Public Finance — 4 November 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CFP 2013-11-04
Quebec — Committees
(Quatorze
heures quatre minutes)
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, M. le Président. M. Arcand (Mont-Royal) est remplacé par M. Hamad
(Louis-Hébert).
Président (M. Gautrin) : Merci. Alors, on va débuter par les
remarques préliminaires... Oui, M. le député de Brome-Missisquoi.
Paradis : Oui. De façon à faciliter, là, le déroulement de
nos travaux, à ce moment-ci est-ce que le Vérificateur général
accepterait de déposer la lettre qu'il a reçue du sous-ministre des Finances le
17 octobre dernier?
Le Président (M.
Gautrin) : Alors, attendez, je veux commencer à parler du
partage et je répondrai à votre question tout de suite après. Ça va?
Paradis :
Ça va, oui.
Le Président (M.
Gautrin) : Alors, je vais vous rappeler, actuellement, dans le
partage du temps, si vous me permettez, là,
il y aura six minutes de remarques préliminaires qui sont aux députés
ministériels, six minutes aux députés de l'opposition officielle et
trois minutes au représentant de la deuxième opposition.
Dans
le partage du temps dans l'audition du Vérificateur général, on commencera par
une période de 30 minutes qui sera
allouée au début pour un exposé du Vérificateur général. Suivra après un
partage de 1 h 30 min entre les membres de la commission
qui serait partagé comme cela : 40 minutes pour le groupe formant le
gouvernement, 40 minutes pour le groupe formant l'opposition officielle et 10
minutes pour la deuxième opposition. Ça va?
dernier lieu, monsieur, madame, il me fait plaisir de vous suggérer qu'on
fonctionne par des blocs, en étant, bien sûr, souples, mais des blocs de
l'ordre de 10 minutes chacun. C'est comme ça qu'on fonctionnait, disons, dans
les questions qu'on vous posera, M. le
Vérificateur général, de poser par blocs de 10 minutes… comme,
traditionnellement, on le fait à la Commission de l'administration publique.
Alors, M. le député
de Brome-Missisquoi, vous avez une requête à présenter.
Paradis : Oui. Simplement pour l'information de l'ensemble
des membres de la commission, M. le Président, mon dossier semble être
assez complet, mais je n'ai pas retrouvé, peut-être par mégarde, la lettre du
sous-ministre au Vérificateur général, la lettre du 17 octobre.
Le Président (M.
Gautrin) : Attendez. Oui.
Therrien : Je pourrais la déposer par souci de transparence,
là, sans problème aux membres de la commission.
Le Président (M.
Gautrin) : Alors, M. le...
Therrien :
Il n'y a pas de problème.
Le Président (M.
Gautrin) : Alors, j'accepte le dépôt sans aucune difficulté.
Alors, le document est déposé, va être photocopié et vous sera distribué, à
chacun des membres de la commission.
Dans
ces conditions, actuellement, pour commencer par les remarques préliminaires, j'en appelle maintenant au député de Sanguinet, j'imagine.
Le Président (M.
Gautrin) : M. le député de Sanguinet, pour six minutes.
Therrien : Merci, M. le Président. Je voudrais d'abord vous saluer, M. le Président, saluer votre
secrétaire, mon collègue député de
Rouyn-Noranda—Témiscamingue, les collègues de l'opposition, Brome-Missisquoi, Louis-Hébert
et Lévis, saluer aussi M. Samson et son équipe qui l'accompagne.
Alors,
nous sommes réunis aujourd'hui pour entendre le Vérificateur général par
intérim au sujet de sa volonté de mettre
en oeuvre le mandat confié à l'Assemblée
nationale le 24 septembre dernier, à
la suite de l'adoption d'une motion l'enjoignant à analyser la mise à jour économique que présentera le ministre des Finances et de l'Économie
relativement à l'année 2013-2014.
Avant d'entreprendre
le mandat qui nous est confié cet après-midi, il est important de revenir un
peu en arrière et de regarder l'origine de
celui-ci. Les oppositions tentent d'utiliser le Vérificateur général à des fins
politiques, mais je suis convaincu que le Vérificateur général, comme à l'habitude,
va être de savant conseil et va se soulever en haut de toute...
Le Président (M.
Gautrin) : Oui.
Paradis : Je m'excuse,
là, question de règlement, 35,
article 35, prêter des intentions, là. «Tentent d'utiliser
le», c'est de prêter des intentions à des députés.
Le Président (M.
Gautrin) : Oui. Pour l'instant, vous me permettez, M. le député
de Brome-Missisquoi, c'est au niveau du débat politique, et on va laisser le...
Therrien :
Merci, M. le Président.
Paradis :
Prêter des intentions n'est pas dans le débat politique, M. le Président, est
contre l'article 35 du règlement.
Le Président (M.
Gautrin) : Oui, je sais, mais c'était l'interprétation.
Therrien :
Merci, M. le Président. D'aussi loin que nous nous souvenons, c'est la première
fois que l'Assemblée nationale adopte une motion pour demander au Vérificateur général de faire une analyse prospective, donc d'évaluer les prévisions
futures plutôt que d'analyser les décisions passées.
Cette
motion cause deux problèmes de fond. Premièrement, nulle part dans la loi il n'est permis au
Vérificateur général d'exécuter un mandat
donné par l'Assemblée. En effet, même si le Vérificateur général relève de
l'Assemblée nationale, la
Loi sur le vérificateur général prévoit que seul le
gouvernement ou le Conseil du trésor peut lui confier un mandat. Le VG peut
aussi se saisir lui-même d'un mandat, mais ne peut le faire à la demande de l'Assemblée.
La deuxième chose qui cloche avec la motion, c'est que la demande des
oppositions a mis le VG par intérim dans une position délicate.
ne remets pas du tout en question la compétence de M. Samson en matière de
vérification comptable, loin de là. Au
contraire, à plusieurs reprises, M. Samson a fait la démonstration de sa
compétence et de celle de son équipe. Mais, en lui demandant d'évaluer des données prévisionnelles et, par la suite, d'examiner
les résultats réels de ces prévisions, ça place M. Samson dans une position pour le moins délicate. On demande au
VG de se commettre sur le futur, on lui demande de porter un jugement
sur la capacité du gouvernement d'atteindre les objectifs qu'il s'est fixés, ce
n'est pas son rôle.
Imaginons que le VG
dise : Le gouvernement n'atteindra pas ses objectifs, et que, par la
suite, les objectifs sont atteints ou même
mieux. Ou le contraire, le VG pourrait dire : Je crois que le gouvernement
atteindra ses objectifs, et que, par
la suite, il ne les atteint pas. Dans quelle position se trouvera-t-il? Les
comptes publics déposés jeudi révèlent que, malgré l'impasse de
1,6 milliard de dollars que nous a laissée le précédent gouvernement, les
efforts surhumains du gouvernement, comme le disait le député de
Brome-Missisquoi, ont permis de réaliser la meilleure performance des
15 dernières années en matière de contrôle des dépenses de programmes.
Le Président (M.
Gautrin) : Vous allez avoir à préciser.
Therrien : Imaginez
si on avait demandé au VG à cette époque, lors du dépôt du budget, si on aurait
le respect de ces cibles-là, alors que, les neuf années précédentes, le
gouvernement libéral avait passé dans la mite zéro en neuf, M. le Président. Nous, on a réussi et,
même, on a été en deçà. On avait prévu 1,9, on a obtenu 1,2. Alors, si
on avait fait une demande malheureuse au Vérificateur général, peut-être qu'il
se serait trompé s'il avait fait une analyse adaptative.
D'ailleurs,
parlant de notre collègue de Brome-Missisquoi, on se rappellera que, le 19
septembre dernier, notre cher collègue, qui connaissait toutes les
méthodes libérales dans le détail, a admis que, de leur côté, il y a eu de la comptabilité créative. Ce n'est pas notre façon de
faire, et nous protégeons les Québécois des méthodes libérales. Notre
gouvernement est en faveur d'obtenir un portrait indépendant des finances
publiques à la veille des élections à date fixe. C'est pourquoi le ministre des
Finances et de l'Économie et le ministre des Institutions démocratiques et de
la Participation citoyenne travaillent ensemble afin de définir la meilleure
option à adopter pour ce faire.
Pour revenir
au sujet précis qui nous concerne, tout en rappelant que la vérification ne
peut résulter d'un mandat de l'Assemblée nationale, le ministère a
accepté de bonne foi que le Vérificateur général procède à l'examen. Le VG par
intérim a affecté une dizaine de personnes à ce mandat. Comme le ministre l'indiquait
la semaine dernière, déjà des rencontres ont eu lieu avec les représentants du
Vérificateur général afin de préciser le mandat et la démarche à respecter pour la réalisation de ce mandat. Les
représentants du ministère ont présenté en détail le processus de
réalisation de la mise à jour économique et
financière. Suite à cette présentation, le VG a identifié certains besoins
d'information. Le ministère travaille actuellement à répondre à ces demandes de
manière diligente.
D'autres
rencontres entre le VG et le ministère sont prévues. Il faut toutefois noter
que les équipes qui doivent répondre
aux besoins exprimés par le Vérificateur général dans le cadre de sa
vérification doivent également continuer de travailler sur la mise à
jour économique et financière. Cela représente un travail colossal. Je suis
convaincu que le Vérificateur général par intérim pourra dire au monde de la
commission que notre collaboration est exemplaire. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Gautrin) :
Je vous remercie, M. le député de Sanguinet. Oui…
Hamad :
M. le Président, question de règlement. Compte tenu que le député de Sanguinet
a lu un texte préparé par les fonctionnaires, est-ce qu'on peut déposer
ce texte-là?
Le Président (M. Gautrin) :
Écoutez, c'est les notes, il n'est pas obligé de les déposer, à l'heure
actuelle.
Hamad : Non, non,
mais, s'il lit un texte préparé, est-ce que vous pouvez le déposer?
Le Président (M. Gautrin) :
Je m'excuse, il n'est pas…
Therrien : C'est
qui qui a préparé ça? C'est moi.
Hamad : C'est toi
qui as préparé ça?
Le Président (M. Gautrin) :
Je m'excuse, ce n'est pas pertinent, M. le député de Louis-Hébert.
Therrien : Je suis
capable d'écrire, je sais écrire.
Le Président (M. Gautrin) :
M. le député de Brome-Missisquoi, pour vos remarques préliminaires.
Paradis :
Oui. Je vous salue, M. le Président, ainsi que les collègues, la députée de
Laporte, qui était là, mais qu'on a omis de mentionner la présence, le
personnel du bureau du Vérificateur général.
Si, de l'autre
côté, on a des inquiétudes sur la compétence comme telle de l'institution qu'est
le Vérificateur général et des
personnes, je vous invite à aller sur le site Internet du bureau du
Vérificateur général, vous avez les notes
biographiques de M. Samson, et j'ai retrouvé également les notes biographiques
de Mme Bergeron. Je pense qu'ils cumulent, à
eux deux, à peu près un demi-siècle, là, je ne
veux pas les vieillir, mais d'expérience comptable, de vérification, etc.
Je pense que, là-dessus, on ne doit
pas, comme parlementaires, avoir d'inquiétude quant à la compétence de ces
gens-là.
M. le Président, le but de la réunion aujourd'hui
n'est pas tellement compliqué, là. Le Vérificateur général est un vérificateur général par intérim qui s'est
vu confier un mandat par l'Assemblée nationale du Québec sur un vote
partagé. On est dans le contexte d'un gouvernement minoritaire. Le résultat du
vote lui demandant d'intervenir a été de : pour, 61; contre, 50. Ça le place dans une situation qui est, vu de l'extérieur,
pas la plus confortable, souhaitable. Ce qu'on souhaite aujourd'hui — parce
que la motion qui vous a invités ici aujourd'hui, elle a été unanime — ce qu'on
souhaite, c'est de recréer ce climat d'unanimité là et de vous dire que vous
avez la confiance absolue de l'Assemblée nationale, que vous détenez, comme
organisation, les compétences absolues pour faire un bon travail de façon à ce que les parlementaires, les journalistes, la
population aient un éclairage objectif sur des chiffres qui sont —comment je pourrais dire ça? — de
plus en plus importants pour l'avenir économique du