui est quand même
assez particulier, là, qu'on dépose à
70 pour retirer d'autres articles subséquemment. Donc, j'ai besoin de
votre consentement pour introduire cet amendement. Est-ce que j'ai votre
consentement?
Des voix :
Consentement.
Le Président (M. Allaire) : Consentement.
Alors, Mme la députée de Vaudreuil, la parole est à vous.
Mme Nichols : Oui, merci, M. le
Président.
En effet,
là, je voulais intervenir sur l'entente, là, qui a été convenue pendant la
courte suspension. Évidemment,
vous comprendrez, j'avais fait un petit point d'emblée en disant qu'on
travaille quand c'est suspendu.
Donc, il a été convenu, comme disait Mme la
ministre, là, de suspendre une séquence concernant les élections municipales. Je tiens tout de même à rappeler toute
l'importance pour nous, là, des élections du bloc Élections municipales.
Je comprends que c'est dans le projet de loi n° 49, mais je tiens à le
réitérer, là, il y a beaucoup... On le sait,
là, en fin de semaine, il y a eu beaucoup d'actualité concernant les élections municipales,
concernant les maires, concernant des postes à combler à Saint-Jérôme, pour ne
pas le nommer.
Donc, de là, là, toute l'importance à... Bien
sûr qu'on va consentir, là, parce qu'on va aller... ça va nous permettre, là,
de travailler peut-être le projet de loi avec un bloc en moins, donc
probablement plus rapidement. Mais je réitère, là, toute l'importance de
rappeler le projet de loi, d'appeler rapidement le projet de loi n° 49, et
je rappelle que nous, on a déjà déposé, là,
dans le projet de loi n° 49, la liste des groupes qu'il faut entendre en
lien avec le projet de loi n° 49 et toute l'importance, là, d'avoir
des consultations aussi, d'appeler rapidement les consultations sur le projet
de loi n° 49, dont Élections Québec, parce que, je le rappelle, là, on
s'en allait travailler un bloc sur Élections municipales
sans préalablement avoir entendu ici, en commission parlementaire, Élections
Québec. Puis, je vous le dis, c'est
un gros morceau... c'est un gros morceau d'entendre Élections Québec. Là, ils
auront un mémoire. On pourra aussi leur poser des questions. C'est très,
très, très pertinent de les entendre.
Donc, c'est une grosse décision, c'est un gros
pas, là, qu'on prend ce matin, là. C'est un gros consentement qu'on va donner, évidemment, à la ministre. Mais,
je rappelle, je souhaiterais le recevoir, là, rapidement... l'invitation
pour... ou, du moins, là, la motion du
groupe gouvernemental ou du leader, là, pour appeler les groupes en consultation particulière sur le 49.
Le Président (M. Allaire) : Merci. Mme
la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Oui, merci,
M. le Président. Évidemment, vous me permettrez de remercier la ministre
d'avoir entendu l'appel que j'ai fait la semaine passée, lorsqu'on a débuté ce
bloc-là, parce qu'effectivement, et puis je
le dis souvent, le travail de l'opposition, c'est de lire, c'est d'entendre ce
que les groupes ont à dire par rapport à un projet de loi. Puis, dans ce cas-ci, parce que ce sont des
dispositions... Bon, dans le 49, il y avait de l'éthique, il y avait du vote. Je crois comprendre que c'est quand même des
choses qui ont été importées de 49. Je comprends aussi l'importance.
Mais, tu sais, on ne peut pas faire l'économie du travail non plus.
Ça fait que je pense que c'est très, très
correct de retirer carrément... pas juste de suspendre, mais de retirer du
projet de loi... Parce qu'il y a des questions qui sont fort pertinentes, dont
toutes celles que je posais par rapport au
fait qu'on puisse permettre le vote à domicile partout au Québec, le vote au
bureau du président partout au Québec, et non pas avoir une démocratie à
géométrie variable, M. le Président. Donc, évidemment, on est très satisfaits
ici, puis je pense qu'il faut prendre le temps de bien faire les choses.
Mais je vais ajouter à ce que ma collègue la
députée de Vaudreuil demande aussi. C'est qu'on puisse être fixés assez
rapidement, parce que le projet de loi n° 49, ça fait
plus d'une année qu'il est déposé. Je comprends qu'on est en pandémie, mais il
y a plein de projets de loi qui avancent quand même, M. le Président, là. Je
fais juste remarquer que personne n'a chômé sur les commissions depuis le mois
de septembre puis que le projet de loi n° 49, bien, lui, c'est les élections de 2020‑2021. Donc,
évidemment, le fait de pouvoir tenir les consultations le plus rapidement
possible, qu'on soit fixés pour être sûrs
que les groupes aient le temps de travailler les mémoires... Donc, s'il y en a
qui nous suivent, commencez à
travailler vos mémoires pour qu'on puisse vous entendre quelque part au mois de
janvier, quand le leader du gouvernement aura fait état de ça.
Mais effectivement il faut donner d'avance la
convocation lorsqu'on sait qu'on va travailler, pour le mois de janvier, en
commission parlementaire pour entendre les groupes. Parce que, vous le voyez,
M. le Président, on fait un travail de fond quand on étudie une loi, puis les
lois pour les élections municipales, bien, ça aussi, ça va demander un bon travail d'analyse. Ça fait qu'après avoir
entendu les gens, là, il va falloir travailler certainement des amendements
pour pouvoir réécrire correctement pour qu'on puisse aller de l'avant.
Donc, je veux juste ajouter le fait que 2020‑2021,
c'est à nos portes, et, si on veut que la loi soit adoptée le plus rapidement possible, encore faut-il entendre
les groupes avant, puis qu'après ça Élections Québec puisse avoir le temps
de faire les modifications nécessaires. Puis les municipalités vont devoir
s'ajuster. Donc, il ne faut pas attendre trop longtemps non plus, parce que,
là, ça va devenir urgent, et je pense que c'est un dossier qui est fort
important, puis on ne peut pas se permettre de tourner les coins ronds non
plus. Donc, c'est évident que, du côté de l'opposition officielle, ça apparaît
très sage de retirer tous ces articles-là, ce qui permet de traiter la balance
du projet de loi.
Merci à la ministre aussi, parce que, bien qu'on
a convenu déjà un bloc dans lequel... l'ordre des blocs dans lequel on étudie le projet de loi, c'est sûr que,
pour tout ce qui regarde le Airbnb, bien, c'est notre collègue la députée de
Verdun. Lorsqu'on va parler d'environnement, bien, ça sera fort probablement
notre collègue le député de Viau qui va se
joindre à nous. Donc, c'est sûr que, quand on a de la prévisibilité dans la
manière d'organiser nos travaux puis pour la suite des choses, bien, ça
facilite grandement le déroulement. Donc, c'est avec un grand plaisir que la
députée de Verdun se joindra à la commission ce soir pour pouvoir entamer le
bloc Airbnb.
Donc,
pour ne pas retarder, bien, évidemment, je pense qu'on peut aller de l'avant
avec les modifications que la ministre nous propose, puis après ça on
tombera dans le bloc n° 4, de la fiscalité. Merci, M.
le Président.
Président (M. Allaire) : Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions concernant l'article... l'amendement déposé à l'article 70? Nous serions donc prêts à
procéder à sa mise aux voix. Mme la secrétaire, par vote nominal, s'il
vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Laforest (Chicoutimi)?
La Secrétaire :
M. Jacques (Mégantic)?
La Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
La Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
La Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
La Secrétaire :
Mme Nichols (Vaudreuil)?
La Secrétaire :
Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel)?
La Secrétaire :
Mme Nichols pour M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire : M. Allaire
(Maskinongé)?
Président (M. Allaire) : Abstention. Donc, l'amendement déposé à
l'article 70 est adopté, oui, et l'ensemble des articles,
naturellement, qui étaient inclus, là, dans l'amendement, là, sont retirés, là,
donc 70, 65, 66, 67, 68, 69, 71, 72, 73, 74,
75, 76 et 77. Mme la ministre, je vous cède la parole parce que je crois que
vous avez aussi un amendement à déposer à l'article 132.
Laforest : Oui. Alors, justement, on doit retirer également
l'article 132. Comme je le disais, on va juste garder
l'article 133 par la suite, parce que l'article 132, c'est encore
concernant les élections. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Donc,
vous l'avez tous reçu, là, il a été déposé sur Greffier. Est-ce qu'il y a des interventions concernant l'amendement déposé à
l'article 132 pour retirer l'article 132? Pas d'intervention. Nous
serions donc prêts à procéder à sa mise aux voix. Mme la secrétaire, par
vote nominal, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Laforest (Chicoutimi)?
Secrétaire : M. Jacques (Mégantic)?
La Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
La Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
La Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
La Secrétaire :
Mme Nichols (Vaudreuil)?
La Secrétaire :
Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel)?
La Secrétaire :
Mme Nichols (Vaudreuil) pour M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire :
M. Allaire (Maskinongé)?
Président (M. Allaire) : Abstention. Donc, l'amendement déposé à
l'article 132 est adopté. Mme la ministre, je vous cède la parole
pour l'article 133.
Laforest : Oui. Alors, je crois que tout le monde...
Le Président (M.
Allaire) : ...ce n'est pas comme tantôt, là, c'est un peu particulier,
je m'excuse, c'est mon erreur. Il faut aussi voter l'article 132,
contrairement à tantôt. Donc, est-ce qu'il y a des interventions, à ce
stade-ci, concernant l'article 132 maintenant amendé? Non? Pas
d'intervention? Nous serions donc prêts à procéder à sa mise aux voix. Mme la
secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. Mme Laforest (Chicoutimi)?
La Secrétaire :
M. Jacques (Mégantic)?
La Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
La Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
La Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
La Secrétaire :
Mme Nichols (Vaudreuil)?
La Secrétaire :
Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel)?
La Secrétaire :
Mme Nichols (Vaudreuil) pour M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire : M. Allaire
(Maskinongé)?
Le Président (M. Allaire) :
Abstention. Donc, l'article 132, tel qu'amendé, est adopté. Parfait, je
vous remercie. Maintenant, Mme la ministre, je vous cède la parole pour
l'article 133.
Mme Laforest : Oui. Alors, pour
l'article 133, il faut voir aussi que le projet de loi, évidemment, ça
fait quand même neuf mois qu'on est dans une situation particulière au niveau
de la pandémie, alors il y a comme un verbe qui est à changer, parce que,
maintenant, on parle du passé. Alors, j'ai un amendement à déposer pour
l'article 133, que les... je crois que les députés de l'opposition l'ont
eu. L'avez-vous, l'amendement? Oui?
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Par contre, pour faire les choses dans l'ordre, je vous demanderais de lire
l'article quand même, là, 133, s'il vous plaît.
Mme Laforest : D'accord. Alors,
l'article 133 :
Toute vacance à un poste
de conseiller d'une municipalité ou au poste de préfet d'une municipalité
régionale de comté qui est constatée plus de 12 mois avant le jour fixé
pour le scrutin de l'élection générale de 2021 n'a pas été comblée par une
élection partielle, à moins que le conseil n'en décide autrement dans les
15 jours qui suivent le (indiquer la date de la sanction de la présente
loi) si la vacance est constatée avant cette date ou dans les 15 jours de
l'avis de la vacance lorsque cette dernière est constatée après le (indiquer
ici la date qui précède celle de la sanction de la présente loi).
Lorsqu'une vacance est constatée au poste de
préfet et que le conseil n'a pas décidé qu'elle doit être comblée par une
élection partielle, cette vacance doit être toutefois comblée de la façon
prévue à l'article 336 de la
Loi sur les élections et les référendums dans
les municipalités, avec les adaptations nécessaires.
Le premier
alinéa ne s'applique pas si la vacance entraîne une perte de quorum au conseil
de la municipalité.»
Alors, l'amendement à l'article 133 se
lirait comme ceci.
L'article 133 :
«Toute vacance à un poste de conseiller d'une
municipalité ou au poste de préfet d'une municipalité régionale de comté qui a été — c'est ici qu'on change le verbe, au lieu de "qui est",
on inscrit "qui a été" — constatée plus de 12 mois avant le jour fixé pour le scrutin de l'élection
générale de 2021 n'a pas à être comblée par une élection partielle, à moins que le conseil n'en décide
autrement dans les 15 jours qui suivent le (indiquer ici la date de la
sanction de la présente loi).»
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions concernant l'amendement déposé à
l'article 133? Oui, Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Oui, merci, M. le
Président. Dans le fond, bien, je voulais juste être bien certaine, là, de
comprendre. Un, ça s'applique au poste de préfet et au poste de conseiller municipal.
Ça ne s'applique pas au poste à la mairie, au poste de maire?
Le Président (M. Allaire) :
...ministre.
Mme Laforest : Attendez, je vérifie.
C'est conseiller et préfet, oui, oui. C'est seulement conseiller et préfet.
Président (M. Allaire) : Mme la députée.
Mme Nichols :
Non, c'est ça. Bien, c'est parce que je... Ma question, c'est que le maire n'est
pas là, donc je présume qu'il est dans un autre article. Est-ce qu'on peut
avoir, là, la référence ou on est-ce qu'on peut avoir, là, l'explication
pourquoi, précisément, on parle du poste de conseiller de la municipalité ou au
poste de préfet d'une municipalité régionale de comté? Puis, évidemment, quand
on parle de préfet, là, il y a des préfets, là... il y a des cas où ça
s'applique, ça ne s'applique pas. Il y a des préfets qui sont élus par leurs
pairs, puis il y a des préfets qui sont élus, on dit, au suffrage universel.
Donc, j'aimerais bien qu'on puisse me faire la distinction, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Est-ce qu'il y a consentement pour permettre à
Me Paradis d'intervenir auprès de cette commission? Consentement.
Me Paradis, merci de prendre le temps de vous présenter au complet, votre
nom et votre titre, s'il vous plaît. La parole est à vous.
Paradis (Nicolas) : Merci, M. le Président. Nicolas Paradis,
sous-ministre adjoint aux politiques au ministère des Affaires
municipales et de l'Habitation.
L'article ne vise pas les maires, étant donné
que ceux-ci doivent donc... les
municipalités doivent donc combler les postes vacants de maire qui surviennent
au-delà des 12 mois qui précèdent l'élection
générale de 2021. C'est la règle normale qui est prescrite en vertu de la Loi
sur les élections et les référendums dans les municipalités, en
l'occurrence, à l'article 335 de la LERM, qui dit : «La vacance qui
est constatée plus de 12 mois avant le jour fixé pour...»
Le Président (M.
Allaire) : Est-ce que...
Nous allons suspendre
les travaux quelques instants, merci.
(Suspension de la séance à
11 h 06)
Le Président (M.
Allaire) : Alors, nous allons reprendre les travaux. Me Paradis.
M. Paradis
(Nicolas) : Alors, ce que je disais, dans le fond, c'est la période
antérieure aux 12 mois, donc la période...
Lorsqu'on n'a pas franchi le cap de l'année qui précède l'élection générale, il
y a une obligation de combler les
postes vacants. Je prends un exemple.
Si un poste devient vacant en temps
normal, qu'il soit de maire ou de conseiller, et qui survient, à
titre
d'exemple, en juillet, donc plus d'une année avant l'élection, s'il était
survenu en juillet 2020, la loi prévoit qu'il y ait une obligation formelle de combler
le poste. Ça, c'est l'application de 335 de la LERM qui prévoit le tout. Ce qui
est différent lorsqu'on arrive... on franchit le cap du 12 mois qui
précède l'élection générale, il n'y a, alors
là, pas d'obligation de combler un poste vacant. Il y a des possibilités et des modalités particulières qui sont prévues pour combler un poste de maire par cooptation, c'est-à-dire, à l'intérieur des membres, le conseil peut désigner un membre pour occuper le poste, mais il y a également
la possibilité, si le conseil le désire, de tenir une élection
comme telle.
Alors, à votre
question... c'est le contexte, pour bien situer... à votre question,
donc : Y a-t-il une nécessité de prévoir quelque chose pour viser les
maires?, dans ce cas-ci, pour s'assurer que l'élection se tienne, la réponse,
c'est non, étant donné que la LERM y
pourvoit, ils le prévoient. Donc, à défaut d'exception, ils ont l'obligation,
donc, de combler le poste pour les postes qui étaient survenus avant l'année
qui précède le 7 novembre 2021. Et après ça, bien, on tombe dans les
paramètres usuels qui sont prévus par la
Loi sur les élections et les
référendums dans les municipalités.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
Bien, je ne suis juste pas certaine de comprendre, là. Des fois, ça prend un
petit délai, parce que... Ça, ça va, là. Je comprends, dans le fond, qu'on ne
touche pas à l'élection du poste d'un maire, c'est-à-dire ça, on ne change pas
cette modalité-là. Donc, ici, c'est le 12 mois, là, qui s'applique, là.
Ça, c'est clair. Mais pourquoi on vient
changer, par exemple... ou qu'est-ce qu'on vient changer au poste de
conseiller ou au poste de préfet? On vient dire qu'on ne peut pas le
laisser vacant ou...
Le Président (M.
Allaire) : Me Paradis.
Nichols : ...ou pourquoi
on amène cette modification-là au poste de préfet ou au poste de conseiller
puis on ne l'amène pas nécessairement... je veux dire, qu'est-ce qu'on
veut combler par cette modification-là?
Le Président (M.
Allaire) : Mme la ministre.
Laforest : À moins que je me
trompe, je pense que c'est par rapport à la situation de... Encore là,
durant la pandémie, c'est qu'il y a plusieurs municipalités qui nous
demandaient d'obliger qu'il y ait au moins un maire ou une
mairesse durant la pandémie. Puis les gens aussi, les conseillers, nous
demandaient... quand il n'y a pas quorum, évidemment, ça prend quorum. Alors,
il a fallu déposer un arrêté ministériel disant que c'était obligatoire qu'il y
ait un maire ou une mairesse dans une
municipalité et également qu'il y ait quorum avec les conseillers. Donc, c'est
sûrement pour s'ajuster avec cette
réglementation, Me Paradis, c'est pour ça qu'on touche les préfets, à
moins que je me trompe. Est-ce que c'est bien ça, Me Paradis?
Le Président (M.
Allaire) : Allez-y, Me Paradis.
M. Paradis
(Nicolas) : Bien, effectivement, la mesure, elle est... elle se trouve
un peu, je vous dirais, le corollaire de
l'ensemble des mesures qui ont été prises, là, pour suspendre les élections
durant la période de pandémie. Il y a des postes qui ont été vacants
durant cette période-là, depuis le 14 mars 2020, qui n'ont pas pu être
comblés. Certains ont tenu leurs élections lorsqu'alors ce fut possible. Et
c'est pour créer cette possibilité-là, effectivement, «possibilité» parce que l'article
est ainsi rédigé, pour que les municipalités n'aient pas cette obligation de
combler le poste de conseiller ou de préfet,
et non pas pour la question du maire, pour la période entre le 14 mars et
le 6 novembre 2021. Après ça, on tombe dans le régime normal. Dans
le fond, c'est les mêmes règles qui s'appliquent lorsqu'une vacance survient
après.
Et, dans le fond, le
choix qui a été fait, effectivement, dans le contexte, pour que le maire,
lui... on soit dans la situation, que le maire, il y a une obligation de le
combler, tout comme les situations de conseil où ils n'ont pas quorum, pour
assurer, bien entendu, le bon fonctionnement de la municipalité avec soit ce
premier officier qu'est le maire et, par ailleurs, pour avoir un conseil fonctionnel,
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
Oui. Donc... Puis là j'ai une municipalité qui vient en tête, là, puis je suis
sûre que tout le monde y pense aussi, là. Moi, j'ai une municipalité, dans mon
comté, qui n'a pas de maire, pas de quorum, qui est dans la CMM, donc les
partielles ont... les élections partielles ont été annulées. Ça fait que, dans
fond, ce que je comprends, c'est que le poste à la mairie, l'élection devrait
avoir lieu parce que c'est déjà dans la LERM, puis ils ne seraient pas obligés,
par exemple, de faire nécessairement le poste pour un conseiller, alors qu'il
n'y a quand même pas le quorum?
Le Président (M.
Allaire) : Me Paradis.
M. Paradis
(Nicolas) : Bien, deux choses.
L'article 133, dans le fond,
regardez le premier alinéa — là,
je veux juste voir — le
dernier alinéa, pardon, on dit : «Le premier alinéa — qui
prévoit l'exception — ne
s'applique pas si la vacance entraîne une perte de quorum au conseil de la
municipalité.» Donc, dans ce cas-là, ça signifie donc que vous avez des
vacances à des postes de conseiller, obligation de combler ces postes-là. Pour
le maire, on ne le dit pas, parce qu'on ne
vise que les conseillers pour une municipalité, donc on n'a pas besoin de
parler du maire. Autrement, c'est les règles usuelles qui trouvent
application.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Mme la députée de Vaudreuil, vous souhaitez ajouter
quelque chose?
Mme Nichols :
Moi, ça me va pour le moment.
Le Président (M.
Allaire) : Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Oui. Je comprends que cet article-là
s'applique seulement à la pandémie, puisque, précisément, c'est écrit «pour le scrutin
de l'élection générale de 2021». Est-ce que... Parce que, veux veux pas, cet article-là,
du moment que l'élection 2021 va être passée, il va devenir caduc mais
sera quand même dans la loi, ne serait peut-être pas... Je ne sais pas, il me
semble, peut-être, qu'il serait sage de prévoir quelque chose d'autre au cas où
qu'il y ait une autre pandémie ou qu'il y ait d'autres choses qui nous pendent
au bout du nez puis que, dans quatre ans, on a une problématique similaire avec
les élections municipales.
Le Président (M.
Allaire) : Me Paradis.
M. Paradis
(Nicolas) : Bien, c'est une disposition qui fait
partie de la
section
plus transitoire du projet de loi, là. Donc, c'est à la toute fin du projet de
loi. On n'est pas dans des mesures permanentes, on ne modifie pas la loi de
manière permanente. C'est vraiment pour la situation particulière qui est vécue
cette année, qui est, comme tout le monde
peut en convenir, très exceptionnelle, là, d'où... Et donc cette mesure-là ne
se retrouvera pas dans les lois refondues du Québec, ultimement, ça ne se retrouvera pas dans la
Loi sur les
élections et les référendums dans les municipalités. Lorsqu'elle aura cessé d'avoir effet, elle se
retrouve dans les lois annuelles, mais elle ne trouvera plus effet, là, par la
suite.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault :
Oui, merci. Autre question. On peut... C'est juste pour être sûre, là. Parce
que je regarde toujours avec beaucoup
d'attention ce qui se passe dans le monde municipal. Il y a des endroits où il
n'y a pas de quorum, il y a des endroits où il y a
quorum, il y a des endroits où le diable est pogné aux vaches, comme on dit,
dans certains conseils, où les gens ne s'entendent pas. Il y a-tu... Tu n'as
pas d'alternative, là. Même s'il y a des postes qui sont vacants, puis tu as un
conseil qui n'a même pas le quorum, on doit obligatoirement organiser ou pas,
tout dépendant ce qui est là, là. C'est ça, bien, c'est parce que je me dis,
bien, quand tu as un conseil qui est dysfonctionnel, «à moins que le conseil
n'en décide autrement», on fait quoi si le conseil est dysfonctionnel, puis
qu'il y en a la moitié qui veut qu'on organise, puis que l'autre moitié... qui
ne veut pas? Est-ce qu'on prévoit une espèce de processus d'appel auprès de la
ministre, exemple?
Le Président (M.
Allaire) : Mme la ministre.
Laforest : Oui, oui, puis ça arrive déjà, là, dans certaines
municipalités. Il faut penser aussi que, si, admettons, comme vous dites, c'est
bordélique, bien, il y a quand même la Commission municipale qui se déplace
dans la municipalité pour reprendre la gestion complète de la municipalité.
Puis c'est important aussi de bien passer le message, parce qu'il reste
quelques élections, si je peux dire, à peine, mais on a donné aussi beaucoup de
latitude pour les mesures sanitaires. Par exemple, il y a certains endroits que
c'est deux jours, trois jours, quatre jours. Alors, il faut vraiment, vraiment
bien respecter les mesures.
Puis, évidemment,
c'est encore très, très important de voir que, dans les endroits où on offre
deux jours pour les élections, souvent les municipalités disent que le jour
d'élection par anticipation peut compter. Mais moi, je conseille quand même de
garder deux autres jours, mis à
part la journée du vote par anticipation. Ça
fait que les municipalités qui restent à encore avoir des élections, c'est
possible. Oui, il y a eu la journée du vote par anticipation, mais, s'il vous
plaît, essayez de comprendre qu'on a des mesures sanitaires à respecter. Peut-être,
oui, c'est un petit peu plus dispendieux, mais, en même temps, c'est important,
quand même, de tellement bien respecter les mesures sanitaires. C'est un projet
de loi pour des mesures sanitaires particulières au niveau de la pandémie.
Alors, moi, je
demande à tous les maires qui ont des élections à faire... Il n'en reste pas beaucoup,
mais les autres ont pris le temps de faire des élections, alors, pour celles...
les municipalités qui restent à avoir des élections, peut-être ne pas juste
penser à la journée d'anticipation, de la compter comme une journée, mais
laisser quand même le temps qu'il y ait une très, très bonne collaboration puis
une très bonne distanciation surtout.
Le Président (M.
Allaire) : Parfait, merci. D'autres interventions? Oui, allez-y, Mme
la ministre.
Laforest : ...ajouter à la question de la députée d'Anjou—Louis-Riel,
évidemment.
L'article 133, c'est bien inscrit, à la fin, que c'est pourvu
d'ici à l'élection générale. Ça fait qu'à partir de l'élection générale du
7 novembre 2021, à ce moment-là, ce n'est plus effectif.
Le Président (M.
Allaire) : Parfait, merci. Mme la députée.
Mme Thériault :
En complément, M. le Président, parce que je ne veux pas prendre plus de temps,
sauf qu'on est parfaitement conscients qu'on fait un projet de loi par rapport
à une pandémie, mais que ces mesures-là ont pour but aussi de favoriser une
plus grande participation au niveau du vote. Et ça revient à la discussion
qu'on avait jeudi passé. Donc, j'espère que,
dans le projet de loi n° 49, ce qu'on demande par rapport à avoir au moins
deux jours, bien, peut-être, dans le
projet de loi n° 49, qu'on vienne le concrétiser pour que ce ne soit pas
une démocratie à géométrie variable qu'on a d'un bout à l'autre du
Québec. Donc, peut-être juste garder en mémoire les questionnements qu'on a là,
parce que, même...
Bon, vous nous parlez
de la commission des affaires municipales. Tu sais, moi, je ne veux pas
empêcher la démocratie, au contraire, je veux la favoriser, tu sais. Puis, oui,
que tu aies un droit d'appel quelque part, n'empêche que ces problématiques-là qu'on vit présentement, on les vit quand même.
Peut-être qu'elles sont mises plus en évidence parce qu'il y a une
pandémie, puis ça vient compliquer les choses un peu. Ce n'est pas méchant,
parce que ça nous force à regarder ça d'une manière différente puis de s'assurer
que, dans les futurs projets de loi, on pourra faire en sorte qu'on y répondra
déjà.
Donc, mon souhait le
plus sincère, M. le Président, c'est vraiment de faire en sorte que les
problématiques qu'on discute là, qu'on puisse concrètement les retrouver dans
le projet de loi n° 49. Donc, notez-le, parce que nous, on va le noter, puis, si vous ne l'avez pas, bien,
c'est évident que, dans n° 49, on viendra avec un amendement ou une
demande.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Mme la ministre.
Laforest : C'est noté, M. le Président. Mais, quand même, il reste
encore des élections à faire dans certaines municipalités. Alors, les
municipalités peuvent encore le faire étaler sur plus qu'une journée, plus que
deux jours, puis, peut-être,
ne pas penser toujours à la journée d'anticipation, parce que c'est
important, vraiment, que tout se fasse bien avec une bonne distanciation. Ça fait que le message est
passé pour celles qui restent encore à avoir des élections dans leur
ville. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Mme la députée de Vaudreuil.
Nichols : ...sur cette problématique-là, là, oui, il y en a qu'il
reste des élections, mais c'était prévu, entre autres, qu'il y a jusqu'à quatre
jours de scrutin, même si le BVA avait lieu avant le 2 octobre. Je ne
comprends pas pourquoi... Tu sais, en tout cas, il va falloir le prévoir, là,
que soit le MAMH ou la Santé publique, dans des cas comme ça, pourra imposer,
pourra venir imposer un minimum deux jours, parce que, surtout... Puis là je
vais faire référence aux conditions climatiques, là, puis je vais faire
référence à mon comté. Moi, il y a une élection qui est le 12 ou le 13 décembre, mais c'est prévu pour
une journée. Parce que le BVA a eu lieu, on ne leur oblige pas deux journées,
mais reste qu'on ne le sait pas, le 12 ou le 13, il peut y avoir une tempête de
neige, puis il y a juste une journée de prévue. Ça fait qu'encore là combien de
personnes vont sortir pour aller voter? Moi, je pense que la démocratie le dit.
C'est plate, là, mais la météo va probablement jouer contre la démocratie.
Ça fait que je trouve
ça dommage qu'on ne puisse pas, minimalement, imposer, tu sais... qu'il n'y ait
pas des dents, si on peut dire, là, données
à la Santé publique et au MAMH pour pouvoir venir imposer ces deux journées-là.
Moi, je trouve ça... on en a déjà parlé, là, je trouve ça vraiment
dommage que... Puis ça va être à prévoir, parce que, des cas comme ça, il y en aura probablement d'autres,
là. Et puis, dans des situations comme celle-là, bien, c'est souvent des
petites municipalités où c'est une personne, là, qui gère l'ensemble du dossier
puis qui décide que ça se passe comme ça,
alors qu'il y a peut-être quatre candidats... 10 candidats qui réclament que ça
se passe sur deux jours, donc. Mais, comme je vous dis, le BVA a eu
lieu, ça fait qu'il faudrait peut-être le prévoir.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Mme la ministre, vous souhaitez intervenir? Allez-y.
Laforest : Oui, oui, on va en tenir compte, mais, comme je le disais
tout à l'heure, celles qui n'ont pas fait encore les élections, qui voudraient
faire des changements, c'est le temps, faites-là. Pensez juste aux mesures sanitaires et à vos citoyens. C'est important.
Alors, le message est bien tenu, puis je souhaite que les municipalités ne
pensent pas à elles toujours, mais
aux citoyens puis à la santé des citoyens. Alors, celles qui n'ont pas encore
tenu leurs élections, le message est envoyé très clairement. Merci, M.
le Président.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
Oui. Toujours sur le 133, on a la FQM qui était venue faire des
recommandations, puis elles sont aussi dans
son mémoire. Elle nous disait, relativement... elle faisait des recommandations
sur l'article 133. Ils disaient, entre autres, qu'il soit ajusté de
façon à ce que soit imposé, en cas de vacance du poste de préfet élu, un vote
des membres du conseil de la MRC à la double majorité, comme déterminé au
paragraphe de l'article 201 de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme.
Puis, comme je disais, là, toutefois, là, ils parlaient vraiment, là, de la
vacance d'un poste d'un préfet élu, donc
c'était particulièrement pour ce titre-là, et ils demandaient : «...nous
pouvons entrevoir certaines problématiques liées à l'exercice de
votation spécifié à l'article 336 de la
Loi sur les élections et
référendums municipaux. Celui-ci spécifie que "cette vacance doit toutefois
être comblée de la façon prévue à l'article 336 de la
Loi sur les élections et référendums dans les
municipalités, avec les adaptations nécessaires". Ainsi, le comblement de
ce poste vacant de préfet élu se fera
suivant les processus prévus aux statuts constituant la MRC et non pas
obligatoirement à la simple ou à la double majorité des membres formant
le conseil.»
Bon, je me demandais
si, sur ce point-là particulièrement, sur le poste de préfet élu, si on en
avait tenu compte, dans la rédaction de cet article-là,
du commentaire de la FQM, qui parlait... qui faisait référence, entre autres,
à la double majorité, comme c'est déjà déterminé dans une autre loi.
Le Président (M.
Allaire) : Mme la ministre.
Laforest : Oui. Oui, on l'a lu, évidemment, puis la demande ou la recommandation
de la FQM n'est pas nécessairement spécifique au p.l. n° 67.
Alors, on va pouvoir l'étudier, mais on... C'est bien entendu, on va en tenir
compte. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Mme la députée.
Mme Nichols :
Oui, il n'est pas juste pour le 67, là, mais particulièrement lié au 133. Puis
je me souviens que M. Demers nous a déjà dit
qu'à plusieurs reprises, là, ils ont pris position pour que soit retenu le
vote, là, à double majorité, tel que défini dans la LAU, mais, ici, on
n'en tient pas nécessairement compte. Mais là je comprends que vous voulez en
tenir compte dans le 49, mais, ici, là... Parce qu'on s'entend qu'on a tout
reporté le bloc Élections municipales dans le 49, mais on traite précisément du
133. Donc, pourquoi on ne le mettrait pas ici, dans le 133, parce
que c'est... on parle, entre autres,
là, directement d'un poste de conseiller d'une municipalité ou au poste de préfet d'une municipalité
régionale de comté. Donc, ça
pourrait... la double majorité pourrait aussi peut-être s'appliquer directement
ici.
Le Président (M.
Allaire) : Mme la ministre.
Laforest : Peut-être que oui, mais, comme... Je ne sais pas, j'ai
comme un malaise, parce que, là, il faudrait
quand même que j'aie d'autres communications, d'autres
rencontres, parce que ça n'a pas... Nous, on le voyait vraiment
pour le 49, étant donné qu'on changeait le bloc Élections. J'aurais peut-être
d'autres discussions à avoir pour ajouter cette possibilité-là, à moins
que Me Paradis soit à l'aise pour faire une vérification. Me Paradis?
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Me Paradis.
M. Paradis (Nicolas) : Bien, ce que
je peux ajouter, effectivement, c'est que c'est une demande de la FQM qui est
liée à une problématique plus globale, plus générale que ce qui est dans le projet
de loi n° 67, qui peut requérir plus, je dirais, de
réflexion dans le cadre des travaux globaux que le ministère réalise à l'égard
des élections. Puis c'est dans le mode de
fonctionnement aussi des MRC, à cet égard-là, ce qu'on pourra aborder, là, dans
les travaux qui suivent, là, comme la ministre l'indique, là.
Le Président (M. Allaire) : Merci. Mme
la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Oui, M. le
Président, sauf que la question est tout entière. Il y a présentement combien
de préfets qui sont élus au suffrage? Parce que c'est ça, la demande, c'est
pour ceux qui sont élus au suffrage universel.
M. Paradis
(Nicolas) : Il y en a 17 au suffrage universel, mais il n'y a aucun
poste, suivant les renseignements qu'on a portés à notre connaissance,
aucun poste qui a été déclaré vacant et qui, ultimement, nécessite
l'application de l'article, là, parce qu'il n'y en a pas eu, finalement, là.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme la députée.
Mme Thériault : Oui, M. le
Président, je comprends. Il y a 17 personnes. Je ne veux pas me faire un
oiseau de malheur, là, mais un malheur est si vite arrivé, hein? Cas de COVID
est égal, aussi décès de personnes qu'on ne s'attendait pas. On a tous des noms
en tête, là. Moi-même, j'ai perdu des gens alentour de moi, M. le Président,
qui auraient pu vivre encore de nombreuses années puis qui sont morts à cause
de la COVID. Puis là je me dis : Bien, on a 17 préfets élus, puis il
n'y a rien qui indique que la COVID, ça va se tasser, là. Au contraire, il
pourrait y avoir n'importe quoi qui peut arriver entre la fin de l'année...
d'ici à la fin de l'année 2020 au début 2021, hein, le temps qu'on ait un vaccin qui soit disponible. On
comprend que ça se pourrait, puis je ne le souhaite donc pas, là, M. le
Président.
Puis je ne veux pas me faire l'oiseau de
malheur, mais notre rôle à nous, c'est de prévoir si jamais il arrive quelque chose. Puis personne n'avait prévu la pandémie.
On a été obligés de faire des lois en fonction de la pandémie. Puis
c'est correct, il faut s'ajuster. Puis je pense que tout le monde est très en
accord avec ça. Mais la problématique est qu'il y a quand même 17 préfets
qui ont été élus au suffrage universel. S'il arrive quelque chose, on fait quoi
avec eux autres? S'il arrive une vacance, on fait quoi? Ça fait que moi, je
pense que le questionnement, il est là, puis je pense qu'en situation
exceptionnelle ça prend une réponse exceptionnelle.
Puis, vous savez, je n'ai pas pour... je ne
pense pas que nous, les députés, en tant que législateurs, on peut se
substituer aux droits des personnes qui votent pour un préfet, mais il faut
quand même prévoir l'imprévisible. Puis, s'il y avait juste un ou deux, bon, je
me dirais : O.K., peut-être, mais là il y en a 17. Ça fait qu'il y a de
fortes chances qu'il y en ait dans toutes les régions du Québec. Puis je ne
sais pas ils sont répartis où puis je ne veux peut-être pas le savoir non plus, là, sauf que je me dis :
Bien, il y a une probabilité là. Et je voudrais juste qu'on puisse me dire,
bien...
Je pense que ce qu'on demande, c'est correct
aussi, qu'il y ait une double majorité quelque part pour ne pas qu'on soit pris
pour faire n'importe quoi. Tu sais, la FQM, c'est un partenaire de premier plan
du gouvernement, des différents gouvernements. De tout temps, il y a eu des
demandes qui ont été faites, historiques. Dans ce projet de loi qu'on a devant
nous, on va donner beaucoup de pouvoirs aux MRC aussi, on en donne, des gens
qui sont venus nous demander au niveau de la foresterie, puis on a vu qu'ailleurs
plein de choses qu'on va dire oui. Mais je pense que c'est normal, ce qui nous est
demandé ici, qu'on puisse avoir un vote à double majorité
juste pour bien s'assurer que tout est correct.
Tu sais, les
MRC de manière générale, ça fonctionne bien, M. le Président, là. Moi, j'ai
été ministre de la région de Lanaudière. J'avais des MRC, tous
les préfets s'entendent, mais ça arrive, des fois, que le diable est aux
vaches, puis que le bordel est pogné, puis que le monde ne s'entende
pas. Bien, je pense que c'est important de pouvoir le prévoir. J'aimerais ça
qu'on me rassure.
Mme Laforest : Bien, c'est certain
que ce n'est pas dans le projet de loi n° 67, parce
que... La question que vous soulevez est très, très importante, puis c'est pour
ça qu'on va l'étudier dans le p.l. n° 49, on va
prendre ça en compte parce que c'est une question de revoir aussi une certaine
gouvernance. Ça fait que c'est sûr qu'on ne parle pas du tout... ce n'est pas
dans la même situation, ici, de situation d'urgence au niveau de la pandémie.
Peut-être, j'aimerais... je crois que c'est Me
Paradis... Élène? O.K., je vais laisser la parole, à ce moment-là, au... parce
que c'est une autre gouvernance complète.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Alors, Me Delisle...
Mme Laforest : Si vous voulez.
Le Président (M. Allaire) : Est-ce
qu'il y a consentement pour permettre à Me Delisle d'intervenir auprès de
cette commission?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Allaire) : Consentement, merci. Me Delisle, simplement
vous présenter, votre titre, et la parole est à vous.
Delisle (Élène) : Oui. Est-ce que vous entendez bien si je
conserve mon masque?
Mme Delisle (Élène) : Oui? D'accord. Alors, mon nom est Élène Delisle,
je travaille à la direction des affaires juridiques du ministère des
Affaires municipales.
Alors,
pour répondre à votre question, Mme
la députée, c'est que la
Loi sur l'organisation territoriale municipale, qui
prévoit la procédure pour l'élection du préfet élu au suffrage universel,
renvoie à l'article 336 de la
Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités, qui prévoit que,
lorsque le poste de maire est vacant dans les 12 mois, là, qui précèdent la tenue d'une élection
générale, il doit y avoir cooptation, c'est-à-dire la nomination d'un autre
préfet parmi les membres, là, du conseil de la MRC. Donc, c'est cette
règle-là qui va s'appliquer si jamais il y avait une vacance à un poste de
préfet, là, d'ici à l'élection générale de 2021. Puis on s'entend que
l'article 133 du projet de loi s'applique
seulement à un préfet élu au suffrage universel et non à un préfet élu parmi
les pairs, là, du conseil de la MRC.
Donc, ce que
l'article 133 dit : «Lorsqu'une telle vacance est constatée au poste
de préfet et que le conseil n'a pas décidé qu'elle doit être comblée», bien, on
réfère à 336, mais c'est déjà la règle qui est prévue à la
Loi sur l'organisation
territoriale municipale, à l'article 210.29.2.
Le Président (M.
Allaire) : Merci.
Mme Thériault :
Et ça dit quoi, 210.29.2?
Delisle (Élène) : Ça dit que «les dispositions de la
Loi sur
les élections et les référendums dans les municipalités qui sont relatives à
l'élection du maire [...] s'appliquent à l'élection du préfet dans la mesure où
elles sont compatibles avec une telle élection, compte tenu des adaptations nécessaires...»
Là, je vous l'ai résumé en gros, mais donc ce que ça veut dire, c'est que l'article 336
de la
Loi sur les élections et les référendums s'applique en cas de vacance à
un poste de préfet élu au suffrage universel.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault :
Ça va...
Le Président (M.
Allaire) : Ça va?
Mme Thériault :
...mais notez qu'on en reparlera dans le 49.
Le Président (M.
Allaire) : O.K. Parfait, c'est noté. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions concernant l'amendement déposé à l'article 133? Je comprends
que non. Nous serions donc prêts à procéder à sa mise aux voix. Mme la
secrétaire, s'il vous plaît, par vote nominal.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. Mme Laforest (Chicoutimi)?
La Secrétaire :
M. Jacques (Mégantic)?
La Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
La Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Secrétaire : M. Tremblay (Dubuc)?
La Secrétaire :
Mme Nichols (Vaudreuil)?
La Secrétaire :
Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel)?
La Secrétaire :
Mme Nichols pour M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire :
M. Allaire (Maskinongé)?
Le Président (M.
Allaire) : Abstention. Alors, l'amendement déposé à l'article 133
est adopté.
Nous
revenons donc à l'article 133 maintenant amendé. Est-ce qu'il y a des interventions?
Pas d'intervention. Nous serions donc prêts à procéder à sa mise aux
voix par vote nominal. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. Mme Laforest (Chicoutimi)?
La Secrétaire :
M. Jacques (Mégantic)?
La Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
La Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
La Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
La Secrétaire :
Mme Nichols (Vaudreuil)?
La Secrétaire :
Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel)?
La Secrétaire :
Mme Nichols (Vaudreuil) pour M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire :
M. Allaire (Maskinongé)?
Le Président (M.
Allaire) : Abstention.
L'article 133 amendé est adopté.
Alors, maintenant, j'ai besoin de votre consentement,
parce que, si vous vous souvenez, nous avions décidé de procéder par blocs, et
j'ai bien compris, là, que le bloc Hébergement collaboratif, qui était le
prochain bloc qui était prévu selon ce que nous avions déterminé, là, va plutôt
être traité, là, après le bloc Pouvoirs d'aide et fiscalité. Donc, j'ai besoin
de votre consentement, s'il vous plaît, pour procéder, là, ainsi, s'il vous
plaît. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Thériault : Oui. M.
le Président, le bloc Hébergement
collaboratif sera traité ce soir, puisque la porte-parole n'est pas
avec nous. Donc, en attendant, on va débuter Pouvoir d'aide et fiscalité. Si on
le termine, bien, tant mieux, on pourra passer à l'autre. Sinon, on va le
suspendre ce soir, le temps de retourner à Hébergement collaboratif.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci de cette précision importante. Est-ce que j'ai votre consentement?
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
J'ai votre consentement. Est-ce qu'on a besoin de faire un changement, là, au
niveau des fonctionnaires? Ça va? Parfait.
Donc, on débute le bloc 4, Pouvoirs d'aide
et fiscalité. Alors, Mme la ministre, je vous cède la parole pour l'article 130.
Mme Laforest : Oui.
L'article 130 :
Toute municipalité locale peut adopter un plan
de soutien des entreprises de son territoire. La municipalité qui adopte un
plan de soutien doit en transmettre copie, pour information, à la municipalité
régionale de comté dont le territoire comprend le sien.
Une municipalité met en oeuvre un plan de
soutien en adoptant, par règlement, un programme d'aide aux entreprises, en
vertu duquel elle peut accorder une aide financière, notamment sous forme de
subvention, de prêt ou de crédit de taxes, à
toute personne qui exploite une entreprise du secteur privé et qui est le
propriétaire ou l'occupant d'un immeuble autre qu'une résidence, sauf
s'il s'agit d'une résidence privée pour aînés visée à l'article 346.0.1 de
la
Loi sur les services de santé et les services sociaux (chapitre S-4.2).
L'aide accordée en vertu du programme :
1° n'est pas assujettie à la
Loi sur
l'interdiction des subventions municipales (chapitre I-15);
2° est
assujettie aux troisième et quatrième alinéas de l'article 92.1 de la Loi
sur les compétences municipales.
La période d'admissibilité au programme ne peut
dépasser le (indiquer ici la date qui suit de trois ans celle de la sanction de
la présente loi).
Le total de
l'aide financière accordée annuellement en vertu du programme ne peut excéder
500 000 $ ou 1 % des crédits prévus au budget de
fonctionnement de la municipalité pour l'exercice financier en cours, si ce
dernier montant est plus élevé.
L'aide
financière accordée à un même bénéficiaire en vertu du programme ne peut
excéder 150 000 $ et ne peut être accordée pour une période
excédant trois ans.
municipalité peut, par règlement, accorder une aide financière excédant les
montants prévus aux cinquième et sixième
alinéas. Ce règlement doit être approuvé par la ministre des Affaires
municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire, après
consultation du ministre de l'Économie et de l'Innovation.
Chaque année, un rapport sur l'aide financière
accordée en vertu du programme est déposé au conseil de la municipalité. Ce
rapport est ensuite publié sur son site Internet ou, si elle n'en a pas, sur
celui de la municipalité régionale de comté dont le territoire comprend le
sien.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions concernant l'article 130?
Le Président (M. Allaire) : Mme la
députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Oui. Merci, M. le
Président. Bien, c'est un gros article, là, l'article 130, là, c'est
clair. J'ai beaucoup de questions en lien, évidemment, là, avec les groupes qui
se sont présentés.
Je vais commencer d'abord avec... en lien avec
la ville de Montréal. On se demandait si l'article 130... si ça vient
clarifier ou si ça s'applique, entre autres, à la ville de Montréal. Ça
pourrait être peut-être un début de réponse, puis j'aurai peut-être des
sous-questions. Puis, si vous me dites : Ça s'applique à la ville de
Montréal, bien, moi, je veux savoir : Est-ce que ça s'applique aux agglomérations?
Est-ce qu'on a pensé aux agglomérations? Puis je donne un exemple, là, la ville
de Brossard. Est-ce que ça pourrait s'appliquer à l'agglomération de la ville
de Brossard? C'est une de mes questions quand même assez importantes, parce
qu'on sait que Montréal, il y a la ville centre, mais il y a quand même
beaucoup d'agglomérations, là, autour de Montréal, des arrondissements, qu'on appelle dans le langage.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la députée. Mme la ministre.
Laforest : Oui. Oui, c'est effectivement pour toutes les municipalités, toutes les... la ville de Montréal
aussi.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme Nichols : Et les
arrondissements?
Mme Laforest : Et des arrondissements
aussi.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Oui.
J'aimerais savoir comment ça va fonctionner. Est-ce que c'est Montréal qui va
avoir la totalité de l'enveloppe ou est-ce que chaque arrondissement, selon son
budget, aura une portion de l'enveloppe? Vous
savez, moi, je suis députée d'Anjou, je vis dans l'arrondissement d'Anjou. Quand je regarde les organes économiques à Anjou,
bien, c'est bien évident que, s'il y a une intervention qui se fait, je pense
que les élus de l'arrondissement sont certainement les premiers interpellés, M.
le Président.
Puis là vous allez me permettre un petit commentaire
éditorialiste, M. le Président. On est en année électorale. Il ne faudrait
surtout pas qu'il y ait... le parti au pouvoir soit avantagé puis que ce soit
la grande ville qui décide pour tous les arrondissements ce qu'ils vont faire
dans leur développement économique puis comment ils vont aider leurs
commettants, M. le Président. Tu sais, je comprends que c'est la ville de
Montréal, là, oui, mais il y a des réalités qui sont différentes. Est-ce que ça
sera réparti au prorata des arrondissements? Est-ce que ça sera réparti en
fonction de leur pouvoir de taxation? Est-ce qu'il y aura une portion qui va
s'en aller à Montréal, une portion aux arrondissements en
fonction de la taxe locale puis de la
taxe suprarégionale, on va le dire comme ça? Je pense qu'il y a
tout un questionnement à y avoir sur c'est qui qui va... Est-ce qu'il va
y avoir des comités? Est-ce que...
Bon, nous, à Anjou, on a un parc industriel, on
a le deuxième plus gros parc industriel sur l'île de Montréal, le premier étant
Saint-Laurent, mais c'est sûr que le maire d'arrondissement de Saint-Laurent va
certainement vouloir, lui aussi, participer à on décide à qui on donne de
l'argent. Donc, il faut s'assurer que le processus, il est clair, il est
transparent. Ça fait que moi, je voudrais bien avoir des réponses à ces questions-là,
M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme la ministre.
Laforest : Oui. Alors, il y a quand même des obligations. Quand on
parle, là, de l'aide qui est accordée pour des entreprises, on a établi
justement que ça ne pouvait pas excéder 500 000 $ ou 1 % des
crédits prévus au budget. Donc, on doit le faire accepter et le voter
obligatoirement au conseil. Ça, c'est obligatoire. Il y a également une consultation
qui est obligatoire d'être faite avec le ministre... le ministère de l'Économie
et de l'Innovation, parce que c'est certain
qu'il y a eu discussion, puis le ministère de l'Économie et de l'Innovation a
déjà des programmes d'aide aux entreprises.
Alors, c'est certain que, dans l'optique qu'on
l'a eu et qu'on a été... les demandes sont arrivées, si je peux dire, par exemple, avec des plus petites
municipalités qui avaient soit des épiceries, des dépanneurs qui étaient
vraiment en situation, si je peux dire, malheureuse, là, alors, c'est
des municipalités qui voulaient justement soit collaborer avec l'entreprise... l'épicerie du coin, le
dépanneur du coin dans la situation de la pandémie. Donc, il y a quand même
une obligation de le faire adopter au conseil municipal, il y a quand même
l'obligation de discuter avec le ministère de l'Économie et de l'Innovation,
parce que c'est sûr que, s'il y a des programmes établis, il faut que ce soit
vraiment avec le ministère de l'Économie et de l'Innovation.
Au niveau des arrondissements, Me Paradis est en
train de faire une vérification, on va vous répondre immédiatement. Il y a un
point, par exemple, que je voudrais ajouter, parce qu'il y avait la notion
parfois qui était demandée au niveau des
taxes municipales, on en a discuté ensemble, comme, par exemple,
l'article 135, puis, évidemment, déjà que la fiscalité municipale
est très, très complexe, s'il y avait une baisse de taxes municipales pour
certaines entreprises, et on comprend très bien que les municipalités mentionnaient
que, pour offrir tous les services, il fallait qu'ils gardent quand même le
même taux de taxe, alors c'est évident que cette mesure-là n'était pas
applicable. Donc, c'est pour ça qu'on a dit : On va essayer d'y aller dans
la mesure qu'on peut aider certains commerces.
J'aimerais mentionner aussi... quand on
dit : «...l'occupant d'un immeuble autre qu'une résidence, sauf s'il
s'agit d'une résidence privée pour aînés visée à l'article 346.0.1», alors
c'est dans le projet de loi n° 16 qu'on avait déjà... on s'était avancés
déjà parce qu'on était rendus à plusieurs fermetures de résidence pour aînés et
on voulait justement que la municipalité
puisse aider la résidence pour aînés pour ne pas qu'il y ait de fermeture.
Alors, ça, on l'avait adopté dans le projet de loi n° 16 seulement
pour les RPA. Maintenant, avec la pandémie, on a des commerces qui sont... qui ont besoin d'aide. Alors, des fois,
c'est juste une petite aide qui peut être accordée. Il y a des municipalités
qui nous demandaient : Est-ce que c'est possible qu'on puisse aider
certaines entreprises? Et c'est de cette manière qu'on peut collaborer à l'aide
aux entreprises. Vous comprendrez que c'est juste une période de trois ans
maximum. Alors, merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci. Mme
la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Thériault : Mais je n'ai pas eu de réponse à ma question,
M. le Président. J'entends que c'est le conseil qui
décide, mais c'est le conseil de ville ou le conseil d'arrondissement? Parce
qu'honnêtement, M. le Président, là, on vient de s'acheter un très beau débat, là. Moi,
je comprends que c'est la ville de Montréal, mais il faut faire confiance
à nos élus locaux aussi, puis je pense que mes élus dans Anjou connaissent très
bien le tissu industriel, commercial de mon arrondissement, puis je vous
ajouterai que c'est exactement la même chose pour le maire de l'arrondissement
de Mercier—Hochelaga-Maisonneuve
puis tous les maires d'arrondissement.
Il y a, dans
nos... Dans les comptes de taxes, si je ne m'abuse, il y a une portion qui
relève de l'arrondissement dans les taxes que tu as à payer. Là, ce
n'est pas normal qu'on dise : C'est Montréal qui va décider pour tout le
monde. J'ai un gros problème avec ça. Puis je me dis : Bon, Montréal,
c'est l'exemple flagrant, là. Puis je suis une députée de Montréal, ça fait que
je parle de ma réalité. Mais c'est sûr que, quand tu parles pour toutes les
villes qui ont été fusionnées, qui sont beaucoup plus grosses, où il y a des
agglomérations, honnêtement, est-ce que c'est à Longueuil, à la ville de
Longueuil de décider pour Brossard ou pour les autres petites municipalités qui
sont dans leur giron, alors que ce sont les élus sur le terrain qui connaissent
plus leur réalité? Je me questionne sur c'est qui qui va décider.
Moi, si on est capable de me dire quelque part
que ce n'est pas vrai qu'on donne un chèque en blanc au maire ou à la mairesse,
peu importe la municipalité, puis qu'on est capable d'écrire que ça se fera en
collaboration avec les arrondissements, parce que les paroles s'envolent, les
écrits restent... Tu ne peux pas tasser les arrondissements puis parler d'aide
au monde, là. Je m'excuse, mais tous les conseillers municipaux et conseillères
municipales sans exception, peu importe où ils sont présentement au Québec,
sont au fait des problématiques de nos entreprises, mais on ne peut pas penser
que c'est juste Mme Plante qui va décider. Ça ne marche pas, tu sais, puis
tu ne peux pas...
Je m'excuse, là, mais je veux vraiment vous
rappeler qu'on est aussi... il y a une année électorale, là. Ça fait que je
comprends que les fonds ne doivent pas être distribués de n'importe quelle
manière, que ce soit approuvé par le ministère de l'Économie. Parce que c'est
ça qu'on dit ici : «La municipalité peut, par règlement, accorder une aide
financière[...]. Ce règlement doit être approuvé par le ministre des Affaires
municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire, après consultation
du ministre de l'Économie et de l'Innovation.» Moi, je n'ai pas de problème que
les ministères soient
partie prenante de la démarche. Mais, honnêtement, on ne
peut pas dire que c'est juste la grande ville qui va décider puis que les
agglomérations n'ont pas un mot à dire. Je pense que ça va ruer dans les
brancards, ça va ruer ici, à Québec, ça va ruer à Montréal, ça va ruer sur la
Rive-Sud, ça va ruer partout où on a des agglomérations, M. le Président, si
les maires d'arrondissement ne peuvent pas avoir un mot à dire. Ça ne marche
pas, là, ça ne marchera pas. En tout cas, je vous dis, moi, le bordel va pogner
à Montréal, là.
Le Président (M. Allaire) : Mme la
ministre.
Mme Laforest : Oui. Bien, en fait,
c'est comme tantôt, quand je disais, là : «Chaque année, un rapport sur
l'aide financière accordée en vertu du programme est déposé au conseil de la
municipalité.» Donc, c'est la même chose, il y a une obligation d'approbation
du conseil d'agglomération. Alors, c'est le conseil d'agglomération qui va le
décider, puis ensuite c'est publié sur le site Internet, puis il y a
consultation, comme je le disais, avec les autres ministères. Alors, c'est
vraiment avec le conseil d'agglomération que ça va se décider, s'il y a un
vote. Là, ce qu'on me dit, c'est que c'était... on ne pouvait pas l'insérer et
bien l'indiquer dans l'article 130, parce que c'était déjà prévu. À ce
moment-là, je vais laisser la parole à Me Paradis, évidemment.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Me Paradis.
M. Paradis (Nicolas) : Oui. Merci,
M. le Président. Dans le fond, c'est un nouveau pouvoir complémentaire qui
s'ajoute à... qui est accordé à la ville de Montréal. La question qu'on doit se
poser à l'égard de n'importe quel pouvoir qui est... Je dis la ville de
Montréal parce que vous avez votre exemple, là, mais ça s'applique à
l'ensemble...
Mme Thériault : Pour Québec
aussi.
M. Paradis (Nicolas) : Exactement.
Mais, si je prends le cas de la ville de Montréal, lorsqu'un pouvoir est accordé à la ville, il faut donc se poser la
question : Par quel conseil il peut exercer ce pouvoir? Et c'est, à ce moment-là, par le biais du partage de compétences qui est existant au sein
de la ville.
Vous savez, des pouvoirs sont accordés au
conseil de la ville, le conseil municipal, plus communément appelé le conseil d'agglomération, qui vise
l'ensemble des municipalités liées, c'est-à-dire Montréal et les reconstituées, ainsi que les
conseils d'arrondissement, qui, eux, sont situés à l'intérieur de la ville.
Donc, en l'occurrence, on est dans un contexte
d'aide destinée spécifiquement à une entreprise, ce qui est identifié, en vertu de la
Loi sur l'exercice de
certaines compétences municipales dans certaines agglomérations, comme étant
une compétence d'agglomération. Par conséquent, c'est le conseil d'agglomération
qui peut alors exercer le pouvoir qui est prévu ici. Et, à l'égard des
compétences des arrondissements, celles-ci sont prévues dans la Charte de la
Ville de Montréal, mais il n'y a pas de compétence à cet égard qui leur est
conférée.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme la députée.
Mme Thériault : Donc, ce qui
veut dire que, pour Montréal, c'est l'agglomération de Montréal qui va décider, donc le grand conseil, puis que les
arrondissements n'ont pas un mot à dire sur ce qui se passe dans leur région.
C'est ça, en termes clairs?
Le Président (M.
Allaire) : Me Paradis.
M. Paradis (Nicolas) : Donc, c'est
le conseil d'agglomération, sur lequel siègent les représentants également des municipalités
reconstituées. Donc, ce n'est pas uniquement la ville de Montréal, mais bien le
conseil d'agglo, qui a une représentation de la ville de Montréal, bien
entendu, mais également des autres municipalités reconstituées sur le
territoire de l'agglomération de Montréal.
Mme Thériault : Comment qu'il
faut faire ça pour les municipalités reconstituées? Pardon.
Le Président (M. Allaire) : Ça va.
Me Paradis.
M. Paradis
(Nicolas) : Oui. Lorsque
c'est dans le contexte d'une compétence d'agglomération, à ce moment-là, c'est le conseil d'agglomération
de la ville de Montréal, mais comprenant... Le conseil d'agglo est constitué
d'élus non pas uniquement de la ville de Montréal, mais également des municipalités
reconstituées, qui peuvent alors faire valoir, bien entendu, les positions de
leur municipalité au conseil d'agglomération.
Mme Thériault : Donc, ce qui
veut dire que le regroupement des banlieues... le regroupement des villes
banlieues qui siègent à l'agglomération, qui ont déjà un paquet de demandes
pour faire en sorte... Parce que, déjà, eux, ils subissent le compte de taxes,
hein? Vous savez qu'il y a une problématique, là. Ils vous ont interpellés
comme ils nous ont interpellés aussi là-dessus, sur le fait qu'ils n'ont pas un
mot à dire sur le compte de taxes qu'ils sont obligés... parce que c'est l'agglomération
qui décide, ça fait qu'ils sont soumis aux diktats de la grande ville. Puis là
on est en train de me dire que non seulement ils sont obligés de prendre le
compte de taxes qu'ils sont obligés de faire, là il n'y a pas un élu local qui
va pouvoir décider, puis tout le pouvoir va être dans l'agglomération.
Moi, M. le Président, je comprends, là... Honnêtement,
je suis un peu abasourdie d'entendre ça aujourd'hui, là. Tu sais, nous, on est
les premiers à dire que, nous, là, comme députés, là... Ma réalité terrain à
Anjou, c'est ma réalité, puis celle de la ministre à Chicoutimi, c'est la même
chose, M. le Président, et la ministre sait très bien que la réalité à Chicoutimi, ce n'est pas la même
qu'à Jonquière, puis que le Saguenay, c'est une chose, puis le Lac-Saint-Jean, c'en est une autre. Bien,
sur l'île de Montréal, là, j'ai juste le plaisir de vous dire que c'est pareil.
La réalité d'Anjou, c'est une réalité qui
est fort différente, puis il y a des arrondissements où, exemple, si on prend Rosemont—Petite-Patrie ou on prend Laurier-Dorion, M.
le Président, c'est des arrondissements où tu n'as presque pas de tissu
industriel. Ce n'est que du commercial ou à peu près. Tu as un petit peu de
tissu industriel, mais c'est du commercial, c'est du commerce avec pignon sur rue. C'est la Plaza St-Hubert, c'est la rue
Beaubien, c'est les commerces de la rue Rosemont. Ça, c'est dans ces deux arrondissements que je viens de vous nommer puis une panoplie d'autres aussi, là.
C'est pareil quand tu t'en vas sur la rue Fleury, c'est une chose, quand
tu te promènes sur la rue Beaubien, c'est une chose, mais, quand tu rentres
dans un parc industriel, quand tu regardes le tissu d'Anjou, où c'est composé,
exemple, des Galeries d'Anjou puis de la Place Versailles, qui sont dans mon
comté, dans mon magnifique comté, M. le Président, bien, la réalité des commerçants
qui sont dans un centre d'achats, ce n'est pas la même que ceux qui ont pignon
sur rue puis ce n'est pas la même réalité que le parc industriel. Puis le parc
industriel d'Anjou, bien là, à ce moment-là, tu tombes dans une autre dynamique
complètement différente.
Je comprends que, pour des plus petites
municipalités, c'est certainement facile à gérer puis, bon, c'est une petite
municipalité, c'est une autre problématique, là. Mais là on arrive dans une
complexité comme Montréal. 1 % du budget, 1 % des crédits prévus au
budget de fonctionnement de la municipalité, ça va donner je ne sais pas trop
combien de millions, 50 quelques, 80 quelques. Je ne sais pas s'il y a
quelqu'un qui peut faire un calcul rapide, là. Je ne sais pas c'est quoi, le
budget de la ville de Montréal, mais c'est gros, là. On est en train de dire
qu'il va y avoir des millions et des millions, puis les arrondissements, ils
n'ont pas un mot à dire, c'est la compétence d'agglo. Bien, moi, je veux juste
vous rappeler, M. le Président, là, qu'il y a des arrondissements qui se sont
battus pour avoir des compétences au niveau du développement économique puis
que le partage, à un moment donné, il y a des décisions qui ont été prises,
puis ça s'en va à l'agglomération. Honnêtement, là, les élus locaux municipaux
sont très bien placés, puis je vous dirais même mieux placés que les élus
d'agglo pour décider où est-ce qu'on doit aider dans mon arrondissement, à Anjou.
Puis c'est vrai pour tous les autres arrondissements de Montréal.
Puis je trouve ça gros comme nouvelle, là. Je ne
l'avais pas lue comme ça, là, puis le diable se cache dans les détails, là.
Mais je comprends que la règle normale, c'est une chose, là, mais je ne peux
pas concevoir qu'on est en train de faire ici une procédure pour permettre aux
municipalités d'aider les gens d'affaires puis qu'on envoie tout le pouvoir à
la ville de Montréal sans considérer... à l'agglomération, entre guillemets,
plutôt, sans considérer qu'il y a une joute locale quelque part puis qu'il y a
une fine connaissance du terrain. Je m'excuse, là, mais moi, je peux bien vous dire, M. le Président, O.K., la mairesse
Plante, là, elle n'est pas venue souvent à Anjou, là, du tout. Ça fait que
c'est comme elle est qui, elle, pour prétendre savoir c'est quoi, la
réalité de mon comté? Puis je pense que mon maire d'arrondissement connaît
vraiment la réalité, là, de notre tissu. Il y a déjà eu un CLD à Anjou, dans le
temps, qui était géré par l'équipe
municipale... bien, pas par l'équipe municipale, mais par... avec laquelle
l'administration municipale travaillait, autant les fonctionnaires que
les élus, M. le Président.
Je m'interroge vraiment, là, sur le fait qu'on
envoie tout le pouvoir à l'agglo. Je ne comprends pas ça, pas du tout, et je ne suis pas satisfaite. J'aimerais ça
qu'on trouve un autre processus, là, parce que c'est un pourcentage du budget
quand même qui n'est pas à négliger, puis vous savez comment c'est à... Bien,
peut-être vous ne savez pas comment c'est à Montréal, là, mais sauf que, tu sais, tu
as un certain nombre de dépenses, tu n'as pas le choix, tu... mais, même
des surtaxes, hein, parce qu'il faut que tu... tu as l'obligation d'avoir un
budget équilibré. Ça fait que tu peux avoir une
surtaxe à un moment donné pour pouvoir payer un petit quelque chose, puis là,
bien, à un moment donné, là, on arrive, on dit : O.K., parfait, on
va libérer 1 % du budget, puis les arrondissements se retrouvent à payer
quand même le 1 % du budget. C'est eux autres qui taxent, puis ils n'ont
pas un mot à dire. C'est gros. Je ne sais pas si... Ça ne fait pas changer
votre position?
Le Président (M. Allaire) : Mme la
ministre.
Mme Laforest : Bien, en fin de
compte, on relève toujours de la loi, puis c'est l'article 92.1 sur les
compétences municipales. Donc, on relève à cet article-là, l'article 92.1
sur les compétences municipales.
Maintenant, il faut comprendre que le programme
d'aide sera décidé avec le conseil d'agglomération. Donc, le programme sera
fait avec... et adopté avec le conseil d'agglomération. Ce que vous dites...
Vous dites des points. C'est quand même des
points importants, sauf que le programme d'aide qui sera adopté sera... aura
aussi des conditions d'admissibilité vraiment particulières, puis ça, ça
sera adopté avec le conseil d'agglomération. Nous, on ne vient pas dire par
exemple qu'il va y avoir un programme déjà établi. C'est vraiment le conseil
d'agglomération qui va adopter son programme. Ça fait que c'est important de
voir que, présentement, chaque municipalité va avoir son programme d'aide. Le programme d'aide n'est pas fait parce
que c'est important de laisser les municipalités prévoir le programme
d'aide qu'elles auront besoin, et ce programme d'aide là va être adopté par le
conseil d'agglomération.
Ça fait que, là, c'est sûr que vous me
dites : Je me questionne. C'est très bien, mais, en même temps, le
programme n'est pas encore monté, le programme doit être monté par le conseil
d'agglomération. Par contre, les points que vous mentionnez, comment sera
distribuée l'aide, comment... quelle entreprise sera choisie, bien, c'est important, parce que c'est comme ça qu'on va le
déterminer, puis le programme sera fait par le conseil d'agglomération. Ça fait que, là, vous me dites que vous êtes
inquiète, si je comprends bien, sur quel programme sera décidé par le conseil
d'agglomération. Alors, peut-être que, là, il y a... C'est évident que le
programme, ce n'est pas nous qui allons le monter,
c'est le conseil. De la manière que le conseil va le préciser à ce moment-là,
c'est sûr que ça lui appartient puis ça relève sur la
Loi sur les
compétences municipales.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme la députée.
Mme Thériault : Oui.
J'entends ce que la ministre dit, M. le Président, là. À Montréal, le budget,
il est 6 milliards, 6,1 milliards. Ça fait qu'on parle de
61 millions de dollars qui seraient dévolus, potentiellement, à l'aide aux
entreprises. Je n'ai pas de problème. Là où j'ai un problème, c'est que ne je
trouve pas ça équitable, je vais le dire
comme ça, je ne trouve pas ça équitable qu'il n'y ait pas l'obligation que le
61 millions qui sera disponible soit au prorata des comptes de taxes
des arrondissements, en
partie à tout le moins, M. le Président.
Le montant de 150 000 $, là, c'est un
plafond, c'est un chiffre qu'on a mis comme ça. Pourquoi 150 000 $?
Pourquoi pas 100, pourquoi pas 50, pourquoi pas 50 fois trois par année,
etc.? Tu sais, je ne peux pas m'enfarger dans les fleurs du tapis, là, M. le
Président, mais, honnêtement, là, il y a 61 millions de dollars,
61 millions de dollars qui va tomber en
aide aux entreprises à Montréal. Bravo! Merci beaucoup! Mais ce n'est pas un cadeau
de toute façon, là. C'est les taxes que les gens paient de toute façon.
Ça fait que c'est correct, ça leur revient, que ça soit des crédits de taxes ou
autres. O.K., parfait. Mais, honnêtement, là, l'enveloppe qu'il y a là, le
61 millions qui est basé sur le 6 milliards de dollars, il me semble
que ça doit être au moins indiqué «au prorata du compte de taxes». Tu ne peux
pas être une municipalité qui n'envoie pas de taxes puis ramasser un pactole
puis tu ne peux pas non plus être un arrondissement qui... c'est une des vaches
à lait, entre guillemets, puis que, tu sais...
Puis je vais prendre l'exemple, là, le plus gros
parc industriel, c'est Saint-Laurent. Le deuxième, c'est Anjou. C'est sûr que
l'assiette fiscale de taxes est en fonction de ça aussi. Bien, mettons que le
plus gros crédit de taxes se ramasse dans
l'arrondissement de Ville-Marie, parce que c'est l'arrondissement de la
mairesse puis que le Centre Bell est là, tiens. Je vais donner des exemples
pour le plaisir d'en donner, là, O.K., mais je pourrais dire n'importe quoi,
là. Puis trompez-vous pas, là, j'aime beaucoup aller au hockey, M. le Président,
j'ai hâte que la normale revienne, O.K.? Je les adore. J'aime beaucoup
M. Molson. Je le connais, je l'ai rencontré à plusieurs reprises. C'est un
grand philanthrope. Je n'ai rien contre le Centre Bell, sauf qu'on comprend
tous que le Centre Bell a déjà contesté son compte de taxes municipales, là,
c'est de nature publique, puis que c'est bien évident que Bell pourrait
dire : Bien, moi aussi, j'ai besoin d'aide, parce qu'on n'a pas rien eu
dedans notre centre.
Est-ce qu'il est logique qu'il y ait une
disproportion? C'est ça que je veux éviter, M. le Président. Je ne comprends
pas pourquoi, dans un cas comme celui-ci, on... Tout ce que je veux faire,
c'est qu'on s'assure au moins que tu participes, tu mets de l'argent dans la
cagnotte, bien, ça va revenir chez vous. Il faut qu'elle donne comme ça au
moins la moitié de l'enveloppe. Je ne le sais pas, là, mais ce n'est absolument
pas logique de prévoir quelque chose comme ça.
Aïe! Moi, M. le Président, là, si je laisse
passer ça sans lever la main, là, savez-vous que, chez nous, là, mes élus de
mon arrondissement, là, ils vont me dire : Lise, tu dormais au gaz? Je ne
peux pas laisser passer ça comme ça, là. C'est important. À Anjou aussi, ça
crie : Allô? On a besoin d'aide. Mais là, si... tu sais... Puis on est un
grand contributeur, ça tombe comme ça, là, on est un grand contributeur à
l'assiette fiscale, tout comme ville Saint-Laurent l'est aussi. Bien, imaginez,
si, aujourd'hui, Saint-Laurent n'a pas sa part du gâteau puis qu'Anjou ne l'a
pas, ce n'est pas normal, là. Tu sais, tu as un principe de : Je taxe?
Bien, ça revient.
Puis
je comprends que tu as de la richesse puis que, peut-être, il faut bien la
répartir puis de s'assurer qu'un arrondissement qui est peut-être un peu plus
pauvre puisse avoir droit, lui aussi, à de l'aide financière. D'accord, pas de
problème avec ça, mais il faudrait s'assurer qu'il y ait un minimum qui
revienne quelque part dedans une espèce de calcul.
Tu sais, je suis
parfaitement consciente qu'il y a certaines municipalités, le questionnement
que j'ai ne se pose pas. Il ne se pose pas à Sainte-Catherine-de-Hatley, là, honnêtement.
Il ne se pose pas. Il va prendre son budget puis il va dire : C'est
1 %, c'est tant de 1 000 $ qu'on met ou bien c'est
500 000 $, puis on va le répartir comme on pense qu'il faut le faire,
puis ils vont le faire avec leurs gens. Mais à Montréal puis à Québec, là où tu
as des arrondissements, M. le Président, la question est bien entière, puis
moi, je veux m'assurer... Parce que, sinon, là, je vais vous en déposer un,
amendement. Je vais prendre le temps de l'écrire bien correctement pour faire
en sorte qu'il y ait un prorata qui revienne de l'assiette fiscale. On ne peut
pas penser qu'on va faire un chèque en blanc ici puis qu'on envoie ça. Aïe!
C'est 61 millions de dollars, pensez-y.
Le Président (M.
Allaire) : Merci, Mme la députée. Je regarde l'heure, il est midi.
Avant de suspendre, je vous informe qu'on déménage cet après-midi, là, que la commission
va avoir lieu aux salles Papineau et La Fontaine. Donc, on se revoit là
cet après-midi.
Et donc, compte tenu de
l'heure, je suspends les travaux. Merci, bon dîner à tous.
(Suspension de la séance à
12 heures)
Le Président (M.
Allaire) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de
l'aménagement du territoire reprend ses travaux. Je souligne que cette séance
se déroulera à la fois dans la salle Louis-Joseph-Papineau, où je me trouve, et
dans la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine. Salutations aux collègues,
d'ailleurs, dans l'autre salle.
La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 67, Loi
instaurant un nouveau régime d'aménagement dans les zones inondables des lacs
et des cours d'eau, octroyant temporairement aux municipalités des pouvoirs
visant à répondre à certains besoins et modifiant diverses dispositions.
Alors,
lors de la suspension de ce matin, nous étions à l'étude de l'article n° 130. Est-ce qu'il y a des
interventions, à ce stade-ci, à l'article 130?
Mme la députée de Vaudreuil, la parole est à vous.
Nichols : Je vais intervenir. Merci, M. le Président. Alors, oui, on
était à l'article 130, puis on avait déjà manifesté, là, préalablement à
la pause, certaines inquiétudes, entre autres relativement aux agglomérations
ou sur... ma collègue d'Anjou—Louis-Riel, là,
disait qu'entre autres que son inquiétude que tout soit donné à la ville
centre, enfin, comment seraient réparties les sommes. Je partage cette
inquiétude-là. Je partage — il y a beaucoup d'écho, hein — cette
inquiétude-là, je la partage, entre autres, parce que 1 % de la ville de
Montréal, ça peut être beaucoup, mais je le partage aussi parce que
c'est l'agglo qui va avoir, quand on rentre dans la section, là, agglomération,
mais c'est l'agglomération qui va avoir l'enveloppe sans que les maires
d'arrondissement soient nécessairement présents. Je vois déjà... ou, en fait,
je vous dis, mon téléphone est déjà rouge à cet effet-là. Ça fait que c'est
certain qu'il y a des préoccupations qui
sont soulevées par certains maires, et moi, je voulais qu'on m'explique... Puis
je le comprends, là, je le comprends que, quand on parle de pouvoir de
développement économique, je pense que la ministre nous en a déjà parlé, là, un
petit peu plus tôt, quand on parle de pouvoir économique, bien, c'est le comité
exécutif qui a déjà, là, les pleins pouvoirs dans ce sens-là.
Cependant, moi, je
voudrais soumettre à la ministre qu'ici on est dans un
article un peu
particulier. Un, on est dans un contexte de
relance économique puis on est dans un projet de loi, là, qui veut prioriser
cette relance économique là. Puis on fait des articles particuliers pour
venir en aide, entre autres, à nos municipalités, à nos organismes, à nos
entreprises privées. Donc, je pense que l'article 130, là, il y a
peut-être une façon de le baliser en tenant compte du contexte de relance
économique puis en tenant compte aussi du fait que, si je ne me trompe pas, Mme
la ministre, là, cet article-là, c'est prévu... c'est prévu, des programmes
d'aide aux entreprises, mais c'est balisé pour trois ans.
Donc, peut-être si
vous pouvez m'expliquer votre vision, puis peut-être qu'on pourra trouver, là,
une voie de passage en lien avec l'article 130, mais je le manifeste, là,
d'emblée, un certain malaise puis peut-être certaines propositions à apporter.
Le Président (M.
Allaire) : Mme la ministre.
Laforest : D'accord. Alors, je vais juste... je vais expliquer
pourquoi on en est venu à l'article 130. Évidemment,
il faut comprendre que, durant la pandémie partout au Québec, si je peux dire,
il y a eu des programmes d'aide avec le ministère de l'Économie. Il y a
eu également de l'aide aux municipalités, des montants qu'on a donnés aux municipalités
pour les aider à essayer de moins subir les pertes encourues et également les
pertes de revenus dans les municipalités.
Alors, qu'est-ce qui
s'est passé? C'est qu'il y a eu des demandes par rapport à certaines
municipalités à savoir : Si on a une entreprise dans notre municipalité
qui nous demande de l'aide, est-ce qu'on peut l'aider? C'est déjà prévu, ça. On
n'invente rien, rien, rien aujourd'hui. C'est déjà prévu que les municipalités
peuvent aider les entreprises parce qu'on l'a déjà fait également dans le
projet de loi n° 16, par exemple avec les résidences pour aînés.
Qu'est-ce
qui est arrivé, c'est que plusieurs députés de tous les partis, d'ailleurs, ont
demandé si c'était possible que leur ville aide une entreprise qui était
importante soit dans leur municipalité soit dans un plus petit village. Puis, à
ce moment-là, nous, qu'est-ce qu'on a fait, c'est qu'il y a des entreprises...
Puis il faut comprendre aussi que l'aide aux entreprises ne peut pas couvrir
tout genre d'entreprise. Alors, nous, on a eu des demandes avec l'UMQ, avec la
FQM aussi, nous disant, Québec et Montréal : Si on veut aider des
entreprises, est-ce que ce serait possible, par exemple, parce que... Par
exemple, pour aider une résidence pour personnes âgées, on a changé la loi au
niveau du projet de loi n° 16 pour essayer d'aider les résidences à la
hauteur de 250 000 $. Maintenant, il y a aussi des demandes avec des
plus grandes municipalités qu'on peut aller jusqu'à 300 000 $.
Ceci étant dit, ça,
c'est dans le projet de loi n° 16. On arrive en situation de pandémie, ce
n'est pas... vous comprendrez que ce n'est pas toutes les entreprises qui
cadrent dans le meilleur des programmes, évidemment, parce que, s'il fallait
faire des programmes pour toutes les entreprises, on ne finirait plus de faire
des programmes. Puis évidemment, oui, c'est bon d'aider des entreprises, mais,
en même temps, il faut comprendre que les entreprises aussi s'aident énormément, puis il y en a qui doivent s'aider également.
Ça fait qu'on peut... Les entreprises ne peuvent pas dépendre du
gouvernement complètement.
contre, en situation de pandémie, c'est pour ça qu'on a dit qu'il pourrait y
avoir une aide de la municipalité maximum
pour trois ans. Parce qu'on s'entend les municipalités sont là pour, si je peux
dire, garder certaines entreprises dans leur ville, c'est important.
Puis, comme je le dis, ce n'est pas toutes les entreprises qui cadrent dans
tous les programmes.
Maintenant,
il y a certaines entreprises qui disaient : Bien, peut-être que moi, je
demanderais à ma municipalité une diminution de taxes ou un congé de
taxes. Si toutes les entreprises font ça au Québec, évidemment, c'est le
citoyen qui va en payer le prix, parce que, si on diminue ou on fait un
changement dans la taxation municipale, un, au niveau de la fiscalité, ça va
devenir très, très, très complexe. Déjà que la fiscalité municipale, on a
parfois des demandes de vérification à
savoir est-ce qu'on ne pourrait pas l'alléger. Ça fait que c'est sûr qu'on ne
peut pas entrer dans un allègement de taxes municipales.
Donc, comment nous,
on a pu aider? Mais le système est déjà en place, puis, comme on avait des
questions tantôt par rapport avec la ville de Montréal, les agglomérations qui
ont déjà leur conseil d'agglomération, alors c'est le conseil d'agglomération
qui va lui-même prévoir son programme d'aide pour fixer des conditions, des
conditions d'admissibilité précises. Ce qui
était important de voir, c'est que la loi est déjà prévue, la loi 92.1 sur les
compétences municipales, puis il y a aussi l'article 38 de la
loi sur les
agglomérations. Donc, ce partage de compétences, si je peux dire, existe
depuis 2006. Ça fait quand même un bout déjà.
Puis, pour terminer,
plus simplement, qu'est-ce qu'on peut dire, c'est qu'on a offert la possibilité
d'augmenter les montants aux entreprises, parce que, comme je le disais, il y a
certaines entreprises qui voulaient aider un peu plus généreusement certaines
entreprises qui sont vraiment fondamentales dans leur région. Alors, on a juste
octroyé des montants. Quand on dit «1 % des crédits prévus au budget»,
c'est ce qu'on a amélioré, puis, quand on dit : «Le total de l'aide
financière accordée annuellement en vertu du programme ne peut excéder
500 000 $...» Par contre : «L'aide financière accordée à un même
bénéficiaire en vertu du programme ne peut excéder 150 000 $ et ne
peut être accordée pour une période excédant trois ans.»
Alors, il faut voir
que, normalement, il va y avoir des conditions d'admissibilité très, très
sévères. Ce n'est pas toutes les entreprises qui vont y avoir droit. Il faut
cadrer... Il faut justement, un, que les entreprises ne cadrent pas dans aucun
programme, puis l'autre chose aussi, il faut que ça soit des entreprises qui
aident vraiment l'emploi local. Parce que, si on aide des entreprises qui
étaient déjà en difficulté avant la pandémie et qui n'offrent pas plus
d'emploi, c'est sûr que c'est des conditions qui ne seraient pas applicables
dans les conditions d'admissibilité.
Alors, vu les
demandes vraiment, si je peux dire... Vous le savez, la pandémie, pour les
entreprises, ça a été particulier. Puis, vu
les demandes des municipalités par
rapport à avoir cette possibilité-là,
d'aider, soit par des crédits prévus dans le budget ou encore des
montants à la hauteur de 150 000 $, bien, nous, on a convenu que,
dans le projet de loi n° 67, ce serait la meilleure chose à faire, de
pouvoir permettre aux municipalités qui en ressentent le besoin d'aider des
entreprises.
D'ailleurs, je peux
vous le dire que... j'ai des exemples partout au Québec qu'on appelait aux
Affaires municipales, à savoir : Est-ce que c'est possible? J'ai aidé...
je veux aider, je ne veux pas perdre d'emploi dans cette entreprise-là, et cette entreprise-là, évidemment,
a besoin d'aide. Alors, c'est comme ça que ça a été pensé, l'article 130.
Puis c'est sûr que, quand on l'a composé,
bien, il ne fallait pas recréer une structure, recréer une réglementation,
revoir des lois. Ça fait que la loi est déjà en place, et, évidemment,
avec toutes les compétences municipales, bien, on offre juste une augmentation des montants dans l'article convenu. Alors, c'est
de cette manière-là qu'on est venus à composer l'article 130, M. le
Président. Merci.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Mme la députée de Vaudreuil.
Nichols : Oui. Merci, M. le Président. C'est un
article qui est lourd.
C'est un article... Je ne le sais pas si on ne pourrait pas le décomposer pour le travailler. Puis je vais vous
expliquer comment je... ma vision de l'article 130. Je suis très
cartésienne, hein, ça fait que j'aime ça, souvent, qu'on puisse... au lieu de
mélanger tous les concepts, parce qu'on va se le dire, là, ce n'est pas la même
chose pour Montréal puis les agglomérations que pour une municipalité comme Vaudreuil-Dorion ou encore pour
une MRC. Parce qu'on sait ça, cet article-là, là, il traite... dans le
fond, ça vient dire qu'il y a des règles pour la municipalité locale, mais il y
a des règles aussi pour les municipalités régionales de comté. Donc, moi,
j'aimerais ça qu'on puisse le traiter, là, peut-être en trois volets. Bien sûr,
il y a des places, là, qui pourront se rejoindre.
Mme la ministre, vous nous
avez fait un peu, là, l'historique, là, d'où venait cet article-là, là,
l'article 130. Dans le fond, là, je comprends que c'est des demandes de
certaines municipalités, des municipalités, là, qui veulent les plans de
soutien aux entreprises, qui veulent faire des programmes d'aide aux
entreprises. Je trouve... puis je me suis beaucoup prononcée ou, enfin, j'ai
posé beaucoup de questions en commission parlementaire aux différents groupes
qui se sont présentés. Puis d'ailleurs, je dis souvent, je les ai un peu
challengés. Puis là je fais référence à l'article 135, à l'article 135 où
on vient dire... où on veut assurer une prévisibilité aux municipalités, là,
qui vont recevoir leur compte de taxation tel que prévu.
Donc, je trouve, puis là j'y vais d'une opinion
personnelle, je trouve que l'article 130 vient un peu balancer. On dit à
la municipalité : Vous allez continuer de recevoir votre compte de taxes.
Mais l'article 130 dit : Bien, vous pouvez faire quand même des
programmes d'aide pour aider vos entreprises. Je suis d'avis, puis je ne veux
pas... je le dis, là, sans préjudice, puis je le dis, puis ne faites pas le
saut, mais je suis d'avis que l'article 130 n'est pas assez balisé ou
peut-être que vous pourrez nous amener, là, des compléments de réponse, là,
mais je trouve que l'article 130 donne beaucoup, beaucoup de latitude,
tant sur la forme d'aide qui va être apportée aux entreprises...
Puis je le comprends, là, vous dites que les
municipalités veulent aider les entreprises. Ça, je le comprends. Puis j'ai
aussi compris que les municipalités qui sont venues ici puis les lettres, parce
que j'ai reçu pas mal de lettres aussi avec le 135, qui disent :
Positionnez-vous pas contre le 135, parce qu'on a besoin de nos revenus de
taxation. Mais ici on prévoit que la municipalité va pouvoir les aider à partir
d'un fonds. Je présume que ce fonds-là, c'est un fonds qui va... c'est un fonds
que va pouvoir créer la municipalité, la MRC ou une ville comme Montréal, Québec.
Peut-être ma première question pour
commencer : Il va venir d'où, ce fonds-là? Est-ce que vous allez leur
offrir des subventions pour venir en aide à leurs entreprises?
Le Président (M. Allaire) : Mme la
ministre.
Mme Laforest : Merci, M. le
Président. Non, parce que l'aide aux municipalités a déjà été donnée. Alors, c'est sûr que ça a été quand même long, hein?
Quand... vous parliez souvent : Quand est-ce que l'aide aux municipalités
va arriver? On l'a déjà donnée, on l'a
annoncée avec mon collègue Éric Girard aux Finances. Ça fait que ça, ça a déjà
été donné. Les municipalités ont déjà eu leur versement. Par contre, c'est sûr
que, dans ce versement-là, on disait que c'était
pour des pertes encourues, considérant la COVID, mais c'était aussi pour la
relance économique, parce qu'il y avait des conditions. Quand on l'a
versé, c'était vraiment pour la relance économique également, et non juste les
pertes encourues à cause de la pandémie, parce qu'il y a des municipalités, heureusement,
elles n'ont pas été très, très touchées par la pandémie, on va se croiser les
doigts, on ne le sait pas encore, puis il y en a d'autres qui ont été très,
très touchées. Donc, c'était... puis on avait... je crois, oui, c'est bien ça,
on avait calculé les montants à la hauteur de 47 $ par habitant, par
citoyen, pour calculer les montants, et également les pertes encourues par
rapport aux frais de la pandémie.
Ceci étant, les municipalités ont reçu leur
montant, mais les municipalités disaient : Est-ce que — comme
moi, puis c'est ça qui s'est dit — si, moi, il me reste encore des montants,
qu'est-ce que je fais avec? Alors là, c'est là qu'il faut penser relance
économique et non pour d'autre chose. C'est pour ça que l'aide aux
municipalités est vraiment prévue pour la relance économique puis les pertes
pandémie, si je peux dire. Ça fait qu'il n'y aura pas de montant, il n'y a pas
de fonds en surplus. Alors, la municipalité ne pourra pas dire, par
exemple : Montréal a reçu énormément pour créer un fonds pour l'aide aux
entreprises. Montréal a déjà eu... c'est normal, Montréal a eu plus, mais a été beaucoup plus impactée par rapport à la
pandémie. Ça fait que, non, il n'y a pas de montants supplémentaires qui vont aller pour ce fonds-là. C'est vraiment,
si je peux dire, en tout respect pour l'autonomie municipale. Donc, les
municipalités qui veulent aider des entreprises le feront, mais pas avec un
nouveau montant qu'elles auront dans le futur. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme la députée.
Mme Nichols : Donc, les montants que
les municipalités ont reçus qu'on appelle le... bien, on disait tout le temps la compensation COVID, c'est ce montant-là
qu'ils vont utiliser soit pour des pertes qu'ils ont eues ou des pertes...
en fait des dépenses liées à la COVID,
première, deuxième vague, puis, j'imagine, ça se peut qu'il y ait une troisième
puis une quatrième vague, là, mais je
comprends que c'est ces montants-là qu'ils ont eus, puis c'est dans ces
montants-là aussi qu'ils pourront prendre les fonds pour faire des
programmes d'aide aux entreprises ou pour offrir de l'aide financière à des
entreprises privées sur leur territoire. C'est ce que je comprends. Il n'y aura
pas de nouvel argent?
Mme Nichols : O.K. Donc, quand on
vient baliser puis qu'on dit qu'en vertu du programme c'est 500 000 $
ou 1 % du budget de fonctionnement des municipalités, bien, eux autres,
ça... chaque municipalité aura la latitude de déterminer le montant qu'ils veulent
mettre pour créer un programme d'aide aux entreprises. Puis, on le sait, là, il
y a des municipalités qui ont été frappées
de plein fouet, là, par la pandémie, qui ont eu des impacts, là, quand même,
impacts néfastes sur la vitalité de leur économie. Il y en a d'autres
que ça a été peut-être un peu plus facile, il y en a d'autres qui ont pris des décisions... puis là je vais
donner l'exemple des camps de jour, là, mais il y en a qui ont décidé de
faire... d'aller de l'avant avec
certaines activités, d'autres non. Donc, ils ont géré, là, comme ils voulaient,
là, chacun, ces montants-là. Ça, ça va, je le comprends.
Là, où je trouve... quand
je dis que c'est peut-être... je ne veux pas dire... tu sais, je disais :
Il y a beaucoup de latitude où peut-être que
ça nécessiterait un certain encadrement... Parce que vous avez dit : Il y
a certaines entreprises. Bien, eux
autres, ils voudraient avoir une diminution de taxes. Puis là il y a des
municipalités qui ont dit : Bien oui, on pourrait donner une
diminution de taxes. Puis il y a d'autres entreprises qui pourraient... puis
c'est prévu, là, dans l'article 130,
c'est prévu, là, qu'en vertu... on peut accorder une aide financière notamment
sous forme de subvention de prêt ou de crédit de taxes.
Je ne sais
pas comment vous allez faire pour encadrer tout ça, mais moi, je pense qu'il
faut que ça soit encadré. Qui va décider? Qui va prendre la décision que
ça va être... La forme de l'aide financière va être accordée comment? Parce que
je le répète, là, ça peut... ça va probablement être un fonctionnement
différent pour chaque municipalité, puis là
je parle des municipalités, je ne parle pas, là... je ne vous parlerai pas, là,
des grandes villes, mais je vais revenir, là, mettons, sur Montréal, je
vais revenir un peu après, mais, tu sais, là, dans les petites municipalités,
là... puis moi, je vois déjà le téléphone au
bureau sonner, là, petites municipalités ou le beau-frère du maire, on dirait
que, des fois, hein, c'est tous des cousins, puis il y a toute de la
parenté, là, mais le beau-frère du maire, lui, il va avoir un congé de taxes, l'autre va avoir... l'autre à côté, lui, ça
pourrait être une subvention. Lui, ça va être plutôt d'autre chose, lui, ça va
être une forme de subvention, puis lui, ça va être un prêt, puis
l'autre, ça va être un crédit. Ça fait que les formes, là, ces formes-là... c'est pour ça que, je vous dis, je
trouve que c'est large, la façon que c'est
écrit. Ça donne vraiment beaucoup,
beaucoup de latitude qui va venir déterminer des critères en place.
La ministre... Un peu plus tôt, vous nous avez
dit, Mme la ministre : Le système est déjà en place, mais là, quand vous avez dit : Le système
est déjà en place, je comprends que le système
est déjà en place pour Montréal et les agglomérations
puis pour la distribution des sommes pour des grandes villes comme Montréal,
mais qu'est-ce que vous voulez dire...
Comment on peut gérer ça ou comment ça va être encadré, cette partie-là, pour
les petites municipalités où il y a un maire et son conseil de ville qui
pourraient dire... Puis c'est prévu pour trois ans, là, puis on est en année
électorale l'année prochaine.
Ça fait qu'est-ce qu'on ne pourrait pas
favoriser... puis je n'aime pas ça penser ça, mais, il faut se le dire,
là, ça existe, on l'a vu, puis ça existe
encore. Ça fait qu'est-ce qu'on ne pourrait pas favoriser une certaine
entreprise qui, elle, va avoir un crédit de taxes, alors que l'autre ne
l'aura pas? Tous ces critères-là, là, les critères d'admissibilité, le système
qui est autour de tout ça, ce n'est pas vrai qu'il est déjà en place, parce
qu'on est en train ici de faire un nouvel article, là, de relance économique
sur trois ans. Ça fait que c'est plus ou moins exact de dire que c'est déjà encadré, mais, en fait, peut-être que la ministre
pourra me donner les paramètres ou comment elle voit, là, particulièrement
ces points précis là.
Le Président (M. Allaire) : Mme la
ministre.
Mme Laforest : Oui. Alors, je vais
quand même donner des exemples. C'est peut-être comme ça aussi que ça va pouvoir nous aider à continuer de discuter
par rapport à cette aide aux municipalités là, parce qu'on parle... il ne
faut jamais oublier qu'on parle d'un maximum de 150 000 $. Alors, ce
n'est pas des montants, si je peux dire... Oui, c'est de très bons montants que la municipalité peut aider les
entreprises, mais, en même temps, il y a un maximum qui est établi. Si, par exemple, il y a un maximum qui
est demandé ou qui est plus élevé, à ce moment-là, bien, on peut... on
est obligé d'avoir l'approbation du ministre pour avoir la possibilité de
prêter plus que 150 000 $.
Alors, comment ça va s'octroyer? Puis... Ah oui!
Puis je voulais donner des exemples aussi, parce qu'on parlait beaucoup de
Montréal. Je vais donner des exemples avec trois grandes villes, quand
même : Montréal, Lévis, Gatineau. Quand on parle de 1 % du budget, il
faut toujours revenir au maximum donné, qui est de 150 000 $ par entreprise. Alors, Gatineau, c'est 6 millions
sur un budget de 650 millions. C'est important de donner ça comme exemple.
Il y a aussi Lévis, ça donnerait
3 millions sur un budget de 3 millions puis Montréal, ça donne
60 millions sur un budget de 6 milliards.
Alors, au départ, qu'est-ce qu'on doit faire,
c'est faire le programme pour avoir notre plan de soutien aux entreprises. Il
faut également adopter notre programme, puis ça devient un programme normé.
Donc, on écarte tout discrétionnaire. Ça fait que c'est sûr que de dire, par
exemple : Moi, je veux aider lui, moi, je veux aider elle, c'est comme
impossible. On a déjà... Si je peux donner comme exemple... comme, chez moi, on
a Promotion Saguenay, qui... ou, ailleurs, ils ont des CLD.
Il faut comprendre qu'on a déjà la structure,
dans les autres régions, qui est déjà en place pour aider ces entreprises-là.
Aussi, il y a des industries qui ont des impacts vraiment impressionnants,
là, ou encore, des manufacturiers qui ont des gros impacts au niveau de la
pandémie. Puis vous comprendrez qu'on ne peut pas aider tout le monde, parce que
c'est sûr qu'à ce moment-là il faut quand
même comprendre que c'est les citoyens,
encore là, qui vont le payer.
Si on
parle... les commerces, les centres d'achats... Tantôt, je croyais...
j'écoutais la députée d'Anjou—Louis-Riel. Bien, tu sais, il y a
le commerce aussi à ville d'Anjou, c'est important. Il y a...
C'est des exemples qu'on peut donner. Maintenant, il y a tous les établissements
touristiques aussi. Oui, il y a eu des programmes, mais ce n'est pas tous les établissements touristiques, tu sais, qui en ont bénéficié. Les hôteliers, on en a
parlé aussi. Ça fait que, dépendamment d'où la municipalité
va décider... Bien, de toute manière, c'est le... Comme je le dis, chez moi,
exemple, là, ça s'appelle Promotion Saguenay. Bien, eux vont définir leur programme,
puis après ça il faut que ce soit adopté, la décision, au conseil municipal
pour aider les entreprises en question. Alors, moi, je pense que...
Puis, au
niveau des plus petits villages, tu sais, c'est... quand on disait, tantôt...
bien, il y a la possibilité aussi que la MRC puisse avoir son programme à elle.
Ça fait que je pense qu'on touche la MRC, on touche les petites municipalités.
Je crois quand même que... Puis je le dis, on a vérifié sur l'heure du midi, on
a vraiment toutes les... toutes les instances sont là
pour délivrer les programmes. C'est déjà en place. On l'a fait avec les
résidences pour aînés. Alors, maintenant, on
ouvre la possibilité à celles qui en auraient besoin justement pour ne pas
toucher la taxation municipale, parce que, juste au niveau municipal, la
fiscalité, si on joue là-dedans, là, je peux vous dire, c'est... ce serait
vraiment dommage pour toutes les municipalités du Québec. Puis évidemment je ne
suis pas sûre que les unions et les grandes villes seraient très, très
heureuses si on commençait à jouer dans la fiscalité municipale.
Donc, on voit
que c'est un programme normé, ça deviendra un programme normé, puis on oublie,
là, la possibilité de dire :
Moi, je vais aider ma belle-soeur, ou ma soeur, ou mon... C'est impossible que
ce soit comme ça, parce que le programme va être bien établi,
évidemment.
Il faut voir que ce n'est pas dans toutes les
régions, ce n'est pas dans toutes les municipalités que les entreprises ne
cadrent pas dans certains programmes. Alors, c'est vraiment pour des
entreprises qui ne cadrent pas dans certains programmes et dont, possiblement,
il y a plusieurs emplois qui sont reliés dans cette ville-là que c'est important de sauver l'entreprise ou d'aider
l'entreprise à un certain moment, évidemment, le moment de la pandémie.
C'est pour ça qu'on dit qu'après trois ans, bien c'est sûr que ce programme-là
ne peut pas être encore en fonction, il est juste pour trois ans.
Le Président (M. Allaire) : Merci. Mme
la députée.
Mme Nichols : Oui, c'est un
programme qui est juste pour trois ans. Mais qu'est-ce qui est prévu? Est-ce
que c'est prévu que, sur trois ans, on peut aider la même entreprise une fois
par année à la hauteur de 150 000 $? C'est là où... Je comprends, là,
le programme normé, mais qui le fait, le programme normé, puis qui va le baliser,
là? J'ai compris que le ministère des Affaires municipales puis, je pense, le
ministère de l'Économie aussi, là... qui seront consultés. Mais qui va le
baliser? Parce que, je vous le dis, c'est possible d'aider une municipalité,
là, c'est possible de faire un programme pour aider l'entreprise de la
belle-soeur. C'est sûr que ça ne sera pas écrit le nom de la belle-soeur puis de l'entreprise de la
belle-soeur, mais, de la façon que ça va être écrit, la belle-soeur va le
recevoir, le 150 000 $. Il y a... Tu sais, c'est sûr qu'il y a
une façon certainement d'y arriver.
Moi, je veux savoir... Tu sais, le programme
normé, ça va être... c'est la municipalité qui le rédige, puis la même chose...
vous avez dit la MRC. Bien, la MRC va pouvoir avoir aussi son programme à elle.
Ça fait qu'est-ce que la MRC va pouvoir avoir son programme à elle en plus de
celui des municipalités?
Le Président (M. Allaire) : Mme la
ministre.
Mme Laforest : Bien, en fait, juste
pour donner l'exemple, je peux vous dire que chaque municipalité a déjà des
idées de programmes, puis il y a des idées de programmes vraiment différentes
dans chaque municipalité, parce qu'on a eu
des demandes incroyables, puis ce n'est jamais... ce n'est pas toujours dans
les mêmes secteurs. Alors, c'est important de le mentionner.
L'autre chose, bien, le programme va être
établi, oui, avec la municipalité, donc il va y avoir vraiment des critères importants. L'autre chose, bien, le
150 000 $ est disponible juste une fois. Alors, ce n'est pas un
150 000 $ à chaque année,
c'est 150 000 $ sur une période de trois ans. Alors, c'est plus...
c'est comme ça. C'est comme ça que ça va fonctionner, parce qu'en fin de
compte ça va être juste un 150 000 $.
Là, c'est sûr, vous me parlez peut-être des conflits
d'intérêts. J'aime ça. J'aime ça, entendre parler de ça, parce que vous savez qu'au niveau éthique et
déontologie on a le projet de loi qui arrive, n° 49.
Alors, pour les trois prochaines années,
ce projet-là sera adopté. Alors, les conflits d'intérêts, je ne suis pas sûre
qu'ils seraient... s'il y en a, en tout cas, on va pouvoir tout de suite
agir, si je peux dire.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Oui. On n'est pas
arrivés au projet de loi n° 49, on a plutôt retiré
les articles du bloc sur le municipal pour les mettre dans le 49. Donc, le 49,
les groupes ne sont pas rencontrés, puis on n'est vraiment pas rendus au 49.
Mais je reviens encore sur le programme normé.
Moi, je veux savoir comment ça va fonctionner, qui a... C'est encadré comment,
là, le programme que peut faire la municipalité? Qui va l'encadrer? C'est la
municipalité qui va lever la main, qui va dire : Ah! ici, j'ai l'article 130,
on a la possibilité de faire par règlement, parce que, là, je comprends que
c'est par règlement puis ce n'est pas par une résolution du conseil, là, puis
je ne veux pas aller là non plus, mais que ça va se faire par règlement, il y
aura un programme qui va être élaboré. Mais où sont les critères dans tout ça?
C'est ça, ma question. C'est ça que je veux savoir. Je remercie la ministre qui
a répondu au 150 000 $. Le 150 000 $,
là, il n'y aurait justement peut-être pas une façon de l'inclure, ou est-ce que
ça va être inclus dans un règlement, ou ça va être indiqué que c'est
150 000 $ une fois sur les trois ans?
Le Président (M. Allaire) : Mme la
ministre.
Mme Laforest : En fait, le 150 000 $,
il est dans l'article 130, c'est seulement une fois que l'aide peut être donnée. Maintenant, comme je le disais, le
programme va être établi pour chaque municipalité avec son centre. Comme
je le dis, là, chez n